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	<title>Blogue de Réjean Parent</title>
	
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	<description>Président de la Centrale des syndicats du Québec</description>
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		<title>Loi spéciale : l’erreur étudiante ?</title>
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		<pubDate>Thu, 17 May 2012 20:34:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Réjean Parent</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Après toutes ces semaines de mobilisation exceptionnelle, les associations étudiantes se retrouvent face à une loi spéciale extrêmement sévère sans même avoir pu rencontrer le premier ministre du Québec une seule fois. Pourtant, l’ampleur du conflit justifiait, à tout le moins, une petite discussion de quelques minutes avec le chef du gouvernement. Quelle erreur les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft" title="Loi spéciale : l’erreur étudiante ?" src="https://www.accescsq.ca/fileadmin/CSQ/user_upload/public/images/blogue/120517-BlogLoiSpeciale.jpg" alt="Loi spéciale : l’erreur étudiante ?" width="300" height="199" />Après toutes ces semaines de mobilisation exceptionnelle, les associations étudiantes se retrouvent face à une loi spéciale extrêmement sévère sans même avoir pu rencontrer le premier ministre du Québec une seule fois. Pourtant, l’ampleur du conflit justifiait, à tout le moins, une petite discussion de quelques minutes avec le chef du gouvernement. Quelle erreur les associations étudiantes ont-elles bien pu commettre pour n’avoir pu trouver grâce aux yeux du chef et se retrouver dans pareil cul-de-sac ?</p>
<p><span style="color: #808000;"><strong>Une écoute sélective</strong></span></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>Pourtant, Jean Charest est un homme très disponible, les gens d’affaires vous le confirmeront. Malgré les lourdes responsabilités de chef d’État qui lui incombent, il suffit d’un simple appel pour qu’il se précipite au souper d’une chambre de commerce expliquer son Plan Nord. Il paraît même, selon certains médias, qu’il ne se fait pas prier pour passer quelques jours au domaine Sagard de la famille Desmarais pour faire jasette avec les grands patrons de Power Corporation, en toute amitié. Mais quand plus de deux cent mille citoyens et étudiants manifestent dans la rue, il ne les entend pas. Son écoute devient plus sélective, c’est le moins que l’on puisse dire.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><span style="color: #808000;"><strong>Une éthique à géométrie variable</strong></span></p>
<p>Ce dernier invoque l’appui d’une majorité de la population depuis des semaines pour tenter de forcer le retour en classe des étudiants grévistes par la voie de la judiciarisation, transformant ainsi nos lieux de haut savoir en véritable zone de combat. Ce faisant, il exacerbe les antagonismes parmi les étudiants, et crée un climat de tension intenable et surtout incompatible avec la mission d’éducation de nos institutions d’enseignement. Par contre, tout récemment encore, le même chef d’État faisait la sourde oreille à une majorité de la population qui a réclamé pendant des mois et des mois une enquête publique sur le financement des partis politiques et la corruption dans le domaine de la construction. Il n’a finalement consenti à créer la commission Charbonneau qu’au moment où il était au pied du mur. Pourtant, pas besoin d’être un grand devin pour s’imaginer que les factures gonflées de certaines firmes d’ingénieurs et de constructeurs pourraient dépasser, et de loin, les sommes que le gouvernement peut espérer percevoir d’une hausse éventuelle des droits de scolarité.</p>
<p>Quand on connaît les liens étroits entre les collecteurs de fonds du parti et certains membres de ce gouvernement avec les généreux donateurs à la caisse électorale du Parti libéral, on en arrive à se demander si la plus grande erreur du mouvement étudiant n’aura pas été de n’avoir jamais participé à un cocktail de financement de ce parti.</p>
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		<title>Droits de scolarité : un moratoire, ça presse !</title>
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		<pubDate>Mon, 14 May 2012 18:57:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Réjean Parent</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Ce matin encore, le conflit sur les droits de scolarité a donné lieu à des dérapages alors que des étudiants qui manifestaient sans aucune agressivité devant une entrée du cégep de Rosemont se sont fait matraquer violemment. Le fait que le cégep soit visé par une série d’injonctions ne justifie en rien un tel recours [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft" title="Droits de scolarité : un moratoire, ça presse !" src="https://www.accescsq.ca/fileadmin/CSQ/user_upload/public/images/blogue/120514-BlogUnMoratoire.jpg" alt="Droits de scolarité : un moratoire, ça presse !" width="300" height="166" />Ce matin encore, le conflit sur les droits de scolarité a donné lieu à des dérapages alors que des étudiants qui manifestaient sans aucune agressivité devant une entrée du cégep de Rosemont se sont fait matraquer violemment. Le fait que le cégep soit visé par une série d’injonctions ne justifie en rien un tel recours abusif à la force. Selon Radio-Canada, plusieurs jeunes ont reçu des coups au visage et un autre a dû se rendre à l’hôpital en raison d’une blessure à la tête. Attend-on que mort d’homme survienne pour revenir à la raison ? Un moratoire, ça presse !</p>
<p><span style="color: #808000;"><strong>Un moratoire dans les faits</strong></span></p>
<p>Entente de principe, offre ou feuille de route, nommons-le comme on le voudra, le document signé par les parties au conflit représentait en somme un moratoire, mais sans le dire vraiment. Le document multipliait <em>entourloupes</em> et <em>farfinages</em> pour ne pas parler des vraies choses, ceci afin de ménager les susceptibilités des uns et des autres. On n’en est plus là. Pendant que Jean Charest persiste à jouer au matamore tout en cherchant à sauver la face, des étudiants pacifiques se font démolir la leur à coups de matraque. C’en est assez !</p>
<p><span style="color: #808000;"><strong>Un appel au bon sens</strong></span></p>
<p>Il y a plusieurs semaines, des gens de prestige réputés pour leur modération, tels Céline St-Pierre et Jean-Pierre Proulx, tous deux ex-présidents du Conseil supérieur de l’éducation, réclamaient ce moratoire en compagnie d’autres personnalités politiques telles que l’ancien ministre libéral Jean Cournoyer et plusieurs autres. Un simple appel au bon sens que le premier ministre Charest aurait dû entendre, à défaut de prêter l’oreille aux cris d’indignation de la rue le 22 mars alors que près de 200 000 personnes ont marché dans la rue pour lui dire qu’il avait pris la mauvaise décision.</p>
<p><span style="color: #808000;"><strong>Ramener le débat dans le bon espace public</strong></span></p>
<p>Les coûts humains, sociaux et économiques de ce conflit dépassent largement les recettes que le gouvernement espérait générer par la hausse des droits de scolarité. Certains s’inquiètent à raison de l’impact de toutes ces manifestations sur le tourisme, mais moi, je m’inquiète pour tous ces étudiants démobilisés qui seront tentés d’abandonner leur session. L’enjeu est devenu manifestement politique. Et pour une rare fois, je serai d’accord avec Jean Charest quand il dit que le débat doit être ramené dans le bon espace public, celui des élections. Alors, cessons de jouer sur les mots et appelons un chat un chat. À ce stade-ci du conflit, Jean Charest doit calmer le jeu. Il pourra toujours dire qu’il ne fait qu’annoncer une pause et qu’il ne recule pas sur la hausse des droits de scolarité en mettant en évidence cette mesure dans son prochain programme électoral.</p>
<p>Bien des gens, même parmi ceux qui sont favorables à la hausse, verraient ce geste d’un bon œil si cela pouvait ramener le calme dans nos institutions publiques d’enseignement et dans nos rues. Si les discussions entre la ministre Beauchamp et les associations étudiantes qui ont cours ce matin ne donnent pas les résultats escomptés, il faudra passer à autre chose, et vite. Il est temps, pour reprendre une expression de Vincent Marissal, que le chef de parti cède sa place au chef d’État. Un moratoire, ça presse !</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #808000;"><strong>Lien</strong></span></p>
<p><a href="http://www.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2012/05/14/001-greve-etudiante-lundi.shtml" target="_blank">Conflit étudiant : début mouvementé pour la 14<sup>e</sup> semaine</a></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Les centrales syndicales et la négociation dans le conflit étudiant</title>
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		<pubDate>Wed, 09 May 2012 18:15:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Réjean Parent</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft" title="Les centrales syndicales et la négociation dans le conflit étudiant" src="https://www.accescsq.ca/fileadmin/CSQ/user_upload/public/images/blogue/120509blogSyndicatsConflitEtudiant.jpg" alt="Les centrales syndicales et la négociation dans le conflit étudiant" width="300" height="199" />Depuis le début de la semaine, les commentaires vont bon train sur le processus de négociation qui a mené à l’offre ou à la feuille de route soumise aux regroupements étudiants et rejetée par bon nombre d’associations à ce jour. Dès dimanche, Richard Martineau, fidèle à lui-même, pourfendait les centrales syndicales en ridiculisant leur présence à cette table et en les assimilant à « des forces de l’immobilisme ». Il faudra bien un jour l’inscrire à un cours de syndicalisme 101, celui-là.</p>
<p><span style="color: #808000;"><strong>Une présence syndicale justifiée</strong></span></p>
<p>Hier matin, Mario Dumont, dans un délire dont il a le secret, laissait entendre à l’émission de Paul Arcand que les centrales syndicales avaient « crinqué » les étudiants pour envenimer le conflit et régler des comptes avec le gouvernement Charest. Puis, dans la phrase suivante, il se contredisait en affirmant tout de go que la présence des centrales était intéressée, insinuant que ces dernières exigeraient un retour d’ascenseur en échange de leur rôle d&#8217;intermédiaires visant à rapprocher les parties. Pas facile à suivre, ce Mario Dumont. C’est sans doute pour cela que les électeurs lui ont montré, à lui et à son défunt parti, la porte de sortie, alors qu’il prétend, pour justifier son échec politique retentissant, qu’il s’agit du refus des citoyens de prendre leur responsabilité.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><span style="color: #808000;"><strong>Les représentants des étudiants ont agi en toute autonomie</strong></span></p>
<p>Pour ma part, je rappellerai ceci : c’est à la demande insistante du gouvernement et non pas à celle des centrales syndicales que celles-ci ont été invitées à participer à cette table. Pourquoi ? Parce qu’après avoir laissé pourrir la situation pendant des semaines, le gouvernement était dans l’incapacité de reprendre le dialogue avec les représentants étudiants. Les effets de ce conflit sur les conditions de travail des membres que nous représentons et l’impact de certaines solutions sur nos organisations, comme le Conseil permanent, justifiaient amplement notre présence. Mais, au-delà de ces considérations, l’ampleur de la crise et l’urgente nécessité d’en sortir nous commandaient d’agir. Alors, quand le premier ministre nous a demandé de participer à la rencontre et après avoir vérifié les sentiments des étudiants à ce sujet, nous avons répondu présents.</p>
<p>D’autres, parmi les étudiants et même parmi nos membres, se sont questionnés sur notre présence, dans le sens où l’on aurait, selon certains, cautionné une « entente de principe », pour reprendre les termes du gouvernement, qui ne serait en fait qu’une « arnaque » pour d’autres. Pour ma part, je me suis refusé à toute attitude paternaliste et j’ai répondu aux interrogations des étudiants lorsque j’étais sollicité, et les représentants des étudiants ont agi en toute autonomie comme c’était leur souhait. Dans leur point de presse du 5 mai en début de soirée, les <em>leaders</em> étudiants décrivent bien le rôle que nous avons joué dans cette rencontre.</p>
<p>Lorsque les centrales syndicales revendiquent de meilleures conditions de travail pour leurs membres, les Mario Dumont et Éric Duhaime de ce monde ne se gênent pas pour nous traiter de corporatistes. Et quand les centrales syndicales s’impliquent dans les enjeux sociaux, les mêmes personnes nous invitent à nous mêler de nos affaires et à nous occuper de nos membres. Quoi que l’on fasse pour ces porte-parole de la droite québécoise, les syndicats auront toujours tort.</p>
<p>Pour ma part, je suis profondément convaincu que les organisations syndicales ont un rôle majeur à jouer dans le débat social, et lorsqu’on m’interpellera et que je jugerai que ce sera utile pour la collectivité, je répondrai présent, n’en déplaise aux bruyants partisans de la droite.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #808000;"><strong>Liens</strong></span></p>
<p><a href="http://www.journaldemontreal.com/2012/05/06/le-mors-aux-dents" target="_blank">Le mors aux dents</a></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Journée mondiale de la liberté de presse : et si Pierre Karl Péladeau et Paul Desmarais portaient le carré rouge ? (Suite)</title>
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		<pubDate>Fri, 04 May 2012 18:17:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Réjean Parent</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Il y a quelques jours, la professeure Dominique Payette qui il y a plus d’un an remettait au gouvernement son rapport sur l’état de l’information au Québec, accordait une entrevue au Courrier parlementaire. Pour elle, il ne fait aucun doute que les journalistes sont dans le rouleau compresseur en ce moment, subissant des pressions commerciales [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft" title="Journée mondiale de la liberté de presse : et si Pierre Karl Péladeau et Paul Desmarais portaient le carré rouge ? (Suite)" src="https://www.accescsq.ca/fileadmin/CSQ/user_upload/public/images/blogue/120503BlogLiberteDeLaPresse.jpg" alt="Journée mondiale de la liberté de presse : et si Pierre Karl Péladeau et Paul Desmarais portaient le carré rouge ? (Suite)" width="330" height="220" />Il y a quelques jours, la professeure Dominique Payette qui il y a plus d’un an remettait au gouvernement son rapport sur l’état de l’information au Québec, accordait une entrevue au Courrier parlementaire. Pour elle, il ne fait aucun doute que les journalistes sont dans le rouleau compresseur en ce moment, subissant des pressions commerciales et politiques de leur employeur. Dans son rapport déposé en décembre 2010, Mme Payette écrivait textuellement que le niveau de concentration de la presse atteint au Québec et au Canada est sans précédent et l’un des niveaux les plus élevés parmi les pays de l’OCDE. Une situation qui n’est pas sans conséquence pour le bon fonctionnement de la démocratie alors qu’on abandonne la production d’un bien collectif, l’information d’intérêt public, entre les mains d’entreprises privées astreintes à une logique commerciale. Et sur ce, Mme Payette s’interrogeait sur l’absence de politiques, de lois et de règlements pour limiter la concentration de la presse.</p>
<p><span style="color: #808000;"><strong>Le bien commun en faillite</strong></span></p>
<p>La liberté de la presse est très mal en point au Québec quand plus de 250 000 personnes descendant dans la rue, comme ce fut le cas le 22 avril dernier à Montréal, pour réclamer la défense du bien commun pendant que la plupart de nos médias, et de leurs éditorialistes, chroniqueurs et commentateurs de tout acabit, noircissent leur papier à longueur d&#8217;année pour essayer de nous faire croire que nous n’avons plus les moyens de financer ce bien commun. Des prétendus analystes objectifs qui voudraient nous convaincre de céder pour pas cher nos ressources naturelles aux entreprises privées, au nom du développement à tout prix et de la création de la richesse, omettant de nous dire que l’empire même au service duquel ils écrivent, bénéficierait lui-même des retombées de cette nouvelle richesse.</p>
<p><span style="color: #808000;"><strong>Un défi pour André Pratte : la vraie tyrannie de la minorité</strong></span></p>
<p>Pas plus tard que lundi dernier, l’éditorialiste de <em>La Presse</em>, André Pratte, signait un papier intitulé « La tyrannie de la minorité », faisant référence au fait que les étudiants, opposés à la hausse des frais de scolarité, ne représentent que 35 % de l’ensemble des étudiants du postsecondaire. Mais l’argument est fallacieux puisque chaque assemblée générale étudiante est autonome et que le droit démocratique des étudiants d’un collège ou d’une université ne dépend pas de la position des autres. C’est aussi bête que de dire que les travailleurs d’une usine n’auraient pas le droit de faire la grève sous prétexte que les travailleurs des autres usines, appartenant à un même employeur, n’auraient pas fait le même choix.</p>
<p>Mais si ce grand démocrate qu’est André Pratte est sincère dans son désir de vilipender la tyrannie de la minorité sur la majorité, comme il semble vouloir le laisser croire, alors qu’attend-il pour s’élever publiquement contre une situation de concentration de la presse au Québec qui permet à une minorité d’individus riches et puissants, les familles Desmarais et Péladeau, d’imposer leurs points de vue intéressés à la majorité de la population ? N’est-ce pas là une tyrannie beaucoup plus dangereuse pour notre démocratie que celle des étudiants pauvres et qui n’ont pour seul moyen de se faire entendre que de manifester dans la rue ?</p>
<p><span style="color: #808000;"><strong>La vraie victime de la concentration de la presse</strong></span></p>
<p>Vous voulez savoir comment se porte la liberté de la presse au Québec ? La réponse est facile. Vous pouvez être certains que si les étudiants avaient convaincu Paul Desmarais et Pierre-Karl Péladeau de porter un carré rouge, la couverture journalistique à leur égard serait déjà bien différente… les trois leaders étudiants seraient des héros avec une vision avant-gardiste de l’avenir de notre société… et Jean Charest serait passé depuis longtemps à Sagard pour négocier un gel des frais de scolarité.</p>
<p>En attendant, force est de constater que la liberté de la presse ne se porte pas si mal chez nous puisqu’on n’assassine pas les journalistes… on se contente plutôt de tuer le droit du public à l’information… sous le silence des journalistes.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #808000;"><strong>Lien</strong></span></p>
<p>L’information, une condition essentielle au développement<br />
Le Courrier parlementaire©, le mardi 24 avril 2012 :</p>
<p><a href="http://www.courrierparlementaire.com//mulreader.php?u=1870" target="_blank">Extrait 1</a><a href="http://www.courrierparlementaire.com//mulreader.php?u=1872" target="_blank"><br />
Extrait 2</a></p>
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		<title>Journée mondiale de la liberté de la presse : et si Pierre Karl Péladeau et Paul Desmarais portaient le carré rouge ?</title>
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		<pubDate>Thu, 03 May 2012 16:12:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Réjean Parent</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Voici une méchante bonne question à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse. Une question dont la réponse, à elle seule, nous donne l’état de la liberté de la presse au Québec ! Parce que l’on n’évalue pas la liberté de la presse dans un pays uniquement sur le nombre de journalistes [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft" title="Journée mondiale de la liberté de la presse : et si Pierre Karl Péladeau et Paul Desmarais portaient le carré rouge ?" src="https://www.accescsq.ca/fileadmin/CSQ/user_upload/public/images/blogue/120503BlogLiberteDeLaPresse.jpg" alt="Journée mondiale de la liberté de la presse : et si Pierre Karl Péladeau et Paul Desmarais portaient le carré rouge ?" width="297" height="198" />Voici une méchante bonne question à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse. Une question dont la réponse, à elle seule, nous donne l’état de la liberté de la presse au Québec !</p>
<p>Parce que l’on n’évalue pas la liberté de la presse dans un pays uniquement sur le nombre de journalistes tués en service. Il faut également considérer le nombre de journalistes « muselés » en service, et à ce sujet, il y a fort à parier qu’ils sont nombreux au Québec.</p>
<p><span style="color: #808000;"><strong>Le lock-out pour tuer la liberté de la presse</strong></span></p>
<p>Quand seulement deux empires contrôlent presque la totalité de la presse écrite, il n’y a pas de liberté de presse. Comment voulez-vous qu’un journaliste pratique son métier en toute indépendance quand la poursuite de sa carrière dépend directement d’à peu près seulement deux employeurs ? Les ex-journalistes du <em>Journal de Montréal</em> l’ont compris à la dure. Ayant subi un lock-out sauvage durant plus d’un an, des dizaines d’entre eux ont dû se résigner à perdre leur emploi après avoir vainement tenté de démarrer leur propre journal.</p>
<p>Avant même les lock-outs dans les quotidiens de Quebecor, une étude sérieuse démontrait, il y a quelques années, que les journalistes de Pierre Karl Péladeau (PKP) étaient les plus malheureux au travail, déplorant les pressions internes qu’ils subissaient pour orienter leur couverture journalistique dans le sens des intérêts de leur employeur. Le climat est probablement pire maintenant. S’il restait une lueur de liberté de presse pour les journalistes de Quebecor, elle s’est éteinte définitivement avec le règlement du dernier lock-out.</p>
<p><span style="color: #808000;"><strong>Un commentaire révélateur de Patrick Lagacé</strong></span></p>
<p>La pression est la même chez leurs collègues de l’autre empire. À preuve, cette réponse du journaliste de <em>La Presse</em>, Patrick Lagacé à Richard Le Hir, l’invitant à commenter le séjour effectué par Michael Sabia au domaine de Paul Desmarais à Sagard. « J’applique à <em>La Presse</em> la même réserve que j’avais au <em>Journal de Montréal</em> : je ne commente pas les dossiers touchant nos propriétaires, pour des raisons évidentes. Si d’autres médias… veulent commenter, explorer, libre à eux. »</p>
<p>Même si ce n’était pas son intention, Patrick Lagacé a ainsi résumé en quelques lignes tout le problème de la concentration de la presse au Québec. Nonobstant le droit du public à l’information, un droit qui devrait normalement guider le journaliste et son journal pour déterminer s’il y a lieu de publier ou non une nouvelle, pas question de commenter, et encore moins de fouiller, un dossier qui touche le grand patron. La réaction du chroniqueur de <em>La Presse</em> est bien compréhensible. Pourquoi risquer son emploi dans un tel contexte ?</p>
<p>Mais en même temps, une telle réaction laisse songeur en cette Journée mondiale de la liberté de la presse où l’UNESCO et l’ONU nous apprennent que, l’an dernier seulement, pour défendre ce fameux droit du public à l’information, pas moins de 62 journalistes ailleurs dans le monde n’ont pas seulement perdu leur emploi, mais ils y ont également laissé leur vie !</p>
<p><span style="color: #808000;"><strong>Quand les tambours de l’empire battent la mesure</strong></span></p>
<p>Que faut-il penser, dans un contexte de concentration de la presse comme celui que l’on vit au Québec, si les journalistes d’un empire comme de l’autre décident de taire toute information risquant de nuire aux intérêts de leur employeur ? Surtout que leurs employeurs, Power Corporation et Quebecor, sont l’un et l’autre impliqués dans de nombreux dossiers où — c’est le moins que l’on puisse dire — leurs intérêts chevauchent les intérêts de l’ensemble de la population.</p>
<p>Il n’y a pas que ce que les journalistes taisent qui est inquiétant. La liberté de la presse est également à son plus mal lorsque tous les tambours d’un empire doivent battre la même mesure, sans aucun droit à la dissonance, à la demande de leur « général en chef », pour vendre au bon peuple un projet qui lui tient à cœur… un amphithéâtre sportif, par exemple.</p>
<p><span style="color: #808000;"><strong>La <em>main invisible</em> tordue par le pouvoir de l’argent</strong></span></p>
<p>Le danger devient encore plus réel lorsque les deux empires accordent leurs propres tambours, comme c’est le cas au Québec, pour porter aux nues le discours des lucides et étouffer les voix, pourtant plus nombreuses, de celles et ceux qui plaident plutôt pour une plus grande solidarité. Des tambours qui résonnent pour diaboliser les leaders de la gauche trop bruyants, comme on l’a fait au cours des derniers jours avec Gabriel Nadeau-Dubois de la CLASSE, et démoniser leurs revendications.</p>
<p>La liberté de la presse est également durement malmenée lorsqu’un riche et puissant empire comme Quebecor livre une guerre de prix, comme il le fait depuis plusieurs années, pour tuer toute initiative régionale visant à faire naître un journal indépendant. Même la droite devrait dénoncer de telles pratiques monopolistiques où l’on tord la <em>main invisible</em> du libre marché, si chère à Adam Smith. Pourtant, les voix habituellement criardes de nos libertariens ne se sont pas encore fait entendre.</p>
<p>La suite demain, vendredi 4 mai&#8230;</p>
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		<title>Salaire minimum et droits de scolarité : l’IEDM contre les étudiantes et les étudiants</title>
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		<pubDate>Tue, 01 May 2012 20:29:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Réjean Parent</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Nathaly Elgrably-Lévy]]></category>
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		<description><![CDATA[Pour leur fête cette année, les travailleuses et les travailleurs québécois payés au salaire minimum recevront en cadeau une augmentation de 0,25 $ l’heure. Leur rémunération passera donc de 9,65 $ à 9,90 $ l’heure. De leur côté, les travailleuses et travailleurs à pourboire auront droit à une augmentation de 0,20 $ l’heure pour une [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft" title="Salaire minimum et droits de scolarité : l’IEDM contre les étudiantes et les étudiants" src="https://www.accescsq.ca/fileadmin/CSQ/user_upload/public/images/blogue/120501BlogSalaireMinimum.jpg" alt="Salaire minimum et droits de scolarité : l’IEDM contre les étudiantes et les étudiants" width="300" height="207" />Pour leur fête cette année, les travailleuses et les travailleurs québécois payés au salaire minimum recevront en cadeau une augmentation de 0,25 $ l’heure. Leur rémunération passera donc de 9,65 $ à 9,90 $ l’heure. De leur côté, les travailleuses et travailleurs à pourboire auront droit à une augmentation de 0,20 $ l’heure pour une rémunération de 8,65 $. Rien pour s’exciter quand on considère que cette hausse compensera tout juste l’inflation. En clair, cela veut dire que la situation de pauvreté des gens rémunérés au salaire minimum demeurera inchangée cette année. Rappelons qu&#8217;une personne qui travaille au salaire minimum 40 heures par semaine se retrouve toujours sous le seuil de faible revenu défini par Statistique Canada.</p>
<blockquote><p><span style="color: #808000;"><strong>« La faible hausse de salaire proposée ne les aidera pas vraiment à faire face<br />
à la hausse des droits de scolarité. »</strong></span></p></blockquote>
<p>Parmi ces gens payés au salaire minimum se trouvent plus de 100 000 étudiantes et étudiants à qui l’on offre un autre « cadeau » dont ils ne veulent pas, une hausse des droits de scolarité qui, elle, dépassera largement l’inflation. Cette année, pour la fête des Travailleurs, on ne m’en voudra donc pas d’avoir une pensée spéciale pour les étudiantes et les étudiants qui troquent leur statut d’étudiant pour un statut de travailleur temporaire les soirs, les fins de semaine et pendant la période estivale. La faible hausse de salaire proposée ne les aidera pas vraiment à faire face à la hausse des droits de scolarité proposée. Les dépenses scolaires des étudiantes et des étudiants croîtront ainsi beaucoup plus rapidement que leurs revenus, à moins qu’ils ne décident d’accroître le nombre d’heures travaillées au détriment de leur engagement scolaire ou même de leur santé. Une enquête dévoilée par <em>La Presse</em> ce matin faisait état de 19 h de travail par semaine en moyenne ; déjà, on est à la limite du raisonnable pour la réussite des études. En langage militaire, on appelle ce phénomène <em>dommages collatéraux</em>.</p>
<p><strong> </strong></p>
<blockquote><p><span style="color: #808000;"><strong>« Un nombre grandissant d’étudiants et de travailleurs à temps plein<br />
fréquente les banques alimentaires »</strong></span></p></blockquote>
<p><strong> </strong></p>
<p>Même si un nombre grandissant d’étudiants et de travailleurs à temps plein fréquente les banques alimentaires pour survivre, il s’en trouve pour juger cette hausse excessive, comme l’Institut économique de Montréal (IEDM). En effet, presque chaque année, l’IEDM nous pond un article diffusé largement dans les journaux de Quebecor afin de tenter de nous démontrer que la hausse du salaire minimum est répréhensible et qu’elle est un obstacle à la création d’emplois. Par une série de sophismes dont elle a le secret, cette organisation de droite au financement occulte en arrive à la conclusion que : « Ce n’est pas parce que les salaires sont faibles que les gens sont pauvres. » <em>Wow</em> ! Comment se fait-il qu’une telle évidence ne nous ait pas sauté aux yeux plus tôt ? Rappelons que l’IEDM est ce même organisme qui est favorable à la hausse des droits de scolarité et qui soutient le Mouvement des étudiants socialement responsables, à l’origine de la judiciarisation du conflit étudiant, et de la pluie d’injonctions frappant les cégeps et les universités.</p>
<p>En 2002, le taux du salaire minimum au Québec était le deuxième en importance au Canada ; au 1<sup>er</sup> mai 2012, il sera en queue de peloton, au 8<sup>e</sup> rang.  Sur ce plan, le Québec régresse ; il n’y a pas de quoi pavoiser. Tiens, j’ai une proposition à faire à M<sup>me</sup> Nathalie Elgrably-Lévy et à son collègue Éric Duhaime, issu du même organisme et écrivant les mêmes sottises chez Quebecor : allez donc expliquer ça aux étudiants des cégeps et des universités, qu’ils sont trop bien payés. Vous m’en donnerez des nouvelles !  Vous découvrirez peut-être qu’il y en a bien plus que vous pensez qui savent compter et qui sont capables d’identifier un raisonnement tordu.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #808000;"><strong>Liens</strong></span></p>
<p><a href="http://communiques.gouv.qc.ca/gouvqc/communiques/GPQF/Avril2012/30/c2464.html" target="_blank">Journée internationale des Travailleurs, le salaire minimum haussé à 9,90 $ le 1<sup>er</sup> mai</a></p>
<p><a href="http://www.newswire.ca/en/story/964847/hausse-du-salaire-minimum-hausse-du-salaire-minimum-de-25-cents-l-heure-l-effort-doit-etre-plus-soutenu" target="_blank">Hausse du salaire minimum –L’effort doit être plus soutenu</a></p>
<p><a href="http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Economie/2011/12/15/006-hausse-salaire-minimum.shtml" target="_blank">Le salaire minimum passera à 9,90 $ l’heure</a></p>
<p><a href="http://rejeanparent.ca/etudiants-pour-la-hausse-des-droits-de-scolarite-liedm-et-le-rlq-contre-les-jeunes/" target="_blank">Étudiants pour la hausse des droits de scolarité : L’IEDM et le RLQ contre les jeunes</a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<item>
		<title>Power Corporation : le deuxième monstre de la concentration de la presse</title>
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		<pubDate>Mon, 30 Apr 2012 18:56:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Réjean Parent</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Comme je l’ai démontré dans mon blogue du 26 avril dernier, la priorité des médias de Quebecor n’est plus de protéger le droit du public à l’information, mais bien plutôt de servir les intérêts de l’empire. Cela a été démontré une fois de plus le 23 avril dernier, alors qu’on ne trouvait aucune mention à la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft" title="Power Corporation : le deuxième monstre de la concentration de la presse" src="https://www.accescsq.ca/fileadmin/CSQ/user_upload/public/images/blogue/120426ConcentrationDeLaPresse.jpg" alt="Power Corporation : le deuxième monstre de la concentration de la presse" width="300" height="200" />Comme je l’ai démontré dans <a href="http://rejeanparent.ca/quebecor-les-dangers-d%E2%80%99une-presse-trop-puissante/" target="_blank">mon blogue du 26 avril dernier</a>, la priorité des médias de Quebecor n’est plus de protéger le droit du public à l’information, mais bien plutôt de servir les intérêts de l’empire. Cela a été démontré une fois de plus le 23 avril dernier, alors qu’on ne trouvait aucune mention à la une du <em>Journal de Montréal</em> de la marche de la veille, à l’occasion du Jour de la Terre, qui a pourtant rassemblé entre 200 000 et 300 000 personnes dans les rues de Montréal.</p>
<p>Et que dire de la couverture de presse du <em>Journal de Montréal</em> au lendemain de la plus grande manifestation étudiante de l’histoire du Québec, organisée par la FECQ, la FEUQ et la CLASSE le 23 mars dernier, couverture qui indiquait que le mouvement étudiant perdait des appuis ? Une façon pour Quebecor de manipuler l’information et l’opinion publique en marginalisant une actualité qui ne sert pas ses intérêts et qui est contraire aux idées de droite promues par l’empire.</p>
<p><span style="color: #808000;"><strong>Un livre à lire pour connaître les intérêts cachés des Desmarais</strong></span></p>
<p>Mais Quebecor n’est pas seul à abuser de sa situation de pouvoir dans un contexte de concentration de la presse. Les journaux de Gesca, propriété de l’autre empire, Power Corporation, appartenant à la famille Desmarais, ne sont guère plus vertueux, bien au contraire. Chez Gesca également, la défense et la protection du droit du public à l’information semblent malheureusement s’arrêter là où commencent les intérêts de la famille Desmarais et de Power Corporation.</p>
<p>À ce sujet, il faut lire le livre <em>Desmarais, la dépossession tranquille</em>, disponible depuis peu en librairie, écrit par l’ex-ministre péquiste sous le gouvernement Parizeau, Richard Le Hir. À partir d’une série de dossiers qui ont fait l’actualité au cours des deux dernières années, l’auteur accuse l’empire Desmarais de manœuvrer dans l’ombre pour déposséder les Québécois de leur patrimoine collectif. C’est d’ailleurs Le Hir qui, il y a quelques semaines, attirait l’attention des journalistes sur les visites de Jean Charest et de Michael Sabia, président de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), au riche domaine de 22 000 acres de la famille Desmarais, à Sagard, dans la région de Charlevoix. On apprenait aussi que la ministre de l’Éducation, Line Beauchamp, y avait également été reçue.</p>
<p><span style="color: #808000;"><strong>Quand les journalistes d’enquête perdent tous leurs moyens…</strong></span></p>
<p>L’information a été reprise par les médias de Quebecor qui s’en sont donné à cœur joie pour embarrasser le grand patron de l’autre empire, ce qui est de bonne guerre. Mais cela démontre également qu’on peut se réjouir qu’il reste un minimum de concurrence médiatique au Québec, sinon, la majorité de la population n’aurait rien su des fréquentions douteuses de son premier ministre et du gardien en chef de son bas de laine.</p>
<p>Car, aussi curieux que cela puisse paraître, ces mêmes journalistes de <em>La Presse</em>, si zélés à rendre publics les noms des personnalités ayant monté à bord du yacht d’un Tony Accurso, et encore plus si elles proviennent du milieu syndical, perdent tous leurs moyens lorsqu’il s’agit d’informer la population des copinages de leur grand patron avec les décideurs du Québec. Et pourtant, scandale pour scandale, la population a certainement plus intérêt à savoir que son premier ministre ainsi que le responsable des épargnes des Québécois sont reçus comme des princes par l’un des hommes d’affaires les plus riches et les plus puissants au pays.</p>
<p>Malheureusement, lorsqu’il s’agit des intérêts de Power Corporation, les journalistes de l’empire n’hésitent pas à sacrifier le droit fondamental du public à l’information… à l’instar de leurs collègues de l’autre empire dans une situation semblable.</p>
<p><span style="color: #808000;"><strong>Une Société Radio-Canada moins curieuse</strong></span></p>
<p>Que dire du silence complice de Radio-Canada ? Après l’excellent reportage de l’émission <em>Enquête</em> sur Quebecor, qu’attend la société d’État pour faire le même exercice avec Power Corporation, dont les intérêts économiques au sein de la société québécoise vont bien au-delà des simples retombées liées à la construction d’un amphithéâtre sportif et à la venue d’une équipe de hockey professionnelle ? Le peu de curiosité des journalistes de l’émission <em>Enquête</em> aurait-il quelque chose à voir avec l’entente de convergence qui lie la société d’État aux journaux de Gesca ?</p>
<p>Toujours est-il que cette paralysie des journalistes de Gesca et de Radio-Canada est regrettable, parce qu’il faut reconnaître que Richard Le Hir soulève des questions troublantes qui devraient pourtant intéresser des professionnels de l’information. Si les scandales dans l’industrie de la construction nous concernent, pourquoi la population n’aurait-elle pas intérêt à connaître les liens de l’empire Power Corporation et de ses filiales pour tenter de mettre la main sur l’exploitation de nos richesses naturelles ?</p>
<p><span style="color: #808000;"><strong>Des sujets d’intérêt public ignorés par la presse officielle</strong></span></p>
<p>Ainsi, vous ne lirez rien dans les journaux de Gesca pour s’interroger sur les liens étroits unissant l’actuel président de la CDPQ, Michael Sabia, et l’ancien, Henri-Paul Rousseau, à Power Corporation. Pourtant, ce sont nos propres épargnes qui sont au cœur de ces liens.</p>
<p>Et que dire de l’entente intervenue en 2010, qui aurait permis à Hydro-Québec d’acquérir les actifs d’Énergie Nouveau-Brunswick ? Finalement, l’entente n’a pas été conclue, mais Le Hir soutient que cette opération aurait pu conduire à la privatisation totale ou partielle de la société d’État québécoise, au profit de Power Corporation, dont les alliés veillaient dans l’ombre pour assurer la suite des choses.</p>
<p>Pourquoi aucun journaliste de Gesca n’écrit-il sur les intérêts de Power Corporation, par sa filiale la pétrolière française Total, dans l’exploitation du pétrole provenant des sables bitumineux de l’Alberta ? Est-ce le fruit du hasard si la CDPQ a décidé de hausser ses investissements dans l’industrie pétrolière albertaine ? Est-ce là l’un des sujets abordés par Michael Sabia avec Paul Desmarais lors de son séjour au domaine de Sagard ? L’auteur d’un autre livre sur la puissance de la famille Desmarais, celui-là intitulé <em>Derrière l’État Desmarais : Power</em>, Robin Philpot, se demandait si en s’alliant si étroitement à l’industrie pétrolière albertaine, la Caisse de dépôt n’est pas en train d’oublier sa mission et de servir les intérêts des Desmarais au détriment des intérêts du Québec. Une maudite bonne question surtout sachant que Sabia est le copain de l’autre.</p>
<p><span style="color: #808000;"><strong>D’autres judicieuses questions de Richard Le Hir</strong></span></p>
<p>D’autres questions naissent autour du fameux Accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne (AÉCG), dont on apprenait au cours des derniers jours que les négociations vont bon train. Un accord qui, toujours selon Richard Le Hir, est très cher au patriarche de la famille Desmarais et qui pourrait mener à la privatisation d’Hydro-Québec. Par ses filiales européennes, Power Corporation serait alors en bonne position pour prendre le contrôle d’Hydro-Québec et pour corriger le tir à la suite de l’achoppement de l’entente entre Hydro-Québec et Énergie Nouveau-Brunswick.</p>
<p>Est-ce le fruit du hasard si les intérêts du Québec sont défendus par Pierre-Marc Johnson, qui agit à titre de négociateur en chef du Québec ? Celui-là même qui fut conseiller spécial de Maurice Strong à l’époque où ce dernier était secrétaire général associé des Nations-Unies ; Maurice Strong, qui a également la particularité d’être un ancien président de Power Corporation, comme par hasard. Pas surprenant que ce futur Accord Canada-Union européenne rejoigne en tous points les intérêts de l’empire… comme le fait remarquer Le Hir.</p>
<p><span style="color: #808000;"><strong>Des projets chers au cœur de Jean Charest</strong></span></p>
<p>Richard Le Hir s’inquiète d’ailleurs, à juste titre, du fait que Power Corporation a réussi à s’immiscer dans l’appareil décisionnel d’Hydro-Québec, alors que son propre vice-président, Michel Plessis-Bélair, siège au conseil d’administration. Et dire que la filiale européenne de Power Corporation, Pargesa, détient une participation dans GDF Suez, le premier producteur indépendant d’électricité au monde.</p>
<p>Il poursuit son enquête en faisant état d’autres liens troublants de Power Corporation avec l’industrie du gaz de schiste au Québec, les partenariats public-privé (PPP), la cession du pétrole de l’île d’Anticosti et le Plan Nord, tous des projets chers au cœur du premier ministre Jean Charest, un habitué — on ne le rappellera jamais assez — des séjours de « ressourcement » au domaine de Sagard.</p>
<p><span style="color: #808000;"><strong>Une concentration de la presse qui éteint la curiosité journalistique</strong></span></p>
<p>Dans n’importe quelle société démocratique normale en Occident, des enjeux aussi graves et sérieux que ceux soulevés publiquement par Richard Le Hir, faisant état de liens aussi discutables entre le monde politique et celui des affaires, inciteraient immédiatement les journalistes à vouloir vérifier le tout et aller plus loin. Mais ce travail journalistique professionnel n’est possible que dans un pays où la concentration de la presse n’a pas atteint un niveau aussi élevé qu’au Québec et où les journalistes bénéficient donc d’une plus grande indépendance.</p>
<p><span style="color: #808000;"><strong>Liens</strong></span></p>
<p><a href="http://www.radio-canada.ca/emissions/rdi_week_end/2011-2012/Entrevue.asp?idDoc=213058" target="_blank">Desmarais, la dépossession tranquille, Entrevue de Richard Le Hir à la SRC</a></p>
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		<title>Le gouvernement Charest, la violence et les agents provocateurs</title>
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		<pubDate>Fri, 27 Apr 2012 19:30:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Réjean Parent</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Depuis quelques semaines, le gouvernement Charest évite le fond du problème en faisant dévier l’attention de la grève étudiante vers la question de la violence et de l’intimidation. Tout le monde s’entend pour dire que la violence et l’intimidation sont condamnables, mais devant le machiavélisme du gouvernement Charest, il est permis de se demander si [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis quelques semaines, le gouvernement Charest évite le fond du problème en faisant dévier l’attention de la grève étudiante vers la question de la violence et de l’intimidation.</p>
<p>Tout le monde s’entend pour dire que la violence et l’intimidation sont condamnables, mais devant le machiavélisme du gouvernement Charest, il est permis de se demander si nos représentants gouvernementaux n’utilisent pas certaines tactiques pour le moins lâches et déloyales afin d’attiser la violence.</p>
<p>Cette photo ayant circulé sur le web est troublante, tout comme d&#8217;autres images vues à la télé cette semaine. S’agit-il de la réalité ?</p>
<p><img class="alignleft" title="Le gouvernement Charest, la violence et les agents provocateurs" src="https://www.accescsq.ca/fileadmin/CSQ/user_upload/public/images/blogue/120427BlogAgentsProvocateurs.jpg" alt="Le gouvernement Charest, la violence et les agents provocateurs" width="400" height="300" /></p>
<p><span style="color: #808000;"><strong>Des agents provocateurs ont-ils infiltré les manifestations étudiantes ?</strong></span></p>
<p>On ne peut toutefois nier que les indices et les témoignages s’accumulent au sujet des agents provocateurs, ces policiers déguisés en manifestants radicaux dont l’unique but est de faire déraper une manifestation afin de légitimer le recours à la force et de discréditer le mouvement étudiant.</p>
<p>Récemment, plusieurs participants à la manifestation étudiante du 25 avril dernier témoignaient que tout se déroulait pacifiquement avant que les policiers décident soudainement de charger la foule. Plusieurs vidéos citoyennes circulent sur le Web et corroborent cette version. Or, se pourrait-il que les quelques vitres fracassées en fin de parcours, donnant ainsi le signal aux policiers de matraquer la foule, aient été le fait d’agents provocateurs ? La question se pose sérieusement.</p>
<p><span style="color: #808000;"><strong>Les agents provocateurs ne relèvent pas du mythe</strong></span></p>
<p>La vidéo suivante illustre très bien que les agents provocateurs ne relèvent pas du mythe. Tournée lors d’une manifestation pacifique lors du Sommet de Montebello en 2001, elle met en scène Dave Cole, un syndicaliste du Syndicat canadien des communications, de l’énergie et du papier (SCEP) qui démasque des agents provocateurs s’apprêtant à lancer des roches pour faire déraper la manifestation. Il faut dire que ces supposés anarchistes n’étaient pas des plus subtils. En gardant leurs bottes de police, en ayant un comportement hostile envers les autres manifestants et avec leurs déguisements ratés, ils étaient facilement identifiables. Un des agents provocateurs a même eu la bonne idée de porter un chandail noir à l’effigie de CHOI-FM, la Radio X de Québec ! Selon <em>Le Devoir</em> du 2 juillet 2010, la Sûreté du Québec, devant l’évidence de ces images, avait dû avouer publiquement qu’elle avait utilisé des agents infiltrés lors de la manifestation<a href="#_ftn1">[1]</a>. Pourquoi en serait-il autrement aujourd’hui ?</p>
<p><embed type="application/x-shockwave-flash" width="320" height="192" src="http://www.youtube.com/v/St1-WTc1kow?version=3&amp;hl=fr_FR&amp;rel=0" allowfullscreen="true" allowscriptaccess="always"></embed></p>
<p><span style="color: #808000;"><strong>Une image de sauveur plutôt que de négociateur</strong></span></p>
<p>Par unique souci électoraliste, il est de plus en plus évident que le gouvernement Charest a laissé pourrir la situation concernant la hausse des droits de scolarité jusqu’au chaos. Quand on constate sa mauvaise foi dans ce dossier et la façon dont il tente de miner la réputation des représentants étudiants, il est normal de se poser des questions sur sa gestion du conflit. Dans cet esprit, se pourrait-il que le gouvernement ait intérêt à utiliser le recours aux agents provocateurs ? Avec les exemples des dernières années et le cynisme désolant qu’affiche le gouvernement Charest, cette éventualité ne me surprendrait guère.</p>
<div>
<hr size="1" />
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<p><a href="#_ftnref1">[1]</a><a href="http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/291854/g20-la-police-aurait-utilise-des-agents-provocateurs" target="_blank">http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/291854/g20-la-police-aurait-utilise-des-agents-provocateurs</a></p>
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		<title>Quebecor : les dangers d’une presse trop puissante</title>
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		<pubDate>Thu, 26 Apr 2012 13:56:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Réjean Parent</dc:creator>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[concentration de la presse]]></category>
		<category><![CDATA[CSQ]]></category>
		<category><![CDATA[droit du public à l'information]]></category>
		<category><![CDATA[Émission Enquête]]></category>
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		<category><![CDATA[liberté de presse]]></category>
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		<description><![CDATA[La concentration de la presse au Québec a atteint un niveau qui est devenu dangereux pour notre démocratie. L’énorme pouvoir d’influence sur l’opinion publique, que nous avons laissé choir entre les mains de seulement quelques individus puissants et riches qui contrôlent la presse, représente une menace réelle pour la majorité de la population. Afin de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft" title="Quebecor : les dangers d’une presse trop puissante" src="https://www.accescsq.ca/fileadmin/CSQ/user_upload/public/images/blogue/120426ConcentrationDeLaPresse.jpg" alt="Quebecor : les dangers d’une presse trop puissante" width="300" height="200" />La concentration de la presse au Québec a atteint un niveau qui est devenu dangereux pour notre démocratie. L’énorme pouvoir d’influence sur l’opinion publique, que nous avons laissé choir entre les mains de seulement quelques individus puissants et riches qui contrôlent la presse, représente une menace réelle pour la majorité de la population.</p>
<p>Afin de s’en convaincre, il suffit d’observer la couverture médiatique faite par les médias de Quebecor concernant la contestation étudiante pour bloquer la hausse des droits de scolarité. Nous avons là un exemple flagrant d’un empire de presse qui a troqué son devoir d’ « information » de l’opinion publique contre une mission, qu’il s’est lui-même donnée, de « formation » de l’opinion publique.</p>
<p><span style="color: #808000;"><strong>Une couverture médiatique tendancieuse</strong></span></p>
<p>Depuis le déclenchement des grèves étudiantes, la couverture tendancieuse des manifestations étudiantes est évidente. Les chroniqueurs de droite de Quebecor se concurrencent les uns les autres pour démoniser les porte-parole étudiants, particulièrement Gabriel Nadeau-Dubois, de la CLASSE, pour discréditer le bien-fondé de leurs revendications, pour exagérer les quelques « dérapages » de certaines manifestations, allant même jusqu’à encourager une intervention policière musclée contre ces jeunes « trop gâtés et pourris » qui dérangent l’ordre public.</p>
<p>Le parti pris éhonté des médias de Pierre Karl Péladeau (PKP) contre les étudiants est tellement gros qu’ils sont eux-mêmes devenus des acteurs dans l’événement. À croire que chez Quebecor, le rôle des médias n’est plus tant de couvrir les événements que de les fabriquer. C’est ce qu’on a vu le 22 mars dernier alors que 200 000 personnes marchaient dans la rue pour dénoncer la hausse des droits de scolarité. Une manifestation d’une ampleur historique, comme le reconnaissaient à peu près tous les observateurs. Pourtant, le lendemain matin, les quotidiens de Quebecor trouvaient le moyen de faire la une non pas en soulignant ce soutien impressionnant, mais plutôt avec un sondage maison laissant croire que l’appui populaire envers les étudiants s’essoufflait ! Il faut le faire…</p>
<p><span style="color: #808000;"><strong>Quand une aide publique est acceptable pour PKP</strong></span></p>
<p>Il y a 11 ans, en novembre 2001, les représentants de Quebecor témoignaient à l’Assemblée nationale du Québec, devant les membres de la Commission de la culture chargée de se pencher sur le phénomène de la concentration de la presse. L’empire venait alors de mettre la main sur Vidéotron et le réseau TVA, grâce à une aide financière de 3,2 milliards de dollars provenant du bas de laine des Québécois, par la Caisse de dépôt et placement du Québec.</p>
<p>Il est plutôt révélateur de constater avec quel empressement notre pourfendeur de l’intervention publique, Pierre Karl Péladeau, s’empressait à l’époque de recevoir cette aide « publique » sans soulever la moindre critique sur sa provenance. Et c’est ainsi que le gouvernement du Québec a permis que la Caisse de dépôt et placement du Québec puise dans le fonds de retraite des Québécois pour aider Quebecor à étendre un pouvoir médiatique que l’empire utilise maintenant pour promouvoir les intérêts d’affaires de la famille Péladeau… souvent au détriment des intérêts de la majorité de la population.</p>
<p><span style="color: #808000;"><strong>Les engagements solennels de Quebecor</strong></span></p>
<p>Pourtant, en 2001, à l’Assemblée nationale, les porte-parole de Quebecor dont Luc Lavoie, vice-président exécutif aux affaires corporatives, et Monique Leroux, chef de l’exploitation, première vice-présidente exécutive de Quebecor (aujourd’hui présidente du conseil et chef de la direction du Mouvement des caisses Desjardins) juraient que l’empire respecterait la diversité d’opinions dans ses publications et qu’il n’était pas question d’uniformiser les contenus éditoriaux de leurs médias.</p>
<p>Luc Lavoie promettait que la haute direction ne se mettrait pas les mains dans la gestion de l’information et que Quebecor s’engageait à devenir plus actif au Conseil de presse et à continuer à soutenir la Presse canadienne. Il n’était surtout pas question de convergence de l’information entre les quotidiens de l’empire et la salle de nouvelles de TVA. Un autre porte-parole de Quebecor, Pierre Francoeur, disait alors textuellement que « dans la rédaction et le choix des informations, aucun fait ne sera exagéré ou intentionnellement omis dans l’intérêt d’un groupe ou d’une institution ».</p>
<p><span style="color: #808000;"><strong>Une parole sans cesse reniée</strong></span></p>
<p>Onze ans plus tard, on a vu ce que valaient ces engagements. Absolument rien ! L’uniformisation de l’information entre les médias de Quebecor est totale. La Presse canadienne a été larguée au profit de l’agence QMI. Les liens avec le Conseil de presse ont été définitivement rompus, et Quebecor pousse l’arrogance jusqu’à menacer l’organisme de poursuites si ce dernier s’avise de donner suite à une plainte contre l’un ou l’autre de ses journalistes. Quant au traitement de l’information dans les médias de Quebecor, les multiples reportages tendancieux de la série <em>Le Québec dans le rouge</em>, les sondages douteux à répétition sur la perception de la population quant à la qualité des services publics, la couverture exagérée du moindre raté du système public, la publication à pleine page d’une affiche présentant les dépenses de l’État québécois, sans aucune mention des services essentiels que la population reçoit en retour, tous sont autant d’exemples démontrant le danger de remettre un si grand pouvoir d’influence entre les mains d’un seul empire de presse.</p>
<p><span style="color: #808000;"><strong>Des élus trompés</strong></span></p>
<p>En 2001, Luc Lavoie a berné les élus en prétendant que Quebecor n’avait pas le pouvoir de faire et défaire des carrières artistiques et journalistiques, et qu’il n’accepterait pas un tel pouvoir. Depuis, nous avons vu au contraire l’empire défaire de nombreuses carrières en jetant à la rue des dizaines de journalistes employés par ses quotidiens, et faire d’autres carrières en embauchant des chroniqueurs, à la formation « journalistique » inexistante ou douteuse, dont le seul mérite était leurs idées de droite conformes à l’idéologie du grand patron. Et que dire de cette influence, à laquelle on a allègrement recouru pour mousser un Mario Dumont, en son temps, ou plus récemment un François Legault, dont les idées antisyndicales correspondent à celles du grand patron ?</p>
<p><span style="color: #808000;"><strong>Un monstre qui menace l’intérêt public</strong></span></p>
<p>Il ne fait aucun doute que l’empire Quebecor a fait la démonstration très claire que les empires de presse sont incapables de s’autodiscipliner pour servir le droit fondamental du public à l’information et la liberté de l’information. Au contraire, comme le déclarait le 3 novembre 2011 le juge à la retraite John Gomery, dans le cadre de l’émission <em>Enquête</em> à Radio-Canada : « Celui qui a un grand pouvoir, veut toujours avoir plus de pouvoir. »</p>
<p>C’est exactement le but que poursuit la famille Péladeau avec son empire, et ce, au détriment des intérêts de l’ensemble de la population. Au début des années 1980, la commission Kent, chargée d’enquêter sur les quotidiens au Canada, jugeait déjà l’état de concentration de la presse suffisamment inquiétant pour écrire : « … il faut se rendre à l’évidence que c’est un monstre que l’industrie a porté en son sein et dont elle a subitement accouché en 1980. La structure actuelle de la presse écrite, que les lois et la politique gouvernementale ont permise, est nettement et directement contraire à l’intérêt public […] un déroulement naturel d’événements a produit un résultat monstrueux ».</p>
<p>Au Québec, 32 ans plus tard, l’un de ces monstres s’appelle Quebecor.</p>
<p>À suivre…</p>
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		<title>La démocratie québécoise menacée… sous le silence des médias</title>
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		<pubDate>Mon, 23 Apr 2012 20:22:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Réjean Parent</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Power Corporation]]></category>
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		<description><![CDATA[N’est-il pas paradoxal que les médias québécois, qui se targuent d’être les gardiens de certains droits fondamentaux, passent presque sous silence l’une des pires menaces qui pèsent sur notre démocratie au Québec, à savoir la concentration de la presse ? Une concentration ayant atteint un niveau au Québec et au Canada qui est le plus élevé [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft" title="La démocratie québécoise menacée… sous le silence des médias" src="https://www.accescsq.ca/fileadmin/CSQ/user_upload/public/images/blogue/120423BlogDemocratieMenacee.jpg" alt="La démocratie québécoise menacée… sous le silence des médias" width="330" height="246" />N’est-il pas paradoxal que les médias québécois, qui se targuent d’être les gardiens de certains droits fondamentaux, passent presque sous silence l’une des pires menaces qui pèsent sur notre démocratie au Québec, à savoir la concentration de la presse ? Une concentration ayant atteint un niveau au Québec et au Canada qui est le plus élevé parmi les pays de l’OCDE. En fait, le niveau de concentration de la presse ici est rendu tel qu’il faut pratiquement se tourner vers les systèmes politiques totalitaires pour trouver l’équivalent ou pire.</p>
<p>Il y a plus de 30 ans, en 1981, la Commission Kent sonnait l’alarme et s’inquiétait de la situation de concentration de la presse au Canada. En 2000, c’était au tour de Robert Picard, directeur du Media Group du Turku School of Economics and Business de Finlande, d’écrire ce qui suit en parlant du Canada : « Je crois que le niveau de concentration, en particulier dans l’industrie des quotidiens au Canada, dépasse certainement tout ce que les normes raisonnables permettent ailleurs ».</p>
<p><span style="color: #808000;"><strong>Voir la paille pour mieux oublier la poutre</strong></span></p>
<p>Aujourd’hui, les choses n’ont fait que s’aggraver alors que les empires Quebecor et Power Corporation, par sa filiale Gesca, ont renforcé leur emprise et leur contrôle sur la presse au pays et, plus particulièrement, au Québec. C’en est rendu à un point tel que les Péladeau et Desmarais contrôlent à eux seuls pratiquement la totalité de la presse écrite quotidienne au Québec. Et dire que certains chroniqueurs de leurs journaux osent parfois s’inquiéter du trop grand pouvoir des syndicats !</p>
<p>C’est un peu comme la parabole de la paille que l’on voit dans l’œil du voisin en oubliant de regarder la poutre qui se trouve dans son œil propre. Ces mêmes chroniqueurs, qui aiment bien inquiéter leurs lecteurs avec le supposé pouvoir des syndicats, ne montrent curieusement pas autant de zèle pour dénoncer la concentration de la presse au Québec qui, elle, représente pourtant une menace réelle pour notre démocratie.</p>
<p><span style="color: #808000;"><strong>Le silence des adorateurs de la liberté individuelle</strong></span></p>
<p>Et que dire du silence de nos apôtres de la droite libertarienne au Québec et de leurs disciples, notamment la clique de RLQuistes à Éric Duhaime et Joanne Marcotte, si prompts à dénoncer les syndicats comme des menaces pour la liberté, mais complètement aveugles à l’influence disproportionnée exercée par deux empires de presse sur la formation de l’opinion publique au Québec ? Il faut reconnaître que le fait que leurs gourous, Duhaime et Marcotte, sans oublier Nathalie Elgrably-Lévy, bénéficient de leurs propres chroniques dans les quotidiens de Quebecor pour répandre les idées de droite qui leur sont si chères, doit sans nul doute contribuer à étouffer les sursauts de leur conscience… s’il y a lieu.</p>
<p>Le problème de concentration de la presse au Québec est pourtant bien réel. Non seulement la presse quotidienne est sous le contrôle de deux empires, mais nos gouvernements ont également permis à Quebecor de mettre la main sur le plus important réseau privé de télévision au Québec, TVA, ainsi que sur Videotron. Une situation de propriété croisée qui n’aurait pas été permise dans aucun autre pays de l’OCDE, notamment aux États-Unis où le capitalisme est roi.</p>
<p><span style="color: #808000;"><strong>Un quatrième pouvoir qui passe au premier rang</strong></span></p>
<p>Au Québec, tout se passe comme si le quatrième pouvoir avait déclassé les trois autres et trônait maintenant au premier rang. Les empires Quebecor et Power Corporation, notamment avec l’entente de collaboration entre Gesca et Radio-Canada, ont acquis une telle influence sur l’opinion publique qu’ils peuvent presque faire et défaire les gouvernements à leur guise. Ai-je besoin de rappeler la crise des accommodements raisonnables qui a fait rage dans les journaux entre mars 2006 et avril 2007, alors que les journalistes des deux empires se relayaient à qui mieux mieux pour débusquer les « situations scandaleuses » ?</p>
<p>Une étude réalisée par Maryse Potvin, professeure au Département d’éducation et formation spécialisées à l’UQAM et chercheure au Centre d’études ethniques des universités montréalaises et au Centre Métropolis du Québec, a démontré que la crise des accommodements raisonnables avait été créée de toutes pièces par les médias. En effet, plus de 75 % des supposées « affaires d’accommodements raisonnables » rapportées étaient des ententes privées ou des faits anecdotiques montés en épingle par les journalistes.</p>
<p><span style="color: #808000;"><strong>Quand les médias tirent les ficelles politiques…</strong></span></p>
<p>Cette propagande médiatique a eu ses effets sur l’opinion publique alors que les Québécois, ayant l’impression que leur identité était menacée, ont failli confier la gestion de l’État à un tiers parti dont le chef avait eu l’habileté de tirer sur les bonnes cordes sensibles pour se rendre populaire. Sans même s’en rendre compte, les Québécois, habituellement de centre gauche pour la plupart, « influencés par la démesure médiatique », avaient soudainement viré à droite.</p>
<p>Le même type de campagne de propagande, menée pendant plus d’un an dans les médias de Quebecor et de Power Corporation, a littéralement propulsé la candidature de François Legault dans les sondages, plusieurs le voyant comme prochain premier ministre du Québec, du moins jusqu’à ce qu’il dévoile ses premières idées… et que la « balloune » se dégonfle.</p>
<p><span style="color: #808000;"><strong>Une démocratie à la liberté fragile</strong></span></p>
<p>L’ancien président américain Franklin Delano Roosevelt disait : « La liberté dans une démocratie n’est pas assurée si le peuple tolère que la puissance privée grandisse au point qu’elle devienne plus forte que l’état démocratique lui-même. » Se pourrait-il que nous en soyons rendus là au Québec ?</p>
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