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    <title>COORDINATION LIBERTÉ ÉGALITÉ FRATERNITÉ (CLEF)</title>
    
    
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    <updated>2012-01-19T15:15:00+01:00</updated>
    <subtitle>La COORDINATION LIBERTÉ ÉGALITÉ FRATERNITÉ (CLEF) a été fondée en 2006 par un “appel citoyen“ afin de défendre les valeurs républicaines et contribuer à la marche de la République pour l'émancipation.

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        <title>LA FRANCE ET LA MONDIALISATION</title>
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        <published>2012-01-19T15:15:00+01:00</published>
        <updated>2012-01-21T14:13:38+01:00</updated>
        <summary>  Le temps est venu d'une réflexion approfondie sur les conditions du rayonnement de la France au XXIème siècle. Après des décennies de démission linguistique, c'est la responsabilité de tous les républicains de conviction de mener cette réflexion en prenant conscience des aspirations du peuple français, et de se réconcilier avec lui en s'engageant, clairement et concrètement, dans un patriotisme de la langue française à l'heure de la mondialisation multipolaire.</summary>
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            <name>Coordination Liberté Égalité Fraternité</name>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-size: 20pt;"><strong><span style="font-family: times new roman,times;">IMPASSE DU “TOUT-ANGLAIS"</span></strong></span></p>
<p style="text-align: right;"> </p>
<p style="text-align: right;"><span style="font-size: 8pt; font-family: times new roman,times;"><strong>“<em>Des signes inquiètent.</em></strong></span></p>
<p style="text-align: right;"><span style="font-size: 8pt; font-family: times new roman,times;"><em><strong>La langue française est l'une des définitions même de la France.</strong></em><strong> </strong></span></p>
<p style="text-align: right;"><span style="font-size: 8pt; font-family: times new roman,times;"><em><strong>L’une des composantes les plus profondes de son identité, son patrimoine inaliénable</strong></em><strong>“</strong></span></p>
<p style="text-align: right;"><span style="font-size: 8pt; font-family: times new roman,times;"><strong>Gaston Miron, poète québécois (1992)</strong></span></p>
<p style="text-align: right;"><span style="font-size: 8pt; font-family: times new roman,times;"><strong><br /></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: times new roman,times; font-size: 13pt;">   La scène se passe à Montréal en 2011. Un taxi me conduit vers ma destination, sur le boulevard du nom de l’ancien premier ministre du Québec René Lévesque. Le chauffeur, d’origine marocaine, décelant mon accent “parisien“, me parle de ce grand Québécois, me dit son attachement à la langue française et aux bienfaits de la loi 101 qui protège son usage au Québec, puis m’assène avec tristesse au moment de me déposer : “<em>Les Français sont devenus des </em>anglomaniaques <em>! Pourquoi ? Ils n’ont pas compris le monde qui s’en vient, ou quoi ! </em>“.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: times new roman,times; font-size: 13pt;">   L’interrogation inquiète de ce Marocain de Montréal, à laquelle je n’ai pu répondre que de façon lapidaire, est partagée par des millions de francophones à travers le monde. Elle assimile malheureusement l’ensemble des Français aux comportements et aux choix des décideurs du pays. Alors qu’en réalité la question de la langue française, de son usage en France et de son rayonnement dans le monde, est un domaine qui illustre de façon flagrante la profonde coupure entre la classe dirigeante hexagonale et le peuple français.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: times new roman,times; font-size: 13pt;"><strong>L’ATTACHEMENT DES FRANÇAIS À LEUR LANGUE</strong><strong> </strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: times new roman,times; font-size: 13pt;">   Depuis des décennies, l’attachement des Français à leur langue, à son rayonnement et à son avenir, ne s’est jamais démenti. Des années 80 à aujourd’hui de nombreux sondages le montrent avec éclat (IPSOS-HCF en 1986 et 1993, SOFRES-HCF en 1994, IFOP-Le Figaro en 2002, iSAMA en 2010). Ainsi, en mars 1994, un rapport d’enquête de la SOFRES auprès d’un échantillon de plus de 1000 personnes révèle que le Français sont massivement attachés à leur langue et fiers de sa diffusion internationale (70%). Ils pensent qu’il faut résister à la perte de terrain devant l’anglais par une politique volontariste de défense du français (65%) et approuvent à plus de 80% le contenu de la loi Toubon, relative à l’emploi de la langue française.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: times new roman,times; font-size: 13pt;">  Le sentiment de solidarité avec les pays francophones, d’appartenance à la francophonie, est aussi caractéristique chez les Français. En 1986 un sondage IPSOS révèle que 52% des Français déclarent se sentir plus proche d’un francophone que d’un habitant d’un pays voisin de la France, mais non francophone. En avril 2002, Le Figaro publiait un sondage de l’IFOP sur les Français et la politique internationale. À la question “<em>Selon vous, qu’elle doit être l’ambition prioritaire de la France dans les années à venir ?</em>“, les sondés plaçaient en deuxième position (22%) la réponse : “<em>Redynamiser la solidarité entre les pays francophones</em>“.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: times new roman,times; font-size: 13pt;">  Un récent sondage, celui d’iSAMA, confirmait la constance des Français dans leur attachement massif à leur langue, à sa défense et à son rayonnement. Publié en octobre 2010, à la veille du Sommet de la francophonie à Montreux, l’enquête de l’institut montre que 91% des Français se sentent appartenir à la francophonie, 90% d’entre eux pensent que la défense de la langue française doit être une priorité. Les sondés attendent notamment des dirigeants français, dans les champs politique et économique, un comportement offensif pour l’usage du français sur la scène internationale<strong><span style="font-size: 8pt;">(1)</span></strong>.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: times new roman,times; font-size: 13pt;">  Ironie de ce sondage, il était publié alors qu’un chantre de l’anglomanie hexagonale, pour qui “<em>la langue française n’est pas indispensable</em>“ et l’anglais est “<em>l’avenir de la francophonie</em>“, vivait ses ultimes jours de ministre des affaires étrangères de la République française en participant au Sommet de la francophonie à Montreux<span style="font-size: 8pt;"><strong>(2)</strong></span>. La coupure entre le peuple français et sa classe dirigeante était visible à l’œil nu, caricaturale.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: times new roman,times; font-size: 13pt;"><strong>LA DÉMISSION LINGUISTIQUE DES ÉLITES </strong><strong> </strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: times new roman,times; font-size: 13pt;">  C’est dès les années 60 qu’apparaissent les prémisses de la démission linguistique de nos élites. Le général de Gaulle comme Georges Pompidou ont une conscience aiguë du danger. Ce dernier définira clairement l’importance de l’enjeu : “<em>Si nous reculons sur notre langue, nous serons emportés purement et simplement. C’est à travers notre langue que nous existons dans le monde autrement que comme un pays parmi les autres</em>“. Mais ce phénomène de démission, jusque-là marginal, prendra une autre dimension quand l’exemple du renoncement viendra de la tête de l’État. Le signal, l’acte spectaculaire de capitulation linguistique, date du 27 mai 1974, jour de l’élection à la présidence de la République de Valéry Giscard d’Estaing : reléguant le français au rang d’un patois local, c’est en anglais qu’il commenta sa victoire devant la presse étrangère. Le nouveau président enfoncera le clou en 1976 à la Nouvelle-Orléans où il prononcera son discours exclusivement en anglais devant des milliers de Cajuns catastrophés par une telle trahison !</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: times new roman,times; font-size: 13pt;">   Sous la plupart des gouvernements qui se sont succédés depuis, derrière des discours lénifiants sur la francophonie et de fiers effets de manche, les décideurs ont, à pas feutrés, poursuivi et consolidé le mouvement de démission linguistique en se jouant sans vergogne des avancées législatives et constitutionnelles en faveur de l’usage du français obtenues grâce à la pression de l’opinion publique et à l’action déterminée de quelques responsables politiques dans tout l’éventail républicain. Le mouvement s’est même accéléré ces dernières années. Plusieurs responsables gouvernementaux français ont décidé, hors de toute légitimité démocratique, d’imposer à la France une politique du “tout-anglais“ dans plusieurs secteurs stratégiques de notre vie nationale.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: times new roman,times; font-size: 13pt;">   Les déclarations et les actes d’allégeance se sont multipliés, en particulier dans un lieu essentiel de l’identité française, l’éducation nationale, de la maternelle aux grandes écoles. Après avoir déclaré vouloir “<em>faire de la France une nation bilingue</em>“, le ministre de l’éducation nationale (et ancien ministre de la francophonie!) avait financé pour la rentrée de septembre 2008 l'installation de dispositifs de visioconférence pour l'enseignement de l'anglais dans mille écoles primaires. Quant à la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, elle annonçait à des journalistes français à Bruxelles qu’elle voulait “<em>rompre avec le tabou de l’anglais</em>“ en rendant obligatoire pour tous son enseignement en France, et révélait le 19 mai 2008 avoir décidé de consacrer un important budget pour que 100% des étudiants français parlent anglais. L’actuel ministre de l’éducation nationale ne sera pas en reste : début 2011 il déclare qu’il veut “<em>réinventer l’enseignement de l’anglais dans notre pays</em>“ en l’organisant dès l’école maternelle. Il annonce la mise en place d’un comité stratégique sur l’enseignement des langues qui sera chargé de réfléchir à un enseignement généralisé précoce de… l’anglais. Glissement sémantique souvent utilisé par nos décideurs pour faire discrètement passer leur rejet de la diversité linguistique. Ce tour de passe-passe sera utilisé pour la réforme de l’École de la Magistrature qui pour “<em>assurer la maitrise des langues étrangères</em>“ par les futurs magistrats devra “<em>se concentrer sur l’anglais</em>“ ! Les décideurs ne prennent souvent même plus de gants pour imposer le “tout-anglais“. Ainsi, en mars 2011, dans le cadre de la sélection des Initiatives d’excellence (IDEX) des universités françaises pour le Grand emprunt, l’administration avait prévu d’imposer à la communauté universitaire de défendre ses projets en … anglais devant un jury notamment composé de consultants étrangers ! La Conférence des présidents d’université (CPU) a heureusement immédiatement protesté<span style="font-size: 8pt;"><strong>(3)</strong></span> et obtenu du président du jury que les porteurs de projets puissent s’exprimer en français et qu’un dispositif de traduction simultanée soit installé.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: times new roman,times; font-size: 13pt;">  Ce constat flagrant peut se faire dans de nombreux autres domaines. Ainsi celui des organisations internationales où le français est langue officielle et langue de travail : des représentants français s’ingénient de plus en plus souvent à y baragouiner l’anglais, au grand dam des délégations francophones. En septembre 2008, lors de la réunion à Nice de la conférence des ministres des Finances européens sous la présidence française, l’ECOFIN, qui disposait de la traduction simultanée, la ministre française, le gouverneur de la Banque de France, le directeur du Trésor français, le directeur français de la Banque centrale européenne, le président de BNP-Paribas, se sont systématiquement exprimés en anglais; les délégations belge et luxembourgeoise, elles, avaient choisi la langue française. Récent exemple dans une longue liste pathétique, début octobre dernier avait lieu au siège de l’UNESCO à Paris un colloque sur la bioéthique disposant de tous les moyens de traduction simultanée. Les experts arabophones s’exprimèrent donc naturellement en arabe, les hispanophones en espagnol. Nos experts français en bioéthique, eux, se distinguèrent fièrement en s’exprimant en anglais !</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: times new roman,times; font-size: 13pt;">   Et, début janvier, un communiqué du syndicat CFE-CGC nous a révélé une autre décision de nos chers décideurs, jamais à cours d’imagination pour liquider notre langue : un établissement public, l’Agence française de développement, qui organisera le 14 juin prochain une conférence à Paris avec appel à projets, exige des soumissionnaires de langue française des contributions rédigées uniquement en anglais !</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: times new roman,times; font-size: 13pt;"><strong>UNE IMPASSE DONT IL FAUT SORTIR AU PLUS VITE</strong><strong> </strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: times new roman,times; font-size: 13pt;">  Au XXème siècle, un tel comportement obsessionnel se camouflait facilement derrière le “réalisme“, nom pudique de la servilité devant la domination du modèle américain. Mais depuis une décennie ce comportement de la caste dirigeante française s’est poursuivi et même accéléré malgré l’évident déclin de l’hégémonie américaine et les perspectives d’un monde multipolaire. Pourquoi? Par complexe d’infériorité et haine de soi, souvent. Mais également, chez certains, par un aveuglement idéologique qui empêche de voir la complexité du “<em>monde qui s’en vient</em>“ si contraire à l’univers mental qui a façonné leur existence<span style="font-size: 8pt;"><strong>(4)</strong></span>. Ces élites françaises, encore dirigeantes, mais déjà étrangères au monde qui émerge, restent blotties dans la nostalgie d’une bulle euro-atlantique, celle de la toute puissance des marchés, de l’idéologie libérale et de sa langue unique<span style="font-size: 8pt;"><strong>(5)</strong></span>. Les élites anglo-saxonnes, elles, ont plus largement pris conscience de la réalité linguistique d’aujourd’hui, et même certains le clament. Ainsi, en 2009 la <em>British Academy </em>mettait en cause le principe du “tout-anglais“ qui condamne les chercheurs du Royaume-Uni à être “<em>mondialement connus…seulement en Angleterre</em>“ ! Et le 23 août dernier, le secrétaire d’État américain à la Défense, Leon E. Panetta, déclarait devant plusieurs milliers de soldats : “<em>Les langues sont la clef pour comprendre ce monde</em>“. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: times new roman,times; font-size: 13pt;">  Le “tout-anglais“ est à l’évidence une dangereuse impasse d’où la France doit sortir. Il est urgent qu’elle prenne conscience de cette impérieuse nécessité, qu’elle engage une véritable révolution des esprits. Il ne s’agit pas, bien évidemment, de nier le rôle que l’anglais continue de jouer dans la communication planétaire, mais de nous ouvrir à la diversité du monde, de nous adapter à sa complexité.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: times new roman,times; font-size: 13pt;"><strong>STRATÉGIE LINGUISTIQUE</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: times new roman,times; font-size: 13pt;"><strong>ET MONDE MULTIPOLAIRE</strong><strong> </strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: times new roman,times; font-size: 13pt;">  La France doit préparer l’avenir en mobilisant des moyens, dérisoires par rapport aux enjeux, au service d’une stratégie linguistique diversifiée qui nous donnera de vrais atouts dans la compétition planétaire. Cette stratégie doit constituer l’un des axes d'un grand chantier de l'éducation nationale</span><strong> </strong><strong><span style="font-size: 8pt;">(6)</span></strong><span style="font-family: times new roman,times; font-size: 13pt;"> : en proposant aux nouvelles générations une offre élargie de filières bilingues dans les quelques grandes langues de communication qui s’affirment aujourd’hui dans le monde, aux côtés de l’anglais et du français : l’allemand et le russe pour l’Europe, l’espagnol et le portugais pour l’Amérique latine, l’arabe et le chinois pour l’Orient</span><strong><span style="font-size: 8pt;">(<span style="font-family: times new roman,times;">7</span>)</span></strong><span style="font-family: times new roman,times; font-size: 13pt;">. La France pourra ainsi former de nouvelles élites, au diapason du monde réel, capables de dialoguer directement avec ces grands espaces linguistiques de la planète qui aujourd’hui rassemblent environ trois milliards d’habitants. Non seulement cette stratégie portera efficacement notre message, notre culture et nos intérêts au cœur de grandes civilisations du monde, mais elle permettra de développer des accords de réciprocité avec les États qui, soucieux également de dialogue et d'efficacité dans la mondialisation multipolaire, souhaiteront renforcer l’enseignement de la langue française et son usage pour échanger avec la France et l'ensemble des pays de la francophonie.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: times new roman,times; font-size: 13pt;">  Le temps est venu d'une réflexion approfondie sur les conditions du rayonnement de la France au XXIème siècle. Après des décennies de démission linguistique, c'est la responsabilité de tous les républicains de conviction de mener cette réflexion en prenant conscience des aspirations du peuple français, et de se réconcilier avec lui en s'engageant, clairement et concrètement, dans un patriotisme de la langue française à l'heure de la mondialisation multipolaire.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: times new roman,times; font-size: 13pt;"><strong>                                                         DOMINIQUE GALLET</strong></span></p>
<p><span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt;"><strong> </strong></span> </p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: times new roman,times;">(1) Il est intéressant de rapprocher cette série de sondages soulignant l'attachement des Français à leur langue de celui qui vient d'être réalisé par l'Institut de recherche Pew en Allemagne, en Espagne, aux États-Unis d'Amérique et en France. 49% des Américains pensent que leur culture "est supérieure aux autres", 47% des Allemands le pensent de leur propre culture, 44% des Espagnols, 32% des Britanniques. Et seulement 27% des Français : fierté pour leur langue, oui, arrogance culturelle, non !</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: times new roman,times;">(2) Ironie, toujours: au moment du départ de Bernard Kouchner du gouvernement, l’opposante birmane Aung San Suu Kyi, venant d'être libérée, annonçait le 19 novembre 2010 à l’envoyée spéciale de <em>Libération</em> qu’elle avait tenu à apprendre le français pendant sa détention : “<em>Pendant mes années d’isolement, je me suis entrainée avec des CD audio. J’avais le temps ! Donc je comprends très bien le français. Mais je n’avais personne à qui parler, donc je ne suis pas encore à l’aise à l’oral</em>“. La rebelle birmane croit à l'avenir de la langue française, pas le ministre français !</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: times new roman,times;">(3) Lettre de la Conférence des présidents d’universités (11 mars 2011) : “<em>Sans même parler des règles fixées par la loi Toubon, que les porteurs des initiatives d’excellence ne puissent pas exprimer dans leur langue toutes les nuances, les complexités et les ambitions des projets qui vont dessiner la carte de la France scientifique de demain ne peut être ressenti, par la communauté universitaire, que comme une mise en doute de la vocation de la langue française à exprimer une modernité scientifique intelligible au-delà de nos frontières. La France a été l’un des principaux promoteurs de la Convention sur la protection et la promotion de la diversité culturelle, adoptée le 20 octobre 2005 par l’UNESCO. Il y aurait quelque paradoxe à ce que, dans le domaine même de la production et de la diffusion des savoirs, qui sont la mission éminente des universités, elle manifeste une sorte de volontarisme à rebours, qui serait celui du renoncement !</em>“</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: times new roman,times;">(4) Dans ses travaux publiés en mars 2007 (GEAB n°13) sur le thème “Quelles langues parleront les Européens en 2025“, le LEAP 2020 (Laboratoire européen d’anticipation politique) prévoit notamment “<em>le grand retour de la langue allemande</em>“, “<em>la revitalisation de la langue française</em>“ et “<em>la fin de l’anglo-américain comme langue hégémonique de la modernité</em>“.  Il décrit à l’horizon 2025 “<em>un paysage linguistique clair très en rupture avec l’opinion dominante des élites communautaires actuelles</em>“ avec “<em>quatre langues trans-européennes dominantes anglais-allemand-français-russe </em>[...] <em>dont deux seront les langues sélectives de l’élite de l’UE dans vingt ans (français et allemand, puisque l’anglo-américain ne sera plus socialement discriminant)</em>“ et “<em>trois langues européennes internationales, anglais-français-espagnol</em>“. Il est intéressant de noter que le LEAP 2020  est un institut de prospective qui avait annoncé dès 2006 la crise financière systémique que nous vivons depuis le déclenchement en 2008 de la crise des “sub-primes“ jusqu’à aujourd’hui.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: times new roman,times;">(5) Une entreprise de la taille de la multinationale Michelin, numéro 2 mondial des pneumatiques, montre l'exemple, aujourd'hui si rare dans le monde de l'entreprise, du rejet du "tout-anglais" : avec un important budget pour la formation au français des cadres étrangers et l'obligation pour les 900 cadres français expatriés de parler couramment la langue du pays où ils travaillent. Le responsable de la formation de Michelin, Dominique Tissier, explique l'esprit de cette politique : “<em>Le brassage des cultures fait partie de notre mode de management depuis toujours. Mais nous aimons l'idée d'avoir une langue de référence : le français est davantage garant de nos valeurs que l'anglais, qui devient un jargon international vidé de toute subtilité</em>" (<em>Capital</em> du 15 juin 2011).</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: times new roman,times;">(6) Bien sûr, à plus long terme, cette politique linguistique de la France doit aussi s’appuyer sur les immenses perspectives technologiques de la traduction automatique. Le biologiste et futurologue Joël de Rosnay déclarait déjà il y a quelques années : “<em>L’autosélection de l’anglais, sorte d’espéranto commode mais limité, est probablement un phénomène transitoire dans l’attente des systèmes de traduction automatique individuelle en temps réel</em>“. Plusieurs pays s’y préparent maintenant activement. Ainsi l’Inde, dont les chercheurs travaillent sur un programme qui permettra aux locuteurs des différentes langues maternelles du pays de se parler directement par téléphone mobile. Mais aussi des sociétés comme Microsoft, Google, Samsung ou Docomo-NTT. Dans ce secteur essentiel de l’intelligence artificielle, la France doit contribuer fortement au développement de sa recherche et des applications industrielles, ce qui assurera la présence du français parmi les grandes langues pivots qui s’imposeront dans l’intercommunication planétaire.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: times new roman,times;">(7) Seuls quelques rares établissements français proposent jusqu’à présent de véritables filières bilingues; ainsi le collège-lycée <em>Jean de La Fontaine</em> à Paris 16ème, pour le chinois, le japonais et le vietnamien.</span></p>
<p> </p></div>
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        <title>GERONIMO ET BEN LADEN</title>
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        <published>2011-05-04T17:12:00+02:00</published>
        <updated>2011-05-12T14:39:41+02:00</updated>
        <summary>L’association par le gouvernement des États-Unis d’Amérique du nom de Geronimo à l’opération contre Ben Laden est un amalgame révoltant et irresponsable. Révoltant, parce qu’il insulte la mémoire d’un héros de la lutte légitime des Amérindiens. Irresponsable, car il peut donner l’occasion demain à d’autres criminels fanatiques de se draper dans les habits du héros d’une cause juste.
</summary>
        <author>
            <name>Coordination Liberté Égalité Fraternité</name>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 15pt;"><strong>  <a href="http://laclef.typepad.fr/.a/6a00d83452858c69e201543221dd44970c-pi" style="display: inline;"><img alt="Photo geronimo" border="0" class="asset  asset-image at-xid-6a00d83452858c69e201543221dd44970c" src="http://laclef.typepad.fr/.a/6a00d83452858c69e201543221dd44970c-800wi" title="Photo geronimo" /></a> <br />                QUELLE HONTE ! ET QUELLE BÊTISE !</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 12pt;">Il y a un peu plus d’un siècle, le 17 février 1909, un homme mourrait en prononçant ces mots prophétiques: “<em>Quand le dernier arbre aura été abattu, quand la dernière rivière aura été empoisonnée, quand le dernier poisson aura été péché, alors, on saura que l’argent ne se mange pas</em>”.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 12pt;">Cet homme de 80 ans avait consacré sa vie à résister aux envahisseurs qui asservissaient et massacraient son peuple, occupaient sa patrie, terre natale qu’il évoquait avec poésie: ”<em>Je suis né dans les prairies, là où les vents soufflent librement et où rien n’arrête la lumière du soleil. Je suis né là où il n’y a pas de barrière…</em>”. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 12pt;">Chaman apache qui prit les chemins de la rébellion et défendit les droits des peuples autochtones jusqu’à son dernier souffle, il était devenu une légende vivante sous le nom de Geronimo.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 12pt;">L’association par le gouvernement des États-Unis d’Amérique du nom de Geronimo à l’opération contre Ben Laden est un amalgame révoltant et irresponsable. Révoltant, parce qu’il insulte la mémoire d’un héros de la lutte légitime des Amérindiens. Irresponsable, car il peut donner l’occasion demain à d’autres criminels fanatiques de se draper dans les habits du héros d’une cause juste.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 12pt;">Quelle honte ! Et quelle bêtise !</span></p>
<p>                                                                                                  <span style="font-size: 11pt;"><strong>DOMINIQUE GALLET</strong></span></p></div>
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        <title>LA FRATERNITÉ OU LA MORT</title>
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        <published>2011-03-09T20:28:00+01:00</published>
        <updated>2011-06-29T09:36:21+02:00</updated>
        <summary>   Les voies de la République sont impénétrables… Quel bonheur ce couronnement du film sublime Des Hommes et des Dieux lors de la cérémonie des César et ce cri citoyen du réalisateur Xavier Beauvois qui résumait son œuvre sur l’itinéraire lumineux des moines de Tibhirine en trois mots : Liberté, Égalité , Fraternité ! Nous ne pouvions rêver plus beau témoignage face au vent mauvais qui souffle sur la France et installe Marine Le Pen au centre de la vie politique nationale ! 
    Comme le christianisme, le judaïsme, et les autres spiritualités et conceptions du monde qui ont marqué notre histoire millénaire, l’islam est aujourd’hui l’une des facettes de notre identité nationale. Le nier est un déni de réalité, dangereux pour la cohésion nationale. L’affirmer clairement n’est que justice et permet à la République de reprendre fermement la main face à ce qui menace les fondements de notre communauté citoyenne : la vague d'islamophobie aussi bien que les dérives intégristes et les tentations communautaristes. La France est à l'heure du choix : la fraternité républicaine ou la mort de la nation !</summary>
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            <name>Coordination Liberté Égalité Fraternité</name>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p style="text-align: right;"> </p>
<p style="text-align: right;">“Ne désespérez pas de la France !“ Pierre Mendès-France (1941)</p>
<p style="text-align: right;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 11pt;">    Les voies de la République sont impénétrables… Quel bonheur ce couronnement du film sublime <em>Des Hommes et des Dieux</em> lors de la cérémonie des César et ce cri citoyen du réalisateur Xavier Beauvois qui résumait son œuvre sur l’itinéraire lumineux des moines de Tibhirine en trois mots : <em>Liberté, Égalité, Fraternité</em> ! Nous ne pouvions rêver plus beau témoignage face au vent mauvais qui souffle sur la France et installe Marine Le Pen au centre de la vie politique nationale !     </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 11pt;">    En succédant à son père, la nouvelle présidente du Front national a tout fait pour que l’on oublie le visage hideux de sa famille politique. Les déclarations ne sont pas seulement plus lissées, elles vont jusqu’à se réclamer de la République, de la laïcité, de la Résistance, de Jaurès… Mais, sous le masque souriant, le discours grimaçant de haine est toujours là, comme l’avait montré la honteuse comparaison entre les prières de musulmans dans les rues et l’Occupation nazie. Seule véritable évolution par rapport à l’extrême droite des années 30 et au discours du père, le “métèque“ maintenant privilégié comme bouc émissaire de la crise et de la souffrance des Français, est le musulman. Si la cible, comme le style et les mots, ont changé, le fond raciste est toujours là. Profitant des provocations d’intégristes musulmans et se drapant sans vergogne dans la laïcité qu’elle a toujours vomie, l’extrême droite continue de souffler sa haine xénophobe. Mais cette haine-là ne semble pas trop gêner Alain Minc, qui vient de décerner au Front national “nouveau“ un brevet de respectabilité gouvernementale, prédisant sa mutation en une sorte de CSU, l’aile bavaroise de la CDU allemande ! Alain Minc apportant sa contribution à la dédiabolisation du Front national et légitimant une future alliance gouvernementale avec lui ! Au-delà du dégoût qu’elle nous inspire, cette prise de position scandaleuse illustre bien l’égarement des classes dirigeantes et la gravité de la situation dans laquelle se trouve le pays. <br /></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 11pt;">    Avant le “ripolinage“ du congrès de succession, les thèmes frontistes avaient déjà fait tâche d’huile bien au-delà du champ traditionnel du Front national, fissurant dangereusement les digues de la République.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 11pt;">    Flirtant avec ces thèmes, la “droite populaire“, créée par des parlementaires de la majorité, est une triste illustration de cette contamination, qui ébranle chez certains politiques le tabou des alliances et touche un nombre grandissant de sympathisants et d’électeurs de l’UMP. Après les faux-semblants du débat sur l’identité nationale, l’instrumentalisation du phénomène marginal et sectaire de la burka, le tapage médiatique autour des peurs de l’islam en Allemagne et en Suisse, les massacres de chrétiens en Irak et en Égypte, et à la veille du congrès du Front national, c’est le curieux moment que <em>Le Monde</em> a choisi pour interroger sur la “<em>menace islamique</em>“ une opinion publique chauffée à blanc ! Servie sur un plateau d’argent pour le couronnement de Marine Le Pen, la prévisible réaction épidermique des sondés, publiée par le quotidien sur trois colonnes à la une, a été à la hauteur des espérances de l’extrême droite, lui donnant le sentiment d’une victoire idéologique dans l’opinion publique !</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 11pt;">    Pendant longtemps le monde politique français, à droite mais aussi à gauche, indifférent, inconscient, se contentait de dire que le Front national posait les bonnes questions. Tout en continuant de se préoccuper avant tout de ses petites querelles électoralistes, il était incapable de prendre la mesure des périls et d’apporter des réponses concrètes en soignant les plaies béantes de la République. Capitulant devant la déferlante libérale, il abandonnait les valeurs fondatrices et les luttes aussi bien du gaullisme que du mouvement socialiste français ; laissant les héritiers de Vichy faire main basse sur les thèmes de deux grands héritages politiques de la France républicaine. Après ce manque de clairvoyance et cette insouciance des partis républicains, vint la séquence des dérives successives de la droite, dès 2006 et l’élection présidentielle de 2007, avec les insidieux clins d’œil islamophobes, comme la référence aux moutons égorgés dans les baignoires, puis les campagnes de stigmatisations et les saillies nauséabondes, l’extension de la déchéance de nationalité, jusqu’à l’instrumentalisation de l’héritage chrétien de la France et le débat à géométrie variable sur l’islam et/ou la laïcité.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 11pt;">    Mais le  sondage IFOP – <em>Le Monde</em> apportait un autre résultat (largement  occulté), moins influencé par une peur conjoncturelle, qui, lui, était  révélateur d’une évolution citoyenne en profondeur de la société  française, tranchant avec les réponses sur la “<em>menace islamique</em>“. À la question “<em>Seriez-vous hostile à l’élection d’un maire d’origine musulmane dans la commune où vous habitez ?</em>“,  les sondés répondent à 52% qu'ils n’y sont pas hostiles. Et ce qui est particulièrement intéressant  c’est de constater la baisse constante de l’hostilité de l’opinion  française depuis vingt ans : en 1989 elle était de 63%, en 1994 de 55%,  en 2001 de 35% et aujourd’hui de 33%. Très majoritaire dans l’opinion  publique au début des années 90, cette hostilité n’est plus que d’un  tiers fin 2010 ! Les Français dans leur tréfonds n’ont pas perdu leurs  repères citoyens, bien au contraire. Aux dirigeants républicains de le comprendre en s'adressant solennellement à cette conscience citoyenne du peuple français pour faire barrage aux germes de confrontation qui  menace notre société et au discours de haine qui dénature la France.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 11pt;">    Aujourd’hui, l’image de la France est abimée, les fondements humanistes de notre société sont menacés, l’expression islamophobe se lâche un peu partout, comme légitimée. En se dégageant avec courage du pitoyable tropisme électoraliste, les républicains de conviction doivent prendre conscience de leur immense responsabilité devant l’Histoire dans cette période qui peut très vite accoucher du pire. Les derniers sondages plaçant Marine Le Pen en tête du premier tour de la présidentielle sonnent comme un tocsin pour la République. Heureusement, jusque dans la majorité, certains, et non des moindres, commencent à exprimer leur inquiétude, leur désapprobation, et même à préconiser un front républicain pour les cantonales. Chacun doit bien sûr s’engager à donner une vraie priorité à une lutte déterminée contre les situations sociales et les réalités cultuelles indignes de la République et de ses valeurs d’égalité et de fraternité. Mais également, dans le peu de temps qui reste avant l’élection présidentielle, chacun doit faire œuvre de pédagogie, en parlant aux Français du sens véritable de la laïcité et de l’histoire de notre pays dans lequel l’islam est enraciné depuis longtemps.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 11pt;">    Au fil des siècles, les faits et les pages lumineuses ne manquent pas pour l’illustrer :</span></p>
<p><span style="font-size: 11pt;">- Le combat de l’Émir Abd el-Khader et de ses compagnons pour protéger les chrétiens d’Orient des massacres druzes en 1860.</span></p>
<p><span style="font-size: 11pt;">- La construction à Saint-Denis de la Réunion en 1905 de la première mosquée française.<br /></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 11pt;">- La décision de la République de construire en 1922 la Grande Mosquée de Paris, inaugurée par le Maréchal Lyautey.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 11pt;">- Le sacrifice des centaines de milliers de soldats musulmans de l’armée française dans les deux guerres mondiales, leur contribution à la libération de la France.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 11pt;">- Le refus de Mohammed V, qui a été fait Compagnon de la Libération par le général de Gaulle, de promulguer au Maroc, alors sous protectorat français, les dispositions antisémites de Vichy, en particulier le port l’étoile jaune par les juifs marocains.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 11pt;">- Les centaines de soldats africains prisonniers qui se sont échappés des <em>stalags</em> du Reich et ont rejoints les maquis de la résistance.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 11pt;">- L’appel de Messali Hadj à la résistance contre le nazisme, la condamnation par Fehrat Abbas et Ali Boumendjel de l’abrogation des décrets de naturalisation des juifs algériens.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 11pt;">- La résistance du Recteur Si Kaddour Benghabrit qui, dès 1940, a fait de la Mosquée de Paris le refuge de parachutistes anglais et de familles juives, ensuite exfiltrés vers la zone libre ou l’Afrique du Nord.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 11pt;">- Le sacrifice de Mohamed Lakhdar, un des fondateurs des FTP, fusillé le 31 janvier 1943.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 11pt;">- L’action clandestine des FTP algériens qui a permis de sauver de nombreux enfants juifs en les plaçant sous la protection de la Mosquée de Paris.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 11pt;">- L’émouvant tract en kabyle de ces FTP algériens, qui, sous le titre <em>Comme tous nos enfants</em>, lançait cet appel : “<em>Hier, à l’aube, les juifs de Paris ont été arrêtés, les vieillards, les femmes comme les enfants, en exil comme nous, ouvriers comme nous, ce sont nos frères et leurs enfants sont nos enfants. Si quelqu’un d’entre vous rencontre un de ces enfants, il doit lui donner asile et protection, le temps que le malheur passe</em>“.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 11pt;">    Comme le christianisme, le judaïsme, et les autres spiritualités et conceptions du monde qui ont marqué notre histoire millénaire, l’islam est aujourd’hui l’une des facettes de notre identité nationale. Le nier est un déni de réalité, dangereux pour la cohésion nationale. L’affirmer clairement n’est que justice et permet à la République de reprendre fermement la main face à ce qui menace les fondements de notre communauté citoyenne :</span><span style="font-size: 11pt;"> la vague d'islamophobie aussi bien que les dérives intégristes et les tentations communautaristes.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 11pt;">    La France est à l'heure du choix : la fraternité républicaine ou la mort de la nation !</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 11pt;"><strong>                                                                           Dominique Gallet</strong><br /></span></p></div>
</content>



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        <title>LA MÉDITERRANÉE, FORGE DU NOUVEAU MONDE</title>
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        <published>2011-02-18T09:26:00+01:00</published>
        <updated>2011-03-30T11:31:58+02:00</updated>
        <summary>La France doit-elle accepter de sortir de l’Histoire sur la pointe des pieds alors que ses voisins de la rive sud de la Méditerranée y entrent avec fracas ? Non ! Le soulèvement du monde arabe interpelle la France directement, intimement. L’événement gigantesque qui se produit à ses portes lui donne des responsabilités particulières qui l’obligent. Elle doit à nouveau faire entendre haut et fort sa voix singulière. Elle doit cesser d’être tétanisée par les tabous atlantistes et européistes et reprendre librement sa marche, en entrainant, comme lors de la deuxième Guerre du Golfe,  tous ceux qui choisiront de la suivre.</summary>
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            <name>Coordination Liberté Égalité Fraternité</name>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p style="text-align: right;"> </p>
<p style="text-align: right;"><span style="font-size: 10pt;">À Mohamed Bouazizi</span></p>
<p style="text-align: right;"><span style="font-size: 8pt;">Diplômé de l’Institut supérieur d’informatique de Mahdia</span></p>
<p style="text-align: right;"><span style="font-size: 8pt;">Marchand de fruits et légumes à Sidi Bouzid</span></p>
<p style="text-align: right;"><span style="font-size: 8pt;"><br /></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 12pt;">    Les échos qui nous étaient parvenus de Davos illustraient jusqu’à la caricature combien ce haut lieu de la planète financière ignore la complexité du monde réel, avec quel mépris les décideurs mondialisés considèrent les peuples et leurs aspirations. En pleine révolution tunisienne, alors que commençait à s’embraser la rue égyptienne, des experts avaient pu, selon l’AFP, y affirmer, sans susciter de tollé : “<em>La démocratie n’est pas une panacée pour les Arabes</em>“, “<em>Les Arabes ne croient pas à la démocratie, ça ne fait pas partie de leur héritage</em>“, “<em>Le problème, c’est quand vous avez une mauvaise allocation des ressources</em>“. En gros : ils ont faim, injectons des dollars, le calme reviendra ! Dès le lendemain, l’intelligence collective du peuple tunisien, qui avait déjà inventé le bref et décisif “<em>Dégage !</em>“, répondait en arabe sur des banderoles déployées dans les manifestations : “<em>Nous ne sommes pas la révolution des affamés, nous sommes la révolution des hommes libres !</em>“</span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="font-size: 12pt;">LA FRANCE DOIT REPRENDRE SA MARCHE<br /></span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 12pt;">    Que ceux qui ont décrété la fin de l’Histoire et qui ont voulu croire que le monde pouvait être gouverné comme une multinationale, que ceux pour qui la démocratie n’a été qu’un slogan creux destiné à couvrir leur entreprise de conquête, soient effrayés par l’irruption soudaine des peuples arabes, et veuillent à tout prix préserver le statu quo de leurs intérêts en contrôlant de près le processus des transitions, est, somme toute, cohérent.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 12pt;">    Mais comment la France peut-elle continuer à réagir dans la foulée des déclarations américaines ou à se fondre dans un unanimisme européen de façade, exprimé de surcroit exclusivement dans sa langue par la Britannique Catherine Ashton ? Doit-elle définitivement se plier à l’oukase du premier ministre aux “affaires courantes“ belges, Yves Leterme, qui voudrait interdire l’expression des diplomaties nationales  (et qui par contre, au nom des "<em>spécificités nationales</em>",</span><span style="font-size: 12pt;"> revendique pour les États membres "<em>l'espace de mener leur propre politique</em>" sur le plan économique !) ?</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 12pt;">    La France doit-elle accepter de sortir de l’Histoire sur la pointe des pieds alors que ses voisins de la rive sud de la Méditerranée y entrent avec fracas ?</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 12pt;">    Non ! Le soulèvement du monde arabe interpelle la France directement, intimement. L’événement gigantesque qui se produit à ses portes lui donne des responsabilités particulières qui l’obligent. Elle doit à nouveau faire entendre haut et fort sa voix singulière. Elle doit cesser d’être tétanisée par les tabous atlantistes et européistes et reprendre librement sa marche, en entrainant, comme lors de la deuxième Guerre du Golfe, tous ceux qui choisiront de la suivre.</span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="font-size: 12pt;">AU NOM DE VALEURS PARTAGÉES</span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 12pt;">    La France le doit d’abord en raison des valeurs qu’elle porte depuis le siècle des Lumières et la Révolution de 1789. Des peuples, qui ont souvent partagé notre histoire, se battent pour des valeurs qui fondent notre République, la liberté de conscience et d’expression, l’égalité citoyenne, la justice sociale, la laïcité, les droits de l’Homme. Soutenons cette aspiration de la jeunesse, fer de lance d’une révolte citoyenne, pour éviter que sa révolution soit confisquée, que tant de sacrifices et d’espoirs soient broyés dans une confrontation entre une oligarchie issue des anciens régimes et un islamisme en perpétuelle embuscade ! Ainsi, alors que le "guide suprême" iranien Ali Khamenei prétendait depuis Téhéran que les soulèvements dans le monde arabe étaient le signe du réveil islamique, qu’à Washington le président Barack Obama priait pour la fin des violence et des “<em>jours meilleurs</em>“ en Égypte, de Paris, la nation des Lumières aurait dû, elle, clamer tout naturellement </span><span style="font-size: 12pt;">le message de l'humanisme laïc, et affirmer sans réticence sa solidarité indéfectible avec les revendications citoyennes !</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 12pt;"><br /></span></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="font-size: 12pt;">LE JEU DE LA FRANCE EN MÉDITERRANÉE<br /></span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 12pt;">    Une autre raison tient au jeu multiséculaire de la France en Méditerranée. De François Ier à Charles de Gaulle, et même à Jacques Chirac, la diplomatie française a toujours accordé à la Méditerranée une importance primordiale. L’oublier aujourd’hui, en continuant de déléguer l’essentiel de notre politique étrangère à une impossible synthèse diplomatique entre les 27, qui ne peut déboucher que sur une politique du "chéquier", serait une faute grave. Les constantes géopolitiques sont déterminantes : ainsi la Grande-Bretagne est toujours très tournée vers le grand large; l’Allemagne vers l’Europe centrale et orientale, ainsi que vers la mer Baltique. La France, nation aux responsabilités mondiales, est notamment une grande puissance méditerranéenne, dont les intérêts stratégiques sont profondément liés à l’évolution de la région. L’Histoire, la géopolitique, mais également le partage de la langue française avec plusieurs peuples de la rive orientale, lui donnent une réelle influence et des responsabilités particulières qui ne doivent pas être gâchées, neutralisées. Loin des tractations et des ingérences plus ou moins discrètes, le rôle spécifique de la France devrait être de contribuer à créer et à maintenir un environnement international favorable au succès des étapes vers de véritables États de droit. Mais sans imagination et sans audace, elle semble ignorer son influence et le rôle que sa diplomatie pourrait jouer dans cette période capitale. Elle laisse ainsi le terrain diplomatique occupé par des puissances extérieures à la Méditerranée dont l’objectif principal est de tenter de sauver quelques meubles des anciennes oligarchies, pour se dépêcher “<em>de renvoyer le peuple dans sa caverne</em>“ (<em>Les Damnés de la Terre</em>, Frantz Fanon).</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 12pt;"><br /></span></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="font-size: 12pt;">L'ÉMERGENCE DE SOCIÉTÉS CIVILES OUVERTES<br /></span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 12pt;">    Au-delà des bouleversements institutionnels qui se préparent, les soulèvements citoyens du monde arabe vont s’accompagner de l’émergence de sociétés civiles ouvertes, imaginatives, libérées de la chape de plomb des tyrannies. Les orientations qui vont éclore au sein d’opinions publiques étouffées depuis des décennies, seront déterminantes pour dessiner le contour des forces politiques qui dirigeront ces futures démocraties, dont nous espérons tant l’avènement. Elles vont également apporter une dimension nouvelle aux relations entre les deux rives de la Méditerranée. Voilà une autre raison essentielle qui impose l’affirmation d’une vision globale française de l’avenir de la Méditerranée, fondée sur la solidarité Nord-Sud, le dialogue des cultures, le rejet des fantasmes de choc des civilisations. Un jeu de miroir va s’installer entre les deux rivages et l’image que donnera d’elle-même la société française aura une influence directe sur les opinions publiques arabes. La peur martelée dans certains médias sur les dangers d’une prise en main islamiste ne s’appuie sur aucune réalité décelable dans le soulèvement des peuples tunisien et égyptien ou dans les manifestations qui se déroulent en Algérie. Par contre, la progression inquiétante des campagnes islamophobes qui font tache d’huile bien au-delà du Front national, pourrait offrir un épouvantail inespéré à la propagande islamiste radicale, lui apportant un regain de popularité et d’influence politique pendant la période incertaine que vont traverser les peuples arabes. Les extrémismes, qui se nourrissent mutuellement, risqueraient de tuer dans l’œuf la belle espérance naissante d’une alliance des peuples de la Méditerranée autour de valeurs républicaines communes.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 12pt;"><br /></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 12pt;"><strong>UN RENDEZ-VOUS AVEC LA LIBERTÉ DU MONDE</strong><br /></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 12pt;">    Jacques Chirac écrivait dans son ouvrage <em>La France pour tous </em>: “<em>L’Europe est pour la France un horizon irremplaçable. Il n’est pas le seul. Ouvert sur la Méditerranée, notre pays a les moyens et le devoir de rayonner partout dans le monde</em>“. Ce message est bien oublié, sans parler, bien évidemment, de celui du général de Gaulle ! Principale puissance économique et culturelle riveraine de la Méditerranée, membre permanent du Conseil de sécurité, disposant d’un des outils diplomatiques les plus importants du monde, la France est pourtant la "grande muette" de la région.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 12pt;">    Peu de temps avant sa disparition, Édouard Glissant déplorait amèrement : “<em>La France n’a plus de visage dans le monde</em>“. Sans visage et sans voix, elle disparaît derrière les petit calculs et les querelles picrocholines d’une classe dirigeante hypnotisée par les charlatans du déclin, aveugle aux mouvements du monde, négligeant aussi bien l'héritage que les intérêts à long terme de la nation. La France se recroqueville, s’assoupie. Et, pendant ce temps, à quelques encablures de ses côtes, le vent de liberté souffle, il s'étend dans tout le monde arabe. Et l’on sent qu’il soufflera bien au-delà, de région en région, clamant les droits de l’Homme et du citoyen, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, valeurs cardinales qui fondent la singularité de la France aux yeux du monde. Le général de Gaulle déclarait en 1941 à Londres devant les Français Libres : “<em>Il y a un pacte vingt fois séculaire entre la grandeur de la France et la liberté du monde</em>“. La France ne peut trahir ce pacte. Elle ne peut rater son nouveau grand rendez-vous avec la liberté du monde, avec l’Histoire. Après la naissance de cette immense espérance, la Méditerranée ne doit pas se transformer en tombeau du printemps des peuples. Elle a besoin du souffle fraternel d’une France fidèle à son héritage des Lumières, pour protéger et entretenir la forge du nouveau monde.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 12pt;"><strong>                                                                  Dominique Gallet</strong><br /></span></p>
<p style="text-align: right;"><span style="font-size: 12pt;">                                                                 <br /></span></p>
<p>                                                             <strong>﻿</strong></p></div>
</content>



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        <title>UNE NOUVELLE ESPÉRANCE FRANÇAISE</title>
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        <published>2010-06-17T09:39:00+02:00</published>
        <updated>2011-11-23T11:46:44+01:00</updated>
        <summary>Quelques instants, oublions la médiocrité de notre vie politique nationale, où pullulent les ambitions dérisoires comme les moucherons avant l’orage, oublions les errements d’une Europe dogmatique, bricolée à marche forcée contre ses peuples et submergée par une réalité complexe et têtue trop longtemps ignorée, oublions la fragilité d’un système financier international fondé sur la dissimulation et la cupidité, oublions le gouffre des dettes souveraines… En juin 1946, De Gaulle écrira à propos de l’acte de son “pur et bon compagnon“ Jean Moulin : “Le rôle capital qu’il a joué dans notre combat ne sera jamais raconté par lui-même, mais ce n’est pas sans émotion qu’on lira le Journal que Jean Moulin écrivit à propos des événements qui l’amenèrent, dès 1940, à dire Non à l’ennemi. La force de caractère, la clairvoyance et l’énergie qu’il montra en cette occasion ne se démentirent jamais. Que son nom demeure vivant comme son œuvre demeure vivante !“(1)

Ce singulier et profond compagnonnage dans le combat patriotique, entre le militaire visionnaire et l’homme du Front populaire, forgera l’unité supérieure qui s’affirmera, au-delà des péripéties, entre la France libre et la Résistance intérieure. Il fut un atout essentiel pour les succès de la France combattante, puis pour la souveraineté de la France libérée... Qu’on ne s’y trompe pas, tout est fait pour bâillonner le peuple français et entraver sa liberté. Mais tous ceux qui le craignent, les privilégiés d’un vieux monde à la dérive, ne pourront rien contre sa colère et la contagion de ses idées</summary>
        <author>
            <name>Coordination Liberté Égalité Fraternité</name>
        </author>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Palatino;">                                                                                                 </span><span style="font-family: Palatino;">“</span><em><span style="font-family: Palatino;">La résistance est espérance</span></em><span style="font-family: Palatino;">“ </span><span style="font-family: Palatino; font-size: 9px;">René Char</span></p>
<p><em><em><em> </em></em></em></p>
<p style="text-align: justify;"><em><em><em><span style="font-style: normal;"><span style="font-size: 14px; font-family: 'Times New Roman';">Quelques instants, oublions la médiocrité de notre vie politique nationale, où pullulent les ambitions dérisoires comme les moucherons avant l’orage, oublions les errements d’une Europe dogmatique, bricolée à marche forcée contre ses peuples et submergée par une réalité complexe et têtue trop longtemps ignorée, oublions la fragilité d’un système financier international fondé sur la dissimulation et la cupidité, oublions le gouffre des dettes souveraines…</span></span></em></em></em></p>
<p><em><em><em> <em><em><em> </em></em></em></em></em></em></p>
<p style="text-align: justify; display: inline ! important;"><em><em><em><span style="font-style: normal;"><span style="font-size: 14px; font-family: 'Times New Roman';"><strong>CHARLES DE GAULLE, JEAN MOULIN, LA FRANCE</strong></span></span></em></em></em></p>
<p><em><em><em> </em></em></em></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-style: normal;"><span style="font-size: 14px; font-family: 'Times New Roman';">Et imaginons la France il y a soixante-dix ans, jour pour jour, son sol progressivement envahi par l’armée hitlérienne, ses autorités déliquescentes et paniquées, incapables de faire face, les cortèges hétéroclites de familles fuyant l’horreur des combats. Imaginons ce 17 juin 1940, à Chartres, enfermé dans une cellule aux côté d’un tirailleur africain, </span></span><em><em><em><em><em><em><span style="font-style: normal;"><span style="font-size: 14px; font-family: 'Times New Roman';">Jean Moulin, préfet de la République</span></span></em></em></em></em></em></em><span style="font-style: normal;"><span style="font-size: 14px; font-family: 'Times New Roman';">, portant les stigmates sanglantes de la torture, se tranche la gorge avec des morceaux de verre. Il refuse de céder aux Allemands qui veulent l’obliger à signer une déclaration accusant les soldats africains de l’armée française d’avoir commis des crimes de guerre perpétrés, en fait, par l’armée nazie. Le premier acte de résistance à l’occupant venait d’avoir lieu, un acte de fraternité française, de dignité humaine, quintessence de l’humanisme républicain. Sauvé </span></span><span style="font-size: 14px; font-family: 'Times New Roman';">in extremis</span><span style="font-style: normal;"><span style="font-size: 14px; font-family: 'Times New Roman';"> grâce à l’alarme donnée par son compagnon de cellule à son réveil et aux soins prodigués par les Sœurs de l’hôpital voisin, Jean Moulin sera libéré.</span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-style: normal;"><span style="font-size: 14px; font-family: 'Times New Roman';">Cette page trop peu connue de notre Histoire sera le prélude héroïque à l’appel lancé le lendemain par le général de Gaulle. Symboliquement réunis par cette chronologie, les destins du chef de la France Libre et du fondateur du Conseil national de la Résistance seront ensuite indissolublement liés. En juin 1946, de Gaulle écrira à propos de l’acte de son “</span><em><span style="font-size: 14px; font-family: 'Times New Roman';">pur et bon compagnon</span></em><span style="font-size: 14px; font-family: 'Times New Roman';">“ Jean Moulin : “</span><em><span style="font-size: 14px; font-family: 'Times New Roman';">Le rôle capital qu’il a joué dans notre combat ne sera jamais raconté par lui-même, mais ce n’est pas sans émotion qu’on lira le Journal que Jean Moulin écrivit à propos des événements qui l’amenèrent, dès 1940, à dire Non à l’ennemi. La force de caractère, la clairvoyance et l’énergie qu’il montra en cette occasion ne se démentirent jamais. Que son nom demeure vivant comme son œuvre demeure vivante !</span></em><span style="font-size: 14px; font-family: 'Times New Roman';">“<span style="font-size: 9px; font-family: 'Times New Roman';">(1)</span><br /></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-style: normal;"><span style="font-size: 14px; font-family: 'Times New Roman';">Ce singulier et profond compagnonnage dans le combat patriotique, entre le militaire visionnaire et l’homme du Front populaire, forgera l’unité supérieure qui s’affirmera, au-delà des péripéties, entre la France libre et la Résistance intérieure. Il fut un atout essentiel pour les succès de la France combattante, puis pour la souveraineté de la France libérée.</span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-style: normal;"><span style="font-size: 14px; font-family: 'Times New Roman';">Unité institutionnelle de la "</span></span><em><em><em><em><em><em><span style="font-style: normal;"><em><span style="font-size: 14px; font-family: 'Times New Roman';">République des catacombes</span></em><span style="font-size: 14px; font-family: 'Times New Roman';"> </span></span></em></em></em></em></em></em><span style="font-style: normal;"><span style="font-size: 14px; font-family: 'Times New Roman';">"</span></span><em><em><em><em><em><em><span style="font-style: normal;"><span style="font-size: 14px; font-family: 'Times New Roman';"><span style="font-size: 9px; font-family: 'Times New Roman';">(2)</span></span></span></em></em></em></em></em></em><span style="font-style: normal;"><span style="font-size: 14px; font-family: 'Times New Roman';"> mais également unité du projet pour l'avenir de la France. Charles de Gaulle comme Jean Moulin pensaient la Résistance non seulement comme une lutte pour la libération du territoire, mais également comme le prélude à une nouvelle révolution. Le <a href="http://laclef.typepad.fr/coordination_libert_galit/je-me-souviens.html" target="_self" title="programme du CNR">programme</a> du Conseil national de la Résistance, qui l’affirmera avec force, était au diapason de la pensée du général de Gaulle. Dès 1942, de Gaulle déclarera à Londres dans un discours devant les Français libres : “</span><em><span style="font-size: 14px; font-family: 'Times New Roman';">C’est une révolution, la plus grande de son histoire, que la France, trahie par ses élites dirigeantes et par ses privilégiés, a commencé d’accomplir</span></em><span style="font-size: 14px; font-family: 'Times New Roman';">“. Autre élément révélateur du lien entre la pensée du général de Gaulle et les orientations du programme du CNR, ce télégramme envoyé par Jean Moulin à Londres le 8 mai 1943: “</span><em><span style="font-size: 14px; font-family: 'Times New Roman';">Conseil de la Résistance constitué. Essaie organiser réunion prochaine. Indispensable m’envoyer par premier courrier message de Gaulle qui devra constituer programme politique</span></em><span style="font-size: 14px; font-family: 'Times New Roman';">“ (Rex n°453). En novembre 1943, à Alger, devant l’Assemblée consultative provisoire de la République, le général de Gaulle précisera : “</span><em><span style="font-size: 14px; font-family: 'Times New Roman';">La France veut que cesse un régime économique dans lequel les grandes sources de la richesse nationale échappaient à la nation, où les activités principales de la production et de la répartition se dérobait à son contrôle, où la conduite des entreprises excluait la participation des organisations de travailleurs et de techniciens, dont cependant elle dépendait. Il ne faut plus qu’on puisse trouver un homme ni une femme qui ne soient assurés de vivre et de travailler dans des conditions honorables de salaire, d’alimentation, d’habitation, de loisirs, d’hygiène et d’avoir accès au savoir et à la culture</span></em><span style="font-size: 14px; font-family: 'Times New Roman';">“.</span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-style: normal;"><span style="font-size: 14px; font-family: 'Times New Roman';">En quelques mots, il exprimait là l’idéal d’une République sociale affirmé solennellement dans le programme du CNR, que la France adopta à la Libération, bénéficiant de la “discrétion“ d’un grand patronat qui s’était largement vautré dans la collaboration. Conçu dans la clandestinité par ceux qui furent l’honneur de la France, appliqué dans une économie nationale ruinée par la guerre et l’occupation, ce modèle français s’est imposé au fil des décennies. </span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-style: normal;"><span style="font-size: 14px; font-family: 'Times New Roman';">Mais, dès le lendemain de la Libération, en avril 1945, une grande figure de la Résistance intellectuelle, Vercors, l’auteur du “Silence de la mer“, écrira dans les "Chroniques de Minuit"</span></span><em><em><em><em><em><em><span style="font-style: normal;"><span style="font-size: 14px; font-family: 'Times New Roman';"><span style="font-size: 9px; font-family: 'Times New Roman';">(3)</span></span></span></em></em></em></em></em></em><span style="font-style: normal;"><span style="font-size: 14px; font-family: 'Times New Roman';"> : “</span><em><span style="font-size: 14px; font-family: 'Times New Roman';">Peut-être le plus grave danger qui, périodiquement, menace l’esprit humain réside-t-il dans cette tendance, cette facilité, à laisser les idées et les mots devenir fossiles, devenir ces objets respectés comme de vieilles idoles mais aussi vains qu’elles, et que l’on met comme elles sous vitrine. Tenter de conserver à ces grands concepts leur vitalité et leur dynamisme sera la justification et peut-être le mérite de notre effort</span></em><span style="font-size: 14px; font-family: 'Times New Roman';">“. </span></span><em><em><em><em><em><em><span style="font-style: normal;"><span style="font-size: 14px; font-family: 'Times New Roman';">Cet avertissement était prémonitoire. </span></span></em></em></em></em></em></em></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-style: normal;"><span style="font-size: 14px; font-family: 'Times New Roman';"><strong>LA RUPTURE</strong></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-style: normal;"><span style="font-size: 14px; font-family: 'Times New Roman';">Aujourd’hui, le pays connaît un grave effacement de ce qui fait le fondement de toute démocratie véritable : le débat de fond, la confrontation des idées. Les convictions sont devenues secondaires. Ce qui compte avant tout ce sont les stratégies de communication pour exister, arriver au pouvoir, s’y maintenir. Évolution rampante qui vient de loin et qui touche la part dominante du personnel politique.</span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-style: normal;"><span style="font-size: 14px; font-family: 'Times New Roman';">Comme le poisson pourrit par la tête, la République se dessèche par les mots. Des temps gaulliens où les mots avaient comme fonction de galvaniser les citoyens pour une ambition collective, nous sommes tombés dans un système politique où les mots servent à contourner la volonté populaire, à endormir, à tromper les citoyens. Les mots qui nomment les idées ne sont là que comme outils de pouvoir. Ils sont coupés des valeurs qu’ils sont censés porter. Ils servent à camoufler l’inavouable résignation des politiques. Ils sont dévalués. Devenus de vulgaires attrapes suffrages, ils ont pour notre vie démocratique les mêmes conséquences que la fausse monnaie dans l’économie. Le verbiage incantatoire a remplacé le verbe mobilisateur. La République est dénaturée.</span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-style: normal;"><span style="font-size: 14px; font-family: 'Times New Roman';">La société française est entrée dans une souffrance profonde. Fragilisée, et même paupérisée, par la crise économique, angoissée par des perspectives d'avenir incertaines, troublée par l’affaissement de l’autorité de l’État et l’impuissance des politiques, déboussolée par le déclin des valeurs de solidarité et de dépassement, scandalisée par une classe dirigeante avide et insouciante qui jouit ostensiblement et sans vergogne de ses richesses et de ses privilèges, notre société se délite. Des territoires restent durablement hors du droit et des valeurs de la République, laissant le champ libre aux visées du fanatisme et aux ingérences extérieures. Une idéologie insidieuse, fustigeant la diversité française, met en cause les fondements citoyens de la nation et menace sa cohésion. Crise économique, crise morale, crise de l’autorité, crise d’identité, le doute s’installe profondément au cœur du pays. </span></span><em><em><em><em><em><em><span style="font-style: normal;"><span style="font-size: 14px; font-family: 'Times New Roman';">Les repères se brouillent, les extrémismes prospèrent, des nuages noirs se forment. </span></span></em></em></em></em></em></em></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-style: normal;"><span style="font-size: 14px; font-family: 'Times New Roman';">La rupture est flagrante avec l’idéal d’une République émancipatrice et fraternelle, voulue par ceux qui ont refusé l'asservissement nazi. En 2007, l’ancien maoïste soixante-huitard, devenu vice-président du MEDEF, Denis Kessler, nous annonçait fièrement la liquidation du gaullisme, du programme du Conseil national de la Résistance, du modèle économique et social français sous le titre explicite “</span><em><span style="font-size: 14px; font-family: 'Times New Roman';">Adieu 1945, raccrochons notre pays au mond</span></em><span style="font-size: 14px; font-family: 'Times New Roman';">e“. S’agit-il vraiment de raccrocher notre pays au monde ? Non, il s’agit plutôt de le banaliser, de le normaliser. “Accrochée“ au monde, la France l’est depuis des siècles, en restant fidèle à elle-même ! Ses idées, ses grands principes, ses refus et ses révolutions font le tour de la planète depuis des lustres ! Et elle n’a jamais été autant “accrochée“ aux peuples du monde que lorsqu’elle a solennellement refusé de suivre Georges W. Bush dans sa croisade en Irak. Il s’agit, en fait, de faire disparaître la singularité de la France et sa vocation, de nier les pages de notre Histoire qui ont forgé le rayonnement universel de notre culture, de notre langue, de notre humanisme, de nous couper de nos racines comme de nos solidarités planétaires. Il s’agit de finir le travail que Roosevelt n’a pu faire aboutir.</span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-style: normal;"><span style="font-size: 14px; font-family: 'Times New Roman';"><strong>UN NOUVEAU SURSAUT</strong></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-style: normal;"><span style="font-size: 14px; font-family: 'Times New Roman';">Dans "Les chênes qu'on abat..."</span></span><em><em><em><em><em><em><em><em><em><span style="font-style: normal;"><span style="font-size: 14px; font-family: 'Times New Roman';"><span style="font-size: 9px; font-family: 'Times New Roman';">(4)</span></span></span></em></em></em></em></em></em></em></em></em><span style="font-style: normal;"><span style="font-size: 14px; font-family: 'Times New Roman';">, André Malraux cite ces mots prononcés par le général de Gaulle lors de leur dernière rencontre, à Colombey : "</span></span><span style="font-size: 14px;"><span style="font-size: 14px;"><span style="font-family: 'Times New Roman'; font-size: 14px;">Si un nouveau sursaut doit se produire, il continuera ce que j'ai fait et non ce qu'on aura fait après moi</span></span></span><span style="font-style: normal;"><span style="font-size: 14px; font-family: 'Times New Roman';">"</span></span><em><em><em><em><em><em><span style="font-style: normal;"><span style="font-size: 14px; font-family: 'Times New Roman';"> </span></span></em></em></em></em></em></em><span style="font-style: normal;"><span style="font-size: 14px; font-family: 'Times New Roman';">. En quittant le pouvoir, le général de Gaulle savait que la France allait, pour un temps, redevenir médiocre, soumise, "</span></span><span style="font-size: 14px; font-family: 'Times New Roman';">convenable</span><span style="font-style: normal;"><span style="font-size: 14px; font-family: 'Times New Roman';">", écoutant les Chardonne du moment.</span></span><span style="font-style: normal;"><span style="font-size: 14px; font-family: 'Times New Roman';"> Que la révolution sociale qu’il voulait engager par la participation serait immédiatement sabotée par un patronat affolé à cette perspective et par une CGT inquiète pour son influence. Que la voix rebelle et libératrice de la France ne résonnerait plus sous divers cieux du monde, de Brazzaville à Phnom-Penh et à Montréal, de Bucarest à Mexico. Mais il était tout autant persuadé qu’un jour, de son tréfonds, le peuple français allait faire renaître sa passion pour le progrès social et la fraternité humaine, son désir millénaire de chevauchée universelle, son pacte avec la liberté du monde.</span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-style: normal;"><span style="font-size: 14px; font-family: 'Times New Roman';">Un peuple, pour croire en lui-même et se projeter dans l’avenir, a besoin de grandes références, de belles figures, de héros. En particulier le peuple français, peuple “politique“ par excellence. Son Histoire, toujours à l’avant-garde des idées et des changements, en témoigne. Comme, dans la période que nous traversons, son attachement, au-delà des décennies et des clivages politiciens, à la personne et à l’œuvre de Charles de Gaulle. Et ce n’est pas la nouvelle pièce de deux euros qui vient d’être frappée à l’effigie du général de Gaulle qui pourra combler le vide, remplacer notre ambition  perdue !</span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-style: normal;"><span style="font-size: 14px; font-family: 'Times New Roman';">À l’étranger, l’espoir de la renaissance d’une France fidèle à sa mission singulière, est très présent. Il s’exprime beaucoup dans les pays du Sud, mais en Europe également. Une des dernières déclarations du Prix Nobel de littérature le Portugais José Saramago, est révélatrice de cette attente : “</span><em><span style="font-size: 14px; font-family: 'Times New Roman';">D’un point de vue culturel, la France est pour moi d’une importance fondamentale, même si je pense qu’elle a laissé tomber son rôle de phare. Si vous réussissiez à le récupérer, ce serait formidable pour l’Europe et pour le monde</span></em><span style="font-size: 14px; font-family: 'Times New Roman';">“.</span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-style: normal;"><span style="font-size: 14px; font-family: 'Times New Roman';">Qu’on ne s’y trompe pas, tout est fait pour bâillonner le peuple français et entraver sa liberté. Mais tous ceux qui le craignent, les privilégiés d’un vieux monde à la dérive, ne pourront rien contre sa colère et la contagion de ses idées. Alors qu’il venait d’être nommé préfet à Chartres, Jean Moulin déclarait le 8 mai 1939 devant les élus de la République : “</span><em><span style="font-size: 14px; font-family: 'Times New Roman';">Il est des heures où servir son pays à quelque poste que ce soit a un caractère d’impérieuse obligation que c’est tout naturellement et avec enthousiasme que les hommes de bonne volonté trouvent les forces nécessaires à l’accomplissement de leur tâche</span></em><span style="font-size: 14px; font-family: 'Times New Roman';">“.</span></span><span style="font-style: normal;"><span style="font-size: 14px; font-family: 'Times New Roman';"> Comme toujours dans notre Histoire, ces hommes de bonne volonté, exclusivement soucieux du bien public et de l'intérêt national, ne manqueront pas. </span></span><em><em><em><em><em><em><span style="font-style: normal;"><span style="font-size: 14px; font-family: 'Times New Roman';"> La France, aujourd'hui encore "</span></span><span style="font-size: 14px; font-family: 'Times New Roman';">trahie par ses élites dirigeantes et par ses privilégiés</span><span style="font-style: normal;"><span style="font-size: 14px; font-family: 'Times New Roman';">", doit faire preuve d'audace.</span></span></em></em></em></em></em></em><span style="font-style: normal;"><span style="font-size: 14px; font-family: 'Times New Roman';"> Dans le préambule de son programme, intitulé “Les jours heureux", le CNR imaginait ainsi l'avenir du pays après la Libération: “<em>La France retrouvera son équilibre moral et social et redonnera au monde l'image de sa grandeur et de son unité</em>". N'est-ce pas, dans sa lumineuse et exigeante simplicité, l'objectif qui doit rassembler le peuple français dans un nouveau sursaut ? </span></span><em><em><em><em><em><em><span style="font-style: normal;"><span style="font-size: 14px; font-family: 'Times New Roman';">Le temps est venu d’une nouvelle  espérance française.</span></span></em></em></em></em></em></em></p>
<p> </p>
<p><em><em><em><span style="font-style: normal;">                                                                                                      <span style="font-family: 'Times New Roman';"><strong>DOMINIQUE GALLET</strong></span></span></em></em></em></p>
<p><em><em><em><em><em><em><span style="font-style: normal;"><span style="font-size: 14px; font-family: 'Times New Roman';"><span style="font-size: 9px; font-family: 'Times New Roman';"><br /></span></span></span></em></em></em></em></em></em></p>
<p><em><em><em><em><em><em><span style="font-style: normal;"><span style="font-size: 14px; font-family: 'Times New Roman';"><span style="font-size: 9px; font-family: 'Times New Roman';">(1) Préface du Journal de Jean Moulin "Premier combat" (Éditions de Minuit - 1946)<br /></span></span></span></em></em></em></em></em></em></p>
<p><em><em><em><em><em><em><span style="font-style: normal;"><span style="font-size: 14px; font-family: 'Times New Roman';"><span style="font-size: 9px; font-family: 'Times New Roman';">(2) Référence au titre de l'ouvrage de Daniel Cordier "Jean Moulin, la République des catacombes" (Gallimard - 1999 et 2010))<br /></span></span></span></em></em></em></em></em></em></p>
<p><em><em><em><em><em><em><span style="font-style: normal;"><span style="font-size: 14px; font-family: 'Times New Roman';"><span style="font-size: 9px; font-family: 'Times New Roman';">(3) Éditions de Minuit - 1945</span></span></span></em></em></em></em></em></em></p>
<p><em><em><em><em><em><em><span style="font-style: normal;"><span style="font-size: 14px; font-family: 'Times New Roman';"><span style="font-size: 9px; font-family: 'Times New Roman';">(4) Gallimard - 1971<br /></span></span></span></em></em></em></em></em></em></p></div>
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        <title>HAÏTI, L'URGENCE RÉPUBLICAINE</title>
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        <published>2010-02-13T18:54:40+01:00</published>
        <updated>2012-01-04T17:31:54+01:00</updated>
        <summary>Le désastre qui s'est abattu sur Haïti, au-delà de la solidarité qu'il a déclenchée en France, fait resurgir la profondeur des liens qui nous unissent à son peuple. Les liens de la langue, le français bien sûr, mais aussi le créole si proche de celui de nos compatriotes des Antilles. Les liens d'une histoire commune, celle de la Révolution française, des Lumières, de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, du premier acte d'abolition de l'esclavage, de la devise de la République dont le mot Fraternité a été adopté sur la proposition de Jean-Baptiste Belley, député noir envoyé à la Convention par le général Toussaint-Louverture.  La France doit prendre ses responsabilités et donner du sens à sa solidarité. Elle doit être fidèle à elle-même et s'engager avec détermination dans une action spécifique afin d'apporter à Haïti les outils et les moyens contribuant à briser la "spirale" infernale qui depuis l'indépendance neutralise la légitime aspiration de son peuple à l'éducation et au développement, à une République des droits et des devoirs du citoyen.</summary>
        <author>
            <name>Coordination Liberté Égalité Fraternité</name>
        </author>
        
        
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 15px; font-family: Times New Roman;"><a href="http://laclef.typepad.fr/.a/6a00d83452858c69e201310f26e1c2970c-pi" style="float: left; font-family: 'Times New Roman';"><img alt="Images" border="0" class="asset asset-image at-xid-6a00d83452858c69e201310f26e1c2970c " src="http://laclef.typepad.fr/.a/6a00d83452858c69e201310f26e1c2970c-800wi" style="margin: 0px 5px 5px 0px;" title="Images" /></a> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><span style="font-family: 'Times New Roman',Verdana,sans-serif; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px; line-height: 18px;"> </span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Times New Roman',Verdana,sans-serif;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; font-family: 'Times New Roman'; font-size: 15px;"> </p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; font-family: 'Times New Roman'; font-size: 15px;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-size: 15px; line-height: 18px; font-family: 'Times New Roman';">"<em>En Haïti, nous sommes comme dans une sorte de spirale. Ça ne change jamais ! Depuis 1804, c'est à peu près la même chose. On se révolte contre celui-là, quelqu'un d'autre vient, et on est obligé de se révolter contre lui</em>". cette déclaration d'une jeune comédienne haïtienne en 2004</span><span style="line-height: 18px; font-family: 'Times New Roman';"><span style="font-size: xx-small;"><span style="font-size: 9px;"> </span></span></span><span style="font-size: 15px; line-height: 18px;"><span style="font-family: 'Times New Roman'; font-size: 11px;">(1)</span></span><span style="font-size: 15px; line-height: 18px; font-family: 'Times New Roman';">, année du bicentenaire de l'indépendance de la patrie de Toussaint Louverture, était le constat, douloureux et juste, du destin tragique du peuple haïtien.</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; font-size: 15px;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-size: 15px; line-height: 18px;"><span style="font-size: large; line-height: 21px;"><span style="line-height: 18px; font-size: 14px;"><span style="font-size: 14px;"><span style="font-size: 15px; font-family: 'Times New Roman';">Première République noire de l'histoire, née d'un combat victorieux contre les troupes d'un Napoléon Bonaparte foulant aux pieds les principes d'émancipation de la Révolution française, Haïti a été bridé dès l'origine dans sa souveraineté et son développement par le lourd tribut que lui a imposé Charles X pour reconnaître son indépendance, puis, au XXème siècle, par la mainmise des </span><span style="font-size: 18px; line-height: normal; white-space: pre;"><span style="font-size: 15px;"><span style="font-size: 15px; font-family: 'Times New Roman';">É</span></span><span style="font-size: 15px; white-space: normal; line-height: 18px;"><span style="font-size: 15px; font-family: 'Times New Roman';">tats-Unis d'Amérique sur sa vie politique et son économie.</span></span></span></span></span></span></span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; font-family: 'Times New Roman'; font-size: 15px;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-size: 15px; line-height: 18px; font-family: 'Times New Roman';"><span style="font-size: large; line-height: 21px;"><span style="line-height: 18px; font-size: 14px;"><span style="font-size: 15px; font-family: 'Times New Roman';">Le désastre qui s'est abattu sur Haïti, au-delà de la solidarité qu'il a déclenché en France, fait resurgir la profondeur des liens qui nous unissent à son peuple. les liens de la langue, le français bien sûr, mais aussi le créole si proche de celui de nos compatriotes des Antilles. Les liens d'une histoire commune, celle de la Révolution française, des Lumières, de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, du premier acte d'abolition de l'esclavage, de la devise de la République dont le mot Fraternité a été adopté sur proposition de Jean-Baptiste Belley, député noir envoyé à la Convention par le général Toussaint Louverture</span><span style="font-size: 15px;"><span style="font-family: 'Times New Roman'; font-size: 10px;"> </span><span style="font-size: 10px;"><span style="font-family: 'Times New Roman'; font-size: 11px;">(2)</span></span></span><span style="font-size: 15px; font-family: 'Times New Roman';">. Trop longtemps enfouie, oubliée, cette fraternité culturelle et historique singulière doit aujourd'hui remonter à la surface de notre mémoire collective et guider la France dans une action allant bien au-delà des secours envoyés dans l'urgence, des aides qui se déploient depuis, comme de la reconstruction matérielle qui s'engage.</span></span></span></span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; font-family: 'Times New Roman'; font-size: 15px;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-size: 15px; line-height: 18px; font-family: 'Times New Roman';"><span style="font-size: large; line-height: 21px;"><span style="line-height: 18px; font-size: 14px;"><span style="font-size: 15px; font-family: 'Times New Roman';">Car en Haïti il s'agit non seulement de reconstruire un pays, mais également de refonder une République. Depuis Condorcet, nous savons que l'école publique gratuite est l'outil essentiel pour la construction d'une société républicaine permettant de "<em>rendre réelle l'égalité politique reconnue par la loi</em>"</span><span style="font-size: 15px;"><span style="font-family: 'Times New Roman'; font-size: 11px;">(3)</span></span><span style="font-size: 15px; font-family: 'Times New Roman';"> et de forger une conscience citoyenne indispensable à l'exercice de la souveraineté populaire. Aujourd'hui, de nombreux Haïtiens sont conscients de cette priorité et sont animés d'une véritable espérance républicaine. Ainsi l'écrivain Lyonel Trouillot, qui déclarera au lendemain du séisme, dans les décombres de Port-au-Prince: "<em>Voilà un domaine, l'éducation et le système scolaire, qui servira d'exemple de l'orientation qu'on voudra donner à la reconstruction. </em></span></span></span></span></span>[...]<span style="font-size: medium;"><span style="font-size: 15px; line-height: 18px; font-family: 'Times New Roman';"><span style="font-size: large; line-height: 21px;"><span style="line-height: 18px; font-size: 14px;"><span style="font-size: 15px; font-family: 'Times New Roman';"><em> Voilà l'un des grands tests qui attend Haïti. Ce grand malheur peut être l'occasion de corriger des vices structurels. Ce qu'on fera dans le domaine de l'éducation permettra de savoir si cet élan de solidarité est dû seulement à la décence que fait naître le malheur ou constitue un élément fort qui aidera à créer une société plus juste. Humanisme de courte durée ou possible nouveau départ?</em>"<span style="font-size: 11px; font-family: 'Times New Roman';">(4)</span>.</span></span></span></span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; font-family: 'Times New Roman'; font-size: 15px;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-size: 15px; line-height: 18px; font-family: 'Times New Roman';"><span style="font-size: large; line-height: 21px;"><span style="line-height: 18px; font-size: 14px;"><span style="font-size: 15px; font-family: 'Times New Roman';">Pour donner du sens à sa solidarité avec Haïti, la France doit s'engager avec détermination dans une profonde coopération éducative régionale que, pour des raisons à la fois géopolitiques et cuturelles, elle seule peut proposer. Cette action spécifique d'envergure doit apporter à Haïti non seulement des moyens financiers mais aussi, grâce aux Antilles françaises, des enseignants et des équipes de formation des maîtres afin de contribuer efficacement à briser la "<em>spirale</em>" infernale qui depuis l'indépendance neutralise la légitime aspiration du peuple haïtien à l'éducation et au développement, à une société des droits et des devoirs du citoyen. </span></span></span></span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; font-family: 'Times New Roman'; font-size: 15px;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-size: 15px; line-height: 18px; font-family: 'Times New Roman';"><span style="font-size: large; line-height: 21px;"><span style="line-height: 18px; font-size: 14px;"><span style="font-size: 15px; font-family: 'Times New Roman';">La France ne doit pas manquer ce rendez-vous avec l'histoire, avec son histoire. Dans le nouveau monde qui émerge, il y va de la pérennité des valeurs qui fondent son message universel.</span></span></span></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 15px; font-family: Times New Roman;"> </span><span style="font-size: 15px; font-family: Times New Roman;"> </span></p>
<p style="text-align: justify; font-size: 12px;"><span style="font-size: 15px; font-family: Times New Roman;"> </span> <strong><span style="font-size: 15px; font-family: Times New Roman;">DOMINIQUE GALLET</span></strong></p>
<p style="text-align: right;"><span style="font-size: 15px; font-family: Times New Roman;"> </span></p>
<p><span style="font-size: 15px; font-family: Times New Roman;"> </span></p>
                       
<p style="font-family: Times New Roman;">(1) Diffusée le 5 février dernier sur France 3 dans un sujet sur le spectacle "Haïti, cri d'espoir" de George Béleck (émission spéciale "Haïti, un peuple créateur" du magazine <a href="http://www.tv-francophonie.com/" target="_self"><em>Espace francophone</em></a>).</p>
<p style="font-family: Times New Roman;">(2) La délégation réunissait symboliquement un député blanc, Pierre-Louis Dufay, un mulâtre libre, Jean-Baptiste Mills et un ancien esclave noir, Jean-Baptiste Belley.</p>
<p style="font-family: Times New Roman;">(3) <a href="http://laclef.typepad.fr/coordination_libert_galit/condorcet-rapport-sur-linstruction-publique.html" target="_self" title="Rapport sur l'instruction publique">"Rapport sur l'instruction publique"</a> - avril 1792.</p>
<p style="font-family: Times New Roman;">(4) "Carnet de bord à Haïti" - 25 janvier 2010 - lepoint.fr</p></div>
</content>



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        <title>PHILIPPE SÉGUIN, L'ÉCLAIREUR</title>
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        <published>2010-01-11T14:42:26+01:00</published>
        <updated>2012-01-04T17:35:00+01:00</updated>
        <summary>Ardent patriote, républicain exigeant, serviteur infatigable de l'État, orateur de talent, véritable stentor du débat parlementaire, militant indéfectible de la Francophonie, homme de conviction au tempérament rebelle, Philippe Séguin, aura parfaitement incarné l'esprit et les valeurs de la France, l'espoir que nous a légué Charles de Gaulle.
Philippe Séguin n'est pas "le dernier mohican du gaullisme" comme cela a été écrit ici et là, mais bien l'éclaireur d'une France renouant avec ses valeurs, ses combats, ses solidarités. Sa disparition est un coup de semonce tragique pour le destin de la France. Elle nous oblige à poursuivre avec une ardeur redoublée la longue marche de la République pour l'égalité, le combat pour une France forte, libre et libératrice, pour une Europe qui respecte ses peuples, pour une Francophonie active et solidaire.</summary>
        <author>
            <name>Coordination Liberté Égalité Fraternité</name>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 15px; font-family: Times New Roman;"> <a href="http://laclef.typepad.fr/.a/6a00d83452858c69e201538e523fc8970b-pi" style="float: left;"><img alt="Séguin" class="asset  asset-image at-xid-6a00d83452858c69e201538e523fc8970b" src="http://laclef.typepad.fr/.a/6a00d83452858c69e201538e523fc8970b-120wi" style="margin: 0px 5px 5px 0px;" title="Séguin" /></a> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 15px; font-family: Times New Roman;">Ardent patriote, républicain exigeant, serviteur infatigable de l'État, orateur de talent, véritable stentor du débat parlementaire, militant indéfectible de la <a href="http://laclef.typepad.fr/coordination_libert_galit/pour_une_ambition_francop.html" target="_self" title="Pour une ambition francophone">Francophonie</a>, homme de conviction au tempérament rebelle, Philippe Séguin, aura parfaitement incarné l'esprit et les valeurs de la France, l'espoir que nous a légué Charles de Gaulle.</span><span style="font-size: 14px; font-family: Times New Roman;"><br /></span></p>
<div style="text-align: justify;"><span style="font-size: 15px; font-family: Times New Roman;"><span style="font-size: 14px;"><span style="font-size: 15px; font-family: Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size: 15px;"><span style="font-size: 15px;">Certes, la classe politique française et les médias, unanimes, et aujourd'hui la République aux Invalides, lui ont rendu un hommage exceptionnel. Mais l'hommage éclatant à l'homme a souvent été l'occasion pour certains de décréter la fi</span>n de l'idéal politique qui était sa raison d'être. Les déclarations péremptoires ont fait florès, à l'image de celle de Christophe Barbie<span style="font-size: 15px;">r sur LCI : "<em>L'histoire allait dans le sens contraire des aiguilles de la montre de Philippe Séguin</em>". </span><em><span style="font-size: 15px;"><span style="font-size: 16px;"> </span></span></em><span style="font-size: 15px;"> Les ye</span>ux rivés sur le présent, sur l'instant, ces commentateurs de l'apparence ont tendance à prendre le micro-climat parisien pour le vent de l'histoire. Ils ne voient pas le nouveau monde surgir de la crise, qui balaye les catéchismes libéraux comme les vieilles lunes fédéralistes et redonne tout leur sens aux États souverains et à la coopération intergouvernementale.</span></span></div>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 15px; font-family: Times New Roman;">Le jour de la disparition de Philippe Séguin, je recevais le message, émouvant et révélateur, d'un grand Québécois, Jean-Louis Roy <span style="font-size: 10px;">(1)</span>, qui m'écrivait notamment : "<em>Forte, vraie et libre, cette voix unique ne se fera plus entendre sinon par ceux et celles qui sauront s'en inspirer et résister comme il l'a fait admirablement toute sa vie.</em>" Le Québec a toujours beaucoup compté pour Philippe Séguin. Au moment du débat sur Maastricht, je lui avais fait parvenir un appel d'écrivains québécois que j'avais suggéré au poète Gaston Miron de susciter. Dès le lendemain du référendum, Philippe Séguin m'envoyait un petit mot pour me remercier, dans lequel il précisait : "<em>J'étais allé moi-même me ressourcer à Montréal et à Québec en août et j'avais pu y constater l'effarement de nos amis devant les tentations éprouvées par certains Français</em>". Il admirait la résistance séculaire du peuple québécois et espérait que la France resterait fidèle à l'idéal du Conseil national de la Résistance.</span></p>
<div style="text-align: justify;"><span style="font-size: 15px; font-family: Times New Roman;">Je le vois encore le 18 janvier 1994 remettre à Daniel Cordier, le secrétaire de Jean Moulin, le Prix de l'Assemblée nationale <span style="font-size: 10px;">(2)</span> et condamner ceux qui "<em>visent cette exception française que fut bel et bien l'esprit de la Résistance et qui ne va jamais de soi</em>". Je l'entends encore s'adresser à tous ceux qui sont venus pour rendre hommage à Daniel Cordier, à Jean Moulin et à l'armée des ombres : "<em>Nous avons tous, autant que nous sommes, universitaires, écrivains, journalistes, élus, un même combat à mener, je crois, combat qu'il est moins assuré qu'on ne croit de gagner à coup sûr: un combat contre les difficultés que rencontre en ce moment la culture française, la langue française.</em></span> [...]<span style="font-size: 15px; font-family: Times New Roman;"><em> Nous menons tous un certain combat pour la liberté de l'esprit dans un monde que nous ne voulons pas unidimentionnel, mais qui, à bien des égards menace de l'être chaque jour davantage. Et c'est en cela que nous honorons d'une autre façon la Résistance française dans le monde de cette fin de siècle</em>". Philippe Séguin n'est pas "<em>le dernier mohican du gaullisme</em>" comme cela a été écrit ici et là, mais bien l'éclaireur d'une France renouant avec ses valeurs, ses combats, ses solidarités. Sa disparition est un coup de semonce tragique pour le destin de la France. Elle nous oblige à poursuivre avec une ardeur redoublée la longue marche de la République pour l'égalité, le combat pour une France forte, libre et libératrice, pour une Europe qui respecte ses peuples, pour une Francophonie active et solidaire.</span></div>
<p>                                                                                                   <strong><span style="font-size: 14px;"> DOMINIQUE GALLET</span></strong></p>
<p><span style="font-size: 10px;"><br /></span></p>
<p><span style="font-size: 10px;">(1) Directeur du quotidien montréalais <em>Le Devoir</em> de 1981 à 1986, délégué général du Québec à Paris jusqu'en 1990, secrétaire général de l'Agence de la francophonie jusqu'en 1998, actuellement président du Centre de la Francophonie des Amériques. http://jeanlouisroyblog.wordpress.com/.<br /></span></p>
<p><span style="font-size: 10px;">(2) Pour son livre <em>Jean Moulin, l'inconnu du Panthéon</em>, Jean-Claude Lattès 1993.</span></p></div>
</content>



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        <title>INVESTISSEMENT D’AVENIR POUR LE GRAND EMPRUNT</title>
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        <published>2009-12-02T10:07:14+01:00</published>
        <updated>2012-01-04T17:37:30+01:00</updated>
        <summary>Si une volonté politique s'affirme, les moyens financiers à mobiliser pour ce nouveau programme seront dérisoires par rapport à l'immensité de l'enjeu. Ils permettraient à la France de concrétiser un effort prioritaire pour son progrès scientifique et technologique, son développement industriel de pointe, son rayonnement culturel, les emplois qui seraient créés, sans compter les vocations enthousiastes qui naîtraient au sein de nouvelles générations en quête de dépassement. Cet investissement correspondrait en tous points aux critères d'utilisation du grand emprunt national pour de véritables projets d'avenir. Première puissance spatiale d'Europe occidentale, disposant avec Kourou en Guyane d'un centre spatial des plus performants au monde, et avec la Terre-Adélie dans l'Antarctique, d'une base particulièrement adaptée à l'expérimentation des longs vols habités, la France doit, pour son indépendance et sa pérennité, se maintenir à un très haut niveau dans ce domaine stratégique.</summary>
        <author>
            <name>Coordination Liberté Égalité Fraternité</name>
        </author>
        
        
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p style="margin: 0px; font-family: 'Times New Roman'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 14px; line-height: normal; font-size-adjust: none; text-align: justify;"> </p>
<p><span style="font-family: times new roman,times;">____________________________________________</span></p>
<p><span style="font-family: times new roman,times;"><br /></span></p>
<p><span style="font-family: times new roman,times; font-size: 13pt;"><strong>AU-DELÀ DES CLIVAGES POLITIQUES,</strong></span></p>
<p><span style="font-family: times new roman,times; font-size: 13pt;"><strong>LA NÉCESSAIRE AMBITION SPATIALE FRANÇAISE</strong></span><span style="font-family: times new roman,times;"><strong> </strong></span></p>
<p><span style="font-family: times new roman,times;"><strong><br /></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: times new roman,times; font-size: 11pt;"><strong>À l’heure où les deux puissances qui se partageaient le monde s’interrogent sur les prochaines étapes de la conquête de l’espace, où des pays émergents de tailles diverses, Chine, Inde, Japon et Corée du Sud, s’investissent avec détermination dans l’aventure, où deux grandes nations européennes, l’Allemagne et la Grande-Bretagne, envisagent sérieusement de lancer des missions lunaires, qu’est devenue l’ambition de la France, première puissance spatiale d'Europe occidentale ?</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: times new roman,times; font-size: 11pt;"><strong>La conquête spatiale est pour notre pays une ambition non seulement légitime mais nécessaire. Si une volonté politique s'affirmait pour un nouveau programme spatial de souveraineté dans le cadre des prochains arbitrages du grand emprunt national consacré aux investissements d'avenir,</strong></span><span style="font-family: times new roman,times; font-size: 11pt;"><strong> les moyens financiers à mobiliser seraient dérisoires par rapport à l'immensité de l'enjeu. Ils permettraient à la France de concrétiser une stratégie essentielle pour son progrès scientifique et technologique, son développement industriel de pointe, son rayonnement culturel, les emplois qui seraient créés, sans compter les vocations enthousiastes qui naîtraient au sein de nouvelles générations en quête de dépassement.</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: times new roman,times; font-size: 11pt;"><strong>Le chef de l'État vient de présenter un premier bilan du grand emprunt. L’investissement en faveur d'une nouvelle étape de notre ambition nationale dans le domaine spatial n'est malheureusement toujours pas prévu. Il correspondrait pourtant en tous points aux critères d'utilisation du grand emprunt pour de véritables projets d'avenir. Au-delà des clivages politiques, il doit être ardemment soutenu par tous ceux qui sont attachés à l'affirmation de la puissance et de la souveraineté de la France, ainsi qu'au rayonnement de sa langue et de ses valeurs, dans le nouveau monde qui émerge.</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: times new roman,times; font-size: 11pt;"><strong>Nous mettons en exergue aujourd'hui, sans le modifier, l'article publié sur notre site le 2 décembre 2009 et sur marianne2.fr à la même période.                                                                                 </strong></span></p>
<p><span style="font-family: times new roman,times; font-size: 11pt;"><strong>                                                                                   8 JUILLET 2011</strong></span></p>
<p><span style="font-family: times new roman,times;">___________________________________________</span></p>
<p> </p>
<p> </p>
<p style="margin: 0px; font-family: 'Times New Roman'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 35px; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal;"><strong><strong>LA CONQUÊTE SPATIALE</strong></strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p style="margin: 0px; font-family: 'Times New Roman'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 36px; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal;"><strong><strong>une ambition pour la France</strong></strong></p>
<p style="margin: 0px; font-family: 'Times New Roman'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 16px; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-align: justify;"> </p>
<p style="margin: 0px; font-family: 'Times New Roman'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 16px; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-align: justify;"> </p>
<p style="margin: 0px; font-family: 'Times New Roman'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 16px; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-align: justify;">La célébration sur toute la planète du quarantième anniversaire des premiers pas de l'Homme sur la Lune, comme récemment la découverte d’eau sur son sol, ont mis de nouveau les projecteurs sur une activité essentielle pour l'avenir de l'humanité, la conquête de l'espace.<span style="font-family: 'Lucida Grande'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 16px; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal;"><br /> </span> </p>
<p style="margin: 0px; font-family: 'Times New Roman'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 16px; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-align: justify;">Marquée du sceau d'une certaine morosité, notamment aux États-Unis d'Amérique depuis la fin des missions Apollo, cette conquête suscite dans d’autres parties du monde un intérêt grandissant. De nouvelles ambitions nationales vers l’espace s’affirment aujourd’hui.<span style="font-family: 'Lucida Grande'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 16px; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal;"><br /> <br /> </span>  </p>
<p style="margin: 0px; font-family: 'Times New Roman'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 16px; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-align: justify;"><strong>DE NOUVELLES AMBITIONS NATIONALES</strong></p>
<p style="margin: 0px; font-family: 'Times New Roman'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 16px; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-align: justify;"><span style="font-family: 'Lucida Grande'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 16px; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal;"><br /> </span>Ainsi plusieurs puissances asiatiques se sont lancées dans l'aventure. La Chine réalisait en 2008 son troisième vol habité dans l'espace, après ceux de 2003 et 2005 <span style="font-size: 8pt;">(1)</span><sub><span style="font-size: 10pt;"> </span></sub>. Cette même année, l'Inde envoyait sur la Lune son premier engin spatial<span style="font-size: 8pt;"> (2)</span> et annonçait 60 vols spatiaux jusqu'en 2013, notamment vers la Lune et Mars, ainsi qu'une mission habitée en 2015. Ce choix stratégique ne concerne pas seulement des pays de la taille de la Chine, de l'Inde ou du Japon, mais également la Corée du Sud, une nation de 50 millions d'habitants. En 2007, le ministère des sciences de ce pays annonçait le lancement d'un vaste programme spatial, avec notamment l'ouverture à Naro de son premier centre spatial, le développement d'un lanceur de 300 tonnes et l'envoi d'une sonde sur la Lune.<span style="font-family: 'Lucida Grande'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 16px; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal;"><br /> </span> </p>
<p style="margin: 0px; font-family: 'Times New Roman'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 16px; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-align: justify;">Mais ces nouvelles ambitions nationales ne concernent pas seulement des puissances émergentes. Ainsi une dépêche de l'agence Reuters du 10 janvier 2007 nous apprenait que l'Agence spatiale britannique avait décidé, devant "<em>la réduction des coûts du transport dans l'espace</em>", de préparer sa première mission spatiale vers la Lune, afin d'y trouver le meilleur site pour une installation humaine. Et, au mois d'août dernier, le secrétaire d'État allemand chargé de l'espace envisageait, malgré la crise, au nom de l'importance de l'enjeu scientifique, le lancement par l'Allemagne d'une mission lunaire en 2015, chiffrant le coût de ce programme à 1,5 milliard d'euros sur cinq ans.<span style="font-family: 'Lucida Grande'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 16px; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal;"><br /> <br /> </span>  </p>
<p style="margin: 0px; font-family: 'Times New Roman'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 16px; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-align: justify;"><strong>NAISSANCE D’UNE AMBITION FRANÇAISE AVEC LE GÉNÉRAL DE GAULLE</strong></p>
<p style="margin: 0px; font-family: 'Times New Roman'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 16px; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-align: justify;"><span style="font-family: 'Lucida Grande'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 16px; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal;"><br /> </span>Dans ce nouveau paysage, qu'est devenue l'ambition spatiale de la France?</p>
<p style="margin: 0px; font-family: 'Times New Roman'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 16px; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-align: justify;"> </p>
<p style="margin: 0px; font-family: 'Times New Roman'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 16px; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-align: justify;">Elle s'était affirmée au début des années 60 avec l'arrivée au pouvoir du Général de Gaulle. La V<span style="font-family: 'Times New Roman'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 10pt; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal;">e </span>République naissante mobilisait notre communauté scientifique et industrielle dans un important programme portant la France au rang de troisième puissance spatiale mondiale. La conscience était profonde, à la tête de l'État, de l’importance de ces activités spatiales pour notre progrès scientifique et notre indépendance technologique, mais également, ce qui est moins connu, pour notre rayonnement linguistique. Paul Germain, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences, le soulignera lors d’un colloque international : “<em>C’est lorsque le général de Gaulle était président de la République que les plus hautes autorités de l’État découvrirent que les mutations scientifiques et techniques risquaient d’affecter gravement le rayonnement international de la langue française. Gaston Palewski, chargé au gouvernement des affaires spatiales, répondit à la question que je lui posais sur les raisons qu’avait notre pays de se lancer avec tant de résolution dans une politique spatiale ambitieuse : «Pour préserver le rayonnement de notre langue</em>»“.<span style="font-family: 'Lucida Grande'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 16px; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal;"><br /> </span> </p>
<p style="margin: 0px; font-family: 'Times New Roman'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 16px; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-align: justify;">Depuis l’origine de la V<span style="font-family: 'Times New Roman'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 10pt; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal;">e </span>République, notre pays a toujours voulu concilier un important programme spatial de souveraineté, sans équivalent en Europe occidentale, avec des coopérations bilatérales diversifiées et une profonde coopération européenne. Parallèlement à la montée en puissance de la stratégie française, l'Europe multipliait les échecs avec ses fusées Europa, sous l'égide chaotique de l'ESRO et de l'ELDO. En 1973, la France imposait à ses partenaires de nouvelles méthodes et sa maîtrise d'œuvre, dans le cadre du projet Ariane, afin de réaliser une véritable indépendance spatiale européenne dans le domaine crucial des lanceurs commerciaux. L'Agence spatiale européenne est née de cette nouvelle stratégie qui se voulait complémentaire d'une ambition spatiale française indépendante, mise en œuvre par le Centre national d'études spatiales (CNES). Ainsi, fin 1994, le comité gouvernemental de l’espace souhaitait encore “<em>maintenir la France à un très haut niveau dans le spatial</em> [...]<em> domaine stratégique et de souveraineté nationale</em>“ en lançant un important programme de satellites des futures générations.<span style="font-family: 'Lucida Grande'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 16px; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal;"><br /> <br /> </span>  </p>
<p style="margin: 0px; font-family: 'Times New Roman'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 16px; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-align: justify;"><strong>LA FRANCE PEUT-ELLE BRIDER SON AMBITION SPATIALE?</strong></p>
<p style="margin: 0px; font-family: 'Times New Roman'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 16px; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-align: justify;"><span style="font-family: 'Lucida Grande'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 16px; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal;"><br /> </span>Le CNES est doté d'un budget de l'ordre d'un milliard sept cents millions d'euros. 40% de ce budget est versé à l'Agence spatiale européenne. Les activités plus directement nationales de la France se sont concentrées ces dernières années sur les générations de satellites d'observation de la terre SPOT et Pléiades, de satellites militaires Hélios et Syracuse, ainsi que sur le programme de petites missions du CNES, comme COROT, le satellite découvreur d'exoplanètes. Mais la plupart des budgets stagnent et, si l’on excepte les ambitions spatiales du Livre blanc sur la Défense en 2008, aucun grand projet de mobilisation scientifique et industrielle n'est proposé à l'horizon de la décennie, aucun nouvel élan.<span style="font-family: 'Lucida Grande'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 16px; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal;"><br /> </span> </p>
<p style="margin: 0px; font-family: 'Times New Roman'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 16px; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-align: justify;">Notre pays peut-il brider son ambition dans ce secteur-clé, dans cette nouvelle aventure de l'humanité ? Un débat national, au grand jour, au-delà des clivages politiques, sur cette question essentielle, est nécessaire et urgent. Les projets de l'Allemagne et de la Grande-Bretagne, même s’ils ont été annoncés dans l’indifférence générale, sont révélateurs. Ils devraient inciter notre pays à revoir ses priorités. La réduction des coûts du transport dans l'espace, annoncée par l'Agence spatiale britannique, est une réalité. Pourquoi la France pourrait-elle continuer à s'interdire ce que ses voisins européens commencent à envisager sérieusement ? Nous ne pouvons être à la traîne.<span style="font-family: 'Lucida Grande'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 16px; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal;"> </span></p>
<p style="margin: 0px; font-family: 'Times New Roman'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 16px; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-align: justify;"><br /><span style="font-family: 'Lucida Grande'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 16px; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal;"> </span></p>
<p style="margin: 0px; font-family: 'Times New Roman'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 16px; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-align: justify;"><strong>UN INVESTISSEMENT D’AVENIR POUR LE GRAND EMPRUNT</strong></p>
<p style="margin: 0px; font-family: 'Times New Roman'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 16px; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-align: justify;"><span style="font-family: 'Lucida Grande'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 16px; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal;"><br /> </span>Si une volonté politique s'affirme, les moyens financiers à mobiliser pour ce nouveau programme seront dérisoires par rapport à l'immensité de l'enjeu. Ils permettraient à la France de concrétiser un effort prioritaire pour son progrès scientifique et technologique, son développement industriel de pointe, son rayonnement culturel, les emplois qui seraient créés, sans compter les vocations enthousiastes qui naîtraient au sein de nouvelles générations en quête de dépassement. Cet investissement correspondrait en tous points aux critères d'utilisation du grand emprunt national pour de véritables projets d'avenir.</p>
<p style="margin: 0px; font-family: 'Times New Roman'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 16px; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-align: justify;"><span style="font-family: 'Lucida Grande'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 16px; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal;"><br /> </span>Première puissance spatiale d'Europe occidentale, disposant avec Kourou en Guyane d'un centre spatial des plus performants au monde, et avec la Terre-Adélie dans l'Antarctique, d'une base particulièrement adaptée à l'expérimentation des longs vols habités, la France doit, pour son indépendance et sa pérennité, se maintenir à un très haut niveau dans ce domaine stratégique. Elle doit apporter à cette grande aventure humaine de la conquête spatiale une contribution spécifique digne non seulement de son rang dans le monde mais également de l'histoire de son peuple, qui, du comte de La Pérouse au commandant Charcot, de Samuel de Champlain à Louis Blériot et Paul-Émile Victor, a toujours su se projeter vers de nouveaux espaces, au-delà des horizons. L'espace est pour la France une ambition non seulement légitime mais nécessaire. Elle doit sans tarder renouer avec l’esprit de conquête, composante essentielle de son identité séculaire.</p>
<p style="margin: 0px; font-family: 'Times New Roman'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 16px; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-align: justify;"> </p>
<p style="margin: 0px; font-family: 'Times New Roman'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 16px; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal;"><span style="font-size: 18px; font-family: 'Times New Roman';"><span style="font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 20px; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal;"> </span></span><span style="font-family: 'Lucida Grande'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 20px; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal;"> </span><span style="font-family: 'Times New Roman'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 20px; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal;"><span style="font-size: 15px; font-family: 'Lucida Grande';">                                                             DOMINIQUE GALLET</span><br /></span></p>
<p style="margin: 0px; font-family: 'Times New Roman'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 20px; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; min-height: 23px;"> </p>
<p style="margin: 0px; font-family: 'Times New Roman'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 20px; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; min-height: 23px;"> </p>
<p style="margin: 0px; font-family: 'Times New Roman'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 14px; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal;">(1) Le budget spatial annuel annoncé par la Chine est de 2 milliards de dollars.</p>
<p style="margin: 0px; font-family: 'Times New Roman'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 14px; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal;">(2) Le coût annoncé de la mission est de 63 millions d’euros<span style="font-family: 'Lucida Grande'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 14px; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal;"> </span></p>
<p style="margin: 0px; font-family: 'Times New Roman'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 14px; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; min-height: 16px;"> </p>
<p><span style="font-size: medium;"><span style="font-size: 15px; font-weight: normal;"><br /></span></span></p></div>
</content>



    </entry>
    <entry>
        <title>AIMÉ CÉSAIRE ET LE PEUPLE FRANÇAIS</title>
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        <published>2008-04-18T23:13:53+02:00</published>
        <updated>2012-02-08T10:37:59+01:00</updated>
        <summary>   Au-delà de la profonde tristesse qui nous envahit devant la perte d'un être d'exception dont nous admirons aussi bien le combat pour la dignité et l'émancipation, l'humanisme flamboyant, que l’œuvre universelle qu’il lègue à la postérité, la disparition d’Aimé Césaire est également un événement essentiel pour la République. Un de ces moments rares où notre peuple peut plonger dans les profondeurs de son histoire, retrouver les valeurs qui fondent sa singularité, découvrir les richesses de sa diversité, imaginer son avenir. La question n’est donc pas de savoir si Aimé Césaire doit entrer au Panthéon. De son vivant, il avait d’ailleurs refusé tous les honneurs qui lui avaient été proposés. Non, la question est de savoir si, au-delà des hommages et des cérémonies, nous comprenons le cri de colère et d’espoir de celui qui se revendiquait “Français entièrement à part“.</summary>
        <author>
            <name>Coordination Liberté Égalité Fraternité</name>
        </author>
        
        
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p style="text-align: justify;"><a href="http://laclef.typepad.fr/.shared/image.html?/photos/uncategorized/2008/04/18/photo_diouf_csaire2.jpg" onclick="window.open(this.href, '_blank', 'width=499,height=477,scrollbars=no,resizable=no,toolbar=no,directories=no,location=no,menubar=no,status=no,left=0,top=0'); return false"><img alt="Photo_diouf_csaire2" border="0" height="191" src="http://laclef.typepad.fr/coordination_libert_galit/images/2008/04/18/photo_diouf_csaire2.jpg" style="margin: 0px 5px 5px 0px; float: left;" title="Photo_diouf_csaire2" width="200" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"> <span style="font-size: 16px;">Au-delà de la profonde tristesse qui nous envahit devant la perte d'un être d'exception dont nous admirons aussi bien le combat pour la dignité et l'émancipation, l'humanisme flamboyant, que l’œuvre universelle qu’il lègue à la postérité, la disparition d’Aimé Césaire est également un événement essentiel pour la République. Un de ces moments rares où notre peuple peut plonger dans les profondeurs de son histoire, retrouver les valeurs qui fondent sa singularité, découvrir les richesses de sa diversité, imaginer son avenir. La question n’est donc pas de savoir si Aimé Césaire doit entrer au Panthéon. De son vivant, il avait d’ailleurs refusé tous les honneurs qui lui avaient été proposés.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 15px;"><span style="font-size: 14px;"> </span></span><span style="font-size: 15px;"><span style="font-size: 14px;"><span style="font-size: 16px;"><span style="font-size: 16px;">Non, la question est de savoir si, au-delà des hommages et des cérémonies,<span style="font-size: 16px;"> nous </span><span style="font-size: 16px;">comprenons le cri de colère et d’espoir de celui qui se revendiquait<span style="font-size: 16px;"> <span style="font-size: 15px;">“</span></span></span></span></span></span></span><span style="font-size: 15px;"><span style="font-size: 14px;"><span style="font-size: 15px;"><span style="font-size: 16px;"><em><strong>Français entièrement à part</strong></em>“</span>.</span></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 16px;"><span style="font-size: 15px;"><span style="font-size: 14px;"><span style="font-size: 17px;"><span style="font-size: 16px;"> </span></span><span style="font-size: 16px;"><span style="font-size: 17px;">La question est de savoir si nous entendons enfin l’appel de tous ceux qui, de l’Émir Abdel Kader à Frantz Fanon, Léopold Sédar Senghor et Aimé Césaire, ont combattu le colonialisme fr</span>ançais au nom de l’idéal de la France des Lumières, de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen, de la France Libre et de la Résistance.</span></span></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px;"><span style="font-size: 16px;"><span style="font-size: 16px;"><span style="font-size: 16px;"><span style="font-size: 15px;"><span style="font-size: 14px;"><span style="font-size: 16px;">  Si, après avoir enflammé le monde avec la Révolution de la Liberté et sa Marseillaise, nous accomplissons une nouvelle révolution, celle de l’Égalité et de la Fraternité.</span></span></span></span></span></span></span></p>
<div style="text-align: justify;"><span style="font-size: 16px;"><span style="font-size: 15px;"><span style="font-size: 14px;"><span style="font-size: 16px;"> </span><span style="font-size: 16px;">Si nous comprenons l’importance de ce qu’Aimé Césaire déclarait avec émotion au secrétaire général de la Francophonie, le Sénégalais Abdou Diouf, le 16 mars 2005, à la Mairie de Fort-de-France : “<em><strong>Les choses ont tellement changé ! Je me demande si la France elle-même n’est pas menacée et si elle n’est pas la Martinique des temps modernes, engloutie par la mondialisation. Eh bien ! Nous sommes d’accord pour défendre le français comme j’étais d’accord à l’époque du colonialisme pour défendre le créole. Ce sont des civilisations qui risquent d’être écrasées</strong></em>“.</span></span></span></span></div>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 15px;"><span style="font-size: 16px;">Aimé Césaire, alors, entrera dans la conscience collective du peuple français et inspirera les prochaines pages de son histoire. Le seul honneur qu’il aurait accepté.</span></span></p>
<p>                                                                                                         <strong>DOMINIQUE GALLET</strong></p>
<p><br /><strong><span style="font-size: 8pt;">photo rencontre Abdou Diouf / Aimé Césaire - (c) droits réservés 2005</span><br /></strong></p></div>
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        <title>À PROPOS DE LA LETTRE DE GUY MÔQUET</title>
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        <published>2007-10-22T10:30:00+02:00</published>
        <updated>2011-05-20T17:16:02+02:00</updated>
        <summary>   Ce 22 octobre, la lettre d’adieu de Guy Môquet a été lue dans les lycées de la République. Au-delà des légitimes questions sur l’instrumentalisation politique de son martyre, un débat, à l'écart de tout esprit polémique, est nécessaire sur la justesse de ce choix et, plus précisément, sur la réalité de sa contribution à la compréhension par les générations nouvelles du sens du combat de la Résistance.  Cette dernière lettre, comme souvent celles des martyrs de la Résistance - l'un des premiers d’entre eux fut le lieutenant de vaisseau Honoré d’Estienne d’Orves, fusillé le 29 août 1941 - exprime les sentiments ultimes de Guy Môquet pour les êtres qu’il chérit. Elle appartient avant tout à son intimité familiale. L’émotion qui étreint à la lecture des dernières pensées de ce jeune militant, courageux et digne, est immense. Mais le risque est grand qu’avec le temps, cette intensité émotionnelle ne s’érode, que ces lignes si belles ne se banalisent, et surtout ne soient dénaturées par des utilisations à tort et à travers. D’ailleurs, sans tarder, la navrante lecture de sa lettre d’adieu dans le contexte d’une compétition sportive entre nations a révélé le risque de contresens, de totale confusion des valeurs.

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        <author>
            <name>Coordination Liberté Égalité Fraternité</name>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p><span style="font-size: 1.4em;"><strong>                                      <a href="http://laclef.typepad.fr/.shared/image.html?/photos/uncategorized/2007/10/22/jean_moulin_4.jpg" onclick="window.open(this.href, '_blank', 'width=640,height=480,scrollbars=no,resizable=no,toolbar=no,directories=no,location=no,menubar=no,status=no,left=0,top=0'); return false"><img alt="Jean_moulin_4" border="0" height="112" src="http://laclef.typepad.fr/coordination_libert_galit/images/2007/10/22/jean_moulin_4.jpg" style="margin: 0px 5px 5px 0px; float: left;" title="Jean_moulin_4" width="150" /></a>  </strong></span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-size: 1.2em;"><span style="font-size: 14pt;"><strong>RÉSISTANCE ET RÉPUBLIQUE</strong></span><strong><br /> </strong></span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-size: 13pt;"><em>UNE MÊME LECTURE POUR L'AVENIR</em></span></p>
<p style="text-align: justify;">    Ce 22 octobre, la lettre d’adieu de Guy Môquet a été lue dans les lycées de la République. Au-delà des légitimes questions sur l’instrumentalisation politique de son martyre, un débat, à l'écart de tout esprit polémique, est nécessaire sur la justesse de ce choix et, plus précisément, sur la réalité de sa contribution à la compréhension par les générations nouvelles du sens du combat de la Résistance.</p>
<p style="text-align: justify;">    Cette dernière lettre, comme souvent celles des martyrs de la Résistance - l'un des premiers d’entre eux fut le lieutenant de vaisseau Honoré d’Estienne d’Orves, fusillé le 29 août 1941 - exprime les sentiments ultimes de Guy Môquet pour les êtres qu’il chérit. Elle appartient avant tout à son intimité familiale. L’émotion qui étreint à la lecture des dernières pensées de ce jeune militant, courageux et digne, est immense. Mais le risque est grand qu’avec le temps, cette intensité émotionnelle ne s’érode, que ces lignes si belles ne se banalisent, et surtout ne soient dénaturées par des utilisations à tort et à travers. D’ailleurs, sans tarder, la navrante lecture de sa lettre d’adieu dans le contexte d’une compétition sportive entre nations a révélé le risque de contresens, de totale confusion des valeurs.</p>
<p style="text-align: justify;">    L’École de la République doit transmettre du sens et du savoir. Est-ce le cas avec la lecture de la lettre d’adieu de Guy Môquet ? Au-delà de leurs différences d’âge, d’origine sociale, d’appartenance politique, de conception philosophique, ces femmes et ces hommes, qui ont été l’honneur de la France, partageaient un idéal patriotique. Les soldats de l'armée des ombres étaient des chevaliers des Lumières. En acceptant, par leur engagement, le sacrifice suprême, “ceux qui croyaient au ciel et ceux qui n’y croyaient pas“ voulaient transmettre un humanisme aux antipodes du nationalisme et de la haine, l’idéal d’une France libre et libératrice, que le Conseil National de la Résistance, dans sa belle diversité, exprimera. Par sa nature intime et familiale, la lettre de Guy Môquet n’est pas un document qui contribue à la réflexion sur la Résistance. Il est un témoignage sur la barbarie nazie et le système des otages, sur le courage bouleversant de l'une de ses jeunes victimes, ainsi que sur l'engrenage monstrueux de la Collaboration.</p>
<p style="text-align: justify;">    Par contre, une multitude d’exemples permettraient de susciter une véritable réflexion et de transmettre le sens profond, l’esprit de la Résistance. Il est notamment une page héroïque qui exprime cet idéal, mais qui est ignorée, faute d’information, par la quasi-totalité des jeunes Français. C’était le 17 juin 1940, la veille d’un certain 18 juin. Au fond de sa cellule, à côté d’un tirailleur sénégalais endormi, le préfet de Chartres, Jean Moulin, se tranche la gorge pour ne pas céder aux nazis qui veulent l’obliger à signer une déclaration mensongère accusant les soldats africains de l’armée française d’avoir commis des crimes de guerre perpétrés, en fait par l’armée hitlérienne. Sauvé <em>in extremis</em>, il sera libéré.</p>
<p style="text-align: justify;">    Un des premiers grands actes de résistance française venait d’avoir lieu, un acte de dignité humaine et de fraternité avec les peuples noirs. Jean Moulin, qui allait ensuite rejoindre le chef de la France Libre à Londres et devenir l’organisateur et l’unificateur de la résistance intérieure, consignera dans <a href="http://laclef.typepad.fr/coordination_libert_galit/premiercombat.html" target="_self" title="Premier combat"><strong><em>Premier combat</em></strong></a> la chronique dépouillée des premiers jours de l’exode et de l’occupation, de sa révolte contre le vichysme naissant et de son sacrifice du 17 juin. Ce petit livre lumineux devrait être porté à la connaissance de tous les jeunes Français car il est emblématique de l’engagement dans la Résistance en répondant directement, simplement, au “pourquoi“, au “comment“ et au “jusqu’où“.</p>
<p style="text-align: justify;">    Dans la crise d’identité que traverse aujourd’hui notre pays, la transmission aux nouvelles générations de ce magnifique exemple, quintessence du patriotisme français et de l’humanisme républicain, est indispensable. Il est essentiel pour l'avenir que les élèves de France, dans leur diversité, apprennent qu’un jeune préfet de la République a su, face au nazisme, incarner jusqu’au sacrifice suprême la belle devise inscrite sur le fronton de leurs établissements : “Liberté, Égalité, Fraternité". L'École de la République contribuera ainsi à l'une de ses missions, qui est de former des citoyens.</p>
<p>                                                                                                           <strong>DOMINIQUE GALLET</strong></p>
<p><span style="font-style: italic;"> </span></p></div>
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