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    <title>Le Blog Boursier</title>
    
    
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    <updated>2010-10-22T12:07:33+02:00</updated>
    <subtitle>De la bourse, rien que de la bourse. 
Avec tout ce qui va avec : économie, culture, entreprise, analyse financière... 
 

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        <title>La question graphique / par Alain Sueur</title>
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        <published>2010-10-22T12:07:33+02:00</published>
        <updated>2010-10-23T12:31:39+02:00</updated>
        <summary>Où va la bourse ? Difficile de le dire tant les pronostics sont déjoués avec constance. Il nous semble cependant...</summary>
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            <name>Alain Sueur</name>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p>Où va la bourse ? Difficile de le dire tant les pronostics sont déjoués avec constance. Il nous semble cependant que le mouvement de hausse actuel ne peut durer sans élément nouveau. C’est plutôt une retombée qui se profile en fin d’année ou au printemps. Pour conforter cette hypothèse, il faut lire les graphiques entre les lignes.</p>
<p><a href="http://leblog-boursier.typepad.com/.a/6a00e54f05437988340133f5428c8d970b-pi" style="display: inline;"><img alt="2010 10 sp500 et cac40 graph et rsi 2ans" border="0" class="asset  asset-image at-xid-6a00e54f05437988340133f5428c8d970b image-full" src="http://leblog-boursier.typepad.com/.a/6a00e54f05437988340133f5428c8d970b-800wi" title="2010 10 sp500 et cac40 graph et rsi 2ans" /></a> </p>
<p>En termes fondamentaux, la croissance américaine stagne. Avec elle, celle de tout le monde développé. Cela malgré les mesures de relance d’une ampleur sans précédent qui ont consisté, ces deux dernières années, à descendre les taux directeur à zéro, à distribuer du pouvoir d’achat via le déficit budgétaire, à faire baisser de force le dollar. Mais les ménages sont endettés, ayant vécu à crédit depuis des décennies, leurs salaires comprimés par le partage des profits admis par défaut, sinon accepté, en raison de la mondialisation et de l’air ambiant conservateur.</p>
<p>La croissance américaine ne repartira que lorsque le chômage baissera. Cela veut dire que les entreprises commenceront à réembaucher parce que la demande monte. Or la demande ne peut pas monter, en interne, tant que les gens restent endettés… La baisse du dollar n’est qu’une façon de tenter de sortir par les exportations de ce dilemme à la japonaise. Mais dans les autres pays développés, en Europe comme au Japon, ce sont les États qui sont très endettés et qui vont restreindre le pouvoir d’achat des ménages par des hausses d’impôts et une baisse de la redistribution. Qui donc achètera les produits exportés par les États-Unis avec leur dollar bas ?</p>
<p>Les désordres mondiaux s’accentuent. Chacun se replie sur soi comme dans les années trente et le protectionnisme renaît. Son dernier nom s’appelle guerre des monnaies, la Chine refusant d’envisager de laisser fluctuer le yuan au gré des marchés pour protéger son industrie – et donc sa société ; les États-Unis se déclarant prêts à faire fonctionner autant que nécessaire la planche à billets pour payer leurs importations, se moquant bien de l’inflation future. L’inflation n’est-elle pas le meilleur moyen, sur la durée, d’éponger les montagnes de dettes de tout le monde ? Nous l’avons suffisamment écrit ici pour ne pas y revenir.</p>
<p>Reste l’Europe, aussi peu « unie » que son nom voudrait le laisser entendre. C’est l’Allemagne qui refuse de payer pour la Grèce, la France qui a un mal génétique à guérir son amour du déficit, les nationalismes économiques qui renaissent sur le choix du TGV Eurostar. Le continent vieillit, les politiciens sont indigents, aucun projet européen n’émerge. Nous restons dans le chacun pour soi. Ni la demande, ni l'emploi, ni l’investissement ne sont prêts à relancer la machine. Et de rêver à l’esprit monastère, où chacun vit frugalement de façon immémoriale, protégé de hauts murs… Les Suisses réalisent peu ou prou cet exploit.</p>
<p><a href="http://leblog-boursier.typepad.com/.a/6a00e54f05437988340133f5428d9b970b-pi" style="display: inline;"><img alt="2010 10 sp500 graph maxi" border="0" class="asset  asset-image at-xid-6a00e54f05437988340133f5428d9b970b image-full" src="http://leblog-boursier.typepad.com/.a/6a00e54f05437988340133f5428d9b970b-800wi" title="2010 10 sp500 graph maxi" /></a> </p>
<p>Pourquoi donc les indices montent-ils ? L’examen des graphiques comparés montre que le Standard &amp; Poors 500 a réagi plus vite que le CAC 40 depuis le creux 2009. L’examen sur dix ans semble prouver qu’il reste une phase de rechute C en Elliott à venir, vers le niveau 2100 sur le SP500, voire 2050. Mais cela ne vient pas. Le marché serait-il en train d’effectuer une figure en double-top ou en « tête-épaules » avec une tête en mai, une épaule en février et l’autre assez proche ? Auquel cas le schéma serait bien baissier.</p>
<p><a href="http://leblog-boursier.typepad.com/.a/6a00e54f05437988340134886272a1970c-pi" style="display: inline;"><img alt="2010 10 SP500 en elliott" border="0" class="asset  asset-image at-xid-6a00e54f05437988340134886272a1970c image-full" src="http://leblog-boursier.typepad.com/.a/6a00e54f05437988340134886272a1970c-800wi" title="2010 10 SP500 en elliott" /></a> </p>
<p>Mais le marché joue pour l’instant une autre partition. Il veut croire à la relance par la politique monétaire quantitative (quantitative easing) des banques centrales et surtout de la Fed. Il se dit que les liquidités sont abondantes et qu’il faut bien investir quelque part. Que si l’inflation revient à terme, mieux vaut être sur les actifs réels que sont les actions qu’être sur les dettes que sont les obligations. Si le crédit est trop abondant, il va recréer une bulle ; mais au niveau actuel du prix des actions le risque n’est pas encore fort, le pire serait la stagnation des cours durant des années. Nous avons donc à court terme un RSI (Relative Strengh Index ou indice de force relative) en zone positive, au-dessus de 50, tandis que l’indice a dessiné une figure en W et accélère sa patte droite de hausse.</p>
<p>Cet équilibre précaire de croyances et de monétarisme nous semble très fragile. La réussite de la politique quantitative, qui consiste pour la Fed à racheter en masse des titres d’État et même de grandes entreprises pour créer du crédit, est loin d’être assurée. Il faudrait pour cela que les entreprises profitent du crédit abondant pour investir. Et pour investir aux États-Unis même.</p>
<p>• Or les gros investissements d’innovation, dans la technologie notamment, ont été faits. Ceux qui pourraient suivre (la voiture électrique, les économies d’énergie, la production d’énergie alternative) ne sont pas au point ou ne font pas l’objet d’une demande solvable pour l’instant. <br />• La demande ne renaît pas aux États-Unis pour cause de surendettement des ménages, ni dans les pays développés pour cause de surendettement des États, mais dans les pays émergents. Ce pourquoi nombre d’entreprises américaines va investir en Chine, au Brésil, là où la demande existe et, avec elle, les perspectives de profits. Ils ne créent donc pas d’emplois aux États-Unis ou en Europe.</p>
<p>Quant à l’inflation, si elle revient, cela prendra beaucoup de temps. Les forces déflationnistes sont puissantes dans le monde, à commencer par le réservoir de main d’œuvre chinoise et par la politique délibérée de prix des pays émergents en guerre pour exporter. Sans évoquer l’austérité forcée qui va être le lot des retraités européens en raison du déséquilibre flagrant entre cotisants et ayant droits pour la répartition, et des piètres performances des fonds de pension depuis dix ans pour la capitalisation. Et la charge fiscale pour rembourser toutes les dettes passées.</p>
<p>Ce que nous laissent entendre les graphiques est que le joueur de flûte poursuit sa mélodie, mais que les enfants qui le suivent pourraient bien ne jamais revenir.</p></div>
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        <title>Les cheminots restent des retraités privilégiés / par Alain Sueur</title>
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        <published>2010-10-19T12:19:24+02:00</published>
        <updated>2010-10-19T12:19:40+02:00</updated>
        <summary>Grève sur grève – alors que les cheminots ne sont pas concernés avant 2023 par la réforme actuelle, et encore...</summary>
        <author>
            <name>Alain Sueur</name>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p>Grève sur grève – alors que les cheminots ne sont pas concernés avant 2023 par la réforme actuelle, et encore très peu puisqu’ils conservent le droit de partir dès 50 ans ! Intéressant est le <a href="http://www.senat.fr/basile/visio.do?id=r869531_11&amp;idtable=r869531_11|r868905|r868896_4|r868925_12|r868969_54&amp;_c=rapport+retraites+sncf&amp;rch=gs&amp;de=20091019&amp;au=20101019&amp;dp=1+an&amp;radio=dp&amp;aff=sep&amp;tri=p&amp;off=0&amp;afd=ppr&amp;afd=ppl&amp;afd=pjl&amp;afd=cvn&amp;isFirst=true" target="_self">Rapport d´information de la commission des finances au Sénat sur le bilan de la réforme du régime spécial de retraites SNCF</a> par Bertrand Auban, le 29 septembre 2010</p>
<p>Deux ans après la réforme de juillet 2008, ce premier bilan montre combien les retraites cheminots psèent sur les comptes publics. La subvention de l’Etat aux retraites des cheminots est supérieure à 2 milliards € depuis 1995. Elle a constamment augmenté et dépassera 3 milliards € cette année. Le nombre de cotisants n’est que de 162 000 actifs au 31 décembre 2009 pour 291 000 pensionnés. Elle devrait continuer à progresser dans les prochaines années : de 3,2 milliards € en 2011 à plus de 3,3 milliards € jusqu’en 2015.</p>
<p>Ce déséquilibre démographique important est surtout dû aux fortes embauches de cheminots lors de la reconstruction du réseau ferré après la deuxième guerre mondiale (450 000 cotisants en 1949). Il est normal que l’Etat compense, mais la part du financement public dans l’équilibre du régime atteint 60 % ! D’où l’augmentation progressive de 4 mois par année de l’âge d’ouverture du droit à pension qui ferait passer le départ en retraite de 50 à 52 ans pour les conducteurs et de 55 à 57 ans pour les autres agents. Selon ce calendrier, la réforme de 2010 ne serait donc pleinement effective pour les régimes spéciaux qu’en 2023. La subvention d’équilibre s’élèverait encore à un peu plus de 2,5 milliards d’euros en 2030.</p>
<p><a href="http://leblog-boursier.typepad.com/.a/6a00e54f05437988340133f52eb831970b-pi" style="display: inline;"><img alt="SNCF part de lEtat dans regime retraite" class="asset  asset-image at-xid-6a00e54f05437988340133f52eb831970b" src="http://leblog-boursier.typepad.com/.a/6a00e54f05437988340133f52eb831970b-500wi" title="SNCF part de lEtat dans regime retraite" /></a> <br />Les pensions moyennes directes servies par le régime ne sont pas une misère. Elles s’élèvent à 21 970 euros par an, soit 1 830,83 € par mois. Le minimum de pension est de 1 151,18 € par mois (contre le minimum vieillesse du droit commun à 708,95 €)…</p>
<p>Le taux maximum de liquidation de la pension reste de 75% pour une carrière complète et 80% avec les bonifications ; la référence pour le calcul de la pension sur la rémunération des six derniers mois. Les modifications 2008 ne portent que sur la suppression de la mise à la retraite d’office à l’initiative de l’entreprise, le passage progressif de 150 trimestres (37,5 ans) à 164 trimestres (41 ans) au 1er juillet 2016 pour bénéficier du taux plein (75 %), l’instauration d’une décote ou surcote, l’indexation des pensions sur les prix à compter du 1er avril 2009 et la suppression des clauses discriminatoires hommes/femmes.</p>
<p>Le décret du 7 mai 2007 a institué une caisse de prévoyance et de retraite du personnel de la SNCF (CPRPSNCF), organisme de sécurité sociale chargé d’une mission de service public placé sous la tutelle conjointe des Ministres du budget, des transports et de la sécurité sociale.</p>
<p>Mais – ce que l’on sait moins - est la conséquence mécanique de la prolongation d'activité professionnelle est autour de 50 millions € en 2009 pour le budget de la SNCF. La réforme de 2008 a opéré un transfert de charges substantiel du régime de retraite vers l’entreprise. Ce qui ampute la capacité à investir dans le matériel et l’entretien.</p>
<p>Décidément, les trains « qui arrivent à l’heure », qui polluent peu et qui sont fiables et sûrs, coûtent très cher aux Français. On peut en être fier, mais il faut avoir conscience que l’aristocratie du rail défend des privilèges exhorbitant du droit commun. Tout en faisant grève pour n’importe quel prétexte, désorganisant trop souvent la vie de millions d’usagers. Avant de soutenir les grévistes par caprice, avons-vous les moyens de payer encore plus d’impôts pour leur confort ?</p></div>
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        <title>Fable altermondialiste / par Eric Grémont</title>
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        <published>2010-10-10T14:45:12+02:00</published>
        <updated>2010-10-10T14:45:12+02:00</updated>
        <summary>Imaginons quelques instants que, par la magie d’une grande vague démocratique, les peuples de la terre se dotent d’un dirigeant...</summary>
        <author>
            <name>Alain Sueur</name>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p>Imaginons quelques instants que, par la magie d’une grande vague démocratique, les peuples de la terre se dotent d’un dirigeant humaniste élu sur un programme simple : repousser la misère, promouvoir la croissance la plus rapide possible des zones sous-développées. En un mot prendre à bras le corps les terribles injustices de conditions qui frappent ceux qui naissent au mauvais endroit au mauvais moment. Il n’est pas interdit de supputer que le néo-libéralisme banqueroutier faillira une fois de plus. La population se tournera fort logiquement vers la forme de socialisme qui donne aujourd’hui satisfaction aux Chinois et qui a laissé de bons souvenirs en Occident : le capitalisme d’Etat.</p>
<p><a href="http://leblog-boursier.typepad.com/.a/6a00e54f054379883401348816b0f9970c-pi" style="display: inline;"><img alt="Enfant roi" border="0" class="asset  asset-image at-xid-6a00e54f054379883401348816b0f9970c image-full" src="http://leblog-boursier.typepad.com/.a/6a00e54f054379883401348816b0f9970c-800wi" title="Enfant roi" /></a> <br />Le lendemain de son élection je vois déjà notre Léviathan se pencher sur les montagnes de statistiques que produit l’économétrie contemporaine. Que va-t-il voir : qu’un petit dixième de l’humanité consomme 60% des ressources économiques. Qu’à la modestie relative des moyens de lutter contre la misère s’ajoute leur mauvaise orientation pour des consommations aussi frivoles que les voitures familiales et l’iPhone4. Notre bienfaiteur devra peser en son âme et conscience ce qui est le plus important. Il n’aura pas le choix, il lui faudra équiper les parties du monde qui en sont dépourvues d’une industrie lourde puissante. Combien coûte une aciérie flambant neuve ? Pas loin de 6 millions d’euros. Or pour garantir au niveau mondial une consommation d’acier comparable par tête à celle de la France, il faut 600 millions d’euros.</p>
<p>Les sommes en jeu sont vertigineuses : un investissement initial de 70 000 euros par habitants des pays pauvres, à peine de quoi payer l’accès aux commodités les plus courantes comme l’école la santé, le transport, l’alimentation… Où trouver ces sommes ailleurs qu’en Occident ? Peut-on humainement demander à l’Africain de se serrer une ceinture qu’il n’a même pas les moyens de s’offrir ? C’est en Occident que notre homme trouvera de quoi initier une vague sans précédent d’accumulation primitive du capital. La bonne : celle qui sortira pour de bon l’humanité de l’ombre. Le premier résultat des cogitations du héros altermondialiste sera de mettre l’Occident en coupe réglée, prélevant sur son produit net une part susceptible de financer le reste.</p>
<p>Vous me direz alors tant mieux : qu’il confisque la grande propriété des banquiers et autres profiteurs. Malheureusement, si la part de richesse détenue par ces minorités est scandaleuse, leur consommation effective en bien de consommation pour être parfois extravagante n’en est pas moins faible. La disparition des magnats n’a pas rendu les Russes moins pauvres. Un rapide calcul permet de se rendre compte qu’en France le surpaiement des salariés du secteur bancaire doit avoisiner 1% du PIB : c’est un montant énorme pour si peu de gens, mais faible si l’on veut financer la croissance de l’Afrique de l’Inde et du Moyen-Orient. Il est de bien peu d’importance qu’un homme seul soit propriétaire d’une société qui vaut des milliards. Ce qui serait conséquent c’est qu’à lui tout seul il consomme plusieurs milliards. Mais le cas ne se présente jamais. La part de leurs revenus la plus importante retourne immédiatement au capital, lequel capital contribue à produire les biens et les services que nous convoitons. C’est ce qui rend la confiscation décevante sur le plan économique : d’un côté on ramasse des châteaux encombrants et de l’autre on récupère des biens de production déjà actifs. La somme prélevée n’enrichit pas la société, elle passe d’une ligne de comptabilité à une autre. Il faudra d’autres moyens comme une TVA à 50%.</p>
<p>Pourquoi la TVA ? Elle est injuste me direz-vous. C’est très simple : dès lors que la consommation des classes dominantes a été assagie en lui substituant une classe administrative supposée moins coûteuse (au moins les premières années) on se rend compte que le fait majeur de l’Occident est la consommation massive. Ce n’est pas LVMH qui compte lorsque l’on a besoin d’argent, c’est Carrefour. Transférer la consommation vers le capital sera donc premier. Nombreux sont ceux qui viendront lui dire que s’il est difficile de vivre avec 1000 euros nets, une TVA d’un tel montant réduit le pouvoir d’achat réel d’encore 200 à 300 euros : qui peut vivre de cette façon ? Notre homme répondra avec justesse que les ouvriers Chinois vivent bien de cette façon et depuis longtemps. A ce moment-là nos altermondialistes seront déjà fort déconfis : finis les iPhone et autres voyages à Porto Alegre. Il leur restera la satisfaction de constater que d’autres ont perdu d’avantage.</p>
<p><a href="http://leblog-boursier.typepad.com/.a/6a00e54f054379883401348816b1af970c-pi" style="float: left;"><img alt="Instituteurs dans le monde" class="asset  asset-image at-xid-6a00e54f054379883401348816b1af970c" src="http://leblog-boursier.typepad.com/.a/6a00e54f054379883401348816b1af970c-320wi" style="margin: 0px 5px 5px 0px;" title="Instituteurs dans le monde" /></a> Tous ceux-là, déjà privés de choix dans une consommation réduite à l’essentiel, pesteront contre une direction sourde à leur requête de retraite à 60 ans sous le prétexte fallacieux que le problème ne se pose pas en moyenne en Inde et en Afrique. Mais le pire viendra. En effet la masse absolument astronomique des investissements éducatifs et industriels exigera un grand nombre d’enseignants, d’ingénieurs, de personnels qualifiés et de cadres, que le pouvoir n’aura pas le temps de former. Il faudra les prendre là où ils sont. Cela justifie bien de réduire le nombre d’enseignants en France dans des classes où il n’y a que 22 élèves. La sous-administration dramatique de certaines régions justifiera aussi d’y délocaliser le personnel approprié et la France, vieille terre administrative, sera un vivier de choix. Bien sûr quelques résistances se feront jour, je n’ai pas envie d’aller travailler loin de ma famille, de mes amis, dans un monde où le gros du trafic est réservé au fret où les trajets de retour sont rares. A ceux-là, la raison sera vite insuffisante, il faudra opposer la force légitime que peuvent invoquer les masses écrasées encore à ce moment-là par une misère sans nom. De quel poids pourront peser ces atermoiements égoïstes, petit-bourgeois ?</p>
<p>Le capital humain libéré des activités futiles devra être réquisitionné pour remplacer le matériel déplacé ailleurs. Pour quelles raisons un Etat mondial laisserait-il une partie de la population inoccupée alors qu’au Bangladesh on a mobilisé des millions de bras pour construire des digues qui offrent seulement la survie ? Une telle injustice, on peut le parier, ne durera pas très longtemps. Les représentants du tiers monde en une majorité écrasante voterons pour rendre le travail - le vrai, celui qui fait mal - obligatoire. Pour toutes ces tâches consommatrices de capital humain il faudra des bras nombreux. Comment les refuser et ne pas participer au ramassage des ordures aux travaux communs d’entretiens des routes ? Les bonnes volontés venant rapidement à manquer, il faudra que le pouvoir rende le travail obligé et suspende les systèmes d’indemnisation chômage, car il y a toujours une tâche utile pour qui que ce soit. </p>
<p>Il va sans dire que notre bienfaiteur du genre humain sera confronté à de nombreuses difficultés inhérentes à la planification d’une œuvre aussi grandiose et nécessaire. Il y aura des bonds en avant et des échecs, des émotions populaires ici et là. Dûment appuyé sur une force publique appropriée, recrutée dans les zones les plus arriérées, nul doute que l’ordre prévaudra. Il n’y aura guère d’autre choix que de poursuivre. Il faudra bien alors repousser les élections, lesquelles ne pourraient que manifester la stupéfaction de l’Occident et l’impatience légitime du tiers monde. L’autorité seule permettra à une telle entreprise de se déployer. La mutualisation de la recherche, la concentration du capital industriel en gigantesques conglomérats, permettra de franchir le mur invisible des rendements décroissants pour un temps au moins. Elles justifieront  à elles seules la poursuite d’un processus millénaire de concentration et de mutualisation que le socialisme peut fort bien interpréter à sa façon avec succès.</p>
<p>Contrairement à d’autres, je ne pense pas qu’une telle entreprise soit vouée à l’échec ni même qu’elle ne soit pas souhaitable, surtout dans ses étapes initiales où la captation du capital et de la consommation peuvent être mis en œuvre assez facilement par une sorte de communisme de guerre orienté contre la misère et la faim. Je pense qu’a posteriori nombreux seront les commentateurs qui pointeront les réussites de cette politique qui, en 25 ans, aura quintuplé la production de routes et d’écoles, supprimé la gêne alimentaire la plus voyante, augmenté l’espérance de vie de dix ans en moyenne, ouvrant enfin la porte à un monde uni et fraternel. Qui versera une larme sur l’Occident, victime expiatoire temporaire et surtout nécessaire ? Après tout nécessité fait loi et l’urgence étant pressante, la seule solution logique était de lui rationner immédiatement ses joujoux coûteux, de lui compter ses avantages indus, non pas en principe, mais du fait de la situation dramatique qui a cours aujourd’hui. J’imagine que ceux qui parleront en notre nom seront reçus comme les défenseurs des aristocrates français en leur temps, avec dédain et mépris.</p>
<p>La question à se poser c’est plutôt de savoir si ce n’est pas précisément ce que le néo-libéralisme permet avec ses outils imparfaits : les salaires de base n’ont jamais augmenté autant à travers le monde que ces dix dernières années en proportion et en pourcentage. Mais ça, chut ! - les altermondialistes ne vous le disent pas.</p>
<p>Eric Grémont est <a href="http://www.opesc.org/presentation/presentation-gen.php" target="_self">directeur de l'OPESC  </a>et coauteur du <a href="http://www.amazon.fr/grands-patrons-France-capitalisme-financiarisation/dp/2915752516?&amp;camp=2498&amp;linkCode=wsw&amp;tag=fuguefougu-21&amp;creative=9166" target="_self">livre 'Les grands patrons en France'</a>, 2010</p></div>
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        <title>Sept ans de malheur / par Alain Sueur</title>
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        <published>2010-09-27T11:53:03+02:00</published>
        <updated>2010-09-28T10:20:24+02:00</updated>
        <summary>La dernière vue d’ensemble de l’OCDE sur l’économie américaine l’affirme : « Les Etats-Unis se redressent lentement après une sévère...</summary>
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            <name>Alain Sueur</name>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p>La dernière vue d’ensemble de l’OCDE sur l’économie américaine l’affirme : <em><strong>« Les Etats-Unis se redressent lentement après une sévère récession et, avec des projections de croissance qui vont rester faibles pendant quelque temps,  le chômage va rester élevé pendant une période relativement longue. »</strong></em> Le National Bureau of Economic Research (NBER) a fixé les dates de la récession sur 18 mois, débutant en décembre 2007 et se terminant en juin 2009. La bourse l’avait anticipé de trois mois à chaque fois, rebondissant en mars 2009 avant de commencer à hésiter à partir du printemps 2010.</p>
<p><a href="http://leblog-boursier.typepad.com/.a/6a00e54f05437988340133f49e9620970b-pi" style="FLOAT: left" /><a href="http://leblog-boursier.typepad.com/.a/6a00e54f05437988340133f49e9769970b-pi" style="FLOAT: left" /><a href="http://leblog-boursier.typepad.com/.a/6a00e54f05437988340133f49e98a7970b-pi" style="DISPLAY: inline" /><a href="http://leblog-boursier.typepad.com/.a/6a00e54f05437988340133f49e9b8b970b-pi" style="FLOAT: left"><img alt="Ville américaine" class="asset asset-image at-xid-6a00e54f05437988340133f49e9b8b970b " src="http://leblog-boursier.typepad.com/.a/6a00e54f05437988340133f49e9b8b970b-320wi" style="MARGIN: 0px 5px 5px 0px" title="Ville américaine" /></a> Pas de rebond en V cette fois-ci, la crise est trop grave. Restent le W ou le L. <strong><span style="COLOR: #ff0000">Les marchés craignent cet automne le double creux avec la retombée en W de la croissance.</span></strong> La Fed, dans son dernier FOMC (Comité de politique monétaire) se dit prête <strong><em>« à mener un assouplissement supplémentaire si nécessaire pour soutenir la reprise économique et faire revenir l'inflation, au fil du temps, à des niveaux acceptables ».</em></strong> Car le taux de chômage officiel reste proche des 10 % aux Etats-Unis, 17% si l’on compte ceux qui ont travaillé au moins une heure et ceux qui ne se sont pas inscrits par découragement. Plus de 8 millions d'emplois ont été perdus durant la crise, malgré le plan de relance massif de 787 milliards de $. </p>
<p>Mais le W ne paraît pas d’actualité, <strong><span style="COLOR: #ff0000">c’est plutôt le L qui se profile, une croissance durablement molle en attendant le désendettement des ménages aux Etats-Unis, des Etats-providence en Europe</span></strong>, et la reprise de la demande qui poussera enfin les entreprises à investir et embaucher. Pour Patrick Artus, économiste-chef à Natixis, il faut attendre : 2008-2015 = sept ans de malheur !</p>
<p>Aux Etats-Unis, les statistiques du logement sont scrutées à la loupe car <strong><span style="COLOR: #0000ff">c’est bien de l’endettement immobilier - et des emprunts accumulés du crédit revolving – qu’est venue la tempête.</span></strong> Le risque est disséminé un peu partout, au travers des subprimes et autres produits titrisés, ce qui a engendré une aversion au risque qui dure encore. Certes, contrairement au Japon des années 1990, l’assainissement des banques a été plus rapide grâce à la Fed et au budget, malgré l’erreur d’avoir laissé Lehman aller à la faillite. Mais la frilosité demeure comme en témoigne l’envol de l’or et l’appétit pour les emprunts de l’Etat américain, valeurs refuges. Cette aversion pour le crédit a de fortes conséquences pour une économie américaine fondée sur la dette et le levier. Sa croissance restera molle car l’endettement des ménages aurait participé pour 1,8% par an à la croissance entre 1998-2008 !
<a href="http://leblog-boursier.typepad.com/.a/6a00e54f0543798834013487c9054b970c-pi" style="float: right;"><img alt="2010 09 cac40 5ans bollinger rsi 2" border="0" class="asset asset-image at-xid-6a00e54f0543798834013487c9054b970c " src="http://leblog-boursier.typepad.com/.a/6a00e54f0543798834013487c9054b970c-800wi" style="margin: 0px 0px 5px 5px;" title="2010 09 cac40 5ans bollinger rsi 2" /></a>  </p>
<p>Reprise en L donc, tant que la croissance, les emplois et la confiance stagnent à bas niveau. Mais les Etats-Unis ne sont pas le Japon et devraient s’en sortir plus vite que les quinze années pour rien nipponnes. La démographie est bien meilleure, les entreprises ont des bilans sains même si elles préfèrent la course au capital et à l’innovation au détriment de l’emploi, pour assurer leur avenir en croissance molle. L’avance technologique américaine ouvre la nouvelle frontière des pays émergents dont l’appétit consommation ne fait que commencer. L’avenir industriel est dans les pays jeunes, pas dans les pays vieux. <strong><span style="COLOR: #0000ff">L’Europe suivra le même chemin, avec le retard habituel de six à dix-huit mois sur les Etats-Unis. </span></strong>Le directeur général de Peugeot, Vincent Rambaud, estime par exemple que 2010 compte encore « beaucoup d'incertitudes » avec un marché européen freiné mais que « les marchés émergents sont très dynamiques et ont plutôt tendance à accélérer », notamment le Brésil, la Chine et la Russie.</p>
<p><strong><span style="COLOR: #ff0000">D’où la guerre des changes, qui ne fait que commencer,</span></strong> qui est l’autre nom du protectionnisme. La Chine reste arc boutée à son yuan non convertible, indexé sur le dollar, au prétexte qu’une réévaluation déstabiliserait la société par fermeture d’usines. Des parlementaires américains estiment que le yuan est sous-évalué de 25 % à 40 % et envisagent de taxer à l'entrée sur le marché américain les produits chinois. Le Japon est handicapé par la hausse du yen et sa banque centrale intervient maladroitement pour le faire baisser. Le discours attentiste de la Fed fait chuter le dollar, ce qui est peut-être voulu pour assurer les exportations du pays, notamment celles de Boeing, toujours en bisbille à l’OMC avec Airbus sur les subventions militaires.</p>
<p><strong><span style="COLOR: #ff0000">D’où la guerre contre les déficits qui ronge les Etats européens,</span></strong> après 40 ans de gabegie. Le ministre du budget, François Baroin, a réaffirmé que le gouvernement voulait réduire le déficit public (Etat, Sécurité sociale, collectivités locales) d'un peu moins de 8 % du PIB cette année à 3 % en 2013. Avant « d’aller au-delà, 2 % en 2014 ». Les Allemands ont fixé 0,3 %, qui est un retour à l'équilibre budgétaire en 2016. La Grèce, l’Irlande, l’Espagne, sont dans le collimateur des marchés, ayant du mal à refinancer leur dette sans un large écart de taux d’intérêt avec les emprunts allemands, pourtant dans la même zone monétaire. </p>
<p><strong><span style="COLOR: #ff0000">D’où la guerre des idéologies économiques entre la France et l’Allemagne.</span></strong> L’Allemagne poursuit une politique de l’offre (partage des revenus en faveur des profits, réduction des coûts de production, transfert de la pression fiscale du travail et du capital sur la consommation) - la France suit une politique de la demande (croissance forte du crédit jusqu’à la crise, hausse stable des salaires réels, politique budgétaire stimulante). Force est de constater que l’Allemagne réussit bien, son écart de croissance dans le rebond en témoigne. Mais faire converger les deux économies phares de la zone euro – ce qui serait de bonne politique – bute sur les tempéraments. Cigale et fourmi font rarement bon ménage. </p>
<p><strong><span style="COLOR: #ff0000">D’où les hésitations du CAC 40</span></strong> entre 3350 et 4050 depuis plusieurs mois. Qui devraient durer, avant que New York redonne le ton. <strong><span style="COLOR: #0000ff">Conclusion : cash is king – les liquidités sont roi !</span></strong><strong><span style="COLOR: #0000ff"> </span></strong></p></div>
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        <title>Penser autrement les marchés / par Alain Sueur</title>
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        <published>2010-08-29T12:49:07+02:00</published>
        <updated>2010-09-24T11:04:43+02:00</updated>
        <summary>Article repris par cafedelabourse avec commentaires La morosité revient après l’euphorie, selon les saisons, rien de nouveau à cela. Le...</summary>
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            <name>Alain Sueur</name>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p><strong><span style="FONT-FAMILY: ; COLOR: #ff0000">Article repris par <a href="http://www.cafedelabourse.com/archive/article/penser-autrement-les-marches/">cafedelabourse</a> avec commentaires</span></strong></p><p><strong><span style="FONT-FAMILY: ; COLOR: #ff0000">La morosité revient après l’euphorie, selon les saisons, rien de nouveau à cela.</span></strong> Le PIB américain a été révisé en baisse pour le 2nd trimestre, à 1,6% en rythme annuel contre 2,4% évalués en juillet et 3,7% réalisé au 1er trimestre. L’euphorie de début d’année ne pouvait pas se poursuivre, c’eût été ignorer les effets qui n’ont qu’un temps de la baisse massive des taux par la Fed, du plan de relance budgétaire avec prime automobile, du restockage des entreprises, de la baisse du dollar et de l’envol de l’économie chinoise.</p>
<p><strong><span style="FONT-FAMILY: ; COLOR: #ff0000">Chacun peut constater que les tendances lourdes poursuivent leur chemin :</span></strong> le marché immobilier ne parvient pas à se redresser, le chômage longue durée reste fort, la consommation reste molle en faveur du désendettement et de l’épargne privée, la dette publique est massive. Tout cela va inciter les agences de notation à remettre en cause la notation triple A des grands pays développés si la situation ne s’améliore pas, elles ont prévenu.</p>
<p><strong><span style="FONT-FAMILY: ; COLOR: #ff0000">Or les outils de stimulation de l’économie aux Etats-Unis ont tous été utilisés</span></strong> : les taux sont au plus bas, la dette publique empêche tout plan de relance supplémentaire et le dollar fluctue en relatif à d’autres devises dont les économies ne sont pas florissantes. Seule la Chine l’est, mais le yuan n’est pas convertible. Ne montent contre dollar que le yen et le franc suisse, pas vraiment des leaders mondiaux de la consommation. Reste la planche à billet, mais au risque de relancer l’inflation future et surtout de décrédibiliser la dette des Etats-Unis aux yeux des investisseurs.</p>
<p><strong><span style="FONT-FAMILY: ; COLOR: #ff0000">Les Etats-Unis réalisent 20% du PIB mondial et perspectives économiques globales sont moins bonnes s’ils vont mal.</span></strong> La Chine, son challenger, ralentit volontairement son économie en surchauffe par hausse de ses taux, elle répartit ses réserves en devises moins sur le dollar, et cherche à former une zone yuan dans son univers proche. L’Europe est plombée par les dettes des Etats, son chômage élevé et le poids des charges fixes dues aux habitudes d’Etat providence. Seuls les Allemands s’en sortent mieux, plus vertueux sur les déficits, plus industrieux, ayant contenu les charges des entreprises depuis une décennie et favorisé l’innovation et le processus de qualité pour être compétitifs. </p>
<p><strong><span style="FONT-FAMILY: ; COLOR: #ff0000">Les marchés boursiers enflent comme d’habitude tout écho qui leur parvient de l’économie réelle.</span></strong> Après une euphorie suspecte en début d’année, portée par le rebond net du PIB américain (traditionnel au premier trimestre), voici qu’ils sombrent dans le pessimisme le plus noir à l’automne (traditionnel en octobre). Sans plus de raison. L’investisseur boursier se gardera du tempérament cyclothymique propre aux traders (et aux médias), car son intérêt n’est pas dans l’hystérie (qui crée des mouvements, donc des écarts profitables et des nouvelles sensationnelles), mais dans la performance sur la durée. Il faudra attendre les publications de résultats des entreprises, fin septembre, puis les nouvelles prévisions budgétaires, en octobre, pour en savoir plus. A ce moment habituel – début novembre – les marchés pourront peut-être se ressaisir si les nouvelles sont encourageantes, ou précipiter une chute si elles vont dans le sens noir.</p>
<p><a href="http://leblog-boursier.typepad.com/.a/6a00e54f05437988340133f364c3dd970b-pi" style="DISPLAY: inline"><img alt="Plombier" class="asset asset-image at-xid-6a00e54f05437988340133f364c3dd970b " src="http://leblog-boursier.typepad.com/.a/6a00e54f05437988340133f364c3dd970b-320wi" title="Plombier" /></a> <br /> <a href="http://leblog-boursier.typepad.com/.a/6a00e54f054379883401348688ea7d970c-pi" /></p>
<p><strong><span style="FONT-FAMILY: ; COLOR: #ff0000">Nous l’avons dit et écrit depuis des mois, une crise comme celle de 2007 ne se résout pas en quelques mois</span></strong>. Nous ne sommes pas dans la situation du faux « krach » de 1987 où les boursiers se sont fait peur en voyant les taux monter, puis sont redevenus euphoriques dès les baisses de taux quatre mois plus tard. Nous sommes dans une véritable crise de système analogue à celle des années 1930. Il ne faut pas moins d’une décennie pour en sortir, non sans changement de modèle économique ni sans remise en cause du pouvoir mondial.</p>
<p><strong><span style="FONT-FAMILY: ; COLOR: #0000ff">Le scénario le plus probable pour les prochains mois est donc celui d’une croissance molle, contrainte par le chômage et les dettes d’Etats, en Europe comme aux Etats-Unis.</span></strong> </p>
<p><strong><span style="FONT-FAMILY: ; COLOR: #ff0000">Nul moyen de s’en sortir sans changer les paramètres de l’Etat providence qui prélève trop</span></strong> et surtout sur la production (travail, innovation, entreprise), fonctionne mal (faute d’audit de ses missions et de son organisation) et reste porté par une inertie politique dommageable (le parlementarisme a été vilipendé dans les années 1930 pour cette raison). Mais les organisations politiques ne sont pas les seules responsables de la crise (encore qu’elles n’aient rien contrôlé, se fiant à des lois sans vérifier ni leur bien-fondé, ni leur application réelle). Nous ne sacrifions pas à la mode dérégulatrice de l’idéologie libertarienne pour laquelle l’Etat est toujours l’ennemi. Fernand Braudel a montré dans l’histoire combien un capitalisme efficace exigeait un Etat organisé et régulateur qui permette la sécurité du négoce et atténue les cycles sur les ménages. Mais il est nécessaire de remettre en cause profondément le keynésianisme routinier des Etats européens depuis 1945. La relance publique ne produit pas par elle-même de la croissance, sinon cela se saurait, surtout en France où le déficit public est permanent depuis une trentaine d’années sans connaître le succès de l’Allemagne. Seul l’investissement public industriel ciblé est efficace, or les dépenses de fonctionnement engloutissent une part majoritaire du budget, au détriment des dépenses d’investissement. Les filets sociaux de redistribution sont des amortisseurs efficaces de crise – et ce n’est pas rien – mais ils ne créent ni emplois ni innovation. Il y a donc une fiscalité à revoir et des interventions d’Etat à cibler autrement pour s’adapter enfin au siècle qui est le nôtre, sans ressasser les recettes des années 1950. Il y a surtout l’Europe à approfondir pour en faire une zone de niveau mondial apte à assurer ses intérêts.</p>
<p><strong><span style="FONT-FAMILY: ; COLOR: #ff0000">Nul moyen de s’en sortir sans changer de modèle économique,</span></strong> car le capitalisme anglo-saxon orienté vers le tout financier et vers le productivisme à tout crin a clairement fait faillite. Il est nécessaire de changer de croissance. Elle devra devenir plus durable, plus globale (intégrant l’appétit chinois, indien, brésilien et autres pour les ressources, tenant compte des avancées salariales, sociales et de consommation de ces émergents), plus soucieuse d’économiser les ressources et d’optimiser les moyens de production rares (matières premières, brevets, savoir-faire et spécialistes), plus préoccupée du besoin final du client que du rendement aux actionnaires. </p>
<p><strong><span style="FONT-FAMILY: ; COLOR: #0000ff">Cette révolution économique, technique, politique, géopolitique et mentale prend du temps.</span></strong> Elle s’effectue en général sur une génération. Le nouveau cycle haussier Kondratiev ne pourra décoller qu’au prix de ce changement de perspectives.</p>
<p><strong><span style="FONT-FAMILY: ; COLOR: #ff0000">Le souci neuf de préserver les ressources et l’obligation mondiale de les partager est en train de donner aux matières premières le statut d’actif patrimonial à part entière.</span></strong> Les actifs réels sont toujours les placements préférés en cas de crise. Ils repartent en premier lors du rebond du cycle. Il faut donc assurer aux matières premières (or, énergie, métaux, produits agricoles) une place à côté des actions, des obligations et de l’immobilier dans les portefeuilles. Sous la forme d’actions de ces secteurs peut-être, mais surtout en direct via des contrats futures, des trackers, des turbos ou des fonds de gestion alternative spécialisés.</p>
<p>Naviguer sur les flots en crise exige de penser autrement !</p></div>
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