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	<title>Ecrits d'un soir</title>
	
	<link>http://www.ecritsdunsoir.com</link>
	<description>Des plumes à lire avant qu'elles ne s'envolent...</description>
	<pubDate>Sat, 25 Apr 2009 13:32:42 +0000</pubDate>
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		<title>Elle</title>
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		<pubDate>Wed, 22 Apr 2009 16:00:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nicolas</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Amour]]></category>

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		<description><![CDATA[Nini.
Elle aime les hommes et des hommes l&#8217;aiment.
Par hasard. Simplement. Sincèrement. Sauvagement, aussi.
En se laissant aimer
En les laissant aimer
Elle apprend. D&#8217;elle à elle. D&#8217;elle à eux. D&#8217;eux à elle.
Deux ailes
Un apprentissage d&#8217;ange
Un apprenti sage d&#8217;elle
Nini qui part. Nini qui vole. Nini qui voit.
Elle marche à grands pas et l&#8217;air frais glisse entre ses jambes nues
Courant [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="dropcap-first">Nini.<br />
Elle aime les hommes et des hommes l&#8217;aiment.<br />
Par hasard. Simplement. Sincèrement. Sauvagement, aussi.</p>
<p>En se laissant aimer<br />
En les laissant aimer<br />
Elle apprend. D&#8217;elle à elle. D&#8217;elle à eux. D&#8217;eux à elle.<br />
Deux ailes<br />
Un apprentissage d&#8217;ange<br />
Un apprenti sage d&#8217;elle</p>
<p>Nini qui part. Nini qui vole. Nini qui voit.</p>
<p>Elle marche à grands pas et l&#8217;air frais glisse entre ses jambes nues<br />
Courant ascendant sous les pans légers<br />
Elle ferme les yeux vers le ciel en riant<br />
Le vent la connaît. Le vent sait.<br />
Il court vers elle</p>
<p>C&#8217;est encore chaud là<br />
Suintant de la semence de A.</p>
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		<item>
		<title>La poule ou l’œuf de fer ?</title>
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		<pubDate>Sat, 03 Jan 2009 16:00:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nicolas</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Science-Fiction]]></category>

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		<description><![CDATA[« Ce que j’essaie de vous dire c’est que depuis plus d’une décennie la grande famille des archéologues se gardent de vous dévoiler certaines vérités…
- Mais Professeur Crouton, c’est insensé ! Vous avouez aujourd’hui devant les caméras de notre émission « La Super Big Soirée du Véritable Etrange » que les français sont trompés par [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="dropcap-first">« Ce que j’essaie de vous dire c’est que depuis plus d’une décennie la grande famille des archéologues se gardent de vous dévoiler certaines vérités…<br />
- Mais Professeur Crouton, c’est insensé ! Vous avouez aujourd’hui devant les caméras de notre émission « La Super Big Soirée du Véritable Etrange » que les français sont trompés par vos collègues ?<br />
- C’est en effet ce que je pourrais expliquer si vous arrêtiez un peu de me couper pour ne faire que répéter ce que je dis, mon cher Christophe…<br />
- Ah mais je suis désolé nous arrivons au terme de cette émission… Et c’est maintenant au tour de Carlos Bruni de nous parler de surnaturel… »</p>
<p>Pourtant, tout commence ce 18 décembre 1994, lorsque nous avons découvert la grotte Chauvet… Je me souviens encore de ses peintures pariétales qui montraient aisément la grande maîtrise technique des hommes préhistoriques, il y a déjà plus de 30&#8242;000 ans… Ce ne fut pas le plus étrange pour nous, l’équipe d’archéologie qui gérait le site.</p>
<p>L’un des dix archéologues qui m’accompagnait avait amené ce jour-là, sur dérogation, son jeune fils qui se passionnait lui aussi pour la spéléologie. Il avait un de ses jouets pour enfants qui détecte les métaux sous le sol. Pendant que nous examinions les peintures sur les parois, ce gamin scrutait donc le sous-sol de la grotte. En nous enfonçant donc vers le fond de la grotte, le jouet s’est mit a sonné et le père du petit, désemparé, s’est mit à hurler que ce jouet n’était encore qu’une merde parmi tant d’autres…</p>
<p>Un collègue et moi prirent quand même la peine de creuser pour en avoir le cœur net. Beaucoup d’archéologues n’ont pas besoin de voir pour croire en l’existence ou non de quelque chose, mais j’avais tendance à plus faire confiance à mes yeux qu’aux idées des autres… Peu profond, nous trouvâmes déjà quelques boulons de fer assez rouillés et en piteux état. Les discussions autour de nous commençaient à fuser concernant l’origine de ses métaux. Et plus nous creusions, jour après jour, plus le détecteur de métaux sonnait et s’agitait.</p>
<p>Le 24 décembre, nous arrivions enfin à quelque chose de plus concret que cette vingtaine de boulons que nous avions amassé petit à petit. Quelque chose de dur résistait à la pelle. Un squelette pour être exact, tenant en ses mains ce qui ressemblait fortement a un bras articulé de fer.</p>
<p>Le squelette et les autres éléments furent datés sur place dans la plus grande discrétion. Nous avons eu la chance de ne pas être remarqués par les journalistes en cette période de fêtes. Tous nos résultats étaient formels ; Le squelette et les objets dataient de la même époque… De la préhistoire. Aucun d’entres nous ne sut expliquer comment cette découverte était possible. D’autant que le bras articulé aurait fait rêver bien des techniciens tant il semblait parfait. Aucun semblable n’avait encore été créé sur Terre.</p>
<p>Nous décidâmes ainsi de garder cette trouvaille secrète jusqu’à ce que l’un de nous parvienne à la résoudre. Nous récupérions donc le bras articulé et tous les objets anachroniques avant de ré-enterrer proprement le corps du défunt. Nous faisions promettre au gamin de ne jamais parler de ça et j’avais la charge de garder ces objets car mon âge me rendait plus sage à leurs yeux.</p>
<p>Nous n’avons bien sûr jamais résolu ce secret, et nous l’avions tous oublié, ou plutôt nous avions réussi à le rayer de nos souvenirs. Moi y compris. Jusqu’au jour où un jeune homme vint sonner à l’interphone de ma résidence. De nature très réservée, je n’attendais jamais de visites. Je prie donc cette personne de se présenter et ses mots résonnent encore dans ma tête : « Qui de la poule ou de l’œuf de fer est arrivé le premier ? ». Il ne me fallut que quelques secondes pour comprendre que le gamin au détecteur n’avait lui rien oublié.</p>
<p>J’invitais donc Darwin à prendre un thé tranquillement pour m’expliquer le but de sa venue. Je n’étais pas le premier à qui il rendait visite. Mais de la liste des onze personnes qu’il avait réussi à récupérer, sept était morts, et les trois autres se disaient amnésiques. Son père se trouvait dans la première catégorie, et c’est lui qui l’avait supplié de ne pas laissé cette question sans réponse. Darwin m’expliqua que son père avait continué les recherches dans l’anonymat et qu’il n’avait pu déduire qu’une seule solution, pour le moins assez farfelue, les robots étaient sur Terre avant la venue des hommes… Il avait été même jusqu’à penser que les robots avaient créé l’homme.</p>
<p>Son père avait, selon lui, une mémoire visuelle, et il avait réussi ces dernières années à reconstituer en images de synthèse le bras articulé qu’ils avaient découverts à l’époque. Darwin m’expliquait que si la reconstitution était exacte, le bras devait être muni d’une sorte d’interrupteur sur le côté, et qu’il serait bon d’essayer de l’actionner. N’y croyant que très peu, je pensais ne pas prendre de risque en l’accompagnant vers l’endroit de mon jardin ou je les avais ré-enterrés.  Il prit de suite son courage et sa pelle à deux mains et creusa aussi vite qu’il pu pour récupérer la pièce.<br />
A mon grand étonnement, comme il l’avait suggéré, un interrupteur était présent sur le côté et il semblait encore actionnable. Sauf qu’aucune batterie ne semblait relier à tout ce dispositif, ce qui rendait l’objet inactif.</p>
<p>« Vous pensez trop vite Professeur… Je me souviens pourtant qu’il vous avait fallut creuser pour vérifier de vos propres yeux qu’il n’y avait rien plutôt que croire mon cher père… Vous n’avez pas envie d’essayer cette fois-ci ? Auriez-vous peur ?<br />
- Non, mais j’ai encore un minimum de lucidité… et quelques connaissances en physique pour savoir que l’électricité ne tombe pas du ciel…<br />
- Du ciel, effectivement… Mais si la théorie de mon père s’avère vraie… Elle peut venir… d’Ailleurs ! »</p>
<p>A peine eut-il appuyé sur ce si petit bouton que le bras nous aveugla momentanément d’un flash survolté. Aussi fort que je me rappelle avoir cru perdre ma vue. Mais en rouvrant les yeux, le décor était tout autre. Nous étions revenus dans la grotte. Nous étions bien sûr les seuls êtres humains présents dans la grotte à cet instant là, mais nous n’étions plus seuls. De petits orbes, des boules lumineuses volantes, nous entouraient et virevoltaient autour de nous. Pris de panique, je m’écriais « Mais qu’est-ce que c’est que tout ce bordel ? ».</p>
<p>Je ne pensais pas qu’on me répondrait. Plutôt que d’entendre l’écho de ma voix dans cette grotte, nous entendions l’écho de paroles qui n’avaient jamais été prononcées. Nous comprîmes que ces orbes avaient trouvé le moyen de communiquer avec nous. Ils nous demandèrent de nous agenouiller, ce que nous fîmes. A ma droite, je remarquais vingt euros que mon ami avait du perdre. Je le pris discrètement et le mis dans ma poche, pour le lui rendre après cette petite mésaventure.</p>
<p>Les orbes nous racontaient que nous en savions trop. Qu’ils allaient faire disparaître toutes les preuves et transformer nos souvenirs en mauvais rêve. Comme ils l’avaient toujours fait. Mais comme leur peuple était vraiment très civilisé, ils nous donnaient droit de connaître la vérité avant de l’oublier. Tous ceux qui l’avaient apprise en étaient devenus fous. Une aubaine.</p>
<p>C’est ainsi que j’appris ce qui n’était pas écrit dans la Bible. C’est ainsi que je pouvais désormais mettre un visage, ou plutôt un objet sur le nom de Dieu. Dire que j’allais tout confondre dans quelques minutes. Il fallait que je me fasse un repère réel. Le billet. J’avais la chance de ne jamais en disposer d’habitude, n’utilisant que la carte bleue… Alors au moment où ils semblaient flouter nos esprits, je pensais fortement à ce billet de vingt euros. Très fortement. Puis le vide.</p>
<p>Et je me réveillais dans mon lit. L’esprit confus, avec le souvenir d’un rêve très étrange. Je pris mon carnet de rêves auquel j’accorde une grande importance dans ma vie et je commençais à écrire le rêve que je venais de faire. Puis vers la fin du rêve le billet de 20€ que j’y ramassais m’interpella. Par réflexe, je fouillais mes poches et l’y trouvais. C’est ainsi que je commençais à croire en mon rêve. Mais comment en être sûr et partager cette connaissance n’ayant plus pour unique preuve qu’un billet de vingt euros… Je n’allais tout de même pas participer à ces émissions sottes sur le surnaturel !</p>
<p>La semaine d’après frappait à ma porte un certain Darwin, me demandant si je n’avais pas vingt euros. Je ne comprenais pas comment il avait pu ne pas oublier cette histoire…</p>
<p>« Le billet de vingt euros dans la grotte Chauvet… Je ne l’ai pas perdu… Je voulais qu’il nous reste un lien quoiqu’il arrive. Quelque chose à quoi nous rattacher. Et mon père, quand j’étais gosse, vous prenez pour modèle de l’honnêteté… J’ai de suite pensé que vous voudriez me le rendre…<br />
- Alors vous n’avez rien oublié tout comme moi ? Vous vous rappelez donc que…<br />
- Oui je me souviens de tout ce qu’ils nous ont appris… Et tout ce tient… Il ne vous reste plus qu’à alerter les médias… Samedi, une grande émission sur le surnaturel…<br />
- Vous n’allez pas m’envoyer là-bas ? Ils vont me prendre pour un fou…<br />
- Vous en avez déjà tout l’air… S’ils vous croient, tout le monde saura enfin la vérité… Vous n’avez pas le choix…<br />
- Et s’il ne m’écoute pas ?<br />
- Alors le secret de l’œuf de fer restera à jamais entre vous et moi… »</p>
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		<title>J’ai envie de te quitter.</title>
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		<pubDate>Mon, 22 Dec 2008 16:00:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nicolas</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Amour]]></category>

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		<description><![CDATA[Chérie ! Chérie ! Tu es là ? Mon amour ! Hou hou !
C&#8217;est moi ! Ah tu es là, je te cherchais parce que vois-tu, j&#8217;ai à te parler. Je ne sais pas pourquoi je t&#8217;ai appelée chérie ou mon amour parce qu&#8217;avec ce que j&#8217;ai à te dire&#8230; c&#8217;est peut-être parce que c&#8217;est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="dropcap-first">Chérie ! Chérie ! Tu es là ? Mon amour ! Hou hou !</p>
<p>C&#8217;est moi ! Ah tu es là, je te cherchais parce que vois-tu, j&#8217;ai à te parler. Je ne sais pas pourquoi je t&#8217;ai appelée chérie ou mon amour parce qu&#8217;avec ce que j&#8217;ai à te dire&#8230; c&#8217;est peut-être parce que c&#8217;est la dernière fois, juste pour le plaisir. Oui, j&#8217;y viens. Voila, cela fait déjà quelques temps que nous partageons notre vie et que nous vivons une relation plutôt fusionnelle qui a tendance à nous étouffer&#8230; non pardon je parle pour toi, qui à tendance à m&#8217;étouffer. Oui ben moi vingt quatre heure sur vingt quatre avec toi ça m&#8217;étouffe et à force, je ne sais plus qui je suis. Comment ? Je ne l&#8217;ai jamais su ! Mais justement j&#8217;aimerais bien percer ce mystère qui me poursuit, mais ce n’était pas la question, encore une fois, tu changes de conversation en détournant mes propos pour retourner la situation à ton avantage. Tu n&#8217;es pas toute seule je te rappelle et ça tu as tendance à l&#8217;oublier assez facilement, alors pour une fois, laisse moi parler.</p>
<p>Accorde-moi deux secondes s&#8217;il te plaît pour que je puisse me recentrer sur ce que j&#8217;ai à te dire. Je disais donc que tu m&#8217;étouffes et que je n&#8217;en peux plus de t&#8217;avoir sans cesse dans mes bottes. Même lorsque j&#8217;essaie de prendre un peu de distance, tu arrives toujours à me rejoindre, à me soustraire à mes occupations et à rendre absent à mes yeux les personnes avec qui je partage un moment et du coup moi aussi je deviens absent pour eux. Tu me gâches tout mes plaisirs que je pourrais avoir sans toi et ça je ne peux plus le supporter. Je sais que ce n&#8217;est pas ton cas car pour toi notre relation est idyllique, simple copie de toutes les relations que tu as eu avec les autre, tu m&#8217;en as assez souvent parlé.</p>
<p>Et puis notre relation n&#8217;a pas toujours été tendre je te rappelle. Je dirais hachée par de plus ou moins brèves interruptions. Plus moins que plus quand même. Oui, je vaux parler de mes fugues qui m&#8217;ont quelques fois mené vers d&#8217;autres horizons où je n&#8217;avais plus à te supporter. Ce que cela pouvait être reposant. Quoi ? Qu&#8217;est-ce que tu dis ? &#8230; je suis toujours revenu vers toi ! Ha non, là je t&#8217;arrête, une fois ou deux peut-être mais sinon la plupart du temps c&#8217;est toi qui revenais me chercher et pas toujours de la manière la plus délicate. Rappelle toi la fois où après plusieurs mois de séparation parce j&#8217;étais parti avec une autre, que toi de ton côté, las de tes innombrables conquêtes, tu es venue t&#8217;inviter dans ma nouvelle vie, que nous avons vécus un moment à trois et que finalement j&#8217;ai craqué, je suis parti avec toi. Ça y est, ça te reviens ?</p>
<p>Je ne vois pas pourquoi tu me reproche ces quelques écarts parce que tu m&#8217;as toujours pardonné sans que je n&#8217;ai ni d&#8217;explications à te donner, ni d&#8217;excuses à formuler. Chaque fois tu faisais comme s&#8217;il ne s&#8217;était rien passé. Et moi, perdu dans mes innombrables questions existentielles, je ne pouvais que me jeter dans tes bras en ayant l&#8217;illusion de trouver des réponses, tu étais très forte pour me dire je que je voulais entendre. M&#8217;obstinant ainsi à me poser des questions pour essayer de comprendre pourquoi, j&#8217;en oubliais de vivre. Toi, ravis de ma voir enlacé dans cette fourmilière de pensées destructrices tu te faisais une joie de me récupérer. Mais au bout du compte tu ne faisais que sciemment m&#8217;enfoncer un peu plus.</p>
<p>Ne te mets pas en colère, si je n&#8217;en peux plus de toi, c&#8217;est parce que nous nous voyons de trop,  cela n&#8217;a rien à voir avec toi, c&#8217;est notre relation et ta présence trop importante qui ne me sont plus supportables. Je ne veux pas couper les ponts définitivement, je veux que nous nous voyons moins souvent, beaucoup moins souvent. Ne me dit pas que tu vas t&#8217;ennuyer sans moi tu as des amis partout. Tu es l&#8217;amie de tout le monde ou presque. Non je ne suis pas jaloux. Si par moment ta présence est des plus délicieuses, il en est d&#8217;autres où il n&#8217;y a rien de plus délicieux que ton absence. Tu arrives toujours au mauvais endroit et au mauvais moment pour me gâcher mes plaisirs. Oui tu peu être agréable, je t’assure&#8230;mais à petites doses. Petite dose ? Disons que c&#8217;est beaucoup moins qu&#8217;actuellement. Calme toi, je ne te prends pas pour une potiche, je dis juste que tu es quelqu&#8217;un de très agréable mais que nous ne sommes pas fais pour vivre ensemble. D&#8217;ailleurs, je doute que tu sois faite pour vivre avec qui que ce soit. Une relation avec toi ne peut se concevoir qu&#8217;en pointillés.</p>
<p>C&#8217;est vrai, ça fait beaucoup en une seule fois mais je n&#8217;en peu plus, tu me fatigues. Bon voilà ce qu&#8217;on va faire, nous n&#8217;allons plus nous voir pendant quelque temps et je te promets que lorsque nous nous retrouverons, pour un petit moment soyons clair, nous profiterons pleinement de ce moment. « Si on se quitte c&#8217;est pour toujours ? ». Je te connais trop, tu reviendras la première et puis si c&#8217;est moi, tu m&#8217;accueilleras les bras grand ouverts. Mais là pour le moment non, j&#8217;aurais presque envie de te dire « va-t-en », mais non, tu peux rester là, c&#8217;est moi qui m&#8217;en vais, car vois tu Solitude, ta présence m&#8217;ennuie.</p>
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		<title>Sa toute petite</title>
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		<pubDate>Mon, 21 Jul 2008 16:00:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nicolas</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Epistolaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Tu es sa toute petite,
Si tu as cette lettre entre tes mains, là, maintenant, c’est qu’elle est à l’hôpital. C’est aussi qu’elle souffre tant qu’ils vont devoir l’endormir. A travers ce sommeil artificiel, elle ne pourra plus te parler. C’est le pourquoi de cette lettre : une bouteille dans la mer de vos tristesses, et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="dropcap-first">Tu es sa toute petite,</p>
<p>Si tu as cette lettre entre tes mains, là, maintenant, c’est qu’elle est à l’hôpital. C’est aussi qu’elle souffre tant qu’ils vont devoir l’endormir. A travers ce sommeil artificiel, elle ne pourra plus te parler. C’est le pourquoi de cette lettre : une bouteille dans la mer de vos tristesses, et de ta tristesse surtout. Une trace de ses derniers mots. Elle va mourir et le plus dur dans tout ça, c’est pour elle d’accepter de te perdre. Car sa vie, elle l’a déjà perdue. Voilà trop longtemps qu’elle est malade. Pas excessivement, non, pas suffisamment pour que cela détruise ses journées, ou se voit et provoque la pitié. Assez cependant pour partir. Pour qu’un jour, la maladie l’emporte sur elle, sur la jeunesse et sur sa vie bientôt.  Pour l’endormir, et attendre. Pour faire cesser la douleur, qu’ils disent. Elle ne voulait pas au début. Elle ne voulait pas voir un seul instant de sa vie lui échapper, elle ne voulait pas de « trous », juste une vie pleine et entière. Les laisser l’endormir, lui voler un bout de cette vie, elle ne pouvait pas. Ils ont eu du mal à la convaincre. « C’est que tu manques de recul, tu n’as pas assez connu les difficultés de la vie pour refuser de soulager le mal qui te ronges. » Voilà ce qu’a dit le psychologue lorsque elle a enfin accepté de le voir. Parce qu’ils l’ont forcé tu vois. Elle n’a pas eu le choix, au fond. Elle avait peur qu’ils la prennent pour une folle et qu’ils décident pour elle, et puis non finalement. </p>
<p>Elle n’a pas assez connu la vie paraît-il, ni la difficulté, ni la souffrance. Peut-être. Mais elle, elle sait qu’elle l’a connue, la vie. Elle l’a suffisamment connue pour savoir à quel point elle peut être belle parfois, et s’il a souvent plu sur son cœur, elle se souvient aussi que rien n’est plus savoureux que les éclaircies qui succèdent aux averses. La métaphore est certes hasardeuse mais elle a le mérite d’être juste.  Elle a  vécu, oui elle aura vécu. Sa vie n’a peut être pas été extraordinaire, ni passionnante – certainement pas de celles que l’on raconte – ni même audacieuse ou captivante, mais elle a été. Elle a été sa vie, sa vie rien qu’à elle. Ce petit morceau de monde dont elle n’a jamais douté qu’il lui appartiendrait toujours. Elle a aimé sa vie tu sais, au point de ne jamais vouloir la changer, juste parce qu’elle était sienne, au point de la faire exister sous toutes ses facettes, d’être changeante, acidulée, salée aussi, et sucrée dans ses plus belles heures, au point de ne jamais la regretter, même dans ses pires moments, au point d’écouter la chanson du Roi Lion des heures dans son lit et de chanter Hakuna Matata à pleine voix, dans sa tête, au point aussi d’aimer les jours de pluie au moins autant que les autres, pour leurs rayons de soleil entre les nuages, au point de sourire quand le réveil sonne alors qu’il est bien trop tôt, au point de courir avec elles dans les couloirs du lycée à pleine vitesse, sans savoir pourquoi, au point de réaliser combien ils comptent pour elle, au point d’accepter que « L’amour c’est con et l’amour ça déçoit », d’écouter Linda Lemay en boucle et puis d’y croire quand même, au point de rêver de vivre ailleurs et d’être heureuse de se réveiller chez elle, dans son lit, au point de sourire quand elle le voit en arrivant, de rayonner même, puis de l’ignorer toute la journée, de rester en équilibre sur ce fil, parce qu’il n’est jamais facile de savoir ce que l’on veut et de l’oser, au point de dévorer des livres et des livres pour s’évader et d’en pleurer quand ils sont finis, au point de ne faire qu’une bouchée d’Antigone et de se dire qu’Anouilh a écrit là le plus beau rôle du monde, au point de le relire sans Lene Marlin dans les oreilles, histoire de voir si l’histoire est toujours aussi belle, au point de se dire qu’elle voudrait, elle aussi, pouvoir se jouer des cœurs et de la raison, d’aduler les Liaisons dangereuses et la marquise de Merteuil, et de se sentir pourtant soulagée en pensant qu’elle est incapable d’être elle, au point de pleurer, et de sourire devant Juno, puis de pleurer encore, puis de sourire et de re-pleurer mais des larmes de bonheur finalement, d’oser penser qu’Ellen Page méritait l’Oscar même si c’est une française qui l’a eu, au point de manger du chocolat en essayant d’oublier que ça fait grossir, au point de se dire qu’elle a encore le temps, de ne pas vouloir grandir trop vite, de croire que la jeunesse est la plus belle saison de la vie parce que l’on a encore le droit d’être insouciant… Elle se tait, ses mots la font pleurer.</p>
<p>Elle n’a plus d’exemples. Il y en a déjà assez. Tout ça pour essayer de te faire envisager, apercevoir à quel point elle a  goûté sa vie, à quel point elle l’a croquée, à quel point elle l’a aimé, tout simplement. Elle recommence à parler : elle se pose beaucoup de questions mais les réponses ne tombent qu’au compte-gouttes. Alors peut-être que oui, elle n’a pas assez souffert. Est-ce un critère ? A quoi joue-t-on là ? Comment un psychologue peut-il expliquer son refus par un manque d’expérience, de souffrances ? On compte les points peut-être : d’elle ou de la vie, qui a l’avantage ?! Ca n’est pas un jeu pourtant et si elle l’avait pu, elle s’en serait tenue éloignée. Elle n’a pas choisi de participer. Elle continue de penser que dix-sept ans, c’est bien trop jeune pour souffrir, c’est bien trop jeune pour pleurer. Dix-sept ans, c’est l’âge où l’on espère, croit encore, où l’on rie, s’étonne, s’évade, rêve, c’est l’âge où l’on est pas sérieux, comme a dit Rimbaud, parce qu’à 17 ans, on a bien d’autres choses à faire, parce qu’on a encore le temps d’être aérien, au-dessus des choses, désinvolte et libre. A 17 ans, on est bien trop jeune pour avoir mal, pour savoir que la vie, parfois, vous brise le cœur, et vous fendille l’âme. Et on est bien trop jeune pour mourir. La vie n’est pas un jeu. Quels que soient les points accumulés, ils ne sont jamais une assurance, celui qui a le plus souffert ne capitalise pas. Il a juste souffert. La douleur endurée n’est pas une justification, pour quoi que ce soit, pour quiconque. Elle voudrait se battre, elle voudrait avoir cette chance mais la maladie ne la lui a pas donnée. Elle aurait gagné tu sais : sa détermination, toute cette force au fond de ses iris et ces mots. Magnifiques. Si simples, et pourtant si justes. Elle n’a que 17 ans et déjà, elle a compris ce que certains ne comprennent jamais. Elle a compris que la vie est belle. Et que c’est ce que l’on a de plus précieux. La vie est belle, oui. Quatre mots, quatre tous petits mots qui clament à l’oreille de ceux qui l’ont oublié une naïveté pourtant pas si évidente. </p>
<p>Elle n’ose te demander si ça va. Parce qu’aujourd’hui, elle, elle ne souffre pas. Elle ne fait pas partie de ceux qui restent. Elle s’enfonce tout doucement, dans le coton de la mort, sans plus avoir conscience de rien. Elle ne voudrait pas être à ta place, non, pour rien au monde. Car oui, elle sait trop bien que tu as mal, qu’il y a comme un trou, un vide immense, qui te ronge, elle sait que tu voudrais ne plus y penser, elle sait aussi que tu n’y arrives pas. Elle connait cette sensation diffuse qui envahit chaque parcelle de ton corps, comme si l’on t’avait enlevé quelque chose, sans que tu puisses pourtant savoir exactement quoi. Elle, elle s’en va, elle ne vivra plus. Elle ne perd rien, rien de plus que la vie, mais toi, tu vas gagner l’amertume de la perte. Et de la pire des souffrances, parce qu’elle va s’enraciner en toi, en chaque fragment de ton être. Alors toi, sa toute petite sœur, toi qu’elle a aimé plus que tout peut-être, de cette souffrance, de cette graine, elle veut que tu fasses un arbre majestueux, un de ces cerisiers en fleurs que vous aimiez tant. Surtout ne t’arrête pas. Elle veut que tu profites, elle veut que tu aimes, que tu souries, que tu grandisses, que tu t’épanouisses. Elle veut que tu vives. Elle n’a plus le choix, mais toi, tu l’as toujours. Sois heureuse. Ce sont des mots banals, bateaux, répétés si souvent, par tant de personnes différentes qu’ils en deviennent presque vides de sens. Mais elle veut que tu les prennes, que tu les mastiques un peu, que tu les transformes pour leur donner toute la force qu’ils ont dans son esprit à cet instant. </p>
<p>Elle va partir et à cette simple pensée son ventre a mal et ses joues ruissellent de larmes. Il lui reste tant à faire, tant à espérer. Elle a tant de choses encore à dire. Elle ne pensait pas déjà avoir peur du temps. Elle a toujours cru que cette angoisse venait au début de la nuit, tard, lorsque notre vie s’effiloche et que ceux qui en font partie disparaissent, peu à peu. Mais aujourd’hui, c’est bien trop tôt. Elle voit le chemin de sa vie devant elle mais il ne file plus vers l’horizon comme auparavant. Un gouffre s’est ouvert. Et elle ne peut s’empêcher d’avancer. Le temps passe et le vide l’aspire. Inexorablement, elle s’en rapproche. Il y a tellement de choses pourtant qu’elle voudrait pouvoir dire ou faire. Tant de temps, qui lui est refusé, et cependant déjà rempli, dont elle ne saurait que trop bien à quoi l’employer. Seul le vide résonne. Des projets qui ne se réaliseront pas. Des bonheurs qui n’arriveront jamais. Des larmes qui ne couleront pas. Des mots jamais prononcés. Des textes jamais écrits, elle pour qui l’écriture était tellement plus qu’un passe-temps. Regarde-la. Elle n’en a plus la force, c’est pourquoi j’écris pour elle. Tu dois savoir qu’elle ne me dicte rien, mais que je condense en ces quelques lignes toute les paroles qu’elle laisse échapper, allongée sur son lit d’hôpital. Elle parle, parle, sans jamais s’arrêter, comme pour profiter à tout prix de ce temps qui lui reste. Elle a tant à dire. Et elle avait, aurait eu tant à dire, tant de mots, comme des bulles, qu’elle aurait voulu libérer pour qu’ils puissent s’envoler. Elle voudrait leur dire que sans eux, elle n’y serait jamais arrivée, qu’ils lui ont tout donné, tout appris, et aussi à quel point elle les aime et comme elle regrette de l’avoir si peu dit, montré. Elle voudrait te dire de ne pas avoir peur, qu’on s’en sort toujours, que tu as tout d’une grande, que non, la vie ne fait pas de cadeaux, mais que tu t’en sortiras. Elle voudrait leur dire merci d’avoir toujours été là, qu’elles ont illuminé ses journées, qu’elles sont à l’origine de ses plus beaux fous rires. Elle voudrait leur dire qu’elle les aime, et qu’elle a mal en pensant qu’il est trop tard. En relevant la tête, là, tout de suite, elle se rend compte qu’elle ne s’adresse plus seulement à toi ma toute belle mais que ses mots parlent à tous. Je n’effacerai rien, va. Tu sais à quel point elle peut détester tout ce qui est changé, modifié. Elle veut garder sa spontanéité. Et je veux lui faire ce cadeau. Peut-être qu’elle se contredit, peut-être qu’elle n’est pas toujours très claire mais elle ne relira pas toute cette lettre avec moi. Elle n’en a pas la force. Elle t’aime, tu sais. Si tu voyais comme ses yeux illuminent la pièce lorsque tu traverses ses pensées : ce sont des étoiles, et tout à coup, elle n’est plus vraiment là mais dans un monde qui n’appartient qu’à vous. Je devine ton visage se dessinant dans sa tête, et à quel point elle a peur que tu lui en veuilles. De partir la première, loin de toi alors que vous vous étiez toujours promis de mourir ensemble. Des promesses de gosses, certes, mais avec toi chaque parole prononcée aura eu de l’importance. Je crois bien qu’elle n’aura aimé personne au moins autant qu’elle t’a aimé toi. Et voilà que je me mets à parler au passé, comme si déjà elle n’était plus. Je relis ces mots, les miens, et je les vomirais. La honte, comme la nausée m’envahit. Comment puis-je … ? Comment ai-je pu ? Des larmes. Elle me demande pourquoi je pleure. Je n’ose lui répondre, ma gorge a mal et mes larmes sont le voile derrière lequel je me cache. Elle insiste. Je me tais. Mais mon silence la blesse. Je m’en veux tellement. Je parle. </p>
<p>Elle sourie. </p>
<p>Je ne comprends pas. Je ne la comprends plus. Alors elle m’explique, doucement. Qu’elle n’a aucune raison de m’en vouloir, que je suis juste un chouïa en avance, qu’elle me parle comme si elle était morte, que j’écris sans m’arrêter, que c’est sa faute si mon esprit, petit à petit, s’embrouille. Je n’en suis pas sûre. Je ne sais quoi penser. Je ne peux le lui dire. Alors j’acquiesce, simplement. Mais devant toi, je voudrais pouvoir disparaître. J’ai peur de relever la tête, là, maintenant,  et de voir, plus tard, ton regard se poser sur moi lorsque tu auras lu ceci. </p>
<p>Pardonne-moi. </p>
<p>Ton mépris nourrirait ma culpabilité et je m’y consumerais. Ma main me brûle : j’ai peur des mots que je pourrais écrire, malgré moi. </p>
<p>Pardonne-moi. De ce glissement, de ce dérapage, presque comme un poignard. Oublie ces lignes, s’il te plaît. Je me refuse à les effacer et pourtant j’ai tant besoin qu’on les efface. </p>
<p>Voilà qu’elle se remet à parler. De voyages, et de vacances : c’est dans l’air du temps après tout, et c’est sûrement pour ça qu’elle les évoque. Elle me parle du Maroc. De ce pays qu’elle a trouvé tellement humain, et dépaysant. Son premier vrai voyage à l’étranger, me dit-elle. Il y a eu l’Espagne, oui, mais l’Espagne, ça ne compte pas vraiment. De la Croatie, aussi, qu’elle imagine, regrettant que cette maladie empêche ce voyage qui pourtant s’annonçait si bien. Elle évoque des paysages, des plages de sable fin. Et la mer. Puissante, majestueuse. Indomptable.</p>
<p>Mais je réalise que la fatigue pèse sur son corps : ses mots se font moins fluides, ses yeux se vident. Je vais la laisser dormir, elle en a bien besoin.</p>
<p>Elle me lance un dernier regard, rempli de gratitude, de détermination. Un dernier sourire, et ses yeux se ferment. Tout doucement alors, je quitte la chambre.</p>
<p>Nous sommes le lendemain matin. Quand j’ai voulu la voir tout à l’heure, pour poursuivre avec elle cette lettre pour toi, cela n’a pas été possible. Mais tu le sais déjà. Savait-elle hier, lorsqu’elle m’a lancé ce sourire qu’il serait le dernier ? Savait-elle qu’elle fermait alors ses yeux pour la dernière fois ?</p>
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		<title>Sombre Crétin</title>
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		<pubDate>Sun, 20 Jul 2008 16:00:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nicolas</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Vécu]]></category>

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		<description><![CDATA[C’est officiel, mon Frère est le plus grand Sombre Crétin de cette planète. La preuve ? Mais regardez-le ! Il pique sa crise pour un rien, il hurle sur tout le monde, il en devient tellement rouge qu’on croirait qu’il va exploser ! Donc oui, mon Frère est un Sombre Crétin. 
C’est mon Grand Frère [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="dropcap-first">C’est officiel, mon Frère est le plus grand Sombre Crétin de cette planète. La preuve ? Mais regardez-le ! Il pique sa crise pour un rien, il hurle sur tout le monde, il en devient tellement rouge qu’on croirait qu’il va exploser ! Donc oui, mon Frère est un Sombre Crétin. </p>
<p>C’est mon Grand Frère pourtant, mais il se comporte tellement comme un gamin que souvent j’ai l’impression d’être la Grande Sœur. Alors j’essaie de me comporter comme une adulte et d’aider Maman à la maison, mais bon j’ai que 8 ans, faut pas non plus exagérer ! En tout cas je suis beaucoup plus mature que mon Grand Frère. Mature. C’est un mot que Maman dit tout le temps : « Il serait temps de devenir un peu plus mature ! ». Phrase qui s’adresse toujours à mon Grand Frère quand il fait son Sombre Crétin.</p>
<p>Bah oui, mon Frère est un Sombre Crétin. L’autre jour encore, il a pris ma Game Boyer pour la cacher, juste pour m’embêter. Il a dit que c’était pas lui qui l’avait cachée sous mon lit, mais je suis pas idiote, je sais que c’est lui. Moi ma console je l’avais bien rangée dans ma table de nuit. Il cache sans arrêt mes affaires. Il est nul mon Grand Frère. Il fait ça juste pour que je me fâche et que je hurle. Et après c’est Maman et Papa qui sont fâchés contre moi parce que je crie trop fort et que ça leur fait honte avec les voisins.</p>
<p>Mon Frère est un Sombre Crétin, et il est jaloux. Il sait bien que c’est moi que Papa et Maman aiment le plus. Alors il fait tout pour qu’ils soient en colère contre moi. Pour qu’ils m’aiment un peu moins et qu’ils l’aiment un peu plus lui. Il veut tout me prendre, mes jouets et tout l’amour de mon Papa et ma Maman. Il est méchant.</p>
<p>Mon Frère est un Sombre Crétin. Quand il est énervé contre quelque chose, c’est sur moi qu’il tape. Et alors je crie. Et alors Maman se fâche et dit qu’elle est fatiguée, qu’elle en a marre de nous. Moi je sais bien que c’est juste de lui qu’elle en a marre, mais elle dit tous les deux, parce qu’une maman doit pas préférer un de ses enfants. C’est dans les règles de <em>Comment être Une Bonne Mère</em>. Elle en a marre de mon Frère, et moi aussi j’en ai marre de lui. Quand il est énervé il me tape. Et il est souvent énervé. Contre ses profs. Contre le temps. Contre l’école. Contre Papa même des fois. Contre le garçon de son école qui lui a collé un œil au beurre noir dans la cour de récré et que ça lui a foutu la honte devant tout le collège. Contre le collège. Contre tout le monde en fait. Maman dit que si il est énervé contre tout le monde, c’est surtout parce qu’il est en colère contre lui-même. Donc même lui il en a marre de lui. Il en a peut-être un peu marre d’être un Sombre Crétin.</p>
<p>Mais il y peut rien, c’est un Sombre Crétin. J’aimerais qu’il parte vivre loin. Qu’on le voit plus, ou en tout cas pas trop souvent. Vivement qu’il parte en pension. L’an prochain normalement. Il sera moins souvent là, se sera chouette. Je pourrais regarder ce que je veux à la télé, il viendra pas m’embêter et changer de chaîne. Ça c’est chouette. Par contre il pourra plus m’aider pour réciter mes poésies. Ca c’est bête. Mais bon au moins il me tapera plus dessus. Ça c’est chouette. Il pourra plus taper pour me défendre sur les deux petites brutes d’à côté non plus. Ça c’est bête. J’aurais Papa et Maman pour moi toute seule. Ça c’est chouette. Mais il faut être quatre pour jouer au Quems. Ça c’est bête.<br />
En fait mon Grand Frère est un Sombre Crétin, mais il est parfois sympa quand même. La fois où il a dit à Maman que c’était le chat qui avait cassé le vase alors que c’était moi. Ça c’était cool. Et puis il me passe toujours des chewing-gums qu’il achète en douce parce que Maman veut pas qu’on en mange. Et il m’offre toujours des supers cadeaux à mon anniversaire.</p>
<p>En fait il va me manquer, mon Sombre Crétin de Grand Frère, parce que c’est vraiment le plus Super des Sombres Crétins de Grand Frère. C’est pour ça que je l’aime. Mais lui dîtes pas surtout. Il m’embêterait avec ça. Parce qu’il est persuadé que je suis une crétine. </p>
<p>Quel Crétin.</p>
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		<title>L’enfant dans la forêt</title>
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		<pubDate>Sun, 13 Jul 2008 16:00:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nicolas</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Aventure]]></category>

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		<description><![CDATA[La voila, elle vient à moi; grande, belle et empoignante. Je la redoute et pourtant elle me tente, la PEUR.
Ici, dans ce bois sombre et profond qui m&#8217;entoure, c&#8217;est la reine. Les étranges bruits et le vent qui souffle déroulent sous ses pieds un tapis de soie rouge.
Je sens ses mains froides remonter dans mon [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="dropcap-first">La voila, elle vient à moi; grande, belle et empoignante. Je la redoute et pourtant elle me tente, la PEUR.</p>
<p>Ici, dans ce bois sombre et profond qui m&#8217;entoure, c&#8217;est la reine. Les étranges bruits et le vent qui souffle déroulent sous ses pieds un tapis de soie rouge.</p>
<p>Je sens ses mains froides remonter dans mon dos et je sue. Elle fait vivre en moi des suggestions de l&#8217;effroi, des drames sanguinaires, des déments aux yeux fous arpentant la forêt la hache à la main, une tête ensanglantée  à la ceinture.</p>
<p>Alors, poussé par un élan inconnu, je l&#8217;embrasse et elle m&#8217;aveugle, m&#8217;obnubile, immobilise mes moindres pensées. Je tremble de tout mon corps.</p>
<p>J&#8217;allume la lampe de poche et vérifie que la tente est convenablement fermée. Les ombres des arbres mouvant à la brise font de mes idées une paranoïa aiguë. Les comparant à des bêtes, les prenant pour quelques démons assoiffés d&#8217;âmes perdues.</p>
<p>Recherchant une quelconque protection, je m&#8217;enfonce au plus profond du duvet, refermant au dessus de ma tête ce bouclier de fortune. Persuadé qu&#8217;au dehors, la lumière éloignera les êtres néfastes.</p>
<p>Elle est là, bien ancrée. Je la sens me triturer les boyaux. Elle vole mes forces et mon courage, la PEUR. Mais pire qu&#8217;elle, la peur &#8220;d&#8217;avoir peur&#8221;. La peur de faillir. La peur de ce manque de courage qui donne l&#8217;avantage à l&#8217;inattendu. Car un homme sûr de lui se donne une consistance en force. Un mur sans faille exploitable, un guerrier. Alors que la PEUR arrache une parcelle du mur, une simple brique qui  surprend. Un oiseau qui s&#8217;envole fait alors palpiter le cœur, tressaillir le corps. J&#8217;ai peur.</p>
<p>Seul, je ne trouve aucun puits où puiser le peu d&#8217;eau qui m&#8217;aspergerait le visage pour me réveiller de ce cauchemar. Au moindre son suspect, au moindre craquement de branche, je me tasse un peu plus.</p>
<p>Finalement, je ressort timidement la tête de mon abri. Comme si à l&#8217;instant même où elle serait à l&#8217;air libre, des crocs acérés et de mortelles griffes allaient la tailler en pièces. Ce geste risqué est tout calculé en réalité. Car nécessaire à scruter les silhouettes qui naviguent sur les courants voutés de la toile de tente.</p>
<p>La lune est claire, elle rapporte des histoires sur mon toit. Malgré le halo lumineux de l&#8217;ampoule, la sœur satellite parvient jusqu&#8217;à moi.</p>
<p>Enfin je suis bien. Qu&#8217;importe les loups-garou et les vampires, ils s&#8217;évaporent, ils ne sont plus. Tout ce qui est, tout ce qui reste, c&#8217;est le rêve. C&#8217;est les yeux rivés sur la voûte du ciel nocturne. Tout ce que je ressent désormais c&#8217;est l&#8217;amour de Gaïa, la tendresse du monde, l&#8217;immensité de l&#8217;univers.</p>
<p>Je revois alors le sourire de mon père et je pleure. Ou plutôt, une fine larme de joie s&#8217;écoule sur ma joue. Et, attirée par la terre mère, elle roule vers mon lobe où elle fait une halte avant de se laisser chuter tendrement vers le sol.</p>
<p>Les bras derrière la nuque, allongé, le duvet au niveau de la taille, je respire. J&#8217;aspire cet air pur et le garde en moi. Puis je le rend à la nature, transformé par mon être. C&#8217;est ainsi, c&#8217;est un  beau partage. Partage sur lequel je m&#8217;endors et fait les rêves heureux d&#8217;un enfant de mon âge.</p>
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		<title>Bigfoot ball</title>
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		<pubDate>Sat, 12 Jul 2008 16:00:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nicolas</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Vécu]]></category>

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		<description><![CDATA[  Je ne suis pas un sportif.
  Je ne l’est jamais été en fait. C’est con parce que dans la cour, t’as les garçons qui jouent au foot et les filles qui jouent à l’élastique et papotent entre elles, les plus douées arrivent même à faire les deux en même temps.
  Mais [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="dropcap-first">  Je ne suis pas un sportif.</p>
<p>  Je ne l’est jamais été en fait. C’est con parce que dans la cour, t’as les garçons qui jouent au foot et les filles qui jouent à l’élastique et papotent entre elles, les plus douées arrivent même à faire les deux en même temps.</p>
<p>  Mais bon évidemment quand t’es gosse tu cherches à t’intégrer et jouer avec les autres. Alors tu te mets sur le petit muret en pierre pour la répartition des équipes et puis une fois que il n’a plus que toi, bah on te prend à contrecœur et tu apprends à ne plus faire gaffe aux quolibets et aux sourires goguenards des copains.</p>
<p>  Pour ceux qui lisent encore, ne vous inquiétez pas, j’arrête là les clichés et les violons. Moi je m’en fichais pas mal de perdre ou de gagner au foot, ce qui m’importait c’était de faire le clown et de faire rire les gens. Et je dois dire que pour çà, j’étais doué, il suffisait de voir ma silhouette dégingandée sur le terrain avec mes grosses chaussures de montagne, vous savez avec le morceau de métal au bout.</p>
<p>  Je suis donc devenu naturellement défenseur. Et à vrai dire, j’étais plutôt bon. Personne ne franchissait la ligne que je gardais et ceux qui essayaient ne se relevaient plus. Il faut savoir que j’ai toujours eu du mal à dribbler quelqu&#8217;un. C’est que çà va vite et dans le feu de l’action, j’ai du mal à différencier les mollets du ballon. Bref je tire dans le tas, le gars tombe et moi j’envois la balle au loin, la plupart du temps en dehors du terrain d’ailleurs.</p>
<p>  Un jour, j’ai voulu changer, je ne sais pas si c’est parce que j’étais fan d’Olive et Tom ou parce que les nouilles du midi étaient à la sauce au gingembre mais j’ai voulu devenir attaquant. Cela tombait bien parce que en face justement ils en manquaient, ils étaient tous bizarrement sur la touche en se frottant le mollet. Alors j’ai piqué un sprint en criant très fort. Et une seconde plus tard, je ne sais pas comment, je me suis retrouvé avec la balle entre les mains, enfin entre les pieds. Emporté par mon enthousiasme, j’ai filé tout shuss vers les buts en laissant derrière moi les autres joueurs. Déjà Valentin, le gardien se mettait en position prêt à bloquer mon boulet de canon. Valentin, je ne l’aimais pas beaucoup. Il était un peu trop prétentieux à mon goût avec ses gants de goal, ses crampons de goal, sa tête de goal…Mais il se débrouillais bien et aspirait même à devenir joueur professionnel. Alors quand j’ai réussi à lui mettre un ballon dans la cage de but sous son nez, je dois dire que j’en ai tiré quelque satisfaction. Ok, j’avoue, j’étais un peu moins fier quand j’ai su qu’on faisait parti de la même équipe. Coïncidence ou pas, on ne m’a plus jamais proposé d’être attaquant.</p>
<p>  Aujourd’hui, rien n’a vraiment changé, à part que j’ai des baskets comme tout le monde, les filles ont laissé tombé l’élastique mais papotent encore plus pour combler. Quant à Valentin, il est entré au STAPS. Moi, je suis toujours aussi nul au foot, mais je reste clown et maladroit. Je dédicace donc cette nouvelle à tous les gens que j’ai blessé physiquement sans le faire exprès et à tous les footgaffeurs qui se reconnaîtront à travers ce texte.</p>
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		<title>Une fin presque parfaite</title>
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		<pubDate>Fri, 11 Jul 2008 16:00:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nicolas</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Policier]]></category>

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		<description><![CDATA[Voici donc la fin de cette trilogie « presque parfaite » co-écrite par Maki et Nicolas Desmarets. Episodes précédents : Un ami presque parfait de Maki, Le meurtre presque parfait de Nicolas Desmarets.
Il n’était pas bête M. Seguin ! Les villageois avaient coutume d’associer la stupidité au métier de fermier. Il avait la ferme intention [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="dropcap-first"><em>Voici donc la fin de cette trilogie « presque parfaite » co-écrite par Maki et Nicolas Desmarets. Episodes précédents : <a href="http://www.ecritsdunsoir.com/frisson/un-ami-presque-parfait-8.html">Un ami presque parfait</a> de Maki, <a href="http://www.ecritsdunsoir.com/frisson/le-meurtre-presque-parfait-10.html">Le meurtre presque parfait</a> de Nicolas Desmarets.</em></p>
<p>Il n’était pas bête M. Seguin ! Les villageois avaient coutume d’associer la stupidité au métier de fermier. Il avait la ferme intention de mettre fin à ces calomnies, en résolvant le mystère du meurtre de la jolie Ludivine. Il connaissait bien Alexandre car il venait se faire de l’argent de poche en travaillant pour la ferme. Et, aux hasards de ses pensées, il s’est souvenu qu’il avait l’hématophobie, ou plus simplement <em>c’tait une mauviette du sang</em>…</p>
<p>Une fois ses esprits recouvrés, il se rendit à la gendarmerie afin de témoigner en faveur du jeune Alex. Il le vit dans un piteux état. Son séjour en garde à vue ne l’avait pas épargné physiquement, et la mort de sa tendre Ludivine l’avait anéanti moralement. Deux questions demeuraient dans l’esprit du fermier : Qui donc était le vrai tueur ? Quelle était sa prochaine victime ?</p>
<p>La seule personne pouvant répondre à Seguin était bien sûr le tueur lui-même… A l’heure où ce vieux bougre faisait libérer celui qui faisait un coupable idéal et, du même coup, une couverture parfaite, lui, le vrai meurtrier, reprenait sa planque pour surveiller les faits et gestes de Marie W.</p>
<p>Cette méthode irréprochable lui avait toujours permis de s’infiltrer au meilleur instant dans les demeures de ses belles et jeunes célibataires. Il se rappela d’ailleurs de la fois où il avait vu Stéphanie G. se pointer dans son appartement en compagnie d’un bel étalon. Il était si furieux qu’il avait failli tout gâcher en se rendant directement dans la chambre pour les massacrer tous les deux. Jamais une de ses victimes n’avaient osé le trahir à ce point. Elles étaient sensées n’appartenir qu’à lui… et à lui seul ! Il les possédait, sans même qu’elles s’en rendent compte.</p>
<p>Toutefois il n’était pas mécontent d’en arriver à la fin de sa liste. Près de 3 ans de traque et d’espionnage l’avait épuisé. Son œuvre allait bientôt s’achever, enfin, dans le sang et la bonne odeur. Quel bonheur !</p>
<p>« Bon ! Revenons à nos moutons » se dit-il, conscient que la moindre inattention pourrait le conduire à l’échec. Le calme, la précision seraient ses meilleurs atouts face à celle qui s’avérait être la plus coriace du lot. En effet, il avait étudié toute sa biographie et il en ressortait que Marie prenait régulièrement des cours de taekwondo au centre sportif David Douillet d’Angers. Il avait eu l’occasion de l’observer durant ses entraînements et avait pu remarquer qu’elle se débrouillait plutôt bien. Mais, ce soir, sous l’effet de la surprise, elle devrait perdre tous ses moyens. Et si elle venait à se débattre, cela mettrait un peu de piment à son acte. Toutes les autres poupées l’avaient laissé agir sans se débattre ou si peu. Quelle mollesse ! On aurait dit qu’elles n’avaient aucune envie de survivre…</p>
<p>Marie rentrait tard. Vers environ 23h30. C’était sans doute cette heure tardive qui l’avait poussée à prendre ces cours d’autodéfense. Elle était serveuse dans une petite crêperie en plein centre-ville d’Angers. Plusieurs fois le tueur était allé y manger. La cuisine était modeste mais Marie très sympathique. Un joli p’tit cul qui faisait oublier tout le reste… sauf bien sûr l’envie de la posséder.</p>
<p>Ce n’était vraiment pas le moment de se laisser distraire. Que lui arrivait-il ce soir ? Marie n’allait plus tarder, sa montre indiquait 23h24.</p>
<p>Elle arriva à 23h49. Son patron l’avait peut-être retenu pour lui faire quelques remarques sévères sur sa façon de s’habiller ou sa manière de se déhancher. Ou alors peut-être qu’elle avait fait la rencontre d’un jeune homme beau et séduisant dans son restaurant… Cette pensée le fit enrager. </p>
<p>Alors que Marie rentrait tout juste dans sa petite (mais confortable) maison de la périphérie angevine, il sortit de la voiture et courut pour y entrer à son tour. Il ne s’était jamais conduit ainsi, mais ce soir, il sentait que rien n’était comme d’habitude. Ce soir, ses pulsions prenaient le dessus mais peu importait. Il voulait savoir si Marie l’avait trompé. Et si tel était le cas, elle allait payer cette petite salope ! </p>
<p>Marie avait laissé toutes les lumières éteintes, mais ça n’avait pas d’importance. Il était déjà entré dans cette maison. Plusieurs fois même. Tellement souvent en fait qu’il finissait par la connaître pas cœur. Comme celles de toutes ses victimes passées ou futures d’ailleurs.</p>
<p>La jeune femme avait filé directement à la douche. Elle ne s’aperçut pas qu’un homme déchaîné avait pénétré dans son habitation. Il en profita pour se rincer l’œil car Marie n’avait pas fermé à clefs. Se croyant seule, elle n’avait aucune raison de craindre l’intrusion de quiconque ici. C’était du moins ce qu’il pensa.</p>
<p>Décidément, les formes généreuses de la belle ne calmèrent pas son excitation ! Et bien au contraire. Alors il agit comme jamais il ne l’avait fait auparavant. Il attaqua à visage découvert.</p>
<p>Pendant qu’elle entamait un air gai en sifflotant sous l’eau chaude et relaxante après une dure journée de travail, il écarta le rideau de la douche. La réaction fut immédiate. Le cri lui perça les tympans. Toutefois, et comme il s’y était attendu, aucune réaction violente de sa part ne fut observée. Payer 250€ les leçons pour apprendre à se défendre, et ne pas être capable de s’en servir… De l’argent jeté par les fenêtres ! Enfin, il n’allait pas s’en plaindre, cela facilitait grandement les choses. </p>
<p>Il l’immobilisa vite fait bien fait dans la baignoire. En le voyant se déshabiller, elle écarquilla ses grands yeux verts pleins d’épouvantes et poussa de nouveau une longue plainte déchirante.</p>
<p>Pendant ce temps, un autre homme s’introduisait dans la maison et se faufilait jusqu&#8217;à la salle de bains, avec cependant plus de mal que son prédécesseur.</p>
<p>Pour sa première entrée dans la demeure, il essayait de suivre minutieusement le plan que la belle lui avait dessiné sur le bras lors de sa venue à son restaurant ce soir là. Il tentait d’éclairer tant bien que mal le petit dessin à la lueur de son portable. La coquine avait eu envie qu’il la rejoigne directement dans la douche, et pour compliqué un peu la tâche et que son amant mérite sa récompense, elle lui avait demandé de la trouver dans le noir complet. Il prenait donc son temps pour ne pas se cogner dans les meubles et ainsi avertir sa chère Marie de son arrivée. Il voulait lui faire la surprise. </p>
<p>Mais quand il l’entendit hurler, son instant de maître des arts martiaux se réveilla. Il courut habillement jusqu’à la salle de bains et découvrit un inconnu couché sur elle, en train… Mon dieu ! En train de la violer ! Il se jeta à corps perdu sur cet individu des plus immondes. Qui osait toucher à Marie, alors que leur histoire commençait tout juste ? Ce salop n’avait pas le droit de lui faire de mal. Il ne voulait pas la perdre !</p>
<p>Il ne lui fallu guère plus de 2 minutes pour le mettre K.O. Marie, très choquée était resté debout à fixer la scène, enveloppée dans son peignoir.</p>
<p>Une demi-heure plus tard, une voiture de police et un camion de pompiers arrivèrent au domicile de Marie. L’homme qui l’avait violée avoua fièrement qu’il était le meurtrier des 22 jeunes filles retrouvées mortes dans la région sans qu’on en retrouve l’assassin.</p>
<p>Le lendemain, la nouvelle, et par la même occasion Marie, faisait la Une des journaux. Ludivine était dans la rubrique nécrologique. Aux Faits divers, on pouvait voir M. Seguin qui déplorait la mort de six de ses chèvres dévorées par un loup errant. Sur la photo, il embrassait la survivante, Blanquette. « Tout est bien qui finit bien » concluait un policier.</p>
<p>Marie et son sauveur vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants. Le premier demeurait l’emprunte d’une triste agression…</p>
<p>Une fin presque parfaite…</p>
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		<title>Il était une fois un dragon</title>
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		<pubDate>Thu, 10 Jul 2008 16:00:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nicolas</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Fantastique]]></category>

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		<description><![CDATA[  Bonjour.
  Je suis un dragon.
  Etrange non ? Un dragon qui cause et qui raconte sa vie… Vous en connaissez beaucoup vous des dragons comme ça ? Moi pas, tous mes semblables sont pour la plupart brutaux et sanguinaires. 
  Je me rappelle de tout. Tout ce que j’ai fait [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="dropcap-first">  Bonjour.<br />
  Je suis un dragon.<br />
  Etrange non ? Un dragon qui cause et qui raconte sa vie… Vous en connaissez beaucoup vous des dragons comme ça ? Moi pas, tous mes semblables sont pour la plupart brutaux et sanguinaires. </p>
<p>  Je me rappelle de tout. Tout ce que j’ai fait au cours de ma vie depuis ma naissance. Foutue coquille d’œuf qui ne voulait pas se fendre mais je l’ai brisé et j’ai vu pour la première fois le jour et ma maman. C’était une dragonne formidable ma maman. Une dragonne magnifique avec ses écailles violettes qui se reflétaient au soleil du midi et son regard si pénétrant avec ses grands yeux verts chatoyants qui donnaient l’impression de ne rien pouvoir lui cacher.</p>
<p>  Pendant plusieurs jours, elle m’a ramené à manger des petits animaux comme des sangliers ou des renards. Une fois, j’ai même failli m’étrangler avec les bois d’un cerf. Je n’en ai plus jamais mangé.</p>
<p>  Et puis le jour que je redoutais le plus est arrivé. J’ai du voler de mes propres ailes. Pas dans le même sens que vous les humains. Je n’ai « volé de mes propres ailes » que quelques décennies plus tard. Non, je parlais de prendre mon envol au sens propre du terme. Car voyez-vous, j’ai des ailes. Quand je suis né, elles étaient toutes fragiles mais en l’espace de quelques jours elles se sont fortifiées et je m’amuse à les déployer puis les ranger, les déployer puis les… Assez, gronde ma maman, envole toi! Et comme j’hésite à sauter elle me pousse sans délicatesse hors du nid.</p>
<p>  Je tombe. Pourquoi je tombe ? J’ai des ailes comme maman. Je peux voler. J’ai vu maman faire plein de fois s’envoler et atterrir. Il suffit de sortir les ailes et de faire comme si on allait sauter. Encore que là, j’aurais du mal à sauter vu que mes pattes ne touchent pas le sol… Pas le temps de penser à ce genre de choses sinon je vais finir broyé par terre. Il faut que je déploie mes ailes. Mais mon cerveau refuse de fonctionner. Je revois défiler toute ma vie : le jour où maman m’a mis au monde, le jour où j’ai vomi mon cerf pour ne pas étouffer, le jour où maman m’a poussé dans le vide. Dis donc, ça fait pas beaucoup de jours ma vie. C’est triste si tout finit déjà. Alors je prends sur moi et je déplie mes ailes. D’un coup ma chute ralentit puis se stabilise. Vous allez pas le croire si je vous le dit mais là je vole. </p>
<p>  Je me sens libre comme l’air. Je fais des loopings, des grands huit et je m’amuse à percer les nuages qui humidifient le cuir épais de mon échine. Je reviens triomphant de mon baptême de l’air. Maman est fière de moi et je m’endors paisiblement à coté d’elle en rêvant que je vole sans jamais m’arrêter.</p>
<p>  Aujourd’hui je suis tout excité. Maman va m’apprendre à chasser. Je vole dans son sillage et soudain elle repère une proie et file en piqué vers celle-ci. Le pauvre ours est bien trop lent pour maman. Elle ouvre grand sa gueule, l’attrape avec ses dents puis se pose lourdement sur un rocher. Puis elle le déchiquette un peu partout. Ca à l’air marrant. Alors je me mets moi aussi à l’affût d’un gibier et j’arrive à chopper une belette au bout d’une heure. Bof, c’est plus dur qu’il n’y parait mais maman dit que c’est pas si mal que ça pour une première fois.</p>
<p>  Tous les matins, dès l’aube je vais chasser tout seul. C’est que je m’améliore. J’ai même fait la peau à une licorne l’autre jour. Maman m’a félicité pour cette belle prise de chasse. Et aujourd’hui les affaires sont plutôt bonnes : j’ai déjà repéré un loup qui m’a l’air bien succulent. Mais malheureusement pour ma pomme, je n’ai pas vu qu’il avait ramené ses copains. Une meute de loups enragés m’encercle et je me dis zut. Ils sont trop nombreux pour moi et je ne peux plus m’envoler : deux loups sont déjà sur mon dos et essaient de lacérer mon armure d’écailles. Les imbéciles, ils ne sont pas au bout de leur peine. Aie, je me suis peut être avancé, je sens du sang qui coule de ma nuque. Bah ça fait mal. Et alors le chef de la horde commence à charger et je commence à baliser parce que le chef de la horde, il a des dents deux fois plus grosses et deux fois plus nombreuses que les autres. Je ferme les yeux et j’appelle très fort maman mentalement même si je sais que ce n’est pas cela qui va me protéger.</p>
<p>  Et puis mon instinct de dragon se réveille. Maman ne viendra pas et je dois me débrouiller tout seul comme quand j’ai appris à voler. A lors je rouvre les yeux et au moment où la mâchoire du chef loup s’apprête à se refermer sur moi, je lui souffle mon haleine de feu en plein dans sa jolie petite gueule. Il est littéralement propulsé en arrière et se fait carboniser jusqu’aux os. Une seconde après mon souffle enflammé, le fier loup n’est plus que cendres.<br />
  Je ne comprends pas comment j’ai fait ça mais je sens une agréable sensation qui parcoure mes papilles. La puissance des flammes me laisse un agréable petit chatouillement au palais et me réchauffe la gorge. Les loups reculent car ils craignent le feu. Puis quand je me tourne vers eux ils s’enfuient et je les dégomme tous un par un à coup de salves embrasant tout sur leur passage. J’aime vraiment être un dragon. Pour le dernier loup, je réduis la puissance de mon tir histoire de goûter un peu parce que les cendres ça me fait éternuer plus qu’autre chose. La bête s’avère délicieuse et me change des steaks de sangliers saignants que je m’enfilais depuis plusieurs jours.</p>
<p>  Mille ans ont passé. Je suis aussi grand que maman maintenant depuis déjà plusieurs siècles. La force qui coule dans mes vieilles veines est en train de diminuer, je le sens. Il est vrai que je me suis encroûté dans ce château à garder prisonnière cette niaise de princesse en haut de son donjon. Mais sinon c’est plutôt un job tranquille. Jusqu’à ce soir du moins. Prince Charmant est venu se la jouer et le voilà qui se pavane devant moi, dragon, roi des chimères. Mais je ne me plains pas. Vous savez quoi ? L’homme est super bon. Croquant et juteux à la fois. Un vrai délice et celui-ci tombe à point parce que je commençais à gargouiller. Cependant je ne me réjouis pas trop vite. Ok, il a l’ai plutôt bien pourvu question chair tendre le bellâtre mais une fois que tu retires l’armure, la cape et le casque, je peux te dire qu’il n’y a pas grand-chose à gratter en dessous. Enfin bon, l’homme étant feignant, il dispose toujours d’une monture avec lui donc ça comble un peu les petits creux.</p>
<p>  Avant de le bouffer, je le laisse d’abord faire son show deux minutes avec son cure-dents que vous appelez « épée » et sa coquille de noix « bouclier ». Puis histoire de m’amuser un peu avant le casse-croûte je lui crame les petites plumes de son fier heaume qui perd soudain de son superbe ainsi que le porteur juste en dessous. Puis gourmand oblige, je décide de finir le boulot avec mes crocs mais le saligaud est coriace et bouge vite. Après une habile roulade entres mes puissantes pattes, le casse-dalle se retrouve derrière moi. Je m’apprête à balayer ce fauteur de troubles avec ma queue hérissée de méchantes pointes mais il se passe alors un truc étrange. Du sang coule. Et ce n’est pas le sien.</p>
<p>  J’enrage. On ne m’avait pas blessé depuis l’attaque des loups. Je vais saigner ce type, je vais me le faire ouais. La plupart de mes semblables sont brutaux et sanguinaires? Moi je suis démoniaque, cruel et sadique. Je n’ai pas de pitié et je ne me réjouis que dans le sang des autres. J’ai vaincu en duel de nombreux dragons et je suis probablement un des derniers. Comment ce petit homme peut-il oser m’affronter et me blesser au genou. Je suis furax. Tellement en colère que ça fait mal là. J’ai mal. Je reprends mes esprits et regarde stupidement la lance qui traverse douloureusement ma poitrine. Ca fait si mal, surtout quand cet odieux personnage retire son arme sauvagement pour finalement se raviser et me la replanter dans la gorge. Je tombe.</p>
<p>  Je tombe au ralenti et ça n’en finit plus. Déploie tes ailes, me gronde une voix qui m’est bien familière. Je me rappelle. C’était la douce voix de maman après m’avoir poussé du nid pour m’apprendre à voler. Cependant là, j’atteins avec fracas le sol et les tours de la forteresse tremblent au contact de ma masse corpulente avec les froides pierres de l’endroit que je garde depuis si longtemps. Ma vue se brouille. Le chevalier s’en va délivrer sa poufiasse blonde. Je déteste les happy end.</p>
<p>  J’y vois plus rien. J’entends plus rien. Je sens plus rien.<br />
  La force qui coule dans mes vieilles veines est en train de disparaître, je le sens.<br />
  Je suis un dragon.<br />
  Adieu.</p>
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		<title>L’esprit que je hantais</title>
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		<pubDate>Wed, 09 Jul 2008 16:00:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nicolas</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Noir]]></category>

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		<description><![CDATA[On s’est rencontré il y a un an et au bout de trois mois on parlait déjà mariage. Six mois maintenant qu’elle est partie. D’une triste fin, une faim trop précipitée. Un noyau de cerise qui l’a étouffé. Un si petit noyau a tué mon si grand amour. Une cherry en tuait une autre. Depuis, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="dropcap-first">On s’est rencontré il y a un an et au bout de trois mois on parlait déjà mariage. Six mois maintenant qu’elle est partie. D’une triste fin, une faim trop précipitée. Un noyau de cerise qui l’a étouffé. Un si petit noyau a tué mon si grand amour. Une <em>cherry</em> en tuait une autre. Depuis, je suis seul. Terriblement seul. Plus personne n’ose m’approcher sous prétexte que je suis devenu fou. Même ma meilleure amie, jadis si proche, m’a laissé tombé croyant les rumeurs qui courraient à travers la région… Un homme qui rend visite à sa dulcinée tous les jours est un fou d’amour et il faut suivre son exemple. Cependant, il suffit que le domicile de la demoiselle soit un cimetière pour n’être plus qu’un fou, quelqu’un à éviter.</p>
<p>Au début, j’ai prié Dieu pour qu’elle revienne. Pourtant je ne suis pas croyant mais c’est toujours dans ces moments là qu’on croit en l’impossible. Et s’il existe, Dieu aime vraiment se faire prier car elle ne m’est jamais revenue. Parfois, je prie encore. Pour ne pas avoir à enterrer ma promise une nouvelle fois, pour ne pas l’enterrer au fond de mon cœur. Non, je ne suis pas fou ! Je suis amoureux et l’amour fait des miracles. L’inconvénient du miracle, c’est qu’il suffit de peu pour le transformer en mirage…</p>
<p>Alors j’ai décidé que si elle ne venait pas à moi, j’irai à elle. J’ai fait de multiples tentatives de suicide. Une dizaine je crois. Toutes ont échouées. Je suis un miraculé, à la puissance dix. J’ai essayé de nombreuses méthodes pourtant. Les médicaments. Mon mélange s’est retrouvé être une sorte de drogue qui me faisait voir la vie en rose. Plus aucune envie de mourir. Ah oui, il y a eu ce con aussi sur la voie ferrée. J’avais tout calculé mais je ne pouvais pas deviner qu’un autre idiot se suiciderait quelques cents mètres avant moi sur la voie. J’ai volé l’arme de fonction d’un ami militaire aussi. Il se trouve qu’il s’était trompé de chargeur et que je n’avais que des balles à blanc. Ce sont d’autres qui ont eu la chance de goûter aux balles réelles. J’ai essayé les noyaux de cerise bien sûr. Tous passaient sans problème dans ma gorge. Autant il lui aura suffit d’un noyau pour mourir, autant j’ai l’impression qu’il faudra pour moi une explosion nucléaire en plein sur le nez.</p>
<p>J’ai donc bien compris qu’il me serait impossible de retrouver ma bienaimée. Je ne suis pas fou. Alors j’ai réduit mon ambition de moitié ; je ne souhaitais plus que la contacter. Je me suis mit à invoquer les esprits comme on le faisait quand on était petit. J’avais l’avantage d’être seul, dans le calme et le noir complet, sans devoir m’isoler. Pendant trois mois, toutes mes tentatives n’aboutissaient qu’à un échec complet. Ca grésillait, ca sifflait comme une ligne occupée, mais rien ne m’était compréhensible. Dans la rue, les gens m’évitaient encore plus. Je n’avais même plus besoin de m’excuser pour passer. Auparavant, il fallait que je les bouscule ou que je leur donne un coup d’épaule. Plus maintenant.</p>
<p>Une nuit comme toutes les autres, le rituel prit une autre forme. Un vase valsa et se brisa dans un bruit effroyable. Des portes claquèrent. J’étais sans doute face à un esprit maléfique. Le dialogue s’installa les jours suivants, après avoir trouvé un langage de communication. Je posais les questions, tenant une corde par le bout dans chaque main. Si la réponse était positive, alors je sentais qu’on tirait le bout gauche. Dans l’autre cas, c’est le bout droit qui s’étirait. Ce n’était pas ma dame, et c’était même un homme. Un esprit errant que j’avais dérangé. Il dormait au grenier jusqu’à ce que mes incantations le réveillent. Dans les films, on voyait souvent les mauvais fantômes déranger les nouveaux propriétaires de leur demeure. J’avais l’impression d’avoir renversé la situation. C’était moi le mauvais propriétaire. Lui n’était que l’esprit que je hantais…</p>
<p>Une autre nuit. Différente. Pendant que je dérangeais mon colocataire pour la cinquante et unième fois pour lui demander pour la millième fois s’il n’avait pas croisé ma future femme, j’entendis une vitre du bas se briser. Plusieurs portes s’ouvraient puis pris par un courant d’air se refermaient aussitôt dans un grand claquement. Même mon compagnon de jeu se retrouva effrayé. Je songeais donc qu’il s’agissait d’un esprit plus important que celui que j’avais en face de moi. J’espérais ne pas être l’arroseur arrosé et ne pas être à mon tour, tourmenté par l’autre monde…</p>
<p>Tout se passait différemment. Le sol lui-même craquait sous cet esprit. Puis je sentis de la chaleur sur mes mains. Une chaleur réconfortante. Des bruits se faisaient entendre mais je n’y prêtais guère attention, toujours envouté par cette sensation… En recouvrant mes esprits, je pris conscience que ce bruit doux n’était en fait qu’une voix féminine que je ne mis pas beaucoup de temps à reconnaître… C’était mon ancienne meilleure amie. Ma meilleure amie de toujours en fait. Complètement déconnecté du monde extérieur, je crus d’abord qu’elle aussi été morte et qu’elle faisait partie de l’Au-delà. Mais grande fut ma surprise quand elle m’apprit qu’elle était devant moi en chair et en os. Ainsi elle ne m’avait pas totalement oublié…</p>
<p>Je lui demande pourquoi il lui a fallut un an pour voler à mon secours et sa réponse ne me ménage pas. Elle était partie un an aux Etats-Unis pour une formation professionnelle… De là-bas, elle avait quand même apprit mon malheur et elle savait toute l’histoire car elle faisait la une des médias français. Elle avait essayé de me contacter par tous les moyens mais je n’avais jamais décroché à ses appels… Quant aux lettres, elle savait que ma misère ne me donnerait pas l&#8217;occasion de les lire, et que personne ici ne m&#8217;aiderait à surmonter cette épreuve. C’est vrai que seul je n’aurais pas pu trouver le moyen de regarder la vérité en face…</p>
<p>Puis elle se tue pendant cinq minutes. J’entendais ses larmes tombaient sur le sol. Elle pleurait. Elle renifla et, malgré son émotion, m’expliqua qu’elle avait eu la charge de m’avouer quelque chose que personne ne m’avait jamais dit. Elle me confia aussi que le temps qui les séparait maintenant des événements n’avait pas diminué le poids de la révélation, bien au contraire… Dans un élan de bravoure, elle cracha sa vérité. Je m’attendais bien à tout sauf à cela.</p>
<p>Celle que j’aimais n’était pas morte. Elle m’a seulement quitté pour vivre avec un autre. Prônant l’excuse de ne pas vouloir me faire souffrir, elle a mit en scène sa propre mort. Et tout le village a participé au spectacle, pour mon bien-être. Ils m’ont tous évité pensant que je ne pourrais jamais voir la vérité de mes propres yeux. Non, l’amour ne m’a pas rendu aveugle ! Tout ce temps, j’ai aimé une femme qui ne m’aimait plus et qui faisait sa vie ailleurs. Tous m’ont caché ces faits pour notre bien à tous les deux. Parce que je suis quelqu’un de fragile. Et qu’il faut me cacher la vérité que personne n’aimerait voir.</p>
<p>Voyant ma réaction et mon envie d’en finir, ils avaient appelé celle qui selon eux était la seule à pouvoir me sortir de cette impasse. Ils lui confièrent le lourd fardeau de la vérité, n’ayant pas le cran de venir avouer leur lâcheté eux-mêmes. Comment n’ai-je pu pas voir ce mensonge public ? Suis-je assez fou pour croire tout ce qu’on me fait avaler… Un si petit noyau… Ce n’est plus une mort stupide, ce n’est qu’une histoire stupide…</p>
<p>Je pleure. Oui, un aveugle peut encore pleurer. Je n’ai rien vu mais elle est venue pour m’ouvrir les yeux. Elle ne m’a jamais laissé tomber. Ses bras réconfortants me font déjà oublier la douleur qui se logeait en mon cœur. Elle essuie mes larmes et me chuchote à l’oreille que ce n’était qu’un très long et très mauvais rêve… Elle est de retour maintenant et elle veillera sur moi comme on veille sur un petit frère… Son cœur bat fort.</p>
<p>Je repense à cet esprit que j’ai malmené pour rien. J’espère qu’il ne m’en veut pas. A ce moment, je sens encore la corde que je n’ai pas lâchée dans ma main droite, ayant gardé le poing serré pour retenir ma rage. Je la sens tirée vers l’avant. Ainsi, je n’ai rien inventé. Je ne suis pas fou.</p>
<p>J’aimerais voir la lumière du jour pour mettre fin à ce mauvais rêve… Mais la nuit me sera éternelle… Je suis ainsi condamné à vivre la vie qu’on voudra bien me conter…  Je ne suis plus seul. Mais elle est partie. Cerise sur le gâteau, j’apprends qu’elle fait sa vie avec le marchand de fruits du coin. Parfois, quand on ne peut voir, on préférait ne pas savoir…</p>
<p>Je réfléchis aux mots que je vais bien pouvoir dire à mon amie pour la remercier. Il n’y en aura pas. Même aveugle, la regarder dans les yeux suffit.</p>
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