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	<title>AFAFA</title>
	
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	<description>L'amazighité par excellence</description>
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		<title>Le rôle politico-social des imdyazen du Haut Atlas oriental</title>
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		<pubDate>Thu, 17 May 2012 12:59:26 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Introduction : Le but de cette communication est d’illustrer le rôle primordial qu’ont joué les célèbres troubadours (imdyazn) du sud-est marocain, notamment ceux en provenance de lazawiya de Sidi Hamza dans le Haut Atlas oriental, pendant la période de résistance du début du 20ème siècle et depuis. On constatera que, grâce à leur profession de troubadours errants, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Introduction</strong> :</p>
<p>Le but de cette communication est d’illustrer le rôle primordial qu’ont joué les célèbres troubadours (<em>imdyazn</em>) du sud-est marocain, notamment ceux en provenance de la<em>zawiya</em> de Sidi Hamza dans le Haut Atlas oriental, pendant la période de résistance du début du 20ème siècle et depuis. On constatera que, grâce à leur profession de troubadours errants, engoncés dans leur <em>azennar</em> de laine, la vision qu’avaient les<em>imdayzn</em> du Maroc débordant largement de l’univers claquemuré de leur fond de vallée, pouvait englober de vastes régions de la mère patrie. À la fois censeurs et amuseurs de leur société, le regard qu’ils portaient sur les hommes et les évènements n’en étaient que plus profond.</p>
<p><strong>Un art plusieurs fois centenaire</strong></p>
<p>Bien qu’il soit malaisé de cerner avec précision la genèse de cette tradition bardique, tout porte à croire que l’art des <em>imdyazn</em> s’est développé autour de la confrérie maraboutique des <em>h’amzawiyin</em>, en son berceau situé dans une haute vallée perdue sur le flanc sud du Jbel al-‘Ayyachi, plus précisément au <em>qşar</em> de Tazrouft, à la Zawiya Sidi Hamza. Si la tradition a, plus tard, essaimé vers d’autres horizons : au sud vers le pays Ayt Hadidou, comme vers les Ayt Merghad ; ou alors au nord vers le Moyen Atlas, la notion de Tazrouft en tant que patrie originelle des <em>imdyazn</em> ne semble guère faire l’objet de doute.</p>
<p>Imprégné de bonne heure d’un soufisme local dominant, une fois reçue la bénédiction du saint tutélaire, puis à force d’exercices de mémorisation pratiques, l’apprenti-troubadour se forgeait petit à petit un répertoire poétique personnel, à la fois spirituel et profane, héritage autant du chef religieux prestigieux de la <em>zawiya</em> au 17ème siècle, Abu Salim al-‘Ayyachi, que du grand maître originel de la tradition, Sidna Hasan. Sans oublier d’autres illustres prédécesseurs, praticiens éclairés, tels que Si Mohand A’ajmi, Jeddi le « sage », Sidi Nbarch de Tazrouft, ou ‘Assou ou Lmoha des Ayt Sliman. Le jeune poète se voyait ensuite attribuer le titre d’<em>amdyaz</em> (‘troubadour’), ou était perçu comme appartenant aux <em>izrufn</em>, en mémoire de son hameau d’origine.</p>
<p>Aujourd’hui, la relève est assurée : des bardes tels que Moha ou Mouzoun, ‘Assou Iqli, Lisyur (<em>lisiwr</em>, ‘Lesieur’) des Ichichaoun, le fils ou Zahra des Ayt Sliman, Lbaz des Ayt Merghad, Sakkou d&#8217;Igwelmimen, portent encore haut et fort le drapeau des<em>imdyazn</em>, assurant ainsi la pérennité d’un art traditionnel ayant très largement conquis ses titres de noblesse.</p>
<p>De quoi était fait le corpus des <em>imdyazn</em> ? La partie profane du répertoire des troubadours, celle qui détermine cette fonction non-négligeable d’amuseurs publics qui est la leur, comprend les formes classiques du pays amazighe ; <em>tamawayt</em>, <em>izli</em>,<em>aferradi</em>, etc. Et effectivement exécutés dans cet ordre-là, car toute performance doit, on le sait, débuter par un enchaînement de <em>timawayin</em>, forme très belle débitée sur un registre aigu, sans accompagnement musical – sorte de ululement de chouette qui troue la nuit – et contenant un lexique hautement symbolique où se retrouvent beaucoup de termes en vieux berbère. C’est le prélude classique à la danse défoulement de l’<em>ah’idus</em>, où seront entendus les couplets (<em>izlan</em>) de poésie à la mode. Car, lors de leurs tournées, avant d’instruire, les <em>imdyazn</em> doivent savoir divertir les populations villageoises auprès desquelles elles comptent trouver gîte et couvert, d’autant plus que l’arrivée de leur troupe signifie un moment de gaieté, de bonheur, au sein de la communauté.</p>
<p>Les poètes savent alors trouver les termes choisis pour provoquer rires et applaudissements, alternant entre louanges pour les grands du pays, et d’éventuels critiques acerbes à l’encontre des notables chez lesquels ils auraient été mal reçus. Ce qui met en exergue la possibilité qu’a l’<em>amdyaz</em> d’influencer l’opinion, de défaire une réputation.</p>
<p>Pièce maîtresse de la partie noble du répertoire bardique, la ballade évènementielle (<em>tayffart l</em>-<em>lmežriyat</em>) relatait et commentait les faits marquants de l’histoire contemporaine ; seconde en importance, la <em>tamdyazt</em> était à caractère purement religieux, voire didactique, invoquant dans son préambule une double bénédiction : celle du saint tutélaire du lieu ainsi que celle du Prophète Mahomet. Ces ballades, pouvant représenter 100-300 vers, représentaient de véritables chefs d’œuvre de littérature orale, longtemps méprisés comme œuvres négligeables émanant de populations analphabètes, mais amenant certains observateurs à évoquer ultérieurement un phénomène d’« intellectualité rurale » (Jouad : 1989). En effet, sans le moindre support écrit, en s’appuyant sur un arsenal de formules lexicales imagées, où les emprunts à l’arabe constituaient un fait de langue littéraire reconnu en conférant une certaine élégance aux matériaux, le barde pouvait débiter les hémistiches dans un alignement sans faute. Pour réussir parfaitement son travail de communication orale, il lui fallait, bien entendu, connaître les ficelles du métier ; tenir compte de la matrice cadentielle sous-jacente et souveraine, à laquelle le verbe devait se soumettre à tout moment d’un bout à l’autre du poème. Avoir recours, le cas échéant, aux procédés du « vers vide », du « tuilage », de la césure et/ou de l’enjambement. Démarche hautement intellectuelle, toute en souplesse, faite de calcul et d’improvisation en application de règles métriques connues, dont le mécanisme de base a été savamment démonté en son temps par les travaux inspirés de Hassan Jouad (1995).</p>
<p><strong>Du rôle pédagogique des troubadours</strong></p>
<p>Porte-parole d’une société marginalisée à la périphérie de la nation, le troubadour joue un rôle primordial. En effet, l’<em>amdyaz</em> se comporte, en quelque sorte, comme conscience de sa société, raison pour laquelle ses chants sont truffés d’apartés à caractère franchement didactique, prônant une conduite exemplaire, ainsi que la foi en Dieu. S’y ajoute, toutefois, une production primesautière, elle aussi non dépourvue de bon sens, où l’on fait la part belle à la casuistique amoureuse. Trait reflétant en cela la tradition soufie qui a toujours su alterner avec bonheur entre le profane et le sublime. (A. Roux &amp; M. Peyron, <em>Époque héroïque</em>, p.14).</p>
<p>S’étant frotté dès son âge le plus tendre à la réalité maraboutique, exposé à l’enseignement du soufisme, le troubadour demeure, malgré tout, une sorte de mystique manqué. Ainsi, certains exercices, fort prisés chez les soufis, tel que l’auto-simulation de la mort, trouvent-ils place au sein même d’une <em>tayffart </em>des Ayt Yahya de Tounfit. Le poète ne s’en cache pas lorsqu’il dit :-</p>
<p>Aide-moi, Seigneur, le jour où je meurs,</p>
<p>Le froid de l’au-delà me passe des orteils à la plante des pieds !</p>
<p>Froid qui me monte jusqu’aux genoux ; suis</p>
<p>Couché à terre tel le madrier par le menuisier sectionné !</p>
<p>Vous êtes quatre à me transporter ; en voici deux</p>
<p>Qui viennent creuser la tombe où je reposerai, ô fossoyeurs !</p>
<p>(A. Roux &amp; M. Peyron, <em>op. cit</em>., pp. 138-139)</p>
<p>Morceau qui évoque de façon réaliste une inhumation, apparemment inspirée du<em>Tanwīr al-qulūb</em> écrit par un maître soufi connu, al-Naqshabandi (décédé en 1914). Ceci s’apparent à l’exercice dit « du tombeau », l’un des onze exercices rituels devant permettre au croyant d’atteindre le <em>dhikr qalbi</em>, l’état de plénitude où le cœur est en parfaite communion avec Dieu (Arberry, p. 129).</p>
<p>S’il n’est pas lui-même marabout, il est certain que, vêtu d’une bure dépenaillée et la besace maigrement approvisionnée, signes apparents d’une vie faite en grande partie de sacrifice, de simplicité et de dénuement, il se rattache aussi directement à la grand tradition soufie par le biais de l’errance.</p>
<p>Poser un pied devant l’autre, quoi de plus beau,</p>
<p>Mais qui avance à grands pas, la terre sera son tombeau !</p>
<p>(A. Roux &amp; M. Peyron,<em> op. cit.</em>, p. 122)</p>
<p>Errance par tous les temps, qu’il vente ou qu’il pleuve, lui permettant de laisser libre cours à son rôle pédagogique. À lui de s’engager verbalement ; en temps de guerre il se doit de fustiger les poltrons (<em>udayn</em>), et d’exhorter les grands du pays à la résistance, le ce barde qui, aux environs de 1920, s’exprime ainsi :-</p>
<p>Moha ou Saïd, qui chevauche son destrier rouge-brun, a tous les atouts en main ;</p>
<p>Fait pourtant peu de cas des coups de fusil, des obus qui nous écrasent !</p>
<p>Le pays en appelle à toi, ô Zaïani, dresse-toi face à l’ennemi !</p>
<p>Tu es le seul à détenir les armes nécessaires pour courir sus au porc !</p>
<p>Canons et chevaux ne te font point défaut, ô Zaïani,</p>
<p>Vainqueur du Roumi ; à quoi bon ta victoire d’El Herri ?</p>
<p>(A. Roux &amp; M. Peyron, <em>op. cit</em>., pp. 91-92)</p>
<p>En temps de paix, l’<em>amdyaz</em> prend la défense des populations marginalisées, à l’image du grand Cheikh Zayd (<em>lisiwr</em>) des Ichichaoun, critiquant les autorités, dénonçant la corruption et l’iniquité qui hantent le monde, la « mauvaise gestion de la cité » (Khettouch, 2005), ainsi que la perte des valeurs traditionnelles : entraide, générosité, hospitalité. Tout en étant conscient de ce qu’il risque ; cela peut aller de la réprimande à l’emprisonnement. Écoutons Ou-Aqqa, un barde de Tounfit qui s’adressait ainsi aux siens vers la fin des années 1970 :-</p>
<p>Constatons des temps actuels l’impiété, que chacun baisse les yeux.</p>
<p>Attention, les paroles sont pareilles au bois vert !</p>
<p>Ne vous procurent qu’ennuis, que chacun se méfie !</p>
<p>Seigneur, à quoi bon mener la danse ?</p>
<p>Ne serait-ce pas mieux d’être spectateur afin d’éviter les ennuis ?</p>
<p>Je surveille mes propos de crainte que ma langue ne fourche !              (M. Peyron, <em>Isaffen Ghbanin</em>, p. 253)</p>
<p>Quelque soit la ballade qu’il entame, Dieu est omniprésent. En effet, dans le préambule d’une <em>tamdyazt</em>, on trouvera une demi-douzaine d’hémistiches contenant toutes sortes d’exhortations religieuses à destination des croyants, sur le vécu quotidien, sur le pèlerinage à la Mecque, et ce avant d’aborder le thème principal. Il est vrai qu’à ce titre, aux yeux des villageois, auréolé du prestige de la <em>zawiya</em> dont il est issu, et fort de la très large expérience du monde que lui confère une existence entière passée à battre le pays, dans l’absolu, l’<em>amdyaz </em>dépasse en importance et en autorité le simple <em>fqih</em> local, de par ce don poétique hérité de Dieu dont il est le détenteur privilégié. Ainsi que le rappelle un poète anonyme du pays Ayt Seghrouchen :-</p>
<p>Sommes pareils aux doctes, seule est différente notre langue,</p>
<p>Si le poète parle c’est qu’il sait ce que Dieu lui a donné,</p>
<p>Quand il se met à parler c’est comme s’il disait le Coran !</p>
<p>(Khadaoui 2005)</p>
<p><strong>Conclusion :</strong></p>
<p>Ainsi, souvent critiqués, dénoncés de nos jours comme troupes de pauvres hères, de mendiants à peine déguisés par des observateurs mal informés, peu aptes à comprendre leur rôle, les <em>imdyazn </em>apparaissent, à n’en point douter, comme d’humbles auxiliaires du maraboutisme soufi dont, en quelque sorte, par une action pédagogique gratuite et librement consentie, ils prolongent l’action envers et contre tous. Tout en apparaissant comme survivance anachronique d’une culture orale largement dépassée selon les  canons impitoyables de notre époque de globalisation envahissante, la tradition bardique du bled amazighe n’en constitue pas moins le moyen d’expression privilégié, le recours suprême, pour une tranche importante de la population marocaine faisant indiscutablement figure de laissée pour compte.</p>
<p>Michael PEYRON</p>
<p>Ifrane, mars 2005</p>
<p>Source : <a href="http://www.agrawamazigh.com/sujets.php?id_suj=108">Agraw</a></p>
<p>***</p>
<p><strong>BIBLIOGRAPHIE SOMMAIRE : </strong></p>
<p>ARBERRY A.J., 1969, <em>Sufism: an account of the Mystics of Islam</em>,<br />
London, George Allen &amp; Unwin.</p>
<p>JOUAD H., 1989, « Les Imdayzen, une voix de l’intellectualité rurale », <em>Les Prédicateurs</em> <em>profanes au Maghreb</em>, Aix-en-Provence-Édisud.</p>
<p>JOUAD H., 1995, <em>Le calcul inconscient de l’improvisation</em>, Paris-Louvain, Peeters.</p>
<p>KHADAOUI A., 2005, « L’histoire de la résistance armée dans les Atlas ‘racontée par la poésie’ », <em>Tawiza</em>, n° 95 (22 pages).</p>
<p>KHETTOUCH H., <em>La mauvaise gestion de la cité perçue par un genre littéraire : cas de</em> timdyazin », Thèse de Doctorat, Fac. des Lettres, Dhar el Mahraz, Fès.</p>
<p>PEYRON M., 1993, <em>Isaffen Ghbanin/Rivières profondes</em>, Casablanca, Wallada.</p>
<p>ROUX A., 1928, « Les ‘Imdyazen’ ou aèdes berbères », <em>Hespéris</em>, 2<sup>e</sup> trim.</p>
<p>ROUX A. &amp;  PEYRON M., 2002, <em>Poésies berbères de l’époque héroïque, Maroc central</em> <em>(1908-1932)</em>, Aix-en-Provence, Édisud.</p>
<p style="text-align: center">
<p style="text-align: center">****</p>
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		<title>Lu pour vous : Ordre islamique au Maroc</title>
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		<pubDate>Tue, 15 May 2012 21:11:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>afafa</dc:creator>
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<p>Annonce solennelle d&#8217;une charte halal pour l&#8217;audiovisuel. Volonté implicite de délivrer des permis de <a href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/troisieme-groupe/reconstruire" target="_blank">reconstruire</a> les écoles coraniques, peu ébruitée. Mise en place dans les quartiers de milices des moeurs, sur fond de populisme. Mise à l&#8217;index de Marrakech comme <em>&laquo;&nbsp;un lieu de dépravation&nbsp;&raquo;</em>. Banalisation suspecte du suicide d&#8217;une jeune fille violée et mariée de force à son agresseur. Depuis peu, remontent à la surface de la société marocaine des clivages majeurs sur le statut de l&#8217;individu, de la femme, du service public, de l&#8217;étranger, des minorités, jusque-là imperceptibles, peu garantis, traités négligemment par la législation ou relégués au second plan dans le débat public, quand il a lieu.</p>
<p>Une partie de l&#8217;élite, longtemps sceptique sur l&#8217;effectivité de la démocratie naissante, observe éberluée le parti islamiste <a href="http://www.lemonde.fr/justice/">Justice</a> et développement (PJD), à la tête du gouvernement, et une partie de la population, encouragée par son élan fondamentaliste, <a href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/troisieme-groupe/mettre" target="_blank">mettre</a> à nu la schizophrénie sociale ambiante. Certains ne sont pas loin de <a href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/premier-groupe/regretter" target="_blank">regretter</a> le despotisme bienveillant du <em>makhzen</em> (système des institutions royales). Pour eux, la lame de fond qui doit prévaloir est l&#8217;attente de réactions d&#8217;en haut pour <a href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/premier-groupe/brider" target="_blank">brider</a> les égarements d&#8217;en bas. Nous ne sommes qu&#8217;une minorité, disent-ils, alors vivons cachés à l&#8217;ombre du sultan.</p>
<p>Il est certes rassurant de <a href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/troisieme-groupe/savoir" target="_blank">savoir</a> que le roi Mohammed VI est <em>&laquo;&nbsp;plutôt moderniste&nbsp;&raquo;</em>, mais il ne faut pas <a href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/premier-groupe/oublier" target="_blank">oublier</a> que les &laquo;&nbsp;deux corps&nbsp;&raquo; de tout roi l&#8217;amènent à être tantôt dans la modernité, tantôt dans la tradition, tantôt séculier, tantôt religieux, et que de ce dandinement dépend sa double mission : préserver un vieil héritage dynastique et <a href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/troisieme-groupe/faire" target="_blank">faire</a> prospérer un règne à <a href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/troisieme-groupe/transmettre" target="_blank">transmettre</a>.</p>
<p>Hormis le bénéfice qu&#8217;en tirent les courtisans et autres privilégiés qui gravitent autour, ces considérations ne suffisent pas dans une démocratie. La construction citoyenne exige un espace public ouvert, où les acteurs politiques choisissent de se <a href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/premier-groupe/positionner" target="_blank">positionner</a> à <a href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/troisieme-groupe/partir" target="_blank">partir</a> d&#8217;un ensemble de valeurs, et un corps de l&#8217;Etat, sans biais dogmatique, qui permet à cette diversité d&#8217;<a href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/deuxieme-groupe/interagir" target="_blank">interagir</a> librement. Le roi, in fine, devient le garant de cette impartialité, non un acteur devant <a href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/troisieme-groupe/prendre" target="_blank">prendre</a> parti.</p>
<p>A vrai <a href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/troisieme-groupe/dire" target="_blank">dire</a>, dans une monarchie multiséculaire, sans ruptures majeures, comme celle du <a href="http://www.lemonde.fr/maroc/">Maroc</a>, la société de cour a eu le temps de se <a href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/premier-groupe/consolider" target="_blank">consolider</a> en cercles concentriques. Aussi cette large élite qui s&#8217;accroche à un modèle de gouvernance semi-autocratique, piloté par intervention divine, a juste envie que ça continue à<a href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/premier-groupe/fonctionner" target="_blank">fonctionner</a>, sans qu&#8217;elle ait à se <a href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/premier-groupe/mouiller" target="_blank">mouiller</a>. Elle ne fait confiance qu&#8217;à l&#8217;Etat arbitraire qui, telle une centrifugeuse, tente de <a href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/troisieme-groupe/mettre" target="_blank">mettre</a> tout le monde d&#8217;accord, pour préserver le noyau conformiste qui en assure l&#8217;équilibre précaire.</p>
<p>Derrière cet a priori, un large spectre de sujets, démissionnaires, cyniques ou affairistes, qui ne veulent pas <a href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/premier-groupe/regarder" target="_blank">regarder</a> en face le paradoxe menaçant la multitude sociale à terme. Ils ont du mal à reconnaître que les structures mises en place par l&#8217;Etat, pour <a href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/premier-groupe/encadrer" target="_blank">encadrer</a> la société de masse (par les lois, l&#8217;école, les <a href="http://www.lemonde.fr/actualite-medias/">médias</a>audiovisuels, les mosquées, etc.) favorisent l&#8217;ordre moral par le biais d&#8217;une duplicité suspecte (mixité en public pénalisée, islamisation massive des contenus pédagogiques, etc.). Et que ce même Etat ne pourra pas <a href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/premier-groupe/compter" target="_blank">compter</a> sur une minorité libérale cooptée, pour se <a href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/premier-groupe/porter" target="_blank">porter</a> garante de l&#8217;autre face, soi-disant &laquo;&nbsp;moderne&nbsp;&raquo;, du régime, à chaque fois que des excès de religiosité viendraient le<a href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/troisieme-groupe/mettre" target="_blank">mettre</a> à mal.</p>
<p>C&#8217;est simple. Si le passage à la démocratie est irréversible, le dogme de l&#8217;Etat ne peut <a href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/premier-groupe/demeurer" target="_blank">demeurer</a> religieux. Car le rôle d&#8217;un Etat impartial est de <a href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/troisieme-groupe/permettre" target="_blank">permettre</a> à tous les acteurs de <a href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/troisieme-groupe/concourir" target="_blank">concourir</a> à chances égales pour gérer les affaires publiques.</p>
<p>Or le marqueur &laquo;&nbsp;islamique&nbsp;&raquo; confère à un acteur majoritaire au référentiel religieux, même implicite ou modéré tel le JPD (il peut être demain plus radical), une suprématie non seulement représentative, mais symbolique. Dans cette configuration, la démocratie risque d&#8217;être interprétée (c&#8217;est déjà le cas) dans la vulgate populaire comme un &laquo;&nbsp;diktat de la majorité&nbsp;&raquo;. Et les minorités, les expressions marginales, des postures illégitimes voire à <a href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/deuxieme-groupe/bannir" target="_blank">bannir</a>. Normal alors que l&#8217;inévitable querelle entre liberté et moralité se joue à découvert, dans un déséquilibre intenable. Mais qu&#8217;est-ce qui autorise un tel déséquilibre ?</p>
<p>La Loi fondamentale du pays.Méditons ce qui s&#8217;est passé dans les coulisses de la Constitution 2012. La première mouture mettait en avant le caractère islamique et pluriel de la société (pas de l&#8217;Etat) et élargissait les libertés pour y <a href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/troisieme-groupe/inclure" target="_blank">inclure</a> celle de la conscience. Quand l&#8217;islamité de l&#8217;Etat a été réintroduite, dans la version remaniée du texte, sur pression des partis conservateurs et des bigots proches du Palais, il y a eu très peu de voix pour s&#8217;en <a href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/premier-groupe/offusquer" target="_blank">offusquer</a> publiquement.</p>
<p>Quelques membres de la commission mise en place à cet effet par le roi ont rejeté ce tripatouillage mais, en tant que techniciens en service commandé, n&#8217;ont trouvé aucun contrepoids, dans l&#8217;espace public, pour <a href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/premier-groupe/contrer" target="_blank">contrer</a> les zélotes. A la fin, ces derniers ont eu gain de cause, truffant la Constitution d&#8217;expressions vaseuses, telles que <em>&laquo;&nbsp;constantes (immuables) de la nation&nbsp;&raquo;</em>, avec une mise en avant du dogme comme instrument de censure morale déguisée, par le biais des oulémas (docteurs de la loi musulmane à la botte du régime), dorénavant invités à <a href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/premier-groupe/trancher" target="_blank">trancher</a>dans le débat public.</p>
<p>Le noeud du problème réside ainsi dans le caractère dogmatique de l&#8217;Etat, nonobstant le parti au <a href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/troisieme-groupe/pouvoir" target="_blank">pouvoir</a>. Les ministres du PJD, habiles rhéteurs, parlent d&#8217;ailleurs au nom de &laquo;&nbsp;la norme constitutionnelle&nbsp;&raquo; et des &laquo;&nbsp;valeurs (sous-entendu religieuses) du peuple marocain&nbsp;&raquo;, consacrées par cette même Constitution. Rusés, populistes ? Peut-être mais légalistes, aussi. Or que retrouve-t-on en face ? Des partis dits libéraux enserrés dans un corset identitaire étroit. Ils sont certes sans étiquette religieuse affichée, mais il leur est déjà arrivé, à leur tour, de<a href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/premier-groupe/protester" target="_blank">protester</a> contre un art <em>&laquo;&nbsp;malpropre&nbsp;&raquo;</em>, une école <em>&laquo;&nbsp;résolument plurielle&nbsp;&raquo;</em>, une association <em>&laquo;&nbsp;libertaire&nbsp;&raquo;</em> ou des médias <em>&laquo;&nbsp;non consensuels&nbsp;&raquo;</em>.</p>
<p>Et quand l&#8217;attaque provient de partis islamistes, ils observent souvent une neutralité passive et coupable. Aucun acteur ou formation charismatique ne défend une option de sécularisation repensée à l&#8217;aune des réalités. Aussi, par leur retenue idéologique ou leur incapacité à se démarquer sur les questions de liberté et de pluralité, toutes ces formations, tout comme les <a href="http://www.lemonde.fr/services/">services</a> publics, servent aux fondamentalistes sur un plateau d&#8217;or des sujets religieusement conditionnés. Tous piégés par la Constitution !</p>
<p>Au milieu de ce magma, la société marocaine est prise au piège du monolithisme imposé. Dans leurs pratiques au quotidien, les Marocains sont certes plus divers et pluriels que le laissent <a href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/troisieme-groupe/croire" target="_blank">croire</a> les discours dominants. L&#8217;étude sur <em>L&#8217;<a href="http://www.lemonde.fr/islam/">Islam</a> au quotidien</em> (éd. Prologues, 2007) montre à quel point les Marocains bricolent leurs pratiques et ne sont pas dans le mimétisme absolu. Certes, quelques membres hyperactifs d&#8217;ONG et des militants ayant assez de courage se démarquent par des prises de position et des initiatives hors du conformisme ambiant. Citons, dans ce sens, le mémorandum préparé par le Collectif démocratie et modernité en faveur de la liberté de conscience ou encore le mouvement Libre <a href="http://www.lemonde.fr/culture/">Culture</a>, qui soutient la liberté de création.</p>
<p>Mais celles et ceux capables de <a href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/troisieme-groupe/tenir" target="_blank">tenir</a> publiquement un discours alternatif n&#8217;ont pas encore assez de relais, associatifs, scolaires, culturels, territoriaux, syndicaux, parlementaires, pour <a href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/premier-groupe/peser" target="_blank">peser</a> dans la balance.</p>
<p>Le Mouvement du 20 février, né dans le sillage du &laquo;&nbsp;printemps arabe&nbsp;&raquo;, a promis, à sa genèse, de <a href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/premier-groupe/favoriser" target="_blank">favoriser</a> l&#8217;éclosion de nouveaux affluents de liberté. Mais pris dans la tourmente de la réaction micropolitique, ce dernier a erré et n&#8217;a pas connu la densification nécessaire pour <a href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/premier-groupe/peser" target="_blank">peser</a> dans l&#8217;espace public et <a href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/premier-groupe/aider" target="_blank">aider</a> à réorienter les choix stratégiques. Or, pour <a href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/troisieme-groupe/produire" target="_blank">produire</a> un socle de valeurs plus ouvert et moins ambigu que celui qui prévaut, au nom de la spécificité marocaine, il faut <a href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/premier-groupe/repenser" target="_blank">repenser</a>la pluralité en vue de dépasser les notions condescendantes de tolérance et les réflexes équivoques qui hiérarchisent les cultures.</p>
<p>Comment <a href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/troisieme-groupe/faire" target="_blank">faire</a> alors que, le passif 2011 aidant, le panislamisme est béni par les Américains avec trois arguments de vente : l&#8217;influence médiatique du <a href="http://www.lemonde.fr/qatar/">Qatar</a>, le modèle consumériste hypermoderne de Dubaï et l&#8217;horizon enchanteur de la<a href="http://www.lemonde.fr/turquie/">Turquie</a> ? Le <a href="http://www.lemonde.fr/voyage-maroc/">Maroc</a> n&#8217;a qu&#8217;à <a href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/premier-groupe/repenser" target="_blank">repenser</a> son positionnement comme pays musulman, sans complexe et sans censure morale, ouvert sur toutes les influences externes (européennes, africaines, atlantiques, orientales), et pluriel, favorisant tous ses affluents internes. Cela est déjà un peu le cas, dans les faits et même dans les textes, mais loin d&#8217;être reconnu comme un atout gagnant. Le triptyque de valeurs, implicites dans ces engagements tous azimuts, <em>&laquo;&nbsp;liberté, pluralité, citoyenneté&nbsp;&raquo;</em>, n&#8217;est qu&#8217;un slogan abstrait dans l&#8217;esprit des gens, un argument de vente à l&#8217;extérieur plus qu&#8217;un atout de développement en interne.</p>
<p>Il est temps de se <a href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/troisieme-groupe/battre" target="_blank">battre</a> pour réformer l&#8217;Etat et <a href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/premier-groupe/assumer" target="_blank">assumer</a> ce pluralisme. Cela veut<a href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/troisieme-groupe/dire" target="_blank">dire</a> <a href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/troisieme-groupe/mettre" target="_blank">mettre</a> la liberté, l&#8217;échange, l&#8217;ouverture d&#8217;esprit et la créativité au coeur des structures culturelles publiques (l&#8217;école, les maisons de jeunes, l&#8217;université, les médias audiovisuels). <a href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/premier-groupe/toiletter" target="_blank">Toiletter</a> les normes qui encadrent la société (les lois et les règlements) des scories pouvant être exploitées à satiété par les conservateurs.</p>
<p>Et <a href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/premier-groupe/multiplier" target="_blank">multiplier</a> les lieux de débat et de création libre (théâtres, bibliothèques, espaces de répétition, laboratoires de création Internet) avec un ancrage territorial et une ritualisation temporelle qui conteste aux lieux de culte le monopole de production de la norme sociale. Sans ce chambardement socioculturel, je le crains, le Maroc ne pourra pas <a href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/troisieme-groupe/sortir" target="_blank">sortir</a> de l&#8217;impasse de l&#8217;Etat islamique.</p>
<p>Dris Ksikes</p>
<p><a href="http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/05/12/ordre-islamique-au-maroc_1700370_3232.html">Source, Le Monde  (12.05.2012)</a></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>TUNISIE : Crime contre le patrimoine amazigh</title>
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		<pubDate>Mon, 14 May 2012 10:18:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>afafa</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Un combat]]></category>
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		<description><![CDATA[Un arbre vieux de 1800 ans a été brûlé, dimanche, dans la zone archéologique de Majel El Borj à la délégation de Majel Bel Abbès, dans le gouvernorat de Kasserine au sud de la Tunisie, rapporte ce lundi le site tunisien d&#8217;information Tunisie Numérique. Les circonstances exactes de l’incendie, et l’identité de son ou ses [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.afafa.fr/wp-content/uploads/2012/05/arbre2.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-381" src="http://www.afafa.fr/wp-content/uploads/2012/05/arbre2.jpg" alt="" width="183" height="275" /></a></p>
<p>Un arbre vieux de 1800 ans a été brûlé, dimanche, dans la zone archéologique de Majel El Borj à la délégation de Majel Bel Abbès, dans le gouvernorat de Kasserine au sud de la Tunisie, rapporte ce lundi le site tunisien d&#8217;information<a href="http://http://www.tunisienumerique.com/tunisieles-habitants-de-kasserine-indignes-apres-lincendie-dun-arbre-vieux-de-1800-ans/124052"> Tunisie Numérique</a>.</p>
<p>Les circonstances exactes de l’incendie, et l’identité de son ou ses auteurs sont toujours inconnues. Cet acte ignoble intervient alors que plusieurs sites archéologiques amazighs ont été vandalisés en Libye, en Algérie et au Maroc.</p>
<p>Affaire à suivre.</p>
<p>La rédaction.</p>
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		<title>AZAWAD : Un Etat à soutenir</title>
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		<pubDate>Mon, 14 May 2012 09:43:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>afafa</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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		<description><![CDATA[Début avril, et pour la première fois de toute leur histoire, des Imazighen déclarent la naissance d’un État propre à eux. Il s’appelle Azawad. Il fait partie d’un immense territoire sur lequel la France coloniale a créé de toutes pièces des États auxquels il a confié le sort des Imazighen. Juste après la proclamation de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Début avril, et pour la première fois de toute leur histoire, des Imazighen déclarent la naissance d’un État propre à eux. Il s’appelle Azawad. Il fait partie d’un immense territoire sur lequel la France coloniale a créé de toutes pièces des États auxquels il a confié le sort des Imazighen.</p>
<p>Juste après la proclamation de l’indépendance de l’Azawad, plusieurs organisations amazighes ont exprimé leur soutien au nouvel État. Plusieurs autres continuent d’observer le silence. Le soutien apporté par ces organisations est certes symbolique, mais primordial dans le combat pour la souveraineté et la liberté du peuple amazigh.</p>
<p>Alors que le MNLA renforce son pouvoir, s’active diplomatiquement et structure son projet, des États, hostiles à l’amazighité, s’activent pour l’étouffer dans l’œuf. Face à ces États voyous et aux groupes terroristes islamistes qu’ils manipulent dans le Sahel, il est urgent que les peuples amazighs s’organisent efficacement pour permettre au MNLA d’asseoir un véritable État laïc dans cette région libérée de Tamazgha. Il n’est plus possible de reculer devant l’ennemi. Le moment est historique et le peuple amazigh doit se mobiliser pour permettre à cet État d’éclore et de rayonner.</p>
<p>Soutenir ce nouvel État, politiquement, matériellement et moralement, est un devoir qui incombe à chaque amazigh à travers l’ensemble de l’Afrique du Nord et dans la Diaspora. Se taire, en ce moment crucial, est une insulte à la mémoire de tous les Imazighen morts pour que ce projet puisse voir le jour. Ne pas le soutenir est aussi une erreur stratégique qui pourrait nous être fatale.</p>
<p>Un État amazigh dans l’Azawad est une aubaine. Il peut servir d’exemple à tous les souverainistes amazighes, à tous ceux qui aspirent un jour à voir naître des États amazighs sur Tamazgha, débarrassée de l’arabo-islamisme macabre.</p>
<p style="text-align: right"><strong>Lhoussain Azergui</strong></p>
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		<item>
		<title>Azawad : les plans diaboliques d’Alger…</title>
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		<pubDate>Fri, 11 May 2012 14:42:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>afafa</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Si le MNLA a gagné la première guerre contre l’envahisseur malien et a libéré la totalité du territoire de l’Azawad, tout porte à croire qu’une autre guerre l’attend contre tous les alliés de circonstance rassemblés autour du Mali. Ce sont en réalité des forces qui ont des intérêts dans l’Azawad et qui sont prêtes à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Si le MNLA a gagné la première guerre contre l’envahisseur malien et a libéré la totalité du territoire de l’Azawad, tout porte à croire qu’une autre guerre l’attend contre tous les alliés de circonstance rassemblés autour du Mali. Ce sont en réalité des forces qui ont des intérêts dans l’Azawad et qui sont prêtes à déployer tous les moyens pour que l’Azawad ne soit pas indépendant. L’avènement d’un État amazigh n’est du goût d’aucun État, et cela n’est pas nouveau. Seuls ceux des Imazighen qui sont décidés à se libérer et à en finir avec le colonialisme sur leur Terre appellent de leur vœu cet Etat.</p>
<p>L’Etat français, ancienne puissance coloniale très intéressée par l’Azawad, a fait savoir qu’il n’interviendrait pas militairement dans l’Azawad tout en s’opposant à toute partition de ce qu’il s’entête à continuer d’appeler le Mali. Plus grave encore, la diplomatie française se dit prête à fournir une assistance logistique à ceux qui s’engageraient militairement contre les Touaregs. C’est le rôle qui pourrait être attribué à l’Etat algérien ou à la CEDEAO.</p>
<p>Au lieu de reconnaître l’injustice faite aux Touaregs en leur refusant déjà en 1958 l’indépendance et en les soumettant malgré eux à un pouvoir négro-africain, la France s’entête et assume son mépris des Touaregs, et par là-même de tous les Berbères, en s’opposant sans aucun motif à leur indépendance. L’état français devra-t-il comprendre que ni les Touaregs ni l’ensemble des Berbères ne laisseront passer cela et ne pourront rester indifférents devant cette position anti-amazighe de la France ?</p>
<p>L’autre État qui est hostile à la naissance d’un Etat amazigh c’est l’Etat algérien, lui aussi produit de cette puissance coloniale qu’est la France. Alger a maintes raisons de comploter contre l’Azawad. Mais là tout laisse à croire qu’il se prépare à une guerre contre le MNLA.</p>
<p>Surpris par l’intégrité des représentants du MNLA, le DRS (<em>Département du service et du renseignement</em>) n’a pas réussi dans ses tentatives de manipulation de ce mouvement, aujourd’hui seul légitime auprès des populations sur place. D’habitude, et à chaque fois que les Touaregs se révoltent contre les États du Mali ou du Niger, les services de renseignement algériens ont toujours su instrumentaliser et manipuler des Touaregs pour faire échouer les révoltes et organiser, avec le concours de la France, des négociations entre Touaregs &laquo;&nbsp;Rebelles&nbsp;&raquo; et les Etats (malien ou nigérien). Les seuls objectifs de ces accords ont été de mettre fin au conflit armé, désarmer les Touaregs et corrompre un maximum de leurs cadres. Et comme par hasard, les négociations sont toujours organisées lorsque les Touaregs prennent le dessus militairement.</p>
<p>Etant surpris par la rapidité avec laquelle l’état major du MNLA a libéré le territoire de l’Azawad, les services algériens ont renforcé la présence de l’Aqmi dans l’Azawad et ont prêté main forte à Ansar Dine. Et malgré la campagne médiatique orchestrée principalement par l’AFP et la presse algérienne pour entretenir la confusion entre les islamistes et le MNLA, ce dernier n’a pas été déstabilisé et a su garder le cap. Le congrès national qu’il a organisé récemment (du 25 au 27 avril) à Gao et qui a réuni des centaines de représentants de la société civile, venus des quatre coins de l’Azawad, montre que le MNLA est le véritable maître des lieux et que sa détermination à lancer les jalons de l’Etat de l’Azawad est inébranlable.</p>
<p>C’est ainsi que depuis le début du mois de mai, juste après le congrès du MNLA, la région de Kidal, proche des frontières algériennes, pullule de barbus. Venus du Pakistan, du Nigéria, du Tchad, de Tunisie, du Maroc, de Libye et bien sûr d’Algérie, ces hordes de terroristes circulent allègrement à Kidal et y établissent leurs quartiers en fonction de leurs nationalités. La liaison entre ces groupes est établie par les grands émirs comme Mokhtar Belmokhtar et Abdelhamid Abou Zeid, tous les deux algériens et sont en mission dans le Sahara et Sahel depuis des années. Il semblerait aussi qu’un émir basé en Kabylie est également spécialement dépêché pour l’occasion à Kidal. Bien évidemment, nombre de ces hordes sont passées par les frontières algériennes, et c’est sans doute le DRS qui aurait assuré la coordination de tout ce &laquo;&nbsp;beau&nbsp;&raquo; monde.</p>
<p>Les choses semblent donc s’accélérer du côté algérien depuis le congrès national du MNLA. Ainsi, en plus de cet investissement spectaculaire de la région de Kidal notamment, le vendredi 4 mai, Alger a réuni des représentants du FNLA (Front de libération de l’Azawad), créé de toutes pièces après la libération totale de l’Azawad pour le mettre dans les pattes du MNLA, partis à Alger directement de l’Azawad, et trois personnalités bérabichs (tribu maraboutique arabe basée essentiellement dans la région de Tombouctou), partis de Nouakchott. Ces derniers sont Zahabi Ould Sidi Mohamed, Moulaye Ahmed Reganni et Ould Meidoum. Ce sont des éléments de l’ex-FIA (Front islamique armé de l’Azawad), pro-maliens et farouches opposants au MNLA, et sont connus également pour leurs accointances avec le milieu du narco trafic.</p>
<p>Et lorsqu’on sait que depuis quelques semaines Alger a cessé tout contact avec le MNLA, il n’y a aucun doute que cet Etat diabolique se prépare à mettre en œuvre les gros moyens pour venir à bout du MNLA. Ce qui a été entrepris jusque-là notamment à travers l’Aqmi et Ansar Dine d’Iyad ag Ghali ne semble pas porter ses fruits et commence à inquiéter Alger qui se voit perdre la main sur l’Azawad. Faudrait-il rappeler également que l’état major et le bureau politique du MNLA tient bon, jusque-là, devant les tentatives de manipulation des services algériens, ce que ces derniers ont du mal à accepter.</p>
<p>Il est donc fort probable que l’on assiste là à une nouvelle étape dans l’action des services algériens pour contrecarrer l’action du MNLA dans l’Azawad. La nouvelle stratégie est-elle d’organiser et d’armer les Bérabichs passablement arabes pour contrer ces Berbères assez bronzés ?</p>
<p>C’est aussi dans ce contexte que ressortent les vieux clichés qui présentent les Touaregs comme les anciens esclavagistes des noirs, une propagande qui alimente le racisme anti-touareg et le sentiment de vengeance au sein des sociétés noires notamment les Bambaras. Et voilà une propagande qui facilite la tâche de la junte militaire de Bamako qui, de son côté, elle est entrain de se lancer dans une reconstitution de milices à partir de Ségou et Sévaré dans la région de Mopti auxquelles elle distribue des armes qui lui sont envoyées par diverses forces. Laquelle junte malienne est en contact permanent avec les relais d’Ansar Edine à Bamako ainsi qu’avec les milices arabes du FLNA.</p>
<p>Ainsi, avec les milices maliennes au sud et les terroristes d’Aqmi et d’Ansar Dine au nord, les Algériens et les maliens appuyés par les différentes forces régionales et internationales, sont décidés à livrer une guerre sans merci au MNLA qu’ils veulent anéantir.</p>
<p>Devant cette situation, les Touaregs sont seuls devant leur destin. Ce destin est celui de l’ensemble des Imazighen (Berbères), c’est pourquoi une large mobilisation amazighe est inéluctable. Le MNLA est prêt à aller jusqu’au bout de son combat et ne compte pas céder sur l’objectif qui est celui de l’instauration d’un Etat indépendant de l’Azawad, après la libération totale du territoire. Il saura défendre le pays et faire face à toutes ces forces du mal. Mais le reste des Imazighen ne sauront faire l’économie d’une solidarité active avec le MNLA qui est entrain de réécrire l’histoire amazighe. Le reste des Imazighen ne pourront laisser seuls les Touaregs face à ces monstres prêts à tout pour empêcher l’avènement d’un État amazigh et de la vérité en Afrique du Nord.</p>
<p>Le MNLA l’a déjà dit : il est prêt à accueillir tous les volontaires qui souhaitent participer au combat qui consiste à défendre l’Azawad libéré et à l’instauration d’un état indépendant. Le MNLA est prêt à accueillir toutes celles et tous ceux qui sont jaloux de la liberté et qui veulent défendre une partie de notre Terre contre l’obscurantisme instrumentalisé par des États corrompus et voyous, des républiques bananières, et qui de surcroît sont au service d’idéologies anti-amazighes. Face à un monde de lâches, il n’y a que nos propres forces qui nous permettront d’accéder à notre liberté.</p>
<p><strong><em>Masin Ferkal.</em></strong></p>
<p>(Publié avec l&#8217;autorisation de l&#8217;auteur)</p>
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		<title>Nina Wallet Intalou, la pasionaria indépendantiste des Touareg maliens</title>
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		<pubDate>Fri, 11 May 2012 14:27:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>afafa</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le salon de Nina Wallet Intalou, dans le quartier Las Palmas Extension de Nouakchott, accueille toutes sortes de visiteurs: un jeune colonel du Mouvement national de libération de l&#8217;Azawad (MNLA) en convalescence, des partisans, des journalistes, une chercheuse française et des diplomates, avides d&#8217;informations. A votre tour, ce lundi 16 avril, passé la cour de la maison où flotte, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div>
<p>Le salon de <a href="http://www.lemonde.fr/sujet/1b8f/nina-wallet.html" target="_blank">Nina Wallet</a> Intalou, dans le quartier <a href="http://www.lemonde.fr/sujet/d197/las-palmas.html" target="_blank">Las Palmas</a> <a href="http://www.lemonde.fr/sujet/54e9/extension-de-nouakchott.html" target="_blank">Extension de Nouakchott</a>, accueille toutes sortes de visiteurs: un jeune colonel du Mouvement national de libération de l&#8217;Azawad (MNLA) en convalescence, des partisans, des journalistes, une chercheuse française et des diplomates, avides d&#8217;informations. A votre tour, ce lundi 16 avril, passé la cour de la maison où flotte, à l&#8217;abri des regards, le drapeau de l&#8217;Azawad (un triangle jaune et trois bandes vert, rouge et noir), elle <a href="http://www.lemonde.fr/vous/">vous</a> entraîne à part en tapotant sur un sofa: <em>&laquo;&nbsp;Nous voulons notre indépendance, ou une fédération avec un référendum dans cinq ou dix ans, pas l&#8217;autonomie. Ce serait <a href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/troisieme-groupe/revenir" target="_blank">revenir</a> en arrière, et nous sommes fatigués.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>Trois mois après le début de la rébellion touareg qui a abouti à la partition du <a href="http://www.lemonde.fr/mali/">Mali</a>et à la proclamation de l&#8217;indépendance du nord du pays, l&#8217;Azawad &#8211; reconnue par aucun Etat -, les négociations ont officiellement débuté, le 15 avril, entre le mouvement indépendantiste et les autorités de Bamako.</p>
<p>Des pourparlers d&#8217;autant plus délicats que les djihadistes d&#8217;<a href="http://www.lemonde.fr/al-qaida/">Al-Qaida</a> au Maghreb islamique (<a href="http://www.lemonde.fr/aqmi/">AQMI</a>) et leurs alliés ont profité de l&#8217;insurrection touareg pour s&#8217;<a href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/premier-groupe/imposer" target="_blank">imposer</a>sur le terrain, en prenant le contrôle des principales villes du Nord, Tombouctou, Gao et Kidal. Mais après une première rencontre avec les responsables du MNLA, tard dans la soirée, Tiébilé Dramé, l&#8217;émissaire du nouveau président malien par intérim <a href="http://www.lemonde.fr/sujet/48f8/dioncounda-traor.html" target="_blank">Dioncounda Traor</a>é, en a tiré une conclusion: <em>&laquo;&nbsp;Nina, c&#8217;est l&#8217;homme fort du groupe.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><strong></strong><strong>&laquo;&nbsp;AQMI COMBAT NOTRE <a href="http://www.lemonde.fr/culture/">CULTURE</a>&laquo;&nbsp;</strong></p>
<p>Membre du bureau exécutif du MNLA, dont la plupart des membres se sont exilés dans la capitale mauritanienne, Nina Wallet Intalou, 49 ans, est l&#8217;une des principales figures du mouvement. La seule femme, aussi. Incontournable. Drapée dans une malafa noire brillante, la robe <a href="http://www.lemonde.fr/voile/">voile</a> traditionnelle au Sahara, une cigarette à la main, son <a href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/troisieme-groupe/sourire" target="_blank">sourire</a> masque l&#8217;inquiétude d&#8217;un échec: <em>&laquo;&nbsp;AQMI est en train d&#8217;<a href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/premier-groupe/occuper" target="_blank">occuper</a> notre territoire, même les hommes ne peuvent plus <a href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/premier-groupe/fumer" target="_blank">fumer</a>.&nbsp;&raquo;</em> <em>&laquo;&nbsp;Ils combattent notre culture et donc notre identité, </em>poursuit-elle, <em>et le <a href="http://www.lemonde.fr/voyage-mali/">Mali</a> n&#8217;a jamais rien fait contre eux. Ils veulent nous <a href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/premier-groupe/effacer" target="_blank">effacer</a>, avec la complicité de l&#8217;<a href="http://www.lemonde.fr/algerie/">Algérie</a>.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>Fille d&#8217;un infirmier-major de la gendarmerie réputé, issue de la puissante tribu des Idnane, cette militante élevée entre Kidal, sa ville d&#8217;origine, Gao et Mopti, part dès 1984 en <a href="http://www.lemonde.fr/cote-d-ivoire/">Côte d&#8217;Ivoire</a> avec pour mission de <a href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/premier-groupe/sensibiliser" target="_blank">sensibiliser</a> à la cause touareg les frères africains. Elle y épouse un riche homme d&#8217;affaires, dont elle aura trois enfants, reprend ses études et, une licence en droit public en poche, fonde, à 26 ans, sa société de construction, avec 250 salariés, qui lui assure le monopole de nettoyage des cabines téléphoniques d&#8217;Abidjan.</p>
<p>Divorcée, elle revient au nord du Mali. Mais, bien qu&#8217;élue maire de Kidal en 1997, Nina Wallet Intalou n&#8217;a jamais pu <a href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/premier-groupe/exercer" target="_blank">exercer</a> ses fonctions. <em>&laquo;&nbsp;Les islamistes, qui commençaient à s&#8217;<a href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/premier-groupe/installer" target="_blank">installer</a> dans la région, ne voulaient pas d&#8217;une femme. A l&#8217;époque, ils venaient surtout du <a href="http://www.lemonde.fr/pakistan/">Pakistan</a> et créaient les prémices des katiba</em>[unités combattantes]<em>; les Algériens ne sont arrivés qu&#8217;en 2003, </em>explique-t-elle.<em>J&#8217;ai attendu huit mois. Tous les cadis et marabouts traditionnels avaient tranché en ma faveur. Mais finalement, c&#8217;est un homme qui a été nommé à ma place.&nbsp;&raquo;</em> En guise de consolation, Alpha Oumar Kondaré, alors président du Mali, lui offre un poste de <a href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/premier-groupe/conseiller" target="_blank">conseiller</a> territorial.</p>
<p><strong>&laquo;&nbsp;UNE GRANDE HAINE CONTRE KADAFHI&nbsp;&raquo;</strong></p>
<p>On prête à la gracieuse et ambitieuse Nina, divorcée une deuxième fois et distinguée par un prix d&#8217;excellence américain, des amants célèbres, de Félix Houphouët-Boigny, son beau-frère, à <a href="http://www.lemonde.fr/sujet/8924/mouammar-kadhafi.html" target="_blank">Mouammar Kadhafi</a>, alors qu&#8217;elle prend plusieurs fois la route de Tripoli à <a href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/troisieme-groupe/partir" target="_blank">partir</a> de 1998, pour <a href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/premier-groupe/rencontrer" target="_blank">rencontrer</a> les Touareg maliens au service de l&#8217;ancien Guide libyen. <em>&laquo;&nbsp;Ah ça, je n&#8217;ai jamais été sa maîtresse !, </em>s&#8217;offusque-t-elle.<em> J&#8217;avais une grande haine contre cet homme quand je voyais comment il utilisait les Touareg pour <a href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/troisieme-groupe/combattre" target="_blank">combattre</a> au <a href="http://www.lemonde.fr/tchad/">Tchad</a> ou ailleurs. Kadhafi les trompait en leur disant qu&#8217;ils faisaient partie de l&#8217;<a href="http://www.lemonde.fr/arm/">arm</a>ée libyenne, mais en réalité, ils étaient maltraités.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>Proche du chef militaire du MNLA, Mohamed ag Najim, elle voue une haine toute aussi tenace au Touareg malien Iyad ag Ghali, devenu chef du groupe islamiste radical <a href="http://www.lemonde.fr/sujet/9bc5/ansar-eddine.html" target="_blank">Ansar Eddine</a>, allié à AQMI. <em>&laquo;&nbsp;En 1990, </em>[lors de la première révolte touareg]<em>, il était notre leader, </em>raconte-t-elle<em>. Ensuite, il a voulu être le secrétaire général du MNLA, mais nous avons refusé car il avait déjà des liens avec AQMI, je ne sais pas si c&#8217;est par conviction ou par opportunisme, sans doute les deux.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><strong>&laquo;&nbsp;QUE LES OCCIDENTAUX S&#8217;IMPLIQUENT&nbsp;&raquo;</strong></p>
<p>Le mouvement indépendantiste, qui voit d&#8217;un très mauvais œil les tentatives de négociations amorcées depuis peu par Bamako avec le chef de file d&#8217;Ansar Eddine, assure qu&#8217;il cessera toute discussion si le gouvernement, désormais dirigé par cheikh <a href="http://www.lemonde.fr/sujet/aa1b/modibo-diarra.html" target="_blank">Modibo Diarra</a>, <em>&laquo;&nbsp;négocie avec des terroristes&nbsp;&raquo;</em>. <em>&laquo;&nbsp;On ne pourra jamais <a href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/premier-groupe/pardonner" target="_blank">pardonner</a> à Ag Ghali, il nous a fait trop de mal&nbsp;&raquo;</em>, assène Nina Wallet Intalou.</p>
<p>Exaspérée, elle tance: <em>&laquo;&nbsp;Il faudra que les Occidentaux s&#8217;impliquent et nous donnent les moyens, ils donnent bien des millions pour libérer des otages. Depuis des mois, on nous promet une <a href="http://www.lemonde.fr/services-aux-internautes/">aide</a>, mais rien, rien! Nous avons pourtant du <a href="http://www.lemonde.fr/petrole/">pétrole</a>, de l&#8217;uranium mais on nous laisse entre les griffes de ces gens!&nbsp;&raquo;</em> <em>&laquo;&nbsp;Hier, </em>poursuit l&#8217;égérie du MNLA, <em>de Tombouctou, on me disait que les djihadistes ont ouvert un camp militaire. Ils proposent à des jeunes de leur <a href="http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/premier-groupe/donner" target="_blank">donner</a> un véhicule, une arme. Quelqu&#8217;un qui était à dos d&#8217;âne se retrouve avec un 4×4, c&#8217;est comme ça qu&#8217;ils embobinent les gens.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>Dans quelques jours, tous les dirigeants du MNLA devraient se réunir au Mali. Nina<a href="http://www.lemonde.fr/sujet/c90d/wallet-intalou.html" target="_blank">Wallet Intalou</a> en sera.</p>
</div>
<p>Isabelle Mandraud (Nouakchott, envoyée spéciale)</p>
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		<title>Imiter : Le vrai visage de la politique minière du Makhzen</title>
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		<pubDate>Thu, 12 Apr 2012 15:19:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>afafa</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Depuis le mois d’aout 2011, la population d’Imiter, toute génération confondue, est en sit-in au sommet du mont d’Albban, en face de la mine d’argent de la région, située sur le versant nord de saghro, 150 Km à l’Est de Warzazate, Sud-Est de Tamazgha occidentale (Maroc). Elle revendique que 75 % des recrutements soient réservés [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis le mois d’aout 2011, la population d’Imiter, toute génération confondue, est en sit-in au sommet du mont d’Albban, en face de la mine d’argent de la région, située sur le versant nord de saghro, 150 Km à l’Est de Warzazate, Sud-Est de Tamazgha occidentale (Maroc). Elle revendique que 75 % des recrutements soient réservés à la population de la région, dénoncent l’épuisement de la nappe phréatique et la monté de la pollution. La population a fermé les vannes du puits qui alimente en eau la mine et une permanence est mise en place pour les surveiller. Les enfants observent une ‘grève des cartables ‘. Moustapha OUCHTOUBANE, militant de ce mouvement de protestation, est condamné abusivement à 4 ans de prison ferme et croupit dans la prison de Warzazate.</p>
<p>Au lieu de répondre favorablement à la population, la direction de la Société Métallurgique d’Imiter (SMI) adopte la guerre d’usure. Le Makhzen met en place un dispositif de répression. Les média ignorent la question. Les forces socio-politiques et syndicales soutiennent la Palestine !</p>
<p>La SMI exploite le gisement argentifère D’Imiter depuis 43 ans. Avec une production dépassant les « 200 » tonnes d’argent par an, la mine d’Imiter place le Maroc au premier rang africain. Créée en 1969 par le Bureau de Recherches de Participations Minières (BRPM), organisme public, la SMI est privatisée pour retomber dans le giron de Managem, groupe minier de l’ONA, holding royal.<br />
Les retombées de l’exploitation de cette mine sur le développement de la région, à travers la création d’emplois, la construction d’infrastructures économiques, socio-éducatives et sanitaires, sont quasi-inexistantes.<br />
Pour dénoncer cette politique minière du Makhzen, apporter leur soutien au combat que mène la population d’Imiter, les différentes énergies du Mouvement Culturel Amazigh du Sud-Est de Tamazgha occidentale ont lancé des appels pour rejoindre le sit-in d’Albban, le dimanche 15 avril.</p>
<p>Je soussigné, Mustapha BERHOUCHI, appelle toutes les potentialités amazighs à apporter leur soutien à ses initiatives militantes.</p>
<p>Je lance un appel à la communauté internationale, aux organisations du travail et des droits humains, à toutes les consciences éprises de justice sociale à faire pression sur le Makhzen pour que les populations de la région puissent recouvrer leurs droits sur les biens de leurs propres terres.</p>
<p>Unis et solidaires, Imazighnes aboutiront !<br />
Signé : Mustapha BERHOUCHI<br />
Tizi n imnayen ( Goulmima), le 10 avril 2012</p>
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		<title>ANALYSE : Business, profits souterrains et stratégie de la terreur. La recolonisation du Sahara.</title>
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		<comments>http://www.afafa.fr/analyse-business-profits-souterrains-et-strategie-de-la-terreur-la-recolonisation-du-sahara/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 11 Apr 2012 14:34:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>afafa</dc:creator>
				<category><![CDATA[Un combat]]></category>
		<category><![CDATA[Azawad]]></category>
		<category><![CDATA[Hawad Hélène Claudot]]></category>
		<category><![CDATA[Mali]]></category>
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		<description><![CDATA[Terroristes, islamistes, trafiquants, preneurs d’otages, voleurs, violeurs de fillette, égorgeurs, usurpateurs minoritaires, indépendantistes illégitimes, aventuriers sans programme politique, activistes obscurantistes et quasi-médiévaux et, pour couronner le tout, destructeurs potentiels de manuscrits trésors de l’humanité… Le bon vieux scénario colonial de terreur barbare et de diabolisation des rebelles touaregs au Mali s’étale à la une, alors [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div>
<div>Terroristes, islamistes, trafiquants, preneurs d’otages, voleurs, violeurs de fillette, égorgeurs, usurpateurs minoritaires, indépendantistes illégitimes, aventuriers sans programme politique, activistes obscurantistes et quasi-médiévaux et, pour couronner le tout, destructeurs potentiels de manuscrits trésors de l’humanité… Le bon vieux scénario colonial de terreur barbare et de diabolisation des rebelles touaregs au Mali s’étale à la une, alors que la création de la République de l’Azawad vient d’être déclarée le 6 avril 2012 par le MNLA (Mouvement National de Libération de l’Azawad). L’aspiration à l’indépendance d’une population malmenée depuis cinquante ans par un Etat dont le caractère &laquo;&nbsp;démocratique&nbsp;&raquo; relève de la langue de bois est malvenue dans la zone saharo-sahélienne. Dans le tableau caricatural présenté à l’opinion publique, l’innommable demeure la revendication <em>politique</em> des Touaregs, systématiquement tue par les experts assermentés. Le motif du jihad islamiste vient à point nommé pour étouffer tout élément d’intelligibilité de la situation et légitimer la répression à venir du mouvement et peut-être, comme par le passé, les dérives génocidaires. Qui se souvient des milices paramilitaires maliennes qui, juste après les accords de paix signés entre la rébellion et le gouvernement malien en 1991, ont été lancées contre les civils touaregs et maures à &laquo;&nbsp;peau rouge&nbsp;&raquo;, torturés, tués, décimés ou contraints à l’exil [<a id="nh1" title="Voir CLAUDOT-HAWAD Hélène et HAWAD (eds.), Touaregs. Voix solitaires sous (...)" href="http://tamazgha.fr/Business-profits-souterrains-et.html#nb1" rel="footnote">1</a>], dans un silence international fracassant et sous le gouvernement même d’ATT, président du Mali démocratique, aujourd’hui détrôné par une junte militaire non démocratique ?</p>
<p>Le canevas jihadiste n’a rien de nouveau, il a été régulièrement brandi et activé, d’abord au sujet de la guerre anticoloniale menée par les Touaregs jusqu’à l’écrasement complet de leur résistance en 1919, puis à chaque soubresaut contre les régimes autoritaires des Etats postcoloniaux, mis en place en fonction des intérêts de l’ancien empire colonial. L’amalgame entre insurgés touaregs, islamistes et terroristes, sans compter les autres registres diffamatoires, est un raccourci commode pour éradiquer, sous couvert de lutte anti-terroriste, toute contestation politique de la part des Touaregs, toute déclaration ou action qui pourrait contrarier les intérêts des grands acteurs politiques et économiques de la scène saharienne. Les opposants sont d’ailleurs immédiatement pris en main par les services spéciaux des Etats à l’aide des dispositifs habituels : intimidation, diffamation ou corruption. L’un des petits cadeaux classiques et anodins que les services français ont toujours offert spontanément à leurs &laquo;&nbsp;amis touaregs&nbsp;&raquo; est un téléphone portable, satellitaire si nécessaire, directement branché sur les centres d’écoute. [<a id="nh2" title="Pour les interventions de la DGSE dans le dossier touareg, voir SILBERZAHN (...)" href="http://tamazgha.fr/Business-profits-souterrains-et.html#nb2" rel="footnote">2</a>]</p>
<p>. Mais l’enjeu essentiel de la question saharo-sahélienne ne se joue pas à l’échelle locale. Il concerne l’économie mondiale et le redécoupage des zones d’influence entre les puissances internationales avec l’entrée en scène de nouveaux acteurs (américains, chinois, canadiens, etc) qui bousculent l’ancien paysage colonial. L’accès convoité aux richesses minières (pétrole, gaz, uranium, or, phosphates&#8230;) dont regorgent le Niger, la Libye, l’Algérie, et le Mali d’après des prospections plus récentes, est au centre de la bataille invisible qui se déroule dans le désert. Les communautés locales n’ont jusqu’ici jamais comptées en tant que telles, mais seulement comme leviers de pression qu’ont systématiquement cherché à manipuler les Etats en concurrence. C’est ainsi que les revendications politiques touarègues ont longtemps été contenues dans les limites strictes d’une autonomie régionale, d’ailleurs jamais appliquée par les Etats ; et c’est pourquoi l’autre manette d’action que représentent les islamistes est devenu une réalité saharienne. Par contre, la question des liens étroits qu’entretient la création des groupes islamistes au Sahara avec, au premier rang, l’Etat algérien, n’est pratiquement jamais évoquée. De même qu’un silence de plomb règne sur les interventions constantes des services secrets français, algériens et libyens pour contrôler à leur profit la rébellion touarègue, la divisant en groupes rivaux destinés à se neutraliser les uns les autres.</p>
<p>Sous la pression des nouveaux contextes politiques nationaux et internationaux, les mouvements insurrectionnels touaregs ont, de leur côté, fortement modifié leurs revendications et leurs axes de mobilisation, dans la forme comme dans le contenu. Ils sont passés d’un projet d’indépendance politique de tout le &laquo;&nbsp;territoire des Touaregs et de ses marges&nbsp;&raquo; (Kawsen) au début du XXe siècle, lors de l’insurrection générale contre l’occupation coloniale, à des revendications plus restreintes : en 1963, les Touaregs de l’Adagh se soulèvent contre le découpage frontalier (entre le Mali et l’Algérie) qui les privent d’une partie de leur territoire et les séparent des Touaregs de l’Ahaggar ; la répression par l’armée malienne contre les civils sera féroce, laissant des cicatrices indélébiles jusqu’à aujourd’hui et cette terreur instaurée contre la population sans défense fournira le modèle privilégié utilisé pour réprimer chaque nouvelle insurrection touarègue dans les Etats de la zone saharosahélienne. Dans les années 1990, les mouvements rebelles du côté nigérien autant que malien expriment une revendication d’autonomie régionale infra étatique qui ne remet plus en cause les frontières postcoloniales. Les mouvements nés en 2007 s’insurgent contre la mal gouvernance mais, en dépit de leur inscription dans l’identité nationale étatique – &laquo;&nbsp;Notre identité est Niger&nbsp;&raquo; déclare le 23 avril 2008 Aghali Alambo, responsable touareg du Mouvement des Nigériens pour la Justice –, ils sont accusés d’ethnicisme et de communautarisme. En février 2012, le MNLA, fondé par des Touaregs du côté malien et armé d’une force de frappe inédite suite à l’effondrement de la Libye, revendique clairement &laquo;&nbsp;l’indépendance de l’Azawad&nbsp;&raquo; et une ligne politique républicaine, laïque et pluri-communautaire. Un nouveau mouvement, Ansar Dine, dirigé par Iyad ag Ghali, surgit en mars 2012, alors que l’action armée du MNLA est déjà engagée : l’objectif d’Ansar Dine est religieux et sa tendance salafiste, visant à instaurer la sharia dans tout le Mali et l’Afrique de l’ouest. Iyad Ag Ghali s’exprime bruyamment dans les média et donne l’occasion aux responsables politiques internationaux de brandir à nouveau la menace islamiste comme étendard de terreur et argument qui légitimerait une intervention militaire soutenue par la communauté internationale.</p>
<p>La carte du péril terroriste dans la zone saharo-sahélienne est jouée. Le projet était déjà dans les cartons des Etats bien avant les événements actuels. L’existence d’al Qaïda au Maghreb est en effet un schéma qui s’ébauche en 2001 quand le <em>Département de Renseignement et de Sécurité</em> algérien (DRS) annonce que l’armée a abattu un combattant yéménite présenté comme un émissaire de Ben Laden cherchant à assurer la liaison avec le <em>Groupe Salafiste pour la Combat</em> (GSPC). Dans le cadre de la lutte anti-terroriste, les Etats-Unis promettent à l’Algérie une aide en équipement militaire qui tarde à venir jusqu’à ce qu’un événement opportun survienne pour sceller la coopération américano-algérienne : l’enlèvement en mars 2003 de trente-deux touristes européens dans le sud algérien par des membres du GSPC. Ce groupe est dirigé par Amari Saïfi, alias Abderrezak El Para. Mais l’itinéraire de cet ancien militaire algérien révèle de nombreuses incohérences [<a id="nh3" title="Voir à ce sujet notamment MALTI Hocine , Les guerres de Bush pour le (...)" href="http://tamazgha.fr/Business-profits-souterrains-et.html#nb3" rel="footnote">3</a>] qui montrent qu’il s’agit plutôt d’un &laquo;&nbsp;agent infiltré du DRS&nbsp;&raquo; (Malti, 2008). Sur le terrain, les observateurs touaregs constatent que les ravisseurs se ravitaillent dans les casernes du sud algérien et que certains d’entre eux, croisés sur les pistes sahariennes, n’ont visiblement pas passé la nuit à la belle étoile. La capture d’El Para en 2004 par un petit groupe de rebelles tchadiens qui propose sans succès à l’Algérie, aux USA et à la France de leur livrer l’islamiste le plus recherché d’Afrique, montre que cet épisode n’entrait pas dans le scénario organisé de la traque des &laquo;&nbsp;terroristes&nbsp;&raquo; à travers tout le Sahara. C’est finalement la Libye qui se chargera d’extrader El Para vers l’Algérie. Le rapt des otages dont un groupe sera libéré contre rançon au nord du Mali après une étrange mise en scène d’affrontement armé, donne l’occasion au président américain Bush d’agiter le spectre d’Al Qaïda au Sahara et d’affirmer la nécessité d’étendre la chasse aux extrémistes, de la corne de l’Afrique à l’Atlantique.</p>
<p>La <em>Pan-Sahel Initiative</em> (programme d’assistance militaire américaine au Mali, Niger, Tchad et Mauritanie), élaborée dès 2002, devient opérationnelle en 2003 avec l’envoi de troupes américaines sur le sol africain. Cette coopération militaire s’étend en 2005 à tous les pays adjacents (Tunisie, Algérie, Maroc, Sénégal, Nigéria) et devient l’<em>Initiative du Contre-terrorisme trans-saharien</em>. Le <em>Rapport sur le terrorisme dans le monde</em>publié en avril 2007 par le département d’État américain, produit une carte explicite qui désigne comme &laquo;&nbsp;Terrorist Area&nbsp;&raquo; pratiquement toute la zone saharo-sahélienne, et en particulier celle où évoluent les Touaregs et leurs anciens partenaires économiques et politiques. Les routes caravanières et les axes de circulation habituels des familles sont inclus dans ce périmètre terroriste. Pour l’Algérie, seuls les espaces frontaliers avec le Maroc, le Mali, le Niger et la Libye, font partie de l’aire incriminée, alors même que les attentats islamistes à cette période précise ont tous lieu au nord de ce pays, et notamment dans sa capitale. Le rapport américain allègue que ces zones désertiques servent de refuge aux organisations terroristes défaites au Moyen-Orient. Selon le Département d’Etat, le GSPC qui aurait fusionné en septembre 2006 avec Al Qaïda &#8211; prenant le nom d’<em>Al-Qaïda in Islamic Maghreb</em> (AQIM) &#8211; &laquo;&nbsp;a continué d’être actif au Sahel, franchissant les frontières difficiles à surveiller entre le Mali, la Mauritanie, le Niger, l’Algérie et le Tchad pour recruter des extrémistes aux fins d’entraînement et de lancement d’opérations dans le Trans-Sahara et peut-être à l’extérieur. Sa nouvelle alliance avec Al-Qaïda lui a peut-être donné accès à plus de ressources et à un entraînement accru.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Le rapport manie sans cesse la dichotomie simpliste et bien connue entre un monde civilisé et régulé par l’autorité étatique dont l’Occident aurait le monopole et l’espace sans foi ni loi des &laquo;&nbsp;tribus&nbsp;&raquo;, aboutissant à des injonctions d’intervention au nom de la sécurité du monde. Le glissement entre supposition et réalité est opéré en 2008 par la presse américaine qui abandonne les &laquo;&nbsp;peut-être&nbsp;&raquo; du Rapport du Département d’Etat américain. La traque de &laquo;&nbsp;Al-Qaeda in the Islamic Maghreb (AQIM)&nbsp;&raquo; par les forces armées américaines au Sahel devient une évidence indiscutable, de la même façon que s’instaure insidieusement l’idée que le groupe islamiste serait aidé par des : &laquo;&nbsp;tribus nomades connues sous le nom de Touareg, un groupe ethnique berbère qui est en lutte avec le gouvernement du Mali&nbsp;&raquo; et d’autre part que sa trésorerie serait assurée par le trafic de drogue (Daniel Williams, in Bloomberg.com, 23 avril 2008).</p>
<p>Le compactage commode opéré entre ‘islamistes / terroristes /Touaregs /nomades / trafiquants’ dessine ainsi une &laquo;&nbsp;zone de non droit&nbsp;&raquo; livrée aux &laquo;&nbsp;tribus&nbsp;&raquo;, et donc à l’anarchie, au désordre, à la délinquance. On retrouve ici la sémantique et le schéma appliqués entre autres à l’Afghanistan par les autorités américaines, avec le succès que l’on connaît.</p>
<p>Entretemps, l’ancien GSPC devenu Aqmi se développe au nord du Mali. Le successeur d’El-Para à la tête d’Aqmi est un autre algérien du nord, Mokhtar Belmokhtar. Grâce à la rançon obtenue en échange des otages, il s’assure des complicités locales dans l’Azawad en milieu arabophone et aurait pris épouse chez les Maures de Tombouctou. Il s’insère notamment aux réseaux de contrebande de cocaïne que les Etats ou du moins des personnes haut placées dans l’appareil étatique laissent opérer entre Mali, Mauritanie, Sahara occidental, Algérie, Niger, Libye, tant les bénéfices perçus sont juteux. Plusieurs brigades d’Aqmi sont identifiées dans cet espace, nanties de véhicules lourdement armés qui se déplacent au grand jour sans se dissimuler. Ces groupes qui ont établi un lien direct avec Al-Qaïda échappent à présent au contrôle de l’Algérie. En 2007, les services algériens auraient même tenté de faire assassiner Belmokhtar par des éléments de la rébellion touarègue [<a id="nh4" title="Voir ANSAR Issane, &quot;Métastases du salafisme Algérien à l’épreuve des (...)" href="http://tamazgha.fr/Business-profits-souterrains-et.html#nb4" rel="footnote">4</a>].</p>
<p>Iyad ag Ghali, ancien chef de la rébellion touarègue des années 1990, travaillant ensuite au profit du gouvernement malien, a été en 2004 le médiateur principal dans l’affaire des otages enlevés par Aqmi. Il aurait alors été chargé d’&nbsp;&raquo;infiltrer les groupes d’Abou Zeid et Belmokhtar via la Katiba Ansar Essuna selon un plan bien établi avec les services secrets maliens et algériens&nbsp;&raquo; (Ansar 2012). Assumant des fonctions diplomatiques en Arabie Saoudite pour le gouvernement malien, il se rapproche des courants salafistes et des soutiens financiers lourds qu’ils procurent. Le 18 mars 2012, après les premiers succès significatifs du MNLA dans l’Azawad, il apparaît à la tête de son nouveau mouvement appelé Ansar Dine, spécialement créé pour diviser le front indépendantiste et &laquo;&nbsp;le dégarnir en hommes&nbsp;&raquo; (Ansar 2012). On a à faire, en somme, au traitement habituel des dynamiques insurrectionnelles par les services secrets, travaillant toutes les lignes de fractures possibles. Sauf que le schéma tribal sur lequel s’appuient ces stratégies d’affaiblissement du MNLA ne fonctionne pas exactement comme l’imaginent ou comme ont systématiquement essayé de l’instaurer depuis 1990 les artisans de la division.</p>
<p>Les informations alarmistes qui circulent sur les islamistes qui auraient chassé le MNLA et seraient sur le point d’imposer la sharia jusqu’à Bamako font partie du schéma de terreur, manipulé par les Etats en vue d’obtenir le soutien de l’opinion publique internationale pour justifier une intervention militaire musclée destinée à éradiquer le &laquo;&nbsp;Danger&nbsp;&raquo; qui en fait, pour leurs intérêts, serait au nord plus indépendantiste qu’islamiste.</p>
<p>Derrière la poudrière saharienne et ses imbroglios inouïs dont je n’ai évoqué qu’un très petit aspect, se profile l’échec cuisant des Etats postcoloniaux dits indépendants et de leurs élites, modelés spécialement pour préserver les intérêts pharaoniques des puissances internationales anciennes et montantes, au détriment complet de leurs peuples, souffrants, réprimés, brisés, manipulés, interdits de voix, d’espoir, de futur et dont le désir de vie se transforme peu à peu en désir de mort, pour des soulèvements à venir de plus en plus désespérés.</p>
<p><em><strong>Hélène Claudot-Hawad,</strong><br />
Directeur de Recherche &#8211; CNRS </em></p>
<p><em>Le 6 avril 2012</em></div>
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<div>
<h2>Notes</h2>
<p>[<a id="nb1" title="Notes 1" href="http://tamazgha.fr/Business-profits-souterrains-et.html#nh1" rev="footnote">1</a>] Voir CLAUDOT-HAWAD Hélène et HAWAD (eds.), <em>Touaregs. Voix solitaires sous l’horizon confisqué</em>, Ethnies, Survival International, Paris, 1996</p>
<p>[<a id="nb2" title="Notes 2" href="http://tamazgha.fr/Business-profits-souterrains-et.html#nh2" rev="footnote">2</a>] Pour les interventions de la DGSE dans le dossier touareg, voir SILBERZAHN Claude et GUISNEL Jean, A<em>u cœur du secret. 150 jours aux commandes de la DGSE</em>, 1989-1993, Fayard, Paris, 1995.</p>
<p>[<a id="nb3" title="Notes 3" href="http://tamazgha.fr/Business-profits-souterrains-et.html#nh3" rev="footnote">3</a>] Voir à ce sujet notamment MALTI Hocine , Les guerres de Bush pour le pétrole , <em>Algeria-Watch,</em> 21 mars 2008 ; BENDERRA Omar, GÈZE François, MELLAH Salima, , « L’&nbsp;&raquo;ennemi algérien&nbsp;&raquo; de la France : le GSPC ou les services secrets des généraux ? », <em>Algeria-Watch</em>, 23 juillet 2005 ; GÈZE François et MELLAH Salima, &laquo;&nbsp;Al-Qaida au Maghreb&nbsp;&raquo; et les attentats du 11 avril 2007 à Alger. Luttes de clans sur fond de conflits géopolitiques, <em>Algeria-Watch</em>, 21 avril 2007 ; KEENAN Jeremy, &laquo;&nbsp;The Collapse of the Second Front&nbsp;&raquo;, Silver City, NM and Washington, DC : <em>Foreign Policy In Focus</em>, Sept. 26, 2006.</p>
<p>[<a id="nb4" title="Notes 4" href="http://tamazgha.fr/Business-profits-souterrains-et.html#nh4" rev="footnote">4</a>] Voir ANSAR Issane, &laquo;&nbsp;Métastases du salafisme Algérien à l’épreuve des soubresauts sahariens et des rebellions Azawadiennes&nbsp;&raquo;, blog <em>Temoust</em>, 2012.</p>
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		<title>AFAFA soutient l’Indépendance de l’Azawad</title>
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		<pubDate>Mon, 09 Apr 2012 13:56:23 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[DÉCLARATION Le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) a proclamé vendredi dernier l’indépendance de l’Azawad. L’Association AFAFA qui se réjouit de l’avènement de ce premier Etat amazigh : -  Soutient l’indépendance de l’Azawad et le peuple Kel Tamacheq dans sa lutte pour la liberté, la démocratie et la souveraineté. -  Dénonce l’attitude des puissances occidentales et des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2 align="center">DÉCLARATION</h2>
<p>Le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) a proclamé vendredi dernier l’indépendance de l’Azawad. L’Association AFAFA qui se réjouit de l’avènement de ce premier Etat amazigh :</p>
<p>-  Soutient l’indépendance de l’Azawad et le peuple Kel Tamacheq dans sa lutte pour la liberté, la démocratie et la souveraineté.</p>
<p>-  Dénonce l’attitude des puissances occidentales et des autorités marocaines vis-à-vis de ce nouvel Etat.</p>
<p>-  Dénonce la campagne de désinformation menée par certains médias français contre le peuple amazigh de l’Azawad, en l’associant aux terroristes islamistes.</p>
<p>-  Appelle tous les Imazighens à soutenir l’Azawad sur les plans matériel et moral.<strong></strong></p>
<p>Roubaix, le 09 avril 2012</p>
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		<title>AZAWAD : Le « témoin imaginaire » ou la lâcheté des médias français</title>
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		<pubDate>Fri, 06 Apr 2012 15:21:24 +0000</pubDate>
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			<content:encoded><![CDATA[<p>Les Touaregs, ces &laquo;&nbsp;hommes bleus&nbsp;&raquo; sont beaux, hospitaliers et accueillants lorsqu’ils étaient soumis et confinés avec leurs habits traditionnels sur des cartes postales qui font le bonheur de touristes avides d’exotisme et de désert. Mais, à partir du moment où ces mêmes &laquo;&nbsp;seigneurs de désert&nbsp;&raquo; ont fait le choix de porter les armes pour s’affirmer en tant que peuple libre et reconquérir leur souveraineté spoliée, ils deviennent soudainement des êtres &laquo;&nbsp;méchants&nbsp;&raquo; et infréquentables. Pire, des alliés de terroristes sanguinaires, eux qui se réclament laïcs et anti-islamistes.</p>
<p>A l’origine de cette situation, une intention malveillante de désinformation et de manipulation. La puissante<em>Agence France Presse</em> et certaines chaînes françaises d’information continue ont parlé durant plusieurs jours successifs de &laquo;&nbsp;drapeaux noirs de l’AQMI flottant sur Tombouctou&nbsp;&raquo; et de liens entre le <em>Mouvement national pour la libération de l’Azawad</em> (MNLA) et les groupes terroristes. Les quotidiens et les magazines leur emboitent le pas, sans sourciller et sans vérifier, violant ainsi l’un des premières leçons apprises dans les écoles de journalisme.</p>
<p>La source de ces informations : des &laquo;&nbsp;témoins&nbsp;&raquo;. Oui des &laquo;&nbsp;témoins&nbsp;&raquo; imaginaires. Mais, de quels témoins s’agit-il en réalité ? Sont-ils crédibles ? Aucun média n’a vérifié. Ils disposent pourtant d’énormes moyens financiers et techniques pour aller sur place afin de rendre compte de la véracité des informations &laquo;&nbsp;recueillies&nbsp;&raquo; à partir de Bamako ou de leurs bureaux à Paris.</p>
<p>Comment ces médias peuvent prétendre informer les citoyens, alors qu’aucun d’entre eux n’a d’envoyés spéciaux ou de correspondants dans l’Azawad ? Comment informer sur la situation au Mali, alors que les seules sources citées sont le Quai d’Orsay ou de vagues &laquo;&nbsp;témoins&nbsp;&raquo; à Tombouctou, Gao ou Kidal &laquo;&nbsp;contactés par téléphone&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Le Mali, ou ce qui en reste, n’est pas loin. Pourtant, la plupart des journalistes ont choisi la voie la plus courte, la plus facile, celle de la lâcheté et du mensonge éhonté.</p>
<p>Cette désinformation n’avait qu’un seul but : discréditer le combat du MNLA pour l’indépendance et inciter les puissances occidentales à intervenir sous couvert de la lutte contre l’AQMI pour écraser un peuple amazigh qui se veut libre et maître de son destin sur sa propre terre.</p>
<p><strong>Lhoussain Azergui </strong></p>
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