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    <title>Justice au singulier</title>
    
    
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    <subtitle>Le blog de Philippe Bilger</subtitle>
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        <title>Justice : la lumière et l'ombre</title>
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        <published>2012-05-25T16:21:56+02:00</published>
        <updated>2012-05-26T01:12:41+02:00</updated>
        <summary>La lumière ici. L'ombre là. Pour faire triompher la justice ici. Pour la faire oublier là ? </summary>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p>J'ai failli intituler ce billet "Le lièvre et la tortue" mais, outre que cette alternative aurait été un tantinet vulgaire pour la justice, elle n'aurait pas bien exprimé ce que j'ai l'intention de souligner. En effet, le lièvre baguenaude, batifole alors que la tortue part à point, avance lentement et atteint le but la première. On ne peut pas dire qu'il y a des procédures qui folâtrent et d'autres qui s'acheminent lentement mais sûrement. Quoique ? Au fond, ce qui importe est le plus ou moins d'éclat projeté sur les investigations judiciaires et sur l'énergie déployée par les magistrats. La chape de silence, et on présume l'enlisement, le pire. Un éclairage régulier et on se réjouit du mouvement, peut-être du meilleur.</p>
<p>Personne ne doute que les dossiers Karachi instruits respectivement par Marc Trévidic et Renaud Van Ruymbeke progressent parce que d'une manière qui n'offense aucunement une bonne administration de la justice, le citoyen est tenu informé de leurs péripéties principales par les médias et souvent par les avocats concernés. Entre la discrétion totale qui respecterait un secret de l'enquête et de l'instruction "intégriste" et la divulgation à tout crin, une voie raisonnable existe qui offre à la société ce à quoi elle a droit et ne fait pas tomber dans une profusion dangereuse.</p>
<p>Comparons deux informations qui sont au coeur de ma réflexion entre la lumière rassurante et l'ombre troublante.</p>
<p>La première se rapporte à l'affaire du juge Gentil à Bordeaux pour les délits d'abus de faiblesse et d'abus de confiance. Après le désastre de Nanterre longtemps prétendu exemplaire par le procureur Courroye, la saisine du tribunal de grande instance de Bordeaux est venue enfin dénouer les fils délibérément enchevêtrés de réalités suspectes et diverses.</p>
<p>Pour l'action conduite par Jean-Michel Gentil, en dépit de la réserve manifestée par ce dernier, nous avons pu disposer d'éléments, être attentifs à des avancées, presque nous sentir en symbiose intellectuelle avec une démarche qui méthodiquement entendait des témoins, rassemblait des preuves et se rapprochait des plus hauts responsables pour éventuellement les incriminer. Récemment encore, après la défaite de Nicolas Sarkozy le constituant comme citoyen ordinaire à partir du 16 juin, sont apparues, à l'encontre de celui-ci, des données recoupées ne rendant plus absurde - comme il l'avait prétendu - ni inconcevable son implication, avec d'autres proches politiques, dans le financement illégal de l'UMP (Le Monde). Bettencourt, aujourd'hui, résonne moins comme un honneur que comme une marque de générosité ciblée, l'expression d'un monde où l'argent et les privilèges, sans magouilles, ne seraient plus vraiment eux-mêmes.</p>
<p>L'éthique démocratique n'a pas de souci à se faire. Il y a à Bordeaux le cours d'une justice dont les oeuvres sont indéniables et la volonté d'aboutir incontestable. Si elle ne se déroule pas heureusement à ciel ouvert, elle est suffisamment transparente pour abolir tout soupçon d'emprise suspecte, tout risque de disparition dans les limbes du temps.</p>
<p>Mettons en face de cette instruction du juge Gentil celle de la commission chargée d'informer sur le rôle de Christine Lagarde dans l'arbitrage honteux rendu en faveur de Bernard Tapie et, en amont, sur les nombreuses irrégularités et anomalies l'ayant engendré comme la fleur le fruit ! Il n'est plus nécessaire de rappeler le caractère gravissime de ces épisodes à l'inspiration desquels Nicolas Sarkozy ne peut être étranger puis, pour le processus, Jean-Louis Borloo avant Christine Lagarde, enfin cette dernière en charge et en responsabilité pour l'essentiel avant la triste et regrettable influence d'un arbitre sur les deux autres (Mediapart).</p>
<p>Grâce à l'ancien procureur général près la Cour de cassation Jean-Louis Nadal qui a joué un rôle décisif dans l'illustration d'une justice moins indigne qu'auparavant, au mois d'août 2011 la commission d'instruction de la Cour de justice de la République (CJR) a été saisie de complicité de faux et de détournement de biens publics à l'encontre de Christine Lagarde. Depuis cette date, la République se trouve dans une totale ignorance de ce qu'accomplit ou non la Cour de justice qui agit théoriquement en son nom. Les médias apparemment sont contraints de demeurer dans l'attente, personne ne cherche à découvrir ce qui se trame sur ce territoire à la fois ordinaire et spécial. L'instruction progresse-t-elle ou non ? Est-elle au point mort parce qu'on refuserait de la voir vivre ? Des auditions, des commissions rogatoires, des témoignages, des expertises ? Le néant ou un peu d'être ?</p>
<p>Certes deux autres procédures étaient diligentées en même temps que celle de la CJR. Pour le Conseil d'Etat, il a donné tort au député Charles de Courson qui n'a jamais failli et s'est battu autant qu'il l'a pu pour vaincre le scandale financier par le droit. Reste la Cour de discipline budgétaire. Peut-on, pour excuser cette apparente inertie, ce secret gardé, supputer que la commission d'instruction diffère dans l'attente de la décision budgétaire ? Cela ferait tout de même un délai considérable puisque huit mois se sont écoulés depuis aoüt 2011 !</p>
<p>Je suis étonné que personne ne proteste devant une lenteur aussi déplorable, à supposer que des opérations s'effectuent en catimini, à notre insu, ou face à un tel désir d'effacement, de réduction à rien d'une affaire pourtant la plus ostensiblement indécente de ce dernier quinquennat. On n'a pas le droit, au prétexte que la CJR est composée comme elle l'est et qu'elle devrait de ce fait adopter un train de députés et de sénateurs, de se satisfaire d'une justice si molle, aussi ralentie. Il n'est écrit nulle part que cette instruction devrait par principe se laisser distancer par celles de la justice ordinaire ou alors notre démocratie, concédant trop aux anciens ministres, ferait mieux de s'interroger sur elle-même.</p>
<p>Aussi, François Hollande n'a pas eu tort, à cause de sa structure et peut-être aussi de la constatation de ses incroyables lenteurs, de prévoir la suppression de la CJR (nouvelobs.com). Personne ne la pleurera mais en attendant, pour un Tapie qui rit et est heureux, une Christine Lagarde directrice générale du FMI - bien joué, Nicolas Sarkozy ! -, on a une République qui espère obtenir justice. La victime est singulière et éclatante. C'est elle qui en effet, offensée dans son honneur et spoliée pour ses finances, a pâti. Faut-il, par lassitude, s'indigner ailleurs ?</p>
<p>La lumière ici. L'ombre là. Pour faire triompher la justice ici. Pour la faire oublier là ?</p></div>
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        <title>François Hollande est-il vraiment le président de tous les Français ?</title>
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        <published>2012-05-24T00:17:36+02:00</published>
        <updated>2012-05-24T11:41:57+02:00</updated>
        <summary>Le président de tous les Français, c'est aussi celui, je l'espère, de ceux qui l'ont fait élire et ne sont pas socialistes. Il n'est pas interdit de rêver d'une gauche du réalisme sachant parfois maintenir les oeuvres d'une droite qui n'a pas eu tort sur tout.</summary>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p>Il n'est pas un président de la République qui, élu, ne déclare vouloir être celui de tous les Français.</p>
<p>Cette volonté semble devoir aller de soi quand la charge suprême vous est confiée et que cet immense honneur engage. On ne pourrait pas théoriquement se muer en chef d'un clan, d'un parti, d'une partie de la France contre l'autre. Je considère que ce fut peut-être la faiblesse principale du récent quinquennat que la trahison de cette promesse proclamée en 2007. En même temps, le tempérament explosif et agité de Nicolas Sarkozy inspirait d'emblée le doute sur son aptitude à pacifier et à rassembler, sur l'équanimité nécessaire à une présidence impartiale.</p>
<p>En revanche, François Hollande m'est apparu plus plausible sur ce plan non seulement parce qu'il n'a cessé d'exprimer une obsession de l'unité mais surtout parce que sa personnalité semblait naturellement plus accordée à ce rêve d'un pays géré pour tous, d'une démocratie offerte, par le coeur, l'esprit et la politique, à tous.</p>
<p>Mais que signifie, au-delà de la pétition de principe, une présidence effective pour l'ensemble de la société ? Quelle peut être la traduction de ce désir d'universel ?</p>
<p>François Hollande, tout en prônant une gauche sociale démocrate, celle du possible et de la réforme, n'a pas caché qu'il ne s'inscrivait tout de même pas dans un socialisme mou. Son projet, qu'il s'applique à mettre en oeuvre notamment sur le plan international avec une certaine réussite, va naturellement s'incarner, autant que les contraintes de la réalité et l'avenir parlementaire le permettront, dans notre quotidien avec l'économie et la finance comme vecteurs fondamentaux.</p>
<p>Cette donnée incontestable doit-elle faire oublier au président de la République qu'une majorité substantielle de ceux qui l'ont fait élire ne s'est prononcée en sa faveur que par rejet personnel de Nicolas Sarkozy et pour qu'il assure la relève avec une personnalité et une pratique de l'Etat moins insupportables ? En aucun cas, cette multitude (60% d'après une estimation fiable) n'a fait acte d'adhésion à l'ensemble des mesures socialistes projetées ni au socialisme lui-même. Elle a investi sur un homme remarquable, conscient de ses devoirs, républicain convaincu et attentif à un exercice du pouvoir plus simple, moins vulgaire et narcissique (Le Monde, Le Figaro, Marianne 2).</p>
<p>Aussi, se contenter d'appliquer à la lettre le programme socialiste, jour après jour, sans s'interroger sur sa compatibilité avec cet électorat revient à tenir pour rien un soutien dont le poids a été décisif. Réciter le catéchisme idéologique, surtout en matière judiciaire pour l'instant, n'a aucun sens parce qu'on défait sans réfléchir et qu'on abandonne des citoyens à un sort qui les fait demeurer fidèles à un président mais regretter que sa politique ânonne quand elle pourrait se situer dans un juste milieu entre réalisme et conviction.</p>
<p>Pour ma part, je crains d'autant plus cette déshérence qu'en choisissant, au nom de la parité, Christiane Taubira plutôt qu'André Vallini, le président a plus servi la cause des femmes que celle de la justice. Non pas que ce ministre soit de médiocre qualité mais, en dépit de l'espoir qu'elle avait suscité, elle a immédiatement emprunté des chemins balisés par un humanisme plus abstrait qu'opératoire en décidant d'abolir la comparution des mineurs récidivistes de 16 à 18 ans devant le tribunal correctionnel et, bientôt sans doute, les peines planchers. Je suis persuadé qu'André Vallini, plus compétent en la matière, moins soucieux de complaire au clan judiciaire progressiste à tout crin, aurait sans doute constitué un utile contre-pouvoir au pouvoir des idéalistes guère avertis.</p>
<p>Eric Zemmour a dénoncé avec une vigueur et une verve sans retenue l'action et les projets de Christiane Taubira en lui reprochant notamment de s'en prendre exclusivement à l'homme blanc (RTL). Bruno Roger-Petit (nouvelobs.com) a appelé à une riposte contre lui sur un ton vengeur qui me fait mal augurer, au sein même de l'univers des journalistes, du respect de la liberté d'expression.</p>
<p>Il n'est pas besoin d'avoir le talent et la fougue polémique d'Eric Zemmour pour déplorer calmement que Christiane Taubira et, avec elle, le président qui l'a nommée en accord avec le Premier ministre ne songent pas assez, en ces premiers jours du quinquennat, à ces citoyens qui sont venus en nombre au soutien de François Hollande entre les deux tours.</p>
<p>Le président de tous les Français, c'est aussi celui, je l'espère, de ceux qui l'ont fait élire et ne sont pas socialistes. Il n'est pas interdit de rêver d'une gauche du réalisme sachant parfois maintenir les oeuvres d'une droite qui n'a pas eu tort sur tout.</p></div>
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        <title>Le sosie du Texas</title>
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        <published>2012-05-22T15:05:04+02:00</published>
        <updated>2012-05-22T17:02:58+02:00</updated>
        <summary>Le défaut de conscience, de vigilance, de compétence, quelle catastrophe !

Mais la peine de mort, quelle horreur !
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p>Sans doute ai-je laissé passer plus de deux jours, pour la première fois depuis longtemps, entre la publication de deux billets parce que je ne parvenais pas à me décider entre l'ordinaire analyse politique française et un drame américain bouleversant.</p>
<p>Celle-là m'aurait conduit à m'étonner des réactions ironiques de l'opposition devant la diminution des salaires du président de la République, du Premier ministre et des ministres. Il est facile de se moquer quand, en s'en étant abstenu lors de l'exercice du pouvoir, on veut laisser croire que cette avancée est dérisoire. Si elle l'était, et si peu signifiante sur le plan symbolique, pourquoi ne pas l'avoir accomplie alors que l'opinion publique, elle, en a compris la portée en dépit de la misérable polémique sur l'augmentation du nombre de ministres ? Je regrette qu'un Henri Guaino se soit laissé aller à tourner en dérision ce progrès en déplorant qu'on n'ait pas fait travailler le gouvernement pour rien, laissant subsister ses membres avec leurs revenus personnels (BFM) ! Pour la démocratie, j'aurais espéré un consensus sur cette réduction qui a dans tous les cas de l'allure.</p>
<p>Rien à voir, évidemment, avec la tragédie qui s'est déroulée en 1989 au Texas. Carlos DeLuna âgé de 27 ans a été condamné et exécuté pour le meurtre d'une jeune femme, commis en 1983 (Le Parisien, le Télégramme).</p>
<p>Une enquête vient d'être menée, durant cinq ans, par un professeur de droit et ses étudiants. Elle a permis d'établir que DeLuna avait un sosie, Carlos Hernandez, qui demeurait dans la même région et qui avait un casier judiciaire chargé avec notamment des agressions et un vol à main armée. Mais son passé judiciaire n'a jamais empêché qu'il soit traité avec une étrange indulgence par les autorités du Texas.</p>
<p>Le comble, c'est que Carlos DeLuna n'avait pas cessé de protester de son innocence tandis qu'Hernandez à plusieurs reprises a avoué être l'auteur de cet homicide. Incarcéré à nouveau, ce dernier est mort en 1996.</p>
<p>Ces deux hommes se ressemblaient tellement que même leurs proches les confondaient. Le jour des faits cependant, un témoin avait fourni un signalement vestimentaire et physique - moustachu et une chemise grise - qui correspondait à Hernandez mais non à DeLuna : rasé, avec une chemise blanche.</p>
<p>La certitude de l'existence dans le même secteur de ces deux jeunes gens si similaires d'apparence n'avait pas dissuadé le procureur, lors du procès, de prétendre "qu'Hernandez n'est qu'un fantôme né de l'imagination de DeLuca".</p>
<p>Les deux sont morts mais l'un dans la honte, en ayant réclamé justice sans l'avoir jamais obtenue, l'autre en se sachant coupable mais en n'étant pas cru.</p>
<p>Le défaut de conscience, de vigilance, de compétence, quelle catastrophe !</p>
<p>Mais la peine de mort, quelle horreur !</p></div>
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        <title>Christiane Taubira : un garde des Sceaux de combat ?</title>
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        <published>2012-05-19T17:55:32+02:00</published>
        <updated>2012-05-20T08:46:20+02:00</updated>
        <summary>Christiane Taubira sera un garde des Sceaux de combat. Elle conservera ce que la réalité conduit à conserver. Elle n'écoutera pas que ses amis.</summary>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p>Ce n'est pas parce que je l'ai rencontrée à quatre reprises sur des plateaux médiatiques que je peux prétendre connaître le nouveau garde des Sceaux qui a su d'emblée s'adjoindre un directeur de cabinet d'expérience et de qualité. Christiane Taubira, d'un caractère aimable et maîtrisé en apparence, est connue pour être une personnalité de principes et de convictions qui ne transigera pas avec le corpus socialiste. Je n'ai pas l'intention de revenir sur la loi qu'elle a fait voter sur la repentance de l'esclavage et qui a ouvert la voie à toute une série de textes discutables puisqu'ils prétendaient figer une matière infiniment évolutive à la disposition de la recherche historique. C'est le passé. Aujourd'hui ce qui l'attend est autrement difficile.</p>
<p>Pour ce billet je me fonde sur l'excellente page du Figaro sous la signature de Stéphane Durand-Souffland "Justice : des réformes emblématiques", insistant sur le rôle d'apaisement qui devra être celui de la ministre.</p>
<p>A vrai dire, et au risque de concilier la fin de l'ancien quinquennat avec le projet du nouveau, force est de reconnaître que Michel Mercier parfois injustement moqué pour son effacement avait commencé à traiter la magistrature de manière respectueuse et que son instinct politique l'avait détourné de graves erreurs. Il n'a pas été inutile dans cette mission destinée à restaurer une tranquillité collective mise à mal. Christiane Taubira poursuivra cette salubre entreprise, j'en suis sûr.</p>
<p>Elle se gardera bien de se faciliter excessivement la tâche en succombant à deux tentations qui sont le lot de tout pouvoir récemment investi : défaire tout ce qui avait été accompli avant lui et s'évertuer à promouvoir une magistrature d'une seule couleur politique aux postes de responsabilité. Elle échappera ainsi à ce qui a été, pour le second point, la plaie du quinquennat de Nicolas Sarkozy : la domestication de la justice dans les quelques affaires ayant troublé la quiétude de l'Etat ou susceptibles de la troubler.</p>
<p>L'une des réformes emblématiques visées concerne le fait de nommer les procureurs comme les juges du siège. J'insiste sur l'absolue nécessité, pour que cette modification ait un sens et une portée, de la sélection par le ministère de la Justice d'hommes et de femmes compétents, de caractère et d'autorité. Si on continue à proposer des personnalités évidemment prêtes à se placer sous la main du pouvoir, les nommer autrement ne changera rien au problème lancinant de l'indépendance du parquet dans les dossiers sensibles.</p>
<p>Pour les autres mesures sans doute prévues, aucune n'est blâmable véritablement sauf la suppression des peines plancher. En effet, la disparition de la Cour de justice de la République ne choquera personne pas davantage qu'à rebours la multiplication des centres éducatifs fermés pour les mineurs délinquants. Une loi nouvelle sera adoptée contre le harcèlement sexuel.</p>
<p>Les peines plancher devraient pouvoir résister au catéchisme socialiste, à l'idéologie de la table rase. Leur principe est excellent et leur application a été une réussite puisque cette loi contenait en elle-même les moyens d'éviter une mise en oeuvre trop rigide en permanence. Il n'est pas offensant pour la magistrature que soit maintenu un dispositif sanctionnant de manière cohérente les parcours délictuels et criminels et lui imposant à elle un regard lucide et ferme sur eux. L'abolition des peines plancher fera retomber les pratiques dans la sévérité générale ou la mansuétude coupable. Les peines planchers contraignent à un ciblage et à une répression intelligente.</p>
<p>Christiane Taubira sera un garde des Sceaux de combat. Elle conservera ce que la réalité conduit à sauvegarder. Elle n'écoutera pas que ses amis.</p></div>
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        <title>François Hollande a-t-il été grossier ?</title>
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        <published>2012-05-17T17:43:27+02:00</published>
        <updated>2012-05-17T18:30:28+02:00</updated>
        <summary>Sous la simplicité perce déjà un sacré chef de l'Etat !</summary>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p>Plus personne ne songe à reprocher au président de la République sa mollesse.</p>
<p>En réalité, le changement de perception a commencé avec le débat du 2 mai entre les deux candidats dont François Hollande est sorti clairement vainqueur, en tout cas libéré de l'accusation d'être un personnage sans ressort ni aspérités. La suite a démontré à quel point cette vision de notre nouveau président était la bonne. Avec une simplicité au quotidien à laquelle il tient et qui sera difficile à sauvegarder compte tenu des contraintes de sa charge, avec un sourire et une amabilité qui manifestent qu'en effet il n'a pas à se forcer pour se sentir bien au milieu de ses concitoyens, il a cultivé en même temps la réserve présidentielle dans ce qu'elle peut avoir de plus frustrant pour ceux, proches, conseillers, affidés, qui attendent, espèrent des signaux du Pouvoir. Il a su garder le secret jusqu'au dernier moment, jusqu'à l'instant où il avait décidé de le lever, sur le nom de son Premier ministre et des ministres auxquels il songeait. Il n'a tenu aucun compte de la joute ridicule sur la condamnation réhabilitée de Jean-Marc Ayrault. Cette part d'autorité et de sadisme nécessaire est indissociable de l'exercice de la puissance qui vous a été dévolue par le suffrage universel. Cette personnalité que d'aucuns s'étaient permis de qualifier de falote parce qu'elle n'était pas vulgaire, d'effacée parce qu'elle n'existait pas ostensiblement a révélé en quelques jours qu'elle s'efforcerait de réussir une synthèse difficile entre l'amour de la France et des Français et son ancrage socialiste, qu'elle tenterait de concilier l'esprit partisan avec une présidence pour tous. Le projet, l'idéologie avec une pratique de l'Etat généreuse et ouverte.</p>
<p>A peine l'UMP s'était-elle consolée de sa méprise sur le tempérament prétendument faible de François Hollande qu'elle enfourchait un nouveau cheval de bataille qui se rapportait aux modalités selon elle critiquables de l'investiture (Le Monde, nouvelobs.com).</p>
<p>Pourtant, la réserve élégante de Ségolène Royal et la sage abstention de leurs enfants avaient déjà distingué la solennité d'aujourd'hui de la "foire" de 2007 où était visible, éclatant, tout ce qui allait dégrader les cinq années suivantes.</p>
<p>Le président de la République, en cette occasion qui mêlait son destin personnel à celui de la France, a prononcé un remarquable discours à la fois militant et humaniste, inspiré par la volonté de rassemblement puisqu'à l'évidence au bout de ce quinquennat notre pays a besoin de retrouver ses marques, la paix, la fraternité. Il a trop longtemps souffert de plaies et de tensions sur lesquelles Nicolas Sarkozy se plaisait à jeter du gros sel au lieu d'avoir l'ambition de les rendre infiniment moins sensibles. François Hollande, qui a beaucoup réfléchi sur le pire et le moins mauvais en matière de gouvernance, semble au contraire n'être obsédé que par l'unité et et la civilité d'une nation qui est trop belle pour ne pas être traitée avec ménagement et délicatesse.</p>
<p>Trouvant à chacun des présidents l'ayant précédé une qualité fondamentale dans leur service de la France, il s'est contenté - scandale absolu pour l'UMP et même pour Henri Guaino !- de former des voeux à l'égard de Nicolas Sarkozy sans créditer ce dernier de la moindre avancée pour le pays.</p>
<p>A dire vrai, cette courtoisie républicaine minimale m'a semblé bien suffisante et j'ai aimé que pour une fois on sorte du rituel affecté, de la convention mécanique et de l'hypocrisie en tirant des conclusions nettes et péremptoires d'un affrontement sans merci et d'une estime pour le moins réduite du nouveau président envers l'ancien. Il n'en demeure pas moins que Nicolas Sarkozy aurait été sans doute plus ulcéré - il n'a rien montré !- si François Hollande s'était laissé aller à seulement vanter son énergie durant cinq ans.</p>
<p>Le président de la République, alors que sur le perron de l'Elysée l'épouse et la compagne s'embrassaient, aurait commis un grave impair par rapport aux usages, après avoir salué Nicolas Sarkozy, en ne le raccompagnant pas jusqu'à sa voiture ou au moins en ne demeurant pas présent et attentif jusqu'à la sortie de celle-ci de la cour. De fait, François Hollande a immédiatement tourné les talons.</p>
<p>Il n'était peut-être pas nécessaire, surtout après l'allocution sans complaisance, de rajouter cette pincée au mieux de désinvolture, au pire d'humiliation. Je n'ose penser que notre président de la République si fin, si urbain se soit livré par hasard à ce minimalisme. Il l'a voulu, il a pris le risque des polémiques certes dérisoires qui ont suivi. Elles n'ont pas dû beaucoup l'affecter puisqu'elles émanaient de gens que le quinquennat passé n'avait pas mis au premier plan de la lutte pour la courtoisie, le respect, la tenue et une République irréprochable. Si François Hollande, comme je le crois, a résolument négligé Nicolas Sarkozy, la poignée de main finale donnée, force est alors d'évaluer à sa juste mesure l'hostilité que le premier éprouvait à l'encontre du second.</p>
<p>On pourrait continuer à gloser mais maintenant que le gouvernement de Jean-Marc Ayrault est constitué et qu'il comporte tout de même la bagatelle de trente-quatre ministres, avec une parité parfaitement respectée, les choses sérieuses vont commencer.</p>
<p>Ce ne sont pas les citoyens qui proposent au président les ministres mais le Premier ministre. Comme citoyen passionné de politique, j'aurais rêvé d'autres noms, parfois, et souhaité peut-être moins de banale créativité pour l'énoncé de certaines missions dans le domaine scolaire ou industriel.</p>
<p>Il y a les incontournables : Laurent Fabius, Pierre Moscovici, Michel Sapin, Jean-Yves Le Drian, Manuel Valls. Ce dernier me réjouit tout particulièrement comme ministre de l'Intérieur. Je suis persuadé que d'Evry à la nation, la logique, la fermeté, la rectitude, une rigueur intelligente, un soutien lucide seront au coeur de l'action de Manuel Valls. Il y a beaucoup à faire : pour changer les choses, combattre vraiment l'insécurité et favoriser l'exemplarité et l'efficacité de la police.</p>
<p>Christiane Taubira est ministre de la Justice. Ce poste prestigieux échoit à une personnalité aimable, courtoise, de grand talent, une femme de gauche dont les principes et les convictions ne laisseront pas place au moindre doute. Son humanisme généreux s'opposera sans doute à la démocratie musclée de Manuel Valls.</p>
<p>André Vallini n'occupera aucun poste dans ce gouvernement. Christiane Taubira aurait sans doute souhaité, par préférence, une autre fonction alors qu'André Vallini compétent, respecté et riche d'idées n'aspirait qu'à celle-ci. J'espère que le Président ne l'oubliera pas et que l'ouverture socialiste ira un jour jusqu'aux vallinistes !</p>
<p>Sous la simplicité perce déjà un sacré chef de l'Etat !</p></div>
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        <title>Un syndicat préventif ?</title>
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        <published>2012-05-15T12:42:50+02:00</published>
        <updated>2012-05-16T10:42:25+02:00</updated>
        <summary>Puisque durant un quinquennat la droite n'a pas su, pas voulu s'inspirer d'un humanisme mais efficace et digne, pourquoi la gauche, cette gauche de François Hollande ne parviendrait-elle pas à relever ce beau défi démocratique?
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p>Avant même la nomination du Premier ministre de François Hollande et donc de notre nouveau garde des Sceaux, un syndicat a été créé: Magistrats pour la Justice (MPJ), à l'initiative d'Alexandra Onfray, ancienne conseillère de Rachida Dati.</p>
<p>Il me semble sain d'en dire ce que j'en pense avant que le nom du ministre de la Justice soit connu pour que je ne risque à aucun moment d'encourir le reproche d'une quelconque complaisance. Je continue à espérer, de toute la force d'un citoyen à la fois ordinaire et, je l'espère, éclairé, la désignation d'André Vallini dont je ne voudrais pas qu'il devienne le Devedjian de gauche d'autant plus que beaucoup de qualités communes, en particulier compétence, savoir, liberté et autorité, les rapprochent.</p>
<p>Il est clair que ce syndicat "marqué à droite" comme le définit le Monde sous la signature de Franck Johannès a pour ambition d'être une machine de guerre anticipée contre une politique judiciaire et notamment pénale qu'on pressent médiocre, laxiste. Cette démarche, déjà, est discutable qui n'attend même pas d'observer et d'analyser pour attaquer. Il y a une présomption d'imperfection et de faiblesse qui est accolée à ce futur ministre et à son équipe, ce qui est un comble quand on songe à Rachida Dati si contrastée pour rester aimable et à Michèle Alliot Marie si calamiteuse.</p>
<p>Les responsables de MPJ osent déclarer que leur initiative "comble un manque évident dans l'expression publique, monocorde et orientée de la magistrature ces dernières années". Alors qu'au contraire elle met en évidence l'appartenance de ces magistrats aujourd'hui sortis du bois à ce courant dominant et complaisant qui durant le quinquennat s'est tu parce qu'il avait le pouvoir et qu'il fallait se garder de tout excès de liberté et d'une imprévisibilité dangereuse. L'indépendance vraie, au cours de ces dernières années, a été perçue comme une faute de goût. Aussi, elle n'a pas été surabondante!</p>
<p>Où se trouvaient les créateurs de ce nouveau syndicat si attaché aux valeurs de justice et d'honneur quand les magistrats de la Cour de cassation étaient traités de "petits pois", que le président de la Réplique affichait publiquement sa détestation des magistrats et ses préférences amicales et partisanes, que Patrick Ouart voyait son attitude honteuse révélée par les écoutes Woerth-Bettencourt, que Renaud Van Ruymbeke était menacé par une procédure disciplinaire absurde, que la gestion du dossier Clearstream démontrait ma naïveté d'un temps et ma crédulité pour l'indépendance d'un certain parquet parisien ou nanterrois avec Philippe Courroye ?</p>
<p>J'ai eu beau tendre l'oreille et l'esprit, je n'ai entendu personne de cette mouvance si inquiète avant l'heure aujourd'hui, se manifester, s'élever contre les abus et les dérives du Pouvoir dans sa relation trouble avec l'institution judiciaire et les quelques personnalités dont il avait besoin.</p>
<p>Cette passivité, voire cette lâcheté durant le quinquennat, alors qu'apparemment Alexandra Onfray aurait pu avoir voix au chapitre, n'interdisent évidemment pas à  MPJ de s'émouvoir de ce qui a été annoncé par les socialistes et qui sur certains points m'apparaît en effet critiquable. Il conviendra - je persiste mais sans trop d'illusion - de ne pas défaire aveuglément, pour observer un catéchisme idéologique, ce qui a été accompli par la droite et qui, souvent, n'a pas brillé par la cohérence, la réflexion et l'absence de démagogie. Aussi bien pour les peines planchers que pour la politique pénitentiaire, on ne saurait trop recommander au nouveau garde des Sceaux de ne pas précipiter le mouvement et de savoir résister au mouvement facile d'une destruction qui plaira certes aux socialistes, aux idéologues mais pas forcément au pays tout entier.</p>
<p>MPJ aura toute latitude pour dénoncer puisqu'à l'évidence cette structure de droite va se singulariser en devenant une sorte d'APM pour ne pas laisser le champ libre au Syndicat de la magistrature (SM) qui doit frémir d'aise par avance et à l'Union syndicale des magistrats (USM) présidée par Christophe Régnard qui ne paraît pas affecté par le surgissement dans l'espace judiciaire de MPJ.</p>
<p> Celui-ci, aussi controversée que soit son irruption moins justifiée par le fond que par une autre forme d'idéologie jusqu'au boutiste et sectaire, n'aurait peut-être pas eu l'opportunité d'exister si depuis trop longtemps le SM et l'USM n'avaient pas fait cause commune sur le plan intellectuel et professionnel, contraignant beaucoup de collègues à demeurer silencieux et en retrait. Au bord de la route quand ces syndicats coalisés l'occupaient tout entière.</p>
<p>Je ne me suis pas tu durant cinq ans et si j'ai appelé à voter en faveur de François Hollande, c'est qu'après François Bayrou au premier tour, il a su reprendre cet engagement de moralisation de la vie publique caractérisée essentiellement par une justice réellement indépendante et vraiment considérée. MPJ souhaite obscurément que les désastres craints surviennent. Pour ma part, je n'exclus pas que l'intelligence des gouvernants, les leçons d'hier et l'irrésistible poids du réel sur les abstractions généreuses mais guère opératoires nous conduisent vers une Justice qui pourra se passer de l'oeil sévère et unilatéral de ce syndicat de droite advenu tactiquement comme une construction  artificielle. Pour montrer que ce nouveau pouvoir était blâmable avant même de l'avoir été.</p>
<p>Puisque durant un quinquennat la droite n'a pas su, pas voulu s'inspirer d'un humanisme mais efficace et digne, pourquoi la gauche, cette gauche de François Hollande ne parviendrait-elle pas à relever ce beau défi démocratique?</p></div>
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        <title>Un président normal, c'est simple...</title>
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        <published>2012-05-13T23:57:44+02:00</published>
        <updated>2012-05-14T09:54:42+02:00</updated>
        <summary>Un président normal, c'est simple. On commence déjà à voir ce que François Hollande entendait par là.</summary>
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            <name>philippe.bilger</name>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p>Quand François Hollande, il y a quelques mois, a manifesté son souhait d'être "un président normal", je n'imaginais pas à quel point cette aspiration de bon sens susciterait d'explications, d'exégèses, voire même de controverses alors qu'immédiatement elle semblait couler de source (Le Monde).</p>
<p>Certes, derrière cette volonté était dénoncé en creux le comportement d'un président caractériel, "anormal" et pour répondre à cette attaque implicite, on a fait semblant de considérer que cette "normalité" érigée comme modèle représenterait un exceptionnel défi, une inconcevable exigence.</p>
<p>Alors que François Hollande, en formulant le principe d'une quotidienneté politique tranquille et d'une présidence sereine, était approuvé par la plupart des Français de bonne foi qui n'avaient aucun mal à discerner ce que l'une et l'autre devraient être pour correspondre à cet idéal proclamé.</p>
<p>Rien n'a été plus ridicule que cette polémique inepte qui, feignant de ne pas comprendre ce qui était signifié par "normal", prétendait opposer les missions exceptionnelles de la charge suprême aux dispositions "normales" d'un caractère et imposer à ce dernier une singularité, voire un déséquilibre qui seraient seuls conformes au tempérament d'un chef de l'Etat digne de ce nom. Le désordre de l'être en quelque sorte au soutien de l'ordre et de la stabilité d'un pays !</p>
<p>Non seulement cette antithèse était rien moins que fondée mais, plus encore, elle révélait, de ceux qui la présentaient comme une évidence, une méconnaissance totale des rapports de l'humanité avec la politique. La normalité espérée par François Hollande, et les premiers jours de sa présidence non officielle démontrent qu'il l'atteindra, constitue en réalité le seul moyen acceptable pour être à la hauteur de ce que la République, par l'élection, attend de son éminent représentant.</p>
<p>Cette idée qui viserait, par perversion intellectuelle, à laisser croire que l'anomalie, l'atypisme, le dérèglement, l'impatience, l'autoritarisme, le narcissisme et l'éruptivité seraient des attributs consubstantiels au pouvoir est évidemment fausse. Et dangereuse. Car elle donne des arguments faciles aux dictateurs du quotidien et bonne conscience aux maîtres de l'Etat qui ont oublié d'être d'abord maîtres d'eux-mêmes.</p>
<p>Est-il si compliqué de percevoir que la normalité dans l'exercice du pouvoir, dans la gestion de l'Etat, dans l'appréhension des conflits où qu'ils se déroulent, dans la manière de vivre, dans l'articulation et l'arbitrage à opérer entre les devoirs et les droits, dans ce qui relève forcément de la pompe et ce qui ne l'impose pas résidera précisément dans cette lucidité apte à discriminer, à répudier l'abus pour ne conserver que l'essentiel ? J'ai trop abusé de cette citation mais Paul Valéry avait tout dit en soulignant avec une froide ironie que "le pouvoir sans l'abus n'offre aucun charme".</p>
<p>Je suis persuadé qu'au cours du quinquennat précédent, pour les modalités des voyages présidentiels, l'organisation des manifestations, la composition des assemblées, l'ampleur du service d'ordre, les renvois des préfets, les privilèges des amis, la liberté et la spontanéité des processus, beaucoup aurait pu, dû être allégé, amendé, que l'Etat n'aurait pas été amoindri en étant moins pesant et le président moins estimé en étant moins corseté et protégé. Lui et tous les autres. Non pas lui avec les autres.</p>
<p>La normalité qu'évoque François Hollande naît de cette intuition, de cette conscience qui ne manquent pas de frapper toute personnalité attentive à ce souci qu'il y a des moments solennels et d'autres qui le sont moins, qu'il serait aussi inadapté de négliger les formes et leur sophistication pour ce qui se rapporte à la République en majesté que de les maintenir à toute force pour des circonstances qui les rendraient ridicules. La simplicité n'est pas moins créatrice d'élégance que la profusion, la parcimonie que l'appareil somptuaire de l'Etat.</p>
<p>La normalité consiste, à chaque seconde, à percevoir ce signal d'alerte et de vigilance pour soi comme pour son environnement, pour la vie publique comme pour toutes ces phases intermédiaires qui ne sont plus tout à fait de l'Etat et pas totalement de l'intime. Cet avertissement qui conduit à fuir l'inutile, à s'écarter de la vulgarité, du mauvais goût, du trop, du surabondant, de l'excessif, de l'empesé. A ne conserver que le nécessaire. A refuser de n'identifier la puissance singulière et collective qu'à hauteur des nuisances qu'elle crée et de la gêne qu'elle cause. Au contraire, à n'identifier l'exercice légitime et sain du pouvoir démocratique que par les signes indiscutables de la modestie, de l'économie et de la retenue. Les attributs de la domination sont d'autant plus éclatants, profonds, intériorisés qu'ils ne sont pas ostensibles, qu'ils sont suffisamment assurés d'eux-mêmes pour ne pas craindre la discrétion et la justesse.</p>
<p>La normalité, c'est d'être un homme parmi les hommes et de ne se sentir distingué que par l'élection qui est un honneur et non pas une licence.</p>
<p>La normalité, c'est fondamentalement une présidence qui sera un service.</p>
<p>Un président normal, c'est simple. On commence déjà à voir ce que François Hollande entendait par là.</p></div>
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        <title>Sarkozy a menti, Hollande aura du mal</title>
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        <published>2012-05-11T23:55:47+02:00</published>
        <updated>2012-05-12T10:53:14+02:00</updated>
        <summary>Sarkozy a menti, François Hollande aura du mal. Mais au moins celui-là ne nous manque pas quand celui-ci tient parole. C'est déjà beaucoup.</summary>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p>La concorde du 8 mai à l'Arc de Triomphe est déjà dépassée.</p>
<p>L'UMP cherche des noises à Jean-Marc Ayrault parce qu'il a été condamné il y a quinze ans pour une affaire ne mettant pas en cause son honnêteté personnelle.</p>
<p>Le 16 mai sera annoncé le nouveau gouvernement. Qui sera le Premier ministre ? Qui sera le garde des Sceaux ? Il serait paradoxal que le plus compétent et le plus avisé des socialistes en matière de justice, André Vallini, ne devienne pas le successeur de Michel Mercier sous une autre égide et probablement dans un autre climat. André Vallini, par une boutade récente, avait souligné que les plus compétents n'étaient pas forcément nommés ministres. J'espère qu'il échappera à cette malédiction et qu'il ne pâtira pas de ses lumières.</p>
<p>La situation internationale, comme par un fait exprès, se dégrade, la Grèce en tête, depuis l'élection de François Hollande, les nuages et les mauvaises nouvelles s'accumulent. Avec quelle volupté perverse Le Figaro, en se léchant les pages, laisse entendre que les tensions sont de plus en plus vives entre François Hollande et la chancelière Merkel. S'il ne s'agissait pas d'un quotidien français, je serais inquiet sur ses préférences.</p>
<p>Au mois de juin, les élections législatives remettront la France en état d'ébullition et le slogan que l'UMP a inventé pour qu'on aille vers elle sera de "choisir la France" comme si notre pays n'était que de ce côté, de ce parti.</p>
<p>Il est plus qu'évident qu'une majorité conforme au projet présidentiel devra se dégager des urnes faute de quoi nous aurons Jean-François Copé comme Premier ministre et les mêmes reviendront qui ont participé, sans broncher, à l'échec du sarkozysme. Je n'ai pas envie de voir si rapidement l'espoir sortir par la fenêtre après qu'il est entré par la porte.</p>
<p>Les premiers pas du président, avant son investiture officielle, démontrent comme il a su tirer les leçons surtout des débuts calamiteux de Nicolas Sarkozy en 2007. Je ne comprends pas pourquoi, ou trop bien, pourquoi Copé a dénoncé "une fausse simplicité" quand au contraire elle est vraie, rassure et rend tangible la République au quotidien. Facile de dénigrer ce qu'on n'a même jamais tenté !</p>
<p>J'avais vanté l'attitude exemplaire de Nicolas Sarkozy depuis le 6 mai au soir.</p>
<p>J''avoue que cela m'a fait un drôle d'effet de le voir s'installer à deux numéros du cabinet où je travaille !</p>
<p>Avocat, il a manifesté l'intention de siéger aussi au Conseil constitutionnel. Avec tous les risques de conflits d'intérêts que cette double activité va générer. Décidément, Nicolas Sarkozy nous causera toujours des inquiétudes sur le plan de l'Etat de droit.</p>
<p>Gravissime, notre ancien président s'est entretenu le 28 mai 2007 avec Kadhafi et sans qu'il ait été question des infirmières bulgares un seul instant, il lui a proposé de l'armement et du nucléaire alors qu'il avait toujours prétendu le contraire.</p>
<p>Le ton de cette conversation est hallucinant. L'obséquiosité et les sollicitations de l'un à l'égard de l'autre dont on sent à quel point il est flatté d'une telle servilité. Kadhafi indique à Nicolas Sarkozy que son homme de confiance, celui qui servira d'intermédiaire, sera Bachir Saleh qui après avoir été accueilli en France a pris la fuite depuis les révélations de Mediapart sur le financement de la campagne de 2007 par la Libye.</p>
<p>Mais Kadhafi a été liquidé. Derrière l'action internationale de sauvegarde qui va permettre à BHL de se faire "mousser" à Cannes, les coulisses ne sont ni belles ni pures.</p>
<p>Sarkozy a menti, François Hollande aura du mal. Mais au moins celui-là ne nous manque pas quand celui-ci tient parole. C'est déjà beaucoup.</p></div>
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        <title>Quel blog face à François Hollande ?</title>
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        <published>2012-05-10T11:28:28+02:00</published>
        <updated>2012-05-10T12:00:28+02:00</updated>
        <summary>Juste une prière. Qu'on comprenne mon désir de n'être même pas enfermé dans ma propre opinion. Je réclame pour nous tous le droit au changement.

Pas seulement maintenant !

 
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p>Qu'on ne compte pas sur moi pour regretter d'avoir été enthousiaste du candidat Sarkozy de 2007 et m'excuser d'avoir été totalement déçu par le président et le quinquennat !</p>
<p>Qu'on ne compte pas sur moi pour déplorer mon vote du premier tour en faveur de François Bayrou et mon soutien sans réserve à François Hollande, heureux que ce centriste de caractère, et non pas couché, ait eu la lucide résolution d'aller au bout de la cohérence ! A partir du moment où la morale publique lui importait au moins autant que les déficits, pourquoi aurait-il sacrifié la première en appelant à une réélection qui aurait été une séance de rattrapage et la France un banc d'essai ?</p>
<p>Avant le début officiel de ce nouveau quinquennat, je ne crois pas inutile, maintenant que les commentateurs de qualité qui honorent ce blog sont attachés exclusivement à traiter du fond de mes billets plutôt qu'à vilipender les personnes, de faire part du mode d'emploi qui sera le mien dans l'appréhension de ce qui adviendra sur le plan politique et civique.</p>
<p>Ces précisions m'éviteront d'avoir sans cesse à justifier la tenue d'un blog à la fois libre et engagé, comme si j'étais contraint d'adopter la posture de l'historien ou du journaliste et de me plier à une prétendue incompatibilité entre l'expression d'une conviction et la légitimité du blogueur. Il aurait été paradoxal qu'à partir de l'effacement de mon obligation de réserve, je me condamne à une retenue qui aurait violé à la fois ma propre nature et, me semble-t-il, la richesse de notre débat collectif.</p>
<p>Ce qui serait clairement contradictoire avec ce blog tel que je l'ai conçu et maintenu depuis le mois de novembre 2005 n'a rien à voir avec une quelconque implication mais tout, en revanche, avec une caporalisation de la pensée et une indignation systématique à l'égard de ce qui aurait le front d'être désaccordé avec ce que d'aucuns attendraient de moi.</p>
<p>Aussi, il ne suffit pas de souligner, dans les commentaires, à quel point je serais "partisan" ou peu "raisonnable" pour me damer le pion car ce type d'argumentation qui n'en est pas un revient seulement à vous démontrer que vous avez tort parce que votre contradicteur a raison, ce qui est un peu court. Au contraire, l'effervescence intellectuelle et l'intensité des échanges, voire la mise en cause vigoureuse mais urbaine, constitueront la richesse de ce blog, j'ose le dire unique par sa liberté de ton, son absence de censure et la correction formelle des commentaires...</p>
<p>Il va de soi que, comme hier, mes billets auront cette force et cette faiblesse de n'être que l'affirmation d'une subjectivité soumise à rien d'autre qu'à sa propre perception, dans l'instant, des situations et des êtres, du socialisme de François Hollande, de sa personnalité, de sa manière de présider et des mille aléas qui ne vont pas manquer de survenir dans cette histoire française d'une autre tonalité.</p>
<p>Certes, je suis persuadé que François Hollande échappera à l'inconditionnalité, qu'il ne la souhaitera pas, trop sûr de soi en profondeur pour en avoir besoin. Il se mettra à l'abri de ces multiples manifestations dérisoires ou importantes qui ont obéré le quinquennat de Nicolas Sarkozy, à commencer par ses débuts calamiteux.</p>
<p>Mais le regard bienveillant que je pourrai porter sur notre nouveau président, parce que sa personnalité me plaît et que son style m'agrée, ne m'empêchera jamais de dénoncer ce qui me semblera être sujet à caution dans une politique notamment judiciaire dont j'attends la mise en oeuvre avec impatience et à la fois inquiétude. Qu'elle ne défasse pas à tort et à travers et qu'elle construise, contrairement à hier, en réfléchissant.</p>
<p>François Hollande ayant affirmé son refus de l'ouverture au sens de 2007 et sa volonté de tout articuler sur un noyau central socialiste, il sera nécessaire qu'au-delà de ses soutiens idéologiques et écologiques, il puisse, plus que ne l'a jamais fait le président sortant, entendre les voix favorables mais non socialistes, les critiques, les objections, les réserves techniques, voire les dénonciations démocratiques d'alliés qui ont voulu son élection parce que la déception était trop vive de l'autre côté et qu'ils rêvaient d'un chef d'Etat normal pour relever des défis exceptionnels.</p>
<p>Sans surestimer l'importance de ce blog, je l'espère comme une adhésion, une sincérité, une oasis, une dissidence, une bienfaisante imprévisibilité. Au gré des circonstances. Capable aussi bien de pourfendre la déclaration indigne du maire d'Aix-en-Provence sur François Hollande que demain, si elle éclatait, l'arrogance socialiste ou le sectarisme de la gauche unie. Désireuse de voir l'action présidentielle facilitée mais pas à n'importe quel prix. Aspirant à une unité, un rassemblement, une concorde, un humanisme, une décence qui apaiseraient les Français et leur offriraient enfin un destin collectif digne de ce nom.</p>
<p>Par grâce, qu'on ne vienne pas alors me jeter dans l'esprit l'obligation d'une grise continuité et d'une fade cohérence privilégiant, l'une et l'autre, la constance dans la ligne plutôt que la vérité dans l'idée. Tant d'autres sujets vont nous solliciter. De "ces affaires qui menacent Nicolas Sarkozy" (Le Monde) aux ridicules médiatiques, et je parie qu'ils seront nombreux avec les opportunistes acharnés à saisir leur chance en oubliant leur servitude d'hier. De la comédie judiciaire au combat des législatives. De tout et de rien, de la vie dans ce qu'elle a de plus grave et de plus solennel à l'existence dans ce qu'elle a apparemment de plus futile. Du fil des jours aux orages du monde.</p>
<p>Juste une prière. Qu'on comprenne mon désir de n'être même pas enfermé dans ma propre opinion. Je réclame pour nous tous le droit au changement.</p>
<p>Pas seulement maintenant !</p></div>
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        <title>Quelque chose dans l'air...</title>
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        <published>2012-05-08T12:36:56+02:00</published>
        <updated>2012-05-08T12:53:01+02:00</updated>
        <summary>Pour les uns de la tristesse, de la nostalgie. Pour les autres plus nombreux, de l'espoir.

Une légèreté grave. Le printemps français.</summary>
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            <name>philippe.bilger</name>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p>Depuis que sa défaite est consommée, Nicolas Sarkozy accomplit un "sans faute".</p>
<p>Le point d'orgue a été cette magnifique cérémonie devant l'Arc de Triomphe où, dans l'émotion et la gravité, les deux présidents ont servi la cause de la France et son devoir de mémoire. Pour une fois, cette expression si galvaudée a du sens.</p>
<p>Nicolas Sarkozy a su permettre cette avancée, cette "première" républicaine et François Hollande a eu l'intelligence d'y adhérer même si, avec une élégance égale, il ne désirait surtout pas donner l'impression de brûler les étapes avant le 15 mai, jour de l'investiture.</p>
<p>J'ai aimé que François Hollande ait manifesté en ces circonstances solennelles majesté, allure, gentillesse et urbanité et qu'il ait perçu comme il convenait la délicatesse du président sortant.</p>
<p>Autant il me semblait ridicule de s'extasier devant la relève démocratique comme si la France était une République bananière et que le pire était à craindre à la suite de la victoire de François Hollande lui-même impeccable, autant il convient de rendre hommage à Nicolas Sarkozy qui grâce à son discours du 6 mai, ému et digne, puis à son geste du 7 mai, a constitué la France comme un exemple.</p>
<p>En même temps, voir les images de François Hollande à Tulle puis à Paris, devant son quartier de campagne, au milieu des gens, face aux journalistes manifestait presque physiquement ce que notre nouveau président entendait par "normalité". Il est clair que notre pays a élu à sa tête une simplicité qui aura de l'allure, une personnalité qui appréhendera le pouvoir comme une responsabilité et non comme une distance, un clivage. A ce titre, j'espère que beaucoup de Français ont pu regarder sur FR3 le remarquable reportage de Serge Moati sur la campagne présidentielle, en particulier sur François Hollande, et le portrait de celui-ci par Denis Jeambar.</p>
<p>Ce qui se déroule depuis le 6 mai au soir, avec, par ailleurs, l'exceptionnelle qualité du débat du 2 mai, va nous rendre très exigeants à l'égard de la classe politique qui ne pourra plus s'abandonner à la médiocrité. Elle devra tenter d'aller vers le meilleur, vers le haut.</p>
<p>Comment ne pas être affligé sur ce plan par Mots croisés où Yves Calvi avait convié des journalistes, analystes et responsables politiques ? Quelle affligeante, sectaire et pauvre argumentation que celle de Rachida Dati en face de Laurent Fabius ! On ne pourra plus se permettre d'envoyer sur les plateaux médiatiques des hommes ou des femmes qui nous feront descendre de mille coudées dans l'intensité et la qualité politiques.</p>
<p>Au mois de juin, les élections législatives détermineront si le président de la République disposera d'une majorité parlementaire ou non, si une cohabitation limitera son pouvoir ou non. Il me semblerait sain que des ministres qu'on a trop vus s'imposent un délai de décence, qu'ils se fassent discrets et attendent un peu avant de se livrer à nouveau au combat politique partisan.</p>
<p>Il y a quelque chose dans l'air depuis le 6 mai. Non pas un état de grâce.</p>
<p>Pour les uns de la tristesse, de la nostalgie. Pour les autres plus nombreux, de l'espoir.</p>
<p>Une légèreté grave. Le printemps français.</p>
<p> </p></div>
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