<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:blogger='http://schemas.google.com/blogger/2008' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd="http://schemas.google.com/g/2005" xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-3073047763108324895</id><updated>2024-11-08T07:33:33.514-08:00</updated><category term="fetes"/><title type='text'>itinéraire d&#39;un enfant paumé..</title><subtitle type='html'>Acteurs de notre destiné ,œuvrons pour un monde idéal.&#xa;Semé d&#39;embuche la vie est un parcours du combattant.&#xa;Sacrifices et souffrances comme pain quotidien.</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://one-freeworld.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3073047763108324895/posts/default?redirect=false'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://one-freeworld.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>Unknown</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>25</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>25</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3073047763108324895.post-597870426916728033</id><published>2009-12-31T04:14:00.000-08:00</published><updated>2009-12-31T04:15:42.158-08:00</updated><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="fetes"/><title type='text'>2010 en paix..</title><content type='html'>&lt;a onblur=&quot;try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}&quot; href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEia2H_mmcOQ_DeCiY6yacQ1-lFWySK8QlOiUDe433WYvUypEjkILAyWymFxNYP_L6TPhT37G7lyxTwNpu0sUbjdvc21toclwgANNdNNEtvjdrjjNEATrPUGCwqIyiR8gZQc2M-C9uTH5o9_/s1600-h/bonne+fetes+%283%29.jpg&quot;&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 200px; height: 152px;&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEia2H_mmcOQ_DeCiY6yacQ1-lFWySK8QlOiUDe433WYvUypEjkILAyWymFxNYP_L6TPhT37G7lyxTwNpu0sUbjdvc21toclwgANNdNNEtvjdrjjNEATrPUGCwqIyiR8gZQc2M-C9uTH5o9_/s200/bonne+fetes+%283%29.jpg&quot; alt=&quot;&quot; id=&quot;BLOGGER_PHOTO_ID_5421368387058056546&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Que 2010 vous apportent de la joie,du bonheur et la sérénité..&lt;br /&gt;Prenez soin de vous..Croyez en vous..&lt;br /&gt;Affectueusement..Bisous.</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://one-freeworld.blogspot.com/feeds/597870426916728033/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://one-freeworld.blogspot.com/2009/12/2010-en-paix.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3073047763108324895/posts/default/597870426916728033'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3073047763108324895/posts/default/597870426916728033'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://one-freeworld.blogspot.com/2009/12/2010-en-paix.html' title='2010 en paix..'/><author><name>Unknown</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" url="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEia2H_mmcOQ_DeCiY6yacQ1-lFWySK8QlOiUDe433WYvUypEjkILAyWymFxNYP_L6TPhT37G7lyxTwNpu0sUbjdvc21toclwgANNdNNEtvjdrjjNEATrPUGCwqIyiR8gZQc2M-C9uTH5o9_/s72-c/bonne+fetes+%283%29.jpg" height="72" width="72"/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3073047763108324895.post-871759578375051411</id><published>2009-02-27T02:54:00.000-08:00</published><updated>2009-02-27T05:21:46.059-08:00</updated><title type='text'>L&#39;argent?Cause principal de l&#39;éxclusion passive.</title><content type='html'>&lt;a onblur=&quot;try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}&quot; href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgwfvaf0TtWUgVE0kpcIdTd_wRNClLqAxQj53oA58ZcC-tGAh3w6-ETUEdnd5nuYkZApWnXx_7b2sVSJSNIdZS-CkWp213U631Aro9BCYRcfjMHJ4l59kKfTYcgW8io3CGyfzV2Bl4rd6Eh/s1600-h/actu+(8).jpg&quot;&gt;&lt;img style=&quot;display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 197px; height: 320px;&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgwfvaf0TtWUgVE0kpcIdTd_wRNClLqAxQj53oA58ZcC-tGAh3w6-ETUEdnd5nuYkZApWnXx_7b2sVSJSNIdZS-CkWp213U631Aro9BCYRcfjMHJ4l59kKfTYcgW8io3CGyfzV2Bl4rd6Eh/s320/actu+(8).jpg&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;&quot;id=&quot;BLOGGER_PHOTO_ID_5307466739754618994&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Il est essentiel de ne pas te bloquer là-dessus, sous peine de te flinguer rapidement. Commence par rencontrer le maximum de monde, histoire de te faire connaître tout en faisant savoir partout que tu ne serais pas contre un peu de boulot de temps en temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour que ça marche, il faut que tu sois resté sociable. Si ce n&#39;est pas le cas, tu vas vite t&#39;apercevoir que tous les gens que tu connais, et tu as vite fait le tour, sont tous +/- exclus. Forcément. Exclusion, c&#39;est pourtant clair, non ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LE piège : l&#39;endroit le plus évident pour rencontrer du monde est le café d&#39;en bas. Tant que tu paieras des tournées, tu connaîtras du monde. En fin de mois, ça se gâte un peu. Le VRAI piège : inviter les &quot;copains&quot; à des Kronenbourg-party chez toi, en espérant faire des économies. LE problème : si tu vires tout ce qui picole, tu vas te sentir bien seul.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dès que tu recommences à bosser, donc à avoir un peu de fric, tu retrouves soudainement beaucoup de copains perdus de vue. Choisis : tu essaies de t&#39;en sortir en préservant un minimum de dignité, ou tu joues au grand seigneur tant qu&#39;il te reste un peu de blé. Ca ne change pas grand-chose au résultat.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu peux poser la question autrement. Si tu essaies de bosser et de rester sérieux, tu perds l&#39;estime de tes anciens collègues de galère. Sans pour autant retrouver celle des inclus, faut pas rêver. Il y a un no-man&#39;s-land entre ces deux mondes. T&#39;y aventurer signifie prendre le risque de te faire tirer à vue depuis les deux côtés de la frontière. Dans tous les cas, tu es un traître.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-weight:bold;&quot;&gt;Bienvenue en exclusion, camarade. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-weight:bold;&quot;&gt;Au départ...Il est comme tout le monde.Et puis: &lt;span style=&quot;font-style:italic;&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un beau jour, il décide de s&#39;inscrire au RMI. N&#39;ayant pas de compte en banque, il perçoit son premier mois sous la forme d&#39;une lettre-chèque à échanger contre du véritable argent auprès du Trésor Public local. Après s&#39;être fait jeter de l&#39;agence du Crédit Mutuel (c&#39;était juste pour vérifier)  ouvre un compte d&#39;épargne à La Poste en déposant 20 euros. Eh oui, pas de pognon, pas de compte. Logique. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;SDF en trois jours&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un pro de la chose (l&#39;abbé Pierre) prétend qu&#39;il suffit de trois jours pour devenir SDF convaincant. Quel que soit ton point de départ : cadre sup overbooké, smicard surexploité ou chômeur avéré, marié/deux enfants ou célibataire notoire. Trois jours seulement pour faire de toi un honnête SDF. Pourquoi hésiter plus longtemps ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-weight:bold;&quot;&gt;Trois jours sans manger autre chose que des sandwichs +/- SNCF.&lt;br /&gt;Trois jours à craindre le sommeil et à t&#39;éveiller la peur au ventre au moindre bruit.&lt;br /&gt;Trois jours pour découvrir que les petits matins sont frais, même en plein été.&lt;br /&gt;Trois jours sans te laver ni changer de linge.&lt;br /&gt;Trois jours à marcher pendant des heures.&lt;br /&gt;Trois jours à subir ton incapacité à aligner deux idées cohérentes.&lt;br /&gt;Trois jours pour que les autres détournent le regard en te croisant.&lt;br /&gt;Trois jours pour que toute ton éducation vole en éclat.&lt;br /&gt;Trois jours pour briser ton appartenance au genre humain.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Trois jours. Et tu découvres que t&#39;en as rien à foutre de puer le fauve, de pisser dans les encoignures de portes, de chier entre deux bagnoles en stationnement. Aveugle et sourd à tout ce qui t&#39;entoure, alors les bonnes manières, hein, c&#39;est pas l&#39;jour...Faut que je vive...Faut que je SURVIVE..&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avec une obsession : manger et dormir. Manger et dormir. Manger, dormir. manger ,dormir&lt;br /&gt;Moins que les préoccupations probables d&#39;un chien ou d&#39;un chat.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu ne peux que constater la disparition brutale de tout ce qui faisait de toi un homme. Et tu ne peux t&#39;en apercevoir que les premiers jours car ça va vite. Très vite. Après, c&#39;est trop tard, les comportements de survie auront pris le dessus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Se retrouver à la rue sans un sou est une agression d&#39;une violence extrême. De quoi basculer dans la folie ou se tourner vers la violence, donc vers la page &quot;prison&quot;. En ce qui te concerne ? Disons que tu es solide. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Supposons que tu survives plus de trois jours&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tous les bons tortionnaires le savent : sous-alimentation, manque de sommeil et isolement sont les bases de toute torture et de tout lavage de cerveau de bonne facture. C&#39;est rapide, efficace, et ça ne salit pas trop les mains. Tout cela fait qu&#39;en quelques jours ton corps et ton esprit hurlent le manque. Tu as eu une vie avant, tu en auras une autre après. Peut-être. Tout le reste est poésie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La solitude des premiers jours est effrayante. Nombreux sont ceux qui en garderont à jamais l&#39;habitude de parler tout seul.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a de grandes chances que tu finisses rapidement par traîner autour de la gare SNCF. Vaine tentative pour passer inaperçu ou saine tentation de changer de ville ? Quelle importance ? Dans les gares, les sans-abri sont censés être nombreux. Ceux que tu vois au premier coup d&#39;oeil ne sont guère valorisants mais tu finiras bien par remarquer que tu n&#39;es pas seul à attendre un train qui n&#39;existe pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais voilà : la nuit toute les gares ferment leurs portes à ceux qui n&#39;ont pas de billets. Te voilà dehors, sans la moindre idée de la direction à prendre. Alors tu marches, au hasard. Pendant des heures. De plus en plus engourdi par le froid, la faim, la fatigue, la lassitude, l&#39;angoisse, en te demandant comment font les autres pour survivre.&lt;br /&gt;Attention, danger ! Tu risques de te faire trouer la peau pour ce que tu pourrais avoir dans ton sac (un SDF, même apprenti, a toujours un sac). Ou d&#39;enjamber un parapet de pont sans réfléchir, pour faire taire la souffrance. Ou d&#39;agresser un passant en croyant te défendre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour l&#39;intérêt de ces pages, supposons que tu réussisses à survivre plus de trois jours, peu importe comment. Des deux préoccupations qui t&#39;obsèdent, manger et dormir, la question de la nourriture est la plus facile à résoudre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les premiers temps, il suffit de faire la tournée des places de marché. Après le remballage, les commerçants laissent quantités de déchets sur place. Il n&#39;y a qu&#39;à se servir. La société de consommation étant ce qu&#39;elle est, il y a d&#39;excellents déchets. Pas d&#39;hésitation à avoir, tu ne seras pas seul à fouiller les détritus. N&#39;oublie pas les pommes. Aucune allusion politique, mais contrainte physiologique : il faut manger des aliments riches en fibres si tu ne veux pas chopper la courante. Parce que, la diarrhée, quand on est à la rue c&#39;est un sacré problème...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les fruits et légumes ça cale l&#39;estomac mais cela ne protège pas du froid. Il te faut des protéines et des lipides. Pour t&#39;en procurer il va falloir mettre tes beaux principes sous le boisseau. Dirige-toi vers les quartiers où se concentrent les restaurants. Il suffit alors d&#39;attendre l&#39;heure de fermeture pour faire les poubelles et le tour est joué.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si ça te dégoûte trop il y a une autre possibilité mais c&#39;est ta conscience d&#39;honnête homme qui va morfler sur ce coup. Ces mêmes restaurants tu peux aussi les visiter tôt le matin avant l&#39;ouverture. Une fois que les livreurs ont déposé les cartons de charcuterie devant la porte. Pense à vérifier tes lacets avant car il faut parfois courir vite. Et veille quand même à ne pas taxer plusieurs fois la même enseigne sous peine de tarir la source.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si ce qui subsiste de ton éducation t&#39;empêche de recourir à ces techniques, tu vas avoir un problème. Certes, il existe tout un réseau de distribution de casse-croûte aux indigents, mais pour y avoir accès il faut au préalable admettre que tu es indigent...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu peux envisager de faire la manche devant le Monoprix mais tant que tu n&#39;auras pas intégré ton nouveau statut tu ne feras qu&#39;indisposer les passants en t&#39;énervant devant les refus. Presque toutes les villes ont des polices municipales qui n&#39;aiment pas du tout qu&#39;on indispose les passants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Supposons (encore) que tu parviennes enfin à connaître les adresses où on te filera des casse-croûte gratos. Tu auras alors accompli le premier rite de passage. La nourriture cesse aussitôt d&#39;être un problème, même si le sandwich te semble parfois amer.</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://one-freeworld.blogspot.com/feeds/871759578375051411/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://one-freeworld.blogspot.com/2009/02/largentcause-principal-de-lexclusion.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3073047763108324895/posts/default/871759578375051411'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3073047763108324895/posts/default/871759578375051411'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://one-freeworld.blogspot.com/2009/02/largentcause-principal-de-lexclusion.html' title='L&#39;argent?Cause principal de l&#39;éxclusion passive.'/><author><name>Unknown</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" url="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgwfvaf0TtWUgVE0kpcIdTd_wRNClLqAxQj53oA58ZcC-tGAh3w6-ETUEdnd5nuYkZApWnXx_7b2sVSJSNIdZS-CkWp213U631Aro9BCYRcfjMHJ4l59kKfTYcgW8io3CGyfzV2Bl4rd6Eh/s72-c/actu+(8).jpg" height="72" width="72"/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3073047763108324895.post-7513691330717386561</id><published>2009-02-27T02:49:00.000-08:00</published><updated>2009-02-28T02:40:37.501-08:00</updated><title type='text'>Une vie à la dur...</title><content type='html'>&lt;a onblur=&quot;try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}&quot; href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgB8Zt8kxD-UlwmCiYJEtm8YDOgD6sAXpcHSuZWbDVQ542Wk-gDpMoUcx9FC_RQx95H0-8eK6LWlvKb5yvUwwQmzWRi5Yfbo1zq4Ef2llRhh4cYWxLB_o_V_pXwCfz_OwBRbAg0elw0Oo3v/s1600-h/actu+(9).jpg&quot;&gt;&lt;img style=&quot;display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 320px; height: 218px;&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgB8Zt8kxD-UlwmCiYJEtm8YDOgD6sAXpcHSuZWbDVQ542Wk-gDpMoUcx9FC_RQx95H0-8eK6LWlvKb5yvUwwQmzWRi5Yfbo1zq4Ef2llRhh4cYWxLB_o_V_pXwCfz_OwBRbAg0elw0Oo3v/s320/actu+(9).jpg&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;&quot;id=&quot;BLOGGER_PHOTO_ID_5307466885577932786&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;N&#39;importe quel CRS te le confirmera, le pavé, même breton, manque de tendresse. Avant d&#39;y élire domicile il convient de bien réfléchir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tes premières nuits à la dure t&#39;ont peut-être rappelé quelques souvenirs de camping ou de service militaire. Mais l&#39;armée prend généralement soin de ses hommes et le camping, même sauvage, reste très civilisé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La sagesse populaire installe le clochard sous les ponts. Laisse tomber, la sagesse populaire est une belle salope ! La nuit, sous les ponts, on ne rencontre que des individus plus ou moins dangereux qu&#39;il convient d&#39;éviter si tu accordes quelque valeur à ton intégrité physique et morale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De toute façon, tu ne te considères pas comme clochard. Pas encore. Tu es momentanément dans la gêne. Même si pour tous ceux que tu croises le colis est déjà emballé et étiqueté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu as déjà eu du mal à accepter la distribution de casse-dalle, tu n&#39;es pas encore mûr pour te présenter à la porte des asiles de nuit. Tu te crois capable de te débrouiller pour trouver un coin tranquille pour dormir. Cela te passera mais seule l&#39;expérience te convaincra. Là aussi il s&#39;agit d&#39;un rite initiatique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu constates vite que les endroits discrets auxquels tu penses sont tous sur le trajet des patrouilles de flics et qu&#39;ils contrôlent systématiquement les petits nouveaux. Ils ont une technique très au point pour te réveiller sans prendre de risque et seuls les plus téméraires te fileront des coups de rangers dans les côtes. N&#39;espère pas être embarqué pour finir la nuit dans la chaleur du poste de police, dès qu&#39;ils constateront qu&#39;ils ont affaire à une cloche qui n&#39;est pas recherchée ils te laisseront te rendormir. Jusqu&#39;à la prochaine patrouille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour les éviter, pas d&#39;autre solution que d&#39;abandonner le domaine public pour investir le secteur privé. Parking, hall d&#39;entrée, immeuble en construction, voiture mal fermée, tout est envisageable. Reste dans le centre ville, les quartiers pavillonnaires sont pleins de chiens dangereux et de beaufs méchants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La difficulté consiste à trouver une place qui ne soit pas déjà occupée. C&#39;est que, vois-tu, il y a plusieurs dizaines de milliers de SDF qui se partagent les bons coins . Alors, le petit dernier...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si tu parviens à trouver un endroit peinard, ne t&#39;avise pas de le saloper en pissant partout comme un chien marquant son territoire. Au hasard de tes promenades, repère bien les pissotières et surtout les chiottes Decaux. Le problème avec les pissotières, c&#39;est que c&#39;est le lieu de rencontre préféré de toute une faune qui assume mal ses préférences sexuelles. Remarque que tu peux mettre à profit tes mésaventures pour comprendre ce que ressent une femme devant supporter les plaisanteries du beauf moyen... Heureusement pour toi, la sous-alimentation chronique rendra ton utilisation des chiottes plus espacée. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En attendant d&#39;être fin prêt à entrer en asile de nuit, essaie le carton. On en trouve facilement et cela fait vraiment une différence comme matelas, comme coupe-vent et pour se croire dissimulé. Pour lutter contre le froid, ramasse un vieux journal et glisse-le sous ton blouson. C&#39;est un peu bruyant tant que le papier n&#39;est pas imprégné de crasse mais c&#39;est très efficace.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A propos de température, peut-être as-tu remarqué que les clochards empilent souvent les pulls sous plusieurs manteaux même au plus fort de l&#39;été. Outre le fait que c&#39;est la façon la moins fatigante de transporter ses affaires, c&#39;est surtout que la sous-alimentation et la fatigue provoquent une sensation de froid permanente. Un état de manque si tu préfères. Tu seras surpris du temps qu&#39;il te faudra pour arrêter de trembler même en plein mois d&#39;août. Le froid n&#39;est pourtant pas le plus grand ennemi du SDF, contrairement à ce que la mobilisation hivernale des médias pourrait laisser penser. Dans la rue il n&#39;est de pire ennemi que la pluie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Fini les mégots ramassés aux arrêts de bus. Terminé le carton. Oubliée la douceur des vêtements certes puants mais secs.&lt;br /&gt;Pour couronner le tout l&#39;humidité multiplie les déperditions de chaleur, comme si tu n&#39;avais pas assez de tremblements comme ça. Et n&#39;espère pas taper les passants d&#39;une piécette sous la pluie. Ce n&#39;est pas le froid qui rempli les asiles de nuit, c&#39;est la pluie. Quelle que soit la saison, n&#39;en déplaise à ceux qui ferment les abris neuf mois sur douze.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C&#39;est ainsi qu&#39;après être passé plusieurs fois devant les bureaux d&#39;inscription tu finiras par sauter le pas, trempé comme une soupe. Toute honte ravalée : avoir un lit retenu à ton nom dans un asile de nuit est une preuve. Irréfutable. Le SDF médiatiquement correct n&#39;est qu&#39;un vulgaire clodo. Ton ego s&#39;en remettra peut-être un jour mais c&#39;est pas gagné d&#39;avance...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui se passe derrière les portes de l&#39;asile de nuit est présenté dans une autre partie. Ici tu retiendras surtout que tu viens de passer brillamment ton diplôme de fin d&#39;études. Une fois accepté le fait que ton statut de SDF masque une réalité de clochard tu seras en mesure de te débrouiller pour survivre dans la rue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Agrégation en poche, il est temps de songer à ton insertion professionnelle. L&#39;alcool est un bon parcours. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans la rue comme ailleurs existe tout un ensemble de comportements destinés à affirmer l&#39;appartenance à un groupe. Le litre de rouge mis en commun y fait office de salon de thé, le mégot partagé tient lieu de petits fours. C&#39;est l&#39;endroit où l&#39;on se reconnaît et où l&#39;on communique, activités sociales hautement recommandées par ailleurs. Les reprocher aux SDF ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La rue ne fait que transcrire dans son langage l&#39;ensemble des pratiques à la base de toutes sociétés. En comprendre les règles et la morale demande beaucoup de temps et de lucidité. C&#39;est là que le bât blesse. Le temps de la rue n&#39;a rien de commun avec l&#39;autre, le normal.&lt;br /&gt;Vivre au jour le jour suppose l&#39;absence de lendemain, où demain n&#39;est pas le futur mais l&#39;heure qui suit. Le concept de projet n&#39;y existe que comme légende sans cesse renouvelée. Quant à la lucidité, elle est fortement tributaire de la quantité d&#39;alcool absorbée. S&#39;il est facile aux braves gens de reprocher aux SDF leur abus de vin de divers pays de la communauté européenne, il est plus rare que ces bonnes âmes comprennent que c&#39;est aussi une condition de survie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Chaque mort de froid relance ce pseudo-débat, scientifiquement cautionné par des toubibs qui feraient mieux d&#39;ouvrir plus souvent leur porte aux sans-abri qu&#39;aux médias complaisants. La vérité vraie, celle qui se vérifie au quotidien sur le terrain, c&#39;est que l&#39;alcool est indispensable pour tenir. Pas question de nier les dégâts qu&#39;il entraîne en cas d&#39;abus, mais impossible de taire son utilité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Essaye donc de passer une nuit dehors sans avoir mangé auparavant. Avant longtemps tu seras frigorifié, secoué de tremblements incoercibles, obsédé par l&#39;idée d&#39;avaler quelque chose. Un morceau de pain ? Moins facile à transporter qu&#39;un kil de rouquin (litre de vin rouge). Et ça ne procure aucune sensation de chaleur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le coup de rouge, lui, réchauffe le coeur. Illusion physiologique peut-être, mais salutaire réalité immédiate. Avant la fin de la nuit tu seras suffisamment embrumé pour oublier tous les malheurs du monde, voire les tiens. Rien que pour ça l&#39;alcool est irremplaçable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L&#39;alcool est dangereux pour la santé ? Met la vie en danger ? Eh oh, es-tu bien sûr que ce soit l&#39;alcool qui représente le plus grand risque pour le SDF ? Dans la rue, meurt-on plus de cirrhose que de malnutrition, détresse, usure ou solitude ? Quel médecin inscrira &quot;misère noire&quot; comme cause de décès ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le sans-abri ne fait certes pas de vieux os mais la picole ne vient pas en tête de liste. Le mondain tête bien plus que le clodo qui fouille ses poubelles et personne ne pense à le marquer au fer rouge. Y aurait-il hypocrisie sous roche ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bois donc ton canon et contente-toi d&#39;éviter les abus. Quel intérêt d&#39;être exclu si c&#39;est pour n&#39;avoir pas conscience de ton état à cause de l&#39;alcool ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quant à la drogue, elle est rare dans l&#39;exclusion. Beaucoup trop chère, mon fils. Même la barrette de shit est hors de portée du clodo moyen. Pour t&#39;en procurer tu serais obligé de sauvageonner et RACHIDA est déjà bien assez *** comme ça pour ne pas lui fournir d&#39;arguments. En outre, c&#39;est très mal vu chez les pros de la rue : la drogue, c&#39;est pas pour les vrais clochards. Quel intérêt d&#39;être exclu si c&#39;est pour se bricoler la perception de son environnement ?</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://one-freeworld.blogspot.com/feeds/7513691330717386561/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://one-freeworld.blogspot.com/2009/02/une-vie-la-dur.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3073047763108324895/posts/default/7513691330717386561'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3073047763108324895/posts/default/7513691330717386561'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://one-freeworld.blogspot.com/2009/02/une-vie-la-dur.html' title='Une vie à la dur...'/><author><name>Unknown</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" url="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgB8Zt8kxD-UlwmCiYJEtm8YDOgD6sAXpcHSuZWbDVQ542Wk-gDpMoUcx9FC_RQx95H0-8eK6LWlvKb5yvUwwQmzWRi5Yfbo1zq4Ef2llRhh4cYWxLB_o_V_pXwCfz_OwBRbAg0elw0Oo3v/s72-c/actu+(9).jpg" height="72" width="72"/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3073047763108324895.post-4211319789464938140</id><published>2009-02-27T02:45:00.000-08:00</published><updated>2009-02-28T02:45:49.711-08:00</updated><title type='text'>Une journée sans fin,la meme en boucle..</title><content type='html'>&lt;a onblur=&quot;try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}&quot; href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjCp-m2rzjYQ9PnhqebOvz84_5pM622dYIrgZN-VjeQGZkFMWtygG3El7OS82dRjZv-MVu24qXV9RKqdQ6cLOAdv-WDXvWFO8vs3Sfvv3yEXYzboGZcHRFZ9MF41g8AgEC5AW__4bDlZ7k6/s1600-h/actu.png&quot;&gt;&lt;img style=&quot;display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 250px; height: 318px;&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjCp-m2rzjYQ9PnhqebOvz84_5pM622dYIrgZN-VjeQGZkFMWtygG3El7OS82dRjZv-MVu24qXV9RKqdQ6cLOAdv-WDXvWFO8vs3Sfvv3yEXYzboGZcHRFZ9MF41g8AgEC5AW__4bDlZ7k6/s320/actu.png&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;&quot;id=&quot;BLOGGER_PHOTO_ID_5307467062555201538&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Il en fait quoi, de sa journée, le clochard ? N&#39;importe quel Café des Sports te fournira la réponse : rien, les clodos n&#39;en branlent pas une, y z&#39;attendent que les autres bossent pour eux, et que si c&#39;était moi, etc, etc...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Laisse-les donc à leurs 51 et occupe toi plutôt de tes affaires. La journée démarre de bonne heure, la grasse matinée sous un porche ou dans un parking ce n&#39;est pas le pied. Et il vaut mieux dégager vite fait de son coin pour ne pas se faire repérer. De plus il y a toujours un coup de frais juste avant le lever du jour. La rosée, c&#39;est romantique si tu la découvres après avoir passé une bonne nuit au chaud et t&#39;être enfilé un solide p&#39;tit déj&#39;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En guise de café/croissant, un coup de rouge fera tout aussi bien l&#39;affaire si tu es fauché. Pas de ta faute si le petit noir coûte aussi cher qu&#39;un litre et demi de Villageoise. D&#39;ailleurs tu peux prendre la direction de l&#39;épicerie la plus proche pour refaire le ballast.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Selon la ville où tu crèches, il faut organiser ta tournée pour les casse-croûtes. On commence enfin à voir des distributions très tôt le matin mais c&#39;est encore rare. Si tu as des démarches à faire dans les bureaux, il faut absolument les faire dès l&#39;ouverture.&lt;br /&gt;« la grasse matinée sous un porche ou dans un parking ce n&#39;est pas le pied »&lt;br /&gt;Ce n&#39;est pas croyable le nombre de démarche que tu dois faire ! Certes il est très facile de constituer un dossier pour obtenir le RMI, mais cela signifie qu&#39;il y aura le fameux suivi. Ce suivi consiste en fait à te demander sans arrêt un autre papier à aller chercher à l&#39;autre bout de la ville. Ou alors à devoir te présenter dans un bureau pour prendre un rendez-vous afin de rencontrer quelqu&#39;un qui t&#39;orientera vers le service qui saura à qui t&#39;envoyer pour que tu puisses espérer avoir une aide exceptionnelle de 50 balles qu&#39;il te faudra retirer à une caisse qui a de fortes chances de ne pas être dans le même bâtiment. De toute façon, quand tu finiras par la trouver, cette bon dieu de caisse, tu seras forcément en dehors des horaires. Il n&#39;est pas non plus impossible que quelqu&#39;un dans le lot ait oublié de te donner le bon papier. Et pendant que tu somnoles dans la moitié des salles d&#39;attente de la ville ou que tu te perds dans les étages, tu rates les distributions de casse-croûte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;SDF, ce n&#39;est pas un métier facile. Dire qu&#39;il y en a encore qui croient qu&#39;on s&#39;amuse... &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tous les trajets se font à pied. Trop de monde dans les transports en commun pour leur imposer ta crasse et ton odeur. Parce que tu as beau faire, aller régulièrement aux vestiaires, ces distributions de vêtements par les associations, dans le meilleurs des cas tu ne changeras de linge que deux fois par mois. Même en supposant que tu prennes une douche par semaine dans une Boutique de solidarité, tu as bien conscience que ce n&#39;est pas ce qui se fait de mieux en matière d&#39;hygiène. La dernière brosse à dent que tu as embrassée, ça remonte à ... pfuu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si tu as fait des noeuds avec l&#39;administration et que tu dois te taper une séance de bureaux, il est préférable de te scotcher dans un asile ou un foyer le temps de tout remettre en ordre. Ainsi tu pourras facilement être à peu près propre et relativement reposé, sans compter que tu es assuré de croûter à ta faim.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette crasse, elle en fait du dégât. Tu seras au mieux présentable, mais de là à prétendre être propre... D&#39;autant que l&#39;hygiène n&#39;est pas ta préoccupation principale.&lt;br /&gt;Bien que la seule solution pour continuer à vivre soit d&#39;ignorer cette hygiène lamentable, cela n&#39;arrête pas de te jouer des tours. Descendre du bus bien avant ta destination parce qu&#39;il commence à y avoir du monde. Faire brusquement demi-tour alors que tu as déjà posé ta main crasseuse sur la poignée de porte d&#39;un bureau ou d&#39;un magasin. Changer d&#39;itinéraire parce qu&#39;il y a trop de passants sur ta route. T&#39;enfuir d&#39;une salle d&#39;attente parce que le chauffage libère les odeurs. Plus généralement refuser énergiquement toute idée de soins médicaux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Autre conséquence méconnue de ton odeur de fauve en rut, elle te maintient fermement dans ta condition de clochard. Pas seulement au nez des autres mais aussi au tien. &lt;span style=&quot;font-weight:bold;&quot;&gt;Sale tu es, clochard tu resteras&lt;/span&gt;. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tes premiers jours à la rue tu les passes seul et, selon ton caractère, ces premiers jours peuvent durer de nombreuses semaines. Tu peux ainsi rester très longtemps sans prononcer une seule parole. Jusqu&#39;à en perdre presque complètement la maîtrise. Afin de limiter la casse tu peux rejoindre quelques collègues pour y discuter le bout de gras. La cotisation pour avoir accès au club est raisonnable puisque avec un litre de picrate et quelques mégots tu auras tes entrées partout.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qu&#39;est-ce qu&#39;ils se disent, les cloches ? Des histoires de cloches, évidemment. Beaucoup de renseignements pratiques sur l&#39;actualité locale en matière de social. Du rêve aussi.&lt;br /&gt;Tu t&#39;inventes un futur, grossièrement invraisemblable mais cela n&#39;a aucune importance, c&#39;est juste histoire de parler. Surtout, tu te réinventes un passé, tu te construis un personnage auquel tu te raccroches farouchement. Puisque tu as jeté ton ancienne vie par-dessus bord, il faut bien t&#39;en procurer une autre, non ? Alors autant te la faire sur mesure. Accessoirement, cela sert aussi à tester le baratin que tu serviras au prochain service social que tu visiteras.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le mensonge, la vantardise n&#39;ont pas cours dans la rue. Il n&#39;y a qu&#39;une seule et même histoire inlassablement réécrite en fonction de l&#39;auditoire et des circonstances. Il s&#39;agit d&#39;exister. Parvenir à se faire une idée approximative de la réalité dissimulée derrière le flot de paroles demande énormément de temps, de chance et d&#39;empathie. De résistance aussi, car la souffrance y est omniprésente.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n&#39;est pas certain que ceux qui parlent de suicide social à propos des clochards aient vraiment réfléchi à ce que recouvre cette expression.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les amis de rencontre changent très souvent. Le SDF est très mobile et change fréquemment de ville. L&#39;instauration du RMI a un peu calmé le jeu à cause des délais avant de pouvoir toucher son fric, mais le fichier des voyageurs sans billet de la SNCF rappellera que l&#39;appellation de vagabond n&#39;est désuète que dans le langage courant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui pousse à changer de ville ? Une météo trop nulle. &lt;br /&gt;Être triquard (interdit) dans trop de rades (bistrots) pour cause d&#39;ardoises ou de dégâts. &lt;br /&gt;Avoir trop tiré sur la corde dans les bureaux d&#39;aide sociale. Avoir fait une vacherie de trop à un collègue.&lt;br /&gt;Être trop dominé par un autre.&lt;br /&gt;En avoir trop marre et aller voir ailleurs si la vie y est plus facile. Être trop naïf et croire qu&#39;ailleurs c&#39;est mieux.&lt;br /&gt;Être trop mal dans sa peau et chercher une issue. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Être clochard présente des avantages. Notamment du temps pour réfléchir. Tu peux t&#39;essayer à une petite expérience très instructive. Tu t&#39;organises pour faire tout ton boulot le matin et tu te gardes les après-midi pour philosopher et introspecter. Une petite sieste pour digérer le pâté de foie, un coup de rouge pour te rebrancher les synapses, et c&#39;est parti.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En tant que clodo, tu peux t&#39;asseoir absolument où tu veux tant que tu n&#39;empêches pas les voitures de passer. Dont acte. Pose ton cul quelque part et regarde. Pour voir quoi ? Les non-exclus, évidemment. Ils sont fascinants à observer. En tout clochard il y a un entomologiste qui sommeille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu seras rapidement capable de discerner tout ce que notre mode de vie nous impose de comportements soigneusement codifiés. Commence par du facile, l&#39;habillement par exemple. Laisse les gens défiler devant toi sans chercher à apercevoir les détails.&lt;br /&gt;Ce qu&#39;il te faut, c&#39;est acquérir une vision statistique si la chose existe en ophtalmologie. Bientôt tu seras en mesure de ranger les passants dans des grosses boîtes. Prolos, bourges, vieux, ados, des trucs comme ça. Puis l&#39;échantillon observé prenant de l&#39;ampleur, tu utiliseras des boîtes plus petites. Et hop, voilà ta population test détaillée en employés, chefaillons, cadres, chômeurs longue durée et autres. Une pratique assidue gommera peu à peu les erreurs et n&#39;hésite pas à poser la question de temps en temps pour recadrer tes estimations. Les gens, surpris, te répondront souvent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout ça à partir de la fringue ? Eh oui, c&#39;est dire si les codes vestimentaires sont puissants. N&#39;oublie pas de t&#39;appliquer la méthode : un seul coup d&#39;oeil sur ton vieux manteau graisseux et tout le monde t&#39;identifie instantanément en tant que clochard. Tu peux utilement étendre ton étude : langage corporel, comportement de séduction, de domination/soumission, de reconnaissance, etc, etc... Tu peux aussi essayer de croiser différents critères pour voir ce qui rentre dans tes boîtes. Si l&#39;INSEE était futée elle recruterait en priorité des clochards.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si la chose t&#39;intéresse, tu peux tenter une vérification qui te donnera matière à réflexion. La manip est cependant illégale et connue des services de police sous le nom de grivèlerie. Maintenant, c&#39;est à toi de voir, hein, je ne te connais pas et on ne s&#39;est jamais rencontré, toute ressemblance entre le paragraphe qui suit et la réalité ne peut être que fortuite, etc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand tu iras faire un vestiaire au Secours Populaire, demande donc un &quot;uniforme&quot; de cadre sup tel que tu l&#39;auras identifié. Ils ont ça en magasin, t&#39;inquiète pas, même s&#39;ils peuvent être surpris par la précision de tes besoins. Ensuite, astique-toi consciencieusement la couenne dans une Boutique de Solidarité et pour finir fais-toi faire une subtile coupe de cheveux dans une école de coiffure. Il ne te reste plus qu&#39;à adapter soigneusement ton geste et ton langage à ton plumage et voilà : tu ES cadre sup.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour quelques heures, la société t&#39;acceptera en son sein d&#39;après ta seule apparence. Profites-en donc pour te taper un bon resto hors de prix. Pour sortir tu n&#39;auras qu&#39;à dire que tu as laissé ton porte-cartes dans la voiture garée juste en face, ce n&#39;est pas ça qui ruinera le restaurateur. Aucun risque qu&#39;il te reconnaisse par la suite sous ton costume de clochard. Réfléchir aux enseignements à tirer de cette petite expérience t&#39;occupera un bon moment, mais tu comprendras mieux comment fonctionne la société. Et accessoirement l&#39;exclusion.</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://one-freeworld.blogspot.com/feeds/4211319789464938140/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://one-freeworld.blogspot.com/2009/02/une-journee-sans-finla-meme-en-boucle.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3073047763108324895/posts/default/4211319789464938140'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3073047763108324895/posts/default/4211319789464938140'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://one-freeworld.blogspot.com/2009/02/une-journee-sans-finla-meme-en-boucle.html' title='Une journée sans fin,la meme en boucle..'/><author><name>Unknown</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" url="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjCp-m2rzjYQ9PnhqebOvz84_5pM622dYIrgZN-VjeQGZkFMWtygG3El7OS82dRjZv-MVu24qXV9RKqdQ6cLOAdv-WDXvWFO8vs3Sfvv3yEXYzboGZcHRFZ9MF41g8AgEC5AW__4bDlZ7k6/s72-c/actu.png" height="72" width="72"/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3073047763108324895.post-9152465244064939697</id><published>2009-02-27T02:42:00.000-08:00</published><updated>2009-02-27T05:23:32.756-08:00</updated><title type='text'>Clocharde?</title><content type='html'>&lt;a onblur=&quot;try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}&quot; href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEg-2K56MySEGmjewxX3Xn-ZLPNf32NvVeZZO-2RgGyjDPkVvIh0wzQqCrgoaheXpk5NXfTuOpLKVkJ3r6fyPCJ2fOOX0VvjfPXq0vO-97qDMUx4Cm5wFEkIbWrQt77fcdU1fH6dZXeVDe3J/s1600-h/actu+(2).JPG&quot;&gt;&lt;img style=&quot;display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 320px; height: 240px;&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEg-2K56MySEGmjewxX3Xn-ZLPNf32NvVeZZO-2RgGyjDPkVvIh0wzQqCrgoaheXpk5NXfTuOpLKVkJ3r6fyPCJ2fOOX0VvjfPXq0vO-97qDMUx4Cm5wFEkIbWrQt77fcdU1fH6dZXeVDe3J/s320/actu+(2).JPG&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;&quot;id=&quot;BLOGGER_PHOTO_ID_5307467204637849154&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;C&#39;est vrai, on les avait un peu oubliées, les nanas. C&#39;est qu&#39;elles sont plutôt rares dans la rue. Notre société supporte assez bien de voir quelques clodos, mais une clocharde lui donne mauvaise conscience. Alors elle a multiplié les filets de sécurité pour les femmes. Celles qui malgré tout passent au travers sont souvent en très très mauvais état à l&#39;arrivée. Et la rue ne leur fera pas de cadeau, le milieu étant salement macho.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En règle générale, ce qui implique donc des exceptions, les femmes ne restent que très peu de temps à la rue.&lt;br /&gt;« Esclavage, coups et blessures, torture, prostitution forcée, inceste, humiliation, enlèvement, viol, mépris, chantage, bestialité »&lt;br /&gt;De bonnes âmes ou de réels humains informés et attentifs les pousseront à entrer dans des filières adaptées et très discrètes. Trop de femmes finissent sans-abri pour fuir des violences qu&#39;il n&#39;est pas question que la société reconnaisse être fréquentes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De nombreux réseaux souterrains existent pour tenter de remédier à un véritable mensonge : notre civilisation protège les femmes et les enfants d&#39;abord. Bin voyons ! Comme on ne trouve pas les mots pour dire les horreurs qui existent, on n&#39;en parle pas, c&#39;est plus confortable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le pire c&#39;est qu&#39;il est peut-être préférable de ne pas en parler. Pour que ceux qui savent puissent agir en sécurité et rester efficaces.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu voudrais bien savoir de quoi il retourne ? Esclavage, coups et blessures, torture, prostitution forcée, inceste, humiliation, enlèvement, viol, mépris, chantage, bestialité. Tu te sens mieux, maintenant ? Si ce paragraphe est si court, c&#39;est que l&#39;auteur ne parle que de ce qu&#39;il a personnellement constaté et que, comme les autres, il ne sait pas par où commencer. Tu ne connais pas ton bonheur d&#39;être homme...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ca se passe en France, près de chez toi, aujourd&#39;hui, et c&#39;est loin, très loin d&#39;être exceptionnel. Ce n&#39;est même pas en train ce s&#39;arranger, excès de pauvreté et excès d&#39;argent ayant des conséquences excessives sur la nature humaine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il semble même qu&#39;une nouvelle génération vienne compléter la traditionnelle femme battue. On rencontre en effet dans la rue de plus en plus d&#39;étudiantes obligées de faire la manche pour bouffer avant de potasser la philo. Certaines ont recours à la prostitution occasionnelle pour se payer piaule ou bouquins. Rigole pas trop, les mecs aussi commencent à s&#39;y mettre. Ces jeunes cumulent deux exclusions, la première concernant les moyens de vivre, la seconde niant leur condition d&#39;exclu(e)s. Quel sera leur état d&#39;esprit dans quelques années, une fois rentré(e)s dans le modèle standard ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si tu veux mon avis, on se prépare de drôles de lendemains. Putain de civilisation.</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://one-freeworld.blogspot.com/feeds/9152465244064939697/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://one-freeworld.blogspot.com/2009/02/clocharde.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3073047763108324895/posts/default/9152465244064939697'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3073047763108324895/posts/default/9152465244064939697'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://one-freeworld.blogspot.com/2009/02/clocharde.html' title='Clocharde?'/><author><name>Unknown</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" url="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEg-2K56MySEGmjewxX3Xn-ZLPNf32NvVeZZO-2RgGyjDPkVvIh0wzQqCrgoaheXpk5NXfTuOpLKVkJ3r6fyPCJ2fOOX0VvjfPXq0vO-97qDMUx4Cm5wFEkIbWrQt77fcdU1fH6dZXeVDe3J/s72-c/actu+(2).JPG" height="72" width="72"/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3073047763108324895.post-2744183376968658930</id><published>2009-02-27T02:35:00.000-08:00</published><updated>2009-02-27T05:24:07.853-08:00</updated><title type='text'>La taule coute chère...c&#39;est le prix de ta &quot;non-liberté&quot;.</title><content type='html'>&lt;a onblur=&quot;try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}&quot; href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgRtbI-UKIQs1KcbKcUXsQXxbtWKgjm0W-6t_gp4lHe9Jf6FNGCjuwU1xZuVuGRgJ1ugQxFh728ILjps23lnT8CyAwsNLk5glch9IqqQ9YGxOM3Or_ficbwzJzUBAE9P0K97T0xX5Rhsp5d/s1600-h/actu+(13).JPG&quot;&gt;&lt;img style=&quot;display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 188px; height: 188px;&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgRtbI-UKIQs1KcbKcUXsQXxbtWKgjm0W-6t_gp4lHe9Jf6FNGCjuwU1xZuVuGRgJ1ugQxFh728ILjps23lnT8CyAwsNLk5glch9IqqQ9YGxOM3Or_ficbwzJzUBAE9P0K97T0xX5Rhsp5d/s320/actu+(13).JPG&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;&quot;id=&quot;BLOGGER_PHOTO_ID_5307467365159929666&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Quoi de plus classe que de pouvoir inscrire - Ancien interne de l&#39;administration pénitentiaire - sur une plaque de cuivre en bas de chez toi ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Mais je ne veux tuer personne, objecteras-tu ! Qui te le demande ? Crois-tu qu&#39;il faille être président d&#39;association, dirigeant d&#39;Elf-Aquitaine ou avoir été ministre de la santé pour prétendre aller en prison ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu n&#39;y es pas du tout. Nous sommes en France, il est donc très facile d&#39;aller en taule sans massacrer la moitié d&#39;une école. Un accident de voiture peut suffire.&lt;br /&gt;« Crois-tu qu&#39;il faille être président d&#39;association, dirigeant d&#39;Elf Aquitaine ou avoir été ministre de la santé pour prétendre aller en prison ? »&lt;br /&gt;Ou alors oublier de payer la pension alimentaire à ton ex. Ou bien te planter dans tes comptes et faire quelques chèques sans provision. Ou encore faire faillite avec ton épicerie de quartier. Parfois, il suffit d&#39;un voisin jaloux, ou tout simplement que le hasard ne t&#39;ait pas à la bonne... Comme tu vois, il est très facile d&#39;aller en prison, surtout si tu as la chance d&#39;avoir le teint mat ou un accent &quot;étrange&quot;, auquel cas il suffit d&#39;oublier tes papiers avant de sortir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D&#39;ailleurs l&#39;administration Européenne et des organisations non gouvernementales très respectables lorsqu&#39;elles s&#39;occupent de ce qui se passe chez les autres nous reprochent assez cette grande facilité d&#39;accès.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a en France, en arrondissant, 57000 taulards en permanence, pour 50000 places théoriques (un peu moins si on retire les cellules insalubres). Pourtant, on n&#39;a jamais vu un écriteau annonçant &quot;complet&quot; à l&#39;entrée d&#39;une prison. Dans la réalité vraie, en maison d&#39;arrêt on arrive facilement à faire tenir trois détenus par cellule. Et comme il ne sera pas dit que l&#39;administration laissera quelqu&#39;un sur le pavé, on rajoute un quatrième matelas par terre si on ne peut pas faire autrement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les maisons d&#39;arrêt sont fréquemment installées dans d&#39;anciens couvents ou monastères ayant été réquisitionnés par l&#39;état lors de la dernière révolution (1789, pas 1968).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme très peu de travaux ont été faits depuis, les conditions d&#39;hébergements peuvent parfois faire l&#39;objet de critiques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Toutes les maisons d&#39;arrêt ne se valent pas. Il faut te renseigner à l&#39;avance afin de choisir le lieu de ton arrestation. Michelin prépare actuellement un guide des meilleurs commissariats, gendarmeries et maisons d&#39;arrêt. En attendant sa parution, ne pas hésiter à poser des questions à ton entourage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En maison d&#39;arrêt, la durée moyenne de détention est légèrement inférieure à six mois, et six mois, c&#39;est vite passé. Mais pas toujours. Un séjour en prison ne s&#39;improvise pas, il faut te préparer si tu ne veux pas que l&#39;affaire tourne mal. Notamment prévoir un peu d&#39;argent car en prison tout se paie, pas seulement sa dette envers la société.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Etre taulard sans avoir d&#39;argent est fortement déconseillé&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C&#39;est pourquoi il vaut mieux commencer ton apprentissage de l&#39;exclusion par la prison. Y venir plus tard, une fois officiellement exclu et sans un rond, peut être très préjudiciable à l&#39;idée que tu te fais de la dignité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ne compte pas sur une aide de l&#39;état du genre ASSEDIC ou RMI, ça n&#39;existe pas en cellule, il faudra te débrouiller autrement. Ne compte pas non plus y travailler pour te faire un petit pécule.&lt;br /&gt;D&#39;une part, en maison d&#39;arrêt, il n&#39;y a pratiquement que le travail dit de service général (cuisine, ménage des couloirs, bibliothèque...) et les places sont rares, une vingtaine pour une taule standard de 300 assassins. Ce travail est très mal rémunéré, et si tu parvenais à gratter 200 euros par mois, ce serait bien beau et tu ferais des jaloux, ce qui est dangereux dans ce milieu.&lt;br /&gt;D&#39;autre part, il y a parfois la possibilité de travailler en cellule mais la surpopulation fait disparaître cette solution. De toute façon, être payé quelques centimes (de francs) par pièce assemblée ne te mènerait pas bien loin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n&#39;y a qu&#39;en centrale qu&#39;il est possible de tutoyer le SMIC, mais cela sort de ce qui nous intéresse ici.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Certes, en prison loyer, gaz et nourriture sont pris en charge par l&#39;Etat. Mais il faut payer la télé, qui est louée à des sociétés externes. Pour avoir une idée des tarifs, va par exemple chez Locatel et demande-leur combien ils facturent une location mensuelle, puis multiplie ensuite le chiffre par deux ou trois pour être près de la vérité.&lt;br /&gt;N&#39;espère pas non plus disposer d&#39;une cellule sans télé pour faire des économies, c&#39;est télé pour tout le monde. Pour une excellente raison : depuis qu&#39;elles sont installées, les taulards sont bien plus abrutis par le matraquage télévisuel que par le plus agressif des gardiens. C&#39;est facile à comprendre : regarde l&#39;effet produit par 3 heures de télé par jour, moyenne nationale, et imagine ce que peut donner l&#39;exposition à plus de 14 heures quotidiennes de TF1, 7 jours sur 7...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si tu n&#39;as pas d&#39;argent, il va falloir payer la télé autrement. Ne tenant pas à être censuré par mon fournisseur d&#39;accès Internet préféré, je te laisse imaginer les diverses ouvertures possibles, si je puis m&#39;exprimer ainsi...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Logiquement, la télé devrait être payée par l&#39;administration pénitentiaire. Sans l&#39;anesthésie qu&#39;elle provoque, la surpopulation carcérale serait ingérable et obligerait à construire de nouvelles prisons et à embaucher du surveillant à pleins fourgons.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu peux bien sûr te faire envoyer des mandats, mais quel intérêt pour quelqu&#39;un qui ambitionne de devenir exclu ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L&#39;administration prélève automatiquement des provisions sur tous les revenus dont tu pourrais disposer, d&#39;une part pour rembourser les probables amendes qui te collent au train ou dédommager d&#39;éventuelles victimes, d&#39;autre part pour constituer un pécule destiné à faciliter ta sortie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les occasions de dépenser de l&#39;argent sont nombreuses en cellule&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si, par exemple, tu veux améliorer l&#39;ordinaire en buvant un café après chaque repas, pas de problème. Il suffit de cantiner, c&#39;est-à-dire commander auprès des gardiens un paquet de café et un kilo de sucre et à te débrouiller pour la tasse et la petite cuillère. Le prix demandé varie fortement d&#39;une prison à l&#39;autre, les gardiens étant libres de faire les courses où ils veulent. A voir les tarifs pratiqués, il serait étonnant qu&#39;ils se fournissent en grande surface . Si l&#39;eau du robinet n&#39;est pas assez chaude pour le café, il faudra te bricoler un &quot;toto&quot;, astucieuse application des lois de l&#39;électricité malheureusement mal supportée par les fusibles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le tabac revient aussi très cher, que tu sois fumeur ou non. En cellule, tu n&#39;as pas d&#39;argent dans la poche, tu as du tabac. Si ton codétenu te demande un café, il paie en tabac. Si tu demandes un service à quelqu&#39;un, tu l&#39;échanges contre du tabac. C&#39;est la monnaie locale, et il vaut mieux en avoir toujours sur soi, ne serait-ce que pour calmer les ardeurs d&#39;un voisin de cellule au sang chaud. Sans argent, pas de tabac. Sans tabac, c&#39;est à tes risques et périls.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L&#39;administration fournit aux indigents un savon, un rouleau de papier cul et un paquet de rasoirs jetables. Une fois ce viatique épuisé, il te faudra cantiner. Par chance ou par manque d&#39;installation, la douche n&#39;est obligatoire que tous les quinze jours. Les conséquences sur l&#39;odeur des cellules surpeuplées ne sont pas aussi dramatiques qu&#39;on pourrait le craindre et au bout de quelques jours on ne sent plus rien.</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://one-freeworld.blogspot.com/feeds/2744183376968658930/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://one-freeworld.blogspot.com/2009/02/la-taule-coute-cherecest-le-prix-de-ta.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3073047763108324895/posts/default/2744183376968658930'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3073047763108324895/posts/default/2744183376968658930'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://one-freeworld.blogspot.com/2009/02/la-taule-coute-cherecest-le-prix-de-ta.html' title='La taule coute chère...c&#39;est le prix de ta &quot;non-liberté&quot;.'/><author><name>Unknown</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" url="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgRtbI-UKIQs1KcbKcUXsQXxbtWKgjm0W-6t_gp4lHe9Jf6FNGCjuwU1xZuVuGRgJ1ugQxFh728ILjps23lnT8CyAwsNLk5glch9IqqQ9YGxOM3Or_ficbwzJzUBAE9P0K97T0xX5Rhsp5d/s72-c/actu+(13).JPG" height="72" width="72"/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3073047763108324895.post-1878821167172168669</id><published>2009-02-27T02:32:00.000-08:00</published><updated>2009-02-27T05:24:43.247-08:00</updated><title type='text'>Incacération...</title><content type='html'>&lt;a onblur=&quot;try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}&quot; href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgpTyodYDFb3JFU0gPF86dZU9o6Dcf8ITmFrAPiRVz2JA4_y871Ccny_XCbS9_RvMvKozXXqmqugzrpp3NkhLufEyux2wyby63_fEzF_isS-FRfCRntu_55hMJZzwrQmXw9W8JPHcr-luCg/s1600-h/actu+(11).jpg&quot;&gt;&lt;img style=&quot;display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 320px; height: 312px;&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgpTyodYDFb3JFU0gPF86dZU9o6Dcf8ITmFrAPiRVz2JA4_y871Ccny_XCbS9_RvMvKozXXqmqugzrpp3NkhLufEyux2wyby63_fEzF_isS-FRfCRntu_55hMJZzwrQmXw9W8JPHcr-luCg/s320/actu+(11).jpg&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;&quot;id=&quot;BLOGGER_PHOTO_ID_5307467512574180818&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Puisque tu ambitionnes de devenir prévenu, autant être prévenu que l&#39;accès à la prison ne se fera pas sans quelques concessions. Par exemple, la fouille réglementaire que tout détenu subit comprend également la visite de l&#39;anus. Même si cette opération est faite avec doigté, elle surprend toujours un peu la première fois. Et elle sera effectuée à chaque fois que tu auras eu un contact avec quelqu&#39;un de l&#39;extérieur, visiteur ou avocat, par exemple.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu auras probablement l&#39;occasion de voir des gars s&#39;effondrer psychologiquement. Observer un vrai dur de quarante ans pleurer comme un enfant est une expérience intéressante. Il serait étonnant que tu n&#39;y passes pas toi aussi, cela t&#39;aidera à comprendre le pourquoi. En général, cela ne porte pas à conséquences. Profites&#39;en donc pour réfléchir sur les notions d&#39;humanité, de justice et de dignité. Sauf si tu es d&#39;un naturel dépressif bien sûr.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le fait de vivre 22 ou 23 heures sur 24 à deux ou trois, parfois quatre, dans 9 mètres carré, surface moyenne d&#39;une cellule, peut générer des problèmes. 9 mètres carrés, pour te donner une idée, c&#39;est la surface d&#39;une honnête place de parking.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La 24ème heure se passe obligatoirement en promenade, à tourner en rond dans une cour recouverte d&#39;un filet métallique anti-hélicoptère et surveillée par des miradors pour assurer ta sécurité. C&#39;est là que tu fais du commerce avec tes amis et te fais dépouiller par les autres. Pendant ce temps, les surveillants fouillent ta cellule.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans ces 9 mètres carrés de cellule, on trouve trois lits, un lavabo, une table, trois tabourets, une télé, un chiotte &quot;à ciel ouvert&quot;, un radiateur et trois fois 70kg de détenus avec affaires personnelles. Essaie de faire tenir tout ça sur une place de parking et tu auras plus de respect pour l&#39;administration pénitentiaire. La fenêtre minuscule est en hauteur et généreusement pourvue en solides barres d&#39;acier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La porte est recouverte d&#39;un blindage métallique. Le sol est en ciment brut. La peinture du béton mural est pisseuse, quelle que soit sa couleur d&#39;origine. Les lits et couchages sont de type militaire superposable. Seule touche de tendresse, le lavabo est blanc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le chiotte à ciel ouvert consiste en un chiotte parfois entouré d&#39;un muret d&#39;un mètre de hauteur maximum. Il permet aux gardiens de surveiller l&#39;ensemble de la cellule d&#39;un seul coup d&#39;oeil par le judas de la porte et à tes codétenus de partager ton intimité. Le nouvel arrivant en sera constipé pendant quelques jours mais finira par se soumettre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La lumière est commandée par les surveillants. En règle générale, le réveil à lieu entre 6 et 7 heures, et l&#39;extinction des feux et des télés vers 23 heures.&lt;br /&gt;Le seul interrupteur installé dans la cellule permet d&#39;appeler les surveillants en cas d&#39;urgence. Il est recommandé d&#39;en user avec parcimonie, ni la disponibilité ni l&#39;humour ne faisant partie de la formation des gardiens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lorsque tu es embastillé, la privation de liberté n&#39;est pas le plus dur à supporter. Ni les diverses atteintes à ce qu&#39;il te reste de dignité. La véritable peine c&#39;est le bruit. Métallique pour les portes, les grilles, les clés. Bovin pour tous les déplacements en troupeaux dans les couloirs et les escaliers. Rythmé lorsque les surveillants sondent à la matraque la résistance des barreaux de chaque fenêtre pendant la promenade. Incohérent lorsque 100 télés fonctionnent avec 50 postes de radio. Abrutissant quand 300 personnes vivent entassés dans quelques mètres carrés. Le restant de ta vie en sera changé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pire, toute ton attention est focalisée sur ce bruit. Parce que c&#39;est la principale source d&#39;information à ta disposition. Le bruit t&#39;indique l&#39;heure des repas, de la douche, de la promenade. Tu essaies de deviner quelle cellule vient de s&#39;ouvrir et pour quel motif. Tu guettes la position des surveillants, des détenus chargés du ménage ou de la distribution de livres. Tu attrapes vite une oreille de concierge dont tu ne pourras plus jamais te débarrasser.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si tu peux te le permettre, évite de recevoir des visites au parloir. La promiscuité, les voix et les parfums de femmes, les pleurs et les rires d&#39;enfants, les odeurs de l&#39;extérieur en ont fait craquer plus d&#39;un, autrement plus solides que toi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le coiffeur est gratuit, n&#39;hésite pas à demander. Sauf si tu n&#39;as pas de tabac, ou si le détenu chargé du &quot;salon&quot; est maçon dans le civil bien sûr. Le matériel, tabouret et tondeuse, est installé dans une cage de fouille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu peux cantiner de la bière sans problème. On ne livre que de la sans alcool, mais les combines permettant de remédier à cette caractéristique sont nombreuses et on te renseignera rapidement. Attention toutefois à bien connaître tes voisins de cellule, certains ayant la cuite méchante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour compenser, il y a les médocs. Exige de voir le toubib dès ton arrivée, la consommation est encouragée par l&#39;administration qui y trouve un moyen efficace d&#39;assurer le calme dans les cellules. En les stockant et en testant divers mélanges, tu peux espérer obtenir des effets intéressant, mais ça ne marche pas à tous les coups.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ne crois pas tout ce qu&#39;on raconte à propos des suicides de détenus. Moins d&#39;une centaine par an, ils ont lieu essentiellement les tout premiers jours d&#39;incarcération et aux abords du procès. Bourre-toi de médocs pendant ces périodes et tout ira bien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;N&#39;aie pas peur non plus de la violence entre détenus, il n&#39;y a pas tant de morts violentes que ça en cellule. Les blessures ne sont pas comptabilisées, bien sûr, parce que les gardiens ne peuvent jamais déterminer si la victime ne s&#39;est pas auto-mutilée. Méfie-toi quand même des cellules, escaliers, couloirs, douches et cour de promenade.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les agressions sexuelles entre détenus ne doivent pas t&#39;inquiéter. Compte tenu qu&#39;il n&#39;y a que trois personnes par cellules, même si ça tournait mal pour toi ce serait vite passé. De plus, le nombre de viols reconnus pas l&#39;administration pénitentiaire et ayant donné lieu à des poursuites est vraiment dérisoire. Quant aux agressions provenant des gardiens, elles se concentrent généralement sur les travestis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les malades mentaux n&#39;ayant pas leur place en prison peuvent être dangereux, mais leurs crises ne durent jamais bien longtemps. N&#39;hésite pas à frapper le premier. Les surveillants connaissent leurs clients et le plus souvent tu n&#39;auras pas d&#39;ennuis pour ça.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans toutes les maisons d&#39;arrêts, il y a des possibilités de faire rentrer de la drogue. N&#39;oublie pas que tu n&#39;es pas un taulard comme les autres, tu es en train de suivre une formation pour devenir exclu. La drogue est certes une très bonne façon d&#39;y parvenir, mais pour un novice, il vaut mieux éviter de suivre deux pistes en même temps. Tu pourras toujours y venir une fois que tu seras libéré. Et puis le tarif de la barrette dans la cour de promenade n&#39;est pas raisonnable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jusqu&#39;à ces derniers temps, il était possible de faire des affaires avec les surveillants. Des imprudences ayant été commises, renseigne-toi avant de tenter le coup.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sauf provocation, tu n&#39;as rien à redouter des surveillants. La définition de la provocation n&#39;ayant pas encore été portée à la connaissance du personnel, il vaut mieux rester prudent et limiter les contacts au maximum.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La qualité de la nourriture n&#39;est pas un motif suffisant pour vouloir faire un stage en maison d&#39;arrêt. Avec quelques francs pour trois repas par jour et par personne, l&#39;administration ne peut pas faire de miracle. D&#39;où l&#39;importance de pouvoir cantiner pour améliorer l&#39;ordinaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A propos de repas : il n&#39;existe aucun réfectoire dans aucune prison française. Tous les repas se prennent tièdes et en cellule. Arrête un peu de confondre réalité et cinéma hollywoodien.</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://one-freeworld.blogspot.com/feeds/1878821167172168669/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://one-freeworld.blogspot.com/2009/02/incaceration.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3073047763108324895/posts/default/1878821167172168669'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3073047763108324895/posts/default/1878821167172168669'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://one-freeworld.blogspot.com/2009/02/incaceration.html' title='Incacération...'/><author><name>Unknown</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" url="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgpTyodYDFb3JFU0gPF86dZU9o6Dcf8ITmFrAPiRVz2JA4_y871Ccny_XCbS9_RvMvKozXXqmqugzrpp3NkhLufEyux2wyby63_fEzF_isS-FRfCRntu_55hMJZzwrQmXw9W8JPHcr-luCg/s72-c/actu+(11).jpg" height="72" width="72"/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3073047763108324895.post-1066745178209437563</id><published>2009-02-27T02:30:00.000-08:00</published><updated>2009-02-27T02:32:56.787-08:00</updated><title type='text'>En taule...</title><content type='html'>Puisque tu veux devenir exclu, commence à t&#39;habituer à demander des aides gratuites. L&#39;avocat qui assurera ta défense, par exemple.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il suffit d&#39;être fauché pour qu&#39;on t&#39;en fournisse un gratuitement. Bien sûr, pour ce prix, ne t&#39;attends pas à un miracle, mais ça ne se verra pas. Tu as droit à être représenté par un avocat, ne prétends pas en plus vouloir être défendu, il faut savoir être raisonnable. Comme il serait exceptionnel que tu le rencontres plus d&#39;une fois avant le jugement, ça n&#39;a pas vraiment d&#39;importance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lorsque ton procès arrivera, pense à te faire le plus beau possible. Cela n&#39;a aucune influence sur le juge, mais il faut garder sa dignité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En fait, le verdict est parfois (souvent ?) déjà rédigé. Les magistrats n&#39;ayant pas le temps d&#39;examiner chaque affaire, c&#39;est le secrétariat qui fait tourner la boutique. Chaque tribunal possède donc son barème standard, différent d&#39;une cour à l&#39;autre. Il convient de te renseigner sur le tarif de base avant de te faire alpaguer par les poulets.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La formalité du procès est rapide, moins d&#39;un quart d&#39;heure par personne. Dans plus de la moitié des cas, tu seras condamné à une peine légèrement supérieure à la durée de ta détention préventive, ce qui ne doit rien au hasard et encore moins à la justice. Compte tenu des remises de peine, tu sortiras donc quelques semaines après ton procès.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Attention quand même. L&#39;augmentation régulière du nombre de détenus vient de l&#39;alourdissement sensible des peines, pas d&#39;une augmentation du nombre d&#39;affaires jugées. En gros, le tarif a doublé en 25 ans et actuellement 40 % des détenus se prend plus de cinq ans dans la vue. Ce qui fait passer la moyenne à 3 ou 4 ans au frais, et ça n&#39;a rien de drôle. Après un tel séjour, tu serais irrécupérable pour l&#39;exclusion et tout juste bon à devenir délinquant pour de vrai.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Passé l&#39;épreuve du trapèze (le procès), le moment est venu de penser à assurer ton avenir d&#39;exclu. Bientôt, tu auras droit à l&#39;étiquette - Ancien Taulard -, et il faut te préparer à une nouvelle vie pleine d&#39;aventures et de rebondissements. Demande à être reçu par quelqu&#39;un du service social. En principe c&#39;est automatique, mais ils sont tellement débordés qu&#39;il y a de fortes chances qu&#39;ils t&#39;aient oublié.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un exclu n&#39;a pas d&#39;attache et doit pouvoir changer fréquemment de région : demande un billet de train. Prépare une histoire comme quoi tu dois absolument aller à l&#39;autre bout du pays si tu veux avoir une chance de refaire ta vie. Ce sera accordé, ils sont trop contents de te voir quitter le secteur. Choisis une ville au bord de la mer, des vacances ne te feront pas de mal au teint.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Presque toutes les villes ont des services réservés à l&#39;assistance aux personnes récemment libérées de prison. Tu devrais assez facilement obtenir un hébergement pour quelques mois, ce qui te laissera le temps de réfléchir à la meilleure façon d&#39;étrenner ton nouveau statut d&#39;ex-bagnard.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il te faudra bien ça pour perdre toutes les habitudes qui t&#39;ont imprégnées pendant ces quelques mois passés à l&#39;ombre. Et réapprendre à fermer toi-même ta porte à clé.</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://one-freeworld.blogspot.com/feeds/1066745178209437563/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://one-freeworld.blogspot.com/2009/02/en-taule.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3073047763108324895/posts/default/1066745178209437563'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3073047763108324895/posts/default/1066745178209437563'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://one-freeworld.blogspot.com/2009/02/en-taule.html' title='En taule...'/><author><name>Unknown</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3073047763108324895.post-7581746255628566205</id><published>2009-02-27T02:21:00.000-08:00</published><updated>2009-02-27T05:25:54.107-08:00</updated><title type='text'>Centre d&#39;accueil,asile de nuit...</title><content type='html'>&lt;a onblur=&quot;try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}&quot; href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgDXny2Cq8h1V5AuRXy5Up9kgjV7clZBrmSTq0bWGph59czYFRHN0e-A_HxmKyi_-Ry-JV6sUuQLAVvrfCLiZWdbblR9B12DK_Kzie59n_l0zodhVTSt1IJkMjoSoi-0Dwj6HpMkQuc7dox/s1600-h/actu+(16).jpg&quot;&gt;&lt;img style=&quot;display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 320px; height: 213px;&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgDXny2Cq8h1V5AuRXy5Up9kgjV7clZBrmSTq0bWGph59czYFRHN0e-A_HxmKyi_-Ry-JV6sUuQLAVvrfCLiZWdbblR9B12DK_Kzie59n_l0zodhVTSt1IJkMjoSoi-0Dwj6HpMkQuc7dox/s320/actu+(16).jpg&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;&quot;id=&quot;BLOGGER_PHOTO_ID_5307467813533790882&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Tu débarques dans une ville inconnue en touriste et tu ne sais pas ou dormir ? Pas de problème, il existe une combine qui permet de dormir gratuitement.&lt;br /&gt;Si on parle de rapport qualité/prix, tu risques de penser que puisque le prix est nul, la qualité l&#39;est aussi. Et tu aurais tort. Parce que non seulement tu paies zéro franc, mais en plus le repas du soir et le p&#39;tit déj&#39; sont compris. C&#39;est pas génial, l&#39;exclusion ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La première fois évidemment ça fait un drôle d&#39;effet. Asile de nuit ! Rien que le nom te fera rester quelques nuits de plus dehors.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais la fatigue, le besoin de te laver, le froid ou la pluie te pousseront à tenter ta chance. De plus, le nom officiel est centre d&#39;hébergement, voire centre d&#39;hébergement et de réinsertion sociale (prononcer CHRS), ce qui change tout. Mais si tu te perds et que tu demandes le CHRS, tu n&#39;es pas près d&#39;arriver. Tandis qu&#39;en demandant l&#39;asile de nuit, tout le quartier connaît. Depuis le temps que ses habitants réclament sa fermeture...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C&#39;est ainsi qu&#39;un soir, d&#39;un pas assuré, le sac bien accroché à l&#39;épaule, tu te lances. Et très vite tu as un problème. Les autres. Tous ces types qui s&#39;avancent comme toi dans cette rue. Ce n&#39;est pas possible, tu ne peux pas aller avec eux, pas toi. Tu n&#39;as rien à voir avec ces gens-là ! Et tu passes rapidement devant l&#39;entrée sans même jeter un coup d&#39;oeil. Encore une nuit à dormir dehors...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il faut s&#39;y reprendre à trois fois au moins avant d&#39;oser franchir le pas. La timidité n&#39;a rien à voir là-dedans. Mais pour se mêler à la faune qui gravite autours des asiles de nuit, il faut accepter l&#39;idée que tu en fais toi aussi partie. Et ça, fiston, ce n&#39;est pas un truc qu&#39;on accepte sans essayer de marchander un peu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il faut s&#39;inscrire parfois dès 6H le matin pour avoir une chance de trouver une place. Les formalités sont réduites au minimum : nom, prénom, âge et théoriquement pièce d&#39;identité. Si tu as de bonnes raisons de penser que tu as des flics accrochés à tes baskets, passe ton chemin. Tous les centres d&#39;accueil sont obligés de tenir un livre de police +/- bien tenu et +/- régulièrement contrôlé. Une fois inscrit c&#39;est bonnard pour une quinzaine de jours renouvelables l&#39;été. A Paris du moins parce qu&#39;en province c&#39;est souvent limité à 5 jours non renouvelables.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces dernières années les places offertes ont beaucoup augmenté en qualité. Par contre c&#39;est assez mal barré pour la quantité. Plusieurs centres, parisiens et provinciaux, ne pourront plus ouvrir ou proposeront moins de places et l&#39;avenir se présente assez mal. Tu peux toujours te consoler en te disant que c&#39;est pour la bonne cause puisqu&#39;il s&#39;agit de supprimer de vieux dortoirs réellement insalubres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais revenons à nos moutons. Muni de ta carte de pointage toute neuve tu te présentes à 18H pour ta première nuit à l&#39;asile. Et tu comprends le pourquoi des moutons. L&#39;hiver, certains centres peuvent accueillir plusieurs centaines de personnes (+ de 700 pour Nicolas Flamel à Paris (1)). Courage, tu t&#39;habitues très vite à cette promiscuité. Et en fouillant dans le tas tu retrouves fréquemment des copains perdus de vue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une fois rentré, direction le réfectoire. Quel qu&#39;en soit l&#39;agencement, tous ces bonshommes avec leurs sacs se bousculent forcément un peu, mais bon. Pas de commentaire sur la qualité de la nourriture, tu n&#39;es pas là pour ça. C&#39;est chaud, ça tient au corps, tu ne paies rien, qu&#39;est-ce que tu veux de plus ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ensuite, la douche. La première fois, tu seras peut-être gêné de te promener à poil devant tout le monde, mais là aussi on s&#39;habitue très vite. Ah, la première douche ! Toi qui vis encore en appart, tu ne connais rien du plaisir qu&#39;on peut ressentir à prendre une douche. Le sexe, c&#39;est du pipi de chat en comparaison. La différence entre l&#39;homme et l&#39;animal c&#39;est l&#39;eau chaude.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si tu as l&#39;oeil vif et que tu sais faire preuve de beaucoup de tact, c&#39;est l&#39;occasion de découvrir l&#39;étendue des dégâts que l&#39;exclusion provoque sur le corps humain standard. A moins qu&#39;un corps abîmé soit un facteur d&#39;exclusion, va savoir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une fois propre, tu disposes d&#39;un peu de temps avant l&#39;extinction des feux. Télé, cartes, bavardages ou disputes de pochards, tu choisis. Lorsque le ton monte trop des surveillants interviennent, mais dans l&#39;ensemble le tri a été fait à l&#39;entrée et les plus bourrés sont restés dehors.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une journée passée à marcher à travers la ville incite au repos. On trouve de plus en plus de box en remplacement des bons vieux dortoirs. Ce n&#39;est quand même pas des chambres individuelles et le lit est couramment à 2 étages, parfois 3 l&#39;hiver, et il y en a au minimum 4 par box.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des chaussettes et des slips vaguement lavés sèchent un peu partout. Certains centres fournissent des draps mais souvent tu devras te débrouiller avec une simple couverture. Pour plus de confort intellectuel évite de te demander si elles sont lavées entre deux pensionnaires (elles ne le sont qu&#39;en fin de saison, ainsi que les matelas dans les centres les mieux tenus). En revanche, rien à dire depuis quelques années sur la propreté des locaux. Du moins à l&#39;ouverture parce qu&#39;ensuite cela peut se gâter.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les ronflements démarrent de bonne heure. Ne traîne pas trop le réveil est entre 5H30 et 6H. Le matin est peut-être le plus impressionnant. Outre le fait que tu te demandes pendant quelques instants ce que tu peux bien faire dans ce gourbis, la levée des corps est homérique. Même ceux qui ont fait l&#39;armée à la dure en conviendront.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D&#39;abord avoir accès aux chiottes avant qu&#39;il n&#39;y ait plus de papier cul et qu&#39;ils soient bouchés au papier journal. Ensuite le dégazage des bronches. Tous les toubibs diront qu&#39;il faut arrêter la cigarette, tous les gens ayant un tant soit peu de bon sens diront que la misère n&#39;arrange pas la santé. Enfin, quelques paranos gueulent comme des veaux car ils ont oublié qu&#39;ils ont dépensé leurs trois francs six sous à picoler la veille au soir avant de rentrer à l&#39;étable. En aucun cas ne se mêler de ces histoires, beaucoup ayant le réveil particulièrement agressif.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le petit déjeuner est généralement à volonté. Pas la tienne mais celle de celui qui attend ta place. Ne te prive pas de reprendre une tartine pour autant, la journée va être longue. Puis entre 6H et 6H30 tout le monde est jeté dehors. Ceux qui ont fait du bordel se font déchirer leur carte d&#39;accès, ils devront tenter leur chance ailleurs. Demain, car il est souvent déjà trop tard aujourd&#39;hui pour s&#39;inscrire ailleurs.&lt;br /&gt;L&#39;idée à l&#39;origine de ce lâcher de fauves si matinal, été comme hiver, est que cela donne le temps d&#39;aller se présenter pour l&#39;embauche à la porte des usines. C&#39;est dire si la pauvreté ne date pas d&#39;aujourd&#39;hui...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les faits, il faut reconnaître que ces asiles remplissent correctement leur rôle dans des conditions d&#39;accueil de plus en plus &quot;humaines&quot;. Une fois que tu te seras un peu habitué à tes voisins de palier, tu n&#39;hésiteras plus à t&#39;inscrire. C&#39;est fou ce qu&#39;on perd vite l&#39;habitude de dormir dehors et de puer le fauve !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le problème de la durée limitée de séjour peut généralement être contourné en faisant le tour des divers centres d&#39;accueil. A condition qu&#39;il y en ait plusieurs, bien sûr. A Paris pas de problème, mais en province c&#39;est une autre histoire. Beaucoup de villes jouent là-dessus pour décourager l&#39;incrustation, comme ils évitent de dire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voilà comment ça se passe.&lt;br /&gt;Aujourd&#39;hui, chaque ville se doit d&#39;avoir un centre d&#39;accueil pour les sans-abri (on ne dit jamais asile de nuit pour les clochards quand on parle le politiquement correct). C&#39;est obligatoire pour montrer que la municipalité travaille pour l&#39;ensemble de la population. De là à trouver valorisant d&#39;avoir plusieurs centaines de dossiers RMI à traiter, faut quand même pas trop en demander. Alors on se contente d&#39;un seul centre. Très propre. Très bien aménagé. Très photogénique. Un centre de petite capacité, forcément. Pour pouvoir travailler plus efficacement à la réinsertion des bénéficiaires. Plus humainement aussi, car bien sûr ces gens malmenés par la vie ont droit à ce qu&#39;on leur donne une véritable deuxième chance pour un nouveau départ, etc, etc...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui n&#39;est pas écrit dans les reportages promotionnels des journaux locaux, c&#39;est que le petit nombre de places implique une sélection à la tronçonneuse. L&#39;un des principaux critères est d&#39;avoir des attaches dans la ville, ce qui est facile à justifier si jamais un électeur posait une question déplacée. Un autre critère, plus insidieux (prononcer dégueulasse), consiste à exiger des preuves de stabilité, puisqu&#39;il est bien sûr contre-productif de s&#39;engager dans un travail de réinsertion si ces gens-là n&#39;arrêtent pas de bouger.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et la stabilité quand tu es à la rue, ce n&#39;est pas ce que tu réussis le mieux, hein ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour finir de te pourrir la vie, autant savoir dès le départ que si par miracle tu parvenais à te faire inscrire sur le rôle, tu aurais plutôt intérêt de filer droit et d&#39;être de bonne composition. Et de la réussir du premier coup ta réinsertion. On t&#39;a parlé d&#39;UNE deuxième chance. Pas de plusieurs et encore moins de troisième. La langue française est très claire sur ce point, et si tu comprends déjà pas l&#39;français, mon pôve garçon...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le résultat le plus probable est que tu vas te faire jeter, oh pardon : tu vas partir de toi-même sur un coup de tête et foutre en l&#39;air tout l&#39;investissement que la ville avait consenti pour te ramener dans le droit chemin. Ingrat que tu es. Bien sûr, après un coup pareil, pas la peine de ramener ta tronche dans aucun service social de la ville. Il ne te reste plus qu&#39;à griller le train (voyager sans billet) encore une fois...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une autre façon de ne pas avoir trop de pauvres sur ses trottoirs consiste à compliquer consciencieusement toutes les démarches à effectuer. Délocaliser au maximum les différents services aux quatre coins de la ville, et si possible en installer au moins un dans une zone périphérique mal desservie par les transports en commun. Il est aussi facile d&#39;instaurer des horaires adaptés. On trouve ainsi des services sociaux accessibles uniquement sur rendez-vous pris plusieurs semaines à l&#39;avance pour des entretiens entre 10H et 11H30 uniquement, alors gaffe de ne pas oublier un papier. Et si ce n&#39;est pas ton jour, la personne qui devait te recevoir est en congé maternité. Le coup de l&#39;erreur de l&#39;ordinateur est également fréquent, et de subir des délais de paiement, voire des dossiers entiers à refaire : c&#39;est dingue ce que les ordinateurs peuvent perdre comme papiers ! Certains services ont aussi un organigramme tellement complexe que l&#39;assistante sociale la plus compréhensive ne saura jamais vers qui t&#39;orienter.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En ce domaine, pas de limite à l&#39;imagination. Même plus la peine de maintenir des personnes incompétentes aux guichets ou de dresser le policier milicipal (2) à faire chier son monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Certains CHRS (Centre d&#39;Hébergement et de Réinsertion Sociale) voient grand. S&#39;ils acceptent les &quot;passagers&quot;, ils ont aussi des prétentions de réinsertion à ton égard. Sous prétexte d&#39;agir pour ton bien, ton séjour est dépendant de ta volonté affichée de te réinsérer. Alors sois gentil, affiche, ça fera plaisir aux éducateurs/trices et tu dormiras au chaud pendant un bon moment.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu auras droit de discuter de tes projets avec un/e éducateur/trice diplômé/ée d&#39;état, ce qui ne t&#39;engage pas à grand chose.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« C&#39;est en CHRS qu&#39;on rencontre le plus de violence, autant le savoir à l&#39;avance »&lt;br /&gt;Le tout est de prévoir un projet de vie. Le français moyen n&#39;a pas besoin de connaître son avenir, mais l&#39;exclu, lui, y est contraint. Heureusement, les éducateurs/trices expérimentés/ées se contentent de peu. Ce sont les p&#39;tits/tites jeunes qui sont pénibles. Malheureusement, ils/elles ont rarement le temps de devenir expérimentés/ées car les ruptures de vocation sont fréquentes dans ce métier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le CHRS, c&#39;est pratique pour tout ce qui est administratif. Cela va de la carte d&#39;identité à refaire jusqu&#39;à l&#39;élaboration d&#39;un compromis à propos d&#39;amendes SNCF qui prennent vite des proportions ubuesques, en passant par la constitution d&#39;un dossier RMI ou d&#39;éventuelles négociations avec divers représentants de justice. Et c&#39;est déjà beaucoup.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le gros avantage du CHRS, c&#39;est que tu peux t&#39;en prendre pour 6 mois, parfois renouvelables dans certaines conditions de soumission. A toi de voir si tu as envie ou besoin de jouer la comédie pendant quelque temps, histoire de te refaire une santé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En contrepartie, tu y trouveras une population plus jeune qu&#39;en asile de nuit. Plus droguée. Présentant beaucoup plus de problèmes graves de comportement, d&#39;agressivité et de troubles mentaux. C&#39;est en CHRS qu&#39;on rencontre le plus de violence, autant le savoir à l&#39;avance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelles que soient les préventions envers les éducateurs, il faut reconnaître qu&#39;ils n&#39;ont pas la bonne place. La société se débarrasse avec beaucoup de désinvolture de ceux qu&#39;elle ne veut pas voir traîner dans ses pattes. Dans un environnement différent, les gardiens de prison connaissent également cet aspect du problème. Une vielle histoire de marteau et d&#39;enclume semble-t-il, agrémentée de lâcheté et d&#39;hypocrisie de la part de la société.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un aspect méconnu des asiles de nuit et autres lieux d&#39;hébergement c&#39;est que, si tu es un peu attentif, tu peux y faire des rencontres exceptionnelles. C&#39;est un bon endroit pour essayer de comprendre l&#39;exclusion et la façon dont les concernés s&#39;y adaptent. Les sociologues et les philosophes devraient y faire des stages plus souvent. Côté hébergés évidemment.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La concentration sur un même espace de personnes venant de tous horizons permet de prendre conscience des différents parcours pouvant mener à la rue. Il suffit d&#39;un peu de curiosité et de beaucoup de patience. Curiosité pour oser regarder plus loin que le bord de son assiette. Patience pour laisser l&#39;autre redécouvrir la confiance envers autrui. Jusqu&#39;à ce qu&#39;il raconte sa vraie vie. Ca demande du temps, mais du temps tu pourrais en revendre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Petit truc pour discerner invention et réalité dans le discours. Quand tu perçois du soulagement dans la voix, c&#39;est que tu viens de mettre en lumière quelque chose qui jusque là était resté soigneusement enfoui. Attention quand même, ne va pas te prendre pour ce que tu n&#39;es pas et provoquer des catastrophes en prétendant sauver le monde. Il est très fréquent que ce secret soit une découverte pour celui-là même qui te le révèle. Alors facilite la parole, écoute et ferme-la. Tes conseils, devine où tu peux te les mettre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il existe en banlieue parisienne un centre d&#39;accueil un peu particulier. Son nom officiel est CHAPSA (Centre d&#39;Hébergement et d&#39;Accueil pour Personnes Sans Abri, rien que ça !), mais pour les intéressés il n&#39;est connu que sous l&#39;appellation de «Nanterre» et ses employés sont appelés &quot;les bleus&quot;. Ne pas les confondre avec la bande à Jacquet, il s&#39;agit plus prosaïquement de la couleur de l&#39;uniforme qui permet de les identifier de loin et de tenter de se défiler. C&#39;est que Nanterre n&#39;a pas bonne presse dans la rue parisienne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le but de ce centre est de fournir de force un accueil à tous ceux qui se font ramasser par la brigade de bleus lâchée dans la ville à la chasse aux clochards.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils ramassent donc en priorité ceux qui sont trop bourrés pour se sauver. Ou trop mal en point pour courir. Ou trop âgés pour lutter encore. La population qui s&#39;entasse peu à peu dans le vieux bus RATP repeint en bleu CRS qu&#39;ils utilisent est donc très haute en couleurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une fois la cargaison complète, les bleus mettent le cap sur un ancien hôpital (ou ancienne prison ?) reconverti sis à Nanterre. Accueil privilégié. A savoir, une fois l&#39;inscription terminée, douche obligatoire pendant que les fringues sont passées systématiquement à l&#39;étuve pour épouillage. Un toubib profite de tout ce monde à poil pour jeter un coup d&#39;oeil. C&#39;est là que le CHAPSA a modifié le cours de l&#39;histoire de France. L&#39;anecdote mérite d&#39;être connue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A propos de santé, on rencontre également d&#39;autres variétés de toubibs les mains compromises par le cambouis de la pauvreté, comme quoi il ne faut jamais désespérer. Mais il va falloir aller à la page ad hoc pour en savoir plus sur Médecins du monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Dans certains asiles de nuit, il existe deux catégories d&#39;hébergés : les résidents et les passagers. La différence tient au fait que les résidents (il n&#39;y a pas si longtemps on disait &quot;assistés&quot;...) sont embauchés et sont exemptés de la limitation de durée d&#39;hébergement. Oh, faut pas rêver, l&#39;embauche dont il est question n&#39;a rien à voir avec la législation du travail. Disons qu&#39;en échange d&#39;un minimum de travail tu es mieux logé, tu reçois de l&#39;argent de poche et tu peux rester plus longtemps que les 15 jours habituels.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La formule est probablement à la limite de la légalité, mais comme elle a son utilité, ne cherche pas la bagarre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« La formule est probablement à la limite de la légalité, mais comme elle a son utilité, ne cherche pas la bagarre »&lt;br /&gt;Le travail demandé consiste par exemple en ménage des locaux, en surveillance ou en coups de mains à la cuisine. Parfois, comme dans le cas du centre Nicolas Flamel à Paris, tu peux aussi être mis à disposition de la municipalité pour accomplir des petits travaux de déménagement, d&#39;entretien et autres bricoles pour les différents services municipaux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Etre résident peut te permettre de te stabiliser un peu, de mettre quelques sous de côté et de prendre du recul vis-à-vis de la rue. Tu peux aussi en profiter pour devenir alcoolique qualifié, mais rien ne t&#39;y oblige. En plus, contrairement aux CHRS classiques, pas d&#39;éducateurs sur le dos pour te pomper l&#39;air, tu fais ta vie comme tu l&#39;entends dans la limite du règlement intérieur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D&#39;autres CHRS peuvent te faciliter l&#39;accès à un logement intermédiaire. C&#39;est quoi ce truc ? Simple. Il s&#39;agit d&#39;un véritable logement (HLM ou SONACOTRA) destiné à servir de transition entre le collectif et l&#39;autonomie. C&#39;est que, vois-tu, vivre à la rue ou dans des asiles de nuit désapprend le savoir-vivre de tout bon locataire qui se respecte. Sans compter que ta situation d&#39;assisté de longue date a aussi des conséquences notables sur ta capacité à retrouver un comportement de citoyen pleinement supportable par son entourage.&lt;br /&gt;L&#39;expérience a montré qu&#39;un apprentissage +/- long était nécessaire pour passer de la rue à l&#39;appart. Quand on vous dit que l&#39;exclusion provoque des dégâts...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Note bien que pour passer de l&#39;appart à la rue c&#39;est beaucoup plus rapide car, dans ce sens, l&#39;apprentissage se fait après coup. Sur le tas et à la dure.</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://one-freeworld.blogspot.com/feeds/7581746255628566205/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://one-freeworld.blogspot.com/2009/02/centre-daccueilasile-de-nuit.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3073047763108324895/posts/default/7581746255628566205'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3073047763108324895/posts/default/7581746255628566205'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://one-freeworld.blogspot.com/2009/02/centre-daccueilasile-de-nuit.html' title='Centre d&#39;accueil,asile de nuit...'/><author><name>Unknown</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" url="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgDXny2Cq8h1V5AuRXy5Up9kgjV7clZBrmSTq0bWGph59czYFRHN0e-A_HxmKyi_-Ry-JV6sUuQLAVvrfCLiZWdbblR9B12DK_Kzie59n_l0zodhVTSt1IJkMjoSoi-0Dwj6HpMkQuc7dox/s72-c/actu+(16).jpg" height="72" width="72"/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3073047763108324895.post-8591304502275369205</id><published>2009-02-27T02:12:00.000-08:00</published><updated>2009-02-27T05:26:22.412-08:00</updated><title type='text'>Manger dans la rue..</title><content type='html'>&lt;a onblur=&quot;try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}&quot; href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjeErAvvoEjo5i9Z3qW1VnAp_JTXwBlpDmcYz0kcNwd1TOtZK3E6WW4bL9ewYvXt0lJ5ezgFx3V-xeNmzLAYqJtMiOWSUwmgzdyq_XtWAqUkXZB6QtQYCjwB26CpWZNlWnd4q3kHQ2MglCp/s1600-h/actu+(4).jpg&quot;&gt;&lt;img style=&quot;display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 202px; height: 320px;&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjeErAvvoEjo5i9Z3qW1VnAp_JTXwBlpDmcYz0kcNwd1TOtZK3E6WW4bL9ewYvXt0lJ5ezgFx3V-xeNmzLAYqJtMiOWSUwmgzdyq_XtWAqUkXZB6QtQYCjwB26CpWZNlWnd4q3kHQ2MglCp/s320/actu+(4).jpg&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;&quot;id=&quot;BLOGGER_PHOTO_ID_5307467928757346866&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Mourir de faim dans la France d&#39;aujourd&#39;hui n&#39;est pas difficile. C&#39;est même bien plus facile que de découvrir les adresses où il te sera possible de croûter pour pas un rond.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourtant, il existe un peu partout des communautés religieuses, des associations et des services municipaux qui distribuent de la nourriture pour pas cher puisque c&#39;est gratuit ou contre une pincée de francs dans le pire des cas. Mais sais-tu où ils sont installés ? Quelles en sont les conditions d&#39;accès ? Les horaires ? Les jours de fermeture ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ne t&#39;attends pas à trouver ici une liste exhaustive de ce qui se fait de mieux dans ta ville. L&#39;important est de savoir qu&#39;il existe toujours une solution. Pour la connaître, il suffit de demander.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« ...si tu n&#39;as pas admis une bonne fois pour toutes que tu es un pauvre, un miséreux, un indigent, un assisté... »&lt;br /&gt;A qui ? Bin tiens, à ceux qui savent, gros bêta. Non, pas aux services sociaux qui sont rarement au courant des dernières innovations, mais à tes collègues de misère, ceux que tu finis par connaître à force de les croiser tout au long des bureaux que tu visites régulièrement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour que cette page puisse t&#39;être d&#39;une quelconque utilité, il faut d&#39;abord vérifier que tu es apte à en profiter. Pas la peine de perdre ton temps si tu n&#39;as pas admis une bonne fois pour toutes que tu es un pauvre, un miséreux, un indigent, un assisté incapable de subvenir par lui-même à ses besoins les plus élémentaires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il faut aussi que tu aies fait le deuil de quelques illusions : la distribution de nourriture, gratuite ou pour le franc symbolique, n&#39;est pas destinée à te sortir de la misère mais à te permettre d&#39;y vivre. C&#39;est d&#39;ailleurs une constante que tu retrouveras dans tous les domaines, qu&#39;il s&#39;agisse de la distribution de vêtements, de l&#39;octroi d&#39;allocations diverses ou de la mise à disposition de services destinés à te maintenir relativement propre ou en bonne santé. Le chapitre sur la réinsertion devrait te convaincre s&#39;il te reste un doute là-dessus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais supposons que tu sois lucide et revenons à nos gamelles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Te voilà donc en possession d&#39;une adresse où tu pourras obtenir de quoi manger. Probable que celui qui t&#39;a renseigné te servira aussi de guide. C&#39;est qu&#39;il vaut mieux être accompagné pour la première. Suis la manoeuvre et surtout ne réfléchis pas, cela t&#39;évitera de paniquer au dernier moment. Quand il faut tendre la main.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parce qu&#39;on a beau dire, ce n&#39;est pas si facile que ça de tendre la main. Surtout pour obtenir quelque chose d&#39;aussi chargé de symbole que la nourriture. Celui qui n&#39;est même pas capable d&#39;assurer sa gamelle n&#39;est pas un Homme. Pas même un animal. Il n&#39;est rien. A la rigueur un parasite, ou de la vermine, s&#39;il faut vraiment mettre un nom sur la chose.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La mémoire ancestrale n&#39;est peut-être qu&#39;une hypothèse de travail, mais le fait est que toute vie sur cette vieille terre est d&#39;abord une lutte pour la gamelle. De la bactérie originelle à Céline Dion : même combat !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si la perpétuation de l&#39;espèce est le but à atteindre, l&#39;alimentation est le moyen obligé pour y parvenir. La condition sine qua non. Toute civilisation est construite sur la capacité de l&#39;individu à assurer sa tartine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu ne t&#39;attendais pas à être entraîné si loin pour une histoire de sandwich, hein ? C&#39;est pourtant un banal problème de bouffe qui est le plus souvent à l&#39;origine de la disparition des nombreuses espèces qui ont précédé l&#39;avènement du clochard urbain. On hésite un peu à tendre la main devant toute cette multitude...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourtant, tu la tends, cette main. Et une bonne soeur ou un bénévole y colle de quoi bouffer. Les yeux à ras de terre, tu files vite fait dans un coin tranquille pour bâfrer comme un porc. Gaffe quand même. Si tu restes trop longtemps sans manger tes glandes salivaires se mettent en chômage technique et la reprise est effroyablement douloureuse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les premiers casse-croûte sont engloutis en quelques secondes, que tu savais pas qu&#39;on pouvait avaler si vite. Chaque miette est soigneusement picorée, tant pis pour les piafs et les pigeons réunis en cercle autour de toi. Ensuite, cela se calme à mesure que tu acquiers la certitude que la nourriture est assurée et tu partages volontiers avec les moineaux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La règle générale qui préside à ces distributions de sandwich est qu&#39;il vaut mieux avoir une passion pour le pâté de foie et être amoureux de la Vache qui rit (marque déposée). Parce que tu n&#39;as pas fini d&#39;en bouffer... Mais, entre nous, crois-tu être en position de critiquer le menu, hum ? Non ? Alors mange et tais-toi. Si tu es sage, tu seras parfois récompensé d&#39;un yaourt ou d&#39;une pomme. Pour la petite cuillère tu te débrouilles et pour le couteau, il y a longtemps que tu devrais en avoir un au fond de ta poche si tu veux passer pour un pro.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pendant que tu digères confortablement vautré sur un banc public, profites-en pour réfléchir au pourquoi du comment de ces distributions de casse-croûte. Est-ce que quelqu&#39;un t&#39;a demandé quelque chose avant de cloquer le bout de pain dans ta main tendue ? Non. Et cela te paraît normal dans notre douce société mercantile ? Ce pain et ce qu&#39;il contient, il a bien fallu que quelqu&#39;un le paie, puisque payer n&#39;est pas ce que tu réussis le mieux. Ils l&#39;auraient fait pour ta belle gueule ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A moins que tu ne considères comme normal qu&#39;on te nourrisse gratuitement à rien foutre. Si c&#39;est le cas, dégage de ce site et n&#39;y remets jamais les pieds, tu ne comprends vraiment rien à l&#39;exclusion.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« il n&#39;est pas impossible que par la suite tu sois tenté de penser qu&#39;on devrait peut-être te remercier d&#39;être affamé »&lt;br /&gt;Mais non, en vérité tu es vaguement conscient que cette Vache qui rit quotidienne, tu lui dois une fière chandelle. Et de la chandelle au cierge, ce n&#39;est qu&#39;une question de taille. Comme quoi, la taille, quoi qu&#39;on dise...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Saillie un tantinet déplacée puisque tu as deviné de quoi nous allons nous entretenir maintenant. C&#39;est que presque toutes les distributions de casse-croûte sont assurées par des bonnes soeurs ou, en cas de pénurie locale, par des associations de bénévoles motivés par des principes religieux. Ne commence pas à lever les bras au ciel, personne ne te demande de signer quoi que ce soit, et pratiquement toutes les religions sont présentes sur le terrain de l&#39;entraide alimentaire dans un sain oecuménisme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Toutes ont intégré l&#39;idée que l&#39;assistance au plus fragile était une façon de se grandir, ou de se purifier, voire carrément une obligation. Au quotidien, c&#39;est souvent moins net, mais dans l&#39;ensemble ça fonctionne, heureusement pour toi. Parfois, quand au lieu d&#39;un sandwich on te donne un vrai repas chaud, on te demande de respecter un bref instant de silence ou de chant avant de te remplir la panse, mais c&#39;est bien le bout du monde et cela ne t&#39;engage à rien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;N&#39;oublie pas que bouffer du curé ne nourrit pas son homme. Quand tu es à ce point dans la détresse que tu es réduit à demander l&#39;aumône d&#39;une Vache qui rit, tu l&#39;acceptes. Sans faire de commentaire même si tu n&#39;en penses pas moins à propos des motivations de ceux qui te nourrissent et du sens profond de leur geste. Dans cette histoire, le concret c&#39;est la bouffe que tu as dans le ventre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Reste que si au début tu as envie de remercier la main qui te nourrit, il n&#39;est pas impossible que par la suite tu sois tenté de penser qu&#39;on devrait peut-être te remercier d&#39;être affamé. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lorsque ce n&#39;est pas l&#39;un des dieux qui t&#39;engraisse c&#39;est le service public, qui ne leur cède en rien à propos d&#39;obscures motivations.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans quelques grandes villes, tu trouveras des restaurants municipaux ouverts aux plus pauvres. Prévus à l&#39;origine pour les ouvriers que 12 heures de travail n&#39;arrivaient pas à nourrir suffisamment pour rester productifs, ils ont, depuis l&#39;avènement du chômage de masse, renouvelé leur clientèle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L&#39;accès y est beaucoup plus compliqué, administration oblige. Il faut prendre rendez-vous avec une assistante sociale qui te délivrera, peut-être, une carte valable pour un nombre précis de repas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« un repas complet, chaud, établi par des nutritionnistes, c&#39;est quand même autre chose qu&#39;un bout de pain grignoté sur un banc »&lt;br /&gt;Selon tes qualités de négociateur, ce sera soit gratuit soit payant et pour une semaine déjeuner seulement ou pour un mois midi et soir. Avec un peu de pratique tu arriveras facilement à manger chaud midi et soir pour pas cher.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si le sandwich à la Vache qui rit est identique de Nice à Dunkerque, c&#39;est une autre chanson pour les restaurants municipaux. Mais dans l&#39;ensemble les cuisiniers font du bon boulot, parfois même des miracles qu&#39;on n&#39;attendait pas de ce côté de la frontière état/église. Et un repas complet, chaud, établi par des nutritionnistes, c&#39;est quand même autre chose qu&#39;un bout de pain grignoté sur un banc. Passer du casse-croûte au repas équilibré, c&#39;est un bond en avant dans ta carrière d&#39;exclu, ne laisse pas passer ta chance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La gratuité de ces repas est quasi assurée pendant les premières semaines. Ensuite, ton assistante sociale deviendra plus difficile à endormir. Admets qu&#39;elle a de solides arguments. Tu touches maintenant ton RMI régulièrement, tu es informé de tous les services mis à ta disposition pour te faciliter l&#39;exclusion, probable que tu es casé dans un foyer ou peut-être en appart de transition. Bref, c&#39;est maintenant donnant donnant. La collectivité t&#39;aide, à toi de participer concrètement. Dans ce bas monde, concret s&#39;écrit en Euros (on en trouve encore en francs français, mais l&#39;auteur anticipe pour ne pas avoir à y revenir).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un beau jour, c&#39;est le clash : pas de carte gratuite. Tu paies ou tu retournes à ton pâté de foie. Bon. Sois beau joueur et, après un dernier baroud d&#39;honneur, renseigne-toi sur les tarifs. Dans le pire des cas, on te demandera de payer les 3/4 du prix de revient de la marchandise que tu as dans l&#39;assiette. Soit de un euro à un euro et quelque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si tu te fais ta bouffe toi-même à coup de boites de cassoulets, tu t&#39;en tires au mieux pour 150 Euros pour un régime gravement déséquilibré. Plus le gaz. Moins la santé. C&#39;est toi qui vois. Sans compter que manger seul face à sa casserole de fayots, c&#39;est mauvais pour le moral et ça invite fortement à la picole.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Range tes priorités dans le bon ordre&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si tu as réussi à te trouver un appart, tu peux avoir intérêt à te faire connaître des Restos du coeur. Si ton budget est limite, ne te prive surtout pas de cette possibilité au nom de je ne sais quelle pudeur, timidité ou autre honte franchement déplacée. Dans l&#39;exclusion comme partout, il y a des priorités à respecter. En premier, la nourriture. Ensuite le logement. Après, tout le reste que tu ranges dans l&#39;ordre que tu veux. Oui, oui, l&#39;argent fait partie du reste. Il faut d&#39;abord manger à sa faim avant de pouvoir prétendre gagner assez d&#39;argent pour manger !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si tu as des problèmes de malnutrition, et ça s&#39;attrape vite, pas la peine de perdre ton temps à penser au boulot. Tu ne tiendrais pas le coup. Tous ceux qui te disent que tu ferais mieux de chercher du travail plutôt que de tendre la main sont des cons finis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Il faut d&#39;abord manger à sa faim avant de pouvoir prétendre gagner assez d&#39;argent pour manger ! »&lt;br /&gt;Dans le monde d&#39;aujourd&#39;hui, le plus petit travail justifiant un salaire même minimum présuppose que tu as le ventre plein.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien sûr, le journaliste écrivant un article sur le manque d&#39;entrain du RMIste vis-à-vis de l&#39;ANPE...Toi tu sait ce que c&#39;est que manger un sandwich sur le pouce. Il oublie seulement qu&#39;en rentrant chez lui, il se met les pieds sous la table en salivant à l&#39;idée de ce que bobonne lui a mijoté de bon. Les dégâts qu&#39;une alimentation insuffisante provoque sont largement sous-estimés, voire méconnus, dans nos pays riches en graisses superflues.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Couche dehors si tu ne peux pas faire autrement, mais essaie de manger chaud et équilibré. Tu as l&#39;impression qu&#39;on prend le problème à l&#39;envers ? Pfuu, t&#39;es long à percuter, toi... Ce site est destiné à faire de toi un exclu pour longtemps. Le ventre vide ou gonflé à l&#39;alcool pour l&#39;oublier fait chuter ton espérance de vie dans des proportions déraisonnables.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A quoi bon vouloir être exclu si c&#39;est pour crever avant la fin de l&#39;histoire ?</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://one-freeworld.blogspot.com/feeds/8591304502275369205/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://one-freeworld.blogspot.com/2009/02/manger-dans-la-rue.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3073047763108324895/posts/default/8591304502275369205'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3073047763108324895/posts/default/8591304502275369205'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://one-freeworld.blogspot.com/2009/02/manger-dans-la-rue.html' title='Manger dans la rue..'/><author><name>Unknown</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" url="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjeErAvvoEjo5i9Z3qW1VnAp_JTXwBlpDmcYz0kcNwd1TOtZK3E6WW4bL9ewYvXt0lJ5ezgFx3V-xeNmzLAYqJtMiOWSUwmgzdyq_XtWAqUkXZB6QtQYCjwB26CpWZNlWnd4q3kHQ2MglCp/s72-c/actu+(4).jpg" height="72" width="72"/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3073047763108324895.post-1893244047621338386</id><published>2009-02-27T01:51:00.000-08:00</published><updated>2009-02-27T02:12:31.435-08:00</updated><title type='text'>Et avec le RMI...</title><content type='html'>Notre société étant ce qu&#39;elle est, même le pauvre doit avoir du pognon. Du moins au début, tant qu&#39;il est sous dépendance de son passé de consommateur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Heureusement pour toi, Michel Rocard a inventé l&#39;exclusion ainsi que le RMI qui va avec. Il suffit ainsi de te faire connaitre en tant que SDF pour te voir attribuer une rente mensuelle de 400 euros environs, selon que le ciel au-dessus de ta tête est couvert ou étoilé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le français moyen est persuadé qu&#39;une telle somme ne permet pas de vivre décemment. Le clochard nouveau-né aussi. Et pourtant ! Qu&#39;est-ce que tu as comme frais fixes ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu peux manger gratos, le Secours Populaire ou Catho peut te filer des fringues régulièrement, des Boutiques de Solidarité te permettent de te laver, linge compris, pour pas un rond, café offert en prime. Jusqu&#39;au tabac que tu peux ramasser aux arrêts de bus si la météo y met du sien. Et lorsque le temps se gâte tu n&#39;as qu&#39;à faire un tour à l&#39;asile du coin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si tu es malin et à la rue, tes 400 picotins, tu peux te les garder comme argent de poche. Demande donc au smicard s&#39;il dispose d&#39;une telle somme à claquer chaque mois en tiercé et/ou en demi de bibine ! En fait, beaucoup de vrais SDF disposent d&#39;une somme rondelette accumulée sur un livret d&#39;épargne (nous y reviendrons plus loin).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D&#39;où viennent alors les récurrentes demandes de relèvement des minima sociaux ? Démagogie, récupération, amalgame et désinformation y seraient pour quelque chose... C&#39;est vrai que ceux qui gueulent le plus fort ne sont pas toujours les plus mal nourris. C&#39;est tout aussi vrai que la réalité est plus complexe que ce que quelques slogans bien torchés pourraient laisser entendre à grands coups de mégaphone et de 7 secondes au journal de 20H.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Explication de texte&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Observons de près un RMI par exemple. On s&#39;aperçoit aussitôt qu&#39;il est versé à deux populations très différentes. D&#39;une part les sans domicile fixe, subdivisés entre ceux qui dorment vraiment dehors et ceux qui fréquentent assidûment asiles et foyers.  D&#39;autre part, de très loin la plus grosse part, silencieuse parce que trop occupée à survivre pour avoir le temps de se manifester, tous ceux avec domicile fixe mais sans aucune ressource. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour ceux qui sont à la rue, le RMI est destiné à rendre la délinquance moins nécessaire. Pour ceux qui ont un toit, il sert à les ligoter dans l&#39;exclusion afin que le reste du pays puisse maintenir son train-train de vie.&lt;br /&gt;Voilà la face cachée des deux premières lettres de RMI : revenu minimum (le I est abordé dans le chapitre réInsertion).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Venir à bout d&#39;un RMI en 30 jours n&#39;est pas à la portée du premier consommateur venu. Cela demande une adaptation +/- longue selon tes capacités d&#39;. En simplifiant outrageusement, disons que si tu prétends continuer à te conformer à tout ce que tu as appris depuis ta plus douce enfance, tu vas traverser une crise existentielle sévère. Alors que si tu es capable de te remettre en cause de la cave au grenier, tu vas découvrir qu&#39;il est facile (relativement, c&#39;est noté) de vivre confortablement, voire même de te tricoter un joli bas de laine. Oui oui, à partir d&#39;un RMI standard.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En premier lieu, comprendre que ce n&#39;est pas parce que tu touches le RMI que tu n&#39;as pas le droit de faire des heures sup. Même si, pour que cela reste générateur de plus-values, il faut savoir interpréter de façon novatrice quelques lignes de législation. Les métiers qui s&#39;offrent à toi sont variés et nul doute que tu trouveras parmi un stock d&#39;options le secteur où tu pourras exprimer ta créativité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les principaux domaines d&#39;activité concernent la manche (mendicité en médiatiquement correct), la débrouille (débrouillardise en médiatiquement correct) et enfin la bricole ou le black (travail déclaré ou au noir en tu sais quoi). Toutefois, ces appellations ne sont pas certifiées ISO 9002 et il est parfois difficile de savoir d&#39;où provient le pognon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le SDF a donc du fric à flamber. Les moins malins le biberonnent rapidement et se finissent le mois à la manche. Les autres manchent, bricolent ou se débrouillent avec obstination, contrôlent leur consommation et thésaurisent, sauf chômage météorologique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et c&#39;est ainsi que certains livrets d&#39;épargne de cloches ou de RMIstes dépassent la brique de crédit. Aberration ? Que nenni. Saine réaction que celui qui a un jour manqué cruellement de quelque chose fasse en sorte que cela ne puisse pas se reproduire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« pour que cela reste générateur de plus-values, il faut savoir interpréter de façon novatrice quelques lignes de législation »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourquoi rester à la rue si tu as plus d&#39;un bâton sur ton compte ? Question bien plus fondamentale qu&#39;il n&#39;y paraît, approchée dans le chapitre réinsertion. En bref (le temps du non-exclu est précieux), pour le clodo qualifié l&#39;argent ne représente plus rien et il ne sait pas quoi en faire. Ce n&#39;est pas un comble, c&#39;est la différence entre pauvreté et exclusion.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De toute façon, ce n&#39;est pas une brique ou deux qui suffiront à te sortir de l&#39;exclusion. Celle-ci, comme son nom l&#39;indique, ne dépend pas que de toi mais aussi des autres. Un exemple concret ? Va trouver un logement si tu n&#39;as pas de fiches de paie à présenter. Utilise donc ton argent pour te faire quelques extra de temps en temps et gardes-en une partie comme parachute en cas de coup dur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En second lieu (le premier est juste au-dessus, pas la peine de vérifier), ce n&#39;est pas parce que tu as de l&#39;argent que tu es tiré d&#39;affaire. Un RMI boosté de revenus complémentaires est amplement suffisant si tu es clochard, c&#39;est une autre paire de manches si tu t&#39;es installé dans une piaule. Le pauvre de l&#39;an 2000 n&#39;est pas celui qui déshonore son trottoir en y tendant la main, c&#39;est celui que tu ne soupçonnes même pas d&#39;exister tant il est discrètement occupé à ne pas mourir dans l&#39;heure qui suit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En supposant que le déroulement de ta carrière d&#39;exclu t&#39;ait permis de poser ton sac au sec, assurer ton maintien dans ce logement va devenir un boulot à plein temps. Tu voulais un toit, tu l&#39;as. Tu aurais pu te douter que tuiles et ardoises sont fournies avec...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Logement = échéances, impossible de passer à travers. Loyer, charges, assurance, énergie, eau, téléphone, entretien, réparations, effraction, amélioration de l&#39;habitat et autre redevance audiovisuelle sont compris dans le lot.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nourriture, habillement, transport, hygiène, culture, information, loisirs n&#39;apparaissent pas ici car n&#39;étant pas directement liés au logement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De deux choses l&#39;une : soit tu n&#39;as que le RMI complété de l&#39;allocation logement, soit tu es en état d&#39;arrondir tes fins de mois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le premier cas, accepte nos condoléances les plus sincères. Parce que tu vas mourir bientôt. En tant que digne représentant de l&#39;espèce humaine dans le meilleur des cas. Pour plus d&#39;infos, tu n&#39;as qu&#39;à aller voir le paragraphe qui exploite scandaleusement la question du logement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le second cas, tu as intégré l&#39;idée selon laquelle nécessité fait loi et tu parviens à faire rentrer un peu d&#39;argent +/- clandestin dans ton porte-cartes de crédit. Sous certaines conditions, il est alors possible que tu puisses envisager rester locataire assez longtemps pour que ton entourage soit stupéfait par ta réinsertion.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un mot sur les conditions susmentionnées ? Bon. Pas de picole en semaine, d&#39;abords ça coûte trop cher, ensuite un poivrot n&#39;est bon à rien et on ne peut pas compter sur lui pour du boulot. Un moral en béton de première qualité pour encaisser les dizaines de &quot;désolé, mais je ne peux pas te garder&quot; que tu vas entendre. Une certaine philosophie est également fort utile pour lisser les aléas, innombrables, de ta vie. Un ou des centres d&#39;intérêts jalousement cultivés pour penser à autre chose qu&#39;à ton nombril et ne pas virer carriériste. Un optimisme capable de terrasser le moindre doute. Entre autres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Travailler à rester solvable pour tous ceux qui cherchent à te bouffer la laine sur le dos va te prendre le plus clair de ton temps. Pourtant au début c&#39;est génial. Tu es enfin CHEZ TOI, même que ton nom est soigneusement calligraphié sur la boite aux lettres et sur la sonnette. Tu invites tout ce que tu connais de paumés pour leur faire voir ce que toi tu es capable de faire quand tu t&#39;énerves. Par la suite, ça se nuance un peu. Les fameuses échéances mentionnées plus haut qui s&#39;infiltrent par la boite aux lettres...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu colmates les fuites comme tu peux, mais de temps en temps tu es contraint de recourir aux services sociaux ou aux associations que tu t&#39;étais pourtant bien promis/juré/craché de ne plus fréquenter. Autant de perdu pour ton image de marque que tu commençais à restaurer. C&#39;est pourtant pas faute d&#39;enchaîner stages bidons, petits boulots, temps partiels, horaires décalés ou fractionnés et autres bienfaits de la nouvelle économie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais tu ne sais pas encore le pire. Mélanger allègrement RMI, allocation logement et salaires diversement déclarés est une excellente recette pour se retrouver à la rue. L&#39;administration est bien incapable de gérer avec le même brio que toi tous les bouleversements que tu fais subir à ta situation financière.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rien que pour le RMI, elle ne te demande des comptes que tous les trois mois. En trois mois, si tu te bouges un peu et que la Force est avec toi, tu peux parfois fournir plus de vingt fiches de paies d&#39;employeurs différents.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Devant un tel déferlement, la CAF, après un savant calcul, va adapter le montant de ton RMI en fonction de tes ressources déclarées. Ou de ce qu&#39;elle en a compris. L&#39;expérience montre que le résultat est rigoureusement imprévisible. Tu peux aussi bien recevoir une lettre t&#39;annonçant la suppression de ton RMI et te sommant de rembourser plusieurs milliers de francs qu&#39;une autre maintenant ton RMI dans son intégralité, parfois même y ajoutant un versement de rappel que tu perdrais ton temps à chercher d&#39;où ça vient. La règle : si ça baisse, râle, si ça monte, ferme-la.&lt;br /&gt; Après d&#39;âpres négociations destinées à limiter l&#39;amplitude des variations... Va faire un budget prévisionnel dans ces conditions ! La seule façon de ne pas te prendre une gamelle consiste à faire des économies et donc, obligatoirement, à ne pas déclarer certains revenus. Vouloir redevenir honnête citoyen passe par la dissimulation et le mensonge. Un comble ? Un vrai.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si malgré quelques autres coups bas prévisibles tu persistes à honorer tes factures tout en mangeant à ta faim, tu seras alors parvenu au nirvana du pauvre : solidement ancré dans ton statut d&#39;exclu, il ne te reste plus qu&#39;à attendre tranquillement la retraite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Minimum vieillesse, bien sûr. S&#39;il existe encore.</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://one-freeworld.blogspot.com/feeds/1893244047621338386/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://one-freeworld.blogspot.com/2009/02/notre-societe-etant-ce-quelle-est-meme.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3073047763108324895/posts/default/1893244047621338386'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3073047763108324895/posts/default/1893244047621338386'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://one-freeworld.blogspot.com/2009/02/notre-societe-etant-ce-quelle-est-meme.html' title='Et avec le RMI...'/><author><name>Unknown</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3073047763108324895.post-5620175543911276038</id><published>2009-02-27T01:49:00.000-08:00</published><updated>2009-02-28T03:13:11.402-08:00</updated><title type='text'>Avec le RMI,draguer ça craint!!!</title><content type='html'>Certes, les longues heures d&#39;attente à la CAF favorisent les rencontres.&lt;br /&gt;Certes, se retrouver d&#39;un guichet à l&#39;autre fini par créer des liens.&lt;br /&gt;Certes, il est facile d&#39;engager une conversation devant les listings de l&#39;ANPE.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De là à faire exclusion commune !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu es bien sûr au courant que la misère sexuelle déborde largement du petit monde de l&#39;exclusion, très largement, tellement que c&#39;est même la norme. Tu es conscient que malgré de prétendues révolutions et/ou libérations tout reste à faire ou presque et que les vantardises sont infiniment plus fréquentes que les bons coups. Tu admets aussi qu&#39;on n&#39;a pas inventé grand chose en la matière depuis l&#39;origine de l&#39;Homme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bon. Ca va nous faire gagner du temps et on va pouvoir se concentrer sur ce qui t&#39;intéresse : comment qu&#39;on baise quand on est exclu ? Réponse : comme tout le monde. Avec malgré tout un bémol : l&#39;exclusion c&#39;est pas bandant. Voilà, tu sais tout, le reste de la page n&#39;est là que pour meubler et tu peux zapper maintenant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour draguer, le RMI n&#39;est pas ce qu&#39;on a trouvé de mieux. N&#39;accable pas Rocard, ce n&#39;était pas sa principale préoccupation.&lt;br /&gt;« si tu déclares ta flamme au conjoint de ta vie, oublie d&#39;en parler à la CAF »&lt;br /&gt;Au point qu&#39;il a même réussi à saloper sa copie : deux RMIstes qui décideraient de se la jouer en couple risquent fort d&#39;y laisser des plumes. A savoir, deux RMI &quot;personne isolée&quot; à 400 e chacun deviennent un RMI &quot;couple&quot; à 600 pour deux. Petit conseil gratuit : si tu déclares ta flamme au conjoint de ta vie, oublie d&#39;en parler à la CAF. C&#39;est le fameux problème : si ceux qui foutent rien gagnent autant que l&#39;honnête smicard, où va l&#39;monde ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien sûr, c&#39;est illégal de ne pas informer l&#39;administration et en cas de contrôle il va falloir négocier serré... Désolé de parler fric dès le début d&#39;une histoire d&#39;amour, mais l&#39;exclusion étant ce qu&#39;elle est les problèmes d&#39;argent n&#39;incitent guère à la bagatelle. Libido et RMI ne jouent pas dans la même catégorie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Difficile dans ces conditions de parler cul sur un site à la gloire de l&#39;exclusion. Tu dois en effet te douter que la position la plus utilisée est l&#39;abstinence. Cela te met à l&#39;abri de pas mal de maladies inconfortables et tu fais des économies de capotes, mais ce n&#39;est pas vraiment le pied.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourtant dans la pire galère peut se glisser un rayon de soleil. La misère au quotidien peut aussi te permettre de redéfinir quelques priorités. Tu as déjà appris que l&#39;argent n&#39;était pas indispensable pour vivre, que les modèles de comportement ne sont que des modèles et qu&#39;il n&#39;est pas indispensable d&#39;être reconnu par la société pour exister. Puisque maintenant tu as l&#39;habitude de remettre en question les évidences, pourquoi t&#39;arrêter en si bon chemin ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Commençons par le commencement : avant le couple il y a deux personnes seules. Comment vis-tu ta sexualité quand tu es seul et en galère. Très mal au début, tant que les hormones te joueront des tours. Puis très vite les problèmes de survie auront des conséquences notables sur le fonctionnement de tes glandes préférées et le désir sexuel disparaîtra presque totalement derrière d&#39;autres urgences. Lorsque tu en es encore au stade manger dormir, tous les autres besoins deviennent superflus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une fois le ventre plein, c&#39;est une autre paire de manches. Ton corps recommencera à te faire savoir ses envies et tu vas comprendre ce que frustration veut dire. Le quidam moyen maîtrise assez mal sa sexualité, surtout en état de manque, et chez les moins solides cela peut devenir dangereux pour tout ce qui bouge alentour. Si cela devait t&#39;arriver, sache qu&#39;en prison les pointeurs (auteurs de délits/crimes de moeurs) sont très mal tolérés par les autres détenus et guère mieux par les gardiens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors essaie de rester humain et de garder le sens de la mesure. Le plus raisonnable est de se calmer à la main (d&#39;où le sens de la mesure...). Cela n&#39;arrange pas la frustration, au contraire même, mais cela rabote l&#39;obsession. Et dès que l&#39;envie recommence à te monter à la gorge, tu sais ce qu&#39;il te reste à faire.&lt;br /&gt;« dès que l&#39;envie recommence à te monter à la gorge, tu sais ce qu&#39;il te reste à faire »&lt;br /&gt;Cette manipulation est infiniment plus répandue que ce que chaque individu est prêt à reconnaître en public. En dehors de l&#39;exclusion aussi, quelle question !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une fois bien installé dans ton nouveau métier d&#39;exclu, tu finiras aisément par trouver tout un réseau d&#39;opportunités pour pas cher. Le manque d&#39;amour étant fort répandu, il est assez facile de faire des rencontres sans lendemain. Dans chaque ville se trouvent des lieux de rencontres pour quémandeurs d&#39;un moment d&#39;oubli, dans toutes campagnes se trouvent des personnes souhaitant un instant d&#39;oubli. Évite quand même de te conduire en bête, la tendresse n&#39;est pas interdite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il arrive parfois qu&#39;un petit boulot soit payé en nature. N&#39;espère pas t&#39;incruster pour si peu mais range plutôt l&#39;instant dans tes souvenirs, ça pourra servir plus tard pendant les périodes de pénurie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Certains trouvent malin de zoner autour des foyers qui accueillent des femmes en perdition. C&#39;est toi qui vois mais c&#39;est prendre des risques inutilement. S&#39;il est relativement facile d&#39;y faire des rencontres, il ne faut pas oublier qu&#39;il s&#39;agit d&#39;une population fragilisée. En profiter manquerait de classe, non ? Et puis il arrive que les ex fréquentent aussi le quartier mais pour d&#39;autres motifs. Gaffe, ce sont très souvent des violents difficiles à raisonner.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu peux aussi te mettre à fréquenter assidûment certains jardins publics présents dans chaque ville de quelque importance. Là aussi c&#39;est toi qui vois, on y rencontre parfois des homosexuels à l&#39;ancienne qui assument mal leur préférence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu rencontreras aussi de plus en plus d&#39;étudiant(e)s prêt(e)s à beaucoup de choses pour un billet ou deux. Que des jeunes utilisent la prostitution occasionnelle pour pouvoir continuer leurs études n&#39;est pas forcément le signe d&#39;un avenir radieux. Note que ce type de prostitution est en train de devenir un petit boulot comme un autre. Cela ne se limite pas aux étudiant(e)s, trop de fins de mois sont ainsi arrondies dans bien des foyers insoupçonnables. Quand il devient possible de négocier les tarifs, c&#39;est que quelque chose ne va pas...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu me diras que ce n&#39;est pas ton problème. Tu pourrais t&#39;entendre répondre que rien ne t&#39;oblige à te comporter en salaud. Tu seras peut-être effrayé de constater ce que tu peux obtenir pour trois fois rien. Si tu rentres dans ce circuit, tâche au moins d&#39;avoir l&#39;élégance d&#39;être tendre et généreux, même si cela doit espacer tes visites et t&#39;obliger à te finir à la main une fois de plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et n&#39;oublie pas, on distribue des préservatifs dans presque tous les endroits que tu seras amené à fréquenter régulièrement. La diversité des partenaires multiplie les risques, plus d&#39;excuses pour ignorer cela aujourd&#39;hui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Envisager la vie à deux demande un minimum de confiance dans l&#39;avenir. Partager quand on n&#39;a pas assez pour soi, c&#39;est beau, c&#39;est grand, ça redonne confiance en l&#39;humanité. Au quotidien, cela perd un peu de son brillant et ça peut devenir pénible à vivre. Pourtant, bien des exclus tentent l&#39;aventure. Parce que la solitude, à la longue, ça rend con et qu&#39;il paraît que la masturbation, elle, rend sourd. Comme si tu n&#39;avais déjà pas assez d&#39;ennuis comme ça.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le mariage d&#39;argent étant assez rare dans le monde de l&#39;exclusion, reste la raison et le coup de foudre. Est-il raisonnable de croire que la misère à deux est plus facile à vivre ? Peut-être. Tu peux au moins supposer que ça ne risque guère d&#39;être pire. Quant au coup de foudre mieux vaut ne pas trop compter dessus, ton statut te rendant littéralement invisible aux yeux de l&#39;immense majorité des inclus. Tu auras l&#39;air malin si tu te mets à remuer de la queue devant quelqu&#39;un incapable de concevoir ton existence...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Entendons-nous bien : envisager la vie de couple suppose que tu n&#39;es pas complètement destroy et que tu te comportes à peu près en être humain.&lt;br /&gt;Notamment à propos d&#39;hygiène car les odeurs aussi seront mises en commun. Et rappelle-toi que l&#39;alcool n&#39;aide guère à faire bon ménage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comment trouver l&#39;âme soeur/frère ? Pas de panique, ce n&#39;est pas si compliqué. Lors du dernier recensement de la population, l&#39;INSEE n&#39;a pu que constater la multiplication des foyers composés d&#39;une seule personne. Parmi tou(te)s ces solitaires, beaucoup le sont par défaut. De nombreux séparé(e)s, divorcé(e)s ou en instance de. Plus quelques-un(e)s convaincu(e)s qu&#39;avec la gueule qu&#39;ils(elles) ont, ils(elles) n&#39;ont que ce qu&#39;ils(elles) méritent. L&#39;offre existe donc, le problème se résumant à oser la demande.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ta formation d&#39;exclu va te servir. Tu sais maintenant repérer du premier coup d&#39;oeil le(la) solitaire malgré lui(elle) dans les files d&#39;attentes. A toi de parler, parce que si tu attends que ça te tombe tout rôti dans la main... Tu n&#39;es pas obligé de rester confiné dans l&#39;exclusion, au contraire même, rappelle-toi : la solitude ratisse large.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ah, évidemment, le premier contact n&#39;est pas facile. Ne t&#39;attends pas à trouver ici une recette infaillible, cela n&#39;existe pas. Paradoxalement, une fois la glace brisée, tout va très vite, c&#39;est oui ou non, c&#39;est copain copain ou plus si affinité très rapidement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C&#39;est que si le besoin est trop présent la moindre rencontre prend une autre dimension. Si en plus l&#39;autre personne a fait le même parcours que toi, elle saura également faire abstraction de toutes les simagrées sociales que l&#39;on pratique habituellement. Le manque d&#39;amour impose l&#39;urgence, il y a du retard à rattraper, le besoin de tendresse permet de s&#39;affranchir de bien des hésitations.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Attention quand même. Le respect de l&#39;autre est primordial et ne t&#39;avise pas de jouer avec ses sentiments. Précise dès le départ tes intentions et tiens la rubrique à jour en cas d&#39;évolution. La plupart des solitaires ont quelques vieilles blessures mal cicatrisées et il serait franchement dégueulasse d&#39;en rajouter, d&#39;autant qu&#39;il y a de fortes chances que ce soit aussi ton cas. &quot;Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu&#39;on te fasse&quot; (Lao Tseu ?).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Redécouvrir la vie à deux n&#39;est pas une mince affaire quand on débarque de son exclusion préférée. Cette tranche de normalité peut rouvrir en grand les vannes qui retenaient des années de frustrations diverses. Ne plus être seul risque de te faire croire que tu es redevenu comme tout le monde, avec tous les besoins qui vont avec. Si la chose t&#39;arrive ton joli couple tout neuf va voler en éclats très très vite. Il faut être fortiche en lucidité et en humilité pour réussir. Il y a aussi (surtout ?) un gros travail à faire pour réapprendre la confiance. En soi autant qu&#39;en l&#39;autre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En contrepartie, ta vie de couple peut prendre une ampleur inattendue. Les épreuves partagées individuellement et mises en commun, celles surmontées ensembles apportent une dimension supplémentaire.&lt;br /&gt;Les unions improbables issues de l&#39;adversité acquièrent parfois une force, une intensité rare. On retrouve la même lumière chez certains de ceux qui se sont unis pendant des guerres ou des luttes. Peut-être faut-il la souffrance pour que l&#39;Homme libère sa valeur, peut-être est-ce la conscience de ce qu&#39;aurait pu être la vie sans l&#39;autre, va savoir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La vie à deux peut transcender ton avenir. Ca peut tout aussi bien te le saloper, mais tu auras ta part de libre-arbitre. Une solide pratique de la solitude peut devenir une bonne base pour construire quelque chose de durable à deux, mais si tu continues à garder les mêmes comportements que lorsque tu étais seul, ça va mal se terminer, ton truc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Maintenant, il faut prendre les décisions à deux et accepter de ne plus avoir toujours raison. Il faut redécouvrir le dialogue, oublier toutes ces histoires que tu inventais en permanence pour exister devant les copains et recommencer à écouter l&#39;autre avant de parler. Bref, reconnaître que tu n&#39;es pas le centre du monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si tu devais le réussir, ton couple, tu pourrais bien avoir à tirer un trait sur tes années de pro de l&#39;exclusion. S&#39;il est une réinsertion qui ne soit pas une arnaque, c&#39;est bien celle-là, même si ta nouvelle vie ne sera pas toujours rose à cause de trop de cicatrices sensibles.</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://one-freeworld.blogspot.com/feeds/5620175543911276038/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://one-freeworld.blogspot.com/2009/02/avec-le-rmidraguer-ca-craint.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3073047763108324895/posts/default/5620175543911276038'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3073047763108324895/posts/default/5620175543911276038'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://one-freeworld.blogspot.com/2009/02/avec-le-rmidraguer-ca-craint.html' title='Avec le RMI,draguer ça craint!!!'/><author><name>Unknown</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3073047763108324895.post-7458789747424533593</id><published>2009-02-27T01:47:00.000-08:00</published><updated>2009-02-27T01:48:56.974-08:00</updated><title type='text'>CMU...</title><content type='html'>Depuis que les bonnes soeurs sont retournées dans leurs couvents c&#39;est l&#39;Etat qui assure le service après-vente des citoyens indigents devenus zonards et plus récemment exclus avant de finir parmi les plus démunis. Le plus fauché des clodos peut donc se pointer à la porte de n&#39;importe quel médecin, dispensaire ou hôpital pour y être soigné, c&#39;est le contribuable qui paiera la facture. Ca, c&#39;est la réalité sur l&#39;affiche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Celle du terrain ayant une certaine tendance à s&#39;écarter de cette belle fraternité, il est apparu nécessaire d&#39;instaurer des passerelles plus solides entre misère et bonne santé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« les médecins font payer le prix fort à la société leurs années de jeunesse perdues à potasser le Vidal »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Certes il y a des hôpitaux où on soigne avant de remplir la paperasse et des médecins qui prescrivent plus par déontologie que par appât du gain. Mais faut chercher. Ce n&#39;est quand même pas pour le plaisir qu&#39;Aubry (ex-ministre d&#39;un tas de chose) s&#39;est mise récemment à distribuer des couvertures à six millions de personnes .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Six millions de personnes concernées par cette rustine ! Dans un pays si riche, qui aurait pensé que la situation était si craignos ? Tu le savais, toi, que c&#39;était si grave ? Pourtant quelques indices auraient pu te mettre la puce à l&#39;oreille. Par exemple le fait qu&#39;il existe un Yacht Club Médical alors que les galères sont individuelles. Ne va pas pour autant penser que les médecins font payer le prix fort à la société leurs années de jeunesse perdues à potasser le Vidal, ce n&#39;est pas parce qu&#39;on parle généraliste qu&#39;il faut généraliser.&lt;br /&gt;Quoique. Si tu respectes la règle qui prévoit des exceptions à toutes règles...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Exclusion et bonne santé ne font pas bon ménage, pas la peine de raconter des bobards. Malnutrition, fatigue, stress, crasse, alcool, intempéries, tout concourt à te faire des trous dans la peau. Les pathologies que tu rencontres sont les mêmes que celles qui ruinent les trottoirs de Manille ou de Calcutta mais chut, hein, faut pas le dire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et d&#39;abord c&#39;est de ta faute, tu n&#39;avais qu&#39;à consulter quand il était encore temps. Et si tu te lavais plus souvent ça irait tout de suite mieux. Laisse tomber, tu perds ton temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« on va arrêter là car tu risquerais de ne plus être aussi décidé à devenir toi aussi un exclu, ce qui serait dommage »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand tu bouffes deux Vache qui rit par jour, tu peux te laver les quenottes tant que tu veux elles ne refleuriront pas toutes au printemps. On reconnaît facilement l&#39;exclu à sa dentition : ça ressemble à un clavier de piano...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les crocs, c&#39;est le premier truc qui lâche. Ensuite, c&#39;est les poumons. Un hiver à battre la semelle suffit à te les bouffer à un point qu&#39;un toubib qui te les radiographierait appellerait un dépanneur pour faire régler son appareil. En prime, il te conseillerait vivement d&#39;arrêter de fumer. Brave homme ! Dans la rue, une bronchite est une maladie mortelle, faut-il être instruit pour ne pas comprendre ça.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La crasse, les vêtements bimensuels provoquent des maladies de peau à n&#39;en plus finir. Le clodo qui se gratte n&#39;a pas de puces mais une collection de saloperies dermatologiques qui lui pourrissent la vie. Les pieds surtout en prennent plein la tronche. Non seulement tu gardes godasses et chaussettes en permanence, mais en plus tu fais des kilomètres et des kilomètres chaque jour (lire le courrier de tropbizarre). Dormir à la dure n&#39;arrange pas non plus les articulations fragilisées par les carences alimentaires. Mais on va arrêter là car tu risquerais de ne plus être aussi décidé à devenir toi aussi un exclu, ce qui serait dommage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourquoi ne pas aller voir un médecin avant que les choses tournent mal ? Mais mon vieux, quand tu n&#39;as pas de quoi bouffer à ta faim les problèmes de santé n&#39;existent pas. Ce n&#39;est pas raisonnable ? Non, mais ta raison aussi est passée à la trappe. La survie ne s&#39;encombre pas de choses inutiles. Un estomac mû par l&#39;instinct, voilà ce que tu es, le reste est inscrit aux abonnés absents.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce n&#39;est que quand tu commenceras à fréquenter les asiles ou les foyers que tu seras amené à croiser le regard d&#39;un toubib. Par chance, les médecins qui quittent leurs salons mondains pour venir se frotter à la misère sont volontaires et souvent bénévoles. Ca améliore beaucoup le contact.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La première visite est souvent imposée par un règlement quelconque. Tout le travail du toubib va être de te trouver un petit truc bien gênant mais facile à soigner et il va t&#39;arranger ça en deux coups de cuillère à pot.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« les associations de terrain le répètent depuis des années : il y a un énorme problème psychiatrique caché dans l&#39;exclusion »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rusé, c&#39;est pour mieux t&#39;attraper qu&#39;il manoeuvre ainsi. C&#39;est que l&#39;exclu n&#39;a pas la demande de soin facile à force de nier l&#39;existence de ses besoins. Il est parfois impossible de rétablir une conscience du corps suffisante pour entreprendre une hypothétique remise en état et l&#39;exclu peut difficilement envisager des traitements à long terme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si l&#39;état de la viande est de mieux en mieux surveillé, il reste un gros morceau sur l&#39;étal. Toutes les associations de terrain le répètent depuis des années : il y a un énorme problème psychiatrique caché dans l&#39;exclusion (sauras-tu le retrouver ?). Or décider un réducteur de tête à travailler gratos sur une population salement atteinte est semble-t-il un combat perdu d&#39;avance (note 2 et mizajour 14/02/02). Peut-être les psy-choses ont-ils conscience de la vanité de leur savoir et ne se sentent-ils pas trop tentés de le mettre à l&#39;épreuve sur du sérieux. Et puis ils sont déjà débordés et mieux payés avec les enseignants...</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://one-freeworld.blogspot.com/feeds/7458789747424533593/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://one-freeworld.blogspot.com/2009/02/cmu.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3073047763108324895/posts/default/7458789747424533593'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3073047763108324895/posts/default/7458789747424533593'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://one-freeworld.blogspot.com/2009/02/cmu.html' title='CMU...'/><author><name>Unknown</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3073047763108324895.post-2263823451417661451</id><published>2009-02-27T01:45:00.000-08:00</published><updated>2009-02-28T03:04:12.874-08:00</updated><title type='text'>Consultation sur trotoire humide..</title><content type='html'>&lt;a onblur=&quot;try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}&quot; href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjDXYZ-pXXm8k_3Ks8V0oNtxLyUmZrk1Q3HhCSyD3wLwgaQYh-X3cpqNGtwz-4na2rByHRUSfWRUVJ1k4qkGZBv6YgCwXxPdBag-ilSasyA0gbBA1JIvtGMu0n8Org_LCGao-LubzngWeuj/s1600-h/actu+(3).jpg&quot;&gt;&lt;img style=&quot;display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 320px; height: 318px;&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjDXYZ-pXXm8k_3Ks8V0oNtxLyUmZrk1Q3HhCSyD3wLwgaQYh-X3cpqNGtwz-4na2rByHRUSfWRUVJ1k4qkGZBv6YgCwXxPdBag-ilSasyA0gbBA1JIvtGMu0n8Org_LCGao-LubzngWeuj/s320/actu+(3).jpg&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;&quot;id=&quot;BLOGGER_PHOTO_ID_5307468773488193842&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Bon, alors parlons de Médecins du Monde. Depuis de nombreuses années, cette association connue du grand public pour intervenir partout dans le monde intervient effectivement partout dans le monde. Y compris en bas de chez toi. C&#39;est d&#39;ailleurs en France qu&#39;ils ont leur plus grosse mission et cela ne doit rien au hasard. C&#39;est que notre chère Sécu, malgré le déficit qu&#39;elle se trimballe, laisse de côté toute une partie de la population.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tous les SDF bien nés connaissent les adresses, au moins une par ville de quelque importance. Accueil sans formalité autre qu&#39;un minimum de renseignements permettant de constituer un dossier de santé. Il faut parfois prendre rendez-vous, c&#39;est la rançon du succès, mais il est toujours possible de se faufiler dans la salle d&#39;attente.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Se coltiner tout ce que la société cache sous le tapis, c&#39;est quelque chose ! »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un coup d&#39;oeil alentour renseigne bien sur les populations exclues du système de santé. Du p&#39;tit vieux, du clodo, du junky, du jeunot en rupture de société, du sans papier, du avec papier mais qui ne parle pas le français, et le reste sous forme d&#39;exclus standards. Bref, ça fait du monde, d&#39;où l&#39;appellation de la boutique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand ton tour arrive, tu tombes le plus souvent sur un(e) jeune toubib. Difficile apparemment dans ce métier de rester motivé en prenant de l&#39;âge et du compte en banque, mais passons... C&#39;est vrai aussi que le boulot qu&#39;on leur demande n&#39;est pas des plus facile. Se coltiner tout ce que la société cache sous le tapis, c&#39;est quelque chose ! Certes, la plupart des pathologies rencontrées seraient faciles à soigner si elles étaient prisent à temps, mais on a vu plus haut que l&#39;exclu n&#39;était pas très préventif en matière de santé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En conséquence, les doses de pénicilline tiennent de l&#39;école vétérinaire, mais faut savoir ce que tu veux. L&#39;avantage de Médecins du Monde, c&#39;est que tu n&#39;as pas à passer à la pharmacie, c&#39;est le toubib lui-même qui te donne les médocs. Pour cela, il puise dans un stock que tu n&#39;as pas besoin de savoir d&#39;où ça vient. Souvent, il te faudra repasser sous 2/3 jours pour compléter ton traitement. C&#39;est surtout histoire pour le toubib de faire plus ample connaissance, mon enfant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Accessoirement, un passage à Médecins de Monde favorise grandement la mise à jour de ton existence sécurité-socialesque. Ca facilitera énormément tes prochains contacts avec la gent médicale, surtout hospitalière. Ce n&#39;est pas que sans numéro de sécu on te laisse crever dans les couloirs, mais la loi et l&#39;application de la loi sont deux choses séparées par des papiers à remplir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le gros problème des soins pour les exclus, c&#39;est la durée du traitement. Déjà qu&#39;il a presque fallu te traîner pour que tu te décides à consulter, si en plus ça dure pendant des semaines, voire des mois... Vivre au jour le jour n&#39;arrange vraiment pas la santé, et en cas de pépin sérieux, ça risque de mal se terminer, ton histoire. La durée de vie de l&#39;exclu standard vole bas alors baisse la tête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tiens, rien que pour te soigner les quenottes. Le jour où tu poses enfin ton cul sur la chaise électrique d&#39;un dentiste, tu es assuré de t&#39;en prendre au moins pour six mois de soins hebdomadaires. Que tu es bien incapable de savoir où tu seras la semaine suivante... Résultat, tu laisses pourrir jusqu&#39;à ce que la seule solution soit de tout raser en une seule fois à l&#39;hôpital. Une chance que tu carbures à la Vache qui rit et au pâté de foie, hein...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Bien sûr, si ton état l&#39;exige on te trouvera une place à l&#39;hôpital. Mais faut vraiment qu&#39;il exige très fort, ton état. Reconnaissons cependant qu&#39;une fois inscrit sur les rôles de l&#39;hôtel-dieu du coin, tu deviens un patient lambda soigné ni plus mal ni moins bien que n&#39;importe quel autre numéro de sécu hospitalisé avec toi. N&#39;espère donc pas que ton itinéraire d&#39;exclu soit pris en compte pour adapter le traitement. Un toubib normal ignore absolument tout de tes conditions de vie, à toi de faire avec.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout au plus te conseillera-t-il d&#39;arrêter la picole, le tabac, la drogue ou la prostitution, parce que c&#39;est tout ce qu&#39;exclusion lui suggère. Que tu ne bouffes pas à ta faim, que tu sois incapable ne serait-ce que d&#39;épeler &quot;équilibre alimentaire&quot;, que tu crèves de froid, de frustrations ou de solitude, que tu sois devenu au trois-quarts barge à force de souffrir, c&#39;est ton problème, que veux-tu qu&#39;il y fasse ? Rien, effectivement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le plus démoralisant, c&#39;est quand tu joues le jeu de la réinsertion. Le premier pas de cette réinsertion est très précisément la redécouverte de son corps. Et donc de ses besoins.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tant que tu es à la rue, tu peux facilement être en train de crever sans avoir l&#39;impression d&#39;avoir le moindre problème de santé. Le stade manger dormir dont il a été plusieurs fois question dans ces pages. Mais dès que tu retrouves un appart, un petit boulot, tu peux t&#39;attendre à voir les tuiles te tomber dessus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C&#39;est ainsi que tout content de ton nouvel appart payé par la CAF et de tes beaux meubles d&#39;occase offerts par Emmaüs ou Saint Vincent de Paul, tu décides de te remettre à travailler. Et pour un type pas fainéant comme toi, prêt à tout accepter à n&#39;importe quel tarif et pour le nombres d&#39;heure qu&#39;il faut, trouver du travail n&#39;est pas bien difficile. Ce n&#39;est pas les négriers qui manquent. Entre nous, serait bien étonnant que tu te la finisses, ta première semaine de boulot...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C&#39;est qu&#39;il ne suffit pas de vouloir. Des mois de malnutrition, de manque de sommeil, de stress ne vont pas disparaître comme ça, parce que tu n&#39;en as plus besoin. Découvrir cette réalité va te faire un rude coup au moral et tu risques fort de baisser les bras rapidement, perclus de courbatures. Courage, tu en verras d&#39;autres. Le secret est de laisser le temps au temps. Tu ne peux plus arquer après quelques jours de boulot ? Et alors ! Essaye de récupérer ta paie car tout travail mérite salaire et prends des vacances le temps de te refaire quelques forces. S&#39;il faut dix, vingt ou trente essais avant que la machine redémarre, te gêne pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après chaque atterrissage sur le ventre, tu vas déprimer, penser que tu n&#39;es bon à rien et que tu n&#39;as que ce que tu mérite. Relax, c&#39;est normal. Disons que tu fais le deuil de ton emploi perdu. Jusqu&#39;au jour où tu te sentiras des envies d&#39;y retourner. Attention tout de même : cette alternance de déprime et d&#39;euphorie risque de te donner l&#39;idée de lisser ton humeur à coup de gros rouge ou de psychotropes. Si cela devait t&#39;arriver, tu perdrais ton statut d&#39;exclu pour n&#39;être qu&#39;un simple malade dépendant, ce qui ne présente aucun intérêt.</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://one-freeworld.blogspot.com/feeds/2263823451417661451/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://one-freeworld.blogspot.com/2009/02/dans-la-rueil-ny-pas-de-consultations.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3073047763108324895/posts/default/2263823451417661451'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3073047763108324895/posts/default/2263823451417661451'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://one-freeworld.blogspot.com/2009/02/dans-la-rueil-ny-pas-de-consultations.html' title='Consultation sur trotoire humide..'/><author><name>Unknown</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" url="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjDXYZ-pXXm8k_3Ks8V0oNtxLyUmZrk1Q3HhCSyD3wLwgaQYh-X3cpqNGtwz-4na2rByHRUSfWRUVJ1k4qkGZBv6YgCwXxPdBag-ilSasyA0gbBA1JIvtGMu0n8Org_LCGao-LubzngWeuj/s72-c/actu+(3).jpg" height="72" width="72"/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3073047763108324895.post-4697119734571855059</id><published>2009-02-27T01:44:00.000-08:00</published><updated>2009-02-27T05:30:31.220-08:00</updated><title type='text'>Vieux avant l&#39;heure..</title><content type='html'>&lt;a onblur=&quot;try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}&quot; href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiCHAw-KqQi4ckoQfuZ42M8ExoR9J-my2T1MEHZ3oKffMqOWMHv5ABKAKnKh6uYKjgUzBFHfSLO50F1GloBoR0HNpshpMEkeA0NjoJqecCsidmtrbnOBfFRM5BghStLhlbSK83b_OFaAwxD/s1600-h/actu+(16).jpg&quot;&gt;&lt;img style=&quot;display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 320px; height: 213px;&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiCHAw-KqQi4ckoQfuZ42M8ExoR9J-my2T1MEHZ3oKffMqOWMHv5ABKAKnKh6uYKjgUzBFHfSLO50F1GloBoR0HNpshpMEkeA0NjoJqecCsidmtrbnOBfFRM5BghStLhlbSK83b_OFaAwxD/s320/actu+(16).jpg&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;&quot;id=&quot;BLOGGER_PHOTO_ID_5307469009727248770&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Quelques années d&#39;exclusion véritable complétées par un peu de précarité bien comprise, tu dois te douter que ça laisse des cicatrices. Bingo ! A vue de nez, comme ça, sans te demander de te déshabiller et de monter sur la balance, on ne risque pas grand chose en affirmant que tu viens de perdre au moins dix bonnes années d&#39;espérance de vie. Difficile d&#39;être plus précis, les statistiques n&#39;existent pas. Les recherches non plus d&#39;ailleurs, quel chercheur voudrait s&#39;intéresser à un tel sujet  ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les seuls chiffres &quot;disponibles&quot; sont ceux collectés par le SAMU Social. Les guillemets renvoient à la page qui critique éhontément cette magnifique réalisation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La principale leçon à retenir est qu&#39;un exclu ne peut jamais être dans la force de l&#39;âge, quel que soit son âge. Avant que tu puisses être en état de bosser 35 heures par semaines pendant plus d&#39;une semaine, il va s&#39;en passer des choses passionnantes dans le monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« on ne risque pas grand chose en affirmant que tu viens de perdre au moins dix bonnes années d&#39;espérance de vie »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et le boulot n&#39;est pas tout, il y a l&#39;après. Là non plus ce n&#39;est guère brillant. Même si on laisse de côté courbatures et épuisement qui te font t&#39;effondrer sur ton lit sitôt ta journée finie, tu ne dois pas oublier que se retrouver seul dans ton gourbis après avoir passé la journée entouré de collègues ce n&#39;est pas vraiment le pied.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le soir, c&#39;est le moral qui trinque. Et salement. D&#39;avoir côtoyé des gens normaux pendant quelques heures t&#39;a fait voir le gouffre qui te sépare d&#39;eux. Bonne occasion de réfléchir sur la signification intrinsèque du mot exclusion. Les autres, quand ils enfilent le bleu le matin, ils ont une soirée à raconter. Mais toi, qu&#39;est-ce que tu peux dire : ta gamelle de pâtes ? Et le soir à la débauche, ils sont pressés tes collègues, ils ont une vie à retrouver. Mais toi, à part ta gamelle de pâtes ? Y&#39;a bien la télé...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu auras vite fait de te demander si ça vaut la peine, tout ce mal que tu te donnes pour continuer à vivre. Le premier emploi relativement partiel et +/- stable t&#39;aurait-il fait croire que tu étais tiré d&#39;affaire ? Guéri de l&#39;exclusion ? Grand naïf, va. Se remettre le corps en état de marche, cela peut se concevoir. Remettre de l&#39;ordre dans tes neurones, c&#39;est une autre histoire. Et là, il faut te débrouiller seul, nul toubib pour te tenir la main.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En attendant, tu viens de faire une découverte : l&#39;exclusion, coco, c&#39;est pour la vie. Rappelle-toi, dans le chapitre sur la rue la descente aux enfers est assimilée à un lavage de cerveau, à une séance de torture. Ce n&#39;est pas pour faire joli. Tu peux effectivement te considérer comme grand invalide de guerre, même s&#39;il n&#39;y a personne pour te cloquer une zolie médaille sur le plastron. Tu aurais la prétention de sortir indemne de tes années d&#39;exclusion ? Tu serais bien le premier à avoir trouvé une planque dans cette jungle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le seul truc qui peut te tirer d&#39;affaire, c&#39;est que si tu ne t&#39;es pas trop imbibé de Villageoise tu as eu le temps de te bâtir une philosophie sur mesure. Ce n&#39;était pas du temps perdu, c&#39;est maintenant que cela va te servir. C&#39;est le moyen de surnager à défaut de regagner la rive. Mais même avec des quenottes toutes neuves, un ulcère colmaté et des insomnies résolues, tu resteras toujours un peu bizarre au regard des autres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et ça, coco, les toubibs n&#39;y peuvent rien.</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://one-freeworld.blogspot.com/feeds/4697119734571855059/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://one-freeworld.blogspot.com/2009/02/vieux-avant-lheure.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3073047763108324895/posts/default/4697119734571855059'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3073047763108324895/posts/default/4697119734571855059'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://one-freeworld.blogspot.com/2009/02/vieux-avant-lheure.html' title='Vieux avant l&#39;heure..'/><author><name>Unknown</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" url="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiCHAw-KqQi4ckoQfuZ42M8ExoR9J-my2T1MEHZ3oKffMqOWMHv5ABKAKnKh6uYKjgUzBFHfSLO50F1GloBoR0HNpshpMEkeA0NjoJqecCsidmtrbnOBfFRM5BghStLhlbSK83b_OFaAwxD/s72-c/actu+(16).jpg" height="72" width="72"/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3073047763108324895.post-2084852953398287318</id><published>2009-02-27T01:43:00.000-08:00</published><updated>2009-02-28T03:05:53.877-08:00</updated><title type='text'>Combien?</title><content type='html'>Dès qu&#39;on annonce une mesure concernant les exclus, le beauf qui sommeille en chaque contribuable retrousse les babines. Comme on ne peut guère compter sur le 20 heures pour savoir combien ça coûte en réalité, on se contente de l&#39;air du temps. Et ces jours-ci, l&#39;air du temps a tendance à devenir nauséabond. Déjà que la Sécu est en déficit, si en plus on se met à soigner gratuitement tous les bras cassés, où va l&#39;monde ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que répondre à la légitime attention sur le devenir de sa contribution si durement concédée ? Si en plus Aubry prétend habiller 6 millions de souffreteux (serais bien curieux de savoir ce qu&#39;il va en rester de ces 6 millions, mais bon)... En réalité, l&#39;exclu ne coûte pas bien cher à notre chère Sécu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« si en plus on se met à soigner gratuitement tous les bras cassés, où va l&#39;monde ? »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C&#39;est bien le bout de monde s&#39;il consulte une ou deux fois l&#39;an, et comme on le soigne avec des surplus de fabricants ou avec du périmé de fraîche date, ça ne va pas chercher loin. Jusqu&#39;au toubib qui ne se fait pas toujours payer en retour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le &quot;pas toujours&quot; permet de faire la distinction entre les bénévoles parfois défrayés qui permanentent dans les associations et ceux qui acceptent les étiquettes de l&#39;aide médicale gratuite à leurs cabinets. Parce qu&#39;il ne faut pas rêver, tous les toubibs (surtout les spécialistes) n&#39;apprécient pas d&#39;être payés en retard et au tarif de base.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les exclus sont rarement demandeurs d&#39;examens complémentaires tous plus sophistiqués les uns que les autres. Surtout qu&#39;à chaque fois il faut ressortir le refrain de ta déchéance. Si ton truc n&#39;est pas grave, ce sera vite soigné pour pas cher, et si c&#39;est du sérieux, vu l&#39;état de délabrement du bonhomme tu n&#39;y survivras pas assez longtemps pour que les chirurgiens investissent beaucoup.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On n&#39;a jamais vu non plus d&#39;exclu réclamer un séjour tous frais payés dans une ville d&#39;eau... Ce n&#39;est pas de ce côté de la barrière qu&#39;il faut chercher les abus de dépenses.</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://one-freeworld.blogspot.com/feeds/2084852953398287318/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://one-freeworld.blogspot.com/2009/02/combien.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3073047763108324895/posts/default/2084852953398287318'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3073047763108324895/posts/default/2084852953398287318'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://one-freeworld.blogspot.com/2009/02/combien.html' title='Combien?'/><author><name>Unknown</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3073047763108324895.post-8460123644292731366</id><published>2009-02-27T01:41:00.000-08:00</published><updated>2009-02-27T01:43:09.619-08:00</updated><title type='text'>Educateurs..Ces amis qui vous veulent du bien..</title><content type='html'>Vestiges de l&#39;époque où le pays était à la botte d&#39;ex Mao, les éducateurs sont parmi nous, sauras-tu les reconnaître ? Toute ressemblance avec ce que l&#39;on croit savoir des camps spéciaux chinois ou soviétiques ne peut être que fortuite (1). Si tu te retrouves aux mains des éducateurs, c&#39;est que d&#39;une manière ou d&#39;une autre tu as manqué à tes obligations d&#39;homo societus. Quelles obligations ? Ce n&#39;est pas la question, le problème étant le manquement que l&#39;éducateur se chargera de corriger.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Laissons la société se défausser de ceux qu&#39;elle renie sur des exaltés et voyons plutôt la conduite à tenir si jamais tu tombais entre leurs griffes. Si tu as eu la chance de grandir dans quelque banlieue bien craignos, tu auras déjà croisé des animateurs de quartier, version light des éducateurs purs et durs.&lt;br /&gt;« Vestiges de l&#39;époque où le pays était à la botte d&#39;ex Mao, les éducateurs sont parmi nous, sauras-tu les reconnaître ? »&lt;br /&gt;Si tu as eu la malchance d&#39;être placé en foyer de réinsertion (update des maisons de correction), l&#39;affaire prend une autre ampleur, ces éducs-là ayant tout pouvoir et sachant te le faire sentir. Si la chose t&#39;est arrivée, désolé, personne ne peut plus rien pour toi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Heureusement, pour l&#39;apprenti exclu le premier contact se fait généralement dans un CHRS (2), mais il est aussi possible qu&#39;une assistante sociale t&#39;en colle un d&#39;office sur le dos. Premier conseil, évite l&#39;affrontement d&#39;entrée. Ils ont certes des pouvoirs limités, mais ces pouvoirs sont tous de nuisances. Toute ta stratégie consistera donc à naviguer au plus près entre compromis et compromission.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dès ton inscription dans un foyer, on désigne un volontaire qui te prendra en charge. Tu sais ainsi à quoi t&#39;en tenir sur l&#39;intérêt qu&#39;il pourra te porter. En face de toi, tu as maintenant quelqu&#39;un qui va tout faire pour te manipuler sans que tu t&#39;en aperçoives. Son but est de t&#39;imposer des règles de comportement qui te rendent acceptable par la société. Sa méthode est de t&#39;amener à croire que tu as trouvé tout seul ce que tu es en train de penser. Ses outils sont le manuel et les réunions de travail (entre éducateurs, bien sûr).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Méfie-toi, ces jeunots viennent de passer des années à jouer avec les mots, alors toi qui viens tout juste de réapprendre à parler tu ferais mieux de refuser le duel verbal. Convaincu que la moquette était grise en entrant, tu ressortirais du bureau prêt à jurer qu&#39;elle est bleue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les premiers contacts sont généralement excellents, l&#39;éducateur ayant pour ambition de te mettre dans sa poche. Tu peux alors tout lui demander, il se mettra en quatre (chiffre non vérifié) pour te satisfaire. Il faut donc toujours prévoir quelque chose à demander, ce qui est facile dans ta situation. Outre les problèmes de paperasse administrative et autres ardoises SNCF, profites-en pour te refaire une santé. Des soins dentaires, une remise à jour de tes vaccins feront un excellent effet sur ta volonté de réinsertion : un exclu qui prend conscience de son corps est à moitié sauvé, d&#39;après le manuel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais très vite la pression commence à monter. Ton éduc te demande, gentiment au début, des comptes sur l&#39;emploi du temps de tes journées puis sur ce que tu vas faire le lendemain. Passer du rythme de vie de l&#39;exclu moyen à celui d&#39;éduqué de frais aura vite fait de t&#39;essouffler.&lt;br /&gt;« Passer du rythme de vie de l&#39;exclu moyen à celui d&#39;éduqué de frais aura vite fait de t&#39;essouffler »&lt;br /&gt;D&#39;autant que les gentillesses du début se transforment clairement en recommandations, puis en injonctions, puis en ordres pour finir en chantage : tu fais ce qu&#39;on te dit de faire ou alors tu te casses ! Le plus souvent, tu choisis la casse, va savoir pourquoi...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avant d&#39;en arriver là, tu auras eu le temps de voir comment fonctionne l&#39;éducation sociale. Très tôt on t&#39;apprend l&#39;importance de l&#39;apparence. Ca va des fringues à la tignasse en passant par le savon et le langage. Sur ces points, ils n&#39;ont pas forcément tort, encore qu&#39;il y ait des limites à la soumission au modèle imposé. Le gros morceau concerne tout ce qui a trait au comportement avec autrui. En quelques semaines, 2 maximum, tu dois être capable de te tenir en toutes circonstances comme un bon fils de bonne famille. A la moindre erreur, la réprimande est cinglante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les premières leçons sont destinées à te faire prendre conscience que tu es inadapté et que tu as besoin d&#39;être revu et corrigé. Par principe, il ne saurait être question que la société puisse avoir quelques bavures mal ébarbées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une fois que tu sauras dire &quot;Bonjour Monsieur&quot; et &quot;Oui Chef&quot; sans bafouiller, on pourra commencer à travailler sérieusement à ton avenir. Le travail salarié est considéré comme une obligation et tu n&#39;as pas fini de courir d&#39;ANPE en réunions d&#39;information, sans compter les évaluations et les rédactions de CV. Remarque qu&#39;un CV d&#39;exclu, ça vaut le coup d&#39;oeil ! Avec ça en poche plus une domiciliation dans un foyer, tu pars gagnant dans la course à l&#39;emploi...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout ce qui concerne le travail n&#39;est qu&#39;indirectement pris en charge par l&#39;éducateur. Forcément, qu&#39;est-ce qu&#39;il y connaît du marché du travail, cet étudiant attardé ? Mais cela ne l&#39;empêche apparemment pas d&#39;être compétent pour juger de la réalité et de la qualité de tes efforts et tu dois lui rendre compte de la moindre de tes démarches. Et tu auras beau faire, il trouvera quand même que tu n&#39;en fais pas assez. C&#39;est pour te mo-ti-ver !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Durant toute cette période, il ne sera jamais question de ton passé de galérien. Tu dois penser et agir comme si tu avais définitivement tourné la page. Et n&#39;avoir aucune séquelle... C&#39;est vrai, quoi, pourquoi toujours remettre le passé sur le tapis, il faut se tourner vers l&#39;avenir, que diable !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces éducateurs, qui prétendent t&#39;apprendre à vivre, n&#39;ont aucune idée de ce qu&#39;est l&#39;exclusion au quotidien. Leurs années d&#39;études ne sont d&#39;aucune utilité puisque personne n&#39;a jamais étudié autre chose que du bavardage d&#39;experts autoproclamés ou des &quot;situations&quot; venant d&#39;autres éducateurs. Les heures qu&#39;ils passent à discuter entre eux des &quot;cas à leur charge&quot; peuvent être méchamment instructives si tu as l&#39;occasion d&#39;oublier un dictaphone dans le bureau (évidemment que ça ne se fait pas un coup pareil...).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais bon, tu n&#39;es pas là pour remettre les éducateurs dans le droit chemin. Pour te changer les idées, jette donc un coup d&#39;oeil à tes co-éduqués. Trois populations se côtoient sans se fréquenter pour autant dans les foyers. Une grosse part de jeunes souvent très agressifs. Ne juge pas, de nos jours il est plus facile d&#39;avoir 40 ans plutôt que 20.&lt;br /&gt;« dans l&#39;ensemble les pensionnaires ne sont pas des cadeaux. Quelle solution verrais-tu : tous les abattre ? »&lt;br /&gt;Une autre tranche comprend quelques largués pataugeant dans ce qui leur reste d&#39;entendement. Là aussi garde tes commentaires au fond de ta poche, la plupart d&#39;entre eux ayant d&#39;excellentes raisons d&#39;être un peu secoués. Enfin, tu trouveras quelques collègues venus pour affaires et qui se moquent bien de ce que peuvent penser les éducs du moment qu&#39;on leur laisse un coin de répit pour respirer un peu avant de remettre le sac au dos.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le chapitre sur l&#39;asile, il est mentionné que les CHRS sont les endroits où tu rencontres le plus de violence. Rassure-toi, elle n&#39;est pas le fait des éducateurs. Pas directement, en tout cas. Disons qu&#39;ils ont seulement une certaine tolérance (accoutumance ?) devant les bagarres et les chaises qui volent bas en salle télé ou au réfectoire. Reconnaissons aussi que dans l&#39;ensemble les pensionnaires ne sont pas des cadeaux. Quelle solution verrais-tu : tous les abattre ? Heu..., aurais-tu oublié que tu fais aussi partie des pensionnaires ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qui donc es-tu pour juger ? Si tu crains trop pour ton scalp, il suffit de reprendre tes billes et de tailler la route. Le monde de l&#39;exclusion ne recrute pas uniquement chez les enfants de coeur, tu es bien placé pour le savoir, hein. Et peut-être la révolte des jeunes n&#39;est-elle insupportable que parce que tu as passé l&#39;âge. Tout cela pour dire que les problèmes rencontrés avec les éducateurs ne viennent pas tous des éducateurs. Se faire jeter par la société donne rapidement envie de casser quelque chose. Serait d&#39;ailleurs bien étonnant que tu n&#39;aies pas toi aussi, certain jour, fondu quelque fusible...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourquoi, dans ces conditions, être aussi critique envers ces pauvres éducateurs ? Parce qu&#39;ils font plus de dégâts que de bien, quelle que soit leur bonne volonté. Leur métier est un piège. La société les paie pour ne pas voir les types dans ton genre traîner dans ses pattes. Ce qui se passe entre éducateurs et éduqués, elle ne veut surtout pas en entendre parler. Vu de ta fenêtre, les éducs personnifient la frontière qui te sépare de la société. La zone d&#39;affrontement, si tu préfères.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quel est donc cet endoctrinement auquel tu vas te voir soumis si tu t&#39;approches trop des éducateurs ? Il s&#39;agit de considérer tout ce qui ne correspond pas à la norme ISO Français Exemplaire comme des défauts de fabrication à corriger.&lt;br /&gt;« Une façon détournée d&#39;admettre qu&#39;il manque des pages dans le manuel du parfait petit éducateur ? »&lt;br /&gt;En gardant à l&#39;idée qu&#39;il ne s&#39;agit pas de te rendre meilleur mais seulement de te rendre supportable pour la société. La soumission à l&#39;ordre établi a donc un rôle important dans ta rééducation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L&#39;éducateur, encore qu&#39;il en soit rarement conscient, est clairement engagé du côté du manche. D&#39;où l&#39;exacerbation des conflits avec les éducables. A noter cependant qu&#39;ils commencent à utiliser des jeunes &quot;en situation de réinsertion&quot; comme ouvre-boites pour amorcer le dialogue avec les plus réfractaires à la rééducation. Une façon détournée d&#39;admettre qu&#39;il manque des pages dans le manuel du parfait petit éducateur ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a peu d&#39;éducs âgés. A part ceux qui s&#39;espèrent destinés à devenir directeur de quelque chose, ils abandonnent le métier de bonne heure. Peut-être par lucidité, peut-être par usure. C&#39;est aussi bien comme ça, ils font un boulot tuant.</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://one-freeworld.blogspot.com/feeds/8460123644292731366/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://one-freeworld.blogspot.com/2009/02/educateursces-amis-qui-vous-veulent-du.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3073047763108324895/posts/default/8460123644292731366'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3073047763108324895/posts/default/8460123644292731366'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://one-freeworld.blogspot.com/2009/02/educateursces-amis-qui-vous-veulent-du.html' title='Educateurs..Ces amis qui vous veulent du bien..'/><author><name>Unknown</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3073047763108324895.post-7375546159257297806</id><published>2009-02-27T01:38:00.000-08:00</published><updated>2009-02-28T02:57:53.937-08:00</updated><title type='text'>Paye ta part..</title><content type='html'>Pour ton plus grand bien, l&#39;éducateur en viendra vite à te demander de payer ta quote-part à la bonne marche de l&#39;établissement. Excellente leçon en effet que de réapprendre que tout se paie. Y compris l&#39;hébergement gratuit. Ce n&#39;est quand même pas pour tes beaux yeux que les éducs se démènent pour te faire obtenir des aides de toutes sortes. Un séjour en CHRS est la façon la plus efficace de monter un dossier RMI. Des expériences sur le terrain ont ainsi montré qu&#39;entre le dépôt du dossier et le premier versement de la CAF 15 jours étaient amplement suffisants en plein mois de juillet malgré une fête nationale intempestive.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Faire tourner un foyer coûte cher et l&#39;administration a bien d&#39;autres dépenses à fouetter. Puisque tu touches le RMI ou que tu suis un stage rémunéré, il est temps de te réhabituer à gérer ton argent. Gérer veut dire dépenser intelligemment. Par exemple en payant un loyer. Imparable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Payer pour son hébergement n&#39;a rien de choquant, au contraire même, dès l&#39;instant où tu as des revenus, ne serait-ce que le RMI. Le tout est de savoir combien on va te ponctionner. Et là, ça peut devenir pénible.&lt;br /&gt;« Excellente leçon en effet que de réapprendre que tout se paie. Y compris l&#39;hébergement gratuit »&lt;br /&gt;Certains CHRS peuvent exiger plus de 150 euros. Que si tu étais logé en HLM et nourri en restaurant social cela ne te reviendrait guère plus cher alors que tu serais chez toi, avec les clés dans ta poche et que tu pourrais aller et venir comme bon te semblerait sans personne à te tanner le cuir pour te faire marcher droit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il faudrait peut-être aussi vérifier la qualité de ce que tu paies. Pieuter dans une chambre commune de deux ou trois lits, partager chiotte et douche avec certains désolants, respecter des horaires rigoureux, subir une promiscuité continuelle et agressive, n&#39;avoir aucune possibilité de personnaliser son environnement au-delà de sa table de chevet, devoir en permanence rendre compte du moindre de ses faits et gestes, ça vaut 150 euros?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parce que si tu comptes bien, 150 e pour être nourri/logé c&#39;est certes une bonne affaire, mais un foyer n&#39;est pas un service hôtelier. C&#39;est un espace qui doit te faciliter une hypothétique réinsertion. Or, en te bouffant les économies que tu pourrais faire, il t&#39;oblige à passer encore et toujours par l&#39;aide sociale si l&#39;envie te prenait de vouloir louer un appartement : pour payer la caution, tu serais obligé de quémander un don ou un prêt du Fond de Solidarité Logement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En gros, l&#39;argent que tu donnes au foyer, tu le récupérerais d&#39;une autre caisse. Tout bénèf ? Eh non, car cela signifie que tu restes dépendant du bon vouloir des bureaux d&#39;aide sociale et de la générosité des contribuables.&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-weight:bold;&quot;&gt;&lt;br /&gt;Décidément, tu seras toujours un assisté...&lt;/span&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://one-freeworld.blogspot.com/feeds/7375546159257297806/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://one-freeworld.blogspot.com/2009/02/paye.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3073047763108324895/posts/default/7375546159257297806'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3073047763108324895/posts/default/7375546159257297806'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://one-freeworld.blogspot.com/2009/02/paye.html' title='Paye ta part..'/><author><name>Unknown</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3073047763108324895.post-3243960415321778024</id><published>2009-02-27T01:36:00.000-08:00</published><updated>2009-02-27T01:38:37.198-08:00</updated><title type='text'>insertion...!</title><content type='html'>Tu le savais, toi, que tu t&#39;étais déjà fait insérer ? Pourtant, ré-insertion, hein... Et bien parlons-en un peu, de cette primo-insertion.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A peine né(e), la famille et les voisins de palier s&#39;extasient déjà sur ta ressemblance frappante avec certain qui parfois s&#39;en passerait bien. Le mal est fait : tu fais partie de la famille. Cela implique que pour de longues années, on se chargera de penser à ta place et pour ton bien. Gare à tes fesses si tu prétends discuter ce qu&#39;on t&#39;enseigne. Au début, on te montre quelques modèles à reproduire : papa, maman pour commencer facile.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avant que tu saches pisser sans mouiller tes chaussures, on t&#39;envoie à l&#39;école. Maternelle pour commencer en tendresse.&lt;br /&gt;« pour exister, tu dois gueuler plus fort que le copain. Ou lui retourner une torgnole pour qu&#39;il la ferme un peu. Ou courir te réfugier dans les jupes de la maîtresse »&lt;br /&gt;La tendresse, à la maternelle, c&#39;est quelque chose ! Un tas de braillards entassés dans un préfabriqué où le bruit devient aussitôt invraisemblable, que si une commission d&#39;experts le mesurait elle ferait vérifier ses instruments, incrédule.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et ce sont les premières grandes leçons : pour exister, tu dois gueuler plus fort que le copain. Ou lui retourner une torgnole pour qu&#39;il la ferme un peu. Ou courir te réfugier dans les jupes de la maîtresse. Lorsque tu auras bien assimilé ces trois méthodes, tu seras prêt à affronter le monde des grands.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On te changera d&#39;école. Voici le temps de l&#39;éducation. En France, l&#39;éducation est le plus souvent nationale. Ceux qui rentrent aujourd&#39;hui en cours préparatoire en prennent pour quinze ans. En moyenne car un certain nombre sera largué en route tandis que d&#39;autres resteront coupés du monde pour quelques années encore.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quinze ans à passer plus de temps avec instits et profs qu&#39;avec tes parents. Et on s&#39;étonne que la famille ne représente plus grand chose. Quinze ans à être parqués par centaines dans un espace clôturé. A voir tes journées découpées en rondelles de temps à respecter absolument. Quinze ans à voir tes &quot;progrès&quot; contrôlés et évalués en permanence. Quinze ans à être noté sur ta &quot;valeur&quot; : 150 bulletins de notes, 1500 verdicts: peut mieux faire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A 8 ans, tu en sais beaucoup plus que papy et mamy. A 12 ans, tu en remontres à papa et maman. A 15 ans tu as honte de l&#39;ignorance crasse de tes vieux. A 20 ans tu découvres, s&#39;il te reste un peu de bon sens, que ce que tu sais ne correspond pas toujours à la réalité. Et que tout compte fait tu n&#39;as pas appris grand chose en dehors de ce qu&#39;il est indispensable de savoir pour être un bon petit consommateur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout ça pour pouvoir entrer tête haute dans une société comptant 11 millions de chômeurs avoués et 6 millions d&#39;exclus recensés (en 1999). Soit, en données corrigées des variations politiques, un quart de la population du pays sacrifié pour que les trois quarts restant conservent leurs oeillères et leur mode de vie. Une société où celui qui ne travaille pas est un moins que rien (sauf si papa est quelqu&#39;un de notable).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces quinze ans d&#39;éducation +/- nationalisée sont destinés à faire de toi un gagnant. A grands coups de sélections et de compétitions. Où le but n&#39;est pas d&#39;être bon mais d&#39;être le meilleur, le vainqueur, le seul qui montera sur le podium. Un seul gagnant, tous les autres perdants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si, pour quelque raison que ce soit, tu n&#39;as pas bien assimilé la leçon, tu fais bien de lire ces pages.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans la société selon Commerce, tout le monde doit consommer. Sinon cela ne fonctionne pas. Il est donc indispensable que même les exclus redeviennent des consommateurs.&lt;br /&gt;« poser la question de savoir si c&#39;est toi-même qui t&#39;es exclu ou si c&#39;est la société qui t&#39;a claqué la porte au nez présente quelque intérêt »&lt;br /&gt;C&#39;est ainsi que la CAF et dans une moindre mesure la Sécu, les ASSEDIC, la COTOREP et les caisses de retraite sont devenus les principaux vecteurs de &quot;socialisation&quot;. Ils assurent en toutes circonstances une distribution d&#39;argent qui permet à tous de rester consommateur et de faire tourner la boutique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A l&#39;origine, l&#39;idée était de diminuer l&#39;impact des impondérables de la vie. En cas de pépin la société te file un coup de main, à charge pour toi de contribuer à la cagnotte quand tout va bien. Egalité, fraternité, et tout ça. Comment se retrouve-t-on alors avec un accroissement vertigineux des inégalités dans tous les domaines ? Chercher une réponse t&#39;occupera pendant tes longues soirées solitaires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Officiellement, tout le monde possède à la naissance la même &quot;chance&quot; de pouvoir se hisser sur la plus haute marche. Un coup d&#39;oeil sur l&#39;origine sociale des exclus laisse présager que le concours est quelque peu biaisé. Le test n&#39;est là que pour rappeler des évidences qu&#39;on finit facilement par négliger.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D&#39;autre part, poser la question de savoir si c&#39;est toi-même qui t&#39;es exclu ou si c&#39;est la société qui t&#39;a claqué la porte au nez présente quelque intérêt. Là-dessus, tout a été dit, principalement contradictions et âneries. Toutefois, quelques vérités ont peut-être été sous-estimées. Si on recrute les bons exclus dans les catégories socialement malmenées, ce n&#39;est pas par hasard.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Réfléchir sur ta réinsertion sans connaître ce qui a provoqué ton exclusion n&#39;est pas une perte de temps, mais cela n&#39;y va pas de beaucoup. L&#39;expression traitement social est parfaitement adaptée : on essaie de soigner les effets visibles, les symptômes, en espérant que cela fera disparaître les causes. Certes, un peu d&#39;optimisme ne peut pas nuire à ton affaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ca te fatiguerait de montrer un peu plus de respect ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis que n&#39;importe qui peut devenir exclu et que beaucoup ne s&#39;en privent pas, l&#39;Etat s&#39;est mis en devoir de réinsérer tout ce beau monde. L&#39;instauration du RMI aura au moins eu comme conséquence d&#39;alimenter nombre de débats. Reste à savoir si ces débats ont eux-mêmes alimenté quelques affamés, mais ceci est une autre histoire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le French Way Of Life montre une certaine propension à oublier du monde sur les bas-côtés. Un bon 15%, en ne tenant compte que des cas les plus atteints. Cela commence à se voir sur la photo et ça fait désordre pour l&#39;image de marque du pays. Mais il est facile d&#39;y remédier : il n&#39;y a qu&#39;à réinstaller tout ce bas peuple dans le train de la consommation et le tour est joué. Moteur ? Action !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On te refile du fric, à charge pour toi de le remettre aussitôt dans le circuit commercial pour que l&#39;opération soit financièrement blanche.&lt;br /&gt;« celui qui n&#39;a plus rien à perdre devient très dangereux. Quand il n&#39;y en a qu&#39;un petit nombre, cela sert à l&#39;entraînement de la police, mais en cas de prolifération il faut réagir »&lt;br /&gt;Deux ou trois mille balles par mois, tu peux considérer qu&#39;il s&#39;agit d&#39;une subvention aux propriétaires de taudis ou d&#39;hôtels à pauvres et aux distributeurs de produits de très basse qualité qui, eux, sont tous de bons contribuables.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D&#39;autre part, tous ces gens qui traînent n&#39;importe où et qui ne se lavent pas risquent de propager des maladies. Te soigner gratuitement ne fera pas grand effet sur le déficit de la Sécu, d&#39;autant que tu as vu ce qu&#39;il en était de la santé de l&#39;exclu. Ca c&#39;est de la bonne gestion, et on n&#39;est pas obligé de dire partout que les nantis coûtent plus cher, et de beaucoup, à entretenir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Accessoirement, les distributions de produits alimentaires issus de la surproduction permettent de fluidifier le marché, de maintenir les cours et de se faire mousser à la télé. Que du bon !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les exclus sont tous des voleurs et des violeurs potentiels, tout le monde sait ça. Même l&#39;Etat a fini par prendre conscience que celui qui n&#39;a plus rien à perdre devient très dangereux pour son entourage. Quand il n&#39;y en a qu&#39;un petit nombre, cela sert à l&#39;entraînement de la police, mais en cas de prolifération il faut réagir. Le RMI sert aussi à te redonner quelque chose à perdre et t&#39;aide à te tenir tranquille. Pendant ce temps-là, le reste du monde peut continuer son bonhomme de chemin la conscience flattée : il vient de faire une bonne action.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puisque notre société ne valorise que l&#39;argent durement gagné à la sueur de son front (bien que ceux que leur travail fait physiquement suer soient les plus mal payés), l&#39;Etat s&#39;engage à favoriser ton retour sur le marché du travail. Ne te fais aucune illusion, ton seul boulot sera de t&#39;inscrire comme demandeur d&#39;emploi. Un gros volume de chômeurs calme les revendications salariales, restreint l&#39;encartement syndical et suggère aux employés de la fermer sur leurs conditions de travail.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cela permet aussi aux entreprises d&#39;exploser les conventions collectives et autres avantages durement acquis par les anciens. Externalisation, sous-traitance, intérim, contrats à durée déterminée facilitent le contournement des accords d&#39;entreprise récalcitrants.&lt;br /&gt;« sacrifier une petite frange de la population pour que ceux qui sont productifs le soient plus encore »&lt;br /&gt;Un exemple ? Le pingouin qui vient installer une prise téléphone chez toi ne travaille pas à France-Telecom mais pour France-Telecom, soit le même niveau de compétence, la même formation, le même travail, mais pas du tout les mêmes avantages. On trouve la même pratique à EDF ou à la SNCF pour ne parler que des gros trucs censés être à la pointe du progrès social d&#39;après les syndicats. Tes conventions collectives, mon garçon, devine où tu peux te les mettre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L&#39;Etat lui-même use et abuse de la combine en étant le premier employeur de précaires (20% des fonctionnaires seraient des faux !). Il se permet d&#39;en rajouter une couche en ne cotisant pas aux caisses de chômage, ce qui signifie que si tu bosses en bouche-trou pour l&#39;Etat, tu risques de ne pas toucher d&#39;indemnités de chômage lorsque l&#39;échéance sera venue. Ton seul espoir est que ton contrat soit renouvelé indéfiniment, ce qui est parfois illégalement le cas. Presque fonctionnaire donc, mais sans les avantages du. L&#39;espoir est une forte motivation pour filer droit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bref, si la machine fonctionne, c&#39;est grâce à toi et à tes potes. Il suffit de sacrifier une petite frange de la population pour que ceux qui sont productifs le soient plus encore. Pour choisir qui sera exclu, on prend les plus fragiles, les plus faibles, les plus dépendants, les plus indépendants, tous ceux qui s&#39;éloignent du modèle standard et le reste au hasard pour être équitable. Ce n&#39;est pas compliqué à comprendre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si l&#39;exclusion n&#39;existait pas, vois-tu, il faudrait l&#39;inventer.</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://one-freeworld.blogspot.com/feeds/3243960415321778024/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://one-freeworld.blogspot.com/2009/02/insertion.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3073047763108324895/posts/default/3243960415321778024'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3073047763108324895/posts/default/3243960415321778024'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://one-freeworld.blogspot.com/2009/02/insertion.html' title='insertion...!'/><author><name>Unknown</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3073047763108324895.post-731669752889850849</id><published>2009-02-27T01:33:00.000-08:00</published><updated>2009-02-27T01:36:38.384-08:00</updated><title type='text'>réinsertion ...</title><content type='html'>Vu comme ça, la réinsertion peut ressembler à une vaste arnaque. Si tu es plus utile à la société en étant exclu qu&#39;en trouvant du boulot, tu dois bien t&#39;attendre à ce que ta situation s&#39;éternise quelque peu. Pourquoi alors tout ce boucan sur la réinsertion, les stages de retour à l&#39;emploi et les aides aux chômeurs ? Parce que, politiquement correct parlant, il est impossible de reconnaître qu&#39;on a besoin des exclus pour faire évoluer le pays.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et des millions d&#39;exclus en colère, ça pourrait faire du vilain s&#39;ils n&#39;avaient pas un os ou deux à ronger. Quelques voitures brûlées et vitrines pillées en fins de manifs ne sont vraiment pas cher payé par rapport à la violence de l&#39;exclusion.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L&#39;une des caractéristiques principales de l&#39;exclusion est que tout ce qui est censé être fait pour t&#39;aider à en sortir est destiné tout au plus à te faciliter la misère au quotidien. Affirmer le contraire est méconnaître la réalité. Des arguments pour la démonstration ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Sans parler de la distribution de Vache-qui-rit ® qui t&#39;empêche seulement de mourir de faim devant tout le monde, le régime alimentaire auquel tu vas te trouver soumis par manque de fric n&#39;est pas fait pour te permettre d&#39;utiliser au mieux ta force de travail.&lt;br /&gt;- Les fringues d&#39;occase que te refile le Secours Catho ou Popu servent de cache-misère. Sapé de frais, le clodo est plus difficile à distinguer dans une foule. Note que cela n&#39;empêche pas tes collègues et les flics de te repérer de loin.&lt;br /&gt;- La piaule que tu payes à coup d&#39;allocations logement ? Une récente proposition de loi visant à compliquer, oh légèrement, la vie des marchands de sommeil est bien en sommeil quelque part, mais où ?&lt;br /&gt;- Le RMI que les contribuables te versent si généreusement ? Largement suffisant pour ne pas crever. De là à prétendre refaire ta vie...&lt;br /&gt;- Les petits boulots, intérim, CDD, stages rémunérés et autres CES ? Voir ci-dessus.&lt;br /&gt;- L&#39;allocation dégressive des ASSEDIC ? Tu peux considérer qu&#39;il s&#39;agit d&#39;une préparation à l&#39;exclusion. En un rien de temps tu te retrouves à gagner moins qu&#39;un exclu débrouillard, alors dépêche-toi d&#39;apprendre.&lt;br /&gt;- L&#39;allocation handicapé ? Déjà que tu es officiellement handicapé, si tu n&#39;as que ça pour t&#39;en sortir, t&#39;es assez mal barré. Et tu voudrais bénéficier de la loi qui oblige les entreprises à embaucher des handicapés ? Mais elles préfèrent payer l&#39;amende, voyons !&lt;br /&gt;- Les soins gratuits ? Ça se saurait si l&#39;exclu était en aussi bonne santé que le contribuable de base. Au point qu&#39;il est difficile de démêler qui de la pathologie ou de l&#39;exclusion fait la poule et qui fait l&#39;oeuf.&lt;br /&gt;- La possibilité de tout un chacun de fonder un foyer épanouissant ? Ah oui, bien sûr, bien sûr...&lt;br /&gt;- Les rééducateurs professionnels toujours prêts à rendre service ? Justement.&lt;br /&gt;- L&#39;accès réservé à des emplois adaptés ou protégés ? C&#39;est quoi déjà la définition de &quot;ghetto&quot; ?&lt;br /&gt;- La dépendance dans laquelle tu te complais ? On te reproche assez de n&#39;être qu&#39;un assisté, mais comment faire autrement si tu n&#39;as pas la moindre chance de redevenir maitre de ton avenir pour toutes les raisons qui précèdent ?&lt;br /&gt;Muni de tout cela, si tu persistes encore à rester exclu, c&#39;est vraiment que tu le veux bien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L&#39;exclusion, coco, c&#39;est pour la vie. Ça ne veux pas dire que tu resteras exclu toute ta vie, mais qu&#39;un passage par la case exclusion changera irrémédiablement ton séjour ici-bas. Outre des cicatrices à faire pâlir un légionnaire, une expérience réussie dans ce métier te donne de solides arguments pour contester l&#39;ordre établi. Pas de raison de t&#39;en priver, lui-même ne manquant aucune occasion de te stigmatiser.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Juste un léger problème : même en criant fort, tu ne risques pas d&#39;émouvoir grand-monde dans ton désert. Pourquoi ne pas contacter l&#39;une des nombreuses associations qui militent en faveur des moins-que-rien ? Le choix est vaste et rien ne t&#39;interdit d&#39;avoir une demi-douzaine de cartes pour ne prendre que ce qui t&#39;intéresse dans chaque groupe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu es sceptique quant au &quot;sérieux&quot; de ces rassemblements ? Tu es effrayé devant certaines de leurs actions ? Ne te laisses pas impressionner par les gesticulations médiatiques, l&#39;essentiel du boulot se fait dans l&#39;ombre, loin des caméras de télé et des calepins de journaleux.&lt;br /&gt;« Remettre ton cher nombril à sa juste place, un parmi quelques millions d&#39;autres, est un exercice salutaire »&lt;br /&gt;L&#39;administration, préfet en tête, dispose de beaucoup de pouvoir, même si elle préfère travailler discrètement pour ne pas avoir à assumer ses aberrations. Dans les faits, le nombre de dossiers débloqués en douce est considérable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans ces &quot;collectifs&quot;, tu pourras réapprendre à parler correct en fricotant avec des syndicalistes, des enseignants, des pros du social, des préretraités venus se ressourcer en se frottant avec la réalité de l&#39;exclusion. Sans compter bon nombre que tu n&#39;aurais jamais supposé qu&#39;ils puissent être aussi exclus que toi. Ces points de contacts improbables entre deux mondes souvent présentés comme opposés sont réconfortants. Si la pensée unique existe ce n&#39;est pas chez les individus mais dans les appareils institutionnels censés les représenter.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C&#39;est dans les différents &quot;collectifs&quot; qu&#39;on peut le mieux appréhender les conséquences de l&#39;exclusion. Forcément, puisque s&#39;y côtoient des représentants des deux planètes. C&#39;est là que tu pourras tenter de faire comprendre ta vision des choses, c&#39;est là aussi que tu pourras regarder autrement ta situation. Remettre ton cher nombril à sa juste place, un parmi quelques millions d&#39;autres, est un exercice salutaire.</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://one-freeworld.blogspot.com/feeds/731669752889850849/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://one-freeworld.blogspot.com/2009/02/reinsertion.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3073047763108324895/posts/default/731669752889850849'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3073047763108324895/posts/default/731669752889850849'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://one-freeworld.blogspot.com/2009/02/reinsertion.html' title='réinsertion ...'/><author><name>Unknown</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3073047763108324895.post-8216333564627566837</id><published>2009-02-27T01:31:00.000-08:00</published><updated>2009-02-27T01:33:26.699-08:00</updated><title type='text'>A l&#39;envers..</title><content type='html'>Il est mentionné quelque part sur ce site que l&#39;exclusion est en train de révolutionner le monde. Excessif, bien sûr. Quoique. La chose étant devenue phénomène de masse dans bien des pays, il en résulte une tranche importante de citoyens ayant eu l&#39;occasion de penser la société. D&#39;autant qu&#39;en plus des exclus, il faut ajouter tous ceux qui se sentent plus ou moins interpellés par la chose. Et ça, mine de rien, ce n&#39;était pas arrivé depuis un sacré bout de temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C&#39;est l&#39;occasion de remettre en cause bien des idées reçues et cela permet l&#39;émergence d&#39;une conscience individuelle mise au service de la collectivité.&lt;br /&gt;« Et si les exclus étaient en train de réinsérer les inclus dans une société construite sur des valeurs renouvelées ? »&lt;br /&gt;Le délabrement de tous les circuits de représentation habituels, syndicats, partis politique, églises, etc., ne sont pas la marque d&#39;un renoncement à participer à la vie publique, mais le résultat de l&#39;inadéquation de ces &quot;rassemblements&quot;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les gens sont souvent présentés comme étant devenus furieusement individualistes. Il faut peut-être aller un peu plus loin et regarder quelles formes prend ce retour sur l&#39;individu. La profusion d&#39;associations, la généralisation du &quot;collectif&quot;, l&#39;engagement à géométrie variable, la recherche d&#39;informations non filtrées ou traitées autrement, l&#39;appropriation de nouveaux outils de communication ne sont pas la marque d&#39;un désengagement de la chose publique. Bien au contraire il s&#39;agit d&#39;une reconquête au détriment de structures sclérosées et de fait non représentatives.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et si les exclus étaient en train de réinsérer les inclus dans une société construite sur des valeurs renouvelées ? Utopie ? Bien sûr. Mais sait-on jamais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L&#39;exclusion n&#39;est pas qu&#39;une question d&#39;argent, ça serait trop simple. Le web étant ce qu&#39;il est, autant jeter un coup d&#39;oeil sur le travail des autres, ce sera plus rapide.</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://one-freeworld.blogspot.com/feeds/8216333564627566837/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://one-freeworld.blogspot.com/2009/02/lenvers.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3073047763108324895/posts/default/8216333564627566837'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3073047763108324895/posts/default/8216333564627566837'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://one-freeworld.blogspot.com/2009/02/lenvers.html' title='A l&#39;envers..'/><author><name>Unknown</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3073047763108324895.post-7097250714109238464</id><published>2009-02-27T01:29:00.000-08:00</published><updated>2009-02-28T02:54:17.425-08:00</updated><title type='text'>Ailleurs..</title><content type='html'>&lt;a onblur=&quot;try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}&quot; href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEg_RIxlcOD4Jq98zg9urKbdcVuWwfK0vPxjX6v4TojN3KbAz277ebr5po5DIOfmVdvAihddPPKdeKrSX0fG2BPbUMSwi2rKESDpmfo_Nz4xGM3Cq_IvRQrLqBJwKDXaCYTNHAGCss3a3XdM/s1600-h/actu+(12).jpg&quot;&gt;&lt;img style=&quot;display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 300px; height: 195px;&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEg_RIxlcOD4Jq98zg9urKbdcVuWwfK0vPxjX6v4TojN3KbAz277ebr5po5DIOfmVdvAihddPPKdeKrSX0fG2BPbUMSwi2rKESDpmfo_Nz4xGM3Cq_IvRQrLqBJwKDXaCYTNHAGCss3a3XdM/s320/actu+(12).jpg&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;&quot;id=&quot;BLOGGER_PHOTO_ID_5307468133670146962&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Tu viens de voir que ton métier d&#39;exclu assisté consistait à être le grand méchant loup qui fait peur aux inclus productifs et leur apprend à rester bien sage. La combine marche tellement bien qu&#39;il y aura bientôt plus de loups que de moutons. Certains pays à la pointe de la démocratie et de la liberté (Etats-Unis, au hasard) l&#39;ont bien compris et ont entrepris de remettre un peu d&#39;ordre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aux States, il y a officiellement moins de 5% de chômeurs. Il y a aussi 5% de la population en âge de travailler entaulée ou sous contrôle judiciaire serré, mais ça n&#39;a rien à voir bien sûr. Un taulard n&#39;est pas un demandeur d&#39;emploi. Un ex-taulard accepte facilement n&#39;importe quel travail à n&#39;importe quel prix et dans n&#39;importe quelles conditions. Note bien qu&#39;on parle de prix, pas de salaire...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Oui, peut-être, mais les USA, c&#39;est loin ! A la rame, oui. Avec Internet c&#39;est à moins de deux clics de chez toi... Mais parlons Europe. Belgique, par exemple. Le RMI local s&#39;appelle Minimex.&lt;br /&gt;« La dernière fois qu&#39;ils ont eu autant de chômeurs qu&#39;aujourd&#39;hui, ça nous a coûté une guerre mondiale »&lt;br /&gt;Depuis quelques années, devant l&#39;explosion de la précarité et de la pauvreté, les finances publiques n&#39;arrivent plus à suivre. Solution : la chasse à la &quot;fraude&quot;. On ne met pas en taule mais on exclut des systèmes de solidarité sociale sous le plus petit prétexte. D&#39;autre part, on restreint le nombre de chômeurs déclarés en leur imposant des boulots dans des conditions qui feraient rougir de honte qui n&#39;a pas sa carte du MEDEF (lire le courrier de Benjamin).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une autre ? Pays-Bas, cette fois. Officiellement moins de 5% de chômeurs. 20 % si on les compte comme on le ferait ailleurs. La différence ? Des braves gens qui travaillent. Une poignée d&#39;heures par mois. Mais surtout plus de 10% de handicapés inaptes au travail. Pour devenir handicapé, il suffit d&#39;être atteint de maladies graves, genre chômage longue durée, peu de qualification, origine étrangère, bref, ce qu&#39;on appelle chez nous exclusion.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Encore ?&lt;br /&gt;Espagne : récemment, tu n&#39;auras pas manqué de lire dans ton canard préféré les articles sur ces esclaves (mais c&#39;était des immigrés, hein...) de la production agricole compétitive qui se sont fait consciencieusement rationner pendant une paire de jours. Quant au métier le plus lucratif du pays, c&#39;est directeur d&#39;agence d&#39;intérim.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Angleterre ? Voir Etats-Unis, mais cette fois à deux heures de train.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Allemagne ? La dernière fois qu&#39;ils ont eu autant de chômeurs qu&#39;aujourd&#39;hui, ça nous a coûté une guerre mondiale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Italie ? Si les secteurs gris de l&#39;économie n&#39;étaient pas si importants, il n&#39;y aurait plus d&#39;Italie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On arrête là le massacre, ça n&#39;a rien de drôle. Il est aujourd&#39;hui impossible de faire des comparaisons entre pays : les chiffres ne sont jamais calculés de la même façon . Ce n&#39;est pas un hasard. Mais tu as tout sous la main, en France, en bas de chez toi. Actuellement , les syndicats représentatifs et le patronat sont en train de tailler un short dans ce qu&#39;il reste de protection des travailleurs. Celle des non-travailleurs est en cours d&#39;embaumement pour l&#39;exposer au musée. Certes, il est temps que la société évolue. Dommage que ça tombe juste au moment où les plus faibles ne sont plus représentés officiellement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le chiffre de 60 millions de pauvres est couramment accepté pour l&#39;Europe des 15. Pour 250 millions d&#39;habitants. Les dix dernières années ont été catastrophiques à un point tel que les dirigeants refusent d&#39;affronter la réalité autrement qu&#39;en augmentant crédits et entraînements des forces de sécurité et en élargissant l&#39;offre pénitentiaire. La reprise de la croissance va faire rêver beaucoup de monde, la déception va être terrible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En France, la Une du jour est consacrée au franchissement dans le bon sens de la barre des 10% de chômeurs. Parfois, un beau graphique en page intérieure rappelle l&#39;évolution sur les 25 dernières années.&lt;br /&gt;Quel chiffre retenir ? Laisse tomber le 10% trop sujet à caution et regarde d&#39;un peu plus près ce que peut bien signifier 25 années de crise. 25 ans ! Le tiers d&#39;une vie standard. Ou la moitié d&#39;une vie d&#39;exclu, si tu préfères.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Entendre quotidiennement, pendant 25 ans, parler du chômage. Pour certains, des années de galères sans nom, des blessures profondes, des humiliations innombrables. Quelques suicides, beaucoup d&#39;ulcères, de nombreuses insomnies plus un nombre inconnu de folies. Pour ceux qui se les sont pris en pleine tête, ces 25 ans, les dégâts sont considérables.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Beaucoup se sont battus comme des diables, du moins au début. Mais on ne peut se battre pendant 25 ans sans écoper de balles perdues. Il y a une limite à ce que peut endurer un individu. Et quel que soit le plein emploi qui remplit aujourd&#39;hui les manchettes, avec un rien d&#39;anticipation, toute une tranche de population est définitivement hors course. Physiquement et moralement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Reste plus qu&#39;à les abattre. Le peloton est en train de se mettre en place : celui qui ne travaille pas est pire que le fainéant, le profiteur, l&#39;assisté qu&#39;il était avant. Il est le traître. Celui qui affirme par sa seule existence que le bien-être et le pouvoir d&#39;achat du plus grand nombre s&#39;est construit sur le sacrifice de 10% de la population. Tiens, on retrouve le 10 % !</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://one-freeworld.blogspot.com/feeds/7097250714109238464/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://one-freeworld.blogspot.com/2009/02/ailleurs.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3073047763108324895/posts/default/7097250714109238464'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3073047763108324895/posts/default/7097250714109238464'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://one-freeworld.blogspot.com/2009/02/ailleurs.html' title='Ailleurs..'/><author><name>Unknown</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" url="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEg_RIxlcOD4Jq98zg9urKbdcVuWwfK0vPxjX6v4TojN3KbAz277ebr5po5DIOfmVdvAihddPPKdeKrSX0fG2BPbUMSwi2rKESDpmfo_Nz4xGM3Cq_IvRQrLqBJwKDXaCYTNHAGCss3a3XdM/s72-c/actu+(12).jpg" height="72" width="72"/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3073047763108324895.post-1459192507151328328</id><published>2009-02-27T01:28:00.000-08:00</published><updated>2009-02-27T05:28:04.339-08:00</updated><title type='text'>L&#39;espoir ..</title><content type='html'>&lt;a onblur=&quot;try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}&quot; href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEje7oxr37LpINHwRr65M6hWxqAnudcJNU9e0KVqZ5IfqZdolHB1yV85WH7b7HXO5u6c6ttmt3thu40T1LQAkChy8QVOZDj49bEW91HTVqCVna8cVbuk9THGcH1Fy-AfwjmvjeLi7fcozQz9/s1600-h/actu+(8).jpg&quot;&gt;&lt;img style=&quot;display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 197px; height: 320px;&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEje7oxr37LpINHwRr65M6hWxqAnudcJNU9e0KVqZ5IfqZdolHB1yV85WH7b7HXO5u6c6ttmt3thu40T1LQAkChy8QVOZDj49bEW91HTVqCVna8cVbuk9THGcH1Fy-AfwjmvjeLi7fcozQz9/s320/actu+(8).jpg&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;&quot;id=&quot;BLOGGER_PHOTO_ID_5307468375760231138&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Maintenant, il va falloir que tu te décides. Soit tu essaies de te réinsérer, c&#39;est à dire de rentrer dans le moule, soit tu te mets à ton compte. Et tu revendiques ton statut d&#39;exclu. La société ne veut pas de toi ? Qu&#39;elle crève ! Si l&#39;espoir de changer le monde ne va pas remplir ta gamelle, la colère, elle, peut le faire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comment ? Simple. Tout (ou presque...) ce qui pourrit ta vie vient de ce que ton modèle de référence reste le monde d&#39;où tu es exclu. Bazarde tout ça par-dessus bord, ton sac est déjà bien assez lourd sans t&#39;encombrer de trucs inutiles. Tu n&#39;as pas de quoi t&#39;acheter des Nike ? Tu ne vas pas aux sports d&#39;hiver ? Tu n&#39;as pas de crédit à rembourser ? Tu n&#39;as pas la médaille pour 20 ans dans la même boite ? Tu n&#39;as pas de pelouse à tondre devant ton pavillon de banlieue ? Et alors !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu as du temps pour réfléchir. Tu peux agir selon tes valeurs personnelles. Refuser la compétition. Négliger la publicité. Aider d&#39;un geste ou d&#39;une parole.&lt;br /&gt;« revendique ton statut d&#39;exclu. La société ne veut pas de toi ? Qu&#39;elle crève ! »&lt;br /&gt;Ne pas voir un concurrent dans chaque voisin de palier. Oublier le paraitre. Bref, tu peux vivre autrement. Et rien ne t&#39;empêche de le faire savoir si l&#39;occasion se présente. Tant que cela fera peur à la société, tu mangeras à ta faim.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Refuse d&#39;être recéleur d&#39;idées reçues sans que tu n&#39;aies jamais rien demandé. Tourne le dos à l&#39;accumulation de biens matériels. La nouveauté n&#39;est pas de ce côté de la barrière. Tes années d&#39;exclusion vont te servir, quoi qu&#39;il arrive tu sauras toujours te tirer d&#39;affaire. De parasite inutile tu te retrouves précurseur, c&#39;est pas de la réinsertion bien comprise, ça ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- C&#39;est pas demain la veille ? Non, c&#39;est déjà du passé. Jette un coup d&#39;oeil sur ces 25 dernières années, ces fameuses années de crise de la civilisation occidentale. La rapidité et l&#39;ampleur des changements sont ahurissant. Même les plus réactionnaires sont contraints de reconnaître que &quot;tout fout l&#39;camp&quot;. Et ce n&#39;est pas un mal, l&#39;affaire était bien mal engagée.</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://one-freeworld.blogspot.com/feeds/1459192507151328328/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://one-freeworld.blogspot.com/2009/02/lespoir.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3073047763108324895/posts/default/1459192507151328328'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3073047763108324895/posts/default/1459192507151328328'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://one-freeworld.blogspot.com/2009/02/lespoir.html' title='L&#39;espoir ..'/><author><name>Unknown</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" url="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEje7oxr37LpINHwRr65M6hWxqAnudcJNU9e0KVqZ5IfqZdolHB1yV85WH7b7HXO5u6c6ttmt3thu40T1LQAkChy8QVOZDj49bEW91HTVqCVna8cVbuk9THGcH1Fy-AfwjmvjeLi7fcozQz9/s72-c/actu+(8).jpg" height="72" width="72"/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3073047763108324895.post-3103644607371890017</id><published>2009-02-27T01:26:00.000-08:00</published><updated>2009-02-27T05:28:29.603-08:00</updated><title type='text'>Mondialisation ?</title><content type='html'>&lt;a onblur=&quot;try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}&quot; href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgH-u9Dc_T_mK85wHXTugis5iH6u-vms3yygvrJSPy1jj0fnqAh5Isg0q1JW8D331mUTYVo3D_zKSW3hPjD0jLQSkrIgUlsMI_kQDjDKDBr3WzF3X1FTp_SZVCYIBNvw6OVcU-7agMn_LIZ/s1600-h/actu+(6).jpg&quot;&gt;&lt;img style=&quot;display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 310px; height: 320px;&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgH-u9Dc_T_mK85wHXTugis5iH6u-vms3yygvrJSPy1jj0fnqAh5Isg0q1JW8D331mUTYVo3D_zKSW3hPjD0jLQSkrIgUlsMI_kQDjDKDBr3WzF3X1FTp_SZVCYIBNvw6OVcU-7agMn_LIZ/s320/actu+(6).jpg&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;&quot;id=&quot;BLOGGER_PHOTO_ID_5307468492242882770&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Aujourd&#39;hui, si tu ne veux pas avoir l&#39;air trop ringard, tu dois penser droits de l&#39;homme, développement durable et économie solidaire. En français courant, on dit liberté, égalité, fraternité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est devenu difficile de prétendre ignorer ce qui se passe chez tes proches voisins, habiteraient-ils la Nouvelle Calédonie. Pour cause de WWW, CNN, ONU, OMC et autres initiales obscures (2). Il se trouve que notre civilisation auto proclamée occidentale autant que supérieure ne représente pas tant de monde que ça sur les 6 milliards de passagers que compte la planète. Et que les ignorés commencent à se faire entendre. Et qu&#39;ils sont vachement plus nombreux que nous...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ayant pu constater le cul-de-sac dans lequel la société de consommation nous a enfournés, il faut réfléchir à ce qu&#39;on va bien pouvoir inventer pour rattraper le coup. Accessoirement, tu risques de t&#39;apercevoir que ta condition d&#39;exclu, à priori peu enviable, est en fait très confortable par rapport au quotidien de plus de la moitié de l&#39;humanité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le siècle passé (le XXème) a été remarquable par sa violence, relire Hobsbawm - L&#39;âge des extrêmes - en cas de doutes. La plus insidieuse a été de ne pas utiliser le progrès technique pour réduire les inégalités entre les hommes mais au contraire pour les multiplier. Il n&#39;y a jamais eu autant de porteurs de piques potentiels pour si peu de têtes à embrocher.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ça va bien finir par se savoir un jour ou l&#39;autre.</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://one-freeworld.blogspot.com/feeds/3103644607371890017/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://one-freeworld.blogspot.com/2009/02/mondialisation.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3073047763108324895/posts/default/3103644607371890017'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3073047763108324895/posts/default/3103644607371890017'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://one-freeworld.blogspot.com/2009/02/mondialisation.html' title='Mondialisation ?'/><author><name>Unknown</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" url="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgH-u9Dc_T_mK85wHXTugis5iH6u-vms3yygvrJSPy1jj0fnqAh5Isg0q1JW8D331mUTYVo3D_zKSW3hPjD0jLQSkrIgUlsMI_kQDjDKDBr3WzF3X1FTp_SZVCYIBNvw6OVcU-7agMn_LIZ/s72-c/actu+(6).jpg" height="72" width="72"/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3073047763108324895.post-2714647342752181696</id><published>2009-02-27T01:23:00.000-08:00</published><updated>2009-02-27T01:25:56.507-08:00</updated><title type='text'>1 février 1954</title><content type='html'>&lt;a onblur=&quot;try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}&quot; href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjw7FdLpIfR-5LmX6Ea5UFy22hHUQfMx_oy2qE9ieSA33g-7-xBUtlYM1DRud80JlrRCMxP_P3aUf5iXkHwGgxAFsP667bd_-po-JMeXUvOoUo7SsUwg9baP4YtGSaEwDM8MjT17kcpgJq1/s1600-h/actu+(6).jpg&quot;&gt;&lt;img style=&quot;display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 310px; height: 320px;&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjw7FdLpIfR-5LmX6Ea5UFy22hHUQfMx_oy2qE9ieSA33g-7-xBUtlYM1DRud80JlrRCMxP_P3aUf5iXkHwGgxAFsP667bd_-po-JMeXUvOoUo7SsUwg9baP4YtGSaEwDM8MjT17kcpgJq1/s320/actu+(6).jpg&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;&quot;id=&quot;BLOGGER_PHOTO_ID_5307405967033141330&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;L&#39;Abbé Pierre : appel du 1er février 1954, Abbé Pierre (1912 - 2007)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L&#39;Abbé Pierre a marqué le siècle et les esprits. Prêtre, résistant et fondateur d&#39;Emmaüs, organisation destinée à aider les pauvres et les réfugiés, l&#39;Abbé Pierre est décédé à l&#39;âge de 94 ans.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hiver 54, on meurt dans les rues des villes de France. Le 1er février 1954, à midi, Henri Grouès dit l&#39;Abbé Pierre lance un appel sur les ondes de Radio Luxembourg. Cet appel citoyen fait exploser le standard de la station de radio où le dons affluent. Il n&#39;existe pas d&#39;enregistrement original de cet appel. Au début des années 90, l&#39;Abbé Pierre l&#39;a réenregistré ; en voici le texte :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    &quot;Mes amis, au secours… Une femme vient de mourir gelée, cette nuit à trois heures, sur le trottoir du boulevard Sébastopol, serrant sur elle le papier par lequel, avant hier, on l’avait expulsée… Chaque nuit, ils sont plus de 2000 recroquevillés sous le gel, sans toit, sans pain, plus d’un presque nu. Devant l’horreur, les cités d’urgence, ce n’est même plus assez urgent !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Écoutez-moi : en trois heures, deux premiers centres de dépannage viennent de se créer : l’un sous la tente au pied du Panthéon, rue de la Montagne Sainte Geneviève ; l’autre à Courbevoie. Ils regorgent déjà, il faut en ouvrir partout. Il faut que ce soir même, dans toutes les villes de France, dans chaque quartier de Paris, des pancartes s’accrochent sous une lumière dans la nuit, à la porte de lieux où il y ait couvertures, paille, soupe, et où l’on lise sous ce titre CENTRE FRATERNEL DE DEPANNAGE, ces simples mots : « TOI QUI SOUFFRES, QUI QUE TU SOIS, ENTRE, DORS, MANGE, REPREND ESPOIR, ICI ON T’AIME »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    La météo annonce un mois de gelées terribles. Tant que dure l’hiver, que ces centres subsistent, devant leurs frères mourant de misère, une seule opinion doit exister entre hommes : la volonté de rendre impossible que cela dure.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Je vous prie, aimons-nous assez tout de suite pour faire cela. Que tant de douleur nous ait rendu cette chose merveilleuse : l’âme commune de la France. Merci !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Chacun de nous peut venir en aide aux “sans abri”. Il nous faut pour ce soir, et au plus tard pour demain :&lt;br /&gt;    • 5000 couvertures,&lt;br /&gt;    • 300 grandes tentes américaines,&lt;br /&gt;    • 200 poêles catalytiques&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Déposez les vite à l’hôtel Rochester, 92 rue de la Boétie. Rendez-vous des volontaires et des camions pour le ramassage, ce soir à 23 heures, devant la tente de la montagne Sainte Geneviève.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Grâce à vous, aucun homme, aucun gosse ne couchera ce soir sur l’asphalte ou sur les quais de Paris.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Merci !&quot;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://one-freeworld.blogspot.com/feeds/2714647342752181696/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://one-freeworld.blogspot.com/2009/02/1-fevrier-1954.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3073047763108324895/posts/default/2714647342752181696'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3073047763108324895/posts/default/2714647342752181696'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://one-freeworld.blogspot.com/2009/02/1-fevrier-1954.html' title='1 février 1954'/><author><name>Unknown</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" url="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjw7FdLpIfR-5LmX6Ea5UFy22hHUQfMx_oy2qE9ieSA33g-7-xBUtlYM1DRud80JlrRCMxP_P3aUf5iXkHwGgxAFsP667bd_-po-JMeXUvOoUo7SsUwg9baP4YtGSaEwDM8MjT17kcpgJq1/s72-c/actu+(6).jpg" height="72" width="72"/><thr:total>0</thr:total></entry></feed>