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    <title>Economie sociale de marché</title>
    
    
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    <subtitle>Le blog de François Bilger</subtitle>
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        <title>Le ralliement du Parti Socialiste à l'économie sociale de marché</title>
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        <published>2008-07-12T17:39:50+02:00</published>
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        <summary>Dans une « Déclaration de principes » publiée en avril et adoptée à la quasi-unanimité, après quelques modifications, par une Convention nationale le 14 juin 2008, le Parti socialiste s’est, pour la première fois dans sa longue histoire, déclaré officiellement...</summary>
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            <name>Pierre Bilger</name>
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&lt;div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;p&gt; Dans une « Déclaration de principes » publiée en avril et adoptée à la quasi-unanimité, après quelques modifications, par une Convention nationale le 14 juin 2008, le Parti socialiste s’est, pour la première fois dans sa longue histoire, déclaré officiellement partisan de l’économie sociale de marché. C’est un évènement dont ce blog devait évidemment marquer l’importance historique - à quelques jours du 60è anniversaire de l’instauration de cette conception en Allemagne le 20 juin 1948 - dans la vie politique et idéologique de la France et de l’Europe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le passage le plus significatif à cet égard, dans un document comportant 24 articles (&lt;a href="http://www.parti-socialiste.fr"&gt;http://www.parti-socialiste.fr&lt;/a&gt;), est le suivant : « Les socialistes sont partisans d’une économie sociale et écologique de marché, une économie de marché régulée par la puissance publique, ainsi que par les partenaires sociaux, qui a pour finalité la satisfaction des besoins sociaux. Le système voulu par les socialistes est une économie mixte, combinant un secteur privé dynamique, un secteur public efficace, des services publics accessibles à tous, un tiers secteur d’économie sociale et solidaire » (art.6). &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

	Si l’option économique est clairement formulée, les principes de son application ne sont cependant pas explicités, ni sur le plan national ni sur le plan international. L’absence d’un article spécifique consacré à la nature de la régulation de l’économie ne permet pas d’avoir une vision précise de la conception défendue par le PS. Rien n’indique que celui-ci se réfère à l’organisation et à la préservation de la concurrence et de la stabilité monétaire, essentielles, notamment aux yeux des inventeurs ordolibéraux du concept d’économie sociale de marché, pour éviter la plupart des abus potentiels de la liberté économique. Il est vrai que n'apparaît nulle part non plus ni une référence à la planification ou à des mesures dirigistes ni une contestation du libre-échange international ou le recours à des mesures protectionnistes, tout aussi déterminants dans cette perspective. En outre, en dépit d’une forte dénonciation du capitalisme et en particulier du capitalisme financier à l’âge de la mondialisation (art.6), aucune proposition de réforme de la gouvernance d’entreprise ou du partage de la valeur ajoutée ni de contrôle des instruments et des marchés financiers n’est présentée. Si la déclaration soutient en divers passages la création de richesses, l’investissement ou l’innovation technologique, rien n’indique une stratégie claire des conditions générales de la croissance.&amp;nbsp; &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

	&lt;div style="text-align: justify;"&gt;L’accent est mis en revanche, comme on pouvait s’y attendre de la part d’un parti de gauche, sur l’aspect social de la conception. L’objectif central n’est cependant pas la justice et la solidarité, mais l’égalité : « L’égalité est au cœur de notre idéal » (art.2). Il est vrai que la revendication de l’égalité est immédiatement associée à celle de la liberté : « Cette volonté n’a de sens que par et pour les libertés. Egalité et liberté sont indissociables » (art.2). En revanche, il n’est pas question de la responsabilité en tant que corollaire de la liberté. Ces formulations traduisent clairement une vision social-démocrate plutôt qu’ordolibérale de l’action sociale de l’Etat. Concrètement, les socialistes réaffirment fortement que « la redistribution permanente des ressources et des richesses est nécessaire pour donner une réalité à l’égalité des droits, offrir à chacun les chances de conduire sa vie, réduire les écarts de conditions et combattre la pauvreté » (art.2), tout en reconnaissant, il est vrai, la nécessité « de réactualiser ce qui est l’apport propre du socialisme démocratique dans le siècle dernier, l’Etat social, qui permet aux réponses collectives de satisfaire les besoins individuels dans leur diversité » - en particulier en renforçant l’action préventive par rapport à l’action curative - et de « concilier l’économie de marché, la démocratie et la cohésion sociale et territoriale » (art.8). 

	&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfin, une nouveauté marquante est l’importance accordée à l’écologie. « Conscients de l’étroite interaction des activités humaines et des écosystèmes, les socialistes inscrivent la prise en compte de la planète au même rang de leurs finalités fondamentales que la promotion du progrès et la satisfaction équitable des besoins » (art.3) « Le progrès économique et social ne peut plus être apprécié à l’aune de la seule croissance de la production marchande, mais doit l’être à l’aide d’indicateurs reflétant la qualité effective des conditions d’existence et de travail des individus » (art.4). « Les socialistes défendent un nouveau modèle de développement, à l’échelle de la planète…(et) se préoccupent non seulement de la quantité des richesses produites et de leur distribution, mais aussi de la manière de les produire et du contenu de la production » (art.7). Ces affirmations pourraient paraître banales, dans la mesure où toutes les forces politiques sont à présent fortement sensibilisées aux exigences écologiques, si les socialistes n’en faisaient pas apparemment, à l’instar des écologistes traditionnels, l’un des éléments essentiels de leur vision historique et de leur projet sociétal.&amp;nbsp; 

	&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il faut reconnaître que cette déclaration, la cinquième depuis la création du parti en 1905, n’a pas fait sensation. Les médias en ont bien entendu rendu compte mais n’en ont guère parlé, les commentaires politiques ont été rares et même les adversaires du PS n’en ont pas fait objet de polémiques. Tout s’est passé comme si la société française n’était nullement surprise et prenait simplement acte d’un fait accompli. De fait, cette déclaration est l’aboutissement d’une longue évolution qui a progressivement transformé un parti longtemps révolutionnaire et marxiste en un parti réformiste et, même si ce qualificatif n’est toujours pas utilisé, social-démocrate. Elle est aussi la simple traduction d’une pratique politique et ne fait dans une large mesure qu’officialiser une action gouvernementale datant déjà d’un quart de siècle, depuis le tournant de 1983 sous la présidence et un gouvernement socialistes. On peut donc comprendre qu’elle n’ait pas fait à proprement parler évènement et que, contrairement à ce qui s’était passé dans les mêmes circonstances en Allemagne, en Grande-Bretagne, en Italie ou en Espagne, elle ne soit pas apparue comme une véritable rupture idéologique mais simplement comme le terme inéluctable d’interminables tergiversations, dues essentiellement à l’existence de blocages intellectuels et de mots tabous. Il est vrai aussi que cette énumération de principes très généraux est par moments assez creuse et parfois ambiguë, sans doute en raison de difficiles compromis entre toutes les tendances du parti, et surtout qu’elle n’est pas suffisamment explicite sur les implications de ces principes et en particulier sur le traitement des contradictions possibles entre développement économique et protection sociale ou progrès écologique ou entre mondialisation économique et financière et préservation des intérêts nationaux, en raison de l’absence du programme politique correspondant, qui ne devrait être élaboré qu’au Congrès du mois de novembre 2008. 

	&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais, en minimisant ainsi la portée de l’évènement, on risquerait de sous-estimer grandement la dynamique propre des idées et même des concepts dans l’évolution idéologique des forces politiques et, par voie de conséquence, dans l’évolution politique des sociétés. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’importance historique de la nouvelle déclaration de principes se marque d’abord dans le fait qu’elle traduit le déclin de l’influence longtemps dominante du collectivisme dans l’idéologie de la gauche française et par voie de conséquence l’influence croissante de l’individualisme et du libéralisme qui lui est intimement lié. Le développement récent du débat sur le libéralisme entre les principaux candidats au « leadership » du PS est à cet égard significatif, même s’il a aussi de toute évidence un caractère conjoncturel et tactique. Il confirme ainsi la permanente actualité de ce que l’ordolibéral allemand Wilhelm Röpke appelait « le choix fondamental des socialistes ». « Tôt ou tard, écrivait-il en 1946, chaque socialiste…devra examiner si ses réactions intimes sont libérales ou collectivistes, s’il prend vraiment au sérieux ces libertés civiques que ses ancêtres et lui-même ont revendiquées et défendues si longtemps…Pour comprendre la situation dans laquelle se trouvent aujourd’hui les partis socialistes de tous les pays européens, nous devons nous souvenir qu’au cours du XIXe siècle, ils se sont tous nourris au sein généreux du libéralisme. Sur le plan de la doctrine, ils ne renient nullement cette origine quoique, depuis lors, de nombreux courants anti-libéraux aient imprégné le socialisme. Pendant des générations, les partis socialistes ont été en mesure de combiner la doctrine des droits de l’homme avec les théories économiques du socialisme qui, si on les appliquait rigoureusement, représenteraient la plus flagrante négation des libertés politiques et spirituelles. Maintenant que, dans la plupart des pays européens, les socialistes sont sollicités de partager les responsabilités du pouvoir, ils ne peuvent plus se dérober et devront témoigner de leur qualité de socialistes libéraux ou au contraire de collectivistes totalitaires. L’heure a désormais sonné pour que, dans le camp du socialisme également, une erreur intenable soit corrigée et que cesse l’équivoque jeu de bascule entre le libéralisme politique et le collectivisme économique ». &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

	L’abandon, dans un tel document de principe, de toute référence à la révolution, à la lutte des classes et à l’action collective, à la socialisation des moyens de production, à la planification et, au contraire, l’adhésion au réformisme, au partenariat social et à l’individualisation des actions publiques, à une économie mixte et, bien sûr, à l’économie de marché sont à cet égard tout à fait significatifs. Ils le sont d’autant plus qu’ils interviennent à un moment où l’économie et la société sont de nouveau plongées dans des crises multiples et dangereuses, où les partis socialistes les plus réformistes connaissent de grands déboires électoraux, notamment en Allemagne et en Grande-Bretagne, et où se constitue ou se reconstitue, en France comme ailleurs, un fort courant politique anti-capitaliste et un ressentiment général contre les marchés mondiaux et les abus des grandes sociétés internationales et alors que les Français demeurent, selon toutes les enquêtes, plus sceptiques que jamais à l’égard de l’économie de marché. Dans une telle conjoncture, la déclaration du PS ne constitue de toute évidence pas simplement un « aggiornamento » de l’idéologie par rapport à la réalité et à la pratique politiques, mais la démonstration de la profondeur de la mue idéologique du parti et simultanément un engagement pour sa doctrine et son action futures, dont la portée pourrait être importante tant au plan national qu’au niveau européen. 

	&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au plan national, le ralliement du PS à l’économie de marché établit pour la première fois dans l’histoire, depuis le XIXe siècle, un consensus entre les deux principales formations politiques de gouvernement quant à la nature du système économique et peut-être même de la politique économique correspondante. Il est intéressant de noter à cet égard que, deux jours avant la Convention nationale du PS du 14 juin qui a ratifié cette évolution, une Convention sociale de l’UMP, consacrée à la justice sociale (&lt;a href="http://www.u-m-p.org"&gt;http://www.u-m-p.org&lt;/a&gt; ), a réaffirmé l’attachement de ce parti au « libéralisme social », concept qui avait été quelque peu marginalisé depuis quelques années sous l’influence de conceptions plus radicales du libéralisme économique. Cette convergence ne peut qu’être positive. L’exemple de l’Allemagne et de bien d’autres pays a depuis longtemps démontré qu’une nation tire toujours grand profit de l’existence d’un accord des principales forces politiques sur les grands principes de l’ordre économique, qui permet d’économiser des querelles purement idéologiques et assure autant que possible la continuité et la cohérence de l’action gouvernementale. 

	&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au niveau européen, l’évolution de la conception du PS met fin à une surprenante « exception française ». En effet, le PS était jusqu’à présent en Europe le seul grand parti de tendance socialiste ou social-démocrate ayant exercé des responsabilités gouvernementales à ne pas s’être rallié officiellement à l’économie de marché, depuis le mouvement engagé il y a près de cinquante ans par le SPD allemand au fameux Congrès de Bad Godesberg de 1959 et poursuivi progressivement par tous les autres partis européens de cette tendance et même par la plupart des partis communistes depuis la chute du Mur il y a près de vingt ans. Même si la pratique gouvernementale du PS avait déjà démontré depuis longtemps une adhésion de fait, le maintien de principes opposés maintenait une ambigüité et nuisait à la crédibilité et à l’influence de ce parti au sein de l’Internationale socialiste et du Parlement européen. Il est, là aussi, intéressant de constater qu’il y a beaucoup de points communs entre la « Déclaration de principes » du Parti socialiste et le nouveau « Programme de principe » adopté, dans la perspective des élections de 2009, par le SPD à Hambourg en octobre 2007 (&lt;a href="http://www.spd.de"&gt;http://www.spd.de&lt;/a&gt;), une convergence qui se traduit notamment, dans le cas du SPD, dans la reprise du concept de « socialisme démocratique » plutôt que de « démocratie sociale » ou dans l’adoption de la formule bien connue de Lionel Jospin : « oui à l’économie de marché, non à la société de marché ».&amp;nbsp; L’évolution vers une conception plus « sociale » de l’économie de marché se manifeste d’ailleurs également dans le troisième « Programme de principe » de la CDU, adopté au Congrès de Hanovre en décembre 2007 (&lt;a href="http://www.cdu.de"&gt;http://www.cdu.de&lt;/a&gt;), après une période de réformes du SPD et de la CDU d’inspiration plus purement libérale face aux charges de la réunification et aux contraintes de la globalisation.

	&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si l’on considère l’ensemble de ces évolutions politiques en France et en Allemagne, qui se constatent d’ailleurs aussi dans d’autres pays européens ou même dans les autres continents et dans les organisations internationales, il est clair qu’il y a actuellement, après une période d’engouement d’une vingtaine d’années en faveur du modèle anglo-saxon d’économie purement capitaliste de marché, un certain retour en force du modèle rhénan d’économie sociale de marché. La répétition et l’amplification de crises économiques diverses (immobilière, financière, énergétique, alimentaire), les désordres monétaires internationaux, le retour en force de l’inflation, les drames sociaux et les scandales moraux, les perturbations environnementales démontrent à loisir que le laisser-faire et un capitalisme sauvage peuvent engendrer pendant un certain temps une croissance explosive mais aboutissent inévitablement à une situation de plus en plus déséquilibrée et malsaine à tous points de vue et en fin de compte à une crise générale. Seule une économie de marché bien organisée et bien régulée est susceptible de garantir une évolution économique et sociale durablement satisfaisante, en particulier au stade actuel de la mondialisation.&amp;nbsp; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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        <title>Le problème de la TVA sociale</title>
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        <published>2007-02-18T15:11:39+01:00</published>
        <updated>2007-02-18T15:11:39+01:00</updated>
        <summary>Des commentateurs de la Note sur « Le modèle rhénan est-il dépassé ? » ayant suggéré de réformer le financement actuel de la protection sociale en remplaçant tout ou partie des cotisations sociales par une TVA supplémentaire, il m’a semblé utile de présenter ma réponse assez détaillée sous la forme d’une Note distincte de la précédente. 
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            <name>Pierre Bilger</name>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><div style="text-align: justify;"><p>Des commentateurs de la Note sur « Le modèle rhénan est-il dépassé ? » ayant suggéré de réformer le financement actuel de la protection sociale en remplaçant tout ou partie des cotisations sociales par une TVA supplémentaire, il m’a semblé utile de présenter ma réponse assez détaillée sous la forme d’une Note distincte de la précédente.<br /> <br />L’idée de ce qu’on appelle généralement la TVA sociale est a priori tout à fait séduisante, en particulier dans le contexte actuel de chômage massif et de déficit commercial élevé. La substitution d’une taxe pesant sur la dépense à des charges pesant sur les salaires entraînerait en effet un allègement du coût du travail pour les entreprises, ce qui aurait en principe pour conséquences d’une part un accroissement des embauches et donc une diminution du chômage et d’autre part, comme en cas de dévaluation, une amélioration de la balance commerciale par stimulation des exportations, détaxées à la frontière, et freinage des importations, soumises au contraire à l’impôt. Accessoirement, le transfert du paiement des charges sociales sur une taxe étatique généralement considérée comme indolore pourrait éventuellement faciliter le financement des dépenses croissantes de la protection sociale. <br /><br />Ces avantages sont si évidents que l’idée de ce qu’on appelle une TVA sociale revient périodiquement dans la discussion publique et a déjà fait l’objet de nombreux rapports publics. Son application partielle par l’Allemagne, qui a affecté une partie de la hausse du taux normal de la TVA à 19% à la réduction des charges sociales, ainsi que par le Danemark, dont le taux normal a été porté à cet effet à 25% et dont les initiatives économiques et sociales sont actuellement souvent citées en exemples ( par exemple la notion de flexisécurité reprise par les principaux candidats à l’élection présidentielle ) ajoute encore à son attrait. <br /><br />Il convient toutefois de préciser que cette idée est généralement avancée par des hommes politiques de droite, tandis que la gauche est plutôt hostile à une telle substitution dans la mesure où les cotisations sociales ont un caractère partiellement progressif alors que l’impôt sur la dépense est partiellement régressif et frappe relativement plus les détenteurs de bas revenus ( ce qui ne serait évidemment pas le cas d’une hausse de l’impôt sur le revenu ou de la CSG, mais qui aurait d’autres inconvénients ). De leur côté, les syndicats sont assez réservés, à l’exception de la CGC, pour les mêmes raisons et parce qu’une étatisation totale du financement de la Sécurité Sociale remettrait logiquement en cause tôt ou tard le système de gestion paritaire de celle-ci par les partenaires sociaux. <br /><br />Indépendamment de ce débat entre droite et gauche, il faut malheureusement constater que l’instauration d’une TVA sociale, comme nombre de recettes miracles, soulève beaucoup de problèmes et se heurte à des obstacles extrêmement importants. </p></div><div style="text-align: justify;"><p>Tout d’abord, il est impossible de l’envisager à grande échelle pour des raisons à la fois juridiques et pratiques. D’après les Lois de financement de la Sécurité Sociale et du Budget de l’Etat, les cotisations effectives ( maladie, vieillesse, famille et accidents du travail ) se sont élevées en 2006 ( chiffres prévisionnels ) à 196 milliards d’euros sur les 363 milliards de recettes totales, tandis que la TVA payée par les 3,7 millions d’entreprises assujetties ( au taux normal de 19,6%, au taux réduit de 5,5 % et au taux très réduit de 2,1% ) s’est élevée à 162 milliards. Il en résulte que le transfert intégral des cotisations sur la TVA exigerait, compte tenu de la réduction de l’assiette fiscale du fait de la disparition des cotisations, le passage à un taux normal de l’ordre de 70% (!). <br /><br />Une telle augmentation est d’abord juridiquement exclue en raison des directives européennes qui fixent un plafond de 25% pour le taux normal. La France pourrait certes demander une dérogation communautaire, mais celle-ci paraît totalement exclue puisque l’objectif visé par les planchers et les plafonds fixés par les directives européennes est précisément une progressive égalisation des tarifs actuellement pratiqués dans les pays membres de façon à aboutir un jour à l’élimination des frontières fiscales. Et, sur le plan pratique, un taux aussi exorbitant aurait des conséquences extrêmement dommageables pour le rendement même de l’impôt : énorme développement du trafic transfrontalier, du travail au noir et de la fraude fiscale, déjà considérable tant au niveau national qu’international, et fuite accrue de nombreuses activités dans l’économie informelle. On vérifierait très certainement le fameux adage fiscal : les hauts taux tuent les totaux. Enfin, il est clair que l’effet positif escompté sur la compétitivité des entreprises nationales et sur la balance commerciale se trouverait immédiatement contrecarré d’une part par l’accroissement massif des importations transfrontalières et d’autre part par l’effet inflationniste sur les importations incompressibles de matières premières, de produits énergétiques ou même de produits finis et donc par la hausse du niveau général des prix et la spirale des revendications salariales consécutives. <br /><br />La substitution totale de la TVA aux cotisations sociales, qui pourrait avoir théoriquement des effets sensibles sur l’emploi et la compétitivité en raison de son ampleur, doit donc être considérée comme juridiquement et pratiquement impraticable. Même un transfert partiel par exemple des seules cotisations patronales ou des seules cotisations du régime général ( 156,7 milliards ) n’est pas envisageable. La seule perspective à peu près réaliste serait au mieux, comme l’a fait le Danemark, une hausse du taux normal de la TVA à 25%, ce qui mathématiquement, sous réserve de toutes les déformations de l’assiette fiscale que provoquent de telles hausses, permettrait d’alléger les cotisations sociales d’environ 30 milliards sur les 196 payés en 2006. Ce ne serait bien entendu pas négligeable, à condition toutefois que cet allègement d’environ 15% soit correctement répercuté sur le prix de vente hors taxe des entreprises et que les effets secondaires pervers ne soient pas trop importants. Par exemple, l’effet positif espéré sur l’emploi pourrait être immédiatement atténué par le fait que cette réduction générale des coûts de la main d’œuvre défavoriserait les entreprises de zones franches ou les industries de main d’œuvre peu qualifiée bénéficiant déjà d’exonérations préférentielles des cotisations sociales et qui perdraient ainsi une part de leur avantage relatif et devraient même augmenter leurs prix de vente du montant de la taxe supplémentaire. En outre, l’écart accru des taux de TVA avec les pays voisins de la France ( dont les taux se situent entre 15 et 19% ) pourrait faire perdre une part importante de chiffre d’affaires à certaines entreprises des zones frontalières et donc une part de recette fiscale, alors que cette hausse n’aurait sans doute qu’un impact limité par exemple sur les importations à très bas prix de pays émergents. Compte tenu de toutes les répercussions d’une telle mesure, on ne peut donc guère en attendre des effets très sensibles. <br /><br />En conclusion, on peut dire qu’une application totale de l’idée de TVA sociale serait théoriquement très efficace mais pratiquement irréalisable et qu’une application partielle serait réalisable mais d’efficacité relativement limitée à la fois comme stimulant de l’emploi et du commerce extérieur et comme source de financement complémentaire de la Sécurité Sociale. Elle pourrait néanmoins contribuer à la rationalisation du système actuel de la protection sociale. En dépit de certaines améliorations, ce système continue de faire financer par des cotisations assises pour l’essentiel sur le travail, des prestations qui relèvent de la solidarité sociale et donc de l’impôt, comme l’assurance maladie et les prestations familiales, et non de l’activité professionnelle et donc des cotisations, comme le chômage, les accidents du travail et les maladies professionnelles, la formation professionnelle et la retraite. Toute modification du système devrait donc tendre à établir une plus grande cohérence entre la structure institutionnelle, la nature du financement et la finalité des prestations. C’est la première condition d’une gestion plus rationnelle, plus productive et plus économe de l’ensemble de la protection sociale. </p></div></div>
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        <title>Le modèle rhénan est-il dépassé?</title>
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        <published>2006-10-16T16:33:09+02:00</published>
        <updated>2006-10-16T16:33:09+02:00</updated>
        <summary>Deux commentateurs m’ont fait part très rapidement de leur opposition radicale à l’ordolibéralisme et à l’économie sociale de marché.Jeter l’ordolibéralisme « aux poubelles de l’histoire », selon l’expression qu’affectionnaient autrefois les communistes ? Bigre ! On me permettra de ne pas partager un point de vue aussi radical et de contester toute cette argumentation.</summary>
        <author>
            <name>François Bilger</name>
        </author>
        
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&lt;div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;p&gt;Deux commentateurs m’ont fait part très rapidement de leur opposition radicale à l’ordolibéralisme et à l’économie sociale de marché.
 
&lt;br /&gt;&lt;em&gt;HayekFan&lt;/em&gt;, avec qui j’ai déjà eu l’occasion de débattre à la suite d’une &lt;a href="http://www.blogbilger.com/blogbilger/2005/04/lcole_de_fribou.html#comments"&gt;Note publiée sur le Blog de Pierre Bilger&lt;/a&gt; le 8 avril 2005 mais que je n’ai apparemment pas convaincu, écrit : &lt;br /&gt;« &lt;em&gt;J’aimerais émettre d’ores et déjà un commentaire sans doute provocatoire sur votre association du modèle allemand à l’économie sociale de marché d’un côté, et de celle-ci au meilleur compromis possible entre efficacité économique et justice sociale.
Il en suivrait une image à la fois juste et efficace pour l’économie allemande. Or, si les chiffres de croissance allemande se commentent toutes seules, il est également difficile de trouver (du moins en Europe) une société plus injuste que l’allemande. Connaissez-vous un pays européen où la densité par habitant de milliardaires et de chômeurs y sont plus fortes ?
L’ordolibéralisme, comme vous dites, fondement du modèle allemand, a surtout cristallisé la société, enrichi davantage les grandes familles historiques, empêché la création de nouvelles entreprises d’envergure, reporté le chômage aux niveaux de l’après-guerre, et creusé un déficit budgétaire qui n’a jamais respecté les critères de Maastricht.
Cela suffirait à chaque analyse objective pour délivrer l’ordolibéralisme à la poubelle de l’histoire. Loin de là, la classe politique européenne toute entière est bien heureuse de trouver dans l’ordolibéralisme un fondement théorique à sa volonté de régler et contrôler le marché, sous prétexte d’une justice sociale qui n’est jamais au rendez-vous, sauf pérenniser et institutionnaliser une classe de chômeurs qui rend indispensables les aides étatiques et la conséquente fiscalité démesurée qui nous fait si mal.
Parmi les autres grands pays, France Italie Espagne suivent tous cette démarche erronée, et peu de doute subsiste quant à l’adoption de l’ordolibéralisme sur toute l’Europe, dès que la Constitution verra finalement le jour.
Aux vrais libéraux il ne restera alors qu’espérer en une fracture de l’Europe, orchestrée par des pays comme la Grande Bretagne, Irlande, pays scandinaves et slaves, vrais refuges contre la toute-puissance de la politique dans l’économie et les dégâts (bien visible en Allemagne, France, Italie= que l’ordolibéralisme provoque &lt;/em&gt;».&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Lachèvre&lt;/em&gt; ajoute : « &lt;em&gt;Je ne peux qu’être d’accord avec le commentateur précédent.
De plus, je soulignerais le succès croissant du FDP, preuve qu’il existe en Allemagne, si ce n’est un rejet de ce « modèle », une réelle volonté de changement &lt;/em&gt;». &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Jeter l’ordolibéralisme «&lt;em&gt; aux poubelles de l’histoire &lt;/em&gt;», selon l’expression qu’affectionnaient autrefois les communistes ? Bigre ! On me permettra de ne pas partager un point de vue aussi radical et de contester toute cette argumentation.
&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;p&gt;A &lt;em&gt;Lachèvre&lt;/em&gt;, je rétorquerai que le FDP ne rejette aucunement, dans son programme officiel, le modèle de l’économie sociale de marché, même s’il souhaite un infléchissement plus libéral de sa pratique actuelle. Et j’ajouterai que, s’il enregistre depuis l’année dernière une certaine progression électorale, classique d’ailleurs pour un parti d’opposition, il n’obtient encore que des scores assez modestes par rapport à ceux des deux grands partis de la grande coalition. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;A &lt;em&gt;HayekFan&lt;/em&gt;, je dirai tout d’abord que son appréciation de l’économie et de la société allemandes me paraît excessivement négative. Contrairement à ce qu’il affirme, l’écart des revenus et des patrimoines n’est pas plus élevé en Allemagne que dans la plupart des autres pays européens et certainement moins élevé qu’aux Etats-Unis (ni la justice ni bien sûr l’efficacité n’impliquent d’ailleurs l’égalité dans ce domaine). En outre, la plupart des « &lt;em&gt;grandes familles historiques&lt;/em&gt; » comme les Krupp ou les Siemens ne jouent plus aucun rôle économique, contrairement aux Quandt, Springer, Burda et à bien d’autres surgis depuis la fin de la guerre et à la multitude de PME très performantes qui ne cessent de renouveler le tissu économique du pays. Quant au taux de croissance (2,5 % en 2006) et au taux de chômage (9,3%, moyenne pondérée de 16,4 à l’Est et 8,5 à l’Ouest), s’ils ne sont pas encore très satisfaisants, ils sont en tout cas en voie d’amélioration, grâce notamment à une compétitivité internationale remarquable, qui fait de l’Allemagne le premier exportateur mondial. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Certes, il y a aussi un déficit public récurrent (2,9% en 2006), moins élevé que celui des Etats-Unis ou celui du Japon, aussi élevé que celui de la France, mais nul n’ignore que cette situation est due pour l’essentiel à un événement historique exceptionnel, la réunification de 1990, qui a entraîné un transfert public annuel de 4% du PIB de l’Allemagne de l’Ouest vers l’Allemagne de l’Est sinistrée par le communisme, transfert qui devrait encore se poursuivre jusqu’en 2019. Il est évident qu’aucun système économique et social, fût-il le meilleur concevable, ne pourrait éviter une dégradation des résultats d’un pays soumis aux conséquences d’un événement extra-économique aussi important. Et il est fort probable que, si l’Allemagne n’avait pas eu à supporter cette charge exceptionnelle, ses performances globales auraient été bien meilleures au cours des quinze dernières années et que l’on continuerait sans doute à considérer son système - comme cela a été le cas entre 1950 et 1990 - comme le meilleur modèle européen d’organisation économique et sociale. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Depuis 1990, les résultats supérieurs des économies américaine et britannique en matière de croissance et d’emploi, en raison notamment d’une plus grande flexibilité et d’une moindre fiscalité face à l’émergence brutale de la concurrence asiatique, ont donné une certaine prépondérance à ce qu’on appelle le modèle anglo-saxon par rapport au modèle dit rhénan. Mais nul n’ignore que ces économies présentent aussi des fragilités préoccupantes, notamment un déficit extérieur et un endettement croissants pour l’une et le délabrement des services publics pour l’autre, tandis que les pays asiatiques devront tôt ou tard tenir compte à leur tour des coûts inflationnistes de leur croissance extrême et des coûts sociaux et écologiques de leur capitalisme sauvage. Rien n’exclut donc à terme, après la période transitoire actuelle de l’économie mondiale, une nouvelle inversion de la hiérarchie des modèles. Indépendamment même de l’Allemagne et de ses performances passées, présentes ou futures comparativement à celles du monde anglo-saxon ou même asiatique, la conception très équilibrée d’une économie sociale de marché ne me paraît donc en aucun cas historiquement dévalorisée et définitivement dépassée. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Il ne s’agit d’ailleurs nullement d’une conception unique, dogmatique et rigide. En Allemagne même, comme je l’ai montré dans la note évoquée ci-dessus et reproduite sur mon blog sous le titre&amp;quot;L'Ecole de Fribourg, l'ordolibéralisme et l'économie sociale de marché&amp;quot; , cette conception a fortement évolué en cinquante ans et ne correspond d’ailleurs pas, en l’état actuel, aux vœux des ordolibéraux, notamment en matière sociale. D’autres pays européens ont conçu des compromis partiellement différents entre l’efficacité économique et la solidarité sociale. Comme je l’ai indiqué dans la Note liminaire de ce blog, je suis personnellement en désaccord sur certains points avec les vues ordolibérales. Par exemple, j’ai toujours considéré que le statut de la Banque centrale européenne, inspiré par l’ordolibéralisme et donnant une priorité absolue à la stabilité des prix, correspond paradoxalement moins bien à la logique et à l’esprit d’une économie sociale de marché que celui de la Banque centrale américaine, qui lui impose de viser à la fois le plein-emploi et la stabilité des prix. C’est d’ailleurs, à mon sens, l’une des explications majeures de l’écart actuel des taux de croissance entre l’économie américaine et la zone euro. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Plusieurs variantes sont donc possibles et il s’agit pour les économistes partisans de cette conception de rechercher sans cesse la variante la mieux adaptée à un espace géographique et à une période historique donnés. Pour les pays européens, l’adaptation et la réaction à la mondialisation et à la concurrence intense de vastes pays émergents constituent incontestablement le principal défi de l’heure. L’absence d’un gouvernement économique véritable dans l’Union Européenne et la réforme éventuelle de l’union économique et monétaire en est un autre. Il y a donc beaucoup à réfléchir et à agir sur la forme optimale de l’économie sociale de marché pour l’Europe du début du 21è siècle. Mais rien n’incite à penser qu’il faille abandonner le principe même d’un système économique et social qui a démontré longtemps son efficacité et qui est de surcroît profondément conforme aux traditions de notre continent et de notre culture.&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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        <title>Libéralisme allemand</title>
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            <name>Pierre Bilger</name>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><div style="TEXT-ALIGN: justify"><p>Mon ouvrage, "La pensée économique libérale dans l'Allemagne contemporaine", a paru en 1964 et il a immédiatement connu une assez large diffusion parce qu’il était le premier en France à faire connaître les principaux fondements intellectuels de l’économie sociale de marché, ce modèle d’organisation économique et sociale qui commençait alors à susciter une certaine curiosité et même un croissant intérêt en raison de ce qu’on appelait alors le «miracle économique allemand». </p>

<p>Le livre ayant été épuisé dès 1965, l’éditeur m’avait demandé de préparer une seconde édition. Par un perfectionnisme sans doute excessif, je n’ai pas mené ce projet rapidement à terme alors qu’il aurait au fond suffi de faire une simple réédition du texte initial. Mais l’intérêt pour le modèle allemand ayant connu une certaine éclipse après le départ en 1966 du chancelier Ludwig Erhard qui l’incarnait, le projet fut finalement abandonné. Depuis lors, cependant, un grand nombre de personnes m’ont fait part à diverses occasions de leur regret de ne pouvoir disposer de ce livre. C’est la raison de cette publication en ligne du texte primitif. </p>

<p>Je crois que celui-ci conserve à l'heure actuelle tout son intérêt documentaire, mais, bien entendu, il y a eu depuis 1964, soit depuis plus de quarante ans, une certaine évolution des conceptions initiales et surtout de leur application dans la politique économique et sociale de l’Allemagne. Pour compléter la lecture du texte primitif, on trouvera donc par ailleurs, sur ce blog, sous la rubrique «ordolibéralisme», un texte d’actualisation retraçant les grandes lignes de l’évolution intervenue ainsi qu' un certain nombre de mes anciens écrits sur ce sujet. </p></div></div>
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        <title>Accueil et invitation</title>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><div style="text-align: justify;"><p>L’objectif de ce blog est de mettre en ligne les principaux travaux que j’ai effectués et publiés au cours de ma carrière de professeur d’économie politique, afin d’une part de leur assurer une plus large diffusion et une certaine pérennité et d’autre part de susciter des commentaires et si possible, pour certains d’entre eux, un débat autour des analyses et propositions qu’ils contiennent. </p></div>

<div style="text-align: justify;"><p>Il s’agit d’abord de l’ouvrage issu de ma thèse de doctorat, publié en 1964 et intitulé « La pensée économique libérale dans l’Allemagne contemporaine ». Ce livre avait fait connaître à l’époque en France l’ordolibéralisme, l'un des fondements, avec le christianisme social, du modèle allemand de l’économie sociale de marché. Ce modèle étant toujours d’actualité, le livre continue d’être demandé assez régulièrement, mais il est malheureusement épuisé depuis longtemps. J’ai donc pris la décision d’en offrir le téléchargement sur ce blog. </p>

<p>Le second ouvrage qui sera mis en ligne s’intitule «Théorie opérationnelle de l’inflation, de la stabilisation et du système économique». Une partie en a été publiée en 1985 sous le titre «L’expansion dans la stabilité» mais je préfère en présenter ici la version complète. Il s’agit là de ce qui constitue à mes yeux l’œuvre de ma vie, le fruit de toutes mes années d’enseignement et de recherche et la somme de mes idées. Ce livre n’ayant malheureusement pas eu, en-dehors d’un prix de l’Académie des sciences morales et politiques et de quelques compte-rendus rapides dans des revues ou des thèses, la résonance et la discussion que j’espérais, cette nouvelle diffusion est destinée à lui donner une seconde chance.</p>

<p>Une troisième catégorie de publications sera constituée d’articles ou de contributions à des ouvrages collectifs ou encore de documents de travail et de textes de conférences sur des sujets variés ayant constitué mes centres d’intérêt. La plupart de ces documents ont été publiés dans des journaux à durée limitée ou des revues à diffusion restreinte ou encore, pour beaucoup d’entre eux, dans des publications étrangères peu accessibles en France. Même si nombre de ces écrits répondaient à des sujets d’actualité ou à des commandes particulières, il m’a semblé, en les relisant, qu’ils pouvaient encore intéresser des lecteurs d’aujourd’hui.</p>

<p>J'ai intitulé ce blog " Economie sociale de marché " parce que ce titre m'a paru traduire l'inspiration centrale et permanente de mes écrits. Bien que ma réflexion personnelle m'ait amené progressivement à prendre quelque distance avec la conception primitive étudiée dans ma thèse et même si l'utilisation de plus en plus fréquente de cette bannière recouvre de nos jours des réalités très diverses et se prête à toutes sortes d'interprétations, je ne vois pas de meilleure expression pour caractériser mes contributions à la recherche d'un système et d'une politique assurant le meilleur compromis possible entre l'efficacité économique et la justice sociale.</p>

<p>Pour l’ensemble de mes écrits, j'accueillerais avec plaisir les commentaires de mes lecteurs. Mais j’aimerais avant tout recueillir des remarques précises et même, si possible, obtenir de jeunes collègues ou de praticiens de l'économie une véritable discussion des thèses exposées dans la " Théorie opérationnelle de l'inflation, de la stabilisation et du système économique ". A cet effet, chaque chapitre de cet ouvrage, de même que le livre précédent et les articles regroupés par centres d’intérêt, feront l'objet d’une note introductive sur laquelle les lecteurs pourront se reporter pour poster les commentaires correspondants. D'avance, je leur en exprime ma sincère reconnaissance.</p></div></div>
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