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	<title>Citizen Poulpe</title>
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	<description>Critiques de films</description>
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		<title>Le Virtuose</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Bertrand Mathieux]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Jun 2026 11:05:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Policier / Thriller]]></category>
		<category><![CDATA[Daniel Roher]]></category>
		<category><![CDATA[Dustin Hoffman]]></category>
		<category><![CDATA[Leo Woodall]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Film de Daniel RoherAnnée de sortie : 2026Pays : États-UnisTitre original : TunerScénario : Daniel Roher, Robert DamseyPhotographie : Lowell A. MeyerMontage : Greg O&#8217;BryantMusique : Will BatesAvec : Leo Woodall, Havana Rose Liu, Dustin Hoffman, Lior Raz, Tovah Feldshuh, Jean Reno Le Virtuose conjugue d&#8217;abord swing, élégance et discret commentaire social, avant de céder à de lourdes conventions scénaristiques. Plaisant mais, au final, surtout frustrant ! Synopsis du film New York, de nos jours. Niki White (Leo Woodall), ancien pianiste qui a dû renoncer à la musique car il souffre d&#8217;hyperacousie, travaille comme apprenti accordeur aux côtés d&#8217;Harry Horowitz (Dustin Hoffman), figure du métier et ancien pianiste de jazz. Les deux hommes s&#8217;entendent à merveille, tant sur le plan personnel que professionnel. Un jour, Niki découvre que son oreille exceptionnelle lui permet de distinguer les différents types de sons produits par les mécanismes des coffres forts, et donc de trouver leurs combinaisons. Un concours de circonstances va le pousser à utiliser ce don pour le compte d&#8217;une bande de voleurs ; ce qui, naturellement, va l&#8217;exposer à des ennuis&#8230; Critique de Le Virtuose Il commence bien, le premier long métrage de fiction de Daniel Roher (auteur notamment d&#8217;un documentaire ...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Film de Daniel Roher</strong><br>Année de sortie : 2026<br>Pays : États-Unis<br>Titre original : <em>Tuner</em><br>Scénario : Daniel Roher, Robert Damsey<br>Photographie : Lowell A. Meyer<br>Montage : Greg O&rsquo;Bryant<br>Musique : Will Bates<br>Avec : Leo Woodall, Havana Rose Liu, Dustin Hoffman, Lior Raz, Tovah Feldshuh, Jean Reno</p>



<p><em>Le Virtuose</em> conjugue d&rsquo;abord swing, élégance et discret commentaire social, avant de céder à de lourdes conventions scénaristiques. Plaisant mais, au final, surtout frustrant !</p>



<span id="more-10296"></span>



<h2 class="wp-block-heading">Synopsis du film</h2>



<p>New York, de nos jours. Niki White (<strong>Leo Woodall</strong>), ancien pianiste qui a dû renoncer à la musique car il souffre d&rsquo;hyperacousie, travaille comme apprenti accordeur aux côtés d&rsquo;Harry Horowitz (<strong>Dustin Hoffman</strong>), figure du métier et ancien pianiste de jazz. Les deux hommes s&rsquo;entendent à merveille, tant sur le plan personnel que professionnel.</p>



<p>Un jour, Niki découvre que son oreille exceptionnelle lui permet de distinguer les différents types de sons produits par les mécanismes des coffres forts, et donc de trouver leurs combinaisons. Un concours de circonstances va le pousser à utiliser ce don pour le compte d&rsquo;une bande de voleurs ; ce qui, naturellement, va l&rsquo;exposer à des ennuis&#8230;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Critique de <em>Le Virtuose</em></h2>



<p>Il commence bien, le premier long métrage de fiction de <strong>Daniel Roher</strong> (auteur notamment d&rsquo;un documentaire sur le groupe <em>The Band</em>). Le tandem formé par <strong>Leo Woodall</strong> et <strong>Dustin Hoffman</strong> (quel plaisir de le revoir !) fonctionne immédiatement ; le montage est dynamique ; l&rsquo;histoire est originale (vous en connaissez beaucoup, des films dont le héros est accordeur de pianos ?) ; le tout a la même élégance et la même fluidité que le jeu de Tommy Flanagan et les autres jazzmen que la bande originale du film donne à entendre.</p>



<p>Le point de départ permet en outre à Roher, et à son coscénariste <strong>Robert Ramsey</strong>, de développer de belles idées autour du métier d&rsquo;accordeur (trouver l&rsquo;harmonie à partir du chaos, tout en renonçant à la perfection), et d&rsquo;éclairer, par petites touches, des problèmes sociaux et économiques majeurs aux États-Unis (tels que la couverture santé, notamment), tout en dépeignant une bourgeoisie volontiers superficielle (la plupart des pianos dont s&rsquo;occupent Harry Horowitz et Niki White sont décoratifs : ils sont des signes extérieurs de richesse, plus que des instruments).</p>



<p>Bref, le fond et la forme sont là, et le précieux équilibre entre légèreté et gravité est atteint ; puis, peu à peu, les choses se gâtent. D&rsquo;une manière assez commune : trop de gens ont dans l&rsquo;idée que la fiction doit nécessairement être (très) dramatique. Il faut des moments de tension, des enjeux forts et identifiables. La partition devient alors plus pesante, plus prévisible et moins subtile. Pire, le fond y perd également : d&rsquo;abord singulier, crédible et attachant, Niki White finit par cumuler plusieurs poncifs du héros américain typique. Poncifs qui véhiculent une obsession, très capitalistique finalement, de la performance. Dans cette logique, Niki ne peut pas être qu&rsquo;un remarquable accordeur : il faut qu&rsquo;il soit aussi un pianiste virtuose et qu&rsquo;il ait une mémoire remarquable. Sa compagne dans le film, Ruthie (<strong>Havana Rose Liu</strong>), d&rsquo;un narcissisme que le scénario ne semble pas questionner plus que ça, incarne cette même vision de l&rsquo;existence, qui contredirait presque le début du film, et l&#8217;empêche de terminer sur les mêmes accords aériens que ceux qui portent la première demi-heure.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://www.citizenpoulpe.com/wp-content/uploads/2026/06/le-virtuose.jpg"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://www.citizenpoulpe.com/wp-content/uploads/2026/06/le-virtuose-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-10302" srcset="https://www.citizenpoulpe.com/wp-content/uploads/2026/06/le-virtuose-1024x576.jpg 1024w, https://www.citizenpoulpe.com/wp-content/uploads/2026/06/le-virtuose-300x169.jpg 300w, https://www.citizenpoulpe.com/wp-content/uploads/2026/06/le-virtuose-768x432.jpg 768w, https://www.citizenpoulpe.com/wp-content/uploads/2026/06/le-virtuose-620x349.jpg 620w, https://www.citizenpoulpe.com/wp-content/uploads/2026/06/le-virtuose-940x529.jpg 940w, https://www.citizenpoulpe.com/wp-content/uploads/2026/06/le-virtuose.jpg 1280w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a><figcaption class="wp-element-caption">Niki (Leo Woodall). L&rsquo;acteur parvient à dégager une sorte de tranquillité et de réserve qui convient bien à son personnage (lequel, en raison de sa condition médicale, doit se protéger de nombreux sons extérieurs, donc du monde, d&rsquo;une certaine façon).</figcaption></figure>



<p>Le stupide titre français (<em>Virtuose</em>, tandis que le titre originale est <em>Tuner</em>, c&rsquo;est-à-dire <q>accordeur</q>) enfonce le clou en mettant l&rsquo;accent sur l&rsquo;aspect le plus discutable du récit. Il faut d&rsquo;ailleurs se méfier de la virtuosité : en musique comme en d&rsquo;autres domaines, elle n&rsquo;est pas toujours synonyme de qualité et d&rsquo;émotion. Django Reinhardt était un musicien virtuose, capable de jouer beaucoup de notes avec une fluidité extraordinaire, mais son génie mélodique et sa sensibilité faisaient que chaque note comptait, et que ses solos n&rsquo;étaient donc pas une démonstration de technique mais, à l&rsquo;inverse, des sommets de poésie musicale. L&rsquo;un des travers de certains musiciens très doués techniquement est de mettre des notes partout, des effets dans tous les sens, au détriment de la mélodie et de la sensation. La scène finale du film, que je ne dévoilerais pas, donne à entendre une partie de piano qui est un bon exemple de virtuosité démonstrative. Elle est représentative d&rsquo;un scénario qui oublie que la légèreté profonde, l&rsquo;émotion discrète sont souvent plus appréciables, et mémorables, que les notes en cascades et autres effets mélos.</p>



<p>Dommage ! Pendant un bon moment, <em>Le Virtuose</em> ressemble à un petit miracle parmi les navets industriels dont nous inonde le cinéma américain actuel (le cinéma français ne fait pas beaucoup mieux en ce moment). Reste un début accrocheur, de bons comédiens, une musique originale réussie de <strong>Will Bates</strong> et des idées intéressantes, certes un peu gâchées par le dénouement, mais tout de même appréciables.</p>



<p>Espérons que le talentueux Daniel Roher cherchera, à l&rsquo;avenir, à jouer moins de notes, mais qu&rsquo;elles seront toutes pesées, pensées, délicates. En attendant, vous pouvez aller voir <em>Le Virtuose</em> au cinéma : il y a de bien plus mauvais films que celui-ci dans les salles obscures en ce moment.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Bande annonce</h2>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe class="youtube-player" width="620" height="349" src="https://www.youtube.com/embed/jySx5RMwE24?version=3&#038;rel=1&#038;showsearch=0&#038;showinfo=1&#038;iv_load_policy=1&#038;fs=1&#038;hl=fr-FR&#038;autohide=2&#038;wmode=transparent" allowfullscreen="true" style="border:0;" sandbox="allow-scripts allow-same-origin allow-popups allow-presentation allow-popups-to-escape-sandbox"></iframe>
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		<title>Ganache Festival 2026 : chronique de la séance 1</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Bertrand Mathieux]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Apr 2026 15:37:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Courts et moyens métrages]]></category>
		<category><![CDATA[Festival de cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Ganache Festival]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La quatrième éditition du Ganache Festival a débuté vendredi dernier (le 24 avril), au cinéma Le Grand Action. Récit d&#8217;une séance composée de courts métrages à la fois très différents les uns des autres et reliés par un motif commun. C&#8217;est quoi, le Ganache Festival ? Il s&#8217;agit d&#8217;un festival qui promeut de jeunes réalisatrices et réalisateurs (moins de 35 ans) et dont la sélection ne comprend que des films autoproduits, ou résultant d&#8217;une première production. J&#8217;ignore si le mot ganache fait référence à la crème du même nom, mais j&#8217;aime bien cette idée – peut-être parce que le cinéma et le chocolat font partie de mes sources de plaisir dans la vie. Chronique de la séance d&#8217;ouverture Il y avait beaucoup de monde, ce vendredi 24 avril, au numéro 5 de la rue des Écoles (Paris 5ème), puis à l&#8217;intérieur de la vaste salle du Grand Action où était projetée la toute première séance du Ganache Festival 2026. Le public était majoritairement jeune (la vingtaine en moyenne), à l&#8217;image des créateurs de l&#8217;événement, et l&#8217;atmosphère vibrait d&#8217;enthousiasme ; de curiosité aussi, celle qui nous habite au moment de voir apparaître les premières d&#8217;un film sur un grand écran. En ...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>La quatrième éditition du <strong>Ganache Festival</strong> a débuté vendredi dernier (le 24 avril), au cinéma <strong><a href="https://www.legrandaction.com/">Le Grand Action</a></strong>. Récit d&rsquo;une séance composée de courts métrages à la fois très différents les uns des autres et reliés par un motif commun.</p>



<span id="more-10258"></span>



<h2 class="wp-block-heading">C&rsquo;est quoi, le Ganache Festival ?</h2>



<p>Il s&rsquo;agit d&rsquo;un festival qui promeut de jeunes réalisatrices et réalisateurs (moins de 35 ans) et dont la sélection ne comprend que des films autoproduits, ou résultant d&rsquo;une première production. J&rsquo;ignore si le mot <q>ganache</q> fait référence à la crème du même nom, mais j&rsquo;aime bien cette idée – peut-être parce que le cinéma et le chocolat font partie de mes sources de plaisir dans la vie.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-vimeo wp-block-embed-vimeo wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="GANACHE FESTIVAL 2026 • Teaser" src="https://player.vimeo.com/video/1177268627?dnt=1&amp;app_id=122963" width="620" height="349" frameborder="0" allow="autoplay; fullscreen; picture-in-picture; clipboard-write; encrypted-media; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Chronique de la séance d&rsquo;ouverture</h2>



<p>Il y avait beaucoup de monde, ce vendredi 24 avril, au numéro 5 de la rue des Écoles (Paris 5ème), puis à l&rsquo;intérieur de la vaste salle du Grand Action où était projetée la toute première séance du Ganache Festival 2026. Le public était majoritairement jeune (la vingtaine en moyenne), à l&rsquo;image des créateurs de l&rsquo;événement, et l&rsquo;atmosphère vibrait d&rsquo;enthousiasme ; de curiosité aussi, celle qui nous habite au moment de voir apparaître les premières d&rsquo;un film sur un grand écran.</p>



<p>En l&rsquo;occurrence, il s&rsquo;agissait d&rsquo;images en noir et blanc, celles tournées par <strong>Félicien Forest</strong> pour son film <em>L&rsquo;Ile</em>, centré sur un tandem masculin dont les membres, Sami et Stéphane, travaillent dans une station d&rsquo;autoroute. Le noir et blanc traduit une routine grise et répétitive, dont les deux protagonistes tentent de s&rsquo;échapper par le rêve (en particulier Sami) et des jeux divers. L&rsquo;arrivée d&rsquo;une jolie automobiliste va plonger le sentimental Sami dans une rêverie amoureuse, peuplée de paysages marins, très éloignés de celui dans lequel est ancré son quotidien.</p>



<p>Le ton est léger, la mélancolie sous-jacente. Un plan montrant des voitures défiler devant l&rsquo;aire d&rsquo;autoroute semble suggérer que la vie se joue ailleurs, loin des deux zozos immobiles ou encore, que le système est indifférent au sort de ceux qui n&rsquo;épousent pas son rythme et ses règles. Toutes les scènes ne se valent pas (à mon avis), mais l&rsquo;ensemble est filmé avec soin, et la dernière image fait mouche.</p>



<p>Dans <em>La fille à la recherche de la cabane</em>, <strong>Phane Montet</strong> traite de sa fascination pour le parcours, hélas trop bref, du dessinateur et peintre urbain français <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Zoo_Project">Bilal Berreni</a>. Assassiné en 2013 à Détroit, à seulement 23 ans, cet artiste éternellement jeune a d&rsquo;abord réalisé des peintures sur plusieurs murs du 20ème arrondissement, dont il est originaire ; puis il a voyagé, entre autres, en Tunisie (lors de la révolution de 2010-2011, dont il a peint plusieurs des victimes), dans l&rsquo;est de l&rsquo;Europe, en Russie et dans l&rsquo;extrême nord de la Suède ; c&rsquo;est ce voyage précis qui est au coeur de <em>La fille à la recherche de la cabane</em>.</p>



<p>Le film traite, en partie, de la trace, du souvenir que l&rsquo;on laisse derrière soi, en tant qu&rsquo;être humain et en tant qu&rsquo;artiste. Un plan montrant une peinture de Bilal Berreni presque entièrement effacée renvoie à cette idée. Mais ce court métrage explore aussi les raisons mystérieuses qui font qu&rsquo;on peut se sentir proche de quelqu&rsquo;un que l&rsquo;on n&rsquo;a pas connu, mais dont le travail, le regard résonnent en nous. <em>La fille à la recherche de la cabane</em> est rempli d&rsquo;échos, de murmures qui traversent des époques, des lieux et des êtres.</p>



<p>La forme est hybride, mêlant documentaire et imaginaire (une scène correspond sans doute plus à un fantasme qu&rsquo;à une réalité documentée), mais aussi images filmées et animations, celles-ci étant réalisées par la talentueuse <strong>Mona Schnerb</strong>. Ses dessins (qui déclinent, de façon habile et significative, l&rsquo;esthétique de Bilal Berreni) se déploient (parfois) sur des paysages enneigés, qui évoquent (comme me l&rsquo;a fait remarquer la spectatrice perspicace qui m&rsquo;accompagnait ce soir-là) la surface vierge du papier où naissent les mots et les formes, les idées et les émotions ; ce film, très personnel et poétique, n&rsquo;en manque pas.</p>



<p><em>Le rayon est vert</em>, de <strong>Marion Renerre</strong>, est plus court et épuré que les deux films précédents. Il célèbre ces moments rares où se produit, entre deux personnes réunies par le hasard, une alchimie aussi mystérieuse que brève, ici représentée par une danse complice et harmonieuse. Porté par deux danseurs de talent, et filmé avec grâce, le film possède le rythme et le charme que son sujet exigeait. Une parenthèse pleine de douceur et de magie.</p>



<p><em>RDV</em>, de <strong>Jules Cottier</strong>, part d&rsquo;une idée récurrente dans les comédies romantiques : comment deux personnes qui semblent ne pas s&rsquo;entendre peuvent être portées l&rsquo;une vers l&rsquo;autre. L&rsquo;histoire repose sur un malentendu, un quiproquo qui m&rsquo;a fait songer à la trame du <a href="https://www.citizenpoulpe.com/rendez-vous-ernst-lubitsch/"><em>Rendez-vous </em>d&rsquo;Ernst Lubitsch</a>, auquel fait donc très probablement référence le titre <em>RDV</em>. Le point de départ est classique, donc, mais ce qui fait la différence, ce sont des dialogues malins, des personnages bien écrits, des comédiens convaincants, une réalisation inspirée et une belle photo. Cela en fait des qualités, me direz-vous ; largement assez, en tout cas, pour donner un joli cachet à ce court métrage attachant et souvent drôle.</p>



<p>A la fin de la séance, il me semble que c&rsquo;est Marion Renerre qui a relevé le motif commun à ces quatre films : la rencontre. Qu&rsquo;elle soit ratée, fantasmée, décalée, éphémère ou heureuse, elle est toujours inspirante, à l&rsquo;image de cette séance de cinéma à la fois riche et cohérente. On souhaite une longue vie au <a href="https://ganache.studio/ganache-festival/">Ganache Festival</a>, et un beau parcours aux artistes programmés.</p>



<p></p>
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		<title>Format court 2026 : secrets et tabous, compétitions 4 et 5</title>
		<link>https://www.citizenpoulpe.com/format-court-2026-secrets-et-tabous-competitions-4-et-5/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Bertrand Mathieux]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Apr 2026 11:44:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Courts et moyens métrages]]></category>
		<category><![CDATA[Festival de cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Format Court]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Troisième chronique dédiée à Format Court 2026 avec, cette fois-ci, un mélange de films issus de trois sélections distinctes – et parfois, de troublants échos entre plusieurs récits. Snow in September, de Lkhagvadulam Purev-Ochir Tourné à Oulan-Bator, capitale de la mongolie, Snow in September s&#8217;intéresse au quotidien d&#8217;un lycéen, Davka, fan de mangas hyper violents, comme son amie et camarade de classe Anuka. Un après-midi, une femme d&#8217;environ quarante ans, prétendant habiter le même immeuble que le jeune homme, lui explique avoir refermé la porte de son appartement sans avoir pris ses clefs, en conséquence de quoi, elle demande à Davka de l&#8217;accueillir le temps que son mari revienne. Après cet épisode, Davka va éprouver une perplexité grandissante et s&#8217;interroger sur cette voisine que nul ne semble connaître dans l&#8217;immeuble&#8230; La cinéaste mongole Lkhagvadulam Purev-Ochir a, de toute évidence, le sens de l&#8217;atmosphère et de la suggestion. Son court métrage intrigue par un climat flottant, presque teinté de fantastique, sans qu&#8217;aucun événement surréel ne survienne. Que veut-elle nous raconter ? Un rapport trouble au réel, favorisé par la naissance du désir et par les mondes virtuels procurés par les jeux vidéos et mangas prisés du jeune protagoniste ? Rien n&#8217;est ...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Troisième chronique dédiée à <strong>Format Court 2026</strong> avec, cette fois-ci, un mélange de films issus de trois sélections distinctes – et parfois, de troublants échos entre plusieurs récits.</p>



<span id="more-10161"></span>



<h2 class="wp-block-heading"><em>Snow in September</em>, de Lkhagvadulam Purev-Ochir</h2>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://www.citizenpoulpe.com/wp-content/uploads/2026/04/snowinseptember.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://www.citizenpoulpe.com/wp-content/uploads/2026/04/snowinseptember-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-10167" srcset="https://www.citizenpoulpe.com/wp-content/uploads/2026/04/snowinseptember-1024x576.jpg 1024w, https://www.citizenpoulpe.com/wp-content/uploads/2026/04/snowinseptember-300x169.jpg 300w, https://www.citizenpoulpe.com/wp-content/uploads/2026/04/snowinseptember-768x432.jpg 768w, https://www.citizenpoulpe.com/wp-content/uploads/2026/04/snowinseptember-1536x864.jpg 1536w, https://www.citizenpoulpe.com/wp-content/uploads/2026/04/snowinseptember-620x349.jpg 620w, https://www.citizenpoulpe.com/wp-content/uploads/2026/04/snowinseptember-940x529.jpg 940w, https://www.citizenpoulpe.com/wp-content/uploads/2026/04/snowinseptember.jpg 1920w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p></p>



<p>Tourné à Oulan-Bator, capitale de la mongolie, <em>Snow in September</em> s&rsquo;intéresse au quotidien d&rsquo;un lycéen, Davka, fan de mangas hyper violents, comme son amie et camarade de classe Anuka. Un après-midi, une femme d&rsquo;environ quarante ans, prétendant habiter le même immeuble que le jeune homme, lui explique avoir refermé la porte de son appartement sans avoir pris ses clefs, en conséquence de quoi, elle demande à Davka de l&rsquo;accueillir le temps que son mari revienne. Après cet épisode, Davka va éprouver une perplexité grandissante et s&rsquo;interroger sur cette voisine que nul ne semble connaître dans l&rsquo;immeuble&#8230;</p>



<p>La cinéaste mongole <strong>Lkhagvadulam Purev-Ochir</strong> a, de toute évidence, le sens de l&rsquo;atmosphère et de la suggestion. Son court métrage intrigue par un climat flottant, presque teinté de fantastique, sans qu&rsquo;aucun événement surréel ne survienne. Que veut-elle nous raconter ? Un rapport trouble au réel, favorisé par la naissance du désir et par les mondes virtuels procurés par les jeux vidéos et mangas prisés du jeune protagoniste ? Rien n&rsquo;est explicité, et <em>Snow in September</em> puise une partie de son charme étrange dans cette économie d&rsquo;explications. Le jeu rentré du comédien principal (<strong>Sukhbat Munkhbaatar</strong>) participe à cette approche subtile, de même que le rythme lancinant, une photographie soignée, des cadres précis et une bande son qui ménage ses effets. L&rsquo;événement central pourrait être une sorte de légende urbaine – ce type de récits dont l&rsquo;origine est souvent confuse, et les contours changeants.</p>



<p>Il y a, en tout cas, de la finesse dans le cinéma de Lkhagvadulam Purev-Ochir ; quelque chose de feutré, de silencieux, de discret. Comme la neige.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><em>La Virginité</em>, de Guillaume Boulay</h2>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://www.citizenpoulpe.com/wp-content/uploads/2026/04/la-virginite-scaled.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="486" src="https://www.citizenpoulpe.com/wp-content/uploads/2026/04/la-virginite-1024x486.jpg" alt="" class="wp-image-10166" srcset="https://www.citizenpoulpe.com/wp-content/uploads/2026/04/la-virginite-1024x486.jpg 1024w, https://www.citizenpoulpe.com/wp-content/uploads/2026/04/la-virginite-300x142.jpg 300w, https://www.citizenpoulpe.com/wp-content/uploads/2026/04/la-virginite-768x364.jpg 768w, https://www.citizenpoulpe.com/wp-content/uploads/2026/04/la-virginite-1536x729.jpg 1536w, https://www.citizenpoulpe.com/wp-content/uploads/2026/04/la-virginite-2048x972.jpg 2048w, https://www.citizenpoulpe.com/wp-content/uploads/2026/04/la-virginite-620x294.jpg 620w, https://www.citizenpoulpe.com/wp-content/uploads/2026/04/la-virginite-940x446.jpg 940w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p></p>



<p><strong>Zozan Öztekin</strong> raconte un épisode de son adolescence au Kurdistan, tandis que des dessins successifs illustrent son récit. D&#8217;emblée, la voix (un peu gouailleuse) et le ton captent l&rsquo;attention ; les mots aussi, spontanés, souvent drôles et directs, un peu comme les croquis pleins de vie de Michel Duval. </p>



<p>Le traitement est léger, mais le sujet est grave (l&rsquo;expérience de la narratrice reflète la façon dont la religion et le patriarcat peuvent conditionner le sort des jeunes filles, et les maintenir dans une ignorance perturbante quant au fonctionnement de leur propre corps). C&rsquo;est vif, précis, sans une seconde ou un mot de trop. Un de mes coups de cœur cette année à Format Court.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><em>Au bord du volcan</em>, de Jorge Granados Ross</h2>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://www.citizenpoulpe.com/wp-content/uploads/2026/04/au-bord-du-volcan.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="568" src="https://www.citizenpoulpe.com/wp-content/uploads/2026/04/au-bord-du-volcan-1024x568.jpg" alt="" class="wp-image-10165" srcset="https://www.citizenpoulpe.com/wp-content/uploads/2026/04/au-bord-du-volcan-1024x568.jpg 1024w, https://www.citizenpoulpe.com/wp-content/uploads/2026/04/au-bord-du-volcan-300x166.jpg 300w, https://www.citizenpoulpe.com/wp-content/uploads/2026/04/au-bord-du-volcan-768x426.jpg 768w, https://www.citizenpoulpe.com/wp-content/uploads/2026/04/au-bord-du-volcan-620x344.jpg 620w, https://www.citizenpoulpe.com/wp-content/uploads/2026/04/au-bord-du-volcan-940x521.jpg 940w, https://www.citizenpoulpe.com/wp-content/uploads/2026/04/au-bord-du-volcan.jpg 1208w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p></p>



<p>Un film mexicain avec « volcan » dans le titre, cela peut faire songer au fameux roman de Malcom Lowry (<em>Au-dessous du volcan</em>), mais il s&rsquo;agit a priori d&rsquo;un hasard – surtout que le court de Jorge Granados Ross se déroule sur une île touristique du Pacifique, et non à Cuernavaca.</p>



<p>Sur cette île, le couple formé par Salva et Rafa passe des vacances ensoleillées avec un couple d&rsquo;amis. Lorsque Rafa apprend la mort de son ex-compagnon, une ombre est jetée sur ce tableau azuré. Pour ne rien arranger, l&rsquo;île est le théâtre d&rsquo;un brutal mouvement de contestation, hostile au surtourisme, et Salva se comporte comme un macho autoritaire et immature.</p>



<p>Jorge Granados Ross mêle intelligemment crises sociétales et tensions personnelles, comme si intimité et marche du monde étaient traversées par les mêmes courants électriques et conflictuels – un phénomène d&rsquo;écho qu&rsquo;on observe souvent, sous différentes formes. L&rsquo;arrogance masculine de Salva semble ainsi refléter celle de tout un système, à la fois matérialiste et dominateur. Avec intelligence, et sans manichéisme, le cinéaste finit par montrer une fragilité qui pourrait bien être salvatrice chez ce personnage d&rsquo;abord antipathique ; il y a donc de la nuance ici, ce qui est toujours bienvenu au cinéma.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><em>Une Fenêtre plein sud</em>, de Lkhagvadulam Purev-Ochir</h2>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://www.citizenpoulpe.com/wp-content/uploads/2026/04/fenetre-plein-sud.webp"><img loading="lazy" decoding="async" width="703" height="380" src="https://www.citizenpoulpe.com/wp-content/uploads/2026/04/fenetre-plein-sud.webp" alt="" class="wp-image-10168" srcset="https://www.citizenpoulpe.com/wp-content/uploads/2026/04/fenetre-plein-sud.webp 703w, https://www.citizenpoulpe.com/wp-content/uploads/2026/04/fenetre-plein-sud-300x162.webp 300w, https://www.citizenpoulpe.com/wp-content/uploads/2026/04/fenetre-plein-sud-620x335.webp 620w" sizes="auto, (max-width: 703px) 100vw, 703px" /></a></figure>



<p></p>



<p>Lkhagvadulam Purev-Ochir est doublement présente à Format Court cette année, à travers <em>Snow in September</em> (sélection Secrets et tabous), évoqué ci-dessus, et <em>Une Fenêtre plein sud</em>, en compétition.</p>



<p>Outre leur cadre géographique (Oulan-Bator), les deux films ont de commun de ne pas surligner leurs intentions, de suggérer plus que de dire. Dans <em>Une Fenêtre plein sud</em>, le sujet n&rsquo;est pas l&rsquo;adolescence, puisque l&rsquo;on y suit un couple avec un enfant (une petite fille) en train de chercher un appartement. Un couple qui traverse une crise, un peu comme ceux que nous montre <em>Au bord du volcan</em> ; et comme dans le film de Jorge Granados Ross, la société environnante semble ici exacerber cette tension intime.</p>



<p>Pas d&rsquo;île ensoleillée dans <em>Une Fenêtre plein sud</em>, mais de grands immeubles qui paraissent ronger la nature (voir l&rsquo;image ci-dessus) et d&rsquo;interminables embouteillages (qui m&rsquo;ont fait songer à la nouvelle de Cortázar, <em>L&rsquo;Autoroute du sud</em>), propices à pousser Azaa et Shaghai dans leurs retranchements.</p>



<p>Au milieu de toute cette agitation urbaine, les bulles de savon soufflées par la petite fille sont comme d&rsquo;éphémères bulles de légèreté et de poésie. </p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong><em>Par-delà le monde</em>, de Théo Sixou</strong></h2>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://www.citizenpoulpe.com/wp-content/uploads/2026/04/par-dela-le-monde.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="720" height="400" src="https://www.citizenpoulpe.com/wp-content/uploads/2026/04/par-dela-le-monde.jpg" alt="" class="wp-image-10169" srcset="https://www.citizenpoulpe.com/wp-content/uploads/2026/04/par-dela-le-monde.jpg 720w, https://www.citizenpoulpe.com/wp-content/uploads/2026/04/par-dela-le-monde-300x167.jpg 300w, https://www.citizenpoulpe.com/wp-content/uploads/2026/04/par-dela-le-monde-620x344.jpg 620w" sizes="auto, (max-width: 720px) 100vw, 720px" /></a></figure>



<p></p>



<p>Tourné avec des élèves (dont on peut saluer le sérieux et l&rsquo;implication) du collège Jean Jaurès à Clichy dans le cadre du programme <q>Culture(s) de demain</q>, <em>Par-delà le monde</em> brouille les frontières entre rêve et réalité, passé et présent, folklore et monde matériel. Les multiples origines culturelles des jeunes comédiens servent d&rsquo;appui à cette exploration d&rsquo;un monde empli de mémoires riches et diverses, à l&rsquo;image du monstre rêvé par Anthony, sorte d&rsquo;hybride entre plusieurs croyances.</p>



<p><q>Il est difficile d&rsquo;habiter le monde quand on manque de repères</q>, dit une jeune élève en parlant d&rsquo;Anthony. Une phrase qui résonne comme une clé dans cet attachant conte fantastique. Dit-elle quelque chose de la jeunesse que filme le réalisateur <strong>Théo Sixou</strong> ? Je l&rsquo;ignore ; mais entre les années COVID, l&rsquo;omniprésence des guerres dans les actualités, des services publics malmenés et la banalisation des discours discriminants dans la société française, il y a de quoi <q>manquer de repères</q>, et avoir envie de dormir – et de rêver, comme Anthony.</p>



<p><a href="https://www.formatcourt.com/2026/04/festival-format-court-2026-le-palmares/">Le palmarès du festival Format Court</a></p>
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		<title>Format Court 2026 : carte blanche ville de Paris</title>
		<link>https://www.citizenpoulpe.com/format-court-2026-ville-de-paris/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Bertrand Mathieux]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Apr 2026 06:06:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Courts et moyens métrages]]></category>
		<category><![CDATA[Djiby Kebe]]></category>
		<category><![CDATA[Festival de cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Format Court]]></category>
		<category><![CDATA[Stéphane Demoustier]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Nouvelle chronique dédiée à la 7ème édition du festival Format Court, qui se tient en ce moment sur la rive gauche parisienne (chantée par Alain Souchon !), plus précisément au Studio des Ursulines. Cette fois, cap sur une partie de la sélection du Fonds court métrage de la Ville de Paris, partenaire de l&#8217;événement. Fille du Calvaire, de Stéphane Demoustier Le réalisateur de La Fille au bracelet, Borgo et L&#8217;Inconnu de la Grande Arche a tourné plusieurs courts métrages avant de sortir son premier long en 2014, Terre battue. Celui qui nous intéresse ici est son cinquième et avant-dernier court, et son titre fait référence à la station de métro éponyme (qui s&#8217;écrit normalement au pluriel, l&#8217;usage du singulier étant ici significatif), située à la limite des 3ème et 11ème arrondissements de Paris. C&#8217;est à cette station que chaque matin, Jérôme (Denis Eyriey) retrouve son ami Patrick (Antoine Mathieu), fan du PSG et de Javier Pastore (un indice temporel sur la date de tournage du film, le milieu offensif argentin ayant rejoint l&#8217;équipe parisienne en 2011). La quasi totalité du film se déroule dans une rame de métro, où les deux hommes discutent d&#8217;une jolie chanteuse dont Jérôme est tombé ...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Nouvelle chronique dédiée à la 7ème édition du <strong>festival Format Court</strong>, qui se tient en ce moment sur la rive gauche parisienne (<a href="https://www.youtube.com/watch?v=AhYRIbGVNl0">chantée par Alain Souchon</a> !), plus précisément au Studio des Ursulines. Cette fois, cap sur une partie de la sélection du <strong>Fonds court métrage de la Ville de Paris</strong>, partenaire de l&rsquo;événement.</p>



<span id="more-10154"></span>



<h2 class="wp-block-heading"><em>Fille du Calvaire</em>, de Stéphane Demoustier</h2>



<p>Le réalisateur de <em><a href="https://www.citizenpoulpe.com/la-fille-au-bracelet-stephane-demoustier/">La Fille au bracelet</a></em>, <em>Borgo</em> et <a href="https://www.citizenpoulpe.com/l-inconnu-de-la-grande-arche-stephane-demoustier/"><em>L&rsquo;Inconnu de la Grande Arche</em></a> a tourné plusieurs courts métrages avant de sortir son premier long en 2014, <em>Terre battue</em>. Celui qui nous intéresse ici est son cinquième et avant-dernier court, et son titre fait référence à la station de métro éponyme (qui s&rsquo;écrit normalement au pluriel, l&rsquo;usage du singulier étant ici significatif), située à la limite des 3ème et 11ème arrondissements de Paris.</p>



<p>C&rsquo;est à cette station que chaque matin, Jérôme (<strong>Denis Eyriey</strong>) retrouve son ami Patrick (<strong>Antoine Mathieu</strong>), fan du PSG et de Javier Pastore (un indice temporel sur la date de tournage du film, le milieu offensif argentin ayant rejoint l&rsquo;équipe parisienne en 2011).</p>



<p>La quasi totalité du film se déroule dans une rame de métro, où les deux hommes discutent d&rsquo;une jolie chanteuse dont Jérôme est tombé amoureux. Chaque scène est un nouveau trajet en métro, au cours duquel Jérôme raconte une étape supplémentaire de sa rencontre avec la femme en question ; Patrick l&rsquo;écoute, le conseille, le motive, d&rsquo;une façon qui trahit une implication curieuse, voire une forme de projection.</p>



<p>L&rsquo;idée du film est maline. D&rsquo;abord, il y a toujours quelque chose de stimulant à voir des personnes discuter d&rsquo;un événement qui reste hors-champ et donc un peu mystérieux (Jérôme est-il en train d&rsquo;exagérer, voire de mentir ?) ; ensuite, on ne sait à peu près rien de Jérôme et Patrick, et ce sont leurs échanges et réactions qui, peu à peu, distillent de vagues indices sur leur personnalité et leur état d&rsquo;esprit respectifs. Le procédé stimule naturellement l&rsquo;imagination du spectateur, et ce sens de l&rsquo;ambiguïté se retrouvera d&rsquo;ailleurs, sous d&rsquo;autres formes, dans tous les longs métrages que Demoustier tournera plus tard.</p>



<p>Le sujet principal, ici, c&rsquo;est Patrick : comment reçoit-il ces confidences, et ce qu&rsquo;elles remuent en lui. Les plans obscurs montrant les tunnels du métro parisien défiler entre chaque rencontre semblent figurer ce mouvement intérieur progressif, jusqu&rsquo;à un final étonnant. Une réussite, déjà représentative de l&rsquo;approche narrative de Stéphane Demoustier.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><em>L&rsquo;Avance</em>, de Djiby Kebe</h2>



<p>Diplômé de l&rsquo;école Kourtrajmé dans la section photographie, <strong>Djiby Kebe</strong> s&rsquo;est visiblement inspiré (en partie) de son environnement pour écrire et filmer <em>L&rsquo;Avance</em>, dont le protagoniste est – comme lui – étudiant aux Beaux-Arts de Paris. Aliou (le personnage en question, joué par <strong>Saabo Balde</strong>) est un jeune peintre venant de conclure un accord avec une galeriste, mais qu&rsquo;une acheteuse déterminée (<strong>Julia Faure</strong>) convainc d&rsquo;accepter une somme d&rsquo;argent liquide en échange de son dernier tableau (arguant que la galeriste en question lui prendra une trop grosse commission).</p>



<p>La scène pourrait paraître anodine, heureuse même (après tout, un artiste cherche à vendre ses oeuvres), mais le discours vénal de la femme en question et surtout, la musique funeste de <strong>Lyele</strong> (compositeur originaire de Marseille) créént une impression inquiétante. D&#8217;emblée, le spectateur pressent qu&rsquo;Aliou a fait un mauvais choix en vendant, de la sorte, un tableau à la signification très intime. Un parfum quasi faustien flotte dès lors dans les plans du film&#8230;</p>



<p>Des plans dont la photographie possède un joli cachet vintage, d&rsquo;ailleurs. Mais <em>L&rsquo;Avance</em> ne se contente pas de soigner son image : toutes les répliques servent le sujet (<q>qui es-tu vraiment Aliou ?</q> demande un de ses amis au héros, lequel répond : <q>justement, je ne sais pas, c&rsquo;est tellement dur de savoir</q>), tandis que le récit, à travers une construction sobre et précise, soulève des questions intemporelles sur la différence entre prix et valeur (on pense à l&rsquo;aphorisme d&rsquo;Oscar Wilde), et sur la place que certains objets doivent occuper dans un espace précis, sous peine de perdre leur sens premier et de résonner dans le vide.</p>



<p>C&rsquo;est d&rsquo;autant plus intelligent qu&rsquo;on ne juge jamais le sympathique Aliou, dont la famille connaît visiblement des difficultés économiques et qui éprouve, en tant qu&rsquo;arstiste, une besoin naturel de reconnaissance. Ne pas juger, mais interroger : c&rsquo;est ce que fait Djiby Kebe ici, et c&rsquo;est une approche qui pourrait bien rendre ses prochains travaux tout aussi intéressants que celui-ci, d&rsquo;autant plus qu&rsquo;en termes de cadrage, de photo, d&rsquo;utilisation de la musique et de rythme, <em>L&rsquo;Avance</em> témoigne d&rsquo;une belle maîtrise.</p>



<p><em>Note : je n&rsquo;ai pas encore vu les autres films de la même sélection, le fait de ne pas les évoquer ici ne signifie en rien que je ne les ai pas appréciés !</em></p>



<p><a href="https://www.formatcourt.com/2026/04/festival-format-court-2026-la-programmation-et-les-invites/"><em>Format Court 2026</em></a>, jusqu’à dimanche prochain au Studio des Ursulines.</p>



<p></p>
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		<title>Format Court 2026 : quatre films avec Clotilde Hesme</title>
		<link>https://www.citizenpoulpe.com/format-court-2026-4-films-avec-clotilde-hesme/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Bertrand Mathieux]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Apr 2026 06:13:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Courts et moyens métrages]]></category>
		<category><![CDATA[Clotilde Hesme]]></category>
		<category><![CDATA[Festival de cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ce mercredi, au Studio des Ursulines, le festival Format Court 2026 a débuté par la projection de quatre courts métrages avec Clotilde Hesme, marraine de cette 7ème édition. À propos du festival et de sa marraine Format Court désigne d&#8217;abord un webzine dédié au court métrage, créé en 2009 et dont la rédactrice en chef est Katia Bayer. Dix années après sa création, Format Court a lancé son propre festival de cinéma, qui se déroule dans une salle devenue centenaire en janvier dernier : le Studio des Ursulines, situé dans le cinquième arrondissement de Paris. (En 1926, André Breton, Man Ray, Fernand Léger, René Clair et Robert Desnos assistait à son inauguration). À titre personnel, j&#8217;ai découvert Format Court il y a deux ans et rapidement, la qualité et la diversité de sa programmation m&#8217;ont impressionné. C&#8217;est un événement qui permet de mesurer à quel point le court métrage, loin d&#8217;être un exercice ou une simple étape vers le long, est une forme à part entière, qu&#8217;un cinéaste devrait pouvoir privilégier tout au long de sa carrière, de même qu&#8217;un écrivain peut faire le choix de n&#8217;écrire que des nouvelles, par exemple ; malheureusement, une telle orientation est rendue difficile ...</p>
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<p>Ce mercredi, au Studio des Ursulines, le <strong>festival Format Court</strong> 2026 a débuté par la projection de quatre courts métrages avec <strong>Clotilde Hesme</strong>, marraine de cette 7ème édition.</p>



<span id="more-10148"></span>



<h2 class="wp-block-heading">À propos du festival et de sa marraine</h2>



<p><strong>Format Court</strong> désigne d&rsquo;abord un webzine dédié au court métrage, créé en 2009 et dont la rédactrice en chef est <strong>Katia Bayer</strong>. Dix années après sa création, Format Court a lancé son propre festival de cinéma, qui se déroule dans une salle devenue centenaire en janvier dernier : le Studio des Ursulines, situé dans le cinquième arrondissement de Paris. (En 1926, André Breton, Man Ray, Fernand Léger, René Clair et Robert Desnos assistait à son inauguration). </p>



<p>À titre personnel, j&rsquo;ai découvert Format Court il y a deux ans et rapidement, la qualité et la diversité de sa programmation m&rsquo;ont impressionné. C&rsquo;est un événement qui permet de mesurer à quel point le court métrage, loin d&rsquo;être un exercice ou une simple étape vers le long, est une forme à part entière, qu&rsquo;un cinéaste devrait pouvoir privilégier tout au long de sa carrière, de même qu&rsquo;un écrivain peut faire le choix de n&rsquo;écrire que des nouvelles, par exemple ; malheureusement, une telle orientation est rendue difficile par une distribution et une visibilité qui demeurent limitées. Dans ce contexte, les festivals tels que celui de Clermont-Ferrand, de Rennes (<a href="https://www.citizenpoulpe.com/tag/court-metrange/">Court Métrange</a>) ou celui dont il est question ici ont une vocation particulièrement importante.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" class="youtube-player" width="620" height="349" src="https://www.youtube.com/embed/1vNjZT1dR4w?version=3&#038;rel=1&#038;showsearch=0&#038;showinfo=1&#038;iv_load_policy=1&#038;fs=1&#038;hl=fr-FR&#038;autohide=2&#038;start=2&#038;wmode=transparent" allowfullscreen="true" style="border:0;" sandbox="allow-scripts allow-same-origin allow-popups allow-presentation allow-popups-to-escape-sandbox"></iframe>
</div><figcaption class="wp-element-caption">La bande-annonce de l&rsquo;édition 2026 du festival</figcaption></figure>



<p>Cette année, la marraine de Format Court est <strong>Clotilde Hesme</strong>, une comédienne qui a tourné avec Christophe Honoré (elle fait partie, aux côtés de Ludivine Sagnier et de Louis Garrel, du trio amoureux au centre de <em>Les Chansons d&rsquo;amour</em>), Bertrand Bonello, les frères Larrieu ou encore Raoul Ruiz (dans <em>Mystères de Lisbonne</em>). En 2017, elle a joué dans <em><a href="https://www.citizenpoulpe.com/diane-a-les-epaules-fabien-gorgeart/">Diane a les épaules</a></em>, un joli film traitant avec justesse de la GPA (dans sa forme altruiste). L&rsquo;actrice a également tourné dans treize courts métrages, dont quatre ont été projetés hier soir à l&rsquo;occasion de l&rsquo;ouverture du festival.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Chroniques</h2>



<p>Dans <em>Les Derniers feux</em>, de <strong>Benjamin Busnel</strong>, on suit un réalisateur et une comédienne se rendant au festival de Cannes dans l&rsquo;espoir d&rsquo;y trouver des financements pour un projet de film. Ce court métrage est constitué d&rsquo;une succession de photographies, prises par le narrateur (le personnage du réalisateur), lequel raconte l&rsquo;histoire en voix-off. Au fil des images et des mots, l&rsquo;enthousiasme initial de la comédienne fait place à une angoisse sourde, que son ami (et collaborateur) ne semble pas bien comprendre.</p>



<p>Les photographies, en noir et blanc, montrent l&rsquo;actrice et des décors cannois évocateurs. Le procédé rappelle <em>La Jetée</em>, de Chris Marker (auquel <em>Les Derniers feux</em> est dédié), court métrage culte que je n&rsquo;ai personnellement pas encore vu ; un autre point commun se situe au niveau thématique, <em>Les Derniers feux</em> (comme son titre le suggère) évoquant peu à peu une destinée mondiale chaotique (omniprésente dans <em>La Jetée</em>). </p>



<p>Le film est prenant, intriguant et directement lié à des problématiques et menaces très actuelles. Le choix du cadre (le festival de Cannes) n&rsquo;est, bien sûr, pas innocent (par ses aspects superficiels et insouciants, l&rsquo;événement constrate avec les catastrophes et tragédies du monde moderne). On retrouve l&rsquo;idée, poétique et émouvante, de la photo et du cinéma comme outils de mémoire et de protection contre le temps et la destruction ; un motif auquel m&rsquo;avait renvoyé, quelques jours plus tôt, le <a href="https://www.citizenpoulpe.com/pcmmo-2026-seuls-les-rebelles/">dernier film de Danielle Arbid</a> (projeté dans le cadre du PCMMO, autre passionnant festival, encore en cours).</p>



<p>Ironie du sort, le film a été tourné en 2019 or, en 2020, la pandémie de COVID a causé, entre autres conséquences plus dramatiques, l&rsquo;annulation du festival de Cannes ; un événement qui fait, en partie, écho au thème de <em>Les Derniers feux</em>.</p>



<p>L&rsquo;action de <em>Dernière nuit</em>, de <strong>Thibault Bru</strong>, se situe dans une ferme isolée à la campagne. Solange (Clotilde Hesme) y découvre le corps de son mari, qui la battait et qui s&rsquo;est suicidé après un ultime accès de violence. Le film (dans lequel figure également <strong>Sophie Duez</strong>, dans le rôle d&rsquo;une amie de la protagoniste) décrit une emprise qui survit (d&rsquo;abord) à la mort de celui qui l&rsquo;exerçait, avant d&rsquo;illustrer un lent processus de réappropriation. Un sujet grave, important, traité d&rsquo;une façon à la fois troublante et intelligente.</p>



<p>Changement de registre avec <em>Mona et ses voix</em>, de <strong>Jeanne Delafosse</strong>, une comédie musicale où les chansons traduisent les voix et questionnements intérieurs de l&rsquo;héroïne, une quadragénaire (en couple, avec enfants) qui se met à interroger son quotidien à Paris, marqué par cette fameuse charge mentale et un relatif oubli de soi et de ses aspirations propres. Les chansons (de <strong>Boris Boublil</strong>), dont les textes expriment les dilemmes, contradictions et frustrations de Mona, sont élégamment composées, arrangées et interprétées. Un récit féministe léger et aérien, conclu d&rsquo;une belle manière.</p>



<p>Je retiens de ces trois films (je n&rsquo;ai pas encore pu voir l&rsquo;autre film de la sélection, au sujet prometteur : <em>L&rsquo;Attente</em>) deux choses principales : des sujets très forts, à la fois intemporels et ancrés dans notre temps, et des personnages féminins puissants et inspirants, qui tentent de réagir à des menaces et problèmes (l&rsquo;apocalypse, la violence masculine, le patriarcat) dont on pourrait dire, dans une certaine mesure, qu&rsquo;ils sont reliés entre eux ; une sélection d&rsquo;une grande cohérence, donc.</p>



<p><a href="https://www.formatcourt.com/2026/04/festival-format-court-2026-la-programmation-et-les-invites/" type="link" id="https://www.formatcourt.com/2026/04/festival-format-court-2026-la-programmation-et-les-invites/"><em>Format Court 2026</em></a>, jusqu&rsquo;à dimanche prochain au Studio des Ursulines.</p>



<p></p>
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		<title>PCMMO 2026 : « Seuls les rebelles », de Danielle Arbid</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Bertrand Mathieux]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 Apr 2026 20:26:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Comédies / Comédies dramatiques]]></category>
		<category><![CDATA[Danielle Arbid]]></category>
		<category><![CDATA[Festival de cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Hiam Abbass]]></category>
		<category><![CDATA[Liban]]></category>
		<category><![CDATA[PCMMO]]></category>
		<category><![CDATA[Réalisatrice]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Jeudi 2 avril à 20 heures, Le Louxor projetait, en avant-première, le nouveau film de Danielle Arbid, Seuls les rebelles, dans le cadre du festival PCMMO. Une soirée à la fois chaleureuse, pleine d&#8217;espoir et néanmoins, hantée par les échos de la guerre en cours au Moyen-Orient. Récit de la soirée Le PCMMO (Panorama des Cinémas du Maghreb et du Moyen-Orient) est un festival qui se déploie, avec élégance serais-je tenté d&#8217;ajouter, dans plusieurs cinémas de Paris et « sa » (je mets des guillemets, l&#8217;usage de ce pronom possessif me semblant discutable) banlieue. De beaux cinémas d&#8217;ailleurs, tels que L&#8217;Ecran de Saint-Denis (dont je parlais récemment à l&#8217;occasion du festival Regards Satellites) et l&#8217;Espace 1789 à Saint-Ouen, mais aussi des lieux comme l&#8217;Institut du Monde Arabe et l&#8217;Université Paris 8. Avec sa façade d&#8217;inspiration néo-égyptienne, qui s&#8217;élève à l&#8217;angle des boulevards de La Chapelle et Magenta, le Louxor se prête plutôt bien à cet événement cinématographique. Jeudi dernier, ce cinéma accueillait donc l&#8217;une des projections programmées par le PCMMO, celle consacrée au nouveau film de Danielle Arbid, Seuls les rebelles. (Danielle Arbid dont j&#8217;ai chroniqué, avec enthousiasme, deux des précédents longs métrages : Peur de rien et Passion simple). Après un ...</p>
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<p>Jeudi 2 avril à 20 heures, Le Louxor projetait, en avant-première, le nouveau film de <strong>Danielle Arbid</strong>, <em>Seuls les rebelles</em>, dans le cadre du <strong>festival PCMMO</strong>. Une soirée à la fois chaleureuse, pleine d&rsquo;espoir et néanmoins, hantée par les échos de la guerre en cours au Moyen-Orient.</p>



<span id="more-10141"></span>



<h2 class="wp-block-heading">Récit de la soirée</h2>



<p>Le PCMMO (Panorama des Cinémas du Maghreb et du Moyen-Orient) est un festival qui se déploie, avec élégance serais-je tenté d&rsquo;ajouter, dans plusieurs cinémas de Paris et « sa » (je mets des guillemets, l&rsquo;usage de ce pronom possessif me semblant discutable) banlieue. De beaux cinémas d&rsquo;ailleurs, tels que L&rsquo;Ecran de Saint-Denis (dont je parlais récemment à l&rsquo;occasion du <a href="https://www.citizenpoulpe.com/tag/regards-satellites/">festival Regards Satellites</a>) et l&rsquo;Espace 1789 à Saint-Ouen, mais aussi des lieux comme l&rsquo;Institut du Monde Arabe et l&rsquo;Université Paris 8.</p>



<p>Avec sa façade d&rsquo;inspiration néo-égyptienne, qui s&rsquo;élève à l&rsquo;angle des boulevards de La Chapelle et Magenta, le Louxor se prête plutôt bien à cet événement cinématographique. Jeudi dernier, ce cinéma accueillait donc l&rsquo;une des projections programmées par le PCMMO, celle consacrée au nouveau film de Danielle Arbid, <em>Seuls les rebelles</em>. (Danielle Arbid dont j&rsquo;ai chroniqué, avec enthousiasme, deux des précédents longs métrages : <em><a href="https://www.citizenpoulpe.com/peur-de-rien-danielle-arbid/">Peur de rien</a></em> et <em><a href="https://www.citizenpoulpe.com/passion-simple-danielle-arbid/">Passion simple</a></em>).</p>



<p>Après un repas partagé au bar du Louxor avec une fée des Yvelines (qui se reconnaîtra), j&rsquo;ai donc gagné la salle de projection où se trouvaient, en plus des spectateurs naturellement, la réalisatrice, la directrice de casting, les producteurs et plusieurs comédiens (mais pas Hiam Abbass, que j&rsquo;avais eu la chance de voir au Trianon de Romainville pendant la projection du très beau documentaire réalisé par sa fille Lina Soualem, <em><a href="https://www.citizenpoulpe.com/bye-bye-tiberiade-lina-soualem/">Bye Bye Tibériade</a></em>).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une <q>déclaration d&rsquo;amour</q></h2>



<p>D&#8217;emblée, Danielle Arbid a tenu à évoquer le dispositif filmique très particulier adopté pendant le tournage : face à l&rsquo;impossibilité de tourner au Liban à cause des bombardements israéliens de 2024 (qui, hélas, ont repris récemment), la réalisatrice française, d&rsquo;origine libanaise (son film <em>Peur de rien</em> s&rsquo;inspire d&rsquo;ailleurs de son expérience en tant que personne immigrée arrivée en France dans les années 1990), a demandé à des proches vivant au Liban de filmer (sous sa direction) des rues, des décors réels qui ont ensuite servi d&rsquo;images de fond, devant lesquelles les comédiens ont interprété (dans un studio en France, donc) les différentes scènes. <q>Ce film est une illusion du Liban, et cette illusion est une déclaration d&rsquo;amour</q>, a lancé la cinéaste juste avant la projection.</p>



<p><em>Seuls les rebelles</em> raconte une histoire d&rsquo;amour entre Suzanne (Hiam Abbass, émouvante), une libanaise d&rsquo;origine palestinienne, et Osmane (<strong>Mohamat Amine Benrachid</strong>, très grâcieux), un réfugié soudanais, dans le Beyrouth d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. Il y est question de préjugés, de racisme, de précarité (celle des personnes sans papiers, en particulier), autant de phénomènes qui reflètent, en partie, une réalité au Liban mais qu&rsquo;on observe un peu partout aujourd&rsquo;hui, et notamment dans une France où l&rsquo;extrême-droite est de plus en plus banalisée par un gouvernement complice et des médias complaisants.</p>



<p>Mais il y est aussi (surtout) question d&rsquo;amour ; d&rsquo;un amour très pur, très simple, entre deux personnes (entourées par une galerie de personnages truculents, parfois attachants malgré leurs défauts) dont l&rsquo;âge, la religion et les origines diffèrent grandement. Les couleurs vives propres à la photo de <strong>Céline Bozon</strong>, et un dispositif produisant des images qui évoquent parfois de vieilles productions hollywoodiennes (Danielle Arbid s&rsquo;est d&rsquo;ailleurs inspirée d&rsquo;un film de Douglas Sirk), favorisent un sentiment d&rsquo;irréel, presque un côté conte, qui conviennent bien au sujet (même si, évidemment, on ne peut que déplorer les événements ayant entraîné cette contrainte formelle). </p>



<p>Par son récit mais aussi par sa forme et son procédé de mise en scène, <em>Seuls les rebelles</em>, plus expérimental que les précédents films de son autrice, renvoie à l&rsquo;idée d&rsquo;une beauté éphémère, fragile, perpétuellement menacée par les guerres impéralistes, mais aussi par le racisme et la xénophobie. La caméra de Danielle Arbid, et l&rsquo;ensemble des comédiens (dont l&rsquo;actrice et humoriste <strong>Shaden Fakih</strong>), paraissent vouloir la préserver, en garder une trace, en <em>prendre soin</em>.</p>



<p>Plus j&rsquo;y repense, plus je me dis que le film est lié, d&rsquo;une manière très directe, à l&rsquo;une des vocations les plus poignantes du cinéma et de la photographie : saisir des images (de gens et de lieux) que le temps, ou des hommes, risque(nt) d&rsquo;abîmer.</p>



<p><a href="https://www.pcmmo.org/">Consulter le site du PCMMO 2026</a></p>
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		<title>Victor comme tout le monde</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Bertrand Mathieux]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 28 Mar 2026 10:06:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Comédies / Comédies dramatiques]]></category>
		<category><![CDATA[Chiara Mastroianni]]></category>
		<category><![CDATA[Fabrice Luchini]]></category>
		<category><![CDATA[Marie Narbonne]]></category>
		<category><![CDATA[Pascal Bonitzer]]></category>
		<category><![CDATA[Sophie Fillières]]></category>
		<category><![CDATA[Suzanne de Baecque]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Film de Pascal BonitzerAnnée de sortie : 2026Pays : FranceScénario : Sophie FillièresPhotographie : Yves AngeloMontage : Monica ColemanMusique : Alexei AiguiAvec : Fabrice Luchini, Marie Narbonne, Suzanne de Baecque, Louise Orry-Diquéro, David Ayala, Chiara Mastroianni, Iris Bry, Sarah Touffic Othman-Schmitt Demain, dès l&#8217;aube, à l&#8217;heure où blanchit la campagne,Je partirai. Victor Hugo, poème « Demain, dès l&#8217;aube » Malgré des scènes de théâtre souvent un peu creuses, Victor comme tout le monde est un film délicat, léger et touchant. Synopsis du film Robert Zucchini (Fabrice Luchini), comédien spécialisé dans des seuls en scène autour de poèmes de Victor Hugo, apprend le décès d&#8217;une ancienne compagne ; c&#8217;est Lisbeth (Marie Narbonne), la jeune femme issue de cette union, qui (de manière indirecte) l&#8217;en a informé. Zucchini va alors tenter de rencontrer sa fille, dont il ne s&#8217;est jamais vraiment occupé ; une quête qui va trouver des résonances dans les textes de Hugo qu&#8217;il va lire sur scène au cours des jours suivants. Critique du film Victor comme tout le monde, c&#8217;est d&#8217;abord un beau projet de cinéma, consistant à porter à l&#8217;écran le dernier script de la scénariste, réalisatrice et comédienne Sophie Fillières, décédée en 2023. C&#8217;est quelqu&#8217;un qui lui était ...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Film de Pascal Bonitzer</strong><br>Année de sortie : 2026<br>Pays : France<br>Scénario : Sophie Fillières<br>Photographie : Yves Angelo<br>Montage : Monica Coleman<br>Musique : Alexei Aigui<br>Avec : Fabrice Luchini, Marie Narbonne, Suzanne de Baecque, Louise Orry-Diquéro, David Ayala, Chiara Mastroianni, Iris Bry, Sarah Touffic Othman-Schmitt</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p></p>
</blockquote>
</blockquote>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Demain, dès l&rsquo;aube, à l&rsquo;heure où blanchit la campagne,<br>Je partirai.</p>
<cite>Victor Hugo, poème « Demain, dès l&rsquo;aube »</cite></blockquote>



<p>Malgré des scènes de théâtre souvent un peu creuses, <em>Victor comme tout le monde</em> est un film délicat, léger et touchant. </p>



<h2 class="wp-block-heading">Synopsis du film</h2>



<p>Robert Zucchini (<strong>Fabrice Luchini</strong>), comédien spécialisé dans des seuls en scène autour de poèmes de Victor Hugo, apprend le décès d&rsquo;une ancienne compagne ; c&rsquo;est Lisbeth (<strong>Marie Narbonne</strong>), la jeune femme issue de cette union, qui (de manière indirecte) l&rsquo;en a informé.</p>



<p>Zucchini va alors tenter de rencontrer sa fille, dont il ne s&rsquo;est jamais vraiment occupé ; une quête qui va trouver des résonances dans les textes de Hugo qu&rsquo;il va lire sur scène au cours des jours suivants.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Critique du film</h2>



<p><em>Victor comme tout le monde</em>, c&rsquo;est d&rsquo;abord un beau projet de cinéma, consistant à porter à l&rsquo;écran le dernier script de la scénariste, réalisatrice et comédienne <strong>Sophie Fillières</strong>, décédée en 2023. C&rsquo;est quelqu&rsquo;un qui lui était très intime qui s&rsquo;est chargé de cette tâche : <strong>Pascal Bonitzer</strong> (le réalisateur du film) et Sophie Fillières ont en effet partagé une histoire d&rsquo;amour, laquelle a donné lieu à la naissance d&rsquo;un enfant (devenu la comédienne Agathe Bonitzer). On peut donc supposer que le cinéaste a été traversé par des sentiments très personnels au moment du tournage, d&rsquo;autant que l&rsquo;histoire du film traite, entre autres, de la perte d&rsquo;un être cher.</p>



<p>Ce phénomène d&rsquo;écho entre un texte et l&rsquo;artiste qui s&rsquo;en empare, on le constate également entre ce que vit le personnage de Robert Zucchini (alter égo de son interprète à l&rsquo;écran, l&rsquo;acteur <strong>Fabrice Luchini</strong>, comme le suggèrent d&rsquo;ailleurs les sonorités communes à leur nom de famille respectif) et les textes de Victor Hugo qu&rsquo;il interprète sur scène (exercice qui est l&rsquo;une des spécialités de Luchini dans le monde réel). En effet, Zucchini travaille notamment sur le célèbre poème <em>Demain, dès l&rsquo;aube&#8230;</em> de Hugo, écrit quelques années après le décès de sa fille Léopoldine, et en hommage à celle-ci ; or dans <em>Victor comme tout le monde</em>, Zucchini apprend à connaître une fille qu&rsquo;il n&rsquo;a pas élevée et pratiquement jamais vue, suite au décès soudain de sa mère (ancienne compagne de Zucchini).</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" class="youtube-player" width="620" height="349" src="https://www.youtube.com/embed/A0Z3a2QO8o4?version=3&#038;rel=1&#038;showsearch=0&#038;showinfo=1&#038;iv_load_policy=1&#038;fs=1&#038;hl=fr-FR&#038;autohide=2&#038;wmode=transparent" allowfullscreen="true" style="border:0;" sandbox="allow-scripts allow-same-origin allow-popups allow-presentation allow-popups-to-escape-sandbox"></iframe>
</div></figure>



<p></p>



<p>L&rsquo;un de sujets du film, c&rsquo;est donc les communications, les correspondances multiples entre la littérature (l&rsquo;art en général, pourrait-on dire) et le vécu, ou comment l&rsquo;une nourrit et reflète l&rsquo;autre (et inversement). Mais ce n&rsquo;est pas la seule chose qui semblait intéresser Sophie Fillières au moment de l&rsquo;écriture, puisqu&rsquo;elle s&rsquo;amuse également à confronter Zucchini, comédien septuagénaire, à des jeunes comédiennes (dont l&rsquo;une est jouée avec espièglerie par <strong>Suzanne de Baecque</strong>) qui abordent l’œuvre et la vie de Hugo sous un angle féministe (en s&rsquo;intéressant notamment au rôle et à la personnalité des femmes qu&rsquo;il a connues). Il en résulte un décalage cocasse que l&rsquo;écriture ne caricature ni ne force jamais, mais qui fait sourire, d&rsquo;autant qu&rsquo;on imagine aisément le véritable Luchini témoigner, en pareille situation, des mêmes réserves (préalables) que son personnage à l&rsquo;occasion de cette rencontre contrastée.</p>



<p>La rencontre père-fille est tout aussi délicatement décrite, sans dramatisation excessive ; rien n&rsquo;est trop appuyé, et cela sonne plutôt juste, même si on s&rsquo;étonne un peu que le personnage de Lisbeth (<strong>Marie Narbonne</strong>) ne soit pas davantage déprimé, compte tenu du récent décès de sa mère ; c&rsquo;est là, je trouve, une petite faiblesse dans le script (avec le décalage d&rsquo;âge, peu utile à mon sens, entre Zucchini et sa compagne, jouée par <strong>Chiara Mastroianni</strong>). Le récit aborde également le thème de la transmission, de deux façons distinctes (celle entre un comédien et son public ; celle entre un parent et son enfant).</p>



<p>Les moments les moins convaincants, et ils sont hélas fréquents et un peu longs, sont ceux montrant Zucchini sur scène ; le plus souvent, ils se résument à du théâtre filmé, avec tout ce que cela suppose d&rsquo;un peu plat et ennuyeux. Pascal Bonitzer aurait sans doute dû imaginer des dispositifs pour rendre ces séquences visuellement plus riches et créatives. Pour couronner le tout, Luchini (très bon, comme le reste du casting, dans les autres scènes) n&rsquo;est pas à son meilleur au cours de ces moments, surjouant un peu la dimension dramatique et lyrique des textes de Hugo.</p>



<p>Un dénouement lumineux, émouvant et iodé laisse toutefois de jolies images en tête. Au final, entre une conclusion réussie et une belle alchimie entre les comédiens dans la plupart des séquences, Pascal Bonitzer est parvenu à mettre en images la dernière oeuvre de Sophie Fillières avec la délicatesse et l&rsquo;humanité qu&rsquo;elle demandait, et c&rsquo;est bien l&rsquo;essentiel.</p>
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		<title>What You Wish For</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Bertrand Mathieux]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 Mar 2026 08:00:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Horreur]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Monde du travail]]></category>
		<category><![CDATA[Nicholas Tomnay]]></category>
		<category><![CDATA[Nick Stahl]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Film de Nicholas TomnayAnnée de sortie : 2024Pays : Etats-UnisScénario et montage : Nicholas TomnayPhotographie : Mateo GuzmánMusique : Jeff Russo et Tracie TurnbullAvec : Nick Stahl, Tamsin Topolski, Randy Vasquez, Penelope Mitchell What You Wish For propose un récit habilement construit qui, peu à peu, symbolise les conséquences les plus brutales du capitalisme. Synopsis du film Ryan (Nick Stahl) est un cuisinier talentueux, mais criblé de dettes. Pour fuir de dangereux créanciers, il part passer quelques jours chez Jack (Brian Groh), un ancien colocataire et copain d&#8217;études. Jack, également chef cuisinier, semble s&#8217;en être plutôt bien sorti financièrement ; mais en quoi consiste son travail exactement ? Des circonstances inattendues vont permettre à Ryan de le découvrir peu à peu&#8230; Critique de What You Wish For Ce que l&#8217;on espère. C&#8217;est la traduction littérale du titre du second long métrage de Nicholas Tomnay. Vaste question, sur laquelle le film apporte un éclairage pour le moins grinçant et ironique. Cet éclairage se précise peu à peu, au fil d&#8217;un récit dont la mise en place est particulièrement habile. On a à peu près tout raconté (façon de parler) au cinéma ; c&#8217;est surtout dans la manière de raconter qu&#8217;on peut ...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Film de Nicholas Tomnay</strong><br>Année de sortie : 2024<br>Pays : Etats-Unis<br>Scénario et montage : Nicholas Tomnay<br>Photographie : Mateo Guzmán<br>Musique : Jeff Russo et Tracie Turnbull<br>Avec : Nick Stahl, Tamsin Topolski, Randy Vasquez, Penelope Mitchell</p>



<p><em>What You Wish For</em> propose un récit habilement construit qui, peu à peu, symbolise les conséquences les plus brutales du capitalisme.</p>



<span id="more-9030"></span>



<h2 class="wp-block-heading">Synopsis du film</h2>



<p>Ryan (<strong>Nick Stahl</strong>) est un cuisinier talentueux, mais criblé de dettes. Pour fuir de dangereux créanciers, il part passer quelques jours chez Jack (<strong>Brian Groh</strong>), un ancien colocataire et copain d&rsquo;études.</p>



<p>Jack, également chef cuisinier, semble s&rsquo;en être plutôt bien sorti financièrement ; mais en quoi consiste son travail exactement ? Des circonstances inattendues vont permettre à Ryan de le découvrir peu à peu&#8230;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Critique de <em>What You Wish For</em></h2>



<p><q>Ce que l&rsquo;on espère</q>. C&rsquo;est la traduction littérale du titre du second long métrage de <strong>Nicholas Tomnay</strong>. Vaste question, sur laquelle le film apporte un éclairage pour le moins grinçant et ironique.</p>



<p>Cet éclairage se précise peu à peu, au fil d&rsquo;un récit dont la mise en place est particulièrement habile. On a à peu près tout raconté (façon de parler) au cinéma ; c&rsquo;est surtout dans la manière de raconter qu&rsquo;on peut encore étonner, séduire, interpeller. En l&rsquo;occurrence, pendant une bonne partie du film, le spectateur s&rsquo;interroge sur les véritables intentions des personnages, sur la tournure que vont prendre les événements et même, sur le genre cinématographique qui va finir, peut-être, par s&rsquo;imposer (thriller ? horreur ? comédie ?).</p>



<p>Intelligemment, la réalisation et l&rsquo;écriture, mais aussi le jeu subtil des comédiens (<strong>Nick Stahl</strong> en tête ; mais <strong>Brian Groh</strong> est d&rsquo;une opacité parfaite), se gardent de nous donner trop d&rsquo;indices sur ces différents points. Zach Cregger avait tenté de produire le même genre d&rsquo;impression avec <em>Barbarian</em> ; malheureusement, on ne peut pas se contenter d&rsquo;une bonne mise en place : encore faut-il qu&rsquo;elle serve à introduire une histoire intéressante, porteuse d&rsquo;un regard, d&rsquo;un minimum de sens ou d&rsquo;émotion. Là où <em>Barbarian</em> se résume à un simple procédé narratif qui finit par tourner à vide, <em>What You Wish For</em> nous raconte quelque chose ;  nous parle d&rsquo;ambition, de désirs (essentiellement matérialistes et consuméristes) et surtout, de leurs effets sur la société.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" class="youtube-player" width="620" height="349" src="https://www.youtube.com/embed/JiljqpKZNpw?version=3&#038;rel=1&#038;showsearch=0&#038;showinfo=1&#038;iv_load_policy=1&#038;fs=1&#038;hl=fr-FR&#038;autohide=2&#038;wmode=transparent" allowfullscreen="true" style="border:0;" sandbox="allow-scripts allow-same-origin allow-popups allow-presentation allow-popups-to-escape-sandbox"></iframe>
</div></figure>



<p></p>



<p>Avec un certain brio et beaucoup d’humour (noir), <em>What You Wish For</em> reflète une réalité sombre : dans le monde actuel (c&rsquo;est-à-dire, un monde capitaliste et ultra libéral, pour l&rsquo;essentiel), le profit (le large profit, disons) entraîne souvent des conséquences brutales et injustes, qu&rsquo;elles soient directes ou indirectes. C&rsquo;est un constat qui trouve, dans la réalité de tous les jours, d&rsquo;innombrables illustrations, celle choisie par le metteur en scène étant à la fois outrancière et pertinente, si on la considère comme une métaphore (ce qu&rsquo;elle est, de toute évidence).</p>



<p>Et c&rsquo;est là que le titre du film prend tout son sens : on sait parfois ce que l&rsquo;on espère, mais espère-t-on aussi ce qui va, inévitablement, en découler ? Dans le cas du protagoniste du film, la réponse ne fait guère de doute&#8230;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Interview (en anglais) de Nicholas Tomnay</h2>



<p>Interview du réalisateur et scénariste de <em>What You Wish For</em> sur le site filmobsessive. Il évoque notamment les influences de l&rsquo;écrivaine américaine Patricia Highsmith et du cinéaste britannique Alfred Hitchcock ; deux auteurs qui aimaient, entre autres, manier l&rsquo;ambiguïté.</p>



<p><a href="https://filmobsessive.com/film/film-news/film-interviews/director-nicholas-tomnay-talks-what-you-wish-for/">Lire l&rsquo;interview</a></p>
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		<title>Baise-en-ville</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Bertrand Mathieux]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 09 Mar 2026 11:51:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Comédies / Comédies dramatiques]]></category>
		<category><![CDATA[Anaïde Rozam]]></category>
		<category><![CDATA[Emmanuelle Bercot]]></category>
		<category><![CDATA[Géraldine Pailhas]]></category>
		<category><![CDATA[Martin Jauvat]]></category>
		<category><![CDATA[Michel Hazanavicius]]></category>
		<category><![CDATA[Sébastien Chassagne]]></category>
		<category><![CDATA[William Lebghil]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Film de Martin JauvatAnnée de sortie : 2025Pays : FranceScénario : Martin JauvatPhotographie : Vincent PeugnetMontage : Jules CoudignacMusique : Pierre IIIAvec : Martin Jauvat, Emmanuelle Bercot, William Lebghil, Sébastien Chassagne, Anaïde Rozam, Annabelle Lengronne, Géraldine Pailhas, Michel Hazanavicius, Aurélien Bellanger, Mahaut Adam, Eva Huault Martin Jauvat signe avec Baise-en-ville une comédie drôle, sensible et touchante. Synopsis du film Corentin Périer (Martin Jauvat), dit Sprite, un jeune homme de 25 ans, habite avec ses parents à Chelles (Seine-et-Marne). Confronté à qu&#8217;il appelle lui-même une boucle paradoxale – il doit passer son permis pour trouver un travail, et trouver un travail pour payer son permis –, il demande de l&#8217;aide à son beau-frère Walid (William Lebghil). C&#8217;est le début d&#8217;une aventure urbaine ponctuée de rencontres. Critique de Baise-en-ville Je prends mon baise-en-ville, j&#8217;me tire à Deltaville : c&#8217;est par ces mots que commence la chanson Dispatch Box, de Serge Gainsbourg, laquelle, à l&#8217;image de l&#8217;album You&#8217;re under arrest dans son ensemble, n&#8217;est pas la meilleure de son auteur ; mais c&#8217;est en écoutant ce titre que l&#8217;expression baise-en-ville est parvenue à mes oreilles pour la première fois. Je devais alors avoir treize ou quatorze ans, et sa signification précise m&#8217;avait sans ...</p>
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<p><strong>Film de Martin Jauvat</strong><br>Année de sortie : 2025<br>Pays : France<br>Scénario : Martin Jauvat<br>Photographie : Vincent Peugnet<br>Montage : Jules Coudignac<br>Musique : Pierre III<br>Avec : Martin Jauvat, Emmanuelle Bercot, William Lebghil, Sébastien Chassagne, Anaïde Rozam, Annabelle Lengronne, Géraldine Pailhas, Michel Hazanavicius, Aurélien Bellanger, Mahaut Adam, Eva Huault</p>



<p>Martin Jauvat signe avec <em>Baise-en-ville</em> une comédie drôle, sensible et touchante.</p>



<span id="more-10079"></span>



<h2 class="wp-block-heading">Synopsis du film</h2>



<p>Corentin Périer (<strong>Martin Jauvat</strong>), dit <q>Sprite</q>, un jeune homme de 25 ans, habite avec ses parents à Chelles (Seine-et-Marne). Confronté à qu&rsquo;il appelle lui-même une boucle paradoxale – il doit passer son permis pour trouver un travail, et trouver un travail pour payer son permis –, il demande de l&rsquo;aide à son beau-frère Walid (<strong>William Lebghil</strong>). C&rsquo;est le début d&rsquo;une aventure urbaine ponctuée de rencontres.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Critique de <em>Baise-en-ville</em></h2>



<p><q>Je prends mon baise-en-ville, j&rsquo;me tire à Deltaville</q> : c&rsquo;est par ces mots que commence la chanson <em>Dispatch Box</em>, de Serge Gainsbourg, laquelle, à l&rsquo;image de l&rsquo;album <em>You&rsquo;re under arrest</em> dans son ensemble, n&rsquo;est pas la meilleure de son auteur ; mais c&rsquo;est en écoutant ce titre que l&rsquo;expression baise-en-ville est parvenue à mes oreilles pour la première fois. Je devais alors avoir treize ou quatorze ans, et sa signification précise m&rsquo;avait sans doute échappée. Le même Gainsbourg a souvent dit qu&rsquo;il commençait à composer ses chansons à partir d&rsquo;un titre ; eh bien, Martin Jauvat a suivi une méthode identique pour le scénario de <em>Baise-en-ville</em>, élaboré sur la base de cette formule efficace, un peu désuète aussi – on ne l&rsquo;entend, me semble-t-il, plus très souvent.</p>



<p>Cela lui va bien, à ce film, ce titre un peu décalé temporellement. Le protagoniste, campé par le (jeune) réalisateur et scénariste, est lui aussi, à sa façon, un peu en décalage. Il court après les RER, a du mal à quitter le foyer parental et sa situation professionnelle, amoureuse aussi, est bancale. La plupart des personnages qui l&rsquo;entourent ne sont pas beaucoup plus à l&rsquo;aise avec l&rsquo;époque et la société dans laquelle ils évoluent, malgré ce que les apparences laissent parfois croire de prime abord.</p>



<p><em>Baise-en-ville</em> pose un regard affectueux sur les villes situées en banlieue parisienne ; sur ces quartiers résidentiels plus ou moins bien desservis par les transports, dont les habitants effectuent souvent de longs trajets pour se rendre sur le lieu de leurs études ou de leur travail, le tout dans un contexte économique dont les classes moyennes et populaires subissent particulièrement les conséquences (une scène comporte une critique implicite du président Macron).</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" class="youtube-player" width="620" height="349" src="https://www.youtube.com/embed/m9MWZbNcnLM?version=3&#038;rel=1&#038;showsearch=0&#038;showinfo=1&#038;iv_load_policy=1&#038;fs=1&#038;hl=fr-FR&#038;autohide=2&#038;wmode=transparent" allowfullscreen="true" style="border:0;" sandbox="allow-scripts allow-same-origin allow-popups allow-presentation allow-popups-to-escape-sandbox"></iframe>
</div><figcaption class="wp-element-caption">Bande-annonce de <em>Baise-en-ville</em></figcaption></figure>



<p><em>Baise-en-ville</em> ne dresse pas un portrait misérabiliste de cet univers urbain, que la photographie de Vincent Peugnet pare de couleurs vives ; mais tout de même, la mélancolie et la solitude affleurent souvent à la surface flashy de l&rsquo;image, sans jamais être appuyée (par exemple, un seul plan rapide sur le visage de la comédienne Mahaut Adam fait ressentir une déception étouffée). Pareil pour l&rsquo;humour : il est efficace, sans être lourd, même quand le sujet (il est souvent question de sexe) aurait pu susciter de ces blagues graveleuses auxquelles un certain type de comédies françaises (pas les plus inspirées) ont volontiers recours.</p>



<p>Cet équilibre et ce sens du dosage reflètent le regard d&rsquo;un auteur, qui observe les autres avec tendresse et chronique intelligemment leurs doutes et difficultés quotidiennes. Dans une comédie, ce qui compte, c&rsquo;est (en grande partie) de quoi et avec qui l&rsquo;on rit ; en regardant <em>Baise-en-ville</em>, on est assurément en bonne compagnie, et l&rsquo;ensemble du casting (William Lebghil, Emmanuelle Bercot, Anaïde Rozam, Géraldine Pailhas, Michel Hazanavicius, Sébastien Chassagne et même l&rsquo;écrivain Aurélien Bellanger) semble avoir eu du plaisir à participer à cette comédie douce-amère, dont le dernier plan dit beaucoup. On notera aussi une musique originale réussie, et des choix de chansons bien sentis. </p>



<p>En salle, le film favorise un phénomène pas si fréquent : un échange de sourires et regards complices au terme de la projection. Vu le contexte national et international, ce climat bienveillant est plus qu&rsquo;appréciable.</p>
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		<title>Regards Satellites 2026 : « Une Année italienne », de Laura Samani</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Bertrand Mathieux]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 Feb 2026 22:05:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Festival de cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Laura Samani]]></category>
		<category><![CDATA[Regards Satellites]]></category>
		<category><![CDATA[Stella Wendick]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Deuxième venue au festival Regards Satellites, organisé au cinéma L&#8217;Écran de Saint-Denis, en ce jeudi 19 février. Au programme, le second long métrage de Laura Samani, Une Année italienne. Un film souvent lumineux, mais qui traite avec justesse du poids de la domination masculine au quotidien. L&#8217;histoire en quelques mots J&#8217;ai débuté ma précédente chronique dédiée à Regards Satellites par un court récit d&#8217;avant-séance, mais cette fois-ci, l&#8217;horaire de projection (18 heures) ne m&#8217;a pas permis de déambuler dans les environs du cinéma L&#8217;Écran de Saint-Denis avant d&#8217;aller voir le film. Je parlerai donc directement d&#8217;Une Année italienne, qui fait partie des longs métrages en compétition cette année. L&#8217;histoire puise dans deux sources distinctes : l&#8217;expérience personnelle de la réalisatrice (et co-scénariste) Laura Samani dans la ville de Trieste (nord-est de l&#8217;Italie), où elle a grandi, et le roman One Year of School&#160;de l&#8217;écrivain et professeur italien Giani Stuparich (également né à Trieste, en 1891). (Sa fiche wikipédia évoque son opposition au fascisme dans l&#8217;Italie des années 1920-30-40, et sa déportation – sa famille avait des origines juives – pendant la seconde guerre mondiale ; déportation à laquelle il survécut, fort heureusement.) Se déroulant en 2007, Une Année italienne suit ...</p>
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<p>Deuxième venue au festival Regards Satellites, organisé au cinéma L&rsquo;Écran de Saint-Denis, en ce jeudi 19 février. Au programme, le second long métrage de Laura Samani, <em>Une Année italienne</em>. Un film souvent lumineux, mais qui traite avec justesse du poids de la domination masculine au quotidien.</p>



<span id="more-10064"></span>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;histoire en quelques mots</h2>



<p>J&rsquo;ai débuté ma précédente chronique dédiée à Regards Satellites par un court récit d&rsquo;avant-séance, mais cette fois-ci, l&rsquo;horaire de projection (18 heures) ne m&rsquo;a pas permis de déambuler dans les environs du cinéma L&rsquo;Écran de Saint-Denis avant d&rsquo;aller voir le film. Je parlerai donc directement d&rsquo;<em>Une Année italienne</em>, qui fait partie des longs métrages en compétition cette année.</p>



<p>L&rsquo;histoire puise dans deux sources distinctes : l&rsquo;expérience personnelle de la réalisatrice (et co-scénariste) <strong>Laura Samani</strong> dans la ville de Trieste (nord-est de l&rsquo;Italie), où elle a grandi, et le roman <em>One Year of School</em>&nbsp;de l&rsquo;écrivain et professeur italien <strong>Giani Stuparich</strong> (également né à Trieste, en 1891). (Sa fiche wikipédia évoque son opposition au fascisme dans l&rsquo;Italie des années 1920-30-40, et sa déportation – sa famille avait des origines juives – pendant la seconde guerre mondiale ; déportation à laquelle il survécut, fort heureusement.)</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://www.citizenpoulpe.com/wp-content/uploads/2026/02/ecran-saint-denis.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://www.citizenpoulpe.com/wp-content/uploads/2026/02/ecran-saint-denis-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-10071" srcset="https://www.citizenpoulpe.com/wp-content/uploads/2026/02/ecran-saint-denis-1024x576.jpg 1024w, https://www.citizenpoulpe.com/wp-content/uploads/2026/02/ecran-saint-denis-300x169.jpg 300w, https://www.citizenpoulpe.com/wp-content/uploads/2026/02/ecran-saint-denis-768x432.jpg 768w, https://www.citizenpoulpe.com/wp-content/uploads/2026/02/ecran-saint-denis-1536x865.jpg 1536w, https://www.citizenpoulpe.com/wp-content/uploads/2026/02/ecran-saint-denis-620x349.jpg 620w, https://www.citizenpoulpe.com/wp-content/uploads/2026/02/ecran-saint-denis-940x529.jpg 940w, https://www.citizenpoulpe.com/wp-content/uploads/2026/02/ecran-saint-denis.jpg 1613w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a><figcaption class="wp-element-caption">Le cinéma L&rsquo;Écran de Saint-Denis, juste après la projection d&rsquo;<em>Une Année italienne</em></figcaption></figure>



<p>Se déroulant en 2007, <em>Une Année italienne</em> suit les pas d&rsquo;une étudiante suédoise qui, venant de s&rsquo;installer en Italie avec son père, intègre une classe de terminale exclusivement composée de garçons dans un lycée technique et technologique situé à Trieste. Drague lourde ; regards insistants ; blagues douteuses : la jeune femme subit très rapidement un harcèlement tristement ordinaire de la part de ses camarades testostéronés, avant de commencer à se rapprocher d&rsquo;un trio d&rsquo;amis qui s&rsquo;avère plutôt sympathique. Le film décrit leur complicité ; leurs fêtes pleines d&rsquo;insousciance ; leurs désirs aussi, qui vont venir troubler l&rsquo;harmonie du quatuor.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Critique d&rsquo;<em>Une Année italienne</em></h2>



<p>Après un début qui montre toute la difficulté, pour une jeune fille, d&rsquo;évoluer dans un monde masculin, <em>Une Année particulière</em> propose ensuite, pendant une assez longue partie du film, un récit d&rsquo;amitiés et d&rsquo;amours adolescentes tel que la littérature, et le cinéma, en comportent beaucoup. Quand une histoire décline ce type de schéma, il est primordial que les personnages fonctionnent car ce sont eux, pour l&rsquo;essentiel, qui vont rendre convaincantes des scènes relativement classiques, ordinaires sur le papier. </p>



<p>Cette condition est pleinement remplie ici ; le charme opère car chacun des quatre lycéens est attachant et possède sa propre personnalité, sans que le scénario utilise des techniques de caractérisation grossières et caricaturales. Les comédiens y sont évidemment pour beaucoup dans cette réussite, mais un comédien ne peut pas convaincre sans un bon texte et une bonne mise en scène : de toute évidence, le plaisir qu&rsquo;on a à suivre Fred (<strong>Stella Wendick</strong>), Antero (<strong>Giacomo Covi</strong>), Pasini (<strong>Pietro Giustolisi</strong>) et Mitis (<strong>Samuel Volturno</strong>) témoigne donc à la fois d&rsquo;une écriture fine, d&rsquo;une réalisation inspirée et d&rsquo;un sens de la direction d&rsquo;acteurs.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://www.citizenpoulpe.com/wp-content/uploads/2026/02/giacomo-covi.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.citizenpoulpe.com/wp-content/uploads/2026/02/giacomo-covi-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-10067" srcset="https://www.citizenpoulpe.com/wp-content/uploads/2026/02/giacomo-covi-1024x683.jpg 1024w, https://www.citizenpoulpe.com/wp-content/uploads/2026/02/giacomo-covi-300x200.jpg 300w, https://www.citizenpoulpe.com/wp-content/uploads/2026/02/giacomo-covi-768x512.jpg 768w, https://www.citizenpoulpe.com/wp-content/uploads/2026/02/giacomo-covi-1536x1024.jpg 1536w, https://www.citizenpoulpe.com/wp-content/uploads/2026/02/giacomo-covi-620x413.jpg 620w, https://www.citizenpoulpe.com/wp-content/uploads/2026/02/giacomo-covi-192x128.jpg 192w, https://www.citizenpoulpe.com/wp-content/uploads/2026/02/giacomo-covi-940x627.jpg 940w, https://www.citizenpoulpe.com/wp-content/uploads/2026/02/giacomo-covi.jpg 1602w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a><figcaption class="wp-element-caption">Giacomo Covi et Stella Wendick dans <em>Une Année italienne</em></figcaption></figure>



<p>Au moment où je commençais à me demander où la réalisatrice voulait en venir (voir de jeunes gens faire la fête et s&rsquo;aimer, c&rsquo;est agréable quand c&rsquo;est bien écrit, joué et filmé, mais ça ne suffit pas toujours à passionner pendant 1h42), le film retrouve sa thématique initiale, amenée d&rsquo;une manière différente. Sans trop en dire, je me contenterais de dire que même la compagnie de garçons pourtant moins bêtes que les autres finit quand même par confronter l&rsquo;héroïne (Fred est clairement le personnage central) à un sexisme aussi ancien que tenace, qui consiste à l&rsquo;associer à l&rsquo;éternelle figure de la semeuse de troubles, alors qu&rsquo;elle n&rsquo;a absolument rien fait de répréhensible. </p>



<p><em>Une Année italienne</em> illustre avec beaucoup d&rsquo;intelligence ce phénomène, le film ne forçant jamais le trait et restant nuancé dans la peinture du trio masculin, y compris quand ses membres reproduisent, sans en être toujours très conscients, des comportements problématiques.</p>



<p>Il y a donc ici un bel équilibre entre des notes aériennes (on devine que la réalisatrice regarde une partie de ses jeunes années avec tendresse à travers cette histoire) et un sujet plus grave, politique et sociétal, qui donne du relief au film sans pour autant plomber sa légèreté. Une réussite, donc, qui incite à s&rsquo;intéresser au parcours de Laura Samani. Un temps prévue, sa visite à Regards Satellites n&rsquo;a finalement pas eu lieu, pour une excellente raison : un nouveau long en préparation. Souhaitons, pour commencer, que celui-ci connaisse un avenir aussi bleu et clair que les ciels italiens qu&rsquo;il donne à voir.</p>



<p><a href="https://lecranstdenis.fr/public/fichiers/programmes-pdf/rs2026-siquesi.pdf">Le programme de Regards Satellites</a> | <a href="https://lecranstdenis.fr/FR/537">La présentation du festival sur le site de L&rsquo;Écran de Saint-Denis</a></p>
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