<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:blogger='http://schemas.google.com/blogger/2008' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd="http://schemas.google.com/g/2005" xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-8861374609918019882</id><updated>2024-10-05T04:01:23.925+02:00</updated><category term="chronique"/><category term="kéké"/><category term="web de mes 2.0"/><category term="Bonnie et Clyde"/><category term="mieux"/><category term="recyclage"/><category term="Ponce Pilate"/><category term="nocturne"/><category term="rien"/><category term="diurne"/><category term="les gardes russes"/><category term="monty python"/><category term="rien de spécial"/><category term="vacances"/><category term="les aventures d&#39;Oh"/><category term="fins de moi"/><category term="les cordes"/><category term="liens"/><category term="message de service"/><category term="politique"/><category term="vendanges"/><category term="La tête à l&#39;envers"/><category term="chorus"/><category term="tag"/><category term="Paroles de stars"/><category term="brainstorming"/><category term="capitaine flemme"/><category term="esprit"/><category term="le savant fou"/><category term="Derrick"/><category term="les Aventures d&#39;André Rieu"/><category term="métro"/><category term="ready made"/><category term="robert la loose"/><title type='text'>Balmeyer&#39;s blog</title><subtitle type='html'>voir ce que ça va donner...</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://balmeyer.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8861374609918019882/posts/default?redirect=false'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://balmeyer.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><link rel='next' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8861374609918019882/posts/default?start-index=26&amp;max-results=25&amp;redirect=false'/><author><name>Balmeyer</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18210654828964991576</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>334</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>25</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8861374609918019882.post-372432230727998481</id><published>2016-04-16T21:48:00.000+02:00</published><updated>2016-04-18T13:13:12.055+02:00</updated><title type='text'>La lanterne magique</title><content type='html'>Quand l&#39;étincelle a disparu, dans cette lanterne magique qu&#39;est la tête, le film du monde est laid. On regarde le soleil qui s&#39;y couche comme un gros tas flasque de particules molles. Les chiens sont des boites à bruits, au bout des laisses, comme des yoyos à jamais déroulés. Les gens ont des barbes qui vous grattent à vous. Ils parlent en faisant des fautes d&#39;orthographe. Les arbres s&#39;alignent de manière bucolique comme des bâtons pour chiens, plantés là. Vous êtes ce chien qui ne peut prendre les arbres dans votre gueule, ces bâtons de joie, et détaler. Vous regardez les arbres, intransportables, et plus rien ne court. Vous vous retrouvez nez à nez dans un endroit où vous étiez content, une fois, et vous voyez votre ombre encore contente (car les ombres sont lentes), et vous vous sentez de trop dans ce souvenir heureux plus réel que vous-même à cet instant. Vous quittez les lieux poliment. Il y a des magasins qui vendent des thés ridicules. Il y a des bars qui vendent des boissons hygiéniques pour se purifier l’intestin. A quoi bon ? Tout est lourd, les nuages, l&#39;air, les voitures, les trains, vous êtes l&#39;Atlas des choses tristes, et vous portez tout sur le dos, y compris votre carcasse comme un astre froid.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce n&#39;est absolument pas comme quand l&#39;étincelle y était, dans la lanterne, je m&#39;en souviens très bien, je m&#39;en souviens comme si elle allait revenir bientôt : on regarde le monde qui est absolument pittoresque. Il y a des magasins qui vendent de tout. Il y a des chiens de toutes tailles, qui ne comprennent rien au monde, et le regardent avec un enthousiasme pur de leurs yeux ronds. Des vieilles dames marchent avec des cannes, s&#39;approchant des parterres de pigeons, qui s&#39;envolent d&#39;un coup comme l’assèchement soudain d&#39;un lac argenté, si cela pouvait exister. Dans les cafés, les gens coquets devisent et rient. Ils ont des têtes de fascinants inconnus, laids ou beaux, et le brouhaha qui sort de leur bouche en nombre semble receler des histoires incroyables. &amp;nbsp;Ils ont tort quoiqu&#39;ils disent, mais au fond ils ont toujours raison. Des inconnus se parlent. Ils sont nés, ils portent des secrets et des espoirs, ils emporteront tout avec eux, comme des voyageurs. Le monde semble la Bibliothèque de Babel, avec les humains comme livres. Des gens rentrent tard, et dans les métros tous ont ce formidable point commun d&#39;être au même endroit. Ils sont dans la même équipe des éveillés, indolents et conscients au milieu de l&#39;espace infini, parmi le vide et les étoiles qui sans relâche fabriquent les matières de l’existence future. Il y a des automobilistes qui klaxonnent, qui s&#39;engueulent, voire qui se tapent, et c&#39;est absolument croustillant. Cela rappelle les films de kung fu que l&#39;on regarde en riant à moitié, mais où l&#39;on a des principes et un sens pointu de l&#39;honneur. Sur les murs des immeubles il y a des choses écrites, comme au temps des mammouths, preuve que ces gens ne renoncent jamais. On a envie de visiter des lieux culturels, des cafés, des urinoirs, même un musée du chapeau. On a envie de lire cet écrivain oublié mort au troisième étage de cet immeuble, comme nous le suggère une plaque. On a envie de regarder l&#39;eau, verte et opaque, et trouver à cette platitude calme un charme de pierre rare. Vous mangez un yaourt périmé, et quand vous vous en apercevez, vous vous dites : et bien c&#39;est rigolo, et, observant votre reflet rond dans la cuillère, vous murmurez, en aparté : &quot;j&#39;en aurais connu de biens bonnes, dans cette vie !&quot;. C&#39;est cela, qui était là, ténue, l&#39;étincelle dans la lanterne magique qui est votre tête.</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8861374609918019882/posts/default/372432230727998481'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8861374609918019882/posts/default/372432230727998481'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://balmeyer.blogspot.com/2016/04/la-lanterne-magique.html' title='La lanterne magique'/><author><name>Balmeyer</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18210654828964991576</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8861374609918019882.post-5889201511982266777</id><published>2015-08-21T19:49:00.000+02:00</published><updated>2015-08-21T19:49:27.399+02:00</updated><title type='text'>Etat des lieux</title><content type='html'>La &quot;dame de l&#39;agence&quot; examine chaque recoin de l&#39;appartement vide, les murs, les trous, les fenêtres, les prises, les ampoules, les impacts, les tâches. J&#39;écoute presque hypnotisé l&#39;énumération monotone de ces infimes détails et marques discrètes d&#39;usure, qui font la vie des endroits. Je dirais bien de cet état des lieux qu&#39;elle fait un inventaire à la Prévert, mais en fait concrètement c&#39;est plutôt un inventaire à la con, et j&#39;imagine au cours de cet exercice rébarbatif ce que je pourrais faire de sa personne ennuyeuse, en compagnie de Jacques Prévert, tels des brigands sans scrupule, lui qui conduirait la camionnette vers les sous-bois, moi détaillant d&#39;un ton rigolard le bazar dans la boite à gants de Jacques Prévert, en effectuant par rétorsion un inventaire à la moi-même.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle tente à un moment de nommer la couleur d&#39;un mur, pour compléter son rapport. Elle hésite entre beige et vert, et finit par dire &quot;taupe ?&quot;, comme dans les émissions de télévision avec des appartements, et là je me dis que l&#39;univers peut bien être en expansion ou en contraction, tout ceci est vraiment bien fait pour elle. Je critique pour la télévision, mais j&#39;avoue que cette accumulation de détails me fait songer aux scènes d&#39;autopsie dans les séries policières, quand, par le prisme d&#39;un personnage de médecin légiste gothique ou alcoolique, on regarde le triste spectacle des assassinés abrité par quelqu&#39;un qui tire des conclusions avec un petit air malin. Je pense notamment à &quot;Jacques Prévert mène l&#39;enquête&quot;, une série où le poète, personnage en noir et blanc, énumère les organes des gens, les dispose sur une table immense et en conclue qu&#39;ils sont tous morts.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un placard, il y a, discrètement oublié, une sorte de bâton, une longue pièce en bois qui appartient au jeu de construction la&lt;i&gt; Maison Forestière.&amp;nbsp;&lt;/i&gt;J&#39;en suis ému, de le voir surgir, ce fragment de maison pour jouer, dans un appartement dont on vérifie la bonne tenue du vide afin de permettre à d&#39;autres de le remplir, avec leurs vies, leurs propres tâches, leur propres trous pour mettre des cadres de leur bonheur fugitif, et des doigts sur les vitres, toutes ces choses dont nous encombrons le monde et qui nous valent le regard désapprobateur des dames des agences.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J&#39;ai l&#39;idée d&#39;emmener ce bout de bois, même si mon fils n&#39;y joue plus, parce que c&#39;est une brique sans une autre brique, une sorte d&#39;inventaire faible qui n&#39;énumère que lui-même. Mais finalement je le laisse. Comme ça, ceux qui viendront, à la place, des sortes de voisins sur le plan temporel, le trouveront, ils n&#39;oseront le jeter parce que c&#39;est un bout d&#39;un jeu de gens passés, et c&#39;est sacré, comme un esprit, un fantôme invengé, et ils construiront alors tout autour avec leurs meubles, et à travers eux, depuis la béance nettoyée au Saint Marc qu&#39;ils auront comblée, ils seront la preuve que nous avons existé.</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8861374609918019882/posts/default/5889201511982266777'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8861374609918019882/posts/default/5889201511982266777'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://balmeyer.blogspot.com/2015/08/etat-des-lieux.html' title='Etat des lieux'/><author><name>Balmeyer</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18210654828964991576</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8861374609918019882.post-11032530533321906</id><published>2014-06-26T16:32:00.000+02:00</published><updated>2014-06-26T16:32:12.002+02:00</updated><title type='text'>Wagram</title><content type='html'>Avenue de Wagram, devant un hôtel trois ou quatre étoiles, quelques barrières ont été installées de part et d&#39;autre pour que s&#39;accumulent des jeunes filles en fleur et en short. Elles semblent attendre depuis un moment, immobiles et compactes, et ce regroupement, provoqué manifestement par une prochaine épiphanie de vedette, emplit ce fragment d&#39;avenue du bruissement électrique de la Célébrité. Des touristes et passants intrigués s&#39;arrêtent pour scruter les jeunes filles qui scrutent l&#39;entrée de l&#39;hôtel, et moi je scrute à mon tour les passants curieux. Cela aurait été un triangle parfait de scrutement si les jeunes filles m&#39;avaient regardé moi, mais en vérité je suis informaticien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chacun y trouve son compte, dans ce grand drame de l&#39;attente ; par exemple moi-même, n&#39;y comprenant rien, j&#39;observe la scène tel un contempteur bien au dessus de tout ça. Si ces jeunes filles ont décidé d&#39;être une foule dense à raison de huit par mètre carré, comme des passagers comprimés d&#39;une rame fantôme au cœur de l&#39;avenue, moi je marche tel un homme libre, vers mon destin (un repas), avec des tickets restaurant. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Soudain, un groupe d&#39;hommes d&#39;affaire sort de l&#39;hôtel. Bien que vêtus de costumes impeccables, ils sont accueillis par un long murmure de déception. C&#39;est une situation qui doit être délicate à vivre, ces gens ont dû tout de même vaillamment étudier et travailler, avec de surcroît une intransigeance sans faille pour tout ce qui concerne le pressing ; le tout pour susciter le lourd dépit d&#39;une foule d&#39;adolescentes avides et en âge de se reproduire : la vie ne nous prépare pas à cela. Un des hommes d&#39;affaire, peut-être le facétieux du groupe, ne se démonte pas, et adoptant la gestuelle standard d&#39;une personnalité, il agite ses mains pour saluer les impatientes, avec assurance et modestie. Comme si le démon de l&#39;Ironie avait possédé brusquement l&#39;assemblée, les jeunes filles acclament le voyageur d&#39;affaire en riant, jouant avec dérision leur propre rôle d&#39;admiratrices compressées. La fausse vedette devant ces fausses fanatiques s&#39;éloigne avec ses collègues sous les vivats, son porte-document à la main. Il sera probablement nommé chef d&#39;ici un an ou deux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De mon côté, je dois me frayer un chemin parmi la foule, je vois bien des badauds contourner ce tableau de Sacré temporaire avec respect, mais cela me forcerait à un odieux détour, et du retard, alors que je suis employé. C&#39;est ainsi qu&#39;apparaît l&#39;objet du désir, et il a les cheveux verts. Ne contemptant plus rien, je regarde comme un enfant. L&#39;étoile aux cheveux verts, que je ne connais pas, est un jeune homme, il avance, craintif, cerné comme un insecte bariolé ou un steak par des abeilles-reines. Des vigiles repoussent les bachelettes, et je m&#39;avance au milieu, discrètement, suivant cette ligne droite hors des modes qui me conduira à mon poste de travail. L&#39;absence d’excitation s&#39;affiche sur mon visage telle une barbe sur ma barbe, ma non appartenance à la scène est si criante que je semble invisible aux vigiles occupés à maîtriser quatre ou cinq adulatrices à mes côtés. Je file à travers, sans entrave, avec ce frisson d&#39;être un spectre, ce léger vertige d&#39;appartenir au mouvement perpétuel, qui se terminera pourtant avec l&#39;avenue de Wagram.</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8861374609918019882/posts/default/11032530533321906'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8861374609918019882/posts/default/11032530533321906'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://balmeyer.blogspot.com/2014/06/wagram.html' title='Wagram'/><author><name>Balmeyer</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18210654828964991576</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8861374609918019882.post-630259157832617515</id><published>2012-09-05T06:00:00.000+02:00</published><updated>2012-09-05T10:11:55.863+02:00</updated><title type='text'>Du monologue</title><content type='html'>Dans le métro il y a parfois des fous qui parlent tout seul. La probabilité d&#39;en rencontrer un n&#39;est pas négligeable, au sein des grandes villes. La probabilité d&#39;en croiser deux dans le même wagon semble beaucoup plus faible ; et bien cela m&#39;est arrivé aujourd&#39;hui. A deux stations d&#39;écart, deux fous qui parlent tout seul sont entrés pour s&#39;accrocher chacun à une barre, devant moi. C&#39;était un peu rare, ce phénomène, comme une conjonction d&#39;astres, sauf que c&#39;était une conjonction de fous. Ils se sont mis à parler tout seul, mais côte à côte. J&#39;écarquillai les yeux, témoin de cet accident harmonieux. Ils avaient l&#39;air soudain d&#39;entretenir une conversation,&amp;nbsp;certes&amp;nbsp;indéniablement décousue&amp;nbsp;pour l&#39;expert en conversations cohérentes, mais qui offrait l&#39;illusion d&#39;un dialogue normal. Les nouveaux venus&amp;nbsp;d’ailleurs&amp;nbsp;se collèrent à eux, en toute confiance, sans laisser ce léger cordon de vide dans les rames pourtant bondées, cet espace du malaise signalant les inquiétants et les imprévisibles. Quand ils se sont séparés, les voyant toujours parler tout en s&#39;éloignant l&#39;un de l&#39;autre, je me suis dit que leur conversation subissait une sorte de fission ; leur dialogue s&#39;est tendu durant l&#39;éloignement, tendu, encore tendu, un élastique de dialogue, s&#39;étirant sur des distances inimaginables, des distances sidérales, sans savoir en fin de compte si le lien avait cédé ou pas. Durant ce moment curieux, ce fut&amp;nbsp;comme si leurs folies&amp;nbsp;s&#39;étaient annulées, en&amp;nbsp;s’emboîtant l&#39;une dans l&#39;autre tel l&#39;arrimage agréable de deux stations spatiales dans le froid absolu du vide, ou les charges contraires des particules, si nocives&amp;nbsp;isolées, mais qui,&amp;nbsp;se combinant,&amp;nbsp;forment notre matière.</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8861374609918019882/posts/default/630259157832617515'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8861374609918019882/posts/default/630259157832617515'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://balmeyer.blogspot.com/2012/09/du-monologue.html' title='Du monologue'/><author><name>Balmeyer</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18210654828964991576</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8861374609918019882.post-2549960283425113445</id><published>2011-09-26T12:27:00.001+02:00</published><updated>2011-11-28T16:52:58.846+01:00</updated><title type='text'>Ballons</title><content type='html'>Nous nous promenions au parc de Sceaux, il y avait une sorte de kermesse pour lutter contre les&amp;nbsp;myopathes (contre la&amp;nbsp;mucoviscidose&amp;nbsp;me corrigea Emeline). Derrière les stands, s&#39;activaient des gens qui vendaient des parts de&amp;nbsp;gâteaux au prix d&#39;un ticket vert. Il y avait des panneaux explicatifs sur la maladie, des jeux de pêche et de massacre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un speaker remercia la fanfare de Clamart. J&#39;y avais remarqué un&amp;nbsp;joueur&amp;nbsp;d&#39;hélicon assez maigre, et ceci me plut car je tenais, à l&#39;occasion, des statistiques sur les membres des fanfares, afin d&#39;établir un jour une pittoresque découverte. J&#39;avais déjà noté que les joueurs d&#39;hélicon étaient souvent maigres, ce qui me fascinait car l&#39;instrument exigeait de la puissance, et donc un costaud au bout du tube me semblait-il ; je croisais certes&amp;nbsp;sur ma route une fanfare environ une fois l&#39;an, l&#39;étude avançait lentement mais malgré tout, je tenais pour certain que l&#39;hélicon était si gourmand qu&#39;il épuisait totalement son instrumentiste, l&#39;aspirait jusqu&#39;à son&amp;nbsp;assèchement&amp;nbsp;corporel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le speaker qui avait remercié la fanfare annonça&amp;nbsp;un grand&amp;nbsp;lâcher&amp;nbsp;de ballons, et pria donc les gens de prendre des ballons, de se rassembler, et d&#39;attendre le compte à rebours avant de les lâcher. Il insista car c&#39;était quelque chose d&#39;&lt;i&gt;émouvant&lt;/i&gt;, dit-il. Je suivais à contrecœur, épuisé par la marche du jour, et puis de quel droit décrétait-on à l&#39;avance d&#39;une pratique qu&#39;elle était &lt;i&gt;émouvante&lt;/i&gt;, grommelai-je, on est dans un pays libre, on n&#39;est pas dans ma tête à faire la circulation des sentiments avec un sifflet, et puis cela est semblable au Jour de l&#39;An où il est obligatoire de s&#39;amuser, et où du coup l&#39;on se suicide souvent. Mais comme d&#39;agiles petits rats suivant le joueur de flute, Emeline et Zacharie me&amp;nbsp;distançaient&amp;nbsp;déjà à la poursuite des ballons multicolores qui, dopés à l&#39;hélium, tiraient comme des fous furieux sur leur fil doré.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mon fils prit un ballon. &quot;Beaucoup de pollution en perspective&quot;, lachai-je pour rigoler, constatant les nombreuses sphères en plastique prêtes à déferler sur le ciel. Puis je regardais mon petit garçon en espérant qu&#39;il ne soit pas trop&amp;nbsp;dégoûté&amp;nbsp;de lâcher ce ballon fortuitement acquis, et qu&#39;il nous mette dans l&#39;embarras en le conservant, au détriment des petits enfants malades. Le speaker demanda d&#39;attendre car certains lâchaient déjà leur ballon sans faire exprès, tout de suite, car ils étaient beaucoup moins intelligents que mon fils et n&#39;avaient pas compris le concept du lâcher-ensemble. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les ballons s&#39;envolèrent tous dans le ciel, et de manière surprenante j&#39;en fus assez ému. Je maudissais le speaker de m&#39;avoir tendu ce piège sentimental bien facile, j&#39;aurais voulu lui faire un geste obscène, mais je gardais le visage impassible. Il y avait quelque chose de simple et poignant dans ces ballons qui disparaissaient en cohorte, en silence et furtivement ; me tournant vers mon fils, je&amp;nbsp;l’aperçus&amp;nbsp;bouleversé dans les bras de sa mère, il était retourné et pleurait doucement comme si on avait brulé tous les jouets de sa chambre pour y installer une tireuse à bière, comme quand on l&#39;abandonna à la garderie tout le siècle d&#39;une journée ou quand le chat mourut. L&#39;émotion avait explosé ainsi, sans prévenir, tandis que partaient ces ballons de couleurs, spectacle primitif des joies brèves et des choses irréversibles. Nous étions bien embêtés, car il pleurait à chaude larmes, alors nous partîmes en&amp;nbsp;quête&amp;nbsp;de jeux amusants pour le divertir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qu&#39;avait en tête l&#39;inventeur de cette coutume&amp;nbsp;naïve, sans doute un pervers comme Andersen avec ses enfants qui meurent de froid dans des contes atroces ? Mon fils avait retrouvé le sourire, mais de temps en temps, il venait nous voir pour confier que c&#39;était vraiment trop triste, ces ballons en partance. Il aurait fallu, nous expliqua-t-il, profiter de l&#39;occasion pour glisser un petit mot pour le chat qui était mort, afin qu&#39;il puisse le lire, une fois l&#39;objet au ciel. Je trouvai l&#39;idée excellente, et profitant de la&amp;nbsp;brèche&amp;nbsp;pour me&amp;nbsp;faufiler&amp;nbsp;dans la rassérénante Science Physique, j&#39;expliquais qu&#39;il fallait gonfler le ballon avec de l&#39;hélium, pour qu&#39;il s&#39;envole, sinon il allait lamentablement s&#39;échouer au sol. Comme dans ce livre avec l&#39;enfant qui perd son cochon, et fabrique un cerf-volant le jour de la fête des morts pour lui dire&amp;nbsp;au revoir, nous allions faire la même chose : le&amp;nbsp;lâcher&amp;nbsp;d&#39;un ballon, pour le chat. Je m&#39;adressais à Emeline qui est douée pour organiser les choses compliquées, en&amp;nbsp;général, lui affirmant, décidé, définitif : &quot;Il va falloir que tu trouves de l&#39;hélium pour la&amp;nbsp;Toussaint.&quot; Elle fut heurtée par cette demande bizarre qui lui incombait naturellement,&amp;nbsp;elle répliqua par cette maxime qui me laissa pensif pour la journée : &quot;Mais trouver de l&#39;hélium, c&#39;est un travail d&#39;homme&quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div class=&quot;separator&quot; style=&quot;clear: both; text-align: center;&quot;&gt;
&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiouQkc8CrNrTGSjM4adJUDC21ankcoNXzSjHFIKR_SJoLyqKO7qqIgJZd8O_rZ_96tqyE79oG1aWkxMmcRTm_KYlGPyEzOe5S1_KXviq6IFx5j5RMJPosaC8qkRtV39-aCu8UaCbrGV0A/s1600/Sceaux-20110925-00187.jpg&quot; imageanchor=&quot;1&quot; style=&quot;margin-left: 1em; margin-right: 1em;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; height=&quot;320&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiouQkc8CrNrTGSjM4adJUDC21ankcoNXzSjHFIKR_SJoLyqKO7qqIgJZd8O_rZ_96tqyE79oG1aWkxMmcRTm_KYlGPyEzOe5S1_KXviq6IFx5j5RMJPosaC8qkRtV39-aCu8UaCbrGV0A/s320/Sceaux-20110925-00187.jpg&quot; width=&quot;240&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8861374609918019882/posts/default/2549960283425113445'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8861374609918019882/posts/default/2549960283425113445'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://balmeyer.blogspot.com/2011/09/ballons.html' title='Ballons'/><author><name>Balmeyer</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18210654828964991576</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" url="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiouQkc8CrNrTGSjM4adJUDC21ankcoNXzSjHFIKR_SJoLyqKO7qqIgJZd8O_rZ_96tqyE79oG1aWkxMmcRTm_KYlGPyEzOe5S1_KXviq6IFx5j5RMJPosaC8qkRtV39-aCu8UaCbrGV0A/s72-c/Sceaux-20110925-00187.jpg" height="72" width="72"/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8861374609918019882.post-7496322647448070758</id><published>2011-09-14T15:11:00.000+02:00</published><updated>2011-09-14T16:10:42.990+02:00</updated><title type='text'>Un pied</title><content type='html'>Ce matin, j&#39;entrai dans la chambre de mon fils, secouai doucement son épaule pour le réveiller, quand soudain, j’aperçus à l&#39;autre bout du lit, dépassant de la couverture : un pied. Il s&#39;agissait véritablement d&#39;un pied humain, de petite taille, gisant sur le matelas, comme peut le faire le pied, lorsqu&#39;il&amp;nbsp;gît&amp;nbsp;sur un matelas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je sursautai. Que pouvait bien faire cet appendice humain à l&#39;autre bout du lit de mon fils ? Je pris mon courage à deux mains, et le pied de l&#39;autre, pour vérifier : c&#39;était un pied chaud. Aussitôt fus-je rassuré, car comme tout le monde, j&#39;avais pensé à quelque chose de macabre - la scène du &quot;Parrain&quot;, avec cette tête de cheval sanglante - mais qui m&#39;en voudrait au point de déposer un pied dans le lit de mon fils ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un pied chaud signifiait un pied vivant, rapidement deux hypothèses s&#39;opposèrent dans mon esprit inquiet pour expliquer ce phénomène : petit un, ce pied signalait la présence d&#39;un second enfant dans le lit de mon fils, dissimulé sous la couette ; petit deux, il s&#39;agissait en fait du pied de mon fils, et il me fallait comprendre pourquoi mon garçon était à un bout du lit, et son pied, à l&#39;autre bout. Dans l&#39;hébétude standard du matin, je compris enfin que ce pied égaré, au loin, et mon fils que j&#39;avais remué, constituaient une seule et même pièce : la créature de mon fils. Je soulevai doucement la couette pour constater le puzzle de l&#39;enfant rassemblé. J&#39;en tirai une conclusion stupéfiante, inattendue : en fait, mon fils était beaucoup plus grand qu&#39;hier soir. D&#39;où la distance incongrue entre le pied et l&#39;épaule. Cela était réellement incroyable, car pas plus tard qu&#39;avant hier, mon fils était petit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je fronçai les yeux, grave : j&#39;avais à faire à un&amp;nbsp;évènement&amp;nbsp;indéniablement &lt;i&gt;kafkaïen&lt;/i&gt;, une métamorphose qui, au lieu de produire&amp;nbsp;au réveil&amp;nbsp;un cancrelat, avait changé ma progéniture en un être un peu plus long.&amp;nbsp;Il faut bien comprendre, expliquai-je à mon ami imaginaire effaré, que la petitesse des enfants et sa disparition avec le temps ne sont pas dramatiques : elles sont naturelles, dans l&#39;ordre des choses, comme un arc-en-ciel, le chaos ou la mort.&amp;nbsp;L’enfant&amp;nbsp;ne peut&amp;nbsp;naître&amp;nbsp;grand, ne serait-ce que par égard pour sa propre mère, qu&#39;il dévasterait le cas échéant. On imagine aisément&amp;nbsp;les désastres économiques si les individus de notre espèce ne&amp;nbsp;changeaient&amp;nbsp;pas de taille et naissaient finis : l&#39;industrie du textile, avec ses habits qu&#39;il ne faudrait plus renouveler tous les six mois, s&#39;écrouleraient totalement, son lobby l&#39;en empêcherait, il y aurait des meurtres, des émeutes, et des éventrements.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il était donc légitime que ce petit garçon, il y a peu compacte et informe&amp;nbsp;pâte rose, fut soumis à la machine des années pour le distendre et élaborer cette&amp;nbsp;silhouette&amp;nbsp;longiligne,&amp;nbsp;à la manière des guimauves emberlificotées dans les boulangeries. Entremêlé dans la pénombre, parmi sa couette de dinosaures schématiques, il était là, à&amp;nbsp;zigzaguer&amp;nbsp;maladroitement de toute sa nouvelle longueur&amp;nbsp;nuitamment&amp;nbsp;acquise. Je ne pouvais que constater,&amp;nbsp;démuni, cette manipulation&amp;nbsp;faite en douce&amp;nbsp;par d&#39;obscures forces qui se gaussaient de moi, alors que j&#39;avais baissé la garde durant mon sommeil. Je levai le poing au plafond pour maudire ces&amp;nbsp;changements sournois, cette ingérence&amp;nbsp;cavalière&amp;nbsp;dans l&#39;organisation tendre de nos existences. Nous étions bien, là, tranquillement, quel besoin de venir nous distordre ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mon fils tenta en grognant la manoeuvre de se lever, avec ses allumettes de jambes et ses genoux de billes bigaro, il s&#39;étira pour être encore plus grand,&amp;nbsp;abasourdi par les opérations du mystérieux Agrandisseur nocturne. Il fila à la cuisine, sans trop de difficultés : ce&amp;nbsp;système du vivant fonctionnait plutôt bien, force était de constater. Il n&#39;y avait certes rien à redire sur le fond, mais,&amp;nbsp;mis devant le fait accompli, et&amp;nbsp;au vu de la nature barbare et&amp;nbsp;indifférente&amp;nbsp;des méthodes du temps, quelques efforts auraient pu être faits sur la forme.</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8861374609918019882/posts/default/7496322647448070758'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8861374609918019882/posts/default/7496322647448070758'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://balmeyer.blogspot.com/2011/09/un-pied.html' title='Un pied'/><author><name>Balmeyer</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18210654828964991576</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8861374609918019882.post-3155092394932716828</id><published>2011-09-02T13:11:00.000+02:00</published><updated>2011-09-03T10:12:44.302+02:00</updated><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="rien"/><title type='text'>La discrète anarchie du linge propre</title><content type='html'>Il est des moments vertigineux où l&#39;on plonge au plus profond des&amp;nbsp;ténèbres&amp;nbsp;de l&#39;âme humaine, où l&#39;on embrasse du regard l&#39;espace d&#39;un bref instant toute l&#39;étrange noirceur dont elle est capable : perversion, cruauté, vice, syndic d&#39;immeuble.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je rentrai chez moi quand je vis un papier fixé à la porte en verre, près de&amp;nbsp;l’ascenseur. Un papier à entête, avec une signature très large, un peu fougueuse. Il s&#39;agissait d&#39;un courrier officiel, tel un appel du 18 juin, le drapeau français en moins. Le message clamait, dans l&#39;étroite agora qu&#39;était notre hall d&#39;immeuble, qu&#39;un locataire anonyme avait suspendu du linge à sécher aux fenêtres, et que cette pratique était rigoureusement proscrite par le&amp;nbsp;règlement&amp;nbsp;de l&#39;immeuble. Un numéro du&amp;nbsp;règlement&amp;nbsp;de l&#39;immeuble était ainsi indiqué, avec un tiret au milieu des chiffres, ce qui était un peu impressionnant et provoquait comme un petit frisson procédural en évoquant des choses graves, un décret, par exemple, voire une constitution. Le locataire (laissé anonyme grâce à cette magnanimité propre aux puissants) était censé se&amp;nbsp;reconnaître, j&#39;imagine, et sommé de renoncer incontinent à cette méthode pratiquée&amp;nbsp;illégalement, voire anticonstitutionnellement, au sein de notre&amp;nbsp;bâtiment&amp;nbsp;gris.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je fus stupéfait par cette lecture. Non que cette injonction allât à&amp;nbsp;l’encontre&amp;nbsp;de mes convictions les plus profondes. Il était loin le temps de ma jeunesse folle où un papier jeté au sol était l&#39;expression farouche de ma liberté individuelle et de ma vibrante opposition aux institutions locatives ; en effet, dans les prémisses crépusculaires de la vieillesse, le hall d&#39;immeuble propre, fruit du&amp;nbsp;règlement&amp;nbsp;intérieur respecté, était une vision agréable à mon esprit, et provoquait un sentiment de paix, au coin de mon feu imaginaire après avoir fictivement coupé du bois toute la journée. Il s&#39;agissait simplement que, dans ces édifices rectangulaires de la banlieue sud parisienne, à mille lieux des étendages bigarrés des pittoresques villages italo-portugais, je n&#39;avais pas surpris le moindre acte litigieux de séchage aux balcons. Pas le moindre torchon blanc, pas même la plus petite éponge avec un côté vert qui gratte à durcir discrètement&amp;nbsp;sur un rebord. Je sortis aussitôt vérifier : sur la façade de type&amp;nbsp;blockhaus&amp;nbsp;s&#39;alignaient des fenêtres au mutisme maussade, jusqu&#39;à tout en haut, avec parfois de furtifs géraniums, mais pas le moindre tissu humide en liberté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je restai ainsi interdit, cherchant du regard cette fameuse transgression&amp;nbsp;flottant&amp;nbsp;au vent comme un&amp;nbsp;oriflamme&amp;nbsp;de l&#39;anarchie. Alors, je murmurai simplement : pourquoi ? Je me mis à méditer, devant chez moi, aux mécanismes humains ayant conduit à ce placard vengeur dans le hall, cette fureur sans réel objet. Quand avait-on mis du linge à sécher ? Comment ? Qui ? Sur un&amp;nbsp;étendage déployé, ou directement à même la rambarde ? Etait-ce une chaussette disgracieuse ou un régiment de torchons organisé comme une colonne romaine ? Qui, surtout, avait remarqué ce délit, qu&#39;avait ressenti cette personne, quasiment un &lt;i&gt;usager &lt;/i&gt;de l&#39;immeuble, comme il y a des &lt;i&gt;usagers du métro&lt;/i&gt;, cet usager pris en otage du regard par des caleçons sur une cordelette, ne pouvant plus tranquillement tordre son cou pour contempler les balcons altiers ? Où ce passant avait-il puisé l’énergie&amp;nbsp;nécessaire&amp;nbsp;pour saisir un papier à entête, le rédiger, l&#39;imprimer, le signer fougueusement, marcher jusqu&#39;au trente-neuf, et l&#39;afficher près de&amp;nbsp;l’ascenseur, tandis que moi, je n&#39;arrivais pas à trouver la motivation pour les démarches concernant ma propre sécurité sociale ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un être humain normal ne pouvait&amp;nbsp;décidément&amp;nbsp;faire ceci. Il s&#39;agissait, je le craignais, encore, des mamies du syndic dont la phalange se réunissait dans le local de l&#39;immeuble. Ma stupeur redoubla. J&#39;imaginai le promeneur angoissé, son&amp;nbsp;règlement&amp;nbsp;intérieur à la main, scrutant maladivement les façades. J&#39;imaginai l&#39;opérateur&amp;nbsp;dépêché, mandaté, assermenté, effectuant&amp;nbsp;scrupuleusement&amp;nbsp;ce travail de scrutateur de balcons au service du syndic implacable. Une ronde toutes les semaines, le tout compris dans un planning, où il fallait aussi examiner les boites aux lettres, les vélocipèdes accrochés aux barrières des allées, les voitures des visiteurs devant les garages des résidents. Et soudain, je compris à ce que nous avions affaire, présentement, dans ce coin tranquille de&amp;nbsp;l’Ile-de-France, et que ce mot était simple mais terrible, et claquait sinistrement devant l&#39;entrée cernée d&#39;hortensias ; nous avions affaire à du : &lt;i&gt;Fascisme&lt;/i&gt;. Une goutte de sueur froide perla dans l&#39;échine de mon dos, juste derrière moi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J&#39;avais pourtant lu ces histoires d&#39;Adolf Hitler élevé de 2 à 12 ans dans le local d&#39;un syndic d&#39;immeuble, parmi des mamies&amp;nbsp;tatillonnes friandes de courriers à entête, et les conséquences néfastes qui s&#39;ensuivirent avec ce maladif souci d&#39;organiser tout. Je ne pouvais prétendre ignorer ceci, désormais. C&#39;était de ma responsabilité d&#39;intervenir, et je sus ce qui me restait à faire, une fois passée l&#39;envie de dénoncer les voisins du 3ème qui avait également un enfant et donc - eux aussi - beaucoup de linges à sécher : entrer en&amp;nbsp;&lt;i&gt;résistance&lt;/i&gt;. Une vive émotion me gagna. Ainsi donc, malgré les années passées, j&#39;avais toujours la fibre du courageux réserviste&amp;nbsp;de l&#39;ombre, discret et vigilant ; le sens du devoir, du sacrifice, de la lutte n&#39;était pas mort dans mon coeur palpitant, et à l&#39;heure terrible où l&#39;Ile-de-France avait besoin de moi, j&#39;allais me lever tel une foule anonyme faisant corps comme un seul homme, étant en vérité un seul homme, pour faire face à mes responsabilités.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce faire, de manière clandestine, j&#39;allais d&#39;un coup de stylo laisser une remarque sybilinne&amp;nbsp;sur l&#39;emploi du temps des autorités du voisinage, railler leur&amp;nbsp;oisiveté&amp;nbsp;avec une&amp;nbsp;irrésistible&amp;nbsp;ironie qui allait tout emporter sur son passage tel un Voltaire banlieusard. Je cherchais les mots, seul devant les boites aux lettres, &quot;Vous n&#39;avez vraiment que ça à ... faire ?&quot; ou &quot; ... à foutre&quot; mais cela semblait un peu vulgaire, je ne savais pas, et trépignai, je risquais d&#39;apparaître&amp;nbsp;comme un vil vandale alors que mon combat était noble.&amp;nbsp;J&#39;allais prendre le temps de réfléchir, et faire un post-it&amp;nbsp;plutôt, tranquillement chez moi, sans doute rejoint plus tard par d&#39;autres post-its des voisins, dans le courant de la semaine, suite à un grand mouvement de prise de conscience collective du&amp;nbsp;bâtiment&amp;nbsp;trente-neuf. Mieux qu&#39;un post-it, j&#39;allais imprimer un texte, au ton définitif, pour l&#39;afficher à côté de l&#39;immonde mise en garde, me&amp;nbsp;réjouissant&amp;nbsp;déjà de ces mamies humiliées par mon&amp;nbsp;pamphlet, se roulant au sol de dépit dans leur nid d&#39;aigle agrémenté de&amp;nbsp;napperons, et,&amp;nbsp;vilipendées par un simple citoyen, homme locataire mais homme debout, je les voyais s&#39;arracher de rage leurs cheveux bleus. Mieux, ces affiches, je pourrais les distribuer, un matin, à la foule des quatorze appartements, tandis que j&#39;accrocherais le long de mon balcon vingt-deux maillots de l&#39;équipe de football d&#39;Algérie afin de les pousser dans leurs derniers retranchements moraux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Evidemment, je n&#39;en fis rien. Le temps nous est compté, et risque fort d&#39;emporter ces mamies les premières, bien avant moi, laissant seul comme un léviathan administratif dans les profondeurs du quotidien : le règlement&amp;nbsp;intérieur. Je rentrai chez moi (j&#39;allais écrire &lt;i&gt;je rentrâmes chez moi&lt;/i&gt;, tant mon esprit était en agitation) et aussitôt discutai avec ma compagne sur &lt;i&gt;qui &lt;/i&gt;était l&#39;épinglé, en gloussant un peu, se disant que&amp;nbsp;décidément&amp;nbsp;nous ne pouvions être les fautifs, et que nous étions tranquilles, qu&#39;il n&#39;y avait pas de souci à se faire, et qu&#39;au pire, nous connaissions des avocats.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tandis que mon fils et moi-même étions absorbés à méditer sur la lune, et le&amp;nbsp;règlement&amp;nbsp;extérieur&amp;nbsp;qui régit les astres, la tête relevée, j&#39;eus soudain de la peine, pour le scrutateur du linge propre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qui était-il, quelle était sa vie ? Quelle était son existence ? N&#39;y avait-il pas dans cette démarche étrange de dénonciation absurde, un vibrant besoin d&#39;affection, un hymne à l&#39;amour dans ce monde sourd et froid ? Cet appel à cacher ce linge qu&#39;on ne saurait voir, empreint d&#39;un érotisme très subtil, mettant en branle les mécanismes des interdictions et des tabous, était, à sa façon, une forme de dialogue. Nous avons tellement, tous, besoin d&#39;amour. Petit soldat de l&#39;ordre, face à l&#39;anarchie du désordre, à sa mesure, et humainement, il luttait contre l&#39;entropie et ses forces funestes qui réduisaient tous nos humains efforts au Néant. Cet individu, cet homme, cette femme - peut-être même cette mamie - dans son combat souterrain était notre semblable, notre frère. J&#39;avais à cet instant envie de le serrer dans mes bras, dans une infinie embrassade de consolation, pour l&#39;éternité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les jours suivants, je&amp;nbsp;n’aperçus&amp;nbsp;pas plus de linge que les jours précédents. J&#39;avais pris l&#39;habitude de regarder l&#39;immeuble sous un autre jour, guettant aux&amp;nbsp;façades&amp;nbsp;les serviettes&amp;nbsp;moqueuses&amp;nbsp;comme des langues tirées, un peu comme si je me mettais dans la peau du mystérieux scrutateur offensé. Le locataire pincé s&#39;était-il ressaisi ? Ou ce coupable -&amp;nbsp;imaginaire - avait-il soudé artificiellement la communauté ténue du trente-neuf, et peut-être, dans cette même veine, serait-ce une bonne idée de dénoncer dans un communiqué semblable un nuisible joueur de trompette fictif pour renforcer l&#39;idée de bonne gouvernance ? L&#39;affiche avait disparu. Un discret morceau de scotch demeurait simplement sur la porte en verre, témoin d&#39;un arrachage vif par quelqu&#39;un d&#39;un peu plus radical que moi.</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8861374609918019882/posts/default/3155092394932716828'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8861374609918019882/posts/default/3155092394932716828'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://balmeyer.blogspot.com/2011/09/la-discrete-anarchie-du-linge-propre.html' title='La discrète anarchie du linge propre'/><author><name>Balmeyer</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18210654828964991576</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8861374609918019882.post-3574050041218836536</id><published>2011-03-10T17:26:00.000+01:00</published><updated>2011-09-15T13:14:03.188+02:00</updated><title type='text'>Le voyage de Raymond Domenech</title><content type='html'>&lt;span class=&quot;Apple-style-span&quot; style=&quot;background-color: white; color: #333333; font-family: Georgia, &#39;Times New Roman&#39;, Times, serif; font-size: 14px; line-height: 22px;&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
Le pouvoir d&#39;absorption du téléphone portable est tel que, survolant au matin le boulevard de Grenelle tout lumineux depuis un métro aérien, je n’avais absolument pas remarqué la présence de Raymond Domenech, en face de moi, depuis une vingtaine de minutes. Entrant dans la rame, j’étais venu vite m’accrocher à la barre pour m’oublier dans le petit terminal amusant, comme tant de gens le font. Je les, enfin, je nous surnomme les “Homo Sapiens Smartphonus”, créatures en pleine spéciation, le cou horizontal, les pouces protubérants et agiles, un sonar naissant sur l’occiput afin de se mouvoir, regard en dedans, parmi les obstacles animés.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 18px; margin-top: 15px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
J’étais là, donc, à scruter cette petite république intérieure d’amis imaginaires quand je levai les yeux pour toiser avec satisfaction les passagers véritables. Il y avait, parmi la grappe de compagnons de barre dont j’étais un fruit, cet individu, Raymond Domenech, les cheveux gris, avec l’air édifiant de l’homme qui se rend quelque part, pour y faire quelque chose. Encore distrait par mes lectures microscopiques, je mis quelques secondes à constater que ce personnage tellement en survêtement, avec des sourcils à la Domenech, était bien&amp;nbsp;&lt;em style=&quot;margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;le&lt;/em&gt;&amp;nbsp;Raymond Domenech, ancien sélectionneur de l’Equipe de France de Football. Dehors, sous mes pieds, Grenelle défilait, avec son évidente force de réforme faite boulevard.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 18px; margin-top: 15px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
Surpris, j’eus le réflexe de crier à tue-tête: “Mais c’est Raymond Domenech ! De la Coupe du Monde ! Ray, celui qui s’est fait traiter dans le vestiaire ! ” mais, conscient du ridicule que la situation engendrerait, je m’en m&#39;abstins. Les autres voyageurs, sans doute aussi délicats ou embarrassés que moi, regardaient placidement dans tous les sens, qui dans leur journaux gratuits, qui dans leur Alchimiste de Paul Coelho. Raymond Domenech, quant à lui, participait à cet étonnant spectacle tout en retenue et non-dit, avec doigté, sans doute rompu aux usages d’être Raymond Domenech. Avec aplomb, mais réserve, il regardait droit devant lui, mais pas trop, juste comme il faut, une expression de douce normalité, voire de bonhomme banalité fixée sur le visage. C’était comme s’il s&#39;intéressait aux affiches d’un &quot;Printemps des Poètes&quot; à venir, avec des vers qu’aurait pu écrire Nicolas Anelka, par exemple.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 18px; margin-top: 15px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
Je me remémorais alors l’année précédente, et le tapage universel engendré par cet usager des transports en commun, certainement en règle, avec son ticket convenablement composté. A la Radio, dans les journaux, dans le monde entier de la télévision et de l’opinion, on avait pu honnir tel un roi cet homme là, avec sa main, une main avec des poils, et des gros doigts de plombier, sa main pour s’aider d’une barre en fer à ne pas choir du fait des soubresauts. Les inconnus autour, presqu’une foule, étaient techniquement en mesure de lyncher - enfin ! - ce fameux chantre détesté de la France qui perd. Mais pourtant, il ne se passa rien. La foule était confuse. Raymond Domenech, intégralement, se tenait là, comme s’il avait rendu, par sa simple présence, tout doux ce peuple déraisonnable.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 18px; margin-top: 15px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
A l’heure d’agir comme la France me l’enjoignait, je fus pris d’empathie. Je me dis que j’aurais pu lui casser la gueule, on m’aurait peut-être absous, qui sait, mais peut-être qu’on m’aurait surtout traité de malade et qu’on aurait cajolé Raymond Domenech, lui, ce personnage connu, notable de notre société spectaculaire. On lui aurait dit : “Excusez-le, il a perdu le sens de la mesure, ce jeune homme.” Alors, j’eus soudain envie de le prendre dans les bras, de lui dire au contraire : “Pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font !”, lui, Raymond Domenech, en survêtement... j’aurais ajouté : “Entre nous, quelle bonne farce ce monde depuis des milliers d’années ! Et on va tous mourir.” Il aurait acquiescé en silence, sombre, avec ses sombres sourcils.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 18px; margin-top: 15px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
Comme je travaillais non loin de la Fédération Française de Football, je pressentis qu’il allait descendre en même temps que moi, pour se rendre au bureau, à&amp;nbsp;&lt;em style=&quot;margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;son&amp;nbsp;&lt;/em&gt;bureau de Football. Cette prophétie se réalisa tout à fait, un peu à la mesure de la légende de Raymond Domenech. Traversant la rue, Raymond Domenech, intact, normal, vivant, sourcilleux, se perdit parmi la foule, disparut de l’évidence nue de mon présent, où il ne se passait rien de stupéfiant, pour regagner sa place en douceur dans le baroque théâtre des souvenirs.&lt;/div&gt;
</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8861374609918019882/posts/default/3574050041218836536'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8861374609918019882/posts/default/3574050041218836536'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://balmeyer.blogspot.com/2011/03/le-voyage-de-raymond-domenech.html' title='Le voyage de Raymond Domenech'/><author><name>Balmeyer</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18210654828964991576</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8861374609918019882.post-6801258758470556979</id><published>2011-02-16T17:25:00.000+01:00</published><updated>2011-08-26T17:26:11.792+02:00</updated><title type='text'>Un gorille</title><content type='html'>&lt;span class=&quot;Apple-style-span&quot; style=&quot;background-color: white; color: #333333; font-family: Georgia, &#39;Times New Roman&#39;, Times, serif; font-size: 14px; line-height: 22px;&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
J&#39;ai rêvé d&#39;un grand gorille, au milieu des herbes hautes. Il tenait dans ses bras un minuscule&amp;nbsp;nourrisson. Le contraste était saisissant, et dans le rêve, nous trouvions cet alarmant spectacle assez beau&amp;nbsp;: le primate immense, au poil noir, l&#39;enfant minuscule, pâle et blond, portant juste une couche blanche.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 18px; margin-top: 15px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
Le gorille avait volé l&#39;enfant à la femme implorante, à côté de moi. Celle-ci tentait de négocier avec le gorille, inquiète mais attendrie par&amp;nbsp;l’ambivalence&amp;nbsp;de la bête, qui protégeait l&#39;enfant dérobé, farouchement. A côté du gorille se tenait un chimpanzé, qui agitait ses bras&amp;nbsp;déraisonnables. Le chimpanzé réclamait l&#39;enfant, un peu pour lui, un peu pour nous le rendre. Il avait clairement la fonction d&#39;intermédiaire, comme coincé entre deux espèces. Le chimpanzé ne savait pas s&#39;il fallait laisser le bébé à son gros congénère, ou nous le restituer, ou le garder pour lui ; il était l&#39;image même de l&#39;indétermination. Quant à moi, je n&#39;avais pas de fonction&amp;nbsp;précise, je devais certainement le&amp;nbsp;privilège&amp;nbsp;de ma présence au fait d&#39;être l&#39;hôte du rêve, car j&#39;étais un peu dans cette fantaisie en touriste, sans lien réel avec cette mère en tenue de safari et les créatures agitées.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 18px; margin-top: 15px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
Soudain, le gorille disparut. Nous n&#39;étions pas inquiets, mais le gorille réapparu avec l&#39;enfant inerte et ensanglanté. Le petit être semblait avoir été aspiré tel un pamplemousse. Le gorille était&amp;nbsp;indéchiffrable, il paraissant calme mais&amp;nbsp;ombrageux, vaguement conscient de sa grosse&amp;nbsp;bêtise, comme le chien ayant fait pipi dans le canapé. L&#39;enfant flapi pendouillait entre les mains immenses du quadrumane, épluchure rouge de fruit&amp;nbsp;consommé. Il n&#39;y avait pas de tristesse, mais une consternation générale, une grande&amp;nbsp;déception : le gorille n&#39;était pas si mignon que ça, en fait. Je m&#39;assis&amp;nbsp;brièvement&amp;nbsp;dans l&#39;herbe haute, pour méditer sur le&amp;nbsp;fâcheux&amp;nbsp;incident, sachant qu&#39;il serait vain d&#39;y trouver une quelconque morale. Ils avaient tous disparus, alors, seul restait&amp;nbsp;l’atmosphère&amp;nbsp;jaunie d&#39;une savane imprécise. Peut-on faire confiance aux gorilles ? Ce n&#39;était pas utile, cette&amp;nbsp;réflexion, dans la vie véritable, on ne faisait pas confiance aux gorilles, évidemment. Et tandis que tout s&#39;achevait, qu&#39;une sorte de nuit d&#39;éveil imminent tombait sur ce paysage lointain, j&#39;en arrivais à la conclusion que je faisais un rêve vraiment singulier.&lt;/div&gt;
</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8861374609918019882/posts/default/6801258758470556979'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8861374609918019882/posts/default/6801258758470556979'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://balmeyer.blogspot.com/2011/02/un-gorille.html' title='Un gorille'/><author><name>Balmeyer</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18210654828964991576</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8861374609918019882.post-1390693139597209359</id><published>2011-01-19T17:23:00.000+01:00</published><updated>2011-09-02T16:41:18.587+02:00</updated><title type='text'>Quand les mamies dominaient le monde</title><content type='html'>Le syndic d&#39;immeuble est catégorique : il ne faut pas d&#39;étiquette sur la boite aux lettres avec le nom de l&#39;Association, afin de recevoir le courrier. Subséquemment, une petite mamy passe tous les jours pour arracher l&#39;étiquette de l&#39;Association, que nous collons. 
Ma compagne, constatant cela, est allée voir le syndic de l&#39;immeuble. Il y avait peut-être une exposition temporaire de dentiers, je ne sais pas, j&#39;invente. Ma compagne demande : mais comment peut-on recevoir le courrier de l&#39;Association qui nous est adressé ? On lui répond : mais non. Il ne faut pas d&#39;étiquette sur les boites aux lettres. La raison est que, évidement, il n&#39;en faut pas, parce qu&#39;on ne doit pas en mettre. Les mamies autour, murmurent : ah ben oui, ah ben non, toutafé, il n&#39;en faut pas des étiquettes, patati patata. Et donc, une mamy assermentée par le syndic d&#39;immeuble se charge de la décoller, tous les jours, s&#39;il le faut, les étiquettes.

&lt;span class=&quot;Apple-style-span&quot; style=&quot;color: #333333; font-family: Georgia, &#39;Times New Roman&#39;, Times, serif;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;Apple-style-span&quot; style=&quot;font-size: 14px; line-height: 22px;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 18px; margin-top: 15px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
Mamies, une canicule est si vite arrivée.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 18px; margin-top: 15px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
C&#39;est quand même très important, insiste ma compagne, si c&#39;est par exemple l&#39;URSSAF ou les impôts ou la Gendarmerie ou Daxon qui envoie un&amp;nbsp;courrier&amp;nbsp;? Mais la mamy en charge du syndic refuse, au nom de la non-présence d&#39;étiquette sur la boite aux lettres, car c&#39;est la règle. A ce moment, ma compagne met une bonne droite dans la bouche de la mamy, mais non j&#39;invente encore.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 18px; margin-top: 15px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
Je dis alors à mon épouse : on a qu&#39;à préparer une trentaine d&#39;étiquettes, comme ça, on est tranquille pendant trente jours ? Tous les matins, je veux bien la remplacer, comme ça on reçoit bien les lettres de menace de l&#39;URSSAF. Mais la mamy du syndic, membre de la &quot;Milice des Mamies&quot; (ou la Mamy-lice), pourrait se mettre en colère, et nous de devenir très mal vus. Quand je pense qu&#39;on voit partout dans ce monde terrible des mamies toutes craintives, comme des&amp;nbsp;mammifères&amp;nbsp;à la fin du Crétacé, terrorisées par les petits jeunes, pourquoi la vie est si mal faite et que nous sommes, nous, contrairement au reste de l&#39;univers, sous la coupe d&#39;un gang de mamies omnipotentes ? On va quand même pas monter une milice de jeunes pour faire West Side Story dans le parc, contre les mamies qui claquent des doigts ?&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 18px; margin-top: 15px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
Soudain, la mamy propose une solution à ma compagne, pour sortir de ce&amp;nbsp;labyrinthe&amp;nbsp;: il faut faire un changement d&#39;adresse à la Poste. Le changement d&#39;adresse, qui fait que la poste vous réexpédie votre courrier, comme quand vous déménagez. Elle lui explique : un changement d&#39;adresse, mais vers la&amp;nbsp;&lt;i style=&quot;margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;même&amp;nbsp;&lt;/i&gt;adresse, mais avec - nuance - le terme &quot;chez Balmeyer&quot; indiqué, pour que le&amp;nbsp;courrier&amp;nbsp;vous arrive, et cela sans mettre une étiquette sur la boite aux lettres. Oui, un changement d&#39;adresse à la Poste de l&#39;adresse 1 vers l&#39;adresse 1, et nickel, pas d&#39;étiquette. Les mamies. Quand les mamies dominaient le monde. A l&#39;époque du Mamirassique. Mamirassik park.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 18px; margin-top: 15px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
Un jour viendra, comme la à la fin du Permien, il y aura la&amp;nbsp;canicule globale, et le monde sera un vaste désert de désolation, et Dieu se dressera tout puissant dans l&#39;espace pour le jugement dernier, et Dieu, plus fort que l&#39;espace, le temps et l&#39;URSSAF, Il raclera les mamies de son petit grattoir vengeur !&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8861374609918019882/posts/default/1390693139597209359'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8861374609918019882/posts/default/1390693139597209359'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://balmeyer.blogspot.com/2011/01/quand-les-mamies-dominaient-le-monde.html' title='Quand les mamies dominaient le monde'/><author><name>Balmeyer</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18210654828964991576</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8861374609918019882.post-5794259385218351434</id><published>2011-01-13T17:22:00.000+01:00</published><updated>2011-08-26T17:23:05.360+02:00</updated><title type='text'>Un bon copain</title><content type='html'>&lt;span class=&quot;Apple-style-span&quot; style=&quot;background-color: white; color: #333333; font-family: Georgia, &#39;Times New Roman&#39;, Times, serif; font-size: 14px; line-height: 22px;&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
Mon fils n&#39;a pas de copain. Du moins, jusqu&#39;à ce jeudi. Zach, dans la cour, préfère jouer dans son coin. Les autres font du bruit, se donnent des coups, hurlent, ça l&#39;a l&#39;air de&amp;nbsp;l’embarrasser. Les autres s&#39;arrachent leurs chapeaux, leurs bonnets, lui, il préfère garder son bonnet sur sa tête. Pourquoi ils font ça. Ca l&#39;embête ces gens qui enlèvent les bonnets brutalement, comme si c&#39;était l&#39;été par exemple. Zach est contemplatif. Il aime bien regarder les fourmis, les coccinelles. Ses camarades aussi, mais ils aiment bien les écrabouiller à la fin, pourquoi ils font ça.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 18px; margin-top: 15px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
Nous sommes parfois contraints de faire de la propagande pro-copain : &quot;Mais c&#39;est super les copains ! On joue avec, et tout&quot;. Je dois forcer le trait, car moi-même misanthrope, ours, je ne le comprends que trop, d&#39;où le problème. Il nous&amp;nbsp;écoute&amp;nbsp;peu convaincu, il n&#39;a pas l&#39;air si triste, mais un peu ennuyé, il subit les autres avec philosophie. Il est bien, comme ça, tout seul, il nous dit qu&#39;il s&#39;amuse bien avec lui même. Pour son&amp;nbsp;anniversaire, il ne veut inviter personne chez lui, même pas des figurants, calmés aux médicaments. Parfois, le soir nous lui demandons, l&#39;air de ne pas y toucher s&#39;il s&#39;est bien amusé avec ses&amp;nbsp;&lt;em style=&quot;margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;copains&lt;/em&gt;, et goûtant&amp;nbsp;notre ton&amp;nbsp;préoccupé, notre air&amp;nbsp;sombre et&amp;nbsp;attentionné&amp;nbsp;(et même si par ailleurs il s&#39;est vraiment amusé comme un fou avec ses camarades de classe ) il prend l&#39;air mélancolique et nous dit, cabotin : &quot;non, je n&#39;ai pas de copain aujourd&#39;hui&quot;, puis fait son visage&amp;nbsp;de bambi.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 18px; margin-top: 15px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
Mais soudain, Zach a un copain. Cela s&#39;est passé jeudi. Avec le copain, il a pu partager un grand point commun, l&#39;amour des Zhu Zhu Pets, ces mignons hamsters-jouets qui font des bruits débiles. Enfin, c&#39;est surtout le point commun de Zach, car visiblement le copain ne connait rien des Zhu Zhu pets. Mais ça sert à ça, un copain ça fait confiance, ça comble les lacunes des points pas encore&amp;nbsp;communs, en anticipation. Tous les deux sont convaincus de l&#39;importance de ces jouets. Quand je viens chercher Zach, il faut ramener le copain à la maison, tout de suite. Et le copain veut venir tout de suite, aussi, pour voir les jouets, et le chat. Il est d&#39;accord. Ils ont de grands projets. Il faut organiser immédiatement un anniversaire, juste pour y inviter le copain. Il faut partir en vacances avec le copain, pour lui montrer la mer. Dans le couloir de l&#39;école, Zach me présente au copain, et il présente au copain son père. Il me dit d&#39;expliquer au copain qu&#39;il a un Zhu Zhu Pet à la maison. Et un chat. J&#39;explique. Il confirme en expliquant à son tour : &quot;j&#39;ai un Zhu Zhu Pet à la maison, et un chat !&quot; Zach fait des promesses : demain, il&amp;nbsp;emmènera&amp;nbsp;son Zhu Zhu Pet pour lui montrer. Demain, ils joueront dans la cour. Ils feront un chateau, une ferme, un élevage avec des milliers de Hamsters. Demain, le copain viendra à la maison, même si ce n&#39;est pas trop possible. Vivement demain !&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
&lt;br style=&quot;margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot; /&gt;En rentrant, d&#39;habitude Zach&amp;nbsp;traîne, on dirait un de ces aspirateurs des grands magasins, qui glissent lentement, pachydermes indolents pour aspirer le&amp;nbsp;carrelage&amp;nbsp;; il fait comme ça d&#39;habitude, il rentre de l&#39;école fatigué comme s&#39;il aspirait les murs, le trottoir. Là, Zach marche prestement, le coeur léger, je dois presque courir pour le suivre. Il parle vivement. Il me dit qu&#39;il défend son copain&amp;nbsp;contre&amp;nbsp;ceux qui arrachent des bonnets, et que son copain le&amp;nbsp;défend&amp;nbsp;contre ceux qui arrachent les chapeaux. Il faudrait&amp;nbsp;arriver&amp;nbsp;tôt, pas en retard, pour voir le copain, lui montrer le Zhu Zhu Pet que je me&amp;nbsp;trimbalerai&amp;nbsp;ensuite dans la poche, jusqu&#39;au soir. Vivement demain !! C&#39;est un copain, un copain certes pas de trente ans, mais un copain de deux heures, un vrai copain, un bon copain.&amp;nbsp;Vivement demain !&lt;/div&gt;
</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8861374609918019882/posts/default/5794259385218351434'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8861374609918019882/posts/default/5794259385218351434'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://balmeyer.blogspot.com/2011/01/un-bon-copain.html' title='Un bon copain'/><author><name>Balmeyer</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18210654828964991576</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8861374609918019882.post-1982138178503420104</id><published>2011-01-11T17:22:00.000+01:00</published><updated>2011-09-02T16:44:30.414+02:00</updated><title type='text'>Au moins deux</title><content type='html'>Au moins deux (je travaille au moins un), ils ont fait des travaux, et en soulevant une dalle du plancher, ils ont trouvé un chat crevé. Il était là depuis on ne sait quand, et tout le moins deux s&#39;est mis à sentir la pourriture. Personne ne l&#39;avait senti avant, et je me suis dit que c&#39;était un plancher imperméable à la pourriture de chat mort, et que cette fonction là c&#39;était quand même quelque chose. Peut-être que ce n&#39;était pas vraiment volontaire, car j&#39;imagine mal les concepteurs valider ceci en enfouissant des créatures ou de la viande derrière une paroi étanche, pour voir si ça sent à force.&lt;span class=&quot;Apple-style-span&quot; style=&quot;color: #333333; font-family: Georgia, &#39;Times New Roman&#39;, Times, serif;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;Apple-style-span&quot; style=&quot;font-size: 14px; line-height: 22px;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;
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&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
En tout cas je ne sais pas si c&#39;est psychologique, mais j&#39;ai deviné la pourriture se répandre au moins un,&amp;nbsp;atténuée, suave. Je me suis dit,&amp;nbsp;sirotant&amp;nbsp;mon café instantané (et tout bas car je n&#39;ai pas osé tenté cette généralité dans la vraie vie), voilà, c&#39;est ça, une activité salariée et la folie furieuse de notre bref monde : une odeur&amp;nbsp;indécelable&amp;nbsp;de chat crevé sous le plancher aspiré tous les soirs, qui vous pousse à ouvrir des blogs de poèmes.&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 18px; margin-top: 15px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
Des gens du moins deux sont partis prendre une pause, car l&#39;odeur n&#39;était pas engageante. J&#39;ai éprouvé de la compassion pour cet étrange, curieux,&amp;nbsp;désespéré animal, qui est allé se foutre sous le plancher du moins deux, pour y agonir. Je ne sais pas si dans son périple cocasse il a été dérangé par l&#39;odeur des laborieux salariés, au dessus, ou si la fonction&amp;nbsp;d’imperméabilité&amp;nbsp;du sol était bilatérale, provoquant ainsi une sorte de misère compartimentée, parallèle, chacun se corrompant dans son espace dédié.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 18px; margin-top: 15px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
Les murs sont étranges, c&#39;est pour ça que je ne suis pas bricoleur, du tout. J&#39;envie parfois les bricoleurs, mon beau-frère par exemple, pour qui le mur est un mur, qui n&#39;a pas de secret, qui est une paroi, qui se perce, se troue, qui se détruit, et se remplace, avec genre du&amp;nbsp;Placoplatre (rien que le terme, semblable à&amp;nbsp;Cléopâtre, évoque des mystères et des malédictions). Pour moi, les murs cachent des tuyaux, des fils invisibles, d&#39;inavouables secrets, des momies, des corps disparus. Percer un mur, c&#39;est risquer d&#39;atteindre sans faire exprès la colonne d&#39;eau, et voir sa pièce inondée en cinq minutes. Ou bien des fils électriques, et mourir perceuse à la main comme Ted Bundy.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 18px; margin-top: 15px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
Mes vacances sont finies, c&#39;est sinistre, et je travaille toujours au moins un. A mon retour, comme les toilettes étaient toutes occupées, je suis allé dans le WC des femmes. Pour me punir de ce blasphème&amp;nbsp;hygiéniste, la serrure s&#39;est bloquée, et je suis un peu resté coincé dans le moins un silencieux. Pas&amp;nbsp;longtemps, mais tout de même, je me suis imaginé devenir, après le chat du moins deux, l&#39;homme du moins un, et cette funeste perspective m&#39;a motivé à débloquer virilement la porte, pour m&#39;éclipser enfin de mon sous-sol quotidien.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8861374609918019882/posts/default/1982138178503420104'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8861374609918019882/posts/default/1982138178503420104'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://balmeyer.blogspot.com/2011/01/au-moins-deux.html' title='Au moins deux'/><author><name>Balmeyer</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18210654828964991576</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8861374609918019882.post-5963296882107408677</id><published>2010-12-14T17:20:00.000+01:00</published><updated>2011-08-26T17:21:27.794+02:00</updated><title type='text'>Les Loutres</title><content type='html'>&lt;span class=&quot;Apple-style-span&quot; style=&quot;background-color: white; color: #333333; font-family: Georgia, &#39;Times New Roman&#39;, Times, serif; font-size: 14px; line-height: 22px;&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
Je me suis&amp;nbsp;réveillé&amp;nbsp;ce matin, les deux loutres qui me servent de famille dormaient encore. Le Mercredi, c&#39;est Mercredi-Retard. Je me traine à la cuisine, il fait très jour.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 18px; margin-top: 15px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
Je regarde la grue qui, à cinquante mètres de moi, transporte des véhicules. Je me dis que ça serait spectaculaire si elle s&#39;écroulait, et je chasse cette pensée mauvaise vite, tout en pensant que ça ferait un début de journée d&#39;enfer si la grue tombait, tout de même. Comme il y a une école maternelle et une maison de retraite autour, je me dis pour faire bonne figure &quot;ça ne serait pas juste qu&#39;elle tombe dans l&#39;école, pour sûr, mais plutôt sur les vieux&quot;, et je me sens mieux.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 18px; margin-top: 15px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
Agitant mon café tandis que les autres se lancent dans une hibernation hardie, je pense aux papous de Gainsbourg, dans Melody Nelson, &quot;Ces naufrageurs naïfs armés de sarbacanes / Qui sacrifient ainsi au culte du cargo&quot;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 18px; margin-top: 15px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
Je pars. Il fait froid. J&#39;ai l&#39;impression d&#39;avoir un casque de musique vissé dans les oreilles, je devrais mettre un bonnet. Je lis au passage une énième&amp;nbsp;recommandation&amp;nbsp;accrochée aux murs de l&#39;immeuble. Et il ne faut pas garer trop sa voiture dans l&#39;allée. Et il ne faut pas trop allumer la lumière dans la cave. Et il ne faut pas faire trop un barbecue dans&amp;nbsp;l’ascenseur. Et il ne faut pas trop déménager avec des trop cartons dans des trop&amp;nbsp;camions&amp;nbsp;avec des trop gens pour le bien de tous. J&#39;imagine le métier étrange qu&#39;est rédacteur de messages informatifs dans le syndic d&#39;immeuble.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 18px; margin-top: 15px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
J&#39;ai remarqué que ces fils de chacals avaient diminué la minuterie de la lumière dans la cave. Je dois aller plus souvent allumer pour ne pas me retrouver en plein Vendredi 13. J&#39;imagine la réunion des eux contre moi, autour d&#39;une table, déterminés à un plan d&#39;action pour limiter les abus de lumière dans la cave ; ils doivent porter des badges. Peut-être même qu&#39;ils ont un salut spécial, entre eux. L&#39;aile dure du groupe doit militer pour la lampe de poche. L&#39;aile progressiste pour un bouton qui tourne.&amp;nbsp;Représailles. Je me demande si en sciant un des pieds de la grue, il n&#39;y a pas moyen de leur donner une bonne leçon.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 18px; margin-top: 15px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
Le local poubelle a encore un interrupteur normal&amp;nbsp;d’électricité. Havre de paix et de la vie à taille humaine que cet endroit préservé. J&#39;y pense souvent, au local poubelle, quand je suis en&amp;nbsp;détresse de liberté.&lt;/div&gt;
</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8861374609918019882/posts/default/5963296882107408677'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8861374609918019882/posts/default/5963296882107408677'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://balmeyer.blogspot.com/2010/12/les-loutres.html' title='Les Loutres'/><author><name>Balmeyer</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18210654828964991576</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8861374609918019882.post-5696271358119898675</id><published>2010-12-13T17:19:00.000+01:00</published><updated>2011-08-26T17:20:02.988+02:00</updated><title type='text'>Notre Père-Noël qui êtes en Laponie</title><content type='html'>&lt;span class=&quot;Apple-style-span&quot; style=&quot;background-color: white; color: #333333; font-family: Georgia, &#39;Times New Roman&#39;, Times, serif; font-size: 14px; line-height: 22px;&quot;&gt;En ce moment, Zacharie n&#39;arrête pas de me poser des questions impossibles.&amp;nbsp;Je me demande s&#39;il existe un Conseil Supérieur de l&#39;Education, une Cour Européenne de la Vérité Pédagogique, pour me sortir de ce pétrin.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
A cet enfant, j&#39;ai essayé de raconter les choses le plus logiquement possible, de manière&amp;nbsp;rationnelle, pour essayer qu&#39;il devienne aussi intelligent que moi, ou, si cela est placer la barre trop haut, aussi intelligent que sa maman.&amp;nbsp;Parallèlement&amp;nbsp;à cela, nous avons tâché de garder une part de magie, quand même, car l&#39;enfant aime le n&#39;importe quoi, comme la tarte au caca, ou les répétitions interminables, ou les poneys volants.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 18px; margin-top: 15px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
L&#39;explication&amp;nbsp;rationnelle est pratique, pour dissiper par exemple les craintes se dissimulant dans les recoins de la maison ; pour disperser les vampires, les fantômes car techniquement, cela n&#39;est pas&amp;nbsp;possible. L&#39;enfant qui grandit voit un monstre d&#39;intelligence lui pousser dans la tête, et cette puissance lui fait peur, et se répand partout, dans les placards et sous le lit. Je lui montre d&#39;ailleurs, en exemple, moi : &quot;Est-ce que j&#39;ai peur des vampires volants ?&quot; (je prends l&#39;air placide et joyeux&amp;nbsp;de quelqu&#39;un qui n&#39;a tout-à-fait-pas-peur, l&#39;air foufou du&amp;nbsp;cartésien&amp;nbsp;comblé et sans crainte). &quot;Et bien non !&quot; et dans ma forteresse d&#39;adulte&amp;nbsp;nettoyée&amp;nbsp;définitivement des fantômes et des monstres, je peux&amp;nbsp;m’apprêter&amp;nbsp;à voir le &quot;Retour des Morts Vivants&quot; en toute quiétude.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 18px; margin-top: 15px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
D&#39;un autre côté, la tentation est forte pour les adultes dotés d&#39;une carte &quot;Carrefour&quot;&amp;nbsp;de préserver cette zone floue et étrange se situant avant la compréhension froide du monde, où l&#39;on&amp;nbsp;aperçoit&amp;nbsp;le raisonnable au bout d&#39;un tunnel de chaos, où le doute n&#39;est pas triste mais plein de potentialité. Quelque chose que j&#39;aurais du mal à expliquer nous&amp;nbsp;convainc&amp;nbsp;de garder encore quelque temps en vie les petits lutins qui fabriquent des jouets, entre autres, ce pays où vont les animaux morts. Cette magie là, qui ne plait plus aux adultes (je n&#39;aime pas le principe du &quot;rester en enfance&quot;), on souhaite ne pas la saper trop tôt, peut-être pour donner le loisir de se métamorphoser.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 18px; margin-top: 15px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
Or donc, j&#39;étais l&#39;autre jour tranquillement assis par terre, quand mon fils a commencé à me poser des questions fort précises et techniques, après des jours de&amp;nbsp;réflexions, un peu comme ces&amp;nbsp;ordinateurs&amp;nbsp;ancestraux&amp;nbsp;qui imprimaient le fruit de leur travail après des nuits de calcul :&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 18px; margin-top: 15px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
&lt;i style=&quot;margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;&quot;Le Père-Noël, où habite-il exactement ? Pourquoi il vit dans un pays froid, et qu&#39;il ne s&#39;est pas installé dans un pays chaud, surtout qu&#39;il est vieux ? Pourquoi il est vieux, quel âge il a, s&#39;il n&#39;a pas d&#39;âge, pourquoi il n&#39;est pas jeune ? Est-ce qu&#39;il va mourir un jour ou pas ? S&#39;il ne meurt pas, pourquoi il est toujours vieux, et pourquoi il est pas resté jeune du fait qu&#39;il ne&amp;nbsp;vieillisse&amp;nbsp;pas ? Comment il fait pour entrer dans la chambre de tous les enfants du monde ? C&#39;est possible ? Alors les monstres et les vampires aussi peuvent entrer dans ma chambre comme ça ? Pourquoi ses rennes volent ? Pourquoi ils sont magiques ?&amp;nbsp;Ça&amp;nbsp;existe les animaux magiques ? Pourquoi le Vélociraptor avec ses plumes ne pouvaient pas encore voler du fait de l&#39;évolution des espèces, et le Renne magique du Père Noel peut voler alors qu&#39;il n&#39;a même pas de&amp;nbsp;membrane&amp;nbsp;comme&amp;nbsp;les chauves&amp;nbsp;souris&amp;nbsp;ou de plumes comme les oiseaux ?&lt;/i&gt;&quot;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 18px; margin-top: 15px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
Après une pilonage de questions similaires, véritable Pearl Harbour sur mes certitudes pédagogiques, le mieux est de&amp;nbsp;s’asseoir&amp;nbsp;en tailleur, et de commencer par &quot;écoute...&quot;, et de balbutier n&#39;importe quoi, de préférence la bouche pleine, sans trahir de secret, tout en étant&amp;nbsp;honnête, et en mentant sans trahir la vérité. Jamais pris de court sur la marche des planètes, jamais avare d&#39;une pédante envolée lyrique, je suis alors tout muet et tout interdit. Des fois, je crie : &quot;regarde ! le chat clignote des yeux !&quot;, et la diversion fonctionne.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 18px; margin-top: 15px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
J&#39;ai plus tard eu droit à une seconde couche, sur le &quot;pays des morts&quot; où séjourne notre chat roux parti il y bientôt deux ans. L&#39;enquête est précise sur sa localisation exacte : dans l&#39;espace ? Dans le ciel ? Entre les nuages et l&#39;espace ? Posé sur des nuages solides ? Ou bien sous la terre ?&quot; La question revenant, je tente diverses réponses : je dis mystérieusement que c&#39;est un symbole. Je dis aussi que l&#39;humanité n&#39;en sait rien car c&#39;est l&#39;Inconnu. J&#39;ai aussi dit que,&amp;nbsp;logiquement, ça devrait se situer vers Saturne, car il y a de la place, et des anneaux.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 18px; margin-top: 15px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
Lorsqu&#39;il me demande tout ça, il me scrute, avec dans son regard une confiance terrible. Le monde du merveilleux protège, colmate, mais dans l&#39;humanité qui croit, il inquiète aussi. Vient un jour le moment où la vérité est une&amp;nbsp;déception, et un soulagement. Je ne me souviens plus bien, quant à moi. Ceux qui ont toutes les solutions dans leur poche n&#39;ont sans doute pas traversé beaucoup de mystères.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8861374609918019882/posts/default/5696271358119898675'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8861374609918019882/posts/default/5696271358119898675'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://balmeyer.blogspot.com/2010/12/notre-pere-noel-qui-etes-en-laponie.html' title='Notre Père-Noël qui êtes en Laponie'/><author><name>Balmeyer</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18210654828964991576</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8861374609918019882.post-7812886367922695310</id><published>2010-12-06T17:27:00.000+01:00</published><updated>2011-08-26T17:27:52.933+02:00</updated><title type='text'>Les Amateurs</title><content type='html'>&lt;span class=&quot;Apple-style-span&quot; style=&quot;background-color: white; color: #333333; font-family: Georgia, &#39;Times New Roman&#39;, Times, serif; font-size: 14px; line-height: 22px;&quot;&gt;En ce moment, nous répétons pour un concert d&#39;élèves chanteurs, de l&#39;école d&#39;Emeline ; ce sont des amateurs. C&#39;est un de mes moments préférés, dans la vie.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
J&#39;ai fait un stage de musique Klezmer cette année, avec un pro qui comme tous les musiciens classiques&amp;nbsp;a tenu la&amp;nbsp;conventionnelle&amp;nbsp;et attendue sortie sur le monde du conservatoire &quot;qui est trop cruel et inhumain&quot;, et les amateurs qui sont formidables. Parlant des musiciens amateurs, avec une élève du conservatoire en train de passer son prix, il avait vraiment l&#39;air bonhomme du représentant en Canigou, qui répète &quot;c&#39;est vraiment délicieux !&quot; mais qui n&#39;en mangerait pour rien au monde.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 18px; margin-top: 15px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
Non pas qu&#39;il ait tort : quand un musicien&amp;nbsp;atteint&amp;nbsp;un grand degré d&#39;excellence, il lui devient difficile de&amp;nbsp;revenir&amp;nbsp;ramer avec des amateurs, surtout que, accompli techniquement, il lui reste tant de choses à explorer musicalement, intellectuellement que le fait de revenir en arrière avec ceux qui rament avec leur doigt doit être déprimant, j&#39;imagine. Mais il n&#39;est pas non plus obligé de dire que les &quot;amateurs sont formidables&quot;.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 18px; margin-top: 15px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
Les amateurs sont formidables. Je suis moi-même un amateur. C&#39;est amusant, car les amateurs que j&#39;accompagne ignorent souvent que je suis moi même amateur, parce que je suis dans le groupe qui accompagne, et qui tels les Corses ou les Ibères ont l&#39;air ténébreux et concentrés ; et j&#39;en joue : quand ils expriment leur crainte, j&#39;en rajoute : &quot;le pire c&#39;est quand le public sort les cageots de tomates, ou commence à huer, ça arrive souvent, c&#39;est horrible&quot;. Ils&amp;nbsp;deviennent&amp;nbsp;livides, et j&#39;éclate d&#39;un grand rire formidable, car je suis moi même formidable.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 18px; margin-top: 15px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
Certains &quot;amateurs&quot; vont faire leur premier concert. Ils sont tendus, excités, dans tous leurs états. Ils ont envie de mourir, de partir en Uruguay se cacher. D&#39;autres sont concentrés, façon commando au dessus de l&#39;objectif. Dans ces concerts, certains ont dix ans, ils vont chanter &quot;Capitaine Flam&quot;, d&#39;autres vont vraiment tout donner, avant de reprendre leur vie d&#39;instituteur, comme je vais reprendre la mienne d&#39;informaticien. Avant d&#39;entrer en scène, ça sent la peur. Ils sont bien habillés, maquillés. Il y a le public, souvent la famille de la famille, des amis, parfois un&amp;nbsp;professionnel&amp;nbsp;qui dit paisiblement : &quot;les amateurs sont formidables !&quot;. J&#39;adore ce cirque. C&#39;est quelque chose qui me réjouit, c&#39;est comme la choucroute, la fête du slip. C&#39;est tendu et bariolé.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 18px; margin-top: 15px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
Souvent, certains gagnent : les amateurs au bout de premières et affreuses, pénibles secondes surmontent leur trac, et tout d&#39;un coup ils sont sur scène, transfigurés, intronisés. Après leurs chansons, ils ont l&#39;air d&#39;avoir fait l&#39;amour dans un&amp;nbsp;amphithéâtre&amp;nbsp;universitaire, ils sont&amp;nbsp;ébouriffés, vidés, sonnés, comblés. Ce moment là est précieux. Ils veulent recommencer, ils veulent aller vivre dans une roulotte, ils veulent voter communiste, ils veulent s&#39;embrasser, fumer, boire, rire, ceux qui voulaient mourir avant ne veulent plus arrêter, jamais.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 18px; margin-top: 15px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
A la toute fin du film &quot;le Goût des Autres&quot;, le personnage joué par Alain Chabat se met à apprendre la&amp;nbsp;flûte&amp;nbsp;traversière, on le voit, parmi certains élèves dans ce qui semble être une école de musique. Il débute, il est un peu comique, mais&amp;nbsp;heureux, c&#39;est un instant de mûr attendrissement, une grande plénitude, une grande sagesse s&#39;en dégage ; c&#39;est vraiment toute la morale de tout, et je terminerai là dessus.&lt;/div&gt;
</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8861374609918019882/posts/default/7812886367922695310'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8861374609918019882/posts/default/7812886367922695310'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://balmeyer.blogspot.com/2010/12/les-amateurs.html' title='Les Amateurs'/><author><name>Balmeyer</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18210654828964991576</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8861374609918019882.post-2300776695057777130</id><published>2010-12-02T17:16:00.000+01:00</published><updated>2011-08-26T17:18:06.482+02:00</updated><title type='text'>Jimi</title><content type='html'>&lt;span class=&quot;Apple-style-span&quot; style=&quot;background-color: white; color: #333333; font-family: Georgia, &#39;Times New Roman&#39;, Times, serif; font-size: 14px; line-height: 22px;&quot;&gt;J&#39;ai&amp;nbsp;l’impression&amp;nbsp;de faire un vieux couple avec Jimi ; je peux à présent lui dire des choses que je n&#39;aurais pas osé quelques années plus tôt.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
Ainsi, un jour, je le regardais faire son mariole, avec sa guitare derrière la tête, et aussi les cordes entre les dents, et comme si tout le mythe s&#39;effaçait, comme si nous avions mélangé nos slips dans la machine à laver, j&#39;ai murmuré : mais Jimi, tu as vraiment besoin de faire tout ce cinéma, toutes ces simagrées quand tu joues de la guitare ? &amp;nbsp;Et très&amp;nbsp;prosaïquement, j&#39;ai ajouté : je crois que tu jouerais mieux si tu jouais&amp;nbsp;&lt;i style=&quot;margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;normalement&lt;/i&gt;. Si tu ne te&amp;nbsp;contorsionnais pas dans tous les sens. Si tu étais plus&amp;nbsp;tranquille, plus posé, moins chien fou, tu poserais ton son, tu aurais une ligne mélodique plus claire, plus incisive, moins&amp;nbsp;brouillonne, tu mourrais moins à 27 ans, tu pourrais aller plus loin, quelque part, ailleurs. Tout ce cirque, c&#39;est sympathique, mais ça te conduit où, en vérité.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 18px; margin-top: 15px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
Mais à chaque fois que lui fais la leçon, ce vieux-jeune briscard me refait le coup. J&#39;ai beau l&#39;avoir décortiqué cent mille fois, j&#39;ai beau sourire de son jeu approximatif et défoncé sur scène, il m&#39;a. Je suis eu. Hendrix a quelque chose, qui me met hors de moi. J&#39;essaye de le regarder méthodiquement, son jeu sexe, avec l&#39;approche clinique du gynécologue, j&#39;ai beau réfuter tous les mythes, rejeter toutes les métaphores possibles de la magie, du vaudou et des enchantements, Jimi arrive à mettre de la confusion dans tout ça, en riant comme un enfant gâté, hé regarde je joue même de la guitare derrière la tête ça en jette hein, avec son chewing gum, décontracté, hâbleur, et cela m’énerve.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 18px; margin-top: 15px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
Il y a là dedans quelque chose&amp;nbsp;d’extrêmement indiscernable, et qui me transporte. Je n&#39;écoute plus Hendrix par passion, pour être fanatique, pour me faire du bien, je l&#39;écoute pour savoir si cette chose là est toujours là. Je vérifie. J&#39;ouvre la boite. Je teste si le désir est intact et le charme opérant, si la lassitude, le temps, la mode n&#39;a pas tout effacé. Comme pour les vieux couples, ce n&#39;est plus très souvent, mais c&#39;est intense, c&#39;est unique, telle une séparation repoussée, une dernière fois sans fin qui revient avec le sentiment d&#39;un miracle à chaque fois.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 18px; margin-top: 15px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
Avant, je croyais les outrances que je pouvais lire, comme quoi Jimi était le meilleur guitariste du monde. Comme s&#39;il pouvait y avoir un classement, une ligne droite avec quelqu&#39;un tout au bout, une médaille d&#39;or en forme de médiator autour du cou, et qui lève les poings en clamant : &quot;j&#39;ai gagné !&quot;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 18px; margin-top: 15px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
Jimi n&#39;est sans doute pas le meilleur guitariste du monde. Il est allé dans sa direction à lui, un chemin bruyant, d&#39;heure de pointe, celle de l&#39;escogriffe attifé comme un hibou, mime&amp;nbsp;crâneur&amp;nbsp;de guitariste, sex machine, autodidacte génial et paresseux, il est devenu le meilleur Jimi Hendrix du monde. Tout seul dans son&amp;nbsp;Panthéon&amp;nbsp;de Jimi, doué, victorieux, il a tenu à faire n&#39;importe quoi avec son présent en main.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 18px; margin-top: 15px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
Je ne sais pas ce qui se passe quand je suis ému à son écoute. Certes, le voyant se déhancher, tituber et planer à 2000, avec ses solos accidentés, j&#39;ai le sentiment d&#39;un grand&amp;nbsp;gâchis, d&#39;un grand génie presque pour rien, comme si Einstein était devenu champion de Rubik&#39;s Cube ou héros d&#39;un jeu télé. Je ne sais pas si c&#39;est de là que vient cette mélancolie. Il y a aussi son jeu basé sur du blues électrique, fondamental, gras, et bien que véloce et&amp;nbsp;tarabiscoté, simple et sans vraiment trop de chichi. Il ne souhaite pas aller, contrairement à ses confrères jazzmen qu&#39;il fascinait, dans la sophistication mélodique, savante, harmonique, mais loin dans l&#39;hallucination sonore, Jimi ne cherche pas les notes, il cherche du son.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 18px; margin-top: 15px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
Dans la version studio de All along the watchtower, il y a ce fameux passage du solo où Jimi Hendrix fait deux ou trois gilssandos étonnants, des longues notes qui gondolent, simples, étranges, incongrues, et qui laisse résonner l&#39;écho&amp;nbsp;électrique de la wah wah, qui disent regarde mon solo, comme la vie est étrange, et&amp;nbsp;je tape des poings sur la table par incapacité à décrire ceci. Ces notes bizarres, molles, leur&amp;nbsp;réverbération au delà des tricotages des guitaristes branleurs qui vont vite, et qui sont les meilleurs de leur monde, elles me nouent, me font rêver, me font voyager. On dirait qu&#39;il a découvert une tribu de papous&amp;nbsp;amateurs de Tétris, ou fait de la confiture de plantes carnivores, que tout est sous&amp;nbsp;contrôle&amp;nbsp;à l&#39;exception de tout, et qu&#39;au centre du soleil il ne se passe plus rien ; je suis pris, je suis le co-pilote de ce jeune homme mort malicieux et flambeur, et qui fait exprés de me donner le mal de mer en fusant trop vite, &quot;alors je t&#39;ai encore eu hein ! Ha ha ha ha !&quot;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 18px; margin-top: 15px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;margin-bottom: 18px; margin-top: 15px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: black; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;&lt;i style=&quot;margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;&quot;There must be some way out of here,&quot; said the joker to the thief,&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;color: black; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;&lt;i style=&quot;margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;&lt;br style=&quot;margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot; /&gt;&lt;span style=&quot;margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;&quot;There&#39;s too much confusion, I can&#39;t get no relief.&lt;/span&gt;&lt;br style=&quot;margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot; /&gt;&lt;span style=&quot;margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;Businessmen, they drink my wine, plowmen dig my earth,&lt;/span&gt;&lt;br style=&quot;margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot; /&gt;&lt;span style=&quot;margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;&quot;&gt;None of them along the line know what any of it is worth.&quot;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8861374609918019882/posts/default/2300776695057777130'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8861374609918019882/posts/default/2300776695057777130'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://balmeyer.blogspot.com/2010/12/jimi.html' title='Jimi'/><author><name>Balmeyer</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18210654828964991576</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8861374609918019882.post-5764193516071337179</id><published>2010-11-28T17:30:00.000+01:00</published><updated>2011-08-26T17:30:58.326+02:00</updated><title type='text'>Neige</title><content type='html'>&lt;span class=&quot;Apple-style-span&quot; style=&quot;background-color: white; color: #333333; font-family: Georgia, &#39;Times New Roman&#39;, Times, serif; font-size: 14px; line-height: 22px;&quot;&gt;J&#39;ai cru à un moment qu&#39;il&amp;nbsp;neigeait&amp;nbsp;mais en fait je me suis rendu compte qu&#39;il s&#39;agissait d&#39;une vaste invasion des micro-hommes de la Planète Blanche. Un débarquement lent massif sur toute la rue, il y avait au moins un million de divisions froides. Ils étaient armés de petites matraques molles pour nous taper dessus, en silence. Nous avons du faire intervenir les voitures pour limiter l&#39;envahissement. Il y a eu un tas d&#39;entre eux faits prisonniers&amp;nbsp;sur l&#39;unique pot de fleurs du balcon, que j&#39;ai du rentrer. A l&#39;intérieur, ils se sont évadés, en fondant.&lt;/span&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8861374609918019882/posts/default/5764193516071337179'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8861374609918019882/posts/default/5764193516071337179'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://balmeyer.blogspot.com/2010/11/neige.html' title='Neige'/><author><name>Balmeyer</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18210654828964991576</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8861374609918019882.post-7589552637484317544</id><published>2010-09-17T16:28:00.002+02:00</published><updated>2010-09-17T16:32:25.213+02:00</updated><title type='text'>Triste disponibilité de l&#39;information</title><content type='html'>Je me suis livré dernièrement à une activité des plus stupides : rechercher sur internet des nouvelles de gens épars croisés durant ma scolarité. Attention, je distingue dans cette démarche les vrais amis perdus de vue des lointains figurants du cursus secondaire. Je me suis penché sur cette seconde catégorie, ces gens improbables, effacés, rencontrés par la force des choses, parce que nous étions nombreux au même endroit. Un peu comme il y a des collègues de bureaux : des collègues de jeunesse. Un peu comme au feu service militaire ou dans les blogs : des gens fortuitement là, étranges, amusants, idiots, drôles, bizarres, dont il aurait été impossible de se débarrasser, de toute façon,&amp;nbsp;concrètement, et qu&#39;il fallait se coltiner, véhiculer dans notre sillage tels des wagons d&#39;un convoi folklorique. Certains ont été des avortons ou des prototypes d&#39;amis avec qui on aurait pu plus s&#39;entendre si l&#39;année avait duré, qui sait, si le trajet en bus avait été plus long, le temps de nouer un peu plus ces détails qui font naître&amp;nbsp;l&#39;amitié ; une confidence, un&amp;nbsp;lâcher-prise, un rire commun, un racourci au delà des paroles. D&#39;autres étaient simplement &quot;autres&quot;, préposés à peupler le monde extérieur, agréables, ou désagréables, échanger avec eux était un&amp;nbsp;accident&amp;nbsp;permanent, on les visitait comme de mornes touristes, gentiment dépaysés, vaguement distraits, heureux d&#39;être soi-même en définitive.&lt;br /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Cette activité d&#39;exhumation du souvenir est glauque. Voir ce que les gens sont devenus, au loin, dans&amp;nbsp;d&#39;elliptiques&amp;nbsp;pages du web, est triste. J&#39;en ressors toujours avec une mélancolie malencontreuse, comme on dit dans les polars, certaines choses feraient mieux de rester enfouies.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Cette activité est devenue plus facile, depuis quelques années, ai-je constaté. Je me moque un peu de ces débats sur la vie privée, en fait, je ne parle pas trop de ça : d&#39;un côté, je lis cette antienne lancinante&amp;nbsp;sur ses informations personnelles scrutées par les&amp;nbsp;multi-nationales, où l&#39;on est trop connu, tracé, fiché, trop désiré. Ces plaintes, dont l&#39;expression même, systématique,&amp;nbsp;répétitive, cliché,&amp;nbsp;obtuse,&amp;nbsp;péremptoire, ces plaintes du peuple du web qui parle &quot;le pareil&quot;, langage qui garantit&amp;nbsp;pourtant à leurs auteurs un&amp;nbsp;anonymat&amp;nbsp;féroce et radical, ces plaintes me font penser à des Bernadette Soubirou qui&amp;nbsp;s&#39;inquiéteraient&amp;nbsp;d&#39;un Dieu trop prompt à&amp;nbsp;s&#39;intéresser&amp;nbsp;à elles : trop d&#39;apparitions, trop de miracles, trop d&#39;assiduité dans l&#39;écoute des prières, jamais d&#39;intimité, jamais tranquille. D&#39;un autre côté, pourtant, et mes recherches diverses me le montrent, nous éprouvons un enthousiasme épique à nous auto-ficher sur le net, avec application, systématiquement, ce qui est vraiment paradoxal, à la fin.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Mais ce débat, ce n&#39;est pas important. Au delà de cette intimité, dans ces découvertes, dans le fait de chercher comme je le fais, il y surtout le glauque de trouver des conclusions à&amp;nbsp;autant&amp;nbsp;de récits restés ouverts. Cette foule du souvenir est une&amp;nbsp;réserve&amp;nbsp;d&#39;histoires laissées en suspens, constater ces gens un peu plus &quot;devenus&quot;, et un peu moins en suspens, c&#39;est les fermer un à un, c&#39;est un avant goût d&#39;un&amp;nbsp;achèvement&amp;nbsp;général, comme à la fin d&#39;une histoire haletante, quelque chose entre le soulagement et la&amp;nbsp;déception.&amp;nbsp;Il y a aussi, bien sûr, le glauque de ces gens devenus &quot;mieux&quot; que vous. Plus intelligents, plus artistes, plus beaux, plus forts, moins idiots, moins ignorants, qui sont allés finalement plus loin, et dont vous semblez, à côté, des brouillons.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Cette disponibilité&amp;nbsp;angoissante du peuple juvénile, sensé disparu comme une espèce fossile, donne un peu l&#39;idée d&#39;un monde où l&#39;on ne mourrait jamais. Il y a une accumulation d&#39;existences jamais&amp;nbsp;éteintes, s&#39;entassant sans drame, les unes à côté des autres, abolissant la distance et le temps, sans séparation, sans déchirement ; il n&#39;y a plus ni regret ni perte ; on devine alors dans cet enfer sans douleur que le sentiment de vivre est celui de survivre, et de voir les autres qui se sont, justement, éteints, hélas, heureusement. Etre là, présent, c&#39;est à cet instant du parcours, se voir toujours vivant, espérant, comme rescapé de son propre passé. Vivre, c&#39;est se féliciter de n&#39;avoir pas disparu, contrairement aux autres. La sensation de notre durée ici-bas est faite de ces catastrophes ayant tout englouti, dispersé : classes, bandes, troupes, groupes, tous ces&amp;nbsp;perpétuels&amp;nbsp;changements dans lesquel le seul invariant,&amp;nbsp;c&#39;est vous-même. Dans ce monde où il n&#39;y a pas de mort, il n&#39;y a pas de vie non plus. La distance et le temps effacés vous donne&amp;nbsp;l&#39;impression&amp;nbsp;d&#39;être un point, du rien, du tout. S&#39;il n&#39;y a plus d&#39;écart entre l&#39;affreux&amp;nbsp;boutonneux&amp;nbsp;présomptueux&amp;nbsp;qui émergeait de l&#39;enfance, plein de désirs et de projets, et le père, employé, intrigué par un fils&amp;nbsp;réinvitant ex nihilo&amp;nbsp;une nouvelle jeunesse, comme une nouvelle couche sur la sienne qui s&#39;étiole, alors, où est le chemin parcouru, où est sa propre histoire, son propre récit, où est sa métamorphose ? Fantômes et vivants, souvenirs et&amp;nbsp;instants&amp;nbsp;présents, espoirs et remords se&amp;nbsp;côtoient, se mêlent, s&#39;écroulent, et nous ne savons plus alors où nous&amp;nbsp;ébatte, le doute nous vient, si nous sommes, quant à nous, vivant, ou fantôme.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div&gt;La bonne nouvelle, dans tout ça, quand même, est d&#39;avoir entrevu les figures radieuses et mûres&amp;nbsp;d&#39;adultes de ces anciens collégiens. Leur visage, avant ingrat, poisseux, poupon, approximatif, est maintenant précis, taillé, déjà ridé, parfois poilu, plus assuré. Ils sont comme guéris de cette jeunesse explosée, il sont l&#39;air sûr d&#39;eux. Ils ont l&#39;air terminé, fini, achevé, mais dans le bon sens du terme.&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8861374609918019882/posts/default/7589552637484317544'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8861374609918019882/posts/default/7589552637484317544'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://balmeyer.blogspot.com/2010/09/triste-disponibilite-de-linformation.html' title='Triste disponibilité de l&#39;information'/><author><name>Balmeyer</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18210654828964991576</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8861374609918019882.post-7027028939753798530</id><published>2010-06-07T15:10:00.001+02:00</published><updated>2010-06-07T15:13:37.770+02:00</updated><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="rien"/><title type='text'>La Directrice</title><content type='html'>&lt;div class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Kevin décrocha son téléphone&amp;nbsp;: à l’autre bout du fil, c’était La Directrice, qui lui dit d’une voix grave, cordiale mais ferme, qu’il fallait corriger la procédure dans &lt;i style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;les plus brefs délais&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Il raccrocha, l’esprit alerte, &amp;nbsp;avivé par cet important rappel. Kevin allait évidemment s’employer sur le champ à corriger la procédure, et, abandonnant la torpeur monotone installée dans les bureaux, il allait le faire du fond du cœur du devoir, dans &lt;i style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;les plus brefs délais&lt;/i&gt;. Ce n’était pas qu’il avait peur, pour sa huitième période d’essai consécutive, il n’avait jamais subi de réprimande sérieuse. Il avait certes entendu quelques bruits, quelques vagues anecdotes, sur des personnes ayant failli à une demande de La Directrice, de lointains inconnus disparus depuis. Mais pour lui, en fait, au-delà de la crainte, il y avait cette évidence, voire cette Evidence, s’élevant majestueuse, monolithique, comme la Vérité, cette Evidence que la procédure devait être corrigée, il y avait cette nécessité, légitimement et résolument révélée par la Directrice, de le faire très vite, dans &lt;i style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;les plus brefs délais&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;C’était indéfinissable, mais ce n’était pas la même chose quand le Responsable demandait une correction. On lui obéissait, certes, mais en cas de problème, il était possible de se défendre, même maladroitement, de protester, d’expliquer. Le jeune homme ne savait comment exprimer cette sensation, il sentait que, mu par une nécessité supérieure, débarrassé de lui-même, dépossédé de volonté, il éprouvait un certain entrain dans cette formidable tension, un certain ravissement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Quand son collègue Steeve déclara spontanément, un jour, à propos de La Directrice&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Je crois que si elle m’attachait à un lit pour faire de moi son objet sexuel, et bien je ne dirais pas non, en fait&amp;nbsp;», ce fut une révélation pour Kevin. Il lui semblait qu’on avait posé des mots sur la terreur soyeuse qui ondoyait autour des appels de La Directrice.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Effectivement, Robert confirma les propos de Steeve qui, une fois énoncés, contaminèrent l’ensemble avec une virulence inouïe. Chacun y alla de son aveu, se dévoilant un peu, s’offrant, nu, fragile, en confirmant les impressions laissées par la Directrice, ce personnage altier mais juste, à la silhouette élancée, d’âge mûr, à qui les adjectifs habituels des collègues de Kevin, comme «&amp;nbsp;bonne&amp;nbsp;» par exemple, ne collaient pas vraiment, à qui on ne s’amusait guère d’accoler d’adjectifs, préférant, même en pensée, un prudent silence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Quand le téléphone sonna à nouveau, et que la Directrice demanda, &lt;i style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;avec compréhension&lt;/i&gt;, si la procédure allait effectivement pouvoir être corrigée dans &lt;i style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;les plus brefs délais&lt;/i&gt;, avec même une intonation d’aimable inquiétude, la voix de Kevin chevrota, il se tortilla sur son siège et il voulut aussitôt rassurer ce personnage pourtant si fort, le protéger malgré l’insignifiance d’être Kevin. Oui oui oui, dit-il, sa voix muant comme revenue à la florissante adolescence, bien sûr, et La Directrice, malgré son pouvoir criant (mais peu utilisé) de bombarder le globe entier de Peur, se montra satisfaite, ferme, cordiale, et tandis qu’il écoutait, des images encombrantes venaient de toute part parasiter son crâne, dans les plus brefs délais, poussant et grattant l’esprit comme de langoureuses orties, de vivantes et souples visions de victoires humiliées et de défaites étroites, tableaux interdits qu’il chassa aussitôt.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Il croisa La Directrice, quelques temps plus tard, dans un couloir&amp;nbsp;; levant la tête pour lui dire bonjour humblement tandis qu’elle regardait au loin, du haut de son impériale stature, Kevin, possédé par une pulsion, osa prestement cette amabilité la découvrant cintrée dans un vêtement inédit :&amp;nbsp;«&amp;nbsp;votre nouvelle veste en cuir vous va très bien, madame La Directrice.&amp;nbsp;» Ces paroles alors échappées, voyousement évadées de la Forteresse-Kevin, celui-ci crut qu’il allait disparaitre par combustion spontanée, ou empalé dans la cour, ou foudroyé par le personnel guerrier des gynécées olympiennes&amp;nbsp;; mais il n’en fut rien. La Directrice, sans sourciller, les lèvres pincées dans un sourire énigmatique, répondit tel un Sphinx inaltérable&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;merci Kevin&amp;nbsp;». L’impression qui s’ensuivit fut étrange chez le jeune homme. Il lui sembla avoir inventé le concept de la victoire-défaite, de la débâcle-triomphe, et Kevin, laissé seul dans le couloir, vide, abandonné, &amp;nbsp;écrabouillé par ce «&amp;nbsp;merci Kevin&amp;nbsp;», dut ramper péniblement vers son poste de travail pour y retrouver son unité.&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8861374609918019882/posts/default/7027028939753798530'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8861374609918019882/posts/default/7027028939753798530'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://balmeyer.blogspot.com/2010/06/la-directrice.html' title='La Directrice'/><author><name>Balmeyer</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18210654828964991576</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8861374609918019882.post-1330770772739751002</id><published>2010-06-01T14:45:00.000+02:00</published><updated>2010-06-01T14:45:59.757+02:00</updated><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="chronique"/><title type='text'>Le ventre</title><content type='html'>J’ai un jeu absolument impayable : je prends le chat, qui dort, je le mets sous mon pull, et je dis : « oh regardez, papa est enceinte ! ». A ce moment là, mon fils se tord de rire, car c’est à chaque fois une des farces les plus drôles de l’univers.  J’extrais le chat, et tandis que l’animal hébété regarde autour de lui, je clame : « oh surprise ! C’est un chat ! Félicitations papa ! » Nous partons tous d’un rire franc de bon aloi, et ce bonheur une fois partagé, je m’en vais couper du bois, du moins conceptuellement, car nous habitons en ville.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parfois, lorsque Kéké recherche une peluche, ou un jouet, je le cache encore sous mon pull, je mets en évidence mon ventre rebondi, les poings sur les hanches bien ostensiblement, et avec une voix d’Auguste je m’interroge : « Mais où est donc passé ce jouet ? » Kéké va désigner ma bedaine en gloussant et j’en sors l’objet. Nous rions de bon cœur et nous partons rentrer les brebis, du moins en théorie, car nous sommes citadins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or un jour que j’étais avachi sur ma chaise, à la fin d’un repas, ruminant le vague projet d’un suicide collectif géant, Kéké s’approcha de moi, désignant mon ventre avec curiosité : « qu’est-ce que tu as caché sous ton pull ? » Je ne compris pas tout de suite, puisque je n’étais pas en train de jouer du tout. Je répondis juste : mais rien. Il insista encore : « allez, dis moi ce que tu as caché ? » Je regardai plus attentivement, et je compris ce qu’il y avait dissimulé sous mon ventre : mon ventre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fin limier rassemblant les indices du monde hostile, j’en déduisis que j’avais pris du bide. Je répondis avec philosophie, voire résignation : je n’ai rien caché sous mon pull, c’est juste papa qui a grossi. Puis pour mon suicide collectif, je me demandai aussitôt quelle ville choisir : Paris est bien desservi en terme de transports, mais il y a la mer à Marseille, ce qui est pratique pour une noyade conviviale. Kéké prit un air incrédule à mon aveu. Papa a grossi ? J’observai son expression, elle me sembla légèrement différente de la fois où j’ai raconté que je pouvais tuer un lion avec mes mains, mais que je ne le faisais pas car, étant l’ami des animaux, j’étais contre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A ma grande surprise, il me demanda si j’étais en train de devenir un papy : j’en concluai que, pour lui, le ventre proéminent était le symptôme principal de la papitude, ce qui est drôle, enfin, surtout pour le papy. En apnée, rentrant mes abdominaux, j’affirmai : « mais non.. han… pas du tout… han… je ne suis pas… han… un papy… » Mais j’avais compris l’essentiel : il était temps, dans cette maison, de faire de l’exercice. On allait commencer par le chat : je le virai de son canapé en gueulant : « allez, un peu de sport, la grosse ». L’animal, hébété, parti chercher un autre coin pour poursuivre sa sieste permanente.</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8861374609918019882/posts/default/1330770772739751002'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8861374609918019882/posts/default/1330770772739751002'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://balmeyer.blogspot.com/2010/06/le-ventre.html' title='Le ventre'/><author><name>Balmeyer</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18210654828964991576</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8861374609918019882.post-8757551207217143563</id><published>2010-05-27T21:00:00.000+02:00</published><updated>2010-05-27T21:00:00.218+02:00</updated><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="mieux"/><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="recyclage"/><title type='text'>La diplomatie se porte bien</title><content type='html'>En visite officielle, lors du buffet d’inauguration, le président du Guatemala a beaucoup apprécié les toasts de guacamole. Pour donner le change, le président du Guacamole a également été invité et il s’est tartiné beaucoup de guatemala.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;small&gt;&lt;i&gt;Recyclage, tiré du fanzine Mieux, juin 2007&lt;/i&gt;&lt;/small&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8861374609918019882/posts/default/8757551207217143563'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8861374609918019882/posts/default/8757551207217143563'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://balmeyer.blogspot.com/2010/05/la-diplomatie-se-porte-bien.html' title='La diplomatie se porte bien'/><author><name>Balmeyer</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18210654828964991576</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8861374609918019882.post-6862876794906180768</id><published>2010-05-27T09:00:00.006+02:00</published><updated>2010-05-27T09:00:02.383+02:00</updated><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="mieux"/><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="recyclage"/><title type='text'>Une découverte originale</title><content type='html'>Le professeur Mouzier croit avoir trouvé une solution miracle révolutionnaire pour guérir l’eczéma, l’herpès, l’urticaire, la grippe, l’acné et toutes ces maladies de peau qui empoisonnent l’existence de milliers de personnes : les bains d’excréments. C&#39;est en effet par le plus grand des hasards, un mercredi soir, que le professeur Mouzier a découvert les bienfaits des matières fécales. C&#39;est en trempant la main dedans pour chercher ses clefs tombées dans les toilettes qu&#39;il a fait cette surprenante découverte : en nettoyant sa main, il s&#39;est rendu compte qu&#39;elle était devenue propre.  Plongés dans des bacs à bouse, les patients participent déjà aux balbutiements de la scatothérapie. Et le succès n&#39;est pas prêt de se démentir ! Lorsque l’on demande au professeur Mouzier : « Êtes-vous convaincu que la scatothérpaie ait des effets bénéfiques en matière de maladies cutanées ? », il répond avec sa bonne humeur habituelle : « Non, pas vraiment. Mais qu’est-ce que c’est marrant ! »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;small&gt;&lt;i&gt;Recyclage, tiré du fanzine Mieux, juin 2007&lt;/i&gt;&lt;/small&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8861374609918019882/posts/default/6862876794906180768'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8861374609918019882/posts/default/6862876794906180768'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://balmeyer.blogspot.com/2010/05/une-decouverte-originale.html' title='Une découverte originale'/><author><name>Balmeyer</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18210654828964991576</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8861374609918019882.post-4982483181297413693</id><published>2010-05-26T20:00:00.003+02:00</published><updated>2010-05-26T20:00:02.912+02:00</updated><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="mieux"/><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="recyclage"/><title type='text'>Carnet rose chez les mouches bleues</title><content type='html'>Une heureuse nouvelle pour les amis des animaux de Trébons-sur-la-Grasse (31) : un couple de mouches a donné naissance à une belle portée de 1200 petits, dans le petit cimetière communal. Les drosophiles et autres amoureux de la nature sont depuis ce matin aux premières loges, amassés derrière les grilles, pour assister au spectacle touchant de la naissance des insectes. Une telle naissance sur le sol européen est un phénomène assez rare, même si le professeur Cormier tient à relativiser : &quot;la mouche est une espèce menacée, mais en fait pas tellement&quot;. Une visite guidée est possible en camionnette autour du cimetière communal.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;small&gt;&lt;i&gt;Recyclage, tiré du fanzine Mieux, juin 2007&lt;/i&gt;&lt;/small&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8861374609918019882/posts/default/4982483181297413693'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8861374609918019882/posts/default/4982483181297413693'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://balmeyer.blogspot.com/2010/05/carnet-rose-chez-les-mouches-bleues.html' title='Carnet rose chez les mouches bleues'/><author><name>Balmeyer</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18210654828964991576</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8861374609918019882.post-6632791254427608079</id><published>2010-05-26T09:00:00.003+02:00</published><updated>2010-05-26T09:00:04.102+02:00</updated><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="mieux"/><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="recyclage"/><title type='text'>Encore un nouveau record battu ?</title><content type='html'>Joseph Duteil, habitant de Broue (23) s’attaque ce matin à son propre record du monde du plus gros mensonge. Il tente de faire croire à sa femme qu’il possède deux hélicoptères. Sa femme s’est déclarée «&amp;nbsp;très convaincue&amp;nbsp;», mais elle a ajouté aux journalistes «&amp;nbsp;qu’on ne la lui faisait pas&amp;nbsp;».</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8861374609918019882/posts/default/6632791254427608079'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8861374609918019882/posts/default/6632791254427608079'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://balmeyer.blogspot.com/2010/05/encore-un-nouveau-record-battu.html' title='Encore un nouveau record battu ?'/><author><name>Balmeyer</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18210654828964991576</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8861374609918019882.post-8050223423569486089</id><published>2010-05-25T20:00:00.010+02:00</published><updated>2010-05-25T20:00:00.094+02:00</updated><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="mieux"/><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="recyclage"/><title type='text'>Nouveau record du monde de saut en longueur</title><content type='html'>L’homme qui mesurait neuf mètres de haut vient de battre le record du monde du saut en longueur. Après deux essais à neuf mètres refusés (il était tombé par terre), il a pu aisément franchir la limite des neuf mètres trente. Lorsqu’on lui demande son secret pour gagner, il répond simplement : « C’est facile pour moi, je mesure neuf mètres de haut ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;small&gt;&lt;i&gt;Recyclage, tiré de la traduction de la Bible, juin 1542. Hin hin c&#39;était un piège c&#39;est pour voir ceux qui suivent.&lt;/i&gt;&lt;/small&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8861374609918019882/posts/default/8050223423569486089'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8861374609918019882/posts/default/8050223423569486089'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://balmeyer.blogspot.com/2010/05/nouveau-record-du-monde-de-saut-en.html' title='Nouveau record du monde de saut en longueur'/><author><name>Balmeyer</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18210654828964991576</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry></feed>