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	<title>Eveline Caduc</title>
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	<description>Mais la fierté de vivre est dans l'accès, non dans l'usage ni l'avoir (St John Perse)</description>
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	<itunes:explicit>no</itunes:explicit><copyright>© 2011 Eveline caduc. All Rights Reserved.</copyright><itunes:subtitle>Mais la fierté de vivre est dans l'accès, non dans l'usage ni l'avoir (St John Perse)</itunes:subtitle><itunes:category text="Arts"><itunes:category text="Literature"/></itunes:category><itunes:author>Eveline Caduc</itunes:author><item>
		<title>Algérie, une seconde révolution? (16)</title>
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		<pubDate>Sat, 04 Apr 2026 17:31:29 +0000</pubDate>
		
				<category><![CDATA[Questions de Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; J’ai écouté Sansal interviewé ici par Bourdin https://www.youtube.com/watch?v=db0PaXFZ97I &#160; Souvent dominé par l’émotion dans cet entretien, Boualem Sansal a défini l’objectif qu’il s’est donné depuis longtemps mais plus encore après cette année passée dans les geôles algériennes : reprendre avec ses moyens d’écrivain la lutte de libération de l’Algérie et y consacrer toutes ses dernières [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>J’ai écouté Sansal interviewé ici par Bourdin</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=db0PaXFZ97I">https://www.youtube.com/watch?v=db0PaXFZ97I</a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Souvent dominé par l’émotion dans cet entretien,</p>
<p>Boualem Sansal a défini l’objectif qu’il s’est donné depuis longtemps</p>
<p>mais plus encore après cette année passée dans les geôles algériennes :</p>
<p>reprendre avec ses moyens d’écrivain la lutte de libération de l’Algérie et y consacrer toutes ses dernières forces.</p>
<p>En d’autres termes, user du pouvoir orchestré par les médias que donne la littérature pour faire réussir la seconde révolution qu’avait lancée le <em>Hirak </em></p>
<p>… même si un assez grand nombre d’Algériennes et un plus grand nombre d’Algériens ne l’ont pas encore compris.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Malgré toutes les mauvaises rumeurs concernant son changement d’éditeur,</p>
<p>ne doutons pas  un instant de sa sincérité ni de sa détermination !</p>

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		<dc:creator>Eveline Caduc</dc:creator></item>
		<item>
		<title>à propos de l’intelligence artificielle</title>
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		<pubDate>Thu, 17 Apr 2025 13:47:26 +0000</pubDate>
		
				<category><![CDATA[Ethique et Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Commençons par définir cette expression «  intelligence artificielle » ( inventée en anglais dans les années 50 par John Mac Carthy ) à partir du  sens premier de ses 2 termes :  L’adjectif « artificiel » apparaît au  XIVe siècle dans un écrit d’un traducteur d’Aristote, Nicolas Oresme, qui l’oppose à « naturel ». Au  XVIIIe siècle, à l’époque de l’Encyclopédie,  est [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p></p>
<p style="font-weight: 400;">Commençons par définir cette expression «  intelligence artificielle » ( inventée en anglais dans les années 50 par John Mac Carthy ) à partir du  sens premier de ses 2 termes :</p>
<p style="font-weight: 400;"> L’adjectif « artificiel » apparaît au  XIVe siècle dans un écrit d’un traducteur d’Aristote, Nicolas Oresme, qui l’oppose à « naturel ». Au  XVIIIe siècle, à l’époque de <em>l’Encyclopédie</em>,  est artifciel ce qui est produit par l’habilité humaine, ce qui est fabriqué par l’homme.</p>
<p style="font-weight: 400;">L’intelligence est la capacité de comprendre (du latin <em>comprehendere :  </em>saisir ensemble) et de penser (du latin<em>  pendere :</em>peser<em>)</em> qui permet donc de distinguer et de discerner (du grec <em>KRINEÎN : </em>séparer) en comparant avant de choisir. <em>L’Encyclopaedia Universalis</em> dit qu’elle est initialement une fonction spécifique de l’homme, à la différence des animaux qui n’ont que l’instinct. Mais le terme a vite des emplois différents selon les philosophies, comme par exemple, l’idéaliste « souveraine intelligence » pour désigner l’intelligence de Dieu, à la différence de celle de l’homme.</p>
<p style="font-weight: 400;">L’intelligence artificielle, initialement produite par l’habilité de l’homme et par ses algorithmes, répond à tous les éléments de la définition initiale de l’intelligence, à ceci près qu’elle choisit parmi ce qui lui a été donné par l’homme et propose à une fin précise fixée par l’homme ce qui est dans la plus grande relation probable avec cette fin précise.</p>
<p style="font-weight: 400;">Mais il y a aussi l’intelligence artificielle générative. Pour cela ma seule réponse relierait la recherche spirituelle à la production artistique. Et elle tiendrait dans la formule proposée par Fabrice Luchini:</p>
<p style="font-weight: 400;">« La musique de Beethoven est la preuve de l’existence de l’âme »</p>
<p style="font-weight: 400;">Assurément, l’intelligence artificielle peut inventer une dixième ou une onzième symphonie en simulant le style de Beethoven de telle façon que même des mélomanes puissent s’y laisser prendre. Mais l’intelligence artificielle générative ne pourra jamais créer une musique comme l’est la musique de Beethoven. Elle ne fera jamais que de nouvelles combinaisons qui pourront être superbes. Mais le rassemblement de ces différents isolats ne pourra jamais constituer une œuvre d’art.</p>
<p style="font-weight: 400;">Pourquoi ?</p>
<p style="font-weight: 400;"> Eh bien !  parce que l’œuvre d’art se définit par ces trois critères à la fois:</p>
<ul>
<li>sa radicale nouveauté</li>
<li>l’invention d’une forme nouvelle qui porte le sens, c’est-à-dire la vision de l’artiste</li>
<li>le fait que cette forme-sens soit déclinable de plusieurs façons.</li>
</ul>
<p style="font-weight: 400;">Bref, dans ses différentes actualisations, l’œuvre d’art est diversement monotone ; ce qui est tout à fait autre chose qu’un assemblage de différents isolats, si beaux soient-ils ! Les artefacts d’une « machine pensante » ne pourront jamais constituer une œuvre d’art parce qu’il y manquera toujours la modulation infinie d’une émotion :</p>
<p style="font-weight: 400;">                                                                                          « la chose envolée</p>
<p style="font-weight: 400;">qu’on sent qui fuit d’une âme en allée »</p>
<p style="font-weight: 400;">                                                                                   aurait dit Verlaine</p>
<p style="font-weight: 400;">Nous qui avons une âme, faisons donc confiance à notre petite musique intérieure et à nos actions qui la portent pour transmettre notre foi, quelles que soient les performances des nouveaux scribes ou des apprentis-sorciers que sont les concepteurs d’algorithmes pour l’intelligence artificielle générative !</p>
<p style="font-weight: 400;">N’ayons pas peur de l’I.A. !&#8230;mais restons vigilants !</p>
<p style="font-weight: 400;">Eveline CADUC  17 avril 2025</p>

]]></content:encoded>
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		<dc:creator>Eveline Caduc</dc:creator></item>
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		<title>Boualem Sansal embastillé à Alger</title>
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		<pubDate>Mon, 30 Dec 2024 23:02:19 +0000</pubDate>
		
				<category><![CDATA[Ethique et Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; &#160; &#160; &#160; Lors de la réunion organisée par le Comité de soutien à Boualem Sansal le 16 décembre au Théâtre Libre de Paris, nombreux étaient celles et ceux qui, dans les conversations particulières, louaient la gentillesse et l’attention aux autres de l’écrivain embastillé à Alger depuis un mois. Ce qui en faisait comme [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Lors de la réunion organisée par le Comité de soutien à Boualem Sansal le 16 décembre au Théâtre Libre de Paris, nombreux étaient celles et ceux qui, dans les conversations particulières, louaient la gentillesse et l’attention aux autres de l’écrivain embastillé à Alger depuis un mois. Ce qui en faisait comme un ami pour chacune et chacun.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Durant toute la soirée, se sont succédé sur la scène des journalistes ( de <em>Marianne</em> et du <em>Point</em> , organisateur de l’événement) des intellectuels &#8211; écrivain comme Kamel Daoud ou historien comme Pierre Vermeren- des éditeurs du romancier-essayiste franco-algéro-français( du Cerf , de Gallimard,  de l’allemand Merlin),  des hommes politiques ( comme Jean-Michel Blanquer, Bernard Cazeneuve ), ou l’ancien ambassadeur de France à Alger , Xavier Driencourt, etc&#8230;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Et des extraits de textes de Boualem Sansal  ( « <em>Le village de l’Allemand </em>», «<em> Alger poste restante </em>», « <em>L’enfant fou de l’arbre creux</em> »  , « <em>Vivre, le compte à rebours</em> »)  lus par de jeunes comédiens venaient rythmer  leurs interventions … jusqu’à la dernière faite par Maître Zimeray, l’avocat français interdit d’Algérie , annonçant que l’écrivain de 80 ans , à la santé fragile,  venait d’être transféré de Koléa à Alger , dans une unité pénitentiaire de l’hôpital Mustapha.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Pour ma part , j’avais passé la journée à sonder au téléphone des connaissances algériennes  à Paris et à Alger, toutes personnes douées de raison , qui n’avaient pas lu les romans de l’écrivain mais le connaissaient à travers leurs média ou les réseaux sociaux.</p>
<p>Quand Boualem Sansal n’était pas tout simplement un espion à la solde de puissances étrangères hostiles à l’Algérie ( cf sa déclaration sur la relativité de la notion de frontière entre le Maroc et l’Algérie faite au Média <em>Frontières</em> ),</p>
<p>il était surtout vu comme un complice d’Israel dans les massacres causés par les bombardements à Gaza. La télévision algérienne associant aux images de cette guerre une photo de Sansal prise en 2012 devant le mur des lamentations quand l’écrivain, tout récemment attributaire du Prix de la Paix des libraires allemands, avait été invité au Festival international des écrivains à Jérusalem.</p>
<p>Mais l’amalgame qui brouille les pistes et embrigade n’est-il pas une spécialité du Système algérien dénoncé par l’écrivain emprisonné  ?</p>
<p>Et le travail de sape qui aveugle et divise la société française, par ailleurs défenderesse de la liberté d’expression, n’est-il pas une spécialité de cet islamisme rampant dénoncé par Sansal et qui a pour véritable nom : le frérisme ?</p>
<p>Il est donc très important de continuer à maintenir la pression autour de la demande de sa libération.</p>
<p>Comme j&rsquo;avais eu la  charge d&rsquo;un séminaire de  littérature  où j&rsquo;avais choisi l’œuvre de Boualem Sansal «<em> L’Enfant fou de l’arbre creux</em> « » à l’école normale supérieure de Bouzareah à Alger  dans le cadre de L’Ecole Doctorale Algérienne de Français (EDAF) en 2008,  et que j&rsquo;avais animé le  grand entretien avec Boualem Sansal qui inaugurait  la comédie du livre de Montpellier en 2013,- Année où l&rsquo;Algérie était l&rsquo;invité d’honneur  à Montpellier- ,  je me suis  mise à la disposition des organisateurs de la rencontre pour une conférence ou un dialogue avec le public d&rsquo;associations ou d&rsquo;organismes territoriaux  sur le thème :  <em>« Boualem Sansal, un homme, une œuvre, un engagement ».</em></p>
<p>Celles et ceux d&rsquo;entre vous qui le peuvent</p>
<p>sont invités à rejoindre le Comité de Soutien à Boualem  Sansal</p>
<p><strong>Pour y adhérer</strong> : <a href="mailto:comite.soutien.boualem.sansal@gmail.com"><strong>comite.soutien.boualem.sansal@gmail.com</strong></a><strong> – 06 71 12 38 61</strong></p>
<p><strong>Pour voir les noms : </strong><a href="https://www.revuepolitique.fr/comite-de-soutien-a-boualem-sansal/"><strong>https://www.revuepolitique.fr/comite-de-soutien-a-boualem-sansal/</strong></a></p>

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		<dc:creator>Eveline Caduc</dc:creator></item>
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		<title>Notes de lectures :Henri Martinez  Le Feu dévorant</title>
		<link>http://evelinecaduc.fr/romans/notes-de-lecture-henri-martinez-le-feu-devorant-1356.html</link>
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		<pubDate>Sat, 13 Mar 2021 19:07:57 +0000</pubDate>
		
				<category><![CDATA[Romans]]></category>

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		<description><![CDATA[HENRI MARTINEZ Le Feu dévorant Editions Robert Laffont. Paris 1987 &#160; Ayant perdu tout espoir de donner un sens à sa vie d’exilé et refusant le suicide, le narrateur, naguère activiste de l’OAS, revient en Algérie dans le but affiché de s’y faire donner la mort. Mais son cas n’est pas prévu dans les textes [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p></p>
<p>HENRI MARTINEZ</p>
<p><em>Le Feu dévorant</em></p>
<p>Editions Robert Laffont. Paris 1987</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Ayant perdu tout espoir de donner un sens à sa vie d’exilé et refusant le suicide, le narrateur, naguère activiste de l’OAS, revient en Algérie dans le but affiché de s’y faire donner la mort. Mais son cas n’est pas prévu dans les textes de l’administration et, pour se débarrasser de lui, le commissaire de police l’envoie à ORAN dans un centre où il sera engagé en qualité de coopérant pour former à l’enseignement de  la lecture en langue française des élèves-professeurs que le jeune État doit recruter en grand nombre.</p>
<p>Sa méthode pédagogique, profondément originale, en fait des acteurs passionnés par l’éveil à la vie grâce à la lecture de textes littéraires.</p>
<p>Et sa réussite lui vaut d’être promu dans une toute nouvelle administration Enseignement et Santé.  En compagnie d’une infirmière et d’un assistant il aura pour charge de contrôler le fonctionnement des écoles sur une vaste étendue de l’Orannie.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Dès sa première mission, un premier regard échangé avec la jeune infirmière de son  équipe scelle une passion réciproque. Saadia est de nature une femme rebelle et, pour lui, par excellence puisqu’elle a été son ennemie pendant la guerre :  à la fois moudjahida et moussbiline, combattante et infirmière dans la maquis.</p>
<p>L’histoire de cette passion partagée est scandée par des scènes de violence revécues d’un camp à l’autre par les deux partenaires dans une sorte de danse d’amour et de mort.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Seul un coup d’état parviendra à mettre un terme définitif à cette relation sous l’empire des sens auquel ils ont été l’un et l’autre assujettis. En y adhérant à son corps défendant la jeune femme choisira de rester fidèle aux engagements de son adolescence révolutionnaire. Et le coopérant, devenu inutile puisque la langue arabe serait désormais seule enseignée en Algérie, se verra exfiltré vers l’autre rive.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Ce roman, composé pour l’essentiel de dialogues qui mettent en scène les contradictions et les oppositions, constitue un cas d’école pour une étude clinique du conflit des pulsions Eros et Thanatos. Et son arrière-plan esquisse le tout début d’une histoire de ce que sera l’Algérie après 1962 avec la violence, les coups fourrés, les compromissions, les trahisons, bref tout ce qui emportera le fleuve détourné sous la gouvernance du FLN.</p>
<p>Mais l’Histoire n’y est qu’un fond d’écran. Le sujet du <em>F</em><em>eu dévorant</em> est bien cette passion pour une femme recherchée comme la mort et qui devient pour Henri Martinez le symbole d’une Algérie écartelée – la terre-mère dont aucun de ses enfants n’a la propriété exclusive &#8211; comme l’a été Nedjma pour Kateb Yacine.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>.</p>
<p>&nbsp;</p>

]]></content:encoded>
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		<dc:creator>Eveline Caduc</dc:creator></item>
		<item>
		<title>Après le martyr de Samuel Paty</title>
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		<pubDate>Sat, 19 Dec 2020 16:10:27 +0000</pubDate>
		
				<category><![CDATA[Ethique et Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Après le martyr de Samuel Paty Comme Georges Brassens dans sa chanson de l’Auvergnat, le pape François continue à dire qu’il faut ouvrir à l’Etranger en péril qui frappe à notre porte. &#160; Je le revois encore arrivant en France en fin 1999 ou début 2000 ce bus rempli de femmes et d’enfants Tchétchènes &#8211; [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p></p>
<p>Après le martyr de Samuel Paty</p>
<p>Comme Georges Brassens dans sa chanson de l’Auvergnat, le pape François continue à dire qu’il faut ouvrir à l’Etranger en péril qui frappe à notre porte.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Je le revois encore arrivant en France en fin 1999 ou début 2000 ce bus rempli de femmes et d’enfants Tchétchènes &#8211; dont les pères avaient été enlevés, torturés et exécutés &#8211;  , qu’on avait extirpés de l’enfer de Grozny avant que les 2 plus grandes villes de cette petite république autonome de la Fédération de Russie ne soient rasées par les soins de Poutine,  et que , par ceux de Kadyrov, sa capitale , Grozny,  ne soit remplacée par une immense forêt  de gratte-ciels russes.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Oui c’est vrai, à ce moment-là on pensait qu’il était de notre devoir de leur donner refuge en les accueillant chez nous en Europe et en particulier en France. Mais leur religion, l’Islam, initialement implantée par deux confréries soufies avait été gangrenée depuis les années 90 par les Wahhabites dont le soutien, en armes et en financement, était bien plus déterminant que celui des Européens parce qu’ils voyaient comment les instrumentaliser dans leur projet d’OUMA universelle.</p>
<p>Et nombre d’entre eux allaient colporter la peste verte de l’islamisme dont nous voyons aujourd’hui l’extension tentaculaire.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Alors oui ! c’est évident qu’il faut tout faire pour l’écraser cette pieuvre.</p>
<p>Et c’est déjà bien tard et il y faut une véritable volonté politique pour y parvenir. Et je ne peux qu’espérer que le discours d’Emmanuel Macron sur le séparatisme se traduise par des actes forts après cet horrible assassinat.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Mais revenons-en à l’exhortation du Pape qui peut sembler délirante.</p>
<p>En fait comme le patron qu’il s’est donné avec ce nom, François, il nourrit toujours sa pensée aux paroles du Christ : les évangiles !</p>
<p>Alors certes il y a l’évangile du bon Samaritain</p>
<p>Mais il y a aussi celui du dimanche 11 novembre 2020</p>
<p>(Saint Matthieu 22 1-14)</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>« En ce temps-là, Jésus se mit de nouveau à parler aux grands prêtres et aux pharisiens <em>( autrement dit,  aux religieux intellectuels qui étaient puissants à Jérusalem et aux hypocrites)</em> :</p>
<p>« Le royaume des cieux est comparable à un roi qui célébra les noces de son fils. Il envoya ses serviteurs appeler à la noce les invités, mais ceux-ci ne voulaient pas venir (…) Alors il dit à ses serviteurs (…) » Allez donc à la croisée des chemins : tous ceux que vous trouverez, invitez-les à la noce ». Les serviteurs allèrent sur les chemins, rassemblèrent tous ceux qu’ils trouvèrent, les mauvais comme les bons, et la salle de noce fut remplie de convives. »</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Mais cet évangile a une suite qu’on ne lit pas toujours. Cette suite est toujours <em>parole d’évangile</em> pour le pape François. Or elle est sans ambiguïté :</p>
<p>« Le roi entra pour examiner les convives, et là il vit un homme qui ne portait pas le vêtement de noce. Il lui dit :</p>
<p>&#8211; « Mon ami, comment es-tu entré ici, sans avoir le vêtement de noce ? » L’autre garda le silence. Alors le roi dit aux serviteurs :</p>
<p>&#8211; « Jetez-le, pieds et poings liés, dans les ténèbres du dehors ; là, il y aura des pleurs et des grincements de dents »</p>
<p>Car beaucoup sont appelés, mais peu sont élus.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Ainsi, pour festoyer à la noce il faut revêtir un habit spécifique. Pour pouvoir trouver refuge dans un pays, il faut en adopter les valeurs. Si on ne les reconnaît pas, on n’est pas digne de rester dans ce pays ni, à plus forte raison, d’en avoir la nationalité.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>La leçon de cette parabole est toute simple. Elle tombe sous le sens pour un grand nombre de réfugiés. Il est grand temps que le législateur s’en inspire en France.</p>

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		<dc:creator>Eveline Caduc</dc:creator></item>
		<item>
		<title>8 mai 2020</title>
		<link>http://evelinecaduc.fr/ethique-et-politique/8-mai-2020-1347.html</link>
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		<pubDate>Fri, 08 May 2020 17:38:33 +0000</pubDate>
		
				<category><![CDATA[Ethique et Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[8 mai 2020 sur la place de l’Etoile des silhouettes dans le silence un Amiral, des Généraux, des Chefs d’armées, de la Gendarmerie, de la Police et la Maire de Paris avec les Présidents des Corps Constitués deux anciens Présidents de la République un Président en exercice pour honorer tous les combattants de la Seconde [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p></p>
<p>8 mai 2020</p>
<p>sur la place de l’Etoile</p>
<p>des silhouettes dans le silence</p>
<p>un Amiral, des Généraux, des Chefs d’armées, de la Gendarmerie, de la Police</p>
<p>et la Maire de Paris</p>
<p>avec les Présidents des Corps Constitués</p>
<p>deux anciens Présidents de la République</p>
<p>un Président en exercice</p>
<p>pour honorer tous les combattants de la Seconde Guerre Mondiale pour la libération de la France, dont ceux venus des Colonies  &#8211; Européens ou Indigènes d’Asie, des Îles ou bien d’Afrique de l’Ouest, de l’Est ou bien du Nord  &#8211;</p>
<p>des silhouettes pour célébrer dans le silence la paix retrouvée il y a 75 ans,  le 8 mai 45.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Aujourd’hui dans le silence imposé par un virus</p>
<p>ce jour-là fut jour de fête sur les Champs-Elysées</p>
<p>mais jour vécu sur l’autre rive dans « le bruit et la fureur »</p>
<p>de massacres programmés contre des familles d’Européens près de Sétif</p>
<p>et de massacres dans l’aveuglé des représailles</p>
<p>contre Arabes et Berbères</p>
<p>au fusil ou à la carabine pour les marcheurs de routes</p>
<p>au canon de mortier contre les mechtas.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Ce matin dans le silence de la Place de l’Etoile</p>
<p>devant la flamme du Soldat Inconnu,</p>
<p>c’est pour eux tous qu’a retenti la sonnerie aux morts.</p>

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		<dc:creator>Eveline Caduc</dc:creator></item>
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		<title>Lettre du 5 juillet 2019</title>
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		<pubDate>Fri, 05 Jul 2019 12:14:42 +0000</pubDate>
		
				<category><![CDATA[Questions de Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; C’est aujourd’hui le 5 juillet, noire journée d’anniversaire pour ceux qui ont retrouvé les corps de leurs  proches martyrisés dans les rues d’Oran en 1962 mais aussi pour ceux, plus nombreux encore, dont des parents ont disparu et qui ont dû quitter le pays de leur naissance, alors que  bien souvent ils n’en connaissaient [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>C’est aujourd’hui le 5 juillet,</p>
<p>noire journée d’anniversaire pour ceux qui ont retrouvé les corps de leurs  proches martyrisés dans les rues d’Oran en 1962</p>
<p>mais aussi pour ceux,</p>
<p>plus nombreux encore,</p>
<p>dont des parents ont disparu</p>
<p>et qui ont dû quitter le pays de leur naissance,</p>
<p>alors que  bien souvent ils n’en connaissaient pas d’autre,</p>
<p>rongés par la pensée sournoise qu’ils les abandonnaient.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Et tous ceux-là  n’ont jamais pu accomplir l’indispensable travail du deuil,</p>
<p>et tous ceux-là,</p>
<p>comme le chœur d’une tragédie antique,</p>
<p>ne cessent de redire à nos gouvernants:</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>« Jusques à quand maintiendrez-vous cette chape de silence sur la responsabilité de l’Etat français dans les massacres d’Oran du 5 juillet 1962?</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Quand donc reconnaîtrez-vous la responsabilité de l’Etat français</p>
<p>pour non-assistance à citoyens en danger lors des massacres d’Oran du 5 juillet 1962 , alors même que l’Algérie était indépendante ?</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Quand donc reconnaîtrez-vous la responsabilité de l’Etat français</p>
<p>pour violation des accords d’Evian et de la protection qu’ils devaient garantir à tous ses ressortissants après l’Indépendance</p>
<p>puisque le gouvernement français avait consigné l’armée dans ses casernes</p>
<p>alors même que,  dans la matinée du 5 juillet 1962 , la tuerie d’Oran lui était signalée ?</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Quand donc reconnaîtrez-vous la responsabilité de l’Etat français dans l’abandon de nos disparus ?</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Quand donc reconnaîtrez-vous la responsabilité de l’Etat français dans l’entretien de cette chape de silence imposée par les gouvernants de l’Algérie depuis Ahmed Ben Bella et Houari Boumediene sur les massacres d’Oran du 5 juillet 1962? »</p>

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		<dc:creator>Eveline Caduc</dc:creator></item>
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		<title>Algérie, la seconde révolution</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Apr 2019 16:37:57 +0000</pubDate>
		
				<category><![CDATA[Questions de Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Retenons notre souffle tant que la jeunesse d’Algérie n’est pas parvenue à se débarrasser saine et sauve du système entretenu depuis l’indépendance par le FLN et les Marsiens ! Retenons notre souffle devant le caractère miraculeux  de cette puissante revendication portée avec tant de maturité par la jeunesse et,  à sa suite,  par tout le peuple [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p></p>
<p>Retenons notre souffle tant que la jeunesse d’Algérie n’est pas parvenue à se débarrasser saine et sauve du système entretenu depuis l’indépendance par le FLN et les Marsiens !</p>
<p>Retenons notre souffle devant le caractère miraculeux  de cette puissante revendication portée avec tant de maturité par la jeunesse et,  à sa suite,  par tout le peuple algérien ! Liberté, justice et dignité  sont les trois lignes de force qui structurent ses slogans où l’ironie et même l’auto-dérision se jouent calmement des pouvoirs en place.</p>
<p>C’est d’une telle révolution que rêvait Amina dans  la dernière partie de mon roman <em>une lumière dans la nuit</em> publié par Dalimen en octobre 2016 à Alger-Cheraga</p>
<p>Il est dédié</p>
<p style="padding-left: 30px;">« à toute la jeunesse d’Algérie, afin qu’elle se donne des raisons d’espérer »</p>
<p>et sa quatrième de couverture dit le rêve d’une révolution douce que fait cette femme d’Alger sans appartement,  auprès d’un liftier aveugle doté d&rsquo;un pouvoir étrange qui lui permet de donner à voir le passé et l&rsquo;avenir :</p>
<p style="padding-left: 30px;">« Depuis les fêtes de la pleine lune qui illuminent la maison des chacals jusqu&rsquo;à la baie d&rsquo;Alger rayée de nuit par les lumières d’un bateau fantôme,</p>
<p style="padding-left: 30px;">depuis la guerre d&rsquo;Algérie vue de l&rsquo;intérieur par un enfant dans chacun des deux camps jusqu&rsquo;à la conquête de son indépendance sur fond de révolution douce que mène une femme d&rsquo;Alger sans appartement, <em>une lumière dans la nuit</em>met en scène, avant et après 1962,  100 ans d&rsquo;histoire entre l&rsquo;Algérie et la France à travers les membres d&rsquo;une famille qui pourrait être celle d&rsquo;Albert Camus. »</p>
<p>Retenons notre souffle … et écoutons cette chanson que m’a offerte mon amie Lynda de Béjaia sur le texte d’un de ses poètes arabes préférés : Gibran Khalil Gibran (<strong>Offre-moi une flûte et chante</strong> !) que l’on entendra après avoir passé les inévitables publicités.</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=3KBB_OdTI8c">https://www.youtube.m/watch?v=3KBB_OdTI8c</a></p>

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		<dc:creator>Eveline Caduc</dc:creator></item>
		<item>
		<title>Notes sur Le Train d’Erlingen de Boualem Sansal.</title>
		<link>http://evelinecaduc.fr/romans/notes-sur-le-train-derlingen-de-boualem-sansal-1333.html</link>
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		<pubDate>Wed, 10 Oct 2018 10:31:35 +0000</pubDate>
		
				<category><![CDATA[Ethique et Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Questions de Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Romans]]></category>

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		<description><![CDATA[Notes sur Le Train d’Erlingen de Boualem Sansal. Editions Gallimard 2018 « Métamorphose », le terme le plus fort du dernier roman de Boualem Sansal n&#8217;est pas dans son titre , Le Train d’Erlingen, mais dans son sous-titre :« La métamorphose de Dieu ». Comment faut-il entendre l&#8217;expression ? À la question posée lors du Festival [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p></p>
<p><em>Notes sur Le Train d’Erlingen de Boualem Sansal.</em></p>
<p>Editions Gallimard 2018</p>
<p>« Métamorphose », le terme le plus fort du dernier roman de Boualem Sansal n&rsquo;est pas dans son titre , <em>Le Train d’Erlingen, </em> mais dans son sous-titre :« La métamorphose de Dieu ».<br />
Comment faut-il entendre l&rsquo;expression ?<br />
À la question posée lors du Festival du Livre de Mouans-Sartoux, Sansal a botté en touche : « en donner une seule explication est bien difficile ! »<br />
La réponse est donc ouverte.<br />
À la première lecture, c&rsquo;est évidemment la référence explicite à <em>La Métamorphose </em>de Kafka. Mais si Kafka est l&rsquo;auteur de <em>La Métamorphose</em>, Dieu serait-il aussi l&rsquo;auteur d&rsquo;une métamorphose, universelle, celle-là ? Ou bien faut-il entendre la métamorphose que subirait le Dieu unique des grandes religions monothéistes déjà pourvu par elles de trois dénominations successives : Yahvé, Dieu, Allah? Sans parler de tous les noms que les hommes ont pu donner au dieu en chef de leurs différents panthéons !</p>
<p>Laissons donc Dieu provisoirement de côté car la puissance du mot « métamorphose » vient aussi ce qu&rsquo;il affecte toute l&rsquo;histoire.</p>
<p>Il est implicite dans le prologue puisqu’Élisabeth Potier, dont le roman raconte les derniers jours, « émerge de son coma avec une autre personnalité ». Et il est présent en miroir &#8211; en chiasme diraient les linguistes – dans le titre des deux parties : la réalité de la métamorphose et la métamorphose de la réalité.</p>
<p>Dans la première partie, il commande le récit par lettres que la baronne Ute Von Ebert, une Allemande présidente d&rsquo;une multinationale du biscuit, fait à sa fille Hannah installée à Londres de ce qui se passe autour d&rsquo;elle. Des ombres furtives ont progressivement envahi tous les environs de sa petite ville d’Erlingen, bastion de la dynastie Von Ebert, contraignant ceux qui vivent dans ses banlieues à venir se réfugier intra-muros et les voilà tous devenus des mutants :</p>
<p>« je te le dis, un mystère archaïque surgi du néant se répand sur terre et s&#8217;emploie à réduire l&rsquo;espèce humaine en esclavage pour servir autre chose que l’immarcescible vie »</p>
<p>Elle tente d&rsquo;expliquer cette métamorphose:</p>
<p>« Il semble que la peur, distillée à bonne dose, soit le catalyseur d&rsquo;une réaction d&rsquo;un composé complexe de phénomènes qui agissent sur la conscience de l&rsquo;individu et des masses, sur leur sensibilité émotionnelle et sur leur capacité à rêver pour se projeter dans l&rsquo;avenir et se construire. Une fois amorcée, la métamorphose ne s&rsquo;arrête plus, l&rsquo;homme doit mourir pour que naisse le mutant ».</p>
<p>Et elle conclut :</p>
<p>« Nous sommes devant le plus grand mystère eschatologique de l&rsquo;histoire humaine, l&rsquo;homme atteint d&rsquo;un mal incurable veut cesser d&rsquo;être un homme attaché à la vie pour devenir un fantôme accroché à la mort. » (p.35-36)</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Pour éviter d&rsquo;être contaminée par cette métamorphose, Ute prend immédiatement des mesures énergiques. Puis, par l&rsquo;intermédiaire de son factotum, Helmut, elle s’enquiert des intentions du Conseil de la Cité dont les membres lui doivent leur élection. Un émissaire mystérieux ayant fait parvenir un texte mal déchiffrable interprété comme « la soumission ou la mort », ils semblent convenir « d&rsquo;organiser la fuite plutôt que de préparer la défense. La soumission n&rsquo;est pas écartée. C&rsquo;est le joker ». Un train viendra sous peu évacuer une partie des habitants. Les autres devront attendre un second convoi. Mais ce train n’arrive toujours pas et l’on apprend que la sélection de ceux qui seront évacués d’Erlingen dans le second convoi se fera par tirage au sort.</p>
<p>Héritière d’émigrants, courageux et travailleurs mais peu respectueux des autochtones, qui ont fait fortune en Amérique et sur les 5 continents, Ute tient à défendre coûte que coûte son domaine. Elle décide de résister :</p>
<p>« je veux continuer à croire que les défenseurs du monde sont ceux qui courent à l&rsquo;aventure et parient sur l&rsquo;impossible »(p.117).</p>
<p>À cette fin, elle réactive une cellule dormante d&rsquo;anciens anarchistes &#8211; La Grande Révolution Libertaire Européenne canal historique III- bientôt rejointe par des jeunes révoltés sous le sigle FSE pour Front du Salut d’Erlingen. Au prix de quelques slogans et d’un simulacre d’attentat, ils parviennent à réveiller quelqu’ardeur chez leurs concitoyens qui se contentent de se retourner contre le Conseil de la cité.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Mais tout cela est-il réel ? Tout cela qu’Ute raconte dans ses 5 lettres qui ne seront jamais expédiées à sa fille et aussi dans des notes pour le roman qu’Hannah devra écrire si elle vient à mourir et qui s ‘achèvent</p>
<p>sur un problème kafkaïen : « Qui de la question et de la métamorphose vient en premier ? ». Cependant elle donne enfin un nom , « l’islamisme » , à cet</p>
<p>« envahissement d’origine céleste qui court de nos jours et qui a métamorphosé une partie du pays, le gros de la population selon d’autres allégations. L’envahisseur, qui posséderait l’art du caméléon, sait se confondre avec le paysage, mais il sait aussi faire en sorte que le paysage se confonde avec lui, rendant tout repérage impossible. Ainsi de l’islamisme, il provoque une courbure de l’espace-temps, c’est ce phénomène invisible qui nous entraine vers le fond, pas tant ses discours ennuyeux comme la mort »(pp.136-137)</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Et la dernière question d’Ute, qui reprend un cauchemar raconté dans un chapitre inclassable – elle s’était vue agressée, appelant au secours une certaine Léa et « prisonnière d’un nœud spatio-temporel comme on dit dans la SF»(p.122) –, cette dernière question d‘Ute :</p>
<p>« sous quelle forme sommes-nous vraiment nous-mêmes et qui est ce <em>nous</em> qui se métamorphose à tout bout de champ ? » (p.139)</p>
<p>annonce la deuxième partie « La métamorphose de la réalité »,</p>
<p>avec son adresse en miroir de la première:</p>
<p>« toi qui entres dans ce nouveau livre,</p>
<p>abandonne tout espoir</p>
<p>de reconnaître la réalité de la fantasmagorie ».</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Et de fait, dans la deuxième partie, Élisabeth Potier, « professeure d’histoire-géographie à la retraite, habitant la Seine-Saint-Denis », violemment agressée par un islamiste à la suite des attentats du Bataclan et des terrasses, a été laissée pour morte sur les rails d’une station de métro. Mais elle est sortie de son coma dédoublée en Ute Von Ebert. Avec ses adjuvants, Maria et Beppe, sa fille Léa l&rsquo;entretient dans cette fiction et continue de lui écrire 2 lettres après sa mort, en même temps qu&rsquo;elle engrange des informations qui lui permettront d&rsquo;écrire le roman de sa mère, si différente de l’Allemande Ute Von Ebert, mais comme elle confrontée à l’insidieuse menace planétaire que constitue l’islamisme.</p>
<p>Et c&rsquo;est là toute l&rsquo;habileté du romancier, Boualem Sansal, passé maître dans ce jeu de miroirs , car la composition du <em>Train d’Erlingen</em> tient le lecteur en haleine tout en le perdant entre la fantasmagorie et la réalité, illustrant ainsi la formule d&rsquo;André Breton dans le <em>Manifeste du Surréalisme</em>: « Ce qu&rsquo;il y a d&rsquo;admirable dans le fantastique c&rsquo;est qu&rsquo;il n’y a pas de fantastique, il n&rsquo;y a que le réel »</p>
<p>Alors quid de la métamorphose de Dieu?<br />
Eh bien ! elle trouve une certaine explication proposée par Léa dans cette deuxième partie :</p>
<p>« La nouveauté, me semble-t-il, c&rsquo;est… <em>la métamorphose de Dieu lui-même</em> ! Dieu n&rsquo;est plus Dieu, le Dieu de l&rsquo;univers et des êtres vivants, il est seulement le Dieu des Serviteurs, ses élus, son dessein n&rsquo;est plus le bonheur de tous sur terre comme dans les cieux mais autre chose. (… ) C&rsquo;est Dieu qui a changé, d&rsquo;un claquement de doigts, entraînant dans sa métamorphose celle des Soumis et de leurs suiveurs. » (pp.177-178)<br />
Secrètement effrayée de découvrir que son agresseur était un de ses anciens élèves: « le petit Laziz déguisé en sale islamiste en guerre contre le genre humain » (p.223), Elizabeth Potier a renoncé à le dénoncer. Et la mort l&#8217;empêchera de donner suite à sa dernière découverte : un des maux qui pousse vers la fin est « l&rsquo;islamisme qui attaque l’humanité dans son code génétique » (p. 202), ou selon les mots de Beppe: « cet envahisseur omniprésent invisible et invincible qui serait né d&rsquo;une mutation surnaturelle comme celle que Monsieur Kafka a racontée dans son livre.(… ) . C’est une chose que nous connaissons, Maria et moi, notre Cité a été envahie par des gens comme ça, des métamorphosés qui sont apparus une nuit et qui avant le matin ont soumis la Cité » (p.224).</p>
<p>Ces métamorphosés que sont les radicalisés et les convertis fascinés par le djihadisme.</p>
<p>Le cousin d’Ute, Karl Ludwig Von Ebert, Léa ou Élisabeth Potier peuvent rêver d&rsquo;une retraite dans la nature comme celle du <em>Walden</em> de H.D. Thoreau pour échapper à la fois à la « mondialisation matérialiste heureuse » engagée par les grands groupes financiers qui tiennent les ficelles de la globalisation et au projet alternatif d&rsquo;une « mondialisation à la fois charnelle et mystique » axée sur la soumission à la Oumma universelle qui impose à ses Serviteurs d’exterminer tous les mécréants.</p>
<p>Boualem Sansal, lui, continue de résister à l&rsquo;appel de « la vie dans les bois ». Il a choisi de rester dans l&rsquo;action &#8211; et l’écriture en est une &#8211; pour dénoncer sans relâche cette métamorphose de Dieu, du Dieu unique des Juifs, des Chrétiens et des Musulmans qu’a opérée l’islamisme, et aussi l’inquiétante métamorphose, analogue à celle du personnage de Kafka fondu en un monstrueux insecte, qui a suscité tant de radicalisés ou de convertis endoctrinés par des imams broussailleux et fanatiques, puis sidérés par des images tournant en boucle sur Internet où des sites dédiés continuent à diffuser leurs exhortations à faire la guerre contre le genre humain et à enseigner différentes techniques pour y parvenir.</p>
<p>C’est, sans s’interdire l’indispensable humour – fût-il noir–, le message que fait passer <em>Le Train d’Erlingen</em> en liaison avec l’essai <em>Gouverner au nom d’Allah</em> et le précédent roman <em>2084, La Fin du Monde </em>destiné à clore cette trilogie.</p>

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		<dc:creator>Eveline Caduc</dc:creator></item>
		<item>
		<title>Libre, documentaire de Michel Toesca</title>
		<link>http://evelinecaduc.fr/comptes-rendus/libre-documentaire-de-michel-toesca-1327.html</link>
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		<pubDate>Fri, 28 Sep 2018 21:47:34 +0000</pubDate>
		
				<category><![CDATA[Films, spectacles]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; À propos de Libre, documentaire de Michel Toesca sorti en salles le 26 septembre 2018. « Les migrants c&#8217;est comme les vents Ils arrivent on ne sait pas d&#8217;où ils viennent on ne sait pas où ils vont C&#8217;est comme les vents » dit un vieux paysan à l&#8217;accent italien devant la table de [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>À propos de <em>Libre,</em></p>
<p>documentaire de Michel Toesca</p>
<p>sorti en salles le 26 septembre 2018.</p>
<p>« Les migrants c&rsquo;est comme les vents<br />
Ils arrivent<br />
on ne sait pas d&rsquo;où ils viennent<br />
on ne sait pas où ils vont<br />
C&rsquo;est comme les vents » dit un vieux paysan à l&rsquo;accent italien devant la table de sa cuisine.</p>
<p>En projet, le documentaire de Michel Toesca devait s&rsquo;appeler <em>À tous vents</em>. En cours de réalisation il est devenu  <em>Libre. </em><br />
Libre comme l’est Cédric Herrou , le personnage principal du film : celui qui se tient debout, quoi qu’il arrive,  entre les migrants qu’il héberge dans son terrain à flanc de montagne et les agents de la force publique &#8211; gendarmes, policiers ou militaires &#8211; qui contrôlent le territoire environnant et empêchent désormais les arrivées comme les départs dans la Roya…Ou du moins s’efforcent-ils de le faire, car il y a des trous dans les mailles du filet !</p>
<p>Cette solidarité avec tous les migrants qui passent par sa montagne, Cédric Herrou dit qu&rsquo;elle est une exigence à l&rsquo;intérieur de lui-même qui constitue sa liberté. Et la détermination de sa résistance aux tentatives d’intimidation a fédéré toutes celles et tous ceux qui autour de lui,  et plus loin encore, partagent la même conviction.</p>
<p>Dans le film de Michel Toesca, Cédric Herrou en vient donc à représenter toutes celles et tous ceux qui veulent être</p>
<p>&#8211;  libres de dire «non» au dispositif européen <em>Dublin, </em> aussi hypocrite, indigne et inefficace qu’inutilement dispendieux dans ses différentes versions puisqu&rsquo;il charge l&rsquo;Italie de traiter les demandes  de tous ceux qui ont échoué sur ses rives après avoir survécu au naufrage en Méditerranée.</p>
<p>&#8211; libres de dire « non » au rétablissement d&rsquo;une frontière depuis juin 2015 entre la France et l&rsquo;Italie, deux pays du même espace Schengen qui en avaient annulé le principe à l&rsquo;intérieur de l&rsquo;Europe depuis 20 ans.</p>
<p>&#8211; libres de dire « non » au rétablissement d&rsquo;une frontière imposant de repasser par l&rsquo;Italie si l&rsquo;on prend la route qui de Breil-sur-Roya conduit à Nice où l’on doit déposer une demande d&rsquo;asile.</p>
<p>&#8211; libres de dire « non » aux institutions qui  transgressent la loi en renvoyant en Italie des mineurs non accompagnés ou qui continuent d’y refouler des familles  malgré le jugement en référé du tribunal administratif enjoignant le Préfet des Alpes-Maritimes le 31 mars 2017 « d&rsquo;enregistrer la demande d&rsquo;asile sous trois jours ouvrés » d&rsquo;une famille érythréenne accueillie dans la Roya. Ou celui du 4 septembre avec même injonction d&rsquo;enregistrer la demande d&rsquo;asile de trois réfugiés soudanais au motif que «  l’administration  porte une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté fondamentale que constitue le droit d&rsquo;asile ».</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Libre,  Cédric Herrou ?</p>
<p>&#8211;  oui, mais à quel prix !</p>
<p>Celui des tracasseries administratives, des pertes de temps, des interpellations qui l’empêchent de s’occuper de ses volailles et de ses oliviers, des contrôles d’identité, de  la confiscation de son véhicule, des gardes à vue et aussi de  la mise en examen, de la comparution devant le Tribunal de Grande Instance, de la mise en délibéré,  d’une première condamnation avec sursis dont le Parquet fait immédiatement appel pour obtenir une sanction plus lourde.</p>
<p>Et finalement une victoire, mais encore incomplète : le Conseil Constitutionnel du 6 juillet 2018 en vient à reconnaître pour la première fois la valeur de principe constitutionnel à la fraternité qui figure dans la devise de la République Française et déclare : « il découle du principe de fraternité la liberté d&rsquo;aider autrui, dans un but humanitaire, sans considération de la régularité de son séjour sur le territoire national ».<br />
Le Conseil Constitutionnel affirme ainsi que « tout acte d&rsquo;aide apportée dans un but humanitaire, qui ne fait par ailleurs l&rsquo;objet d&rsquo;aucune contrepartie, ne peut être poursuivi. »</p>
<p>Mais il pénalise toujours et sans exception l&rsquo;aide à l&rsquo;entrée irrégulière dans le territoire.</p>
<p>Dans le film <em>Libre</em>, Cédric Herrou est donc le <em>porteur de parole </em>de tous les « passeurs d’humanité », des aidants en attente de jugement définitif ou de ceux qui sont filmés en action auprès des migrants : infirmière ou médecin, avocate ou hébergeur, chauffeur ou cuisinier ou encore photographe, illustrateur, musicien ou relais auprès des médias.</p>
<p>Chacun d’eux faisant  sien, à sa façon,  le « devoir de désobéissance civile » théorisé par H.D.Thoreau ou le principe de Thomas Jefferson : « quand l&rsquo;injustice devient loi , la résistance est un devoir ».</p>
<p>Avec Cédric et Pierre-Alain, Félix et Gianni, Martine et Francesca, Françoise, René, Daniel, Gérard et tous les autres de France et d’Italie,  la société civile est en marche dans la vallée de la Roya qui a déjà vu passer tant de réfugiés du fait des guerres, des persécutions ou de la misère entretenue par le grand désordre du monde.</p>

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		<dc:creator>Eveline Caduc</dc:creator></item>
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