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	<title>La revue Légion</title>
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	<pubDate>Mon, 14 Jul 2008 04:01:39 +0000</pubDate>
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		<title>En l’honneur de ceux qui ont servi en mer</title>
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		<pubDate>Mon, 14 Jul 2008 04:01:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Dan Black</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Articles principaux]]></category>

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		<description><![CDATA[<p class="caption_img"></p>
<p>Cette histoire ne commence pas durant la Seconde Guerre mondiale; elle commence cette année-ci, le premier dimanche du mois de mai, quand Arthur Taylor, un homme de 85 ans, se tient à bord du HMCS Sackville,  une rose rouge et une partie de petit bouquet à la main.</p>
<p>Ce vieux marin de Terre-Neuve n’avait pas les fleurs quand il est arrivé à bord de la corvette qui remonte à la guerre. Elles lui ont été données par des gens qui sont heureux de le rencontrer et qui lui témoignent leur respect pour ce qu’il a fait, avec des milliers [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="caption_img"><img src="http://www.legionmagazine.com/en/wp-content/uploads/2008/06/atlanticlead.jpg" alt="À bord du HMCS Sackville, une planche à inhumation couverte par un pavillon blanc est utilisée pour confier les cendres d’un marin à la mer. [PHOTO : DAN BLACK]" class="top" height="236" width="630" /></p>
<p><strong>Cette histoire ne commence pas durant la Seconde Guerre mondiale; elle commence cette année-ci, le premier dimanche du mois de mai, quand Arthur Taylor, un homme de 85 ans, se tient à bord du HMCS Sackville,  une rose rouge et une partie de petit bouquet à la main.</strong></p>
<p>Ce vieux marin de Terre-Neuve n’avait pas les fleurs quand il est arrivé à bord de la corvette qui remonte à la guerre. Elles lui ont été données par des gens qui sont heureux de le rencontrer et qui lui témoignent leur respect pour ce qu’il a fait, avec des milliers d’autres marins, durant la bataille la plus longue de la Seconde Guerre mondiale : la Bataille de l’Atlantique.</p>
<p>Et maintenant, au large du parc Point Pleasant d’Halifax, une vieille casquette de baseball enfoncée sur la tête et un manteau gris boutonné presque jusqu’au col, M. Taylor, natif de St. John’s se penche par-dessus le bastingage. Il a déjà remarqué que la houle est inexis­tante en ce beau jour de prin-temps, pas plus qu’il ne peut voir quelque danger qui viendrait d’en dessous ou d’un endroit lointain de l’horizon argentin. Rien qu’une faible brise, assez fraiche pour rappeler à tout le monde à bord qu’il fait toujours froid là-bas, même sous le plus ensoleillé des cieux.</p>
<p class="caption_img"><img src="http://www.legionmagazine.com/en/wp-content/uploads/2008/06/atlanticinset3.jpg" alt="Arthur Taylor reste au soleil à bord du HMCS Sackville. [PHOTO : DAN BLACK]" align="middle" height="392" width="515" /></p>
<p>Les gens qui le connaissent et ceux qui se sont donné la peine de bavarder avec lui pourraient s’attendre à ce que la trame de cette histoire vire au passé, soudainement, au moment exact où il laisse tomber les fleurs à mer. Mais ce sont-là des instants privés pour les hommes comme lui : les vétérans de la guerre qui ont été témoins des pires moments et des meilleurs. Il va nous expliquer, bien plus tard, à St. John’s, qu’à ce moment précis, à bord du Sackville, il se rappelle le 5 novembre 1940, et certains de ses copains qu’il a vus disparaitre lentement dans l’impitoyable Atlantique Nord glacé.</p>
<p>Il avait 19 ans, mais il y avait des hommes qui étaient encore plus jeunes que lui. Leur navire, le HMS Jervis, venait d’escorter un convoi de 37 navires marchands, d’Halifax jusqu’au Royaume-Uni, quand il a été coulé par le cuirassé de poche allemand Admiral Scheer. « Nous étions 20 ou 30 sur un radeau en bois posé sur des barils à pétrole », dit  Taylor, qui se souvient que l’équipage comprenait des Australiens, des Britanniques, des Canadiens et des Néo-Zélandais. « On avait une planche et même si on savait que ça ne nous mè­ne­rait nulle part, on se servait sans arrêt de nos mains et de nos bras, on conti­nuait de bouger pour que le sang conti­nue de circuler dans nos veines. Parce que quand l’hypothermie arrive, on n’a plus que quelques mi­nutes à vivre. Et au fur et à mesure qu’ils mouraient […] eh bien, on n’y pouvait rien [&#8230;]. Beaucoup d’entre eux avaient été blessés par des éclats d’obus. J’en avais à la jambe et au bras. De toute façon, il ne fallait jamais lâcher, c’est tout.</p>
<p>* * *</p>
<p>Du premier jour, en septembre 1939, au dernier, en mai 1945, la Bataille de l’Atlantique a duré aussi longtemps que la guerre en Europe. Pour les alliés, il fallait que la bataille en mer soit gagnée parce que la guerre dépendait beaucoup du succès des convois, de la livraison de personnel des forces armées, de munitions, de carburant, d’équipement et de nourriture; tout cela était absolument nécessaire pour se défendre des nazis et, en fin de compte, pour les battre.</p>
<p>Le premier convoi transatlantique en direction de l’est a quitté Halifax le 16 septembre 1939, accompagné par les destroyers de la MRC St. Laurent et Saguenay. D’autres convois l’ont suivi peu de temps après qui partaient de Sydney (N.-É.), Québec, Saint John (N.-B.) et St. John’s (T.-N.).</p>
<p>Les premières années, beaucoup de leçons difficiles ont été apprises. La main-d’œuvre, la formation, l’équipement et l’organisation étaient inexistants ou bien ils étaient insuffisants. À un moment donné, une couple de corvettes, manœuvrées par des Canadiens, qui ont été livrées au Royaume-Uni avaient des canons en bois. Mais, au moins, ces navires sont bien arrivés. (Voir, à la page 28, Canadian Military History In Perspective [non traduit].)</p>
<p>Le revirement de la guerre en mer est arrivé avec l’apport d’autres navires, de meilleurs armes et équipement, de plus de formation, de renseignement naval et, ce qui n’est certainement pas de moindre importance, d’avions de patrouille à long rayon d’action qui servaient à donner une couverture aérienne aux convois.</p>
<p>Cependant, les risques que couraient les navires transportant les fournitures en Grande-Bretagne, qui naviguaient souvent malgré les tempêtes et à travers les eaux infestées d’ennemis, étaient énormes. Plus de 3 700 marins de la Marine royale du Canada et de la marine marchande canadienne ont péri en mer durant la bataille, et presque mille autres Canadiens ont trouvé la mort dans la froide immensité de l’océan.</p>
<p>En juin 1941, 454 000 tonnes de produits ont été coulés par les sous-marins allemands. De janvier à juillet 1942, presque 400 bâtiments alliés ont été coulés, alors qu’il n’y a que sept sous-marins allemands qui ont été coulés. Ces pertes du début démontrent l’exploitation que faisaient les Allemands des fai­blesses du système des échanges allié — pas assez de convois, pas assez d’escorteurs, pas assez d’avions, pas assez de bases, et un nombre de sous-marins allemands qui a grandi d’environ 30 en 1939 à 300 en 1942.</p>
<p>Une des pires périodes du carnage en mer a eu lieu en mars 1943, quand l’ennemi a coulé 108 navires alliés, ce qui a causé la mort d’un très grand nombre de personnes, mais aussi la perte de 570 000 tonnes de frets.</p>
<p>Cependant, en mai 1943, il y avait des indications certaines que la formation, l’amélioration de l’organisation et les nouvelles technologies donnaient de bons résultats, et les forces aériennes et navales alliées trouvaient et détruisaient de plus en plus de sous-marins. C’est ce courage et cet acharnement, et puis ce revirement, qui sont commémorés le premier dimanche du mois de mai tous les ans. « Ces Canadiens ordinaires ont quitté leur vie ordinaire pour accomplir des choses extraordinaires », dit le ministre d’Anciens combattants Canada Greg Thompson lors d’une allocution, la veille de l’anniversaire, à l’édifice commémoratif des anciens combattants Camp Hill, à Halifax. « Ils se sont enrôlés en grand nombre […]. Ils ont sacrifié le confort et la sécurité de leur foyer […] et ils ont payé un prix terriblement élevé […]. »</p>
<p>Le ministre, regardant la foule et en particulier une rangée d’anciens combattants frêles assis tranquillement dans leur fauteuil roulant, dit « il y en a parmi vous, ici, aujourd’hui, qui connaissent très bien le sens du devoir, la signification du sacrifice, de la perte d’un être cher. Parce que vous avez vécu tout cela; pourtant, vous n’avez jamais vacillé. Vous avez combattu et souffert, et vous avez remporté la victoire; vous êtes pour nous une source d’inspiration. Et nous continuons à perpétuer le souvenir.</p>
<p>« Nous prenons le temps de réfléchir aux horreurs de la guerre, aux vies détruites et aux rêves de jeunesse perdus à jamais. Nous exprimons notre gratitude éternelle envers ceux et celles qui ont consenti le sacrifice ultime; ceux et celles dont le dernier lieu de repos ne peut être marqué d’une tombe. Et nous avons une dette éternelle envers vous. »</p>
<p class="caption_img"><img src="http://www.legionmagazine.com/en/wp-content/uploads/2008/06/atlanticinset5.jpg" alt="Susan Clark, à bord du HMCS Sackville, regarde des photos de son père. Les cendres de ce dernier seront confiées à la mer un peu plus tard. [PHOTO : DAN BLACK]" align="left" height="355" width="250" /></p>
<p>Les gens qui ont servi dans le Nord de l’Atlantique font vite remarquer  que la Marine et la marine marchande n’ont pas seulement escorté les convois dans l’Atlantique. Elles ont aussi participé toutes deux à pratiquement tous les théâtres de la guerre, y compris ceux de la Manche, de l’Arctique et de la Méditerranée, mais on oublie souvent de le reconnaitre. Le capitaine de la Marine à la retraite Mark Mayo, lors d’un discours qu’il prononçait au diner annuel du HMCS Sackville du Fonds de commémoration de la marine cana­dienne, qui cette année a eu lieu au Shearwater Aviation Museum, remarque qu’en 1942-1943, le Canada a acheté à l’Angleterre, entre autres, quatre destroyers de classe Tribal. « Nous les avons équipés et nous les avons maintenus dans les eaux britanniques jusqu’à la fin de la guerre en Europe. Cela a permis à la Marine royale de fournir des navires anti-sous-marins aux groupes qui participaient à la Bataille de l’Atlantique. Ces navires ont fait un travail formidable dans la Manche. L’un d’entre eux, le HMCS Athabaskan, a été frappé par une des premières bombes planantes allemandes » au large de la côte espagnole.</p>
<p>Le diner à Shearwater et l’après-midi à Camp Hill font partie des nombreuses manifestations réglées en l’honneur du 65e anniversaire, pour s’assurer que le service et les sacrifices des hommes et des femmes ne soit jamais oublié. Les gens d’Anciens combattants Canada et du ministère de la Défense nationale, ainsi que des bénévoles du Fonds de commémoration de la marine cana-dienne, ont été très occupés durant le début du mois de mai. La délégation officielle, organisée par ACC et menée par le ministre, comprend des représentants d’organisations d’anciens combattants et de la jeunesse. Le représentant de la Légion royale canadienne est le premier vice-président national Wilf Edmond, de la filiale Donkin (N.-É.), dont le frère aîné, John, a trouvé la mort quand le HMCS St. Croix a été torpillé et coulé, au sud de l’Islande, le 20 septembre 1943.</p>
<p>« J’avais 10 ou 11 ans », dit Edmond. « Je me souviens qu’on m’a rappelé chez moi à l’école, on m’a dit qu’il fallait que je rentre. Quand je suis arrivé, la première chose que j’ai remarquée, c’est que toute la maison était silencieuse. Maman m’a dit que Johnny avait été perdu en mer […]. »</p>
<p>Cinq officiers et 76 hommes du St. Croix ont été sauvés par le HMS Itchen. Malheureusement, un seul de ces hommes a survécu car le Itchen a été coulé deux jours après. « Johnny était chauffeur […]. Il s’était marié mais nous n’avons jamais vu son épouse. Je pense qu’elle s’appelait Margaret. Ils avaient une fille. J’ai fait des recherches quand j’étais à Terre-Neuve, mais elle a déménagé en Angleterre quand il a été tué. »</p>
<p>Edmond se souvient de son frère et a prié silencieusement pour lui à l’occasion d’un service, le 3 mai, à la Chapelle du Souvenir du Stadacona Faith Centre, à la BFC Halifax. Nombreux sont les gens qui l’ont accompagné durant la commémoration solennelle, dans cet espace silencieux enluminé par 24 vitraux — chacun de ces derniers représente un navire canadien, coulé par l’ennemi ou autrement, durant la bataille. Dans un livre du souvenir, dans la chapelle, est inscrit le nom de tous ceux qui ont servi dans la MRC et qui sont morts en service depuis que cette dernière a été instituée, en 1910. L’officier de ser­vice vient tourner la page chaque jour. Les cérémonies du vendredi sont plus elaborées et elles comprennent la lecture du nom de tous ceux qui sont morts durant cette semaine-là dans l’histoire de la Marine. Cette année, il s’agit du nom de tous ceux qui ont péri avec le HMCS Athabaskan (lequel a survécu à la bombe planante mais a été coulé, par une torpille, le 29 avril 1944), dont le capitaine et 128 hommes de plus. Il y en a beaucoup qui ont été faits prisonniers.</p>
<p>Le diner annuel du HMCS Sackville a normalement lieu à bord du navire. C’est la dernière corvette de classe Flower de la Seconde Guerre mondiale qui, de toutes celles qui ont participé à la bataille, est encore en existence. Le diner ne peut pas avoir lieu à bord cette année parce qu’elle est en cale sèche, en préparation, entre autres, des cérémonies de dimanche. Alors le diner pour 150 personnes a eu lieu au musée de l’aviation de Shearwater. Pour les organisateurs et les invités, se trouver assis parmi les aéronefs d’époque est une façon d’insister sur le rôle important que l’aviation a eu quand il s’agissait de protéger les convois transatlantiques, ainsi que le gros prix payé par leurs équipages.</p>
<p>Le capitaine d’aviation David Ernest Hornell, à qui la Croix de Victoria a été décernée de façon posthume parce qu’il avait accompli une attaque contre un sous-marin le 25 juin 1944, était un de ces aviateurs. Il a été obligé d’amerrir, sont aéronef grandement endommagé, et les membres de l’équipage passaient leur temps, à tour de rôle, à ramer dans un petit canot ou à s’y accrocher, dans l’eau glacée. Leur épreuve a duré 21 heures. Le capitaine est mort peu de temps après avoir été recueilli.</p>
<p>Les commémorations du dimanche comprennent une grande cérémonie au Halifax Memorial, au parc Point Pleasant, ainsi que des services en mer à bord du Sackville. Le monument en granite, érigé par la Commission des sépultures de guerre du Commonwealth et dévoilé en 1967, est visible quand on est à bord d’un navire qui s’approche d’Halifax.</p>
<p>Environ 100 personnes sont montées à bord du Sackville nouvellement peinturé avant qu’il soit emmené au large du parc Point Pleasant par deux remorqueurs. La plupart des gens à bord sont des parents d’anciens combattants de la marine décédés dont les cendres sont confiées à la mer lors de ce qui est devenu un service annuel.</p>
<p>Le commandant du Sackville, Wendall Brown, reçoit tout le monde à bord, comme le fait l’aumônier Charlie Black de la part du Fonds de commémoration de la marine canadienne, l’organisation qui maintient le HMCS Sackville à flot en tant que monument naval canadien. « C’est un jour très dur pour beaucoup d’entre vous », dit Brown. « Il l’est également pour nous parce que nous confions les cendres d’amis et d’anciens équipiers […]. »</p>
<p>Les gens qui n’ont jamais été à bord d’un navire sont abasourdis par l’exiguïté de l’espace. Beaucoup ont de la difficulté à s’imaginer un navire si petit au milieu de l’Atlantique. « Le navire avait un équipage de 35 personnes à l’origine », dit Brown. « Au début, on pensait qu’ils vogueraient cinq ou six jours, à partir des ports défendus comme ceux d’Halifax, de Sydney et de St. John’s, et puis qu’ils reviendraient s’approvisionner. Mais ils ont fini par être utilisés comme escorteurs océaniques et ils voguaient jusqu’à l’autre côté de l’Atlantique. Plutôt que de partir pendant quatre ou cinq jours, ils sortaient deux ou trois semaines et, des fois, plus longtemps encore. Dans la cale, les ponts de mess étaient mouillés à cause de l’eau qui s’infiltrait par les écoutilles, les portes et tous les interstices […] et aussi à cause de l’eau que les hommes serrés dans un petit mess apportaient dans leurs vêtements. C’étaient des navires très robustes mais, quand la surface devenait houleuse, ils fonçaient à travers les vagues d’eau, leur proue en dessous et des nappes d’eau ruisselant sur le pont [..]. »</p>
<p>Avant les services funèbres, le Sackville a réglé son propre service de la Bataille de l’Atlantique, en même temps que celui qui avait lieu au parc Point Pleasant. Le long oriflamme rouge, blanc et bleu de l’église, indiquant qu’un service religieux a lieu à bord, flotte au-dessus du navire contre un ciel bleu brillant.</p>
<p>Les cendres de plus de 24 personnes sont confiées à la mer. Le père de Susan Clark avait 87 ans quand il est mort en septembre dernier. « Durant la guerre, il a navigué sur des navires comme celui-ci », dit-elle. « Il avait un surnom. C’était Diesel. […] J’ai trouvé quelques vieux livres dans ses affaires, du temps où il était chauffeur. Son écriture dans ces livres était tellement jolie […] et les dessins de partie de moteur qu’il faisait étaient vraiment remarquables. »</p>
<p>Scott McKee est à bord avec sa mère Bertha et son frère Michael. Son père, l’ancien capitaine de corvette Fredrick Gilbert McKee, a été conservateur et archiviste en chef du HMCS Sackville pendant des années. « Il a toujours voulu ceci », dit Scott. « Ce service nous aide beaucoup à nous souvenir de tous ceux qui ont servi notre pays en mer. »</p>
<p>Donald Wilcox, âgé de 84 ans, qui en avait 14 quand il est monté à bord du paquebot Athenia le 2 septembre 1939 avec sa mère, est aussi à bord du Sackville. « Selon la loi internationale, un vaisseau qui a commencé son voyage avant la déclaration de guerre devrait être préservé des actions de l’ennemi durant ce voyage-là », dit-il. À 19 h 15 à peu près, le 3 septembre, le navire de passagers a été torpillé par un sous-marin à quelque 250 milles nautiques à l’ouest de l’Irlande.</p>
<p>« Je me tenais tout en avant de la proue du navire et je regardais l’eau qu’elle coupait en dessous. Maman était sur le pont. Notre cabine était trois ponts en dessous, en classe touriste. Quand il a été frappé, le navire a sauté et il est retombé a bâbord. Il avait une inclinaison d’à peu près 35 degrés. »</p>
<p>Conformément aux instructions qu’on lui avait données durant les exercices de sécurité, il courut jusqu’à sa cabine chercher son gilet de sauvetage. « Tout le monde montait, et je descendais. Il faisait complètement noir dans le navire. »</p>
<p>Il a retrouvé sa mère quand il est retourné au pont principal. Ils ont eu la chance tous deux de pouvoir monter à bord d’un canot de sauvetage, mais ce n’était pas facile. À cause de l’inclinaison du navire, les échelles de corde de tribord étaient bien séparées du bord du navire. « Les vagues avaient à peu près 10 pieds de hauteur. Maman avait dans les 40 ans et elle est descendue devant moi. Quand on a atteint le bas de l’échelle, il a fallu sauter dans le canot de sauvetage, mais il fallait choisir le bon moment à cause des vagues. »</p>
<p>Un cargo norvégien a recueilli les rescapés de l’Athenia, mais des 1 400 passagers et membres de l’équipage, 118, dont quatre Canadiens ont péri. L’engloutissement du paquebot à destination de Montréal marquait le début de la bataille, longue et dispendieuse, de la marine marchande canadienne, de la MRC, de l’ARC et de la Marine royale en vue de protéger les voies maritimes de l’Atlantique Nord.</p>
<p>Joseph Fram, membre de la délégation d’Anciens combattants Canada, avait 20 ans quand il est entré dans la Réserve des volontaires de la Marine royale canadienne. Il a été témoin du naufrage de navires marchands et il lui est arrivé de se trouver en haute mer lors de tempêtes terribles.</p>
<p>Eugene McDonald des Anciens combattants de la marine marchande canadienne, décrivait qu’il y avait toujours beaucoup d’humidité et le temps était souvent mauvais et froid. Ce résident de Pointe-Claire (Qc) a aussi vu des navires marchands couler, et il fait remarquer que le danger était omniprésent.</p>
<p>« Une fois, lors d’une traversée, quelques escorteurs sont venus au milieu d’une colonne de navires et se sont mis à larguer des grenades sous-marines », se souvient l’ancien marin de la marchande Ian Sutherland de Sooke (C.-B.). « On les ressentait et il y a eu une commotion qui a fait sauter quelques rivets d’une de nos soutes et l’a inondée. Ce n’est que lorsqu’on est arrivés de l’autre côté et qu’on s’est mis à vider nos cales qu’on s’en est aperçus. J’avais 17 ans en ce temps-là. »</p>
<p>* * *</p>
<p>Arthur Taylor dit que le Jervis Bay, un vieux paquebot britannique qui avait été transformé en cargo armé, n’était qu’un des nombreux navires qui faisaient ce qu’il fallait faire durant la guerre. C’était un navire britannique, mais il se souvient qu’il y avait des Canadiens à bord. Il était Terre-Neuvien en ce temps-là et il se rappelle que c’est un matelot de Toronto qui le premier a vu le Scheer, lequel n’était qu’un « point à l’horizon ».</p>
<p>Armé de vieux canons de six pouces, le Jervis Bay escortait des navires marchands d’Halifax jusqu’à la Grande-Bretagne. Son capitaine, Fogarty Fegen, savait qu’il allait être bien moins bien armé que le gros navire ennemi, mais il décida de faire ce qu’il pourrait pour protéger le convoi. La Croix de Victoria lui a été décernée à titre posthume. « Nous avons lancé quelques bouées fumigènes et avons foncé droit sur lui », dit Taylor, qui était alors membre d’une équipe de canonniers. « Peu de temps après (le Jervis Bay) était en très mauvais état, frappé surtout à bâbord, et je crois que le pont avait été touché du premier coup [&#8230;]. On s’occupait des canons et on faisait ce qu’on avait à faire. On le faisait, c’est tout. »</p>
<p>Le capitaine du Jervis Bay a été blessé gravement et il a été tué peu après, avec beaucoup d’autres personnes, qui, beaucoup d’entre elles, ont été touchées par des éclats.</p>
<p>Taylor se souvient d’avoir sauté à l’eau, du navire en flammes, et puis d’avoir nagé aussi vite que possible pour ne pas être aspiré lorsqu’il coulerait. C’était un bon nageur et le canot de sauvetage vers lequel il se dirigeait se trouvait à quelque 60 pieds.</p>
<p>Il a perdu connaissance environ une heure après être monté sur le canot de sauvetage. Il s’est réveillé à un hôpital d’Halifax. C’est l’un des 65 rescapés recueillis par le navire suédois Stureholm.</p>
<p>* * *</p>
<p>Ces quelques fleurs, qui s’éloignent en flottant derrière le HMCS Sackville, servent à commémorer le Jervis Bay et d’autres navires et marins perdus en mer. « Ce n’était qu’un flash rapide », dit Taylor, de retour à St. John’s. « Je pensais simplement à ceux qui ne sont jamais revenus. En ce temps-là, on priait et on remerciait Dieu d’être encore en vie. C’est comme ça; on doit continuer à vivre. »</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Mission Afghanistan: Opération Ateesh Bazi</title>
		<link>http://www.legionmagazine.com/fr/index.php/2008/07/mission-afghanistan-operation-ateesh-bazi/</link>
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		<pubDate>Tue, 08 Jul 2008 05:01:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Adam Day</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Articles principaux]]></category>

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		<description><![CDATA[<p class="caption_img"></p>
<p>En début d’après-midi du deuxième jour de l’Opération Ateesh Bazi, alors que notre patrouille chancelait durant sa 10e heure à ce qu’on soupçonnait être, pour la troisième fois, un bastion d’insurgés, la chaleur était plus frappante et envahissante qu’un phénomène climatique devrait être.</p>
<p>Les chiffres ne comprennent ni ne racontent les effets du soleil de midi dans le désert afghan sur les cerveaux et les corps de Canadiens nés pour le froid. Il fait si chaud que le mot lui-même ne dit pas combien il fait chaud. On suce l’air. Le gilet de protection balistique nous fait cuire comme des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="caption_img"><img src="http://www.legionmagazine.com/en/wp-content/uploads/2008/06/afghanlead.jpg" alt="Une petite résidente de Regay observe la patrouille qui passe. [PHOTO : ADAM DAY]" class="top" height="236" width="630" /></p>
<p><strong>En début d’après-midi du deuxième jour de l’Opération Ateesh Bazi, alors que notre patrouille chancelait durant sa 10e heure à ce qu’on soupçonnait être, pour la troisième fois, un bastion d’insurgés, la chaleur était plus frappante et envahissante qu’un phénomène climatique devrait être.</strong></p>
<p><strong>Les chiffres ne comprennent ni ne racontent les effets du soleil de midi dans le désert afghan sur les cerveaux et les corps de Canadiens nés pour le froid. Il fait si chaud que le mot lui-même ne dit pas combien il fait chaud. On suce l’air. Le gilet de protection balistique nous fait cuire comme des plaques chauffantes fixées à la poitrine, au dos et à la tête, et on est à peine cons­­cient que nos systèmes sont surchargés. On se sent comme si on devrait griffer quelque chose.</strong></p>
<p>Mais nous continuions la marche. Quelqu’un dit qu’il faisait 42° C; quelqu’un dit qu’il fait 44 à l’ombre. Le paysage de village et de murs en boue, de pavots et sable perdait tout contraste et saturation jusqu’à ce que tout ait l’air surexposé et indistinct.</p>
<p>Au début, on parlait de nombre de choses pour atténuer l’inconfort. Ensuite, on voyait des mirages. Et puis notre vision devenait trouble, alors on rêvait de mirages.</p>
<p>L’opération allait de l’avant. On nous a avertis que des hommes en âge de combattre se déplaçaient sinistrement devant nous. Les soldats canadiens haletaient littéralement. La sueur descendait jusqu’en bas de leurs pantalons lourds. Ils suaient tellement qu’ils arrêtaient de suer. À ce moment-là, ils ont commencé à cuire. Tout bavardage inutile s’est arrêté. La patrouille avance de 50 mètres et fait une pause de 30 minutes. La patrouille avance de 50 mètres de plus et fait une pause de 40 minutes. Ces distances ne sont pas grandes. Tout le monde s’affale dans n’importe quelle ombre qu’on peut trouver.</p>
<p class="caption_img"><img src="http://www.legionmagazine.com/en/wp-content/uploads/2008/06/afghaninset1.jpg" alt="Des soldats afghans entrent dans le village de Regay, au district de Panjwai. [PHOTO : ADAM DAY]" align="middle" height="221" width="515" /></p>
<p>Ce n’était pas facile d’arriver ici, au village de Khenjakak, au milieu du district de Panjwai de la province de Kandahar. Et maintenant que les Canadiens et tous les soldats afghans qu’ils ont réussi à rassembler sont finalement arrivés, la seule chose à laquelle n’importe qui peut penser c’est d’essayer de faire durer l’eau jusqu’à la fin du jour afin de ne pas s’écrouler.</p>
<p>Le contact avec l’ennemi, n’importe quand durant l’après-midi, aurait vraiment été un événement affreux et inopportun. Ça aurait été un chaos au ralenti; une course de 20 secondes aurait brulé l’homme dans la meilleure forme qui soit. Heureusement pour nous, ce n’est pas arrivé, bien que tout le monde s’attendait à ce que ça arrive. Plutôt que des talibans, les Canadiens ont surtout trouvé des villages déserts, comme si tout le monde était parti en vacances, probablement quelque part où il fait frais. Les talibans, s’il y avait des talibans ici, ont apparemment vu le grand nombre de soldats afghans et une certaine quantité d’armure canadienne convergeant vers eux à travers la province et les hélicoptères de combat décrivant des cercles au-dessus d’eux, et ils ont décidé que ce n’était pas le meilleur moment de se battre.</p>
<p>Malgré la chaleur, les talibans ont probablement bien choisi parce que personne n’était de très bonne humeur pour le combat.</p>
<p>* * *</p>
<p>Une unité d’Afghans de l’opération était menée par un homme que les Canadiens ont surnommé Al-Qaeda.</p>
<p>Le lieutenant Matiullah a ce surnom à cause de sa barbe menue, sa dévotion à la prière et son habitude de répondre « inshallah » — traduction : ça arrivera si Dieu le veut — à chaque déclaration ou demande, mais il ne fait que rire chaque fois que quelqu’un l’appelle Al-Qaeda.</p>
<p>Il a le commandement de la 1re Compagnie du 1er Bataillon, du 1er Kandak du 205e Corps de l’armée nationale afghane, une unité basée à la Base d’opérations avancée Sperwan Ghar, base dirigée par les Canadiens dans le district de Panjwai du Kandahar. Son autre surnom, c’est Shumps. En fait, personne ne l’appelle Matiullah; on l’appelle toujours Shumps, et personne ne m’a jamais dit pourquoi.</p>
<p>Shumps est un soldat afghan typique de bien des façons : il est fier et brave, habituellement jovial mais quelque peu impénétrable; n’importe à quel point on l’observe, on ne sait jamais à quoi il pense ou comment il se sent. Il sourit souvent quand il est contrarié et c’est quand il raconte des farces qu’il a l’air le plus fâché. Quatre Canadiens ont été attachés à sa compagnie de soldats afghans en tant que conseillers. Les Canadiens font partie de l’Équipe de liaison et de mentorat professionnel (ÉLMP), qui est formée de petits groupes de soldats canadiens affectés aux unités afghanes, des fantassins habituellement, mais des fois des unités de policiers ou d’autres.</p>
<p>Durant deux jours à la fin du mois d’avril 2008, Shumps et ses mentors canadiens ont rejoint une autre compagnie afghane et une grosse force de Canadiens lors de l’Opération Ateesh Bazi, une manœuvre compliquée de deux jours dans une région du Panjwai appelée « bastion d’insurgés », une série de villages où il n’y a pas eu de présence importante de l’OTAN depuis neuf mois. Bien que les villages ciblés par Ateesh Bazi, Adamzai, Khenjakak et Salavat, ne se trouvent qu’à quelques kilomètres au sud d’un axe de ravitaillement canadien important, l’OTAN ne se souciait pas de cette région auparavant.</p>
<p>Au cœur de ces villages se trouve un endroit appelé Nakhonay qui, au début du printemps 2008, était souvent le sujet dont s’entretenaient les soldats cana­diens autour du Panjwai. Nakhonay était un endroit dont les gens parlaient discrètement la nuit. Des centaines de talibans étaient là, le bruit courait, qui opéraient ouvertement dans les rues; ils avaient instauré un gouvernement parallèle, avaient leur propre monnaie et leurs propres tribunaux. C’était si farfelu, tout le monde était d’accord, qu’il fallait pratiquement que ce soit vrai.</p>
<p>En tout cas, Shumps n’était pas in­quiet. Ou bien il l’était. C’est difficile à dire. Des fois, il avait l’air impatient, mais il s’ennuyait peut-être. La barrière linguistique m’empêchait de le découvrir, bien que même là, à propos de la langue anglaise, Shumps était difficile à lire. Son aisance en ce qui concernait l’anglais laissait perplexe même le capitaine Matt Aggus, le mentor de l’ÉLMP assigné à Shumps depuis quelques mois et son ombre durant cette opération.</p>
<p>Aggus est un officier intellectuel, presque pensif, de la Princess Patricia’s Canadian Light Infantry et il croit que l’officier afghan comprend bien plus l’anglais qu’il ne le laisse entendre, mais qu’il ne réagit que si c’est quelque chose d’important qui arrive ou qu’il veut vraiment savoir. Par la suite, durant l’opération, par exemple, quand un des soldats de Shumps s’est mis à critiquer ouvertement l’aptitude d’Aggus en ce qui concernait la lecture d’une carte, ce dernier a réussi à très bien comprendre la situation sans interprète.</p>
<p>Aggus, qui semble être assez en forme pour pouvoir courir trois marathons d’affilée, n’était pas du tout dérangé par cela. Le bilinguisme étrangement inconstant de Shumps n’était qu’un fait de la vie pour Aggus, quelque chose à quoi réfléchir pendant qu’il observait l’horizon.</p>
<p>Diplômé de l’University Queen’s de Kingston (Ont.), le capitaine Aggus voulait à l’origine être médecin mais, comme il le dit, il a décidé de briser les gens plutôt que de les arranger. Il ne veut pas vraiment dire ça, bien sûr, il fait simplement preuve d’humour noir, mais c’est ce qu’il dit.</p>
<p>Son rôle en tant qu’officier de l’ÉLMP n’est pas facile du tout. Il ne commande pas Shumps. Et il n’est pas chargé de le former non plus. Il est simplement là pour le conseiller, peut-être pour lui servir d’exemple et peut-être, ce qui est le plus important, pour servir de liaison avec les autres forces de l’OTAN et le support aérien durant les opérations comme Ateesh Bazi.</p>
<p>Le plan de manœuvre général pour l’Opération Ateesh Bazi, c’était que le major de l’ÉLMP Mark Campbell et Aggus emmènent la force principalement afghane de Sperwan Ghar, à travers un village soupçonné d’appartenir aux insurgés, et de rejoindre la force canadienne de chars d’assaut et de blindés venant de la Base d’opérations avancée Masum Ghar. Après s’être rencontrés, les deux groupes devaient mener un exercice de tir réel à leur portée en fin d’après-midi avant de camper pour la nuit, à un certain endroit dans le désert, et puis prendre la route de Nakhonay à l’aube.</p>
<p>Le matin du 24 avril 2008, le 1er jour de l’Opération Ateesh Bazi, alors que la compagnie afghane de Shumps sortait de Sperwan Ghar pour ce qui allait être la plus grosse opération à laquelle elle avait participé, Aggus montait à bord d’un Nyala RG-31 avec le reste de son équipe d’ÉLMP à la recherche de la guerre. L’équipe comprenait un infir­mier et un chauffeur/tireur qui était aussi commandant en second d’Aggus, l’adjudant John McNabb.</p>
<p>Ce dernier, un ancien soldat du régiment aéroporté qui en est à son troisième voyage en Afghanistan, semble avoir découvert la façon dont on endure, avec beaucoup d’humour, n’importe quelle calamité ou malchance qui arrive. En plus de cela, surtout dans une opération comme celle-ci, on sent quand on se tient près de lui qu’il sait ce qu’il fait et, par conséquent, je ne le quitte pas d’une semelle pendant les deux jours qui suivent.</p>
<p>Bien entendu, aller à la recherche de la guerre comme Shumps, Aggus et McNabb en ont l’intention, n’a rien de facile, surtout en Afghanistan, où on peut être certain que les choses ne vont pas se passer comme on les a prévues et, en plus de tout ça, la manière parti­culière dont les choses arrivent est toujours surprenante, pour ne pas dire malicieuse.</p>
<p>Le premier arrêt de l’opération arrive au village de Regay qu’il faut nettoyer et qu’on a évalué comme ayant une certaine connexion avec les méchants qui se trouvent peut-être dans la région de Nakhonay. Lorsque le convoi prend le départ, McNabb claque la portière du Nyala et semble un peu confus en voyant la longue portière en acier se mouvoir librement avec sa main. Le loquet s’est brisé et il en vient à tenir à la main quelques kilogrammes d’acier, très important mais maintenant inutile.</p>
<p>Il secoua la tête et regarda autour de lui, comme s’il se demandait si quelqu’un était en train de faire une farce à ses dépens. « Oh ben, tabar—k », dit l’infirmier, assis en face de lui, qui regarde la portière qui va et vient. « C’est pas possible. »</p>
<p class="caption_img"><img src="http://www.legionmagazine.com/en/wp-content/uploads/2008/06/afghaninset8.jpg" alt="Le capitaine Matt Aggus (à g.) et le lieutenant Matiullah (Shumps) discutent de leur traversée d'Adamzai. [PHOTO : ADAM DAY]" align="middle" height="411" width="515" /></p>
<p>En peu de temps, l’adjudant avait trouvé une façon d’étirer la jambe pour coincer son pied contre un petit coffre et tenir ainsi la portière fermée, mais il était probablement extrêmement inconfortable, vu qu’il était bouclé fermement dans un harnais à cinq branches. Il ne dit pas un seul mot. Il ne faisait que secouer la tête et il semblait attendre la prochaine chose qui irait mal.</p>
<p>Il n’a pas eu besoin d’attendre longtemps. D’abord, les radios ne fonctionnent pas, ensuite, une couple de véhicules de l’armée nationale afghane (ANA) sont embourbés dans un oued, et puis il y a des rapports que la grosse force canadienne qu’on devait rencon­trer près de Regay avait déjà beaucoup de retard à cause de problèmes de navigation à quelques kilomètres à l’est et elle était en train d’envoyer des véhicules chenillés à travers des murs de boue pour trouver une issue. À la radio, on demandait le déploiement des spécialistes canadiens chargés de compenser les fermiers afghans quand leurs biens sont endommagés par l’OTAN.</p>
<p>Pendant ce temps, la portière du Nyala s’ouvrait toute seule durant notre tangage à travers les routes aux profondes ornières. L’adjudant McNabb ne pouvait que secouer la tête d’un air grave.</p>
<p>« Un soldat m’a enseigné un adage l’autre jour », lui dis-je.</p>
<p>Il me regarde et soulève son menton un millimètre à peine; à l’évidence, il voulait l’entendre. C’était un adage sévère, le genre de choses que disent les soldats quand il s’agit de décrire la vie à la guerre toujours accablante.</p>
<p>« F—kery knows no bounds (la putasserie n’a pas limites) », lui dis-je.</p>
<p>Il sourit en coin, évidemment très amusé. Et puis il a l’air de réfléchir. « Les Afghans ont un adage comme celui-là aussi », dit-il calmement. « C’est “inshallah”. »</p>
<p>Il ne faut pas oublier que cela se passe durant la première demi-heure de l’opération, quand la base Sperwan Ghar que nous venions de quitter était encore bien visible. La friction. C’est comme ça que les gars qui se spécialisent en planification appellent ça. Cela signifie que dans une manifestation aussi compliquée que l’Opération Ateesh Bazi, il y a toujours beaucoup de petites choses qui vont mal, alors il faut échafauder un plan robuste qui puisse supporter les petites éventualités sans se faire démanteler entièrement. Pour cette opération, les planificateurs devaient être bons, alors il n’y a pas eu de divagation malgré une friction importante.</p>
<p>Après quelques heures de retard et de battage, la grosse force afghane de deux compagnies s’est rendue à la périphérie de Regay, où elle descend des véhicules et se prépare à entrer au village à pied. Mais les soldats s’assoient un peu partout avant que les patrouilles prennent le départ, et se demandent ce qui va se passer durant les quelques prochains jours, si les talibans vont se battre ou rester tapis. En général, ils pensent qu’ils vont rester tapis, mais personne n’est vraiment sûr. « C’est la première fois qu’on va fouiller du côté sud-ouest de Nakhonay », dit le major Campbell. « On veut le définir d’abord, ou tout au moins essayer.</p>
<p>« Si on s’avance avec une puissance de combat écrasante, ils ne vont pas accepter le combat. Ils ne sont pas stupides », dit-il, finissant sa phrase presque comme si c’était une question. Là-dessus, l’opération était lancée officiellement et les soldats afghans, avec leurs mentors canadiens, commencèrent à marcher, en trois longues colonnes, vers Regay, le soleil déjà haut dans le ciel, qui tapait sur les montagnes découpées non loin de là.</p>
<p class="caption_img"><img src="http://www.legionmagazine.com/en/wp-content/uploads/2008/06/afghaninset6.jpg" alt="Un soldat de la 1re compagnie avec son arme improvisée. [PHOTO : ADAM DAY]" align="middle" height="343" width="515" /></p>
<p>Quant à Regay, comme cela se fait communément pour décrire un endroit dans un pays étranger, il est « au bord du désert ». En réalité, Regay est même encore plus au bord du désert que ça. Dans ce cas-ci, c’est le désert du Registan, qu’on appelle des fois le désert Rouge à cause de sa couleur ocre foncée, et le village de Regay en est à la fin du processus où il en devient une partie.</p>
<p>La périphérie de Regay est une série de dunes d’où sortent des murs en ruine. Il n’y a pas d’adultes autour, mais des enfants courent librement parmi les dunes, peut-être jouent-ils. À l’intérieur du village, des dunes plus petites couvrent les petites allées entre les enceintes et nombre d’édifices en ruines semblent avoir été décorés avec des gravures complexes par quelque force étrange d’une autre planète, et puis bombardés par une autre force. En général, l’endroit semble appartenir à un temps tout de suite après la fin du monde; ou peut-être avant elle.</p>
<p>Aggus et Shumps guident les soldats afghans dans la bonne direction. Shumps, bien qu’il semble être attentif, ne s’intéresse guère à la carte d’Aggus, ni aux plans tactiques dont il parle, ni aux conseils de navigation qu’il lui donne; à la place, il semble content d’aller dans le sens du courant, quel qu’il soit.</p>
<p>La patrouille s’avance en plein milieu du village et s’établit sur une dune, à découvert. L’autre compagnie afghane est visible au loin, qui contourne la périphérie de Regay et vient vers nous. « 7-1 Alpha », dit Aggus à la radio. « La 1re Compagnie a dépassé l’objectif Little Mountain et s’est disposée au point 31256. À vous. »</p>
<p>Le capitaine se laisse tomber, désireux de conserver son énergie dans cette chaleur accablante. « C’est insupportable », dit-il. « Il y a encore trois heures avant la partie la plus chaude de la journée; ça va être une h—tie de fournaise. »</p>
<p>Shumps n’est pas convaincu que ce soit une bonne idée de garder sa patrouille ici. Et vu que sa compagnie est étalée en petits groupes à des centaines de mètres dans toutes les directions, sa brève hésitation est cause de confusion, car nombre d’entre eux ont continué de marcher, ne sachant pas que nous avions atteint l’objectif que nous nous étions fixés.</p>
<p>L’interprète dit à Aggus que Shumps veut emmener la compagnie à la limite des arbres à 500 mètres de là, où des soldats afghans attendent déjà, et il semble déjà demander que sa compa­gnie prenne le départ. « Je sais qu’ils attendent », réplique Aggus immédiatement, « mais on ne peut pas y aller. On ne peut pas y aller avant d’avoir rejoint le commandant de Kandak et qu’il nous dise ce qu’il veut qu’on fasse. »</p>
<p>L’interprète dit ça à Shumps qui semble y réfléchir un instant avant de porter son regard à la limite des arbres avec indifférence. Il trouve probablement le besoin constant des Canadiens de tra­cer et contrôler les positions et de vérifier tous les mouvements avec les supérieurs, plutôt ennuyeux. La limite des arbres était sans doute une meilleure position que de rester assis à découvert, comme c’était le cas à ce moment-là, alors il lui a probablement semblé étrange que les Canadiens veuillent tenir cette position simplement parce que c’est la position choisie sur une carte quelques jours auparavant.</p>
<p>L’interprète, un jeune Afghan du Nord, ne parle probablement pas l’anglais beaucoup mieux que Shumps. Malgré cela, il prenait de grands risques en se trouvant ici, car les interprètes, au contraire des soldats de l’ANA, sont souvent injuriés par beaucoup d’Afghans. Quelques instants auparavant, l’interprète se vantait que même sa propre mère ne sait pas comment il gagne sa vie.</p>
<p>Shumps et l’interprète parlent quelques secondes et puis ce dernier dit à Aggus que la radio du commandant de Kandak est en dérangement, et que Shumps n’arrive pas à le joindre. Aggus soupire et appelle lui-même, sachant déjà la réponse qu’on va lui donner. « L’indicatif d’appel ici a l’intention d’avancer jusqu’à un bosquet au bord de l’objectif Big Mountain », dit-il au major Campbell par radio, « et je voudrais savoir si le commandant de Kandak est d’accord, vu que l’indicatif d’appel ici ne peut pas communiquer avec lui. À vous. »</p>
<p>La réponse embrouillée arrive tout de suite. Aggus transmet le message à Shumps par le truchement de l’interprète. « Alors on va rester ici jusqu’à ce que l’autre compagnie soit dans le village et on pourra alors aller jusqu’à la limile des arbres. »</p>
<p>Dans le but de donner une leçon suite à la petite conversation, il ajoute : « Si la 2e Compagnie vous dit d’aller la rejoindre dans le village, vous devriez lui dire que ça ne fait pas partie du plan, et elle n’a pas le droit de vous dire ça, et que vous allez obéir aux ordres de votre commandant. »</p>
<p>Shumps regarde le sol, et puis le ciel, presque comme un petit garçon quand son père essayait de corriger sa façon d’agir : il écoute peut-être, mais il n’est pas très content. Quoi qu’il en soit, en fin de compte, Shumps a fait ce qu’il voulait et la patrouille au complet s’est avancée jusqu’aux arbres où tout le monde s’assoit pour faire une longue pause.</p>
<p>Détendus sur le sable, Aggus et McNabb écoutent la radio où les « tankers » du Lord Strathcona’s Horse grommellent à propos de leurs chars Leopard qui sont coincés et de trouver une issue au terrain du Panjwai compliqué au point qu’ils en ont des cauchemars. Il y a des rires compatissants d’Aggus et de McNabb à l’occasion.</p>
<p>En attendant, la seule friction, pratiquement, à Regay arrive d’une manière des plus nonchalantes, quand la patrouille s’est arrêtée dans l’ombre en attendant qu’on vienne la chercher. « Est-ce qu’on a le temps de bouffer? » L’adjudant demandait cela à son capitaine.</p>
<p>« Probablement », répondit Aggus.</p>
<p>Mais, que pourrait-il arriver d’autre, aussitôt que McNabb avait mis sa ration de pain de viande avec sauce dans le sac de cuisson, les véhicules se pointent à l’horizon, venant nous chercher à toute allure. « C’est pas croyable », gronde McNabb pour rire. « Vous avez dit qu’on avait le temps. »</p>
<p>« Ben, c’est la guerre, vous prenez vos risques », répondit Aggus en gloussant doucement, tout en regardant McNabb enfoncer son sac à ration qui fumait encore dans son sac à dos.</p>
<p>Toutefois, il n’a pas fallu longtemps à la malchance pour rattraper McNabb, et au milieu du chemin vers la route où les tankers du Strathcona arrivent, notre Nyala subit une sorte de crise épileptique sur le sable brulant du désert. Quoi que fit le chauffeur, le Nyala refusait d’avancer. L’équipage au complet des­cend et de l’extérieur, il semble que les freins sont coincés. Chaque fois que le chauffeur appuyait sur l’accélérateur, le Nyala sautait verticalement sur le sable, tout en crachant de la fumée noire comme un animal de l’âge du pétrole qui se meurt.</p>
<p>Aggus et McNabb ont passé une grande partie de l’après-midi à observer leur Nyala d’un air triste, appelant à l’aide de temps en temps, une aide qui a fini par arriver grâce à un véhicule de dépannage du Strathcona d’où sort un mécanicien de chars du Strathcona déjà harcelé qui, après avoir entendu les symptômes de la panne du Nyala, admet tout de suite qu’il ne peut ni réparer le véhicule ni nous remorquer.</p>
<p>McNabb secouait simplement la tête.</p>
<p>Le mécanicien de chars demande quand même à Aggus de démarrer le Nyala, rien que pour voir le problème.</p>
<p>Comme prévu, le Nyala démarre et s’avance presque comme s’il n’avait jamais été endommagé.</p>
<p>McNabb secouait simplement la tête.</p>
<p>En conclusion, on pense que le pro­blème était causé par la chaleur, et nous avons tous hâte de rejoindre tout le monde pour faire le dernier exercice du jour, le tir réel de portée. Le major Campbell dit que « c’est toujours bien de savoir si les canons fonctionnent ».</p>
<p>Durant l’exercice sur cible, les armes lourdes de la compagnie de Shumps, des mitrailleuses de 12,7 mm et de 14,5 mm montées à l’arrière de camions Ford Ranger, ont des ratés et se bloquent au point où sur les quatre qui ont été apportées, il n’y en a qu’une qui tire et, on ne sait trop comment, elle manque complètement la montagne et les balles s’en vont vers le Pakistan. Les chars canadiens, quant à eux, lançaient des obus qui explosaient sur la montagne de façon impressionnante, faisant sauter des morceaux de pierre et donnant un spectacle de bruit et de puissance qu’on ne pouvait ignorer à des milles à la ronde.</p>
<p>À la fin du tir, le convoi au complet, qui avait alors plusieurs kilomètres de longueur et qui était plus large que jamais, s’élança en grondant autour de la montagne, en direction d’un emplacement près de Nakhonay.</p>
<p>* * *</p>
<p>La question qu’on se pose, bien sûr, c’est pourquoi il n’y a pas eu de présence de la coalition d’importance à Nakhonay et ses environs pendant si longtemps.</p>
<p>C’est difficile de comprendre comment permettre le développement d’un « bastion d’insurgés » à 10 kilomètres seulement d’une importante base canadienne pouvait être bon pour la stabilité du Kandahar. « Nous ne sommes pas encore allés nettoyer l’endroit, et le tenir, alors c’est quelque chose sur laquelle nous sommes en train de nous pencher », dit le brigadier-général Guy Laroche, de retour au terrain d’aviation de Kandahar, peu de temps après l’Opération Ateesh Bazi.</p>
<p>Bien que certains officiers canadiens se plaisent à dire que le fait que l’ennemi ne combatte plus de front, qu’il ne s’engage plus dans des tactiques conventionnelles, est une indication du succès de l’OTAN, on se demande ce qui arriverait si un convoi canadien allait directement à Nakhonay. Il est fort pro­bable qu’il y aurait un gros combat conventionnel, mais ce n’est pas couru d’avance. « Nous sommes allés là-bas pour voir si l’ennemi y était », dit Laroche. « Nous ne savons pas s’il y avait vraiment des méchants dans la région, et il n’y a pas eu d’engagement direct. »</p>
<p>En fin de compte, le facteur crucial, c’est la main-d’œuvre. Cela n’a pas été facile d’assembler les forces pour Ateesh Bazi; il a fallu la planifier pendant presque un mois. Pour atteindre les objectifs de base de la stratégie contrinsurrectionnelle rien que dans le district de Panjwai — nettoyer une région d’insurgés, la tenir et construire là-dessus — il faudrait évidemment d’autres troupes.</p>
<p>Même si les troupes ne sont pas habituellement en assez grand nombre, au moins pendant quelques semaines, en avril, on avait des raisons d’espérer, au terrain d’aviation de Kandahar, parce que les marines états-uniens étaient arrivés en grand et ils étaient armés et prêts à combattre.</p>
<p>La 24th Marine Expeditionary Unit est une force de combat autonome de presque 3 000 hommes de troupe et elle arrivait avec autant d’armes lourdes qu’il lui était possible d’apporter; difficile de ne pas avoir de pitié pour l’ennemi quand on observe les rangées à n’en plus finir de blindés, de chasseurs à réaction et d’hélicoptères d’attaque des marines.</p>
<p>De fait, il n’y a pas d’aura exactement comme celle d’un grand groupe de jeunes marines des États-Unis endurcis qui font le pied de grue tout autour du terrain d’aviation, en attendant que les commandants s’occupent de la paperasserie et les lancent au combat. (Cependant, lorsque vous lisez ceci, ils ont vraiment pris part aux combats, ayant été déployés à l’ouest où ils aident les Britanniques, dans la province de Helmand.)</p>
<p>Ces marines sont les seules personnes que j’ai jamais rencontrées, j’ai l’impression, pour qui mourir au combat serait une partie de plaisir. Ou, tout au moins, ce serait plus amusant que de patienter au terrain d’aviation de Kandahar pendant deux mois, ce qu’ils ont fait pour l’instant.</p>
<p>Il faut le dire, le terrain d’aviation n’est pas le meilleur endroit où passer sa vie. Tout le nécessaire s’y trouve, mais il ne s’agit pas d’une existence joyeuse, assez près du chez soi pour rappeler à quel point il manque mais pas assez près pour qu’on soit heureux.</p>
<p>Bien sûr, le bar à expresso où l’on peut boire du café à volonté apporte un peu de calme. Mais même comme ça, il faut être patient pour se tenir debout et appuyer sur le bouton à plusieurs repri­ses pour obtenir une tasse pleine, sans parler de la volonté de fer pour endurer les regards hostiles des soldats européens en manque de caféine qui attendent leur tour.</p>
<p>Mais même au terrain d’aviation, les hostilités, disons qu’elles font intrusion, dans le malaise climatisé. Même au terrain d’aviation, on ne peut le dire plus délicatement, on peut exploser à tout moment, car les roquettes tombent du ciel avec une régularité déconcertante. Et quand on sait qu’une roquette pourrait foncer sur soi à tout instant, la vie devient tout autre. C’est un changement subtil, un petit déclic dans le fond du cerveau. On passe, tout doucement, de la vie normale au simple espoir qu’on va survivre. Pour pouvoir l’endu­rer de cette façon-là, on dirait qu’il faut abandonner un tout petit peu, de s’abandonner au sort, ou au destin, ou inshallah, ou quelle que soit la manière qu’on veuille l’exprimer. Et même la crème glacée à volonté n’aide pas beaucoup en ce qui concerne cette réalité, surtout après sept, huit ou neuf mois de service, comme c’est le cas pour bien des membres du personnel du quartier général canadien.</p>
<p>Toutefois, le gros danger de mort ce n’est pas une roquette dans la tête, dit-on aux soldats canadiens à leur arrivée pour les rassurer, ce serait plutôt la sorte d’hémorragie artérielle qui arrive quand, disons, les jambes sont arrachées.</p>
<p>Résultat, la plupart des soldats ont un savoir-faire des plus impressionnant en ce qui concerne le garrot militaire à la fine pointe de la technologie qui sert à comprimer circulairement le membre. Bien que le garrot arrête l’hémorragie dans la plupart des cas, la probabilité de sauver le membre est loin d’être excellente. Et des fois, même le garrot ne suffit pas, ce qui veut dire qu’il ne reste qu’à essayer la solution du dernier ressort : le pansement Quick Clot. Il s’agit d’un produit chimique qu’on saupoudre sur la blessure comme si c’était de la litière pour chat et qui cautérise le tout si fort qu’il arrive régulièrement que la personne qui applique l’agent coagulant souffre de brulures, alors imaginez le pauvre sur qui il est appliqué. L’agent est si puissant qu’on ne peut l’utiliser que sur les membres car on sait qu’il rongerait des organes en entier.</p>
<p>Et ce ne sont là que les renseignements de la séance d’information à l’arrivée.</p>
<p>* * *</p>
<p>Pendant ce temps, près de Nakhonay, le deuxième jour de l’Opération Ateesh Bazi, le soleil commençait à poindre à l’horizon un peu après 5 h, et tout le monde se levait, personne n’ayant succombé durant la nuit aux vipères, aux scorpions ou aux talibans.</p>
<p>D’après le plan, il fallait conduire jusqu’à une position à peu près au centre de tous les villages et placer les chars d’assaut et les véhicules cana­diens pour qu’ils puissent offrir un tir de couverture pendant que les Afghans et l’ÉLMP nettoyaient les villages une enceinte à la fois.</p>
<p>Lorsque le convoi arriva, au grand complet, au centre de la position de combat, il fallut réajuster le tout, alors pendant un certain temps, les gens dans les villages pouvaient voir ce déploie­ment effrayant de puissance de feu qui tournait en rond, littéralement, à travers leurs champs. « Maintenant, ils ne vont pas se battre avec nous, c’est sûr », dit McNabb. « Ils vont croire qu’on est tous des h—ties de fous. »</p>
<p>« Si on n’a pas de plan, c’est sûr que l’ennemi ne pourra pas deviner ce qu’on va faire », dit joyeusement un autre soldat.</p>
<p>« Planifiera bien qui planifiera le dernier », dit un autre.</p>
<p>Cependant, en fin de compte, tout est réglé et les ÉLMP s’assemblent pour leur dernière séance d’information. « Bon, s’il n’y a pas d’autre question, je vous souhaite à tous un tab—e de bon temps », dit le major Campbell aux ÉLMP assemblés. « Allez-y lentement et sûrement, c’est pas un h—ie de sprint, c’est un marathon : aujourd’hui, on avance pas plus de six ou sept kilomètres si on finit par atteindre tous les cal—ces d’objectifs. Et pour ceux qui n’ont pas encore engagé l’ennemi, rappelez-vous que c’est pour de vrai, alors vous n’avez pas l’occasion de recommencer; manquez pas votre h—ie de coup. Bon, allons-y. »</p>
<p>À la périphérie du premier village, Aggus arrête la patrouille pour dire à Shumps qu’il vient d’entendre un rapport à la radio que des insurgés sont en train de planter des dispositifs explosifs de circonstance (DEC) dans le village devant nous. Des hélicoptères vrombissent au-dessus de nos têtes.</p>
<p>Shumps ne réagit pas. Il demande à un villageois qui passe par là avec un âne s’il y a des méchants dans le village. Le villageois aurait dit que non. Shumps fait encore comme s’il allait chez le dépanneur. Il continue de jeter des coups d’œil aux alentours comme s’il allait prendre l’autobus. C’est un peu déroutant.</p>
<p>Aggus profite de cette courte pause pour essayer de convaincre Shumps qu’il faut qu’il soit assez loin devant pour pouvoir influencer la direction que les premiers éléments de la patrouille vont prendre dans le village.</p>
<p>Bien que Shumps finit par faire ce qu’Aggus lui conseille de faire, il appert que ce n’est pas vraiment suffisant. Le procédé de manœuvres des patrouilles à travers les villages, bien qu’ils n’étaient pas sorciers, étaient assez compliqués pour causer des problèmes.</p>
<p>Les deux compagnies de l’ANA devaient avancer en parallèle et en quinconce, une compagnie avançant d’abord, puis prenant position en attendant que l’autre la dépasse et prenne position aussi. De cette manière, elles auraient progressé par bonds à travers les trois villages.</p>
<p>Mais lorsque les deux compagnies de l’ANA sont entrées dans le premier village, Adamzai, elles commencent à se chevaucher, et elles essaiment pratiquement dans le village.</p>
<p>Au sol, quand on voyait les soldats de l’ANA aller dans toutes les directions en même temps, on savait bien que si l’ennemi se mettait à tirer, on n’aurait pu faire mieux que de se jeter par terre et essayer de tenir parce que les balles auraient certainement volé dans toutes les directions.</p>
<p>Il n’a pas fallu longtemps au major Campbell pour rejoindre Aggus et Shumps. « La géométrie du feu est complètement cal—cée », dit Campbell, et il indiqua qu’une compagnie allait devoir avancer pendant que l’autre resterait sur place.</p>
<p>L’opération s’est dénouée lentement, et les difficultés de navigation qui avaient causé le problème furent extrêmement pénibles à résoudre. Alors que les premiers éléments de la compagnie de Shumps n’étaient qu’à 50 mètres devant le groupe de commandement porteur de cartes, la distance était suffisante pour causer une confusion incessante.</p>
<p>À un moment donné, Shumps s’est fatigué des encombrements et il a décidé de mener la patrouille lui-même. Aggus le retint immédiatement.</p>
<p>Au fur et à mesure que l’opération allait de l’avant, tout le monde souffrait des problèmes de navigation incessants.</p>
<p>Un jeune soldat afghan qui avait passé la journée parmi les premiers éléments vint à côté d’Aggus après un autre renversement de direction et fit semblant de lui prendre la carte, comme pour se moquer. « Vous devriez parler à ce gars », dit McNabb à Shumps en rugissant.</p>
<p>« Il n’a pas d’éducation », répondit Shumps, dans un anglais très courant. « C’est un soldat fou. Tous les soldats sont fous. »</p>
<p>McNabb secouait simplement la tête.</p>
<p>Il dit que la patience est une chose clé qu’il a apprise en travaillant avec l’ANA. « Ils m’ont certainement appris à être patient », dit-il. « C’est une chose que j’aurais dû apprendre il y a 10 ans. »</p>
<p>Et il se tient sur ses gardes avec patience pour tout le monde, surtout pour Aggus, s’assurant que ce dernier soit assez hydraté et qu’il mange ses rations. Mais il le fait aussi pour Shumps qui, vers la fin de la journée, devient de plus en plus malade à cause de la chaleur, bien qu’il refuse constamment de se faire soigner.</p>
<p>Il est indubitable que la chaleur est l’ennemi le plus dur auquel se mesure la force de coalition durant Ateesh Bazi, mais il y a aussi d’autres difficultés mi­litaires de base dont il faut tenir compte quand on veut relier les deux cultures de combattants. Les soldats afghans ne semblent pas s’intéresser à notre manière de faire la guerre, nos cartes, nos plans, nos tactiques. Ils ont leur propre système, beaucoup plus décontracté, qui semble s’asseoir sur l’instinct autant que sur la raison. Mais comme tout le monde le remarque, la culture afghane est pleine de guerre et les hommes sont des combattants extraordinaires, alors ce n’est pas facile à dire si leur façon de guerroyer est mauvaise ou incorrecte.</p>
<p>Cependant, il est évident que le fata­lisme calme personnifié par les « inshallah » de Shumps a un mauvais côté.</p>
<p>Par exemple, un des soldats de la compagnie de Shumps a un fusil AK-47 embelli par des additions super comme un lance-grenade, un capiton de crosse et même une belle lunette, une amélioration rarement utile car le AK-47 est une arme notoirement inexacte à la distance où une lunette serait nécessaire. De toute façon, comme le dit un des Canadiens, la lunette ne devrait pas être montée sur ce fusil et le capiton est bancal, alors toute l’installation de fortune a l’air remarquable mais « on manquerait son coup à bout portant ».</p>
<p>Mais pour l’Afghan qui porte l’arme, s’il atteint la cible ou non dépend pro­bablement davantage de la volonté de Dieu que de quelque question technique comme une lunette bien précise. Malgré cela, ce n’est pas la compétence tactique afghane dont Aggus se soucie le plus. En fait, comme il le dit lui-même, la chose la plus importante à propos de laquelle il travaille avec Shumps et la compagnie n’est pas le combat mais la persistance et la logistique.</p>
<p>Mais même là-dessus, il n’y a pas de doute que le penchant qu’ont les soldats afghans de laisser les choses de base au hasard les opprime. Par exemple, Shumps et sa compagnie savaient que leur générateur d’électricité allait tomber en panne, mais ils n’ont pas remis la paperasserie au quartier général de leur bataillon pour qu’on le leur répare ou pour le faire remplacer malgré les exhortations répétées de leurs mentors. Alors il est tombé en panne et ils ont passé une semaine sans électricité, en se plaignant aux Canadiens sans arrêt.</p>
<p>McNabb dit qu’il s’agit d’apprendre à la dure école. Et même si c’est une manière difficile d’apprendre, comme il le fait remarquer, c’est comme ça à propos de tout ce qu’ils font, même l’entretien des armes, ce qui est évidemment quelque chose dont on devrait se soucier si on tient compte du tir des armes lourdes des Afghans la veille. « On leur dit de nettoyer les armes. On donne l’exemple », dit McNabb. « Mais je vais certainement pas les nettoyer pour eux, leurs h-oties d’armes. »</p>
<p>Ça risque d’être une école vraiment dure.</p>
<p>De toute façon, à la fin d’une longue journée de patrouilles sans voir d’ennemi, le convoi se prépare à repartir et McNabb passe la consigne à Shumps : « Quand on avance, vous nous suivez. »</p>
<p>« Inshallah » : telle est la réponse de Shumps.</p>
<p>McNabb secoue la tête, un sourire résigné aux lèvres. « J’adore ça », dit-il. « C’est comme quand je dis à ma fille de 16 ans de faire quelque chose et qu’elle me répond “comme tu veux” ». Au bout d’un certain temps, tout le monde est prêt à partir, mais lorsque le convoi quitte Nakhonay vers le nord, une explosion a un effet de vague le long des blindés canadiens. Un véhicule cana­dien de devant a sauté. C’est un autre VAL et, ce qui est étrange, c’est le quatrième véhicule de la file, derrière deux chars avec des rouleaux de déminage et un char avec une lame qui racle la route.</p>
<p>Personne ne peut nous dire comment ce DEC a pu survivre au passage des démineurs, mais en général on semble croire qu’il a été détonné par un taliban qui se trouve dans le coin. Il y a eu des blessés, mais rien de très grave, bien qu’il faille si longtemps à l’opération de récupération que la nuit tombe et le convoi au complet doit passer par un chemin très fastidieux pour le retour au bercail en se servant d’équipement d’imagerie thermique.</p>
<p>La friction ne se fait pas attendre. Les heures passent pendant que le convoi vire d’un côté, puis de l’autre, dans la noirceur, essayant de rester loin de la route et du risque de DEC, mais devenant de plus en plus coincé. Ça n’en finit plus dans le noir. Quatre, cinq, six heures. On n’arrivait pas à trouver un chemin et on piétinait. Au loin, on remarque des mouvements ennemis. Je ne pouvais pas le voir, mais je savais que McNabb était là, dans le noir, en train de secouer la tête.</p>
<p>Il est sûr qu’une mission d’ÉLMP n’a rien de facile. Ce sont des gens qui s’occupent d’instruction de base dans une zone de tir réel et, en fait, sans avoir l’autorité de diriger l’instruction. Malgré cela, Aggus insiste beaucoup que le système des ÉLMP est un bon système et qu’il va finir par fonctionner. De fait, Ateesh Bazi a été une réussite. L’opération était compliquée et dure à souhait mais sa raison d’être, l’obtention de renseignements sur la possibilité d’une présence ennemie à Nakhonay, a été complétée.</p>
<p>Tout au moins, personne ne pourra jamais douter de la bravoure d’hommes comme Aggus, McNabb et Campbell, qui, quelque part au-delà des lignes du front, risquent tout pour aider l’armée afghane à s’améliorer.</p>
<p>Notre VAL repart et nous entendons un drôle de rapport. « Je ne pense pas que le système d’armes fonctionne », dit le commandant du VAL à l’interphone.</p>
<p>« Pourquoi? » demande la sentinelle aérienne arrière du VAL.</p>
<p>« Parce qu’il indique qu’on va vers le sud-ouest. »</p>
<p>« C’est bien vers le sud-ouest qu’on va » répond le soldat.</p>
<p>C’était là un problème car, le sud-ouest, c’était la direction d’où nous venions.</p>
<p>La consigne inévitable nous parvint alors à la radio : si on n’arrive pas à sortir d’ici au prochain coup, il va falloir former un périmètre défensif ici pour la nuit. Il y a un gémissement général, sauf chez les gars du quartier général, qui passent une grande partie de leur temps au terrain d’aviation et qui seraient contents de l’aventure d’une nuit dans le territoire des méchants.</p>
<p>Ensuite, quelqu’un dit à la radio qu’il vaudrait mieux abandonner le système d’imagerie thermique. C’est logique car on pouvait nous entendre et voir l’ANA, qui n’avait pas de système d’imagerie thermique et allumait ses lampes, à 10 kilomètres à la ronde. Alors la consigne fut donnée et le convoi alluma ses lampes blanches.</p>
<p>Quelques secondes après, un rire doux et perplexe bruit à l’interphone. « C’est un h—stie d’embouteillage géant », dit la sentinelle arrière.</p>
<p>Tout le monde était désorienté dans la noirceur et, quand les lampes furent allumées, on voyait une étrange image : tout le convoi était égrené et mélangé, des lampes dirigées de tous côtés; difficile à dire s’il y en avait deux qui pointaient du même côté. Tout le monde, semblait-il, avait une idée différente à propos de comment nous tirer du pas où nous nous trouvions.</p>
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		<title>Dévoilement de notre propre Croix de Victoria</title>
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		<pubDate>Tue, 08 Jul 2008 04:50:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Tom MacGregor</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Nouvelles]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Le 16 mai dernier, lorsqu’elle dévoilait la Croix de Victoria cana­dienne, la Gouverneure générale Michaëlle Jean a invoqué l’image de la foule qui, en 2005, s’est assemblée à la Colline parlementaire pour ho­norer Smokey Smith VC qui y gisait en chapelle ardente.</p>
<p>« La Croix de Victoria est le degré de reconnaissance le plus élevé qu’on puisse espérer recevoir au cours de sa vie. Et ils sont rares ceux qui l’ont obtenue en un peu plus d’un siècle et demi, » dit-elle.</p>
<p>Un peu plus de 90 Canadiens ont obtenu une Croix de Victoria, la dernière  durant la Seconde Guerre mondiale.</p>
<p>Le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le 16 mai dernier, lorsqu’elle dévoilait la Croix de Victoria cana­dienne, la Gouverneure générale Michaëlle Jean a invoqué l’image de la foule qui, en 2005, s’est assemblée à la Colline parlementaire pour ho­norer Smokey Smith VC qui y gisait en chapelle ardente.</p>
<p>« La Croix de Victoria est le degré de reconnaissance le plus élevé qu’on puisse espérer recevoir au cours de sa vie. Et ils sont rares ceux qui l’ont obtenue en un peu plus d’un siècle et demi, » dit-elle.</p>
<p>Un peu plus de 90 Canadiens ont obtenu une Croix de Victoria, la dernière  durant la Seconde Guerre mondiale.</p>
<p>Le Canada a sa propre Croix de Victoria depuis que Sa Majesté Elisabeth II a consenti que l&#8217;on crée trois médailles.</p>
<p>C’est le groupe de planification de la production de la Croix de Victoria, sous la direction de la chancellerie et composé de spécialistes ainsi que de représentants du ministère de la Défense nationale, d’Anciens combattants Canada, du ministère du Patrimoine canadien et des Ressources nationales et de la Monnaie royale du Canada, qui avait pour fonction de rectifier la situation.</p>
<p>Le résultat a été dévoilé à la résidence de la Gouverneure générale, par madame Jean et le premier ministre Stephen Harper, lors d’une cérémonie  tout juste avant la fin de semaine de la fête de Victoria.</p>
<p>« Le Canada désirait sa propre Croix de Victoria. Une croix qui ressemblerait à la croix britannique mais qui reflèterait mieux qui nous sommes. Ce à quoi la Reine Élisabeth II a donné son accord en 1993 », dit madame Jean. « Nous avons pris le temps de bien faire les choses, avec l’appui de nos partenaires. »</p>
<p>La Croix de Victoria a été instaurée officiellement par la reine Victoria en 1859. Ses premiers récipiendaires, dont le lieutenant canadien Alexander Roberts Dunn, étaient des soldats de la guerre de Crimée. La simple croix, où la couronne royale est surmontée d’un lion arrêté, était faite en métal de canons qui avaient été pris aux Russes durant la guerre.</p>
<p>On décrit la Croix de Victoria cana­dienne comme étant « une croix pattée en bronze aux branches droites, de 38 millimètres de largeur, avec des bords relevés : sur l’avers, la couronne royale est surmontée d’un lion arrêté et l’inscription “Pro Valore” figure en-dessous, et sur le revers est inscrite, à l’intérieur d’un cercle en relief, la date de l’acte de bravoure pour lequel la croix a été décernée. La croix est suspendue au moyen d’un anneau inséré dans le V d’une barrette ornée de feuilles de laurier et au revers de la­quelle sont inscrits le grade, le nom et l’unité du récipiendaire. »</p>
<p>Les mots « For Valour » de la Croix de Victoria d’origine sont remplacés sur la Croix de Victoria canadienne par les mots en latin « Pro Valore », dit Harper, « dans une langue qu’on a parlé autrefois dans nos deux nations fondatrices ».</p>
<p>Le gouvernement britannique a donné une tranche du canon originaire au Canada. « Une jeune soldate des Forces armées canadiennes en mission en Angleterre est allée récupé­rer, dans le plus grand secret, me dit-on, le bronze à canon offert par le Royaume-Uni au peuple canadien pour le rapporter au pays », dit madame Jean.</p>
<p>Des scientifiques de Ressources naturelles ont analysé quelques Croix de Victoria, que tient le Musée canadien de la guerre en sa possession, pour découvrir la composition exacte du métal. Pour que cette médaille soit vraiment canadienne, le bronze à canon a été mélangé au métal d’une Médaille de la Confédération de 1867 et de plusieurs médailles canadiennes qui représentent toutes les régions du Canada.</p>
<p>Il a fallu un travail minutieux à la Monnaie pour transformer un dessin en deux dimensions en une forme, ou matrice, en trois dimensions. La ma­quet­te a été retravaillée pour y ajouter des fleurs-de-lis du Québec sur le listel de l’insigne, aux côtés de la rose, du chardon et du trèfle traditionnels qui rappellent les éléments floraux des Armoiries royales du Canada.</p>
<p>Les matrices, marquées, ou gravées, avec des images négatives, ou inversées, de l’avers et de l’envers de l’insigne, ont servi à couler des reproductions en cire. Un mélange de céramique a ensuite été versé sur la cire. Quand la céramique s’est solidifiée, elle a été chauffée afin de faire fondre la cire pour qu’on puisse l’enlever, ce qui a donné les moules positifs de la Croix de Victoria à l’intérieur des blocs de céramique.</p>
<p>Pour couler les médailles, des lingots du nouvel alliage ont été fondus et versés dans les moules en céramique. Les moules en céramique refroidis, on les casse pour en sortir la Croix de Victoria inachevée. Les moulages ont été ébarbés au moyen de machines d’usinage par électroérosion et remis à la Monnaie où ils ont été finis à la main. La combinaison de moulage et de finition manuelle fait en sorte qu’aucune Croix de Victoria ne sera exactement pareille qu’une autre.</p>
<p>Vingt Croix de Victoria et d’autres lingots de l’alliage canadien sont entreposés à Rideau Hall. D’autres exemplaires seront ajoutés à la collection du ministère de la Défense nationale, à celle de Bibliothèque et Archives Canada et à celle du Musée canadien de la guerre.</p>
<p>La Croix de Victoria est la plus importante des médailles canadiennes pour la vaillance militaire. Elle est décernée « pour reconnaître des actes de bravoure ou d’abnégation insignes, ou le dévouement ultime au devoir, face à l’ennemi ».</p>
<p>Harper fait remarquer que l’apparition de la Croix de Victoria en Grande-Bretagne changeait la manière dont les médailles y étaient décernées : « jusqu’à (la création de la Croix de Victoria), les plus grands insignes pour vaillance n’étaient décernés qu’aux officiers. Cette nouvelle médaille pouvait être décernée aux hommes de n’importe quel grade car on reconnaissait finalement que rien ne borne l’héroïsme. N’importe à quel point la médaille est ornementée, elle ne pourra jamais égaler la vaillance des gens qu’elle sert à honorer. »</p>
<p>Dans le Système des distinctions honorifiques canadien, la Croix de Victoria canadienne est suivie par l’Étoile de la vaillance militaire et par la Médaille de la vaillance militaire.</p>
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		<title>Notre propre Croix de Victoria</title>
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		<pubDate>Sat, 05 Jul 2008 18:07:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Nouvelles]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Il n’y a rien d’étonnant à ce que le Canada, de plus en plus assuré dans son indépendance, désire se débarrasser de beaucoup d’éléments du colonialisme. L’année de notre centenaire, 1967, nous avons fièrement créé l’Ordre du Canada et notre système d’honneurs et de récompenses. Ce système ne comprenait pas alors de décorations militaires spécifiques pour la vaillance, car elles étaient décernées aux Canadiens par le gouvernement britannique. En 1992, nos propres médailles pour la vaillance militaire, conçues par la chancellerie, ont été acceptées par Sa Majesté la reine Elisabeth II. Il s’agissait de la Médaille de la vaillance militaire, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il n’y a rien d’étonnant à ce que le Canada, de plus en plus assuré dans son indépendance, désire se débarrasser de beaucoup d’éléments du colonialisme. L’année de notre centenaire, 1967, nous avons fièrement créé l’Ordre du Canada et notre système d’honneurs et de récompenses. Ce système ne comprenait pas alors de décorations militaires spécifiques pour la vaillance, car elles étaient décernées aux Canadiens par le gouvernement britannique. En 1992, nos propres médailles pour la vaillance militaire, conçues par la chancellerie, ont été acceptées par Sa Majesté la reine Elisabeth II. Il s’agissait de la Médaille de la vaillance militaire, de l’Étoile de la vaillance mili­taire et de la plus importante de toutes : la Croix de Victoria. Jusqu’à cette année, la CV n’était, pour le grand public, qu’un dessin dans les bureaux de la chancellerie, et la première vient d’être dévoilée à la résidence de la Gouverneure générale.</p>
<p>Les Canadiens à qui la Croix de Victoria a été décernée par la Grande-Bretagne ne sont plus mais nous sommes nombreux à nous rappeler d’une génération d’hommes généreux qui se sont distingués aux yeux du public durant les années d’après la Seconde Guerre mondiale : les récipiendaires de la CV comme Fred Tilston, Cecil Merritt et Smokey Smith. Et comme cette brave génération, les hommes et les femmes des forces armées d’aujourd’hui, surtout ceux qui se trouvent en Afghanistan, se mesurent à un ennemi dangereux. L’Étoile de la vaillance militaire et la Médaille de la vaillance militaire ont été décernées à des Canadiens qui ont participé à des combats intenses en Afghanistan, et ce ne serait que juste si la Croix de Victoria était décernée à un soldat canadien, lorsqu’il l’aurait méritée.</p>
<h1>Tenir une promesse sacrée</h1>
<p>Margaret M. Kearney avait 19 ans quand elle est montée à bord d’un bateau côtier à Port aux Basques (T.-N.) pour se rendre à Sydney (N.-É.). C’était en 1944 et, bien que le vent avait tourné en faveur des alliés à la Bataille de l’Atlantique, l’ennemi n’avait de cesse de détruire des vies et des navires. Mme Kearney se souvient d’un sentiment de « grande terreur » à cause du danger des sous-marins mais, comme des milliers de volontaires, elle était jeune et partait à cette aventure qu’était l’effort de guerre.</p>
<p>Elle était allée à plusieurs reprise à la basilique catholique romaine de St. John’s, sur les marches de laquelle elle regardait le havre. « En ce temps-là, la vue était assez bonne de là-bas » , dit-elle. « On voyait tous les navires brisés; certains avait perdu leurs mâts, d’autres n’avaient plus de proue. On voyait ça au jour le jour. » Ce qu’on ne voyait pas, mais on y pensait, ce sont les navires qui ne sont jamais revenus.</p>
<p>Mme Kearney, fière d’avoir servi dans le Service féminin de la Marine royale du Canada, est une des nombreuses an­ciennes combattantes de la Seconde Guerre mondiale à avoir participé, au mois de mai dernier, aux commémorations de la Bataille de l’Atlantique, à Halifax. Les manifestations auxquelles elle a assisté faisaient partie de nombreux événements qui ont eu lieu partout au Canada, entre autres dans la capitale nationale, en l’honneur du 65e anniversaire.</p>
<p>Les hommes et les femmes qui ont servi savaient que le résultat de la guerre dépendrait de l’arrivée des convois de navires marchands mais ils ne s’y attardaient pas. Ils se concentraient principalement sur le travail bien fait — l’accomplissement des tâches journalières qu’on avait à faire quand on était dans les forces armées. Les conditions de travail à bord étaient dures et dangereuses. Les équipes d’aviateurs, quant à elles, risquaient d’être obligées d’amerrir ou de s’écraser en mer. On pouvait perdre la vie instantanément ou mourir peu à peu dans les eaux glacées. Plus de 3 700 marins de la Marine royale du Canada et de la marine marchande canadienne ont péri en mer. Des membres de l’Aviation royale du Canada ont aussi été perdus — des centaines d’entre eux.</p>
<p>Les commémorations servent à atti­rer l’attention du public sur l’importance de leurs réalisations historiques mais, ce qui est encore plus important, les cérémonies et les manifestations officielles nous rappellent d’une promesse sacrée que doivent tenir tous les Canadiens : celle de les honorer et de se souvenir de leur service et de leur sacrifice dans la plus grande dignité.</p>
<p>La responsabilité de nous assurer que nos forces maritimes restent puissantes, avec l’équipement approprié et des modernisations qui arrivent au moment opportun, fait partie de notre engagement envers ceux qui ont servi en mer. Les marins d’aujourd’hui ont des défis bien différents à relever, et bien que les risques sont réels, comme c’est le cas pour leurs homologues des autres services, ils sont bien entrainés et préparés pour leurs tâches. Ces hommes et ces femmes ressentent un immense respect envers ceux qui ont servi et ils sont fiers de se trouver en leur compa­gnie. C’est une connexion que ne ressentent que ceux qui ont choisi de risquer leur vie au service de leur pays.</p>
<p>Ce mois-ci, il va y avoir des commémorations pour se souvenir des 26 791 Canadiens qui ont servi à la guerre de Corée, laquelle a duré à partir du 25 juin 1950 jusqu’à l’accord de l’armistice en Corée, lequel a été signé le 27 juillet 1953.</p>
<h1>Envisager les 20 prochaines années</h1>
<p>Bien qu’on attendait un livre blanc détaillé, le premier ministre Stephen Harper et le ministre de la Défense Peter MacKay ont décidé d’annoncer la stratégie défensive de 20 ans pour le Canada durant une couple de discours prononcés le 12 mai, en présence d’une foule réceptive, au Manège militaire d’Halifax. Une grande partie de ce qui a été annoncé dans le cadre de la Stratégie de défense le Canada d’abord est déjà familier suite à une série d’annonces d’acquisition faites en 2007.</p>
<p>Il n’y a pas de doute que le militaire du Canada avait périclité durant les années 1990, la guerre froide ayant disparu et le Canada ayant commencé à réduire ses engagements de maintien de la paix qui avaient dépassé ses possibi­lités en équipement et en personnel.</p>
<p>Le ministre de la Défense nous a fait remarquer que 17 aéronefs de transport tactique C-130J ont été commandés en janvier. Il y a eu des achats de nouveaux hélicoptères moyens-porteurs et d’hélicoptères de transport lourd, ainsi que de 100 chars d’assaut Leopard 2 et d’autres camions blindés. En juillet 2007, le gouvernement a annoncé qu’il allait acquérir six ou huit navires de patrouilles extracôtiers qui couteraient 3,1 milliards de dollars. Le réarmement et la moder­nisation des frégates de classe Halifax devraient aussi commencer en 2010 et durer jusqu’en 2017.</p>
<p>« Si un pays désire qu’on le prenne au sérieux, il faut qu’il se procure les capacités pour pouvoir agir. Ce n’est pas plus compliqué que ça. Sinon, il abandonne son droit d’être partie prenante », dit M. Harper à la foule. Bien que nous aurions aimé que le livre blanc con­tienne un peu plus de détails, avec des exposés sur ce qu’il va en couter au contribuable canadien, nous pouvons au moins voir ce dont on a besoin en ce qui concerne un équipement meilleur et plus sécuritaire. Il s’agit maintenant de passer les commandes. Comme cela a été le cas pour le report de l’achat des hélicoptères, chaque atermoiement coute davantage et fait que le pays n’est pas aussi capable de protéger ses frontières et de respecter ses engagements internationaux. Les actes que nous posons aujourd’hui nous apportent des bénéfices aujourd’hui et nous en apporteront aussi demain.</p>
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		<title>Le panthéon des étendards rend hommage aux régiments</title>
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		<pubDate>Thu, 03 Jul 2008 04:45:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Tom MacGregor</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Nouvelles]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Le Centre commémoratif national, un endroit où l’on peut organiser des cérémonies commémoratives et d’État, ainsi que les services privés de nombre de croyances, a été ouvert à Ottawa à côté du Cimetière militaire national des Forces canadiennes.</p>
<p>On distingue, parmi les éléments du centre, le panthéon des étendards, où les régiments et autres unités du Canada pourront retirer dignement leurs couleurs et leurs drapeaux. Le panthéon a été rendu possible grâce à un don de 50 000 $ qu’a fait la Direction nationale de la Légion royale cana­dienne dans le prolongement de sa prise de position historique en l’honneur des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le Centre commémoratif national, un endroit où l’on peut organiser des cérémonies commémoratives et d’État, ainsi que les services privés de nombre de croyances, a été ouvert à Ottawa à côté du Cimetière militaire national des Forces canadiennes.</p>
<p>On distingue, parmi les éléments du centre, le panthéon des étendards, où les régiments et autres unités du Canada pourront retirer dignement leurs couleurs et leurs drapeaux. Le panthéon a été rendu possible grâce à un don de 50 000 $ qu’a fait la Direction nationale de la Légion royale cana­dienne dans le prolongement de sa prise de position historique en l’honneur des navires, des régiments et des escadrons du Canada.</p>
<p>La composante centrale du Centre commémoratif national est un édifice à neuf côtés de 14 000 pieds carrés, lequel peut servir aux cérémonies lors de manifestations spéciales au célèbre cimetière Beechwood. Le centre, qu’on a déjà utilisé pour des services funèbres, peut servir aux cérémonies d’exposition en chapelle ardente, aux funérailles d’État et à d’autres occasions. On lui prévoit une importante composante multiconfessionnelle, qu’il soit ouvert à toutes les religions que reconnaissent les Canadiens. Le centre a couté 6,7 millions de dollars et une grande partie de ces fonds provenait de particuliers.</p>
<p>L’immense salle peut accueillir 400 personnes. Il n’y a aucun siège permanent, de sorte que la disposition des chaises dépend de l’occasion. Au centre de la pièce se trouve une grosse pierre trouvée dans le terrain même du cimetière. La pierre sert à rappeler que la permanence existe au milieu de la vie éphémère. Symbole des choses immuables et durables, elle sert à réconforter les personnes en deuil.</p>
<p>Quand la pierre a été déterrée, dans son échancrure croissait une plante, ce qui était propice et ce que les orga­nisateurs ont pris comme signe que la vie évolue.</p>
<p>La Gouverneure générale Michaëlle Jean a officiellement ouvert le Centre commémoratif national le 7 avril, y étant arrivée à bord d’un coche escorté par des membres de la Gendarmerie royale du Canada habillés de rouge et à cheval.</p>
<p>Madame Jean a parlé des visites qu’elle a faites, en tant que commandante en chef des Forces canadiennes, aux troupes de navires et à celles qui se trouvent à des endroits comme Haïti et Kandahar. « Que l’on se souvienne de la somme des sacrifices qu’eux et tous les soldats qui reposent ici ont consentis au nom d’un idéal de démocratie. Il est juste que nous rendions compte de la grandeur de leur contribution », dit-elle. « Ce centre commémoratif est une promesse faite aux femmes et aux hommes qui sont venus avant nous et qui ont apporté leur énergie, leur enthousiasme et leur perspective unique sur le monde. La promesse de ne jamais oublier, malgré la fuite du temps. La promesse de prolonger en nous leur œuvre et de l’enrichir, au bénéfice des générations à venir. La promesse d’améliorer sans cesse et toujours le sort de nos semblables. »</p>
<p>Au milieu de la salle des drapeaux se trouve une importante gaine du sacrifice, où les bières des anciens combattants seront déposés durant le service commémoratif avant leur mise en terre. Un coquelicot, symbole de la Légion associé aux gens qui ont servi leur pays, va y être gravé.</p>
<p>Le plafond au-dessus de la gaine est très haut, de sorte que les couleurs des unités militaires retirées qui y sont suspendues sont hors d’atteinte. « Les drapeaux sont suspendus afin de leur permettre de se désintégrer naturellement », dit l’aumônier Gerry Peddle, ancien aumônier-général qui présidait la bénédiction officielle des deux premiers étendards qui ont été retirés dans la salle.</p>
<p>Il s’agissait des couleurs du Royal Canadian Regiment et du Royal 22e Régiment. Des membres de ces régiments ont présenté l’étendard de leur unité ainsi que le drapeau royal qui l’accompagne.</p>
<p>Dans la salle se trouve un imposant vitrail de cinq mètres de haut, offert pas l’Association des aumôniers militaires du Canada, qui sert à rendre hommage au rôle crucial que les aumôniers ont joué dans la vie militaire. La Légion avait participé à la création de ce vitrail par le truchement d’un don de 5 000 $.</p>
<p>Une grande aire de réception est contiguë à la salle. À l’extérieur de l’édifice se trouvent des jardins où l’on peut aller se recueillir. Le centre sera consenti à la Légion royale canadienne quand elle en fera la demande pour des cérémonies importantes, dont celles du souvenir.</p>
<p>Le président national Jack Frost a remis le cadeau de la Légion au lieutenant-général à la retraite Charles Belzile, coprésident du comité du partenariat et au général Maurice Baril, ancien chef d’état-major de la défense et président de la campagne de financement du Centre commémoratif de Beechwood. La présentation faisait partie de la cérémonie qui a eu lieu au centre, le 22 mai et durant laquelle on a annoncé que la campagne avait atteint le point central de son objectif d’un million de dollars.</p>
<p>Frost dit que la donation a été faite de la part de toutes les filiales de la Légion car la salle va servir à évoquer l’importance du souvenir à perpétuité.</p>
<p>Le Centre commémoratif national sied au Cimetière militaire national des Forces canadiennes, au Cimetière national de la Gendarmerie royale du Canada et au cimetière des anciens combattants. Le premier ministre sir Robert Borden, le gouverneur général Ray Hnatyshyn et sir Sanford Fleming sont enterrés au cimetière Beechwood, comme c’est le cas aussi pour plusieurs maires d’Ottawa. Un coin y a été aménagé spécialement pour les poètes, où ont été enterrés, entre autres, les poètes de l’ère de la Confédération Archibald Lampman et Duncan Campbell Scott, ainsi que d’autres poètes plus contemporains comme John Newlove, lauréat du prix du Gouverneur général.</p>
<p>En 2002, le cimetière Beechwood a été désigné lieu historique par la Commission des lieux et monuments historiques du Canada.</p>
<p>Les filiales qui désirent contribuer au Centre commémoratif national peuvent envoyer leur don à la Fondation du cimetière Beechwood, 280, avenue Beechwood, Case 7025, Ottawa (Ont.), K1L 8E2.</p>
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		<title>Bonne fête Québec</title>
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		<pubDate>Sun, 25 May 2008 04:01:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>D'Arcy Jenish</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Articles principaux]]></category>

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		<description><![CDATA[<p class="caption_img"></p>
<p>Les résidents de Québec ont exprimé leur suffrage, lors d’une élection partielle vers la fin de l’an dernier, pour choisir le successeur d’Andrée P. Boucher, mairesse populaire décédée à la fin du mois d’aout. Les électeurs ont choisi, parmi les quinze candidats qui s’étaient présentés, Régis Labeaume, homme d’affaires et politique novice de 51 ans qui, bien que n’ayant que 3 p. 100 des intentions de vote en sa faveur dans les sondages d’opinion publique au début de la campagne, a fini par obtenir 59 p. 100 des voix. Sa candidature reposait sur une plate-forme d’après laquelle il allait [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="caption_img"><img src="http://www.legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2008/05/quebeclead.jpg" alt="Les feux d’artifice étaient au programme lors du lancement du 400e anniversaire de Québec. [STEVE DESCHENES]" class="top" height="236" width="630" /></p>
<p>Les résidents de Québec ont exprimé leur suffrage, lors d’une élection partielle vers la fin de l’an dernier, pour choisir le successeur d’Andrée P. Boucher, mairesse populaire décédée à la fin du mois d’aout. Les électeurs ont choisi, parmi les quinze candidats qui s’étaient présentés, Régis Labeaume, homme d’affaires et politique novice de 51 ans qui, bien que n’ayant que 3 p. 100 des intentions de vote en sa faveur dans les sondages d’opinion publique au début de la campagne, a fini par obtenir 59 p. 100 des voix. Sa candidature reposait sur une plate-forme d’après laquelle il allait faire de Québec un centre d’excellence pour la recherche de pointe et l’innovation scientifique. Mais il dit qu’il n’a pas passé une grande partie de la première année qu’il a été maire à s’occuper de cela. À la place, il s’est dépensé surtout à la présidence de la plus grande fête d’anniversaire du continent.</p>
<p>Québec va avoir officiellement 400 ans le 3 juillet 2008 — il y a quatre siècles, un explorateur et aventurier intrépide du nom de Samuel de Champlain atterrissait avec environ 30 autres Français, y compris des travailleurs manuels, des charpentiers, des équarisseurs, sur la berge du fleuve Saint-Laurent que les autochtones appelaient kébec, ce qui signifie, « où le fleuve rétrécit », parait-il. Ils construisirent un hameau de trois édifices à étage, entouré d’une palissade et d’une douve, établissant ainsi une présence française en Amérique du Nord qui existe encore de nos jours.</p>
<p>Cela fait de Québec une des plus vieilles collectivités du continent habitées de façon continue. On dit que St. Augustine, en Floride, qui a été fondée par les Espagnols en 1565, est la plus vieille. En 2007, les États-Uniens ont célébré le 400e anniversaire de la fondation de Jamestown, en Virginie actuelle, la première colonie anglaise en Amérique du Nord, disparue avant 1750 et dont l’emplacement est aujourd’hui en partie submergé. Les résidents de Santa Fe, au Nouveau-Mexique, se préparent aussi pour le 400e anniversaire de leur ville, fondée par les Espagnols en 1610.</p>
<p>Mais, d’après certains écrivains, l’entreprise de l’audacieux explorateur français n’aurait pas donné naissance qu’à une seule collectivité. « Le 3 juillet 1608, quand Champlain mettait pied à terre à Québec et déployait le drapeau fleurdelisé, est le jour de la naissance de la ville et de la province, et même du pays qu’on appelle le Canada », écrivait son biographe Samuel Eliot Morse. Il s’agit d’une description appropriée du tour de force de Champlain, d’après Philippe Couillard, ministre de la Santé et des Services sociaux du gouvernement libéral de Jean Charest et responsable de la région de Québec. « Ces célébrations sont très importantes pour la ville ainsi que pour le Canada », dit M. Couillard, Québécois de 11e génération dont l’ancêtre parvenait à la petite colonie en 1613. « C’est une partie de l’histoire de tout le pays. C’est là où la dualité historique du Canada a commencé. »</p>
<p>Ce n’est pas tous les ans qu’une ville et ses citoyens ont des événements si agréables à célébrer, et les résidents de la capitale québécoise, ainsi que les visiteurs venant du reste du Canada, des États-Unis et d’ailleurs autour de la planète, vont célébrer en grand.</p>
<p>« Ça va être une grande fête », disait M. Labeaume quelques jours après avoir été installé. « Ça va être extraordinaire. Je n’ai pas pensé au 400e pendant la campagne électorale. Je me suis aperçu que j’allais devoir m’en occuper quand j’ai été intronisé. »</p>
<p>Il n’a pas eu beaucoup de temps pour étudier le dossier et se préparer. La célébration de 85 millions de dollars, financée grâce à 40 millions de dollars d’Ottawa, 40 millions de dollars du gouvernement provincial et le reste provenant des coffres municipaux, a commencé la veille du jour de l’an à la place d’Youville, à l’extérieur des impressionnants murs de pierre de la citadelle qui a été bâtie aux XVIIe et XVIIIe siècles en haut de la falaise surplombant la flèche riveraine où se trouvait la petite colonie à l’origine.</p>
<p>La célébration, le soir de l’ouverture, ne s’est pas passée telle que prévue. La foule (il est difficile d’obtenir les évaluations officielles de sa grandeur) était deux fois plus vaste que prévue. La plupart des gens ne réussirent pas à s’approcher de la scène et les moniteurs de vidéo étaient trop petits. Le compte à rebours vers minuit fut retardé et les feux d’artifice annulés parce que le public empiétait sur l’aire de lancement. Toutefois, les Québécois ont démontré par leur enthousiasme qu’ils désiraient célébrer.</p>
<p class="caption_img"><img src="http://www.legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2008/05/quebecinset.jpg" alt="Les immenses silos du port de la ville vont servir d’écran géant pour le Moulin à images. [ ]" align="middle" height="444" width="515" /></p>
<p>La Société du 400e anniversaire de Québec, organisme responsable de toutes les festivités, prévoit des centaines de manifestations. La cérémonie de fermeture doit avoir lieu la veille du jour de l’an. Les activités vont comprendre des spectacles donnés par Céline Dion et le Cirque du Soleil, ainsi que l’exposition d’œuvres apportées du Louvre et des manifestations politiques auxquelles vont participer le premier ministre Stephen Harper et le président français Nicolas Sarkozy. Au site de la toile suivant se trouve la liste complète des manifestations : www.monquebec2008. sympatico.msn.ca.</p>
<p>Les organisateurs croient que le 400e de Québec va attirer 5,5 millions de visiteurs à une ville dont la population dépasse à peine les 500 000 habitants, mais les résidents sont habitués à de tels déferlements d’étrangers. Effectivement, le tourisme est une importante industrie de la capitale provinciale depuis longtemps (surpassée par le gouvernement et l’administration publique seulement), grâce à la situation spectaculaire au bord de l’eau, les montagnes environnantes et, bien entendu, ses riches édifices patrimoniaux, inégalés en Amérique du Nord et dont certains datent du début des années 1600. Mais le tourisme a atteint de nouveaux sommets depuis décembre 1985, quand le Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO ajoutait l’arrondissement historique du Vieux-Québec à sa liste de sites historiques d’importance mondiale.</p>
<p>L’an dernier, 4,8 millions de personnes l’ont visité, d’après Richard Séguin, porte-parole de l’Office du tourisme de Québec. La plus grande partie — 3,2 millions — venaient de la province. Cinq cent mille autres venaient du reste du Canada, 550 000 des États-Unis et le reste d’autres endroits que de l’Amérique du Nord. La plupart des visiteurs internationaux viennent de la France, de la Grande-Bretagne, de l’Allemagne et de l’Italie, mais les Japonais et les Coréens viennent en nombres de plus en plus grands et, dernièrement, les Mexicains aussi, dit Séguin. Il dit aussi que si la ville peut recevoir autant de gens, c’est grâce à son industrie hospitalière qui s’enorgueillit de disposer de 12 000 chambres d’hôtel, de motel, d’auberges et d’autres pensions. Pour se renseigner sur l’hébergement, les restaurants et les autres services, visiter le site de la toile à www.quebecregion.com.</p>
<p>Lucie Latulippe, déléguée aux affaires nationales et internationales de la Société du 400e, dit que la planification du spectacle somptueux a commencé en 2000, quand le maire d’alors Jean-Paul L’Allier a demandé au directeur du Musée de la civilisation du Québec de dresser un modèle de célébration. La Société du 400e, qui a quelque 75 employés, a assemblé un répertoire d’environ 130 manifestations, dans le cadre desquelles seront accueillis quelques- uns des plus grands talents du Québec.</p>
<p>Il va y avoir un concert de Céline Dion, spectacle gratuit qui aura lieu le 22 aout aux plaines d’Abraham, tout juste à l’extérieur des murs de la vieille citadelle où, un jour de septembre 1759, le général James Wolfe et ses réguliers britanniques ont défait le général français Louis-Joseph Montcalm et ses forces (qui comprenaient des troupiers venus de France, des miliciens de Québec et leurs alliés aborigènes). Cet ancien champ de bataille, site de la conquête de la Nouvelle-France par les Britanniques — moment décisif du passé canadien — est actuellement un Site historique national et un parc urbain à quelques centaines de pieds au-dessus du Saint-Laurent.</p>
<p>On s’attend à ce que Mme Dion, qui se produira dans sa province natale pour la première fois depuis plusieurs années, attire entre 80 000 et 100 000 personnes.</p>
<p>Son concert public est prévu pour le 22 aout. La Société du 400e a commandé deux autres œuvres importantes dont on va parler longtemps après la fin des célébrations. Il s’agit d’abord du Moulin à images, une création du directeur, acteur, dramaturge, producteur et artiste de génie de Québec Robert Lepage. Cette production de 40 minutes sera affichée, après le coucher du soleil, du 20 juin au 29 juillet.</p>
<p>Des images de l’histoire longue et mouvementée de la ville serviront d’assiette aux coureurs de bois qui s’introduisaient à l’intérieur des terres pour les explorer et commercer avec les autochtones; à l’important port nord-américain d’où les cargos partaient pour l’Europe, remplis de bois de charpente et où ils arrivaient d’Europe, pleins d’immigrants; à la ville militaire où ont eu lieu des combats et où des soldats canadiens se sont assemblés pour aller se battre en Europe durant les deux guerres mondiales.</p>
<p>Les images de M. Lepage seront projetées sur les immenses silos du port, qui en deviendront des écrans géants de 600 mètres de longueur par 60 mètres de hauteur. On pourra les voir à plusieurs kilomètres de là.</p>
<p>L’autre œuvre est un spectacle en l’honneur de la diversité francophone créé par le Cirque du Soleil, qui est né au début des années 1980 à Baie-Saint-Paul, 90 kilomètres à l’est de Québec, et qui est actuellement un conglomérat international avec des tournées de spectacle et des salles permanentes à Las Vegas et au Disney World d’Orlando (Floride).</p>
<p>Mme Latulippe dit que d’après les plans d’origine, il y aurait un spectacle seulement, le 19 octobre, au Colisée, mais son organisation était en train de négocier avec le Cirque pour en ajouter.</p>
<p>À part les gros spectacles, la majeure partie des 130 et quelques manifestations vont être des productions populaires faisant étalage du génie créatif qui abonde au Québec. Mme Latulippe dit que la Société du 400e a demandé la participation des organisateurs de trois manifestations annuelles renommées : le Carnaval de Québec, le Festival d’été de Québec et les Fêtes de la Nouvelle-France. La société a aussi demandé le concours des institutions culturelles et des sociétés historiques. « Nous avons demandé à ces organisations de créer des projets spéciaux et nous leur avons apporté un soutien financier », dit Latulippe. « Nous pensons qu’il va y avoir quelque chose d’intéressant pour tous les secteurs de la population. Il y aura les compétitions sportives, les activités de plein air, les manifestations pour toute la famille, les spectacles culturels et les recréations historiques.</p>
<p>Le cœur des festivités sera l’Espace 400, sur la rive et à côté du bassin Saint-Louis, grande marina en dessous des falaises de la vieille ville. L’Espace 400, créé spécialement pour les manifestations de l’anniversaire, comprend deux scènes extérieures et un théâtre intérieur, plus grand, où peuvent s’asseoir 800 personnes.</p>
<p>Quant aux gouvernements fédéral et provincial, ils profitent du 400e pour rehausser le prestige international du Canada en tant que pays où il y a une importante population francophone et une culture francophone pleine de vie. À la mi-octobre, Québec se fera l’hôtesse du 12e Sommet de la Francophonie, organisation pour la coopération économique et culturelle entre les pays d’expression française ou qui abritent des minorités qui parlent la langue de Molière. Les chefs politiques de nombre de ces 55 pays, dont le premier ministre Harper et le président français Sarkozy, y sont attendus. Deux autres manifestations parrainées par l’organisation de la Francophonie vont précéder le sommet : une assemblée des ministres gouvernementaux et un congrès de maires de ville francophone.</p>
<p>Québec va retirer des bénéfices permanents d’une année de célébrations qui va probablement se terminer bien trop vite. M. Couillard fait remarquer qu’Ottawa et la province vont effectuer des investissements importants dans l’infrastructure, dont l’objet sera d’améliorer les approches de la rive pour les citoyens. On est en train de construire la Promenade Champlain pour piétons et cyclistes. Une expansion de l’aéroport de Québec de 65 millions de dollars devait être finie; et le terminal devrait ouvrir au mois de juin, à temps pour recevoir les visiteurs étrangers venant à l’anniversaire. « Les effets durables de ces investissements mixtes fédéral-provincial vont être appréciables pour la qualité de notre ville », dit Couillard. « Ces projets existent depuis bien des années, mais il fallait un événement comme le 400e pour les mettre en marche. »</p>
<p>La grande célébration de l’histoire et du patrimoine de la plus vieille municipalité canadienne éclipse une importante transformation qui s’est passée durant les derniers vingt ans. Elle retarde aussi de façon temporaire le but de M. Labeaume, qui était d’encourager ce changement. Québec, que l’on sait depuis longtemps ville de fonctionnaires et de touristes, est doucement devenue l’un des centres principaux de recherche et développement, surtout grâce aux programmes de science et de génie de l’Université Laval, une des plus grandes institutions postsecondaires au pays. « Notre renommée concerne notre histoire », dit Labeaume. « La plus grande partie du pays ignore que nous sommes actuellement un centre d’innovation. Je veux faire de Québec la ville la plus innovatrice du pays. »</p>
<p>Actuellement, quelque 6 000 scientifiques, dont beaucoup ont fait partie du personnel de Laval ou ont été associés à l’université, sont employés par les sociétés de recherche et développement du Parc technologique du Québec métropolitain. En tout, 90 sociétés sont en train d’essayer de transformer des découvertes scientifiques en produits commerciaux, ou leurs produits sont déjà sur le marché. Elles se rassemblent autour de quelques domaines scientifiques spécifiques, dont la technologie de l’information, les produits biopharmaceutiques et les technologies du bois. « On a commencé le parc il y a 10-15 ans et les résultats commencent à paraitre », dit Daniel Denis, architecte et président de la Chambre de commerce de Québec. « Le parc est plein et il nous faut l’agrandir. »</p>
<p>M. Denis dit que l’économie de la ville va extrêmement bien depuis quelques années, au point où le chômage n’est que d’environ 5 p. 100, en dessous de la norme nationale et bien en dessous du reste de la province. En effet, le manque de main-d’œuvre est un des pires problèmes qui point. « Beaucoup de membres du baby-boum vont prendre leur retraite et commencer à recevoir leur pension, dit M. Denis, il va nous falloir remplir 70 000 postes, principalement au gouvernement et dans l’industrie de l’assurance. »</p>
<p>Mais les gens ne s’intéressent pas beaucoup à ce genre de questions cette année. Les Québécois sont par trop occupés à célébrer la naissance de leur province et de leur culture.</p>
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		<title>Le programme d’étude des soins de longue durée se poursuit</title>
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		<pubDate>Sat, 24 May 2008 15:44:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Nouvelles]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Pour les membres de la Légion, la popularité du programme d’étude des soins de longue durée (ÉSLD) est un service qui n’a pas diminué depuis sa création, en 2003.</p>
<p>Il sert essentiellement à fournir des personnes entrainées pour interviewer les anciens combattants dans les installations de soins de longue durée comme Anciens combattants Canada en fait la demande. Il sert aussi à compléter les visites sociales de la filiale et la recherche de données des divisions dans les maisons de santé.</p>
<p>L’an dernier, plus de 2 500 anciens combattants qui habitent dans presque 700 établissements ont reçu une visite. Ils ont aussi [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Pour les membres de la Légion, la popularité du programme d’étude des soins de longue durée (ÉSLD) est un service qui n’a pas diminué depuis sa création, en 2003.</p>
<p>Il sert essentiellement à fournir des personnes entrainées pour interviewer les anciens combattants dans les installations de soins de longue durée comme Anciens combattants Canada en fait la demande. Il sert aussi à compléter les visites sociales de la filiale et la recherche de données des divisions dans les maisons de santé.</p>
<p>L’an dernier, plus de 2 500 anciens combattants qui habitent dans presque 700 établissements ont reçu une visite. Ils ont aussi reçu des questionnaires par l’intermédiaire desquels on leur demandait de donner leur opinion sur la qualité des soins qu’ils reçoivent. Les questionnaires remplis ont ensuite été envoyés à ACC où on assemblait les renseignements et où on leur donnait suite au besoin.</p>
<p>Une analyse de ces questionnaires indique que la satisfaction des anciens combattants par rapport aux soins qui leur sont donnés a augmenté régulièrement au fil du temps, et que la nourriture est toujours ce qui les dérange le plus. La Légion est heureuse aussi de remarquer que les problèmes personnels nécessitant l’intervention de personnel spécialiste sont réglés rapidement et confidentiellement.</p>
<p>Le contrat du partenariat entre ACC et la Légion, qui concerne le programme d’ÉSLD, se fait réviser en 2008 et on s’attend à ce qu’on ait besoin d’un plus grand nombre de légionnaires bénévoles pour s’occuper de l’augmentation de nos services. Actuellement, il y a environ 130 légionnaires qu’on peut envoyer dans tous les coins du pays. Cela dit, il y a encore des régions urbaines, comme Vancouver, Victoria, Winnipeg, Toronto, Québec, Chicoutimi (Qc), Edmundston et Moncton (N.-B.), et Truro et Glace Bay (N.-É.), où il en manque.</p>
<p>Les cours pour les sondeurs de la Légion sont donnés à peu près deux fois par année pour soit former, soit requalifier les bénévoles. Le lieu de l’entrainement est habituellement décidé selon la région où l’on a le plus grand besoin de bénévoles entrainés. Les cours de l’an dernier pour les bénévoles de la Légion ont eu lieu à Vancouver et à Halifax. Cette année, il devrait y avoir un cours à Edmonton et un à Saint John (N.-B.).</p>
<p>Les cours, qui durent deux jours, donnent aux bénévoles de la Légion des renseignements généraux sur ACC et les dernières nouvelles du programme d’ÉSLD à la Légion, ainsi que les connaissances et les aptitudes qui sont nécessaires pour mener à bien une interview et faire des rapports détaillés à ACC sur les anciens combattants qui ont été interviewés. Il est bon de savoir que les dépenses des bénévoles en mission sont remboursées.</p>
<p>On demande aux membres de la Légion qui habitent dans les villes citées plus haut et qui seraient intéressés à participer au programme de l’ÉSLD, de se mettre en contact avec Gordon Beech ou Bruce Poulin, sans frais au 1-877-534-4666, au quartier général de la Direction nationale.<br />
À votre service est écrit par des officiers d’entraide du Bureau national d’entraide.</p>
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		<item>
		<title>Le chef d’état-major de la défense Rick Hillier</title>
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		<pubDate>Thu, 15 May 2008 04:01:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Adam Day</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Articles principaux]]></category>

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		<description><![CDATA[<p class="caption_img"></p>
<p>Note de l’éditeur : le 15 avril, alors que nous nous préparions à aller sous presse, le général Rick Hillier annonçait qu’il va quitter son poste de chef d’état-major de la défense en juillet.</p>
<p>Le général Rick Hillier sourit encore, mais à peine. Après plus de trois ans à la tête des Forces armées du Canada, observé par les reporters et au milieu de la polémique politique par rapport à la guerre en Afghanistan, le chef d’état-major de la défense Rick Hillier, premier soldat du Canada, assiégé à l’occasion, est toujours résolu, d’un optimisme indéfectible.</p>
<p>Il est optimiste non seulement à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="caption_img"><img src="http://www.legionmagazine.com/fr/wp-content/uploads/2008/05/hillierleadfrench.jpg" alt=". [PHOTO : METROPOLIS STUDIO]" class="top" height="236" width="630" /></p>
<p><strong>Note de l’éditeur : le 15 avril, alors que nous nous préparions à aller sous presse, le général Rick Hillier annonçait qu’il va quitter son poste de chef d’état-major de la défense en juillet.</strong></p>
<p>Le général Rick Hillier sourit encore, mais à peine. Après plus de trois ans à la tête des Forces armées du Canada, observé par les reporters et au milieu de la polémique politique par rapport à la guerre en Afghanistan, le chef d’état-major de la défense Rick Hillier, premier soldat du Canada, assiégé à l’occasion, est toujours résolu, d’un optimisme indéfectible.</p>
<p>Il est optimiste non seulement à propos de la mission en Afghanistan, où le progrès est quotidien dit-il, même s’il est lent et inachevé, mais aussi à propos de l’avenir des Forces canadiennes qui, d’après lui, sont finalement en train de devenir une organisation dont les membres veulent faire partie.</p>
<p>Choisi chef d’état-major de la défense par l’ancien premier ministre Paul Martin et le ministre de la défense d’alors Bill Graham, Hillier s’élançait sous les projecteurs au début 2005 grâce à ses opinions et à son franc-parler, à son charisme vibrant, et il annonçait avec fermeté comment il voyait le renouveau des Forces canadiennes.</p>
<p>Maintenant, après plus de trois ans à un travail où il a beaucoup encaissé, le stress commence à transparaitre. Bien que fameux pour sa bonne humeur accueillante et son charisme affable, lors de ses derniers discours et entretiens, il semblait quelque peu abattu, pas vraiment froid, mais peut-être un peu las. « (Je) savais que (mon mandat en tant que chef d’état-major de la défense) allait être raide », dit-il. « J’avais l’intention qu’il serait raide et court, mais pour l’instant je n’ai pas réussi à le rendre court, alors, ouais, c’est raide. »</p>
<p>Né en 1955 à Campbellton (T.-N.), il s’est engagé dans le militaire après avoir obtenu un diplôme à l’Université Memorial en 1975. Il a servi dans les 8th Canadian Hussars et les Royal Canadian Dragoons en tant qu’officier de blindés, et puis il a monté en grade jusqu’aux postes d’état-major, dont celui de chef d’état-major de l’armée de terre.</p>
<p>Toutefois, rien n’aurait pu le préparer complètement au stress et à l’observation des trois dernières années. Il a déjà servi sous trois ministres de la Défense nationale et deux premiers ministres, et il a enduré d’innombrables petits déchaînements de passions bureaucratiques ou médiatiques qui auraient pu interrompre sa carrière. Et il a fait tout cela avec le sourire qui est devenu sa marque de fabrique. « Je n’ai pas de leçon pour la survie, car je m’y suis vautré moi-même », dit-il en souriant lors d’un entretien qu’il nous accordait. « J’ai travaillé des journées trop longues, fumé trop de cigares et fait tout ce qu’on ne devrait pas faire pour survivre personnellement. »</p>
<p>Il a quand même survécu, bien qu’avec quelques marques. En plus des innombrables petites controverses, il y a une source de stress plus importante : pas moins de 84 soldats, marins et aviateurs canadiens sont morts depuis que Hillier a accepté son poste, le 4 février 2005.</p>
<blockquote><p>« Je n’ai pas de leçon pour la survie, car je m’y suis vautré moi-même », dit-il en souriant lors d’un entretien qu’il nous accordait. « J’ai travaillé des journées trop longues, fumé trop de cigares et fait tout ce qu’on ne devrait pas faire pour survivre personnellement. »</p></blockquote>
<p>Ce chiffre comprend les soldats qui sont morts au Canada et ailleurs autour de la terre, mais la grande majorité des morts se sont passées au Kandahar (Afghanistan), à une mission dont il s’est fait le champion et qu’il a supervisée depuis le début, en 2006.</p>
<p>Il croit que, bien que constant, le progrès en Afghanistan est lent et il dit qu’il n’y a « pas assez de développement visible », et que malgré le fait que les talibans ont été affaiblis, ils constituent encore une force de combat mortelle.</p>
<p>Malgré cela, il est confiant que la plus grande partie des combats est terminée et que bientôt, après février 2009, le Canada va pouvoir dédier une plus grande partie de ses forces à l’entrainement des soldats et des policiers afghans, grâce surtout aux équipes de liaison et de mentorat professionnel (ELMP), lesquelles sont composées de soldats canadiens intégrés dans des unités de l’armée et de la police afghanes.</p>
<p>En même temps, le général Hillier reconnait que la stabilisation du Kandahar et la mise en déroute des talibans aura été une mission difficile, surtout à l’endroit qu’il appelle « le triangle de fer », région à l’ouest-sud-ouest de Kandahar, formée par Zhari, Panjwai et Pashmul, où sont nés les talibans et où ont eu lieu la majorité des combats.</p>
<p>Durant les deux dernières années, les Forces canadiennes ont essayé de s’attaquer à ce terrain toutes seules — et conséquemment elles ont joué un rôle où elles se battaient pour repousser les insurgés d’un terrain qu’ils reprenaient aussitôt qu’elles se retiraient — au cours des quelques prochains mois, d’après Hillier, il va y avoir du changement sur le terrain. « En fait, nous n’avions pas suffisamment de soldats pour nous placer à certains endroits tout le temps. Ainsi, nous pouvions nous précipiter, mais ensuite il fallait aller mener une opération ailleurs, alors les talibans pouvaient revenir et ils se permettaient de le faire; en fait, ils le font encore : on ne fait que donner des coups d’épée dans l’eau. »</p>
<p>Toutefois, à l’approche du printemps, un certain nombre de choses ont changé en faveur de la mission de l’OTAN. La plus évidente est l’apport de quelque 3 000 marines américains venus au Kandahar pour travailler avec les Forces canadiennes dans des « opérations synchronisées » comme dit le général Hillier.</p>
<p>Mais en plus, comme il le fait remarquer, il y a quelques innovations qui pour être plus subtiles n’en sont pas moins décisives. Non seulement les fameux Gurkhas népalais opèrent-ils actuellement aux côtés du bataillon canadien dans le Sud en tant que bataillon de réserve, on y prévoit aussi un bataillon de réserve américain pour les opérations. « La possibilité que quatre bataillons ou plus travaillent ensemble au Kandahar pendant une bonne partie de la prochaine saison de campagnes, entre mars et novembre, change la dynamique du tout au tout », dit Hillier. « C’est que les talibans ne pourront pas simplement se retirer ni au district de Maywand, ni à Spin Boldak, ni en Arghandab du Nord parce qu’il va y avoir un bataillon là-bas aussi. Alors tout à coup il ne leur reste plus d’endroit où aller et nous allons avoir une présence beaucoup plus viable au cours des prochains six ou huit mois; et puis ça va permettre aux policiers de faire quelque chose; ça va les rendre plus confiants et ça va nous permettre de progresser davantage parce que nos équipes de formation seront plus nombreuses là-bas. »</p>
<p>Le débat au Canada s’est porté sur ce qui va se passer au-delà des prochains six à huit mois — la prochaine « saison de campagnes » comme beaucoup de gens se plaisent à dire — soit sur 2009 et sur ce qui va arriver à la mission canadienne après l’obligation actuelle de trois ans. Bien que le Parlement a voté au mois de mars de prolonger la mission, en principe, jusqu’en 2011, une bonne partie des détails opérationnels n’ont pas encore été fixés.</p>
<blockquote><p>« &#8230; alors n’essayons pas de diriger en détail une mission sur le terrain en Afghanistan à partir d’ici à Ottawa quand on ne sait pas dans quelle situation elles vont se trouver d’un jour à l’autre. Si on le fait, on prend des risques énormes et on met des hommes et des femmes en très grand danger. Alors donnez-nous la mission et assurez-vous que c’est une mission viable militairement du point de vue des commandants, et puis laissez-nous faire. »</p></blockquote>
<p>Ce printemps, alors qu’à Ottawa on se demandait surtout si la mission de combat devrait continuer ou s’il fallait la remplacer par le rôle moins agressif et moins dangereux qu’est la formation des forces afghanes, Hillier essayait de recanaliser le débat en demandant au Parlement de confier une mission aux Forces canadiennes qui serait « viable militairement ».</p>
<p>« Actuellement, dans la catégorie formation, nous avons engagé quelque 250 de nos soldats », dit-il, à propos des Canadiens qui font partie du programme d’ELMP. Aussitôt qu’on obtiendra un autre bataillon, ou d’autres soldats, ou encore d’autres policiers, on va prélever davantage d’entraineurs sur notre contingent, et cela voudra dire que moins (de Canadiens) iront se battre. Mais il faut qu’on maintienne cette capacité de réagir, et il faut qu’on continue de poursuivre les chefs. »</p>
<p>Il y aura moins de Canadiens qui se battront parce que, en théorie, les Afghans vont s’occuper d’une bien plus grande partie des combats eux-mêmes, quoique avec l’aide des Canadiens qui font partie des ELMP. Toutefois, la capacité de réagir dont p