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	<title>La basse cour de la poule pondeuse</title>
	
	<link>http://www.poule-pondeuse.fr</link>
	<description>Avant j’avais des principes, maintenant j’ai des enfants</description>
	<lastBuildDate>Fri, 03 May 2013 04:55:59 +0000</lastBuildDate>
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		<title>La “contraception” “naturelle”</title>
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		<comments>http://www.poule-pondeuse.fr/2013/05/02/la-contraception-naturelle/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 02 May 2013 19:02:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>La poule pondeuse</dc:creator>
				<category><![CDATA[Contraception]]></category>
		<category><![CDATA[Etre femme]]></category>

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		<description><![CDATA[Le récent &#8220;pilulegate&#8221; autour des risques liés aux pilules contraceptives, en particulier de 3ème et 4ème génération, a suscité un regain d&#8217;intérêt pour les méthodes dites de &#8220;contraception naturelle&#8221; (un célèbre fabricant de tests de grossesse et d&#8217;ovulation au nom coloré-mais-pas-trop en ayant profité pour vanter les mérites contraceptifs de son &#8220;moniteur d&#8217;ovulation&#8221; qui a [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div class="wp-caption alignleft" style="width: 250px"><a href="http://www.beautyinblood.com/images/zapril.jpg"><img alt="" src="http://www.beautyinblood.com/images/zapril.jpg" width="240" height="240" /></a><p class="wp-caption-text">Beauty in blood : de l&#8217;art avec du sang menstruel</p></div>
<p>Le récent &#8220;<strong>pilulegate</strong>&#8221; autour des risques liés aux pilules contraceptives, en particulier de 3ème et 4ème génération, a suscité un regain d&#8217;intérêt pour les méthodes dites de &#8220;<strong>contraception naturelle</strong>&#8221; (un célèbre fabricant de tests de grossesse et d&#8217;ovulation au nom coloré-mais-pas-trop en ayant profité pour vanter les mérites contraceptifs de son &#8220;moniteur d&#8217;ovulation&#8221; qui a défrayé la chronique -chez <a href="http://10lunes.canalblog.com/archives/2013/02/19/26452126.html" target="_blank">10 lunes</a> et <a href="http://www.mamantravaille.fr/" target="_blank">Maman travaille </a>notamment). Mais pourquoi tous ces <strong>guillemets</strong> ? D&#8217;abord <a href="http://www.futura-sciences.com/fr/definition/t/medecine-2/d/contraception_5241/" target="_blank">certains</a> définissent la <strong>contraception</strong> comme &#8220;l&#8217;ensemble des moyens employés pour provoquer une infécondité temporaire chez la femme ou chez l’homme&#8221; ; or les méthodes qui nous intéressent aujourd&#8217;hui s&#8217;attachent surtout à éviter les rapports sexuels en période féconde. Les tenants de ces techniques parlent plutôt d&#8217;<strong>espacement des naissances</strong> ou de <strong><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Planification_familiale_naturelle" target="_blank">planification familiale</a></strong>. Ensuite <a href="http://www.poule-pondeuse.fr/2010/09/16/mais-qui-est-mere-nature/" target="_blank">comme je l&#8217;ai déjà dit</a> le terme de &#8220;<strong>naturel</strong>&#8221; veut dire à peu près tout et n&#8217;importe quoi, en particulier chez l&#8217;humain où nature et culture sont intimement entremêlées. Qui trouve ça naturel de faire sa courbe de température tous les matins au réveil ?</p>
<p>Ce qui m&#8217;a décidé à faire ce billet c&#8217;est qu&#8217;à force de lire des articles et d&#8217;échanger sur ce sujet j&#8217;ai l&#8217;impression qu&#8217;il y a une certaine <strong>confusion</strong>. En particulier, partant du postulat que ces méthodes seraient archaïques et peu fiables, certains laissent entendre qu&#8217;il ne faudrait même pas en parler. Je ne partage pas cet avis. Bien que le terme puisse recouvrir d&#8217;autres méthodes (coït interrompu, voire abstinence&#8230;) je me concentrerai ici sur les méthodes consistant à déterminer la <strong>période féconde du cycle féminin</strong>. A noter qu&#8217;outre les différentes techniques pour <strong>identifier</strong> cette période, il existe également différentes façons de la <strong>gérer</strong> : abstinence totale, sexe sans coït ou utilisation d&#8217;une méthode barrière (comme le préservatif). Mais revenons à la question de la période de fécondité féminine : comment la <strong>déterminer</strong> ?</p>
<ul>
<li><span style="text-decoration: underline;">La méthode du calendrier ou méthode Ogino-Knaus</span> : on part du principe que l&#8217;ovulation a lieu 14 jours avant les règles, et comme on ne sait pas avec certitude quand tomberont les prochaines règles on se base sur le cycle le plus long que la femme ait observé. C&#8217;est une méthode <strong>peu fiable</strong> qui n&#8217;est plus recommandée par grand monde (le taux d&#8217;échec de base est estimé à 9% et monte à 25% en emploi typique).</li>
<li><span style="text-decoration: underline;">Les méthodes d&#8217;observation</span> : on peut suivre la <strong>température</strong>, les <strong>glaires cervicales</strong> (méthodes Billings et FertilityCare) et le <strong>col de l&#8217;utérus</strong>, séparément ou tous en même temps (on parle alors de méthode <strong>sympto-thermique</strong>). A part le thermomètre (et de quoi faire le graphique, sur papier ou ordinateur, sachant qu&#8217;il existe de nombreux sites et applis mobiles pour faciliter le suivi), il n&#8217;y a pas besoin de <strong>matériel</strong> particulier. Par contre il est généralement recommandé de suivre une <strong>formation</strong>, qui peut elle être payante (et non remboursée). Il n&#8217;est pas évident de trouver d&#8217;<strong><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Indice_de_Pearl" target="_blank">indice de Pearl</a></strong> (le taux d&#8217;échec quand c&#8217;est bien utilisé) pour chaque type d&#8217;observation, et une bonne partie des données disponibles vient d&#8217;entités faisant la promotion de ces méthodes (pour des raisons idéologiques ou commerciales), ce qui me rend un peu suspicieuse. Cependant, on peut arriver à une assez bonne <strong>fiabilité</strong> théorique (3% d&#8217;échecs voire moins d&#8217;1% -le top étant la méthode sympto-thermique), même si les taux en <strong>emploi typique</strong> sont beaucoup plus mauvais (jusqu&#8217;à 25%) -références : voir <a href="http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/1514009" target="_blank">ici</a> (article scientifique MAIS d&#8217;il y a 20 ans et avec quelques informations erronées qui incitent à la prudence) et <a href="http://contraception.comprendrechoisir.com/comprendre/indice-de-pearl" target="_blank">ici</a> (site plein de pubs dont on ne sait pas trop qui l&#8217;édite donc prudence aussi). L&#8217;étude <a href="http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/1755469" target="_blank">dite de <strong>Düsseldorf</strong></a>, sur 851 femmes volontaires pour utiliser la méthode sympto-thermique arrive à un taux d&#8217;échec un peu supérieur à 2% (2.1-2.3%). Dans cette étude, la moitié se sont abstenues pendant leur période féconde et les autres ont utilisé une méthode barrière. La majorité des grossesses était due à une prise de risque durant la période féconde qui avait donc été correctement identifiée.</li>
<li><span style="text-decoration: underline;">Les tests d&#8217;ovulation</span> : Wikipedia a eu la bonne idée d&#8217;en recenser un certain nombre <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Tests_d%27ovulation" target="_blank">ici</a>. Comme beaucoup sont vendus pour <strong>aider la conception</strong> plutôt que pour l&#8217;empêcher, on n&#8217;en connaît pas toujours la fiabilité. Le moniteur cité en début d&#8217;article annonce 6% d&#8217;échecs (je ne sais pas si c&#8217;est au minimum ou en emploi typique par contre).</li>
<li><span style="text-decoration: underline;">La MAMA (méthode de l&#8217;allaitement maternel et de l&#8217;aménorrhée)</span> : sous <a href="http://www.santeallaitementmaternel.com/se_former/comprendre_lactation/comment_ca_marche/dans_le_temps/effet_contraceptif.php" target="_blank">certaines conditions bien précises</a>, sa fiabilité atteindrait 98% (mais là aussi manque de sources).</li>
</ul>
<p>On voit donc que &#8220;contraception naturelle&#8221; recouvre une certaine <strong>variété</strong> de méthodes, avec une forte hétérogénéité de <strong>fiabilité</strong>. Pour mémoire, le préservatif masculin, qui est la méthode &#8220;barrière&#8221; la plus fiable, a un indice de Pearl de 2% et un taux d&#8217;échec en emploi typique de 15% ; la pilule elle part de 0.3 % et atteint 8% en emploi typique (voir toutes les méthodes <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Efficacit%C3%A9_des_m%C3%A9thodes_de_contr%C3%B4le_des_naissances" target="_blank">ici</a>). La <strong>méthode sympto-thermique</strong> ne me paraît donc pas un archaïsme forcément réservé aux cathos intégristes, mais une alternative possible à considérer quand on choisit sa contraception. Bien sûr, elle n&#8217;aura jamais la fiabilité d&#8217;un <strong>DIU</strong> (le nom officiel du stérilet), mais tout le monde ne peut (même si les femmes n&#8217;ayant pas d&#8217;enfant ou venant d&#8217;en avoir un sont éligibles, rappelons-le encore et encore) ou ne veut en porter un (et même le DIU connaît des échecs, j&#8217;en connais personnellement). A mon avis, le problème de la méthode sympto-thermique (qui est aussi un de ses attraits) c&#8217;est qu&#8217;une fois formé le couple doit complètement <strong>se prendre en charge</strong> : la femme pour suivre rigoureusement l&#8217;évolution de son cycle, et l&#8217;homme (et la femme bien sûr) pour jouer le jeu pendant la période fertile. C&#8217;est ce qui explique qu&#8217;elle soit si mauvaise en emploi typique, en particulier si c&#8217;est un <strong>choix par défaut</strong>. Par ailleurs, il faut aussi reconnaître que l&#8217;identification de la période féconde sera sans doute plus aisée chez certaines femmes que chez d&#8217;autres. En outre, certaines femmes voient leur <strong>libido</strong> exacerbée dans les jours qui entourent l&#8217;ovulation, ce qui peut rendre l&#8217;abstinence particulièrement difficile (mais cela reste contournable par l&#8217;utilisation d&#8217;une méthode barrière). Enfin il est clair que cette méthode paraît plus adaptées à certains <strong>styles de vie</strong> (en gros un couple stable qui habite ensemble) qu&#8217;à d&#8217;autres.</p>
<p>A mon sens, l&#8217;autre <strong>inconvénient</strong> du balayage systématique de toutes ces méthodes façon &#8220;ce n&#8217;est pas fiable prenez plutôt ce petit comprimé une fois par jour tous les jours ça fera 60€ merci&#8221; c&#8217;est que du coup on parle peu du <strong>cycle menstruel </strong>(au point qu&#8217;il faudrait maintenant des &#8220;<a href="http://www.menstrualdoula.com/" target="_blank">doulas menstruelles</a>&#8221; pour nous expliquer tout ça&#8230;). Et quand on en parle, c&#8217;est souvent pour dire des conneries, comme &#8220;la pilule régularise les cycles&#8221;, ce qui est faux puisque la pilule (en tout cas les pilules oestro-progestatives et la plupart du temps les pilules progestatives) <em>arrête</em> les cycles (voir <a href="http://www.martinwinckler.com/spip.php?article578" target="_blank">Martin Winckler</a> sur les règles sous pilule qui n&#8217;en sont pas). Qu&#8217;une femme souhaite avoir un cycle menstruel physiologique ou le mettre en sommeil avec des hormones c&#8217;est strictement son problème et son choix, mais il ne faut pas faire croire que la contraception hormonale <strong>guérit</strong> les règles douloureuses, trop abondantes ou irrégulières. Elle permet en arrêtant le cycle de <strong>traiter les symptômes</strong> mais avec le risque qu&#8217;ils reviennent à l&#8217;arrêt du traitement.</p>
<p>Plus généralement, je ne me reconnais pas dans la <strong>représentation</strong> habituelle du cycle menstruel : c&#8217;est soit la malédiction soit (beaucoup plus rarement ceci dit) la féminité sacrée à vénérer. C&#8217;est d&#8217;ailleurs le cas pour la plupart des <strong>fonctions biologiques</strong> propres au corps féminin (grossesse, naissance, allaitement&#8230;) : soit c&#8217;est une plaie, c&#8217;est sale, c&#8217;est tabou, et il faut s&#8217;en affranchir à tout prix (ou à défaut faire comme si ça n&#8217;existait pas), soit c&#8217;est un trésor pour la femme mais surtout pour la société qui en le portant au pinacle la place sur un bien inconfortable piédestal. J&#8217;aimerais simplement dire que le <strong>vécu du cycle menstruel</strong> est très variable d&#8217;une femme à l&#8217;autre (et au cours de la vie de chacune), qu&#8217;il peut être positif ou négatif ou même neutre. Que s&#8217;il n&#8217;est bien sûr pas une <strong>pathologie</strong> en soi il peut être effectivement dysfonctionnel et que ces maladies méritent d&#8217;être traitées comme telles et pas ignorées sous prétexte que c&#8217;est normal d&#8217;avoir des règles douloureuses. Et surtout qu&#8217;une femme peut avoir des raisons tout à fait <strong>légitimes</strong> d&#8217;être fatiguée, stressée, en colère ou énervée sans qu&#8217;on ne ramène ça à ses hormones. Certaines <a href="http://io9.com/5954142/new-research-suggests-premenstrual-syndrome-is-a-myth" target="_blank">recherches</a> remettent d&#8217;ailleurs en question <strong>l&#8217;existence</strong> même du syndrome prémenstruel, y voyant une prophétie auto-réalisatrice. Personnellement si je n&#8217;en souffre pas, loin de moi l&#8217;idée de remettre en question le vécu d&#8217;autres femmes, même si je pense qu&#8217;il faut être attentif à la tendance actuelle de l&#8217;industrie pharmaceutique à <strong>médicaliser</strong> toute souffrance pour nous vendre en retour une pilule miracle.</p>
<p>Pour finir, il me semble utile pour chaque femme de savoir comment <strong>suivre son cycle</strong>, et d&#8217;avoir des outils qui permettent de le faire facilement. Bien entendu utiliser ces informations pour éviter de tomber enceinte est comme on l&#8217;a vu une possibilité crédible (même si loin d&#8217;être adaptée à tous les cas), mais cela peut aussi aider à commencer une grossesse quand on le souhaite (et à la dater quand ça fonctionne), et tout simplement à pouvoir anticiper ses <strong>prochaines règles</strong>. Donc <strong>parlons</strong> de cycle menstruel (ce n&#8217;est pas sale&#8230; pense aux fleurs&#8230;), parlons de fertilité féminine, parlons-en en couple aussi (quelle contraception ? quels risques ? quel plan B en cas d&#8217;échec ?) et laissons chacune faire ses <strong>choix</strong> en toute connaissance de cause.</p>
<p><em><strong>EDIT : </strong></em>Une clarification entre <strong>fiabilité théorique</strong> et <strong>&#8220;en emploi typique&#8221;</strong> (voir par ex <a href="http://www.clafg.ch/clafg-info/unite-de-sante-sexuelle-et/article/le-point-sur-la-contraception" target="_blank">ici</a>), suite aux nombreuses demandes. L&#8217;efficacité théorique, c&#8217;est la probabilité que ça fonctionne en conditions parfaitement contrôlées, si on fait tout exactement comme prévu (par exemple on prend bien sa pilule les bons jours aux bonnes heures mais par exemple on a un métabolisme un peu atypique et on ne reçoit finalement pas la bonne dose d&#8217;hormone). &#8220;En emploi typique&#8221;, c&#8217;est la vraie vie, on oublie sa pilule, on a une gastro, on a cru qu&#8217;il fallait la prendre qu&#8217;après un rapport&#8230; Pour le DIU la principale cause de variation entre &#8220;théorique&#8221; et &#8220;emploi typique&#8221; c&#8217;est une mauvaise pose par le professionnel ; on voit qu&#8217;elle est extrêmement faible. A l&#8217;inverse pour la méthode sympto-thermique, il y a de nombreuses étapes où l&#8217;utilisatrice peut se planter : surveillance incomplète ou erronée du cycle, prise de &#8220;risques&#8221; en période féconde etc.</p>
<p><em>Quelques liens (en anglais) : le <a href="http://menstruationresearch.org/blog/" target="_blank">blog de la Société pour la recherche sur le cycle menstruel</a> et un <a href="http://rookiemag.com/2013/04/what-i-wish-i-knew-about-my-period/" target="_blank">article</a> pour tout savoir sur les règles (bonne base pour la discussion &#8220;premières règles&#8221;). Et pour celles qui ont un cycle actif n&#8217;hésitez pas à lire mes billets sur la <a href="http://www.poule-pondeuse.fr/category/etre-femme/coupes-menstruelles/" target="_blank">coupe menstruelle</a>.</em></p>
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		<title>Fausse-couche : le témoignage de Vany</title>
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		<pubDate>Mon, 08 Apr 2013 12:42:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>La poule pondeuse</dc:creator>
				<category><![CDATA[Fausse couche]]></category>
		<category><![CDATA[Surmonter]]></category>

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		<description><![CDATA[Voici le témoignage de Vany : l&#8217;histoire de sa première fausse-couche, mais aussi de son histoire pas banale de grossesses et de contraception. Comme quoi tout ne se passe pas toujours comme dans les livres&#8230; Merci à elle d&#8217;être venue partager cela ici ! Si vous souhaitez des informations et/ou échanger autour des fausses-couches précoces de façon [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em>Voici le témoignage de <a href="http://chezvany.fr/" target="_blank">Vany</a> : l&#8217;histoire de sa première fausse-couche, mais aussi de son histoire pas banale de grossesses et de contraception. Comme quoi tout ne se passe pas toujours comme dans les livres&#8230; Merci à elle d&#8217;être venue partager cela ici ! Si vous souhaitez des informations et/ou échanger autour des fausses-couches précoces de façon plus générale, voir <a title="Les fausses-couches précoces" href="http://www.poule-pondeuse.fr/2012/09/25/les-fausses-couches-precoces/" target="_blank">ce billet</a>.</em></p>
<p><a href="http://www.poule-pondeuse.fr/wp-content/uploads/2013/03/IMG_1381.jpg"><img class="alignleft  wp-image-2267" title="IMG_1381" src="http://www.poule-pondeuse.fr/wp-content/uploads/2013/03/IMG_1381.jpg" alt="" width="311" height="233" /></a> On n&#8217;oublie <strong>jamais.</strong></p>
<p>Il y a <strong>douze ans</strong>, j&#8217;ai rencontré mon mari. J&#8217;étais sous pilule, c&#8217;était le premier homme avec qui je faisais l&#8217;amour, on a utilisé des préservatifs.<br />
Pourtant, des nausées, un retard de quelques jours et un test sanguin <strong>positif</strong> nous mettent dans une ambiance merdique.</p>
<p>Ca fait à peine six mois qu&#8217;on est ensemble, on vit dans un foyer de jeunes travailleurs, et si lui ne veut pas d&#8217;enfants (du moins, pas tout de suite), moi, je suis dans <strong>l&#8217;ambivalence</strong>.<br />
Oui, c&#8217;est tôt, pas top côté matériel. Mais il y a tant de soucis de fertilité dans ma famille!<br />
Si j&#8217;avorte et qu&#8217;après, j&#8217;ai des soucis pour tomber enceinte, vais-je réussir à ne pas m&#8217;en vouloir et surtout, à ne pas lui en vouloir, à lui?<br />
Non. Le constat est net. Je chercherais un coupable et je lui en voudrais de m&#8217;obliger à subir un avortement que je n&#8217;arrive pas à désirer.</p>
<p>Deux semaines difficiles passent, pendant lesquelles nous nous évitons. Je lui laisse le <strong>choix</strong> d&#8217;accepter ma grossesse ou non. Je lui dis que je ne lui en voudrai pas s&#8217;il ne veut plus entendre parler de moi. Il comprend. Et finalement, après une longue conversation, on se décide : ce bébé, on le garde.</p>
<p>Je fais une <strong>écho</strong> de datation, entend les battements de coeur d&#8217;un petit haricot&#8230; Moment de doute et d&#8217;émerveillement.</p>
<p>Arrive la veille de la première écho, quelques gouttes de sang quand je vais aux toilettes. Un moment de panique silencieuse.  Je file aux urgences maternité de la ville la plus proche avec une amie infirmière.</p>
<p>Là, j&#8217;attends pendant deux heures dans une salle d&#8217;attente pleine de gros ventres qu&#8217;un gynéco daigne me recevoir. Il m&#8217;examine enfin, me dit que tout va bien. On fait une écho pour se rassurer. Sur l&#8217;écran, 6 ronds. Un corps, une tête, quatre membres. Une ébauche de ce futur petit que mon corps abrite. Je suis <strong>émerveillée</strong>, le haricot d&#8217;il y a six semaines est un vrai bébé maintenant.<br />
Puis la phrase : « Mais le coeur ne bat pas. » Moi, dans mon rêve : « Ben si » « Non, Madame. Vous êtes enceinte de 12 semaines et ce foetus a arrêté son évolution à 8 semaines. Il faut vous opérer d&#8217;urgence pour évacuer tout ça, ou vous risquez votre fertilité. »<br />
Je suis sous le <strong>choc</strong>. Incapable de pleurer, on me demande de voir un anesthésiste pour une intervention le lendemain matin, mais je suis incapable de me rappeler mon adresse, ma date de naissance. Heureusement, mon amie est là et parle pour moi.</p>
<p>Dans le bus qui me ramène chez moi, j&#8217;envoie un texto à ma mère « Je fais une fc, intervention demain. ne m&#8217;appelle pas » Bien sur, elle n&#8217;obéit pas, me rappelle de suite, me voilà à pleurer dans ce putain de bus et je lui raccroche au nez.</p>
<p>Rentrée dans notre chambre, je pleure, pleure, toutes les larmes de mon corps.<br />
Je m&#8217;endors, me réveille, pleure, puis me rendors.</p>
<p>J&#8217;ai tant <strong>pleuré</strong> que je suis incapable de rester éveillée quand mon zhom arrive pour entamer une conversation sur ce qui va se passer le lendemain.</p>
<p>Ce lendemain tant détesté, j&#8217;arrive à la maternité.<br />
On m&#8217;installe dans une chambre, sans rien me dire d&#8217;autre que de prendre deux <strong>cachets</strong> que me tend une infirmière.<br />
Dix minutes après la prise, des contractions (à l&#8217;époque, je ne sais pas de quoi il s&#8217;agit) me tordent le ventre et j&#8217;insiste pour que zhom parte et ne revienne que lorsque tout sera fini.</p>
<p>Trente minutes plus tard, un brancardier arrive, et m&#8217;engueule de ne pas être en tenue de bloc. Je veux bien, moi, mais encore faudrait il m&#8217;en donner une!<br />
« Elle est dans l&#8217;armoire Madame, voyons! »<br />
Je me sens <strong>infantilisée</strong> et humiliée, en plus de l&#8217;état de choc dans lequel je suis depuis la veille.</p>
<p>Arrivée dans le bloc, deux infirmières sont là, en plein préparatifs. J&#8217;ai la gorge nouée, impossible de répondre à leurs questions.<br />
Jusqu&#8217;à ce que l&#8217;une d&#8217;elle qui me demande pourquoi je suis là aujourd&#8217;hui, sans réponse de ma part, regarde le dossier, puis regarde sa collègue après m&#8217;avoir jeté un regard froid « Ha, un curetage&#8230;. »<br />
Plus de conversations, ni de sourires. Je suis <strong>coupable</strong> de quelque chose que je ne comprends pas, que je n&#8217;ai pas désiré !</p>
<p>Heureusement, le gynéco vu la veille arrive. Une caresse sur la joue en me demandant comment je vais. Une larme qui coule.<br />
Une grande <strong>compassion</strong>, je ne l&#8217;oublierai jamais.<br />
Comme je n&#8217;oublierai jamais le changement de comportement des deux infirmières quand il a expliqué pourquoi je subis cette intervention.<br />
Car d&#8217;un coup, les sourires reviennent. Mais pour moi, elles sont désormais fausses, des ennemies que je dois supporter.</p>
<p>Je me <strong>réveille</strong> un peu plus tard, je ne sens rien. Un coup de panique : aurait-il oublié de m&#8217;opérer?<br />
On me ramène dans ma chambre et le brancardier me demande de descendre du brancard pour aller dans mon lit. Sans son aide. Il sait et me méprise, il me l&#8217;a fait comprendre. Une mare de sang. J&#8217;ai envie de pleurer, de crier, de frapper.<br />
Je me couche, mais ces gouttes de sang sur le sol m’obsèdent, elles me désignent coupable, j&#8217;ai l&#8217;impression.</p>
<p>Me voilà donc à quatre pattes, avec du papier toilette, à me hâter de nettoyer avant que quelqu&#8217;un n&#8217;arrive et ne me juge encore.<br />
Je prend d&#8217;ailleurs une douche froide (il n&#8217;y a pas d&#8217;eau chaude car les douches ne sont pas censées être utilisées dans ce service) pour effacer toute trace « de ma honte »</p>
<p>Deux heures plus tard, on me demande d&#8217;ailleurs de libérer ma chambre. Une heure avant celle prévue. Mais pour eux, peu importe, je gêne.<br />
On m&#8217;emmène dans une salle d&#8217;attente, je suis toujours en état de choc. On me demande d&#8217;attendre, je n&#8217;ai pas le droit de partir seule.</p>
<p>Puis on me laisse. Et je découvre l&#8217;horreur : la salle d&#8217;attente est celle d&#8217;obstétrique. Je suis entourée de futures mamans radieuses aux bidons ronds, de jeunes mamans.</p>
<p>J&#8217;ai l&#8217;impression d&#8217;un puits sans fond, que je vais me <strong>disloquer</strong> si je ne quitte pas ce lieu sur l&#8217;instant!</p>
<p>Bien qu&#8217;on m&#8217;ait interdit de partir seule, aucune des infirmières qui me verra partir ne me retiendra.<br />
Je sors de l&#8217;hôpital et je m&#8217;assois sur un truc en béton qui maintient un panneau. Je ne vois rien, ne sens rien, je suis anesthésiée. A tel point qu&#8217;il faudra bien dix minutes à mon zhom pour que je remarque enfin sa présence.</p>
<p>Trois semaines plus tard, j&#8217;ai revu ma gynéco habituelle, <strong>outrée</strong> de la façon dont s&#8217;était passé cette procédure. Outrée qu&#8217;on ne m&#8217;ait donné aucun médicament pour ne pas souffrir des contractions que j&#8217;ai eues pendant quatre jours. Outrée qu&#8217;on ne m&#8217;ait proposé aucun suivi, ni aucune contraception.<br />
C&#8217;est elle qui m&#8217;a appris que j&#8217;aurais du reprendre la pilule le soir même. Qu&#8217;ils auraient du me prescrire un antidouleur et un antibio. Que j&#8217;aurais du refaire une écho de controle pour être sûre que tout est bien parti.</p>
<p>J&#8217;ai été traitée comme une <strong>coupable</strong>, alors même que cet avortement n&#8217;était pas désiré. Ils ont réussi à me faire sentir coupable. Coupable d&#8217;une chose que je ne pouvais éviter. C&#8217;est monstrueux. Et je n&#8217;imagine même pas la souffrance que cela peut causer à celles qui subissent cette procédure pour une IVG.</p>
<p>Douze ans plus tard, quand j&#8217;y repense, c&#8217;est toujours comme un cauchemar pour moi. Et j&#8217;en pleure encore de colère, de désillusion.</p>
<p>Heureusement, je suis une éternelle <strong>optimiste</strong>. Dès le lendemain, je n&#8217;ai plus versé une larme pour ça. J&#8217;ai été de l&#8217;avant.<br />
J&#8217;ai écouté, stoïque, les phrases assassines qui, au mieux, nient cette vie que j&#8217;ai portée et la douleur de cette perte : « Bah, c&#8217;est mieux comme ça, tu en auras d&#8217;autres » et qui, au pire, me rendent coupable de ce malheur : « C&#8217;est mieux comme ça, tu n&#8217;étais pas prête, tu ne l&#8217;as<br />
peut être pas assez voulu »&#8230;.</p>
<p>Alors, j&#8217;admire. J&#8217;admire celles qui font ce choix et qui le vivent « bien » car pour moi, au fond, ça reste un choix « par défaut » et que, quoi qu&#8217;on dise, on ne l&#8217;oublie pas. Je crois que c&#8217;est aussi une souffrance pour beaucoup. Plus ou moins, certes. Mais quand même&#8230;.</p>
<p>Voilà, je sais que ce n&#8217;est pas l&#8217;histoire d&#8217;un <strong>avortement</strong> à proprement parler. Mais ça démontre bien que si l&#8217;avortement est un droit, il est encore souvent mal vu par le corps médical qui peut vous donner l&#8217;impression d&#8217;être une meurtrière.</p>
<p>Je n&#8217;en ai <strong>jamais parlé</strong>. Les gens savent mais ne connaissent pas les détails. Mais moi, je n&#8217;oublie pas. Ni ce que j&#8217;ai vécu, ni ce bébé que j&#8217;ai perdu et qui vit toujours quelque part dans mon cœur.<br />
Et ça me fait du bien, de raconter. Parce que ça me donner l&#8217;impression de ne pas l&#8217;oublier&#8230;</p>
<p>Après ça, j&#8217;ai fait deux autres<strong> fausses couches</strong> précoces « classiques ». Pendant plus de trois ans, j&#8217;ai essayé sans succès de tomber enceinte.<br />
J&#8217;ai fait des examens à n&#8217;en plus finir, puis j&#8217;ai fini par me résigner à passer par une PMA. J&#8217;ai repris la pilule parce que j&#8217;ai trouvé un nouveau boulot.<br />
Deux mois plus tard, j&#8217;étais enceinte.<br />
Neuf mois plus tard, un pluvieux samedi de mars, un merveilleux petit homme est venu faire de nous une famille!<br />
Puis j&#8217;ai eu deux autres enfants.</p>
<p>Je suis comblée mais toujours pas reconnue dans la <strong>douleur</strong> de ce que j&#8217;ai vécue.<br />
On me traite d&#8217;irresponsable car je suis tombée enceinte quatre fois sous pilule. C&#8217;est impossible, me dit-on.<br />
Jusqu&#8217;à ce que je tombe enceinte de mon dernier&#8230; sous stérilet!</p>
<p><strong>Hyperfertilité</strong>. Manque de réactions aux progestatifs. Il aura fallu cette dernière grossesse pour qu&#8217;enfin, on me reconnaisse comme une victime des circonstances.<br />
Mais néanmoins, personne ne comprend ma peine pour ces trois anges que je ne serrerai jamais dans mes bras.</p>
<p>On ne devrait pas avoir à se <strong>justifier</strong> quand on souhaite avorter. On ne devrait subir ni jugement, ni morale. Et on ne devrait pas nier la douleur des femmes qui subissent un curetage ou une aspiration, que ce soit pour une fausse couche ou une IVG.</p>
<p><em>Photo : l&#8217;issue heureuse d&#8217;une des grossesses de Vany</em></p>
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		<title>IVG : la tête ou le coeur – le témoignage de Leila</title>
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		<pubDate>Mon, 04 Mar 2013 06:44:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>La poule pondeuse</dc:creator>
				<category><![CDATA[Guests]]></category>
		<category><![CDATA[IVG]]></category>
		<category><![CDATA[Surmonter]]></category>
		<category><![CDATA[témoignage]]></category>

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		<description><![CDATA[Un nouveau témoignage d&#8217;IVG aujourd&#8217;hui avec Leila, que je remercie beaucoup de venir partager avec nous. Si vous aussi vous souhaitez raconter votre histoire d&#8217;IVG ou de fausse-couche, il suffit de me l&#8217;envoyer à lapoulepondeuse at gmail point com. Si vous vous trouvez dans une situation de grossesse non désirée, un billet d&#8217;information est disponible [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em>Un nouveau témoignage d&#8217;IVG aujourd&#8217;hui avec Leila, que je remercie beaucoup de venir partager avec nous. Si vous aussi vous souhaitez raconter votre histoire d&#8217;IVG ou de fausse-couche, il suffit de me l&#8217;envoyer à lapoulepondeuse at gmail point com. Si vous vous trouvez dans une situation de grossesse non désirée, un billet d&#8217;information est disponible <a title="Quand la grossesse n’est pas désirée : que faire ?" href="http://www.poule-pondeuse.fr/2012/11/27/quand-la-grossesse-nest-pas-desiree-que-faire/" target="_blank">ici</a> (c&#8217;est aussi sous ce billet que je vous demande de commenter si vous voulez discuter autour de l&#8217;IVG, les commentaires du témoignage étant réservés à celui-ci). </em></p>
<p><em><img class="alignleft" title="coeur" src="http://farm5.staticflickr.com/4069/4616496228_17b9e7c057.jpg" alt="" width="350" height="250" /> Bruxelles, janvier 2013.</em> Je me sens mal. Très mal. Je n’arrive plus à dormir. Ma tension est très basse. Je suis <strong>épuisée</strong>. J’ai mal au ventre, des nausées. Je pleure beaucoup. Je dois m’absenter au travail, le temps de comprendre ce qui se passe dans mon corps. J’imagine le pire. Après quelques jours, maman me propose de faire un <strong>test de grossesse</strong>. C’est impossible, je suis sous stérilet. Je le fais quand même.</p>
<p>Positif.</p>
<p>Je ne me sens <strong>pas enceinte</strong>, je n’ai pas pu connecter avec l’embryon. Je suis malade. Je sens que je n’y arriverai pas. J’ai déjà deux enfants, de 4 et 6 ans. J’ai 39 ans, mon mari 44. Maman, notre unique soutien, a 68 ans. Cette fois-ci, ni mon mari ni ma maman n’ont <strong>l’énergie</strong> nécessaire pour m’entourer. Moi aussi je suis fatiguée : déjà deux amours à gérer, un travail aux horaires fatigants.</p>
<p>Je suis de <strong>plus en plus mal</strong>. Ma tête tourne : que se passera-t-il si je n’ai pas la force physique  de mener cette grossesse à terme ? Pour moi mais<br />
aussi pour le futur bébé ? Que se passera-t-il s’il y a un problème (risques plus élevés à cet âge quand même ; j’avais bu un peu et pris<br />
quelques médicaments, ne me sachant pas enceinte), pour moi ou pour lui ? Que se passera-t-il pour mes deux amours, déjà là et bien réels ?<br />
J’ai <strong>peur</strong>, très peur. Je panique. Quelle sera notre vie avec trois enfants ? Je n’y arriverai pas. Je ne saurai pas gérer cela. Comment pouvoir leur payer des études, leur accorder assez de temps dans toutes les étapes que la vie réserve ?<br />
J’ai peur, il faut se décider, le délai pour l’IVG approche.</p>
<p>Je me <strong>décide</strong>, c’est la moins mauvaise solution, je me sens mal, je pleure, je pleure, je pleure beaucoup. Je n’ai pas de réel <strong>choix</strong>. La veille, j’avais rediscuté avec ma mère et mon mari. Aucun d’eux ne m&#8217;a poussée à le garder. Je ne leur en veux pas, ils sont fatigués eux aussi.<br />
Le jour de <strong>l’intervention</strong> (8 semaines et 5 jours d’aménorrhée), je verse toutes les larmes de mon corps. Je suis prise d’une tristesse infinie.<br />
L’embryon n’a pas souffert. Moi tellement ! Inconsciemment, j’aurais voulu le garder, j’aurais voulu être plus jeune, avoir plus d’entourage, pouvoir assurer à tous mes enfants un avenir digne et leur offrir une mère détendue…</p>
<p>Aujourd’hui, environ un mois après l’intervention, je suis encore infiniment <strong>triste</strong> quand j’y repense, c’est-à-dire à peu près à chaque<br />
minute. Je ne sais pas quel <strong>autre chemin</strong> ma vie aurait pu prendre. Mais je sais que l’IVG peut nous arriver à toutes. Que c’est une épreuve extrêmement douloureuse et éprouvante psychologiquement (en tout cas pour moi ce fut le cas).<br />
Et que, parfois, on ne peut parler de réel choix. Car le vie nous rattrape. Accueillir un bébé, ce n’est pas seulement l’aimer ni lui changer ses couches. C’est aussi se sentir assez solide pour pouvoir répondre à tous ses autres besoins, et ce toute sa vie durant.</p>
<p>La <strong>tête</strong> a parlé.<br />
Pour le <strong>cœur</strong>, c’est autre chose…</p>
<p><em>Photo : <a href="http://www.flickr.com/photos/doug88888/4616496228/sizes/m/in/photostream/" target="_blank">Doug88888</a> sur Flickr</em></p>
<img src="http://feeds.feedburner.com/~r/LaBasse-courDeLaPoulePondeuse/~4/pUMEFLiiq1g" height="1" width="1"/>]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>FCS : le témoignage d’Ella</title>
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		<comments>http://www.poule-pondeuse.fr/2013/02/25/fcs-le-temoignage-della/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 25 Feb 2013 10:58:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>La poule pondeuse</dc:creator>
				<category><![CDATA[Fausse couche]]></category>
		<category><![CDATA[Guests]]></category>
		<category><![CDATA[Surmonter]]></category>
		<category><![CDATA[fausse-couche précoce]]></category>
		<category><![CDATA[fausse-couche spontanée]]></category>
		<category><![CDATA[fausses-couches multiples]]></category>
		<category><![CDATA[témoignage]]></category>

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		<description><![CDATA[ Initialement, j&#8217;avais lancé un appel à témoignages d&#8217;IVG, parce qu&#8217;il me semblait qu&#8217;on manquait cruellement de parole sur ce sujet, de témoignages de femmes qui sont passées par là. Et puis Ella (une chouette sage-femme qui tient le blog Ella et Valentin) m&#8217;a envoyé son texte, qui ne parle pas d&#8217;IVG mais d&#8217;un sujet aussi [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em><img class="alignleft" title="Tricot" src="http://farm4.staticflickr.com/3131/5816167854_042efee084_o.jpg" alt="" width="367" height="367" /> Initialement, j&#8217;avais lancé un appel à témoignages d&#8217;IVG, parce qu&#8217;il me semblait qu&#8217;on manquait cruellement de parole sur ce sujet, de témoignages de femmes qui sont passées par là. Et puis Ella (une chouette sage-femme qui tient le blog <a href="http://ellaetvalentin.blogspot.fr/" target="_blank">Ella et Valentin</a>) m&#8217;a envoyé son texte, qui ne parle pas d&#8217;IVG mais d&#8217;un sujet aussi tabou ou presque, la fausse-couche précoce. Quand vous l&#8217;aurez lu je pense que vous comprendrez pourquoi il m&#8217;a alors paru inévitable d&#8217;élargir ma proposition initiale de publication de témoignages d&#8217;IVG aux fausses-couches. Je suis consciente qu&#8217;entre ces témoignages et le fait que je n&#8217;écris pas beaucoup, le blog prend une teinte assez sombre, alors n&#8217;hésitez pas à naviguer dans les archives si vous trouvez cela trop pesant. Mais place au témoignage d&#8217;Ella, que je remercie du fond du coeur pour sa confiance.</em></p>
<p><em>Été 2010.</em> Il fait beau, on est jeunes, amoureux. Depuis sept mois, on a décidé de <strong>faire un bébé</strong>. On rentre de vacances, et la prise de sang est positive. Un bébé pour le <strong>printemps</strong>. On est heureux&#8230; Je suis zen, tranquille, je ne fais aucune écho précoce. Tout va bien, pourquoi ? J&#8217;ai des nausées, je vomis, mais ça va. Et puis les nausées passent. Je suis <strong>bien</strong>. Je suis enceinte de 2 mois.</p>
<p><em>Septembre</em>. Ce matin, mon homme souriait: « dans une semaine, première écho ! » Mais en me levant, je <strong>saigne</strong>. A l&#8217;écho, dans mon ventre, il n&#8217;y a plus qu&#8217;un œuf <strong>vide</strong>. Mon bébé s&#8217;est envolé il y a 1 mois&#8230;</p>
<p>Je prend des <strong>comprimés</strong>, pour faire partir cet œuf sans vie. J&#8217;ai <strong>mal</strong>, vraiment mal. Physiquement. Psychologiquement. Je rencontre un <strong>anesthésiste</strong>, au cas où. Cet abruti me parle d&#8217;IVG. Je crie, je pleure, je hurle, je fais un scandale jusqu&#8217;à ce qu&#8217;il efface ces trois lettres de mon dossier. « Mais c&#8217;est la même chose », me dit-il. Deux ans après, je le hais encore.</p>
<p>Un dimanche matin, mon corps laisse <strong>partir</strong> ce petit œuf&#8230;</p>
<p>Je n&#8217;ai aucun <strong>soutien</strong>. J&#8217;entends que ce n&#8217;est pas grave, que je suis jeune, que j&#8217;en aurais d&#8217;autres. Qu&#8217;il vaut mieux ça que d&#8217;accoucher d&#8217;un avorton. Que ce n&#8217;est pas normal que je pleure autant, que je devrais voir un psy.</p>
<p>Moi, j&#8217;ai juste besoin qu&#8217;on me prenne dans les bras, et qu&#8217;on me laisse faire mon <strong>deuil</strong>.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em>Janvier 2011</em>. La prise de sang est <strong>positive</strong>, de nouveau. J&#8217;ai <strong>peur</strong>, mais je me dis qu&#8217;il n&#8217;y a pas de raison que ça recommence. Je fais une écho quand même, à 6SA. Tout va bien.</p>
<p>A 8 SA, une garde chargée, des pertes marrons. A l&#8217;écho, le petit cœur clignote. Je respire.</p>
<p>Mais dans la nuit, le sang. Dans mon ventre, il n&#8217;y a <strong>plus rien</strong>. Mon utérus n&#8217;est rempli que de sang. Le petit cœur ne clignote plus.</p>
<p>Je m&#8217;effondre. Je prend un <strong>arrêt de travail</strong>, note une date plusieurs semaines plus tard, le fait signer au médecin. Je suis incapable de travailler.</p>
<p>Je pleure. Beaucoup. Je tricote. Énormément. Maille après maille, je construis de mes mains ce que mon ventre ne peut faire. Je me coupe des gens. Je ne veux plus entendre leur <strong>non-compassion</strong>.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em>Avril 2011</em>. Troisième prise de sang <strong>positive</strong>. J&#8217;ai peur cette fois, très peur. A 6 SA, l&#8217;écho révèle un décollement important. <strong>Repos</strong> strict.</p>
<p>J&#8217;ai des nausées, je vomis. Je m&#8217;en fiche. Le matin, je ne suis pas tranquille tant qu&#8217;une vague ne m&#8217;a pas envoyé la tête dans la cuvette.</p>
<p>Pendant quatre mois, je suis morte de <strong>trouille</strong> chaque jour. Ma collègue finit par me prêter un <a href="http://www.techmed.fr/fiche_produit.php?ref=9400919" target="_blank">sonicaid</a>. Tous les jours, <strong>j&#8217;écoute</strong> le cœur de mon bébé. J&#8217;ai du mal à m&#8217;y attacher. Je lui parle peu. Je suis heureuse d&#8217;être enceinte, mais j&#8217;ai du mal à créer un <strong>lien</strong> avec l&#8217;enfant que je porte.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Aujourd&#8217;hui, mon <strong>fils</strong> va bien. Il vient d&#8217;avoir un an. C&#8217;est un bébé <strong>intense</strong>, avec un besoin de contact énorme. <strong>Fusionnels</strong> ? Oui, on l&#8217;est. Je le porte, je l&#8217;allaite. Je le laisse le moins possible. Je ne peux pas.</p>
<p>Et mes<strong> autres bébés </strong>? J&#8217;ai porté trois enfants, mais pour tout le monde, je n&#8217;en ai qu&#8217;un seul. Les autres, il faudrait que je les oublie. C&#8217;est le passé, paraît-il.</p>
<p>Mais ces <strong>anges</strong> m&#8217;ont faites mère, malgré tout. Ils n&#8217;ont fait que traverser ma vie mais m&#8217;ont apporté beaucoup. Sans eux, serais-je la mère que je suis&#8230;? j&#8217;en doute.</p>
<p>Souvent , je pense à eux. Qui étaient-ils ? Garçon, fille ? Je suis triste de les avoir perdus. D&#8217;un autre côté, sans ces <strong>deuils</strong>, le petit garçon que je regarde grandir chaque jour ne serait pas là&#8230; Ils sont partis pour lui laisser la place.</p>
<p>Non, ils n&#8217;étaient pas « <strong>rien </strong>». Ils sont mes enfants. Mes petits anges partis si vite, passés dans ma vie comme des étoiles filantes. Mon deuil d&#8217;eux n&#8217;est pas fait. Je pleure encore en repensant à ces moments. Et déclenche l&#8217;incompréhension de mon entourage.</p>
<p>Une fausse-couche, ce n&#8217;est pas rien.</p>
<p><em>D&#8217;autres billets sur le même sujet :</em></p>
<ul>
<li><em><a title="Les fausses-couches précoces" href="http://www.poule-pondeuse.fr/2012/09/25/les-fausses-couches-precoces/" target="_blank">Les fausses-couches précoces</a></em></li>
<li><em><a title="Ma fausse-couche : la physiologie oubliée ?" href="http://www.poule-pondeuse.fr/2012/09/17/ma-fausse-couche-la-physiologie-oubliee/" target="_blank">Le témoignage de Ficelle</a></em></li>
</ul>
<p><em><a href="http://www.flickr.com/photos/nuwandalice/5816167854/sizes/o/in/photostream/" target="_blank">Photo </a>: Nuwandalice sur Flickr</em></p>
<img src="http://feeds.feedburner.com/~r/LaBasse-courDeLaPoulePondeuse/~4/WB5uNEk0KFg" height="1" width="1"/>]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Experts mode d’emploi</title>
		<link>http://feedproxy.google.com/~r/LaBasse-courDeLaPoulePondeuse/~3/gz8fNH-O-H4/</link>
		<comments>http://www.poule-pondeuse.fr/2013/02/05/experts-mode-demploi/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 05 Feb 2013 20:40:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>La poule pondeuse</dc:creator>
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		<category><![CDATA[laboratoire pharmaceutique]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.poule-pondeuse.fr/?p=2233</guid>
		<description><![CDATA[ La controverse récente autour des pilules de 3ème et 4ème générations aura au moins eu le mérite de mettre en lumière la question du rôle des experts médicaux dans les médias, avec notamment une longue enquête du Monde sur les liens de certains gynécos avec les labos pharmaceutiques. Le choix de ces personnalités par les [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft" title="Les Experts" src="http://blogs.lexpress.fr/media/wp-content/blogs.dir/703/files/2010/11/les-experts-csi-miami.jpg" alt="" width="614" height="413" /> La controverse récente autour des pilules de 3ème et 4ème générations aura au moins eu le mérite de mettre en lumière la question du rôle des <strong>experts médicaux</strong> dans les médias, avec notamment une <a href="http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/01/10/pilule-enquete-sur-ces-medecins-lies-aux-laboratoires_1814864_3224.html" target="_blank">longue enquête du Monde</a> sur les liens de certains gynécos avec les labos pharmaceutiques. Le choix de ces personnalités par les rédactions pour apporter un éclairage sur une question donnée ne semble en effet pas toujours être guidé ni par leur pertinence ni par leur compétence. Le Monde fait bien le point sur les <strong>conflits d&#8217;intérêt</strong> et les liens de nature diverse avec les labos pharmaceutique ou l&#8217;industrie agro-alimentaire, qui s&#8217;ils ne disqualifient pas entièrement l&#8217;expert devraient au moins être mentionnés. Notons que dans ce cas, certains médias particulièrement assujettis aux revenus publicitaires (et notamment la presse féminine et parentale) devraient sans doute en faire autant, ce qui ne laisserait pas grand chose à lire ou regarder.</p>
<p>Un autre problème moins mis en avant est <strong>l&#8217;incompétence</strong> de l&#8217;expert sur le sujet où on l&#8217;interroge : pourquoi interroger un pédiatre ou un psychanalyste sur la durée de l&#8217;allaitement ou la normalité du sommeil partagé ? Il n&#8217;est pas rare que certains en profitent pour propager leurs propres préjugés, qui prennent alors la couleur de vérités scientifiques alors qu&#8217;ils ignorent allègrement sur des pans entiers de la recherche (pour ces questions il serait souvent bien plus pertinent d&#8217;interroger des anthropologues ou des ethnologues par exemple, ou encore des épidémiologistes). Sans vouloir discréditer tout avis émis <em>ex cathedra</em>, il peut donc être utile d&#8217;aiguiser un peu son sens critique.</p>
<p>Concrètement, que faire quand on est confronté à une <strong>sentence d&#8217;expert</strong>, qu&#8217;elle soit dans une émission ou un article ou lors d&#8217;une consultation privée ?</p>
<ul>
<li>Rechercher les éventuels <strong>conflits d&#8217;intérêt</strong> de la personne. Les déclarations d&#8217;intérêt des experts sont publiées sur les sites des agences et autorités publiques qui les sollicitent : voir par exemple la <a href="http://www.has-sante.fr/portail/jcms/sd_700619/experts?cid=sd_700619" target="_blank">Haute autorité de santé </a>(HAS), l&#8217;<a href="https://icfidnet.ansm.sante.fr/Public/index.php" target="_blank">Agence nationale de sécurité des médicaments et des produits de santé </a>(ANSM, ex AFSSAPS) ou l&#8217;<a href="http://www.anses.fr/" target="_blank">Agence nationale de sécurité sanitaire de l&#8217;alimentation, de l&#8217;environnement et du travail </a>(Anses, ex- Afssa et Afsset). Par exemple vous trouverez <a href="http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2009-07/letombe_brigitte_-_declaration_publique_dinterets_du_01-07-09.pdf" target="_blank">ici</a> la déclaration d&#8217;intérêt du Dr Brigitte Letombe, à qui l&#8217;enquête du Monde s&#8217;est intéressée. Evidemment tous les experts médiatiques ne collaborent pas avec ces agences (ainsi je n&#8217;ai pas trouvé l&#8217;équivalent pour Israël Nisand, également cité dans l&#8217;article) mais c&#8217;est une première piste. Une recherche google peut également faire ressortir un colloque ou autre événement sponsorisé par les industriels dans lequel l&#8217;expert serait plus ou moins impliqué. Dans un cabinet médical, observez les affiches, prospectus, stylos etc : parfois les logos sont bien visibles, parfois c&#8217;est écrit en tout petit (par exemple la fameuse affiche pour le lait de croissance avec le biberon plein de frites était une production du <a href="http://www.syndicatdesalimentsdelenfance.com/" target="_blank">Syndicat français des aliments de l&#8217;enfance</a>, qui représente les intérêts de l&#8217;industrie agro-alimentaire -pour tout savoir sur le lait de croissance c&#8217;est <a title="Ah qu’il est beau le débit de lait" href="http://www.poule-pondeuse.fr/2011/10/26/ah-quil-est-beau-le-debit-de-lait/" target="_blank">ici</a>). Certains avancent l&#8217;argument fallacieux que comme ils sont payés par tous ils n&#8217;en privilégient aucun, n&#8217;empêche qu&#8217;un médecin payé par les fabricants de pilule n&#8217;aura pas intérêt à mettre en avant les DIU ou les diaphragmes par exemple.</li>
</ul>
<ul>
<li>Vérifier la <strong>solidité scientifique</strong> de l&#8217;argument. <em>A minima</em> il doit être appuyé par des données scientifiques publiées, de préférence dans une revue à comité de lecture. La qualité de ces études et leur applicabilité étant variable, le must est une <strong>revue</strong> (ou mieux, une méta-analyse) de l&#8217;ensemble des études existantes. C&#8217;est le mode de travail de l&#8217;initiative <a href="http://www.cochrane.org/" target="_blank">Cochrane</a>, dont certains travaux sont disponibles <a href="http://fr.cochrane.org/" target="_blank">en français</a>. En français, on peut également citer la revue <a href="http://www.prescrire.org/fr/" target="_blank">Prescrire</a> (même si beaucoup d&#8217;articles ne sont disponibles que sur abonnement) ou le <a href="http://www.formindep.org/" target="_blank">Formindep</a>. Les <strong>agences publiques</strong> citées ci-dessus (il y a aussi l&#8217;Institut national de prévention et d&#8217;éducation à la santé, <a href="http://www.inpes.sante.fr/default.asp" target="_blank">INPES</a> et l&#8217;Institut de veille sanitaire, <a href="http://www.invs.sante.fr/" target="_blank">InVS</a>) sont normalement une source d&#8217;expertise collégiale et basée sur les preuves, même si elles font régulièrement l&#8217;objet de critiques nourries (il y a aussi les agences européennes et celles d&#8217;autres pays occidentaux, avec les mêmes limites, sans parler des dissonances parfois observées d&#8217;un pays à l&#8217;autre). Les <strong>sociétés médicales ou associations de patients</strong> sont également une source d&#8217;informations, mais certaines sont également financées par l&#8217;industrie et d&#8217;autres peuvent privilégier des intérêts corporatistes. Si vous lisez l&#8217;anglais, il est intéressant de comparer le <a href="http://www.acog.org/Resources_And_Publications/Committee_Opinions/Committee_on_Obstetric_Practice/Planned_Home_Birth" target="_blank">point de vue des gynécos étatsuniens</a> sur l&#8217;<strong>accouchement à domicile</strong> (&#8220;si vraiment vous y tenez et que vous n&#8217;êtes pas trop gênée par la mort de votre bébé, faites-vous plaisir&#8221;) à celui de leurs<a href="http://www.rcog.org.uk/womens-health/clinical-guidance/home-births" target="_blank"> homologues britanniques</a> (&#8220;proposons l&#8217;AAD avec une sage-femme à toutes les femmes à bas risque, peut-être même que ce sera mieux pour elles&#8221;). A noter que la <a href="http://summaries.cochrane.org/CD000352/benefits-and-harms-of-planned-hospital-birth-compared-with-planned-home-birth-for-low-risk-pregnant-women" target="_blank">revue Cochrane</a> qui s&#8217;est penchée sur le sujet va plutôt dans le sens des Anglais, même si comme souvent sur ces questions elle souligne un manque de données de bonne qualité. Il me semble qu&#8217;en particulier pour la périnatalité, beaucoup de questions ne sont pas strictement médicales et biologiques mais ont une forte <strong>composante culturelle et sociologique</strong> : qu&#8217;il s&#8217;agisse du sommeil, de la nourriture (y compris l&#8217;allaitement) ou de l&#8217;éducation en général, l&#8217;émergence de recherches pluridisciplinaires mêlant la biologie, la médecine, la psychologie et les sciences sociales est encore balbutiante (et hélas peu médiatisée).</li>
</ul>
<p>Evidemment, la médecine ne se résume pas à l&#8217;application stricte des données de la recherche, sinon on pourrait remplacer les médecins par des <strong>ordinateurs</strong> qui suivraient des arbres de décision (et alors on n&#8217;aurait plus de blog de médecin à lire quand on s&#8217;emmerde au boulot). En plus si vous lisez un certain nombre de publications de la collaboration Cochrane par exemple, vous verrez que la phrase &#8220;les recherches existantes ne permettent pas de conclure&#8221; est sans doute celle qui revient le plus souvent. S&#8217;il faut donc descendre l&#8217;expert de son piédestal, il ne faut pas pour autant le jeter avec l&#8217;eau du bain.</p>
<p>Pour finir, voici les liens de quelques <strong>camarades blogueurs</strong> qui publient des billets basés sur la littérature médicale, même si je ne suis pas toujours d&#8217;accord avec tout (un jour, je mettrai à jour ma blogroll, un jour&#8230;) :</p>
<ul>
<li><a href="http://www.mamaneprouvette.com/" target="_blank">Maman éprouvette</a></li>
<li><a href="http://www.atoute.org/" target="_blank">Atoute</a></li>
<li><a href="http://docteurdu16.blogspot.fr/" target="_blank">Doc du 16</a></li>
<li>Midwife thinking : en <a href="http://midwifethinking.com/" target="_blank">anglais</a> et en <a href="http://midwifethinkingfrench.wordpress.com/" target="_blank">français</a></li>
<li><a href="http://drjengunter.wordpress.com/" target="_blank">Dr Jen Gunter</a> (en anglais)</li>
<li><a href="http://www.phdinparenting.com/" target="_blank">PhD in parenting</a> (en anglais)</li>
<li><a href="http://www.scienceandsensibility.org/" target="_blank">Science and sensibility</a> (en anglais)</li>
<li><a href="http://www.cesarine.org/" target="_blank">Césarine</a> (qui n&#8217;est pas un blog mais qui est très documenté)</li>
</ul>
<p><em><a href="http://blogs.lexpress.fr/media/wp-content/blogs.dir/703/files/2010/11/les-experts-csi-miami.jpg">Photo</a> : pardon, j&#8217;ai pas pu m&#8217;empêcher</em></p>
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		<item>
		<title>Parents, pensons la réforme des rythmes scolaires ensemble</title>
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		<pubDate>Wed, 23 Jan 2013 09:27:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>La poule pondeuse</dc:creator>
				<category><![CDATA[Education]]></category>
		<category><![CDATA[Eduquer]]></category>
		<category><![CDATA[Guests]]></category>
		<category><![CDATA[école]]></category>
		<category><![CDATA[parents ensemble]]></category>
		<category><![CDATA[réforme]]></category>
		<category><![CDATA[rythme scolaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Aujourd&#8217;hui je relaie avec intérêt l&#8217;initiative lancée par quatre blogueurs pour remettre à plat la réforme des rythmes scolaires, sous la forme d&#8217;une tribune commune (à la rédaction de laquelle je n&#8217;ai malheureusement pas eu le temps de participer). Personnellement je suis un peu perplexe de constater que d&#8217;un côté les détails de la réforme [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em>Aujourd&#8217;hui je relaie avec intérêt l&#8217;initiative lancée par quatre blogueurs pour remettre à plat la réforme des rythmes scolaires, sous la forme d&#8217;une tribune commune (à la rédaction de laquelle je n&#8217;ai malheureusement pas eu le temps de participer). Personnellement je suis un peu perplexe de constater que d&#8217;un côté les détails de la réforme restent flous et que de l&#8217;autre on nous annonce d&#8217;ores et déjà sa mise en oeuvre à la rentrée 2013, au moins à Paris. Merci donc à <a href="http://www.nipette.com/" target="_blank">Nipette</a>, <a href="http://www.leblogdedoudette.com/" target="_blank">Doudette</a>, <a href="http://libelul.com/" target="_blank">Libelul </a>et <a href="http://mauvaispere.wordpress.com/" target="_blank">Mauvais Père</a> pour cette belle initiative. Vous pouvez aussi suivre toutes les infos en direct sur le site <a href="http://parentsensemble.com/" target="_blank">Parents ensemble</a> ainsi que sur la <a href="http://www.facebook.com/ParentReformeRythmesScolaires" target="_blank">page Facebook </a>du collectif (je crains de manquer de temps pour tout relayer).</em></p>
<p><strong><a href="http://www.poule-pondeuse.fr/wp-content/uploads/2013/01/parents-ensemble.png"><img class="alignleft size-full wp-image-2230" title="parents ensemble" src="http://www.poule-pondeuse.fr/wp-content/uploads/2013/01/parents-ensemble.png" alt="" width="160" height="160" /></a>Nous sommes parents.</strong></p>
<p><strong>Nous sommes inquiets.</strong></p>
<p>En maternelle et en élémentaire, le passage à la semaine à 4,5 jours doit être mis en œuvre dès la rentrée 2013, soit dans 9 mois. A ce jour, l’information dont nous disposons est parcellaire et contradictoire. Le projet tel qu’envisagé ne nous semble pas à la hauteur des enjeux.</p>
<p>Nous croyons cette réforme nécessaire et en partageons les objectifs, à savoir mieux apprendre et favoriser la réussite scolaire de tous. Depuis 2008, les écoliers français ont le nombre de jours d’école le plus faible des 34 pays de l’OCDE et de fait des journées plus longues et plus chargées que la plupart des autres élèves dans le monde. Cette situation est préjudiciable et doit être revue.</p>
<p>Cependant, le projet de réforme qui nous est présenté ne nous semble pas répondre à ces objectifs. Le choix de l’organisation sera à la discrétion des municipalités. On risque de se retrouver avec des communes où les enfants auront cours le samedi, d’autres le mercredi, d’autres encore auront une pause de midi allongée, d’autres finiront plus tôt et auront une période d’études/garderie plus longue, etc. Les moyens mis en œuvre dépendront essentiellement du budget des communes. Impossible, dans ces conditions, d’imaginer que cette réforme soit facteur d’égalité entre tous les enfants de France, quel que soit leur lieu de résidence et leur établissement scolaire. Il appartiendra aux municipalités de faire un choix et d’en répondre devant les électeurs en 2014.</p>
<p>Nous espérions qu’à l’occasion de la réforme des rythmes scolaires, la place des arts, de la culture, des langues et du sport, etc. serait au cœur des préoccupations. Or, l’opacité des moyens à mettre en œuvre, l’augmentation du nombre d’enfants par animateur dans le temps périscolaire ainsi que la place choisie par les mairies pour ce temps (notamment à l’heure du déjeuner) vont diluer ces espoirs de diversification et de renforcement de ces enseignements.</p>
<p>Nous espérions également que cette réforme porterait sur l’intégralité du rythme scolaire, y compris le découpage entre vacances et classe et notamment la durée des grandes vacances. Force est de constater qu’il n’en est rien.</p>
<p>Nous sommes déçus et inquiets et rejoignons ainsi bien des enseignants. Nous craignons que l’augmentation du temps périscolaire sans réflexion quant à son contenu ni quant aux moyens de mise en œuvre fasse de ce temps un temps de désœuvrement organisé… Cela irait encore une fois à l’encontre de l’objectif de la réforme.</p>
<p>Afin de préserver le symbole de la demi-journée de cours supplémentaire, Il est essentiel de ne pas sacrifier les apprentissages, de ne pas perdre cette opportunité historique d’accroître l’égalité des chances des enfants face aux activités artistiques et sportives en créant du temps de garderie. Cela n’apporterait rien aux enfants, dévaloriserait un peu plus l’école et la fonction des enseignants et  remettrait en question l’organisation des familles.</p>
<p><strong>Nous devons à nos enfants une réforme ambitieuse.</strong></p>
<p>Citoyens connectés, blogueurs, parents, nous avons reçu de nombreux retours d’autres parents qui partagent nos inquiétudes et ne se sentent pas représentés.</p>
<p><strong>Nous demandons à être entendus.</strong></p>
<p><strong>Prenons le temps de réformer l’école ensemble.</strong></p>
<p><a href="http://www.8alamaison.com/" target="_blank">8alamaison</a> , <a href="https://fr.twitter.com/Inglobus" target="_blank">Agathe VANDAME</a> , <a href="https://twitter.com/aBlumentern" target="_blank">Aimé Blumentern</a>, <a href="http://allomamandodo.wordpress.com/" target="_blank">Allo Maman Dodo</a> , <a href="https://fr.twitter.com/Annabelle187" target="_blank">Annabelle</a> , <a href="http://necriepas.wordpress.com/" target="_blank">Audrey, Madame Koala</a> ,<a href="http://delongenlarge.blogspot.fr/" target="_blank">Aymeric Marlange</a> , <a href="http://www.vivelespestes.fr/" target="_blank">Béalapoizon</a> , Bettina Brouard , <a href="http://mapoussetteaparis.blogspot.fr/" target="_blank">Buhot Stéphanie</a> , <a href="http://www.nipette.com/" target="_blank">Carole Nipette</a> , <a href="http://histoiredenombrils.wordpress.com/" target="_blank">Caroline</a> , <a href="http://cesdouxmoments.blogspot.com/" target="_blank">Ces Doux moments</a> ,  <a href="http://www.instantdeparents.wordpress.com/" target="_blank">Chiawaze</a> , <a href="http://www.ciloubidouille.com/">Ciloubidouille</a> , Claire Hoenen , <a href="http://www.colombeleblog.com/" target="_blank">Colombe</a> , <a href="http://www.cranemou.com/" target="_blank">Cranemou</a> , <a href="http://www.mamanbavarde.fr/" target="_blank">Cynthia</a> , David Beck , Delphine Gagnon , <a href="http://www.leblogdedoudette.com/" target="_blank">Doudette</a> , <a href="http://metissagepapotages.blogspot.fr/" target="_blank">Estelle Peralta</a> , <a href="http://www.expressionsdenfants.com/" target="_blank">Expressions d’enfants</a> , <a href="http://www.lafashionmama.com/" target="_blank">FashionMama</a> , <a href="http://cerisesurleberceau.over-blog.com/" target="_blank">Florence</a> , <a href="http://rossinisgirl.wordpress.com/" target="_blank">FlorenceMKoenig</a> , <a href="http://www.en-aparte.com/" target="_blank">Gaëlle Picut</a> , <a href="http://www.ratatosk.fr/" target="_blank">Gauthier Vranken</a> , <a href="http://monblogdebebe.fr/" target="_blank">Ginie Femmesweetfemme</a> , <a href="http://mamanbobo.fr/" target="_blank">Harmony Rouanet</a> , <a href="http://henrylebarde.letempsdypenser.fr/" target="_blank">Henry le Barde</a> , <a href="http://www.e-zabel.fr/" target="_blank">Isabelle Duvert</a> , <a href="http://libelul.com/" target="_blank">Jane Gueneau aka. Libelul</a> , <a href="http://julesetmoa.blogspot.fr/" target="_blank">Julesetmoa</a> , <a href="http://www.mamafunky.fr/" target="_blank">Julie B</a> , Julie Dessagne , <a href="http://www.pere-de-famille.fr/">Julien</a> , <a href="http://jeveux1bebe.com/" target="_blank">Juliette Merris</a> , <a href="http://www.unbbpourmes30ans.com/" target="_blank">Karine Un bébé pour mes 30 ans </a>, <a href="http://www.moitoutetrien.wordpress.com/" target="_blank">LN moitoutetrien</a> ,<a href="http://www.lulufrommontmartre.com/" target="_blank">Lulu From Montmartre</a> , <a href="http://www.ptitlyli.com/" target="_blank">Lydiane Le Roy</a> , M Delobel , <a href="http://appelezmoimadame.blogspot.fr/" target="_blank">Madame</a> , <a href="http://www.parler-de-ma-vie.fr/" target="_blank">Madame Parle</a> , <a href="http://madamereve.over-blog.com/" target="_blank">Madame Zaza of Mars</a> , Madame Ziadeh , <a href="http://www.mamananou.blogspot.fr/" target="_blank">Maman nanou</a> , <a href="http://www.mamanwhatelse.com/" target="_blank">Mamanwhatelse</a> , <a href="http://www.marcguidoni.fr/" target="_blank">Marc Guidoni</a> , Marie-Gwénaëlle Chuit , <a href="http://yahoo.mamantravaille.fr/" target="_blank">Marlène Schiappa</a> , <a href="http://www.mauvaispere.fr/" target="_blank">Mauvais Père</a> , <a href="http://mazzhe.wordpress.com/" target="_blank">Mazzhe</a> , <a href="http://www.jeuxetcompagnie.fr/" target="_blank">Michaëla Avventuriero</a> , <a href="http://www.mamanonbouge.com/" target="_blank">Michèle, Maman on bouge</a> , <a href="http://www.missblogdel.wordpress.com/" target="_blank">Missblogdel</a> , <a href="http://mesdoudouxetcompagnie.fr/" target="_blank">MissBrownie</a> , <a href="http://leblogdenaddie.over-blog.com/" target="_blank">Naddie</a> , Nadine A , <a href="https://fr.twitter.com/zegilbos" target="_blank">Nicolas Gilbert @zegilbos </a>, <a href="http://pourquoisecompliquerlavie.wordpress.com/" target="_blank">Pourquoisecompliquerlavie</a> , <a href="http://sabineetassocies.hautetfort.com/" target="_blank">Sabine</a> , Samuel Lamotte d’Incamps , <a href="http://www.sandraelle.com/" target="_blank">Sandra Elle</a> , <a href="http://blog.scommc.fr/">Sandrine Donzel</a> , <a href="http://sophiereynal.wordpress.com/" target="_blank">Sophie Reynal</a> , <a href="http://www.tetedeblog.com/" target="_blank">Tetedeblog</a> , <a href="http://www.tillthecat.com/" target="_blank">Till the Cat</a> , <a href="http://unperfectmum.wordpress.com/" target="_blank">Unperfect mum</a> , <a href="http://voilapapa.wordpress.com/">Voilapapa</a> , <a href="http://jenebloguepas.wordpress.com/" target="_blank">Yusaku (Père de 3 enfants)</a></p>
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		<title>Mon IVG en conscience : le témoignage de Koa</title>
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		<pubDate>Tue, 08 Jan 2013 08:31:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>La poule pondeuse</dc:creator>
				<category><![CDATA[IVG]]></category>
		<category><![CDATA[Surmonter]]></category>
		<category><![CDATA[acupuncture]]></category>
		<category><![CDATA[IVG médicamenteuse]]></category>

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		<description><![CDATA[ Aujourd&#8217;hui, c&#8217;est Koa, une fidèle lectrice et commentatrice de la basse-cour qui a souhaité partager le récit de son IVG. Un grand merci à elle pour sa confiance (et sa patience, oups&#8230;). Si vous aussi vous souhaitez publier ici votre témoignage (anonymat garanti), je vous propose de me l&#8217;envoyer à lapoulepondeuse at gmail point com. [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em><img class="alignleft" title="Forêt enneigée" src="http://farm6.staticflickr.com/5007/5231445437_d9d0d40dbb_b.jpg" alt="" width="245" height="368" /> Aujourd&#8217;hui, c&#8217;est Koa, une fidèle lectrice et commentatrice de la basse-cour qui a souhaité partager le récit de son IVG. Un grand merci à elle pour sa confiance (et sa patience, oups&#8230;). Si vous aussi vous souhaitez publier ici votre témoignage (anonymat garanti), je vous propose de me l&#8217;envoyer à lapoulepondeuse at gmail point com. Pour plus d&#8217;informations sur les grossesses non désirées, voir <a title="Quand la grossesse n’est pas désirée : que faire ?" href="http://www.poule-pondeuse.fr/2012/11/27/quand-la-grossesse-nest-pas-desiree-que-faire/" target="_blank">ce billet</a>.</em></p>
<p>Mon <strong>histoire</strong> est différente de <a title="Une histoire ordinaire : mon IVG douce-amère" href="http://www.poule-pondeuse.fr/2012/11/08/une-histoire-ordinaire-mon-ivg-douce-amere/" target="_blank">celle de Nanette</a>, mais j&#8217;ai envie de la raconter pour les mêmes raisons : j&#8217;ai envie qu&#8217;on <strong>parle d&#8217;IVG</strong>, que celles qui sont en train de prendre cette décision savent qu&#8217;elles ne sont pas seules, et faire entendre un autre son de cloche que celui qui est habituellement proposé. A ce moment-là, j&#8217;ai une <strong>petite fille</strong> adorable de 19 mois. Je l&#8217;ai maternée et l&#8217;accompagne avec tout mon coeur, toute mon énergie, et je suis fatiguée. J&#8217;ai adoré ma grossesse et je rêve d&#8217;en revivre une. Mais pas là, <strong>pas maintenant</strong>, alors que je dois reprendre le travail sous peu (et mon salaire fait bouillir la marmite familiale) et que mon corps est encore fatigué de cet accompagnement intense. Alors quand je découvre cette nouvelle grossesse, c&#8217;est un<strong> immense NON</strong> qui jaillit de moi. Non, je ne suis pas prête, non, je ne veux pas. Mon compagnon est sur la même longueur d&#8217;onde, pour autant, avant de lâcher, j&#8217;ai besoin qu&#8217;il <strong>accepte</strong> cet enfant. J&#8217;insiste jusqu&#8217;à ce qu&#8217;il dise qu&#8217;après tout, c&#8217;est en moi, c&#8217;est à moi de décider, qu&#8217;il acceptera même si ce n&#8217;est pas son souhait. Au moment où il accepte la possibilité de cet enfant, mon NON est clair et sans failles. NON. Je me dirige vers l&#8217;avortement.</p>
<p>Je suis en pleine campagne, à des heures de voiture de la ville. J&#8217;appelle une <strong>amie médecin</strong> qui me fait les papiers nécessaires, attestant qu&#8217;on a parlé et que je commence un <strong>délai de réflexion</strong>. Je prends des tisanes de sauge en espérant vaguement qu&#8217;elles aient un effet magique. Je fais une séance d&#8217;acupuncture en espérant que ça résolve le problème. Et puis dès mon retour en ville, je contacte <strong>l&#8217;hôpital</strong>. Le jour du rendez-vous, je me transforme en victime pour attendrir les sages-femmes et négocier la présence de mon compagnon avec moi. J&#8217;ai besoin de lui, mais les enfants ne sont pas admis dans le service et personne n&#8217;a pu garder ma fille en cette période de fête. Mes amies ont rejoint leur famille, je suis loin de la mienne. Tout le monde est beaucoup plus avenant que lorsque je négociais mon projet de naissance dans ce même hôpital&#8230; Mon compagnon peut m&#8217;accompagner. Je refuse l&#8217;<strong>examen gynécologique</strong> que je trouve inutile en la circonstance. Le médecin qui me reçoit est très compréhensif et n&#8217;insiste pas. Il m&#8217;apprend que, puisque je suis dans les délais pour une <strong>IVG médicamenteuse</strong> et que c&#8217;est mon souhait, j&#8217;aurais pu faire ça en ville, sans être hospitalisée. Pas d&#8217;hospitalisation ? Chez moi ? C&#8217;est CA que je veux ! Oui, mais une fois la procédure entamée à l&#8217;hôpital, elle doit se dérouler à l&#8217;hôpital&#8230; Je mets toute mon énergie à sortir du parcours hospitalier et ça marche.</p>
<p>Je suis reçue le soir même dans le <strong>cabinet de ville</strong> de ce même médecin. Ouf ! Je prends les médicaments seule, le soir, devant la flamme d&#8217;une bougie, en pensant à ce bébé qui ne naitra pas. Je suis en <strong>paix</strong> avec ma décision, je suis sereine, je lui envoie de l&#8217;amour. Quelque part, j&#8217;ai été heureuse d&#8217;être enceinte pendant 4 semaines&#8230; Ca paraît ambigu, mais en moi, c&#8217;est clair : je ne veux pas ce bébé, je fais ce qu&#8217;il faut, mais être enceinte a un petit côté <strong>magique</strong> et même en sachant que je ne poursuivrais pas cette grossesse, je l&#8217;ai ressenti et savouré. Deux jours plus tard, je prends les médicaments qui déclenchent les contractions. J&#8217;ai installé un grand drap par terre et je dessine en attendant que le processus s&#8217;enclenche. Mes dessins sont plein d&#8217;étoiles et de couleur. D&#8217;un seul coup, une première contraction, une deuxième&#8230; Mon corps se souvient qu&#8217;il a déjà poussé de toutes ses forces. Je retrouve les <strong>sensations</strong> de mon accouchement, c&#8217;est bizarre. Je prends des douches chaudes à intervalles réguliers pour me soulager. Comme pour mon accouchement, je sens que les sensations pourraient être qualifiées de &#8220;douloureuses&#8221; mais ce qui me vient, c&#8217;est surtout &#8220;intense&#8221;, et &#8220;suprenant&#8221; car je ne m&#8217;attendais pas à une telle force pour expulser un si petit corps&#8230; Au bout d&#8217;un long moment, tout s&#8217;arrête. Sur le drap, du sang, du sang, encore du sang et ce que j&#8217;identifie comme l&#8217;embryon. Pendant que je suis une dernière fois sous la douche, mon compagnon plie le drap et y dessine un coeur.</p>
<p>Nous irons <strong>l&#8217;enterrer</strong> en forêt, sous le soleil et la neige, toujours guidés par l&#8217;amour pour ce bébé que nous avons choisi de ne pas accueillir. Une quinzaine de jours après, je vais effectuler l&#8217;échographie de contrôle. Le médecin me signale des <strong>&#8220;restes&#8221;</strong> et explique : &#8220;Soit vous l&#8217;expulsez avec vos prochaines règles, soit il faudra une petite opération, par les voies naturelles, pour l&#8217;enlever&#8221;. Je me retiens de crier &#8220;QUELLES voies naturelles ? Il y a des voies naturelles pour accoucher, pas pour y introduire un objet médical !&#8221;. A la place, je lui ai demande s&#8217;il pense que <strong>l&#8217;acupuncture</strong> pourrait m&#8217;aider. Je revois l&#8217;air condescendant qui accompagnait son &#8220;Non&#8221; catégorique. En sortant, je prends quand même rendez-vous chez le praticien en médecine chinoise qui me suivait pour aider mon organisme à drainer les drogues (les restes de médicaments) et à retrouver de l&#8217;énergie. Je lui explique la situation. Il m&#8217;écoute attentivement, pose quelque aiguilles d&#8217;acupuncture&#8230; et au moment de me relever, je <strong>saigne</strong> abondamment. Je n&#8217;ai bien sûr rien prévu et je dois filer aux toilettes&#8230; La quasi totalité du rouleau de papier finit dans ma culotte mais j&#8217;ai un grand sourire. Quelques temps plus tard, l&#8217;écho suivante montrera que tout est revenu à la <strong>normale</strong>. Je suis très soulagée. L&#8217;histoire est finie.</p>
<p>Ce qu&#8217;il me reste de cette expérience, c&#8217;est que je suis heureuse d&#8217;avoir pu vivre les choses <strong>à ma façon</strong>, d&#8217;avoir évité, par deux fois, l&#8217;hôpital. Je suis heureuse d&#8217;avoir pu ressentir <strong>l&#8217;amour</strong> sans me l&#8217;interdire parce que &#8220;avorter, c&#8217;est mal, c&#8217;est le contraire de l&#8217;amour&#8221;. J&#8217;ai fait ce qu&#8217;il fallait pour ma vie, pour ma famille, à ma façon, en me respectant tout au long du processus. En cela, cette IVG m&#8217;aura permis de prendre <strong>confiance</strong> en moi, de me sentir maitresse de ce qui m&#8217;arrive. J&#8217;y ai gagné de la <strong>force</strong> et le souvenir du passage, très court et très particulier, de ce bébé.</p>
<p><em>Photo :<a href="http://www.flickr.com/photos/hembo/5231445437/in/photostream/" target="_blank"> Hembo Pagi sur Flickr</a></em></p>
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		<item>
		<title>2013</title>
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		<pubDate>Sun, 06 Jan 2013 14:23:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>La poule pondeuse</dc:creator>
				<category><![CDATA[Présentation]]></category>

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		<description><![CDATA[ Comme tous les ans vient l&#8217;heure de vous souhaiter un tas de belles choses pour l&#8217;année qui vient : confiance, tolérance, patience et ? naissance (pour ceux et celles qui l&#8217;attendent) chance (ça marche pour tout le monde) bombance (plutôt que pitance) aisance (à vous de voir en quoi) lactance (pour celles que ça intéresse [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.poule-pondeuse.fr/wp-content/uploads/2013/01/carte_Appygraph1.png"><img class="alignleft size-full wp-image-2217" title="carte_Appygraph" src="http://www.poule-pondeuse.fr/wp-content/uploads/2013/01/carte_Appygraph1.png" alt="" width="320" height="480" /></a> Comme tous les ans vient l&#8217;heure de vous souhaiter un<strong> tas de belles choses</strong> pour l&#8217;année qui vient : confiance, tolérance, patience et ?</p>
<ul>
<li>naissance (pour ceux et celles qui l&#8217;attendent)</li>
<li>chance (ça marche pour tout le monde)</li>
<li>bombance (plutôt que pitance)</li>
<li>aisance (à vous de voir en quoi)</li>
<li>lactance (pour celles que ça intéresse bien sûr)</li>
<li>jactance (sur le blog de préférence)</li>
<li>croissance ou décroissance, c&#8217;est selon</li>
</ul>
<div></div>
<div>Et comme tous les ans un rapide <strong>bilan</strong> (basé sur le rapport WordPress Jetpack puisque Google analytics est encore dans les choux). 320 000 vues en 2012 (ce qui est un peu moins qu&#8217;en 2011, et je crains que 2013 ne reste sur la lignée flemmance) pour 14 nouveaux billets, avec le <strong>top 5</strong> (ce ne sont pas tous des articles de 2012) :</div>
<div></div>
<div>
<ol>
<li><a title="Les mystères du col" href="http://www.poule-pondeuse.fr/2008/10/13/les-mysteres-du-col/" target="_blank">Les mystères du col</a> (encore et toujours, ce billet reste LE hit du blog)</li>
<li><a title="Pourquoi accoucher sans péridurale ?" href="http://www.poule-pondeuse.fr/2012/06/18/pourquoi-accoucher-sans-peridurale/" target="_blank">Pourquoi accoucher sans péridurale ?</a> (et volontairement en plus)</li>
<li><a title="L’allaitement en public" href="http://www.poule-pondeuse.fr/2012/04/04/lallaitement-en-public/" target="_blank">L&#8217;allaitement en public</a> (c&#8217;est ça aussi de surfer sur la polémique)</li>
<li><a title="Casse-toi Dukon" href="http://www.poule-pondeuse.fr/2012/01/02/casse-toi-dukon/" target="_blank">Casse-toi Dukon</a> (et j&#8217;en profite pour faire de la pub à son petit frère <a title="Le poids : et alors ?" href="http://www.poule-pondeuse.fr/2012/10/08/le-poids-et-alors/" target="_blank">Le poids : et alors ?</a>)</li>
<li><a title="Comme une poule devant un siège auto" href="http://www.poule-pondeuse.fr/2011/07/04/comme-une-poule-devant-un-siege-auto/" target="_blank">Comme une poule devant un siège auto</a></li>
</ol>
<div></div>
<div>Cette année a aussi été marquée par les <strong>échanges</strong> : j&#8217;ai publié un <a href="http://cafaitgenre.org/2012/05/19/dessins-animes-ou-sont-les-feeeeeeeemmes/" target="_blank">article chez Genre! sur les dessins animés</a> (qui me paraît particulièrement creux depuis que j&#8217;ai découvert <a href="http://www.lecinemaestpolitique.fr/" target="_blank">Le cinéma est politique</a>) et une <a href="http://leplus.nouvelobs.com/contribution/516694-la-sante-des-femmes-en-danger-ma-reponse-a-odile-buisson.html" target="_blank">tribune dans Le Plus</a> pour répondre aux attaques de la gynécologue Odile Buisson sur le rôle des sages-femmes et l&#8217;accouchement hypermédicalisé. J&#8217;ai eu la joie d&#8217;écrire à quatre mains avec <a href="http://10lunes.canalblog.com/" target="_blank">Dix lunes</a> sur la <a title="La rééducation périnéale" href="http://www.poule-pondeuse.fr/2012/05/10/la-reeducation-perineale/" target="_blank">rééducation périnéale</a> et de collaborer très ponctuellement aux <a href="http://lesvendredisintellos.com/" target="_blank">Vendredis intellos</a>. Enfin c&#8217;est avec plaisir que j&#8217;ai accueilli <a title="Ma fausse-couche : la physiologie oubliée ?" href="http://www.poule-pondeuse.fr/2012/09/17/ma-fausse-couche-la-physiologie-oubliee/" target="_blank">Ficelle</a> et <a title="Une histoire ordinaire : mon IVG douce-amère" href="http://www.poule-pondeuse.fr/2012/11/08/une-histoire-ordinaire-mon-ivg-douce-amere/" target="_blank">Nanette</a> pour leurs témoignages sur des sujets difficiles mais sur lesquels la parole me paraît toujours essentielle (bientôt d&#8217;autres témoignages d&#8217;IVG à venir, n&#8217;hésitez pas à proposer le vôtre).</div>
<div></div>
<div>Je dois bien sûr <strong>remercier</strong> <a href="http://www.jaddo.fr/" target="_blank">Jaddo</a> et Marie des <a href="http://www.mamanstestent.com/" target="_blank">Mamans testent</a> (à qui je souhaite au moins une nuit de 12 heures consécutives en 2013) qui sont les sites qui m&#8217;ont envoyé le plus de monde (avec <a href="http://www.facebook.com/poulepondeuse" target="_blank">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/poulepondeuse" target="_blank">Twitter</a> et <a href="http://www.hellocoton.fr/mapage/lapoulepondeuse" target="_blank">Hellocoton</a>) ; et bien sûr les amateur-e-s de <strong>vagins</strong> que google continue à m&#8217;envoyer sans faillir malgré leur probable déception à l&#8217;arrivée&#8230;</div>
<div></div>
<div>Sur le <strong>fond</strong> des articles, mes poussins grandissent, mes préoccupations évoluent, même si je reste passionnée par la périnatalité. Je vais continuer, ici et sur les réseaux sociaux, à informer, échanger et militer pour les <strong>droits</strong> des femmes (lors de la maternité mais pas que, sans oublier l&#8217;incontournable droit au gras) et des enfants,  contre le <strong>sexisme</strong>, ses clichés et ses injonctions qui pourrissent la vie de tous, et surtout pour le <strong>choix</strong> libre et éclairé. Au boulot !</div>
<div></div>
<div><em>Illustration réalisée avec <a href="http://www.desptitsbonheurs.com/fr/apps/appygraph.php" target="_blank">Appygraph</a></em></div>
<div></div>
</div>
<p>&nbsp;</p>
<img src="http://feeds.feedburner.com/~r/LaBasse-courDeLaPoulePondeuse/~4/x91LGML-mrI" height="1" width="1"/>]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Quand la grossesse n’est pas désirée : que faire ?</title>
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		<comments>http://www.poule-pondeuse.fr/2012/11/27/quand-la-grossesse-nest-pas-desiree-que-faire/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 27 Nov 2012 06:44:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>La poule pondeuse</dc:creator>
				<category><![CDATA[IVG]]></category>
		<category><![CDATA[Surmonter]]></category>
		<category><![CDATA[aspiration]]></category>
		<category><![CDATA[contraception]]></category>
		<category><![CDATA[curetage]]></category>
		<category><![CDATA[DIU]]></category>
		<category><![CDATA[témoignage]]></category>

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		<description><![CDATA[ Après le touchant témoignage de Nanette, je vous propose de faire le point sur la situation des grossesses non désirées et des alternatives disponibles pour les femmes. Malgré l’arsenal contraceptif disponible pour les couples occidentaux, les grossesses non souhaitées restent une réalité. Mauvaise information sur la contraception et la fertilité, méthode de contraception inadéquate et/ou [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div><img class="alignleft" title="Simone Veil" src="http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/images/simone-veil-tribune-keystone.jpg" alt="" width="250" height="318" /> Après le touchant <a title="Une histoire ordinaire : mon IVG douce-amère" href="http://www.poule-pondeuse.fr/2012/11/08/une-histoire-ordinaire-mon-ivg-douce-amere/" target="_blank">témoignage de Nanette</a>, je vous propose de <strong>faire le point</strong> sur la situation des grossesses non désirées et des alternatives disponibles pour les femmes.</div>
<div></div>
<div>Malgré l’<strong>arsenal contraceptif</strong> disponible pour les couples occidentaux, les grossesses non souhaitées restent une réalité. Mauvaise information sur la contraception et la fertilité, méthode de contraception inadéquate et/ou mal appliquée (comme le dit <a href="http://www.inpes.sante.fr/CFESBases/catalogue/pdf/1046.pdf" target="_blank">l&#8217;INPES</a>, la meilleure contraception c&#8217;est celle qu&#8217;on choisit -pas celle que le gynéco a l&#8217;habitude de prescrire&#8230;), ou tout simplement malchance (aucune contraception n’est fiable à 100%) sont autant de raisons pouvant expliquer la relative <strong>stabilité</strong> des interruptions volontaires de grossesse (IVG) au cours des années (un peu plus de 200 000 par an en France, à mettre en regard des 800 000 naissances). Bien sûr, toutes les grossesses non plannifiées ne conduisent pas à un avortement ; certaines femmes (en couple ou seules) choisissent de garder l’enfant, d’autres encore mènent la grossesse à terme mais abandonnent l’enfant à la naissance (ainsi l’<strong>accouchement sous X </strong>concernait 680 femmes en 2009 d’après l’INED).Il peut sembler paradoxal de parler de grossesse non désirée dans un blog pour parents, mais comment passer sous silence un acte qui concernerait jusqu&#8217;à <a href=" http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/104000047/0000.pdf" target="_blank">40% des femmes françaises</a> ?</div>
<h3></h3>
<h3>Quelles options ?</h3>
<div>Concrètement, différentes <strong>options </strong>s’offrent aux femmes qui ne souhaitent pas poursuivre une grossesse, en fonction notamment du terme auquel elles se trouvent.</div>
<div>
<ul>
<li><strong>Echec avéré ou soupçonné de la contraception</strong> : oubli d’un comprimé de pilule quelques jours avant ou après un rapport sexuel, déchirure du préservatif, perte du DIU (dispositif intra utérin, nom officiel du stérilet)&#8230; ou tout simplement rapport non protégé. Un simple passage à la pharmacie permet de se procurer la “<strong>pilule du lendemain</strong>” (appelée “plan B” par les Anglo-saxons) sans ordonnance. Plus elle est prise proche du rapport supposé fécondant, plus elle est efficace : il n’est donc pas idiot d’en avoir une d’avance dans sa trousse à pharmacie. Des explications détaillées sur la contraception d’urgence sont disponibles <a href="http://www.aly-abbara.com/livre_gyn_obs/termes/contraception_urgence.html" target="_blank">ici</a>. Une option moins connue est la pose d&#8217;un DIU au cuivre, qui est pourtant la <a href="http://www.choisirsacontraception.fr/urgences/la-contraception-d-urgence/le-diu-au-cuivre.htm" target="_blank">méthode la plus efficace</a>, et qui a l&#8217;avantage d&#8217;être également une des méthodes les plus fiables hors de ce contexte d&#8217;urgence. Le DIU peut être posé par un médecin (généraliste ou gynéco) ou une sage-femme (même si elles sont loin d&#8217;être toutes formées à cela), y compris chez une jeune fille, une femme n&#8217;ayant jamais eu d&#8217;enfant ou une mère allaitante n&#8217;ayant pas encore eu son retour de couches. Rappelons également qu&#8217;hors cette utilisation d&#8217;urgence le DIU au cuivre a une action spermicide et qu&#8217;il n&#8217;est donc pas abortif ; quant à son cousin aux hormones il bloque l&#8217;ovulation. Dans tous les cas, que ce soit par l&#8217;absence d&#8217;ovule ou par l&#8217;absence de spermatozoïde, il n&#8217;y a généralement pas de fécondation.</li>
</ul>
<ul>
<li><strong>Quand la grossesse est avérée</strong> (soit à partir de 2 semaines de grossesse SG = 4 semaines d&#8217;aménorrhée SA) : il faut passer par une IVG. En France, c’est possible jusqu’à 14 SA. Les mineures peuvent être dispensées de l’autorisation parentale si elles sont accompagnées par une personne majeure, qui a la charge de les soutenir pendant toute la procédure. En pratique, la femme doit passer par deux consultations médicales, espacées d’au moins sept jours (délai pouvant être raccourci si on est proche des 14 SA). Entre les deux est proposé un entretien dit psycho-social, qui est obligatoire pour les mineures.</li>
</ul>
<p>Deux <strong><a href="http://vosdroits.service-public.fr/F1551.xhtml" target="_blank">techniques</a></strong> d’IVG sont possibles :</p>
<ul>
<li>la méthode <strong>instrumentale</strong> dite “chirurgicale” qui doit être pratiquée en milieu hospitalier, sous anesthésie (locale ou générale), et qui s’accompagne généralement d’une courte hospitalisation (moins de 12 heures) : il s’agit d’une aspiration de l’embryon à travers le col de l’utérus.</li>
<li>la méthode <strong>médicale</strong> dite “médicamenteuse”, qui n’est possible que jusqu’à 7 SA mais peut être faite en ville ; concrètement la femme prend des pilules abortives et évite ainsi l’anesthésie et le geste chirurgical. Toutefois cette méthode est légèrement moins efficace et une aspiration peut s’avérer nécessaire dans un second temps en cas d’échec.</li>
</ul>
<p>Il est regrettable de constater qu’en France les centres d’IVG sont surchargés et les délais pour obtenir une consultation s’allongent, rendant l’avortement de facto impossible dans certains cas (ainsi il peut être<a href="http://www.francetvinfo.fr/avorter-au-moins-d-aout-une-veritable-course-contre-la-montre_129065.html " target="_blank"> extrêmement difficile</a> d&#8217;obtenir une IVG au mois d’août).</p>
<p>Après le délai de<strong> 14 SA</strong>, la seule option est d’obtenir une IVG dans un pays dont les délais sont supérieurs, et notamment l’Espagne (24 SA). Mais si en France l’IVG est remboursée à 80% aux assurées sociales (100% pour les mineures sans consentement parental et pour les femmes dépendant de l’aide médicale d’Etat -AME, et maintenant <a href="http://www.lemonde.fr/sante/article/2012/10/26/l-assemblee-vote-le-remboursement-de-l-ivg-et-la-gratuite-de-la-contraception-pour-les-mineures_1781696_1651302.html" target="_blank">pour toutes</a>), cela sera souvent plus coûteux à l’étranger.</p>
<h3>Et après ?</h3>
<p>Une IVG telle qu’elle est pratiquée dans les pays occidentaux par un médecin ne laisse normalement<strong> pas de séquelle</strong> physique et ne compromet pas la possibilité d’avoir ensuite des enfants (bien sûr comme toute procédure médicale celle-ci a des risques inhérents quoique faibles). Rappelons par contre que les avortements <strong>clandestins</strong> auxquels les femmes sont contraintes lorsque l’IVG est interdite s’accompagnent eux de risques avérés : infections, stérilité, voire mort de la femme. Si vous lisez l&#8217;anglais, je vous recommande <a href="http://drjengunter.wordpress.com/2012/02/11/anatomy-of-an-unsafe-abortion/" target="_blank">ce témoignage d&#8217;une gynéco étatsunienne</a> sur ce que peut donner un avortement clandestin dans un pays occidental. Plus généralement, on estime que<a href="http://www.guttmacher.org/media/inthenews/2012/10/04/index.html"> 47 000 femmes</a> meurent chaque année dans le monde des suites d&#8217;un avortement clandestin, et si vous voulez mettre des personnes derrière ce chiffre lisez<a href="http://liberteegalitematernite.wordpress.com/2012/10/14/la-question-qui-tue/" target="_blank"> ce billet</a> de Sophie, sage-femme qui raconte son expérience humanitaire (et puis<a href="http://liberteegalitematernite.wordpress.com/" target="_blank"> tout son blog</a>, non mais). Et en France, avant 1975 et la loi Veil, ça se passait <a href="http://rennes1720.fr/2012/10/12/avortement-ca-se-passait-comme-cela-47116/" target="_blank">comme ça</a>. <a href="http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2011-04/ivg_2001_-_argumentaire_2001_2011-04-28_15-32-48_847.pdf" target="_blank">L&#8217;ANAES</a> estime qu&#8217;on est passé de 332 décès par an en 1963 à 0 à 2 actuellement. En Irlande, récemment,<a href="http://www.europe1.fr/International/Irlande-elle-meurt-faute-d-avoir-pu-avorter-1311679/" target="_blank"> une jeune femme est morte </a>faute d&#8217;avoir pu avorter.</p>
<p><strong>Psychologiquement</strong>, il semble difficile de faire des <strong>généralités</strong> tant les circonstances pouvant conduire à l’avortement sont variées ; certaines font ce choix dans un contexte de pression de l’entourage (futur père, parents de la femme etc), d’autres suite à un événement traumatisant (un viol par exemple) ; et bien sûr pour beaucoup c’est la décision logique. Certaines femmes le font à contre-coeur, d’autres restent ambivalentes et pour d’autres enfin c’est une évidence. L’initiative <a href=" http://blog.jevaisbienmerci.net/" target="_blank">“IVG : je vais bien, merci”</a> recense ainsi des témoignages en ce sens. Pour autant, si l’IVG ne doit pas être présentée comme un traumatisme obligatoire (<a href="http://blog.jevaisbienmerci.net/2011/12/ivg-il-fallait-pleu%C2%ADrer-l%E2%80%99institution-nous-oblige-a-pleurer/#more-1003 " target="_blank">“L’institution nous oblige à pleurer”</a>), il ne faut pas non plus en déduire qu’elle ne peut pas en être un (voir aussi <a href="http://www.slate.fr/story/60619/ivg-culture-traumatisme-avortement-interruption-volontaire-grossesse" target="_blank">cet article de G.M. Zimmermann</a>).</p>
<p>On peut également déplorer un <strong>accompagnement</strong> parfois déficitaire des femmes par certains soignants, parmi lesquels persiste la vision de l’IVG comme un signe de <strong>l’irresponsabilité</strong> de la femme (incapable de prendre correctement une contraception, menant une vie à leurs yeux dissolue, privilégiant son propre plaisir à tout le reste&#8230;). En <a href="http://www.courrierinternational.com/article/2012/03/08/la-triple-peine-des-femmes-qui-avortent" target="_blank">Thaïlande</a>, où l&#8217;avortement est réservé aux cas extrêmes (viol ou risque pour la santé de la mère), les femmes qui vont consulter suite à une procédure &#8220;sauvage&#8221; qui tourne mal sont accueillies par un curetage sans anesthésie (extrêmement douloureux), voire une ablation de l&#8217;utérus, sans autre motif que de les punir. Cela peut paraître bien loin mais avant la loi Veil de telles pratiques (les curetages à vif) avaient également lieu dans les hôpitaux français, l&#8217;absence d&#8217;anesthésie n&#8217;ayant aucune justification médicale.</p>
<h3>Appel à témoignages</h3>
<p>Quoi qu&#8217;il en soit, les nombreuses réactions que Nanette et moi avons reçues suite à son témoignage m&#8217;ont montré que les femmes avaient un fort <strong>besoin de parole et d&#8217;échange</strong> sur ce sujet. Plus de 40 ans après le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Manifeste_des_343" target="_blank">Manifeste des 343</a>, la honte et la culpabilité sont encore trop présentes et ce n&#8217;est pas acceptable. A ma petite échelle, je vous propose donc de publier dans ces colonnes vos témoignages d&#8217;IVG. Personnellement, je trouve que ça a toute sa place sur un blog dédié à la parentalité : ce sont simplement différentes facettes d&#8217;un même sujet. Si vous souhaitez partager votre histoire, envoyez simplement un <strong>mail</strong> à lapoulepondeuse chez gmail point com. Je m&#8217;engage évidemment à protéger votre anonymat. Et désolée à l&#8217;avance pour les inévitables délais de publication dus à mon débordement chronique.</p>
<p><em> <a href="http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/interruption/simone_veil_tribune-1.asp" target="_blank">Photo</a> : Simone Veil à la tribune de l&#8217;Assemblée nationale en 1974. Merci.</em></p>
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		<title>Une histoire ordinaire : mon IVG douce-amère</title>
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		<pubDate>Thu, 08 Nov 2012 06:27:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>La poule pondeuse</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Aujourd&#8217;hui, la basse-cour a l&#8217;honneur d&#8217;accueillir une invitée : je vous présente Nanette. Si vous ne la connaissez pas déjà vous pouvez suivre ses humeurs ici. Elle a souhaité partager avec nous son expérience sur un sujet à la fois banal, délicat et intime : l&#8217;interruption volontaire de grossesse. Reprenant la formule testée avec Ficelle, [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #888888;">Aujourd&#8217;hui, la basse-cour a l&#8217;honneur d&#8217;accueillir une invitée : je vous présente Nanette. Si vous ne la connaissez pas déjà vous pouvez suivre ses humeurs <a href="http://www.leshumeursdenanette.fr/" target="_blank"><span style="color: #888888;">ici</span></a>. Elle a souhaité partager avec nous son expérience sur un sujet à la fois banal, délicat et intime : l&#8217;interruption volontaire de grossesse. Reprenant la formule testée avec <a title="Ma fausse-couche : la physiologie oubliée ?" href="http://www.poule-pondeuse.fr/2012/09/17/ma-fausse-couche-la-physiologie-oubliee/" target="_blank"><span style="color: #888888;">Ficelle</span></a>, je vous propose de lire d&#8217;abord son témoignage puis dans un second temps de le compléter par un autre billet plus général sur la question. Si vous souhaitez discuter de la question de l&#8217;IVG , je vous demande de réserver vos commentaires pour ce second billet et de respecter les choix et les ressentis que Nanette nous expose. Je lui laisse maintenant la parole, en la remerciant très chaleureusement de nous offrir ce témoignage dont la publication me tient à coeur.</span></p>
<p><em><img class="alignleft" title="Douce amère" src="http://farm5.staticflickr.com/4134/4854126084_23682b3a3e.jpg" alt="" width="300" height="225" /> J’ai choisi d’avorter en 2002. Il y a longtemps que j’avais envie d’en parler sur mon blog mais je n’ai jamais trouvé le bon moyen, le bon moment. J’ai toujours su que j’en parlerai un jour pourtant.</em><br />
<em>D’abord parce que je n’ai jamais caché grand-chose à mes lectrices (sauf sans doute, nos identités véritables à ma famille et à moi) et ensuite parce que selon moi, il FAUT en parler. Le plus possible. Et sans honte.</em><br />
<em>Et pourtant, moi qui ai souvent raconté le plus intime sur mon blog, je trouve que raconter cet épisode de ma vie est ce qu’il y a de plus difficile.</em></p>
<p>J’ai accouché de mon <strong>premier enfant</strong> un mois avant mes <strong>18 ans</strong>, en mars 2000. J’étais en classe de terminale et ma grossesse que j’ai très longtemps cachée à mes parents a été assez difficile et évidemment difficilement acceptée par ma famille. J’ai eu la chance d’être beaucoup soutenue par mon père et de pouvoir poursuivre mes études et ma vie – presque – comme toutes les jeunes filles de mon âge. Pendant les deux années qui ont suivi la naissance de mon fils, je suis restée célibataire. Et puis, à la faveur de la fac, des rencontres, des sorties et entre deux allers-retours à la crèche, j’ai fini par <strong>rencontrer</strong> quelqu’un.</p>
<p>Tout se passait très bien… jusqu’à ce que je tombe <strong>enceinte</strong> à nouveau malgré la contraception. Je prenais depuis longtemps une pilule inadaptée. Dès que je l’ai su, à la seconde même, il n’a jamais été question que je garde ce bébé. Je me démenais depuis des mois pour pouvoir enfin vivre seule, j’allais encore à la fac et je vivais de ma bourse et des allocations. Et cette histoire, même si elle était très belle, je savais bien qu’elle ne durerait pas. J’ai néanmoins prévenu mon compagnon, qui a jugé comme moi que ce n’était ni le moment, ni les conditions pour avoir un enfant. Je n’ai pas désiré qu’il <strong>m’accompagne</strong> dans ce parcours et lui non plus. En fait, j’ai souhaité traverser tout ça seule. Je ne peux pas expliquer pourquoi aujourd’hui. Je n’ai pas eu honte, mais je n’ai pas ressenti le besoin d’être soutenue, du moins pas avant ni pendant l’intervention.</p>
<p>Dès lors que ma <strong>décision</strong> a été prise, je n’ai pas été triste, ni affligée. Ma sœur à qui je m’étais confiée s’est beaucoup étonnée de mon apparente « froideur ». Assez rapidement, j’ai pris rendez-vous dans le service <strong>d’orthogénie</strong> de l’hôpital Béclère. C’est un petit bâtiment séparé de l’hôpital, composé de plusieurs bureaux et aux murs bardés d’affiches sur la contraception, le droit à l’IVG, le planning familial. J’ai été reçue par une femme admirable qui y exerce encore. Très humainement, elle m’a expliqué que cet entretien était le premier du parcours que nous allions faire ensemble : j’allais devoir rencontrer un psychologue, une sage-femme puis la revoir de nouveau, elle. Elle m’a examinée et a fait une échographie pour dater la grossesse. Elle m’a posé des questions sur les raisons de cette décision et sans insister, s’est bien assurée de ma conviction.</p>
<p>Encore une fois, c’est <strong>soulagée</strong> que j’ai quitté son cabinet. Je suis revenue à Béclère quelques jours plus tard pour voir la psychologue à qui j’ai dû, à nouveau raconter mon histoire. J’ai moins « accroché » avec elle, donc j’ai trouvé ça assez gênant. J’ai vu la sage-femme peu de temps après. Elle m’a expliqué que vu l’âge de ma grossesse, j’avais encore « le choix » de la <strong>méthode</strong> utilisée pour procéder à mon IVG : l’avortement médicamenteux par prise de Cytotec ou la chirurgie par aspiration.<br />
J’ai choisi les médicaments.<br />
Malheureusement, l’hôpital n’a pas pu accéder à ma demande. A l’époque (je ne sais si c’est toujours le cas [Note de la PP : maintenant l'IVG médicamenteuse peut être faite en ville et la femme prend le traitement chez elle]), l’avortement médicamenteux se faisait en plusieurs phases : la prise du cytotec sous surveillance quelques heures, puis un nouveau rendez-vous pour vérifier l’expulsion de l’embryon.</p>
<p>Par manque de place disponible (et pour des soucis d’emploi du temps), je n’ai finalement pas eu le choix et nous avons fixé la date de l’intervention. J’ai décidé de ne pas être endormie, j’allaisamèrement le regretter.</p>
<p>Le matin de <strong>l’intervention</strong>, j’étais à l’hôpital à 8 heures. J’ai eu le droit de boire un verre d’eau. Je me suis déshabillée et j’ai enfilé la blouse de l’hôpital. On m’a donné un comprimé de <strong>cytotec</strong> destiné à ouvrir le col de l’utérus, à prendre localement donc. L’effet a été très rapide, j’ai commencé à saignotter un peu. J’ai encore attendu deux heures avant d’être emmenée dans une pièce qui n’avait rien d’un bloc opératoire. La lumière était tamisée, un petit chariot à instrument dans un coin, une grosse machine dans l’autre. A cet instant, je ne <strong>ressentais</strong> toujours rien. Physiquement, je commençais à avoir une douleur comparable à celle du début de mes règles. Moralement, tout allait très bien : je savais ce que je faisais ici et pourquoi j’étais là. J’étais très sûre de moi.</p>
<p>La femme médecin (qui est généraliste et pas gynécologue) que j’avais rencontrée la première fois est venue me parler et m’a expliqué en détails ce qu’elle allait faire. Une infirmière serait là pour me <strong>tenir la main</strong>. Je crois me souvenir qu’on m’a injectée un petit anesthésiant local au niveau du col. L’intervention a commencé. A l’aide d’un spéculum, le médecin a <strong>examiné</strong> mon col pour voir s’il était bien ouvert. Puis a commencé une phase assez douloureuse. Elle m’a expliqué que mon col n’était pas « dans l’axe » et qu’elle allait devoir le maintenir avec une pince. Je ne sais pas si l’anesthésique était trop léger mais j’ai eu extrêmement <strong>mal</strong>. Pendant toute la durée de son geste, elle n’a pas arrêté de me parler, l’infirmière à côté de moi me serrait la main, enfin c’est plutôt moi qui lui broyais les doigts. Je n’ai pas vu de mes yeux tout le matériel qu’elle avait installé (un spéculum donc, et cette fameuse pince), mais nous avons trouvé le moyen d’en <strong>rire</strong> : à chacun de mes gestes, j’entendais un bruit métallique !</p>
<p>Elle a ensuite allumé la grosse <strong>machine</strong> à côté d’elle. Avec le long tuyau qui en sortait, elle a aspiré. Là encore, j’ai eu mal. Je me rappelle très bien ce <strong>bruit d’aspiration</strong> : le bruit de la machine et le bruit de ce qu’elle aspirait. J’ai ressenti le besoin de prier, même si ce que j’étais en train de faire est complètement réprouvé par ma religion. J’ai pleuré un peu, de douleur. Ca a été très <strong>rapide</strong>. Mes jambes étaient tétanisées, je tremblais un peu et il restait dans mon corps un peu de cette intense douleur que j’ai ressenti durant ces quelques minutes.<br />
Le médecin m’a débarrassée de tout son matériel, m’a longtemps rassurée. L’infirmière à côté de moi ne m’a pas lâché la main une seule minute. La douleur commençait à s’éloigner, c’était terminé, j’étais <strong>soulagée</strong>.</p>
<p>Elles ont toutes les deux fini par quitter la pièce pour me laisser <strong>seule</strong> quelques minutes. Je ne peux pas dire aujourd’hui si c’était volontaire. Mais le fait de me retrouver seule a été comme un <strong>déclencheur</strong>. J’ai regardé cette machine et j’ai réalisé qu’il y avait dedans ce bébé que je n’avais pas gardé. Je me suis sentie bizarre : j’avais toujours mal, j’étais seule dans la pièce avec cette machine. Et pour la première fois depuis des semaines, j’ai pleuré. Je ne regrettais pas ma décision mais j’avais enfin l’impression d’en comprendre l’importance : j’avais perdu quelque chose, même si c’était mon choix. De comprendre qu’on pouvait porter le <strong>deuil</strong> d’un enfant qu’on ne voulait pas. Le médecin est revenu et m’a réconfortée sans me parler, je n’en avais pas besoin et je crois qu’elle l’a compris.</p>
<p>Je suis allée me rhabiller à peu près calme. En enfilant mon jean, je me suis rendue compte qu’il était tellement serré qu’il me faisait mal au ventre. J’ai <strong>pleuré</strong> à nouveau. On m’a laissée en salle d’attente, une heure peut-être. Puis le médecin a <strong>contrôlé</strong> l’expulsion de l’embryon par échographie. Tout allait bien, je pouvais rentrer chez moi, avec une ordonnance d’anti-douleur.</p>
<p>Je n’ai eu aucune complication, mais j’ai mis du temps à m’en remettre <strong>psychologiquement</strong>. Regarder mon fils, jouer avec lui m’a été assez difficile pendant quelques jours. Quand j’ai revu le médecin, j’ai été heureuse de pouvoir en parler avec elle. Nous avions cette journée en commun, nous l’avions vécue ensemble. J’ai rarement croisé un médecin généraliste aussi… gynécologue. Des années plus tard, je l’ai revue à la <strong>télévision</strong>. J’ai su qu’elle s’était toujours battue (et se bat toujours) pour que l’IVG ne disparaisse pas de l’hôpital public. C’est une spécialité que les médecins<br />
ne souhaitent pas apprendre.</p>
<p>Je ne <strong>repense</strong> que rarement à cette journée. Quand mon deuxième enfant, ma fille, est née, j’y ai pensé. Sans nostalgie, sans peine, mais j’y ai pensé. Il y a quelques mois, j’ai <a href="http://www.leshumeursdenanette.fr/article-visite-a-port-royal-rencontre-du-troisieme-type-99466429.html" target="_blank">visité une maternité</a> dite « de pointe ». J’ai tenu à visiter le service d’orthogénie (ridiculement petit par rapport au reste de l’établissement). J’ai été heureuse de constater que des médecins se battaient toujours pour le <strong>droit des femmes</strong>.</p>
<p>Difficile de conclure un pareil billet… Il est rare de lire ce genre de choses sur les blogs de mamans, alors si j’ai pu libérer, déculpabiliser une personne ou si quelqu’un s’est reconnu dans mes mots –maux), j’en serais heureuse.</p>
<p>En tout cas, à moi ça m’a fait du bien.</p>
<p>P.S : Je remercie la Poule Pondeuse de m’avoir prêté un petit bout de son canapé pour que je puisse m’y épancher. Chez moi, je ne me sentais pas très à l’aise. Merci à toi.</p>
<p><em><a href="http://www.flickr.com/photos/46774986@N02/4854126084/in/photostream/" target="_blank">Image</a> : <span style="color: #888888;">difficile d&#8217;illustrer un tel billet alors j&#8217;ai choisi cette fleur, la douce-amère (source</span> <a href="http://www.flickr.com/photos/46774986@N02/4854126084/in/photostream/" target="_blank">Flickr</a>). </em></p>
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