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	Commentaires pour Blog &#8211; Psychanalyse.lu	</title>
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				<title>
				Commentaires sur Qui prétendrait à l’autonomie complète ? par Jean-Claude Schotte				</title>
				<link>http://blog.psychanalyse.lu/autonomie-complete/#comment-2784</link>
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Claude Schotte]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 Mar 2017 11:07:36 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://blog.psychanalyse.lu/?p=1284#comment-2784</guid>
					<description><![CDATA[Bref, il n&#039;y a pas d&#039;accès à une position de responsabilité qui n&#039;entraîne également des devoirs, en l&#039;occurrence envers les patients, envers les médecins, envers la CNS, envers les contribuables.

Ou encore: l&#039;autonomie, humainement parlant, est toute relative. Les pouvoirs sont toujours à distinguer et distribuer. Nul ne pourrait exercer un métier comme si c&#039;était le sien dans l&#039;absolu, comme s&#039;il était absolument spécifique et absolument indépendant, car nul ne pourrait empêcher que d&#039;autres gens exercent eux aussi un métier, d&#039;autres métiers. Je dirais même : ces autres métiers participent implicitement à la définition et à la limitation du sien : ils l&#039;entament dans un champ potentiellement conflictuel. Ils représentent une atteinte à toute prétention à l&#039;omnipuissance. &lt;em&gt;Selbstherrlichkeit gibt es nicht, jedenfalls nicht in der Wirklichkeit.&lt;/em&gt;

De manière générale, tous les métiers sont virtuellement susceptibles de se ressembler et de se combiner. Et il se fait que certains métiers sont en effet partiellement similaires et diversement complémentaires au métier de psychothérapeute.

Ainsi en va-t-il du métier du psychiatre qui exerce la psychothérapie mais qui peut également prescrire des médicaments ou décider d&#039;une hospitalisation : ce n&#039;est pas le même métier que celui du psychothérapeute, mais il a quelque chose de similaire et de complémentaire. Et par ailleurs, M. Steffgen lui-même doit bien reconnaître que le psychothérapeute a besoin du médecin pour exclure les diagnostics organiques des problèmes à traiter. Or il se fait concrètement que le médecin psychiatre est aussi un médecin, en principe capable d&#039;exclure ou de confirmer ces diagnostics organiques, contrairement au psychothérapeute lui-même. Et M. Steffgen semble l&#039;oublier, il semble refuser qu&#039;il en soit ainsi.

Ainsi en va-t-il encore du métier de l&#039;administrateur de la CNS qui gère les budgets annuels pour les divers soins de santé (des budgets présupposant la contribution de tous ceux qui cotisent, et attribués à tous les patients qui consultent et qui sont supposés au même titre que leur prestataire de service ne pas en abuser) : ce n&#039;est pas le même métier que le métier de psychothérapeute, mais il est partiellement similaire et complémentaire dans la mesure où ils ont tous ensemble une responsabilité budgétaire et un devoir dans le champ de la santé.

Les pouvoirs ou les prérogatives ainsi que les devoirs n&#039;étant jamais absolus - sauf dans un monde, fantasmatique peut-être, comme le dit R. Schmitz, mais surtout délirant -  le rapport psychothérapeutique entre un psychothérapeute officiellement reconnu et son patient qui consulte pour des problèmes sans étiologie organique et qui fait appel à la CNS, contraint nécessairement à la négociation par delà les spécialismes en vue d&#039;établir des complémentarités variables dans le respect des différences.

Et cette négociation n&#039;est pas gentille, elle est conflictuelle, et jamais achevée - inéluctable à vrai dire, ainsi que R. Schmitz et R. Wagener l&#039;affirment.

Les prétentions de Mr. Steffgen et de certains de ces collègues n&#039;ont rien de surprenant : &lt;em&gt;nihil nove sub sole&lt;/em&gt; ... Nous avons en tant que psychanalystes pu constater à plusieurs reprises, lors de rencontres de travail mais également dans des articles de presse, que les avocats de la loi sur la psychothérapie n&#039;ont pas seulement rêvé d&#039;exclure des collègues formés et pratiquant autrement qu&#039;eux-mêmes. Ils ont également, et toujours dans la même logique du pouvoir exclusif, rêvé d&#039;accomplir leur propre promotion sociale face aux psychiatres : ils avaient et ils ont toujours encore l&#039;ambition clairement affichée d&#039;avoir les mêmes prérogatives que ces médecins spécialistes, en tout cas au niveau de l&#039;établissement du diagnostic et de la prescription d&#039;une psychothérapie. Pour ceux qui en doutaient encore : la loi sur les psychothérapeutes ne sert pas uniquement les intérêts des patients comme on a voulu nous le faire croire.

Ce n&#039;est pas plus mal de rappeler que les prérogatives impliquent aussi des devoirs, et que l&#039;indépendance absolue n&#039;existe pas, sauf dans un discours d&#039;autocélébration où autrui disparaît, non de fait mais imaginairement.]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Bref, il n&rsquo;y a pas d&rsquo;accès à une position de responsabilité qui n&rsquo;entraîne également des devoirs, en l&rsquo;occurrence envers les patients, envers les médecins, envers la CNS, envers les contribuables.</p>
<p>Ou encore: l&rsquo;autonomie, humainement parlant, est toute relative. Les pouvoirs sont toujours à distinguer et distribuer. Nul ne pourrait exercer un métier comme si c&rsquo;était le sien dans l&rsquo;absolu, comme s&rsquo;il était absolument spécifique et absolument indépendant, car nul ne pourrait empêcher que d&rsquo;autres gens exercent eux aussi un métier, d&rsquo;autres métiers. Je dirais même : ces autres métiers participent implicitement à la définition et à la limitation du sien : ils l&rsquo;entament dans un champ potentiellement conflictuel. Ils représentent une atteinte à toute prétention à l&rsquo;omnipuissance. <em>Selbstherrlichkeit gibt es nicht, jedenfalls nicht in der Wirklichkeit.</em></p>
<p>De manière générale, tous les métiers sont virtuellement susceptibles de se ressembler et de se combiner. Et il se fait que certains métiers sont en effet partiellement similaires et diversement complémentaires au métier de psychothérapeute.</p>
<p>Ainsi en va-t-il du métier du psychiatre qui exerce la psychothérapie mais qui peut également prescrire des médicaments ou décider d&rsquo;une hospitalisation : ce n&rsquo;est pas le même métier que celui du psychothérapeute, mais il a quelque chose de similaire et de complémentaire. Et par ailleurs, M. Steffgen lui-même doit bien reconnaître que le psychothérapeute a besoin du médecin pour exclure les diagnostics organiques des problèmes à traiter. Or il se fait concrètement que le médecin psychiatre est aussi un médecin, en principe capable d&rsquo;exclure ou de confirmer ces diagnostics organiques, contrairement au psychothérapeute lui-même. Et M. Steffgen semble l&rsquo;oublier, il semble refuser qu&rsquo;il en soit ainsi.</p>
<p>Ainsi en va-t-il encore du métier de l&rsquo;administrateur de la CNS qui gère les budgets annuels pour les divers soins de santé (des budgets présupposant la contribution de tous ceux qui cotisent, et attribués à tous les patients qui consultent et qui sont supposés au même titre que leur prestataire de service ne pas en abuser) : ce n&rsquo;est pas le même métier que le métier de psychothérapeute, mais il est partiellement similaire et complémentaire dans la mesure où ils ont tous ensemble une responsabilité budgétaire et un devoir dans le champ de la santé.</p>
<p>Les pouvoirs ou les prérogatives ainsi que les devoirs n&rsquo;étant jamais absolus &#8211; sauf dans un monde, fantasmatique peut-être, comme le dit R. Schmitz, mais surtout délirant &#8211;  le rapport psychothérapeutique entre un psychothérapeute officiellement reconnu et son patient qui consulte pour des problèmes sans étiologie organique et qui fait appel à la CNS, contraint nécessairement à la négociation par delà les spécialismes en vue d&rsquo;établir des complémentarités variables dans le respect des différences.</p>
<p>Et cette négociation n&rsquo;est pas gentille, elle est conflictuelle, et jamais achevée &#8211; inéluctable à vrai dire, ainsi que R. Schmitz et R. Wagener l&rsquo;affirment.</p>
<p>Les prétentions de Mr. Steffgen et de certains de ces collègues n&rsquo;ont rien de surprenant : <em>nihil nove sub sole</em> &#8230; Nous avons en tant que psychanalystes pu constater à plusieurs reprises, lors de rencontres de travail mais également dans des articles de presse, que les avocats de la loi sur la psychothérapie n&rsquo;ont pas seulement rêvé d&rsquo;exclure des collègues formés et pratiquant autrement qu&rsquo;eux-mêmes. Ils ont également, et toujours dans la même logique du pouvoir exclusif, rêvé d&rsquo;accomplir leur propre promotion sociale face aux psychiatres : ils avaient et ils ont toujours encore l&rsquo;ambition clairement affichée d&rsquo;avoir les mêmes prérogatives que ces médecins spécialistes, en tout cas au niveau de l&rsquo;établissement du diagnostic et de la prescription d&rsquo;une psychothérapie. Pour ceux qui en doutaient encore : la loi sur les psychothérapeutes ne sert pas uniquement les intérêts des patients comme on a voulu nous le faire croire.</p>
<p>Ce n&rsquo;est pas plus mal de rappeler que les prérogatives impliquent aussi des devoirs, et que l&rsquo;indépendance absolue n&rsquo;existe pas, sauf dans un discours d&rsquo;autocélébration où autrui disparaît, non de fait mais imaginairement.</p>
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				<title>
				Commentaires sur Comment naissent les maladies mentales ? par Thierry Simonelli				</title>
				<link>http://blog.psychanalyse.lu/comment-naissent-les-maladies-mentales/#comment-2772</link>
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Simonelli]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 25 Feb 2017 07:35:52 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://blog.psychanalyse.lu/?p=1204#comment-2772</guid>
					<description><![CDATA[&lt;p&gt;Merci pour ces points de discussion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le choix du titre repose  entre autres sur l&#039;id&#233;e, certes discutable, que les manuels tels que le &lt;em&gt;DSM&lt;/em&gt; et la &lt;em&gt;CIM&lt;/em&gt; (la &lt;em&gt;Classification Internationale des Maladies&lt;/em&gt; de l&#039;Organisation Mondiale de la Sant&#233;) &lt;em&gt;sont&lt;/em&gt; &#224; l&#039;origine des &#039;maladies mentales&#039;, au sens le plus large du terme. Non pas en tant que livres, mais de par les pratiques et de par les institutionnalisations sociales et politiques qu&#039;ils déterminent. Car ce qui aujourd&#039;hui ne se retrouve pas dans ces deux ouvrages, n&#039;a pas droit au titre officiel de maladie mentale. Ils fournissent le cadre de ce qui est politiquement, socialement, économiquement et même scientifiquement et cliniquement est admissible comme &#039;trouble&#039;, ou comme &#039;désordre&#039;, soit ce qui auparavant était désignée de maladie mentale. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut tout de même aussi leur reconna&#238;tre le m&#233;rite d&#039;avoir tenu compte des controverses, parfois tr&#232;s fortes, autour du concept de &#171;&#160;maladie&#160;&#187; mentale, et d&#039;y avoir substitué les notions de &#171;&#160;trouble&#160;&#187; et de &#171;&#160;d&#233;sordre &#187;. Et bien qu&#039;on reste en effet dans le contexte du positivisme, il ne s&#039;agit pas simplement d&#039;un changement nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si je remets en question cette idée de &#171;&#160;maladie&#160;&#187; mentale, c&#039;est parce qu&#039;une alternative du genre&#160; : soit on admet l&#039;existence de &#171;&#160;maladie&#160;&#187; mentales (ou des notions dérivées  de &#171;&#160;trouble&#160;&#187; ou de &#171;&#160;d&#233;sordre &#187;), soit on d&#233;nie ce qu&#039;elles d&#233;signent (les souffrances, conflits, problèmes, symptômes ...), rel&#232;ve du faux dilemme à mes yeux. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je sais que les avis, les nôtres aussi, divergent sur ce point. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais je pense que nous tomberons aisément d&#039;accord sur le fait que les termes en question, tels que &#171;&#160;maladie&#160;&#187;, ne sont pas de simples noms, d&#233;signant des ph&#233;nom&#232;nes en toute neutralit&#233;. Nommer un conflit ou une souffrance psychique  &#171;&#160;maladie&#160;&#187; n&#039;implique pas seulement l&#039;assignation d&#039;une interpr&#233;tation g&#233;n&#233;ralis&#233;e et objectivante tr&#232;s particuli&#232;re, mais ouvre encore &#224; certains types de pratiques (m&#234;me psychanalytiques) qui ne sont pas sans &#234;tre cliniquement et épistémologiquement déterminants et, à mon sens, probl&#233;matiques. Mais je suppose que c&#039;est à partir de ce point que nous abordons dans des directions assez différentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;À mon sens, pour circonscrire les difficult&#233;s de la question telle qu&#039;elle peut se formuler aujourd&#039;hui, il faudrait commencer par reprendre le fil de ces discussions en partant de Canguilhem et de Foucault, pour avancer vers le d&#233;bat actuel sur les contributions de Jerome Wakefiled (p.ex. Wakefield, J. C, 1992, &#8220;The Concept of Mental Disorder: On the Boundary Between Biological Facts and Social Values.&#8221; &lt;em&gt;American Psychologist&lt;/em&gt; 47:(3),p 373&#8211;88), de Culver &#038; Gert (Culver, C. M, and B. Gert,, 1982, &lt;em&gt;Philosophy in Medicine&lt;/em&gt;, New York: Oxford University Press) et surtout aussi sur celle de Derek Bolton (Bolton, D. (2008). &lt;em&gt;What is mental disorder? An essay in philosophy, science, and values&lt;/em&gt;. Oxford ; New York: Oxford University Press) et de Hill &#038; Bolton (Bolton, D., &#038; Hill, J. (2004). &lt;em&gt;Mind, Meaning, and Mental Disorder: The Nature of Causal Explanation in Psychology and Psychiatry&lt;/em&gt;. Oxford: Oxford University Press).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette optique, il me semble (personnellement) moins convaincant de postuler un concept de &#171;&#160;maladie&#160;&#187; mentale &#224; partir de quelques donn&#233;es biologiques, linguistiques, structurelles ou même sociologiques, supposées essentielles ou fondamentales. En l&#039;occurrence, ce serait, non seulement verser dans une sorte de platonisme clinique (voire même rester solidement ancré dans un type de positivisme. Cela reviendrait potentiellement encore à sous-estimer un fait important à mon sens, et auquel la pratique psychanalytique (entre autres) ne cesse de s&#039;affronter : le fait qu&#039;il n&#039;y ait pas simplement des sympt&#244;mes, de la souffrance, des conflits, des &#039;m&#233;canismes&#039; de toutes sortes, mais avant tout autre chose des &lt;em&gt;personnes&lt;/em&gt; qui souffrent, des &lt;em&gt;personnes&lt;/em&gt; angoiss&#233;es, d&#233;sorient&#233;es, hant&#233;s par des sympt&#244;mes, des &lt;em&gt;personnes&lt;/em&gt; qui se d&#233;battent avec leurs m&#233;canismes de refoulement, d&#039;identification, de projection, de retournement sur la propre personne, etc. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles que soient les contributions du langage, de la structure ou de la nature biologique ou sociale à ces difficultés, et elles ne sont certainement pas moindres, ces difficultés affectent d&#039;abord des personnes qui en souffrent et qui luttent pour s&#039;y retrouver et éventuellement pour s&#039;en débarrasser. Je crois que sur ce point aussi, nous sommes d&#039;accord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la diff&#233;rence entre l&#039;objectivation toujours sous-jacente au concept de &#171;&#160;maladie&#160;&#187; (mentale) ne peut, &#224; mon sens, que court-circuiter, secondariser ou même rejeter comme accessoire ce rapport que chaque personne entretient avec ses souffrances, ses conflits, ses sympt&#244;mes. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand je souffre d&#039;une anxi&#233;t&#233; incompr&#233;hensible, de crises de panique terrifiantes, quand je ne puis me d&#233;faire des contraintes qui m&#039;assi&#232;gent ou des voix qui me tourmentent, ou quand cette tristesse qui m&#039;&#233;touffe et m&#039;emprisonne dans l&#039;impuissance ne me l&#226;che plus, je ne &lt;em&gt;suis&lt;/em&gt; pas simplement cette angoisse, cette panique, l&#039;oreille qui entend ces voix, je ne &lt;em&gt;suis&lt;/em&gt; pas seulement l&#039;enveloppe vide de cette lourde tristesse, je m&#039;y rapporte aussi. Ces souffrances ont un sens pour moi, je les interprète et leur donne une signification, je les nomme, je les situe par rapport &#224; mon histoire, je m&#039;y identifie d&#039;une mani&#232;re ou d&#039;une autre, et je me compare aux autres qui n&#039;ont pas ces probl&#232;mes. Je m&#039;&#233;value encore ou plut&#244;t me d&#233;value de leur pr&#233;sence, je me bats contre elles et parfois, je les utilise &#224; mon avantage. C&#039;est que dans ce contexte seulement que l&#039;idée d&#039;une &#171;&#160;maladie mentale&#160;&#187; pourrait avoir un sens clinique tout individuel&#160;: si &lt;em&gt;je&lt;/em&gt; me perçois, m&#039;interprète comme malade. (&#171;&#160;... c’est le point de vue du malade qui est au fond le vrai. », Canguilhem, &lt;em&gt;Essai sur quelques problèmes concernant le normal et le pathologique&lt;/em&gt;. 2009. Paris: Puf, p. 59)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#039;ensemble dynamique de ces rapports de moi à ce qui ne va pas en et pour moi ne représente pas un simple effet secondaire, une simple r&#233;action &#224; la &#171;&#160;maladie&#160;&#187;. Il constitue une partie intégrante de mon problème. En tant que personne pensante et parlante je veux d&#039;abord et aussi &#234;tre entendu non pas comme objet ou sujet d&#039;une &#171;&#160;maladie&#160;&#187;, voire d&#039;un trouble ou d&#039;un symptôme, mais comme un être qui a besoin de dire et de partager sa détresse, qui a besoin de faire entendre la signification que cette détresse a pour elle. &lt;em&gt;Cette&lt;/em&gt; parole ne s&#039;adresse pas à un expert qui porterait des grilles de lecture et de classification dans ses oreilles, mais à une autre personne qui veut du moins essayer d&#039;entendre la particularité toute personnelle de &lt;em&gt;ma&lt;/em&gt; plainte, de &lt;em&gt;ma&lt;/em&gt; demande, de &lt;em&gt;mon&lt;/em&gt; besoin, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Or nommer ces probl&#232;mes, ces troubles, ces difficult&#233;s &#171;&#160;maladie&#160;&#187; mentale ou m&#234;me les aborder comme tels de manière plus prudente, sans prononcer le mot, mais en agissant en cons&#233;quence, revient, &#224; mon sens, à aborder d&#039;emblée cette personne avec un prêt-à-porter interpr&#233;tatif ext&#233;rieur (qui à la limite me ferait penser à une sorte de paternalisme expert) et qui risque de refermer aussit&#244;t les possibilit&#233;s singuli&#232;res, inh&#233;rentes au rapport de cette personne, avec cette biographie, avec ces v&#233;cus, &#224; &lt;em&gt;sa&lt;/em&gt; souffrance, &#224; &lt;em&gt;ses&lt;/em&gt; difficult&#233;s, à &lt;em&gt;ses &lt;/em&gt;sypmptômes. Quitte &#224; ce que ces derni&#232;rs soient susceptibles de grandes g&#233;n&#233;ralisations (du type névrose, psychose ...) ou de postulats m&#233;taphysiques quant aux fondements fondamentaux du psychisme humain en général. Elles le concernent aussi peu, en tant que personne souffrante, que les définitions du &lt;em&gt;Dictionnaire des Symboles&lt;/em&gt; concernent mes rêves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces r&#233;flexions ne sont d&#039;ailleurs pas propres &#224; la psychanalyse, et leur discussion d&#233;passe de loin le cadre de l&#039;exp&#233;rience clinique. Même sur un plan plus th&#233;orique, elles comportent un versant &#233;pist&#233;mologique qui a été relevé par différents penseurs. Par exemple, dans sa discussion sur la question de la &#171;&#160;multiple personnalit&#233;&#160;&#187;, le philosophe et &#233;pist&#233;mologue canadien Ian Hacking relevait ce m&#234;me ph&#233;nom&#232;ne en le d&#233;signant de mani&#232;re un peu abstraite d&#039;effet de boucle  (&#171;&#160;&lt;em&gt;looping effect&lt;/em&gt;&#160;&#187;) :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt; &lt;em&gt;People of these kinds can become aware that they are classified as such. They can make tacit or even explicit choices, adapt or adopt ways of living so as to fit or get away from the classification applied to them. These very choices, adaptations, or adoptions have consequences for the group, for the kind of people that is invoked. The result may be particularly strong interactions. What
  was known about people of a kind may become false because people of that kind have changed in virtue of what they believe about themselves. I have called this phenomenon the looping effects of human kinds&lt;/em&gt;. (Hacking, I., 2007, &#8220;Kinds of People: Moving Targets.&#8221; &lt;em&gt;Proceedings of the British Academ&lt;/em&gt;y 151, p. 34)&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Pour être précis, on pourrait reprendre, dans ce contexte, les processus d&#039;identification et d&#039;introjection avec ce qu&#039;ils peuvent permettre de comprendre quant aux effets structurants, décrits par Hacking&#160;: ce que j&#039;entends dire de moi, la manière dont je suis traité par les autres ou quelques autres, la manière dont je me pense moi-même ne restent pas extérieures à ce que serait ma &#171;&#160;maladie&#160;&#187;, elles en font partie. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Et l&#039;on sait que Canguilhem plaçait de vécu personnel même au centre de sa conception des maladies somatiques, autrement plus objectivables et généralisables. : &#171;&#160;C’est parce qu’il y a des anomalies vécues ou manifestées comme un mal organique qu’il existe un intérêt affectif d’abord, théorique ensuite, pour les anomalies.&lt;em&gt;&lt;/em&gt;&#160;&#187; Il y aurait éventuellement une possibilité de reprendre la notion de pathologie psychique par ce biais, par une &#171;&#160;valeur qui ne prend sens que pour un individu en situation.&#160;&#187;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Voil&#224; une br&#232;ve &#233;num&#233;ration des raisons pratiques et th&#233;oriques majeures pour lesquelles la notion de &#171;&#160;maladie&#160;&#187; mentale me semble probl&#233;matique dans bien des cas. La limite de l&#039;affirmation tient dans le fait de son origine : la pratique de la psychanalyse en cabinet de ville, où les atteints psychiques exceptionnellement lourdes sont plutôt rares. &lt;br /&gt;
  &lt;br /&gt;
  Mais ces questions compliquées et délicates m&#233;ritent une discussion qui d&#233;passe de loin le cadre d&#039;un commentaire. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudra y revenir ... &lt;/p&gt;]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Merci pour ces points de discussion.</p>
<p>Le choix du titre repose  entre autres sur l&rsquo;id&eacute;e, certes discutable, que les manuels tels que le <em>DSM</em> et la <em>CIM</em> (la <em>Classification Internationale des Maladies</em> de l&rsquo;Organisation Mondiale de la Sant&eacute;) <em>sont</em> &agrave; l&rsquo;origine des &lsquo;maladies mentales&rsquo;, au sens le plus large du terme. Non pas en tant que livres, mais de par les pratiques et de par les institutionnalisations sociales et politiques qu&rsquo;ils déterminent. Car ce qui aujourd&rsquo;hui ne se retrouve pas dans ces deux ouvrages, n&rsquo;a pas droit au titre officiel de maladie mentale. Ils fournissent le cadre de ce qui est politiquement, socialement, économiquement et même scientifiquement et cliniquement est admissible comme &lsquo;trouble&rsquo;, ou comme &lsquo;désordre&rsquo;, soit ce qui auparavant était désignée de maladie mentale. </p>
<p>Il faut tout de même aussi leur reconna&icirc;tre le m&eacute;rite d&rsquo;avoir tenu compte des controverses, parfois tr&egrave;s fortes, autour du concept de &laquo;&nbsp;maladie&nbsp;&raquo; mentale, et d&rsquo;y avoir substitué les notions de &laquo;&nbsp;trouble&nbsp;&raquo; et de &laquo;&nbsp;d&eacute;sordre &raquo;. Et bien qu&rsquo;on reste en effet dans le contexte du positivisme, il ne s&rsquo;agit pas simplement d&rsquo;un changement nom.</p>
<p>Mais si je remets en question cette idée de &laquo;&nbsp;maladie&nbsp;&raquo; mentale, c&rsquo;est parce qu&rsquo;une alternative du genre&nbsp; : soit on admet l&rsquo;existence de &laquo;&nbsp;maladie&nbsp;&raquo; mentales (ou des notions dérivées  de &laquo;&nbsp;trouble&nbsp;&raquo; ou de &laquo;&nbsp;d&eacute;sordre &raquo;), soit on d&eacute;nie ce qu&rsquo;elles d&eacute;signent (les souffrances, conflits, problèmes, symptômes &#8230;), rel&egrave;ve du faux dilemme à mes yeux. </p>
<p>Je sais que les avis, les nôtres aussi, divergent sur ce point. </p>
<p>Mais je pense que nous tomberons aisément d&rsquo;accord sur le fait que les termes en question, tels que &laquo;&nbsp;maladie&nbsp;&raquo;, ne sont pas de simples noms, d&eacute;signant des ph&eacute;nom&egrave;nes en toute neutralit&eacute;. Nommer un conflit ou une souffrance psychique  &laquo;&nbsp;maladie&nbsp;&raquo; n&rsquo;implique pas seulement l&rsquo;assignation d&rsquo;une interpr&eacute;tation g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;e et objectivante tr&egrave;s particuli&egrave;re, mais ouvre encore &agrave; certains types de pratiques (m&ecirc;me psychanalytiques) qui ne sont pas sans &ecirc;tre cliniquement et épistémologiquement déterminants et, à mon sens, probl&eacute;matiques. Mais je suppose que c&rsquo;est à partir de ce point que nous abordons dans des directions assez différentes.</p>
<p>À mon sens, pour circonscrire les difficult&eacute;s de la question telle qu&rsquo;elle peut se formuler aujourd&rsquo;hui, il faudrait commencer par reprendre le fil de ces discussions en partant de Canguilhem et de Foucault, pour avancer vers le d&eacute;bat actuel sur les contributions de Jerome Wakefiled (p.ex. Wakefield, J. C, 1992, &ldquo;The Concept of Mental Disorder: On the Boundary Between Biological Facts and Social Values.&rdquo; <em>American Psychologist</em> 47:(3),p 373&ndash;88), de Culver &amp; Gert (Culver, C. M, and B. Gert,, 1982, <em>Philosophy in Medicine</em>, New York: Oxford University Press) et surtout aussi sur celle de Derek Bolton (Bolton, D. (2008). <em>What is mental disorder? An essay in philosophy, science, and values</em>. Oxford ; New York: Oxford University Press) et de Hill &amp; Bolton (Bolton, D., &amp; Hill, J. (2004). <em>Mind, Meaning, and Mental Disorder: The Nature of Causal Explanation in Psychology and Psychiatry</em>. Oxford: Oxford University Press).</p>
<p>Dans cette optique, il me semble (personnellement) moins convaincant de postuler un concept de &laquo;&nbsp;maladie&nbsp;&raquo; mentale &agrave; partir de quelques donn&eacute;es biologiques, linguistiques, structurelles ou même sociologiques, supposées essentielles ou fondamentales. En l&rsquo;occurrence, ce serait, non seulement verser dans une sorte de platonisme clinique (voire même rester solidement ancré dans un type de positivisme. Cela reviendrait potentiellement encore à sous-estimer un fait important à mon sens, et auquel la pratique psychanalytique (entre autres) ne cesse de s&rsquo;affronter : le fait qu&rsquo;il n&rsquo;y ait pas simplement des sympt&ocirc;mes, de la souffrance, des conflits, des &lsquo;m&eacute;canismes&rsquo; de toutes sortes, mais avant tout autre chose des <em>personnes</em> qui souffrent, des <em>personnes</em> angoiss&eacute;es, d&eacute;sorient&eacute;es, hant&eacute;s par des sympt&ocirc;mes, des <em>personnes</em> qui se d&eacute;battent avec leurs m&eacute;canismes de refoulement, d&rsquo;identification, de projection, de retournement sur la propre personne, etc. </p>
<p>Quelles que soient les contributions du langage, de la structure ou de la nature biologique ou sociale à ces difficultés, et elles ne sont certainement pas moindres, ces difficultés affectent d&rsquo;abord des personnes qui en souffrent et qui luttent pour s&rsquo;y retrouver et éventuellement pour s&rsquo;en débarrasser. Je crois que sur ce point aussi, nous sommes d&rsquo;accord.</p>
<p>Mais la diff&eacute;rence entre l&rsquo;objectivation toujours sous-jacente au concept de &laquo;&nbsp;maladie&nbsp;&raquo; (mentale) ne peut, &agrave; mon sens, que court-circuiter, secondariser ou même rejeter comme accessoire ce rapport que chaque personne entretient avec ses souffrances, ses conflits, ses sympt&ocirc;mes. </p>
<p>Quand je souffre d&rsquo;une anxi&eacute;t&eacute; incompr&eacute;hensible, de crises de panique terrifiantes, quand je ne puis me d&eacute;faire des contraintes qui m&rsquo;assi&egrave;gent ou des voix qui me tourmentent, ou quand cette tristesse qui m&rsquo;&eacute;touffe et m&#8217;emprisonne dans l&rsquo;impuissance ne me l&acirc;che plus, je ne <em>suis</em> pas simplement cette angoisse, cette panique, l&rsquo;oreille qui entend ces voix, je ne <em>suis</em> pas seulement l&rsquo;enveloppe vide de cette lourde tristesse, je m&rsquo;y rapporte aussi. Ces souffrances ont un sens pour moi, je les interprète et leur donne une signification, je les nomme, je les situe par rapport &agrave; mon histoire, je m&rsquo;y identifie d&rsquo;une mani&egrave;re ou d&rsquo;une autre, et je me compare aux autres qui n&rsquo;ont pas ces probl&egrave;mes. Je m&rsquo;&eacute;value encore ou plut&ocirc;t me d&eacute;value de leur pr&eacute;sence, je me bats contre elles et parfois, je les utilise &agrave; mon avantage. C&rsquo;est que dans ce contexte seulement que l&rsquo;idée d&rsquo;une &laquo;&nbsp;maladie mentale&nbsp;&raquo; pourrait avoir un sens clinique tout individuel&nbsp;: si <em>je</em> me perçois, m&rsquo;interprète comme malade. (&laquo;&nbsp;&#8230; c’est le point de vue du malade qui est au fond le vrai. », Canguilhem, <em>Essai sur quelques problèmes concernant le normal et le pathologique</em>. 2009. Paris: Puf, p. 59)</p>
<p>L&rsquo;ensemble dynamique de ces rapports de moi à ce qui ne va pas en et pour moi ne représente pas un simple effet secondaire, une simple r&eacute;action &agrave; la &laquo;&nbsp;maladie&nbsp;&raquo;. Il constitue une partie intégrante de mon problème. En tant que personne pensante et parlante je veux d&rsquo;abord et aussi &ecirc;tre entendu non pas comme objet ou sujet d&rsquo;une &laquo;&nbsp;maladie&nbsp;&raquo;, voire d&rsquo;un trouble ou d&rsquo;un symptôme, mais comme un être qui a besoin de dire et de partager sa détresse, qui a besoin de faire entendre la signification que cette détresse a pour elle. <em>Cette</em> parole ne s&rsquo;adresse pas à un expert qui porterait des grilles de lecture et de classification dans ses oreilles, mais à une autre personne qui veut du moins essayer d&rsquo;entendre la particularité toute personnelle de <em>ma</em> plainte, de <em>ma</em> demande, de <em>mon</em> besoin, etc.</p>
<p> Or nommer ces probl&egrave;mes, ces troubles, ces difficult&eacute;s &laquo;&nbsp;maladie&nbsp;&raquo; mentale ou m&ecirc;me les aborder comme tels de manière plus prudente, sans prononcer le mot, mais en agissant en cons&eacute;quence, revient, &agrave; mon sens, à aborder d&#8217;emblée cette personne avec un prêt-à-porter interpr&eacute;tatif ext&eacute;rieur (qui à la limite me ferait penser à une sorte de paternalisme expert) et qui risque de refermer aussit&ocirc;t les possibilit&eacute;s singuli&egrave;res, inh&eacute;rentes au rapport de cette personne, avec cette biographie, avec ces v&eacute;cus, &agrave; <em>sa</em> souffrance, &agrave; <em>ses</em> difficult&eacute;s, à <em>ses </em>sypmptômes. Quitte &agrave; ce que ces derni&egrave;rs soient susceptibles de grandes g&eacute;n&eacute;ralisations (du type névrose, psychose &#8230;) ou de postulats m&eacute;taphysiques quant aux fondements fondamentaux du psychisme humain en général. Elles le concernent aussi peu, en tant que personne souffrante, que les définitions du <em>Dictionnaire des Symboles</em> concernent mes rêves.</p>
<p>Ces r&eacute;flexions ne sont d&rsquo;ailleurs pas propres &agrave; la psychanalyse, et leur discussion d&eacute;passe de loin le cadre de l&rsquo;exp&eacute;rience clinique. Même sur un plan plus th&eacute;orique, elles comportent un versant &eacute;pist&eacute;mologique qui a été relevé par différents penseurs. Par exemple, dans sa discussion sur la question de la &laquo;&nbsp;multiple personnalit&eacute;&nbsp;&raquo;, le philosophe et &eacute;pist&eacute;mologue canadien Ian Hacking relevait ce m&ecirc;me ph&eacute;nom&egrave;ne en le d&eacute;signant de mani&egrave;re un peu abstraite d&rsquo;effet de boucle  (&laquo;&nbsp;<em>looping effect</em>&nbsp;&raquo;) :</p>
<blockquote><p> <em>People of these kinds can become aware that they are classified as such. They can make tacit or even explicit choices, adapt or adopt ways of living so as to fit or get away from the classification applied to them. These very choices, adaptations, or adoptions have consequences for the group, for the kind of people that is invoked. The result may be particularly strong interactions. What<br />
  was known about people of a kind may become false because people of that kind have changed in virtue of what they believe about themselves. I have called this phenomenon the looping effects of human kinds</em>. (Hacking, I., 2007, &ldquo;Kinds of People: Moving Targets.&rdquo; <em>Proceedings of the British Academ</em>y 151, p. 34)</p></blockquote>
<p>Pour être précis, on pourrait reprendre, dans ce contexte, les processus d&rsquo;identification et d&rsquo;introjection avec ce qu&rsquo;ils peuvent permettre de comprendre quant aux effets structurants, décrits par Hacking&nbsp;: ce que j&rsquo;entends dire de moi, la manière dont je suis traité par les autres ou quelques autres, la manière dont je me pense moi-même ne restent pas extérieures à ce que serait ma &laquo;&nbsp;maladie&nbsp;&raquo;, elles en font partie. </p>
<p>(Et l&rsquo;on sait que Canguilhem plaçait de vécu personnel même au centre de sa conception des maladies somatiques, autrement plus objectivables et généralisables. : &laquo;&nbsp;C’est parce qu’il y a des anomalies vécues ou manifestées comme un mal organique qu’il existe un intérêt affectif d’abord, théorique ensuite, pour les anomalies.<em></em>&nbsp;&raquo; Il y aurait éventuellement une possibilité de reprendre la notion de pathologie psychique par ce biais, par une &laquo;&nbsp;valeur qui ne prend sens que pour un individu en situation.&nbsp;&raquo;)</p>
<p> Voil&agrave; une br&egrave;ve &eacute;num&eacute;ration des raisons pratiques et th&eacute;oriques majeures pour lesquelles la notion de &laquo;&nbsp;maladie&nbsp;&raquo; mentale me semble probl&eacute;matique dans bien des cas. La limite de l&rsquo;affirmation tient dans le fait de son origine : la pratique de la psychanalyse en cabinet de ville, où les atteints psychiques exceptionnellement lourdes sont plutôt rares. </p>
<p>  Mais ces questions compliquées et délicates m&eacute;ritent une discussion qui d&eacute;passe de loin le cadre d&rsquo;un commentaire. </p>
<p>Il faudra y revenir &#8230; </p>
]]></content:encoded>
						</item>
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				<title>
				Commentaires sur Comment naissent les maladies mentales ? par Jean-Claude Schotte				</title>
				<link>http://blog.psychanalyse.lu/comment-naissent-les-maladies-mentales/#comment-2768</link>
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Claude Schotte]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 24 Feb 2017 10:16:56 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://blog.psychanalyse.lu/?p=1204#comment-2768</guid>
					<description><![CDATA[Voilà une histoire critique très intéressante!

Merci.

Une réflexion seulement: personnellement j&#039;aurais mis un autre titre, dans le genre: &lt;em&gt;comment naît le DSM?&lt;/em&gt; C&#039;est-à-dire: comment en arrive-t-on à prétendre être scientifique alors qu&#039;on ne fait rien d&#039;autre que coller des étiquettes conventionnelles sur des ensembles de symptômes sans aucune explication, dans une perspective conceptuelle naïvement positiviste ? Et la réponse est: on en arrive là parce qu&#039;on ne parle pas comme scientifique mais comme représentant des besoins et des intérêts de divers acteurs dans divers champs sociaux.

Le DSM est une affaire de gestionnaires, et parfois même d&#039;entrepreneurs industriels. Il n&#039;a rien de scientifique. Il mérite à mon sens d&#039;être évacué. Et si on veut le garder quand-même, on devrait au moins avoir l&#039;honnêteté d&#039;affirmer ce qu&#039;il est: un outil conventionnel éventuellement utile à des fins administratives, rien de plus, rien qui ne puisse servir à établir un diagnostic clinique scientifique. Rien non plus qui puisse justifier qu&#039;il soit imposé à tout praticien comme le Graal de la science, c&#039;est ridicule.

La notion de maladies mentales ne perd pas pour autant toute pertinence. Ce n&#039;est pas comme si elle ne renvoyait à rien du tout. Elle mérite d&#039;être maintenue dans une perspective explicative autrement plus exigeante que le positivisme des auteurs du DSM.

Toute utilisation normative, plus exactement dans la perspective d&#039;une normalisation des comportements, doit en revanche être soumise à un examen très critique qui fait la part belle aux intérêts des uns et des autres, ceux des gestionnaires des casses de maladie notamment, et ceux de l&#039;industrie pharmaceutique, malheureusement, ainsi que l&#039;article le démontre.

&#160;]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Voilà une histoire critique très intéressante!</p>
<p>Merci.</p>
<p>Une réflexion seulement: personnellement j&rsquo;aurais mis un autre titre, dans le genre: <em>comment naît le DSM?</em> C&rsquo;est-à-dire: comment en arrive-t-on à prétendre être scientifique alors qu&rsquo;on ne fait rien d&rsquo;autre que coller des étiquettes conventionnelles sur des ensembles de symptômes sans aucune explication, dans une perspective conceptuelle naïvement positiviste ? Et la réponse est: on en arrive là parce qu&rsquo;on ne parle pas comme scientifique mais comme représentant des besoins et des intérêts de divers acteurs dans divers champs sociaux.</p>
<p>Le DSM est une affaire de gestionnaires, et parfois même d&rsquo;entrepreneurs industriels. Il n&rsquo;a rien de scientifique. Il mérite à mon sens d&rsquo;être évacué. Et si on veut le garder quand-même, on devrait au moins avoir l&rsquo;honnêteté d&rsquo;affirmer ce qu&rsquo;il est: un outil conventionnel éventuellement utile à des fins administratives, rien de plus, rien qui ne puisse servir à établir un diagnostic clinique scientifique. Rien non plus qui puisse justifier qu&rsquo;il soit imposé à tout praticien comme le Graal de la science, c&rsquo;est ridicule.</p>
<p>La notion de maladies mentales ne perd pas pour autant toute pertinence. Ce n&rsquo;est pas comme si elle ne renvoyait à rien du tout. Elle mérite d&rsquo;être maintenue dans une perspective explicative autrement plus exigeante que le positivisme des auteurs du DSM.</p>
<p>Toute utilisation normative, plus exactement dans la perspective d&rsquo;une normalisation des comportements, doit en revanche être soumise à un examen très critique qui fait la part belle aux intérêts des uns et des autres, ceux des gestionnaires des casses de maladie notamment, et ceux de l&rsquo;industrie pharmaceutique, malheureusement, ainsi que l&rsquo;article le démontre.</p>
<p>&nbsp;</p>
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				<title>
				Commentaires sur Le fétichisme des chiffres par Jean-Claude Schotte				</title>
				<link>http://blog.psychanalyse.lu/fetichisme-des-chiffres/#comment-2754</link>
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Claude Schotte]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Feb 2017 15:59:07 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://blog.psychanalyse.lu/?p=1067#comment-2754</guid>
					<description><![CDATA[Exactement! Je n&#039;aurais pu mieux dire.]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Exactement! Je n&rsquo;aurais pu mieux dire.</p>
]]></content:encoded>
						</item>
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				<title>
				Commentaires sur Le fétichisme des chiffres par Thierry Simonelli				</title>
				<link>http://blog.psychanalyse.lu/fetichisme-des-chiffres/#comment-2753</link>
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Simonelli]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Feb 2017 14:38:25 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://blog.psychanalyse.lu/?p=1067#comment-2753</guid>
					<description><![CDATA[&lt;p&gt;Belle illustration des diff&#233;rents probl&#232;mes de validit&#233; int&#233;rieure et ext&#233;rieure des tests standardis&#233;s en psychoth&#233;rapie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans m&#234;me entrer dans les d&#233;tails int&#233;ressants qui rendent la  d&#233;marche d&#8217;&#233;valuation empirique des psychoth&#233;rapies d&#8217;une complexit&#233;  redoutable &#8211; bien plus importante que celle de la viticulture &#8211;&#160; il y a  un aspect, presque trop &#233;vident, qui semble r&#233;guli&#232;rement suppos&#233; acquis  dans cette discussion : est-ce que m&#234;me formellement, la d&#233;marche en  question remplit les crit&#232;res de la scientificit&#233; ?&lt;br /&gt;
  &lt;br /&gt;
&#201;videmment, poser la question ainsi, c&#039;est ouvrir l&#039;&#233;pineuse question du crit&#232;re de la d&#233;marcation ; question qui n&#039;a pas encore &#233;t&#233; r&#233;soule jusqu&#039;&#224; ce jour et dont le falsficationnisme si souvent cit&#233; de Popper ne repr&#233;sente que le point de d&#233;part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;tablir si &#8220;telle ou telle hypoth&#232;se [&#8230;] est vraie&#8221; requiert en effet  quelques minima &#233;pist&#233;mologiques pour pouvoir &#234;tre susceptibles de  scientificit&#233;. Des minima qui ne sont pas ais&#233;ment satisfaits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et voil&#224; justement un probl&#232;me de taille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En admettant que Giuseppe Cavallotto sache parfaitement s&#8217;y prendre  avec tel gel, avec telles pr&#233;cipitations &#224; tel moment de l&#8217;ann&#233;e pour  produire un vin de qualit&#233; avec telles raisins de poussant sur telle  pente, etc., il en sera un vigneron d&#8217;un grand savoir faire. Il saura  aussi produire un vin de grande qualit&#233; avec une grand qualit&#233; et ce  malgr&#233; la variations d&#233;crites. Mais il n&#039;est pas exag&#233;r&#233; d&#039;affirmer qu&#039;il n&#8217;en sera pas encore pour autant  un scientifique. Pas un d&#233;faut en l&#8217;occurrence&#160; : il sera artiste  viticulteur, mais pas scientifique. Car ce qui manque &#224; sa d&#233;marche,  c&#8217;est justement d&#8217;avoir mis &#224; l&#8217;&#233;preuve une hypoth&#232;se explicative  g&#233;n&#233;rale prenant la forme d&#8217;une loi naturelle g&#233;n&#233;rale, et  reproductible sous des conditions identiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abordons le probl&#232;me dans le contexte du positivisme tardif (ult&#233;rieur donc au n&#233;o-positivisme de l&#039;&#201;cole de Vienne pour laquelle le probl&#232;me de d&#233;marcation ne se sposait pas encore en ces termes). &lt;br /&gt;
Dans cette perspective la suppos&#233;e &#8216;science&#8217; psychoth&#233;rapeutique, ou du moins la  proc&#233;dure d&#8217;&#233;valuation de l&#039;efficience des techniques th&#233;rapeutiques, pour satisfaire aux crit&#232;res de scientificit&#233;,  devrait satisfaire un mod&#232;le nomologique-d&#233;ductif tel que celui formul&#233;  par Hempel et Oppenheim (en 1948)&#160; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;ol type=&quot;1&quot;&gt;
  &lt;li value=&quot;1&quot;&gt;&#233;nonc&#233;s des lois ou th&#233;ories explicatives&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;&#233;nonc&#233;s d&#233;crivant la situation initiale&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&lt;/p&gt;
&lt;ol type=&quot;1&quot;&gt;
  &lt;li value=&quot;3&quot;&gt;&#233;nonc&#233;s d&#233;crivant le ph&#233;nom&#232;ne expliqu&#233;&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;&#160;&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;p&gt;1 et 2 repr&#233;sentant l&#039;&lt;em&gt;explanans&lt;/em&gt;, 3 l&#039;&lt;em&gt;explanandum. &lt;/em&gt;On remarquera au passage que la scientificit&#233; ici est attribu&#233;e &#224; des &#233;nonc&#233;s, si bien que l&#039;&lt;em&gt;explanandum&lt;/em&gt; doit pouvoir &#234;tre d&#233;duit comme cons&#233;quence logique de l&#039;&lt;em&gt;explanans&lt;/em&gt;. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La formulation logique du cas le plus &#233;l&#233;mentaire du mod&#232;le &lt;em&gt;DN &lt;/em&gt;(qui fournit  &#233;galement la base du mod&#232;le d&#8217;explication statistique  &lt;em&gt;DS&lt;/em&gt;) sera :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#160;&#160;&#160;(&lt;em&gt;x&lt;/em&gt;)(&lt;em&gt;Rx &lt;/em&gt;&lt;em&gt;&lt;span lang=&quot;x-none&quot;&gt;&#8835;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;em&gt; Bx&lt;/em&gt;)&lt;br /&gt;
  &#160;&#160;&#160;Rc&lt;br /&gt;
  &#160;&#160;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8211;&lt;br /&gt;
  &#160;&#160;&#160;Bc&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce mod&#232;le vaut autant pour l&#8217;explication que pour pr&#233;diction et la post-diction en sciences naturelles. Sur le plan logique, il se caract&#233;rise donc par une implication mat&#233;rielle du calcul des propositions (&#233;quivalent &#224; &#172;(p&#8743;&#172;q)) o&#249; l&#039;&lt;em&gt;explanans&lt;/em&gt; figure comme ant&#233;c&#233;dant et l&#039;&lt;em&gt;explanandum &lt;/em&gt;comme cons&#233;quent. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
Ce qui change dans le cas de l&#8217;explication statistique,  c&#8217;est selon la formulation de Hempel le simple fait qu&#8217;ici &#034;certaines  lois ne sont pas strictement universelles, mais d&#8217;un caract&#232;re  statistique&#034;. Il en r&#233;sultera que la nature probabiliste de ces lois se  r&#233;percutera sur la &#8216;d&#233;duction&#8217; (l&#8217;&lt;em&gt;explanandum&lt;/em&gt;) elle-m&#234;me.&#160; Or Hempel  lui-m&#234;me aura d&#233;j&#224; not&#233; qu&#8217;en toute rigueur, on ne pourra plus parler de  d&#233;duction logique &#224; proprement dans ce cas. Diff&#233;rence qui affecte &#233;galement la  pr&#233;dictibilit&#233;, et la rend seulement plus ou moins probable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hempel envisage aussi un troisi&#232;me mod&#232;le d&#039;explication scientifique : le mod&#232;le inductif-statistique (&lt;em&gt;IS&lt;/em&gt;). Cette derni&#232;re tient &#233;videmment dans la d&#233;marche inverse, c&#039;est-&#224;-dire dans la subsomption d&#039;&#233;v&#233;nements particuliers sous des lois statistiques plus g&#233;n&#233;rales. 
&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, dans l&#039;&#233;trange positivisme de la science psychoth&#233;rapeutique,  la scientificit&#233; repose n&#233;anmoins sur l&#8217;absence des lois  explicatives au niveau de l&#8217;&lt;em&gt;explanans&lt;/em&gt;. Pour &#234;tre scientifique, il faudrait &#233;viter des hypoth&#232;ses explicatives telles que propos&#233;es par la psychanalyse. Et l&#039;&#233;vacuation de ces hypoth&#232;ses implique l&#039;&#233;vacuation correspondante d&#039;&#233;nonc&#233;s de lois. &lt;br /&gt;
  &lt;br /&gt;
Pour pouvoir parler de  &#8220;loi&#8221; scientifique, il ne suffit pas d&#8217;indiquer des g&#233;n&#233;ralisations  accidentelles du type : pour tout x, quand j&#8217;applique R (disons : un  type de th&#233;rapie), B (disons : une r&#233;mission symptomatique) s&#8217;en suivra  avec une r&#233;gularit&#233; statistique S. Ou, selon l&#039;exemple pr&#233;f&#233;r&#233; de Hempel : le fait, suppos&#233; vrai, que tous les membres du conseil d&#039;administration de l&#039;&#233;cole de Greensbury sont chauves, ne constitue pas une loi, mais seulement une g&#233;n&#233;ralisation accidentelle vraie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de la diff&#233;rence entre une loi et une g&#233;n&#233;ralisation empirique reste &#233;videmment fortement d&#233;battue en logique et  en &#233;pist&#233;mologie des sciences, car elle touche au probl&#232;me difficilement  soluble de l&#8217;induction de Hume (qui f&#251;t justement reprise par Popper dans sa critique du r&#244;le de l&#039;induction au sein n&#233;opositivisme logique).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hempel lui-m&#234;me s&#8217;avoua incapable de r&#233;soudre la question de mani&#232;re  tr&#232;s convaincante, ce pourquoi il finissait par affaiblir la distinction  initiale en distinction entre des g&#233;n&#233;ralisations &lt;em&gt;law-like&lt;/em&gt; et des  g&#233;n&#233;ralisations accidentelles.&lt;br /&gt;
  &lt;br /&gt;
  Mais il reste du moins une indication intuitive : si tous les membres du conseil d&#039;administration sont chauves ne repr&#233;sente qu&#039;une g&#233;n&#233;ralisation empirique, l&#039;affirmation que tous les gas s&#039;&#233;tendent en &#233;tant chauff&#233;s &#224; pression constante constitue bien une loi &#233;l&#233;mentaire de thermodynamique.
&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, la science psychoth&#233;rapeutique, de m&#234;me que le DSM ou l&#8217;ICD sur  lesquels les conditions de la situation initiale sont bas&#233;es,  revendiquent avec leur approche dite a-th&#233;orique la suppression de toute  r&#233;f&#233;rence &#224; des g&#233;n&#233;ralisations du type d&#8217;une loi naturelle, voir m&#234;me d&#039;&#233;nonc&#233;s &lt;em&gt;law-like&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;
  &lt;br /&gt;
  Ces lois, ou ces &#233;nonc&#233;s &lt;em&gt;law-like&lt;/em&gt; sont pourant n&#233;cessaires pour r&#233;pondre &#224; la question du pourquoi (&#034;&lt;em&gt;a DN explanation answers the question &#8220;Why did the explanandum-phenomenon occur?&#8221;&lt;/em&gt; &#034;, Hempel 1965). L&#039;explication scientifique ayant comme trait caract&#233;ristique de fournir les &#233;l&#233;ments relatifs au pourquoi d&#039;un ph&#233;nom&#232;ne, pas seulement &#224; son fait ou son existence. Ce sans quoi on ne d&#233;passe gu&#232;re la description s&#233;quentielle d&#039;&#233;v&#233;nements. &lt;br /&gt;
  &lt;br /&gt;
  L&#039;affirmation que tel type de th&#233;rapie conduit avec telle r&#233;gularit&#233; &#224; tel r&#233;sultat ne serait d&#232;s lors pas diff&#233;rente de l&#039;affirmation que la pleine lune conduit &#224; tels comportements irrationnels chez telles personnes avec une telle fr&#233;quence probable. Bref&#160; : sans loi, pas de science. Pas m&#234;me de distinction entre science, pseudo-science et non-science. &lt;br /&gt;
  &lt;br /&gt;
  C&#8217;est la raison aussi pour laquelle, dans l&#8217;ensemble de ces &#233;tudes  dites &#034;scientifiques&#034; sur les psychoth&#233;rapies, on trouvera bien des &#233;valuations statistiques du rapport  entre la m&#233;thode th&#233;rapeutique appliqu&#233;e et le r&#233;sultat obtenu, mais on y cherchera en vain la raison, la loi, le &#034;pourquoi&#034; du lien entre la m&#233;thode et les r&#233;sultats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&#039;est ce qui fait  toute la diff&#233;rence entre une recette de cuisine et une  d&#233;marche scientifique. &lt;br /&gt;
  &lt;br /&gt;
La &#039;science&#039; psychoth&#233;rapeutique  fournit des recettes de cuisine statistiques de modes de cuisson  standardis&#233;es sous les conditions d&#8217;une cuisine st&#233;rilis&#233;e, mais elle reste parfaitement muette sur le plan de l&#039;explication scientifique. &lt;br /&gt;
La pratique psychoth&#233;rapeutique qui s&#039;inspire des r&#233;sultats de cette science est cens&#233;e r&#233;chauffer les plats statistiques en les applicant aux proc&#233;d&#233;s et interventions quotidiens sous les conditions variables et al&#233;atoires de la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;
  &lt;br /&gt;
  &lt;br /&gt;
  &lt;br /&gt;
]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Belle illustration des diff&eacute;rents probl&egrave;mes de validit&eacute; int&eacute;rieure et ext&eacute;rieure des tests standardis&eacute;s en psychoth&eacute;rapie !</p>
<p>Sans m&ecirc;me entrer dans les d&eacute;tails int&eacute;ressants qui rendent la  d&eacute;marche d&rsquo;&eacute;valuation empirique des psychoth&eacute;rapies d&rsquo;une complexit&eacute;  redoutable &ndash; bien plus importante que celle de la viticulture &ndash;&nbsp; il y a  un aspect, presque trop &eacute;vident, qui semble r&eacute;guli&egrave;rement suppos&eacute; acquis  dans cette discussion : est-ce que m&ecirc;me formellement, la d&eacute;marche en  question remplit les crit&egrave;res de la scientificit&eacute; ?</p>
<p>&Eacute;videmment, poser la question ainsi, c&rsquo;est ouvrir l&rsquo;&eacute;pineuse question du crit&egrave;re de la d&eacute;marcation ; question qui n&rsquo;a pas encore &eacute;t&eacute; r&eacute;soule jusqu&rsquo;&agrave; ce jour et dont le falsficationnisme si souvent cit&eacute; de Popper ne repr&eacute;sente que le point de d&eacute;part.</p>
<p>&Eacute;tablir si &ldquo;telle ou telle hypoth&egrave;se [&hellip;] est vraie&rdquo; requiert en effet  quelques minima &eacute;pist&eacute;mologiques pour pouvoir &ecirc;tre susceptibles de  scientificit&eacute;. Des minima qui ne sont pas ais&eacute;ment satisfaits.</p>
<p>Et voil&agrave; justement un probl&egrave;me de taille.</p>
<p>En admettant que Giuseppe Cavallotto sache parfaitement s&rsquo;y prendre  avec tel gel, avec telles pr&eacute;cipitations &agrave; tel moment de l&rsquo;ann&eacute;e pour  produire un vin de qualit&eacute; avec telles raisins de poussant sur telle  pente, etc., il en sera un vigneron d&rsquo;un grand savoir faire. Il saura  aussi produire un vin de grande qualit&eacute; avec une grand qualit&eacute; et ce  malgr&eacute; la variations d&eacute;crites. Mais il n&rsquo;est pas exag&eacute;r&eacute; d&rsquo;affirmer qu&rsquo;il n&rsquo;en sera pas encore pour autant  un scientifique. Pas un d&eacute;faut en l&rsquo;occurrence&nbsp; : il sera artiste  viticulteur, mais pas scientifique. Car ce qui manque &agrave; sa d&eacute;marche,  c&rsquo;est justement d&rsquo;avoir mis &agrave; l&rsquo;&eacute;preuve une hypoth&egrave;se explicative  g&eacute;n&eacute;rale prenant la forme d&rsquo;une loi naturelle g&eacute;n&eacute;rale, et  reproductible sous des conditions identiques.</p>
<p>Abordons le probl&egrave;me dans le contexte du positivisme tardif (ult&eacute;rieur donc au n&eacute;o-positivisme de l&rsquo;&Eacute;cole de Vienne pour laquelle le probl&egrave;me de d&eacute;marcation ne se sposait pas encore en ces termes). <br />
Dans cette perspective la suppos&eacute;e &lsquo;science&rsquo; psychoth&eacute;rapeutique, ou du moins la  proc&eacute;dure d&rsquo;&eacute;valuation de l&rsquo;efficience des techniques th&eacute;rapeutiques, pour satisfaire aux crit&egrave;res de scientificit&eacute;,  devrait satisfaire un mod&egrave;le nomologique-d&eacute;ductif tel que celui formul&eacute;  par Hempel et Oppenheim (en 1948)&nbsp; :</p>
<ol type="1">
<li value="1">&eacute;nonc&eacute;s des lois ou th&eacute;ories explicatives</li>
<li>&eacute;nonc&eacute;s d&eacute;crivant la situation initiale</li>
</ol>
<p>&mdash;&mdash;&mdash;&mdash;&mdash;&mdash;&mdash;&mdash;&mdash;&mdash;&mdash;&mdash;&mdash;&mdash;&mdash;&mdash;&mdash;&mdash;&mdash;&mdash;&mdash;</p>
<ol type="1">
<li value="3">&eacute;nonc&eacute;s d&eacute;crivant le ph&eacute;nom&egrave;ne expliqu&eacute;</li>
</ol>
<p>&nbsp;</p>
<p>1 et 2 repr&eacute;sentant l&rsquo;<em>explanans</em>, 3 l&rsquo;<em>explanandum. </em>On remarquera au passage que la scientificit&eacute; ici est attribu&eacute;e &agrave; des &eacute;nonc&eacute;s, si bien que l&rsquo;<em>explanandum</em> doit pouvoir &ecirc;tre d&eacute;duit comme cons&eacute;quence logique de l&rsquo;<em>explanans</em>. </p>
<p>La formulation logique du cas le plus &eacute;l&eacute;mentaire du mod&egrave;le <em>DN </em>(qui fournit  &eacute;galement la base du mod&egrave;le d&rsquo;explication statistique  <em>DS</em>) sera :</p>
<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;(<em>x</em>)(<em>Rx </em><em><span lang="x-none">&sup;</span></em><em> Bx</em>)<br />
  &nbsp;&nbsp;&nbsp;Rc<br />
  &nbsp;&nbsp;&mdash;&mdash;&mdash;&mdash;&mdash;&mdash;&mdash;&ndash;<br />
  &nbsp;&nbsp;&nbsp;Bc</p>
<p>Ce mod&egrave;le vaut autant pour l&rsquo;explication que pour pr&eacute;diction et la post-diction en sciences naturelles. Sur le plan logique, il se caract&eacute;rise donc par une implication mat&eacute;rielle du calcul des propositions (&eacute;quivalent &agrave; &not;(p&and;&not;q)) o&ugrave; l&rsquo;<em>explanans</em> figure comme ant&eacute;c&eacute;dant et l&rsquo;<em>explanandum </em>comme cons&eacute;quent. </p>
<p>
Ce qui change dans le cas de l&rsquo;explication statistique,  c&rsquo;est selon la formulation de Hempel le simple fait qu&rsquo;ici &quot;certaines  lois ne sont pas strictement universelles, mais d&rsquo;un caract&egrave;re  statistique&quot;. Il en r&eacute;sultera que la nature probabiliste de ces lois se  r&eacute;percutera sur la &lsquo;d&eacute;duction&rsquo; (l&rsquo;<em>explanandum</em>) elle-m&ecirc;me.&nbsp; Or Hempel  lui-m&ecirc;me aura d&eacute;j&agrave; not&eacute; qu&rsquo;en toute rigueur, on ne pourra plus parler de  d&eacute;duction logique &agrave; proprement dans ce cas. Diff&eacute;rence qui affecte &eacute;galement la  pr&eacute;dictibilit&eacute;, et la rend seulement plus ou moins probable.</p>
<p>Hempel envisage aussi un troisi&egrave;me mod&egrave;le d&rsquo;explication scientifique : le mod&egrave;le inductif-statistique (<em>IS</em>). Cette derni&egrave;re tient &eacute;videmment dans la d&eacute;marche inverse, c&rsquo;est-&agrave;-dire dans la subsomption d&rsquo;&eacute;v&eacute;nements particuliers sous des lois statistiques plus g&eacute;n&eacute;rales.
</p>
<p>Or, dans l&rsquo;&eacute;trange positivisme de la science psychoth&eacute;rapeutique,  la scientificit&eacute; repose n&eacute;anmoins sur l&rsquo;absence des lois  explicatives au niveau de l&rsquo;<em>explanans</em>. Pour &ecirc;tre scientifique, il faudrait &eacute;viter des hypoth&egrave;ses explicatives telles que propos&eacute;es par la psychanalyse. Et l&rsquo;&eacute;vacuation de ces hypoth&egrave;ses implique l&rsquo;&eacute;vacuation correspondante d&rsquo;&eacute;nonc&eacute;s de lois. </p>
<p>Pour pouvoir parler de  &ldquo;loi&rdquo; scientifique, il ne suffit pas d&rsquo;indiquer des g&eacute;n&eacute;ralisations  accidentelles du type : pour tout x, quand j&rsquo;applique R (disons : un  type de th&eacute;rapie), B (disons : une r&eacute;mission symptomatique) s&rsquo;en suivra  avec une r&eacute;gularit&eacute; statistique S. Ou, selon l&rsquo;exemple pr&eacute;f&eacute;r&eacute; de Hempel : le fait, suppos&eacute; vrai, que tous les membres du conseil d&rsquo;administration de l&rsquo;&eacute;cole de Greensbury sont chauves, ne constitue pas une loi, mais seulement une g&eacute;n&eacute;ralisation accidentelle vraie.</p>
<p>La question de la diff&eacute;rence entre une loi et une g&eacute;n&eacute;ralisation empirique reste &eacute;videmment fortement d&eacute;battue en logique et  en &eacute;pist&eacute;mologie des sciences, car elle touche au probl&egrave;me difficilement  soluble de l&rsquo;induction de Hume (qui f&ucirc;t justement reprise par Popper dans sa critique du r&ocirc;le de l&rsquo;induction au sein n&eacute;opositivisme logique).</p>
<p>Hempel lui-m&ecirc;me s&rsquo;avoua incapable de r&eacute;soudre la question de mani&egrave;re  tr&egrave;s convaincante, ce pourquoi il finissait par affaiblir la distinction  initiale en distinction entre des g&eacute;n&eacute;ralisations <em>law-like</em> et des  g&eacute;n&eacute;ralisations accidentelles.</p>
<p>  Mais il reste du moins une indication intuitive : si tous les membres du conseil d&rsquo;administration sont chauves ne repr&eacute;sente qu&rsquo;une g&eacute;n&eacute;ralisation empirique, l&rsquo;affirmation que tous les gas s&rsquo;&eacute;tendent en &eacute;tant chauff&eacute;s &agrave; pression constante constitue bien une loi &eacute;l&eacute;mentaire de thermodynamique.
</p>
<p>Or, la science psychoth&eacute;rapeutique, de m&ecirc;me que le DSM ou l&rsquo;ICD sur  lesquels les conditions de la situation initiale sont bas&eacute;es,  revendiquent avec leur approche dite a-th&eacute;orique la suppression de toute  r&eacute;f&eacute;rence &agrave; des g&eacute;n&eacute;ralisations du type d&rsquo;une loi naturelle, voir m&ecirc;me d&rsquo;&eacute;nonc&eacute;s <em>law-like</em>.</p>
<p>  Ces lois, ou ces &eacute;nonc&eacute;s <em>law-like</em> sont pourant n&eacute;cessaires pour r&eacute;pondre &agrave; la question du pourquoi (&quot;<em>a DN explanation answers the question &ldquo;Why did the explanandum-phenomenon occur?&#8221;</em> &quot;, Hempel 1965). L&rsquo;explication scientifique ayant comme trait caract&eacute;ristique de fournir les &eacute;l&eacute;ments relatifs au pourquoi d&rsquo;un ph&eacute;nom&egrave;ne, pas seulement &agrave; son fait ou son existence. Ce sans quoi on ne d&eacute;passe gu&egrave;re la description s&eacute;quentielle d&rsquo;&eacute;v&eacute;nements. </p>
<p>  L&rsquo;affirmation que tel type de th&eacute;rapie conduit avec telle r&eacute;gularit&eacute; &agrave; tel r&eacute;sultat ne serait d&egrave;s lors pas diff&eacute;rente de l&rsquo;affirmation que la pleine lune conduit &agrave; tels comportements irrationnels chez telles personnes avec une telle fr&eacute;quence probable. Bref&nbsp; : sans loi, pas de science. Pas m&ecirc;me de distinction entre science, pseudo-science et non-science. </p>
<p>  C&rsquo;est la raison aussi pour laquelle, dans l&rsquo;ensemble de ces &eacute;tudes  dites &quot;scientifiques&quot; sur les psychoth&eacute;rapies, on trouvera bien des &eacute;valuations statistiques du rapport  entre la m&eacute;thode th&eacute;rapeutique appliqu&eacute;e et le r&eacute;sultat obtenu, mais on y cherchera en vain la raison, la loi, le &quot;pourquoi&quot; du lien entre la m&eacute;thode et les r&eacute;sultats.</p>
<p>C&rsquo;est ce qui fait  toute la diff&eacute;rence entre une recette de cuisine et une  d&eacute;marche scientifique. </p>
<p>La &lsquo;science&rsquo; psychoth&eacute;rapeutique  fournit des recettes de cuisine statistiques de modes de cuisson  standardis&eacute;es sous les conditions d&rsquo;une cuisine st&eacute;rilis&eacute;e, mais elle reste parfaitement muette sur le plan de l&rsquo;explication scientifique. <br />
La pratique psychoth&eacute;rapeutique qui s&rsquo;inspire des r&eacute;sultats de cette science est cens&eacute;e r&eacute;chauffer les plats statistiques en les applicant aux proc&eacute;d&eacute;s et interventions quotidiens sous les conditions variables et al&eacute;atoires de la r&eacute;alit&eacute;.</p>
]]></content:encoded>
						</item>
						<item>
				<title>
				Commentaires sur Au dédale des psychothérapies psychanalytiques par Jean-Claude Schotte				</title>
				<link>http://blog.psychanalyse.lu/au-dedale-des-psychotherapies-psychanalytiques/#comment-2746</link>
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Claude Schotte]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 12 Feb 2017 11:40:14 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://blog.psychanalyse.lu/?p=1037#comment-2746</guid>
					<description><![CDATA[Excellent work!

Merci pour ces informations précises qui permettent de remettre les choses en place, sans céder à la tentation des amalgames produits par certaines personnes qui s&#039;affichent comme des pluralistes alors qu&#039;elles ne le sont nullement en acte.]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Excellent work!</p>
<p>Merci pour ces informations précises qui permettent de remettre les choses en place, sans céder à la tentation des amalgames produits par certaines personnes qui s&rsquo;affichent comme des pluralistes alors qu&rsquo;elles ne le sont nullement en acte.</p>
]]></content:encoded>
						</item>
						<item>
				<title>
				Commentaires sur Pourquoi la psychanalyse risque-t-elle de disparaître du Luxembourg ? par Thierry Simonelli				</title>
				<link>http://blog.psychanalyse.lu/pourquoi-la-psychanalyse-risque-t-elle-de-disparaitre-du-luxembourg/#comment-2621</link>
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Simonelli]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Nov 2016 14:38:52 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://blog.psychanalyse.lu/?p=740#comment-2621</guid>
					<description><![CDATA[Vous venez d&#039;inventer la musico-analyse !]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Vous venez d&rsquo;inventer la musico-analyse !</p>
]]></content:encoded>
						</item>
						<item>
				<title>
				Commentaires sur Pourquoi la psychanalyse risque-t-elle de disparaître du Luxembourg ? par rouvroy				</title>
				<link>http://blog.psychanalyse.lu/pourquoi-la-psychanalyse-risque-t-elle-de-disparaitre-du-luxembourg/#comment-2549</link>
		<dc:creator><![CDATA[rouvroy]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 Aug 2016 10:43:09 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://blog.psychanalyse.lu/?p=740#comment-2549</guid>
					<description><![CDATA[pas besoin même de parler, dans ce cas, pourquoi ne pas simplement chanter chez les psychanalystes?]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>pas besoin même de parler, dans ce cas, pourquoi ne pas simplement chanter chez les psychanalystes?</p>
]]></content:encoded>
						</item>
						<item>
				<title>
				Commentaires sur Miroir ô beau Miroir, quel est le meilleur thérapeute à voir? par Thierry Simonelli				</title>
				<link>http://blog.psychanalyse.lu/miroir-o-beau-miroir-quel-est-le-meilleur-therapeute-a-voir/#comment-2311</link>
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Simonelli]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 11 Mar 2016 14:13:26 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://blog.psychanalyse.lu/?p=907#comment-2311</guid>
					<description><![CDATA[Curieux chirurgiens en effet, que ceux qui n&#039;ont besoin ni d&#039;étudier ni d&#039;exercer (heureusement !) leur art pour s&#039;en proclamer experts. Mais voilà : ne s&#039;agissant ni d&#039;art, ni même de métier, nos nouveaux chirurgiens de l&#039;âme convoquent une « science » jamais définie, impossible à questionner, et qui se passera de toute expérience et de tout savoir-faire.&lt;!--mep-nl--&gt;&lt;!--mep-nl--&gt;Pourtant, jusqu&#039;à récemment, l&#039;on pouvait croire qu&#039;il n&#039;en allait pas autrement en sciences. Est scientifique, pensais-je naïvement, celle ou celui qui pratique la science. Et la science ne tient pas seulement dans un certain type de savoir, mais encore dans certaines pratiques, bien déterminées, d&#039;acquérir ce savoir et de le remettre en question.&lt;!--mep-nl--&gt;Curieux scientifiques encore, que ceux qui n&#039;ont besoin ni de laboratoire, ni d&#039;expériences scientifiques pour savoir.&lt;!--mep-nl--&gt;Comment savent-ils alors ? Et pourquoi en sont-ils aussi sûrs ?&lt;!--mep-nl--&gt;&lt;!--mep-nl--&gt;La religion est une culture de la foi, disait apparemment Richard Feynman (un faux scientifique, sans doute), et la science une culture du doute.&lt;!--mep-nl--&gt;&lt;!--mep-nl--&gt;Loin s&#039;en faut. Il semblerait donc aujourd&#039;hui que ce doute a largement été surestimé. Finie la science démocratique où l&#039;on discutait et expérimentait. Voici venir la science aristocratique, la science des « meilleurs », la science qui vous dit « bouclez-la, écoutez et apprenez ! »&lt;!--mep-nl--&gt;&lt;!--mep-nl--&gt;Un air si connu ... Où ai-je donc déjà entendu cette chanson ?]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Curieux chirurgiens en effet, que ceux qui n&#039;ont besoin ni d&#039;étudier ni d&#039;exercer (heureusement !) leur art pour s&#039;en proclamer experts. Mais voilà : ne s&#039;agissant ni d&#039;art, ni même de métier, nos nouveaux chirurgiens de l&#039;âme convoquent une « science » jamais définie, impossible à questionner, et qui se passera de toute expérience et de tout savoir-faire.<!--mep-nl--><!--mep-nl-->Pourtant, jusqu&#039;à récemment, l&#039;on pouvait croire qu&#039;il n&#039;en allait pas autrement en sciences. Est scientifique, pensais-je naïvement, celle ou celui qui pratique la science. Et la science ne tient pas seulement dans un certain type de savoir, mais encore dans certaines pratiques, bien déterminées, d&#039;acquérir ce savoir et de le remettre en question.<!--mep-nl-->Curieux scientifiques encore, que ceux qui n&#039;ont besoin ni de laboratoire, ni d&#039;expériences scientifiques pour savoir.<!--mep-nl-->Comment savent-ils alors ? Et pourquoi en sont-ils aussi sûrs ?<!--mep-nl--><!--mep-nl-->La religion est une culture de la foi, disait apparemment Richard Feynman (un faux scientifique, sans doute), et la science une culture du doute.<!--mep-nl--><!--mep-nl-->Loin s&#039;en faut. Il semblerait donc aujourd&#039;hui que ce doute a largement été surestimé. Finie la science démocratique où l&#039;on discutait et expérimentait. Voici venir la science aristocratique, la science des « meilleurs », la science qui vous dit « bouclez-la, écoutez et apprenez ! »<!--mep-nl--><!--mep-nl-->Un air si connu &#8230; Où ai-je donc déjà entendu cette chanson ?</p>
]]></content:encoded>
						</item>
						<item>
				<title>
				Commentaires sur Pourquoi la psychanalyse risque-t-elle de disparaître du Luxembourg ? par Isabelle Caillard				</title>
				<link>http://blog.psychanalyse.lu/pourquoi-la-psychanalyse-risque-t-elle-de-disparaitre-du-luxembourg/#comment-1232</link>
		<dc:creator><![CDATA[Isabelle Caillard]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 04 Apr 2015 18:20:20 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://blog.psychanalyse.lu/?p=740#comment-1232</guid>
					<description><![CDATA[L&#039;Europe ... On pourrait au moins espérer que les critères arrêtés par chacun des pays de la communauté, autorisant officiellement les personnes à exercer leur profession puisse suffire à une pratique dans les états membres. La législation française a resserré, quant à elle, les mailles du filet sur cette question du droit à l&#039;exercice de la psychothérapie, sans toutefois asphyxier la valeur inestimable des pratiques des acteurs du terrain. Je pense aux VAD (Validation des acquis) reconnus par l&#039;ARS (Agence Régionale de Santé - &lt;a title=&quot;Établissement public administratif&quot; href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tablissement_public_administratif&quot; rel=&quot;nofollow&quot;&gt;établissement public administratif&lt;/a&gt; de l&#039;État français chargé de la mise en œuvre de la politique de santé dans sa région. Créées le &lt;a title=&quot;1er avril&quot; href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/1er_avril&quot; rel=&quot;nofollow&quot;&gt;&lt;abbr title=&quot;premier&quot;&gt;1er&lt;/abbr&gt;&lt;/a&gt; &lt;a title=&quot;Avril 2010&quot; href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Avril_2010&quot; rel=&quot;nofollow&quot;&gt;avril&lt;/a&gt; &lt;a title=&quot;2010&quot; href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/2010&quot; rel=&quot;nofollow&quot;&gt;2010&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Agence_r%C3%A9gionale_de_sant%C3%A9#cite_note-1&quot; rel=&quot;nofollow&quot;&gt;1&lt;/a&gt;, les agences régionales de santé sont régies par le titre &lt;abbr title=&quot;3&quot;&gt;III&lt;/abbr&gt; du livre &lt;abbr title=&quot;4&quot;&gt;IV&lt;/abbr&gt; de la première partie du &lt;a title=&quot;Code de la santé publique&quot; href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Code_de_la_sant%C3%A9_publique&quot; rel=&quot;nofollow&quot;&gt;code de la santé publique&lt;/a&gt;.).  Ainsi, bons nombres de professionnels dont le cursus serait partiellement universitaire mais surtout jalonné d&#039;inscriptions aux groupes d&#039;études et de recherches psychanalytiques, dont l&#039;expérience clinique est depuis des années supervisée par ses paires, sans parler de l&#039;implication personnelle dans sa propre psychanalyse, façonnent des compétences, une éthique et par conséquent une garantie difficilement comparables à celles qu&#039;on attendrait d&#039;un diplôme d&#039;état. En sous estimer sa valeur n&#039;est pas mon propos. Mais la réduction des critères est parfois très dommageable surtout dans le champ qui nous préoccupe, à savoir celui de la relation.

Par ailleurs, &quot;avoir les connaissances linguistiques nécessaires à l’exercice de la profession, soit en allemand, soit en français, et comprendre les trois langues administratives du Grand-Duché de Luxembourg ou acquérir les connaissances lui permettant de les comprendre. » ....  On sait bien que le langage est bien davantage qu&#039;une question de langue. La maîtrise d&#039;une langue suffirait-elle au psychanalyste pour entendre ce que le langage recèle de signifiants ? 

Née au Luxembourg, je l&#039;ai perdu de vue depuis longtemps, mais y suis attachée. Je caressais l&#039;espoir d&#039;y retourner et d&#039;exercer mon métier de psychothérapeute familiale psychanalytique. Je vais donc devoir revoir ma copie. Merci pour ce débat.]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>L&rsquo;Europe &#8230; On pourrait au moins espérer que les critères arrêtés par chacun des pays de la communauté, autorisant officiellement les personnes à exercer leur profession puisse suffire à une pratique dans les états membres. La législation française a resserré, quant à elle, les mailles du filet sur cette question du droit à l&rsquo;exercice de la psychothérapie, sans toutefois asphyxier la valeur inestimable des pratiques des acteurs du terrain. Je pense aux VAD (Validation des acquis) reconnus par l&rsquo;ARS (Agence Régionale de Santé &#8211; <a title="Établissement public administratif" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tablissement_public_administratif" rel="nofollow">établissement public administratif</a> de l&rsquo;État français chargé de la mise en œuvre de la politique de santé dans sa région. Créées le <a title="1er avril" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/1er_avril" rel="nofollow"><abbr title="premier">1er</abbr></a> <a title="Avril 2010" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Avril_2010" rel="nofollow">avril</a> <a title="2010" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/2010" rel="nofollow">2010</a><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Agence_r%C3%A9gionale_de_sant%C3%A9#cite_note-1" rel="nofollow">1</a>, les agences régionales de santé sont régies par le titre <abbr title="3">III</abbr> du livre <abbr title="4">IV</abbr> de la première partie du <a title="Code de la santé publique" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Code_de_la_sant%C3%A9_publique" rel="nofollow">code de la santé publique</a>.).  Ainsi, bons nombres de professionnels dont le cursus serait partiellement universitaire mais surtout jalonné d&rsquo;inscriptions aux groupes d&rsquo;études et de recherches psychanalytiques, dont l&rsquo;expérience clinique est depuis des années supervisée par ses paires, sans parler de l&rsquo;implication personnelle dans sa propre psychanalyse, façonnent des compétences, une éthique et par conséquent une garantie difficilement comparables à celles qu&rsquo;on attendrait d&rsquo;un diplôme d&rsquo;état. En sous estimer sa valeur n&rsquo;est pas mon propos. Mais la réduction des critères est parfois très dommageable surtout dans le champ qui nous préoccupe, à savoir celui de la relation.</p>
<p>Par ailleurs, « avoir les connaissances linguistiques nécessaires à l’exercice de la profession, soit en allemand, soit en français, et comprendre les trois langues administratives du Grand-Duché de Luxembourg ou acquérir les connaissances lui permettant de les comprendre. » &#8230;.  On sait bien que le langage est bien davantage qu&rsquo;une question de langue. La maîtrise d&rsquo;une langue suffirait-elle au psychanalyste pour entendre ce que le langage recèle de signifiants ? </p>
<p>Née au Luxembourg, je l&rsquo;ai perdu de vue depuis longtemps, mais y suis attachée. Je caressais l&rsquo;espoir d&rsquo;y retourner et d&rsquo;exercer mon métier de psychothérapeute familiale psychanalytique. Je vais donc devoir revoir ma copie. Merci pour ce débat.</p>
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