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    <title>Justice au singulier</title>
    
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    <subtitle>Le blog de Philippe Bilger</subtitle>
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        <title>Ils touchent le fond !</title>
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        <published>2013-05-21T16:41:24+02:00</published>
        <updated>2013-05-21T18:07:33+02:00</updated>
        <summary>Cette responsable politique d'un parti quantitativement important a été accueillie, enfin, comme tous les autres reçus ailleurs, généralement, par contraste avec elle, dans une ambiance à la fois superficielle et bisounours.

Caroline Roux n'a pas touché le fond. Ouf !</summary>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p>Comme il convient grammaticalement, ce "ils" est bisexuel ! En tout cas, pour ce billet, il l'est.</p>

<p>Marine Le Pen, occupée à du jardinage, est tombée dans une piscine vide et les conséquences de cette chute auraient pu être très graves. Heureusement pour elle et ses proches, le pire a été évité, et son courage a fait le reste.</p>

<p>On pouvait craindre, à cause de la pauvre inventivité de notre classe politique, une série de plaisanteries douteuses sur cet accident. A ma grande surprise, nous avons eu droit, sur ce plan, au calme plat.</p>

<p>Jusqu'aux tweets de Jean-Luc Mélenchon. Comment une personnalité aussi évidemment fine et cultivée peut-elle se laisser aller au point de violer ses propres règles de courtoisie et de décence en assumant, en revendiquant même, une grossière singularité qui, de fait, la distingue tristement et choque même beaucoup de ses partisans ?</p>

<p>A peine l'ai-je félicité d'être allé au Festival de Cannes, pour mettre du réel dans cet univers qui se repaît de sa représentation et d'un artificiel tellement déconnecté du dur métier de vivre évoqué par Cesare Pavese, qu'il s'est abandonné à cette goujaterie sans allure.</p>

<p>Même Benjamin Biolay la lui a reprochée en regrettant que Mélenchon tombe au niveau de Marine Le Pen comme si celle-ci s'était jamais permis de telles indélicatesses à la suite de mésaventures intimes ou familiales. Je vais finir par croire que le leader du Front de gauche laisse monter en lui une exaspération inversement proportionnelle à ses succès électoraux et et à la réussite de sa stratégie à l'encontre du FN.</p>

<p>On est toujours le nul de quelqu'un.</p>

<p>Nathalie Arthaud s'est déchaînée contre François Hollande, encore plus vilipendé que Nicolas Sarkozy, et sur Mélenchon renvoyé dans la catégorie des politiciens traditionnels à la pensée et au langage creux. Le bonheur des extrémismes est de pouvoir s'abandonner sans retenue à un jeu de massacre : plus le pouvoir est loin, plus l'insulte et l'outrance sont proches (Le Monde).</p>

<p>Heureusement, dans cette descente vers la bêtise, il y a toujours de l'UMP qui rôde quelque part. C'est souvent le même qui s'illustre et ne fait regretter à personne de ne pas y être. J'ai nommé Guillaume Peltier. De la droite stupide prétendue forte.</p>

<p>Il paraît qu'il faudra abolir, toutes affaires cessantes, la loi sur le mariage pour tous ou la réécrire quand l'opposition reviendra aux responsabilités. Alors qu'au sein de ce parti qui n'est plus dirigé, personne n'ignore que cette attitude de Matamore avant l'action se dissoudra le moment venu parce que tant d'autres chats à fouetter seront mis à la disposition de la droite incarnée, je l'espère, par d'autres lumières.</p>

<p>Guillaume Peltier aggrave son cas en prescrivant un boycott de NKM lors de la primaire pour les municipales à Paris. Elle a eu le tort de s'être abstenue pour le mariage gay, elle est incurablement intelligente et elle pourrait devenir, qui sait ?, une candidate plausible pour 2017, en tout cas pour 2022. En ce sens, qu'un Guillaume Peltier s'en prenne à elle relève d'une logique limpide : il faut chasser la meilleure.</p>

<p>C'est cet homme jeune qui prétend faire la loi au sein de l'UMP, imposer ses exigences et couvrir de ridicule ce conglomérat de force inexploitée, d'ambitions et d'ajustements erratiques à une actualité, qu'est devenu ce parti.</p>

<p>Je voudrais terminer sur une excellente nouvelle médiatique. Alors que Marine Le Pen avait déjà subi son épreuve, quand Jean-Luc Mélenchon tweetait bassement sur son infortune personnelle, Caroline Roux, sur C politique, recevait la présidente du FN. Je n'étais donc pas fou : il était possible de la questionner et de réagir à ses réponses sans faire à chaque seconde une surenchère dans l'agressivité, ton et visage compris. Aucune complaisance de la part de cette journaliste mais une courtoisie efficace et compétente tellement sûre d'elle qu'elle n'avait pas besoin de montrer pour la frime, à tous ceux susceptibles de la juger idéologiquement, comment elle était capable d'être à chaque seconde hargneuse et partiale (France 5).</p>

<p>Pour la première fois, Marine Le Pen a eu droit à un entretien qui n'a pas cherché à persuader que le FN était interdit ou qu'il devait l'être. Sur un autre registre que celui du grand Serge Moati, mais la démarche d'honnêteté, d'impartialité et d'intelligence était la même ! <br />
 <br />
Cette responsable politique d'un parti quantitativement important a été accueillie, enfin, comme tous les autres reçus ailleurs, généralement, par contraste avec elle, dans une ambiance à la fois superficielle et bisounours.</p>

<p>Caroline Roux n'a pas touché le fond. Ouf !</p></div>
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        <title>"La foi de nos ancêtres" en Bretagne et en Corse</title>
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        <published>2013-05-19T20:58:22+02:00</published>
        <updated>2013-05-21T17:25:49+02:00</updated>
        <summary>Quelle belle démocratie que celle qui parvient à concilier les trésors de Tréguier avec la modernité, quoi qu’on pense d’elle et de ses avancées bonnes ou mauvaises ! Cette alliance, contre la propension à dénigrer et à craindre, fait du bien et rassure. </summary>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p>La loi sur le mariage pour tous a été promulguée mais la France, apparemment, n’en est pas bouleversée. La manifestation du 26 mai sera à l’évidence plus un exutoire politique pour opposants au président et au pouvoir socialiste qu’un ultime combat pour tenter de défaire ce qui vient d’être scellé.</p>

<p>Mais, contrastant avec ce futur, un certain passé offre ses enchantements.</p>

<p>Nous sommes à Tréguier pour le Grand Pardon de la Saint-Yves et alors que souvent les répétitions sont décevantes, les moments d’aujourd’hui ont encore été plus forts, plus intenses et plus pénétrés que ceux de l’année dernière.</p>

<p>Dans la magnifique cathédrale où l’office a alterné le français et le breton, où des lectures ont été faites dans les deux langues, où les chants en l’honneur de Saint-Yves ont rassemblé croyants et incroyants qui d’une seule voix l’ont célébré en entonnant le breton comme s’il ne connaissait que lui  sans répudier un seul instant le français qui prenait naturellement la relève, au cours de la longue procession qui a suivi sous la pluie, avec les bannières et les oriflammes religieux, la musique et hymnes toujours présents, j’ai bizarrement songé à la Corse.</p>

<p>Je suis fou de la Bretagne et j’adore la Corse. Mais pourquoi l’une a-t-elle des traditions, des singularités, une culture, des fêtes qui permettent à ceux qui ne sont pas Bretons d’aimer encore plus la France quand l’autre se sert de ses honorables particularités, de manière jalouse et presque hostile à la communauté nationale ?</p>

<p>Qui n’a pas éprouvé ce sentiment, sur l’île naturellement splendide qu’est la Corse, que ses chants, son mode de vie, ses rituels et son identité n’étaient destinés qu’à manifester une spécificité qui ne rêvait pas de se fondre dans un universel français mais au contraire cherchait à se constituer en autarcie, comme une frontière, un barrage, un refus ?</p>

<p>Pourtant, à Sartène, nous avons pu participer à un 15 août admirable de piété et de partage mais à tort ou à raison j'incline à considérer qu'une telle attitude est exceptionnelle en Corse.</p>

<p>Je ne suis pas persuadé que les Français émerveillés qui y séjournent ne perçoivent pas cette impression d’avoir à s’approprier des richesses que les Corses profondément souhaiteraient garder pour eux, pour des motifs à la fois historiques, politiques, culturels et psychologiques.</p>

<p>Tréguier, c’est une allégresse absolument inverse. La certitude exaltée que cette identité régionale, cette foi, ces manifestations, cette cathédrale, ces chants bretons, cette ferveur, cet attachement puissant des Bretons à ce qui les structure, les comble de joie et de fierté le jour de la Saint-Yves n’ont rigoureusement rien qui exclut les étrangers à la Bretagne. Ils ont le droit de s’appuyer sur ce particulier émouvant pour aimer encore plus un pays dont il est un élément indissociable. Les Bretons, même s’ils ont dû il y a longtemps endurer les excès parfois graves du FLB et d’autonomistes plus que minoritaires, sont heureux de nous voir goûter et partager  ces journées qui ne sont pas que les leurs mais aussi les nôtres.</p>

<p>La France est au bout de la Bretagne quand la Corse veut demeurer, même pour la multitude qui n’est pas indépendantiste, d'une certaine manière au bout de la Corse.</p>

<p>Quand à l’issue du défilé multiple encadrant et accompagnant le transport du chef de Saint-Yves, on se retrouve dans la cathédrale et que, moment inouï, on entend, joué par un bagad de binious et d’une bombarde, l’hymne « La foi de nos ancêtres », chanté par une foule accordée, même les cœurs les plus secs ne peuvent que s’attendrir.</p>

<p>Alors cette Bretagne et son histoire, ces Bretons, ces Français si chaleureux, ancrés dans le passé mais accordés avec le présent, sont évidemment compatibles avec cette France pas encore habituée au mariage pour tous. Elle s’y fera.</p>

<p>Quelle belle démocratie que celle qui parvient à concilier les trésors de Tréguier avec la modernité, quoi qu’on pense d’elle et de ses avancées bonnes ou mauvaises ! Cette alliance, contre la propension à dénigrer et à craindre, fait du bien et rassure. </p></div>
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        <title>Le président socialiste de tous les Français...</title>
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        <published>2013-05-17T08:00:00+02:00</published>
        <updated>2013-05-16T23:46:01+02:00</updated>
        <summary>En effet, le paradoxe de cette démocratie tranquille, dont il est le centre et le pivot, est qu'elle ne dissimule pas que le président est seul, sans une équipe de haut niveau, sans un gouvernement, à l'exception de quelques ministres, exemplaire et indiscutable (Le Monde). La vraie faiblesse de Hollande tient peut-être à ce défaut de clairvoyance : n'avoir pas su choisir les actifs qui convenaient au service de ses desseins et de sa parole.</summary>
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            <name>philippe.bilger</name>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p>Cela n'a pas manqué.</p>

<p>Après les deux heures 30 de sa conférence de presse, le président de la  République a eu droit, comme il est de coutume en France, à la salve de l'opposition et aux éloges du camp socialiste (LCI). Probablement retrouvera-t-on, dans les commentaires de ce blog le même partage entre les adversaires irréductibles de ce pouvoir et ses partisans.</p>

<p>François Hollande, dans son exposé liminaire, s'est efforcé de démontrer la cohérence de sa politique, le sérieux du redressement économique et financier mis en oeuvre depuis le début de son quinquennat et, sur le plan européen, a évoqué les initiatives fortes qu'il avait l'intention de soumettre à ses partenaires, notamment à l'Allemagne à l'égard de laquelle il a adopté une attitude de solidarité et de compréhension dénuée cependant de toute complaisance. Réparant les outrances belliqueuses des extrêmes du PS, il a glissé toutefois que la récession avait frappé plus durement les Allemands, au cours des derniers mois, que les Français (LCI).</p>

<p>Il serait malhonnête de soutenir que cette présentation générale de "sa" ligne - il a clairement fait valoir, dans une réponse à une question sur "l'usine à gaz" des six ministres à Bercy, qu'il n'y avait que la ligne du président de la République, et pas deux - a été ratée puisqu'en dehors de l'hommage obligé au Premier ministre, elle n'était destinée qu'à faire apparaître à l'intention des 400 journalistes présents, pour ceux qui pouvaient en douter, le caractère délibéré, réfléchi, mûrement programmé de séquences qui, insistait le président, sortiraient la France de son marasme. Il n'hésitait à pas à maintenir que la courbe du chômage s'inverserait à la fin de l'année 2013.</p>

<p>Malgré le confort d'un tel propos, puisque le président, à son aise et en pleine liberté, visait à faire croire que, loin d'avoir été dépassé les événements, il les avait au contraire organisés, l'argumentation avait beau être structurée, la parole déliée et la conviction affichée, même pour le profane dans ces matières, un doute subsistait sur la puissance et l'efficacité de ce dispositif pour remonter le courant du déclin, réduire les déficits, faire renaître l'espoir, la croissance et restaurer une place de choix pour la France en Europe.</p>

<p>Ce n'était pas seulement parce que la "boîte à outils" de François Hollande semblait bien insuffisante face à la violence de la récession, comme Jean-Louis Borloo le faisait valoir avec une certaine modération qui tranchait sur l'excitation partisane d'autres appréciations, pas seulement parce que, pour Jean-Luc Mélenchon, il n'y avait rien de gauche dans ce programme, mais peut-être paradoxalement pour le motif que le président semblait répéter consciencieusement, intelligemment les leçons de la doxa européenne et qu'on se prenait à imaginer que la droite sarkozyste aurait probablement, soumise au même étau, tenu le même discours en feignant de l'inventer quand au fond il était dicté.</p>

<p>Bien sûr, le président a été brillant dans l'exercice dont il raffole, sans doute parce qu'à la fois il y révèle sa virtuosité intellectuelle et son langage convenable sans être guindé ou vulgaire et fait percevoir le gouffre qui sépare ses conférences de presse des interventions de son prédécesseur. A l'évidence, les questions qu'on lui pose, jamais trop acides parce que, courtois avec tous les journalistes, il suscite de leur part une forme de respect, ne sont pas vécues par lui comme autant d'offenses mais pour l'incarnation modeste d'une démocratie au quotidien. J'avoue ne jamais être lassé par cette réciprocité menée dans un climat d'urbanité entre la parole médiatique et la réplique présidentielle.</p>

<p>Est-ce à dire que tout prenait la couleur, la limpidité de son talent ?</p>

<p>Quand il a consacré une longue réponse au reproche d'avoir du mal à décider, on a pu constater que sa susceptibilité, si elle est maîtrisée, ne le constitue tout de même pas comme un ectoplasme, une passivité que rien n'offenserait. Il a rappelé, avec trop de précisions pour ne pas avoir été touché au vif, les multiples situations où il avait dû trancher (et pas des têtes !) et certains de ses actes de commandement et de détermination, notamment pour le Mali. J'ai toujours considéré imbéciles les allégations qui lui imputaient de la mollesse. François Hollande à l'évidence a une autorité qui n'a pas besoin de coups d'éclats permanents, donc inoffensifs. Il me semble qu'il s'est bien décrit en assumant sa fonction de décideur au plus haut niveau de l'Etat et sa volonté, aussi, de ne pas se substituer aux autres par une détestable omnipotence.</p>

<p>Si je n'avais à retenir de cette conférence de presse qu'un seul exemple de courage intellectuel et politique, ce serait sa position sur l'amnistie en général et l'amnistie sociale en particulier. J'ai aimé qu'il compare, sans frémir, les casseurs du Trocadéro avec les casseurs syndiqués et qu'il dénonce la violence dans les deux cas.</p>

<p>La plus grave ambiguïté, le malaise le plus préoccupant de sa pratique de chef de l'Etat tient à mon sens à cette oscillation permanente entre le socialisme et la France, entre l'intérêt général du pays et les intérêts du parti, entre l'ambition nationale et le clientélisme idéologique. Sa phrase : "Je suis un socialiste qui veut faire réussir la France", pour apparaître pleine de noblesse, est cependant riche d'un malentendu à partir du moment où élu par une majorité de non socialistes, il n'hésite pas pourtant à placer le socialisme au premier rang de ses préoccupations en refusant même, évolution négative, de s'avouer social-démocrate, contrairement à la teneur de sa première conférence de presse. Dans cet affichage idéologique, j'incline à supputer que beaucoup a été fait par lui pour la "galerie" gouvernementale et tous ceux dans les marges du parti et au Front de gauche qui surveillaient sa pureté socialiste.</p>

<p>Car, en définitive, la France n'est pas le synonyme de socialisme et servir tous les Français appelle une toute autre démarche que gratifier son camp. Il est difficile, voire impossible pour un président honnête de laisser peser sur son action et ses entreprises, une double emprise : celle de son devoir, celle de son camp. Puisqu'il désire laisser une trace en 2017 en ayant rendu la France plus apaisée, mieux armée, plus ouverte, il n'a pas d'autre choix que de se dévouer pour la première et de délaisser la seconde.</p>

<p>Sa réaction sur l'union nationale est également très révélatrice avec cette banalité qu'il y a une majorité et une opposition mais également des sujets sur lesquels des accords seraient possibles et une écoute bienveillante du pouvoir envisageable. Il est patent qu'il y a de la part du président un recentrage sur un socialisme au moins formel, comme un bouclier, une carapace contre les épreuves de ces temps infiniment difficiles où l'amateurisme éclairé de la plupart des ministres ne suffit pas à rassurer et à convaincre. Et, pourtant, il préfère donner du temps au temps pour changer cette équipe qui ne gagne pas !</p>

<p>Son soutien convenu au Préfet de police qui objectivement a échoué est aussi gangrené par une vision plus idéologique que professionnelle. Si des casseurs ont pu commettre le pire, c'est qu'en amont puis en aval, pour ne pas parler de la fureur du présent de cette soirée, un chef n'avait pas su, pas pu, pas contrôlé, pas prévu, bref qu'il avait été dépassé et incompétent. Ce n'est pas son socialisme qui doit protéger Boucault pas plus que le sarkozysme de tel ou tel techniquement remarquable n'aurait dû être imputé à charge. Dans la police, il n'y a pas pléthore de personnalités exceptionnelles pour qu'on joue ces places et ces responsabilités à la loterie partisane.</p>

<p>J'ai tenté une analyse ni inconditionnelle ni trop partiale. Ce à quoi je continue d'attacher le plus grand prix, ce qui, en ma qualité de citoyen, me change et ne laisse pas de me réjouir en me permettant de me concentrer sur le discours présidentiel et non pas seulement sur son être se rapporte à l'atmosphère rare de ces deux conférences de presse. La normalité du président, la sympathie qu'il inspire, son refus d'installer, par tous moyens, dans l'espace de dialogue un rapport de force, l'indiscutable qualité républicaine de ses attitudes, l'urbanité, son obsession d'occuper sa place mais de ne pas usurper celle des autres - tout est occasion, en dépit des antagonismes politiques, de se féliciter de ce changement radical entre hier et aujourd'hui et de ne pas aspirer au retour d'hier, demain.</p>

<p>En effet, le paradoxe de cette démocratie tranquille, dont il est le centre et le pivot, est qu'elle ne dissimule pas que le président est seul, sans une équipe de haut niveau, sans un gouvernement - à l'exception de quelques ministres - performant et indiscutable (Le Monde). La vraie faiblesse de Hollande tient peut-être à ce défaut de clairvoyance : n'avoir pas su choisir les actifs qui convenaient au service de ses desseins et de sa parole.</p>

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<p> </p></div>
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        <title>L'exception festive française</title>
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        <published>2013-05-15T08:00:00+02:00</published>
        <updated>2013-05-15T08:35:13+02:00</updated>
        <summary>On pouvait en matière de sécurité et de police être sarkozyste et, à la fois, compétent.</summary>
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            <name>philippe.bilger</name>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p>Pourquoi ne sait-on pas faire la fête en France sans détruire, casser, frapper, voler et faire peur ?</p>

<p>Magnifiques rassemblements à Manchester et à Barcelone, dans la joie et sans l'ombre d'une violence, pour célébrer ces deux équipes ayant gagné le championnat de leur pays.</p>

<p>A Paris, boutiques vandalisées, mobilier urbain dévasté, voitures brûlées au cours d'une soirée qui devait consacrer l'alliance heureuse et fière du PSG avec ses véritables supporters après dix-neuf ans de disette sportive (Le Parisien, Le Figaro).</p>

<p>Immédiatement, la joute politique, les controverses partisanes.</p>

<p>Le départ de Manuel Valls est exigé par l'opposition, ce qui est ridicule. Pour une double raison.</p>

<p>On n'a jamais vu, à la suite de désordres et d'explosions antérieurs, un ministre de l'Intérieur démissionner. Et, pourtant, Paris en a connu, en a subi.</p>

<p>Si Manuel Valls quittait le gouvernement, un autre ministre brillant, mais honnête, ferait défaut au pouvoir socialiste qui n'est pas à ce point surabondant en personnalités fortes et estimées au-delà de leur camp pour se permettre de ne pas le retenir.</p>

<p>Quelle piètre image tout de même que celle de cette France qui s'abandonne à des querelles de bas étage, au lieu de s'effondrer de honte ou de s'accorder pour empêcher à l'avenir que ces parenthèses de furie recommencent !</p>

<p>Le sénateur Assouline exprime "son profond écoeurement", F.Rebsamen impute "une part de responsabilité" à Valls, Copé déclare que si le Préfet de police n'est pas limogé, ce sera au ministre d'assumer. Lors des questions d'actualité, le député Goasguen s'en est pris à M.Valls qui a répondu sur le même ton.</p>

<p>Qui pouvait penser que même une fête destinée à célébrer le PSG, compte tenu de l'atmosphère entourant et imprégnant cette équipe, de l'argent, de l'arrogance, de l'effervescence mauvaise, se déroulerait normalement ?</p>

<p>Qui pouvait ignorer les leçons de l'expérience et ne pas se rappeler tant de défilés et de manifestations pourris par l'immixtion de bandes étrangères à leur objet et seulement désireuses de transgresser ?</p>

<p>Qui pouvait croire qu'il faudrait moins d'autorité et de présence policière au Trocadéro et dans ses alentours, moins d'organisation et de constance qu'auparavant, avec la rude vigilance et la violence surprenante ayant accablé certains des opposants au mariage pour tous ?</p>

<p>Qui pouvait valider l'absurdité du choix de ce lieu en pleine ville alors que le Parc des Princes était évidemment disponible et adéquat ? L'emplacement de la place du Trocadéro souhaité pour le prestige du PSG a été validé grâce à un accord des dirigeants du club avec le Préfet Boucault. Il faut rendre hommage, tant les puérilités politiques sont dérisoires, à Frédéric Thiriez, président de la LFP, et à Jean-Louis Blanc, Directeur général du PSG qui ont reconnu avoir eu une part de responsabilité pour la tenue de cette déplorable soirée.</p>

<p>Le plus émouvant était d'entendre ces commerçants après le désastre se plaignant d'avoir été abandonnés par l'Etat, la police et tous ceux qui avaient la charge de les protéger.</p>

<p>On aimerait que face à l'irruption de ces centaines de perturbateurs et de casseurs - certains ne se gênaient pas pour affirmer que le foot ne les intéressait pas mais qu'ils voulaient détruire "les camions de police" - la droite et la gauche, dont aucune sur ce plan ne peut donner des leçons à l'autre, s'interrogent pour questionner ce mystère : pourquoi la France est-elle une exception festive qui montre le pire et demeure incompréhensible, malgré les répétitions, aux politiques ?</p>

<p>Qui sont ces jeunes gens français ou non, d'où viennent-ils, pourquoi cette haine, cette détestation de tout ce qui pourrait ressembler à une allégresse civilisée ?</p>

<p>Il est plus important de répondre à ces interrogations angoissées, sociales et politiques que de dériver en dénonçant Manuel Valls qui lui-même, je l'espère, saura tirer les conséquences du comportement peu clairvoyant du Préfet Boucault clairement dépassé. Ce n'était pas un bon choix à l'évidence (Le Monde).</p>

<p>On pouvait en matière de sécurité et de police être sarkozyste et, à la fois, compétent.</p></div>
</content>



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        <title>Hannah Arendt, coupable de banalité ?</title>
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        <published>2013-05-13T10:51:09+02:00</published>
        <updated>2013-05-13T17:53:16+02:00</updated>
        <summary>J'aurais été curieux d'entendre la réponse de Claude Lanzmann - mais l'interrogation aurait été iconoclaste - à une question sur les "collabos" ordinaires - ceux qui ont pactisé avec l'occupant sans adhérer à l'idéologie nazie mais pour sauvegarder, protéger autant qu'ils le pouvaient. Pour favoriser, modestement, un moindre mal.

Je me doute que Claude Lanzmann aurait été outré face à une telle assimilation mais Hannah Arendt, elle, l'aurait comprise sinon approuvée. </summary>
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            <name>philippe.bilger</name>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p>Je me méfie de ces mouvements médiatiques qui viennent, à la suite de circonstances souvent imprévisibles, écorcher les grands esprits et jeter la suspicion sur des intelligences suspectes d'être trop admirées.</p>

<p>Pour l'immense Hannah Arendt, on sait ce qui inspiré cette remise en cause. C'est le film remarquable qui lui a été consacré par Margarethe von Trotta et qui traite essentiellement de sa présence au procès de l'ancien officier SS Adolf Eichmann, des conclusions qu'elle en a tirées et de l'hostilité que son analyse a suscitée chez certains de ses amis proches et au sein de la communauté juive (La chronique de Luc Ferry dans Le Figaro du 9 mai).</p>

<p>Le livre qui a rassemblé les cinq articles rédigés pour rendre compte des débats, de la personnalité de l'accusé et de son interprétation a fait scandale parce que sa thèse connue sous le raccourci célèbre de "banalisation du mal" est apparue comme une offense aux victimes du nazisme et une manière de réduire la gravité des crimes contre l'humanité dont Eichmann a été l'un des auteurs, l'un des artisans. Il paraît qu'Heidegger, dont elle fut la maîtresse, n'a pas été étranger, avec son "on" à la fois indéterminé et irresponsable, à la conception qu'elle a développée.</p>

<p>Hannah Arendt s'est toujours défendue d'avoir eu une intention aussi traumatisante et sans cesse elle a tenté d'expliquer ce qu'une forme de bureaucratie terrifiante et rigide pouvait entraîner chez un homme comme Eichmann.</p>

<p>Il semble pourtant - le point de vue de Luc Ferry est confirmé, par exemple, par Alain-Gérard Slama dans Le Figaro Magazine sous le titre "Hannah Arendt et l'excès du mal" - que la portée de la contribution d'Hannah Arendt doive être fortement relativisée, voire réduite parce qu'en réalité elle n'a assisté qu'aux premiers jours du procès et qu'elle a donc manqué les moments capitaux où Eichmann a manifesté son idéologie et la haine encore brûlante qui l'habitait et qui provenait d'elle. Donc il n'y avait pas seulement, chez lui, de la banalité, l'accomplissement ordinaire d'une mission de mort ordinaire mais la volonté, par ses actes, de participer à une entreprise dont non seulement il ne discutait pas la légitimité mais qu'à son niveau il favorisait autant qu'il le pouvait.</p>

<p>Non pas seulement un bureaucrate de la terreur et de l'extermination mais un tueur conscient, responsable, déterminé et sûr de son bon droit, de la justesse de sa cause. Une ignominie assurée d'être nécessaire. Une âme sans états au service d'un Etat monstrueux et totalitaire.</p>

<p>Sans aspirer à tout prix à une synthèse - mais il est vrai qu'on ne voudrait rien laisser perdre des deux branches passionnantes de cette alternative -, est-il inconcevable de considérer que le projet idéologique pouvait aussi être compatible avec des modalités "banales", que la frénésie mortifère du nazi n'était pas forcément éloignée du souci, chez Eichmann, d'être, au quotidien, un professionnel compétent et consciencieux de la mort des Juifs ?</p>

<p>Hannah Arendt a été également vilipendée parce qu'elle a accusé les dirigeants des ghettos juifs de "collaboration" en affirmant que sans eux la répression et l'élimination par les Nazis auraient été moindres. On comprend le tollé indigné qu'une telle approche essayant de porter un regard sec et réaliste sur une catastrophe inouïe et une infinité de victimes a engendré.</p>

<p>Claude Lanzmann, dont on n'a pas besoin de dire du bien car il s'estime spontanément indépassable, fera projeter à Cannes un film sur un rabbin, dernier dirigeant survivant du ghetto muré de Theresienstadt, avec lequel, après l'avoir voué aux gémonies, il a entretenu un dialogue d'explication, de compréhension et en définitive d'absolution puisque ce dirigeant, selon lui, était tout sauf un "collabo" (dans Marianne : interview par Aude Lancelin).</p>

<p>J'aurais été curieux d'entendre la réponse de Claude Lanzmann - mais l'interrogation aurait été iconoclaste - à une question sur les "collabos" ordinaires - ceux qui ont pactisé avec l'occupant sans adhérer à l'idéologie nazie mais pour sauvegarder, protéger autant qu'ils le pouvaient. Pour favoriser, modestement, un moindre mal.</p>

<p>Je me doute que Claude Lanzmann aurait été outré face à une telle assimilation mais Hannah Arendt, elle, l'aurait comprise sinon approuvée. </p></div>
</content>



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        <title>L'UMP coule, Woerth surnage</title>
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        <published>2013-05-11T12:03:56+02:00</published>
        <updated>2013-05-14T15:08:28+02:00</updated>
        <summary>Mais si j'ai une seule certitude, elle tient au fait que la médiocrité de l'UMP, qui coule encore davantage avec ces cent-cinq irresponsables et son opposition inaudible, et la tactique d'étouffement de Nicolas Sarkozy - hier, c'était "je suis obligé de tout faire" et aujourd'hui, "je vais peut-être être obligé de revenir" alors qu'il oublie le détail de SA défaite - vont finir par conserver toutes ses chances à une gauche pourtant très décevante au bout d'un an de gouvernement.</summary>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p>On a les Zola qu'on peut.</p>

<p>Cent-cinq députés UMP n'ont rien trouvé de mieux que de venir au secours d'Henri Guaino qui, le 22 mars et les jours suivants, a outragé le juge Gentil sans que ses propos délirants puissent apparaître comme le droit de tout citoyen de critiquer l'action de la Justice. Ces "honorables" parlementaires ont écrit au procureur de la République de Paris pour reprendre à leur compte l'insulte proférée à l'égard de ce seul Gentil, à cause de la mise en examen de Nicolas Sarkozy, "d'avoir déshonoré un homme, les institutions et la Justice" (Le Figaro, jdd.fr, 20 minutes). Ciblage singulier d'autant plus absurde que ce sont trois magistrats qui ont accompli et décidé ensemble tous les actes importants de cette instruction, notamment le statut de témoin assisté puis la mise en examen.</p>

<p>Que font-ils, ces moutons de Guaino, que précisément porter atteinte à ce qu'ils ont l'impudence de prétendre sauvegarder ?</p>

<p>Un optimiste se féliciterait que quatre-vingt onze  (en comptant les apparentés) aient su refuser cette honteuse pantalonnade. Mais quelle tristesse indignée de devoir constater que les coppéistes ont suivi sans barguigner l'étrange sollicitation d'Henri Guaino qui devait se sentir bien seul alors que les fillonnistes, sauf malheureusement Laurent Wauquiez, ont su échapper à ce ridicule d'une solidarité confortable pour un motif exécrable.</p>

<p>Comme les choses seraient simples si nous avions un ministre de la Justice n'usant pas de son autorité qu'à des fins partisanes, un procureur capable de répondre comme il convient à cette déplorable initiative et un Conseil supérieur de la magistrature réactif et respecté !</p>

<p>Cette démarche commodément collective, à cause du hasard de l'actualité, se téléscope avec les réquisitions de non-lieu qui ont été prises par le parquet de Bordeaux au bénéfice d'Eric Woerth et de Patrice de Maistre mis en examen notamment pour trafic d'influence passif et actif.</p>

<p>Cette information annoncée par communiqué le 10 mai par Claude Laplaud, procureur de Bordeaux, nous oblige à réfléchir sur notre rapport avec la Justice, qu'on soit citoyen ou professionnel.</p>

<p>Pourquoi d'ailleurs cette transmission officielle que la nature de l'affaire n'appelait pas ? Pourquoi cet empressement à montrer que le travail du parquet a été accompli et à exposer ses conclusions ? Pour faire valoir le procureur, pour manifester comment aujourd'hui un parquet libre et indépendant sait tout de même peser à leur juste portée les arguments de part et d'autre et requérir au nom d'une exclusive approche juridique ? Pourquoi n'avoir pas attendu que les juges Gentil, Ramonatxo et Noël aient rendu leur ordonnance conforme ou non à ces réquisitions ? Cette volonté de transparence, si ostensible, ne laisse pas d'étonner (Mediapart).</p>

<p>Le communiqué du procureur nous indique que le lien de causalité entre l'embauche de Florence Woerth à l'été 2007 par la société Clymène de Patrice de Maistre et la nomination de ce dernier dans l'Ordre national de la Légion d'honneur "n'est pas formellement démontré".</p>

<p>Pourquoi pas, d'autant plus que cette infraction est objectivement ardue à établir ?</p>

<p>A dire vrai, j'avoue, à ma charge, que mon premier sentiment a été d'éprouver comme une déception. Je n'ai jamais aimé les personnalités d'Eric Woerth et de Patrice de Maistre, dans leur représentation publique et médiatique, et sans doute cette perception n'a-t-elle pas été sans incidence sur mon léger désappointement qui était cependant choquant.</p>

<p>D'abord parce que la procédure n'est pas terminée et qu'on verra ce que le juge Gentil, honni par Henri Guaino et ses collègues robotisés, décidera avec les deux autres magistrats.</p>

<p>Mais surtout parce que le problème, lors de la domestication de la Justice par Nicolas Sarkozy, n'a jamais été, pour ceux qui la combattaient, d'appeler à "se payer" Eric Woerth et Patrice de Maistre mais seulement d'exiger qu'en démocratie, l'institution judiciaire ne soit pas ouvertement entravée dans son fonctionnement aussi bien par des blocages procéduraux inadmissibles que par des connivences suspectes et répétées entre le président de la République et le responsable, alors, du parquet de Nanterre. On désirait que la justice suivît normalement, techniquement son cours, pas qu'elle accablât systématiquement des personnalités qui protestaient d'ailleurs de leur innocence.</p>

<p>Une fois le parquet de Bordeaux saisi, la certitude, enfin, d'un déroulement judiciaire régulier ne pouvait que tranquilliser les citoyens passionnés par l'exigence d'une justice indépendante. Cette pacification a été d'autant plus intensément perçue que depuis le mois de mai 2012 - il faut en rendre grâce à ce pouvoir car il y a trop peu d'occasions pour se réjouir - les parquets en charge de dossiers sensibles ont eu toute liberté pour les traiter.</p>

<p>Aussi, je ne trouve nulle excuse à cette antipathie qui une seconde aurait souhaité un appui, une légitimation judiciaires alors qu'au contraire, je l'espère de toutes mes forces, avec ces réquisitions du parquet de Bordeaux nous avons la manifestation éclatante d'une pratique exemplaire : il faut enquêter sur tout, tout doit être instruit mais à l'issue, l'impartialité et la garantie du droit et de la loi seront les maîtres.</p>

<p>Je continue à estimer - et je n'ai pas à considérer que c'est une consolation - qu'il y a eu des attitudes et des comportements qui, de la part d'Eric Woerth et de Jean-François Copé notamment, ont violé non pas forcément des interdictions pénales mais plus profondément l'obligation de décence qui devrait habiter les responsables politiques plus que tout autre. L'embauche de Florence Woerth représentait de toutes manières une entorse à la délicatesse, à l'allure dont son époux ministre aurait dû être le garant, une brèche dans la dignité et la prudence républicaines.</p>

<p>Pour Jean-François Copé, comment ne pas se rappeler cette scandaleuse photographie  où au bord d'une piscine, lui qui était ministre ainsi que Brice Hortefeux, en compagnie, jouissaient de vacances payées par le si généreux Takieddine ?</p>

<p>Pour avoir la nausée, il n'est pas nécessaire que le Code pénal s'en mêle.</p>

<p>Je vais attendre patiemment l'ordonnance des trois magistrats instructeurs et je me garderai bien, qu'elle soit conforme ou non aux réquisitions, d'éructer comme H.Guaino.</p>

<p> <br />
Mais si j'ai une seule certitude, elle tient au fait que la médiocrité de l'UMP, qui coule encore davantage avec ces cent-cinq irresponsables et son opposition inaudible, et la tactique d'étouffement de Nicolas Sarkozy - hier, c'était "je suis obligé de tout faire" et aujourd'hui, "je vais peut-être être obligé de revenir" alors qu'il oublie le détail, la petite nuance de SA défaite - vont finir par conserver toutes ses chances à une gauche pourtant très décevante au bout d'un an de gouvernement.</p>

<p> </p></div>
</content>



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        <title>Hollande, Sarkozy ou Fillon : qui passera à la trappe ?</title>
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        <published>2013-05-09T18:12:20+02:00</published>
        <updated>2013-05-09T18:58:59+02:00</updated>
        <summary>On est encore loin de 2016. Mais que le pouvoir socialiste, hollandais continue à administrer, à gouverner sans élan ni efficacité, que la droite traditionnelle persiste à ne rien apprendre et à tout oublier, on aura alors tristement le retour de Nicolas Sarkozy ou l'apothéose sombre du FN.

Et François Fillon passera à la trappe.</summary>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p>La remarquable émission de Franz-Olivier Giesbert (FOG) sur le quinquennat de Nicolas Sarkozy (France 3), en dehors du bilan dont chacune des séquences choisies est judicieuse, a offert des perspectives d'espoir.</p>

<p>Parce que des paroles et des personnalités se sont libérées, notamment celles de François Fillon (FF), et qu'on a eu droit enfin à un début de courage intellectuel et politique mettant en cause, certes avec beaucoup de retenue et d'élégance, le comportement et la stratégie présidentiels du vaincu de 2012.</p>

<p>Le seul qui soit demeuré dans une sorte d'autisme a été évidemment Henri Guaino dont on a l'impression qu'il saborderait son être s'il doutait si peu que ce fût de la qualité de ces cinq dernières années et de leur inspirateur.</p>

<p>La différence exprimée par FF au sujet de sa vision des rapports avec le FN et de celle de NS m'a donné envie d'emblée d'écrire un billet sur la primaire UMP de 2016 et de le titrer : Je tremble pour Fillon !</p>

<p>Projet qui a été évidemment confirmé par l'affirmation de l'ancien Premier ministre qu'il se présenterait, quoi qu'il se passe, à l'élection de 2017, en réalité à la primaire de 2016 a-t-il précisé (20 minutes, Le Monde).</p>

<p>Même s'il est hasardeux, quatre ans avant l'échéance, de s'abandonner à des prévisions, il est plus que vraisemblable que François Hollande (FH) se représentera en 2017, la déception peut-être éprouvée à l'issue d'un quinquennat ne dissuadant ni les partisans d'aspirer à une réélection ni le président sortant de s'estimer encore nécessaire pour la France. Dans un cadre républicain, le cours normal des choses et l'exercice du Pouvoir devraient conduire inéluctablement le président d'aujourd'hui à devenir le candidat de demain, mais blessé par les épreuves, enrichi de ses expériences et certain donc de mieux répondre à l'attente de ses concitoyens.</p>

<p>Pour la droite, il est fondamental que la majorité courageuse de l'UMP parvienne à imposer le système de la primaire en 2016, et pour tous les candidats. C'est au nom de cette exigence qu'il convient de se battre pour favoriser l'ampleur de la primaire pour la mairie de Paris car il serait à craindre qu'on profitât de la faiblesse quantitative de cette dernière pour mettre en cause la nécessité de celle de 2016.</p>

<p>Actuellement, pour cette joute capitale à venir, nous savons que FF y participera, que Xavier Bertrand en sera et que NS ne parvient plus à dissimuler son envie d'en découdre d'abord avec FH, accessoirement avec FF dont il a mal supporté les piques rares mais blessantes parce que visant et touchant juste.</p>

<p>Je ne crois pas que cette échéance sera déjà celle de ces personnalités qui ont largement dépassé le stade des promesses et dont on attend beaucoup parce qu'elles n'ignorent pas que la droite est en miettes et que, faute d'un renouveau éthique, intellectuel et politique, le socialisme de pouvoir, la gauche de responsabilité n'auront pas, en face d'eux, une authentique et intelligente Opposition.</p>

<p>Je songe notamment à NKM et à Bruno Le Maire. 2022 sera leur horizon et peut-être, si la primaire en 2021 reste d'actualité, François Baroin et Jean-François Copé (JFC) croiseront leur parcours. En compagnie d'autres qui aujourd'hui gardent leurs rêves et leur ambition pour eux.</p>

<p>JFC, si on peut lui faire confiance, a assuré qu'en 2016 il s'effacerait derrière NS. Le marché qui a été le leur à une certaine époque ne rend pas inconcevable cet engagement et je suis persuadé que JFC aura fort à faire et se donnera beaucoup de mal pour convaincre l'UMP qu'une primaire en 2016 serait une offense à NS.</p>

<p>Espérons tout de même une empoignade loyale où le couple Sarkozy-Copé n'aura pas en amont détruit toute chance de succès pour FF qui dans tous les cas aura une partie extrêmement difficile à livrer.</p>

<p>La singularité de 2017 pourrait être de provoquer un affrontement entre un président sortant d'une part et d'autre part un ancien président battu ou son Premier ministre ayant participé durant cinq ans à l'exercice du Pouvoir avec lui.</p>

<p>J'essaie d'imaginer quelle pourrait être l'argumentation de FF en 2016. Il arguera d'une lucidité plus immédiate, d'un comportement plus calme, plus serein et d'une méthode moins erratique. Ces évidences que sa pratique de Premier ministre a mises en lumière seront-elles suffisantes pour faire oublier tout ce à quoi il a adhéré et qu'au moins officiellement il a validé ?</p>

<p>Qu'il ait souffert sous l'emprise de NS, au moins avant sa reconduction puisqu'après il s'est coulé complètement dans le moule présidentiel, ne l'exonérera pas de la charge d'avoir à se justifier. Pourquoi ce président supporté durant cinq ans est-il devenu un candidat qui mériterait d'être éliminé, et par lui qui l'a servi avec tant de fidélité et si peu de dissidence ? Interrogation que FF prendra de plein fouet et qui sera mortelle pour sa cause s'il n'y répond pas victorieusement.</p>

<p>Il pourra soutenir que dans leur duo, NS commandait et qu'il exécutait, qu'il serait donc inéquitable de lui imputer à charge des actions, des entreprises et des attitudes face auxquelles il avait été forcément impuissant. N'ayant été que le serviteur du maître jusqu'en 2012, le "collaborateur" à vrai dire, n'est-il pas normal qu'il aspire à devenir le maître à son tour ?</p>

<p>Je n'ai pas l'impression que FF s'apprête à user de ce registre mais il semble plutôt faire fond sur la déclaration initiale de NS annonçant son retrait après sa défaite et donc croire à sa sincérité alors que son propos est aussi plausible que sa tentation de monastère en 2007 dévoyée sur le yacht de Bolloré.</p>

<p>NS, avec son effacement ostensible depuis le mois de mai 2012 puis sa frénésie de moins en moins effacée de revenir, ne laisse plus personne dans le doute. Il est parvenu de la sorte à stériliser l'avenir de la droite qui le veut sans l'espérer, à couper court à toute autre ambition dangereuse et à s'accommoder des procédures judiciaires qui surgissent des tréfonds de son quinquennat. Ailleurs qu'en France, elles le briseraient, même non condamné. Chez nous, c'est une aura sulfureuse, que tous jugent vraisemblable, voire probable, mais qui le parfume au lieu de l'accabler. </p>

<p>FF a perçu l'obligation d'accélérer le rythme pour déchirer la nasse et éviter le piège que la fausse indécision de NS lui tendait. Il a recouvré du jeu, de la liberté. Mais est-il entré vraiment dans la peau de celui qui veut à toute force être élu comme président de notre pays ou face à l'irrésistible énergie de NS pour gagner la session de rattrapage, va-t-il céder ? Apparemment l'UMP n'a pas encore compris que NS a fait battre la droite, et non pas que la droite l'a battu comme le laissait entendre la seconde partie de l'émission de FOG.</p>

<p>J'avoue mon inquiétude devant un NS déchaîné, un Fillon risquant d'être tétanisé et un Hollande fragilisé par cinq ans difficiles.</p>

<p>Et il y aura le FN.</p>

<p>On n'a pas pardonné à FF d'avoir constaté que pour lui ce parti était en dehors des limites du pacte républicain alors que pour NS, il était à combattre parce qu'il affaiblissait la droite et qu'il la faisait perdre. Morale contre politique ! Peut-on une seconde s'illusionner et rêver d'une UMP optant pour FF contre NS ? On sait bien que sur ce plan la cause est entendue et que le second verra son argumentation ratifiée.</p>

<p>On est encore loin de 2016. Mais que le pouvoir socialiste, hollandais continue à administrer, à gouverner sans élan ni efficacité, que la droite traditionnelle persiste à ne rien apprendre et à tout oublier, on aura alors tristement le retour de NS ou l'apothéose sombre du FN.</p>

<p>Et FF passera à la trappe.</p></div>
</content>



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        <title>François Hollande un an plus tard...</title>
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        <published>2013-05-07T16:39:09+02:00</published>
        <updated>2013-05-07T19:52:02+02:00</updated>
        <summary>Je cherche toujours la honte qui devrait faire rougir nos fronts citoyens.

Et je ne la trouve pas.</summary>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p>Comment Valeurs actuelles peut-il écrire en couverture au sujet du président de la République : "Il nous fait honte" ?</p>

<p>On sait bien que c'est faux.</p>

<p>De 2007 à 2012, à plusieurs reprises on a vraiment ressenti de la honte à cause de certaines postures et interventions présidentielles. Ce ne pouvait pas être lui pour qui j'avais voté ?</p>

<p>Mais même l'esprit le plus partisan ne peut soutenir que le comportement personnel du chef de l'Etat, dans l'espace public et dans les réunions internationales, a humilié, offensé ses concitoyens. Ceux-ci ont été représentés par lui d'une manière qui au moins n'a pas prêté à controverse ou à dérision.</p>

<p>Pour sa politique, c'est autre chose.</p>

<p>Elle est discutable. Aucune embellie à l'horizon. Lors du séminaire gouvernemental, François Hollande "a exigé des résultats pour 2013". Des résultats, il en aura, mais lesquels ? A forte tonalité négative, je le crains.</p>

<p>On a évidemment le droit de déplorer cette France coupée en deux entre les commentaires et les discours de son président d'un côté et sa réalité de l'autre. Comme si les mots, les projets, les résolutions et les actes ne s'imprimaient pas ou que tout tardait à éclore. Le pays est trop sec, rien ne sort. Il y a de l'action mais pourtant le film demeure médiocre.</p>

<p>Tout ce qu'on veut alors, sauf la honte.</p>

<p>Opposition, contestation, volontarisme absent, social-démocratie trop modeste, dispositif économique et financier pas assez contraignant, on n'a pas tapé assez fort sur la table démocratique.</p>

<p>Mais pas de honte, non. Le président nous permet encore de le dissocier de ses oeuvres ou de ses abstentions.</p>

<p>Pas d'enthousiasme non plus. Pas cette déclaration ridicule d'un Pierre Bergé aussi violent pour défendre le mariage pour tous qu'il est peu lucide dans le domaine politique. Plutôt ce désabusement un tantinet attristé qui domine aujourd'hui dans les têtes des artistes de gauche. Il y a encore quatre ans certes mais l'année écoulée n'a pas été brillante. On attendait mieux du socialisme au pouvoir (Le Parisien).</p>

<p>Mais François Hollande ne nous fait pas honte. Pas si indécis que cela, pas faible non plus, déterminé mais pour emprunter des chemins encore trop de dérivation, n'allant pas profondément au vif du sujet, au coeur de la crise, là où la pauvreté fait mal, et la dislocation sociale, là où le FN engrange, là où Mélenchon, "qui n'a jamais appartenu à la majorité", tonitrue, pourfend et ajoute à la gauche en difficulté sa diatribe dévastatrice (Paris Match).</p>

<p>Comment écrire que François Hollande nous fait honte ? Il se trompe peut-être, il déçoit, il joue petit bras, petite politique, il se comporte en gouvernant raisonnable et trop serein face à un monde de moins en moins gouvernable par la raison. Il applique des remèdes modérés à une fièvre de cheval, il suit son bonhomme de chemin mais le présent ni l'avenir ne sont bonhommes.</p>

<p>Mais aucune honte. Ce n'est parce qu'il descend dans les sondages que je vais me mettre à confondre l'homme honorable avec la politique qui tente mais pour l'instant ne donne rien. Exiger des résultats ne suffit pas. Ce serait trop simple.</p>

<p>Allons jusqu'à la vulgarité de Jean-François Copé affirmant que le président n'est pas vraiment capable de diriger la France parce que lui feraient défaut la compétence et l'autorité.</p>

<p>Si cela amuse l'opposition de développer de telles absurdités, pourquoi pas ?</p>

<p>Mais je cherche toujours la honte qui devrait faire rougir nos fronts citoyens.</p>

<p>Et je ne la trouve pas.</p></div>
</content>



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    <entry>
        <title>A un cheveu de l'énervement</title>
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        <published>2013-05-05T21:41:32+02:00</published>
        <updated>2013-05-05T23:17:41+02:00</updated>
        <summary>Tout cela ne serait pas arrivé, vous aurait été épargné si à la première question de Thierry Ardisson j'avais eu le culot de répondre comme j'en ai eu envie. Trop tard. </summary>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p>Pour ne rien cacher, depuis l'enregistrement de Salut les Terriens chez Thierry Ardisson jeudi dernier, je rumine.</p>

<p>Je ne parviens pas à digérer sa première question sur mon cheveu sur la langue qui serait ma caractéristique essentielle, et une ou deux autres qui ont suivi sur le même thème passionnant.</p>

<p>A dire vrai, si je suis au bord de l'agacement, c'est que la soirée s'était très bien passée mais que je n'ai pas eu la réaction qui s'imposait par une sorte de peur, de crainte de blesser cet animateur que par ailleurs j'aime bien. J'aurais dû simplement lui répondre que j'étais heureux de constater qu'il savait d'emblée aborder les sujets importants et qu'après évidemment on traiterait de choses dérisoires comme le crime, la cour d'assises, la politique, mon père ou la vérité.</p>

<p>Pourtant, l'équipe d'Ardisson était sympathique, lui-même, avec son sourire éclatant, semblait vous faire un cadeau au moment même où il vous rapetissait, son adorable compagne était présente, j'étais assis à côté de Karl Lagerfeld qui avait droit à la part du lion avec Dominique Bertinotti ministre de la Famille. Mais cette initiale inélégance venue comme un cheveu sur la soupe...</p>

<p>Sans doute la complaisance avec laquelle je l'avais accueillie, le faux sourire que je m'étais imposé étaient-ils restés dans un coin de mon être puisque venant d'atterrir au Togo, quand j'ai reçu un SMS de l'un de mes enfants, j'ai été pris à nouveau d'un lancinant et aigre regret. Pourtant ce message, ayant apprécié mon intervention médiatique, était chaleureux et rassurant mais il me faisait part aussi de l'exaspération éprouvée devant cette sempiternelle allusion à ce cheveu.</p>

<p>Croyant me libérer, j'ai rédigé un tweet pour évacuer cet état d'âme et, si j'ai reçu beaucoup de consolations revigorantes et lucides, j'ai aussi été accablé par la bêtise de telle ou telle réplique. La plus sotte, d'une sottise crasse, étant celle-ci : "Dans les concours d'éloquence à la mode, on en parle. Si Bilger a réussi en zozotant, vous pouvez y arriver vous aussi". Comme la parole et l'éloquence seraient aisées si elles ne dépendaient que d'un détail physique !</p>

<p>Je ne pensais jamais que je serais toujours obligé de me battre pour tenter à la fois de faire valoir l'indécence offensante de cette référence constante à l'insignifiant et de rappeler que même chez moi il existait peut-être autre chose que ce cheveu et cette langue.</p>

<p>Dans les portraits même bienveillants auxquels j'ai eu droit, dans les articles qui étaient consacrés à certaines des affaires criminelles où j'avais requis, il venait sûrement, il prenait sa place, il apparaissait comme un détail capital, un attribut irremplaçable, ce cheveu. On pouvait avoir l'impression que je m'étais constitué autour de lui et que ma pensée, mes qualités, mes défauts, mon être ne tenaient qu'à un cheveu. Je finissais par songer que j'avais sans doute tort pour ne pas estimer à sa juste valeur une telle richesse.</p>

<p>Mon excellent ami, le grand journaliste Franck Johannès, après m'avoir une première fois altéré le moral avec une allusion ironique à mon cheveu, avait par la suite développé une argumentation de haute volée pour me prouver que je disposais là d'une marque d'identité, d'une trace de singularité dont je ne devais pas seulement m'accommoder mais me féliciter. Quelques minutes rasséréné, je perdais vite l'optimisme et je sentais que j'aurais été prêt à perdre cette caractéristique pour le bonheur d'avoir la paix lors de mes lectures et de mes présences médiatiques.</p>

<p>Ce qui me désolait le plus tenait à ce que j'étais quasiment le seul à devoir souffrir d'une telle impolitesse. En effet, Thierry Ardisson et d'autres journalistes et animateurs à sa suite n'évoquaient pas la petite taille d'untel, la chemise blanche de BHL, le rire crispant de Laurent Ruquier, le poids de Pierre Ménès ou l'apparence atypique de Karl Lagerfeld - tous attributs n'ayant en effet aucun intérêt sinon pour blesser, faire rire ou distraire de l'essentiel.</p>

<p>Je persiste à considérer que le cheveu sur la langue n'est rien d'autre qu'une modalité de prononciation, une manière d'être et de parler équivalentes aux éléments que je viens d'évoquer. En certaines circonstances, j'ai considéré que cette obsession constituait la revanche physique de ceux qui ne pouvaient pas me faire sortir de mes gonds sur le plan intellectuel.</p>

<p>Grâce à ce ce billet qui me délivre et décharge une incompréhension éruptive, je me fais du bien. J'accepte le reproche de ne pas savoir être indifférent. J'espère que cette impossibilité a parfois des conséquences positives. Je proteste à mon sujet, donc aussi forcément pour les autres, parfois.</p>

<p>Je voudrais vraiment en terminer avec cette histoire qui m'a mis à un cheveu d'un véritable énervement.</p>

<p>Tout cela ne serait pas arrivé, vous aurait été épargné si à la première question de Thierry Ardisson j'avais eu le culot de répondre comme j'en ai eu envie. Trop tard. </p></div>
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        <title>Des dames et un monsieur...</title>
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        <published>2013-05-05T12:00:00+02:00</published>
        <updated>2013-05-05T18:06:12+02:00</updated>
        <summary>Avec toutes ces ombres surgies des tréfonds du quinquennat précédent, dont certaines ont pris un tour judiciaire, avec ces missions secrètes et ces arrangements occultes, avec cette part d'officieux sur le plan national et international, on se doutait qu'entre le chef et ses collaborateurs immédiats existait forcément une entente, une complicité, une solidarité. Le premier informé nécessairement de ce qu'accomplissaient les autres et ceux-ci informés de ce qu'avait tramé le premier.</summary>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p>Dans ce duel de dames dont les citoyens raffolent tout en prétendant le contraire, et que les médias ne cessent pas d'imposer, enfin une bonne nouvelle pour Valérie Trierweiler.</p>

<p>Cette annonce n'est pas insignifiante dans une période où un sou est un sou et où la moindre gabegie fait pousser des hauts cris.</p>

<p>Nous avons appris grâce à Matignon, à la suite d'une question d'un député UMP, que cinq collaborateurs étaient affectés au service de la compagne du chef de l'Etat (deux contractuels et trois fonctionnaires) pour un total mensuel des rémunérations nettes s'élevant à 19 742 euros.</p>

<p>Avec malice les services du Premier ministre ont permis la comparaison avec l'appareil de l'Etat mis à disposition de l'épouse de l'ancien président Sarkozy. Celle-ci avait une équipe de huit collaborateurs (36 448 euros mensuels nets pour l'ensemble) à laquelle s'ajoutaient deux prestataires externes chargés de gérer le site internet pour un montant mensuel de 25 174 euros. Environ 60 000 euros donc, globalement (20 minutes).</p>

<p>Valérie Trierweiler l'emporte haut la main. Je ne sais pas si cette gestion à l'économie va lui attirer un début de bienveillance citoyenne. En tout cas ce n'est pas une mauvaise méthode en ces temps si durs ! </p>

<p>Tout naturellement, ce contraste entre hier et aujourd'hui fait qu'on a envie de poursuivre l'examen, ce que Le Parisien Magazine - décidément excellent - a compris puisqu'il publie une enquête sur "la vie de quelques ex-ministres après Sarko".</p>

<p>Ils sont quatre.</p>

<p>Deux me semblent avoir emprunté un chemin qui n'appelle pas de remarques particulières. Frédéric Lefebvre souligne que "la politique reste sa vie" tandis que Franck Louvrier qui n'a pas du tout "le sentiment d'avoir décéléré" déclare : "Je l'ai suivi jusqu'à l'Elysée. Que faire de plus" ?</p>

<p>Les deux autres sont l'insupportable Roselyne Bachelot et Claude Guéant.<br />
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La première, avec son élégance coutumière, proclame : "J'ai décidé de ne pas me casser la gueule". Deux fois ministre sous Nicolas Sarkozy, son exhibitionnisme peut s'en donner à coeur joie puisqu'elle est animatrice télé du "Grand 8" sur D8.</p>

<p>Son obsession d'être remarquée trouve enfin satisfaction. Surtout, elle n'est plus contradictoire avec les charges qu'elle exerçait ni inélégante par rapport à son statut de ministre. Elle s'accorde aujourd'hui parfaitement avec la tonalité assez fortement vulgaire de l'univers médiatique où l'outrance, l'excès, l'histrionisme constituent une manière acceptable, quasiment normale de se comporter.</p>

<p>Comme Roselyne Bachelot aspire à demeurer consultée, comme une sage qu'elle n'est pas, sur le quinquennat de Nicolas Sarkozy, elle sait comment appâter les journalistes en traitant notamment Claude Guéant de "menteur ou de voleur". Il est certain qu'une telle alternative comble d'aise les médias.</p>

<p>Je n'ai pas envie d'aller plus loin au sujet de cette dame à laquelle il y a quelques semaines j'ai déjà consacré un billet. Henri Guaino a eu des mots définitifs sur elle puisque de mémoire il a qualifié son attitude, cette propension constante "à cracher dans la soupe" d'indécence absolue et de ce qu'il y avait de pire en politique.</p>

<p>Il y a quelque chose de pathétique dans les propos de Claude Guéant qui révèle : "J'ai enfin compris ce qu'était la vie d'un Français". Manifestement trop tard. Pourtant était-ce si difficile, au milieu des dorures et des journées de travail, de percevoir le quotidien de ses concitoyens ? Cette impossibilité, cette incompatibilité n'ont sans doute pas été pour rien dans la défaite du sarkozysme.</p>

<p>Claude Guéant est soutenu du bout de l'esprit par très peu et lâché par la plupart. Dans l'affaire des 500 000 euros, des primes en liquide qu'il aurait perçues, il est englué dans ce qui chaque jour ressemble de plus en plus à une défense maladroite, voire à un mensonge. Quel dommage que jamais, dans ces éprouvantes circonstances, on n'essaye la vérité ! </p>

<p>Avec toutes ces ombres surgies des tréfonds du quinquennat précédent, dont certaines ont pris un tour judiciaire, avec ces missions secrètes et ces arrangements occultes, avec cette part d'officieux sur le plan national et international, on se doutait qu'entre le chef et ses collaborateurs immédiats existait forcément une entente, une complicité, une solidarité. Le premier informé nécessairement de ce qu'accomplissaient les autres et ceux-ci informés de ce qu'avait tramé le premier.</p>

<p>Mais tout de même, Claude Guéant, quel coup de tonnerre sur la Sarkozye ! On les entend tous murmurer : "Pourvu qu'il tienne"! (Mediapart)</p>

<p>Des dames et un monsieur. Un quatuor qui ne se veut pas que du bien.</p></div>
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