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	<title>Artichaut magazine</title>
	
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	<description>LE MAGAZINE DES ÉTUDIANT⋅E⋅S EN ART DE L'UQAM</description>
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		<title>Concours Musical International de Montréal : Le violon à l’honneur</title>
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		<pubDate>Thu, 23 May 2013 18:36:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michèle-Andrée Lanoue</dc:creator>
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		<description><![CDATA[<p>Le Concours Musical International de Montréal (CMIM), une initiative des Jeunesses Musicales du Canada, récompense les jeunes chanteurs, violonistes et pianistes qui se distinguent par la maîtrise de leur art. Le CMIM comporte donc trois disciplines – chant, violon, piano – qui se succède en alternance sur un cycle de trois ans. Cette année, le...</p><p>Cet article <a href="http://artichautmag.com/concours-musical-international-de-montreal-le-violon-a-lhonneur/">Concours Musical International de Montréal : Le violon à l&rsquo;honneur</a> est apparu en premier sur <a href="http://artichautmag.com">Artichaut magazine</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left;"><strong>Le Concours Musical International de Montréal (CMIM), une initiative des Jeunesses Musicales du Canada, récompense les jeunes chanteurs, violonistes et pianistes qui se distinguent par la maîtrise de leur art. Le CMIM comporte donc trois disciplines – chant, violon, piano – qui se succède en alternance sur un cycle de trois ans. Cette année, le violon était à l’honneur pour la 12<sup>e</sup> édition du Concours. </strong></p>
<p style="text-align: left;"><a href="http://artichautmag.com/wp-content/uploads/2013/05/cmim_2013.gif"><img src="http://artichautmag.com/wp-content/uploads/2013/05/cmim_2013-630x458.gif" alt="cmim_2013" width="630" height="458" class="aligncenter size-large wp-image-3845" /></a></p>
<p style="text-align: left;">L&rsquo;édition 2013 du Concours s&rsquo;adresse aux violonistes, âgés de 29 ans ou moins, qui se destinent à une carrière professionnelle. L&rsquo;événement, précédé d’une étape préliminaire, soit d’un enregistrement sonore, comprend trois épreuves : quart de finale, demi-finale et finale. Plus de 80 enregistrements ont été analysés par trois comités de sélection. 24 candidats ont finalement pris par au CMIM. Un jury international procède alors à l’audition des candidats retenus pour l’épreuve quart de finale et choisit ceux qui seront retenus pour l’épreuve demi-finale. Accompagnés par Louise-Andrée Baril, Philippe Chiu, Francis Perron et Suzanne Blondin au piano, les violonistes ont interprété leur répertoire à la Salle de concert Bourgie du Musée des beaux-arts de Montréal.</p>
<p style="text-align: left;"><strong><br />
Oeuvre canadienne obligatoire</strong></p>
<p style="text-align: left;">Commandée par le Concours Musical International de Montréal, <em>Rhapsodie pour violon et piano</em> du compositeur québécois Jean Lesage, était au programme de l&rsquo;épreuve quart de finale. Celui-ci a fait ses études de composition au Conservatoire de Montréal auprès de Gilles Tremblay, Clermont Pépin, Micheline Coulombe Saint-Marcoux et Yves Daoust. Depuis 1999, il enseigne la composition et l&rsquo;orchestration à l&rsquo;École de musique Schulich de l&rsquo;Université McGill. Très actif sur la scène musicale montréalaise, il a composé une cinquantaine d&rsquo;oeuvres à ce jour, en plus d&rsquo;être conseiller à l&rsquo;Association pour la création et la recherche électroacoustique du Québec, responsable de la programmation à la Société des concerts alternatifs du Québec. Il est également membre du comité artistique de la Société de musique contemporaine du Québec.  <em>Rhapsodie pour violon et piano, </em>d&rsquo;une durée de cinq minutes, se déployait en plusieurs épisodes contrastés. Le compositeur décrit son oeuvre comme étant «un tissu de matériaux mélodiques et rythmiques qui adoptent un caractère proche de certaines musiques de tradition populaire habituellement associées à la rhapsodie.» À la volonté de Monsieur Lesage, le morceau permettait à chaque candidat de démontrer sa compréhension personnelle des différentes facettes de l&rsquo;instrument. Certaines sections se concentrent davantage sur la maîtrise de la sonorité, de l&rsquo;expression, des couleurs, tout en offrant des défis techniques, notamment pour le contrôle de l&rsquo;archet, l&rsquo;intonation ou encore la précision rythmique. L&rsquo;américain Luke Hsu s&rsquo;est vu remettre le prix de la meilleure interprétation de l&rsquo;oeuvre canadienne obligatoire, accompagné d&rsquo;une bourse de 5000 $.</p>
<p style="text-align: left;">Accompagnés par l&rsquo;<a href="http://www.osm.ca/" target="_blank">Orchestre Symphonique de Montréal</a>, six violonistes ont été choisis pour participer à la finale à la Maison Symphonique. L&rsquo;illustre Maxim Vengerov dirigeait l&rsquo;OSM. Ayant débuté sa carrière de violoniste à l&rsquo;âge de 5 ans,Vengerov enregistra son premier disque à l&rsquo;âge de 10 ans. Il remporte peu après de nombreux concours d&rsquo;envergure internationale. Les concours sont donc pour lui un élément essentiel de l&rsquo;apprentissage des musiciens. En 2007, une blessure l&rsquo;oblige à abandonner son instrument au profit d&rsquo;une baguette de chef d&rsquo;orchestre. En 2012, le virtuose d&rsquo;antan revient sur scène avec son Stradivarius de 1727. Un honneur ainsi qu&rsquo;une certaine pression était palpable pour les violonistes finalistes de jouer en présence de cet artiste exceptionnel qui représente une véritable légende vivante.</p>
<p style="text-align: left;">C&rsquo;est un pur hasard que la finale comportait quatre fois le Concerto de Tchaïkovsky ainsi que deux fois le Concerto de Brahms. Simple hasard également que ces deux concertos sont de la même tonalité : ré majeur. Pour l&rsquo;éventualité d&rsquo;un accès à la finale, sept concurrents avaient choisi le Tchaïkovsky, trois le Brahms, six le Sibelius, tandis que Dvorak, Bartok, Glazounov, Beethoven et Wieniawski avaient chacun trouvé un preneur. Huit juges &#8211; dont le Montréalais Vladimir Landsman – ont eu la lourde tâche de déclarer les trois gagnants.</p>
<p style="text-align: left;"><a href="http://artichautmag.com/wp-content/uploads/2013/05/zeyu-victor-li-web.jpg"><img src="http://artichautmag.com/wp-content/uploads/2013/05/zeyu-victor-li-web.jpg" alt="zeyu-victor-li-web" width="125" height="185" class="alignleft size-full wp-image-3849" /></a>Zeyu Victor Li,  candidat chinois de 16 ans, interpréta le concerto de Tchaïkovsky avec vigueur, technique et audace. Il remporte la troisième place et se mérite une bourse de 10 000 $. Diplômé de la Curtis Institute of Music, il a également étudié au Conservatoire de musique de Shanghai ainsi qu&rsquo;à la prestigieuse Juilliard School of Music de New York. Le plus jeune des finalistes a démontré, pour son âge, une personnalité musicale intéressante s&rsquo;appropriant le Concerto avec imagination.</p>
<p style="text-align: left;"><a href="http://artichautmag.com/wp-content/uploads/2013/05/stephen-waarts-web.jpg"><img src="http://artichautmag.com/wp-content/uploads/2013/05/stephen-waarts-web.jpg" alt="stephen-waarts-web" width="125" height="185" class="alignright size-full wp-image-3850" /></a>Le deuxième prix, de 15 000 $ a été attribué à l&rsquo;américain Stephen Waarts, que plusieurs prévoyait grand vainqueur. Il s&rsquo;est d&rsquo;ailleurs vu remettre le prix du public Radio-Canada. À 14 ans, ce jeune prodige était déjà diplômé du secondaire et est accepté au baccalauréat à la Curtis Institue of Music. En 2011 il remporta le troisième prix de la compétition International de Violon Pablo Sarasate. Pour la finale, Waarts avait choisit le Concerto de Brahms qu&rsquo;il interpréta avec une assurance remarquable, une justesse quasi parfaite et surtout, une musicalité d&rsquo;une grande maturité.</p>
<p style="text-align: left;"><a href="http://artichautmag.com/wp-content/uploads/2013/05/marc-bouchkov-web.jpg"><img src="http://artichautmag.com/wp-content/uploads/2013/05/marc-bouchkov-web.jpg" alt="marc-bouchkov-web" width="125" height="185" class="alignleft size-full wp-image-3851" /></a>Enfin, le belge Marc Bouchkov, 22 ans, a raflé les grand honneurs. Un verdict qui a d&rsquo;ailleurs fait jaser auprès de la communauté musicale montréalaise en raison de sérieuses lacunes au niveau de l&rsquo;intonation. Le critique Christophe Huss affirmait d&rsquo;ailleurs dans un <a href="http:/http://www.ledevoir.com/culture/musique/378597/concours-musical-un-gala-qui-confirme-tout" title="Concours musical : Un gala qui confirme tout">texte</a> publié dans Le Devoir que « Bouchkov est un bon musicien, dont les doigts ne traduisent les idées qu&rsquo;à 80 %. C&rsquo;est insuffisant dans le métier de grand soliste.» Qu&rsquo;importe, sa traduction du texte musicale du Tchaïkovsky était empreinte de noblesse, de sensibilité et de fougue. Une bourse de 30 000 $ ainsi qu&rsquo;un archet d&rsquo;une valeur de 3700 $ confectionné par l&rsquo;Atelier Sandrine RAFFIN lui ont été remis. Il a également remporté le prix Wilder &amp; Davis pour le meilleur récital de demi-finale. Il est à considérer que le jury ont entendu les finalistes lors de deux autres étapes précédentes et qu&rsquo;ils se font sans contredis une opinion globale.</p>
<p style="text-align: left;"><span style="font-size: medium;"> </span>Si vous n&rsquo;avez pu suivre le Concours, les épreuves demi-finales et finales sont disponibles en écoute intégrale pendant un an sur le site <a title="http://link.genclik.ca/c/443/cd0a937a5f0c7f4ec48faa19010c4a9c82aaa5d3b39dea6c7bd15a1a987d1762" href="http://link.genclik.ca/c/443/cd0a937a5f0c7f4ec48faa19010c4a9c82aaa5d3b39dea6c7bd15a1a987d1762">espace.mu/cmim</a>.</p>
<p style="text-align: left;"><strong>——</strong><br />
<strong>L&rsquo;édition 2014 du<strong> <a href="http://www.concoursmontreal.ca/" target="_blank">Concours Musical International de Montréal</a></strong> sera dédiée au piano suivie du chant en 2015.<span style="color: #888888;"> </span></strong></p>
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		<title>Complot X : Risquer la révolution</title>
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		<pubDate>Wed, 22 May 2013 18:40:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alexandre Poulin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[<p>J’avoue avoir été inquiet par la proclamation de la mort de Complot, ce projet autogéré par des étudiant-e-s en arts visuels et en histoire de l’art (de l’UQAM, de l’UdeM et, pour une première fois en 2013, de Concordia), fondé à l’UQAM une décennie plus tôt. D’abord puisque sa structure démocratique et horizontale reste selon...</p><p>Cet article <a href="http://artichautmag.com/complot-x-risquer-la-revolution/">Complot X : Risquer la révolution</a> est apparu en premier sur <a href="http://artichautmag.com">Artichaut magazine</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>J’avoue avoir été inquiet par la proclamation de la mort de Complot, ce projet autogéré par des étudiant-e-s en arts visuels et en histoire de l’art (de l’UQAM, de l’UdeM et, pour une première fois en 2013, de Concordia), fondé à l’UQAM une décennie plus tôt.</strong></p>
<p>D’abord puisque sa structure démocratique et horizontale reste selon moi un modèle à suivre dans un monde de l’art hiérarchique et élitiste, ensuite parce que Complot agit à titre de banc d’essai indépendant et formateur pour bon nombre d’artistes et de théoricien-ne-s émergent-e-s. Bref, une plateforme à perfectionner, certes, selon les désirs de la cohorte en place, mais certainement pas à éliminer du paysage artistique. Soulagé, suis-je donc, de constater que cette mise à mort annoncée relève plutôt de l’autocritique productive, bien plus que de l’avortement définitif de ce projet expérimental.</p>
<div id="attachment_3888" class="wp-caption aligncenter" style="width: 310px"><a href="http://artichautmag.com/wp-content/uploads/2013/05/degat_complot.jpg"><img src="http://artichautmag.com/wp-content/uploads/2013/05/degat_complot-300x230.jpg" alt="crédit photo : Julien Hébert" width="300" height="230" class="size-medium wp-image-3888" /></a><p class="wp-caption-text">crédit photo : Julien Hébert</p></div>
<p><strong>Un problème de structure </strong></p>
<p>Bien que, chaque année, l’équipe renouvelée de Complot doive négocier avec la complexité que constitue la coordination d’un projet à vingt têtes pensantes, cette dixième édition semble avoir eu du mal à innover sur la forme. De là l’idée de proclamer l’échec du vieux modèle pour en définir un nouveau, sorte de révolution. Une tâche qui, toutefois, incombe à la prochaine cohorte, puisque celle de 2013 ne propose que des pistes de réflexion sur la structure (voir le catalogue à ce sujet), et tombe dans le piège de ne rien y changer dans l’immédiat. Le changement est proclamé, mais nullement performé, ou du moins il le sera lorsque de nouveaux paramètres seront établis.</p>
<p>C’est que la structure du projet (dix artistes, dix auteur-e-s, dix jumelages, des comités, des subventions, une thématique imposée par la cohorte précédente, une exposition, un catalogue), reproduite à l’identique au fil des ans, finit par s’enliser et limiter l’émancipation de ses participant-e-s. Le constat est simple: on assiste à une sorte de fixation de Complot qui tend par le fait même à devenir une véritable institution, avec les avantages et les désavantages que cela comporte. En ce sens, il est intéressant de faire le parallèle avec la structure –fort semblable– des centres d’artistes autogérés et de se poser la question suivante: comment peut-on, en tant que nouvelle génération manifestement radicale, conjuguer le paradoxe que constituent les projets alternatifs et autonomes au moment de leur création devenus normatifs et structurellement «hétéronomes» (qui répondent à des règles non librement choisies) tout au long de leur évolution? C’est ce type de questionnements que soulève l’idée de faire table rase – idée pourtant séduisante, mais qui relève davantage du spectaculaire.</p>
<p><strong><br />
Désaliéner l’expérience collective et individuelle</strong></p>
<p>Tout projet collectif permanent tend à revêtir des normes qui le régulent et assurent sa survie à travers un certain ordre. Pour cette raison, je persiste à croire qu’il ne faut jamais cesser de s’engager dans les structures de pouvoir (figées dans les mandats, chartes ou autres tables de lois directrices). Non pas anéantir l’ancien, mais activer la résistance d’une contre-culture face à celle qui domine le passé et le présent. Il s’agit de confronter l’ordre de la culture dominante plutôt que de le subir, déconstruire ses normes et les réorienter vers un projet plus émancipateur : être productif à contre-courant. Le tout en fonction de l’urgente nécessité de désaliéner l’expérience collective et individuelle.</p>
<p>Pour cela, j’ai bien hâte d’assister à la table ronde de dimanche prochain, un espace public que mettent à la disposition de la communauté les membres de Complot afin de repenser le projet et de prendre part à son évolution. Une initiative brillante et nécessaire, à laquelle prendront part Marc-Antoine K. Phaneuf et Jonathan Demers (l’un ayant collaboré à plusieurs éditions de Complot, et l’autre ayant fondé le projet en 2003). D’ici là, je vous invite à visiter cette exposition fort remarquable sur laquelle je publierai une critique prochainement.</p>
<p><strong>——<br />
<a href="https://www.facebook.com/pages/D%C3%89G%C3%82T-Projet-Complot-X/563968120286730?fref=ts" target="_blank">Complot X – Dégât : constat de décès</a><br />
</strong>Édifice Grover (2065 Parthenais, métro Frontenac)<br />
Tous les jours jusqu&rsquo;au 29 mai entre 12h et 17h.</p>
<p><a href="https://www.facebook.com/events/503833496331455/?fref=ts" target="_blank"><strong>Table ronde</strong></a> dimanche le 26 Mai à 14h, suivi d’un finissage dès 16h</p>
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		<title>On bascule comme on aime : d’une seule faute. Le Moine de Lewis, mis en scène par Louis-Philippe Labrèche</title>
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		<pubDate>Wed, 22 May 2013 15:22:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Martin Hervé</dc:creator>
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		<description><![CDATA[<p>De longue date, le pieux ermite ou ecclésiastique fut la cible privilégiée des serres de la tentation. Motif récurrent d’un idéal des valeurs chrétiennes à éprouver pour l’édification du croyant. Au fil du temps, la main griffue s’est remodelée, passant du cuir à une peau délicate, des membres déformés aux doigts fins d’une créature affichant...</p><p>Cet article <a href="http://artichautmag.com/on-bascule-comme-on-aime-dune-seule-faute-le-moine-de-lewis-mis-en-scene-par-louis-philippe-labreche/">On bascule comme on aime : d&rsquo;une seule faute. Le Moine de Lewis, mis en scène par Louis-Philippe Labrèche</a> est apparu en premier sur <a href="http://artichautmag.com">Artichaut magazine</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left;"><strong>De longue date, le pieux ermite ou ecclésiastique fut la cible privilégiée des serres de la tentation. Motif récurrent d’un idéal des valeurs chrétiennes à éprouver pour l’édification du croyant. Au fil du temps, la main griffue s’est remodelée, passant du cuir à une peau délicate, des membres déformés aux doigts fins d’une créature affichant désormais des traits humains mais qui n’a rien perdu de sa détermination à corrompre après sa mue. La laideur du démon a fait place au sourire aguicheur de la séduction, où se devinent en de rares épiphanies de lucidité les courbes de la succube.</strong></p>
<p style="text-align: left;">Le roman gothique, dont <em>Le Moine</em> de l’écrivain anglais Matthew G. Lewis (1796) est l’une des œuvres les plus représentatives, se caractérise notamment par son obsession pour le soufre et la dépravation, lorsque les âmes sont jetées dans des abîmes de noirceur – on consultera à ce sujet l&rsquo;exemplaire essai <a href="http://www.fabula.org/actualites/a-le-brun-les-chateaux-de-la-subversion_40706.php" target="_blank"><em>Les Châteaux de la subversion</em></a> d’Annie Le Brun. Nul salut ne semble possible et le livre de Lewis, traduit très librement en français pour la première fois par Antonin Artaud, puis monté sur les planches dans les années 1960 par Carmelo Bene, ne fait pas exception. C’est à partir de ce matériau composite de reprise et de réinterprétation, du roman à la scène, que le metteur en scène Louis-Philippe Labrèche, ancien élève de l&rsquo;Ecole supérieure de théâtre de l&rsquo;UQAM, s’est lancé dans la nuit hantée du texte. À noter que plusieurs de ses acteurs ont parcouru eux-aussi les couloirs de l&rsquo;UQAM, comme Jérémie Earp-Lavergne, Lilianne Fallon et Simon Fleury.</p>
<div id="attachment_3859" class="wp-caption aligncenter" style="width: 640px"><a href="http://artichautmag.com/wp-content/uploads/2013/05/photoLEMOINE3.jpg"><img src="http://artichautmag.com/wp-content/uploads/2013/05/photoLEMOINE3.jpg" alt="Le Moine (Crédit photo Philippe Nissaire)" width="630" height="945" class="size-full wp-image-3859" /></a><p class="wp-caption-text">Le Moine (Crédit photo Philippe Nissaire)</p></div>
<p style="text-align: left;">D’emblée, il est nécessaire de saluer la jeune équipe du Théâtre de l’Entonnoir : il y a de la conviction dans le jeu, de l’inspiration dans le montage scénique. Sincère et enthousiaste apparaît la démarche d&rsquo;affronter ce monument noir de la littérature. Pourtant, les maladresses se multiplient et, comme les démons venus assaillir le dévot, elles irritent et ne laissent à l’esprit que peu de répit pour s’arrimer à ce qui se trame en face. L’ampleur de cette histoire pétrie de lieux communs aurait demandé une plus grande clarté dans le découpage des différents tableaux. Le lien ne se fait pas et la narration achoppe. Insuffler du contemporain à la masse presque fixe du <em>Moine</em> semble donc ici une tentative plutôt gauche. Les insertions chorégraphiques parasitent plus qu’elles ne s’imposent : que l’on pense à l’incongrue ouverture avec les acteurs allongés nus sous un drap blanc ou à la simili-danse sexuelle. Sans oublier, ultime tentation, la diffusion sonore qui, en figurant par la répétition les assauts de l&rsquo;angoisse et du rêve, n’arrive à être finalement que brouillonne, voire nuisible pour les tympans. A l’inverse, l’utilisation de l’espace tout à fait approprié du Bain Saint-Michel est ingénieuse, investissant chaque niveau et recoin. Ainsi du bassin central qui dévoile un jardin de méditation (et plus tard des supplices), avec ses opulents bouquets de roses, d’un rouge vif.</p>
<div id="attachment_3860" class="wp-caption aligncenter" style="width: 640px"><a href="http://artichautmag.com/wp-content/uploads/2013/05/photoLEMOINE2.jpg"><img src="http://artichautmag.com/wp-content/uploads/2013/05/photoLEMOINE2.jpg" alt="Le Moine (Crédit photo Philippe Nissaire)" width="630" height="945" class="size-full wp-image-3860" /></a><p class="wp-caption-text">Le Moine (Crédit photo Philippe Nissaire)</p></div>
<p style="text-align: left;">Sans cesse oscillant entre le respect dû à l’œuvre, à ses archétypes et préciosités, et le souci de servir une vision cohérente et plurimédia du <em>Moine</em> en une heure trente de spectacle, l’ensemble perd son équilibre et s’essouffle. L’entreprise était ambitieuse : posséder littéralement la chute de l&rsquo;ascète Ambrosio. Ce prédicateur hors-pair, révéré pour ses vertus, voit son vœu de chasteté perverti par le charme irrésistible d’Antonia et les masques envoûtants de Mathilde. Alentour, d’autres drames se nouent, au cœur des ténèbres du couvent où pourrit Agnès éprise de liberté et d’amour ou dans l’âme du trop candide Don Lorenzo. <em>Le Moine</em> est ce récit du tiraillement que connaît l’homme entre son obligation sociale et le désir, sa conviction et ses pulsions… avant que l’aveuglement et la frustration n’engloutissent tout dans une décharge bestiale. Après : le silence, éternel comme la damnation. On peut toutefois remercier le Théâtre de l’Entonnoir d’oser incarner sur les planches un texte qui, malgré son emphase, n’a rien perdu de son pouvoir d’attraction.<br />
<em><br />
<strong>——</strong><br />
<strong>Le Moine</strong></em><strong>, de Matthew Gregory Lewis, pièce du <a href="http://theatredelentonnoir.wordpress.com/" target="_blank">Théâtre de l&rsquo;Entonnoir</a> présentée au Bain Saint-Michel du 9 au 25 mai. M.E.S. de Louis-Philippe Labrèche.</strong></p>
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		<title>Vendre la peau de l’éléphant. L’enclos de l’éléphant d’Étienne Lepage</title>
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		<pubDate>Sat, 18 May 2013 00:18:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thomas Dupont-Buist</dc:creator>
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		<description><![CDATA[<p>L&#8217;envahisseur le plus dangereux est celui qui a la capacité d&#8217;utiliser vos bons sentiments pour vous atteindre. Il est charismatique, parle plus vite que vous ne pensez, joue tout le temps trois coups d&#8217;avance. Il n&#8217;a l&#8217;air de rien, vous en avez peut-être même pitié. Ses paroles prennent des détours que lui seul arrive à...</p><p>Cet article <a href="http://artichautmag.com/vendre-la-peau-de-lelephant/">Vendre la peau de l&rsquo;éléphant. L&rsquo;enclos de l&rsquo;éléphant d&rsquo;Étienne Lepage</a> est apparu en premier sur <a href="http://artichautmag.com">Artichaut magazine</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>L&rsquo;envahisseur le plus dangereux est celui qui a la capacité d&rsquo;utiliser vos bons sentiments pour vous atteindre. Il est charismatique, parle plus vite que vous ne pensez, joue tout le temps trois coups d&rsquo;avance. Il n&rsquo;a l&rsquo;air de rien, vous en avez peut-être même pitié. Ses paroles prennent des détours que lui seul arrive à comprendre, la digression pour lui devenue un art. Il vous parle de la pluie et du beau temps tout en plongeant à votre insu dans les profondeurs de votre psychologie. Vous ne le verrez jamais sous son vrai visage avant qu&rsquo;il ne se décide à abaisser son masque et déjà, il sera trop tard. L&rsquo;expérience vous aura changée, le traumatisme indélébile. La peur a mille visages, vous n&rsquo;en avez qu&rsquo;un seul.</p>
<div id="attachment_3824" class="wp-caption alignnone" style="width: 640px"><a href="http://artichautmag.com/wp-content/uploads/2013/05/002_4211-copy.jpg"><img src="http://artichautmag.com/wp-content/uploads/2013/05/002_4211-copy.jpg" alt="L'enclos de l'éléphant (Crédit photo Yannick MacDonald)" width="630" height="420" class="size-full wp-image-3824" /></a><p class="wp-caption-text">L&rsquo;enclos de l&rsquo;éléphant (Crédit photo Yannick MacDonald)</p></div>
<p>Dans <em>L&rsquo;enclos de l&rsquo;éléphant</em>, ces visages se succéderont, jouant avec vous comme ils torturent ce pauvre médecin interprété par l&rsquo;excellent Denis Gravereaux. La condition du spectateur n&rsquo;est pas si différente de la sienne. Confiné à un siège cloisonné, il n&rsquo;a pas le choix d&rsquo;écouter les paroles de ce curieux personnage qui a fait irruption chez ce médecin en prétextant de violentes averses. Cet homme si poli au départ, se confondant perpétuellement en excuses, jusqu&rsquo;au moment où il choisit d&rsquo;inverser les rôles. La proie se fait chasseur sans que l&rsquo;on puisse le prédire. Dès lors s&rsquo;amorce un grand jeu psychologique auquel personne ne peut échapper.</p>
<p>Le premier réflexe est d&rsquo;en rire. Rire du malaise qui persiste et s&rsquo;amplifie, installé par Paul Ahmarani, l&rsquo;envahisseur. Il y a de quoi, cette rencontre est si absurde, revêt un aspect si inoffensif. Et pourtant, une fois l&rsquo;engrenage enclenché, le rouleau compresseur d&rsquo;une manipulation sans faille broie tout ce qui se trouve dans la salle de l&rsquo;Espace Libre. Le déluge de paroles s&rsquo;accompagne de folles gesticulations, l&rsquo;humiliation se prépare à étendre son ombre. Le duel débute, mais l&rsquo;un des bretteurs a déjà abdiqué devant la folie intrusive de l&rsquo;autre. Cette image martiale n&rsquo;est pas innocente, le sol en porte la marque, formant un grand ring. Les deux comédiens sont ainsi pris à leur propre piège, assiégés par le public aussi médusé qu&rsquo;avide.</p>
<div id="attachment_3825" class="wp-caption alignnone" style="width: 640px"><a href="http://artichautmag.com/wp-content/uploads/2013/05/002_4331-copy.jpg"><img src="http://artichautmag.com/wp-content/uploads/2013/05/002_4331-copy.jpg" alt="L'enclos de l'éléphant (Crédit photo Yannick MacDonald)" width="630" height="420" class="size-full wp-image-3825" /></a><p class="wp-caption-text">L&rsquo;enclos de l&rsquo;éléphant (Crédit photo Yannick MacDonald)</p></div>
<p>La pièce d&rsquo;Étienne Lepage (<em>Rouge gueule</em>) est une expérience en soi. Elle nous pousse dans nos retranchements, nous confronte à ce que nous croyons être. Toute en répétition, en tentions, en relâchements et en explosions, elle nous expose. Comme un publicitaire d&rsquo;une agressivité inouï, qui nous connait trop bien et qui entre dans nos têtes sans notre accord. Comme la peur de l&rsquo;autre. L&rsquo;autre, ce maniaque, ce fou furieux. Ce meurtrier en puissance qui attend de soudainement se révéler.</p>
<p>L&rsquo;interprétation de ce duo de comédiens n&rsquo;est pas étrangère à la force de ce sentiment. Denis Gravereaux qui ne dira presque rien tout au long de la représentation et qui, pourtant, en dit tellement avec chaque parcelle de son visage et de son corps. Paul Ahmarani qui livre une performance à couper le souffle, d&rsquo;une énergie dont je ne dispose même pas dans une semaine entière. Bondissant d&rsquo;une intention à l&rsquo;autre avec une justesse et une facilité déconcertante, il arrive à terrifier autant qu&rsquo;à susciter l&rsquo;empathie.</p>
<div id="attachment_3823" class="wp-caption alignnone" style="width: 640px"><a href="http://artichautmag.com/wp-content/uploads/2013/05/003_8154-copy.jpg"><img src="http://artichautmag.com/wp-content/uploads/2013/05/003_8154-copy.jpg" alt="L'enclos de l'éléphant (Crédit photo Yannick MacDonald)" width="630" height="945" class="size-full wp-image-3823" /></a><p class="wp-caption-text">L&rsquo;enclos de l&rsquo;éléphant (Crédit photo Yannick MacDonald)</p></div>
<p>Et si la scénographie est d&rsquo;une simplicité et d&rsquo;une efficacité désarmantes, la mise en scène s&rsquo;avère un trésor de silences, de souffle et d&rsquo;angoisse. Sylvain Bélanger a eu la bonne idée de laisser son huis clos devenir étouffant par sa lenteur sans jamais perdre la tension qui s&rsquo;y construit. En dressant ce bilan, on comprend mieux pourquoi cette production, créée en 2011 au <a href="http://www.fta.qc.ca/" target="_blank">FTA</a>, en est à sa troisième reprise. Une expérience épuisante et totale comme il s&rsquo;en fait peu.</p>
<p><strong><i>——<br />
</i><em>L&rsquo;enclos de l&rsquo;éléphant</em> d&rsquo;Étienne Lepage est présenté du 14 au 25 mai à <a href="http://www.espacelibre.qc.ca/" target="_blank">l&rsquo;Espace Libre</a>. M.E.S. Sylvain Bélanger.</strong></p>
<p>Cet article <a href="http://artichautmag.com/vendre-la-peau-de-lelephant/">Vendre la peau de l&rsquo;éléphant. L&rsquo;enclos de l&rsquo;éléphant d&rsquo;Étienne Lepage</a> est apparu en premier sur <a href="http://artichautmag.com">Artichaut magazine</a>.</p>]]></content:encoded>
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		<title>Élucider le monde grâce au pouvoir des mots. Retour sur le Festival du Jamais Lu 2013</title>
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		<pubDate>Fri, 17 May 2013 20:22:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Myriam Stéphanie Perraton-Lambert</dc:creator>
				<category><![CDATA[Critiques]]></category>
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		<description><![CDATA[<p>«Tout ce qui nous lie», ce sont les mots d’ordre de cette douzième édition du Festival du Jamais Lu. Rares sont les festivals de dramaturgie au Québec, on en compte deux avec Dramaturgies en dialogues et ils sont précieux. Ce sont des vecteurs du présent, une façon de prendre le pouls de son époque et du paysage culturel québécois par...</p><p>Cet article <a href="http://artichautmag.com/elucider-le-monde-grace-au-pouvoir-des-mots-retour-sur-le-festival-du-jamais-lu/">Élucider le monde grâce au pouvoir des mots. Retour sur le Festival du Jamais Lu 2013</a> est apparu en premier sur <a href="http://artichautmag.com">Artichaut magazine</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left;"><em>«Tout ce qui nous lie»</em><i><b>, </b></i>ce sont les mots d’ordre de cette douzième édition du <a href="http://www.jamaislu.com/" target="_blank">Festival du </a><a href="http://www.jamaislu.com/" target="_blank">Jamais Lu</a><a href="http://www.jamaislu.com/" target="_blank"></a>. Rares sont les festivals de dramaturgie au Québec, on en compte deux avec <a href="http://dramaturgiesendialogue2012.wordpress.com/" target="_blank">Dramaturgies en dialogues</a> et ils sont précieux. Ce sont des vecteurs du présent, une façon de prendre le pouls de son époque et du paysage culturel québécois par l’entremise de la dramaturgie contemporaine. Le Jamais Lu, c’est aussi une fête, un moment de rassemblement où, curieux-ses, avides de poésie, de nouveauté, de bonne bouffe et de rencontres se retrouvent pour célébrer les mots et la prise de parole. C’est aussi un moment où l’on tente de redonner sens à notre langue et au pouvoir des mots en l’élucidation du monde, comme l’a si bien formulé Olivier Choinière, lors de la soirée de lancement du festival.</p>
<div id="attachment_3813" class="wp-caption alignnone" style="width: 640px"><a href="http://artichautmag.com/wp-content/uploads/2013/05/q-mLKOv64EvKACRZIIZyOaGQRRP_OeVKXBAUioWrwtA.jpg"><img src="http://artichautmag.com/wp-content/uploads/2013/05/q-mLKOv64EvKACRZIIZyOaGQRRP_OeVKXBAUioWrwtA.jpg" alt="26 lettres: L'abécédaire des mots en perte de sens (Crédit photo David Ospina)" width="630" height="420" class="size-full wp-image-3813" /></a><p class="wp-caption-text">26 lettres: L&rsquo;abécédaire des mots en perte de sens (Crédit photo David Ospina)</p></div>
<p style="text-align: left;"><strong>26 LETTRES : L&rsquo;ABÉCÉDAIRE DES MOTS EN PERTE DE SENS<br />
</strong>Olivier Choinière et 26 auteurs.</p>
<p style="text-align: left;">Vingt-six chaises vides bien cordées en face de nous sur la scène de cour à jardin.<br />
Mon esprit cartésien est ravi.<br />
Les auteurs entrent en scène tous ensemble et prennent place.</p>
<div id="attachment_3814" class="wp-caption alignnone" style="width: 640px"><a href="http://artichautmag.com/wp-content/uploads/2013/05/ud9c7WPPOjs1RbTkaMEXd9HBs0BxPMOHcPSdtH3cTAE.jpg"><img src="http://artichautmag.com/wp-content/uploads/2013/05/ud9c7WPPOjs1RbTkaMEXd9HBs0BxPMOHcPSdtH3cTAE.jpg" alt="26 lettres: L'abécédaire des mots en perte de sens (Crédit photo David Ospina)" width="630" height="420" class="size-full wp-image-3814" /></a><p class="wp-caption-text">26 lettres: L&rsquo;abécédaire des mots en perte de sens (Crédit photo David Ospina)</p></div>
<p align="JUSTIFY" style="text-align: left;">Comment ne pas tomber sous le charme de vingt-six auteurs se trouvant devant nous? Ces auteurs qu’on lit, qu’on entend, mais qu’on ne voit jamais.</p>
<p align="JUSTIFY" style="text-align: left;">À partir d’un mot prescrit par Choinière, chaque auteur est venu nous livrer une lettre adressée à une personne de leur choix. Tour à tour, ils redonneront sens à ce mot ou le condamneront à jamais. Les mots choisis avaient tendance à être politique (on pense à B pour Bien commun, D pour Démocratie, E pour Éducation, H pour Humain, Q pour Pays, R pour Révolution, U pour Utopie etc.) et j’ai eu peur, pendant un moment, de glisser vers un <em>post-partum </em>du printemps étudiant au lieu de me délecter de la langue et de déjouer les mots. Mais les auteurs pour la plupart ont bien joué le jeu et j’ai été séduite.</p>
<div id="attachment_3815" class="wp-caption alignnone" style="width: 640px"><a href="http://artichautmag.com/wp-content/uploads/2013/05/3e65z5LV1vPXnVvuNGif47iag3dnOYl_uclmVJTUScw.jpg"><img src="http://artichautmag.com/wp-content/uploads/2013/05/3e65z5LV1vPXnVvuNGif47iag3dnOYl_uclmVJTUScw.jpg" alt="26 lettres: L'abécédaire des mots en perte de sens (Crédit photo David Ospina)" width="630" height="420" class="size-full wp-image-3815" /></a><p class="wp-caption-text">26 lettres: L&rsquo;abécédaire des mots en perte de sens (Crédit photo David Ospina)</p></div>
<p align="JUSTIFY" style="text-align: left;">Choinière, attentif aux lectures, seul à une table non loin de la scène, récupère chacune des lettres puis les glisse soigneusement dans des enveloppes pour qu’elles soient envoyées dès le lendemain à leur destinataire.</p>
<p align="JUSTIFY" style="text-align: left;">Un exercice ludique, touchant et intelligent sur le sens des mots qui ouvre magnifiquement bien un festival comme celui-là.</p>
<div id="attachment_3816" class="wp-caption alignnone" style="width: 640px"><a href="http://artichautmag.com/wp-content/uploads/2013/05/js_ppqOb1TddqJOdZihvZYxwOh0M5fdGxpxnTYa3jFY.jpg"><img src="http://artichautmag.com/wp-content/uploads/2013/05/js_ppqOb1TddqJOdZihvZYxwOh0M5fdGxpxnTYa3jFY.jpg" alt="26 lettres: L'abécédaire des mots en perte de sens (Crédit photo David Ospina)" width="630" height="420" class="size-full wp-image-3816" /></a><p class="wp-caption-text">26 lettres: L&rsquo;abécédaire des mots en perte de sens (Crédit photo David Ospina)</p></div>
<p align="JUSTIFY" style="text-align: left;"><strong>LE DÉNOMINATEUR COMMUN<br />
</strong>Geoffrey Gaguère avec François Archambault, Emmanuelle Jimenez et Isabelle Leblanc</p>
<p align="JUSTIFY" style="text-align: left;"><i>D’où venons-nous?<br />
</i><i>Qui sommes-nous?<br />
</i><i>Où allons-nous?</i></p>
<div id="attachment_3817" class="wp-caption alignnone" style="width: 640px"><a href="http://artichautmag.com/wp-content/uploads/2013/05/NyPQhCRiZsrLn6CXxcjUEACy75t2Gvhmv1JBx0GTfuI.jpg"><img src="http://artichautmag.com/wp-content/uploads/2013/05/NyPQhCRiZsrLn6CXxcjUEACy75t2Gvhmv1JBx0GTfuI.jpg" alt="Le dénominateur commun (Crédit photo David Ospina)" width="630" height="420" class="size-full wp-image-3817" /></a><p class="wp-caption-text">Le dénominateur commun (Crédit photo David Ospina)</p></div>
<p align="JUSTIFY" style="text-align: left;">Animés par ces trois questions, trois auteurs, François Archambault, Isabelle Leblanc et Emmanuel Jimenez, partent à la rencontre d’un théologien, d’un physicien des particules, d’un psychologue et d’un généticien. Au fil de leurs discussions, ils tenteront de mêler les diverses hypothèses entourant l’existence humaine à l’encre de leur plume. Leurs comptes-rendus prendront plusieurs formes : poèmes, essais, récits, anecdotes, réflexions, courtes pièces, etc. Au bout de ces rencontres, les divers matériaux d’écriture seront réassemblés sous la tutelle de Geoffrey Gaguère et renaîtront sous forme de matériel dramatique.<i><b> </b></i>C’est ainsi que la pièce,<em> Le dénominateur commun</em><b></b><i><b>, </b></i>sera créée.</p>
<p align="JUSTIFY" style="text-align: left;">Alors, quel est-il ce dénominateur commun? Entre scientifiques, penseurs et auteurs dramatiques, c’est la matière humaine bien sûr. Même s’ils ne parlent pas le même langage, ce qui les anime, c’est l’existence. Il y a donc quelque chose de profondément humaniste dans l’exercice de Geoffrey Gaguère et je me dis : «Enfin!». Enfin un texte qui osera prendre la parole sur des questions existentielles, des questions qui nous dépassent au lieu de cette pandémie de théâtre du quotidien qui s’affaire à exposer les dédales de nos petites vies. Enfin une voix qui ose prétendre, en ces temps sombres, qu’il peut peut-être éclairer quelque chose, ce théâtre! Nous vivons dans un présent opaque où la complexité des mécanismes qui régissent notre monde tend à rendre toute vérité subjective. Le théâtre d’aujourd’hui (l’art?) a tendance à se complaire dans un relativisme absolu: tout le monde a le droit à son opinion et il y a autant de points de vue que de spectateurs. Les écritures dramatiques contemporaines me laissent souvent inassouvie, avide d’humanité surtout. Il devient lassant de prendre le pouls de nos relations interpersonnelles, d’exposer, encore et encore, les enjeux de nos vies intimes au lieu des ravages sociaux qui déferlent sur nous. C’est à se demander si les experts de la vie quotidienne sont parfois mieux enclins à témoigner de l’état de notre monde que les artistes eux-mêmes.</p>
<div id="attachment_3818" class="wp-caption alignnone" style="width: 640px"><a href="http://artichautmag.com/wp-content/uploads/2013/05/rP_usVevnFik3TxNL_-AJny87cBP5LjH5_2k0b81rSI.jpg"><img src="http://artichautmag.com/wp-content/uploads/2013/05/rP_usVevnFik3TxNL_-AJny87cBP5LjH5_2k0b81rSI.jpg" alt="Le dénominateur commun (Crédit photo David Ospina)" width="630" height="420" class="size-full wp-image-3818" /></a><p class="wp-caption-text">Le dénominateur commun (Crédit photo David Ospina)</p></div>
<p align="JUSTIFY">Alors, qu’en est-il de ce dénominateur commun? Le texte de Gaguère pose une question fondamentale à laquelle il ne répondra pas vraiment. De toute façon, qu’est-ce qui est le plus important, la question ou la réponse? On s’accrochera plus souvent aux envols; moments de réflexions plus philosophiques, instants de rêves, qu’au souffle général du texte. À plusieurs moments, on s’éternise dans des détours de récits anecdotiques qui font perdre de l’amplitude et de la ferveur aux sujets traités.</p>
<p align="JUSTIFY">Dans le programme, le court texte présentant la pièce se termine ainsi: «Un voyage où l’artistique et l’humanisme marchent côte à côte». Effectivement, ce n’est ni un choc ni une rencontre qui se produira. Disons, une ballade côte à côte, où les deux entités, l’art et la science, se respectent, s’admirent, s’écoutent, mais ne fondent pas encore un langage commun.</p>
<div id="attachment_3820" class="wp-caption alignnone" style="width: 640px"><a href="http://artichautmag.com/wp-content/uploads/2013/05/BmwmuYZUde_PULZ12v7rWKGQbc_ZER1paidhCvsSKUs.jpg"><img src="http://artichautmag.com/wp-content/uploads/2013/05/BmwmuYZUde_PULZ12v7rWKGQbc_ZER1paidhCvsSKUs.jpg" alt="Le voleur de membres (Crédit photo David Ospina)" width="630" height="420" class="size-full wp-image-3820" /></a><p class="wp-caption-text">Le voleur de membres (Crédit photo David Ospina)</p></div>
<p><strong>LE VOLEUR DE MEMBRES<br />
</strong>Mathieu Handfield</p>
<p>Une nuit, Daniel se fait voler un pied. Au petit matin, alors que son entourage, privé d’empathie, s’acharne sur lui, Daniel se tait, apathique. La chose se répète la nuit suivante, le voleur de membres apparaît en pleine nuit et lui vole une nouvelle partie de son corps. Jamais Daniel ne luttera contre sa dépossession, et ce, jusqu’au tout dernier membre. Étrangement, plus il voit son entourage se détériorer violemment, plus s&rsquo;approfondie la relation d&rsquo;amitié inusitée entre  lui et son agresseur.</p>
<div id="attachment_3819" class="wp-caption alignnone" style="width: 640px"><a href="http://artichautmag.com/wp-content/uploads/2013/05/E_WRKXc9fCOfWJIt6f4sycmu4TN9yWLpMktcXA0mPtA.jpg"><img src="http://artichautmag.com/wp-content/uploads/2013/05/E_WRKXc9fCOfWJIt6f4sycmu4TN9yWLpMktcXA0mPtA.jpg" alt="Le voleur de membres (Crédit photo David Ospina)" width="630" height="420" class="size-full wp-image-3819" /></a><p class="wp-caption-text">Le voleur de membres (Crédit photo David Ospina)</p></div>
<p align="JUSTIFY" style="text-align: left;">On l’attendait, <em>Le voleur de membres</em><i>, </i>c’était LA comédie du festival. Les univers d’Handfield sont toujours inquiétants. Prisonniers de réels distordus, ses personnages sont à la fois réalistes et grotesques. Étonnamment, une étrange quiétude envahit Daniel au fur et à mesure qu’il est dépossédé de ses membres. Même si les comédiens de la mise en lecture semblent avoir été meilleurs que le texte même, c’est cet épouvantable paradoxe qui nous tient en haleine jusqu’à la toute fin de la lecture.</p>
<p align="JUSTIFY" style="text-align: left;"><em>«Tu vas te le faire voler de toute façon ton crisse de doigt sale, ça change quoique ça soit moi qui le prenne, han? Ostie d&rsquo;égoïste de crisse. Je vais le prendre pareil, j&rsquo;aurais juste trouvé ça humain de ta part que tu me le donnes de bon cœur. Tu vas l&rsquo;avoir sur la conscience mon crisse.»<br />
</em></p>
<p align="JUSTIFY" style="text-align: left;">* *<br />
Le <a href="http://www.jamaislu.com/" target="_blank">Festival du Jamais lu</a> est à présent clos. Ne reste plus qu&rsquo;à remercier les organisateurs et à se dire : à l&rsquo;année prochaine.</p>
<p>Cet article <a href="http://artichautmag.com/elucider-le-monde-grace-au-pouvoir-des-mots-retour-sur-le-festival-du-jamais-lu/">Élucider le monde grâce au pouvoir des mots. Retour sur le Festival du Jamais Lu 2013</a> est apparu en premier sur <a href="http://artichautmag.com">Artichaut magazine</a>.</p>]]></content:encoded>
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		<title>Le charme des lutrins et des mots impronnoncés. Compte-rendu du festival du Jamais lu 2013</title>
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		<pubDate>Thu, 16 May 2013 22:59:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thomas Dupont-Buist</dc:creator>
				<category><![CDATA[Critiques]]></category>
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		<description><![CDATA[<p>Par ces soirs de mai, marcher vers les Écuries, franchir le chemin qui nous sépare de l&#8217;Autre pour aboutir au quartier général du Jamais lu. Une expérience qui s&#8217;apparente à ouvrir un beau et nouveau bouquin dont on ne connaît ni l&#8217;auteur, ni le propos. Pour le plaisir de la découverte, que l&#8217;on soit seul...</p><p>Cet article <a href="http://artichautmag.com/le-charme-des-lutrins-et-des-mots-impronnonces-compte-rendu-du-festival-du-jamais-lu-2013/">Le charme des lutrins et des mots impronnoncés. Compte-rendu du festival du Jamais lu 2013</a> est apparu en premier sur <a href="http://artichautmag.com">Artichaut magazine</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Par ces soirs de mai, marcher vers les Écuries, franchir le chemin qui nous sépare de l&rsquo;Autre pour aboutir au quartier général du Jamais lu. Une expérience qui s&rsquo;apparente à ouvrir un beau et nouveau bouquin dont on ne connaît ni l&rsquo;auteur, ni le propos. Pour le plaisir de la découverte, que l&rsquo;on soit seul ou accompagné, à l&rsquo;aube ou au crépuscule de nos vies. Il y a ces visages connus, ceux que l&rsquo;on n&rsquo;a pas vus depuis longtemps, ceux qui font plaisir à retrouver et ceux dont on fait la connaissance. Alors on s&rsquo;attable comme pour un cabaret plein de promesses, de mots pour réenchanter le monde. À partir de là, tout peut arriver. On se laisse faire prisonnier de l&rsquo;esprit du conteur, de la voix des comédiens confinés aux lutrins et on enferme, pour un instant, les vicissitudes de nos existences détachées. Et même si, au théâtre, le rideau ne semble plus se lever très souvent, on découvre avec le même bonheur ce qui un jour se cachait derrière.</p>
<div id="attachment_3788" class="wp-caption aligncenter" style="width: 640px"><a href="http://artichautmag.com/wp-content/uploads/2013/05/v5YUm_HdM1rt3bA2X2IxSCRpH5Xg4FjIKdGPxUjUEZs.jpg"><img src="http://artichautmag.com/wp-content/uploads/2013/05/v5YUm_HdM1rt3bA2X2IxSCRpH5Xg4FjIKdGPxUjUEZs.jpg" alt="(Crédit photo Pink Monkey Studios)" width="630" height="420" class="size-full wp-image-3788 " /></a><p class="wp-caption-text">Geoffrey Gaquère (Crédit photo David Ospina)</p></div>
<p>En jetant un œil à la programmation comme le voyageur à sa carte, on rage contre le peu de temps qui nous est imparti. Notre emploi du temps finit par faire bien des choix à notre place, ce qui n&rsquo;est pas sans arranger le spectateur vorace qui ne sait pas toujours établir de priorités. Et puis on se dit qu&rsquo;il faut faire confiance à l&rsquo;inconnu, surtout lorsqu&rsquo;il a été préparé pour nous, de mains si expertes. Aussi ouvert qu&rsquo;une antenne parabolique, le spectateur est prêt à en recevoir autant que l&rsquo;on voudra lui en donner. Et il ne sera pas déçu.</p>
<p>Première soirée, j&rsquo;ai de la chance, le programme est double. Pour briser la glace, <em>Rêvé pour l&rsquo;hiver</em> de la dramaturge franco-ontarienne Lisa l&rsquo;Heureux. Texte résolument polyphonique où trois destins s&rsquo;entrecroisent sans jamais se toucher. D&rsquo;abord, Bernard, jeune pensionnaire amoureux comme un poète de son professeur qui lui a fait miroiter une grande aventure dans un Paris enchanteur avant de se détourner cruellement de lui. Haine et amour se mêlent dans ce grand clin d&rsquo;oeil à Rimbaud et Verlaine, ces amants qui n&rsquo;ont pas su comprendre comment s&rsquo;aimer sans s&rsquo;entredéchirer.</p>
<div id="attachment_3785" class="wp-caption aligncenter" style="width: 640px"><a href="http://artichautmag.com/wp-content/uploads/2013/05/Id7WTpAoqDEE-S6q_5_p9kPvDBcb23q3eisdnA7q86U.jpg"><img src="http://artichautmag.com/wp-content/uploads/2013/05/Id7WTpAoqDEE-S6q_5_p9kPvDBcb23q3eisdnA7q86U.jpg" alt="Rêvé pour l'hiver (Crédit photo) Pink Monkey Studios" width="630" height="420" class="size-full wp-image-3785 " /></a><p class="wp-caption-text">Rêvé pour l&rsquo;hiver (Crédit photo David Ospina)</p></div>
<p>Ensuite, Valérie, cette adolescente interrogée par la police après le suicide présumé de son père. La grosse famille dysfonctionnelle, le père qui flanque des raclées à la mère et la petite prise en otage au milieu de cette laideur humaine. Valérie qui tente de se réinventer, Valérie qui se demande si elle est responsable du déséquilibre de ses parents.</p>
<p>Finalement, Arthur. Sans doute la plus intrigante de ces histoires. Arthur qui se demande quand et pourquoi il s&rsquo;est autant éloigné de sa mère dont il a été si proche lorsqu&rsquo;il était encore un bambin. Grande remise en question, accusations et remords. On fait les comptes avant que le cercueil ne presse son appel. Le tout interprété par des comédiens de la relève : Dany Boudreault, Larissa Corriveau et Victor Adrés Trelles Turgeon.</p>
<p>Pause. Le temps d&rsquo;en griller une, de décanter ces histoires et ces vies qui ne nous appartiennent pas, mais nous habitent. C&rsquo;est reparti pour la suite du « voyage », comme le dit si bien Geoffrey Gaquère, codictateur artistique (d&rsquo;après ses propres mots). En deuxième partie de cette soirée, j&rsquo;assiste à <em>Les étoiles apparaissent</em> d&rsquo;Olivier Sylvestre. Changement de ton complet. Sylvestre profite d&rsquo;un événement qui a un goût de fin du monde pour bouleverser les existences de ses personnages. En même temps que le monde, ceux-ci s&rsquo;embrasent, meurent et remettent leurs existences préalables en question. En une explosion, le monde qu&rsquo;ils connaissaient a pris fin. Pourtant, tout est encore là. C&rsquo;est l&rsquo;éclairage qui a changé. La lueur apocalyptique qui fait que l&rsquo;on ne reconnaît plus l&rsquo;être aimé. Ici, le temps est une notion vague que l&rsquo;on tord à souhait pour faire progresser l&rsquo;action à travers les souvenirs et ce présent onirique.</p>
<div id="attachment_3786" class="wp-caption aligncenter" style="width: 640px"><a href="http://artichautmag.com/wp-content/uploads/2013/05/RdgIOocQT5uiJgysulUi5o6VjxAT63D3Gb74VSRsFaw.jpg"><img src="http://artichautmag.com/wp-content/uploads/2013/05/RdgIOocQT5uiJgysulUi5o6VjxAT63D3Gb74VSRsFaw.jpg" alt="Les étoiles apparaissent (Crédit photo David Ospina)" width="630" height="420" class="size-full wp-image-3786 " /></a><p class="wp-caption-text">Les étoiles apparaissent (Crédit photo David Ospina)</p></div>
<p>Jean-Philippe Baril-Guérard et Hubert Proulx incarnent ici un couple fusionnel qui éclate en même temps que le monde. En déambulant dans les rues sur lesquels le soleil ne se lèvera plus, ils rencontrent une vieille dame qui n&rsquo;attendait que la mort (Béatrice Picard) et un voleur aussi charmeur qu&rsquo;immortel, avec un goût immodéré pour le chaos (Francis Ducharme). Au milieu du drame, les personnages se révèlent par la crise ou le déni. Kathleen Fortin en voisine vivant à travers les autres préfère ce déni à l&rsquo;effroyable réalité qui se profile à l&rsquo;horizon. Un parfum d&rsquo;émeute, un excellent rythme et une poésie qui sommeille sous de bons personnages. On a bien hâte de voir ce qu&rsquo;Olivier Sylvestre va bien pouvoir tirer de son chapeau au cours des prochaines années. Ce n&rsquo;était qu&rsquo;une lecture et pourtant, ces mots combinés à cette distribution impeccable m&rsquo;auront donné l&rsquo;impression de voir.</p>
<div id="attachment_3787" class="wp-caption aligncenter" style="width: 640px"><a href="http://artichautmag.com/wp-content/uploads/2013/05/fHi5TQlaGtCZeuS7JFPZf1O3I7HzECOt5Z1rDwjmDyg.jpg"><img src="http://artichautmag.com/wp-content/uploads/2013/05/fHi5TQlaGtCZeuS7JFPZf1O3I7HzECOt5Z1rDwjmDyg.jpg" alt="Les étoiles apparaissent (Crédit photo David Ospina)" width="630" height="420" class="size-full wp-image-3787 " /></a><p class="wp-caption-text">Les étoiles apparaissent (Crédit photo David Ospina)</p></div>
<p>Autre soirée, autre atmosphère. Cette fois-ci, je suis à l&rsquo;évènement de clôture. Tout le monde s&rsquo;est mis bien beau pour finir les choses en grand avec un Bal littéraire, concept génial développé en France. La présente édition réunit trois auteurs français (Marion Aubert, Rémi De Vos et Pauline Sales) ainsi que deux québécois (Évelyne de la Chenelière et Simon Boulerice). Moins de 36 heures avant la représentation, ils se sont réunis pour écrire ensemble une fable entrecoupée de chansons populaires. Il n&rsquo;y a plus qu&rsquo;à les écouter eux-mêmes nous interpréter cette histoire abracadabrante et à bondir de son siège pour envahir la piste de danse lorsque le son vous le signale.</p>
<div id="attachment_3792" class="wp-caption aligncenter" style="width: 640px"><a href="http://artichautmag.com/wp-content/uploads/2013/05/S5Wvfsbtqu6kUHAvLPqBOBd2WftE-ZJFFzYGY9RPnsI.jpg"><img src="http://artichautmag.com/wp-content/uploads/2013/05/S5Wvfsbtqu6kUHAvLPqBOBd2WftE-ZJFFzYGY9RPnsI.jpg" alt="Bal Littéraire (Crédit photo David Ospina)" width="630" height="420" class="size-full wp-image-3792 " /></a><p class="wp-caption-text">Bal Littéraire (Crédit photo David Ospina)</p></div>
<p>Il est ici question d&rsquo;un voyage en avion Montréal-Paris où une bourgeoise désoeuvrée sème la pagaille en première classe pour mieux se désennuyer. Le champagne coule à flots, les relations du personnel navigant s&rsquo;en trouvent entièrement bousculées. La disparition d&rsquo;Auguste la tortue en touche certains plus que d&rsquo;autres. Des histoires en pièces détachées, à assembler en s&rsquo;amusant.</p>
<div id="attachment_3793" class="wp-caption aligncenter" style="width: 640px"><a href="http://artichautmag.com/wp-content/uploads/2013/05/CbR5d7rZ3WRItPx0mXgmPtmDJuR4iUHo-HoNg28es-w.jpg"><img src="http://artichautmag.com/wp-content/uploads/2013/05/CbR5d7rZ3WRItPx0mXgmPtmDJuR4iUHo-HoNg28es-w.jpg" alt="Bal Littéraire (Crédit photo David Ospina)" width="630" height="420" class="size-full wp-image-3793 " /></a><p class="wp-caption-text">Bal Littéraire (Crédit photo David Ospina)</p></div>
<p>Comment ne pas être impressionné par la qualité de ce texte, ficelé en quelques heures et à cent doigts! Derrière ces auteurs de talent, on voit également percer des comédiens de haut calibre. Le public ne peut que s&rsquo;en réjouir entre deux rires. Et quand ça prend fin, on se dit qu&rsquo;on en aurait pris encore un peu plus. De ce fameux bal littéraire, mais aussi de ce Jamais lu toujours trop court. Levons nos Jamais bus à cette douzième édition et à celles qui suivront!</p>
<div id="attachment_3794" class="wp-caption aligncenter" style="width: 640px"><a href="http://artichautmag.com/wp-content/uploads/2013/05/ooAUA4RFm6oO5VyMEfwFv_OpwA5J0gMe2E5TSvNE0TQ.jpg"><img src="http://artichautmag.com/wp-content/uploads/2013/05/ooAUA4RFm6oO5VyMEfwFv_OpwA5J0gMe2E5TSvNE0TQ.jpg" alt="Bal Littéraire (Crédit photo David Ospina)" width="630" height="420" class="size-full wp-image-3794 " /></a><p class="wp-caption-text">Bal Littéraire (Crédit photo David Ospina)</p></div>
<p><a href="http://www.jamaislu.com/index.html">La 12e édition du Jamais lu s&rsquo;est tenue du 3 au 10 mai au Théâtre Aux Écuries.</a></p>
<p><a href="http://artichautmag.com/la-vie-existe-entre-la-bouche-de-lacteur-et-loreille-du-spectateur-entrevue-avec-marcelle-dubois-codirectrice-du-festival-du-jamais-lu/">Lisez également l&rsquo;entrevue réalisée par l&rsquo;Artichaut avec Marcelle Dubois cofondatrice du Jamais lu.</a></p>
<p>Cet article <a href="http://artichautmag.com/le-charme-des-lutrins-et-des-mots-impronnonces-compte-rendu-du-festival-du-jamais-lu-2013/">Le charme des lutrins et des mots impronnoncés. Compte-rendu du festival du Jamais lu 2013</a> est apparu en premier sur <a href="http://artichautmag.com">Artichaut magazine</a>.</p>]]></content:encoded>
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		<title>Tu seras Autre. (e) de Dany Boudreault</title>
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		<pubDate>Tue, 14 May 2013 23:27:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Martin Hervé</dc:creator>
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		<description><![CDATA[<p>Toute vérité serait génitale. Elle s’inscrirait dans l’écrin de la chair pour faire image : image attendue d’une normalité en actes, en paroles. Le diktat de la représentation vole pourtant en éclats par ces quelques mots plantés dans le corps genré : « Je sera vous ». Au carcan de l’identité unifiée se substitue l’apparition trouble d’un être tricéphale, incarnant...</p><p>Cet article <a href="http://artichautmag.com/tu-seras-autre-e-de-dany-boudreault/">Tu seras Autre. (e) de Dany Boudreault</a> est apparu en premier sur <a href="http://artichautmag.com">Artichaut magazine</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p align="JUSTIFY" style="text-align: left;">Toute vérité serait génitale. Elle s’inscrirait dans l’écrin de la chair pour faire image : image attendue d’une normalité en actes, en paroles. Le diktat de la représentation vole pourtant en éclats par ces quelques mots plantés dans le corps genré : « Je sera vous ». Au carcan de l’identité unifiée se substitue l’apparition trouble d’un être tricéphale, incarnant tant le « elle » que le « il » qu’abrite la peau. Elle-Il-(e) parle, se répète, se fait écho dans une langue diffractée. Les voix se changent en rumeurs, cris et proférations poétiques, la langue conteuse d’une fable qui est aussi introspection de la psyché mise en fiction. Et il ne faut pas moins de trois sensibles acteurs, Robin Joël-Cool, Marie-Pier Labrecque et le metteur en scène Dany Boudreault, tous engagés intensément dans ce corps-à-être, de ces trois visages donc donnés au protagoniste, pour affronter l’odyssée de <em>(e)</em>.</p>
<div id="attachment_3778" class="wp-caption aligncenter" style="width: 640px"><a href="http://artichautmag.com/wp-content/uploads/2013/05/e_3_photo-Jeremie-Battaglia.jpg"><img src="http://artichautmag.com/wp-content/uploads/2013/05/e_3_photo-Jeremie-Battaglia.jpg" alt="(e) (Crédit photo Jérémie Battaglia)" width="630" height="420" class="size-full wp-image-3778 " /></a><p class="wp-caption-text">(e) (Crédit photo Jérémie Battaglia)</p></div>
<p align="JUSTIFY" style="text-align: left;">Celle-ci débute sur le bord d’une route. Seule, il y a « elle » qui fait du stop. Un homme s’arrête et l’embarque dans sa rutilante voiture japonaise : il s’agit du Roux, père de Marie-Chose, homme gouailleur et viril aux charmes duquel elle succombe. Leur amour est rapidement consommé dans un champ de blés d’Inde, pourtant notre héroïne ne cesse d’être obsédée par le souvenir de sa renversante masculinité. Alors, sans attendre, à son amie Marie-Chose, elle confie son aventure. De rage, cette dernière lui plante une fourchette entre les deux seins, abrégeant pour toujours leur croissance et fichant dans la terre désormais stérile de sa féminité un épi qui attendra son tour, quelques années plus tard, pour germer en touffes de poils et attributs virils, là encore sous la protection des blés d’Inde. Pour le désir, toujours celui de l’autre, elle devient « il » et endosse le rôle de l’homme. Il délaisse la jupe pour le jean large et s’enterre dans une existence de coïts et de résilience aux côtés de Marie-Chose. Mais jamais ne sera oubliée la joie d’avoir existé dans la sphère volatile de l’amour par le truchement du regard de cet Autre, le grand, Le Roux. En son nom, « il » qui était « elle », se tient prêt à subir toutes les transcendances et incarnations, tous les sacrifices du moi pour adhérer à la substance granitique du corps sexué.</p>
<div id="attachment_3779" class="wp-caption aligncenter" style="width: 640px"><a href="http://artichautmag.com/wp-content/uploads/2013/05/e_5_photo-Jereme-Battaglia.jpg"><img src="http://artichautmag.com/wp-content/uploads/2013/05/e_5_photo-Jereme-Battaglia.jpg" alt="(e) (Crédit photo Jérémie Battaglia)" width="630" height="420" class="size-full wp-image-3779 " /></a><p class="wp-caption-text">(e) (Crédit photo Jérémie Battaglia)</p></div>
<p align="JUSTIFY" style="text-align: left;">Il faut l’admettre : <em>(e)</em> de Dany Boudreault bouscule les codes. Par son thème, sa narration triple et éclatée, mais aussi sa scène, ce long couloir de jeu de quilles formant un espace bicéphale qui coupe la salle de spectacle en deux. Des mouvements de draps évanescents sur ce rectangle de bois poli viennent dévier la vision confortable du spectateur et instaurent un jeu de répétitions et de répartitions entre les comédiens. Veille au-dessus d’eux le portrait de Nana Mouskouri, Pythie un peu folle dont les paroles s’ingénient à épaissir l’énigme identitaire. Résolument inventive et drôle, détournant les répliques des films cultes – que l’on songe à la voix réhabilitée dans sa pleine sensualité de Ripley d’<em>Alien 2</em> –, la pièce manifeste en outre son tribut aux grandes tragédies grecques. Comme le panoptique cher à Foucault, on est ici toujours à la merci du regard de l’autre, regard fixant et astreignant tout en même temps. Au centre, mais éternellement absente, la mère : sa présence sur scène ne semble fondée que par l’horizon de son trépas (selon les mots des acteurs : de prota-goniste, « le premier qui agonise »). Le matricide symbolique peut-être enfin résolu, le tableau final est dressé dans une totale épure où le rire tire sa révérence face à la silhouette d’une perte immense. Le héros à la masculinité troublée bascule dans le creux de l’amour à jamais déçu, car trop souvent souhaité pour le désir de l’autre qui objectalise plutôt qu’il n’émancipe. En acceptant « la mort de l’amour », <em>(e) </em>s’affranchit de l’hégémonie du visible, du règne sans partage de cet œil qui nous assigne-à-genre. Une fois détrôné, celui-ci peut enfin revenir à sa première nature, celle de seuil ou de « fenêtre de l’âme » comme disait Merleau-Ponty. A son rebord, par-delà la norme, il s’agit désormais de reconnaître le va-et-vient intérieur de chacun des êtres au-dessus de la brèche de l’interstice.</p>
<div id="attachment_3780" class="wp-caption aligncenter" style="width: 640px"><a href="http://artichautmag.com/wp-content/uploads/2013/05/e_2_photo-Jeremie-Battalia.jpg"><img src="http://artichautmag.com/wp-content/uploads/2013/05/e_2_photo-Jeremie-Battalia.jpg" alt="(e) (Crédit photo Jérémie Battaglia)" width="630" height="420" class="size-full wp-image-3780 " /></a><p class="wp-caption-text">(e) (Crédit photo Jérémie Battaglia)</p></div>
<p style="text-align: left;"><strong><span face="Times New Roman, serif" style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span size="3" style="font-size: medium;"><i>——</i></span></span><span face="Times New Roman, serif" style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span size="3" style="font-size: medium;"><br />
</span></span></strong></p>
<p style="text-align: left;"><strong><em>(e)</em> de Dany Boudrealt, présenté au <a href="http://www.theatredaujourdhui.qc.ca/e" target="_blank">Théâtre d&rsquo;Aujourd&rsquo;hui</a> jusqu&rsquo;au 25 mai 2013. M.E.S. de Dany Boudreault.</strong></p>
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		<title>Du bonbon à la Ribes. Enfantillages de François Archambault</title>
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		<pubDate>Mon, 13 May 2013 15:33:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thomas Dupont-Buist</dc:creator>
				<category><![CDATA[Critiques]]></category>
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		<description><![CDATA[<p>Ça y est, le dramaturge français Jean-Michel Ribes a désormais son émule québécois en la personne de François Archambault. La ressemblance autant dans le style que dans le propos est frappante et il serait bien malheureux de s&#8217;en plaindre, surtout pour les inconditionnels de l&#8217;absurde comme moi. À travers des pièces composées de courts tableaux...</p><p>Cet article <a href="http://artichautmag.com/du-bonbon-a-la-ribes-enfantillages-de-francois-arcahmbault/">Du bonbon à la Ribes. Enfantillages de François Archambault</a> est apparu en premier sur <a href="http://artichautmag.com">Artichaut magazine</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Ça y est, le dramaturge français Jean-Michel Ribes a désormais son émule québécois en la personne de François Archambault. La ressemblance autant dans le style que dans le propos est frappante et il serait bien malheureux de s&rsquo;en plaindre, surtout pour les inconditionnels de l&rsquo;absurde comme moi. À travers des pièces composées de courts tableaux à l&rsquo;humour aussi grinçant que sublime, Archambault a élaboré <em>Enfantillages</em>, une tragi-comédie qui prenait l&rsquo;affiche le 7 mai à La Licorne. Sous son écriture, la scène devient un miroir déformant qui nous renvoie l&rsquo;image hilarante de nos lubies, de nos impertinences et de nos inconstances. Toujours, le même procédé à la Ribes. Un détail loufoque, infime au départ, prend une ampleur draconienne au fil de la confrontation de deux personnages et plus. La préférence va aux couples, véritable prétexte à la discorde délirante. L&rsquo;incompréhension qui devient quiproquo, certes, mais ce qui fait le succès de la recette, c&rsquo;est surtout la différence. Combinez cela à une maîtrise confondante du dialogue et de la réplique assassine et vous obtiendrez la pièce qui fait du bien en fin de saison théâtrale, celle qu&rsquo;il faut pour clore l&rsquo;année.</p>
<div id="attachment_3770" class="wp-caption alignnone" style="width: 640px"><a href="http://artichautmag.com/wp-content/uploads/2013/05/ENFANTILLAGES_photo-François-Larivière.jpg"><img src="http://artichautmag.com/wp-content/uploads/2013/05/ENFANTILLAGES_photo-François-Larivière.jpg" alt="Enfantillages (Crédit photo François Larivière)" width="630" height="420" class="size-full wp-image-3770" /></a><p class="wp-caption-text">Enfantillages (Crédit photo François Larivière)</p></div>
<p>Production du Petit théâtre du Nord, <em>Enfantillages</em> a jeté son dévolu sur l&rsquo;enfance version parentale. Derrière le masque de l&rsquo;humour, la pièce soulève des questions qu&rsquo;il serait idiot d&rsquo;ignorer. Jusqu&rsquo;à quel point est-il possible d&rsquo;élever des enfants avec un partenaire qui ne partage pas vos valeurs? Quel contrôle pouvons-nous encore exercer sur l&rsquo;apprentissage de nos marmots à l&rsquo;ère d&rsquo;Internet, de l&rsquo;accessibilité et de la perversion? Et encore, peut-on décider des amis que se choisit notre progéniture? Cela dit, <em>Enfantillages</em> nous pousse à réfléchir à ces questions plutôt intéressantes par le ridicule plutôt que par le drame. Et il serait déplacé de bouder son plaisir! En vrac : des parents qui se sentent si mal qu&rsquo;ils décident de léguer leurs enfants à des amis, l&rsquo;éducation sexuelle par la pornographie, une histoire de vendetta interparentale impliquant des poux et une censure totale face à la violence.</p>
<p>Défilent sous des cascades de rires sincères quatre comédiens hors pair, sous de nombreuses identités. Le papa gangster, la maman pornstar. Le père bobo, la mère grano. Le gratteux de guitare et le bourgeois, la maternelle pondeuse et le paternel vasectomisé. Au milieu de ces archétypes bien campés évoluent une vache-mascotte qui devient parfois le temps d&rsquo;un conte un géant peu fréquentable. Hormis quelques praticables aux couleurs fluorescentes, la scène est presque entièrement vide. Pourtant, grâce à l&rsquo;ingéniosité de la mise en scène de Frédéric Blanchette, elle a tout le temps l&rsquo;air pleine. Pour agrémenter le tout, des projections de dessins enfantins campent l&rsquo;ambiance et rythment le passage entre les tableaux. Des balles multicolores en plastique à profusion sont également mises à profit, pour notre plus grand plaisir.</p>
<div id="attachment_3771" class="wp-caption alignnone" style="width: 640px"><a href="http://artichautmag.com/wp-content/uploads/2013/05/ENFANTILLAGES-2_photo-François-Larivière.jpg"><img src="http://artichautmag.com/wp-content/uploads/2013/05/ENFANTILLAGES-2_photo-François-Larivière.jpg" alt="Enfantillages (Crédit photo François Larivière)" width="630" height="882" class="size-full wp-image-3771" /></a><p class="wp-caption-text">Enfantillages (Crédit photo François Larivière)</p></div>
<p>Mais <em>Enfantillages</em> ne serait rien sans sa distribution nordique composée de Luc Bourgeois, Louise Cardinal, Sébastien Gauthier et Mélanie St-Laurent. À quatre, ils se transforment sans arrêt et sans accroc, jouant une panoplie de personnages toujours impeccables. Le rythme est soigné, les <em>punchs punchés</em>.<i> </i>Et si je connaissais déjà François Arcahmbault pour <em>Les frères Laforêt</em>, plus drame que comédie, je sais maintenant qu&rsquo;il sait faire l&rsquo;inverse aussi bien, pour ne pas dire mieux. <i>Enfantillages</i>, c&rsquo;est du gros bonbon, du théâtre d&rsquo;été avec tous les bons côtés et sans les mauvais.</p>
<p><strong><i>——<br />
</i><em>Enfantillages</em> de François Archambault, présenté à La Licorne du 7 au 25 mai et à Blainville du 21 juin au 24 août. M.E.S. Frédéric Blanchette.</strong></p>
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		<title>Un amour inconditionnel, à l’imparfait. Combat de Gilles Granouillet au Prospero</title>
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		<pubDate>Wed, 08 May 2013 21:51:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jennifer Pelletier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[<p>L’amour infini entre frères et sœurs, c’est inestimable. Plus jeune, on se chamaille pour mille et une raisons, pour se rendre finalement compte assez rapidement que c’est avec eux que l’on a le plus de complicité. C’est l’amour d’une famille. C’est quelque chose qui ne disparait pas. Combat, pièce de Gilles Granouillet, présentée par la...</p><p>Cet article <a href="http://artichautmag.com/un-amour-inconditionnel-a-limparfait-combat-de-gilles-granouillet/">Un amour inconditionnel, à l’imparfait. Combat de Gilles Granouillet au Prospero</a> est apparu en premier sur <a href="http://artichautmag.com">Artichaut magazine</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>L’amour infini entre frères et sœurs, c’est inestimable. Plus jeune, on se chamaille pour mille et une raisons, pour se rendre finalement compte assez rapidement que c’est avec eux que l’on a le plus de complicité. C’est l’amour d’une famille. C’est quelque chose qui ne disparait pas.</strong></p>
<div id="attachment_3759" class="wp-caption alignnone" style="width: 640px"><a href="http://artichautmag.com/wp-content/uploads/2013/05/RéverbèreThéâtre-COMBAT-1.jpg"><img src="http://artichautmag.com/wp-content/uploads/2013/05/RéverbèreThéâtre-COMBAT-1.jpg" alt="Combat (Crédit photo Bernard Dubois)" width="630" height="888" class="size-full wp-image-3759" /></a><p class="wp-caption-text">Combat (Crédit photo Bernard Dubois)</p></div>
<p><em>Combat</em>, pièce de Gilles Granouillet, présentée par la troupe <a href="http://reverberetheatre.com/" target="_blank">Réverbère Théâtre</a>, c’est l’histoire de cet amour fraternel. C’est un frère (Carl Béchard) qui, souhaitant souligner la fin du travail de sa mère dans une boucherie, décide d’inviter à l&rsquo;évènement sa sœur (Isabelle Leclerc) qu’il n’a pas vu depuis longtemps. De peine et de misère, il finit par la convaincre de venir faire un tour. Malheureusement, la fête planifiée par le frère et sa femme (Odette Guimond) tourne au fiasco, au grand désarroi de ces derniers. Au final, une sœur impatiente, une femme frustrée, une mère saoule et un bœuf qui orne la médaille de travail de la mère. Suite à l’erreur commise par la sœur, le combat se faufile dans le triangle infernal qu’est l’abattoir, la gare de train et la prison. La bataille d’un homme pour protéger sa sœur. La bataille d’une femme pour obtenir l’amour de son mari. La bataille, finalement, d’une sœur contre son devenir.</p>
<p>C’est cette proximité du triangle infernal que l’on peut constater sur scène. La scénographie rend hommage à l’idée que voulait créer Gilles Granouillet d&rsquo;un monde industrialisé, féroce, méchant et empêtré dans le malheur total. Quant à la mise en scène, celle-ci accomplit son oeuvre avec brio. L’utilisation du musicien sur scène permet d’accentuer certains moments… et d&rsquo;en remplir d’autres.</p>
<div id="attachment_3760" class="wp-caption alignnone" style="width: 640px"><a href="http://artichautmag.com/wp-content/uploads/2013/05/RéverbèreThéâtre-COMBAT-3.jpg"><img src="http://artichautmag.com/wp-content/uploads/2013/05/RéverbèreThéâtre-COMBAT-3.jpg" alt="Combat (Crédit photo Bernard Dubois)" width="630" height="888" class="size-full wp-image-3760" /></a><p class="wp-caption-text">Combat (Crédit photo Bernard Dubois)</p></div>
<p>Effectivement, c’est la lourdeur de la pièce qui vient à nous faire décrocher quelques fois. Non par la faute des acteurs, dont le jeu est retentissant, mais par la longueur de la pièce. Le début peine à s’installer. Puis, l’impression de remplissage de certains passages dans le texte par des temps morts trop longs ou des conversations sans but. Quelques sections du 1h45 où nous sommes restés assis auraient facilement pu être coupées du texte. Hélas, le rythme saccadé n’a pas offert pas la sensation escomptée.</p>
<div id="attachment_3761" class="wp-caption alignnone" style="width: 640px"><a href="http://artichautmag.com/wp-content/uploads/2013/05/RéverbèreThéâtre-COMBAT-5.jpg"><img src="http://artichautmag.com/wp-content/uploads/2013/05/RéverbèreThéâtre-COMBAT-5.jpg" alt="Combat (Crédit photo Bernard Dubois)" width="630" height="447" class="size-full wp-image-3761" /></a><p class="wp-caption-text">Combat (Crédit photo Bernard Dubois)</p></div>
<p>Par contre, le jeu est sauvé par le travail colossal des acteurs qui en ont mis plein la vue. Malgré quelques embûches avec le texte, ce sont des acteurs confiants qui sont parus devant nous. La brillante performance de Carl Béchard a créé un sentiment général d’empathie envers l’homme heureux de manger ses chips, mais malheureux de n’être qu’un bâtard.</p>
<p>En bref, malgré une certaine longueur, l’excellente performance des acteurs et l’histoire intrigante rend bien agréable cette réalisation du théâtre Réverbère.</p>
<p><strong><i>——<br />
</i><em>Combat</em> de Gilles Granouillet, présenté du 29 avril au 13 mai 2013, au <a href="http://www.theatreprospero.com/" target="_blank">Théâtre Prospero</a>. M.E.S. par Odette Guimond.</strong></p>
<p>Cet article <a href="http://artichautmag.com/un-amour-inconditionnel-a-limparfait-combat-de-gilles-granouillet/">Un amour inconditionnel, à l’imparfait. Combat de Gilles Granouillet au Prospero</a> est apparu en premier sur <a href="http://artichautmag.com">Artichaut magazine</a>.</p>]]></content:encoded>
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		<title>Une passe pour quelques viscères. Critique du roman Pornographia de Jean-Baptiste Del Amo</title>
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		<pubDate>Tue, 07 May 2013 16:09:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Martin Hervé</dc:creator>
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		<category><![CDATA[fiction]]></category>
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		<description><![CDATA[<p>Il y a d’abord le plaisir porté à son acmé dans une chambre glauque par les gestes brutaux d’un amant originel, celui que la jouissance érige en une « cathédrale de fluides et d’organes, en un petit dieu de misère ». Après l’assouvissement, déjà reparaît le désir qui tambourine avec exaspération à la recherche d’un nouvel épanchement....</p><p>Cet article <a href="http://artichautmag.com/une-passe-pour-quelques-visceres/">Une passe pour quelques viscères. Critique du roman Pornographia de Jean-Baptiste Del Amo</a> est apparu en premier sur <a href="http://artichautmag.com">Artichaut magazine</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Il y a d’abord le plaisir porté à son acmé dans une chambre glauque par les gestes brutaux d’un amant originel, celui que la jouissance érige en une « cathédrale de fluides et d’organes, en un petit dieu de misère ». Après l’assouvissement, déjà reparaît le désir qui tambourine avec exaspération à la recherche d’un nouvel épanchement.</strong></p>
<p>Cette scène inaugurale, gagnée à l’abri des flots déchaînés de l’océan, le narrateur la fantasme indéfiniment. Lui qui séjournait dans la ville natale pour y enterrer sa mère a fini, au détour d’une promenade incertaine, par s’y perdre. Son avidité charnelle l’amène à traquer la face anonyme de ce giton qui a happé son regard et embrassé sa nuit, son corps déjà oublié hormis le sexe qui a imprimé sa marque indélébile, comme un sarcome, sur la langue. Dans le dédale de la cité des turpitudes de <a href="http://www.gallimard.com/Catalogue/GALLIMARD/Blanche/Pornographia" title="Pornographia" target="_blank"><i>Pornographia</i></a>, il sombre. Chaque angle de rue, chaque visage crasseux d’un gigolo, d’une prostituée ou d’une camée, se magnifie dans le souvenir de cet amant unique, premier parmi toutes les âmes perdues mais toujours en fuite. Loin des hordes de touristes, le narrateur se glisse sous les arches et le long des ruelles mal éclairées, croisant le peuple anémié et las des petites passes et des grandes misères. La vie noctambule y est aussi terrible que ses songes emplis de marées d’enfants morts ou pervers, d’éboulis, d’excréments et de pourriture. Dans cette lutte acharnée pour reprendre à la ville son amant, il y laisse beaucoup : son esprit tout d’abord, abîmé dans de nauséabondes profondeurs, puis sa peau elle-même qui se couvre d’une lèpre dévorante. La menace alentour gronde, on le suspecte, le mot de malédiction égrène ses déambulations dans les entrailles de ciment et de bois putrides déterrées par l’écrivain Jean-Baptiste Del Amo.</p>
<p>Omniprésente et farouche, la ville est sise aux marges de la toponymie. On l’imagine perdue dans les Caraïbes, ses crépuscules trempés de rouge et de violet, étouffante de moiteur et charriant une épidémie olfactive. Elle est Notre-Dame-aux-Viscères, La Ciudad de la Corrupción, La Grande-Cadavre abritant ses tribus de petits morts, des putains-parasites qui s’installent pour mourir dans ses membres putréfiés de bêton. Dans les plis de sa chair, on y baise derrière les stores ou dans des cahutes de paille, la décharge y est rapide, le plaisir jamais rassasié.</p>
<p>Pour le lecteur, le fantasme est partout, inavouable et forcément coupable. L’hallucination qui l’excite s’installe à chaque détour de phrase, gangrène un paragraphe de ses reflets mordorés, comme des boyaux macérant au soleil. En témoignent les multiples variations, plantées à plusieurs reprises le long de cette sinueuse prose poétique, sur le corps pourrissant du giton. Dans le rêve inquiet et envahi de désir du narrateur, l’amant se fige en un dormeur du Val disputé sur le bord de la route par les insectes, les chiens et les charognards. Deux trous sanglants percent son flanc. L’horrible vision d’une jouissance achoppée à la mort embrasse dans le même temps la quête toujours recommencée du narrateur et la promesse de son insatisfaction hors de l’espace morbide d’un imaginaire fiévreux.</p>
<div id="attachment_3750" class="wp-caption aligncenter" style="width: 310px"><a href="http://artichautmag.com/wp-content/uploads/2013/05/artlimited_img420305.jpg"><img src="http://artichautmag.com/wp-content/uploads/2013/05/artlimited_img420305-300x200.jpg" alt="Crédit photo: Sylvain Norget" width="300" height="200" class="size-medium wp-image-3750 " /></a><p class="wp-caption-text">Jean-Baptiste Del Amo<br />Crédit photo: Sylvain Norget</p></div>
<p>« Pornographia », ou selon sa racine grecque, l’art de peindre des tableaux de prostituées : la courte et délirante fiction de Jean-Baptiste Del Amo nous invite à emprunter les galeries de son musée des fantasmes écorchés. Sous l’égide du<i> Sexe et l’effroi</i> de Pascal Quignard, cité en épigraphe, l’auteur nous prodigue une langue baroque foisonnant de muscs, de bruits et d’attentats visuels, parfois jusqu’à l’écœurement adjectival. Des corps ravagés, des étreintes brèves où l’on se vautre dans la semence, la satisfaction dans le miasme et l’ordure : le spectre d’Hervé Guibert n’est pas loin, veillant sur l’écriture sensorielle de Del Amo qui, en 2011, a accompagné par la plume une publication des photos de l’auteur de <i>La Mort propagande</i>. Troublant écho : à l’origine, le texte de <i>Pornographia</i> devait être illustré par le photographe Antoine d’Agata. La compilation de ces cauchemars sexuels en aurait été sertie à merveille. Noyés dans la nuit des esprits de la santería, ces fragments textuels trouvent pourtant un accomplissement sans leurs pendants visuels : tels les œufs éclos de la mouche <i>Calliphora vicina</i>, ils grouillent à l’ombre de la trinité du dénuement, qui est aussi trinité de l’écriture : « la vérole, l’alcool, un coup de rasoir ».</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://artichautmag.com/wp-content/uploads/2013/05/ACH003300557.1365479864.580x580.jpg"><img src="http://artichautmag.com/wp-content/uploads/2013/05/ACH003300557.1365479864.580x580-196x300.jpg" alt="ACH003300557.1365479864.580x580" width="196" height="300" class="wp-image-3749 aligncenter" /><br />
</a></p>
<p><strong><em>——<br />
Pornographia</em>, Jean-Baptiste Del Amo, Paris, <a href="http://www.gallimard.fr/" title="Gallimard" target="_blank">Gallimard</a>, 2013, 140 pages</strong></p>
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