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	<title>le blog de Gilbert Béréziat</title>
	
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		<title>La fondation Sorbonne Universités est née</title>
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		<pubDate>Thu, 11 Mar 2010 09:49:22 +0000</pubDate>
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Les conseils d’administration des universités Paris Sorbonne, Panthéon Assas et Pierre et Marie Curie viennent d’adopter les statuts de la fondation de coopération scientifique donnant ainsi la base légale nécessaire pour que le PRES La Sorbonne, dont la création avait été actée par eux l’an dernier, puisse recevoir des subsides de l’Etat. Les statuts prévoient [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a rel="attachment wp-att-1072" href="http://www.gilbertbereziat.fr/2010/03/11/la-fondation-sorbonne-universites-est-nee/la-fondation-sorbonne-universites-est-nee/"><img class="aligncenter size-full wp-image-1072" title="La fondation Sorbonne Universités est née" src="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2010/03/La-fondation-Sorbonne-Universités-est-née.bmp" alt="La fondation Sorbonne Universités est née" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Les conseils d’administration des universités Paris Sorbonne, Panthéon Assas et Pierre et Marie Curie viennent d’adopter les statuts de la fondation de coopération scientifique donnant ainsi la base légale nécessaire pour que le PRES La Sorbonne, dont la création avait été actée par eux l’an dernier, puisse recevoir des subsides de l’Etat. Les statuts prévoient que les trois membres fondateurs initiaux pourront être rejoints par d’autres membres fondateurs et par des membres associés.</p>
<p style="text-align: justify;">Dès que la fondation sera avalisée par les pouvoirs publics, les présidents des trois membres fondateurs initiaux assureront à tour de rôle pendant trois années la présidence de la fondation. A l’issue de ces trois années le conseil d’administration de la fondation élira un nouveau président pour une durée de quatre années. Les déclarations des différents présidents montrent bien que Paris Sorbonne constitue une étape importante dans la renaissance d’une université globale comportant les principales matières académiques : Droit, Humanités, Lettres, Médecine, Sciences économiques, Sciences sociales, Sciences et technologies au cœur du Quartier latin qui accueille les campus principaux des membres fondateurs. Sorbonne Universités est également une entité économique importante : 12 500 équivalant temps pleins en emplois directs, près de 27 000 emplois induits, un milliard et demi d’euro annuels qui contribuent à la richesse de la ville et de la région.</p>
<p style="text-align: justify;">Si l’on considère les coopérations multiples qui existent en formation et en recherche entre les membres fondateurs initiaux et les autres institutions du Quartier latin (ENS, Muséum, Collège de France), on voit bien que le campus Quartier latin est une réalité forte, <span id="more-1067"></span>ce qui n’empêche pas d’être attentif aux autres localisations à Paris (Clignancourt, Malesherbes, Vaugirard, St Antoine, Pitié Salpétrière), en Ile de France (Melun, St Cyr l’Ecole) voire en région (Banyuls, Roscoff et Villefranche).</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi, et comme je l’avais indiqué dès 2007, l’élargissement de l’espace européen d’enseignement et de recherche, la compétition académique internationale et le bon sens indiquent qu’en Ile de France trois regroupements s’imposent dès à présent, au Sud entre Orsay et le Plateau de Saclay, à Paris Centre autour de Paris 5 et Paris 7 et au Quartier latin autour de la Sorbonne, Panthéon Assas et Pierre et Marie Curie. Si l’on regarde comment cette accrétion se réalise dans les faits, on peu considérer d’ores et déjà que la diversification que certains redoutent et que d’autres (dont moi) espèrent est en cours. Diversification par la méthode et diversification par les objectifs.</p>
<p style="text-align: justify;">La méthode d’abord, chacun a bien compris que ce qui se passe au Sud de Paris correspond à une volonté de l’Etat d’accompagner le développement industriel du plateau de Saclay dont on parle depuis plus de quarante ans de façon à ce que la gouvernance ne lui échappe pas. Mais on voit bien aussi que l’affaire n’est pas si simple si l’on considère les rapports entre l’opération de transfert des Ecoles sur le site, la coexistence avec la deuxième université française et la cacophonie concernant les transports <a href="http://grandparis.over-blog.com/article-29112653-6.html ">au sein du grand Paris</a> ! A Paris Intramuros on est en présence de deux projets radicalement différents, le premier Paris Cité c’est une association de façade pour bénéficier de l’effet d’aubaine du plan campus et, éventuellement du grand emprunt. Mais personne ne croit que cela aboutira à la création d’une grande université omni-disciplinaire. Jeu de dupes ! L’objectif qu’avait affiché le docteur Axel Khan il y a deux années de fusionner Paris 5 et Paris 7 ne semble plus être d’actualité et, avec l’arrivée de nouveaux membres fondateurs, la gouvernance « à la Goulard » avec un conseil d’administration pléthorique risque fort de se transformer en une communauté réduite aux acquêts. Le chemin choisi par Sorbonne Universités n’est certes pas le plus aisé en ce sens qu’il entend préserver dans un premier temps les acquis des compétences élargies et la maîtrise par les fondateurs de leur politique de formation et de recherche : donc, conseil d’administration resserré et présence de personnalités extérieures éminentes. Il s’agit en réalité d’un contrat de fiançailles de longue durée : trois années, mais dont l’objectif final, la refondation d’une université globale au cœur du Quartier latin, commence à être acceptée par tous. Les <a href="http://sgen-alsace.org/spip/spip.php?article966">difficultés rencontrées par la fusion</a> des universités de Strasbourg, alimentent les peurs et les replis corporatistes. Il est donc nécessaire que Sorbonne Universités trace son propre sillon.</p>
<p style="text-align: justify;">Les objectifs ensuite. On voit bien que le gouvernement pousse à la création sur Saclay d’un grand pôle universitaire lié aux technologies lourdes. Cela renforcera indiscutablement le poids de la physique et de l’ingénierie et aussi l’implantation d’industries de sous traitance, mais de là, comme la ministre, à parler de Silicon Valley, si tenté est que ce concept reste encore d’actualité aujourd’hui, il y a encore beaucoup à faire. Souhaitons cependant pour le pays que ce ne soit pas un mirage. Le projet Paris Cité reste modeste, comme ses résultats : avoir détourné la Sorbonne nouvelle de Paris Universitas ! Le projet de Sorbonne Universités, à savoir l’appropriation de la vie universitaire dans toutes ses dimensions (sportive, culturelle, santé, logement étudiant etc.), le renforcement, au sein d’un campus d’excellence, d’une recherche fondamentale de qualité tout en s’ouvrant d’avantage au monde socio-économique. La mixité sociale, la présence en son sein de filières d’élite tout en assurant une mixité intellectuelle chez les étudiants, la dévolution des biens mobiliers et immobiliers (terrains et bâti), la mise en place d’une politique commune pour les investissements, d’une gestion commune du capital financier voilà évidemment un objectif extrêmement ambitieux qui nécessitera une continuité politique par delà les présidents actuels. C’est en ce sens qu’il faudra, le moment venu, adapter la gouvernance pour que l’avenir soit assuré et non remis en cause tous les cinquante ans.</p>
<p style="text-align: justify;">Jussieu le 10 mars 2010</p>
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		<title>Paris à la Larrouturou</title>
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		<pubDate>Tue, 02 Mar 2010 09:54:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Bernard Larrouturou]]></category>
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		<category><![CDATA[Sorbonne universités]]></category>

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C’est en ces termes que le blogueur d’histoires d’université salue le rapport de l’X-Pont du même nom annoncé avec tambours et trompettes par la ministre en campagne. Faire de Paris la plus belle métropole universitaire du monde, un sous-titre ronflant pour un rapport que les trois présidents de Sorbonne Universités ont qualifié de « partial [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a rel="attachment wp-att-1048" href="http://www.gilbertbereziat.fr/2010/03/02/paris-a-la-larrouturou/plan-paris/"><img class="aligncenter size-full wp-image-1048" title="Plan Paris" src="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2010/03/Plan-Paris.bmp" alt="Plan Paris" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">C’est en ces termes que <a href="http://histoireuniversites.blog.lemonde.fr/2010/02/19/paris-a-la-larrouturou/ ">le blogueur d’histoires d’université</a> salue le rapport de l’X-Pont du même nom annoncé avec tambours et trompettes par <a href="http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/cid50618/faire-de-paris-la-plus-belle-metropole-universitaire-du-monde-c-est-possible.html ">la ministre en campagne</a>. Faire de Paris la plus belle métropole universitaire du monde, un sous-titre ronflant pour un rapport que <a href="http://histoireuniversites.blog.lemonde.fr/page/2/">les trois présidents de Sorbonne Universités</a> ont qualifié de « <em>partial et mal informé qui nie le principe même d’autonomie des universités. Décalé et anachronique, il ne répond pas à leurs attentes et à leurs besoins. Il s’agit en réalité d’oukases, mal argumentés, mal documentés, établis sans concertation ni avec les universités, ni avec les collectivités locales</em>[1] »… Il faut dire qu’en 127 pages on a là la quintessence de tout ce qu’un technocrate de notre république peut produire en 18 mois. Véritable auberge espagnole d’établissements parisiens ou franciliens, à la notable exception du trio susmentionné[2], sans logique rationnelle eût égard à la loi d’autonomie des universités, il rejoindra au rayon des inutilités les nombreux rapports sur l’immobilier universitaire à Paris qui l’ont précédé.</p>
<p style="text-align: justify;">La présidente de l’université Paris 3 se félicitait (<a href="http://www.aef.info/public/fr/abonne/depeche/depeche_detail.php?id=120778">Dépêche AEF n°120778</a> &#8211; réservé aux abonnés) que les prémices qu’elle avait consultés et qui confortaient « <em>l&#8217;implantation de [son] université sur l&#8217;îlot Poliveau, tout proche de Censier </em>[…] <em>pourrait constituer une solution idéale</em> ». Prudente elle ajoutait cependant : « <em>J&#8217;ai toutefois pleinement conscience que, pour des raisons tenant à l&#8217;échec passé</em>[3]<em> d&#8217;un projet similaire, l&#8217;évocation de cette hypothèse ne peut manquer de susciter des interrogations, voire de l&#8217;incrédulité </em>». Cependant, la présidente ajoutait que, « <em>par rapport à cette situation antérieure, plusieurs éléments ont changé : ce nouveau projet Poliveau est inclus dans un schéma global de restructuration des implantations universitaires parisiennes, au sein duquel l&#8217;avenir immobilier de notre université est affirmé comme la priorité parmi les priorités </em>».</p>
<p style="text-align: justify;">Elle a dû être pleinement rassurée par le courrier que les présidents de Paris 5 et de Paris 7 ont envoyé à leurs ouailles et qui réaffirment les priorités du PRES Paris Cité auquel Paris 3 participe dorénavant <span id="more-1043"></span>: rénovation de la faculté de Pharmacie et de l’institut d’hématologie (Paris 5), construction d’un bâtiment pour une Ecole Polytechnique Universitaire (EPU)  à créer à Paris 7 et Réhabilitation de l’Hôtel de la Meilleraye rue des Saints-Pères (Sciences Po). <a href="http://www.universite-paris-cite.fr/DocumentsFCK/pres/File/4_projets_PRES.pdf">Pas un mot sur Censier.</a> On aurait pu penser que la priorité eut été de se préoccuper des plus faibles mais hélas les temps sont difficiles aussi pour les grosses banques et ce n’est certes pas pour donner des locaux tampons à Paris 3 que l’Homme de Saint Germain (<a href="http://www.aef.info/public/fr/abonne/depeche/depeche_detail.php?id=127783">Dépêche AEF n°127783</a> &#8211; réservé aux abonnés)<em> </em> cherche à faire main basse sur le 15 rue de l’Ecole de Médecine pourtant tout proche de son UFR d’anglais !</p>
<p style="text-align: justify;">On est quand même pas benêts au point de se lamenter sur le « <em>réel besoin en mètres carrés de Paris-Descartes</em> » (<a href="http://www.aef.info/public/fr/abonne/depeche/depeche_detail.php?id=127860 ">Dépêche AEF n°127860</a> &#8211; réservé aux abonnés). Ce ne sont pas les 5 900 m2 occupés par certains services de l’UPMC qui vont permettre de faciliter les opérations de désamiantage de la faculté Necker. Mais puisque l’adjoint au maire de Paris est inquiet à ce sujet, je lui propose de mettre, à titre transitoire, à la disposition de cette université les locaux de l’hôpital Boucicaut qui ont été spécialement équipés en infrastructure pour les physiciens de l’UPMC pendant leur exil de huit années puisqu’ils vont réintégrer Jussieu d’ici la fin de l’année. A moins que le 15ème arrondissement ne soit pas assez tendance pour elle, les fortes pénalités qu’empoche la ville à cause des retards du chantier de Jussieu pourraient utilement y être réinvesties !</p>
<p style="text-align: justify;">Est-ce une coïncidence si l’offensive de Paris 5 sur les Cordeliers, lancée dès 2001 et reprise aujourd’hui, qui vise en réalité non pas 5 900 m2 mais l’ensemble du centre de recherche de l’UPMC (20 000 m2), se produit au moment où l’Assistance publique exerce <a href="http://www.liberation.fr/societe/0101621265-l-assistance-publique-grand-corps-malade ">une forte pression en faveur de l’Ouest parisien</a> ? Le président de l’UPMC fait justement remarquer que « <em>la proposition de Bernard Larrouturou n&#8217;a d&#8217;autre but que de reconstituer la faculté de médecine de Paris afin d&#8217;avoir le monopole en médecine entre Paris-5 et Paris 7</em>. » (<a href="http://www.aef.info/public/fr/abonne/depeche/depeche_detail.php?id=127796 ">Dépêche AEF n°127796</a> &#8211; réservé aux abonnés)</p>
<p style="text-align: justify;">J’ai reçu une volée de bois vert par certains pour avoir dit que la fin de la mission de Bernard Larrouturou était la première bonne nouvelle depuis quelques temps. Je persiste. Nous allons pouvoir maintenant entamer des discussions sérieuses avec l’Etat pour que Sorbonne Universités, sur le campus Quartier latin, prenne toute sa place dans le concert des universités mondiales. J’y reviendrais prochainement. Je renvoie mes censeurs à <a href="http://www.youtube.com/watch?v=jA3hNz5KQ34">Guy Béart</a> et leur suggère le calme apaisant de <a href="http://www.youtube.com/watch?v=PqiJoSZmCww">la ballade en sol mineur opus 23 de Chopin</a> qui sera jouée en Sorbonne le 18 mars à l’occasion du centième anniversaire de sa naissance. Frédéric Chopin, de père français venu à Paris à vingt ans puis ensuite pour y mourir à trente neuf ans, presque vingt ans avant la naissance à Varsovie d’une certaine Maria Skłodowska qui devint Marie Curie. Lui au Père Lachaise, elle au Panthéon. Deux icones du nouveau PRES.</p>
<p style="text-align: justify;">[1] <em>Le vice président de la région a déclaré à l’AEF «</em> Bernard Larrouturou n&#8217;est pas venu me voir une seule fois depuis le mois d&#8217;octobre 2009, date de son rapport d&#8217;étape, qui prévoyait d&#8217;ouvrir des concertations avec les collectivités territoriales à propos de l&#8217;immobilier universitaire parisien<em> » Dépêche n°127808<strong> </strong><strong><strong> </strong><strong> </strong></strong></em><em>Paris, Lundi 22 février 2010.</em></p>
<p style="text-align: justify;">[2] <em>Les présidents de PRES Sorbonne Universitas assurent que Bernard Larrouturou « </em>a rompu tout contact <em>» avec leur groupement depuis qu&#8217;ils ont souhaité « </em>ne pas constituer d&#8217;EPCS<em> » et lui ont fait remarquer « </em>que les affectations de bâtiments qu&#8217;il avait proposées étaient irréalistes parce que faites sans concertation avec les propriétaires.<em>»</em></p>
<p style="text-align: justify;">[3] <em>Cette opération avait été prévue à l’avant-dernier plan Etat-Région mais annulée au plan suivant.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em> </em></p>
<p style="text-align: justify;"><em></em></p>
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		<title>Retraites, chômage et égalité des chances !</title>
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		<pubDate>Fri, 19 Feb 2010 09:52:19 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[
S’insurgeant, sur le blog gaulliste libre, contre mes déclarations sur le chat du journal « Le Monde », un certain Laurent Pinsolle 34 ans de formation commerciale et, dit-il, passionné par la politique et l’économie depuis une vingtaine d’années m’accuse de défendre le modèle Etatsunien. Accusation relayée par Marianne 2. Le fait de constater qu’actuellement, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a rel="attachment wp-att-1033" href="http://www.gilbertbereziat.fr/2010/02/19/retraites-chomage-et-egalite-des-chances/retraites-chomage-et-egalite-des-chances/"><img class="aligncenter size-full wp-image-1033" title="Retraites, chômage et égalité des chances !" src="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2010/02/Retraites-chômage-et-égalité-des-chances-.bmp" alt="Retraites, chômage et égalité des chances !" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">S’insurgeant, sur le blog gaulliste libre, contre mes déclarations sur le chat du journal « <a href="http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/02/03/le-systeme-universitaire-americain-est-moins-inegalitaire-que-le-notre_1300739_3224.html ">Le Monde</a> », un certain Laurent Pinsolle 34 ans de formation commerciale et, dit-il, passionné par la politique et l’économie depuis une vingtaine d’années m’accuse de défendre le modèle Etatsunien. Accusation relayée par <a href="http://www.marianne2.fr/Egalite-a-l-ecole-le-Monde-idealise-les-USA_a185039.html ">Marianne 2</a>. Le fait de constater qu’actuellement, c&#8217;est la nation qui s&#8217;endette pour payer les études des riches… Que l’on n&#8217;est absolument pas dans le système américain, pour une raison très simple, c&#8217;est que le système universitaire américain est une organisation en pyramide avec une base très large, community colleges de deux ans et colleges de quatre ans. Qu’en France c&#8217;est à partir de l’enseignement secondaire que se fait la sélection vers les formations les plus longues (je devrais dire la ségrégation) et qu’elle est réalisée avant le baccalauréat n’est pas franchement un scoop. Donc je persiste à dire que quelles que soient les tares du système américain, il est moins inégalitaire que le nôtre.</p>
<p style="text-align: justify;">Le débat sur l’organisation scolaire s’est focalisé sur l’égalité des chances. Un chantre des classes préparatoires, lui-même enseignant en prépa au lycée Saint-Louis à Paris tente également <a href="http://www.lemonde.fr/opinions/article/2010/02/11/les-classes-preparatoires-modele-possible-de-l-enseignement-superieur-par-frederic-munier_1304062_3232.html ">dans un blog</a> de défendre l’indéfendable. Il réfute, contre les faits, que les financements des classes prépa soient excessifs par rapport à leur rendement en terme de succès. Il oublie deux choses ; d’une part que la sélection en amont effectuée par les proviseurs des lycées possédant des classes préparatoires dès le mois de janvier rabat vers celles-ci la majorité des meilleurs élèves des sections S ; d’autre part que la myriade des écoles, qui pour la plupart n’ont de grand que le nom dont elles s’affublent, permet d’offrir une porte de sortie masquant ainsi les échecs : « <em>on croit entrer à Polytechnique, on se retrouve à Pont-à-Mousson</em> » ; enfin que le retour à l’université pour un « <em>taupin </em>» n’est pas considéré comme un échec par les statistiques ministérielles alors que c’en est bel et bien un. Dans ce blog il affirme : « <em>les classes préparatoires, par leur fort contenu pluridisciplinaire, contribuent aujourd&#8217;hui de plus en plus à combler les lacunes culturelles et linguistiques que les différentes réformes du secondaire ont contribué à produire. Alors, faut-il faire disparaître ce qui contribue, pour une minorité certes, à remédier à une crise ou s&#8217;en inspirer pour la majorité ? </em>». Une à deux heures de français ou de philosophie par semaine dans les classes prépa scientifiques, c’est cela le fort contenu pluridisciplinaire ? Il prévient que si un éventuel rapprochement des classes préparatoires et des universités avait lieu comme certains le souhaitent : « <em>il faudrait veiller à ce qu&#8217;il ne s&#8217;apparente pas à une simple annexion, voire pis, à une dilution des &laquo;&nbsp;prépas&nbsp;&raquo; dans les universités</em> ». Et sans état d’âme prétend que « c<em>&#8216;est bien le modèle des &laquo;&nbsp;prépas&nbsp;&raquo; qui pourrait sauver aujourd&#8217;hui le premier cycle universitaire et non l&#8217;inverse </em>».</p>
<p style="text-align: justify;">Mais <a href="http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/11/30/les-pieges-de-l-egalite-des-chances-par-francois-dubet_1274042_3232.html ">François Dubet</a> nous ramène à la réalité,<span id="more-1032"></span> même s’il est parfaitement légitime de soutenir tous les dispositifs du type Sciences Po ou Ambition réussite, sauf comme certains le disent « off » à défendre l’héritage des conditions sociales, le problème ne sera pas réglé au fond. En effet écrit-il : « <em>ce tropisme élitiste repose sur une illusion statistique : les élèves défavorisés et méritant d&#8217;être aidés par des dispositifs spéciaux se comptent, au mieux, par centaines, alors que les autres se comptent par centaines de milliers… Ce déséquilibre résulte du modèle même de l&#8217;égalité des chances méritocratiques dans lequel les inégalités entre les positions sociales sont moins en cause que l&#8217;équité des conditions de l&#8217;accès à ces inégalités. Pire, on ne voit pas pourquoi ceux qui ont échoué dans la compétition de l&#8217;égalité des chances pourraient se plaindre, dès lors que la compétition elle-même est équitable. En clair, la méritocratie est une morale de vainqueur considérant que les vaincus méritent leur sort quand la compétition a été juste et équitable. La fixation sur les élites n&#8217;est pas une perversion du modèle méritocratique, elle lui est consubstantielle puisqu&#8217;elle vise à produire des inégalités justes, des inégalités qui seraient méritées par les vainqueurs et par les vaincus, les uns et les autres ne devant leur destin qu&#8217;à eux-mêmes</em> ».</p>
<p style="text-align: justify;">François Dubet aurait pu tout aussi faire remarquer le prix que paye cette génération confrontée au modèle français. Je vous renvoie à ce que déclarait à ce sujet <a href="http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/06/10/les-classes-preparatoires-une-vie-entre-parentheses_1056204_3224.html ">Dominique Monchablon</a>, psychiatre, chef de service à la Fondation santé des étudiants de France : « <em>Les élèves de classes préparatoires sont soumis à un rythme très exigeant et à une évaluation très péjorative de leurs compétences. C&#8217;est une grande souffrance pour ces jeunes, habitués à être tête de classe, de voir leurs notes s&#8217;écrouler. On leur demande un hyper-investissement intellectuel au détriment de tout le reste. Or, ils avaient très souvent des activités extra-scolaires &#8211; musique et sport – intenses </em>».</p>
<p style="text-align: justify;">En réalité, si l’on s’en tient au seul débat sur l’égalité des chances il n’en sortira rien et l’Histoire nous apprend que la démocratie sociale n’a pu faire de réels progrès que lorsque le développement économique créait des opportunités que les nantis pouvaient tolérer par ce qu’elles ne les affectaient pas à moyen terme. L’égalité des chances où plutôt, la progression sociale des milieux moins favorisés ne peut être déconnectée de la discussion sur le plein emploi et d’ailleurs les discussions en cours sur l’âge de la retraite sont obscène en période de chômage de masse des séniors. Comment faire accepter que l’on recule l’âge légal de la retraite si cette mesure est perçue comme un moyen d’en diminuer le montant ? A quoi sert il de déclarer que l’allongement du temps de la vie (bien réel encore aujourd’hui) permettrait parfaitement à ceux qui le souhaitent de travailler plus longtemps si on les sort du marché du travail à partir de 50 ans comme c’est le cas aujourd’hui ? D’ailleurs l’allongement du temps de la vie ne doit pas faire illusion, il est le résultat certes des progrès de la médecine mais sans doute encore plus des conditions socio-économiques. Le collapsus de l’union soviétique et de ses satellites dans les années quatre-vingt nous en donne un exemple effrayant. Rien ne dit que le reste de l’Europe en est prémuni.</p>
<p style="text-align: justify;">Le problème est donc bien celui du travail et du développement économique. Il ne sert à rien de pester contre le pompier polonais ou la collaboratrice d’une plateforme de secrétariat délocalisée. Le problème est bien la création d’emploi en France et plus généralement en Europe qui puisse aussi assurer l’équilibre économique entre ce que l’Europe importe à bas pris et ce qu’elle exporte. Chacun s’accorde à dire que les pays occidentaux ne pourront s’en tirer qu’en développant une économie de la connaissance, c&#8217;est-à-dire une économie qui repose sur la recherche et l’innovation. Et c’est bien là où le système français est, plus que tout autre, en échec. La sélection trop précoce et brutale telle qu’elle est organisée en France détourne les élèves les plus brillants de la formation par la recherche au bénéfice d’études formatées préparant à des concours dont la pertinence n’a rien à voir avec l’éveil d’une formation rationnelle et critique. La certitude que c’est dans les carrières du commerce et du management que se trouvent les emplois du futur est illusoire. On ne peut vendre que ce que l’on crée, on ne peut organiser que les entreprises que l’on est capable de générer. En outre, il n’est pas sûr que l’on génère les meilleurs managers par des formations dans lesquelles le développement de l’esprit critique est  réduit à la portion congrue.</p>
<p style="text-align: justify;">J’ajouterais qu’il n’est pas sain pour un pays de ségréguer l’élite de la masse des citoyens. Les filières d’élite doivent côtoyer les autres filières. C’est au sein de l’université qu’il faut rassembler les unes et les autres. Le tutorat ne doit pas se résumer aux bonnes actions de l’Ecole polytechnique pour quelques lycées des quartiers pauvres. Ce ne sont pas les prépas qu’il faut intégrer au sein des universités, ce sont les écoles elles mêmes. Nul de discute l’existence de cursus exigeants, encore faut il qu’ils le soient vraiment. Revenons à la raison, le lycée doit donner une culture la plus large possible aux jeunes. Le premier cycle universitaire doit être le lieu ou s’effectue une sélection/orientation progressive qui ne laisse personne au bord du chemin. A l’issu de ce cycle une partie de l’élite potentielle peut émerger tout en sachant que le processus de sélection de l’élite ne peut être achevé. Laissons sa chance à la formation tout au long de la vie. N’oublions jamais que la consanguinité excessive est à l’origine de la plupart des avatars de la vie.</p>
<p style="text-align: justify;">Jussieu le 15 février 2010</p>
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		<title>Londres, Georges Wilson et Pierre Vaneck</title>
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		<pubDate>Fri, 12 Feb 2010 14:25:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Georges Wilson]]></category>
		<category><![CDATA[La Sorbonne]]></category>
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Mon dernier blog était signé de Londres, en effet j’y représentais les trois universités de « La Sorbonne » à un séminaire franco-britannique organisé par l’ambassade de France et pompeusement intitulé : « les partenariats franco-britanniques : The next chapter » (voir le programme). Ce séminaire devait traiter de la coopération universitaire entre les deux [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a rel="attachment wp-att-1017" href="http://www.gilbertbereziat.fr/2010/02/12/londres-georges-wilson-et-pierre-vaneck/londres-georges-wilson-et-pierre-vaneck/"><img class="aligncenter size-full wp-image-1017" title="Londres, Georges Wilson et Pierre Vaneck" src="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2010/02/Londres-Georges-Wilson-et-Pierre-Vaneck.bmp" alt="Londres, Georges Wilson et Pierre Vaneck" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Mon dernier blog était signé de Londres, en effet j’y représentais les trois universités de « La Sorbonne » à un séminaire franco-britannique organisé par l’ambassade de France et pompeusement intitulé : « <em>les partenariats franco-britanniques : The next chapter </em>» (<a href="http://www.univ-paris-diderot.fr/2010/01-parteneriatsfranco-britanniques.pdf">voir le programme</a>). Ce séminaire devait traiter de la coopération universitaire entre les deux pays.</p>
<p style="text-align: justify;">Départ la veille en Eurostar sans problème à 13 heures, le salon VIP n’est pas plus désagréable que celui d’Air France à Roissy et, contrairement à celui de Riyad, on peu s’y « taper » un « bloody mary » du feu d’Allah. En sirotant mon drink je prends connaissance de la dernière liste des participants. Arrivée à King’s Cross Saint Pancrass et en route pour « la mare aux  grenouilles » puisque le Gainsborough Hôtel où je dois passer la nuit est situé en plein cœur du quartier français près du lycée français et de l’institut français du Royaume-Uni. Sur sa route, l’« underground » frôle Russell square, l’une des cibles des attentats du 7 juillet 2005, Olborn où vécut Charles Dickens, Covent garden, Picadilly circus, les 140 hectares de Hyde park et le luxe tapageur de Knightsbridge. L’hôtel anglais de caractère a un charme désuet, plafond haut, lourdes tentures et baignoire comme jadis qui me rappelle celle de la villa Wintrebert à Banyuls, placage en or des plomberies en moins. Décidément, la perfide Albion n’est plus ce qu’elle était.</p>
<p style="text-align: justify;">Je devais intervenir dans une table ronde sur les coopérations de recherche (vingt minutes de power-point puis débat). On annonçait des universités anglaises prestigieuses et la fine fleur du système à la française, le président de la CPU en vedette américaine et la directrice de l’Ecole normale supérieure qui devait clore la séance inaugurale. Finalement le président de la CPU s’est défilé, seuls deux présidents d’université seront présents, celui de Nantes et celui de Poitiers. Visiblement bousculé par l’enthousiasme du secteur des SHS, deux jours avant on m’informe que le power point que j’avais laborieusement préparé serait relégué au rang de simple faire valoir sur le site de l’ambassade de France à Londres (sans d’ailleurs que cela me donne droit à rémunération). Après un moment d’humeur je flanque l’essentiel de la vingtaine de slides sur un recto verso que je fais imprimer à 200 exemplaires pour les donner en pâture aux courageux assistants du séminaire. Après tout, cela me permettra une intervention plus politique pour faire prendre conscience à nos interlocuteurs des enjeux des batailles qui se livrent en France pour que les universités obtiennent la même autonomie que celle dont bénéficient les universités britanniques. Je me risque à une métaphore rugbistique en l’honneur du centième anniversaire de la France dans le tournoi des cinq nations. Il serait temps en effet que la France libère vraiment ses universités du carcan bureaucratique qui les enserre. On espère ne pas attendre 60 ans, comme ce fut le cas en rugby, pour que la France applique les règles non écrites de « l’international board » de l’Education supérieure et de la recherche.</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-1014"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Ceci dit, très peu d’universités britanniques étaient représentées à un très haut niveau et l’ambiance n’était pas au beau fixe. D’ailleurs le gouvernement britannique avait cru bon de se faire représenter par le ministre des forces armées Bill Rammell comme ne manqua pas de le rappeler plus tard avec un brin d’humour David Willetts membre du shadow cabinet conservateur invité surprise avant la pause. Il se fit un malin plaisir de rappeler que la cure d’austérité n’épargnerait pas les universités britanniques, mais se refusa à indiquer si, revenus au pouvoir, les Tories autoriseraient l’agence régulatrice des finances des universités de leur donner le feu vert pour l’augmentation des droits d’inscription. Pas tant d’ailleurs par souci philanthropique, que parce que l’argent des ménages pourrait être mieux utilisé ailleurs ! Il faut dire qu’en Grande Bretagne comme aux « States », il n’y a pas de ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche. Les Britanniques considèrent que ce sont des choses trop sérieuses pour en laisser la charge à l’administration d’Etat. Absents, les présidents de la CPU et de la conférence des grandes écoles s’étaient fait représenter par des seconds couteaux et l’Ecole Centrale par un mercenaire britannique qui faute de nous présenter un prix Nobel centralien nous parla de Boris Vian, sans même savoir, sans doute, que <a href="http://www.youtube.com/watch?v=DTfh2sMUWfg">Bison Ravi, antimilitariste convaincu</a>, l’avait quittée à la débâcle et repris ses véritables études dans les caves de Saint Germain les prés. Il faut dire de Bison Ravi c’est quand même plus reluisant qu’<a href="http://www.dailymotion.com/video/x2i4ch_antoine-et-les-problemes-contre-elu_music">Antoine</a>. La Directrice  de l’Ecole normale supérieure d’Ulm s’exprima dans la langue de Shakespeare et fut parfaite comme à son habitude. L’Ecole polytechnique de Palaiseau s’abstint de paraître.</p>
<p style="text-align: justify;">Malgré les appels enthousiastes de l’ambassadeur de France, il en eut fallu beaucoup plus pour intéresser les anglais aux doubles cursus et autres co-diplômes. Chacun chez soi et pour les aventures communes c’est donnant donnant si ça rapporte. I want my monney back. Il faudra que les français se fassent une raison, on est encore plus qu’avant dans une compétition entre les institutions et sur le pitch pas de cadeaux, ils sont réservés pour la troisième mi-temps. Je fais à rebours le trajet pour rejoindre l’Eurostar, 18 heures, « tube » bondé, je me mêle à une foule bigarrée, les petites anglaises au nez en trompette côtoient les étudiants Erasmus, les couvre-chefs sikhs et sur cette portion de la Picadilly line ils sont nombreux les jeunes français dont une bonne partie retourne passer le week end à Paris, du moins ceux qui en ont les ressources.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans l’Eurostar de retour j’apprends le décès de Georges Wilson le 4 février. Décidément ce début d’année n’est pas drôle, avec celui qui fut recruté par Jean Vilar et <a href="http://www.youtube.com/watch?v=75H0E_b-LAU">le Prince en Avignon</a>, c’est ma jeunesse qui fout le camp. Après Pierre Vaneck décédé le 31 janvier à la suite d&#8217;une opération cardiaque et qui réside maintenant pour la fin des temps dans le Luberon, Georges Wilson s’en va lui à Clairefontaine. Pierre Vaneck et Georges Wilson qui avaient bouleversé ma foi déclinante dans le « Martin Luther » de <a href="http://www.ina.fr/art-et-culture/arts-du-spectacle/video/I00011963/georges-wilson-et-pierre-vaneck-repetent-luther-au-festival-d-avignon.fr.html">James Osborne au festival d’Avignon</a>. Pierre Vaneck, le nouveau Gérard Philippe à la voix si envoûtante que j’avais tant aimé avec Jean Paul Belmondo dans <a href="http://www.youtube.com/watch?v=rcMGvSc3qbE">un nommé la Rocca</a>. L&#8217;air des trompettes du Théâtre national populaire et du Festival d&#8217;Avignon ont, parait il, retenti lors des obsèques de Georges Wilson, lundi en l&#8217;église Saint-Roch, hommage oh combien mérité à celui qui avait assumé la succession de Jean Vilar et qui parlait si bien de Gérard Philippe l’archange du festival d’Avignon dans « <a href="http://www.amazon.fr/fil-dor-Georges-Wilson/dp/2213631506">le fil d’or </a>».</p>
<p style="text-align: justify;">Palaiseau le 9 février 2010</p>
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		<title>Autonomie des Universités : Illusion, mensonge politique ou rébellion des apparatchiks ?</title>
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		<pubDate>Fri, 05 Feb 2010 17:40:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Autonomie des universités]]></category>
		<category><![CDATA[CPU]]></category>
		<category><![CDATA[LRU]]></category>

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		<description><![CDATA[
Deux semaines après avoir pris mes fonctions de président de l’université Pierre &#38; Marie Curie, le 23 mars 2001, j’assistais au colloque de la conférence des présidents d’université à Lille . Celui-ci était consacré à l’autonomie des universités. A cette époque la CPU, sous la présidence de Bernard Belloc président de Toulouse III flanqué de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a rel="attachment wp-att-998" href="http://www.gilbertbereziat.fr/2010/02/05/autonomie-des-universites-illusion-mensonge-politique-ou-rebellion-des-apparatchiks/autonomie-des-universites/"><img class="aligncenter size-full wp-image-998" title="Autonomie des universités" src="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2010/02/Autonomie-des-universités.bmp" alt="Autonomie des universités" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Deux semaines après avoir pris mes fonctions de président de l’université Pierre &amp; Marie Curie, le 23 mars 2001, j’assistais au colloque de la <a href="http://www.cpu.fr/uploads/tx_publications/Actes_ColloqueCPU2001.pdf">conférence des présidents</a> d’université à Lille . Celui-ci était consacré à l’autonomie des universités. A cette époque la CPU, sous la présidence de Bernard Belloc président de Toulouse III flanqué de Xavier Chapuisat président de Paris Sud et de Georges Molinié président de Paris Sorbonne, était vent debout pour l’autonomie. Parmi les invités, deux se prononcèrent fermement sur la question. Pour Françoise Thys-Clément, ancien Recteur de l’Université libre de Bruxelles (ULB), l’autonomie des Universités était indispensable pour répondre aux défis nouveaux de la mondialisation du savoir et de l’économie de la connaissance. La vision de Jack Lang, était assez large, suppression de l’autorisation préalable de délivrance des diplômes par les universités et évaluation à postériori de leur politique de formation ; développement d’une politique contractuelle dans laquelle l’établissement était le proposant, les négociations permettant de préciser dans le même document les sources de financement que l’Etat s’engageait à apporter pour quatre années à l’établissement. Mais si Jack Lang poursuivit, tout en la dénaturant[1] sous la pression des lobbies universitaires et au grand dam des présidents d’universités, la mise en place du LMD, il ne fit rien en ce qui concerne l’autonomie qu’il appelait de ses vœux. L’immobilisme dont il fit preuve pendant les deux ans qu’il passa à l’éducation nationale, mis à part la façon désastreuse avec laquelle il appliqua à l’université la loi de réduction et d’aménagement du temps de travail, ne fut pas pour rien dans le désenchantement des universitaires en avril 2002 qui boudèrent largement la candidature de Lionel Jospin à la présidentielle.</p>
<p style="text-align: justify;">La droite revenue au pouvoir ne reprit pas à son compte l’idée de l’autonomie, il faut dire que Jean Pierre Raffarin avait été plus qu’ambigu là-dessus lors du fameux colloque de Lille où il s’était exprimé. Il avait apostrophé la direction de la CPU comme s’il doutait de sa volonté d’aboutir sur ce sujet : « <em>Je constate que votre conception de l&#8217;autonomie est encore assez restreinte. Peut-il y avoir autonomie sans indépendance financière, au moins relative ? Pour ma part, je ne pense pas que l&#8217;on puisse être à la fois autonome et sous tutelle financière </em>», mais il n’était pas enclin à aller dans ce sens puisque la seule chose qu’il proposa fut de mettre en place, face aux universités, « <em>une sorte d&#8217;agence, investie d&#8217;un mandat négocié en amont entre les différents acteurs publics que sont, pour l&#8217;essentiel, l&#8217;Etat et les Régions</em> ». Des établissements publics régionaux seraient créés dont la direction serait dans un premier temps confiée aux recteurs. Mais allons-y lentement : « <em>il me paraît judicieux [disait-il], pour avancer dans cette direction, de procéder par expérimentation</em> ». Cette idée sera reprise ultérieurement par François Goulard lorsqu’il créera les pôles de recherche et d’enseignement supérieur qui à ses yeux devaient prendre la tutelle des activités les plus nobles des universités : Écoles doctorales et Recherche de pointe. Bref pour la droite à cette époque l’autonomie ne se concevait que limitée.</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-989"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Faute de bien voir les enjeux futurs, malgré le fait que l’autonomie universitaire ait été au cœur des débats de la crise de la recherche en 2004, par peur du corporatisme syndical (parti socialiste), par dogmatisme (partis communistes, mouvements trotskistes, gauche du PS) ou par indifférence voire par peur des scientifiques (mouvement écologiste), l’opposition ne voulut pas se saisir de ce dossier. Il faut dire que, tout comme Raffarin, Alain Claeys rapporteur socialiste du budget des universités à l’assemblée nationale, s’était montré tiède à Lille en 2001 : « <em>il n&#8217;y aura pas de “Grand Soir de l&#8217;autonomie” » avait-il déclaré. Et d’ajouter : « elle sera le fruit d&#8217;une série de petites réformes et de décisions qui seront prises dans les mois et les années à venir</em> ». Alors que la fin du mandat de Jacques Chirac s’annonçait dans un climat universitaire particulièrement hostile (crise de la recherche en 2004, crise du CPE en 2006) le parti socialiste tout à ses mesquineries internes refusa de se saisir de ce dossier jugé trop brûlant pour lui. Nicolas Sarkozy, bien au contraire, constitua autour de lui un groupe de réformateurs universitaires décidés, et fit clairement campagne pour l’autonomie universitaire alors que son principal challenger, Ségolène Royale, s’en soucia fort peu ce qui expliqua que nombre de présidents d’universités de gauche refusèrent de la soutenir. Elle fut largement battue.</p>
<p style="text-align: justify;">Lorsque, fraîchement nommée ministre de l’enseignement supérieur, Valérie Pécresse annonça fin mai 2007 son intention de rendre les universités autonomes, l’Université Pierre et Marie Curie fut la première à répondre à l’appel et à réclamer une autonomie complète et immédiate. Cependant, dès cette époque les lobbies se mirent à l’œuvre pour encadrer aussi strictement que possible la loi et la CPU, foulant aux pieds tout ce qu’elle avait dit en 2001, fut le plus ardent artisan de son affadissement. Le reproche principal que je faisais à la loi était qu’elle ne conférait pas aux universités françaises le droit de décider elles-mêmes de leur propre gouvernance et le droit de choisir ou non l’autonomie. Néanmoins, jugeant que tout pas en avant était bon à prendre j’ai soutenu à cette époque, malgré ses imperfections, la loi promulguée le 10 août. Dès le mois de septembre les PMU[2] de la CPU, la conférence des petites écoles et les grands corps de l’Etat reprirent leur œuvre de sape, sur trois axes : dénaturer le sens de la loi par les arrêtés d’application, obtenir le nivellement des financements quelles que soient les performances et retarder voir empêcher la dévolution des biens dans les conditions décrites dans la loi. Pour les décrets d’application, tous destinés à limiter la portée de la loi, on a été servi et cela a procuré de levain efficace à la contestation universitaire de l’année 2009. Par ailleurs, le lancement début 2008 du plan campus qui s’est adressé in fine aux PRES et pas aux universités est venue brouiller l’ordre des priorités puisque les PRES sont sous le régime de la loi Goulard et pas de la LRU ! Comment acquérir son autonomie complète et accepter qu’elle soit immédiatement bridée par une autorité sur laquelle vous avez peu de prise ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Où en est-on deux années et demie plus tard ? </strong></p>
<p style="text-align: justify;">En matière de gouvernance, il suffit de lire le texte rédigé par les 18 présidents des universités passées aux responsabilités élargies : «  <em>les 18 universités se trouvent aujourd’hui dans la situation paradoxale d’être à la fois dotées de libertés et mises sous tutelle, tant l&#8217;autonomie accordée par la LRU est associée au renforcement d’un contrôle rigoureux et surtout a priori. L’interprétation qui prévaut conduit à penser que les ministères concernés (MESR/MEIE)</em>[3],<em> qui devraient accorder leur confiance, expriment dans les faits leur scepticisme sur la capacité des universités à être autonomes et continuent d’exercer une surveillance pesante et un encadrement relevant d’un contrôle renforcé a priori… vérification tatillonne du contenu et de la rédaction des délibérations, justifications croisées et répétées à fournir dans le domaine budgétaire, contrôle minutieux sur les emplois, demande de comptes trimestrielle (au lieu d’annuelle) pour l’utilisation des crédits de sécurité, pour l’utilisation du plafond d’emplois et de la masse salariale, le triple plafond de gestion, etc. L&#8217;application de la lettre des textes, ou des pratiques anciennes, s&#8217;opère au détriment de l&#8217;esprit nouveau voulu par le législateur</em> ».</p>
<p style="text-align: justify;">En matière financière, alors que la loi prévoyait la négociation d’un contrat pluriannuel accompagné d’une proposition budgétaire incluant la masse salariale incrémentée du GVT[4] et des évolutions salariales décidées par le gouvernement, aucune négociation sérieuse n’eut lieu, alors que le passage aux responsabilités élargies généraient, au moins dans un premier temps, surcharge de travail, coûts additionnels, les ministères mégotèrent sur tout, sans tenir les engagements de la ministre et du chef de l’Etat. Alors que des fonctions étaient transférées de l’Etat vers ces universités, certaines d’entre elles se virent amputées de leurs emplois. En janvier 2009, on a assisté à une réduction drastique de la plupart des marges de manœuvre de ces universités notamment sur les emplois restés vacants en 2008. Le grignotage systématique de la masse salariale se poursuit d’ailleurs, la masse salariale transférée en 2010 aurait dû correspondre au stock d’emplois acquis en 2008 modifié des décisions 2009 or il n’en est rien à l’heure d’aujourd’hui. En outre, une partie importante des charges associées au nouveau statut d’employeur restent non financées, en attente de décisions qui ne sont toujours pas prises.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme je l’avais annoncé à l’époque, le Décret financier du 27 juin 2008 constituait un acte de guerre de la haute administration de Bercy contre l’autonomie, il instaurait un monopole confié au trésorier payeur général pour la gestion de l’argent de la masse salariale que rien ne justifiait hormis la haine de l’autonomie. Le service rendu par la Paierie Générale est coûteux et de mauvaise qualité. Il supprime  la liberté de placement de la trésorerie et impose un contrôle à priori sur l’utilisation des fonds placés.</p>
<p style="text-align: justify;">A l’automne 2008, Nicolas Sarkozy lance au son des trompettes le plan campus destiné à rénover l’immobilier universitaire par les recettes de privatisation d’EDF, si, contrairement à ce que les membres de la commission des Finances du Sénat avaient proposé le 30 septembre 2008, le sauvetage de la banque Dexia n’a pas été financé par cet argent, on est toujours dans l’expectative en ce qui concerne l’argent destiné au plan campus. Il annonce ainsi 5 milliards d’euros, en réalité ce sera 3,7 milliards d&#8217;euros qui seront encaissés. Ils sont déposés au Trésor Public, qui a  pour mission de rembourser la dette et de suivre la trésorerie de l&#8217;Etat au mieux des intérêts du contribuable et dans les meilleures conditions possibles de sécurité. En réalité, les ressources générées par cette soulte n’ont jusqu’à présent été utilisées que marginalement pour les universités. Cette somme est gérée par l’Agence France Trésor qui est  autorisée à placer sur le marché monétaire les excédents de trésorerie de l’État, il faut donc croire qu’elle sert de trésorerie courante à l&#8217;Etat. C’est en 2010 que cet argent devait être définitivement affecté à des projets (tout en restant à Bercy !) et ce pour une période de 25 ans.</p>
<p style="text-align: justify;">Les propos du président de la république et ceux de sa ministre, tenus à l’occasion de l’annonce du grand emprunt,  montrent la distorsion entre les intentions affichées et leurs réalisations. A la fin 2009, <a href="http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=6475 ">Valérie Pécresse déclare</a> bravement que le grand emprunt va permettre de doter en capital une dizaine de grandes universités de recherche. Cette opération, disait-elle, ne pouvait se faire que parce qu’elles étaient devenues autonomes,  « <em>je leur fais confiance, je leur donne un milliard d’euro</em> » (mais elle ajoute tout de suite qu&#8217;elle souhaite que ces pôles soient aussi des regroupements entre universités et grandes écoles, il faut tout de même penser aux copains). En réalité, on apprend que, comme pour le plan campus, comme pour la masse salariale le grand emprunt sera géré par le trésor et que les universités seront mises à l’épreuve pendant trois ans pour l’utilisation des fonds. Où est la confiance ?</p>
<p style="text-align: justify;">Le rapport d’étape de la mission Aghion met bien l’accent sur le fait que dans le monde entier, les meilleures universités ont un budget très élevé… sauf en France !</p>
<p><a rel="attachment wp-att-990" href="http://www.gilbertbereziat.fr/2010/02/05/autonomie-des-universites-illusion-mensonge-politique-ou-rebellion-des-apparatchiks/upmc/"><img class="aligncenter size-full wp-image-990" title="UPMC" src="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2010/02/UPMC.bmp" alt="UPMC" /></a></p>
<p>Et il suffit de regarder vers quelles universités ont été les augmentations budgétaires tant vantées par Valérie Pécresse pour comprendre l’ampleur de la supercherie :</p>
<p><a rel="attachment wp-att-991" href="http://www.gilbertbereziat.fr/2010/02/05/autonomie-des-universites-illusion-mensonge-politique-ou-rebellion-des-apparatchiks/sympa-progression-2007-2010/"><img class="aligncenter size-full wp-image-991" title="SYMPA Progression 2007-2010" src="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2010/02/SYMPA-Progression-2007-2010.bmp" alt="SYMPA Progression 2007-2010" /></a></p>
<p>L’UPMC, Paris Sud et Strasbourg, les trois premières dans Shanghaï sont celles dont la progression budgétaire (chiffres ministériels !) a été la moins forte. Une étude fine montrerait comment ont fonctionnée les amitiés partisanes et les compromissions avec le ministère.</p>
<p style="text-align: justify;">Nicolas Sarkozy reprend à son compte le rapport Juppé-Rocard qui préconise de consacrer près de la moitié des fonds qui seront obtenus, environ 16 milliards sur 35 milliards d&#8217;euros, <a href="http://www.liberation.fr/politiques/0101608463-sarkozy-nous-voulons-les-meilleures-universites-du-monde">à la recherche, l&#8217;innovation et l&#8217;enseignement supérieur</a>. Au passage il en réserve 1,3 pour compenser le fait que la vente des actions d’EDF n’a pas eu le rendement annoncé mais il conditionne l’utilisation du reste à la décision d’un jury international (comme si les classements existants ne suffisaient pas !) par contre, pas besoin de jury pour le plateau de Saclay qui aura de toutes les façons droit à son milliard en plus de ce qu’il a obtenu dans le plan campus. Il est vrai que sur le plateau de Saclay, la noblesse d’Etat a reçu elle toute liberté pour agir à sa guise. Pauvre université Paris Sud condamnée à passer sous sa tutelle et à n’être plus que leur faire valoir à Shanghai. Irène et Frédéric Joliot-Curie doivent se retourner dans leur tombe. Comme l’a remarqué Laurent Bouvet dans <a href="http://laurentbouvet.wordpress.com/2009/11/26/les-milliards-du-grand-emprunt-derniere-chance-de-luniversite-francaise/#more-1593 ">son blog</a> : « <em>On s’attendait à cette politique d’affichage qui promet 10 milliards d’euros pour les universités  (et 8 pour la recherche) mais elle se résumera en fait à 400 millions d’euros par an répartis sur 10 campus dits d’excellence. Ainsi, par exemple, l’université française la plus en vue dans le classement de Shanghai, Pierre-et-Marie-Curie, confesse-t-elle un besoin de 150 millions d’euros supplémentaires par an (pour un budget actuel de 450 millions d’euros) pour vraiment jouer son rôle dans la compétition mondiale. Elle en recevra [au mieux GB], grâce à « son » fonds… 40 !</em> »</p>
<p style="text-align: justify;">L’hypocrisie est à son comble sur le sujet de la dévolution des biens, l’UPMC seule à la réclamer dès le début déplait, dans un premier temps on lui refuse la dévolution des biens, tant que le campus Jussieu ne sera pas complètement rénové (au train ou cela va il faudra attendre une bonne décennie). Il est évidemment impensable pour la direction des finances de transférer la soulte financière de la rénovation à cette université et ce d’autant plus qu’elle serait bien capable de s’en tirer mieux que l’Etablissement Public de Campus Jussieu (ce qui n’est de toute façon pas très difficile !). Mais, élections régionales approchant, Valérie Pécresse veut sa convention de dévolution et atèle à cette tâche le brillant X-mines qui a si bien réussi au CNRS. L’air de rien un piège mortel est tendu à l’université Pierre et Marie Curie, Celui-ci accouche d’une proposition hallucinante : aucun engagement financier de l’Etat, l’UPMC doit quitter tous les sites propriété de l’Etat qu’il occupe dans Paris intra-muros à l’exception de Jussieu et des sites hospitalo-universitaires. De plus il doit s’engager à quitter l’institut des Cordeliers, propriété de la Ville, qui doit être transféré à l’université Paris 5 avant même que les biens lui soient dévolus. On lui fait le coup des bourgeois de Calais ! C&#8217;est-à-dire qu’au moment où l’Etat est incapable de capitaliser à la hauteur convenable la première université française, il la spolie d’une ressource financière importante qu’une gestion intelligente (location par exemple) pourrait procurer. C’est une politique de Gribouille et un double langage scandaleux. Fort heureusement le Conseil d’administration, malgré l’abstention des représentants de la Région (qui est contre la dévolution des biens à l’UPMC) et la Mairie (qui est toute acquise au bobo germanopratin), vient dans une motion, évidemment refusée par la coalition gaucho-conservatrice qui a toujours combattu les réformes à l’UPMC, de réaffirmer qu’il voulait la dévolution des biens, mais accompagnée d’une négociation permettant d’abonder l’université des moyens financiers nécessaires pour faire face à leur gestion. Il a également refusé tout départ de l’UPMC des Cordeliers, renvoyant l’évolution de ce site à une<a href="http://www.upmc.fr/fr/salle_de_presse/communiques/devolution_des_biens_immobiliers_de_l_etat.html "> négociation séparée</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans ses déclarations de début d’année, Nicolas Sarkozy déclare péremptoirement : « <em>nous avons mis fin à la gouvernance dépassée par la loi LRU </em>». Ce n’est pas la vérité, comme nous l’avons vu ci-dessus, si en matière de gestion des « emmerdements » les 18 université passées aux responsabilités élargies ont été servies, il n’en est rien en ce qui concerne les libertés qui ont au contraire été restreintes alors que le contenu du rapport Aghion montre bien, même s’il n’en dit mot, qu’avec cette loi on est loin du compte en particulier dans la liberté que devraient avoir les universités de choisir leur propre organisation interne et leur propre gouvernance. La liberté c’est pour les banquiers et pour les capitaines d’industrie, pas pour les universités. D’ailleurs, le grand emprunt sera géré par l’un de nos brillants expert comptable dont la prestation à l’assemblée nationale a montré son <a href="http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2010/01/grand-emprunt-et-universit%C3%A9s-le-couac-du-commissaire.html#more ">peu de connaissance des universités françaises</a>, assisté d’un polytechnicien (encore un) inspecteur des finances ce qui nous promet bien du plaisir !</p>
<p style="text-align: justify;">Mais ne nous décourageons pas, la lutte continue.</p>
<p style="text-align: justify;">Londres le 4 février 2010</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">[1] <em>Automaticité du passage L/M sous la pression des syndicats d’étudiants, autorisation de la sélection entre la première et la seconde année du master sous la pression des juristes, non mastérisation de la médecine et de la formation des maîtres.</em></p>
<p style="text-align: justify;">[2] <em>Petites et moyennes universités</em></p>
<p>[3] <em>MESR, ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche ; MEIE, ministère de l’économie, de l’industrie et de l’emploi (Pour simplifier Bercy)</em></p>
<p>[4] <em>Glissement Vieillesse Technicité</em></p>
<p><em><br />
</em></p>
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		<title>L’année du Tigre commence sous de mauvais Auspices</title>
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		<pubDate>Fri, 29 Jan 2010 15:45:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Carnets de voyage]]></category>
		<category><![CDATA[Django Reinhard]]></category>
		<category><![CDATA[Haïti]]></category>
		<category><![CDATA[Islam]]></category>
		<category><![CDATA[Obama]]></category>

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		<description><![CDATA[
En  Haïti, le 12 janvier, un séisme de force 7, à 25 km de Port aux Princes,  suivi huit jours après par une réplique de force 6,1, vient nous rappeler que le tiers monde est la première cible des catastrophes naturelles. Même si là où elles frappent il n’y a plus ni riche ni pauvre [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a rel="attachment wp-att-976" href="http://www.gilbertbereziat.fr/2010/01/29/l%e2%80%99annee-du-tigre-commence-sous-de-mauvais-auspices/annee-du-tigre/"><img class="aligncenter size-full wp-image-976" title="Année du tigre" src="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2010/01/Année-du-tigre.bmp" alt="Année du tigre" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">En  Haïti, le 12 janvier, un séisme de force 7, à 25 km de Port aux Princes,  suivi huit jours après par une réplique de force 6,1, vient nous rappeler que le tiers monde est la première cible des catastrophes naturelles. Même si là où elles frappent il n’y a plus ni riche ni pauvre et souvent plus d’Etat, ce sont les plus pauvres qui en payent le prix le plus fort. Haïti, premier état noir indépendant du monde à l’Epoque moderne naît sous les décombre de la première débâcle du « petit caporal », et fût aussi la première victime de l’impérialisme mondial qui ne supporta pas cette effronterie la faisant payer fort cher, aidée en cela par la petite bourgeoisie béké. Toute à son habitude du « small is beautiful », on assiste à cette occasion à une manifestation parfaitement intolérable de la mesquinerie française, qui trouve intempestif le déploiement américain : 15 000 hommes, 20 navires, 167 millions de dollars d&#8217;aide en regard duquel les 500 sauveteurs français, les 2 bateaux spécialisés et les 6 avions et d&#8217;hélicoptères pesaient peu. Il est évident qu’à côté de la chirurgie de guerre de certaines équipes françaises, étalée de façon parfaitement obscène par la télévision, le « Comfort », qui dispose de 1.000 lits, de six salles d&#8217;opération et d&#8217;équipements dernier cri, peut répondre à une grande variété de situations, de la blessure légère aux opérations chirurgicales complexes et traiter 400 patients par jours montre avec éclat la différence qu’il y a entre la puissante Amérique et le petit poucet.</p>
<p style="text-align: justify;">Un an après son arrivée à la présidence, Obama, doit se battre sur tous les fronts. Naturellement pour sortir des guêpiers d’Irak et d’Afghanistan avec un minimum de dommages collatéraux c’est une tout autre affaire que de voler au secours de la population Haïtienne. Lorsqu’il faut s’en prendre aux compagnies d’assurances qui contrôlent la protection médicale outre atlantique et aux organismes bancaires qui sont tous prêts à renouer avec la folie, les résistances sont fortes. Devant l’action d’Obama certains médias français parlent de populisme ! Bien sûr, quant il s’agit de vitupérer les salaires indécents tout le monde est d’accord, Sarkozy compris, mais quand il s’agit de passer à l’acte c’est moins évident comme la démontré l’affaire Proglio. Faux culs que ceux qui laissent croire que l’on s’en prend impunément aux profits juteux des compagnies d’assurances et à la ploutocratie bancaire. Les mêmes se régalent de la réaction brutale de l’extrême droite américaine qui appelle ouvertement au meurtre du président et des difficultés d’Obama à faire passer sa réforme de l’assurance maladie avec l’espoir secret de nombreux commentateurs et hommes politiques de droite et d’extrême gauche que l’expérience en cours à Washington soit un fiasco.<br />
<span id="more-974"></span>Mais il y a aussi des anniversaires importants en ce début d’année. Django Reinhard est né le 23 janvier 1910 dans une roulotte à Liberchies, Pont-à-Celles en Belgique, c’était un des Roms gadjkéné issus du fond de l’Europe. Il passa sa jeunesse à voyager en France, en Italie ou en Algérie pour fuir les aléas de la Première Guerre mondiale avant que sa famille ne se fixe à Paris, d’abord sur les « Fortifs » de la Porte de Choisy, puis à la Porte d&#8217;Italie. Il mènera la vie des gens du voyage mais restera en France pendant l’occupation et à la Libération, il retrouve Stéphane Grappelli qui était passé à Londres avec lequel il improvise sur <a href="http://www.dailymotion.com/video/x396ne_1945-la-liberation ">une Marseillaise qui restera célèbre</a>. Il est certain que cette version tout comme <a href="http://www.youtube.com/watch?v=mLq7EcvRaf0">celle de Serge Gainsbourg</a> auraient, si elles étaient interprétées sur les terrains de football, plus de gueule que celle de la garde républicaine. Gainsbourg et Reinhard, deux fils d’immigrés qui ont choisi la France comme patrie tandis que notre Besson national tente d’expulser des Kurdes qui fuient les modernes pogromes. Combien de Django rejette-t-on ainsi hors de nos frontières ?</p>
<p style="text-align: justify;">Cette année, on célèbrera également le deux centième anniversaire de la naissance de Chopin, Polonais de père français, mort à Paris presque cent ans avant Django. Ce romantique emblématique, l’un des fondateurs de la technique pianistique moderne au côté du gitan qui dû suppléer à un accident qui l’amputa de plusieurs doigts de la main droite par une technicité hors pair qui en fit le père du Jazz manouche. Tous deux profondément attachés à la liberté se trouvant à Paris à cent années d’écart l’un par ce que la France de ce temps était accueillante pour les apatrides et l’autre par ce qu’il refusait d’être le pianiste officiel du Tsar.  Que peut on rêver de plus que d’être mis en terre au son de <a href="http://www.youtube.com/watch?v=bBELcBzBh3E     ">la valse de l’Adieu, opus 61</a> après que le cortège funèbre vous ait accompagné au son des <a href="http://www.youtube.com/watch?v=4a64uyOUw_A">« yeux noirs » de Django</a> ?</p>
<p style="text-align: justify;">Lundi 25 janvier, je m’envole vers Riyad, pour faire la promotion de La Sorbonne lors du premier salon international sur l’éducation supérieure organisé par l’Arabie Saoudite. L’avion est complet, pour la plupart ce sont des anglais ou des américains, le repas est garanti sans porc, heureusement ni sans whisky ni sans vins français, excellente entrée : crevettes et terrine de poissons arrosées d’un petit blanc de bourgogne, blanc de poulet façon Moyen-orient ensuite avec un bon verre de Médoc, je fais le plein pour pallier aux trois jours d’abstinence qui m’attendent.</p>
<p style="text-align: justify;">Saoudite évoque Mohammed ben Saoud, qui fonda en 1744 le premier État saoudien en s’alliant à un chef tribal local, le cheikh Mohamed ibn Abd al-Wahhab et que ses descendants, les Al Saoud, tenteront de maintenir en dépit de l’impérialisme Ottoman. Le royaume finira par disparaître en 1818. Un Second État saoudien, sera fondé six années plus tard mais disparaîtra lui aussi en 1891. Abd el-Aziz ben Abd ar-Rahman Al Saoud dit Ibn Saoud qui a repris le pouvoir en 1904 est le créateur du royaume arabe saoudien moderne en 1932. Dès l’origine, les dogmes revendiqués plus tard par le salafisme, constitueront la base de la société. Une jeune femme, affublée d’un voile intégral, nous sert d’interprète, mais peu en fait car tous ceux qui s’arrêtent au stand parlent anglais et j’y rencontre même un mathématicien formé à Jussieu, ils sont partout ! J’accepte de rencontrer le président de son université pour lancer une piste de coopération. A défaut de traduction nous aurons l’histoire de l’ordinaire d’une jeune étudiante saoudienne de la classe moyenne, quatre heures quotidiennes dans les transports en commun réservés aux femmes, une visite à Paris encadrée par son père (sans l’intégral !) et le futur mariage avec un homme qu’elle a vu une fois. Et encore, chance extrême, la connexion s’est elle effectuée par l’amie dont il est le frère. Le même jour, dans « Arab News » un encarté sous la rubrique « status of women in Saudi Arabia » sous la signature de Railf Wegener s’y trouve un texte envoyé par e-mail qui renvoie les femmes saoudiennes à leur propre responsabilité.  « As long as women accept their oppression in many areas as God-given although Islam does not prescribe an inferior position for women, no progress will be made in terms of creating a more balanced relationship of men and women ».  Voici un texte for opportun  pour la France en ce moment. Mais encore faudrait-il rappeler qu’il y a Islam et Islam et que le radicalisme religieux n’est pas l’apanage de l’Islam. Ou plutôt que ce qui n’est pas supportable dans l’Islam d’aujourd’hui, c’est son refus de la laïcité et de l’égalité des genres. Mais est-ce tellement différent dans la religion catholique qui refuse d’ordonner des femmes ? Car comme le disait un penseur catholique célèbre : « Dieu n’est que Dieu, non de Dieu ! ou bien comme le chantaient si bien Deneuve et Gainsbourg, <a href="http://www.youtube.com/watch?v=PDd7z9cfCgM">Dieu n’est il qu’un fumeur de havane</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Même si quatre jours c’est insuffisant pour se faire une idée complète, les rencontres avec des thésards inscrits à l’UPMC ou des postulants à des masters et à des thèses, l’affluence brouillonne au salon, le fait que la police religieuse n’ait point été autoriser à y entrer, d’autres indices encore montrent que le pays s’ouvre. Certes l’affluence est d’abord vers les stands anglo-saxons, certes on exécute encore ici comme en Chine, comme aux Etats-Unis et pas de la meilleure façon, si tenté qu’il y en ait une ! Mais l’éducation supérieure y est en marche, y compris chez les filles et, ici comme ailleurs, c’est irréversible.</p>
<p style="text-align: justify;">Riyad le 28 janvier 2010</p>
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		<title>Retour sur les racines de la crise de l’enseignement supérieur français</title>
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		<pubDate>Fri, 22 Jan 2010 15:06:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Opinions]]></category>
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Pour pouvoir juger de la situation actuelle des universités françaises au regard de la mise en place laborieuse de leur autonomie, un petit retour sur la façon dont le modèle français a fait face aux évolutions d’après guerre est nécessaire.
Dans mon livre[1]  j’ai rappelé que plusieurs intellectuels, qui s’étaient retrouvés dans la lutte contre l’occupant [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a rel="attachment wp-att-965" href="http://www.gilbertbereziat.fr/2010/01/22/retour-sur-les-racines-de-la-crise-de-l%e2%80%99enseignement-superieur-francais/retour-sur-les-racines-de-la-crise-de-l%e2%80%99enseignement-superieur-francais/"><img class="aligncenter size-full wp-image-965" title="Retour sur les racines de la crise de l’enseignement supérieur français" src="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2010/01/Retour-sur-les-racines-de-la-crise-de-l’enseignement-supérieur-français.bmp" alt="Retour sur les racines de la crise de l’enseignement supérieur français" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Pour pouvoir juger de la situation actuelle des universités françaises au regard de la mise en place laborieuse de leur autonomie, un petit retour sur la façon dont le modèle français a fait face aux évolutions d’après guerre est nécessaire.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans mon livre[1]  j’ai rappelé que plusieurs intellectuels, qui s’étaient retrouvés dans la lutte contre l’occupant nazi et qui avaient participé à l’élaboration du programme national de la Résistance, pensaient, comme l’avait si bien exprimé Marc Bloch, que la défaite était d’abord la conséquence de la faillite des élites et qu’en toute logique il fallait repenser complètement l’organisation universitaire. Mais dans les faits, la remise en route de l’économie, le refus de revenir au modèle Humboldtien qui met en symbiose l’enseignement supérieur et la recherche au sein des universités, l’embourbement de la France dans deux conflits post-coloniaux alors que la Grande Bretagne mettait progressivement en place une politique de repli de son empire colonial, firent que l’intelligentsia française maintint ses certitudes d’avant guerre et que  l’enseignement supérieur repris son train-train. Au demeurant d’ailleurs, l’emprise de l’administration de la rue de Grenelle et le poids de l’enseignement primaire et secondaire au sein du mouvement syndical étaient tels qu’il eut fallu beaucoup de clairvoyance et de courage politique pour les affronter.</p>
<p style="text-align: justify;">L’organisation universitaire ultra-centralisée mise en place par l’Empire et confortée par la Troisième République se perpétua à l’identique sous la Quatrième et fut incapable de faire face aux évolutions de la société. Les plus conscients des universitaires s’investirent dans les laboratoires des organismes de recherche et la recherche universitaire poursuivit son lent déclin. Mais la vie fait peu de cas des certitudes des Humains, le baby boom de l’immédiat après guerre, le développement scientifique partout dans le monde, allaient entraîner une accélération de l’industrialisation induisant évidemment une forte technicisation des tâches et un fort besoin en formation. Bref il fallait des cadres intermédiaires et des techniciens et la petite bourgeoisie ne pouvait suffire à les produire. Ceci s’est d’abord traduit, à bas bruit si je puis dire, dans les années cinquante par un formidable développement de l’enseignement secondaire et là, le modèle républicain français fonctionna a merveille, le nombre de bacheliers qui était de 27 777 à la veille de la deuxième guerre mondiale ne sera que de 33 145 en 1950 mais doublera en dix ans. Au début des années soixante, quelques démographes tentèrent d’attirer l’attention sur les tensions qui allaient résulter, pour l’enseignement supérieur, de l’inexorable démocratisation de l’accès à l’enseignement secondaire[2], en particulier quant au nombre d’enseignants du supérieur qui seraient nécessaires pour y faire face. Ils étaient 8 579 en 1961 et on estimait le besoin à 20 291 pour 1970 et ces démographes se demandaient comment le pays pourrait y arriver.</p>
<p style="text-align: justify;">Leurs prévisions furent largement dépassées par le dynamisme et l’avidité des couches populaires pour le savoir. Au lieu des 145 000 bacheliers annoncés pour 1968 il y en eut 167 422[3]. Au lieu des 393 875 étudiants annoncés pour la rentrée 1967 ils seront 504 540, sans compter les étudiants des écoles d’ingénieur, de commerce et des ENS (55 000 environ). A la fin des années soixante, il y aura 610 000 étudiants au lieu des 455 000 prévus en 1962 ! On fut obligé de recruter à la hâte un nombre considérable d’assistants contractuels, de moniteurs et de vacataires en tous genres dont je fus. Parfois les enseignants recrutés avaient tout juste un niveau de maîtrise. Il faudra attendre dix années et l’arrivée de la gauche au pouvoir pour tenter de régler ce cancer de non titulaires à plein temps et sans perspectives d’avenir. Il est d’ailleurs éclairant de constater le manque de statistiques fiables sur ce sujet pour toutes les années soixante et soixante dix. Le planificateur avait prévu 20 291 emplois dans le supérieur pour 1970, ils seront 32 600 dont un bon tiers dans des situations précaires et sous-payés. Mais si l’on rapporte cette progression à celle des effectifs étudiants on est loin du compte et si jusqu’en 1960 les emplois d’enseignants ont crû à peu près au même rythme que les effectifs étudiants ce fut loin d’être le cas pour la décennie suivante.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-952" title="Graphique étudiants enseignants" src="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2010/01/Graphique-étudiants-enseignants.bmp" alt="Graphique étudiants enseignants" /></p>
<p style="text-align: justify;">Après la croissance exponentielle des années soixante, la progression va se poursuivre au sein des universités mais à un rythme moins frénétique jusqu’en 1980 (800 000 étudiants). Puis l’ascension reprit progressivement jusqu’en 1990 et enfin à un rythme accéléré pour atteindre son acmé en 1995 avant que se manifeste un phénomène de reflux avec la reprise économique. S’il est assez aisé de pister les populations étudiantes, il est fort difficile d’avoir une approche objective sur les moyens alloués aux universités pour y faire face. Les quelques chiffres vérifiables montrent cependant que le budget universitaire suivit à peu près la courbe des accroissements d’effectifs étudiants jusqu’à la fin des années quatre-vingt dix. Mais pour le moins aucun effort financier supplémentaire ne fut dégagé et les constructions universitaires ne suivirent pas.<span id="more-950"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Il faut dire que pendant les cinq années du ministère Fouchet, prélude aux évènements de mai 68, sans doute sous l’influence des généticiens de Necker, la devise était alors : « créer la gène pour engendrer la mutation » ! Et pour parachever son œuvre modernisatrice il dut en tant que ministre de l’intérieur parer aux dégâts que sa politique avait générés.</p>
<p style="text-align: justify;"><a rel="attachment wp-att-953" href="http://www.gilbertbereziat.fr/2010/01/22/retour-sur-les-racines-de-la-crise-de-l%e2%80%99enseignement-superieur-francais/graphique-2/"><img class="aligncenter size-full wp-image-953" title="Graphique 2" src="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2010/01/Graphique-2.bmp" alt="Graphique 2" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Si l’on examine les chiffres officiels[4]. A la fin des années soixante il y avait environ 30 000 enseignants dans le supérieur dont un tiers étaient des assistants titulaires ou non. Au début des années quatre-vingt ils seront 46 000, à la fin de l’ère Mitterrand, en 1995, 74 000,  87 500 au départ de Jospin et ils sont plus de 92 000 aujourd’hui. Mais ces chiffres globaux qui pourraient paraître satisfaisant cachent une autre réalité. Que s’est-il passé en effet ? Face à l’afflux d’étudiants, la réponse des gouvernements de Pompidou d’abord puis de Giscard ensuite, consista à multiplier les emplois temporaires (assistants, moniteurs, vacataires). Les grandes vagues de titularisation, puis de transformation des emplois d’assistants en emplois de maîtres de conférences sous les gouvernements de gauche se firent au détriment des recrutements frais et dans une moindre mesure des promotions comme professeurs. C’est ainsi que le rapport Professeurs/Maîtres de conférence passa de 1 vs 1,4 en 1982 à 1 vs 1,7 en 2001 et qu’il est actuellement de 1,8. En sciences, discipline où la recherche est prédominante, il est de 2,1 et en lettres, comme dans les IUT, on a eu recours en masse à l’appoint d’enseignants du second degré. Puis Jospin avec le silence complice des syndicats poursuivit la multiplication des emplois temporaires de diverse facture initiée par la droite.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-954" title="Graphique 3" src="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2010/01/Graphique-3.bmp" alt="Graphique 3" /></p>
<p style="text-align: justify;">On ne peut cependant expliquer uniquement par le sous-financement et le sous-encadrement la situation critique dans laquelle se trouvaient les universités début 2006 et qui se manifesta avec éclat lors de la crise du CPE. Déjà, en novembre 1975, <a href="http://www.ined.fr/fichier/t_publication/771/publi_pdf1_pop_et_soc_francais_85.pdf">Pierre Longone  signalait</a> que, malgré les objectifs du 5ème plan, la proportion d’étudiants scientifiques n’était que de 16,8% contre les 29,2% affichés. Par contre on retrouvait 23,7% d’étudiants en droit et sciences économiques et 30,7% en lettres au lieu des 14,4% et des 22,6% prévus. Dès cette époque des voix se faisaient entendre pour dénoncer le fait que le modèle français ne produisait pas assez d’ingénieurs innovants.</p>
<p style="text-align: justify;">La crise globale du système capitaliste est trop souvent, et de manière simpliste, expliquée par les chocs pétroliers de 1973 (guerre du Kippour) et 1979 (révolution iranienne). Elle touche la France au moment où la gauche accède enfin au pouvoir. L’envolée du chômage, phénomène nouveau,  va devenir la hantise de toute une génération, et se maintenir depuis lors à un taux élevé et bien sûr entrainer un nouvel afflux d’étudiants vers l’université (période 1990-2000) rendant progressivement caduque l’assertion selon laquelle le diplôme est protecteur. Par ailleurs les conditions d’étude à l’université s’étant dégradées et les modes de sélection plutôt opaques, des stratégies d’évitement vont devenir la règle pour les professions protégées, la classe moyenne supérieure et les enseignants. Les lobbies corporatistes vont déployer toute leur énergie pour protéger leurs sphères d’influence et remettre au goût du jour la religion des concours, pour l’entrée en médecine et en pharmacie et dans la plupart des filières de santé, pour l’entrée dans toutes les Ecoles, grandes et petites.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%B4mage_en_France"><img class="aligncenter size-full wp-image-957" title="Etude Wikipédia sur le chômage en France" src="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2010/01/Graphique-4.bmp" alt="Graphique 4" width="497" height="352" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Comment a réagi le fleuron de l’exception française à cette crise et à cet afflux massif d’étudiants ? Plutôt que de longues palabres abstraites, l’examen des chiffres est éclairant et confondant. Jusqu’à 1980 il est impossible d’avoir des chiffres très fiables. En 1960, année charnière où le « baby boom » commença ses effets, on a 214 000 étudiants dans les universités, 20 000 dans les écoles d’ingénieur, mais déjà 20 000 élèves dans les classes préparatoires alors qu’à cette époque on pouvait encore passer les concours d’entrée l’année du baccalauréat[5]. Vingt ans après, en 1980, il y en a 800 000 à l’université, dont déjà  53 700 dans les IUT mais moins de 40 000 dans les écoles d’ingénieur. Si ce chiffre est porté à 59 342 en 1990, alors qu’il y a près de 1 200 000 étudiants dans les universités c’est essentiellement le résultat de la création des écoles d’ingénieur universitaires (12 234 étudiants). Mais là encore les lobbies veillaient et dès 1991, elles furent priées de modérer leurs ardeurs. Les effectifs de l’Ecole normale supérieure et de Polytechnique resteront d’une remarquable stabilité jusqu’au début des années 2000.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-958" title="Effectifs des écoles" src="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2010/01/Effectifs-des-écoles.bmp" alt="Effectifs des écoles" /></p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi, au moment où il aurait fallu déployer le plus d’efforts, l’Etat parquait la masse étudiante dans les universités priées d’accueillir tout le monde et renforçait  le contrôle social dans les filières ségrégatives au nom de l’élitisme républicain. Dans une excellente <a href="http://media.enseignementsup-recherche.gouv.fr/file/liste_ecoles_d_ingenieur/03/7/ING20072008_44037.pdf">étude sur l’évolution récente des écoles d’ingénieurs</a>, on constate que de 1994 à 2007, les effectifs ont globalement crû de 30 415 étudiants soit 41,2% mais le nombre de diplômés n’a, lui, crû que de 6 958 soit 33,8%. D’ailleurs il est intéressant de constater que se sont les écoles privées et les écoles universitaires qui ont présenté la plus forte croissance en effectifs comme en diplômés par comparaison à celles pilotées par les autres ministères  (protection corporatiste des titres ?).</p>
<p style="text-align: justify;">Dans un <a href="http://www.lemonde.fr/opinions/article/2010/01/18/sortir-de-la-crise-universitaire_1293196_3232.html">article</a> d’une pleine page, dans « Le Monde » daté du 19 janvier dernier, des universitaires tentent de revendiquer pour l’université un rôle d’accueil pour les meilleurs étudiants des classes populaires. Je pourrais à la rigueur les suivre mais est-ce suffisant ? A quel titre tolère-t-on qu’avec les impôts des plus modestes soient financées les études des plus riches[6] ? Lorsqu’en mai 1996, Jacques Chirac, pour des raisons budgétaires, a mis fin à la conscription nous fûmes fort peu à s’en offusquer. Et pourtant c’est un mauvais service qu’il rendit à la jeunesse française car plus que dans les Ecoles royales et impériales c’était là que se réalisait le « melting pot » à la française. Mais suffira-t-il de « donner aux universités les mêmes droits qu’aux autres dispositifs de formation en terme de sélection orientation de leurs publics » ? Non certes puisque c’est déjà le cas pour la médecine avec le succès que l’on connaît et qui est la cause d’un gâchis pire encore. Que ces collègues aillent jusqu’au bout de leur raisonnement et réclament avec moi la fin des concours faussement nationaux et la fermeture des classes préparatoires.</p>
<p style="text-align: justify;">La fascination française pour les concours relève d’un fantasme, d’un mensonge et d’une escroquerie. Le fantasme c’est la certitude que l’on peut à quinze ans classer définitivement les êtres humains, certitude contredite tous les jours ; Mensonge que d’affirmer qu’en entraînant inlassablement les candidats au sein de classes spécialisées on les fera réussir des concours d’entrée dans les meilleures écoles quelle que soit leur origine sociale, alors que l’on sait très bien qu’une ségrégation sociale très raffinée existe qui mène à Polytechnique, aux Mines, aux Ponts, sans parler des écoles de commerce huppées et qu’ensuite leurs diplômés auront accès à des emplois réservés ; Escroquerie qui consiste à prétendre que le « training intense » des classes préparatoires ou du concours de médecine dans des officines privées améliorent les performances intellectuelles alors qu’ils ne sont rien d’autre qu’un dopage intellectuel intense, à un âge où il serait préférable au contraire de les aider à façonner leur réflexion loin des certitudes acquises. C’est en outre un système fortement dispendieux, pour un résultat somme toute médiocre.</p>
<p style="text-align: justify;">Sur les cinquante mille jeunes sélectionnés (comment ?) pour aller dans ces classes préparatoires, à peine le quart a une chance sérieuse d’entrer dans les réelles grandes écoles. Et pour tous ceux qu’il faut encore plus formater afin de constituer la haute administration et le personnel politique, un petit coup d’ENA fera le reste. En médecine, des promotions entières sont ainsi massacrées depuis plus de trente ans, dopées comme les « Taupins » aux maths et à la physique, et dégoûtés à jamais des matières scientifiques au moment où nos laboratoires se vident de jeunes scientifiques et où l’innovation française est au plus bas. Et dans le même temps les filières littéraires sont laissées en déshérence.</p>
<p style="text-align: justify;">Je dis à Olivier Beaud et à ses amis que rien ne se fera dans un système universitaire contrôlé par l’administration, seul le combat pour une autonomie réelle et totale est juste. Seule l’autonomie permettra aux établissements qui le souhaitent, d’innover en matière de recrutement et d’orientation, de faire cohabiter des jeunes issus de catégories sociales, d’horizons et de pays divers. Seule elle leur permettra, en par la diversification de leurs programmes au sein des licences, puis des masters, de réaliser une orientation intelligente et moins douloureuse. Seule elle permettra de réconcilier la Nation et l’Université. Quand j’étais adolescent, en seconde à l’Ecole Nationale Professionnelle du boulevard Raspail, le matin, avant les cours de mathématiques, on se réunissait entre copains au bistro « Le Brazza » à côté de la gare Montparnasse. Comme j’étais le plus fort en maths de la classe, j’étais chargé par eux d’expliquer à tous la solution des problèmes que l’on nous avait donnés comme devoirs personnels. Le professeur de maths était surnommé « la bulle », tout un programme&#8230; ! C’est aussi cela qu’il nous faut retrouver : la mixité intellectuelle et ce n’est certes pas en isolant les plus prometteurs de la masse des « sans mention », masse qui recèle aussi parfois quelques pépites inconnues, que l’on fera renaître « l’esprit français ». Ce n’est donc pas moins d’autonomie qu’il nous faut mais beaucoup plus, et de ce côté-là le compte n’y est pas.</p>
<p style="text-align: justify;">Paris le 21 janvier 2010</p>
<p style="text-align: justify;">[1] <em>Quand l&#8217;université se réveille tout devient possible</em></p>
<p style="text-align: justify;">[2] <em>Population, 1962, 17, 758-765</em></p>
<p style="text-align: justify;">[3]<em> Il est vrai que cette année là on distribua largement le baccalauréat. La réaction frileuse survint l’année suivante mais dès 1970 le chiffre de 1968 était dépassé et en 1974 on frôlait les 200 000 bacheliers.</em></p>
<p style="text-align: justify;">[4]<em> Les personnels [ Repères et références statistiques - édition 2009 ] 307</em></p>
<p style="text-align: justify;">[5] <em>C’est d’ailleurs l’année de mon baccalauréat (1961) que je fus reçu au concours d’entrée aux Arts et Métiers et je crois bien que ce fut la dernière année où cela fut possible.</em></p>
<p style="text-align: justify;">[6]<em> On ne dira jamais assez le scandale constitué par le fait que les élèves polytechniciens et normaliens soient payés alors qu’ils sont à 90% issus des foyers les plus aisés, ce qui ne les empêchera nullement ultérieurement de pester contre l’emploi la vie de fonctionnaires.<br />
</em></p>
<div id="_mcePaste" style="overflow: hidden; position: absolute; left: -10000px; top: 353px; width: 1px; height: 1px; text-align: justify;">Après la croissance exponentielle des années soixante, la progression va se poursuivre au sein des universités mais à un rythme moins frénétique jusqu’en 1980 (800 000 étudiants). Puis l’ascension reprit progressivement jusqu’en 1990 et enfin à un rythme accéléré pour atteindre son acmée en 1995 avant que se manifeste un phénomène de reflux avec la reprise économique. S’il est assez aisé de pister les populations étudiantes, il est fort difficile d’avoir une approche objective sur les moyens alloués aux universités pour y faire face. Les quelques chiffres vérifiables montrent cependant que le budget universitaire suivit à peu près la courbe des accroissements d’effectifs étudiants jusqu’à la fin des années quatre-vingt dix. Mais pour le moins aucun effort financier supplémentaire ne fut dégagé et les constructions universitaires ne suivirent pas    .<br />
Il faut dire que pendant les cinq années du ministère Fouchet, prélude aux évènements de mai 68, sans doute sous l’influence des généticiens de Necker, la devise était alors : « créer la gène pour engendrer la mutation » ! Et pour parachever son œuvre modernisatrice il dut en tant que ministre de l’intérieur parer aux dégâts que sa politique avait générés.</div>
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		<title>Le pacte pour la recherche, une escroquerie intellectuelle</title>
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		<pubDate>Fri, 15 Jan 2010 11:16:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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Au cours de l’année 2004, le monde universitaire fut secoué par une crise qui allait pour la première fois depuis 1968 remettre l’université au cœur des débats politiques du pays. La crise de la recherche en France n’était pas comme certains ont voulu le faire croire à l’époque une crise conjoncturelle liée à l’amputation drastique [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a rel="attachment wp-att-936" href="http://www.gilbertbereziat.fr/2010/01/15/le-pacte-pour-la-recherche-une-escroquerie-intellectuelle/bibliotheques/"><img class="aligncenter size-full wp-image-936" title="Crédits photo cmoiln23" src="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2010/01/Bibliothèques.jpg" alt="Le pacte pour la recherche" width="497" height="71" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Au cours de l’année 2004, le monde universitaire fut secoué par une crise qui allait pour la première fois depuis 1968 remettre l’université au cœur des débats politiques du pays. La crise de la recherche en France n’était pas comme certains ont voulu le faire croire à l’époque une crise conjoncturelle liée à <a href="http://www2.cnrs.fr/presse/communique/388.htm">l’amputation drastique des crédits du CNRS</a> , puis à celle de certains laboratoires de l’INSERM. Certes, de très nombreux directeurs d’unités de recherche de l’UPMC m’avaient fait part des difficultés qui allaient résulter pour eux des annulations budgétaires imposées au CNRS et à l’INSERM. En réalité elle était d’abord la conséquence de l’évolution induite par la mise en place de règles budgétaires strictes dans les universités résultant de la contractualisation de leurs ressources de fonctionnement. Depuis le début des années 2000 en effet, les universités avaient été mises dans l’obligation d’adopter dès le mois de décembre leur budget pour l’année suivante, et d’ouvrir les crédits afférents au début du mois de janvier. Cette mécanique avait une conséquence, l’obligation pour l’université de transférer dans le fond de roulement les crédits de fonctionnement non consommés pour les transformer en crédits d’investissement. Dans ce contexte, les directeurs des unités de recherche, craignant de perdre leurs crédits dépensaient d’abord les crédits provenant de l’université car le CNRS et l’INSERM disposaient d’une procédure de report systématique des crédits et constituaient en quelque sorte une banque de dépôts pour eux. Ceci permettait en outre aux organismes d’avoir un impressionnant fond de roulement dont ils se servaient pour faire du dumping par rapport aux universités (faiblesse des prélèvements sur les contrats dont ils avaient la gestion, provisions permettant de gérer sans trop de pression les emplois précaires).</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-918"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Lors du changement de majorité en 2002, devant les restrictions budgétaires pour la recherche imposés par le gouvernement Raffarin, la ministre en charge de la recherche, Claudie Haigneré, arguant de l’importance des crédits non consommés et reportés année après année avait gelé le versement d’une partie importante de sa dotation au CNRS. Elle avait mis de la sorte l’organisme dans l’obligation de mobiliser ses réserves pour préserver les crédits récurrents des laboratoires et poursuivre une politique d’investissement indispensable au maintien de la recherche française dans la compétition internationale. La réponse du CNRS fut tout à fait prévisible, sachant parfaitement ce qu’il allait en résulter, sa direction appliqua la mesure de gel aux laboratoires. Bien que son budget fut préservé, le directeur de l’INSERM en profita pour mettre en action une politique de reprise en main des finances de l’organisme prenant en considération le fait qu’en moyenne les crédits récurrents des unités INSERM étaient entre deux et quatre fois plus élevés que ceux des unités CNRS des disciplines comparables. Il annonça à certains directeurs de gros laboratoires, qu’il jugeait un peu engourdis, une imposante réduction de leur financement récurrent, arguant d’un examen de leurs performances. Une chose était de diminuer les crédits des laboratoires les plus vulnérables avec des arguments d’apparence scientifique, autre chose était de s’en prendre aux nantis de l’institut Cochin !</p>
<p style="text-align: justify;">Chose plus grave, le gouvernement annonça une diminution drastique de près de 40% des recrutements de chercheurs titulaires au sein des organismes de recherche, pour les transformer en emplois contractuels pour les post-doctorants. Pour la première fois depuis leur création, les organismes devaient voir leurs emplois permanents diminuer. Ceci entraîna une vive inquiétude chez les thésards et les nombreux post-doctorants dans l’attente d’un emploi. S’en prendre au CNRS dont le conservatisme commençait à agacer fortement les universités en marche vers leur autonomie laissait sans grande réaction les universitaires, mais s’en prendre au secteur des sciences de la vie qui, partout dans le monde, tire la croissance scientifique était un pari fort risqué. C’est ainsi que la révolte éclata au cœur même du conservatisme médical. Elle allait faire sauter les uns après les autres les fusibles ministériels. C’est dans ces conditions que, le 9 mars 2004, débordant les syndicats, le mouvement « sauvons la recherche » put organiser une démonstration de force, une sorte de grand-messe à la mairie de Paris, sous l’œil ému du Maire de la Capitale, visiblement ravi de l’aubaine politique qui lui était ainsi offerte par l’attitude du Recteur de Paris qui avait refusé la Sorbonne. Poussés par les jeunes chercheurs, qu’ils soient thésards, post-doctorants ou maîtres de conférences, les directeurs des laboratoires décidaient de démissionner collectivement de leurs responsabilités.</p>
<p style="text-align: justify;">La révolte des laboratoires avait une cause bien réelle. D’un côté l’inquiétude des jeunes doctorants face à l’avenir, particulièrement forte dans le secteur des sciences de la vie, compte tenu des faibles débouchés proposés par le secteur privé dans notre pays et plus généralement en Europe avait conduit à la multiplication des positions post-doctorales dans les laboratoires publics, l’ambiguïté des syndicats de la recherche et bien sûr le mutisme hypocrite de la « gauche raisonnable » sur ce sujet avaient préparé le terrain à la généralisation des situations précaires au début de la carrière des jeunes chercheurs.</p>
<p style="text-align: justify;">De l’autre côté, des directeurs de laboratoires étaient exaspérés par la multiplication des tutelles et des sources de financement, l&#8217;empilement de structures désormais atomisées, rendait inapplicable le concept même de politique scientifique à quelque niveau que ce soit, (État, site, établissement), la juxtaposition de différents types d&#8217;établissements possédant une autonomie variable, EPST[1] , EPIC[2] , EPA[3] , EPSCP[4] , rendait  inopérante l&#8217;idée même de pilotage, d&#8217;évaluation cohérente et de financements coordonnés pour des objectifs généralement communs, Chacun de ces échelons (organismes, ministère, région, ville, responsables de programmes) prétendaient faire eux-mêmes l’instruction de dossiers de financement (allocations et bourses de thèses, positions post-doctorales, subventions d’équipement etc.) au lieu de s’en remettre à des négociations contractuelles avec les établissements.</p>
<p style="text-align: justify;">Le fractionnement du financement et la nécessité de rassembler des moyens de plus en plus importants pour la plupart des domaines de la recherche avait eu pour corollaire une multiplication des tâches administratives épuisantes pour les équipes de recherches. Les seniors en étaient et en sont encore les premières victimes, obligés de consacrer une partie importante de leur temps à la rédaction de nombreuses demandes, à la multiplication des réunions et au lobbying auprès de multiples instances de décisions sans réelle légitimité scientifique, pour un taux de rendement somme toute assez faible, au détriment de leurs activités d’enseignement et de recherche. La multiplication de programmes soi-disant prioritaires, mais à court terme en perdant de vue que la recherche est un processus de longue haleine, programmes pilotés de manière centralisée, parfois au bénéfice du comité de pilotage formé des hiérarques du domaine, ce qui bloque toujours l’innovation, ou au contraire confiés à un opérateur de recherche, qui les utilisait prioritairement pour ses propres laboratoires, reflétait une politique brouillonne et à courte vue qui ne pouvait que jeter la suspicion sur les objectifs réels de l’Etat.</p>
<p style="text-align: justify;">Un facteur supplémentaire expliquait la mobilisation massive des grandes universités de recherche parisiennes. Leurs jeunes maîtres de conférences étaient exaspérés par la situation qui leur était faite. Recrutés pour la plupart après une ou deux années passées dans un emploi contractuel de post-doctorant en France ou à l’étranger, leur salaire était largement inférieur au salaire d’embauche des étudiants sortant d’une modeste école d’ingénieur ou même de leurs copains de promotion ayant passé un diplôme d’études approfondies et ayant choisi alors d’arrêter leurs études. Les conditions d’accès au logement à Paris et dans la proche banlieue leur étaient tout, sauf favorables, les jeunes femmes étant de ce point de vue particulièrement défavorisées lorsqu’elles avaient décidé d’avoir un enfant. Les politiques de régionalisation successives avaient fortement diminué les recrutements de chercheurs à plein temps dans les unités de recherche du CNRS (et à un moindre degré de l’INSERM) de la région parisienne et une part de plus en plus importante des activités de recherche reposait sur les maîtres de conférences sans que cette activité soit réellement prise en compte dans leur rémunération.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce mouvement avait agglutiné des intérêts largement contradictoires, dans le débat confus qui  s’ensuivit et allait aboutir aux assises de la recherche à Grenoble. Deux camps s’affrontaient, ceux qui ne voulaient que moyens financiers et emplois supplémentaires[5]  et ceux (dont j’étais) qui estimaient que des moyens supplémentaires sans refonte complète du dispositif seraient inefficaces. Et l’on vit bientôt à l’œuvre l’action conjuguée du mouvement « sauvons la recherche » tombé aux mains du corporatisme des chercheurs statutaires qui ne voulaient rien changer et des élitistes incarnés par l’académie des sciences qui parlaient haut de l’Université, mais jamais des universités dont ils méprisaient les présidents élus. Préparées par des réunions interminables et confuses, compte tenu de l’essoufflement syndical, et délaissées rapidement par la plupart des jeunes scientifiques accaparés par leurs taches universitaires, elles ne pouvaient conduire qu’à un jeu de dupes. Il est vrai qu’avec Quelques 1 500 rédacteurs et 34 contributions issues des Comités locaux, sans ligne directrice claire, il ne pouvait en être autrement. Le texte final reprenant un constat que tout le monde pouvait faire ne proposait pas grand chose de concret en dehors d’<a href="http://cip-etats-generaux.apinc.org/IMG/pdf/synthese-finale-EG.pdf">une nouvelle loi de programmation de la recherche</a>, pas question de toucher à l’exception française si brillamment représentée à la tribune où le président de la conférence des présidents des universités françaises était relégué au bout d’une table alors que trônait fièrement en son milieu celui qui accompagna avec brio la réforme avortée du CNRS. Présent à la tête d’une forte délégation de l’UPMC, je fus l’un des rares à m’élever contre cette mascarade et à refuser d’approuver le texte final.</p>
<p style="text-align: justify;"><a rel="attachment wp-att-943" href="http://www.gilbertbereziat.fr/2010/01/15/le-pacte-pour-la-recherche-une-escroquerie-intellectuelle/conference-des-presidents-des-universites/"><img class="aligncenter size-full wp-image-943" title="Conférence des Présidents des universités" src="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2010/01/Conférence-des-Présidents-des-universités.bmp" alt="Conférence des Présidents des universités" /></a><br />
Il était pourtant déjà patent dès 2004 que l’essentiel du potentiel des organismes de recherche se trouvait dans des laboratoires mixtes sur les campus des principales universités qui en assuraient la logistique, le principal du management et bien souvent l’animation. Le taux d’accroissement des publications depuis 15 ans étant supérieur dans les universités prises globalement (et plus élevé encore à l’UPMC) à celui des organismes de recherche.<a rel="attachment wp-att-920" href="http://www.gilbertbereziat.fr/2010/01/15/le-pacte-pour-la-recherche-une-escroquerie-intellectuelle/progression-des-publications-darticles-en-langue-anglaise/"><img class="aligncenter size-full wp-image-920" title="Progression des publications d'articles en langue anglaise" src="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2010/01/Progression-des-publications-darticles-en-langue-anglaise.bmp" alt="Progression des publications d'articles en langue anglaise" width="497" height="396" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Il devenait impératif de mettre ces universités sur un pied d’égalité avec les organismes en leur conférant le statut d’opérateurs de recherche. Mais on vit à l’œuvre un gouvernement dans l’incapacité de construire une réponse adéquate à des objectifs pourtant partagés par tous, continuer de refuser que le &laquo;&nbsp;no man&#8217;s land financier&nbsp;&raquo; de près de 3 millions de mètres carré de locaux de recherche, soit réellement placé sous la responsabilité des universités, en application de la LOLF [6] et il fut accompagné en cela par la haute administration. Cependant, la farce de Grenoble avait donné au pourvoir une légitimité dont il sut profiter ultérieurement. En vieux roublard qu’il était, Jacques Chirac avait déjà désavoué son premier ministre, changé le ministre de la recherche, annulé les coupes budgétaires et annoncé une grande loi d’orientation. Le tandem de Robien/Goulard s’y attellera et pour donner le change la baptisera pacte pour la recherche. Nous ne fûmes que quelques uns, parmi les présidents d’université, à appuyer les rares avancées que contenaient le texte,  assouplissement des règles de gestion financière, en particulier en ce qui concerne le code des marchés, création d’une Agence Nationale de la Recherche et d’une Agence Nationale d’Evaluation. Pour notre récompense, nous fûmes récompensés par le refus des hiérarques d’y voir figurer la possibilité pour les présidents d’universités d’effectuer un second mandat consécutif. Et pour le reste ce fût pire.</p>
<p style="text-align: justify;">Les universitaires qui ont de fait en charge la plus grande partie de la recherche du pays réclamaient une simplification dans sa gestion. Ils ont obtenu le contraire ! La plupart des universités souhaitaient aussi disposer d’une autonomie plus large dans la conduite de leur politique de recherche et une plus grande retombée des bénéfices de leur activité de recherche pour leur donner les marges de manœuvre qu’elles avaient pas, en particulier pour développer des politiques de primes, d’investissement pour l’immobilier,  de création de plates-formes techniques et d’acquisition d’équipements informatiques de nouvelle génération. Pas question d’ériger les universités en opérateurs de recherche, statut quo à l’INSERM, au CNRS, à l’INRA, à l’INRIA et montée en puissance du CEA. Au lieu de simplification, la loi Goulard instaurait un empilage supplémentaire de processus administratifs : Pôles de recherche et d’enseignement supérieur (PRES) de différentes factures, réseaux thématiques de recherche avancé, réseaux thématiques de recherche et de soins, établissements publics de coopération scientifiques dont les financements échappèrent aux universités par le biais de fondations de coopération scientifique. L’Enarchie avait encore frappé et cette loi a constitué un summum en matière de complication bureaucratique dont le seul objectif était de limiter encore plus le pouvoir des universités en matière de recherche et de formation doctorale. De ce point de vue, l’administration de la recherche est devenue aussi compliquée que le code du travail !</p>
<p style="text-align: justify;">L’évolution de la recherche dans pratiquement toutes les disciplines nécessite que les équipes constituant les unités et les laboratoires de recherche se regroupent pour rechercher les financements nécessaires à l’achat et au renouvellement des équipements lourds et mi-lourds, en assurer une gestion coordonnée, maîtriser les surfaces de recherche qui leur sont absolument nécessaires pour l’accueil de nouvelles équipes, obtenir un appui administratif solide. Cette tendance au regroupement, déjà entamée au sein de très gros laboratoires et des structures fédératives de recherche de notre université, devait être amplifiée. Mais l’incapacité des gouvernements successifs de faire évoluer les organismes de recherche vers des agences de moyen n’a pas permis de  régler le problème au fond. D’autant que la décision annoncée par Nicolas Sarkozy de mettre en place des délégation de gestion complète à l’établissement hébergeant : « qui héberge, gère ! » se heurte à des oppositions résolues.</p>
<p style="text-align: justify;">La Grande Bretagne a créé très tôt des organismes de financement publics indépendants de l’Etat : recherche médicale en 1913, environnement naturel en 1965, biotechnologies en 1994, humanités en 1998, ingénierie et physique en 2002, économie et sciences sociales en 2003. Elle les a intégrés dès 2002 au sein du Reseach Council of United Kingdom. En France, l’ANR est créée en 2007 mais son existence même est remise en cause par le CNRS et l’INSERM et par la création récente des soit disant alliances de la recherche dont le but le plus clair, même s’il n’est pas franchement déclaré, est de détourner à leur profits le financement de la recherche. De surcroît, l’instauration du « préciput » avatar français des « overheads » anglo-saxons était une bonne chose, mais son montant, reste bien en deçà du nécessaire et, malgré les promesses, il n’est pas garanti qu’il aille en totalité à l’établissement hébergeant.</p>
<p style="text-align: justify;">L’Agence d’Evaluation qui a eu bien du mal à prendre son essor reste fragile, d’une part son rôle est contesté en permanence par la direction générale de l’enseignement supérieur et d’autre part elle est concurrencée par les structures analogues des organismes de recherche et du comité national d’évaluation qui « pompent » leur moyens dans la gens universitaire prompte à se laisser acheter pour un plat de lentille et une gloriole de plus en plus contestée. Les établissements qui les emploient ne sont pas défrayés du temps qu’ils passent à leur service. Il est vrai qu’ils espèrent, espoirs rarement satisfaits, en retirer des bénéfices pour leur établissement. Mais il lui reste surtout à se doter de règles éthiques robustes et d’une volonté politique de les faire respecter. Il est en particulier inquiétant de constater quelques dérives qui vont bien au-delà du tir au pigeon, pratique bien connue de l’intelligentsia.</p>
<p style="text-align: justify;">Bref, le pacte pour la recherche ne fut en définitive qu’un machin bien « à la française » source d’une bureaucratie alourdie et continue à faire peser un risque de paupérisation accrue des universités. Nous verrons dans le prochain papier comment le gouvernement actuel et ses hiérarques s’en servent pour limiter les effets bénéfiques que pourrait avoir l’autonomie universitaire dans le domaine de la recherche.</p>
<p style="text-align: justify;">Paris le 10 janvier 2010</p>
<p style="text-align: justify;">[1] Etablissements Publics Scientifiques et Techniques (exemple le CNRS et l’INSERM).</p>
<p style="text-align: justify;">[2] Etablissements Publics Industriels et Commerciaux (Exemple le CEA).</p>
<p style="text-align: justify;">[3] Etablissements Publics Autonomes (exemple, l’établissement public du campus Jussieu)</p>
<p style="text-align: justify;">[4] Etablissements Publics à Caractère Scientifique, Culturel et Professionnel (exemple les universités, les Ecoles normales supérieures).</p>
<p style="text-align: justify;">[5] Il est de fait que tous les indicateurs internationaux montraient le décrochage de la France en matière de financement de la recherche à cette époque. Le taux de financement de la recherche par habitant situait la France au 16ème rang mondial. Elle consacrait moins de 2% de son produit intérieur brut aux dépenses de recherche civile et l’écart se creusait avec ses principaux compétiteurs. Alors que le financement public stagnait à un niveau raisonnable,  la part de l’investissement privé était constamment en recul.</p>
<p style="text-align: justify;">[6] Loi organique relative aux lois de finances.</p>
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		<title>Ils ont la tête dure</title>
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		<pubDate>Fri, 08 Jan 2010 06:40:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Albert Camus]]></category>
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		<category><![CDATA[Valérie Pécresse]]></category>

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		<description><![CDATA[L’année 2010 démarre en fanfare, le débat sur les quotas d’élèves boursiers est tout aussi nauséabond que celui sur l’identité nationale. Devant de telles inepties le silence est coupable. Je reprendrais donc le cours des mes bilans dans quelques jours.
L’association interlope qui a nom « conférence des Grande Ecoles »[1] a jeté bas le masque [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a rel="attachment wp-att-904" href="http://www.gilbertbereziat.fr/2010/01/08/ils-ont-la-tete-dure/pierre-tapie-3/"><img class="aligncenter size-full wp-image-904" title="pierre tapie" src="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2010/01/pierre-tapie.jpg" alt="pierre tapie" width="497" height="71" /></a>L’année 2010 démarre en fanfare, le débat sur les quotas d’élèves boursiers est tout aussi nauséabond que celui sur l’identité nationale. Devant de telles inepties le silence est coupable. Je reprendrais donc le cours des mes bilans dans quelques jours.</p>
<p style="text-align: justify;">L’association interlope qui a nom « conférence des Grande Ecoles »[1] a jeté bas le masque en refusant que l’Etat (qui finance ses membres avec nos impôts) fixe comme objectif à chaque école qu’elle parvienne à recruter 30% d’élèves boursiers. <a href="http://www.quatrebis.fr/clients/CGE-newsletter/newsletter-CGE-3.html">Son communiqué</a> reprend le fallacieux prétexte que cela aboutirait à la remise en cause des concours et des sacro-saintes classes préparatoires[2]  qui selon elle sont garantes du bon niveau de leurs recrues. Son président, Pierre Tapie (encore un polytechnicien dont j’ai cherché en vain sur son CV un grand développement industriel à mettre à son actif), a repris lundi 5 janvier sur les ondes la métaphore des haies. Plutôt que d’abaisser les haies (ce que feraient des quotas) il propose d’entraîner les jeunes des quartiers difficiles à sauter plus haut par un entraînement intensif  dans les classes préparatoires (et donc de repousser les quotas en aval). En ceci il a raison, les classes préparatoires sont à la réussite des concours ce que l’entraînement intensif est au sport. Et comme en sport, on peu tricher si on a les moyens de prendre quelques drogues illicites supplémentaires (colles, cours privés, prépas sauvages, officines de prépa médecine etc.). Mais il ne va pas jusqu’à proposer de « doper » les bourses des jeunes des quartiers difficiles qu’il propose d’envoyer dans les classes préparatoires de la périphérie afin qu’il puissent sauter plus haut. Et tomber plus bas ! Car chacun sait bien <a href="http://www.youtube.com/watch?v=zUl3xd0Wevw">ce qui est arrivé à Tom Simpson</a> en haut du mont Ventoux, un certain 30 novembre à l’âge de 40 ans.</p>
<p style="text-align: justify;">Le dispositif mis en place par Richard Descoings à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris montre à l’évidence qu’il n’est nul besoin de classes préparatoires et d’un concours pour sélectionner de très bons éléments en science politique. Si l’on se rapporte aux résultats des étudiants des classes préparatoires de la région Nord que j’ai décortiqué dans mon <a href="http://www.gilbertbereziat.fr/2009/09/28/lille-et-lyon-deux-aspects-de-la-rentree-universitaire/">blog du 28 septembre</a> et si l’on se réfère aux statistiques sur l’origine sociale de chaque classe préparatoire et de chaque école normale supérieure, d’ingénieur ou de commerce, on comprend aisément pourquoi Pierre Tapie ne veut pas mettre le pied dans l’engrenage. Il y a près de 400 écoles supérieures de diverses factures, qui intègrent environ la moitié des élèves des classes préparatoires. Les autres sont refoulés soit vers les universités soit vers des officines privées. Mais, comme l’a rappelé Pierre Veltz ancien patron de l’Ecole des ponts et chaussées,  “80 % des recrutements des plus grandes écoles se font dans 20 prépas. Les entreprises n’achètent pas une formation, mais la réussite à un concours d’entrée”. Comme il y a école et école, il y a classe prépa et classe prépa. La compétition pour entrer dans ces 20 prépa est très vive et il vaut mieux avoir de bons parrains et être issu d’une bonne famille pour y arriver. L’immense majorité qui rêve de Polytechnique ou d’HEC ne verra ni les étangs de Saclay ni les castors de la Bièvre mais Pont-à-mousson.</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-855"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Il ne suffit pas d’être brillant à vingt ans pour être intelligent à quarante. D’ailleurs la façon dont Eric Zemmour vient de se payer Richard Descoings le démontre amplement. Eric Zemmour, ancien élève du Science Po d’antan mais ayant raté l’ENA, conformiste de droite qui manie les sophismes à tire-la-rigault, s’est immédiatement porté aux côtés de ces chers petits des classes préparatoires et d’autres colles et conférences privées pour nantis en donnant le coup de pied de l’âne à Richard Descoings qui, oh scandale, a osé  <a href="http://www.youtube.com/watch?v=N8wK3AAf5Do">faire rentrer la Banlieue rue Saint Dominique</a>. Mais qu’à t’il prouvé Eric Zemmour sauf sa réluctance à tout ce qui est progressiste. Il est à la tolérance ce qu’Al Qaeda est à la non violence. N’en déplaise à Eric Zemmour, <a href="http://www.youtube.com/watch?v=NLp33yPiWGc">Richard Descoings a raison</a>. J’ajoute qu’il y a quelque chose de proprement scandaleux à consacrer beaucoup de moyens pour ceux qui ont tout et parfois aussi l’intelligence en sus et à lésiner devant le financement de ceux qui ont si peu mais souvent beaucoup d’intelligence. Eric Zemmour devrait de ce point de vue lire le nouveau testament et mettre au rancard une philosophie de bazar qui serait refusée au mont de piété.</p>
<p style="text-align: justify;">Ces messieurs les défenseurs du système ségrégatif et déresponsabilisant qui vise à assurer non pas la santé de la Nation mais un emploi convenable aux fils des puissants et des érudits auront beau, comme les autorités sanitaires de l’Oran de Camus, nous répéter que le concours est le seul remède à la contagion de la médiocrité et de la racaille et qu’il convient de préserver la santé des élus par leur confinement dans les classes préparatoires. Mais Rien n’arrêtera le cours des choses. Les médiocres pourront toujours payer fort cher les colles et autres entraînements privés comme Rambert pour échapper à l’épidémie mais la racaille qui n’attend rien d’eux saura trouver les voies de sa survie. Mais à quel prix pour la Nation qui est paraît-il si chère aux renégats.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme l’a rappelé Michel Onfray dans une lettre ouverte reprise par le Nouvel Observateur Albert Camus était avant tout « l&#8217;anarchiste, le libertaire, l&#8217;ami des syndicalistes révolutionnaires». A l&#8217;école, son instituteur, Louis Germain, l’avait poussé à postuler à une bourse d’études et c’est ainsi qu’il a pu poursuivre ses études au lycée et à l&#8217;université mais il fut refusé à l’agrégation de philosophie pour cause de tuberculose. L’entrée au Panthéon c’est comme la Légion d’Honneur, tout est, non pas dans qui l’accepte, mais dans qui la propose. Et le prix Nobel de littérature vaut bien l’agrégation.</p>
<p style="text-align: justify;">Identité nationale vous dites ? Mais laquelle ! Celle des 50 000 étudiants choyés par la république où celle des deux millions d’autres qui galèrent dans les frimas d’universités désargentées. Est-ce bien la France qui accepte des étudiants des pétro-monarchies en spécialité médicales s’ils peuvent payer 40 000 euros mais qui laisse partir vers les universités anglo-saxones la fine fleur des jeunes étrangers attirés par la médecine Française.<a rel="attachment wp-att-856" href="http://www.gilbertbereziat.fr/2010/01/08/ils-ont-la-tete-dure/graphique-acces-aux-etudes-superieures/"><img class="aligncenter size-full wp-image-856" title="Graphique accès aux études supérieures" src="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2010/01/Graphique-accès-aux-études-supérieures.png" alt="Graphique accès aux études supérieures" width="497" height="291" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Valérie Pécresse se débat dans une contradiction dont elle ne peut se sortir indemne. D’une part elle proclame que sa priorité c’est de replacer une dizaine d’université dans la concurrence mondiale pour s’en servir comme locomotive du système de recherche et d’innovation du pays. Elle obtient des arbitrages financiers qui crédibilisent son discours, même si beaucoup d’annonces (plan campus, grand emprunt) restent à consolider. D’autre part elle renforce le système des classes préparatoires dont, dans son organisation actuelle, la seule fonction est de conduire les plus doués pour les sciences vers des écoles qui pour plus de 95% d’entre elles sont déconnectées des laboratoires de recherche et forment d’abord des managers et pas des chercheurs. Pierre Tapie a dit vrai, les classes préparatoires ne sont pas destinées à faire réfléchir les élèves mais à les formater aux concours d’entrée ce qui n’a rien à voir avec l’apprentissage de la démarche scientifique. C’est d’ailleurs le même esprit qui a présidé à la réforme dite de la première année de santé.</p>
<p style="text-align: justify;">Or nous savons tous qu’il y a une solution simple à cette situation, mais simple est il français ? Le discours de Valérie Pécresse hier soir sur Canal + était confondant, en appeler aux mânes des hussards noirs de la troisième république, pour une catholique pratiquante il faut oser ! Si elle croit vraiment que le niveau de l’éducation dans notre pays est revenu à celui de 1881 alors elle doit d’urgence rejoindre les troupes d’Olivier Besancenot et rétablir les écoles normales départementales et les IPES. L’objectif de 50% des jeunes français atteignant la licence ne sera pas atteint par « l’abattage » dans les université tandis que la population des élites serait séparée du troupeau. Nous devons créer de véritables collèges universitaires au sein des universités et qu’une orientation sélective y soit mise en place sur trois années. Point n’est besoin de concours. C’est dans ce vivier que l’on pourra puiser selon des techniques adaptées (examens, entretiens, présentations orales) les candidats aux professions contingentés longues (Médecins, Avocats, Juges, Enseignants du secondaire, Ingénieurs etc.) ou destinés à des études plus longues (recherche, enseignement supérieur, haut management).</p>
<p style="text-align: justify;">Une telle réforme n’est nullement utopique, même si elle implique une bonne dose de courage politique. Elle nécessite simplement qu’on libère les potentialités des universités en les laissant elles-mêmes choisir leurs méthodologies de choix. N’ayons pas peur des mots la remise en chantier de tout notre enseignement supérieur est une ardente obligation. Elle ne se fera pas par des lois mais par une seule : l’autonomie, toute l’autonomie sans décrets d’applications qui la dénaturent. En attendant il est indispensable de créer les conditions d’une compétition saine entre les deux systèmes, sans distorsion de concurrence, les universités auront, elles aussi, à atteindre l’objectif de 30% de boursiers ! Mais peut être pourront elles faire mieux et suivre là aussi l’exemple de Sciences Po. Chiche !</p>
<p style="text-align: justify;">Palaiseau le 6 janvier 2010</p>
<p style="text-align: justify;"><em>[1] La conférence des grandes écoles est une association régie par la loi de 1901 qui comporte 221 membres dont une petite dizaine seulement méritent la dénomination. On compte sur les doigts d’une main celles qui apparaissent dans les classements internationaux. Mais il est vrai que les classements ne valent que pour entrer dans ces écoles !</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>[2] Dépêche n°125235</em></p>
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<div><!--[if !supportFootnotes]--></p>
<hr size="1" /><!--[endif]--></p>
<div id="ftn1">
<p class="MsoFootnoteText" style="text-align: justify;"><a name="_ftn1" href="#_ftnref1"><span class="MsoFootnoteReference"><span><!--[if !supportFootnotes]--><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-size: 10pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;;">[1]</span></span><!--[endif]--></span></span></a> La conférence des grandes écoles est une association régie par la loi de 1901 qui comporte 221 membres dont une petite dizaine seulement méritent la dénomination. On compte sur les doigts d’une main celles qui apparaissent dans les classements internationaux. Mais il est vrai que les classements ne valent que pour entrer dans ces écoles !</p>
</div>
</div>
</div>
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		<title>1998-2009 : Douze années de réformes à l’université</title>
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		<pubDate>Mon, 04 Jan 2010 16:09:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[processus de Bologne]]></category>
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		<category><![CDATA[université]]></category>

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Initiées en 1998 par le rapport Attali trois réformes majeures sont en cours et restent pour la plupart des universités largement inabouties : formations, organisation de la recherche et autonomie des universités. Le mois qui suit la St Sylvestre étant propice aux analyses réfléchies avant que le tourbillon ne nous emporte de nouveau, dans une série de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a rel="attachment wp-att-828" href="http://www.gilbertbereziat.fr/2010/01/04/1998-2009-douze-annees-de-reformes-a-l%e2%80%99universite/12-annees-de-reformes-universitaires-3/"><img class="aligncenter size-full wp-image-828" title="12 années de réformes universitaires" src="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2010/01/12-années-de-réformes-universitaires2.png" alt="12 années de réformes universitaires" width="497" height="71" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Initiées en 1998 par le rapport Attali <a href="http://guilde.jeunes-chercheurs.org/Reflexions/Documents/1998-attali.html">trois réformes majeures</a> sont en cours et restent pour la plupart des universités largement inabouties : formations, organisation de la recherche et autonomie des universités. Le mois qui suit la St Sylvestre étant propice aux analyses réfléchies avant que le tourbillon ne nous emporte de nouveau, dans une série de trois articles, je vais faire le bilan contrasté des différents dossiers.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Première partie, le processus de Bologne : </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le processus de Bologne a eu 10 ans l’an dernier, anniversaire passé pratiquement inaperçu. Lors de la conférence de Bologne en 1999, 29 pays européens décidaient de mettre en place un système de formation supérieure aisément compréhensible et comparable pour faciliter la reconnaissance internationale des diplômes. Ils décident de les organiser en trois cycles avec des sorties qualifiantes vers le marché du travail à l’issue de chacun. L’accès au troisième niveau, le doctorat étant conditionné par la validation du second, le master. Ils proposent la mise en place d’un système d&#8217;accumulation de crédits transférables entre établissements pour favoriser la mobilité des étudiants dans les deux premiers cycles, puis ultérieurement encouragent l’organisation de doctorats en cotutelle. En réalité, le mouvement fût lancé par Claude Allègre, une année plus tôt, à la Sorbonne lors d’une rencontre entre les ministres de l’enseignement supérieur d’Italie, du Royaume-Uni et d’Allemagne, à l’occasion du 800<sup>ème</sup> anniversaire de l’université de Paris. Mais beaucoup de pays s’accrochaient à la persistance d’un cycle initial de 4 années et la Grande Bretagne ne souhaitait pas s’inscrire dans un dispositif qui remettait en question sa prééminence et ses relations privilégiées avec les Etats-Unis.</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-817"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Lors de la première rencontre des présidents des universités européennes, à Salamanque en mars 2001, ceux-ci approuvent le processus de Bologne, puis à la rencontre de Prague en mai, 32 ministres de l’enseignement supérieur de pays européens adoptent un <a href="http://www.bologna-bergen2005.no/Docs/00-Main_doc/010519PRAGUE_COMMUNIQUE.PDF">communiqué commun</a> en vue d’établir au plus tard en 2010 un espace commun de l’enseignement supérieur et de la recherche. En septembre 2003, à Berlin, les mêmes décident d’étendre le dispositif au doctorat. Enfin en avril 2009, à Louvain-la-Neuve, <a href="http://www.ond.vlaanderen.be/hogeronderwijs/bologna/conference/documents/Leuven_Louvain-la-Neuve_Communiqué_April_2009.pdf">un plan d’action pour 2020</a> est élaboré<a href="http://www.ond.vlaanderen.be/hogeronderwijs/bologna/conference/documents/Leuven_Louvain-la-Neuve_Communiqu%C3%A9_April_2009.pdf"></a>. Tous les pays du continent européen sont concernés, y compris la Turquie, la Russie, l’Ukraine, la Géorgie, l’Azerbaïdjan et l’Arménie à l’exception de la Biélorussie, de Monaco, de Saint Marin, et du Kosovo.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme toutes les réformes de ce type, il dépend des états et les institutions qu’elles prennent une tournure progressiste ou conservatrice La réforme telle que nous l’avons imaginée à l’UPMC réside en peu de mots : absence de sélection intra-cycle, orientation sélective y compris en dehors de l’établissement à l’issue de chaque cycle, articulation absolue du cycle master sur les équipes de recherche. Simplification du nombre de diplômes en les recentrant sur les disciplines de base et limitation drastique du nombre de spécialités en master. C’est ainsi que nous avons ouvert deux fois moins de spécialités qu’il y avait de DEA et de DESS [1].</p>
<p style="text-align: justify;">Le corollaire de cette réforme fut la constitution d’équipes pédagogiques au sein de départements de formation créés pour chacune des mentions de master et de licence, dotés de conseils élus. Les départements de formation devinrent les partenaires nécessaires des grands laboratoires au sein des UFR. Leurs directeurs reçurent délégation de gestion de leurs crédits et de leurs ressources humaines au même titre que les laboratoires. La réforme fût mise en œuvre totalement en septembre 2004. Toutes les écoles doctorales furent intégrées au sein d’un institut de formation doctorale ayant rang d’UFR.</p>
<p style="text-align: justify;">Cinq années après la mise en place de la réforme on peut en mesurer l’effet par l’examen des flux d’étudiants. En 2001, dans les sciences de bases : physique, chimie et mathématiques les effectifs ne cessaient de décroître depuis 1995. On notait également une érosion du nombre de thèses soutenues qui était descendu en dessous de 600.</p>
<p style="text-align: justify;">L’hémorragie fut non seulement stoppée, mais les sciences connurent un regain de vocations, pour des disciplines clés des études scientifiques, on est revenu au niveau de 1995.</p>
<p style="text-align: justify;"><a rel="attachment wp-att-819" href="http://www.gilbertbereziat.fr/2010/01/04/1998-2009-douze-annees-de-reformes-a-l%e2%80%99universite/total-l3-m-d-2/"><img class="size-full wp-image-819 alignnone" title="Total L3 M D" src="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2010/01/Total-L3-M-D1.png" alt="Total L3 M D" width="492" height="251" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Dès 2004 pour certaines elles accroissent toutes le nombre de leurs étudiants l’augmentation est patente en 2009, chimie, + 13 %, physique + 25,3 %, mathématiques + 23%, informatique + 10%. Seules les sciences pour l’ingénieur stagnent mais le nombre d’étudiants à l’école polytechnique de L’UPMC augmente de 50 %.</p>
<p style="text-align: justify;"><a rel="attachment wp-att-821" href="http://www.gilbertbereziat.fr/2010/01/04/1998-2009-douze-annees-de-reformes-a-l%e2%80%99universite/graphique-des-formations-2/"><img class="size-full wp-image-821 alignnone" title="Graphique des formations" src="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2010/01/Graphique-des-formations.png" alt="Graphique des formations" width="475" height="336" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Après avoir initialement été allégée de près de 350 étudiants transférés dans la nouvelle discipline alliant sciences de la terre, environnement, écologie et biodiversité, la biologie a retrouvée une progression soutenue de 6% et s’est qualitativement renforcée.<span> </span>Enfin l’un des objectifs de fond de l’université, à savoir l’encouragement de la mobilité étudiante est en plein essor avec un doublement de la mobilité sortante qui atteint maintenant le même niveau que la mobilité entrante. Dans le même temps, le nombre d’étudiants dans les doubles cursus exigeants de licence a triplé en trois ans et le nombre de thèses soutenues est repassé au dessus de 700 l’an dernier. Enfin, le nombre d’étudiants étrangers arrivant hors programmes d’échanges a atteint son apogée en 2007 et on assiste depuis cinq ans à une diversification de leur origine : un rééquilibrage en faveur de l’Europe, de l’Asie, du Moyen Orient et de l’Amérique<span> </span>latine aux dépends des anciennes colonies françaises.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette réforme s’est faite sans loi et malgré les reculs successifs du ministère face aux lobbies des Ecoles d’ingénieurs et de commerce, aux exigences des responsables d’IUT et de BTS, à la frilosité des juristes et des médecins. Elle a démontré que les universités françaises sont parfaitement à mêmes de conduire des réformes essentielles comme l’a constaté un premier <a href="http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/054000529/index.shtml">rapport de l’inspection générale</a> effectué en 2005. Dans ce processus, elles se différencient entre elles et peuvent de ce point de vue aussi être jugées sur leurs performances en matière de formation pourvu que l’agence d’évaluation veuille bien s’en donner la peine et que le ministère en charge de l’enseignement supérieur accepte de la laisser faire. C’est d’ailleurs ce qui s’est passé en Ile de France qui n’a malheureusement pas été à la hauteur de ce que faisait la province ce qui a amené la cours des comptes à écrire dans son rapport fin 2006 : <em>« </em><em>La seule université qui soit parvenue à maîtriser son passage au LMD pour aboutir à une offre plus lisible et sensiblement plus resserrée est Paris 6, dont le CNé remarque qu’elle se caractérise par un gouvernement central fort capable de mener à bien <a href="http://www.ccomptes.fr/fr/CC/documents/RPT/CarteUniversitaire.pdf">des projets de réforme ambitieux</a> » </em>(mais là encore, le ministère n’en a tenu aucun compte dans l’attribution des moyens).</p>
<p style="text-align: justify;">Sur le plan européen, après les pays scandinaves, la France est donnée en exemple et sert de modèle à beaucoup de pays de l’Est européen. L’Allemagne a démarré plus tard mais avance maintenant à grands pas. L’Espagne qui avait fait du yoyo tend à se remettre en mouvement, la Grande Bretagne elle-même s’interroge et au sein même de la puissante Amérique la mastérisation est en route. Sans doute ce système mérite t’il des adaptations en fonction des disciplines, en particulier pour la médecine et le droit, mais celles-ci viendront d’abord des initiatives des universités.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>[1] Pour ceux qui ne sont pas des habitués des anciens cursus, nous avons fusionné le DEUG et la licence dans le premier cycle, l’année de maîtrise est devenue le premier niveau du master et le Diplôme d’études approfondies (DEA) ou le diplôme d’études supérieures spécialisées (DESSS) sont remplacés par le master</em></p>
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