<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:blogger='http://schemas.google.com/blogger/2008' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd="http://schemas.google.com/g/2005" xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-3029239831143446776</id><updated>2024-08-31T11:25:40.917+02:00</updated><category term="Commandement 1 : Tu feras du sport."/><category term="Commandement 3 : Tu liras des romans classiques (français et étrangers)."/><category term="Commandement 4 : Tu regarderas ou reverras des films ou séries cultes / soutiendras le 7ème art."/><category term="Commandement 9 : Tu seras une citoyenne éclairée et une consommatrice responsable."/><category term="Commandement 2 : Tu mangeras et boiras de façon responsable."/><category term="Commandement 6 : Tu iras voir des expos."/><category term="Commandement 7 : Tu iras voir des pièces de théâtre."/><category term="Commandement y10 : Tu créeras."/><category term="Commandement 8 : Tu seras féminine."/><category term="Commandement y11 : Tu lutteras contre Thanatos"/><category term="Commandement 5 : Tu iras voir et écouter des concerts."/><title type='text'>LES ZOBJEKTIFS DE K@M LA KILLEUSE</title><subtitle type='html'></subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3029239831143446776/posts/default?redirect=false'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><link rel='next' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3029239831143446776/posts/default?start-index=26&amp;max-results=25&amp;redirect=false'/><author><name>Selbstdenken</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09200151202439051685</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>252</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>25</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3029239831143446776.post-4773201819956926475</id><published>2023-07-13T04:42:00.001+02:00</published><updated>2023-07-13T04:56:40.823+02:00</updated><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="Commandement 4 : Tu regarderas ou reverras des films ou séries cultes / soutiendras le 7ème art."/><title type='text'>BURNING DAYS D&#39;EMIN ALPER, TURQUIE, 2022.</title><content type='html'>&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;div class=&quot;separator&quot; style=&quot;clear: both; text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhxBzv8TuBUf0QbRd3QO90M8JHaJwWYNaUsgOnTO3XkXawoErY_aY4BHv7pET5HJq6mu1s6M8QzE1qmGgP0xvO2yfbZ2u0VnxQVqy6WzY2bD0v11xj_cxdcwYMG_JEM6MwnM8lou2K8k2ccOK96Cbs-n0DIFl97IUVLrW5SzGKf9Nfkxs-WWAD9qH7hFK4m/s1600/2243533.jpg&quot; imageanchor=&quot;1&quot; style=&quot;margin-left: 1em; margin-right: 1em;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; data-original-height=&quot;1600&quot; data-original-width=&quot;1200&quot; height=&quot;400&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhxBzv8TuBUf0QbRd3QO90M8JHaJwWYNaUsgOnTO3XkXawoErY_aY4BHv7pET5HJq6mu1s6M8QzE1qmGgP0xvO2yfbZ2u0VnxQVqy6WzY2bD0v11xj_cxdcwYMG_JEM6MwnM8lou2K8k2ccOK96Cbs-n0DIFl97IUVLrW5SzGKf9Nfkxs-WWAD9qH7hFK4m/w300-h400/2243533.jpg&quot; width=&quot;300&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;Burning days d’Emin Alper, Turquie.&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Vu en avant-première le mardi 25 avril 2023 au Forum des images.&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L’affiche de ce film était partout dans le métro parisien.&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Dans mes souvenirs, il était écrit que c’était un « thriller à couper le souffle ».&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le film nous est présenté en introduction comme ayant gagné 9 prix au Festival d’Antalya et ayant fait 250.000 entrées en Turquie. Il a eu également des problèmes avec l’Etat turc qui lui a demandé de rembourser ses subventions car considéré comme un film LGBT.&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Qu’en est-il ? De façon très déceptive après avoir vu l’affiche qui mettait en avant un paysage naturel grandiose, toute l’histoire se déroule dans très peu de lieux fermés et en fait quasiment un huis-clos étouffant : le bureau du procureur (le personnage principal), le lac, trois maisons, et le village, très rapidement, lorsqu’on y roule.&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Seul le lac est une ouverture vers l’extérieur, avec des paysages naturels panoramiques qui symbolisent très bien les seuls moments de respiration mentale du personnage principal.&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Nous suivons la lente mais sûre descente aux enfers d’un jeune procureur citadin fraîchement diplômé dont la première affectation est Konya, une ville rurale de la province du même nom au sud d’Ankara, en Anatolie, dont le réalisateur est issu lui-même.&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La première scène est marquante : les habitants poursuivent un sanglier en voiture et tirent avec des armes à feu, en hurlant, en riant. Toute la scène est bruyante, le motif de joie, vulgaire. La chasse au sanglier est le divertissement numéro 1 de la ville. Tout le monde y participe dans la joie et l’allégresse. Sans qu’il parle, à travers la caméra du réalisateur, on ressent le profond dégoût du procureur pour ces gens dénués d’éducation qui ont pour source principaled’amusement, la cruauté envers les animaux. Cette scène n’est pas sans rappeler celle du cochon dans Voyage au bout de la Nuit. Je ressens exactement la même chose envers les gens qui aiment les férias et les corridas. L’argument fallacieux de la tradition ( « C’est la tradition ») est démonté dans « Zadig », un conte philosophique écrit par Voltaire au 18ème siècle. Il faut le (re)lire.&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Cette longue scène introductive donne le la, donne le ton de tout le reste du film : celui d’un décalage.&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En effet, ce jeune procureur qui veut simplement faire son travail (c’est cela l’idéalisme de la jeunesse : penser qu’on va pouvoir faire son travail simplement et justement) va être confronté à des gros beaufs de façon de plus en plus oppressante qui vont le manger tout cru : ils sont partout, se reproduisent et détiennent le pouvoir (cf. Rhinocéros de Ionesco). Le maire et le fils du maire veulent le corrompre à coup de cadeaux, d’invitations et d’incitation à la débauche. Le seul individu local pourvu d’un esprit critique, un jeune journaliste, est exclu par la population car c’est un lanceur d’alerte gênant qui compromet le don d’eau aux habitants en pleine sècheresse.&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En effet, l’enjeu socio-économique et social de la ville est l’eau face à la sècheresse dramatique de la région. Afin de se faire réélire, le maire propose de continuer à surexploiter les nappes phréatiques pour plaire aux agriculteurs et à toute la population qui en ont tous besoin. Le problème est que cette surexploitation des eaux souterraines provoque l’érosion des terres et leur effondrement puis des « dolines » : des gouffres béants très dangereux pour la population. Le journaliste publie les rapports des géologues qui font état du niveau de dangerosité des dolines mais il est accusé d’être un perdant de mauvaise foi qui veut venger son père adoptif (décédé après avoir perdu les élections municipales précédentes).&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L’enjeu de l’eau et la mise au banc de la société d’un lanceur d’alerte au détriment de la nature et des générations à venir sont l’objet d’une pièce que je n’ai toujours pas lue ni vue intitulée Un Ennemi du Peuple d’Henrik Ibsen, écrite en 1882. C’est aussi la même intrigue dans Chinatown de Polanski avec Nicholson et Dunaway, à la différence que celafinit par une révélation d’inceste…&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Dans « Burning days », la touche personnelle scénaristique est une histoire de viol sur une jeune enfant du voyagedéficiente intellectuellement. Une scène, pourtant filmée subtilement, est très violente visuellement malgré tout et n’a pas été sans me rappeler une scène de Poetry de Lee Chang Dong où le contraste entre la vulgarité des gens filmés et la distance consciente et jugeante de la caméra, est grand.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;separator&quot; style=&quot;clear: both; text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhvlAlD-53SbG9loQHgrrNPb4OYQ6txPHw3AcA1oeWdgMMkpQjhJG6LYLDSRRltiu-prVMxqYbDAR2SmkMk7TRbS2JUMEphgytIn76jljZWPWbX-G8e9wRdfMLUS2cWr-QDvTs9sssj86Gvj9kbe18q1f-IHvcJVpyd4RsQJROC5fEr3BQ-miuXG1-NlY3z/s1200/image-0558978-20221221-ob_0aa478_ho00005524-638055777185905954-kurak-gu.jpg&quot; imageanchor=&quot;1&quot; style=&quot;margin-left: 1em; margin-right: 1em;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; data-original-height=&quot;1200&quot; data-original-width=&quot;840&quot; height=&quot;400&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhvlAlD-53SbG9loQHgrrNPb4OYQ6txPHw3AcA1oeWdgMMkpQjhJG6LYLDSRRltiu-prVMxqYbDAR2SmkMk7TRbS2JUMEphgytIn76jljZWPWbX-G8e9wRdfMLUS2cWr-QDvTs9sssj86Gvj9kbe18q1f-IHvcJVpyd4RsQJROC5fEr3BQ-miuXG1-NlY3z/w280-h400/image-0558978-20221221-ob_0aa478_ho00005524-638055777185905954-kurak-gu.jpg&quot; width=&quot;280&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Qu’en est-il des scènes LGBT ?&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Alors oui, il y a bel et bien un sous-entendu gay entre le procureur et le journaliste mais on ne sait plus si c’est un fait du scénario ou si c’est ce qu’a imaginé le peuple (les gens les harcèlent sur la question par téléphone et dans la rue) qui fait que le procureur commence à douter de ce qu’il a vécu lui-même étant donné qu’on l’a fait boire énormément le soir du viol et qu’il ne se souvient plus de rien ou par bribes. Plus précisément, il semblerait que ce soit le journaliste qui est vraiment gay et non le procureur. En tout cas, c’est sans doute le film le plus anti-alcool que j’aie jamais vu de ma vie tant les conséquences du black out du héros sont grandes sur sa vie (si vous avez d’autres exemples, je suis preneuse).&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Quoiqu’il en soit, il est absurde qu’un gay viole une petite fille…Mais c’est pourtant ce qu’imagine le peuple, totalement dénué de bon sens, violent et sans cerveau, violent parce que décérébré.&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La fin du film fait écho au début du film sous une forme différente et ça, d’un point de vue purement esthétique, c’est vraiment magnifique. En effet, le sanglier pourchassé par les habitants au début du film EST le procureur ou les habitants sont devenus des sangliers sauvages qui poursuivent les deux seuls êtres humains qui restent sur terre : le procureur et le journaliste.&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Verdict : je n’ai pas aimé ce film, pourtant pourvu objectivement de mille qualités artistiques. Je ne l’ai pas aimé parce qu’il m’a oppressée et désespérée au plus haut point. Ce n’est pas le genre de thriller que j’imaginais, à l’américaine. Mais force est de constater que je suis bel et bien restée scotchée à mon siège, en apnée mentale, pendant deux heures. Bravo au courageux réalisateur turc qui n’a pas pu se rendre à cette projection (il devait venir) pour une très belle raison : il venait de devenir papa depuis une semaine.&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ma plus grande déception ? J’en ai parlé en cours. J’ai bien prévenu mes deux élèves français d’origine turque que ce n’était pas un film pour adolescents de 14 ans, que c’était trop déprimant et que ça leur paraîtrait de toute façon trop ennuyeux. Une des deux y est allée malgré tout avec ses parents et ses cousins. Personne n’a aimé, ce que je conçois parfaitement (moi non plus). Mais l’ont-ils compris ? Rien n’est moins sûr. Mes élèves turcs semblent apprécierErdoğan (ils ne comprennent pas le rapport entre le programme de 3ème qui tourne autour des régimes totalitaires, dupopulisme et lui...), influencés naturellement par leurs parents.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;POUR EN SAVOIR PLUS :&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Sur les dolines :&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;https://www.cameo-nancy.fr/index.php?option=com_content&amp;amp;view=article&amp;amp;id=9070&amp;amp;catid=38&amp;amp;Itemid=120&quot;&gt;https://www.cameo-nancy.fr/index.php?option=com_content&amp;amp;view=article&amp;amp;id=9070&amp;amp;catid=38&amp;amp;Itemid=120&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Sur le réalisateur :&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;https://www.courrierinternational.com/article/en-salle-burning-days-le-film-qui-sonde-les-gouffres-de-la-turquie-d-erdogan&quot;&gt;https://www.courrierinternational.com/article/en-salle-burning-days-le-film-qui-sonde-les-gouffres-de-la-turquie-d-erdogan&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/feeds/4773201819956926475/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/2023/07/burning-days-demin-alper-turquie-2022.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3029239831143446776/posts/default/4773201819956926475'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3029239831143446776/posts/default/4773201819956926475'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/2023/07/burning-days-demin-alper-turquie-2022.html' title='BURNING DAYS D&#39;EMIN ALPER, TURQUIE, 2022.'/><author><name>Selbstdenken</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09200151202439051685</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" url="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhxBzv8TuBUf0QbRd3QO90M8JHaJwWYNaUsgOnTO3XkXawoErY_aY4BHv7pET5HJq6mu1s6M8QzE1qmGgP0xvO2yfbZ2u0VnxQVqy6WzY2bD0v11xj_cxdcwYMG_JEM6MwnM8lou2K8k2ccOK96Cbs-n0DIFl97IUVLrW5SzGKf9Nfkxs-WWAD9qH7hFK4m/s72-w300-h400-c/2243533.jpg" height="72" width="72"/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3029239831143446776.post-6294245848508672337</id><published>2023-05-01T07:18:00.005+02:00</published><updated>2023-07-13T04:56:52.268+02:00</updated><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="Commandement 4 : Tu regarderas ou reverras des films ou séries cultes / soutiendras le 7ème art."/><title type='text'>THE QUET GIRL, COLM BALREAD, 2022, IRLANDE.</title><content type='html'>&lt;p&gt;&lt;table align=&quot;center&quot; cellpadding=&quot;0&quot; cellspacing=&quot;0&quot; class=&quot;tr-caption-container&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto;&quot;&gt;&lt;tbody&gt;&lt;tr&gt;&lt;td style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhTdeze_n3ZejnlUvmdfMxoL7jitVOxIofs01QEJcGTG6hSNz2-q5TZMe0DHpvb9xvRkVqoTzKq9smZIOTEwCU21_We5bWbzp2DeIj42qrlrSfXYdqFuodFF6NbgPUQ_2fTq8awpTDwlZot-7OC4UEdNPdaTvzNKwBl59nnHWj949CYrfyaxXJSeixgkA/s981/341628630_597740158948460_902829457755566298_n.jpg&quot; imageanchor=&quot;1&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; data-original-height=&quot;981&quot; data-original-width=&quot;720&quot; height=&quot;400&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhTdeze_n3ZejnlUvmdfMxoL7jitVOxIofs01QEJcGTG6hSNz2-q5TZMe0DHpvb9xvRkVqoTzKq9smZIOTEwCU21_We5bWbzp2DeIj42qrlrSfXYdqFuodFF6NbgPUQ_2fTq8awpTDwlZot-7OC4UEdNPdaTvzNKwBl59nnHWj949CYrfyaxXJSeixgkA/w294-h400/341628630_597740158948460_902829457755566298_n.jpg&quot; width=&quot;294&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;tr&gt;&lt;td class=&quot;tr-caption&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;i style=&quot;font-size: 11pt; text-align: left;&quot;&gt;&lt;b&gt;The Quiet Girl de Colm Balréad, 2022, Irlande.&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt;&quot;&gt;Vu le mardi 21 mars 2023 en avant-première (invitation forum des images via la revue Positif), en présence du réalisateur qui a répondu à la question de savoir si son prochain film serait en gaélique&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;La langue la plus importante pour moi est celle du cinéma&amp;nbsp;». &amp;lt;3. Film sorti en 2022 nominé aux Oscars.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;background: none; line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;background: none; line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt;&quot;&gt;&lt;b&gt;Résumé&amp;nbsp;&lt;/b&gt;: une petite fille prénommée C&lt;span style=&quot;font-family: Liberation Serif, serif;&quot;&gt;á&lt;/span&gt;it vient d’une famille où elle n’a pas sa place et va la trouver auprès d’une autre famille, chez sa tante et son oncle.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;background: none; line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt;&quot;&gt;WARNING&amp;nbsp;: SPOILER.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;background: none; line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt;&quot;&gt;Le film commence par une scène où l’on voit la mère excédée par l’énième pipi au lit (énurésie) de la jeune héroïne C&lt;span style=&quot;font-family: Liberation Serif, serif;&quot;&gt;á&lt;/span&gt;it, ses deux sœurs énervées parce que la mère ne peut pas s’occuper d’elles de nouveau à cause de cela. La mère, enceinte jusqu’au cou, s’occupe toujours d’un enfant en cours. La petite fille n’est donc qu’un bouc-émissaire&amp;nbsp;: celui de la pauvreté et du manque d’éducation de sa famille.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;background: none; line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt;&quot;&gt;C’est l’enfer à la maison&amp;nbsp;: il y a toujours un gamin qui braille, du bruit, de l’agitation. La petite fille n’est aimée ni par ses parents, ni par ses sœurs, ni par ses camarades de classe à l’école. Tout le monde parle mal d’elle, bref, c’est Caliméro. Cela aurait pu agacer profondément (et ça agace un peu) si le réalisateur n’avait pas fait comprendre tout cela subtilement, à partir du point de vue de la petite fille. Les propos méchants sont donc entendus de loin quand elle a le dos tourné et par fragments, par bribes. Le bruit est là mais diffus car la caméra suit le regard d’un personnage qui ne sait pas où se poser, où se mettre, où se fixer&amp;nbsp;: l’esprit du spectateur est donc focalisé sur cette quête et non sur le reste.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;background: none; line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt;&quot;&gt;Le père prend même sa maîtresse en stop alors qu’elle est dans la voiture&amp;nbsp;: comme C&lt;span style=&quot;font-family: Liberation Serif, serif;&quot;&gt;á&lt;/span&gt;it ne parle pas, elle devient invisible, elle ne compte pas. Une fois rentrés à la maison, le père incite sa femme à accepter l’invitation de sa sœur en envoyant leur fille chez elle pendant tout l’été. Il met en avant le fait qu’elle soit une bouche de trop à nourrir. La mère accepte sans résistance. Le père précise que cela ne le dérangerait pas de la laisser là-bas pour toujours et la petite entend cela.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;background: none; line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt;&quot;&gt;Au bout d’un long voyage en voiture, le père et la fille arrivent donc chez la tante et l’oncle et sont invités à déjeuner. On sent la tension de part et d’autre, surtout entre les deux hommes&amp;nbsp;: l’un juge l’autre d’être un loser et l’autre l’envie parce qu’il réussit. La femme est concentrée sur la petite. Le père veut repartir le plus vite possible mais la femme le fait poireauter pour lui donner des tiges de rhubarbe. Ce moment est interminable. On le vit du côté du père et le généreux don de rhubarbe comme une humiliation supplémentaire. Le tas de tiges sera jeté négligemment dans la voiture avant un départ en trombe.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;background: none; line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt;&quot;&gt;Chaque jour, la petite fille se rapproche de la femme qui l’apprivoise comme un petit animal blessé mais son mari la fuit comme la peste. Jusqu’au jour où la femme doit partir seule en ville et laisse la petite avec lui. Ce jour-là ne se passe pas vraiment bien mais petit à petit, les deux vont tisser des liens et avoir leurs propres rituels. C&lt;span style=&quot;font-family: Liberation Serif, serif;&quot;&gt;á&lt;/span&gt;it a enfin trouvé sa place. Jusqu’au jour où après les funérailles d’une personne âgée, elle apprend par une commère du village que le couple a perdu un fils. La petite perd confiance mais le père trouve les mots justes pour la rassurer et elle va beaucoup mieux.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;background: none; line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt;&quot;&gt;Malheureusement, l’été touche à sa fin et la mère de C&lt;span style=&quot;font-family: Liberation Serif, serif;&quot;&gt;á&lt;/span&gt;it envoie une lettre à sa sœur pour lui rappeler que la rentrée approche et qu’il faut la ramener. Le couple ramène donc le coeur serré la petite chez elle. On retrouve le chaos familial bruyant du début avec cette fois-ci le nouveau-né (qui provoque l’indifférence du couple et des spectateurs). Le père regarde à peine la petite au moment des adieux tellement il a mal&amp;nbsp;: on le voit, on le sent, on a mal aussi. La voiture s’en va. La petite se retrouve seule, avec «&amp;nbsp;sa famille&amp;nbsp;». Son père dit ou fait quelque chose, enfin je crois&amp;nbsp;: peut-être qu’il n’a rien fait après tout. Dans tous les cas, la petite s’élance de toutes ses forces vers le portail situé à un peu moins d’un kilomètre que son oncle s’apprête à fermer derrière lui. Il se retourne et la voit, elle lui saute dans les bras et hurle&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Daddy&amp;nbsp;! Daddy!&amp;nbsp;». J’étais en pleurs avec la peur panique que la lumière se rallume trop vite, mes voisins aussi.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;background: none; line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt;&quot;&gt;Verdict&amp;nbsp;: Je n’avais pas pleuré à la fin d’un film depuis longtemps. Les films devant lesquels je me souviens avoir pleuré sont Timbuktu, The Eternal Sunshine of the Spotless Mind et Le Cercle des Poètes disparus. Mais pleurer spécifiquement à la fin&amp;nbsp;? Je ne sais plus, j’aurais aimé avoir ma liste personnelle.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;background: none; line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt;&quot;&gt;Cinématographiquement, la narration en focalisation interne à partir de la petite fille («&amp;nbsp;quiet&amp;nbsp;») est l’originalité de ce film qui montre beaucoup de choses poignantes sans paroles et a gagné de nombreux prix pour cela.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;background: none; line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt;&quot;&gt;Le film est inspiré de la nouvelle «&amp;nbsp;Foster&amp;nbsp;» de Claire Keegan, 2010. Le réalisateur a mis des mois et des mois avant de trouver la bonne comédienne qui n’avait jamais joué dans un film. Elle est exceptionnelle et s’appelle&amp;nbsp;Catherine Clinch. Le film a été tourné en 2020 lorsqu’elle avait 11 ans.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;background: none; line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt;&quot;&gt;La question que je me suis posée : «&amp;nbsp;Montrer ce film à des enfants qui n’ont pas eu la chance de naître et grandir dans une famille aimante, est-ce leur faire du bien ou du mal&amp;nbsp;?&amp;nbsp;». Je crois que ça leur ferait du mal mais en même temps, ce film donne clairement de l’espoir à tous les enfants mal aimés de la terre.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/feeds/6294245848508672337/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/2023/05/the-quet-girl-colm-balread-2022-irlande.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3029239831143446776/posts/default/6294245848508672337'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3029239831143446776/posts/default/6294245848508672337'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/2023/05/the-quet-girl-colm-balread-2022-irlande.html' title='THE QUET GIRL, COLM BALREAD, 2022, IRLANDE.'/><author><name>Selbstdenken</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09200151202439051685</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" url="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhTdeze_n3ZejnlUvmdfMxoL7jitVOxIofs01QEJcGTG6hSNz2-q5TZMe0DHpvb9xvRkVqoTzKq9smZIOTEwCU21_We5bWbzp2DeIj42qrlrSfXYdqFuodFF6NbgPUQ_2fTq8awpTDwlZot-7OC4UEdNPdaTvzNKwBl59nnHWj949CYrfyaxXJSeixgkA/s72-w294-h400-c/341628630_597740158948460_902829457755566298_n.jpg" height="72" width="72"/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3029239831143446776.post-4629575708867975545</id><published>2021-12-26T18:44:00.021+01:00</published><updated>2021-12-26T20:38:36.370+01:00</updated><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="Commandement 3 : Tu liras des romans classiques (français et étrangers)."/><title type='text'>&quot;De purs hommes&quot;, Mohamed Mbougar Sarr, Sénégal, 2018.</title><content type='html'>&lt;div&gt;&lt;table align=&quot;center&quot; cellpadding=&quot;0&quot; cellspacing=&quot;0&quot; class=&quot;tr-caption-container&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto;&quot;&gt;&lt;tbody&gt;&lt;tr&gt;&lt;td style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/a/AVvXsEhdJK7zrs8Y-Wf7oR5P-Sw9wf8BLvF_rhVOXEunwNcjM8YuXNUyR64CRuJo2tPijqMxeNi4St4XpRVcpyD9sS_zPtsI8cvUXKTRe8vCabl5E3hS91yDMutxYFvCLJYRhqONuxsK4RLeL_6s0F-b9b-y_UO5X4PcuzM9h809g7DEa9jFy1_fDYKFf1tH9w=s2266&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; data-original-height=&quot;2266&quot; data-original-width=&quot;1400&quot; height=&quot;400&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/a/AVvXsEhdJK7zrs8Y-Wf7oR5P-Sw9wf8BLvF_rhVOXEunwNcjM8YuXNUyR64CRuJo2tPijqMxeNi4St4XpRVcpyD9sS_zPtsI8cvUXKTRe8vCabl5E3hS91yDMutxYFvCLJYRhqONuxsK4RLeL_6s0F-b9b-y_UO5X4PcuzM9h809g7DEa9jFy1_fDYKFf1tH9w=w248-h400&quot; width=&quot;248&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;tr&gt;&lt;td class=&quot;tr-caption&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;b style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Titre&lt;/b&gt;&lt;span style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;: De purs hommes.&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;i style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;Auteur&lt;/b&gt;&amp;nbsp;: Mohamed Mbougar Sarr (auteur sénégalais francophone, Prix Goncourt 2021).&lt;/i&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;b&gt;Année de publication&lt;/b&gt;&amp;nbsp;: 2018.&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;&lt;b&gt;Pays&lt;/b&gt;&amp;nbsp;: France.&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;&lt;b style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;b style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Lu pendant les vacances d’hiver 2021, fini le dimanche 26 décembre 2021.&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;Contexte d’achat, le dimanche 5 décembre 2021&lt;/b&gt; : Série de tables-rondes autour de l’exposition « Picasso, l’étranger » au Musée de l’Histoire de l’Immigration. Mohamed Mbougar Sarr, Prix Goncourt 2021 y a participé et a dédicacé ses livres. Je n’avais pas envie d’investir une vingtaine d’euros dans le Goncourt que je n’étais pas sûre d’aimer. En revanche, il a été rappelé que les Sénégalais ne se réjouissaient pas de son prix à cause de son roman « De purs hommes » et son sujet, l’homophobie. C’est donc avec moins de scrupules économiques que j’ai acheté ce livre, le moins cher de toute la table (7 euros 20), pour l’utilité qu’il pourrait avoir auprès de mes élèves (je n’ai aucune référence littéraire traitant clairement de l’homosexualité à part Jean Genet, auteur étudié à l’Université, dont je n’ai pas lu le roman consacré à ce sujet précis).&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;Résumé&lt;/b&gt; : Ndéné Gueye, jeune professeur de Lettres à Dakar, découvre par sa maîtresse Rama, une vidéo virale qui circule sur les réseaux sociaux du pays montrant un homme mort déterré d’un cimetière musulman parce qu’il est gay. Au début, il n’est pas intéressé mais depuis qu’il comprend la haine que cela déclenche dans sa communauté musulmane, il s’y intéresse davantage et découvre au fur et à mesure un problème identitaire personnel au coeur de ce problème d’homophobie nationale.&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;Avis&lt;/b&gt; : Récit écrit à la première personne franchement bien écrit dans sa structure (les chapitres sont brefs, à la Kundera, comme j’aime) et appréciable par sa franche honnêteté dans le contenu : le protagoniste y expose toutes ses faiblesses, avec parfois un brin d’humour.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il y défend des convictions personnelles : il affirme que ce qui lie les êtres humains entre eux, peu importe leur condition sociale, leur couleur ou leur religion, c’est la solitude mais aussi la violence métaphysique.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En revanche, l’évolution du personnage principal n’est pas du tout crédible et la progression du récit, précipitée hâtivement vers ce but invraisemblable : quel dommage ! Sauf si l’auteur en a éprouvé lui-même la nécessité pour des raisons personnelles, c’est la seule cause plausible que je vois pour expliquer cette fin farfelue, qui pour moi, ôte tout le propos sincèrement humaniste de ce roman. Que cet avis personnel ne vous empêche pas toutefois de le lire, je vous en prie.&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;Note 1&lt;/b&gt; : Je me suis un peu reconnue dans le portrait du personnage féminin Rama (p. 63-65) sur sa lucidité et sa capacité d’empathie à la différence que je ne travaille pas dans le monde de la nuit et que je n’ai pas la beauté que l’auteur lui attribue en la décrivant, ni sa force, son courage et son indépendance assumée. « Rien dans sa quête de jouissance et de bonheur n’était vulgaire », p. 63. « Oui, c’est ça : elle était une hédoniste. Elle n’était pas dans une quête effrénée et égoïste du plaisir, elle vivait dans une relation au monde où le plaisir serait en partage, en toute liberté », p. 65.&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;Note 2&lt;/b&gt; : Jalouse des deux personnages féminins qui sont plus ouvertes d&#39;esprit que moi encore, toutes deux bisexuelles. J&#39;espère ne pas mourir idiote.&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;Passage à étudier avec des élèves (niveau seconde, histoire de se protéger) sur le thème de l’homosexualité&lt;/b&gt; : chapitre 8, p.73 : « Vous savez pourquoi Verlaine a été interdit par le ministère... » jusqu’à « Qu’ils baisent des musaraignes ! » Où étais-je allé chercher ça ?, p. 77. Discours que je tiens moi-même à mes élèves : je n’aime pas Freddie Mercury parce qu’il est gay mais pour son talent de chanteur compositeur qui a bouleversé mon âme dans ses moindres tréfonds. De la même manière, je n’aime pas Céline parce qu’il est antisémite mais parce qu’il a aussi bouleversé mon âme par son talent de romancier.&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;Passage sur l’évolution logique vers le découragement de tout professeur ayant fait ce métier par vocation, ici en Lettres, à l’Université&lt;/b&gt; : le chapitre 2 en entier, p.21 à 28. On y apprend que le protagoniste, au début enflammé par sa vocation, finira par abandonner, le système dirigé par des egos aux enjeux de pouvoir ayant écrasé toutes ses velléités pédagogiques sincères. Totale empathie !&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;Passage sur l’ancien comportement des homosexuels au Sénégal (et on pourrait dire que c’était la même chose chez nous aussi)&lt;/b&gt; : ils étaient discrets, ne se faisaient pas remarquer, p. 145.&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;Passage qui rend compte du décalage avec l’Occident sur la question et susceptible de rendre islamophobe (et anti-religion en général puisque les Chrétiens intégristes se servent du passage de Sodome et Gomorrhe de la Bible pour défendre leur homophobie aussi, rappelons-le)&lt;/b&gt; : « Dans leur pays, les Occidentaux sauvent les homosexuels ; ici, on les condamne. Ils ne se rendent pas compte que les pressions qu’ils exercent sur nos gouvernements pour la dépénalisation de l’homosexualité produisent l’effet inverse : une montée de l’homophobie. Ils ne le comprennent pas... », p. 148.&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;Citations &lt;/b&gt;:&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;Sur la solitude&lt;/b&gt;. « Nous sommes souvent durs envers l’humanité, sa bêtise, ses fautes et sa laideur, mais nous n’avons qu’elle. Elle est notre seule vraie famille, notre unique refuge contre notre solitude. Oui, nous sommes fondamentalement seuls et, sans la communauté de solitudes que forme et nous offre l’humanité, aucun de nous ne tiendrait un round face à lui-même. On réussit à continuer à vivre parce qu’on sait que tous, riches, pauvres, Juifs, Miss Univers, Prix Nobel, et même les Américains, tous sont aussi seuls que nous. Cette idée est faible, égoïste, lamentable, je l’admets. Elle est désespérante et ne fait aucun cas de l’amour. Mais elle a aussi pour moi quelque chose de bassement réconfortant », p. 48.&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;Sur la violence&lt;/b&gt; : « J’ai toujours pensé que l’humanité d’un homme ne fait plus de doute dès lors qu’il entre dans le cercle de la violence, soit comme bourreau, soit comme victime, comme traqueur ou comme traqué, comme tueur ou comme proie », p. 125.&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;« Ce sont de purs hommes parce que à n’importe quel comment la bêtise humaine peut les tuer, les soumettre à la violence en s’abritant sous un des nombreux masques dévoyés qu’elle utilise pour s’exprimer : culture, religion, pouvoir, richesse, gloire…&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les homosexuels sont solidaires de l’humanité parce que l’humanité peut les tuer ou les exclure. On l’oublie trop souvent, ou on ne veut pas s’en souvenir : nous sommes liés à la violence, lié par elle aux uns aux autres, capables à chaque instant de la commettre, à chaque instant de la subir. Et c’est aussi par ce pacte avec la violence métaphysique que chacun porte en lui, par ce pacte, autant que tout autre, que nous sommes proches, que nous sommes semblables, que nous sommes des hommes. Je crois à la fraternité par l’amour. Je crois aussi à la fraternité par la violence », p. 126.&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;Sur la lucidité&lt;/b&gt; : « Le courage est un grand mot. C’est un mot pour les héros. Ils sont rares et je n’en suis pas. Je te parle de quelque chose d’autre, de plus simple et de plus difficile à la fois que le courage : la lucidité ».&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;« Ça ne concerne pas que toi, Ndéné, dit-elle. Pour chacun d’entre nous, être lucide signifie pouvoir se regarder en face, quel que soit son visage. Même laid, même balafré, même couvert de plaies et de pus, même gangréné, il faut regarder. C’est simple »., p. 180-181.&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;Lexique&lt;/b&gt; :&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;Goor-jigéen&lt;/b&gt; : n.m. homme-femme en wolof. Mot fourre-tout pour homosexuel, transgenre, travesti.&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;Sabar&lt;/b&gt; : n.m. mot wolof désignant à la fois une sorte de tam-tam, une danse et une fête traditionnelle, p.30. « Au fond, on se fichait même totalement de justifier un sabar, aucune raison n’était nécessaire », p. 31.&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;Agonir&lt;/b&gt; : vb. Accabler d’injures. « J’étais prêt à agonir l’importun qui m’appelait si tôt, à 13 heures », p. 38.&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;Sine die&lt;/b&gt; : latin. Locution adverbiale latine, littéralement « sans jour » : sans fixer de (nouvelle) date.&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;« Et comme à chaque fois que j’essayais d’affronter cette tâche, je me rappelai la raison pour laquelle je l’avais fuie et reportée sine die dans un geste de peur : elle était sisyphéenne, mortelle », p. 42. (il parle de la tâche qui consiste à lire ses mails professionnels : empathie totale ! Je ne les lis plus non plus : il y en a TROP).&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;Componction&lt;/b&gt; : n.f. Douleur affectée. Emprunté au bas latin  compunctio proprement « piqûre » employé dans le domaine médical au sens de « douleur poignante » et chez les auteurs chrétiens au sens de « piqûre morale, amertume » et « douleur de l&#39;âme causée par le sentiment du péché ».
« Je tentais de lui donner quelque chose qui n’était ni de la componction affectée qu’on peut ressentir et étmoigner à une mère endeuillée -celle-là ne suffit jamais- ni le sentiment présomptueux de comprendre sa douleur – celui-là est toujours illusoire – mais, bien plutôt, un autre présent, à la fois plus précieux, plus modeste que la compassion ou l’empathie, ma présence, ma simple mais totale présence », p. 139.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;Note personnelle&lt;/b&gt; : Cela, je l’ai appris à mes dépens parce que j’ai fait tout l’inverse dans l’immaturité la plus totale avec d’abord ma cousine Nadège qui m’en a beaucoup voulu mais aussi mon amie Laurence qui ne m’a plus jamais parlé parce que je ne suis pas venue à l’enterrement de son père. J’ai compris suite à ces deux erreurs que suite à un deuil, il fallait juste être là et ne rien dire. 

Laax  : (ou lakh) n.m. wolof, plat sénégalais « bouillie de mil arrosé de lait caillé » « C’était son plat préféré » (en parlant de son fils, le défunt déterré), p. 140.
&lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/Lakh&quot;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Lakh&lt;/a&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;Pour aller plus loin&lt;/b&gt; : 

Sodome (ville de Lot) et Gomorrhe (ville voisine de la première) : villes de l’ancienne Palestine, non citées dans le Coran mais point commun avec l’histoire du personnage Lot, chef d’une ville (Sodome dans la Bible) détruite par Dieu à cause du péché de ses habitants. Ça, c’est le minimum sur quoi tout le monde s’entend parce qu’alors sur l’histoire dans ses détails, elle n’a ni queue ni tête !&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En gros, deux Anges déguisés en humains viennent tester l’hospitalité (loi antique très importante) de Lot à Sodome. Il les héberge. Les habitants de Lot frappent à la porte et demandent à les « connaître ». Lot refuse et propose de leur donner ses filles vierges en échange (wtf???). Dieu a ainsi la confirmation que c’est une ville qui 1) n’est pas hospitalière puisque les habitants font chier Lot et/ou 2) que c’est une ville d’homosexuels puisque les habitants ont voulu violer les deux étrangers. Les Anges préviennent Lot de la destruction imminente de Sodome et lui disent de fuir avec sa femme et ses filles. Son épouse se retourne et se retrouve changée en statue de sel (ne jamais regarder en arrière). Il se retrouve seul avec ses filles dans une grotte. L’aînée, inquiète de ne pas trouver d’hommes dans ce bled perdu, enivre son père et le viole et incite une de ses sœurs à faire de même. Elles tombent toutes deux enceintes. YOUPI...&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Heu...C’est la Bible ou le scénario d’une petite vidéo porno pour chrétiens intégristes hautement frustrés sexuellement, ce délire ??? Franchement, amis rebelles et libertins : tournons gaiment ce passage de la Bible dont le scénario n’a aucune vraisemblance ni crédibilité tant il est TORDU !

Je ne comprends pas pourquoi on fait tout un foin depuis des siècles sur un passage franchement obscur dont l’interprétation homosexuelle a été clairement ultérieure à son écriture quand l’idée d’un père qui propose ses filles à des habitants furieux (de quoi vraiment, on ne comprend pas) ne choque personne, pas plus que l’inceste inversé dans une grotte grâce à l’alcool !&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;Récit biblique (source : Wikipédia)&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Après avoir quitté &lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/Ur_(M%C3%A9sopotamie)&quot;&gt;Ur&lt;/a&gt; en compagnie d&#39;Abraham, Loth arrive sur les bords du &lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jourdain&quot;&gt;Jourdain&lt;/a&gt;. Riches en troupeaux, ils se séparent à la suite d&#39;une querelle entre leurs bergers : Abraham reste dans le &lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/Pays_de_Canaan&quot;&gt;pays de Canaan&lt;/a&gt; et Loth descend vers &lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/Sodome&quot;&gt;Sodome&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/Loth#cite_note-1&quot;&gt;.&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/Loth#cite_note-1&quot;&gt;Au cours d&#39;un sac de Sodome, Loth est fait prisonnier par &lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/Kedorlaomer&quot;&gt;Kedorlaomer&lt;/a&gt;, roi d&#39;&lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lam&quot;&gt;Élam&lt;/a&gt;, et ses alliés. &lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/Abraham&quot;&gt;Abraham&lt;/a&gt; les bat et ramène Loth à Sodome&lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/Loth#cite_note-2&quot;&gt;.&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Un soir, deux &lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/Ange&quot;&gt;anges&lt;/a&gt; sont accueillis par Loth dans sa maison à Sodome. Les hommes de Sodome « du garçon au vieillard » entourent la maison en lui demandant qu&#39;il leur livre les deux étrangers pour qu&#39;ils les « connaissent » (Genèse 19:5). Dans ce passage, les habitants de Sodome disent à Loth : « Où sont les hommes qui sont venus chez toi cette nuit ? Amène-les nous pour que nous les connaissions. » (yada’ en hébreu). Sur le seuil, Loth les supplie de ne pas manquer à l&#39;hospitalité et leur propose ses deux filles vierges en échange mais les habitants refusent. Le peuple s&#39;emporte plus encore contre cet émigré qui fait le redresseur de torts. Les deux anges font alors rentrer Loth, ferment la porte et frappent le peuple de cécité. Puis ils déclarent que Dieu va détruire la cité, et disent à Loth de fuir avec sa famille. Il réveille alors ses futurs gendres, mais ils ne le croient pas.&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;À l&#39;aurore, les deux anges le pressent de partir pour la montagne avec ses filles. Ils leur recommandent de fuir sans se retourner. Loth pense n&#39;atteindre que la ville de &lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/Tsoar&quot;&gt;Tsoar&lt;/a&gt;, que Dieu se résout à épargner. Dès qu&#39;il entre à Tsoar, Dieu fait pleuvoir du &lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/Soufre&quot;&gt;soufre&lt;/a&gt; et du &lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/Feu&quot;&gt;feu&lt;/a&gt; sur &lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/Sodome&quot;&gt;Sodome&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/Gomorrhe&quot;&gt;Gomorrhe&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/Adama_(ville_de_la_Bible)&quot;&gt;Adama&lt;/a&gt; et &lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/Sebo%C3%AFm&quot;&gt;Seboïm&lt;/a&gt; qui sont détruites&lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/Loth#cite_note-3&quot;&gt;3. Sodome, Gomorrhe, Adama et Seboïm se trouvent près de Lésa à la frontière du territoire des Cananéens&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/Loth#cite_note-4&quot;&gt;4, sur les berges méridionales de la &lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/Mer_Morte&quot;&gt;mer Morte&lt;/a&gt; dans la plaine de Siddim (c&#39;est-à-dire la &lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/Mer_Morte&quot;&gt;mer Salée&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/Loth#cite_note-5&quot;&gt;) remplie de puits de bitume&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/Loth#cite_note-6&quot;&gt;6. Dans le récit biblique, la femme de Loth se retourne et devient une colonne de sel&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/Loth#cite_note-7&quot;&gt;7. Le fait de se retourner est frappé d&#39;interdit dans de nombreuses cultures comme dans le mythe d&#39;Orphée et d&#39;Eurydice rapporté par Platon où Orphée se retournant perd pour toujours son épouse Eurydice&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/Loth#cite_note-8&quot;&gt;8. Dans le récit biblique, Jésus demande à ses disciples de ne pas se retourner pour regretter des biens inutiles au salut&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/Loth#cite_note-9&quot;&gt;9 et de se souvenir de la femme de Loth&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/Loth#cite_note-10&quot;&gt;.&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/Loth#cite_note-10&quot;&gt;Loth et ses filles se réfugient dans une grotte de la montagne&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/Loth#cite_note-11&quot;&gt;. Loth et ses deux filles partent de Sodome sans emporter de vin et vont habiter dans une grotte que Dieu a pourvue de vin en abondance&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/Loth#cite_note-12&quot;&gt;. L&#39;aînée, s&#39;inquiétant de ne pas trouver d&#39;hommes dans le pays, enivre son père pour s&#39;accoupler avec lui sans qu&#39;il le sache, et incite sa cadette à faire de même. Les deux filles tombent enceintes : l&#39;aînée donne naissance à &lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/Moab_(royaume)&quot;&gt;Moab&lt;/a&gt;, et la cadette à &lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/Ammonites&quot;&gt;Ben-Ammi&lt;/a&gt;.&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Dans le Coran, la première mention du récit se trouve au chapitre 7, versets 80 à 84 :&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;« Et Lot, quand il dit à son peuple : « vous livrez vous à cette turpitude que nul, parmi les mondes, n&#39;a commise avant vous ? Certes, vous assouvissez vos désirs charnels avec les hommes au lieu des femmes : Vous êtes bien un peuple outrancier. » Et pour toute réponse, son peuple ne fit que dire : « Expulsez-les de votre cité. Ce sont des gens qui veulent se garder purs &lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/Sodome_et_Gomorrhe_(villes)#cite_note-52&quot;&gt; ! » Or, Nous [Dieu] l&#39;avons sauvé, lui et sa famille, sauf sa femme qui fut parmi les exterminés. Et Nous avons fait pleuvoir sur eux une pluie&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/Sodome_et_Gomorrhe_(villes)#cite_note-53&quot;&gt;. Regarde donc ce que fut la fin des criminels. »&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;« Des gens qui veulent se garder purs » : expression dite par ironie. (Note de l&#39;édition Albouraq.)&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L’explication géologique de la destruction de Sodome et Gomorrhe : &lt;a href=&quot;https://www.dinosoria.com/sodome_gomorrhe.htm&quot;&gt;https://www.dinosoria.com/sodome_gomorrhe.htm&lt;/a&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Article contradictoire : 
&lt;a href=&quot;https://www.nationalgeographic.fr/histoire/2020/04/sodome-et-gomorrhe-du-mythe-la-realite&quot;&gt;https://www.nationalgeographic.fr/histoire/2020/04/sodome-et-gomorrhe-du-mythe-la-realite&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;table align=&quot;center&quot; cellpadding=&quot;0&quot; cellspacing=&quot;0&quot; class=&quot;tr-caption-container&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto;&quot;&gt;&lt;tbody&gt;&lt;tr&gt;&lt;td style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/a/AVvXsEhxd9n4jYeMHv84Kssnq5_7fBI5XWm1ki7vyAL0_QF9drhToutlmiWcY3K5yoxzC4LCjVwqXGI6ON4LzJku7ODmREqINNaZeLpwOl_PKQ0vbIqEohFnFdYvQZBHoeJo4wNy3H_qm6OVk6WSfoBTxEyl0w3btw7cQ7dX25MOryc0Dz4Y6J3v1JaSyru7Ew=s800&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; data-original-height=&quot;800&quot; data-original-width=&quot;800&quot; height=&quot;400&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/a/AVvXsEhxd9n4jYeMHv84Kssnq5_7fBI5XWm1ki7vyAL0_QF9drhToutlmiWcY3K5yoxzC4LCjVwqXGI6ON4LzJku7ODmREqINNaZeLpwOl_PKQ0vbIqEohFnFdYvQZBHoeJo4wNy3H_qm6OVk6WSfoBTxEyl0w3btw7cQ7dX25MOryc0Dz4Y6J3v1JaSyru7Ew=w400-h400&quot; width=&quot;400&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;tr&gt;&lt;td class=&quot;tr-caption&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;i&gt;Dédicace de Mohamed Mbougar Sarr, le dimanche 5 décembre 2021.&lt;/i&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Cadeau à mes élèves (hélas trop jeunes encore pour atteindre ce niveau de lecture, hormis peut-être de futurs élèves brillantissimes).&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La plus grande lectrice que j&#39;ai eue jusqu&#39;à présent en 15 ans d&#39;enseignement est une ancienne élève musulmane que j&#39;ai eue à 12 ans. En 2021, elle a 16 ans, veut faire des études littéraires plus tard et considère l&#39;acte sexuel comme &quot;dégoûtant&quot; et &quot;répugnant&quot;, se promettant à elle-même de ne jamais le pratiquer.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je le sais car lors d&#39;un cours particulier (que je lui ai donné gratuitement non parce que je suis quelqu&#39;un de gentil mais en remerciement sincère du sens qu&#39;elle a donné à mon métier), j&#39;ai évoqué le rapport sensuel à l&#39;objet-livre en disant spontanément &quot;faire l&#39;amour à un livre&quot;, en allusion à la version papier, incomparable au numérique selon moi pour vivre pleinement son expérience de lecture.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je ne m&#39;attendais pas à une telle réaction offusquée digne d&#39;une pièce de Molière (même Agnès est plus évoluée dans l&#39;ignorance) et lui ai rappelé que dans les trois mots que j&#39;avais utilisés, il y avait &quot;amour&quot; et que combinés ensemble, &quot;faire l&#39;amour&quot; faisaient référence à un acte beau et pur et n&#39;avaient aucun rapport avec la pornographie (étant donné l&#39;état dans lequel mes mots l&#39;avaient mise, je me suis sentie obligée d&#39;établir leur claire distinction).&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Sa réaction d&#39;un autre temps m&#39;a tout autant offensée, moi, produit scolaire du Siècle des Lumières (au programme de 4ème), lectrice de &lt;i&gt;La Religieuse&lt;/i&gt; de Denis Diderot !&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Elle ne supporte pas que je dise que l&#39;Islam y est pour quelque chose dans sa vision de l&#39;acte charnel, au même titre que la religion chrétienne (je l&#39;ai bien précisé) prétendant avec force que sa vision était purement individuelle. J&#39;espère qu&#39;elle fera des études supérieures qui lui apprendront le rôle du conditionnement et surtout celui de la religion au sein des familles CULTURELLEMENT pauvres. &amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Alors certes, on pourrait rétorquer que moi aussi, je ne suis q&#39;un produit socio-culturel-historique occidental moi-même mais ce dernier m&#39;a conditionnée à vouloir la liberté de tout individu ne nuisant pas à autrui de façon malveillante et c&#39;est un conditionnement que je bénis, que je chéris et que j&#39;ai à coeur de transmettre.&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Hâte qu&#39;elle grandisse et apprenne. À quoi sert-il de grandir en France pour être aussi attardé mentalement que là-bas, bordel ???&lt;/div&gt;&lt;p style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/feeds/4629575708867975545/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/2021/12/de-purs-hommes-mohamed-mbougar-sarr.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3029239831143446776/posts/default/4629575708867975545'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3029239831143446776/posts/default/4629575708867975545'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/2021/12/de-purs-hommes-mohamed-mbougar-sarr.html' title='&quot;De purs hommes&quot;, Mohamed Mbougar Sarr, Sénégal, 2018.'/><author><name>Selbstdenken</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09200151202439051685</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" url="https://blogger.googleusercontent.com/img/a/AVvXsEhdJK7zrs8Y-Wf7oR5P-Sw9wf8BLvF_rhVOXEunwNcjM8YuXNUyR64CRuJo2tPijqMxeNi4St4XpRVcpyD9sS_zPtsI8cvUXKTRe8vCabl5E3hS91yDMutxYFvCLJYRhqONuxsK4RLeL_6s0F-b9b-y_UO5X4PcuzM9h809g7DEa9jFy1_fDYKFf1tH9w=s72-w248-h400-c" height="72" width="72"/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3029239831143446776.post-7378376411257496679</id><published>2021-12-22T02:01:00.093+01:00</published><updated>2023-07-13T04:57:09.398+02:00</updated><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="Commandement 4 : Tu regarderas ou reverras des films ou séries cultes / soutiendras le 7ème art."/><title type='text'>DAMAGES, Todd A. Kessler, Glenn Kessler, Daniel Zelman, 2007-2012, ÉTATS-UNIS.</title><content type='html'>&lt;table align=&quot;center&quot; cellpadding=&quot;0&quot; cellspacing=&quot;0&quot; class=&quot;tr-caption-container&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto;&quot;&gt;&lt;tbody&gt;&lt;tr&gt;&lt;td style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/a/AVvXsEhLKQRXRqiuFF-q56JeUcpccWjWEOLb9bbYG-tKsDKStnfJ3YQlwMIO4MitxRgomjmf3gdAKoNN0g1DU3KduRZe-PRaeykLZgWZoYfbzyyxOJ8cyT46eMW9tVf0ZbWVCM5LIZsyrGOoUFzrBDekN7rvFU1esBJfN9MCKV9XLXcnIEVp0uOkp8192Sg2Mw=s933&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; data-original-height=&quot;933&quot; data-original-width=&quot;700&quot; height=&quot;400&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/a/AVvXsEhLKQRXRqiuFF-q56JeUcpccWjWEOLb9bbYG-tKsDKStnfJ3YQlwMIO4MitxRgomjmf3gdAKoNN0g1DU3KduRZe-PRaeykLZgWZoYfbzyyxOJ8cyT46eMW9tVf0ZbWVCM5LIZsyrGOoUFzrBDekN7rvFU1esBJfN9MCKV9XLXcnIEVp0uOkp8192Sg2Mw=w300-h400&quot; width=&quot;300&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;tr&gt;&lt;td class=&quot;tr-caption&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;i&gt;À binger sans modération !!!&lt;/i&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;À ceux qui résistent encore à l&#39;emprise de Netflix dans leur vie : je viens de binger (vacances d&#39;hiver 2021) une vieille série qui date de 2007 (me suis fait les 5 saisons en trois jours) et depuis, je pense être la plus grande fan de Glenn Close sur terre actuellement, lol.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Elle est dispo gratuitement en replay sur TF1 actuellement (Netflix revend tout un jour ou l&#39;autre).&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;D’habitude, les scénaristes sont pour moi les véritables génies des séries et des films. Mais pour celle-ci, c&#39;est les deux : les scénaristes ET l&#39;actrice Glenn Close. Je n’ai jamais vu une telle performance, une telle perfection dans l’incarnation d’un personnage fictif.&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Côté scénario, le bien est intriqué dans le mal, le mal dans le bien tout en maintenant une parfaite clarté dans leur distinction, une exigence dans leurs nuances et une grande rigueur dans la cohérence générale.&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Et ce, malgré les soucis de financement que la série a rencontrés et le fait que les scénaristes écrivent au fur et à mesure !&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Chaque saison commence avec des fragments de la fin. Tout est fait pour que ces fragments conduisent volontairement le spectateur à induire de mauvaises conclusions. Réussir ce tour de force à 5 reprises, je trouve ça objectivement impressionnant.&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les acteurs n&#39;étaient d’ailleurs pas prévenus eux-mêmes de l’évolution de leur personnage à l&#39;avance et ont été mis émotionnellement quasiment à la même place que les spectateurs (à une semaine près). Ils avaient donc leur texte à apprendre au dernier moment. 14 heures par jour X 6 mois pour une saison.&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Depuis, désespérée d&#39;avoir fini une série aussi intense, j&#39;ai regardé l&#39;intégralité de saison 1 de la série française &quot;Le Code&quot; (point commun : judiciaire, cabinet d&#39;avocats).&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;C&#39;est l&#39;anti-Damages : la série se veut complexe en nous montrant systématiquement deux points de vue sur chaque affaire, avec d&#39;un côté le point de vue &quot;zemmourien&quot; et de l&#39;autre, le point de vue &quot;Islamo-gauchiste&quot; qui domine au final l&#39;esprit de la série (d&#39;ailleurs, tous les méchants sont blancs et les personnes à haute responsabilité de couleur).&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;C’est comme si vous pétiez très fort, que ça puait dans toute la pièce et que vous demandiez pardon ensuite en vous frappant vous-même. Déplorable.&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le procédé est exactement le même dans la série judiciaire &quot;Munch&quot;, l&#39;apogée de son application se trouvant dans &quot;Le Commissaire Magellan ».&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le procédé est tellement grossier avec cette conception idéologique et partisane du bien et du mal que le résultat donne à peu près tout le contraire de ce qui était prétendument voulu : une série manichéenne dénuée de complexité.&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il est évident que les scénaristes français s&#39;efforcent de copier les scénaristes américains qui utilisent ce procédé de parallélisme idéologique depuis beaucoup plus longtemps entre un point de vue démocrate et un point de vue républicain mais sans caricature ridicule, ni de l’un, ni de l’autre.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le point de vue démocrate ne méprise pas de façon angélique le point de vue républicain et le point de vue républicain dans les séries américaines n’est ni trumpiste ni zemmourien. Il est plutôt hobbesien versus rousseauiste.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les deux points de vue s’affrontent souvent mais ce sont surtout des actions qui vont les illustrer et c’est au spectateur d’en tirer ses propres conclusions (cf. &lt;i&gt;Lost&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;The Walking Dead&lt;/i&gt; : les scénaristes le font très souvent).&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En résumé, les Américains parient sur l’intelligence des spectateurs. Les producteurs français, non (en-dehors du génial &lt;i&gt;Bureau des Légendes&lt;/i&gt;), ils se contentent d&#39;assurer des parts d’audience avec les spectateurs moyens.&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je me doute bien que ça repose beaucoup de gens de ne pas vouloir affronter la violence de la complexité. Mais faudra pas jouer les grands étonnés aux futures élections…&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Cette série, par la médiocrité de ses ambitions et ce, malgré la qualité apparente de sa production, est incapable de &quot;divertir&quot;, autrement dit de détourner du réel et ne pouvait que me faire tomber en dépression, en d’autres termes me ramener à la réalité et à la dure prise de conscience que j’ai une centaine de copies à corriger avant la rentrée. Sigh.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Cela dit, une collègue de Lettres m’ayant rappelé mon amour pour &lt;i&gt;The Wire&lt;/i&gt;, une de mes séries d&#39;anthologie pour la vie, je concède sans problème que &quot;Damages&quot; n’en fera pas partie pour la raison suivante très simple : c’est surtout du talent époustouflant d&#39;une actrice, de Glenn Close dont il est question. Le reste est en effet, du grand divertissement, ne serait-ce que parce qu’il ne s’agit pas de l’univers réaliste de monsieur ou madame tout le monde.&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;i style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;The Wire&lt;/i&gt; en revanche, c’est la vraie vie avec un pauvre fonctionnaire de police comme anti-héros : il a des convictions fortes et une vocation pour son métier mais aucun pouvoir, ce qui le rend fou, l’identification est facile. Le scénario a été écrit pour tous les idéalistes énervés de la Terre dont je fais partie. Je ne me souviens pourtant jamais du nom de l’acteur qui m’a fait pleurer comme une madeleine, quand bien même il l’incarnait parfaitement. Son personnage - Joe ?- était sans doute plus fort que son enveloppe corporelle (image floue dans ma mémoire alors que que je l’avais trouvé très mignon).&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Cependant, le point commun entre &lt;i&gt;The Wire&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Damages&lt;/i&gt; c’est que ce sont des séries qui reposent sur une conception du bien et du mal qui se veut la plus universelle possible.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La politique de bas étage n’y est pas amalgamée : le héros de &lt;i&gt;The Wire&lt;/i&gt; comprend que les politiciens de Baltimore, peu importe leur bord, ne sont pas sincères (c’est ce que finit par comprendre n’importe quel fonctionnaire dans le monde), quant à Patty Hewes, elle est connue dans son milieu fictif pour ne pas aimer les politiciens et finit par accepter un poste politique, uniquement pour se protéger et non par conviction, ni même pour le pouvoir dont elle se nourrissait.&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;b&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;Conclusion&lt;/b&gt; : I LOVE GLENN CLOSE &amp;lt;3 Watch or rewatch Damages ! I don&#39;t understand why she still doesn&#39;t have an oscar. Hope she will get one at least for her whole career before she dies or loses her mind. What a woman !&lt;/div&gt;&lt;/b&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;table align=&quot;center&quot; cellpadding=&quot;0&quot; cellspacing=&quot;0&quot; class=&quot;tr-caption-container&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto;&quot;&gt;&lt;tbody&gt;&lt;tr&gt;&lt;td style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/a/AVvXsEgZmMMl_kUJ4PkeI9ZAXqTD9w2pe-6-0wlVjuuavRcR3DxocEQbyggaWjfUzI3MyMc60gL_tVpLO-48Zmgyz9FSl9PljdzhuHT1d8Bo5YvmosbbolZlibZXB6HKUW9q6-11fPWrgT0TWsBYe67f6QPQx3xx0U_NSms_XY4x0A7U2CRe0l5IGC7JVgWIxg=s480&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; data-original-height=&quot;360&quot; data-original-width=&quot;480&quot; height=&quot;300&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/a/AVvXsEgZmMMl_kUJ4PkeI9ZAXqTD9w2pe-6-0wlVjuuavRcR3DxocEQbyggaWjfUzI3MyMc60gL_tVpLO-48Zmgyz9FSl9PljdzhuHT1d8Bo5YvmosbbolZlibZXB6HKUW9q6-11fPWrgT0TWsBYe67f6QPQx3xx0U_NSms_XY4x0A7U2CRe0l5IGC7JVgWIxg=w400-h300&quot; width=&quot;400&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;tr&gt;&lt;td class=&quot;tr-caption&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;i&gt;The most talented actress in the world without any single Oscar : Glenn Close !&amp;nbsp;&lt;br /&gt;Shame on you, Hollywood !&lt;/i&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;MYSTÈRE TOTAL POUR MOI (est-ce une histoire d&#39;aire géographique ?)&lt;/b&gt;&amp;nbsp;: Je n&#39;ai pas réussi à trouver beaucoup d&#39;interviews des acteurs de la série. Seulement la vidéo ci-dessous (la fin où une actrice rend hommage à Glenn Close comme il se doit -j&#39;ai exactement pensé LA MÊME CHOSE- me fait vraiment plaisir même si je ne comprends PAS pourquoi les autres restent impassibles, bande de bâtards, j&#39;en arrive à me demander si Glenn Close ne leur a pas fait quelque chose personnellement pour mériter ça). J&#39;ai ri quand l&#39;animatrice la présente et dit &quot;I&#39;m very honored and little frightened to welcome Glenn Close&quot; (moi aussi, elle me fait trop peur, lol).&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class=&quot;separator&quot; style=&quot;clear: both; text-align: center;&quot;&gt;&lt;iframe allowfullscreen=&quot;&quot; class=&quot;BLOG_video_class&quot; height=&quot;266&quot; src=&quot;https://www.youtube.com/embed/33OrfarAgaQ&quot; width=&quot;320&quot; youtube-src-id=&quot;33OrfarAgaQ&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;separator&quot; style=&quot;clear: both; text-align: center;&quot;&gt;&lt;iframe allowfullscreen=&quot;&quot; class=&quot;BLOG_video_class&quot; height=&quot;266&quot; src=&quot;https://www.youtube.com/embed/Jop06VqjHVk&quot; width=&quot;320&quot; youtube-src-id=&quot;Jop06VqjHVk&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Ce lien de replay qui donne accès aux 5 saisons a hélas une date d&#39;expiration, évidemment :&amp;nbsp;&lt;a href=&quot;https://www.tf1.fr/tf1/damages&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;https://www.tf1.fr/tf1/damages&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/feeds/7378376411257496679/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/2021/12/damages-todd-kessler-glenn-kessler.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3029239831143446776/posts/default/7378376411257496679'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3029239831143446776/posts/default/7378376411257496679'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/2021/12/damages-todd-kessler-glenn-kessler.html' title='DAMAGES, Todd A. Kessler, Glenn Kessler, Daniel Zelman, 2007-2012, ÉTATS-UNIS.'/><author><name>Selbstdenken</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09200151202439051685</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" url="https://blogger.googleusercontent.com/img/a/AVvXsEhLKQRXRqiuFF-q56JeUcpccWjWEOLb9bbYG-tKsDKStnfJ3YQlwMIO4MitxRgomjmf3gdAKoNN0g1DU3KduRZe-PRaeykLZgWZoYfbzyyxOJ8cyT46eMW9tVf0ZbWVCM5LIZsyrGOoUFzrBDekN7rvFU1esBJfN9MCKV9XLXcnIEVp0uOkp8192Sg2Mw=s72-w300-h400-c" height="72" width="72"/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3029239831143446776.post-2444398918351880873</id><published>2021-11-01T23:57:00.059+01:00</published><updated>2021-12-27T00:22:50.428+01:00</updated><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="Commandement 3 : Tu liras des romans classiques (français et étrangers)."/><title type='text'>LA FILLE DE LA SUPÉRETTE, SAYAKA MURATA, JAPON, 2016.</title><content type='html'>&lt;table align=&quot;center&quot; cellpadding=&quot;0&quot; cellspacing=&quot;0&quot; class=&quot;tr-caption-container&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto;&quot;&gt;&lt;tbody&gt;&lt;tr&gt;&lt;td style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/a/AVvXsEhqo8ySIe_U1lhGTOaRS_1qr_ZqwhMuQ-xXqE-Kbwq96THcLGNDpOoQfdeETrphQCYXLaoG6MLmrf-e7D_xD7SQOek2siFU-imFmw-pssmfoyp19vJ-gpXLLnlSCG4oJzarHnSJXLq0WFq0XF4DY2XcHeFjcJaHa_QxcXcentjBhuYKgAbkbXNXQgI0xA=s288&quot; imageanchor=&quot;1&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; data-original-height=&quot;288&quot; data-original-width=&quot;175&quot; height=&quot;400&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/a/AVvXsEhqo8ySIe_U1lhGTOaRS_1qr_ZqwhMuQ-xXqE-Kbwq96THcLGNDpOoQfdeETrphQCYXLaoG6MLmrf-e7D_xD7SQOek2siFU-imFmw-pssmfoyp19vJ-gpXLLnlSCG4oJzarHnSJXLq0WFq0XF4DY2XcHeFjcJaHa_QxcXcentjBhuYKgAbkbXNXQgI0xA=w243-h400&quot; width=&quot;243&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;tr&gt;&lt;td class=&quot;tr-caption&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;i&gt;La fille à la Supérette, Sayaka Murata, Japon, 2016, Prix Akutagawa (équivalent Goncourt).&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;Contexte : &lt;/b&gt;J&#39;ai trouvé ce livre soit dans la rue, soit au rez-de-chaussée de mon immeuble, je ne sais plus ! Lu durant les vacances de la Toussaint 2021.&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;Thème&lt;/b&gt; : L’inadaptation à la société et ce qu’elle attend de nous : productivité, mariage et reproduction.&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;Résumé&lt;/b&gt; : C’est l’histoire d’une femme, Keiko Furukura, 36 ans et célibataire, qui dévoue son existence à son travail dans un konbini, autrement dit une supérette japonaise de quartier. Dans ce cadre, elle est une employée exceptionnelle, pleine de savoir-faire et d’initiatives efficaces. Hors de ce cadre, c’est une vieille fille qui vit d’un petit boulot, toujours pas mariée et sans enfants.&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Sa vie bascule dans un premier temps quand elle accepte qu’un ancien collègue au chômage, Shiraha, vienne s’installer chez elle et dans un deuxième temps lorsqu’elle est obligée de prendre sa retraite, au bout de dix-huit ans de bons et loyaux services.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Shiraha est un homme frustré et malveillant : frustré de ne pas être l’homme fort que les belles femmes désirent, tout en revendiquant le droit d’être un parasite de la société. Keiko devient alors une proie vulnérable idéale, un souffre-douleur à sa merci. Elle accepte en effet de vivre ce cauchemar parce qu’elle remarque que le regard de la société y compris de sa famille change de façon soudaine et bienveillante à son égard, depuis qu’on croit qu’elle est en couple...&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;On comprend au fur et à mesure de l’histoire que la protagoniste est une inadaptée de la société (par son manque d&#39;ambition sociale malgré ses études, par son absence de frustration amicale, sentimentale, sexuelle) et que si le konbini la rassure autant, c’est parce que chaque chose y est répétitive et ritualisée. Le konbini est son seul refuge contre la société.&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;Avis&lt;/b&gt; : Bien que la cohérence de son propos soit imparable, je ne peux adhérer à la conclusion « heureuse » du récit. Par le million d’exemplaires vendu au Japon, j’en déduis que la pression insensée de la société sur l’individu y est pour beaucoup. Au début, le personnage principal considère l’uniforme de konbini en guise de masque social, afin que sa singularité ne soit pas démasquée. La fin s’empire lorsque la protagoniste évolue et finit par se considérer elle-même davantage comme une « vendeuse de konbini » qu’un être humain. Le konbini ne joue plus le rôle d&#39;inclusion sociale (qu’il avait) mais a contrario de lieu d’affranchissement total du joug humain par un épanouissement physique et moral totalement dévoués au concept de supérette. On assiste bel et bien à une métamorphose kafkaïenne. Keiko devient le produit logique d’une déshumanisation de la société par la société elle-même envers les gens qui ne jouent pas le jeu social : elle devient un robot autonome et heureux. C’est affreux !&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je reconnais en revanche que le message est plus complexe qu&#39;il n&#39;y paraît.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;N.B. : L’auteure (née en 1979) a elle-même travaillé dans une supérette pendant 18 ans, ce qui lui permettait d’écrire ses romans, pour la plupart primés au Japon mais toujours pas traduits en français.&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;Citations&lt;/b&gt; :&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le patron du konbini, en parlant de Shiraha : « Sa vie est finie. Quel loser, un fardeau pour la société ! C’est le devoir de l’homme de contribuer à la bonne marche de la communauté, que ce soit par le travail ou en fondant une famille », p. 62.&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Shiraha : « Cette boutique est remplie de minables, c’est toujours pareil avec les konbini, des ménagères dont le mari ne gagne pas assez, des freeters sans perspective d’avenir, et même les étudiants, ce sont les plus minables, ceux qui ne peuvent même pas décrocher un job de prof particulier, sans parler des travailleurs immigrés, tous des minables... », p. 66.&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Shiraha : « Côté clientèle, ce n’est pas si mal, mais la plupart sont du genre dominantes. Vu que dans le quartier, il n’y a que de grandes entreprises, les femmes qui y travaillent sont toutes autoritaires, ça ne va pas. (…) Celles-là n’ont d’yeux que pour leurs collègues de bureau, elles ne me regardent même pas. Dans le fond, les choses n’ont pas changé depuis l’Antiquité. La plus jolie jeune fille du village épouse l’homme le plus apte à la protéger de ses muscles, laissant les individus les moins favorisés par la génétique se consolider entre eux. La société moderne n’est qu’une illusion ; notre monde n’a pas changé depuis l’ère Jômon. On a beau parler d’égalité entre les sexes... », p. 67 (Ère Jômon : -15 000 à 300 avant notre ère).&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Shiraha : « J’ai passé ma vie à lire des manuels d’histoire pour comprendre pourquoi le monde allait si mal. Meiji, Edô, Heian, quelle que soit la période, le monde allait de travers. Même en remontant aussi loin que l’ère Jômon ! (Il abat le poing sur la table, renversant sa tasse au passage.) J’ai alors remarqué un truc : le monde n’a pas changé depuis l’ère Jômon. Les êtres inutiles sont éliminés. Les hommes qui ne chassent pas, les femmes qui ne produisent pas d’enfant. La société moderne a beau mettre en avant l’individualisme, toute personne qui ne contribue pas est écartée, neutralisée et pour finir, mise au ban de la communauté », p. 84&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Shiraha : « Mais si on gratte la surface de notre société contemporaine, on trouve l’ère Jômon juste en-dessous. Les femmes se ressemblent autour de l’homme fort qui capture le gros gibier pour lui donner la plus belle fille du village en mariage. Si la chasse échoue, l’homme faible et inutile sera méprisé. Le système n’a pas du tout changé depuis.  », p. 85&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Idem : « À force de travailler à la supérette, tu vas finir vieille fille. Même vierge, tu as perdu ta primeur. Tu es repoussante. Si on était à l’ère Jômon, tu serais une de ces femmes esseulées qui errent sans but à travers le village et se flétrissent sans produire d’enfant. Tu n’es qu’un fardeau pour la communauté. En tant qu’homme, je peux toujours retourner la situation mais pour toi, c’est déjà trop tard », p.85.&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Keiko : « Comme vous le disiez, le monde vit peut-être encore à l’ère Jômon. Les êtres inutiles à la communauté sont persécutés et bannis. Ce que je veux dire, c’est que le konbini fonctionne sur le même modèle. Tout employé inutile est viré. (…)&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;On n’a pas d’autre choix que de garder son poste le plus longtemps possible. Rien de plus simple : il suffit d’enfiler son uniforme et d’appliquer les règles du manuel. Il en va de même avec le monde à l’ère Jômon : si on enfile la peau d’une personne normale et qu’on applique les règles du manuel, la communauté nous laissera en paix. (...)&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Autrement dit, il nous suffit d’interpréter le rôle d’un être fictif, une « personne normale » parmi les autres. De même qu’à la supérette, je joue le rôle d’un être fictif, une « vendeuse » parmi les autres », p. 87.&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Keiko : «  (…) &lt;b&gt;Contrairement à vous, je me fiche de toutes ces choses. Je n’ai pas particulièrement d’amour-propre, je me contente très bien de suivre les règles de la communauté.&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;J’efface la période de ma vie où les gens me regardaient comme une anomalie. Une façon de me guérir, peut-être ?&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;Rien que ces deux dernières semaines, on m’a demandé quatorze fois: Pourquoi tu ne te maries pas ? Et douze fois : « Pourquoi toujours ce petit boulot ? » Autant commencer par éliminer la première question. », p. 88.&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Shiraha : &lt;b&gt;« Les gens ordinaires n’aiment rien tant que juger ceux qui sortent de la norme »,&lt;/b&gt; p. 111.&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Keiko : « J’ai enfin compris. Avant d’être un être humain, je suis une vendeuse de konbini. Même défaillante, même à la rue, mise au ban de la société, je ne peux plus fuir. Mon organisme tout entier est voué au konbini », p. 142.&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;« Envers et contre tous, je reste une vendeuse de konbini, proclamé-je. En tant qu’humain, certes, ta présence me facilite peut-être la vie et rassure mon entourage. Mais en tant qu’employée de supérette, je n’ai absolument pas besoin de toi ! », p. 142.&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;« Avisant ces bras et ces jambes conçus pour le konbini, il me semble pour la première fois avoir trouvé un sens à ma vie », p. 143. (je me demande si le mot originel en japonais est &quot;ikkigaï&quot; pour &quot;sens à ma vie&quot;).&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Biographie Wikipédia de l&#39;auteure : &quot;Sayaka Murata est la fille d&#39;un juge et d&#39;une femme au foyer. Elle a travaillé pendant presque dix-huit ans dans un &lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/Konbini&quot;&gt;konbini&lt;/a&gt; (supérette). Les horaires réguliers lui convenaient bien car elle pouvait écrire quand elle ne travaillait pas.&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/Sayaka_Murata#cite_note-Asahi-2&quot;&gt;Alors qu&#39;elle était étudiante à l’université, Murata a suivi des cours privés d’écriture avec le romancier &lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/Akio_Miyahara&quot;&gt;Akio Miyahara&lt;/a&gt;.&quot;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Biographie plus détaillée en anglais : &lt;a href=&quot;https://en.wikipedia.org/wiki/Sayaka_Murata&quot;&gt;https://en.wikipedia.org/wiki/Sayaka_Murata&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;Note perso&lt;/b&gt; : J’ai deux collègues qui partagent cette obsession du masque ou plutôt la peur d’être démasqué : l’un gérait sa peur par la prise de cocaïne + divers médocs et l’autre, par des anti-anxiolytiques quotidiens. Comme je suis la seule à avoir eu le privilège de mieux les connaître et par la même occasion, leurs secrets, ils m&#39;ignorent tous les deux au travail, de peur que je ne grille leur couverture professionnelle. Youpi.&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/feeds/2444398918351880873/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/2021/11/la-fille-de-la-superette-sayaka-murata.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3029239831143446776/posts/default/2444398918351880873'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3029239831143446776/posts/default/2444398918351880873'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/2021/11/la-fille-de-la-superette-sayaka-murata.html' title='LA FILLE DE LA SUPÉRETTE, SAYAKA MURATA, JAPON, 2016.'/><author><name>Selbstdenken</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09200151202439051685</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" url="https://blogger.googleusercontent.com/img/a/AVvXsEhqo8ySIe_U1lhGTOaRS_1qr_ZqwhMuQ-xXqE-Kbwq96THcLGNDpOoQfdeETrphQCYXLaoG6MLmrf-e7D_xD7SQOek2siFU-imFmw-pssmfoyp19vJ-gpXLLnlSCG4oJzarHnSJXLq0WFq0XF4DY2XcHeFjcJaHa_QxcXcentjBhuYKgAbkbXNXQgI0xA=s72-w243-h400-c" height="72" width="72"/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3029239831143446776.post-286991333155252170</id><published>2020-05-01T01:25:00.000+02:00</published><updated>2020-05-05T03:32:52.850+02:00</updated><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="Commandement y10 : Tu créeras."/><title type='text'>TROIS PETITS HAÏKUS EN GUISE DE BOUQUETS DE MUGUET VIRTUELS POUR LE 1ER MAI 2020</title><content type='html'>&lt;div dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;text-align: left;&quot; trbidi=&quot;on&quot;&gt;
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&lt;tr&gt;&lt;td class=&quot;tr-caption&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;i&gt;Petit livre des mots inconnus au bataillon. &lt;/i&gt;Catherine Guennec, 2015.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
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&lt;tr&gt;&lt;td class=&quot;tr-caption&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;i&gt;Complément du dictionnaire de l&#39;Académie française&lt;/i&gt;, 1843.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
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&lt;tr&gt;&lt;td class=&quot;tr-caption&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;J&#39;ai trouvé ce livre par terre en pleine rue de Belleville &lt;br /&gt;durant le confinement au temps du coronavirus en 2020.&lt;br /&gt;Le titre me disait quelque chose. J&#39;ai lavé la 1ère et la 4ème de couv avec du gel hydro-alcoolique...&lt;br /&gt;Aux pollueurs : les boîtes à livres existent dans chaque quartier civilisé de cette planète ! &lt;br /&gt;Métro Jourdain.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
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&lt;br /&gt;
&lt;table align=&quot;center&quot; cellpadding=&quot;0&quot; cellspacing=&quot;0&quot; class=&quot;tr-caption-container&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto; text-align: center;&quot;&gt;&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEioRsdKRUPntnuZ_1MxNH25HrqRLgljLJXOVIAurhJjutLt7hBp2GE63SuJi_sLI0vLK35aY_7ER-12Jh0qsjiyAjOJo5PuLlvaDKz1Ocv9PkOBfIvucMFZpDMWnJ8up8DxM4Y8qyB_U7wc/s1600/Capture+d%25E2%2580%2599e%25CC%2581cran+2020-04-02+a%25CC%2580+19.23.32.png&quot; imageanchor=&quot;1&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; data-original-height=&quot;579&quot; data-original-width=&quot;505&quot; height=&quot;640&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEioRsdKRUPntnuZ_1MxNH25HrqRLgljLJXOVIAurhJjutLt7hBp2GE63SuJi_sLI0vLK35aY_7ER-12Jh0qsjiyAjOJo5PuLlvaDKz1Ocv9PkOBfIvucMFZpDMWnJ8up8DxM4Y8qyB_U7wc/s640/Capture+d%25E2%2580%2599e%25CC%2581cran+2020-04-02+a%25CC%2580+19.23.32.png&quot; width=&quot;558&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class=&quot;tr-caption&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;i&gt;Dans le livre, ça boit énormément ! &lt;/i&gt;:D&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;
&lt;div class=&quot;separator&quot; style=&quot;clear: both; text-align: center;&quot;&gt;
&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhy3fAOY2_kXYvxx2RiFMZ6WMZ0fO4RTXsUkzpcmskrwCMhcNyRU629wUFAz0I2PqJhc7k5DERt72fa9ChHrnFYsp4nfFU6I6w28u8t0ZaCXVyGXAd1zOQ31CtS9TVB9dRMu8bik_NF2oLL/s1600/vatanen.jpg&quot; imageanchor=&quot;1&quot; style=&quot;margin-left: 1em; margin-right: 1em;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; data-original-height=&quot;500&quot; data-original-width=&quot;295&quot; height=&quot;640&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhy3fAOY2_kXYvxx2RiFMZ6WMZ0fO4RTXsUkzpcmskrwCMhcNyRU629wUFAz0I2PqJhc7k5DERt72fa9ChHrnFYsp4nfFU6I6w28u8t0ZaCXVyGXAd1zOQ31CtS9TVB9dRMu8bik_NF2oLL/s640/vatanen.jpg&quot; width=&quot;376&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div class=&quot;separator&quot; style=&quot;clear: both; text-align: center;&quot;&gt;
&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEg_ql5TZy21SOYGa-DviYNSRAUSiUYpAIyjh7-qr0KpBK5tqGEdKiIkSntM1FziCdqXTqzq7KR46dFf4Qd9xi9z-0E2tMz1UsCqX6RLghMijK3fwkEJSW3tuoietRzDVot6Qv9mN5Ut2gqD/s1600/4F459B8D-8363-475D-817A-BE801698FB09.jpeg&quot; imageanchor=&quot;1&quot; style=&quot;margin-left: 1em; margin-right: 1em;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; data-original-height=&quot;800&quot; data-original-width=&quot;531&quot; height=&quot;640&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEg_ql5TZy21SOYGa-DviYNSRAUSiUYpAIyjh7-qr0KpBK5tqGEdKiIkSntM1FziCdqXTqzq7KR46dFf4Qd9xi9z-0E2tMz1UsCqX6RLghMijK3fwkEJSW3tuoietRzDVot6Qv9mN5Ut2gqD/s640/4F459B8D-8363-475D-817A-BE801698FB09.jpeg&quot; width=&quot;424&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/feeds/1958113182512520110/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/2020/04/le-lievre-de-vatanen-arto-paasalinna.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3029239831143446776/posts/default/1958113182512520110'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3029239831143446776/posts/default/1958113182512520110'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/2020/04/le-lievre-de-vatanen-arto-paasalinna.html' title='LE LIÈVRE DE VATANEN, ARTO PAASALINNA, 1975, FINLANDE.'/><author><name>Selbstdenken</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09200151202439051685</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" url="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgrtZCLzCxe3e3Cfa_KhBmR1316KcMz-S_t_m_b8Z5PdRsuHypSM-l1UgoFWY-rfcI1ElVLFmB5hmbS18rInpvXlegl4NBX8mlixq4ZZPs5883-apcveuEN7yOvqcAR42e7niQJVy1YpwjG/s72-c/photo_3323_34383959.jpg" height="72" width="72"/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3029239831143446776.post-6397259180883914082</id><published>2020-04-17T18:01:00.000+02:00</published><updated>2020-04-26T03:01:27.946+02:00</updated><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="Commandement 3 : Tu liras des romans classiques (français et étrangers)."/><title type='text'>CONFESSION D&#39;UN MASQUE, YUKIO MISHIMA, 1949.</title><content type='html'>&lt;div dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;text-align: left;&quot; trbidi=&quot;on&quot;&gt;
&lt;table align=&quot;center&quot; cellpadding=&quot;0&quot; cellspacing=&quot;0&quot; class=&quot;tr-caption-container&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto; text-align: center;&quot;&gt;&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgJqWYgh8_vPsVYB5E-_SPfX2Dr5bxw0v9VLavXd4M8hEATUgsFuFa3MLKNrkyjsHRZNZw2_uYPxTBU3bNpMwcCNAwvdwJIoPXbc_5mD3oDnl2_KOVxZ5EnOy-Baavvr7OjitLUJFnMEoE0/s1600/41shVdybtEL._SX302_BO1%252C204%252C203%252C200_.jpg&quot; imageanchor=&quot;1&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; data-original-height=&quot;499&quot; data-original-width=&quot;304&quot; height=&quot;400&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgJqWYgh8_vPsVYB5E-_SPfX2Dr5bxw0v9VLavXd4M8hEATUgsFuFa3MLKNrkyjsHRZNZw2_uYPxTBU3bNpMwcCNAwvdwJIoPXbc_5mD3oDnl2_KOVxZ5EnOy-Baavvr7OjitLUJFnMEoE0/s400/41shVdybtEL._SX302_BO1%252C204%252C203%252C200_.jpg&quot; width=&quot;242&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class=&quot;tr-caption&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; text-align: start;&quot;&gt;&lt;i&gt;Livre offert par Stéphane F. pour mon anniversaire de 2020.&lt;br /&gt;Lecture achevée durant le confinement en avril 2020.&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;b&gt;ATTENTION &lt;/b&gt;: Cette version est une traduction en français de la version ANGLAISE.&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;b&gt;La version française directement traduite du japonais se trouve dans la Collection &quot;Du Monde entier&quot; de Gallimard et n&#39;a été publiée que le 21 février 2019 !!&lt;/b&gt;!&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;table align=&quot;center&quot; cellpadding=&quot;0&quot; cellspacing=&quot;0&quot; class=&quot;tr-caption-container&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto; text-align: center;&quot;&gt;&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhWq7nnQ8yxZH5wfoauLA9Y0vSPNPobfcSPtKSNc7Yh28y4v11rLuan9BaZI-QGiZ-LXywXFbFna8F91_lSnlSBP7Dsshw7a5YUHt7fY4TLk7UfFvZe8bZdXu7Hb6qRN-p4e2vgQPEpJcig/s1600/product_9782070196487_195x320.jpg&quot; imageanchor=&quot;1&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; data-original-height=&quot;285&quot; data-original-width=&quot;195&quot; height=&quot;400&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhWq7nnQ8yxZH5wfoauLA9Y0vSPNPobfcSPtKSNc7Yh28y4v11rLuan9BaZI-QGiZ-LXywXFbFna8F91_lSnlSBP7Dsshw7a5YUHt7fY4TLk7UfFvZe8bZdXu7Hb6qRN-p4e2vgQPEpJcig/s400/product_9782070196487_195x320.jpg&quot; width=&quot;273&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class=&quot;tr-caption&quot;&gt;Collection &lt;a href=&quot;http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Du-monde-entier&quot;&gt;Du monde entier&lt;/a&gt;, Gallimard&lt;br /&gt;
Parution : 21-02-2019&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;table align=&quot;center&quot; cellpadding=&quot;0&quot; cellspacing=&quot;0&quot; class=&quot;tr-caption-container&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto; text-align: center;&quot;&gt;&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjTwkmIx7Yyyxm9L0Pmy3zMdrGYHbSyF1bXTTpe-1NoHDXIsrooONvYUw_pr_CH6FIB2oLeApPvK8k6FvFKFgG6a3v4yQh2NnpGd4QpVgCW56RI9w0ioas13PlQUtLg_lKPvd8yK8xWh3UU/s1600/product_9782070282029_195x320.jpg&quot; imageanchor=&quot;1&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; data-original-height=&quot;298&quot; data-original-width=&quot;195&quot; height=&quot;400&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjTwkmIx7Yyyxm9L0Pmy3zMdrGYHbSyF1bXTTpe-1NoHDXIsrooONvYUw_pr_CH6FIB2oLeApPvK8k6FvFKFgG6a3v4yQh2NnpGd4QpVgCW56RI9w0ioas13PlQUtLg_lKPvd8yK8xWh3UU/s400/product_9782070282029_195x320.jpg&quot; width=&quot;261&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class=&quot;tr-caption&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;Ne pas confondre ! Celle-ci est l&#39;ancienne version issue de l&#39;anglais aussi !&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;
Je lui avais dit que j’aimais demander à mes amis de m’offrir leur livre préféré d’occasion ou leur musique préférée afin que j’apprenne à mieux les connaître.&lt;br /&gt;
(Stéphane m’a aussi offert la Traviata en CD cette année, malheureusement, je n’ai plus de lecteur CD).&lt;br /&gt;
Il me les a offerts neufs tous les deux alors que j’insiste sur le fait que je ne veux pas participer à la société de consommation par ces requêtes d’anniversaires : tous les meilleurs livres et musiques du monde se trouvent d’occasion, ce qui prouve que ce qui change la vie des uns ne change pas la vie des autres. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;Résumé&lt;/b&gt; : C’est l’histoire d’un jeune homme appelé « Kochan » qui raconte la genèse de son homosexualité dès l’âge de quatre ans, avant même qu’il ne sache lire et écrire, puis ses premiers émois pour des hétéros (moitié du livre) et enfin, son « amour faux » (c’est moi qui l’appelle ainsi) pour la petite sœur d’un ami, Sonoko (autre moitié du livre). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Prétendant sans cesse être ce qu’il n’est pas afin de protéger sa réelle identité sexuelle : sûr de lui, froid et condescendant alors qu’il n’a pas du tout confiance en lui et ne pense qu’à mourir pour ne plus avoir à réfléchir sur son sort. Il fait de son mieux pour être honnête avec lui-même, ce qui n’est pas toujours évident et manipulera la pauvre Sonoko, sans grands états d’âme, avec beaucoup d’égoïsme et une grande lâcheté. Sa survie émotionnelle semble toujours primer sur le ressenti d’autrui, ce qui ne le rend guère attachant mais je suis parfaitement à même de le comprendre puisque je fais exactement la même chose et je ne suis guère attachée à moi-même non plus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;Plus en détails&lt;/b&gt; : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On apprend qu’ à l’origine de son enfance, il y a un dysfonctionnement familial assez dur à vivre : sa grand-mère paternelle s’est octroyé sa garde, au détriment des prérogatives de sa mère. Il vit donc seul avec cette grand-mère jusqu’à l’âge de douze ans, séparé de ses parents, de son frère et de sa sœur. Pire, elle lui interdit de sortir, de jouer dehors et ne peut fréquenter que ses deux cousines (non mais quelle horreur ! Quelle enfance naze !). On n’est pas surpris d’apprendre qu’il est tout le temps malade quasiment dès la naissance (problème urinaire tout au long de sa vie) et de composition chétive et frêle. Alors oui, sans aucun doute cette grand-mère tyrannique et possessive aura contribué à créer ses névroses, son homosexualité et son génie mais tout de même, le prix à payer est sans doute une instabilité émotionnelle très forte chez cet individu qui de toute façon finira par se suicider. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;u&gt;&lt;b&gt;I-ENFANCE&lt;/b&gt;.&lt;/u&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfance marquée par son goût des images masculines, de la tragédie, de la souffrance et du sang.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;1) L’éboueur.&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;table align=&quot;center&quot; cellpadding=&quot;0&quot; cellspacing=&quot;0&quot; class=&quot;tr-caption-container&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto; text-align: center;&quot;&gt;&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEh8iDV57KVWl0Tk9GOUU-JQ-iOk2IngsOfFYNMKWp0NPaNhLDW92OvLdODAAjqVd0uiqMEgjJu0lQrCwsMzv4WCGr2G6DtV-vUupV4S7nlOcabJ3dMHj-CsPFzXzNFQjwzns1YCWHosh4KN/s1600/91039726_10158291244619452_4261456767155699712_n.jpg&quot; imageanchor=&quot;1&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; data-original-height=&quot;640&quot; data-original-width=&quot;480&quot; height=&quot;400&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEh8iDV57KVWl0Tk9GOUU-JQ-iOk2IngsOfFYNMKWp0NPaNhLDW92OvLdODAAjqVd0uiqMEgjJu0lQrCwsMzv4WCGr2G6DtV-vUupV4S7nlOcabJ3dMHj-CsPFzXzNFQjwzns1YCWHosh4KN/s400/91039726_10158291244619452_4261456767155699712_n.jpg&quot; width=&quot;300&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class=&quot;tr-caption&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;i&gt;Publication publique d&#39;une maman du dessin d&#39;un de ses enfants commenté par un de ses autres enfants à destination des éboueurs durant le confinement&lt;/i&gt;.&amp;nbsp;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;
&lt;div&gt;
Premier souvenir : Il tombe amoureux d’un éboueur de rue à l’âge de quatre ans : « C’était un vidangeur, un collecteur d’excréments », p. 15. Ce métier lui inspire la tragédie, ce qui l’attire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Ce que je veux dire, c’est que le métier de cet homme m’inspirait en quelque sorte le violent désir d’un chagrin amer, d’un chagrin qui me déchirerait le corps. Son métier me donnait le sentiment d’une « tragédie » dans le sens le plus voluptueux du mot. Un certain sentiment de « renoncement à soi-même », un sentiment d’indifférence, un certain sentiment d’intimité avec le danger, comme un singulier mélange de néant et de force vitale –– tous ces sentiments suscités en foule par son métier fondirent sur moi et me tirent captif à l’âge de quatre ans. Sans doute me faisais-je une idée erronée du travail de vidangeur. (…) », &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il voulait devenir pareil. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;table align=&quot;center&quot; cellpadding=&quot;0&quot; cellspacing=&quot;0&quot; class=&quot;tr-caption-container&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto; text-align: center;&quot;&gt;&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiVTMkdSQjrqUkZro0ve4i_3wAlobB71vfMjv5-x0c1UNLWwWYhFk42Y5PtN87qSUfsvM-XVWnvkQ_ujQSzA3i_MizjZjUFOkgAm9ml-ZIE4SStD60fHARQjzH5jwcOZQGGRFOyCRMWwJw_/s1600/green.jpg&quot; imageanchor=&quot;1&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; data-original-height=&quot;132&quot; data-original-width=&quot;320&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiVTMkdSQjrqUkZro0ve4i_3wAlobB71vfMjv5-x0c1UNLWwWYhFk42Y5PtN87qSUfsvM-XVWnvkQ_ujQSzA3i_MizjZjUFOkgAm9ml-ZIE4SStD60fHARQjzH5jwcOZQGGRFOyCRMWwJw_/s1600/green.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class=&quot;tr-caption&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;i&gt;J&#39;en profite pour vous inciter à participer aux évènements de l&#39;association japonaise &quot;Green bird&quot; à Paris qui consiste à ramasser des déchets dans la capitale et dans le monde entier, bénévolement.&lt;/i&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;table align=&quot;center&quot; cellpadding=&quot;0&quot; cellspacing=&quot;0&quot; class=&quot;tr-caption-container&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto; text-align: center;&quot;&gt;&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj0QGBsCe0zNKpg0sHWzKwoIr3MzbyILuiLs7-I2rDSKiLBseJbd4aVIpQAazWpaBikR9A9D3giC_L0EdbYAJsJraPOqo8WxwYFhhJdC3AEGP3rvB0JaDpkAWKx3Qe2OyCQE16LX28Ps8Gi/s1600/640x410_panneau-explications-recyclage-deux-langues-tokyo-juillet-2012.jpg&quot; imageanchor=&quot;1&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; data-original-height=&quot;410&quot; data-original-width=&quot;640&quot; height=&quot;410&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj0QGBsCe0zNKpg0sHWzKwoIr3MzbyILuiLs7-I2rDSKiLBseJbd4aVIpQAazWpaBikR9A9D3giC_L0EdbYAJsJraPOqo8WxwYFhhJdC3AEGP3rvB0JaDpkAWKx3Qe2OyCQE16LX28Ps8Gi/s640/640x410_panneau-explications-recyclage-deux-langues-tokyo-juillet-2012.jpg&quot; width=&quot;640&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class=&quot;tr-caption&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;i&gt;Le tri sélectif dans le Japon moderne&lt;/i&gt;.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;
« Bientôt mon ambition se transféra, accompagnée des mêmes émotions sur les conducteurs de hana-densha –– ces tramways si joliment décorés par des fleurs les jours de fête –– ou bien encore sur les poinçonneurs du métro », p. 16-17.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;table align=&quot;center&quot; cellpadding=&quot;0&quot; cellspacing=&quot;0&quot; class=&quot;tr-caption-container&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto; text-align: center;&quot;&gt;&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgjSjtKoIUthTvBPZlAoL6Whf_zXv2lcvzZa97SmWjggn8uBrkMHdTfnUSzrP41bOpIQF501fuwsKivUTTL2XO5XqBVdTaS4Uaq-CjBbRy4MOiDNq5AbXB9TxiLuiYWWhBPL5RZEYWrj8kl/s1600/7905958224_0930800dcf_k.jpg&quot; imageanchor=&quot;1&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; data-original-height=&quot;460&quot; data-original-width=&quot;880&quot; height=&quot;208&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgjSjtKoIUthTvBPZlAoL6Whf_zXv2lcvzZa97SmWjggn8uBrkMHdTfnUSzrP41bOpIQF501fuwsKivUTTL2XO5XqBVdTaS4Uaq-CjBbRy4MOiDNq5AbXB9TxiLuiYWWhBPL5RZEYWrj8kl/s400/7905958224_0930800dcf_k.jpg&quot; width=&quot;400&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class=&quot;tr-caption&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;
&lt;b&gt;2) Le chevalier du livre d’images.&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;br /&gt;
Deuxième souvenir : Il a appris à lire et à écrire à l’âge de 5 ans. Son premier souvenir remonte donc à une image très précise avant de savoir lire, qu’il estime à ses 4 ans. C’est l’image d’un chevalier dont il tombe fou d’admiration. Sa servante (on voit le niveau social) lui apprend qu’il s’agit de Jeanne d’Arc, une femme, à sa plus grande déception et dégoût.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
Extrait p-19-20 :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« L’image représentait un chevalier monté sur un cheval blanc, l’épée levée. Le cheval, les naseaux flamboyants, piaffait, frappant le sol de ses jambes puissantes. Il y avait un magnifique écusson sur l’armure d’argent portée par le chevalier. Son beau visage se devinait derrière la visière et il brandissait son épée nue de façon terrifiante, sous le ciel bleu, affrontant, soit la mort, soit au moins quelque redoutable objet, doué d’un pouvoir maléfique. Je pensais qu’il allait être tué l’instant d’après : si je tourne vivement la page, je peux sûrement le voir tué. Sûrement il existe un moyen par lequel, avant qu’on s’en rende compte, les images d’un livre peuvent se transformer et devenir « l’instant d’après »…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(...)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On dirait un homme mais c’est une femme. Elle s’appelait Jeanne d’Arc. Il paraît qu’elle est allée à la guerre habillée en homme pour servir son pays.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Une femme… ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J’avais l’impression d’avoir reçu un coup de massue.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La personne dont je pensais qu’il était il était elle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si ce magnifique chevalier était une femme et non un homme, que restait-il ? (Aujourd’hui même j’éprouve une répugnance, profondément ancrée et difficile à expliquer, à l’égard des femmes habillées en costume masculin). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’était la première « revanche par la réalité » dont je faisais l’expérience et elle me semblait cruelle, en particulier à propos des délicieuses visions auxquelles je m’étais complu concernant sa mort. Dès ce jour, je n’accordai plus le moindre intérêt à ce livre d’images, je ne voulus même plus l’avoir entre les mains. Des années plus tard, je devais découvrir la glorification de la mort d’un beau chevalier dans un poème d’Oscar Wilde :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est beau ce chevalier qui gît frappé à mort&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parmi les joncs et les roseaux ».&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;table align=&quot;center&quot; cellpadding=&quot;0&quot; cellspacing=&quot;0&quot; class=&quot;tr-caption-container&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto; text-align: center;&quot;&gt;&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjMegP582P1LqWix5JoJJZGOMkSyHcUc2S6p5UsshHlOlNK-QCWzhuE5tj4GuS121EuLnoqt4pXWb5rgZyxXlvwJ30EbBL54AzMpXOi-1OI66J484foeHnHbUyDe1amInjjnCtGU9TpNbnN/s1600/Jeanne_d_Arc.jpg&quot; imageanchor=&quot;1&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; data-original-height=&quot;768&quot; data-original-width=&quot;508&quot; height=&quot;640&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjMegP582P1LqWix5JoJJZGOMkSyHcUc2S6p5UsshHlOlNK-QCWzhuE5tj4GuS121EuLnoqt4pXWb5rgZyxXlvwJ30EbBL54AzMpXOi-1OI66J484foeHnHbUyDe1amInjjnCtGU9TpNbnN/s640/Jeanne_d_Arc.jpg&quot; width=&quot;420&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class=&quot;tr-caption&quot;&gt;&lt;i&gt;Jeanne d&#39;Arc en &lt;a href=&quot;https://fr.vikidia.org/w/index.php?title=Armure_(%C3%A9quipement)&amp;amp;action=edit&amp;amp;redlink=1&quot;&gt;armure&lt;/a&gt; (&lt;a href=&quot;https://fr.vikidia.org/wiki/Miniature&quot;&gt;miniature&lt;/a&gt; du &lt;a href=&quot;https://fr.vikidia.org/wiki/XVe_si%C3%A8cle&quot;&gt;xve siècle&lt;/a&gt;). Portrait imaginaire et idéalisé&lt;/i&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;
&lt;div&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;div&gt;
N.B. : &amp;nbsp;Cf.&amp;nbsp;&lt;i&gt;Diadorim&lt;/i&gt;&amp;nbsp;de João Guimarães, 1956.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;separator&quot; style=&quot;clear: both; text-align: center;&quot;&gt;
&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgt4kFwA98IGuAfcves6Ws9aygK4IVkoA24jkZmz67ym5y0v03U52aSU3BCuMI-Bx3uEJ_zj_x6WyAp_eJ5pfjIHhnZhWyuCbjjjlRTWmm1rFeWP-JtDL-b46w-QPS2A58JZCUuEhICOMYE/s1600/madeleine-proust.png&quot; imageanchor=&quot;1&quot; style=&quot;margin-left: 1em; margin-right: 1em;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; data-original-height=&quot;300&quot; data-original-width=&quot;600&quot; height=&quot;200&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgt4kFwA98IGuAfcves6Ws9aygK4IVkoA24jkZmz67ym5y0v03U52aSU3BCuMI-Bx3uEJ_zj_x6WyAp_eJ5pfjIHhnZhWyuCbjjjlRTWmm1rFeWP-JtDL-b46w-QPS2A58JZCUuEhICOMYE/s400/madeleine-proust.png&quot; width=&quot;400&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;b&gt;*LA SAVEUR AMÈRE DE L&#39;ÂGE ADULTE OU L&#39;ANTI-MADELEINE DE PROUST&lt;/b&gt;&amp;nbsp;: &lt;b&gt;LA SÉRIOLE.&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En parlant de la grand-mère : «  (…) elle m’interdisait de manger les poissons à « peau bleue ». Mon régime était soigneusement limité : en fait de poisson, on me permettait seulement les espèces à chair blanche, telles que le flétan, le turbot ou le rouget. (…) Aussi fut-ce à l’occasion ce séjour que je mangeai mon premier poisson à peau bleue –– une sériole –– que je dévorai avec une intense satisfaction.  Sa saveur fine signifiait pour moi qu’on m’avait enfin accordé le premier de mes droits d’adulte, mais en même temps il laissait sur le bout de ma langue, un assez amer goût de malaise –– le malaise d’être devenu adulte. Encore aujourd’hui j’éprouve un sentiment de gêne à chaque fois que j’ai cette saveur dans la bouche. », p. 32. &amp;nbsp;&amp;lt; la sériole est l&#39;anti-madeleine de Proust, j&#39;adore (je cherche la mienne mais je ne vois pas. Quel est le goût qui m&#39;a fait comprendre que j&#39;étais devenue une adulte ? Je cherche dans mes souvenirs ! Et vous, avez-vous identifié le vôtre ?&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;separator&quot; style=&quot;clear: both; text-align: center;&quot;&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;table align=&quot;center&quot; cellpadding=&quot;0&quot; cellspacing=&quot;0&quot; class=&quot;tr-caption-container&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto; text-align: center;&quot;&gt;&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgVNAkxMDS_iuXGpduibbsuyq0-CzBWFqXIHVFsM6pGOBYbwrwzrw5t7VlC7nkz02H0kti-MhWHLSYPb9ChbzASzhoxgJpLgggorQ8DRcl0RP_AJnuQ2DEf3wrYBoe-vReNUJGFwSlj1Kea/s1600/1024px-Hiroshige_A_Shoal_of_Fishes_Fugu_Yellowtail.jpg&quot; imageanchor=&quot;1&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; data-original-height=&quot;684&quot; data-original-width=&quot;1024&quot; height=&quot;425&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgVNAkxMDS_iuXGpduibbsuyq0-CzBWFqXIHVFsM6pGOBYbwrwzrw5t7VlC7nkz02H0kti-MhWHLSYPb9ChbzASzhoxgJpLgggorQ8DRcl0RP_AJnuQ2DEf3wrYBoe-vReNUJGFwSlj1Kea/s640/1024px-Hiroshige_A_Shoal_of_Fishes_Fugu_Yellowtail.jpg&quot; width=&quot;640&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class=&quot;tr-caption&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/Estampe&quot;&gt;Estampe&lt;/a&gt; de &lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/Hiroshige&quot;&gt;Hiroshige&lt;/a&gt; datant de &lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/1832&quot;&gt;1832&lt;/a&gt;, représentant un Seriola quinqueradiata et un &lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/Fugu&quot;&gt;fugu&lt;/a&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;
&lt;div&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;separator&quot; style=&quot;clear: both; text-align: center;&quot;&gt;
&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEidDHtVAt7joTRUKyEY7YZMj55yF8TyAb-7dZZ0QtiIfHJYNgX3ycMLG0KMLM_YThkt624vzSy0ZDHugCziyfJh7i2bmng51VMmiKkIYQmvdtfJMrr_27jsukjGIpucsBtr9olP_IuzKhUV/s1600/%25C2%25A9Giorgio-Pesce-Atelier-Poisson_Marcel_Proust_1900corr_0.jpg&quot; imageanchor=&quot;1&quot; style=&quot;margin-left: 1em; margin-right: 1em;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; data-original-height=&quot;671&quot; data-original-width=&quot;1260&quot; height=&quot;339&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEidDHtVAt7joTRUKyEY7YZMj55yF8TyAb-7dZZ0QtiIfHJYNgX3ycMLG0KMLM_YThkt624vzSy0ZDHugCziyfJh7i2bmng51VMmiKkIYQmvdtfJMrr_27jsukjGIpucsBtr9olP_IuzKhUV/s640/%25C2%25A9Giorgio-Pesce-Atelier-Poisson_Marcel_Proust_1900corr_0.jpg&quot; width=&quot;640&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
« Comme les ennemis imaginaires susceptibles de vouloir m’enlever –– bref, mes parents –– étaient absents, ma grand-mère n’avait aucun scrupule à me laisser plus de latitude », p. 32.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Prise de conscience du déguisement, p. 33 : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Mon lit de paresse me manquait. Et dans cette maison, on exigeait tacitement de moi que je me conduise en garçon. A contrecoeur, j’avais dès lors adopté un déguisement. Vers cette époque, je commençait à comprendre vaguement le mécanisme d’un fait : ce que les gens considéraient comme une attitude de ma part était en réalité l’expression de mon besoin d’affirmer ma vraie nature et c’était précisément ce que je les gens considéraient mon moi véritable qui était un déguisement. C’était ce déguisement endossé de mauvaise grâce qui me faisait dire : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Jouons à la guerre».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
⇒ L’avant-dernière phrase n’est pas si simple à comprendre. J’ai pour seul repère Bruno M. mon ex-meilleur ami homosexuel qui me forçait à corriger sa démarche afin qu’il apparaisse sans cesse plus viril. Si je transpose son cas à Mishima, je comprends que cette volonté correspondait à dissimuler sa vraie nature homosexuelle mais aussi efféminée et en effet, j’ai mis un temps fou et illogique (puisque j’y ai contribué moi-même) que ma fierté d’avoir un ami homosexuel viril était complètement erronée puisqu’il s’agissait d’un déguisement. Mais ce n’est pas simple à comprendre. Pendant très longtemps, j’ai été homophobe envers les homosexuels efféminés, je le suis encore un peu, contre ma volonté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;3) San Sebastiano de Guido Reni, vers 1620.&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;table align=&quot;center&quot; cellpadding=&quot;0&quot; cellspacing=&quot;0&quot; class=&quot;tr-caption-container&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto; text-align: center;&quot;&gt;&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiPmHhNDo_tLsUulSGv2KDQDCs0q1d2mwiJdRndsHoH06caVriZcfhqWA7tw0xWuhNat0sdX0JYOeB-2rse8H_kq1bGQ3KQ8NvguHkSNtHS-ofwos9e87033aNaEPf0se4KPFkVvG5ooM7v/s1600/1478117605-san-sebastiano-guido-reni.jpg&quot; imageanchor=&quot;1&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; data-original-height=&quot;600&quot; data-original-width=&quot;453&quot; height=&quot;640&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiPmHhNDo_tLsUulSGv2KDQDCs0q1d2mwiJdRndsHoH06caVriZcfhqWA7tw0xWuhNat0sdX0JYOeB-2rse8H_kq1bGQ3KQ8NvguHkSNtHS-ofwos9e87033aNaEPf0se4KPFkVvG5ooM7v/s640/1478117605-san-sebastiano-guido-reni.jpg&quot; width=&quot;482&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class=&quot;tr-caption&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;b style=&quot;text-align: start;&quot;&gt;&lt;i&gt;San Sebastiano de Guido Reni, vers 1620&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&amp;nbsp;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;
&lt;table align=&quot;center&quot; cellpadding=&quot;0&quot; cellspacing=&quot;0&quot; class=&quot;tr-caption-container&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto; text-align: center;&quot;&gt;&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgjoQhqVLHsOa_TfZcXTKCPmSHcd3dSGi5U8cz8v1OVJkxM2yVv8XM_sq8yxP2gDQUXWaD_GnGb9cojPe160UbXok3ABRtK_LGiS_V4EsEj3Xal0oRCrkVDZxVULXZPWzR751VhmK4kcfBg/s1600/1478357212-saint-sebastian-guido-reni.jpg&quot; imageanchor=&quot;1&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; data-original-height=&quot;1374&quot; data-original-width=&quot;1000&quot; height=&quot;640&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgjoQhqVLHsOa_TfZcXTKCPmSHcd3dSGi5U8cz8v1OVJkxM2yVv8XM_sq8yxP2gDQUXWaD_GnGb9cojPe160UbXok3ABRtK_LGiS_V4EsEj3Xal0oRCrkVDZxVULXZPWzR751VhmK4kcfBg/s640/1478357212-saint-sebastian-guido-reni.jpg&quot; width=&quot;464&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class=&quot;tr-caption&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;b style=&quot;text-align: start;&quot;&gt;&lt;i&gt;San Sebastiano de Guido Reni, vers 1620&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;
&lt;div&gt;
&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;(Je préfère la carnation du deuxième mais je suppose que la couleur du premier est l&#39;originelle).&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;br /&gt;
Deuxième anecdote : Son père avait pour habitude de rapporter des livres d’art des pays européens où il voyageait (on voit le niveau social bis). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« (…) jusqu’à ce jour-là, je n’avais jamais imaginé qu’ils pussent être plus intéressants que les illustrations des romans d’aventures publiés en magazines. (…) C’était une reproduction du Saint-Sébastien de Guido Reni, qui fait partie des collections du Palazzo Rosso, à Gênes ».&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
Note : il existe plusieurs versions de ce tableau et nous en avons une au Louvre, appartenant à la collection de Louis XIV à laquelle ce tableau appartenait.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
S’ensuit une description minutieuse du tableau qui moi me laisse de marbre et me fait comprendre que l’homme, qu’il soit hétérosexuel ou homosexuel, éprouve un culte du corps que je n’ai pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bien sûr, j’apprécie aussi de regarder et de toucher un corps bien fait voire parfait !&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
Dans l’ordre chronologique : Ludovic G. l’ingénieur des Arts et métiers qui faisait du hockey de rue et de la natation, Christian K. l’Allemand de Bréhat avec ses tablettes de chocolat, qui était pentathlète, Otu E., le Nigérian britannique, lui aussi avec son pack, le mieux fait de tous génétiquement, qui faisait juste de la natation et dans une moindre mesure parce que trop sec pour moi qui suis ronde, mais tout en muscles, Cédric S. le prof d’EPS.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
Je me souviens même avoir écrit un mail à ma petite soeur (qui avait déjà rencontré son futur mari lors de sa première année de prépa en agro) pour la supplier de se taper un mec musclé avant de rester à vie avec le même gars, tellement c&#39;était expérience que je n&#39;avais jamais vécue de façon aussi chouette. Je pensais à Christian, l&#39;Allemand de Bréhat qui me tournayait dans les airs presque d&#39;une main : j&#39;exagère À PEINE.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
De plus, même si j’ai écrit un poème intitulé « Le Callipyge » en hommage aux fesses de Pierre à qui j’ai voué une obsession charnelle, même si j’ai fait le brouillon d’un poème à chaque partie de son corps (ou celui d’Aurélien, je ne sais plus, oui je sais c&#39;est grave mais il y a tellement prescription que...) : l’obsession pour le corps d’un tiers n’est précédée chez moi que par l’Amour, comme de nombreuses femmes conditionnées de cette façon et je ne m&#39;en plains pas.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
Les hommes les mieux gaulés que j&#39;ai eu le privilège de me taper avec concupiscence (il n&#39;y a pas d&#39;autre vocabulaire ni d&#39;autre registre possible), quand bien même je l&#39;ai fait avec respect et réciproquement, ne sont pas les hommes de ma vie que j’ai aimés de tout mon coeur, qui eux ne correspondaient pas aux canons de beauté, ni même ma Dulcinée Yossef E., certes bien fait de sa personne mais pas musclé pour un sou, contrairement à tous les autres cités précédemment.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
Ce que je veux dire, c&#39;est que ce genre de rencontre physique bouleverse les sens de façon très agréable certes, mais bouleverse-t-elle l&#39;âme ? Non. Pour cela, il faut aimer le contenu, indéniablement. Les homosexuels hommes, comme les hétéros finalement, sont obsédés par les bites, les tailles de bite, les formes de bite, etc. Moi pas du tout. Pour des raisons pragmatiques, je n&#39;aime ni les saucisses cocktails ni les baobabs. Mais il se trouve que l&#39;homme le plus aimé de ma vie avait une saucisse cocktail, que l&#39;homme que je regrette le plus pour des raisons sentimentales, avait un baobab et que l&#39;homme que j&#39;ai le plus idéalisé à mes dépens avait une bite de taille moyenne parfaite pour moi.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
De même, je ne pense pas que les lesbiennes soient obsédées par les chattes. Si ? Je suis persuadée que non. Ce que j&#39;essaye de démontrer c&#39;est que peu importe notre orientation sexuelle, les hommes et les femmes ne sont pas conditionnés de la même façon : les hommes sont davantage conditionnés à être focalisés sur le corps quand les femmes le sont sur l&#39;esprit.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;table align=&quot;center&quot; cellpadding=&quot;0&quot; cellspacing=&quot;0&quot; class=&quot;tr-caption-container&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto; text-align: center;&quot;&gt;&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiitXLYFPFURypzu9t27LsuqqNP74FrHewmysNTD_dR-0MyncYo0k9LGNyNfbbW64zXLNBfidwIpjcEarXWNtjve81-mx8YoJ9KatnG_SCOUA7jcX6i_Xyynq5Am6emuz97bxtBt9YmRk_1/s1600/171245.jpg&quot; imageanchor=&quot;1&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; data-original-height=&quot;325&quot; data-original-width=&quot;500&quot; height=&quot;416&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiitXLYFPFURypzu9t27LsuqqNP74FrHewmysNTD_dR-0MyncYo0k9LGNyNfbbW64zXLNBfidwIpjcEarXWNtjve81-mx8YoJ9KatnG_SCOUA7jcX6i_Xyynq5Am6emuz97bxtBt9YmRk_1/s640/171245.jpg&quot; width=&quot;640&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class=&quot;tr-caption&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;i&gt;Citation sexiste et certes simpliste de Baudelaire mais qui me parle malgré tout.&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;
&lt;div&gt;
&lt;br /&gt;
Je me souviens d’une phrase de Vincent D. à propos de sa compagne M-A qu’il aimait pourtant à l&#39;époque : « Il y a quelque chose qui me dérange pourtant, je ne suis pas fou de son corps ». Plus tard, il tombera fou amoureux d’une femme au corps parfait et à la tête bien faite, avec qui il aura des enfants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
N.B. Ce tableau le fascinera toute sa vie au point de le reproduire dans une œuvre photographique (réalisée par un artiste japonais) intitulée « L’Ordalie des Roses » (voir plus bas dans la sitographie).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;&lt;u&gt;II- ADOLESCENCE.&lt;/u&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1. Omi, l’ado rebelle plus âgé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;CHAUSSETTES VOYANTES. &lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Par exemple, il y avait la question des chaussettes. A cette époque l’action corrosive d’un système d’éducation qui visait à produire des soldats, avait déjà atteint notre école : le précepte énoncé par le général Enoki sur son lit de mort : Soyez simples et virils », avait été remis en honneur : et des objets tels que les cache-nez et les chaussettes de couleur voyante étaient tabous. En fait tous les cache-nez étaient ma vus et le règlement exigeait que les chaussettes fussent blanches et les chaussettes noires, ou du moins d’une couleur sérieuse. Seul Omi ne manquait jamais de porter des cachez-nez et des chaussettes à dessins agressifs&quot;, p. 55.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;table align=&quot;center&quot; cellpadding=&quot;0&quot; cellspacing=&quot;0&quot; class=&quot;tr-caption-container&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto; text-align: center;&quot;&gt;&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgvV89nmM6X4tIxe2dFI76zkS0LJWLy7BVz_dkv32snZGO8o3TNwC-bAj6W-prwNgQRCHrQwq2wDZKC-YGd5yT-LDjfKCd2aM8T1rHEs4jXayr6EsusGj6Rh0YQSgixKKxz9I-NXoaYIsgh/s1600/chaussettes-montagnes-nocturne.jpg&quot; imageanchor=&quot;1&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; data-original-height=&quot;452&quot; data-original-width=&quot;452&quot; height=&quot;320&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgvV89nmM6X4tIxe2dFI76zkS0LJWLy7BVz_dkv32snZGO8o3TNwC-bAj6W-prwNgQRCHrQwq2wDZKC-YGd5yT-LDjfKCd2aM8T1rHEs4jXayr6EsusGj6Rh0YQSgixKKxz9I-NXoaYIsgh/s320/chaussettes-montagnes-nocturne.jpg&quot; width=&quot;320&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class=&quot;tr-caption&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;Chaussette &quot;Nocturne&quot; de Bonne Maison.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;
&lt;div&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;table align=&quot;center&quot; cellpadding=&quot;0&quot; cellspacing=&quot;0&quot; class=&quot;tr-caption-container&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto; text-align: center;&quot;&gt;&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiK2jyXNMGf7X6KUh0-Z38pD__geJA4Op63fXYoyVEBdeSgWTJ90zWCi9WfSPFLTcgUs6-7BbXhcM3bRmsxZnne3o0mYJh_mUDy0h_YZElDQxOXSqGJm-SIJyzMJ_eFjxpz9yZRbDY0dr6j/s1600/chaussettes-artichaut-nude.jpg&quot; imageanchor=&quot;1&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; data-original-height=&quot;452&quot; data-original-width=&quot;452&quot; height=&quot;320&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiK2jyXNMGf7X6KUh0-Z38pD__geJA4Op63fXYoyVEBdeSgWTJ90zWCi9WfSPFLTcgUs6-7BbXhcM3bRmsxZnne3o0mYJh_mUDy0h_YZElDQxOXSqGJm-SIJyzMJ_eFjxpz9yZRbDY0dr6j/s320/chaussettes-artichaut-nude.jpg&quot; width=&quot;320&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class=&quot;tr-caption&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;Chaussette &quot;Artichaud Nude&quot; de Bonne Maison.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;
&lt;div&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;table align=&quot;center&quot; cellpadding=&quot;0&quot; cellspacing=&quot;0&quot; class=&quot;tr-caption-container&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto; text-align: center;&quot;&gt;&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjgjCO2xe4-D5Pi2jmX2lVFcvnO8328l1AeQZCIASSDeOgqapIQqVqBhfoxl2ykD24N-q0KrW_Y_uaJPUmMgu5YxsEoi778I2pm2HQNmpqR09ooUL09IC7sUOMrsDgC-4lK1hG_ltARHvJe/s1600/chaussettes-main-nuit.jpg&quot; imageanchor=&quot;1&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; data-original-height=&quot;452&quot; data-original-width=&quot;452&quot; height=&quot;320&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjgjCO2xe4-D5Pi2jmX2lVFcvnO8328l1AeQZCIASSDeOgqapIQqVqBhfoxl2ykD24N-q0KrW_Y_uaJPUmMgu5YxsEoi778I2pm2HQNmpqR09ooUL09IC7sUOMrsDgC-4lK1hG_ltARHvJe/s320/chaussettes-main-nuit.jpg&quot; width=&quot;320&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class=&quot;tr-caption&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;Chaussettes &quot;Main nuit&quot; de Bonne Maison.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;
&lt;div&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&quot;Ce garçon qui le premier osait braver les tabous faisait d’une étrange habileté pour décorer sa perversité du beau nom de révolte. (…)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme il arrive toujours, cependant, la révolte des masses aveugles n’allait pas au-delà d’une plate imitation. Espérant échapper aux dangers encourus et goûter aux seules joies de la révolte, nous n’imitions en rien l’audace dont Omi nous donnait l’exemple, sauf en ce qui concernait les chaussettes. », p. 55&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
Ce passage m’a confortée dans ma nouvelle lubie : les chaussettes originales. Ne me reste plus qu’à trouver le jean pour les mettre en valeur et ça, ce n’est pas gagné.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
LUBBIE 2019-2020 : Les chaussettes à motifs. Jusqu&#39;à présent, je n&#39;achetais que des chaussettes noires ou blanches par pragmatisme. Depuis peu, ma mélancolie grandissant, j&#39;ai ressenti le besoin d&#39;acheter des chaussettes à motifs. Ma marque préférée est Bonne Maison, une marque française, hélas trop chère pour moi : 20 euros la paire...Je me contente donc de les regarder et je me suis retenue pour ne pas mettre une dizaine de photos consécutives. Vivement les soldes... J&#39;ai dû me rabattre sur une marque britannique &quot;Thought&quot;, à base de bambou (ce qui est écologiquement discutable car si l&#39;arbre se reproduit facilement, la fibre de bambou nécessite trop de procédés chimiques qui nuisent à l&#39;environnement).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&quot;–– Pauvre type, je parie que tu ne sais même pas quel effet ça fait de porter des gants de peau. Tiens… !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je me jetai de côté. Un brutal sentiment charnel s’embrasa en moi, marquant mes joues. Je sentis que le dévisageais avec des yeux clairs comme le cristal…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès ce moment, je fus amoureux d’Omi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour moi, c’était le premier amour de ma vie. Et si l’on peut excuser une façon de parler aussi brutale, c’était de toute évidence un amour étroitement lié aux désirs de la chair », p. 62.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;*SOLITUDE ET ÂGE ADULTE&lt;/b&gt;.&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;« Et pourtant, au fond de moi, un instinct exigeait que recherchasse la solitude, que je demeurasse à part, comme quelque chose de différent. Cette obligation se manifestait sous la forme d’un malaise étrange et mystérieux. J’ai déjà raconté comment, pendant mon enfance, j’étais écrasé par un sentiment de malaise à la pensée de devenir adulte, et l’idée que je grandissais continuait de s’accompagner d’une étrange et déchirante inquiétude », p. 81.&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« En fait, la pensée que je pourrais un jour parvenir à la taille d’un adulte m’emplissait de crainte, je redoutais quelque terrible danger. &lt;b&gt;D’une part, mon indéfinissable sentiment de malaise favorisait ma propension à faire des rêves étrangers à toute réalité et d’autre part elle me poussait aux « mauvaises habitudes » qui m’amenaient à trouver un refuge dans ces rêves. L’inquiétude était mon excuse... », p. 82.&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;*SENTIMENT DE LAIDEUR.&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;« Dès lors, chaque fois que je prenais un bain, je restais longtemps debout devant le miroir à contempler le reflet disgracieux de mon corps nu. Nouvel exemple du vilain petit canard persuadé qu’il va devenir un cygne ; seulement, cette fois, ce conte de fée épique devait avoir un dénouement exactement contraire. Bien que mes épaules décharnées et mon étroite poitrine n’eussent pas la moindre ressemblance avec celles d’Omi, je les regardais attentivement dans le miroir et je voulais à toute force trouver des raisons de croire qu’un jour j’aurais une poitrine comme celle d’Omi, des épaules pareilles aux siennes. Malgré cela, un malaise, comme une mince pellicule de glace, se formait ça et là sur la surface de mon coeur. C’était plus qu’un malaise, c’était une sorte de conviction masochiste, une conviction aussi ferme que si elle eût été fondée sur une révélation divine, une conviction qui m’amenait à dire : « Jamais en ce monde, tu ne pourras ressembler à Omi », p. 83.&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;separator&quot; style=&quot;clear: both; text-align: center;&quot;&gt;
&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgSmnQtOu-YezJB5QPEPNRnwEbFkcoBmh0B5TeCBcZFqdonZh9lh9_zlvEYGCDdHKKfDNWTSDZ7O06_wcXTXy8poHJDzrDPmf4_gvTpBBdNGZjXhluW6hI4LG1NUNb1NM5dwzteUPuEYrZg/s1600/92174874_o.jpg&quot; imageanchor=&quot;1&quot; style=&quot;margin-left: 1em; margin-right: 1em;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; data-original-height=&quot;250&quot; data-original-width=&quot;333&quot; height=&quot;300&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgSmnQtOu-YezJB5QPEPNRnwEbFkcoBmh0B5TeCBcZFqdonZh9lh9_zlvEYGCDdHKKfDNWTSDZ7O06_wcXTXy8poHJDzrDPmf4_gvTpBBdNGZjXhluW6hI4LG1NUNb1NM5dwzteUPuEYrZg/s400/92174874_o.jpg&quot; width=&quot;400&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;
C’est exactement ce que je ressens en pensant à C.G. et GM., c’est dur à vivre quand ces meufs ont déjà tout et pas seulement le physique, c’est vraiment dur quand il ne reste aucune miette de bonheur à grignoter. La seule différence est que mon envie ne va pas jusqu&#39;à l&#39;amour.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;LA VAGUE, p. 86-87.&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;br /&gt;
« Les muscles des nuages étaient pâles comme l’albâtre », p.86.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Passage de la vague descriptif trop long. Je me suis juste dit qu’il pouvait illustrer la vague d’Okusai.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;table align=&quot;center&quot; cellpadding=&quot;0&quot; cellspacing=&quot;0&quot; class=&quot;tr-caption-container&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto; text-align: center;&quot;&gt;&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgOYEXK_XkY5QNA-ANHsDaWItPMKMvv-AvBreBjKHxlE3nHkSZ0ScH5OvSEZ9bY2Y-Qj0WiNX3uLBjRcrfA-WVIYSL58xzjQhyLKVqb7sEhbml0bdMm29JfqTaPJWtl8wdoGu6311rAjjxo/s1600/1024px-Katsushika_Hokusai_-_Thirty-Six_Views_of_Mount_Fuji-_The_Great_Wave_Off_the_Coast_of_Kanagawa_-_Google_Art_Project.jpg&quot; imageanchor=&quot;1&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; data-original-height=&quot;704&quot; data-original-width=&quot;1024&quot; height=&quot;440&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgOYEXK_XkY5QNA-ANHsDaWItPMKMvv-AvBreBjKHxlE3nHkSZ0ScH5OvSEZ9bY2Y-Qj0WiNX3uLBjRcrfA-WVIYSL58xzjQhyLKVqb7sEhbml0bdMm29JfqTaPJWtl8wdoGu6311rAjjxo/s640/1024px-Katsushika_Hokusai_-_Thirty-Six_Views_of_Mount_Fuji-_The_Great_Wave_Off_the_Coast_of_Kanagawa_-_Google_Art_Project.jpg&quot; width=&quot;640&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class=&quot;tr-caption&quot;&gt;&lt;i&gt;Katsushika Hokusai, The Great Wave Off the Coast of Kanagawa, Thirty-Six Views of Mount Fuji-&amp;nbsp;entre 1831 et 1833.&lt;/i&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;
&lt;div&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;« J’étais l’un de ces sauvages ravisseurs qui, ne sachant comment exprimer leur amour, tuent par erreur la personne qu’ils aiment. Je baisais les lèvres de ceux qui gisaient à terre, encore agité de mouvements spasmodiques. (Il imagine une planche avec plein de poignards) Il y avait une sorte d’usine d’exécutions, où des foreuses mécaniques, destinées à percer le coeur humain, fonctionnaient sans arrêt, après quoi le sang recueilli était sucré, mis en boîtes et vendu dans le commerce. Dans la tête de cet élève de l’école secondaire, d’innombrables victimes, les mains liées derrière le dos, étaient conduites au Colisée. », p. 93.&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J’adore l’idée du sang sucré mis en boîte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;« J’éprouvais le besoin de commencer à vivre. Commencer à vivre ma vraie vie ? Même si ce devrait être une simple mascarade et pas du tout ma vraie vie, le temps était venu où il me fallut prendre le départ et s’avancer en traînant lourdement mes pas », p. 99.&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;b&gt;Note perso : cette réflexion, il l&#39;a réalisée à l&#39;âge de 24 ans, l&#39;âge qu&#39;il avait lorsqu&#39;il a publié ce premier roman. Même si aussi incroyable soit-il, sa famille continuera de vivre dans le déni de son homosexualité en portant plainte contre un de ses anciens amants pour diffamation des années plus tard !!!&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;« Même dans mes conversations avec des amis, je me montrais souvent incapable de certaines associations d’idées, comme lors de l’incident concernant la mère de Katakura, et je faisais des réflexions qui leur semblaient tout à fait incohérentes. Mes amis résolvaient cette énigme à leur satisfaction en me considérant comme un poète ; j’avais entendu dire que les membres de la race d’hommes appelés poètes étaient invariablement rejetés par les femmes. Aussi, pour que ma conversation fût en harmonie avec celle de mes amis, je cultivais une capacité artificielle à faire les mêmes associations d’idées qu’eux », p. 109.&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2) Yakumo, le nouveau du lycée, 17 ans, p. 122. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;III- ÉTUDES.&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;« Comme je m’enthousiasme toujours pour les nouvelles choses, jusqu’au moment où leur nouveauté a disparu, &lt;/b&gt;j’avais l’air d’être un excellent élève d’allemand –– mais ce fut seulement pendant cette première année », p. 118.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
= L&#39;histoire de ma vie : la lassitude automatique après l&#39;émerveillement disproportionné...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;« Hirschfeld divise les invertis en deux catégories : les androphiles qui ne sont attirés que par les adultes et leséphébophiles, qui aiment les jeunes gens entre quatorze ans et vingt et un ans. (…) Dans la Grèce antique, un jeune homme était appelé éphèbe entre dix-huit ans et vingt ans, tandis qu’il recevait une instruction militaire ; le terme vient du mot grec qu’on retrouve dans nom d’Hébé, fille de Zeus et d’Héra, échanson des dieux de l’Olympe, épouse de l’immortel Hercule et symbole du printemps de la vie. », p. 121.&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;table align=&quot;center&quot; cellpadding=&quot;0&quot; cellspacing=&quot;0&quot; class=&quot;tr-caption-container&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto; text-align: center;&quot;&gt;&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjQrMfizVzslpUj4TmGCYkLwk-6lTR6q8Md-pJ3ujnqWT-lrZT6zJ0-2l7-LF5wZv7nYDUX-qL9w3bAyAr2_vH5lLNSKm9v1pfkrkZ589p8O0LN0B3C46nfsqvO3Z8d_fHrxj8vhiJCRpbe/s1600/Hebe.jpg&quot; imageanchor=&quot;1&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; data-original-height=&quot;500&quot; data-original-width=&quot;297&quot; height=&quot;640&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjQrMfizVzslpUj4TmGCYkLwk-6lTR6q8Md-pJ3ujnqWT-lrZT6zJ0-2l7-LF5wZv7nYDUX-qL9w3bAyAr2_vH5lLNSKm9v1pfkrkZ589p8O0LN0B3C46nfsqvO3Z8d_fHrxj8vhiJCRpbe/s640/Hebe.jpg&quot; width=&quot;379&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class=&quot;tr-caption&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;Hébé, vase antique.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;
&lt;table align=&quot;center&quot; cellpadding=&quot;0&quot; cellspacing=&quot;0&quot; class=&quot;tr-caption-container&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto; text-align: center;&quot;&gt;&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjWwU1uHy58OZgehFYG1ok2db59_hbfURaJHbWxSldZNULrCe5hsoC4xEffqL_vJHKXxH_GfvAALsEtajvXejqG9RbHtPtnNqYUVuNGSbNBuBzjd3JiOZ0tI-1Uj9q_M6d6-rk3UXOrMPMK/s1600/hebe_3.jpg&quot; imageanchor=&quot;1&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; data-original-height=&quot;1024&quot; data-original-width=&quot;445&quot; height=&quot;640&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjWwU1uHy58OZgehFYG1ok2db59_hbfURaJHbWxSldZNULrCe5hsoC4xEffqL_vJHKXxH_GfvAALsEtajvXejqG9RbHtPtnNqYUVuNGSbNBuBzjd3JiOZ0tI-1Uj9q_M6d6-rk3UXOrMPMK/s640/hebe_3.jpg&quot; width=&quot;276&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class=&quot;tr-caption&quot;&gt;&lt;i&gt;Hébé, &lt;/i&gt;de Bertel Thorvaldsen, 1806, Musée Thorvaldsen de Copenhague&lt;i&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;table align=&quot;center&quot; cellpadding=&quot;0&quot; cellspacing=&quot;0&quot; class=&quot;tr-caption-container&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto; text-align: center;&quot;&gt;&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiOSxpxOKWYuzvr8W4Ly7BoSmE8sQ416XIB_MKgchyphenhyphenbgraOEFkWRUYvnAncmGskHu0NRFU9dnf7BBDHYWdjxi-n_SIXwCFAyo0lXnL01PKVo106M-ATxFi8e1J3MU9xxrh1wXvqCDXy9v1z/s1600/Hebe+et+Heracles.xlsx_image047.png&quot; imageanchor=&quot;1&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; data-original-height=&quot;293&quot; data-original-width=&quot;583&quot; height=&quot;320&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiOSxpxOKWYuzvr8W4Ly7BoSmE8sQ416XIB_MKgchyphenhyphenbgraOEFkWRUYvnAncmGskHu0NRFU9dnf7BBDHYWdjxi-n_SIXwCFAyo0lXnL01PKVo106M-ATxFi8e1J3MU9xxrh1wXvqCDXy9v1z/s640/Hebe+et+Heracles.xlsx_image047.png&quot; width=&quot;640&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class=&quot;tr-caption&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;i&gt;Hébé et Héraclès&lt;/i&gt;, Jacques-Louis Dubois (belge), XIXème siècle.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;
&lt;div&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;b&gt;Pages sur Hébé&lt;/b&gt; :&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;a href=&quot;https://mythologica.fr/grec/hebe.htm&quot;&gt;https://mythologica.fr/grec/hebe.htm&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.cosmovisions.com/$Hebe.htm&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;http://www.cosmovisions.com/$Hebe.htm&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;br /&gt;
« J’en avais une peur extraordinaire et pourtant j’attendais en même temps la mort avec une sorte d’impatience, avec une espérance pleine de douceur. Comme je l’ai noté plusieurs fois, l’avenir était pour moi un lourd fardeau. Dès le début, la vie m’avait écrasé sous un pesant sentiment du devoir. Bien que je fusse de toute évidence incapable d’accomplir ce devoir, la vie me harcelait, me reprochait ce manquement. &lt;b&gt;C’est pourquoi j’aspirait à l’immense soulagement que sans aucun doute m’apporterait la mort si seulement, comme un lutteur, je pouvais arracher de mes épaules le lourd poids de la vie&lt;/b&gt;.», p. 125.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Note : la comparaison avec un lutteur ne me semble pas pertinente parce qu&#39;un lutteur lutte, précisément (alors que lui revendique une attitude attentiste face à la mort).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;« Ce que je voulais, c’était un suicide naturel, spontané. Je voulais une mort pareille à celle d’un renard, pas encore très astucieux, qui suit nonchalamment un sentier de montagne et se fait tuer par une balle de chasseur, à cause de sa stupidité... », p. 135.&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
Note : idem !!!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Introspection longue, torturée et ennuyeuse car n’arrive pas à discerner le vrai du faux chez lui-même : p. 149.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Très intéressant, le contexte de la guerre est très important et doit être pris en compte :&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;« Je me disais que même si ma maison avait été détruite par l’incendie en mon absence, même si ma mère, père, frère et sœur avaient tous été tués, c’eût été une excellente chose pour moi. A l’époque, une telle pensée ne semblait pas dénoter une insensibilité particulière. En ces temps-là, le pouvoir de notre imagination était appauvri par le fait que les évènements les plus fantastiques qu’on pût imaginer pouvaient en réalité se produite à tout instant, très naturellement. Il était beaucoup plus aisé d’imaginer l’anéantissement de toute sa famille, que de se représenter des choses qui appartenaient maintenant à un passé lointain, impossible, par exemple une rangée de bouteilles de boissons d’importation, dans une devanture de Ginza, ou la vue d’enseignes au néon clignotant dans le ciel nocturne au-dessus de Ginza. », p. 151.&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
Ginza : quartier chic de Tokyo, &quot;les Champs-Élysées japonais&quot;.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;b&gt;&lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/Ginza&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Ginza&lt;/a&gt;&lt;/b&gt;&lt;a href=&quot;https://www.vivrelejapon.com/ville-tokyo/ginza&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;https://www.vivrelejapon.com/ville-tokyo/ginza&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;a href=&quot;https://japon-fr.com/quartier-ginza-tokyo.htm&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;https://japon-fr.com/quartier-ginza-tokyo.htm&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;a href=&quot;http://japanization.org/15-choses-a-faire-sur-ginza-tokyo/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;http://japanization.org/15-choses-a-faire-sur-ginza-tokyo/&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« De plus, elles étaient humides et froides. &lt;br /&gt;
&lt;b&gt;Ses mains m’effrayaient comme le faisait toute réalité.&lt;/b&gt; Elles m’inspiraient une terreur instinctive. Ce que je craignais vraiment, c’était quelque chose en moi que ces mains impitoyables m’avaient révélé, quelque chose dont elles m’accusaient et pour quoi elle me condamnaient. J’avais peur de ne rien pouvoir leur cacher, peur toute supercherie fût vaine devant elles. Aussitôt, Sonoko prit pour moi une signification nouvelle –– &lt;b&gt;elle était ma seule armure, la seule cotte de mailles de ma fragile conscience dans sa lutte contre ces mains&lt;/b&gt;. A tort ou à raison, par des moyens bons ou mauvais, me dis-je, il faut absolument que tu l’aimes. Ce sentiment devenait, semblait-il, une obligation morale pour moi, enfouie encore plus profondément dans mon coeur que mon sentiment de culpabilité », p. 153.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
RE-CONTEXTE DE GUERRE à prendre en compte :&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;« Un homme qui mourait en essayant de sauver sa bien-aimée était tué non par les flammes, mais par sa bien-aimée ; et ce n’était nul autre que l’enfant qui assassinait sa propre mère quand elle s’efforçait de le sauver. La situation qu’ils avaient affrontée et contre laquelle ils avaient lutté –– une vie contre une vie –– était sans doute la plus universelle et la plus élémentaire que rencontre jamais l’humanité », p. 157.&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;« Quoi qu’il en fût, je n’avais pas le moins du monde l’impression d’être amoureux de cette fille si reposante », p. 160.&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;« C’est vrai, il peut exister en ce monde une chose telle que le mariage –– et aussi les enfants. Je me demande pourquoi j’ai oublié cela ou du moins fait semblant de l’oublier », p. 185.&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;b&gt;Note : moi aussi sauf que je sais pourquoi, je croyais que j&#39;allais écrire le roman de ma vie et ça ne s&#39;est jamais fait, c&#39;était ma priorité avant de fonder une famille. Aujourd&#39;hui, je m&#39;en mords les doigts.&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;« Un caractère romanesque est enclin à une subtile méfiance de l’intellectualisme, et ce fait le conduit souvent à l’action immorale appelée rêverie. Contrairement à ce que je croyais, la rêverie n’est pas un processus intellectuel, mais plutôt un moyen d’échapper à l’intellectualisme », p. 186. &lt;3 b=&quot;&quot; nbsp=&quot;&quot;&gt;&lt;/3&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;b&gt;Note : absolutely !!!&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
« Le lendemain nous retournâmes au même endroit, près du terrain de golf. Je remarquai un bouquet de fleurs sauvages que nous avons piétiné au moment de partir, des camomilles jaunes, vestiges de notre journée d’hier. Aujourd’hui, l’herbe était sèche », p. 192.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Quand nous nous reverrons, quelle sorte de cadeau m’apporterez-vous ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(…)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-&lt;b&gt; Je ne veux pas parler d’un cadeau qui ait une forme. &lt;/b&gt;», p. 193 (Sonoko fait allusion à une demande de mariage).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;&lt;u&gt;Son côté manipulateur typique d&#39;un pervers narcissique qui a de gros problèmes avec soi-même &lt;/u&gt;:&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;« A nouveau le mécanisme de la duperie avait commencé à fonctionner en moi, superficiellement, d’abord. Ce sentiment de bonheur n’était autre chose, en réalité que l’émotion qu’on éprouve en échappant à un grand danger, mais je l’interprétais, je me persuadais qu’il venait d’un sentiment de supériorité l’égard de Sonoko, de la certitude de détenir maintenant le pouvoir de la tourmenter », p. 195.&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;« Conformément à mon système d’autodisciplne, datant de mon enfance, je me disais sans cesse que mieux vaudrait mourir que devenir un être tiède, un être peu viril, un être qui ne connaît pas clairement ses goûts et ses haines, un être qui demande seulement à être aimé, sans savoir comment aimer », p. 196-197.&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;b&gt;Note : ABSOLUTELY !!!&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;
&lt;b&gt;« Mais j’avais délibérément pris l’habitude de fermer les yeux, fût-ce devant des hypothèses aussi évidentes, tout comme si je ne voulais pas manquer une seule occasion de me tourmenter...C’est là un expédient banal, souvent adopté par des personnes qui, privées de tout autre moyen d’évasion, se réfugient dans le havre sûr qui consiste à se considérer comme un personnage de tragédie », p. 197-198.&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;b&gt;Note : Mais tellement !&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Quand j’arrivai ce soir-là dans notre maison de banlieue, j’envisageai sérieusement le suicide, pour la première fois de ma vie. Mais à la réflexion cette idée me parut extrêmement ennuyeuse et je décidai, en fin de compte, que ce serait une affaire ridicule. &lt;b&gt;Par une disposition naturelle, je répugnais toujours à m’avouer vaincu&quot;, p. 201&lt;/b&gt;.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
Note : yep...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;« Je continuai fréquemment d’écrire à Sonoko, et tout en prenant soin de ne rien dire qui fût susceptible de pousser les choses plus loin, j’adoptai cependant un ton qui ne pouvait révéler aucun refroidissement de ma part. », p. 203 = CONNARD !&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;« Au lieu de cela, pour moi –– pour moi seul –– cela signifiait que des jours terribles commençaient. Cela signifiait que désormais, que je le voulusse ou non et en dépit de tout ce qui m’avait leurré et fait croire qu’un tel jour ne viendrait jamais, dès le lendemain il me faudrait commencer à mener « la vie quotidienne » d’un membre de la société humaine. Comme ces seuls mots me faisaient trembler ! », p. 211.&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;b&gt;Note : Exactement ce que je ressens à l&#39;approche de la fin du confinement, bref, du déconfinement. Ça m&#39;angoisse puissance 10 millions.&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;« Je ne faisais attention à rien et rien ne faisait attention à moi », p. 214.&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;b&gt;==&amp;gt; Faudrait que j&#39;en fasse une carte postale de cette citation !!!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Je pleurai à gros sanglots jusqu’à ce qu’enfin mes habituelles visions ruisselantes de sang vinssent me réconforter. Alors je m’abandonnai à elles, à ces visions d’une brutalité déplorable, mes plus intimes amies », p. 221&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;b&gt;Note : Cela explique pas mal le choix sanglant de sa mort (seppuku).&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;« &lt;/b&gt;Soudain, je fus saisi de cette douleur aigüe qui vient d’avoir fixé trop longtemps un même objet. &lt;b&gt;Cette douleur proclamait : « Tu n’es pas humain. Tu es un être incapable de rapports sociaux. Tu n’es qu’une créature inhumaine et en un sens étrangement pathétique. », p. 223.&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;b&gt;Note : So am I...&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;
&lt;b&gt;« (…) en réalité ce que j’apprenais, c’était la fatigue dévorante de la mollesse, de la dissipation, d’une paresse vraiment lamentable et d’un mode de vie qui ne connaissait pas de lendemain », p. 224.&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;b&gt;Note : my &quot;hygiène de vie&quot;...&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;
&lt;b&gt;« Pourquoi m’avait-elle pardonné ? Pouvait-il y avait une insulte plus grande qu’une telle magnanimité ? Mais peut-être, me dis-je, ma douleur pourrait elle être apaisée si j’étais insulté par elle sans équivoque une fois de plus, une fois seulement », p. 228.&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;b&gt;Note : C&#39;est exactement le conseil que l&#39;on donne aux victimes des pervers narcissiques, il faut leur montrer que leur comportement changeant qui joue avec nos sentiments, ne nous atteint nullement : ça les rend dingues...Je confirme que ça marche. Mais pour cela, il faut en être guéri, ne plus être sous emprise, réaliser sa connerie, sa brèche narcissique.&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;
&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;
&lt;b&gt;*LA CULTURE JAPONAISE (ET ASIATIQUE EN GÉNÉRAL) DU NON-DIT&amp;nbsp;&lt;/b&gt;: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;« Pendant un certain temps, nous poursuivîmes une conversation vide de sens, tournant indéfiniment autour des mêmes sujets et dépourvues de sincérité. Par moment, cette conversation n’être qu’un grand bond dans l’air vide. Elle nous donnait l’impression de surprendre un entretien entre deux étrangers. L’impression qu’on éprouve, à la frontière entre le sommeil et le rêve, quand les efforts impatients qu’on fait pour se rendormir et poursuivre un rêve agréable, ne servent qu’à vous mettre dans l’impossibilité de ressaisir ce rêve. Je découvrais que nos coeurs, comme infectés par un virus de caractère malin, étaient dévorés par le réveil tourmenté qui faisait imprudemment intrusion dans notre rêve, par le futile plaisir apporté par ce rêve vu au seuil de la conscience. Comme à un signal convenu, la maladie avait attaqué nos deux coeurs presque simultanément. Nous réagissions par un grand déploiement de gaieté. Comme si chacun de nous craignait ce que l’autre pourrait dire d’un instant à l’autre, nous accumulions les plaisanteries », p. 237.&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
Note personnelle :&amp;nbsp;Mishima était fan de la Princesse de Clèves de Madame de La Fayette : moi aussi ! &amp;nbsp;J’avais eu l’idée d’établir un parallèle avec &lt;i&gt;Moderato Cantabile &lt;/i&gt;de Duras sur le thème de « l’écriture en filigrane » ou la charge érotique de l’écriture du non-dit. J’adore ! C’est pour cela que je ne partage absolument pas les discours féministes contemporains qui consistent à nier l’excitation sensuelle du jeu non-verbal, le romantisme absolu du non-dit, le oui derrière le non, précisément !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;« Moi aussi j’étais encore loin de l’âge où l’on consent à accepter les choses telles qu’elles sont », p. 239.&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;b&gt;Note : autre carte postale à créer à partir de cette citation.&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
« Je devinais que dans cette confession inutile, due en partie à ce que Sonoko se grisait de ses propres paroles, elle abordait le paradoxe féminin consistant à vouloir dire le contraire de ce qu’elle disait, alors qu’inconsciemment elle aurait voulu dire ce qui ne devait pas être dit. », p. 240.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Je m’étais soudain rappelé un vers d’un poème que j’avais lu autrefois : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;Et toujours c’était une danse sans fin.&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J’avais oublié le reste. Ce devait être dans un poème d’André Salmon », p. 242.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
Louis-Ferdinand Céline dans le voyage, aborde aussi le thème de la danse en comparaison avec la vie. A retrouver ultérieurement.&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;b&gt;IL FAUT ABSOLUMENT LANCER CE CONCEPT EN FRANCE :&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;« La salle était bondée d’employés de bureau, qui venaient là chaque jour danser pendant une heure ou deux, allongeant l’heure de leur déjeuner pour prendre quelque plaisir », p. 242.&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« &lt;b&gt;Il me semblait assister à l’instant où mon existence était transformée en une sorte d’effroyable non-être &lt;/b&gt;», p. 245.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;LE STYLE DE MISHIMA.&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1) « &lt;b&gt;Sur le standard téléphonique de mes souvenirs&lt;/b&gt;, deux paires de gants ont croisé leurs fils –– ces gants de cuir d’Omi et une paire de gants de cérémonie blancs. Je ne parviens pas, semble-t-il, à décider quel souvenir est le vrai, lequel est inexact », p. 63.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
Note : en fait &quot;sur le standard téléphonique de mes souvenirs&quot; est à prendre au sens concret mais je ne sais pas pourquoi, je trouve que ça sonne incroyablement beau au sens abstrait, c&#39;est con.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LE PRINTEMPS.&lt;br /&gt;
2) &lt;b&gt;Vint un jour, à la fin du printemps&lt;/b&gt;, &lt;b&gt;un jour pareil à un échantillon de tissu coupé dans un morceau d’été,&lt;/b&gt; une sorte de répétition générale de la saison nouvelle. &lt;b&gt;C’était ce jour de l’année qui arrive, tel le représentant de l’été, pour inspecter le coffre à vêtements de chacun, et s’assurer que tout est prêt. Ce jour où les gens sortent en chemise d’été pour montrer qu’ils sont fin prêts &lt;/b&gt;», p. 75. J&#39;adore !!!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3) « Qu’il me suffise à dire, alors, que –– toujours à l’exception de cette unique différence honteuse dont je parle –– dans cette période terne de la vie d’un étudiant timide, j’étais exactement pareil aux autres garçons et que &lt;b&gt;j’avais juré une fidélité inconditionnelle au metteur en scène de la pièce appelée adolescence&lt;/b&gt;», p.121.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
Note : le drame de mon existence aussi...éternelle ado...&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;br /&gt;
4) « Je soulevai et abaissai l’épaule pour juger du poids de son sac. Il ne justifiait guère le sentiment qui s’implantait profondément dans mon coeur, un sentiment pareil à la mauvaise conscience d’un homme qui fuit la justice », p. 152.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5) «&lt;b&gt; J’avais pour ainsi dire accepté la « normalité », comme une sorte d’employé temporaire dans la corporation de mon corps &lt;/b&gt;», p. 177. &lt;3 div=&quot;&quot;&gt;&lt;/3&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div&gt;
Citation à transposer en carte postale, indéniablement !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6) « Et tout le temps que nous nous embrassions, je n’avais pensé qu’à Sonoko, exactement comme un garçon à qui l’on sert un entremets délicieux hors de chez lui et qui souhaite aussitôt pouvoir le partager avec sa petite sœur », p. 181. Quelle comparaison étranger, lol !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7) « &lt;b&gt;Désormais, ma dernière lueur d’espoir c’était de réussir à m’abuser moi-même. Une personne qui a été gravement blessée n’exige pas que les pansements d’urgence qui lui sauvent la vie soient propres. J’arrêtais mes hémorragies en recourant aux bandages de l’illusion, avec laquelle j’étais déjà familier et je ne pensai plus qu’à courir à l’hôpital.&lt;/b&gt; », p. 195&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
Magnifique !!!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8) « &lt;b&gt;Tout est fini, tout est fini ! » murmurai-je en moi-même. Mon chagrin ressemblait à celui d’un étudiant sans courage qui a raté un examen : j’ai commis une erreur, j’ai commis une erreur ! Tout simplement parce que je n’avais pas résolu ce x, tout a été faussé. Si j’avais résolu ce x au début, tout aurait bien marché. Si seulement j’avais employé des méthodes déductives, comme tout le monde, pour résoudre les mathématiques de la vie. Être à demi intelligent, c’était ce que je pouvais faire de pire. Moi seul, je m’étais appuyé sur la méthode inductive, et pour cette simple raison j’avais échoué &lt;/b&gt;», p. 200.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9) « &lt;b&gt;Mais une année s’écoula et nous nous éveillâmes. Nous découvrîmes que nous ne vivions plus dans une nursery, mais nous étions dans une demeure d’adultes où une porte, si elle ne s’ouvre plus qu’à demi, doit être promptement remise en état &lt;/b&gt;», p. 235.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;CONCLU PERSO&lt;/b&gt; :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Ce qu’il y a de terrible dans ce livre, c’est l’aspect très manipulateur du narrateur par rapport au monde qui l’entoure, afin de se protéger lui-même, certes, mais au point de ne jamais penser aux conséquences émotionnelles sur l’Autre ou très peu. C’est tout simplement de la perversion narcissique. Les passages à ce sujet sont innombrables mais je ne les ai pas tous relevés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
+ &lt;i&gt;Confession d’un masque&lt;/i&gt; de Yukio Mishima n’a été publié alors qu’il n’avait que 24 ans et lui a apporté la renommée au Japon. Rien que pour ça, il force le respect et inspire la jalousie. Quelle ne fut pas ma surprise en découvrant que son homosexualité réelle a été niée publiquement malgré ce livre pourtant très clairement autofictif et les suivants !&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;Un lexique marqué par le champ lexical du conformisme versus l&#39;anormalité.&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« (...) ce lourdaud de sous-officier était un ami intime d’Omi ou plutôt, semblait-il, &lt;b&gt;&lt;u&gt;son séide&lt;/u&gt;&lt;/b&gt; », p. 55.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;(sé-i-d&#39;)  Sectateur dévoué, fanatique, capable de commettre un crime par zèle religieux, etc.&lt;br /&gt;ÉTYMOLOGIE :&amp;nbsp;Séide, personnage de la tragédie de Mahomet par Voltaire ; il est dévoué au prophète jusqu&#39;au point de commettre un assassinat par son ordre.&lt;/b&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;separator&quot; style=&quot;clear: both; text-align: center;&quot;&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;separator&quot; style=&quot;clear: both; text-align: center;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;separator&quot; style=&quot;clear: both; text-align: center;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
Séide ne vient pas de l&#39;arabe seyid, seigneur, qui a donné cid, mais de Zeid, nom d&#39;un affranchi de Mahomet (DEFRÉMERY).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Des plantes vertes en guingois au-dessus du sol desséché où elles étaient enfoncées. Toutes les chaises à l’ombre du velum étaient occupées », p. 243.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;Guingois &lt;/b&gt;:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A. –&lt;b&gt;Ce qui n&#39;est pas droit&lt;/b&gt;, ce qui s&#39;écarte du cheminement normal. Il y a un guingois dans ce jardin. On a tâché de cacher le guingois de cette chambre par une cloison (Ac.).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
B. − Ligne qui ne va pas droit. Le cadre penchait forcément, dessinait des guingois sur la muraille (Huysmans, Sœurs Vatard,1879, p. 223).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
II. − Loc. &lt;b&gt;De guingois. Synon. de travers&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A. − Loc. adj. Une perspective de guingois (Zola, Œuvre,1886, p. 70).Les jonques ventrues tendant au vent de guingois, quatre voiles raides comme des pelles (Claudel, Connaiss. Est,1907, p. 98).Les façades des maisons sont encore droites. Un balcon de guingois arbore un tronçon de hampe, et une pancarte (Giono, Colline,1929, p. 97).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
B. − Loc. adv. Ses livres profanes, posés de guingois sur les tablettes (Huysmans, À rebours,1884, p. 235).Je me tiens un peu de guingois (Duhamel, Confess. min.,1920, p. 173).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
− &lt;b&gt;Au fig. Aller de guingois. Aller mal.&lt;/b&gt; Il est à sa maison de campagne et ne s&#39;occupe pas de nous. Aussi tout va de guingois (Hugo, Travaill. mer,1866, p. 203).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Prononc. et Orth. : [gε ̃gwa]. Att. ds Ac. dep. 1694. Ds Ac. 1694 : guinguois (cf. aussi Fér. 1768).  Étymol. et Hist. 1. 1440-42 de guingois « de travers » (Martin Le Franc, Le Champion des dames, ms. Arsenal 3121, fo144 c ds Gdf.Compl.); 2. 1694 subst. (Ac.).  Prob. dér. du rad. de ginguer, guinguer (cf. gigoter, étymol., ginguet et guinguette).  Fréq. abs. littér. : 40. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Source : CNRTL&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;Littré&lt;/b&gt; : Génev. de guinguoine ; picard, guingoin ; Berry, gimboize : ce soliveau est tout de gimboise, et aussi de gingois. &lt;b&gt;Étymologie incertaine. Lamonnoye le suppose dit pour guignois, du verbe guigner, regarder du coin de l&#39;œil. Diez le tire de l&#39;ancien scandinave kingr, flexion ; guingois aurait été dit, par assimilation avec l&#39;autre g, pour quingois ; cela est vraisemblable.&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Velum &amp;lt; voile, tissu en général blanc étendu pour faire de l’ombre au-dessus d’un espace sans toiture.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;table align=&quot;center&quot; cellpadding=&quot;0&quot; cellspacing=&quot;0&quot; class=&quot;tr-caption-container&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto; text-align: center;&quot;&gt;&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhH5iKd5pY-CWUQzMuAC_n07PVysO92Dz0f5sVzNR8CvSJYCV6kFudD_3BH2Lm8T2-0hpcajp_OPbd8yA0KKiQklkTfa-CezZI8X3y7sexHoFtYZvGr0w287PvDhNaYSm3BKuFb2OfQpTYa/s1600/store-velum-rectangle-triangle-ou-trapeze-en-accordeon-pour-verandas-oasis-008665385-product_maxi.jpg&quot; imageanchor=&quot;1&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; data-original-height=&quot;558&quot; data-original-width=&quot;555&quot; height=&quot;320&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhH5iKd5pY-CWUQzMuAC_n07PVysO92Dz0f5sVzNR8CvSJYCV6kFudD_3BH2Lm8T2-0hpcajp_OPbd8yA0KKiQklkTfa-CezZI8X3y7sexHoFtYZvGr0w287PvDhNaYSm3BKuFb2OfQpTYa/s320/store-velum-rectangle-triangle-ou-trapeze-en-accordeon-pour-verandas-oasis-008665385-product_maxi.jpg&quot; width=&quot;318&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class=&quot;tr-caption&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;i&gt;Exemple de velum (&amp;lt; voile en latin).&lt;/i&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;
&lt;div&gt;
Quelque part :&lt;b&gt; « compassé » : participe passé du verbe compasser.&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;Qui est réglé minutieusement, codifié, qui ne laisse aucune place à l&#39;imprévu.&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;Péj. [En parlant de la manière d&#39;être d&#39;une pers. ou, p. ext., d&#39;une pers.] Qui est mesuré, étudié, retenu dans de strictes limites, qui bannit toute spontanéité, toute vivacité. Air, attitude, gestes, manières, maintien, pas, démarche, ton compassé(&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div class=&quot;separator&quot; style=&quot;clear: both; text-align: center;&quot;&gt;
&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;b&gt;
e, s); personne compassée. &lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Style compassé (en litt., peint., mus.); portrait, prose compassé(e). Cette lettre (...), ce papier froid et compassé, cette écriture soignée (...) avec des points et des virgules! (Mérimée, Théâtre de Clara Gazul,1825, p. 336).La littérature compassée du siècle de Louis XIV (Nerval, Nouvelles et fantaisies,1855, p. 131).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;PARAD. a) Quasi-synon. affecté, apprêté, gourmé, guindé. b) Termes souvent associés froid, glacé; formel; cérémonieux, digne, grave, raide, sage, sérieux, solennel. c) Anton. animé, chaleureux, fougueux, libre, naturel, simple, spontané.&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;separator&quot; style=&quot;clear: both; text-align: center;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
Réflexion perso : je connais une personne d&#39;origine japonaise qui veut être différente de sa culture. Elle l&#39;est mais en même temps, elle reste tellement ce contre quoi elle lutte ! C&#39;est effrayant le poids de la culture sur l&#39;individu tout de même...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;SITOGRAPHIE&lt;/b&gt; :&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;separator&quot; style=&quot;clear: both; text-align: center;&quot;&gt;
&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEg-csIH8RXnrr4VPJNKTezRNrDUH_sOj_SEtZHkLo6WBiSj8qEOToFSCCU8Ff0N-IvFJdgkaFa6t3RKTwRP5udT9wISVI66QSjBFsXT_AftukBhWWjyiAhfDMFM1yKuXiJJjt2l41HGNoQe/s1600/201-849x1200.jpg&quot; imageanchor=&quot;1&quot; style=&quot;margin-left: 1em; margin-right: 1em;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; data-original-height=&quot;1200&quot; data-original-width=&quot;849&quot; height=&quot;640&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEg-csIH8RXnrr4VPJNKTezRNrDUH_sOj_SEtZHkLo6WBiSj8qEOToFSCCU8Ff0N-IvFJdgkaFa6t3RKTwRP5udT9wISVI66QSjBFsXT_AftukBhWWjyiAhfDMFM1yKuXiJJjt2l41HGNoQe/s640/201-849x1200.jpg&quot; width=&quot;452&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
« &lt;b&gt;Une ordalie est un jugement divin qui consiste à soumettre à l’homme une épreuve physique dont l’issue le destine coupable ou non&lt;/b&gt;.&quot; &lt;br /&gt;
&lt;div&gt;
&quot;La Bibliothèque municipale de Lyon possède la première et seule édition française de 1983 d’&lt;a href=&quot;https://catalogue.bm-lyon.fr/ark:/75584/pf0000422952.locale=fr&quot;&gt;Ordalie par les roses&lt;/a&gt;. Une rareté. Jusque dans les années 80, la photographie japonaise n’existe quasiment que dans la presse et l’édition. Le savoir-faire des artistes a fait émerger des livres qui figurent parmi les plus remarquables de l’histoire du livre de photographie. »&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
Source : &lt;a href=&quot;http://www.linflux.com/art/focale/ordalie-par-les-roses/&quot;&gt;http://www.linflux.com/art/focale/ordalie-par-les-roses/&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;table align=&quot;center&quot; cellpadding=&quot;0&quot; cellspacing=&quot;0&quot; class=&quot;tr-caption-container&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto; text-align: center;&quot;&gt;&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEis5x1K29gZVtPPGWRQJfhGpyms0T1NWEBkzIOxqKVY-tDVJr8ii4PtQTo28ykpBZDJjxslO2Dhp24g_wEx-h7tN7dA_7OTm13Wo5p6t88QfHAHDdAUU9ICP0iS7I9bsw_SIfOcxhpEb5ej/s1600/ob_4ab928_mouron-89m-rt.jpg&quot; imageanchor=&quot;1&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; data-original-height=&quot;1227&quot; data-original-width=&quot;1600&quot; height=&quot;490&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEis5x1K29gZVtPPGWRQJfhGpyms0T1NWEBkzIOxqKVY-tDVJr8ii4PtQTo28ykpBZDJjxslO2Dhp24g_wEx-h7tN7dA_7OTm13Wo5p6t88QfHAHDdAUU9ICP0iS7I9bsw_SIfOcxhpEb5ej/s640/ob_4ab928_mouron-89m-rt.jpg&quot; width=&quot;640&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class=&quot;tr-caption&quot;&gt;Mishima par Eikōh Hosoe, &lt;i&gt;L&#39;Ordalie des Roses&lt;/i&gt;, 1963.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;
&lt;table align=&quot;center&quot; cellpadding=&quot;0&quot; cellspacing=&quot;0&quot; class=&quot;tr-caption-container&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto; text-align: center;&quot;&gt;&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEi9HF34LdpOyha-mEPts65lAQ9T0b85dl9dGC39yIAQhS8RTKJM8Lbwx9rEmrHnJMoiof-vgJivVyc6h0v9dVag4QaAgSKZZ-ccTMD7Hly21C4hmr9dm2gRnzQ01i4yjFYdbmdDNZ6EjBdI/s1600/yukio-mishima-as-st-sebastian.jpg&quot; imageanchor=&quot;1&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; data-original-height=&quot;696&quot; data-original-width=&quot;700&quot; height=&quot;318&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEi9HF34LdpOyha-mEPts65lAQ9T0b85dl9dGC39yIAQhS8RTKJM8Lbwx9rEmrHnJMoiof-vgJivVyc6h0v9dVag4QaAgSKZZ-ccTMD7Hly21C4hmr9dm2gRnzQ01i4yjFYdbmdDNZ6EjBdI/s320/yukio-mishima-as-st-sebastian.jpg&quot; width=&quot;320&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class=&quot;tr-caption&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;Mishima en Saint-Sébastien par Eikōh Hosoe,&amp;nbsp;&lt;i&gt;L&#39;Ordalie des Roses&lt;/i&gt;, 1963.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;
&lt;div&gt;
&lt;b&gt;Tromperies et Manipulations&lt;/b&gt; :&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;separator&quot; style=&quot;clear: both; text-align: center;&quot;&gt;
&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjaVaALPMYyjZ0o3G0dx61di3S2cHi0CmKytbYz4nLazli0RTNcQ7q1vYaQr0iY20_fnFnzyCS6O86ztiEPgtAKwLEjAir78TseFM2lUaMrBsX5nJziEZnmrrrhAoa0qi06jAd91K8zz4RQ/s1600/i57383p53_786_Mishima3.jpg&quot; imageanchor=&quot;1&quot; style=&quot;margin-left: 1em; margin-right: 1em;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; data-original-height=&quot;225&quot; data-original-width=&quot;225&quot; height=&quot;640&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjaVaALPMYyjZ0o3G0dx61di3S2cHi0CmKytbYz4nLazli0RTNcQ7q1vYaQr0iY20_fnFnzyCS6O86ztiEPgtAKwLEjAir78TseFM2lUaMrBsX5nJziEZnmrrrhAoa0qi06jAd91K8zz4RQ/s640/i57383p53_786_Mishima3.jpg&quot; width=&quot;640&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://matdelamarre.e-monsite.com/pages/chapitre-7-mishima/tromperies-et-manipulations.html&quot;&gt;http://matdelamarre.e-monsite.com/pages/chapitre-7-mishima/tromperies-et-manipulations.html&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;La Mère dans le roman de Mishima&lt;/b&gt; : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&quot;Yukio Mishima est fortement attaché à sa mère Shizue. Pourtant, elle est très peu présente dans Confession d&#39;un masque. Depuis les débuts de son fils dans l’écriture, et peut-être parce qu’elle était restée impuissante face aux volontés de sa belle-mère, elle suit avec attention le travail de Mishima. Dans la biographie que John Nathan consacre à son ami, Shizue témoigne, à travers son affection, de la tristesse de Kimitake lorsque son père détruisait ses manuscrits. Toute sa vie, Mishima aura besoin de la protection et de l’amour de sa mère. Lorsqu’en 1948 il décide de quitter le Ministère des Finances contre la volonté de son père, c’est elle qui prendra sa défense. Dans Mort et vie de Mishima, Henry Scott-Stokes rapporte les propos d’une jeune femme à qui Mishima avait proposé le mariage, bien décidé à devenir hétérosexuel : “Je ne me voyais pas l’épouser car il était trop proche de sa mère. Elle était fort gentille avec moi, et rien ne clochait, mais je craignais de m’immiscer entre la mère et le fils après mon mariage. En outre, je n’étais pas sûre d’éprouver de la passion pour lui”. Dans Confession d&#39;un masque, le narrateur se presse devant sa mère pour lui demander s’il doit épouser Sonoko. Cette discussion si hésitante montre combien Mishima a besoin de sa mère et combien elle fait autorité sur son enfant: “Alors, quels sont tes véritables sentiments? L’aimes-tu ou non? -Bien sûr, je…eh bien…, murmurai-je. Moi, je n’avais pas pris la chose tellement au sérieux. C’était plutôt une manière de jeu. Ensuite, c’est elle qui l’a prise au sérieux et m’a mis dans la pétrin. -Alors, il n’y a pas de difficulté, n’est-ce pas? Plus tôt tu régleras la question, mieux cela vaudra pour vous deux. (...) “A propos de Sonoko, reprit-elle. Tu… elle… si tu as… eh bien…” Devinant à quoi elle faisait allusion, je me mis à rire et lui répondis: “Ne sois pas ridicule, Mère.” (Il me semblait n’avoir jamais ri aussi amèrement.) “Crois-tu vraiment que j’ai fait une chose pareille? As-tu si peu confiance en moi ?&quot; Si la mère représente la voie de la douceur et de la tendresse, la grand-mère, en revanche, représente l’autorité et la sévérité comme nous le verrons plus loin… Dans les romans de Mishima, la mère a une toute autre image. Bien sûr, un attachement charnel lie Noboru au corps de Fusako qui épie chaque soir, comme un rituel, le coucher de sa mère. Sinon, dans les autres romans, la figure maternelle est faible. Bien souvent, elle est veuve. Le héros doit alors la protéger. Yûichi, Senkitchi et Shinji travaillent pour faire vivre leur génitrice. Natsuko Nagai, la grand-mère de Mishima fait figure de mère. Elle élève l’enfant jusqu’à ses douze ans au premier étage de la maison de famille. Si elle représente l’autorité, il se crée néanmoins une fort relation d’intimité entre les deux personnes. Dans Confession d&#39;un masque, Mishima déclare: “A douze ans, j’avais une tendre amoureuse âgée de soixante ans”.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant, ainsi que le souligne Marguerite Yourcenar dans son essai, “c’est évidemment grâce au style et aux traditions de son aïeule que Mishima fait revivre dans le comte et la comtesse Ayakura de Neige de printemps une aristocratie déjà moribonde”. Tadeshina est la nourrice de Satoko Ayakura. Dans Neige de printemps, on apprend qu’elle fut naguère, dans une auberge sordide, la maîtresse d’un soir du comte Ayakura. Ayant gardé ce secret pendant plusieurs années, elle souhaite, dit-elle, mettre fin à ses jours. Mais, ce désespoir n’est que perfidie et mensonge qui se reflètent dans la fausse tentative avortée de la rebutante vieille femme. Elle se souvient de cette nuit où le propriétaire de l’auberge offrit au comte un rouleau sur lequel figuraient des images burlesques sinistres et vulgaires: “ Le dessin faisait apparaître les pénis des moines presque aussi longs que leurs possesseurs étaient grands, les proportions habituelles étant impropres, selon l’artiste, à exprimer le poids de leur concupiscence. Tandis qu’ils se jetaient sur la femme, leur visage à chacun était une étude comique du tourment ineffable et on les voyait tituber sous le fardeau de leurs érections. Après avoir subi une telle épreuve, le corps entier de la femme prenait une pâleur mortelle et elle trépassait. Son âme, en s’envolant, allait se réfugier dans les branches d’un saule agité par le vent. Et là, elle devenait un spectre assoiffé de vengeance, le visage dessiné à l’image d’une vulve. A partir de là, le parchemin perdait toute joyeuseté qu’il avait pu contenir, s’imprégnant d’effroyable tristesse. Non pas un seul, mais de multiples spectres, tous identiques, se jetaient sur les hommes, cheveux flottant en désordre, lèvres cramoisies, grandes ouvertes. Dans leur sauve-qui-peut panique, les hommes ne pouvaient tenir tête aux fantômes dont la troupe les enveloppait en rafale, arrachant leurs pénis et celui de l’abbé de leurs puissantes mâchoires. ”&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Mais, ce qui relie toutes ces femmes, c’est la moindre importance que Mishima leur accorde dès sa petite enfance. Rappelons-nous l’anecdote du vidangeur, la première image qui ait marqué la sensibilité de Kimitake, pour remarquer comme la figure féminine se retrouve évincer au profit du beau jeune homme: “Je ne sais si c’est ma mère, une bonne d’enfant, une servante ou une tante qui me tenait par la main.&quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Source : &lt;a href=&quot;http://matdelamarre.e-monsite.com/pages/chapitre-7-mishima/la-mere-dans-le-roman-de-mishima.html&quot;&gt;http://matdelamarre.e-monsite.com/pages/chapitre-7-mishima/la-mere-dans-le-roman-de-mishima.html&lt;/a&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
Merci à Mat de la Marre pour son partage d&#39;analyse même s&#39;il n&#39;a visiblement aucune envie de faire des paragraphes pour nous faciliter la lecture, je vous recommande son blog !&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
LE SUICIDE DE MISHIMA EST ABSOLUMENT FASCINANT, je vous suggère de faire vos propres recherches vous-même. En gros, il a voulu mobiliser les militaires japonais pour se rallier à l&#39;Empereur et faire dégager les forces américaines dans leur pays : aucun succès.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
Il s&#39;est suicidé juste après cet échec par seppuku (éventration) supposée être suivi par une décapitation mais son amant Morita, qui était une brêle en sabre et sans doute très ému, n&#39;a pas réussi, à plusieurs reprises, à le décapiter (on imagine la scène). C&#39;est finalement un ami qui le fera. Morita suit la voie de Mishima et les deux têtes décapitées jonchent le sol...&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
Photo qui précède la théâtralisation de son acte (la seule où je ne le trouve pas beau d&#39;ailleurs) :&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;separator&quot; style=&quot;clear: both; text-align: center;&quot;&gt;
&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhZkIT5-LLHjjbXDdwnTiaqSlW8e1LuUeD1i6miHZVBenIpAPSM6q1z941hp45BLFB7829aUH7LWBagtA2i8_mIhpJKw0FgSdUNwNsUj1kw9ekUh2F7ItIW06B0yqFbjrfjqRnHLlktKcGk/s1600/95827.jpg&quot; imageanchor=&quot;1&quot; style=&quot;margin-left: 1em; margin-right: 1em;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; data-original-height=&quot;300&quot; data-original-width=&quot;710&quot; height=&quot;270&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhZkIT5-LLHjjbXDdwnTiaqSlW8e1LuUeD1i6miHZVBenIpAPSM6q1z941hp45BLFB7829aUH7LWBagtA2i8_mIhpJKw0FgSdUNwNsUj1kw9ekUh2F7ItIW06B0yqFbjrfjqRnHLlktKcGk/s640/95827.jpg&quot; width=&quot;640&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
Je cherche le code d&#39;un abonné au Courrier international pour pouvoir lire cet article (svp !) :&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;a href=&quot;https://www.courrierinternational.com/article/2005/11/24/la-verite-sur-yukio-mishima-milicien-de-l-empereur&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;https://www.courrierinternational.com/article/2005/11/24/la-verite-sur-yukio-mishima-milicien-de-l-empereur&lt;/a&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
Idem pour cet article du Monde :&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;a href=&quot;https://www.lemonde.fr/archives/article/1995/11/26/le-suicide-mystere-de-yukio-mishima_3889331_1819218.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;https://www.lemonde.fr/archives/article/1995/11/26/le-suicide-mystere-de-yukio-mishima_3889331_1819218.html&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
Enfin, je vous livre mes créations de cartes postales à partir d&#39;estampes japonaises, sauf la première, à partir d&#39;une photo (que le photographe me pardonne, mes créations ne sont pas lucratives). Je les ai toutes réalisées durant le confinement, le samedi 25 avril 2020 et les ai finies à 23h moins le quart.&lt;br /&gt;
&lt;div class=&quot;separator&quot; style=&quot;clear: both; text-align: center;&quot;&gt;
&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEi3qmNKEFrM07M3eijkQjG4VIVlcqEV3ugtkPmHPGR57CljHhkkiNpZUnvehh1NkyKLYoAEFr_gSR3_76pUyFU1h7XmwUTBGD0M33lYs7OgPHXSjaozl7AKO4z_ug6S3lzj8OcokGxpTn0m/s1600/cadeau+vs+forme.jpg&quot; imageanchor=&quot;1&quot; style=&quot;margin-left: 1em; margin-right: 1em;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; data-original-height=&quot;800&quot; data-original-width=&quot;800&quot; height=&quot;640&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEi3qmNKEFrM07M3eijkQjG4VIVlcqEV3ugtkPmHPGR57CljHhkkiNpZUnvehh1NkyKLYoAEFr_gSR3_76pUyFU1h7XmwUTBGD0M33lYs7OgPHXSjaozl7AKO4z_ug6S3lzj8OcokGxpTn0m/s640/cadeau+vs+forme.jpg&quot; width=&quot;640&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
&lt;div class=&quot;separator&quot; style=&quot;clear: both; text-align: center;&quot;&gt;
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&lt;br /&gt;
&lt;div class=&quot;separator&quot; style=&quot;clear: both; text-align: center;&quot;&gt;
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&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;div class=&quot;separator&quot; style=&quot;clear: both; text-align: center;&quot;&gt;
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&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/feeds/6397259180883914082/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/2020/04/confession-dun-masque-yukio-mishima-1949.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3029239831143446776/posts/default/6397259180883914082'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3029239831143446776/posts/default/6397259180883914082'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/2020/04/confession-dun-masque-yukio-mishima-1949.html' title='CONFESSION D&#39;UN MASQUE, YUKIO MISHIMA, 1949.'/><author><name>Selbstdenken</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09200151202439051685</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" url="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgJqWYgh8_vPsVYB5E-_SPfX2Dr5bxw0v9VLavXd4M8hEATUgsFuFa3MLKNrkyjsHRZNZw2_uYPxTBU3bNpMwcCNAwvdwJIoPXbc_5mD3oDnl2_KOVxZ5EnOy-Baavvr7OjitLUJFnMEoE0/s72-c/41shVdybtEL._SX302_BO1%252C204%252C203%252C200_.jpg" height="72" width="72"/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3029239831143446776.post-7311975217760920094</id><published>2020-04-13T02:34:00.000+02:00</published><updated>2020-05-05T02:34:59.589+02:00</updated><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="Commandement y10 : Tu créeras."/><title type='text'>PRIÈRE DE PARDON AUX PANGOLINS, CAMILLE DE BELLEVILLE, FRANCE.</title><content type='html'>&lt;div dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;text-align: left;&quot; trbidi=&quot;on&quot;&gt;
&lt;table align=&quot;center&quot; cellpadding=&quot;0&quot; cellspacing=&quot;0&quot; class=&quot;tr-caption-container&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto; text-align: center;&quot;&gt;&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgX5kB_cXwSiegxk9I3KkgyR1FCNfbFl22FAYqziae5XbZTAyWNZi74gGcac-f9Jpu2ScwIrBsJEZXdrK6aiMmLjAR7YvSZQCOs3kHXksxHD0RhtDYNxi5kdTt5YPmhO4e1hyphenhyphenT54YwoerIS/s1600/Prie%25CC%2580re+de+Pardon+aux+Pangolins.png&quot; imageanchor=&quot;1&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; data-original-height=&quot;1080&quot; data-original-width=&quot;1080&quot; height=&quot;640&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgX5kB_cXwSiegxk9I3KkgyR1FCNfbFl22FAYqziae5XbZTAyWNZi74gGcac-f9Jpu2ScwIrBsJEZXdrK6aiMmLjAR7YvSZQCOs3kHXksxHD0RhtDYNxi5kdTt5YPmhO4e1hyphenhyphenT54YwoerIS/s640/Prie%25CC%2580re+de+Pardon+aux+Pangolins.png&quot; width=&quot;640&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class=&quot;tr-caption&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;i&gt;Camille de Belleville, le lundi 13 avril 2020, Paris.&lt;/i&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/feeds/7311975217760920094/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/2020/04/priere-de-pardon-aux-pangolins-camille_13.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3029239831143446776/posts/default/7311975217760920094'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3029239831143446776/posts/default/7311975217760920094'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/2020/04/priere-de-pardon-aux-pangolins-camille_13.html' title='PRIÈRE DE PARDON AUX PANGOLINS, CAMILLE DE BELLEVILLE, FRANCE.'/><author><name>Selbstdenken</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09200151202439051685</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" url="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgX5kB_cXwSiegxk9I3KkgyR1FCNfbFl22FAYqziae5XbZTAyWNZi74gGcac-f9Jpu2ScwIrBsJEZXdrK6aiMmLjAR7YvSZQCOs3kHXksxHD0RhtDYNxi5kdTt5YPmhO4e1hyphenhyphenT54YwoerIS/s72-c/Prie%25CC%2580re+de+Pardon+aux+Pangolins.png" height="72" width="72"/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3029239831143446776.post-7240537428058321568</id><published>2020-02-15T18:34:00.001+01:00</published><updated>2023-05-01T07:20:50.027+02:00</updated><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="Commandement 3 : Tu liras des romans classiques (français et étrangers)."/><title type='text'>LA LOGEUSE, FIODOR DOSTOIEVSKI, 1847.</title><content type='html'>&lt;div dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;text-align: left;&quot; trbidi=&quot;on&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm; text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-family: &amp;quot;liberation&amp;quot; serif , serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt;&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiS6bqGWEFWfHogJiRV7APJIHC8fvqwUISpqKc889Bv2NOrEgmKYp3lx02z_XJcO5lRBEgR1RhjLghg6P2qHyomwXh6uuBrdMQFjs3XNAKOOpOSrKX9ecEePnM-YPHelRQsd0J6QkEHWqgj/s1600/Unknown-3.jpeg&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; height=&quot;400&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiS6bqGWEFWfHogJiRV7APJIHC8fvqwUISpqKc889Bv2NOrEgmKYp3lx02z_XJcO5lRBEgR1RhjLghg6P2qHyomwXh6uuBrdMQFjs3XNAKOOpOSrKX9ecEePnM-YPHelRQsd0J6QkEHWqgj/s400/Unknown-3.jpeg&quot; width=&quot;266&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;span style=&quot;font-family: &amp;quot;liberation&amp;quot; serif , serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt;&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;
&lt;span style=&quot;font-family: &amp;quot;liberation&amp;quot; serif , serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt;&quot;&gt;&lt;b&gt;La logeuse, Dostoïevski, 1847.&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Lecture achevée le samedi 15 février 2020.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Chapitre 1&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
ORDINOV est le nom de notre antihéros, Vassili, son prénom. Moi qui ai nommé une de mes nouvelles Monsieur Moyen !&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« Il menait une existence monotone et solitaire.  »&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« Là, il avait aperçu un personnage tout chamarré de décorations et la tête couverte de cheveux gris : l’ami et le collègue du père d’Ordinov et le tuteur de celui-ci. Le vieillard lui remit une somme insignifiante, reliquat d’un héritage vendu aux enchères. Ordinov reçut cette somme avec indifférence, fit ses derniers adieux à son tuteur et sortit. – C’était un soir d’automne, morne et triste. Ordinov réfléchissait. Il se sentait le cœur plein d’une désolation sans cause, ses yeux brillaient de fièvre, et il avait des frissons sans cesse alternés de chaud et de froid. Il calculait qu’il pourrait, avec cette somme, vivre deux ou trois ans, quatre peut-être en faisant la part de la faim… Mais l’heure s’avançait, la pluie tombait ; il loua la première chambre venue et en une heure y fut installé. Ce fut pour lui une façon d’ermitage : il y vécut dans un isolement absolu. Deux ans après il était devenu tout à fait sauvage. »&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Note perso : remarquons que dès le début, l’évocation d’une mère est absente.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« Il était devenu sauvage sans s’en douter. Il ne se rendait point compte qu’il y eût une autre existence, extérieure, bruyante, mouvementée, toujours renouvelée et qui vous appelle sans cesse et fatalement vous reprend tôt ou tard. Il ne pouvait sans doute l’ignorer tout à fait, mais il ne savait rien d’elle et ne s’en était jamais soucié. Dès l’enfance il s’était fait un vague isolement intérieur : à cette heure, l’isolement s’était précisé, défini et fortifié par la plus profonde des passions, celle qui épuise toutes les forces vitales sans laisser à des êtres comme Ordinov aucune préoccupation de la banalité pratique de l’existence, cette passion entre toutes inassouvible : la science. Elle minait sa jeunesse comme un poison lent et comme une lente ivresse, détruisait son sommeil, le dégoûtait de la nourriture saine et même de l’air frais qui ne pénétrait jamais dans son étroite retraite. Et Ordinov, dans son exaltation, ne voulait point remarquer tout cela. Jeune, il ne rêvait, pour l’instant, nul autre bonheur que celui de contenter cette passion qui faisait de lui un enfant pour la conduite de la vie et le rendait incapable de se concilier la sympathie des gens et d’arriver parmi eux à quelque situation. Car la science, chez les habiles, est un capital ; mais la passion d’Ordinov était une arme qu’il tournait contre lui-même. »&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm; text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;
« C’était, d’ailleurs, plutôt une sorte d’enthousiasme hasardeux qu’un dessein raisonné d’apprendre et de savoir. Dès l’enfance il s’était fait une réputation de singularité. Il n’avait pas connu ses parents, son caractère étrange et « à part » lui attirait du fait de ses camarades de mauvais traitements et des brutalités. Ainsi délaissé, il devint morose, plus « à part » encore et peu à peu tout à fait exclusif. C’est dans de telles dispositions qu’il s’était laissé séduire par sa passion, et il s’y livrait solitairement, sans ordre ni système arrêté. Ce n’avait été jusqu’alors que la première fougue et la première fièvre d’un artiste. Mais en lui maintenant se dressait une idée, et il la contemplait avec amour, toute vague encore et confuse qu’elle fût. Il la voyait peu à peu prendre corps et s’éclairer : il lui semblait que cette apparence implorait une réalisation. Ce désir dévorait l’âme d’Ordinov, mais il ne sentait encore que trop peu nettement l’originalité de son idée, sa vérité et sa personnalité. La création se manifestait déjà, elle se limitait et se condensait, mais le terme était encore loin, très-loin peut-être : peut-être ne devait-il jamais venir !…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et il allait à travers les rues « comme un réfractaire, ou plutôt comme un ascète qui aurait brusquement quitté sa muette solitude pour entrer dans une ville agitée et retentissante. Tout était pour lui bizarre et nouveau, et (tant il était étranger à ces bruyantes foules, à ce monde en ébullition) il ne pouvait même pas s’étonner de son étonnement. Il ne remarquait pas davantage sa propre sauvagerie, pris au contraire d’une joie et d’une ivresse comparables à celles d’un affamé qui romprait un long jeûne. – N’était-il pourtant pas bien curieux qu’un changement de logement, un accident si mince, pût émouvoir et troubler un Pétersbourgeois, fût-il Ordinov ? – Il est vrai qu’il n’avait jamais eu l’occasion de sortir pour affaires. »&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm; text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« Il se complaisait de plus en plus en sa flânerie d’observateur.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Fidèle à ses habitudes d’esprit, il lisait dans les tableaux qui se déroulaient clairement en lui comme entre les lignes d’un livre. Tout l’intéressait, il ne perdait pas une impression. Avec ses yeux intérieurs il examinait les visages des passants, regardait attentivement la physionomie des choses, tout en écoutant avec sympathie le langage du peuple, comme s’il eût contrôlé les conclusions où l’avaient amené les calmes méditations de ses nuits solitaires. Souvent quelque futilité l’arrêtait, lui suggérant une idée, et pour la première fois il se dépitait de s’être ainsi retranché du monde dans une cellule. Tout ici, en lui comme en dehors de lui, allait plus vite ; son pouls battait largement et vivement ; son esprit, qu’avait comprimé la solitude, aiguisé maintenant, élevé par l’exaltation de l’activité, travaillait avec précision, calme et énergie. Maintenant il aurait voulu s’introduire dans cette vie qu’il ne connaissait pas encore ou, pour mieux dire, qu’il ne connaissait qu’en artiste. Son cœur battit involontairement dans une angoisse de sympathie universelle. Il se prit à considérer plus attentivement les gens qui le frôlaient : mais c’étaient des passants absorbés et inquiets !… et peu à peu son insouciance disparaissait, la réalité l’oppressait déjà, lui donnant une sorte d’horreur et en même temps d’estime pour la vie, et il commençait à se lasser de cette extraordinaire abondance d’impressions nouvelles, comme un malade qui fait ses premiers pas et qui tombe, ébloui par la clarté du jour, étourdi par l’effervescence de l’activité humaine, en vertiginé par le bruit et la variété de la foule qui s’agite autour de lui. Tout à coup il fut saisi d’une morne tristesse. Il en venait à douter de la direction de sa vie et même de son avenir. Une pensée encore acheva de le troubler : il revit tout son passé, isolé, sans échange d’affection… Quelques passants avec lesquels il avait d’abord essayé d’engager la conversation s’étaient détournés de lui avec un air brutal et étrange. On le prenait pour un fou, du moins pour quelque grand original, – en quoi l’on ne se trompait guère. Et Ordinov se rappela que sa confiance avait toujours été ainsi repoussée, et que pendant son enfance tout le monde le fuyait à cause de son entêtement et de son allure absorbée, que sa sympathie n’avait jamais su se révéler que par des dehors ambigus et pénibles, sans égalité morale. Ç’avait été la grande souffrance de son enfance de constater qu’il ne ressemblait pas à ses petits camarades. Et il était obsédé par le sentiment de cette incurable solitude.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Distraitement il s’échoua dans un endroit très excentrique. Après avoir dîné dans un restaurant médiocre, il reprit sa promenade errante. »&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« En proie à une angoisse profondément troublante et à une grandissante oppression, Ordinov s’accota au mur, dans un des coins les plus sombres, et s’oublia dans ses pensées. Le pas régulier et sourd de deux paroissiens le rappela à lui. Il les regarda, et une indéfinissable curiosité s’empara de son esprit. C’étaient un vieillard et une jeune femme. »« La femme pouvait avoir vingt ans. Une beauté merveilleuse ! Elle était vêtue d’une riche fourrure bleu clair ; un fichu en satin blanc couvrait sa tête et se nouait sous le menton. Elle marchait les yeux baissés, et une sorte de gravité réfléchie s’affirmait nettement et tristement dans les lignes douces et tendres de son visage d’enfant. Il y avait quelque chose d’étrange dans la soudaine apparition de ce couple. « Le vieillard s’arrêta au milieu de l’église et salua des quatre côtés, bien qu’il n’y eût plus personne. Sa compagne l’imita, puis il la prit par la main et la conduisit vers la grande image de la Vierge, patronne de l’église. Cette image étincelait, près de l’autel, d’un feu aveuglant qui se reflétait parmi l’or et les pierreries des ornements. Le bedeau salua avec déférence l’étranger, qui lui rendit légèrement son salut. Sa compagne tomba à genoux devant l’image ; le vieillard prit l’extrémité de la nappe d’église et lui en couvrit la tête. De sourds sanglots retentirent.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Intrigué par la solennité de cette scène, Ordinov en attendait impatiemment la fin. Deux minutes après, la femme releva la tête, et de nouveau son beau visage fut éclairé par la vive lumière de la lampe. Ordinov tressaillit et fit en avant deux pas. Elle avait déjà repris le bras du vieillard, et tous deux lentement se dirigeaient vers la porte. Les larmes brûlaient ses sombres yeux bleus dont les longs cils baissés tranchaient sur la blancheur laiteuse de son teint. Les larmes coulaient sur ses joues pâlies. Ses lèvres souriaient, mais son visage conservait les traces d’une terreur puérile et mystérieuse .Toute frémissante d’émotion, elle se serrait avec confiance contre le vieillard.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Agité, comme fouetté par une sensation inconnue, douce et excitante, Ordinov les suivit vivement, et, sur le parvis, passa devant eux. Le « vieillard lui adressa un regard hostile. Elle aussi le regarda, mais sans prendre garde à lui, comme enfouie dans ses pensées. Sans se rendre exactement compte des mobiles de son action, Ordinov continua à les suivre, de loin, dans l’ombre maintenant très-avancée du crépuscule. Le couple s’engagea dans une large et sale rue d’artisans, pleine de magasins de farines et d’auberges, et qui aboutissait aux remparts de la ville. De là, il tourna dans une ruelle étroite et longue, bordée de hautes barrières ; au bout se dressait le grand mur sombre d’une maison de quatre étages dont l’allée communiquait de cette ruelle à une autre. Ils approchaient tous trois de la maison, quand le vieillard se retourna et dévisagea Ordinov avec impatience. Le jeune homme s’arrêta, comme cloué sur place ; son entraînement lui parut à lui-même inconvenant. Le vieillard se retourna une fois encore, sans doute pour se convaincre que sa menace silencieuse avait produit son effet, puis, avec la jeune femme, pénétra dans la cour de la maison. Ordinov reprit le chemin de son logement.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« Il était de très-mauvaise humeur et se reprochait cette fatigante journée, gaspillée sans profit et qu’il avait terminée par une sottise, en prêtant à une circonstance plus que banale les couleurs d’une aventure.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« Malgré le mécontentement que lui avait causé, le matin de ce même jour, la constatation de sa sauvagerie, son esprit conservait l’habitude de fuir instinctivement tout ce qui pouvait le distraire ou l’émouvoir sans ébranlement utile pour la pensée. Et il se prit à songer tristement et avec une sorte de repentir à son vieux coin où il était si sûrement à l’abri de semblables accidents ; puis une angoisse s’empara de lui à la pensée des tracas d’un déménagement et de l’ennui d’être encore dans l’indécision à ce sujet. En même temps il se trouvait humilié de tant s’occuper d’une telle vétille. Enfin fourbu, incapable de lier deux idées, il remarqua avec surprise qu’il avait dépassé sa maison sans s’en apercevoir. Étourdi, hochant la tête en songeant à cette anormale distraction, il l’attribua à la fatigue, et, gravissant l’escalier, entra dans sa mansarde.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« aussitôt l’image de la jeune femme éplorée s’offrit très-nettement à son imagination. Si ardente et si forte fut cette impression, son cœur suivait avec une telle prédilection les doux et tendres traits de ce visage bouleversé par une terreur et un attendrissement mystérieux, baigné par des larmes d’exaltation ou de puéril repentir, que les yeux d’Ordinov se troublèrent et qu’il sentit un feu s’allumer dans ses veines. Mais l’apparition s’évanouit. Après le transport vint la réflexion, puis le dépit, puis une sorte de colère impuissante ; sans se déshabiller, il s’enveloppa dans sa couverture et se jeta sur son rude lit…&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« La matinée était avancée quand il s’éveilla, à la fois accablé et confus. Il fit rapidement sa toilette en s’efforçant de penser à ces soins quotidiens, et sortit, en prenant la direction opposée à celle qu’il avait prise la veille. Pour en finir, il choisit un logement chez un pauvre Allemand nommé Schpis, qui demeurait avec sa fille Tinchen. Schpis, aussitôt les arrhes reçues, ôta l’écriteau cloué à la porte et félicita Ordinov pour son amour de la science. Il lui promit de s’occuper lui-même de son service. Ordinov déclara qu’il emménagerait dans la soirée, puis il reprit le chemin de son ancienne chambre. Mais en route il réfléchit et tourna du côté opposé. L’audace lui revenait, et il sourit en lui-même de sa curiosité. La route, dans son impatience, lui parut très-longue. Il parvint enfin à l’église de la veille. On officiait. Il choisit une place d’où il pût voir tous les fidèles : mais ceux qu’il cherchait n’y étaient pas. Après une longue attente, il sortit, un peu honteux. Il s’entêta fortement à tâcher de fixer son esprit sur des sentiments indifférents pour changer le cours de ses pensées. Et comme il réfléchissait aux banalités de la vie, il vint à songer que c’était l’heure du dîner. Effectivement, il avait faim. Il entra donc dans le restaurant où il avait déjà dîné la veille : plus tard il ne se souvint pas comment il en était sorti. Longtemps et inconsciemment il erra à travers les rues, les ruelles pleines de gens et les places vides, et parvint à un endroit complètement désert, sans maisons et où s’étendaient des champs jaunissants. Le calme mortel du lieu, en lui donnant une sensation nouvelle ou dès longtemps oubliée, le rappela à lui. »&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« Ordinov s’en alla plus loin, plus loin encore. Mais enfin la solitude lui pesa. Il rentra dans la ville, et soudain il entendit les puissants accents de la cloche appelant à la prière du soir. Il doubla le pas, et bientôt il entra de nouveau dans l’église qui depuis un jour lui était si familière.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
L’inconnue s’y trouvait déjà.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« Elle était agenouillée près de l’entrée, dans la foule des fidèles. Ordinov se fraya un chemin à travers les rangs serrés des mendiants, des vieilles femmes déguenillées, des malades et des infirmes qui attendaient l’aumône à la porte, et s’agenouilla à côté de la jeune femme. Leurs vêtements se touchaient. Il entendait la respiration inégale qui s’échappait avec une ardente prière de ses lèvres entr’ouvertes. Ses traits, comme la veille, trahissaient une émotion et une piété infinies. Comme la veille, des larmes ne cessaient de couler et de se consumer sur les joues brûlantes, comme pour laver quelque terrible crime. L’endroit était sombre. Par instants seulement la flamme d’une lampe agitée par le vent éclairait d’une intermittente lueur le visage de l’inconnue dont chaque trait se gravait dans la mémoire d’Ordinov, dans son regard et dans son cœur. Enfin, n’y tenant plus, la poitrine convulsivement oppressée, il éclata en sanglots et heurta de sa tête en feu les dalles glacées. Il n’entendit, il ne sentit rien, sauf au cœur, comme s’il allait cesser de battre, un spasme très-douloureux.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Était-ce la solitude qui avait développé en lui cette extrême impressionnabilité et laissé ainsi ses sens sans défense, comme à découvert ? S’était-elle amassée, cette effervescence, dans l’angoisse des insomnies sans bruit et sans air ? Avait-il fallu tous ces efforts désordonnés et toutes ces impatientes émotions de l’esprit pour qu’enfin le cœur pût s’ouvrir, trouver une issue et prendre son élan ? Ou bien était-ce simplement que l’heure eût sonné et que les choses dussent s’accomplir ainsi, soudainement, comme dans un jour de chaleur étouffante le ciel s’obscurcit tout à coup, puis se décharge sur la terre altérée en pluie chaude qui suspend des perles aux branches vermeilles, et froisse l’herbe des champs, et courbe au ras du sol les corolles délicates des fleurs : mais au premier rayon du soleil tout renaît, tout se relève, tout s’élance au-devant de la lumière et solennellement lui envoie jusqu’au ciel, pour fêter cette renaissance, d’abondants et doux effluves de joie et de santé… Ordinov « ne pouvait se rendre compte de son état, il avait à peine conscience de lui-même… Il ne s’aperçut presque pas de la fin de l’office. Alors pourtant il se releva et suivit la jeune femme à travers la foule des paroissiens qui se portaient vers l’entrée. Il rencontra plus d’une fois son regard tranquille tout ensemble et étonné. Plus d’une fois arrêtée par les reflux de la foule, elle se retourna vers lui ; son étonnement s’accroissait visiblement, et tout à coup ses joues s’empourprèrent. Alors se montra le vieillard qui la prit par la main. Ordinov subit de nouveau le regard moqueur et menaçant, et une sorte d’étrange rancune lui serra le cœur, Mais bientôt il perdit de vue les deux inconnus, et, rassemblant toute son énergie dans un effort surnaturel, il s’élança en avant et sortit de l’église.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
L’air frais put à peine le rafraîchir. Sa respiration était difficile, il suffoquait. Son cœur battait lentement et fortement à lui rompre la poitrine. Il chercha en vain à retrouver ses inconnus : ni dans la rue ni dans la ruelle, personne. Mais en sa tête naissait une pensée et se formait un de ces plans décisifs et bizarres qui bien qu’insensés, réussissent toujours en de telles circonstances.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Le lendemain matin, à huit heures, il vint par la ruelle à la maison qu’habitaient le vieillard et la jeune femme, et entra dans une cour étroite, sale, infecte comme une fosse d’ordures. »&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« – Je cherche un logement, répondit Ordinov, d’un ton bref.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Lequel ? demanda le dvornik avec un sourire.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Il regardait Ordinov comme s’il eût été au courant de ses pensées.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Je cherche une sous-location, répondit encore Ordinov.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Sur cette cour-là il n’y en a pas, dit le dvornik en indiquant d’un regard malicieux une cour voisine.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Et ici ?&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Ici non plus.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Et le dvornik se remit à son travail.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Peut-être y en a-t-il tout de même, reprit Ordinov en lui glissant dans la main une pièce de vingt kopecks.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Le Tartare regarda Ordinov, prit la pièce, se remit de nouveau au travail et, après un silence, déclara :&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Non, il n’y a pas de logement.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« Mais le jeune homme ne l’écoutait plus. Il se dirigeait, en marchant sur les planches fléchissantes et à demi pourries qu’on avait jetées sur les flaques d’eau, vers l’unique entrée qui donnât sur cette cour noire, dégoûtante et croupie dans la boue. Au rez-de-chaussée vivait un pauvre fabricant de cercueils. Dépassant l’atelier de ce « garçon d’esprit », Ordinov s’engagea dans un escalier tournant, ruineux et glissant, et parvint à l’étage supérieur. En tâtonnant dans l’ombre, il trouva une porte épaisse en bois non équarri et couverte de nattes d’osier en loques. Il chercha le loquet et le tourna. Il ne s’était pas trompé : devant lui se tenait le vieillard qui le regardait fixement, au comble de la surprise.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Que veux-tu ? demanda-t-il d’une voix rude et basse.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Y a-t-il un logement ? murmura Ordinov sans savoir exactement ce qu’il disait : derrière les épaules du vieux il venait d’apercevoir la jeune femme.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Le vieillard, sans répondre, se mit à fermer la porte en poussant Ordinov dehors. Mais tout à coup Ordinov entendit la voix caressante de la jeune femme murmurer :&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Il y a une chambre.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Je n’ai besoin que de très-peu de place, dit Ordinov « en se hâtant de rentrer et en s’adressant à la belle.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Mais il s’arrêta, stupéfait, en regardant son futur logeur. Sous ses yeux se jouait un drame muet. Le vieillard était mortellement pâle, prêt à tomber inanimé. Il faisait peser sur la jeune femme un regard de plomb, immobile et perçant. Elle aussi pâlit d’abord, mais brusquement tout son sang lui monta au visage, et ses yeux brillèrent d’un étrange éclat.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Elle conduisit Ordinov dans la pièce voisine.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Tout le logement se composait d’une seule et vaste chambre divisée par deux cloisons en trois parties. Du vestibule on passait dans une très-petite pièce. En face, dans la cloison, s’ouvrait une porte qui menait évidemment à la chambre à louer. Elle était étroite, avec deux fenêtres basses très-rapprochées l’une de l’autre. Tout était embarrassé par les menus objets essentiels à un ménage. Tout était pauvre, mesquin, mais extrêmement propre. Une table en bois blanc, deux chaises vulgaires, deux bancs le long du mur formaient tout le mobilier. Dans un coin l’on avait mis une grande image pieuse ornée d’une couronne dorée et soutenue par une planche. Devant l’image brûlait une lampe. La chambre à louer partageait avec la  pièce voisine un grand et incommode poêle russe. Il était clair que « trois personnes ne pouvaient vivre dans un tel logement.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Ils discutèrent les conditions. Mais leurs voix étaient entrecoupées, ils se comprenaient à peine. Ordinov, à deux pas d’elle, entendait battre son cœur. Elle était tremblante, et à son émotion se mêlait une sorte de terreur. Enfin l’accord se fit. Le jeune homme déclara qu’il emménagerait aussitôt et revint au vieillard. Il se tenait encore près de la porte, debout et toujours très-pâle, mais un sourire calme, un sourire réfléchi s’était fait jour sur ses lèvres. En apercevant Ordinov, il fronça de nouveau le sourcil.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– As-tu un passeport ? lui demanda-t-il brusquement, d’une voix haute et dure, tout en ouvrant la porte.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Oui, répondit Ordinov un peu déconcerté.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Qui es-tu ?&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Vassili Ordinov, noble, sans emploi. Je m’occupe de certains travaux, répliqua Ordinov, sur le même ton que le vieillard.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Et moi aussi ; je suis Ilia Mourine, mechtchanine [2]. C’est assez, va-t’en.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Une heure plus tard, Ordinov était installé, à son propre étonnement, – et à celui de M. Schpis, qui commençait à soupçonner, avec sa douce Tinchen, que son locataire s’était moqué de lui. Ordinov ne comprenait guère comment tout cela avait pu arriver, mais il ne tenait pas à le comprendre.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Chapitre 2&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« Son cœur battait si fort que ses yeux se troublaient et sa tête tournait. Machinalement il entreprit de mettre ses affaires en ordre. Il dénoua le paquet de ses hardes ; puis il ouvrit sa malle de livres et voulut les ranger. Mais bientôt ce travail le lassa. À chaque instant s’offrait à ses yeux éblouis l’image de cette jeune femme dont l’apparition avait bouleversé son âme et vers qui tout son cœur se portait dans un irrésistible élan. Tant de bonheur désorientait sa pâle existence, ses pensées s’obscurcissaient ; il éprouvait comme une agonie d’incertitude et d’espérance.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Il prit son passe-port et le porta au logeur, espérant voir la jeune femme. Mais Mourine entr’ouvrit à peine la porte, prit le papier et dit :&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– C’est bien ; vis en paix. Et la porte se referma. « Ordinov resta un instant étonné. Sans s’expliquer pourquoi l’aspect de ce vieillard, au regard empreint de haine et de méchanceté, lui était pénible. Mais l’impression désagréable se dissipa bientôt. Depuis trois jours, Ordinov vivait dans un véritable tourbillon, qui contrastait singulièrement avec son ancienne tranquillité. Il ne pouvait ni ne voulait réfléchir. C’était une sorte de confusion. Il sentait sourdement que sa vie venait de se briser en deux parts. Maintenant il n’avait qu’un désir, qu’une passion, et nulle autre pensée ne pouvait le troubler.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Il rentra dans sa chambre et y trouva près du poêle où cuisait le dîner une petite vieille bossue, si sale et si déguenillée qu’il fut pris de compassion pour elle. Elle paraissait très-méchante. De temps à autre elle marmonnait, en remuant sa bouche édentée et son nez. C’était la domestique. Ordinov essaya de lui parler, mais elle se tut évidemment par malice. À l’heure du dîner, elle sortit du poêle des stchi [3], des pâtés, de la viande, et les porta chez ses maîtres, puis elle en apporta autant à Ordinov.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« Après le dîner, un silence complet régna dans la maison.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Ordinov prit un livre et le feuilleta, s’efforçant de comprendre et n’y parvenant pas malgré plusieurs lectures. Impatienté, il jeta le livre et de nouveau voulut mettre ses affaires en ordre. Enfin il prit son chapeau, son manteau, et sortit. Il allait au hasard, sans voir la route, tâchant de se recueillir, de concentrer quelques pensées éparses et de se rendre compte de sa situation. Mais cet effort ne réussit qu’à augmenter ses souffrances. Le froid et le chaud l’envahissaient alternativement, et il avait parfois de tels battements de cœur qu’il était obligé de s’appuyer au mur. « Non, mieux vaut la mort », pensait-il, « mieux vaut la mort », murmura-t-il de ses lèvres tremblantes et enflammées, sans songer à ce qu’il disait.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Il marcha très-longtemps. Enfin il s’aperçut qu’il était mouillé jusqu’aux os et remarqua pour la première fois que la pluie tombait à verse. Il retourna chez lui. Non loin de la maison il aperçut le dvornik et crut voir que le Tartare le regardait fixement et avec curiosité, puis fit mine de s’éloigner en voyant qu’Ordinov l’avait aperçu.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Bonsoir, lui dit Ordinov en l’atteignant. Comment « m’appelle dvornik, répondit l’autre en souriant.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Y a-t-il longtemps que tu es dvornik ici ?&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Longtemps.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Mon logeur est un mechtchanine ?&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Mechtchanine, s’il te l’a dit.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Que fait-il ?&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Il est malade, il vit, il prie Dieu.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– C’est sa femme ?…&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Quelle femme ?&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Celle qui habite avec lui.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Sa fa-a-me, s’il te l’a dit. Adieu, barine [4].&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Le Tartare toucha sa casquette et pénétra dans sa loge.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Ordinov rentra chez lui. La vieille, en marmonnant et en grognant toute seule, lui ouvrit la porte, la ferma au verrou et monta sur le poêle où elle achevait son siècle [5]. La nuit venait. Ordinov alla  « chercher de la lumière, mais la porte des logeurs était fermée à clef. Il appela la vieille qui, dressée sur son coude, le regardait fixement et paraissait inquiète de le voir près de cette serrure. Elle lui jeta sans rien dire un paquet d’allumettes, et il entra dans sa chambre. Pour la centième fois il essaya de mettre en ordre ses effets et ses livres. Mais bientôt, sans s’expliquer ce qui lui arrivait, il fut obligé de s’asseoir sur un banc et tomba dans un bizarre engourdissement. Par instants, il revenait à lui et se rendait compte que son sommeil n’était pas un sommeil, mais une torpeur maladive. Il entendit une porte s’ouvrir et comprit que les logeurs rentraient de la prière du soir. Il lui vint à l’esprit qu’il avait quelque chose à leur demander, il se leva et eut la sensation qu’il marchait, mais il fit un faux pas et tomba sur un tas de bois que la vieille avait jeté dans la chambre. Il resta là, inanimé, et quand il ouvrit les yeux, longtemps après, il s’étonna d’être couché sur le banc, tout habillé : sur lui, avec une tendre sollicitude, se penchait un visage de femme, un adorable visage tout humide de larmes douces et comme maternelles. Il sentit qu’on déposait un oreiller sous sa tête, qu’on le couvrait de quelque chose de chaud et qu’une main fraîche touchait son front brûlant. Il aurait voulu dire : Merci ! Il aurait voulu prendre cette main, la porter à ses lèvres arides, l’arroser de ses larmes et l’embrasser, l’embrasser toute une éternité ! Il aurait voulu dire bien des choses, mais il ne savait quoi. Surtout il aurait voulu mourir en cet instant. Ses mains étaient de plomb, il ne pouvait les mouvoir, il était inerte et entendait seulement son sang battre dans ses artères avec une extraordinaire violence. Il sentit encore qu’on lui mouillait les tempes… Enfin il s’évanouit.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Le soleil cinglait d’une gerbe de rayons d’or les carreaux de la chambre quand Ordinov s’éveilla, vers huit heures du matin. Une sensation délicieuse de calme, de repos, de bien-être, caressait ses membres. Puis il lui sembla que quelqu’un était naguère auprès de lui, et il acheva de s’éveiller en cherchant anxieusement cet être invisible. Il aurait  « tant voulu étreindre son amie et lui dire pour la première fois de la vie : « Salut à toi, mon amour ! »&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Mais que tu dors longtemps ! dit une légère voix de femme.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Ordinov tourna la tête, et le visage de sa belle logeuse se pencha vers lui avec un affable sourire, clair comme le jour.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Tu as été longtemps malade ! reprit-elle. Mais c’est assez, lève-toi. Pourquoi rester ainsi en prison ? La liberté est meilleure que le pain, plus belle que le soleil. Allons, lève-toi, mon mignon, lève-toi.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Ordinov saisit et serra fortement la main de la jeune fille. Il pensait rêver encore.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Attends, dit-elle, je vais te faire du thé. En veux-tu ? Prends-en, va, ça te fera du bien : je le sais, moi, j’ai été malade aussi.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Oui, donne-moi à boire, dit Ordinov d’une voix faible en se levant. Il était sans forces. Un frisson lui parcourut le dos ; tous ses membres étaient endoloris, comme rompus. Mais il avait le cœur en fête, et le soleil l’échauffait comme un feu de joie. Une vie nouvelle, puissante, inconnue, commençait pour lui. La tête lui tournait faiblement.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– On t’appelle Vassili, n’est-ce pas ? demanda « -t-elle. J’ai mal entendu, ou c’est le nom que le logeur te donnait hier.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Oui, Vassili, et toi ? dit Ordinov.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Il voulut s’approcher d’elle, mais il se soutenait à peine et chancela. Elle le retint par la main, en riant.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Moi, je m’appelle Catherine.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
De ses grands et clairs yeux bleus elle plongeait au fond du regard d’Ordinov. Tous deux se tenaient fortement les mains, sans plus parler.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Tu as quelque chose à me demander, dit-elle enfin.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Oui… Je ne sais, répondit Ordinov, et il eut un éblouissement.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Comme tu es, vois ! Assez, mon mignon, ne te chagrine pas. Mets-toi ici, au soleil, près de la table… Reste tranquille et ne me suis pas, ajouta-t-elle en le voyant faire un mouvement pour la retenir. Je vais revenir, tu auras tout le temps de me «  Je vais revenir, tu auras tout le temps de me voir.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Un instant après, elle apporta le thé, le posa sur la table et s’assit en face d’Ordinov.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Prends, dit-elle, bois. Eh bien ! as-tu toujours mal à la tête ?&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Non, maintenant, non… Je ne sais pas, peut-être ai-je mal… Mais je ne veux plus… J’en ai assez !… Ah ! je ne sais pas ce que j’ai, ajouta-t-il, suffoqué ; et reprenant la main de Catherine : Reste ici, ne t’éloigne pas. Donne, donne-moi tes mains… Tu m’éblouis, je te regarde comme un soleil ! s’écria-t-il comme arrachant ces mots de son cœur. Les sanglots lui serraient la gorge.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Mon pauvre ! Tu n’as probablement pas vécu avec de bonnes gens. Tu es seul, tout seul ? N’as-tu pas de parents ?&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Non, personne. Je suis seul… Mais ça m’est égal. Maintenant ça va mieux… Je suis bien, maintenant ! dit Ordinov avec le ton du délire.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Il lui semblait que la chambre tournait autour de lui.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Moi aussi j’ai longtemps vécu toute seule… Comme tu me regardes !… dit-elle après un silence. Eh bien… et après ? On dirait que mes yeux te brûlent ! Tu sais, quand on « aime quelqu’un… Moi, dès le premier moment je t’ai pris dans mon cœur. Si tu es malade, je te soignerai comme moi. Mais il ne faut plus être malade, non, Quand tu iras mieux, nous vivrons comme frère et sœur, veux-tu ? Une sœur, c’est difficile à trouver quand Dieu ne vous en a pas donné.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Qui es-tu ? D’où es-tu ? murmura Ordinov.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Je ne suis pas d’ici… De quoi t’occupes-tu ?… Tu sais ce conte : il y avait une fois douze frères dans une grande forêt. Une jolie fille s’y égara ; elle entra dans leur maison, y mit tout en ordre, y imprégna toutes choses de sa tendresse. À leur retour, les frères devinèrent qu’une sœur leur était venue, et ils l’appelèrent, et elle se montra. Tous l’appelèrent sœur et lui laissèrent sa chère liberté. Elle fut leur sœur et leur égale… Connaissais-tu ce conte ?&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Je le connais, dit Ordinov.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« – Il fait bon vivre. Est-ce que tu aimes la vie ?&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Oui ! oui ! s’écria Ordinov, longtemps, longtemps, tout un siècle de vie !&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Eh bien ! je ne sais pas, dit pensivement Catherine, moi, je voudrais mourir. C’est pourtant bon d’aimer la vie et les braves gens, oui… Regarde, te voilà redevenu blanc comme la farine !&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Oui, la tête me tourne…&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Attends, je vais t’apporter un matelas et un autre oreiller. Je te les mettrai là, tu t’endormiras en rêvant de moi, et le mal passera… Notre vieille bonne aussi est malade…&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Elle parlait tout en faisant le lit, et parfois elle regardait Ordinov et lui souriait par-dessus l’épaule.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;b&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;– Que de livres tu as ! dit-elle en soulevant la malle.&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;Elle vint au jeune homme, le prit par la main, le mena au lit et le couvrit d’une couverture.&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/b&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;b&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;– On dit que les livres corrompent l’homme, continua-t-elle en hochant la tête d’un air capable. Tu aimes lire dans les livres ?&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/b&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Oui, dit au hasard Ordinov, sans savoir s’il dormait ou s’il veillait, et en serrant fortement la main de Catherine pour s’assurer qu’il ne dormait pas.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Chez mon patron aussi il y a beaucoup de livres. Veux-tu « les voir ? Il dit que ce sont des livres de piété, et il m’y lit toujours. Je te les montrerai plus tard, et tu m’expliqueras ce qu’il m’y lit.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Parle-moi encore, murmura Ordinov en la regardant fixement.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Aimes-tu prier ? demanda-t-elle après un silence. Sais-tu, moi, j’ai toujours peur, j’ai peur…&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Elle n’acheva pas et parut s’abîmer dans une profonde rêverie. Ordinov porta sa main à ses lèvres.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Pourquoi baises-tu ma main ? dit-elle en rougissant. Eh bien ! prends, baise-les, continua-t-elle en riant et en lui donnant ses deux mains. Puis, en retirant une, elle la posa sur le front brûlant du jeune homme et se mit à lui lisser et à lui caresser les cheveux. Elle rougissait de plus en plus. Enfin elle s’assit par terre, près du lit, et colla sa joue à la joue d’Ordinov, lui caressant le visage de son haleine humide et tiède. Tout à coup il sentit des « larmes abondantes et brûlantes tomber comme du plomb fondu des yeux de la jeune fille sur ses joues. Il devenait de plus en plus faible, ses mains ne pouvaient plus se mouvoir. À ce moment on entendit heurter à la porte et le verrou grincer. Ordinov put encore se rendre compte de la présence du vieillard derrière la cloison. Il vit, assez nettement, Catherine se lever, sans hâte, sans embarras, et faire sur lui un signe de croix. Il venait de fermer les yeux quand un chaud et long baiser lui brûla les lèvres. Il ressentit comme un coup de couteau en plein cœur, poussa un gémissement et s’évanouit de nouveau.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Alors commença pour lui une vie étrange.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Parfois, dans une confuse conscience, il se voyait condamné à vivre dans une sorte d’inéluctable rêve, un singulier cauchemar de luttes stériles. Épouvanté, il essayait de réagir contre cette fatalité, mais dans le moment le plus désespéré d’une lutte acharnée, une puissance inconnue le terrassait de nouveau ; de nouveau il sentait qu’il perdait connaissance, de nouveau un abîme d’obscurité profonde, sans limites, sans rien devant lui, et il s’y précipitait en criant d’angoisse et de désespoir. « Parfois, au contraire, c’étaient des instants de bonheur qui dépassaient ses forces et l’anéantissaient. Alors son corps avait acquis une vivacité convulsive ; le passé s’éclairait, l’heure présente n’était que joie et victoire ; il rêvait éveillé un bonheur inouï. Qui a connu de tels instants ? une ineffable espérance vivifie l’âme comme une rosée, on voudrait pleurer de joie, et bien que l’organisme soit vaincu par tant de sensations extrêmes, bien qu’on sente le tissu de la vie se déchirer, on s’applaudit d’une régénération et d’une résurrection. Parfois encore il s’assoupissait, et revivait alors, tous ensemble, les événements des derniers jours : mais ce n’étaient que des apparitions étranges et problématiques. »&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Incohérence : il n’était pas censé avoir connu ses parents ou alors ils sont morts quand il était jeune. Apparition d’un vieillard imaginaire qui lui nuit : est-ce la mauvaise personne en lui, le mal, la mort ?&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« Mais, à d’autres heures, le souvenir lui revenait de ses années d’enfance. Il revivait ces années sans trouble et leurs joies sereines, et leur bonheur perpétuel, et ce premier étonnement – si doux ! – de la vie, alors qu’un essaim d’esprits bienfaisants sortait de chaque fleur qu’il cueillait, et jasait avec lui sur le pré luxuriant, devant la petite maisonnette nichée dans un bouquet d’acacias. Les doux esprits lui souriaient de l’extrémité du grand lac transparent au bord duquel il se plaisait à rester durant des heures entières, à écouter le bruit des vagues. Et c’étaient les esprits qui l’endormaient au frémissement de leurs ailes, dans des rêves colorés et riants, à l’heure où sa mère se penchait sur son petit lit, lui faisait au front le signe de la croix, l’embrassait et le berçait de chansons de nourrice durant les longues nuits paisibles. Mais voilà qu’apparaissait un être qui lui causait des terreurs au dessus de son âge et versait dans sa vie les premiers poisons du chagrin. Il sentait confusément que cet être, ce vieillard inconnu pèserait sur tout son avenir, et il le regardait en tremblant et ne pouvait détourner de lui ses yeux un seul instant. Ce maudit vieillard le poursuivait partout. Au jardin, il l’épiait et le saluait hypocritement en hochant la tête derrière chaque arbuste. À la maison, il se transformait en chacune des poupées de l’enfant, et riait, et le harcelait, grimaçant dans ses mains comme un méchant gnome. À l’école, il excitait contre lui ses camarades inhumains, ou bien, prenant place sur le banc, il lui apparaissait, blotti dans chacune des lettres de sa grammaire. Et pendant la nuit il s’asseyait à son chevet… Il chassait l’essaim des esprits bienfaisants qui jadis battaient de leurs ailes d’or et de saphir autour de la couchette. Il chassait aussi loin de l’enfant, et pour toujours, sa pauvre mère, et, durant des nuits interminables, il murmurait un conte fantastique, incompréhensible pour le pauvre petit, mais qui le déchirait et l’agitait de terreurs et de passions prématurées. Et sourd aux sanglots, sourd aux prières, le vieux continuait jusqu’à ce que jusqu’à ce que sa victime tombât dans une torpeur voisine de l’évanouissement… Tout à coup l’enfant se réveillait homme fait : des années avaient passé, il retombait brusquement dans sa situation actuelle, et brusquement il comprenait qu’il était seul et étranger dans le monde entier, seul parmi des gens mystérieux et sujets à caution, parmi des ennemis toujours réunis dans un coin de la chambre obscure, et chuchotant entre eux, et échangeant des signes d’intelligence avec la vieille accroupie auprès du feu, qui leur montrait du geste le malade et puis se remettait à chauffer ses mains ridées. »&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« Et la peur le prenait tandis que, dans les ténèbres, la vieille à tête blanche et tremblante accroupie devant le feu qui s’éteignait commençait « un long récit, à voix basse. Et à son immense terreur le conte prenait corps devant lui ; c’étaient des gestes, des visages, il revoyait tout, depuis les rêves confus de son enfance jusqu’à ses plus récentes pensées ; et toutes ses actions, et toutes ses lectures, et tout ce qu’il avait oublié dès longtemps ; tout s’anime, prend une apparence, atteint à des hauteurs vertigineuses et tourbillonne autour de lui. Il voit s’ouvrir devant ses yeux des jardins magiques et fastueux, naître et mourir des villes entières, des cimetières entiers lui envoyer leurs morts ressuscités, des races entières grandir et décroître, et chacune de ses pensées se matérialisait autour de son chevet de malade, chaque rêve prenait corps en naissant, de telle sorte qu’il n’avait plus d’idées spirituelles, mais des mondes physiques et des constructions tangibles d’idées. Et il se voyait lui-même perdu comme un grain de sable dans cet étrange univers, infranchissable, infini, et il sentait la vie peser de tout son poids sur son indépendance et le poursuivre sans trêve comme une éternelle ironie. Et il se voyait mourir et tomber en poussière sans espérance de résurrection pour l’éternité. Et il cherchait où s’enfuir, sans trouver un coin « pour se cacher dans cet abominable monde. Enfin, éperdu d’horreur, il réunit ses forces, jeta un cri et s’éveilla…&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Il s’éveilla baigné d’une sueur glaciale. Autour de lui régnait un silence de mort. La nuit était profonde. Mais il lui semblait que quelque part se continuait encore le merveilleux conte, qu’une voix enrouée ressassait l’interminable récit qu’il croyait reconnaître. Et cela parlait de forêt sombre, de brigands audacieux, d’un gaillard déterminé presque semblable à Stegnka Razine, et de joyeux compagnons, et de bourlakis [6], et d’une jolie fille, et de la mère Volga [7]. N’était-ce pas une illusion ? Entendait-il vraiment ? Une heure entière il resta ainsi aux écoutes, les yeux ouverts, immobile, dans une torpeur douloureuse. Enfin il s’assit avec précaution, et se réjouit de se sentir assez fort, d’une force que sa terrible maladie n’avait pas épuisée. Le délire avait cessé, la réalité recommençait. Il s’aperçut qu’il était encore vêtu comme lors de sa conversation avec Catherine et en conclut qu’il ne devait pas s’être écoulé beaucoup de temps depuis le matin où elle l’avait quitté. Une sorte de fièvre de volonté enflammait son sang. En tâtant le long du mur il trouva un grand clou fiché en haut de la cloison contre laquelle était rangé son lit, et s’y suspendant de tout le poids de son corps il se dressa et parvint avec peine jusqu’à une certaine fente qui filtrait dans la chambre une très faible lumière. Il appliqua un de ses yeux à cette fente et se mit à regarder en retenant sa respiration. »&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Il a quand même un ami (rencontré par hasard dans la rue un an auparavant) :&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« Ils prirent un cabinet particulier, Yaroslav Iliitch commanda une zakouska [9], de la vodka [10], puis s’assit et se mit à contempler Ordinov avec affection.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– J’ai beaucoup lu, commença-t-il d’une voix insinuante. J’ai lu tout Pouchkine.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Ordinov, toujours distrait, le regarda.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Quelle étonnante connaissance de la passion ! Mais avant tout permettez-moi de vous remercier. Vous m’avez fait tant de bien en me suggérant avec votre noblesse naturelle des pensées justes !…&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Vous exagérez.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Non pas ! non pas ! J’aime la justice, et je suis fier d’avoir au moins gardé ce sentiment.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Voyons, vous n’êtes pas juste pour vous-même ! Et quant à moi, ma foi…&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Non, c’est la vérité même ! répliqua chaleureusement Yaroslav Iliitch. Que suis-je en comparaison de vous, voyons ?&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Oh ! oh !…&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Mais si !&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Il y eut un silence. »&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
STEGNKA RAZINE : à plusieurs fois évoqué par Dostoïevski. :&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Stepan (Stenka) Timofeïevitch Razine (en &lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/Russe&quot;&gt;russe&lt;/a&gt; : Степан (Стенька) Тимофеевич Разин, en &lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/Ukrainien&quot;&gt;ukrainien&lt;/a&gt; : Степан Тимофійович Разін) (1630-1671) est un chef &lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/Cosaques&quot;&gt;cosaque&lt;/a&gt;, qui mena un soulèvement contre la noblesse et la bureaucratie tsariste dans le sud de la &lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/Russie&quot;&gt;Russie&lt;/a&gt;. (Wikipédia)&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Cosaque du Don qui dirigea le soulèvement des paysans et des populations de la &lt;a href=&quot;https://www.universalis.fr/encyclopedie/volga/&quot;&gt;Volga&lt;/a&gt;, notamment les Mordves, contre le gouvernement tsariste. Né dans le village de Zimoveïski sur le Don, d&#39;une famille aisée, Stenka Razine, homme pieux (il fit deux pèlerinages, en 1652 et 1661, au monastère Solovetski et à &lt;a href=&quot;https://www.universalis.fr/encyclopedie/moscou/&quot;&gt;Moscou&lt;/a&gt; en mémoire de son père), se destinait à une carrière diplomatique et militaire chez les &lt;a href=&quot;https://www.universalis.fr/encyclopedie/cosaques/&quot;&gt;Cosaques&lt;/a&gt; du Don : de 1660 à 1662, il fait partie des ambassades russes et cosaques qui cherchent à gagner l&#39;alliance des princes &lt;a href=&quot;https://www.universalis.fr/encyclopedie/kalmouks/&quot;&gt;kalmouks&lt;/a&gt; contre les Tatars de Crimée ; en 1663, grâce à cette alliance, il parvient à battre ces mêmes Tatars près de Perekop.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Toutefois, dès cette époque, il se rend compte de l&#39;attitude méprisante de l&#39;administration moscovite à l&#39;égard des Cosaques ; en 1665, le prince Iouri Dolgorouki, commandant en chef de l&#39;armée contre les Polonais, fait exécuter son frère Ivan. Dès lors, Razine éprouvera une haine farouche à l&#39;encontre du pouvoir tsariste et demeurera animé d&#39;un profond désir de vengeance. (Universalis).&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&quot;Stenka Razine, le Robin des Bois russe&quot;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Je recommande cette source pour en savoir plus : &lt;a href=&quot;http://www.revuemethode.org/m101817.html&quot;&gt;http://www.revuemethode.org/m101817.html&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
une zakouska est une mise en bouche, un hors-d’oeuvre, une entrée, etc.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;a href=&quot;https://oursmagazine.fr/gastronomie-russe/&quot;&gt;https://oursmagazine.fr/gastronomie-russe/&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« – Mais vous ne buvez pas, remarqua-t-il quand son émotion fut calmée.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Je ne puis, je suis malade.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Malade ? oui, en effet. Et depuis quand ? Voulez-vous que je vous indique un médecin qui vous guérirait ? Voulez-vous ? Je vais aller moi-même chez lui… Un très-habile homme…&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Yaroslav Iliitch prenait déjà son chapeau.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Merci, je n’aime pas à me soigner, et j’ai peur des médecins. »&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« – Voyez-vous, on dit que cet homme a été très-riche. Il était commerçant, comme vous l’avez sans doute entendu dire. Mais il a été ruiné. Pendant un orage plusieurs de ses barques chargées de marchandises ont coulé. Sa fabrique, confiée, je crois, à  « un de ses plus proches parents, a été incendiée, et ce parent a péri dans l’incendie. Convenez que voilà de terribles malheurs ! Alors, dit-on, Mourine est tombé dans un grand désespoir. On craignit pour sa raison, et, en effet, dans une querelle avec un autre marchand qui avait aussi des barques sur le Volga, il se montra tout à coup si bizarre que tout ce qu’il fit par la suite fut attribué à la folie. Avis que je partagerais volontiers. J’ai entendu parler avec détail de quelques-unes de ses singularités. Enfin il lui arriva un dernier malheur, une vraie fatalité qu’on ne peut expliquer que par l’influence maligne de la destinée.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Quoi donc ?&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– On dit que, dans une crise de folie, il a attenté à la vie d’un jeune marchand que jusqu’alors il affectionnait beaucoup. Il en fut si désolé quand il revint à lui qu’il était au moment de se donner la mort. Voilà du moins ce qu’on raconte. J’ai moins de renseignements sur ce qu’il fit ensuite. On croit cependant qu’il se soumit pendant de longues années à une pénitence religieuse… Mais qu’avez-vous, Vassili Mikhaïlovitch ? Mon récit vous fatigue…&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Non, non ! Au nom du ciel «  ! Continuez, continuez… Vous disiez qu’il a fait une pénitence religieuse. Mais il n’est pas seul…&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Je ne sais pas. On dit qu’il était seul. Du moins nul autre n’était mêlé à cette affaire. Du reste, à part cela, je ne sais plus rien, si ce n’est…&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Si ce n’est ?…&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Je sais seulement… c’est-à-dire… non, je n’ai plus rien à ajouter… Je voulais seulement vous prévenir que si vous trouviez en lui quelque chose d’extraordinaire, sortant du cours normal des choses, eh bien ! il faudrait penser que tout cela est une conséquence de ses nombreux malheurs.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Il est très-religieux, un vrai bigot.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Je ne pense pas, Vassili Mikhaïlovitch. Il a tant souffert ! Moi, je crois qu’il a bon cœur.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Il n’est plus fou, maintenant, n’est-ce pas ? Il est sain d’esprit.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Oh ! certes. Je puis vous le garantir, j’en jurerais, il a le plein usage de ses facultés. Seulement,« comme vous l’avez remarqué avec justesse, il est très-étrange et très-religieux. C’est même un homme fort intelligent. Il parle bien, avec franchise, avec adresse. Sa vie tourmentée est écrite sur son visage. Ah ! c’est un curieux homme, très-versé dans les livres.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Ne lit-il pas sans cesse des livres de piété ?&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Oui-da ! c’est un mystique.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Comment ?&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Oui, c’est un mystique. Je vous dis cela entre nous, et je puis même ajouter qu’on l’a sévèrement surveillé pendant un certain temps. Cet homme avait une influence redoutable sur ceux qui venaient le consulter. »&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Le vieux a un don de voyance :&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« – Je n’ose pas le croire, mais on dit que la prédiction se réalisa. Il a un don, voyez-vous, Vassili Mikhaïlovitch… Vous riez ? Je sais que vous êtes bien plus savant que moi, mais je crois en lui, ce n’est pas un charlatan. Pouchkine lui-même rapporte une histoire pareille… »&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« Eh quoi ! tout cela, n’était-ce pas un songe ?… Mais aussitôt toute la scène dernière entre elle et lui revint à sa mémoire, se rejoua devant son imagination, et il revit Catherine si triste, oh ! si triste ! il crut de nouveau sentir sur ses lèvres cette chaude haleine, – et ces baisers !…&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Il ferma les yeux et s’oublia dans une sorte de demi-sommeil…&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
… Une horloge sonna au loin. Il était tard. La nuit tombait…&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Tout à coup, dans son demi-sommeil, il lui sembla qu’elle se penchait encore sur lui, qu’elle le regardait avec ses yeux merveilleusement clairs, étincelants de larmes de joie, ses yeux doux et clairs comme la coupole azurée du ciel immense par une belle journée. Et tout son visage était si lumineux, son sourire brillait d’un bonheur si profond, elle se penchait avec un élan si enfantin et si amoureux à la fois sur les épaules d’Ordinov que, succombant à la joie, il poussa un gémissement. Elle lui parla, elle lui dit de tendres paroles, et il reconnut cette musique qui vibrait dans son cœur. Et il aspirait avidement l’air échauffé, électrisé par l’haleine de la jeune fille. Il tendit les bras, soupira, ouvrit les yeux…&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Elle était là, penchée sur lui, éplorée, frémissante d’émotion, pâle de terreur. Elle lui parlait, elle implorait de lui quelque chose, tantôt en joignant les mains, tantôt en le caressant de ses bras nus. Il la saisit, l’attira contre lui, et elle s’abattit toute frémissante sur sa poitrine. »&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Chapitre 4&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
«  Qu’as-tu ? qu’est-ce ? dit Ordinov, complètement revenu à lui et tenant toujours la jeune fille serrée dans une étroite étreinte. Qu’as-tu, Catherine ? Qu’as-tu, mon amour ?&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Elle sanglotait doucement, les yeux baissés, le visage caché dans la poitrine du jeune homme. Longtemps encore elle fut incapable de parler, toute secouée par un tremblement nerveux.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Je ne sais pas ! dit-elle enfin, suffoquée par les larmes, je ne sais pas, répéta-t-elle d’une voix à peine intelligible. Je ne me rappelle pas comment je suis entrée chez toi… – Et elle se blottit plus étroitement encore contre lui, et comme contrainte par une influence irrésistible, elle lui baisa les épaules, les mains et la poitrine, puis, terrassée par le désespoir, elle se laissa tomber à genoux, couvrit son visage de ses mains et appuya sa tête sur les genoux du jeune homme. »&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
«  Écoute, dit-elle en cessant brusquement de pleurer, je ne suis pas venue chez toi pour rien. Ce n’est pas pour rien qu’il m’était si pénible de rester seule… Ne pleure plus, ne pleure plus pour le chagrin des autres ! Garde tes larmes pour tes « jours noirs [14] », quand tu seras malheureux et seul, sans personne pour te consoler… Écoute : as-tu une liouba [15] ?&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Non… Je n’en avais pas… avant toi.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Avant moi ?… Tu m’appelles ta liouba, alors ?&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Sa physionomie exprimait le plus profond étonnement. Elle voulut parler, puis y renonça et baissa les yeux. Elle rougissait, ses yeux s’éclairaient plus étincelants à travers les larmes qui perlaient encore à ses cils. Avec une sorte de malice mêlée de honte elle jeta un coup d’œil sur Ordinov et aussitôt baissa de nouveau les yeux.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Non, ce n’est pas moi qui serai ta première liouba, dit-elle. Non, non, répéta-t-elle, pensive, tandis qu’un sourire entr’ouvrait ses lèvres. Non ! dit-elle encore en riant, cette fois, franchement, ce n’est pas moi, frère, qui serai ta lioubouschka.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Elle leva les yeux ; à sa gaieté soudaine avait succédé une mélancolie si désespérée, elle était de nouveau en proie à une telle agitation qu’une immense pitié, la pitié irraisonnée qu’excitent les malheurs inconnus, s’empara d’Ordinov, et il considéra Catherine avec une ineffable angoisse.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Écoute ce que je veux te dire, dit-elle en prenant dans ses mains celles du jeune homme et en s’efforçant de réprimer ses sanglots, écoute bien, écoute, ma joie ! Retiens ton cœur, aime-moi, mais autrement. Tu t’épargneras ainsi bien des malheurs, tu te sauveras d’un ennemi terrible, et tu auras une  « sœur au lieu d’une liouba. Je viendrai chez toi si tu veux, et je te caresserai, et je ne regretterai jamais de t’avoir connu. Sais-tu ? Depuis deux jours que tu es malade je ne t’ai pas quitté ! Prends-moi donc pour ta petite sœur. Ce n’est pas en vain que je t’ai appelé frère ! Ce n’est pas en vain que j’ai prié pour toi la Vierge en pleurant ! Tu ne trouveras jamais une sœur pareille. Ah ! une liouba ! puisque c’est une liouba que ton cœur demande… tu pourrais chercher dans le monde entier, tu ne trouverais pas une telle liouba. Et je t’aimerais toujours comme maintenant ; je t’aimerais parce que ton âme est pure, claire, transparente, parce que, dès le premier jour, j’ai compris que tu serais l’hôte de ma maison, l’hôte désiré ! (Et ce n’était pas inutilement que tu demandais à entrer chez nous !) que je t’aimerais parce que tes yeux, quand tu me regardes, sont aimants et disent ton cœur. Quand ils parlent, tes yeux, je sais tout ce qui se passe en toi. Et c’est pourquoi je voudrais te donner pour ton amour ma vie et la chère petite liberté [16], car il est doux « d’être même l’esclave de celui dont on a le cœur… Mais ma vie n’est plus à moi, et la chère petite liberté est perdue. Prends-moi pour ta sœur et sois mon frère. Que je puisse être près de ton cœur si de nouveau les chagrins et la maladie t’accablent. Seulement fais que je puisse venir sans honte et sans regret chez toi, et passer avec toi, comme aujourd’hui, toute la longue nuit… M’as-tu entendue ? m’as-tu ouvert ton cœur comme à une sœur ? m’as-tu comprise ?…&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Elle voulait parler encore, elle le regarda, mit une main sur l’épaule du jeune homme et enfin, épuisée, tomba sur sa poitrine. Sa voix mourut dans un sanglot passionné. Son sein s’agitait, son visage rayonnait comme l’étoile du soir.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Ma vie !… murmura Ordinov.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Sa vue se troublait, la respiration lui manquait.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Ma joie !…&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Il ne savait quel mot dire, il tremblait de voir son bonheur se dissiper en fumée ; il se croyait le jouet d’une hallucination, tout se troublait devant ses yeux.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« – Ma reine !… Je ne puis te comprendre, je ne sais plus ce que tu viens de me dire, mes idées se perdent, mon cœur me fait mal…&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Sa voix s’éteignit. Catherine se serra plus près de lui. Il se leva, et, accablé, brisé, épuisé, il tomba à genoux. Sa poitrine était soulevée par les sanglots, et sa voix, sortant droit de son cœur, tremblait comme une corde de violon, de toute la plénitude d’un transport inconnu, d’un transport et d’un bonheur inconnus !&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Qui es-tu, ma chérie ? d’où viens-tu, ma colombe ? disait-il en s’efforçant de retenir ses sanglots. De quel ciel as-tu volé dans le mien ? Il me semble vivre dans un songe, je ne puis croire à ton être… Mais ne me fais pas de reproches, laisse-moi parler, laisse-moi tout te dire, tout… Il y a longtemps que je voulais te parler !… Qui es-tu, qui es-tu, ma joie ?… Comment as-tu trouvé le chemin de mon cœur ? Y a-t-il longtemps que tu es ma sœur ?… Dis-moi toute ton histoire, comment tu as vécu jusqu’à cette heure, le nom de l’endroit où tu habitais, qui tu as d’abord aimé, quelles étaient tes joies et tes tristesses… Vivais-tu dans un pays chaud, sous un ciel pur ?… Qui aimais-tu ? qui t’aimait avant moi ? Vers qui pour la première fois ton âme a-t-elle crié ?… Avais-tu une mère ? Te caressait-elle quand tu étais petite fille ? Ou, comme les miens, tes premiers regards se sont-ils perdus dans un désert ? As-tu toujours vécu comme aujourd’hui ? Quelles étaient tes espérances ? quel avenir rêvais-tu ? Lesquels de tes désirs ont été réalisés et lesquels trompés ?… Dis-moi tout !… Pour qui ton cœur de jeune fille se troubla-t-il pour la première fois ? à qui l’as-tu donné ?… Et que faut-il donner pour l’obtenir ? Que faut-il donner pour t’avoir ?… Dis-moi, ma lioubouschka, ma lumière, ma petite sœur, dis-moi comment je pourrai arriver à toucher ton cœur !…&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Ici sa voix se brisa de nouveau, et il pencha son front. Mais quand il leva les yeux, une terreur muette le glaça subitement, et ses cheveux se hérissèrent sur sa tête.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Catherine était blême, immobile, les lèvres bleues comme celles d’une morte, le regard fixe et « voilé. Elle se leva lentement, fit deux pas, et avec un cri déchirant tomba devant l’image. Des paroles sans suite s’échappèrent de sa bouche, enfin elle s’évanouit. Ordinov, épouvanté, la releva et la porta sur son lit, et il resta près d’elle, interdit, ne sachant que faire. Un instant après, elle ouvrit les yeux, se souleva sur le lit, regarda autour d’elle, puis, saisissant la main d’Ordinov, elle l’attira à elle en s’efforçant de parler. Mais la voix lui manqua. Enfin elle éclata en sanglots. Ses larmes brûlaient la main d’Ordinov.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– J’ai mal, oh ! que j’ai mal ! bégaya-t-elle avec une peine infinie. Oh ! je vais mourir…&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Elle voulait parler encore, mais sa langue se roidit et ne put articuler un seul mot. Elle regarda avec désespoir Ordinov, qui ne la comprenait pas. Il s’approcha davantage et tâcha d’écouter… Enfin, il entendit qu’elle disait d’une voix basse, mais nette :&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Ensorcelée ! on m’a ensorcelée ! perdue !&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Ordinov leva la tête et considéra la jeune fille avec un étonnement farouche. Une pensée terrible lui traversa l’esprit et se traduisit sur son visage par un frémissement convulsif.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Oui, ensorcelée, continua-t-elle, le méchant homme m’a ensorcelée, lui, c’est lui qui m’a perdue«  !… Je lui ai vendu mon âme… Pourquoi donc, pourquoi m’as-tu rappelé ma mère ? Pourquoi me tourmenter, toi aussi ? Que Dieu te juge et te pardonne !&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Elle se remit à pleurer.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Il dit, – reprit-elle tout bas avec un accent mystérieux, – que quand il sera mort, il viendra chercher mon âme pécheresse… Je suis à lui, il m’a pris mon âme… et il me tourmente ! Il me lit dans les livres… Tiens, regarde, voici son livre ! voici son livre !… Il dit que j’ai commis un péché mortel… Regarde, regarde donc…&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Elle lui tendait un livre. Ordinov ne remarqua pas d’où elle le tirait, il le prit machinalement et l’ouvrit. C’était un volume comparable à ceux des vieux Raskolniki [17]. Mais il ne pouvait fixer son attention, le livre lui tomba des mains. Il étreignit doucement Catherine et s’efforça de la calmer.« – Allons, disait-il, on t’a fait peur, mais je suis auprès de toi maintenant, repose-toi de tout sur moi, ma sœur, mon amour, ma lumière.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Tu ne sais rien, rien ! – répondit-elle en crispant ses mains autour de celles d’Ordinov, – je suis toujours ainsi !… J’ai toujours peur… Et alors je vais chez lui. Parfois, pour me rassurer, il fait des incantations, parfois il prend son livre, le plus grand, et lit sur moi. Ce sont toujours des choses graves, terribles ! Je ne sais trop quoi, je ne comprends pas toujours, mais ma peur redouble. Il me semble que ce n’est pas lui qui parle, mais quelqu’un de méchant, qu’on implorerait en vain, que rien ne pourrait apaiser, et je me sens un poids, un poids sur le cœur !… Et je souffre plus alors, bien plus qu’auparavant !&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Ne va donc pas chez lui ! Pourquoi y vas-tu ?&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Et pourquoi suis-je venue chez toi ? Je ne le sais pas davantage… Il me dit : Prie ! prie ! Et je me lève, dans le noir de la nuit, et je prie longtemps, longtemps, des heures entières. Souvent je meurs de sommeil, mais la peur me tient éveillée, et alors il me semble«  qu’un orage s’amoncelle contre moi, qu’un malheur me menace, que les méchants veulent me tuer, et que les saints et les anges refusent de me défendre… et je me remets à prier, à prier, jusqu’à ce que l’image de la Madone me regarde avec miséricorde. Alors je vais me coucher, comme morte. Mais quelquefois je m’endors par terre, à genoux devant l’image, et quelquefois aussi c’est lui qui me réveille : il m’appelle, il me caresse, il me rassure, et je me sens mieux, je me sens forte auprès de lui et je ne crains plus le malheur. Car il a la puissance ! Il y a une vertu dans sa parole !&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Mais quel malheur peux-tu craindre ? Quel malheur ?&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Catherine pâlit encore. Ordinov crut voir un condamné à mort qui n’attend plus de grâce.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Moi ? je suis une fille maudite ! J’ai tué une âme ! Ma mère m’a maudite ! J’ai fait le malheur de ma propre mère !…&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Ordinov l’étreignit en silence. Elle se serra contre lui avec un tremblement convulsif.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« – Je l’ai enfouie dans la terre humide [18], reprit-elle en frissonnant aux visions de l’irrémissible passé. – Il y a longtemps que je veux parler. Mais il me le défend toujours ; il me supplie de me taire, et pourtant, par ses reproches, par ses colères, c’est lui-même quelquefois qui ranime toutes mes souffrances. C’est mon ennemi, mon bourreau. Et dans la nuit tout me revient, comme à présent… Écoute, écoute ! – Il y a longtemps déjà que tout cela est arrivé, il y a bien longtemps ! Je ne sais même plus quand, et pourtant je revois tout comme si c’était d’hier, comme un rêve de la veille qui m’aurait serré le cœur durant toute la nuit. Le chagrin abrège le temps… Mets-toi, mets-toi plus près de moi. Je te dirai tout mon malheur, et si tu peux m’absoudre, moi qu’une mère a maudite, je te donnerai ma vie.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Ordinov voulut l’interrompre, mais elle joignit les mains en lui demandant de l’écouter au nom de son amour, et, dominée par une toujours croissante inquiétude, elle se mit à parler. Ce fut un récit sans suite, le flux et le reflux d’une âme en tempête. Mais Ordinov comprit tout, car leurs vies s’étaient mêlées, et leurs malheurs ; et dans chacune des paroles de Catherine, il voyait, reconnaissait son propre ennemi. N’était-ce pas le vieillard de ses rêves d’enfant, – Ordinov le croyait, – qui tyrannisait cette pauvre âme de naïve jeune fille et la profanait avec une inépuisable méchanceté ?&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Toute l’histoire (registre fantastique) : Katerina, Katia a vendu son âme au vieillard qui a tué son père et lui a fait tuer sa mère (selon elle) et elle lui appartient depuis.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« Mon plus grand chagrin, celui qui me rend l’âme amère, c’est que je suis l’esclave enchantée de ma honte, c’est que j’aime mon opprobre, c’est que je me complais comme en un bonheur au souvenir de mon déshonneur ! Voilà ma misère ! Mon cœur est sans force et sans colère contre mon péché… »&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
«  Lioubouchska, sœur, me dit-il après avoir échangé avec moi quelques paroles, je suis Alioscha, ton fiancé. Te souviens-tu que les vieillards nous ont fiancés quand nous étions encore enfants ? M’as-tu oublié ? Rappelle-toi, je suis de ton pays…&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Et que dit-on de moi dans notre pays ?&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Alioscha sourit.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– On raconte que tu te conduis mal, me répondit-il, que tu as oublié ta vertu de jeune fille et que tu vis avec un brigand, un preneur d’âmes.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Et toi, que dis-tu de moi ?&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Il tressaillit.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Je ne disais rien de bon, je ne disais rien de bon… Mais je me tais depuis que je te vois. Ah ! tu m’as perdu ! Achète-moi donc, toi aussi, mon âme, prends-la, prends mon cœur, belle fille, joue-toi de mon amour. Je suis orphelin, maintenant, je suis mon maître, mon âme n’appartient qu’à moi. Je n’ai pas fait comme une certaine fille qui a tué en elle le souvenir, je n’ai pas vendu mon âme. Et que disais-je : Achète-la ! Elle n’est pas à vendre, je la donne pour rien : c’est par-dessus le marché ! »&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« – Je m’en souviens, dis-je.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Tu te souviens donc aussi, n’est-ce pas ? d’un certain pacte ; comment un homme de cœur expliqua à une belle fille de quelle manière, quand il ne lui plairait plus, elle pourrait lui reprendre sa chère liberté ?&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Je m’en souviens aussi.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Je ne savais plus si je vivais ou si j’étais morte.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Tu t’en souviens aussi ? eh bien, voici que nous sommes un de trop dans ce bateau. L’heure de l’un de nous a sonné. Dis-nous donc, ma chère, dis-nous, ma colombe, duquel des deux c’est l’heure, ne dis qu’un mot…&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Je n’ai pas dit ce mot…&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Catherine n’acheva pas. »&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Chapitre 5&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« – Il est amer de commencer à se contenter du passé, dit le vieillard mélancoliquement. Le passé, c’est comme le vin bu. Qu’y a-t-il de bon dans le passé ? c’est un cafetan usé : on le jette ! »&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« – Donne-moi ta petite main, ma beauté, donne : je vais te dire l’avenir. Je suis en effet un sorcier, tu ne t’es pas trompée, Catherine, ton cœur d’or ne t’a pas menti, car je suis en effet son sorcier, je lui dirai la vérité, à lui, le simple et le naïf. Tu n’as oublié qu’une chose : je puis dire la vérité, mais je ne puis donner l’intelligence et la sagesse. »&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« Il n’y a pas de malheurs pour les cœurs faibles »&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« – Si tu seras aimée ?… Tu ne seras pas l’esclave de celui qui t’aimera. C’est toi qui lui prendras sa liberté pour ne jamais la lui rendre. Mais quand tu voudras l’aimer à ton tour, tu ne le pourras. C’est un grain que tu auras semé, et un ravisseur viendra, et il prendra tout l’épi. »&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« – Et vis au gré de la vie ! s’écria-t-il. Ce qui est passé, jette-le par-dessus ton épaule… »&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« Mais en ce même instant une pensée sinistre s’empara de lui, et ce fut comme si le diable lui-même lui murmurait à l’oreille que cette pensée était précisément celle de Catherine…&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Je vais donc t’acheter, ma beauté, chez ton marchand, puisqu’il faut que l’acheteur donne son âme pour conclure le marché. Et le sang qui sera versé, ce n’est pas le marchand qui le versera !…&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Un rire immobile, un rire qui mettait à Ordinov la mort dans l’âme, ne quittait pas le visage de Catherine. Hors de lui, presque inconscient, il s’appuya d’une main au mur et décrocha un antique poignard. De l’étonnement, mais aussi – et pour la « première fois – du défi apparurent dans les yeux de Catherine, et il sembla à Ordinov que quelqu’un lui saisissait la main et la poussait à consommer l’acte de folie. Il dégaina le poignard. Catherine l’observait, sans bouger, sans respirer.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Il regarda le vieillard.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Et il crut voir que le vieillard ouvrait un œil, lentement, et qu’il y avait un rire moqueur au fond de cet œil. Leurs regards se rencontrèrent. Ordinov se tenait immobile. Tout à coup, il lui sembla que le rire avait gagné tout le visage ; il lui sembla que ce rire glacial et meurtrier éclatait dans la chambre… Il tressaillit, le poignard glissa de ses mains à terre et retentit en tombant. Catherine jeta un cri, comme si elle s’éveillait d’un cauchemar. Mourine se leva, sans hâte, et repoussa du pied le poignard dans un coin de la chambre. Catherine, sans un mouvement, se tint droite, les yeux fermés, le visage convulsé ; puis elle étreignit sa tête dans ses mains et tomba presque inerte, en criant d’une voix déchirante :&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Alioscha ! Alioscha !…&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Mourine la saisit dans ses bras puissants et la serra contre sa poitrine avec une incroyable violence. Mais, quand elle eut caché sa tête sur  tête sur le cœur de cet homme, chacun des traits du visage du vieillard se mit à rire d’un rire si effronté, si cynique, que tout l’être d’Ordinov en frémit. L’esprit de trahison et de supercherie, la tyrannie systématique et jalouse, voilà ce que révélait clairement l’impudence de ce rire…&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Folle ! murmura-t-il.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Et il se hâta de sortir de la maison. »&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Chapitre 6&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« Yaroslav Iliitch luttait contre une émotion inaccoutumée, tout en regardant fixement Mourine.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Vous le savez vous-même, barine, c’est une baba [23] maladive et naïve. Moi-même, c’est à peine si je me tiens debout…&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Mais je suis tout prêt, interrompit Ordinov avec impatience. Assez là-dessus, je vous en prie. Finissons-en aujourd’hui même, tout de suite si vous voulez…&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Non… c’est-à-dire… Barine, nous sommes très-contents de vous avoir. (Mourine salua très-bas.) Mais ce n’est pas de cela que je veux parler, barine, il faut que je vous dise une chose. Elle m’est un peu parente, de bien loin ! au quinzième degré, comme on dit… C’est-à-dire… mais ne méprisez pas notre langage, barine, nous sommes des gens obscurs… Or, depuis son enfance, elle est comme vous l’avez vu. Une petite tête malade ! Ça a vécu dans la forêt, grandi avec les bourlakis, une fille de moujik. Leur maison prit feu. Sa mère, barine, mourut dans l’incendie, et son père aussi. Je vous dis cela, parce qu’elle pourrait vous avoir raconté je ne sais quoi… Moi, je la laisse dire tout ce qu’elle veut. Elle a été examinée par le conseil chi-rur-gi-cal à Moscou… Pour tout dire, barine, la tête n’y est plus… Je lui donne l’hospitalité. Nous vivons, nous prions Dieu, nous espérons en la bonté suprême. Je tâche de ne la contredire en rien.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Le visage d’Ordinov s’altérait. Yaroslav Iliitch regardait tantôt l’un, tantôt l’autre avec inquiétude.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Mais ce n’est pas encore là, barine, ce que je voulais vous dire, reprit Mourine en hochant la tête. – Cette fille-là, c’est un vrai coup de vent, une perpétuelle tempête. Quelle tête aimante, ardente ! Il lui faut toujours un bon ami, si j’ose ainsi dire, un amoureux. C’est ce qui l’a rendue folle. Je l’ai un peu calmée en lui racontant des histoires, c’est-à-« dire… Ah ! oui, je l’ai bien calmée ! Eh bien, barine, j’ai parfaitement vu – excusez la naïveté de mon langage, continua Mourine en s’inclinant très-bas et en essuyant sa barbe avec sa manche, – j’ai parfaitement vu qu’elle était amoureuse de vous. Et vous, je veux dire Votre Altesse, c’est bien aussi par amour que vous vouliez rester près d’elle…&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Yaroslav Iliitch regarda Mourine : évidemment il désapprouvait ses incohérents discours.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Ordinov se contint à peine.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Non, barine, je ne voulais pas dire cela : mais, barine, un simple moujik !… Car nous sommes des gens bien obscurs, nous, barine ; nous sommes vos serviteurs. (Mourine salua très-bas.) Et comme nous allons prier Dieu pour vous, ma femme et moi !… Que nous faut-il ? Du pain et de la santé. Mais dans le cas présent, barine, que faire ? Faut-il me pendre ? Jugez-en vous-même, barine, c’est une affaire très-simple. Que voulez-vous que nous devenions si elle prend un amant ? Le mot est un peu vif, barine, passez-le-moi : n’oubliez pas que c’est un moujik qui parle à un barine. Vous êtes jeune, Votre Altesse, vif, ardent ; «  elle aussi est jeune, monsieur, c’est une enfant naïve : en faut-il beaucoup pour un péché ? Songez donc que c’est une belle baba, forte, rouge, et moi, je suis un vieillard épileptique… Mais je saurai la calmer par des contes quand Votre Grâce sera partie ; oui, oui, je saurai la calmer. Et combien, ma femme et moi, nous allons prier Dieu pour Votre Grâce !… Non, je ne puis dire combien ! et quand vous l’aimeriez, monsieur, ce n’en serait pas moins une femme de moujik, une baba mal décrassée ! Et ce n’est pas votre affaire, mon petit père barine, une femme de moujik… et comme nous allons prier Dieu pour vous !… comme nous allons prier pour vous !…&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Mourine salua très-bas, très-bas, et resta longtemps ainsi, n’en finissant plus d’essuyer sa barbe.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Yaroslav Iliitch ne savait où se mettre.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« – Le brave homme ! – risqua-t-il pour dissimuler son trouble. – Comment avez-vous pu avoir un malentendu avec lui, Vassili Mikhaïlovitch !… Mais on m’a dit que vous avez encore été malade, ajouta-&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Le brave homme ! – risqua-t-il pour dissimuler son trouble. – Comment avez-vous pu avoir un malentendu avec lui, Vassili Mikhaïlovitch !… Mais on m’a dit que vous avez encore été malade, ajouta-t-il les larmes aux yeux et en regardant Ordinov avec un embarras infini.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Oui… Combien vous dois-je ? demanda vivement Ordinov à Mourine.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Voyez, barine, mon petit père, voyez ! Nous ne « sommes pas les vendeurs du Christ ! Pourquoi tant vous offenser, monsieur ? n’en avez-vous pas honte ? En quoi vous avons-nous donc offensé, nous, moi et ma femme ? Voyons !&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Pourtant, cela ne se fait pas, mon ami : il a loué chez vous. Comprenez donc que votre refus l’offense, intervint Yaroslav Iliitch se considérant comme obligé de démontrer à Mourine toute l’indélicatesse de son procédé.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Voyons, voyons, monsieur, barine ! En quoi donc, je vous le demande une fois de plus, en quoi donc avons-nous offensé votre honneur ? Nous avons pris tant de peine pour vous servir que nous sommes fatigués ! Allez, allez, monsieur, allez, barine, que le Christ vous pardonne ! Sommes-nous donc des infidèles, des maudits ? Mais vous auriez vécu chez nous, vous auriez (pour votre santé, par exemple) partagé notre nourriture de moujik, vous auriez habité sous notre toit, et nous n’aurions rien trouvé à blâmer en tout cela, rien… Nous n’aurions pas dit un seul mot ! Mais le diable vous a poussé, je suis tombé malade, voilà ma patronne malade aussi, que faire ? Il n’y aurait personne pour vous servir ! et pourtant nous aurions tant voulu !… Mais aussi comme nous allons prier Dieu pour Votre Grâce, la patronne et moi, comme nous allons prier !&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Mourine salua jusqu’à la ceinture.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Des larmes d’enthousiasme jaillirent des yeux d’Yaroslav Iliitch.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« – Quel noble trait ! s’écria-t-il : ô sainte hospitalité de la terre de Russie ! »&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« Voici ce que je puis vous dire, barine, dans ma stupidité de moujik, voici, – continua-t-il en faisant encore deux pas en avant : – vous avez beaucoup trop lu, monsieur, vous êtes devenu trop intelligent. Comme on dit en russe, chez nous autres moujiks, vous êtes intelligent à devenir fou… »&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« Tout à coup, parmi les voix il distingua celle de Mourine.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Ordinov leva la tête. Le vieillard se tenait devant lui. Son visage pâle était solennel et rêveur. Ce n’était plus l’homme qui l’avait si grossièrement raillé chez Yaroslav Iliitch. Ordinov se leva, Mourine le prit par la main et le tira de la foule.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Il faut encore prendre tes hardes, dit-il en regardant de côté Ordinov. Ne te désole pas, barine, tu es jeune, pourquoi te désoler ?&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Ordinov ne répondit pas.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Tu es offensé, barine, tu es irrité : pourquoi ? Chacun défend son bien.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Je ne vous connais pas, dit Ordinov, je ne veux rien savoir de vos mystères. Mais elle, elle !…&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Des larmes abondantes coulèrent de ses yeux. Il les essuya du revers de sa main. Son geste, son regard, les frémissements convulsifs de ses lèvres blanchies, tout en lui présageait la folie.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Je t’ai déjà dit, – répondit Mourine en fronçant les sourcils, – qu’elle est presque folle. Pourquoi et comment ?… Que t’importe ! Telle qu’elle est, je l’aime, je l’aime plus que ma vie et ne la céderai à personne, comprends-tu maintenant ?&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Une flamme brilla dans les yeux d’Ordinov.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Mais pourquoi… pourquoi suis-je comme mort ? Pourquoi mon cœur me fait-il souffrir ? Pourquoi ai-je connu Catherine ?&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Pourquoi ?&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Mourine sourit et resta rêveur.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« – Pourquoi ? Je ne sais, – dit-il enfin. – Un cœur de femme n’a pas la profondeur de la mer. Tu l’apprendras par toi-même !… et c’est vrai, barine, qu’elle voulait s’enfuir avec vous de chez moi, c’est vrai, elle méprisait le vieillard, elle pensait lui avoir pris tout ce qu’il avait de vie… Est-ce que vous lui avez plu tout d’abord, ou le simple besoin de changement ? Pourtant je ne la contredis en rien : si elle voulait du lait d’oiseau [24], je lui en donnerais. Elle a de l’orgueil. Elle voudrait être libre, mais elle ne saurait que faire de sa liberté. Il vaut donc mieux, en somme, que les choses restent comme elles sont. Hé ! barine, vous êtes trop jeune, vous avez le cœur trop chaud : vous voilà comme une fille abandonnée qui essuie ses larmes avec sa manche. Oui, vous n’avez pas d’expérience, vous ne savez pas qu’un cœur faible est incapable de se conduire. Donnez-lui tout :il viendra et vous le rendra. Donnez-lui un royaume : il viendra se cacher dans votre bottine… Oui, il se fera assez petit pour cela. Donnez-lui la liberté, il se forgera lui-même de nouvelles chaînes. La liberté« n’est pas faite pour les cœurs faibles… Je vous dis tout cela parce que vous êtes si jeune ! Qui êtes-vous pour moi ? Venu, parti, vous ou un autre, que m’importe ? Dès le premier jour j’ai su comment tout cela allait se passer. Mais la contredire, je ne le devais pas : il ne faut pas risquer un seul mot de travers si l’on tient à son bonheur. Pourtant, barine, tout cela se dit, continua Mourine, en train de philosopher, – mais que fait-on ? Vous le savez vous-même, dans un moment de colère on prend un poignard ! Ou encore, on attaque son ennemi dans son sommeil et on lui déchire la gorge avec les dents ! Mais si alors on te mettait le poignard entre les mains et si ton ennemi t’ouvrait de lui-même sa poitrine, va ! tu reculerais !… »&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« – Peut-être Ordinov avait-il conçu une idée originale, peut-être avait-il un bel avenir, du moins il l’avait cru, et une foi sincère est elle-même le premier gage de l’avenir. Mais maintenant, il riait de ses convictions et se désintéressait de tous ses grands projets.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Six mois auparavant il vivait dans sa création, tantôt y travaillant, tantôt, aux heures de fatigue, fondant sur elle – qu’il était jeune ! – d’immatérielles espérances. Son œuvre était une histoire de l’Église, et avec quel ardent fanatisme il en avait esquissé l’ébauche ! Maintenant il relisait ses plans, les remaniait ; il fit quelques recherches, puis il abandonna son idée, sans rien fonder sur ses propres ruines. Une sorte de mysticisme, de mystérieux fatalisme, envahissait son âme. Il souffrait, et implorait de Dieu le terme de ses souffrances. »&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« Qu’étaient-ils l’un pour l’autre ?… Son cœur battait d’une colère impuissante en songeant à la tyrannie qui pesait sur ce pauvre être. Les yeux épouvantés de son âme tout à coup voyante suivaient la pauvre fille dans la chute progressive qu’on lui avait savamment et traîtreusement ménagée : comme on l’avait torturé, le faible cœur !comme on avait méchamment interprété contre lui les textes immuables ! comme on l’avait parfaitement aveuglé ! comme on avait avec adresse exploité la fougue de sa nature ! Et, peu à peu, voilà qu’on avait coupé les ailes de cette âme née libre et maintenant incapable de prendre son essor vers la vie vraie…&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Ordinov devint plus sauvage encore. (Il faut avouer que ses Allemands ne le gênèrent en rien.) Il aimait errer par les rues, longtemps, sans but, choisissant surtout les heures obscures et les lieux éloignés et déserts. »&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« Un triste soir de printemps morbide, et dans un de ces lieux funestes, il rencontra Yaroslav Iliitch.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Yaroslav Iliitch a visiblement maigri. Ses yeux si doux sont ternes. Il semble tout accablé. D’ailleurs, il est pressé, il court pour une affaire, ses vêtements sont mouillés et tachés de boue, et de toute la soirée la pluie n’a cessé de prendre pour une gouttière le nez, toujours honnête, mais un peu bleui, d’Yaroslav Iliitch. De plus, il a laissé pousser ses favoris. Précisément ces favoris imprévus et cette affectation d’éviter un ancien ami intriguèrent Ordinov. Il se sentit offensé, blessé, lui qui pourtant fuyait la pitié. Il aurait préféré qu’Yaroslav Iliitch fût encore cet homme d’autrefois, simple, naïf, un peu bête, avouons-le, mais qui, du moins, ne posait pas pour la désillusion et n’annonçait aucun projet de devenir plus intelligent. Et n’est-ce pas très-désagréable de retrouver tout à coup intelligent un sot que nous avons aimé autrefois précisément peut-être pour sa sottise ? D’ailleurs, la méfiance d’Yaroslav Iliitch ne dura pas. Tout désillusionné qu’il fût, il ne pouvait avoir perdu son caractère véritable, ce manteau que les vivants ne quittent que dans la tombe. Avec délices il fouilla comme autrefois dans l’âme de son ami. Il lui fit d’abord remarquer qu’il avait beaucoup à faire, puis « qu’il y avait longtemps qu’on ne s’était vu ».&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Mais soudain la conversation prit une étrange tournure. Yaroslav Iliitch parla de l’hypocrisie des gens en général, de l’instabilité du bonheur en ce monde et de cette futilité qu’est la vie. En passant il ne manqua pas de nommer Pouchkine, mais avec une indifférence très-marquée. Il parla de ses « bons amis » avec cynisme et s’emporta même contre la fausseté, contre le mensonge de ceux qui, dans le monde, s’appellent amis, alors que l’amitié sincère n’existe pas et n’a jamais existé. – Oui, vraiment, Yaroslav Iliitch est devenu intelligent. Ordinov ne le contredisait pas, mais il se sentait très-triste. Il lui semblait qu’il enterrait son meilleur ami. »&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« Mais voici qui passe toute imagination : vous souvenez-vous du propriétaire ? Un homme pieux, honorable, d’extérieur si noble !…&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Eh bien ? »&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« – Jugez d’après cela de toute l’humanité : c’était le chef de la bande ! N’est-ce pas incroyable ?&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Yaroslav Iliitch était très-animé. Et il jugeait vraiment de toute l’humanité d’après cela : il ne pouvait faire autrement, c’était dans son caractère.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Et les autres ? Et Mourine ? – demanda Ordinov à voix basse.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Ah ! Mourine ! Mourine ! ce vénérable vieillard, si noble… mais permettez, vous m’éclairez d’une nouvelle lumière…&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Quoi donc ? En était-il aussi ?&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
L’impatience faisait bondir dans sa poitrine le cœur d’Ordinov.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Mais non, que dites-vous là ? – reprit Yaroslav Iliitch en fixant sur Ordinov un regard de plomb (signe qu’il réfléchissait) : Mourine ne pouvait en être, puisque trois semaines auparavant il était parti avec sa femme pour son pays… J’ai appris cela du dvornik… le petit Tartare, vous vous rappelez ? »&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;font-variant-east-asian: normal; font-variant-ligatures: normal; font-variant-position: normal; line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;color: #303030;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: &amp;quot;liberation&amp;quot; serif , serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;color: #303030;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: &amp;quot;liberation&amp;quot; serif , serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjg5dYXUvu8ZsAjM9O86jj002XmbPP9VIB7V1PtKDaMuyNvB4d2hYcVYLK_diJDbkp7ZD_s0siOHufkSZcnpcBQZCPBoWn08AXvnROzXVjU965RIfA_LNE2Qr2Mtls-FYH5wWs5MSND692U/s1600/Unknown-4.jpeg&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; height=&quot;320&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjg5dYXUvu8ZsAjM9O86jj002XmbPP9VIB7V1PtKDaMuyNvB4d2hYcVYLK_diJDbkp7ZD_s0siOHufkSZcnpcBQZCPBoWn08AXvnROzXVjU965RIfA_LNE2Qr2Mtls-FYH5wWs5MSND692U/s320/Unknown-4.jpeg&quot; width=&quot;198&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;font-variant-east-asian: normal; font-variant-ligatures: normal; font-variant-position: normal; line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;font-variant-east-asian: normal; font-variant-ligatures: normal; font-variant-position: normal; line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;color: #303030;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: &amp;quot;liberation&amp;quot; serif , serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt;&quot;&gt;&lt;b&gt;CONCLUSION&lt;/b&gt;&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;font-variant-east-asian: normal; font-variant-ligatures: normal; font-variant-position: normal; line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;color: #303030;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: &amp;quot;liberation&amp;quot; serif , serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt;&quot;&gt;Est-ce que je trouve subjectivement que la lecture ce de livre est indispensable&amp;nbsp;? Non.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/feeds/7240537428058321568/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/2020/02/la-logeuse-fiodor-dostoievski-1847.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3029239831143446776/posts/default/7240537428058321568'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3029239831143446776/posts/default/7240537428058321568'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/2020/02/la-logeuse-fiodor-dostoievski-1847.html' title='LA LOGEUSE, FIODOR DOSTOIEVSKI, 1847.'/><author><name>Selbstdenken</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09200151202439051685</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" url="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiS6bqGWEFWfHogJiRV7APJIHC8fvqwUISpqKc889Bv2NOrEgmKYp3lx02z_XJcO5lRBEgR1RhjLghg6P2qHyomwXh6uuBrdMQFjs3XNAKOOpOSrKX9ecEePnM-YPHelRQsd0J6QkEHWqgj/s72-c/Unknown-3.jpeg" height="72" width="72"/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3029239831143446776.post-3203941665468911887</id><published>2020-02-13T18:05:00.000+01:00</published><updated>2020-02-18T04:04:40.998+01:00</updated><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="Commandement 3 : Tu liras des romans classiques (français et étrangers)."/><title type='text'>SUR LA NEIGE MOUILLEE (Les Carnets du Sous-sol, deuxième partie), DOSTOÏEVSKI, 1864.</title><content type='html'>&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;div class=&quot;separator&quot; style=&quot;clear: both; text-align: center;&quot;&gt;
&lt;a href=&quot;https://www.blogger.com/blogger.g?blogID=3029239831143446776&quot; imageanchor=&quot;1&quot; style=&quot;margin-left: 1em; margin-right: 1em;&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;a href=&quot;https://www.blogger.com/blogger.g?blogID=3029239831143446776&quot; imageanchor=&quot;1&quot; style=&quot;clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;https://www.blogger.com/blogger.g?blogID=3029239831143446776&quot; imageanchor=&quot;1&quot; style=&quot;clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;LES CARNETS DU SOUS-SOL, DOSTOÏEVSKI, 1864, RUSSIE.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Deuxième partie : &quot;Sur la neige mouillée&quot;.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Lecture du jeudi 13 février 2020.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&lt;b&gt;Note personnelle&amp;nbsp;&lt;/b&gt;: c’est la première fois que je lis le récit d’un pervers narcissique par lui-même. Le narrateur est conscient de tout ce qu’il fait et il en a très honte mais il le fait quand même. Tout n’est que sentiment d’humiliation et de perpétuelle vengeance chez lui. J’avais adoré le narrateur de la première partie, je déteste celui de la deuxième qui me fait trop penser à Tristan N., un être profondément malade, l’être le plus malade (il n’y a malheureusement pas de meilleur terme) que j’aie jamais rencontré sur terre. Je ne peux que supposer que Dostoïevski l’était aussi pour décrire de façon aussi précise les méandres tortueux d’un tel esprit tordu. D’un autre côté, le narrateur est exactement comme Don Quichotte mais à l’envers et se qualifie lui-même d’anti-héros. J’aurais remplacé le terme de «&amp;nbsp;livresque&amp;nbsp;» erroné de la traduction ci-dessous, par «&amp;nbsp;romanesque&amp;nbsp;», qui fait complètement sens.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;span style=&quot;font-family: inherit; font-size: 10pt;&quot;&gt;ATTENTION : Je n&#39;ai pas copié-collé l&#39;oeuvre entière mais seulement les passages qui m&#39;intéressaient.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Chapitre 12 (des Carnets du Sous-sol, 1864).&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;«&amp;nbsp;J’avais trente ans. Ma vie était déjà triste, désordonnée, solitaire jusqu’à la sauvagerie. Je n’avais pas d’amis, j’évitais toute relation, et je me blottissais de plus en plus dans mon coin. À mon bureau, je ne regardais personne&amp;nbsp;; mes collègues me traitaient comme un original, et même avaient pour moi une certaine répulsion. Je me suis demandé bien souvent pourquoi j’étais seul l’objet de cette répulsion… Ainsi l’un d’eux avait un visage dégoûtant, couturé de petite vérole, et dans la physionomie quelque chose de répugnant, – un visage à n’oser le regarder. Un autre était sale, puant. Pourtant ni l’un ni l’autre ne paraissaient supposer qu’on pût avoir du dégoût pour eux&amp;nbsp;; ni l’un ni l’autre ne semblaient avoir d’autre préoccupation que celle-ci&amp;nbsp;: être considérés par leurs chefs. «&amp;nbsp;Et maintenant je vois bien que c’est mon maladif et exi«&amp;nbsp;geant amour-propre qui m’inspirait à moi-même du dégoût pour moi-même et qui me faisait supposer dans les yeux d’autrui ce dégoût que je portais en moi. Car je me détestais. Mon visage me semblait infâme, j’en trouvais l’expression vile&amp;nbsp;; à mon bureau je m’éloignais le plus possible des autres fonctionnaires pour leur laisser croire que je pouvais avoir une physionomie noble. «&amp;nbsp;Que je sois laid, qu’importe&amp;nbsp;? pensais-je, mais que du moins ma laideur soit noble et extrêmement intelligente.&amp;nbsp;» Mais le plus terrible, c’est que mon visage me semblait celui d’un sot. J’aurais préféré qu’il fût ignoble, si à ce prix j’avais pu obtenir qu’il exprimât une extraordinaire intelligence.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Naturellement, je haïssais tous mes collègues, du premier au dernier&amp;nbsp;; j’avais à la fois peur et mépris. Il m’est arrivé, quand la peur prenait le dessus, de les considérer comme bien supérieurs à moi&amp;nbsp;; c’était une impression soudaine&amp;nbsp;; et soudaine était la revanche…&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Mon développement intellectuel était morbide, comme est celui de tout homme cultivé de notre temps. Eux, au contraire, stupides, étaient pareils entre eux comme les moutons d’un troupeau. J’étais peut-être seul dans mon bureau à trouver ma condition celle d’un lâche esclave, et «&amp;nbsp;monde&amp;nbsp;», pensais-je, et je méditais là-dessus à perte de vue. – J’ai essayé de me lier avec certains de mes collègues, jouant aux cartes, buvant de la vodka, et discutant sur les chances d’avancement.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Mais ici permettez-moi une petite digression.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Nous autres, Russes, nous n’avons jamais eu de ces romantiques éthérés comme les Allemands et surtout les Français qui ne peuvent plus descendre du ciel, la France s’abîmât-elle sous les barricades et les tremblements de terre. – Je parle des romantiques&amp;nbsp;: c’est que je me faisais parfois le reproche de romantisme… – Eh bien&amp;nbsp;! dis-je, les Français sont des sots, – et nous n’en avons pas de tels sur notre terre russe. Chacun sait cette vérité&amp;nbsp;: c’est par là surtout que nous nous distinguons des pays étrangers. Nous sommes très-peu éthérés, nous ne sommes pas de purs esprits. Notre romantisme, à nous, est tout à fait opposé à celui de l’Europe&amp;nbsp;: et le sien et le nôtre ne peuvent avoir de communes mesures. (Je dis romantisme&amp;nbsp;; permettez-le-moi. C’est un petit mot qui a fait humblement son service, il est vieux, et tout le monde le connaît.) Notre romantisme à nous comprend tout, voit tout, et «&amp;nbsp;figure j’y eusse faite&amp;nbsp;! Pourtant on aurait pu me décréter d’utilité publique, car n’aurais-je pas contribué à l’égayement de mes contemporains… Mais non, mes contemporains sont des gens graves, de décents et corrects gentlemen qui ne veulent ni rire ni pleurer, – et il est à croire qu’ils ont raison.&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Chapitre 13&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;«&amp;nbsp;Môssieur Zvierkov était encore un de mes camarades d’école. Je l’avais pris en haine dans les dernières années de nos études communes. C’était un joli garçon, arrogant et dominateur, que tout le monde aimait. Je détestais le timbre de sa voix haute et prétentieuse&amp;nbsp;; je détestais ses bons mots, – très-mauvais&amp;nbsp;! je détestais son joli visage, très-joli et encore plus bête. (J’aurais pourtant volontiers changé mon intelligent visage contre le sien.) Nous nous étions perdus de vue. Il avait fait son chemin, tandis que moi…&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Chapitre 15&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;«&amp;nbsp;Zvierkov attendait, très-grave&amp;nbsp;; il semblait comprendre ce qui allait se passer.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Monsieur le lieutenant Zvierkov, commençai-je. Sachez que je hais les phrases, les phraseurs et les tailles fines. Voilà mon premier point. Voici le second.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Un mouvement se fit.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Second point. Je hais les polissons et les polissonneries, surtout les polissons. Troisième point. J’aime la vérité, la franchise et l’honnêteté, continuai-je presque machinalement, ne comprenant plus ce que je disais… J’aime la pensée, monsieur Zvierkov, j’aime la véritable camaraderie, l’égalité et non… hum&amp;nbsp;! J’aime… et pourtant, je boirai à votre santé, monsieur Zvierkov. Faites la conquête des Tcherkess, tuez les ennemis de la patrie, et… et… à votre santé, monsieur Zvierkov.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Zvierkov se leva, me salua et me dit&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Merci.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Il était très-irrité, extrêmement pâle.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&amp;nbsp;–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Je ne me pardonnerai jamais de l’avoir inscrit, murmura encore Simonov.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;«&amp;nbsp;Voilà le moment de leur jeter les bouteilles à la figure&amp;nbsp;», pensai-je. Je pris une bouteille, et… je me versai un plein verre.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;«&amp;nbsp;Je vais rester et boire… et chanter, si ça me plaît, oui, chanter. J’en ai le droit&amp;nbsp;!… Hum…&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Mais je ne chantai pas. Je ne regardais personne et je prenais les poses les plus indépendantes, attendant avec impatience que quelqu’un me parlât le premier. Mais, hélas&amp;nbsp;! personne ne me parlait.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;L’horloge sonna huit heures, enfin neuf heures. On sortit de table&amp;nbsp;; tous les quatre s’assirent sur le divan. Zvierkov commanda les bouteilles de champagne prévues, mais il ne m’invita pas.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Je souriais avec mépris et je marchai de long en large de l’autre côté de la chambre, tâchant d’attirer l’attention, mais vainement, et cela dura jusqu’à onze heures&amp;nbsp;: jusqu’à onze heures je me promenai de la table au poêle et du poêle à la table&amp;nbsp;!…&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;«&amp;nbsp;Je marche, et personne n’a le droit de m’en empêcher.&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Pendant ces deux heures la tête me tourna plus d’une fois&amp;nbsp;; il me semblait que j’avais le délire. Et cette pensée me torturait que je ne cesserais plus désormais «&amp;nbsp;dussé-je vivre encore dix, vingt, quarante ans, de revivre cette heure affreuse, ridicule et dégoûtante, la plus dégoûtante et la plus affreuse de toute ma vie.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Onze heures.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Messieurs, cria Zvierkov en se levant, allons, là-bas&amp;nbsp;!(Et il expliqua sa pensée par un geste obscène…)&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Oui, oui, dirent tous les autres.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Je me tournai vers Zvierkov. J’étais si fatigué, si brisé, que je me décidai à m’enfuir. J’avais la fièvre, mes cheveux se collaient sur mes tempes.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Zvierkov, je vous demande pardon&amp;nbsp;! dis-je, d’un air décidé. Ferfitchkine, à vous aussi, et à tous, car tous je vous ai offensés.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Ah&amp;nbsp;! ah&amp;nbsp;! un duel, ce n’est pas chose agréable, siffla Ferfitchkine.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Je me sentis comme un coup de poignard au cœur.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;«&amp;nbsp;–&amp;nbsp;Simonov, donnez-moi six roubles, dis-je avec décision et désespoir.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Il me regarda avec un profond étonnement, avec des yeux, d’idiot. Il était ivre aussi.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Allez-vous donc là avec nous&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Oui.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Je n’ai pas d’argent, dit-il brusquement.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Il sourit avec mépris et se dirigea vers la porte.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Je saisis son manteau. Il me semblait que j’étais en proie à un cauchemar.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Simonov, j’ai vu de l’argent chez vous. Pourquoi me refusez-vous&amp;nbsp;? Suis-je donc un malhonnête homme&amp;nbsp;? Ne me refusez pas, prenez garde&amp;nbsp;! Si vous saviez, si vous saviez pourquoi je vous demande cet argent&amp;nbsp;! tout mon avenir en dépend, toute ma vie…&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Simonov tira sa bourse de sa poche et me jeta presque les six roubles.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Prenez, si vous en avez le cœur&amp;nbsp;! me dit-il, et il sortit.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;«&amp;nbsp;J’étais seul, – seul avec le désordre de la table, miettes, verres cassés, vin répandu, seul avec mon ivresse et mon désespoir, seul avec le garçon qui avait tout vu, tout entendu, et qui me considérait avec curiosité.&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Chapitre 16&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;«&amp;nbsp;&amp;nbsp;Le voilà enfin, le voilà, ce choc avec la réalité&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» murmurai-je en descendant.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;«&amp;nbsp;Tu es un vaurien&amp;nbsp;», me dis-je tout à coup. «&amp;nbsp;Eh&amp;nbsp;! soit&amp;nbsp;! Tout est perdu pour moi, qu’importe donc&amp;nbsp;?&amp;nbsp;&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;«&amp;nbsp;&amp;nbsp;Ne vaudrait-il pas mieux… ne vaudrait-il pas mieux… rentrer chez moi&amp;nbsp;? Ô mon Dieu&amp;nbsp;! pourquoi donc ai-je tenu à prendre part à ce maudit dîner&amp;nbsp;? et ma promenade pendant deux heures de la table au poêle&amp;nbsp;! Non, il faut qu’ils me payent cette promenade, il faut qu’ils lavent cette honte&amp;nbsp;!… Fouette&amp;nbsp;!… Et si Zvierkov refuse de se battre, je le tuerai&amp;nbsp;! et je dirai&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Voyez tous à quoi le désespoir peut réduire un homme&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» – Après cela tout sera fini, mon bureau n’existera plus pour moi, on me saisira, on «&amp;nbsp;me jugera, on me mettra en prison, on m’enverra en Sibérie, et que m’importe&amp;nbsp;? Quinze ans après, quand je serai sorti de prison, j’irai, dans mes loques, demander l’aumône à Zvierkov… Dans quelque ville de province, un homme heureux, riche, marié, père d’une belle jeune fille&amp;nbsp;: ce sera lui. J’irai à lui et je lui dirai&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Regarde-moi, monstre&amp;nbsp;! Vois mes joues creuses et mes haillons. J’ai tout perdu, position, bonheur, art, science, la femme aimée&amp;nbsp;!…, (Qu’est-ce que je dis là&amp;nbsp;?…) Et tout cela à cause de toi&amp;nbsp;! Vois&amp;nbsp;: j’ai deux pistolets dans les mains, je suis venu pour te tuer, et… eh bien&amp;nbsp;! je te pardonne&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» – Alors je tirerai en l’air, et l’on n’entendra plus parler de moi…&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Je pleurais. Pourtant, je savais très-bien, en ce moment même, que c’était là une scène de Silvio ou de Bal masqué de Fermastor. Et soudain je me sentis si honteux… si honteux que j’arrêtai le cheval, descendis du traîneau, et restai dans la rue, au milieu de la neige.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Vagnka me regardait avec étonnement et soupirait en me regardant.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;«&amp;nbsp;Que faire&amp;nbsp;? y aller&amp;nbsp;? quelle sottise&amp;nbsp;! En rester là&amp;nbsp;? c’est impossible&amp;nbsp;! Après tant d’offenses&amp;nbsp;! Non&amp;nbsp;! – Et je remontai dans le traîneau.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;C’est fatal. Fouette&amp;nbsp;! fouette&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» Et, d’impatience, je donnai un coup de poing sur la nuque du cocher.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Et pourquoi me battre&amp;nbsp;? cria le petit moujik tout en fouettant sa rosse si fort qu’elle rua.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;La neige fondante tombait à flocons. Je me découvris, sans réflexion, oubliant tout le reste, définitivement décidé à donner le soufflet. Et je sentais avec terreur que cela devait arriver absolument et tout de suite, qu’aucune force ne pourrait plus me retenir.&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;«&amp;nbsp;Je ne vis d’abord que la patronne elle-même, qui me connaissait un peu, une femme au sourire idiot. Puis une porte s’ouvrit, et une autre personne entra. Sans faire attention à personne, je marchai à travers la chambre en parlant tout seul. Je me sentais comme sauvé de la mort. Certes, j’aurais certainement, absolument donné le soufflet. Mais ils ne sont plus là, et… tout se transformait pour moi. Je jetai des regards vagues autour de moi, je ne pouvais encore assembler mes pensées. Machinalement je regardai la personne qui venait d’entrer&amp;nbsp;: un visage frais, jeune, un peu pâle, avec des sourcils droits et noirs, une physionomie sérieuse et étonnée. Cela me plut aussitôt. Je l’aurais détestée si elle avait souri. Je la regardai avec plus d’attention, avec une sorte de contention. Il y avait de la bonté, de la naïveté dans ce visage sérieux jusqu’à en être étrange. Assurément elle ne devait pas attirer les imbéciles, et par conséquent, dans ce lieu, personne ne devait la remarquer. Du reste, elle ne pouvait passer pour belle, quoique grande, forte et bien faite.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Un mauvais sentiment s’empara de moi. J’allai droit à elle.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Je jetai par hasard un coup d’œil dans la glace&amp;nbsp;; mon visage bouleversé me parut extrêmement repoussant&amp;nbsp;: méchant et vil, le teint blême, les cheveux en désordre. «&amp;nbsp;Tant pis&amp;nbsp;! – pensai-je. – Je serais&amp;nbsp;content de lui paraître dégoûtant, oui, précisément, ça me va.&amp;nbsp;&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;«&amp;nbsp;Je me rappelai que depuis deux heures que j’étais avec elle, je n’avais pas adressé un mot à la créature. Eh bien&amp;nbsp;? je n’avais pas cru nécessaire de lui parler&amp;nbsp;: il m’avait plu ainsi. Mais maintenant la débauche, qui commence brutalement et effrontément par où le véritable amour se couronne, me semblait absurde et dégoûtante.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Et nous nous regardâmes longtemps ainsi. Elle ne baissa pas les yeux, son regard ne changeait pas. Mon malaise redoubla.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Comment t’appelles-tu&amp;nbsp;? – demandai-je brusquement pour faire cesser cette situation.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;«&amp;nbsp;–&amp;nbsp;Lisa, répondit-elle à voix presque basse, sans empressement, et en détournant son regard.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Je gardai quelque temps le silence.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Le temps, aujourd’hui… la neige… Il fait mauvais…&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Je parlais presque pour moi-même. Je mis mes mains derrière ma tête, paresseusement, et je regardai le plafond.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Elle ne dit rien. Tout cela était dégoûtant.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Tu es d’ici&amp;nbsp;? – demandai-je, l’instant d’après, presque avec colère en me retournant vers elle.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Non.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;D’où&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;De Riga, – répondit-elle tout à fait de mauvaise grâce.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Allemande&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Russe.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Il y a longtemps que tu es ici&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Où&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Dans cette maison&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Quinze jours.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Ses réponses étaient de plus en plus brèves.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;La chandelle s’éteignit. Je ne pouvais plus voir le visage de Lisa.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Tu as ton père et ta mère&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Oui… non… oui, je les ai.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Où sont-ils&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Là-bas… À Riga.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Que font-ils&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Quelque chose.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Comment, quelque chose&amp;nbsp;! Quoi&amp;nbsp;? quelle situation ont-ils&amp;nbsp;?…&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Mechtchanines.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Tu as toujours vécu avec eux&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Oui.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Quel âge as-tu&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Vingt.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Pourquoi les as-tu quittés&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Parce que.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Ce «&amp;nbsp;parce que&amp;nbsp;» signifiait&amp;nbsp;: Laisse-moi tranquille, j’en ai assez.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Nous nous tûmes.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Dieu sait pourquoi je ne m’en allais pas. Je me sentais moi-même de plus dégoûtant et «&amp;nbsp;navré. Les images de tous les menus événements de cette journée défilaient en désordre et malgré moi dans ma mémoire. Je me rappelai tout à coup un incident dont j’avais été témoin, dans la rue, le matin, tandis que je me hâtais d’aller à mon bureau.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Aujourd’hui, j’ai vu des hommes qui portaient un cercueil, et qui ont failli le laisser tomber par terre, – dis-je à haute voix, comme par hasard.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Un cercueil&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Oui, sur la Sennaïa. On le faisait sortir d’une cave.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;D’une cave&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Pas d’une cave, si tu veux, mais d’un sous-sol… Eh&amp;nbsp;! tu sais bien… là en bas… de la mauvaise maison. Il y avait de la boue tout autour, des ordures… ça puait… C’était horrible.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Un silence.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Un mauvais temps pour un enterrement, – repris-je pour faire cesser un silence pénible.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Pourquoi mauvais&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;La neige… l’humidité… (Je bâille.)&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Qu’est-ce que ça fait&amp;nbsp;? dit-elle après un court silence.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Eh bien&amp;nbsp;! c’est un mauvais temps… (Je bâille encore.) Les fossoyeurs sacraient, la neige les mouillait, et il y avait certainement de l’eau dans la fosse.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Pourquoi de l’eau dans la fosse&amp;nbsp;? – demanda-t-elle avec une certaine curiosité, mais d’une voix plus brusque et brutale qu’auparavant.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Je ne sais quelle irritation me prit.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Il y a nécessairement de l’eau au fond de six verschoks [30]. Dans le cimetière de Volkovo, il n’y a pas une fosse qu’on puisse creuser à sec.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Pourquoi&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Comment, pourquoi&amp;nbsp;? C’est un endroit humide, un vrai marais. Et l’on y met les morts dans l’eau. Je l’ai vu moi-même… plusieurs fois…&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;(Je ne l’avais pas vu une seule fois, je ne suis jamais allé à Volkovo&amp;nbsp;; j’en parlais par ouï-dire.)&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Est-ce que ça ne te fait rien de mourir&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Mais pourquoi mourrais-je&amp;nbsp;? – répondit-elle comme si elle se défendait.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;«&amp;nbsp;–&amp;nbsp;Mais tu mourras certainement un jour, et tu mourras précisément comme celle dont je te parlais. C’était aussi une fille, elle est morte de phthisie…&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Une fille meurt à l’hôpital…&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;(Elle le sait donc déjà, pensai-je, et elle a dit&amp;nbsp;: une fille, et non pas&amp;nbsp;: une jeune fille.)&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Elle devait de l’argent à sa patronne, repris-je, de plus en plus surexcité par la discussion. Elle l’a servie jusqu’à la fin, quoique phthisique. C’est ce que les cochers d’alentour, probablement ses anciens amis, racontaient à des soldats. Et ils riaient&amp;nbsp;! Ils s’apprêtaient à aller au cabaret pour solenniser l’enterrement.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;(Ici encore, j’inventais un peu.)&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Un silence. Un profond silence. Elle ne remuait même pas.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Est-ce donc mieux de mourir à l’hôpital&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;C’est la même chose. Mais pourquoi mourrai-je&amp;nbsp;? – ajouta-t-elle, irritée.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Pas maintenant, plus tard.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Eh bien, plus tard…&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Attends, attends. Te voilà maintenant jeune, belle, fraîche. On te cote en conséquence&amp;nbsp;: mais encore un an de cette vie, et tu seras fanée.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Dans un an&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;En tout cas, dans un an, ton prix aura baissé, – continuai-je avec perversité. – Tu sortiras d’ici, tu tomberas plus bas, dans une autre maison. Un an après, dans «&amp;nbsp;Un an après, dans une troisième, toujours plus bas, plus bas, et dans sept ans, tu rouleras dans la cave de la Sennaïa. Et cela, c’est encore ce que tu peux rêver de mieux. Mais il peut très-bien arriver que tu attrapes quelque maladie, une pneumonie, un chaud et froid ou quelque autre chose. Avec la vie que tu mènes on se guérit difficilement. La maladie se cramponne, on ne s’en défait pas, et voilà&amp;nbsp;! on meurt.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Eh bien&amp;nbsp;! je mourrai&amp;nbsp;! – dit-elle tout à fait exaspérée, et en faisant un mouvement de violente impatience.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Mais ne regrettes-tu pas cela&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Quoi&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Eh&amp;nbsp;! la vie&amp;nbsp;!&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;«&amp;nbsp;Un silence.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Est-ce que tu avais un fiancé&amp;nbsp;? hé&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Qu’est-ce que ça vous fait&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Oh&amp;nbsp;! je ne te force pas à répondre. Oui, qu’est-ce que ça me fait&amp;nbsp;? Il n’y a pas de quoi te fâcher. Tu as sans doute des ennuis, mais ça ne me regarde pas, seulement je plains…&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Qui&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Toi, je te plains.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;N’en faut pas&amp;nbsp;!… – dit-elle d’une voix à peine distincte, et elle fit un nouveau mouvement d’impatience.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Cela m’excita davantage encore. Comment&amp;nbsp;! je lui parlais avec douceur, et elle&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Mais à quoi penses-tu&amp;nbsp;? Te trouves-tu donc heureuse&amp;nbsp;? hé&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Je ne pense à rien.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;C’est justement le mal. Reviens à toi pendant qu’il en est temps. Car il en est temps encore. Tu es jeune, assez belle, tu pourrais aimer, te marier et…&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Tous les gens mariés ne sont pas heureux, – interrompit-elle vivement.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Pas tous, certes, mais cela vaut toujours mieux que ta vie, beaucoup mieux même. Et crois-tu que l’amour ne supplée pas à tous les autres bonheurs&amp;nbsp;? Pourvu qu’on aime, on est heureux, n’importe où, n’importe comment, même dans la tristesse. Tandis qu’ici, qu’as-tu, sauf peut-être… le vice… Fi&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Je me détournai avec «&amp;nbsp;dégoût. Je ne pouvais plus raisonner froidement, je m’étais pris moi-même au piège de ma morale, et déjà le besoin me dominait de communiquer certaines idées favorites, mûries dans la solitude.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Ne me dis pas&amp;nbsp;: Vous y êtes bien, ici&amp;nbsp;! Il n’y a rien de commun entre toi et moi, quoique je sois peut-être pire que toi. D’ailleurs j’étais saoul, quand je suis entré (me hâtai-je de dire pour m’excuser). De plus, un homme et une femme ne peuvent être jugés de même. C’est une autre affaire. Que je me salisse et m’avilisse, je ne suis du moins l’esclave de personne. Je viens, je pars, et c’est comme si je n’étais pas venu. Je tourne la tête, et me voilà changé. Tandis que toi, d’abord, tu es une esclave. Oui, une esclave. Tu donnes tout, et «&amp;nbsp;avant tout ta liberté. Qu’un jour tu veuilles rompre tes chaînes, elles se resserreront de plus en plus. Ce sont des chaînes maudites, va&amp;nbsp;! Il y a des choses que je ne peux te dire, tu ne me comprendrais probablement pas, mais voyons&amp;nbsp;: tu dois sans doute déjà à ta patronne&amp;nbsp;? Eh bien&amp;nbsp;! tu vois&amp;nbsp;! – ajoutai-je quoiqu’elle ne m’eût pas répondu, mais elle m’écoutait silencieusement, et de toutes ses forces. – Voilà ta chaîne&amp;nbsp;! et tu ne la briseras jamais. C’est comme si tu avais vendu ton âme au diable… Et moi, d’ailleurs, peut-être ne suis-je que malheureux… Peux-tu me comprendre&amp;nbsp;? Peut-être est-ce par chagrin que je me roule ainsi dans la boue. Il y en a qui boivent par chagrin&amp;nbsp;: eh bien, moi, je viens ici par chagrin. Pourtant, qu’y a-t-il de bon ici&amp;nbsp;? Nous voilà tous deux… ensemble… Nous venons de nous rencontrer, et nous ne nous sommes pas dit un mot, et tout à l’heure&amp;nbsp;? nous nous regardions comme deux sauvages. Est-ce ainsi qu’on aime&amp;nbsp;? Est-ce ainsi que deux êtres humains devraient s’unir&amp;nbsp;? C’est tout simplement ignoble, voilà.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Oui&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Elle dit ce mot avec une étrange vivacité «&amp;nbsp;Ce oui, cette hâte… Je demeurai étonné. Cela signifie, pensai-je, que la même idée traversait son esprit, tout à l’heure, quand elle m’examinait. Cela signifie qu’elle est aussi capable de penser&amp;nbsp;!… Diable&amp;nbsp;! diable&amp;nbsp;! Voilà qui est curieux. Nous avons cela de commun… J’avais envie de me frotter les mains joyeusement, et comment, d’ailleurs, avec une âme si jeune ne pas arriver à une certaine entente&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Mais par-dessus tout j’étais pris par le jeu que je jouais avec elle.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Elle tourna sa tête vers moi, se rapprocha, et, autant que j’en pus juger dans l’obscurité, s’accouda et appuya sa tête sur sa main. Peut-être cherchait-elle à m’observer. Que je regrettais de ne pouvoir lire dans ses yeux&amp;nbsp;! Je sentais sa respiration profonde…&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Pourquoi es-tu venue ici&amp;nbsp;? repris-je, continuant mon enquête.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Parce que.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Comme tu serais mieux dans la maison paternelle&amp;nbsp;! Tu serais au chaud, libre, tu aurais ton nid.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Et si c’est pis encore&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;(Il faut chercher le ton, pensai-je. La sentimentalité ne prend pas. Du reste, cette pensée ne fit que traverser mon esprit. Parole&amp;nbsp;! cette fille m’intér«&amp;nbsp;–&amp;nbsp;Et si c’est pis encore&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;(Il faut chercher le ton, pensai-je. La sentimentalité ne prend pas. Du reste, cette pensée ne fit que traverser mon esprit. Parole&amp;nbsp;! cette fille m’intéressait vraiment. Et puis j’étais las, et il est si facile d’accorder la méchanceté et la sentimentalité&amp;nbsp;!)&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Certes, me hâtai-je de reprendre, tout est possible, mais je suis sûr qu’on a été cruel pour toi et qu’ils sont plus coupables envers toi que tu n’es toi-même coupable envers eux. Je ne sais rien de ton histoire, mais il est bien évident qu’une jeune fille comme toi n’entre pas ici par sa propre volonté…&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Quelle jeune fille suis-je donc&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;(Elle dit cela très-bas, mais je l’entendis. – Diable&amp;nbsp;! je la flatte&amp;nbsp;! C’est dégoûtant…, et peut-être adroit.)&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Elle se tut.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Écoute, Lisa, je vais te parler de moi. Si j’avais eu une famille, quand j’étais enfant, je ne serais pas ce que je suis aujourd’hui. J’y pense souvent. Si mal qu’on soit dans sa famille, c’est toujours un père, c’est toujours une mère, ce ne sont pas des ennemis, des étrangers. Et les parents vous prouvent leur amour au moins une fois par an. Et puis, vous «&amp;nbsp;savez malgré tout que vous êtes chez vous. Mais moi, j’ai grandi sans famille. C’est pour cela peut-être que je suis devenu un aussi… insensible personnage.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;J’attendis de nouveau.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Peut-être ne comprend-elle pas, pensai-je. C’est ridicule&amp;nbsp;: je moralise&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Si j’étais père et que j’eusse une fille, je crois que j’aimerais mieux ma fille que mon fils, parole&amp;nbsp;! repris-je, changeant de conversation pour la distraire.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;(J’avoue que je me sentis rougir.)&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Et pourquoi&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;(Ah&amp;nbsp;! elle écoute&amp;nbsp;!)&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Parce que… Mon Dieu&amp;nbsp;! je ne sais pas, Lisa. Je connais un père, un homme sévère et grave&amp;nbsp;: il s’agenouille devant sa fille, lui baise les mains, les pieds, et n’a jamais fini de la contempler. Toute la soirée, quand elle danse, il reste assis, la suivant des yeux. Il en devient fou. Mais je le comprends. &amp;nbsp;«&amp;nbsp;La nuit, elle est fatiguée, elle s’endort&amp;nbsp;; mais lui, il se relève et va l’embrasser dans son sommeil et faire sur elle le signe de la croix. Il porte une petite veste râpée, et c’est un avare&amp;nbsp;: mais pour elle il n’y a pas de cadeaux trop chers, il dépense pour elle son argent jusqu’aux derniers sous, et qu’il est heureux quand pour un cadeau il obtient un sourire&amp;nbsp;! Un père aime toujours plus qu’une mère sa fille… Oui, il y a des jeunes filles heureuses d’être chez leurs parents… Moi, il me semble que je n’aurais jamais marié ma fille.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Et pourquoi donc&amp;nbsp;? – demanda-t-elle en riant faiblement.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Par Dieu&amp;nbsp;! je serais jaloux ï Comment&amp;nbsp;? Elle va embrasser un autre homme&amp;nbsp;? Aimer plus un étranger qu’un père&amp;nbsp;! C’est douloureux à imaginer seulement… Certes, ce sont des bêtises, et tout le monde finit par revenir au bon sens. Mais rien que le souci de la donner m’aurait fatigué à la mort, il me semble. J’aurais réformé tous les fiancés… pour arriver quand même à la donner à l’homme qu’elle aurait aimé. Mais justement celui qu’elle aime semble le pire de tous au père. C’est toujours ainsi, et c’est «&amp;nbsp;C’est toujours ainsi, et c’est la cause de fréquents malheurs dans les familles.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Il y en a qui sont heureux de vendre leur fille au lieu de la donner honnêtement, – dit-elle tout à coup.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;(Ah&amp;nbsp;! ah&amp;nbsp;! C’est donc cela&amp;nbsp;!)&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Lisa, cela n’arrive que dans les familles maudites, sans religion et sans amour, – repris-je avec chaleur. Et où il n’y a pas d’amour il n’y a pas de sagesse. Je sais qu’il existe de pareilles familles, mais je ne parlais pas d’elles. Pour parler ainsi il faut que tu n’aies pas eu une bonne famille, Lisa. Tu as dû souffrir. Hum&amp;nbsp;!… C’est le plus souvent par pauvreté que cela arrive.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Est-ce donc mieux chez les bourgeois&amp;nbsp;? Il y a des gens pauvres qui vivent honnêtement.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Hum&amp;nbsp;!… oui, peut-être… Mais, Lisa, l’homme aime à ressasser ses malheurs, et pour ses bonheurs, il les oublie. S’il était juste, pourtant, il conviendrait qu’il y a des uns et des autres pour tout le monde. Que tout aille bien dans la famille, Dieu distribue à tous ses bénédictions. Le mari est un bon garçon, aimant, fidèle, et tout le monde est heureux autour de lui. Même dans le chagrin on «&amp;nbsp;Même dans le chagrin on est heureux. Et puis, où n’y a-t-il pas de chagrin&amp;nbsp;? Tu te marieras peut-être, tu le sauras toi-même. Par exemple, les premières semaines du mariage d’une jeune fille avec l’homme qu’elle aime, quel bonheur&amp;nbsp;! que de bonheurs&amp;nbsp;! Partout&amp;nbsp;! Toujours&amp;nbsp;! Même les disputes finissent bien durant ces semaines bénies.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Il y a des femmes… plus elles aiment, plus elles querellent, parole&amp;nbsp;! J’en connaissais une de ce genre&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Je t’aime&amp;nbsp;! c’est par amour que je te tourmente&amp;nbsp;; devine-le donc&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» Sais-tu qu’on peut tourmenter un homme par amour&amp;nbsp;? Les femmes sont ainsi&amp;nbsp;! Et elles pensent en elles-mêmes&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Mais en revanche combien l’aimerai-je après&amp;nbsp;! Je le caresserai tant que je peux bien le piquer un peu maintenant…&amp;nbsp;» Et dans la maison tout se ressent de votre bonheur, tout est gai, bon, paisible, honnête… D’autres femmes sont jalouses. J’en connaissais une ainsi. Si son mari sortait, elle ne pouvait se tenir tranquille, au milieu de la nuit il fallait qu’elle sortit, qu’elle allât voir&amp;nbsp;: n’est-il pas là&amp;nbsp;? ou dans cette maison-ci&amp;nbsp;? ou avec cette femme-là&amp;nbsp;?… Cela, c’est mal, elle le sait mieux que personne, «&amp;nbsp; et elle en souffre plus que personne, et cette souffrance est sa première punition&amp;nbsp;: mais elle aime&amp;nbsp;! Toujours l’amour&amp;nbsp;!… Et comme il est doux de se réconcilier après la dispute&amp;nbsp;! Elle reconnaît elle-même, devant lui, ses torts, et ils se pardonnent l’un l’autre, avec une joie égale. Et ils sont si heureux tous deux&amp;nbsp;! C’est comme un renouveau de la première rencontre, comme un second mariage, une renaissance de l’amour. Et personne, personne ne doit savoir ce qui se passe entre mari et femme, s’ils s’aiment vraiment. Ils peuvent se quereller&amp;nbsp;: la propre mère de la femme ne doit pas être appelée comme arbitre, elle ne doit même pas se douter de la querelle. Le mari et la femme sont leurs propres juges. L’amour est le secret des deux. Il doit demeurer caché à tous, quoi qu’il arrive. C’est mieux, c’est plus religieux, on s’en estime davantage. Or, beaucoup de choses naissent de l’estime. Et si l’amour est venu une bonne fois, si c’est bien par amour qu’on s’est &amp;nbsp;«&amp;nbsp;marié, pourquoi passerait-il&amp;nbsp;? Ne peut-on le stimuler&amp;nbsp;? Pourquoi pas&amp;nbsp;? Il est bien rare qu’on n’y parvienne. Et pourquoi l’amour passerait-il, si le mari est bon et honnête&amp;nbsp;? La première rage d’amour des premières semaines ne peut durer sans doute, mais un autre amour lui succède, meilleur encore. Alors ce sont les âmes qui s’aiment, toutes les affaires sont communes. Pas un secret entre le mari et la femme, et si les enfants viennent, même les plus difficiles moments ont une douceur. Il suffit de s’aimer d’un cœur fort. Alors le travail est gai. On épargne sur son propre pain pour les enfants. Et l’on est heureux, on se dit que les enfants vous rendront en amour toute votre peine, et que c’est encore pour soi qu’on travaille. Les enfants grandissent, et vous sentez que vous leur servez d’exemple, que vous êtes le soutien, et que, quand vous serez mort, ils garderont, toute leur vie, dans leur cœur, vos sentiments et vos pensées tels qu’ils les ont reçus de&amp;nbsp;; vous, qu’ils conserveront fidèlement votre image… &amp;nbsp;Mais quel lourd devoir cela vous impose&amp;nbsp;! Comment alors pour le mieux porter ne pas s’unir plus étroitement&amp;nbsp;? On dit qu’il est pénible d’avoir des enfants. Eh&amp;nbsp;! qui dit cela&amp;nbsp;? C’est un bonheur divin. Aimes-tu les petits enfants, Lisa&amp;nbsp;? Moi, je les adore&amp;nbsp;! Tu sais, un petit enfant qui serait pendu à ton sein… Quel est le mari qui pourrait avoir une pensée d’amertume contre sa femme en la voyant assise avec son enfant dans les bras&amp;nbsp;? Un tout petit, rose, potelé, qui s’étale, se frotte, les petits pieds et les petites mains tout gonflés de lait, les ongles proprets, et petits, si petits que c’est risible à voir&amp;nbsp;!… Et ses petits yeux si intelligents&amp;nbsp;! Dirait-on pas qu’il comprend déjà tout&amp;nbsp;? Regarde-le téter&amp;nbsp;: il agite le sein, il joue avec… Mais le père s’approche, le baby lâche le sein, se renverse tout entier en arrière, regarde son père, et se met à rire, – il y a bien de quoi, Dieu le sait&amp;nbsp;! – Puis il reprend le sein et le mord quelquefois quand les dents lui viennent&amp;nbsp;: et il regarde de travers sa mère tout en mordant&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Tu vois&amp;nbsp;! je t’ai mordue…&amp;nbsp;» N’est-ce pas le bonheur «&amp;nbsp;tu, il faut d’abord apprendre à vivre, et il est toujours temps d’accuser le sort&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;(C’est par ces petits tableaux qu’il faut te prendre, – pensai-je. Et pourtant, ma parole, j’avais parlé avec sincérité.) Mais tout à coup je rougis&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Et si elle éclatait de rire, où me mettrais-je&amp;nbsp;?&amp;nbsp;» Cette idée m’enragea. Vers la fin du discours, je m’étais en effet échauffé, et maintenant mon amour-propre était en jeu. Le silence se prolongea. J’avais envie de la pousser du coude.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Qu’est-ce donc qui vous prend&amp;nbsp;?… – commença-t-elle, puis elle s’arrêta.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Mais j’avais tout compris&amp;nbsp;: un nouveau sentiment faisait trembler sa voix. Elle n’avait plus cette intonation de naguère, brusque, brutale, entêtée. Maintenant sa voix était douce et timide, si timide que je me troublais moi-même et que je me sentis coupable envers elle.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Quoi donc&amp;nbsp;? demandai-je avec une curiosité attendrie.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Mais vous…&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Eh bien&amp;nbsp;?…&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;On dirait… que vous lisez dans un livre, dit-elle, et une sorte de raillerie vibra dans sa voix.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Ce mot me vexa, me vexa fortement.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Et je ne sus pas comprendre le sens véritable de cette raillerie, ordinaire et dernière défense des cœurs timides et encore exempts de vices, quand ils résistent avec fierté, jusqu’au dernier moment, aux efforts qu’on fait avec une indiscrète insistance pour pénétrer en eux, et tâchent de donner le change sur leurs sentiments réels. Ses seules réticences, quand elle essayait sa raillerie et n’y parvenait pas, auraient dû m’éclairer. Mais je ne sus pas voir, j’étais aveuglé par un mauvais sentiment.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;«&amp;nbsp;Attendez un peu&amp;nbsp;», pensai-je.&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Chapitre 17&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;«&amp;nbsp;–&amp;nbsp;Dans un livre, Lisa&amp;nbsp;? Pourquoi me parler ainsi lorsque moi-même je me sens sincèrement ému de tout cela comme si j’y étais personnellement intéressé&amp;nbsp;? Dans un livre&amp;nbsp;!… Mais tout ce que je t’ai dit est sorti de mon âme&amp;nbsp;!… Est-il donc possible, est-il donc vrai que tu ne sentes pas l’horreur de vivre ici&amp;nbsp;? Telle est la force de l’habitude&amp;nbsp;! Ah&amp;nbsp;! le diable sait ce que l’habitude peut faire d’un être humain&amp;nbsp;! Penses-tu donc sérieusement que tu ne vieilliras jamais, que tu seras toujours belle et qu’on te laissera ici durant des éternités&amp;nbsp;? Je ne parle même pas de l’ignominie de cette maison&amp;nbsp;!… Et en ce qui concerne ta vie même ici, vois un peu&amp;nbsp;: tu es jeune, attrayante, belle, tu as du sentiment&amp;nbsp;; eh bien, sais-tu que tout à l’heure, quand je suis revenu à moi, j’ai eu du dégoût à me voir auprès de toi&amp;nbsp;? Il faut être ivre pour oser entrer ici&amp;nbsp;! Mais si tu étais ailleurs, si tu menais une vie honnête, peut-être te ferais-je la cour, peut-être t’aimerais-je. Chacun de tes regards alors serait un bonheur pour moi. Et chacune de tes paroles&amp;nbsp;! Je t’épierais «&amp;nbsp;je serais fier de toi, je te considérerais comme ma fiancée, et ce serait mon plus cher honneur. Je n’aurais pas, je ne pourrais avoir à propos de toi une seule pensée impure. Mais ici&amp;nbsp;! Je sais trop que je n’ai qu’à siffler, que bon gré, mal gré, il faut que tu me suives, que ce n’est pas ta volonté que je consulte, mais que tu es d’avance soumise à la mienne. Le dernier moujik qui se loue comme manœuvre n’est pourtant pas un esclave, il sait que sa tâche aura un terme&amp;nbsp;: où est le terme pour toi&amp;nbsp;? Réfléchis donc&amp;nbsp;: qu’est-ce que tu cèdes ici&amp;nbsp;? Qu’est-ce que tu asservis&amp;nbsp;? – Ton âme&amp;nbsp;! ton âme dont tu n’as pas le droit de disposer, tu l’asservis à ton corps&amp;nbsp;! Tu livres ton amour à la profanation des ivrognes&amp;nbsp;! L’amour&amp;nbsp;! mais c’est tout au monde, c’est le plus précieux des diamants, c’est le trésor des vierges&amp;nbsp;! L’amour&amp;nbsp;! pour le mériter il y en a qui donnent leur âme, leur &amp;nbsp;«&amp;nbsp;vie… Mais maintenant, ton amour, que vaut-il&amp;nbsp;? Tu t’es vendue tout entière. Quel niais viendrait parler d’amour où tout y est permis sans amour&amp;nbsp;? Mais quelle pire offense que celle-là pour une femme&amp;nbsp;? Me comprends-tu&amp;nbsp;? Je sais comment on vous amuse, comment on vous permet d’avoir des amoureux même ici. Ce n’est qu’un jeu, une supercherie&amp;nbsp;! Vous vous y laissez prendre, et l’on se rit de vous. Qu’est-ce, en effet, que ton amoureux&amp;nbsp;? T’aime-t-il&amp;nbsp;? Jamais&amp;nbsp;! Comment pourrait-il t’aimer sachant que tu vas être obligée de le quitter à l’instant&amp;nbsp;! C’est un malpropre, voilà tout. T’estime-t-il le moins du monde&amp;nbsp;? Y a-t-il quelque chose de commun entre toi et lui&amp;nbsp;? Il se moque de toi, il te vole&amp;nbsp;: voilà son amour. Estime-toi heureuse qu’il ne te batte pas… Eh&amp;nbsp;! qui sait&amp;nbsp;? il te bat peut-être… Demande-lui un peu s’il veut t’épouser, il te rira au nez [31] s’il ne te crache pas au visage et si – cette fois au moins&amp;nbsp;! – il ne te bat pas. Et pourtant il ne vaut peut-être pas deux kopecks hors d’usage… – Quand on y pense&amp;nbsp;! pourquoi donc as-tu enseveli «&amp;nbsp;ta vie ici&amp;nbsp;? Est-ce parce qu’on te donne du café et qu’on te nourrit bien&amp;nbsp;? Mais dans quel but te nourrit-on&amp;nbsp;? Chez une honnête fille un pareil morceau ne passerait pas le gosier&amp;nbsp;! Elle verrait toujours le secret motif de toute cette abondance&amp;nbsp;!… Tu dois ici, et tu y devras toujours, jusqu’à la fin des fins, jusqu’au moment où les clients ne voudront plus de toi. Et cela viendra bientôt. Ne te fie pas trop à ta jeunesse, ici les années comptent triple, on te jettera dehors&amp;nbsp;; et longtemps avant de te jeter dehors ce seront des chicanes, des disputes, des reproches, comme si tu n’avais pas donné à ta patronne ta jeunesse et ta santé, comme si tu n’avais pas perdu ici – pour rien&amp;nbsp;! – ton âme, comme si c’était toi qui l’eusses dépouillée, réduite à la mendicité, comme si tu l’avais volée. Et n’espère pas qu’on te soutienne&amp;nbsp;: pour plaire à la patronne, tes camarades aussi tomberont sur toi, car toutes sont esclaves comme toi, et il y a longtemps qu’elles ont perdu la conscience et la pitié&amp;nbsp;! C’est à qui sera la plus immonde, la plus vile, la plus outrageante. Elles savent des injures que nulle part ailleurs on ne soupçonne. Tu perdras tout ici, tout ce que tu as de «&amp;nbsp;plus sacré, ta santé, ta beauté, ta jeunesse, tes dernières espérances. À vingt-deux ans tu en auras trente-cinq, et si tu n’es pas malade, estime-toi heureuse, rends grâces à Dieu&amp;nbsp;! Tu penses peut-être qu’au moins tu ne travailles pas, que tu fais la fête&amp;nbsp;? Malheureuse&amp;nbsp;! Il n’existe pas au monde une besogne plus horrible que la tienne&amp;nbsp;! il n’y a pas de travaux forcés comparables à ta vie. Cette seule pensée ne devrait-elle pas dissoudre ton cœur dans les larmes&amp;nbsp;? Et quand on te chassera d’ici, tu n’oseras dire un mot ni un demi-mot, tu t’en iras comme une coupable. Tu iras dans une autre maison, puis dans une troisième, puis ailleurs encore. Enfin tu tomberas à la Sennaïa. Là on te battra&amp;nbsp;: ce sont les amabilités de l’endroit, les clients y confondent les caresses et les coups. Mais tu ne peux t’imaginer l’horreur de ce bouge&amp;nbsp;! Vas-y voir une fois, peut-être en croiras-tu tes yeux. Un soir de nouvel an, j’y ai vu une femme à la porte. Pour se moquer d’elle, ses camarades l’avaient mise dehors parce qu’elle pleurait trop. On voulait la faire geler un peu, et «&amp;nbsp;et l’on avait fermé la porte derrière elle. À neuf heures du matin elle était déjà ivre, débraillée, à demi nue, toute meurtrie de coups&amp;nbsp;; son visage fardé et ses yeux pochés faisaient un étrange contraste. Ses gencives et son nez suaient le sang&amp;nbsp;: c’était un cocher qui venait de lui administrer une correction. Elle avait dans les mains un poisson salé. Elle s’assit sur une marche de pierre et se mit à hurler en pleurant. Tout en se lamentant sur sa destinée, elle frappait avec son poisson les degrés de l’escalier, et sur le perron s’amassaient des cochers et des soldats ivres qui l’excitaient. – Tu ne veux pas croire que tu deviendras ainsi&amp;nbsp;? Je ne voudrais pas le croire moi non plus, mais qu’en savons-nous&amp;nbsp;? Peut-être, dix ou huit ans auparavant, la femme au poisson salé est-elle arrivée ici, fraîche comme un chérubin, innocente, pure, ignorant le mal, rougissant à chaque mot. Peut-être était-elle fière comme toi, comme toi extrêmement sensible, toute différente des autres, et ne soupçonnant pourtant pas quel bonheur attendait celui qui l’aurait aimée et qu’elle aurait aimé. Vois comment elle a fini&amp;nbsp;! Si pourtant alors, quand, ivre et débraillée «&amp;nbsp;poisson les degrés fangeux, si pourtant elle s’était rappelé les années de son passé pur, la maison de son père, l’école, la route où le fils du voisin l’attendait pour lui jurer qu’il l’aimerait toujours, qu’il lui consacrerait tout son avenir, et l’heure où ils décidèrent qu’ils s’aimeraient éternellement et s’épouseraient dès qu’ils auraient l’âge&amp;nbsp;!… Non, Lisa, ce serait pour toi le bonheur si tu mourais demain quelque part, dans une cave, dans un coin, comme la phthisique. À l’hôpital, dis-tu&amp;nbsp;? Oui, on t’y mènera. Mais… et ta dette à la patronne. Une phthisie n’est pas une maladie comme une fièvre chaude, qui laisse jusqu’au dernier moment à la malade l’espoir de la guérison. Elle se leurre elle-même, se croit en bonne santé, et cela fait les affaires de la patronne. Mais toi, tu mourras lentement, tu te verras mourir, et tous t’abandonneront&amp;nbsp;: qu’auras-tu à dire&amp;nbsp;? Tu as vendu ton âme, c’est vrai, mais tu dois de l’argent&amp;nbsp;! Et l’on te laissera toute seule, car que faire de toi&amp;nbsp;? On te reprochera même de tenir de la place pour rien et de traîner ta mort. Tu auras soif&amp;nbsp;? on te donnera de l’eau, – et des injures avec «&amp;nbsp;&amp;nbsp;Quand donc crèveras-tu, salope&amp;nbsp;? Tu nous empêches de dormir avec tes gémissements, et tu dégoûtes les clients&amp;nbsp;!…&amp;nbsp;» – J’ai moi-même entendu ces paroles. – Enfin, toute mourante, on te jettera dans un coin puant de la cave, dans l’obscurité, dans l’humidité… Que penseras-tu, toute seule, durant les nuits interminables&amp;nbsp;? Et tu mourras. Une main mercenaire t’ensevelira, impatiemment&amp;nbsp;; au lieu de prières, on n’entendra autour de ton cadavre que d’ignobles jurons. Personne pour te bénir, personne pour te plaindre. On te mettra dans une bière pareille à celle de la phthisique, puis on ira au cabaret parler de toi. Et tu reposeras dans la boue, dans la fange, dans la neige fondue. Mais faire des cérémonies pour toi&amp;nbsp;? – Descends-la, Vamoukha [32]. Même ici elle a les pieds en l’air&amp;nbsp;! C’était sa destinée… C’est une telle. Ne dépense pas trop de corde, ça ira comme ça. – Oui, ça ira comme ça… – Non, pourtant, ça penche d’un côté. C’était tout de même un être humain… Ah bien, tant pis&amp;nbsp;! Vas-y&amp;nbsp;!… Et l’on ne se chamaillera pas longtemps en ton honneur. Le plus vite possible on te jettera &amp;nbsp;«&amp;nbsp;quelques pelletées d’argile humide et bleuâtre, – et au cabaret&amp;nbsp;!… Voilà ton avenir. Les autres femmes sont accompagnées au cimetière par leurs enfants, leur père, leur mari. Mais toi&amp;nbsp;! pas une larme, pas un soupir, pas un regret. Personne au monde, personne jamais ne viendra prier sur ta tombe. Ton nom disparaîtra de la face de la terre comme si tu n’avais jamais existé, comme si tu n’étais jamais née. De la boue à la boue&amp;nbsp;! Et la nuit, quand les morts soulèveront leurs couvercles, tu leur crieras&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Laissez-moi, bonnes gens, encore un peu vivre dans le monde&amp;nbsp;! J’ai vécu et je n’ai pas vu la vie. Ma vie a servi de torchon aux autres&amp;nbsp;! On a bu ma vie dans le bouge de la Sennaïa&amp;nbsp;! Laissez-moi, bonnes gens, encore un peu vivre dans le monde&amp;nbsp;!…&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;J’arrivais au pathos, des spasmes commençaient à me serrer la gorge et… Tout à coup je m’arrêtai, la peur me prit, je me soulevai avec terreur, et, le cœur battant, je me penchai et me mis à écouter.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Le cas était embarrassant&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Depuis longtemps je sentais bien que mes paroles devaient bouleverser Lisa jusqu’au fond de l’âme, mais plus cette conviction s’imposait à moi, plus j’avais hâte d’obtenir l’effet le plus intense possible. Le jeu&amp;nbsp;! le jeu m’entraînait, – et aussi autre chose… Et j’avais parlé en calculant tous mes mots en vue de l’effet, comme dans un livre. Oui, elle avait raison&amp;nbsp;: on eût vraiment dit que je lisais «&amp;nbsp;dans un livre&amp;nbsp;». Mais cela ne me gênait pas&amp;nbsp;: je savais, je pressentais que j’étais compris, et ce procédé livresque ne pouvait, à mon sens, qu’aider au succès. Mais maintenant que j’avais obtenu «&amp;nbsp;l’effet&amp;nbsp;», j’en avais subitement peur, je reculais devant ma propre action.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Non, jamais, jamais encore je n’avais vu un tel désespoir. Lisa cachait sa tête dans l’oreiller, s’y enfonçant avec force et le tenant embrassé dans ses bras. Un tremblement convulsif secouait tout son corps. Longtemps les sanglots l’oppressèrent, et tout à coup ils éclatèrent avec des cris et des gémissements. Alors elle se serra plus violemment encore contre l’oreiller, pour que personne dans la maison, pour qu’aucune âme vivante ne l’entendît pleurer. Elle déchirait le linge avec ses dents, elle mordait &amp;nbsp;«&amp;nbsp;ses mains jusqu’au sang (je m’en aperçus ensuite), elle s’accrochait des deux mains à ses nattes défaites, puis elle restait immobile, retenant sa respiration, serrant les dents. Je voulus d’abord lui parler, essayer de la calmer, mais je n’en eus pas le courage, et tout frissonnant moi-même je me jetai à tâtons en bas du lit pour m’habiller et m’en aller. Il faisait sombre. Malgré tous mes efforts, je ne pouvais aller vite. Enfin je trouvai une boîte d’allumettes et un chandelier avec une bougie entière. Aussitôt que la lumière éclaira la chambre, Lisa se leva vivement, s’assit au bord du lit, toute défigurée, et me regarda d’un regard inconscient en souriant comme une folle. Je m’assis auprès d’elle, je lui pris la main&amp;nbsp;: elle parut reprendre le sentiment de l’événement et de l’heure, fit un mouvement vers moi comme pour m’enlacer, mais n’osa pas et baissa doucement la tête.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Lisa, ma chère, commençai-je, je ne voulais pas… pardon…&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Mais elle me serra fortement les mains&amp;nbsp;: je compris que ce n’était pas cela qu’il fallait dire, et je me tus.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Voici mon adresse, Lisa, viens me voir.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Je viendrai… murmura-t-elle, indécise, la tête toujours baissée&amp;nbsp;.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Et maintenant je m’en vais. Adieu… Au revoir.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Je me levai, elle se leva. Tout à coup je la vis rougir, tressaillir. Elle saisit un châle qui traînait sur une chaise, le jeta sur ses épaules et s’en couvrit jusqu’au menton. Puis elle me regarda bizarrement, avec un sourire maladif. Cela me fit souffrir, je me hâtai de m’en aller, de disparaître.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Attendez&amp;nbsp;! dit-elle inopinément, comme nous étions déjà dans le vestibule, près de la porte, en m’arrêtant par mon manteau. Elle posa vivement la bougie et s’enfuit.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;«&amp;nbsp;Elle se sera rappelé quelque chose qu’elle veut me montrer&amp;nbsp;», pensai-je.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;En me quittant elle était toute rouge, ses yeux brillaient, son sourire était changé. Qu’est-ce que tout cela pouvait signifier&amp;nbsp;? J’attendis. Bientôt, elle revint, une prière, une excuse dans le regard. En général ce n’était plus le même visage que quelques heures auparavant. Ce n’étaient plus ces yeux mornes, méfiants et obstinés. Maintenant son regard était suppliant, doux, et si confiant, si tendre, si timide&amp;nbsp;! Les enfants regardent ainsi ceux qu’ils aiment et dont ils espèrent quelque chose. – Elle avait des yeux gris clair, de beaux yeux vifs aussi bien faits pour exprimer l’amour que la haine «&amp;nbsp;Sans rien m’expliquer, comme si j’étais un être supérieur qui devais tout deviner, elle me tendit un papier. Son visage était tout éclairé, naïvement et presque puérilement triomphant. J’ouvris le papier. C’était une lettre d’un étudiant en médecine (ou quelque chose d’analogue), une lettre très-ampoulée, d’un style haut en couleur, mais très-respectueuse, une déclaration. J’ai oublié les termes, mais je me souviens très-nettement qu’en dépit des fioritures de style on devinait dans cette lettre un sentiment véritable, ce quelque chose qu’on ne peut feindre. Quand j’eus fini cette lecture, je rencontrai le regard de Lisa, un regard ardent, curieux, impatient comme un regard d’enfant. Et comme je tardais à lui parler, elle me raconta en quelques mots, précipitamment, mais avec une sorte de fierté joyeuse, comment elle était un soir à un bal de famille, «&amp;nbsp;chez des gens très-convenables, en famille, chez des gens qui ne savent encore rien, rien du tout, car ici elle est toute nouvelle… et c’est seulement… comme ça… et elle n’a pas du tout l’intention d’y rester, et elle s’en ira dès qu’elle se sera acquittée… Eh bien, à ce même bal se trouvait un étudiant, et ils avaient dansé &amp;nbsp;et causé toute la soirée, et cet étudiant l’avait connue toute petite fille, à Riga, – mais il y a bien longtemps&amp;nbsp;! – et il avait aussi connu ses parents, mais de celail ne sait rien, rien, rien, il ne s’en doute même pas. – Et voilà&amp;nbsp;! le lendemain du bal (il y a trois jours), il envoya cette lettre par un ami avec lequel elle était venue à cette soirée… et… eh bien, voilà tout.&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Elle baissa les yeux, toute confuse.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Pauvre fille&amp;nbsp;! elle conservait cette lettre comme une chose précieuse, et elle avait tenu à me montrer cet unique trésor, ne voulant pas me laisser m’en aller sans savoir qu’on pouvait, elle aussi, l’aimer honnêtement et sincèrement, et qu’on lui par&amp;nbsp;«&amp;nbsp;lait avec respect. La destinée de cette lettre était sans doute de jaunir dans un coffret, sans autre conséquence. Mais n’importe, je suis certain qu’elle l’aura toujours conservée comme un trésor, comme son orgueil palpable et sa palpable excuse. Et dans un pareil moment, elle avait songé à m’apporter cette pauvre lettre, pour étaler naïvement son orgueil devant moi, pour se réhabiliter à mes yeux, pour que je la félicite… Mais je ne lui dis rien, je lui serrai la main et je sortis. J’avais si grande hâte de m’en aller&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Je fis tout le chemin à pied malgré que la neige tombât à gros flocons. J’étais fatigué, écrasé, étonné&amp;nbsp;: mais déjà sous l’étonnement la vérité se faisait jour, – une sale vérité.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Chapitre 18&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Je ne voulus pas l’accepter tout de suite, cette vérité. Le matin, en m’éveillant, après quelques heures d’un sommeil lourd et profond, je me rappelai immédiatement toute la journée de la veille et je m’étonnai de ma sentimentalité avec Lisa. «&amp;nbsp;Qu’est-ce que tout ce fatras compatissant&amp;nbsp;? J’ai donc mal aux nerfs comme une femme&amp;nbsp;? Pouah&amp;nbsp;!… Et pourquoi lui ai-je donné mon adresse&amp;nbsp;? Et si elle vient&amp;nbsp;?… Eh bien&amp;nbsp;! qu’elle vienne&amp;nbsp;! Qu’est-ce que cela me fait&amp;nbsp;!&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Je sortis dans la soirée pour me promener un peu. Il me restait, comme conséquence de la veille, une forte migraine, et la tête me tournait. Plus la soirée s’avançait, plus augmentait l’obscurité, et plus changeaient et s’embrouillaient mes pensées. Il y avait en moi, dans les profondeurs de mon cœur et de ma conscience, quelque chose qui ne voulait pas mourir, un sentiment mystérieux qui me faisait souffrir matériellement, comme une brûlure.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Je dirigeai ma promenade vers les endroits les plus fréquentés, les rues les plus commerçantes, le mechtchanskaïa, la Sadovoüa, le jardin Voussoupov. J’avais pris l’habitude de faire cette promenade, à la tombée de la nuit, à l’heure où la foule des petits commerçants et des ouvriers, avec leurs visages soucieux jusqu’à la méchanceté, devient plus compacte, à cette heure où le travail quotidien est fini. C’étaient précisément ces soucis infimes des infimes bénéfices qui me plaisaient, et précisément cette prose éhontée&amp;nbsp;! Mais ce soir-là, le coudoiement de la rue ne fit que m’exaspérer davantage. Je ne pouvais parvenir à joindre les fils de mes idées. Sans cesse une inquiétude se levait en moi et ne voulait pas s’apaiser. Déconcerté, je repris le chemin de mon logement. Il me semblait qu’un crime pesait sur ma conscience.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;La pensée que Lisa pouvait venir ne cessait de me torturer.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;«&amp;nbsp;&amp;nbsp;Si elle venait&amp;nbsp;!… Eh bien&amp;nbsp;! qu’elle vienne&amp;nbsp;!… Hum&amp;nbsp;!… Mais il ne faut pas qu’elle voie comment je vis. Hier j’ai dû lui paraître un tel… héros&amp;nbsp;! et maintenant… Hum&amp;nbsp;! Pourquoi donc me suis-je à ce point désintéressé de mes propres affaires&amp;nbsp;? C’est très-misérable, chez moi&amp;nbsp;: mon divan de toile cirée crache sa paille, ma robe de chambre refuse de me couvrir… Quelles loques&amp;nbsp;! et elle verra tout cela, et elle verra Apollon, mon domestique. Cet animal ne manquera pas de l’offenser, il trouvera quelque chose de désagréable à lui dire pour me causer des ennuis, et moi, évidemment, je serai lâche comme à l’ordinaire, je me ferai petit devant elle, j’essayerai de me draper dans ma robe de chambre, je sourirai, je mentirai… Fi&amp;nbsp;! quel dégoût&amp;nbsp;! Et ce n’est pas encore là ce qu’il y a de plus dégoûtant, il y a pis, plus sale, plus vil, oui, plus vil. Toujours, toujours me couvrir d’un masque de mensonge et de malhonnêteté&amp;nbsp;!&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Cette pensée m’enflamma.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Mais, «&amp;nbsp;malhonnêteté&amp;nbsp;», pourquoi&amp;nbsp;? Quelle malhonnêteté&amp;nbsp;? Je parlais sincèrement hier, je sentais &amp;nbsp;«&amp;nbsp;vivement ce que je disais. Oui, je voulais réveiller en elle les sentiments nobles, je savais que cela lui ferait du bien, de pleurer, que cela lui serait salutaire…&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Mais, quoi que je fisse, je ne pouvais parvenir à me tranquilliser.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Et toute la soirée, même après neuf heures, quoique je fusse sûr, d’après mes calculs, que Lisa ne pouvait plus venir, je la vis, elle fut devant mes yeux, et toujours dans la même attitude. Car, de toute la précédente soirée, un instant s’était particulièrement gravé dans ma mémoire&amp;nbsp;: c’était quand j’avais aperçu, à la clarté de l’allumette, le visage pâle et défait de Lisa, et son regard de martyre. Et quel sourire pitoyable, anormal, «&amp;nbsp;inutile&amp;nbsp;», elle avait sur les lèvres&amp;nbsp;! – Et je ne savais pas alors que quinze ans après, Lisa serait encore devant mes yeux intérieurs avec ce même pitoyable, anormal et inutile sourire.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Le lendemain, j’étais disposé à considérer tout cela comme des futilités, un relâchement du système nerveux, et surtout des «&amp;nbsp;exagérations&amp;nbsp;». Je m’étais toujours reconnu cette faiblesse, et j’en craignais beaucoup des effets&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;J’exagère toujours, et c’est là ce qui me perd&amp;nbsp;», me disais-je à chaque instant.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;«&amp;nbsp;Du reste, Lisa viendra peut «&amp;nbsp;quand même…&amp;nbsp;» Ce refrain concluait toutes mes réflexions, et cette inquiétude m’enrageait.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;«&amp;nbsp;Elle viendra certainement&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» criais-je en courant à travers la chambre&amp;nbsp;»&amp;nbsp;; si ce n’est aujourd’hui, ce sera demain, mais elle viendra. Ô maudit romantisme des cœurs purs&amp;nbsp;! Quel dégoût&amp;nbsp;! quelle sottise&amp;nbsp;! Ô l’imprévoyance des âmes dégoûtantes de sentimentalisme&amp;nbsp;! – Eh&amp;nbsp;! au fond, comment ne pas comprendre&amp;nbsp;? Pourquoi pas comprendre&amp;nbsp;?…&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Ici je m’arrêtais, dans une étrange perplexité.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Et qu’il a fallu peu de paroles, – observais-je en passant, – qu’il a fallu peu d’idylle (et d’idylle livresque, artificielle, factice) pour retourner toute mon âme&amp;nbsp;! Ah&amp;nbsp;! la persistante virginité&amp;nbsp;! Ah&amp;nbsp;! le perpétuel renouveau de l’argile humaine&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Parfois, la pensée me venait d’aller chez elle, «&amp;nbsp;de lui dire tout&amp;nbsp;», de la supplier de ne pas venir. Mais «&amp;nbsp;alors une telle colère se levait en moi qu’il me semblait que j’aurais écrasé cette «&amp;nbsp;maudite&amp;nbsp;» Lisa, si elle avait été à ma portée&amp;nbsp;! Oui, je l’aurais outragée, conspuée, chassée, battue&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Cependant, une journée se passa, une autre encore, et encore une troisième. Lisa ne venait pas, et je commençais à me rassurer. Surtout passé neuf heures du soir j’étais tout à fait courageux, et je me promenais en liberté. Je me mis même à réfléchir moins amèrement à toute cette aventure&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Voyons, je vais sauver Lisa (puisqu’elle ne vient pas&amp;nbsp;!)&amp;nbsp;: je lui parle, je développe son esprit, j’entreprends son éducation. Je vois enfin qu’elle m’aime, qu’elle m’aime passionnément, mais je fais semblant de ne pas la comprendre. (Je ne sais pourtant pas pourquoi je fais semblant… C’est peut-être plus beau.) Puis, un soir, toute confuse, très-belle, elle se jette à mes pieds en tremblant, et en pleurant, elle me dit que je suis son sauveur, qu’elle m’aime plus que tout au monde… Je lui marque quelque étonnement, mais… «&amp;nbsp;Lisa, lui dis-je, peux-tu donc penser que je n’aie pas compris ton amour&amp;nbsp;? J’ai tout vu, tout deviné, mais je n’osais pas attenter à ton cœur «&amp;nbsp;Je connaissais mon influence sur toi&amp;nbsp;: je craignais que, par reconnaissance, tu fisses effort pour répondre à mon amour&amp;nbsp;; et cela, je ne le veux pas, ce serait… du despotisme… Ce ne serait pas délicat. (Ici je me lançais dans des subtilités européennes à la George Sand, des sentiments d’une inexprimable noblesse.) Mais maintenant tu es à moi, maintenant tu es ma création, maintenant tu es pure et belle, tu es ma femme,&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;«&amp;nbsp;Et dans ma maison, librement et hardiment,&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Entre et règne [33].&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Puis, nous commençons une vie charmante, nous allons à l’étranger, etc., etc., etc.…&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Je me faisais honte à moi-même, et je finissais par me tirer la langue.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Mais on ne la laissera pas partir, «&amp;nbsp;la dégoûtante&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» – pensai-je. On ne les laisse pas trop se promener, il me semble, surtout le soir. (Il me semblait, je ne sais pourquoi, qu’elle viendrait précisément le soir, et précisément à sept heures.) Oui, mais, ne m’a-t-elle pas dit qu’elle n’est pas encore tout à fait esclave, qu’elle a des droits&amp;nbsp;? Cela veut dire… Hum&amp;nbsp;!… Que le diable l’emporte&amp;nbsp;! Elle viendra, elle viendra certainement&amp;nbsp;!&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;«&amp;nbsp;De mon côté, je n’aurais pu vivre dans une chambre garnie&amp;nbsp;: mon logement était isolé&amp;nbsp;; c’était ma gaine, la boîte, où je m’enfermais loin de toute l’humanité.&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Chapitre 19&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;«&amp;nbsp; En revanche, sauve-moi&amp;nbsp;! va tout de suite chercher au traktir du thé et dix soukhars&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;«&amp;nbsp;J’avais repris mon jappement de roquet, et je continuais à frapper la table, quoique je sentisse fort bien la stupidité de mon emportement.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Tu ne peux savoir, Lisa, comme il me torture&amp;nbsp;! C’est mon bourreau… Il est allé chercher des soukhars… Lisa&amp;nbsp;!…&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Et tout à coup je fondis en larmes. C’était une crise. Que j’avais honte de ma faiblesse&amp;nbsp;! Mais j’étais incapable de me dominer.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Elle s’effraya.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Mais qu’avez-vous&amp;nbsp;? qu’avez-vous donc&amp;nbsp;? – disait-elle en s’agitant autour de moi.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;De l’eau&amp;nbsp;!… donne-moi de l’eau… – balbutiai-je à voix basse. (J’avais très-nettement conscience que cette eau me serait tout à fait inutile, et que rien ne m’obligeait à balbutier à voix basse.) – C’est par là… (Quoique la crise fût réelle, je peux dire que je jouais la comédie pour sauver les apparences.)&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Elle me donna de l’eau. Elle était comme éperdue. – En ce moment Apollon apporta le thé, et il me sembla que ce thé banal et prosaïque était une chose terriblement inconvenante et misérable après tout ce qui venait de se passer, et je rougis.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;«&amp;nbsp;–&amp;nbsp;Lisa, tu me méprises… – dis-je en la regardant fixement, frémissant d’impatience de savoir ce qu’elle pensait.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Elle était si confuse qu’elle ne put même pas me répondre.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Prends du thé, – dis-je avec colère.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;J’étais irrité contre moi-même, mais il va sans dire qu’elle devait tout supporter. Une horrible colère me soulevait le cœur contre elle, il me sem«&amp;nbsp;blait que je l’aurais tuée avec plaisir. Et pour me venger je me jurai mentalement que je ne lui dirais plus un mot.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;C’est elle qui est la cause de tout&amp;nbsp;! pensai-je.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Le silence dura sept minutes. Le thé restait sur la table, nous n’y touchions pas. Exprès – tant la perversité me gouvernait&amp;nbsp;! – je ne voulais pas boire le premier pour rendre plus pénible la position de Lisa, puisqu’il ne convenait pas qu’elle commençât. Elle me regardait à la dérobée, avec étonnement, avec tristesse. Je m’obstinais à me taire. Certes, le principal bourreau, c’était moi, et j’avais pleine conscience de toute la dégoûtante bassesse de ma sottise et de ma méchanceté&amp;nbsp;; mais je ne m’appartenais plus.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Je viens de là… Je veux… en sortir tout à fait, – commença-t-elle pour rompre d’une façon quelconque ce silence intolérable. Mais la pauvre&amp;nbsp;! Elle aussi, elle commençait précisément comme elle ne devait pas commencer&amp;nbsp;! À un tel moment, à un tel homme parler d’abord de cela&amp;nbsp;! Mon cœur se serra de pitié pour sa franchise inutile et pour sa maladresse. Mais aussitôt un sentiment de méchanceté refoula en moi la pitié. Cette velléité même de compassion redoubla ma cruauté. «&amp;nbsp;Eh «&amp;nbsp;que tout aille au diable&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» me dis-je. – Encore sept minutes de silence.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Elle se leva en disant d’une voix à peine intelligible&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Je vous dérange&amp;nbsp;?…&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Il y avait dans sa voix de la dignité offensée et de la lassitude. Aussitôt ma colère déborda&amp;nbsp;; je me levai aussi, tremblant, suffoquant de rage&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Pourquoi es-tu venue chez moi, dis-moi, je t’en prie&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Je ne tenais même plus compte de l’ordre logique de mes paroles, je voulais tout lâcher d’un seul coup, et je ne savais par où commencer.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Pourquoi es-tu venue&amp;nbsp;? Réponds&amp;nbsp;! réponds&amp;nbsp;!… Ah&amp;nbsp;! je vais te le dire, «&amp;nbsp;ma petite mère&amp;nbsp;», je vais te le dire, pourquoi tu es venue&amp;nbsp;! C’est parce que je t’ai dit, l’autre jour, des mots de pitié, cela t’a touchée, et tu es venue chercher encore des mots de pitié&amp;nbsp;! Eh bien&amp;nbsp;! écoute, sache que je me suis moqué de toi&amp;nbsp;! Et maintenant encore je me moque de toi&amp;nbsp;!… Eh&amp;nbsp;! oui&amp;nbsp;: je me-mo-quais… On m’avait offensé, dans la soirée, à un dîner, des gens… des camarades… et je venais dans votre maison pour provoquer l’un d’eux, un officier, qui avait dû y venir avant moi. Mais je ne l’ai «&amp;nbsp;rencontré&amp;nbsp;: il fallait bien me venger sur quelqu’un, «&amp;nbsp;reprendre ce qu’on m’avait pris&amp;nbsp;»&amp;nbsp;: tu es tombée sous ma main, et j’ai bavé sur toi toute ma colère, toute mon ironie. On m’avait humilié, je t’ai humiliée. On m’avait tordu comme un torchon&amp;nbsp;: j’ai voulu à mon tour user de ma force… Voilà&amp;nbsp;! et toi, tu croyais déjà que je venais te sauver&amp;nbsp;! N’est-ce pas&amp;nbsp;? tu l’as cru&amp;nbsp;? tu l’as cru&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Je savais que quelques détails pourraient lui échapper, mais j’étais sûr qu’elle comprendrait très-bien l’ensemble de mes paroles. Je ne me trompais pas. Elle devint pâle comme un mouchoir, voulut parler, mais ses lèvres se convulsèrent, et elle s’affaissa sur sa chaise comme si elle venait de recevoir un coup de hache, et, aussi longtemps que je parlai, elle m’écouta, la bouche béante, les yeux démesurément ouverts, dans une saisissante attitude d’épouvante. Le cynisme de mes paroles la comblait de stupeur.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Te sauver&amp;nbsp;! – continuai-je en me mettant à courir de long en large dans la chambre, – et te sauver de quoi&amp;nbsp;? Mais je suis pire que toi peut-être&amp;nbsp;! Que pensais-tu, l’autre jour, quand je te faisais de la morale&amp;nbsp;? «&amp;nbsp;&amp;nbsp;Et toi-même, pourquoi es-tu ici, avec toute ta morale&amp;nbsp;?…&amp;nbsp;» Voilà ce que tu pensais… Prouver ma force&amp;nbsp;! prouver ma force&amp;nbsp;! Voilà ce qu’il me fallait alors. Tes larmes, ton humiliation, ton hystérie, voilà ce qu’il me fallait&amp;nbsp;! D’ailleurs, une fois que j’eus obtenu ce que je voulais, j’en ai été moi-même atterré, parce que je suis une femmelette, et le diable sait quelle sotte pensée m’a fait te donner mon adresse&amp;nbsp;! Je le regrettais déjà en rentrant chez moi, et je t’accablais d’injures à cause de cette maudite adresse, et je te détestais déjà&amp;nbsp;! Car, avec mes mots de pitié, je t’avais menti. Des phrases&amp;nbsp;! des phrases&amp;nbsp;! rêver l’action et la traduire en phrases, voilà ma vie. Quant à l’action réelle, sais-tu ce que je veux&amp;nbsp;? Que tout soit anéanti, tout, tout&amp;nbsp;! Il me faut la paix, et pour l’avoir, je donnerais le monde entier pour un kopeck.&amp;nbsp;&lt;b&gt;Si l’on me donnait à choisir entre le thé et l’humanité, je choisirais le thé.&lt;/b&gt;&amp;nbsp;Comprends-tu&amp;nbsp;? Eh&amp;nbsp;! je le sais&amp;nbsp;:&amp;nbsp;&lt;b&gt;je suis un vaurien, un cochon, un égoïste, un lâche&lt;/b&gt;… Sais-tu&amp;nbsp;? Voilà trois jours que je tremble en songeant qu’à chaque instant tu peux venir «&amp;nbsp; Et sais-tu encore ce qui m’inquiétait le plus&amp;nbsp;? C’est que, l’autre jour, tu m’as pris pour un héros, et qu’aujourd’hui tu me vois dans ma petite chambre, dans ma misérable et dégoûtante chambre&amp;nbsp;! Je te disais tout à l’heure que je n’avais pas honte de ma pauvreté… Je mentais, j’en ai honte, honte, plus que de toute autre chose&amp;nbsp;: j’aurais moins honte de voler&amp;nbsp;! J’ai tant d’amour-propre qu’il me semble, à la plus légère offense, qu’on m’a écorché et que l’air même qui me baigne me blesse. Ne comprends-tu pas, maintenant au moins, que je ne te pardonnerai jamais de m’avoir vu me jeter comme un roquet sur Apollon&amp;nbsp;? Ce sauveur, ce héros qui se jette comme un chien galeux sur son domestique&amp;nbsp;! – et son domestique qui s’en rit&amp;nbsp;! Et les larmes de tout à l’heure, ces larmes honteuses que j’ai versées devant toi comme une baba [36], je ne te les pardonnerai jamais&amp;nbsp;! Et tout ce que je t’avoue en cet instant même, je ne te le pardonnerai jamais, à toi&amp;nbsp;! Oui, toi, toi seule, tu payeras pour tout cela&amp;nbsp;! Pourquoi t’es-tu trouvée sur mon chemin&amp;nbsp;? Ou pourquoi suis-je un vaurien, le plus «&amp;nbsp;, le plus dégoûtant, le plus ridicule, le plus mesquin, le plus sot, le plus jaloux de tous les vers de terre, qui ne sont pas meilleurs que moi, mais qui du moins – le diable sait pourquoi&amp;nbsp;! – n’ont jamais honte d’être ce qu’ils sont&amp;nbsp;? Mais moi, toute ma vie, chaque vilenie que j’ai commise a eu pour conséquence une terrible chiquenaude sur mon âme&amp;nbsp;! C’est par là que je diffère des autres hommes. Tu ne comprends rien à tout cela, n’est-ce pas&amp;nbsp;? Et que m’importe&amp;nbsp;! Que m’importe que tu te perdes ou que tu te sauves&amp;nbsp;! Qu’es-tu pour moi&amp;nbsp;? Mais comprends-tu, mon Dieu&amp;nbsp;! comprends-tu que je te hais, parce que tu es ici et que tu as entendu ce que je viens de te dire&amp;nbsp;? Un homme ne se confesse qu’une fois dans la vie, et pour le faire il faut qu’il ait une crise d’hystérie&amp;nbsp;!… Et que veux-tu encore&amp;nbsp;? Pourquoi es-tu encore ici, devant moi, à me torturer au lieu de t’en aller&amp;nbsp;?…&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Mais ici se passa une chose étrange.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;J’ai une habitude à ce point invétérée de penser et de réfléchir d’après les livres et de me représenter tout au monde comme «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;J’ai une habitude à ce point invétérée de penser et de réfléchir d’après les livres et de me représenter tout au monde comme si je l’imaginais moi-même dans mes rêves, que cette chose étrange, je ne la compris pas aussitôt. Outragée, écrasée par moi, Lisa avait compris beaucoup plus profondément que je ne pouvais le supposer. De tout cela, elle avait compris ce qu’une femme comprendra toujours avant toute chose si elle aime sincèrement&amp;nbsp;: c’est que l’homme qui lui parlait ainsi était lui-même malheureux.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;La frayeur et le ressentiment avaient disparu de son visage, qui n’exprimait plus qu’une surprise désolée. Quand je me traitai de vaurien et de cochon, et quand mes larmes recommencèrent à couler, – car je pleurais en débitant toute cette tirade&amp;nbsp;! – ses traits se crispèrent convulsivement, elle voulut se lever et m’interrompre. Et quand j’eus fini, elle ne s’arrêta pas à mes cris, elle ne parut pas entendre que je lui reprochais d’être encore là,mais sa physionomie exprimait avec évidence qu’elle sentait seulement combien je devais moi-même souffrir en lui disant tout cela. Et d’ailleurs, la pauvre créature était tellement humiliée, elle s’estimait si incomparablement inférieure à moi qu’il ne lui venait qu’il ne lui venait pas même à l’esprit de s’offenser. Dans une sorte d’élan à la fois irrésistible et timide, elle fit un pas vers moi, puis, n’osant s’approcher davantage, me tendit les bras… Mon cœur se serra. Elle vit ma physionomie changer, se jeta vers moi, enlaça mon cou de ses mains et se mit à pleurer. Je n’y pus tenir moi-même, et je sanglotai comme jamais cela ne m’était arrivé.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;On ne me laisse pas… je ne puis pas… être bon, – murmurai-je d’une voix entrecoupée. Et me laissant tomber sur le divan, je sanglotai pendant un quart d’heure dans une crise de véritable hystérie. Lisa se serra contre moi, m’étreignit dans ses bras et parut s’oublier dans cette étreinte.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Mais la crise passa. (J’écris ici, qu’on ne l’oublie pas, la plus sale réalité.) Et voilà, couché à plat&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;ventre sur le divan, le visage enfoui dans un misérable oreiller de cuir, voilà que, peu à peu, de très-loin, involontairement, mais irrésistiblement, je commençai à sentir qu’il serait maintenant bien gênant de relever la tête et de regarder dans les yeux de Lisa. De quoi avais-je honte&amp;nbsp;? Je ne sais, mais j’avais honte. Il me vint aussi à l’idée que les rôles avaient définitivement changé&amp;nbsp;; qu’elle était devenue l’héroïne, et que j’étais moi-même devenu l’être humilié et offensé qu’elle était devant moi quatre jours auparavant… Et je pensais cela tout en restant couché sur le divan.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Mon Dieu&amp;nbsp;! est-il vraiment possible que j’aie, en ce moment, été jaloux de Lisa&amp;nbsp;? – Je ne sais, maintenant encore je ne puis me rendre compte de cela. Il m’a toujours été impossible de vivre sans tyranniser quelqu’un, et… Mais les raisonnements n’expliquent rien, et pourquoi raisonner&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Pourtant je repris le dessus. Je levai la tête. (Il aurait bien toujours fallu lever la tête un jour ou l’autre&amp;nbsp;!…)&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Or, je suis maintenant certain que c’est précisément parce que j’avais honte de la regarder que s’alluma soudainement un sentiment imprévu&amp;nbsp;: le sentiment de la domination – et de la possession. Mes yeux s’enflammèrent passionnément, je serrai avec force les mains de Lisa dans les miennes…&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Comme je la haïssais en ce moment&amp;nbsp;! Mais comme cette haine m’attirait étrangement vers elle&amp;nbsp;! La haine doublait l’amour, et cela ressemblait presque à de la vengeance…&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Un immense étonnement bouleversa ses traits, un étonnement tout voisin de la terreur. Mais ce fut court, et elle se hâta de m’étreindre avec une ardeur passionnée.&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Chapitre 20&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;«&amp;nbsp;Un quart d’heure après, je courais de long en large dans la chambre avec une impatience fébrile. À chaque instant, je m’approchais du paravent, et, à travers une petite fente, je regardais Lisa. Elle était assise par terre, la tête appuyée au lit, et paraissait pleurer. Mais elle ne s’en allait pas, et cela m’irritait. Maintenant elle savait tout. Je l’avais suprêmement outragée, mais… Que sert de raconter&amp;nbsp;? Elle savait maintenant que mon bref désir était né d’une pensée de vengeance, du besoin de lui imposer une humiliation nouvelle, et qu’à ma haine pour ainsi dire sans corps s’était substituée une haine personnelle, réelle et fondée sur la jalousie… D’ailleurs, je n’affirme pas qu’elle ait compris tout cela nettement. Ce qui est certain, c’est qu’elle me tenait désormais pour un homme parfaitement vil et surtout incapable d’aimer.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Je sais bien&amp;nbsp;! on me dira qu’il est impossible d’être méchant et bête à ce point. On ajoutera peut-être qu’il est impossible de ne pas aimer une telle femme, impossible au moins de ne pas apprécier son amour. – Baste&amp;nbsp;! Qu’y a-t-il d’impossible&amp;nbsp;? D’abord je ne pouvais plus aimer (dans le sens qu’on attribue à ce mot)&amp;nbsp;: aimer, pour moi ne signifiait plus que tyranniser et dominer moralement. Je n’ai même jamais pu concevoir un autre amour, et je suis allé si loin en ce sens qu’aujourd’hui je crois fermement que l’amour consiste en ce droit de tyrannie concédé par l’être aimé. Même dans mes rêves souterrains, je ne me représentais l’amour que comme un duel commencé par la haine et fini par un asservissement moral&amp;nbsp;: mais après&amp;nbsp;? Je n’aurais su que faire de l’objet asservi&amp;nbsp;! Et, encore une fois, qu’y a-t-il d’impossible&amp;nbsp;? Ne m’étais-je pas dépravé invraisemblablement&amp;nbsp;? N’avais-je point perdu la notion de la «&amp;nbsp;vie vivante&amp;nbsp;» au point d’avoir osé faire honte à Lisa d’être venue écouter des «&amp;nbsp;mots de &amp;nbsp;» «&amp;nbsp;pitié&amp;nbsp;»&amp;nbsp;? – Et pourtant&amp;nbsp;! Elle était venue pour m’aimer&amp;nbsp;!… Car, pour une femme, c’est dans l’amour qu’est toute résurrection, tout salut de n’importe quel naufrage. C’est par l’amour et seulement par l’amour qu’elle peut être régénérée. Mais était-ce bien de la haine que j’avais pour Lisa à cette heure où je courais à travers la chambre et m’arrêtais à chaque instant pour regarder derrière le paravent&amp;nbsp;? Je ne crois pas&amp;nbsp;; il m’était seulement insupportable de la sentir là, j’aurais voulu qu’elle disparût, j’aurais désiré de la «&amp;nbsp;tranquillité&amp;nbsp;», de la solitude. Je n’avais plus l’habitude de la «&amp;nbsp;vie vivante&amp;nbsp;»&amp;nbsp;; elle m’écrasait, ma respiration même en était gênée…&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Quelques instants se passèrent encore&amp;nbsp;; elle ne se levait pas, abîmée dans sa stupeur&amp;nbsp;: et j’eus l’imprudence de frapper légèrement au paravent pour la rappeler à elle-même… Elle se secoua brusquement, se hâta de se lever et de prendre son châle, son chapeau, sa fourrure, comme si elle eût voulu se sauver de moi quelque part. Deux minutes après, elle sortit lentement de derrière le paravent, fit quelques pas dans la chambre et laissa tomber sur moi un regard lourd. (J’avais un méchant sourire, mais forcé, un sourire de convenance, et j’évitais «&amp;nbsp;son regard.)&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Adieu, – dit-elle, et elle se dirigea vers la porte.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Je courus à elle, je lui pris la main, l’ouvris, et lui mis… puis la fermai, et aussitôt lui tournant le dos, je me reculai avec une singulière vivacité dans un coin, – pour ne pas la voir au moins&amp;nbsp;!…&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;J’allais mentir, prétendre que j’ai fait cela sans réflexion, par folie, par sottise. Mais je ne veux pas mentir, et je dis franchement que, si je lui ouvris la main pour y mettre…, ce fut par méchanceté. Cette idée m’étais venue tandis que je courais de long en large par la chambre et que Lisa restait derrière le paravent. Je puis toutefois dire sincèrement que, si je fis cette atrocité exprès, ce fut plutôt par «&amp;nbsp;malice cérébrale&amp;nbsp;» que par «&amp;nbsp;dépravation sentimentale&amp;nbsp;». Une atrocité, soit, mais artificielle, combinée, livresque&amp;nbsp;; et quand ce fut fait, je ne pus supporter la pensée de l’action que j’avais commise. Je me reculai dans un coin, puis, presque aussitôt, je me précipitai, affolé de honte et de désespoir&amp;nbsp;: Lisa était déjà partie. J’ouvris la porte et criai dans l’escalier (mais timidement, à mi-voix)&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Lisa&amp;nbsp;! Lisa&amp;nbsp;!&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Pas de réponse. Il me sembla entendre des «&amp;nbsp;–&amp;nbsp;Lisa&amp;nbsp;! criai-je plus haut.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Pas de réponse. La porte de la rue s’ouvrit en grinçant et se referma lourdement. Ce bruit monta jusqu’au sommet de l’escalier.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Partie&amp;nbsp;!…&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Je rentrai dans ma chambre en réfléchissant. Mon cœur me pesait.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Je restais debout devant la table auprès de laquelle Lisa s’était assise, et je regardais inconsciemment. Un moment se passa. Tout à coup je tressaillis&amp;nbsp;: juste devant moi, sur la table, j’aperçus… oui, j’aperçus le billet bleu de cinq roubles, tout chiffonné, le même billet que je lui avais mis dans la main. C’était bien lui, ce ne pouvait être un autre, je n’en avais qu’un… Elle avait donc profité du moment où je m’étais détourné pour le jeter sur la table.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Eh bien&amp;nbsp;! j’aurais dû prévoir cela. Hein&amp;nbsp;? j’aurais dû le prévoir&amp;nbsp;? Non&amp;nbsp;! j’étais trop égoïste, je méprisais trop les gens pour imaginer qu’elle pût être capable de cela.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Mais cela me fut insupportable. Je m’habillai en toute hâte, prenant les premiers vêtements qui se trouvèrent sous ma main, et je me précipitai à sa poursuite. – Elle n’avait pas pu faire plus de deux cents pas.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Un temps calme. La neige tombait presque perpendiculairement et formait un matelas sur les trottoirs de la rue déserte. Aucun bruit. La lumière inutile des réverbères me parut singulièrement triste. Je fis en courant deux cents pas jusqu’au plus prochain coin de rue, et là je m’arrêtai.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Où avait-elle pu aller&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Mais… pourquoi lui courais-je après&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Pourquoi&amp;nbsp;? Tomber à genoux devant elle&amp;nbsp;? pleurer encore&amp;nbsp;? baiser ses pieds&amp;nbsp;? lui demander pardon&amp;nbsp;? Oui, je l’aurais fait. Quel moment&amp;nbsp;! Jamais, – jamais&amp;nbsp;! – je ne me le rappellerai avec indifférence. «&amp;nbsp;Mais à quoi bon&amp;nbsp;? Dès demain ne la haïrai-je pas «&amp;nbsp;précisément parce que aujourd’hui je lui aurai baisé les pieds&amp;nbsp;? Suis-je capable de la rendre heureuse&amp;nbsp;? N’ai-je pas constaté aujourd’hui pour la centième fois ce que je vaux&amp;nbsp;? Ne la torturerais-je pas sans cesse&amp;nbsp;?&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Je restais debout dans la neige, poursuivant mes méditations au fond de l’ombre des rues, là-bas… «&amp;nbsp;Ne vaut-il pas mieux qu’il en soit ainsi&amp;nbsp;? – continuai-je à songer, déjà rentré dans ma chambre, – n’est-ce pas mieux&amp;nbsp;? Ne vaut-il vraiment pas mieux qu’elle emporte pour l’éternité son offense&amp;nbsp;? L’offense&amp;nbsp;! mais c’est une purification&amp;nbsp;! C’est la plus douloureuse et la plus profonde conscience de la dignité humaine. Dès demain, oui, j’aurais sali son âme et blessé son cœur. Tandis que désormais l’outrage ne périra pas en elle&amp;nbsp;; malgré toute l’horreur de la boue qui l’attend, l’outrage l’élèvera et la purifiera… par la haine… Hum&amp;nbsp;!… peut-être par le pardon. – Et pourtant&amp;nbsp;! En sera-t-elle plus heureuse&amp;nbsp;?…&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Et je me posais philosophiquement cette question (à étudier aux heures de loisir)&amp;nbsp;: Que vaut-il mieux, un bonheur médiocre ou des souffrances supérieures&amp;nbsp;? Hein&amp;nbsp;? Que vaut-il mieux&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;C’est à l’étude de ce problème que j’ai consacré cette soirée d’agonie. Jamais je n’avais tant souffert.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;(Je crois néanmoins que, au moment même où je sortis pour rejoindre Lisa, je savais que je rentrerais au bout de deux cents pas.)&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Jamais plus je n’ai revu Lisa, jamais plus je n’ai rien su d’elle.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;J’ajouterai que je fus longtemps très-satisfait de ma phrase sur l’utilité de l’outrage et de la haine.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Pourtant je faillis tomber malade de chagrin.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Ah&amp;nbsp;! même aujourd’hui, que ces souvenirs me sont amers&amp;nbsp;! Oui, oui, finissons là ces maudites notes&amp;nbsp;: elles n’ont été pour moi qu’une nouvelle cause de souffrance, de honte. Quel absurde roman&amp;nbsp;! Dirait-on pas que j’aie rassemblé en moi, exprès, tous les traits d’un antihéros&amp;nbsp;? L’effet doit en être très-désagréable.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Assez donc&amp;nbsp;! Je ne veux plus écrire de mon Souterrain.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;«&amp;nbsp;Maintenant d’ailleurs tout est fini. Katia&amp;nbsp;! Lisa&amp;nbsp;! – et quarante ans&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;FIN.&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Extrait de: Fyodor Mikhailovich Dostoyevsky. «&amp;nbsp;L&#39;Esprit Souterrain.&amp;nbsp;» iBooks.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/feeds/3203941665468911887/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/2020/02/les-carnets-du-sous-sol-dostoievski_13.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3029239831143446776/posts/default/3203941665468911887'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3029239831143446776/posts/default/3203941665468911887'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/2020/02/les-carnets-du-sous-sol-dostoievski_13.html' title='SUR LA NEIGE MOUILLEE (Les Carnets du Sous-sol, deuxième partie), DOSTOÏEVSKI, 1864.'/><author><name>Selbstdenken</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09200151202439051685</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3029239831143446776.post-8199857935939592123</id><published>2020-02-12T15:19:00.000+01:00</published><updated>2020-02-18T04:04:42.455+01:00</updated><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="Commandement 3 : Tu liras des romans classiques (français et étrangers)."/><title type='text'>LES CARNETS DU SOUS-SOL, DOSTOIEVSKI, 1864, RUSSIE, (Première partie).</title><content type='html'>&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;div class=&quot;separator&quot; style=&quot;clear: both; text-align: center;&quot;&gt;
&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhA8qyNYPmnk16eGY9l7O4fEpwzsx06uV_qEcQz-O2tai1EexOYNYElalmp_N2qyKNUcNQwPdE8Whu4rSw5v_3maJ6QTH7Iz4He-4JLXVU1r0ul37d7cz5bYg75BICMezCsFKjJRaXvj7R0/s1600/Unknown-1.jpeg&quot; imageanchor=&quot;1&quot; style=&quot;margin-left: 1em; margin-right: 1em;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; data-original-height=&quot;168&quot; data-original-width=&quot;300&quot; height=&quot;223&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhA8qyNYPmnk16eGY9l7O4fEpwzsx06uV_qEcQz-O2tai1EexOYNYElalmp_N2qyKNUcNQwPdE8Whu4rSw5v_3maJ6QTH7Iz4He-4JLXVU1r0ul37d7cz5bYg75BICMezCsFKjJRaXvj7R0/s400/Unknown-1.jpeg&quot; width=&quot;400&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;br /&gt;
Les Carnets du Sous-sol de Fiodor Dostoïevski, 1864 (publiée le 21 mars), première partie.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Lecture du mercredi 12 février 2020.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;a href=&quot;https://www.blogger.com/blogger.g?blogID=3029239831143446776&quot; imageanchor=&quot;1&quot; style=&quot;clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
N.B. : La première traduction que je donne est celle d’André Markowicz, publiée chez Actes Sud, 1992. La deuxième que je donne parfois est celle de la version de Feedbooks, gratuite à partir du site des bibliothèques municipales de la Ville de Paris.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
La longueur des chapitres de Feedbooks est parfois beaucoup plus courte que celle d’Actes Sud mais la traduction n’en est pas moins intéressante.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
«  Le Sous-sol » (1863), ce dernier roman étant également connu sous les titres suivants : « Mémoires écrits dans un souterrain », « Les Carnets du sous-sol », « Manuscrit du souterrain ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ATTENTION : Je n&#39;ai pas copié-collé l&#39;oeuvre entière mais seulement les passages qui m&#39;intéressaient.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;Chapitre 1&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Note perso : de la velléité d’être méchant pour se sentir exister, être quelqu’un.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« Je suis un homme malade... Je suis un homme méchant. Un homme repoussoir. Voilà ce que je suis.   (…) Et il y a longtemps que je vis ainsi, une vingtaine d’années. J’ai quarante ans. »&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« J’ai menti plus haut, en disant que j’étais un fonctionnaire méchant. J’ai menti par méchanceté. »&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;a href=&quot;https://www.blogger.com/blogger.g?blogID=3029239831143446776&quot; imageanchor=&quot;1&quot; style=&quot;clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« En fait, je n’ai jamais pu devenir méchant. Je ressentais à chaque instant au fond de moi une foule, oui, une foule d’éléments les plus hostiles à la méchanceté. Je les sentais grouiller à l’intérieur, ces éléments hostiles. Je savais bien qu’ils y avaient grouillé toute ma vie et qu’ils ne demandaient qu’à jaillir au-dehors, mais je refusais, je refusais, oh oui, je refusais de les voir jaillir. Ils me martyrisaient jusqu’à la honte; ils en arrivaient à me donner des convulsions - et comme j’ai fini par en avoir assez, mais assez ! Tout doux, messieurs, n’auriez-vous pas l’idée que je bats ma coulpe devant vous - que tout se passe comme si je vous demandais pardon de je ne sais quoi?... Je suis sûr que oui... Bah, pensez ce que vous voulez - moi, je vous assure que ça m’est égal…&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Non seulement je n’ai pas su devenir méchant, mais je n’ai rien su devenir du tout: ni méchant ni gentil, ni salaud, ni honnête - ni un héros ni un insecte. Maintenant que j’achève ma vie dans mon trou, je me moque de moi-même et je me console avec cette certitude aussi bilieuse qu’inutile: car quoi, un homme intelligent ne peut rien devenir - il n’y a que les imbéciles qui deviennent. Un homme intelligent du XIX° siècle se doit - se trouve dans l’obligation morale - d’être une créature essentiellement sans caractère; un homme avec un caractère, un homme d’action, est une créature essentiellement limitée. C’est là une conviction vieille de quarante ans. Maintenant j’ai quarante ans - et quarante ans, c’est toute la vie: la vieillesse la plus crasse. Vivre plus de quarante ans, c’est indécent, c’est vil, c’est immoral. Qui donc vit plus de quarante ans? Répondez, sincèrement, la main sur le cœur ! Je vous dis, moi: les imbéciles, et les canailles. Je leur dirai en face, à tous ces vieux, à tous ces nobles vieux, à ces vieillards aux cheveux blancs, parfumés de benjoin! Je le dirai à la face du monde! J’ai bien le droit de le dire, je vivrai au moins jusqu’à soixante ans. Je survivrai jusqu’à soixante-dix! Et jusqu’à quatre-vingts!... Ouf, laissez-moi souffler. »&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« On me dit que le climat de Petersbourg me fait du mal et qu’il est très coûteux de vivre à Petersbourg avec des moyens aussi misérables que les miens. Je sais cela mieux que ces conseillers si sages, si doués d’expérience, mieux que les béni-oui-oui. Eh bien, je reste à Petersbourg: je ne sortirai pas de Petersbourg! Si je ne sors pas, c’est que... Ah, mais ça n’a rigoureusement aucune importance, que je sorte ou que je ne sorte pas.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Mais bon: de quoi un honnête homme peut-il parler avec le plus de plaisir?&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Réponse: de lui-même.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Et donc, je parlerai de moi. »&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;Chapitre 2&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Note perso : de la jouissance de la conscience du désespoir. J’ai vécu tout ce qu’il décrit sauf son principal message à propos de la jouissance, précisément. Je n’ai jamais joui d’avoir uneconscience aigue de mon désespoir sous toutes les coutures : au contraire, j’en ai toujours été...désespérée. C’est une malédiction.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« Maintenant, messieurs, je veux vous raconter, que cela vous plaise ou non, pourquoi je n’ai même pas pu devenir un insecte. Je vous le dis avec solennité: j’ai voulu devenir un insecte à plusieurs reprises. Et, même là, je n’ai pas eu l’honneur. Je vous assure, messieurs: avoir une conscience trop développée, c’est une maladie, une maladie dans le plein sens du terme ».&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« Et néanmoins, je reste fermement convaincu que non seulement une conscience accrue, mais que toute forme de conscience est une maladie. J’insiste. Laissons cela aussi pour l’instant. Dites-moi une chose: pourquoi est-ce justement, comme par hasard, dans les mêmes minutes, oui, les minutes mêmes où je me trouvais le plus apte à prendre conscience de toutes les finesses “du beau et du sublime”, comme on disait jadis, qu’il m’arrivait non plus d’avoir conscience mais d’accomplir des actes si peu reluisants que... bref, en un mot, qui sont le lot de tous, mais que je faisais, moi, comme par hasard, dans les instants précis où je sentais le plus que je ne devais pas les faire? Plus je prenais conscience du bien, de tout ce “beau” et ce “sublime”, plus je m’engluais dans mon marais, et plus j’étais capable de m’y noyer complètement. Mais l’essentiel restait que ça ne semblait jamais fortuit - comme si c’était ce qu’il fallait. Comme si c’était là mon état naturel, et non ma maladie ou mon défaut, de sorte qu’à la fin j’ai perdu toute envie de combattre ce défaut. Et j’ai fini par faillir croire (peut-être l’ai-je cru vraiment) que c’était bien cela, mon état naturel. Mais d’abord, au début, que n’ai-je pas dû subir dans cette lutte! J’étais incapable de croire que tout le monde était dans le même cas, je cachais donc cela comme un secret. J’avais honte (peut-être ai-je honte jusqu’à ce jour); j’en arrivais à ressentir je ne sais quel petit plaisir secret, pas normal et pas propre, quand je rentrais chez moi, dans mon trou, par une de ces nuits les plus mauvaises que nous avons à Petersbourg et que j’avais une conscience accrue d’avoir fait ce jour-là encore une nouvelle saleté et, ce que j’avais fait étant irréparable, je me rongeais, secrètement, de l’intérieur, je me rongeais à toutes dents, me taraudais et me bouffais moi-même jusqu’à ce que l’amertume devienne une honteuse, une maudite espèce de douceur et puis une jouissance, franche et grave! Une jouissance, oui, une jouissance! J’insiste. J’en parle parce que j’ai toujours voulu en avoir le cœur net: les autres ressentent-ils ce genre de jouissance? Que je vous explique: cette jouissance-là provient d’une conscience trop claire de votre abaissement; du fait que vous sentez vous-même que vous en êtes au dernier stade; et que c’est moche, et qu’il n’y a pas moyen de se sentir mieux; qu’il ne vous reste aucune issue, que plus jamais vous ne serez un autre; que, même s’il vous restait du temps et de la foi pour devenir quelque chose d’autre, vous ne voudriez plus vous-même, sans doute, vous transformer; et que, si vous vouliez, vous ne pourriez rien faire de toute façon, parce qu’il est vrai, peut-être, que vous n’avez plus rien en quoi vous transformer. Surtout et à la fin des fins, cela se produit suivant les règles naturelles, fondamentales, de la conscience accrue et de l’inertie qui en découle directement, et donc, en conséquence, non seulement il n’y a plus moyen de se transformer, mais il n’y a, tout simplement, plus rien à faire. Vous arrivez, par exemple, à cela, avec votre conscience accrue: vous faîtes bien d’être une canaille - comme si c’était une consolation pour une canaille, d’avoir conscience qu’elle est vraiment une canaille. Pourtant, assez... Ça, pour parler, j’ai bien parlé, mais j’ai expliqué quoi?... Comment s’explique ce genre de jouissance? Si, si, je m’expliquerai! Je finirai par y arriver. C’est pour cela que je me suis mis à écrire...&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Par exemple, j’ai un amour-propre effrayant. Je suis susceptible et rancunier comme un bossu ou comme un nain, et cependant, j’ai vécu des minutes où si j’avais reçu une gifle, j’aurais bien pu en être heureux. Je ne ris pas: sans doute aurais-je été capable de découvrir même là une sorte de jouissance - jouissance du désespoir, cela s’entend, mais c’est dans le désespoir que nous arrivent les plaisirs les plus brûlants, surtout si l’on ne ressent que trop l’impasse où nous sommes tombés. Et là, cette gifle - comme elle vous écrabouille la conscience, de voir quelle crotte on vient de faire de vous. L’essentiel, quoi qu’on qu’en en dise, c’est quand même cela, que c’est moi le premier coupable de tout, et, le plus humiliant, c’est que je suis coupable sans péché, pour ainsi dire, selon les seules lois de la nature. Parce que, d’abord, je suis coupable d’être plus intelligent que tous ceux qui m’entourent. (Je me suis toujours senti plus intelligent que tous ceux qui m’entouraient, et quelquefois - me croirez-vous? - j’en ai même éprouvé des scrupules. Du moins, toute ma vie, ai-je regardé pour ainsi dire de biais, et me suis-je toujours montré incapable de regarder quiconque droit dans les yeux.) Parce que je suis coupable, enfin, du fait que même si j’étais doué d’une quelconque grandeur d’âme, je n’en éprouverais qu’une douleur plus grande à la conscience de son inutilité. Je crois que je ne saurais pas quoi faire avec ma grandeur d’âme : ni pardonner à mon offenseur, s’il m’a frappé en vertu des lois de la nature; ni oublier, parce que les lois de la nature sont ce qu’elles sont, mais l’humiliation aussi. Et même si j’avais voulu ne pas avoir la moindre grandeur d’âme, si j’avais désiré, au contraire, tirer vengeance de mon offenseur, j’aurais bien été incapable de le faire, parce que, sans doute, je n’aurais jamais pu me décider, et ça, même si j’en avais eu la possibilité. Pourquoi n’aurais-je pas pu me décider? Je veux dire deux mots sur le sujet. »&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Autre traduction :&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« Dites-moi : comment se pouvait-il faire que, juste aux heures (oui, juste à ces heures-là !) où je concevais le plus précisément toutes les délicatesses « du Beau et du Grand », comme on disait jadis, il m’arrivât, non plus de projeter, mais d’accomplir des actions si viles, si viles que… ? Plus j’approfondissais le Bien et « le Beau et le Grand », plus je m’enfonçais dans ma fange et plus j’étais tenté de m’y perdre tout à fait. Mais le point capital, c’est qu’il n’y avait dans mon cas rien d’apparemment anormal : il me semblait que c’était tout naturel. C’était un état de santé ordinaire, sans aucun élément morbifique. De sorte qu’à la fin j’ai cessé de lutter. J’ai failli croire (et peut-être l’ai-je cru en effet) que c’était là une destinée fatale. J’ai d’abord beaucoup souffert. Je croyais ma situation unique, et je cachais tous ces phénomènes intérieurs comme des secrets. J’en avais honte (n’en ai-je pas encore honte maintenant ?), mais je goûtais de secrètes délices, monstrueuses et viles, à songer en rentrant dans mon coin par une de ces sales nuits pétersbourgeoises, à songer, dis-je, que « aujourd’hui encore j’avais fait une action honteuse, et que « Oui, en plaisir ! oui, en plaisir ! J’y tiens. Je relate cette observation exprès pour savoir si d’autres ont connu ce singulier plaisir. Écoutez-moi : le plaisir consistait justement en une intense conscience de la dégradation, justement en ceci que je me sentais descendre au dernier degré de l’avilissement, et qu’il n’y avait plus d’issue, et que s’il m’était accordé encore assez de temps et de foi pour me transformer en un homme meilleur, assurément je n’en aurais pas voulu prendre la peine. L’eussé-je même voulu, je n’aurais pas fait le moindre effort pour y parvenir, car me transformer… en quoi ?… Mais assez !… Hé ! qu’est-ce que je dis là ! quel mystère voulais-je donc expliquer ?…&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Je vais pourtant essayer de vous dire en quoi consistait ce délice. Je vais vous le dire, vous le dire par le menu, car c’est précisément pour cela que j’ai pris la plume…&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
J’ai beaucoup d’amour-propre. Je suis toujours en méfiance et je m’offense facilement, comme un bossu ou un nain.  Eh bien, à certaines heures, n’importe quoi, d’injurieux ou de douloureux, voire un soufflet, m’eût rendu heureux. Je parle sérieusement : cela m’eût causé un réel plaisir, il va sans dire un plaisir amer et désespéré, mais c’est dans le désespoir que sont les plaisirs les plus ardents, surtout quand on a conscience de ce désespoir… Quoi qu’il m’arrivât, c’est toujours moi qui paraissais le principal coupable, et le plus désolant, c’est que j’étais à la fois coupable et innocent, ayant agi, pour ainsi dire, d’après ma loi naturelle. J’étais coupable d’abord, parce que je suis plus intelligent que tous ceux qui m’entourent (je me suis toujours estimé plus intelligent que les autres, et parfois, croyez-moi, j’en étais même honteux ; c’est pourquoi j’ai, durant toute ma vie, regardé obliquement les gens, jamais en face). Et puis j’étais innocent parce que… Eh bien ! parce que j’étais innocent !…»&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;Chapitre 3&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Note perso : la comparaison filée entre l’homme malade/hyperconscient et la souris ou le rat est magnifique. Je n’arrive pas à me décider si je préfère la souris ou le rat et je suis déçue que la langue russe ne les distingue pas.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« Parce que, chez ceux qui savent se venger, ou qui savent se défendre, en général - comment cela se passe-t-il? Eux, dès qu’ils sont possédés, disons par l’idée de vengeance, ils n’ont plus rien en eux que leur idée aussi longtemps qu’ils n’atteignent pas leur but. Un monsieur de ce genre vous fonce droit au but, comme un taureau furieux, cornes baissées, il n’y a guère qu’un mur qui vous l’arrêtera. (A propos: devant le mur, ce genre de messieurs, je veux dire les hommes spontanés et les hommes d’action, ils s’aplatissent le plus sincèrement du monde. Pour eux, ce mur n’est pas un obstacle comme, par exemple, pour nous, les hommes qui pensons et qui, par conséquent, n’agissons pas; pas un prétexte pour rebrousser chemin, prétexte auquel, le plus généralement, nous ne croyons pas nous-mêmes, mais auquel nous réservons le meilleur accueil. Non, ils s’aplatissent de tout cœur. le mur agit sur eux comme un calmant, une libération morale, comme quelque chose de définitif, quelque chose même, je peux dire, de mystique... Mais - plus tard avec le mur.)&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Eh bien, c’est cet homme spontané que je considère, comme l’homme le plus normal, tel que l’imaginait sa tendre mère - la nature - quand elle le mit au monde. Cet homme-là, j’en suis jaloux jusqu’à m’en faire tourner la bile. Il est idiot, nous n’en discuterons pas, mais qui vous dit qu’un homme normal ne devrait pas être un idiot - qu’en savez-vous? Peut-être est-ce même très bien. Je suis d’autant plus convaincu de ce - comment dirai-je? - soupçon, que si vous prenez, par exemple, l’antithèse de l’homme normal, c’est-à-dire l’homme à la conscience accrue, qui tire son origine non plus, bien sûr, de la nature mais du fond d’une cornue (cela, c’est presque du mysticisme, messieurs, mais c’est le soupçon que j’ai), il arrive à cet homme de la cornue de s’aplatir si fort devant son antithèse qu’il se ressent lui-même, le plus sincèrement du monde, avec toute sa conscience accrue, comme une souris, et non plus comme un homme. Une souris à la conscience accrue, peut-être, mais une souris, et là, elle voit un homme, etc. Surtout, c’est de lui-même, de sa propre initiative qu’il se prend pour une souris; personne ne le lui demande; voilà un point capital. Observons à présent cette souris en action. Supposons, par exemple, qu’elle aussi, elle a été humiliée (elle est humiliée presque perpétuellement) et qu’elle aussi, elle désire se venger. Elle accumule une rage encore plus grande que l’homme de la nature et de la vérité. Le petit désir mesquin et moche de rendre à l’offenseur la monnaie de sa pièce la ronge de l’intérieur, peut-être, d’une manière plus sale encore qu’il ne le fait chez l’homme de la nature et de la vérité, car l’homme de la nature et de la vérité, avec son idiotie congénitale, estime que sa vengeance n’est qu’une oeuvre de justice; mais la souris, à cause de sa conscience accrue, la nie, cette justice. Nous en venons enfin à l’acte en tant que tel, à la vengeance proprement dite. La malheureuse souris, en plus de sa saleté originelle, a eu le temps de s’entourer du cercle que représentent les questions et les doutes, et tant d’autres saletés; à une seule question, elle à ajouté tant d’autres questions sans réponse que c’est à son corps défendant qu’elle a vu s’amasser autour d’elle une sorte de fange mortifère, un genre de boue malodorante que viennent composer ses doutes, ses inquiétudes et, pour finir, les crachats que lui envoient les hommes d’action spontanés qui, l’entourant gravement comme ses tyrans ou ses juges, la couvrent, riant à gorge déployée, de ridicule. Bien sûr, il ne lui reste plus qu’à faire un petit geste d’impuissance avec sa patte, à s’affubler d’un sourire méprisant auquel elle ne croit pas elle-même et à filer la queue basse jusqu’à son trou. Là, au fond de son sous-sol puant, abject, notre souris humiliée, enfoncée, couverte de ridicule, se plonge immédiatement dans une rage froide et vénéneuse, une rage - voilà le point! - perpétuelle. Quarante ans de suite, elle ruminera jusqu’aux derniers, aux plus honteux détails de son humiliation et, chaque fois, elle en rajoutera de plus honteux, s’entretenant dans sa rage méchante et se moquant d’elle-même avec sa propre fantaisie. Elle aura honte elle-même de cette fantaisie, et, néanmoins, elle se rappellera tout, elle retournera tout dans tous les sens, elle s’inventera les contes les plus invraisemblables sous le prétexte que cela aussi aurait pu se passer, et elle ne se pardonnera rien. Elle commencera peut-être à se venger, mais ce sera par à-coups, par des vétilles, comme dans le dos, incognito, sans croire ni à son droit de se venger ni au succès de sa vengeance et sachant par avance que toutes ces tentatives la feront souffrir elle-même cent fois plus que celui qu’elle vise - que celui-là, peut-être, elles lui feront l’effet d’une piqûre de moustique. Et sur son lit de mort, elle se rappellera tout encore une fois, avec les intérêts accumulés, et là... Mais c’est dans ce répugnant, c’est dans ce glacial espoir-et-désespoir, dans cette inhumation volontaire et consciente sous le poids du malheur pendant quarante années dans un sous-sol, c’est dans la conscience accrue et néanmoins - fût-ce en partie - douteuse de l’impasse dans laquelle on se trouve, dans le poison de ces désirs insatisfaits qui a fini par pénétrer vos chairs, dans cette fièvre, enfin, des valses-hésitations, dans des décisions prises pour toujours et des remords qui vous reviennent une minute plus tard, que réside l’essence de la jouissance bizarre dont j’ai parlé. Elle est à ce point volatile, elle échappe parfois tellement à la conscience qu’il suffit que les gens soient un peu limités, ou qu’ils aient simplement les nerfs solides pour ne pas comprendre du tout. « J’en connais d’autres, peut-être, qui ne la comprendront pas, ajouterez-vous dans un sarcasme, ceux qui n’ont jamais reçu de gifles », ce qui serait une manière polie d’insinuer que cette expérience-là m’est arrivée peut-être à moi aussi et que j’en parle donc en connaissance de cause. Ma main au feu que vous croyez ça. Mais calmez-vous, messieurs, je n’ai jamais reçu de gifles, même si ça m’est égal ce que vous pensez à ce sujet. C’est moi, peut-être, qui regrette de ne pas en avoir assez distribué. Mais il suffit, plus un mot sur ce thème qui vous intéresse à ce point. »&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Autre traduction :&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« Comment font les gens qui savent se venger et en général se défendre ? Quand l’esprit de vengeance les domine, ils ne sont plus accessibles à aucun autre sentiment. L’homme offensé va droit à son but comme va un taureau furieux, les cornes baissées, et qui ne s’arrête qu’au pied d’un mur. Voilà sa force.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
(À propos, au pied du mur, les gens de premier mouvement s’arrêtent. Pour eux le mur n’est pas un obstacle qu’on peut tourner, comme pour nous autres, gens qui pensons et par conséquent n’agissons pas. Non, ils s’arrêtent et se retirent franchement, le mur les calme, c’est une solution décisive et définitive, quelque chose même de mystique… Mais nous reviendrons au mur.)&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Donc l’homme de premier mouvement est, à mon sens, l’homme vrai, normal, tel que le souhaitait sa tendre mère, la Nature. Je suis jaloux de cet homme au dernier point. Il est bête, j’en conviens, mais qui sait ? l’homme normal, peut-être, doit être bête. Peut-être même est-ce une beauté, cette bêtise. Pour ma part j’en suis d’autant plus convaincu que si, par exemple, je prends, par antithèse, pour homme normal celui qui a la conscience intense, qui est sorti, cela va sans dire, non de la matrice naturelle, mais d’une cornue (ça, c’est presque du mysticisme, messieurs, mais je le sais), eh bien, cet homunculusse sent parfois si inférieur à son contraire qu’il se considère lui-même, en dépit de toute son intensité de conscience, comme un rat plutôt qu’un homme, – un rat doué d’une intense conscience, mais tout de même un rat, – tandis que l’autre est un homme, et par conséquent, etc.… Surtout n’oublions pas que c’est lui-même, lui-même qui se considère comme un rat, personne ne l’en prie, – et c’est là un point important.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Voyons maintenant le rat aux prises avec l’action. Supposons par exemple qu’il soit offensé (il l’est presque toujours) : il veut se venger. Il est peut-être plus capable de ressentiment que l’homme de la nature et de la vérité [25]. Ce vif désir de tirer vengeance de l’offenseur et de lui causer le tort même qu’il a causé à l’offensé, est plus vif peut-être chez notre rat que chez l’homme de la nature et de la vérité. Car l’homme de la nature et de la vérité, par sa sottise naturelle, considère la vengeance comme une chose juste, et le rat, à cause de sa conscience intense, nie cette justice. On arrive enfin à l’acte de la vengeance. Le misérable rat, depuis son premier désir, a déjà eu le temps, par ses doutes et ses réflexions, d’accroître, d’exaspérer son désir. Il embarrasse la question primitive de tant d’autres questions insolubles, que, malgré lui, il s’enfonce dans une bourbe fatale, une bourbe puante composée de doutes, d’agitations personnelles, et de tous les mépris que crachent sur lui les hommes de premier mouvement, qui s’interposent entre lui et l’offenseur comme juges absolus et se moquent de lui à gorge déployée. Il ne lui reste évidemment qu’à faire, de sa petite patte, un geste dédaigneux, et à se dérober honteusement dans son trou avec un sourire de mépris artificiel auquel il ne croit pas lui-même. Là, dans son souterrain infect et sale, notre rat offensé et raillé se cache aussitôt dans sa méchanceté froide, empoisonnée, éternelle.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Quarante années de suite il va se rappeler jusqu’aux plus honteux détails de son offense et, chaque fois il ajoutera des détails plus honteux encore, en s’irritant de sa perverse fantaisie, inventant des circonstances aggravantes sous prétexte qu’elles auraient pu avoir lieu, et ne se pardonnant rien. Il essayera même, peut-être, de se venger, mais d’une manière intermittente, par des petitesses, de derrière le poêle [26], incognito, sans croire ni à la justice de sa cause, ni à son succès, car il sait d’avance que de tous ces essais de vengeance il souffrira lui-même cent fois plus que son ennemi.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Sur son lit de mort, il se rappellera encore, avec les intérêts accumulés et… Mais c’est précisément en ce dernier désespoir, en cette foi boiteuse, en ce conscient ensevelissement de quarante ans dans le souterrain, en ce poison des désirs inassouvis, en cette turbulence fiévreuse des décisions prises pour l’éternité et en un moment révisées que consiste l’essence de ce plaisir étrange dont je parlais. Il est si subtil et parfois si difficile à soumettre aux analyses de la conscience que les gens tant soit peu bornés ou même tout simplement en possession d’un système nerveux en bon état n’y comprendront rien. Peut-être, ajoutez-vous en souriant, ceux aussi qui n’ont jamais reçu de soufflet n’y comprendront rien, voulant me faire par là poliment entendre que j’ai dû faire l’expérience du soufflet, et que, par conséquent, j’en parle en connaisseur : je gage que c’est là votre pensée. Mais tranquillisez-vous, messieurs, je n’ai pas fait cette expérience, – quoiqu’il me soit bien égal que vous ayez de moi telle ou telle autre opinion. Je regrette bien plutôt de n’avoir pas moi-même donné assez de soufflets… Mais suffit, assez sur ce thème qui vous intéresse trop. »&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Cornue : n.f. En chimie, récipient formé d&#39;une partie arrondie et d&#39;un col étroit, long et courbé, se terminant en pointe, dont on se sert pour la distillation.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Fig. [En parlant de créations de l&#39;esprit] Extravagant, bizarre. Idées, raisons, visions cornues. Synon. biscornu.Tout est donc cornu ici, les idées et les bouteilles (Hugo, N.-D. Paris,1832, p. 331).&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Note perso : LE MUR chez Dostoyevski = 2 + 2 + 4 = LA LOGIQUE imperturbable de la vie = Loi de la Nature = Vérité. Passage le plus important pour moi.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
(le hasard INCROYABLE fait que j’ai écrit à S. Lewandovski aujourd’hui même, en P.S. d’un sms de la veille : « Je t’encourage de tout mon coeur à ne pas suivre ma voie qui n’en est pas une d’ailleurs, qui est celle du mur. Je suis peinée que « Le Mur » soit un titre déjà pris par JP Sartre, que je n’ai pas lu ». (j’ai fait un raccourci : « Le Mur » est une des nouvelles qui donne son titre au recueil, de Sartre).&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« Je continue, imperturbable, sur les gens aux nerfs solides qui ne comprennent pas ce raffinement des plaisirs dont nous parlons. Ces messieurs-là, dans telle ou telle circonstance, par exemple, pourront beugler comme des taureaux, à toute gorge, ce qui, posons cela, leur fait le plus grand honneur mais, qu’ils se trouvent devant une impossibilité, ils se soumettent illico.L’impossibilité, c’est donc un mur de pierre? Quel mur de pierre? Eh, comment ça? - Les lois de la nature, les conclusions des sciences naturelles, les mathématiques. On vous démontre, par exemple, que vous descendez du singe: pas la peine de faire la grimace - acceptez-le comme c’est. Et quand on vous démontre qu’au fond, une seule goutte de votre propre graisse doit vous être plus chère qu’un bon million de vos semblables et que cet argument résout finalement les prétendues vertus et les devoirs, tous ces délires et autres préjugés - acceptez-le tel quel, qu’est-ce que vous y pouvez, c’est comme deux fois deux - mathématique. Répliquez donc, pour voir.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« Mais enfin, vous criera-t-on, on ne peut pas se révolter? C’est deux fois deux font quatre ! La nature ne vous demande pas votre avis; ça lui est bien égal, ce que vous voulez et que vous soyez d’accord ou non avec ses lois. Vous êtes forcé de la prendre comme elle est - elle, par conséquent, et tous ses résultats. Le mur, donc, c’est un mur, etc. » Mon Dieu, mais moi, ça ne m’est pas égal, les lois de la nature et de l’arithmétique, si, pour telle ou telle raison, ces lois, ces deux fois deux font quatre n’ont pas l’heur de me plaire? Bien sûr, ce n’est pas le mur que je trouerai avec mon front, si, réellement, je n’ai pas assez de force pour le trouer, mais le seul fait qu’il soit un mur de pierre et que je sois trop faible n’est pas une raison pour que je me soumette.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Comme si ce mur de pierre pouvait vraiment vous apporter le repos, comme si, vraiment, il renfermait en lui ne serait-ce qu’un seul mot d’apaisement pour cette unique raison que deux fois deux font quatre. Absurdité des absurdités! Ah non, mais - tout comprendre, avoir conscience de tout, de tous les impossibles, de tous les murs de pierre; ne se soumettre à rien, aux impossibles, aux murs de pierre, si cela vous répugne de vous soumettre; arriver par les combinaisons logiques les plus inévitables aux conclusions les plus dégoûtantes sur ce sujet toujours d’actualité que le mur de pierre, c’est comme si vous, vous en étiez coupable, même si - encore une fois - vous n’êtes, à l’évidence, coupable de rien, ce qui amène, sans dire un mot et en grinçant des dents par impuissance, à se figer voluptueusement dans l’inertie et à songer qu’il apparaît ainsi que vous n’avez même plus personne sur qui déverser votre bile; que l’objet du délit n’y est plus, vous ne le retrouverez plus jamais peut-être, vous êtes là, devant un tour d’escamotage, un truc, une pure et simple filouterie, un genre de mélasse, on ne sait quoi, on ne sait qui, et que pour vous, malgré les mystères et les trucs, ça vous fait toujours mal - et moins vous comprenez, et plus ça vous fait mal! »&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Autre traduction :&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« Je reviens donc paisiblement aux gens doués d’un bon système nerveux et qui ne comprennent pas les plaisirs d’une certaine acuité. Ces gens-là, si on les offense, beuglent comme des taureaux, à leur grand honneur, mais s’apaisent immédiatement devant l’impossibilité, – vous savez, le mur. Quel mur ? mais cela va sans dire, les lois de la nature, les conclusions des sciences naturelles, la mathématique. Qu’on vous démontre que l’homme descend du singe, il faut vous rendre à l’évidence, « il n’y a pas à tortiller ». Qu’on vous prouve qu’une parcelle de votre propre peau est plus précieuse que des centaines de milliers de vos proches, et qu’au bout du compte toutes les vertus, tous les devoirs et autres rêveries ou préjugés doivent s’effacer devant cela ; eh bien ! qu’y faire ? Il faut encore se rendre, car deux fois deux… c’est la mathématique ! Essayez donc de trouver une objection.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« Mais permettez, dira-t-on, il n’y a en effet rien à dire : deux fois deux font quatre. La nature ne demande pas votre autorisation. Elle n’a pas à tenir compte de vos préférences, il faut la prendre  comme elle est. Un mur ? C’est un mur ! Et ainsi de suite… et ainsi de suite… »&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Mon Dieu ! que m’importe la nature ? que m’importe l’arithmétique ? etc., s’il ne me plaît pas que deux et deux fassent quatre ?… »&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;Chapitre 4&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« Ses geignements deviennent pour ainsi dire mauvais, aussi rageurs que sales, ils durent des jours et des nuits d’affilée. L’homme comprend lui-même qu’il ne s’aidera en rien à geindre comme il geint; il sait mieux que personne qu’il ne fait que s’épuiser, que s’énerver, lui-même, et tout son entourage; il sait que même le public devant lequel il s’évertue avec tant d’insistance, que toute sa famille l’écoute déjà avec dégoût, ne le croit pas le moins du monde et comprend bien qu’il pourrait geindre différemment, d’une manière simple, sans ces roulades et ces grimaces, qu’il ne s’amuse à ça que par méchanceté, que par sournoiserie. C’est dans toutes ces prises de conscience, toutes ces hontes que réside le plaisir. « Bigre, je vous dérange, je vous tire des larmes, j’empêche toute la maison de dormir. Eh bien, ne dormez pas, sentez chaque seconde que j’ai une rage de dents. Maintenant, j’ai cessé d’être ce héros que je voulais être devant vous, je ne suis plus qu’un homme ridicule, un mauvais drôle. Tant mieux! Je suis heureux que vous m’ayez percé à jour. Ça vous dégoûte d’entendre mes sales petits gémissements? Moi, ça me plaît de vous rendre malades; tenez, je vais vous faire un de ces trilles qui vous dégoûtera encore plus... » Vous ne comprenez toujours pas, messieurs? Non, je vois qu’il faut se développer longtemps, il faut longtemps cultiver sa conscience pour saisir les méandres de cette jouissance-là! Vous riez? Parfait. Bien sûr, messieurs, je fais des plaisanteries de mauvais goût, elles sont inégales, hésitantes, elles doutent sitôt qu’elles sont lancées. C’est que je ne m’estime pas moi-même. Un homme doué d’une conscience est-il capable de s’estimer un tant soit peu? »&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Autre traduction :&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« – Mais ne comprenez-vous pas que je n’ai aucun souci de ce que je peux dire, n’ayant aucune estime de moi-même ? Est-ce qu’un homme conscient peut s’estimer ? »&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Note perso : semi-identification. Je m’en veux régulièrement de chouiner publiquement car je sais que cela m’enfonce prodigieusement et incite au mépris de la majorité envers ma personne mais je le fais quand même. Par plaisir  ? NON. Par méchanceté ? NON. Pour ne pas souffrir en silence d’une part et pour ne pas permettre aux gens bien-pensants qui ne souffrent jamais de rien d’avoir la conscience tranquille, d’autre part. Il s’agit moins de vouloir nuire à autrui que de vouloir déranger les consciences tranquilles et endormies de la société voire « positives » (les plus agaçantes à mon sens). C’est une nuance subtile, j’en conviens, mais tellement importante pour moi.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;Chapitre 5&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Note perso : Hommes d’action (bêtes et limités) versus Homme passif (intelligent et réfléchi) + Le rôle prépondérant de l’ENNUI dans le MENSONGE à soi-même. C’est la partie « Don Quichotte » du texte.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Le narrateur explique que les gens normaux attribuent du sens à leurs actes tandis que lui, qui réfléchit, sait très bien qu’il n’y en a pas donc ne peut pas agir comme les gens normaux et reste dans l’inertie. La figure du taureau « qui trouve toujours une solution » en voulant à tout prix rendre concret un problème abstrait me fait énormément penser à Sabine. Elle est exactement comme ça (et bélier de signe astrologique).&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« Oui, est-ce possible, enfin, est-ce possible que l’on s’estime encore un tant soit peu si l’on a essayé de chercher du plaisir même dans la sensation de son propre abaissement ? Ce n’est pas je ne sais quel remords à la Tartuffe qui me fait dire ce que je dis. En général, jamais je n’ai pu supporter de dire : « Pardon, papa, je ne le ferai plus » - non que je fusse incapable de le dire, au contraire, peut-être, c’est justement que j’en étais trop capable, et dans quelles circonstances ! Des fois, je me faisais prendre, comme par hasard, dans des histoires où j’étais innocent comme l’enfant qui vient de naître. C’était là le plus moche. Et, avec ça, je m’émotionnais de fond en comble, je me repentais, je versais des flots de larmes et il va de soi que je me bernais tout seul, et je ne faisais pas semblant le moins du monde. Le cœur, ou quoi, qui s’amochait… Là, on ne pouvait même pas accuser les lois de la nature qui m’humiliaient le plus et le plus constamment toute la vie. C’est moche de repenser à ça, et c’était moche sur le coup. Parce qu’une minute plus tard, des fois, je comprenais rageusement que tout cela n’était que du mensonge, oui, du mensonge, un monstrueux mensonge de façade, je veux dire ces remords, ces émotions, tous ces serments de renaissance. Demandez-moi pourquoi je me démolissais et je me torturais tout seul de cette façon. Réponse : parce que je m’ennuyais de rester les bras croisés ; d’où ces chinoiseries. Absolument. Observez-vous un petit peu plus vous-mêmes, messieurs, vous comprendrez que c’est comme ça. Je m’inventais moi-même des aventures, une vie – pour vivre, ne fût-ce qu’un petit peu. Combien de fois m’est-il arrivé, eh bien, ne serait-ce que de me vexer, comme ça, pour rien, exprès ; des fois, je n’en savais rien, pourquoi j’étais vexé, je m’étais mis le masque, mais ça en arrivait au point où, pour le coup, je me trouvais une raison valable. Toute ma vie j’ai été attiré par ce genre d’histoires, au point que, pour finir, j’étais vraiment lancé. Une fois même, j’ai voulu me forcer à tomber amoureux – et même deux fois. Et je souffrais, messieurs, je vous en fiche mon billet. Au fond du cœur, on n’y croit pas, qu’on souffre, c’est un sarcasme qui vous remue, mais moi, je souffre, et de la manière la plus vraie, la plus réglementaire ; je suis jaloux, je bous et je trépigne… Et tout cela, messieurs, c’est par ennui – oui, par ennui ; le poids de l’inertie. Car elle est un fruit direct, légitime, une conséquence logique de la conscience, cette inertie – cette position consciente les bras croisés. J’en ai parlé plus haut. Je le répète, je répète et j’insiste : les hommes spontanés, les hommes d’action sont justement des hommes d’action parce qu’ils sont bêtes et limités. Comment j’explique cela ? Très simple : c’est cette limitation qui leur fait prendre les causes les plus immédiates, donc les causes secondaires, pour des causes premières ; ainsi parviennent-ils plus facilement et plus vite que les autres à se convaincre d’avoir trouvé la base indubitable de leur affaire – et ça les tranquillise ; et c’est là l’essentiel. Parce que, pour se mettre à agir, il faut d’abord avoir l’esprit tranquille, il faut qu’il n’y ait plus la moindre place pour les doutes. Mais, par exemple, moi, comment ferais-je pour avoir l’esprit tranquille ? Pour moi, où sont-elles donc, les causes premières qui me serviront d’appui, où sont les bases ? D’où est-ce que je les prendrais ? Je m’exerce à penser ; par conséquent, chez moi, toute cause première en fait immédiatement surgir une autre, plus première encore, et ainsi de suite jusqu’à l’infini. Telle est l’essence de toute conscience et de toute pensée. Encore, si vous voulez, une loi de la nature. Et quel est donc le résultat final ? Toujours la même chose. Souvenez-vous de ce que j’ai dit de la vengeance. (Vous n’avez rien compris, je parie). On dit : l’homme se venge parce qu’il trouve là une chose juste. C’est donc qu’il a trouvé sa cause première, sa base – en l’occurrence : la justice. Il peut donc être tranquille sur tous les plans, d’où – il se venge tranquillement et avec succès, convaincu qu’il est d’accomplir un acte aussi noble que juste. Mais moi, je n’en vois pas, de justice, là-dedans, et je n’y vois non plus aucune vertu, et donc, si je commence à me venger, je ne le ferai que par méchanceté. Cette méchanceté pourrait évidemment l ‘emporter sur mes doutes, et pourrait donc, ainsi, servir de cause première justement parce qu’elle n’est pas une cause. Mais qu’est-ce que je peux faire si je n’ai même pas de méchanceté (c’est bien par ça que j’ai commencé) ? La méchanceté, à cause de ces maudites lois de la conscience, elle est soumise à une désagrégation chimique. Un geste – et l’objet devient gaz, les raisons s’évaporent, le coupable disparaît, l’offense cesse d’être une offense, elle devient un fatum, quelque chose comme une rage de dents dont personne n’est coupable, et, de nouveau, il ne vous reste donc qu’une seule issue – cogner le mur, pour que ça lui fasse très mal. Et bon, on laisse tomber, parce qu’on n’a pas trouvé la cause première. Essayez un peu de vous laisser emporter à l’aveuglette par votre passion, sans réfléchir, sans cause première, essayez de chasser la conscience ne serait-ce qu’à ces moments ; aimer, haïr – mais ne plus rester les bras croisés. Le lendemain, ou le jour d’après, grand maximum, vous commencerez à vous mépriser de vous être berné vous-même comme ça, en toute connaissance de cause. Le résultat ? Bulle de savon et inertie. Ah, messieurs, mais il est bien possible que la seule raison pour laquelle je me prenne pour un homme intelligent, c’est que, de toute ma vie, je n’ai jamais rien pu commencer ni achever. ÇA va, ça va, je ne suis qu’un bavard, rien qu’un bavard inoffensif et contrariant, comme tout le monde. Mais qu’est-ce que je peux faire quand la fonction unique et évidente de tout homme intelligent reste le bavardage, c’est-à-dire d’agiter les bras pour faire du vent ? »&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Autre traduction :&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« …Observez-vous mieux vous-mêmes, et vous me comprendrez, messieurs. Que de fois j’ai imaginé des aventures et composé ma vie comme un livre ! Que de fois il m’est arrivé, par exemple, de m’offenser d’un rien, exprès, sans motif ! Mais on se monte si facilement et si bien qu’à la fin on se croit véritablement offensé. J’ai bien souvent joué ce jeu, de telle sorte que j’ai fini par m’y prendre et que je n’étais plus maître de moi-même. D’autres fois, j’ai voulu me rendre amoureux de force. J’ai bien souffert, je vous jure…&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Je n’ai connu de pires souffrances que celles – pourtant mêlées de douceurs – que j’endurai quand Katia me laissa voir qu’elle pourrait m’aimer et presque aussitôt m’abandonna. Pourtant, si j’avais su vouloir, je l’aurais retenue ! J’aurais écarté le vieillard, l’horrible mechtchanine !… Mais à quoi bon réveiller des souvenirs qui me tuent ! D’ailleurs, c’est une histoire que vous ignorez…&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Ô messieurs, ne serait-ce pas précisément parce que je n’ai jamais rien pu finir ni commencer que je me considère comme un homme intelligent ? Soit, je suis un bavard inoffensif, – comme tout le monde ! – Mais quoi ? ce bavardage, n’est-ce pas la destinée unique de tout « homme intelligent, – ce bavardage, c’est-à-dire l’action de verser le rien dans le vide ? »&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;Chapitre 6&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Note perso : de l&#39;agacement de Dostoievski contre le « beau et le sublime » passé un certain âge (40 ans). Il réserve ces sensations puériles -pures- à la jeunesse et comme je le comprends moi qui serais prête à vendre mon âme au diable pour retrouver ces sensations, ces perceptions !&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Ce « beau » et ce « sublime », je l’avoue, ils me tapent sérieusement sur le système, la quarantaine venue; mais c’est que j’ai quarante ans - à l’époque, la chose aurait été toute autre! Non, à l’époque, je me serais trouvé une activité - je veux dire boire à la santé de tout ce qu’est le beau et le sublime. Je me serais accroché à toutes les occasions pour commencer par verser une larme dans ma coupe, puis pour la boire à la santé du beau et du sublime. C’est le monde entier, à ce moment-là, que j’aurais vu en beau et en sublime. Dans la saleté la plus minable, la plus patente, j’aurais trouvé du beau et du sublime. Je serais devenu larmoyant comme une éponge mouillée. Un peintre, par exemple, vous aurait peint un tableau de Gay. Je bois tout de suite à la santé du peintre qui a peint ce tableau de Gay, parce que j’aime le beau et le sublime. Un auteur a écrit Comme il plaît à chacun; je bois tout de suite à la santé de chacun à qui ça plaît, parce que j’aime le beau et le sublime. Et je demande qu’on me montre du respect pour cet amour, je persécute ceux qui ne m’en montrent pas. Je vis tranquille, je meurs en triomphant - ah, mais c’est formidable, formidable! Et je me serais laissé pousser une de ces bedaines, je me serais arrangé un de ces triples mentons, je me serais sculpté un de ces nez de poivrot tel que n’importe qui en me voyant se serait dit: « Ben mon vieux, ça c’est du positif! » Dites ce que vous voulez, messieurs, il est bien agréable d’entendre ces exclamations en notre époque négative.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;Chapitre 7&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Note perso : à propos de l’action (le mal) versus « l’intérêt » (le bien) et le réel intérêt individuel dont il fait grand cas avec beaucoup de suspense : la volonté de lutter contre la logique générale, la raison générale, la LIBERTE d’être SOI, la liberté d’être singulier, qu’il nomme également « caprice » et « fantaisie », l’INDÉPENDANCE. (Cf. Solipscisme).&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Le narrateur explique que l’humanité n’a jamais évolué vers plus d’humanité avec le temps, que l’évolution de la civilisation n’a rien changé à sa soif d’horreurs sanglantes. Autrement dit, l’homme n’agit pas dans son intérêt depuis la nuit des temps, quand bien même l’Histoire lui a parfaitement appris à distinguer le bien du mal, l’humain de l’inhumain.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
C’est le même message que « Rhinocéros » de Ionesco, atemporel.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Mais ce sont là que des rêves dorés. Oh, dîtes moi qui a dit le premier, qui a énoncé le premier que si les hommes faisaient des saletés, c’est seulement qu’ils ne connaissaient pas leurs véritables intérêts? qu’il suffisait de les éclairer, de leur ouvrir les yeux sur ces intérêts véritables pour qu’ils arrêtent à l’instant de faire leurs saletés - que, s’ils sont éclairés sur leur véritable profit, s’ils le comprennent, ils deviendront honnêtes et bons en un clin d’œil et que c’est dans le bien qu’ils verront ce profit, car on sait bien que personne ne peut agir sciemment contre son intérêt, qu’ils feront donc le bien, pour ainsi dire, par nécessité. O pauvre enfant ! O pur et innocent bébé! Mais, tout d’abord, quand donc avez-vous vu, dans tous les millénaires, que les hommes n’agissaient que dans leur intérêt? Que faites-vous de ces millions d’actions qui témoignent que les hommes, en toute conscience, c’est-à-dire dans la pleine compréhension de leur intérêt véritable, le laissent au deuxième plan pour se lancer sur un autre chemin, celui du risque, du hasard, sans y être forcés par rien ni par personne, comme si, justement, ils voulaient tout sauf une route balisée, et qu’ils s’en ouvrent une autre, avec obstination, sans aucune raison - une autre, absurde, plus pénible, dont c’est tout juste s’ils ne se l’ouvrent pas dans les ténèbres? Parce que, n’est-ce pas, c’est leur obstination et leur lubie qu’ils préfèrent à leur intérêt... Un intérêt... Qu’est-ce que c’est donc, un intérêt? Et puis, pouvez-vous prendre sur vous de définir à coup sûr ce qui est intéressant pour l’homme? Et que se passerait-il si cet intérêt, certaines fois, certaines fois, non seulement pouvait, mais devait consister, justement, à se souhaiter non pas ce qui est profitable, mais ce qui est le pire? Et s’il en est ainsi, si ce genre de situations peut se produire, alors, c’est toute votre loi qui tombe à l’eau. Qu’en dites-vous, ces situations existent? Vous riez; riez, messieurs, mais répondez; ce qui profite à l’homme peut-il toujours être établi sans un risque d’erreur? N’y a-t-il pas des cas qui, non seulement n’entrent pas, mais ne peuvent pas entrer dans une classification? Parce que, messieurs, autant que je le sache, votre grand registre de nos intérêts, vous l’avez pris dans la moyenne des chiffres statistiques et des formules des sciences de l’économie. Vos intérêts, qu’est-ce que c’est? Le bien-être, la richesse, la liberté, le calme, etc.; de sorte que les hommes, qui, par exemple, iraient délibérément à l’encontre de cette liste ne seraient, d’après vous, rien d’autre que des obscurantistes, ou carrément des fous, n’est-ce pas? Mais, une chose étonnante; comment se fait-il que toutes ces statistiques, ces sages, ces amis du genre humain, énumérant les intérêts des hommes en oublient toujours un? Ils ne le prennent même pas en compte au sens où il le faudrait, et c’est pourtant de cela que leur calcul dépend. Le malheur ne serait pas bien grand, si on le prenait, cet intérêt, pour l’inclure sur la liste. Mais là est toute la catastrophe, que cet intérêt si fameux n’apparaît dans aucune classification, ne trouve sa place dans aucune liste. Par exemple, j’ai un ami... D’ailleurs, messieurs, c’est votre ami à vous aussi; et de qui donc, oui, de qui donc n’est-il pas l’ami ? En se mettant à faire quelque chose, ce monsieur-là vous expliquera tout de suite, d’une manière claire et pontifiante, comment il faut agir précisément selon les lois de la raison et de la vérité. Bien plus: c’est avec feu et émotion qu’il vous peindra les véritables intérêts de l’espèce humaine, ses intérêts normaux; il accusera d’un ton moqueur ces taupes imbéciles qui ne comprennent ni leurs intérêts ni la vraie signification de la vertu; et - un quart d’heure, à peine, plus tard, sans aucune raison impondérable ou extérieure, non - par on ne sait quelle raison tout à fait intérieure, bien plus puissante que tous ses intérêts, il vous sortira une chose exactement inverse, il se placera en contradiction flagrante avec ce qu’il vient de dire: contre les lois de la raison, contre ses propres intérêts, bref, contre tout... Je vous préviens que cet ami est un personnage collectif, c’est pourquoi il me semble délicat de l’accuser tout seul. Mais c’est ce que je dis, messieurs: n’existe-t-il pas réellement quelque chose qui est plus cher à presque tous les hommes que leurs intérêts les plus grands, ou bien (pour ne pas aller contre la logique), est-ce qu’il n’existe pas un intérêt qui est le plus intéressant (celui-là même que tout le monde omet, et dont je viens de parler), un intérêt primordial, plus intéressant que tous les autres intérêts et au nom duquel, si cela s’avère nécessaire, les hommes sont prêts à braver toutes les lois - parfaitement, à se dresser contre le bon sens, l’honneur, le calme, le bien-être - bref, à se dresser contre tout ce qui est utile et beau, dans le seul but d’atteindre cet intérêt premier, cet intérêt le plus intéressant et qui leur est plus cher que tout?&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
- Bah, ça reste un intérêt, répliquez-vous, m’interrompant. Attendez donc, messieurs, nous aurons le temps de nous expliquer, il ne s’agit pas de faire des calembours, mais de ceci: cet intérêt-là est d’autant plus remarquable qu’il détruit toutes nos classifications et qu’il démolit constamment tous les systèmes imaginés par les amis du genre humain pour le bonheur du genre humain; que, bref, il dérange tout le monde... Mais avant de vous le nommer, cet intérêt, je veux me compromettre personnellement et c’est pourquoi j’affirme, comme par défi, que tous ces beaux systèmes, ces théories pour expliquer à notre humanité ses intérêts réels et naturels afin que son nécessaire élan pour les atteindre, ces intérêts, l’emplisse immédiatement de bonté et de noblesse, que, tous donc, ils ne sont pour le moment, à mon avis, que de la fausse logique! Car enfin, ne serait-ce qu’affirmer cette théorie d’une régénération du genre humain dans son ensemble par un système fondé sur ses propres intérêts, c’est, d’après moi, ou peu s’en faut, la même chose... eh bien, qu’affirmer, par exemple, à la suite de &lt;b&gt;Buckle&lt;/b&gt;, que l’homme s’adoucit avec la civilisation et que, par conséquent, il devient moins sanguinaire et moins capable de faire la guerre. La logique veut que ça paraisse vrai. Mais l’homme est à ce point esclave de son système et de ses conclusions abstraites qu’il est prêt, en toute conscience, à déformer la vérité, prêt à ne plus rien voir, à ne plus rien entendre, du moment qu’il justifie mieux cette logique. Voilà pourquoi je prends ça en exemple, c’est un exemple trop frappant. Regardez autour de vous: le sang coule à grands flots, et d’une façon tellement joyeuse, encore, on dirait du champagne. Et c’est cela, notre XIXe siècle dont Buckle fut le contemporain. Regardez Napoléon le Grand, et celui d’aujourd’hui. Regardez l’Amérique du Nord - cette union perpétuelle. Regardez, enfin, cette caricature qu’est le &lt;b&gt;Schleswig-Holstein&lt;/b&gt;... Qu’est-ce donc qu’elle adoucit en nous, la civilisation? Tout ce fait la civilisation, c’est qu’elle amène à une plus grande complexité de sensations... absolument rien d’autre. Je parie même que, cette complexité se développant, elle peut aller jusqu’au point où elle nous fera découvrir des plaisirs jusque dans le sang. Cela s’est déjà produit. Avez-vous remarqué que les buveurs de sang les plus raffinés furent presque tous les hommes les plus civilisés qui soient, même si les &lt;b&gt;Attila et les Stenka Razine &lt;/b&gt;ne leur arrivaient pas à la cheville, parfois, et que, s’ils sont peut-être moins visibles qu’Attila et les &lt;b&gt;Stenka Razine,&lt;/b&gt; c’est simplement qu’ils sont devenus communs, trop ordinaires, qu’ils sont rentrés dans le rang? La civilisation, si elle n’a pas rendu les hommes plus sanguinaires, a conféré à cette cruauté quelque chose de plus sale, de plus odieux. Avant, les hommes voyaient dans le meurtre un acte de justice, ils étripaient donc qui ils devaient sans remords de conscience; maintenant, nous avons beau savoir que le meurtre est une saloperie, nous la pratiquons de plus belle, cette saloperie, et encore plus qu’avant. Qu’est-ce qui est pire? - À vous de décider.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;table align=&quot;center&quot; cellpadding=&quot;0&quot; cellspacing=&quot;0&quot; class=&quot;tr-caption-container&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto; text-align: center;&quot;&gt;&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjtNLuXDZCfjf1wriYr5XS03-f3J-eNvGtWwsdqnazcrsCZduYoay81GnN8pGZfpdKr28pX8h3T8hk7NgrIK0bZ9seP5N7Ol7XaMgTvQ0lSFU8DudnzUTD2OU-mc0v3f87GR1A3pmWgParO/s1600/stenka+razine.jpg&quot; imageanchor=&quot;1&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; data-original-height=&quot;538&quot; data-original-width=&quot;385&quot; height=&quot;400&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjtNLuXDZCfjf1wriYr5XS03-f3J-eNvGtWwsdqnazcrsCZduYoay81GnN8pGZfpdKr28pX8h3T8hk7NgrIK0bZ9seP5N7Ol7XaMgTvQ0lSFU8DudnzUTD2OU-mc0v3f87GR1A3pmWgParO/s400/stenka+razine.jpg&quot; width=&quot;285&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class=&quot;tr-caption&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;i&gt;STENKA RAZINE : à plusieurs fois évoqué par Dostoïevski.&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;
&amp;nbsp;Stepan (Stenka) Timofeïevitch Razine (en &lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/Russe&quot;&gt;russe&lt;/a&gt; : Степан (Стенька) Тимофеевич Разин, en &lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/Ukrainien&quot;&gt;ukrainien&lt;/a&gt; : Степан Тимофійович Разін) (1630-1671) est un chef &lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/Cosaques&quot;&gt;cosaque&lt;/a&gt;, qui mena un soulèvement contre la noblesse et la bureaucratie tsariste dans le sud de la &lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/Russie&quot;&gt;Russie&lt;/a&gt;. (Wikipédia)&lt;br /&gt;
Cosaque du Don qui dirigea le soulèvement des paysans et des populations de la &lt;a href=&quot;https://www.universalis.fr/encyclopedie/volga/&quot;&gt;Volga&lt;/a&gt;, notamment les Mordves, contre le gouvernement tsariste. Né dans le village de Zimoveïski sur le Don, d&#39;une famille aisée, Stenka Razine, homme pieux (il fit deux pèlerinages, en 1652 et 1661, au monastère Solovetski et à &lt;a href=&quot;https://www.universalis.fr/encyclopedie/moscou/&quot;&gt;Moscou&lt;/a&gt; en mémoire de son père), se destinait à une carrière diplomatique et militaire chez les &lt;a href=&quot;https://www.universalis.fr/encyclopedie/cosaques/&quot;&gt;Cosaques&lt;/a&gt; du Don : de 1660 à 1662, il fait partie des ambassades russes et cosaques qui cherchent à gagner l&#39;alliance des princes &lt;a href=&quot;https://www.universalis.fr/encyclopedie/kalmouks/&quot;&gt;kalmouks&lt;/a&gt; contre les Tatars de Crimée ; en 1663, grâce à cette alliance, il parvient à battre ces mêmes Tatars près de Perekop.&lt;br /&gt;
Toutefois, dès cette époque, il se rend compte de l&#39;attitude méprisante de l&#39;administration moscovite à l&#39;égard des Cosaques ; en 1665, le prince Iouri Dolgorouki, commandant en chef de l&#39;armée contre les Polonais, fait exécuter son frère Ivan. Dès lors, Razine éprouvera une haine farouche à l&#39;encontre du pouvoir tsariste et demeurera animé d&#39;un profond désir de vengeance. (Universalis).&lt;br /&gt;
&quot;Stenka Razine, le Robin des Bois russe&quot;&lt;br /&gt;
Je recommande cette source pour en savoir plus : &lt;a href=&quot;http://www.revuemethode.org/m101817.html&quot;&gt;http://www.revuemethode.org/m101817.html&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il paraît que &lt;b&gt;Cléopâtre &lt;/b&gt;(passez-moi cet exemple d’histoire romaine) aimait enfoncer des épingles dorées dans les seins de ses servantes et qu’elle trouvait une jouissance dans leurs tortillements et dans leurs cris. Vous me direz que cela se passait à une époque qu’on pourrait dire relativement barbare; que maintenant aussi, c’est une époque barbare parce que, maintenant aussi (toujours relativement parlant) on enfonce des épingles; que maintenant aussi, même si les hommes ont su apprendre quelquefois à se faire une vision plus claire qu’aux époques barbares, ils sont loin d’avoir appris à agir selon ce que leur dictent les sciences ou la raison. Et, néanmoins, vous êtes toujours persuadés qu’ils finiront bien par apprendre, quand on ne sait quelles ancestrales et détestables habitudes seront définitivement passées, que le bon sens et les sciences réunis les rééduqueront de fond en comble et dirigeront leur humaine nature vers sa voie naturelle. Vous êtes persuadés qu’alors, c’est d’eux-mêmes qu’ils cesseront de se tromper volontairement et que, pour ainsi dire, c’est malgré eux qu’ils ne chercheront plus à séparer leur liberté de leurs intérêts normaux. Bien plus: alors, dites-vous, c’est la science en tant que telle qui apprendra aux hommes (encore que là, ce soit même du luxe, à mon avis) qu’en fait, ils n’ont ni volontés ni caprices, qu’au fond, ils n’en n’ont jamais eu, et qu’ils ne sont eux-mêmes rien d’autre que des espèces de touches de piano, ou des goupilles d’orgue; et que, en plus de tout cela, il y a encore les lois de la nature; de sorte que tous les actes qu’ils font ne se font pas selon leur volonté, mais par eux-mêmes, d’après les lois de la nature. Il suffit donc de découvrir ces lois de la nature et l’homme pourra cesser de répondre de ses actes, ce qui simplifiera sa vie d’une façon considérable. Toutes les actions humaines seront d’elles-mêmes classées selon ces lois, mathématiquement, un peu comme des tables de logarithmes, jusqu’à 108000, elles seront inscrites à l’almanach; ou, mieux encore, on pourra voir paraître des éditions utiles du genre de nos dictionnaires encyclopédiques, où tout sera noté et codifié avec une telle exactitude qu’il n’y aura plus jamais d’actes ni d’aventures. - Alors - c’est toujours vous qui parlez - s’instaureront de nouvelles relations économiques, toutes prêtes à l’usage, calculées, elles aussi, avec une exactitude mathématique, de sorte qu’en un instant disparaîtront tous les problèmes possibles et imaginables, pour cette unique raison, en fait, qu’ils trouveront toutes les réponses possibles et imaginables. Alors, on verra se construire un palais de cristal. Alors... Bon, bref, c’est l’Oiseau bleu qui nous rendra visite. Evidemment, nul ne peut garantir d’aucune façon (c’est moi qui parle maintenant) qu’alors, disons, la vie ne sera pas mortellement ennuyeuse (parce que, à quoi sert de faire quoi que ce soit, si c’est déjà inscrit sur une tablette?), mais elle sera parfaitement raisonnable. Certes, que n’inventerait-on pas quand on s’ennuie! Car les épingles d’or, c’est aussi par ennui qu’on les enfonce - mais laissons ça. Ce qui est moche (c’est encore moi qui parle), c’est qu’on pourrait bien voir les hommes se réjouir de ces épingles d’or. Parce que l’homme est bête, phénoménalement bête. C’est-à-dire, il est loin d’être bête, mais il est tellement ingrat que rien au monde ne l’est plus que lui. Moi, par exemple, ça ne m’étonnerait pas du tout, de voir surgir, comme ça, sans prévenir, en plein milieu de cette raison régnante, un monsieur au physique ingrat, ou, pour mieux dire, rétrograde et sarcastique, qui se mettrait les deux mains sur les hanches et qui dirait: Dites-donc, messieurs, est-ce qu’on ne pourrait pas l’envoyer valdinguer, toute cette raison, d’un seul coup de pied, seulement pour envoyer ces logarithmes au diable, et pour vivre à nouveau selon notre liberté stupide? Ça, encore, ce n’est rien, mais le malheur, c’est qu’il trouvera obligatoirement des partisans: l’homme est ainsi fait. Et tout cela, pour cette raison tellement idiote qu’il serait malséant, sans doute de la mentionner: c’est que les hommes, partout et de tout temps, qui qu’ils puissent être, aiment agir comme ils le veulent, et non comme le leur dictent la raison et leur propre intérêt; vouloir contre son intérêt est non seulement possible, c’est quelquefois positivement obligatoire (cela, c’est déjà mon idée). Leur volonté particulière, libre, affranchie de contraintes, leur caprice individuel, fût-il le plus farouche, leur fantaisie, exacerbée parfois jusqu’à la folie même - c’est bien cela, cet intérêt omis, ce plus profitable de tous les profits, qui n’entre dans aucune classification et qui envoie perpétuellement au diable tous les systèmes et toutes les théories. Car quoi, où les savants ont-ils pu bien trouver que les hommes ont besoin de je ne sais quelle volonté naturelle, de je ne sais quelle volonté de vertu? Ce dont les hommes ont besoin - c’est seulement d’une volonté indépendante, quel que soit le prix de cette indépendance, et quelles que soient ses conséquences. Bon, et la volonté, le diable sait de quoi... »&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Autre traduction :&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;Chapitre 8&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;Note perso&lt;/b&gt; : Un des plus beaux passages si ce n’est le plus beau.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;div class=&quot;separator&quot; style=&quot;clear: both; text-align: center;&quot;&gt;
&lt;a href=&quot;https://www.blogger.com/blogger.g?blogID=3029239831143446776&quot; imageanchor=&quot;1&quot; style=&quot;margin-left: 1em; margin-right: 1em;&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
Le narrateur tente d’expliquer à ses détracteurs imaginaires que la volonté ne peut pas aller avec la raison car alors la vie serait trop triste, déjà programmée à l’avance, donc que la plus grande des libertés, paradoxalement vitale, c’est d’aller à l’encontre de ses propres intérêts raisonnablement bénéfiques.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
C’est ce que j’ai toujours voulu dire à travers l’acte de fumer en prenant l’exemple des animaux de base : les animaux ne fument pas. Cela ne leur viendrait même pas à l’idée.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
C’est un passage qu’a sans doute dû lire Aldous Huxley pour écrire le Meilleur des Mondes dont il faut absolument que je retrouve ma page préférée pour vous le montrer.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« Bien plus: l’homme cessera tout de suite d’être un homme et deviendra une goupille d’orgue, ou quelque chose comme ça; parce que qu’est-ce que c’est donc qu’un homme sans désirs, sans volontés, sans souhaits, sinon une goupille dans un jeu d’orgue? Qu’en pensez-vous? Examinons les probabilités - cela peut-il arriver, oui ou non?&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Car si la volonté, un beau jour, se met vraiment de mèche avec la raison, c’est donc, alors, que nous raisonnerons et que nous arrêterons de vouloir parce qu’il est impossible, par exemple, en gardant sa raison, de vouloir une chose absurde, d’aller de cette façon, en toute conscience, à l’encontre de la raison et de vouloir du mal... Et comme tous les désirs et les raisonnements peuvent être calculés réellement, parce qu’on finira bien par découvrir un jour les lois de notre prétendu libre arbitre, donc, c’est bien vrai, que - je ne ris pas - il peut en découler quelque chose comme une table, de sorte que, vraiment, nous nous mettrons à faire nos volontés selon cette table. Si, par exemple, un jour, on me dénombre et on me prouve que si j’ai dit « merde » à quelqu’un, c’était évidemment parce que je ne pouvais pas ne pas le dire, et que je devais le dire avec exactement l’intonation qui fut la mienne, alors, qu’est-ce qu’il me restera de libre en moi, surtout si je suis instruit, et que j’ai un diplôme? A ce moment, je peux prévoir ma vie pour les trente ans à venir; bref, si cela se fait, nous autres, il ne nous restera plus rien à faire; de toute façon, il faudra bien se soumettre. En général, ce que nous avons à faire sans nous lasser, c’est de nous répéter qu’obligatoirement, à telle minute et dans telles circonstances, la nature ne nous demande pas notre avis; qu’il faut que nous l’acceptions telle qu’elle est et non pas telle que nous nous la représentons dans nos fantasmes, et que s’il est vraiment exact que nous voulions aller vers les tablettes et le calendrier, et... euh, oui, eh bien, même vers les cornues, alors, donc, que voulez-vous, il faudra bien admettre les cornues! Sinon, c’est la cornue qui s’admettra toute seule, sans nous...&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
- Eh oui, mes bons messieurs, c’est là que je vous y prends! Messieurs, pardonnez-moi de m’être lancé dans la philosophie; mais, quarante ans de sous-sol! je peux bien me permettre un peu de fantaisie. Voyez-vous: la raison est, messieurs, une excellente chose - je vous l’accorde volontiers -, mais la raison n’est rien que la raison, elle ne satisfait donc que les besoins rationnels de l’homme, alors que le vouloir est la traduction même de la vie tout entière, oui, je veux dire de toute la vie humaine, la raison y comprise, et les grattages de méninges. Et même si notre vie n’apparaît souvent pas très propre sous cet éclairage, elle est quand même la vie, et pas seulement une extraction de racine carrée. Moi, par exemple, je veux vivre, de façon absolument naturelle, pour satisfaire toute mon aptitude à vivre et non pour satisfaire seulement toutes mes aptitudes rationnelles, c’est-à-dire juste un vingtième, et encore, de toute mon aptitude à vivre. Que peut connaître la raison? La raison ne peut connaître que ce qu’elle a eu le temps d’apprendre (le reste, je crois, qu’elle ne le saura jamais; ce n’est peut-être pas une consolation, mais pourquoi ne pas le dire?), or la nature humaine fonctionne comme un tout, avec l’ensemble de ce qu’elle contient, conscient et inconscient, elle peut vous faire n’importe quoi, mais elle vit. Je soupçonne, messieurs, que vous me considérez avec de la compassion; vous me répétez qu’un homme civilisé, évolué, enfin, l’homme tel qu’il sera dans l’avenir, ne pourra désirer sciemment une chose qui lui serait néfaste, que cela est mathématique. Je suis parfaitement d’accord, c’est bien mathématique. Mais je vous répète pour la centième fois qu’il n’y a qu’un seul cas, oui, un seul cas, où l’homme peut délibérément, en toute conscience, se souhaiter quelque chose de néfaste, de stupide, et même le plus stupide qui soit, je veux dire: pour avoir le droit de se souhaiter même ce qui est le plus stupide, et ne pas être lié à cette obligation de se souhaiter toujours le plus intelligent. Parce que cette stupidité suprême, parce que ce caprice, en vérité, messieurs, peut-être arrive-t-il qu’il soit, en certains cas surtout, ce qui peut exister de mieux au monde. En particulier, il peut être le meilleur de tous les biens, même s’il se révèle évidemment nuisible et s’il vient contredire les conclusions les plus sensées de notre raison sur ce qui lui procure du bien, parce que, dans tous les cas, il nous conserve ce qui nous est le plus fondamental et le plus précieux, je veux dire notre personnalité, notre individualité. Certains affirment, n’est-ce pas, que c’est cela qui est le plus précieux pour l’homme; la volonté, si elle le veut, peut parfaitement, bien sûr, se fondre à la raison, surtout si l’on n’exagère pas cette raison, si l’on s’en sert avec modération; elle est une chose utile, et même, quelquefois, louable. Mais, très souvent, même la plupart du temps, la volonté lui reste obstinément irréductible et... et... vous savez quoi? Cela aussi, c’est très utile, et c’est parfois même très louable. Supposons, messieurs, que l’homme ne soit pas stupide. (C’est vrai, voilà une chose qu’on ne peut absolument pas dire de lui, ne serait-ce que pour cet argument: si l’homme est stupide, qui donc peut être intelligent?) Mais, s’il n’est pas stupide, il reste monstrueusement ingrat! Ingrat phénoménalement... Je pense même que la meilleure définition de l’homme est la suivante: créature bipède et ingrate. Et ce n’est pas tout encore; cela n’est pas son défaut principal; son défaut principal est sa mauvaise conduite perpétuelle, constante, depuis l’époque du déluge jusqu’à celle du Schleswig-Holstein des destins de l’humanité. La mauvaise conduite, donc, l’absence de raison; puisqu’il est établi depuis longtemps que le manque de raison provient de la mauvaise conduite. Essayez de jeter un oeil sur l’histoire de l’homme; que voyez-vous? Du grandiose? Je veux bien, du grandiose; rien que le colosse de Rhodes, par exemple, il se pose là! Le sieur Anaevski témoigne à juste titre du fait que les uns disent qu’il serait oeuvre humaine, quand d’autres affirment au contraire qu’il fut créé par la nature elle-même. Un paysage bariolé? Sans doute, le paysage est bariolé; il suffirait d’examiner à travers tous les siècles et chez tous les peuples ne serait-ce que les uniformes d’apparat, tant chez les militaires que chez les civils - eux aussi, ils se poseraient là, et, pour les uniformes de fonction, on s’y casserait les dents - aucun historien ne tiendrait le coup. De la monotonie? Mais oui, sans doute, de la monotonie; ils se battent et se battent encore, ils se battent encore aujourd’hui, ils se battaient avant, ils se battront plus tard - accordez-moi que c’est même un peu trop monotone. Bref, on peut dire ce qu’on veut de l’histoire du monde, tout ce qui peut venir à l’idée de la cervelle la plus dérangée. La seule chose qu’on ne puisse pas dire, c’est qu’elle est raisonnable. Vous vous contrediriez au premier mot. Et regardez un peu l’ennui qui vous arrive: car enfin, on voit paraître constamment devant nos yeux des hommes tout ce qu’il y a d’honnête et de raisonnable, des sages, des amis du genre humain, qui, justement, assignent pour but à toute leur existence de mener une vie aussi honnête et aussi raisonnable que possible, d’illuminer, pour ainsi dire, leur prochain avec eux-mêmes, pour lui prouver, au fond, qu’il est possible dans les faits de vivre sa vie d’une façon honnête et raisonnable. Eh bien? On le sait, beaucoup de ces amis du genre, un jour ou l’autre, à la fin de leur vie, se trahissent, et terminent par je ne sais quelles aventures, dont certaines sont même carrément malpolies. Maintenant, je vous demande: que pouvez-vous attendre de l’homme, s’il est une créature douée de qualités aussi bizarres? Mais couvez-le de tous les biens du monde, noyez-le dans le bonheur la tête la première, pour qu’il ne reste que des petites bulles à glouglouter à la surface de ce bonheur, comme sur une mare; donnez-lui une suffisance économique telle qu’il ne lui reste absolument plus rien à faire, sinon dormir, manger de la brioche et s’agiter, l’histoire du monde ne s’arrête pas - lui, l’homme, je veux dire, une seconde plus tard, par pure ingratitude, par pur désir de nuire, il vous fera une entourloupe. Il ira jusqu’à remettre sa brioche en jeu et se souhaitera, exprès, les bêtises les plus catastrophiques, la plus antiéconomique des absurdités, dans le seul but de mélanger à toute cette raison si positive son élément fantastique fatal. Oui, ce sont bien ses rêves fantastiques, c’est sa bêtise la plus crasse que l’homme voudra se conserver dans le seul but de se confirmer à lui-même (comme si cela était vraiment tellement indispensable) que les hommes sont encore des hommes, et pas des touches de piano, sur lesquelles jouent peut-être les propres mains des lois de la nature mais qui menacent, ces mains, de jouer au point qu’il sera interdit de vouloir hors des limites de l’almanach. Et, bien plus encore: même au cas où il serait vraiment une touche de piano, même si c’est là une chose qu’on lui démontre par les sciences naturelles et la mathématique, même là, il ne se rendra pas à cette raison, il fera sciemment quelque chose contre, par pure ingratitude; en fait, rien que pour s’obstiner. Et, s’il n’a plus de moyens, il inventera la destruction et le chaos, il inventera toutes sortes de souffrance, et il la soutiendra, sa position! Il lancera au monde sa malédiction, et, comme il n’y a que l’homme qui puisse maudire (ça, c’est son privilège, ce qui le distingue le plus fondamentalement des autres animaux), je gage qu’il atteindra son but avec sa seule malédiction, qu’il arrivera donc à se convaincre vraiment qu’il est un homme et pas une touche de piano! Si vous me dites que même cela, on peut le calculer sur des tablettes, même le chaos, la nuit et la malédiction, que c’est la seule possibilité du calcul préalable qui arrêtera tout et que la raison reprendra le dessus, alors, l’homme fera exprès de devenir fou, pour perdre cette raison et s’obstiner dans son idée! Je suis sûr de cela, c’est une chose que je garantis parce qu’il me semble bien que toute l’activité humaine, vraiment, ne consiste qu’en cela que l’homme se prouve à chaque instant qu’il est un homme et pas une goupille d’orgue! Par ses plaies et ses bosses, mais qu’il le prouve; même en retournant dans les cavernes, mais qu’il le prouve. Après cela, comment ne pas pécher, ne pas se féliciter que tout cela n’existe pas encore, et que pour l’instant la volonté dépende encore de Dieu sait quoi...&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Vous me criez (si seulement vous me faites encore l’honneur de me crier dessus) que personne ne me l’enlève, ma volonté; que tout ce qu’on essaie de faire ici, c’est d’arranger le monde de telle façon que la volonté, d’elle-même, par sa volonté propre, concorde avec mes intérêts normaux, avec les lois de la nature et de l’arithmétique.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
- Voyons, messieurs, de quelle volonté propre pouvez-vous parler si nous en arrivons jusqu’aux tablettes et à l’arithmétique, s’il n’y a plus que deux fois deux font quatre qui fonctionne? Deux fois deux feront toujours quatre, que je le veuille ou non. C’est comme ça qu’elle existe, ma volonté? »&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Autre traduction :&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« La nature humaine veut agir par toutes ses forces, consciemment ou inconsciemment, artificiellement même, mais vitalement toujours. Je vous répète pour la centième fois qu’il y a un cas unique, mais certain – où l’homme veut se réserver le droit d’accomplir la plus sotte action et n’être pas obligé de ne faire que des choses bonnes et raisonnables. Car, à tout dire, c’est notre propre individualité qui est intéressée ici. »&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;Chapitre 9&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« Messieurs, il y a des questions qui me torturent; résolvez-les pour moi. Vous, par exemple, vous voulez désapprendre aux hommes leurs vieilles habitudes et corriger leur volonté pour qu’elle corresponde aux exigences de la science et du bon sens. Mais comment savez-vous qu’il est non seulement possible mais nécessaire de transformer les hommes de cette façon? De quoi concluez-vous que la volonté humaine a une nécessité si impérieuse d’amendement? Bref, comment savez-vous qu’un tel amendement aura pour les hommes un intérêt réel? Et, tant qu’à dire ce qu’on pense, pourquoi êtes-vous certainement assurés que le fait de ne pas se dresser contre les intérêts normaux et véritables garantis par les conclusions de la science et de l’arithmétique soit pour les hommes réellement toujours profitable et forme une loi pour toute l’humanité? Car, pour l’instant, cela n’est que votre supposition. C’est une loi de la logique, je veux bien le supposer, mais pas du tout, peut-être, une loi de l’humanité. Vous pensez peut-être, messieurs, que je suis fou? Laissez-moi m’expliquer. Certes : l’homme est un animal essentiellement bâtisseur, condamné à tendre vers son but en toute conscience par la voie de l’ingénierie, c’est-à-dire à se frayer un chemin, à tout jamais et sans interruption, vers où que ce soit. Mais c’est pour cette raison, peut-être, qu’il a envie parfois de faire un détour, parce qu’il est condamné à se frayer ce chemin, et aussi, je suppose, parce que, si bête que puisse être en général l’homme d’action spontané, il lui arrive quand même de penser quelquefois que ce chemin, en fait, le mène presque toujours où que ce soit, que l’essentiel n’est pas de savoir où, mais le fait qu’il y aille, et que le gentil garçon, méprisant l’art de l’ingénierie, ne tombe pas dans la fatale oisiveté, laquelle, comme nous savons, est mère de tous les vices. Les hommes aiment bâtir et se tracer des chemins, d’accord. Mais pourquoi aiment-ils aussi passionnément la destruction et le chaos? Ça, dites-le-moi un peu. J’ai envie de déclarer deux mots moi-même à ce sujet. N’est-ce pas, peut-être que s’ils aiment tant la destruction et le chaos (et il est indéniable qu’il leur arrive d’aimer ça très fort, la chose est là), c’est qu’ils craignent eux-mêmes instinctivement d’atteindre leur but et d’achever le bâtiment qu’ils sont en train de construire? Qu’en savez-vous, peut-être, leur bâtiment, ils l’aiment seulement de loin, mais pas du tout de près; peut-être ce qu’ils aiment, c’est seulement le bâtir, mais pas vivre dedans, mais le laisser après aux animaux domestiques, du genre des fourmis, des moutons, etc. Les fourmis, elles, elles semblent d’un avis contraire. Elles possèdent un bâtiment stupéfiant du même genre, indestructible à tout jamais - la fourmilière.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Mesdames les fourmis ont commencé avec la fourmilière, elles finiront dans doute avec la fourmilière, ce qui fait honneur à leur constance et à leur caractère positif. Mais les hommes sont des créatures frivoles et pas jolies-jolies, et, comme le joueur d’échecs, peut-être, ils n’aiment que le processus qui mène au but, et non le but en tant que tel. Et, qui sait (on n’en jurerait pas), peut-être tout notre but en ce monde, ce but vers quoi l’humanité tend tellement, ne tient-il justement que dans le caractère continuel du processus de sa conquête, en d’autres mots - que dans la vie elle-même et non à proprement parler dans le but, lequel, cela est évident, ne doit être rien d’autre qu’un deux et deux font quatre, c’est-à-dire une formule, car deux et deux font quatre, ce n’est déjà plus la vie, messieurs, mais le début de la mort. Du moins les hommes ont-ils toujours eu peur, d’une façon ou d’une autre, de ce deux et deux, comme j’en ai peur moi-même à l’instant où j’écris. Supposons que les hommes ne fassent que rechercher ces deux et deux, qu’ils traversent les océans, qu’ils sacrifient leur vie dans cette recherche, mais - les trouver, les trouver pour de vrai, je vous le jure, ils en ont un peu peur. Ils sentent bien que dès qu’ils les auront trouvés, ils n’auront plus rien à chercher. Les ouvriers, à la fin de leur travail, reçoivent au moins de l’argent, ils peuvent faire un tour au bistro, se retrouver au poste - et voilà une semaine bien remplie. Mais les hommes, où peuvent-ils aller? Au moins, chaque fois, remarque-t-on chez eux comme un malaise quand ils atteignent ce genre de buts. Ils aiment l’action d’atteindre, mais, le fait même - ils ne l’aiment pas du tout, ce qui, bien sûr, est terriblement drôle. Bref, les hommes sont conçus d’une façon comique : il y a sans doute là comme une espèce de calembour. Mais deux et deux font quatre reste quand même résolument insupportable.Deux et deux font quatre, mais c’est, à mon avis, si je puis me permettre, un sarcasme pur et simple. Deux et deux se pavane comme un coq, se dresse au milieu de votre route, les mains sur les hanches, et reste là à vous cracher dessus. Je vous accorde que deux et deux est une chose excellente; mais tant qu’à tout louer, c’est deux et deux font cinq qui peut être un engin combien plus adorable.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
D’où vient que vous êtes si fermement, si triomphalement persuadés que seuls le positif et le normal - bref, en un mot, le bien-être - sont dans les intérêts des hommes? Votre raison ne se trompe-t-elle pas dans ses conclusions? Et si les hommes n’aimaient pas seulement le bien-être? Et s’ils aimaient la souffrance exactement autant? Si la souffrance les intéressait tout autant que le bien-être? Les hommes l’aiment quelquefois, la souffrance, d’une façon terrible, passionnée, ça aussi, c’est un fait. Ce n’est même plus la peine de se rapporter à l’histoire du monde; posez-vous la question vous-même si seulement vous êtes un homme et si vous avez un tant soit peu vécu. Quant à mon opinion personnelle, aimer seulement le bien-être, ça me paraît presque indécent. Que ce soit bien ou mal, mais casser quelque chose, c’est parfois très plaisant. Car ce n’est pas la souffrance, au fond, que je défends ici, et pas non plus le bien-être. Ce que je défends, c’est... mon caprice, le fait qu’il me soit garanti quand j’en ressentirai le besoin. Par exemple, la souffrance est inadmissible dans les vaudevilles, je le sais. Dans le palais de cristal, elle est, de plus, impensable: la souffrance, c’est un doute, c’est une négation, or qu’est-ce qu’un palais de cristal où le doute est possible? Mais je reste persuadé que l’homme ne refusera jamais la souffrance véritable, c’est-à-dire la destruction et le chaos. Car la souffrance est la seule cause de la conscience. Même si j’ai commencé par affirmer que la conscience était pour les hommes leur plus grand malheur, je sais qu’ils l’aiment et ne l’échangeraient contre aucune satisfaction. La conscience est infiniment supérieure à deux et deux. Parce que, après deux et deux, cela s’entend, il ne reste non seulement plus rien à faire, mais plus rien à connaître. Tout ce qu’il est possible de faire alors, c’est de se boucher les cinq sens et de se plonger dans la contemplation. Bien sûr, la conscience vous amène au même résultat, c’est-à-dire que, là non plus, il n’y a plus rien à faire, mais on peut toujours se flageller de temps à autre, et ça vous ravigote un peu quand même. C’est vieux jeu, d’accord, mais c’est mieux que rien. »&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;Chapitre 10&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Note perso : premier paragraphe en épitaphe. Cette métaphore à propos de « rester au sec », c’est la sécurité versus l’Aventure. Ce qu’il désire, c’est l’absolu quand bien même il serait inatteignable juste pour le plaisir de le désirer au-delà de la sécurité. C’est le résumé de ma vie ou de mon impossible quête de l’Amour -tel que je l’entends- et dont je suis malheureusement consciente. Le dernier paragraphe annonce l’absurde de Camus.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« Vous avez foi en un palais de cristal à jamais indestructible, c’est-à-dire quelque chose à quoi on ne pourra pas tirer la langue en douce ni dire mentalement « merde ». Et moi, peut-être, c’est pour cela que j’en ai peur, de cette construction, parce qu’elle est en cristal et à jamais indestructible, et qu’on ne peut même pas, en douce, lui tirer la langue.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Parce que, vous comprenez: si vous installiez un poulailler à la place du palais, au cas où il se mettrait à pleuvoir, je me glisserais même dans le poulailler pour ne pas être trempé, mais ma reconnaissance pour m’avoir protégé des gouttes ne me le fera pas prendre pour un palais. Vous riez, vous dites qu’un poulailler vaut bien le château de Versailles, en cas de pluie. Je vous réponds: Oui, si le seul but de la vie est de rester au sec.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Que faire si je me suis mis en tête qu’on ne vit pas que pour cela, et que, tant qu’à faire de vivre, autant vivre à Versailles? C’est cela, mon désir, c’est mon envie. Vous ne me l’effacerez de la cervelle qu’au moment où vous saurez me changer mes désirs. Eh bien, changez-les-moi, tentez-moi avec autre chose, donnez-moi un autre idéal. En attendant, je ne prendrai pas un poulailler pour un palais. Supposons même que le palais de cristal ne soit que du vent, que les lois de la nature l’interdisent et que je ne l’aie inventé que par suite de ma propre bêtise, à cause de certaines coutumes ancestrales irrationnelles de notre génération. Qu’est-ce que j’en ai faire, que la nature l’interdise? N’est-ce pas la même chose s’il existe dans mes désirs, ou, pour mieux dire, s’il existe tant que mes désirs existent?&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Je gage que vous riez encore. Riez, je vous en prie; j’accepte toutes les moqueries, mais je ne dirai pas que je suis rassasié si j’ai le ventre creux; je sais quand même que je ne saurai pas me satisfaire d’un compromis, d’un zéro périodique constant, pour la seule raison qu’il existe selon les lois de la nature et qu’il existe en fait. Je ne prendrai pas pour le sommet de mes désirs un immeuble de rapport, avec des appartements pour les pauvres, des baux de mille ans et, on n’est jamais trop prudent, des Wagenheim sur une affichette. Anéantissez-moi mes désirs, effacez-moi mes idéaux, montrez-moi quelque chose de mieux et je vous suivrai. Je suppose que vous me répondez que je fais beaucoup d’histoires pour rien - auquel cas je vous réponds la même chose. Nous parlons sérieusement; si vous ne voulez pas me faire l’honneur de m’écouter, je ne vous retiens pas. J’ai mon sous-sol. Mais, tant que je suis vivant et que je désire - que ma main se dessèche si j’apporte une seule brique à un bâtiment de ce genre ! Oubliez ce que j’ai dit, tout à l’heure, quand je refusais le palais de cristal pour la seule raison qu’il était impossible de lui tirer la langue. Si j’ai dit ça, ce n’est pas du tout que j’aime tirer la langue. La seule chose, peut-être, qui me mettrait en rage, c’est que dans toutes vos constructions, jusqu’à présent, on n’en trouve pas, des palais où l’on puisse même ne pas tirer la langue. Non, je me la laisserais couper, cette langue, avec reconnaissance, s’il pouvait arriver que je n’aie moi-même plus jamais envie de la tirer. Qu’est-ce que j’en ai faire, si ce palais, on ne peut pas le construire, et qu’il faille bien nous contenter d’appartements? Pourquoi est-ce que je suis bâti de tels désirs? N’ai-je donc été bâti que pour parvenir à cette conclusion que toute ma construction n’est que du vent? Est-ce que vraiment c’est là le but? Je n’arrive pas à y croire.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Encore que, vous avez: je suis convaincu qu’il faut lui mettre le mors aux dents, à notre gars du sous-sol. Il est capable de se taire dans son sous-sol pendant quarante années, bien sûr, mais qu’il arrive à resurgir dans la lumière - il parle, il parle, il parle... »&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;Chapitre 11&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Note perso : de la nécessité d’écrire pour croire soi-même au mensonge de sa conscience ; du but réel caché de cet écrit : un souvenir personnel douloureux « à décoller ».&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« À la fin des fins, messieurs: mieux vaut ne rien faire du tout! Mieux vaut être inerte en toute conscience! Et donc, vive le sous-sol! J’ai eu beau affirmer que j’étais jaloux de l’homme normal jusqu’à la bile la plus noire - dans les conditions où je le vois, je ne veux pas devenir comme lui. (Même si je ne cesse pas d’être jaloux. Non, non - le sous-sol a quand même plus d’intérêt!) Là, au moins, il est possible... Eh là, mais là aussi je raconte n’importe quoi ! Je raconte n’importe quoi parce que je sais moi-même, comme deux et deux, que ce n’est pas le sous-sol qui est mieux, c’est quelque chose d’autre, quelque chose qui n’a rien à voir, et que je cherche tellement, et que je ne trouverai jamais! Au diable le sous-sol!&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Mais voilà ce qui serait le mieux: si je croyais moi-même, un tout petit peu, à ce que j’ai écrit. Je vous jure, messieurs, il n’y a pas un mot, non, pas un seul, auquel je croie dans ce que je viens de gribouiller ! C’est-à-dire que j’y crois, et, en même temps, je crois que je n’y crois pas, je ne sais pour quelle raison, je sens et j’ai dans l’idée que je suis en train de mentir comme un bateleur de foire.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
- Pourquoi avez-vous donc écrit tout ça? demandez-vous.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
- Je vous enfermerais pour quarante ans, sans rien à faire, et je reviendrais vous voir quarante années plus tard, dans votre sous-sol, pour voir où vous en êtes... Est-il possible de laisser seul un homme sans rien à faire pendant quarante années?&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
- Et vous n’avez pas honte, et ça ne vous humilie pas? me direz-vous peut-être, en secouant la tête avec mépris. Vous avez soif de vivre et vous répondez vous-même aux questions essentielles avec votre logique de la confusion. Vos attaques sont tellement énervantes, tellement insolentes, et - en même temps - comme vous avez peur ! Vous dites n’importe quoi et vous en êtes satisfait; vous proférez des insolences, vous tremblez perpétuellement de ce que vous dites, et vous demandez pardon. Vous assurez que vous n’avez peur de rien, et, en même temps, vous essayez de vous grandir devant nous. Vous assurez que vous grincez des dents, et, en même temps, vous plaisantez pour nous faire rire. Vous savez que vos bons mots ne sont pas drôles, mais il est clair que vous êtes heureux de leur qualité littéraire. Peut-être est-ce vrai que vous avez souffert, mais vous n’éprouvez pas le moindre respect pour votre souffrance. Vous détenez une vérité, mais vous n’avez pas la moindre pudeur; c’est la gloriole la plus mesquine qui vous fait exhiber votre vérité devant tout le monde, au pilori, à la foire... Oui, vous voulez dire quelque chose, mais votre peur vous fait cacher votre dernier mot car vous n’avez pas assez de cran pour lui trouver une expression, vous n’êtes mû que par une insolence lâche. Vous vous flattez de votre conscience, mais vous ne faites qu’hésiter, car même s’il est vrai que votre esprit travaille, votre cœur est noirci par la dépravation et, sans un cœur pur, une conscience pleine et juste est inimaginable. Et comme vous êtes énervant, que vous êtes collant avec toutes vos grimaces ! Mensonge, mensonge et encore mensonge!&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Evidemment, ce que vous me dites là, je viens de l’inventer. C’est toujours le sous-sol. Pendant quarante années j’ai écouté ce genre de discours derrière la porte. Je les inventés moi-même, il n’y avait que ça qui se laissait inventer. Pas étonnant que ça se soit appris par cœur, et que ça me fasse de la littérature…&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Enfin, est-ce que vraiment, vraiment, vous pensez que j’ai à ce point une cervelle d’oiseau pour imaginer que tout cela, je le publierai et que je vous le donnerai à lire? Encore une chose qui m’étonne: c’est vrai, pourquoi est-ce que vous appelle « messieurs », pourquoi est-ce que je m’adresse à vous comme si, vraiment, je m’adressais à des lecteurs ? Les oeuvres du genre de celle que j’ai l’intention d’écrire, on ne les publie pas, on ne les montre à personne. Du moins n’ai-je pas assez de force en moi - et je ne pense pas qu’il faille que j’en aie. Mais, voyez-vous: une fantaisie m’est entrée dans la tête, et je veux la réaliser quoi qu’il m’en coûte. Voilà de quoi il s’agit.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Il y a dans les souvenirs de chacun des chose qu’il ne révèle pas à tout le monde, mais seulement à des amis. Il y a des choses qu’il ne révélera pas même à ses amis, mais seulement à sa propre conscience, et encore - sous le sceau du secret. Et il y a enfin des choses que les hommes craindront de révéler même à leur propre conscience, et ces choses, même chez les hommes les meilleurs, il y en a une quantité qui s’accumule. On pourrait l’énoncer ainsi: plus les hommes sont honnêtes, plus il y en a. Au moins, moi-même, n’ai-je décidé que récemment de me rappeler certaines de mes aventures - jusqu’à présent, je les avais toujours contournées, avec, même, une inquiétude bien réelle. Maintenant, non seulement je me les rappelle mais j’ai encore décidé de les écrire, et c’est cela que je veux essayer: est-il possible d’être entièrement sincère - ne fût-ce qu’avec sa propre conscience - et d’affronter toute la vérité? Une parenthèse: Heine affirme que les autobiographies fidèles sont presque impossibles car il est presque sûr qu’on se mentira à soi-même. Il pense, par exemple, que Rousseau a menti dans sa confession, et qu’il a même menti sciemment, par vanité. Je suis sûr que Heine a raison; je comprends très bien qu’on puisse s’accuser de tous les péchés du monde par simple vanité, et je conçois parfaitement quel genre de vanité cela peut être. Mais Heine parlait d’un homme qui faisait une confession publique. Moi, je n’écris que pour moi seul et je déclare une fois pour toutes que même si j’écris en ayant l’air de m’adresser à des lecteurs, c’est seulement pour faire bien, parce que c’est plus facile. Ce n’est là qu’une forme, une pure forme vide, je n’aurai jamais de lecteurs. Je l’ai déjà déclaré...&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Je veux que rien ne vienne me gêner dans l’écriture de mes carnets. Je n’établirai ni ordre ni système. Ce qui me reviendra en mémoire, je le noterai.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Tenez, par exemple: vous auriez pu pinailler sur le mot et me demander: s’il est vrai que vous ne comptez pas avoir de lecteurs, pourquoi vous faites-vous de telles remarques - et par écrit, encore! - comme quoi vous n’établirez ni ordre ni système, vous notera ce qui vous reviendra, etc. ? Pourquoi toutes ces explications? A quoi bon ces excuses?&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
- Ah, mais précisément! vous dis-je.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Remarquez, il y a là toute une psychologie... Peut-être le fait que je suis simplement un lâche. Peut-être aussi le fait que si je m’imagine devant un public, c’est pour me tenir un peu plus décemment pendant que j’écrirai. Des raisons, on en trouverait mille.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Et cela, encore: au fond, pourquoi diable est-ce que je veux écrire? Si ce n’est pas pour le public, on pourrait croire qu’il suffirait de se souvenir mentalement, sans rien traduire sur le papier.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Bien sûr, messieurs: seulement, sur le papier, cela prendra un air plus solennel. Il y aura là je ne sais quoi de plus imposant, mon propre tribunal sera plus fort, j’améliorerai mon style. Et puis: peut-être le fait d’écrire m’apportera-t-il un soulagement. Ces jours-ci, par exemple, il y a un vieux souvenir qui m’oppresse entre tous. Je m’en suis souvenu en détail il y a quelques jours et il ne me quitte plus depuis, comme un air de musique affligeant qui ne veut plus se décoller de vous. Il faudra bien qu’il se décolle, pourtant. Des souvenirs comme celui-là j’en ai des centaines; sauf que, parfois, dans cette centaine, il y en a un qui se dégage et qui m’oppresse. Je ne sais pas pourquoi, mais il me semble que si je le transcris, il va se décoller. Pourquoi ne pas essayer?&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Enfin: je m’ennuie, je ne fais rien à longueur de journée. Ecrire, c’est comme si c’était du travail. On dit que le travail vous rend honnête et bon. Eh bien, voici au moins une chance.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Il neige en ce moment, c’est une neige mouillée, jaune, glauque. Hier, c’était pareil - c’était pareil les jours d’avant. C’est cette neige mouillée, je crois, qui m’a rappelé cette anecdote qui refuse maintenant de se décoller de moi. Que mon récit soit donc sur la neige mouillée.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Autre traduction :&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« Il n’y a rien de mieux au monde qu’une inertie consciente. Vive donc le souterrain !&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Ah ! pourquoi en suis-je jamais sorti ? Pourquoi n’y suis-je pas né ? – Car j’ai voulu essayer de vivre, je vous l’ai dit : j’ai essayé d’être goujat. – Peut-être même ai-je aussi essayé d’être héros. Rien, il n’y a rien dans le monde pour moi. Mon passé est une perpétuelle et ironique négation. Hélas ! j’ai rêvé, je n’ai pas vécu ! et pourtant je vais bientôt mourir. De cela je ne me plains pas trop. Pourtant, messieurs, avouez vous-mêmes que ce n’est pas juste !&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;a href=&quot;https://www.blogger.com/blogger.g?blogID=3029239831143446776&quot; imageanchor=&quot;1&quot; style=&quot;clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;&quot;&gt;&lt;/a&gt;J’ai rêvé la vie au loin, sur les bords de la mère Volga, avec la si belle, la si étrange fille, dont je n’ai pas eu la force de m’emparer quand elle m’était offerte, elle ma vraie vie, ma seule vie, et depuis ce jour-là je suis mort avant la mort, tué par une apparition farouche, une ombre de vieux satyre qui n’a peut-être jamais existé, et je disserte…&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;a href=&quot;https://www.blogger.com/blogger.g?blogID=3029239831143446776&quot; imageanchor=&quot;1&quot; style=&quot;clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;&quot;&gt;&lt;/a&gt;Je vous jure, messieurs, que je ne crois pas un traître mot de tout ce que je viens d’écrire, – c’est-à-dire, peut-être bien au contraire j’y crois très-vivement, – et pourtant quelque chose me dit que je mens comme un cordonnier.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;– Pourquoi donc avez-vous écrit tout cela ?&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;– Je voudrais bien, messieurs, vous voir condamnés à quarante ans de néant, et je voudrais bien ensuite savoir ce que vous seriez devenus !&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;– Imaginez un peu cela, je vous prie : vous n’avez pas eu d’existence réelle, et dans un caveau où ne pénètre qu’une lumière de crépuscule finissant, une aube d’agonie, vous vous demandez ce que c’est que la vie, et ce que c’est que le jour. Je vous ai donné quarante ans pour vous faire une opinion sur ces graves sujets, et aujourd’hui, premier jour de la quarante et unième année, je vous interroge : « Qu’est-ce que la vie ? Qu’est-ce que… ? » Mais vous ne me laissez pas finir. Vous avez tant pensé, tant réfléchi, que vous éclatez en paroles, un peu incohérentes, mais non pas tout à fait dénuées d’un certain sens commun &lt;/b&gt;»&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;
&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgKtQ_97giojpL_xubuFA3eHdUxbNgr27iO0uHe-44KSFCRb0g0Izp5LvblW4ZxtDN-OX1Arj7qM8Cvze-BKsjvOJBnlaQU1VZ-kpQIjBg276dcM6_a50AlSWqftlxefAcpHvRXbIwFZ4tl/s1600/Unknown.jpeg&quot; imageanchor=&quot;1&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; height=&quot;400&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgKtQ_97giojpL_xubuFA3eHdUxbNgr27iO0uHe-44KSFCRb0g0Izp5LvblW4ZxtDN-OX1Arj7qM8Cvze-BKsjvOJBnlaQU1VZ-kpQIjBg276dcM6_a50AlSWqftlxefAcpHvRXbIwFZ4tl/s400/Unknown.jpeg&quot; width=&quot;240&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Extrait de: Fyodor Mikhailovich Dostoyevsky. « L&#39;Esprit Souterrain. » iBooks.&lt;/div&gt;
&lt;table align=&quot;center&quot; cellpadding=&quot;0&quot; cellspacing=&quot;0&quot; class=&quot;tr-caption-container&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto; text-align: center;&quot;&gt;&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhvsqDLcCa-K7FvQQTaO-YBr7-Q-XzVuuI7fc07dswKdCT0Rdbz4dUSMKkGEuKj9CQC_R3HeFPL-CUyKbLLiR9tYlw0uNDop5VhBPEYeNBz0-8XQ64sjfIPIGej0ubc3AMvC7PqpnnXdjC_/s1600/download.jpg&quot; imageanchor=&quot;1&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; data-original-height=&quot;180&quot; data-original-width=&quot;258&quot; height=&quot;278&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhvsqDLcCa-K7FvQQTaO-YBr7-Q-XzVuuI7fc07dswKdCT0Rdbz4dUSMKkGEuKj9CQC_R3HeFPL-CUyKbLLiR9tYlw0uNDop5VhBPEYeNBz0-8XQ64sjfIPIGej0ubc3AMvC7PqpnnXdjC_/s400/download.jpg&quot; width=&quot;400&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class=&quot;tr-caption&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-family: &amp;quot;verdana&amp;quot; , sans-serif; text-align: start;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt;&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;«&amp;nbsp;Conscience:&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: &amp;quot;verdana&amp;quot; , sans-serif; text-align: start;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt;&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;Judas&amp;nbsp;»,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: &amp;quot;verdana&amp;quot; , sans-serif; text-align: start;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt;&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;de&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-variant-east-asian: normal; font-variant-ligatures: normal; font-variant-position: normal; text-align: start;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #222222;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: &amp;quot;verdana&amp;quot; , sans-serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt;&quot;&gt;Nikolaï Gay,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-variant-east-asian: normal; font-variant-ligatures: normal; font-variant-position: normal; text-align: start;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #222222;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: &amp;quot;verdana&amp;quot; , sans-serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt;&quot;&gt;1891&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-variant-east-asian: normal; font-variant-ligatures: normal; font-variant-position: normal; text-align: start;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #222222;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: &amp;quot;verdana&amp;quot; , sans-serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt;&quot;&gt;(peintre évoqué par Dostoïevski).&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;font-variant-east-asian: normal; font-variant-ligatures: normal; font-variant-position: normal; line-height: 18.399999618530273px; margin-bottom: 0.25cm;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;
&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj9fMbCsCFDjnVXZYHOgDPpnk17jR3vmuE-xOb7Hf1e5EXTmGmqfIKsCgxqgknIOuoVMvOJGvtPE2NkNeAjqT6tnlqgW9j3dpeZFfVTbEkV-Q0_xtSshrX6F-SP9XjAb6uARO5UNYVaVkWj/s1600/Unknown-2.jpeg&quot; imageanchor=&quot;1&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; height=&quot;400&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj9fMbCsCFDjnVXZYHOgDPpnk17jR3vmuE-xOb7Hf1e5EXTmGmqfIKsCgxqgknIOuoVMvOJGvtPE2NkNeAjqT6tnlqgW9j3dpeZFfVTbEkV-Q0_xtSshrX6F-SP9XjAb6uARO5UNYVaVkWj/s400/Unknown-2.jpeg&quot; width=&quot;289&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;
&lt;b style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Conclusion perso&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;span style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;: cette première partie m&#39;a fait aimer le narrateur parce que je m&#39;identifie à nombreux de ses propos et j&#39;aime l&#39;originalité de sa pensée mais la deuxième partie intitulée &quot;Sur la neige mouillée&quot;, où il décrit avec une précision&amp;nbsp;chirurgicale son fonctionnement interne écoeurant de pervers narcissique dégoûte définitivement du personnage.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/feeds/8199857935939592123/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/2020/02/les-carnets-du-sous-sol-dostoievski.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3029239831143446776/posts/default/8199857935939592123'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3029239831143446776/posts/default/8199857935939592123'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/2020/02/les-carnets-du-sous-sol-dostoievski.html' title='LES CARNETS DU SOUS-SOL, DOSTOIEVSKI, 1864, RUSSIE, (Première partie).'/><author><name>Selbstdenken</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09200151202439051685</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" url="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhA8qyNYPmnk16eGY9l7O4fEpwzsx06uV_qEcQz-O2tai1EexOYNYElalmp_N2qyKNUcNQwPdE8Whu4rSw5v_3maJ6QTH7Iz4He-4JLXVU1r0ul37d7cz5bYg75BICMezCsFKjJRaXvj7R0/s72-c/Unknown-1.jpeg" height="72" width="72"/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3029239831143446776.post-4035744158042711564</id><published>2020-01-12T15:56:00.004+01:00</published><updated>2021-12-27T00:25:49.201+01:00</updated><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="Commandement 9 : Tu seras une citoyenne éclairée et une consommatrice responsable."/><title type='text'>LE CASSE-TETE DES CHAUSSETTES !</title><content type='html'>&lt;div dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;text-align: left;&quot; trbidi=&quot;on&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
LE CASSE-TETE DES CHAUSSETTES : LESQUELLES CHOISIR ? LES BELLES CHERES, LES PSEUDO-ECOLOGIQUES, LES VRAIES DURABLES OU LES MEILLEURES RAPPORT QUALITE PRIX ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Article en cours de rédaction donc inachevé au moment où vous le lisez.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;0) LE SEUL CHOIX DE LA SAGESSE : LES VRAIES CHAUSSETTES ECOLOGIQUES DURABLES. Finies, les chaussettes trouées !&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Avant toute chose, la seule vraie chaussette &quot;écologique&quot; est une chaussette durable que l&#39;on peut porter en toute saison et dans toutes circonstances : une chaussette en laine en mérinos.&lt;br /&gt;
L&#39;infographie pédagogique ci-dessous issue d&#39;un site de vêtements pour hommes l&#39;explique très bien :&amp;nbsp;&lt;a href=&quot;https://seagale.fr/fr/home/14-merino-socks&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;https://seagale.fr/fr/home/14-merino-socks&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
Je recommande à tous et à moi-même, d&#39;acheter les chaussettes les plus solides de France ici :&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;https://www.missegle.com/coffret-coffret-decouverte-chaussettes-ultra-solides&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;https://www.missegle.com/coffret-coffret-decouverte-chaussettes-ultra-solides&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;span style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mais il peut arriver parfois dans la vie d&#39;avoir un réel besoin de fantaisie et qu&#39;il n&#39;est pas encore possible d&#39;obtenir sous forme de laine mérinos, déjà très chère.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;span style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Ce post s&#39;adresse donc aux fabricants français de chaussettes fantaisie dites &quot;éthiques&quot; et &quot;écologiques&quot;.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Après des heures passées à écumer les sites de chaussettes, j&#39;en suis arrivée au constat personnel &amp;nbsp;suivant : vos chaussettes &quot;fantaisie&quot; sont sans doute de très bonne qualité &quot;made in France&quot; mais...tellement pas belles, tellement peu sexy. L&#39;argument éthique et/ou écologique n&#39;est pas suffisant.&lt;br /&gt;
Vos études de marché vous guident apparemment vers des choses soit très ennuyeuses d&#39;un autre âge (site &quot;coccinelle&quot;), soit de très mauvais goût, soit entre les deux (site &quot;archiduchesse&quot; qui n&#39;a clairement pas assez d&#39;expérience dans la fantaisie).&lt;br /&gt;
Quant aux chaussettes main stream internationales (marque suédoise &quot;happy socks&quot;, entre 10 et 12 euros la paire), elles sont très chouettes d&#39;un point de vue fantaisie mais ne mettent aucun argument d&#39;ordre écologique ou éthique en avant : de quoi culpabiliser en les achetant. L&#39;éthique seule ne suffit pas non plus (marque Josette et Tic, jeu de mots avec &quot;éthique&quot;, 12 euros la paire medium fantaisie).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
A tous ces fabricants de chaussettes fantaisie, je voudrais que vous regardiez un peu plus ce que fait la concurrence (il paraît que c&#39;est mauvais pour la créativité : ça dépend pour qui et dans quel secteur...), notamment une marque française qui ne se revendique par éthique : &quot;Bonne Maison&quot;&lt;b&gt; &lt;/b&gt;et une marque britannique qui prétend l&#39;être : &quot;Thought&quot;.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;
&lt;b&gt;1) LE CHOIX DE LA BEAUTE : LES BELLES CHAUSSETTES CHERES...&quot;BONNE MAISON&quot;. Luxe, calme et volupté.&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;WARNING / ATTENTION / AVERTISSEMENT : Prenez une taille au-dessus pour cette marque, j&#39;ai foutu mon argent en l&#39;air. Cela fait plus de 30 ans que je porte du 36 dans toutes les marques et BONNE MAISON trouve le moyen d&#39;être trop petite...J&#39;ai le seum.&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
J&#39;ai trouvé &quot;Bonne Maison&quot; grâce à la boutique du Musée des Arts décoratifs qui vend trois de leurs modèles, en relation avec leur exposition sur la chaussure. Cette marque a pour spécificité de &quot;raconter des histoires&quot;. Cela me parle, c&#39;est exactement ce que je recherche chez les personnes que je rencontre alors pourquoi pas des chaussettes ?&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Je n&#39;ai pas mis en ligne tous leurs modèles que j&#39;aimais. Hélas, à 20 euros la paire, les moins vendues en soldes, 7 euros 20 la livraison et aucune boutique physique à Paris pour espérer y échapper, j&#39;ai peu d&#39;espoir d&#39;en avoir une paire un jour moi-même : j&#39;aurais préféré me déplacer pour au moins échapper aux frais de livraison (49 euros au minimum / 2 paires de chaussettes à 19 euros + 7,20 de livraison = 45,20 euros...pour deux pauvres paires, c&#39;est beaucoup trop cher).&lt;br /&gt;
Certains modèles sont trouvables en soldes sur le site des Galeries Lafayette et ils sont tous présents mais pas en soldes sur le site Monoprix... Du coup, je suis déçue, je ne mets pas le lien vers leur site mais vous pourrez le trouver sans problème.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
N.B. C&#39;est le seul site de chaussettes qui a la bonne idée de mettre un mannequin en photo MAIS dont la façon HORRIBLE de les porter ne donne plus du tout envie de les acheter !!! AH AH AH.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
20 euros la paire. &lt;b&gt;Avec ce qui reste des soldes à -30% : 50 euros les 4, soit 12,50 euros la paire.&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;table cellpadding=&quot;0&quot; cellspacing=&quot;0&quot; class=&quot;tr-caption-container&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto; text-align: center;&quot;&gt;&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEik4v9uXs7sznKL-a1fb_qthr113DfvUhgrHsoKgR4tLMVwZMZbSCPN-eLnfTbOxDiOf9Z_c6evahDJf4I8BRXGt6sQmgzF7FhaIM5zShi5uWBOKPdF10I5cYDwHonNGhT9TKldiqIw2Yph/s1600/fleurs-faux-noir.jpg&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; height=&quot;400&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEik4v9uXs7sznKL-a1fb_qthr113DfvUhgrHsoKgR4tLMVwZMZbSCPN-eLnfTbOxDiOf9Z_c6evahDJf4I8BRXGt6sQmgzF7FhaIM5zShi5uWBOKPdF10I5cYDwHonNGhT9TKldiqIw2Yph/s400/fleurs-faux-noir.jpg&quot; width=&quot;400&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class=&quot;tr-caption&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; text-align: start;&quot;&gt;Chaussettes Montagne&amp;nbsp;Nocturne&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: small; text-align: start;&quot;&gt;19,00 €&lt;/span&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;
&lt;div&gt;
&lt;table cellpadding=&quot;0&quot; cellspacing=&quot;0&quot; class=&quot;tr-caption-container&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiEuO8JO8lq6vjXdNhRgJU0jCutLNlRUcpwF2qP-IKLqd_gJ8lbWYVNCtosFKLKkZ8UyBnZ__tf_QrGeN6K34X1d5dZRBQM03gpCP3QDLB_ZslEDWXBEpa8ZaLBAQdzt9LzTPeoSJKhdxFj/s1600/chaussettes-artichaut-nude.jpg&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; height=&quot;400&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiEuO8JO8lq6vjXdNhRgJU0jCutLNlRUcpwF2qP-IKLqd_gJ8lbWYVNCtosFKLKkZ8UyBnZ__tf_QrGeN6K34X1d5dZRBQM03gpCP3QDLB_ZslEDWXBEpa8ZaLBAQdzt9LzTPeoSJKhdxFj/s400/chaussettes-artichaut-nude.jpg&quot; width=&quot;400&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class=&quot;tr-caption&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: small; text-align: start;&quot;&gt;Chaussettes Artichaut Nude&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: small; text-align: start;&quot;&gt;19,00 €&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
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&lt;/div&gt;
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&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
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&lt;tr&gt;&lt;td class=&quot;tr-caption&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; text-align: start;&quot;&gt;Chaussettes Oreille Terre D&#39;ombre&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: small; text-align: start;&quot;&gt;19,00 €&lt;/span&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;
&lt;div&gt;
&lt;table cellpadding=&quot;0&quot; cellspacing=&quot;0&quot; class=&quot;tr-caption-container&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiteJL_1sOVu8RmjAECTNgEqGom5zz5I_65AAmnMdkDF-kDpTpO-Xmpz6Ckoht0xwFIZTkEGo9vShyphenhyphenfoSPQ8Qze7sDoS_x38Q5G5zUSSdaSbTimZCFzbUyr7OPj1ZfagTnE-NsO4Z20NOh8/s1600/chaussettes-mandragore-epicea.jpg&quot; style=&quot;clear: left; margin-bottom: 1em; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; height=&quot;400&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiteJL_1sOVu8RmjAECTNgEqGom5zz5I_65AAmnMdkDF-kDpTpO-Xmpz6Ckoht0xwFIZTkEGo9vShyphenhyphenfoSPQ8Qze7sDoS_x38Q5G5zUSSdaSbTimZCFzbUyr7OPj1ZfagTnE-NsO4Z20NOh8/s400/chaussettes-mandragore-epicea.jpg&quot; width=&quot;400&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class=&quot;tr-caption&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: small; text-align: start;&quot;&gt;Chaussettes Mandragore Épicéa&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: small; text-align: start;&quot;&gt;19,00 €&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;
&lt;div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;table cellpadding=&quot;0&quot; cellspacing=&quot;0&quot; class=&quot;tr-caption-container&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjuuK7vDepA8pQ-oL8NIsFPfuG2Fk54DOdY8lfWsWrAmy9rX0pGfGI9xSEozOPWNj1CDLoWeYl4qJQBxwTK1mhBLuiy_024Bl5Gd2U_HjqWtjWt6eNH6kTmLi5hmCr5TAD-mimmA0UFBqzN/s1600/fleurs-faux-noir-2.jpg&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; height=&quot;400&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjuuK7vDepA8pQ-oL8NIsFPfuG2Fk54DOdY8lfWsWrAmy9rX0pGfGI9xSEozOPWNj1CDLoWeYl4qJQBxwTK1mhBLuiy_024Bl5Gd2U_HjqWtjWt6eNH6kTmLi5hmCr5TAD-mimmA0UFBqzN/s400/fleurs-faux-noir-2.jpg&quot; width=&quot;400&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class=&quot;tr-caption&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: small; text-align: start;&quot;&gt;Chaussettes Pissenlits Naturel&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: small; text-align: start;&quot;&gt;19,00 €&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;table cellpadding=&quot;0&quot; cellspacing=&quot;0&quot; class=&quot;tr-caption-container&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto; text-align: center;&quot;&gt;&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgavFzXG1EQbKQ3lSROKYz1M996b6NY49i2jbNIgyeo9sZviHXxa-S9DvwT5tqONkZAkLYhD3BsYWVmSAYKaVf5-QTi3RM8CxwzfiyU0hRcYvTTupeMb4QH81fJAdudiM_kTHsh0wXHwhxn/s1600/chaussettes-losange-emeraude.jpg&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; height=&quot;400&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgavFzXG1EQbKQ3lSROKYz1M996b6NY49i2jbNIgyeo9sZviHXxa-S9DvwT5tqONkZAkLYhD3BsYWVmSAYKaVf5-QTi3RM8CxwzfiyU0hRcYvTTupeMb4QH81fJAdudiM_kTHsh0wXHwhxn/s400/chaussettes-losange-emeraude.jpg&quot; width=&quot;400&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class=&quot;tr-caption&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Chaussettes Losange Émeraude 19,00 €&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;
&lt;table cellpadding=&quot;0&quot; cellspacing=&quot;0&quot; class=&quot;tr-caption-container&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto; text-align: center;&quot;&gt;&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgPB4qeqTOagSlmK92lc2-Ls8Sy0OCZ8P9MES3tPIW7wY1TxNMbWH4Le_H_wEXmg6dVICz6_hzl6ZV8RtW89vDnQdRdgwMWgiEkGwGHFr-05HoX5CTCgbbANJ7Xk3wIx9HDp3eno6X0zE4o/s1600/chausettes+danse+naturel.jpg&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; height=&quot;400&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgPB4qeqTOagSlmK92lc2-Ls8Sy0OCZ8P9MES3tPIW7wY1TxNMbWH4Le_H_wEXmg6dVICz6_hzl6ZV8RtW89vDnQdRdgwMWgiEkGwGHFr-05HoX5CTCgbbANJ7Xk3wIx9HDp3eno6X0zE4o/s400/chausettes+danse+naturel.jpg&quot; width=&quot;400&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class=&quot;tr-caption&quot; style=&quot;font-size: 12.800000190734863px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Chaussettes Danse Naturel&lt;br /&gt;19,00 €&lt;/span&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;
&lt;div&gt;
&lt;table cellpadding=&quot;0&quot; cellspacing=&quot;0&quot; class=&quot;tr-caption-container&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto; text-align: center;&quot;&gt;&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgLxxlT4ui7WWF1HQ4qEmaIEy3ElgVPULu_586smQxcH_OX5YXpNX-oJbjO_nje3D7eBX-Bpi96WGyS6O5gLDECwQb4CeXAbxWu-51hvQ9zWKQWSNc3_dea-Y5JwNTzgauy8dJdEmgjsvjF/s1600/chaussettes-couple-epicea.jpg&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; height=&quot;400&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgLxxlT4ui7WWF1HQ4qEmaIEy3ElgVPULu_586smQxcH_OX5YXpNX-oJbjO_nje3D7eBX-Bpi96WGyS6O5gLDECwQb4CeXAbxWu-51hvQ9zWKQWSNc3_dea-Y5JwNTzgauy8dJdEmgjsvjF/s400/chaussettes-couple-epicea.jpg&quot; width=&quot;400&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class=&quot;tr-caption&quot; style=&quot;font-size: 12.800000190734863px;&quot;&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: small; text-align: start;&quot;&gt;Chaussettes Couple Épicéa&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: small; text-align: start;&quot;&gt;19,00 €&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;table cellpadding=&quot;0&quot; cellspacing=&quot;0&quot; class=&quot;tr-caption-container&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto; text-align: center;&quot;&gt;&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEivwQ9E7I_W_LJkVR2f4O0yycWPhR0gQXnueWx-hgRKBKuGLlGXdq9er_GP-5YUK0VwvIRYZTAmKuRX5fsWCeZpf1aI1Gu3ktgmi4iEvvTC2I-CfCjpv9ZKFV0otPHYfdwcqUGiRssHnQsn/s1600/fleurs-faux-noir-3.jpg&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; height=&quot;400&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEivwQ9E7I_W_LJkVR2f4O0yycWPhR0gQXnueWx-hgRKBKuGLlGXdq9er_GP-5YUK0VwvIRYZTAmKuRX5fsWCeZpf1aI1Gu3ktgmi4iEvvTC2I-CfCjpv9ZKFV0otPHYfdwcqUGiRssHnQsn/s400/fleurs-faux-noir-3.jpg&quot; width=&quot;400&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class=&quot;tr-caption&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; text-align: start;&quot;&gt;Chaussettes Statue Rose Bouton&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: small; text-align: start;&quot;&gt;19,00 €&lt;/span&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;
&lt;div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;table cellpadding=&quot;0&quot; cellspacing=&quot;0&quot; class=&quot;tr-caption-container&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto; text-align: center;&quot;&gt;&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiYVaNAJkbNn9xq0-FdhuV-gdp_4XfCVqNjHe8iOVIaEEEa6pBq7Liu653lecN7O7DncXIw90D_cQRJsV41nGZuobXuHaifKpQ5DpAG9S6zrKDtTaU4WEHI__qSdJeHqsnXNx6fXF-3Xe7H/s1600/chaussettes-pois-incarnat.jpg&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; height=&quot;400&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiYVaNAJkbNn9xq0-FdhuV-gdp_4XfCVqNjHe8iOVIaEEEa6pBq7Liu653lecN7O7DncXIw90D_cQRJsV41nGZuobXuHaifKpQ5DpAG9S6zrKDtTaU4WEHI__qSdJeHqsnXNx6fXF-3Xe7H/s400/chaussettes-pois-incarnat.jpg&quot; width=&quot;400&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class=&quot;tr-caption&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: small; text-align: start;&quot;&gt;Chaussettes Rêve Châtaigne&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; text-align: start;&quot;&gt;19,00&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; text-align: start;&quot;&gt;€ Le modèle le plus poétique et surréaliste de tous (cf.&lt;i&gt; Les Mots et les Choses&lt;/i&gt; de Foucault) mais hélas dans une couleur qui ne met pas du tout en valeur les dessins, quel dommage ! Pourquoi marron foncé, franchement ? Un fond NOIR aurait été plus logique !!!&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;table cellpadding=&quot;0&quot; cellspacing=&quot;0&quot; class=&quot;tr-caption-container&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto; text-align: center;&quot;&gt;&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; height=&quot;400&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhQ3sfxDBgAB3T_S8oJOP8pW9s5S69FtDPKl2wCQK_8V5NaYfJi6-O_O7bJoDhHngFD2rSBdKizazfQGa5o3dqul9S2jC4UdgXozU-CuCMWmqGMpGRsQhwXfOMqv2FsWvvGKh4MY3e2yNLv/s400/chaussettes-ecaille-cannelle.jpg&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; width=&quot;400&quot; /&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class=&quot;tr-caption&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;text-align: start;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Chaussettes Écaille Cannelle&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;text-align: start;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;19,00 € Ou comment ressembler à un lézard...&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;table cellpadding=&quot;0&quot; cellspacing=&quot;0&quot; class=&quot;tr-caption-container&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto; text-align: center;&quot;&gt;&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiE7Brs-cO3m4n0idn8HWCopmEkpNoDdoijIzum-FlkjETQEuUXtkJziSi4B5_g7wP0BNRyOfv_Q6ACPWCOuRD0ZZ4xClYe6IHgHHvxU3KU6LL6RfYyC_JsnyIeGgXGnEX8wE-pMifRLo1G/s1600/mi-bas-artichaut-cannelle.jpg&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; height=&quot;400&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiE7Brs-cO3m4n0idn8HWCopmEkpNoDdoijIzum-FlkjETQEuUXtkJziSi4B5_g7wP0BNRyOfv_Q6ACPWCOuRD0ZZ4xClYe6IHgHHvxU3KU6LL6RfYyC_JsnyIeGgXGnEX8wE-pMifRLo1G/s400/mi-bas-artichaut-cannelle.jpg&quot; width=&quot;400&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class=&quot;tr-caption&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; text-align: start;&quot;&gt;Mi-bas Artichaut Cannelle&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: small; text-align: start;&quot;&gt;25,00 €&lt;/span&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;
&lt;div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-weight: bold;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;2) LE CHOIX PRAGMATIQUE : DES CHAUSSETTES SOBRES, DE BONNE QUALITE ET PAS CHERES...MUJI.&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
10 euros pour trois paires, ce qui fait 3 euros, le prix est imbattable. Mes préférées sont les chaussettes côtelées à angle droit en bordeaux, vert sapin et moutarde. Malheureusement, elles ne sont pas disponibles pour les femmes, seulement pour les hommes, à partir de la taille 41 ! Quelle injustice reposant sur des stéréotypes genrés d&#39;un autre âge !&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;10 euros les 3 paires : 3,30 euros la paire.&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-weight: bold;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-weight: bold;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;3) LE CHOIX DE LA FAUSSE BONNE CONSCIENCE : LES CHAUSSETTES PSEUDO ECOLOGIQUES EN BAMBOU...THOUGHT.&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEi16s9pgQ53dpGyf2JwYxi53GhsDnzjF-0CBW54fZjdlTCOqaYsrlsDI_BkQalHtunIhg3r6dS4U-6gzX9gw451Tstn6J5fE7Bi8RNdVveOUXW6t9_BsEwzZxQ1MZzbj5uz17kWxbL4qNgt/s1600/thoughts+automne+butternut-coton-bio.png&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; height=&quot;400&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEi16s9pgQ53dpGyf2JwYxi53GhsDnzjF-0CBW54fZjdlTCOqaYsrlsDI_BkQalHtunIhg3r6dS4U-6gzX9gw451Tstn6J5fE7Bi8RNdVveOUXW6t9_BsEwzZxQ1MZzbj5uz17kWxbL4qNgt/s400/thoughts+automne+butternut-coton-bio.png&quot; width=&quot;260&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Les avantages du bambou : consomme moins d&#39;eau que le coton et absorberait l&#39;humidité deux fois plus.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;i&gt;&lt;i&gt;&quot;breathable bamboo :&amp;nbsp;&lt;/i&gt;Our famous and fabulous bamboo socks are designed to let your feet breathe and relax. Bamboo has strong anti-bacterial and anti-fungal properties to help keep your feet healthy and hygienic. Choose your favourites from our fun&quot;, flirty and fresh bamboo sock designs.&quot;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
L&#39;inconvénient du bambou : la viscose de bambou (la fibre de bambou que l&#39;on tisse) n&#39;est obtenue qu&#39;à grand renfort de produits chimiques. Ce qui est tout sauf écologique. Moins solide que le coton : je me souviens avoir eu des chaussettes en bambou qui ont toutes fini trouées !&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
J&#39;ai fini par les acheter pour une seule raison, un seul argument : l&#39;absorption de l&#39;humidité. Mais je le regrette car oui je sais qu&#39;elles dureront moins longtemps que celles en coton. Je regrette mon achat.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;35 euros les 4 paires avec 10% de réduction : 9 euros la paire.&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;CONCLUSION :&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Eprouvant le besoin impérieux de fantaisie, mon choix numéro 1 se portait sur les chaussettes Bonne Maison mais en rupture de stock et encore trop chères pour celles qui me plaisaient le plus, même en soldes. Je passerai peut-être le pas l&#39;année prochaine si les nouvelles collections me plaisent ou ferai le vrai choix écologique des chaussettes en laine mérinos françaises Seagale en misant sur des couleurs ternes et unies qui vont avec tout, au détriment de la fantaisie mais en faveur de la seule vraie voie écologique acceptable.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Merci aux auteurs de ces blogs :&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;a href=&quot;https://www.bloomers.eco/chaussettes-eco-responsables-automne-hiver/&quot;&gt;https://www.bloomers.eco/chaussettes-eco-responsables-automne-hiver/&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;a href=&quot;https://www.ecosox.com/blog/bamboo-viscose-lyocell-vs-merino-wool/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;https://www.ecosox.com/blog/bamboo-viscose-lyocell-vs-merino-wool/&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/feeds/4035744158042711564/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/2020/01/le-casse-tete-des-chaussettes.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3029239831143446776/posts/default/4035744158042711564'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3029239831143446776/posts/default/4035744158042711564'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/2020/01/le-casse-tete-des-chaussettes.html' title='LE CASSE-TETE DES CHAUSSETTES !'/><author><name>Selbstdenken</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09200151202439051685</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" url="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEik4v9uXs7sznKL-a1fb_qthr113DfvUhgrHsoKgR4tLMVwZMZbSCPN-eLnfTbOxDiOf9Z_c6evahDJf4I8BRXGt6sQmgzF7FhaIM5zShi5uWBOKPdF10I5cYDwHonNGhT9TKldiqIw2Yph/s72-c/fleurs-faux-noir.jpg" height="72" width="72"/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3029239831143446776.post-4437344180812231114</id><published>2020-01-01T22:03:00.000+01:00</published><updated>2020-02-18T04:06:30.730+01:00</updated><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="Commandement y11 : Tu lutteras contre Thanatos"/><title type='text'>LES VOEUX AUX AVENTURIERS DE LA VIE DE JACQUES BREL, DU 1ER JANVIER 1968.</title><content type='html'>&lt;div dir=&quot;ltr&quot; style=&quot;text-align: left;&quot; trbidi=&quot;on&quot;&gt;
&lt;div class=&quot;separator&quot; style=&quot;clear: both; text-align: center;&quot;&gt;
&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjcZu0TPPftQsc4tYgTdX8vOwPjpAcBA8s3ZhrIgf4hW4SWUkYmFdhcIGp_kGww9i3uYtv3rGNXjmuJ1RXGwF0_Ot05q9l_cKXjjB9FhLKyXXFxP1YcAU-jjpxFolw6tS4vsy7Kf1pgMqcJ/s1600/jacques+brel.jpg&quot; imageanchor=&quot;1&quot; style=&quot;margin-left: 1em; margin-right: 1em;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; data-original-height=&quot;360&quot; data-original-width=&quot;480&quot; height=&quot;300&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjcZu0TPPftQsc4tYgTdX8vOwPjpAcBA8s3ZhrIgf4hW4SWUkYmFdhcIGp_kGww9i3uYtv3rGNXjmuJ1RXGwF0_Ot05q9l_cKXjjB9FhLKyXXFxP1YcAU-jjpxFolw6tS4vsy7Kf1pgMqcJ/s400/jacques+brel.jpg&quot; width=&quot;400&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;
&lt;i&gt;&lt;b&gt;“Je vous souhaite de souhaiter.&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;
&lt;i&gt;&lt;b&gt;Je vous souhaite de désirer.&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;
&lt;i&gt;&lt;b&gt;Le bonheur, c’est déjà vouloir.&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;
&lt;i&gt;&lt;b&gt;Comme en droit pénal, l’intention vaut l’action.&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;
&lt;i&gt;&lt;b&gt;Le seul fait de rêver est déjà très important.&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;
&lt;i&gt;&lt;b&gt;Je vous souhaite des rêves à n’en plus finir.&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;
&lt;i&gt;&lt;b&gt;Et l’envie furieuse d’en réaliser queques-uns.&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;
&lt;i&gt;&lt;b&gt;Je vous souhaite d’aimer ce qu’il faut aimer,&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;
&lt;i&gt;&lt;b&gt;et d’oublier ce qu’il faut oublier.&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;
&lt;i&gt;&lt;b&gt;Je vous souhaite des passions.&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;
&lt;i&gt;&lt;b&gt;Je vous souhaite des silences.&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;
&lt;i&gt;&lt;b&gt;Je vous souhaite des chants d’oiseaux au réveil,&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;
&lt;i&gt;&lt;b&gt;et des rires d’enfants.&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;
&lt;i&gt;&lt;b&gt;Je vous souhaite de respecter les différences des autres parce que le mérite et la valeur de chacun sont souvent à découvrir&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;
&lt;i&gt;&lt;b&gt;Je vous souhaite de résister à l’enlisement,&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;
&lt;i&gt;&lt;b&gt;à l’indifférence&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;
&lt;i&gt;&lt;b&gt;et aux vertus négatives de notre époque.&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;
&lt;i&gt;&lt;b&gt;Je vous souhaite enfin de ne jamais renoncer à la recherche, à l’aventure, à la vie, à l’amour, &lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;
&lt;i&gt;&lt;b&gt;car la vie est une magnifique aventure et nul de raisonnable ne doit y renoncer sans livrer une rude bataille.&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;
&lt;i&gt;&lt;b&gt;Je vous souhaite surtout d’être vous, fier de l’être et heureux,&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;
&lt;i&gt;&lt;b&gt;car le bonheur est notre destin véritable.”&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;
&lt;i&gt;&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;
&lt;i&gt;&lt;b&gt;Jacques Brel, le 1er janvier 1968 sur Europe 1.&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
&lt;br /&gt;
Merci aux auteurs des sites ci-dessous :&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;https://lesaventuriersdelavie.blogspot.com/2011/08/les-souhaits-aux-aventuriers-de-la-vie.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;https://lesaventuriersdelavie.blogspot.com/2011/08/les-souhaits-aux-aventuriers-de-la-vie.html&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
et&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://ptisablog.canalblog.com/archives/2017/01/05/34766728.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;http://ptisablog.canalblog.com/archives/2017/01/05/34766728.html&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/feeds/4437344180812231114/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/2020/01/les-voeux-de-jacques-brel-du-1er.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3029239831143446776/posts/default/4437344180812231114'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3029239831143446776/posts/default/4437344180812231114'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/2020/01/les-voeux-de-jacques-brel-du-1er.html' title='LES VOEUX AUX AVENTURIERS DE LA VIE DE JACQUES BREL, DU 1ER JANVIER 1968.'/><author><name>Selbstdenken</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09200151202439051685</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" url="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjcZu0TPPftQsc4tYgTdX8vOwPjpAcBA8s3ZhrIgf4hW4SWUkYmFdhcIGp_kGww9i3uYtv3rGNXjmuJ1RXGwF0_Ot05q9l_cKXjjB9FhLKyXXFxP1YcAU-jjpxFolw6tS4vsy7Kf1pgMqcJ/s72-c/jacques+brel.jpg" height="72" width="72"/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3029239831143446776.post-4312223299966160857</id><published>2019-12-31T13:19:00.000+01:00</published><updated>2020-02-18T04:04:41.419+01:00</updated><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="Commandement 3 : Tu liras des romans classiques (français et étrangers)."/><title type='text'>LES RAISINS DE LA COLERE, JOHN STEINBECK, 1939, ETATS-UNIS.</title><content type='html'>&lt;div class=&quot;separator&quot; style=&quot;clear: both; text-align: center;&quot;&gt;
&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjgJyBndjLPFd-TEostDXW3Qr1idphTFjr332EY6qm4cX3L5HUa5i1a_DWt0r_sPUnIq3K3DCtSPa4T2IOIzCtRajTyGQI_MSuy4lYJmfUAR0UC55g4svRdhtPADGR1og-CZANdMgfZRv13/s1600/Unknown.jpeg&quot; imageanchor=&quot;1&quot; style=&quot;margin-left: 1em; margin-right: 1em;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; data-original-height=&quot;288&quot; data-original-width=&quot;175&quot; height=&quot;400&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjgJyBndjLPFd-TEostDXW3Qr1idphTFjr332EY6qm4cX3L5HUa5i1a_DWt0r_sPUnIq3K3DCtSPa4T2IOIzCtRajTyGQI_MSuy4lYJmfUAR0UC55g4svRdhtPADGR1og-CZANdMgfZRv13/s400/Unknown.jpeg&quot; width=&quot;242&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;b&gt;&lt;u&gt;&lt;br /&gt;&lt;/u&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;b&gt;&lt;u&gt;&lt;br /&gt;&lt;/u&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;&lt;u&gt;LES RAISINS DE LA COLÈRE, JOHN STEINBECK, 1939, ÉTATS-UNIS.&lt;/u&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;La structure du roman&lt;/b&gt;&amp;nbsp;: l’auteur alterne entre l’histoire de la famille Joad dont Tom Joad, le fils aîné libéré de prison est le héros principal et des chroniques sur cette période historique de la Grande Dépression de 1929.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Ray Bradbury fera quasiment la même chose dans Les Chroniques martiennes (1950)&amp;nbsp;: il alterne des récits de la vie humaine de tous les jours sur Mars et des récits d’exploration pure de Mars. La différence est que tous les récits de vie humaine sont indépendants les uns des autres, en revanche les récits d’exploration sont chronologiques. Dans les deux cas, l’un ne gêne absolument pas l’autre, au contraire, cela est très agréable.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Le seul bé mol est que j’ai mis quatre bons chapitres interminables avant de rentrer dans l’histoire.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Édition utilisée&amp;nbsp;: Gallimard, juillet 2012.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;CHAPITRE IV&lt;/b&gt; (Rencontre avec Casy, l’ancien prêcheur pécheur).&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
«&amp;nbsp;Casy prit la bouteille et la regarda pensivement.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
- Je prêche plus guère. Les gens n’ont plus guère l’esprit du Seigneur en eux et le pire, c’est que l’esprit du Seigneur n’est plus en moi non plus. Bien sûr, il arrive des fois que l’esprit se remet à me travailler, alors je m’arrange pour monter un meeting, ou bien quand les gens m’offrent à manger, je récite une prière, mais le coeur n’y est plus. Si je le fais, c’est simplement parce qu’ils l’attendent de moi.&amp;nbsp;», p. 32-33.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
⇒ Je me sens pareil dans mon travail.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
«&amp;nbsp;Tous les ans, dit Joad, d’aussi loin que je peux me rappeler, notre récolte promettait d’être fameuse, et ça n’a jamais rien donné. Grand-père vous dira qu’elle était bonne pendant les cinq premiers labours, tant que les herbes sauvages y poussaient encore&amp;nbsp;», p. 43, John Steinbeck, Les Raisins de la Colère, Chapitre IV, 1939.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Casy : &lt;br /&gt;
– Je m&#39; dis : « Qu&#39;est-ce que cette vocation, ce Saint-Esprit ? » et je m&#39; dis : « C&#39;est l&#39;amour. J&#39;aime tellement les gens que des fois j&#39; suis prêt à éclater. » Et je m&#39; dis : « Et Jésus, c&#39;est-il donc que tu ne l&#39;aimes pas ? » Alors là, j&#39;ai tourné et retourné ça dans ma tête et finalement j&#39;ai dit : « Non, j&#39; connais personne du nom de Jésus. J&#39; connais des histoires, ça oui, mais il n&#39;y a que les gens que j&#39;aime. Et des fois j&#39;les aime à en éclater et j&#39; voudrais les rendre heureux, c&#39;est pourquoi je leur ai prêché des choses que je pensais&amp;nbsp;qu&#39;elles pouvaient les rendre heureux. », p.37.&lt;br /&gt;
« Pourquoi faut-il qu&#39;on mette ça au compte de Dieu ou de Jésus ? Des fois, j&#39; me suis dit, c&#39;est peut-être bien tous les hommes et toutes les femmes que nous aimons, c&#39;est peut-être bien ça, le Saint-Esprit – l&#39;esprit humain – tout le bazar. Peut-être bien que les hommes n&#39;ont qu&#39;une grande âme et que chacun en a un petit morceau. » Et comme j&#39;étais en train de penser ça, tout d&#39;un coup, j&#39;en ai été sûr. J&#39;en étais tellement sûr tout au fond de moi, que c&#39;était vrai. Et je le suis toujours », p.38.&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;⇒ Ce concept de « Super-Âme » vient de l’essai « The Over-Soul » du penseur américain Ralph Waldo Emerson, publié en 1841.&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;CHAPITRE V&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
«&amp;nbsp;Les agents poursuivaient leur raisonnement&amp;nbsp;:&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
- Vous savez bien que la terre devient de plus en plus pauvre. Vous savez ce que le coton fait à la terre, il la vole, il lui suce le sang.&amp;nbsp;», p. 48,&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
«&amp;nbsp; - Mais vous allez tuer la terre avec tout ce coton.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
- Nous le savons. A nous de nous dépêcher de récolter du coton avant que la terre ne meure...Après on vendra la terre.&amp;nbsp;»&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« -&amp;nbsp;Nous sommes désolés. Ce n’est pas nous. C’est le monstre. Une banque n’est pas comme un homme.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
- Oui, mais la banque n’est faite que d’hommes.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
- Non, c’est là que vous faites erreur...complètement. La banque, ce n’est pas la même chose que les hommes. Il se trouve que chaque homme dans une banque hait ce que la banque fait, et cependant la banque le fait. La banque est plus que les hommes, je vous le dis. C’est le monstre. C’est les hommes qui l’ont créé, mais ils sont incapables de le diriger.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Les métayers criaient&amp;nbsp;:&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;Grand-père a tué les Indiens, Pa a tué les serpents pour le bien de cette terre. Peut-être qu&#39;on pourrait tuer les banques. Elles sont pires que les Indiens, que les serpents.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Peut-être qu&#39;il faudrait qu&#39;on se batte pour sauver nos terres comme l&#39;ont fait Grand-père et Pa. Et maintenant les représentants se fâchaient&amp;nbsp;:&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;Il faudra que vous partiez.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;Mais c&#39;est à nous, criaient les métayers. Nous...&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;Non. C&#39;est la banque, le monstre, qui est le propriétaire. Il faut partir. –&amp;nbsp;Nous prendrons nos fusils comme Grand-père quand les Indiens arrivaient. Et alors&amp;nbsp;?&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;Alors... d&#39;abord le shérif, puis la troupe. Vous serez des voleurs si vous essayez de rester et vous serez des&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
assassins si vous tuez pour rester. Le monstre n&#39;est pas un homme mais il peut faire faire aux hommes ce qu&#39;il veut.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;Mais si nous partons, où irons-nous&amp;nbsp;? Comment irons-nous&amp;nbsp;? Nous n&#39;avons pas d&#39;argent.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;Nous regrettons, disaient les représentants. La banque, le propriétaire de cinquante mille arpents ne peuvent pas être considérés comme responsables. Vous êtes sur une terre qui ne vous appartient pas. Une fois parus vous trouverez peut-être à cueillir du coton à l&#39;automne. Vous pourrez peut-être recevoir des secours du fonds de chômage.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Pourquoi n&#39;allez-vous pas dans l&#39;Ouest, en Californie&amp;nbsp;? Il y a du travail là-bas, et il n&#39;y fait jamais froid. Mais voyons, vous avez des oranges partout, il suffit d&#39;étendre la main pour les cueillir. Mais voyons, il y a toujours quelque récolte en train là-bas. Pourquoi n&#39;y allez-vous pas&amp;nbsp;? Et les agents mettaient leurs voitures en marche et disparaissaient.»., p. 50-51.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;CHAPITRE V&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;EXTRAIT 1&amp;nbsp;: p. 53 à 54. LES PREMIÈRES BLESSURES HUMAINES À LA TERRE PAR L’AGRICULTURE INDUSTRIELLE&lt;/b&gt;. (à tester en 5ème&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;L’homme est-il maître de la Nature&amp;nbsp;?&amp;nbsp;»&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Passage très important où la relation charnelle et spirituelle entre l’homme et la terre est rompue.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Les tracteurs arrivaient sur les routes, pénétraient dans les champs, grands reptiles qui se mouvaient comme des insectes, avec la force incroyable des insectes. Ils rampaient sur le sol, traçaient la piste sur laquelle ils roulaient et qu&#39;ils reprenaient. Tracteurs Diesel, qui crachotaient au repos, s&#39;ébranlaient dans un bruit de tonnerre qui peu à peu se transformait en un lourd bourdonnement. Monstres camus qui soulevaient la terre, y enfonçant le groin, qui descendaient les champs, les coupaient en tous sens, repassaient à travers les clôtures, à travers les cours, pénétraient en droite ligne dans les ravines. Ils ne roulaient pas sur le sol, mais sur leur chemin à eux. Ils ignoraient les côtes et les ravins, les cours d&#39;eau, les haies, les maisons.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
L&#39;homme assis sur son siège de fer n&#39;avait pas l&#39;apparence humaine&amp;nbsp;; gants, lunettes, masque en caoutchouc sur le nez et la bouche, il faisait partie du monstre, un robot sur son siège. Le tonnerre des cylindres faisait trembler la campagne, ne faisait plus qu&#39;un avec l&#39;air et la terre, si bien que terre et air frémissaient des mêmes vibrations. Le conducteur était incapable de le maîtriser... il fonçait droit dans la campagne, coupait à travers une douzaine de fermes puis rebroussait chemin. Un coup de volant aurait pu faire dévier la chenille, mais les mains du conducteur ne pouvaient pas tourner parce que le monstre qui avait construit le tracteur, le monstre qui avait lâché le tracteur en liberté avait trouvé le moyen de pénétrer dans les mains du conducteur, dans son cerveau, dans ses muscles, lui avait bouché les yeux avec des lunettes, l&#39;avait muselé... avait paralysé son esprit, avait muselé sa langue, avait paralysé ses perceptions, avait muselé ses protestations. Il ne pouvait pas voir la terre telle qu&#39;elle était, il ne pouvait pas sentir ce que sentait la terre&amp;nbsp;; ses pieds ne pouvaient pas fouler les mottes ni sentir la chaleur, la puissance de la terre. Il était assis sur un siège de fer, les pieds sur des pédales de fer. Il ne pouvait pas célébrer, abattre, maudire ou encourager l&#39;étendue de son pouvoir, et à cause de cela, il ne pouvait pas se célébrer, se fustiger, se maudire ni s&#39;encourager lui-même. Il ne connaissait pas, ne possédait pas, n&#39;implorait pas la terre. Il n&#39;avait pas foi en elle. Si une graine semée ne germait pas cela ne faisait rien. Si les jeunes plants se fanaient par suite de la sécheresse ou s&#39;ils étaient noyés par des pluies diluviennes le conducteur ne s&#39;en inquiétait pas plus que le tracteur.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Il n&#39;aimait pas plus la terre que la banque n&#39;aimait la terre. Il pouvait admirer le tracteur... ses surfaces polies, la puissance de son élan, le grondement de ses cylindres détonants&amp;nbsp;; mais ce n&#39;était pas son tracteur. Derrière le tracteur tournaient les disques luisants qui coupaient la terre avec des lames&amp;nbsp;–&amp;nbsp;de la chirurgie, non du labour&amp;nbsp;–&amp;nbsp;qui repoussaient la terre coupée à droite où la seconde rangée de disques la coupait et la rejetait à gauche&amp;nbsp;; lames tranchantes qui brillaient, polies par la terre coupée. Et, tirées derrière les disques, les herses qui ratissaient avec leurs dents de fer, si bien que les plus petites mottes s&#39;émiettaient et que la terre s&#39;aplanissait. Derrière les herses, les longs semoirs...douze verges en fer incurvées, érigées à la fonderie, aux orgasmes déclenchés par des leviers, au viol méthodique, au viol sans passion. Le conducteur était assis sur son siège de fer et il était fier des lignes droites qu&#39;il avait tracées sans que sa volonté fût intervenue, fier du tracteur qu&#39;il ne possédait ni n&#39;aimait, fier de cette puissance qu&#39;il ne pouvait pas contrôler&lt;em&gt;.&amp;nbsp;&lt;/em&gt;&amp;nbsp;Et quand cette récolte poussait et était moissonnée, nul homme n’avait écrasé entre ses paumes les mottes chaudes et n’en avait laissé couler la terre entre ses doigts. Personne n’avait touché la graine, ni imploré ardemment sa croissance. Les hommes mangeaient ce qu’ils n’avaient pas produit, rien ne les liait à leur pain. La terre accouchait avec les fers et mourait peu à peu sous les fers&amp;nbsp;; car elle n’était ni aimée, ni haïe, elle n’était l’objet ni de prières, ni de malédictions&amp;nbsp;». p. 53-54.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
⇒ Dans tous les épisodes de l’émission «&amp;nbsp;Rendez-vous en terre inconnue&amp;nbsp;», les peuples traditionnels des quatre coins du globe sont animistes et font des offrandes à la Terre, la remercient et l’implorent d’être féconde. Cela m’incite à avoir -comme mon collègue de Lettres Stéphane- une Vierge Marie noire à qui je vais dresser un autel et faire des offrandes et des prières aussi, lol. Où la trouver&amp;nbsp;?&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
⇒ Révélation&amp;nbsp;: l’amour moderne est presque ainsi dans son mode de fonctionnement consumériste et froid. Seul le fait de tomber amoureux remet une part de sacré, de magie et finalement d’humanité dans la pensée et l’acte d’aimer.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
p. 56&amp;nbsp;: Le métayer réfléchissait&amp;nbsp;:&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
«&amp;nbsp;- C’est juste, disait le métayer. Qui te donne des ordres&amp;nbsp;? J’irai le trouver. C’est lui qu’à tuer.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
- Pas du tout. Il reçoit ses ordres de la banque. C’est la banque qui lui dit&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Foutez ces gens dehors, sans quoi c’est vous qui partez&amp;nbsp;».&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
- Elle a bien un président, cette banque, et un conseil d’administration. J’remplirai mon barillet et j’irai à la banque.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Le conducteur répondait&amp;nbsp;:&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
- Un type me disait que la banque recevait ses ordres de l’Est. Les consignes étaient&amp;nbsp;: « Faites produire la terre, sans quoi nous vous faisons fermer&amp;nbsp;».&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
- Mais où ça s’arrête-t-il&amp;nbsp;? Qui pouvons-nous tuer&amp;nbsp;? J’ai pas envie de mourir de faim avant d’avoir tué celui qui m’affame.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
- J’sais pas. Peut-être bien qu’il n’y a personne à tuer. Il ne s’agit peut-être pas d’hommes. Comme vous dites, c’est peut-être la propriété qui en est la cause. (…) &amp;nbsp;». &amp;nbsp; p.57-58.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;CHAPITRE VI&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Joad dit&amp;nbsp;: –&amp;nbsp;Y a un type, à Mac-Alester... un à perpète. Il passe son temps à étudier. Il est secrétaire du directeur. Il lui écrit ses lettres et des trucs comme ça. Bref, il est tout ce qu&#39;il y a de plus calé, il connaît le droit et un tas de machins dans ce genre-là. Ben, j&#39;lui en ai causé un jour, vu qu&#39;il lit tellement de livres. Et il m&#39;a dit que ça n&#39;avançait à rien de lire des livres. Il m&#39;a dit qu&#39;il avait lu tout ce qu&#39;on a écrit sur les prisons, aujourd&#39;hui et dans l&#39;ancien temps&amp;nbsp;; et il m&#39;a dit qu&#39;il comprenait encore moins maintenant qu&#39;il avait lu tout ça qu&#39;avant de commencer à lire. Il dit que c&#39;est quelque chose qui remonte au diable sait quand et que personne semble capable de l&#39;arrêter, et que personne n&#39;a l&#39;air d&#39;avoir assez de jugeote pour le changer. «&amp;nbsp;Ne va surtout pas te mettre à lire là-dessus, qu&#39;il disait, parce que ça ne fera que t&#39;embrouiller davantage et en plus tu perdras tout respect pour les types qui sont dans le gouvernement.&amp;nbsp;», p. 80.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;CHAPITRE VIII (Retrouvailles de Tommy avec famille). &lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mal dans les prisons, 108-110.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– Tommy, dit-elle, hésitante, timide.&lt;br /&gt;
– Oui ? Par contagion, lui aussi se sentait intimidé, curieusement embarrassé. Ils savaient tous les deux qu&#39;ils étaient timides, et le fait qu&#39;ils en étaient conscients les rendait plus timides encore.&lt;br /&gt;
– Tommy, faut que je te demande... t&#39;as pas de colère ?&lt;br /&gt;
– De colère, Man ?&lt;br /&gt;
– Oui, t&#39;es pas empoisonné de colère ? T&#39;as pas de haine en toi ? On ne t&#39;a rien fait dans cette prison pour te pourrir, te rendre fou de rage ? Il la regarda du coin de l&#39;œil, l&#39;étudia, et ses yeux semblaient lui demander comment elle pouvait être au courant de choses pareilles.&lt;br /&gt;
– N... n... non, dit-il. J&#39;l&#39;ai été pendant quelque temps. Mais je suis pas tant fier comme il y en a. Ça glisse sur moi. Qu&#39;est-ce t&#39;as, Man ? Elle le regardait maintenant, la bouche ouverte, comme pour mieux entendre, les yeux rétrécis pour mieux comprendre. Son visage cherchait la réponse qui se cache toujours sous les mots. Elle dit, troublée :&lt;br /&gt;
– J&#39;ai connu Pretty Boy Floyd. J&#39; connais sa mère. C&#39;étaient de braves gens. Il avait le diable dans le corps, comme tout bon garçon. (Elle s&#39;interrompit, puis reprit, précipitamment : ) Y a des choses là-dedans que je sais pas, bien sûr, mais ça je le sais. Il avait fait une petite chose qu&#39;était pas bien, et ils l&#39;ont maltraité ; ils l&#39;ont pris et ils l&#39;ont tellement maltraité que ça l&#39;a rendu furieux et la fois d&#39;après qu&#39;il a fait quelque chose de mal c&#39;était plus grave, et eux ont recommencé à le maltraiter. Alors la rage l&#39;a rendu mauvais. Ils lui ont tiré dessus comme sur une sale bête, et il a riposté, alors ils l&#39;ont pourchassé comme un coyote, et lui leur tirait dessus en montrant les dents, mauvais comme un loup. Fou de rage... c&#39;était plus un garçon, c&#39;était plus un homme, c&#39;était un vrai chien, enragé. Mais les gens qui le connaissaient ne lui faisaient pas de mal. C&#39;était pas à eux qu&#39;il en avait. Finalement ils l&#39;ont cerné et ils l&#39;ont tué. Peu importe ce qu&#39;ont dit les journaux comme quoi il était méchant et tout... C&#39;est comme ça que ça s&#39;est passé. (Elle s&#39;arrêta et lécha ses lèvres sèches, et tout son visage était tendu d&#39;inquiétude.) Il faut que je sache, Tommy. Est-ce qu&#39;ils t&#39;ont fait beaucoup de mal ? Est-ce qu&#39;ils t&#39;ont rendu fou de rage comme ça ? Les fortes lèvres de Tom étaient serrées sur ses dents. Il abaissa ses regards sur ses grosses mains plates.&lt;br /&gt;
– Non, dit-il. Je ne suis pas comme ça. Il s&#39;interrompit et examina ses ongles brisés qui étaient striés comme des coquillages.&lt;br /&gt;
– Tout le temps que j&#39;étais en taule, j&#39;ai tâché à éviter les histoires comme ça. J&#39;ai pas tellement de colère. Elle soupira, très bas :&lt;br /&gt;
– Dieu soit loué. Il leva rapidement les yeux :&lt;br /&gt;
– Man, quand j&#39;ai vu ce qu&#39;ils avaient fait à notre maison... Elle s&#39;approcha alors, et se tint tout contre lui, et d&#39;une voix passionnée, elle lui dit :&lt;br /&gt;
– Tommy, ne t&#39;avise pas de leur résister tout seul. Ils te feraient la chasse comme à un coyote. Tommy, j&#39;ai réfléchi, j&#39;ai rêvé, je me suis demandé bien des choses. Il paraît qu&#39;il y en a cent mille qu&#39;on a chassés comme nous. Si on était tous aussi montés contre eux, Tommy... ils n&#39;oseraient pas nous pourchasser. Elle s&#39;arrêta. Tommy, qui la regardait, abaissa lentement ses paupières et bientôt on ne vit plus qu&#39;une petite lueur entre ses cils.&lt;br /&gt;
– Y en a beaucoup qui pensent comme ça ? demanda-t-il.&lt;br /&gt;
– J&#39; sais pas. Ils sont comme assommés. Ils vont, ils viennent, l&#39;air à moitié endormis.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;CHAPITRE X (le départ)&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« – Je ne baptiserai pas. Je travaillerai dans les champs, dans les champs verts, et je resterai près des gens. Je n&#39;essaierai plus de rien leur enseigner, rien. Je vais essayer d&#39;apprendre. J&#39;apprendrai pourquoi les gens marchent dans l&#39;herbe ; je les entendrai parler, je les entendrai chanter. J&#39;écouterai les enfants manger leur bouillie. J&#39;écouterai les maris et les femmes faire gémir les matelas la nuit. Je mangerai avec eux et j&#39;apprendrai. (Ses yeux étaient humides et brillants.) Je me coucherai dans l&#39;herbe, ouvertement et honnêtement, avec toutes celles qui voudront de moi. Je veux sacrer et jurer et entendre la poésie des gens qui parlent. C&#39;est tout cela qui est saint, tout cela que je ne comprenais pas. Toutes ces choses-là sont de bonnes choses. &lt;br /&gt;
– Amen, dit Man. &lt;br /&gt;
Le pasteur s&#39;assit humblement sur le billot près de la porte. &lt;br /&gt;
– Je me demande ce que la vie peut bien avoir en réserve pour un homme si seul. &lt;br /&gt;
Tom toussa discrètement :&lt;br /&gt;
– Pour un homme qui ne prêche plus... commença-t-il. &lt;br /&gt;
– Oh ! pour ce qui est de parler, je ne donne ma langue à personne, fit Casy. J&#39; peux pas le nier. Mais je ne prêche pas. Prêcher c&#39;est raconter des boniments aux gens. J&#39; les interroge. C&#39;est pas prêcher, ça ? », p. 132-133.«&amp;nbsp;Man ouvrit le four et prit le tas d’os croustillants, encore bien fournis de chair à ronger. (…) les adultes restèrent près de la porte, frissonnant un peu et rongeant le porc croustillant&amp;nbsp;», p. 154.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
⇒ Ce passage m’a donné envie d’acheter du porc croustillant chez Tang Gourmet. Je ne l’ai pas fait mais la prochaine fois que je le fais, je le savourerai différemment.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;CHAPITRE XII (sur la route 66).&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
«&amp;nbsp;Je suis dans les affaires. Mon métier c’est de vendre des pneus, c’est pas d’en faire cadeau. C’est pas de ma faute, ce qui vous arrive. Faut que je pense à ce qui m’arrive à moi.&amp;nbsp;», p. 167.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
«&amp;nbsp;Les États-Unis tout entiers c&#39;est pas tellement grand. C&#39;est pas assez grand. Y a pas assez de place pour vous et moi, pour les gens de votre espèce et pour ceux de la mienne, pour les riches et pour les pauvres ensemble dans un seul pays, pour les voleurs et pour les honnêtes gens. Pour ceux qui ont faim et pour ceux qui sont trop gras. Pourquoi que vous retournez pas là d&#39;où qu&#39; vous venez&amp;nbsp;?&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
On est dans un pays libre, tout de même. On peut bien aller où on veut.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Ah vous croyez ça&amp;nbsp;! Vous avez jamais entendu des inspecteurs aux frontières de la Californie&amp;nbsp;? La police de Los Angeles... elle vous arrête, bougre de couillons, elle vous fait faire demi-tour. Ils vous disent&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Si vous ne pouvez pas acheter des terrains on n&#39;a pas besoin de vous. Vous avez un permis de conduire&amp;nbsp;? Faites-le un peu voir&amp;nbsp;», qu&#39;ils vous disent. Et hop, le v&#39;là déchiré. «&amp;nbsp;Vous ne passerez pas sans permis de conduire&amp;nbsp;», qu&#39;ils vous disent.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
On est bien dans un pays libre, tout de même. Eh bien tâchez d&#39;en trouver, de la liberté. Comme dit l&#39;autre, ta liberté dépend du fric que t&#39;as pour la payer&amp;nbsp;», p. 167.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
«&amp;nbsp;(…) chaque fois que j’entends un homme d’affaires parler de «&amp;nbsp;service&amp;nbsp;» je me demande toujours qui c’est qui se fait baiser. Quand on est dans les affaires, faut toujours mentir et tricher, mais on appelle ça autrement&amp;nbsp;», p. 168.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
«&amp;nbsp;Deux cent cinquante mille personnes sur les routes. Cinquante mille vieux tacots&amp;nbsp;», p. 169.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
⇒ De Sallisaw dans l’Oklahoma jusqu’en Californie, Google maps dit&amp;nbsp;: 558&amp;nbsp;h&amp;nbsp;(1 706&amp;nbsp;miles) soit 2745,541 kilomètres et 23 jours non-stop via la route 66.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;CHAPITRE XIII (La mort du grand-père)&lt;/b&gt;.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
«&amp;nbsp;Et de nouveau son regard se porta devant elle, sur la route étincelante. Al, conduisant d&#39;une main, mit l&#39;autre sur la tige vibrante du levier des vitesses. Il éprouvait de la difficulté à parler. Sa bouche formait les mots lentement avant de les proférer. –&amp;nbsp;Man. Elle se tourna lentement vers lui et sa tête oscillait un peu aux secousses de la voiture.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;Man, tu as peur&amp;nbsp;? Tu as peur de t&#39;en aller dans un pays nouveau&amp;nbsp;? Ses yeux devinrent pensifs et doux&amp;nbsp;: –&amp;nbsp;Un petit peu, répondit-elle. C&#39;est pas exactement de la peur. J&#39; suis là à attendre. Quand il arrivera quelque chose et qu&#39;il faudra que j&#39;agisse... je le ferai.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;Tu ne penses pas à ce qu&#39;on va trouver en arrivant là-bas&amp;nbsp;? T&#39;as pas peur que ça ne soit pas si beau qu&#39;on se le figure&amp;nbsp;?&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;Non, fit-elle vivement. Non, non. C&#39;est pas une chose à faire. Je ne veux pas faire ça. C&#39;est trop... ce serait vouloir vivre trop de vies. Devant nous il y a des milliers de vies qu&#39;on pourrait vivre, mais quand le moment sera venu il n&#39;y en aura plus qu&#39;une. Si je me mets à suivre toutes les routes possibles, y en aurait trop. Toi tu peux vivre dans l&#39;avenir, parce que tu es si jeune, mais nous, moi, il y a la route qui défile, et on est dessus, et c&#39;est tout. Et la seule chose qui compte, c&#39;est à quel moment au juste ils vont me demander&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
des os de porc à manger. (Sa figure se durcit.) C&#39;est tout ce que je peux faire. J&#39; peux pas faire plus. Si j&#39; faisais plus que ça, les autres en seraient tout retournés. Ils se fient tous à moi pour que justement je ne pense pas plus loin que ça&amp;nbsp;», p. 172-173.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
«&amp;nbsp;Et puis, nous autres, on se fait un point d’honneur à ne pas se laisser aller. Mon papa disait&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;C’est à la portée de tout le monde de flancher, mais faut être un homme pour tenir le coup. Nous tâchons toujours de ne pas nous laisser abattre&amp;nbsp;», p. 197.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
«&amp;nbsp;Enfant né dans le malheur sera enfant du bonheur&amp;nbsp;», p. 198.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
«&amp;nbsp;Enfant né dans le plaisir devra s’attendre à souffrir&amp;nbsp;», p. 198.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
⇒ Je le savais bien&amp;nbsp;! Mes parents ont tellement INSISTÉ pour me faire comprendre que j’avais été conçue dans un contexte d’insouciance, de joie ET de plaisir (dans une tente, camping sauvage, Nouvelle-Calédonie)&amp;nbsp;que je me suis toujours dit que ça devait être à cause de ça&amp;nbsp;: je suis née heureuse donc faible et démunie face à la violence de la vie, LOL.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&amp;nbsp;«&amp;nbsp;Cet homme-si, c’est&amp;nbsp;&lt;strong&gt;William James Joad&lt;/strong&gt;, mort d’un cou de sand, très vieux. C’est les siain qui l’on enterré parce qu’ils n’avait pas d’argent pour l’enterment. Personne l’a tué. Juste un cou de sand et il est mort.&amp;nbsp;», p. 199.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Tom cherche, à la demande de sa mère, des mots des Saintes-écritures sur le bout de papier destiné à l’enterrement de son grand-père.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
«Vlà quelque chose qu’est bien et court, dit-il. «&amp;nbsp;Et Loth leur parla ainsi&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Oh&amp;nbsp;! Non, Seigneur&amp;nbsp;»&amp;nbsp;», p. 200. ⇒ J’adore, ça me fait trop rire&amp;nbsp;!!!! En même temps, il a choisi une négation face à Dieu et ce n’est pas sans rappeler le proverbe mongole de Batbayar dans Rendez-vous en terre inconnue&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Même si Dieu te le demande, ne donne pas ta terre&amp;nbsp;».&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;CHAPITRE XIV&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;Extrait 2&amp;nbsp;: Ce qui fait l’homme, de&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Les terres de l’Ouest&amp;nbsp;» jusqu’à «&amp;nbsp;distinct dans tout l’univers&amp;nbsp;». p. 209-210.&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Les terres de l&#39;Ouest, inquiètes aux premiers indices de changement. Les États de l&#39;Ouest, inquiets comme des chevaux à l&#39;approche de l&#39;orage. Les grands propriétaires, inquiets, parce que pressentant le changement et incapables d&#39;en deviner la nature. Les grands propriétaires s&#39;en prenant aux choses immédiates, au gouvernement qui étend son emprise sur tout, à l&#39;unité croissante des groupements ouvriers, aux taxes nouvelles, aux plans&amp;nbsp;; ne sachant pas que ces choses sont des effets, non des causes. Des effets, non des causes&amp;nbsp;: des effets, non des causes. Les causes sont profondes et simples... Les causes sont la faim, une faim au ventre multipliée par un million&amp;nbsp;; la faim dans une seule âme, faim de joie et d&#39;une certaine sécurité, multipliée par un million&amp;nbsp;; muscles et cerveau souffrant du désir de grandir, de travailler, de créer, multipliés par un million. La dernière fonction de l&#39;homme, claire et bien définie...muscles souffrant du désir de travailler, cerveau souffrant du désir de créer au-delà des nécessités individuelles... voilà ce qu&#39;est l&#39;homme. Construire un mur, construire une maison, une digue... et dans le mur, la maison et la digue, mettre quelque chose de l&#39;homme lui-même et apporter pour l&#39;homme quelque chose du mur, de la maison, de la digue&amp;nbsp;; rapporter des muscles de fer du soulèvement des fardeaux, rapporter des lignes, des formes claires du travail&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
de conception. Car l&#39;homme, différent en cela des autres créatures organiques ou inorganiques sur la terre, croît par-delà son travail, gravit les marches de ses conceptions, domine ses propres accomplissements. Voici ce qu&#39;on peut dire de l&#39;homme...! Quand les théories changent et s&#39;écroulent, quand les écoles, les philosophies, quand les impasses sombres de la pensée nationale, religieuse, économique, croissent et se décomposent, l&#39;homme va de l&#39;avant, à tâtons, en trébuchant, douloureusement, parfois en se trompant. S&#39;étant avancé, il peut arriver qu&#39;il recule, mais d&#39;un demi-pas seulement, jamais d&#39;un pas complet. Cela vous pouvez le dire et le savoir, le savoir. Cela vous pouvez le savoir quand les bombes tombent des avions noirs sur les places des marchés, quand les prisonniers sont égorgés comme des cochons, quand les corps écrasés se vident dégoûtammemt dans la poussière. Ainsi vous pouvez le savoir. Si les pas n&#39;étaient pas faits, si le désir d&#39;aller de l&#39;avant à tâtons n&#39;existait pas, les bombes ne tomberaient pas, les gorges ne seraient pas tranchées. Craignez le temps où les bombes en tomberont plus et où les avions existeront encore... car chaque bombe est la preuve que l&#39;esprit n&#39;est pas mort. Et craignez le temps où les grèves s&#39;arrêteront cependant que les grands propriétaires vivront... car chaque petite grève réprimée est la preuve qu&#39;un pas est en train de se faire. Et ceci encore vous pouvez le savoir... craignez le temps où l&#39;Humanité refusera de souffrir, de mourir pour une idée, car cette seule qualité est le fondement de l&#39;homme même, et cette qualité seule est l&#39;homme, distinct dans tout l&#39;univers.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Les États de l&#39;Ouest inquiets à l&#39;approche du changement. Le Texas et l&#39;Oklahoma, le Kansas, le New-Mexico, l&#39;Arizona, la Californie. Une famille unique a quitté le pays. Pa a emprunté de l&#39;argent à la banque, et maintenant la banque veut la terre. La Société Immobilière&amp;nbsp;–&amp;nbsp;c&#39;est la banque, quand elle possède des terres&amp;nbsp;–&amp;nbsp;veut des tracteurs sur la terre, et non des familles. Est-ce que c&#39;est mauvais, un tracteur&amp;nbsp;? Est-ce que le pouvoir qui creuse les longs sillons se trompe&amp;nbsp;? Si ce tracteur était à nous il serait très bon&amp;nbsp;; pas à moi, à nous. Si notre tracteur creusait ses longs sillons sur notre terre ce serait bon. Pas ma terre, notre terre. Nous pourrions alors aimer ce tracteur comme nous avons aimé cette terre qui était nôtre. Mais ce tracteur fait deux choses&amp;nbsp;: il retourne notre terre et nous en chasse. Il n&#39;y a pas grande différence entre ce tracteur et un tank. Les gens sont chassés, intimidés, blessés par les deux. C&#39;est une chose à laquelle il nous faut penser. Un homme, une famille chassés de leur terre&amp;nbsp;; cette vieille auto rouillée qui brimbale sur la route dans la direction de l&#39;Ouest. J&#39;ai perdu ma terre. Il a suffi d&#39;un seul tracteur pour me prendre ma terre. Je suis seul et je suis désorienté. Et une nuit une famille campe dans un fossé et une autre famille s&#39;amène et les tentes se dressent. Les deux hommes s&#39;accroupissent sur leurs talons et les femmes et les enfants écoutent. Tel est le nœud. Vous qui n&#39;aimez pas les changements et craignez les révolutions, séparez ces deux hommes accroupis&amp;nbsp;; faites-les se haïr, se craindre, se soupçonner. Voilà le germe de ce que vous craignez. Voilà le zygote. Car le «&amp;nbsp;J&#39;ai perdu ma terre&amp;nbsp;» a changé&amp;nbsp;; une cellule s&#39;est partagée en deux et de ce partage naît la chose que vous haïssez&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Nous avons perdu notre terre.&amp;nbsp;» C&#39;est là qu&#39;est le danger, car deux hommes ne sont pas si solitaires, si désemparés qu&#39;un seul. Et de ce premier «&amp;nbsp;nous&amp;nbsp;» naît une chose encore plus redoutable&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;J&#39;ai encore un peu à manger&amp;nbsp;» plus «&amp;nbsp;Je n&#39;ai rien&amp;nbsp;». Si ce problème se résout par «&amp;nbsp;Nous avons assez à manger&amp;nbsp;» la chose est en route, le mouvement a une direction. Une multiplication maintenant, et cette terre, ce tracteur sont à nous. Les deux hommes accroupis dans le fossé, le petit feu, le lard qui mijote dans une marmite unique, les femmes muettes, au regard fixe&amp;nbsp;; derrière, les enfants qui écoutent de toute leur âme les mots que leurs cerveaux ne peuvent pas comprendre. La nuit tombe. Le bébé a froid. Tenez, prenez cette couverture. Elle est en laine. C&#39;était la couverture de ma mère... prenez-la pour votre bébé. Voilà ce qu&#39;il faut bombarder. C&#39;est le commencement... du «&amp;nbsp;Je&amp;nbsp;» au «&amp;nbsp;Nous&amp;nbsp;». Si vous qui possédez les choses dont les autres manquent,&amp;nbsp;si vous pouviez comprendre cela, vous pourriez peut-être échapper à votre destin. Si vous pouviez séparer les causes des effets, si vous pouviez savoir que Paine, Marx, Jefferson, Lénine furent des effets, non des causes, vous pourriez survivre. Mais cela, vous ne pouvez pas le savoir. Car le fait de posséder vous congèle pour toujours en «&amp;nbsp;Je&amp;nbsp;» et vous sépare toujours du «&amp;nbsp;Nous&amp;nbsp;». Les États de l&#39;Ouest sont inquiets à l&#39;approche du changement. Le besoin est ce qui stimule la conception, la conception est ce qui pousse à l&#39;action. Un demi-million d&#39;hommes qui se déplacent dans le pays&amp;nbsp;; un autre million qui s&#39;impatiente, prêt à se mettre en mouvement&amp;nbsp;; dix millions qui ressentent les premiers symptômes de nervosité. Et les tracteurs creusent leurs multiples sillons sur les terres désertées.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;CHAPITRE XV (Les restaurants routiers de la route 66).&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Musique de l’époque&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Thanks for the Memory&amp;nbsp;», Bing Crosby, Benny Goodman.&amp;nbsp;», p. 213.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Publicité de l’époque&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Les murs décorés d’affiches, baigneuses blondes en maillots blancs avec de gros seins, des hanches minces et des visages de cire, tenant à la main une bouteille de Coca-Cola...avec le sourire…voilà ce qu’on gagner à prendre du Coca-Cola...&amp;nbsp;», p. 213.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Slogan de l’époque&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Venez manger ici et gardez votre femme comme objet d’agrément&amp;nbsp;», p. 214.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
«&amp;nbsp;Qu’est-ce qu’il y a comme tartes&amp;nbsp;? Crème de banane, crème d’ananas, crème au chocolat...et tarte aux pommes&amp;nbsp;», p. 218-219 et 226.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
⇒ Me fait penser à Alice au pays des Merveilles à cause de la «&amp;nbsp;crème d’ananas&amp;nbsp;» (c’est un des goûts qu’elle sent de la bouteille «&amp;nbsp;Drink me&amp;nbsp;»), parfum que choisit le client à la page 227.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Belles voitures de l’époque&amp;nbsp;: Zéphyr et Cadillac.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;CHAPITRE XVI (le camping-car payant)&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
«&amp;nbsp;ça fait râler Pa d’être obligé de payer cinquante cents juste pour camper sous un arbre. Il n’ peut pas encaisser ça. Il s’est foutu à jurer. Il dit qu’on va bientôt se mettre à vendre l’air en bidons, probable.&amp;nbsp;»,&amp;nbsp; p. 245&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
⇒ En Estonie, des cars entiers de Japonais viennent pour respirer l’air pur à des endroits précis.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
p.265&amp;nbsp;: Ou pourquoi la main-d’oeuvre est à bas prix&amp;nbsp;: trop de gens désespérés, trop de familles désespérées donc prêtes à travailler quasiment gratuitement afin de survivre. L’employeur dit&amp;nbsp;:&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
«&amp;nbsp;J’donne vingt cents de l’heure&amp;nbsp;».&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;CHAPITRE XVII (La vie des émigrants dans les camps sur la route)&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Première fois que le mot «&amp;nbsp;émigrants&amp;nbsp;» est évoqué et à plusieurs reprises.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Nourriture&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;du porc si l’argent abondait, du porc, des pommes de terre et des oignons. Des petites galettes cuites l’ancienne ou du pain de maïs, généreusement trempé dans le jus de viande. Des bas morceaux, des plates-côtes et un bidon de thé bouillant, noir et amer. Les beignets à la graisse de mouton, quand l’argent se faisait rare&amp;nbsp;; de la pâte frite, dorée et croustillante sur laquelle on versait des restants de sauce.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Les familles très riches ou très dépensières mangeaient des haricots en conserve, des pêches en conserve, du pain et des gâteaux de boulanger, mais elles mangeaient à part dans leurs tentes,car c’eût été gênant toutes ces bonnes choses en public.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Dehors, les enfants occupés à manger leur pâte frite sentaient l&#39;odeur des haricots mis à réchauffer et devenaient tout tristes&amp;nbsp;», p. 277.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;CHAPITRE XVIII (L’arrivée en Californie).&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Avant-dernière étape avant l’arrivée&amp;nbsp;: un fleuve avant la traversée du désert.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Extrait 3&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Eh ben&amp;nbsp;! Si vous tenez vraiment à le savoir&amp;nbsp;», p. 286 jusqu’à «&amp;nbsp;Mais ces gens-là, ils ont tellement la frousse qu’ils ne sont même pas polis entre eux&amp;nbsp;», p. 287.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Eh ben&amp;nbsp;! si vous tenez vraiment à le savoir, je peux vous dire que vous avez affaire à quéqu&#39;un qui s&#39;est informé et qu&#39;a réfléchi à la question. Pour un beau pays, c&#39;est un beau pays&amp;nbsp;; seulement, il a été volé... y a longtemps de ça. Vous traversez le désert et vous arrivez par là, du côté de Bakersfield. Eh bien, vous n&#39;avez jamais rien vu d&#39;aussi beau de vot&#39; vie... rien que des vergers et de la vigne... le plus joli pays qu&#39;il est possible de voir. Et partout où que vous passerez, c&#39;est rien que de la bonne terre bien plate, avec de l&#39;eau à moins de trente pieds en dessous, et tout ça est en friche. Mais vous pouvez vous fouiller pour en avoir, de cette terre. C&#39;est à une Société de pâturages et d&#39;élevage. Et s&#39;ils ne veulent pas qu&#39;on la travaille, elle ne sera pas travaillée. Si vous avez le malheur d&#39;entrer là-dedans et d&#39;y mettre un peu de maïs, vous allez en prison. –&amp;nbsp;De la bonne terre, vous dites, et personne ne la cultive&amp;nbsp;?&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;C&#39;est comme je vous le dis. De la bonne terre, et personne n&#39;y touche. Il y a déjà de quoi vous retourner les sangs. Mais attendez, c&#39;est pas tout. Les gens vont vous regarder d&#39;un drôle d&#39;œil. L&#39;air de vous dire&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;T&#39;as une tête qui ne me revient pas, s&#39;pèce d&#39;enfant de cochon.&amp;nbsp;» Puis il y aura des shérifs et des shérifs adjoints qui vont vous mener la vie dure. S&#39;il vous trouvent à camper sur le bord de la route, ils vous feront circuler. Vous verrez à la tête des gens combien ils peuvent vous détester. Eh bien, moi j&#39; vais vous dire&amp;nbsp;: s&#39;ils vous détestent, c&#39;est parce qu&#39;ils ont peur. Ils savent bien qu&#39;un homme qu&#39;a faim, faut qu&#39;il trouve à manger quand bien même il devrait le voler. Ils savent bien que toute cette terre en friche, quelqu&#39;un viendra la prendre. Sacré bon Dieu&amp;nbsp;! On ne vous a pas encore traité d&#39;«&amp;nbsp;Okie&amp;nbsp;»&amp;nbsp;?&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;«&amp;nbsp;Okie&amp;nbsp;»&amp;nbsp;? fit Tom. Qu&#39;est-ce que c&#39;est que ça&amp;nbsp;?&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;Ben, dans le temps, c&#39;était un surnom qu&#39;on donnait à ceux de l&#39;Oklahoma. Maintenant, ça revient à vous traiter d&#39;enfant de putain. Être un Okie, c&#39;est être ce qu&#39;il y a de plus bas sur terre. En soi, ça ne veut rien dire. Mais ce que je vous dirai ou rien, c&#39;est pareil. Faut y aller voir vous-mêmes. Paraît qu&#39;il y a quéqu&#39; chose comme trois cent mille des nôtres, là-bas, et qu&#39;ils vivent comme des bêtes, à cause que toute la Californie, c&#39;est à des propriétaires. Il ne reste plus rien. Et les propriétaires se cramponnent tant qu&#39;ils peuvent, et ils feraient plutôt massacrer tout le monde que de lâcher leur terre. Ils ont peur, et c&#39;est ça qui les rend mauvais. Faut aller voir ça. Faut entendre ce qui se dit. Le plus beau pays qui se puisse voir, sacré nom de nom&amp;nbsp;! Mais ces gens-là, ils ont tellement la frousse qu&#39;ils ne sont même pas polis entre eux, p. 286-287.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
⇒ Un (deuxième) homme leur explique qu’en Californie, les émigrants sont très mal vus et ne peuvent pas gagner leur vie face à des propriétaires qui parfois ont des milliers d’arpents non exploités. «&amp;nbsp;Okie&amp;nbsp;» est une insulte en référence aux émigrants venus d’Oklaoma (ou pas).&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;strong&gt;«&amp;nbsp;Ces sacrés Okies de malheur, ils n’ont pas un sou de jugeote, et pas un grain de sentiment. C’est pas des êtres humains ces gens-là, moi j’te le dis. Jamais un être humain ne supporterait une crasse et une misère pareilles. Ils valent pas mieux que des chimpanzés.&amp;nbsp;», p.&amp;nbsp;&lt;/strong&gt;&lt;em&gt;309&amp;nbsp;&lt;/em&gt;&lt;strong&gt;«&amp;nbsp;Ils sont tellement abrutis qu’ils ne se rendent pas compte que c’est dangereux. Oh&amp;nbsp;! et puis, quoi, bon Dieu, ils sont peut-êt’ très contents de leur sort. Ils sont comme ils sont et ils n’en savent pas plus long. A quoi bon se tracasser&amp;nbsp;?&amp;nbsp;»,&amp;nbsp;&lt;/strong&gt;&lt;em&gt;p. 309-310.&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
318&amp;nbsp;: Arrivée réelle en Californie.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
320&amp;nbsp;: Annonce de la mort de la grand-mère.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;CHAPITRE XIX (chapitre très important qui explique le contexte de la Grande Dépression)&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;
Résumé de l’histoire de la Californie qui appartenait autrefois aux Mexicains.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;Extrait&amp;nbsp;4&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Nul homme&amp;nbsp;», p. 325 jusqu’à «&amp;nbsp;(l’herbe) légèrement sucrée&amp;nbsp;», p. 328.&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Nul homme, quelles que fussent ses capacités, quel que fût son amour de la terre et des choses qui poussent, ne pouvait subsister s&#39;il n&#39;était en même temps bon commerçant. Et petit à petit, les fermes tombèrent aux mains des hommes d&#39;affaires&amp;nbsp;; elles s&#39;agrandirent mais diminuèrent en nombre. L&#39;agriculture devenait une industrie et les propriétaires terriens suivirent inconsciemment l&#39;exemple de la Rome antique. Ils importèrent des esclaves&amp;nbsp;–&amp;nbsp;quoiqu&#39;on ne les nommât pas ainsi&amp;nbsp;: Chinois, Japonais, Mexicains, Philippins. Ils ne mangent que du riz et des haricots, disaient les hommes d&#39;affaires. Ils n&#39;ont pas de besoins. Ils ne sauraient que faire de salaires élevés. Tenez, il n&#39;y a qu&#39;à voir comment ils vivent. Il n&#39;y a qu&#39;à voir ce qu&#39;ils mangent. Et s&#39;ils font mine de rouspéter on les rembarque, ce n&#39;est pas plus compliqué que ça.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Et les fermes devinrent de plus en plus vastes et les propriétaires de moins en moins nombreux. Seule, une minable poignée de fermiers restait attachée à la terre. Et les serfs importés étaient maltraités, menacés et si mal nourris que certains d&#39;entre eux s&#39;en retournaient dans leur pays tandis que d&#39;autres se révoltaient et étaient abattus ou chassés de la contrée. Et toujours les fermes prenaient de l&#39;expansion tandis que les fermiers diminuaient en nombre.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Et les cultures changèrent. Des arbres fruitiers remplacèrent les champs de céréales et dans les vallées le sol se couvrit de légumes&amp;nbsp;; des légumes pour nourrir le monde entier&amp;nbsp;: laitues, choux-fleurs, artichauts, pommes de terre&amp;nbsp;–&amp;nbsp;toutes plantes qu&#39;on ne peut récolter que plié en deux. Un homme se tient droit en maniant la faux, la charrue, la fourche&amp;nbsp;; mais il lui faut marcher à quatre pattes comme un scarabée entre les rangées de salades, il lui faut courber le dos et traîner son long sac entre les rangées de cotonniers, et dans un carré de choux-fleurs il doit se traîner à genoux comme un pénitent. Et il advint que les propriétaires cessèrent complètement de travailler à leurs fermes. Ils cultivaient sur le papier, ils avaient oublié la terre, son odeur, sa substance et se rappelaient seulement qu&#39;elle leur appartenait, se rappelaient uniquement ce qu&#39;elle rapportait et ce qu&#39;elle leur coûtait. Et certaines fermes prirent des dimensions telles qu&#39;un homme ne pouvait plus suffire à les diriger, qu&#39;il fallait toute une armée de comptables pour calculer les profits, les pertes et les intérêts, des chimistes pour analyser le sol, le fertiliser, et des surveillants pour tirer le maximum&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
de rendement des corps courbés entre les rangées de plantes jusqu&#39;à la limite de leur résistance. Dès lors, le fermier devenait en réalité un commerçant&amp;nbsp;; il tenait boutique. Il payait ses hommes, leur vendait des provisions et de cette façon leur reprenait l&#39;argent qu&#39;il leur avait donné. Au bout de peu de temps, il ne les payait plus du tout, ce qui lui épargnait des frais de comptabilité. Les fermes de cette espèce vendaient des victuailles à crédit. Un ouvrier, par exemple, travaillait et prenait à crédit de quoi se nourrir. Or, une fois son travail terminé, il lui arrivait de se trouver endetté vis-à-vis de la Compagnie. Et non seulement les propriétaires ne travaillaient pas à leurs fermes, mais un grand nombre d&#39;entre eux ne les avaient même jamais vues.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Sur ces entrefaites arriva la masse des expatriés, attirée par le mirage de l&#39;Ouest&amp;nbsp;; du Kansas, de l&#39;Oklahoma, du Texas, du Nouveau-Mexique, du Nevada et de l&#39;Arkansas, par familles, par tribus entières ils s&#39;amenèrent, chassés par la poussière, chassés par les tracteurs. Des charretées, des caravanes de sans-logis affamés&amp;nbsp;; vingt mille, cinquante mille, cent mille, deux cent mille. Ils déferlaient par-dessus les montagnes, ventres creux, toujours en mouvement&amp;nbsp;– pareils à des fourmis perpétuellement affairées, en quête de travail&amp;nbsp;–&amp;nbsp;de quelque chose à faire&amp;nbsp;–&amp;nbsp;de quelque chose à soulever, à pousser, à hisser, à traîner, à piocher, à couper –&amp;nbsp;n&#39;importe quoi, n&#39;importe quel fardeau à porter en échange d&#39;un peu de nourriture. Les gosses ont faim. Nous n&#39;avons pas de toit. Pareils à des fourmis perpétuellement affairées, en quête de travail, de nourriture et surtout de terre.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
On n&#39;est pas des étrangers. Américains depuis sept générations, descendants d&#39;Irlandais, d&#39;Écossais, d&#39;Anglais, d&#39;Allemands. Un de nos aïeux s&#39;est battu pendant la Révolution&amp;nbsp;–&amp;nbsp;et une quantité des nôtres a fait la Guerre de Sécession&amp;nbsp;–&amp;nbsp;des deux côtés. Des Américains.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Ils avaient faim et ils devenaient enragés. Là où ils avaient espéré trouver un foyer, ils ne trouvaient que de la haine. Des Okies. Les propriétaires les détestaient parce qu&#39;ils se savaient amollis par trop de bien-être, tandis que les Okies étaient forts, parce qu&#39;ils étaient eux-mêmes gras et bien nourris, tandis que les Okies étaient affamés&amp;nbsp;; et peut-être leurs grands-pères leur avaient-ils raconté comme il est aisé de s&#39;emparer de la terre d&#39;un homme indolent quand on est soi-même affamé, décidé à tout et armé. Les propriétaires les détestaient. Et dans les villes et les villages, les commerçants les détestaient parce qu&#39;ils n&#39;avaient pas d&#39;argent à dépenser. Pour s&#39;attirer l&#39;aversion d&#39;un boutiquier, il n&#39;est pas de plus sûr moyen&amp;nbsp;; leur estime et leur admiration étant orientées exactement dans le sens opposé. Les citadins, les petits banquiers, détestaient les Okies parce qu&#39;il n&#39;y avait rien à gagner sur leur dos. Ils ne possédaient rien. Et la population ouvrière détestait les Okies parce qu&#39;un homme qui a faim a besoin de travailler et s&#39;il doit travailler, s&#39;il a absolument besoin de travailler, alors l&#39;employeur lui paie automatiquement un salaire moindre&amp;nbsp;; et par la suite, personne ne peut obtenir plus.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Et les expropriés, devenus émigrants, déferlaient en Californie&amp;nbsp;–&amp;nbsp;deux cent cinquante, trois cent mille. Là-bas, au pays, l&#39;invasion grandissante des tracteurs jetait à la rue de nouveaux métayers&amp;nbsp;; et toujours de nouvelles vagues venaient s&#39;ajouter aux précédentes, des vagues d&#39;expropriés, de sans-logis, endurcis, décidés et dangereux.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Alors que les Californiens avaient envie d&#39;une foule de choses&amp;nbsp;–&amp;nbsp;richesses accumulées, succès mondains, plaisirs, luxe et sécurité bancaire&amp;nbsp;–&amp;nbsp;les émigrants, nouveaux barbares, ne désiraient que deux choses&amp;nbsp;: de la terre et de la nourriture&amp;nbsp;; et pour eux les deux choses n&#39;en faisaient qu&#39;une. Et si les souhaits des Californiens étaient confus et nébuleux, ceux des Okies étaient concrets, immédiatement réalisables. L&#39;objet de leurs convoitises s&#39;étalait tout au long de la route, là, sous leurs yeux, à portée de la main&amp;nbsp;: des champs fertiles avec de l&#39;eau pas loin&amp;nbsp;; de la belle terre grasse qu&#39;on émiette entre ses doigts pour l&#39;expertiser, l&#39;herbe odorante et les brins d&#39;avoine que l&#39;on mâchonne jusqu&#39;à ce que l&#39;on sente dans sa gorge cette saveur pénétrante,&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
légèrement sucrée, p. 325-328.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
⇒ Pourquoi «&amp;nbsp;Japonais&amp;nbsp;»&amp;nbsp;? Pan de l’histoire que je ne connais pas (comme ceux du Brésil d’ailleurs).&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Les émigrants, environ 300.000, tous Américains.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Les camps d’émigrants, tous appelés «&amp;nbsp;Hooverville&amp;nbsp;», p. 329.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Monoculture&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Vous avez remarqué quelque chose&amp;nbsp;? Ils n’ont pas de légumes, ni de volaille, ni de cochons dans leurs fermes. Ils ne cultivent qu’une seule chose – du coton, par exemple, ou des pêches ou des laitues. Ailleurs, ça sera uniquement des poules. Ils achètent ce qu’ils pourraient faire pousser au coin de leur porte&amp;nbsp;», p. 330.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&amp;nbsp;&lt;strong&gt;«&amp;nbsp;Si on ne les avait pas à l’œil, ils seraient capables de tout, ces cochons-là&amp;nbsp;! Moi, j’te dis, ils sont aussi dangereux que ces salauds de nègres, dans le Sud&amp;nbsp;! Pour peu qu’on les laisse s’organiser, rien ne les arrêtera plus.&amp;nbsp;&lt;/strong&gt;», p. 331.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
p. 334 « Et les grands propriétaires terriens auxquels un soulèvement fera perdre leurs terres – les grands propriétaires qui ont accès aux leçons de l’histoire, qui ont des yeux pour lire, pour reconnaître cette grande vérité&amp;nbsp;: lorsque la propriété est accumulée dans un trop petit nombre de mains, elle est enlevée…et cette autre, qui lui fait pendant&amp;nbsp;: lorsqu’une majorité a faim et froid, elle prendra par la force ce dont elle a besoin...et cette autre encore, cette petite vérité criante, qui résonne à travers toute l’histoire&amp;nbsp;: la répression n’a pour effet que d’affermir la volonté de lutte de ceux contre qui elle s’exerce et de cimenter leur solidarité...les grands propriétaires terriens se bouchaient les oreilles pour ne pas entendre ces trois grands avertissements de l’histoire&amp;nbsp;»&amp;nbsp;: La terre s&#39;accumulait dans un nombre de mains de plus en plus restreint&amp;nbsp;; l&#39;immense foule des expropriés allait grandissant et tous les efforts des propriétaires tendaient à accentuer la répression. Afin de protéger les grandes propriétés foncières on gaspillait de l&#39;argent pour acheter des armes, on chargeait des indicateurs de repérer les moindres velléités de révolte, de façon que toute tentative de soulèvement pût être étouffée dans l&#39;œuf. On ne se souciait pas de l&#39;évolution économique, on refusait de s&#39;intéresser aux projets de réforme. On ne songeait qu&#39;au moyen d&#39;abattre la révolte, tout en laissant se perpétuer les causes de mécontentement.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Les tracteurs qui causent le chômage, les tapis roulants qui transportent les charges, les machines qui produisent, tout cela prenait de plus en plus d&#39;extension&amp;nbsp;; le nombre des familles qui peuplaient la grand-route augmentait sans cesse, et toutes convoitaient ardemment ne fût-ce qu&#39;une miette de ces grandes propriétés, de cette terre qui s&#39;étalait à portée de la main de chaque côté de la route. Les grands propriétaires se liguaient, créaient des Associations de Protection Mutuelle et se réunissaient pour discuter des moyens d&#39;intimidation à employer, des moyens de tuer, d&#39;armes à feu, de grenades à gaz. Et toujours planait sur leurs têtes cette menace effrayante&amp;nbsp;–&amp;nbsp;trois cent mille&amp;nbsp;–&amp;nbsp;si jamais ils se&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
rangent sous l&#39;autorité d&#39;un chef&amp;nbsp;–&amp;nbsp;c&#39;est la fin. Trois cent mille malheureux affamés. Si jamais ils prennent conscience de leur force, le pays leur appartiendra et ni les fusils, ni les grenades à gaz ne les arrêteront. Et les grands propriétaires qui, à travers les rouages compliqués de leurs Compagnies Foncières étaient peu à peu devenus des sortes de puissances inhumaines, couraient à leur perte, employaient tous les moyens qui à la longue devaient amener leur perte. Chaque brutalité, chaque rafle dans un Hooverville, chaque shérif adjoint promenant sa suffisance et sa morgue dans un de ces camps de misère, retardait un peu l&#39;échéance, mais la rendait plus inévitable, p. 334- 335.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
p. 344 Un homme explique à Tom pourquoi des milliers de prospectus ont été imprimés volontairement «&amp;nbsp;alors qu’il n’y a pas de travail&amp;nbsp;»&amp;nbsp;: plus il y a d’hommes mourants de faim, plus ils sont prêts à travailler pour dix cents. Les récoltes sont ainsi vite faites et la main d’oeuvre ne coûte rien&amp;nbsp;: c’est mathématique.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Plus tard, nous verrons que toute la famille n’arrive qu’à gagner qu’un dollar par jour au bout de douze heures de récolte des pêches. La récolte du coton leur fait gagner plus d’argent et ils peuvent enfin manger à leur faim et s’acheter de nouveaux vêtements mais la récolte ne dure pas.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
«&amp;nbsp;Tom dit&amp;nbsp;: –&amp;nbsp;Chez nous, au pays, l&#39;était venu des types avec des prospectus-réclame... de ces papiers jaunes. Ça disait qu&#39;on avait besoin de main-d&#39;œuvre pour les récoltes. Le jeune homme se mit à rire&amp;nbsp;:&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;Paraîtrait qu&#39;on est quéq&#39; chose comme trois cent mille, ici, et je donnerais ma tête à couper que tous ces gens-là ont vu ces foutus prospectus.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;Peut-être, mais s&#39;ils n&#39;avaient pas besoin de monde, pourquoi qu&#39;ils ont pris la peine de faire imprimer ces machins-là&amp;nbsp;?&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;Fais un peu marcher tes méninges... qu&#39;est-ce que t&#39;attends&amp;nbsp;?&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;Oui, mais je voudrais savoir.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;Écoute, fit le jeune homme. Mettons que t&#39;aies du travail juste pour un type, et qu&#39;il y en ait qu&#39;un qui se présente. T&#39;es forcé de lui payer ce qu&#39;il demande. Mais suppose qu&#39;il s&#39;en présente un cent. Il posa son outil. Son regard durcit et sa voix se fit incisive&amp;nbsp;:&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;Mettons qu&#39;il s&#39;en présente un cent pour ce travail. Mettons que tous ces gars-là, ils aient des gosses, et que ces gosses aient faim. Mettons qu&#39;une pièce de dix cents suffise à leur payer une boîte de bouillie de maïs, à ces gosses.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Mettons qu&#39;un nickel1&amp;nbsp;suffise à leur payer ne serait-ce qu&#39;un truc quelconque, à ces gosses. Et ils sont là un cent. Propose-leur seulement un nickel, et je te promets qu&#39;ils vont s&#39;entre-tuer pour l&#39;avoir, ce nickel. Tu sais combien on payait, à la dernière place que j&#39;ai faite&amp;nbsp;? Quinze cents de l&#39;heure. Dix heures pour un dollar et demi et encore t&#39;as pas le droit de loger sur place. Faut consommer de l&#39;essence pour y aller.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Il haletait de fureur et la haine brillait dans ses yeux.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;C&#39;est pour ça qu&#39;ils ont fait imprimer les prospectus. Avec ce qu&#39;ils économisent en payant les gens quinze cents de l&#39;heure pour travailler aux champs, ils ont de quoi en faire imprimer un foutu paquet, tu peux êt&#39; tranquille.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;Ça tient pas debout, dit Tom.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Le jeune homme eut un rire sarcastique&amp;nbsp;:&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;Reste seulement ici un petit bout de temps, et si t&#39;as la belle vie, fais-moi signe, que je vienne voir ça de près, p.343-345.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Tom&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Alors, faut prendre ce qu’on veut bien vous donner, hein&amp;nbsp;? Ou crever de faim, et, si on rouspète, on crève de faim&amp;nbsp;?&amp;nbsp;», p. 347.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Toujours Tom&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Et toi, alors, qu’est-ce que tu fais contre cet état des choses&amp;nbsp;?&amp;nbsp;», p. 348.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;CHAPITRE XX (Arrivée dans le camp).&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Scène de la «&amp;nbsp;fricassée&amp;nbsp;»&amp;nbsp;: la maman en cuisine, une quinzaine de gosses mourants de faim attendent qu’elle leur en donne, comme des vautours.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
«&amp;nbsp;Autrefois (…) j’arrachais un bout de prière de ma tête et tous les soucis venaient se coller après comme sur du papier à mouches , et la prière s’en allait au vent, emportant tous les soucis avec. Mais maintenant, ça ne marche plus.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Tom dit&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Une prière n’a jamais procuré de lard. Faut un cochon pour avoir du lard&amp;nbsp;», p. 351.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
«&amp;nbsp;Rosa de Saron se rallongea sur le dos et resta les yeux grands ouverts à contempler le toit de la tente.&amp;nbsp;», ligne 354-355.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Scène de conflit avec un policier&amp;nbsp;: Tom lui fait un croche-patte (croc-en-jambe) et c’est Casy le Pasteur qui se sacrifie en se dénonçant même si le policier affirme que ce n’est pas lui. L’enjeu&amp;nbsp;: Tom a été libéré sur parole donc s’il dérape, il devra retourner en prison.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
p. 370&amp;nbsp;: Un homme nommé Floyd insiste pour que les autres hommes demande au propriétaire qui leur propose du travail de mettre leur salaire par écrit (bref de faire un contrat), il est automatiquement qualifié de «&amp;nbsp;rouge&amp;nbsp;» et se fait arrêter.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
«&amp;nbsp;Floyd se détacha du groupe et s&#39;avança. Il dit calmement&amp;nbsp;:&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;Moi, j&#39;y vais. Vous êtes entrepreneur et vous avez une patente. Montrez-nous-la, signez-nous un papier comme quoi vous nous embauchez pour travailler&amp;nbsp;–&amp;nbsp;où et quand, et combien vous nous donnez, et nous irons tous. L&#39;entrepreneur tourna la tête, les sourcils froncés&amp;nbsp;:&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;Dites donc, vous allez m&#39;apprendre mon métier&amp;nbsp;? Floyd répondit&amp;nbsp;:&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;Nous travaillons pour vous, ça nous regarde autant que vous.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;Oui, eh ben je n&#39;ai besoin de personne pour m&#39;apprendre ce que j&#39;ai à faire. J&#39; vous ai dit que j&#39;avais besoin d&#39;hommes.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;Vous n&#39;avez pas dit combien d&#39;hommes, répondit Floyd avec humeur, et vous n&#39;avez pas dit combien on serait payés.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;Mais, nom de Dieu, j&#39;en sais encore rien&amp;nbsp;!&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;Si vous n&#39;en savez rien, vous n&#39;avez pas le droit d&#39;embaucher de la main-d&#39;œuvre.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;J&#39;ai le droit de mener mon affaire comme bon me semble. Si vous préférez rester assis sur le cul à vous tourner les pouces, libre à vous. Moi, j&#39;embauche des hommes pour le comté de Tulare. Il me faut beaucoup de monde.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Floyd se tourna vers le groupe d&#39;hommes. Ils s&#39;étaient levés et restaient silencieux, leurs regards allant de l&#39;un à l&#39;autre des interlocuteurs. Floyd dit&amp;nbsp;:&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;Ça fait deux fois que je me laisse prendre à ce truc-là.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Possib&#39; qu&#39;il ait besoin de mille hommes. Il en fera venir cinq mille là-bas et il paiera quinze cents de l&#39;heure. Et les pauvres cons que vous êtes, vous serez obligés de les prendre parce que vous aurez faim. S&#39;y veut embaucher des hommes, qu&#39;il embauche, mais qu&#39;il le mette par écrit, en disant combien il paie. Demandez à voir sa patente. Il n&#39;a pas le droit d&#39;embaucher de la main-d&#39;œuvre sans patente. L&#39;entrepreneur se retourna vers la Chevrolet et appela&amp;nbsp;:&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;Joe&amp;nbsp;!&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Son compagnon regarda au-dehors, puis il ouvrit brusquement la portière et descendit. Il portait une culotte de cheval et des bottes lacées. Un lourd étui de cuir était passé à sa ceinture-cartouchière. L&#39;insigne de shérif ornait sa chemise brune. D&#39;un pas lourd il s&#39;approcha. Ses traits s&#39;étaient figés en un sourire mi-figue, mi-raisin.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;Qu&#39;est-ce qu&#39;il y a&amp;nbsp;?&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
L&#39;étui allait et venait, coulissant sur le ceinturon.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;Déjà vu c&#39;type-là, Joe&amp;nbsp;?&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Le shérif adjoint demanda&amp;nbsp;:&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;Lequel&amp;nbsp;?&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;Celui-ci.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
L&#39;entrepreneur désigna Floyd.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;Qu&#39;est-ce qu&#39;il a fait&amp;nbsp;?&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
L&#39;adjoint eut un sourire à l&#39;adresse de Floyd.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;Il cause comme un rouge.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;H&#39;mmm.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
L&#39;adjoint se déplaça pour mieux voir le profil de Floyd.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Le rouge monta lentement au visage de ce dernier.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;Vous voyez&amp;nbsp;! s&#39;écria Floyd. Si ce gars-là était de bonne foi, est-ce qu&#39;il amènerait un flic&amp;nbsp;?&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;Vous l&#39;avez déjà vu&amp;nbsp;? insista l&#39;entrepreneur.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;H&#39;mm... Il m&#39; semble bien me le rappeler. La semaine dernière, quand y a eu ce vol dans le parc d&#39;autos d&#39;occasion. M&#39; semble avoir vu c&#39; gars-là vadrouiller dans les parages. Ouais&amp;nbsp;! j&#39; veux bien êt&#39; pendu si c&#39;est pas lui. Subitement, le sourire disparut de son visage.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;Montez dans la voiture, et plus vite que ça&amp;nbsp;! dit-il en débouclant l&#39;étui de son revolver.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;Vous n&#39;avez pas de preuves contre lui, intervint Tom.&amp;nbsp;», p. 370-371.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
p.382&amp;nbsp;: Floyd leur apprend que les shérifs et les adjoints assermentés sont payés pour arrêter des gens «&amp;nbsp;soixante-quinze cents par jour et par prisonnier et la nourriture en coûte vingt-cinq&amp;nbsp;».&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Connie est parti lâchement sans même dire au revoir à Rosasharn.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Al avait cru qu’il allait «&amp;nbsp;poser culotte&amp;nbsp;» quand il l’a croisé&amp;nbsp;: expression qui signifie en argot «&amp;nbsp;faire caca&amp;nbsp;».&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Le bon sens de la maman&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Rosasharn va avoir un petit et ce petit sera moitié Connie. C’est pas bon pour un gosse qui pousse de s’entendre dire que son père était un pas grand chose&amp;nbsp;», p. 384.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
«&amp;nbsp;- J’sais bien, Man, j’essaie. Mais ces espèces d’adjoints… vous avez déjà vu un shérif adjoint qu’ait&amp;nbsp;&amp;nbsp;pas un cul de jument&amp;nbsp;? Et ils sont là à frétiller leur gros cul et à manipuler leur revolver. Ma, dit-il, si encore c’était vraiment pour faire respecter la loi, on le supporterait. Mais ils ne représentent pas la loi. Ils tâchent à nous démolir le moral. Ils voudraient nous voir ramper et faire le chien couchant. Ils voudraient nous réduire. Sacré bon Dieu&amp;nbsp;! mais voyons, Man, il arrive un moment où la seule façon pour un homme de garder sa dignité c’est de casser la gueule à un flic. C’est not’ dignité&amp;nbsp;&amp;nbsp;qu’ils veulent nous enlever. »,&amp;nbsp;p. 392.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
«&amp;nbsp;–&amp;nbsp;Sûr, que c&#39;est épatant. On vous traite comme des êtres humains et pas comme des chiens. Et y a pas de flics, là-bas. Mais c&#39;est plein&amp;nbsp;», p.382.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
p.395 Direction le camp du gouvernement sans policiers sur la 99 dans le sud.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;CHAPITRE XXI (Le rejet des émigrants par les locaux)&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;EXTRAIT 6. p. 396-399&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Les errants, les émigrants, étaient devenus des nomades. Des familles qui avaient jusque-là vécu sur un lopin de terre, dont toute l&#39;existence s&#39;était déroulée sur leurs quarantearpents, qui s&#39;étaient nourries&amp;nbsp;–&amp;nbsp;bien ou chichement&amp;nbsp;–&amp;nbsp;du produit de leurs quarante arpents, avaient maintenant tout l&#39;Ouest comme champ de pérégrinations. Et elles erraient à l&#39;aventure, à la recherche de travail&amp;nbsp;; des flots d&#39;émigrants déferlaient sur les autostrades et des théories de gens stationnaient dans les fossés bordant les routes. Et derrière ceux-là, il en arrivait toujours d&#39;autres. Les autostrades grouillaient de véhicules de toutes sortes. Ces régions du Centre-Ouest et du Sud-Ouest avaient été habitées jusque-là par une population agrarienne que l&#39;industrialisation n&#39;avait pas touchée&amp;nbsp;; des paysans simples, qui n&#39;avaient pas subi le joug du machinisme et qui ignoraient combien une machine peut être un instrument puissant et dangereux entre les mains d&#39;un seul homme. Ils n&#39;avaient pas connu les paradoxes de l&#39;industrialisation à outrance et avaient gardé un jugement assez sain pour discerner toute l&#39;absurdité de la vie industrielle.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Et brusquement, les machines les chassèrent de chez eux et les envoyèrent peupler les grandes routes. Et avec la vie nomade, les autostrades, les campements improvisés, la peur de la faim et la faim elle-même, une métamorphose s&#39;opéra en eux. Les enfants qui n&#39;avaient rien à manger, le mouvement ininterrompu, tout cela les changea. Ils étaient devenus des nomades. L&#39;hostilité qu&#39;ils rencontraient partout les changea, les souda, les unit&amp;nbsp;–&amp;nbsp;cette hostilité qui poussait les habitants des petites villes et des villages à se grouper et à s&#39;armer comme s&#39;il s&#39;agissait de repousser une invasion&amp;nbsp;–&amp;nbsp;sections d&#39;hommes munis de manches de pioches, calicots et boutiquiers munis de fusils de chasse&amp;nbsp;–de défendre le monde contre leurs propres concitoyens.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Le flot perpétuellement renouvelé des émigrants fit régner la panique dans l&#39;Ouest. Les propriétaires tremblaient pour leurs biens. Des hommes qui n&#39;avaient jamais connu la faim la voyaient dans les yeux des autres. Des hommes qui n&#39;avaient jamais eu grand-chose à désirer voyaient le désir brûler dans les regards de la misère. Et pour se défendre, les citoyens s&#39;unissaient aux habitants dela riche contrée environnante et ils avaient soin de mettre le bon droit de leur côté en se répétant qu&#39;ils étaient bons et que les envahisseurs étaient mauvais, comme tout homme doit le faire avant de se battre. Ils disaient&amp;nbsp;: ces damnés Okies sont crasseux et ignorants. Ce sont des dégénérés, des obsédés sexuels. Ces sacrés bon Dieu d&#39;Okies sont des voleurs. Tout leur est bon. Ils n&#39;ont pas le sens de la propriété.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Et cette dernière assertion était vraie, car comment un homme qui ne possède rien pourrait-il comprendre les angoisses des propriétaires&amp;nbsp;? Et les défenseurs disaient&amp;nbsp;: ils apportent des maladies avec eux, ils sont répugnants. Nous ne voulons pas d&#39;eux dans nos écoles. Ce sont des étrangers. Vous accepteriez que votre sœur fréquente un de ces êtres-là&amp;nbsp;?&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Les indigènes se montaient la tête et s&#39;excitaient mutuellement jusqu&#39;à n&#39;être plus que haine et cruauté implacables. Alors ils formaient des sections, des escouades et les armaient de matraques, de grenades à gaz, de fusils. Le pays nous appartient. Il faut leur serrer la vis à ces maudits Okies. Et les hommes auxquels on avait donné des armes n&#39;étaient pas des propriétaires, mais ils finissaient par se figurer que le pays leur appartenait. Les petits employés qui faisaient du maniement d&#39;armes la nuit n&#39;avaient rien à eux, les petits boutiquiers ne possédaient qu&#39;un plein tiroir de dettes, mais une dette c&#39;est encore quelque chose à soi, et une bonne place c&#39;est quelque chose à quoi on tient. L&#39;employé se disait&amp;nbsp;: je gagne quinze dollars par semaine. Si jamais un de ces sacrés Okies accepte de travailler pour douze dollars, je serai frais&amp;nbsp;; et le petit boutiquier se disait&amp;nbsp;: jamais je ne pourrais lutter contre un homme qui ne serait pas endetté.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Les émigrants déferlaient sur les grand-routes et la faim était dans leurs yeux et la détresse était dans leurs yeux. Ils n&#39;avaient pas d&#39;arguments à faire valoir, pas de méthode&amp;nbsp;; ils n&#39;avaient pour eux que leur nombre et leurs besoins. Quand il y avait de l&#39;ouvrage pour un, ils se présentaient à dix&amp;nbsp;–&amp;nbsp;dix hommes se battaient à coups de salaires réduits. Si ce gars-là travaille pour trente cents, moi je marche à vingt-cinq.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Il accepte vingt-cinq&amp;nbsp;? Je le fais pour vingt.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Attendez... c&#39;est que j&#39;ai faim, moi. Je travaille pour quinze cents. Je travaille pour la nourriture. Si vous voyiez les gosses, dans quel état ils sont&amp;nbsp;–&amp;nbsp;ils ont des espèces de clous qui leur poussent&amp;nbsp;; à peine s&#39;ils peuvent remuer. Leur ai donné des fruits tombés et maintenant ils ont le ventre enflé. Prenez-moi, je travaillerai pour un morceau de viande.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Bonne affaire. Les salaires baissaient et les cours se maintenaient. Les grands propriétaires se frottaient les&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
mains et envoyaient de nouveaux paquets de prospectus pour faire venir encore plus de monde. Les salaires baissaient sans faire tomber les prix.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
D&#39;ici peu, nous serons revenus au temps des serfs.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Là-dessus, les grands propriétaires et les Sociétés foncières eurent une idée de génie&amp;nbsp;: un grand propriétaire achetait une fabrique de conserves, et dès que les pêches et les poires étaient mûres, il faisait baisser les cours au-dessous du prix de revient. Et en qualité de fabricant, il se vendait à lui-même les fruits au cours le plus bas et prenait son bénéfice sur la vente des fruits en conserve. Mais les petits fermiers qui n&#39;avaient pas de fabriques de conserves perdaient leurs fermes au profit des grands propriétaires, des Banques et des Sociétés propriétaires de fabriques. Les petites fermes se raréfiaient de plus en plus. Les petits fermiers allaient habiter la ville, le temps d&#39;épuiser leur crédit et de devenir une charge pour leurs amis ou leurs parents&amp;nbsp;; et finalement ils échouaient eux aussi sur la grand-route, où ils venaient grossir le nombre des assoiffés de travail, des forcenés prêts à tuer pour du travail.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Et les Sociétés et les Banques travaillaient inconsciemment à leur propre perte. Les vergers regorgeaient de fruits et les routes étaient pleines d&#39;affamés. Les granges regorgeaient de produits et les enfants des pauvres devenaient rachitiques et leur peau se couvrait de pustules. Les grandes&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Compagnies ne savaient pas que le fil est mince qui sépare la faim de la colère. Au lieu d&#39;augmenter les salaires, elles employaient l&#39;argent à faire l&#39;acquisition de grenades à gaz, de revolvers, à embaucher des surveillants et des marchands, à faire établir des listes noires, à entraîner leurs troupes improvisées. Sur les grand-routes, les gens erraient comme des fourmis à la recherche de travail, de pain. Et la colère fermentait.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
«&amp;nbsp;Les errants, les émigrants, étaient devenus des nomades&amp;nbsp;», p. 396.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
«&amp;nbsp;L’hostilité qu’ils rencontraient partout les changea, les souda, les unit&amp;nbsp;», p. 397.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
«&amp;nbsp;Ils disaient&amp;nbsp;: ces damnés Okies sont crasseux et ignorants. Ce sont des dégénérés, des obsédés sexuels. Ces sacrés bon Dieu d’Okies sont des voleurs. Tout leur est bon. Ils n’ont pas le sens de la propriété&amp;nbsp;», p. 397.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
«&amp;nbsp;Les grandes Compagnies ne savaient pas que le fil était mince entre la faim et la colère&amp;nbsp;», p. 399.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
«&amp;nbsp;Et la colère fermentait&amp;nbsp;» (derniers mots du chapitre).&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;CHAPITRE XXII (Arrivée de la famille Joad dans le camp du gouvernement Weedpatch, p. 400).&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Tom va trouver un travail assez rapidement payé 25 cents de l’heure au lieu de 30.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Le propriétaire annonce que le shérif va semer la zizanie dans le camp de gouvernement samedi.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Les enfants découvrent le fonctionnement des chasses d’eau.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Une tarée dévote embête Rosasharn.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Le comité des femmes du pavillon sanitaire 4 rend visite à la mère.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
La dévote fait chier de nouveau.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
«&amp;nbsp;–&amp;nbsp;Oh&amp;nbsp;! ce que c&#39;est beau, Man.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Man essuya les assiettes de fer-blanc et les empila. Elle dit&amp;nbsp;:&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;Nous sommes des Joad. Nous n&#39;avons jamais eu à baisser la tête devant personne. Le Grand-père de Grand-père, il s&#39;est battu pendant la Révolution. On était des fermiers jusqu&#39;à ce qu&#39;il y ait eu cette dette. Et puis après, ces gens sont venus... Ils nous ont changés. Chaque fois qu&#39;ils venaient, c&#39;était comme si on m&#39;avait fouettée... moi et toute la famille. Et puis ce type de la police, à Needles. Ça m&#39;a fait quelque chose&amp;nbsp;; tout d&#39;un coup, je me suis sentie toute mortifiée... j&#39;avais honte. Maintenant, je n&#39;ai plus honte. Ces gens sont de chez nous... Ils sont des nôtres. Et c&#39;t&#39; homme qu&#39;est venu, le directeur. Il s&#39;est assis et puis il a pris une tasse de café et il fallait l&#39;entendre. Madame Joad par-ci, madame Joad par-là... Avez-vous besoin de quéq&#39;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
chose, madame Joad&amp;nbsp;? Elle s&#39;interrompit et soupira&amp;nbsp;:&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;Je t&#39;assure, je me sens redevenir un être humain&amp;nbsp;», p. 431.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
«&amp;nbsp;Rosasharn, dis-toi bien que tu n’es pas seule sur terre, tu n’es qu’une personne parmi toutes les autres. Tiens-toi à ta place. (...)&amp;nbsp;», p. 438.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
«&amp;nbsp;Tu n’es si importante ni assez mauvaise pour que le Seigneur se tourmente à cause de toi. Et si tu n’arrêtes pas de te torturer la cervelle, tu vas prendre ma main sur la figure&amp;nbsp;», p. 438.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;CHAPITRE XXIII (Les distractions des émigrants dans les camps)&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Distractions des émigrants pour faire passer le temps dont l’harmonica, la guitare et le violon mais aussi les prédications, la religion.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Chapitre paradoxalement ennuyeux ou c’est moi qui ai décroché.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;CHAPITRE XXIV (Le bal où ils réussissent à éviter la fin du camp par les autorités du coin)&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;&lt;b&gt;EXTRAIT 7 de la p.469 « Le mélancolique jeune homme » jusqu’à p.471 : « Ici, on est aux Etats-Unis, pas en Californie ».&lt;/b&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;b&gt;
&lt;/b&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;i&gt;&lt;i&gt;Passage qui montre les arguments des Californiens anti Okies à qui ils refusent de donner des aides et des camps avec toilettes et eau chaude car ces derniers en profiteraient.&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
&lt;i&gt;
&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Le mélancolique jeune homme du pavillon 2 dit : – Je restais au camp de la Société d&#39;Agriculture et d&#39;Élevage. C&#39;était pourri de flics. Je vous jure qu&#39;il y en avait bien un pour dix personnes. Et un robinet pour deux cents personnes. Le petit homme replet dit :&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– A qui le dis-tu, Jérémie ! Dieu de Dieu, j&#39;y étais dans ce camp. Tout un lot de baraques, ils sont là, par rangées de trente-cinq, sur quinze de profondeur. Et dix latrines pour tout le bastringue. Cré bon Dieu, ça puait à plus d&#39;une lieue à la ronde. C&#39;est un des adjoints qui m&#39;a donné le fin mot de l&#39;histoire. Il était là, assis, et il me dit comme ça : « Ces saloperies du camp du Gouvernement, il me dit, quand on commence à donner de l&#39;eau chaude aux gens, après, il leur faut de l&#39;eau chaude. Qu&#39;on leur donne des cabinets à chasse d&#39;eau, ils ne pourront plus s&#39;en passer. Qu&#39;on donne des trucs de ce genre-là à ces sacrés Okies, après ça il leur en faudra. C&#39;est plein de rouges, dans ces camps du Gouvernement, il me dit. Ils tiennent des réunions extrémistes. Tout ce qu&#39;ils cherchent, c&#39;est à se faire inscrire au Secours », il me dit. Huston demanda :&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Et personne ne lui a cassé la gueule ?&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Non, y avait un petit homme qui lui a fait : « Comment ça, au Secours ? « – Je dis bien au Secours, que répond l&#39;autre. Le Secours, c&#39;est ce que nous autres contribuables on verse et ce que les sacrés Okies que vous êtes, vous touchez. « – Nous payons la taxe d&#39;État, l&#39;impôt sur l&#39;essence, sur le tabac, que fait le petit bonhomme. « Et il lui dit : « – Les fermiers touchent une prime du Gouvernement de quatre cents par livre de coton, C&#39;est pas un secours, ça ? « Et il dit : « – Les Compagnies de Navigation et de Chemins de fer touchent des subventions, c&#39;est pas des secours ? « – Ça, c&#39;est des choses qu&#39;il faut faire, répond l&#39;adjoint. « – Bon, dit le petit bonhomme, mais qui c&#39;est qui les cueillerait, vos sacrés fruits, si on n&#39;était pas là, nous autres, hein ? » Le petit homme replet jeta un regard circulaire sur son auditoire. – Qu&#39;est-ce que l&#39;adjoint a répondu ? demanda Huston. – Eh bien, il s&#39;est foutu en colère et il a dit : « Vous êtes tout le temps à vouloir tout chambarder, damnés rouges que vous êtes ! Vous allez me suivre », il dit. Alors, il a embarqué le petit bonhomme et ils lui ont collé soixante jours de prison pour vagabondage. – Ils ne pouvaient pas, du moment qu&#39;il avait du travail, s&#39;étonna Timothy Wallace. Le petit homme replet se mit à rire :&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– T&#39;as encore des illusions, fît-il. Tu sais bien qu&#39;il suffit qu&#39;un flic t&#39;ait dans le nez pour que tu sois un vagabond. Et c&#39;est pourquoi ils ne peuvent pas sentir notre camp. Les flics n&#39;ont pas le droit d&#39;y mettre les pieds. Ici, on est aux États-Unis, pas en Californie.&lt;/div&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
477&amp;nbsp;: insultes à l’école des enfants d’émigrants qui vont à l’école.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;CHAPITRE XXV (L’absurdité du libéralisme et du fonctionnement de l’agriculture industrielle)&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;EXTRAIT 8 (peut-être l’extrait le plus important), p 489-491&amp;nbsp;: ou pourquoi les agriculteurs ne peuvent pas vivre de leur travail.&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Les hommes qui travaillent dans les fermes témoins ont créé de nouvelles espèces de fruits. Des nectarines, quarante variétés de prunes, des noix à coque mince. Et sans relâche ils poursuivent leurs travaux, sélectionnent, greffent, alternent les cultures, arrachant à la terre son rendement maximum.Les cerises mûrissent les premières. Un cent et demi la livre. Merde, on ne peut pas les cueillir à ce tarif-là. Cerises noires et cerises rouges, à la chair juteuse et sucrée&amp;nbsp;; les oiseaux mangent la moitié de chaque cerise et les guêpes viennent bourdonner dans les trous faits par les oiseaux. Et les noyaux auxquels adhèrent encore des lambeaux de défroque noire, tombent à terre et se dessèchent.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Puis, c&#39;est le tour des prunes rouges de s&#39;adoucir et de prendre de la saveur.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Bon sang&amp;nbsp;; on ne peut pas les faire cueillir, sécher et soufrer.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Pas moyen de payer des salaires, aussi bas soient-ils.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Alors les prunes rouges tapissent le sol. Tout d&#39;abord la peau se ratatine un petit peu&amp;nbsp;; des myriades de mouches se précipitent à la curée et une odeur douceâtre de pourriture emplit la vallée. La chair noircit et c&#39;est toute la récolte qui se racornit. Les poires jaunissent, leur chair devient moelleuse. Cinq dollars la tonne. Cinq dollars pour quarante caisses de vingt-cinq kilos&amp;nbsp;; arbres émondés, soignés, vergers entretenus&amp;nbsp;–&amp;nbsp;cueillir le fruit, l&#39;emballer, charger les camions, livrer à la fabrique&amp;nbsp;–&amp;nbsp;quarante caisses pour cinq dollars. Nous n&#39;y arrivons pas.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Et les grosses poires jaunes se détachent et s&#39;écrasent par terre. Les guêpes creusent la chair molle et l&#39;air sent la fermentation et la pourriture.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Et finalement, les raisins.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Nous ne pouvons pas faire de bon vin. Les gens n&#39;ont pas les moyens d&#39;acheter du bon vin.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Alors on arrache les grappes, les bonnes, les mauvaises, le raisin piqué&amp;nbsp;; tout est bon pour le pressoir. Et on presse les tiges, la pourriture et la saleté.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Mais il y a de l&#39;acide formique et du mildiou dans les cuves.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Qu&#39;à cela ne tienne. Un peu de soufre et de tanin et on n&#39;y verra que du feu.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Mais l&#39;odeur de fermentation n&#39;est pas l&#39;odeur riche et généreuse du bon vin. Cela sent la décomposition et la pharmacie.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Oh&amp;nbsp;! tant pis. En tout cas, il y a de l&#39;alcool dedans. Ils pourront toujours se soûler avec.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Les petits fermiers voyaient leurs dettes augmenter, et derrière les dettes, le spectre de la faillite. Ils soignaient les arbres mais ne vendaient pas la récolte&amp;nbsp;; ils émondaient, taillaient, greffaient et ne pouvaient pas faire cueillir les fruits. Des savants s&#39;étaient attelés à la tâche, avaient travaillé à faire rendre aux arbres le maximum, et les fruits pourrissaient sur le sol, et le moût en décomposition dans les cuves empestait l&#39;air. Goûtez seulement le vin&amp;nbsp;–&amp;nbsp;on n&#39;y perçoit pas la saveur du raisin, mais seulement le tanin, le soufre et l&#39;alcool. L&#39;année prochaine, ce petit verger sera absorbé par une grande Compagnie, car le fermier, étranglé par ses dettes, aura dû abandonner.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Ce vignoble appartiendra à la Banque. Seuls les grands propriétaires peuvent survivre, car ils possèdent en même temps les fabriques de conserves. Et quatre poires épluchées, coupées en deux, cuites et emboîtées, coûtent toujours quinze cents. Et les poires en conserve ne se gâtent pas. Elles se garderont des années.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
La décomposition envahit toute la Californie, et l&#39;odeur douceâtre est un grand malheur pour le pays. Des hommes capables de réussir des greffes, d&#39;améliorer les produits, sont incapables de trouver un moyen pour que les affamés puissent en manger. Les hommes qui ont donné de nouveaux fruits au monde sont incapables de créer un système grâce auquel ces fruits pourront être mangés. Et cet échec plane comme une catastrophe sur le pays.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Le travail de l&#39;homme et de la nature, le produit des ceps, des arbres, doit être détruit pour que se maintiennent les cours, et c&#39;est là une abomination qui dépasse toutes les autres. Des chargements d&#39;oranges jetés n&#39;importe où. Les gens viennent de loin pour en prendre, mais cela ne se peut&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
pas. Pourquoi achèteraient-ils des oranges à vingt cents la douzaine, s&#39;il leur suffit de prendre leur voiture et d&#39;aller en ramasser pour rien&amp;nbsp;? Alors des hommes armés de lances d&#39;arrosage aspergent de pétrole les tas d&#39;oranges, et ces hommes sont furieux d&#39;avoir à commettre ce crime et leur colère se tourne contre les gens qui sont venus pour ramasser les oranges. Un million d&#39;affamés ont besoin de fruits, et on arrose de pétrole les montagnes dorées.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Et l&#39;odeur de pourriture envahit la contrée On brûle du café dans les chaudières. On brûle le maïs pour se chauffer&amp;nbsp;–&amp;nbsp;le maïs fait du bon feu. On jette lespommes de terre à la rivière et on poste des gardes sur les rives pour interdire aux malheureux de les repêcher. On saigne les cochons et on les enterre, et la pourriture s&#39;infiltre dans le sol.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Il y a là un crime si monstrueux qu&#39;il dépasse l&#39;entendement.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Il y a là une souffrance telle qu&#39;elle ne saurait être symbolisée par les larmes. Il y a là une faillite si retentissante qu&#39;elle annihile toutes les réussites antérieures. Un sol fertile, des files interminables d&#39;arbres aux troncs robustes, et des fruits mûrs. Et les enfants atteints de pellagre doivent mourir parce que chaque orange doit rapporter un bénéfice. Et les coroners inscrivent sur les constats de décès&amp;nbsp;: mort due à la sous-nutrition&amp;nbsp;–&amp;nbsp;et tout cela parce que la nourriture pourrit, parce qu&#39;il faut la forcer à pourrir.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Les gens s&#39;en viennent armés d&#39;épuisettes pour pêcher les pommes de terre dans la rivière, et les gardes les repoussent&amp;nbsp;; ils s&#39;amènent dans leurs vieilles guimbardes pour tâcher de ramasser quelques oranges, mais on les a arrosées de pétrole. Alors ils restent plantés là et regardent flotter les pommes de terre au fil du courant&amp;nbsp;; ils écoutent les hurlements des porcs qu&#39;on saigne dans un fossé et qu&#39;on recouvre de chaux vive, regardent les montagnes d&#39;oranges peu à peu se transformer en bouillie fétide&amp;nbsp;; et la consternation se lit dans les regards, et la colère commence à luire dans les yeux de ceux qui ont faim. Dans l&#39;âme des gens, les raisins de la colère se gonflent et mûrissent, annonçant les vendanges prochaines&amp;nbsp;», p. 492.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;CHAPITRE XXVI&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
p.536&amp;nbsp;: Retrouvailles avec Casy.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;EXTRAIT 9&amp;nbsp;: à propos des casseurs de grève, de la page 540 à 541.&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
«&amp;nbsp;- Vous voyez&amp;nbsp;? Q&lt;strong&gt;u’est-ce que je vous disais&amp;nbsp;? Les flics causent plus de grabuge qu’ils n’en empêchent. Ecoute, Tom. Tu vas voir tous ces gens-là. Eh bien, essaie de les amener à se mettre avec nous.&amp;nbsp;&lt;/strong&gt;Ça peut-être fait en quarante-huit heures. Ces pêches sont mûres. Dis-leur.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
-&amp;nbsp;Ils refuseront, dit Tom. Ils touchent cinq cents et se foutent pas mal du reste.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
-&amp;nbsp;&lt;strong&gt;Mais dès qu’ils cesseront d’être des briseurs de grève, ils pourront toujours se fouiller pour avoir cinq cents.&amp;nbsp;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
- J’crois pas qu’ils avaleront ça. Ils touchent leurs cinq cents. C’est tout ce qui les intéresse.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
- Mais dis-leur quand même.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
- Je sais que Pa ne le ferait pas, dit Tom. Je le connais. Il me répondrait que c’est pas ses oignons.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
- Oui, concéda Casy, désolé. J’crois bien que t’as raison.&amp;nbsp;&lt;strong&gt;Tant qu’il n’aura pas pris un bon coup sur la tête, il ne se rendra pas compte.&amp;nbsp;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– On n&#39;avait plus rien à manger, dit Tom. Ce soir, on a&amp;nbsp;eu de la viande. Guère, mais enfin, on en a eu. Croyez que&amp;nbsp;Pa va lâcher son bout de viande pour faire plaisir aux autres ?&amp;nbsp;Et Rosasharn a besoin de lait. Croyez que Man va risquer&amp;nbsp;que le bébé n&#39;ait pas sa suffisance, à cause qu&#39;une bande de&amp;nbsp;types font du raffut devant une barrière ?&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;strong&gt;- S’ils pouvaient seulement ouvrir les yeux, dit tristement Casy. S’ils pouvaient comprendre que le seul moyen de défendre leur biftek...Oh&amp;nbsp;! Et puis au diable tout ça&amp;nbsp;! Par moment, j’en ai marre. Terriblement marre. Je connaissais un type.&amp;nbsp;&lt;/strong&gt;S&#39;était fait coffrer pendant que j&#39;étais en taule. Pour avoir essayé de former un syndicat. Il avait réussi à le mettre sur pied. A ce moment-là, les «&amp;nbsp;vigiles&amp;nbsp;» s&#39;étaient amenés et avaient tout bousillé. Et tu sais quoi&amp;nbsp;? Les gens pour qui il avait fait ça, qu&#39;il avait voulu aider, eh ben, ils l&#39;ont foutu&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
dehors. Voulaient plus rien avoir à faire avec lui. Peur d&#39;êt&#39; vus en sa compagnie. «&amp;nbsp;Fous le camp, qu&#39;ils lui disaient. T&#39;es bon qu&#39;à nous attirer des histoires.&amp;nbsp;» Ça lui avait salement atteint le moral, tu peux être sûr. Mais, malgré tout, il disait&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;C&#39;est moins grave quand on sait d&#39;où ça vient. Prends la Révolution française, qu&#39;il disait&amp;nbsp;–&amp;nbsp;tous les gars qui l&#39;avaient déclenchée, on leur a coupé le cou. C&#39;est toujours comme ça, il disait. Aussi naturel que la pluie qui tombe. D&#39;accord, on ne le fait pas pour son plaisir. On le fait parce que quelque chose vous y pousse. Parce que c&#39;est en vous. Prends Washington, par exemple, il disait. Il s&#39;est battu pour la Révolution et après ça, ces enfants de salauds se sont retournés contre lui. Lincoln pareil. C&#39;est les mêmes qui&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
veulent leur peau. Tout aussi naturel que la pluie qui tombe.&amp;nbsp;»&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;Je ne trouve pas ça drôle du tout, fit Tom.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;Ça ne l&#39;est pas. Il me disait, le gars en question&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;L&#39;important, c&#39;est de faire son possible.&amp;nbsp;» Et, aussi, il disait&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;La seule chose qu&#39;il faut voir, c&#39;est que chaque fois qu&#39;il y a un pas de fait en avant, il se peut que ça recule un brin, mais jamais d&#39;autant. C&#39;est facile à prouver, qu&#39;il disait, et c&#39;est ce qui montre que ça rime à quelque chose. Ça montre qu&#39;il n&#39;y a rien de gaspillé, en fin de compte, malgré que des fois on pourrait croire le contraire.&amp;nbsp;»&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;Il cause, dit Tom, et il cause. Prenez mon frère Al, par exemple, il est allé courir la fille. Il se fout du reste. D&#39;ici deux-trois jours, il en aura trouvé une. L&#39;a que ça en tête. Il y pense toute la journée et le fait toute la nuit. Les pas en avant ou les pas en arrière ou les pas de côté, qu&#39;est-ce que vous voulez que ça lui foute, à lui&amp;nbsp;?&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;Bien sûr, dit Casy. Bien sûr.&amp;nbsp;», p. 540-541.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;CHAPITRE XXVII (Le dur labeur de la récolte du coton).&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
ON DEMANDE DES JOURNALIERS&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
POUR LA RECOLTE DU COTON&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;
⇒ Ces mots pourraient être le refrain d’une chanson électro. //&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;Ce chapitre ressemble énormément au passage de la récolte du caoutchouc en Afrique subsaharienne par Céline en 1932.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;CHAPITRE XXVIII&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Prévisible&amp;nbsp;: Ruthie, qui n’est qu’une enfant a tout dit sur son frère par vantardise parce qu’elle se faisait battre par une autre petite fille qui voulait lui prendre ses biscuits que ses parents n’auraient dû lui acheter. C’était prévisible (on le sent comme un mauvais pressentiment dès que les parents acceptent de lui céder pour les biscuits) mais ça énerve énormément quand même&amp;nbsp;: il n’y a que la mère qui réagit bien et intelligemment.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;À propos de la force des femmes : p. 595-596.&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Je sais, dit tranquillement Pa. Je ne suis plus bon à grand-chose. Je passe tout mon temps à penser au temps jadis. Je passe tout mon temps à penser à notre maison et à me dire que je ne la reverrai plus jamais.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Le pays est plus joli... la terre est meilleure, par ici, dit Man.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– J&#39; sais bien. Je ne la vois même pas ; j&#39; suis toujours à penser que le peuplier doit êt&#39; en train de perd&#39; ses feuilles… ou bien des fois à me dire que j&#39; devrais bien boucher le trou de la haie, derrière la maison. C&#39;est drôle ! La femme prend le commandement de la famille. La femme dit : « On fera ci, on ira là. » Et ça ne me touche même plus.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Une femme, ça se fait plus vite aux changements qu&#39;un homme, dit Man pour le consoler. Une femme, toute sa vie est dans ses bras. Chez l&#39;homme, c&#39;est tout dans sa tête. Ne te fais donc pas de tourments. Peut-êt&#39;... enfin peut-êt&#39;... que nous aurons un chez-nous l&#39;année qui vient.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Pour le moment, nous n&#39;avons rien, dit Pa. Et nous n&#39;aurons plus rien d&#39;ici longtemps... pas de travail, pas de récoltes. Qu&#39;est-ce que nous ferons ? Comment nous débrouillerons-nous pour manger ? Et n&#39;oublie pas aussi que Rosasharn ne va pas tarder à accoucher. Ça en vient au point que je n&#39;ose même plus penser. C&#39;est pour ça que je fouille dans les histoires du temps passé, c&#39;est pour m&#39;empêcher de penser. J&#39;ai idée que not&#39; vie est finie et bien finie.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Tu te trompes, dit Man avec un sourire. Elle n&#39;est pas finie, Pa. Et ça c&#39;est encore une chose que les femmes&amp;nbsp;savent. Je l&#39;ai remarqué. Chez l&#39;homme, tout marche par sauts – un enfant vient au monde, un homme meurt, ça fait un saut. Il prend une ferme, il perd sa femme, un autre saut. Chez la femme, ça coule comme une rivière, avec des petits remous, des petites cascades, mais la rivière, elle coule sans jamais s&#39;arrêter. C&#39;est comme ça que la femme voit les choses. Nous ne mourrons pas, n&#39;aie crainte, Pa. Les nôtres continueront à vivre – possib&#39; qu&#39;ils changent un petit peu – mais ils continueront sans se laisser arrêter.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Comment peux-tu le savoir ? demanda l&#39;oncle John.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Qu&#39;est-ce qui empêcherait que tout s&#39;arrête tout d&#39;un coup, que tout le monde en ait assez et se couche tout simplement ? Man réfléchit. Elle frotta le dos luisant de ses mains l&#39;un contre l&#39;autre, et croisa ses doigts.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Difficile à dire, répondit-elle. Tout ce que nous faisons – à mon idée, c&#39;est toujours dans le sens de la vie.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
C&#39;est comme ça que je vois les choses. Même la faim, même la maladie ; y en a qui meurent, mais les autres n&#39;en sont que plus résistants. Faut simplement essayer de vivre jusqu&#39;au lendemain, passer seulement la journée. L&#39;oncle John dit :&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Si seulement elle n&#39;était pas morte, cette fois-là.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– Vis donc dans le présent. Passe la journée d&#39;aujourd&#39;hui. Ne te tourmente pas.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
p. 588 Tom se souvient des paroles de Casy l’ancien pasteur et les répète à sa mère &amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Disait que le désert et la solitude, ça ne rimait à rien, à cause de ce petit bout d’âme c’était zéro s’il ne faisait pas partie du reste, s’il ne formait pas un tout&amp;nbsp;».&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
«&amp;nbsp;Deux valent mieux qu’un, car ils sont mieux payés de leurs peines. Car s’ils tombent, l’un aidera l’autre à se relever. Mais malheur à qui est seul. S’il tombe, il n’a personne pour le relever&amp;nbsp;», p. 588-589.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
«&amp;nbsp;Si deux sont couchés côte à côte, ils se réchauffent mais comment se réchauffer lorsqu’on est seul&amp;nbsp;?&amp;nbsp;», p. 589.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
«&amp;nbsp;Et c’est dans les Saintes Ecritures&amp;nbsp;?&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
- C’est ce que disait Casy. Il appelait ça «&amp;nbsp;Le Prédicateur&amp;nbsp;».&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
p. 590 PASSAGE TROP BEAU, le plus beau du livre.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
«&amp;nbsp; - Comment que j’aurais de tes nouvelles&amp;nbsp;? Ils pourraient te tuer que j’en saurais rien. Il pourrait t’arriver du mal. Comment que je le saurais.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Tom eut un rire gêné&amp;nbsp;:&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;strong&gt;&amp;nbsp;- Ben, peut- êt’ que, comme disait Casy, un homme n’a pas d’âme en soi tout seul, mais seulement un morceau de l’âme unique&amp;nbsp;; à ce moment-là… […] A ce moment-là, ça n’a plus d’importance. Je serai toujours là, partout, dans l’ombre. Partout où tu porteras les yeux. Partout où y aura une bagarre pour que les gens puissent avoir à manger, je serai là. Partout où y aura un flic en train de passer un type à tabac, je serai là. Si c’est comme Casy le sentait, eh ben dans les cris des gens qui se mettent en colère parce qu’ils n’ont rien dans le ventre, je serai là, et dans les rires des mioches qu’ont faim et qui savent que la soupe les attend, je serai là. Et quand les nôtres auront sur leurs tables ce qu’ils auront planté et récolté, quand ils habiteront dans les maisons qu’ils auront construites… eh ben, je serais là. Comprends-tu&amp;nbsp;?&amp;nbsp;(…) »&lt;/strong&gt;, p. 591.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
Rappel : ce discours fait écho à celui de Casy au chapitre IV ⇒ Le concept d&#39;« Âme-Supérieure » vient de l’essai &lt;b&gt;« The Over-Soul » du penseur américain Ralph Waldo Emerson, publié en 1841&lt;/b&gt;.&lt;br /&gt;
&lt;div&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;Lecture achevée le mardi 31 décembre 2019.&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Si vous avez pu profiter de mon travail personnel de sélection, merci de me dire un pt&#39;it mot, ça me ferait très plaisir !!!&lt;br /&gt;
K@m.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;EN BONUS :&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;
&lt;b&gt;1) &quot;Tom Joad&quot; de Woody Guthrie, 1940.&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div class=&quot;separator&quot; style=&quot;clear: both; text-align: center;&quot;&gt;
&lt;iframe allowfullscreen=&quot;&quot; class=&quot;YOUTUBE-iframe-video&quot; data-thumbnail-src=&quot;https://i.ytimg.com/vi/WKWGAGPy_kw/0.jpg&quot; frameborder=&quot;0&quot; height=&quot;266&quot; src=&quot;https://www.youtube.com/embed/WKWGAGPy_kw?feature=player_embedded&quot; width=&quot;320&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;
&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div class=&quot;separator&quot; style=&quot;clear: both; text-align: center;&quot;&gt;
&lt;iframe allowfullscreen=&quot;&quot; class=&quot;YOUTUBE-iframe-video&quot; data-thumbnail-src=&quot;https://i.ytimg.com/vi/uMZ04AlFMk0/0.jpg&quot; frameborder=&quot;0&quot; height=&quot;266&quot; src=&quot;https://www.youtube.com/embed/uMZ04AlFMk0?feature=player_embedded&quot; width=&quot;320&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&quot;John Steinbeck n’en est pas revenu. « J’ai mis des mois à écrire ce bouquin [Les Raisins de la colère], et voilà qu’un enfant de salaud raconte cette histoire en 17 couplets ! » ce qu’il ne savait pas, c’est que &lt;a href=&quot;http://www.folkpolitik.one/?s=Woody+Guthrie&quot;&gt;Woody Guthrie&lt;/a&gt; avait écrit sa chanson en une nuit&quot;.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;Source&lt;/b&gt; : &lt;a href=&quot;http://www.folkpolitik.one/?p=1766&quot;&gt;http://www.folkpolitik.one/?p=1766&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;2) &quot;The Ghost of Tom Joad&quot; de Bruce Springteen, 1995.&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div class=&quot;separator&quot; style=&quot;clear: both; text-align: center;&quot;&gt;
&lt;iframe allowfullscreen=&quot;&quot; class=&quot;YOUTUBE-iframe-video&quot; data-thumbnail-src=&quot;https://i.ytimg.com/vi/qi0kWe2ixzU/0.jpg&quot; frameborder=&quot;0&quot; height=&quot;266&quot; src=&quot;https://www.youtube.com/embed/qi0kWe2ixzU?feature=player_embedded&quot; width=&quot;320&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;
&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div class=&quot;separator&quot; style=&quot;clear: both; text-align: center;&quot;&gt;
&lt;iframe allowfullscreen=&quot;&quot; class=&quot;YOUTUBE-iframe-video&quot; data-thumbnail-src=&quot;https://i.ytimg.com/vi/B-c6GphpAeY/0.jpg&quot; frameborder=&quot;0&quot; height=&quot;266&quot; src=&quot;https://www.youtube.com/embed/B-c6GphpAeY?feature=player_embedded&quot; width=&quot;320&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;br /&gt;
Springteen a eu la très bonne idée de faire du plus beau passage du livre un couplet : &lt;br /&gt;
Now Tom said &quot;Mom, wherever there&#39;s a cop beatin&#39; a guy&amp;nbsp; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
Wherever a hungry newborn baby cries&amp;nbsp; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
Where there&#39;s a fight &#39;gainst the blood and hatred in the air&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
Look for me Mom I&#39;ll be there&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
Wherever there&#39;s somebody fightin&#39; for a place to stand&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
Or decent job or a helpin&#39; hand&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
Wherever somebody&#39;s strugglin&#39; to be free&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
Look in their eyes Mom you&#39;ll see me.&quot;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;3) LES OCCURRENCES DU MOT «&amp;nbsp;PORC&amp;nbsp;» DANS LES RAISINS DE LA COLÈRE.&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Je n’ai jamais lu autant le mot «&amp;nbsp;porc&amp;nbsp;» de toute ma vie dans un livre. Tous les matins, la maman fait frire de la pâte et fait une sauce au saindoux pour tremper les beignets de pâte dedans. Une fois, elle achète du steak haché et encore, parce qu’elle est obligée parce qu’ils n’ont pas assez d’argent à cause des pêches qui ne rapportent pas et une autre fois, du «&amp;nbsp;pot-au-feu&amp;nbsp;» parce qu’ils ont plus d’argent grâce au coton.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Les côtes de porc (aux oignons) avec des frites&amp;nbsp;constituent le plat préféré de la famille Joad. Le porc salé est une nécessité de conservation pour le transport et ils le font frire à la poêle.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
J’aurais pu faire la recherche du mot «&amp;nbsp;saindoux&amp;nbsp;» et «&amp;nbsp;lard&amp;nbsp;» également mais ça donne moins faim.:)&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Le numéro des pages ne correspond pas à celles du livre utilisé pour le travail précédent publié en version papier par Gallimard en juillet 2012&amp;nbsp;: il s’agit de la version numérisée&amp;nbsp;réalisée en mai 2012 par Gallimard.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
p. 44&amp;nbsp;: X 2 occurrences, dont&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Pa dit&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;John, tu vas manger tout ce sacré cochon&amp;nbsp;?&amp;nbsp;» Et il répond&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;J&#39;en ai bien l&#39;intention, Tom, mais j&#39;ai peur qu&#39;il ne s&#39;en perde avant que j&#39;aie fini, malgré que j&#39;aie bougrement faim de porc. Tu ferais peut-être aussi bien de t&#39;en prendre une assiettée et de me rendre deux rouleaux de fil de fer.&amp;nbsp;» +&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
«&amp;nbsp;–&amp;nbsp;J&#39; sais pas, dit Joad. Une envie de cochon qui lui a pris. Ça me donne faim rien que d&#39;y penser. J&#39;ai eu tout juste quatre tranches de rôti de porc en quatre ans... une tranche à chaque Noël&amp;nbsp;».&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
p. 102&amp;nbsp;: 1 «&amp;nbsp;porc salé dans la poêle&amp;nbsp;».&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
p.103&amp;nbsp;: X 2 occurrences, dont&amp;nbsp;:&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
«&amp;nbsp;Une odeur de saule brûlé flottait dans l&#39;air, et, comme les trois hommes approchaient de la porte, l&#39;odeur de porc, l&#39;odeur de pain chaud et l&#39;odeur pénétrante de café bouillant dans le pot les accueillirent. Pa s&#39;avança sur le pas de la porte ouverte, et s&#39;y arrêta, bloquant l&#39;entrée de son corps trapu. Il dit&amp;nbsp;:&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;Man, y a deux gars qui viennent d&#39;arriver par la route et ils se demandent si on pourrait leur donner un morceau&amp;nbsp;».&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
p. 105&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Elle ramassa la fourchette, peigna la graisse bouillante et y pêcha une volute croustillante de porc&amp;nbsp;».&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
p. 111&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Il se fraya un passage, s&#39;assit, se servit une platée de porc et deux gros pains et arrosa le tout de sauce épaisse&amp;nbsp;».&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
p. 143&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Quand elle souleva le couvercle du grand pot, l&#39;odeur de porc bouilli et de feuilles de betteraves sortit en bouffées par la porte&amp;nbsp;».&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
p. 145&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;porcs abattus&amp;nbsp;».&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
p. 146&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;on salera ce porc&amp;nbsp;»&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
p. 148 «&amp;nbsp;Man et Noah s&#39;affairaient autour des carcasses et l&#39;odeur d&#39;os de porc grillés sortait du fourneau&amp;nbsp;».&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
p. 149&amp;nbsp;: X 2 occurrences «&amp;nbsp;–&amp;nbsp;Ça sera bon d&#39;avoir des os de porc au petit déjeuner&amp;nbsp;» et&amp;nbsp;:&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
«&amp;nbsp;–&amp;nbsp;C&#39;est du travail de femme, finit-elle par dire.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;Travail de femme ou autre, c&#39;est tout un, répliqua le pasteur. Y a trop à faire pour s&#39;occuper de savoir ce qui est du travail de femme ou du travail d&#39;homme. Vous avez de quoi faire ailleurs. Laissez-moi saler cette viande. Elle le dévisagea encore un moment, puis elle versa de l&#39;eau d&#39;un seau dans la cuvette en fer et elle se lava les mains.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Le pasteur prit les morceaux de porc et les saupoudra de sel tandis qu&#39;elle l&#39;observait. Et il les déposa dans les saloirs comme elle l&#39;avait fait. Elle ne s&#39;estima satisfaite que lorsqu&#39;il eut fini une couche et l&#39;eut recouverte de sel.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
p. 152&amp;nbsp;: X 2 occurrences avec «&amp;nbsp;barils de porc prêts&amp;nbsp;» et «&amp;nbsp;Mais les adultes restèrent près de la porte, frissonnant un peu et rongeant le porc croustillant&amp;nbsp;».&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
p. 153&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;côte de porc&amp;nbsp;»&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
p. 155&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;les os de porc&amp;nbsp;»&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
p. 156&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;–&amp;nbsp;On est bien libre de dire ce qu&#39;on veut faire, il m&#39; semble. Eh, qui c&#39;est qui mange des côtes de porc&amp;nbsp;? Dit Grand-père.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;On a tous mangé, dit Tom. Man te prépare du café et un peu de cochon&amp;nbsp;».&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
p. 171&amp;nbsp;: Man dit «&amp;nbsp;(…) Si je me mets à suivre toutes les routes possibles, y en aurait trop. Toi tu peux vivre dans l&#39;avenir, parce que tu es si jeune, mais nous, moi, il y a la route qui défile, et on est dessus, et c&#39;est tout. Et la seule chose qui compte, c&#39;est à quel moment au juste ils vont me demander des os de porc à manger. (Sa figure se durcit.) C&#39;est tout ce que je peux faire. J&#39; peux pas faire plus. Si j&#39; faisais plus que ça, les autres en seraient tout retournés. Ils se fient tous à moi pour que justement je ne pense pas plus loin que ça.&amp;nbsp;»&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
p. 183&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Il y avait longtemps que Man n&#39;avait rien dit&amp;nbsp;: –&amp;nbsp;On ferait peut-être mieux de trouver un coin avant le coucher du soleil, fit-elle. Faut que je fasse bouillir un peu de porc et que je fasse du pain. Ça prend du temps&amp;nbsp;».&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
p. 201&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Quand le porc et les pommes de terre furent cuits, les deux familles s&#39;assirent par terre et se mirent à manger, et ils étaient silencieux, les yeux fixés sur le feu&amp;nbsp;».&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
p. 212&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;rôti de porc gris&amp;nbsp;»&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
p. 255&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;porc bouilli&amp;nbsp;»&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
p. 275 «&amp;nbsp;Les femmes s&#39;affairaient autour du feu, se hâtant de distribuer la nourriture aux estomacs vides, du porc si l&#39;argent abondait, du porc, des pommes de terre et des oignons&amp;nbsp;».&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
p. 305&amp;nbsp;: 2 occurrences «&amp;nbsp;porc salé&amp;nbsp;» + «&amp;nbsp;porc salé et pommes de terre&amp;nbsp;»&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
p. 306&amp;nbsp;: 1 occurrence.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
p. 457&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Vas-y, vas-y. Bien sûr que j&#39; veux savoir la suite, mais si j&#39;étais riche, moi si j&#39;étais riche, je me paierais une cargaison de côtelettes de porc&amp;nbsp;; je m&#39;en ferais une ceinture, un collier, et j&#39; te boufferais ça, et quand y en aurait plus je recommencerais. Vas-y je t&#39;écoute&amp;nbsp;».&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
p.490&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;hurlements des porcs&amp;nbsp;»&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
p. 513 «&amp;nbsp;il ressemblait à un porc&amp;nbsp;» (seule fois où ne fait pas référence à la viande)&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
p. 575&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Et Man allait au comptoir de boucherie, l&#39;index sur les lèvres, soufflant sur son doigt d&#39;un air profondément absorbé. –&amp;nbsp;On pourrait prendre des côtelettes de porc. Combien c&#39;est&amp;nbsp;?&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;Trente cents la livre, m&#39;dame.&amp;nbsp;»&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
p.577&amp;nbsp;: &amp;nbsp;«&amp;nbsp;Tu as préparé les pommes de terre&amp;nbsp;?&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;Elles sont là, tout épluchées.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;On va les mettre à frire, dit Man. J&#39;ai des côtes de porc. Coupez les pommes de terre en tranches dans la poêle neuve. Avec un peu d&#39;oignon&amp;nbsp;».&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
p. 578&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Des côtes de porc, à ce que je vois&amp;nbsp;? Winfield se coula dans la pièce.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;Man&amp;nbsp;!&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;Tais-toi une minute. Oui, mes hommes raffolent des côtes de porc.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;Moi, je fais du lard grillé, dit Mme Wainwright. Vous sentez&amp;nbsp;?&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;Non... Je sens rien avec ces pommes de terre aux oignons.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
p. 581&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Man disposait deux côtes de porc et des frites sur une assiette de fer-blanc.&amp;nbsp;»&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
p. 584&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Elle l&#39;entendit déballer l&#39;assiette de fer-blanc.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;Des côtes de porc, dit-elle. Et des frites.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–&amp;nbsp;Dieu Tout-Puissant&amp;nbsp;! Encore toutes chaudes&amp;nbsp;! »&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
p. 598&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Man coupa des tranches de porc salé qu&#39;elle mit à frire dans la seconde poêle&amp;nbsp;».&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Dans mon futur bar-restau-librairie «&amp;nbsp;Chez Cam&amp;nbsp;», il y aura parfois en plat du jour «&amp;nbsp;Les raisins de la Colère&amp;nbsp;»&amp;nbsp;: Côte de porc, frites ou pommes de terre bouillies au choix, sauce aux oignons, salade de betterave et petits pains au saindoux et de façon régulière, «&amp;nbsp;Le Steinbeck&amp;nbsp;»&amp;nbsp;: un sandwich à la poitrine de porc grillée ou de la poitrine salée, au choix, avec des oignons grillés, des haricots rouges et du persil ou de la coriandre au choix, histoire de l’agrémenter.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Recette du petit-déjeuner chez les Joad, p. 423&amp;nbsp;:&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
«&amp;nbsp;Le saindoux grésillait dans la poêle et lorsque Man y versa la bouillie de maïs, la graisse pétilla furieusement. Dans une casserole à part, elle fit un mélange de graisse et de farine, y ajouta de l&#39;eau et du sel, et touilla la sauce Le café commençait à bouillir dans le bidon de tôle, répandant une fumée odorante&amp;nbsp;».&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 16px; margin-bottom: 0in;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/feeds/4312223299966160857/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/2019/12/les-raisins-de-la-colere-john-steinbeck.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3029239831143446776/posts/default/4312223299966160857'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3029239831143446776/posts/default/4312223299966160857'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/2019/12/les-raisins-de-la-colere-john-steinbeck.html' title='LES RAISINS DE LA COLERE, JOHN STEINBECK, 1939, ETATS-UNIS.'/><author><name>Selbstdenken</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09200151202439051685</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" url="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjgJyBndjLPFd-TEostDXW3Qr1idphTFjr332EY6qm4cX3L5HUa5i1a_DWt0r_sPUnIq3K3DCtSPa4T2IOIzCtRajTyGQI_MSuy4lYJmfUAR0UC55g4svRdhtPADGR1og-CZANdMgfZRv13/s72-c/Unknown.jpeg" height="72" width="72"/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3029239831143446776.post-2814305396170938747</id><published>2019-12-25T02:08:00.001+01:00</published><updated>2020-02-18T04:04:40.830+01:00</updated><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="Commandement 3 : Tu liras des romans classiques (français et étrangers)."/><title type='text'>RAISINS DE LA COLERE DE STEINBECK : POURQUOI LA MERE BRULE DES BIJOUX AU CHAPITRE 10 ?</title><content type='html'>&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;Au chapitre X, p. 152-153, Editions Gallimard,&lt;/b&gt; la mère au moment des préparatifs pour le départ, tombe sur une boîte de souvenirs : des lettres, des photos et des bijoux dont un bouton de manchette en or. &quot;Elle prit la bague, la breloque, les boucles d&#39;oreille, fouilla dans le fond de la boîte et trouva un bouton de manchette en or&quot;. Elle rassemble ces bijoux &amp;nbsp;soigneusement dans une enveloppe et la met dans la boîte qu&#39;elle brûle. &lt;b&gt;Quand on sait qu&#39;ils n&#39;ont obtenu que 18 dollars en vendant toutes leurs affaires dans le même chapitre et qu&#39;ils en sont eux-mêmes blessés et énervés, c&#39;est un peu choquant, voire rageant.&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Alors oui, bien sûr, on a compris qu&#39;il fallait &quot;moving forward&quot; et faire fi du passé, se passer de sentimentalisme et de nostalgie mais tout de même : brûler ces bijoux dont ce bouton de manchette en or n&#39;a pas de sens SAUF SI l&#39;or n&#39;avait aucune valeur à l&#39;époque or on associe les Etats-Unis à la ruée vers l&#39;or pour quelques pépites et ce minerai reste l&#39;unité de mesure de l&#39;argent matériel d&#39;une banque de nos jours. Enfin, les bijoux, hormis &quot;la breloque&quot; restent des bijoux : ils ont une valeur matérielle.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
La question que je me pose est à moitié rhétorique, évidemment.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Je comprends qu&#39;il vaut mieux les détruire que d&#39;en tirer profit, que ce serait souiller les souvenirs et mépriser soi-même.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Néanmoins, si on veut vraiment ne plus attribuer de valeur sentimentale à ces bijoux, pourquoi ne pas les réduire à leur pure valeur matérielle, précisément ?&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Parce que ce serait insulter les souvenirs ?&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Parce que les détruire est une forme de respect.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Je pense à la bague en or blanc du Louvre qu&#39;Aurélien m&#39;a offerte &quot;juste pour te dire je t&#39;aime&quot; et qui est le plus beau cadeau d&#39;amour qu&#39;on m&#39;ait jamais fait de ma vie tant il était symbolique (poisson de l&#39;Antiquité, signe des Chrétiens entre eux durant les persécutions, Aurélien était poissons et historien) et gratuit.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
La bijouterie Arthus Bertrand de Saint-Germain-des-Prés avait déjà eu la gentillesse de me la refaire à ma taille mais elle s&#39;est cassée car trop fine.&lt;/div&gt;
Je l&#39;ai portée pendant des années pour me donner du courage à vivre.&lt;br /&gt;
Une fois cassée, j&#39;ai compris qu&#39;il fallait tourner la page. Faire le deuil, vraiment.&lt;br /&gt;
Espérer un amour nouveau, sans la force inspirée par le souvenir de l&#39;ancien.&lt;br /&gt;
Mais aujourd&#39;hui encore, 12 ans après, je me demande si je n&#39;ai pas besoin de réparer cette bague de nouveau pour me donner le courage de vivre de nouveau. Je n&#39;aurai aimé avec toute la puissance de mon innocence et de ma foi démesurée en la vie que deux fois. DEUX FOIS. Jamais de façon plus innocente que la première et jamais aussi profondément que la deuxième.&lt;br /&gt;
Aujourd&#39;hui, à quarante ans, ce n&#39;est mathématiquement plus possible si l&#39;on considère que la somme d&#39;expérience me condamne à une extra lucidité et un esprit critique antithétiques avec l&#39;innocence et la foi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bref. J&#39;ai trouvé ma question en anglais dont je me contente de faire le copié-collé (il faut payer pour en savoir plus, cela ne m&#39;intéresse pas). Rien en français.&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
In the &quot;Grapes of Wrath&quot; what does Ma&#39;s burning of the old stationary box illustrate? (déjà l&#39;évocation des bijoux n&#39;est pas dans la question).&lt;br /&gt;
Expert Answers info&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;https://www.enotes.com/people/luannw&quot;&gt;LUANNW &lt;img src=&quot;https://static.enotescdn.net/images/core/educator-indicator_thumb.png&quot; /&gt; &lt;/a&gt;| CERTIFIED EDUCATOR&lt;br /&gt;
In &lt;a href=&quot;https://www.enotes.com/topics/grapes-of-wrath/chapter-summaries/chapters-7-11-summary-analysis?en_action=hh_answer_body_click&amp;amp;en_label=%2Fhomework-help%2Fgrapes-wrath-what-does-ma-s-burning-old-28517%23answer-39113&amp;amp;en_category=internal_campaign&quot;&gt;chapter 9&lt;/a&gt;, one of the interchapters, the narration asks: &quot;  How can we live without our lives?  How will we know it&#39;s us without our past? No. Leave it. Burn it.&quot;  Then in the next chapter, before the family sets off on the trip to California, &lt;a href=&quot;https://www.enotes.com/topics/grapes-of-wrath/characters/ma-joad?en_action=hh_answer_body_click&amp;amp;en_label=%2Fhomework-help%2Fgrapes-wrath-what-does-ma-s-burning-old-28517%23answer-39113&amp;amp;en_category=internal_campaign&quot;&gt;Ma&lt;/a&gt; goes through things one last time and goes through the old box of stationery that also held some possessions such as clippings, photos, earrings, etc.  She lovingly went through the box, choosing just a few tiny items,...&lt;br /&gt;
(The entire section contains 254 words.)&lt;br /&gt;
&lt;div&gt;
&lt;br /&gt;
Source : &lt;a href=&quot;https://www.enotes.com/homework-help/grapes-wrath-what-does-ma-s-burning-old-28517&quot;&gt;https://www.enotes.com/homework-help/grapes-wrath-what-does-ma-s-burning-old-28517&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/feeds/2814305396170938747/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/2019/12/raisins-de-la-colere-pourquoi-la-mere.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3029239831143446776/posts/default/2814305396170938747'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3029239831143446776/posts/default/2814305396170938747'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/2019/12/raisins-de-la-colere-pourquoi-la-mere.html' title='RAISINS DE LA COLERE DE STEINBECK : POURQUOI LA MERE BRULE DES BIJOUX AU CHAPITRE 10 ?'/><author><name>Selbstdenken</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09200151202439051685</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3029239831143446776.post-6735117948246903115</id><published>2019-12-02T23:00:00.005+01:00</published><updated>2020-02-18T04:04:42.036+01:00</updated><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="Commandement 3 : Tu liras des romans classiques (français et étrangers)."/><title type='text'>&quot;ONCE UPON A TIME&quot;/&quot;Il était une fois&quot; de Nadine Gordimer, Afrique du Sud, Prix Nobel 1991.</title><content type='html'>Un ou une prof d&#39;anglais génial(e) m&#39;a fait découvrir cette nouvelle de Nadine Gordimer, je n&#39;arrive pas à me souvenir de qui il s&#39;agissait, c&#39;est très énervant. Bref.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette nouvelle traite de l&#39;apartheid en Afrique du Sud, a l&#39;avantage d&#39;être brève et très facile à comprendre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1) La nouvelle intégrale en anglais ici (avec quelques questions pédagogiques à la fin + le contexte de l&#39;écriture de la nouvelle par l&#39;auteur elle-même) :&amp;nbsp;&lt;a href=&quot;http://www.napavalley.edu/people/LYanover/Documents/English%20123/Nadine_Gordimer_Once_Upon_a_Time.pdf&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;http://www.napavalley.edu/people/LYanover/Documents/English%20123/Nadine_Gordimer_Once_Upon_a_Time.pdf&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2) Séquence pédagogique en français pour l&#39;anglais, niveau lycée (punaise, je ne me souviens plus de mes profs d&#39;anglais du lycée !) :&amp;nbsp;&lt;a href=&quot;https://anglais.ac-versailles.fr/IMG/pdf/sequence_-SA-LELE.pdf&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;https://anglais.ac-versailles.fr/IMG/pdf/sequence_-SA-LELE.pdf&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3) Article sur l&#39;auteure :&amp;nbsp;&lt;a href=&quot;https://blogs.mediapart.fr/edition/bookclub/article/160714/nadine-gordimer-1923-2014-la-plume-de-lanti-apartheid&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;https://blogs.mediapart.fr/edition/bookclub/article/160714/nadine-gordimer-1923-2014-la-plume-de-lanti-apartheid&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4) La nouvelle en français si vous avez un identifiant au Monde diplomatique : je vous donne le lien, merci de m&#39;envoyer un copié-collé de la nouvelle s&#39;il-vous-plaît ! D&#39;avance, merci !&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;https://www.monde-diplomatique.fr/1989/12/GORDIMER/42197&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;https://www.monde-diplomatique.fr/1989/12/GORDIMER/42197&lt;/a&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/feeds/6735117948246903115/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/2019/12/once-upon-timeil-etait-une-fois-de.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3029239831143446776/posts/default/6735117948246903115'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3029239831143446776/posts/default/6735117948246903115'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/2019/12/once-upon-timeil-etait-une-fois-de.html' title='&quot;ONCE UPON A TIME&quot;/&quot;Il était une fois&quot; de Nadine Gordimer, Afrique du Sud, Prix Nobel 1991.'/><author><name>Selbstdenken</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09200151202439051685</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3029239831143446776.post-4964552088832724177</id><published>2019-12-02T22:38:00.000+01:00</published><updated>2020-02-18T04:04:41.614+01:00</updated><title type='text'>&quot;COMME ON SE RETROUVE&quot; / &quot;THE OTHER FOOT&#39;&#39; de Ray Bradbury, L&#39;Homme illustré, 1951.</title><content type='html'>&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;table align=&quot;center&quot; cellpadding=&quot;0&quot; cellspacing=&quot;0&quot; class=&quot;tr-caption-container&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto; text-align: center;&quot;&gt;&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEh0ChkN3Nytf4b4wHplL5NpDhnfn_mNIawcBnh7WzSvvBCiGvcIo93dYU4xcS8fjfCJ537_RdITdYzY42GWVA1SwIbXXGYvgrv0djUAGYBPsUSvzLUO668StwmAGglEkhj06vjCiiZB3bwB/s1600/img_0526_2.jpg&quot; imageanchor=&quot;1&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; height=&quot;436&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEh0ChkN3Nytf4b4wHplL5NpDhnfn_mNIawcBnh7WzSvvBCiGvcIo93dYU4xcS8fjfCJ537_RdITdYzY42GWVA1SwIbXXGYvgrv0djUAGYBPsUSvzLUO668StwmAGglEkhj06vjCiiZB3bwB/s640/img_0526_2.jpg&quot; width=&quot;640&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class=&quot;tr-caption&quot;&gt;M&lt;b&gt;onsengo Shula, Ata Ndele Mokili Ekobaluka (Tôt ou tard le monde changera), 2014 / © Monsengo Shula&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
Exposition Beauté Congo, Fondation Cartier, 2015, avec Sabine.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Comme je n&#39;arrive jamais à retrouver cette nouvelle de Bradbury que j&#39;adore et découverte au Kazakhstan lorsque je suivais mon élève Cadfaël avec son programme de français du CNED niveau 4ème, je vais laisser des références ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s&#39;agit de :&amp;nbsp;&quot;Comme on se retrouve&quot; (The Other Foot),&lt;br /&gt;
Première publication dans New Story Magazine, mars 1951.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
1) La séquence du CNED (qui n&#39;est pas celle que j&#39;avais lue) avec la nouvelle intégrale plus des questions pédagogiques mais qui a le désavantage de prendre dix pages (de la page 13 à la page 23) :&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;a href=&quot;http://lettres-histoire-geo.ac-amiens.fr/IMG/pdf/AL4FR31TEWB0109-Sequence-09.pdf&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;http://lettres-histoire-geo.ac-amiens.fr/IMG/pdf/AL4FR31TEWB0109-Sequence-09.pdf&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
2) La nouvelle complète sans bla bla mais il faut zoomer et gros désavantage : on ne peut pas imprimer.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;a href=&quot;https://fr.calameo.com/read/005052274e1781301ec51&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;https://fr.calameo.com/read/005052274e1781301ec51&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
3) Je n&#39;ai trouvé aucune version simple et facile à imprimer : si c&#39;est votre cas, pourriez-vous partager le lien svp ? D&#39;avance, merci !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
N.B. Une autre de ses nouvelles, issue de son recueil &lt;i&gt;Chroniques martiennes&lt;/i&gt;, traite de la ségrégation : &quot;Tout là-haut dans le ciel&quot; ou &quot;À travers les airs&quot;, titre original : Way in the Middle of the Air&quot;, Première publication dans Other Worlds, juillet 1950.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/feeds/4964552088832724177/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/2019/12/comme-on-se-retrouve-de-ray-bradbury.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3029239831143446776/posts/default/4964552088832724177'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3029239831143446776/posts/default/4964552088832724177'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/2019/12/comme-on-se-retrouve-de-ray-bradbury.html' title='&quot;COMME ON SE RETROUVE&quot; / &quot;THE OTHER FOOT&#39;&#39; de Ray Bradbury, L&#39;Homme illustré, 1951.'/><author><name>Selbstdenken</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09200151202439051685</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" url="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEh0ChkN3Nytf4b4wHplL5NpDhnfn_mNIawcBnh7WzSvvBCiGvcIo93dYU4xcS8fjfCJ537_RdITdYzY42GWVA1SwIbXXGYvgrv0djUAGYBPsUSvzLUO668StwmAGglEkhj06vjCiiZB3bwB/s72-c/img_0526_2.jpg" height="72" width="72"/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3029239831143446776.post-8738483392481337336</id><published>2019-07-21T16:28:00.002+02:00</published><updated>2020-02-18T04:11:46.984+01:00</updated><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="Commandement 2 : Tu mangeras et boiras de façon responsable."/><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="Commandement 9 : Tu seras une citoyenne éclairée et une consommatrice responsable."/><title type='text'>LA GINGER BEER DE BELVOIR MADE IN ENGLAND, LA MEILLEURE DU MARCHÉ.</title><content type='html'>&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEi003hZqlqdoCOAC5PGGBSQZDTJUa_PFd3xpUh8IQcQDcVT43H7elFl3U9lIr6SQDGcxENL8GvPEhJybRVbs7LwqAuHskM2J-YemxxXmLzZT4WgJlkOXiwkPtOEPBGZU-2QJ_sKchIBQs0G/s1600/8CC4D281-53F3-47E2-8DC6-1E26C5D8A613.jpeg&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEi003hZqlqdoCOAC5PGGBSQZDTJUa_PFd3xpUh8IQcQDcVT43H7elFl3U9lIr6SQDGcxENL8GvPEhJybRVbs7LwqAuHskM2J-YemxxXmLzZT4WgJlkOXiwkPtOEPBGZU-2QJ_sKchIBQs0G/s640/8CC4D281-53F3-47E2-8DC6-1E26C5D8A613.jpeg&quot; /&gt;&lt;/a&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tous au Bio c Bon rue des Pyrénées !!!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle coûte 2 euros de plus au Carrefour bio à côté de chez moi ! 😱 &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rappelons que c’est une boisson africaine traditionnelle à la base, exquise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les Anglais ont su la transformer industriellement version bio, du côté français, ce n’est pas encore ça.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vendue à 3,95 euros les 75 cl chez Bio c Bon rue des Pyrénées et...5,90 euros au Carrefour bio à côté de chez moi !!! Et par chez vous, elle coûte combien svp ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ça donne envie d’avoir un soda stream pour les faire soi-même...mais c’est cher, ça fait grossir à cause du sucre et j’ai de toute façon pas de place. 😂&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En tout cas, dans mon futur bar-restau-librairie à la campagne, il y aura toujours de la homemade ou pas ginger beer avec et sans alcool, c’est sûr.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je viens de me rendre compte que j’avais déjà posté un article sur la Ginger beer de Belvoir ! 😂&lt;br /&gt;Faudra que je les fusionne quand j’aurai de nouveau un ordinateur...</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/feeds/8738483392481337336/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/2019/07/la-ginger-beer-de-belvoir-made-in.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3029239831143446776/posts/default/8738483392481337336'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3029239831143446776/posts/default/8738483392481337336'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/2019/07/la-ginger-beer-de-belvoir-made-in.html' title='LA GINGER BEER DE BELVOIR MADE IN ENGLAND, LA MEILLEURE DU MARCHÉ.'/><author><name>Selbstdenken</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09200151202439051685</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" url="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEi003hZqlqdoCOAC5PGGBSQZDTJUa_PFd3xpUh8IQcQDcVT43H7elFl3U9lIr6SQDGcxENL8GvPEhJybRVbs7LwqAuHskM2J-YemxxXmLzZT4WgJlkOXiwkPtOEPBGZU-2QJ_sKchIBQs0G/s72-c/8CC4D281-53F3-47E2-8DC6-1E26C5D8A613.jpeg" height="72" width="72"/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3029239831143446776.post-1884108689769744138</id><published>2019-07-17T19:12:00.000+02:00</published><updated>2020-02-18T04:04:40.409+01:00</updated><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="Commandement 9 : Tu seras une citoyenne éclairée et une consommatrice responsable."/><title type='text'>LE MEILLEUR SAC À DOS DE VOYAGE DU MARCHÉ 2019. </title><content type='html'>&lt;div class=&quot;separator&quot; style=&quot;clear: both; text-align: center;&quot;&gt;
&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgq2RXnO1Am7zxwPqPui4q7qThyphenhyphenAB7WIHQIQ2LrZEHj7Q0cLb1rr0tLpkzQPO1Fq15PdjHq7LqAvGRcGdO5qUZhylXVnWYRlKu4WJQJ3npfY7ai56zoPHaceAtNI0IKuo2U7LEa9oA2QAwO/s1600/10BF3B26-2278-496D-855F-B8EE380A3114.jpeg&quot; imageanchor=&quot;1&quot; style=&quot;margin-left: 1em; margin-right: 1em;&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; data-original-height=&quot;1095&quot; data-original-width=&quot;640&quot; height=&quot;320&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgq2RXnO1Am7zxwPqPui4q7qThyphenhyphenAB7WIHQIQ2LrZEHj7Q0cLb1rr0tLpkzQPO1Fq15PdjHq7LqAvGRcGdO5qUZhylXVnWYRlKu4WJQJ3npfY7ai56zoPHaceAtNI0IKuo2U7LEa9oA2QAwO/s320/10BF3B26-2278-496D-855F-B8EE380A3114.jpeg&quot; width=&quot;187&quot; /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;separator&quot; style=&quot;clear: both; text-align: center;&quot;&gt;
&lt;i&gt;Ce n’est hélas pas le sac parfait (à cause de son ridicule sens d’ouverture à l’envers !!!) contrairement à ce que j’ai écrit sur le moment plus bas mais il est définitivement le meilleur 50 litres du marché.&amp;nbsp;Dimensions: 56x39x26 cm Poids: 2,3Kg&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;separator&quot; style=&quot;clear: both; text-align: center;&quot;&gt;
&lt;i&gt;À croire que les ingénieurs de Millet, Lafuma, etc. sont plus proches des montagnes et très éloignés des réalités des voyages.&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J’ai passé deux semaines à me prendre la tête sur la quête DU sac à dos de voyage idéal ayant pour critères principaux :&lt;br /&gt;
- de passer en cabine&lt;br /&gt;
- d’avoir un litrage suffisant.&lt;br /&gt;
- d’être bon pour le dos.&lt;br /&gt;
- d’être beau et à défaut, sobre.&lt;br /&gt;
- d’avoir au moins un filet latéral pour le transport d’une gourde à portée de main.&lt;br /&gt;
Je partage avec vous le fruit de mes recherches, histoire de vous faire gagner du temps.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Premier constat : très peu de sacs à dos de qualité passent en cabine. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*L’&lt;b&gt;OSPREY FARPOINT 40&lt;/b&gt; (pour 40 litres), made in USA est le sac de voyage le plus plébiscité du monde sur internet.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des dizaines de vidéos dans le monde de fans l’attestent et autant de publications de reviews.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;u&gt;Qualités&lt;/u&gt; : &lt;br /&gt;
passe en cabine sur tous les vols low cost. Ses dimensions :&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;background-color: white; color: #483528; font-size: 14px;&quot;&gt;54 (longueur) x 35 (largeur) x 23 (profondeur&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;
entièrement noir à l’extérieur, il est sobre et beau.&lt;br /&gt;
Zip invisibles anti-vol.&lt;br /&gt;
les sangles du dos peuvent se ranger derrière une poche, pratique pour la cabine.&lt;br /&gt;
tous ses propriétaires l’adorent, personne ne se plaint du dos, une seule vidéo française critique prévenant de ses défauts.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;u&gt;Défauts &lt;/u&gt;: &lt;br /&gt;
les filets sont sur la poche centrale, aucune gourde ne passe quand le sac est rempli, autrement dit ces deux filets sont inutiles.&lt;br /&gt;
Aucune poche extérieure !!!&lt;br /&gt;
La tablette ou l’ordi ne peut se mettre que devant et pas à l’arrière du sac contre le dos.&lt;br /&gt;
L’intérieur du sac est d’un vert fluo immonde et c’est la première chose que l’on voit en l’ouvrant.&lt;br /&gt;
40 litres pour une voyageuse minimaliste normale et non radicale, c’est trop petit. 50 est le minimum. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Conclusion : ce sac, à part être beau et passant en cabine, n’a aucun intérêt. Prix : 90 euros en soldes au lieu de 100 et quelques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*L&lt;b&gt;E GYOKO 40 DE MILLET&lt;/b&gt;, TEST ET AVIS.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div class=&quot;separator&quot; style=&quot;clear: both;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;br /&gt;
Dimensions Gokyo 40 Millet : 50x35x20 cm&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhY7y2d_-2re0Sww6Zmht17skp3Esgv6d_0Gmz78WdAj6fcIgNy7nXr29JFO411CGhCt-dn440sfAOrQy7FHdSvM9pGZcavkPf0c-B9OT4rtSpeSW2rlU__RrEWtEdA7ldMXktKvBT8Xn29/s1600/6EED5D2C-5AA6-44A3-B8BF-00EB31B15937.jpeg&quot; imageanchor=&quot;1&quot; style=&quot;margin-left: 1em; margin-right: 1em;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; data-original-height=&quot;1600&quot; data-original-width=&quot;1200&quot; height=&quot;320&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhY7y2d_-2re0Sww6Zmht17skp3Esgv6d_0Gmz78WdAj6fcIgNy7nXr29JFO411CGhCt-dn440sfAOrQy7FHdSvM9pGZcavkPf0c-B9OT4rtSpeSW2rlU__RrEWtEdA7ldMXktKvBT8Xn29/s320/6EED5D2C-5AA6-44A3-B8BF-00EB31B15937.jpeg&quot; width=&quot;240&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div class=&quot;separator&quot; style=&quot;clear: both; text-align: center;&quot;&gt;
&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEi_ZPSdZkUCDnPQAvoL16WacGRUVfoZSRTMNA84Sxjky-6nIt_rH2oUI3tHorPBmay7B0HYXfXX_VRp5iqXqczlOLhuZ72P_5WN1O5JMteGsDow-LJM5HyjaMpoGKGCO9vpRroqO3nLF_2E/s1600/3F533D66-925B-445E-99DA-219A3F58DB8A.jpeg&quot; imageanchor=&quot;1&quot; style=&quot;margin-left: 1em; margin-right: 1em;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; data-original-height=&quot;1053&quot; data-original-width=&quot;640&quot; height=&quot;320&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEi_ZPSdZkUCDnPQAvoL16WacGRUVfoZSRTMNA84Sxjky-6nIt_rH2oUI3tHorPBmay7B0HYXfXX_VRp5iqXqczlOLhuZ72P_5WN1O5JMteGsDow-LJM5HyjaMpoGKGCO9vpRroqO3nLF_2E/s320/3F533D66-925B-445E-99DA-219A3F58DB8A.jpeg&quot; width=&quot;194&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div class=&quot;separator&quot; style=&quot;clear: both; text-align: center;&quot;&gt;
&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhgWfAOUESxKkuDHA9J-UYXaQHG8Aja2SdcH1wF1alU1rTVkJGdxqHtbatzsKX_csTCX5QPP6wMAIvWiQ3KzcWWEJT6R3szPxRQvEiFi9lX9PQwQLQ5Sq2cLvbQL_8fhVrx750tdKDLCwx4/s1600/ED73F82E-2F37-4155-8FDF-E3AFF63FB0B1.jpeg&quot; imageanchor=&quot;1&quot; style=&quot;margin-left: 1em; margin-right: 1em;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; data-original-height=&quot;1200&quot; data-original-width=&quot;1600&quot; height=&quot;240&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhgWfAOUESxKkuDHA9J-UYXaQHG8Aja2SdcH1wF1alU1rTVkJGdxqHtbatzsKX_csTCX5QPP6wMAIvWiQ3KzcWWEJT6R3szPxRQvEiFi9lX9PQwQLQ5Sq2cLvbQL_8fhVrx750tdKDLCwx4/s320/ED73F82E-2F37-4155-8FDF-E3AFF63FB0B1.jpeg&quot; width=&quot;320&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div class=&quot;separator&quot; style=&quot;clear: both; text-align: center;&quot;&gt;
&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEi5pFiSWeBsediFl6PifbuRdRzUEkglVKJLwrDtsyP_J2_VqJRJUiEvacOHryTeJkAQLiPghPCtjq_4nDDUnmnLj4vyrXYI9sGFYX3rpbVj6GU5sl26KbOPESFLX9fNWhcAwlgJFtA1bWo5/s1600/7518E5CF-4940-4C7F-AE6A-467FB2C38F45.jpeg&quot; imageanchor=&quot;1&quot; style=&quot;margin-left: 1em; margin-right: 1em;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; data-original-height=&quot;1600&quot; data-original-width=&quot;1200&quot; height=&quot;320&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEi5pFiSWeBsediFl6PifbuRdRzUEkglVKJLwrDtsyP_J2_VqJRJUiEvacOHryTeJkAQLiPghPCtjq_4nDDUnmnLj4vyrXYI9sGFYX3rpbVj6GU5sl26KbOPESFLX9fNWhcAwlgJFtA1bWo5/s320/7518E5CF-4940-4C7F-AE6A-467FB2C38F45.jpeg&quot; width=&quot;240&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Gyoko 40 de Millet ne bénéficie d’aucun témoignage personnel sur Internet en dehors de deux vidéos de vendeurs professionnels. Aucun test de client trouvable sur internet. &lt;br /&gt;
Dans le descriptif du produit sur le site officiel, il n’y a qu’un pauvre paragraphe.&lt;br /&gt;
Le service marketing de Millet n’existe apparemment pas ou plutôt Millet fait apparemment suffisamment de bénéfices pour se passer d’un service marketing. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qualités : &lt;br /&gt;
passe en cabine sur tous les vols low cost.&lt;br /&gt;
filets latéraux sanglés, parfait pour la gourde même si une poche fermée aurait été préférable pour l’autre.&lt;br /&gt;
un sac de pluie retenu par un crochet dans la poche du haut, ce qui empêche de le perdre. &lt;br /&gt;
Une poche sur la ceinture permettant de glisser son téléphone et sa carte de crédit et/ou ses clefs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Défauts : &lt;br /&gt;
On ne peut pas régler la hauteur du dos et ça, c’est le point noir du sac.&lt;br /&gt;
40 litres pour une voyageuse minimaliste normale et non radicale, c’est trop petit. 50 est le minimum. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Conclusion : La santé du dos est capitale à tous les âges. Ce sac fait 46 cm de hauteur sans réglage possible : trop petit pour les personnes d’1m80 et trop grand pour les personnes d’1m50 comme moi. Il est inutile d’acheter ce sac si le poids n’arrive pas sur vos hanches. Même en le remontant par un jeu de sangles, la gêne, aussi infime soit-elle, est là.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Prix : 100€ en soldes au lieu de 160.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Le AT Carry-On 45 de Lowe Alpine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Semble très bien mais j’ai compris la leçon des achats sur internet et je sais qu’il est nécessaire d’essayer un sac à dos en magasin à cause du critère fondamental du confort du dos. Go Sport avait le Light carry on 40 mais pas le 45 donc tant pis. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Le TREKKING TRAVEL 500 FORCLAZ 50 litres de Decathlon. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce sac est juste parfait ! &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qualités : &lt;br /&gt;
des sangles en haut et en bas du sac (les orange fluo) -en plus des sangles de base habituelles- sur lesquelles il faut tirer afin d’ajuster le sac à votre dos. Nickel. J’en suis raide dingue depuis. &lt;br /&gt;
Poches extérieures et intérieures suffisantes, bien organisées + tête du sac transformable en sac amovible et poche dans la ceinture pouvant contenir votre portable donc facilement accessible. &lt;br /&gt;
Housse de pluie.&lt;br /&gt;
Passe en cabine avec une contenance enfin décente pour une femme pourtant pas la plus féminine de la terre : 50 litres. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Défauts : &lt;br /&gt;
le défaut majeur est le sens de l’ouverture du sac : sur le sol, il faut le mettre à l’envers (le geste ne sera pas naturel) sous peine de faire tomber toutes vos fringues par terre. Il fallait faire la même chose à l’envers, c’est terriblement illogique. &lt;br /&gt;
Filets latéraux beaucoup trop petits pour une gourde d’1 litre (j’ai dû la fixer avec un crochet) mais parfaite pour moins (0,6 l).&lt;br /&gt;
Housse de pluie que l’on peut perdre facilement (ça s’oublie quand ça sèche) car n’est pas fixée par un crochet comme chez Millet.</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/feeds/1884108689769744138/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/2019/07/le-meilleur-sac-dos-de-voyage-du-marche.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3029239831143446776/posts/default/1884108689769744138'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3029239831143446776/posts/default/1884108689769744138'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/2019/07/le-meilleur-sac-dos-de-voyage-du-marche.html' title='LE MEILLEUR SAC À DOS DE VOYAGE DU MARCHÉ 2019. '/><author><name>Selbstdenken</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09200151202439051685</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" url="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgq2RXnO1Am7zxwPqPui4q7qThyphenhyphenAB7WIHQIQ2LrZEHj7Q0cLb1rr0tLpkzQPO1Fq15PdjHq7LqAvGRcGdO5qUZhylXVnWYRlKu4WJQJ3npfY7ai56zoPHaceAtNI0IKuo2U7LEa9oA2QAwO/s72-c/10BF3B26-2278-496D-855F-B8EE380A3114.jpeg" height="72" width="72"/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3029239831143446776.post-7639319531402271014</id><published>2019-04-07T23:34:00.000+02:00</published><updated>2020-02-18T04:04:42.259+01:00</updated><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="Commandement 3 : Tu liras des romans classiques (français et étrangers)."/><title type='text'>&quot;Un dîner très original&quot; suivi de &quot;La Porte&quot; de Fernando Pessoa, 1907, Portugal.</title><content type='html'>&lt;div class=&quot;separator&quot; style=&quot;clear: both; text-align: center;&quot;&gt;
&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgqb6qeYH6X0soldUm448xOj5bysz6W07YDgQKBPoptZSEI1hVn5rEVCuRHPBwRGZJwhMe0yN2Map2ziW6SJB0EzK0vY_jqDdOVVFVW39muikJRJshyphenhyphenrITZtBqX8vMWHebuWPUwKQI0k-_s/s1600/d%25C3%25AEner+tr%25C3%25A8s+original.jpg&quot; imageanchor=&quot;1&quot; style=&quot;margin-left: 1em; margin-right: 1em;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; data-original-height=&quot;1000&quot; data-original-width=&quot;1000&quot; height=&quot;400&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgqb6qeYH6X0soldUm448xOj5bysz6W07YDgQKBPoptZSEI1hVn5rEVCuRHPBwRGZJwhMe0yN2Map2ziW6SJB0EzK0vY_jqDdOVVFVW39muikJRJshyphenhyphenrITZtBqX8vMWHebuWPUwKQI0k-_s/s400/d%25C3%25AEner+tr%25C3%25A8s+original.jpg&quot; width=&quot;400&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 100%; margin-bottom: 0cm; text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;line-height: 100%; margin-bottom: 0cm; text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« Je serai toujours celui qui attendait qu’on lui ouvrit la porte au pied d’un mur sans porte » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alvarès de Campo « Bureau de tabac ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;Un dîner très original. A very original dinner. &lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pseudonyme : Alexander Search, 1907 (June). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nouvelle à ambiance Edgar Allan Poe. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Protagoniste principal : Prosit. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Conseil : ne lisez jamais aucun résumé de cette nouvelle, cela gâcherait votre plaisir de la découvrir. Anecdote : en me maudissant de connaître la suite, j’ai quand même poussé un cri d’effroi dans le R.E.R. entre Paris et le Vésinet. Ce qui est déceptif pour une gourmande comme moi, c’est que cette nouvelle ne parle absolument pas de plats ou de cuisine. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je ne peux donc hélas rien vous résumer. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pessoa l’a écrite à 19 ans. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;La porte. The Door, March 1906. October 1907.&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
« A dead nothing locked with a coffin of myself ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La porte est une monomanie qui conduit le narrateur à la folie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Peut-on affirmer avec une absolue conviction que ces malheureux, du fait de leurs délires et de leurs angoisses, ne sont pas au plus près des raisons et des causes résidant au cœur des choses ? ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Extrait d’une fiction dont on n’a qu’un fragment intitulée : « Voyage spirituel ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Toutes les formes de folie sont des formes de vision lucide. Ce sont les sains d’esprit qui sont aveugles ou ont l’âme confuse. Devenir fou, c’est cheminer vers le mystère, l’apercevoir de loin. Devenir fou, c’est commencer à vivre. Qui possède l’intuition de la vie – du mystère ? Les hommes de génie. Et que sont-ils ? Des hommes sur la voie de la folie, des fous incomplets », p.100 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Ceux qui dans leur instinct vont au-delà de la place qui est leur est assignée sur l’échelle de l’évolution, ceux qui, s’étant révoltés contre la normalité, ont accédé intérieurement et sans le savoir au mystère de l’univers, pourquoi ne pourraient-ils pas aller plus avant dans leur connaissance-au-delà de ce qu’ils sentent et qui est la source même de leur affliction ? Si un chien pensait comme nous (hypothèse inenvisageable) , ses semblables ne verraient-ils pas en ce compagnon un fou ? Ne le chasseraient-ils pas ? Éventuellement, n’iraient-ils pas jusqu’à le tuer ? Bien sûr qu’ils le tueraient (qui en douterait un seul instant?) - alors que leur victime serait plus près de la vérité. Il en va de même pour nous. (…) les hommes qui en savent plus que leurs semblables souffrent d’inhabituelles angoisses, sont hantés par des spectres et des songes. De même que le chien, s’il pensait, en raison de ses facultés limitées au regard de son instinct humain, ne saurait pas qu’il pense et ne ferait rien d’autre que sentir qu’il pense, les fous, sachant plus que les autres, sentent qu’ils savent, mais au prix d’horreurs qu’ils ne peuvent exprimer, d’angoisses qu’ils ne peuvent nommer ». p.101-102 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Imaginez un homme plaisant et bien élevé, que vous connaissez comme tel ; quant à moi, je le connais mieux et sais pertinemment qu’il est mauvais, car telle est bien sa personnalité, en réalité. Lorsque je vous dirai qu’il est mauvais, je passerai pour fou à vos yeux, et cela parce que je vois plus loin que vous. Ce n’est pas que mon entendement aille au-delà de la vérité ; c’est le vôtre qui reste en-deçà »., p. 102-103. &lt;/div&gt;
</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/feeds/7639319531402271014/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/2019/04/un-diner-tres-original-suivi-de-la.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3029239831143446776/posts/default/7639319531402271014'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3029239831143446776/posts/default/7639319531402271014'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/2019/04/un-diner-tres-original-suivi-de-la.html' title='&quot;Un dîner très original&quot; suivi de &quot;La Porte&quot; de Fernando Pessoa, 1907, Portugal.'/><author><name>Selbstdenken</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09200151202439051685</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" url="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgqb6qeYH6X0soldUm448xOj5bysz6W07YDgQKBPoptZSEI1hVn5rEVCuRHPBwRGZJwhMe0yN2Map2ziW6SJB0EzK0vY_jqDdOVVFVW39muikJRJshyphenhyphenrITZtBqX8vMWHebuWPUwKQI0k-_s/s72-c/d%25C3%25AEner+tr%25C3%25A8s+original.jpg" height="72" width="72"/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3029239831143446776.post-2800431089297922861</id><published>2019-02-28T23:37:00.003+01:00</published><updated>2020-02-18T04:04:40.802+01:00</updated><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="Commandement 7 : Tu iras voir des pièces de théâtre."/><title type='text'>4.48 DE SARAH KANE, COMPAGNIE DES CORPS HURLANTS, THEATRE CLAVEL 2019.</title><content type='html'>&lt;br /&gt;
&lt;div class=&quot;separator&quot; style=&quot;clear: both; text-align: center;&quot;&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;separator&quot; style=&quot;clear: both; text-align: center;&quot;&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;separator&quot; style=&quot;clear: both; text-align: center;&quot;&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;separator&quot; style=&quot;clear: both; text-align: center;&quot;&gt;
&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjYXoTd4GMYqaCjSN8kV7w4ivaISZpNG9yZySMBl7J8NHRS0k8dUfizkfr6nd9p1LB2u1afXEBLrSAw59VdN4YHEaocS094RA4E2rU18TfKTK0bTpdl1Ti3V0C1HPlSN1mbrtBA5D26z5ba/s1600/448+Sarah+Kane.jpg&quot; imageanchor=&quot;1&quot; style=&quot;margin-left: 1em; margin-right: 1em;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; data-original-height=&quot;960&quot; data-original-width=&quot;679&quot; height=&quot;640&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjYXoTd4GMYqaCjSN8kV7w4ivaISZpNG9yZySMBl7J8NHRS0k8dUfizkfr6nd9p1LB2u1afXEBLrSAw59VdN4YHEaocS094RA4E2rU18TfKTK0bTpdl1Ti3V0C1HPlSN1mbrtBA5D26z5ba/s640/448+Sarah+Kane.jpg&quot; width=&quot;449&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;&lt;b&gt;Lire cet article en écoutant : Beethoven: String Quartet No.7 &quot;Razumovsky No.1&quot; / Juilliard String Quartet (1976 Movie)&lt;/b&gt; &lt;/b&gt;3ème mouvement : 20.24 &lt;br /&gt;
Moments forts : 24.28 ; 26.10&lt;br /&gt;
&lt;div class=&quot;separator&quot; style=&quot;clear: both; text-align: center;&quot;&gt;
&lt;iframe allowfullscreen=&quot;&quot; class=&quot;YOUTUBE-iframe-video&quot; data-thumbnail-src=&quot;https://i.ytimg.com/vi/f7vleQm1mg4/0.jpg&quot; frameborder=&quot;0&quot; height=&quot;266&quot; src=&quot;https://www.youtube.com/embed/f7vleQm1mg4?feature=player_embedded&quot; width=&quot;320&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;
&lt;br /&gt;
OU&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La jeune fille et la mort de Schubert bien sûr !&lt;br /&gt;
&lt;div class=&quot;separator&quot; style=&quot;clear: both; text-align: center;&quot;&gt;
&lt;iframe allowfullscreen=&quot;&quot; class=&quot;YOUTUBE-iframe-video&quot; data-thumbnail-src=&quot;https://i.ytimg.com/vi/e52IMaE-3As/0.jpg&quot; frameborder=&quot;0&quot; height=&quot;266&quot; src=&quot;https://www.youtube.com/embed/e52IMaE-3As?feature=player_embedded&quot; width=&quot;320&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Les clics incessants de la photographe officielle m&#39;ont empêchée d&#39;apprécier ce spectacle à sa juste valeur qui vous vous en doutez, étant donné le titre et l&#39;auteure/autrice (suicidée à 28 ans), nécessite la plus grande attention, voire concentration, le texte étant traduit.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
La comédienne a été particulièrement convaincante en livrant une performance É-POUS-TOU-FLANTE sur un remix d&#39;Experience de Ludovico Einaudi (il fallait être à la hauteur de la charge émotionnelle de ce morceau) et un peu moins lorsqu&#39;elle prononçait le mot &quot;putain&quot; (mot récurrent dans le texte original) comme si elle était obligée de le dire parce que c&#39;est dans le texte, pas de façon naturelle. Son engagement personnel physique et émotionnel sur scène, sa sincérité dans son travail, sont en tout cas indéniable. Moi, simple spectatrice, j&#39;en serais bien incapable. Brava !&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Pour revenir sur le texte que j&#39;étais venue découvrir ce soir, quelques passages m&#39;ont vivement interpelée vivement et j&#39;ai cherché aussitôt leur traduction. Je partage donc avec vous mes passages préférés (imaginez-les entrecoupés de &quot;clic&quot; et vous comprendrez ce que j&#39;ai ressenti tout au long du spectacle). Enjoy et désolée pour la mise en page qui ne respecte pas toujours l&#39;originale mais j&#39;ai fait de mon mieux.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
page 3&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
(A very long silence.)&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
– But you have friends.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
(A long silence.)&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
You have a lot of friends.
What do you offer your friends to make them so supportive?&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
(A long silence.)&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
What do you offer your friends to make them so supportive?&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&amp;nbsp;(A long silence.)&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
What do you offer?
 (Silence.)&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
a consolidated consciousness resides in a darkened banqueting hall
near the ceiling of a mind whose floor shifts as ten thousand
cockroaches when a shaft of light enters as all thoughts unite in an
instant of accord body no longer expellent as the cockroaches
comprise a truth which no one ever utters&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
(Ce sont les premiers mots de la pièce).&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Utter : prononcer, proférer, exprimer publiquement &lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
page 4&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;I am sad&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;I feel that the future is hopeless and that things cannot improve&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;I am bored and dissatisfied with everything&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;I am a complete failure as a person&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;I am guilty,&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;I am being punished&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;I would like to kill myself&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;I used to be able to cry but now I am beyond tears&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;I have lost interest in other people&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;I can&#39;t make decisions&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;&amp;nbsp;I can&#39;t eat&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;I can&#39;t sleep&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;&amp;nbsp;I can&#39;t think&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;I cannot overcome my loneliness, my fear, my disgust&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;I am fat&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;I cannot write&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;I cannot love&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;My brother is dying, my lover is dying, I am killing them both&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;I am charging towards my death&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;I am terrified of medication&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;I cannot make love&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;I cannot fuck&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;I cannot be alone&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;I cannot be with others&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;My hips are too big&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;I dislike my genitals&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
page 5&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
At 4.48
when depression visits&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
I shall hang myself&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
to the sound of my lover&#39;s breathing&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
I do not want to die&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
I have become so depressed by the fact of my mortality that I have
decided to commit suicide&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
I do not want to live&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
I am jealous of my sleeping lover and cover his induced
unconsciousness&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
When he wakes he will envy my sleepless night of thought and
speech unslurred by medication&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
I have resigned myself to death this year&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;Some will call this self-indulgence&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;(they are lucky not to know its truth)&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;Some will know the simple fact of pain&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;This is becoming my normality&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
page 6&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
And I am
deadlocked by that smooth psychiatric &lt;b&gt;voice of reason which
tells me there is an objective reality in which my body and mind
are one. But I am not here and never have been.&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
(...)&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Watching
me, judging me, smelling the crippling failure oozing from my
skin, my desperation clawing and all-consuming panic
drenching me as I gape in horror at the world and &lt;b&gt;wonder why
everyone is smiling and looking at me with secret knowledge of
my aching shame.&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;Shame shame shame.
Drown in your fucking shame.&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
(...) &lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
the only doctor who ever
touched me voluntarily, who looked me in the eye, who laughed
at my gallows humour spoken in the voice from the newly-dug
grave, who took the piss when I shaved my head, who lied and
said it was nice to see me. Who lied. And said it was nice to see
me. I trusted you, I loved you, and it&#39;s not losing you that hurts
me, but your bare-faced fucking falsehoods that masquerade as
medical notes.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;Your truth, your lies, not mine.&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
And while I was believing that you were different and that you
maybe even felt the distress that sometimes flickered across
your face and threatened to erupt, you were covering your arse
too. Like every othoer stupid mortal cunt.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
To my mind that&#39;s betrayal. And my mind is the subject of these
bewildered fragments.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;Nothing can extinguish my anger.&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;And nothing can restore my faith.&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;This is not a world in which I wish to live.&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
page 7-8&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;–Yes. It&#39;s fear that keeps me away from the train tracks. I just
hope to God that death is the fucking end. I feel like I&#39;m eighty
years old. I&#39;m tired of life and my mind wants to die.&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;–That&#39;s a metaphor, not reality.&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;–It&#39;s a simile.&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;–That&#39;s not reality.&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;–It&#39;s not a metaphor, it&#39;s a simile, but even if it were, the defining
feature of a metaphor is that it&#39;s real.
(A long silence.)&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;–You are not eighty years old.&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;(Silence.)&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;Are you?&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
(...)&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;–No. I&#39;m depressed. Depression is anger. It&#39;s what you did, who
was there and who you&#39;re blaming.
–And who are you blaming?&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;–Myself&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
(...)&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;Body and soul can never be married&lt;/b&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
I need to become who I already am and will bellow forever at this
incongruity which has committed me to hell&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Insoluble hoping cannot uphold me&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;I will drown in dysphoria&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;in the cold black pond of my self&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;the pit of my immaterial mind&lt;/b&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;How can I return to form
now my formal thought has gone?&lt;/b&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Not a life that I could countenance.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;They will love me for that which destroys me&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;the sword in my dreams&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;the dust of my thoughts&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;the sickness that breeds in the folds of my mind&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
page 9&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;
Every compliment takes a piece of my soul&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;
An expressionist nag&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;
Stalling between two fools&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;
They know nothing&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;
– I have always walked free&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;
Last in a long line of literary kleptomaniacs&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;
(a time honoured tradition)&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;
Theft is the holy act&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;
On a &lt;b&gt;twisted path to expression&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;
A glut of exclamation marks spells impending nervous breakdown&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;
&lt;b&gt;Just a word on a page and there is the drama&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;
&lt;b&gt;I write for the dead the unborn&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
After 4.48 I shall not speak again&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
I have reached the end of his dreary and repugnant tale of a sense interned
in an alien carcass and lumpen by the malignant spirit of the moral
majority
I have been dead for a long time
Back to my roots
I sing without hope on the boundary&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
RSVP ASAP&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Sometimes I turn around and catch the smell of you and I cannot go on
I cannot fucking go on without&lt;b&gt; expressing this terrible so fucking awful
physical aching fucking longing I have for you. And I cannot believe
that I can feel this for you and you feel nothing. Do you feel nothing?&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
(Silence.) &lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
page 10&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
And I go out at six in the morning and start my search for you. If I&#39;ve
dreamt a message of a street or a pub or a station I go there. And I wait
for you.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
(Silence.)&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
(...)&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;I&#39;ve never in my life had a problem giving another person what they
want. But no one&#39;s ever been able to do that for me. No one touches me,
no one gets near me. But now you&#39;ve touched me somewhere so fucking
deep I can&#39;t believe and I can&#39;t be that for you. Because I can&#39;t find you.&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
(...)&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;Fuck you. Fuck you. Fuck you for rejecting me by never being there, fuck you for making me feel shit about myself, fuck you for bleeding the fucking love and life out of me, fuck my father for fucking up my life for good and fuck my mother for not leaving him, but most of all,
fuck you God for making me love a person who does not exist,&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;FUCK YOU FUCK YOU FUCK YOU.&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
p 12&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;I dread the loss of her I&#39;ve never touched&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;love keeps me a slave in a cage of tears&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
I gnaw my tongue with which to her I can never speak&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;I miss a woman who was never born&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;I kiss a woman across the years that say we shall never meet&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Everything passes&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Everything perishes&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Everything palls&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;my thought walks away with a killing smile&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;leaving discordant anxiety
which roars in my soul&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
No hope No hope No hope No hope No hope No hope No hope&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
p. 12-13&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
When I&#39;m an old lady living ion (in ?) &lt;b&gt;the street forgetting my name&lt;/b&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
p.3&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
My love, my love, why have you forsaken me?&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
She is the couching place where I never shall lie&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
and there&#39;s no meaning to life in the light of my loss&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Built to be lonely
to love the absent&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Find me&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Free me&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
from this&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
corrosive doubt&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
futile despair&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
horror in repose&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
I can fill my space
fill my time
but nothing can fill this void in my heart&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
The vital need for which I would die&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Breakdown&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
(...)&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–No ifs or buts.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–I didn&#39;t say if or but, I said no.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–Can&#39;t must never have-to always won&#39;t should shan&#39;t.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
The unnegotiables&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Not today.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
(Silence.)&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
p. 14&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–It&#39;s not your fault, that&#39;s all I ever hear, it&#39;s not your fault, it&#39;s an
illness, it&#39;s not your fault,&lt;b&gt; I know it&#39;s not my fault. &lt;/b&gt;You&#39;ve told
me that so often I&#39;m beginning to think it is my fault.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–It&#39;s not your fault.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–I KNOW.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–But you allow it.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
(Silence.)&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Don&#39;t you?&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;–There&#39;s not a drug on earth can make life meaningful&lt;/b&gt;.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;–You allow this state of desperate absurdity.&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
(Silence.)&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
You allow it.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
(Silence.)&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–I won&#39;t be able to think.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
I won&#39;t be able to work.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–Nothing will interfere with your work like suicide.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
(Silence.)&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–I dreamt I went to the doctor&#39;s and she gave me eight minutes to
live. I&#39;d been sitting in the fucking waiting room half an hour.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
(A long silence.)&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;Okay, let&#39;s do it, let&#39;s do the drugs, let&#39;s do the chemical
lobotomy, let&#39;s shut down the higher functions of my brain and
perhaps I&#39;ll be a bit more fucking capable of living.&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;Let&#39;s do it.&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
p. 15-17&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
abstraction to the point of&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
unpleasant&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
unacceptable&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
uninspiring&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
impenetrable&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
irrelevant&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
irreverent&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
irreligious&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
unrepentant&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
I don&#39;t imagine
(clearly)
that a single soul&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
could&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
would&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
should&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
or will&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
and if they did&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
I don&#39;t think&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
(clearly)&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
that another soul&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
a soul like mine&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
could&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
would&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
should&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
or will&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
irrespective&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
I know what I&#39;m doing&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
all too well&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
No native speaker&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
irrational&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
irreducible&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
irredeemable&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
unrecognisable&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
derailed&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
deranged&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
deform&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
free form&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
obscure to the point of&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
True Right Correct&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Anyone or anybody&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Each every all
drowning in a sea of logic&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
this monstrous state of palsy
still ill&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Symptoms: Not eating, not sleeping, not speaking, no sex drive, in
despair, wants to die.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;Diagnosis: Pathological grief.&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Sertraline, 50mg. Insomnia worsened, severe anxiety, anorexia, (weight
loss 17kgs,) increase in suicidal thoughts, plans and intention.
Discontinued following hospitalisation.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Zolpiclone, 7.5mg. Slept. Discontinued following rash. Patient
attempted to leave hospital against medical advice. Restrained by three
male nurses twice her size. Patient threatening and uncooperative.
Paranoid thoughts – believes hospital staff are attempting to poison her.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Melleril, 50mg. Co-operative.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Lofepramine, 70mg, increased to 140mg, then 210mg. Weight gain
12kgs. Short term memory loss. No other reaction.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Argument with junior doctor whom she accused of treachery after
which she shaved her head and cut her arms with a razor blade.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Patient discharged into the care of the community on arrival of acutely
psychotic patient in emergency clinic in greater need of a hospital bed.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Citalopram, 20mg. Morning tremors. No other reaction.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Lofepramine and Citalopram discontinued after patient got pissed of
with side affect and lack of obvious improvement. Discontinuation
symptoms: Dizziness and confusion. Patient kept falling over, fainting
and walking out in front of cars. Delusional ideas – believes consultant
is the antichrist.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Fluoxetine hydrochloride, trade name Prozac, 20mg, increased to 40mg.
Insomnia, erratic appetite, (weight loss 14kgs,) severe anxiety, unable
to reach orgasm, homicidal thoughts towards several doctors and drug
manufacturers. Discontinued.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;Mood: Fucking angry&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;Affect: Very angry.&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Thorazine, 100mg. Slept. Calmer.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Venlafaxine, 75mg, increased to 150mg, then 225mg.&amp;nbsp; Dizziness, low
blood pressure, headaches. No other reaction. Discontinued.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Patient declined Seroxat. Hypochondria – cites spasmodic blinking and
severe memory loss as evidence of tardive dyskinesia and tardive
dementia.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Refused all further treatment.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
100 aspirin and one bottle of Bulgarian Cabernet Sauvignon, 1986.
Patient woke up in a pool of vomit and said &#39;Sleep with a dog and rise
full of fleas.&#39; Severe stomach pain. No other reaction.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Hatch opens&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Stark light&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;the television talks&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;full of eyes&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;the spirits of sight&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;and now I am so afraid&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
page 18&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Where do I start?&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Where do I stop?&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
How do I start?&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
(As I mean to go on)&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
How do I stop?&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
How do I stop?&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
How do I stop?&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
How do I stop?&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
How do I stop? &lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
How do I stop?&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
How do I stop?&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
How do I stop?&amp;nbsp; &lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
A tab of pain&amp;nbsp; &lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Stabbing my lungs &lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
A tab of death &lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Squeezing my heart&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
I&#39;ll die&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
not yet&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
but it&#39;s here&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Please...&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Money...&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Wife...&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Every act is a symbol&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
the weight of which crushes me&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;A dotted line on the throat&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;CUT HERE&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
DON&#39;T LET THIS KILL ME&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
THIS WILL KILL ME AND CRUSH ME AND&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
SEND ME TO HELL
&lt;b&gt;&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;I beg you to save me from this madness that eats me&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;a sub-intentional death&lt;/b&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
p. 19&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
I thought I should never speak again&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
but now I know there is something blacker than desire&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
perhaps it will save me&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
perhaps it will kill me&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;a dismal whistle that is the cry of heartbreak around the hellish
bowl at the ceiling of my mind&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
a blanket of roaches (roaches : cafards)&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
cease this war&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;My legs are empty&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;Nothing to say&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;And there is the rhythm of madness&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;–I gassed the Jews, I killed the Kurds, I bombed the Arabs, I
fucked small children while they begged for mercy, the killing
fields are mine, everyone left the party because of me, I&#39;ll suck
your fucking eyes out sent them to your mother in a box and
when I die I&#39;m going to be reincarnated as your child only fifty
times worse and as mad as all fuck I&#39;m going to make your life a
living fucking hell I REFUSE I REFUSE I REFUSE LOOK
AWAY FROM ME&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;&amp;nbsp;–It&#39;s all right.&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;–LOOK AWAY FROM ME&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;–It&#39;s all right. I&#39;m here.&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;–Look away from me&amp;nbsp;
&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
p. 20&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
a scall on my skin, a seethe in my heart&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
a blanket of roaches on which we dance&lt;b&gt;&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;this infernal state of siege&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
All this shall come to pass&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
all the words of my noisome breath&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
(...)&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
We are the abjects&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
who depose our leaders&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
and burn incense unto Baal (démon)&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Come now, let us reason together&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Sanity is found in the mountain of the Lord&#39;s house on the&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
horizon of the soul that eternally recedes&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
The head is sick, the heart&#39;s caul torn&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Thread the ground on which wisdom walks
&lt;b&gt;&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;Embrace beautiful lies –
the chronic insanity of the sane&lt;/b&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
the wrenching begins&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
p21-22&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–At 4.48&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
when sanity visits&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
for one hour and twelve minutes I am in my right mind.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
When it has passed I shall be gone again,&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
a fragmented puppet, a grotesque fool.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;Now I am here I can see myself&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;but when I am charmed by vile delusions of happiness,&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;the foul magic of this engine of sorcery,&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;I cannot touch my essential self.&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
(...)&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Stop judging by appearances and make a right judgement.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
–It&#39;s all right. You will get better.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;&amp;nbsp;–Your disbelief cures nothing.&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Look away from me&lt;/div&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Hatch opens&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Stark light&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;A table two chairs and no windows&lt;/b&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&amp;nbsp;&lt;b&gt;Here I am&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;and there is my body&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;dancing on glass&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;In accident time where there are no accidents&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
You have no choice
the choice comes after&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
page 22-23&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Cut out my tongue&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
tear out my hair&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
cut off my limbs&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&amp;nbsp;but leave me my love&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
I would rather have lost my legs&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&amp;nbsp;pulled out my teeth&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
gouged out my eyes
than lost my love&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
flash flicker slash burn wring press dab slash&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
flash flicker punch burn float flicker dab flicker&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
punch flicker flash burn dab press wring press&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
punch flicker float burn flash flicker burn&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;it will never pass&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
dab flicker punch slash wring slash punch slash&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
float flicker flash punch wring press flash press&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
dab flicker wring burn flicker dab flash dab float&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
burn press burn flicker burn flash&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;Nothing&#39;s forever&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;(but Nothing)&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
slash wring punch burn flicker dab float dab&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
flicker burn punch burn flash dab press dab&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
wring flicker float slash burn slash punch slash&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
press slash float slash flicker burn dab&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Victim. Perpetrator. Bystander. (bystander : témoin)&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
punch burn float flicker flash flicker burn slash&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
wring press dab slash flash flicker dab flicker&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
punch flicker flash burn dab press flicker wring&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
press punch flash flicker burn flicker flash&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
the morning brings defeat&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
wring slash punch slash float flicker flash punch&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
wring dab flicker punch slash press flash press&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
dab flicker wring burn flicker dab flash dab float&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
burn press burn flash flicker slash&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;beautiful pain&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;that says I exist&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
flicker punch slash dab wring press burn slash&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
press slash punch flicker flash press burn slash&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
dab flicker float flash flicker dab press burn slash&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
press slash punch flash flicker&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
burn
and a saner life tomorrow &lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
p. 23-24&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Sanity is found at the centre of convulsion, where madness is scorched
form the bisected soul.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
I know myself.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
I see myself.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;My life is caught in a web of reason&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;spun by a doctor to argument the sane.&lt;/b&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
At 4.48&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
I shall sleep&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
I came to you hoping to be healed.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
You are my doctor, my saviour, my omnipotent judge, my priest, my
god, the surgeon of my soul.
&lt;b&gt;And I am your proselyte to sanity &lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
p. 24-25&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;to achieve goals and ambitions&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;to overcome obstacles and attain a high standard&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;to increase self-regard by the successful exercise of talent&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;to overcome opposition&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;to have control and influence over others&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;to defend myself&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;to defend my psychological space&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;to vindicate the ego&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;to receive attention&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;to be seen and heard&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;to excite, amaze, fascinate, shock, intrigue, amuse, entertain,
or entice others&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;to be free from social restrictions&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;to resist coercion and constriction&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;to be independent and act according&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;to desire&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;to defy convention
to avoid pain&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;to avoid shame
to obliterate past humiliation by resumed action&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;to maintain self-respect&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;to repress fear&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;to overcome weakness
to belong&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;to be accepted
to draw close and enjoyably reciprocate with another&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;to converse in a friendly manner,&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;to tell stories, exchange
sentiments, ideas, secrets&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;to communicate,&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;to converse
to laugh and make jokes
to win affection of desired Other&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;to adhere and remain loyal to Other&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;to enjoy sensuous experiences with cathected Other&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;to feed, help, protect, comfort, console, support, nurse or
heal&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;to be fed, helped, protected, comforted, consoled,
supported, nursed or healed&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;to form mutually enjoyable, enduring, cooperating and
reciprocating relationship with Other, with an equal&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;to be forgiven&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;to be loved&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;to be free&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
p.25&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;–You&#39;ve seen the worst of me.&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;–Yes.&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;–I know nothing of you&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
p.26&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;–You don&#39;t need a friend you need a doctor.&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;(A long silence.)&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;–You are so wrong.&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;(A very long silence.)&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;–But you have friends.&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;(A long silence.)&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;You have a lot of friends.
What do you offer your friends to make them so supportive?&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;(A long silence.)&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;What do you offer your friends to make them so supportive?&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;(A long silence.)&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;What do you offer?&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;(Silence.)&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
p.27&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
You&#39;ll be all right. You&#39;re strong. &lt;b&gt;I know you&#39;ll be okay because I like you and you can&#39;t like someone who doesn&#39;t like themself. The people I fear for are the ones I don&#39;t like because they hate themselves so much they won&#39;t let anyone else like them either.&lt;/b&gt; But I do like you. I&#39;ll miss you. And I know you&#39;ll be ok.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Most of my clients want to kill me. When I walk out of here at the
end of the day I need to go home to my lover and relax. I need to
be with my friends and relax. I need my friends to be really
together.
(Silence.)&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;I fucking hate this job and I need my friends to be sane&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
p.28&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;–I know. I&#39;m angry because I understand, not because I don&#39;t.&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
p.29&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Fattened up&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Shored up&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Shoved up&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
my body decompensates&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
my body flies apart&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;no way to reach out&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;beyond the reaching out I&#39;ve already done&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
(...)&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;I thought it was silent&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;till it went silent&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
how have you inspired this pain?&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
I&#39;ve never understood&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
what it is I&#39;m not supposed to feel&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
like a bird on the wing in a swollen sky&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
my mind is torn by lightning&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
as it flies form the thunder behind&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Hatch opens&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Stark light&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
and Nothing&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Nothing&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
see Nothing&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
What am I like?&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
the child of negation&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;out of one torture chamber into another&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;a vile succession of errors without remission&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;every step of the way I&#39;ve fallen&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;Despair propels me to suicide&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;Anguish for which doctors can find no cure&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;Nor care to understand&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
(...) &lt;/div&gt;
&lt;table align=&quot;center&quot; cellpadding=&quot;0&quot; cellspacing=&quot;0&quot; class=&quot;tr-caption-container&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto; text-align: center;&quot;&gt;&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiFgruTQenQsGdM9u2Q1e2UHB_u1Bp04fIzDI1um1QpaWx6mx-bGYnq6lKx4XImIWx23CvbuAquD_j0yZX8RKedbW1dPiywoXoNDy2sywldacVlaP5q6-X_KROVxX9rE4Kj9DRxEEVSnmMW/s1600/John_Everett_Millais_-_Ophelia_-_Google_Art_Project.jpg&quot; imageanchor=&quot;1&quot; style=&quot;margin-left: auto; margin-right: auto;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; data-original-height=&quot;900&quot; data-original-width=&quot;1324&quot; height=&quot;433&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiFgruTQenQsGdM9u2Q1e2UHB_u1Bp04fIzDI1um1QpaWx6mx-bGYnq6lKx4XImIWx23CvbuAquD_j0yZX8RKedbW1dPiywoXoNDy2sywldacVlaP5q6-X_KROVxX9rE4Kj9DRxEEVSnmMW/s640/John_Everett_Millais_-_Ophelia_-_Google_Art_Project.jpg&quot; width=&quot;640&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class=&quot;tr-caption&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;Sir John Everett Millais, Ophelia, 1851 -1852, Tate Britain, London, UK. J&#39;aurais vu une baignoire ancienne sur scène, style demi-baignoire, posée sur un faux gazon en plastique et des plantes vertes mortes autour. Histoire d&#39;égayer faussement la scène. Et pourquoi pas pousser le clin d’œil en lui faisant enfiler une robe violet pastel ? Ou juste une jupe longue de cette couleur puisqu&#39;elle &quot;dislike her genitals&quot; ?&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;Mstill black water&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;as deep as forever&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;as cold as the sky&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;as still as my heart&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
when your voice is gone&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
I shall freeze in hell
of course&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
I love you
you saved my life&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
I wish you hadn&#39;t&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
I wish you hadn&#39;t&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
I wish you&#39;d left me alone&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
p.29&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Hatch opens&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Stark light &lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;the rupture begins&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;I don&#39;t know where to look anymore&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;Tired of crowd searching&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;Telepathy&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;and hope&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Watch the stars&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
predict the past&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&amp;nbsp;and change the world with a silver eclipse&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
the only thing that&#39;s permanent is destruction&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;we&#39;re all going to disappear&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;trying to leave a mark more permanent that myself&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
I&#39;ve not killed myself before so don&#39;t look for precedents&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
What came before was just the beginning&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
a cyclical fear
that&#39;s not the moon it&#39;s the earth&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
A revolution&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Dear God, dear God, what shall I do?&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
p.30&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
All I know&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
is snow&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
and black despair&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Nowhere left to turn&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
an ineffectual mortal spasm&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
the only alternative to murder&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Please don&#39;t cut me up to find out how I died&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
I&#39;ll tell you how I died&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
One hundred Lofepramine, forty five Zopiclone, twenty five
Temazepam, and twenty Melleril&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Everything I had&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Swallowed&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Slit
Hung&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
It is done&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
behold the Eunuch&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
of castrated thought&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
skull&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
unwound&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
the capture&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
the rapture&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
the rupture&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
of a soul&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
a solo symphony&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
warm darkness&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
which soaks my eyes&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
I know no sin&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
p.31-32&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
this is the sickness of becoming great&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;the vital need for which I would die&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;to be loved&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;I&#39;m dying for one who doesn&#39;t care&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;I&#39;m dying for one who doesn&#39;t know&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
you&#39;re breaking me&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Speak&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Speak&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Speak&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;ten yard ring of failure&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;look away from me&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
My final stand&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
No one speaks&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;Validate me&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;Witness me&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;See me&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;Love me&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
my final submission&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
my final defeat&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
the chicken&#39;s still dancing&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
the chicken won&#39;t stop&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
I think that you think of me
the way&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
I&#39;d have you think of me&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
the final period&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
the final full stop&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
look after your mum now&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
look after your mum&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
p.33&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Black snow falls&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
in death you hold me&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
never free&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
I have no desire for death&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
no suicide ever had&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
watch me vanish&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
watch me&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
vanish&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
watch me&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
watch me&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
watch&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
p35&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;It is myself I have never met, whose face is pasted on the underside of my mind&lt;/b&gt;&amp;nbsp;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
(...)&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
please open the curtains&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;u&gt;&lt;b&gt;SITOGRAPHIE&lt;/b&gt;&lt;/u&gt; :&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;LE TEXTE EN LIGNE EN PDF&lt;/b&gt; (Aucun héritier lésé : l&#39;auteure s&#39;est suicidée à 28 ans, sans enfant). I am so FUCKING grateful to the person who shares this text with the whole world :&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;a href=&quot;http://rlmalvin.angelfire.com/KaneSarah448Psychosis.pdf&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;http://rlmalvin.angelfire.com/KaneSarah448Psychosis.pdf&lt;/a&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;BAAL / BELZEBUB / BELZEBUTH &lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;a href=&quot;https://mythologica.fr/phenicien/baal.htm&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;https://mythologica.fr/phenicien/baal.htm&lt;/a&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/Baal&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Baal&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/Belz%C3%A9buth&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Belz%C3%A9buth&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;OPHELIA &lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.dailyartmagazine.com/john-everett-millais-ophelia/&quot;&gt;http://www.dailyartmagazine.com/john-everett-millais-ophelia/&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;a href=&quot;https://artcheologie.wordpress.com/2014/03/06/le-mythe-dophelie-et-ses-representations-au-xixeme-siecle/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;https://artcheologie.wordpress.com/2014/03/06/le-mythe-dophelie-et-ses-representations-au-xixeme-siecle/&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&amp;nbsp;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
*à propos des 80 ans qu&#39;elle ressent :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;LXXVI — Spleen « J’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans »&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;-webkit-text-stroke-width: 0px; background-color: white; color: black; font-family: Verdana; font-size: 12px; font-style: normal; font-variant-caps: normal; font-variant-ligatures: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: left; text-decoration-color: initial; text-decoration-style: initial; text-indent: 0px; text-transform: none; white-space: normal; widows: 2; word-spacing: 0px;&quot;&gt;
&lt;span class=&quot;spip_document_7098 spip_documents spip_documents_left&quot; style=&quot;float: left; margin-bottom: 5px; margin-right: 15px; text-align: center; width: 392px;&quot;&gt;&lt;img alt=&quot;&quot; height=&quot;543&quot; src=&quot;https://www.eclairement.com/local/cache-vignettes/L392xH543/Baudelaire_JaiPlusDeSouvenirs-0c0fe.jpg&quot; style=&quot;border: 0px none; margin: 0px; padding: 0px;&quot; width=&quot;392&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;/div&gt;
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&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;Les Fleurs du mal&lt;/i&gt; - Baudelaire, 1857.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;
Ce chef-d’œuvre a inspiré des tas d&#39;autres poèmes (objectivement moins intenses), dont celui-ci&amp;nbsp; &lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
(...)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est de mornes jours, où las de se connaître &lt;br /&gt;
Le cœur, vieux de mille ans, s&#39;assied sur son butin, &lt;br /&gt;
Où le plus cher passé semble un décor déteint, &lt;br /&gt;
Où s&#39;agite un minable et vague cabotin. &lt;br /&gt;
Il est de mornes jours las du poids de connaître, &lt;br /&gt;
Et, ces jours-là, je vais courbé comme un ancêtre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est des nuits de doute, où l&#39;angoisse vous tord, &lt;br /&gt;
Où l&#39;âme, au bout de la spirale descendue, &lt;br /&gt;
Pâle et sur l&#39;infini terrible suspendue, &lt;br /&gt;
Sent le vent de l&#39;abîme, et recule éperdue ! &lt;br /&gt;
Il est des nuits de doute, où l&#39;angoisse vous tord, &lt;br /&gt;
Et, ces nuits-là, je suis dans l&#39;ombre comme un mort.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;a href=&quot;https://www.poesie-francaise.fr/poemes-albert-samain/&quot;&gt;Albert Samain&lt;/a&gt;, Au jardin de l&#39;infante (1893)&lt;/div&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div class=&quot;separator&quot; style=&quot;clear: both; text-align: center;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;separator&quot; style=&quot;clear: both; text-align: center;&quot;&gt;
&lt;iframe allowfullscreen=&quot;&quot; class=&quot;YOUTUBE-iframe-video&quot; data-thumbnail-src=&quot;https://i.ytimg.com/vi/Xdjosc8HIhI/0.jpg&quot; frameborder=&quot;0&quot; height=&quot;266&quot; src=&quot;https://www.youtube.com/embed/Xdjosc8HIhI?feature=player_embedded&quot; width=&quot;320&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;Semper eadem&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&quot; D&#39;où vous vient, disiez-vous, cette tristesse étrange, &lt;br /&gt;
Montant comme la mer sur le roc noir et nu ? &quot; &lt;br /&gt;
- Quand notre coeur a fait une fois sa vendange, &lt;br /&gt;
Vivre est un mal. C&#39;est un secret de tous connu,&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une douleur très simple et non mystérieuse, &lt;br /&gt;
Et, comme votre joie, éclatante pour tous.&lt;br /&gt;
Cessez donc de chercher, ô belle curieuse ! &lt;br /&gt;
Et, bien que votre voix soit douce, taisez-vous !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Taisez-vous, ignorante ! âme toujours ravie ! &lt;br /&gt;
Bouche au rire enfantin ! Plus encor que la Vie,&lt;br /&gt;
La Mort nous tient souvent par des liens subtils.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Laissez, laissez mon coeur s&#39;enivrer d&#39;un mensonge, &lt;br /&gt;
Plonger dans vos beaux yeux comme dans un beau songe, &lt;br /&gt;
Et sommeiller longtemps à l&#39;ombre de vos cils !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal, 1857.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le morceau de Gabriel Faure est considéré comme une référence dans le monde musical selon mon collègue prof de musique, R. Lapeyre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div class=&quot;separator&quot; style=&quot;clear: both; text-align: center;&quot;&gt;
&lt;iframe allowfullscreen=&quot;&quot; class=&quot;YOUTUBE-iframe-video&quot; data-thumbnail-src=&quot;https://i.ytimg.com/vi/UKIYQn7r7W0/0.jpg&quot; frameborder=&quot;0&quot; height=&quot;266&quot; src=&quot;https://www.youtube.com/embed/UKIYQn7r7W0?feature=player_embedded&quot; width=&quot;320&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;
&lt;br /&gt;
Après un rêve (After a Dream) - Gabriel Fauré lyrics ♪ Après un rêve (After a Dream) ♪&lt;br /&gt;
Dans un sommeil que charmait ton image&lt;br /&gt;
Je rêvais le bonheur, ardent mirage&lt;br /&gt;
Tes yeux étaint plus doux, ta voix pure et sonore,&lt;br /&gt;
Tu rayonnais comme un ciel éclairé par l&#39;aurore;&lt;br /&gt;
Tu m&#39;appelais et je quittais la terre&lt;br /&gt;
Pour m&#39;enfuir avec toi vers la lumière,&lt;br /&gt;
Les cieux pour nous entr&#39;ouvraient leurs nues&lt;br /&gt;
Splendeurs inconnues, lueurs divines entre vues&lt;br /&gt;
Hélas! Hélas, triste réveil des songes&lt;br /&gt;
Je t&#39;appelle, ô nuit, rends moi tes mensonges,&lt;br /&gt;
Reviens, reviens radieuse, Reviens, ô nuit mystérieuse!&lt;br /&gt;
&lt;div class=&quot;separator&quot; style=&quot;clear: both; text-align: center;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;br /&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/feeds/2800431089297922861/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/2019/02/448-de-sarah-kane-compagnie-des-corps.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3029239831143446776/posts/default/2800431089297922861'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3029239831143446776/posts/default/2800431089297922861'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/2019/02/448-de-sarah-kane-compagnie-des-corps.html' title='4.48 DE SARAH KANE, COMPAGNIE DES CORPS HURLANTS, THEATRE CLAVEL 2019.'/><author><name>Selbstdenken</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09200151202439051685</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" url="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjYXoTd4GMYqaCjSN8kV7w4ivaISZpNG9yZySMBl7J8NHRS0k8dUfizkfr6nd9p1LB2u1afXEBLrSAw59VdN4YHEaocS094RA4E2rU18TfKTK0bTpdl1Ti3V0C1HPlSN1mbrtBA5D26z5ba/s72-c/448+Sarah+Kane.jpg" height="72" width="72"/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3029239831143446776.post-4020134946632296606</id><published>2019-02-20T23:46:00.001+01:00</published><updated>2020-02-18T04:04:41.222+01:00</updated><title type='text'>CLASSEMENT DE MES INFUSIONS (INDUS) PREFEREES</title><content type='html'>&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Ce classement est en cours donc si vous n&#39;y trouvez rien, c&#39;est normal : je le construis de façon paresseuse.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Mon objectif personnel est d&#39;équilibrer ma consommation en café (le matin), thé (l&#39;après-midi) et infusions (le soir), de préférence en vrac. Il y aura donc deux autres classements. &lt;/div&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;1) Infusion bio Gingembre Orange Vanille, Yogi Tea&lt;/b&gt;. &lt;br /&gt;
&lt;div class=&quot;separator&quot; style=&quot;clear: both; text-align: center;&quot;&gt;
&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiDa1QvZ1ZSl0rcbQpoQCH30ths4CDongctLG_1dW_WoMr4JMmzmCgpoGKAImjBSnHq5jDpihN-OH-XTGrwYmhjlAXTVkPFJhmSeatBT8M8Vc47_eTmW4xcgM0aVBxBx247VGMPnyXQsSq4/s1600/fr_product_gingembreOrVa-267x400.png&quot; imageanchor=&quot;1&quot; style=&quot;margin-left: 1em; margin-right: 1em;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; data-original-height=&quot;400&quot; data-original-width=&quot;267&quot; height=&quot;640&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiDa1QvZ1ZSl0rcbQpoQCH30ths4CDongctLG_1dW_WoMr4JMmzmCgpoGKAImjBSnHq5jDpihN-OH-XTGrwYmhjlAXTVkPFJhmSeatBT8M8Vc47_eTmW4xcgM0aVBxBx247VGMPnyXQsSq4/s640/fr_product_gingembreOrVa-267x400.png&quot; width=&quot;425&quot; /&gt;&amp;nbsp;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;separator&quot; style=&quot;clear: both; text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;Avis&lt;/b&gt; : une des RARES tisanes dont je ne me lasse pas. Pas de chance : elle n&#39;a pas de nom spirituel et n&#39;a pas l&#39;étiquette &quot;great taste&quot;. Dieu sait que j&#39;ai acheté des tas d&#39;infusions Yogi Tea que j&#39;ai eu du mal à finir malgré leur nom ou l&#39;étiquette &quot;super goût&quot;. Il n&#39;empêche que ma préférée jusqu&#39;à présent, c&#39;est bien celle-ci. Prix : 3,50 les 17 sachets (soit environ 20 centimes le sachet).&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;separator&quot; style=&quot;clear: both; text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;a href=&quot;https://www.yogitea.com/fr/products/gingembre-orange-a-la-vanille/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;https://www.yogitea.com/fr/products/gingembre-orange-a-la-vanille/&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;separator&quot; style=&quot;clear: both; text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;separator&quot; style=&quot;clear: both; text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;2) Organic Cinnamon and Cardamom, Celestial Seasonings.&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjLJus0sl6y_XKfI4Ttk1-dbuaZD_lH6xquB-1GjXm19I3moN4Nb3fOLDCCMmAGT3cez4ZhLDzeGDfkIohODlXPCSdVxVVxTnMYpgV0SBPvM_G5QsQVmjaYXrjMcndivzElVaUPTwPKkTP2/s1600/Organic-Cinnamon-Cardamom.jpg&quot; imageanchor=&quot;1&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; height=&quot;240&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjLJus0sl6y_XKfI4Ttk1-dbuaZD_lH6xquB-1GjXm19I3moN4Nb3fOLDCCMmAGT3cez4ZhLDzeGDfkIohODlXPCSdVxVVxTnMYpgV0SBPvM_G5QsQVmjaYXrjMcndivzElVaUPTwPKkTP2/s640/Organic-Cinnamon-Cardamom.jpg&quot; width=&quot;640&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;Avis&lt;/b&gt; : j&#39;ai mis deux sachets sans faire exprès d&#39;un coup et ce fut...le Paradis sur terre. Mais à plus de 5€ les 20 sachets (environ 25 centimes/le sachet), on se calme. Je suis une raide dingue de cardamome : j&#39;en mettrais partout. Je suis même surprise de ne pas l&#39;apprécier dans le café égyptien. Pourquoi je ne la mets pas en premier ? Parce que je l&#39;aime tellement, que j&#39;ai peur d&#39;en abuser et de m&#39;en lasser plus vite. Je confirme que mettre un seul sachet, c&#39;est bon aussi mais forcément, ce n&#39;est pas aussi intense.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;a href=&quot;https://www.celestialseasonings.eu/fr/cinnamon-cardamom/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;https://www.celestialseasonings.eu/fr/cinnamon-cardamom/&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;3) INFUSION MAISON ANTI-TOUX et ANTI-TOUT :&lt;/b&gt;&lt;b&gt;&amp;nbsp;THYM BIO + MIELLAT + CITRON NON TRAITE + GINGEMBRE FRAIS.&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Ne jamais oublier que la meilleure infusion pour la santé, c&#39;est celle qui est faite maison donc toujours avoir du thym bio à la maison en vrac et du miel ou du miellat. Il ne reste plus qu&#39;à aller acheter un citron et un rhizome de gingembre frais (une infusion juste au gingembre frais, c&#39;est délicieux aussi : c&#39;est une amie turque, Hilal, qui me l&#39;a fait découvrir).&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
L&#39;infusion au thym est puissante et amère mais le miel sucré contrebalance cette amertume.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
Privilégier le miel à l&#39;eucalyptus, l&#39;oranger ou au sarrasin ou encore mieux : du miellat de sapin ou de chêne. Ce n&#39;est pas du miel de nectar de fleurs, il s&#39;agit de sécrétions de pucerons déposées sur les arbres, récupérées par les abeilles ensuite. Je ne trouve pas ça très bon car beaucoup plus fort que le miel mais avec du jus de citron, ça passe sans problème. 8€ chez Kelbongoo, le miellat de sapin.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;a href=&quot;https://mieletvertus.com/content/15-miellat-definition-miel&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;https://mieletvertus.com/content/15-miellat-definition-miel&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;https://www.bio-info.com/articles/sante-bien-etre/222-le-miellat-douceur-des-abeilles&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;https://www.bio-info.com/articles/sante-bien-etre/222-le-miellat-douceur-des-abeilles&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;&lt;u&gt;Je déconseille certaines infusions car elles ne sont pas bonnes du tout&lt;/u&gt; :&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;- Les tisanes Lebensbaum.&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEinWOX_HyXAFGz51yORHvdD35twEIJg8N4fWFe4ei1gggQG2vacMr5haTAU-zpye6kp2iNaSMHhCxhEm0xpYpicLz66DH7aGdLzgnXyWxaPckIXwoN-R8tZDWO8Y8fNM4bHWAYYOgB58rvV/s1600/5030_globe_trotteur_g.png&quot; imageanchor=&quot;1&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; height=&quot;640&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEinWOX_HyXAFGz51yORHvdD35twEIJg8N4fWFe4ei1gggQG2vacMr5haTAU-zpye6kp2iNaSMHhCxhEm0xpYpicLz66DH7aGdLzgnXyWxaPckIXwoN-R8tZDWO8Y8fNM4bHWAYYOgB58rvV/s640/5030_globe_trotteur_g.png&quot; width=&quot;568&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
Le packaging est génial (trop beau, le plus beau), les noms des tisanes sont génialement bien trouvés (Carotte et Karma ; Tilleul et Feu de Camp ; Forêt et Herbes ; Mélisse et Maison ; Montagne et Fraîcheur ; Argousier et Mer ) MAIS les tisanes n&#39;ont AUCUN goût !!! Les ingrédients ont l&#39;air pourtant très bien choisis. Ma théorie ? Ils sont en trop petites quantités et/ou ne sont pas d&#39;assez bonne qualité.&lt;br /&gt;
J&#39;ai acheté un assortiment de 20 infusions et à chaque fois que j&#39;en goûte une nouvelle (avec enthousiasme), c&#39;est une nouvelle déception et n&#39;ai fait que boire de l&#39;EAU CHAUDE. Je finirai le paquet donc s&#39;il y en a une seule qui sent quelque chose, qui a du goût, je vous ferai signe.&lt;br /&gt;
Marketing/Packaging : 10/10 Goût : 0/10,&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;https://www.lebensbaum.com/fr/produits/the/globe-trotteur&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;https://www.lebensbaum.com/fr/produits/the/globe-trotteur&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;b&gt;Mes goûts perso&lt;/b&gt; : je n&#39;aime plus les tisanes au chocolat, je ne trouve plus ça bon et j&#39;en ai vraiment marre de voir de la menthe en excès partout dans les tisanes industrielles : autant en cultiver soi-même sur son balcon dans ce cas-là !&lt;/div&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/feeds/4020134946632296606/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/2019/02/classement-de-mes-infusions-preferees.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3029239831143446776/posts/default/4020134946632296606'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3029239831143446776/posts/default/4020134946632296606'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/2019/02/classement-de-mes-infusions-preferees.html' title='CLASSEMENT DE MES INFUSIONS (INDUS) PREFEREES'/><author><name>Selbstdenken</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09200151202439051685</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" url="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiDa1QvZ1ZSl0rcbQpoQCH30ths4CDongctLG_1dW_WoMr4JMmzmCgpoGKAImjBSnHq5jDpihN-OH-XTGrwYmhjlAXTVkPFJhmSeatBT8M8Vc47_eTmW4xcgM0aVBxBx247VGMPnyXQsSq4/s72-c/fr_product_gingembreOrVa-267x400.png" height="72" width="72"/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3029239831143446776.post-14896345315190778</id><published>2018-12-18T21:52:00.001+01:00</published><updated>2020-02-18T04:04:40.326+01:00</updated><category scheme="http://www.blogger.com/atom/ns#" term="Commandement 7 : Tu iras voir des pièces de théâtre."/><title type='text'>RHINOCEROS (la nouvelle) DE IONESCO, THEATRE ESSAÏON, 2018.</title><content type='html'>&lt;br /&gt;
&lt;div class=&quot;separator&quot; style=&quot;clear: both; text-align: center;&quot;&gt;
&lt;a href=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEh71K0gcTlNm6q9w3Qo-lVOEylPtcRdskE8YoJ0yvN-dyI_T0OziXAJUYpK2oHV-d4q313OIHd0GCPOgGkuqatGEnXh8Ky_sMl-0MmGsT2dbRNUf_slVLAWeAvqdxD8ssPxVt2yMq2PSUEG/s1600/RHINOCEROS+AFFICHE.jpeg&quot; imageanchor=&quot;1&quot; style=&quot;margin-left: 1em; margin-right: 1em;&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; data-original-height=&quot;254&quot; data-original-width=&quot;180&quot; height=&quot;400&quot; src=&quot;https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEh71K0gcTlNm6q9w3Qo-lVOEylPtcRdskE8YoJ0yvN-dyI_T0OziXAJUYpK2oHV-d4q313OIHd0GCPOgGkuqatGEnXh8Ky_sMl-0MmGsT2dbRNUf_slVLAWeAvqdxD8ssPxVt2yMq2PSUEG/s400/RHINOCEROS+AFFICHE.jpeg&quot; width=&quot;283&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
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N&#39;ayant lu aucune critique avant de voir la pièce comme à mon habitude, je fus de prime abord un peu déçue de deviner que le comédien allait jouer tous les rôles (lasse des pièces minimalistes). Force est d&#39;admettre cependant que ce comédien est exceptionnel et a mis tout son talent au service d&#39;un texte dont je ne me lasserai jamais du sens atemporel et universel. En cette période particulièrement difficile de l&#39;année d&#39;une violence politique innommable à l&#39;encontre des citoyens ordinaires d&#39;une part et terroriste d&#39;autre part à l&#39;encontre de simples êtres humains dans la rue, sur fond de surconsommation &quot;noëlistique&quot; capitaliste néolibérale dégoulinante, j&#39;ai éprouvé le besoin nécessaire de me remémorer l&#39;essence de la pièce Rhinocéros de Ionesco à travers l&#39;adaptation de sa version plus sobre, sous forme de nouvelle, comme une lueur d&#39;espoir. Le désespoir est atemporel certes et chaque époque le porte de façon différente. Mais l&#39;espoir l&#39;est également. Je nous souhaite à tous du COURAGE personnel pour ne pas sombrer dans l&#39;indifférence individuelle et collective, pour ne pas nous transformer, malgré nous, malgré tout ce qui pourrait nous conditionner à le faire, en rhinocéros, métaphores (injuste à l&#39;encontre de ces animaux herbivores) de la barbarie. Ne doutons pas de ce qui est juste et bon, sans être aveuglé par une quelconque idéologie totalitariste ou religion. MERCI au comédien Stéphane Daurat et BRAVO pour votre performance !&lt;br /&gt;
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Un seul bé mol : l&#39;affiche ! Elle ne rend franchement pas hommage ni au texte, ni au spectacle ! Je suggère l&#39;origami fait par le comédien ou plusieurs portraits en un, ce qui ferait écho à sa performance. Une autre suggestion, cette fois-ci une illustration sonore- qui ne casserait que très momentanément le rythme : &quot;Enivrez-vous&quot; par Serge Reggiani. Je vous laisse vous enivrer de cette merveilleuse interprétation.&lt;/div&gt;
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</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/feeds/14896345315190778/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/2018/12/rhinoceros-la-nouvelle-de-ionesco.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3029239831143446776/posts/default/14896345315190778'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3029239831143446776/posts/default/14896345315190778'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://leszobjektifsdekamlakilleuse.blogspot.com/2018/12/rhinoceros-la-nouvelle-de-ionesco.html' title='RHINOCEROS (la nouvelle) DE IONESCO, THEATRE ESSAÏON, 2018.'/><author><name>Selbstdenken</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09200151202439051685</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='https://img1.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" url="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEh71K0gcTlNm6q9w3Qo-lVOEylPtcRdskE8YoJ0yvN-dyI_T0OziXAJUYpK2oHV-d4q313OIHd0GCPOgGkuqatGEnXh8Ky_sMl-0MmGsT2dbRNUf_slVLAWeAvqdxD8ssPxVt2yMq2PSUEG/s72-c/RHINOCEROS+AFFICHE.jpeg" height="72" width="72"/><thr:total>0</thr:total></entry></feed>