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	<description>Revue des arts de l&#039;UQÀM</description>
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	<title>Artichaut magazine</title>
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		<title>2par2 au FTA: sous les basses, quelque chose nous rassemble </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mathilde Côté]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 08 Jun 2026 16:35:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Danse]]></category>
		<category><![CDATA[2par2]]></category>
		<category><![CDATA[Alexandra Spicey Lande]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Avec 2par2, présenté au Festival TransAmériques, Alexandra « Spicey » Lande signe une œuvre profondément habitée, réussissant à faire entrer&#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><span style="font-weight: 400;">Avec </span><i><span style="font-weight: 400;">2par2</span></i><span style="font-weight: 400;">, présenté au </span><a href="https://fta.ca/fr/programmation/2par2"><span style="font-weight: 400;">Festival TransAmériques</span></a><span style="font-weight: 400;">, Alexandra « Spicey » Lande signe une œuvre profondément habitée, réussissant à faire entrer l’essence même de la culture hip-hop sur scène sans jamais la figer ni l’édulcorer. Ici, la danse de rue n’est pas récupérée pour être rendue « présentable » : elle demeure brute, vivante, traversée par l’improvisation, les encouragements criés entre danseur·euse·s, les </span><i><span style="font-weight: 400;">battles</span></i><span style="font-weight: 400;">, les regards lancés comme des défis et les célébrations collectives. La performance est vraie, structurée, mais libre.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La force de </span><i><span style="font-weight: 400;">2par2</span></i><span style="font-weight: 400;"> réside dans cette authenticité rare. Les interprètes dansent avec leur âme. Leur virtuosité impressionne sans jamais écraser leur vulnérabilité. On assiste autant à des démonstrations de talent incomparable qu’à des moments d’exposition intime, où les corps révèlent des fragilités, des désirs, des tensions : « chacun·e a sa place, son importance, sa façon de se montrer au monde<a href="https://fta.ca/fr/nouvelles/entretien-avec-alexandra-spicey-lande-2026"><sup>1</sup></a> », chacun·e cherche aussi la teneur de cette place, la bonne manière de l’habiter. Le public a été témoin du travail de près que réalisent les danseur·euse·s à deux, en groupe</span><span style="font-weight: 400;">, mais aussi d’humains, d’artistes de haut niveau qui se sont montrés dans leur vulnérabilité et leur individualité. </span><span style="font-weight: 400;">Cette idée traverse toute la pièce, qui fait coexister duos, groupes et individualités sans jamais hiérarchiser les présences.</span></p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-24948" src="https://artichautmag.com/wp-content/uploads/2026/06/2par2-Alexandra-Spicey-Lande-Melika-Dez_6_resized.webp" alt="" width="1440" height="2159" srcset="https://artichautmag.com/wp-content/uploads/2026/06/2par2-Alexandra-Spicey-Lande-Melika-Dez_6_resized.webp 1440w, https://artichautmag.com/wp-content/uploads/2026/06/2par2-Alexandra-Spicey-Lande-Melika-Dez_6_resized-1366x2048.webp 1366w, https://artichautmag.com/wp-content/uploads/2026/06/2par2-Alexandra-Spicey-Lande-Melika-Dez_6_resized-350x525.webp 350w, https://artichautmag.com/wp-content/uploads/2026/06/2par2-Alexandra-Spicey-Lande-Melika-Dez_6_resized-600x900.webp 600w, https://artichautmag.com/wp-content/uploads/2026/06/2par2-Alexandra-Spicey-Lande-Melika-Dez_6_resized-1200x1799.webp 1200w" sizes="(max-width: 1440px) 100vw, 1440px" /></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le spectacle s’ouvre sur la relation à deux : deux ami·e·s, deux amant·e·s, un parent et son enfant, deux collègues, deux adversaires peut-être. Entre amour, sensualité, amitié et méfiance, les rapports se construisent autour d’un fragile équilibre : qui mène? qui résiste? qui obtient sa place sous le projecteur? Progressivement, les frontières éclatent, les duos se dissolvent dans des ensembles de plus en plus vastes jusqu’à englober toute la salle. On commence à deux, on finit en groupe. Le public devient lui aussi partie prenante de cette immense fraternité mouvante.</span></p>
<p><img decoding="async" class="size-full wp-image-24949" src="https://artichautmag.com/wp-content/uploads/2026/06/2par2-Alexandra-Spicey-Lande-Melika-Dez_5_resized.webp" alt="" width="1440" height="2159" srcset="https://artichautmag.com/wp-content/uploads/2026/06/2par2-Alexandra-Spicey-Lande-Melika-Dez_5_resized.webp 1440w, https://artichautmag.com/wp-content/uploads/2026/06/2par2-Alexandra-Spicey-Lande-Melika-Dez_5_resized-1366x2048.webp 1366w, https://artichautmag.com/wp-content/uploads/2026/06/2par2-Alexandra-Spicey-Lande-Melika-Dez_5_resized-350x525.webp 350w, https://artichautmag.com/wp-content/uploads/2026/06/2par2-Alexandra-Spicey-Lande-Melika-Dez_5_resized-600x900.webp 600w, https://artichautmag.com/wp-content/uploads/2026/06/2par2-Alexandra-Spicey-Lande-Melika-Dez_5_resized-1200x1799.webp 1200w" sizes="(max-width: 1440px) 100vw, 1440px" /></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Car </span><i><span style="font-weight: 400;">2par2</span></i><span style="font-weight: 400;"> agit « </span><span style="font-weight: 400;">comme une grande fête de famille où les relations confortables cachent des tensions, des malaises, qui apparaissent dans les dynamiques après un certain temps : la compétition entre les frères qui surgit, le couple dont la relation s’effrite, la complexité de la relation mère-fille<a href="https://fta.ca/fr/nouvelles/entretien-avec-alexandra-spicey-lande-2026"><sup>2</sup></a>. » </span><span style="font-weight: 400;">Certaines présences cherchent à s’échapper alors que d’autres se contraignent mutuellement. Les corps se soutiennent, s’abandonnent, se perdent parfois. Alexandra « Spicey » Lande s’intéresse autant au collectif qu’aux pulsions individuelles qui traversent nos relations : « </span><span style="font-weight: 400;">la tendance égoïste, narcissique, qui nous pousse à vouloir transformer l’autre pour qu’il soit comme nous<a href="https://fta.ca/fr/nouvelles/entretien-avec-alexandra-spicey-lande-2026"><sup>3</sup></a>.</span><span style="font-weight: 400;"> »</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les parties de groupe sont d’une puissance remarquable. Elles donnent au spectacle une énergie pure, portée par une circulation constante entre les interprètes et la salle. Le bris du quatrième mur ne relève jamais du simple gadget participatif; il devient un geste politique et relationnel. En sollicitant directement le public, la chorégraphe refuse une posture passive du regard. Elle rappelle aussi l’histoire complexe du hip-hop et des corps noirs sur scène, souvent réduits à une fonction de divertissement. Ici, le rapport s’inverse : les interprètes nous regardent autant que nous les regardons. </span></p>
<blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">« </span><span style="font-weight: 400;">Je trouve important d’interagir avec le public pour le rendre moins paresseux. J’ai envie que le public travaille, qu’il ne soit pas juste voyeur. Surtout avec des corps noirs sur la scène. Il y a tout un historique lié au regard porté par un public blanc regardant des Noirs qui les divertissent. On pense à Joséphine Baker, par exemple, ou au </span><i><span style="font-weight: 400;">blackface.</span></i><span style="font-weight: 400;"> Pendant des années, aux États-Unis, les Noirs divertissaient les Blancs. Les gens ont cette relation avec le Hip Hop aussi, perçue comme un divertissement. C’est pour ça que je veux interagir avec le public, pour que la relation se passe dans les deux sens : nous divertissons, mais le public aussi va nous divertir. Dans une pièce sur la dynamique à deux, comme </span><i><span style="font-weight: 400;">2par2,</span></i><span style="font-weight: 400;"> aller chercher le public va de soi. Pour créer ce petit inconfort et conscientiser l’assistance.</span><span style="font-weight: 400;"> » &#8211; Alexandra « Spicey » Lande</span></p>
</blockquote>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-24951" src="https://artichautmag.com/wp-content/uploads/2026/06/01_2par2_Alexandra-Spicey-Lande_03_cr_Melika-Dez.jpg" alt="" /></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L’énergie du spectacle est également portée par la musique de Shash’U, collaborateur fidèle de la chorégraphe depuis quinze ans. Les basses profondes et les rythmes enivrants rappellent les racines du hip-hop dans le Bronx : une culture «</span> <span style="font-weight: 400;">faite par des gens qui n’avaient plus rien, qui ont inventé ce langage pour se rassembler, se donner du courage, une certaine fierté<a href="https://fta.ca/fr/nouvelles/entretien-avec-alexandra-spicey-lande-2026"><sup>4</sup></a>. </span><span style="font-weight: 400;">» Cette mémoire traverse toute la pièce. L’improvisation, partie inhérente de la culture hip-hop, y devient un outil de liberté autant qu’un mode de survie.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Avec </span><i><span style="font-weight: 400;">2par2</span></i><span style="font-weight: 400;">, Alexandra « Spicey » Lande ne propose pas seulement un spectacle de danse : elle crée un espace de rencontre. Un espace où la virtuosité côtoie la vulnérabilité, où l’individu cherche sa place dans le groupe, où le public cesse d’être simple voyeur pour devenir partenaire du mouvement collectif. Et, lorsque toute la salle finit par vibrer ensemble, quelque chose de rare se produit : la danse dépasse la performance pour devenir véritable expérience humaine.</span></p>
<p>Crédit photo: Melika Dez</p>
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		<title>Querelle de Roberval au FTA : la sciure, le sang et le désir</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mathilde Côté]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 06 Jun 2026 19:27:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[FTA]]></category>
		<category><![CDATA[Kev Lambert]]></category>
		<category><![CDATA[Olivier Arteau]]></category>
		<category><![CDATA[Querelle de roberval]]></category>
		<category><![CDATA[théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre Duceppe]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il y a dans Querelle de Roberval quelque chose qui sent la sciure, les peaux moites. Une odeur de bois&#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><span style="font-weight: 400;">Il y a dans </span><i><span style="font-weight: 400;">Querelle de Roberval</span></i><span style="font-weight: 400;"> quelque chose qui sent la sciure, les peaux moites. Une odeur de bois humide, de moteurs fatigués, de désir contenu trop longtemps. Dans cette scierie en grève, où la colère des travailleurs se heurte aux promesses creuses d&rsquo;un président désabusé qui voit dans leurs revendications une énième manière de faire du profit, la mise en scène déploie un monde dans lequel chacun tente de s&rsquo;arracher à sa condition, souvent en vain.</span></p>
<figure id="attachment_24942" aria-describedby="caption-attachment-24942" style="width: 1440px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="size-full wp-image-24942" src="https://artichautmag.com/wp-content/uploads/2026/06/Querelle_cr_Stephane-Bourgeois_DSCF0018.webp" alt="" width="1440" height="960" srcset="https://artichautmag.com/wp-content/uploads/2026/06/Querelle_cr_Stephane-Bourgeois_DSCF0018.webp 1440w, https://artichautmag.com/wp-content/uploads/2026/06/Querelle_cr_Stephane-Bourgeois_DSCF0018-350x233.webp 350w, https://artichautmag.com/wp-content/uploads/2026/06/Querelle_cr_Stephane-Bourgeois_DSCF0018-600x400.webp 600w, https://artichautmag.com/wp-content/uploads/2026/06/Querelle_cr_Stephane-Bourgeois_DSCF0018-1200x800.webp 1200w" sizes="(max-width: 1440px) 100vw, 1440px" /><figcaption id="caption-attachment-24942" class="wp-caption-text">Crédit photo: Stéphane Bourgeois</figcaption></figure>
<p><span style="font-weight: 400;">L’histoire des grévistes se déploie habilement entre fantasme et réalité, entre visions mystiques et réalité brutale. La proposition scénique épouse la nature ambiguë du réel plat et fantasmé, onirique que Kev Lambert décrit dans son roman, adapté ici à la scène par Olivier Arteau : la scénographie multiplie les ouvertures, autant de cadres permettant de jouer habilement du hors-champ pour représenter la sexualité sur scène de cet homme plus grand que nature. À la manière d’un voyeur, le public regarde Querelle à travers la fenêtre, des interstices, des fragments. Le désir circule dans ce qui échappe au regard : « montrer une scène de sexe explicite sur scène éteint rapidement le désir; or, [le] but est de maintenir la tension, d’entretenir l’obsession. Les sons, les fragments d’images et les rumeurs suffisent à faire vivre la pulsion<a href="https://fta.ca/fr/nouvelles/entretien-avec-olivier-arteau-2026"><sup>1</sup></a> », à garder le fantasme intact.</span></p>
<figure id="attachment_24944" aria-describedby="caption-attachment-24944" style="width: 1440px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-24944" src="https://artichautmag.com/wp-content/uploads/2026/06/Querelle_cr_Stephane-Bourgeois_DSF5898.webp" alt="" width="1440" height="960" srcset="https://artichautmag.com/wp-content/uploads/2026/06/Querelle_cr_Stephane-Bourgeois_DSF5898.webp 1440w, https://artichautmag.com/wp-content/uploads/2026/06/Querelle_cr_Stephane-Bourgeois_DSF5898-350x233.webp 350w, https://artichautmag.com/wp-content/uploads/2026/06/Querelle_cr_Stephane-Bourgeois_DSF5898-600x400.webp 600w, https://artichautmag.com/wp-content/uploads/2026/06/Querelle_cr_Stephane-Bourgeois_DSF5898-1200x800.webp 1200w" sizes="auto, (max-width: 1440px) 100vw, 1440px" /><figcaption id="caption-attachment-24944" class="wp-caption-text">Crédit photo: Stéphane Bourgeois</figcaption></figure>
<p><span style="font-weight: 400;">Querelle est lui-même une fenêtre sur le monde, un écran, une surface offerte aux projections de chacun, leurs doutes, leurs peurs, leurs désirs. Trop beau, trop libre, peut-être trop dangereux, il captive les regards comme une flamme attire les insectes. Parfois la lumière est dangereuse. Un ange-démon, tendre et pervers, Querelle porte en lui une contradiction fascinante : celle de la douceur et de la violence, de la fragilité et de la brutalité. Deux faces d&rsquo;une même médaille qui finissent par se confondre. Querelle assume les moqueries sur son orientation sexuelle et les remet en question. Il vit sa sexualité avec une liberté désarmante, mais porte également les traces de la violence qu&rsquo;il a dû intérioriser pour survivre. Il a appris à baisser sa voix, à modifier sa posture, à discipliner son corps afin de répondre aux attentes de la masculinité ouvrière. Ce sont pourtant les garçons doux et prépubères qu’il préfère corrompre. Querelle aussi a vécu de la violence et peut-être qu’il la transforme en plaisir pour l’expier.</span></p>
<figure id="attachment_24940" aria-describedby="caption-attachment-24940" style="width: 1440px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-24940" src="https://artichautmag.com/wp-content/uploads/2026/06/Querelle_cr_Stephane-Bourgeois_DSF5324.webp" alt="" width="1440" height="960" srcset="https://artichautmag.com/wp-content/uploads/2026/06/Querelle_cr_Stephane-Bourgeois_DSF5324.webp 1440w, https://artichautmag.com/wp-content/uploads/2026/06/Querelle_cr_Stephane-Bourgeois_DSF5324-350x233.webp 350w, https://artichautmag.com/wp-content/uploads/2026/06/Querelle_cr_Stephane-Bourgeois_DSF5324-600x400.webp 600w, https://artichautmag.com/wp-content/uploads/2026/06/Querelle_cr_Stephane-Bourgeois_DSF5324-1200x800.webp 1200w" sizes="auto, (max-width: 1440px) 100vw, 1440px" /><figcaption id="caption-attachment-24940" class="wp-caption-text">Crédit photo: Stéphane Bourgeois</figcaption></figure>
<p><span style="font-weight: 400;">Autour de lui gravitent des personnages d&rsquo;une remarquable vérité. Jézabel, incarnée par Ariel Charest, est incandescente. Son jeu est d’un naturel rare qui rend profondément crédible l&rsquo;amitié qui l&rsquo;unit à Querelle. Dans leurs échanges affleure une tendresse qui contraste avec la dureté du monde qui les entoure.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Et quel monde. </span><i><span style="font-weight: 400;">Querelle de Roberval</span></i><span style="font-weight: 400;"> donne à voir les multiples strates de domination qui traversent la région. Les riches propriétaires blancs exploitent les travailleurs. Parmi ces travailleurs, les femmes doivent redoubler d&rsquo;efforts pour prouver leur valeur dans un univers façonné par les hommes. Les autochtones, eux, travaillent pour ceux qui continuent de s&rsquo;enrichir sur des territoires qui leur ont été arrachés. Le spectacle n&rsquo;énonce jamais ces rapports de force de manière didactique; il les laisse émerger des situations, des corps et des paroles.</span></p>
<figure id="attachment_24945" aria-describedby="caption-attachment-24945" style="width: 1440px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-24945" src="https://artichautmag.com/wp-content/uploads/2026/06/Querelle_cr_Stephane-Bourgeois__DSF5432.webp" alt="" width="1440" height="960" srcset="https://artichautmag.com/wp-content/uploads/2026/06/Querelle_cr_Stephane-Bourgeois__DSF5432.webp 1440w, https://artichautmag.com/wp-content/uploads/2026/06/Querelle_cr_Stephane-Bourgeois__DSF5432-350x233.webp 350w, https://artichautmag.com/wp-content/uploads/2026/06/Querelle_cr_Stephane-Bourgeois__DSF5432-600x400.webp 600w, https://artichautmag.com/wp-content/uploads/2026/06/Querelle_cr_Stephane-Bourgeois__DSF5432-1200x800.webp 1200w" sizes="auto, (max-width: 1440px) 100vw, 1440px" /><figcaption id="caption-attachment-24945" class="wp-caption-text">Crédit photo: Stéphane Bourgeois</figcaption></figure>
<p><span style="font-weight: 400;">Cette matière politique se fond dans une langue elle aussi stratifiée. Le joual du Lac-Saint-Jean côtoie l&rsquo;innu-aimun et se mêle à des envolées poétiques d&rsquo;une grande beauté. Cette coexistence des registres produit une musicalité singulière, à l&rsquo;image de ce territoire où les récits s&rsquo;entrecroisent sans jamais complètement se réconcilier.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La musique participe également à ponctuer l&rsquo;action sans jamais l&rsquo;écraser, tissant habilement la tension du récit telle un brouillard qu’on attend qui tombe. La violence et le désir deviennent presque tangibles grâce aux textures sonores élaborées avec Yves Daoust, pionnier de la musique concrète et comme bruiteur de cinéma. Certains bruits frappent l&rsquo;imaginaire avec une force saisissante : « un céleri qu’on brise peut évoquer une jambe qui casse, parfois plus fort qu’un combat mimé. Le son a cette puissance kinesthésique qui traverse le spectateur<a href="https://fta.ca/fr/nouvelles/entretien-avec-olivier-arteau-2026"><sup>2</sup></a>. » Et puis, il y a cet orgue installé dans un 18-roues : instrument à la fois sacré et funéraire, il enveloppe le spectacle d&rsquo;une résonance tragique et solennelle qui ne cesse de rappeler que l&rsquo;on assiste à une forme de destin inexorable.</span></p>
<figure id="attachment_24941" aria-describedby="caption-attachment-24941" style="width: 1440px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-24941" src="https://artichautmag.com/wp-content/uploads/2026/06/Querelle_cr_Stephane-Bourgeois__DSF4081.webp" alt="" width="1440" height="960" srcset="https://artichautmag.com/wp-content/uploads/2026/06/Querelle_cr_Stephane-Bourgeois__DSF4081.webp 1440w, https://artichautmag.com/wp-content/uploads/2026/06/Querelle_cr_Stephane-Bourgeois__DSF4081-350x233.webp 350w, https://artichautmag.com/wp-content/uploads/2026/06/Querelle_cr_Stephane-Bourgeois__DSF4081-600x400.webp 600w, https://artichautmag.com/wp-content/uploads/2026/06/Querelle_cr_Stephane-Bourgeois__DSF4081-1200x800.webp 1200w" sizes="auto, (max-width: 1440px) 100vw, 1440px" /><figcaption id="caption-attachment-24941" class="wp-caption-text">Crédit photo: Stéphane Bourgeois</figcaption></figure>
<p><span style="font-weight: 400;">Cette fatalité habite ces trois jeunes garçons, voyous et beaux, qui traversent le récit. Tous incarnés par Vincent Paquette, ils apparaissent comme trois variations d&rsquo;une même jeunesse sacrifiée, insolente, tapageuse, ivre de liberté, vouée à s’éteindre trop vite. 1, 2 et 3 foncent droit vers le précipice en riant, se battant, s&#8217;embrassant. Leur disparition semble écrite d&rsquo;avance : l&rsquo;horizon qui leur est offert ne peut mener qu&rsquo;à l&rsquo;autodestruction.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Partout règne la même sensation d&rsquo;impasse : les maisons mobiles, le vieux camion où l&rsquo;on dort et où l&rsquo;on se drogue, le travail éreintant, les rêves trop petits pour contenir la misère… </span><i><span style="font-weight: 400;">Querelle de Roberval</span></i><span style="font-weight: 400;">, c&rsquo;est le quotidien sans éclat qu’on tente de fuir par tous les moyens. Mais, dans cet univers, les échappées sont rares et les miracles encore plus.</span></p>
<figure id="attachment_24943" aria-describedby="caption-attachment-24943" style="width: 1440px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-24943" src="https://artichautmag.com/wp-content/uploads/2026/06/Querelle_cr_Stephane-Bourgeois__DSF3887.webp" alt="" width="1440" height="960" srcset="https://artichautmag.com/wp-content/uploads/2026/06/Querelle_cr_Stephane-Bourgeois__DSF3887.webp 1440w, https://artichautmag.com/wp-content/uploads/2026/06/Querelle_cr_Stephane-Bourgeois__DSF3887-350x233.webp 350w, https://artichautmag.com/wp-content/uploads/2026/06/Querelle_cr_Stephane-Bourgeois__DSF3887-600x400.webp 600w, https://artichautmag.com/wp-content/uploads/2026/06/Querelle_cr_Stephane-Bourgeois__DSF3887-1200x800.webp 1200w" sizes="auto, (max-width: 1440px) 100vw, 1440px" /><figcaption id="caption-attachment-24943" class="wp-caption-text">Crédit photo: Stéphane Bourgeois</figcaption></figure>
<p><i><span style="font-weight: 400;">Querelle de Roberval </span></i><span style="font-weight: 400;">est une vaste tragédie ouvrière où les corps brûlent simultanément de désir et de désespoir. Une œuvre de chair et de rage qui s&rsquo;attaque autant à l&rsquo;hétéronormativité qu&rsquo;aux violences du néolibéralisme, tout en refusant les réponses simples. Longtemps après la tombée du rideau, il demeure ce brouillard, ce parfum de sciure et de stupre, la silhouette insaisissable de Querelle, ange déchu errant parmi les ruines du monde.</span></p>
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		<title>Apprendre à vivre sans: une critique de &#8216;Deuil et curiosités&#8217; de Geneviève Côté</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Artichaut magazine]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 24 Feb 2026 21:58:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Critiques]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Deuil et curiosités est le premier ouvrage que l’illustratrice jeunesse Geneviève Côté rédige avec un public adulte en tête. Elle raconte les difficultés vécues par une femme, elle aussi illustratrice jeunesse, depuis la mort de son conjoint.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Par Audrée Lapointe</p>
<hr />
<p>Depuis quelques mois, mon attention est principalement attirée par les bandes dessinées qui traitent du deuil. Sans vouloir faire un TED talk, je pense que le septième art est le médium idéal pour exprimer des émotions et des situations plus nuancées grâce à l’équilibre entre l’usage de la prose et du dessin.</p>
<p>C’était une coïncidence quand j’ai vu que Front Froid avait ajouté, dans sa collection « Nouvelle Adresse », deux nouveaux albums qui avaient le deuil comme sujet principal : <em>Au revoir New-York</em> de Paul Bordeleau, dont j’ai déjà parlé, et <em>Deuil et curiosités </em>de Geneviève Côté. Celui-ci semblait promettre une expérience de lecture douce-amère que j’apprécie grandement. Je l’ai donc lu quelques jours après sa publication, le 23 octobre 2025. J’écris ceci à la fin de décembre et j’y pense encore.</p>
<p><em>Deuil et curiosités </em>est le premier ouvrage que l’illustratrice jeunesse Geneviève Côté rédige avec un public adulte en tête. Elle raconte les difficultés vécues par une femme, elle aussi illustratrice jeunesse, depuis la mort de son conjoint. Alors qu’elle peine à avancer dans son projet d’abécédaire pour enfants, elle est constamment confrontée aux aspects d’une nouvelle réalité qu’elle aurait préféré éviter. Léthargique et détachée de son entourage, elle accepte mal l’absence de son partenaire des quinze dernières années.</p>
<p>Elle critique le fait que le monde entier ne comprend pas sa douleur : on présume qu’elle est passée à autre chose lorsqu’elle suit les conseils de ses proches pour aller mieux. Sa famille doit lui rappeler que d’autres sont aussi touché·e·s par la mort de leur conjoint·e. Elle boit trop de vin, apprend à jouer du ukulele, oublie d’arroser ses plantes et recommence à lire des histoires à ses petit·e·s voisin·e·s. Consciente de ses responsabilités professionnelles, elle tente de reprendre la rédaction de son abécédaire et l’animation d’ateliers dans les écoles avant de réaliser que son deuil a complètement transformé sa manière d’interagir avec son travail.</p>
<p>Ces constantes nuances font de <em>Deuil et curiosités</em> une œuvre à part. Son récit n’est pas celui de l’acceptation de la mort d’un·e proche, mais de l’expérience intime du deuil et de ses leçons. Il rappelle que ce genre d’apprentissage n’offre aucune conclusion, seulement une sorte de résignation qui s’adoucit avec le temps.</p>
<p>En 2019, Geneviève Côté a perdu son conjoint, Claude Léger. L’autrice fait preuve d’une immense vulnérabilité en publiant une partie – certes fictionnalisée – de son expérience dans <em>Deuil et curiosités</em>. Cela m’a permis de réaliser que pour moi aussi, le deuil n’est pas quelque chose qui se termine : une absence née dans de telles circonstances n’est jamais comblée, juste tolérée. J’ai donc eu l’expérience douce-amère que je voulais, en plus d’un changement de perspective envers le deuil et ses conséquences. J’ignore les effets de cet album pour chaque lecteur·rice, mais je peux au moins dire qu’il vaut la peine d’être lu.</p>
<p>Outre le sujet, le style enfantin de Geneviève Côté, que l’on retrouve dans ses livres jeunesses, s’harmonise parfaitement avec la tonalité plus sobre de l’ouvrage. Ce détail fait en sorte que <em>Deuil et Curiosités </em>est assurément l’une de mes meilleures expériences littéraires de 2025.</p>
<hr />
<p><strong>Bibliographie </strong></p>
<p>Côté, Geneviève, <em>Deuil et curiosités</em>, Montréal, Nouvelle Adresse, coll. « Front Froid », 2025, 190 p.</p>
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		<title>LE CORPS ÉCRIT &#8211; APPEL AUX CONTRIBUTIONS 2025-2026</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marianne Iezzoni]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 30 Jan 2026 21:36:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Appels]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>MAGAZINE NUMÉRIQUE &#8211; ÉDITION 2025-2026 Pour LE CORPS ÉCRIT, l’Artichaut accepte: les textes (de réflexion, de fiction, de poésie, de&#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><b>MAGAZINE NUMÉRIQUE &#8211; ÉDITION </b><b>2025-2026</b></p>
<p><b>Pour LE CORPS ÉCRIT, l’</b><b><i>Artichaut</i></b><b> accepte: les textes (de réflexion, de fiction, de poésie, de prose et l&rsquo;essai), les œuvres visuelles 2D (la photographie, le design de mode, le graphisme et la peinture), les œuvres multimédias (un vidéo, un film et un court-métrage) et toute œuvre pouvant être fixée digitalement. À noter que les œuvres visuelles 3D comme la danse, la sculpture, la performance et l&rsquo;architecture peuvent être soumises en format vidéo.&nbsp;</b></p>



<figure class="wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex">
<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1728" height="2304" data-id="24894" src="https://artichautmag.com/wp-content/uploads/2026/01/1.png" alt="" class="wp-image-24894" srcset="https://artichautmag.com/wp-content/uploads/2026/01/1.png 1728w, https://artichautmag.com/wp-content/uploads/2026/01/1-1536x2048.png 1536w, https://artichautmag.com/wp-content/uploads/2026/01/1-350x467.png 350w, https://artichautmag.com/wp-content/uploads/2026/01/1-600x800.png 600w, https://artichautmag.com/wp-content/uploads/2026/01/1-1200x1600.png 1200w" sizes="auto, (max-width: 1728px) 100vw, 1728px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1728" height="2304" data-id="24895" src="https://artichautmag.com/wp-content/uploads/2026/01/2.png" alt="" class="wp-image-24895" srcset="https://artichautmag.com/wp-content/uploads/2026/01/2.png 1728w, https://artichautmag.com/wp-content/uploads/2026/01/2-1536x2048.png 1536w, https://artichautmag.com/wp-content/uploads/2026/01/2-350x467.png 350w, https://artichautmag.com/wp-content/uploads/2026/01/2-600x800.png 600w, https://artichautmag.com/wp-content/uploads/2026/01/2-1200x1600.png 1200w" sizes="auto, (max-width: 1728px) 100vw, 1728px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1728" height="2304" data-id="24896" src="https://artichautmag.com/wp-content/uploads/2026/01/3.png" alt="" class="wp-image-24896" srcset="https://artichautmag.com/wp-content/uploads/2026/01/3.png 1728w, https://artichautmag.com/wp-content/uploads/2026/01/3-1536x2048.png 1536w, https://artichautmag.com/wp-content/uploads/2026/01/3-350x467.png 350w, https://artichautmag.com/wp-content/uploads/2026/01/3-600x800.png 600w, https://artichautmag.com/wp-content/uploads/2026/01/3-1200x1600.png 1200w" sizes="auto, (max-width: 1728px) 100vw, 1728px" /></figure>
</figure>



<p> L’œuvre doit: </p>
<ul>
<li>être inédit(e);</li>
<li aria-level="1">être rédigé en français (le cas échéant);</li>
<li aria-level="1">être soumis(e) avant le 26 avril 2026, 18 heures, heure normale de l’Est (HNE);</li>
<li aria-level="1">être soumis(e) au direction.artichaut@gmail.com; </li>
<li aria-level="1">être soumis(e) anonymement (l’auteur·rice n’est pas crédité·e sur le fichier lui-même, *mais dans le corps du courriel et en signature de ce dernier*); </li>
<li aria-level="1">être soumis(e) par l’auteur·rice du texte (ou de l’œuvre) qui en détient tous les droits;</li>
<li aria-level="1">comporter un titre;</li>
</ul>
<p> </p>
<p>Nous nous engageons à accuser réception de votre soumission. Il n’est pas nécessaire d’être étudiant·e, à l’UQAM ou ailleurs, pour soumettre un texte (ou une œuvre). Chaque proposition fera l’objet d’une lecture par un comité à l’aveugle et seules les propositions retenues feront l’objet de commentaires. Les propositions retenues devront également faire l’objet d’un travail éditorial dirigé par un membre de notre comité. </p>
<p> </p>
<p>L’<i>Artichaut</i> est le magazine des étudiant·e·s à la Faculté des arts de l’UQAM. La parution du magazine annuel est tributaire du soutien financier de l’Association facultaire étudiante des arts de l’UQAM (AFÉA) et/ou de l’Association étudiante modulaire d’études littéraires (AÉMEL). Sachez que nous nous réservons le droit d’opter pour une parution virtuelle, plutôt que papier, si la subvention reçue est insuffisante. </p>
<p><br />Notez bien que l’<i>Artichaut</i> est un espace inclusif et sécuritaire. Tout texte (ou toute œuvre) faisant la promotion de propos haineux ou portant atteinte au bien-être ou à la liberté d’expression d’un groupe se verra automatiquement refusé(e).</p>
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		<title>Au nom de la justice</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Artichaut magazine]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Jan 2026 15:22:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Critiques]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans son œuvre _Quand le monde dort. Récits, voix et blessures de la Palestine_, l’autrice témoigne contre la cruauté d’Israël et de ses alliés, en plus de critiquer l’étiquette de terrorisme, systématiquement collée à la peau des Palestinien·ne·s, notamment en lien avec l’événement du 7 octobre 2023.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Par Leila Arab</em></p>
<hr />
<p style="font-weight: 400;">Francesca Albanese, juriste et rapporteuse spéciale de l’ONU sur les droits humains dans les territoires palestiniens occupés, a pris des risques pour défendre les opprimé·e·s. C’est à titre d’experte indépendante de l’ONU qu’elle défend les droits des Palestinien·ne·s sur la scène internationale depuis 2022. En travaillant auprès de l’UNRWA, agence de l’ONU pour les réfugié·e·s palestinien·ne·s, elle demeure trois ans à Jérusalem<a href="applewebdata://629E502E-0B83-4BEB-87A3-652A1F8B84BF#_ftn1" name="_ftnref1">[1]</a> pour témoigner de l’horreur que les Palestinien·ne·s vivent au quotidien.</p>
<p style="font-weight: 400;">En dénonçant les actions des États-Unis et d’Israël contre le droit à l’autodétermination des Palestinien·ne·s et le respect des droits de la personne, Francesca Albanese se fait accuser de mener une guerre juridique contre les États-Unis. Cette accusation renvoie à un rapport qu’elle a présenté en juillet 2025 au Conseil des droits de l’Homme, « dans lequel elle accuse des entreprises de soutenir les opérations d’Israël à Gaza et d’en tirer profit<a href="applewebdata://629E502E-0B83-4BEB-87A3-652A1F8B84BF#_ftn2" name="_ftnref2">[2]</a> ». En réaction à ce rapport, le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, impose des sanctions à la juriste, comme « […] l’empêcher de se rendre aux États-Unis [et] bloquer ses avoirs dans le pays, si elle en a<a href="applewebdata://629E502E-0B83-4BEB-87A3-652A1F8B84BF#_ftn3" name="_ftnref3">[3]</a> ».  </p>
<p style="font-weight: 400;">Dans son œuvre <em>Quand le monde dort. Récits, voix et blessures de la Palestine</em><a href="applewebdata://629E502E-0B83-4BEB-87A3-652A1F8B84BF#_ftn4" name="_ftnref4">[4]</a><em>, </em>l’autrice témoigne contre la cruauté d’Israël et de ses alliés, en plus de critiquer l’étiquette de terrorisme, systématiquement collée à la peau des Palestinien·ne·s, notamment en lien avec l’événement du 7 octobre 2023. Elle conscientise les lecteur·trice·s au pouvoir que détiennent les mots sur notre perception de la réalité, en blâmant les médias et l’Occident quant à leur manière de caractériser le colonialisme de peuplement perpétré par Israël. Francesca Albanese explique que qualifier ce génocide de conflit religieux entre deux peuples qui n’arrivent pas à s’entendre vient enlever toute la gravité d’une situation condamnable où Israël est le premier responsable de la destruction d’un pays entier et de son peuple pour son propre compte. L’autrice fait état d’une hypocrisie internationale qui tarde à dénoncer les agissements d’Israël pour ses actions dévastatrices en Palestine :</p>
<blockquote>
<p style="font-weight: 400;">Israël a employé un langage volontairement flou, parlant de « territoires disputé » au lieu de « territoires occupés », de « population hostile » plutôt que de « population occupée ». La communauté internationale, trop souvent, s’est réfugiée dans ces subtilités terminologiques au lieu d’affronter la réalité d’une occupation permanente et de ses inacceptables conséquences<a href="applewebdata://629E502E-0B83-4BEB-87A3-652A1F8B84BF#_ftn5" name="_ftnref5">[5]</a>.</p>
</blockquote>
<p style="font-weight: 400; text-align: center;">*</p>
<p style="font-weight: 400;">Francesca Albanese va à la rencontre des Palestinien·ne·s sur place : elle relate avec précision une enfance arrachée, un territoire contrôlé, des massacres perpétuels, des maisons volées, des familles décimées, des terres détruites. De surcroît, elle entre en contact avec plusieurs spécialistes qui étudient la stratégie d’Israël visant à prendre de force une terre qui ne lui appartient pas. Profondément touchée par l’injustice que vivent les Palestinien·ne·s depuis plusieurs générations, elle soutient l’idée d’Ingrid Jaradat Gassner selon laquelle Israël est un régime d’apartheid semblable à celui pratiqué en Afrique du Sud.</p>
<p style="font-weight: 400;"><em>Quand le monde dort. Récits, voix et blessures de la Palestine</em> nous invite à nous engager pour la justice avec courage, conviction et humanité. Francesca Alabanese y relève avec ardeur la contradiction entre les principes du droit international et la « réalité brutale des rapports de force en Palestine<a href="applewebdata://629E502E-0B83-4BEB-87A3-652A1F8B84BF#_ftn6" name="_ftnref6">[6]</a> » en posant la question : « Une voix palestinienne peut-elle exister pour elle-même<a href="applewebdata://629E502E-0B83-4BEB-87A3-652A1F8B84BF#_ftn7" name="_ftnref7">[7]</a> ? »  </p>
<p style="font-weight: 400;">Francesca Albanese appelle à combattre l’indifférence envers la violence : « ou bien nous nous engageons pleinement à<em>être</em> la révolution, ou bien nous échouerons<a href="applewebdata://629E502E-0B83-4BEB-87A3-652A1F8B84BF#_ftn8" name="_ftnref8">[8]</a> », parce que « [l]’empathie est le ciment qui nous relie les un[·e·]s aux autres en tant qu’humanité<a href="applewebdata://629E502E-0B83-4BEB-87A3-652A1F8B84BF#_ftn9" name="_ftnref9">[9]</a> ». Convaincue qu’il faut se battre pour la justice, la juriste nous encourage à défendre les opprimé·e·s et à nous opposer à tout acte visant à asservir une population. Dans un monde où l’indifférence et la violence sont normalisées, elle tient à nous rappeler que prendre la parole pour dénoncer les injustices est un acte de résistance.</p>
<hr />
<p><a href="applewebdata://629E502E-0B83-4BEB-87A3-652A1F8B84BF#_ftnref1" name="_ftn1">[1]</a> France Inter<em>, Francesca Albanese : « je partage le même sort que Poutine et l’Ayatollah Khamenei »,</em> Bitroscopie, 22 novembre 2025.</p>
<p><a href="applewebdata://629E502E-0B83-4BEB-87A3-652A1F8B84BF#_ftnref2" name="_ftn2">[2]</a> ONU info, <em>L’ONU presse Washington de lever ses sanctions contre son experte sur la Palestine</em>, 10 juillet 2025.</p>
<p><a href="applewebdata://629E502E-0B83-4BEB-87A3-652A1F8B84BF#_ftnref3" name="_ftn3">[3]</a> <em>Ibid.,</em></p>
<p><a href="applewebdata://629E502E-0B83-4BEB-87A3-652A1F8B84BF#_ftnref4" name="_ftn4">[4]</a> Francesca Alabanese, <em>Quand le monde dort. Récits, voix et blessures de la Palestine</em>, Mémoire d’encrier, Montréal, 2025, 264 p.</p>
<p><a href="applewebdata://629E502E-0B83-4BEB-87A3-652A1F8B84BF#_ftnref5" name="_ftn5">[5]</a> Francesca Albanese, <em>Quand le monde dort. Récits, voix et blessures de la Palestine</em>, Mémoire d’encrier, Montréal, 2025, p. 129.</p>
<p><a href="applewebdata://629E502E-0B83-4BEB-87A3-652A1F8B84BF#_ftnref6" name="_ftn6">[6]</a> Madgaline Boutros, <em>Francesca Albanese, l&rsquo;experte de l&rsquo;ONU qui bouscule le monde au sujet de Gaza,</em> Le Devoir, 7 octobre 2025.</p>
<p><a href="applewebdata://629E502E-0B83-4BEB-87A3-652A1F8B84BF#_ftnref7" name="_ftn7">[7]</a> <em>Ibid.,</em> p. 151.</p>
<p><a href="applewebdata://629E502E-0B83-4BEB-87A3-652A1F8B84BF#_ftnref8" name="_ftn8">[8]</a> <em>Op cit.,</em> p. 147.</p>
<p><a href="applewebdata://629E502E-0B83-4BEB-87A3-652A1F8B84BF#_ftnref9" name="_ftn9">[9]</a> Francesca Albanese, <em>Quand le monde dort. Récits, voix et blessures de la Palestine</em>, Mémoire d’encrier, Montréal, 2025, p. 10.</p>


<p>L’article <a href="https://artichautmag.com/au-nom-de-la-justice/">Au nom de la justice</a> est apparu en premier sur <a href="https://artichautmag.com">Artichaut magazine</a>.</p>
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		<title>Tu dors Nicole : l’insomniaque aux pas inachevés</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marianne Iezzoni]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Jan 2026 16:36:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Critiques]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Encore vivante après ma fin de session, j’ai enfin le temps d’écrire et d’écouter un film. Amoureuse d’une chanson québécoise&#8230;</p>
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<p><span style="font-weight: 400;">Encore vivante après ma fin de session, j’ai enfin le temps d’écrire et d’écouter un film. Amoureuse d’une chanson québécoise </span><b><i>Dommage que tu sois prise, j’embrasse mieux que je parle </i></b><span style="font-weight: 400;">du groupe </span><b><i>Avec pas d’casque</i></b><span style="font-weight: 400;">, j’ai récemment appris que l’un des membres du </span><i><span style="font-weight: 400;">band </span></i><span style="font-weight: 400;">était un artiste aux multiples talents, dont le cinéma. En effet, il a réalisé plusieurs longs métrages dont celui qui m’a charmée aujourd’hui : </span><b><i>Tu dors Nicole</i></b><span style="font-weight: 400;">. Bon, j’écris sur un film qui est sorti en 2014, mais je me dis qu’il n’est jamais trop tard. J’ai peut-être passé à côté d’un chef-d’œuvre toutes ces années, qui sait? Enivrée par la fatigue de fin de session et par une envie de découvrir l’univers cinématographique d’un des nôtres au Québec, je vous invite à me suivre dans mon visionnement. </span></p>
<p> </p>
<p><span style="font-weight: 400;">Pour commencer, ce film est le troisième long métrage écrit et réalisé par Stéphane Lafleur. </span><b>Tu dors Nicole</b><span style="font-weight: 400;"> est récipiendaire de multiples prix, dont celui du meilleur son et de la meilleure musique originale (</span><i><span style="font-weight: 400;">Jutra</span></i><span style="font-weight: 400;">, 2013). De plus, le </span><i><span style="font-weight: 400;">Vancouver Film Critics Circle</span></i><span style="font-weight: 400;"> lui a décerné le prix du meilleur film canadien(2015). L’œuvre est filmée en 35mm dans un noir et blanc éclaircissant一 je sais que c’est un peu contradictoire mais je vous dis que le jeu monochrome est plus lumineux que sombre. L’histoire se déroule durant la période estivale, et promis, je vous le dis, on ressent la chaleur de l’été à travers l’écran: dans les yeux qui se plissent sous les rayons du soleil, ou par l’effet brillant de la sueur sur la peau.</span><span style="font-weight: 400;">(</span><a href="https://www.cinematheque.qc.ca/fr/cinema/tu-dors-nicole/"><span style="font-weight: 400;">https://www.cinematheque.qc.ca/fr/cinema/tu-dors-nicole/</span></a><span style="font-weight: 400;">)</span></p>
<p> </p>
<p><span style="font-weight: 400;">L’histoire de </span><b><i>Tu dors Nicole</i></b><span style="font-weight: 400;"> est ancrée dans une amitié à deux têtes féminines qui se défile dans une atmosphère estivale qui déborde de chaleur. Les parents de Nicole sont partis en voyage et donc Nicole et son frère, Rémy (Marc-André Grondin), sont plutôt contents de pouvoir profiter pleinement de la maison de leurs parents pendant leur absence. Les musiciens du </span><i><span style="font-weight: 400;">band</span></i><span style="font-weight: 400;"> de Rémy et la meilleure amie de Nicole, Véronique (Catherine St-Laurent), se retrouvent ainsi à occuper l’espace familial à son plein potentiel. Rémy et ses amis musiciens prennent cette opportunité pour répéter leurs chansons, le style musical étant très </span><i><span style="font-weight: 400;">rock and roll</span></i><span style="font-weight: 400;"> presque du métal. Il ne va sans dire que la maison vide de figures parentales fait plaisir à quelques-un-es. Sinon, on est témoin des hauts et des bas de Nicole dans sa petite vie de jeune adulte. On la voit travailler de peine et de misère, on la voit se ressourcer à la crèmerie du coin, on la voit se concentrer sur la couture, bref on la voit dans son quotidien et dans les alentours de ses responsabilités. Les scènes se déroulent sur une ligne du temps linéaire, nous nous voyons accompagner Nicole au travers l’expression de ses envies et la confrontation de ses faiblesses. Sans oublier que l’idée centrale du film est que Nicole et Véronique ont prévu d’aller en voyage en Nouvelle-Zélande durant l’été. Ce projet étant au cœur des motivations personnelles de Nicole à persévérer, à travailler et à se maintenir en vie. Finalement, on est spectateur-rices d’une jeune femme qui la nuit, est dans tous ses états. Malgré qu’elle le cache bien, nous sommes tout de même capable de saisir la détresse des questionnements de Nicole sur sa vie et sur son futur. </span></p>
<p> </p>
<p><span style="font-weight: 400;"> J’adore les moments où on l’aperçoit durant ses soirées insomniaques et qu’elle ne fait que marcher. On dirait que la lenteur de sa marche avec ses pas lourds nous fatigue qu’à la regarder. Malgré cette exhaustivité, on remarque parfois ses joues qui craquent et qui laissent entrevoir un petit sourire, ou bien des paroles qui sont dites avec une sensibilité qui laisse transparaître une allure douce, calme et quelquefois elle se laisse aller dans l’humour et nous surprend. Puis au contraire, on peut voir le côté déprimé, voire désespéré de Nicole, comme par exemple lorsqu’elle verse du jus de pomme dans une plante pour l’arroser, encore plus dans sa sorte de nonchalance qui se décrit par des silences étendus et des réponses raides. Comme JF (Francis La Haye) dit si bien, l’ami de Rémy : « t’aimes ça coincé le monde toi en». </span></p>
<p> </p>
<p><span style="font-weight: 400;">Pour ce qui est de la trame sonore, je dois vous avouer que j’ai de la misère à la décrire. Dans un premier temps, Rémy le frère de Nicole joue dans un groupe de musique rock alors durant des scènes de répétitions par exemple, on entend leur musique jouer. Lorsqu’elle s’introduit dans ces scènes, on dirait tout le temps qu’elle court-circuite la scène précédente. Comme s’il y avait vraiment une coupure drastique entre le avant et l’après de la scène. Sinon en ce qui concerne le son, les bruits qui parcourent mes oreilles durant mon écoute, et bien j’ai l’impression qu’ils sont omniprésents; qu’ils font partie de l’image tellement ils s’agencent au moment. Faut dire aussi que les bruits insérés dans les scènes sont particulièrement bruyants comme s’ils encombraient l’image pour dépasser ce qui est visible à l&rsquo;œil afin que l’on puisse se plonger dans la puissance du son. On a l’impression que ces bruits sont des effets bizarroïdes, comme le son de créatures marines, le cri d’une baleine, le son d’une houle qui s’achève vers l’horizon, les hulules d’un hibou dans le bleu du soir, des notes de xylophone, etc. </span></p>
<p> </p>
<p><span style="font-weight: 400;">Durant quelques moments du film, on entend Nicole réciter des mots dans une langue étrangère. Les mots qu’elle nomme me semble être sa voix intérieure qui lui parle et qui pend dans le vide sans que personne ne puisse lui répondre. Je trouve intéressant que ces phrases dites dans une langue étrangère soient d’une manière des phrases qui semblent bien plus intimes que celles dites en français. J’ai l’impression aussi que l’on peut voir au travers de ses nuits où le sommeil n’y est pas, une sorte de dégradation dans la volonté et dans la motivation de Nicole à vivre. Je ne dirais pas qu’il s’agit d’un mal de vivre, mais plutôt d’une condamnation. Nicole a l’air de se sentir condamnée de vivre comme elle le fait, comme la vie la traite et elle n’y voit pas de résolution ou de sortie.</span></p>
<p> </p>
<p><span style="font-weight: 400;">Pour ce qui est de ma critique, bien je dois vous dire qu’elle n’est pas si facile à déceler dans ma tête. Autant que j’ai adoré le noir et blanc et l’éclairssissement du temps chaud de dehors qui réchauffe l’écran, autant je ne suis pas sûre que le réalisateur a poussé aussi loin l’histoire qu’il aurait pu. Ce que je tente de dire c’est que Nicole incarne un sentiment d’insatisfaction, ou plutôt de désagrément de la vie puisqu’elle ne dort pas. Dans ce sens, j’aurais amplifié ce sentiment, le dramatiser davantage de manière à ce que la dégradation du personnage fasse preuve d’un decrescendo. Puisque la dégradation est établie dès le départ, cela ne donne pas le même effet. Cela donne l’idée d’une linéarité, d’une continuité alors qu’une chute, une pente fatale aurait pu être bénéfique à l’évolution du personnage principal. Je me rappelle d’ailleurs avoir entendu le bruit de l’eau, d’une chute au derrière d’une scène proche de la fin, mais encore là est-ce assez? Je crois que combiner l’image et le son est un duo gagnant, puis Stéphane Lafleur a peut-être perdu l’ampleur qui l’aurait pu gagné en misant sur la juxtaposition des deux. Aussi, j’aurais ajouté encore de ces scènes où des mots sont nommés dans une langue étrangère. C’est dans ces moments que je me suis sentie plus proche de Nicole, que je suis rentrée dans son intimité. Ce qui était satisfaisant en tant que spectatrice. Bref, j’ai aimé mon visionnement, mes yeux se sont fait plaire par la vision artistique du film. Toutefois, je n’ai pas été séduite de fond en comble, il manquait un tant soit peu de profondeur, autant dans les mots que dans le visuel. À regarder pour la beauté des images, et pour le jeu ma foi remarquable de Julianne Côté au niveau de son visage qui lui, ne se laisse pas achever par la fatigue. Nous la suivons dans ses petits détails qui frémissent au coin de ses lèvres et de ses yeux qui parlent fort autant dans le vide qu’il décrivent que dans la vie qu’ils tentent d’animer. Dans tous les cas, je vous dis de l’écouter. Enfin, j’ai donné une chance à ce réalisateur québécois et je lui en donnerai encore une demain. Je vous conseille de le faire aussi. À bientôt. </span></p>
<p>Crédit photo : <span style="font-weight: 400;">Sara Mishara / Les Films Séville</span></p>
<p><br /><br /></p>
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		<title>Bergers : la montagne, errer jusqu’au sommet</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marianne Iezzoni]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Jan 2026 16:23:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Critiques]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Aujourd’hui, j’ai eu la chance de pouvoir choisir le loisir plutôt que le travail, donc encore une fois je me&#8230;</p>
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<p><span style="font-weight: 400;">Aujourd’hui, j’ai eu la chance de pouvoir choisir le loisir plutôt que le travail, donc encore une fois je me suis plongée dans le monde du cinéma québécois. J’ai eu la merveilleuse surprise de trouver </span><b><i>Bergers</i></b> <span style="font-weight: 400;">en ligne. J’ai toujours voulu aller le voir au cinéma, mais bon, ça n’a jamais adonné. Voilà que l’occasion était parfaite pour moi et ma paresse, elle qui préfère le lit au siège raide du Cinéplex. </span></p>
<p> </p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ce film est une coproduction Québec-France, puis il est le cinquième long métrage de fiction réalisé par Sophie Deraspe. L’œuvre est inspirée  du roman autobiographique « D’où viens tu, berger ? » publié en 2006 par Mathyas Lefebure, qui lui a participé au scénario. </span><b><i>Bergers</i></b> <span style="font-weight: 400;">a été présenté en première mondiale au Toronto International Film Festival (TIFF) et a remporté le prix du meilleur film canadien. (</span><a href="https://www.filmsquebec.com/films/bergers-film-sophie-deraspe/"><span style="font-weight: 400;">https://www.filmsquebec.com/films/bergers-film-sophie-deraspe/</span></a><span style="font-weight: 400;">)</span></p>
<p> </p>
<p><span style="font-weight: 400;">Maintenant, l’histoire: tout commence sur un coup de tête d’un jeune publicitaire montréalais qui quitte le Canada pour aller vivre à Arles, en Provence. L’idée lui vient à l’esprit de manière tellement spontanée qu’il passe totalement à côté de la plaque et omet de se doter d&rsquo;un permis vacances-travail. L’essentiel de son déplacement est celui-ci : il ne désire qu’être berger. Puis il veut écrire, il veut écrire un manuel pour berger, lui qui se nomme Mathyas (Félix-Antoine Duval) et qui a une âme philosophique et une langue très poétique. C’est ainsi qu’il rejette sa vie d’avant, par amour pour le pastoralisme. Il s’est fait un engagement sur l’honneur qu’il s’est fait à lui-même, c’est une question existentielle, dit-il. </span></p>
<p> </p>
<p><span style="font-weight: 400;">De fil en aiguille, il réussit à travailler sur des fermes et à connaître la réalité du terrain. Par ailleurs, on remarque que les bergers se tiennent les coudes malgré les conditions de travail plutôt médiocres :on voit des rires qui étirent leur joues et qui les rassemblent. </span></p>
<p> </p>
<p><span style="font-weight: 400;">C’est alors que Mathyas tente d’obtenir son permis vacances-travail de la France, et qu’il se rend compte, par l’entremise d’Élise (Solène Rigot), qu’il est impossible de l’avoir si l’on n’a pas rempli le formulaire au Canada au préalable. Partageant avec elle son envie viscérale d’être berger coûte que coûte, Élise lui vend à son tour tous les bienfaits de son travail de fonctionnaire. Cette conversation met en scène le contraste des motivations de la ville versus celles de la montagne. Cette discussion prend fin lorsque Mathyas lui donne ses coordonnées dans l’espoir d’échanger sur des œuvres littéraires. C’est ainsi que commence une correspondance entre Mathyas et Élise ; c’est le début d’une relation épistolaire. Dans l’une des lettres, Élise dit avoir quitté son boulot, le sourire étendu jusqu’aux oreilles. Suite à la démission spontanée d’Élise, elle fait une surprise à Mathyas et lui rend visite à la ferme sur laquelle il travaille.</span></p>
<p> </p>
<p><span style="font-weight: 400;">Des péripéties s’ajoutent à l’histoire et compliquent la quête du personnage principal, mais à un moment, une certaine Cécile Espriroux (Guilaine Londez) se présente au petit café où Mathyas et Élise se sont posé·e·s. Cécile règle alors tous leurs soucis : hébergés, bergers et salariés. Élise se précipite sur l’offre d’emploi de Cécile et d’un ton confiant et assuré lui affirme qu’ils en ont de la passion alors que Mathyas a l’air plutôt découragé et fatigué de ses projets d’envergure. Malgré ce sentiment de désespoir de la part de Mathyas, dès qu’il se retrouve sur la ferme auprès du troupeau on dirait qu’il renaît de ses cendres. C’est d’ailleurs à ce moment qu’il nous initie à la «transhumance». Il dit que « c’est amener les troupeaux là où il y a de l’herbe, parce que les brebis, il faut qu’elles mangent, ce n’est pas que de la poésie, c’est de l’herbe ». Donc, ces gens qui dédient leur vie à ce métier sont des nomades, ils suivent l’herbe. Grâce à l’opportunité de travail offerte par Cécile, c’est ainsi qu’ils partent pour une longue marche vers la montagne pour mener les brebis à de l’herbe fraîche. Puisqu’elles n’étaient pas assouvies sur la ferme, leur faim grondait sur ces terres asséchées. </span></p>
<p> </p>
<p><span style="font-weight: 400;">«Je me souviens d’errance à chercher l’être, perdu dans des textes littéraires à supposer que l’on puisse le trouver dans les mots. Erreur! L’être est au sommet.» Voilà le genre de phrases qui nous bercent avec des mots si bien agencés qui nous laissent imaginer d’autres réalités. En parlant de ce que Mathyas écrit tout au long du film, il y a une attention particulière qui est portée sur ses mains durant une scène, celles qui écrivent et qui se salissent au boulot. On semble y comprendre qu’elles sont porteuses de plusieurs choses : d’amour, d’un métier, de poésie, de vie et de mort. </span></p>
<p> </p>
<p><span style="font-weight: 400;">De plus, les yeux pétillants de passion de Félix-Antoine Duval (Mathyas) mélangés aux tons mielleux de sa voix nous submerge dans ses paroles poétiques qui nous emmènent avec lui sur les plaines et dans sa tête, dans cet entre-deux. L’atmosphère poétique dans laquelle baigne nos oreilles ne peut que nous charmer. Il existe à l’intérieur du scénario une sorte de prose libre et honnête qui nous amène vers l’idée de la montagne : un endroit où la liberté est débordante au sommets de ces plaines, une vagabonderie, une errance. Par conséquent, les images que la poésie réussit à imprégner au travers de l’écran nous amène à réfléchir sur la profondeur des thèmes explorés par Sophie Deraspe et l’écrivain Mathyas Lefébure, celui dont son livre a inspiré le film. </span></p>
<p> </p>
<p><span style="font-weight: 400;">Au niveau du visuel, on voyage au-delà des plaines de la campagne, une allure rocheuse contourne notre regard en habillant les maisons et le plancher vert. Mes yeux furent témoins de couleurs vivides qui m’ont rappelé l’essence de la forêt, de la nature. Allant du jaune qui éveille le vert, vers un marron des bois qui se fond dans le bleu ultramarine de la nuit. Mon regard a été embelli par les images du film. La caméra a su manier la petitesse des plaines, tel un pissenlit qui se penche vers le sol de par le vent qui souffle fort, et la grandeur des montagnes dans des perspectives mémorables. D’ailleurs, les éleveurs font souvent référence à la nature pour expliquer le fonctionnement du troupeau. Ils disent que «c’est comme le soleil, il tourne avec toujours» ou bien que «c’est de l’eau, c’est un flux c’est un mouvement». </span></p>
<p> </p>
<p><span style="font-weight: 400;">Finalement, quel beau travail d’équipe pour nous faire sentir, entendre et voir la beauté et la terreur de la nature. D’où l’ingéniosité de mettre en valeur le métier du berger. En guise de la montagne et de la liberté qu’elle promet, je vous conseille fortement d’écouter ce film. </span></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1998" height="1080" src="https://artichautmag.com/wp-content/uploads/2026/01/05_BERGERS_MATHYAS_HERBE.jpeg" alt="" class="wp-image-24883" srcset="https://artichautmag.com/wp-content/uploads/2026/01/05_BERGERS_MATHYAS_HERBE.jpeg 1998w, https://artichautmag.com/wp-content/uploads/2026/01/05_BERGERS_MATHYAS_HERBE-350x189.jpeg 350w, https://artichautmag.com/wp-content/uploads/2026/01/05_BERGERS_MATHYAS_HERBE-600x324.jpeg 600w, https://artichautmag.com/wp-content/uploads/2026/01/05_BERGERS_MATHYAS_HERBE-1200x649.jpeg 1200w" sizes="auto, (max-width: 1998px) 100vw, 1998px" /></figure>



<p>Crédits photos : Maison 4:3 </p>
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		<title>Deux femmes en or : orgasmes en libération</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marianne Iezzoni]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Jan 2026 16:11:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Critiques]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C’est avec un grand plaisir que j’ai enfin pu visionner le film Deux femmes en or (2025). Sorti en salle&#8230;</p>
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<p><span style="font-weight: 400;">C’est avec un grand plaisir que j’ai enfin pu visionner le film </span><b><i>Deux femmes en or</i></b><span style="font-weight: 400;"> (2025). Sorti en salle le 30 mai dernier, et faut croire que je n’ai pas réussi à le regarder avant hier en novembre. Mon meilleur ami et moi avons vu la bande-annonce pour la première fois et nous sommes instantanément tombés en amour avec les deux femmes en vedette dans ce film. Enfin nous avons pu succomber à notre envie et l’écouter en ligne au chaud (le cinéma en salle c’est pour quand je vais être riche).</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Pour commencer, cette comédie a été revisitée par la réalisatrice Chloé Robichaud. Elle qui fut épaulé par Catherine Léger avec son scénario basé lui-même sur ce film culte de Claude Fournier et Marie-Josée Raymond sorti dans les années soixante-dix. Cette comédie a été présentée en première mondiale au festival de Sundance et cette œuvre a remporté un prix spécial du jury. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En ce qui concerne l’histoire, il s’agit dans un premier temps de faire la connaissance de Florence et Violette. Florence (Karyne Gonthier-Hyndman) est la mère d’un jeune garçon qui, elle, est en congé de maladie et reste à la maison puisque la dépression l’enivre. Et puis dans le même bâtiment il y a Violette (Laurence Leboeuf), nouvellement mère de son premier bébé. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Dans un contexte où leurs conjoints travaillent beaucoup et ne sont pas souvent à la maison, Violette et Florence s’allient ensemble contre l’étreinte que la monogamie a sur les femmes. De fil en aiguille, nous devenons témoins des besoins et des fantasmes sexuels de ces deux femmes cloîtrées à la maison avec leurs soucis et leurs responsabilités. D’ailleurs, l’environnement du film prend souvent forme aux domiciles des deux, on peut alors comprendre comment et pourquoi celles-ci commencent à vouloir changer leur situation conjugale et sortir de l’ordinaire. Plus le film avance, plus l’on regarde une émancipation de la femme dans ses relations interpersonnelles, plus particulièrement dans ses relations sexuelles. En effet, l’arrêt de travail de Florence et l’entrée à la garderie de la petite fille à Violette font en sorte qu’elles ont beaucoup de temps libre à combler. Toutes deux en quête de jouir, nous les retrouvons dans la séduction avec des travailleurs qui viennent faire des contrats pour la maison. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Toujours avec un ton comique, le film nous montre ce qu’est capable d’accomplir une femme provocante et décidée. Puis finalement, il est agréable de voir des femmes parler de leur sexualité sans gêne et dans une ouverture accablante. Leur duo m’a bien fait rire et leurs rôles se sont bien complétés à travers les lignes du dialogue et dans leur personnalités antagoniques. Effectivement, nous avons Florence la brunette assurée qui fonce dans le danger et puis Violette la blonde plutôt gênée qui n’ose pas parler trop fort. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Avant de vous parler du visuel, je tiens à faire honneur à l’actrice Karyn Gonthier-Hyndman, celle qui joue Florence. Son personnage m’a donné un sourire jusqu’aux oreilles et bon sens qu’elle m’a charmé avec sa lucidité politique du corps et ses histoires où elle teste les limites des hommes à souhait au profit de l’épanouissement corporel. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Maintenant pour le visuel, ça n’a pas pris plus que cinq minutes pour que je tombe en amour avec les prises. Toujours embellie par des couleurs chaudes et douces, les deux femmes sont mises en valeur avec des cadrages qui font de la scène une étendue à l’horizon. Comme si l’image était captée pour nous laisser voir le plus possible les fonds colorés qui s’agencent à merveille avec l’allure des actrices. J’ai aussi bien aimé la manière dont cette œuvre a été filmée, la caméra suivant de près les acteur-ice-s dans leur mouvements. On aurait dit que l’attention était davantage mise sur les femmes, ce qui a fait du bien de voir dans le cinéma au Québec. La présence de la lumière m’a aussi plue, elle qui se retrouve souvent dans les yeux bleus de Laurence Leboeuf et dans le sourire blanc pétant de Karyn Gonthier-Hyndman. Je dirais même qu’au fur et à mesure qu’elles se libèrent des stéréotypes monogames, la lumière les suit de plus en plus. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Pour finir, je vous conseille grandement ce film. Non seulement le </span><i><span style="font-weight: 400;">spotlight</span></i><span style="font-weight: 400;"> est mis sur deux femmes charismatiques et mémorables, le dialogue est drôle et les scènes sortent de l’ordinaire. Comment ne pas aimer les femmes québécoises qui nous font rire encore et encore pendant presque deux heures? À vous de me dire!</span></p>
<p><br />Crédit photo : Maison 4:3<br /><br /><br /><br /><br /></p>
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		<title>Gratte-ciels, asphalte et voyage spatio-temporel : Une critique d’Au revoir New-York de Paul Bordeleau</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Artichaut magazine]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 20 Jan 2026 23:23:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Bande dessinée]]></category>
		<category><![CDATA[Critiques]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Au revoir New-York est un véritable retour en force pour Bordeleau. La vulnérabilité qu’il révèle dans les pages de cet album est impressionnante.</p>
<p>L’article <a href="https://artichautmag.com/gratte-ciels-asphalte-et-voyage-spatio-temporel-une-critique-dau-revoir-new-york-de-paul-bordeleau/">Gratte-ciels, asphalte et voyage spatio-temporel : Une critique d’Au revoir New-York de Paul Bordeleau</a> est apparu en premier sur <a href="https://artichautmag.com">Artichaut magazine</a>.</p>
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<p>Par Audrée Lapointe</p>
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<p style="font-weight: 400;">Le 24 septembre dernier, la maison d’édition Nouvelle Adresse a publié la dernière bande dessinée de Paul Bordeleau, <em>Au Revoir New-York</em>. Celle-ci se révèle être pour lui un double retour aux sources : en effet, après avoir adapté les pièces de théâtre <em>Pour réussir un poulet </em>(Fabien Cloutier, La Pastèque, 2021) et <em>Hypo</em> (Nicola-Frank Vachon, Nouvelle Adresse, 2023), l’illustrateur gaspésien présente à son lectorat sa première œuvre autofictionnelle depuis <em>Le 7<sup>e</sup> vert</em> (La Pastèque, 2017). Plus encore, Bordeleau a cherché à « renouer avec le style de dessin de [sa] vingtaine<a href="applewebdata://9ED03DD1-F5C7-4111-8133-CC1EEE4C2C86#_ftn1" name="_ftnref1"><sup>[1]</sup></a> » durant la composition de l’album. Mélangeant ses commentaires sur le genre de l’autofiction à un réalisme magique inspiré de la <em>Trilogie New-Yorkaise</em> de Paul Auster, <em>Au revoir New-York </em>est une touchante expression du deuil de Bordeleau, à la fois celui d’un ami cher et du passé qu’ils ont partagé.</p>
<p style="font-weight: 400;">Posons tout de suite les bases de l’intrigue principale. Paul Bordeleau est en train de travailler sur un projet qui lui permettra d’exprimer son chagrin envers le décès subit de son ami, Gaston Côté. Angoissé par l’immensité du sujet, il décide de sortir pour aller chercher de la nourriture pour son chat. C’est durant cette course qu’il croise un Paul Bordeleau trente ans plus jeune, qu’il suit dans un café. Durant leur conversation, l’auteur apprend que sa version passée se prépare à partir à New-York avec le reste de sa classe, dont fait partie Gaston. L’auteur demande d’accompagner l’étudiant, qui accepte.</p>
<p style="font-weight: 400;">Le reste de l’album est séparé en deux temporalités. Nous avons le présent, dans lequel Paul Bordeleau tente de continuer son projet, et le passé, qu’il revit en suivant, tel un fantôme, l’étudiant dans ses péripéties new-yorkaises. Vers la fin du récit, elles se recroisent afin d’offrir à l’auteur la chance de discuter une dernière fois avec Gaston. Cela lui permet d’accepter son départ et de finir le livre qui lui posait tant de problèmes. Celui-ci est, sans surprise, la bande dessinée que nous avons sous le nez.</p>
<p style="font-weight: 400;">Étant donné la relative complexité temporelle de l’histoire, Bordeleau utilise la couleur pour distinguer les époques. Lorsque nous sommes dans le présent, la coloration des vignettes est composée de blanc, de noir et d’orange ; dans le passé, la palette transitionne vers un corail poudreux.</p>
<p style="font-weight: 400;"><em>Au revoir New-York </em>est un véritable retour en force pour Bordeleau. La vulnérabilité qu’il révèle dans les pages de cet album est impressionnante. Non seulement aborde-t-il le difficile travail qu’est l’acceptation de la mort soudaine d’un être cher, mais il se remet constamment en question, autant sur le plan métatextuel (la réflexion du jeune Bordeleau sur la moralité de l’autofiction est un joli moment de brisure du quatrième mur) qu’artistique. L’ouvrage regorge de références culturelles soit explicitement nommées (<em>Tintin</em>, <em>Star Wars</em> et l’artiste Brad Holland en sont des exemples parmi tant d’autres), soit dissimulées dans les arrière-plans, ce qui en fait un genre de « trouvez Charlie » qui m’a grandement amusé·e.</p>
<p style="font-weight: 400;">Il est évident que Bordeleau s’est lancé corps et âme dans la composition de cet album, et je respecte énormément la détermination qui vient avec un tel travail. Je conseille à toustes la lecture d’<em>Au revoir New-York</em> pour découvrir son intrigue digne de celles d’Auster. Bonne lecture!</p>
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<p><a href="applewebdata://9ED03DD1-F5C7-4111-8133-CC1EEE4C2C86#_ftnref1" name="_ftn1"><sup>[1]</sup></a> Paul Bordeleau, <em>Au revoir New-York</em>, Montréal, Front Froid, coll. « Nouvelle Adresse », 2025, p. 6.</p>
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		<title>À la découverte d’une nouvelle maison d’édition québécoise : Les Éditions Nébuleuses</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Megane Therrien]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 Jan 2026 18:01:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Entrevues]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Guillaume Boudrias était l’un de mes collègues de classe, étudiant dans le but de fonder ultérieurement sa propre maison d’édition pour un genre trop peu publié au Québec : la science-fiction. J’ai donc été enchantée lorsque j’ai appris que ce projet avait bel et bien vu le jour sous le nom des Éditions Nébuleuses.</p>
<p>L’article <a href="https://artichautmag.com/a-la-decouverte-dune-nouvelle-maison-dedition-quebecoise-les-editions-nebuleuses/">À la découverte d’une nouvelle maison d’édition québécoise : Les Éditions Nébuleuses</a> est apparu en premier sur <a href="https://artichautmag.com">Artichaut magazine</a>.</p>
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<p><strong>Par Mégane Therrien</strong></p>
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<p style="font-weight: 400;">À la suite de mon baccalauréat en Études littéraires à l’UQAM, j’ai effectué un diplôme d’études supérieures spécialisées en édition où j’ai eu la chance de rencontrer une multitude de passionné·e·s de littérature, et ce, autant parmi les enseignant·e·s que les étudiant·e·s! Guillaume Boudrias était l’un de mes collègues de classe, étudiant dans le but de fonder ultérieurement sa propre maison d’édition pour un genre trop peu publié au Québec : la science-fiction. J’ai donc été enchantée lorsque j’ai appris que ce projet avait bel et bien vu le jour sous le nom des <a href="https://editionsnebuleuses.com/">Éditions Nébuleuses</a>. </p>
<p style="font-weight: 400;">Je ne suis pas une grande consommatrice de science-fiction, mais je me suis tout de même prêtée au jeu et lancée dans la lecture de leur première parution, <em>L’Ogre de PENTA</em>. Il s’agit d’un roman complexe où plusieurs histoires s’entremêlent. Effectivement, celles-ci se déroulent sur plusieurs siècles, ce qui permet d’avoir une vue d’ensemble sur le récit. Il faut être très attentif·ve lors de la lecture pour bien comprendre l’emboîtement des récits. </p>
<p style="font-weight: 400;">J’ai été agréablement surprise par ce roman au ton scientifique qui nous plonge au cœur d’une société où le déclin de la population a encouragé la mise en place d’une solution radicale : allonger l’espérance de vie des citoyen·ne·s. En bref, on soutient l’immortalité plutôt que la procréation. Les allers-retours dans la temporalité du récit permettent d’accéder au démarrage du projet ainsi qu’aux diverses conséquences qu’il a entraînées. </p>
<p style="font-weight: 400;">J’ai grandement apprécié les nombreuses références à la ville de Montréal, qui sont plutôt rares hors de notre littérature nationale, et l’utilisation d’enjeux actuels, comme les inondations et la disparition de métiers, ces derniers étant remplacés par l’intelligence artificielle. Ces enjeux donnent une allure dystopique au roman en poussant notre réflexion quant aux répercussions potentielles que peuvent avoir des décisions aussi radicales telles que celle de mettre fin au vieillissement de la population. </p>
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<p><strong>Entretien avec Guillaume Boudrias, co-fondateur des Éditions Nébuleuses</strong></p>
<p><strong>Mégane Therrien</strong>: Pourquoi avoir décidé de fonder votre maison d’édition ? Comment votre maison contribue-t-elle à l’univers littéraire québécois ?</p>
<p style="font-weight: 400;"><strong>Guillaume Boudrias</strong>: Ma collègue Iris et moi trouvions qu’il n’y avait pas assez du genre de livres que nous lisons au Québec, le genre qu’on appelle parfois « New Adult », autrement dit de la science-fiction et de la fantasy.</p>
<p style="font-weight: 400;">Nous venons tout juste de commencer! Mais déjà je considère que notre collection 2025 est vraiment unique, il y a un mélange de tout : fiction spéculative pure et dure, fantasy « tranche de vie », fantasy humoristique… En tant que « nouveau joueur », nous nous permettons de prendre plus de risques pour savoir ce que notre public aime.</p>
<p><strong>MT</strong>: Quel est le concept derrière les Éditions Nébuleuses ?</p>
<p style="font-weight: 400;"><strong>GB</strong>: Ça revient à se demander quel est le concept derrière les littératures de l’imaginaire. Chacun a sa définition, mais pour moi, c’est d’abord et avant tout une façon de s’évader par le rêve. En même temps, c’est toujours une réflexion sur la condition humaine, ce qui permet de prendre du recul par rapport à notre société et son train-train quotidien. En gros, avoir du plaisir et réfléchir en même temps.</p>
<p><strong>MT</strong>: Si vous aviez à décrire les Éditions Nébuleuses en trois mots, quels seraient-ils ?</p>
<p style="font-weight: 400;"><strong>GB</strong>: Ambitieux, unique, rocambolesque!</p>
<p><strong>MT</strong>: Qui est derrière Nébuleuses ?</p>
<p style="font-weight: 400;"><strong>GB</strong>: Nous avons fondé la maison à deux : Iris Martinez et moi-même. Iris vient de France (Lyon) tandis que j’ai grandi à Montréal. Nous intégrons présentement notre troisième membre, Robert-Louis Milin.<br />Iris et moi avons tous deux étudié en édition à l’Université de Sherbrooke (mais pas en même temps)! Avant cela, elle a fait des hautes études en littérature en France.</p>
<p style="font-weight: 400;">Nous avons tous trois des parcours très éclectiques ceci dit! Pour ma part, j’ai étudié l’informatique, la psychologie et même (brièvement) l’anthropologie.  Iris a sauté de la littérature à la programmation en passant par le graphisme et la photographie. Notre nouveau membre, Robert-Louis, a fait des études à HEC Montréal, a monté une librairie, puis il est devenu programmeur.</p>
<p style="font-weight: 400;">Nous travaillons avec des réviseurs externes et bien sûr nous avons la chance d’être soutenus par nos amis et familles. Michel Martinez, le père d’Iris, illustre tous nos livres!</p>
<p><strong>MT</strong>: Y a-t-il des défis auxquels Nébuleuses a dû faire face pour voir le jour ?</p>
<p style="font-weight: 400;"><strong>GB</strong>: Nous y faisons toujours face! Le plus difficile est de loin la diffusion, car nous n’avons pas accès aux réseaux traditionnels avant d’avoir fait nos preuves. Nous développons graduellement notre réseau, tandis que les éditeurs établis font affaire avec un diffuseur/distributeur qui s’occupe de tout cela.</p>
<p style="font-weight: 400;">Pour le reste, le plus grand défi revient toujours au nombre d’heures dans une journée. Le travail d’un éditeur est sans fin, il faut planifier sur le long terme mais choisir nos priorités au jour le jour.</p>
<p><strong>MT</strong>: Comment avez-vous sélectionné vos premières publications, <em>L’Ogre de PENTA</em> (Victor A. Paul) et <em>Mauvaise idée </em>(Patrick Lévesque) ?</p>
<p style="font-weight: 400;"><strong>GB</strong>: Il va de soi que je suis fier des livres que nous avons et allons publions, mais je suis aussi très content d’avoir pu suivre un processus qui pour moi est idéal et équitable : l’appel à textes. Nous avons ainsi reçu une centaine de manuscrits, ce qui nous a permis d’être très sélectifs quant aux 5 sélectionnés pour cette année.</p>
<p style="font-weight: 400;">Nous recommençons le processus de zéro pour l’année prochaine! (Ou presque, car nous publierons quelques suites.) Heureusement, nous commençons à être connus, ou du moins trouvables, ce qui fait que nous avons déjà reçu quelques manuscrits pour 2026.</p>
<p><strong>MT</strong>: Pouvez-vous nous glisser un mot sur ce qui s’en vient pour Nébuleuses ?</p>
<p style="font-weight: 400;"><strong>GB</strong>: On se fraie un chemin pas à pas. D’abord, il faut publier les trois autres romans de cette année. Le prochain arrive le 19 septembre! Il s’agit du Secret des Exilés : l’appel des flammes. C’est un roman fantastique à tendance romantique, qui comporte un mariage de convenance, une armée de démons et plusieurs complots.</p>
<p style="font-weight: 400;">À partir de l’an prochain, nous pourrons commencer à réfléchir à l’agrément, à parler aux distributeurs et à augmenter nos tirages.</p>
<p><strong>MT</strong>: Auriez-vous des conseils pour les étudiants qui aimeraient être publiés ou fonder une maison d’édition à leur tour ?</p>
<p style="font-weight: 400;"><strong>GB</strong>: Pour être publié, il suffit d’écrire un bon roman! La définition d’un « bon » roman variera d’un éditeur à l’autre, c’est pourquoi il faut connaître les lignes éditoriales des maisons qui nous intéressent.</p>
<p style="font-weight: 400;">Aussi, c’est très normal d’essuyer des refus au début (et même en milieu ou en fin de carrière). Il ne faut pas se décourager d’un seul refus, ni de dix; tous les auteurs professionnels sont habitués au rejet. Pendant ce temps, ceci dit, il faut continuer d’apprendre et de pratiquer. Il faut commencer d’autres projets, et non s’accrocher inutilement à son premier. Si vous avez réussi à écrire un livre, vous pouvez en écrire un deuxième, qui n’en sera que meilleur.</p>
<p style="font-weight: 400;">Quoiqu’il advienne, je recommande d’éviter les maisons à compte d’auteur, car l’auteur devient alors le client. Ceci engendre un certain « conflit d’intérêt » (c’est peu dire) dans la sélection des auteurs. Nonobstant sa qualité (subjective), un roman ainsi publié a le même problème qu’un roman autoédité, à savoir qu’il n’est plus « inédit » et est donc moins intéressant pour beaucoup de maisons, souvent pour des questions de subventions.</p>
<p style="font-weight: 400;">Je ne sais toujours pas quoi répondre à ceux qui veulent fonder leur maison d’édition, car je n’ai pas vraiment fini de fonder la mienne. Il faudra me poser la question à nouveau dans quelques années, quand j’aurai pu tirer des leçons de l’expérience!</p>
<hr />
<p><em>Entrevue réalisée le 11 septembre 2025</em>.</p>
<p>L’article <a href="https://artichautmag.com/a-la-decouverte-dune-nouvelle-maison-dedition-quebecoise-les-editions-nebuleuses/">À la découverte d’une nouvelle maison d’édition québécoise : Les Éditions Nébuleuses</a> est apparu en premier sur <a href="https://artichautmag.com">Artichaut magazine</a>.</p>
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