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<?xml-stylesheet type="text/xsl" media="screen" href="/~d/styles/atom10full.xsl"?><?xml-stylesheet type="text/css" media="screen" href="http://feeds.feedburner.com/~d/styles/itemcontent.css"?><feed xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom" xmlns:openSearch="http://a9.com/-/spec/opensearch/1.1/" xmlns:georss="http://www.georss.org/georss" xmlns:gd="http://schemas.google.com/g/2005" xmlns:thr="http://purl.org/syndication/thread/1.0" xmlns:feedburner="http://rssnamespace.org/feedburner/ext/1.0" gd:etag="W/&quot;D0UNR3oyfip7ImA9WhRaFE8.&quot;"><id>tag:blogger.com,1999:blog-306684188726460115</id><updated>2012-02-16T21:48:16.496+01:00</updated><category term="épisode 10" /><category term="épisode 2" /><category term="épisode 7" /><category term="épisode 6" /><category term="épisode 5" /><category term="Moonlight Sonata" /><category term="épisode 9" /><category term="épisode 4" /><category term="épisode 13" /><category term="épisode 8" /><category term="épisode 11" /><category term="épisode 3" /><category term="épisode 1" /><category term="épisode 12" /><title>Dreams are made of this</title><subtitle type="html" /><link rel="http://schemas.google.com/g/2005#feed" type="application/atom+xml" href="http://d-a-m-o-t.blogspot.com/feeds/posts/default" /><link rel="alternate" type="text/html" href="http://d-a-m-o-t.blogspot.com/" /><author><name>Odalisque</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17622769863035218850</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel="http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail" width="16" height="16" src="http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif" /></author><generator version="7.00" uri="http://www.blogger.com">Blogger</generator><openSearch:totalResults>22</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>25</openSearch:itemsPerPage><atom10:link xmlns:atom10="http://www.w3.org/2005/Atom" rel="self" type="application/atom+xml" href="http://feeds.feedburner.com/DreamsAreMadeOfThis" /><feedburner:info uri="dreamsaremadeofthis" /><atom10:link xmlns:atom10="http://www.w3.org/2005/Atom" rel="hub" href="http://pubsubhubbub.appspot.com/" /><entry gd:etag="W/&quot;Ak4BQH4_eyp7ImA9WhZVGUs.&quot;"><id>tag:blogger.com,1999:blog-306684188726460115.post-4361886062758831430</id><published>2011-06-02T00:55:00.000+02:00</published><updated>2011-06-02T00:55:51.043+02:00</updated><app:edited xmlns:app="http://www.w3.org/2007/app">2011-06-02T00:55:51.043+02:00</app:edited><title>Moonlight Sonata - n°22</title><content type="html">&lt;div dir="ltr" style="text-align: left;" trbidi="on"&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Très vite, Alex avait rappelé Esther pour fixer un nouveau rendez-vous, et elle lui avait rendu la réciproque le lendemain. Ainsi de suite, leurs rencontres étaient devenues quotidiennes, si bien qu'au bout d'un moment, ils avaient cessé de s'appeler. Comme un accord tacite, Alex rejoignait Esther en bas du Toit du monde, tous les jours, à 19h. Ils montaient ensuite tout en haut de l'immeuble, et contemplaient l'horizon, ou s'allongeaient pour bavarder tout en se noyant dans le ciel. Ils partaient ensuite dîner dans un petit restaurant, qu'ils choisissaient au gré leurs envies. Et pour finir, ils allaient voir un film, écouter de la musique, visiter un endroit de la ville qu'ils ne connaissaient pas. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Alex ne savait pas ce qui le rendait le plus heureux dans tout cela : les souvenirs des moments qu'ils avaient passés ensemble, la promesse des soirées à venir, ou tout simplement, quand il le vivait. C'était sans doute le rassemblement de ces trois choses qui faisaient son bonheur.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;A vrai dire, ces moments étaient des oasis au milieu d'un désert de soucis. Il travaillait beaucoup pour le journal, mais étant en désaccord avec sa ligne éditoriale, il trouvait cela de plus en plus inconfortable. Plusieurs fois, le rédacteur en chef lui avait demandé de réécrire certains passages, le menaçant de ne pas le publier sinon, cela n'étant pas dans l'«&amp;nbsp;idée&amp;nbsp;» du journal. Et Alex avait du mal à l'accepter, surtout quand cette «&amp;nbsp;idée&amp;nbsp;» du journal faisait en sorte que l'on évite soigneusement de parler de fâcheux évènements touchant certaines personnes bien placées, et que l'on souligne d'un trait gras de scandale d'autres affaires moindres, éclaboussant ainsi ceux qui étaient vus d'un moins bon oeil par la rédaction. Il n'en avait aucune preuve, mais il sentait que la ligne du journal était fortement influencée par l'argent et les relations de quelques personnes au pouvoir... &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Cependant, il continuait à travailler, espérant que son investissement résoudrait la situation, à commencer par ses dettes. Il gagnait certes un peu d'argent, mais pas assez pour pouvoir les rembourser, et sa plume dérangeante n'arrangeait sans doute pas la chose.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le Gnou était déjà venu à deux reprises lui rappeler qu'il lui devait de l'argent. Alex ne lui avait pourtant pas donné l'adresse de son domicile, aussi le découvrir à sa porte un dimanche matin, une fois la surprise passée, avait laissé en lui une petite inquiétude qu'il ne parvenait à déloger. Il lui  avait alors expliqué poliment qu'il n'avait pas encore l'argent, mais qu'il y travaillait, et que cela serait pour bientôt. Devant l'insistance du Gnou la seconde fois, il avait lui même fixé un délais de deux semaines pour rembourser sa dette. L'autre lui avait dit que s'il ne tenait pas parole, les choses iraient mal, et qu'il lui devrait le triple. Bien qu'elle fût stressante, Alex faisait face à cette situation patiemment, y voyant la rançon de l'épanouissement qu'il trouvait aux côtés d'Esther. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ed et Carl, avec qui il passait le temps libre qu'il ne réservait pas à Esther, se moquaient de cet engouement soudain, et le taquinaient pour qu'il avoue qu'il en était amoureux. Mais l'aveu ne venait pas; ils eurent alors l'idée d'inviter Esther à se joindre à un de leurs repas.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Esther était arrivée au rendez-vous avant Alex, si bien que les deux amis eurent le temps de la découvrir un peu, sans que la présence d'Alex ne vienne rien modifier. Elle portait une jolie robe verte, et avait relevé ses cheveux. L'échange était agréable, et ils compriment rapidement pourquoi leur ami pouvait passer autant de temps avec cette fille. Quand il arriva au restaurant, Alex, qui n'avait pas été informé de la présence d'Esther, laissa pendant quelques instants paraître sur son visage une expression de surprise teinté de désapprobation. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Ah, Esther, qu'est-ce que tu fais là ? demanda-t-il en approchant de la table à laquelle ils étaient installés.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Eh bien, je me joins à vous... Tes amis m'ont gentiment invitée. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Ah, je vois. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Et il se tut, ce qui surpris ses trois comparses. Ed eut l'impression que leur initiative l'avait fâché, et il ne comprenait pas pourquoi. Il n'osait pas le demander, en présence de la jeune femme, aussi il lança qu'il allait aux toilettes, et lança à Alex un regard qui lui fit comprendre qu'il l'incitait à en faire de même. Cela eut l'effet escompté, et quelques secondes plus tard, Alex le rejoignit dans le couloir à l'écart de la salle principale. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Eh bien quoi, notre surprise ne te plait pas ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Disons que je ne comprends pas bien ce que vous faites... Tu me vois, toi, inviter une fille de tes connaissances à un de nos diners ? Et puis tu aurais pu me prévenir, on dirait une sorte de piège que vous me tendez.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Un piège, mais pas du tout... Qu'est-ce qui t'arrive au juste ? &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Rien, il m'arrive rien. J'aime juste pas qu'on vienne farfouiller dans mes affaires. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Ah, et Esther, c'est «&amp;nbsp;tes affaires&amp;nbsp;», c'est ça ? &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Alex ne répondit rien, et après s'être lavé les mains pour faire comme s'il n'était pas venu ici que pour suivre l'invitation d'Ed, il retourna dans la salle. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Quand il revint à la table, il ne vit que Carl, qui lui expliqua que Esther avait préféré s'en aller; en effet, vu la réaction d'Alex, elle s'était dit qu'elle dérangeait, et avait jugé qu'il serait mieux qu'elle rentre chez elle.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;A cette nouvelle, Alex ressentit une certaine amertume : il n'avait plus envie de parler, de communiquer avec qui que ce soit. Il remit son manteau, et sans commenter, partit du restaurant. &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/306684188726460115-4361886062758831430?l=d-a-m-o-t.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/7FI-tKw6XPP8bWcSloca_riorCg/0/da"&gt;&lt;img src="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/7FI-tKw6XPP8bWcSloca_riorCg/0/di" border="0" ismap="true"&gt;&lt;/img&gt;&lt;/a&gt;&lt;br/&gt;
&lt;a href="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/7FI-tKw6XPP8bWcSloca_riorCg/1/da"&gt;&lt;img src="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/7FI-tKw6XPP8bWcSloca_riorCg/1/di" border="0" ismap="true"&gt;&lt;/img&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;img src="http://feeds.feedburner.com/~r/DreamsAreMadeOfThis/~4/WyhInaMPt2Q" height="1" width="1"/&gt;</content><link rel="replies" type="application/atom+xml" href="http://d-a-m-o-t.blogspot.com/feeds/4361886062758831430/comments/default" title="Publier les commentaires" /><link rel="replies" type="text/html" href="http://d-a-m-o-t.blogspot.com/2011/06/moonlight-sonata-n22.html#comment-form" title="0 commentaires" /><link rel="edit" type="application/atom+xml" href="http://www.blogger.com/feeds/306684188726460115/posts/default/4361886062758831430?v=2" /><link rel="self" type="application/atom+xml" href="http://www.blogger.com/feeds/306684188726460115/posts/default/4361886062758831430?v=2" /><link rel="alternate" type="text/html" href="http://feedproxy.google.com/~r/DreamsAreMadeOfThis/~3/WyhInaMPt2Q/moonlight-sonata-n22.html" title="Moonlight Sonata - n°22" /><author><name>Odalisque</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17622769863035218850</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel="http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail" width="16" height="16" src="http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif" /></author><thr:total>0</thr:total><feedburner:origLink>http://d-a-m-o-t.blogspot.com/2011/06/moonlight-sonata-n22.html</feedburner:origLink></entry><entry gd:etag="W/&quot;CEANQng-eip7ImA9WhZWFEs.&quot;"><id>tag:blogger.com,1999:blog-306684188726460115.post-1915798643770114937</id><published>2011-04-17T19:06:00.002+02:00</published><updated>2011-05-15T14:33:13.652+02:00</updated><app:edited xmlns:app="http://www.w3.org/2007/app">2011-05-15T14:33:13.652+02:00</app:edited><title>Moonlight Sonata - n°21</title><content type="html">&lt;div dir="ltr" style="text-align: justify;" trbidi="on"&gt;&amp;nbsp; Leur premier rendez-vous laissa une très bonne impression à Alex. Calés à une petite table, dans un café sympathique où quelques habitués dégustaient tranquillement leur boisson en écoutant de la musique classique, ils avaient parlé de leurs vies respectives. Cette jeune femme s'appelait Esther, et était pâtissière. Tandis qu'elle parlait, elle avait souvent ce petit tic de regarder un peu sur le côté avec un petit sourire, comme si son visage commentait avec malice ce qu'elle disait et faisait. &lt;br /&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Elle aimait se promener dans les parcs, seule, le dimanche, et y rencontrer des gens, un peu par hasard. Elle lui parla d'un petit grand-père qu'elle voyait souvent et qui lui racontait les histoires avec ses différentes amantes comme s'il s'agissait d'un roman-feuilleton, et d'une jeune fille avec qui elles parlaient philosophie en mangeant des hamburgers. Alex comprenait instinctivement comment elle avait pu tisser ce genre de liens avec des gens aussi différents. Elle parlait avec douceur et franchise, et semblait toujours vouloir s'assurer qu'il était bien, et qu'elle ne l'importunait pas avec ses anecdotes. Son enfance n'avait pas été très joyeuse, mais elle semblait profiter avec délice de la nouvelle vie que lui avait offert l'âge adulte.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Alex la regardait, en train de parler, lumineuse tout en ne sachant pas qu'elle l'était, et se rendit compte qu'il était complètement perdu. Il constatait avec plaisir tous les charmes de cette jeune femme, mais il ne savait pas s'ils le touchaient. Ou si, il y était sensible, mais il avait l'impression d'être détaché de tout. Il n'aimait pas trop cet état, car il se sentait comme quelqu'un qui restait sur le côté de la route, à voir le cortège défiler avec nostalgie au lieu d'en faire partie, mais il ne pouvait rien y faire. Il savait juste qu'il avait envie, lui aussi, d'avoir son petit rituel dans la vie d'Esther. Et cette idée était infiniment rassurante quand il y pensait. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il la regardait parler, comme il aurait pu fixer, hypnotisé, les reflets du soleil sur l'eau, ou l'ombre d'un feuillage se mouvoir sur le sol au gré du vent ; il appréciait cela avec délice, mais sans vraiment y prendre part. Quand elle eut fini de parler, elle le regarda dans les yeux, et lui posa une question. Il ne réagit pas tout de suite, puis sembla se ressaisir comme s'il sortait d'une rêverie. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Quoi ? Oui ? Ah, mon enfance ? Eh bien, euh... Il n'y a pas grand chose à dire, bredouilla-t-il, confus, ne trouvant dans son cerveau qu'un grand vide blanc lorsqu'il se reposa la question à lui-même. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Vous avez bien des souvenirs, des choses qui vous ont marquées ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Oui, oui je... Excusez-moi, je cherche, dit-il, recouvrant son visage de ses mains, comme si cela allait l'aider à mieux s'en souvenir. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Je vous ennuie peut-être ? dit-elle d'une petite voix. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Non pas du tout ! Assura-t-il, touché par cette inquiétude. Je suis désolé, ce n'est vraiment pas votre faute, je ne sais pas ce que j'ai aujourd'hui... Non, ne vous inquiétez pas, vous êtes parfaite. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Je vois, dit-elle avec un petit sourire. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Elle le prit par la main, et l'entraîna hors du café en ne disant qu'un «&amp;nbsp;venez avec moi&amp;nbsp;». Elle marchait en souriant, d'un pas léger et presque conquérant, et, lui tenant toujours la main, elle se faufila d'une rue à une autre, suivant un itinéraire qu'elle semblait connaître par coeur. Ils arrivèrent alors dans une sorte d'arrière cour d'un grand immeuble en pierre, qu'ils traversèrent jusqu'à la lourde porte du bâtiment. Elle l'ouvrit avec une relative aisance par rapport à ce que pouvaient promettre ses bras frêles, et entra, tenant toujours Alex par la main. Elle monta alors les escaliers rapidement, l'obligeant à sauter quelques marches. Tout en faisant attention à où il posait les pieds, il regardait de temps en temps les mouvements de sa jupe tandis qu'elle grimpait les étages, et son si beau sourire, qu'il n'apercevait que lorsque l'escalier tournait.  &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ils arrivèrent finalement tout en haut de l'immeuble, dont elle ouvrit la toute dernière porte, pour déboucher sur le toit. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;L'endroit était joli : une petite balustrade de pierre marquait la séparation entre le vide et les dalles de pierre qui recouvraient la surface plate du toit. Tout autour s'étendait la ville; sa rumeur,  assourdie depuis la haute position qu'ils occupaient à présent, les enveloppait comme un murmure. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Tu peux t'allonger par terre, si tu veux, c'est propre. Je viens souvent ici, alors je fais un peu de ménage, pour pouvoir m'y sentir comme chez moi. Et puis c'est sympa de passer le balai tranquillement sur le toit du monde. Tu ne trouves pas que c'est un peu comme le toit du monde ici ? C'est comme ça que j'appelle ce lieu en tout cas.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Il n'y a que toi qui vient ici ? demanda-t-il.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Oui, il n'y a que moi qui ai la clé. Ma grand-mère était mariée au propriétaire de l'immeuble – un premier mariage, il est mort, et ensuite elle s'est mariée avec mon grand-père – et il lui avait donné la clé, car il savait qu'elle adorait passer du temps ici. Elle est morte aussi maintenant, mais elle m'amenait souvent ici, et elle m'a légué cette clé comme héritage. J'ai un frère et une soeur, mais je ne sais même pas s'ils connaissent l'existence de ce lieu. Enfin si, peut-être, mais j'aime bien me dire que cet endroit n'est qu'à moi. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Merci de m'avoir amené ici, répondit Alex, qui souriait doucement depuis qu'il avait posé les pieds dans cet endroit. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- De rien. C'est ici que je viens quand j'ai les pensées confuses. Est-ce que ça t'aide, toi aussi ? &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Oui, beaucoup. Mais je crois que je n'ai toujours pas trop la tête à parler de mon enfance. Un autre jour peut-être. Par contre on peut parler d'autres choses si tu veux, ça me ferait très plaisir en tout cas. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Et ils s'allongèrent, dans des sens opposés, mais leur tête côte à côte, et se mirent à bavarder en regardant les nuages. Alex se dit que c'était l'un des meilleurs moments qu'il avait passé depuis bien longtemps. Tout était bien. Le soir, il rentra chez lui, comme apaisé, et heureux. &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/306684188726460115-1915798643770114937?l=d-a-m-o-t.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/pxYukGoJ70E8QpzswTSeCen3pkM/0/da"&gt;&lt;img src="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/pxYukGoJ70E8QpzswTSeCen3pkM/0/di" border="0" ismap="true"&gt;&lt;/img&gt;&lt;/a&gt;&lt;br/&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Ouais ? demanda-t-il, faisant profiter les trois visiteurs de son haleine peu agréable.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- On vient voir Le Gnou. Il est là ?  &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Ouais, répondit l'autre, qui semblait avoir un vocabulaire assez limité. Il les laissa alors passer, leur montra où aller, et referma la porte après avoir écrasé sa cigarette sur le sol poussiéreux, d'un mouvement las. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;A la mention du «Gnou&amp;nbsp;», Alex et Carl s'étaient regardés, amusés. Quand ils furent à nouveau seuls, il demandèrent à Ed si c'était là son vrai nom. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Non pas du tout. C'est lui qui se fait appeler comme ça. Je comprends pas pourquoi, parce que c'est quand même hyper ridicule comme surnom... Quoi que, ça lui va pas si mal, c'est ça le drame, leur expliqua-t-il, provoquant des rires qu'ils eurent du mal à contenir une fois devant l'énergumène en question. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Oui, c'est pour quoi ? demanda Le Gnou, qui était sorti d'une petite pièce à l'arrière du bâtiment pour venir à leur rencontre. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ed lui serra alors la main, imité par ses amis, et Alex lui expliqua rapidement la situation. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Ah, la Breitling ? lança-t-il.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Oui, c'est ça. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Très bien... Eh bien si tu as 20 000 sur toi, je te la rends maintenant. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;20 000 ? Ça va pas ? Je l'ai sûrement pas laissée pour 20 000 hier soir – jamais j'aurais joué jusqu'à une telle somme. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- J'en sais rien, et je vais pas jouer aux baby-sitter. C'est pas de ma faute si tu laisses tes affaires pour un rien. Mais c'est à peu près ce que ça coûte sur le marché, donc si tu veux la récupérer, tu avances les biffetons, et c'est tout. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- C'est pas le genre de somme qu'on a sur soi comme ça... Quelle merde, c'est pas vrai, dit Alex, se prenant la tête entre les mains, avant d'aller s'adosser contre un mur. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Pendant qu'Ed essayait de négocier avec Le Gnou, Carl rejoignit Alex : &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Ça va aller, t'inquiète. Je connais un mec qui pourra te prêter ces 20 000, tu le rembourseras plus tard et puis voilà, comme ça tu la récupèreras, ta montre. Sauf si tu préfères laisser tomber, ce que je comprendrais, mais je crois que tu y tiens vachement à cette Breitling, non ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Oui. Non mais j'ai pas le choix, je vais aller voir ton ami, lui emprunter l'argent. Tant pis si je m'endette pour un petit bout de temps...&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;C'est donc ce qu'ils firent. Avant de repartir du Mosquito, Carl se hasarda à demander au Gnou d'où lui venait ce surnom. Tout ce qu'il parvint à obtenir fut un : «&amp;nbsp;ça te regarde, peut-être ?&amp;nbsp;». Ils allèrent alors traîner dans un parc non loin de là. Tandis qu'ils regardaient les gens – et surtout les femmes – passer, allant à chaque fois de leurs commentaires, Alex tâchait de ne pas voir que du négatif dans le fait qu'il venait de dilapider une rondelette somme d'argent –&amp;nbsp;qu'il n'aurait jamais osé dépenser en une seule fois, en temps ordinaire – dans le seul but de récupérer un objet qui lui appartenait. Et cela n'était pas évident. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Pour éviter d'ennuyer ses amis avec son humeur maussade, il partit se poser du côté de la fontaine. Tout en regardant les diverses pièces entassées qui gisaient en son fond, il ressassait les mêmes pensées désagréables, ne voyant que sa perte, et ne parvenant à trouver rien qu'un énorme gâchis dans cette histoire. Et il détestait le gâchis plus que tout. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Vous aussi, vous avez envie d'aller toutes les ramasser ? demanda alors une voix douce derrière lui.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il se retourna et se retrouva nez à nez avec une jeune femme aux cheveux châtain clair, et aux joues constellées de taches de rousseur. Elle avait un petit air doux et fragile qui lui donnait un charme certain. Un sourire apparut sur leurs visages. Un peu pris au dépourvu, il ne sut quoi dire. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Je dis ça car vous fixez ces pièces depuis tout à l'heure. Depuis que je suis toute petite, j'ai envie de trouver un stratagème pour pouvoir les récupérer. Je sais que c'est très simple en pratique, il suffirait que je rentre dans le bassin, mais disons que la morale rend la tâche plus compliquée.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Je comprends, répondit-il en riant. C'est sûr que les gens qui assisteraient à la scène ne verraient pas cela d'un bon oeil. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Oui, voilà, acquiesça-t-elle, souriante. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- J'avoue que l'envie pourrait me traverser l'esprit aussi, mais je crains que ces pièces ne suffisent pas... Mais je ne suis plus à ça près. Accepteriez-vous de prendre un verre avec moi ? Je suis là avec des amis, je vais juste aller leur dire que je m'en vais, si vous êtes partante, bien sûr. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Avec plaisir, répondit-elle. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Alex fut surpris de la rapidité avec laquelle leur rencontre avait aboutit à un premier contact plus éloquent quant à leurs intentions. Il n'était pas du genre à s'intéresser à n'importe quelle créature qui croisait son chemin, mais celle-ci semblait mériter son attention. Carl et Ed, ravis que leur ami retrouve un peu d'entrain et de bonne humeur, le saluèrent, et restèrent encore un peu sur leur banc, à émettre de spirituels jugements sur les passants.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/306684188726460115-836967772111959038?l=d-a-m-o-t.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/RyQGqBZ4ZOhq77wxsfsvA7Q1nV0/0/da"&gt;&lt;img src="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/RyQGqBZ4ZOhq77wxsfsvA7Q1nV0/0/di" border="0" ismap="true"&gt;&lt;/img&gt;&lt;/a&gt;&lt;br/&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il eut une petite bouffée d'angoisse à l'idée qu'il avait pu la perdre. Non seulement elle valait cher, très cher, mais surtout, c'était un objet qui représentait tellement de choses pour lui... Son père n'était pas quelqu'un de très bavard ; il lui avait peu parlé de son vivant. Aussi Alex n'avait jamais trop su ce qu'il pensait de lui. Son père avait toujours été là, comme une de ces choses immuables et fixes, dont on n'imaginait pas qu'elles puissent disparaître. Il n'était pas beaucoup intervenu dans l'éducation de ses fils, laissant les choses du quotidien à son épouse. Il se contentait d'acquiescer à la plupart des décisions de sa femme, comme s'il avait peur de pervertir quelque chose d'équilibré en donnant son avis. Alors qu'Alex croyait avoir déçu ses parents en allant chercher un destin plus brillant en ville, comme s'il était ridicule de courir après des gloires étincelantes, son père lui avait un jour dit qu'il était heureux du chemin qu'il donnait à sa vie, et qu'il ne se soit pas contenté de suivre les traces de son frère aîné, qui menait une existence plus rangée. Et il lui avait alors confié cette montre, sa montre. Il l'avait achetée en Suisse, à la fin de la guerre, avec sa paye. Il l'avait toujours portée, aussi voir son père sans lui avait fait tout drôle; comme s'il avait perdu une partie de lui-même, ou qu'il était nu. Il s'était alors dit qu'il avait dû recevoir bien plus qu'une montre. Quoi ? Il ne l'avait pas encore compris. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il sortit vite de la douche, et se sécha grossièrement, avant de courir près de son lit. Il vérifia sur la table de chevet, en dessous, à côté... rien. Il passa au crible le reste de son appartement : toujours rien. Où pouvait-elle être ? Il ne se souvenait de pas grand chose à propos de la soirée de la veille, aussi n'avait-il aucun indice pour guider sa recherche. La gorge serrée, il se décida alors à appeler Carl – Carl était un moins gros buveur que Ed, et tenait mieux l'alcool : il serait donc plus à même que ce dernier de lui raconter comment ils avaient occupé leur soirée. Carl répondit au bout de plusieurs sonneries, et lui donna rendez-vous dans un petit café, à mi-chemin entre leurs deux appartements. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Quand il y arriva, Carl était déjà assis, en face d'un café fumant. En l'apercevant, celui-ci en commanda un deuxième, et se leva pour saluer son ami. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Comment vas-tu ? Quelle soirée hier, n'est-ce pas... encore un peu endormi.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- J'avoue que je ne me souviens plus de grand chose... Et justement, ce matin, en me levant, je me suis aperçu que j'avais perdu ma montre. J'y tiens beaucoup, tu ne saurais pas où j'ai pu la laisser ? &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Carl lui raconta alors la soirée : le défi, la rencontre avec Emma, Tony et le coup de poing, le Mosquito – Alex fouilla alors dans sa poche, et y trouva la breloque –, les paris sur les combattants. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;«&amp;nbsp; On a pas mal joué en fait. Tu as gagné les deux premières fois, donc tu t'es mis à miser plus gros, et tu as commencé à amasser un certain petit pactole. Mais alors tu l'as perdu. Donc tu as voulu le récupérer en mettant ta montre en jeu –&amp;nbsp;c'est le pote bizarre d'Ed qui te l'a proposé –, pensant que c'était gagné, et puis voilà, tu as perdu. Je t'en aurais empêché, mais j'étais parti pisser. C'est Ed qui me l'a raconté quand je suis revenu –&amp;nbsp;il était pas bien frais d'ailleurs, il a croisé sa copine, qui était avec un autre mec. Du coup il s'est énervé, il a rompu avec elle, et est devenu assez violent avec l'autre mec. Ça a dégénéré, et du coup on a dû partir vite du Mosquito. Sans ta montre donc. Mais je  sais pas du tout à qui tu l'as donnée... On peut jamais pisser tranquille, c'est fou.&amp;nbsp;»&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Alex rit un peu à cette dernière phrase, mais ces nouvelles l'inquiétaient un peu. A qui l'avait-il laissée ? Comment allait-il retrouver ce type ? &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ils décidèrent alors d'aller voir Ed, à la fois pour qu'il les amène au Mosquito – ils avaient oublié où il se trouvait –, et pour le réconforter après les événements d'hier soir. Celui-ci les accueillit, la mine défaite, les cheveux encore plus en bataille que d'habitude. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;«&amp;nbsp; Etrangement, je me sens bien. Mieux que ces derniers temps en tout cas. Vous devez pas me croire, vu ma tronche, mais c'est vrai. Ça me pourrissait la vie ces histoires. Et puis comme ça j'aurais plus de temps pour traîner avec vous.&amp;nbsp;»&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Les trois amis reprirent alors le même chemin qu'ils avaient pris la veille, mal réveillés dans leurs atours dépareillés, mais liés par une proximité nouvelle qui leur réchauffait le coeur.  &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/306684188726460115-843170606299127332?l=d-a-m-o-t.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/M4h35ZHbTAlTs-DaOQkJlygYtBo/0/da"&gt;&lt;img src="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/M4h35ZHbTAlTs-DaOQkJlygYtBo/0/di" border="0" ismap="true"&gt;&lt;/img&gt;&lt;/a&gt;&lt;br/&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Tu devrais aller la voir pour être fixé, lui conseilla Ed. Soit c'est une fille étrange sans aucune logique dans ses relations avec les gens, soit elle avait ses raisons, et donc tu ne les comprendra qu'en lui parlant. Dans les deux cas, ça te permettra de passer à autre chose.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Alex acquiesca. Ed avait raison, c'était la meilleure chose à faire. Mais à l'idée qu'il allait devoir revoir Emma, son ventre se nouait. Il chassa vite cette pensée de son esprit, et se remit à écouter Carl, qui fredonnait. «&amp;nbsp; Dum dum dum dum... Tu sais, j'aurais vraiment aimé être un chanteur. Ça aurait été chic.&amp;nbsp;» Il fit quelques petits pas de danses tandis qu'il marchait. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Tu pourrais, tu ne chantes pas si mal, répondit Alex.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Tu crois? Mais le problème, c'est que je suis un grand timide. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Les gars, on va pas tarder à arriver, les coupa Ed, qui cherchait quelque chose dans sa poche.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Qu'est-ce que tu cherches ? &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Ça, dit-il en leur montrant une breloque qui pendait à son porte-clefs.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;C'était un petit objet en métal, qui ressemblait à un insecte, avec ses longues ailes et son corps fin, assez stylisés. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Qu'est-ce que c'est ? demanda Carl, intrigué.  &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- C'est une sorte de laissez-passer, qui permet de rentrer dans le bar. C'est un bar privé, et comme ils ne veulent pas de n'importe qui, seuls les gens qui ont ce truc peuvent entrer. Bon, il suffit d'entrer dans le bar pour en recevoir un, donc il suffit d'y aller avec un ami, ce n'est pas non plus si compliqué d'y entrer. Vous aurez le vôtre dans quelques instants. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Eh bah, répondit Alex. Dans quel genre de bar tu nous amène... Et pourquoi un moustique d'ailleurs ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Parce que l'endroit s'appelle le Mosquito. Voilà, on y est, lança-t-il en montrant au bout de la rue l'enseigne clignotante d'un petit moustique, qui volait parmi une nuée d'autres néons éblouissants. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Vamos, hermanos ! lança Carl avec enthousiasme. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ed montra son gri-gri à l'imposant videur, qui aquiesca et se poussa pour les laisser entrer. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Une ambiance très différente de celle du Moonlight Sonata les accueillit : dans une salle assez sombre et bondée dont on distinguait mal l'étendue et les recoins, se cotoyaient différents pôles d'attraction. Dans un coin, un groupe d'homme jouait aux cartes, et d'autres regardaient la partie par dessus l'épaule de leur voisin. Plus loin, une femme lassive se déshabillait lentement, sans répondre aux apostrophes des buveurs aguichés. Encore ailleurs, un saxophoniste et un guitariste jouaient un air languissant que l'on écoutait soit avec une certaine torpeur endormie, soit avec un regard lointain, plongé dans d'intenses réflexions ramenées à la surface de l'esprit par le verre qu'ils tenaient à la main... Dans ce brouhaha populeux, les trois amis se frayèrent un chemin tant bien que mal, après avoir reçu leur propre petit moustique métallique. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Hey Ed ! Comment tu vas ? Je vois que tu as amené de nouvelles recrues, lança un homme coiffé d'un chapeau vieilli et usé.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Oui, je te présente Carl et Alex. Quelque chose d'intéressant ce soir ? &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Ça, tu peux le dire. Une super occas'. Si j'étais vous, j'attendrais pas pour parier. Vous pouvez gagner gros facilement. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Ok, mais c'est quoi ? Du poker ? &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Non, des combattants. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- De la boxe ? &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Non, les poissons. Tu connais pas ? C'est des poissons, si tu les mets dans le même bocal, ils s'entretuent. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- OK, je marche. Les mecs, vous en êtes aussi ? demanda Ed. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Alex réfléchit rapidement. L'état des finances n'était pas très bon, mais après tout, il n'était pas obligé de miser beaucoup. Et s'il gagnait il ne miserait que ce qu'il avait gagné avant. Ainsi, il pouvait jouer sans s'inquiéter. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Je suis partant aussi, accepta Alex, en même temps que Carl.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ils suivirent donc le type qui venait de leur parler, et qu'Ed semblait connaître. Il les amena vers le fond de la salle, où toute une série d'aquariums étaient alignée le long d'un mur que quelques lampes éclairaient faiblement. Un petit attroupement se créa autour de l'aquarium central. Pendant les préparatifs et la prise des paris, Alex se mit à scruter le reste de la salle ; il observait tout cela comme s'il était étranger à lui-même, et voyait le visage de ses amis s'animer, se mouvoir tandis qu'ils parlaient, ou que les émotions qu'ils ressentaient le déformait. Il regardait tout ce petit spectacle avec une certaine tendresse lointaine. Il avait envie de rester dans cet état retiré de tout, comme blotti dans le fond d'un canapé confortable, ou enveloppé par les bras chauds et doux d'une femme aimante. &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/306684188726460115-4342944992547751207?l=d-a-m-o-t.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Ah bah ça ! Les gars m'ont raconté votre petit jeu ! Eh bah, tu as fait fort ! Je sais pas ce que tu lui a raconté, mais pour la faire fuir comme ça... Hahaha, je ne sais pas si j'ai déjà vu quelque chose d'aussi drôle –&amp;nbsp; tu n'as jamais été un Don Juan, mais là !&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- C'est bon, Tony, lança Ed, assez sèchement.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Non mais c'est vrai quoi, ça vous fait pas rire ? Paf, elle arrive, il tente son truc, et pouf elle repart aussi sec ! T'es pourtant pas si moche quand même... &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Alex ne disait rien, il se contentait de contenir sa colère, la mâchoire serrée.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- «&amp;nbsp;Quand même...&amp;nbsp;» répéta Alex en marmonnant, en regardant ailleurs pour essayer de prendre un semblant d'air détaché. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Roh, je sens que je t'ai vexé, Alex, s'exclama Tony en riant. Je t'ai vexé hein ? Je l'ai vexé, répéta-t-il pour la troisième fois en prenant Alex et Carl à parti. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Non mais Tony, t'es con ou tu fais exprès... dit Carl avec un sérieux qu'il n'avait pas eu de la soirée. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Alors quoi, on a pas le droit de rigoler ? Monsieur se vexe pour un rien, et du coup la soirée devrait être morose. Ce n'est pas de ma faute s'il a toujours été susceptible. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Susceptible, moi ? demanda soudain Alex, avec un agacement montrant qu'il était très loin d'être détaché. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Oui, admet le tout de même. Pour la moindre broutille, tu faisais de moi le grand méchant. Il faut toujours que tu sois la victime...&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Mais oui, c'est ça, grommela Alex avec une colère de moins en moins dissimulée.  &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Arrête un peu, Tony... s'interposa Carl, pour calmer la situation. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Et puis je n'y peux rien si Lucy me préférait à toi. Les filles c'est pas ton truc, c'est tout. Tu devrais te remettre en cause un peu, au lieu d'accuser le monde entier. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&amp;nbsp;Cette fois-ci, c'était trop. Déjà il y avait eu ce truc avec Emma, cette rencontre bizarre, il ne savait pas pourquoi elle avait réagi comme ça, et cela le perturbait. Et si supporter Tony était déjà plus que problématique en temps normal, là, ça ne passait pas. Il alla au comptoir, pour se calmer un peu. Mais cela n'avait aucun effet. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il voyait Tony, qui riait, comme toujours. Il ricanait, dans son coin, tout content de lui-même, ne remarquant même pas la tête exaspérée d'Ed et Carl. Il buvait son verre, la gorge serrée par la colère. Et là, il croisa son regard. Un regard dédaigneux, et supérieur, accompagné d'un rictus satisfait et stupide. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il descendit son verre d'une traite, et se dirigea droit vers lui, presque en courant. Il lui envoya une droite en plein visage. Il ressentit alors une vive douleur au poing, ainsi qu'une intense euphorie en voyant la tête effarée de Tony, qui saignait du nez. Il regarda alors Ed et Carl qui eux aussi avaient l'air très surpris, mais un grand sourire apparut très vite sur leur visage. Alex leur fit un signe de tête, et tous les trois ils sortirent, laissant Tony derrière eux, sur le sol, parmi les gens qui avaient déjà repris leurs conversations. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Vous en aviez rêvé, Kirinov l'a fait, lança Ed après un éclat de rire, une fois qu'ils furent dehors.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La nuit était fraîche et calme. Alex se sentait beaucoup mieux à présent.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Ah, vous les russes, il faut toujours que vous nous preniez de vitesse.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- «&amp;nbsp;Vous les russes&amp;nbsp;», rit Alex. Je suis sûrement autant russe que Carl est italien... &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Oh, mais j'ai des racines italiennes si on remonte un peu, argua le Don Juan en question. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Que faisons-nous, messieurs ? demanda alors Alex, après avoir pris une grande bouffée d'air frais, qu'il savoura avec un peu d'excitation. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Quand je repense à sa tête, dit Carl en souriant. Je crois que ça va me faire mon mois. Quand je vais raconter ça aux autres... J'espère que tu as lancé une mode, ça défoulerait beaucoup de monde. L'autre jour, il se vantait d'avoir une meilleure carrière que toi, comme il a directement été nommé co-rédacteur en chef. Je crois qu'il sert pas à grand chose dans le journal, mais il est là pour décorer disons, car il a un ami influent qui a fait pression là où il fallait. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Si je pouvais, je lui en collerais une deuxième, grogna Alex. Quoi que, je pourrais en plus. Mais bon, j'y passerais ma soirée. Trouvons-nous un coin sympa où finir la soirée. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Je connais un endroit, se souvint alors Ed. Suivez-moi !&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/306684188726460115-6640254999058263062?l=d-a-m-o-t.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;
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&lt;br /&gt;
&lt;div style="text-align: center;"&gt;* &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
Au bout d'une poignée de minutes et de gestes plus ou moins discrets d'Ed en direction de Carl pour lui demander de revenir, Alex alla le chercher lui-même. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Désolé de t'arracher à une si charmante compagnie, Carlito, mais le devoir t'appelle, glissa Alex, qui s'était approché du couple en train de discuter.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Carlito ? demanda la jeune femme, comme si elle trouvait le surnom mignon. (Alex tâcha de ne pas rire à ce surnom ridicule qu'il venait d'inventer.)&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Oui, et je vous promet que Carlito sera tout à vous très bientôt, si vous voulez bien lui céder votre numéro de téléphone, et nous prêter sa précieuse personne quelques instants après ça. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Vous parlez bien, dites donc, dit la femme. Vous seriez pas un genre de poète ? &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Seulement le dimanche, et quand l'alcool fait effet, répondit-il avec ironie. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Ah oui ? s'étonna-t-elle.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Merci, lança-t-il à celle-ci après qu'elle ait tendu son numéro à Carl, qui se commandait un autre verre pendant ce temps. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il embarqua alors Carl en le saisissant par le bras, et lui laissa juste le temps d'envoyer un petit baiser à la jeune femme, accompagné d'un «&amp;nbsp;Ciao, bella&amp;nbsp;». &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Depuis quand tu parles italien ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Je sais pas, je trouvais que ça faisait chic. Et puis bon, j'ai des origines espagnoles, c'est un peu pareil. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Alex se contenta de rire. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Heureusement que je suis venu te chercher, tu t'enracinais.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- C'est elle, elle ne voulait pas me laisser partir. Une vraie folle. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;De retour à leur table, tandis que le garçon venait apporter sa commande à Carl, Ed redirigea la conversation sur l'enjeu de la soirée. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Bon, Kirinov, c'est ton tour. Semprano, franchement, je m'attendais à mieux, mais bon, on ne peut pas nier que tu aies rempli ton objectif, donc...&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Votre amour envers moi vous rend trop exigent, maître, plaisanta Carl. «&amp;nbsp;Tu t'attendais à mieux&amp;nbsp;»... non mais franchement, tu voulais que je fasse quoi ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Je sais pas – vu comment tu te vends, je m'attendais à être surpris, admiratif, et franchement, le coup du «&amp;nbsp;Ah mon dieu, quel maladroit, je ne vous ai pas fait mal au moins, ah mais oui, c'est vrai, ma main est sur votre sein, ah, l'enlever oui bien sûr, ne m'en voulez pas, je suis encore un peu choqué&amp;nbsp;», n'importe qui aurait pu le faire, expliqua Ed, taquin.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- C'est que l'exercice n'était pas facile, maîtresse, vous me flanquez une foldingue dans sa bulle et voudriez que je réinvente l'art de la séduction ? Mais si vous me donnez une seconde chance, j'essayerai de gagner mon bon point, ricana-t-il. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Et comme il n'avait pas envie de finir sur cette note de dispute, il lui flanqua dans le dos une grande tape amicale, qui fit tousser Ed.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Allez, au tour de notre petit Kirinov. Décidons de son sort... &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Ils scrutèrent à nouveau l'assemblée, à la recherche d'un challenge intéressant... mais rien. Comme une ménagère indécise dans un grand magasin, ils examinaient sans conviction l'une pour se reporter sur une autre, qui ne les enthousiasmait pas plus finalement; ils s'emportaient alors rapidement en en voyant une autre, et étaient à nouveau déçus quelques instants plus tard, découvrant avec la même rapidité l'inintérêt de leur nouvelle découverte. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Eh bien, il n'y a plus grand chose...conclut Ed à voix basse, un peu dépité.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Et la petite à lunettes qui regarde le pianiste en bavant là bas ? demanda Carl.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Oh, non. Déjà ça ne représente aucune difficulté, et puis j'aimerais bien lui trouver une fille qui en vaille le coup. Il m'a l'air un peu... je ne sais pas. Disons que ça fait longtemps que je ne l'ai pas vu en couple, et je pense que ça lui ferait du bien de rencontrer quelqu'un de bien. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- C'est vrai. Mais bon, de toute évidence, il n'y a personne dans cette salle qui soit du niveau, répondit-il, toujours en aparté.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Alors ? demanda Alex, qui revenait des toilettes. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Alors, euh... Disons que tu vas aller attendre près de la porte, l'air de rien. Et à la première belle fille qui se pointe – on fera le tri pour toi, on est pas des chiens –, à toi de jouer. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Pourquoi il faut que j'aille près de la porte ? lança Alex, avec un peu de lassitude. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Stratégique : si elle vraiment canon, mieux vaut être aux premières loges avant qu'on te pique ta place. Enfin moi je dis ça... conseil d'ami. T'as qu'à te faire passer pour le portier... dit Carl.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Il faut que tu revoies tes schémas de séduction, mon grand, répondit Alex en riant à moitié. Mais bon, si ça peut vous faire plaisir. Donc, on dit quoi, son numéro ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Oui voilà, ça suffira. Allez, va-z-y, lance-toi, et on te fera un petit signe pour te désigner la fille, trancha Ed.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&amp;nbsp; Alex rejoignit donc son poste, s'adossant contre un mur, près du rideau rouge qui bordait la petite arche séparant le vestibule du reste du bar. Un verre à la main, qu'il sirotait de temps à autres, il meublait l'attente en fixant son attention alternativement sur le concert et sur ses amis. Au bout de quelques minutes, il entendit la porte s'ouvrir. Il regarda alors ses amis, et vit à leur tête que la personne qui arrivait ne devait pas convenir. Un couple entra en effet, et il ne put s'empêcher de remarquer la taille impressionnante – et peu harmonieuse – du fessier de la femme. Il patienta à nouveau, et vit alors qu'un homme avait rejoint Carl et Ed à leur table. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il aperçut soudain son visage et le reconnut immédiatement. C'était Tony Vangelis, le type qu'il fuyait comme la peste, qu'il avait constamment envie de frapper, et qui, entre autres, lui avait volé sa petite amie au lycée. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Alex et Tony avaient fréquenté le même lycée, et avaient tous les deux grandi à la campagne. Vangelis appartenait à une famille assez aisée, qui avait construit sa fortune sur un business un peu malhonnête de système de retraite pour les personnes âgées, ce qui avait dès le début placé leur relation sous de mauvaises auspices. En effet, loin d'être honteux de ce confort assez mal acquis, Vangelis s'en vantait, et aimait à souligner la supériorité que cela lui octroyait sur le reste de ses congénères. Le temps de l'université était ensuite venu, et ils décidèrent tous deux de suivre des cours de lettres et de journalisme. Alex était assidu, et présentait des capacités prometteuses, quand Tony ne se montrait qu'aux cours dont le professeur était une personnalité connue, qu'il allait voir à la fin du cours pour faire ami-ami, ce qui marchait parfois.  &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Malgré toutes les crasses qu'il avait pu lui faire, et l'hostilité qu'ils se savaient nourrir réciproquement, il convenait de jouer le jeu, et Vangelis le traitait toujours comme s'il était un de ses grands amis. Tony faisait en effet partie de ces personnes pour qui le nombre de relations semblait prévaloir sur la qualité de celles-ci. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Carl le connaissait également : il l'avait rencontré en même temps qu'Alex, avec qui il avait plusieurs cours en commun. Ed, ami d'enfance de Carl, était rapidement devenu celui d'Alex, et avait aussitôt partagé la haine qu'il nourrissait à l'égard de Tony, qu'il avait pu subir à plusieurs reprises, lors de soirées où ils avaient été invités par des connaissances communes.   &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il croisa alors le regard de Ed, qui avait l'air enchanté, et peinait beaucoup à cacher son indifférences médisante. Comme lui, il semblait agacé qu'il vienne gâcher la soirée agréable qu'ils passaient ensemble. Il vit alors Tony tirer une chaise et s'y installer, et poser son regard vers lui. Il dut demander quelquechose à Carl – qui regarda alors Alex avec un air coupable et navré –&amp;nbsp;et se remit à observer Alex avec une sorte d'air goguenard, comme s'il trouvait la situation particulièrement hilarante. Ni Carl, ni Ed ne riaient. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Alex entendit alors un bruit à côté; c'était la porte qui s'ouvrait à nouveau. Il fit un petit signe interrogateur à Ed, qui donna alors son aval, de façon très enthousiaste par un geste qui lui disait d'y aller. Alex prit alors un très court instant pour préparer sa stratégie, et l'air assuré, il se tourna vers la jeune femme qui allait entrer dans la salle en lui disant : «&amp;nbsp;Mademoiselle, pourrais-je avoir l'honneur...&amp;nbsp;»... Et il aperçut Emma, au moins aussi surprise que lui, qui devint toute rouge, et cessa d'avancer. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Alex, qu'est-ce que tu... vous...&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Alex ne répondit rien, pris au dépourvu. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Je suis désolée, je ne savais pas que tu venais ici régulièrement, je suis désolée, bredouilla-t-elle avant de s'enfuir aussi vite qu'elle était venue.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Alex resta sur place, immobile et pantois, et mit quelques secondes à se souvenir qu'on l'observait. Leur jeu voulait qu'ils n'avaient qu'une tentative, aussi, il avait perdu. Il retourna donc à leur table, sans rien dire. &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/306684188726460115-436888962835171791?l=d-a-m-o-t.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Qu'est-ce que tu penses de celle-là ? demanda Ed en désignant une grande rousse à la robe et aux escarpins turquoise, qui dansait, un peu pataude.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Mof, non...&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Au milieu de la pièce, près de la scène, plusieurs jeunes femmes, dont certaines à peine sorties de l'adolescence, se déhanchaient en rythme. D'autres, un peu plus âgées, les regardaient faire, assises à leur table, ou debout près du bar. L'air fier, les aînées regardaient leurs cadettes avec une sorte de supériorité que leur conférait l'âge et l'expérience des choses, à laquelle venait se mêler une pointe de dépit. Avec détachement, plusieurs fumaient, et bavardaient entre elles, ou avec les hommes qui leur tenaient compagnie. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Alex remarqua alors parmi les danseuses une créature à la jolie silhouette, dont la chevelure blonde   descendait assez bas dans le dos, qui se trémoussait avec une énergie hors du commun. Pressentant le défi cocasse qu'elle pourrait représenter, il la suggéra à Ed, qui sembla y voir la même promesse, puisqu'il accepta en riant à l'avance. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Moi qui croyais que vous alliez me lancer sur une vieille grosse hargneuse, j'avoue que je suis plus qu'agréablement surpris. Je m'en vais de ce pas mêler plaisir et devoir, et graver ma réputation dans l'histoire. Gentlemen... lança-t-il à voix basse, après avoir écrasé sa cigarette. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il se dirigea alors d'un pas décidé vers sa proie. Mais, alors qu'il pensait avoir réussi à établir un contact visuel avec celle-ci, elle tournoya sur elle même, et lui tourna le dos. Il fut alors un peu pris au dépourvu : c'était en effet une étape essentielle de son procédé de chasse que de déstabiliser la donzelle en la fixant avec intensité. Une fois celle-ci troublée, les joues rougies, le regard fuyant, mais le fond de l'âme ému, il s'approchait, et cueillait la fleur, par quelques mots bien choisis et sussurés dans le creux de l'oreille. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il choisit donc de garder un certain détachement, l'air de rien, et alla s'accouder au bar, pour être à nouveau dans son champ de vision. Il la fixait de toutes ses forces, pour qu'elle sente son regard lourd sur elle, et qu'il puisse enfin capter le sien. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Mais rien à faire : elle continuait à se démener, balançant sa chevelure, agitant toutes les parties de son corps, pivotant autour d'un axe invisible... Elle ne le voyait pas, ni lui, ni le reste de la petite foule qui occupait la salle, toute absorbée qu'elle était par la musique. Il resta alors à son poste, un peu embarassé, sentant qu'il était en train de perdre la face devant l'oeil gourmand et scrutateur de ses amis et futurs concurrents... &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il décida alors de jouer le jeu avec classe, et se mit à danser nonchalamment, pour s'approcher de sa cible, se frayant, en quelques déhanchés joliment négociés, un chemin parmi les autres danseurs. Ed et Alex sentaient monter en eux une incontrôlable envie de rire, et observaient la scène avec une délectation qui était autant dûe à l'allure de Carl qu'à sa chorégraphie. Elle avait cette part de ridicule maîtrisé qui prouvait son esprit et son autodérision, que son combat plus ou moins maitrisé pour attirer l'attention de sa proie rendait irrésistible. L'exercice était difficile : il s'agissait de capter le regard de cette fille échevelée qui ne semblait le poser sur rien à part ses propres gesticulations, tout en ayant pas l'air de montrer que c'était là son intention. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il choisit alors le parti de danser tout près d'elle, mais de ne la regarder qu'à des moments décisifs, où il sentait qu'elle se tournait un peu plus vers lui. Il manqua plusieurs fois son coup, et lança un regard de braise à ce qui était redevenu une épaule ou une chevelure déchaînée. «&amp;nbsp;Danser&amp;nbsp;» était un grand mot à vrai dire : il se contentait plus de faire de petits pas en rythme, et de sobres mouvements d'épaule, accompagné de temps en temps par un geste plus ou moins précis de la main, dont il ne savait visiblement pas quoi faire. Il la rangea finalement dans sa poche, et reprit un air décontracté. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Las d'attendre qu'elle sorte de sa petite transe, il fit soudain semblant de trébucher, et tomba sur elle. Elle poussa un petit cri qui fit rire aux éclats les deux amis qui guettaient la scène discrètement, un peu plus loin. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Excusez-moi, dit-il avec une fausse confusion, que son grand sourire révélait. Mais il faut avouer que je ne suis jamais aussi bien tombé.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Ah, euh, il n'y a pas de mal, répondit-elle, un peu sonnée.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Non, vraiment, je voudrais me faire pardonner. Laissez-moi vous offrir un verre, le temps que vous vous remettiez... proposa-t-il avec un air appuyé, et un peu de précipitation. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Très bien, merci, répondit-elle en rougissant. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Alors qu'ils se dirigeaient tous deux vers le bar, Ed lança à Alex, un peu déçu : «&amp;nbsp;Il a tout de même choisi la solution de facilité. Très bien, il a réussi son défi, mais sans panache. Notre Don Juan a encore du chemin à faire, si tu veux mon avis.&amp;nbsp;Ça va être à toi, mon petit. Je ne sais pas pourquoi, mais je sens que toi, tu ne vas pas me décevoir...&amp;nbsp;»&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/306684188726460115-4044935411360583946?l=d-a-m-o-t.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il entendait les gens parler et s'agiter autour de lui, laissait le vent léger s'infiltrer entre ses doigts, examinait avec plaisir les petits détails qu'il remarquait autour de lui : un sourire, un regard, un rire un peu faux, une discussion animée... Il aimait voir tous ces gens, enfoncés dans leur existence, qui la vivaient sans trop voir le grand tableau auquel ils participaient. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il arriva au Leyton vers 21h10, et remarqua aussitôt Ed assis à une banquette un peu plus loin. L'endroit était assez chic ; là, près du bar, de petit groupes de jeunes gens bavardaient avec un peu affectation. Il passa au bar se commander un scotch, et vint s'asseoir aux côtés d'Ed, qui tenait son regard sombre fixé sur son verre au contenu ambré.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Kirinov ! Merci, j'ai eu peur que personne ne vienne.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ed avait la manie d'appeler les gens par leur nom de famille. Lui-même se nommait en réalité Edmond Valmy, et avait dû attraper ce tic durant les quelques années qu'il avait passées dans les cercles intellectuels qui sévissaient à Montmartre. Ces quelques années parisiennes avaient fini de faire de lui ce qui n'était encore que des tendances quand Alex l'avait connu au lycée. Ed avait cette intelligence perçante et mal assise qui le rendait aussi tourmenté que lunatique. Il était souvent mal habillé et faisait arborer à son visage un air austère, mais son regard troublant et ses traits fins le rendaient touchant. Alex lui serra la main et s'assit près de lui. Il répondit au serveur venu prendre sa commande, et se mit à inspecter les lieux, autant pour observer l'univers dans lequel il se trouvait que pour y trouver un sujet de conversation. Ed était en effet un ami de longue date, mais avec qui il n'avait jamais entretenu de liens très intimes; il l'appréciait pourtant beaucoup, et se sentait coupable de ne pas trouver de sujet à aborder. Aussi, il se contenta d'une question assez vague, et qu'il trouva insipide : «&amp;nbsp;Alors, ça se passe bien à ton boulot&amp;nbsp;?&amp;nbsp;»&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Mhh oui, j'ai mon petit train-train... Mais je fais des choses assez diverses ces temps-ci, donc c'est assez intéressant. Je travaille pour une agence de pub, mais aussi sur un projet de bande dessinée avec un ami, ça me plait bien.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Et ils continuèrent à parler de leurs projets tranquillement. Alex était surpris de voir à quel point leur conversation était profonde et intéressante ; il avait certes toujours considéré Ed comme quelqu'un de très spirituel, mais n'avais jamais eu l'occasion de constater qu'il n'avait pas besoin de parler de choses&amp;nbsp; complexes pour l'être. Sans trop parler, il montrait qu'il s'intéressait aux propos de son interlocuteur, et nourrissait la conversation de remarques efficaces et pertinentes qui auraient pu la faire durer des heures sans blancs embarassants ni opinions convenues. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Carl arriva alors, cigare à la bouche, vêtu d'une chemise pourpre et d'un costume sombre. Ses cheveux, comme à chaque fois qu'il sortait, étaient ramenés en arrière, en un désordre savant et élégant. En les voyant, il souria largement, et après avoir écrasé son cigare, il les salua d'une vigoureuse poignée de main. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Bon, les gars, ça vous dirait qu'on se boive un verre ailleurs ? Ya un type qui me revient pas trop là bas. Enfin c'est réciproque, vu que sa femme était folle de moi, dit-il en riant.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ils acquiescèrent, mirent leurs manteaux et sortirent. Comme ils ne savaient pas où aller, Alex leur proposa d'aller au Moonlight Sonata, ce qu'ils firent. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ils marchèrent pendant un gros quart d'heure, se racontant les dernières nouvelles, se faisant de petits commentaires sur les femmes qu'ils croisaient – Carl était spécialiste en la matière, et trouvait  toujours un mot d'esprit à faire ; son côté Don Juan était un peu sa marque de fabrique.  &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ils arrivèrent au Moonlight Sonata, dont le néon d'un beau bleu grésillait comme à son habitude. Alex était heureux d'y amener ses amis, et ne se souciait pas d'y croiser Emma. Et justement, fort de la présence d'Ed et Carl, il lui prouverait par son indifférence la facilité qu'il avait eu à passer à autre chose. Mais Emma n'était pas là. Ils allèrent s'installer à une table au fond de la salle, à côté d'une assemblée de jeunes femmes émèchées qui gloussaient à fréquence régulière. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Carl paya la tournée, et Alex prit le temps de savourer la mélodie douce que jouait avec brio le trompettiste pendant que Carl taquinait Ed. Pendant quelques instants, il se vit comme de l'extérieur, avec ses amis et dans ce cadre agréable, et cette vision le réjouit. Aussi reprit-il gaiement part à la discussion.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Allez Ed, oublie la... Après, je comprends que ça fasse longtemps et que tu ne saches plus comment t'y prendre pour séduire la donzelle. Mais j'ai confiance, franchement. Déjà tu es loin d'être con, ça c'est évident – bon après, ça suffit pas, c'est encore plus évident. Mais ton petit regard de chien battu, ça les fait craquer. Je te demande pas de te jeter dans le grand bain tout de suite, mais entraîne toi au moins un peu. On va te trouver un petit bassin. Ou alors, même, tu as le pédiluve à disposition, dit-il en riant, accompagnant ces mots d'un geste de la tête vers la basse-cour voisine.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Alex éclata de rire. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Rien ne nous prouve que ta légende est fondée, Carl, lança-t-il alors en riant. Je suggère donc que tu fasses la première démonstration. Faisons un petit jeu. On te désigne la fille. Si tu réussis à avoir son numéro, tu choisiras ma proie, et j'en ferai de même pour Ed. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Marché conclu ! s'exclama Carl en reposant son verre brusquement. Tu vas voir si ma légende est fondée. N'hésite pas à choisir dans le grand bain. &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/306684188726460115-1739393507097177394?l=d-a-m-o-t.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;
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&lt;a href="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/tUP18jYC8wcMiTXIvk3QjoPoSRk/1/da"&gt;&lt;img src="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/tUP18jYC8wcMiTXIvk3QjoPoSRk/1/di" border="0" ismap="true"&gt;&lt;/img&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;img src="http://feeds.feedburner.com/~r/DreamsAreMadeOfThis/~4/fozXKBwJj4w" height="1" width="1"/&gt;</content><link rel="replies" type="application/atom+xml" href="http://d-a-m-o-t.blogspot.com/feeds/1739393507097177394/comments/default" title="Publier les commentaires" /><link rel="replies" type="text/html" href="http://d-a-m-o-t.blogspot.com/2011/01/moonlight-sonata-n14.html#comment-form" title="0 commentaires" /><link rel="edit" type="application/atom+xml" href="http://www.blogger.com/feeds/306684188726460115/posts/default/1739393507097177394?v=2" /><link rel="self" type="application/atom+xml" href="http://www.blogger.com/feeds/306684188726460115/posts/default/1739393507097177394?v=2" /><link rel="alternate" type="text/html" href="http://feedproxy.google.com/~r/DreamsAreMadeOfThis/~3/fozXKBwJj4w/moonlight-sonata-n14.html" title="Moonlight Sonata - n°14" /><author><name>Odalisque</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17622769863035218850</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel="http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail" width="16" height="16" src="http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif" /></author><thr:total>0</thr:total><feedburner:origLink>http://d-a-m-o-t.blogspot.com/2011/01/moonlight-sonata-n14.html</feedburner:origLink></entry><entry gd:etag="W/&quot;AkQCSX07fSp7ImA9Wx9QFUo.&quot;"><id>tag:blogger.com,1999:blog-306684188726460115.post-3761182835597115238</id><published>2010-12-29T00:17:00.001+01:00</published><updated>2010-12-29T00:19:28.305+01:00</updated><app:edited xmlns:app="http://www.w3.org/2007/app">2010-12-29T00:19:28.305+01:00</app:edited><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="Moonlight Sonata" /><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="épisode 13" /><title>Moonlight Sonata - n°13</title><content type="html">&lt;div style="text-align: justify;"&gt;9 h, le réveil sonna. Alex l'éteint aussitôt et se leva. Il alla prendre une douche. Il avait légèrement mal à la tête, mais l'esprit clair. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il repensait à hier et eut honte de s'être laissé aller ainsi. Ecrire de la poésie, et puis quoi encore. Non qu'il trouvât cela ridicule en soit, mais raconter ses peines amoureuses dans des poèmes pleins de sanglots, très peu pour lui. Décidément, cette Emma avait fait de lui une mauviette. Il l'oublierait, et cela serait très bien. Il en avait vu d'autres.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il sortit de sa douche ruisselant et de bonne humeur, engloutit un croissant avec son café, et sortit voir un de ses amis qui travaillait dans un atelier à quelques arrêts de bus de là. Ils s'étaient rencontrés au journal, pour lequel son ami Carl avait travaillé quelques mois en tant que photographe. Depuis, il faisait des photos de mode, ce qu'il trouvait beaucoup plus lucratif et stimulant. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Alex ! Ça fait un bail ! Tu as finalement décidé de sortir de ton trou ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Oui, il faut croire que j'étais dans une mauvaise passe...&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Ha ! Si tu veux de bonnes passes, je connais quelques adresses, lança Carl en lui donnant une tape sur l'épaule. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Alex lui lança un léger regard de réprobation, et regardant les photos qui séchaient sur le fil, dit :&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Je vois que tu ne t'ennuies pas de ton côté en tout cas, en prenant l'une des photos dans ses mains. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Ôte tes sales pattes de là, elles sèchent encore, les petites. D'ailleurs, on sort avec Ed ce soir, t'as qu'à venir avec nous. Si vous êtes sages, je vous présenterai peut-être quelques unes de ces dames. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- C'est bien pour te faire plaisir, répondit Alex en riant. Et puis ça fait longtemps que j'ai pas vu Ed. Il est toujours avec sa blonde hystérique ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Ouais. Mais il a appris qu'elle l'avait trompé. Il était assez furax dans un premier temps, mais il est dingue d'elle donc il a pas eu les tripes de la quitter. Du coup, ils – enfin, surtout elle, si tu veux mon avis – ont convenu qu'ils allaient se mettre dans une sorte de relation libre, comme ça elle pourrait se taper tous les types qu'elle voudrait... mais lui, il est trop amoureux, donc il se tape rien du tout, et il crève juste de jalousie à chaque fois qu'il l'entend parler à d'autres types... ça m'énerve un peu qu'il accepte de se laisser piétiner comme ça, je t'avoue. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- C'est dingue. Surtout qu'Ed c'était pas le dernier à flirter avec tout ce qui passait dès que sa dame avait le dos tourné...&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Il est vraiment accro à elle en fait ; je t'avoue que c'est aussi pour ça que je voudrais qu'il sorte ce soir. Histoire qu'il voie un peu d'autres horizons. J'aime pas l'infidélité, d'ailleurs c'est pas mon genre, vu que j'ai encore jamais eu de petite amie de longue date, mais j'avoue que je préférais comme il était avant.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Ça me fait mal au coeur de le voir comme ça.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Carl était un homme plutôt séduisant, sans trop de charme, mais bien fait. Il relevait le col de sa chemise, et s'entourait toujours des volutes de fumée des cigarettes qu'il enchaînait. Il avait un regard perçant, et une chevalière à la main droite. Au début, il n'avait pas fait bonne impression à Alex : il détestait les types qui se donnaient de grands airs de playboys. Mais ils avaient été amenés à se parler, et il s'était vite rendu compte que derrière cette façade se cachait un homme aux principes justes, d'une grande gentillesse et sur qui l'on pouvait compter.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ils convinrent de se retrouver au bar Leyton, l'un des lieux branchés de la ville, à 21h. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Alex repartit, le laissant travailler dans la lumière rouge qui baignait son labo de développement. Il s'acheta un sandwich dans le centre ville, et partit à son bureau. Il s'y réfugia quelques instants, réfléchit sur ce qui se dirait probablement, et sur les revendications qu'il comptait avancer, et se décida finalement à aller frapper à la porte de son patron.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Ah Alex, c'est toi. Tu arrives bien. Assieds-toi, dit-il en s'éclaircissant la gorge. Ecoute...&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Alex le laissa parler, ne sachant à quoi s'attendre. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Ecoute, tu as raison, tu as le droit de prétendre à autre chose qu'à la nécro, étant donnés ton parcours et ton profil. D'ailleurs, la veuve Angelo a été très contente du papier que tu as fait. Donc voilà, je te propose un poste de permanent. Tu te chargeras des interviews importantes.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Très bien, mais je veux aussi couvrir les sujets politiques. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Alex, j'espère que tu te rends compte qu'on t'offre déjà un bien meilleur poste...&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- En même temps, c'est tout mérité après m'avoir laissé moisir trois ans à la nécro, non ? &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Moisir, moisir... &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- J'ai perdu patience, voyez-vous. Donc soit je peux couvrir l'actualité politique, soit je vais trouver des employeurs plus reconnaissants ailleurs.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Je n'aime pas ce ton. Mais soit : je te laisse faire un essai. Si tu te plantes, tu n'auras que les interviews, ce qui est déjà bien. Et si ça se passe bien, voilà. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Vous ne serez pas déçu, dit-il en sortant, sans attendre d'autres instructions.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il fit demi-tour et revint dans le bureau.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Ah, donc je suppose que vous allez me donner un vrai bureau, maintenant ? &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Mais oui, mais oui, vois ça avec ma secrétaire, grommela-t-il en le chassant d'un geste de la main. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ce qu'il fit immédiatement, et il laissa à celle-ci l'article qu'il avait écrit la veille, afin qu'il soit publié dans le journal du lendemain.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/306684188726460115-3761182835597115238?l=d-a-m-o-t.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Mais rien à faire, il ne s'endormait pas, remâchant la même amertume, la même colère qui l'étranglait. Aussi il se leva, passa l'un de ses disques favoris, et se mit à écrire, ce qu'il n'avait pas fait depuis au moins deux ans. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Alex écrivait de temps en temps. Il avait commencé assez jeune, mais, persuadé qu'il était assez médiocre, il se décourageait à chaque fois, et abandonnait au bout de quelques tentatives. A chaque fois, il rajoutait ainsi quelques pages à un tiroir plein d'oeuvres inachevées. Mais toujours, une sorte de besoin, d'espoir le poussait à réessayer, à reprendre son stylo. Et il se lançait comme à chaque fois dans ce grand travail de démiurge : il bâtissait des univers – à chaque fois plus habilement, bénéficiant de ses expériences passées – qu'il laissait ensuite prendre la poussière, par honte et par dépit. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il plaça son nouveau récit en été, dans un pays plein de soleil et de chaleur. Autour de la piscine d'un hôtel chic, parmi d'autres clients plutôt attrayants et bronzés, un couple dansait sur un air à la fois rythmé et langoureux. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Alex marqua un petit temps d'hésitation : c'était assez mauvais, ou, au mieux, c'était bien parti pour l'être. Mais il avait envie de se faire plaisir, et n'avait pas la tête à chercher une intrigue complexe, ni à s'évertuer à multiplier les trouvailles stylistiques.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Non, finalement, cela ne l'inspirait pas. Il fit une boule de son brouillon, et la jeta à la poubelle. Il en prit une autre, et alla changer de disque, de la musique classique cette fois. Il resta pendant de longues minutes, les coudes sur sa feuille, une main sur la bouche, à écouter les notes s'égrainer, les harmonies, les mouvements des vagues musicales... Il voyait une femme aimée lui sourire, s'allonger à ses côtés dans l'herbe fraîche. Et toute son âme était envahie par un sentiment étrange, par une nostalgie pour ce qui n'existait pas. Et chaque mouvement musical qui se faisait plus prégnant, plus déchirant lui criait ce manque. Il sentait ses doigts aimants s'enfouir dans une douce chevelure ; mais il ouvrait les yeux, et n'apercevait que le néant auquel son fantasme faisait place. Mais ce qui était bien réel, c'était cette couleur délicate, qui venait peindre son humeur et ses rêves présents – et qui donnaient à cette mélancolie une sorte de sentiment d'orgueil. Et pourtant, l'air changeait, et la couleur, bien qu'absolue à ses yeux quelques secondes auparavant, se transformait aussi. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il reprit son stylo en main... Non, décidément, il n'écrirait rien de bon ce soir. Il trouvait cela dommage, car il avait l'impression que ce qui se passait en lui méritait d'être dépeint. Aussi, il se recoucha, et dans le noir, continua à assister aux tempêtes que la musique soulevait en lui. Il s'émouvait, s'émerveillait de chaque note, et celles-ci retentissaient en lui comme autant de jubilés,  de petites portes ouvertes sur un grand quelque chose indicible. Dans la contemplation de sa douleur présente, il comprenait beaucoup de choses, de ces choses qui n'ont pas de nom, mais qui  embrassent le gigantesque. Il était comme une coque de noix ballottée sur de grandes vagues sombres. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il contemplait cela, et se réfugiait dans la douce pensée d'une femme qui l'aimerait, qui serait digne d'être aimée par lui et qui ne lui mentirait pas ; elle serait toute à lui, et s'emparerait de lui. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Au bout d'un petit moment, il s'endormit.  &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/306684188726460115-2157712007759725513?l=d-a-m-o-t.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le spectacle commençait : une nouvelle musique, plus forte et plus énergique retentit, et les rideaux  s'ouvrirent, laissant apparaître une scène encore plongée dans l'obscurité. Ce fut comme une bouffée d'air frais pour Alex : enfin quelque chose pour le distraire. Quatre hommes en costume et noeuds papillons arrivèrent sur scène, et commencèrent à claquer des doigts. Un homme assis à une table voisine, siffla. Alex le regarda, et fut frappé par ce visage qu'il avait déjà vu quelque part. A ses côtés, deux femmes et un homme. L'une des femmes avait l'air coquette, et un visage qui, sans être particulièrement intéressant, avait son petit charme. L'autre au contraire, semblait peu préoccupée par son apparence, mais avait des yeux d'un bleu profond, qui lui conféraient une beauté froide. L'autre homme, à peine plus grand que les dames, avait un air sympathique, et un peu enfantin; il observait le spectacle avec malice. Alex regarda la scène à nouveau, cinq femmes avaient à présent rejoint les danseurs en costume: l'une chantait, pendant que les autres dansaient avec leurs partenaires masculins.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La chanson était agréable, et parlait d'un homme qui connaissait plusieurs désillusions amoureuses, ce sur un air plutôt guilleret. Les femmes portaient des bustiers de soie rose pale qui les mettaient en valeur, et des collants sombres. Elles se déplaçaient avec légèreté et sensualité, et étaient comme des ornements pour la chanteuse. Celle-ci avait une très belle voix, et était une femme pulpeuse, qui lançait aux messieurs des premiers rangs des regards envoûtants. Alex n'y fut d'ailleurs pas insensible. Il remarqua alors l'une des danseuses, brune et gracieuse, qui dansait avec un grand sourire : il eut l'impression de voir Emma. Décidément, c'était la soirée. Et plus il la regardait, plus cela devenait une certitude. Il pouvait se tromper, avec les projecteurs qui rendaient son teint trop éclatant, et le maquillage pâle, mais il reconnaissait en ce visage ce je ne sais quoi qui fit battre son coeur plus fort. Il vit alors que le jeune homme qu'il avait remarqué plus tôt, dont les cheveux étaient d'un rouge éclatant, faisait des petits signes à cette jeune femme. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Emma. Mais oui, c'était elle. Mais si c'était elle, que faisait-elle ici ? Elle ne lui avait jamais parlé du cabaret, et même s'il avait déjà pu la voir danser, il l'imaginait mal accepter ce genre de travail. Non, ça ne pouvait pas être elle — elle devait l'obséder, et du coup il la voyait partout. Il n'avait jamais été très physionomiste à vrai dire. Il se dit alors que s'il la fixait, il y aurait bien un moment où son regard croiserait le sien, et qu'il verrait à sa réaction – ou à son absence de réaction – si elle était bien celle qu'il croyait ou non. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Elle dut sentir ce regard qui suivait chacun de ses pas, puisque, quelques instants plus tard, ses yeux se posèrent sur lui. Elle eut l'air surprise, esquissa un sourire et lui fit un petit clin d'oeil avant de disparaître derrière une des autres danseuses. La danse se termina rapidement, et elle quitta la scène. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Alex avait envie d'aller la voir et de lui parler, mais ne voulait pas de se justifier auprès de son frère;    il cessa d'hésiter quand il vit que le jeune homme aux cheveux rouges à côté de lui se leva et partit en direction des coulisses. Il prétexta qu'il devait aller aux toilettes, et le suivit, passa les quelques portes qui séparaient la salle de la partie plus privée du lieu, et, un peu timide, parcourut les couloirs tout en souriant aux danseuses qui discutaient. Il aperçut alors la chevelure brune d'Emma. L'homme aux cheveux rouges venait d'entrer dans sa loge. Qui était-il ? Cela l'agaçait. Il s'avança pourtant jusqu'au pas de sa porte, et y resta quelques instants, n'osant pas entrer.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Alex ! appela Emma qui l'avait aperçu, en souriant. Je ne savais pas que tu devais venir. Je ne me rappelais pas t'avoir dit que je dansais d'ailleurs. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Non, tu ne me l'avais pas dit. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Emma, tu es sûre que ça va ? Demanda l'autre homme, qui regardait Alex d'un air suspicieux. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Mais oui, c'est un ami. D'ailleurs, laisse nous Jaques. Merci d'être venu me voir, c'est très gentil. Je viendrai vous retrouver tout à l'heure, nous irons fêter ça, dit-elle en l'embrassant sur la joue. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il sortit, et quand il eut fermé la porte, Alex demanda : &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Ce n'est pas ton … ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Mon «&amp;nbsp;homme&amp;nbsp;» ? continua-t-elle en souriant. Non, il ne mange pas de ce pain là, à vrai dire. C'est Jaques, un ami très cher. Nous nous connaissons depuis longtemps. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- C'est étrange, j'ai cette impression... comme si je l'avais déjà rencontré. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Oui, et c'est le cas, répondit-elle, mi-sérieuse, mi-rieuse. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;En voyant la tête perplexe d'Alexei, elle continua. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Tu l'as croisé en bas de ton immeuble, il t'a parlé pour me laisser le temps de ressortir de chez toi.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- De ressortir de chez moi ? s'exclama Alex, surpris et un peu énervé. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Oui, je m'y étais introduite pour récupérer mes affaires. Je savais où tu habitais car je t'avais suivi. Cela m'agaçait que tu ne me les rende pas, donc j'avais décidé de les récupérer par moi-même. Mais elles n'y étaient pas, et tu connais la suite...&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Je n'en reviens pas. Tu joues les petites donneuses de leçon, tu boudes et me traites comme un enfant qui devrait regagner tes faveurs, mais tu ne vaux pas beaucoup mieux. Enfin, non, tu ne vaux pas mieux. Moi au moins je suis honnête. Toi, tu joues – ah oui, c'est amusant de jouer avec les gens. Tiens, moi qui m'étonnais que tu danses ici, ça ne me surprend plus maintenant. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Pourquoi, qu'est-ce que tu veux dire ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Oh, tu le sais très bien. Tout ton petit jeu... Tu attises, tu fais tout pour être désirée, et après, tu joues les saintes-nitouche. Là, tu te vends, et après tu voudrais qu'on voie comme tu es un esprit libre, qui ne se compromet pas, jamais. Je croyais que tu avais un bel esprit, mais de toute évidence je me suis trompé. Tu fais semblant, tu te donnes des grands airs, et c'est tout. Tu m'écoeures. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Alex...&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Mais il partit, claqua la porte derrière lui, revint à sa table, annonça froidement qu'il ne se sentait pas très bien, et sortit. Il sentait sa gorge se serrer, une boule de colère dans son ventre. La mâchoire crispée, il rentra chez lui, et se coucha tout habillé. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Quand le lendemain matin, Alex descendit chercher son courrier, tasse de café à la main, il trouva dans sa boîte à lettres deux enveloppes. L'une venait de son travail, et l'autre de son frère Archy. De retour dans son appartement, il les ouvrit.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;i&gt;&lt;b&gt;«&amp;nbsp; Ne crois pas que je te néglige. Passes à mon bureau demain en début d'après midi, nous en discuterons. &lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;i&gt;&lt;b&gt;B.M&amp;nbsp;»&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ça augurait quelque chose de bon, aussi Alex fut-il de bonne humeur, lorsqu'il lut la deuxième. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;«&amp;nbsp; Salut Alex, j'espère que tu te souviens qu'on était censés venir te voir aujourd'hui, dans la soirée ?&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;Si jamais ça pose problème — je sais que t'es pas le type le plus organisé du monde —&amp;nbsp; passe moi un coup de fil, je suis à l'Ataraxia, chambre 215. Annah a invité une amie à elle, comme ça on pourra sortir tous les quatre, ça sera sympa. Donc fais toi beau, et rejoins nous à l'hôtel vers 20h. &lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;Bonne journée, et à ce soir j'espère. &lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;Archy&amp;nbsp;»&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;S'il était content de revoir son frère, cette idée de rendez-vous arrangé l'agaçait. Déjà, il n'avait aucune envie de rencontrer une femme qui évaluerait le parti qu'il représente, et il n'était pas plus d'humeur à jouer au type parfait. Annah, la femme de son frère, était pourtant une femme qu'il estimait beaucoup — cette idée un peu farfelue l'étonnait donc, venant d'elle. Rechignant à appeler son frère pour discuter de ce point qui devait déjà être confirmé auprès de la femme en question, il se résolut à la chose.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La journée se passa assez lentement : il fit quelque courses, lut un des livres qui traînait sur sa table de chevet depuis des mois, et écrit un papier sur un récent scandale politique qui avait éclaté dans la ville. Si son patron lui annonçait demain qu'il était promu au rang de reporter, ça serait toujours ça de fait, se disait-il. Et cette affaire l'intéressait. Sans être un révolutionnaire actif, Alex s'intéressait à l'ordre du monde. L'injustice le révoltait, et il s'en voulait beaucoup de ne rien faire pour la combattre. Seulement, il ne savait pas comment s'y prendre. Il serrait la mâchoire de rage en entendant les petites intrigues de ces puissants oublieux des centaines, des milliers de personnes dont ils causaient la misère. Mais justement, les puissants sont puissants, et voir que ce genre de nouvelles semblait indifférer le plus grand nombre le désespérait encore plus. Alors il ne savait pas quoi faire, et ne faisait rien, et s'en voulait. Aussi, dénoncer quelque situation dans un papier était déjà une petite consolation à ses yeux, même si elle ne faisait que souligner son impuissance.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Après avoir mis le point final à son papier, il se rendit dans sa salle de bain pour vérifier qu'il était présentable, revêtit un costume ordinaire mais toutefois élégant, et partit à l'Ataraxia. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Quand il arriva, il les aperçut qui discutaient près de la réception. Il reconnut son frère, qui portait un costume gris foncé, et dont les cheveux jadis rasés étaient à présent juste assez long pour esquisser des boucles. Sa femme, une jolie brune simple mais au sourire toujours radieux, portait une robe rouge assez classique, et lui parlait avec animation. La troisième personne, cette femme en apparence tout ce qu'il y avait de plus neutre — cheveux châtains, visage bien fait mais sans charme, silhouette sans faute, mais sans attrait non plus — devait donc être son «&amp;nbsp;rencard&amp;nbsp;», comme les gens disaient. «&amp;nbsp;Super&amp;nbsp;», pensa-t-il, morne, avant de s'approcher d'eux.  &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Ah, Alex ! Tu es venu ! Comme tu n'as pas répondu à mon message, je n'étais pas sûr, s'exclama son frère en le voyant.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Ça faisait longtemps, je suis content, répondit-il en lui serrant la main avec vigueur. Annah, toujours aussi... Comment vas-tu ? &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il s'était retenu au dernier moment de complimenter sa belle-soeur, de peur de vexer l'autre, à qui son honnêteté l'empêchait d'en faire, et avait enchaîné maladroitement.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Je vais très bien, merci, répondit-elle en souriant. Je te présente mon amie Martha, elle voulait visiter la ville.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Bonsoir Marta, alors, ça vous plaît ? &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Oui, c'est grand, répondit-elle. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Elle eut un regard tel qu'il ne sut dire si ce qu'elle venait de dire était salace ou seulement inintéressant. Il se reprit, et essaya de ne pas partir avec un mauvais a priori sur elle.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Allons-y, j'ai faim moi, lança alors Archy, en ouvrant la porte aux dames.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Ah, tu ne voulais pas dîner au restaurant de l'hôtel? demanda Alex. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Non, autant aller ailleurs, tu dois connaître des endroits sympas ? &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Oui oui, allons y à pied, comme ça Martha pourra découvrir... répondit-il tandis qu'ils sortaient. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il passa alors en revue les différents endroits qu'il connaissait et où il pourrait les amener. Le Moonlight Sonata faisait aussi restaurant, mais pas question de les y amener, il aurait honte de croiser Emma en leur compagnie. Il se souvint alors d'un petit restaurant indien, au coin de la rue, où la nourriture était bonne, et où la musique pourrait couvrir les silences gênants qui ponctueraient sans doute sa conversation avec Martha.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Une fois arrivés au Shangri-La et installés à une table près du chanteur qui jouait du sitar, Archy et Annah commencèrent à lui raconter les ennuis qu'ils rencontraient pour les travaux dans leur nouvelle maison. Il les écoutait, et de temps en temps regardait Martha, qui semblait s'ennuyer comme une brique un jour de pluie, et jouait avec sa serviette. Il lui demanda alors si le cadre lui plaisait, et si elle aimait manger indien.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- J'avoue que je ne connais pas. Mais c'est toujours bien de renouer avec ses racines.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Ah vous êtes indienne ? &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Non, à vrai dire, mes grands-parents étaient écossais, mais je n'en suis pas moins américaine... Donc les indiens sont un peu mes ancêtres aussi. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Alex regarda alors son frère, pour voir s'il avait entendu ce qu'elle venait de sortir. Mais Archy parlait à sa femme, aussi il fut à la fois déçu d'être le seul à avoir entendu la chose, et fatigué de devoir y répondre. «&amp;nbsp;Je crois que vous confondez les indiens d'Amérique, les «&amp;nbsp;peau rouge&amp;nbsp;», et ceux d'Inde, qui vivent en Asie... Ici c'est un restaurant de cuisine indienne d'Asie. Il trouva la chose mal formulée, mais la réponse de son interlocutrice l'atterra encore plus. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Pourtant ils ne sont pas jaunes...&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Tous les asiatiques ne sont pas jaunes. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Si vous le dites...&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il s'excusa alors, et se rendit aux toilettes, où il se passa de l'eau sur le visage, et se retint de se cogner la tête contre un mur. Son frère l'y rejoignit quelques instants plus tard. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Alex, ça va ? Je n'ai pas l'impression que le courant passe entre toi et Martha ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Comment pourrait-il passer ? Je me demande ce qui me outre le plus : que tu essayes de me caser comme une mère castratrice ou que tu essayes de me caser avec cette...fille. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Je n'essaye pas de te caser, c'est juste que je pensais qu'un peu de compagnie te ferait plaisir. Je suis marié depuis 4 ans maintenant, et toi toujours pas. Je m'en fais un peu pour toi, voilà tout. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Eh bien arrête. Tu vis à la campagne, à la campagne, c'est différent. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- En quoi c'est différent ? Ah, voilà, tu me rejoues le refrain du petit citadin qui vit dans des sphères aux lois à part. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Mais pas du tout, c'est juste que je n'ai pas BESOIN d'être marié. On dirait une espèce de règle maladive chez vous. Je n'ai pas besoin de me marier pour être heureux et être quelqu'un. Alors avec cette fille... l'horreur. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Je suis très heureux depuis que je suis avec Annah, je voulais juste que tu connaisses ce même bonheur. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Si tu trouves que Martha ressemble à Annah, alors il doit être beau, ton mariage. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Arrête de faire du mauvais esprit. Je ne connaissais pas Martha avant, OK ? Mais ça valait le coup d'essayer. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Oui, vu que c'est moi qui me la colle. Je te le répète, je n'ai besoin de personne d'autre, donc laisse moi tranquille à l'avenir, avec tes plans de marieuse bigleuse.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ils revinrent à table, un peu fâchés, et mangèrent leur premier plat en silence. Ils se remirent finalement à bavarder jusqu'à la fin du repas, les frères oublièrent leur petite dispute, et Martha ne participa à la discussion que par des remarques d'une brillante insipidité. &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/306684188726460115-5432034322164888494?l=d-a-m-o-t.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/4FlAJgtKVOc30Gp4yS28mPY44NU/0/da"&gt;&lt;img src="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/4FlAJgtKVOc30Gp4yS28mPY44NU/0/di" border="0" ismap="true"&gt;&lt;/img&gt;&lt;/a&gt;&lt;br/&gt;
&lt;a href="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/4FlAJgtKVOc30Gp4yS28mPY44NU/1/da"&gt;&lt;img src="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/4FlAJgtKVOc30Gp4yS28mPY44NU/1/di" border="0" ismap="true"&gt;&lt;/img&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;img src="http://feeds.feedburner.com/~r/DreamsAreMadeOfThis/~4/TI6QScL6pSU" height="1" width="1"/&gt;</content><link rel="replies" type="application/atom+xml" href="http://d-a-m-o-t.blogspot.com/feeds/5432034322164888494/comments/default" title="Publier les commentaires" /><link rel="replies" type="text/html" href="http://d-a-m-o-t.blogspot.com/2010/12/moonlight-sonata-n10.html#comment-form" title="1 commentaires" /><link rel="edit" type="application/atom+xml" href="http://www.blogger.com/feeds/306684188726460115/posts/default/5432034322164888494?v=2" /><link rel="self" type="application/atom+xml" href="http://www.blogger.com/feeds/306684188726460115/posts/default/5432034322164888494?v=2" /><link rel="alternate" type="text/html" href="http://feedproxy.google.com/~r/DreamsAreMadeOfThis/~3/TI6QScL6pSU/moonlight-sonata-n10.html" title="Moonlight Sonata - n°10" /><author><name>Odalisque</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17622769863035218850</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel="http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail" width="16" height="16" src="http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif" /></author><thr:total>1</thr:total><feedburner:origLink>http://d-a-m-o-t.blogspot.com/2010/12/moonlight-sonata-n10.html</feedburner:origLink></entry><entry gd:etag="W/&quot;C04ERX46cCp7ImA9Wx9RF0Q.&quot;"><id>tag:blogger.com,1999:blog-306684188726460115.post-3349680567972993266</id><published>2010-12-04T16:56:00.003+01:00</published><updated>2010-12-19T21:51:44.018+01:00</updated><app:edited xmlns:app="http://www.w3.org/2007/app">2010-12-19T21:51:44.018+01:00</app:edited><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="Moonlight Sonata" /><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="épisode 9" /><title>Moonlight Sonata - n°9</title><content type="html">&lt;div style="text-align: justify;"&gt;-&amp;nbsp; Bon, qu'est-ce qu'on fait maintenant ? demanda Emma, alors qu'ils étaient assis au bar, après avoir beaucoup dansé.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;-&amp;nbsp; Allons nous promener, si vous voulez, proposa-t-il en tendant un billet au barman.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;-&amp;nbsp; Très bonne idée... &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Une fois dans la rue, Alex lui offrit sa veste, qu'elle refusa. «&amp;nbsp;C'est très gentil, mais je n'ai pas froid. Et puis il ne faudrait pas que vous tombiez malade à cause de moi.&amp;nbsp;» Alex la remit donc, et regarda le ciel étoilé tandis qu'ils marchaient côte à côte. Il ne trouvait rien à dire, il voulait seulement savourer ce moment. Il paraît que les gens trouvent l'infini de la voute céleste angoissant, mais lui voyait juste dans ce millier, ce millions de petites tâches de lumière des amies, des repères qui seraient toujours là quoi qu'il arrive. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;-&amp;nbsp; Où sont les pigeons la nuit ? s'interrogea Emma.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;-&amp;nbsp; Ils doivent dormir, répondit-il. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;-&amp;nbsp; Oui, je m'en doute. Mais où ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;-&amp;nbsp; Je ne sais pas... Dans des genres de nids je suppose.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;-&amp;nbsp; Je détesterais être un pigeon. Vous avez déjà regardé un pigeon attentivement ? Ils ont l'air abrutis, c'est fou. Imaginez-vous : vous ne pouvez pas avancer un pied sans faire un mouvement de la tête. Comme des petites machines toutes laides. Et leurs yeux stupides. On dit que Dieu a enlevé ses pattes au serpent pour le punir ; je préfère ne pas imaginer ce que  les pigeons ont fait...&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Alex se contenta de rire, et de la tirer soudain par le bras alors qu'elle allait se cogner contre un arbre. Il fallait dire qu'elle ne marchait plus très droit. Elle bascula alors contre son épaule, sur laquelle elle se reposa quelques secondes, avant de se dégager, et d'aller parler à un homme qui fumait à la porte d'un club adjacent. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;-&amp;nbsp; Oh mon dieu, monsieur, ça va ?! s'exclama-t-elle avec frayeur.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;-&amp;nbsp; Oui, très bien, merci, répondit-il un peu froidement, perplexe.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;-&amp;nbsp; Vous êtes sûr ? Mais vous avez une toute petite tête !  &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Alexei se retint de rire, et la tira par la taille, pour l'éloigner de cet homme qui semblait ne pas comprendre si l'on se moquait de lui ou s'il avait mal entendu ce qu'on lui avait dit. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;-&amp;nbsp; Emma, arrêtez, vous allez nous attirer des problèmes... la gronda-t-il d'une voix rieuse.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Elle se mit à rire, et longeait les murs, qu'elle caressait de la main. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;-&amp;nbsp; Je pourrais dormir chez vous ? Je n'ai pas envie de rentrer chez moi, murmura-t-elle. Mais ne vous inquiétez pas, je serais comme...eh bien, quelqu'un de très chaste. Une nonne, par exemple. Ce n'est pas un piège de petite intrigante, marmonna-t-elle alors qu'elle s'était arrêtée de marcher, et qu'elle parlait toute seule, le front contre le mur. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;-&amp;nbsp; Oui bien sûr. Venez Emma. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Elle se remit à marcher, et tandis qu'ils passaient devant un autre club, elle se mit à défiler en cadence, les yeux fermés, et à danser, ce qui obligea Alexei à revenir sur ses pas pour la chercher. Elle voulait encore danser, et en tâchant d'échapper à la main qu'Alex tendait pour la saisir, elle se cogna contre un passant.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;-&amp;nbsp; Ça suffit comme ça, vous allez-vous faire mal. Et puis moi je travaille demain, dit-il en la portant dans ses bras.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;-&amp;nbsp; Comme c'est romantique, rit-elle. Mais je peux tout à fait marcher, vous savez. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Alex ne répondit rien. Il sentait la peau douce et fraîche d'Emma sous ses doigts, et son souffle chaud dans son cou. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;-&amp;nbsp; Juan m'a portée comme ça une fois. Je m'en souviens. C'était quand je m'étais endormie dans son taxi, le premier soir. J'étais si fatiguée qu'il n'arrivait pas à me faire dire où je vivais. J'avais juste dit que j'allais en direction du quartier de l'opéra. C'était drôle, j'avais rêvé de lui dans mon sommeil. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;-&amp;nbsp; Juan ? &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;-&amp;nbsp; Oui, Juan, mon amant. Ou mon amoureux, ou ce que vous voulez. J'aime bien le mot amant. Ça me fait penser à un aimant. Ou à des amandes, remarquez. Que des choses positives donc. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;-&amp;nbsp; Donc c'est comme ça que vous l'avez rencontré ? &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;-&amp;nbsp; Oui, exactement comme ça. Après coup, il m'a dit qu'il était resté longtemps sans savoir quoi faire de moi. Il me regardait dormir, et c'est là qu'il serait tombé amoureux de moi. J'ai trouvé ça un peu bizarre, ce n'est pas comme si j'avais quelque chose de spécial quand je dors. Mais ça m'a tout de même fait plaisir.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;-&amp;nbsp; Et qu'est-ce qu'il a fait de vous alors ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;-&amp;nbsp; Il m'a ramenée chez lui. Il avait peur que je l'accuse d'être un pervers, alors il m'a allongée sur son sofa, toute habillée. Je raconte ça parce que dans un film que j'ai vu, il se passe à peu près la même chose, mais je crois qu'il déshabille la fille pour la coucher. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;-&amp;nbsp; Et après ? &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;-&amp;nbsp; Le lendemain, je me suis réveillée, j'ai fait semblant d'être un peu choquée, pour lui montrer que je n'étais pas du genre à m'échouer dans tous les taxis de la ville, et que je n'étais pas une fille qui couche. Et après je suis partie, mais j'ai fait exprès d'oublier mon passeport chez lui. Pour qu'il me retrouve. Parce que ça me chamboulait la façon qu'il avait de me regarder. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;-&amp;nbsp; Ah, donc c'est une manie d'éparpiller vos affaires ? &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;-&amp;nbsp; Mais non. Pour vous, c'était complètement involontaire. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ils étaient arrivés en bas de son immeuble, aussi il redéposa Emma sur le sol pour ouvrir la porte. Il lui laissa son lit, et se coucha sur le canapé. Il passa une nuit pleine de rêves plus étranges les uns que les autres, et quand il se réveilla, le lendemain matin, il découvrit sur la table de son salon une petite carte. «&amp;nbsp;&lt;b&gt;&lt;i&gt;Merci pour tout, E&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;.&amp;nbsp;»&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/306684188726460115-3349680567972993266?l=d-a-m-o-t.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/Lr9za8ibYvcPQn1rw5uXtJ0F2lg/0/da"&gt;&lt;img src="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/Lr9za8ibYvcPQn1rw5uXtJ0F2lg/0/di" border="0" ismap="true"&gt;&lt;/img&gt;&lt;/a&gt;&lt;br/&gt;
&lt;a href="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/Lr9za8ibYvcPQn1rw5uXtJ0F2lg/1/da"&gt;&lt;img src="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/Lr9za8ibYvcPQn1rw5uXtJ0F2lg/1/di" border="0" ismap="true"&gt;&lt;/img&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;img src="http://feeds.feedburner.com/~r/DreamsAreMadeOfThis/~4/6v8NduYCDSY" height="1" width="1"/&gt;</content><link rel="replies" type="application/atom+xml" href="http://d-a-m-o-t.blogspot.com/feeds/3349680567972993266/comments/default" title="Publier les commentaires" /><link rel="replies" type="text/html" href="http://d-a-m-o-t.blogspot.com/2010/12/moonlight-sonata-n9.html#comment-form" title="3 commentaires" /><link rel="edit" type="application/atom+xml" href="http://www.blogger.com/feeds/306684188726460115/posts/default/3349680567972993266?v=2" /><link rel="self" type="application/atom+xml" href="http://www.blogger.com/feeds/306684188726460115/posts/default/3349680567972993266?v=2" /><link rel="alternate" type="text/html" href="http://feedproxy.google.com/~r/DreamsAreMadeOfThis/~3/6v8NduYCDSY/moonlight-sonata-n9.html" title="Moonlight Sonata - n°9" /><author><name>Odalisque</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17622769863035218850</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel="http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail" width="16" height="16" src="http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif" /></author><thr:total>3</thr:total><feedburner:origLink>http://d-a-m-o-t.blogspot.com/2010/12/moonlight-sonata-n9.html</feedburner:origLink></entry><entry gd:etag="W/&quot;DE8AR3s9fyp7ImA9Wx9aEko.&quot;"><id>tag:blogger.com,1999:blog-306684188726460115.post-6967827941607405640</id><published>2010-12-01T21:42:00.006+01:00</published><updated>2011-03-04T23:14:06.567+01:00</updated><app:edited xmlns:app="http://www.w3.org/2007/app">2011-03-04T23:14:06.567+01:00</app:edited><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="épisode 8" /><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="Moonlight Sonata" /><title>Moonlight Sonata - n°8</title><content type="html">&lt;div dir="ltr" style="text-align: left;" trbidi="on"&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le lendemain soir, Alex sonna chez Emma. Elle ouvrit la porte et sourit en le reconnaissant. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Au moins on peut dire que vous vous impliquez, lança-t-elle presque en riant . Elle retourna à ses occupations à l'intérieur de la maison, en laissant la porte ouverte, ce qu'Alex prit, à juste titre, pour une invitation. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il eut pendant une fraction de seconde l'envie de s'en aller, mais il n'était peut-être pas encore le moment de faire des blagues. Surtout des aussi bonnes. Aussi, il entra. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Elle occupait un petit appartement au rez-de-chaussé, à droite lorsqu'on entrait. Dans l'entrée, un tapis recouvrait un damier blanc et noir, et continuait jusque dans le salon, quelques pas plus loin. Emma y était assise sur un grand sofa bordeaux, où elle écrivait sur un calepin. La radio, en fond, diffusait un air ronronnant et assez dansant. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Permettez que je termine ce à quoi j'étais occupée... &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Et quand elle eut mis un point à la dernière des phrases qu'elle était en train d'écrire, elle ferma son carnet, et se retourna vers lui. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Normalement j'aurais boudé quelques jours encore, dit-elle avec malice. Ce soir, je vous aurais fermé la porte au nez, mais j'ai un peu le cafard... Alors vous voir me fait du bien. Mais ne croyez pas avoir gagné non plus.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Alex ne sut pas trop s'il devait se réjouir de cette faveur ou se sentir insulté d'être considéré comme un objet, aussi il ne dit rien, et s'assit à côté d'elle sur le sofa. Elle portait une très jolie robe noire, et des escarpins de la même couleur. Comme souvent, à vrai dire. Mais il fallait reconnaître que cela lui allait à merveille.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il la regarda dans les yeux, et lui demanda ce qui n'allait pas. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Pas maintenant. Plus tard.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Allons danser alors, dit-il en lui prenant la main. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Laissez moi prendre mon sac, répondit-elle en souriant gentiment. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Et ils étaient dans la rue, marchant l'un à côté de l'autre, vers un dancing qu'ils semblaient connaître tous les deux. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Pourrais-je vous appeler Alexei ? Je trouve ça plus joli qu'Alex finalement, demanda-telle.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Très bien, mais tutoyez-moi alors. Et j'en ferais de même, si vous êtes d'accord.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Marché conclu, assura-t-elle en lui serrant la main avec un grand sourire. J'aime bien serrer la main des hommes. Ca me fait rire, allez savoir pourquoi. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Et moi j'aime bien serrer la vôtre. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Oh non, s'il vous plaît, je m'amusais.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Ne croyez pas que j'essayais de vous séduire. Ce n'est pas ma faute si vous vous croyez irrésistible, plaisanta-t-il. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Haha, vous reprenez du poil de la bête. Ce n'est peut-être pas exactement ça que ça veut dire, mais vous comprenez. Et puis vous avez raison, je suis très prétentieuse, c'est triste, non ? &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Allons vous faire boire, que les sottises qui sortent de votre bouche soient un peu plus joyeuses, répondit-il en riant. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Et en riant elle aussi, elle prit son bras pour les quelques mètres restants. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Un air assez calme et lancinant les accueillit. Ils prirent un verre, et se faufilèrent entre les autres couples qui dansaient. Emma posa ses bras autour du cou d'Alexei, et celui-ci posa ses mains sur les hanches de la jeune femme. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Jouons à un petit jeu, vous voulez ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Lequel ? &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Hmmm... Et bien... Chacun à notre tour, nous pourrons poser une question à l'autre, et ce jusqu'à la fin de cet air. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Je vois. Avec grand plaisir. Commencez, si vous voulez. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Très bien... Votre nom de famille ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Kirinov. Alexei Kirinov. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Ah vous êtes russe ? &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Une question à la fois ! Le vôtre ? &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Cugat. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Enchanté, Emma Cugat. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Enchantée, dit-elle en faisant une petite révérence. Que faites-vous dans la vie ? Comme métier je veux dire. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Je suis journaliste. Enfin c'est un peu compliqué en ce moment. Et vous ? &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- En ce moment, pas grand chose. J'ai arrêté mon truc de mannequin, c'était ridicule. J'écris un peu des poèmes, mais c'est un peu ridicule aussi. Un ami m'a dit qu'il pourrait peut-être me trouver quelque chose. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Oh, je vois. Je pourrais lire ces poèmes ? &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Non, enfin... pas encore. Peut-être un jour, mais dans longtemps. Quand vous serez gâteux par exemple, dit-elle, avec beaucoup de sérieux. Puis elle éclata de rire. A mon tour... Vous êtes célibataire ? &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Oui. Et depuis un certain temps. Vous ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Non, pas vraiment. C'est compliqué, murmura-t-elle en regardant dans le vague. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Comme pour la soutenir dans ce moment de fragilité, il resserra son étreinte autour de sa taille. Elle reposa son regard sur lui, avec un sourire un peu confus. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- A votre tour, dit-elle.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Alex, profitant de ce moment d'inattention, tricha et posa une autre question. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Pourquoi tenez-vous tant à ces objets que j'avais trouvés dans votre manteau ? &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Ah, nous y voilà, sourit-elle. Le livre est mon livre préféré. Sans lui j'ai l'impression de ne pas être tout à fait moi. Et le sifflet... C'est l'homme que j'aime qui me l'a donné.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Ah oui ? Pourquoi ? s'enquit Alex avec un peu trop de détachement pour masquer le fait que cette information ne le touchait pas.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Parce que je ne sais pas siffler les taxis. Et qu'il est chauffeur de taxi. C'est pour que je puisse le trouver. Et l'appeler s'il m'arrive quelque chose, mais ça c'est plus une blague entre nous, expliqua-t-elle avec une certaine tendresse dans la voix.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&amp;nbsp;Un air beaucoup plus tonique que les précédents retentit ― quatre morceaux avaient eu le temps de défiler depuis le début de leur conversation, sans qu'ils s'en aperçoivent ― et les sortit de leur intimité momentanée. Ils cessèrent alors de parler, et dansèrent sans s'arrêter, comme si une interruption pouvait rompre cette sorte d'alchimie qui s'était instaurée entre eux.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/306684188726460115-6967827941607405640?l=d-a-m-o-t.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/z571zcp0CpS5Gfqkr9_nNKAg46U/0/da"&gt;&lt;img src="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/z571zcp0CpS5Gfqkr9_nNKAg46U/0/di" border="0" ismap="true"&gt;&lt;/img&gt;&lt;/a&gt;&lt;br/&gt;
&lt;a href="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/z571zcp0CpS5Gfqkr9_nNKAg46U/1/da"&gt;&lt;img src="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/z571zcp0CpS5Gfqkr9_nNKAg46U/1/di" border="0" ismap="true"&gt;&lt;/img&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;img src="http://feeds.feedburner.com/~r/DreamsAreMadeOfThis/~4/AHPHTlg_l2M" height="1" width="1"/&gt;</content><link rel="replies" type="application/atom+xml" href="http://d-a-m-o-t.blogspot.com/feeds/6967827941607405640/comments/default" title="Publier les commentaires" /><link rel="replies" type="text/html" href="http://d-a-m-o-t.blogspot.com/2010/12/moonlight-sonata-n8.html#comment-form" title="5 commentaires" /><link rel="edit" type="application/atom+xml" href="http://www.blogger.com/feeds/306684188726460115/posts/default/6967827941607405640?v=2" /><link rel="self" type="application/atom+xml" href="http://www.blogger.com/feeds/306684188726460115/posts/default/6967827941607405640?v=2" /><link rel="alternate" type="text/html" href="http://feedproxy.google.com/~r/DreamsAreMadeOfThis/~3/AHPHTlg_l2M/moonlight-sonata-n8.html" title="Moonlight Sonata - n°8" /><author><name>Odalisque</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17622769863035218850</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel="http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail" width="16" height="16" src="http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif" /></author><thr:total>5</thr:total><feedburner:origLink>http://d-a-m-o-t.blogspot.com/2010/12/moonlight-sonata-n8.html</feedburner:origLink></entry><entry gd:etag="W/&quot;C04AQH84cSp7ImA9Wx9RF0Q.&quot;"><id>tag:blogger.com,1999:blog-306684188726460115.post-892601626807724567</id><published>2010-11-27T00:38:00.002+01:00</published><updated>2010-12-19T21:52:21.139+01:00</updated><app:edited xmlns:app="http://www.w3.org/2007/app">2010-12-19T21:52:21.139+01:00</app:edited><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="épisode 7" /><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="Moonlight Sonata" /><title>Moonlight Sonata - n°7</title><content type="html">&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Quand Alex remonta chez lui, il trouva la fenêtre ouverte, et un tas de documents éparpillés sur le sol. Il crut d'abord que l'un avait causé l'autre, mais le vent n'ayant pu ouvrir les tiroirs de son bureau tout seul, il se rendit compte qu'il avait été cambriolé.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Mais il ne trouvait rien qui manquât. On avait fouillé dans son bureau, sa commode, son armoire, sous les coussins de son sofa, et sous ses draps, mais il semblait que rien n'ait intéressé les voleurs. Alors quelles étaient leurs motivations ? &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;C'était plus qu'étrange. Il se souvint alors de la singulière rencontre qu'il avait fait en bas de chez lui, et tout devint clair : cet homme avait été chargé de le distraire, pendant qu'un complice fouillait son appartement. Il rangea deux ou trois affaires, et décida à sortir, puisque c'était la seule chose dont il avait envie sur le moment.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il prit, comme par instinct, la direction du Moonlight Sonata. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le bar était plus animé que d'ordinaire: on y donnait un concert. Il se fraya un chemin parmi les personnes qui discutaient près de la porte d'entrée, et s'assit au comptoir, de manière à voir la petite scène improvisée. Il trouva cela plutôt pas mal, et apprécia la voix feutrée du chanteur, qu'un piano et une trompette accompagnaient à merveille.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il se mit alors à regarder une femme qui dansait, un peu plus loin. Elle était gracieuse, et ses mouvements lents venaient se lover dans la musique comme si elle la comprenait vraiment, et en prévoyait chaque évolution, chaque note. Elle se retourna, et il la reconnut alors: c'était Emma. Elle avait les yeux fermés, pour mieux s'abandonner à la musique. De chacun de ses gestes émanait une profonde sensualité, mais il sentit qu'elle ne faisait pas cela pour se donner à voir, comme ces autres femmes; mais parce qu'elle savourait cette volupté. Il sentit même qu'elle ne savait pas qu'elle était belle; le reste, elle l'avait oublié. Elle vivait dans la musique. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Quand le morceau fut terminé, elle rouvrit les yeux, et resta un peu perdue parmi les autres danseurs, pendant quelques instants. Elle se dirigea vers le bar, où elle répondit au barman qui lui tendait un verre, en souriant. Alex ressentit un léger pincement de coeur — il détestait être jaloux. Il se dirigea alors vers elle. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Tiens, mais c'est mon ami Alex, lança-t-elle en posant la main sur sa poitrine avec une tendresse moqueuse — elle était légèrement ivre. Comment va notre petit tyran ? &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Alors vous êtes toujours fâchée par cette histoire... Tout ça pour quoi, un sifflet et un bouquin ? répondit-il aussi maladroitement qu'il en avait l'habitude face à Emma. Vous savez, dit-il en tapotant sa poche, qui renfermait les objets que convoitait la jeune femme, il vous suffirait de quelques petits mots et vous n'auriez plus de raisons d'être fâchée contre moi.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Mais non, je ne suis pas en colère. Je ne faisais que vous taquiner. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Elle se retourna vers la salle et se mit à observer les danseurs. «&amp;nbsp;C'est un de ces soirs où j'ai envie de danser&amp;nbsp;», dit-elle à voix basse. «&amp;nbsp;C'est pour ça que j'ai bu.&amp;nbsp;» &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Alors il ne faudrait pas gâcher une si belle occasion, assura-t-il, en lui proposant son bras. Vous me refusez des aveux, peut-être que j'aurais plus de succès avec cette danse.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Elle sourit avec défi et le prit par la main pour le mener jusqu'au milieu de la pièce. Elle passa alors ses bras autour de son cou. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Alex, surprit de cette victoire facile, tâchait de se concentrer sur ce que lui disait sa partenaire. La musique se fit plus douce, voire un peu mélancolique.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Vous savez, vous êtes nul avec les femmes. Mais vous êtes attachant tout de même. C'est pour ça que je ne vous déteste pas. Je crois que vous ne le faites pas exprès.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il ne répondit pas, et se contenta de la regarder. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;De près, elle était aussi jolie. Ses fins sourcils noirs, joliment dessinés, lui donnaient du caractère. Et le rose frais de ses lèvres était une tentation à laquelle il s'efforçait de ne pas penser. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Je vous ai vue danser tout à l'heure. Vous dansez très bien.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Merci. J'ai pris des cours à vrai dire. Avant, j'étais un vrai hippopotame. Je dansais horriblement. Alors que la musique, c'est si beau, et ça me monte dans le coeur comme ça... Vous devez trouver ridicule que je vous raconte ça. Mais quand j'entends une chanson et qu'elle me secoue au plus profond de moi, j'ai l'impression de mourir un peu. Quand je danse, au moins, je la célèbre cette petite mort; ça la rend moins amère... Et puis c'est si amusant.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Elle laissa ses bras et ses mains glisser le long de ses épaules. Il essaya de cacher les petits frissons que lui causèrent cette nouvelle proximité. Il tâcha de reprendre un peu le contrôle en la faisant légèrement basculer en arrière. Il surprit alors dans ses yeux une lueur de timidité, qui lui redonna de l'assurance. Il resserra ses bras autour de la frêle taille. Il sentit les bras d'Emma descendre encore un peu le long de ses flancs, lentement. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il était fébrile. Il sentit alors ses mains s'enfouir dans ses poches. Elle se dégagea soudain de son étreinte, en brandissant victorieusement son livre et son siflet. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;«&amp;nbsp; Voilà, comme ça, nous sommes quittes. C'est très vilain de forcer les gens à vous faire des confidences. Si vous y tenez tant que ça, à l'avenir, vous saurez les gagner. J'habite au 17, rue Pérez Galdos.  Si je vous dis ça, c'est parce qu'au fond, vous avez l'air de quelqu'un d'intéressant. Mais vous êtes encore loin d'être un ami.&amp;nbsp;»&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Et elle se retourna, alla demander son manteau à l'homme du vestiaire, et partit. &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/306684188726460115-892601626807724567?l=d-a-m-o-t.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/WwcFnvPsQANixCtAJzq-roctnj8/0/da"&gt;&lt;img src="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/WwcFnvPsQANixCtAJzq-roctnj8/0/di" border="0" ismap="true"&gt;&lt;/img&gt;&lt;/a&gt;&lt;br/&gt;
&lt;a href="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/WwcFnvPsQANixCtAJzq-roctnj8/1/da"&gt;&lt;img src="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/WwcFnvPsQANixCtAJzq-roctnj8/1/di" border="0" ismap="true"&gt;&lt;/img&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;img src="http://feeds.feedburner.com/~r/DreamsAreMadeOfThis/~4/cxtxEKanIKo" height="1" width="1"/&gt;</content><link rel="replies" type="application/atom+xml" href="http://d-a-m-o-t.blogspot.com/feeds/892601626807724567/comments/default" title="Publier les commentaires" /><link rel="replies" type="text/html" href="http://d-a-m-o-t.blogspot.com/2010/11/moonlight-sonata-n7.html#comment-form" title="1 commentaires" /><link rel="edit" type="application/atom+xml" href="http://www.blogger.com/feeds/306684188726460115/posts/default/892601626807724567?v=2" /><link rel="self" type="application/atom+xml" href="http://www.blogger.com/feeds/306684188726460115/posts/default/892601626807724567?v=2" /><link rel="alternate" type="text/html" href="http://feedproxy.google.com/~r/DreamsAreMadeOfThis/~3/cxtxEKanIKo/moonlight-sonata-n7.html" title="Moonlight Sonata - n°7" /><author><name>Odalisque</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17622769863035218850</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel="http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail" width="16" height="16" src="http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif" /></author><thr:total>1</thr:total><feedburner:origLink>http://d-a-m-o-t.blogspot.com/2010/11/moonlight-sonata-n7.html</feedburner:origLink></entry><entry gd:etag="W/&quot;C04CRXsyfip7ImA9Wx9RF0Q.&quot;"><id>tag:blogger.com,1999:blog-306684188726460115.post-6869544756441002586</id><published>2010-11-23T21:51:00.005+01:00</published><updated>2010-12-19T21:52:44.596+01:00</updated><app:edited xmlns:app="http://www.w3.org/2007/app">2010-12-19T21:52:44.596+01:00</app:edited><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="épisode 6" /><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="Moonlight Sonata" /><title>Moonlight Sonata - n°6</title><content type="html">&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Alex prit son temps pour rentrer chez lui. Il ne comprenait pas cette réaction brusque et plutôt inattendue qu'avait eue Emma. Autant dire que sa tentative de séduction avait complètement échoué. Au contraire, maintenant, elle le détestait . &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Pire, il l'avait rendue malheureuse. En même temps, il fallait avouer que ça ressemblait beaucoup à un malheur de fillette capricieuse — qui pleure pour ça ? Ce genre de pleurnicheries, c'était digne de ces blondes écervelées dans les films de série B. C'est pour ça que c'était si perturbant. Emma – il connaissait son nom maintenant – ne semblait pas être comme ça. Déjà elle était brune, et une jolie brune. Et puis il avait senti qu'elle n'était pas creuse... Au contraire, il était sûr qu'on pouvait se perdre dans les méandres de sa personne, basculer dans une sorte de bel infini ; pas celui de ses yeux, comme ils disent — c'est idiot comme idée. Mais celui de son personnage – il n'arrivait pas à comprendre qui elle était, et c'est ce qui le troublait plus. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Sur le chemin du retour, il prêta une attention particulière à des petits détails auxquels il ne faisait pas attention d'ordinaire. Il s'arrêta en dessous d'un arbre pour regarder une feuille rougie par l'automne qui tombait lentement. Il la ramassa, l'assortit à une autre qui était dorée, et les épingla sur son costume. Il se sentait comme un duc, qui se promenait dans son immense propriété. Il ne savait pas trop de quoi il était le duc, peut-être était-il le Duc de l'échec, mais il n'avait pas envie d'y penser. Il reconnaissait dans cette Nature tristement épanouie quelque chose de dense, d'émouvant, qui le fit se sentir à la fois vaniteux et vulnérable. Il aurait aimé avoir Emma à son bras, et danser avec elle une valse sous les feuilles. Mais il n'y avait ni musique, ni Emma, aussi, se sentant idiot, il se remit en route vers son appartement.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Une fois rentré, il écrivit son papier sur la jolie histoire de James Angelo, en envoya un exemplaire à son patron, et un autre à Julia, la veuve qu'il avait beaucoup appréciée. Il rajouta dans les enveloppes un petit mot de soutien à Julia, et dans l'autre une lettre de menace de démission à l'adresse de son rédacteur en chef. Il les referma, et sortit les poster. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Bonjour monsieur, quelle belle soirée, n'est-ce pas ? lui lança un homme revêtant élégant  costume vert sombre, tandis qu'il rentrait.&lt;br /&gt;
- Euh, oui, c'est vrai... bredouilla-t-il, surpris.&lt;br /&gt;
- Le fond de l'air est frais, ne trouvez-vous pas ? &lt;br /&gt;
- Je ne sais pas, oui, sans doute...&lt;br /&gt;
- Il n'y a pas de «&amp;nbsp;sans doute&amp;nbsp;» qui tienne, voyons. Trouvez-vous que le fond de l'air est frais, ou non ?&amp;nbsp; Je n'en serais pas fâché, si vous me contredisiez, vous savez.&lt;br /&gt;
- Je ne me souciais pas de cela. Oui, il fait un peu frais, mais c'est assez normal pour un mois de novembre.&lt;br /&gt;
- Vous ne vous souciez pas de cela ? Vous ne vous préoccupez pas de l'opinion de votre interlocuteur ? En voilà une belle affaire ! &lt;br /&gt;
- Non, je n'ai pas dis ça. C'est juste que ce que je pense est indépendant de l'opinion de mon interlocuteur, comme vous dites. Je ne vais pas penser blanc parce que vous pensez blanc.&lt;br /&gt;
- Ah parce que vous êtes raciste en plus ? s'exclama l'étrange importun. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Celui-ci sembla alors remarquer quelque chose un peu plus loin, et en souriant, lui tapa sur l'épaule en disant «&amp;nbsp;Bonne soirée à vous, mon brave&amp;nbsp;». Et il partit comme il était venu, laissant Alex confus, à quelques pas de chez lui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/306684188726460115-6869544756441002586?l=d-a-m-o-t.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/4W0uLSV0fRcT9VSE9Xi5aWNUj58/0/da"&gt;&lt;img src="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/4W0uLSV0fRcT9VSE9Xi5aWNUj58/0/di" border="0" ismap="true"&gt;&lt;/img&gt;&lt;/a&gt;&lt;br/&gt;
&lt;a href="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/4W0uLSV0fRcT9VSE9Xi5aWNUj58/1/da"&gt;&lt;img src="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/4W0uLSV0fRcT9VSE9Xi5aWNUj58/1/di" border="0" ismap="true"&gt;&lt;/img&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;img src="http://feeds.feedburner.com/~r/DreamsAreMadeOfThis/~4/2XhsEsm3iJU" height="1" width="1"/&gt;</content><link rel="replies" type="application/atom+xml" href="http://d-a-m-o-t.blogspot.com/feeds/6869544756441002586/comments/default" title="Publier les commentaires" /><link rel="replies" type="text/html" href="http://d-a-m-o-t.blogspot.com/2010/11/moonlight-sonata-n6.html#comment-form" title="3 commentaires" /><link rel="edit" type="application/atom+xml" href="http://www.blogger.com/feeds/306684188726460115/posts/default/6869544756441002586?v=2" /><link rel="self" type="application/atom+xml" href="http://www.blogger.com/feeds/306684188726460115/posts/default/6869544756441002586?v=2" /><link rel="alternate" type="text/html" href="http://feedproxy.google.com/~r/DreamsAreMadeOfThis/~3/2XhsEsm3iJU/moonlight-sonata-n6.html" title="Moonlight Sonata - n°6" /><author><name>Odalisque</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17622769863035218850</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel="http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail" width="16" height="16" src="http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif" /></author><thr:total>3</thr:total><feedburner:origLink>http://d-a-m-o-t.blogspot.com/2010/11/moonlight-sonata-n6.html</feedburner:origLink></entry><entry gd:etag="W/&quot;C04DSHsyfSp7ImA9Wx9RF0Q.&quot;"><id>tag:blogger.com,1999:blog-306684188726460115.post-1109804671511853976</id><published>2010-11-18T17:51:00.008+01:00</published><updated>2010-12-19T21:52:59.595+01:00</updated><app:edited xmlns:app="http://www.w3.org/2007/app">2010-12-19T21:52:59.595+01:00</app:edited><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="épisode 5" /><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="Moonlight Sonata" /><title>Moonlight Sonata - n°5</title><content type="html">&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il fallait qu'elle le retrouve.&amp;nbsp; &lt;br /&gt;
Déjà, elle n'aimait pas du tout qu'un inconnu détienne ses affaires, son intimité en quelque sorte. Et puis, elles étaient précieuses. Elle y avait réfléchi pendant de longs instants, mais rien à faire : sa seule piste était le Moonlight Sonata. S'il y était venu une fois, il pouvait y revenir. Peut-être que ce n'était que l'errance d'un soir d'un kleptomane vagabond, et que jamais il ne remettrait les pieds dans ce bar. Mais c'était la seule chose qu'elle pouvait faire, aussi préféra-t-elle espérer. Et puis elle avait tout de même eu l'impression de lui plaire — peut-être qu'il jouait la comédie, mais quel intérêt après tout ?... Non, qu'il soit voleur ou non, si elle lui avait plu, et qu'il était un tant soit peu persévérant, il reviendrait, dans l'espoir de la revoir. Mais cela n'existe plus, de nos jours, les hommes persévérants. A la moindre petite épine qu'on peut tendre, ne serait-ce que par jeu, par épreuve, ils se dégonflent, et s'envolent vers d'autres proies plus faciles. Elle est loin, l'époque des chevaliers et des dragons. Ou alors, il faut que la fille vaille le coup. Encore faudrait-il qu'ils aient le temps de s'en rendre compte. Ou alors c'est un homme hors du commun. Mais ça, on en croise très peu dans une vie.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Elle jouait avec son verre, perdue dans ses pensées, à une petite table qui lui semblait être idéalement placée pour guetter les entrées et sorties, en face du comptoir. Alors qu'elle observait distraitement le serveur, qui par une petite moue témoigna de la déception que lui causait cet éloignement nouveau, elle le vit détourner le regard en direction de la porte. Il fit un geste à son adresse, et lui montra quelqu'un : c'était lui. Oui, c'était bien lui ! Le même regard un peu sombre mais plein de vie, les mêmes cheveux bruns et coiffés sans en avoir l'air...&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Elle ne se montra pas tout de suite. Mais comme il n'avait pas l'air d'un rôdeur aux intentions douteuses, elle lança un «&amp;nbsp;Alex&amp;nbsp;! » clair, qui le fit sursauter. Il chercha des yeux qui l'appelait, et quand il aperçut ce visage qui avait hanté ses pensées depuis leur dernière rencontre, il eut un air de franche surprise qui le laissa décontenancé pendant quelques courts instants.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Que faites-vous là ? Je pensais justement me lancer à votre recherche. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Et bien justement, je vous cherche. Il faut croire que je suis la plus prompte des deux.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il lui prit la main et la baisa, ne soupçonnant pas les reproches que contenait cette réplique.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Maintenant, peut-être que vous allez pouvoir me rendre ces choses que vous avez prises, et qui m'appartiennent.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Oh, elles sont chez moi, mais nous pouvons nous retrouver demain, ici, à la même heure ? Je les apporterai.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Vous ne manquez pas d'air. Il faut donc que je convienne d'un rendez-vous avec sa Seigneurie pour avoir l'honneur de récupérer ce qu'elle m'a volé ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Volées ? Mais non, pas du tout, vous les aviez oubliées, et je ne voulais pas que quelqu'un d'autre...&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Me les vole ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Non, enfin, je voulais les garder en sécurité, jusqu'à ce que je puisse vous retrouver et vous les rendre.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Admettons que ce soit vrai, un rendez-vous est-il vraiment nécessaire ? Où habitez-vous ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- A quelques pâtés de maisons de là...&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Ce n'est pas si loin alors. Je vous accompagnerai.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Très bien. Mais, dites-moi, pourquoi êtes-vous si pressée de les récupérer ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Cela ne vous regarde absolument pas.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Oh, allez. J'ai eu l'amabilité de prendre soin de vos précieux effets et de ne pas m'offusquer de vos accusations fantasques. Ayez celle de répondre à ma question.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Je suppose que vous avez vu les objets que mon manteau contenait ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Oui, et alors ? Pourquoi sont-ils si précieux ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Vous voyez, vous ne respectez rien. Vous volez un manteau, et vous fouillez dedans...&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Je ne l'ai pas volé ! Vous ne semblez pas me croire, et ça m'agace.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il voyait ses chances de la revoir s'amincir de minute en minute. Pourtant il le voulait, pour lui montrer qu'il n'était pas cet homme maladroit, ni un voleur, comme elle l'imaginait. Or, s'il lui rendait ses précieuses petites choses, elle n'aurait plus besoin de lui, et s'en irait, sans plus chercher à le retrouver.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Je vous les rendrai si vous me dites pourquoi vous y tenez tant et si vous acceptez de dîner avec moi.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Ah parce que maintenant vous voulez un dîner ? Et vous me menacez ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Je ne vous menace pas, c'est plus comme... un pacte.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Un pacte, c'est entre deux personnes égales. Alors que là, c'est vous qui avez le pouvoir, et ça vous excite, avouez.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Mais non, tout de suite les grands mots. Détendez-vous un peu. Pour commencer, arrêtons de nous vouvoyer.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Je vous demande de me rendre mes affaires.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Je suis content que tu te souviennes de mon prénom.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Je vais commencer à perdre patience. Rendez les moi.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Comment t'appelles-tu ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Emma. Rendez les moi, ou je crie.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Vous ne le ferez pas. Et ça ne serait pas fair play... Je vous ai proposé mon pacte, à vous de voir. C'est très simple. Vous n'avez qu'à répondre à une petite question, et vous faire inviter à dîner. On a vu pire comme supplice. Sauf si vous me trouvez extrêmement repoussant, évidemment.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Vous voulez vraiment jouer à ça ? demanda-t-elle, les larmes aux yeux.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Et avant qu'il ne put répondre, car il était troublé par ce soudain signe de faiblesse qui lui fit mal au coeur, elle était partie. &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/306684188726460115-1109804671511853976?l=d-a-m-o-t.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/_bCq9jSHELCC2PPIWZNPk9ArCh0/0/da"&gt;&lt;img src="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/_bCq9jSHELCC2PPIWZNPk9ArCh0/0/di" border="0" ismap="true"&gt;&lt;/img&gt;&lt;/a&gt;&lt;br/&gt;
&lt;a href="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/_bCq9jSHELCC2PPIWZNPk9ArCh0/1/da"&gt;&lt;img src="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/_bCq9jSHELCC2PPIWZNPk9ArCh0/1/di" border="0" ismap="true"&gt;&lt;/img&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;img src="http://feeds.feedburner.com/~r/DreamsAreMadeOfThis/~4/fTLUONcL554" height="1" width="1"/&gt;</content><link rel="replies" type="application/atom+xml" href="http://d-a-m-o-t.blogspot.com/feeds/1109804671511853976/comments/default" title="Publier les commentaires" /><link rel="replies" type="text/html" href="http://d-a-m-o-t.blogspot.com/2010/11/moonlight-sonata-n5.html#comment-form" title="6 commentaires" /><link rel="edit" type="application/atom+xml" href="http://www.blogger.com/feeds/306684188726460115/posts/default/1109804671511853976?v=2" /><link rel="self" type="application/atom+xml" href="http://www.blogger.com/feeds/306684188726460115/posts/default/1109804671511853976?v=2" /><link rel="alternate" type="text/html" href="http://feedproxy.google.com/~r/DreamsAreMadeOfThis/~3/fTLUONcL554/moonlight-sonata-n5.html" title="Moonlight Sonata - n°5" /><author><name>Odalisque</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17622769863035218850</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel="http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail" width="16" height="16" src="http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif" /></author><thr:total>6</thr:total><feedburner:origLink>http://d-a-m-o-t.blogspot.com/2010/11/moonlight-sonata-n5.html</feedburner:origLink></entry><entry gd:etag="W/&quot;CEMMRXo-fCp7ImA9Wx9RF0Q.&quot;"><id>tag:blogger.com,1999:blog-306684188726460115.post-4654508707562779853</id><published>2010-11-10T21:13:00.007+01:00</published><updated>2010-12-19T22:01:24.454+01:00</updated><app:edited xmlns:app="http://www.w3.org/2007/app">2010-12-19T22:01:24.454+01:00</app:edited><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="Moonlight Sonata" /><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="épisode 4" /><title>Moonlight Sonata - n°4</title><content type="html">&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ding dong. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La porte s'ouvrit, laissant apparaître une vieille femme au visage plutôt sympathique, mais dont les yeux rougis montraient qu'elle avait pleuré. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Ah, bonjour, vous êtes le journaliste qui venez pour mon mari, c'est ça ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Oui madame, répondit-il d'une voix douce, surpris d'être attendri alors qu'il s'apprêtait à bâcler son papier. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Entrez donc.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il fut surpris par la sobriété du lieu, qu'on décorait ordinairement de compositions mortuaires de toutes sortes. Ici, rien n'avait été changé pour la triste occasion. Il y avait juste une petite bougie qui brûlait sur la table du salon, et un peu de musique classique qui se faisait entendre, seule dans son coin. Elle l'invita à passer dans la cuisine, pour y prendre un café. Il accepta volontiers, et, une fois attablé, sortit son carnet. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Oh non, ce n'est pas la peine. Ne prenez pas de notes. Je me fiche que les gens aient des détails précis sur sa vie, l'âge auquel il s'est rasé pour la première fois, et tout le tintouin. Je n'aime pas les choses inutiles et vides de sens.  J'aimais mon mari, mais je n'ai pas besoin de mettre des fleurs et du noir partout pour lui dire au revoir.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Que voulez-vous qu'on écrive alors ? &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Je ne sais pas, quelque chose de plus... personnel. Il a toujours voulu être écrivain, mais il n'a jamais réussi à être publié. Ça le déprimait beaucoup, il se prenait pour un raté, et se persuadait qu'il n'avait aucun talent, quoi que je lui dise...&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Je vois, mais je ne vais pas mettre ça dans mon article, ça serait triste, répondit-il sincèrement, sentant qu'il ne commettait pas d'impair en parlant ainsi.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Ce que je voulais dire, c'est que l'écriture était pour lui le moyen de laisser une petite trace, un quelque chose à la «&amp;nbsp;postérité&amp;nbsp;», comme ils disent. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Je vois. C'est touchant comme attention. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Oh, c'est normal, je l'aime, et j'aurais aimé qu'on en fasse autant pour moi. On a eu nos beaux jours, vous savez. A une époque, il travaillait à l'ambassade, et gagnait beaucoup d'argent, c'est comme ça qu'on a pu s'acheter cette maison. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Elle toussa à plusieurs reprises, alla chercher un mouchoir dans un tiroir, et revint s'asseoir. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Je sais que vous connaissez mon mari comme homme politique, mais j'aimerais que vous ne parliez pas trop de ça dans votre papier. Vous savez, c'était vraiment quelqu'un de bien. Et la politique, ça vous salirait n'importe qui. On se retrouve dans de vilaines positions sans jamais l'avoir voulu, les gens vous accuseraient de tous les maux de la terre quand bien même vous auriez fait tout ce que vous pouviez pour leur bien. Je vous jure, ce genre de métier, ça vous dégoûterait n'importe qui. Je ne dis pas que tous les politiciens sont des saints hommes, mais je peux vous assurer que mon mari... C'est facile de salir les gens vous savez.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Oui, bien sûr. J'avoue que je ne le connaissais pas très bien, mais il avait l'air sympathique. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Ah ça oui, il l'était. C'est une des choses qui m'ont plu quand je l'ai rencontré. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Ah, très bien ça, racontez-moi votre rencontre. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- C'était il y a... 43 ans de cela je crois. Je me rendais à un bal avec une amie. Je n'avais pas le droit, car c'était un bal où jouaient des musiciens noirs, ces nouvelles musiques. Ma mère ne voulait pas que j'y aille. Mais comme j'avais déjà plus de vingt ans, je n'ai eu aucun remord à lui désobéir, et j'y suis allé avec une amie. On dansait toutes les deux au début, et puis il est venu m'inviter à danser. Je n'osais pas trop lui parler, il avait un de ces regards qui vous captivent et vous intimide. Alors c'est lui qui menait la conversation. Je ne me souviens plus de ce qu'il m'a dit, juste qu'il aimait mon prénom. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Qui est, d'ailleurs, j'ai oublié de vous le demander...&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Julia. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Très bien, c'est vrai que c'est joli. Et après ? &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Et après j'ai eu envie de le revoir, donc je suis retournée au bal la semaine suivante, et il y était. Et c'est ce jour là qu'il m'a embrassée, et qu'on a commencé à se voir. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- C'est une jolie histoire. Je pourrais la raconter dans mon papier ? &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Oui, si vous voulez... Si vous savez quoi en faire. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Je crois que je vais écrire plusieurs petites scènes de sa vie, de façon un peu romancée, comme s'il était un personnage de roman...&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- C'est une bonne idée, ça lui rendra justice, répondit-elle en souriant. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;On sonna, et avant que Julia n'ait pu se lever, la porte s'ouvrit et se referma derrière le visiteur. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Ah, c'est toi Daniel, viens t'asseoir, je parle de ton père avec ce journaliste, qui écrira le papier sur lui.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Bonjour, salua le fils. Vous l'avez-vu ? &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Non, il n'est pas allé le voir, mais je ne suis pas sûre que ça soit nécessaire ; enfin c'est vous qui décidez, répondit la vieille dame. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;- Je préfère me rappeler de ces jolis souvenirs dont vous me parlez quand j'écrirai, donc non, je n'y tiens pas particulièrement, répondit-il. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Et ils continuèrent à évoquer les meilleurs moments de cette vie qui venait de s'achever,&amp;nbsp; puis Alex rentra chez lui, songeur mais d'humeur sereine.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/306684188726460115-4654508707562779853?l=d-a-m-o-t.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/ptW_-L5OTG9T6jqCusj-0RSquAQ/0/da"&gt;&lt;img src="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/ptW_-L5OTG9T6jqCusj-0RSquAQ/0/di" border="0" ismap="true"&gt;&lt;/img&gt;&lt;/a&gt;&lt;br/&gt;
&lt;a href="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/ptW_-L5OTG9T6jqCusj-0RSquAQ/1/da"&gt;&lt;img src="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/ptW_-L5OTG9T6jqCusj-0RSquAQ/1/di" border="0" ismap="true"&gt;&lt;/img&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;img src="http://feeds.feedburner.com/~r/DreamsAreMadeOfThis/~4/CY8c-dvcSMI" height="1" width="1"/&gt;</content><link rel="replies" type="application/atom+xml" href="http://d-a-m-o-t.blogspot.com/feeds/4654508707562779853/comments/default" title="Publier les commentaires" /><link rel="replies" type="text/html" href="http://d-a-m-o-t.blogspot.com/2010/11/moonlight-sonata-n4.html#comment-form" title="6 commentaires" /><link rel="edit" type="application/atom+xml" href="http://www.blogger.com/feeds/306684188726460115/posts/default/4654508707562779853?v=2" /><link rel="self" type="application/atom+xml" href="http://www.blogger.com/feeds/306684188726460115/posts/default/4654508707562779853?v=2" /><link rel="alternate" type="text/html" href="http://feedproxy.google.com/~r/DreamsAreMadeOfThis/~3/CY8c-dvcSMI/moonlight-sonata-n4.html" title="Moonlight Sonata - n°4" /><author><name>Odalisque</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17622769863035218850</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel="http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail" width="16" height="16" src="http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif" /></author><thr:total>6</thr:total><feedburner:origLink>http://d-a-m-o-t.blogspot.com/2010/11/moonlight-sonata-n4.html</feedburner:origLink></entry><entry gd:etag="W/&quot;CEIERXw-eyp7ImA9Wx9RF0Q.&quot;"><id>tag:blogger.com,1999:blog-306684188726460115.post-214854547055615430</id><published>2010-11-04T20:34:00.004+01:00</published><updated>2010-12-19T22:01:44.253+01:00</updated><app:edited xmlns:app="http://www.w3.org/2007/app">2010-12-19T22:01:44.253+01:00</app:edited><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="Moonlight Sonata" /><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="épisode 3" /><title>Moonlight Sonata - n°3</title><content type="html">Coincé dans les embouteillages, il tapotait sur son volant, distraitement, au rythme de la musique que lui murmurait la radio.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;«&amp;nbsp; Ecoute ma voix, écoute ma prière... Ecoute mon coeur qui bat, laisse-toi faire... Je t'en prie ne sois pas farouche quand me vient l'eau à la bouche...&amp;nbsp;»&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;C'était plus fort que lui. Il n'y avait de sensuel dans la situation présente : il se rendait chez une vieille dame qui allait lui parler de son défunt mari en versant toutes les larmes de son corps. Et pourtant, tout, et surtout cette musique lancinante, le ramenait à ces obsédantes pensées. Cette jeune femme qu'il avait croisée... il fallait qu'il la revoie, il voulait la regarder à nouveau, il voulait être regardé par elle. Il voulait poser son regard sur elle et sentir comme elle se prêtait à ce regard avec un doux et discret abandon, comme si elle lui permettait quelque chose de secret, d'inédit. Il voulait sentir à nouveau comme son propre regard la faisait se sentir belle. Oui voilà, il voulait la retrouver, et qu'elle s'abandonne à lui. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Mais qui était-il pour qu'on s'abandonne à lui...? C'était décidé, il arrêterait les compromis : ce qu'il voulait, c'était être journaliste, pas établir des listes de macchabées par ordre de date de péremption. Et s'il crevait demain...? La mort n'attend pas qu'on ait réalisé ses rêves pour frapper... D'accord, il faut savoir accepter que les choses ne nous arrivent pas tout de suite ; mais trois ans de patience, c'est peut-être suffisant, non ? Enthousiasmé par ce nouvel élan d'une volonté qu'il avait oublié, il monta le son de la radio et se passa les mains sur le visage. Oui, cela allait changer. Aujourd'hui, ou demain, dernier délai. Il allait faire quelque chose, pour ne pas avoir honte de répondre à cette femme, quand il la reverrai. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div style="text-align: center;"&gt;*&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
- Bonjour, je ne sais pas si vous me reconnaissez...&lt;br /&gt;
- Si, bien sûr, vous êtes venue hier soir... Vous avez laissé vos affaires en partant, répondit le barman chaleureusement.&lt;br /&gt;
- Ah, alors vous les avez ? s'enquit-elle, soulagée.&lt;br /&gt;
- Non, je les ai données au jeune homme qui vous accompagnait, il m'a dit que c'était ce qui avait été convenu. &lt;br /&gt;
- Comment ? Mais non, je... Je ne connaissais même pas son nom, il vous a menti, s'inquiéta-t-elle, confuse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le barman parut embêté, il ne sut que dire. Il lui proposa un verre, en guise d'excuse. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Troublée, elle s'assit sur le tabouret qu'il lui présenta, et saisit en souriant le verre qu'il lui avait servi. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Ce manteau coûtait-il cher ? Y avait-il quelque chose de précieux dans vos affaires, qui le pousse à vous les voler ?&lt;br /&gt;
- Non, je ne crois pas... Je ne connais pas le prix de mes affaires, mon manteau et mon chapeau étaient des cadeaux. &lt;br /&gt;
- Des cadeaux d'une personne de goût alors, lança-t-il sur un ton charmant, pour lui montrer qu'il cherchait à lui plaire.&lt;br /&gt;
- Merci, vous êtes gentil, répondit-elle en recoiffant une mèche de cheveux derrière son oreille. Elle sentait son regard insistant sur elle, et comme souvent, hésitait à lui rendre, de peur qu'on puisse lire en elle. Ce n'est pas trop dur votre métier ? &lt;br /&gt;
- Non, sauf les jours de grande affluence, et quand les clients sont désagréables. Mais ces deux choses restent assez rares ici, et je m'entends bien avec le patron. Je ne le vois pas souvent d'ailleurs, donc...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle écoutait en souriant et buvait son verre en ouvrant de grands yeux curieux, comme si elle était passionnée parce qu'on lui racontait. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Et vous, que faites-vous dans la vie? demanda-t-il en se préparant un verre. Permettez que je me serve aussi, je ne travaille pas à ces heures là normalement.&lt;br /&gt;
- Oui bien sûr. Je suis mannequin. Enfin, j'essaye des vêtements pour les montrer à des dames riches. Ça paye bien. Mais je crois que je vais changer, bientôt. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils continuèrent à bavarder quelques minutes encore, puis, prétextant un rendez-vous, elle le remercia pour le verre, lui promit de revenir au moins une fois le voir, et s'en alla.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/306684188726460115-214854547055615430?l=d-a-m-o-t.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/ZURrUUF1_7a_mMMK7zvvmet2uN8/0/da"&gt;&lt;img src="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/ZURrUUF1_7a_mMMK7zvvmet2uN8/0/di" border="0" ismap="true"&gt;&lt;/img&gt;&lt;/a&gt;&lt;br/&gt;
&lt;a href="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/ZURrUUF1_7a_mMMK7zvvmet2uN8/1/da"&gt;&lt;img src="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/ZURrUUF1_7a_mMMK7zvvmet2uN8/1/di" border="0" ismap="true"&gt;&lt;/img&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;img src="http://feeds.feedburner.com/~r/DreamsAreMadeOfThis/~4/0c3ErXxX0nY" height="1" width="1"/&gt;</content><link rel="replies" type="application/atom+xml" href="http://d-a-m-o-t.blogspot.com/feeds/214854547055615430/comments/default" title="Publier les commentaires" /><link rel="replies" type="text/html" href="http://d-a-m-o-t.blogspot.com/2010/11/moonlight-sonata-n3.html#comment-form" title="5 commentaires" /><link rel="edit" type="application/atom+xml" href="http://www.blogger.com/feeds/306684188726460115/posts/default/214854547055615430?v=2" /><link rel="self" type="application/atom+xml" href="http://www.blogger.com/feeds/306684188726460115/posts/default/214854547055615430?v=2" /><link rel="alternate" type="text/html" href="http://feedproxy.google.com/~r/DreamsAreMadeOfThis/~3/0c3ErXxX0nY/moonlight-sonata-n3.html" title="Moonlight Sonata - n°3" /><author><name>Odalisque</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17622769863035218850</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel="http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail" width="16" height="16" src="http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif" /></author><thr:total>5</thr:total><feedburner:origLink>http://d-a-m-o-t.blogspot.com/2010/11/moonlight-sonata-n3.html</feedburner:origLink></entry><entry gd:etag="W/&quot;CEIBQHcycSp7ImA9Wx9RF0Q.&quot;"><id>tag:blogger.com,1999:blog-306684188726460115.post-2946744984177282005</id><published>2010-11-03T22:28:00.003+01:00</published><updated>2010-12-19T22:02:31.999+01:00</updated><app:edited xmlns:app="http://www.w3.org/2007/app">2010-12-19T22:02:31.999+01:00</app:edited><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="Moonlight Sonata" /><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="épisode 2" /><title>Moonlight Sonata - n°2</title><content type="html">&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Quand il était rentré chez lui, Alex avait juste posé sur une chaise les affaires de cette femme si mystérieuse qu'il avait rencontrée au bar. Ne parvenant à comprendre ce qui s'était passé, il était d'étrange humeur. Il n'avait rien envie de faire, et sans avoir l'impression de penser à quoi que ce soit, le motif de leur rencontre lui revenait sans cesse à l'esprit. Il aurait pu manger un bout, quelque chose qui trainait dans son frigo, mais n'en ayant pas envie, il se résolut à se coucher. Il s'endormit au bout d'un bon quart d'heure, pendant lequel il ne cessa de revoir le visage, les cheveux, le sourire de cette inconnue, et cette expression si particulière qu'elle avait eu avant de s'enfuir. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div style="text-align: center;"&gt;*&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le lendemain matin, alors que l'appétit lui était revenu et qu'il mangeait une pomme à la fenêtre, observant passivement un jeune couple à bicyclette, il se souvint qu'il n'avait pas inspecté les affaires que le barman lui avait confiées. Il enfouit donc ses mains dans les poches du manteau, et y trouva un livre, légèrement enroulé pour pouvoir rentrer dans la poche la plus large, et un sifflet. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il alla se préparer un café, et passa un disque. Après avoir rapidement englouti deux oeufs accompagnés de leurs tranches de bacon, il revint à son investigation. Il prit le sifflet, et y souffla : rien, il remplissait sa fonction le plus banalement du monde. Il s'empara alors du livre, dont il lut le titre : «&amp;nbsp;Wuthering Heights&amp;nbsp;». Il l'avait lu au lycée, et l'avait relu depuis, conseillé par un ami qui l'avait aidé à comprendre la réelle profondeur de ce roman. Cette inconnue avait bon goût, question littérature. Il finit de boire son café à la fenêtre, en regardant les feuilles dorées et rouges tomber des arbres doucement. Le téléphone sonna. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;i&gt;«&amp;nbsp; Alex ? Il faudrait que tu te rendes au 110, Peterson avenue. C'est la veuve de James Angelo, elle voudrait te voir pour que vous écriviez ensemble un message plus personnel en souvenir de son mari&amp;nbsp;».  &lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il nota l'adresse, et le nom de son contact, et raccrocha. Alex était en charge de la rubrique nécrologique depuis trois ans déjà, aussi se réjouissait-il de ces demandes assez exceptionnelles qui lui permettaient de voir un peu de monde, fusse-t-il endeuillé, et de sortir de sa lugubre litanie qui consistait à établir de longues listes de dates et noms de défunts. Autant dire que cela ne correspondait pas exactement aux rêves qui avaient accompagné ses débuts dans le journalisme, et qu'il espérait chaque jour se voir confier des rubriques plus palpitantes, sans mauvais jeu de mot. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il prit ses clés, et sortit. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/306684188726460115-2946744984177282005?l=d-a-m-o-t.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/ByTAdqNZQqYlKJX3vSrp_L-fClo/0/da"&gt;&lt;img src="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/ByTAdqNZQqYlKJX3vSrp_L-fClo/0/di" border="0" ismap="true"&gt;&lt;/img&gt;&lt;/a&gt;&lt;br/&gt;
&lt;a href="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/ByTAdqNZQqYlKJX3vSrp_L-fClo/1/da"&gt;&lt;img src="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/ByTAdqNZQqYlKJX3vSrp_L-fClo/1/di" border="0" ismap="true"&gt;&lt;/img&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;img src="http://feeds.feedburner.com/~r/DreamsAreMadeOfThis/~4/CILt-f2vgKg" height="1" width="1"/&gt;</content><link rel="replies" type="application/atom+xml" href="http://d-a-m-o-t.blogspot.com/feeds/2946744984177282005/comments/default" title="Publier les commentaires" /><link rel="replies" type="text/html" href="http://d-a-m-o-t.blogspot.com/2010/11/moonlight-sonata-n2.html#comment-form" title="4 commentaires" /><link rel="edit" type="application/atom+xml" href="http://www.blogger.com/feeds/306684188726460115/posts/default/2946744984177282005?v=2" /><link rel="self" type="application/atom+xml" href="http://www.blogger.com/feeds/306684188726460115/posts/default/2946744984177282005?v=2" /><link rel="alternate" type="text/html" href="http://feedproxy.google.com/~r/DreamsAreMadeOfThis/~3/CILt-f2vgKg/moonlight-sonata-n2.html" title="Moonlight Sonata - n°2" /><author><name>Odalisque</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17622769863035218850</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel="http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail" width="16" height="16" src="http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif" /></author><thr:total>4</thr:total><feedburner:origLink>http://d-a-m-o-t.blogspot.com/2010/11/moonlight-sonata-n2.html</feedburner:origLink></entry><entry gd:etag="W/&quot;CEIMQHg-fSp7ImA9Wx9RF0Q.&quot;"><id>tag:blogger.com,1999:blog-306684188726460115.post-736795813862220649</id><published>2010-10-27T21:52:00.008+02:00</published><updated>2010-12-19T22:03:01.655+01:00</updated><app:edited xmlns:app="http://www.w3.org/2007/app">2010-12-19T22:03:01.655+01:00</app:edited><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="Moonlight Sonata" /><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="épisode 1" /><title>Moonlight Sonata - n°1</title><content type="html">&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;span style="font-size: x-large;"&gt;I&lt;/span&gt;l pleuvait en continu ce soir là. Une pluie abondante et légère venait noyer le pavé luisant. Au creux de ce tranquille tête-à-tête de la nuit que les étoiles faisaient pâlir et du chuchotement de la pluie était blotti un bar. Tâche de lumière dans la pénombre, son néon éblouissant grésillait en écrivant ces mots : "Moonlight Sonata".&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Soudain, les pas pressés d'une femme aux élégants escarpins noirs retentirent dans ce calme humide. La lourde porte de chêne du bar s'ouvrit, et une chaleur douce l'accueillit. Elle donna son chapeau, son imperméable rouge et trempé au portier, et s'excusa de salir ainsi de si beaux tapis persans, qui, avec&amp;nbsp; la moquette rouge qu'ils recouvraient, donnaient au lieu une atmosphère particulière. Un air languissant de jazz parvenait jusqu'à eux d'une salle un peu plus loin, où divaguait un piano accompagné d'une trompette. Elle remercia le portier avec un petit sourire, et alla s'asseoir au bar, après avoir hésité à s'installer sur les confortables banquettes qu'un éclairage feutré rendait plus intimes.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Elle savait que sa robe lui allait à merveille et qu'elle laissait deviner avec grâce les charmes de son anatomie, aussi hésitait-elle entre cette pointe d'orgueil propre aux femmes conscientes qu'elles plaisent, et la gêne que l'on a quand on se sent épié. Elle décida donc de ne pas faire attention au petit groupe d'hommes dont elle sentit qu'elle était le nouveau sujet de conversation, et adressa un timide sourire au barman qui s'approchait pour la servir. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Les yeux dans le vague, elle savourait son Gin fizz tout en regardant la pluie tomber par la petite vitre de l'autre côté du bar. Le barman sembla vouloir lui parler, mais fut stoppé dans son élan par un homme qui vint s'asseoir à côté d'elle.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;" Vous attendez quelqu'un ?" lança-t-il, comme pour la sortir de sa contemplation hypnotique, vexé de n'avoir provoqué aucun effet en s'installant à ses côtés. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;-&amp;nbsp;&amp;nbsp; Pardon ? lui demanda-t-elle, en se tournant vers lui.&amp;nbsp; &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;-&amp;nbsp;&amp;nbsp; Vous êtes seule depuis votre arrivée, je suppose que vous attendez quelqu'un, que vous ayez rendez-vous ou non, répondit-il avec un sourire qui se voulait séducteur. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;-&amp;nbsp;&amp;nbsp; Oui j'attends quelqu'un, mais non, ce n'était pas vous, si c'est ce que vous insinuez. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;-&amp;nbsp;&amp;nbsp; Qui attendez-vous alors ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;-&amp;nbsp;&amp;nbsp; Je ne suis pas sûre que cela vous regarde. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;-&amp;nbsp;&amp;nbsp; Pourquoi êtes-vous si froide avec moi ? Moi qui venais vous distraire...&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;-&amp;nbsp;&amp;nbsp; Je ne suis pas sûre que cela soit votre seul but, mais soit; je ne vous avais rien demandé. Après, je n'ai rien contre l'idée de faire votre connaissance, alors soyez moins intrusif. Donnez du temps aux choses. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;-&amp;nbsp;&amp;nbsp; Qu'entendez-vous par là ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;-&amp;nbsp;&amp;nbsp; Je veux dire que lorsqu'un homme assaille une femme qu'il ne connaît pas de questions de ce genre, celle-ci a juste l'impression qu'il fait une sorte de repérage grossier pour savoir si la pomme est encore bonne à croquer, et s'il ne perd pas son temps. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;L'homme l'écoutait, en souriant, et la laissait parler.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;-&amp;nbsp;&amp;nbsp; Et quand les données l'y encouragent, il pose ce qu'on pourrait nommer des "balises de séduction", souvent aussi discrètes qu'un géant derrière un tas de foin, qui n'ont aucun autre but que de nous mettre mal à l'aise, et de nous débarrasser de votre assurance agaçante. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;-&amp;nbsp;&amp;nbsp; Et bien... Vous avez des images étranges en tout cas. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;-&amp;nbsp;&amp;nbsp; Je pensais plus à l'image du marquage de territoire à grands coups d'urine mais finalement, je me suis dit que ça ternirait l'image de charmante créature que je pouvais avoir à vos yeux.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;-&amp;nbsp;&amp;nbsp; Je n'arrive pas à décider si ce que vous venez de dire est prétentieux ou non, et si je devrais me sentir insulté, répondit-il en riant. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Elle se tut alors, et, tandis qu'il se commandait un verre, prit quelques secondes pour le regarder. Il était plutôt bel homme, sans atteindre cette perfection qu'on voyait dans les magazines, mais avait un je-ne-sais-quoi de fragile qui le rendait charmant. Elle détourna avec gêne ses yeux des siens quand elle s'aperçut qu'il les avait retournés vers elle. Avec ce genre d'hommes, l'important était justement de ne pas se montrer séduite - ou du moins, pas trop vite. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Je suis sans doute prétentieuse, mais peut-être que cette auto-accusation m'excusera un peu à vos yeux, répondit-elle en rougissant légèrement. Je crois que la plupart des femmes qui sont belles le savent, mais que selon leur esprit, elles jugent plus ou moins avantageux de le cacher. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;-&amp;nbsp;&amp;nbsp; Vous voulez dire que celles qui le cachent sont plus intelligentes ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;-&amp;nbsp;&amp;nbsp; Oui et non. Cela serait triste d'associer de façon fixe l'hypocrisie à l'intelligence. C'est que les hommes trouvent moins de charme à complimenter une femme qui y est habituée. Or, je crois que les compliments font toujours plaisir. Et puis justement, cela paraît moins prétentieux. Mais c'est un peu hypocrite : pourquoi voudrait-on qu'une femme qu'on complimente régulièrement ignore ses charmes ? Elle serait soit idiote, soit aveuglée par des complexes sans fondement. Aucune de ces deux situations n'est à envier.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;-&amp;nbsp;&amp;nbsp; Votre raisonnement me plaît, remarqua-t-il en souriant, et en lui commandant un autre verre.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;-&amp;nbsp;&amp;nbsp; Je crois donc que le mieux est d'être consciente de ce que l'on est, mais aussi que tout cela n'est qu'un jeu. Nous avons beau avoir l'orgueil d'être admirée à un certain moment, il suffit du temps ou d'une autre femme plus belle encore pour faire passer cette petite gloire d'un instant. Mais je parle trop, et de choses ridicules, excusez-moi. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Troublé par ce soudain manque de confiance, il surprit en lui un mouvement de tendresse, qu'il s'empêcha de laisser transparaître, et lui proposa de se rapprocher du piano. "Le barman nous avertira, si votre rendez-vous se pointe" lui assura-t-il, avant qu'elle ne put faire cette objection. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;-&amp;nbsp;&amp;nbsp; Je ne suis pas sûr que cela vous passionne, répondit-il, toujours aussi souriant. Et je suis bien moins bon conteur que vous...&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il vit alors qu'elle ne l'écoutait pas. Elle semblait troublée et soudain, il vit passer sur son visage une expression de frayeur, qu'elle cacha dès qu'elle s'aperçut qu'on la regardait. Elle jeta autour d'elle un oeil inquiet, et se releva pour partir. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;-&amp;nbsp;&amp;nbsp; Vous partez déjà ? s'étonna-t-il, surpris par ce changement si soudain. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;-&amp;nbsp;&amp;nbsp; Oui, excusez-moi, répondit-t-elle avec empressement, tandis qu'elle se glissait de l'autre côté de la table.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;-&amp;nbsp;&amp;nbsp; Je m'appelle Alexei, ou plutôt Alex, quel est votre nom?...Nous reverrons-nous ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Peut-être, oui, au revoir, balbutia-t-elle précipitamment, en s'enfuyant de la salle.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Dépité, il essaya de trouver ce qui avait pu la faire fuir ainsi... Avait-il dit quelque chose ? Mais non. En y réfléchissant bien, il lui sembla que ce trouble avait commencé quand elle avait entendu la musique que jouaient les musiciens, un air de Chet Baker. Mais cela n'avait pas plus de sens à ses yeux. Il finit son verre d'une traite, et se décida à partir. Le barman vint alors lui demander s'il devait prendre les affaires de la dame qui venait de sortir, qu'elle avait oubliées. Sautant sur l'occasion, il tâcha de prendre l'air le plus naturel possible pour affirmer qu'en effet c'est ce qui avait été convenu. Il prit le chapeau et l'imperméable et sortit sous la pluie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/306684188726460115-736795813862220649?l=d-a-m-o-t.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;
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