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&lt;br /&gt;
Avant-propos&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je désire préciser que le nom des personnages ont été changés afin de les protéger et de respecter leur vie privée, ainsi que de tous ceux y étant reliés de près ou de loin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Karat, ses frères et sœurs ont eu dès leur très jeune âge, un parcours de vie plus que difficile avec des parents pourtant, sobres, qui leurs lègueront un trouble de la personnalité, de par leur furie, contre lequel, vous découvrirez au fil de votre lecture elle lutte toujours.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis deux décennies, elle mûrit l’idée de mettre par écrit son vécu pour tenter d’exorciser ses fantômes et pour dénoncer, briser le silence afin de ressentir un sentiment de sérénité. Ma sœur Luce a intenté des procédures criminelles contre ma mère, mais manipulatrice comme elle est, ma mère n’a pas subit son procès pour cause de problème de santé. Toute notre enfance elle nous faisait manipulait avec « vous allez me faire mourir », prétextant faire des crises d’angine, pourtant elle a travaillé fort jusqu’à soixante ans sans cesser de nous faire du mal.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans son premier roman, qui ne peut laisser personne indifférent, elle décrit la cruauté faite aux six enfants de ce couple avec l’espoir que la société, nos gouvernements et le Département pour la protection de la jeunesse (DPJ), comprennent que les gens violents peuvent endormir même les plus vigilants des travailleurs sociaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle souhaite par ce récit de faits vécus, encourager l’entourage à dénoncer aux autorités compétentes dès qu’un doute surgit dans leur esprit. Ne serait-ce que de constater que des enfants sont beaucoup trop sages ou timides.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ah! C’est l’évidence que la DPJ nécessite plus de subvention, mais un enfant ne devrait-il pas être une priorité dans notre société?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Malheureusement dénonce l’auteur, les enfants retirés de leur milieu familial, ressentiront du rejet, de la colère et souvent un comportement de révolte, qui ne facilitera pas leur préparation à une vie meilleure, étant donné qu’ils ne seront pas suivis et traités pour les conséquences liées à leur vécu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les familles d’accueil, elle en est témoin, doivent lutter pour obtenir de l’aide financière dû aux budgets limités.&lt;br /&gt;
Si la DPJ soutenait et éduquait les parents, souvent issus de famille dysfonctionnelle eux-mêmes, on pourrait y apercevoir le soleil se pointer à l’horizon.&lt;br /&gt;
De plus, une thérapie et une formation sur les conséquences de la violence envers les parents trouvés coupable par la Cour d’abus de toutes sortes, améliorerait la société.&lt;br /&gt;
Madame Létapar croît qu’aucun sondage ne dirait « Non, n’investissez pas dans le futur de nos enfants victimes de violence! »&lt;br /&gt;
Puisque le silence tue, détruit des vies et coûte cher à la société par la toxicomanie, la criminalité et les soins psychologiques devant être prodigués à très long terme à des adultes déséquilibrés et démunis dans tous les sens du terme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;a href="http://www.blogger.com/post-edit.g?blogID=5828702472354766819&amp;amp;postID=1148488925263266154" name="_Toc214268311"&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="http://www.blogger.com/post-edit.g?blogID=5828702472354766819&amp;amp;postID=1148488925263266154" name="_Toc214268403"&gt;Chapitre 1&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
Mariage forcé&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Ça ne sert plus à rien, elle ne passera pas la nuit ». Ce fut les paroles du médecin annonçant mon décès. J’allais mourir de faim, mais ma mère me sauva la vie en déposant de l’eau sucrée sur mes lèvres de poupon de deux mois.&lt;br /&gt;
Elle me fit cette confidence la dernière fois que je l’ai vu, en 1998. Ses mots furent : « Je veux te le dire, car je pense que c'est pour cette raison que tu es comme ça ».&lt;br /&gt;
Vous imaginez son enfer lorsque la suivante après moi, une petite sœur, Viviane, est décédée à l’âge de six mois.&lt;br /&gt;
Deux ans et demi après moi, mon frère John vit le jour. J’y vois pour elle, l’image d’une plaie encore vive qui eût l’occasion de commencer à guérir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ma mère était la coquine et mon père le coq du quartier Hochelaga-Maisonneuve, l’un des plus pauvres de Montréal.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce qui est de mon père, c’est au couvent de La Macaza, une région campagnarde située au nord de Montréal, que furent commis ses premiers méfaits à titre de pensionnaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mon père aimait se battre. Par exemple, il laissait ma mère prendre les devants, afin de « planter » celui qui la sifflerait ou lui ferait de l’œil. D’ailleurs, il était boxeur et il donnait des cours de boxe dans un Centre pour les jeunes.&lt;br /&gt;
Un soir, il est revenu à la maison en se ventant d'avoir foutu une raclée à un jeune. D’après lui, des adolescents de seize, dix-sept ans, qui le prenaient pour un vieux, cherchaient à se mesurer à lui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jeune marié, mon père prenait un coup solide avec ses t’chums de gars. Dans ce temps-là, il travaillait sur les toitures et était tireur de joints. Lui-même en a raconté des histoires de « ce bon vieux temps » où il buvait ses payes.&lt;br /&gt;
À un point tel que ma mère, déjà malheureuse, et criminellement négligente à l’égard de ses bébés manquait de tout. Même le courant électrique était coupé. Elle me confia plus tard non sans pleurer: « Je baissais les stores pour que le monde ne voit pas que je n'avais pas d'électricité ». « Il n'y avait rien à manger et vous en avez mangé de la farine mélangée à de l'eau ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ma mère toléra le mariage avec mon père durant vingt ans. Selon ses dires, vingt ans de calvaire. Leur mariage forcé par ma grand-mère maternelle, suite à la naissance de Jone l’aînée de notre famille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle est née à l'Hôpital de la Miséricorde, institut réputé à l’époque, pour accueillir les filles mères. Jone avait été abandonné à la crèche, mais ma grand-maman l'aurait ramené dans ses bras lors du mariage de mes parents. Cette enfant non désirée aura été battu à coup de pieds et de poings, de façon invraisemblable toute son enfance et son adolescence, surtout par mon père qui y prenait un malin plaisir, sans en mesurer ni le nombre, ni la force. Les coups de pieds et de poings étaient à sa démesure.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les médecins, s’ils traitaient ma sœur qui refuse toute aide, craignant d'en perdre la tête, seraient d'accord pour légaliser l’euthanasie et y auraient recours pour elle, afin de la soulager de ses souffrances. On abat un animal souffrant pour moins que ça et je ne le pense pas que pour ma sœur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon les « qu’en dira-ton», le père de Jone serait un Shaw ou Brunet. Mon père rétorqua à cela : « Hey! Shaw était le ‘fif’ du quartier ». Belle mentalité! Il n’y a pas à dire!&lt;br /&gt;
Aujourd’hui, mon père, refuse catégoriquement de dire le nom du père biologique de Jone. Celui-ci l’ayant appris par ma grand-mère un peu avant son grand voyage.&lt;br /&gt;
« Qu’est ce que ça changerait?» qu’il dit et, ce qui me semble incompréhensible, est la raison de les avoir obligés à se marier s’il n’est pas le père.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De plus, stupidement, la date du mariage reste vague. Ainsi, on pourrait savoir s'il est vrai que Jone était déjà au monde.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ma sœur aînée a été élevée en grande partie par ma grand-mère. Elle y était souvent et mon jeune âge ne me permettait pas d'en comprendre la raison. Elle se rappelle que lorsque l'on avait le temps de s'attacher l'une à l'autre, ma mère la retournait chez ma grand-mère pour des semaines, même des mois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces nombreuses séparations ont laissé des marques indélibiles dans nos mœurs. Très jeunes nous en avons déduit que les gens étaient « jetables », avec toutes les conséquences inhérentes à une telle croyance, sans parler des conséquences d'un noyau familial éclaté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début de leur mariage, mes parents sont déménagés à Ville Lemoyne où nous avons vécu dans différents logements pendant nos bas âges.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans ce même village, John alors âgé de trois ans, a roulé sous un camion sans toutefois être blessé, parce qu’il m’avait suivi en traversant le boulevard séparant la maison de l’école, qui était de l’autre côté de la rue, malgré mes avertissements répétés.&lt;br /&gt;
« Non, tu ne viens pas!, Tu restes là!, M’entends-tu?, Restes-là! » Averti par ma mère, restée à l’intérieur, de m’assurer qu’il ne me suivra pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un jour ma curiosité me mena à monter sur une chaise attirée par les rouleaux d’essorage de la machine à laver. Ma mère occupée dans la pièce d’à coté, vernissait une table de salle à dîner. Elle écoutait de la musique assez forte l’empêchant de m’entendre crier, mes doigts ont été entraînés entre les rouleaux recouverts d’un genre de caoutchouc me tirant la main et l’avant bras jusqu’au coude puis, les rouleaux se sont mis à rouler sur place en arrachant ma peau.&lt;br /&gt;
C’est le voisin lisant un journal devant sa fenêtre face à la nôtre qui couru chez nous me secourir. Il entra et se rendit directement à moi, ma mère suivant derrière. Elle fit relâcher la pression des rouleaux par un coup sur le levier devant les rouleaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À l’âge de trois ans, je ramassais tout ce qui était mangeable par terre : gomme, pelure d’orange. Je me rappelle d’avoir mordu le pouce de mon petit frère au sang alors que je prenais une bouchée de sa pomme qu’il me tendait gentiment. Sans aucun doute, il se mit à pleurer assez fort que ma mère l’entendit. Oh surprise! Je n’ai pas été réprimandée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est à ce même logement sur le boulevard St-Louis que Luce l’avant dernière de la famille, né après John, eût le bras fracturé, lors d’une manipulation par ma mère, pendant un changement de couche. Luce était âgée d’environ neuf mois seulement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous passions nos matinées embarrés dans notre chambre, étirant le plus possible le besoin de crier près de la porte « maman, j’ai envie». Après maintes répétitions, la porte s’ouvrait suivit de bêtise lancée ainsi qu’une poignée de biscuit soda et un « faites votre chambre, je vais l’inspecter tout à l’heure elle est mieux d’être faite comme il faut » et le crochet remit sur la porte.&lt;br /&gt;
Les résultats de l’inspection étaient rarement parfaits. Nous étions à l’âge préscolaire. Les claques pleuvaient, les volées aux fesses aussi. Couchés à plat ventre sur une chaise de cuisine, la cuillère de bois et la verge en bois ont souvent cassé sur nos fesses dénudées par nos culottes baissées. L'histoire du bonhomme sept heures nous hantait à tous les soirs à l'heure du coucher grâce à elle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est aussi à cet endroit, lieu de naissance de quatre d’entre- nous, que notre père nous a fait manger de la boue à grosse poignée, car nous avions sali nos robes. À l’encontre de l’avertissement de maman de ne pas jouer dehors afin d’éviter de nous salir, nous avions joué dans la boue.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J’ai le triste souvenir de doigts vicieux touchant mes petites lèvres dénudées par une culotte lâche. Papa soulevant mon tricycle alors que j’étais encore assise, pour me rentrer dans la maison et passa un commentaire qui fit rire ma mère. Un malaise me resta en mémoire jusqu’à ce que j’en parle à ma mère lors d’une conversation entre adultes. Celle-ci me répondit spontanément, se souvenant trop clairement de l’événement : « ben non, il a juste fait une farce ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vers le même âge, je me suis retrouvée à quatre pattes sur la table d’examen du médecin pour soigner une plaie à la naissance de la séparation des fesses et des rires francs furent échanger entres mon père et ma mère, au sujet de ma position.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chapitre 2&lt;br /&gt;
Parents violents&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mon père m’a dit un jour que parmi ses frères, seul René avait mangé quelques claques par mon grand-père, celui-ci décrit comme un homme bon et patient. Alors, je n’ai jamais compris d’où venait la violence de mon père envers nous ses enfants, puisque, contrairement son frère, il n’a jamais été battu par ses parents.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une de mes cousines (fille de René) a hérité de mes traits de caractère, c’est-à-dire, qu’elle est devenue fragile aux dépressions multiples (Borderline), suite à la violence de son père.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mon père dans sa grande « bonté », s’est permis de la dénigrer allègrement, sans ambages, pour cette raison. Tout comme il dénigrait et brassait René devenu semi-autonome suite à une opération pour lui retirer une tumeur au cerveau.&lt;br /&gt;
René et sa compagne du temps, vivaient à St-Côme où devrais-je écrire « St-Côma », région montagneuse dans les Laurentides.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mon père allait le garder sporadiquement afin de donner du répit à la compagne de René. Il avait dont « pitié » d'elle, de prendre autant soin de son frère.&lt;br /&gt;
Il allait jusqu'à se venter de le brasser verbalement, lui disant : « Tu peux faire le malade, moi tu ne me bernes pas… Lise peut-être… mais pas moi. Tu vas manger et te laver seul, si tu attends après moi tu vas attendre longtemps".&lt;br /&gt;
Lorsque René décéda, suite à une deuxième opération pour une nouvelle tumeur, Lise laissa voir l’amour qu’elle avait développé pour quelqu’un d’autre. Soudainement, pour mon père, elle était devenue une sale corailleuse et elle ne méritait plus d’avoir hérité de la maison de René, au lieu des enfants de René, ce qu’il approuvait pourtant d’ailleurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’amour véritable pour un de ses frères, fut pour Jalbert qui décéda dans la jeune cinquantaine, foudroyé d’une crise de cœur alors que mon père pêchait sur la glace, au chalet de Jalbert à Pierretteville. Ce fut malheureusement mon père qui le trouva inanimé, semblant dormir les bras croisés, sur la chaise dans laquelle il prenait place, face aux lignes à pêches suspendues.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelques années plus tard, mon père subissait un triple pontage coronarien, ce qui le fit vieillir prématurément et le laissa avec un diabète en prime. Lui qui vieillissait d’une belle façon avec sa troisième épouse de dix ans sa cadette. Je vous dirai que depuis ce temps, il a perdu son attitude de dominateur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un de mes oncles se trouvait à l’Institut de cardiologie de Montréal en même temps que mon père, mais malheureusement il est resté à demi-paralysé. La dernière fois que je l’ai vu, c’est au mariage de ma fille. Il était en chaise roulante.&lt;br /&gt;
Sa deuxième épouse, était d’environ vingt ans sa cadette, elle avait l’âge de ma sœur aînée. Ce mariage fut de courte durée, car elle est retournée avec son ex qui la battait sans vergogne et elle partit avec tous ses outils.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les autres femmes de mon père furent nombreuses même durant son mariage avec ma mère. On ne l'avait jamais vu avec une de ses conquêtes et c'était bien comme cela. Il s’est déjà venté d'avoir passé la nuit avec une femme asiatique, en voyage pour un séminaire avec son employeur, durant son deuxième mariage contribuant à me dégoûter davantage de lui et des hommes en général.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ma grand-mère paternelle, de son nom de fille, Chatoyer, fut enseignante dans les écoles de rangs de campagne, comme elle se plaisait à nous le raconter l'œil vif et avec passion. Ma grand-mère paternelle était une grande dame, aimante, douce et cultivée.&lt;br /&gt;
Elle fut notre maman de remplacement à plusieurs reprises dans nos vies ainsi que dans nos cœurs.&lt;br /&gt;
Elle a élevé ses six garçons dans l’amour et la compréhension, malgré la dureté de la guerre.&lt;br /&gt;
Elle a eu la bonté de cœur, son amour tellement grand, qu'elle a pris à l’école des garçons adolescents de la protection de la jeunesse, donc des jeunes en difficulté, comme ça s'appelait dans le temps. Ces adolescents rejetés et blessés par la vie, reprenaient le goût à la vie par l'amour rayonnant de cette bonne grand-maman.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mon grand-père paternel m’a laissé en héritage que de très bons souvenirs.&lt;br /&gt;
Il nous faisait des visites hebdomadaires et il assouplissait les dures règles de discipline qui régnait à la maison. En outre, il apportait son soutien moral autant à mon père qu’à ma mère qui l’aimait autant que je l’aimais. Mon grand-père n’était pas que mon parrain, il était mon sauveur, pour ces fois où je l’ai entendu dire à mon père&lt;br /&gt;
« Ben voyons Oliver ! Lâche-les ! Ce ne sont que des enfants ». Que de claques, il nous a sauvées.&lt;br /&gt;
Un des souvenirs précieux que j’ai de grand-papa fut un cadeau qu’il m’avait offert pour ma première communion : un joli bibelot musical. Ma mère l'utilisa pour me briser le cœur dès que nous étions arrivés à la maison. Elle me le retira des mains en me disant: « Tu vas casser ça toi! » en le posant hors de ma portée sur une boiserie large en haut d’un mur. Je n’y ai jamais eu accès et il disparut un jour, probablement durant l’un de nos fréquents déménagements annuels.&lt;br /&gt;
À son décès, ce fut pour moi une catastrophe. Personne n’a compris pourquoi j’ai fondu autant en larme, étant inconsolable, mon sauveur était décédé.&lt;br /&gt;
Ce fut également un drame pour ma mère. Je pense que les larmes retenues à la mort de son propre père, décédé à la guerre sur les plages de Normandie alors qu’elle était enfant, furent relâchées du même coup.&lt;br /&gt;
Ma mère nous a raconté comment pour soutenir sa mère, elle a retenu toute sa peine pour se montrer forte. Elle a dû faire preuve de double courage pour supporter l’image froide qu’elle croyait dégager pour avoir été stoïque.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’autre part, je me suis longtemps demandée pourquoi et comment mon père avait pu supporter ces déménagements si fréquents.&lt;br /&gt;
Une psychiatre m'a dit un jour qu’il le fallait afin de n’être pas découverts comme parents violents et abusifs. Pourtant nous avons habité quelques années dans la maison que mes parents avaient achetée à Greenfield Park, un village anglophone de Montréal, située sur la rive-sud de Montréal (ce qui développa notre intérêt pour apprendre l’anglais). Donc, nous avons vécus assez longtemps pour que nos voisins aient entendu les drames familiaux qui s’y sont tenus. Rien, personne ne venait questionner les cris des enfants hurlant : « non papa! Non papa! » « Non maman! Non maman! » Cette phrase m’angoisse encore aujourd’hui et me ramène à un sentiment de terreur. Cette phrase, je l’ai entendu des centaines et des centaines de fois par mes sœurs et mes frères pendant qu’ils se faisaient battre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par le mot « battre », j’entends battu avec une ceinture ou à coups de poing et de pieds et parfois du côté de la boucle de la ceinture que mon père venait de retirer de sa taille. Souvent nous nous faisions réveiller par les coups assénés durant notre sommeil. Assez que nous nous réveillons encore à cinquante ans passés, paniqués, détrempés, terrorisés par ces souvenirs qui nous hantent la nuit. Une « strappe » fait de ses propres mains en cuir brut épais, deux épaisseurs avec une poignée pour une meilleure poigne. La « strappe » nous fut un jour attribuée en revenant de l’école, par mon père. On a entendu papa dire : « Les enfants, papa a un cadeau pour vous! » Il nous fit aligner un à côté de l’autre et dit : « Jone… c’est surtout pour toi!, ouvre-le! ».&lt;br /&gt;
Emballé dans du papier journal, elle le déballa et nous nous sommes tous mis à pleurer bien sûr.&lt;br /&gt;
Tout comme la fois où mes parents crurent qu’un cinq cents avait été volé alors qu’il avait tombé sous un meuble. Des coups de ceinture pliée en deux, nous a été assénés, sur les paumes de la main pour que nous disions : « Oui, c’est moi! ». Nul ne l’a dit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y avait un garage dans la cour à l’intérieur duquel, mon père avait monté sur un très grand plateau, un ensemble de trains miniatures avec paysage pour mon frère soi-disant, mais mon frère n’avait le droit que de le regarder.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par contre, une douce visite dans la maison à Greenfield Park, me reste gravée en mémoire. Un de nos oncles du côté paternel, le plus vieux Régis, était venu porter des friandises que ses enfants avaient amassées pour la fête de l’Halloween parce qu’on y avait été privé dû au déménagement.&lt;br /&gt;
Trouvant cela dommage pour nous, ils avaient posé ce beau geste dans lequel nous avions joyeusement plongé. Ma mère pour le remercier lui dit : « ben voyons ça n’était pas nécessaire, ils ne seraient pas morts pour avoir manqué l’Halloween!»&lt;br /&gt;
Ses vrais remerciements, il les a eu à voir notre joie très flagrante. Chez nous les gâteries de ce genre étaient quasi inexistantes, sauf sous le lit de ma mère.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Même les sorties avec l’école étaient refusées. Je n’ai pu voir les Grands ballets canadiens malgré le fait que l’enseignante ait dit un jour à ma mère que la sortie n’était pas facultative et qu’un examen s’en suivrait. Elle prétexta faussement que j’étais en punition.&lt;br /&gt;
Par contre, pour m’envoyer à la pharmacie en courant lui chercher une grosse bouteille d’aspirine qu’elle avala entièrement, aucun problème et même de me laisser avec cette culpabilité d’être celle qui était allée chercher cette bouteille.&lt;br /&gt;
Ni pour m’envoyer chez le boucher qui nous passait des commentaires et nous posait des questions telle : « Mouilles-tu des fois? » Même si j’étais jeune, le malaise m’habitait sans en connaître la signification. Je n’avais aucune idée de ce qu’il parlait, j’avais treize ans. Je m’étais confiée à ma sœur Jone un peu plus vieille, qui comprit. Lorsque mon père l’a su, le boucher l’a su aussi et pas à peu près. Il m’a demandé de venir avec lui, lui montrer lequel était-ce? Il a saisi la machette à viande, l’a couché sur la table à dépecer le menaçant, l’invectivant et que s’il y avait une prochaine fois, il n’aurait plus l’occasion de recommencer. La panique s’est emparé du propriétaire de ce marché du coin, ainsi que de l’autre boucher qui n’avait pas avantage à avancer pour retirer mon père de sur le boucher. Lors des visites subséquentes chez le boucher, celui-ci se montrait courtois, mais il s’est permis de me lancer un regard du genre « ma petite maudite toi! »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vivaient avec nous, un oncle et une tante, Robert et Blanche, un beau couple, bon avec nous.&lt;br /&gt;
Ma mère dit à mon oncle: « Robert, prends tes distances avec Karat, elle t’aime un peu trop; je trouve ça malsain ». Mon oncle l’a fait à mon grand désarroi, car il est vrai que je l’aimais.&lt;br /&gt;
J’étais jeune et sa nuque me fascinait et je me sentais toute drôle.&lt;br /&gt;
C’est à cet endroit que nos chambres étaient au sous-sol et pour s’y rendre on devait passer devant la salle de bain.&lt;br /&gt;
« Ôtes-toi de la maudite vicieuse » me cria ma mère, comme je venais de passer devant la porte de la salle de bain qui s’était entre-ouverte lorsque ma mère en sortait. Jai entrevu subrepticement mon père nu de coté face au miroir, rien de traumatisant. Il sortait de la douche et elle savait ce que je venais de voir, s’imaginant que je l’avais fait exprès. Il fallait qu’elle soit mal dans sa peau, mal dans sa tête, pour juger un enfant d’une telle façon.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jone, ma sœur, en avait mangé toute une chienne de volée, là aussi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chapitre 3&lt;br /&gt;
Le bonheur à la campagne&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vers l’âge de huit ans, nous sommes déménagés à la campagne, à Saint-Bernard de Lacolle, près des frontières américaines. Ce fut la plus belle partie de mon enfance, mais cela n’a duré que six mois, étant donné le transport trop prolongé vers le travail à Montréal. Ainsi, la famille s’est retrouvée à Montréal, non loin du lieu de travail de mon père.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce fut un lieu qui me laissa plusieurs beaux souvenirs. Un fait cocasse me revient en mémoire. Lors d’une promenade en auto à la campagne, un couple des porcs libres en pâturage s’afférait à leur reproduction. Nos parents ont attiré notre attention rapidement vers autre chose du coté opposé. J’ai compris les mystères de la nature en observant également une jument donnant naissance au grand air. De là la naissance de ma passion pour les chevaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ma tante Blanche et mon oncle Robert vivaient toujours avec nous. Je m’en souviens parce que notre chambre était au-dessus de la leur. Un bruit avait attiré notre attention provenant d’un petit orifice entre deux planches du sol de notre chambre.&lt;br /&gt;
Curieuse Jone et moi, nous sommes penchées sur ce trou pour apercevoir le lit dans lequel mon oncle et ma tante étaient en pleins ébats amoureux. Évidemment, à nos âges nous avions trouvé cela très drôle et nos rires avaient attirés le regard de ma tante vers le plafond de sa chambre. Le lendemain une grande carpette avait été installée dans notre chambre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avions derrière la maison un petit poulailler avec quelques poules, des chapons, des pintades et une moufette opérée. Nos voisins eux avaient une ferme laitière. Nous y étions les bienvenus tout autant que dans le jardin. Un jour on me demanda de rester à l’extérieur du bâtiment. Ma curiosité m’a mené à regarder au travers une fenêtre pour apercevoir un vétérinaire avec le bras entier entré dans l’antre d’une vache. J’ai pu observer tout le processus de la naissance difficile d’un veau mort né.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ma mère avait composé une chanson pour le spectacle à l’école que Jone et moi pratiquions à la maison avec ma mère afin d’être prête en connaissant par cœur la chanson qu’elle avait composée sur un air connu. Le jour de la prestation ma nervosité n’avait d’égal que mon envie de fuir. Je me suis rendue malgré moi avec Jone au centre de la scène. Jone avait l’air sûr d’elle et bien à l’aise. Comme de raison ma nervosité fut trahie par la tonalité de ma voix, en faussant quelques notes puis, l’angoisse s’est installée. Donc, je me suis rendu à la fin de la chanson avec la honte collée à la peau en me retenant jusqu'à la fin pour ne pas courir vers la sortie de scène, me contentant de marcher très vite. Ma mère n'y était pas, pas plus qu'elle n'est venue aux autres occasions importantes de nos vies.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La grange qui était sur le terrain était louée pour l’entreposage du foin. Un jour, trois hommes sont arrivés pour décharger un voyage de foin et j’étais présente sur le terrain. Je me suis rendue au tracteur attaché au wagon et en montant sur le siège sans intention préconisée, j’ai machinalement tournée une clé sur la serrure. Le tracteur s’est mis à faire quelques soubresauts, qui devait être embrayé et un des hommes s’est précipité aussitôt, en courant me rejoindre afin d’immobiliser le tracteur. Plus peur que de mal, ma mère arrivant près du bâtiment fut témoin de la panique des hommes, mais fut rassuré rapidement par un des gars lui disant de ne pas me disputer, que c’était leur faute, qu’ils seront plus vigilants à l’avenir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J’avais un chaton avec lequel je jouais au vétérinaire à l’extérieur, seule avec lui, en soignant des maladies et plaies fictives. Il était malléable et disposé à se laisser habiller.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Souvent à notre retour de l’école, en autobus scolaire la fringale de ma mère était à son comble. C’est au dîner à l’école que j’ai eu l’occasion de me dégoûter du ballonné et du Paris pâté en sandwich à chaque repas. Au retour à la maison, je me voyais assigner la tâche d’aller à pied au dépanneur lui chercher un sac de croustille, une boisson gazeuse et une barre de chocolat au coin du rang à un mille de la maison. Une première fois accompagnée de ma sœur Jone, mais ma mère nous ayant trouvé qu’on avait trop traîné en chemin, avait décidé qu’à l’avenir c’est moi seule qui y irait.&lt;br /&gt;
Une fois, j’ai eu droit de me prendre une boisson et comme plus tard, au Dairy Queen, j’ai eu droit une seule fois à un cornet de crème glacée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chapitre 4&lt;br /&gt;
Retour en ville&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De retour en ville, mais cette fois dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve à Montréal, ma mère nous demandait d’aller passer les dimanches, au Jardin botanique, accompagnée de la petite Luce âgée de trois ans.&lt;br /&gt;
Nous pouvions marcher longtemps, mais lorsque Luce n’en pouvait plus elle refusait d’avancer. Nous devions faire face à ses crises, que nous ne pouvions contrôler bien entendu. Tentant de la traîner malgré elle, des adultes nous trouvaient malcommode de la faire pleurer.&lt;br /&gt;
Nous avions aussi pris l’habitude de mendier pour boire ou manger sur le site. Nous avons vite réalisé que Luce avait plus de chance que nous alors nous l’envoyions à notre place.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Durant l’hiver, nous étions envoyés à la Côte Sherbrooke, déjà plus agréable à fréquenter que le jardin par la présence des glissades. Nous partions avec nos traîneaux à neige.&lt;br /&gt;
Il y avait également le Château Duquesne, lequel nous allions visiter pour nous réchauffer ou bien nous allions jouer dans les ascenseurs d’un certain édifice à logements non loin.&lt;br /&gt;
Les journées étaient tout de même longues après plusieurs descentes, nous ne savions plus que faire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il nous fallait rentrer pour l’heure du repas du soir, ni avant, ni après sous peine de "passer sous la table". Nous avons demandé l’heure plus souvent qu’à notre tour.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un matin, prête pour l’école je cherchais ma sœur Jone et je l’ai trouvée sortant de la chambre de ma tante avec une poignée de monnaie.&lt;br /&gt;
Elle me fit promettre le secret de ne pas en parler et nous y sommes retournées plusieurs fois durant une semaine, en prenant chacune une poignée de monnaie, avant que ma tante ne s’en rende compte. Le gros pot qui fut jadis un énorme pot de moutarde ou de cornichons leur servait à mettre leur monnaie et il avait baissé du deux tiers.&lt;br /&gt;
L’investigation ne dura pas longtemps. Jone refusa catégoriquement de m’impliquer puisque, selon elle, la volée aurait été encore bien pire si mes parents avaient appris qu’elle m’avait entraînée là-dedans. J’étais aussi coupable qu’elle. Je n’ai pas payé par des coups, mais par la culpabilité et l’angoisse d’entendre ma sœur être battue pour nous deux par mon père. Nous devions avoir neuf et dix ans. Je savais que j’en aurais mangé « toute une baffe ».&lt;br /&gt;
Cependant, mes souvenirs de violences familiales sont bien plus reliés à ma présence non loin et d’entendre mes frères et sœurs être battus.&lt;br /&gt;
Après John, je suis celle qui a été la moins battue jusqu’à l’adolescence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On dirait que ma mémoire a occulté mes volées! Sauf celles où ma mère me faisait baisser mes sous-vêtements, pour me frapper avec la « strappe ». Même qu’un jour, étant plus âgée, je portais une ceinture tenant une serviette hygiénique. L’humiliation fut à son comble comme lorsqu’elle me demanda, devant mon oncle et ma tante : « Karat… Sais-tu pourquoi John t’a laissée ? C’est parce que tu lui as demandé de faire l’amour ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce John était devenu mon t’chum sur présentation de ma mère sournoise, dans le but de me faire quitter Gilles que j’aimais et qu’elle n’appréciait pas. Ce John, en fait, avait été mis en garde par ma mère, il ne cessait de me provoquer, de me caresser, mais sans jamais aller jusqu’au bout. Mes sens malheureusement éveillés après quelques mois de ce traitement provocateur, haletante que j’étais, je lui ai dit : « Quand vas-tu te rendre jusqu’au bout tant qu’à faire? » Il s’exécuta bien entendu et relata mes paroles. Je ne l’ai plus revu.&lt;br /&gt;
C’est là que j’ai compris qu’il était son espion, mais elle n’a jamais su la vraie histoire. Comment lui raconter? Le seul lien qui m’unissait à elle était la peur de la contrarier. Jamais d’échanges, de confidences, de câlins ou de « je t’aime ». Que des coups et des coups bas, des trahisons.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons habité le secteur d'Hochelaga-Maisonneuve, dû au travail de mon père en tant que mécanicien de machineries fixes, pendant vingt ans, chez Canadien Lacy, une entreprise fabriquant de la dentelle et des napperons de différents formats ornés de dentelle, incluant un atelier de couture.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ma mère qui disait aimer les animaux en a eu quelques-uns et ont tous été battus sauvagement lorsqu’elle tentait de les dresser à demander la porte. Un chihuahua a été coincé entre le mur et la porte. Elle poussait la porte contre le mur à plusieurs reprises devant mon regard horrifié, enragée contre le tout petit animal afin de le punir!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ma mère a travaillé un temps pour cette entreprise et à la maison pour repasser la dentelle sur une machine spéciale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En plus de travailler durant la semaine, mon père avait le rôle de Directeur de l’usine, le samedi avant-midi. Il y avait une partie de l’usine dans laquelle des couturières s’y trouvaient pour fabriquer des napperons; celui-ci ne cherchait pas bien loin ses maîtresses.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le patron de mon père, monsieur Miller était un anglophone, Juif-Allemand d’origine et âgé, qui sortait assez souvent du Canada, en se faisant reconduire à l’Aéroport de Montréal par mon père. À quelques occasions, il nous amenait avec lui la fin de semaine comme pour nos visites chez mon grand-père qui travaillait chez Guilbo Transport comme gardien de nuit !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aux messes du dimanche, mon père venait avec nous, sans ma mère et ce, même s’il s’endormait jusqu’à l’Eucharistie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est sur le pallier de l’église que j’ai rencontré Gilles. Il était bien différent des membres du « Reject Society ». Un bon gars, respectueux, agréable avec qui je passais des courts moments agréables. Ces parents étaient gentils. Une bonne famille. Il jouait de la guitare sèche. Nous marchions un aller-retour de l’école. Je suis allée chez lui au moins une fois, par contre je ne pouvais pas le présenter à mes parents en raison de mon âge. J’avais seize ans et je n’avais pas le droit d’avoir de copain. Une fois ma mère m’a dit : « Si tu te fais un copain, viens nous le présenter». Un jour j’ai pris mon courage à deux mains en revenant avec un ami. Il n’y avait rien de très spécial entre nous. Il était très bien, nous nous sommes lâchés la main au pied du balcon qui menait par l’extérieur au deuxième étage en même temps que ma mère était appuyée sur les coudes contre le garde fou, en nous regardant nous approcher. Une gentille salutation à mon copain puis, j’ai monté les escaliers pour me faire lancer une grande claque au visage avec le qualificatif de «Putain! Aoueille! Rentre! Ma t’en faire moi, des copains main dans la main».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À plusieurs occasions, ma mère nous mettait la main à la gorge et lors des « étranglements », aucun mots ne sortaient de notre bouche, soulevés et rivés au mur ou au matelas par sa poigne, l’écume à la bouche, elle criait : « Je vais te tuer ma tabarnak». Ma mère était vulgaire et toute ma vie j’ai haïs la vulgarité pour m’en éloigner. Par contre, quand je suis fâchée, les racines remontent à la surface. Je n’aime pas cela.&lt;br /&gt;
Nos yeux exorbités cherchaient à sortir de leurs socles ! Comme si ce n’était pas suffisant, elle se plaignait à mon père de ce que j’appellerais nos enfantillages, car peureux comme nous l’étions nos coups d’enfants étaient très légers. Mon système de défense adopté était le mode soumisse : je cherchais à lui plaire. J’étais à ses devants : « Est-ce que je peux faire quelque chose pour vous aider ? Repassage, ménage, vaisselle, commissions, tout y passait.&lt;br /&gt;
D’ailleurs, une des sœurs de ma mère, Claudette, était comme elle, c’est-à-dire, une femme dénaturée. Ses enfants ont été abandonnés dans un logement comme des animaux, après avoir été abusés sexuellement et battus par leur mère alcoolique.&lt;br /&gt;
Les rencontres avec elle étaient peu fréquentes et malveillantes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chapitre 5&lt;br /&gt;
L’enfant rebelle&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jones était la révoltée, la rebelle. À multiples occasions, elle faisait des fugues pendant son adolescence. On lui interdisait de fréquenter ses amis, donc, pas le choix de fuguer et à chaque retour à la maison, c’était le drame. Battue à coups de pieds, de poings, sans aucune retenue, par mon père, un homme en pleine forme. Horrible…les cris d’une adolescente battue sans ménagement. Ma mère entrait dans la chambre et criait à mon père : « Arrêtes! Tu vas la tuer! » Il lui rétorquait : « Sors d’icitte toé, sors, je te dis et ferme la porte! » Puis, il continuait. Pauvre Jones! J’en ai encore le cœur triste. Aujourd’hui, elle court toujours après l’amour de son père, celui-ci lui étant insensible.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À deux reprises dans ma vie, mon père a dit à propos de Jone: « Je l’ai toujours haïs ». Il la tenait responsable de son malheur.&lt;br /&gt;
Un jour sachant qu’elle en mangerait une autre, elle est allée à la police pour être protégée, ce qui lui donna la chance d’être placée par la Cour juvénile, dans une famille d’accueil. Le bal des placements venait de débuter.&lt;br /&gt;
En effet, des policiers m’ont emmenée au poste pour un interrogatoire, en rapport avec les fugues incessantes de ma sœur. Ma mère m’a dit sur le pas de la porte : « Si tu fais mettre ton père en prison, je te tue! T’as compris!»&lt;br /&gt;
Nul besoin de vous dire que rien n’est sorti de ma bouche de jeune adolescente de treize ans, aucune explication ne fut donc donnée aux policiers. Rien pour leur expliquer la raison qu’avait ma sœur Jone de vouloir être placée, plutôt que d’être ramener à la maison, car le drame qui s’en serait suivi, nul ne l’aurait cru.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La pire volée de toutes que Jone a encaissée, fut lorsque mes parents partis en camping seul, nous avaient fait garder par notre grand-mère maternelle. Cette femme hargneuse et indifférente à ses petits enfants (attitude identique à celle adoptée vis-à-vis de ses propres enfants), m’avait envoyée suivre Jone pour que je vienne lui dire si elle était partie voir ses amis à St Lambert (ce qui lui était formellement interdit). Mes parents, croyant qu’elle s’adonnait à des jeux sexuels avec des copains, lui avaient retiré la permission de fréquenter ses amis. Évidemment, Jone, la rebelle des enfants, était parti là-bas et je suis revenue la tête bien basse, avec la réponse à la question de ma grand-mère. La culpabilité m’habite toujours à ce jour.&lt;br /&gt;
Mes parents sont revenus en trombe de leur vacance, eux qui avaient pourtant averti Jone, de ne pas les obliger à revenir avant le temps, en la menaçant de lui faire payer cher.&lt;br /&gt;
En arrivant, mon père a demandé un compte rendu à ma grand-mère. Furieux, ce dernier s’est lancé dans la chambre de Jone (qui y était confinée en attendant leur arrivée), tout en nous criant à tous, de sortir de la maison. Nul ne fut un témoin visuel de l’agression, mais tous furent un témoin sonore des hurlements de Jone, témoignant de la violence et de la durée de l’attaque. Environ vingt minutes s’écoulèrent avant que mon père redescende rejoindre ma mère dehors, puis une courte conversation avec ma grand-mère s’ensuivit.&lt;br /&gt;
Celle-ci rajouta le bris d’une bouteille de parfum appartenant à ma mère, qui était déposée sur le bureau dans sa chambre et d’un cendrier ayant été trouvé dans notre chambre. Il remonta en vitesse en l’attrapant par les cheveux, dans la douche qu’il lui avait ordonné d’aller prendre.&lt;br /&gt;
Là, ma sœur âgée de quinze ans, nue, a été retenue au sol par un pied de mon père, la ruant de coups de pied. Celle-ci hurlait de douleur. Ma mère comme à son habitude murmurait : « Il va la tuer! Il va la tuer! » Les prochains détails, je les ai obtenus par ma sœur bien des années plus tard.&lt;br /&gt;
Durant la semaine qui suivit, Jone a dû déambuler dans les ruelles du camping pour témoigner de la « besogne de domptage» que mon père voulait se targuer d’avoir appliquée. Couverte d’ecchymoses, elle a dû déambuler une deuxième fois, pour que tout le monde puisse le voir.&lt;br /&gt;
Tentant de cacher son visage avec ses longs cheveux, personne n’appela la police. Comment décrire la lourdeur de la honte qui jaillissait sur Jone et en secret en mon fort intérieur, d’avoir dénoncé ma grande sœur ! Ce jeu que nos parents nous forçaient à jouer afin de nous monter les uns contre les autres trahissait leur besoin de ne voir personne heureux, vu la grande détresse de ma mère. Nous entendre rire l’exaspérait.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lors d’une ballade en auto, après un repas rapide en chemin, ma mère nous demanda de lui remettre les emballages. Ma blague maladroite : « Maman fait la poubelle! », fut vite suivit d’une grande claque au visage.&lt;br /&gt;
De la même façon, elle et mon père venus me chercher sur le chemin de l’école, accompagnée d’une amie nous sommes montées dans la voiture et ma mère demanda de lui présenter mon amie, ce que je fis en disant : « Lui, c’est mon père et ça c’est ma mère. » et Vlan! Une autre grande claque au visage suivie d’un : « Ma t’en faire moi un...ÇA c’est ma mère !». J’ai perdu cette amie, tout comme mon autre amie qui m’a été interdite de revoir parce qu’elle avait une poitrine généreuse. : « Ça va attirer les petits gars ça! ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au camping du Lac Cristal, près des lignes américaines nous avons été dénoncées par un cousin, fils adoptif de ma tante Lucie. John-Guy a rapporté à mes parents que John (mon frère) et moi, étions au lac naturel dans une carrière désaffectée où il nous était interdit d’aller. Ils sont venus nous chercher et nous ont fouettés tout le long du chemin de retour d’environ un demi-kilomètre. Chacun d’eux avait une longue branche mince en main; John devant ma mère, plus jeune il ne marchait pas vite ne pouvant comme moi m’éloigner de mon bourreau puis, moi devant mon père. Ma mère lui criait : « Attrape la, parce que si moi je l’attrape, ça va lui coûter cher ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le lendemain, nos nombreuses blessures croûtées pourtant très apparentes, n’éveillèrent aucun soupçon ou volonté d’intervenir en dénonçant nos parents à la police, chez nos voisins ou autres vacanciers du camping. Secrets de famille dirait-on!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand devenus adultes, nous avons tenté de connaître leurs motivations de nous avoir traités ainsi, tout ce que mon père a eu comme réponse est : «J’aurais dû laisser votre mère bien avant», accusant ma grand-mère maternelle et mon grand-père paternel de les avoir obligés à rester ensemble, en leur interdisant la séparation ou le divorce.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chapitre 6&lt;br /&gt;
À l’école primaire&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À Ville Lemoyne où nous sommes nés et avons passé notre petite enfance, un professeur a de toute évidence touché l’enfant désarmé, démuni, ayant le cœur appauvri par le manque d’amour.&lt;br /&gt;
C’est le premier sentiment d’amour que j’ai ressenti. À l’instant où elle est venue s’asseoir près de moi, à la fin de la journée en prenant ma main et guidant celle-ci dans l’apprentissage de mes premières lettres, elle m’a donné le sentiment d’être en droit de recevoir de l’amour.&lt;br /&gt;
Depuis de ce jour, je suis convaincue que des anges vivent parmi nous.&lt;br /&gt;
Cela m’a fait comprendre que l’école serait salutaire, du moins pour un bout de temps, jusqu’à ce qu’un dénommé Lalonde, directeur d’une école primaire située dans le secteur Hochelaga-Maisonneuve, vienne m’asseoir sur ses genoux, pour fouiller sous ma jupe de fillette de sept ou huit ans. Cet homme abject réunissait tous les élèves de l’école dans le gymnase tous les vendredis pour nous faire chanter: «Il n’y en a pas comme lui », chanson que je chantais de tout cœur avant cet évènement de 1962-1963. Dès lors, terminer les louanges! Par la suite, mon professeure me disait : « Karat, tu ne chantes pas! ». Sans lui répondre, je n’ai plus chanté.&lt;br /&gt;
Tout au long de ma vie, le nom Lalonde me bousculait sans que je ne sache trop pourquoi, jusqu’à ce que le souvenir occulté jadis, ne remonte à mon esprit par mon père, mentionnant que cette école avait été fermée pour cause d’abus sexuels perpétrés par le directeur.&lt;br /&gt;
Le jour de l’attouchement sexuel, je ne pouvais pas retourner toute seule à la maison, apeurée par tous les hommes que je rencontrerais sur mon chemin. Devant traverser une zone industrielle pour nous rendre au domicile de notre grand-mère, chez qui nous devions aller après l’école cette semaine là, en raison de l’hospitalisation de ma mère, due à une dépression, une tentative de suicide ou un avortement.&lt;br /&gt;
Un professeur, m’ayant aperçu encore adossée au mur de l’école bien après la fermeture, a appelé à la maison. Ma grande sœur Jone est venue me chercher en se moquant de moi tout au long du trajet, croyant que je ne savais plus le chemin du retour.&lt;br /&gt;
Comme je ne faisais pas confiance aux adultes, à qui confier que j’avais hésité un court instant avant de décider de désobéir et de sauter en bas des genoux du directeur ! Aujourd’hui, encore mes parents n’en savent rien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jone et moi, allions à la même école que Mimi Hétu, connue à l’époque pour une chanson de glace à la vanille.&lt;br /&gt;
À cette école, j’ai subi de l’humiliation. Mon cahier Canada barbouillé par des corrections exposés aux élèves devant toute la classe, mis en évidence par la professeure, afin de donner en exemple la malpropreté de mon travail et dans l’autre main, le travail impeccable de Cécile, dont tous les élèves y compris moi se moquaient, parce qu’elle avait une ressemblance avec Miss Peggy : pour la teinte rosée de sa peau, son visage arrondi et son nez retroussé. Mon professeur voulait ainsi me donner une bonne leçon de morale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chapitre 7&lt;br /&gt;
&lt;a href="http://www.blogger.com/post-edit.g?blogID=5828702472354766819&amp;amp;postID=1148488925263266154" name="_Toc214268312"&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="http://www.blogger.com/post-edit.g?blogID=5828702472354766819&amp;amp;postID=1148488925263266154" name="_Toc214268404"&gt;Début de l’adolescence&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À Greenfield Park, âgée de treize ans, période de la puberté manifestée, entre autres, par la croissance des seins, nous avons reçu ma sœur Luce et moi, une invitation de ma mère, de montrer nos seins à notre père voulant voir ce qu’il avait fait de beau. Indignées et récalcitrantes, malgré notre peur des conséquences à notre désaccord, la réponse fut à notre grand étonnement : «Vous n’êtes pas obligés! Allez! Montez dans votre chambre!»&lt;br /&gt;
Par contre, il a fallu que je relève mon chandail, durant la même semaine, pour les montrer à ma mère prétextant qu’elle voulait savoir quelle taille de soutien-gorge nous acheter.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès le début du secondaire, à l’École Eulalie Durocher, institution fréquentée que par des filles, on me bousculait dans les cases, mes épaules voûtées, mon regard fuyant, le ton si bas de ma voix que nul n’en était berné. J’étais la fille à malmener, à battre, à choisir pour s’affirmer. Elles avaient vu la faible en moi; celle dépourvue de tout caractère, de tout système de défense Aucune réaction verbale ou physique.&lt;br /&gt;
« Oh non!, Qui moi? Quelqu’un m’a adressée la parole? Ben non… Regarde derrière toi, il doit y avoir quelqu’un, quelqu’un d’intéressant cherchant à me parler! Tu es devenue toute rouge, la fièvre t’est montée au visage inutilement ». « Voyons! On ne t’adresse pas la parole. Tu es invisible, inintéressante voyons ». Mais non, c’est à moi qu’elle parle, oh non! Que vais-je faire? Fuir, me cacher …Où? Sous les escaliers? Dans une case? Fuit!, Fuit à toute jambe! Et non, tu es coincée, elle dit qu’elle t’attend à quatre heures, dehors, à la fin des cours.&lt;br /&gt;
Je serai encore entourée de dizaines d’écolières attirées par la bataille à sens unique, mais la fille qui me haït tant, sera-là et me brutalisera en disant : « Allez… bats toi! ».&lt;br /&gt;
Elle essaie de m’arracher mes vêtements. Cette fois, je recule, je retiens mes vêtements, « Comment cela finira-t-il? « « Quand va-t-elle me lâcher enfin ? ».&lt;br /&gt;
Demain, ce sera le même rituel et ce jusqu'à ce que des policiers viennent me reconduire à l’école et me rechercher aux heures d’ouvertures et de fermetures des classes.&lt;br /&gt;
C’est à cet âge que je deviens amoureuse d’un premier garçon, Il ne veut que me toucher, m’embrasser, bien que je ne veuille pas, il me colle au mur, tente de me toucher les seins. Je lui retire la main. Oh, je viens de mettre fin a son intention définitivement, ce qui a marqué les relations amoureuses et ma vie sexuelle à jamais. Innocente me disait-elle, ma mère aimante. Cette fois de son rire moqueur me regardant, toute démoralisée et abattue assise sur le sofa dans le salon, elle énonça à ma tante : «Elle a sa première peine d’amour; elle va voir que ce n’est pas fini, ça fait juste commencer». Voilà le genre de soutien que j’obtins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est comme le reste en moins pire. À quoi s’attendre d’une mère qui t’a demandé la semaine précédente de montrer tes seins à ton père sous prétexte qu’il est curieux et veut voir ce qu’il a fait de beau. Pas d’obligation, pas de menace de mort pour le refus. Ma sœur Jone et moi en sommes sortis indemnes pour cette fois. Surprenant, mais j’ai tout de même dû lui montrer à ma mère, sous prétexte qu’elle voulait m’acheter mon premier soutien gorge. J’ai toujours soupçonné mon père de s’être caché dans le garde-robe de la pièce afin de nous épier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ma mère avait l’excuse d’avoir été élevée dans la violence et la vulgarité dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve parmi trois sœurs et un frère. Mon grand-père maternel que je n’ai pas connu, état décédé sur les plages de Normandie, alors que ma mère n’avait que onze ans. Il était un bien bon gars, parti à la guerre n’en pouvant plus de la vie avec cette femme, qui d’après mon père, faisait voler même les portes d’armoires de la cuisine. Cette grand-mère s’est remariée avec un monsieur Ste - Marie et a eu un enfant qu’elle appela Claudette.&lt;br /&gt;
Mon père a toujours exigé de nous, peu importe notre âge, que nous agissions comme des adultes en ayant de la discipline comme il le disait : « si ça ne rentre pas par la tête, ça va rentrer par l’autre bout ». Le pire moment de la journée était à son retour du travail. Ma mère servait le repas puis, il s’assoyait et il demandait : « Comment a été la journée avec les enfants ? » D’après la réponse de ma mère, on entendait soit un « gériboire » ou soit un « ciboire », le ciboire était suivi de « un tel monte en haut. Attends moi!, j’te rejoins». Invariablement, une suite de «Non papa! Non papa!» retentissait dans toute la maison, déclenchant en chacun de nous l’angoisse et la terreur, tremblant pour la victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il n’était pas rare qu’il arrive tard et même si nous dormions, en colère de nouveau contre nous grâce à ma mère, il venait nous réveiller à grands coups de ceinture. Souvent, on faisait semblant de dormir afin d’éviter une volée, tentant de nous fondre dans les draps. Cela eût pour effet de provoquer dans nos vies futures, pour nous les trois filles, des crises d’angoisses terribles au coucher, durant la nuit et à la simple vu d’une ceinture roulée sur la table de chevet de nos copains.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une nuit de tempête de neige, il nous a tous réveillés pour venir pelleter l’entrée du garage d’environ cinquante pieds, croyant que nous ne l’avions pas fait en soirée. Ça avait été fait.&lt;br /&gt;
Un soir, la vaisselle n’avait pas été lavée comme si c’était ma mère qui l’avait fait exprès! Elle nous critiqua encore et il décida de nous la casser à nos pieds pour nous dompter. Ils sont sortis de la cuisine en riant tous les deux répondant à ma mère : « Je vais t’en acheter d’autres! ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À l’école le jour, les devoirs et la vaisselle le soir, le cadet de la famille à s’occuper, j’en avais beaucoup sur les bras. Je devais me lever la nuit pour le changer de couche et lui donner sa suce. Si fatiguée, j’avais le malheur de le laisser pleurer en souhaitant qu’il se rendorme, le monstre se levait en hurlant que j‘étais une sans cœur. Elle frappait le bébé de quatre mois, à coup de grandes claques sur les cuisses, le soulevait et le lançait tête première contre les barreaux de son lit à plusieurs reprises. Étouffée de remords, je me levais autant de fois qu’il le fallait.&lt;br /&gt;
Rick, avait très peur de ma mère. Un peu avant que je parte à ce premier « couvent », il m’appelait maman. Puis, lorsque Jone sortit du couvent à dix huit ans, elle en prit soin et c’est elle qu’il appela maman.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme si ce n’était pas assez, certain soir, on me réveillait à vingt-deux, vingt-deux heures trente pour aller rapidement leur chercher des cornets chez Dairy Queen au coin de la rue et retour au dodo.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En outre, lorsque de la visite s’en venait, c’était l’opération « Grand nettoyage ». La balayeuse sur les deux étages, l’époussetage, le lavage et le repassage et nettoyer les traînes à la brosse à dents. Lorsque la visite était présente, nous étions confinés au sous-sol. Nos quelques escapades pour aller saluer la visite, nous donnaient droit de la part de nos parents hypocrites, à des « ma chouette !, mon trésor!, mon minou! », tout en douceur. De cette façon, j’ai vu qu’elle était capable de douceur. J’en ai déduit qu’elle était très hypocrite, ce qui me pu au nez encore aujourd’hui. Tout comme le besoin démesuré de justice qui me met souvent les pieds dans les plats.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je prends action, mais les conséquences sont souvent très lourdes. Il m’aurait fallu être beaucoup plus forte pour ne pas avoir à fuir les situations conflictuelles s’étirant dans le temps, me rendant angoissée, vulnérable au stress. Je craque et Vlan! Me voilà qui change de place, que ce soit pour un emploi, un logement, un amour et même de véhicule, à un point tel que je passais pour une commerçante.&lt;br /&gt;
Foutre la pagaille partout parce que je suis intolérante à l’injustice, aux mensonges, à la traîtrise, dénoncer et subir la foudre d’avoir dénoncé.&lt;br /&gt;
Non, ce n’est pas du courage comme certain m’ont dit, c’est de la folie de se mettre ainsi les pieds dans les plats. Mais en moi vit une flamme, un besoin d’agir devant les injustices. Pour tout ce qui m’a été fait et non dénoncé, pour tout ce qu’ils leur ont fait sans être dénoncés. Tous ces silences, pour toutes ces raisons, le cartésien règle, régit, mais je ne suis pas cartésienne, je suis vivante, souffrante, témoin d’injustices. Ce qui m’a amené assez jeune à devenir le souffre douleur de bien des gens.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chapitre 8&lt;br /&gt;
Le viol collectif&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y en a tellement à dire à ce sujet, je ne sais plus par où commencer.&lt;br /&gt;
Ils n’ont jamais su la vraie histoire du viol collectif que j’ai subi à l’adolescence, car en Cour c’est la version des hommes responsables du viol qui a été retenue sans me demander mon avis.&lt;br /&gt;
Jamais, ma famille n’a su les menaces de blessures avec une bouteille de verre que j’ai subi à chaque fois que je tentais de fuir, pas plus qu’ils n’ont cru que l’ecchymose sur ma cuisse avait été causée par un coup de pièce de moto démontée alors que je tentais de fuir, ni la menace de mort avec un gros tournevis plat pointé sur ma poitrine par l’un d’entre-eux, si je les dénonçais.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dix ans plus tard, à bord d’un taxi, le chauffeur m’a demandé «T’appelles-tu Karat?» C’était un de ceux qui m’avaient violée. Accompagnée par mon beau-frère Marcelo, je me considérais chanceuse de n’avoir pas été seule, me rappelant des menaces reçues dans le passé.&lt;br /&gt;
Je ne lui ai raconté qu’après être descendue de voiture, le sachant capable d’une agression, de plus, nous étions très attachés l’un à l’autre; sa réaction aurait été des plus violentes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J’ai été condamné pour le viol collectif perpétré contre moi par cinq hommes, qui y sont allés d'une deuxième fois avant de me laisser partir, sans que personne ne sache la vraie histoire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je ne savais pas que j'avais des droits et qu'une représentante de la DPJ était là pour moi. Hé bien non! Pourtant, pendant que j'attendais dans une salle, une femme est entrée et m’a demandée : « As-tu quelque chose à rajouter? » Je n'avais aucune idée de qui elle était, ni ce qu'elle me voulait, ni de quoi elle parlait. La tête entre les genoux, j'ai hoché la tête pour non. C'était la représentante de la DPJ.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par contre, je connais aujourd’hui la raison pour laquelle ça m'est arrivé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand j'ai perdu mon premier amour parce que j'avais refusée de me laisser toucher, je me suis mise dans le crâne que je ne dirais plus non! Ce n'est que bien des années après, que j’ai compris tout ceci. Si j'avais eu une conversation avec une mère aimante lors de ma peine d'amour, Croyez-vous que j'aurais réagis de la même façon?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ma mère nous a répété d’une façon sempiternelle : « Si tu te fais coller, ne viens pas te plaindre, car tu vas en manger une maudite par-dessus » ou « Ne pensez pas m’emmener vos enfants, vous autres, quand vous en aurez, j’en aurai assez eu de vous autres, je n’élèverai pas les vôtres en plus ».&lt;br /&gt;
Et des « Qu’est ce que j’ai fait au bon Dieu pour vous mettre au monde? », « Vous êtes ben comme votre père » ou « maudite innocente, accroche un sourire à ta face, maudite putain ».&lt;br /&gt;
Pourquoi ces mots? Je ne sais toujours pas, car ce n'était assurément pas notre habillement ou notre attitude, nous avions tellement peur d'eux, que nous en étions très soumis, peureux et nerveux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, suite à cette condamnation, on me plaça dans un couvent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chapitre 9&lt;br /&gt;
Le couvent&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un premier placement de trois mois au Couvent St-Agnès où j’avais la permission d’appeler à la maison afin d’être rassurée sur la santé de Rick, convaincue qu’il allait mourir, étant celle qui s’en occupait le plus et du fait qu’il avait très peur de ma mère.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au bout de trois mois, on me libère, mais je savais que j’étais chez mes parents en attendant une place ailleurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bien des années se sont écoulées avant que j’apprenne par Jone, qu’elle avait supplié les Sœurs de me prendre à la même place qu’elle, c’est-à-dire, un couvent, car je me dirigeais tout droit vers une prison pour jeunes délinquants, pour deux ans et demi suite au viol collectif. Elle fit moult promesses de ne pas chercher à me parler ou à me rejoindre d’aucune façon.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Durant cette période, je n’avais droit qu’à une seule visite de mes parents. Un dimanche (jour des visites autorisées), séparés, mais ensemble, ils sont venus me voir au Couvent, où je n’étais jamais appelée.&lt;br /&gt;
Ils m’ont offert deux grands tableaux à numéro à peindre à l’huile pour les moments de temps libres. J’ai eu le temps de les terminer, j’ai traîné avec moi ces deux tableaux (Le prince en bleu et La dame en rose) quelques années, guettant le temps propice pour les encadrer, ce qui n’arriva jamais. Elles furent laissées dans le grenier du chalet de Sergio, servant aussi de troisième chambre, incluant d’autres souvenirs précieux tels : un cahier canada rempli de dessins d’animaux très réussis et ma robe de mariée. Je ne les ai plus revus étant donné que Sergio a vendu, à mon insu, le chalet et les deux terrains du Lac à l’Arche, après notre séparation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsque je fus « livrée » par ma mère à ce couvent, une communauté de Sœurs Grises, située sur la rue Sherbrooke à Montréal, près du boulevard Saint-Laurent, j’ai été accueillie par une religieuse, en même temps que ma mère était interpellée par la Sœur directrice, donc pas de « Au revoir ». On m’emmena au dortoir pour y laisser ma valise. Celle-ci contenait : des vêtements, des serviettes, des produits de toilette et un nouveau set de serviettes et de débarbouillettes. Achetés joyeusement par ma mère, magasinant avec moi. « Quelles couleurs préfères-tu? » Triste à vouloir en mourir, je n’y éprouvai aucun plaisir bien entendu. Étais-ce sa joie de me voir partir également? Je ne le saurai jamais, mais avec l’attitude qu’elle eût en m’ignorant durant un an et demi, je le crus.&lt;br /&gt;
Ma première nuit, je l’ai passée à pleurer. Les quelques nuits suivantes, trop angoissée pour dormir et les subséquentes, à compter combien je pouvais accumuler avec l’allocation familiale qui venait au centre pour couvrir quelques dépenses d’achats de soins de base, lesquelles je pouvais économiser pour lui acheter une orgue comme elle le souhaitait.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En gros, il y avait quelques éducatrices parmi les religieuses, lesquelles étaient gentilles, excepté une seule intervenante m’ayant marqué d’une manière péjorative. En effet, il lui est arrivé d’entrer ses ongles dans ma peau, me serrant le bras, en me disant : « Toi avance! » « Moi je sais ce qu’il y a dans ton dossier et si j’étais toi, je ne ferais pas ma « smath ». Elle était en plus, mon enseignante. Je fus déclassée dès mon arrivée dans une classe de secondaire un, deux et trois, alors que j’étais en fin de secondaire trois au secteur régulier.&lt;br /&gt;
Je m’ennuyais dans cette classe, moi qui étais bonne à l’école, je perdais mon temps. Je voulais être transférée dans le groupe de secondaire quatre et cinq, mais la réponse fut que je n’étais pas suffisamment mature pour être dans ce groupe. Que si je voulais avoir une chance d’y être transférée l’année suivante, je devais cesser de pleurer tout le temps.&lt;br /&gt;
Ce que je fis. À la fin de l’année lors d’une réunion d’élève pour honorer les meilleurs en classe et les plus méritants, je fus nommée pour mon comportement exemplaire ; j'ai gagné un livre et c’est là qu’il fut annoncé mon changement de groupe pour l’année suivante.&lt;br /&gt;
Durant les vacances nous allions passer deux semaines à un camp de vacances. Des chants autour du feu, des activités de plein air et des compétitions dîtes « Olympiques » s’y tenaient. J’ai toujours été fière d’avoir remporté la médaille d’argent pour la course du mile. Par contre, durant cette course au quart de mille, il y avait une intervenante pour nous encourager à continuer. Au trois quart de la course, j’étais très essouffler et je commençais à ralentir, l’intervenante me disait : « Ne lâche pas! Tu es la première dans le temps, tu vas gagner ».&lt;br /&gt;
Je ne l’ai pas cru et je n’y ai pas mis la gomme. Il y avait déjà un bout que je ne croyais plus aux adultes. J’étais certaine qu’elle disait la même chose à tout le monde, je n’ai su qu’à la distribution des médailles, qu’elle avait été honnête. Cette méfiance envers tout le monde, je la garderai tout au long de ma vie. Je dirais au point d’en être suspicieuses maladivement. Personne ne me ferait croire qu’il est possible que ça aille bien, il me cachait quelques choses de toute évidence. Je cherchais et je trouvais les failles. Je dirais même que je les provoquais.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au couvent, j’ai fréquemment fait de la « chambre », isolée du groupe, enfermée dans une petite chambre sans livre à lire ou autre, pour réfléchir et finir par écrire des promesses qu’ils voulaient entendre. C’est à cet endroit que j’ai commencé à ressentir de l’angoisse ayant les papillons dans l’estomac lorsque j’entendais quelqu’un passé dans le couloir, souhaitant voir quelqu’un. Sortie deux fois par jour pour aller aux toilettes, les repas apportés dans la chambre, seule avec mes pensées contribuant à développer en moi, un problème d’anxiété chronique m’occasionnant bien des maux : Urticaire, ulcères d’estomacs, crises de panique, dépressions, tentatives de suicides, psychoses, fuites, abandons d’emplois, de logements, de copains.&lt;br /&gt;
Un fait survenu au couvent lors d’une sortie un dimanche avec ma valise, avec en tête une fugue. Nous allions Sergio et moi voir son père à Maniwaki (au nord de l’Outaouais, à l’Ouest du Québec) et je devais y rester. Nous avons changé d’idée et je suis revenue avec ma valise, attendu de pied ferme par les Sœurs me disant : « Nous t’avons laissé partir avec ta valise pour une sortie d’un après-midi. Crois-tu que nous ne nous en doutions pas ? Elles me firent avouer mon plan manqué et je fus enfermée dans une chambre deux longues semaines&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À chaque fois que je sortais du Couvent, Sergio était là. J’ai connu ses amis farceurs qui étaient très attachés à Sergio tels : John Claude ayant sorti avec Jone pendant un bout de temps et un autre ami de Sergio, qui est allé vivre aux Iles de la Madeleine, mais il n’est jamais revenu y étant tombé amoureux. Il s’est marié et quelques années plus tard nous avons appris son décès causé par un accident. Je les aimais tous et ils étaient très attachants. Durant mon séjour au couvent, j’ai été opéré pour l’ablation des amygdales. Ils sont tous venus me voir et ils me faisaient rire comme toujours. J’en étais heureuse, mais cette fois, rire était synonyme de douleur.&lt;br /&gt;
Dénigrant sa fille à John-Claude, ma mère a mis de la distance entre ce dernier et Jone. C'était la qualité première de ma mère de dénigrer ses propres enfants aux yeux de tous.&lt;br /&gt;
Elle fit de même avec une relation amoureuse de mon frère Rick, qui comprit l’urgence de s’éloigner d’elle. Elle a tenté le coup avec Sergio, mais il m’aimait. Ainsi, il prit ses distances avec elle plutôt qu’avec moi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’ailleurs, je me souviendrai toujours du moment où à l’autre bout de la ligne téléphonique, j’ai entendu ma mère répondre au téléphone avant moi et dire: «Vous vous êtes trompé de numéro mademoiselle, je n’ai pas de fille qui s’appelle Karat». Mon frère John et mes sœurs ont vécu la même chose.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chapitre 10&lt;br /&gt;
Après la séparation de mes parents&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsque mon grand-père est décédé, plus rien ne les en empêchait, alors quelque temps après arriva la séparation. Je me souviens du moment où ils me l’ont annoncé. En congé du couvent pour un dimanche, j’étais installé au salon avec mes parents me déclarant : « Nous allons nous séparer », ce sont les seuls mots dont je me souvienne. Je me rappelle d’avoir essuyé des larmes, mais c’est tout.&lt;br /&gt;
Aujourd’hui, avec le recul, je réalise que cette attention particulière annonçant un évènement marquant dans leur vie a été la seule.&lt;br /&gt;
Ce fut pour eux assurément un grand soulagement attendu et souhaité depuis longtemps.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mon père habitait une garçonnière et sortait les fins de semaines.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’ailleurs, Jone a fait planer le doute que mon père l’avait touché, alors qu’en visite chez-lui, restant à coucher, lui a offert une place dans son lit.&lt;br /&gt;
Des attouchements auraient eu lieu au milieu de la nuit. Mon père aurait pris les devants le matin au réveil, lui disant qu’il avait rêvé de ma mère.&lt;br /&gt;
Mais Jone pour tenir ses enfants loin de mon père en aurait amplifié de beaucoup les détails. Alors qui croire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ma mère travaillait avec son amant à la vue et au su de l’épouse légitime de cet homme. Un jour, elle m’expliqua que les personnes d’origines grecques ne se séparent pas, parce que l’épouse déchue serait retournée chez ses parents portant la honte et la responsabilité de l’échec du mariage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant, ma mère n’est pas devenue saine mentalement pour autant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À tour de rôle, elle accusa chacune des ses filles rendues à l’adolescence, de tenter de charmer son amant pour coucher avec lui et de nous traiter de « putain ». C'était dans sa tête tout ça.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Partie vivre à Princeville à mi-chemin entre Montréal et Québec où son amant avait acheté un nouveau restaurant, ma mère continua de travailler pour lui, comme cuisinière.&lt;br /&gt;
Elle ouvrait et fermait la Pizzeria laissant les enfants seuls à la maison après l’école et les fins de semaines.&lt;br /&gt;
Luce âgée de sept ans, devait s’occuper de son petit frère Rick de six ans son cadet.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Élevés dans la terreur de la prochaine volée, de la prochaine attaque à la gorge où elle ne lâchait prise que lorsque nous changions de couleur, nous traumatisa pour le reste de nos jours.&lt;br /&gt;
Ainsi, il m’est arrivé de sursauter, quelques années après, en faisant l’amour avec mon conjoint, lequel ayant mis sa main sur ma gorge. Terminé l’élan affectueux. Cela est survenu à plusieurs reprises, d’avoir cette réaction durant une relation sexuelle, tout au long de ma vie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À l’âge de vingt ans, j’ai décidé pour la première fois de dénoncer ma mère à la police.&lt;br /&gt;
En effet, en allant visiter ma mère au restaurant, elle s’assit sur une banquette après avoir dit à Rick, qui traînait là toute la journée, d’aller s’asseoir au fond du même côté qu’elle. Elle me raconta qu’il était pourri à l’école, qu’il se battait, qu’il avait été changé de classe pour une classe de retardé.&lt;br /&gt;
Elle leva le bras pour se replacer les cheveux et mon frère eût le réflexe d’un enfant battu en sursautant et se protégeant le visage avec ses deux bras. Après cette réaction, elle le regarda, en disant : « Ben regarde le donc, pareil comme si je le battais».&lt;br /&gt;
Mon sang n’a fait qu’un tour et c’était décidé, je la ferais la plainte à la protection de la jeunesse. Ce que je fis dès mon retour.&lt;br /&gt;
J’ai expliquai à la personne au bout du fil ce que nous avions vécu, ce que je savais, ce que j’ai vu puis, je lui ai demandé de faire quelque chose.&lt;br /&gt;
Les résultats s’en suivirent, car les enfants ont été placés dans une famille dans le même village.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À deux reprises, je les ai visités pour m’assurer qu’ils étaient bien traités, aimés et choyés.&lt;br /&gt;
Le couple vivait sur une ferme où Rick a appris à conduire un tracteur avec monsieur Roy, lequel tournait à la blague les mauvais coups qu’il faisait.&lt;br /&gt;
Luce semblait sereine pour la première fois de sa vie.&lt;br /&gt;
En fait, les enfants se sentaient si biens, qu’ils ne voulaient plus retourner voir leur mère. Ils pleuraient la fin de semaine de devoir partir chez maman.&lt;br /&gt;
Le placement a pris fin après quelques années par la faute de ma mère. En effet, celle-ci frustrée d’être rejetée par ses enfants, manipulait la DPJ sur le fait que la famille d’accueil retournait les enfants contre elle, ce qui était faut.&lt;br /&gt;
Quelle joie et quelle gratitude j’ai eu pour ce couple adorable! Le chemin de vie de Rick a été modifié à jamais par leur amour. Pour ma pauvre Luce, je crois que le mal la détruisait déjà. Je m’en suis voulu longtemps de n’avoir pas réagit plutôt lors de l’attaque sur Luce l’année précédente.&lt;br /&gt;
Trop jeune et paralysée par la peur je crois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chapitre 11&lt;br /&gt;
Les emplois&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J’ai dû retourner aux études afin de terminer mon secondaire V, car il me manquait deux crédits lorsque je suis sortie du couvent à dix-huit ans. Ensuite, j'ai fait deux Attestations d’études collégiales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sans formation particulière, j’ai fait les cinquante-six métiers. Ceux que j’ai gardés le plus longtemps sont la SPCA cinq ans et un emploi d’agent de bureau huit ans. J’ai tellement changé d’emploi que j’ai quatre curriculum vitae : un pour le travail avec les animaux, telles : animaleries, clinique vétérinaire, toilettage, vente de chiots, dressage, zoothérapie, guide d’équitation. Un pour les travaux manuels : dans des usines, fabrication de chandelles, emballeuse, opératrice de presse à découpé, opératrice d’imprimante, de télex et oui télex, préposée aux bénéficiaires, entretien et gardienne de nuit dans une marina, auxiliaire familiale, concierge d’immeubles travaux légers, aide cuisinière, palefrenière. Un autre pour le service à la clientèle tels : caissière de dépanneur, serveuse de restaurant, barmaid, vendeuse chez Sears, serveuse en restauration rapide, et un pour mes expériences en travail de bureau dans six différentes entreprises, ainsi que formatrice en conduite automobile et cours de soins de base aux chevaux pour les cochers de la ville de Montréal en formation à l’ITHQ.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mon problème était que dès que j’avais appris ce qu’il y avait à apprendre, je m’intéressais à un autre domaine. En ce sens, je ne le regrette pas, mais pour ce qui est d’une sécurité financière à ma vieillesse, il faut oublier ça. Les salaires vous vous en doutez, étaient près du salaire minimum.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il n’était pas facile de joindre les deux bouts. J’ai dû au cours des périodes de maladie, avoir recours à des banques alimentaires, sans soutien familial et les amies plutôt rares, du fait que je ne sortais pas étant sans argent, à part que pour sortir avec Caro. Disons que nous ne portions pas de vêtements griffés, c’est le moins que l’on puisse dire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J’ai même été obligée, à un Noël, de demander un panier et un cadeau pour ma fille. On a eu des moments très difficiles. Et l’instabilité n’était pas reliée qu’au travail.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chapitre 12&lt;br /&gt;
Ma sœur Luce&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Luce, toute jeune, a été durant environ sept ans la proie des mes parents matin et soir parce qu’elle faisait pipi au lit. Une volée le matin, parce qu’elle l’avait fait et une autre le soir pour lui faire penser de ne pas le faire.&lt;br /&gt;
Luce mangeait des volées à coup d’objets de tous genres que ma mère avait à sa portée et qu’elle utilisait pour la frapper, tout en l’invectivant d’injures. Luce se débattait lors quelle mangeait une volée, ce qui déclenchait une rage encore plus féroce de ma mère parce qu’au passage, il arrivait qu’elle reçoive un coup et le croyait volontaire de la part de Luce.&lt;br /&gt;
Elle a été jusqu’à l’attachée par les pieds et les mains au lit pour l’empêcher de se débattre et la battre avec un cintre en métal. Luce a été frappée avec un bout de tuyau de balayeuse, d'un fer à repasser et est déjà tombée sur le sol sans connaissance, ma mère l’a laissée là sans broncher.&lt;br /&gt;
Sur encouragement de ma mère, nous malmenions la petit Luce. Compte tenu qu’elle urinait au lit, on devait souvent la laver sous ordre de ma mère et « frotte » disait-elle, « frotte fort ». Je me souviens d’avoir frotté si fort que Luce pleurait en disant : « Aoutch! Tu me fais mal ». Quelle honte aujourd’hui de penser à ça.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À cette époque, notre chambre sentait l’urine à plein nez, étant donné que le plancher de bois franc en était noirci sous le lit de Luce. Vous pouvez imaginer son matelas, l’odeur de l’urine envahissant la chambre où nous dormions.&lt;br /&gt;
Mes parents ont essayé une machine très bruyante, une plaque de métal sur laquelle Luce devait dormir, branchée à une forte alarme qui nous réveillait tous au milieu de la nuit dès qu’elle était mise en contact avec un liquide, mais rien n’y fit. Avec les connaissances que l’on a maintenant, qui en blâmerait un enfant. L’amour envers cet enfant aurait dû être plus fort que la colère engendrée par la situation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le garage à Greenfield Park, Luce qui n’allait pas encore à l’école, s’est fait mettre le membre de mon oncle dans la main et elle s’en souviendra toujours. Ce même oncle dit à ma mère, alors que j’étais adolescente : « Laisse-les-moi tes filles, ça va rester dans la famille au moins! » et ma mère de rire aux éclats.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je me rappelle lors d’une sortie autorisée par le couvent, étant allée chez ma mère, celle dit à Luce : « Habille- toi, tu vas aller me faire une commission», sans préciser de quoi il s’agissait. Nous nous sommes tous rendus dans la cuisine. Luce s’exécute et attend dans le couloir que ma mère vienne lui porter l’argent et lui dire ce qu’elle a besoin. Le monstre de mère cherchait Luce, laquelle se trouvait dans le couloir. Furieuse, elle hurla : « Je t’avais envoyée faire une commission…toé ». Tout en lui sautant à la gorge, elle la souleva de terre, en lui criant qu’elle n’en faisait qu’à sa tête, qu’elle avait affaire à l’écouter, sinon qu’elle allait la tuer ». Pétrifiée par la peur, je suis témoin de la scène sans pouvoir intervenir. Elle la relâche en s’en allant dans la cuisine, lui lance : « Tiens vas me chercher un petit pot de café en lui tendant l’argent nécessaire à l’achat ». Fort de mes seize ans et demi, il ne m’est jamais venu à l’esprit de confronter ma mère ou mon père.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À treize ans, Luce s’en alla chez mon père un temps ensuite en appartement avec une amie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle est venue à l'âge de seize ans, vivre un temps avec mon mari Sergio et moi, ce qui n’aurait jamais dû arriver, car au bord du divorce mon mari le père de ma fille, avait commencé à se tenir avec un cousin pervers qui battait sa femme et la faisait danser nue dans les bars.&lt;br /&gt;
Or, j’appris sur le tard, que Sergio avait fait une gageure avec son cousin Mike à savoir lequel des deux aurait Luce, qui avait commencé à rentrer au milieu de la nuit me cachant ce qu’elle faisait. Pas longtemps après, j’appris qu’elle travaillait dans les bars et que Mike avait laissé sa femme pour prendre le contrôle de ma soeur. Il l’a battue à maintes reprises, de sorte que mon père, dû aller la chercher.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chapitre 13&lt;br /&gt;
Mon frère John&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
John a été un bon moment le seul garçon, Rick étant venu au monde lorsque j’avais quatorze ans. John a été maltraité et battu après le divorce de mes parents.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À treize ans, John était assez vieux pour aider aux tâches du restaurant. Du moins pour un temps, étant donné qu’il était devenu le protecteur de la famille, sur ordre de mon père, il se disputait souvent avec ma mère qui commençait sérieusement à craindre sa force physique, en réaction avec les coups qu’elle lui attribuait.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce faisant, John s’est retrouvé chez mon père, qui n’a jamais refusé de nous prendre, lorsque nous voulions aller vivre chez lui, mais il nous a pris que très rarement après le divorce, tels qu’aux vacances ou les fins de semaine.&lt;br /&gt;
En effet, il se plaignait souvent des augmentations de la pension alimentaire exigées par ma mère et nous le prenions en pitié. Il payait la pension des enfants à ma mère, donc il faisait son « devoir de père » et c’était suffisant pour lui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
John fut envoyé au collège où il subit des attouchements sexuels et mon père refusant de le croire l’y a laissé. Mon frère entra dans l’armée à dix-sept ans n’ayant rien devant lui. Il y resta dix ans rendant mon père fier de lui, jusqu’à ce qu’il en sorte gravement blessé au dos, le laissant partiellement invalide. Une chirurgie mal suivie dégénéra en un certain pourcentage d’invalidité&lt;br /&gt;
De mœurs légères, John ne fait aucune différence entre une étrangère et un membre de la famille. En effet, il lui est venu à l’esprit un jour de m’offrir un massage en entrant soudainement dans ma chambre en robe de chambre et ce, sans frapper. Celui-ci répliquant à mon refus : « ben voyons, il n’y a pas de mal à se faire du bien » d’ailleurs, une nièce m’a déjà avoué des faits semblables à son sujet.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ayant quitté l’armée et en route pour revenir à Montréal, John avait vendu dans un commerce de prêt sur gages tout ce qu’il possédait, afin de mettre de l’essence, manger et dormir dans des hôtels avec sa famille : son épouse Caro et leurs deux enfants.&lt;br /&gt;
Mal pris, sans le sou, il a appelé mon père pour lui demander une avance de fond pour continuer sa route vers Montréal. Mon père assez bien nanti, lui a refusé l’aide qu’il demandait.&lt;br /&gt;
« Il était bien là, il était bien payé, logé, ben qu’il s’arrange, je ne suis pas une banque moi ! » dit-il.&lt;br /&gt;
À mon grand déshonneur, j’ai dû lui dire qu’il m’avait appelé également, mais cassé comme un clou, je n’avais rien pu faire pour l’aider. Aujourd’hui, avec le recul, je pense que la seule chose de valeur que j’avais, était mon vieux téléviseur, si je l’avais vendu, j’aurais peut-être eu cinquante dollars à lui prêter.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
John est et a toujours été un gars extrêmement généreux et c’est la seule fois qu’il demanda de l’aide et il a essuya un refus.&lt;br /&gt;
Mon frère s’est marié à deux reprises et a eu deux enfants de sa première union, Audrine la première et Junior ensuite.&lt;br /&gt;
Il s’est marié alors qu’il était dans l’armée donc, le mariage fut célébré à la Citadelle de Québec, où je n’étais pas faute de fond.&lt;br /&gt;
J’avais entendu parler de son mariage par mon père et ma situation monétaire ne me permettait pas d’assumer les frais à encourir.&lt;br /&gt;
La naissance des ses enfants passèrent presque inaperçue dans ma vie également ignorant son lieu de résidence. Une des rares visites chez eux à Longueuil après son retour, fut très courte car je tombais mal, il se disputait avec sa femme Suzie. C’est là, avec grand bonheur que j’ai connu ce petit enfant alors âgé de quelques mois. J’ai connu le petit toute une journée chez-moi, le gardant pour une sortie du couple. C’est alors que je me suis rendu compte que ce petit manquait grandement de stimulation. Caro, ma fille adorée et moi, avons tellement joué avec lui qu’à son retour Suzie m’a dit d’un air contrarié : « Oueng! Tu me l’as réveillé toé, hein! » J’ai souris, fière de le voir regarder partout, sourire et rire aux éclats. Quelle musique est plus douce à l’oreille qu’un poupon riant de bon cœur.&lt;br /&gt;
Trois ans plus tard, j’ai revu Junior après le divorce de John et Suzie. La cause du divorce était reliée à une chirurgie d’augmentation mammaire offerte par John à sa femme complexée. De toute évidence, elle a retrouvé tellement confiance en elle, qu’elle a quitté sa famille et s’est retrouvée danseuse nue.&lt;br /&gt;
Un jour John est venu me visiter avec son fils. Sa situation financière ne lui permettait pas de payer une gardienne convenable. Je lui ai donc, proposé de prendre le petit. J’étais en loyer à Laplaine dans Lanaudière, dans une vieille maison de campagne avec une petite écurie de cinq boxes et six arpents en pâturage; j’avais deux chambres inoccupées.&lt;br /&gt;
J’ai souvenir d’avoir eu Junior avec moi et mon conjoint du temps Ray avec qui c’était le bonheur tranquille tant qu’il a été sobre, environ onze mois.&lt;br /&gt;
J'avais fait le choix de déménager à la campagne pour ne pas élever ma fille devenue adolescente à Montréal, afin de ne pas l'exposer aux mésaventures d'une vie dans un quartier mal famé.&lt;br /&gt;
Junior ne s’exprimait qu’en pleurant. J’avais vu l’hystérie de sa mère et connu sa négligence envers les enfants lors d’une visite chez John. J’entrepris de lui apprendre à s’exprimer, avec beaucoup de compréhension, d’écoute, de patience et d’encouragement.&lt;br /&gt;
Le petit en était venu à dire avec des mots ce qu’il désirait, nous en étions très fiers et nous lui démontrions abondamment, il avait appris à faire confiance au fait que ça valait la peine d’exprimer ses besoins qui étaient comblés sur demande avec joie et amour. John nous fis trois visites et à la troisième, Junior avait mérité ce soir là pour son bon comportement, de veiller plus tard devant la télévision avec du maïs éclaté. Il devait être vingt heures lorsque John se pointa et voyant le petit dans le salon sur le divan, leva le ton en hurlant : « Comment t’es pas couché encore toé? Aoueille! Va te coucher tabarnark !». Figée par la dureté et la violence de son propos (il venait d’agir tout comme mon père), je n’ai pu dire un mot sur le coup parce que comme aujourd’hui encore la violence sous quelques formes qu’elle soit me glace, m’enlève tout mes moyens; la peur s’empare de moi et me paralyse.&lt;br /&gt;
Tout comme le jour où je m’étais rendue chez lui avant sa séparation d’avec Suzie. L’atmosphère lourde et son ton dur avec sa femme et ses enfants, me ramenèrent instantanément à des souvenirs de l‘attitude de mon père envers les êtres les plus importants de sa vie.&lt;br /&gt;
Sans être alcoolique, John en avait les traits.&lt;br /&gt;
Le petit raccompagné à sa chambre par Caro, s’en est allé en pleurant dans sa chambre. Assommée par ce qui venait de se passer, nous nous sommes attablés dans la cuisine. Ray et John discutaient de tout et de rien, des explications sur la raison de la veille du petit n’amenèrent en rien la compréhension de John. Je crois qu’il protégeait son orgueil en disant « À cette heure là il doit être couché ». La suite fut que je lui remettais le petit à son départ le lendemain prétextant, par crainte de vivre un conflit, que je ne pouvais plus le garder. John venait de me démontrer que je n’avais pas sa pleine confiance et qu’il détruirait ce que je construisais avec le petit. Puis, les enfants de John ont vécu de nombreux aller-retour de chez maman qui vivait à Québec et chez papa, durant toute leur enfance.&lt;br /&gt;
Je revis Junior et Audrine à quelques réceptions de Noël chez mon père, plusieurs années s’étaientt écoulées. Je n’osais demander à Junior s’il se rappelait avoir vécu un peu avec moi, par crainte que ça lui remémore un rejet. Seulement rendu à son adolescence je lui ai dit : « je t’ai déjà gardé quelques mois tu sais quand tu avais à peine trois ans » sachant pertinemment qu’il ne s’en souviendrait pas, mais moi je me souvenais et j’ai traîné la culpabilité de n’avoir pas eu de colonne pour tenir mon point avec John. Pas très constructive ou utile cette leçon considérant que je n’ai pas changé encore. Devoir faire face à un conflit me terrasse littéralement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aujourd'hui, à cinquante deux ans, je travaille très fort là-dessus, comme j'ai travaillé sur mes travers toute ma vie. Je suis à un tournant de ma vie où j'ai décidé de régler ça, car ma qualité de vie en souffre depuis toujours. Ce fait m'a menée à l'instabilité dans tous les domaines de ma vie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fuir toutes confrontations à tout prix m'a coûté bien des peines d'amour, des changements d'emplois, de logements et l'insécurité chez cet enfant que je voulais protéger de tout sauf de moi.&lt;br /&gt;
Heureusement, je n'ai jamais maltraité ni verbalement ni physiquement ma fille, ayant su refouler ma colère au point de vivre de très nombreuses périodes d'autodestruction. Loin d'avoir été une maman parfaite, je n'ai pas reproduis ce que l'on m’avait appris. Je considère que ma fille Caro est la seule réussite de ma vie. Ce malgré le fait qu'elle aussi tente de ne pas reproduire des comportements inadéquats qu'elle a vécus avec moi.&lt;br /&gt;
Je reviens à Audrine, je l’ai connu davantage lorsque John demeurait à St-Roch de l’achigan avec Sylvianne, sa conjointe du temps. Sylvianne a été la dernière épouse de John à ce jour, car il a trop souffert avec elle. Audrine devait avoir environ onze ans et habitait avec eux, ainsi que Junior qui devait en avoir huit ou neuf. Timide et douce, elle se tenait tranquille et se montrait serviable afin d’éviter les colères démesurées de son père et les critiques de la belle-mère. John n’a connu que la discipline brutale de nos parents et j’imagine que la rigueur de l’armée n’a pas aidé à adoucir son tempérament très dominant. Autant avec sa femme qu'avec les enfants et ce même devant la visite, John était brutal dans tous ses propos. Sylvianne n’aidant pas, il n’avait pas la patience qu’il aurait fallu, avec un garçonnet difficile comme était devenu Junior. Incompris, révolté et survolté et en manque d’attention flagrante, il était trop souvent puni et confiné à sa chambre. Des volées aux fesses étaient légion. Je fréquentais John régulièrement depuis qu’il était déménagé dans Lanaudière. Je n’ai vu Junior qu’à de rares occasions, car il était souvent dans sa chambre. Il fut placé quelques mois dans un Centre pour jeunes délinquants pour des mauvais coups à l’école et des petits larcins à la maison. À sa sortie, il était plus calme, un peu plus confiant et moins survolté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lors de mes visites chez John, nous faisions des séances de spiritisme chez un couple d’ami habitant le logement d’en face. Nous avons fait ça environ un an avant que quelques-uns d’entre nous veuillent faire des expériences qu’Henri notre ami et guide, n’était pas d’accord.&lt;br /&gt;
Au lieu d’écouter sa sagesse, nous avons continué nos séances. Que d’idioties nous avons faits et crus, nous étions tous des médiums, je servais depuis le début de médium principal, car fait invraisemblable, j’ai les trois capacités de voyance : j’entends, je vois et je ressens les êtres de l’au- delà. Que d’expériences sublimes, enrichissantes et merveilleuses nous avons vécues et guidés par Henri. Cependant, dès que Nathalie a joint le groupe, nos intérêts ont vite changé pour ces voyances qui avec le recul, nous ont conduit sur des chemins que nous aurions dus, en toute connaissance de causes, évités.&lt;br /&gt;
Le groupe a fini par se dissoudre, mais le mal était fait.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un jour, John dans sa folie de vouloir rester en contact avec des extra-terrestres, est parti un soir seul disant qu’il allait méditer et est revenu en état de choc avancé, très malade. Son état nous inquiétait grandement Sylvianne et moi. Il répétait sans cesse, Où suis-je? Que m’est-il arrivé? Quelle date somme-nous? Et il ne croyait pas qu'il s'était marié avec Sylvianne. Il s’était auparavant marié avec Sylvianne, parce que lors d’une voyance, nous avions prévu une grande catastrophe dans sa vie et elle voulait devenir l’héritière.&lt;br /&gt;
Les yeux de John reflétaient son état d’âme perdue et paniqué, il était dans un trou noir. Sylvianne avait retrouvé dans les poches de manteau de John ce soir là, quelques pilules et croyait à une tentative de suicide. Aussi, il avait restitué son repas dans la voiture.&lt;br /&gt;
À l’hôpital, un neurologue nous a répondu : « aucun mélange de médicament n’aurait pu causer un tel état, à part un choc émotif. Je lui ai parlé des engourdissements dont John se plaignait. Il demanda « : Est-ce que ça s’arrête tout seul? ». John ne pouvait pas répondre, ne s’en souvenant pas dans l’état qu’il était. Alors, je pris la parole et lui ai mentionné qu’une de ces périodes, j’étais avec John chez un ami qui a arrêté l’engourdissement et il parti à rire. Choqué par sa réaction, cet ami lui ayant fait un si grand bien, que je sursautais de le voir rire de cela : « Vous riez de votre propre ignorance! » lui ai-je lancé. Il me répondit : « je ne ris pas! ». Ainsi, se termina la consultation. Aucun examen, rien! Il nous retourna sans nous donner de rendez-vous pour suivre ou investiguer davantage&lt;br /&gt;
John a dormi pendant un an, dix huit heures par jour. À son réveil il mangeait et questionnait à nouveau.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J’étais présente le plus possible afin d’appuyer Sylvianne. Confinée à la maison avec les enfants pour ne pas le laisser seul, elle venait à la maison avec John et les enfants quelques fois par semaine et inversement, moi chez elle.&lt;br /&gt;
Sylvianne venait d’hériter de quelque chose auquel elle ne s’attendait pas : John perdu et les enfants à s’occuper sans lui. Il ne s’occupait plus de la discipline des enfants et c’était un plus pour eux. J’appris à connaître Sylvianne pas mal mieux. Elle venait de prendre le contrôle de la maisonnée qu’elle n’avait jamais eu avec John. Elle menait la barque sa guise. Ce qui m’a le plus frappé était son égoïsme. Par exemple, il y avait une épicerie, mais deux diètes différentes. Une épicerie pour elle et une pour les enfants. Les gâteries pour elle et le nécessaire pour les enfants. Elle ne s’en cachait même pas.&lt;br /&gt;
Ma tolérance envers elle, diminuait avec le temps au fur et à mesure que John récupérait tranquillement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pendant le temps de sa réhabilitation un cousin a fait surface, c’était l’un des fils de ma tante Réjade, une sœur de ma mère. Ils se sont croisés par hasard parce que le cousin l’a entendu dire son nom de famille, lui qui recherchait sa propre famille ayant été élevé dans des foyers nourriciers, venait de trouver un cousin propre. Ce cousin avait été abusé sexuellement, tout comme ses frères et sœurs, par leur mère violente, abusive, vulgaire, incestueuse et alcoolique. Celle-ci les a abandonnés dans un logement, tout juste vidé de ses biens matériels. Cela m’a rappelé une ballade en voiture avec mes parents qui avait pour but une vérification afin de savoir si les rumeurs étaient fondées. Ma mère est revenue en larmes du logement où étaient les enfants abandonnés. Je ne sais pas quelle suite elle a donné à cette découverte. J’espère juste qu’elle ait appelé la DPJ. Je sais aujourd’hui qu’ils avaient été placés. Ce cousin a parcouru le difficile chemin des affres de placements successifs en foyer d’accueil et il n'est devenu que plus amer envers la vie, la société et les gens. Il n’était pas à son mieux lors qu’il a connu John dont son bon jugement lui faisait défaut. Alors le cousin qui n’était pas une bonne relation pour John, recherchait sa compagnie, ce qui ne lui déplaisait pas du tout, mais John n’était plus John. Il ne le sera jamais plus. Il était devenu silencieux et dominé par la maîtresse de maison, sa femme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un soir, avertie par Sylvianne que ce cousin sortait John la nuit et discutait en catimini de sombres activités. J’avais rencontré le cousin, heureux de retrouver une partie de sa famille, il n’allait pas l’abandonner, en plus qu’il vivait au village voisin. Un soir, à l’heure habituelle où le cousin arrivait chez John, je suis arrivée avant qu’ils ne partent, juste à temps pour m’asseoir un peu avec eux. John me dit qu’il était sur le point de partir; je sautais sur l’occasion pour lui demander où il allait et lui de me répondre : «Ah! Il a des commissions à faire, je l’accompagne » répondit le cousin. John était habillé comme un bandit qui s’apprête à faire un sale coup, tout en noir et une tuque roulée sur la tête qui ressemblait étrangement à une cagoule.&lt;br /&gt;
J’ai regardé le cousin, une altercation verbale s’ensuivie.&lt;br /&gt;
Choquée, je lui ai servi un sévère avertissement que s’il faisait faire des choses illégales à mon frère, il ne l’emporterait pas au paradis et que je ferais ce qu’il faut pour l’en empêcher. Niant le fait de faire des activités illégales, il reprit de plus belle en voyant qu’il ne me bernait pas, que : « John est un adulte faisant ce qu’il veut et qu’il ne lui tord pas un bras ». À mon tour de répliquer : « ben là tu utilises une personne qui n’a pas tous ses moyens ». Il contesta en disant : « Arrêtez de le traiter comme un légume ». Je l’ai informai que le John, qui est devant lui n’est pas le John que l’on connaît, qu’il a pris du mieux, mais qu’il lui manque des facultés et que visiblement, il s’en est aperçu et qu’il l’utilise.&lt;br /&gt;
Tanné, il a pris la porte, John le suivi en me jetant un air désapprobateur. Ce petit manège a quand même pris fin assez rapidement, le cousin séparé de sa femme, déménagea à Montréal. J’ai su plus tard qu’il avait dit à John : «Comment elle sait ça ?» John de répondre : « Je te l’ai dit que ma sœur est médium». Disons que cette fois j’avais obtenu une aide inhabituelle.&lt;br /&gt;
Une autre alerte me fut sonnée par Sylvianne : « Karat dit donc à ton frère qu’Audrine est trop vieille pour qu’il aille la rejoindre dans son lit la nuit». Je regarde John et lui demande si c’est vrai, il me répond : « elle fait des cauchemars tabarnark!»,&lt;br /&gt;
«Ben là John franchement… arrête moi ça, ça ne se fait pas! »&lt;br /&gt;
C’est peu de temps après que John soit revenu d’une balade en voiture dans son état trouble!&lt;br /&gt;
Un an plus tard, sa mémoire et ses facultés cognitives avaient fait un progrès non négligeable et suffisant pour pouvoir vivre seul. Lors de la séparation de John et Sylvianne, les enfants sont retournés chez leur mère.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
John prenait beaucoup de médications pour une vieille opération non achevée, l’ayant laissé avec des vertèbres soudées dans la région lombaire et dont une partie de l’os d’une de ces hanches a servie à refaire ses disques qui s’étaient malheureusement soudés. Il ne peut pas marcher longtemps dues à des nerfs coincés dans l’os de sa hanche. John est donc pensionné des anciens combattants menant une vie assez solitaire et recluse; il a tendance à s’isoler et est très passif.&lt;br /&gt;
Il y a même un temps, après qu’il eût reconduit notre mère chez notre jeune frère Rick vivant en Colombie-Britannique avec sa femme, John est devenu itinérant à Vancouver. Nous étions tous inquiets et sans nouvelle depuis son départ de chez Rick. Mon père me dit tout joyeux : « on a des nouvelles de John, il va bien, il est bien, il est itinérant à Vancouver et il aime ça ».&lt;br /&gt;
Je n’en revenais pas qu’il soit heureux de ça. Moi, apprendre que mon fils est devenu itinérant j’aurais pleuré comme une Madeleine, j’aurais fait le voyage à Vancouver pour le retrouver et le ramener.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
John est finalement revenu après avoir passé une période dans un Centre de désintoxication pour sa dépendance à la morphine et des autres médicaments anti-douleurs qu’il prenait.&lt;br /&gt;
Il nous a raconté comment les gens du centre l’ont aidé et de quelle façon et il a aidé d’autres personnes en tant qu’intervenant de rue.&lt;br /&gt;
Il a habité un peu chez mon père, puis est revenu à St-Roch de L’achigan, en louant une pension dans un presbytère acheté pour en faire un Centre d’hébergement pour personnes autonomes et semi-autonomes. Rapidement, il est devenu ami avec les propriétaires et s’est trouvé un petit boulot à temps partiel. Longtemps, il a fait des démarches pour obtenir une pension de l’armée, plus juste envers son handicap. Il l’a obtenue en 2007 après une bataille d’environ vingt ans.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dernièrement, John qui vivait à Montréal, atterré, s’est rendu à l’Hôpital des anciens combattants à Sainte Anne de Bellevue. Ils l’ont hospitalisé en découvrant un diabète, de l’anémie, une dépression reliée au diabète et qu’il avait fait un AVC, il y a de cela un bon bout de temps; c'était donc ça sa période trouble, associé à un choc émotif selon le médecin consulté. En outre, lui aussi est atteint du trouble de la personnalité limite incluant tout ce qui vient avec. Ce qui explique, mais n'excuse en rien, bien des attitudes inacceptables.&lt;br /&gt;
Ils l’ont pris en main et remis sur pied. Il continue ses visites mensuelles avec une psychothérapeute et son médecin, il va beaucoup mieux.&lt;br /&gt;
Après plusieurs semaines d’hospitalisation, il en est ressorti presque comme neuf. Il va beaucoup mieux et il est plus présent dans sa vie quotidienne. Sa mémoire prend du mieux comme il y a longtemps qu’elle ne l’avait fait et les petites réunions de famille sont agréables et l’on y rit abondamment. John a retrouvé ses enfants devenus adultes et il a choisi d'être présent pour eux dorénavant et il en est très heureux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chapitre 14&lt;br /&gt;
Rick, le cadet&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rick est né durant mon adolescence. Je dormais dans la même chambre que lui et on m’y avait installée afin de veiller sur lui, la nuit. Je venais de perdre ma belle grande chambre seule, celle de ma sœur aînée qui avait été placée dans un couvent à sa demande. Je n’en savais rien, mais j’allais la rejoindre bientôt.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rick s’était attaché à moi et il m'appelait maman, parce que j’en prenais soin tout le temps. Lorsque je partais pour l’école il pleurait me tendant les bras et tentant de fuir notre mère, qui avait les cheveux épais noir corbeaux, le retenant dans ses bras.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La dernière fois que j’ai vu mon frère poupon me courant après à quatre pattes en pleurant "maman", fut le jour de mon départ pour mon placement au Couvent St-Agnès, pour ma protection m’avait-t-on dit, suite au viol collectif. En fait, c'était une école de réforme dans un couvent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rick le cadet de la famille, ne l’a pas eu plus facile que nous. Il a été élevé seule par ma mère, mais il est allé vivre à quelques occasions temporairement chez mon père. Celui-ci avait refait sa vie, mais il le battait, lui, qui pourtant, avait mis la cause de sa violence envers ses enfants, sur le fait d’être en couple avec ma mère, une femme qu’il n’aimait pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mon frère était battu pour des peccadilles. Au fait, Y a-t-il des raisons à violenter quelqu’un? Excepté pour les cas d’auto-défenses évidemment.&lt;br /&gt;
Par exemple, une fois, après l’école, au lieu de faire ses devoirs, il alla jouer en pantoufle avec son tricycle dans la ruelle remplie d’huile. Revenu tout sale de sa promenade, il salit le plancher et, Oh! Quel drame!, Gilette, la 2e et jeune épouse de mon père, venait de laver le plancher, ce qui donna droit à mon frère d’être frappé. Je me demande encore qui essayait-il de convaincre ce jour là! Rick avait encore l’âge de faire du tricycle maudit!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsque Luce partit de la maison à quatorze ans, Rick demeura seul avec ma mère. Il eût une adolescence turbulente commettant quelques petits délits ici et là. Ma mère à ma grande surprise, couvrait tant qu’elle le pouvait ses larcins. Un ami à elle, une connaissance plutôt, qui était policier ramenait le jeune délinquant à la maison.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lors d’une visite chez ma mère, Rick cherchait son casque de bain dans ses tiroirs sans le trouver et il était arrogant avec ma mère. Étonnamment, elle ne broncha aucunement. Par contre lorsqu’elle a dû se lever pour aller l’aider, exaspérée, elle le frappa au visage en l’invectivant autant que faire se peut. À ce temps, ma mère se disait plus sereine depuis qu’elle avait pris un certain cours de relations humaines. Nous étions contents pour elle. Disons qu’après quelques années, sa nature profonde avait repris sa place.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rick a fait un séjour chez mon père à l’adolescence. Un jour, des policiers le ramenèrent à la maison en annonçant à mon père que Rick et un ami, avaient traversé une rame de métro d’un bout à l’autre d’une station par le tunnel souterrain. On aurait dit que mon père cherchait notre bénédiction de lui avoir sacré une volée comme la fois de la ruelle. Mes parents ont toujours eu la fâcheuse habitude de se plaindre de leurs enfants devant eux sans aucun égard.&lt;br /&gt;
Il a travaillé au restaurant pour Jerry (l’amant de ma mère), avant d’avoir sa propre affaire de disco mobile.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La nouvelle de sa participation à un concours important tel le concours de Star de la chanson de Granby. Ce concours qui se tenait à Drummondville, m’a emballé au point de m’y rendre sur l’invitation de Rick et de sa blonde Christiane, qui était chanteuse également. Christiane attendait un enfant de Rick et c’était le comble de la joie pour moi. Le tour de Rick se faisait attendre mettant ma patience à rude épreuve n’étant pas à l’aise en groupe.&lt;br /&gt;
Rick était le Disc jockey du bar et devait s’occuper de tout à la fois. Son tour venu, il interpréta une de ses compositions montée en collaboration avec Christiane. Quelle prestation! Mon frère s’est emparé de la scène comme un pro. La justesse de sa voix m’a charmé d’autant plus qu’il est un très bel homme et a une belle présentation. Il avait l'air sûr de lui et bougeait bien. Ce petit qui m'appelait jadis « maman » avait l'air d'une star sur cette scène.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Malheureusement, Rick et Christiane se sont séparés grâce à langue de vipère de ma mère, s’étant mêlée des affaires de leur couple. Avec la plus belle hypocrisie, elle encourageait Christiane qui l’aimait bien à se confier et s’empressait de rapporter ses propos. La malveillance de ma mère les a séparés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lors d’une visite chez mon père, au chalet qu’il possédait à St-Côme, ma belle-mère France, nous montra une photographie d’un joli bambin qui accompagnait une lettre de Christiane nous présentant le petit-fils de mon père.&lt;br /&gt;
Fidèle à lui-même, il interdisait à sa femme de lui répondre et nous dit de nous mêler de nos affaires. Que nous devions respecter le choix de Rick. Ce que nous avons fait à regret. Je crois que Luce s’est permise de communiquer avec Christiane, capable de tenir tête à mon père. Luce avait une relation plus privilégiée avec mon père.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle se permettait de lui répondre sans que leur relation ne se détériore, à ma grande surprise : ce que je n’ai jamais osé faire, en raison de la peur de cet homme s’étant cristallisé en moi.&lt;br /&gt;
Le petit Maxime est aussi beau et ressemble à Rick, mais il ne connaîtra pas sa famille du côté paternel sauf, peut-être à quatorze ans, quand Christiane reconnue John mon frère sur le site MySpace.&lt;br /&gt;
Nous avons eu contact ainsi que la photo de Maxime. Le malaise, la culpabilité et notre déficience en relation sociale, n’apporteraient rien de bon à Maxime. Très heureux de connaître une petite partie de sa famille paternelle. Sa joie étonne, car nous qui vivons sans famille depuis l’adolescence ne comprenons pas son enthousiasme à entrer en contact avec une famille tellement dysfonctionnelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Force est de constater qu’il n’a rien manqué d’enrichissant bien au contraire. Il est heureux de penser que ce petit ange fut heureusement protégé de la toxicité de la famille d'Oliver Raphael.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rick ayant eu sa leçon alla faire sa vie en Colombie britannique.&lt;br /&gt;
Il a tenté de se lancer dans la chanson, il a donné des spectacles. Il a fait des premières parties de chanteurs connus tel Shania Twain, sans arriver au succès escompté. Il s’est installé là-bas sur une fermette, avec sa femme, travaillant sur la machinerie agricole. Puis, il nous contactait régulièrement tentant de nous convaincre de le rejoindre. Il a trouvé son bonheur. Il s’est ouvert une compagnie qui fonctionne bien au point de devoir agrandir. Je suis heureuse pour lui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Celle qui alla devenir sa femme est partie du Québec avec lui. Ils se sont mariés quelques années plus tard. Je sais qu’ils ont perdu un enfant en route de quelques mois. Je ne sais pas s’ils ont réussi finalement.&lt;br /&gt;
Je n’ai plus de nouvelle de lui depuis que John lui a confié qu’il était accusé d’agression par sa fille. Cette nouvelle a choqué Rick qui a eu à faire face à un événement semblable lors de son adolescence où il vivait temporairement avec Luce qui avait des fillettes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chapitre 15&lt;br /&gt;
La rencontre de mon premier mari&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les coïncidences existent-elles?&lt;br /&gt;
Lors d’une sortie organisée par le couvent, nous devions partir pour la journée et temporairement perdue, épuisée de marcher par une journée de chaleur intense, je me suis assise à l’ombre sous un arbre adossé à celui-ci.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelques années plus tard, croyez-le ou non, accompagnée par Sergio, nous nous sommes rendus chez ses grands-parents dont leur maison était là où je m’étais reposée sous cet arbre. C’était l’endroit où il passait la majorité de son temps.&lt;br /&gt;
Les tourtereaux que nous sommes devenus, attendrissaient bien des membres de sa famille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au couvent, j’ai eu, je ne sais le comment et le pourquoi, la permission de recevoir des lettres de mon copain Sergio. Je puis vous dire que nous étions connectés, car à chaque fois que je recevais une lettre de lui, je rêvais la veille, qu’il y avait une lettre sur mon bureau. Qui plus est, j’ai aussi rêvé qu’il y avait une lettre épaisse sur mon bureau et le lendemain matin, Devinez quoi?, je recevais une lettre de Sergio dans laquelle il avait inclus une carte du Réservoir Baskatong (dans le Nord du Québec), lieu de son nouveau travail. Ceux-ci ne furent pas les derniers rêves prémonitoires que je fis dans ma vie.&lt;br /&gt;
Il était interdit de contact avec l’extérieur de quelques façons que se soient pour tout le monde.&lt;br /&gt;
Je crois que ma mère a manipulé les religieuses pour arriver à son but, c’est-à-dire, de lui donner une de ses filles en mariage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, j’ai connu Sergio fréquentant Jone, contrainte malgré elle, à le voir à la maison sur ordre de ma mère. Celle-ci lui ayant présenté ce gars, étant le cuisinier travaillant au même restaurant qu’elle à Longueuil et qu’elle aimait plus que ses propres fils à ce moment-là. Jone ne l’aimait pas du tout. Il lui tapait sur les nerfs et elle n’était pas sérieuse avec lui. Je l’ai rencontré un dimanche, en congé chez ma mère. Sergio était en visite pour voir Jone assise sur le divan à coté de lui. Il m’a adressé la parole, wow!, un phénomène pour moi. Sergio m’avait beaucoup jasé. Il s’était intéressé à moi. Il était agréable et le fait que quelqu’un me porte autant d’intérêt m’a rapidement charmée. J'étais en manque d’attention et en mal d’amour perpétuelle depuis ma naissance.&lt;br /&gt;
Je l’avais trouvé charmant et intéressant sans plus. Mais il a demandé à ma mère la permission de me revoir. C’est ainsi que commença notre histoire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le patron de ma mère a vendu son restaurant pour en acheter un autre à Princeville dans le Comté d’Arthabaska. Ma mère a suivi, le cuisinier aussi. Au début, ma mère trouvait le moyen de lui donner congé, lorsque je sortais aux deux semaines.&lt;br /&gt;
Ensuite lors qu’il a manifesté le désir de ne plus travailler de l’ouverture à la fermeture quatorze jours sur quinze, elle décida que c’était un sans-cœur, il fut mis à pied et banni de sa vie.&lt;br /&gt;
Je n’avais plus le droit de le fréquenter sous peine qu’elle appelle au couvent pour m’empêcher de sortir les fins de semaine. Alors, il venait sur le pouce du Réservoir de Baskatong pour être au terminus d'autobus Berri De Montigny à Montréal pour l'heure où je prenais le bus vers Princeville. Puis, il faisait le trajet aller-retour Montréal-Princeville, Princeville-Montréal avec moi. Le samedi soir il dormait au poste de police, ayant des amis policiers pour avoir travaillé et vécu à Princeville. Depuis son licenciement, il avait trouvé un emploi comme guide de chasse et pêche au Réservoir Baskatong.&lt;br /&gt;
Inutile de vous dire ce que l’on faisait durant le trajet! Les séparations étaient pénibles, les embrassades sans fin et les retrouvailles euphoriques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une des fois où nous passions les dernières minutes à nous embrasser sur la rue, au coin de l’entrée du couvent, un gars est descendu de voiture, nous a séparé, m’a pris par les épaules en mimant qu’il voulait lui aussi un baiser. Ouf! La réaction de Sergio a été instantanée. Le gars reçu un coup de poing à la figure, un coup de pied aux parties sensibles et se mit à dire en anglais, c’est juste une blague, c’est juste une blague, tentant de remonté en voiture. Oh! Mon beau chevalier venait de me défendre farouchement, dès lors je me sentis protéger de tout, s’il était là. Plus tard lorsque nous étions mariés ou qu’il se trouvait dès qu’un coup de tonnerre retentissait, il lâchait tout et accourait à la maison sachant que je tremblais dans un coin. Ceci m’attendri encore quand j’y pense.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un jour ma mère menaça de m’empêcher de sortir du couvant pour mes congés parce que je voyais Sergio malgré elle, qui avait convaincu la direction du couvant de me laisser correspondre avec lui par courrier, ce qui était interdit.&lt;br /&gt;
Par la suite, lors de mes congés, on allait Sergio et moi, soit chez mon père ou soit chez ma grand-mère.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je me suis donc tournée vers mon père qui habitait un petit deux et demi dans Hochelaga Maisonneuve, coin des rues Létourneux et Adam. Il a accepté que Sergio et moi passions nos congés ensemble chez lui. Quelle joie d’entendre : « ben oui ma fille! » Il a connu Sergio et l’adopta aussitôt!&lt;br /&gt;
Mon père faisait toujours sonner ses clés avant d’ouvrir la porte pour nous donner le temps de nous relever.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ma grand-maman bien aimée s’ennuyait toute seule et notre compagnie la ravissait et ce jusqu’aux petites heures du matin.&lt;br /&gt;
Sergio était aimé de tous : drôle, très volubile, tant d’histoires à raconter, un vrai « One Man show » ce gars là.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À presque dix-huit ans, toujours au Couvent, j’étais dans un groupe se recherchant un emploi afin de devenir autonome. Donc, en attendant que le jour de mes dix-huit ans arrive, j’occupais un emploi de commis de bureau pour l’Association ou le Syndicat des infirmières Unies à Westmount. Cet emploi aurait pu être un excellent tremplin pour une carrière cependant, étant enceinte, la nausée me faisait courir à la salle de bain constamment, j’ai dû quitter mon emploi. Nous étions toutes de retour au couvent à la fin de la journée. Le jour de l’anniversaire des filles, une rose et un gâteau venaient annoncer leur sortie définitive. Mon anniversaire passa sans que rien ne se produise. Le lendemain à mon grand désarroi, rien encore. Ainsi, le vingt-quatre septembre je me décidai à demander à l'intervenante présente pourquoi mon anniversaire avait été ignoré, celle-ci me répondant: « je ne sais pas, je vais m’informer et te revenir là-dessus ».&lt;br /&gt;
Je peux vous dire que ce fut les heures les plus longues de ma jeune vie. On connaissait la possibilité que des filles soient retenues jusqu’à vingt et un ans. J’avais si peur que ce soit mon cas parce que j’étais enceinte.&lt;br /&gt;
Le vingt-cinq en soirée je fus rencontré et j’obtins l’explication que le juge était en vacance et que c’est pour cette raison qu’ils n’ont pas eu la confirmation de ma libération. On m’a dit que je serais relâchée le lendemain, mais qu’il fallait attendre le retour du juge pour obtenir le jugement officiel de ma libération. Il a été décidé, en attendant ma libération, que tant que je demeurais sous leur responsabilité, je devais retourner chez mes parents; ce qui perdura trois mois.&lt;br /&gt;
Je vivais chez mon père et Sergio était très présent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sergio, mis au fait par ma mère du viol collectif que j’avais vécu, fut respectueux durant dix-huit mois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une discussion houleuse a précédé notre première relation sexuelle. Face à mon questionnement sur les vrais raisons qui le poussaient à vouloir coucher avec moi, il me répondit : « si tu crois que je te fréquente seulement pour avoir des relations sexuelles alors, Comment expliques-tu que j’ai fait ce millage tout ce temps sans qu’il se passe quoi que ce soit entre nous? Si tu ne veux pas on ne le fera pas, c’est tout! »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lors de ma comparution devant le juge, les yeux de tous les gens présents dans la salle se sont posés sur mon ventre arrondi.&lt;br /&gt;
J’avais annoncé à Sergio au téléphone trois mois auparavant, que ce que nous tentions de faire, avait réussi. Audacieuse, je venais de lui annoncer ma grossesse devant une éducatrice. Tout ceci pour vous dire que ce contretemps retardant ma sortie, m’occasionnant des cauchemars pendant cinq ans après ma libération, à l’idée que j’étais toujours au convent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet enfant que nous avions planifié, fut pour prouver au monde que nous unirions nos vies malgré les embûches qu’ils avaient placées sur notre chemin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, accompagné par Sergio lors de la parution devant le juge de la Cour juvénile, celui-ci me demanda ce que j’avais comme projet et je lui annonçais fièrement que je me mariais avec Sergio et des vœux de bonheur nous furent adressés par le juge.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès le début de notre rencontre, j’ai su que Sergio était mon homme; il l’est encore et le sera toujours.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nos chansons étaient La Manic de Georges D’Or, Tu t’en vas d’Alain Barrière, Je reviens te chercher de Gilbert Bécaud au temps où nous sortions ensemble et ne nous voyions qu’à mes permissions de sortie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous voulions nous marier et deux prêtres nous l’ont refusé à Longueuil; le deuxième nous a dit de cesser nos tentatives, car l’Archevêché de Montréal nous bloquait. Les religieuses avaient informé quelqu’un à l’Archevêché de mon passé. D’après elles, notre projet de mariage était un divorce assuré.&lt;br /&gt;
Nous avons alors mis le cap sur l’église du Lac Cayamant où vivait le père de Sergio.&lt;br /&gt;
Quoiqu’il y ait eu obligation de suivre un cours de préparation au mariage donné à Longueuil, le prêtre accepta de nous marier après nous avoir fait remplir un questionnaire sur lequel était demandé, entre autres, si j’étais enceinte et si c’était la raison de notre mariage. Nous voilà esquissant un sourire!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rapidement, nous avons pris un appartement à Longueuil et Sergio alla travailler sur les toitures avec son cousin Dédé, le frère de Mike et son oncle John-Paul qui était propriétaire de la compagnie de toiture.&lt;br /&gt;
Son oncle et sa tante nous appelaient les tourtereaux. Nous étions si amoureux collés l’un sur l’autre et s’embrassant tendrement. J’ai toujours pensé que ce que Dieu unissait, nul ne pouvait les séparer même dans la mort.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons célébré notre mariage au Lac Cayamant, en janvier 1974, année de naissance de Caro; j’avais un ventre de sept mois qui en avait l’air de neuf avec des jumeaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le trajet à partir de Montréal était d’une durée d’environ huit heures. Vous comprendrez qu’il manquait plusieurs membres de nos deux familles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hillary, le père de Sergio, avait préparé la réception chez-lui. Il y avait une très belle table et ce fut convivial. Lui et ma grand-mère se sont très bien entendus et ont beaucoup échangé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mon père, pour faire sa part, a remis de l’argent à mon beau-père et il trouva très drôle de relever ma robe de mariée devant tout le monde.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parmi les invités, il y avait les plus jeunes frères de Sergio : Claudio, Daniel et Marcelo.&lt;br /&gt;
Ainsi que notre voisin, agriculteur du coin du rang, âgé, gentil et serviable, mais dont nous ne comprenions pas un mot par son accent très relevé de la région.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aussi étaient présents, Jone et son futur mari Dédé, cousin de Sergio, avec son père John-Paul et son épouse (couple qu’on aimait bien), à qui mon père a fait la cour.&lt;br /&gt;
Jone fut très malheureuse avec le père de ses deux enfants. Son infidèle de mari courait la galipote durant sa deuxième grossesse. Jone et Dédé se sont installés également dans un chalet au bord du Lac Petit Cayamant, aussi appelé Lac à L’arche, mais Jone vécu ce que ma mère vécue au début de son mariage, c’est-à-dire, la misère noire avec deux jeunes enfants : rien à manger, ni pour chauffer le poêle, l’eau à puiser à travers la glace qu’elle devait casser sur le lac, son mari absent.&lt;br /&gt;
Après sa séparation, seul un homme eu le privilège d’entrer dans sa vie, un italien d'origine. Il gâcha cette chance en lui imposant toute sa famille dans la même maisonnée ainsi que sa tendance pernicieuse au jeu de hasard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ma grand-mère paternelle m’aida à me préparer le matin du mariage et insista pour que je dorme avec elle la veille. Elle a fait ce long trajet afin que je ne me sente pas seule sans ma propre mère et elle a agit comme telle avec un bel amour dont je me rappelle toujours. J’aime autant ma grand-maman partie pour le long voyage, malgré le fait que je ne lui rendais pas souvent de visites, grugée par la culpabilité d’aller la voir tandis que je n’allais pas visiter ma mère.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Loin d’être riche, nous sommes restés sur l’assistance sociale pratiquement toute la durée de notre mariage, sauf pour les courtes périodes où il me laissait travailler pour combler une accumulation de comptes en retard.&lt;br /&gt;
Nous habitions un « shack » au bord du Lac Cayamant. Les repas de nouilles au jus de tomate étaient fréquents autant que le beurre d’arachide.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Puis, nous avons habité à Maniwaki en 1975, le temps que Sergio prenne son cours de taxidermie avec Leonardo Facchin : un merveilleux personnage que je n'ai jamais oublié et Caro a eu son premier gâteau d’anniversaire cette année là.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pendant ce temps, j’étais serveuse de jour dans un restaurant. Au départ, j’étais plongeuse et aide cuisinière dans l’attente de devenir serveuse.&lt;br /&gt;
Le premier jour de travail dans ce restaurant, j’ai reconnu le livreur du restaurant qui auparavant, venait sonner chez-moi la nuit en l'absence de Sergio sous de faux prétextes tels : de chercher une adresse ou que l'on avait commandé une pizza. Ce manège s’était répété jusqu'à ce qu’un soir, Sergio resté à la maison aille répondre à la porte. Le livreur a tellement eu peur qu’il n’est plus revenu.&lt;br /&gt;
Disons que son visage s’allonga lorsqu’il m’aperçut dans la cuisine du restaurant avec le tablier de cuisinière. Je n’ai rien dit pour ne pas lui causer de problème et il n’en fut jamais question.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par la suite, nous avons acheté le chalet de son père Hilary, à côté de celui de son frère John-Paul. C’était un chalet hivernisé muni de trois chambres à coucher, d’une cuisine, d’une salle de bain et d’un salon ne pouvant servir que l’été. Il était fait de rondins, les planchers et comptoir en contre-plaqué, chauffé au poêle à bois. La finition était inexistante sauf pour une partie du mur de la cuisine sur lequel il y avait d’apposer des lattes de bardeaux de cèdre. Bâti sur un pan de colline au bord d’un petit lac, dont l’extérieur était recouvert de bardeaux bleus.&lt;br /&gt;
Sergio avait un terrain non loin de là, en bas de la pente et avait commencé à bâtir notre maison, mais par manque de fond, elle ne fut jamais terminée et fut vendue.&lt;br /&gt;
Son père, Hilary, habitait ce chalet qu’il avait construit après la mort de sa femme, désespéré par l’événement.&lt;br /&gt;
Il était enchanté à l’idée que Sergio veuille enfin aller vivre là-bas, ce qu’il aurait souhaité depuis de très nombreuses années. Ils construisirent le chalet avec le bois brut de la forêt. Il était situé en haut d’une pente d’environ cent pieds du bord du lac.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous n’avions ni vie sociale, ni activité et les journées me semblaient interminables.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Connaissant mon amour des chevaux, Sergio m’en avait acheté un, en fait, un demi-cheval. Cette pauvre bête a eu la pire qualité de vie qu’un cheval puisse avoir et ce, par mon ignorance.&lt;br /&gt;
J’ai toujours adoré les chevaux, mais je n’y connaissais rien. Aucun enclos, pas de travail en longe, logé à proximité, dans le sous-sol humide et sombre du chalet de Marcelo (frère de Sergio). Les rares occasions qu’on le sortait pour lui mettre une selle, il prenait ses jambes à son cou et il se sauvait chez le voisin qui nous l’avait vendu, de plus, il avait été séparé de sa belle qui y était.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tôt le matin, il nous arrivait d’admirer la brume sur le lac et d’apercevoir le Huard. Ah…que c’était magnifique d’entendre les hardes de loup se répondre d’un bord à l’autre du lac.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y avait des courtes périodes de transition entre la campagne et la ville pour aller travailler.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un temps où nous étions à Montréal, il avait suivi un cours de boucher. Après avoir trouvé un emploi à proximité de la maison, il a tout abandonné.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fait, Sergio était dans son élément au Lac: trappeur, chasseur, pêcheur. Son âme vivait au son de la nature.&lt;br /&gt;
Il vivait au rythme de vie de la nuit, trop difficile pour lui de se lever le matin. Il était un homme des bois. Il a fait de très belles prises : un loup, un lynx, un vison, d’innombrables castors et martres, même un pékan ce qui est très difficile à capturer tout comme le loup et le lynx. Nous avons même gardé de courts laps de temps des animaux sauvages capturés encore vivant dans les pièges, tel un loup, un hibou, un vison, une perdrix.&lt;br /&gt;
L’hiver en motoneige, il allait faire le tour des pièges, en soirée il préparait ses peaux. Nous les vendions directement à la Compagnie La Baie d’Hudson au Centre-ville de Montréal, comme au temps du troc avec les autochtones. À un certain étage du magasin, il étendait ses peaux soigneusement préparées, sur une grande table devant un des spécialistes qui les examinait avant de lui faire un prix. Il réussissait très bien, mais ce n’était pas suffisant pour faire vivre une famille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons aussi fait l’élevage de lapins dans la cave du chalet et pour nous amuser, capturer des mulots vivants, avec une trappe pour les capturer vivants. On leur a fait une maison et construit une cage. On en a fait l’élevage un temps, même moi je trouvais très jolies ces petites bêtes au ventre blanc et la peau si lâche.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ah…c’était le bon temps pour notre couple.&lt;br /&gt;
J’étais heureuse fusionnée avec mon mari, à deux nous avions une vie. Suite à notre divorce, j’ai longtemps recherché à revivre ce genre de relation avant de comprendre que c’était malsain, mais la fusion avec Sergio n’a jamais pris fin. Je me réveille encore occasionnellement au petit matin, en regardant sur l’oreiller voisin pour voir s’il y est et je rêve continuellement à lui après vingt ans.&lt;br /&gt;
Jacques, mon premier copain après ma séparation, m’a raconté à la fin de notre relation, que je me réveillais la nuit en criant le nom de mon mari.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En outre, le père de Sergio ne m’aimait pas parce que je lui avais volé son fils, lequel sans moi aurait passé ses congés avec son père au chalet qu’il fallait terminer et de plus, lors de notre première rencontre, il n’a pas apprécié ma personne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chapitre 16&lt;br /&gt;
La famille de Sergio&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y avait dans cette famille, une histoire tragique de maladie héréditaire des reins, souvent mortel. Que ce soit doubles côtes d’un coté, déficience intellectuelle, et syndrome de Bright pour Marcelo. Claudio subit maintes greffes de reins.&lt;br /&gt;
Je n'ai pas connu ma belle-mère, ni un autre petit frère décédé précédemment.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Son père heureux de faire ma connaissance et d'avoir la visite de John-Claude qui nous conduisit là-bas, après des refus de la famille proche, avait préparé une superbe table et une magnifique oie sauvage dorée à point, garnissant le centre de la table.&lt;br /&gt;
Hilary fut à jamais froissé parce que j’avais refusé, malgré son insistance, de m’attabler. J’entendais le petit râler; je sentais l’urgence de le monter à l’hôpital et nous avions cinq heures de route à parcourir et ce durant une tempête hivernale. Son père a cru que c’était par dédain que je refusais de m’attabler. J’ai su très longtemps après qu’il m’avait prise pour une pimbêche. Il a cru que le chalet fait de rondins et le contre-plaqué à nu m’avaient rebutée. Rien de plus faux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Timide de façon maladive, j’osais à peine répondre lorsque l’on m’adressait la parole. L’estime que j’avais de moi était si inexistante que je ne pouvais que penser « ce n’est pas à moi qu’il parle, il doit s’adresser à une personne derrière moi ». J’ai été comme ça une bonne partie de ma vie. C’est pourquoi je me considérais comme antisociale. Je ne réussis à me débarrasser de cette gêne maladive, que vers le début de la cinquantaine.&lt;br /&gt;
Les mauvais traitements psychologiques, les violences physiques, le dénigrement incessant de ma mère envers nous tels : « espèce d'insignifiante» ou, « Qu'est ce que j'ai fait au bon Dieu pour vous mettre au monde? » ont construit et consolidé des pensées et des gestes destructifs envers moi-même. Je m’étais tellement encré le mot "insignifiante" dans la tête que ce n’est que lors d’une thérapie pour traiter les conséquences des abus physiques, psychiques et sexuels que ce souvenir m’est revenu et que j’ai pu l’exorciser.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le petit que nous avons transporté à l'hôpital à Montréal, était âgé de treize ans et hélas, il ne s’en est pas sorti. À notre arrivée à Montréal, non loin de l’hôpital son cœur a lâché. John Claude qui conduisait s’est dirigé vers une ambulance dans un stationnement d’hôpital. Arrêté par un banc de neige, je fis signe aux ambulanciers de venir. Sergio massait le cœur de Ronald en pleurant et en criant : « NON! NON! Rolland reste avec nous! ». Les ambulanciers prirent vite l’adolescent avec eux et se sont dirigés vers l’Hôpital Montreal-Children où la famille est connue et suivi pour cette maladie très rare, qu’est l’urémie congénitale aussi appelé le mal de Bright.&lt;br /&gt;
Après quelques heures aux soins intensifs, Rolland a rendu l’âme. Cette épreuve venait s’ajouter à cette vie entière de malheurs successifs s’abattant sur Sergio et sa famille.&lt;br /&gt;
Un de ses jeunes frères avait déjà passé plusieurs années à l’hôpital à subir des greffes de reins successives et était tout de même décédé. Sa mère de qui on disait qu’elle était un ange, aimé de tous, est décédée de la maladie qui s’est déclarée à la naissance de Claudio, le plus jeune des frères. Elle est décédée avant de voir le dénouement concernant le petit, que je n’ai connu que par les photographies de lui dans les journaux, durant son long séjour à l’Hôpital Montreal Children.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À la naissance de Caro notre fille, un des premiers tests que nous voulions qu’elle passe était pour cette maladie. Le test devant se faire qu’après un certain âge, nous avons dû attendre quelques années. C’est avec angoisse que nous avons attendu les résultats de ce test qui s’avéra négatif à notre grand soulagement. Caro est tout de même informée que la maladie peut sauter une génération et les médecins des enfants sont au courant de cette histoire familiale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plusieurs années plus tard, Claudio dû subir une greffe de rein. Il en subira d’autres après le décès de Sergio pour finalement aller rejoindre son grand frère au paradis. Marcelo a suivi à son tour, décédé d’une autre cause reliée à une grande souffrance morale. Hilary trépassa par la suite en rendant l’âme dans son sommeil.&lt;br /&gt;
J’ai aimé d’une manière différente Claudio et Marcelo, mais je les ai aimés réellement. Sergio avait aussi des sœurs : Lucie, Dana et Nicol.&lt;br /&gt;
C’est Lucie que nous avons le plus fréquentée. Elle est la sœur qui s’en est la mieux sortie psychologiquement. Elle avait déjà une famille nombreuse lorsque je l'ai connue, étant mariée avec un bon père de famille, travailleur, que nous apprécions beaucoup.&lt;br /&gt;
Dana et Nicol, je ne sais trop pourquoi, ne sont présente à ma mémoire qu’après notre divorce. Nous les visitions rarement et vice-versa. Nicol était un peu « wirdo » et Dana était la plus raisonnable après Lucie. Elle aimait beaucoup Sergio, mais n’avait pas de façon avec moi peut-être ma gêne maladive passait-elle pour de l’indifférence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chapitre 17&lt;br /&gt;
Notre séparation&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre couple commença à aller mal au Lac Cayamant lorsque Caro, âgée de quatre ans, était gardée à la semaine chez une voisine parce que je travaillais à Maniwaki de nuit comme serveuse au comptoir d'un restaurant de repas rapide. Ne pouvant voyager, je chambrais là-bas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un jour de congé et lasse de cette situation, je me suis défoulée pour toutes ces années de silence, auprès de Sergio assis dans son bain.&lt;br /&gt;
Sergio a écouté, abasourdi, sans dire un mot, jusqu’à la fin.&lt;br /&gt;
Assise à la vieille table de cuisine, relatant notre histoire de pauvreté et mes désirs de nous en sortir, moi si travaillante mais si pauvre. J’étais très mal renseigné sur le malheur, combien de fois aurais-je voulue retourner en arrière les années qui suivirent. À la fin de ce monologue, j’ai exprimé mon désir d’allé vivre en ville, afin que l’on travaille tous les deux, que l’on se forge une nouvelle vie autrement que dans la pauvreté.&lt;br /&gt;
Sergio acquiesça à ma demande.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le plan étant que je retournais travailler à Maniwaki et que lui descendrait à Montréal pour nous trouver un appartement et que je le rejoindrais à ce moment. Je repartis là-bas tel que prévu. Quant à lui, il retrouva son cousin Mike à Montréal, qui lui, planifia notre futur. Celui-ci travaillait videur dans un Club de danseuses nues où il faisait travailler sa femme&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J’attendais tous les soirs l’appel de Sergio chez ma logeuse, car les interurbains étaient interdits. Après quelques soirs sans appel de sa part, inquiète sans me douter de ce qui se passait, je reçus enfin un appel de lui. Il me dit : « Je m’en viens, je dois te parler ».&lt;br /&gt;
Il s’en revint de Montréal comme il s’en était allé, sur une moto (Honda 125cc), faites pour les sentiers et la route par un froid de canard. Il m’a rejoint à mon travail, gelé et tremblant. Je n’en savais rien, mais c’était le début de la fin.&lt;br /&gt;
Après s’être réchauffé avec du café chaud, il m’avoua qu’il m’avait trompé et que si je lui pardonnais nous retournerions ensemble en ville. Malgré la promesse de ne plus la revoir, il l’a revue parce qu’elle l’aimait.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par contre, ce n’était pas la première infidélité commise par Sergio.&lt;br /&gt;
Il fut un temps en ville pendant que je travaillais chez Sears et Sergio dans une Compagnie de produits électriques, qu’une voisine venait chez moi lorsque je n'y étais pas. Je l’ai su en trouvant sous mon lit un string noir enroulé. J'ai simplement demandé à mon mari ce que ça faisait-là. Il me répondit sur un ton normal : « Ha! Elle s'est changée vite fait ici, elle devait partir ». J'ai avalé cela comme si de rien n'était. Il ne pouvait pas me mentir, il m'aimait, du moins, c’est ce que je croyais.&lt;br /&gt;
Un peu plus tard, il me demanda d'aller lui faire une visite, car elle était en prison. Ce que je fis soumise que j’étais. La visite fut écourtée, étant donné qu’elle était rébarbative à ma visite en me disant : « Que fais-tu ici, toi qui penses que j'ai couché avec ton mari? ». « C'est sur sa demande que je suis ici » lui ai-je lancée. « Alors oublie donc ça » me dit-elle en se levant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il m'a fallu quelques années avant de comprendre que des futures requêtes fantasques de la part de mon mari, concordaient avec cet événement ainsi, en conclure qu'il m'avait trompé pour la première fois alors que Caro n’avait qu’un an et demi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Donc, mon père nous a accueillis chez lui le temps que nous trouvions un logement. Ma fille et moi, dormions sur le sol, dans une petite pièce sur une peau d’ours que Sergio lui avait offert. Les jours et les nuits passèrent en l’absence de Sergio que j'attendais, sauf pour les deux premières nuits où il ne trouvait pas le sommeil.&lt;br /&gt;
Mon père ne disait rien de me voir trompée par Sergio.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Puis, un ami de mon père l’informa qu’un logement venait de se libérer dans son bloc appartement non loin de là. Sans emploi, mon père parla pour nous au propriétaire et j’obtins ce logement. Sans meubles, ni autre possession, l’Organisme St-Vincent de Paul aura meublée l’appartement au grand complet, par le strict nécessaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avant cette détérioration, nous avions des rapports sexuels une fois par mois. Aucune fantaisies, ni gâteries, tout de ce que je pouvais faire me ramenait à un ou l'autre des gestes posés durant le viol collectif subie à l’âge de quinze ans.&lt;br /&gt;
Alors qui peut le blâmer? Même pas moi. Au début de notre relation, l’intensité de mes sentiments était telle que je taisais ces souvenirs douloureux, mais après deux ans, terminée la lune de miel.&lt;br /&gt;
C’est là que débuta la perversion de Sergio. Des demandes de toutes sortes plus perverses les unes que les autres, devaient être comblées sous la menace du divorce.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet, Sergio m’avait, lui aussi, trouvé du travail dans les bars. Il faut croire que la jalousie l’avait quitté et qu’il ne m’aimait plus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un jour, sournoisement, il m’a amené au Club de danseuses, lieu de travail de Loulou et Mike son proxénète. Sergio et Mike insistèrent pour que je monte à mon tour sur la scène. Devenus harcelant, ils m’offrirent une vodka double afin d’inhiber ma gêne et ainsi mon refus (je ne sais toujours pas dire non). Toujours sous la menace du divorce, j’ai cédé à ses demandes tels que de photographier une sœur, une amie, en pause sensuelle en bikini, ensuite topless et bien sûr, ce n’était jamais suffisant, il y avait constamment une suite!&lt;br /&gt;
Rien ne fit! Il devait la toucher, toucher à ma meilleure amie, une relation complète et devant moi à leur coté.&lt;br /&gt;
En dernier, je devais lui trouver des femmes toujours sous la menace du divorce…ce que je ne trouvais pas!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avant que Mike ne laisse Loulou, avec laquelle il a eu un enfant, nous avions passé plusieurs nuits chez lui. Sergio passait des nuits entières à regarder avec des jumelles à travers les fenêtres des immenses blocs à appartement d'une quinzaine d'étages en face du bloc appartement de chez Mike afin de nous voir, Loulou et moi, faire l’amour ensemble pour leur plaisir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mike battait sa femme, laquelle lui obéissait, mais moi, Sergio ne me battait pas, c’était mon esprit entier qui était abattu, ma volonté entière anéantie par mon éducation, je n’opposais aucune résistance.&lt;br /&gt;
Éduquée dans la violence, l’interdiction de s’expliquer ou de dire non durant dix-huit ans, ça t’efface un caractère et une personnalité. Je pleurais souvent, trop sensible et incapable de contrôler mes émotions, vu que je reniais ce que je ressentais, ce que je voulais ou non et que je ne m’exprimais pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je laissais s’éloigner mon mari après avoir cédé à maintes reprises à son chantage émotif par des menaces de divorce, si je ne comblais pas ses caprices de nature sexuelle.&lt;br /&gt;
Il fut pris à son propre jeu, le jour où je n'ai pas répondu « non » à sa question : « Veux-tu que je m'en aille? »&lt;br /&gt;
Après avoir amassé quelques affaires, il me dit une ixième fois: « C’est ça que tu veux, que je m’en aille? »&lt;br /&gt;
Je ne voulais plus de lui certaine qu'il m'avait quitté. À son retour, j’avais un travail, une gardienne et un copain. Oh! Il a bien tenté de m’intimider en me bousculant, mais c’est alors que je disparus chez un ami de mon copain parti en voyage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La première année après le divorce, je travaillais dans les Clubs, puisqu’aucun emploi n’était suffisamment rémunérateur pour nous permettre de vivre, Caro et moi, étant une famille monoparentale, sans pension alimentaire et une gardienne à payer.&lt;br /&gt;
Après ma rupture avec Sergio, un long mois passa à me demander comment je paierais le loyer en cherchant des emplois à temps plein, qui suffirait à payer les comptes et c’est ainsi que je suis retournée comme palefrenière à Blue Bonnet en demandant une augmentation de salaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Blue Bonnet est un des emplois que j’ai quitté à la demande de Sergio, par jalousie. J’aimais beaucoup ce travail dans lequel j’étais naturellement douée.&lt;br /&gt;
L’emploi précédent qu’il me fut quitter fut vendeuse chez Sears, encore une fois parce que je parlais abondamment de mes collègues, puisque je travaillais dans la vente au département des sports. Quoique sa jalousie allait vite s’estomper, par la venue de son cousin Mike qui l'encouragea à me faire travailler dans les Clubs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Donc, John-Paul Gauthier, le patron à Blue Bonnet, m’augmenta de vingt-cinq dollars par semaine, ce qui était considérable à l’époque dans ce domaine, pour un total de cent -vingt- cinq dollars par semaine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J’aimais bien celui qui devint l’entraîneur; c'est lui qui m'avait formé. Ensuite, quelques mois à peine après mes débuts à ce travail, le patron de l'écurie me confia les chevaux dont ceux que l’entraîneur avait la charge, c'est-à-dire les champions de l'écurie. Je n'étais pas peu fière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je le fis quelque temps pour me rendre à l’évidence que ça ne suffirait pas et à retourner vitement travailler dans un Club afin de payer mon loyer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet emploi de nuit que Sergio avait introduit dans ma vie, comme son cousin dans celle de sa conjointe qu’il battait, je l’ai gardai deux ans, entrecoupé par des tentatives d’autres emplois, mais le salaire ne me permettait pas de payer les factures et la gardienne. C’est à ce moment que j’ai commencé à faire garder Caro à la semaine. Je croyais qu’elle ne se rendrait pas compte que nous n’étions plus ensemble son père et moi.&lt;br /&gt;
Erreur majeure de ma part, laissant à mon bébé chéri un sentiment profond d’abandon.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Deux ans à penser que Caro ne verrait rien de notre séparation considérant qu’elle ne me voyait que les fins de semaine. Qu'elle ne s’apercevrait pas de l’absence de son père ! Deux années à dire à Caro que je travaillais fort pour ramasser des sous pour aller vivre dans une grande maison à la campagne. Ce que je fis après deux années à vivre à un rythme infernal parmi des gens altérés par la drogue, l’appât du gain, le pouvoir, la luxure. Naïve comme je l’étais, j’ai souvent été prise dans des coins sombres; j’ai appris par la dure école. Appris également à me connaître un tant soit peu, à reconnaître mes valeurs et à faire des choix. J’ai fait de nombreuses choses dont je ne suis pas fière de vingt-cinq ans à vingt-sept ans. J’ai vécu comme une adolescente irresponsable au frais de mon enfant de cinq ans qui en a souffert, ressentant du rejet, de l’abandon contrairement à ce que je pouvais m’imaginer.&lt;br /&gt;
Quand Caro a commencé à être en deuxième année scolaire, que j’ai décidé de travailler sur le même horaire que l'école. Ainsi, les frais de garderie en moins, je pouvais respirer un peu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qui plus est, j’ai laissé Caro à la garde de Sergio durant deux mois sans donner de nouvelles. J'en faisais des cauchemars rêvant que ma mère battait ma fille.&lt;br /&gt;
Après deux mois de séparation, j’ai téléphonai à Sergio qui m’a dit : « Ok! Viens ici! J’ai compris, viens ici! Je t’en pris. On va arranger ça ensemble. On va se partager les frais de garde ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il avait trouvé une gardienne chez la mère d’un de ses copains à Wickham. Ce que son t’chum de gars avait omis de dire à Sergio à propos de sa famille, est qu’un de ses frères adolescent ayant des problèmes de comportements, était suivi par la DPJ. Caro a aimé vivre là un bout de temps, mais ce que nous avons appris quelques mois plus tard, est que ce jeune allait la rejoindre dans son lit le matin très tôt. Cela a duré un temps jusqu'à ce qu’il tente de « jouer » avec elle dehors dans la forêt. Caro a eu peur, s’y est opposé et y mit fin.&lt;br /&gt;
L'ironie dans ce fait est que selon Caro, que le frère et la sœur cadette ainsi que leur mère, tous très gentils avec elle, la tenait loin d’un monsieur qu’il fallait se méfier et qui habitait à proximité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chapitre 18&lt;br /&gt;
L’amour idyllique avec Marcelo&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Marcelo, le frère de Sergio, vivait chez un copain et Sergio travaillait pour ce copain. Ils partaient tout les deux le matin et Sergio disait à son frère : « Prends bien soin de ma femme ». C’est ce qu’il a fait. Nous avions du plaisir à écouter de la musique, à rire, à flâner toute la journée ensemble. Marcelo était très différent de Sergio et je ne ressentais aucune crainte à être en sa compagnie toute la journée; il était gai à mes yeux. Alors, je pouvais lui faire confiance. Nous avons tiré quelques bouffées ensemble d’ailleurs, c’est le seul temps de ma vie que j’ai apprécié cette herbe. Quels bons souvenirs de ce mois! Malheureusement, des sentiments se sont immiscés entre nous. Le désir s’ensuivit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous n’en firent rien du tout, car nos sentiments et notre respect pour Sergio étaient plus grands. Nous tentions de nous convaincre que rien ne pourrait surpasser l’amour que nous avions pour Sergio. Finalement, la tentative de Sergio de vendre de la publicité ne fit pas fureur or, nous retournions au chalet avec Marcelo à mon grand plaisir.&lt;br /&gt;
Sergio n’était pas dupe et s’aperçu rapidement de notre affection l’un pour l’autre, par un regard complice échangé en jouant aux cartes.&lt;br /&gt;
Malgré que rien n’était arrivé entre nous, Sergio était furieux : il prit quelques affaires et parti dans le camion. Je l’ai suivi à l’extérieur en lui criant, le priant, le suppliant, jurant que rien n’était arrivé.&lt;br /&gt;
Il s’arrêta au bout du chemin, rebroussa chemin et invita Marcelo à nous quitter.&lt;br /&gt;
Les jours suivant ont été très difficiles, car je n’en ai pas de souvenirs, tout comme les salves subies dans mon enfance. De là vient assurément le fait que je sois devenue médium, en fuyant très jeune les problèmes, en me réfugiant la tête dans les nuages, la réalité étant trop difficile à supporter.&lt;br /&gt;
Je suis devenue une habituée des êtres de l’au- delà.&lt;br /&gt;
Je devais souvent être dans la lune dirait-on.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vous comprendrez pourquoi lorsqu’il m’a annoncé qu’il avait eu une maîtresse, que je puisse avoir de la facilité à lui pardonner. J’avais vécu une chose semblable, je pouvais donc comprendre.&lt;br /&gt;
Ensuite, les nouvelles de Marcelo était moins bonnes étant devenu toxicomane à temps plein. Je l’ai revu seulement lors du service funéraire de Sergio encore très intoxiqué, pleurant et tentant d’ouvrir le cercueil, vu qu’il voulait le voir mort pour le croire.&lt;br /&gt;
J’aurais dont voulu le prendre dans mes bras et le prendre à part pour lui placer la tête sur mes genoux et le consoler. Ce fut tellement triste, encore plus triste du fait qu’il s’agissait d’un meurtre. Je ne pus retenir mes larmes; le père de Sergio est venu me prendre dans ses bras malgré sa fille. En effet, sa fille Dana, qui habitait près de chez Sergio et très amie avec la conjointe de Sergio, voulait me sauter au visage. Allons savoir pourquoi? Connaissant la famille, je me doutais qu’un drame allait se dérouler aux funérailles et ceci explique l’absence de Caro.&lt;br /&gt;
Quelques années passèrent avant qu’un autre décès survienne dans cette famille. Claudio, le frère de Sergio, que nous aimions beaucoup perdit la vie après maintes greffes de reins et Marcelo que je chérissais dans mon cœur partit d’une overdose.&lt;br /&gt;
C’est alors que j’ai su par mes dons de médiumnités, que Sergio attendait son frère pour changer d’étage dans les élévations possibles dans l’au-delà, car je les ai vus assis sur un banc discutant ensemble.&lt;br /&gt;
Sergio ne m’a jamais vraiment quitté, encore aujourd’hui, il me visite la nuit quelques fois par années. Souvent à ma demande, tout comme il est venu me réconforter quelques jours après son décès : il m'apparu au meilleur de sa forme physique et mentale, portant sa chemise à carreau et ses habits préférés pour la pêche me disant : « c'est correcte, tout est correct ». Cette nuit là, à l’heure de sa mort, il est venu prendre Caro dans ses bras. Ma toute petite avait fait un rêve prémonitoire : Elle fut effrayée par la lumière vue dans un rêve. Puis, elle s’est calmée en se disant : « ben non, je n’ai pas à avoir peur de la lumière c’est Dieu ». Ce rêve fut interprété par Jacqueline Aubry Morin lors d’une conférence sur l’analyse des rêves, à laquelle j’ai assisté en compagnie de Caro. Madame Morin dit à Caro devant toute l’assistance qu’elle est une âme pure, qu’elle apportera bien-être et réconfort à bien des gens tout au long de sa vie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sergio mourra à trente-trois ans. On m’a annoncé la nouvelle par téléphone, par ma sœur qui le côtoyait.&lt;br /&gt;
Il savait qu'il allait mourir jeune : il l'a souvent dit. Dans sa famille, plusieurs personnes étaient douées de la capacité de clairvoyance, voyance, dons de guérison. Ses grands-parents ont gagné leur vie entière avec ces dons. Sergio a partiellement été élevé par ses grands-parents. C'était des gens bons, simples, accueillants. Ils m'ont acceptée d'emblée à la première rencontre contrairement à son père m’ayant détesté dès le début. Je lui avais fait bien mauvaise impression.&lt;br /&gt;
Le procès a avorté, car les deux témoins qui auraient pu changer l'issue du procès, ont refusé de parler. Ils ont menti aux policiers. Sergio est décédé d’une mort violente, mais pour eux, seul comptait le fait qu’ils n'aient pas été impliqués.&lt;br /&gt;
Sa conjointe connaissait les gars qui sont venus chercher Sergio le soir du meurtre. L’ayant prévenu par téléphone d’être prêt, car ils venaient le chercher, il aurait dit à sa conjointe : « ça sent mauvais », mais il est tout de même descendu lorsque la sonnerie retentie et l’un d’entre eux, qui était jadis un policier lui dit : « descends, ont t’attends ». Sa conjointe a raconté les faits à la police qui l’ont protégée comme témoin. Ce matin là, Luce, ma sœur, arriva très tôt chez eux alors que les policiers y étaient déjà. Elle fut interrogée, mais s’en sortit en disant qu’elle était sa belle-sœur. Cependant, elle me raconta tout ce qu’elle savait.&lt;br /&gt;
Mike, le cousin de Sergio, se sauva au Lac Petit Cayamant pour une vingtaine d’années, car il avait peur pour sa peau. Il avait vendu une bonne quantité de « hash » de piètre qualité et il les clients mécontents, n’ont pas tardé à lui lancer de sérieux avertissements par l’intermédiaire de Sergio. Mike s’en est foutu et leur en a vendu d’autres; c’est Sergio qu’ils ont été cherché. Ils lui tirèrent une balle dans le ventre et une autre dans la tête puis, ils le jetèrent de l’automobile incendiée plus loin. Son corps fut retrouvé sur un terrain industriel près du fleuve St-Laurent, non loin du pont Jacques Cartier du coté de Longueuil.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À ce moment, Claudio vivait avec Caro et moi à St-Léonard depuis quelques mois à peine. Il avait découpé la page du journal Photo Police, sur laquelle était photographié Sergio face au sol, la figure exprimant la douleur et se tenant le ventre, recroquevillé sur lui-même. Caro l’a trouvé dans sa chambre, et ainsi, elle apprit la façon atroce dont son papa était décédé. Elle qui, enfin, passait une fin de semaine sur deux avec moi ou son pére, depuis environ un an puisque nous étions de retour à Longueuil.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette même année, comme si ce n’était pas assez, je me suis cassée une cheville en déménageant et c’est la jambe dans le plâtre que j’ai fini mon déménagement. De plus, j’ai dû être opéré à l’estomac pour des ulcères chroniques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais un fait positif débuta : notre vie dans Lanaudière (région que j’adore) commença cette année-là. Par contre, les peines, l’instabilité, les souffrances ne prirent pas fin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chapitre 19&lt;br /&gt;
Mes enfants&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plusieurs voyants, médiums et cartomanciennes m’avaient tous prédits trois enfants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Caro fut conçue dans l’amour au chalet du père de Sergio. Étrangement, j’ai ressenti l’instant précis où la fusion de nos gènes se réalisa. Jamais je n’oublierai ce moment privilégié.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ma grossesse a été aussi une période de plénitude dans ma vie et cet enfant sera toujours mon chemin, ma lumière. Durant la grossesse, je tombais souvent, telle la fois qu’une courbe manquée en motoneige m'obligea à la déplacer à partir d’un banc de neige, en forçant pour la tirer de là. Sergio ne pouvait m’aider étant resté à l’autre bout du rang, car je voulais l’essayer. Ce geste me provoqua un gros mal de ventre en soirée, inquiétant Sergio qui se souciait de moi, protecteur qu’il était.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un petit huit heures pour la libération. Ma mère était présente à cet événement, malgré sa réaction le jour où elle apprit ma grossesse: « Dis-moi pas que t’es enceinte?» Elle ressortit de cette salle en disant : « maintenant je le crois que Sergio t’aime », car il pleurait de me voir souffrir ainsi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le baptême fut célébré au Lac Cayamant sans la présence du parrain (mon père), ni la marraine (ma sœur Luce). Ils avaient donné leur consentement par téléphone, mais ils ne pouvaient pas s’y rendre. Une courte visite au bar situé près de l’église, fut la réception afin de présenter notre fille à la petite communauté. L’idée devait venir d’Hilary, sachant que Sergio avait horreur de la boisson et des bars.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Caro est venu au monde à l’Hôpital de Greenfield Park, mais nous sommes retournés vivre au Lac Cayamant au chalet de John-Paul, lorsqu’elle était âgée de quelques semaines à peine. Les jeunes frères de Sergio nous rendaient visite régulièrement et c’était agréable. J’aidais Claudio à faire ses devoirs. Un soir, Hilary m’appelle au bord du lac où nous vivions à environ cent quatre-vingt mètres l’un de l’autre et me lança un commentaire désagréable. Sergio l’entendit en lui répondant : « Hé… tu l’ haïs dont ben ma femme… hein! » Il remonta vers son chalet.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand Caro atteignit ses deux ans, nous résidions avec Hilary dans son chalet. C’est d’ailleurs lui qui a réussi à lui enlever sa bouteille la nuit. Il nous dit : « Laissez-la moi pour la fin de semaine. Allez-vous reposer! À votre retour ce sera terminé. Ça ne me dérange pas d’entendre brailler toute la nuit, moi !».&lt;br /&gt;
On aurait dû se méfier, car à deux occasions Sergio l’a surpris en train de lui donner de la bière. Il reçu un avertissement ferme, la deuxième fois, il l’a pris au collet.&lt;br /&gt;
Un soir alors que je prenais ma douche, j’entendis un bruit de l’autre coté du mur fait de planches noueuses. J’ai cherché sur ce mur d’où pouvait provenir ce bruit et j’ai vu un oeil bleu dans un trou de nœud tombé. Vous imaginez bien que la douche prit subitement fin. N’ayant pas remarqué la couleur des yeux des frères ou du père, je me suis promise de chercher qui avait les yeux bleus! Hey, bien mon malaise était encore plus grand d’avoir à dire cela à Sergio. Une conversation à haute voix s’en suivie et les trous furent bouchés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Caro se révéla être une enfant adorable, belle comme le jour, remplissant notre vie de merveilleux moments. Jusqu’à cinq ans elle fut le centre de nos vies et suite à notre séparation, elle est devenue le centre de ma vie. Des erreurs… j’en ai faites. Caro devait avoir des frères et sœurs, mais ma deuxième grossesse a vite été interrompue, par le comportement violent de l’oncle de Sergio, venu nous rendre une petite visite.&lt;br /&gt;
Sa femme voulait se séparer de lui et en chemin, lui qui avait apporté une carabine à fort calibre, lui montra une balle en la menaçant : « ça… c’est pour toi, si tu ne changes pas d’idée en fin de semaine ».&lt;br /&gt;
Nous avons tenté de convaincre l’oncle de nous la laisser pour la nuit et une bataille s’en est suivie. Nous n’avions pas le téléphone contrairement à la voisine d’en bas.&lt;br /&gt;
Elle et moi, sommes descendues appeler les policiers et de nous réfugier en bas, cachées dans une garde-robe.&lt;br /&gt;
Dû à l’énervement, des saignements se sont manifestés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons cherché à pied dans le village, quelqu’un disponible pour nous monter à l’hôpital de Maniwaki. J’ai été hospitalisé une semaine et ont me disait : « si vous restez calme, nous avons des chances de le sauver ». Mais une toux l'a expulsé. J’ai demandé à l’infirmière si c’était mon bébé qui venait de sortir, elle a répondu par la positive. Je me suis mise à pleurer et pleurer.&lt;br /&gt;
Le lendemain, le docteur est passé en spécifiant : « ce n’était pas votre bébé, mais que par la crise que j’avais faite, il devait opérer ». Je me suis dit que l’infirmière y était pour quelque chose pour la mort du bébé sans porter plainte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je ressortis de l’hôpital avec beaucoup de ressentiment contre J. Paul (l’oncle de Sergio) et ça a duré quelques années avant que je lâche prise de mon désir de vengeance. Je n’avais aucun soutien de ma famille. J’habitais loin d’eux et les interurbains coûtaient chers.&lt;br /&gt;
Le coupable avait parti une rumeur à l’effet que mon mari me battait, qu’il était violent, pour se libérer la conscience.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mon troisième enfant est venu me dire lors d’une transe : « maman, nous devons partir ». Il était accompagné de sa petite sœur. Quelle peine ai-je eu! Mais quel privilège de les avoir vus!&lt;br /&gt;
Bien sûr, il ne servait à rien d’attendre leur venu au monde, je venais d’être ligaturer. Je voulais pourtant refaire ma vie après ma séparation d’avec Sergio. Je croyais encore à l’Amour.&lt;br /&gt;
Après quelques déceptions amoureuses, avec certains dont j’aurais aimé avoir un enfant, je me suis rendue compte que j’aurais eu de très nombreux enfants et ce, sans père et cela, je m’y refusais. J’en ai fait le sacrifice et la désillusion fut grande!&lt;br /&gt;
Le temps que la peine se digère et d’autres évènements firent qu’aucun autre enfant ne vit le jour. Ils auraient eu dix-huit mois de différence avec Caro, qui se sentirait moins seule, elle qui n’a plus son père. Dire que les coupables courent toujours!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chapitre 20&lt;br /&gt;
Adolescence tardive&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment faire confiance quand tes propres parents t'ont trahie, abandonnée, maltraitée? Comment aimer lorsque tu n'as pas connu l'amour? Comment t'aimer?, te respecter? T'estimer lorsqu'on t'a volé ton âme et que l'on t'a enfoncé dans le crâne que tu n'aurais jamais dû venir au monde.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès ma séparation, je suis tombée dans les ténèbres de la drogue, de l’alcool et de la manipulation, en travaillant dans les Clubs de nuit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est à ce moment que j’ai commencé à faire garder Caro à la semaine, j’ai cru qu’elle ne se rendrait pas compte que nous n’étions plus ensemble. Ce fut une erreur majeure qui a laissé à mon bébé chéri un sentiment profond d’abandon.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mariée, à peine sortie du « couvent », n’ayant pas eu de jeunesse à vivre, enfermée au couvent, j’ai vécu ma jeunesse sur le tard, entre vingt-cinq et vingt-sept ans. De la drogue douce à la drogue dure, mêlée à l’alcool. J’ai connu des hommes qui venaient magasiner leur maîtresse de la semaine, le lundi matin au bar, examinant avec attention la nouvelle marchandise arrivée. J’ai servi de bibelot à quelques messieurs qui aimaient se montrer en belle compagnie. Je suis descendue aussi bas qu'il est possible, mais la majorité de ces expériences ne furent répétées qu’une fois, encore heureux que je tirais des leçons rapidement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout pour plaire, moi qui n’aimais pas le sexe, incapable de dire non, je m’abusais moi-même! J’ai mis un 'holà' en me rendant compte encore une fois que je faisais tout pour plaire à tout prix et que finalement je passais pour ce que je n’étais pas et je faisais des choses contre mes valeurs profondes. Ayant une conscience grande comme la planète, les tiraillements étaient omniprésents ainsi, je ne vivais pas cela à répétition. Je crois que c’est la peur qui m’a fait réfléchir parce que la dernière demande venait de mon conjoint du temps, qui savait mettre ma vie en danger.&lt;br /&gt;
Par exemple, sur un gros bateau de croisière à trois étages et très luxueux, accompagné d'un couple d'amis et d'un homme que je ne connaissais pas, il eût le culot de me demander de passer du temps avec cet homme très mature déblatérant des obscénités sur les femmes.&lt;br /&gt;
Le but avoué de mon copain était de gravir des échelons dans le monde mafieux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il reçut une invitation de déménager à notre retour chez-moi. Monsieur tardait déjà depuis un mois à ramasser ses quelques pénates. Pour accélérer son départ, je lui ai offert d’apporter ma télévision et mon système de son afin qu’il les vende afin qu’il puisse avoir l’argent pour partir, car c’était son argument&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je payais tout depuis notre rencontre, ainsi que sa consommation de « résine ». Je lui avais même acheté un superbe habit blanc. Je l’avais connu travaillant comme videur au bar, même lieu de travail que moi.&lt;br /&gt;
Très naïve, j’ai fait l’erreur d’accepter, malgré moi, à cette demande qu’il me fit sur le bateau. Cela ne me tentait pas du tout, et que je fis à contrecœur pour lui plaire, comme dans tout ce que j’entreprenais dans ma vie. C'est ce qui ruina notre relation. C’était un test qu’il me faisait. Je ne l’ai su que par la suite. Je lui avais brisé le cœur en acceptant de coucher avec le mafioso.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Deux années passèrent avant de me retrouver dans une manigance semblable. Un ami de mon conjoint voulait lui prouver que j’étais « comme les autres » en voulant briser sa bulle, afin de récupérer son ex-complice d'actes criminels, qui s’était stabilisé avec moi. Je m’étais pourtant promise, en laissant mon mari, que je n'endurerais plus rien, que si je ne l’avais pas enduré de mon mari plus d'un an, je n'en accepterais pas davantage d'un autre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mon cours de barmaid de l’ITHQ, ne m’avait pas enseigné à reconnaître et à éviter les criminels ou les mafieux. J’ajouterai que le manque d’éducation ne m’a surtout pas préparé à faire face aux pièges de la vie. Je ne citerai aucun nom; je dirai seulement de vous remémorer les gros noms des années quatre-vingts et je les ai côtoyés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par la suite, je me suis éloignée rapidement du milieu interlope. Je ne les ai revus que par le biais des journaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après cet épisode hasardeux qui dura six mois, j’en ai déduis que je serais mieux d’aller travailler à la campagne. Les gens devaient y être plus vrais, plus authentiques, plus sains. C’est ainsi que j’ai passé une bonne partie de ma vie à aller d’une location à l’achat de fermettes ou d’écuries avec des épisodes moins heureuses en ville afin de trouver du travail dans d'autres domaines.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pendant cette période, j’allais chercher ma fille les fins de semaines pour la gâter avec de beaux cadeaux, tentant inconsciemment de me racheter pour mon absence.&lt;br /&gt;
Je lui disais que je travaillais fort pour venir la rechercher définitivement, que nous ferions un voyage et qu’on irait vivre sur une ferme remplie d’animaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J’ai tenu ma promesse en l’amenant aux Chutes Niagara, en plus de visiter les attraits touristiques environnants comme Sea World, la Tour du CN, le Zoo de Toronto, des musées et bien d’autres.&lt;br /&gt;
En fait, durant ces deux années, nous passions principalement nos sorties à visiter des zoos.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chapitre 21&lt;br /&gt;
La relation avec ma fille&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Loin d’avoir été une mère parfaite, j'ai eu la chance inouïe d'avoir Caro comme enfant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avec l'instabilité qu'elle a vécue avec moi, la séparation d'avec son père, le sentiment de rejet ressenti de cinq à sept ans pendant qu’elle se faisait garder la semaine tandis que je travaillais de nuit, le décès de son père le vingt-cinq novembre 1986, l'amour de ma vie, ma Caro, aurait pu décider de sauter du bateau et se perdre dans cette mer agitée.&lt;br /&gt;
Non et de plus, elle fut mon repère, ma raison de vivre, mon phare jusqu'à ce qu'elle prenne ses ailes pour partir loin du nid.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sans pension alimentaire et seule, je l'ai élevé du mieux que j'ai pu, avec la certitude d’avoir donné le meilleur de moi-même.&lt;br /&gt;
Son enfance de sept à onze ans s’est passée à rejeter mes conjoints, et moi à les rejeter s’ils ne l’aimaient pas. Rien pour lui inculquer que les gens ne sont pas jetables.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aussi, je l’ai entraîné dans mon instabilité par les déménagements en rapport aux changements d’emplois fréquents afin de tenter d’améliorer notre sort.&lt;br /&gt;
Cette instabilité était aussi due à quelques dépressions, reliées à des peines d’amour.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est durant son adolescence que ma colère s’est manifestée.&lt;br /&gt;
À trois reprises, je fus si exaspérée des affronts de ma fille, que j’ai eu à la prévenir que je ne répondrais pas de mes actes, survenant une autre provocation de sa part. Je connaissais la bombe à retardement que j’étais et que je refusais d’exprimer. J’ai consciemment banni le sentiment de colère de mes émotions au point que ce refoulement se retournera vers moi plus tard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je suis souvent en colère, mais je réprime cette émotion et à tout prix depuis toujours, refusant d'être comme ma mère, et mon père. J'ai vécu et été témoin de trop de violence pour en accepter dans ma vie.&lt;br /&gt;
D’ailleurs, le fait de ne pas avoir reproduit le schéma familial constitue à ce jour, ma plus grande fierté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Donc, trois fois ma belle enfant a eu peur de moi. L’écume à la bouche, je l’avais menacé et tapé avec une cuillère de bois sur l’épaule.&lt;br /&gt;
Une autre fois, je l’avais fait reculer jusque dans son lit en pointant mon doigt à répétition dans le creux de son épaule et la dernière fois, est quand Caro est arrivaé les yeux rouges et aux petites heures du matin. Convaincue qu’elle avait fumé de la marijuana, je l’ai menacé avec une raquette de tennis. Ce qu’elle ignorait est que le seul geste que j’avais en tête (me voyant incapable de faire quoi que ce soit avec cet objet), était de lui faire rebondir le grillage sur la tête comme sur un trampoline.&lt;br /&gt;
Je ne riais pas et ma belle m’a lancé : « Si tu me frappes avec ça, tu ne me reverras plus jamais». C’est là que j’ai pris conscience qu’elle avait peur que je la frappe avec le bois de cet instrument et j’ai baissé le bras. Mais ma Caro s’est sentie longtemps comme une enfant battue.&lt;br /&gt;
Sa rancœur s’est manifestée durant les premières années de sa vie conjugale avec celui qui est devenu son mari. Intimidée par le caractère trop fort de Paul, elle ne s’exprimait pas suffisamment pour arriver à lui faire comprendre qu’elle était ébranlée par son comportement.&lt;br /&gt;
Je me rendais compte qu’elle était différente par rapport à sa façon d’être habituelle. Elle était indifférente, ajoutée d’une pointe de colère à mon endroit. Elle l'a non seulement manifesté, mais me la nommer également. Elle a eu le courage de mettre des mots sur ses sentiments envers moi tel que la colère. Nous en avons discuté, j’ai écouté, compris, admis surtout et sincèrement demandé pardon, car moi je sais que des regrets sincères guérissent des plaies. Suite à cela, elle a réussi à faire comprendre à Paul qu’elle en avait peur. Celui-ci fait toujours parti de sa vie. Il est son âme sœur, comme elle me l’a dit, lors de leur rencontre, sa pensée fut « Je t’ai enfin trouvé ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite aux thérapies qui s’en suivirent, j’ai compris que le plus important était d’instaurer la stabilité dans notre vie. Je devais donc m’encadrer.&lt;br /&gt;
Le bail de deux ans et demi et le travail comme enquêteur de la SPCA durant cinq ans en faisait foi.&lt;br /&gt;
Mais Caro n’a pu en profiter, étant partie vivre en appartement à dix-sept ans et demi, avec sa meilleure amie, à St-Jérôme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J’avais signé ce bail à Verdun parce que Caro s’était inscrite au CEGEP du vieux Montréal pour faire une technique d’éducation spécialisée.&lt;br /&gt;
Après une session, elle décida de continuer ses études à Saint-Jérôme.&lt;br /&gt;
J’ai pu me libérer du bail grâce à un ami nouvellement séparé, étant venu vivre avec moi et qui l’a repris quelques mois plus tard. Me permettant ainsi, de repartir cette fois à Terrebonne, dans Lanaudière où nous avions élu domicile en 1986.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’année suivante, après le départ de ma fille, je me sentais désemparée. Personne n’avait besoin de moi, plus personne à la maison ne m’attendait. Ma vie n’était plus organisée autour d’elle, en fait, elle est devenue vide de sens. En guise de compagnie, je n’avais que mon chien et mon chat devenus apathiques par la séparation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Caro a subi, depuis mon deuxième mariage dans lequel je me suis totalement perdue, des phases où je n'étais pas disponible pour elle en raison de mes nombreuses dépressions; certaines majeures ayant occasionné des hospitalisations.&lt;br /&gt;
La première que j'ai faite, Caro avait dix ans et alla chez une voisine avec qui nous avions une bonne relation, le temps que je sorte d'une maison de rétablissement suite à l'hospitalisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette dépression a été occasionnée par le départ de mon conjoint, avec lequel j'étais en amour par-dessus la tête, parti travailler sur un chantier, en Algérie pour six mois. Souffrante de son absence par ma dépendance affective, je recevais de lui, des lettres exprimant une grande inquiétude en rapport avec ma fidélité. Il était clair qu’il écrivait cela alors qu’il était intoxiqué par l’alcool, un problème que je lui reconnaissais. Selon lui, je le trompais, moi, ici au Québec, à Longueuil en mal de son absence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La deuxième dépression fut majeure, occasionnée par la maltraitance de mon second mari et ma dépendance affective démesurée envers lui, ainsi que la perte de mon Centre équestre. Durant ce temps, Caro âgée de quinze ans, était allée vivre quelques semaines avec sa meilleure amie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je crois qu’il y a ici matière pour un autre livre. Comment résumé en un chapitre l’étendue de ce qu’un enfant a pu vivre en douze ans avec une mère vivant avec une personnalité limite.&lt;br /&gt;
À propos de ma première tentative de suicide, ce fut le jour de la rupture avec Sergio. J’ai traversé les yeux fermés, la rue Hochelaga à Montréal, sans conséquence. Elle passa inaperçue contrairement à la seconde tentative. Deux ans après la première, le cœur brisé à nouveau, je me suis tailladée les poignets, la douleur m’étant insupportable. Cette souffrance devait me quitter coûte que coûte. Ma sœur s’était occupée de mon enfant durant mes quelques jours d’hospitalisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Puis, Caro fut autonome, mais elle a été témoin de mes descentes aux enfers.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La crise davantage marquante pour elle, au point qu’elle dû, pour se protéger, couper les ponts avec moi, en est une autre majeure, reliée à la vente de la fermette. Une crise majeure telle qu’on ne s’en remet pas rapidement et qui est traitée par une série de médicaments tous aussi désagréables les uns que les autres. « Majeure » signifiant qu’une psychose s’en est suivie. Entendre des voix, communiquer avec des personnages imaginaires, ressentir des présences, me sentir déconnecté de mon corps. Être hors de mon corps, ne reconnaissant pas mon propre corps comme étant le mien. Me sentir étrangère en ce corps. Étreinte par l’angoisse insupportable qui me menait à des états de panique. Être obsédée par la mort, la voir partout sans chercher des façons de mettre fin à sa souffrance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À cette époque, nous vivions sur ma fermette, Caro, son mari Paul et leurs enfants, dans ma maison et moi au deuxième étage de ma grange transformée pendant une de mes hospitalisations en loft par Paul et Sergio.&lt;br /&gt;
Ils avaient emménagé dans la maison pour m'aider à ne pas la perdre, car je n'arrivais pas financièrement. Ils l'ont prise en location avec option d'achat avec un comptant de cinq mille dollars, mais Caro n'aimait pas du tout vivre dans une maison mobile, même si elle était longue et large dans sa catégorie seize par soixante, trois chambres à coucher. Elle datait de 1973 et nous étions en 2002. Elle n'avait jamais été rénovée. J'ai fait le principal, c’est-à-dire, isolé le dessous convenablement, afin de réduire les frais d'énergie faramineux.&lt;br /&gt;
Caro l’appelait la chiotte. Il est vrai que mes besoins ont toujours été modestes comparativement au sien.&lt;br /&gt;
Alors, l'offre d'achat fut annulée et ils sont déménagés l'année suivante. J'avais tout de même investi cinq milles dollars en deux ans pour l'entretien. Toutefois, je leur ai remboursé le comptant investi et j’ai finalement remis la fermette et mon auto à la banque avant de me mettre dans le trou financièrement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je n'avais aucune autre porte de sortie, pas le temps de la vendre et ni moyen de vendre l’automobile neuve non plus, parce que mon paiement était de beaucoup supérieur à sa valeur puisque j'avais changé d'auto trois fois en deux ans et perdu cinq mille à chaque fois.&lt;br /&gt;
Si j'avais pu la vendre et m'acheter une auto usagée. Hélas! Mon impulsivité avait déjà brûlé mes chances de m'en sortir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les frais de transport jusqu’au travail valaient à eux seul un autre paiement, car je travaillais au bureau de Pointe St-Charles situé au Sud-Ouest de Montréal.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je vous dirais que ce qui a été le plus terrible dans tout cela, est que j'avais acheté une fermette à St -Alexis, pour pouvoir garder mon cheval dans ma cour. En vivant en haut de cette belle grange qui m’avait poussé à acheter, c'était plus que je n'en espérais : demeurant en haut, j’entendais ma jument boire, se coucher, se déplacer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Deux années s’écoulèrent à me sentir plus seule que jamais, parce qu’on a beau avoir tous ses rêves accomplis, mais sans quelqu’un avec qui les partager la vie est triste, très triste. Ma fille, dérangée grandement par mon état, prenait ses distances.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Afin de me rapprocher de mon travail à Montréal, je suis allée reconduire Chocolate Sand, ma jument, chez Sergio (dernier conjoint) pour qu'il en prenne soin durant l’année.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Caro ne communiquait plus avec moi. Je l'appelais aux deux semaines m'ennuyant trop d’elle, mais pas elle, qui récupérait.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Seule devant le feu de camp avec une bière à la main, ce n’est pas jojo. En fait, il n’y avait même plus de feu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je louais une auto de Communauto à Montréal pour venir me promener dans les rangs de campagne, humer l’odeur du foin fraîchement coupé, voir ma jument et Sergio que je souhaitais toujours voir à l’écurie, ainsi que Caro et sa famille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J’ai eu un grand choc à mon retour, de voir mon ancien pâturage vide. J'ai ressentis un grand coup dans l'estomac et cette douleur a durée trois jours.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au bout d’un an en ville, j'en avais pour quatre cent dollars. J'ai fini par m'acheter un « bazoo »et revenir dans Lanaudière, là où je me sens chez moi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La relation avec Caro est depuis, à son zénith, mais je la ménage, en ne lui racontant plus tout ce qui m’arrive et lorsque je suis au bord de la psychose, je m’éloigne et je me tourne vers les ressources existantes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous discutons à tous les jours par téléphone en moyenne une demi-heure et si nous manquons une journée, nous en sommes inquiets. Évidement, le surlendemain nous en avons plus à nous dire. Souvent interrompue par un des fistons qui veut une permission ou papa qui a faim ou un téléphone urgent d’une amie. Caro est une femme dévouée à son mari, ces deux fils et ces amies. Elle a le cœur sur la main et elle est ouverte d’esprit, tout en prenant soin d’elle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les lourdes et très nombreuses responsabilités qui lui reviennent la tiennent trop occupées pour son dos littéralement cassé. Une vertèbre fracturée à deux places et une entorse dorsolombaire survenus en mobilisant un patient au CHSLD où elle travaillait. Elle est autonome, mais souffrant pour longtemps.&lt;br /&gt;
Je considère que mon corps me parle trop fort par contre, celui de Caro l’a terrassé.&lt;br /&gt;
Trop courageuse, elle relève le défi quotidiennement de pourvoir à tous les besoins de sa famille. Malgré sa souffrance omniprésente, se faisant aider non sans difficulté, par ses deux beaux enfants âgés de douze et quatorze ans.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chapitre 22&lt;br /&gt;
Peines d’amour&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si vous me le permettez, je ne parlerai que des plus significatives Après mon divorce, il y a eu Jacques, un grand costaud. Je me sentais en sécurité avec lui, après les deux petites phases de violence de Sergio, j'en ressentais le besoin. Cette relation ne dura que trois mois, car c'était le gars à lire son journal pendant que je préparais le repas. J'ai vite été charmée par quelqu'un d'autre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Puis, arriva Daniel qui retournait voir son ex-copine en cachette de temps en temps et lorsque je le découvris, je le mis à la porte et ce faisant, j'ai eu droit à une bonne raclée en règle. Rendu au poste de police pour faire une plainte, ils m’ont dit que son père s'était suicidé, alors que lui m'avait toujours dit qu'il s'était fait tirer. J'ai eu pitié de lui, je n'ai pas porté plainte, mais je l'ai mis à la porte et vite fait.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quant à Don, il était un petit voyou, ayant commis un vol dans un bar pendant qu’il vivait avec moi. Lorsque j'ai acheté mon Centre équestre, je lui ai confié la gérance en mon absence, car j’avais un travail à temps plein, mais les employés se plaignaient qu’il était un dictateur. Après avoir cherché sans succès à trouver un bon gérant pour le remplacer, j’ai dû laisser mon emploi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ça n'allait pas avec Don par sa négligence pour les travaux à effectuer au Centre équestre. Par contre, il a été important pour moi durant la période où Labbé (futur amoureux et mari) me malmenait.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est dans ses bras que je me réfugiais démolie, lorsque Labbé me laissait pour la nuit dans un motel miteux me disant de ne pas bouger de là qu'il serait de retour le lendemain, qu'il devait aller voir l'une de ses ex qui avait de la peine qu'il soit avec moi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Don n'en revenait pas à quel point ce gars me détruisait et dû fait que j'y retournais sans cesse, mais il m'a toujours accueillie et réconfortée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J’ai connu Don à la cabane à sucre où j’avais été invitée par des amis que nous avions en commun.&lt;br /&gt;
Il était indépendant et distant, mais il a fini par m‘approcher et discuter avec moi. Don m’était tombé dans l’œil, je dirais, qui plus est, que ce fut un coup de foudre unilatéral.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mes difficultés financières reliées à un arrêt de travail ont précipité notre vie commune, mais j'étais en épuisement professionnel de la SPCA. La relation commençait bien mal.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Don travaillait de nuit. Je ne le voyais que quelques heures le midi lorsqu’il se préparait pour aller travailler et en soirée après sa douche, avant de préparer le souper, il veillait une heure avec moi et allait se coucher.&lt;br /&gt;
Quelques mois de ce régime et je retombais en dépression cette fois sous l’impression que je ne comptais pas pour lui, surtout qu'il ne me touchait pratiquement pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pourtant nous avions le projet d’acheter une ferme. Toutefois, avant que nous passions à l’étape de la recherche, sa maison, qui était à vendre, a passé au feu, ainsi que tous les biens en perte totale.&lt;br /&gt;
Nous avons donc rapidement cherché et trouvé une ferme. Il entreprit la rénovation avec un de nos amis commun.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Don faisait les repas, car insatisfait de ma façon de cuisiner, il m’avait fait comprendre qu’enfant il avait trop souvent mangé des bleuets faute d’autres choses et qu’il s’était promis de ne plus jamais manquer de nourriture ou de ne pas manger à son goût.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J’ai tellement aimé ce gars que j’ai toléré une année sans contact physique aucun.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pendant ce temps, me sentant encore inutile et mise de coté, je m’occupais de nos animaux et de ma micro entreprise de zoothérapie. Très occupée au début avec la publicité, la paperasse et les visites accompagnées de petits animaux. Je ne trouvais pas de temps à entretenir la maison qui d’ailleurs, était toujours en chantier, la sciure de bois mêlée aux outils, mais ça avançait à grand pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Don avait acheté un tracteur, une fendeuse et deux trois roues. Nous en avons fait ensemble une seule fois, ce que je n'avais jamais fait. Ayant connu la moto 125cc du temps de Sergio, je trouvais les trois roues plus instables et difficiles à manier dans le trou de boue noire et épaisse où j'étais prise.&lt;br /&gt;
En poussant le trois roues vers l'avant, il me recula sur la cheville, pied face au sol. N’osant plus bouger, je lui ai demandé de venir m'aider, car j'avais très mal. Disons que je ne l'ai pas épaté. Nous n'en avons plus fait ensemble.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le terrain avait un mille de long en terre à bois, un petit ruisseau suivi par une large clairière qui entrecoupait le Centre. C'était une place merveilleuse.&lt;br /&gt;
Nous y avions chacun notre cheval, j'avais Solar Sand et Jim que j’ai donné à Don. Une fois, en randonnée à cheval avec lui, sur le chemin de retour, j'ai vu sur un arbre tout au bout de la terre, un petit panneau où il y avait d’inscrit 'Chez Karat'.&lt;br /&gt;
J'ai ressentis une joie teintée de culpabilité d'avoir pensé une seconde que ce petit panneau y avait été apposé pour moi, alors je ne dis rien du tout. S'il voulait me faire une surprise je l'ai bien déçu.&lt;br /&gt;
Peut-être préparait-il sa sortie pour rejoindre la fille du propriétaire du dépanneur du coin du rang. Ils se sont mariés trois mois après. Ouf! Je me suis demandé alors, si les appels de nuit sur son télé-avertisseur étaient bien des appels du travail.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il avait peut-être planifié d'aller vivre avec elle et me louer la place, je n'y ai songé qu'après. La seule solution sur le moment, considérant que la ferme lui appartenait était de partir.&lt;br /&gt;
Tout au long des réparations, il me demandait comment j'aimerais ceci et cela. Il a fallu faire installer une fosse septique et faire un champ d'épuration également ce qui a étiré la durée des travaux. J'ai rarement vu un homme aussi efficace, autonome et débrouillard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il était tout comme Sergio; il était mon nouveau Sergio. Il faut dire que je cherchais à trouver Sergio dans toutes mes rencontres. Ceux par qui j'ai été charmée avaient soit ses avant-bras à la Popeye, soit ses mains, sa taille ou sa carrure.&lt;br /&gt;
Par contre Don buvait toujours quelques bières en arrivant, après sa douche, avant le souper et je buvais avec lui. J'avais déjà commencé à boire régulièrement de l'alcool les fins de semaines. Après quatre ans de ce manège, j’ai dû aller faire des visites à l’Association des alcooliques anonymes (AA), durant trois ans pour me débarrasser de ma dépendance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pendant ce temps où je vivais avec Don, ma Caro a été abandonnée par le père du bébé qu’elle portait, elle est venue habiter quelques temps avec nous avant que nous passions au feu, elle est ensuite partie vivre avec ma sœur à Ottawa déçue de ma réaction devant l’avenir qu’elle se préparait.&lt;br /&gt;
Je l’accueillis pourtant avec plaisir, amour et avec joie cependant lorsqu’elle m’a demandé de me réjouir avec elle du fait que le bébé bougeait, j’ai mal réagit. Je n'ai plus placé la main sur son ventre. C’est le souvenir que j’en ai. Caro me dit qu’elle s’en est allée, car je disais semble t-il « Je ne suis pas prête à être grand-mère… moi! ».&lt;br /&gt;
Je sais que je l’ai blessée et elle s'en est allée vivre le reste de sa grossesse chez sa marraine qui avait toujours été proche d'elle, ma sœur Luce.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Donc, au moment du début du travail de l’accouchement, je fus avisée que le bébé était en chemin. Je suis donc partie pour trois jours à Ottawa. Lorsque je suis arrivée, le petit Nat était né. Un magnifique garçon qui faisait la fierté de sa maman.&lt;br /&gt;
À mon retour à la maison, Don était froid et encore plus distant. Malgré qu’il ne me touchait pas depuis 1 an, il était gentil, mais pas cette fois. Je lui demandai des explications d’un tel comportement. Il me dit : « ça ne marchera pas nous deux, tu te négliges et tu as recommencé à fumer ». J’ai répondu : « je peux changer». Il est vrai que j’avais pris un peu de poids en plus d’avoir recommencé à fumer. Pour ce qui est de mes cheveux, ils poussaient à leur guise sans entretien coûteux. Sa réponse fut : « il est trop tard ». « T’es une bonne fermière, mais dans la maison ça ne va pas ».&lt;br /&gt;
J’ai répondu : « Tu veux que je m’en aille? » sa réponse fut : « non » et moi de répondre : « ben, là je n’ai pas le choix, je vais trouver et ça ne sera pas long ». Ce que je fis. J'ai toujours eu la capacité de me « retourner sur un dix cents » comme on dit. Puisque j'avais perdu mes biens dans le feu, il m’a remis six mille dollars pour me remeubler.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pendant la relation avec Don, j'ai connu quelqu'un de très habile avec qui je suis tombée amoureuse du nom de Gilles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plusieurs années se sont écoulées avant que je ne réussisse à faire mon deuil de cette relation. J'ai laissé dans ma vie plusieurs gars que j'aimais, car ils n'aimaient pas ma fille dont deux qui auraient voulu que je la place et un qui semblait l'aimé un peu trop.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsque Caro vivait à Ottawa chez sa marraine, ce ne fut pas facile pour elle d’obtenir un logement subventionné. Pour ce faire, elle devait obligatoirement vivre dans un centre d’hébergement, ce qu’elle fit durant quelques mois de sa grossesse. À la naissance du petit, Caro avait obtenu son appartement subventionné, mais la qualité des voisins était très discutable.&lt;br /&gt;
Elle ne se sentait pas en sécurité. Elle a alors emménagé avec moi et Gilles à Laplaine, celui avec lequel je venais d'emménager suite à ma séparation d'avec Don.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gilles ne rentrait pas à tous les soirs et prenant des drogues dures, inutile de dire, qu’il n’a pas fait bonne impression vis-à-vis de Caro.&lt;br /&gt;
Tous deux grinchaient des dents dès que l’un ouvrait la bouche. Il arriva un temps où j’ai dû à nouveau être hospitalisée encore en psychiatrie.&lt;br /&gt;
Pour régler mon problème je devais retrouver ma paix d’esprit.&lt;br /&gt;
La douleur de vivre les tromperies de Gilles et l’atmosphère à couper au couteau ne pouvait plus durer. Je leur demandais donc à tous, de quitter les lieux pour le lendemain. Je n’ai nullement pris en considération que Caro avait un enfant aussi à loger.&lt;br /&gt;
De nouveau en dépression, je n'ai pas pris la bonne solution, car il aurait été plus logique que Gilles s’en aille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant, comme la vie fait souvent bien les choses, (ce qui nous fait dire qu’il n’y a pas de hasard), le départ de Caro lui permit de rencontrer l'homme de sa vie. Il en est ainsi depuis treize ans.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ceci dit, ma dépression ne s’arrêta pas là. C’est à ce moment que j’ai sombré le plus dans l’alcoolisme et les drogues dures durant quelques mois encore avant de trouver le courage d'aller chez les alcooliques anonymes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après Gilles, j’ai marié un manipulateur que j'ai vraiment aimé, je le nommerai Labbé. J’ai repoussé ce gars; je n’en voulais pas. Je venais d'acheter un Centre équestre et j’étais heureuse.&lt;br /&gt;
Il s’est imposé en plaçant son cheval en pension à mon écurie. Il s’est montré très attentionné. Il m’aidait et il me tenait compagnie.&lt;br /&gt;
J’ai sombré dans une telle dépendance affective que je me suis totalement perdue. Après trois mois, nous avons convolés…le désastre!&lt;br /&gt;
Dès que nous fûmes mariés, le soir même c’était la fin. C’est là que j’ai réalisé à quel point il était dépendant de la cocaïne.&lt;br /&gt;
Il a piqué une crise; il a jeté son jonc dans la toilette. Il m’a injurié, me haïssant pour être tombé en amour avec moi et ainsi mettre en danger ses acquis financiers, car son ex prenait le contrôle sur tout. Lui qui se disait tellement malheureux avec elle, car une des femmes à qui il a fait un enfant, vivait au deuxième dans son bloc et travaillait avec sa conjointe qui vivait en bas, le manipulant allègrement selon ses dires, lorsqu’il pleurait.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il m’accusait de l’avoir marié pour son argent. J’avais beau lui dire que la nouvelle loi du patrimoine familial le protégeait de cela et que j’étais consentante à passer chez le notaire pour signer des papiers à l’effet que je n’aurais droit à rien si l’on en arrivait à se séparer et rien n’y fit. C’était crise par-dessus crise.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Son immeuble à appartement, son commerce florissant de dressage de chiens, ses revenus faramineux. Il venait de saisir qu’il perdrait tout s’il restait avec moi. Notre relation n'était surtout pas axée sur la sexualité, nous n'avons pas eu de « lune de miel sexuelle » comme tout nouveau couple normalement constitué.&lt;br /&gt;
Ce soir là fut notre première séparation. Il y en a eu une vingtaine en trois mois. J’ai dépéri au point de tout perdre ainsi que ma santé. Caro le déteste toujours et selon elle, je n’ai plus jamais été la même.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce gars m’a séquestré, menacé de mort et il m’a fait croire que l’on repartirait en affaire ensemble dans l’ouest canadien.&lt;br /&gt;
J’ai tout vendu et il a tout sniffé. Puis, il est retourné jouer du violon chez une de ses ex avec laquelle il a eu un enfant et avec laquelle, il devait aller vivre lorsqu'il quitterait sa conjointe de vingt ans.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout ça pour apprendre plus tard par un ami commun, qu’il avait fait une gageure qu’il m’aurait, n’acceptant pas mon refus. Il s’est fait prendre à son propre jeu en tombant amoureux de moi et j'appris que j’étais la ixième femme à qui il la faisait.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À la fin, j’ai pris mon courage à deux mains et je me suis reconstruite une vie, en retournant travailler.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite à cela, il se passa de nombreuses années avant que je laisse entrer un homme dans ma vie.&lt;br /&gt;
La dernière relation significative où je suis redevenue amoureuse s'appelait, vous ne me devinerez pas…Sergio!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J'en étais à une période de ma vie où j'avais démissionné des relations amoureuses pour la simple et bonne raison de m'éviter d'autres peines d'amours que je ne supportais plus, comme pour bien des rejets j'en était arrivé à vouloir tenter de me suicider, ne voyant aucune issue à ma souffrance démesurée.&lt;br /&gt;
Pour occuper mon temps afin de ne pas souffrir de solitude et d'éviter de vivre des moments de cafards j’ai décidé de m'acheter un cheval. Je me suis trouvé un poulain de 8 mois qui combla mes temps libres et mon vide affectif.&lt;br /&gt;
Ma meilleure amie travaillait au bar du village de l'autre coté de la rue. J’y j'allais le samedi lui tenir compagnie et les mercredis soirs à la soirée des dames, à l'occasion.&lt;br /&gt;
Ensemble nous dénigrions les hommes à qui mieux-mieux. Elle qui vivait également une période de blessure amoureuse, nous les blâmions de tout.&lt;br /&gt;
De temps à autre, un client venait déranger nos délires. Comme ce client qui nous dit quelque chose, intéressé à s’immiscer dans notre discussion, mais le son s'est estompé sur le mur suivant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un samedi soir, un gars m'approche en me disant : « Tu ne me reconnais pas hein? » « Heu! Non, devrais-je? » Hey oui! Il était un ami de Don venu aider à la maison lors de deux inondations au sous-sol avant que nous passions au feu.&lt;br /&gt;
Nous avons discuté allègrement et la discussion s’est terminé sur « Je vais te présenter un gars avec qui tu vas être très bien ». Malgré mes arguments et ma réticence, il finit par me dire « Qu'as-tu à perdre à aller discuter avec lui? Au pire, tu passeras une bonne soirée!» « Ouen!, si ce n'est pas un autre crétin! » Je regarde le gars et reconnais celui qui avait tenté de discuter avec Lison et à moi, me faisant signe d’y aller. « Viens t'asseoir! », en tapotant sur le banc à côté du sien. J’ai trouvé cette attitude drôle et cela m’a attiré vers lui.&lt;br /&gt;
Le sourire qu’il me soutira ne me déplaisait pas. Alors une conversation anima en partie ma soirée, entrecoupée de discussion avec Lison, qui me rappelait à l'ordre, me rappelant avec « quoi » je discutais, c’est-à-dire, un homme, donc des problèmes. Disons que quelques bières émoustillaient mes inhibitions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelques semaines passèrent avant que je le revois à ce bar. Pour faire une histoire courte, même schéma : des fréquentations courtes, la présentation aux enfants, une fin de semaine chez l'un et chez l'autre, des invitations à souper répétées et emménagement rapide cette fois chez monsieur.&lt;br /&gt;
Première semaine, demande en mariage, excepté que cette fois-ci, je n’ai pas fait l’erreur de cédé à l'impulsion contrairement au mariage précipité avec Labbé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sauf que ce refus brisa quelque chose en lui. Additionné de mon refus d'ouvrir un compte conjoint, lui glaça le sang. Il ignorait que l'on m'avait déjà contrôlée de cette façon quelques années auparavant.&lt;br /&gt;
Quatre enfants, dont deux vivent chez lui, les deux autres viennent à tous les mercredis coucher et nous n'avons pas de fin de semaine, car les deux qui vivaient là n’allaient jamais chez leur mère. Donc, une fin de semaine sur deux, nous avions les quatre enfants, ce qui bien sur faisait son bonheur, quoi qu’il me laissait seule, avec elles pour quelques heures. Ce que je considérais comme du gardiennage imposé.&lt;br /&gt;
Toutes des belles filles âgées entre quatre à dix-sept ans. Heureuses, intelligentes, bien élevées, choyées, gâtées, égoïstes, égocentriques, trop sexy, mais polies et charmantes. Le problème majeur est vite devenu la mère trop présente à mon goût.&lt;br /&gt;
Maman a dit ceci, maman a dit cela, maman a fait ceci, maman a fait cela.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Puis, arriva dans le décor, ma sœur Luce qui soudainement, avait besoin d'un emploi suite à une tentative de suicide.&lt;br /&gt;
J’ai demandai à Sergio s'il n'avait pas besoin de quelqu'un à l'usine où il était directeur de production. Je désirais son bien-être, m’obligeant à mettre mes inquiétudes de côté, connaissant les talents sulfureux de ma sœur cadette. Celle-ci, une rivale tout au long de ma vie, était une allumeuse tout comme Marilyn Monroe. Beaucoup d’amoureux m’ont quittée étant tombés sous son charme. Alors, j’ai demandé à Sergio de ne pas établir de relation privilégiée avec elle, lui expliquant la raison et il me fit la promesse.&lt;br /&gt;
Pourtant, mon inquiétude grandissait tout de même au point de m’en rendre malade. Les crises de migraines réapparurent et des périodes de questions à son retour de travail le déroutaient.&lt;br /&gt;
Devinez ce qui est arrivé? Exactement ce que je craignais, sauf qu’il ne m’a pas quittée pour elle, malgré qu’ils aient développé une « relation privilégiée. Ma sœur jouait la psychologue à mon sujet, elle qui n'allait pas mieux que moi. Elle avait une relation difficile avec ses collègues de travail l’ayant prise en grippe par son attitude frivole. Tous les deux se gardaient bien de me raconter la belle relation qu'ils vivaient au travail. Finalement, je me rendis compte que Sergio était absent psychologiquement envers moi et durant les soirées ennuyeuses devant la télévision.&lt;br /&gt;
Il n'aimait pas que je me colle sur lui sur le divan et selon lui, notre vie lui coûtait plus cher à deux que lorsque il était seul. Qui plus est, notre projet d'acheter une fermette tournait mal, car il voulait acheter quelque chose que seul lui ou moi puissions nous payer, ce qui me laissait l’impression qu'il se protégeait de moi en se préparant à pouvoir arriver si je le quittais. Donc, notre avenir ensemble lui semblait de courte durée. De toute évidence, il ne voulait pas s'engager à long terme !&lt;br /&gt;
Ainsi, le voyant regarder dehors constamment le soir, je me rendis compte qu'il était malheureux, ce qui enclenchait en moi le désir d'agir et de m’en aller. Cela, il ne l'a jamais compris.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aussi, au moment où j'étais prête à lui prouver mon amour en acceptant de l'épouser, il a répondu : « Trop tard! C'est quand le train passe qu'il faut monter ». Alors, je l’ai quitté, mais nous sommes restés en contact.&lt;br /&gt;
Quelques mois plus tard, je me suis achetée une fermette. Je pensais que l’acquisition de ma fermette aillait ressouder nos liens et mettrait un baume sur sa réelle blessure.&lt;br /&gt;
Il n'en fut rien. Il a investit beaucoup dans un gros clapier, d'entretien facile, qu'il construisit adroitement et brillamment : un beau poulailler. Il a refait les stalles de nos deux chevaux, puis toute l'installation électrique de la grange en entier, mais ma dépression grandissait et se transforma encore une fois en psychose. Sergio m'avait dit tant que tu ne feras pas de folie je serai là, mais mon chagrin à le voir refuser de s'investir dans la relation, le ressentant désirer garder une certaine distance et ces silences si douloureux me désespéraient au point d'avoir à retourner à l'hôpital me protéger de moi-même.&lt;br /&gt;
Il n'aurait pas su que j'avais fait une tentative de suicide si je ne lui avais pas dit, car cela c'est passé entre les murs de l'hôpital.&lt;br /&gt;
Sachant que ma dépression était liée à notre relation amoureuse défaillante et que je devais prendre action. Soutenue par l'équipe médicale, je lui ai dit qu’on devait couper tous les liens, par le biais du téléphone à l'hôpital. Sa réaction s’est faite rapidement, en retirant son cheval de chez moi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je n'en suis toujours pas remise après cinq ans et ça ne sera pas la fin de mon célibat qui m'en guérira, car les peines d'amour sont perpétuelles, ni les relations amoureuses d'ailleurs. Pas plus que des relations sexuelles qui vous le comprendrez, sont depuis le viol restées contrariantes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment expliquer que je ne crois pas qu'un homme puisse aimer, souffrir, avoir des sentiments, des regrets sincères, des peines d'amour ou même aimer véritablement qui que ce soit. Je ne crois qu'en une seule chose pour le genre masculin, c'est que seule leur testostérone fait qu'il s'attache à une personne d'une certaine façon. Ils aiment le jouet sexuel que nous sommes.&lt;br /&gt;
Dès que leur besoin sexuel n’est pas comblé à la hauteur de leur désir et de la façon aussi abjecte qu'ils sont capables de l'imaginer, leur affection vous est retirée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chapitre 23&lt;br /&gt;
Borderline&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Borderline (personnalité limite), est le nom d’un trouble de la personnalité, un trouble hérité de mes parents par la violence verbale et physique.&lt;br /&gt;
Non pas par les gènes, quoique je sui persuadée que ma mère souffrait de cette maladie, mais par le vécu de mon enfance dans une famille déséquilibrée, dysfonctionnelle.&lt;br /&gt;
Des mots qui ne mentionnent pas la profondeur de la souffrance inhérente à ce trouble.&lt;br /&gt;
Dysfonction en société, dysfonction en relation amoureuse, dysfonctio des liens au travail, dysfonction dans mes sentiments. Instabilité en amour, au travail, dans mes logements, avec mes amis, ma famille au noyau éclaté, la santé elle quelle horreur… Mal d’amour, mal à l’âme, mal de vivre, le vide intérieur si envahissant et accablant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rejetée avant d’être rejetée, fuir l’amour, car il blesse, tue et trahit, est mon héritage.&lt;br /&gt;
Courage de vivre plutôt que de mourir parce qu’il est plus facile de mourir que de vivre.&lt;br /&gt;
Commettre les mêmes erreurs cent fois avant d’en tirer une leçon, est le propre d’une émotive, impulsive, habité par la peur qui m’anime et me paralyse.&lt;br /&gt;
Combien de fois, ai-je tout laissé derrière moi en partant vite avec mon enfant afin de ne plus endurer une situation insupportable?&lt;br /&gt;
Un jour, j’ai pris les mesures nécessaires pour m’ancrer dans un logement, en décidant que je serais chez- moi et non chez- lui et que c’est lui qui partirait.&lt;br /&gt;
Ensuite à l’aide de thérapies, j’ai appris qu’il fallait en premier lieu me stabiliser dans tous les domaines. Donc, m’encadrer moi-même et viser la stabilité et prendre les moyens qui s’imposent pour y arriver.&lt;br /&gt;
Ma première réussite fut trois ans dans le même logement.&lt;br /&gt;
Par après, pour stabiliser et nourrir mon besoin affectif, j’ai décidai de m’acheter un cheval afin d’occuper mes temps libres avec moins de temps à ruminer des idées noires. Ce que je fis et comme l’expression populaire le dit : « Tu fermes une porte et une autre s’ouvre! ». C’est là que j’ai rencontré mon dernier copain; je vivais à St- Roch de l’Achigan.&lt;br /&gt;
Je me suis rendue compte également que je devais me stabiliser en emploi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Épilogue&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aucun de ces faits ne fut rapporté auprès d’autorités criminelles. Notre santé mentale trop fragile ne pourrait tenir le coup à des procédures longues et fastidieuses, sans grande conséquence réelle pour les coupables. D’ailleurs, la culpabilité assaillante qui nous habite, nous empêche d’aller de l’avant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par contre, nous avons un lien en commun, étant le désir de justice. Nous avons tous le désir d’écrire un livre depuis de très nombreuses années.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout comme le désir d’aller voir notre mère résidente dans un CHSLD sous la curatelle publique; elle est atteinte de démence sévère depuis environ dix ans.&lt;br /&gt;
Nos élans meurent dans l’œuf, étouffés par des sentiments de panique qui nous submergent le jour prévu pour aller la visiter.&lt;br /&gt;
Rick qui vit au BC nous trouvaient sans cœur d’ignorer notre mère. Lui qui en a pris soin, là-bas quelques temps, jusqu'à ce qu’il se rende à l‘évidence qu’elle avait besoin de surveillance constante, de plus elle désirait revenir au Québec. Elle ne profitera plus de la compagnie de son amant, se mourant d’un cancer. Esseulée et absente à elle-même, elle termine sa vie sans ceux qui auraient pu lui apporter un peu de lumière dans sa fin de vie.&lt;br /&gt;
Quant aux fréquentations avec mon père, elles sont inexistantes depuis plusieurs années.&lt;br /&gt;
J'ai cessé d’aller le voir malgré ses problèmes de santé, parce qu’il trouve toujours le moyen de m'intimider contrairement à mon frère et ma sœur.&lt;br /&gt;
Sa façon de me raconter à haute voix, la colère manifestée envers un commerçant pour une insatisfaction, réussissait à entretenir ma peur de lui.&lt;br /&gt;
Alors, j'ai décidé que c'était terminé. J’avoue avoir énormément de colère envers lui. Je fais beaucoup de ressentiment à son sujet, car à chaque rechute les flash-back d'évènements violents me tourmentent.&lt;br /&gt;
Il va de soit avec la compréhension que j'en ai aujourd'hui, fait que ce n'est pas à ma mère que j’en veux le plus, car elle était très souffrante psychologiquement. Pas lui, c'est pour cela que ça ne passe pas, mais pas du tout.&lt;br /&gt;
Je vis à son sujet des fantasmes d’homicides refoulés, bien entendu. Je pense que je ne retrouverai la paix à son sujet que lorsque j'apprendrai son décès. Croyez-moi, on ne me prendra pas à pleurer sur son sort. Il a dit avoir tout oublié et ne veut pas se le rappeler, et qu'il pleure d'ennui de nous voir! Un jour à « St-Côma », je l’ai entendu dire : « je regrette ce que j’ai fait, j’aurais dû laisser votre mère bien avant ». Il semble se déresponsabiliser en accusant ma mère de sa violence envers ses enfants. Du tact au tact, j’ai répondu: « C’est à elle que vous auriez dû en sacrer une », la réponse me laissa hébétée : « Non! Ce n’est pas moi ça …de battre une femme ». De jeunes enfants sans défense pas de problème, pensais-je, en colère, silencieuse comme toujours&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cela explique sans doute son absence le jour de la fête des pères lorsque nous allions le voir à son chalet.&lt;br /&gt;
La dernière fois que je lui ai offert une carte à la fête des pères, il me l'a fait regretter des années en disant, celle là n'est rien comparée à celle de l’année passée où j'y avais écris mes bons souvenirs de mon enfance avec lui.&lt;br /&gt;
Il n'a pas joué son rôle de père, Comment fêter sans hypocrisie cette fête? En plus, fidèle à lui-même, il nous a tous déshérités.&lt;br /&gt;
Vous connaissez le chanteur Josh Groban et sa chanson 'You raised me up'? Cette chanson me paralyse parce qu’à chaque fois que je l’entends, je pense à ce que nous aurions pu devenir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je pense depuis longtemps que si nous avions une note à donner à nos parents, le pointage serait six sur six. N'oublions pas Viviane décédé à six mois, étouffée par un oreiller tenu sur son visage par le bras droit de ma mère parce qu'elle était exaspérée de l'entendre pleurer.&lt;br /&gt;
Ce pointage leur est attribué par la vie gâchée de leurs six enfants sur six, rien de moins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aujourd'hui, mon père a vendu, quelques années après sa retraite, sa résidence secondaire autrefois chalet sur le magnifique terrain aménagé, qu’il avait si durement et longuement bâti. Le fait que sa femme devait voyager de longues distances pour aller travailler, en est venu à tenir les frais d'un deuxième logement devenu nécessaire. L’entretien devenu trop ardu et le fait qu’elle n’aimait pas cet endroit et qu’elle tenait à le vendre, ont aussi pesé dans la balance.&lt;br /&gt;
Une déception les attendait à l’arrivée dans la nouvelle maison en construction à Lanoraie. Elle était loin d’être terminée. Ils ont fait du camping dans leur maison, sans armoires, entre autres, et le propriétaire ou le contracteur n’était pas pressé, les considérants déjà responsables des paiements. Finalement, ils ont emménagé dans un bloc à appartement au troisième étage où mon père, ayant subi un triple pontage coronarien, avait de la difficulté à se rendre, se plaignant à Luce, que sa femme refusait de descendre d’un étage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aux dernières nouvelles, son épouse travaillant de l’autre côté de la rue, parlait sans cesse d’un collègue de travail ou plutôt de son amant. Mon père malheureux de cette situation, s’en plaignit à Luce, qui avait passé une grande partie de son temps à son chevet, suite à une chute.&lt;br /&gt;
Mais dans sa crainte de vivre seul, il s’est imposé cela et bien d’autres choses, car lorsqu’il l’a connu, elle était alcoolique et elle vivait seule. Elle l’est toujours; mon père l’a suivi dans son ivresse un temps, suffisamment long, pour nous en inquiéter. Cette femme ayant subi l’inceste par son père, a tout de même accepté de recueillir chez elle ses enfants au besoin. Un jour elle me reprocha notre faiblesse prétextant qu’elle a aussi beaucoup souffert et qu’elle mène une vie normale elle. Ma réponse fut spontanée à mon grand étonnement : « T’es pas alcoolique toi? ». C’est son exutoire, nous c’est la folie qui nous a ramassés. Je lui donne le crédit d’avoir enduré ce mâle dominant et rustre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ma part, aujourd’hui, en ce jour précis, je pourrais sans peine décrire les conséquences de ce que nous avons vécu, car je suis dans une de ces journées où la femme fragile que je suis devenue, est en danger.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À titre d’exemple, hier au bureau, à l’accueil de la clientèle au comptoir et par téléphone, le stress m’a assailli. Rien dans la charge de travail n’a pu causer cela étant donné que c’était une journée normale sans surplus de travail, suivi d’accalmie de quelques minutes, rien d’inhabituel.&lt;br /&gt;
Pourtant le seul fait qu'une de mes deux collègues me formant pour ce poste depuis trois semaines me dise : « bon, là nous faisons les envois », avant que je n’aie eu le temps de regarder autour de moi pour m’enligner sur la prochaine tâche.&lt;br /&gt;
Ce tout petit incident m’a mis dans tous mes états.&lt;br /&gt;
Je me suis sentie incompétente et irresponsable à ses yeux. Devinez l’origine de telles déductions destructrices ? Et l'effet instantané fut une perte d'énergie majeure soudaine, précédente immanquablement une dépression. Je venais d’abdiquer sans le savoir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pas de critique officielle, ni menace, ce qui auparavant avait le même effet, mais j’aurais été frappé au visage, comme ma mère nous faisait allègrement, et je ne m’en serais pas senti pire à l’intérieur.&lt;br /&gt;
Juste le fait qu’elle se sente obligée de me mentionner la prochaine tâche à effectuer, comme si elle me croyait incapable de prendre des initiatives pour me trouver autre choses à faire ou bien qu’elle me croit paresseuse.&lt;br /&gt;
Donc, je suis devenue hyper stressée, confuse et inefficace. Rien pour m’aider à prouver ma bonne volonté et l'efficacité que je me connais.&lt;br /&gt;
Je me suis mise à faire des erreurs qu’une enfant de première année ne ferait même pas.&lt;br /&gt;
Une migraine ophtalmique s’est installée provoquant une vision trouble à un point tel que j’ai dû dire à ma collègue, de me donner des tâches simples à faire pour l'heure et demie qu’il nous restait à travailler.&lt;br /&gt;
Elle reprit donc le contrôle du service et m’invita à ne pas me gêner de leur dire lorsque je suis dans cette condition afin que quelqu’un vienne me remplacer, car j’en deviens inefficace pour le client et pour le service.&lt;br /&gt;
J'ai la tête vide et je pose des gestes insensés qui n'ont pas rapport avec la tâche ce que j'ai à accomplir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais mon état de santé que je tente de surmonter est mis au jour, ce qui me déplaît. Je sens que le jour où je serai rangée au rancart se rapproche, me donnant le goût de disparaître, de m'enfermer chez moi, n'avoir plus à parler à personne, de n'avoir plus à sortir de chez moi. Je voudrais ne plus avoir à vivre cela, plus jamais.&lt;br /&gt;
Je suis tellement en détresse psychologique lorsque cela m'arrive, que j'en deviens dangereuse pour moi. On dit que les personnes vivant avec le trouble de personnalité limite sont des gens colériques et impulsifs.&lt;br /&gt;
Je suis effectivement impulsive, mais colérique je dois me féliciter, ayant été très rares mes excès de colères violentes.&lt;br /&gt;
Je suis souvent devenue très désagréable lorsque je me rendais compte que je devais courir pour trouver ce que je cherchais. Les émotions conduisent ma vie! Mon quotient intellectuelle est plus haut que la moyenne, mais laissez-moi vous dire que mon intelligence émotionnelle elle, est plus basse que la moyenne! Je suis hyper sensible, mais je trouve toujours un combat à mener pour les autres, mais aussi pour moi.&lt;br /&gt;
Je me mets les pieds dans les plats à cause de cette tendance justicière et j’ai rarement la force de me rendre jusqu’au bout, mon anxiété chronique qui monte en flèche me désarme. J’ai faite des crises de panique m’ayant dirigé vers la dépression. Je dois prendre du recul, mais le mal est fait.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hier, je terminais ma journée et on m’encouragea à me reposer en fin de semaine et à ne pas m’en faire pour la job et ne pas y penser surtout.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En revenant en voiture vers la maison sur cette belle route de campagne bordée de fermes, de chevaux en enclos ou je prends plaisir à savourer l’instant du transport aller-retour, fut comme bien des fois un moment où je subissais des douleurs à me plaindre tout haut, seule dans ma voiture de ces douleurs vives, ressenties un peu partout de façon aléatoire sur toutes les parties du corps : dos, chevilles, avant-bras, tibias, hanches, mains, cou, genoux, mâchoires, bas du dos, poitrine, tête, nuque il faut les nommer toutes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le moral dans les talons, je souffre également psychologiquement, je suis en détresse, épuisée physiquement et psychologiquement je pense au suicide.&lt;br /&gt;
Je suis épuisée, il est treize heures trente, je me suis levé à neuf heures trente et je ne vous dirai pas ce que j’ai prévu, car j’ai appris à contrôler ces moments dans une de mes trentaines de thérapies.&lt;br /&gt;
Alors, j’ai pris un relaxant musculaire et j’attends le sommeil en écrivant ces lignes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voici les explications de mon état, ce sont des explications médicales fournies par des spécialistes qui me suivent aux six mois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J’ai des cicatrices au cerveau causé par des coups sur la tête étant poupon, ce qui fait que j’ai des neurones qui sont regroupés. Je sais que les cicatrices ont été faites alors que j’étais poupon et que ma mère me lançait la tête contre les barreaux de mon lit, afin de me faire taire, car mon neurologue m’a demandé après avoir reçu les résultats d'une résonance magnétique "se pourrait-il que tu ais eu des coups sur la tête étant bébé?"&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mon système nerveux est défectueux du fait des mes cicatrices au cerveau. Ce qui induit un trop plein d’adrénaline qui est la raison de ma nervosité, de ma haute pression artérielle chronique et de mes palpitations.&lt;br /&gt;
Mes migraines chroniques sont dues à de l’arthrose avancée dans les vertèbres cervicales occasionnée encore par les coups et aussi à un accident d’automobile.&lt;br /&gt;
L’urticaire, le psoriasis et les ulcères chroniques pour lesquelles j’ai subi une opération sont dus à mon stress chronique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des journées comme celle-ci j’en subis vingt-cinq sur trente jours à l’intérieur d’un mois.&lt;br /&gt;
Vous comprendrez ici que souvent je n'en peux plus et que je ne puis dire dans le prélude de ce livre: « elle survécue heureusement ».&lt;br /&gt;
Je suis suivie par un neurologue, un néphrologue, mon médecin de famille, un rhumatologue, un psychiatre, un ergothérapeute.&lt;br /&gt;
Je vois au besoin un acupuncteur et un hypnologue lorsque je suis en situation de crise très avancé. La ligne d'écoute d’urgence psychosociale du CLSC m’aide sporadiquement lors des moments critiques.&lt;br /&gt;
Les médicaments ne viennent pas vraiment à bout de ma haute pression, les anxiolytiques au coucher réussissent à m’empêcher de penser toute la nuit, d’autres médicaments contrôlent les palpitations dues à mon taux d’adrénaline.&lt;br /&gt;
Je fus hospitalisé à de nombreuses reprises en psychiatrie pour mon stress trop élevé et de façon prolongée m’ayant mené à la dépression, dépression majeure, psychose et tentatives de suicides répétés majoritairement perpétrés sous le coup d'une pulsion suicidaire qui dure environ vingt minutes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le trouble de personnalité qui me mène au bord du suicide très souvent, d'ailleurs, le taux de suicide chez les personnes souffrant de ce trouble est plus élevé encore que chez les jeunes hommes parce que nous sommes déconnectés de la réalité et même de notre corps (déréalisation) par une trop grande souffrance.&lt;br /&gt;
Quelques fois accompagnée de psychose avec hallucinations auditives, visuelles et sensorielles (sentir des présences), ce trouble n'est pas une maladie dont on ne se soigne pas avec des médicaments. Les complications eux se soignent avec des médicaments comme antidépresseur, antipsychotique, antiépileptique et anti-parkinsonien.&lt;br /&gt;
Ajoutée d’une bonne thérapie et d’un bon suivi, il est possible de remonter à chaque rechute, la longue pente pour entrevoir la lumière et s’en sortir. Mais croyez-moi sur paroles, les bonnes thérapies sont rarissimes et l’accès aux soins l’est tout autant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les hospitalisations sont ressenties comme infernales puisque sous observation et interné pour quelques semaines ou des mois, les activités sont inexistantes. À part fumer, imaginez donc que certains hôpitaux ajoutent au stress du patient en interdisant de fumer maintenant. La lecture est pratiquement impossible par manque de concentration, le manque d’attention et les besoins non comblés font des bénéficiaires des personnes encore plus frustrées et jouent la « game » de ‘je vais mieux, je veux sortir’.&lt;br /&gt;
L’anxiété d’attendre de voir le médecin pour demander son congé, l’ennui, la tristesse, le vide intérieur, la détresse psychologique, le mal de vivre, rien qui ne soit guéri à la sortie. Ce n’est qu’en attendant la prochaine malgré tant d’efforts pour m’encadrer adéquatement comme il se doit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J’y suis allée fréquemment, à la longue c’est devenu un refuge pour me protéger de moi-même. Un temps d’arrêt pour du repos afin de voir plus clair dans les moyens qui sont à ma disposition pour régler la situation qui m’y a mené.&lt;br /&gt;
Ce qui dans mon cas est généralement un problème de relation interpersonnelle qui perdure et ne se résout pas causant ainsi des situations conflictuelles que je refuse d'affronter dû à mon manque d'affirmation, de confiance en moi et d'un sens de la répartie déficient.&lt;br /&gt;
Le diagnostique sera erroné à plusieurs reprises, c’est essai et erreur, ce qui amène à craindre la médication, car en plus des effets secondaires importants ils sont trop souvent inefficaces.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce trouble de la personnalité est occasionnée par une trop grande souffrance vécue durant l'enfance, des mauvais traitements tels; négligence, violence verbale, physique, psychologique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Trop de supplices ont façonnés une personnalité déficiente au niveau affectif, relationnel, émotionnel et psychologique. Rien à voir avec l'intelligence, la majorité des personnes vivant avec ce trouble sont des personnes ayant une intelligence au-dessus de la moyenne tout comme moi.&lt;br /&gt;
J'ajoute que les très fréquents 'flash-back' des moments de violence vécus, sont très fréquents et déstabilisants.&lt;br /&gt;
De plus au moment de m'endormir, je me réveille très souvent en sursaut et je ressens des spasmes qui me font cambrer une partie du corps ou l’autre comme si mon subconscient cherchait à me tenir éveillé par crainte d'un danger. Je dois me rassurer et me convaincre que nous (lui et moi) allons passer une bonne nuit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je suis toujours surprise de me voir en rechute : les psychologues n’expliquent pas ce fait. Je devrais savoir, être convaincue que je rechuterai.&lt;br /&gt;
Nonnnn, je ne veux pas! Je crois après chaque rechute, que je remonte pour de bon. Je me refuse à croire que c'est pour la vie.&lt;br /&gt;
C’est ce qui me donne de l’espoir et du courage de vivre malgré tout ça, de me rappeler et de me dire que c’est temporaire cet état que je réussirai à passer à travers cette crise sans perdre mon emploi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce qui m'a surpris cette fois-ci, est que je prends des antidépresseurs depuis environ six mois et que je me sens moralement beaucoup plus forte à cause de cela.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais le stress en est venu à bout…je vais dormir, je suis mieux d’aller dormir...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Annexe&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tiré d‘un témoignage sur le site Internet AGIR&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Viennent les chutes dépressives. La mort sous toutes ses facettes tournoie rapidement et obsessivement dans ma tête. J'en arrive à croire que c’est le seul moyen de sortir de ce pays de malheur. La douleur m’agrippe à la gorge, me coupe le souffle. Je sens mes forces vitales me quitter… Le spectre de la mort m’invite alors à franchir son seuil. Ma tête devient un terrain vacant…Je deviens obsessive, agressive et ma tête est aux prises avec une agitation sans relâche.&lt;br /&gt;
Je me retrouve de nouveau à l’hôpital, emmurée dans ma psychose qui gruge mes dernières miettes de lucidité. Des voix envahissent mon espace intérieur. Je me perds dans la maladie. J’ai l’impression de ne plus être sujet de ma vie, de me sentir dépossédée. Et puis, errante seule au pays de la folie, je remarque progressivement que certaines rues sont éclairées et qu’elles sont bordées de petites auberges illuminées. Je m’arrête et je me restaure, le temps de me rétablir. Ma famille, mes amies et l’entourage médical remplissent ma gourde d’espoir pour me permettre de poursuivre mon chemin. La brume se dissipe et je vois apparaître des jours meilleurs. «Tout comme le cœur et les reins, le cerveau a le droit d’être malade, et d’être soigné, pendant que l’âme reste pure», explique Denis Audet, médecin, dans le livre Ces maux qui dérangent.&lt;br /&gt;
Quand les visions de mort se sont imposées, elle a paniqué. A gardé le silence sur son mal de vivre et sa culpabilité pendant huit longs mois. Même son conjoint ne savait rien de la profondeur de son désespoir. «Comment dire à mon chum que si je meurs, ça ne me dérange pas.&lt;br /&gt;
Remerciements&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je tiens à remercier la Sœur directrice et les thérapeutes de l’Aile psychiatrique de l’Hôpital de Roberval où se donne une thérapie à l’interne pour des personnes alcooliques et sobres depuis un moment.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mes remerciements également aux intervenantes de CALACS Lanaudière, qui m’ont fait faire un sacré bout de chemin au sujet des abus sexuels, des agressions physiques et verbales, pour la thérapie incroyablement efficace, bien moulée aux besoins des victimes, ainsi que leur douceur, leur professionnalisme, leur implication et leur empathie bienveillante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je tiens à remercier également les intervenantes de la Clinique psychiatrique de Rawdon, qui donne une formation adaptée à des personnes vivant avec le trouble de la personnalité limite.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des remerciements également à l’Association des alcooliques anonymes m’ayant accompagnée durant mes trois premières années d’abstinence. Ce sont tous des êtres très spéciaux dédiés au rétablissement des personnes souffrantes. J’ai vu en ces personnes des êtres dévoués, aimants, patients et empathiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je désire dédier ce roman en remerciement très spécial à l'équipe d'intervenants du Centre de crise de Lanaudière.&lt;br /&gt;
J'ai de la difficulté à exprimer avec des mots, la bonté, la bienveillance, la compétence, l'accueil et l'amour que ces personnes offrent aux personnes en détresse qui vont se réfugier dans cette maison accueillante.&lt;br /&gt;
Je veux les remercier de m'avoir sauvée la vie à deux reprises à ce jour.&lt;br /&gt;
Jamais je n'hésiterai à aller me réfugier là-bas lorsque je serai devenue un danger pour moi-même.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sans ces ressources, je ne serais plus de ce monde pour témoigner que l’existence de ces ressources et le soutien financier récurent est vital.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sommaire&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avant-propos, page 1&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chapitre 1&lt;br /&gt;
Mariage forcé&lt;br /&gt;
Page, 3&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chapitre 2&lt;br /&gt;
Parents violents&lt;br /&gt;
Page, 12&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chapitre 3&lt;br /&gt;
Le bonheur à la campagne&lt;br /&gt;
Page, 20&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chapitre 4&lt;br /&gt;
Retour en ville&lt;br /&gt;
Page, 23&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chapitre 5&lt;br /&gt;
L’enfant rebelle&lt;br /&gt;
Page, 28&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chapitre 6&lt;br /&gt;
À l’école primaire&lt;br /&gt;
Page, 31&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chapitre 7&lt;br /&gt;
Début de l’adolescence¨&lt;br /&gt;
Page, 34&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chapitre 8&lt;br /&gt;
Le viol collectif&lt;br /&gt;
Page, 39&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chapitre 9&lt;br /&gt;
Le couvent&lt;br /&gt;
Page, 41&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chapitre 10&lt;br /&gt;
Après la séparation de mes parents&lt;br /&gt;
Page, 46&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chapitre 11&lt;br /&gt;
Les emplois&lt;br /&gt;
Page, 50&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chapitre 12&lt;br /&gt;
Ma sœur Luce&lt;br /&gt;
Page, 52&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chapitre 13&lt;br /&gt;
Mon frère John&lt;br /&gt;
Page, 55&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chapitre 14&lt;br /&gt;
Rick, le cadet&lt;br /&gt;
Page, 67&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chapitre 15&lt;br /&gt;
La rencontre de mon premier mari&lt;br /&gt;
Page, 72&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chapitre 16&lt;br /&gt;
La famille de Sergio&lt;br /&gt;
Page, 84&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chapitre 17&lt;br /&gt;
Notre séparation&lt;br /&gt;
Page, 87&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chapitre 18&lt;br /&gt;
L’amour idyllique avec Marcelo&lt;br /&gt;
Page, 95&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chapitre 19&lt;br /&gt;
Mes enfants&lt;br /&gt;
Page, 100&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chapitre 20&lt;br /&gt;
Adolescence tardive&lt;br /&gt;
Page, 104&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chapitre 21&lt;br /&gt;
La relation avec ma fille&lt;br /&gt;
Page, 108&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chapitre 22&lt;br /&gt;
Peines d’amour&lt;br /&gt;
Page, 116&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chapitre 23&lt;br /&gt;
Bordeline&lt;br /&gt;
Page, 128&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Épilogue&lt;br /&gt;
Page, 131&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Annexe&lt;br /&gt;
Page, 142&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Remerciements&lt;br /&gt;
Page, 143&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Née au milieu des années cinquante dans la province de Québec au Canada, élevé par ses parents de classe pauvre majoritairement dans Hochelaga Maisonneuve, un des quartiers les plus durs et démunis de Montréal. Jeune adulte l’auteure a vécu comme compagne d’un homme des bois. Plus tard elle choisira Lanaudière pour vivre sa passion pour les chevaux. Karat Létapar une femme dans la jeune cinquantaine, attirée par l’écriture, l’art et les lettres entre autres, depuis le début de sa vie d’adulte. Elle raconte avec aplomb, la négligence, les corrections et les sévices incroyables vécus, par elle ainsi que par ses frères et sœurs. Elle écrit ce livre dans le but de faire savoir à quel point les mauvais traitements aux enfants font du dommage tout au long de la vie d’adulte. Espérant de la cour criminelle du Canada et du Québec prenne en compte que la victime en souffrira jusqu’à sa mort, et que les sentences ne soient pas infligées aux enfants mais bien aux parents et ce malgré leurs âges ou conditions de santé au moment du prononcé de la sentence car la sentence pour l’enfant elle, est pour la vie.&lt;br /&gt;
Elle croit fermement que la solution est dans la prévention et le soutien aux parents. A ce titre elle désire nommé une organisation contemporaine, AED, Assistance aux enfants en difficulté, dans laquelle elle fonde une grande espérance.&lt;br /&gt;
Voici le lien du site Internet ou vous pouvez lire sur Dr Gilles Julien, pédiatre social à Montréal &lt;a href="http://www.fse.uqam.ca/milieuxdefavorises/hm/serie_B/48.html"&gt;http://www.fse.uqam.ca/milieuxdefavorises/hm/serie_B/48.html&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dr Julien a mis sur pied la Fondation pour la promotion de la pédiatrie sociale (FPPS) vouée à supporter les projets de pédiatrie sociale, à encourager la formation des professionnels de la santé à cette approche et à promouvoir les intérêts et les droits des enfants.&lt;br /&gt;
Il collabore à de nombreuses publications touchant la prévention, le développement des enfants et l’attachement parent-enfant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette histoire vraie qu’elle vous présente aujourd’hui est un fruit mûr au goût amer, car elle partage avec vous les évènements bouleversants d’une vie à se battre contre un ennemi contre lequel l’issu du combat est connu d’avance.&lt;br /&gt;
C’est avec un certain recul acquis au fil des ans que Karat Létapar peut enfin vous présenter des personnages pour lesquels vous développerez certainement des sentiments âcres. Souhaitant que ce livre fasse réfléchir nos gouvernements sur les actions à prendre pour protéger nos enfants, qui sont notre futur et que ce roman saura sensibiliser les parents aux conséquences de leurs gestes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Remerciements sincère à mon amie Julie St-Germain pour sa compétence et sa générosité pour la correction de mon premier roman, sans sa précieuse contribution il n'aurait pas vu le jour.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5828702472354766819-1148488925263266154?l=rapatel-carole-roman.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;
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