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&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Armée d'Haïti : l'inquiétant retour &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;em&gt;Par&amp;nbsp; Lionel Edouard &lt;/em&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;em&gt;Le Kaki revient. Selon le plan du Président, la nouvelle armée sera effective dès la quatrième année de son mandat. Elle coûtera près de 30 millions de dollars l’an et comptera à ses débuts, environ 3 500 hommes. Des négociations, apprend-on, seront engagées, au moment opportun avec la Minustah afin de favoriser le logement de la nouvelle force dans certaines bases du contingent militaire onusien&amp;nbsp;&lt;/em&gt;&amp;nbsp; &lt;br /&gt;Pour répondre à sa promesse de campagne, le président Martelly pourrait annoncer officiellement le 18 novembre prochain la création d'une nouvelle force armée nationale, qui devrait permettre de remplacer efficacement la Minustah. Cette nouvelle armée répond aux besoins urgents, informe-t-on, d’assurer la défense du territoire national, le contrôle des frontières et la création d’un climat sécuritaire afin de favoriser les investissements tant nationaux qu’internationaux. Cette armée, selon les vœux du chef de l’État, devra être apolitique et sera constituée de professionnels qui permettront à l’État d’apporter de meilleures réponses aux catastrophes naturelles et autres dangers qui menacent le pays. Avec la globalisation et cette tendance à transformer le monde en village global, défense et sécurité nationales deviennent une préoccupation mondiale et une priorité de tous les États. Toutefois, ces deux constantes ne peuvent être réduites à la simple dimension militaire. Pour les petits pays comme Haïti, suivant le document de 22 pages élaboré par la présidence à cet effet, il existe des nuances qui devraient être analysées au regard de la position géopolitique et de la vulnérabilité géographique du pays. Aussi cette force publique devra-t-elle intégrer un cadre plus large : le Conseil national de défense et de sécurité. &lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Des objectifs et stratégie… &lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Selon le document, Haïti n’a aucune visée hégémonique, ni d’ennemi déclaré dans son environnement immédiat. Conséquemment, la défense et la sécurité nationales se résument prioritairement à protéger la population, garantir la souveraineté, défendre l’intégrité du territoire en assurant le contrôle des frontières (terrestre, aérienne, maritime), protéger l’environnement, renforcer la protection civile. &lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Le Conseil national de défense et de sécurité (CNDS) intégrera toutes les directions des domaines sensibles : frontières, environnement, intelligence, économie, collectivités territoriales, service d’identification nationale, douanes, Ucref, ULCC, DGI. Cependant, ledit conseil aura comme pivot et outil d’exécution la nouvelle force publique sous le contrôle du chef de l’État. &lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Il est également prévu la création d’un cadre institutionnel pour appliquer la nouvelle politique de défense du territoire du chef de l’État. Les institutions visées qui concourront à la réussite de cet ambitieux projet seront d’abord : le secrétariat exécutif du Conseil national de défense et sécurité, le ministère de la Défense et de la Protection civile, le Bureau du secrétariat d’État à la Sécurité publique, le Service d’intelligence national (SIN), qui sera redynamisé, la Police nationale et les Forces armées. &lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Dans ce document qui traite de la constitution de cette force armée dont le nom à date n’a pas encore été officiellement dévoilé, aucune balise n’a été mise pour éviter les dérives et de renouer avec les souvenirs douloureux du passé. Le Conseil national de défense et de sécurité, qui sera présidé par le chef de l’État et composé de plusieurs ministres, notamment le Premier ministre, celui de la Justice, de la Défense, de l’Intérieur, des Affaires étrangères et de l’Économie et des Finances, reste donc le seul organe civil et politique de contrôle qui devra assurer la protection des citoyens face aux exactions éventuelles des militaires. &lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Le ministère de la Défense et de la Protection civile devra assurer, pour sa part, la protection du territoire et de la population, mettre les moyens humains et matériels à la disposition des autres ministères, mobiliser des ressources en cas d’urgence, gérer les risques et les désastres. Aussi s’occupera-t-il de la protection de l’environnement, du contrôle des aires et équipements, de la sécurité et de la défense, de la formation et de l’éducation civique des jeunes et, en dernier lieu, des renseignements et contre-renseignements. &lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Le Bureau du secrétariat à la Sécurité publique (BSESP) sera, peut-on lire dans le document, réorienté afin de travailler à la prévention de la vulnérabilité des citoyens face aux risques de tout genre, notamment la problématique des déportés, le respect de la déontologie, de l’étique policière et du crime organisé. &lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;strong&gt;&lt;em&gt;SIN : la grande inquiétude… &lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Pour palier les risques de troubles internes et l’anarchie, le président de la République entend doter la nouvelle force d’un service d’intelligence. Celle-ci devra permettre à l’État haïtien de disposer en tout temps d’outils adéquats afin de prévenir les menaces. Le SIN aura pour mission, précise-t-on, de regrouper, rechercher, traiter et archiver l’ensemble des informations collectées par les différentes entités y afférentes. Ainsi permettra-t-il à l’État de disposer en tout temps d’informations sur la situation sécuritaire du pays afin de prendre les mesures préventives nécessaires. &lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
En termes d’objectifs, le SIN devra aider dans la prévention et la lutte contre le terrorisme, les activités mafieuses et les réseaux de trafiquants illégaux. De plus, il aura un rôle de police des polices en assurant le respect de la déontologie et de l’éthique policière. Une réponse devra être accordée à certaines pratiques nouvelles dans la société haïtienne. Aussi le SIN jouera-t-il un rôle important dans la lutte contre le crime organisé et la cybercriminalité. &lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
La création de la nouvelle force armée répond à la nécessité d’aider à la résolution du problème de chômage, selon les responsables. Et le Président l’a martelé à maintes reprises. « Cette force est un moyen pour l’État de créer des emplois », avait-il dit. Toutefois, cette affirmation peut être contestée par les esprits les plus simples, compte tenu du fait que la nouvelle armée comptera dans ses rangs seulement 3 500 hommes et que le pays est constitué de plus de 70 % de chômeurs, selon certains chiffres disponibles. Un programme de service social permettra de faire participer plus de jeunes au développement des collectivités territoriales et de les préparer pour des opérations de secours à la population en cas de catastrophe naturelle. &lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Des anciens militaires et du cadre légal &lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Le problème des anciens militaires devra être résolu en amont de la création de la nouvelle force, précise le document. Une enveloppe de 600 millions de gourdes sera allouée à l’indemnisation des militaires démobilisés. Une assistance judiciaire et la finalisation des fonds de pension sont, entre autres, des mesures qui seront prises en faveur des anciens membres des FAD’H. &lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Le cadre qui devra donner à la nouvelle force publique une base légale sera essentiellement axé sur les lois organiques des ministères de la Défense, de la Direction de la protection civile, du ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales. Il tiendra également compte de la loi portant création, organisation et fonctionnement de la PNH ainsi que de celle organisant le Service d’intelligence national. &lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
La nouvelle force armée que le président Michel Martelly entend mettre sur pied coûtera entre 25 à 30 millions de dollars à l'État chaque année. Le plan établi porte sur la formation d’un effectif de 3 500 hommes sur une période de trois ans et demi. Certains y voient déjà un délai qui doit permettre à la Minustah de rester dans le pays au moins jusqu’à la fin du mandat du président Martelly. Contrairement donc à la résolution du Sénat en date du 20 septembre 2011, le retrait de la force onusienne n’est pas pour demain.&amp;nbsp; &lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Lionel Edouard &lt;br /&gt;Retrouver l'artcle sur le site du journal Le Matin: &lt;a href="http://www.lematinhaiti.com/contenu.php?idtexte=26592&amp;amp;idtypetexte"&gt;http://www.lematinhaiti.com/contenu.php?idtexte=26592&amp;amp;idtypetexte&lt;/a&gt;=&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/28026645-5865410686456108532?l=espas-ayisyen-toulouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel="replies" type="application/atom+xml" href="http://espas-ayisyen-toulouse.blogspot.com/feeds/5865410686456108532/comments/default" title="Publier les commentaires" /><link rel="edit" type="application/atom+xml" href="http://www.blogger.com/feeds/28026645/posts/default/5865410686456108532?v=2" /><link rel="self" type="application/atom+xml" href="http://www.blogger.com/feeds/28026645/posts/default/5865410686456108532?v=2" /><author><name>Inisyativ Ayisyen Toulouse</name><email>noreply@blogger.com</email></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry gd:etag="W/&quot;C0EASXwzeyp7ImA9WhdbFEk.&quot;"><id>tag:blogger.com,1999:blog-28026645.post-9012860675290319541</id><published>2011-10-12T19:47:00.002+02:00</published><updated>2011-10-12T19:47:28.283+02:00</updated><app:edited xmlns:app="http://www.w3.org/2007/app">2011-10-12T19:47:28.283+02:00</app:edited><title /><content type="html">&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;Camille Lebouvier rencontre Camille Charlmers&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;table cellpadding="0" cellspacing="0" class="tr-caption-container" style="float: left; margin-right: 1em; text-align: left;"&gt;&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td style="text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-TXS1LbyLwx0/TpXSWNmhq_I/AAAAAAAABEQ/WDbOyvW8OPA/s1600/Camille+charlmers.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; cssfloat: left; margin-bottom: 1em; margin-left: auto; margin-right: auto;"&gt;&lt;img border="0" height="212" oda="true" src="http://4.bp.blogspot.com/-TXS1LbyLwx0/TpXSWNmhq_I/AAAAAAAABEQ/WDbOyvW8OPA/s320/Camille+charlmers.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class="tr-caption" style="text-align: center;"&gt;Camille Charlmers dir. éxecutif de la Plate-forme haïtienne &lt;br /&gt;
de plaidoyer pour un développement alternatif (PAPDA)&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;Les propos de Camille Chalmers, directeur exécutif de la PAPDA |1| ont été recueillis par Camille Lebouvier stagiaire au CADTM Belgique.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Camille Lebouvier : Quel est votre ressenti par rapport à l’image d’Haïti véhiculée par les médias européens d’une situation très violente et chaotique ?&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Camille Chalmers&amp;nbsp; : Je ressens une grande déception. La presse internationale, les médias mainstream véhiculent une image négative d’Haïti tout à fait différente de la réalité. Cette image est alimentée par de nombreux stéréotypes, notamment ceux des institutions financières internationales qui présentent la situation comme chaotique, sans issue, sans aucun espoir. Ces stéréotypes sont répétés à longueur de journée et s’enracinent non seulement dans une tradition de lecture raciste de la réalité mondiale, mais aussi dans une longue tradition de méconnaissance de la réalité haïtienne voilée par 200 ans d’apartheid, de mise en quarantaine suite à la grande révolution de 1804.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Deux événements récents faisaient espérer un peu de changement dans cette vision. Premièrement, l’internationalisation de la crise suite au coup d’État de 2004 |2|, qui a été suivi par une répression militaire autorisée par le Conseil de sécurité de l’ONU puis par le lancement Minustah (Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti). Étant composée de représentants de nations différentes, et en particulier de nations latino-américaines, on pouvait espérer qu’elle favoriserait un changement de grille de lecture, de vision. Il n’en a rien été, au contraire : le discours de justification et de légitimation de la présence a prolongé et même aggravé cette image d’un pays qui ne peut pas se gérer lui-même.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Deuxième événement, le séisme du 12 janvier 2010, qui a suscité une vague impressionnante de solidarité citoyenne venue du monde entier, même de pays qui en général ne s’intéressent pas du tout à Haïti. On espérait que ce nouvel intérêt pour Haïti, qui a suscité pendant deux ou trois mois une présence massive de journalistes étrangers, pourrait bousculer un peu les idées reçues et forcer les gens à voir le pays différemment. En ce sens, on peut quand même féliciter quelques médias et journalistes français, notamment l’Humanité, qui ont essayé de donner une idée de comment vit le peuple haïtien et les raisons de la situation du pays, mais ça n’a pas été souvent le cas. La presse s’est par exemple tue sur des phénomènes comme l’exceptionnelle solidarité inter-haïtienne. De même, l’intervention massive d’ONG caritatives, à but humanitaire, n’a pas eu les effets escomptés en termes de tissage de liens, de nouvelles relations entre Haïti et le reste du monde, à part bien évidemment quelques exceptions.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
CL : Justement sur le rôle des ONG locales et des mouvements sociaux, quelle place laisse-t-on aux Haïtiens dans la reconstruction de leur pays ?&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
CC&amp;nbsp; : Suite au séisme, on a vu de grosses ONG internationales arriver, avec un grand nombre d’expatriés, dépenser des sommes faramineuses qui, au lieu d’aider le peuple haïtien, vont plutôt engraisser les bureaucraties internationales. Elles ont malheureusement consommé une grande partie des dons provenant des citoyens du monde. La plupart de ces grosses ONG internationales ont fonctionné en Haïti comme un État dans l’État. Cette tendance, antérieure au séisme, s’est affirmée et consolidée. Par ailleurs, l’occasion a été saisie par l’impérialisme états-unien pour renforcer sa mainmise sur le pays. C’est ainsi qu’il faut interpréter la mise en place d’un nouveau mécanisme de canalisation de l’aide, la CIRH (Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti,) co-dirigée par l’ancien président états-unien Bill Clinton, et qui aujourd’hui monopolise une grande partie de l’aide internationale et gère directement ces flux. Bien sûr, ça se fait sans consulter les acteurs haïtiens, sans même consulter le gouvernement. C’est un mécanisme parallèle à l’État haïtien qui se substitue à la mission qui est accordée par la Constitution aux ministères. Mais aujourd’hui une grande bataille se livre au Parlement : le président de la République a déjà confirmé qu’il voulait renouveler le mandat de la CIRH et nous espérons qu’au niveau des parlementaires se dégagera une majorité pour empêcher ce renouvellement.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
La deuxième dynamique a été celle d’un renforcement de l’exclusion des acteurs haïtiens des espaces clés de décisions et la mise en place d’organismes puissants comme la CIRH qui jouent un rôle déterminant dans l’orientation des politiques publiques. Par exemple, la CIRH a signé énormément de contrats avec des entreprises états-uniennes. On parle même de 95 % des contrats signés pour les projets approuvés par la CIRH qui vont bénéficier aux entreprises états-uniennes. Il y a quelques entreprises dominicaines aussi, mais pratiquement aucune entreprise haïtienne. L’idée est de faire d’Haïti une plate-forme de services pour les transnationales états-uniennes, et de Port-au-Prince un centre luxueux regroupant des centres commerciaux et des hôtels pour touristes. Pour cela,on expulse du centre la masse des gens et on crée des faubourgs avec des bidonvilles, où règnent des conditions sous-humaines.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Dans le cadre de la CIRH, la participation est factice : il y a treize places qui sont occupées par des représentants haïtiens mais qui au fond ne sont pas du tout intégrés au processus de décision. Les Nations unies ont réuni des « clusters », des réunions sectorielles où en principe tous les dirigeants de différents secteurs comme l’éducation, la santé, l’assainissement, l’eau potable... se réunissent pour évaluer la situation et prendre des décisions. L’essentiel de ces réunions se déroule en anglais, ce qui signifie clairement que la plupart des acteurs haïtiens ne peuvent pas participer. Il y a aussi une autre dynamique beaucoup plus intéressante à laquelle la PAPDA a contribué, qui était de profiter de cette catastrophe pour rapprocher, unifier les mouvements progressistes. Depuis 2010, on a vu beaucoup plus d’initiatives mises en place conjointement par différents groupements qui n’agissaient pas de façon concertée auparavant . Par exemple, le 3 octobre, journée mondiale de l’habitat, nous avons organisé une mobilisation contre les expulsions forcées et pour la défense du droit au logement décent et des droits des citoyens qui sont encore sous les tentes (ils sont encore près de 700 000). On espère que cette dynamique pourra aboutir d’ici la fin de l’année à la mise en place d’une assemblée permanente des mouvements sociaux progressistes qui pourrait se réunir chaque trimestre et mettre en place un espace de décisions et de construction de stratégies collectives.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
CL : Pouvez-vous me donner d’autres exemples d’actions concrètes que la PAPDA a pu mener pendant l’année ?&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
CC : Notre plate-forme organise chaque année une université populaire d’été. En septembre 2010 et en juillet 2011, nous avons pu réaliser deux universités qui ont chacune réuni plus d’une centaine de dirigeants de mouvements sociaux. Nous avons abordé des questions centrales : la dette écologique et les alternatives à mettre en place, la question politique, l’éducation populaire et l’alphabétisation. Sans les fonds récoltés par le réseau CADTM ces universités n’auraient certainement pas pu avoir lieu. En 2010, nous avons aussi organisé un séminaire avec la participation d’une soixantaine de jeunes venus essentiellement du milieu universitaire, qui avait pour sujet l’actualité de la pensée de Frantz Fanon dans le cadre du processus de recolonisation d’Haïti. A présent, au sein de l’université, plusieurs groupes de travail utilisent les œuvres de Fanon pour écrire sur la conjoncture actuelle, la crise mondiale et aussi l’actualité haïtienne. Le 26 mars 2011, nous avons rassemblé les différents mouvements sociaux d’Haïti pour faire un bilan critique de la CIRH une année après sa mise sur pied. De nombreux représentants de camps de déplacés étaient présents et ont témoigné de la situation quotidienne dans les camps. Ces deux activités ont pu voir le jour notamment grâce à l’appui financier du CADTM. &lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
CL :Quelles étaient les grandes lignes du bilan de l’action de la CIRH ?&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
La CIRH, qui a les moyens financiers et légaux pour reconstruire le pays depuis le 13 avril 2010 n’a véritablement commencé son action qu’au début du mois de janvier 2011. Par exemple, le ramassage des débris du séisme a été très lent puisqu’au mois de février 2011, on estimait que moins de 10 % des débris du séisme avaient été ramassés. Alors que le ramassage des débris était une occasion de remobiliser la population et de la faire participer aux travaux, ils ont dépensé presque un million de dollars pour payer des entreprises états-uniennes. La CIRH présente comme une victoire le fait que le nombre de déplacés soit passé de 1 700 000 à la suite du séisme à 700 000 aujourd’hui. Beaucoup de gens fatigués de vivre dans la rue, avec tout ce que cela implique de précarité, ont choisi de retourner dans leur maison malgré les risques que cela comporte. D’ailleurs, pendant la saison cyclonique, au mois d’août, on a eu 28 morts, dont 23 ont été retrouvés écrasés parce qu’ils sont rentrés dans des maisons qui n’avaient pas été consolidées.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
La seule action visible, c’est le renforcement de la présence étrangère et de la présence des entreprises états-uniennes. L’une des priorités de la CIRH est l’aménagement de zones franches ; par exemple beaucoup de fonds canalisés par la CIRH ont été utilisés pour l’aménagement d’un parc industriel dans le nord-est d’Haïti, dans une zone que l’on appelle Caracole. Nous considérons que ce parc industriel, dont certains prétendent qu’il va générer 60 000 emplois, va être une véritable catastrophe parce qu’il est situé dans une zone de pêche. Les pêcheurs vont probablement devoir abandonner la zone, qui, dans cinq ou dix ans, sera complètement polluée. Par ailleurs, cette zone concentre la plus grande réserve de mangrove du pays, donc c’est aussi une véritable catastrophe environnementale, mais qui évidement sert les besoins des entreprises à la recherche de main d’œuvre bon marché.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
CC&amp;nbsp; : Le dossier du choléra permet de montrer l’impact dévastateur de la présence des troupes d’occupation. C’est très clair que l’épidémie a commencé tout près de la base népalaise et les premières enquêtes ont démontré que ce campement évacuait ses déchets vers le fleuve, alors même que le fleuve est utilisé pour la consommation humaine par quasiment toute la vallée. Jusqu’à présent, les forces de la Minustah refusent de reconnaître leur culpabilité dans l’expansion du choléra et de présenter des excuses, et ils n’ont fait aucun effort pour limiter l’épidémie. La lutte contre le choléra n’est pas une priorité pour eux malgré le fait que la maladie a déjà tué près de 6 000 personnes et en a infecté près de 20 000. Il y a aussi eu des pertes économiques énormes notamment à la frontière, puisque les Dominicains ont refusé d’acheter la plupart de nos produits agricoles en prétextant qu’ils pouvaient transmettre le choléra.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
En outre, il n’y a pas eu de supervision sur la gestion des camps alors même qu’il existe des normes très précises en la matière : respect des normes environnementales, respect des réseaux des fleuves etc. Nous exigeons que les familles qui ont perdu un membre soient dédommagées directement mais aussi que le pays soit dédommagé économiquement à cause de cette maladie. Et surtout, nous exigeons de la part de l’État haïtien et de la Minustah, et des Nations unies la mise en place d’infrastructures sanitaires permettant d’améliorer l’accès de la population à l’eau potable et aux services d’assainissement à un niveau acceptable. On espère faire une grande mobilisation nationale le 19 octobre, avec un défilé mortuaire symbolique un peu partout dans le pays pour mettre en exergue cette responsabilité pénale de la Minustah et demander son retrait du territoire |3|.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
CL : Comment la population réagit par rapport à la présence de la Minustah et par rapport à l’action de la Banque mondiale et du FMI qui tentent d’imposer une politique néolibérale ?&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
CC : Il y a d’une part une vague impressionnante d’indignation au sein de la population surtout contre la Minustah qui a provoqué de très grosses manifestations de 60 000 personnes sur tout le territoire. Il y a eu aussi récemment des faits absolument affreux, comme le viol d’un jeune garçon de 18 ans de la commune de Port-Saint-Louis par cinq soldats uruguayens. On constate actuellement une conscience de plus en plus claire du caractère inacceptable de la domination impérialiste à travers différents instruments. Notamment suite au séisme, les gens ont compris très clairement le rôle des grosses ONG et le rôle d’instruments politiques impérialistes. Donc, il y a une avancée en termes de prise de conscience. Ils dénoncent par exemple les actes de corruption dans les ONG. Mais en même temps, il y a aussi une situation d’attente par rapport à l’élection de Michel Martelly, un chanteur qui a été élu grâce à la pression internationale et qui bénéficie d’une certaine sympathie des groupes de jeunes, surtout dans les bidonvilles des grandes villes. Beaucoup de gens semblent attendre de voir quelle sera son action. Comme il y a eu un conflit entre l’exécutif et le parlement sur la nomination du premier ministre1, le président a pris prétexte de l’absence du gouvernement pour expliquer qu’en quatre mois, il n’a rien fait. Donc on est un peu dans une situation contradictoire et dans l’expectative |4|.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
CL : Les élections qui ont porté Martelly à la présidence ont été entachées de fraudes, d’irrégularités...&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
CC : On est dans une situation pire que celle qui existait avant l’arrivée de la Minustah. Dans ses objectifs, il y avait d’abord rétablir un climat de sécurité et de stabilité, ce qui n’est pas le cas. Au contraire, on voit des actes d’insécurité qui n’existaient pas avant, comme par exemple le kidnapping. Le trafic de cocaïne a augmenté ce qui veut dire aussi qu’il y a plus d’armes, d’insécurité, même si cette insécurité est très exagérée par la presse internationale. Il y a une manipulation de cette insécurité pour justifier la présence des troupes étrangères.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Un autre objectif, c’était les élections démocratiques. Les élections présidentielles de novembre 2010 et mars 2011 ont eu lieu dans une ambiance de fraude, de non maîtrise de l’appareil électoral, avec beaucoup de conflits régionaux etc. Ce sont des élections entachées d’irrégularités, de malversations de toutes sortes et même de violence dans une certaine mesure ; elles ont aussi été caractérisées par une abstention massive alors qu’en général les gens se mobilisent beaucoup pour les présidentielles. Le troisième volet, c’est la question des droits humains. Non seulement la Minustah se tait sur des violations systématiques de ces droits, notamment à la frontière avec le cas des migrants haïtiens repoussés par les troupes dominicaines, en violation de la Convention internationale sur les droits des travailleurs migrants et sur les conventions binationales signées par les deux pays. Mais en plus, l’affaire de viol à Port-Saint-Louis n’est que la pointe de l’iceberg ; d’ailleurs les journalistes ont découvert que dans la région de Port-Saint-Louis, plusieurs jeunes filles de 16 ans portaient les enfants pour les soldats de la Minustah. L’impunité est totale pour ces soldats, et nous avons des dizaines de femmes dont la vie est complètement gâchée et qui vont payer toute leur vie les conséquences de ces actes.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
CL : Revenons un peu sur la vie politique et le retour de l’ancien président Duvalier, responsable d’une grande partie de la dette odieuse accumulée par le pays pendant sa dictature. Où en est la procédure judiciaire engagée sur la base de 18 plaintes dont 9 pour crime contre l’humanité en février dernier ? Comment a été perçu son retour ?&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
CC : D’abord, il est clair que le retour de Jean-Claude Duvalier fait partie d’un plan concocté probablement par les États-Unis et la France dans le cadre de la recomposition politique de l’extrême droite. L’arrivée de Jean-Claude Duvalier a eu deux effets : une remobilisation de ses partisans et, du côté des secteurs démocratiques, des initiatives dans le cadre du devoir de mémoire. Beaucoup d’anciens prisonniers politiques ont donné leurs témoignages etc. Par exemple, dans la faculté où j’enseigne, on avait organisé un cycle de conférences de six semaines, traitant chaque semaine d’un aspect du régime des Duvalier : économique, politique, culturel... Ces conférences ont été télévisées et reproduites un peu partout dans le pays. Ça a joué un rôle très important dans le cadre de ce devoir de mémoire et de la mise en place d’un processus d’éducation politique, surtout pour les jeunes qui sont tentés par un sentiment nostalgique.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Du point de vue judiciaire, malgré les efforts de l’ancien commissaire du gouvernement pour traduire en justice Monsieur Duvalier, la mobilisation des avocats de droite a permis d’empêcher son arrestation. Duvalier est soutenu par l’oligarchie haïtienne, il est très puissant même si à présent, il est placé sous contrôle judiciaire et ne peut se déplacer. Le processus judiciaire est toujours ouvert et Duvalier est toujours menacé. Il a toujours une épée de Damoclès sur lui en raison des différents crimes perpétrés par son régime. Des crimes de droits humains, des crimes contre l’humanité et aussi des crimes économiques et financiers importants puisqu’il a été prouvé que des détournements importants et massifs ont eu lieu, des centaines de millions de dollars du Trésor Public ayant été amassés par la famille des Duvalier.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Au niveau de la PAPDA, on a l’intention d’organiser une mission de solidarité avec Haïti qui serait composée de réseaux mondiaux et surtout latino-américains, et certainement le CADTM. L’un des objectifs de cette mission serait de faire le jour sur cette période duvaliériste et de mettre en lumière la responsabilité directe de Duvalier. Cela nous intéresse particulièrement dans la mesure où la dette qui est en train d’être payée a été générée pendant la dictature des Duvalier et que c’est une dette tout à fait odieuse. Le FMI et la Banque mondiale crient sur tous les toits que la dette a été annulée, mais c’est faux ! Le pays continue de rembourser une dette importante, ce qui contribue évidemment à hypothéquer son avenir et l’empêche de développer une stratégie efficace en termes de développement. A la PAPDA, nous allons insister sur l’aspect dette, l’aspect économique et aussi la responsabilité directe du régime parce qu’il a été le premier à signer un accord stand-by avec le FMI en novembre 1984, grâce auquel le FMI a pris le contrôle des politiques économiques en Haïti et qui a abouti à nous mettre dans cette dépendance presque totale aujourd’hui.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
CL&amp;nbsp; : Quelles sont les alternatives que la PAPDA propose pour pallier l’interventionnisme du FMI et de certaines puissances mondiales ? Quels sont pour vous les défis et les solutions à apporter pour l’avenir d’Haïti ?&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
CC : Je pense que l’un des défis aujourd’hui, c’est la construction d’un instrument politique qui pourrait représenter sur la scène politique les intérêts et les revendications des associations de la société civile. C’est un des travaux futurs essentiels et nous nous investissons dans ce travail aujourd’hui. Deuxième tâche, c’est tout le processus de reprise en main de la souveraineté nationale qui passe par l’expulsion des troupes de la Minustah, l’expulsion de la CIRH et par la mise sous contrôle de l’accès des ONG. Le troisième point, c’est la mise en place d’un consensus entre les forces progressistes sur l’orientation du développement national notamment sur la place du secteur agricole. Nous avons la possibilité de revenir à un certain niveau de souveraineté alimentaire, de réduire la dépendance alimentaire qui s’est installée.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
CL : Justement sur la situation du secteur agricole, qui est central pour la reconstruction du pays : les importations massives de semences OGM sont-elles toujours d’actualité ?&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
CC : Depuis 2009, on a une grande unité au niveau des forces paysannes progressistes. Le gouvernement de Bush avait décidé qu’Haïti serait un producteur d’agro-combustibles prioritaire au niveau du bassin des Caraïbes. Et ils avaient même décidé que 25 % du territoire d’Haïti serait consacré à la production de jatropha |5|, ce qui serait une véritable catastrophe puisque la sécurité alimentaire est déjà menacée. Pendant le séisme, ils ont profité de la faiblesse institutionnelle pour introduire des OGM et la firme Monsanto a fait « cadeau » de 450 tonnes de semences dont nous ne connaissons pas exactement la nature. Elles vont augmenter la dépendance de la paysannerie par rapport aux produits de Monsanto et détruire une grande partie de l’agriculture paysanne. Nous avons réalisé deux grandes mobilisations, en juin 2010 et 2011, qui ont montré la grande détermination des paysans à refuser complètement les semences manipulées génétiquement et à défendre les semences locales, natives. Il y a eu en parallèle un projet d’échange de semences venues de différentes régions.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
CL : Il y a donc un réel mouvement au niveau de la société civile, des mouvements sociaux pour reprendre l’avenir du pays en main...&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
CC : Oui, il se passe beaucoup de choses, même si nous n’avons pas encore tout à fait vaincu la dispersion des forces parfois. Mais, je crois vraiment qu’on avance. Dans les prochains mois, on aura des mobilisations collectives significatives et nous avançons vers la création de nouvelles forces politiques.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
P.-S.&lt;br /&gt;|1| La PAPDA, Plate-forme haïtienne de plaidoyer pour un développement alternatif, est membre des réseaux internationaux CADTM et Jubilé Sud. Voir leur site : &lt;a href="http://www.papda.org/"&gt;http://www.papda.org/&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
|2| Coup d’État orchestré contre le président Jean-Bertrand Aristide.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
|3| La PAPDA est engagée dans une campagne pour le retrait des troupes de la Minustah. Voir &lt;a href="http://www.papda.org/article.php3?i"&gt;http://www.papda.org/article.php3?i&lt;/a&gt;.... Voir aussi la lettre au secrétaire général de l’ONU lancée par Jubilé Sud et appuyée par différentes personnalités et organisations, dont le CADTM &lt;a href="http://www.papda.org/article.php3?i"&gt;http://www.papda.org/article.php3?i&lt;/a&gt;...&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
|4| Le 4 octobre dernier, le Parlement a finalement approuvé la nomination de Gary Conille. Il s’agissait du troisième candidat au poste de premier ministre présenté par le président.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
|5| Plante dont la production a été encouragée par les grandes transnationales pour la production d’agrocarburants.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/28026645-9012860675290319541?l=espas-ayisyen-toulouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel="replies" type="application/atom+xml" href="http://espas-ayisyen-toulouse.blogspot.com/feeds/9012860675290319541/comments/default" title="Publier les commentaires" /><link rel="edit" type="application/atom+xml" href="http://www.blogger.com/feeds/28026645/posts/default/9012860675290319541?v=2" /><link rel="self" type="application/atom+xml" href="http://www.blogger.com/feeds/28026645/posts/default/9012860675290319541?v=2" /><author><name>Inisyativ Ayisyen Toulouse</name><email>noreply@blogger.com</email></author><media:thumbnail xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" url="http://4.bp.blogspot.com/-TXS1LbyLwx0/TpXSWNmhq_I/AAAAAAAABEQ/WDbOyvW8OPA/s72-c/Camille+charlmers.jpg" height="72" width="72" /><thr:total>0</thr:total></entry><entry gd:etag="W/&quot;C0YBQn86cSp7ImA9WhdbFEk.&quot;"><id>tag:blogger.com,1999:blog-28026645.post-4081423434523029257</id><published>2011-10-12T19:39:00.000+02:00</published><updated>2011-10-12T19:39:13.119+02:00</updated><app:edited xmlns:app="http://www.w3.org/2007/app">2011-10-12T19:39:13.119+02:00</app:edited><title /><content type="html">&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;span style="font-size: large;"&gt;&lt;strong&gt;Martelly, Conille: une seule couleur politique&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;table cellpadding="0" cellspacing="0" class="tr-caption-container" style="float: left; margin-right: 1em; text-align: left;"&gt;&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td style="text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-7C6pQ_uyi2o/TpXQlS-KDWI/AAAAAAAABEI/kRz5W59tIzQ/s1600/hem2.gif" imageanchor="1" style="clear: left; cssfloat: left; margin-bottom: 1em; margin-left: auto; margin-right: auto;"&gt;&lt;img border="0" height="111" oda="true" src="http://1.bp.blogspot.com/-7C6pQ_uyi2o/TpXQlS-KDWI/AAAAAAAABEI/kRz5W59tIzQ/s320/hem2.gif" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class="tr-caption" style="text-align: center;"&gt;Hebdomaire haitien dirigé par Marcus Garcia&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Jusqu'à présent on utilise pour caractériser les principaux collaborateurs du président Michel Martelly le qualificatif de néo-duvaliériste, entendez la troisième génération du régime arrivé au pouvoir en 1957 avec François ‘Papa Doc' Duvalier et qui sera renversé enfin trente ans plus tard quand le fils Jean Claude ‘Baby Doc' Duvalier en février 1986 partit en catastrophe pour l'exil en France.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
A la surprise générale, celui-ci revient au pays vingt cinq ans après, en janvier 2011. &lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Le 14 mai de la même année, une star de la chanson populaire, Michel Joseph Martelly, reçoit l'investiture à la présidence après des élections sous supervision étroite et même exclusive de la communauté internationale (ONU, OEA, USA, France).&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Autour de lui, une seule couleur politique. A commencer par ses trois choix pour le poste de Premier ministre. Tous les trois, fils de ministre sous le régime de Duvalier fils. Le père de Daniel Rouzier, l'avocat Gérard Rouzier, a été ministre des sports. Celui de Bernard Gousse, fils de Pierre E. Gousse, ministre de l'information. Enfin le Dr Garry Conille, qui a finalement arraché la ratification parlementaire, est le fils du Dr Serge Conille qui fut également ministre de la jeunesse et des sports sous Baby Doc.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;Une même teinte politico-idéologique...&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Tandis que le principal collaborateur du président de la République est un jeune avocat, Me Thierry Mayard Paul, jusqu'ici le membre le plus influent de la nouvelle équipe au pouvoir et qu'on donne lui aussi pour être un proche des milieux néo-duvaliéristes. &lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
En un mot, c'est la même teinte politico-idéologique qui règne sur le pouvoir actuel. Et aussi bien au palais présidentiel qu'à la Primature ou siège du Premier ministre (le temps que celui-ci obtienne l'assentiment du Parlement à son programme de gouvernement).&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Faut-il en conclure qu'ils sont tous coupables ou comme disait le président Sténio Vincent: fils d'incendiaires, incendiaires eux-mêmes? Y a-t-il un atavisme? Un péché originel?&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Evidemment non. Cependant lorsqu'un seul secteur domine toutes les avenues du pouvoir, et à l'exception de tous les autres, il ne peut plus y avoir d'erreur.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
L'homme le plus puissant actuellement...&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Et domination jalouse et exclusive. Ainsi alors que le premier ministre ratifié raconte dans la presse qu'il mène des négociations dans tous les milieux, avec tous les secteurs, partis politiques, parlementaires, société civile etc, on apprend que les membres du parti majoritaire au Sénat, les mêmes qui lui ont garanti la ratification jeudi dernier (6 octobre), ont laissé la table des négociations parce que le pouvoir ne leur offrirait que des miettes! Selon Le Nouvelliste, deux ministères considérés comme sans grande envergure et non comme des ministères d'Etat: la Culture et le Commerce.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Mais selon d'autres, c'est le Premier ministre lui-même qui n'a pas assez de marge de manoeuvre par rapport aux ‘hommes du Président'! Et en tête, le jeune Me Thierry Mayard Paul, chef de cabinet du président Michel Martelly. L'homme le plus puissant actuellement après celui-ci.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Et puisqu'il en est ainsi, faut-il bien faire un peu plus connaissance avec ceux-là qui aujourd'hui nous gouvernent.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Thierry Mayard Paul est le fils d'un important avocat des trente dernières années, Constantin Mayard Paul.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Contrairement à ce que nous venons de voir, celui-ci n'a pas été ministre sous le régime Duvalier mais, de par son statut d'avocat riche et puissant, il avait ses entrées partout et a pu prospérer tranquillement.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Me Constantin Mayard Paul n'est pas un produit du régime Duvalier mais plutôt d'une des dynasties haïtiennes les plus puissantes du siècle dernier, les Brandt.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Tout jeune avocat, il a été choisi de main de maître par le créateur de la dynastie, l'anglo-jamaïcain Oswald J. Brandt. Dès l'accession de Papa Doc en 1957, celui-ci avait réalisé que ses avocats qui étaient jusqu'ici des mulâtres (le cabinet Liautaud) auraient des difficultés à le défendre efficacement face à un régime se réclamant (du moins à ses débuts) de l'idéologie noiriste.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;Dans un cocon bourgeois...&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Dès lors l'avocat Constantin Mayard Paul ne cessa de gagner en influence à l'ombre du riche patriarche. &lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
A la mort de celui-ci, il resta l'avocat du principal héritier, Clifford Brandt. Ils étaient comme des jumeaux. D'ailleurs leurs fils furent baptisés des mêmes prénoms. &lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Cependant Constantin Mayard Paul affecta toujours des airs d'homme du peuple, comme on dit chez nous, c'est à dire proche de tous les milieux.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Tandis que ses fils semblent avoir grandi dans un cocon bourgeois, sélect, bien protégé et n'être jamais descendu des hauteurs de Pétionville, faubourg résidentiel (pour ne pas dire présidentiel!). &lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Il faut attendre le coup d'état militaire de septembre 1991, qui renversa le régime populaire de Jean Bertrand Aristide (et populiste, comme ironiquement aujourd'hui celui aussi de Michel ‘Sweet Micky' Martelly), pour voir les Mayard Paul faire publiquement leur entrée sur la scène politique.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Le signe particulier de ce coup d'état n'est pas seulement qu'il fit un grand nombre de victimes civiles mais aussi qu'il divisa la société haïtienne en deux camps: d'un côté les défenseurs du gouvernement démocratiquement élu, de l'autre ceux du statu quo.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Constantin Mayard Paul, déjà âgé, prit position parmi ces derniers. Lorsque les Marines américains ramenèrent Aristide au palais national trois années plus tard, en 1994, il déposait en signe de protestations une gerbe au pied de la statue des aïeux au Champ de Mars. A ses côtés se tenait l'avocate Mireille Durocher Bertin. Celle-ci sera assassinée peu après.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;Martelly fit ses premières armes...&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Mais c'est aussi dans les mêmes circonstances que Michel Martelly fit ses premières armes en politique en accompagnant en musique les manifestations pro-coup d'Etat et anti-Aristide.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Et ce sont ses fans de ce temps-là (dont bon nombre d'anciens militaires et paramilitaires) qui dominent également aujourd'hui son entourage au palais national. Pour employer une expression utilisée dans le show business, c'est en quelque sorte une bande de joyeux drilles qui nous gouverne aujourd'hui. Et autant qu'on puisse gouverner aussi avec ses convictions, les leurs en tout cas ne sont un secret pour personne!&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Tandis que les conseillers du premier ministre ratifié Garry Conille, s'ils appartiennent à la même mouvance néo-duvaliériste, ils font partie d'un autre cénacle - qui se pique davantage d'une certaine sensibilité idéologique. &lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;La bande des trois ...&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Le père Dr Serge Conille, qui est très proche de son fils, appartient à la première génération des étudiants qui, revenant sur leurs options révolutionnaires et anti-impérialistes (Fidel Castro venait quelques mois auparavant de prendre le pouvoir à Cuba), choisiront le parti du futur dictateur à vie d'Haïti lorsqu'une grève des étudiants en 1960 menaçait le gouvernement de François Duvalier.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
C'était la bande des trois; trois étudiants en médecine: Roger Lafontant, Rony Gilot et Bob Germain. Mais comme dans Les Trois mousquetaires, c'est une trinité en 4 personnes. Cette dernière c'est Serge Conille. &lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Le premier connut une fin tragique mais à la hauteur de ses ambitions politiques. Après avoir occupé les postes les plus puissants sous la dictature, de ministre de l'intérieur et de la défense nationale (celui-là même que se réserve aujourd'hui, dit-on, le jeune Thierry Mayard Paul) à celui de chef de la sécurité politique, le Dr Roger Lafontant débarqua à l'improviste en Haïti en 1990 (quatre ans après la chute de la dictature) pour se déclarer candidat à la présidence.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Il fut assassiné mystérieusement à la prison de Port-au-Prince en même temps que se déclenchait le coup d'état militaire du 30 septembre 1991. &lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;CONAJEC...&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Les trois autres, Dr Rony Gilot, Dr Bob Germain et Dr Serge Conille, eurent une histoire moins tempétueuse.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Leur carrière politique se déroulera sous le gouvernement de fiston Duvalier dans les années 1970. A part quelque poste ministériel sans grand relief, ils s'engagèrent plutôt dans une sorte de défense idéologique du régime dictatorial. Ils furent les animateurs intellectuels d'un organisme dénommé CONAJEC ou Conseil national d'action jean-claudiste qui avait principalement pour mission de faire opposition à la presse dite indépendante, cela jusqu'à l'écrasement de cette dernière en novembre 1980 par l'arrestation et l'exil des journalistes.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
On dit que Dr Conille a appelé son compagnon de longue date, Dr Gilot, au chevet de son fils, le futur premier ministre haïtien.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Un autre éminent animateur du CONAJEC s'appelait Me Théodore Achille, super ministre. Il serait lui aussi déjà sur place. Il faut compter aussi Jean Marie Chanoine, super ministre et ministre de l'information, qui ne devrait pas être bien loin lui non plus. Etc. &lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
S'ils n'ont pas les mains couvertes de sang jusqu'aux oreilles à l'image des grands carnassiers du régime (les tortionnaires Luc Désir, colonel Albert Pierre, et justement Dr Roger Lafontant), cependant c'est eux qui avaient la gestion technique, si l'on peut dire, du crack down qui mit fin à l'expérience dite de la ‘libéralisation' en novembre 1980. Et qu'ils exécutèrent avec le même cynisme que leurs prédécesseurs les grands carnassiers. &lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;Pas une seule réalisation qui en vaille la peine...&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Voici donc sans exagération, croyons-nous, la nouvelle équipe qui s'installe aux commandes aujourd'hui. &lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Après la ratification mardi dernier (4 octobre) de son premier ministre par le Sénat, le président Michel Martelly a déclaré, de concert avec ce dernier, que le prochain gouvernement sera ‘représentatif, ouvert et inclusif.' On n'en a encore vu aucun signe. &lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
En même temps le président continue de déclarer presque avec fierté qu'il ne sait pas grand chose en politique. Il eût mieux valu! Car les principaux conseillers auprès de son administration ont par contre une longue carrière politique. Mais peuvent-ils se prévaloir d'une seule réalisation qui en vaille la peine? Une seule. &lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Et qui pourrait justifier leur retour aujourd'hui à la tête du pays.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;Haïti en Marche, 7 Octobre 2011 &lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
retrouver l'artcle sur le site de HAITI EN MAERCHE: &lt;a href="http://www.haitienmarche.com/article.php#suite1"&gt;http://www.haitienmarche.com/article.php#suite1&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/28026645-4081423434523029257?l=espas-ayisyen-toulouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel="replies" type="application/atom+xml" href="http://espas-ayisyen-toulouse.blogspot.com/feeds/4081423434523029257/comments/default" title="Publier les commentaires" /><link rel="edit" type="application/atom+xml" href="http://www.blogger.com/feeds/28026645/posts/default/4081423434523029257?v=2" /><link rel="self" type="application/atom+xml" href="http://www.blogger.com/feeds/28026645/posts/default/4081423434523029257?v=2" /><author><name>Inisyativ Ayisyen Toulouse</name><email>noreply@blogger.com</email></author><media:thumbnail xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" url="http://1.bp.blogspot.com/-7C6pQ_uyi2o/TpXQlS-KDWI/AAAAAAAABEI/kRz5W59tIzQ/s72-c/hem2.gif" height="72" width="72" /><thr:total>0</thr:total></entry><entry gd:etag="W/&quot;A04FRX46fyp7ImA9WhdbFE4.&quot;"><id>tag:blogger.com,1999:blog-28026645.post-2077316956866127234</id><published>2011-10-12T19:18:00.003+02:00</published><updated>2011-10-12T19:18:34.017+02:00</updated><app:edited xmlns:app="http://www.w3.org/2007/app">2011-10-12T19:18:34.017+02:00</app:edited><title /><content type="html">&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;span style="font-size: large;"&gt;&lt;strong&gt;Dix scories et pièges qui font d’un Chef d’État un « Chef d’un tas »&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;Obstacles majeurs au changement véritable &lt;br /&gt;Publié le samedi 8 octobre 2011 &lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Par &lt;strong&gt;Marvel Dandin Directeur&lt;/strong&gt; Radio Kiskeya&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;table cellpadding="0" cellspacing="0" class="tr-caption-container" style="float: left; margin-right: 1em; text-align: left;"&gt;&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td style="text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-GNUOlTq62oY/TpXLvWeZMFI/AAAAAAAABD0/PfbN9I61Pbo/s1600/Marvel-.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; cssfloat: left; margin-bottom: 1em; margin-left: auto; margin-right: auto;"&gt;&lt;img border="0" oda="true" src="http://4.bp.blogspot.com/-GNUOlTq62oY/TpXLvWeZMFI/AAAAAAAABD0/PfbN9I61Pbo/s1600/Marvel-.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class="tr-caption" style="text-align: center;"&gt;&lt;strong&gt;Marvel Dandin Dir.&lt;/strong&gt; Radio Kiskeya&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
À ce nouveau carrefour de la vie nationale marqué par l’accession d’un nouveau Chef de l’État le 14 mai dernier, il importe de réaliser, à titre de rappel et/ou de mise en garde à qui veut bien entendre, l’inventaire des scories et des pièges dans lesquels tombe généralement un « Chef d’État », qui devient dès lors un « Chef d’un tas » entraînant son pays dans la dérive.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Il en est de ces facteurs qui se présentent à lui et dont il ne peut s’en défaire avec facilité. Ce sont, à proprement parler, les « attributs » du système. Il y en a d’autres qui sont en rapport direct avec sa personnalité, sa formation politique, sa vision du pays et sa conception de son statut de « Chef ».&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Pour peu qu’un « Chef » n’y prenne garde, et dès que son profil psychologique et politique s’y prêtent volontiers, le voilà parti pour les aventures que l’on connaît et le destin fatidique qui y est généralement associé.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
1- A relever dans le profil du « Chef » haïtien : sa soumission servile à la volonté de l’étranger&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Rares sont les chefs d’État haïtiens qui ont su afficher un comportement digne et responsable face aux représentants des gouvernements et des centres de décision étrangers. L’intérêt national passe généralement au second plan. Le « blanc » dicte sa volonté. Or, il est avéré que les solutions proposées par l’étranger n’ont jamais tenu compte de la spécificité de nos problèmes. L’occupation d’Haïti par les États-Unis a duré 19 ans (1915-1934). Elle n’a pas transformé pour autant de façon significative les structures de la formation sociale haïtienne. Les « occupations » postérieures, jusqu’à celle d’aujourd’hui assurée par la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti (MINUSTAH), n’ont pas concrétisé leurs promesses.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
D’une manière générale, l’étranger a toujours procédé de manière unilatérale, pour ne pas dire « impériale ». Un laboratoire basé en Occident, bien souvent une institution financière internationale, définit le modèle auquel les « petits pays » doivent s’ajuster. Dans notre cas, c’est le Fond Monétaire International (FMI) qui donne le ton, avec le concours agissant de l’Union européenne, de la Banque Mondiale et de la Banque Interaméricaine de Développement (BID). La cohorte met efficacement à contribution les moyens financiers, diplomatiques, politiques et militaires de Washington, Paris, Bruxelles et Ottawa.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
En appliquant à la lettre les « suggestions obligatoires » de l’étranger, les dirigeants haïtiens en viennent à prendre de plus en plus de distance par rapport à la population. Car, les options adoptées ne sont pas le fruit de la concertation nationale. À un moment ou à un autre, ils deviennent impopulaires et sont projetés dans l’œil du cyclone du peuple revendicatif.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
2- Soumission du « Chef » aux chants de sirène des « sousou-conseillers-rats de Palais » et des « amis-parents-alliés-kòkòday politik »&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Pris en otage par son entourage, le Chef de l’État devient « Chef d’un tas » en perdant tout à fait le sens des réalités. Il évolue dans une bulle, n’entendant que l’écho de sa voix mêlée à celles des « sousou » ou sous-fifres dans une mièvre cacophonie.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Certains « Chefs d’un tas » ont connu plus ou moins de succès en cherchant à éviter un tel piège. L’un de leurs stratagèmes a été de constituer des cabinets formés de politiciens rivaux, de sorte que les avis des uns ne soient pas forcément ceux des autres. Le travail de ces « Chefs » a donc été, dans ces conditions, de réaliser la synthèse des opinions émises et de tracer leur propre ligne à partir de celles-ci.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Encore faut-il que la capacité de jugement du « Chef » soit au rendez-vous. Car, il peut bien disposer de recommandations et ne pas pouvoir les apprécier et les mettre à profit. Cette qualité est indispensable afin qu’il ne soit fourvoyé ni par les uns ni par les autres.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Cela soulève l’épineuse question de la capacité requise pour devenir Chef d’État. Car, ici, il semble que, de plus en plus, n’importe qui s’imagine pouvoir exercer une telle fonction. Suivez mon regard…&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
3- Distance entretenue par rapport à l’opinion publique : autre travers conduisant généralement à des incompréhensions dans un premier temps, puis, dans un second, à de sérieux malentendus entre la population et le « Chef »&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Cette distance se traduit, entre autres attitudes, par le mépris et/ou l’hostilité envers la presse non soumise ou non officielle, quand les tentatives de cooptation échouent.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Aujourd’hui le slogan est « Taisez-vous ! ». A l’époque ‘’bleu-pintade’’, avec ironie et cynisme, on disait : « Bal la fini ».&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Il s’agit là de l’attitude traditionnelle de refus des dirigeants haïtiens de pratiquer la transparence et de rendre des comptes. La gestion de la chose publique doit alors être frappée du sceau de l’ésotérisme parfait. Il ne faut pas que le « public » s’en mêle.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Même quand le « Chef » parle et parait être constamment en contact avec la population, son discours demeure allusif quant à la réelle gestion des affaires. Les dossiers ne sont pas étalés. Ils ne sont pas discutés. La population et ses mandataires du parlement et des collectivités territoriales ne sont en fait conviés à aucune participation effective.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Tout devient alors « secret d’Etat ». Les fonctionnaires savent qu’ils doivent retenir l’information et qu’ils jouent leurs postes en agissant différemment. Ils tomberont sous le coup de la loi sur la fonction publique qui consacre en ce sens l’Omerta (la loi du silence).&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
4- Refus d’ouverture et de dialogue : autre volet du refus de rendre des comptes&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
D’une manière ou d’une autre, l’opposition doit être contenue ou démantelée. Au mieux, dans la mesure où elle capitule, elle peut être hypocritement conviée au festin.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Les autres secteurs de la vie nationale qui, pour une raison ou une autre, souhaiteraient être impliqués dans les grandes décisions, doivent se soumettre aux caprices du « Chef ». Il les invite au débat, s’il l’entend. Ils n’ont aucun droit d’exiger d’être présents. Ils en sont davantage dépourvus s’ils s’avisent d’être critiques vis-à-vis de l’orientation des pouvoirs publics.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
C’est donc le système parfait de l’exclusion.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
« Dezyèm mitan an, se pou mwen », avait cyniquement déclaré René Préval au moment de « remettre à leurs parents » des membres de partis politiques ayant bénéficié de ses « largesses » lors de la 1ère mi-temps ou première moitié de son mandat.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Cette pratique d’exclusion marche de pair avec l’esprit de clan, de clique ou de bande que traduisent éminemment les slogans traditionnels « Nou pranl, nou pranl nèt ! Apre nou se nou ! Ti pas kout ! ».&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
« Attendez votre tour ! C’est nous qui avions remporté les élections. Nous exécutons notre politique », dit-on également.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Une telle position serait tout à fait acceptable dans un pays « normal », c’est-à-dire non dévasté par une quelconque catastrophe (naturelle ou politique) et où la solidité des institutions permet le libre jeu des tendances et des forces politiques. En Haïti post-séisme, qui peut se targuer de pouvoir, seul, tirer le pays de l’impasse ?&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
5- Messianisme rédempteur : autre travers du « Chef » découlant du refus de concertation et de participation&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
C’est le « Chef » qui apportera le bien-être à tous, à partir du Palais National. Tout le pays se rapporte à lui. Point n’est besoin de s’évertuer à s’impliquer, à participer. Le « Chef » y pense. Il y pourvoira. Pas nécessaire que le peuple se mobilise et compte sur ses propres forces. Il apportera l’eau, l’électricité, la sécurité, les emplois, l’école, la santé, elatriye...&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Corollaire indispensable d’une telle posture : la concentration des pouvoirs. Tout se ramène au « chef » et à son cabinet particulier. Sur le plan institutionnel, cela se traduit par l’absence de décentralisation et même de déconcentration des pouvoirs publics. C’est ainsi qu’est née la République de Port-au-Prince.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Telles que se présentent les choses aujourd’hui, en dépit des grandes leçons du séisme dévastateur, et malgré les slogans trompeurs, on est bien contraint de constater, avec amertume certes, la toute puissance de la République de Port-au-Prince.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
6-Autre tare non moins délétère caractérisant le « Chef » haïtien : son refus de s’entourer de cadres compétents pouvant éventuellement lui faire ombrage&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Un ministre ou un directeur performant, dont le travail est reconnu, doit être démis de sa fonction avant qu’il ne se porte « candidat » sur la base de ses succès. Il est un rival potentiel, donc un adversaire réel.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Même quand des compétences sont réunies, leurs avis ne sont pas toujours suivis. Le « Chef » a sa propre compréhension des choses. Et c’est ce qui est déterminant.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Le président inaugure tout. Même des jardins d’enfants. A défaut de le faire, toute réalisation doit lui être attribuée. C’est sous son « haut patronage » que tout se fait.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
On trouve comme conséquence d’un tel état de fait l’arrogance prétentieuse du « Chef » qui croit tout savoir. Il ne se réfère pas toujours aux dossiers et aux compétences appropriées quand il doit se prononcer ou prendre des décisions.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Le « Chef » s’immisce sans bagage aucun dans tous les dossiers, bradant sans crier gare les intérêts du pays. Certes, les conseillers sont présents. Ils produisent des avis et des recommandations. Mais, ils ne correspondent pas toujours à l’agenda politique du « Chef ».&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
7- Non respect du principe de l’équilibre des 3 pouvoirs de l’État : une des caractéristiques essentielles du présidentialisme haïtien&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Seul l’Exécutif est un pouvoir. Il doit contrôler le judiciaire et le législatif. A défaut, il doit les neutraliser ou les anéantir.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
L’Exécutif est détenteur et pourvoyeur de moyens indispensables au fonctionnement des deux autres « pouvoirs ». Il les distribue selon son agenda politique. De ce fait, le « Chef » de l’Exécutif estime être le « Chef » suprême de tous les pouvoirs. Sénateurs, députés, magistrats, tous doivent être à sa solde.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Un exemple de cette conception est le raidissement manifesté par le « Chef » à l’entrée en fonction du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ) appelé à garantir l’indépendance effective du pouvoir judiciaire. L’entêtement d’un journaliste à vouloir que le « Chef » rende compte de sa décision à ce sujet lui a valu un ronflant juron de la part de ce dernier. C’est dire que cela ne regarde pas le public et que c’est lui, le « Chef », qui doit en débattre avec lui-même ou avec ses conseillers.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
8- Non-respect de l’intégrité des institutions&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Il arrive que les institutions subissent constamment des perturbations en relation avec l’agenda politique du « Chef » du moment.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
On connaît l’histoire de l’armée réduite à sa plus simple expression par François Duvalier. Ce devait pourtant être une institution républicaine chargée de garantir la souveraineté nationale et l’évolution harmonieuse de l’ensemble des institutions sous l’égide de la Constitution. La création du Corps des VSN et la duvaliérisation de l’armée, passant par des purges successives et l’introduction au sein de l’institution d’un certain nombre d’officiers « politiques », a détourné cette institution de sa mission constitutionnelle.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Sous Aristide, la « chimérisation » de la police fut un autre cas d’espèce. La police semble être aujourd’hui encore sur le point de subir les mêmes assauts. Le « Chef » voudrait y introduire ses affidés.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Mais, ce ne sont pas uniquement les forces de sécurité qui font les frais des motivations d’ordre strictement politiques des dirigeants. Toutes les institutions sont touchées. A commencer par le parlement qui n’arrive jamais à remplir sa mission de contrôle de l’Exécutif. Les parlementaires sont généralement soudoyés soit directement, soit par l’intermédiaire de projets exécutés dans leurs départements et/ou dans leurs circonscriptions. Ils seraient alors bien malins de vouloir être à la fois contrôleurs et bénéficiaires/gestionnaires de deniers publics.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
La Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif, principale institution chargée de vérifier les comptes publics, n’échappe pas au contrôle politique.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
En définitive, les institutions ne sont jamais en mesure de remplir librement la mission qui est la leur. Le système est donc, de ce fait, en constant dysfonctionnement. L’agenda politique du « Chef » détermine le fonctionnement des institutions.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Ne pouvant pleinement exercer leur fonction, les institutions de contrôle assistent à la dimension prise par la corruption, laquelle s’étale dans toute sa splendeur.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
9- Non-respect par le « Chef » des normes administratives de décaissement et d’utilisation de fonds&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Des histoires de détournement et d’enrichissement illicite de chefs d’État et de leurs proches jalonnent l’histoire d’Haïti. Nous disposons de cas récents, ceux de Duvalier et d’Aristide, qui devraient encore faire l’objet d’investigations et de poursuites sérieuses.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Le manque de transparence aidant, les « Chefs » usent royalement des ressources publiques. Ils en distribuent à volonté à leurs proches et à leurs partisans. Ils en accumulent pour eux-mêmes et transfèrent des sommes faramineuses à l’étranger. Ils en utilisent aussi dans des projets-bidons, tels les fameux Petits Projets de la Présidence (PPP). De tels projets échappent au contrôle des organes d’État chargés de leur supervision. Ils constituent des sources par excellence d’enrichissement illicite.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
La présidence se substitue ainsi bien souvent au gouvernement. Elle gère directement des projets alors que, selon la Constitution, son rôle consiste à assurer le bon fonctionnement des institutions. Cette réalité explique les antagonismes récurrents entre les deux « chefs » de l’Exécutif, le président et le premier ministre. S’ils ne sont pas ouvertement en compétition, l’un finit par avoir raison de l’autre. C’est toujours le président qui finit par l’emporter, compte tenu de la forte tradition de présidentialisme prévalant chez nous.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
10- Primauté de la force sur le droit, pratiquée et consacrée en tout par le « Chef »&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Il est une vérité ordinaire que les dirigeants haïtiens privilégient toujours la force sur le droit. On n’a encore vu aucun gouvernement haïtien qui ait dérogé à un tel principe. Certes, il y en a eu qui s’y sont donnés à cœur joie, sans retenue aucune : ce sont les dictatures clairement affirmées.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Il y en a d’autres qui ont couvert leur mépris de la légalité sous des dehors bon enfant, au moyen de discours doucereux délibérément trompeurs : ce sont les démocraties de façade fonctionnant à grand renfort de discours populistes et démagogiques, de vœux pieux et de promesses fallacieuses.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
La réalité, dans ces régimes, a toujours été que la force s’imposait au droit quand bien même on jurait de vouloir instaurer l’État de Droit.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Au lieu de s’attaquer au dispositif longtemps mis en place pour que le système fonctionne toujours selon le principe du rapport des forces, le « Chef », qu’il soit de droite ou présumé de gauche, s’installe dans la tradition et tire avantage de celle-ci pour lui-même et pour les siens.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Les 10 facteurs énumérés et d’autres qui ne le sont certainement pas dans le présent article, représentent les défis majeurs qui se dressent sur la route du changement véritable en Haïti. Ils constituent l’aune à laquelle il faudra mesurer les dirigeants haïtiens. Il suffit d’analyser leurs actions au regard de l’un ou de l’autre de ces facteurs pour déterminer à quelle enseigne ils logent véritablement.&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Cher dirigeant, voulez-vous vraiment changer Haïti ? Mirez-vous dans le miroir aux 10 palettes que représente le texte que vous venez juste de consulter. Et, bonne chance…&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Marvel DANDIN&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;
Retrouver l'article sur&amp;nbsp;site de radio kiskeya: &lt;a href="http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article8140"&gt;http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article8140&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/28026645-2077316956866127234?l=espas-ayisyen-toulouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel="replies" type="application/atom+xml" href="http://espas-ayisyen-toulouse.blogspot.com/feeds/2077316956866127234/comments/default" title="Publier les commentaires" /><link rel="edit" type="application/atom+xml" href="http://www.blogger.com/feeds/28026645/posts/default/2077316956866127234?v=2" /><link rel="self" type="application/atom+xml" href="http://www.blogger.com/feeds/28026645/posts/default/2077316956866127234?v=2" /><author><name>Inisyativ Ayisyen Toulouse</name><email>noreply@blogger.com</email></author><media:thumbnail xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" url="http://4.bp.blogspot.com/-GNUOlTq62oY/TpXLvWeZMFI/AAAAAAAABD0/PfbN9I61Pbo/s72-c/Marvel-.jpg" height="72" width="72" /><thr:total>0</thr:total></entry><entry gd:etag="W/&quot;DEQMQHY6fyp7ImA9WhdbFE4.&quot;"><id>tag:blogger.com,1999:blog-28026645.post-8986421814146627814</id><published>2011-04-07T12:21:00.005+02:00</published><updated>2011-10-12T18:19:41.817+02:00</updated><app:edited xmlns:app="http://www.w3.org/2007/app">2011-10-12T18:19:41.817+02:00</app:edited><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="haiti" /><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="reconstruction" /><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="post-séisme" /><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="commission" /><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="bill clinton" /><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="france" /><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="CIRH" /><title>Intervention et débat avec Marie-Carmèle Rose-Anne Auguste,</title><content type="html">&lt;style type="text/css"&gt;
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&lt;/style&gt;&lt;br /&gt;
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&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-1mGbNUz-mAA/TpW9xM79W4I/AAAAAAAABDs/ki0uSpvp2fM/s1600/LODY+2.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; cssfloat: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" oda="true" src="http://3.bp.blogspot.com/-1mGbNUz-mAA/TpW9xM79W4I/AAAAAAAABDs/ki0uSpvp2fM/s1600/LODY+2.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;span style="font-family: Cambria, serif; font-size: large;"&gt;&lt;b&gt;Intervention et débat avec &lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: Cambria, serif; font-size: large;"&gt;&lt;b&gt;Marie-Carmèle Rose-Anne Auguste&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: Cambria, serif; font-size: large;"&gt;&lt;b&gt;, &lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align="center" style="margin-bottom: 0cm;"&gt;
&lt;span style="font-family: Cambria, serif; font-size: large;"&gt;&lt;b&gt;Conseillère technique à APROSIFA et représentante de la société civile à la CIRH &lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align="center" style="margin-bottom: 0cm;"&gt;
&lt;span style="font-family: Cambria, serif; font-size: large;"&gt;&lt;b&gt;(Commission intérimaire pour la reconstruction d'Haïti)&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align="center" style="margin-bottom: 0cm;"&gt;
&lt;span style="font-family: Cambria, serif; font-size: large;"&gt;Invitée par le Collectif Haïti de France – A.G. du 26 mars 2011 PARIS&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;span style="font-size: large;"&gt;&amp;nbsp;Son intervention et le débat ont été ponctués de lectures contées par des comédiens professionnels de l'association «&amp;nbsp;HAITI LECTURE D’AVENIR&amp;nbsp;». Les textes sont tirés des œuvres de Yanick Lahens «&amp;nbsp;La folie était venue avec la pluie&amp;nbsp;», de Jacques Stéphen Alexis «&amp;nbsp;Compère Général Soleil&amp;nbsp;» et de Dany Laferrière «&amp;nbsp; L’énigme du retour&amp;nbsp;». Le slameur Empati a clos la journée en interprétant son titre «&amp;nbsp;Haïti ma tendre amie&amp;nbsp;», dont les bénéfices de la vente seront reversés au CHF.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Brève présentation de Rose Anne Auguste:&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;Elle a travaillé 18 ans en tant qu’agent communautaire en santé à APROSIFA et en est devenue coordinatrice des actions et activités.&amp;nbsp; C'est une association qui milite pour la promotion de la santé de la famille en milieu rural, dans la 7e section communale de Port-au-Prince appelé «&amp;nbsp;Morne Lhopital&amp;nbsp;» et la 8e section, à Martissant. Les actions se déclinent comme suit&amp;nbsp;:&lt;br /&gt;Prestations des soins en santé (clinique), &lt;br /&gt;Animation communautaire avec Femmes et Jeunes avec l’art (peintre, sculpture) pour la promotion de la santé mentale et pour la réduction des violences, &lt;br /&gt;Accompagnement des personnes âgés dans le lieu dont les gens n’ont pas accès aux services sociaux de base, &lt;br /&gt;Appui au renforcement de l’économie sociale (valorisation des marchandes de plats chauds)&lt;br /&gt;APROSIFA est une structure qui interagit&amp;nbsp; avec différents ministères. Ce sont celles de la sante, de la culture, de la Condition Féminine. Cette structure est donc habituée à travailler avec les autorités pour les critiquer mais aussi pour être force de proposition.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Conseil d’Administration de la CIRH s’est rapprochée de Mme Auguste pour lui demander d’être représentante de la société civile. Selon elle,&amp;nbsp; il y a un tel problème d’information qui fait que les gens voit la CIRH de manière diabolique alors qu’ils se passe des choses très intéressantes pour la reconstruction d’Haïti. L'enjeu de la liberté social, économique et politique est également fort, que pour elle, être à la CIRH ne l’empêche pas d'être elle-même. Quand on lui fait remarquer qu'elle est&amp;nbsp; «dans la commission Clinton&amp;nbsp;», elle rétorque qu'il y a un pays à reconstruire et qu'elle a la possibilité de&amp;nbsp; dire ce qu'elle veut autour de cette table.&lt;br /&gt;Elle est en constante relation avec plusieurs plateformes qui existent dans la société civile pour faire passer l'information : celle créée par ECHO, Christian Aid, Oxfam, Mouvements de femmes, le CLIO etc. Mais certaines ONG comme Oxfam American et Action Aid tentent d'organiser un forum des ONG pour que les gens expriment leurs préoccupations dans le processus de reconstruction.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1/ Déterminants de la cacophonie humanitaire après le 12 janvier&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour comprendre la complexité de la gestion humanitaire post 12 janvier, il faut contextualiser le pays dans 3 crises&amp;nbsp;:&lt;br /&gt;la crise de connaissances, qui se caractérise notamment par une majorité d'écoles privées, un manque de recherche dans le social, l'environnement, les sciences, et entraîne la crise des acteurs (les universités qui apporteraient des politiques face aux problèmes sociaux (foncier urbain et rural) qui seraient choisies et mises en œuvre par le pouvoir exécutif, législatif et judiciaire (on parle de la formation de ce pouvoir mais il n'est pas encore mis en place)&lt;br /&gt;la crise économique&amp;nbsp;: échec des modèles de développement que la communauté internationale propose&amp;nbsp;: le pays est dépendant à 80% de son budget de la communauté internationale, manque de coordination entre les intervenants, ce qui entraîne une absence quasi-totale de services sociaux de base ou de services publics (par exemple, le gouvernement ne peut pas assumer le droit aux logements sociaux, à la santé). Les conséquences sont donc des problèmes d’aménagement du territoire, de bidonvillisation de plusieurs villes importantes du pays etc.&lt;br /&gt;la crise politique&amp;nbsp;: le départ de Duvalier en 1986, puis une dizaine de gouvernement avec une transition bouillante, pas de politique de décentralisation, forte domination du pouvoir central.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le séisme est arrivé du 12 janvier 2010 dans ce contexte. Plus de 200 000 morts, 80 000 maisons disparues, Port-au-Prince est détruit à 75%, Léogane à 80%, le sud-est à 30%. En conséquence, les déplacements de personnes sont&amp;nbsp; dans tout le sens du pays et surtout dans le sud 122 000 personnes, dans l'Ouest 101 000 personnes, et dans l'Artibonite, la Grand'Anse, les Nippes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;2/ Contraintes majeures à signaler dans la première phase d’intervention post-séisme&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Malgré la résistance du peuple haïtien qui s’est tellement vite relevé après le 12 janvier, il ne faut pas oublier ces contraintes&amp;nbsp;: &lt;br /&gt;Le gouvernement haïtien et les agences des ONU sont victimes et acteurs de la catastrophe (7 ministères effondrés, 17 000 cadres partis) ce qui provoque un déficit de leadership national et mondial&lt;br /&gt;Un flux incontrôlable des ONG inexpérimentées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Conséquences de ces contraintes&amp;nbsp;: manque de leadership, faillite de l’appropriation locale, faible&amp;nbsp; qualité d’analyse de la situation, difficultés des secteurs pour répondre à un désastre humai,&amp;nbsp; duplication des instances de coordinations : le système de coordination des Nations Unies, les «&amp;nbsp;clusters1», étaient déjà existants avant le séisme, il fallait donc seulement les réactiver et les renforcer,&amp;nbsp; OCHA (le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations Unies) était aussi sur place etc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Limites des CLUSTERS: pas de prise en compte du contexte local, pas de critère d’activation et désactivation des clusters qui limitent l’action dans l’urgence, la langue de coordination était l'anglais, application d'un schéma précis d’intervention&amp;nbsp;: peu importe le pays (Rwanda, Indonésie), l’expertise est la même&amp;nbsp;: ce schéma préconise l'installation des camps de déplacés. Or ces camps s'avèrent être de vrais laboratoires des projets des ONG et des Nations Unies. Un phénomène de «&amp;nbsp;gouvernement des clusters » s'est installé,&amp;nbsp; avec des experts qui sortent de l’Indonésie avec un savoir faire technique qui ne corresponde pas à la réalité d’Haïti: Ils préconisent de fournir l'eau, les sanitaires provisoires, les cliniques mobiles, la nourriture, les bâches pendant 3 - 4 mois après le séisme.&amp;nbsp; Une autre formule proposée et celle du «&amp;nbsp;Cash For Work&amp;nbsp;», qui a fait travailler «&amp;nbsp;bêtement&amp;nbsp;» des milliers de personnes en leur faisant déplacer, d’un endroit à un autre, les débris. Enfin, ils préconisent une phase transitoire (dans laquelle nous sommes encore aujourd'hui) : mettre en place des «&amp;nbsp;camps améliorés&amp;nbsp;»&amp;nbsp;: aménagement de sites pour accueillir les gens qui sortiraient des bâches pour des tentes un peu plus ferme, des abris transitoires (une quantité de modèles transitoires existent&amp;nbsp;: celui de l’UNOPS, de Handicap International, de la Croix Rouge Française, du CHF International etc.).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;3/ Réponse de l'État haïtien&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il sollicite l’appui d’experts internationaux pour tirer des évaluations et rédiger le «&amp;nbsp;PDNA du Tremblement de Terre - Evaluation des dommages, des pertes et des besoins généraux et sectoriels&amp;nbsp;» : sont constatés une densité excessive, une dégradation accélérée de l'environnement, un déséquilibre des activités économiques dans le pays où la capitale génère à elle seule plus de 65% des activités etc. Une évaluation des besoins est estimée à 11.5 milliards dollars américain.&lt;br /&gt;Le gouvernement a ensuite adapté ce plan en y associant la consultation de la société civile à partir de mars 2010. De ces concertations sort le «&amp;nbsp;Plan d'Action pour le relèvement et le développement national d'Haïti, le PARDN&amp;nbsp;». Certaines associations de la société civile diront que&amp;nbsp; cette concertation était insuffisante. &lt;br /&gt;Le PARDN prévoit un renforcement du rôle de l'État au centre des interventions, signal de changement de paradigme par rapport aux démarches antérieures en situation post-séisme. Le PARDN se décline à la fois dans l'immédiat et sur une perspective temporelle de 10 ans pour prendre en compte trois cycles de développement (reprenant les priorités du DSNCRP – Document de Stratégie National de Croissance et de Réduction de la Pauvreté, plan proposé par le Ministère de la Planification et de la coopération externe à la communauté internationale et aux secteurs nationaux qui présente les bases de la coopération demandée par le gouvernement haïtien).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;4/ Conférence des donateurs à New York en mars 2010&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les pays donateurs ont promis 9.9 milliards de dollars pour la reconstruction d'Haïti lors de la conférence du 31 mars. Somme à réunir et à décaisser sur 10 ans.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les 5,5 milliards&amp;nbsp; à fournir &amp;nbsp;pour 2010/2011 se répartissent comme suit:&lt;br /&gt;1,1 milliard dédié à l'allègement de la dette&lt;br /&gt;1,38 ont été versés par les États&lt;br /&gt;3,38 milliards ne sont pas encore engagés&lt;br /&gt;1,73 milliards supplémentaires sont engagés =&amp;gt; la CIRH est allée faire du lobby pour aller chercher les ONG qui ont beaucoup collectés pour que leurs projets soient intégrer dans le processus de sélection de la CIRH. Tel a été le cas pour la Croix Rouge Internationale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;5/ Mission et objectif de la Commission Intérimaire de la Reconstruction d'Haïti - CIRH&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;Créée le 20 avril 2010, la CIRH ne remplace pas le gouvernement, elle facilite les interventions des ONG et des agences internationales de coopérations avec les ministères. Son but est de coordonner les efforts sur période de 18 mois jusqu'en octobre 2011,&amp;nbsp; de s’assurer que le travail de reconstruction se réalise. Il y a 28 membres qui ont le droit de vote à la CIRH dont 14 haïtiens et 14 internationaux. En tout il y a 32 membres, les représentant de la diaspora, des ONG international, de l'OEA et de la société civile haïtienne n'ont pas le droit de vote. &lt;br /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;C’est vrai qu’il y a des problèmes d’information sur ce que fait la CIRH, vous avez le droit d’être mieux informés. En France, il faut se renseigner auprès de Pierre Duquesne, qui représente la France dans la CIRH, il y a par ailleurs le représentant de la diaspora, Monsieur Major Bernadel, le représentant du GRANH Jean Marie Tujoli. De plus, le site internet est en fonction : http://www.cirh.ht/sites/ihrc/fr/pages/default.aspx&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;Il y a eu 5 rencontres du Conseil d'Administration de la CIRH entre le 17 juin et 28 février 2011&amp;nbsp;: 87 projets ont alors été approuvés représentant 1 milliard 463 millions de dollars. Exemple de projets: construction de l'hôpital général, construction d’un centre de référence de santé et centre de formation à Mirebalais avec l'ONG haïtienne Zami lasante, projet de parc industriel au Cap Haïtien, projet de micro-zonification sismique dans le nord etc. Certes,&amp;nbsp; 27 réhabilitations sont comptées dans le département de l'Ouest alors que dans les Nippes, il n'y a aucune reconstruction prévue, ce qui ne favorise en rien la décentralisation... Elle souligne un aspect positif&amp;nbsp; qui est que la CIRH a encouragé les ONG à venir aux tables sectorielles organisées par les ministères pour intégrer les projets, ce qui a réduit la concurrence. La CIRH par exemple n'a pas accepté un projet d'hôpital de Médecin Sans Frontière qui se situait dans la même zone que l’hôpital général. &lt;br /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;br /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;Presque 100% des projets qui arrivent à la CIRH sont des projets montés avec les ministères haïtiens. La CIRH mise sur le secteur privé pour créer des emplois. Ce n’est pas encore visible mais le processus de renforcement des ministères est amorcé.&amp;nbsp; Soit le ministère n'a pas de financement et si le projet est approuvé par la CIRH il sera financé par le FRH. Le ministère en question peut également négocier avec les agences de coopérations bilatérales ou multilatérales pour mettre en place ses projets. Il ne faut pas oublier qu'il y a des coopérations qui existaient avant et qui continuent de fonctionner en «&amp;nbsp;bi latéral&amp;nbsp;». Pour Rose-Anne Auguste, le gros avantage de la CIRH est l'accélération des procédures : des projets de plus de 10 millions de dollars qui allaient perdre 1 an dans les procédures des circuits des coopérations internationales avant d'être mis en œuvre, vont être accélérés dans le circuit de la CIRH car les acteurs décisionnaires sont autour de la table chaque 2 mois et peuvent utiliser le Fonds de la Reconstruction d'Haïti. Pour elle la CIRH, c'est aussi un apprentissage de co-responsabilité mutuelle. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;La CIRH ne fait pas le suivi opérationnel des projets approuvés, ce sont les ministères haïtiens et les comités comme le CIAT qui le font. Par exemple, un projet de logement est suivi par le ministère des affaires sociales et le CIAT. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;Un Bureau Contre la Corruption a été créé et il représente 26% des dépenses du budget de fonctionnement de la CIRH. Il a comme rôle de vérifier les processus, étudier les plaintes etc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;8 priorités ont été définies par le gouvernement d’ici octobre 2011pour le restant du mandat de la CIRH:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1.Logement&amp;nbsp;: re-localiser 400&amp;nbsp;000 personnes hors des camps&lt;br /&gt;2.Déblaiement&amp;nbsp;: retrait de 40% des décombres (= 4 millions de mètres cubes)&lt;br /&gt;3.Éducation&amp;nbsp;: &lt;br /&gt;Construire et doter en personnel 250 structures temporaires&lt;br /&gt;Construire et doter en personnel 60 écoles&amp;nbsp; fondamentales dans des sections communales où il n’y a pas d’écoles publiques&lt;br /&gt;Equiper jusqu’à 3 000 écoles (publiques et privées) &lt;br /&gt;Alimenter 250 000 enfants&lt;br /&gt;Donner une trousse d’écolier à un maximum de 500 000 enfants (manuels et uniformes)&lt;br /&gt;Octroyer une assistance financière à un maximum de 500 000 élèves d’écoles privées &lt;br /&gt;Former 5,000 enseignants&lt;br /&gt;doter en personnel 250 structures temporaires&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;4.Énergie :&lt;br /&gt;Augmenter de 20 % le nombre d’heures d’électricité pour 30 000 ménages urbains&lt;br /&gt;Étendre la distribution d’électricité à 10 000 ménages du milieu rural&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;5.Santé&amp;nbsp;: &lt;br /&gt;Améliorer les soins en construisant ou en reconstruisant 40 hôpitaux, 75 cliniques et en constituant un réseau d’ambulances devant relier les communautés aux centres de soins de santé&lt;br /&gt;Accroître l’effectif des soins de santé en reconstruisant ou en renforçant 4 facultés de médecine, 4 écoles de soins infirmiers et en lançant des&amp;nbsp; programmes de formation devant profiter à 4 000 paramédicaux &lt;br /&gt;Mettre à l’essai et élargir les approches au financement des soins de santé, tout en assurant l’accès aux soins aux enfants de moins de 5 ans et en améliorant l’accès pour les femmes enceintes à ces soins&lt;br /&gt;6.Création d'emploi:&lt;br /&gt;Fournir un emploi à temps plein à des centaines de milliers d’Haïtiens &lt;br /&gt;En dehors de Port-au-Prince, les emplois seront créés surtout dans l’agriculture, la gestion des bassins versants et la construction de routes&lt;br /&gt;À Port-au-Prince, les emplois seront créés surtout&amp;nbsp; dans le logement et les activités liées au déblaiement &lt;br /&gt;Commencer la construction de 2 parcs industriels publics et de 3°privés &lt;br /&gt;7.Eau et assainissement:&lt;br /&gt;Porter de 2 à 50% le taux d’accès durable à une eau potable contrôlée&lt;br /&gt;Porter de 10 à au moins 27 % le taux d’accès à des lieux d’aisance conformes aux normes internationales&lt;br /&gt;8.renforcement des capacités&lt;br /&gt;Renforcer ou créer les tables sectorielles nécessaires au sein du gouvernement&lt;br /&gt;Assister les ministères dans l’élaboration de stratégies et de plans&amp;nbsp; d’investissement &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La CIRH tient compte également des aspects agricoles&amp;nbsp;: irrigation, aménagement des bassins versants, production de lait soutenu par le ministère de l’agriculture, etc. Les projets sont notamment financés par la Norvège et USAID.&amp;nbsp; Le Ministère de l'agriculture a mis en place un Plan agricole de la reconstruction : 750 millions de dollars.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;6/ Création du Fonds pour la Reconstruction d’Haïti&amp;nbsp;: &lt;br /&gt;Présidé par le gouvernement haïtien via le ministre des finances, le Fonds sert à financer les projets approuvés en fonction des priorités définies par la CIRH qui n'ont pas encore de financement. Le Fonds ne peut pas décaisser sans accord de la CIRH. Sa durée de vie est plus longue que celle de la CIRH.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;7/ Les freins à une meilleure harmonisation entre les interventions&amp;nbsp;:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Manque coordination CLUSTERS / acteurs privés et acteurs publics&lt;br /&gt;Manque de lien entre pouvoir central et pouvoir locaux&amp;nbsp;: absence de politique de décentralisation&lt;br /&gt;Manque de liens entre gouvernants locaux et la population (ils ne consultent pas les citoyens)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;8/ Recommandations pour contourner la cacophonie humanitaire post séisme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A court terme&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Plaidoyer auprès décideurs en faveur de l'instauration de véritables services publics&amp;nbsp;: Les acteurs solidaires du NORD doivent alors voir comment mettre la pression sur l'Union Européenne, la coopération française pour qu’elles articulent mieux l’orientation de l’aide en Haïti pour les droits sociaux. Demander des comptes à la coopération.&lt;br /&gt;Une mobilisation citoyenne et une décentralisation effective qui passerait par la création de «villages de vie&amp;nbsp;» dans les zones périphériques et métropolitaines: il s'agit d'un lieu physique de concertation citoyenne, d’un espace de dialogue où les citoyens / habitants du quartier pourraient exposer leurs problèmes de quartier sur les plans sanitaire, agricole ou autres&amp;nbsp;; ils pourraient connaître leurs droits sociaux et rencontrer les élus locaux.&amp;nbsp; Il s'agit ici de construire un lien de confiance entre acteurs, c'est l'apprentissage de la concertation citoyenne. L'idée est aussi de reloger les gens qui sont sous les tentes dans les camps en amorçant le processus de consultations citoyennes dans ces nouveaux lieux&amp;nbsp;: ils arrivent avec leurs écoles, leurs centres de soins etc. Ces espaces seraient également des lieux de dialogue entre eux et la diaspora, les acteurs internationaux, les entreprises. Il ne faut pas être dupe, parce qu'il existe des alliances organiques, à savoir des groupuscules qui disent des choses sur le «&amp;nbsp;peuple» et qui n’ont rien à voir avec le peuple : il faut créer des liens avec les associations de base, de quartiers.&lt;br /&gt;Il s'agit donc de soutenir la participation des citoyens à l’élaboration de politique de sécurité sociale dans le cadre d’un dialogue communautaire comme espace de liberté publique, grâce à la création de lieux physiques et l'implication des parties prenantes. C’est une phase de la reconstruction et une étape vers la décentralisation&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A moyen terme&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Favoriser la solidarité sud-sud. Par exemple, des agents de santé dominicains, nicaraguayens, honduriens sont venus à APROSIFA avec un vrai engagement citoyen. C’est dommage que la presse ne raconte pas ce type de soutien, ni celui&amp;nbsp;&amp;nbsp; de la diaspora, des médecins de la diaspora notamment. &lt;br /&gt;Systématiser les liens de solidarité et arrêter de faire seulement des projets VISIBLES. Le 12 janvier doit être une opportunité pour les associations du sud et du nord de se poser la question «&amp;nbsp;Comment faire pour systématiser la solidarité du dedans comme celle du dehors&amp;nbsp;?» amener le dialogue par la confiance entre les acteurs.&lt;br /&gt;Il faut un apprentissage mutuel de la co-responsabilité. Il faut prendre du recul pour ce dire que le 12 janvier à laisser la place à une nouvelle page de l’histoire d’Haïti.&lt;br /&gt;Exemple 1 : se fédérer par zone en Haïti pour qu’on systématise les programmes d'actions&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;telle association soutient le dispensaire, l'autre association soutient l'école pour créer des changements visibles et durables, et pas seulement venir avec un container et aller voir le ministre!&lt;br /&gt;Exemple 2 : favoriser les liens entre collectivités locales en France et collectivités locales en Haïti pour créer des transferts MUTUELS de savoir faire technique&amp;nbsp;: fonctionnaires, étudiants, professionnels de la ville de Lyon et celle de Léogâne par exemple.&lt;br /&gt;Exemple 3 : soutenir les structures publiques&amp;nbsp;: des centres de santé, des lycées, des écoles. Il faut réguler cette affaire là car si on soutient le privé on affaiblit les services publics.&lt;br /&gt;Exemple 4 : Aller rencontres les institutions incontournables : passer se faire identifier par le ministère de la planification qui régule les actions de solidarité, passer voir le maire de la commune (sans nécessairement passer par le ministre de l’intérieur et des collectivités locales!) qui doit affirmer leurs autorités avec les ONG et les associations, travailler avec les organisations du sud, comme les cubains qui font du bon travail. En effet, un projet du Cuba, du Brésil et du Venezuela pour renforcer le système de santé a permis de gérer le choléra avec moins de dégâts qu’imaginés. Cela n'est pas du hasard.&lt;br /&gt;Valoriser la visibilité des savoirs-faire haïtiens populaires pour alphabétiser l’international vers une meilleure orientation de l’aide, c'est à dire que les organisations haïtiennes doivent aider les ONG et les associations du Nord à approcher mieux le contexte local. Par exemple, APROSIFA a aidé OXFAM à se rapprocher des petites marchandes de plats chauds appelés «&amp;nbsp;manje cuite&amp;nbsp;» pendant 8 semaines pour&amp;nbsp; les rémunérer afin de nourrir la population de la zone. La Diaspora doit par exemple créer des initiatives porteuses pour alphabétiser l’internationale sur comment effectuer des investissements privés. Beaucoup d’efforts ont été fourni pour essayer de maintenir une certaine stabilité dans le pays et assurer la sécurité sur place de la diaspora qui peut maintenant investir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«&amp;nbsp;Je crois en la saine solidarité, je crois beaucoup en vous, il faut travailler avec beaucoup de passions et convictions. (…)&lt;br /&gt;&amp;nbsp;Il faut sortir des schémas dogmatiques pour faire les choses&amp;nbsp;; les slogans, il faut les abandonner. Je ne m’illusionne pas en me disant que tout va changer par un revers de main, mais les services sociaux de bases sont déjà un peu plus accessibles, il y a plus d'infrastructures scolaires, des projets d’aménagement de bassins versants, de recapitalisation des familles rurales via la banque nationale sont en cours. Ça va avoir des effets positifs pour l’économie, pour la vie en générale en Haïti. La question&amp;nbsp; forte reste : comment faire un meilleur maillage local des différents acteurs&amp;nbsp;?»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rose Anne Auguste, 26 mars 2011&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/28026645-8986421814146627814?l=espas-ayisyen-toulouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;
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&lt;span&gt;&lt;h2 class="article-corps"&gt;Dans l’une de mes précédentes  chroniques, je dénonçais le désarroi de ceux qui  s’offusquaient de la  candidature et de la popularité des chanteurs Wyclef Jean et Michel  Martelly&amp;nbsp;:  les symptômes d’une crise sociale dont l’expression  politique prend la forme du rejet de tout ce qui peut représenter  l’ordre social, aux yeux des masses urbaines défavorisées et de la  paysannerie. Pas besoin d’être sociologue ou historien pour se rendre à  l’évidence de cette perception, chez celles et ceux qui ont voté Michel  Martelly, qu’il existe un ordre qui est contre eux. Leur vote, dès lors,  est déterminé par l’écart que le candidat choisi entretient selon eux  avec le pouvoir politique en tant que garant de cet «&amp;nbsp;ordre&amp;nbsp;» duquel ils  n’attendent rien.&lt;br /&gt;
Quand on offre le vote à des gens qui ne se sentent pas citoyens,  dans une atmosphère d’ancien régime, ils votent le «&amp;nbsp;désordre&amp;nbsp;». Depuis  Duvalier, en passant par Aristide, pour en arriver à l’élection de  Michel Martelly, la présidentielle haïtienne prend l’allure d’Etats  Généraux. Dans ces trois cas, sans nier les spécificités conjoncturelles  et les particularités de chacune de ces candidatures, le malheur a  voulu qu’aux yeux d’une bonne partie de l’électorat, ces candidats  soient porteurs du cahier de charge dont l’exécution mettrait fin à  «&amp;nbsp;l’ordre&amp;nbsp;». Le malheur. Au moins dans les deux premiers cas. La  déstructuration de ce qui mérite d’être déstructuré n’a pas conduit à  l’organisation d’une société républicaine fondée sur moins d’inégalité  sociale. Le désordre n’a pas changé l’ordre social, il en a révélé et  exploité la pourriture.&lt;br /&gt;
Plutôt que de se lamenter sur l’échec électoral de la  constitutionnaliste lectrice d’Agatha Christie, il s’agira pour les  progressistes de déborder ce nouveau populisme sur sa gauche. Veiller au  respect des acquis démocratiques contre toute dérive totalitaire qui,  plutôt que d’engager les institutions dans l’exercice de la  transformation sociale dans le respect de leurs pouvoirs respectifs,  pourrait prendre le chemin de la destruction de ces institutions.  Dénoncer toute tendance au retour vers les préjugés sociaux et le  clientélisme&amp;nbsp;: la «&amp;nbsp;bande&amp;nbsp;» à Michel Martelly  n’est pas exempte de fils  et filles d’ayants-droit  en droite lignée du mulâtrisme et du  noirisme. Exercer la pression pour des mesures économiques et sociales  pour une république fondée sur l’équité et l’égalité réelles.&lt;br /&gt;
Il s’agira aussi pour les progressistes de surmonter la contradiction  qui les divise en deux&amp;nbsp;: celle qui fait du même homme un intellectuel  de gauche contrarié par le notable en lui. A titre d’exemple, des  évidences que l’intellectuel aurait dû saisir et que le notable a  ratées&amp;nbsp;: Michel Martelly, dans le rôle de Sweet Micky, a choqué les  bonnes mœurs, mais dans le système de  représentation de celles et de  ceux qui ont voté pour lui, cela n’a aucune importance. Pourquoi&amp;nbsp;? Parce  que la crise sociale est telle, le rejet de l’ordre tel, que la  «&amp;nbsp;désacralisation&amp;nbsp;» de tout ce qui le représente ne gêne pas, et  pourrait même séduire.&lt;br /&gt;
Autre évidence&amp;nbsp;: le coup de la sensibilité à la misère. Il faut  reconnaître que les gens ont senti une sensibilité à leur condition, et  qu’ils voteront à chaque fois (on en revient aux élections  Etats-Généraux) celui ou celle qu’ils croiront sensible à leur  condition. Si les gens ne croient pas que vous êtes sensibles à leurs  conditions, comment pourraient-ils croire que vous allez y changer  quelque chose&amp;nbsp;!  Encore une fois, c’est sur sa gauche qu’on pourra  vaincre le populisme&amp;nbsp;: sensibilité réelle aux conditions du peuple,  propositions claires de transformation de ces conditions. Les pleureurs  qui se lamentent auraient dû pousser leur candidate à être plus  «&amp;nbsp;sociale&amp;nbsp;», ou se constituer en force autonome et affronter le  populisme.  Le vaincre&amp;nbsp;: Montrer que c’est nous qui comprenons vos  problèmes et qui allons prendre les mesures justes pour les  résoudre.  C’est aussi ce silence, cette absence, qui a élu Michel Martelly.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lyonel TROUILLOT&lt;/h2&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/28026645-3881642344922308210?l=espas-ayisyen-toulouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;
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&lt;i&gt;Par Adeline Magloire Chancy&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;Ex ministre à la Condition Féminine et aux Droits des femmes&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Arial; font-size: small;"&gt;&lt;i&gt;&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
Le décret modifiant le régime des agressions sexuelles et éliminant  en  la matière les discriminations contre les femmes dans le  Code Pénal,   adopté le 6 juillet 2005 et publié dans la gazette officielle, Le   Moniteur du 11 août 2005, marque un tournant dans la philosophie pénale   haitienne.  C’est ce que souligne l’exposé des motifs préparé   conjointement par les Ministères à la Condition Féminine et aux Droits   des Femmes (MCFDF) et de la Justice et de la Sécurité Publique (MJSP).&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Arial; font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;«&amp;nbsp;Dans l’ensemble, le Décret opère une modification du régime   juridique des agressions sexuelles. Il consacre ainsi un véritable   changement de paradigme dans la mesure où on passe d’une conception   juridique dont le pater familias est l’épicentre à une philosophie   pénale fondée sur la personne. Il s’agit d’un tournant important dans   l’évolution de la philosophie pénale haïtienne&amp;nbsp;».(Exposé des motifs)&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Arial; font-size: small;"&gt;&lt;i&gt;&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
Ce décret a été longuement préparé et discuté au cours des années   2004-2005 par les cadres et conseillers juridiques des deux ministères,   par les ministres eux-même, M&lt;sup class="typo_exposants"&gt;e&lt;/sup&gt;  Bernard  Gousse et Madame Adeline Magloire Chancy, avec la contribution   d’organisations de la société civile notamment des organisations de    femmes réunies dans la CONAP.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Arial; font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;
L’exposé des motifs rappelle que les avancées précédentes dans ce   domaine avaient été obtenues grâce au plaidoyer des organisations de   femmes qui avaient pu constituer une commission de travail avec des   parlementaires.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Arial; font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;«&amp;nbsp;En 1998, à la suite du Tribunal International contre la violence   faite aux femmes, organisé par le mouvement des femmes haïtiennes, une   commission parlementaire de la 46&lt;sup class="typo_exposants"&gt;e&lt;/sup&gt;   législature, en négociation avec les organisations de femmes avait, par   une prise de position assez remarquable, élaboré en ce sens un projet  de  loi voté par la Chambre Haute. Ce projet n’avait pas pu cependant  être  ratifié par l’Assemblée Nationale, le Parlement ayant été dissout  au  début de l’année suivante&amp;nbsp;». (Exposé des motifs)&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Arial; font-size: small;"&gt;&lt;i&gt;&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
En 2004, lorsque le Ministère à la Condition Féminine revient à la   charge en Conseil des Ministres pour l’adoption d’un décret contre les   agressions sexuelles, c’est en concertation avec les organisations de   femmes qu’il le fait.  La Ministre signe un protocole d’accord avec la   CONAP en décembre 2004 relatif à la lutte contre la violence à l’égard   des femmes et à la révision des lois discriminatoires.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Arial; font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;
A cette époque marquée par la hausse constante des infractions à   caractère sexuel et le viol utilisé comme une arme de guerre, la   modification de certaines dispositions pénales était devenue impérieuse   et urgente. Il s’agissait également de renforcer la sanction des crimes  à  caractère sexuel prévue contre les  coupables de l’un ou de l’autre   sexe. Un premier projet de décret relatif uniquement au viol avait   obtenu l’adhésion du Conseil des Ministres le 14 novembre 2004 sous   réserve de certains aménagements.  C’est alors que fut entrepris un   réaménagement global  du chapitre, ce qui permit d’opérer dans le cadre   du même décret l’élimination de plusieurs dispositions discriminatoires  à  l’égard des femmes.  Les modifications sont apportées aux Sections 3  et  4, Titre II du Chapitre Premier du Code Pénal, art. 269 et 270, et  art.  278 à 287.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Arial; font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;«&amp;nbsp;En premier lieu, il s’agissait dans l’immédiat de lever toute   équivoque en saisissant le viol comme une agression sexuelle et en le   traitant ainsi de manière expresse comme un crime contre la personne.   Les normes édictées, par un double mouvement de recentrement et de   partition, transforment l’organisation des dispositions qui étaient   traitées comme attentats aux mœurs. Ainsi, &lt;b&gt;le Décret introduit  une  séparation entre les crimes à caractère sexuel, incriminés à présent   sous le vocable d’agressions sexuelles et les attentats aux mœurs qui   font l’objet d’une nouvelle section intégrant l’outrage public à la   pudeur dont le texte s’efforce d’arrêter une définition&lt;/b&gt;  inspirée de  la jurisprudence. Cette clarification au plan structurel et  conceptuel  a pour objet de conférer une plus grande lisibilité à ce type   d’infractions dans le Code Pénal.&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;En second lieu, il s’agissait également de renforcer la sanction  des  crimes à caractère sexuel prévue contre les  coupables de l’un ou de   l’autre sexe.(…) Dans le prolongement de la nouvelle structure   proposée, &lt;b&gt;le Décret s’ordonne au renforcement des peines sanctionnant les agressions sexuelles.&lt;/b&gt;   A cet effet, le viol et les autres agressions sexuelles sont punis de   la peine des travaux forcés à temps ou à perpétuité selon les   circonstances&amp;nbsp;». (Exposé des motifs)&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;table border="1" cellpadding="0" cellspacing="0" class="MsoNormalTable" style="border-collapse: collapse; border: medium none;"&gt;&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;         &lt;td style="border: 1pt solid windowtext; padding: 0cm 5.4pt; width: 221.4pt;" valign="top" width="427"&gt;&lt;span style="font-family: Arial;"&gt;&lt;b&gt;Dispositions antérieures du         Code Pénal&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/td&gt;         &lt;td style="border-color: windowtext windowtext windowtext -moz-use-text-color; border-style: solid solid solid none; border-width: 1pt 1pt 1pt medium; padding: 0cm 5.4pt; width: 221.4pt;" valign="top" width="427"&gt;&lt;span style="font-family: Arial;"&gt;&lt;b&gt;Modifications opérées par le         Décret du 6 juillet 2005&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/td&gt;     &lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;         &lt;td style="border-color: -moz-use-text-color windowtext windowtext; border-style: none solid solid; border-width: medium 1pt 1pt; padding: 0cm 5.4pt; width: 221.4pt;" valign="top" width="427"&gt;&lt;span style="font-family: Arial;"&gt;&lt;i&gt;Section 4. ATTENTATS AUX MOEURS&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Art. 278&lt;br /&gt;
Toute personne qui aura commis un outrage public à la         pudeur,  sera punie d’un emprisonnement de trois mois         à un an et d’une  amende de seize gourdes à         quarante huit gourdes&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Art. 279&lt;br /&gt;
Quiconque aura commis le crime de viol, ou sera coupable         de tout  autre attentat à la pudeur, consommé ou tenté         avec violence  contre des individus de l’un ou l’autre         sexe, sera puni de la  réclusion.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Art. 280&lt;br /&gt;
Si le crime a été commis sur la personne d’un         enfant au dessous  de l’âge de quinze ans accomplis,         le coupable subira la peine  des travaux forcés à temps.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Art. 281&lt;br /&gt;
La peine sera celle de travaux forcés à perpétuité,         si les  coupables sont de la classe de ceux qui ont         autorité sur la  personne envers laquelle ils ont commis         l’attentat, s’ils sont  ses instituteurs ou ses         serviteurs à gages, ou s’ils sont  fonctionnaire         public ou ministre d un culte ou si le&amp;nbsp; coupable,          quel qu’il soit, a été aidé dans son crime, par         une ou  plusieurs personnes. Si la mort s’en est         suivie, le coupable  sera puni de mort (1)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Art. 282&lt;br /&gt;
Quiconque aura attenté aux mours, en excitant,         favorisant, ou  facilitant habituellement la débauche ou         la corruption de la  jeunesse, de l’un ou de l’autre         sexe au-dessous de l’âge de  dix-huit ans, sera puni         d’un emprisonnement de six mois à deux  ans&lt;br /&gt;
Si la prostitution ou la corruption a été excitée,         favorisée ou  facilitée par leurs père, mère, tuteur         ou autres personnes  chargées de leur surveillance, la         peine sera d’un an à trois  ans&amp;nbsp; d’emprisonnement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Art. 283&lt;br /&gt;
Les coupables du délit mentionné au précédent article         seront  interdits de toute tutelle ou curatelle et de         toute  participation aux conseils de famille, savoir&amp;nbsp;:         les individus  auxquels s’applique le premier         paragraphe de cet article,  pendant deux ans&amp;nbsp; au         moins et cinq ans au plus&amp;nbsp;; et ceux dont il  est parlé         au second paragraphe, pendant dix ans au moins et  vingt         au plus.&lt;br /&gt;
&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;         &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;Si le&amp;nbsp; délit a &amp;nbsp;été         commis par le père ou  la mère, la personne coupable         sera de plus privée des droits et  avantages à elle         accordés, sur la personne et les biens de  l’enfant,         par le Code Civil et par le Décret du 8 octobre 1982          donnant un nouveau statut à la femme mariée.&lt;br /&gt;
&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/td&gt;         &lt;td style="border-color: -moz-use-text-color windowtext windowtext -moz-use-text-color; border-style: none solid solid none; border-width: medium 1pt 1pt medium; padding: 0cm 5.4pt; width: 221.4pt;" valign="top" width="427"&gt;&lt;span style="font-family: Arial;"&gt;Art. 1&lt;br /&gt;
La section 4 du chapitre premier du Titre II du Code Pénal         est désormais intitulée&amp;nbsp;: Agressions sexuelles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Art. 2&lt;br /&gt;
L’article 278 du Code Pénal se lit désormais comme         suit&amp;nbsp;:  Quiconque aura commis un crime de viol ou         sera coupable de toute  agression sexuelle, consommée ou         tentée avec violence, menaces,  surprise ou pression         psychologique contre la personne de l’un  ou l’autre         sexe, sera puni de dix ans de travaux forcés&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Art. 3&lt;br /&gt;
L’article 279 du Code Pénal se lit désormais comme         suit&amp;nbsp;: Si le  crime a été commis sur la personne d’un         enfant au-dessous de  l’âge de quinze ans accomplis,         la personne coupable sera punie  de quinze ans de travaux         forcés&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Art. 4&lt;br /&gt;
L’article 280 se lit désormais comme suit&amp;nbsp;: la         peine sera celle  de travaux forcés à perpétuité, si         les coupables sont de la  classe de ceux qui ont autorité         sur la personne envers laquelle  ils ont commis l’attentat         ou qui abusent de l’autorité que leur  confèrent         leurs fonctions, ou si la personne coupable, quelle  qu’elle         soit, a été aidée dans son crime, par une ou plusieurs          personnes, ou si la mort s’en est suivie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Art. 5&lt;br /&gt;
Il est inséré sous l’article 280 une section 4 bis         intitulée&amp;nbsp;: Attentats aux mours&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Art.6&lt;br /&gt;
L’article 281 du Code Pénal se lit désormais comme         suit&amp;nbsp;:  Quiconque aura attenté aux mours, en         excitant, favorisant, ou  facilitant habituellement la débauche         ou la corruption de la  jeunesse, de l’un ou de l’autre         sexe au-dessous de l’âge de  dix-huit ans, sera puni         d’un emprisonnement de six mois à deux  ans.&lt;br /&gt;
Si la prostitution ou la corruption a été excitée,         favorisée ou  facilitée par leurs père, mère, tuteur         ou autres personnes  chargées de leur surveillance, la         peine sera d’un an à trois  ans&amp;nbsp; d’emprisonnement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Article 7.- &lt;br /&gt;
L’article 282 du Code Pénal se lit désormais comme         suit&amp;nbsp;: Les  coupables du délit mentionné au précédent         article seront  interdits de toute tutelle ou curatelle et         de toute  participation aux conseils de famille, savoir&amp;nbsp;:         les individus  auxquels s’applique le premier         paragraphe de cet article,  pendant deux ans&amp;nbsp; au         moins et cinq ans au plus&amp;nbsp;; et ceux dont il  est parlé         au second paragraphe, pendant dix ans au moins et  vingt         au plus.&lt;br /&gt;
&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;         &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;Si le&amp;nbsp; délit a &amp;nbsp;été         commis par le père ou  la mère, la personne coupable         sera de plus privée des droits et  avantages à elle         accordés, sur la personne et les biens de  l’enfant,         par le Code Civil et par le Décret du 8 octobre 1982          donnant un nouveau statut à la femme mariée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Article 8.- &lt;br /&gt;
L’article 283 du Code Pénal se&amp;nbsp;lit désormais         comme suit&amp;nbsp;: Toute  personne qui aura commis un         outrage public à la pudeur en  commettant tous actes,         attouchements ou autres actes semblables  susceptibles de         blesser la pudeur d’une personne de l’un ou de          l’autre sexe, sera punie d’un emprisonnement de         trois  mois à un an.&lt;br /&gt;
&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/td&gt;     &lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;&lt;i&gt;«&amp;nbsp;En troisième lieu, il paraissait nécessaire de  repenser le  caractère excusable de blessures ou de crimes commis en  réaction à des  agressions sexuelles. Quoique répréhensibles en soi, les  circonstances  de leur commission justifient qu’ils soient rangés au  nombre des  infractions excusables&amp;nbsp;». (Exposé des motifs)&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;table border="1" cellpadding="0" cellspacing="0" class="MsoNormalTable" style="border-collapse: collapse; border: medium none;"&gt;&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;         &lt;td style="border: 1pt solid windowtext; padding: 0cm 5.4pt; width: 221.4pt;" valign="top" width="427"&gt;&lt;span style="font-family: Arial;"&gt;&lt;b&gt;Dispositions antérieures du         Code Pénal&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/td&gt;         &lt;td style="border-color: windowtext windowtext windowtext -moz-use-text-color; border-style: solid solid solid none; border-width: 1pt 1pt 1pt medium; padding: 0cm 5.4pt; width: 225pt;" valign="top" width="434"&gt;&lt;span style="font-family: Arial;"&gt;&lt;b&gt;Modifications opérées par le         Décret du 6 juillet 2005&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/td&gt;     &lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;         &lt;td style="border-color: -moz-use-text-color windowtext windowtext; border-style: none solid solid; border-width: medium 1pt 1pt; padding: 0cm 5.4pt; width: 221.4pt;" valign="top" width="427"&gt;&lt;span style="font-family: Arial;"&gt;&lt;i&gt;Art. 269.- &amp;nbsp; &lt;br /&gt;
Le meurtre commis par le conjoint sur son conjoint n’est         pas  excusable, si la vie du conjoint qui a commis le         meurtre n’a pas  été mise en péril dans le moment         même où le meurtre a eu lieu. &lt;br /&gt;
Néanmoins, dans le cas d’adultère prévu par l’article         284, le  meurtre commis par l’époux sur son épouse,         ainsi que sur le  complice ou sur l’un d’eux à         l’instant où il les surprend en  flagrant délit         dans la maison conjugale, est excusable &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Art.270.-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;br /&gt;
Le crime de castration, s’il a été immédiatement         provoqué par un  outrage violent à la pudeur sera considéré         comme meurtre ou  blessures excusables.&amp;nbsp; &lt;br /&gt;
&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/td&gt;         &lt;td style="border-color: -moz-use-text-color windowtext windowtext -moz-use-text-color; border-style: none solid solid none; border-width: medium 1pt 1pt medium; padding: 0cm 5.4pt; width: 225pt;" valign="top" width="434"&gt;&lt;span style="font-family: Arial;"&gt;Art. 10&lt;br /&gt;
L’article 269 du Code Pénal se lit désormais comme         suit&amp;nbsp;:&amp;nbsp;Le  meurtre par le conjoint de l’un         ou de l’autre sexe sur son  conjoint n’est pas         excusable, si la vie du conjoint qui a commis  le meurtre         n’a pas été mise en péril dans le moment même où          le meurtre a eu lieu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Art. 11&lt;br /&gt;
L’article 270 du Code Pénal se lit désormais comme         suit&amp;nbsp;: Le  meurtre ou les blessures, s’ils ont         été immédiatement provoqués  en réaction à une         agression sexuelle, seront considérés comme  meurtre ou         blessures excusables.&lt;br /&gt;
&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/td&gt;     &lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;&lt;i&gt;«&amp;nbsp;En outre, les dispositions du Code Pénal relatives à  cette  matière établissent en défaveur de la femme une discrimination   incompatible avec les engagements internationaux de la République   d’Haïti.  &lt;b&gt;L’adultère&lt;/b&gt; étant considéré comme une violation d’un contrat civil, entre des conjoints avec des conséquences civiles&amp;nbsp;: le divorce.  &lt;b&gt;Il y a lieu de le dépénaliser&amp;nbsp;»&lt;/b&gt;. (Exposé des motifs)&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;table border="1" cellpadding="0" cellspacing="0" class="MsoNormalTable" style="border-collapse: collapse; border: medium none;"&gt;&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;         &lt;td style="border: 1pt solid windowtext; padding: 0cm 5.4pt; width: 221.4pt;" valign="top" width="427"&gt;&lt;span style="font-family: Arial;"&gt;&lt;b&gt;Dispositions antérieures du         Code Pénal&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/td&gt;         &lt;td style="border-color: windowtext windowtext windowtext -moz-use-text-color; border-style: solid solid solid none; border-width: 1pt 1pt 1pt medium; padding: 0cm 5.4pt; width: 221.4pt;" valign="top" width="427"&gt;&lt;span style="font-family: Arial;"&gt;&lt;b&gt;Modifications opérées par le         décret du 6 juillet 2005&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/td&gt;     &lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;         &lt;td style="border-color: -moz-use-text-color windowtext windowtext; border-style: none solid solid; border-width: medium 1pt 1pt; padding: 0cm 5.4pt; width: 221.4pt;" valign="top" width="427"&gt;&lt;span style="font-family: Arial;"&gt;&lt;i&gt;&amp;nbsp;Art. 284 &lt;br /&gt;
L’adultère de la femme ne pourra être dénoncé         que par le mari.&lt;br /&gt;
cette faculté même cessera, s’il est dans le cas         prévu par l’article 287&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Art. 285.&amp;nbsp; -&amp;nbsp; &lt;br /&gt;
La femme convaincue d’adultère subira la peine de l’emprisonnement         pendant trois mois au moins et deux ans au plus.-&lt;br /&gt;
&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Le         mari restera le maître d’arrêter l’effet de         cette condamnation en consentant à reprendre sa femme &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;         Art. 286&amp;nbsp; -&amp;nbsp; &lt;br /&gt;
le complice de la femme adultère sera puni de l’emprisonnement         pendant le même espace de temps.&amp;nbsp; &lt;br /&gt;
Les seules preuves qui pourront être admises contre le         prévenu  de complicité seront, outre le flagrant délit,         celle résultant  de lettres ou autres pièces écrites         par le prévenu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Art. 287.- &amp;nbsp; &lt;br /&gt;
Le mari qui aura entretenu une concubine dans la maison          conjugale, et qui aura été convaincu sur la plainte de         sa femme,  sera puni d’une amende de cent gourdes à         quatre cents gourdes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/td&gt;         &lt;td style="border-color: -moz-use-text-color windowtext windowtext -moz-use-text-color; border-style: none solid solid none; border-width: medium 1pt 1pt medium; padding: 0cm 5.4pt; width: 221.4pt;" valign="top" width="427"&gt;&lt;span style="font-family: Arial;"&gt;Art. 9&lt;br /&gt;
Les articles 284, 285, 286 et 287 du Code Pénal sont et         demeurent abrogés&lt;/span&gt;&lt;/td&gt;     &lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Arial; font-size: small;"&gt;Article 12.- Le présent décret abroge toutes lois ou  dispositions de  lois, tous décrets-lois ou dispositions de décrets-lois  qui lui sont  contraires et sera publié et exécuté à la diligence du  Ministre de la  Justice.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Arial; font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;
Donné au Palais National, à Port-au-Prince, le 6 juillet 2005, An 202&lt;sup class="typo_exposants"&gt;e&lt;/sup&gt; de l’Indépendance, par le Président de la République, Me. Boniface Alexandre.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Arial; font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;
Suivent les signatures du Premier Ministre et de tous les Ministres en poste.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Arial; font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;
Il faut souligner ici que les Décrets entrent en vigueur après leur   publication au Moniteur, la gazette officielle.  Pour le présent décret,   la date de publication est le 11 août 2005,  (Le Moniteur, 160&lt;sup class="typo_exposants"&gt;e&lt;/sup&gt; Année. No. 60).&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Arial; font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;«&amp;nbsp;En Haiti, à côté de la loi votée par le Parlement et promulguée   par l’Exécutif, existent dans l’arsenal législatif les décrets ayant une   valeur et une portée égales à la loi.  Il est vrai que le fait de   légiférer par décret escamote le débat démocratique. Les décrets sont   l’oeuvre de l’Exécutif dans les circonstances suivantes.  Premier type   de circonstances, le Parlement délègue ses compétences au chef de   l’Etat, pratique courante de 1957 à 2006 où durant les six mois des   vacances parlementaires, l’état de siège est décrété, les libertés   constitutionnelles sont suspendues et les compétences législatives   dévolues au chef de l’Etat.  Le deuxième type de circonstances&amp;nbsp;:   l’absence ou le non fonctionnement du Parlement.  Alors les nécessités   du moment obligent l’Exécutif à légiférer par décret, les mécanismes   prévus par la Constitution étant inopérants.  Nous avons rencontré ces   périodes du 7 février 1986 à février 1991, durant le temps écoulé entre   deux législatures en 1995 et enfin de mars 2004 à avril 2006. A côté  des décrets ayant force de loi que nous venons de voir, il existe  des  décrets-lois pris sous l’empire de la constitution de Vincent  (1930).   D’après cette constitution, durant les vacances législatives,   l’Exécutif pouvait prendre des décrets qui étaient soumis à la censure   du Parlement à la plus prochaine rentrée. Décrets parce que promulgués   par le Gouvernement, ils devenaient lois par le fait de la sanction   parlementaire, d’où le nom de décret-loi.  On ne rencontre plus de   décret-loi dans les constitutions postérieures&amp;nbsp;». (Consultation avec M&lt;sup class="typo_exposants"&gt;e&lt;/sup&gt; Bernard Gousse, ex-ministre de la Justice et de la Sécurité Publique) &lt;/i&gt;Comme toute loi, les décrets n’ont pas de portée rétroactive.  Ils ne   peuvent donc pas être invoqués lors du jugement de faits antérieurs à   leur entrée en vigueur.  A l’heure actuelle, on peut citer une   condamnation prononcée en vertu du décret du 6 juillet 2005 qui fera   jurisprudence.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Arial; font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;«&amp;nbsp;A l’audience qui a eu lieu au tribunal de première instance du  Cap  Haitien en date du 30 avril 2007 en ses attributions criminelles, le   nommé Ismael François est condamné à 9 ans et demi d’emprisonnement,   bénéficiant de la loi Lespinasse, et 50 000 gdes de dommages intérêts,   pour crime de viol commis sur la personne de madame Almonor Dariste, née   Joazimène Joasil, âgée de 28 ans, où le décret du 11 août 2005 a été   appliqué pour la première fois&amp;nbsp;».(Me. Giselhaine Monpremier,   Coordonnatrice du Bureau Départemental Nord du MCFDF)&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
Dans le décret, il est mentionné expressément que toutes les   dispositions s’appliquent aux personnes de l’un ou l’autre sexe.    Cependant il est prouvé que les cas d’agressions sexuelles sont le fait   dans 90% des cas d’hommes contre des femmes et souvent des mineures, et   quant aux discriminations qui existaient dans le Code Pénal, elles   concernaient strictement les femmes.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Arial; font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;Conclusion&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Arial; font-size: small;"&gt;&lt;b&gt;&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
En résumé, le décret du 6 juillet 2005 identifie le viol comme un  crime  contre la personne et augmente substantiellement les peines  prévues  pour les auteurs d’agressions sexuelles. Il exclut toute excuse  au  meurtre de la femme par un mari jaloux, le meurtre et les blessures   n’étant excusables qu’en cas de réaction à une agression. De plus, il   dépénalise l’adultère éliminant par le fait même les dispositions   discriminatoires en la matière. Ce décret a le mérite de faire avancer   la législation haitienne vers l’harmonisation avec les Conventions   Internationales ou régionales signées et ratifiées par Haiti, notamment   la Convention pour l’élimination de toute forme de discrimination à   l’égard  des femmes (CEDEF), et la Convention Interamericaine pour la   prévention, la sanction et l’élimination de la violence faite aux femmes   (Belem do Para).&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Arial; font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;
Si ce décret répond en partie au plaidoyer des féministes et des   organisations de femmes, il est en même temps l’aboutissement des   travaux de recherche de juristes haitiennes, à qui il faut rendre   justice. Avant 1998 et les avancées à la Chambre Haute de la 46&lt;sup class="typo_exposants"&gt;e&lt;/sup&gt;   Législature,  des juristes telles Ertha Pascal Trouillot (1973), Lise   Pierre Pierre, Ertha Elysée (1975), Chantal Hudicourt Ewald (1979),   Monique Brisson (1987) ont par leurs travaux, parus sous forme de livres   ou de dossiers, dénoncé le cadre législatif discriminatoire qui    régissait le statut des femmes haitiennes. (2),  (3), (4), (5). Il faut   saluer ici l’ouvrage à caractère historique de Mirlande Manigat, &lt;i&gt;Etre Femme en Haiti hier et aujourd’hui. Le regard des Constitutions, des Lois et de la société&lt;/i&gt; (2002).&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Arial; font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;
Une modification majeure avait été apportée au Code Civil en 1982,  mais  il fallut attendre 2005 pour voir des modifications au Code Pénal  en  faveur des femmes. En 2005, lors de la présentation du projet de  décret  au Conseil des Ministres, les ministres à la Condition Féminine  et aux  Droits des femmes et de la Justice et de la Sécurité Publique,  dans  leur exposé des motifs, le situait dans le cadre plus ambitieux  d’une  réforme globale indispensable de la législation en Haiti.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Arial; font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;«&amp;nbsp;Les modifications réalisées dans le présent décret ne sont  certes  qu’une première étape&amp;nbsp;; elles n’en constituent pas moins un pas   essentiel sur la longue route qui mènera à une réforme en profondeur du   Code Pénal&amp;nbsp;». (Exposé des Motifs)&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
Le travail doit être poursuivi.&lt;br /&gt;
&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Arial; font-size: small;"&gt;Adeline Magloire Chancy &lt;br /&gt;
Ex ministre à la Condition Féminine et aux Droits des femmes&lt;br /&gt;
Le 9 juin 2007&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/28026645-2378489735271611933?l=espas-ayisyen-toulouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/j9SqCL55-q6G-pd4hj7St3nkuhw/0/da"&gt;&lt;img src="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/j9SqCL55-q6G-pd4hj7St3nkuhw/0/di" border="0" ismap="true"&gt;&lt;/img&gt;&lt;/a&gt;&lt;br/&gt;
&lt;a href="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/j9SqCL55-q6G-pd4hj7St3nkuhw/1/da"&gt;&lt;img src="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/j9SqCL55-q6G-pd4hj7St3nkuhw/1/di" border="0" ismap="true"&gt;&lt;/img&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;img src="http://feeds.feedburner.com/~r/EspasAyisyenToulouse/~4/tylhSk8vj4g" height="1" width="1"/&gt;</content><link rel="replies" type="application/atom+xml" href="http://espas-ayisyen-toulouse.blogspot.com/feeds/2378489735271611933/comments/default" title="Publier les commentaires" /><link rel="replies" type="text/html" href="http://www.blogger.com/comment.g?blogID=28026645&amp;postID=2378489735271611933" title="0 commentaires" /><link rel="edit" type="application/atom+xml" href="http://www.blogger.com/feeds/28026645/posts/default/2378489735271611933?v=2" /><link rel="self" type="application/atom+xml" href="http://www.blogger.com/feeds/28026645/posts/default/2378489735271611933?v=2" /><link rel="alternate" type="text/html" href="http://feedproxy.google.com/~r/EspasAyisyenToulouse/~3/tylhSk8vj4g/2011_03_01_archive.html" title="Un tournant dans la philosophie pénale haïtienne" /><author><name>Inisyativ Ayisyen Toulouse</name><email>noreply@blogger.com</email></author><thr:total>0</thr:total><feedburner:origLink>http://espas-ayisyen-toulouse.blogspot.com/2011_03_01_archive.html#2378489735271611933</feedburner:origLink></entry><entry gd:etag="W/&quot;DkMMR3s8fip7ImA9Wx9TF0w.&quot;"><id>tag:blogger.com,1999:blog-28026645.post-1237330940316298454</id><published>2010-11-25T20:44:00.002+01:00</published><updated>2010-11-25T20:48:06.576+01:00</updated><app:edited xmlns:app="http://www.w3.org/2007/app">2010-11-25T20:48:06.576+01:00</app:edited><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="haiti" /><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="democratie" /><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="2010" /><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="election" /><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="cep" /><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="vote" /><title>Haiti : 19 prétendants pour un siège bancal et pourri</title><content type="html">Par respect pour les centaine de millier de morts, des milliers d'estropiés et victimes du tremblement de terre de janvier 2010 et su séisme politique néolibérale et néo colonial,&amp;nbsp; je m'abstiens de publier quoique se soit au sujet des élections de ce 28 novembre 2010 en Haïti. Mais comme il s'agit d'un événement dont la communauté international veut à tout prix réaliser pour vous informer trouver ci-dessus un lien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Merci&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/28026645-1237330940316298454?l=espas-ayisyen-toulouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/h8Q_pPj-mYL4HgyWjmNm0gNJTyo/0/da"&gt;&lt;img src="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/h8Q_pPj-mYL4HgyWjmNm0gNJTyo/0/di" border="0" ismap="true"&gt;&lt;/img&gt;&lt;/a&gt;&lt;br/&gt;
&lt;a href="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/h8Q_pPj-mYL4HgyWjmNm0gNJTyo/1/da"&gt;&lt;img src="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/h8Q_pPj-mYL4HgyWjmNm0gNJTyo/1/di" border="0" ismap="true"&gt;&lt;/img&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;img src="http://feeds.feedburner.com/~r/EspasAyisyenToulouse/~4/RvYggcBaXqc" height="1" width="1"/&gt;</content><link rel="related" href="http://www.haitielections2010.com/candidats.php" title="Haiti : 19 prétendants pour un siège bancal et pourri" /><link rel="replies" type="application/atom+xml" href="http://espas-ayisyen-toulouse.blogspot.com/feeds/1237330940316298454/comments/default" title="Publier les commentaires" /><link rel="replies" type="text/html" href="http://www.blogger.com/comment.g?blogID=28026645&amp;postID=1237330940316298454" title="0 commentaires" /><link rel="edit" type="application/atom+xml" href="http://www.blogger.com/feeds/28026645/posts/default/1237330940316298454?v=2" /><link rel="self" type="application/atom+xml" href="http://www.blogger.com/feeds/28026645/posts/default/1237330940316298454?v=2" /><link rel="alternate" type="text/html" href="http://feedproxy.google.com/~r/EspasAyisyenToulouse/~3/RvYggcBaXqc/2010_11_01_archive.html" title="Haiti : 19 prétendants pour un siège bancal et pourri" /><author><name>Inisyativ Ayisyen Toulouse</name><email>noreply@blogger.com</email></author><thr:total>0</thr:total><feedburner:origLink>http://espas-ayisyen-toulouse.blogspot.com/2010_11_01_archive.html#1237330940316298454</feedburner:origLink></entry><entry gd:etag="W/&quot;CU8NRH0_eSp7ImA9Wx9TF0w.&quot;"><id>tag:blogger.com,1999:blog-28026645.post-114887288789873626</id><published>2010-11-25T20:37:00.001+01:00</published><updated>2010-11-25T20:38:15.341+01:00</updated><app:edited xmlns:app="http://www.w3.org/2007/app">2010-11-25T20:38:15.341+01:00</app:edited><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="haiti" /><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="etudiants" /><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="greve" /><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="luttes sociales" /><title>Entre Savoir et Démocratie Les Luttes de l’Union Nationale des Étudiants haïtiens sous le gouvernement de Duvalier (Bonnes feuilles 1)</title><content type="html">&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Arial; font-size: small;"&gt;Par Lesly Péan &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À un moment où l’interrogation sur le devenir haïtien est au centre des débats, ces &lt;i&gt;bonnes feuilles&lt;/i&gt; peuvent servir d’aiguillon à la réflexion. Nous publions des extraits de l’ouvrage &lt;i&gt; &lt;b&gt;Entre Savoir et Démocratie — Les Luttes de l’Union Nationale des Étudiants haïtiens sous le gouvernement de Duvalier&lt;/b&gt; &lt;/i&gt; qui sort chez &lt;i&gt;Mémoire d’Encrier&lt;/i&gt; à Montréal à l’occasion du 50&lt;sup class="typo_exposants"&gt;e&lt;/sup&gt; anniversaire de la plus grande et la plus longue grève de l’histoire d’Haïti déclenchée le 22 novembre 1960. Plus de 450 pages avec quatorze des acteurs qui ont écrit ces jours de la résistance du mouvement social. Ces bonnes feuilles sont publiées en deux parties.&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;Première partie&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;Un mouvement qui dépasse le simple renversement de gouvernement &lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
Au moment où, à la fin des années 1950, l’Union nationale des étudiants haïtiens (UNEH) prend la relève de la FEUH, le mouvement estudiantin a déjà une expérience pratique de l’activisme politique et a une confiance extrême dans l’efficacité de la grève générale. La grève de 1960-1961 que l’UNEH va déclencher dans un dangereux bras de fer avec le pouvoir va sérieusement secouer l’édifice duvaliériste, sans toutefois le mettre en péril. Une grève dont la répression, «&amp;nbsp;avec son cortège d’emprisonnements, de bastonnades, de défections et de trahisons&amp;nbsp;[&lt;a class="spip_note" href="http://www.alterpresse.org/spip.php?article10295#nb1" id="nh1" rel="footnote" title="Eddy Cavé, De mémoire de Jérémien. Ma vie, ma ville, mon village, Éditions (...)"&gt;1&lt;/a&gt;]&amp;nbsp;», a fait éclore la carrière politique des Roger Lafontant, Robert (Bob) Germain, Rony Gilot et autres briseurs de grève, tout en mettant fin au rêve d’une jeunesse de se projeter dans l’avenir. Mais aussi un mouvement qui a fait flotter les drapeaux du civisme, du courage, de la solidarité, de la générosité et des aspirations positives. Un mouvement qui a voulu aller plus loin que le simple renversement d’un gouvernement, pour s’attaquer plutôt à renverser des idées préconçues sur le bien et le mal, le faux et le vrai, le juste et l’injuste.&lt;br /&gt;
À travers la chronique des faits qui ont ponctué ces quatre mois d’affrontements douloureux au cours desquels les étudiants ont fortement secoué la structure gouvernementale, nous nous proposons de reconstituer le déroulement d’une des luttes les plus progressistes et les plus périlleuses jamais menées par le mouvement estudiantin en Haïti. Pour tenter de rester fidèle à la trame de ces événements, nous retracerons d’abord le contexte des luttes démocratiques dans le secteur de l’enseignement avec la création de l’Union Nationale des maîtres de l’enseignement secondaire (UNMES). Nous présenterons ensuite l’énoncé des doléances et des aspirations des étudiants. C’est d’ailleurs dans la défense de leurs droits imprescriptibles, à travers la gestion de la défense de leurs camarades arrêtés, que leur activisme devient un événement. Puis, nous verrons de quelle façon certains acteurs de cette période ont interprété ces événements et en ont fait ressortir le caractère et la consistance. Enfin, nous profitons pour rendre un hommage à un frère consanguin, tout en recollant les bribes de l’histoire de la résistance d’une génération qui voulait qu’Haïti soit un pays de droit.&lt;br /&gt;
À la fin de &lt;i&gt;Les mots et les choses&lt;/i&gt;, Michel Foucault annonce la mort de l’homme qui «&amp;nbsp;s’effacerait, comme à la limite de la mer un visage de sable.&amp;nbsp;» La destruction écologique en Haïti, où la surface végétale s’est réduite au point de ne couvrir maintenant que 2&amp;nbsp;% du territoire, semble donner raison à Foucault, du moins en ce qui concerne la mort de la nature, étape annonciatrice de la mort de l’homme. Ce système écologique dominateur consacre la rupture entre l’homme et la nature et propage la mort. Cette incohérence est exprimée ainsi par Délira, le personnage du roman Gouverneurs de la rosée de Jacques Roumain&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Nous mourrons tous, disait-elle, les bêtes, les plantes, les chrétiens vivants&amp;nbsp;». Roumain et ses camarades essaieront de construire un autre système d’écologie politique avec des réseaux sociaux et mentaux capables de protéger l’environnement. Cette construction passait par la mort d’une certaine idée de l’homme haïtien et par la naissance d’un homme nouveau capable de produire d’autres territoires et d’autres institutions pour monter à l’assaut des citadelles d’iniquité.&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;Mettre hors de l’eau le nouveau visage dessiné sur le sable&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
La création de l’Union nationale des étudiants haïtiens (UNEH) constitue un moment important de ce mouvement d’écologie politique qui cherche à réaliser la mort programmée du vieil homme haïtien. L’UNEH renvoie à un univers de valeurs qui vise l’émancipation réelle des vivants et l’affranchissement face à la confusion instaurée par le pouvoir duvaliériste. En soutenant les luttes démocratiques des enseignants amorcées par l’Union Nationale des membres de l’enseignement secondaire (UNMES), l’UNEH les prend au pied de la lettre pour mettre en avant leur contenu significatif et leur donner écho.&lt;br /&gt;
Les luttes de l’UNEH constituent d’abord une critique de la politique de l’enseignement et de l’éducation qui, selon elle, est déconnectée de la société et de l’économie. En tant qu’agents de la modernité, les étudiants constituent une force dynamique qui appelle au changement. Leur prise de conscience est susceptible de conduire au changement des processus en vigueur dans la société, mais aussi à de nouvelles façons de faire et de penser. Professeurs et étudiants viennent révéler que la crise de l’enseignement ne peut pas être traitée séparément des problèmes sociaux, politiques et économiques qui affectent Haïti et, par conséquent, en appellent à un changement fondamental pour désenclaver la pensée haïtienne et la diriger vers une réflexion qui sorte de l’arbitraire et qui appuie la promotion des libertés dans tous les domaines.&lt;br /&gt;
Les aspirations de l’UNEH à un savoir de qualité et à une démocratie politique rentrent en collision avec la rationalité dictatoriale du gouvernement de François Duvalier. Les tontons macoutes prennent d’assaut la citadelle du savoir en imposant leurs étudiants dans les écoles et universités. Éléments déclencheurs de la dégradation et de la clochardisation du système éducatif. Dans ce haut lieu de la modernité qu’est l’université, les étudiants de l’UNEH revendiquent une organisation du savoir loin des illusions de la pensée noiriste culminant dans la débilité duvaliériste. Une voie sans issue. L’UNEH a défini dans les revendications l’université comme lieu privilégié pour la recherche et l’innovation, en vue de la transformation du pays. Refusant d’accepter de trembler devant les tontons macoutes, les étudiants appellent à un renouvellement de l’organisation de la cité, avec comme objectif ultime celui des pratiques de conception de la vie politique et du pouvoir. Les revendications ne sont pas présentées comme une fin en soi mais comme un point de départ.&lt;br /&gt;
Pour construire cette démocratie, ils veulent s’appuyer sur les savoirs scientifiques mais aussi sur le savoir politique des citoyens. C’est dans le travail de repositionnement de l’université entre savoir et démocratie que les étudiants lancent la grève du 22 novembre 1960 pour libérer leurs camarades arrêtés par la gestapo duvaliériste. Cette grève a mis fin au mirage que le duvaliérisme avait projeté afin de séduire les incrédules. Cette réponse à la terreur a été trahie et l’appel insurrectionnel n’a pas trouvé de réponse. Pour étendre le désert dans l’espace haïtien, le duvaliérisme a distillé le désir éperdu du pouvoir noiriste. La descente de la nuit sur Haïti s’est concrétisée. De la corruption des institutions à celle de la citoyenneté.&lt;br /&gt;
Les étudiants de l’UNEH ont su montrer ce qu’être citoyen veut dire. En exprimant leur solidarité vis-à-vis de leurs camarades emprisonnés, c’est une autre construction ontologique qui entre en jeu. Le savoir citoyen, soit la responsabilité envers l’Autre, est la condition sine qua non de la modernisation de l’action publique. L’élimination des entraves à la pluralité des savoirs exige la diffusion de cette responsabilité à partir de l’écriture de la grammaire symbolique des compétences. L’expérience de révolte des étudiants de novembre 1960 invite à des discussions de fond. Car la société haïtienne traverse encore le désert aujourd’hui cinquante ans après. Sous le soleil torride de la précarité. Sous la pluie des cyclones. Sous les débris du séisme du 12 janvier 2010. Sous les rebuts des aventuristes occultes qui trahissent les intérêts nationaux et populaires. La résistance active et intelligente des étudiants de l’UNEH contre le fascisme duvaliérien est l’une des plus belles pages de notre histoire contemporaine. D’où la nécessité d’approfondir cette expérience afin de mettre en échec les mensonges d’un système qui demande de s’accommoder d’un présent lamentable.&lt;br /&gt;
À la suite de leur premier congrès de mai 1960, la lutte des étudiants de l’UNEH prend son envol avec la correspondance adressée au parlement haïtien en date du 17 juin 1960. À cette époque, Duvalier prend des dispositions pour caporaliser les membres du parlement afin qu’ils ne puissent pas élaborer de lois ou de directives fondamentales, mais qu’ils se conforment plutôt aux préférences de Duvalier et des acteurs de la communauté internationale et des bailleurs de fonds. La prise de décision politique ne dépend alors plus du gouvernement et de son dirigeant, mais de la communauté internationale&amp;nbsp;[&lt;a class="spip_note" href="http://www.alterpresse.org/spip.php?article10295#nb2" id="nh2" rel="footnote" title="Jurgen Habermas, « Scientifisation de la politique et opinion publique », La (...)"&gt;2&lt;/a&gt;] qui s’arrange, par tous les moyens, pour avoir le dernier mot.&lt;br /&gt;
Ainsi, l’organisation d’élections présidentielles n’aboutit pas nécessairement à la stabilité politique. C’est surtout le cas quand la fraude est au rendez-vous et que les résultats ne sont pas fiables. Le bourrage des urnes pour François Duvalier le 22 septembre 1957 a ouvert une période d’instabilité et d’absence de légitimité pour le nouveau gouvernement. Ne pouvant corrompre ses adversaires en leur offrant des postes gouvernementaux, le gouvernement Duvalier va immédiatement opter pour la répression et tenter de trouver une certaine stabilité. Il s’agira d’éradiquer les consciences, de faire perdre aux Haïtiens tout sens des responsabilités historiques en introduisant la torpeur et la peur dans toutes les couches de la population. La paix des cimetières est donc inscrite dans le mouvement qui utilise la corruption et la fraude pour pérenniser l’ordre établi. L’effet direct du coup d’État électoral a été d’orienter la stratégie du gouvernement Duvalier vers l’engagement de fonds pour la sécurité intérieure, au détriment des secteurs sociaux (justice, éducation, santé, infrastructure).&lt;br /&gt;
Prendre le pouvoir par la fraude électorale aboutit donc de manière presque inévitable à l’instauration d’un gouvernement dictatorial. Le coup d’État électoral de François Duvalier n’échappe pas à cet ancrage délibéré dans l’arbitraire et le prix payé pour se maintenir au pouvoir s’accompagne de la nécessité, pour le nouveau gouvernement, de mettre la priorité absolue sur sa sécurité. Cette orientation provoque la résistance des étudiants de l’UNEH, qui y voient un tort fait à leur avenir au moment où ils expriment, dans leur correspondance aux Chambres législatives en date du 17 juin 1960, leurs doléances en neuf points dont la construction d’une cité universitaire de 500 chambres, de laboratoires, d’une bibliothèque et d’un restaurant.&lt;br /&gt;
Mais l’éducation n’est pas une priorité pour le gouvernement, qui n’y consacre que moins de 1&amp;nbsp;% du produit intérieur brut (PIB), tandis que les autres pays de la Caraïbe y consacrent tous à peu près 5&amp;nbsp;%. Le pays affiche donc un taux élevé d’analphabétisme (85&amp;nbsp;%), alors que la part du lion du budget national, soit 28&amp;nbsp;% ou encore 10,6 millions de dollars, va à la sécurité publique et à l’armée. Des 19 millions de gourdes qui vont au département de l’Éducation nationale, seulement 1&amp;nbsp;% est mis à la disposition des 1 200 étudiants et des 200 professeurs d’université. À cette époque, près de 45&amp;nbsp;% des étudiants sont inscrits en médecine et pharmacie et souvent les diplômés s’expatrient. Les conditions difficiles en milieu rural et le salaire de 250 dollars par mois que gagnent les médecins ont produit l’exode des 200 médecins diplômés au cours de la période 1950-1960&amp;nbsp;[&lt;a class="spip_note" href="http://www.alterpresse.org/spip.php?article10295#nb3" id="nh3" rel="footnote" title="W. Brand, Impressions of Haiti, Mouton &amp;amp; Cie, The Hague, 1965, p. (...)"&gt;3&lt;/a&gt;].&lt;br /&gt;
Le gouvernement de Duvalier a profité de la structure archaïque de la société haïtienne encouragée par un système éducatif dans lequel l’inadéquation entre l’offre d’éducation et la demande (les besoins du développement national) est la règle. Le professeur Max Chancy signale ainsi, dans un ouvrage de 1970, les contradictions du système éducatif haïtien&amp;nbsp;:&lt;br /&gt;
«&amp;nbsp;Les anciens préjugés contre le travail manuel, alliés aux conditions dans lesquelles s’est développée la vie économique du pays, ont favorisé de façon incroyable cette prédominance de la formation littéraire en Haïti. C’est ainsi qu’à l’Université d’Haïti en 1968, sur les 1527 étudiants inscrits, plus du tiers, 549, étaient à la Faculté de droit alors que l’effectif de l’École d’agronomie représente 1/39 de l’effectif global – 40 étudiants – moins que l’école de théologie – 46 étudiants. Haïti n’a formé en 35 ans que 200 agronomes alors que chaque année environ 100 étudiants reçoivent leur diplôme de licencié en Droit&amp;nbsp;[&lt;a class="spip_note" href="http://www.alterpresse.org/spip.php?article10295#nb4" id="nh4" rel="footnote" title="Max Chancy, « Éducation et développement en Haïti », dans Emerson Douyon, (...)"&gt;4&lt;/a&gt;].&amp;nbsp;»&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;La destruction de l’intelligentsia et l’identification au nazisme&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
Duvalier ne voulait pas d’une politique éducative trop élaborée qui aurait pu produire des citoyens en mesure de balayer les poussières toxiques que son courant de pensée avait mis dans les esprits. Mais il n’a pas non plus basculé un beau matin dans une chasse aux intellectuels progressistes. Son combat ininterrompu contre l’excellence remonte toutefois aux années 1932-1940, quand il écrivait des textes grotesques prétendant que «&amp;nbsp;la sentimentalité conditionne toutes les activités du Noir&amp;nbsp;[&lt;a class="spip_note" href="http://www.alterpresse.org/spip.php?article10295#nb5" id="nh5" rel="footnote" title="Le Nouvelliste, P-au-P, 30 septembre 1935, repris dans Œuvres essentielles, (...)"&gt;5&lt;/a&gt;].&amp;nbsp;» Un vrai charabia dénoncé par de vrais intellectuels qui, à l’instar d’Antonio Vieux ou de Jacques Stephen Alexis, parlaient de Duvalier comme d’un «&amp;nbsp;boucanier de la culture&amp;nbsp;[&lt;a class="spip_note" href="http://www.alterpresse.org/spip.php?article10295#nb6" id="nh6" rel="footnote" title="Jean Florival, Duvalier. La face cachée de Papa Doc, Mémoire d’encrier, (...)"&gt;6&lt;/a&gt;]&amp;nbsp;» ou encore considéraient les partisans du mouvement des Griots comme des «&amp;nbsp;folkloristes bêlants&amp;nbsp;[&lt;a class="spip_note" href="http://www.alterpresse.org/spip.php?article10295#nb7" id="nh7" rel="footnote" title="Bernard Diederich, Le prix du sang, Éditions Henri Deschamps, P-au-P, Haïti, (...)"&gt;7&lt;/a&gt;].&amp;nbsp;»&lt;br /&gt;
En reprenant les théories racistes de l’idéologue nazi Alfred Rosenberg, Duvalier a perverti le vaudou en prétendant être le dépositaire des lourds secrets de ce culte. Il a affirmé qu’il en tirait le «&amp;nbsp;vitalisme mystique&amp;nbsp;» qui désignerait l’essence de la race en Haïti. Dans ce sillage, qui prend la race comme unité de référence, Duvalier se veut le porte-drapeau intellectuel et fédérateur des aspirations de la classe moyenne noire. Il le dira lui-même&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Il jaillit de la matrice de la race un de ces leaders qui, dans leur équation personnelle, synthétisent la conscience de cette collectivité&amp;nbsp;[&lt;a class="spip_note" href="http://www.alterpresse.org/spip.php?article10295#nb8" id="nh8" rel="footnote" title="Lorimer Denis et François Duvalier, Le problème des classes à travers (...)"&gt;8&lt;/a&gt;].&amp;nbsp;» Tous les intellectuels avisés prendront leur distance vis-à-vis de l’approche mystique de Duvalier et de sa bande. L’école des Griots de Duvalier, qui remonte à la période 1932-1940, réunit un groupe de penseurs parmi lesquels se trouvaient entre autres Lorimer Denis, Louis Diaquoi, Carl Brouard, Clément Magloire Fils, René Piquion et Kléber Georges Jacob. Sous prétexte de trouver une doctrine sociale authentiquement haïtienne, ils ont en commun adopté et propagé les thèses racistes de Georges Montandon en Haïti. Ils ont soutenu que les Haïtiens possédaient des particularités sociales, psychologiques et culturelles spécifiques découlant de leur origine africaine, et que le caractère singulier résultant de ces particularités demandait la formulation d’un système politique dictatorial et autoritaire dans lequel sont absents les éléments tels que la liberté de la presse, les élections libres, l’opposition constitutionnelle et les principes démocratiques. L’école des Griots a disséminé ses idées autour des années 1930 dans un certain nombre de publications dont L’Action Nationale, Haïti Journal, La Relève, L’Assaut, Le Nouvelliste. Elle recevra le soutien de Gérard de Catalogne dans la production d’un fascisme créole adapté aux conditions haïtiennes. Le moteur de ce fascisme sera la création d’une mystique pour mobiliser la jeunesse haïtienne et créer de nouvelles élites professionnelles&amp;nbsp;[&lt;a class="spip_note" href="http://www.alterpresse.org/spip.php?article10295#nb9" id="nh9" rel="footnote" title="Les thèses principales de Gérard de Catalogne sont développées dans son ouvrage (...)"&gt;9&lt;/a&gt;].&lt;br /&gt;
Né au Cap-Haïtien au tournant du XX&lt;sup class="typo_exposants"&gt;e&lt;/sup&gt; siècle, Gérard de Catalogne fait ses classes en France, alimenté par le royalisme et la pensée ultraréactionnaire. Disciple de Charles Maurras, ardent défenseur de l’Action Française, Gérard de Catalogne brave vents et marées pour implanter les théories fascistes en Haïti. Pétri de cette idéologie d’extrême droite opposée aux idées démocratiques, Gérard de Catalogne expose ouvertement ses intentions&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Nous ne croyons ni aux droits des peuples, ni aux Droits de l’homme, qui représentent dans le ciel des nuées, des abstractions illogiques&amp;nbsp;[&lt;a class="spip_note" href="http://www.alterpresse.org/spip.php?article10295#nb10" id="nh10" rel="footnote" title="Gérard de Catalogne, Haïti devant son destin, Imprimerie de l’État, P-au-P, (...)"&gt;10&lt;/a&gt;] …&amp;nbsp;» Il explique aussi que «&amp;nbsp;celui qui dirige les affaires publiques doit rester parfaitement indifférent aux soubresauts d’une multitude souvent inconsciente et toujours ignorante&amp;nbsp;[&lt;a class="spip_note" href="http://www.alterpresse.org/spip.php?article10295#nb11" id="nh11" rel="footnote" title="Ibid., p. 233."&gt;11&lt;/a&gt;]&amp;nbsp;». Gérard de Catalogne sera de tous les gouvernements jusqu’à celui de François Duvalier et sera le guide spirituel de la révolution duvaliérienne&amp;nbsp;[&lt;a class="spip_note" href="http://www.alterpresse.org/spip.php?article10295#nb12" id="nh12" rel="footnote" title="Le président Duvalier confia à Gérard De Catalogne la responsabilité de (...)"&gt;12&lt;/a&gt;]. Pour monopoliser la parole et entraver la compréhension de tout phénomène macro-sociologique, Duvalier décide d’éliminer tous les intellectuels qui ne partagent pas sa théorie énoncée dans son ouvrage Le problème des classes à travers l’histoire d’Haïti. Cet ouvrage, composé d’articles écrits par François Duvalier et Lorimer Denis au cours des années 1946-1947 dans le journal Chantiers, constitue, selon leur disciple Rodolphe Dérose, «&amp;nbsp;le Mein Kampf haïtien de la Nouvelle Période inaugurée depuis le 22 octobre 1957&amp;nbsp;[&lt;a class="spip_note" href="http://www.alterpresse.org/spip.php?article10295#nb13" id="nh13" rel="footnote" title="Rodolphe Dérose, « Le problème des classes à travers l’Histoire d’Haïti ou une (...)"&gt;13&lt;/a&gt;]&amp;nbsp;». On peut ainsi se faire une idée de la conception nazie et/ou fasciste&amp;nbsp;[&lt;a class="spip_note" href="http://www.alterpresse.org/spip.php?article10295#nb14" id="nh14" rel="footnote" title="Dans les premiers jours après sa prise de pouvoir par les élections (...)"&gt;14&lt;/a&gt;] qu’avaient les brigands de Duvalier de la conduite du pays. Rodolphe Dérose avait probablement entendu Duvalier déclarer que «&amp;nbsp;Hitler fut un grand homme incompris comme moi&amp;nbsp;[&lt;a class="spip_note" href="http://www.alterpresse.org/spip.php?article10295#nb15" id="nh15" rel="footnote" title="Gérard Pierre-Charles, Radiographie d’une dictature, Éditions Nouvelle (...)"&gt;15&lt;/a&gt;].&amp;nbsp;»&lt;br /&gt;
Mais l’influence du nazisme ne s’arrête pas là. Le slogan duvaliériste «&amp;nbsp;Un seul peuple&amp;nbsp;! Une seule patrie&amp;nbsp;! Un seul chef&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» n’est que la traduction française du slogan nazi «&amp;nbsp;Ein Volk&amp;nbsp;! Ein Reich&amp;nbsp;! Ein Führer&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» de Hitler. Duvalier était pétri d’hitlérisme au point qu’il référa ouvertement à Gœbbels dans une dédicace faite en 1957 à son ami Antoine Rodolphe Hérard, son propagandiste de la station Radio Port-au-Prince. Il écrivit&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Au Gœbbels de la campagne électorale de 1957, mon ami de toujours Antoine Rodolphe Hérard&amp;nbsp;[&lt;a class="spip_note" href="http://www.alterpresse.org/spip.php?article10295#nb16" id="nh16" rel="footnote" title="Le Nouvelliste, 3 janvier 1969 et Le Nouveau Monde, 26 avril 1971, cité dans (...)"&gt;16&lt;/a&gt;]&amp;nbsp;». On ne s’étonnera donc pas que Morille Figaro, secrétaire d’État de l’Intérieur, parle de Duvalier comme du «&amp;nbsp;Führer&amp;nbsp;» et que le «&amp;nbsp;SD&amp;nbsp;» (Service de dépistage) soit ainsi nommé d’après le SD hitlérien. On peut aussi comprendre la confusion actuelle quand on sait que le ronron épistémologique duvaliériste des manuels scolaires a servi, pendant plus d’un demi-siècle, à formater les jeunes esprits et à leur faire ânonner les thèses noiristes de l’école des Griots. Et quant aux moins jeunes qui ne voulaient pas internaliser la bêtise, Gérard de Catalogne, dans le quotidien &lt;i&gt;Le Jour&lt;/i&gt;, avait proposé dès le 12 novembre 1957 de débarrasser le pays de ces indésirables.&lt;br /&gt;
Les thèses noiristes de l’école des Griots alimentèrent les pulsions destructrices des brigands dès 1946. Dix ans plus tard, en 1957, les candidats noirs se braquèrent, puis se coalisèrent, donnant ainsi la victoire à François Duvalier. De toute façon, Duvalier n’avait cessé de tisser sa toile dans l’armée au point où cette dernière sera divisée en deux factions (Léon Cantave contre Pierre Armand) sur la question de couleur. Cette bible du noirisme politique bétonne les principes qui rendront impossible toute distinction entre la croyance vraie et la croyance tenue pour vraie concernant les Mulâtres et les Noirs dans la société haïtienne. Les historiens noiristes, en se voulant les nouveaux gestionnaires de la mémoire nationale, orientent l’opinion dans des directions précises et définissent des règles qui donnent une légitimité à leurs interventions dans le débat politique. On reconnaîtra ici comment les factions rivales renvoient aux pratiques théoriques qui leur sont propres, chacune dans ce que Michel Foucault a appelé son «&amp;nbsp;régime de vérité&amp;nbsp;»&amp;nbsp;:&lt;br /&gt;
«&amp;nbsp;Chaque société a son régime de vérité, c’est-à-dire les types de discours qu’elle accueille et fait fonctionner comme vrais&amp;nbsp;; les mécanismes et les instances qui permettent de distinguer les énoncés vrais ou faux, la manière dont on sanctionne les uns et les autres&amp;nbsp;; les techniques et les procédures qui sont valorisées pour l’obtention de la vérité&amp;nbsp;; le statut de ceux qui ont la charge de dire ce qui fonctionne comme vrai&amp;nbsp;[&lt;a class="spip_note" href="http://www.alterpresse.org/spip.php?article10295#nb17" id="nh17" rel="footnote" title="Michel Foucault, « Entretien avec Michel Foucault » (1977), Dits et écrits, (...)"&gt;17&lt;/a&gt;].&amp;nbsp;»&lt;br /&gt;
Face à la «&amp;nbsp;vérité&amp;nbsp;» mulâtriste renforcée par l’occupation américaine de 1915 à 1946, le noirisme affirme sa «&amp;nbsp;vérité&amp;nbsp;» en établissant son propre système de pouvoir avec ses dispositifs d’exclusion et de domination ainsi que ses effets de subjectivation. En marquant des points dans les milieux intellectuels des classes moyennes, Duvalier et sa bande ont pu convaincre les militaires noiristes que le pays ne devait pas se laisser faire et avaler la pilule d’un président mulâtre. La marchandise du noirisme est manipulée avec dextérité, car les idéologues du gouvernement argumentent qu’ils ont des mulâtres et gens au teint clair dans leurs rangs parmi lesquels Frédéric Duvignaud, Fritz Saint Thébaud, André Théard, Jean Magloire, Marc Charles, Arthur Bonhomme, Rindal Assad, André Simon, Auguste Denizé, Lucien Chauvet, Jules Blanchet, Paul Blanchet, Maurice P. Flambert, Karl Bauduy, Pierre Merceron, France Foucard Saint Victor, etc. La vérité est que la l’idéologie duvaliériste se porte comme un charme en septembre 1957 et que c’est le noirisme qui gagne à la ligne d’arrivée. Laminée par la question de couleur et ballottée entre les quatre principaux candidats aux élections de 1957, la gauche haïtienne est en convalescence à la prise du pouvoir par Duvalier. Duvalier représente l’archétype de ce que Jacques Stephen Alexis nomme le petit bourgeois aigri ayant la nostalgie de salons où il n’est pas invité&amp;nbsp;[&lt;a class="spip_note" href="http://www.alterpresse.org/spip.php?article10295#nb18" id="nh18" rel="footnote" title="Jacques Stephen Alexis, « La main dans le S.A.C. », Le Nouvelliste, P-au-P, (...)"&gt;18&lt;/a&gt;], combattant les vrais intellectuels susceptibles d’utiliser leur connaissance contre son pouvoir. C’est donc à partir de ses représentations antérieures qu’une fois au pouvoir il énonce le discours terrifiant de «&amp;nbsp;bat yo nan tèt&amp;nbsp;» (frappez-les à la tête), car il avait peur des vrais intellectuels qui le disqualifiaient et proposaient pour Haïti une autre direction et une autre gestion. Appliquant sa théorie farfelue que les intellectuels des classes bourgeoises et moyennes constituent le sommet de la pyramide sociale, suivis «&amp;nbsp;par la bourgeoisie, la classe moyenne, le prolétariat urbain, et enfin la grande masse rurale&amp;nbsp;[&lt;a class="spip_note" href="http://www.alterpresse.org/spip.php?article10295#nb19" id="nh19" rel="footnote" title="Lorimer Denis et François Duvalier, Le problème des classes à travers (...)"&gt;19&lt;/a&gt;]&amp;nbsp;», Duvalier passe la corde au cou de tous ceux qui lui font ombrage, mais aussi à certains de ceux qui l’ont hissé au pouvoir. Il concentre ainsi sa répression sur l’intelligentsia, afin d’avoir les mains libres pour engourdir les esprits de la jeunesse et les enfermer dans un étau. Pour se protéger contre l’intelligentsia, Duvalier décide de les tenir à distance. Ceux qui échappent à la mort ou à la prison doivent partir. Pour débarrasser le pays des étudiants diplômés de l’École normale supérieure, considérés comme des menaces imminentes pour le gouvernement, René Piquion, nommé doyen par Duvalier de 1961 à 1981 et intraitable défenseur du régime, ne trouvera pas mieux que de dresser une liste qu’il enverra au bureau du recrutement des Nations Unies pour l’Afrique afin qu’ils soient embauchés. Pour pouvoir agir sans restriction aucune, la dictature met une distance maximale entre elle et tous ceux qui sont perçus comme des êtres de conscience. La politique duvaliériste en matière d’éducation consiste à construire des bâtiments tout en éliminant les professeurs compétents.&lt;br /&gt;
……………………..&lt;br /&gt;
* Economiste, écrivain&lt;br /&gt;
&lt;/span&gt;             &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Arial; font-size: x-small;"&gt; &lt;span style="font-family: Arial; font-size: xx-small;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt; [&lt;a class="spip_note" href="http://www.alterpresse.org/spip.php?article10295#nh1" id="nb1" rev="footnote" title="Notes 1"&gt;1&lt;/a&gt;] Eddy Cavé, De mémoire de Jérémien. Ma vie, ma ville, mon village, Éditions  CIDIHCA, Montréal, 2009, p. 20.&lt;br /&gt;
[&lt;a class="spip_note" href="http://www.alterpresse.org/spip.php?article10295#nh2" id="nb2" rev="footnote" title="Notes 2"&gt;2&lt;/a&gt;] Jurgen Habermas, «&amp;nbsp;Scientifisation de la politique et opinion publique&amp;nbsp;», &lt;i&gt;La technique et la science comme «&amp;nbsp;idéologie&amp;nbsp;»&lt;/i&gt;, Paris, Gallimard, 1973.&lt;br /&gt;
[&lt;a class="spip_note" href="http://www.alterpresse.org/spip.php?article10295#nh3" id="nb3" rev="footnote" title="Notes 3"&gt;3&lt;/a&gt;] W. Brand, Impressions of Haiti, Mouton &amp;amp; C&lt;sup class="typo_exposants"&gt;ie&lt;/sup&gt;, The Hague, 1965, p. 55.&lt;br /&gt;
[&lt;a class="spip_note" href="http://www.alterpresse.org/spip.php?article10295#nh4" id="nb4" rev="footnote" title="Notes 4"&gt;4&lt;/a&gt;] Max Chancy, «&amp;nbsp;Éducation et développement en Haïti&amp;nbsp;», dans Emerson Douyon, Culture et développement en Haïti, Editions Leméac, Montréal, Canada, 1972, p. 145.&lt;br /&gt;
[&lt;a class="spip_note" href="http://www.alterpresse.org/spip.php?article10295#nh5" id="nb5" rev="footnote" title="Notes 5"&gt;5&lt;/a&gt;] Le Nouvelliste, P-au-P, 30 septembre 1935, repris dans Œuvres essentielles, troisième édition, Presses Nationales d’Haïti, tome 1, p. 53.&lt;br /&gt;
[&lt;a class="spip_note" href="http://www.alterpresse.org/spip.php?article10295#nh6" id="nb6" rev="footnote" title="Notes 6"&gt;6&lt;/a&gt;] Jean Florival, Duvalier. La face cachée de Papa Doc, Mémoire d’encrier, Montréal, 2007, p. 103.&lt;br /&gt;
[&lt;a class="spip_note" href="http://www.alterpresse.org/spip.php?article10295#nh7" id="nb7" rev="footnote" title="Notes 7"&gt;7&lt;/a&gt;] Bernard Diederich, Le prix du sang, Éditions Henri Deschamps, P-au-P, Haïti, 2005, p. 140.&lt;br /&gt;
[&lt;a class="spip_note" href="http://www.alterpresse.org/spip.php?article10295#nh8" id="nb8" rev="footnote" title="Notes 8"&gt;8&lt;/a&gt;] Lorimer Denis et François Duvalier, Le problème des classes à travers l’histoire d’Haïti, Imprimerie de l’État, P-au-P, Haïti, 1959, p. 19-20.&lt;br /&gt;
[&lt;a class="spip_note" href="http://www.alterpresse.org/spip.php?article10295#nh9" id="nb9" rev="footnote" title="Notes 9"&gt;9&lt;/a&gt;] Les thèses principales de Gérard de Catalogne sont développées dans son ouvrage écrit en 1939 intitulé &lt;i&gt;Haïti devant son destin.&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
[&lt;a class="spip_note" href="http://www.alterpresse.org/spip.php?article10295#nh10" id="nb10" rev="footnote" title="Notes 10"&gt;10&lt;/a&gt;] Gérard de Catalogne, &lt;i&gt;Haïti devant son destin&lt;/i&gt;, Imprimerie de l’État, P-au-P, Haïti, 1939, p. X.&lt;br /&gt;
[&lt;a class="spip_note" href="http://www.alterpresse.org/spip.php?article10295#nh11" id="nb11" rev="footnote" title="Notes 11"&gt;11&lt;/a&gt;] Ibid., p. 233.&lt;br /&gt;
[&lt;a class="spip_note" href="http://www.alterpresse.org/spip.php?article10295#nh12" id="nb12" rev="footnote" title="Notes 12"&gt;12&lt;/a&gt;] Le président Duvalier confia à Gérard De Catalogne la responsabilité de réaliser l’édition de ses Œuvres essentielles. Gérard de Catalogne ne se contenta pas d’examiner et de corriger les travaux des comités qui travaillaient à cette tâche. Il congédia d’abord le Comité des recherches composé de MM.&amp;nbsp;Vianney Dennerville, André Bistoury, Lamartinière Adé, René Mompoint et Morille Figaro. Puis, il fit de même avec le Comité de coordination composé de MM.&amp;nbsp;Paul Blanchet, Léonce Viaud, René Chalmers, Max Antoine, Hénock Trouillot, Jacques Oriol et Jean Montès Lefranc. Il leur reprochait leurs intrigues et manigances ainsi que leur faible capacité de travail. Il y mit tant de son style personnel que les trois tomes des Œuvres essentielles de François Duvalier portent les titres des trois parties son ouvrage Haïti devant son destin c’est-à-dire &lt;i&gt;«&amp;nbsp;Éléments d’une doctrine&amp;nbsp;», «&amp;nbsp;Une nation en marche&amp;nbsp;»&lt;/i&gt; et enfin &lt;i&gt;«&amp;nbsp;Les théories au pouvoir&amp;nbsp;»&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt;
[&lt;a class="spip_note" href="http://www.alterpresse.org/spip.php?article10295#nh13" id="nb13" rev="footnote" title="Notes 13"&gt;13&lt;/a&gt;] Rodolphe Dérose, «&amp;nbsp;Le problème des classes à travers l’Histoire d’Haïti ou une Doctrine de Gouvernement&amp;nbsp;», &lt;i&gt;Le Jour&lt;/i&gt;, P-au-P, Haïti, 10, 12, 22 et 24 novembre 1958. Ce texte a été repris en guise de postface à la 3&lt;sup class="typo_exposants"&gt;e&lt;/sup&gt; édition de l’ouvrage &lt;i&gt;Le problème des classes à travers l’histoire d’Haïti&lt;/i&gt;, Imprimerie de l’État, P-au-P, Haïti, 1959.&lt;br /&gt;
[&lt;a class="spip_note" href="http://www.alterpresse.org/spip.php?article10295#nh14" id="nb14" rev="footnote" title="Notes 14"&gt;14&lt;/a&gt;] Dans les premiers jours après sa prise de pouvoir par les élections frauduleuses du 22 septembre 1957, Duvalier ne perdit pas de temps pour conférer avec l’ancien président Sténio Vincent, alors âgé de 89 ans, qui lui conseilla vivement d’engager immédiatement Frédéric Duvigneaud, l’ancien protégé de Mussolini en 1940, comme secrétaire d’État de l’Intérieur et de la Défense Nationale.&lt;br /&gt;
[&lt;a class="spip_note" href="http://www.alterpresse.org/spip.php?article10295#nh15" id="nb15" rev="footnote" title="Notes 15"&gt;15&lt;/a&gt;] Gérard Pierre-Charles, &lt;i&gt;Radiographie d’une dictature&lt;/i&gt;, Éditions Nouvelle Optique, Montréal, Canada, 1973, p. 97.&lt;br /&gt;
[&lt;a class="spip_note" href="http://www.alterpresse.org/spip.php?article10295#nh16" id="nb16" rev="footnote" title="Notes 16"&gt;16&lt;/a&gt;] Le Nouvelliste, 3 janvier 1969 et Le Nouveau Monde, 26 avril 1971, cité dans Jacques Barros, &lt;i&gt;Haïti de 1804 à nos jours&lt;/i&gt;, Tome II, L’Harmattan, Paris, 1984, p. 566.&lt;br /&gt;
[&lt;a class="spip_note" href="http://www.alterpresse.org/spip.php?article10295#nh17" id="nb17" rev="footnote" title="Notes 17"&gt;17&lt;/a&gt;] Michel Foucault, «&amp;nbsp;Entretien avec Michel Foucault&amp;nbsp;» (1977), &lt;i&gt;Dits et écrits&lt;/i&gt;, Tome III,  Gallimard, Paris, 1994, p. 158.&lt;br /&gt;
[&lt;a class="spip_note" href="http://www.alterpresse.org/spip.php?article10295#nh18" id="nb18" rev="footnote" title="Notes 18"&gt;18&lt;/a&gt;] Jacques Stephen Alexis, «&amp;nbsp;La main dans le S.A.C.&amp;nbsp;», &lt;i&gt;Le Nouvelliste&lt;/i&gt;, P-au-P, 11 mars 1958.&lt;br /&gt;
[&lt;a class="spip_note" href="http://www.alterpresse.org/spip.php?article10295#nh19" id="nb19" rev="footnote" title="Notes 19"&gt;19&lt;/a&gt;] Lorimer Denis et François Duvalier, Le problème des &lt;/span&gt;classes à travers l’histoire d’Haïti, op. cit., p. 102.&lt;br /&gt;
&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/28026645-114887288789873626?l=espas-ayisyen-toulouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/fiiiBWmAFdT4aqHVQjtNLE_ed0A/0/da"&gt;&lt;img src="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/fiiiBWmAFdT4aqHVQjtNLE_ed0A/0/di" border="0" ismap="true"&gt;&lt;/img&gt;&lt;/a&gt;&lt;br/&gt;
&lt;a href="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/fiiiBWmAFdT4aqHVQjtNLE_ed0A/1/da"&gt;&lt;img src="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/fiiiBWmAFdT4aqHVQjtNLE_ed0A/1/di" border="0" ismap="true"&gt;&lt;/img&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;img src="http://feeds.feedburner.com/~r/EspasAyisyenToulouse/~4/DF_fa5ZkbDc" height="1" width="1"/&gt;</content><link rel="related" href="http://www.alterpresse.org/spip.php?article10295" title="Entre Savoir et Démocratie Les Luttes de l’Union Nationale des Étudiants haïtiens sous le gouvernement de Duvalier (Bonnes feuilles 1)" /><link rel="replies" type="application/atom+xml" href="http://espas-ayisyen-toulouse.blogspot.com/feeds/114887288789873626/comments/default" title="Publier les commentaires" /><link rel="replies" type="text/html" href="http://www.blogger.com/comment.g?blogID=28026645&amp;postID=114887288789873626" title="0 commentaires" /><link rel="edit" type="application/atom+xml" href="http://www.blogger.com/feeds/28026645/posts/default/114887288789873626?v=2" /><link rel="self" type="application/atom+xml" href="http://www.blogger.com/feeds/28026645/posts/default/114887288789873626?v=2" /><link rel="alternate" type="text/html" href="http://feedproxy.google.com/~r/EspasAyisyenToulouse/~3/DF_fa5ZkbDc/2010_11_01_archive.html" title="Entre Savoir et Démocratie Les Luttes de l’Union Nationale des Étudiants haïtiens sous le gouvernement de Duvalier (Bonnes feuilles 1)" /><author><name>Inisyativ Ayisyen Toulouse</name><email>noreply@blogger.com</email></author><thr:total>0</thr:total><feedburner:origLink>http://espas-ayisyen-toulouse.blogspot.com/2010_11_01_archive.html#114887288789873626</feedburner:origLink></entry><entry gd:etag="W/&quot;DUIASXw8eCp7ImA9Wx5bGUs.&quot;"><id>tag:blogger.com,1999:blog-28026645.post-8809757046889083781</id><published>2010-11-05T15:32:00.000+01:00</published><updated>2010-11-05T15:32:28.270+01:00</updated><app:edited xmlns:app="http://www.w3.org/2007/app">2010-11-05T15:32:28.270+01:00</app:edited><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="haiti" /><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="Edouard glissant" /><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="rené depestre" /><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="créole" /><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="littérature" /><title>Caribbean creolophone dilemma</title><content type="html">&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: sans-serif; font-size: 11pt; line-height: normal; margin-bottom: 10pt; margin-left: 0in; margin-right: 0in; margin-top: 0in;"&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: black; font-family: sans-serif; font-size: 18pt;"&gt;Caribbean&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: black; font-family: sans-serif; font-size: 18pt;"&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: black; font-family: sans-serif; font-size: 18pt;"&gt;creolophone dilemma&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;span style="color: black; font-family: sans-serif; font-size: 12pt;"&gt;by Dr. Ardain Isma&lt;/span&gt;&lt;span style="color: black; font-family: serif; font-size: 12pt;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: sans-serif; font-size: 11pt; line-height: normal; margin-bottom: 10pt; margin-left: 0in; margin-right: 0in; margin-top: 0in;"&gt;&lt;span style="color: black; font-family: sans-serif; font-size: 12pt;"&gt;In addressing&lt;b&gt;&amp;nbsp;&lt;/b&gt;the language problem facing Caribbean creolophone writers,&amp;nbsp;&lt;b&gt;Ardain Isma&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;i&gt;(left)&amp;nbsp;&lt;/i&gt;considers&amp;nbsp; the cases of Edouard Glissant and René Depestre&lt;/span&gt;&lt;span style="color: black; font-family: serif; font-size: 12pt;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: sans-serif; font-size: 11pt; line-height: normal; margin-bottom: 10pt; margin-left: 0in; margin-right: 0in; margin-top: 0in;"&gt;&lt;span style="color: black; font-family: sans-serif; font-size: 10pt;"&gt;Language, one of the most powerful emblems of social behavior, has always been the best instrument to demonstrate cognitive strength. In this era of global economy, information technology, and the tough competition facing those who are struggling to succeed in the job market, being bilingual or multilingual may very well give someone an edge, as the more languages a person can master, the better his chances at succeeding in an ever increasing diverse world. In the field of Sociolinguistics, experts agree that very often people are judged by the kind of language they speak and how they speak it.&amp;nbsp; It is not surprising, even astonishing, to find out that someone’s “background, character, and intentions are based simply upon the person’s language, dialect, or, in some instances, even the choice of a single word.” (Linguistic Society of America)&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="color: black; font-family: serif; font-size: 12pt;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: sans-serif; font-size: 11pt; line-height: normal; margin-bottom: 10pt; margin-left: 0in; margin-right: 0in; margin-top: 0in;"&gt;&lt;span style="color: black; font-family: sans-serif; font-size: 10pt;"&gt;“The relationship between language and society affects a wide range of encounters,” explains Walt Wolfram, distinguished professor of North Carolina State University. To him, these encounters can be defined within the framework of a tacit understanding of “broadly based international relations,” and even “narrowly defined interpersonal relationships.”&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="color: black; font-family: serif; font-size: 12pt;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: sans-serif; font-size: 11pt; line-height: normal; margin-bottom: 10pt; margin-left: 0in; margin-right: 0in; margin-top: 0in;"&gt;&lt;span style="color: black; font-family: sans-serif; font-size: 10pt;"&gt;If we agree that language holds the key to social, academic and financial success of an individual, we must also admit that developed languages in advanced societies certainly hold the key to that success—not the “indigenous or native” vernaculars, struggling to take their seats amongst what many sociolinguists call, “the most important language groups.” (Slavic, Germanic, and Latin)&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="color: black; font-family: serif; font-size: 12pt;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: sans-serif; font-size: 11pt; line-height: normal; margin-bottom: 10pt; margin-left: 0in; margin-right: 0in; margin-top: 0in;"&gt;&lt;span style="color: black; font-family: sans-serif; font-size: 10pt;"&gt;In the literary world, the struggle is more obvious; and being Creole while trying to expose to the world the aesthetic that lies beneath the surface of this awesome language can be a daunting task.&amp;nbsp; For years, the issue has been the subject of heated debates among the most brilliant thinkers in the Caribbean Creolophone. But from Haiti to French Guiana, it is easy to pinpoint limited success in this struggle. Félix Morisseau Leroy and Frank Etienne are some of the few who had the courage and the talent to succeed at achieving great successes by publishing in Creole. But the vast majority of Creole thinkers never really contributed to the advancement of their mother tongue. Jacques Roumain and Jacques Stephen Alexis, the best of the best, had left no important manuscripts that we know of in Creole. Gouverneur De La Rosée (The Master of the Dew) and Compère Général Soleil (General Sun, My Brother), the two most famous published novels by Haitians writers, Roumain and Alexis respectively, were never translated in Creole, despite their great successes in many academic venues of the world.&lt;/span&gt;&lt;span style="color: black; font-family: serif; font-size: 12pt;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: sans-serif; font-size: 11pt; line-height: normal; margin-bottom: 10pt; margin-left: 0in; margin-right: 0in; margin-top: 0in;"&gt;&lt;span style="color: black; font-family: sans-serif; font-size: 10pt;"&gt;Thus comes the case of Edouard Glissant. In his literary movement called “Creolization,” Edouard Glissant, a native of Martinique, has written extensively about the Creole dilemma. Glissant, playwright, essayist, novelist and poet attempts to provide a solution that he believes would bring comfort to his Creole colleagues, successful as himself, but always carry a feeling great discomfort or a feeling of guilt each time the Creole issue is raised.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="color: black; font-family: serif; font-size: 12pt;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: sans-serif; font-size: 11pt; line-height: normal; margin-bottom: 10pt; margin-left: 0in; margin-right: 0in; margin-top: 0in;"&gt;&lt;span style="color: black; font-family: sans-serif; font-size: 10pt;"&gt;In his theory of “Creolization,” Glissant departs from a very different angle as opposed to the etymological understanding of the word, far from its variances of African cultures and languages. Glissant, surprisingly, adopts the old concept of colonial interpretation of “Creolization,” meaning everything that was born in the French Caribbean colonies. “When I speak of “Creolization,” explains Glissant, “it is by no means in the reference of the Creole language. It is rather in reference to events that have [helped] structure the different variances of the Creole language.” Glissant goes on to clarify. “The world is in itself being creolized, which means that many cultures of the world have been put in contact, whether from terrifying manners or from peaceful and acceptable ones, are today being changed, exchanged and blended to create not only irreparable harm, war without merci, but also to bring advances of conscience and hope.” Further in his theory, Glissant defines his own language in this term. “My language,” he continues, “I move it and mix it, not in syntheses, but in linguistic overtures that allow me to conceive relationships [and nuances] that exist amongst languages of the world today—relations of domination, absorption, erosion, oppression etc…”&lt;/span&gt;&lt;span style="color: black; font-family: serif; font-size: 12pt;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: sans-serif; font-size: 11pt; line-height: normal; margin-bottom: 10pt; margin-left: 0in; margin-right: 0in; margin-top: 0in;"&gt;&lt;span style="color: black; font-family: sans-serif; font-size: 10pt;"&gt;Global dominance, resulting from “linguistic overtures” that Glissant extensively writes about, underscores a bitter symbiosis: colonization and its impact on colonized societies. Glissant, in this regard, puts Identity-Relation at the height of his theory and, “even dreams of wonderful meta-cultural ideas, with the ambition of changing cultural alienation created by the colonial reality.” (Tanbou 2202) But Edouard Glissant, “magician of poetical metaphors” fails, whether purposely or unknowingly, (it is hard to imagine that Glissant could overlook such obvious fact of great significance.) to include all the composing factors that constitute the “true genesis” of the peoples of the Caribbean.&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="color: black; font-family: serif; font-size: 12pt;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: sans-serif; font-size: 11pt; line-height: normal; margin-bottom: 10pt; margin-left: 0in; margin-right: 0in; margin-top: 0in;"&gt;&lt;span style="color: black; font-family: sans-serif; font-size: 10pt;"&gt;Narrowing the scope of his “Creolazition,” Glissant presents two aspects that, according to him, constitute the true genesis of the Caribbean societies: the horrible plight of captured Africans sold to the new world on the one hand, and their dehumanizing conditions in the plantations on the other. While such facts are quintessential to understanding the shape-up of the peoples of the Caribbean, their history and their dilemmas, one cannot ignore the extirpation of the entire indigenous population of the region—their subjugation, their alienation and ultimately the genocide perpetuated against them as a result of colonial conquests. In 1492, the Indian population of Hispaniola was estimated at one million. In 1625, the number was substantially dwindled to a little more than one hundred thousand. (Madiou in History of Haiti)&lt;/span&gt;&lt;span style="color: black; font-family: serif; font-size: 12pt;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: sans-serif; font-size: 11pt; line-height: normal; margin-bottom: 10pt; margin-left: 0in; margin-right: 0in; margin-top: 0in;"&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: black; font-family: sans-serif; font-size: 10pt;"&gt;From Outright Manicheanism to a Subdued Pragmatism&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;span style="color: black; font-family: serif; font-size: 12pt;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: sans-serif; font-size: 11pt; line-height: normal; margin-bottom: 10pt; margin-left: 0in; margin-right: 0in; margin-top: 0in;"&gt;&lt;span style="color: black; font-family: sans-serif; font-size: 10pt;"&gt;Edouard Glissant is, without a doubt, one of the most brilliant thinkers of our time, though not well known in the Anglophone world. His theory of Creolization is warmly embraced by younger generations of Caribbean writers. The main essence presented in Eloge De La Créolité, (High Praise for the Creolization) by Patrick Chamoiseau and Raphael Constant was drawn from Glissant’s thoughts. In one of his latest works, Writing as Mangrove, Glissant admits that by choosing this theme, he was attempting to tie all literary genres (poetry, novels, essays, plays) into an imaginary mangrove, the tropical plant well-known in Martinique as well as here in Florida for its die-hard resistance against all forms of natural disasters. The plant that throws “its shoots offshore, into the shallows, with an illusory fragility and precariousness” will soon multiply to morph into an island, an archipelago where “only the surface of the sea under the crushing tropical humidity existed.” This metaphorical symbiosis, created by Glissant, is, to him, the perfect fictional example of his theme of Creolization.&lt;/span&gt;&lt;span style="color: black; font-family: serif; font-size: 12pt;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: sans-serif; font-size: 11pt; line-height: normal; margin-bottom: 10pt; margin-left: 0in; margin-right: 0in; margin-top: 0in;"&gt;&lt;span style="color: black; font-family: sans-serif; font-size: 10pt;"&gt;In her book, Edouard Glissant and Postcolonial Theory, sociolinguist Celia Britton, professor of French literature at Carnegie University of Scotland, centers on language and subjectivity to vacillate between Glissant theoretical work and extensive readings and analyses of his novels to bring to light a volume of pertinent and related issues—the re-appropriation of history, mainstream languages and dialects, the problem of identity, and the colonial shape-up of what Glissant calls, “the Other,” meaning the African slaves without names.&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="color: black; font-family: serif; font-size: 12pt;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: sans-serif; font-size: 11pt; line-height: normal; margin-bottom: 10pt; margin-left: 0in; margin-right: 0in; margin-top: 0in;"&gt;&lt;span style="color: black; font-family: sans-serif; font-size: 10pt;"&gt;However, if Glissant is so acclaimed for his polished pragmatism and his ability to mix myth and reality, the imaginary and the real, his refusal to go beyond his logic (Europe-Africa) hinders his ability to break new frontiers. But Glissant wasn’t always that pragmatic. A review of his earlier works reveals that he was no different than his other Caribbean counterparts (Frantz Fanon, Aimé Césaire, Jacques Stephen Alexis, René Depestre, etc…) who wrote with a fury of sentimentalism and revolutionary romanticism, and who saw the world with all of its nightmarish elements through the prism of devastating effects created by colonialism and neocolonialism.&lt;/span&gt;&lt;span style="color: black; font-family: serif; font-size: 12pt;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: sans-serif; font-size: 11pt; line-height: normal; margin-bottom: 10pt; margin-left: 0in; margin-right: 0in; margin-top: 0in;"&gt;&lt;span style="color: black; font-family: sans-serif; font-size: 10pt;"&gt;In Le Discours Antillais, (Speeches of the Antilles) published in 1981, speaking of the Euro-centric model imposed on the Caribbean peoples by the colonial regime, Glissant was adamant in his criticisms of what he calls “the campaign of mystification, cultural reorientation” through the monopoly of technology, the monopoly of production and most importantly through the campaign to marginalize his beloved mother tongue that he speaks at home. “The mother tongue is indispensable in all forms of progress of a community: psychological and intellectual balance of its members. If we continue to force the child, Martiniquais, to subject to a lifestyle in French at school and a Creole one at home, we will reinforce the process of collective irresponsibility plaguing the Martinique community,” Glissant says. A bit further, he goes on to say, “a people who is reduced to practice his language only at home is condemned to face the death of his culture, of which this will only be the mirror reflection of an otherwise real agony.”&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="color: black; font-family: serif; font-size: 12pt;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: sans-serif; font-size: 11pt; line-height: normal; margin-bottom: 10pt; margin-left: 0in; margin-right: 0in; margin-top: 0in;"&gt;&lt;span style="color: black; font-family: sans-serif; font-size: 10pt;"&gt;Well aware of the danger, the great dilemma facing his Creole language, Glissant launches an appeal to resist. He attacks Aimé Césaire for his admission to an all truism about the Creole dilemma. “At home, all conversations are done through deep reflections. It is a conceptual oeuvre, so it must be done in French. You see, Creole is the language of the instinct, a folkloric language, the language of feelings and of intensity,” admitted Césaire. This sounds gross, but Césaire, at least, has the courage to reveal something that had been for years nothing but an unspoken consensus among the Creole intelligentsia: Creole is not the language of the intellect. “A language in which its people cannot produce is an agonizing language,” points Glissant as he rebukes Césaire’s assertion, and reaffirms, once again, his profound and uncompromising commitment to working tirelessly until his mother tongue ceases to be a “bastard” language.&lt;/span&gt;&lt;span style="color: black; font-family: serif; font-size: 12pt;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: sans-serif; font-size: 11pt; line-height: normal; margin-bottom: 10pt; margin-left: 0in; margin-right: 0in; margin-top: 0in;"&gt;&lt;span style="color: black; font-family: sans-serif; font-size: 10pt;"&gt;But Glissant, like most thinkers of his generation, never reaches the final frontier of his revolutionary ideas. His “Manichean” ideas fade as he ages and matures. This fact is confirmed in the, Introduction A Une Poétique Du Divers (Introduction To A Poetical Pluralism), published 14 years later in 1995. Glissant seems to be taking a more “circumscribed” view, far different from his earlier position, far from his “otherwise real agony” to tell us that “the French domination over the Creole language is a domination to the second, even to the third degree in the world tragedy of languages.”&lt;/span&gt;&lt;span style="color: black; font-family: serif; font-size: 12pt;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: sans-serif; font-size: 11pt; line-height: normal; margin-bottom: 10pt; margin-left: 0in; margin-right: 0in; margin-top: 0in;"&gt;&lt;span style="color: black; font-family: sans-serif; font-size: 10pt;"&gt;Thus comes his new concept of multilingualism while blaming audiovisual technology, young researchers, authors and the “literary establishment, plunging in comfortable indifference of institutional elitism.” Glissant has come around, back on earth, like the rest of his colleagues, well aware that French domination is here to stay. Henceforth, accommodation or pragmatic conformism must take place to give birth to his literary pluralism that he reveals in, Writing as Mangrove.&amp;nbsp; This is a reborn Glissant, far different from the 1947 revolutionary, who contributed greatly to the shape-up of, Présence Africaince, who, along with Paul Niger in the early1950s, founded Front Antillo Guyanais, fighting for the decolonization of all French overseas departments. The group itself was dissolved by Charles De Gaulle in 1961; Glissant himself was kept under virtual house arrest and forbidden to return to Martinique until 1965.&lt;/span&gt;&lt;span style="color: black; font-family: serif; font-size: 12pt;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: sans-serif; font-size: 11pt; line-height: normal; margin-bottom: 10pt; margin-left: 0in; margin-right: 0in; margin-top: 0in;"&gt;&lt;span style="color: black; font-family: sans-serif; font-size: 10pt;"&gt;Having said that, Glissant, without a doubt, remains one of the most influential philosophers of postcolonial era whose name is frequently mentioned for the Nobel Prize for Literature. Now, at his zenith of his intellectual achievements, Glissant, in a sense, has spoken for the Other, those slaves without names that he and his colleagues embody to multiply in abundance, to create a “luxuriant, virtuoso canopy of foliage.” Those names clearly existed, “not swollen in the memory of these hundred and fifty years fallen into the chasm, but, as if engendered by the slope, or perhaps secreted in the hole of the world's silent eye, or springing from the bottomless well where cannonballs turned into pearls in the entrails of the drowned.”&lt;/span&gt;&lt;span style="color: black; font-family: serif; font-size: 12pt;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: sans-serif; font-size: 11pt; line-height: normal; margin-bottom: 10pt; margin-left: 0in; margin-right: 0in; margin-top: 0in;"&gt;&lt;span style="color: black; font-family: sans-serif; font-size: 10pt;"&gt;Like his former mentor, Frantz Fanon, Glissant believes he is no prisoner of history, and “I should not seek there for the meaning of my destiny. I should constantly remind myself that the real leap consists in introduction invention into existence.” (Fanon in Black Skin, White Mask) Perhaps, this might best explain Glissant’s ever-shifting pattern, in search of his true self, like Alejo Carpentier in his marvelous realism. One can only hope this is the case.&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="color: black; font-family: serif; font-size: 12pt;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: sans-serif; font-size: 11pt; line-height: normal; margin-bottom: 0.0001pt; margin-left: 0in; margin-right: 0in; margin-top: 0in;"&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: black; font-family: sans-serif; font-size: 10pt;"&gt;The Nonchalance of René Depestre&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: black; font-family: serif; font-size: 12pt;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: sans-serif; font-size: 11pt; line-height: normal; margin-bottom: 10pt; margin-left: 0in; margin-right: 0in; margin-top: 0in;"&gt;&lt;span style="color: black; font-family: sans-serif; font-size: 10pt;"&gt;In all intellectual probity, no one should criticize a writer for the choice of language he uses to present his works. In literature, in all literary work, regardless of its genre and its means of communication, language cannot be used as the basis to judge the work of an artist. If this was the case, more than two-third of all work of art would have been disqualified and, by extension, their authors, myself included. In my critique on the role the contemporary novel, I blissfully described the emblem, the aesthetic and the authenticity that embody great works by writers from the developing world who, by pure necessity, are forced to produce in the language of their former oppressors. Authors from newly liberated countries or from oppressed societies not only suffer from political, cultural, and literature influences of their former colonial masters, but also feel, most of the time, compelled to produce anything they deem worthy and acceptable to the “mainstream world” in a language that may not be that of their native vernacular. In that regard, one can hold nothing against Glissant or Depestre.&lt;/span&gt;&lt;span style="color: black; font-family: serif; font-size: 12pt;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: sans-serif; font-size: 11pt; line-height: normal; margin-bottom: 10pt; margin-left: 0in; margin-right: 0in; margin-top: 0in;"&gt;&lt;span style="color: black; font-family: sans-serif; font-size: 10pt;"&gt;If we hold the logic that writing in “mainstream languages” shrinks the authenticity or legitimacy of a work of art, we must also admit that just writing in a native tongue is by no means the holy criterion to accept, ratify, and glorify a piece of work—its originality, its creativity and, perhaps, its revolutionary authenticity. Let’s be reminded that most of our Caribbean best never produced in Creole. Great novelistic prose or flawless and immortal theoretical works by Roumain, Alexis, Césaire, Glissant, Jean Brierre etc… are enshrined in our minds and preserved in the deepest fiber of our souls. Yet, these dazzling masterpieces are all in French. Their works, which go beyond the boundaries of the Caribbean and which transcend culture, race and ethnicity, will forever remain part of the global literature—a cultural patrimony for all those who believe in social justice. By contrast, in Haiti, Duvalirierism used “noirism” (a kind of racism, vulgar antiracism) and Creole as its main pillars to camouflage its true diabolical face, its fascism and its “inversed gobinism” as Depestre himself calls it. (Gobinism is from ultra-racist Athur de Gobineau who wrote in 1853 The Inequality of Human Races to justify White supremacy over all non-Whites) Further back into the Haitian history, French commissioner, Sontonax, during the revolutionary war, used Creole as one of his main tools to seduce revolted slaves back into France’s fold.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="color: black; font-family: serif; font-size: 12pt;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: sans-serif; font-size: 11pt; line-height: normal; margin-bottom: 10pt; margin-left: 0in; margin-right: 0in; margin-top: 0in;"&gt;&lt;span style="color: black; font-family: sans-serif; font-size: 10pt;"&gt;In that particular sense, nothing should be held against Depestre. But in the rightful debate over our Creole dilemma, the quintessential factor, here, is not to condemn those who are not writing in Creole, but rather to question, demystify, and expose how they attempt to justify their choice of writing in languages other than Creole. In Glissant and others, one senses a kind of uneasiness that often catapults into self-contrition whenever they are confronted to face this uncomfortable reality. In Depestre, however, no such uneasiness could be found. His arrogance and his nonchalance in expressing his thought and feeling over the Creole issue leave no doubt that he carries no dubious positions. “For every French word I use, Creole plays the role of an intimate support,” he declared during a televised interview in 1997 with Ghila Sroka. “Between my original Senegalese roots and the words of Marianne, there is a kind of secret relationship which creates a fecund modus vivendi between the words [used] at home (Creole) and the ones [used] outside of home (French),” he continued.&lt;/span&gt;&lt;span style="color: black; font-family: serif; font-size: 12pt;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: sans-serif; font-size: 11pt; line-height: normal; margin-bottom: 10pt; margin-left: 0in; margin-right: 0in; margin-top: 0in;"&gt;&lt;span style="color: black; font-family: sans-serif; font-size: 10pt;"&gt;René Depestre, a brilliant intellectual with an acute way of expressing his thoughts, was forced to resort to folklore to explain his true feeling over the Creole dilemma. Like Glissant, master of poetical metaphor, Depestre, in a blur or an acrobatic detour, seemed to take his interviewer into a dazzling journey over the Indian Ocean, landing on the islands of Mauritius and Reunion, to explore the existential abnormality of an exotic tree named Banian, which conceives, besides its main subterranean roots, aerial roots that will later fall onto the ground to create other trees. To him, the Banian symbolizes not only the sentimental bond “between heaven and hearth,” but also his real identity—a Banian identity. That was a shrewd and evasive move to deviate the direct question being posed to him. To make sure that the Creole question was put on the back burner during the interview, he went on to solidify his folkloric expression. “Through [my] many experiences [in life], I have instilled in myself diverse cultures, without losing my Haitian roots. My roots are very diverse. [Many] people believe they can reveal the identity of a person through only one of its roots. It is a lure. More and more, the identity of the whole humanity is becoming very diverse.”&lt;/span&gt;&lt;span style="color: black; font-family: serif; font-size: 12pt;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: sans-serif; font-size: 11pt; line-height: normal; margin-bottom: 10pt; margin-left: 0in; margin-right: 0in; margin-top: 0in;"&gt;&lt;span style="color: black; font-family: sans-serif; font-size: 10pt;"&gt;Depestre moved to lecture his interviewer, who did not seem to want to fall into that metaphorical logic, and remained aloof and serene. There was an all truism that our poet and estranged revolutionary, purposely, one must say, avoided in his lecture: both Mauritius and Reunion are Creole islands, speaking the same Creole that we speak in Haiti, with their own flavor. And further away, in the same neighborhood, the Seychelles had already made Creole an official language, long before Haiti.&lt;/span&gt;&lt;span style="color: black; font-family: serif; font-size: 12pt;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: sans-serif; font-size: 11pt; line-height: normal; margin-bottom: 10pt; margin-left: 0in; margin-right: 0in; margin-top: 0in;"&gt;&lt;span style="color: black; font-family: sans-serif; font-size: 10pt;"&gt;“So living in exile is no misfortune, is it?” Ghila then asked. Depestre’s answer was blunt. “No. My country lives in me. I never lost sight of the reality. To the contrary, living in exile has empowered me [with knowledge], has also healed my narrow nationalism, clotted in a unique direction of life.” It is nice to embrace diversity or multiculturalism, for it is the main tool in the fight to bridge barriers between cultures. But using this fact to justify his moving away from Creole, and to call all patriotic or nationalistic feeling “narrow,” is not only gross, but also trivial.&lt;/span&gt;&lt;span style="color: black; font-family: serif; font-size: 12pt;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: sans-serif; font-size: 11pt; line-height: normal; margin-bottom: 10pt; margin-left: 0in; margin-right: 0in; margin-top: 0in;"&gt;&lt;span style="color: black; font-family: sans-serif; font-size: 10pt;"&gt;In Métier a Metisser (Weaving Loom to Crossbreed), published in 1998, the author could not be clearer in his quest to recluse himself from any responsibility over the Creole dilemma. Here, he explains: “My task as a poet is to give witness to, and to propagate the spirit of, cultural crossbreeding.” In other words, Métier a Metisser is nothing more than a framework for crossbreeding, using self-descriptive passages like “Tzhec in Prague, Italian in Milan, Brazilian in Sao Paolo, Cuban in Havana” to pullulate significantly in what Miller calls “this hotchpotch of a volume.” It is perfectly normal that crossbreeding, mixed, interracial, or even interethnic relationships are valued and promoted; but it should not be, in anyway shape or form, a substitute to nationalism or synonym to internationalism. Nor should it be used as an “intellectual” excuse to justify one’s betrayal or his turning-back on his nationalist/revolutionary responsibilities.&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="color: black; font-family: serif; font-size: 12pt;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: sans-serif; font-size: 11pt; line-height: normal; margin-bottom: 10pt; margin-left: 0in; margin-right: 0in; margin-top: 0in;"&gt;&lt;span style="color: black; font-family: sans-serif; font-size: 10pt;"&gt;Journalist Lucienne Serrano questioned the poet in that regard. “Why are you writing in French?” she asked. Depestre delivered a more direct response. “I don’t know. Here, I have to face my Haitian reality. We do not have a national audience, knowing the fact that 85% of the population is analphabet. [So] I write in French, and even if I were writing in Creole, I would not have touched a Haitian audience.”&lt;/span&gt;&lt;span style="color: black; font-family: serif; font-size: 12pt;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: sans-serif; font-size: 11pt; line-height: normal; margin-bottom: 10pt; margin-left: 0in; margin-right: 0in; margin-top: 0in;"&gt;&lt;span style="color: black; font-family: sans-serif; font-size: 10pt;"&gt;And that is why he had to get off his horse, “wipe out his sweat” after a long galloping “for nothing in the Haitian desert.” To him, Haiti has failed politically as a state, and for that he grows every day pessimistically optimistic that a turnaround could be found any time soon. Depestre, however, admits that he still hopes for a “miracle”; but he also concedes that his pessimism on the issue grows stronger as his optimism fades. Quoting Gramsci to clarify what he possesses, and that he has to defeat in his daily existential debate is “the pessimism of reason” in order to strengthen his “optimism of desire.” This token concession is far from being a self-contrition. With “Haiti in all [his] dreams,” his native land has been reduced to little more than a sleeping beauty, snoring like La belle au bras dormant within himself. He no longer needs the physical state of Haiti, for Depestre seems to have found paradise in his new adapted country, displaying an awesome pride to be the French man, born in Haiti “with Belgian forebears.” His new polished accent used to express himself in French, to show his gratitude to his new country, could not be “more seductive and moving.” His profound expression of “love for an insignificant French country town” is the direct “proof of his intellectual freedom.” Tanbou (2003)&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="color: black; font-family: serif; font-size: 12pt;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: sans-serif; font-size: 11pt; line-height: normal; margin-bottom: 10pt; margin-left: 0in; margin-right: 0in; margin-top: 0in;"&gt;&lt;span style="font-family: sans-serif; font-size: 10pt;"&gt;A resident of Lezignan-Corbières, France, since 1986, where he was finally able to unbox his 7,000-book library, Depestre became a French citizen in 1991, the same country in 1950 that declared him persona non grata for his anti-colonization activities, and ordered him to vacate Paris in 24 hours. Most of the same countries are still being colonized under the code name of French Overseas Departments.&lt;/span&gt;&lt;span style="color: black; font-family: serif; font-size: 12pt;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: sans-serif; font-size: 11pt; line-height: normal; margin-bottom: 10pt; margin-left: 0in; margin-right: 0in; margin-top: 0in;"&gt;&lt;span style="font-family: sans-serif; font-size: 10pt;"&gt;It is all right for an artist to choose whatever means that he or she deems necessary to publish his works, as I indicated earlier. However, trying to use clumsy formulas to explain one’s choice of language is demeaning for an author as prestigious as Depestre. Here, I must say, I find, just like Tanbou (2003) his “off-handedness intolerable and his baseness” quite humiliating expedient, if not revolutionary repugnant.&lt;/span&gt;&lt;span style="color: black; font-family: serif; font-size: 12pt;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: sans-serif; font-size: 11pt; line-height: normal; margin-bottom: 10pt; margin-left: 0in; margin-right: 0in; margin-top: 0in;"&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="font-family: sans-serif; font-size: 10pt;"&gt;From Revolutionary Romanticism to Reactionary Vulgarism&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;span style="font-family: sans-serif; font-size: 10pt;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="color: black; font-family: serif; font-size: 12pt;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: sans-serif; font-size: 11pt; line-height: normal; margin-bottom: 10pt; margin-left: 0in; margin-right: 0in; margin-top: 0in;"&gt;&lt;span style="color: black; font-family: sans-serif; font-size: 10pt;"&gt;Since his spectacular entry to the Haitian political stage in 1946, along with legendary revolutionaries like Alexis and Bloncourt, Depestre held the revolutionary bar head-on until his shocking volte-face in 1971. Born in Jacmel in 1926, Depestre was only 19 when he gained fame for his contribution in forcing the dictatorship of Elie Lescot from power in 1946. Then he vanished from the scene to reappear a few years later in the streets of Paris where he was later expelled for his revolutionary activities. Depestre never practiced a proactive militancy in Haiti since 1946; but as a world acclaimed author and poet “in rage,” Haiti was never far from his heart, describing it and all that exist dans l’imaginaire haitien in almost all of his works. &amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="color: black; font-family: serif; font-size: 12pt;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: sans-serif; font-size: 11pt; line-height: normal; margin-bottom: 10pt; margin-left: 0in; margin-right: 0in; margin-top: 0in;"&gt;&lt;span style="color: black; font-family: sans-serif; font-size: 10pt;"&gt;His literary life could be summarized in two folds, not counting his current state of being. First, there is the synthesis between the negritude, Jacques Roumain’s version and Marxism. Second, there is the profound affiliation with Marvelous Realism of Alejo Carpentier. Flamboyant leader of the Five Glorious, as they called the “revolution” of 1946, Depestre explained to Frantz Leconte the it was he and Theodore Baker who took the initiative to create the newspaper La Ruche (The Hive), implicitly recognizing that it was neither Alexis nor Bloncourt.&lt;/span&gt;&lt;span style="color: black; font-family: serif; font-size: 12pt;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: sans-serif; font-size: 11pt; line-height: normal; margin-bottom: 10pt; margin-left: 0in; margin-right: 0in; margin-top: 0in;"&gt;&lt;span style="color: black; font-family: sans-serif; font-size: 10pt;"&gt;But in Le Regard Engagé (The Profound Gaze), Bloncourt’s autobiography published last year, a different account of the historical movement was given.&amp;nbsp; According to Bloncourt, it was he and Alexis who decided to meet Depestre after the release of his first publication in 1945 Etincelles (Spikes) with “its violent revolutionary accent, electrified the [entire] young generation of students.” Bloncourt continues, “The same night, I recruited him. Then, he was part of a small group of classmates—Theodore Baker, Kesler Clermont, Marcel Boni, Gerard Chenet, Georges Beaufils, René Lafontant—who called themselves ‘La Clique,’ gathering daily in the proximity of the Champs De Mars,” not far from the presidential palace. Long before he met Depestre, he had already befriended Alexis. It was under advice of Alexis that Bloncourt went on to recruit Depestre. “After several meets…, I judged that the time was right to present him to Jacques [Alexis],” Bloncourt continues. “At first, he refused to meet the son of Stephen Alexis whom he called a bourgeois politician. I made him understand that neither Marx nor Lenin nor Jacques Roumain was a proletarian. [To these words], he finally agreed to meet him. The meeting took place the next day at the residence of Edris Saint-Amand in the presence of Roger Mercier, Max Menard, the cousin Edouard and myself.”&lt;/span&gt;&lt;span style="color: black; font-family: serif; font-size: 12pt;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: sans-serif; font-size: 11pt; line-height: normal; margin-bottom: 10pt; margin-left: 0in; margin-right: 0in; margin-top: 0in;"&gt;&lt;span style="color: black; font-family: sans-serif; font-size: 10pt;"&gt;The idea of La Ruche came out of a need to create a newspaper that Alexis wanted to be “the vanguard and the main propaganda machine for their cause.” Because, the repression was unbearable and the secret police were everywhere, they wanted to do something that would be above all suspicions. They chose Depestre to be the Director, since he was already a well-known figure, for Etincelles was published in the government press. As expected, Depestre declined. He judged the post of chief editor would suit him best, for he had already earned respect in the eyes of the intelligentsia. And when he was offered the latter post, he accepted, with glee, in a heartbeat, according to Bloncourt. Today, if he finds it flattering to praise Baker for their “initiative” to create La ruche is because he has ideologically reconciled with him—a man he called “traitor” for abandoning his comrades in the middle of a struggle shortly after Lescot left the country.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="color: black; font-family: serif; font-size: 12pt;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: sans-serif; font-size: 11pt; line-height: normal; margin-bottom: 10pt; margin-left: 0in; margin-right: 0in; margin-top: 0in;"&gt;&lt;span style="color: black; font-family: sans-serif; font-size: 10pt;"&gt;Years later, in the early seventies, came his turn to say goodbye to all of these. A direct attack against Cuba marked the beginning of his newfound “freedom” after a “long crossing du désert communiste.” Desert? It is hard to imagine that Depestre’s life “in the other side” could be described as “desert.”&lt;/span&gt;&lt;span style="color: black; font-family: serif; font-size: 12pt;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: sans-serif; font-size: 11pt; line-height: normal; margin-bottom: 10pt; margin-left: 0in; margin-right: 0in; margin-top: 0in;"&gt;&lt;span style="color: black; font-family: sans-serif; font-size: 10pt;"&gt;A crossing that started with a humble meet with Roumain in 1944 while hitchhiking in northern Port-au-Prince where Roumain picked him up, took him to his home and gleefully gave him access to his lavish library from the then wealthy suburb of Bois Verna. Something that could only bring awe to his heart, telling his awesome story to Frantz Leconte in October of 1995 in New York, at the same time admitting his meeting with Ho Chi Minh, his heated debate with Alione Diop in Présence Africaine, his collaboration with Pablo Neruda, his meetings with Che Guevara, and his diplomatic missions on behalf of the Cuban Revolution. This does not sound like an empty life; but rather one that is full of actions and accomplishments.&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="color: black; font-family: serif; font-size: 12pt;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: sans-serif; font-size: 11pt; line-height: normal; margin-bottom: 10pt; margin-left: 0in; margin-right: 0in; margin-top: 0in;"&gt;&lt;span style="color: black; font-family: sans-serif; font-size: 10pt;"&gt;Depestre, today, remains a sad figure in the long and difficult march toward Haitian socialism; and his failure to move away from his petit-bourgeois aspirations, like many of his colleagues, remains the fundamental root cause for the historical weakness of the Haitian left. Since his direct hit against Cuba, however, the poet seems to have plunged into the insignificance. No one can be the hero of two diametrically opposed camps. Comandante Zero, who gained fame for his daring attacks against the Somoza regime during the Sandinista revolution in Nicaragua, turned against the same revolution shortly after the grand victory in 1979 to become the leader of the counterrevolution. This has led him to dive from Hero to Zero. Joaquin Villalobos of El Salvador, the flamboyant Salvadoran guerilla leader with a boyish face, who swore to eradicate fascism from his homeland, could not resist when he was guaranteed parliamentary immunity for trading his green-olive uniform for lavish blue suits from Bloomindales. These are prime examples of what could happen to petit-bourgeois, who refuse to reject their social aspirations. “Political treachery has never been the effective domain of the protagonists of the reaction. No one holds the monopoly of the revolution, no matter what he or she has already contributed to the cause,” said J.L. James in The Black Jacobins.&amp;nbsp; But Depestre has already chosen his new camp and appeared to be very excited about it, wishing good luck to Haiti and hoping that the “Americans will help constitute a true State” in Haiti.&lt;/span&gt;&lt;span style="color: black; font-family: serif; font-size: 12pt;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: sans-serif; font-size: 11pt; line-height: normal; margin-bottom: 10pt; margin-left: 0in; margin-right: 0in; margin-top: 0in;"&gt;&lt;span style="color: black; font-family: sans-serif; font-size: 10pt;"&gt;So his choice to write in French with a “Creole flavor” seems to be all that the poet can offer as his contribution to this pertinent debate over the Creole dilemma. His daily struggle with his own inner self and his existential itinerary leave him no room to move beyond the step of Creolization, an anti-Creole formula, an antithesis that is nothing but an implicit rejection to the struggle to restore the mother tongue.&lt;/span&gt;&lt;span style="color: black; font-family: serif; font-size: 12pt;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: sans-serif; font-size: 11pt; line-height: normal; margin-bottom: 10pt; margin-left: 0in; margin-right: 0in; margin-top: 0in;"&gt;&lt;span style="color: black; font-family: sans-serif; font-size: 10pt;"&gt;Glissant, however, remains an important figure in this current debate; but an offer of “accommodation to the cultural order,” artificially imposed by colonial dictates, is clearly unacceptable, for the end-result will be the creation of a “bastard writing falsely qualified as Creolization.” Depestre joins Glissant in this journey because it bears him no effort, no sacrifice, for he already embodies the crossbreeding that Creolazition represents.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="color: black; font-family: serif; font-size: 12pt;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: sans-serif; font-size: 11pt; line-height: normal; margin-bottom: 10pt; margin-left: 0in; margin-right: 0in; margin-top: 0in;"&gt;&lt;span style="color: black; font-family: sans-serif; font-size: 10pt;"&gt;Finally, it leaves me no other choice, but to accuse Depestre as a traitor, to “condemn him for high treason, and for abandonment of endangered people.”&amp;nbsp; I believe that the dream of a vibrant and healthy Creole can only be realized through the genuine praxis of all educated children of the Caribbean Creolophone. Writers, educators, intellectuals, scientists, respectable political militants, and others must play a proactive role through their works, in Creole, in order to bring the mother tongue to the same elevation as other “mainstreamed” languages. “La belle amour humaine would not come to cultures that lie on the roast,” acknowledged, once upon a time, Depestre.&lt;/span&gt;&lt;span style="color: black; font-family: serif; font-size: 12pt;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: sans-serif; font-size: 11pt; line-height: normal; margin-bottom: 10pt; margin-left: 0in; margin-right: 0in; margin-top: 0in;"&gt;&lt;span lang="FR" style="color: black; font-family: sans-serif; font-size: 10pt;"&gt;References&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="color: black; font-family: serif; font-size: 12pt;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: sans-serif; font-size: 11pt; line-height: normal; margin-bottom: 10pt; margin-left: 0in; margin-right: 0in; margin-top: 0in;"&gt;&lt;span lang="FR" style="color: black; font-family: sans-serif; font-size: 10pt;"&gt;Bernabé, J., Chamoiseau, P., Confiant, R. Éloge de la Créolité. Gallimard, 1989.&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="color: black; font-family: serif; font-size: 12pt;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: sans-serif; font-size: 11pt; line-height: normal; margin-bottom: 10pt; margin-left: 0in; margin-right: 0in; margin-top: 0in;"&gt;&lt;span lang="FR" style="color: black; font-family: sans-serif; font-size: 10pt;"&gt;Bloncourt, G. Le Regard Engagé. Parcours D’un Franc-Tireur de L’image.&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="color: black; font-family: sans-serif; font-size: 10pt;"&gt;Paris, Edition Bourin, 2004.&lt;/span&gt;&lt;span style="color: black; font-family: serif; font-size: 12pt;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: sans-serif; font-size: 11pt; line-height: normal; margin-bottom: 10pt; margin-left: 0in; margin-right: 0in; margin-top: 0in;"&gt;&lt;span style="color: black; font-family: sans-serif; font-size: 10pt;"&gt;Britton, C. Edouard Glissant and Post-Colonial Theory.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="color: black; font-family: sans-serif; font-size: 10pt;"&gt;Carnegie University press.&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="color: black; font-family: serif; font-size: 12pt;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: sans-serif; font-size: 11pt; line-height: normal; margin-bottom: 10pt; margin-left: 0in; margin-right: 0in; margin-top: 0in;"&gt;&lt;span lang="FR" style="color: black; font-family: sans-serif; font-size: 10pt;"&gt;Chamoiseau, P., Confiant, R. Lettres Créoles. Paris, Gallimard 1999.&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="color: black; font-family: serif; font-size: 12pt;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: sans-serif; font-size: 11pt; line-height: normal; margin-bottom: 10pt; margin-left: 0in; margin-right: 0in; margin-top: 0in;"&gt;&lt;span lang="FR" style="color: black; font-family: sans-serif; font-size: 10pt;"&gt;Depestre, R. Métier a Métisser. Editions Stock, Paris, 1998.&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="color: black; font-family: serif; font-size: 12pt;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: sans-serif; font-size: 11pt; line-height: normal; margin-bottom: 10pt; margin-left: 0in; margin-right: 0in; margin-top: 0in;"&gt;&lt;span lang="FR" style="color: black; font-family: sans-serif; font-size: 10pt;"&gt;Depestre, R. René Depestre par Lui-Même.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="color: black; font-family: sans-serif; font-size: 10pt;"&gt;Interview with Frantz Leconte in New York, 1995.&lt;/span&gt;&lt;span style="color: black; font-family: serif; font-size: 12pt;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: sans-serif; font-size: 11pt; line-height: normal; margin-bottom: 10pt; margin-left: 0in; margin-right: 0in; margin-top: 0in;"&gt;&lt;span lang="FR" style="color: black; font-family: sans-serif; font-size: 10pt;"&gt;Depestre, R. Hadriana dans Tous mes Rêves. Montreal: CIDIHCA, 1993.&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="color: black; font-family: serif; font-size: 12pt;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: sans-serif; font-size: 11pt; line-height: normal; margin-bottom: 10pt; margin-left: 0in; margin-right: 0in; margin-top: 0in;"&gt;&lt;span lang="FR" style="color: black; font-family: sans-serif; font-size: 10pt;"&gt;Depestre, R. Haiti dans Tous mes Rêves.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="color: black; font-family: sans-serif; font-size: 10pt;"&gt;Interview with Ghila Sroka. Montreal, 1997.&lt;/span&gt;&lt;span style="color: black; font-family: serif; font-size: 12pt;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: sans-serif; font-size: 11pt; line-height: normal; margin-bottom: 10pt; margin-left: 0in; margin-right: 0in; margin-top: 0in;"&gt;&lt;span style="color: black; font-family: sans-serif; font-size: 10pt;"&gt;Edouard, G. Writing As Mangrove.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="color: black; font-family: sans-serif; font-size: 10pt;"&gt;Art Press, November 2000.&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="color: black; font-family: serif; font-size: 12pt;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: sans-serif; font-size: 11pt; line-height: normal; margin-bottom: 10pt; margin-left: 0in; margin-right: 0in; margin-top: 0in;"&gt;&lt;span lang="FR" style="color: black; font-family: sans-serif; font-size: 10pt;"&gt;Edouard, G. Introduction à une Poétique Du Divers. Paris, Gallimard, 1996.&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="color: black; font-family: serif; font-size: 12pt;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: sans-serif; font-size: 11pt; line-height: normal; margin-bottom: 10pt; margin-left: 0in; margin-right: 0in; margin-top: 0in;"&gt;&lt;span lang="FR" style="color: black; font-family: sans-serif; font-size: 10pt;"&gt;Edouard, G. Le Discours Antillais.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="color: black; font-family: sans-serif; font-size: 10pt;"&gt;Paris, Gallimard, 1997.&lt;/span&gt;&lt;span style="color: black; font-family: serif; font-size: 12pt;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: sans-serif; font-size: 11pt; line-height: normal; margin-bottom: 10pt; margin-left: 0in; margin-right: 0in; margin-top: 0in;"&gt;&lt;span style="color: black; font-family: sans-serif; font-size: 10pt;"&gt;Fanon, F. Black Skin, White Mask. Translated by Charles Lam Markman. New York, Grove Press, 1967. Note: The original version was released in Paris in 1952 under the French title : Peau Noire, Masque Blanc.&lt;/span&gt;&lt;span style="color: black; font-family: serif; font-size: 12pt;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: sans-serif; font-size: 11pt; line-height: normal; margin-bottom: 10pt; margin-left: 0in; margin-right: 0in; margin-top: 0in;"&gt;&lt;span style="color: black; font-family: sans-serif; font-size: 10pt;"&gt;James, C.L.R. The Black Jacobins. Toussaint L’ouverture and The San Domingo Revolution. &amp;nbsp;Second Edition, Revised. New York, Vintage Books 1963.&lt;/span&gt;&lt;span style="color: black; font-family: serif; font-size: 12pt;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: sans-serif; font-size: 11pt; line-height: normal; margin-bottom: 10pt; margin-left: 0in; margin-right: 0in; margin-top: 0in;"&gt;&lt;span style="color: black; font-family: sans-serif; font-size: 10pt;"&gt;Madiou, T. Histoire d’Haiti.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="color: black; font-family: sans-serif; font-size: 10pt;"&gt;Volume1. Port-au-Prince. Edition Henry Des Champs&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="color: black; font-family: serif; font-size: 12pt;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: sans-serif; font-size: 11pt; line-height: normal; margin-bottom: 10pt; margin-left: 0in; margin-right: 0in; margin-top: 0in;"&gt;&lt;span lang="FR" style="color: black; font-family: sans-serif; font-size: 10pt;"&gt;Tontongi. Déconstruire Edouard Glissant et René Depestre: Questions sur la Créolisation.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style="color: black; font-family: sans-serif; font-size: 10pt;"&gt;Tanbou 2003. (Tanbou can be read online : www.tanbou.com)&lt;/span&gt;&lt;span style="color: black; font-family: serif; font-size: 12pt;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: sans-serif; font-size: 11pt; line-height: normal; margin-bottom: 10pt; margin-left: 0in; margin-right: 0in; margin-top: 0in;"&gt;&lt;span style="color: black; font-family: sans-serif; font-size: 10pt;"&gt;Wolfram, W. Linguistics. Linguistic Society of America. North Carolina State university Press.&lt;/span&gt;&lt;span style="color: black; font-family: serif; font-size: 12pt;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: sans-serif; font-size: 11pt; line-height: normal; margin-bottom: 10pt; margin-left: 0in; margin-right: 0in; margin-top: 0in;"&gt;&lt;span style="color: black; font-family: sans-serif; font-size: 10pt;"&gt;Dr. Ardain Isma is a Cross-Cultural Studies professor at Nova Southeastern University and at Broward Community College. He is the author of&amp;nbsp;&lt;i&gt;Alicia Maldonado: A Mother Lost&lt;/i&gt;. He also heads The Center for Strategic and Multicultural Studies near Fort Lauderdale, Florida. He lives with his wife and children in Plantation, Florida.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/28026645-8809757046889083781?l=espas-ayisyen-toulouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/_ZsFlDw3QA2963ajk-gJzHsu17Q/0/da"&gt;&lt;img src="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/_ZsFlDw3QA2963ajk-gJzHsu17Q/0/di" border="0" ismap="true"&gt;&lt;/img&gt;&lt;/a&gt;&lt;br/&gt;
&lt;a href="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/_ZsFlDw3QA2963ajk-gJzHsu17Q/1/da"&gt;&lt;img src="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/_ZsFlDw3QA2963ajk-gJzHsu17Q/1/di" border="0" ismap="true"&gt;&lt;/img&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;img src="http://feeds.feedburner.com/~r/EspasAyisyenToulouse/~4/QeU166ss-rg" height="1" width="1"/&gt;</content><link rel="replies" type="application/atom+xml" href="http://espas-ayisyen-toulouse.blogspot.com/feeds/8809757046889083781/comments/default" title="Publier les commentaires" /><link rel="replies" type="text/html" href="http://www.blogger.com/comment.g?blogID=28026645&amp;postID=8809757046889083781" title="0 commentaires" /><link rel="edit" type="application/atom+xml" href="http://www.blogger.com/feeds/28026645/posts/default/8809757046889083781?v=2" /><link rel="self" type="application/atom+xml" href="http://www.blogger.com/feeds/28026645/posts/default/8809757046889083781?v=2" /><link rel="alternate" type="text/html" href="http://feedproxy.google.com/~r/EspasAyisyenToulouse/~3/QeU166ss-rg/2010_11_01_archive.html" title="Caribbean creolophone dilemma" /><author><name>Inisyativ Ayisyen Toulouse</name><email>noreply@blogger.com</email></author><thr:total>0</thr:total><feedburner:origLink>http://espas-ayisyen-toulouse.blogspot.com/2010_11_01_archive.html#8809757046889083781</feedburner:origLink></entry><entry gd:etag="W/&quot;AkYESH08fCp7ImA9WxFbFEg.&quot;"><id>tag:blogger.com,1999:blog-28026645.post-8885196561131343741</id><published>2010-07-07T01:14:00.001+02:00</published><updated>2010-07-07T01:15:09.374+02:00</updated><app:edited xmlns:app="http://www.w3.org/2007/app">2010-07-07T01:15:09.374+02:00</app:edited><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="post-séisme" /><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="interview" /><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="chomsky" /><title>Interview post-séisme</title><content type="html">&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: red; font-size: large;"&gt;L’aide pour le séisme d’Haïti devrait être distribuée aux organisations haïtiennes, pas aux O.N.G. ni aux entrepreneurs&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Noam Chomsky&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;VO : Counterpunch, 9 mars 2010&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;VF : CHOMSKY.fr, 11 avril 2010&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Traduction : T. pour CHOMSKY.fr&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Interview mené par Keane Bhatt&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Noam Chomsky est un analyste et activiste qui soutient les haïtiens depuis des décennies. Outre sa carrière révolutionnaire en linguistique au MIT, il écrit, donne des conférences et proteste contre l’injustice depuis 40 ans. Il est le co-auteur, avec Paul Farmer et Amy Goodman, de « Faire réellement fonctionner Haïti cette fois-ci : les E.U. et le coup d’état ». Son analyse « La tragédie d’Haïti », incluse dans son livre de 1993, « Année 501 : la Conquête continue », est disponible gratuitement en ligne (0). Cet entretien fut conduit fin février 2010 par téléphone et courriel. Il fut tout d’abord publié dans le magazine ¡Reclama!. L’intervieweur remercie Peter Hallward pour son aide.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Keane Bhatt: Vous avez récemment signé une lettre dans le Guardian (1) où vous protestiez contre la militarisation des secours d’urgence. Vous y critiquiez la mise en avant du contrôle militaire et sécuritaire au détriment des secours et de l’aide humanitaire.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Noam Chomsky: Je pense qu’il y avait une trop grande insistance sur la militarisation par rapport à l’aide directe au début. Je ne pense pas que cela soit significatif à long terme… Les E.U. ont un avantage comparatif en matière de force militaire. Ils ont tendance à réagir à toute chose par la force militaire en premier lieu, c’est l’un de leurs points forts. Et je pense qu’ils en ont trop fait. Il y avait plus de force militaire que nécessaire. Quelques médecins présents à Haïti, dont ceux de «Partners in Health » implantés depuis longtemps là-bas, ont ressenti une forme de racisme à croire [NdT : les E.U.] que les haïtiens allaient se révolter et qu’ils devaient être contrôlés bien qu’il n’y ait pas eu de signes avant-coureurs : tout était très calme et tranquille. L’accent sur la militarisation a probablement retardé d’une manière ou d’une autre l’arrivée des secours. J’ai suivi la critique générale de la pétition, qu’il y avait trop de militarisation.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;K. B. : Si cette militarisation de l’aide n’était pas intentionnellement extrême mais plutôt une réponse par défaut des E.U., est ce uniquement le fait d’un heureux hasard qu’une présence massive de troupes soit disponible pour gérer les protestations populaires rapidement grandissantes à la suite du séisme ? Un groupe étonnamment important et politisé composé de survivants s’est déjà mobilisé pour demander le retour d’Aristide, des réparations françaises plutôt que la charité, etc etc…&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;N.C. : Jusqu’à présent, au moins, je n’ai pas eu connaissance d’emploi des troupes pour maîtriser les protestations. Cela pourrait venir, mais je soupçonne une préoccupation plus urgente, à savoir le désastre imminent de la saison des pluies, terrible à envisager.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;K.B. : En ce qui concerne les secours, mis à part « Partners in Health », Al Jazeera nota que l’équipe médicale cubaine fut la première à installer des installations médicales parmi les décombres et qu’elle représente le plus gros contingent de personnel médical en Haïti, et cela date d’avant le séisme. Si son travail au Pakistan (séisme de 2005) nous indique quelque chose, c’est qu’elle sera probablement la dernière à partir. Cuba semble avoir une conduite exemplaire, vieille de plusieurs décennies, dans l’aide étrangère.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;N.C. : Et bien les cubains étaient déjà présents avant le tremblement de terre. Ils avaient deux cents médecins présents. Et oui, ils ont envoyé très rapidement des médecins et ils ont monté des installations médicales tout aussi rapidement. Le Venezuela a aussi envoyé de l’aide très vite, et c’est aussi le premier et le seul pays à totalement annuler la dette. Cette dernière était considérable à cause de PetroCaribe, et c’est plutôt frappant de constater que le Venezuela et Cuba ne furent pas invités à la réunion des donateurs de Montréal.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;En fait le premier ministre d’Haïti, Bellerive, a remercié chaleureusement trois pays: la République Dominicaine, Cuba et le Venezuela pour leur rapide intervention. Ce qu’a dit Al Jazeera sur le Pakistan est tout à fait correct. Lors de ce terrible tremblement de terre il y a deux ans, les cubains furent les seuls à aller dans les zones très difficiles en hauteur dans les montagnes, où il est très difficile d’y vivre. Ils furent ceux qui restèrent après que tout les autres soient partis. Et rien de tout ça n’est dit aux Etats-Unis. Mais le fait est que, quoi que vous pensiez de Cuba, son internationalisme est vraiment spectaculaire. Et les gens qui travaillent à Haïti depuis des années ont été impressionnés par l’aide médicale cubaine lorsqu’ils étaient au Pakistan. C’est une vieille histoire. Ce que je veux dire, c’est que la contribution de Cuba à la libération de l’Afrique est simplement massive. Et vous pouvez trouver ceci par des recherches approfondies, mais le public ne sait rien de tout ça.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;K.B. : Sur ce point, vous avez parlé du fait que les “états ne sont pas des agents moraux. Ils agissent dans leurs propres intérêts. Et cela signifie les intérêts de forces puissantes existantes en leur sein». Comment l’histoire de l’œuvre humanitaire exemplaire de l’état cubain s’insère dans cette pensée ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;N.C. : Et bien je pense que c’est juste une composante fondamentale de la révolution cubaine que d’avoir un très haut niveau d’internationalisme. Ce que je veux dire, c’est que ces exemples que vous avez mentionnés en sont une bonne représentation, mais le cas le plus extrême fut la libération de l’Afrique. Prenez le cas de l’Angola par exemple, il y a de véritables rapports entre Cuba et l’Angola (La majorité de la population cubaine vient d’Angola). Mais l’Afrique du Sud, avec le soutien des E.U., après la chute de l’empire portugais, a envahi l’Angola et le Mozambique pour y établir leur propre régime fantôme. Ils essayaient de protéger la Namibie, l’apartheid, et personne ne s’est vraiment bougé. Mais les cubains ont envoyé des forces, qui plus est des soldats noirs, et ils ont battu une armée de mercenaires blancs, ce qui a non seulement libéré l’Angola mais a aussi envoyé un signal fort à travers le continent, un choc psychique : les mercenaires blancs étaient prétendument invincibles, et une armée noire les bat et les renvoient vers l’Afrique du Sud, en fuite. Et bien cela donna un sérieux coup de fouet aux mouvements de libération, ce fut aussi une leçon donnée aux Sud-africains blancs, et un signe que la fin approchait. Ils ne pouvaient pas juste espérer soumettre le continent sur des bases racistes. Bon, cela n’arrêta pas les guerres. Les attaques sud-africaines en Angola et au Mozambique continuèrent jusqu’à la fin des années 80, avec un important soutien des E.U. Ce n’était pas une plaisanterie. Selon les estimations de l’ONU, ils tuèrent rien de moins qu’un million et demi de personnes. Néanmoins, l’intervention cubaine eut un fort impact, et sur les autres pays d’Afrique aussi. Et l’un des aspects les plus frappants de tout ceci est qu’ils ne s’en attribuèrent pas le mérite. Ils voulaient qu’il revienne aux mouvements nationalistes en Afrique. Et en fait, rien de ceci ne fut donc connu jusqu’à ce qu’un chercheur américain, Piero Gleijeses, n’en déterre les preuves dans les archives cubaines, parmi des sources africaines et qu’il les publient dans des journaux académiques et un ouvrage universitaire. C’est une histoire tout simplement stupéfiante mais à peine connue, une personne sur un million en a déjà entendu parlé.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;K.B. : Vous avez mentionné l’annulation de la dette vénézuélienne. Au même moment, le G7 est en train d’éliminer la dette bilatérale. Pourquoi?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;N.C. : Et bien ils en parlent, c’est vrai. Les vénézuéliens furent les premiers, et ils ont entièrement annulé la dette. Le G7 a refusé. Lors de la réunion de Montréal, ils ont refusé d’aborder le sujet. Par la suite ils ont indiqué qu’ils pourraient faire quelque chose. Ils sont peut-être embarrassés par le geste vénézuélien. Mais je ne suis pas sûr de ce qu’il en est réellement. Quant au F.M.I., qui fondamentalement est un rejeton du département du Trésor des E.U., ils en ont parlé mais jusqu’à présent ils n’ont pas convenu, pour autant que je le sache, d’annuler la dette.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;K.B. : Bellerive, le premier ministre d’Haïti, a remercié la République Dominicaine, Cuba et le Venezuela. La première a été louée pour ses efforts : fournir de la nourriture, des matériaux et des soins médicaux par exemple. Mais dans le même temps des renseignements à la frontière indiquent que des troupes dominicaines déportent manu militari les parents des patients haïtiens et parfois même ces derniers, à Jimani par exemple. Quelle est votre position sur ces développements contradictoires et y a-t-il un contexte historique que vous souhaitez mentionner ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;N.C. : Et bien, ce que fait la République Dominicaine doit être décidé par les dominicains, mais la chose bien plus frappante, de mon point de vue, est que les E.U. n’ont accueilli personne, pratiquement aucun réfugié, même pour des traitements médicaux. Et ce fut durement condamné par le doyen de l’Université de l’Ecole Médicale de Miami, qui pensait que c’était tout bonnement criminel de ne pas ramener des haïtiens à Miami, où des installations médicales fantastiques sont disponibles, alors que les opérations de chirurgie s’effectuent avec des scies à métaux à Haïti. Et en fait, l’une des premières réactions des E.U. au séisme fut d’envoyer les Gardes Côte pour s’assurer qu’il n’y aurait nulle tentative de fuite d’Haïti. C’est proprement atroce. Les E.U. sont le pays le plus riche au monde, voisin d’Haïti. Ils devraient offrir tous les moyens d’assistance possibles.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il y a un certain contexte à prendre en compte ici. Le séisme fut une catastrophe de classe. Il n’a pas fait grand mal à l’élite riche des collines, ils furent secoués mais non détruits. D’un autre côté les gens qui vivaient dans les bidonvilles urbains miséreux, un grand nombre d’entre eux, furent dévastés. Deux cent milles furent tués peut-être. Comment se fait-il qu’ils vivaient là ? Ils y vivaient car, cela date de l’époque du système colonial français, au siècle passé, car cela provient des politiques des E.U., des politiques récurrentes.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;K.B. : Vous parlez de l’éradication par la force de l’agriculture paysanne dans les années 90?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;N.C. : Cela a débuté avec Woodrow Wilson. Lorsqu’il a envahi l’Hispaniola, Haïti et la République Dominicaine, son invasion fut particulièrement brutale dans les deux régions. Mais ce fut bien pire à Haïti. Et les raisons furent clairement spécifiées.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;K.B. : Le racisme.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;N.C. : Oui. Le département d’Etat déclara que, et bien, les dominicains avaient un peu de sang européen et qu’ils n’étaient donc pas si mauvais. Mais les haïtiens sont de purs nègres. Wilson envoya donc les marines pour dissoudre le parlement haïtien vu qu’il ne voulait pas permettre aux entreprises états-uniennes d’acheter des terrains. Et il les a forcé à le faire. C’est l’une des nombreuses atrocités et crimes qui ont eu lieu. Pour rester sur le même sujet, cela accéléra la destruction de l’agriculture haïtienne et l’exode du peuple, de la campagne vers les villes. Ceci continuait encore sous Reagan. Sous Reagan, USAID et la Banque Mondiale mirent en place des programmes très explicites, créés spécialement pour détruire l’agriculture haïtienne. Ils ne s’en sont pas cachés. Ils argumentèrent qu’Haïti ne devait pas avoir de système agricole mais des usines d’assemblages, avec des femmes qui cousent des balles de baseball dans des conditions misérables. Ce fut un autre coup dur pour l’agriculture haïtienne, mais néanmoins, même sous Reagan, Haïti produisait la majorité de son propre riz quand Clinton est arrivé.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Lorsque Clinton remit au pouvoir Aristide, Clinton soutenant bien évidemment la junte militaire, ce qui est un autre petit secret… Il la soutenait vigoureusement en fait. Il permit même à la Texaco Oil Company d’envoyer du pétrole en violation des directives présidentielles (Bush père a fait de même)… Bref, il autorisa finalement le retour du président, mais à condition qu’il accepte les programmes de Marc Bazin, le candidat soutenu par les E.U. qu’il avait battu lors des élections de 1990. Et cela signifiait un programme néolibéral sévère, sans barrières douanières. Ce qui signifiait qu’Haïti devait importer son riz et d’autres marchandises agricoles des E.U. via l’agroalimentaire états-unien, qui obtient une grande partie de ses bénéfices grâce aux subventions de l’état. Vous avez donc l’agroalimentaire états-unien fortement subventionné qui fait couler à flot ses marchandises agricoles sur Haïti ; les riziculteurs haïtiens sont efficaces mais personne ne peut concurrencer ceci, ce qui a donc accéléré la fuite vers les villes. Et ce n’était pas comme si ils ne savaient pas ce qui allait se produire. USAID publiait des rapports en 1995 qui disaient que oui, cela va détruire l’agriculture haïtienne et que c’était une bonne chose. Et vous avez la fuite vers les villes et les émeutes de la faim en 2008 car ils ne peuvent produire leur propre nourriture. Et vous avez maintenant cette ‘catastrophe de classe’. Avec ce passé, dont ce n’est qu’un maigre extrait, les E.U. devraient payer des réparations massives, pas uniquement des secours. Et la France aussi. Le rôle joué par les français est monstrueux.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;K. B. : Puis-je demander, en ce qui concerne Aristide qui se languissait en exile, si il a eu raison de retourner à Haïti en 1994 de la façon dont il l’a fait, accompagné des troupes états-uniennes ? Et aussi, a-t-il eu raison d’accepter, sous une énorme pression bien sûr, les réformes néolibérales explicitées dans les accords de Paris ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;N. C. : Et bien j’étais à Haïti presque à cette époque, en 1993. J’y suis resté un bout de temps, alors que la terreur atteignait son pic. J’ai été dans beaucoup d’endroits affreux dans le monde. Parmi les pires en fait. Mais je ne pense pas avoir vu quelque chose s’approchant de la terreur et de la misère qu’il y avait à Haïti sous la junte, avec Clinton qui la soutenait à l’époque. Il y avait beaucoup d'échanges, j’ai par exemple parlé avec feu le père Gérard Jean-Juste, l’une des personnalités les plus populaires d’Haïti, que le gouvernement avait récemment contraint à la clandestinité. Il était alors dans caché dans une église mais des amis haïtiens m’emmenèrent jusqu’à lui. Il était très proche d’une grande partie de la population. J’ai discuté avec des dirigeants syndicaux qui avaient été battus et torturés mais souhaitaient parler, avec des activistes et d’autres. Et ce que la plupart me dirent était, le père Jean-Juste par exemple, ce qu’il m’a dit était : « Ecoutez, je ne veux pas d’une invasion de marines, je pense que c’est une mauvaise idée. Mais d’un autre côté, mon peuple, les gens dans les bidonvilles, La Saline, Cité Soleil et les autres, ils n’en peuvent plus ». Il me disait que « la torture est trop atroce, la terreur est trop affreuse. Ils accepteront tout ce qui y mettra un terme ». Et c’était le dilemme. Je n’ai pas de réponse à ça.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;K.B. : Est-ce qu’Aristide a eu tort de contester les appels (par certains de ses sympathisants les plus militants) à la lutte armée en Haïti afin de restaurer la démocratie après le coup d’état de 1991 ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;N.C. : Pas selon moi. La lutte armée aurait mené à un horrible massacre.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;K.B. : Le 17 Février, Sarkozy fut accueilli par des manifestations de rue de plusieurs milliers d’Haïtiens qui brandissaient des images d’Aristide en demandant son retour et des réparations pour ce que la France extorqua en échange de la reconnaissance de l’indépendance d’Haïti. Pendant cette allocution, Préval fut hué et il se retira dans sa jeep. Avec ce genre de sentiment qui se développe à Haïti actuellement, voyez vous le retour d’Aristide comme une priorité importante, ou est-ce quelque chose de souhaitable mais de ne pas si urgent que cela ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;N.C. : Et bien la réponse à cette question va être donné à Washington. Les E.U. et la France, les deux tortionnaires traditionnels d’Haïti, ont en réalité kidnappé Aristide en 2004 après avoir bloqué toute aide internationale au pays sous des prétextes douteux, sans base crédible, ce qui a bien évidemment grandement atteint cette économie fragile. Le chaos s'ensuivit et les E.U, la France et le Canada (2) sont arrivés, ont kidnappé Aristide – ils ont dit l’avoir secouru mais ils l’ont kidnappé en fait -, l’ont envoyé en Afrique centrale, son parti Fanmi Lavalas est interdit, ce qui explique probablement la très faible participation lors des récentes élections, et les E.U. ont et continue d’essayer non seulement de garder Aristide hors d’Haïti mais de l’hémisphère tout entier.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;K.B. : De quelle façon Aristide est-il contraint de rester exilé ? Par quels moyens exactement son statut de persona non grata est-il maintenu et par qui ? Qu’est-ce qui l’empêche de se rendre dans un pays bien disposé proche d’Haïti, comme le Venezuela par exemple ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;N.C. : Il pourrait y aller, mais si il essayait d’aller en République Dominicaine par exemple, ils ne le laisseraient pas entrer. Et il y a de bonnes raisons à cela. Les affaires internationales sont très semblables à la mafia, et le petit commerçant n’offense pas le parrain. C’est trop dangereux. On peut prétendre le contraire, mais cela fonctionne ainsi. Il y eut un pays, la Jamaïque si je me souviens bien, qui autorisa l’entrée d’Aristide malgré des pressions et protestations états-uniennes importantes. Peu de pays veulent prendre le risque d’offenser les E.U. C’est une superpuissance dangereuse, violente. Je n’ai pas besoin de vous le dire, vous connaissez l’histoire de la République Dominicaine. Je n’ai pas besoin de vous expliquez que ça fonctionne de cette façon.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;K.B. : En se basant, comme vous le dites, sur l’héritage historique des E.U. en République Dominicaine, pouvons nous nous tourner vers le passé récent de cette dernière ? Etant donné que cette aide humanitaire est fournie au nom de la R.D. et qu’elle remplit le vide laissé par un état haïtien faible, si nous remontons aux évènements qui mènent au coup d’état de 2004, la déstabilisation active se déroula sous l’égide des E.U. via l’entraînement des rebelles paramilitaires, Guy Philippe et Louis Jodel Chamblain…&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;N.C. : Je sais. Ils leur avaient fournis une base.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;K.B. : N’y a t’il pas une sorte de contradiction d’assurer la charité pour des gens que vous vous êtes efforcés de déstabiliser et de déstructurer ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;N.C. : Et bien vous pouvez appeler ça une contradiction si vous le souhaitez, mais c’en est une aussi pour Sarkozy et Clinton que d’apparaître à Haïti sans excuses pour les terribles crimes que la France et les E.U., sous Clinton particulièrement, ont commis contre Haïti. Mais ils ne le font pas. Le dirigeant de Toyota a dû aller au Congrès et s’excuser pendant des heures parce que des personnes ont été tuées par des voitures Toyota, mais est-ce que Clinton doit y aller et s’excuser pour ce qu’il a fait à Haïti ? Il leur a donné un coup fatal. Est-ce que Sarkozy doit s’excuser pour le fait qu’Haïti était la colonie française la plus riche, source d’une bonne part de la richesse française, qu’ils détruisirent le pays et demandèrent ensuite une indemnité pour l’affranchir, dont le pays ne put jamais s'acquitter ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il y a quelques années, en 2002 je pense, Aristide demanda à la France, à Chirac, quelques remboursements pour la lourde dette qu’Haïti avait dû leur payer…&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;K.B. : 21 milliards de dollars…&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;N.C. : Oui, pour cette énorme dette qu’Haïti a dû leur payer. Et ils ont créé une commission dirigée par Régis Debray, un ancien radical. Et la commission affirma que la France n’avait pas besoin de donner quelque compensation que ce soit. En d’autres termes, au début nous volons, puis nous détruisons, et lorsqu’ils demandent un peu d’aide, on leur balance une droite. Ce n’est pas surprenant.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;K.B. : Bien qu’à la même époque, des sources affirmaient qu’alors que la France feignait l’indifférence, elle était en fait inquiète qu’un chef d’état porte plainte avec des preuves documentées écrasantes devant un arbitrage international.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;N.C. : Et bien ils n’avaient pas vraiment à s’inquiéter, puisque vu la façon dont les politiques de puissance fonctionnent, la Cour Pénale Internationale ne peut rien faire. Regardez, il y a un pays dans le monde actuellement qui a refusé d’accepter les décisions de la C.P.I., c’est les E.U. Est-ce que quelqu’un va faire quoi que ce soit quant à ce sujet ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;K.B. : Vous avez mentionné Clinton, actuellement envoyé spécial de l’ONU à Haïti, qui espère courtiser les investisseurs étrangers et continue à se focaliser sur le textile à bas salaires pour le développement économique haïtien. L’objectif de l’économiste néolibéral Paul Collier, conseiller spécial pour l’ONU en 2009, domine la perspective onusienne d’Haïti. Partisan lui-même de la croissance par les ateliers de vêtements, il a fait l’éloge de la très mal aimée force d’occupation MINUSTAH et a même dit que la République Dominicaine « n’est pas engagée dans des types d’activités, telles que le soutien clandestin aux groupes de guérilla, qui atteint beaucoup d’autres états fragiles ». Est-ce qu’un vrai humanitaire comme Paul Farmer, qui représente un modèle de développement différent basé sur des salaires justes, la santé publique et le renforcement de l’état haïtien, influence l’ONU en tant qu’envoyé spécial adjoint ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;N.C. : C’est un choix difficile. Je ne lui reproche pas d’essayer. On vit dans ce monde, pas dans celui que nous voudrions, et il est parfois nécessaire de suivre des chemins difficiles si nous espérons pouvoir fournir au moins un peu d’aide aux personnes qui souffrent. C’est ce qu’on fait le père Jean-Juste et les marines.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;K.B. : Vous avez mentionné la création par les médias d’une distinction artificielle entre la « mauvaise » et « bonne gauche » sud-américaine, en omettant l’importante collaboration du Brésil avec le Venezuela afin de pouvoir maintenir ce point de vue. Cependant, en ce qui concerne Haïti, le Brésil n’a-t-il pas légitimement assuré sa position dans la « bonne gauche » ? Un gouvernement de centre gauche fut le fer de lance de l’occupation MINUSTAH et s’est engagé à augmenter sa présence, après avoir pris le relais des architectes impériaux du coup d’état (E.U., France et Canada). Quels facteurs l’ont rendu si vigoureux pour soutenir un autre président récemment déchu d’un pays également peu important géopolitiquement (Zelaya du Honduras) ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;N.C. : Bonnes questions. Je n’ai rien vu de concret à propos des décisions du Brésil sur ces questions.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;K.B. : Un commentaire sur les médias états-uniens quant à Haïti après le tremblement de terre ? Par exemple, des déclarations telles que « pacte avec le diable » de Pat Robertson, « culture réfractaire au progrès » de David Brooks, les appels au capital transnational afin de créer plus d’usines de vêtements (Kirstof), Aristide décrit comme un despote et un tricheur (John Lee Anderson). Même Amy Wilentz a comparé Aristide avec Duvalier dans le New York Times.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;N.C. : Ce fut principalement exécrable, mais je n’en ai pas gardé trace. Le pire tient dans le fait d’ignorer notre propre rôle scandaleux qui a contribué à cette catastrophe, et le refus consécutif de réagir comme n’importe quelle personne le ferait, avec des réparations massives, dirigées vers les organisations populaires. Il en est de même pour la France.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;K.B. : Ma dernière question concerne le futur: ce furent deux décennies démoralisantes pour la mobilisation populaire, de 1990 à 2010, pour le changement politique en Haiti, et pour comment procéder, et je me demande maintenant que le peuple haïtien s’est battu si durement pendant 25 ans via la démocratie parlementaire et a si peu gagné, quelles leçons ont été apprises et quelles stratégies sont possibles maintenant qu’ils ont épuisé cette approche démocratique, parlementaire ? Il y a eu deux coups d’état et des milliers d’assassinés et torturés pendant ce processus.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;N.C. : Malheureusement, les leçons sont qu’un petit pays faible faisant face à une superpuissance extrêmement hostile et très violente ne fera pas beaucoup de progrès sans un fort mouvement de solidarité à l’intérieur de la superpuissance qui restreindrait ses actions. Avec plus de soutien à l’intérieur des E.U., je pense que les efforts haïtiens auraient pu réussir.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Et c’est valable aujourd’hui. Prenez l’aide qui arrive. Il y a l’aide qui arrive, nous devons montrer que nous sommes sympathiques et ainsi de suite. Mais l’aide devrait parvenir aux organisations populaires haïtiennes. Pas aux entrepreneurs ni aux ONG, mais à aux organisations populaires haïtiennes, et ils devraient décider ce qu’il convient d’en faire. Bien, vous savez que ce n’est pas le plan du G7. Ils ne veulent pas des organisations populaires ; ils n’aiment pas les mouvements populaires ; ils n’aiment pas la démocratie en fait. Ce qu’ils veulent c'est que les riches et les puissants soient aux commandes. Et bien, si il y avait un fort mouvement de solidarité aux E.U. et dans le monde, cela pourrait changer.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Notes :&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;(0) &lt;a href="http://chomsky.fr/livres/an501_08.html"&gt;http://chomsky.fr/livres/an501_08.html&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;(1) &lt;a href="http://www.guardian.co.uk/world/2010/jan/22/haitian-empowerment-prime-goal"&gt;http://www.guardian.co.uk/world/2010/jan/22/haitian-empowerment-prime-goal&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
(2) L’industrie minière canadienne possède d’importants sites d’extraction en Haïti (NdT)&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/28026645-8885196561131343741?l=espas-ayisyen-toulouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/lqw8w2J3a45sEuJrPD9L_-4BqhU/0/da"&gt;&lt;img src="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/lqw8w2J3a45sEuJrPD9L_-4BqhU/0/di" border="0" ismap="true"&gt;&lt;/img&gt;&lt;/a&gt;&lt;br/&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;VO : Exposé à l'occasion du A.E. Havens Center’s Award for Lifetime Contribution to Critical Scholarship, 8 avril 2010&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;VF : CHOMSKY.fr, 8 juin 2010&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Traduction : Cédric Louvet pour CHOMSKY.fr&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Je n’ai pas besoin de dire combien je suis ravi et reconnaissant pour cet honneur, qui offre également l’occasion de jeter un regard sur les années passées. Ce qui me vient à l’esprit le plus nettement ce sont les dernières années, peut-être parce-que j’y ai beaucoup pensé ces derniers temps, pour d’autres raisons. Elles ont été, bien-sûr, des années très formatrices pour moi personnellement, mais je crois que leur importance va malheureusement bien au-delà. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Je suis juste assez vieux pour avoir des souvenirs des discours d’Hitler à la radio il y a 75 ans. Je ne comprenais pas les mots, mais je pouvais facilement saisir la menace du ton et les acclamations de la foule. J’ai écrit mon premier article politique en février 1939, juste après la chute de Barcelone. Je suis sûr qu’il n’avait rien de mémorable. Je m’en souviens beaucoup moins que de l’ambiance de peur et d'appréhension qui régnait. L’article commençait avec ces mots: “L’Autriche tombe, la Tchécoslovaquie tombe, et maintenant Barcelone tombe” – et l’Espagne avec, quelques mois après. Les mots me sont toujours restés à l’esprit, tout comme l’angoisse, la perception des nuages sombres du fascisme se rassemblant sur l’Allemagne, puis l’Europe et peut-être au-delà, une force grandissante d'une inimaginable horreur. Bien que personne ne pouvait prévoir la Shoah ("Holocaust"), la Nuit de Cristal (“Kristallnacht”) avait eu lieu juste quelques semaines auparavant et la fuite désespérée des réfugiés s’était accentuée au fil des ans, beaucoup d’entre eux incapables de croire ce qui était en train de se passer.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Au cours de ces années j’avais également eu ma première expérience avec des intellectuels radicaux – bien qu’ils ne seraient pas appelés “intellectuels” selon la définition standard, qui s’applique à des gens avec statut et privilège qui bénéficient d’une position leur permettant d’atteindre le public avec leurs réflexions sur les affaires humaines et leurs préoccupations. Et puisque le privilège confère une responsabilité, la question qui se pose toujours est de savoir comment utilisent-ils cette responsabilité sujets très vivants durant ces années à travers les travaux d’Erich Fromm, Russell et Dewey, Orwell, Dwight  MacDonald, et d’autres que j’allais connaître bientôt. Mais les intellectuels radicaux de mon enfance étaient différents. C’étaient des personnes de ma famille, des travailleurs, à New York, pour la plupart au chômage pendant la dépression, bien qu’un oncle, qui était handicapé, avait un kiosque à journaux grâce aux mesures du New Deal et pouvait ainsi soutenir une grosse partie de la famille. Mes parents pouvaient aussi aider, à plus petite échelle. En tant que professeurs d'hébreu à Philadelphie, ils avaient cette chance rare de travailler, donc nous avions un flot constant de tantes et de cousins qui vivaient avec nous périodiquement.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Les membres de ma famille de New York avaient une éducation scolaire limitée. Mon oncle, qui s’occupait du kiosque à journaux et qui a eu une énorme influence sur ma jeunesse, n’était pas allé au delà du CM1 (“fourth grade”). Mais ce fut l’un des cercles intellectuels les plus vivants dont j’ai pu faire partie, au moins en périphérie en tant qu’enfant. Il y avait des discussions sans fin à propos de la dernière représentation du Quatuor à Cordes de Budapest, les polémiques entre Stekel et Freud, les politiques radicales et l’activisme, qui atteignait alors des sommets impressionnants. Les sit-in étaient particulièrement importants, juste une étape avant la reprise des usines par les travailleurs et le changement radical de la société – des idées qui devraient être très vivantes aujourd’hui. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Tout en étant un facteur majeur des mesures du New Deal, l’activisme grandissant des travailleurs a fait naître une forte inquiétude dans le monde des affaires. Ses personnalités éminentes mettaient en garde contre “le risque auquel font face les industriels avec le soulèvement politique des masses,” et insistaient sur le besoin d’intensifier “l’éternelle bataille pour gagner l’esprit des hommes,” et d’instituer des programmes afin de venir à bout de cette menace à l’ordre et à la discipline, mis de côté pendant la guerre, mais repris ensuite avec un dévouement et une ampleur extrêmes. Les États-Unis se démarquent particulièrement des autres sociétés industrielles par l’existence d’une communauté d’affaires hautement consciente des différences de classes, combattant sans relâche dans une cruelle guerre de classes, avec des niveaux extraordinaires de violence durant dans les années précédentes, et plus récemment au travers d’offensives de propagande de masse.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Certains de mes parents étaient proches du Parti Communiste, d’autres étaient profondément anti-communiste et de gauche ; et certains, comme mon oncle, étaient anti-Bolchevique et bien plus à gauche. Parmi ceux proches du parti, alors qu’il y avait une obéissance rituelle à la Russie, j’avais le sentiment que l’essentiel du débat c’étaient les droits civiques et le mouvement de travailleurs, la réforme du système de protection sociale et un vrai désir de changement social. Le parti était une force qui n’anticipait pas de victoires rapides, mais qui était toujours présent, prêt, persévérant, dévoué à initier une nouvelle lutte après une défaite provisoire, quelque chose qu’il nous manque vraiment de nos jours. Le parti était aussi lié à un mouvement plus large d’éducation des travailleurs et d’associations et, de façon non négligeable, c’était une opportunité pour mes tantes couturières au chômage de passer une semaine à la campagne dans un camps de l’ILGWU (International Ladies' Garment Workers' Union) ou faire d’autres sorties pour échapper à ce qui aurait dû être une sinistre réalité, bien que je m’en souvienne depuis ma propre expérience personnelle – qui a bien-sûr ses limites – comme une époque qui était pleine d’espoir, bien au contraire d’aujourd’hui où les conditions sont de fait bien moins terribles.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;En 1941, je passais autant de temps que je pouvais dans le centre de Manhattan, gravitant autour d’un autre groupe d’intellectuels radicaux dans les petites librairies sur la 4ème Avenue tenues par des réfugiés anarchistes de la révolution espagnole de 1936, ou au bureau du journal anarchiste Freie  Arbeiter Stimme (“La Voix du travailleur libre”) près d’Union Square. Eux aussi ne correspondaient pas à la formule standard définissant les intellectuels. Mais si par ce terme on veut décrire des gens qui réfléchissent sérieusement à la vie et à la société, à leurs problèmes et les solutions possibles, sur un arrière plan de savoir et de compréhension, alors c’étaient en effet des intellectuels, et plutôt impressionnants. Ils étaient assez contents de passer du temps avec un gamin qui était fasciné par la révolution anarchiste de 1936, que je pensais alors, et que je pense toujours, avoir été l’un des sommets de la civilisation occidentale et quelque part un repère pour un avenir meilleur. J’ai recueilli beaucoup de documents que j’ai utilisés 30 ans plus tard quand j’écrivais sur le sujet, pour la plupart non publiés à l’époque.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Parmi ces archives remarquables, il y avait un recueil de documents traitant de la collectivisation, publié en 1937 par la CNT (“Confederación nacional del trabajo”) le syndicat anarchosyndicaliste qui célèbre son centenaire cette année (1910-2010). Il est une contribution qui me reste à l’esprit depuis, faite par des paysans du village de Membrilla. Je voudrais la citer en partie :&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Dans les misérables huttes de Membrilla vivent les pauvres habitants d’une pauvre province; huit mille personnes, mais les rues ne sont pas pavées, la ville n’a pas de journaux, pas de cinéma, ni même un café ou une librairie… La nourriture, les habits et les outils étaient distribués équitablement à la population entière. L’argent était aboli, le travail collectivisé, tous les biens passaient par la communauté, la consommation était socialisée. Ce n’était néanmoins pas la richesse qui était socialisée mais la pauvreté… La population entière vivait intégrée dans de grandes familles ; les fonctionnaires, les délégués, les secrétaires des syndicats, les membres du conseil municipal, tous élus, agissaient comme des chefs de famille. Mais ils étaient contrôlés, parce-que les privilèges ou la corruption n’étaient pas tolérés. Membrilla est peut-être le village le plus pauvre d’Espagne mais c’est le plus juste.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Ces mots, pronconcés par un des plus pauvres paysans du pays, capte avec une rare éloquence les réalisations et les promesses de la révolution anarchiste. Les réalisations ne sont pas sorties de nulle part bien-sûr. C’était le résultat de plusieurs décennies de lutte, d’expérience, de répression brutale – et d’apprentissage. Le concept de savoir comment une société juste devrait être organisée était dans l’esprit de la population quand l’opportunité est arrivée. L’expérience de la création d’un monde de liberté et de justice a été écrasée bien trop tôt par les forces combinées du fascisme, du Stalinisme et de la démocratie libérale. Les centres majeurs de pouvoir avaient très bien compris qu’ils devaient s’unir afin de détruire cette menace dangereuse à la subordination et à la discipline avant de se tourner vers la tâche secondaire de démembrer les restes.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Des années plus tard, j’ai pu parfois assister en première ligne à la vie de gens pauvres endurant une répression brutale et de la violence – dans les bidonvilles misérables de Haïti au sommet de la terreur dans le milieu des années 90, soutenue par Washington, bien que les faits soient toujours étouffés et hautement pertinents au regard des tragédies actuelles. Ou dans les camps de réfugiés au Laos, où des dizaines de milliers de gens étaient regroupés, jetés de leurs maisons par une armée de mercenaires de la CIA après des années à essayer de survivre dans des grottes sous un bombardement acharné qui n’avait rien à voir avec la guerre au Viêt Nam, une des plus graves atrocités de l’histoire moderne, encore largement inconnue et tuant toujours beaucoup de gens à cause d’un territoire saturé de munitions non-explosées. Ou en Palestine et en Turquie du sud-est et beaucoup d’autres endroits. Parmi ceux-là, la Colombie du sud est particulièrement importante à mes yeux pour des raisons personnelles, où des “campesinos” (ouvriers agricoles), des indigènes et des Afro-Colombiens sont expulsés de leurs terres dévastées par la terreur et la guerre chimique, appelée ici “fumigation”, comme si d’une certaine façon nous avions le droit de détruire d’autres pays sous des prétextes que nous fabriquons – des gens capables d’une sympathie et d’une humanité miraculeuses, malgré une souffrance atroce pour laquelle nous jouons un rôle majeur, pendant que nous regardons dans une autre direction – pas à Madison cependant, grâce au travail du groupe de soutien de la Colombie.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Une des choses que j’avais apprise dans les librairies et les bureaux anarchistes il y a 70 ans c’était que j’avais eu tort de croire que la chute de Barcelone en 1939 avait sonné la mort de la liberté en Espagne. Cela avait eu lieu deux ans auparavant, en mai 1937, quand la classe ouvrière industrielle avait été écrasée par la répression menée par les Communistes et les armées Communistes à travers toute la campagne détruisant les collectivités, avec l'aide des démocraties libérales et avec Hitler et Mussolini attendant en coulisse – une immense tragédie pour l’Espagne, même si cela n’a pas été la victoire que les prédateurs avait anticipée.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Quelques années après, je suis parti de la maison pour faire mes études à Harvard, où j’ai eu ma première expérience avec l’élite du monde intellectuel. En arrivant, je suis allé à la traditionnelle réception organisée par les professeurs pour les nouveaux étudiants et je suis tombé sur un philosophe éminent qui m’affirmait que la Dépression n’avait pas eu lieu. C’était une fabrication des libéraux. Il n’y avait pas eu de mendiants frappant en désespoir à nos portes au début des années 30, pas de femmes ouvrières battues par les forces de sécurité au cours d’une grève dans une usine de textile devant laquelle je passais en tramway avec ma mère à l’âge de cinq ans environ, mes parents de la classe ouvrière au chômage n’avaient pas existé non plus. Quelques hommes d’affaire avaient peut-être souffert, mais rien de plus que ça.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;J’ai appris ensuite que cela était loin d’être une exception, mais je ne veux pas suggérer que c’était typique des intellectuels de Harvard. La plupart étaient des libéraux du type Stevenson, des gens qui applaudissaient quand Stevenson disait aux Nations Unies que nous devions défendre le Viêt Nam contre une “agression interne”, un “assaut de l’intérieur”, comme le Président Kennedy le disait. Ce sont des phrases qu’on entend encore aujourd’hui, par exemple, dimanche dernier, dans le New York Times, où on lisait qu’après la conquête de Marja dans la province d’Helmand, les Marines s’étaient heurtés à une identité Talibane si dominante que le mouvement ressemble plus à la seule organisation politique dans une ville à parti unique, avec une influence qui touche tout le monde. “Nous devons réévaluer notre définition du mot 'ennemi’” a dit Brig. Gen. Larry Nicholson, commandant de la brigade expéditionnaire de Marines dans la Province de Helmand. “La plupart des gens s’identifient comme Talibans… Nous devons réajuster notre façon de penser de manière à ce que nous n’essayions pas de chasser les Talibans de Marja, mais que nous essayions de chasser l’ennemi,” a-t-il dit.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Il est un problème qui a toujours tourmenté les conquérants, et qui est très familier aux États-Unis pendant la guerre du Viêt Nam, où l’éminent spécialiste du gouvernement des États-Unis, dans un ouvrage encensé de part et d’autre, déplorait que l’ennemi de l’intérieur était le seul “véritable parti politique de masse au Sud-Viêt Nam” et que tous nos efforts pour rentrer politiquement en compétition seraient perdus d’avances, donc nous devions vaincre cette force politique en utilisant notre avantage comparatif, la violence – ce que nous avons fait. D’autres ont dû faire face à des problèmes similaires : par exemple, les Russes en Afghanistan dans les années 80, une invasion qui a aussi provoqué le scandale que nous provoquons pour les crimes de nos ennemis. Le spécialiste du Moyen-Orient William Polk nous rappelle que les Russes “ont gagné de nombreuses victoires et au travers de leurs programmes d’action civique ils ont pu conquérir de nombreux villages” – et en fait, comme nous le savons de source fiable, ils ont créé une paix substantielle à Kaboul, particulièrement pour les femmes. Mais, pour continuer avec Polk, “tout au long de leur décennie d’engagement, les Russes ont gagné presque toutes les batailles et ont littéralement occupé à un point ou à un autre le moindre centimètre du pays, mais ils ont perdu… la guerre. Quand ils ont abandonné et sont partis, les Afghans ont repris leur mode de vie traditionnel.”&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Les dilemmes auxquels font face Obama et McChrystal ne sont pas vraiment les mêmes. Les ennemis que les Marines essayent de chasser de leurs villages n’ont quasiment aucun soutien de l’extérieur. Les envahisseurs Russes, de façon très différente, faisaient face à une résistance qui recevaient le soutien vital des États-Unis, de l’Arabie Saoudite et du Pakistan, qui enrôlaient les fondamentalistes Islamiques radicaux les plus extrêmes qu’ils pouvaient trouver – incluant ceux qui terrorisaient les femmes à Kaboul – et les armaient avec des armes perfectionnées, tout en faisant avancer le programme d'islamisation radicale du Pakistan, encore un des cadeaux de Reagan au monde, comme les armes nucléaires du Pakistan. Le but de ces opérations américaines n’était pas de défendre l’Afghanistan. Cela a été clairement expliqué par le chef de la CIA à Islamabad, qui s’occupait des opérations. Le but était de “tuer des soldats Russes.” Il se vantait qu’il “aimait” ce “noble objectif,” rendant très clair, selon ses mots, que “la mission n’était pas de libérer l’Afghanistan,” qui ne nous intéressait pas en soi. Je suis sûr que vous connaissez les vantardises du même acabit proférées par Zbigniew Brzezinski.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Au début des années 60, j’étais fortement impliqué dans des activités anti-guerre. Je ne rentrerai pas dans les détails, bien qu’ils nous en disent beaucoup sur le climat intellectuel, notamment dans le monde libéral de Boston. En 1966, mon propre engagement était suffisamment important pour que ma femme retourne à l’université afin d’obtenir un diplôme supérieur 17 ans plus tard à cause de la probabilité d’une longue peine de prison – que j'ai évitée de justesse. Le jugement avait déjà été annoncé, mais annulé après l’offensive du Têt, qui avait convaincu le monde du business que la guerre devenait trop coûteuse et, de toute façon, que les objectifs majeurs de la guerre avaient été atteints – une autre histoire que je ne développerai pas. Après l’offensive du Têt et le changement dans la politique officielle, il se trouvait soudainement que tout le monde avait été un opposant de la première heure à la guerre – dans un profond silence. Les biographes de Kennedy ont réécrit leurs compte-rendus afin de présenter leur héros comme une colombe – absolument pas dérangés par les révisions radicales ou par la multitude de documents et de preuves démontrant que JFK envisageait un retrait d’une guerre qu’il savait impopulaire à l’intérieur du pays, seulement après qu’une victoire eût été assurée.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Même après l’offensive du Têt, les doutes allaient croissant dans ces cercles, non pas à propos des notions sentimentales de bien et de mal que nous réservons pour les crimes des ennemis, mais au sujet des chances de succès de repousser l’”assaut de l’intérieur”. Un paradigme pourrait être représenté par les réflexions d'Arthur Schlesinger lorsqu’il commençait à être préoccupé par le fait que la victoire ne soit finalement pas à portée de main. Comme il le dit, “nous prions tous” pour que les faucons aient raison et que la montée en puissance militaire apporte la victoire. Et si c’est le cas, nous honorerons la “sagesse et la qualité du pouvoir étatique” du gouvernement des États-Unis dans la victoire militaire, tout en laissant “le pays tragiquement ravagé et dévasté par les bombes, brûlé par le napalm, transformé en une terre à l’abandon par la défoliation chimique, une terre de ruines et de carcasses,” avec ses “structures politiques et institutionnelles” pulvérisées. Mais l’escalade militaire ne réussira probablement pas et se montrera trop coûteuse pour nous-mêmes, donc peut-être que la stratégie devrait être repensée.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Très peu de choses ont changé aujourd’hui quand Obama est salué comme un opposant de premier plan à l’invasion de l’Irak parce-que c’était une “erreur stratégique”, des mots qu’on aurait également pu lire dans la Pravda dans le milieu des années 80. La mentalité impériale est profondément ancrée.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;C’est triste à dire, mais pas faux, qu’au sein du spectre dominant les impérialistes libéraux sont “les gentils.” Une probable alternative est révélée par les plus récents sondages. Presque la moitié des votants disent que leurs opinions sont en moyenne plus proches du “Tea Party” que du président Obama, qu’une minorité préfère. Il y a une cassure intéressante. Quatre-vingt sept pour cent des membres de la soit-disant “Classe Politique” disent que leurs opinions sont plus proches de celles d’Obama. Soixante-trois pour cent de ce qu’on appelle “les Américains Moyens” disent que leurs opinions sont plus proches du “Tea Party”. Sur quasiment tous les problèmes, les électeurs font plus confiance aux Républicains qu’aux Démocrates, et ceci significativement. Une autre évidence c’est que ces sondages révèlent un déni de confiance plutôt qu’une marque de confiance. Le niveau de colère et de peur dans le pays n’est en rien comparable à ce dont je peux me souvenir dans ma vie entière. Et depuis que les Démocrates sont au pouvoir, le dégoût envers le monde social-économique-politique se rapporte à eux.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Malheureusement, ces attitudes sont compréhensibles. Pendant 30 ans, les revenus moyens ont stagné ou décliné pour la majorité de la population, les indicateurs sociaux se sont progressivement détériorés depuis le milieu des années 70 après avoir suivi de près la croissance durant les années précédentes, les heures de travail et la précarité ont augmenté avec l’endettement. La richesse s’est accumulée, mais dans très peu de poches, menant à une inégalité probablement record. Tout ceci est, en grande partie, la conséquence de la financiarisation de l’économie depuis les années 70 et de l’effondrement de la production intérieure. Ce que les gens voient se dérouler sous leurs yeux, c’est que les banquiers qui sont les premiers responsables de la crise actuelle et qui ont été sauvés de la banqueroute par l’argent public se réjouissent maintenant de profits records et d’énormes bonus, pendant que le chômage officiel reste à environ 10 pour cent et que dans l’industrie de la manufacture il atteint des niveaux de dépression, de 1 chômeur pour 6 actifs, avec de fortes probabilités de non-retour à un bon emploi. Les gens ont raison de demander des réponses et ils n’en obtiennent pas, sauf de la part de ceux qui racontent des fables qui ont une certaine cohérence interne, mais seulement si vous mettez de côté votre scepticisme et entrez dans leur monde d’irrationalité et de malhonnêteté. Tourner en ridicule les manigances du “Tea Party” est une grave erreur, je pense. Il serait bien plus pertinent de comprendre ce qu’il y a derrière elles et de se demander pourquoi des gens légitimement en colère sont mobilisés par l’extrême droite et non pas par des forces telles que celles qui faisaient ce travail dans ma jeunesse, au temps de la formation du CIO [“Congress of Industrial Organizations” – fédération de syndicats créée dans les années 30] et d’autres formes constructives d’activisme.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Pour prendre juste un exemple du fonctionnement réel de la démocratie des marchés, les institutions financières qui étaient le soutien majeur d’Obama, sont devenue si dominantes que leurs profits dans l’économie, représentant quelques pour-cent dans les années 70, atteignent aujourd’hui presque le tiers. Ils ont préféré Obama à McCain et ont ainsi acheté l'élection pour lui. Ils s’attendaient à être récompensés et ils l’ont été. Mais il y a quelques mois, en réagissant à la montée du mécontentement de la population, Obama a commencé à critiquer les “banquiers avares” qui avaient été sauvés par les forces publiques et a même proposé des mesures contraignantes. Cet écart a été puni très rapidement. Les grandes banques ont clairement annoncé qu’elles détourneraient leurs aides financières vers les Républicains si Obama s’obstinait dans sa rhétorique insultante.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Obama a entendu le message. En quelques jours, il a informé la presse des affaires que les banquiers sont des “types” biens. Il a rendu un hommage appuyé aux présidents de deux institutions importantes bénéficiaires des largesses publiques, JP Morgan Chase et Goldman Sachs et a garanti au monde des affaires que “comme la majorité des américains, je ne dénigre pas la réussite ou la richesse des gens” – telles que les bonus et les profits qui exaspèrent la population. “Cela fait parti du système du marché libre,” a continué Obama, de façon assez juste en somme, puisque le concept de “marché libre” est interprété dans la doctrine du capitalisme d'État.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Ceci ne devrait pas être une grande surprise. Cet incorrigible radical Adam Smith, en parlant de l’Angleterre, observait que les principaux architectes du pouvoir étaient les propriétaires de la société, les marchands et les fabricants à son époque, et qu’ils s’assuraient que les politiques servaient scrupuleusement leurs intérêts, quelle que soit la “souffrance” infligée au peuple d’Angleterre, et, pire, aux victimes de “l’injustice sauvage des Européens” à l’étranger. Les crimes britanniques en Inde étaient une préoccupation majeure d’un conservateur bien-pensant avec des valeurs morales, une catégorie que Diogène pourrait chercher de nos jours.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Une version moderne et plus sophistiquée de la maxime de Smith est “la théorie de l’investissement en politique” ("investment theory of politics"), de l’économiste politique Thomas Ferguson, qui considère les élections comme des occasions pour des groupes d’investisseurs de se rassembler pour le contrôle de l'État en sélectionnant les architectes des politiques qui serviront leurs intérêts. Il se trouve qu’il s’agit d’un très bon indice pour prédire les politiques sur de longues périodes. Cela ne devrait pas être surprenant. Les concentrations du pouvoir économique chercheront naturellement à étendre leur influence sur tout processus politique. C’est extrêmement développé aux États-Unis, comme je l’ai mentionné.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Il y a ces jours-ci des discussions très animées pour savoir si, ou à quel moment, les États-Unis céderont leur position dominante dans les affaires à la Chine et à l’Inde, les puissances mondiales montantes. Il y a une part de vérité dans ses lamentations. Mais à part des idées fausses au sujet de la dette, des déficits et de l’état actuel de la Chine et de l’Inde, les débats se basent sur une sérieuse erreur de jugement à propos de la nature du pouvoir et de son exercice. Et dans les travaux académiques et les discours publics, il est courant de considérer que les acteurs des affaires internationales sont des États en quête d’un objectif mystérieux appelé “intérêt national”, indépendants de la distribution interne du pouvoir. Adam Smith avait un regard plus aiguisé et son truisme radical fournit un rectificatif très utile. En le gardant en tête, on peut voir qu’il y a en effet un déplacement global du pouvoir, mais pas celui qui occupe le devant de la scène: un déplacement plus poussé de la force de travail vers le capital transnational, s’intensifiant brusquement durant les années néolibérales. Le coût est considérable, incluant les travailleurs aux États-Unis, des paysans affamés en Inde et des millions de travailleurs protestataires en Chine, où la part du travail dans le revenu national décline encore plus rapidement que dans la plupart des autres pays du monde.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;L’économiste politique Martin Hart-Landsberg observe que la Chine joue en effet un rôle essentiel dans le déplacement global réel du pouvoir, en étant largement devenue une usine d’assemblage pour un système de production régionale. Le Japon, Taïwan et d’autres économies avancées d’Asie exportent des pièces détachées et des composants vers la Chine et fournissent la majeure partie de la technologie de pointe. La force de travail chinoise l’assemble et l’exporte. Par exemple, une étude de la “Sloan Foundation” a estimé que pour un iPod de 150 dollars exporté à partir de la Chine, environ 3 pour cent de sa valeur est ajoutée en Chine, mais cela est tout de même considéré comme une exportation chinoise. Une grande préoccupation est apparue au sujet de la hausse du déficit commercial des États-Unis avec la Chine, mais on remarque moins que le déficit commercial avec le Japon et le reste de l’Asie a fortement diminué, alors que le nouveau système de production régionale se met en place. Un communiqué du Wall Street Journal concluait que si la valeur ajoutée est correctement calculée, le véritable déficit commercial entre les États-Unis et la Chine se réduirait de 30 pour cent, alors que le déficit commercial des États-Unis avec le Japon augmenterait de 25 pour cent. Les fabricants américains suivent la même logique, ils fournissent des pièces détachées et des composants à la Chine pour qu’elle les assemble et les exporte, de retour vers les Etats-Unis pour la plupart. Pour les institutions financières, les géants de la grande distribution, les propriétaires et les équipes dirigeantes des industries manufacturières et les secteurs étroitement liés à ce réseau de pouvoir, tout ceci est divin. Pas pour les travailleurs Américains, mais comme Smith le faisait remarquer, leur destin n’est pas la préoccupation des “principaux architectes de la politique”.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;C’est vrai qu’il n’y a rien de fondamentalement nouveau dans le processus de dés-industrialisation. Les propriétaires et les directeurs recherchent naturellement les coût de main d'œuvre les plus bas ; les efforts pour faire autrement, de façon célèbre par Henry Ford, ayant été anéantis par les tribunaux, c’est désormais une obligation légale. Un moyen est le déplacement de la production. Auparavant, le déplacement était essentiellement interne, surtout vers les états du sud, où la main d'œuvre pouvait être durement réprimée. Les plus grosses sociétés, comme l’”US steel corporation” du philanthrope vénéré Andrew Carnegie, pouvaient aussi profiter de la nouvelle force de travail-esclave créée par la criminalisation des noirs après la fin de la reconstruction en 1877, une pièce maîtresse de la révolution industrielle Américaine, qui continua jusqu’à la Seconde Guerre Mondiale. Cela a été reproduit en partie pendant la récente période néolibérale, avec la guerre contre la drogue utilisée comme un prétexte pour ramener la population superflue, majoritairement noire, dans les prisons, et en fournissant également une nouvelle source de main d'œuvre carcérale dans les prisons d’état ou privées, pour l’essentiel en violation des conventions internationales du travail. Pour beaucoup d'afro-Américains, puisqu’ils ont été exportés dans les colonies, la vie n’a pratiquement jamais quitté l’étau de l’esclavagisme, ou parfois pire. Plus récemment, le déplacement se fait majoritairement à l’étranger.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Pour en revenir aux accusations contre les “banquiers avares”, pour être juste, nous devrions admettre qu’ils ont une défense valable. Leur tâche est de maximiser les profits et les parts de marché; en fait, c’est leur obligation légale. S’ils ne le font pas, ils seront remplacés par quelqu’un qui le fera. Ce sont des faits institutionnels, comme le sont les inefficacités inhérentes du marchés qui leur demandent d’ignorer le risque systémique : la probabilité que les transactions qu’ils effectuent vont faire du mal à l’économie en général. Ils savent très bien que ces politiques vont probablement asphyxier l’économie, mais ces externalités, comme on les appelle, ce ne sont pas leurs affaires, et elles ne peuvent pas l’être, non pas parce-que ce sont des gens méchants, mais pour des raisons institutionnelles. Il est également injuste de les accuser d’”exubérance irrationnelle,” pour emprunter à Allan Greenspan sa brève reconnaissance des réalités pendant le boom technologique artificiel de la fin des années 90. Leur exubérance et la prise de risque était plutôt rationnelle, lorsque l’on sait que quand tout s’écroule, ils ont la possibilité de se réfugier à l’abri de l’état-nounou, tout en se cramponnant à leurs copies d’Hayek, Friedman et Rand. La politique d’assurance du gouvernement est l’un des nombreux encouragements qui amplifient les inefficacités inhérentes du marché.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;En résumé, ignorer le risque systémique est une propriété institutionnelle inhérente et les encouragements pervers sont une application de la maxime de Smith. Encore une fois, rien de très nouveau.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;A la suite du dernier désastre, des économistes importants ont accepté l’idée qu’un “consensus émergent” s’était développé sur la base d’une “nécessité d’une supervision macro-prudentielle” des marchés financiers, c’est à dire “prêter attention à la stabilité du système financier comme un tout et pas juste par ses composantes individuelles” (Barry Eichengreen, un des analystes et historiens les plus respectés du système financier). Deux éminents économistes internationaux rajoutent ceci, “il y a une reconnaissance croissante que notre système financier court à sa perte. A chaque fois qu’il chute, nous comptons sur des rentrées d’argent et des politiques fiscales laxistes pour le sauver. Cette réponse enseigne ceci au secteur financier : prenez des paris insensés pour être grassement payés et ne vous occupez pas des coûts – ils seront pris en charge par les contribuables au travers de sauvetages et autres méthodes et le système financier “sera ainsi ressuscité pour, à nouveau, parier – et encore échouer.” Le système est un “cercle vicieux,” selon les paroles de l’officiel de la Banque d’Angleterre, responsable de la stabilité financière.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;D’une façon générale, la même logique s’applique ailleurs. Il y a un an, le monde des affaires a admis que les compagnies d’assurance et l’industrie pharmaceutique, au plus grand mépris du public, réussira ou plutôt a réussi à détruire la possibilité d’une réforme significative du système de santé – un sujet sérieux, pas seulement pour les gens qui souffrent du système de santé dysfonctionnel, mais également pour des raisons économiques précises. A peu près la moitié du déficit sur lequel on nous dit de nous lamenter est attribuable à des dépenses militaires sans précédents, en hausse sous Obama, et la plupart du reste aux coûts croissants d’un système de santé privatisé virtuellement non régulé, unique dans le monde industriel, unique aussi pour ses cadeaux aux compagnies pharmaceutiques – un système auquel un bon 85 pour-cent de la population est opposé. En août dernier, la couverture de Business Week célébrait la victoire de l’industrie des assurances santé. Bien-sûr, il n’y pas de victoire suffisante, donc ils ont poursuivi la lutte, gagnant plus, toujours contre la volonté d’une large majorité du public, une autre histoire intéressante que je dois mettre de côté.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;En observant cette victoire, l’American Petroleum Institute, soutenu par la Chambre du Commerce et les autres grands lobbies, ont annoncé qu’ils utiliseraient le modèle des campagnes de l’industrie de la santé pour intensifier leurs efforts massifs de propagande afin de convaincre le public de mettre de côté leurs préoccupations à propos du réchauffement climatique anthropogénique. Cela a été réalisé avec grand succès; ceux qui croient en ce canular libéral se sont réduits à à peine un tiers de la population. Les dirigeants qui se dédient à cette tâche savent aussi bien que le reste d’entre nous que le canular libéral est vrai et que les perspectives sont moroses. Mais ils remplissent leur rôle institutionnel. Le destin de l’espèce est une externalité qu’ils doivent ignorer, dans la mesure où les systèmes de marchés dominent.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Une des plus claires et émouvantes manifestations de l’humeur du public que j’ai vues a été écrite par Joseph Andrew Stack, qui a écrasé sont petit avion dans un immeuble de bureaux à Austin, Texas, il y a quelques semaines, en se suicidant. Il a laissé un manifeste expliquant ses actions. Cela a été surtout tourné en ridicule, mais mérite bien mieux, je pense.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Le manifeste de Stack retrace l’histoire d’une vie qui l’a mené à cet acte désespéré. L’histoire débute quand il était étudiant adolescent, avec trois fois rien pour vivre à Harrisburg, PA (Pennsylvanie), près du cœur de ce qui avait été un grand centre industriel. Sa voisine était une femme de plus de 80 ans, survivant grâce à de la nourriture pour chat, la veuve d’un travailleur métallurgiste retraité. Son mari avait travaillé toute sa vie dans les aciéries du centre de la Pennsylvanie avec des promesses du monde des affaires et du syndicat que, pour ses 30 années de service, il toucherait une pension et des soins médicaux à sa retraite. A la place, il a fait parti des milliers de personnes qui n’ont rien eu parce-que l’équipe dirigeante incompétente de l’aciérie et le syndicat corrompu (sans parler du gouvernement) ont raflé leurs fonds de pensions et ont volé leur retraites. “Tout ce qu’elle avait pour vivre c’était la sécurité sociale” (citation) ; et Stack aurait pu ajouter qu’il y a eu des efforts continus et concertés par les super riches et leurs alliés politiques pour que même cela soit retiré par des moyens frauduleux. Stack décida alors qu’il ne pouvait pas faire confiance au milieu des affaires et qu’il deviendrait indépendant, seulement pour découvrir qu’il ne pouvait pas faire confiance à un gouvernement qui ne se préoccupait absolument pas des gens comme lui mais uniquement des riches et des privilégiés, ou d’un système légal dans lequel, selon ses mots, “il y a deux ‘interprétations’ pour chaque loi, une pour les très riches et une pour le reste d’entre nous.” Ou d’un gouvernement qui nous laisse avec “la plaisanterie que nous appelons le système médical Américain, incluant les compagnies pharmaceutiques et d’assurance [qui] assassinent des dizaines de milliers de gens par an,” avec des soins largement rationnés en fonction de la richesse, pas du besoin. Tout cela dans un ordre social dans lequel “une poignée de voyous et de malfrats peuvent commettre des atrocités impensables… et lorsque vient le moment ou leur poule aux œufs d’or s’écrase sous le poids de leur gloutonnerie et leur accablante stupidité, la force de l’ensemble du gouvernement fédéral n’a aucune difficulté à leur venir en aide en quelques heures, si ce n’est en quelques minutes.” Et bien plus encore.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Stack nous dit que son acte final désespéré représentait un effort pour montrer qu’il y a des gens prêts à mourir pour leur liberté, dans l’espoir de tirer les autres de leur torpeur. Cela ne me surprendrait pas s’il avait à l’esprit la mort prématurée du métallurgiste qui l’avait instruit sur le monde réel lorsqu’il était adolescent. Ce travailleur ne s’était pas véritablement suicidé après avoir été jeté au dépotoir, mais c’est loin d’être un cas isolé; on peut ajouter son cas et de nombreux autres cas similaires au coût colossal des crimes institutionnels du capitalisme d’état.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Il y a des études poignantes sur l’indignation et la rage de ceux qui ont été dépouillés lorsque les programmes état-entreprise de financiarisation et de dés-industrialisation ont fermé des usines et détruit des familles et des communautés. Elles révèlent le sentiment de profonde trahison éprouvé par des travailleurs qui croyaient avoir rempli leur devoir envers la société dans le cadre d’un pacte avec le monde des affaires et le gouvernement, pour découvrir qu’en fait ils avaient été instrumentalisés pour le profit et le pouvoir, des truismes dont ils ont été soigneusement protégés par les institutions doctrinales.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;En lisant le manifeste de Joe Stack et de nombreux autres témoignages comme celui-ci, je me surprend à me remémorer des souvenirs d’enfance et bien plus que je ne comprenais pas à l’époque. La République de Weimar était le sommet de la civilisation occidentale dans les sciences et les arts, et aussi un modèle de démocratie. Pendant les années 1920, les partis libéraux et conservateurs traditionnels entrèrent dans une inexorable phase de déclin, bien avant que le processus ne soit accentué par la Grande Dépression. La coalition qui élut le Général Hindenburg en 1925 n’était pas très différente de la base qui a poussé Hitler au pouvoir huit ans après, obligeant l’aristocratique Hindenburg à choisir comme chancelier le “petit caporal” qu’il méprisait. En 1928, les Nazis avaient moins de 3 pour-cent des votes. Deux ans plus tard, la presse la plus respectable de Berlin se lamentait à la vue des ces millions de personnes dans ce “pays hautement civilisé” qui avaient “donné leur vote au plus commun, au plus faux, au plus vulgaire charlatanisme.” Le public était écœuré de l’incessant marchandage des politiques de Weimar, des services rendus par les partis traditionnels aux intérêts puissants et leur échec face aux réclamations du peuple. Ils étaient amenés à devenir des forces dédiées au maintien de la grandeur de la nation et à sa défense contre des menaces inventées dans un état revitalisé, armé et unifié, marchant vers un futur glorieux, mené par la figure charismatique qui mettait en œuvre “la volonté de l’éternelle Providence, le Créateur de l’univers,” comme il le clamait devant des foules hypnotisées. En mai 1933, les Nazis avaient non seulement largement détruit les partis traditionnels au pouvoir, mais aussi les énormes partis des travailleurs, les Sociaux Démocrates et les Communistes, ainsi que leurs très puissantes associations. Les Nazis déclarèrent en 1933 que le premier mai serait un jour férié pour les travailleurs, ce que les partis de gauche n’avaient jamais réussi à réaliser. De nombreux travailleurs participèrent aux immenses démonstrations patriotiques, avec plus d’un million de personnes au cœur du Berlin Rouge (“Red Berlin”), rejoignant des fermiers, des artisans, des boutiquiers, des forces paramilitaires, des organisations Chrétiennes, des clubs de sport et de tirs, et le reste de la coalition qui prenait forme alors que le centre s’effondrait. Au commencement de la guerre, 90 pour cent peut-être des Allemands marchaient en chemise verte.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Comme je l’ai mentionné, je suis juste assez vieux pour me souvenir de ces jours effrayants et menaçants lors de la chute de l’Allemagne de la décence vers le barbarisme Nazi, pour emprunter ces mots au distingué spécialiste d’histoire Allemande Fritz Stern. Il nous dit qu’il a à l’esprit l’histoire des États-Unis quand il analyse “un processus historique dans lequel le ressentiment contre un monde séculier désenchanté a trouvé une délivrance dans la fuite extatique de la déraison.”&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Le monde est trop complexe pour que l’histoire se répète, mais il y a cependant des leçons dont il faut se souvenir. Les tâches ne manquent pas pour ceux qui ont choisi la vocation d’intellectuel critique, quelle que soit leur situation dans la vie. Ils peuvent chercher à chasser le brouillard des illusions artificielles soigneusement construites et révéler la réalité crue. Ils peuvent s’engager directement dans des luttes populaires, aider à l’organisation des innombrables Joe Stacks qui se détruisent eux-mêmes et le monde avec peut-être, et se joindre à eux pour montrer la voie vers un avenir meilleur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/28026645-2011325458832309007?l=espas-ayisyen-toulouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;
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&lt;tr&gt;&lt;td class="Heading" height="19" style="color: red;" valign="top"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;&lt;b&gt;Coupe du monde&amp;nbsp;:   Vue d’ensemble&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/td&gt;     &lt;td&gt;&amp;nbsp;&lt;/td&gt;   &lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;     &lt;td class="authors" height="30" valign="middle"&gt; Par &lt;a href="mailto:patricedumont2@hotmail.com"&gt;Patrice Dumont &lt;/a&gt; - Vendredi 18 Juin 2010 -  InfoHaiti.net (Port-au-Prince, HAITI) &lt;/td&gt;     &lt;td&gt;&amp;nbsp;&lt;/td&gt;   &lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;     &lt;td class="style1" height="983" valign="top"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;La  première  semaine de la Coupe du monde n’a pas été riche au strict point  de vue du  spectacle footballistique, la faute à la volonté de la  plupart des équipes  d’abord de ne pas encaisser de but plutôt que d’en  marquer, mais aussi à la  faiblesse technique de quelques rivales. Les  performances individuelles ont  aussi dans l’ensemble déçu si on  considère le rayon des stars attendues, à la  noble exception de Messi,  auteur de deux matchs remarquables, encore que son  compteur buts reste  fermé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’intensification  de la pratique du football à travers le monde  et la vulgarisation des méthodes  de préparation depuis ces trente  dernières années a certes élevé le niveau  général du jeu. Par exemple,  en 1974, l’écart entre le Zaïre, représentant de  l’Afrique défait 9-0  par l’Écosse, et les meilleures formations sud-américaines  ou  européennes, était comme incommensurable. Ce n’est pas le cas  aujourd’hui. À  revoir les matchs d’Haïti en cette même Coupe du monde,  on se rend compte de ce  que nous ne nous étions pas encore dépouillés  de certains réflexes défensifs  qui datent des premiers âges du  football. L’exploit, finalement anecdotique,  des Etats-Unis vainqueur  de l’Angleterre 1-0 en 1950 au Brésil, vaut moins que  le nul 1-1  enregistré entre ces deux pays à l’occasion de leur opposition le 12   juin à Rustenburg. On a aussi apprécié que la Corée du Nord, il est vrai   étonnant vainqueur de l’Italie et quart finaliste en 1966, ne se soit  pas fait  manger par l’ogre brésilien (seulement 2-1 à Johannesburg le  15 juin).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En revanche,  n’étaient les particularités raciales et la couleur  des maillots, on pourrait  presque confondre les équipes nationales tant  leurs expressions techniques et  tactiques se ressemblent. C’est que  les énormes intérêts économiques et le  développement urbain ont tué la  poussée des footballeurs sauvages de la lignée  des Pelé, Garrincha,  Best, Charlton, Beckenbauer, voire Keegan, Zico ou  Maradona. La prise  en charge des enfants&amp;nbsp;  de 8 ans par les centres de formation inculque  les gestes de base avec  un succès certain&amp;nbsp;: il en sort un footballeur  robot à la technique de base  moyenne, aiguisé sur le plan tactique,  époustouflant athlétiquement, mais aussi  fragile musculairement tant  son corps est sur- entraîné, on en a la malheureuse  illustration par  les trop nombreuses blessures qui entachent cette compétition.  Le  contrecoup est l’absence de ces joueurs créatifs, subtils,  spectaculaires  non moins efficaces qui peuplaient les équipes  sud-américaines et européennes.  On pouvait espérer de l’arrivée de  l’Afrique un renouveau de ce côté-là, mais  les meilleures pousses sont  exportées précocement en Europe où ils sont moulés  dans le laboratoire  de footballeurs appliqués. Pas étonnant qu’aucune des six  nations  africaines présentes dans cette Coupe du monde n’apporte un ton   différent tant individuellement que collectivement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais le football  est génétiquement trop riche pour être sacrifié à  l’hôtel du calcul de  l’efficacité bon marché. Les Allemands ont sorti  un match spectaculaire dont  les Australiens ont fait les frais (4-0)&amp;nbsp;;  le Chili a paru prendre du  plaisir pour battre le Honduras (1-0)&amp;nbsp;; les  Etats-Unis et l’Angleterre,  sans être brillants, ont joué pour gagner,  ce qui a donné lieu à une belle  bataille physique empreinte de fair  play, et porteuse de vertus esthétiques  elle aussi&amp;nbsp;; le combat  américano-slovène de vendredi (2-2), second match  des deux équipes,  avait par moments une allure épique&amp;nbsp;: les deux  formations méritent le  respect&amp;nbsp;; en l’emportant 2-0 sur le Danemark, les  Pays-Bas a fait la  promesse d’un jeu de qualité qui devrait se concrétiser ce  samedi  contre le Japon&amp;nbsp;; le Brésil n’était pas particulièrement brillant  dans  son face à face avec la Corée du Nord, mais ce pays a le don de   surprendre, cette fois grâce à un excellent Robinho et un but venu de  nulle  part du pied droit de Maicon capable de faire passer le ballon  entre le premier  poteau et le gardien alors qu’il se trouvait à environ  douze à quinze mètres pratiquement  sur la ligne de buts.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;nbsp;l’Argentine s’est rachetée par sa large  victoire 4-1 obtenue aux  dépens de la Corée du Sud après celle laborieuse  concédée par le  Nigéria (1-0)&amp;nbsp;; le Mexique a bien joué son rôle de  principal hôte en  match d’ouverture face à l’amphitryon sud-africain (1-1) dont  la bonne  volonté ne suffit pas pour tenir la fête jusqu’au stade des quarts, il  a  été en outre d’une grande utilité en rossant le jeudi 17 pour son  second  match une arrogante autant que débile équipe française dont une  éventuelle  qualification aux huitièmes de finale serait littéralement  un tort au football.  Les autres méritent de l’indifférence, à commencer  par la France donc. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Viennent ensuite  le Portugal, la Côte-d’Ivoire, le Danemark, le  Ghana, le Cameroun, la  Slovaquie, la Serbie vainqueur de l’Allemagne au  second match (1-0), voire  l’Uruguay, trois buts contre l’Afrique du  Sud, l’Italie et le Paraguay auteurs  d’un nul&amp;nbsp; potable (1-1), qui ont  théoriquement  les moyens de mieux se comporter.&lt;br /&gt;
&amp;nbsp;Même si les moyens pour le faire  n’enrichissent pas le jeu, comment  cependant ne pas féliciter la Suisse tombeuse  de l’Espagne (1-0), cette  Espagne porte-étendard du football champagne qu’on a  hâte de revoir ce  lundi 21 face au Honduras qui risque de payer cher la  mésaventure du  premier match.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au chapitre des  individualités, les gardiens suisse Benaglio,  américain Howard, uruguayen  Muslera et surtout, nigérian Enyeama,  malheureux sur l’un des deux buts  concédés au second match contre la  Grèce, ont fait le spectacle. Le jeune  Allemand Ozil, Robinho déjà  cité, , le demi défensif américain Clarke, Steven  Gerrard, Diego Forlan  (2 buts, Higuain (3 buts) sont en train de réussir une  bonne Coupe du  monde. Des stars connues, annoncées et attendues, les Cristiano   Ronaldo, Wayne Rooney, Eto’o, Drogba et Roben blessés, seul l’Argentin  Lionel  Messi maintient son rang. Il n’a pas marqué contre le Nigéria  mais a monopolisé  le spectacle qu’il a transformé en un duel avec  Enyeama vaincu finalement que  par une tête plongeante de Heinze après  que le gardien nigérian eut concédé un  corner sur une de ces frappes  liftées qu’il élève au niveau d’un art. Il a  rendu fou les Coréens par  ses accélérations en zigzag et ses passes  astucieuses. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si le laboratoire  médical a sauvé le sportif Lionel Messi d’un  mal congénital qui le condamnait à  ne pas dépasser 1,50 mètre de  hauteur, c’est le football sauvage des rues de  Rosario qui a pondu le  footballeur couvé alors par la Masia de Barcelone, l’un  des très rares  centres de formation à sentir le jeu comme au temps de  Garrincha. &lt;br /&gt;
Tous les  deuxièmes matchs auront été bouclés à la fin de la  consommation de ce numéro de  Le Matin. Il sera alors temps de saliver  sur les 1/8e de finale où  on a le droit d’espérer de la splendeur, de  la classe et de la vaillance comme  en ont offert jusqu’à présent  l’Espagne, belle victime du réalisme suisse,  l’Allemagne large  vainqueur de l’Australie et sublime vaincu du chanceux serbe,   l’Argentine offensive&amp;nbsp; et spéciale par  Messi, les Etats-Unis et la  Slovénie, généreux partageurs de points (2-2) dans  un match gâché  seulement (&amp;nbsp;!) par la décision de l’arbitre malien  Koulibaly d’annuler  un but valable des Américains pour hors-jeu.&lt;/div&gt;Patrice Dumont&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;a href="mailto:patricedumont2@hotmail.com"&gt;patricedumont2@hotmail.com  &lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/28026645-3259580311535905303?l=espas-ayisyen-toulouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;
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&lt;a href="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/ky6zTmLiqU-WB5cM30e7fkcm7dw/1/da"&gt;&lt;img src="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/ky6zTmLiqU-WB5cM30e7fkcm7dw/1/di" border="0" ismap="true"&gt;&lt;/img&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;img src="http://feeds.feedburner.com/~r/EspasAyisyenToulouse/~4/MnAongjqYbU" height="1" width="1"/&gt;</content><link rel="replies" type="application/atom+xml" href="http://espas-ayisyen-toulouse.blogspot.com/feeds/3259580311535905303/comments/default" title="Publier les commentaires" /><link rel="replies" type="text/html" href="http://www.blogger.com/comment.g?blogID=28026645&amp;postID=3259580311535905303" title="0 commentaires" /><link rel="edit" type="application/atom+xml" href="http://www.blogger.com/feeds/28026645/posts/default/3259580311535905303?v=2" /><link rel="self" type="application/atom+xml" href="http://www.blogger.com/feeds/28026645/posts/default/3259580311535905303?v=2" /><link rel="alternate" type="text/html" href="http://feedproxy.google.com/~r/EspasAyisyenToulouse/~3/MnAongjqYbU/2010_06_01_archive.html" title="" /><author><name>Inisyativ Ayisyen Toulouse</name><email>noreply@blogger.com</email></author><thr:total>0</thr:total><feedburner:origLink>http://espas-ayisyen-toulouse.blogspot.com/2010_06_01_archive.html#3259580311535905303</feedburner:origLink></entry><entry gd:etag="W/&quot;DkAARXc4fyp7ImA9WxFVEUo.&quot;"><id>tag:blogger.com,1999:blog-28026645.post-635738459233213554</id><published>2010-06-10T14:33:00.004+02:00</published><updated>2010-06-10T14:59:04.937+02:00</updated><app:edited xmlns:app="http://www.w3.org/2007/app">2010-06-10T14:59:04.937+02:00</app:edited><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="haiti" /><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="paysan" /><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="lutte" /><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="ogm" /><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="monsanto" /><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="semence" /><title>OGM, HAITI, PAYSANS</title><content type="html">&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Un document rendu public à l’issue d’une marche colossale ayant réuni le vendredi 4 juin des milliers de paysans dans le Plateau Central&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; &lt;br /&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="color: red;"&gt;DÉCLARATION DES PAYSANS HAITIENS ET DE LEURS ALLIÉS CONTRE LE GOUVERNEMENT PRÉVAL, LA MULTINATIONALE MONSANTO ET TOUTES LES MULTINATIONALES QUI DÉTRUISENT LA VIE SUR LA PLANÈTE&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Place Charlemagne Péralte, Hinche, 4 juin 2010&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous, membres des organisations paysannes membres de La Via Campesina, des plateformes d’organisations comme : 4G Kontre, FONDAMA, RENASSHA, PLANOPA, KABA GRANGOU, KONAFAP, et toutes les organisations populaires et politiques qui s’associent à cette marche historique ou qui sont d’accord avec la lutte des paysans ; nous sommes réunis sur la Place Charlemagne Péralte de Hinche (Plateau Central), un héros qui s’est levé contre l’occupation américaine en Haïti, pour déclarer de toute notre force, devant Charlemagne, dans l’esprit de Dessalines et de tous ceux qui ont donné leur sang pour créer le pays d’Haïti :&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;“NOUS DEFENDRONS L’AGRICULTURE PAYSANNE, NOUS DEFENDRONS LA SOUVERAINETE ALIMENTAIRE, NOUS DEFENDRONS L’ENVIRONNEMENT D’HAITI JUSQU’AU BOUT”.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;A travers les réflexions menées ensemble au Centre National de Formation des Cadres Paysans (Centre Lakay) à Papaye, le 3 juin 2010 et celles menées au sein de chacune de nos organisations aux quatre coins du pays,&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;1. NOUS CONSTATONS&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le gouvernement Préval, qui n’a jamais rien fait pour renforcer la production agricole nationale, a décidé d’en finir avec l’agriculture paysanne, d’en finir avec la classe paysanne, le groupe social le plus important du pays.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le président Préval est allé négocier avec le gouvernement Bush de la manière dont ils allaient pouvoir ouvrir le pays aux multinationales des agro carburants pour leur permettre de planter du Jatropha. Depuis lors, des démarches secrètes sont menées pour tenter de couvrir le pays de plantations de Jatropha, produisant du carburant pour les voitures des pays étrangers, tandis que l’agriculture nationale n’est capable de nourrir seulement que 40% de la population.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le gouvernement Préval n’a jamais eu de politique de production agricole nationale. Ainsi, c’est seulement 4% du budget de l’Etat qui est consacré à l’agriculture alors que le congrès de MPP en 2008 a réclamé 30% du budget de l’Etat pour l’agriculture et l’environnement. Cet argent sert surtout pour le fonctionnement du Ministère et le clientélisme politique. Plusieurs millions de dollars (USD) ont été prélevés dans le fonds Pétro-Caraïbes (fonds d’emprunt mis à la disposition par le Vénézuela, ndlr) pour acheter des tracteurs et des engrais chimiques utilisés pour mener une campagne électorale débouchant sur la nomination de sénateurs tout acquis au vote de lois traîtres au service de Préval et de ses partisans.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le tremblement de terre a servi de prétexte au gouvernement Préval pour passer à la vitesse supérieure dans la mise en ouvre de la politique néolibérale qu’il prônait depuis longtemps. Il a liquidé la plus grosse entreprise d’Etat qui restait, TELECO. Cela s’est fait pendant que le peuple pleure ses enfants, pendant qu’il vit sous des tentes et que la faim ronge le ventre des familles déplacées aux quatre coins du pays, pendant que des cadavres gisent encore sous les décombres.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le gouvernement Préval a décidé de donner à l’agriculture paysanne un coup de grâce en acceptant un cadeau empoisonné de 475 tonnes de maïs empoisonné des mains de Monsanto, une entreprise criminelle qui sème la mort sur toute la surface du globe, avec les poisons qu’elle répand pour faire disparaître l’agriculture paysanne, faire disparaître l’environnement et la biodiversité de la planète, en empoisonnant la terre, l’eau, la mer et l’air que nous respirons.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le gouvernement Préval, alors qu’il parle de production agricole nationale, met en place un programme « food for work » dans les sections communales pendant que les villes ont le droit à des programmes de « cash for work ». On marche sur la tête.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Préval parle toujours de production agricole nationale, mais il a pratiquement mis à bas l’INARA (Institut National de la Réforme Agraire). Il ne veut pas de réforme agraire. Il n’a jamais rien fait pour que la réforme agraire ait lieu dans le pays. Les paroles de Préval sont du bluff.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le gouvernement Préval profite du tremblement de terre du 12 janvier pour placer le pays entier sous occupation étrangère. Il fait voté aux parlementaires croupiers, qu’il a pondus à l’aide d’un CEP (Comité Electoral Provisoire) asservi (« restavèk »), des lois inacceptables qui foulent au pied la souveraineté du pays et consacrent un pouvoir personnel qu’il veut conserver coûte que coûte. Préval a vendu ou a donné en cadeau la souveraineté du pays.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La gouvernance du pays est tombée entre les mains d’un comité intérimaire qui a des étrangers à sa tête. Un plan est en train de se réaliser sur le dos du peuple, au nom du peuple, sans que celui connaisse son contenu. Le gouvernement Préval s’est associé aux étrangers pour monter un plan de reconstruction sans s’adresser à aucun secteur des classes populaires. Ce projet de reconstruction est certainement un projet anti-national.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le projet anti-national, anti-paysan gagne du terrain. Ce projet a le support des grands pays impérialistes qui utilisent Préval pour faire main basse sur le pays. Les multinationales en profitent pour tenter d’écraser l’agriculture et accaparer les terres pour produire des agro-carburants, une fausse solution à la crise énergétique.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;2- NOUS DENONCONS&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La présence de Monsanto sur le territoire d’Haïti, une entreprise criminelle qui a tué beaucoup de monde au Vietnam et aux Etats-Unis. Le produit que l’on appelle « Agent orange » qui a tué plus de 400 000 personnes, qui a fait plus de 500 000 enfants naître avec des déformations physiques, c’est Monsanto qui l’a fabriqué pour l’armée américaine. Plus de 40 000 vétérans de la guerre du Vietnam ont été atteints de cancers et d’autres maladies. Ils ont intenté un procès à Monsanto qui a été condamné à payer plus de 180 millions de dollars (USD) de dommages.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La présence de Monsanto qui apporte en Haïti des produits chimiques qui contiennent des poisons mortels comme le Thiram. L’agence américaine pour la protection de l’environnement (EPA) interdit l’utilisation de cet insecticide aux Etats-Unis parce qu’elle considère qu’il est trop dangereux pour les agriculteurs. Ils n’ont pas d’équipements capables de les protéger suffisamment. Qui va veiller sur la vie des agriculteurs Haïtiens ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La présence des semences de maïs Monsanto sur le territoire d’Haïti, que ce soit des semences OGM ou hybrides, cela aura les mêmes conséquences sur l’agriculture paysanne. Ce qui est le plus grave, c’est que le gouvernement a littéralement ouvert le pays à la vente aux multinationales des « agro-poisons » qui vont détruire les semences locales. Il est vrai que les OGM auraient fait plus de dégâts que les semences hybrides. En particulier parce que les scientifiques qui modifient les gênes des plantes n’ont ensuite plus de contrôle sur eux. Personne ne connaît l’ampleur des dégâts causés jusqu’ici par les semences transgéniques et les pesticides chimiques sur la vie humaine. Ce que l’on connaît déjà ce sont les maladies de cancer, de diabète, d’allergie, les résistances aux antibiotiques, les malformations congénitales, c’est-à-dire les enfants qui naissent avec des parties du corps en moins. Ils peuvent naître sans yeux, sans bouche, sans oreille…&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le gouvernement Préval, et en particulier le Ministère de l’Agriculture, qui ne donne pas aux paysans des informations sur les dangers qu’il y a pour la vie de paysans qui manipulent les semences Monsanto. Est-ce que cela n’est pas criminel ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le gouvernement Préval ne dispose d’aucun laboratoire pour contrôler les produits qui entrent dans le pays. Comment le Ministre Joanas Gué qui a dit qu’il ne pouvait permettre l’entrée de semences OGM peut vérifier si celles qu’il reçoit ne sont pas OGM ? Dans quel laboratoire il a contrôlé ces semences ? Contrôlé quels poisons y ont été appliqués ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La loi d’urgence qui permet à Préval de vendre le pays, la modification de la loi d’urgence qui lui permet de prolonger son mandat et lui ouvre la porte pour lui permettre de conserver le pouvoir personnellement ou de passer le relais à un de ses amis au cours d’une « élection-nomination » comme il a l’habitude de le faire.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La politique de l’USAID qui déverse des millions à travers le projet Winner qui à son tour déverse sur Haïti des semences poisons qui vont tuer nos sols. C’est Winner qui distribue les semences poisons Monsanto. Winner prévoit d’inonder le pays de semences poison, d’engrais, de pesticides chimiques fournit par Monsanto.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La politique de l’USAID et de Winner qui veut disséminer des plantations de Jatropha à travers les montagnes du pays. Le projet Winner est un danger pour l’agriculture paysanne, pour nos semences locales. Est-ce la meilleure chose que le Président Obama, dont beaucoup de monde pensait qu’il allait aider Haïti, puisse offrir aux paysans Haïtiens.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Toutes les multinationales des « agro-poisons » qui ont dans l’idée de faire main basse sur le pays d’Haïti pour installer des plantations. Nous leur demandons de rester à distance car les terres d’Haïti sont destinées à produire de la nourriture pour les Haïtiens, de la nourriture avant tout autre chose. Les multinationales sont les ennemies des paysans, les ennemies de la vie sur Terre.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;3-NOUS EXIGEONS QUE&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le ministre de l’agriculture renonce au reste de semences Monsanto qui ne sont pas encore arrivées en Haïti. Renvoyer à Monsanto celles qui sont déjà arrivées ou aller les détruire de la même façon que la drogue saisie par la police, aux yeux et aux sus de tout le monde.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le Ministère de l’agriculture donne des explications sur la quantité de semences qu’il a déjà reçu, où elles ont été plantées et avec quel insecticide chimique elles ont été traitées. Quel danger représente ces insecticides pour les paysans qui les utilisent.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Soit mis en place un laboratoire qui a la capacité et la responsabilité d’analyser tout produit agricole, tout pesticide et herbicide chimique qui entre dans le pays.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Soit donné aux organisations paysannes les moyens de développer et stocker les semences locales pour produire localement des produits capables d’assurer la souveraineté alimentaire du pays&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Qu’aucun contrat ne soit passé avec les organisations multinationales « agro-poisons » ou les multinationales qui créent des plantations d’arbres pour faire du biochar, soit-disant pour combattre le réchauffement climatique, et s’établir sur les terres du pays. Les terres du pays sont pour les paysans qui travaillent la terre.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;4- NOUS DEMANDONS AUX PAYSANS ET AUX ORGANISATIONS PAYSANNES DE :&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Stopper Monsanto. Stopper toutes les semences étrangères qu’elles soient hybrides ou OGM. Arracher les plants de maïs déjà semer pour sauvegarder les semences créoles. Nous avons besoin d’une mobilisation générale contre Préval, contre toutes les multinationales, spécialement Monsanto.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Continuer à conserver nos semences « maison » dans nos calebasses, dans nos sacs en jute, dans nos colombiers, dans nos silos. Répartir les semences entre les paysans qui n’en n’ont pas. Les semences ne sont pas des marchandises pour se faire de l’argent. Les semences sont la vie, c’est un bien commun : un patrimoine commun à toute l’humanité. Nous devons revenir à des pratiques d’échange et de troc des semences.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Mettre en place des banques de semences locales partout dans le pays afin que les puissent emprunter des semences lorsqu’ils ne peuvent en acheter. Echanger les semences locales entre les départements et avec le autres pays afin que les paysans restent les gardiens des semences, gardiens de la biodiversité sur la planète.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Travailler sans relâche, nous organiser pour produire et manger des produits « maisons », surtout du maïs, sous les formes que nos ancêtres ont laissés pour nous : maïs grillé, chanmchanm (maïs grillé en poudre mélangé à du sucre et des arachides en poudre, ndlr), tchaka (maïs en grains bouillis et mélangés à des pois, ndlr), gâteau de maïs, doukounou (pâte de maïs bouillie, ndlr), bougonnen (tuile de maïs et de noix caramélisés ndlr) etc…&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Stopper tous les produits importés de mauvaise qualité, boycotter tous les produits des multinationales comme coca-cola, un poison pour la santé.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Nous organiser, rassembler nos forces, rester mobilisés pour stopper toutes les multinationales, tous les groupes qui tentent de s’accaparer nos terres pour y mettre des plantations et pour produire des agro carburants. Les terres d’Haïti doivent servir à produire des aliments locaux, à planter des arbres qui produisent des fruits, à produire du bois pour fournir de l’énergie ou pour faire des meubles.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;DEFENDRE LES TERRES D’HAITI, DEFENDRE L’ENVIRONNEMENT, DEFENDRE LA SOUVERAINETE ALIMENTAIRE&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;5- NOUS PRENONS L’ENGAGEMENT :&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Nous, organisations signataires de cette déclaration, nous déclarons à Monsanto et à tous ces complices la guerre. Nous déclarons la guerre à toutes les multinationales « agro poisons » parce qu’elles sont les ennemies des paysans, les ennemies de la nature, les ennemies de la VIE.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Nous nous engageons à défendre les semences de maïs locales, les semences de pois d’Angole, les semences de pois et de haricots locaux, les semences de petit-mil, les semences de pois rouge, de pois noir, de pois beurre, les semences de riz, toutes les semences que nos ancêtres nous ont transmis.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Nous nous engageons à produire et conserver nos semences créoles. Nous allons commencer à mettre en place partout des banques de semences à partir du mois de juillet prochain pour conserver les semences de maïs et toutes nos autres semences créoles.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Nous nous engageons à rassembler nos forces pour changer cet Etat anti-paysans, cet Etat anti-national, cet Etat qui marchande le pays. Nous voulons bâtir un autre modèle d’Etat, un Etat qui défende l’agriculture paysanne, un Etat qui s’associe aux paysans pour faire une réforme agraire intégrale, un Etat qui s’associe aux paysans pour réhabiliter l’environnement du pays, la conservation des sols et le reboisement. Nous voulons être capables de planter, comme le Congrès du MPP l’a demandé, 50 000 arbres dans chaque section communale chaque année.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Nous nous engageons à nous associer à toutes les organisations paysannes membres de La Via Campesina, avec tous ses alliés sur la planète, pour défendre la souveraineté alimentaire, pour défendre l’environnement, pour défendre les ressources naturelles, pour défendre les droits de notre mère la Terre, défendre les droits des paysans, défendre la vie sur le planète.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Nous nous engageons avec La Via Campesina et tous ses alliés pour mener une campagne de longue haleine contre les multinationales.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;6- POUR FINIR :&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Nous retirons notre chapeau devant toutes les organisations de toute l’Amérique Latine, de tous les réseaux de solidarité aux Etats-Unis et au Canada qui se sont levées pour témoigner de leur solidarité avec notre combat pour stopper Monsanto.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Nous retirons notre chapeau devant toutes les organisations en Europe, en Asie, en Afrique qui se sont levées en solidarité avec nous. Beaucoup d’entre elles ont organisé des manifestations, des sit-in, des actes de désobéissance civique en solidarité avec nous. Beaucoup d’entre elles ont envoyé des milliers de lettres de protestation au gouvernement Haïtien et au gouvernement Américain contre ce projet mortel.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Nous donnons un coup de chapeau à tous les journalistes dans le monde qui ont aidé à répandre la nouvelle de ce nouveau tremblement de terre qui frappe Haïti, orchestré par le Ministère de l’Agriculture et Monsanto. Nous disons un grand merci à tous les militants et militantes venus de République Dominicaine, du Brésil, des Etats-Unis, du Canada, de France, d’Italie etc.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Nous disons un grand merci à toutes les organisations du mouvement social en Haïti, aux étudiants des universités, à toutes les organisations politiques venues s’associer aux paysans dans cette mobilisation de longue haleine qui fait que commencer.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Bravo à tous les paysans, toutes les femmes paysannes, tous les jeunes paysans, venus des 10 départements géographiques du pays défendre leur agriculture, défendre les semences locales, défendre l’environnement du pays d’Haïti.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;A BAS MONSANTO ET TOUS SES COMPLICES, A BAS LES MULTINATIONALES, A BAS L’OCCUPATION. VIVE L’AGRICULTURE PAYSANNE, VIVE LA SOUVERAINETE ALIMENTAIRE A BAS LE GOUVERNEMENT QUI RANCONNE LE PAYS, A BAS LE CEP ASSERVI PAR PREVAL, A BAS LES PARLEMENTAIRES VENDUS A BAS TOUTE ELECTION TRUQUEE. VIVE LA LUTTE DU PEUPLE HAITIEN ET CELLE DE TOUS LES PEUPLES SUR LA TERRE&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;L’ORGANISATION OU LA MORT !&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Liste des organisations et des plateformes d’organisations qui se sont déjà engagées dans cette bataille : &lt;/div&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La Vía Campesina &lt;/div&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;4G Kontre &lt;/div&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;FONDAMA &lt;/div&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;RENAHSSA &lt;/div&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;PLANOPA &lt;/div&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;KABA GRANGOU &lt;/div&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;PAPDA &lt;/div&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;MOREPLA &lt;/div&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;VEDEK&lt;/div&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;N.B Texte envoyé par le MPP/MPNKP à la rédaction de Radio Kiskeya et de &lt;a href="http://www.radiokiskeya.com/"&gt;http://www.radiokiskeya.com/&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/28026645-635738459233213554?l=espas-ayisyen-toulouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/G-FyMfP8ZQR4cKpZaJkBT6H51ag/0/da"&gt;&lt;img src="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/G-FyMfP8ZQR4cKpZaJkBT6H51ag/0/di" border="0" ismap="true"&gt;&lt;/img&gt;&lt;/a&gt;&lt;br/&gt;
&lt;a href="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/G-FyMfP8ZQR4cKpZaJkBT6H51ag/1/da"&gt;&lt;img src="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/G-FyMfP8ZQR4cKpZaJkBT6H51ag/1/di" border="0" ismap="true"&gt;&lt;/img&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;img src="http://feeds.feedburner.com/~r/EspasAyisyenToulouse/~4/vgH_lNt-MNY" height="1" width="1"/&gt;</content><link rel="replies" type="application/atom+xml" href="http://espas-ayisyen-toulouse.blogspot.com/feeds/635738459233213554/comments/default" title="Publier les commentaires" /><link rel="replies" type="text/html" href="http://www.blogger.com/comment.g?blogID=28026645&amp;postID=635738459233213554" title="0 commentaires" /><link rel="edit" type="application/atom+xml" href="http://www.blogger.com/feeds/28026645/posts/default/635738459233213554?v=2" /><link rel="self" type="application/atom+xml" href="http://www.blogger.com/feeds/28026645/posts/default/635738459233213554?v=2" /><link rel="alternate" type="text/html" href="http://feedproxy.google.com/~r/EspasAyisyenToulouse/~3/vgH_lNt-MNY/2010_06_01_archive.html" title="OGM, HAITI, PAYSANS" /><author><name>Inisyativ Ayisyen Toulouse</name><email>noreply@blogger.com</email></author><thr:total>0</thr:total><feedburner:origLink>http://espas-ayisyen-toulouse.blogspot.com/2010_06_01_archive.html#635738459233213554</feedburner:origLink></entry><entry gd:etag="W/&quot;AkcEQXg4eSp7ImA9WxFVEUw.&quot;"><id>tag:blogger.com,1999:blog-28026645.post-1800125526404797456</id><published>2010-06-09T23:13:00.000+02:00</published><updated>2010-06-09T23:13:20.631+02:00</updated><app:edited xmlns:app="http://www.w3.org/2007/app">2010-06-09T23:13:20.631+02:00</app:edited><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="Haïti" /><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="réforme" /><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="justice" /><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="détention préventive prolongée" /><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="droit" /><title /><content type="html">&lt;div id="yiv2011777544"&gt; &lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 10pt; text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;&lt;span lang="FR" style="color: #365f91; font-family: 'serif'; font-size: 20pt; line-height: 115%;"&gt;La nécessité d’une réforme du droit  haïtien applicable à la détention préventive prolongée&lt;span style="color: windowtext; font-family: 'serif';"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 10pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;Par &lt;b&gt;Alfred  Reynolds&lt;/b&gt;, &lt;b&gt;LL.M.&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 10pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;&lt;span&gt;&lt;/span&gt;Selon plusieurs  conférenciers et participants &lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;à&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt; un atelier de travail sur la justice en Haïti, &lt;span&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;«&amp;nbsp;&lt;em&gt;le  plus grand obstacle au bon fonctionnement de la justice [haïtienne]  demeure la détention préventive prolongée&lt;/em&gt;&lt;a href="http://us.mc623.mail.yahoo.com/mc/welcome?.gx=1&amp;amp;.tm=1274734263&amp;amp;.rand=73ut8dkbnd6e7#_ftn1" name="_ftnref1" rel="nofollow" target="_blank" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;[1]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&amp;nbsp;».  En fait, le droit définit la détention provisoire ou préventive comme  étant «&amp;nbsp;l’&lt;em&gt;incarcération d’un inculpé (…) pendant tout ou partie de  l’instruction préparatoire jusqu’au jugement définitif sur le fond de  l’affaire&lt;/em&gt;&lt;a href="http://us.mc623.mail.yahoo.com/mc/welcome?.gx=1&amp;amp;.tm=1274734263&amp;amp;.rand=73ut8dkbnd6e7#_ftn2" name="_ftnref2" rel="nofollow" target="_blank" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;[2]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;em&gt;&amp;nbsp;».  &lt;/em&gt;En effet, cet inculpé ou accusé – pour être plus précis – est en  détention préventive lorsqu’il est accusé d’une infraction pénale et il  est mis en prison sous les ordres de la justice en attendant d’être jugé  par un tribunal dans un délai ne dépassant quatre (4)  mois&amp;nbsp;; mais, lorsque ce délai excède quatre (4) mois, l’inculpé est  considéré en détention préventive prolongée&lt;a href="http://us.mc623.mail.yahoo.com/mc/welcome?.gx=1&amp;amp;.tm=1274734263&amp;amp;.rand=73ut8dkbnd6e7#_ftn3" name="_ftnref3" rel="nofollow" target="_blank" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;[3]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;em&gt;.  &lt;/em&gt;Cependant, si l’inculpé doit être incarcéré, le droit prévoit «&amp;nbsp;&lt;em&gt;la  protection de l'individu contre les arrestations arbitraires et contre  la détention illégale&lt;/em&gt;&lt;a href="http://us.mc623.mail.yahoo.com/mc/welcome?.gx=1&amp;amp;.tm=1274734263&amp;amp;.rand=73ut8dkbnd6e7#_ftn4" name="_ftnref4" rel="nofollow" target="_blank" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;[4]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&amp;nbsp;»  et il exige aussi que cette&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt; mesure privative de  liberté – dont la détention préventive prolongée – doit &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;être  seulement prise à titre exceptionnel.&lt;span&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&amp;nbsp;&lt;span&gt;&amp;nbsp;  &lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 10pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;En effet, cette exigence  exceptionnelle du droit – par rapport &lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;à&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt; la &lt;span&gt;détention préventive&amp;nbsp;prolongée &lt;/span&gt;– est basée  seulement sur deux tests ou &lt;span&gt;deux catégories de nécessités&amp;nbsp;: d’une  part, les n&lt;/span&gt;écessités de l’instruction&amp;nbsp;;&amp;nbsp;et, d’autre part, les  nécessités de l’ordre public. En ce qui concerne les &lt;span&gt;nécessités de  l’instruction, &lt;span class="yshortcuts" id="lw_1276051818_0" style="border-bottom: 2px dotted rgb(54, 99, 136); cursor: pointer;"&gt;le juge&lt;/span&gt;  d’instruction ou le commissaire du gouvernement &lt;/span&gt;&amp;nbsp;doit démontrer  au moins une  de ces nécessités pour incarcérer l’accusé ou l’inculpé&amp;nbsp;: la  conservation des preuves et indices matériels&amp;nbsp;; l’interdiction de toute  concertation entre personnes mises en examen et complices&amp;nbsp;;&amp;nbsp;et,  finalement, l’empêchement de tout genre de pression sur les témoins ou  les victimes. Par contre, en matière de&lt;span&gt; nécessités de l’ordre  public et de la sécurité publique, le juge d’instruction ou le  commissaire du gouvernement doit être sûre et certain de l’acte pos&lt;/span&gt;é&lt;span&gt;  par l’accus&lt;/span&gt;é&lt;span&gt; ou l’inculp&lt;/span&gt;é&lt;span&gt; tout en démontrant &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;à&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt; la cour ou au tribunal que cette mesure  préventive est nécessaire pour &lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;prévenir de  nouvelles infractions&amp;nbsp;; de mettre fin à une infraction ou d’empêcher le  renouvellement&amp;nbsp;de cette infraction; de maintenir &lt;span&gt;l’accus&lt;/span&gt;é&lt;span&gt;  ou l’inculp&lt;/span&gt;é mise en examen sous le contrôle ou la disponibilité  immédiate de la justice&amp;nbsp;; et, enfin, de préserver l’ordre public qui  était déjà troublé par cette même infraction.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;  &lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 10pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;En étudiant la  problématique de la détention préventive prolongée, en Haïti, on perçoit  fort souvent et assez rapidement que cette exigence exceptionnelle du  droit n’est pas liée aux deux tests ou aux deux catégories  susmentionnées. En fait, Danièle Saada – responsable de&amp;nbsp;la section droit  de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti  (MINUSTAH) – pense que le problème de la détention préventive prolongée a  plusieurs causes&amp;nbsp;: il y a les procédures qui trainent, les dossiers qui  se perdent et les délais impartis par la loi qui ne sont pas respectés&lt;a href="http://us.mc623.mail.yahoo.com/mc/welcome?.gx=1&amp;amp;.tm=1274734263&amp;amp;.rand=73ut8dkbnd6e7#_ftn5" name="_ftnref5" rel="nofollow" target="_blank" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;[5]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;.&lt;span&gt;&amp;nbsp;  &lt;/span&gt;Elle affirme que «&amp;nbsp;&lt;em&gt;si le code d’instruction criminelle était  suivi &lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;&lt;em&gt;à&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;&lt;em&gt; la lettre  (…) nous n’en serions pas là au niveau de la détention préventive&lt;/em&gt;&lt;a href="http://us.mc623.mail.yahoo.com/mc/welcome?.gx=1&amp;amp;.tm=1274734263&amp;amp;.rand=73ut8dkbnd6e7#_ftn6" name="_ftnref6" rel="nofollow" target="_blank" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;[6]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&amp;nbsp;».  &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;  &lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 10pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;Cependant, beaucoup pensent  que cette exigence exceptionnelle est liée de préférence &lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;à &lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;trois causes fondamentales&lt;a href="http://us.mc623.mail.yahoo.com/mc/welcome?.gx=1&amp;amp;.tm=1274734263&amp;amp;.rand=73ut8dkbnd6e7#_ftn7" name="_ftnref7" rel="nofollow" target="_blank" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;[7]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;.  Premièrement, les gens sont accusés, arrêtés ou inculpés illégalement  pour des infractions mineures ou des cas pour lesquels la loi ne prévoit  pas  de peine d’emprisonnement ou de prison préventive. &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Deuxièmement,  le non-respect des délais pour boucler les enquêtes. Sur ce, les juges  d’instruction ont ordinairement un délai de deux (2) mois pour faire  leurs enquêtes et communiquer les pièces de l’information au ministère  public et un mois (1) pour l’émission de l’ordonnance de clôture.  Cependant, ces juges n’ont pas pu respecter ces délais du fait qu’ils  n’ont pas assez d’information pour le traitement du dossier. Dans ce  cas, on y voit d’autres problèmes, particulièrement ceux-là qui sont  liés &lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;à&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt; la mauvaise  infrastructure haïtienne, tels que les problèmes de transportation,  l’espace réservé aux juges pour pouvoir travailler tranquillement sur  ces dossiers, l’absence  d’équipements ou de capacités logistiques, etc. Et, troisièmement, il y  a aussi le manque de ressources humaines au niveau des tribunaux et le  système judiciaire en général. En effet, le ministère de la justice  n’embauche pas assez de magistrats ou de personnes qualifiées&amp;nbsp;; la  Police Nationale d’Haïti (PNH) est incapable de respecter le délai de 48  heures pour la garde &lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;à &lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;vue&amp;nbsp;de &lt;span&gt;l’accus&lt;/span&gt;é&lt;span&gt; ou de l’inculp&lt;/span&gt;é;  l’ancienneté des lois qui ne répondent pas aux exigences de l’heure&amp;nbsp;;  l’absence d’un programme de caution ou de libération conditionnelle&amp;nbsp;;  et, enfin, la non existence d’une instance judicaire capable d’évaluer  ou de contrôler la nécessité ou non du système de détention provisoire  ou préventive&lt;a href="http://us.mc623.mail.yahoo.com/mc/welcome?.gx=1&amp;amp;.tm=1274734263&amp;amp;.rand=73ut8dkbnd6e7#_ftn8" name="_ftnref8" rel="nofollow" target="_blank" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;[8]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;.&lt;span&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;  &lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 10pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;En plus de ces  trois causes susmentionnées, il y a une quatrième cause qui est autant  considérée tabou par les membres de l’appareil judicaire haïtien, les  travailleurs du droit, les victimes tant bien que les accusés, que par  la société haïtienne en général. En fait, il y a le problème de  corruption au niveau de la justice en Haïti. En effet, suivant les  conclusions d’un rapport sur la prison civile de &lt;span class="yshortcuts" id="lw_1276051818_1"&gt;Port-au-Prince&lt;/span&gt;, &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;les  autorités haïtiennes devraient se pencher sur les vraies causes du  faible taux de &lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;condamnation en matière pénale  versus le pourcentage élevé de cas de détentions  préventives liées à des infractions graves&lt;a href="http://us.mc623.mail.yahoo.com/mc/welcome?.gx=1&amp;amp;.tm=1274734263&amp;amp;.rand=73ut8dkbnd6e7#_ftn9" name="_ftnref9" rel="nofollow" target="_blank" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;[9]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;.  Selon plusieurs, certains juges reçoivent de gros pots-de-vin pour  libérer&amp;nbsp;des prisonniers sous forme d’&lt;i&gt;habeas corpus ad subjiciendum&lt;/i&gt;&lt;a href="http://us.mc623.mail.yahoo.com/mc/welcome?.gx=1&amp;amp;.tm=1274734263&amp;amp;.rand=73ut8dkbnd6e7#_ftn10" name="_ftnref10" rel="nofollow" target="_blank" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;[10]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;i&gt;  &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;particulièrement ceux-là qui sont inculpés à des  infractions graves telles que le trafic de la drogue, le blanchiment  d’argent et le détournement de fonds. Par ailleurs, il y a des juges qui  trainent des procédures d’instruction pour jusqu'à perdre les dossiers  de ces inculpés qui sont encore gardés en détention préventive prolongée  parce qu’ils ne peuvent pas payer pour avoir leur liberté. Regardant ce  problème majeur dans la justice haïtienne, ce n’est pas étonnant que &lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;«&amp;nbsp;&lt;em&gt;des &lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="color: #111111; font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;&lt;em&gt;Juges et des Commissaires du Gouvernement sont constamment  décriés et dénoncés, en raison de leur implication dans des actes de  corruption et de malversation. Si bien que le système judiciaire est, à  nos jours, assimilé à un lieu de transactions commerciales où la Justice  est vendue au plus  offrant&lt;/em&gt;&lt;a href="http://us.mc623.mail.yahoo.com/mc/welcome?.gx=1&amp;amp;.tm=1274734263&amp;amp;.rand=73ut8dkbnd6e7#_ftn11" name="_ftnref11" rel="nofollow" target="_blank" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span lang="FR" style="color: #111111; font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;[11]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&amp;nbsp;». En effet, si «&amp;nbsp;&lt;em&gt;l&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;&lt;em&gt;a détention préventive prolongée est l'une des tares du  système judiciaire haïtien, elle est aujourd'hui plus préoccupante que  jamais&lt;/em&gt;&lt;a href="http://us.mc623.mail.yahoo.com/mc/welcome?.gx=1&amp;amp;.tm=1274734263&amp;amp;.rand=73ut8dkbnd6e7#_ftn12" name="_ftnref12" rel="nofollow" target="_blank" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;[12]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&amp;nbsp;».  D’une manière générale, non seulement «&amp;nbsp;&lt;em&gt;le taux de détention  préventive prolongée atteint les 90% et dans certaines prisons près de  98% des détenus n’ont pas encore été jugés&lt;/em&gt;&lt;a href="http://us.mc623.mail.yahoo.com/mc/welcome?.gx=1&amp;amp;.tm=1274734263&amp;amp;.rand=73ut8dkbnd6e7#_ftn13" name="_ftnref13" rel="nofollow" target="_blank" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;[13]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&amp;nbsp;»,  «&amp;nbsp;&lt;em&gt;certains magistrats affichent des signes extérieurs d’opulence et  mènent visiblement un train de vie supérieure &lt;span style="color: #111111;"&gt;à&lt;/span&gt; leurs traitements et salaires&lt;/em&gt;&lt;a href="http://us.mc623.mail.yahoo.com/mc/welcome?.gx=1&amp;amp;.tm=1274734263&amp;amp;.rand=73ut8dkbnd6e7#_ftn14" name="_ftnref14" rel="nofollow" target="_blank" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;[14]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&amp;nbsp;».  &lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 10pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;Devant le fait accompli de  cette situation très complexe, il est important de dire que «&amp;nbsp;&lt;em&gt;la  détention préventive ne peut être prolongée indéfinitivement&lt;/em&gt;&lt;a href="http://us.mc623.mail.yahoo.com/mc/welcome?.gx=1&amp;amp;.tm=1274734263&amp;amp;.rand=73ut8dkbnd6e7#_ftn15" name="_ftnref15" rel="nofollow" target="_blank" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;[15]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&amp;nbsp;».  Sur ce, le gouvernement haïtien avait mis sur pieds des programmes et  avait entamé le processus de réforme dans l’appareil judiciaire afin de  trouver une solution adéquate aux problèmes. En effet, le gouvernement  intérimaire de &lt;span class="yshortcuts" id="lw_1276051818_2" style="border-bottom: 2px dotted rgb(54, 99, 136); cursor: pointer;"&gt;Gérard  Latortue&lt;/span&gt; avait mis sur pieds des commissions de magistrats pour  siéger au Pénitencier national. &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;En fait, avec son &lt;i&gt;mouvman  li jou&lt;/i&gt;, le ministre de la justice, M&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; Henry Marge  Dorléans, avait entamé «&amp;nbsp;&lt;em&gt;une visite dans plusieurs villes de  province pour s’enquérir de la situation des tribunaux et des  commissariats&lt;/em&gt;&lt;a href="http://us.mc623.mail.yahoo.com/mc/welcome?.gx=1&amp;amp;.tm=1274734263&amp;amp;.rand=73ut8dkbnd6e7#_ftn16" name="_ftnref16" rel="nofollow" target="_blank" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;[16]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&amp;nbsp;».  De cette visite, il y avait un projet de création d’annexes pour les  commissariats des communes telles que celles de Jean  Rabel et de Pignon. Ensuite, il y avait «&amp;nbsp;&lt;em&gt;la décision du tribunal  de première instance de Port-au-Prince de siéger en deux vacations dans  le but de passer de cinq à vingt audiences correctionnelles par semaine  et des audiences criminelles sans assistance de jury tout au cours de  l’année judicaire&lt;/em&gt;&lt;a href="http://us.mc623.mail.yahoo.com/mc/welcome?.gx=1&amp;amp;.tm=1274734263&amp;amp;.rand=73ut8dkbnd6e7#_ftn17" name="_ftnref17" rel="nofollow" target="_blank" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;[17]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&amp;nbsp;».  &lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 10pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;Quelque temps plus tard, on  avait assisté aux importantes initiatives télévisées du Parquet de  Port-au-Prince en vue de libérer certains détenus pour des raisons  humanitaires. Il y avait aussi sous le gouvernement de Préval/Alexis la  commission sur la détention préventive prolongée. Actuellement, de  concert avec la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti  (MINUSTAH), le gouvernement haïtien – par le biais du Ministère de la  justice et de la sécurité publique – a conçu le projet des &lt;i&gt;Commissions  de détention&lt;/i&gt;. Ces commissions, qui sont des groupuscules formées  d’employés du ministère, devront «&amp;nbsp;&lt;em&gt;trier les dossiers et faire en  sorte que les personnes emprisonnées depuis un certain temps, sans avoir  été jugées, soient  priorisées, ceci à Port-au-Prince et dans les tribunaux des provinces&lt;/em&gt;&lt;a href="http://us.mc623.mail.yahoo.com/mc/welcome?.gx=1&amp;amp;.tm=1274734263&amp;amp;.rand=73ut8dkbnd6e7#_ftn18" name="_ftnref18" rel="nofollow" target="_blank" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;[18]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&amp;nbsp;».&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="color: black; font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;&lt;/span&gt;  &lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 10pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;En analysant ces différents  programmes du ministère de la justice, on voit bien que les autorités  judiciaires ont la volonté d’améliorer et de changer l’une des tares du  système judiciaire haïtien. Mais, comment peut-on améliorer ou changer  une situation qui est maintenant considérée comme étant «&amp;nbsp;&lt;em&gt;le plus  grand obstacle au bon fonctionnement de la justice&amp;nbsp;?&lt;/em&gt;&lt;a href="http://us.mc623.mail.yahoo.com/mc/welcome?.gx=1&amp;amp;.tm=1274734263&amp;amp;.rand=73ut8dkbnd6e7#_ftn19" name="_ftnref19" rel="nofollow" target="_blank" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;[19]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&amp;nbsp;»&lt;span&gt;&amp;nbsp;  &lt;/span&gt;En fait, pour  résoudre ce problème de détention préventive prolongée, il faut que l&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;’&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;É&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;tat haïtien &lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;pense &lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;à une certaine r&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;é&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;forme au niveau de l’appareil judiciaire. S&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;i les autorités judicaires ont vraiment la volonté d’apporter  un changement &lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;à&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt; la  problématique de la détention préventive prolongée, leurs manières de  procéder &lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;à&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt; cette réforme est  très préoccupante du fait qu’ils n’y aient jamais eu d’améliorations  malgré leurs efforts et leurs investissements.&lt;span&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;Sur ce,  peut-on dire que «&amp;nbsp;&lt;em&gt;les responsables sont en train d’errer dans leur  approche parce qu’ils ne sont pas des professionnels (…) et qu’&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang="ES-TRAD" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;&lt;em&gt;Haïti est l’un des rares pays ne disposant pas d’une  politique criminelle&lt;/em&gt;&lt;a href="http://us.mc623.mail.yahoo.com/mc/welcome?.gx=1&amp;amp;.tm=1274734263&amp;amp;.rand=73ut8dkbnd6e7#_ftn20" name="_ftnref20" rel="nofollow" target="_blank" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span lang="ES-TRAD" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;[20]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;  &lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;»&amp;nbsp;? &lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 10pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;En effet, selon certains,  «&amp;nbsp;&lt;em&gt;avant même qu’elle ne commence, la réforme judicaire va déjà dans  le mur&lt;/em&gt;&lt;a href="http://us.mc623.mail.yahoo.com/mc/welcome?.gx=1&amp;amp;.tm=1274734263&amp;amp;.rand=73ut8dkbnd6e7#_ftn21" name="_ftnref21" rel="nofollow" target="_blank" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;[21]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&amp;nbsp;».  Et, selon d’autres, «&amp;nbsp;&lt;em&gt;le dépassement de la crise exige que l’on  considère non seulement les questions liées à l’efficacité [du droit],  mais aussi celles liées à la qualité du procès et du système pénal&lt;/em&gt;&lt;a href="http://us.mc623.mail.yahoo.com/mc/welcome?.gx=1&amp;amp;.tm=1274734263&amp;amp;.rand=73ut8dkbnd6e7#_ftn22" name="_ftnref22" rel="nofollow" target="_blank" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;[22]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&amp;nbsp;».  En d’autres mots, il faut qu’il y ait un changement en profondeur dans  le système judicaire haïtien. Il faut qu’il y ait une réforme qui  devrait répondre aux exigences de l’heure parce que «&amp;nbsp;&lt;em&gt;le système  inquisitorial qui est celui basé sur le Code d’instruction criminelle de  1835 a fait ses preuves et il a échoué (…) du fait de son incapacité de  rechercher les infractions et leurs auteurs&lt;/em&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;em&gt; &lt;/em&gt;&lt;a href="http://us.mc623.mail.yahoo.com/mc/welcome?.gx=1&amp;amp;.tm=1274734263&amp;amp;.rand=73ut8dkbnd6e7#_ftn23" name="_ftnref23" rel="nofollow" target="_blank" title=""&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;[23]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&amp;nbsp;». En effet, l&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;’&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;É&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;tat haïtien ne peut  pas continuer à pérenniser la défaite d’un système qui échoue ses fils  et ses filles.&lt;span&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;L’&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;É&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;tat haïtien doit prendre en main ses obligations. Il doit  entreprendre ce genre de &lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;réforme dans le  système pénal  et cette réforme doit nécessairement revenir de son pleine autorité (&lt;i&gt;auctoritas  facit legem&lt;a href="http://us.mc623.mail.yahoo.com/mc/welcome?.gx=1&amp;amp;.tm=1274734263&amp;amp;.rand=73ut8dkbnd6e7#_ftn24" name="_ftnref24" rel="nofollow" target="_blank" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;[24]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;)  qui n’est autre que la connaissance (la théorie) et l’expérience (la  pratique ou le savoir-faire) du droit. Or, le problème en Haïti – comme  on le perçoit depuis quelques années – ne revient pas du non coexistence  de la connaissance et de l’expérience. C’est avant tout un problème  d’évolution qui est inextricablement lié avec l’espace et le temps. En  effet, &lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;à&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt; ce carrefour du 21&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;sup&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif';"&gt;ème&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt; siècle où l’avancement technologique et les grandes  découvertes scientifiques sont devenus monnaie courante dans le monde,  toute société doit avoir une certaine évolution &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;à tous les niveaux.&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt; Une société ne peut  pas évoluer si son système juridique n’est pas dynamique. En fait, être  dynamique – du mot grec &lt;i&gt;dunamikos&lt;/i&gt; – c’est d’être actif ou avoir  de l’énergie. C’est encore le pouvoir de «&amp;nbsp;&lt;em&gt;manifester une grande  vitalité, de la décision et de l’entrain&lt;/em&gt;&lt;a href="http://us.mc623.mail.yahoo.com/mc/welcome?.gx=1&amp;amp;.tm=1274734263&amp;amp;.rand=73ut8dkbnd6e7#_ftn25" name="_ftnref25" rel="nofollow" target="_blank" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;[25]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&amp;nbsp;».  En d’autres mots, c’est de la force qui est orientée vers le progrès et  le développement.&lt;span&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;Or, le dynamisme du droit vient &lt;i&gt;ipso  facto&lt;/i&gt; de l’action gouvernementale qui met en relief les acquis des  éléments de la société en question. Le droit, osons le dire, doit être  synonyme de changement, de progrès et d’évolution&amp;nbsp;; mais, il doit  surtout être imbibé de la tradition, de la culture, des mœurs au sens  étroit et des manières de vivre du peuple haïtien. &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;   &lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 10pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;Une chose certaine, quand  le droit évolue, il crée – d’une manière générale – de nouvelles  opportunités (échanges commerciales, investissements, épanouissements du  tourisme national, transnational et international, etc.) dans une  société et rassure les éléments de cette même société de la nécessité de  jouir pleinement de ses droits et de ses privilèges (se promener dans  les rues sans crainte, aller à la plage avec sa famille, participer à&lt;span&gt;&amp;nbsp;  &lt;/span&gt;des festivités publiques, etc.) tout en faisant confiance à  l’État. Par ailleurs, en faisant confiance à l’État, ces éléments créent  à leur tour d’autres opportunités (embauchages de chômeurs et de  marginaux, créations de nouvelles structures de développement durable  tels  que la décentralisation de la main d’œuvre, la répartition de  l’électricité à long terme, le traitement d’eau et la construction de  routes) que les autres éléments de la société vont bénéficier à leur  tour incluant l’État lui-même (la stabilité politique, la diminution de  la corruption et de la criminalité, le respect de l’autorité, la  collection d’impôts, le renforcement&lt;span&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;du système éducatif,  etc.). &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;  &lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="margin: 0in 0in 10pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;Mais, quand le droit  n’évolue pas, la société régresse à son plus bas niveau et les problèmes  que confrontent l’État et les éléments de la société se multiplient (le  kidnapping aux yeux de tous, le vol à mains armées en plein jour et le  viol), deviennent complexes (l’importation et l’exportation de la  drogue, les règlements de compte et les assassinats politiques) et très  fragiles (la corruption des travailleurs et des défenseurs de la  justice, etc.). Certains éléments de la société, en acceptant  ouvertement cette régression du droit – tant au niveau de  l’administration publique que dans les secteurs formels et informels de  la société – sans essayer d’apporter un changement adéquat à la  défaillance du système juridique, deviennent  indirectement complices de ce disfonctionnement de l’État. La  complaisance de ces éléments de la société avec le &lt;i&gt;status quo&lt;/i&gt;  engendre un système de non droit dans lequel la balance de la justice se  penche beaucoup plus vers ceux-là qui ont des moyens économiques et des  liens politiques. &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Par contre, ceux-là qui sont dépourvus  des ressources nécessaires pour manipuler le système à leur avantage,  peuvent devenir contre leur gré un grand obstacle au bon fonctionnement  de la justice. &lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;De  ce fait, on ne peut pas entreprendre une réforme réelle quand le  processus de cette réforme est bas&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;é&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt; sur  «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;&lt;em&gt;des aménagements superficiels et  cosmétiques&lt;/em&gt;&lt;a href="http://us.mc623.mail.yahoo.com/mc/welcome?.gx=1&amp;amp;.tm=1274734263&amp;amp;.rand=73ut8dkbnd6e7#_ftn26" name="_ftnref26" rel="nofollow" target="_blank" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;[26]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&amp;nbsp;»,  quand «&amp;nbsp;&lt;em&gt;les mêmes méthodes, les mêmes habitudes, les mêmes  connivences sont là&lt;/em&gt;&lt;a href="http://us.mc623.mail.yahoo.com/mc/welcome?.gx=1&amp;amp;.tm=1274734263&amp;amp;.rand=73ut8dkbnd6e7#_ftn27" name="_ftnref27" rel="nofollow" target="_blank" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;[27]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&amp;nbsp;»  et,  finalement, quand « &lt;em&gt;le droit haïtien reste tout aussi archaïque que  féodal&lt;/em&gt;&lt;a href="http://us.mc623.mail.yahoo.com/mc/welcome?.gx=1&amp;amp;.tm=1274734263&amp;amp;.rand=73ut8dkbnd6e7#_ftn28" name="_ftnref28" rel="nofollow" target="_blank" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;[28]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&amp;nbsp;».  Enfin, il est important de penser &lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;à&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt; la nécessité de cette réforme qui soit applicable &lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;à&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt; la détention préventive prolongée. Cette  réforme doit être considérée  sérieusement par l’&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;État&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;à&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt; cause de sa  responsabilité immesurable par rapport&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt; à la société.  On sait bien quand &lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;l’&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;État existe dans  ses prises de position, «&amp;nbsp;&lt;em&gt;c’est le juridique qui fait figure de  phénomène particulier au regard de l’ensemble social&lt;/em&gt;&lt;a href="http://us.mc623.mail.yahoo.com/mc/welcome?.gx=1&amp;amp;.tm=1274734263&amp;amp;.rand=73ut8dkbnd6e7#_ftn29" name="_ftnref29" rel="nofollow" target="_blank" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;[29]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&amp;nbsp;».  Cette r&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;é&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;forme doit être aussi  une sorte de contrainte aux mœurs et au droit et «&amp;nbsp;&lt;em&gt;elle peut se  définir comme une action venant de l’extérieur et tendant à l’exécution  d’une norme&lt;/em&gt;&lt;a href="http://us.mc623.mail.yahoo.com/mc/welcome?.gx=1&amp;amp;.tm=1274734263&amp;amp;.rand=73ut8dkbnd6e7#_ftn30" name="_ftnref30" rel="nofollow" target="_blank" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;[30]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&amp;nbsp;».  Cette r&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;é&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;forme ou contrainte  spécifique du droit doit tenir compte de ces trois points fondamentaux&amp;nbsp;:  l’origine des problèmes ou les causes de la détention préventive  prolongée, le but de cette réforme qui doit être présenté en référence  aux notions d’ordre et de désordre dans le système pénal et le mécanisme  utilisé par cette réforme pour changer une fois pour toute la plus  grande tare du système juridique haïtien.&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: Times New Roman; font-size: small;"&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 12pt; line-height: 115%;"&gt;&amp;nbsp;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;  &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br clear="all" /&gt;&lt;span style="font-family: Times New Roman; font-size: small;"&gt; &lt;hr align="left" size="1" width="33%" /&gt; &lt;/span&gt; &lt;div id="ftn1"&gt; &lt;div class="MsoFootnoteText" style="margin: 0in 0in 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;a href="http://us.mc623.mail.yahoo.com/mc/welcome?.gx=1&amp;amp;.tm=1274734263&amp;amp;.rand=73ut8dkbnd6e7#_ftnref1" name="_ftn1" rel="nofollow" target="_blank" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="font-family: 'sans-serif'; font-size: 10pt; line-height: 115%;"&gt;[1]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family: Calibri;"&gt;&lt;span&gt; &lt;i&gt;&lt;span lang="FR"&gt;Atelier de travail du Bureau  de la Secrétairerie d’&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span lang="FR"&gt;É&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;&lt;span lang="FR"&gt;tat aux Affaires Judiciaires&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span lang="FR"&gt;,  Hôtel Karibe, 28 et 29 avril 2010 (Source&amp;nbsp;: Alerte Haïti, 2 mai 2010). &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div id="ftn2"&gt; &lt;div class="MsoFootnoteText" style="margin: 0in 0in 0pt;"&gt;&lt;a href="http://us.mc623.mail.yahoo.com/mc/welcome?.gx=1&amp;amp;.tm=1274734263&amp;amp;.rand=73ut8dkbnd6e7#_ftnref2" name="_ftn2" rel="nofollow" target="_blank" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="font-family: 'sans-serif'; font-size: 10pt; line-height: 115%;"&gt;[2]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family: Calibri;"&gt;&lt;span&gt; &lt;/span&gt;&lt;span lang="FR"&gt;Jean PRADEL, L'instruction  préparatoire, Cujas, 1990, P. 587.&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div id="ftn3"&gt; &lt;div class="MsoNormal" style="line-height: normal; margin: 0in 0in 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;a href="http://us.mc623.mail.yahoo.com/mc/welcome?.gx=1&amp;amp;.tm=1274734263&amp;amp;.rand=73ut8dkbnd6e7#_ftnref3" name="_ftn3" rel="nofollow" target="_blank" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="font-family: 'sans-serif'; font-size: 11pt; line-height: 115%;"&gt;[3]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family: Calibri;"&gt;&lt;span&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span lang="FR" style="font-size: 10pt;"&gt;Réforme carcérale et droits des  personnes incarcérées&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span lang="FR" style="font-size: 10pt;"&gt;,  &lt;span class="yshortcuts" id="lw_1276051818_3"&gt;Centre International&lt;/span&gt;  des Droits de la Personne et du Développement Démocratique - Droits et  Démocratie, Juin 2009. &lt;/span&gt;&lt;span lang="FR" style="font-size: 10pt;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div id="ftn4"&gt; &lt;div class="MsoFootnoteText" style="margin: 0in 0in 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;a href="http://us.mc623.mail.yahoo.com/mc/welcome?.gx=1&amp;amp;.tm=1274734263&amp;amp;.rand=73ut8dkbnd6e7#_ftnref4" name="_ftn4" rel="nofollow" target="_blank" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="font-family: 'sans-serif'; font-size: 10pt; line-height: 115%;"&gt;[4]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family: Calibri;"&gt;&lt;span&gt; &lt;/span&gt;&lt;span lang="FR"&gt;Oumar KONE, «&amp;nbsp;La  problématique de la détention provisoire&amp;nbsp;», Mémoire, Université Nancy  II, 27 juin 1989.&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div id="ftn5"&gt; &lt;div class="MsoFootnoteText" style="margin: 0in 0in 0pt;"&gt;&lt;a href="http://us.mc623.mail.yahoo.com/mc/welcome?.gx=1&amp;amp;.tm=1274734263&amp;amp;.rand=73ut8dkbnd6e7#_ftnref5" name="_ftn5" rel="nofollow" target="_blank" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="font-family: 'sans-serif'; font-size: 10pt; line-height: 115%;"&gt;[5]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span&gt;&lt;span style="font-family: Calibri;"&gt; &lt;span lang="FR"&gt;«&amp;nbsp;Le problème de la détention  préventive prolongée&amp;nbsp;: un souci majeur&amp;nbsp;», Haïti Culture, 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt;  octobre 2007.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div id="ftn6"&gt; &lt;div class="MsoFootnoteText" style="margin: 0in 0in 0pt;"&gt;&lt;a href="http://us.mc623.mail.yahoo.com/mc/welcome?.gx=1&amp;amp;.tm=1274734263&amp;amp;.rand=73ut8dkbnd6e7#_ftnref6" name="_ftn6" rel="nofollow" target="_blank" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="font-family: 'sans-serif'; font-size: 10pt; line-height: 115%;"&gt;[6]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span&gt;&lt;span style="font-family: Calibri;"&gt; &lt;span lang="FR"&gt;Idem.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div id="ftn7"&gt; &lt;div class="MsoNormal" style="line-height: normal; margin: 0in 0in 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;a href="http://us.mc623.mail.yahoo.com/mc/welcome?.gx=1&amp;amp;.tm=1274734263&amp;amp;.rand=73ut8dkbnd6e7#_ftnref7" name="_ftn7" rel="nofollow" target="_blank" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="font-size: 10pt;"&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="font-family: 'sans-serif'; font-size: 10pt; line-height: 115%;"&gt;[7]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family: Calibri;"&gt;&lt;span lang="FR" style="font-size: 10pt;"&gt; Jean Robert  FLEURY, «&amp;nbsp;Détention préventive prolongée&amp;nbsp;: responsabilités des  magistrats&amp;nbsp;», Le Blog du Juriste, Info-Solidarité, 31 janvier 2008.&lt;/span&gt;&lt;b&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: 'serif'; font-size: 10pt;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div id="ftn8"&gt; &lt;div class="MsoFootnoteText" style="margin: 0in 0in 0pt;"&gt;&lt;a href="http://us.mc623.mail.yahoo.com/mc/welcome?.gx=1&amp;amp;.tm=1274734263&amp;amp;.rand=73ut8dkbnd6e7#_ftnref8" name="_ftn8" rel="nofollow" target="_blank" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="font-family: 'sans-serif'; font-size: 10pt; line-height: 115%;"&gt;[8]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span&gt;&lt;span style="font-family: Calibri;"&gt; &lt;span lang="FR"&gt;Idem.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div id="ftn9"&gt; &lt;div class="MsoFootnoteText" style="margin: 0in 0in 0pt;"&gt;&lt;a href="http://us.mc623.mail.yahoo.com/mc/welcome?.gx=1&amp;amp;.tm=1274734263&amp;amp;.rand=73ut8dkbnd6e7#_ftnref9" name="_ftn9" rel="nofollow" target="_blank" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="font-family: 'sans-serif'; font-size: 10pt; line-height: 115%;"&gt;[9]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span&gt;&lt;span style="font-family: Calibri;"&gt; &lt;span lang="FR"&gt;«&amp;nbsp;Lancement du rapport sur la détention  préventive prolongée en Haïti&amp;nbsp;», HaitiPress Network, 18 novembre 2006.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div id="ftn10"&gt; &lt;div class="MsoFootnoteText" style="margin: 0in 0in 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;a href="http://us.mc623.mail.yahoo.com/mc/welcome?.gx=1&amp;amp;.tm=1274734263&amp;amp;.rand=73ut8dkbnd6e7#_ftnref10" name="_ftn10" rel="nofollow" target="_blank" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="font-family: 'sans-serif'; font-size: 10pt; line-height: 115%;"&gt;[10]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span&gt;&lt;span style="font-family: Calibri;"&gt; &lt;span lang="FR"&gt;Du latin&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Que tu aies le corps pour  le produire (devant la cour)&amp;nbsp;». Cette loi anglaise, datée de 1679, a été  prise en vue d’assurer le respect de la liberté individuelle contre les  arrestations illégales. Dans ce cas, &lt;span class="yshortcuts" id="lw_1276051818_4"&gt;le juge&lt;/span&gt; demande aux autorités concernées  d’amener l’inculpé par devant le tribunal en vue de savoir s’il est  détenu en prison illégalement. Si oui, le juge ordonne aux autorités de  le relâcher dans  l’immédiat. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div id="ftn11"&gt; &lt;div class="MsoFootnoteText" style="margin: 0in 0in 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;a href="http://us.mc623.mail.yahoo.com/mc/welcome?.gx=1&amp;amp;.tm=1274734263&amp;amp;.rand=73ut8dkbnd6e7#_ftnref11" name="_ftn11" rel="nofollow" target="_blank" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="font-family: 'sans-serif'; font-size: 10pt; line-height: 115%;"&gt;[11]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family: Calibri;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt; «&amp;nbsp;Résolution sur la situation des  droits de l’homme en Haïti&amp;nbsp;», adoptée par le Congr&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR"&gt;è&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR"&gt;s de la Fédération Internationale des Ligues de Droits de  l’Homme (FIDH), Erevan (Arménie), 5 mai 2010.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div id="ftn12"&gt; &lt;div class="MsoFootnoteText" style="margin: 0in 0in 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;a href="http://us.mc623.mail.yahoo.com/mc/welcome?.gx=1&amp;amp;.tm=1274734263&amp;amp;.rand=73ut8dkbnd6e7#_ftnref12" name="_ftn12" rel="nofollow" target="_blank" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="font-family: 'sans-serif'; font-size: 10pt; line-height: 115%;"&gt;[12]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family: Calibri;"&gt;&lt;span&gt; &lt;span lang="FR"&gt;«&amp;nbsp;RNDDH &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR"&gt;à&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR"&gt; la Commission Inter-Américaine des  Droits Humains&amp;nbsp;: Présentation sur la situation générale des droits  humain en Haïti&amp;nbsp;», Réseau National de Défense des Droits Humains, 3 mars  2006.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div id="ftn13"&gt; &lt;div class="MsoFootnoteText" style="margin: 0in 0in 0pt;"&gt;&lt;a href="http://us.mc623.mail.yahoo.com/mc/welcome?.gx=1&amp;amp;.tm=1274734263&amp;amp;.rand=73ut8dkbnd6e7#_ftnref13" name="_ftn13" rel="nofollow" target="_blank" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="font-family: 'sans-serif'; font-size: 10pt; line-height: 115%;"&gt;[13]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span lang="FR"&gt;&lt;span style="font-family: Calibri;"&gt; Supra, note 5.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div id="ftn14"&gt; &lt;div class="MsoFootnoteText" style="margin: 0in 0in 0pt;"&gt;&lt;a href="http://us.mc623.mail.yahoo.com/mc/welcome?.gx=1&amp;amp;.tm=1274734263&amp;amp;.rand=73ut8dkbnd6e7#_ftnref14" name="_ftn14" rel="nofollow" target="_blank" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="font-family: 'sans-serif'; font-size: 10pt; line-height: 115%;"&gt;[14]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span&gt;&lt;span style="font-family: Calibri;"&gt; &lt;span lang="FR"&gt;Supra, note 11.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div id="ftn15"&gt; &lt;div class="MsoFootnoteText" style="margin: 0in 0in 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;a href="http://us.mc623.mail.yahoo.com/mc/welcome?.gx=1&amp;amp;.tm=1274734263&amp;amp;.rand=73ut8dkbnd6e7#_ftnref15" name="_ftn15" rel="nofollow" target="_blank" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="font-family: 'sans-serif'; font-size: 10pt; line-height: 115%;"&gt;[15]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span&gt;&lt;span style="font-family: Calibri;"&gt; &lt;i&gt;&lt;span lang="FR"&gt;Comité contre la torture&amp;nbsp;: Réponses  de la délégation estonienne&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span lang="FR"&gt;, Comité des  droits humains des Nations Unies, 14 novembre 2007. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div id="ftn16"&gt; &lt;div class="MsoFootnoteText" style="margin: 0in 0in 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;a href="http://us.mc623.mail.yahoo.com/mc/welcome?.gx=1&amp;amp;.tm=1274734263&amp;amp;.rand=73ut8dkbnd6e7#_ftnref16" name="_ftn16" rel="nofollow" target="_blank" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="font-family: 'sans-serif'; font-size: 10pt; line-height: 115%;"&gt;[16]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family: Calibri;"&gt;&lt;span&gt; &lt;span lang="FR"&gt;«&amp;nbsp;Haïti&amp;nbsp;: La détention préventive  prolongée &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR"&gt;à&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR"&gt;  l’ordre du jour de l’exercice judiciaire 2005-2006&amp;nbsp;», Alter-Presse, 3  octobre 2005.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div id="ftn17"&gt; &lt;div class="MsoFootnoteText" style="margin: 0in 0in 0pt;"&gt;&lt;a href="http://us.mc623.mail.yahoo.com/mc/welcome?.gx=1&amp;amp;.tm=1274734263&amp;amp;.rand=73ut8dkbnd6e7#_ftnref17" name="_ftn17" rel="nofollow" target="_blank" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="font-family: 'sans-serif'; font-size: 10pt; line-height: 115%;"&gt;[17]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span&gt;&lt;span style="font-family: Calibri;"&gt; &lt;span lang="FR"&gt;Supra, note 7.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div id="ftn18"&gt; &lt;div class="MsoFootnoteText" style="margin: 0in 0in 0pt;"&gt;&lt;a href="http://us.mc623.mail.yahoo.com/mc/welcome?.gx=1&amp;amp;.tm=1274734263&amp;amp;.rand=73ut8dkbnd6e7#_ftnref18" name="_ftn18" rel="nofollow" target="_blank" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="font-family: 'sans-serif'; font-size: 10pt; line-height: 115%;"&gt;[18]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span&gt;&lt;span style="font-family: Calibri;"&gt; &lt;span lang="FR"&gt;Supra, note 5.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div id="ftn19"&gt; &lt;div class="MsoFootnoteText" style="margin: 0in 0in 0pt;"&gt;&lt;a href="http://us.mc623.mail.yahoo.com/mc/welcome?.gx=1&amp;amp;.tm=1274734263&amp;amp;.rand=73ut8dkbnd6e7#_ftnref19" name="_ftn19" rel="nofollow" target="_blank" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="font-family: 'sans-serif'; font-size: 10pt; line-height: 115%;"&gt;[19]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span&gt;&lt;span style="font-family: Calibri;"&gt; &lt;span lang="FR"&gt;Supra, note 1.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div id="ftn20"&gt; &lt;div class="MsoFootnoteText" style="margin: 0in 0in 0pt;"&gt;&lt;a href="http://us.mc623.mail.yahoo.com/mc/welcome?.gx=1&amp;amp;.tm=1274734263&amp;amp;.rand=73ut8dkbnd6e7#_ftnref20" name="_ftn20" rel="nofollow" target="_blank" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="font-family: 'sans-serif'; font-size: 10pt; line-height: 115%;"&gt;[20]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span&gt;&lt;span style="font-family: Calibri;"&gt; &lt;span lang="FR"&gt;«&amp;nbsp;Clifford Larose plaide pour la  définition d’une politique criminelle&amp;nbsp;», &lt;a href="http://metropolehaiti.com/" rel="nofollow" target="_blank"&gt;&lt;span class="yshortcuts" id="lw_1276051818_5"&gt;metropolehaiti.com&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;,  29 octobre 2008.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div id="ftn21"&gt; &lt;div class="MsoFootnoteText" style="margin: 0in 0in 0pt;"&gt;&lt;a href="http://us.mc623.mail.yahoo.com/mc/welcome?.gx=1&amp;amp;.tm=1274734263&amp;amp;.rand=73ut8dkbnd6e7#_ftnref21" name="_ftn21" rel="nofollow" target="_blank" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="font-family: 'sans-serif'; font-size: 10pt; line-height: 115%;"&gt;[21]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family: Calibri;"&gt;&lt;span&gt; &lt;span lang="FR"&gt;Heidi FORTUN&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR"&gt;É&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR"&gt;, «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR"&gt;É&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR"&gt;chec d’un réforme&amp;nbsp;», &lt;a href="http://blogspot.com/" rel="nofollow" target="_blank"&gt;&lt;span class="yshortcuts" id="lw_1276051818_6"&gt;blogspot.com&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;, Cap-Haitien, 15 mai 2010.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div id="ftn22"&gt; &lt;div class="MsoFootnoteText" style="margin: 0in 0in 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;a href="http://us.mc623.mail.yahoo.com/mc/welcome?.gx=1&amp;amp;.tm=1274734263&amp;amp;.rand=73ut8dkbnd6e7#_ftnref22" name="_ftn22" rel="nofollow" target="_blank" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="font-family: 'sans-serif'; font-size: 10pt; line-height: 115%;"&gt;[22]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span&gt;&lt;span style="font-family: Calibri;"&gt; &lt;span lang="FR"&gt;«&amp;nbsp;La détention provisoire prolongée et  le choix d’un modèle de système pénal pour Haïti&amp;nbsp;», Symposium AFPEC –  Amicale des Juristes – CHECCHI, 9 au 11 décembre 1996.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div id="ftn23"&gt; &lt;div class="MsoFootnoteText" style="margin: 0in 0in 0pt;"&gt;&lt;a href="http://us.mc623.mail.yahoo.com/mc/welcome?.gx=1&amp;amp;.tm=1274734263&amp;amp;.rand=73ut8dkbnd6e7#_ftnref23" name="_ftn23" rel="nofollow" target="_blank" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="font-family: 'sans-serif'; font-size: 10pt; line-height: 115%;"&gt;[23]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span&gt;&lt;span style="font-family: Calibri;"&gt; &lt;span lang="FR"&gt;Idem.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div id="ftn24"&gt; &lt;div class="MsoFootnoteText" style="margin: 0in 0in 0pt;"&gt;&lt;a href="http://us.mc623.mail.yahoo.com/mc/welcome?.gx=1&amp;amp;.tm=1274734263&amp;amp;.rand=73ut8dkbnd6e7#_ftnref24" name="_ftn24" rel="nofollow" target="_blank" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="font-family: 'sans-serif'; font-size: 10pt; line-height: 115%;"&gt;[24]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span&gt;&lt;span style="font-family: Calibri;"&gt; &lt;span lang="FR"&gt;Du latin&amp;nbsp;: Le droit vient de  l’autorité.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div id="ftn25"&gt; &lt;div class="MsoFootnoteText" style="margin: 0in 0in 0pt;"&gt;&lt;a href="http://us.mc623.mail.yahoo.com/mc/welcome?.gx=1&amp;amp;.tm=1274734263&amp;amp;.rand=73ut8dkbnd6e7#_ftnref25" name="_ftn25" rel="nofollow" target="_blank" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="font-family: 'sans-serif'; font-size: 10pt; line-height: 115%;"&gt;[25]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family: Calibri;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt; Le Petit Robert Grand Format, &lt;/span&gt;&lt;span lang="FR"&gt;É&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR"&gt;ditions 1993.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div id="ftn26"&gt; &lt;div class="MsoFootnoteText" style="margin: 0in 0in 0pt;"&gt;&lt;a href="http://us.mc623.mail.yahoo.com/mc/welcome?.gx=1&amp;amp;.tm=1274734263&amp;amp;.rand=73ut8dkbnd6e7#_ftnref26" name="_ftn26" rel="nofollow" target="_blank" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="font-family: 'sans-serif'; font-size: 10pt; line-height: 115%;"&gt;[26]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span&gt;&lt;span style="font-family: Calibri;"&gt; &lt;span lang="FR"&gt;Supra, note 21.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div id="ftn27"&gt; &lt;div class="MsoFootnoteText" style="margin: 0in 0in 0pt;"&gt;&lt;a href="http://us.mc623.mail.yahoo.com/mc/welcome?.gx=1&amp;amp;.tm=1274734263&amp;amp;.rand=73ut8dkbnd6e7#_ftnref27" name="_ftn27" rel="nofollow" target="_blank" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="font-family: 'sans-serif'; font-size: 10pt; line-height: 115%;"&gt;[27]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span&gt;&lt;span style="font-family: Calibri;"&gt; &lt;span lang="FR"&gt;Idem.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div id="ftn28"&gt; &lt;div class="MsoFootnoteText" style="margin: 0in 0in 0pt;"&gt;&lt;a href="http://us.mc623.mail.yahoo.com/mc/welcome?.gx=1&amp;amp;.tm=1274734263&amp;amp;.rand=73ut8dkbnd6e7#_ftnref28" name="_ftn28" rel="nofollow" target="_blank" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="font-family: 'sans-serif'; font-size: 10pt; line-height: 115%;"&gt;[28]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span&gt;&lt;span style="font-family: Calibri;"&gt; &lt;span lang="FR"&gt;Idem.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div id="ftn29"&gt; &lt;div class="MsoFootnoteText" style="margin: 0in 0in 0pt;"&gt;&lt;a href="http://us.mc623.mail.yahoo.com/mc/welcome?.gx=1&amp;amp;.tm=1274734263&amp;amp;.rand=73ut8dkbnd6e7#_ftnref29" name="_ftn29" rel="nofollow" target="_blank" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="font-family: 'sans-serif'; font-size: 10pt; line-height: 115%;"&gt;[29]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span lang="FR"&gt;&lt;span style="font-family: Calibri;"&gt; &lt;span class="yshortcuts" id="lw_1276051818_7" style="border-bottom: 2px dotted rgb(54, 99, 136); cursor: pointer;"&gt;Jean CARBONNIER&lt;/span&gt;, &lt;i&gt;Sociologie juridique&lt;/i&gt;, &lt;span class="yshortcuts" id="lw_1276051818_8"&gt;Paris&lt;/span&gt;, Presses  Universitaires de France, 1994, p. 318.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div id="ftn30"&gt; &lt;div class="MsoFootnoteText" style="margin: 0in 0in 0pt;"&gt;&lt;a href="http://us.mc623.mail.yahoo.com/mc/welcome?.gx=1&amp;amp;.tm=1274734263&amp;amp;.rand=73ut8dkbnd6e7#_ftnref30" name="_ftn30" rel="nofollow" target="_blank" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="font-family: 'sans-serif'; font-size: 10pt; line-height: 115%;"&gt;[30]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family: Calibri;"&gt; Idem, p. 322.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/28026645-1800125526404797456?l=espas-ayisyen-toulouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/MBF--E5eoaGLwYbmAbSVHkKkotw/0/da"&gt;&lt;img src="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/MBF--E5eoaGLwYbmAbSVHkKkotw/0/di" border="0" ismap="true"&gt;&lt;/img&gt;&lt;/a&gt;&lt;br/&gt;
&lt;a href="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/MBF--E5eoaGLwYbmAbSVHkKkotw/1/da"&gt;&lt;img src="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/MBF--E5eoaGLwYbmAbSVHkKkotw/1/di" border="0" ismap="true"&gt;&lt;/img&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;img src="http://feeds.feedburner.com/~r/EspasAyisyenToulouse/~4/kix-jVhzCVk" height="1" width="1"/&gt;</content><link rel="replies" type="application/atom+xml" href="http://espas-ayisyen-toulouse.blogspot.com/feeds/1800125526404797456/comments/default" title="Publier les commentaires" /><link rel="replies" type="text/html" href="http://www.blogger.com/comment.g?blogID=28026645&amp;postID=1800125526404797456" title="0 commentaires" /><link rel="edit" type="application/atom+xml" href="http://www.blogger.com/feeds/28026645/posts/default/1800125526404797456?v=2" /><link rel="self" type="application/atom+xml" href="http://www.blogger.com/feeds/28026645/posts/default/1800125526404797456?v=2" /><link rel="alternate" type="text/html" href="http://feedproxy.google.com/~r/EspasAyisyenToulouse/~3/kix-jVhzCVk/2010_06_01_archive.html" title="" /><author><name>Inisyativ Ayisyen Toulouse</name><email>noreply@blogger.com</email></author><thr:total>0</thr:total><feedburner:origLink>http://espas-ayisyen-toulouse.blogspot.com/2010_06_01_archive.html#1800125526404797456</feedburner:origLink></entry><entry gd:etag="W/&quot;DUMFSHg_fCp7ImA9WxFWF0o.&quot;"><id>tag:blogger.com,1999:blog-28026645.post-1558960072687755697</id><published>2010-06-04T02:24:00.001+02:00</published><updated>2010-06-06T00:36:59.644+02:00</updated><app:edited xmlns:app="http://www.w3.org/2007/app">2010-06-06T00:36:59.644+02:00</app:edited><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="sous-traitance" /><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="salaire minimum" /><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="haiti" /><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="economie" /><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="occident" /><title /><content type="html">&lt;span style="font-size: large;"&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: red; font-family: Arial;"&gt;Salaire minimum et sous-traitance en Haiti&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: Arial; font-size: x-small;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Arial; font-size: x-small;"&gt;&lt;i&gt;Par Fritz Deshommes, vice-recteur à la recherche Université d'Etat d'Haiti&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="font-family: Arial;"&gt;&lt;i&gt;Introduction de l’ouvrage "Salaire minimum et sous-traitance en Haiti", que signe l’auteur ce 3 juin à la foire Livres en Folie&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;b&gt;&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Arial; font-size: x-small;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;span style="font-size: small;"&gt;Le débat sur le salaire minimum s’est arrêté sur un profond malaise. Un vote du parlement dont la légitimité est contestée. Des discussions dont plusieurs protagonistes estiment qu’elles ont été escamotées. La carence de données pertinentes et convaincantes. Le sentiment que la décision finale des 125 gourdes pour la sous-traitance résulte beaucoup plus de tractations politiciennes et des sempiternels rapports de forces entre oligarchie et nation que d’un compromis raisonnable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Reprenons les faits. Tout le monde admet que les 200 gourdes de salaire minimum légal journalier constituent un minimum, un pis-aller, un pas dans la bonne direction. Tout le monde&amp;nbsp;: du chef de l’Etat aux ouvriers en passant par les patrons, le Ministère des Affaires Sociales, les sénateurs, les députes, le pro et contre 200 gourdes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En la circonstance, deux interrogations apparaissent&amp;nbsp;:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img alt="-" height="11" src="http://www.alterpresse.org/squelettes-dist/puce.gif" width="8" /&gt;&amp;nbsp; Certains secteurs, dont l’assemblage, les petites et moyennes entreprises, les entreprises rurales, peuvent-ils supporter les 200 gourdes&amp;nbsp;? Ne risquent-ils pas de disparaître&amp;nbsp;? Ne court-on pas le danger de pertes massives d’emplois&amp;nbsp;?&lt;br /&gt;
&lt;img alt="-" height="11" src="http://www.alterpresse.org/squelettes-dist/puce.gif" width="8" /&gt;&amp;nbsp; En augmentant les salaires des ouvriers, n’y a-t-il pas lieu de craindre une accélération de l’inflation&amp;nbsp;? La mise à la disposition des travailleurs d’un revenu plus important n’est-elle pas de nature à induire une hausse des prix qui pourrait éroder substantiellement les gains supplémentaires&amp;nbsp;?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La première interrogation a été abordée en ce qui a trait à l’assemblage. Plusieurs tentatives ont été faites pour trouver des informations éloquentes qui permettraient d’y répondre avec certitude. Quels sont les revenus du secteur&amp;nbsp;? Les charges supportées&amp;nbsp;? Les revenus engrangés&amp;nbsp;? L’adoption du salaire minimum de 200 gourdes ne ferait-elle que réduire les marges de profit dans une mesure telle que le secteur garderait toute sa rentabilité&amp;nbsp;? Ou est-elle susceptible d’en provoquer la ruine et de décourager de nouveaux investisseurs&amp;nbsp;?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jusqu’ à ce jour, la réponse n’est pas claire. Les patrons affirment péremptoirement que les 200 gourdes ne sont pas supportables mais se refusent à fournir les éléments d’appréciation. Le chef de l’Etat a pris fait et cause pour les employeurs mais sur la base beaucoup plus d’une crainte de perte éventuelle d’emplois que d’une conviction établie par des chiffres pertinents.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Chambre des Députes qui est revenue sur son premier vote a pourtant reconnu que «&amp;nbsp;l’analyse des 20 documents mis à la disposition de la délégation [de la Chambre des Députés] ne l’ont [sic] pas permis de valider ou de rejeter les dites objections [du Président de la République] car les états financiers analysés ne permettent pas de mesurer la rentabilité des entreprises&amp;nbsp;[&lt;/span&gt;&lt;a class="spip_note" href="http://www.alterpresse.org/spip.php?article9573#nb1" id="nh1" rel="footnote" title="Rapport de la Commission des 
Affaires Sociales de la Chambre des Députés sur (...)"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;1&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;]&amp;nbsp;».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il existe donc un besoin réel de maîtrise des données économiques et financières sur la sous-traitance dont le discours officiel fait pourtant le moteur de l’économie nationale.&lt;br /&gt;
Le présent travail se propose d’identifier, de rechercher et d’analyser toutes les données disponibles relatives à la sous-traitance dans la perspective de répondre à l’interrogation&amp;nbsp;: la sous-traitance peut-elle supporter un salaire minimum de 200 gourdes tout en demeurant rentable&amp;nbsp;?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Sources d’information&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le refus des autorités et acteurs concernés à fournir les renseignements pertinents nous oblige à nous lancer dans une véritable quête de vérité. Toutes les sources possibles sont utilisées en la circonstance&amp;nbsp;: entrevues personnelles de l’auteur avec des ouvriers et des patrons, articles parus sur la question dans la presse écrite, conventionnelle et électronique, reportages radiophoniques, bulletins et rapports d’organismes publics comme l’IHSI et la BRH. Sans compter des documents émanant du secteur patronal dont&amp;nbsp;:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img alt="-" height="11" src="http://www.alterpresse.org/squelettes-dist/puce.gif" width="8" /&gt;&amp;nbsp; Un texte intitulé «&amp;nbsp;La question du salaire minimum / Emphase Sous-traitance (Mai 2009), présenté en Power Point sur 10 pages par M.&amp;nbsp;André Apaid&amp;nbsp;;&lt;br /&gt;
&lt;img alt="-" height="11" src="http://www.alterpresse.org/squelettes-dist/puce.gif" width="8" /&gt;&amp;nbsp; Une importante étude réalisée par la firme de consultation «&amp;nbsp;Strategic Management Group&amp;nbsp;» de Lhermite François (Mai 2009) sous le titre&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Impact éventuel du nouveau salaire minimum sur l’avenir de l’industrie de la sous-traitance en Haïti&amp;nbsp;».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bien entendu nous nous sommes évertués à aiguiser notre vigilance critique dans l’utilisation des données car la plupart des sources mentionnées comportent leur part de subjectivité, d’intérêts particuliers.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par exemple, les deux derniers documents mentionnés nous ont été d’une grande utilité. Ils contiennent de précieuses indications sur les critères de rémunération, la masse salariale, les coûts variables, les coûts fixes, les revenus, les bénéfices, la productivité, etc.… du secteur de l’assemblage. Le hic est qu’ils ont été produits ou commandités par l’ADIH et ses membres en pleine bataille contre les 200 gourdes de salaire minimum. On peut assumer valablement que les informations fournies directement ou indirectement ont été «&amp;nbsp;monitorées&amp;nbsp;» dans la perspective de cette bataille. Il est opportun de rappeler à ce sujet que&amp;nbsp;:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img alt="-" height="11" src="http://www.alterpresse.org/squelettes-dist/puce.gif" width="8" /&gt;&amp;nbsp; Les patrons de l’assemblage, à qui revenait la charge de la preuve que les 200 gourdes ne sont pas soutenables, ont catégoriquement refusé de soumettre les documents adéquats&amp;nbsp;;&lt;br /&gt;
&lt;img alt="-" height="11" src="http://www.alterpresse.org/squelettes-dist/puce.gif" width="8" /&gt;&amp;nbsp; L’analyse des états financiers consultés à la DGI par des députés révèle des incohérences suffisamment graves pour que le député Stevens Benoit crie au scandale et conclue simplement que les données sont fausses&amp;nbsp;[&lt;/span&gt;&lt;a class="spip_note" href="http://www.alterpresse.org/spip.php?article9573#nb2" id="nh2" rel="footnote" title="Benoit découvre le  pot aux 
roses. Le Nouvelliste du 16 juillet (...)"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;2&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;]&amp;nbsp;;&lt;br /&gt;
&lt;img alt="-" height="11" src="http://www.alterpresse.org/squelettes-dist/puce.gif" width="8" /&gt;&amp;nbsp; Il est de notoriété publique que les industriels et commerçants haïtiens pratiquent une double ou triple comptabilité&amp;nbsp;[&lt;/span&gt;&lt;a class="spip_note" href="http://www.alterpresse.org/spip.php?article9573#nb3" id="nh3" rel="footnote" title="Fritz Deshommes, “Banquiers et 
Hommes d’Affaires d’Haïti, vus par eux-mêmes », (...)"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;3&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;]&amp;nbsp;;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par contre, même quand les conclusions de l’étude du «&amp;nbsp;SMG&amp;nbsp;» accréditent la thèse des patrons de la sous-traitance, ces derniers ne s’en sont pas servis pour convaincre l’opinion publique. Pourtant, ils ont acheté des pages entières de journaux de la place pour diffuser des informations sur la République Dominicaine. Se pourrait-il que l’étude du MSG pourrait révéler des informations qui ne leur conviennent pas, en dépit de ses conclusions&amp;nbsp;?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons donc utilisé cette étude en connaissance de cause, de manière critique.&lt;br /&gt;
La même prudence s’applique aux entrevues, soit personnelles, soit radiophoniques, réalisées avec des patrons et des ouvriers.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chaque fois qu’il est possible, nous faisons appel à des sources indépendantes pour réduire autant que possibles les biais. Il est vrai que les rapports de l’IHSI et de la BRH contiennent très peu de renseignements spécifiques sur le secteur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aurons-nous ainsi atteint la vérité dans son expression dernière&amp;nbsp;? Certainement pas. Il se peut que beaucoup d’éléments nous échappent encore. Il se peut que nos conclusions soient erronées. Mais nous aurons au moins fait reculer les limites de l’opacité. A charge par ceux qui disposent d’informations plus exactes de les fournir. Nous serons ainsi mieux armés pour aborder la problématique de la sous-traitance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Organisation du Travail&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le travail est organisé en 4 sections&amp;nbsp;:&lt;br /&gt;
&lt;img alt="-" height="11" src="http://www.alterpresse.org/squelettes-dist/puce.gif" width="8" /&gt;&amp;nbsp; Dans la première intitulée&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Critères et modalités de rémunération dans l’Assemblage&amp;nbsp;», nous nous évertueront à clarifier les critères de rémunération, identifier la logique qui sous-tend les décisions y relatives ainsi que les principaux acteurs&amp;nbsp;;&lt;br /&gt;
&lt;img alt="-" height="11" src="http://www.alterpresse.org/squelettes-dist/puce.gif" width="8" /&gt;&amp;nbsp; Nous aurons ainsi déblayé le terrain pour déterminer la masse salariale actuellement supportée par le secteur (salaire minimum de 70 gourdes) et estimer ce qu’elle pourrait être dans la perspective d’un salaire minimum de 200 gourdes. C’est l’objet de la deuxième section intitulée&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Masse Salariale, nombre d’ouvriers et nombre d’emplois&amp;nbsp;»&amp;nbsp;;&lt;br /&gt;
&lt;img alt="-" height="11" src="http://www.alterpresse.org/squelettes-dist/puce.gif" width="8" /&gt;&amp;nbsp; C’est la troisième section qui aborde véritablement l’interrogation principale annoncée&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;La Sous-traitance peut-elle supporter un salaire minimum de 200 gourdes&amp;nbsp;?&amp;nbsp;». Dans cette perspective seront estimées les charges totales, y compris les coûts fixes et les coûts variables. D’un autre coté, les montants des revenus seront puisés à diverses sources. Ce qui permettra d’estimer les revenus nets d’exploitation et d’avoir des idées plus claires sur rentabilité du secteur dans l’hypothèse d’un salaire minimum de 200 gourdes&amp;nbsp;;&lt;br /&gt;
&lt;img alt="-" height="11" src="http://www.alterpresse.org/squelettes-dist/puce.gif" width="8" /&gt;&amp;nbsp; Nous chercherons également à présenter le secteur dans ses composantes fondamentales, ses acteurs principaux, ses représentants attitrés, à comprendre le comportement, les peurs, les réticences, protestations, les frustrations des uns et des autres. A ce propos, il nous semble opportun d’attirer l’attention sur les profondes différences de niveau, de capacité mais surtout de productivité et d’efficacité entre les entreprises de sous-traitance. Se pourrait-il que tout le secteur se soit identifié avec les entreprises à très faible productivité pour en faire les plus représentatives&amp;nbsp;? D’où la justification de la section quatre intitulée&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Le bon grain, l’ivraie et les autres&amp;nbsp;».&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: Arial; font-size: x-small;"&gt;&lt;span style="font-family: Arial; font-size: xx-small;"&gt;[&lt;a class="spip_note" href="http://www.alterpresse.org/spip.php?article9573#nh1" id="nb1" rev="footnote" title="Notes 1"&gt;1&lt;/a&gt;] Rapport de la Commission des Affaires Sociales de la Chambre des Députés sur le Salaire minimum, Aout 2010&lt;br /&gt;
[&lt;a class="spip_note" href="http://www.alterpresse.org/spip.php?article9573#nh2" id="nb2" rev="footnote" title="Notes 2"&gt;2&lt;/a&gt;] Benoit découvre le pot aux roses. Le Nouvelliste du 16 juillet 2010&lt;br /&gt;
[&lt;a class="spip_note" href="http://www.alterpresse.org/spip.php?article9573#nh3" id="nb3" rev="footnote" title="Notes 3"&gt;3&lt;/a&gt;] Fritz Deshommes, “Banquiers et Hommes d’Affaires d’Haïti, vus par eux-mêmes&amp;nbsp;», in «&amp;nbsp;Vie Chère et Politique Economique en Haïti&amp;nbsp;», 1992&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family: Arial; font-size: x-small;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div align="left"&gt;&lt;table bgcolor="#efefef" border="0" cellpadding="8" cellspacing="0" style="margin-left: 0px; margin-right: 0px; text-align: left;"&gt;&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/28026645-1558960072687755697?l=espas-ayisyen-toulouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/TBPVuoOtwE-Euc3eH4F1CWXa390/0/da"&gt;&lt;img src="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/TBPVuoOtwE-Euc3eH4F1CWXa390/0/di" border="0" ismap="true"&gt;&lt;/img&gt;&lt;/a&gt;&lt;br/&gt;
&lt;a href="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/TBPVuoOtwE-Euc3eH4F1CWXa390/1/da"&gt;&lt;img src="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/TBPVuoOtwE-Euc3eH4F1CWXa390/1/di" border="0" ismap="true"&gt;&lt;/img&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;img src="http://feeds.feedburner.com/~r/EspasAyisyenToulouse/~4/sQbZ0tvpB48" height="1" width="1"/&gt;</content><link rel="replies" type="application/atom+xml" href="http://espas-ayisyen-toulouse.blogspot.com/feeds/1558960072687755697/comments/default" title="Publier les commentaires" /><link rel="replies" type="text/html" href="http://www.blogger.com/comment.g?blogID=28026645&amp;postID=1558960072687755697" title="0 commentaires" /><link rel="edit" type="application/atom+xml" href="http://www.blogger.com/feeds/28026645/posts/default/1558960072687755697?v=2" /><link rel="self" type="application/atom+xml" href="http://www.blogger.com/feeds/28026645/posts/default/1558960072687755697?v=2" /><link rel="alternate" type="text/html" href="http://feedproxy.google.com/~r/EspasAyisyenToulouse/~3/sQbZ0tvpB48/2010_06_01_archive.html" title="" /><author><name>Inisyativ Ayisyen Toulouse</name><email>noreply@blogger.com</email></author><thr:total>0</thr:total><feedburner:origLink>http://espas-ayisyen-toulouse.blogspot.com/2010_06_01_archive.html#1558960072687755697</feedburner:origLink></entry><entry gd:etag="W/&quot;CE8NQX85cCp7ImA9WxFXGUk.&quot;"><id>tag:blogger.com,1999:blog-28026645.post-151297835893307377</id><published>2010-05-27T08:48:00.000+02:00</published><updated>2010-05-27T08:48:10.128+02:00</updated><app:edited xmlns:app="http://www.w3.org/2007/app">2010-05-27T08:48:10.128+02:00</app:edited><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="haiti" /><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="photographe" /><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="professionnel" /><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="Etats-Unis d'Amérique  séisme" /><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="journaliste" /><title>Portrait</title><content type="html">&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: magenta; font-size: large;"&gt;Frédéric Dupoux, le photographe haitien&amp;nbsp;du 12 janvier&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Frédéric Dupoux, 25 ans, l'un des jeunes talents dans le domaine de la photo qui domine la scène locale depuis quelques années, a réalisée le cliché de la couverture du dernier numéro du Monde Magazine dédié à Haïti. Plongé dans l'actualité depuis qu'il a mis sur Twitter la première image du tremblement de terre du 12 janvier, Dupoux, nous retrace sa jeune carrière de photographe. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Très tôt, vers 12-13 ans, grâce à son oncle Alex Dupoux qui possède un studio de photographie bien fréquenté, Frédéric Dupoux tombe dans le bain de la photo. Au propre comme au figuré. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;« Je transportais les équipements de mon oncle, l'assistais par curiosité dans ses déplacements. Je le regardais faire. J'étais émerveillé par les émulsions et le développement des films. J'étais dans les tirages et dans les bains, si l'on peut dire, très jeune. Un jour, mon père m'a prêté sa caméra, j'ai fait mes premières photos, puis la caméra est devenue mienne et avec l'avènement du digital tout s'est accéléré », explique-t-il derrière ses Ray-Ban de geek, Converse aux pieds, dans l'uniforme de sa génération jean et t-shirt flaschy.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Bon élève, Dupoux décide un jour de revenir à la case départ et se met à apprendre la photo en s'offrant des bases solides. Il se met à l'argentique. Utilise les ressources du noir et blanc. Explore la lumière. Domine les techniques du développement, de l'agrandissement et s'achète un boitier mécanique à 17 ans. Il date de ce jour son statut de photographe.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;« Aujourd'hui, j'ai 25 ans. J'ai été un autodidacte de la photo », lâche modeste celui dont les photos ont été reprises par les plus prestigieuses publications depuis le 12 janvier. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;A 18 ans, il termine ses études dans le système scolaire français. Son bac scientifique en poche, il part pour Paris où il passe une année à la Sorbonne pour décrocher un diplôme en Art du spectacle, option cinéma. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;« Je n'ai pas aimé. Les cours étaient très théoriques, tout se passait en salle de classe. Après la première année, je suis parti pour Lyon apprendre la musique pour devenir technicien du son.»&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Frédéric a de qui tenir de ce côté-là aussi. Son père, Roland Dupoux, est le pilier de la section technique de Radio Métropole depuis le lancement de cette station qui est une référence pour la qualité de ses productions.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Frédéric veut faire aussi bien que lui. «J'ai voulu devenir technicien du son pour faire du live. Du spectacle vivant. Diplômé, revenu de mes études, j'ai beaucoup travaillé avec David Dupoux, Mika, Kompa Kreyòl, Karl Fred Behrman, toute une pléiade de jeunes musiciens ».&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;D'ailleurs, c'est au studio de Karl Fred Behrman, en compagnie du beat maker Power Surge, que le tremblement de terre le surprend en pleine séance d'enregistrement. Il a tout de suite le réflexe de saisir son appareil photo et de mitrailler le désastre.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Maîtrisant les réseaux sociaux, il poste les premières photos et les premiers commentaires sur Twitter. En quelques heures, ses suiveurs passent de trois cents à cinq mille. L'une des plus grandes agences de photographie au monde, Getty Image, où travaille son frère, le contacte et il se met au boulot sans arrêt jusqu'au 17 janvier.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;En fait, Dupoux n'est pas un photographe anonyme. Il a déjà eu son heure de gloire avec le Miami Herald pour une photo de Jean Max Bellerive. Grâce à son photoblog, 88 jours en Haïti, il s'était aussi déjà fait remarquer pour son inventivité et le traitement particulier qu'il donne à des sujets anodins.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;«Le photo blog a pris naissance pendant mes vacances en Haïti et a duré 88 jours. J'ai fait et mis en ligne 88 photos. Le blog a eu du succès, les commentaires m'ont encouragé à persévérer.»&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Les retombées de son travail des jours d'après le séisme sont immédiats. Le New York Times, MSNBC, Fox News, CNN, le Washington Post et plusieurs blogs, ont recours à ses photos.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;D'instinct, et par la force des évènements, Frédéric se met au photo journalisme.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;«La photo pour le plaisir a pris fin sans que ne je le décide », avoue-t-il. D'autant que les belles rencontres s'enchaînent.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Jeremy Cowart, photographe américain réputé prend contact avec lui. Cowart le recrute même sur son projet Voices of Haïti. Frédéric l'héberge chez lui, lui sert de fixer, d'assistant, de chauffeur, de traducteur. Il apprend plus qu'il ne bosse, on le voit sur toutes les actualités des secours qui commencent à prendre forme avec Cowart.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;C'est en récompense de sa performance ou en reconnaissance de son travail que Cowart propose au journal Le Monde une photo de Frédéric Dupoux pour faire la couverture du magazine. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Heureux de ces développements qui d'un studio d'enregistrement le 12 janvier l'ont ramené vers la photo, Dupoux se prépare à réorienter sa carrière.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;«Je vais partir pour aller suivre des séminaires de photo-journalisme à New York pour renforcer mes connaissances », annonce le jeune célibataire.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Frantz Duval&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a href="mailto:duval@lenouvelliste.com"&gt;duval@lenouvelliste.com&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/28026645-151297835893307377?l=espas-ayisyen-toulouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/FOnZwpoMcqviyuBig0_zDVDgK2Q/0/da"&gt;&lt;img src="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/FOnZwpoMcqviyuBig0_zDVDgK2Q/0/di" border="0" ismap="true"&gt;&lt;/img&gt;&lt;/a&gt;&lt;br/&gt;
&lt;a href="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/FOnZwpoMcqviyuBig0_zDVDgK2Q/1/da"&gt;&lt;img src="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/FOnZwpoMcqviyuBig0_zDVDgK2Q/1/di" border="0" ismap="true"&gt;&lt;/img&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;img src="http://feeds.feedburner.com/~r/EspasAyisyenToulouse/~4/8F_vLhQr37Q" height="1" width="1"/&gt;</content><link rel="replies" type="application/atom+xml" href="http://espas-ayisyen-toulouse.blogspot.com/feeds/151297835893307377/comments/default" title="Publier les commentaires" /><link rel="replies" type="text/html" href="http://www.blogger.com/comment.g?blogID=28026645&amp;postID=151297835893307377" title="0 commentaires" /><link rel="edit" type="application/atom+xml" href="http://www.blogger.com/feeds/28026645/posts/default/151297835893307377?v=2" /><link rel="self" type="application/atom+xml" href="http://www.blogger.com/feeds/28026645/posts/default/151297835893307377?v=2" /><link rel="alternate" type="text/html" href="http://feedproxy.google.com/~r/EspasAyisyenToulouse/~3/8F_vLhQr37Q/2010_05_01_archive.html" title="Portrait" /><author><name>Inisyativ Ayisyen Toulouse</name><email>noreply@blogger.com</email></author><thr:total>0</thr:total><feedburner:origLink>http://espas-ayisyen-toulouse.blogspot.com/2010_05_01_archive.html#151297835893307377</feedburner:origLink></entry><entry gd:etag="W/&quot;DUMBQns5fCp7ImA9WxFbFEg.&quot;"><id>tag:blogger.com,1999:blog-28026645.post-4297565463061420183</id><published>2010-05-26T17:16:00.002+02:00</published><updated>2010-07-07T01:04:13.524+02:00</updated><app:edited xmlns:app="http://www.w3.org/2007/app">2010-07-07T01:04:13.524+02:00</app:edited><title /><content type="html">&lt;span style="color: blue; font-size: large;"&gt;&lt;strong&gt;La terre, à qui appartient-elle ?&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Michel MENGNEAU &lt;br /&gt;
Source: &lt;a href="http://www.legrandsoir.info/La-terre-a-qui-appartient-elle.html"&gt;http://www.legrandsoir.info/La-terre-a-qui-appartient-elle.html&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsque l’on évoque la propriété, et plus particulièrement la propriété foncière, on pense naturellement à Pierre-Joseph Proudhon qui s’écria : « La propriété, c’est du vol ! ». Il ne fut d’ailleurs pas le seul à penser cela, mais avec l’évolution de beaucoup de pays développés il est acquit par une sorte de consentement, se voulant légitime dans le concept d’une société individualiste, que celui qui exploite la terre en est en générale le propriétaire, ou le loueur d’un autre propriétaire, il n’existe donc peu de terre libre. Pour fouler encore des espaces de liberté il faut se tourner vers des pays où le nomadisme est une des façons de vivre, et où les peuples nomades tirent leurs subsistances d’une terre appartenant à la communauté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On pense alors aux Touaregs du Sahara, les Qachqâïs d’Iran, Les Evènes sibériens, les Lapons, etc., peuplades que l’on estime à environ 1,5% de la population mondiale et qui pourtant vivent encore sur d’immenses territoires libres. Vivent encore, mais pour combien de temps ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il n’est nullement question de faire une étude approfondie sur les diverses causes de la disparition progressive des peuples nomades, parmi les fléaux on peut citer néanmoins l’extension des structures touristiques qui donnent à voir le nomadisme exhibition afin de faire flipper le bobo en mal d’exotisme. Si ce tourisme est le piétinement de civilisation souvent millénaire par un voyeurisme de mauvais aloi, un autre danger encore plus éradiquant menace le nomadisme, c’est la privatisation de beaucoup de territoires ; et là, on retombe bien dans la notion de vol ainsi que l’avait défini Proudhon puisque beaucoup d’états vendent des terres, qui ne leur appartiennent pas, à des multinationales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si l’on peut contester le principe de l’héritage de la terre, toutefois, dans la forme actuelle de nos sociétés et dans la mesure où celle-ci reste entre les mains de véritables paysans qui l’exploitent pour nourrir leurs congénères, c’est un moindre mal. Cependant, cet état de fait donne des gestions à sens unique de certains territoires. Nous prendrons pour exemple le Marais Poitevin où les associations des Marais mouillés, par exemple, regroupent essentiellement les propriétaires terriens, alors que les habitants, les autres « utilisateurs » (si on peut utiliser cette expression incorrecte et incomplète) des Marais sont aussi intéressés par leurs fonctionnements, mais n’ont pas le droit à la parole ne possédant rien. Il est indéniable que la notion de propriété est restrictive pour le bien d’une communauté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cela fait partie des éléments déjà contestables de nos pays prétendus développés, mais où ça se gâte c’est avec l’appropriation d’un nombre important de territoires par les capitalistes, que se soit pour faire fructifier l’agro-business, l’exploitation forestière, minière ou autre placement spéculatif, et plus particulièrement dans des pays en voie de développement ou ceux encore très en retard économiquement et socialement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’hégémonie mondiale du capitalisme étant devenue d’une acuité telle que sa future prédominance totale sur les êtres, les territoires, émeut néanmoins quelques individus conscients de la perversité et de la dangerosité du système. C’est pourquoi des ONG ont été sensibles à la flambée d’achats de territoires par les multinationales, et parmi celles-ci on peut nommer GRAIN qui à interpellé la Banque mondiale sur ce douloureux problème.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet, pour ne froisser les détenteurs du capital, la Banque a dressé un inventaire relativement minimisé des transactions dues aux voleurs de terres. Pour mémoire, elle avance le nombre de 389 transactions dans 80 pays, dont 37 % des projets seraient destinés à produire de la nourriture (cultures et élevage), ensuite pour les agro-carburants on donne le chiffre de 35 % qui est nettement sous-estimé car c’est l’un des principaux enjeux. N’oublions pas les autres formes énergétiques comme l’Uranium qu’Areva va chercher dans le grand Nord Canadien, colonisant sans vergogne le territoire des Inuits.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Naturellement le premier continent touché par ce désastre est l’Afrique qui à elle seul se partage la moitié du gâchis laissant le reste à l’Asie, l’Amérique latine, l’Europe de l’Est.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Afrique se sont les pays particulièrement défavorisés qui sont dans la ligne de mire des spéculateurs, nous avions déjà dans des articles précédents cité l’Afrique sub-saharienne, on peut dire plus précisément le Soudan, le Ghana et Madagascar. Pour l’Asie-Pacifique, on avait aussi parlé des plantations de palmier à huile dans les tourbières de Malaisie, on dira plus généralement l’Indonésie, les Philippines, sans oublier l’Australie qui pourtant n’est pas du nombre des pays en retard économiquement, mais la grande surface non exploitée a attisé les envies.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
N’oublions pas l’Amérique latine où le Brésil est le terrain de chasse favori des exploiteurs capitalistes, ceci devant l’Argentine et le Paraguay.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce qui est du pays d’origine des accapareurs de terres, la Chine et le Royaume-Uni arrivent tous deux en tête, suivis par l’Arabie Saoudite.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce relevé totalement incomplet nous donne un triste aperçu des exactions du capital, capital qui ne va pas s’arrêter sur ce court bilan puisque le profit va demander encore plus de terres pour, et surtout, les futurs besoins énergétiques. Bilan incomplet aussi puisqu’il ne donne pas le nom des principales multinationales qui en réalité sont les maîtres d’œuvres sous couvert des pays sus-désignés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans ce cas là, il y a spoliation de biens appartenant à la communauté. L’appropriation de territoire est donc du vol, un vol organisé par une oligarchie mondiale détentrice de la finance et qui va s’accaparer de la terre entière, non pas pour la protéger, mais pour en tirer des profits au détriment des peuples, de la biodiversité, et ceci avec le regard bienveillant de nos gouvernants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le capitalisme est une plaie pour l’humanité !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Laisserons-nous longtemps quelques profiteurs nous dépouiller de tous nos biens communs ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;a href="http://www.grain.org/fr/"&gt;http://www.grain.org/fr/&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href="http://le-ragondin-furieux.blog4ever.com/"&gt;http://le-ragondin-furieux.blog4ever.com/&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/28026645-4297565463061420183?l=espas-ayisyen-toulouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/WWEot-Y4NfaEMN84sLENbI5m_wU/0/da"&gt;&lt;img src="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/WWEot-Y4NfaEMN84sLENbI5m_wU/0/di" border="0" ismap="true"&gt;&lt;/img&gt;&lt;/a&gt;&lt;br/&gt;
&lt;a href="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/WWEot-Y4NfaEMN84sLENbI5m_wU/1/da"&gt;&lt;img src="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/WWEot-Y4NfaEMN84sLENbI5m_wU/1/di" border="0" ismap="true"&gt;&lt;/img&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;img src="http://feeds.feedburner.com/~r/EspasAyisyenToulouse/~4/VyWjK3OlXho" height="1" width="1"/&gt;</content><link rel="replies" type="application/atom+xml" href="http://espas-ayisyen-toulouse.blogspot.com/feeds/4297565463061420183/comments/default" title="Publier les commentaires" /><link rel="replies" type="text/html" href="http://www.blogger.com/comment.g?blogID=28026645&amp;postID=4297565463061420183" title="0 commentaires" /><link rel="edit" type="application/atom+xml" href="http://www.blogger.com/feeds/28026645/posts/default/4297565463061420183?v=2" /><link rel="self" type="application/atom+xml" href="http://www.blogger.com/feeds/28026645/posts/default/4297565463061420183?v=2" /><link rel="alternate" type="text/html" href="http://feedproxy.google.com/~r/EspasAyisyenToulouse/~3/VyWjK3OlXho/2010_05_01_archive.html" title="" /><author><name>Inisyativ Ayisyen Toulouse</name><email>noreply@blogger.com</email></author><thr:total>0</thr:total><feedburner:origLink>http://espas-ayisyen-toulouse.blogspot.com/2010_05_01_archive.html#4297565463061420183</feedburner:origLink></entry><entry gd:etag="W/&quot;CkIERXw9eCp7ImA9WxFXGE0.&quot;"><id>tag:blogger.com,1999:blog-28026645.post-7755199075580573360</id><published>2010-05-25T17:15:00.000+02:00</published><updated>2010-05-25T17:15:04.260+02:00</updated><app:edited xmlns:app="http://www.w3.org/2007/app">2010-05-25T17:15:04.260+02:00</app:edited><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="haiti" /><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="transgénique" /><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="reconstruction" /><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="séisme" /><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="monsanto" /><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="maison" /><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="agriculture" /><title /><content type="html">&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color: red; font-size: large;"&gt;Haïti : Monsanto et le "Projet Winner"&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Thalles GOMES&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Source: &lt;a href="http://www.legrandsoir.info/Haiti-Monsanto-et-le-Projet-Winner.html"&gt;http://www.legrandsoir.info/Haiti-Monsanto-et-le-Projet-Winner.html&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Les médias ne parlant plus d’Haïti on se dit que tout s’est bien fini, que la solidarité internationale a permis de faire sortir le petit pays de la crise qu’il a subit en janvier dernier.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Et bien non, en fait tout commence, même si le pays tente de se réorganiser et que la vie reprend doucement son cours Haïti n’en a absolument pas fini avec les crises. Tout au contraire, comme annoncé précédemment les vautours multinationales se sont jetés dessus avec l’avidité des investisseurs découvrant de nouveaux marchés.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;L’article de Thalles Gomes traite ici spécifiquement de l’action de Monsanto soutenue par l’USAID, UPS et la Kuehne+Nage qui au sein du Projet Winner (tout un programme) sont entrain de vassaliser entièrement l’agriculture haïtienne à leurs produits.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Moins visible, mais qui causera au final beaucoup plus de dégâts et fort possiblement des dégâts irréversibles cette invasion économique d’Haïti est la digne héritière des agressions coloniales opérées depuis près de 206 ans par les États-unis et la France contre Haïti.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
L’entreprise américaine Monsanto a donné des graines transgéniques à Haïti. Ce fait a été dénoncé le 10 mai dernier dans un article écrit par le curé français Jean-Yves Urfié, ex-professeur de chimie du Collége Saint Martial, à Port-au-Prince. Urfiè écrit dans son article : “La société transnationale Monsanto offre aux agriculteurs du pays un cadeau mortel de 475 tonnes de maïs transgénique, avec les engrais et les pesticides associés, qui seront remis gratuitement par le Projet Winner, avec l’appui de l’ambassade des États-Unis en Haïti”. Selon lui, la multinationale Monsanto a déjà commencé à distribuer les graines de maïs transgéniques dans les régions de Gonaives, Kenscoff, de Pétion-Ville, de Cabaré, d’Arcahaie, de Croix-des-Bouquets et de Mirebalais.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La forte répercussion de cette dénonciation a obligé le Ministre de l’Agriculture d’Haïti, Joana Ford, à convoquer une conférence de presse le 12 mai dernier à Port-au-Prince. Le Ministre Ford a affirmé "Haïti n’a pas de capacité à administrer les OGM” avant de démentir que la donation de Monsanto était du maïs transgénique. "Nous prenons toutes les précautions avant d’accepter l’offre faite par la multinationale Monsanto pour recevoir une donation de 475 947 kg de graines de maïs hybride et 2 067 kg de graines de légumes. Nous devons aussi mentionner que, en l’absence d’une loi qui réglemente l’utilisation d’Organismes Génétiquement Modifiés en Haïti, je ne peux pas permettre l’introduction de graines ‘Roundup Ready‘ ou toute autre variété de transgéniques", a souligné le Ministre.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Selon Ford, les graines hybrides dont Monsanto fait la promotion sont adaptées aux conditions tropicales d’Haïti. Ce dont fait partie d’une campagne du Ministère de l’Agriculture pour relancer le secteur agricole après le tremblement de terre du 12 janvier dernier. Le Ministre indique également que dans cette optique plus de 65 000 hectares de terre sont entrain de bénéficier d’une préparation par des tracteurs, des engrais et des pesticides, et les agriculteurs recoivent une formation.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Monsanto elle-même s’est retrouvée obligée de se prononcer sur cette affaire. “Nous croyons que l’agriculture est la clé pour la récupération d’Haïti sur le long terme”, a affirmé la transnationale dans une note publiée sur sa page internet. “Après la catastrophe, Monsanto a donné de l’argent pour le redressement (d’Haïti)”, continue la note, “mais il était évident que le don de nos produits - de maïs et les graines de légumes de qualité - pourrait faire réellement la différence dans la vie des Haïtiens”. Avec cet état d’esprit généreux la plus grande compagnie de semences au monde a résolu de donner à Haïti l’équivalent de 4 millions de dollars en graines de maïs hybride, choux, carotte, aubergine, melon, oignon, tomate, épinard, et melon d’eau. 60 tonnes de ces graines sont arrivées sur le territoire haïtien durant la première semaine de mai. 70 tonnes supplémentaires sont arrivées à Port-au-Prince le 13 mai dernier. Il est prévu que pour les 12 prochains mois 345 tonnes supplémentaires de graines hybrides de maïs soient distribuées aux agriculteurs du pays.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ouvrir des marchés&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le tremblement de terre du 12 janvier a provoqué la mort de 300 000 personnes et a laissé plus d’un million d’Haïtiens sans domicile. Les conséquences ont été dévastatrices. Mais, bien qu’il ait atteint 7 degrés sur l’échelle Richter, il est peu probable que le tremblement de terre ait détruit les structures de fonctionnement d’une société transnationale comme Monsanto. Le don de 475 tonnes de graines hybrides peut être vue comme une action de générosité de la part de la transnationale envers le peuple haïtien. Cependant les conditions dans lesquelles ce don a été effectuée sont regardées de plus près, cette générosité devient une simple tactique entrepreneuriale pour augmenter les bénéfices.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Les gains de Monsanto de décembre 2009 à fin février 2010 ont été de 887 millions de dollars. Durant la même période l’an passé, ses gains ont été de 1,09 milliard de dollars, ce qui signifie une chute de 19%. Selon Hugh Grant, directeur exécutif de la transnationale, la cause principale de cette chute a été la diminution des ventes d’herbicides et de produits chimiques.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Début avril, durant une conférence en présence d’annalistes, Grant a affirmé qu’il ne pourrait pas recourir à l’augmentation des prix pour contrecarrer cette chute, puisque les agriculteurs ne semblent pas disposés à payer des prix plus hauts pour les nouveaux spécimens de graines transgéniques, dont certaines d’entre elles sont deux fois plus chères que les variétés les plus cultivées aujourd’hui. "Le retour que j’ai des propriétaires fonciers indique que si nos prix étaient différents, la courbe d’adoption des graines serait différente" avait-il déclaré.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Quant il n’est pas possible de faire monter le prix de ses produits, la seule solution pour Monsanto est de contrecarrer cette chute en ouvrant de nouveaux marchés. Et ce n’est pas un hasard qu’à peine un mois après la conférence de Hugh Grant dess graines de Monsanto arrivent à Haïti.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ce qui n’a pas été dit ni par Monsanto, ni par le Ministère de l’Agriculture haïtien, c’est ces graines hybrides de maïs ne pourront accomplir leurs promesses de productivité et d’adaptation au climat tropical haïtien que si elles sont traitées par les herbicides, les engrais et les produits chimiques spécifiques, qui sont justement produits par Monsanto. Cela signifie que les agriculteurs haïtiens qui reçoivent les graines hybrides ne réussiront à les rendre productives que s’ils acquièrent les herbicides et les engrais de Monsanto.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;De plus, les agriculteurs ne pourront pas replanter les graines issuent de ce maïs, puisque l’une des caractéristiques de ces graines hybrides c’est que seule la première génération est fertile. S’ils veulent continuer à semer les paysans haïtiens devront acheter de nouvelles graines à Monsanto.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;À ce rythme, avec l’augmentation de la consommation de graines et implicitement d’herbicides, d’engrais et de produits chimiques Monsanto, la prévision du curé Jean-Yves Urfié pourra devenir réalité : “Bientôt, il y aura que des graines Monsanto en Haïti. Et alors, ce sera la fin de l’indépendance des agriculteurs”.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Vainqueur&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Monsanto n’est pas seule dans cette entreprise. Le transport et toute la logistique de distribution des graines en Haïti se fait au profit de deux autres entreprises américaines : la Kuehne + Nage Emergency and Relief Logistics et l’UPS Foundation.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ken Sternad, président d’UPS, a insisté pour se prononcer sur cette action : “Cela fait parti de nos efforts continus pour appuyer le redressement d’Haïti, l’UPS a l’orgueil de donner ses services aux bateaux de semences, car le pays commence à se diriger vers la construction d’un avenir soutenable".&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Cet “avenir soutenable” dont parle Sternad et qui attire l’intérêt de tant d’entreprises étrangères est définit dans le Projet Winner lancé le 8 octobre 2009 par l’USAID (Agence des États-Unis pour le Développement International) (1). Le Projet Winner investira 126 millions de dollars dans les cinq prochaines années afin de construire une nouvelle infrastructure agricole en Haïti, avec comme objectif l’augmentation de sa productivité. Entre-temps, ce programme fournira une assistance technique spécialisée, en plus de services techniques et des facteurs de production agricoles, comme les pesticides et les engrais.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;C’est par ce projet que seront distribuées les 475 tonnes de graines de Monsanto. En fait, ces graines n’arriveront pas directement dans les mains des paysans haïtiens, elles seront tout d’abord acheminées aux magasins administrés par l’USAID et seront ensuite vendues pour un prix “significativement réduit” aux agriculteurs. “Notre but est d’arriver à fournir 10 000 agriculteurs durant cette saison”, indique Jean Robert Estime, directeur responsable du Projet Winner. “Les graines aideront à nourrir et fourniront des opportunités économiques pour les agriculteurs, leurs familles et la communauté haïtienne en général”.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Pour comprendre ce que sont ces “des opportunités économiques”, il faut connaître les acteurs qui sont derrière le Projet Winner. Son directeur responsable, Jean Robert Estime, a servi comme Ministre des Affaires étrangères durant les 29 ans de la dictature de Duvalier en Haïti, époque dans laquelle plus de 30 000 Haïtiens ont été assassinés et le pays a ouvert ses portes aux produits alimentaires étrangers. Grâce à cette ouverture, Haïti importe aujourd’hui 80% des aliments qu’il consomme.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Architecte et coordinatrice du Projet Winner, l’USAID est un organisme gouvernemental américain créé en 1961. Selon sa page internet officielle, il a la mission de “promouvoir les intérêts de la politique externe des États-Unis dans l’expansion de la démocratie et des libres marchés, en améliorant la vie des citoyens du monde en développement”. Avec siège à Washington/DC, l’USAID est présente sur les cinq continents. Son travail appuie “la croissance économique et les avancées de la politique externe des États-Unis”.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Nouveau tremblement de terre&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Chavannes Jean-Baptiste, coordonnateur du Mouvman Peyizan Papay (MPP) et membre de la Via Campesina haïtienne déclare qu’en fait “Il s’agit d’un nouveau tremblement de terre plus dangereux a long terme que celui qui s’est déroulé le 12 janvier. Il ne s’agit pas d’une menace, mais d’une très forte attaque contre l’agriculture, les paysans et les paysannes, la biodiversité, les graines créoles que nous défendons, et à ce qu’il reste de notre milieu environnemental en Haïti”&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Chavannes accuse le gouvernement haïtien de profiter du tremblement de terre pour vendre le pays aux forces impérialistes et aux sociétés transnationales. “Nous ne pouvons pas accepter cela”, fait remarquer le leader paysan, “nous devons commencer la mobilisation contre ce projet, contre l’arrivée de Monsanto en Haïti. Nous avons besoin d’une forte unité en Haïti et d’une forte solidarité internationale pour affronter Monsanto et toutes les forces mortifères qui veulent en finir avec la souveraineté de ce petit pays qui a conquis son indépendance avec le sang de ses enfants et de ses filles dès 1804”.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Comme premier pas dans cet affrontement, le MPP a demandé aux paysans d’enterrer et de brûler toutes les graines de maïs provenant du Ministère de l’Agriculture. De plus, la Via Campesina d’Haïti organise une grande marche les 4 et 5 juin prochains, à l’occasion du Jour International de l’Environnement. La marche partira de la région de Papay à destination de la ville de Hinche, capitale du département Central. (Traduction ALAI)&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Thalles Gomes, journaliste brésilien, depuis Port-au-Prince - Haïti.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Source : agence ALAI "Monsanto y el Proyecto Vencedor"&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Traduction : Primitivi "Haïti : Monsanto et le Projet Winner"&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Notes : &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/28026645-7755199075580573360?l=espas-ayisyen-toulouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/9QYGn7mEbPsV3kHQP6qIt5UnrLs/0/da"&gt;&lt;img src="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/9QYGn7mEbPsV3kHQP6qIt5UnrLs/0/di" border="0" ismap="true"&gt;&lt;/img&gt;&lt;/a&gt;&lt;br/&gt;
&lt;a href="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/9QYGn7mEbPsV3kHQP6qIt5UnrLs/1/da"&gt;&lt;img src="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/9QYGn7mEbPsV3kHQP6qIt5UnrLs/1/di" border="0" ismap="true"&gt;&lt;/img&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;img src="http://feeds.feedburner.com/~r/EspasAyisyenToulouse/~4/1xruw5Bml7w" height="1" width="1"/&gt;</content><link rel="replies" type="application/atom+xml" href="http://espas-ayisyen-toulouse.blogspot.com/feeds/7755199075580573360/comments/default" title="Publier les commentaires" /><link rel="replies" type="text/html" href="http://www.blogger.com/comment.g?blogID=28026645&amp;postID=7755199075580573360" title="0 commentaires" /><link rel="edit" type="application/atom+xml" href="http://www.blogger.com/feeds/28026645/posts/default/7755199075580573360?v=2" /><link rel="self" type="application/atom+xml" href="http://www.blogger.com/feeds/28026645/posts/default/7755199075580573360?v=2" /><link rel="alternate" type="text/html" href="http://feedproxy.google.com/~r/EspasAyisyenToulouse/~3/1xruw5Bml7w/2010_05_01_archive.html" title="" /><author><name>Inisyativ Ayisyen Toulouse</name><email>noreply@blogger.com</email></author><thr:total>0</thr:total><feedburner:origLink>http://espas-ayisyen-toulouse.blogspot.com/2010_05_01_archive.html#7755199075580573360</feedburner:origLink></entry><entry gd:etag="W/&quot;DUEGQHc8fyp7ImA9WxFXFE4.&quot;"><id>tag:blogger.com,1999:blog-28026645.post-5664872462585898623</id><published>2010-05-18T21:48:00.005+02:00</published><updated>2010-05-21T12:27:01.977+02:00</updated><app:edited xmlns:app="http://www.w3.org/2007/app">2010-05-21T12:27:01.977+02:00</app:edited><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="haiti" /><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="drapeau" /><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="fete" /><title /><content type="html">&lt;table cellpadding="0" cellspacing="0" class="tr-caption-container" style="clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; text-align: center;"&gt;&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td style="text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_bZUCW9fJgzU/S_Luuj4aatI/AAAAAAAABA0/DKX9sNzjR0c/s1600/Lilianne+Pierre-Paul+Photos.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: auto; margin-right: auto;"&gt;&lt;img border="0" height="300" src="http://4.bp.blogspot.com/_bZUCW9fJgzU/S_Luuj4aatI/AAAAAAAABA0/DKX9sNzjR0c/s400/Lilianne+Pierre-Paul+Photos.jpg" width="400" wt="true" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class="tr-caption" style="text-align: center;"&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;Des enfants d'une école rurale haitienne celebrant le 207è anniversaire du bicolore haitien (Photo de Lilianne P-P)&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;&lt;table align="center" cellpadding="0" cellspacing="0" class="tr-caption-container" style="float: left; margin-right: 1em; text-align: left;"&gt;&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td style="text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_bZUCW9fJgzU/S_Zc28on8nI/AAAAAAAABA4/oBkS5t7HdXg/s1600/Le+chef+de+l%27Etat+et+son+%C3%A9pouse+%C3%A0+l%27Arcahaie+accompagn%C3%A9+d%27autres+officiels+%28Photo+Morenvil+M.%29.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: auto; margin-right: auto;"&gt;&lt;img border="0" height="265" src="http://1.bp.blogspot.com/_bZUCW9fJgzU/S_Zc28on8nI/AAAAAAAABA4/oBkS5t7HdXg/s400/Le+chef+de+l%27Etat+et+son+%C3%A9pouse+%C3%A0+l%27Arcahaie+accompagn%C3%A9+d%27autres+officiels+%28Photo+Morenvil+M.%29.jpg" width="400" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class="tr-caption" style="text-align: center;"&gt;&lt;i&gt;Le chef de l'Etat et son épouse à l'Arcahaie accompagné d'autres officiels (Photo de Morenvil M.&lt;/i&gt;)&lt;br /&gt;
&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;table cellpadding="0" cellspacing="0" class="tr-caption-container" style="clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em; text-align: center;"&gt;&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td style="text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_bZUCW9fJgzU/S_ZeQ3jf5LI/AAAAAAAABA8/GTqmt7MM5S4/s1600/La+foule+en+liesse+%C3%A0+l%27Arcahaie+%28Photo+de+Morenvil+M.%29.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: auto; margin-right: auto;"&gt;&lt;img border="0" height="265" src="http://1.bp.blogspot.com/_bZUCW9fJgzU/S_ZeQ3jf5LI/AAAAAAAABA8/GTqmt7MM5S4/s400/La+foule+en+liesse+%C3%A0+l%27Arcahaie+%28Photo+de+Morenvil+M.%29.jpg" width="400" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class="tr-caption" style="text-align: center;"&gt;Une foule en liesse à l'occasion de la célébration du 206è anniversaire du drapeau à l'Arcahaie (Photo Morenvil M.)&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/28026645-5664872462585898623?l=espas-ayisyen-toulouse.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/8eZuN1IuYel1yE9fA1j7llfCJh8/0/da"&gt;&lt;img src="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/8eZuN1IuYel1yE9fA1j7llfCJh8/0/di" border="0" ismap="true"&gt;&lt;/img&gt;&lt;/a&gt;&lt;br/&gt;
&lt;a href="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/8eZuN1IuYel1yE9fA1j7llfCJh8/1/da"&gt;&lt;img src="http://feedads.g.doubleclick.net/~a/8eZuN1IuYel1yE9fA1j7llfCJh8/1/di" border="0" ismap="true"&gt;&lt;/img&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;img src="http://feeds.feedburner.com/~r/EspasAyisyenToulouse/~4/dDgQcB1-Daw" height="1" width="1"/&gt;</content><link rel="replies" type="application/atom+xml" href="http://espas-ayisyen-toulouse.blogspot.com/feeds/5664872462585898623/comments/default" title="Publier les commentaires" /><link rel="replies" type="text/html" href="http://www.blogger.com/comment.g?blogID=28026645&amp;postID=5664872462585898623" title="0 commentaires" /><link rel="edit" type="application/atom+xml" href="http://www.blogger.com/feeds/28026645/posts/default/5664872462585898623?v=2" /><link rel="self" type="application/atom+xml" href="http://www.blogger.com/feeds/28026645/posts/default/5664872462585898623?v=2" /><link rel="alternate" type="text/html" href="http://feedproxy.google.com/~r/EspasAyisyenToulouse/~3/dDgQcB1-Daw/2010_05_01_archive.html" title="" /><author><name>Inisyativ Ayisyen Toulouse</name><email>noreply@blogger.com</email></author><media:thumbnail xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" url="http://4.bp.blogspot.com/_bZUCW9fJgzU/S_Luuj4aatI/AAAAAAAABA0/DKX9sNzjR0c/s72-c/Lilianne+Pierre-Paul+Photos.jpg" height="72" width="72" /><thr:total>0</thr:total><feedburner:origLink>http://espas-ayisyen-toulouse.blogspot.com/2010_05_01_archive.html#5664872462585898623</feedburner:origLink></entry><entry gd:etag="W/&quot;CkcFQH4zcCp7ImA9WxFXEkw.&quot;"><id>tag:blogger.com,1999:blog-28026645.post-308355305565138556</id><published>2010-05-18T21:13:00.000+02:00</published><updated>2010-05-18T21:13:31.088+02:00</updated><app:edited xmlns:app="http://www.w3.org/2007/app">2010-05-18T21:13:31.088+02:00</app:edited><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="haiti" /><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="Dany Lafferière" /><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="vers le sud" /><cat
