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	<title>Mais où est-ce qu'on est ?</title>
	
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	<description>A research inscide social media</description>
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		<title>Le business des données personnelles : valeur, propriété et régulation…</title>
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		<pubDate>Wed, 20 Feb 2013 11:56:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anthony</dc:creator>
				<category><![CDATA[analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Economie]]></category>
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		<description><![CDATA[Cette semaine se tient la Social Media Week organisée par la Netscouade. L’occasion de s’interroger sur tout un panel de questions liées aux usages des médias sociaux. J’ai assisté à la conférence d’ouverture organisée par le Social Media Club France : Web social, la gratuité, à quel prix ? qui a été l’occasion de débattre ]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Cette semaine se tient la <a  href="http://socialmediaweek.org/paris/" target="_blank">Social Media Week</a> organisée par la <a href="http://www.lanetscouade.com/" target="_blank">Netscouade</a>. L’occasion de s’interroger sur tout un panel de questions liées aux usages des médias sociaux. J’ai assisté à la conférence d’ouverture organisée par le <a href="http://socialmediaclub.fr/" target="_blank">Social Media Club France</a> : <a href="http://socialmediaclub.fr/2013/01/web-social-la-gratuite-a-quel-prix-2/" target="_blank">Web social, la gratuité, à quel prix ?</a> qui a été l’occasion de débattre du business des données personnelles, c’est à dire en gros de l’économie de Facebook, Twitter, ou encore Google&#8230; Si ces données sont gratuites d’accès pour les utilisateurs, c’est que leur <em>business model</em> est ailleurs : publicité, vente de données&#8230; Cette nouvelle économie des données interroge : où est sa valeur ? Réside-t-elle dans la possession de donnée ou dans son utilisation ? Faut-il réguler ce marché ? Je vous propose un petit tour de ces questions tiré des interventions des différents conférenciers présents lors de cette inauguration agrémenté de ma propre réflexion sur le sujet.</p>
<h1>Les données, d’abord un nouveau Business Model&#8230;</h1>
<p style="text-align: justify;">Les données, c’est d’abord bien entendu un nouvel eldorado, le &laquo;&nbsp;pétrole du web&nbsp;&raquo;. C’est l’activité de Facebook, Twitter, Pinterest, Linkedin&#8230;. tous ces services de réseaux sociaux qui monétisent leur audience grâce aux données qu’ils récoltent sur leurs utilisateurs. A la différence de ressources naturelles (gaz, pétrole, minerai&#8230;), la donnée est justement une donnée construite, dont on peut générer la création. C’est tout l’objectif de ces services qui développent des interfaces utilisateurs de plus en plus facile d’usage, et qui s’interconnectent avec nos multiples comportements en ligne. Il s’agit d’une part de nous inciter à produire le plus de données possibles et d’autre part pour ces entreprises de maximiser leur collecte. Si ces données sont gratuites d’accès pour l’utilisateur (je peux accéder aux tweets de mes abonnés, aux publications Facebook de mes amis sans avoir rien à débourser en accès au service), c’est donc que le <em>business model</em> de ces plateformes est ailleurs : la publicité ! Concrètement, il s’agit grâce aux données collectées de proposer aux utilisateurs du service une publicité de plus en plus ciblée sur ses intérêts. De ce point de vue, il s’agit donc d’apporter une information de plus en plus qualifiée à l’utilisateur puisque cette information est conçue pour lui de manière presque sur-mesure.</p>
<h1>&#8230; mais pas que justement</h1>
<p>Cela dit les données personnelles ne servent pas qu’au monde de la publicité. Comme le fait remarquer Nicolas Colin, inspecteur des finances coauteur du rapport sur la fiscalité de l’économie numérique,  les données ne servent pas qu’au ciblage publicitaire. Elles peuvent servir à améliorer le service, à définir le prix de vente idéal d’un produit&#8230; Tout les données personnelles ne sont donc pas à mettre dans le même panier.</p>
<h1>Où est la valeur ?</h1>
<p style="text-align: justify;">Pour Jean-Luc Cyrot &#8211; Capital-risqueur TIME Equity Partners la valeur n’est pas dans les données, mais bien dans l’usage que l’on en fait. Mais prenons un peu de perspective. En réalité, une donnée, ou data en anglais n’est qu’une écriture sans aucune valeur objective. C’est la transformation de la donnée en information qui a de la valeur et cette transformation ne s’opère que au moment où entre en jeu le destinataire de l’information, c’est à dire l&rsquo;acteur qui la &laquo;&nbsp;consomme&nbsp;&raquo;.</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">On pourrait dire en s’appuyant sur la réflexion simondonienne que l’information, à un certain degré, est le processus d’individuation qui fait qu’une quantité de données devient une information «individuée» pour un destinataire.</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">La valeur n’est donc pas dans le data, mais dans l’information, c’est à dire dans le devenir d’une donnée consommée par son destinataire. Or une donnée ne devient information  que si elle voyage et atteint les bons destinataires. Une donnée stockée sur un serveur est sans valeur, c’est sa circulation qui va lui donner de la valeur. Comme le fait remarquer Frédéric Bellier, directeur général de RadiumOne France, la valeur du marché du data se situe au niveau d’ «avec qui» on partage cette donnée, et non «avec quoi».</p>
<h1>La question de la propriété des données</h1>
<p style="text-align: justify;">Donc la donnée n’a pas de valeur. L’information intelligente ciblée qui est transformée à partir de la donnée en a. Pourquoi alors posséder une donnée ? En réalité, les prestataires techniques que sont Facebook ou encore Twitter ne possèdent pas les données. Les conditions d’utilisation de ces service stipulent bel et bien qu’elles ne possèdent sur nos données qu’un droit d’usage comme le souligne Alexandra Neri, avocate en charge de la propriété intellectuelle et des nouvelles technologies chez Herbert Smith. Cette réflexion est tout à fait intéressante au regard de la notion de propriété. Si les entreprises qui font l’économie du XXIème siècle basent toute leur activité sur un bien qu’elles ne possèdent pas, on peut légitimement s’interroger sur la nécessité du concept de propriété en tant que fondement de notre système économique&#8230;. mais c’est un autre débat.</p>
<h1>Quelle régulation ?</h1>
<p style="text-align: justify;">Au final, ce qui fait débat dans la sphère publique comme le relève Freank Cheneau, DG Délégué de Skyrock.com, au delà de la question de la vie privée, c’est l’usage qui est fait des données en terme de ciblage publicitaire et la question de la taxation de ces entreprises toutes américaines qui forment une part toujours plus grande de notre économie locale. Le souci de régulation est d’autant plus fort qu’il ne s’agit pas qu’une question d’argent, mais bel et bien une question de pouvoir. Rappelons qu’historiquement, l’Eglise puis l’Etat ont été les grands collecteurs de données personnelles (mariage, décès, naissance&#8230;). Il y a donc clairement un enjeu de pouvoir entre l’Etat et ces sociétés privées qui chaque jour amassent toujours plus de données sur les populations qui les utilisent.</p>
<p style="text-align: justify;">On le voit donc bien, le business du data personnel n&rsquo;est pas un marché comme les autres. Il remet en question nombre de nos conceptions : propriété, vie privée&#8230; mais il interroge aussi nos modèles économiques : comment créer une entreprise autour d&rsquo;un bien qu&rsquo;on ne possède pas ? Comment pour l&rsquo;Etat taxer ces entreprises basées outre Atlantique&#8230; Alors que le poids de cette nouvelle économie devient de plus en plus gigantesque, le business du data personnel n&rsquo;en finit pas d&rsquo;interroger&#8230; voir d&rsquo;inquiéter&#8230;</p>
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		<title>« Vous vouvoyez » ou « tu tutoies » sur Twitter ?</title>
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		<pubDate>Sat, 08 Sep 2012 08:19:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anthony</dc:creator>
				<category><![CDATA[analyse]]></category>
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		<category><![CDATA[joffrin]]></category>
		<category><![CDATA[tutoiement]]></category>

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		<description><![CDATA[Cela fait quelques temps que je n&#8217;avais pas publié dans ce blog pour diverses raisons personnelles (je n&#8217;étais pas beaucoup en France ces derniers mois). La publication d&#8217;une interview que j&#8217;ai donnée pour le site de la BBC m&#8217;en donne à nouveau l&#8217;occasion. L&#8217;article de Rebecca Lawn fait suite notamment à la sortie remarquée sur ]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Cela fait quelques temps que je n&rsquo;avais pas publié dans ce blog pour diverses raisons personnelles (je n&rsquo;étais pas beaucoup en France ces derniers mois). La publication d&rsquo;une<a href="http://www.bbc.co.uk/news/magazine-19499771"> interview que j&rsquo;ai donnée pour le site de la BBC</a> m&rsquo;en donne à nouveau l&rsquo;occasion. <a href="http://www.bbc.co.uk/news/magazine-19499771">L&rsquo;article de Rebecca Lawn</a> fait suite notamment à la sortie remarquée sur Twitter l&rsquo;année passée de Laurent Joffrin qui s&rsquo;était offusqué qu&rsquo;on le tutoie sur le réseau. J&rsquo;avais <a href="http://maisouestcequonest.net/2011/07/23/twitter-laurent-joffrin-et-le-capital-socialculturel/">écrit un article sur le sujet à l&rsquo;époque</a>, d&rsquo;où mon interview pour le site de la BBC cette semaine. Comme l&rsquo;article de Rebecca a du synthétiser toues les informations sur le sujet, je me permets de vous donner ici mes réponses brutes, en complément de son excellent article <img src='http://maisouestcequonest.net/wp-includes/images/smilies/icon_smile.gif' alt=':)' class='wp-smiley' />   et du <a href="http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2012/09/07/a-tu-et-a-toi-twitter-va-t-il-tuer-le-vouvoiement/#xtor=RSS-32280322?utm_source=twitterfeed&amp;utm_medium=twitter">post de Big Browser sur lemonde.fr</a> (qui traduit l&rsquo;article de la BBC sur son blog pour le site lemonde.fr).</p>
<div id="attachment_981" class="wp-caption aligncenter" style="width: 586px"><a href="http://www.bbc.co.uk/news/magazine-19499771"><img class="size-large wp-image-981 "  alt="Article BBC Twitter et le vouvoiement - Anthony Besson" src="http://maisouestcequonest.net/wp-content/uploads/2012/09/imagearticletwitter-1024x485.jpg" width="576" height="271" /></a>
<p class="wp-caption-text">Article BBC Twitter et le vouvoiement</p>
</div>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Est-ce que vous tutoyiez les autres plus facilement sur Twitter que ‘offline’ ? Si oui, pourquoi ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Sur Twitter, le tutoiement est la norme. Il est difficile de savoir exactement pourquoi. On peut cela dit explorer quelques pistes. Tout d’abord, la limitation des messages sur Twitter à 140 caractères peut expliquer qu’on préfère utiliser un « tu » qui ne compte que 2 lettres plutôt qu’un « vous » qui en compte 4. Cela dit, ce n’est pas à mon sens l’explication la plus convaincante. <strong>Je pense qu’il faut chercher la raison du tutoiement dans les racines de ce qu’est culturellement Twitter. Twitter est un réseau très ouvert qui s’inscrit dans l’esprit des premiers réseaux qui ont peuplés l’Internet, notamment les groupes Usenet où les premiers forums. Or dans ces espaces de discussion, le tutoiement a toujours été de mise</strong>. Vouvoyer un membre d&rsquo;un forum pouvant alors même être perçu comme un signe défiance. Pourquoi ? Il faut comprendre que le vouvoiement que l&rsquo;on utilise en France notamment dans les conversations sert de marqueur social : on utilise le « vous » pour marquer son respect face à une personne considérée comme socialement plus importante ou que l&rsquo;on ne connaît pas. Or, sur Internet, l&rsquo;anonymat aidant, ces marqueurs sociaux disparaissent. <strong>La sociabilité dans les réseaux sociaux de l&rsquo;Internet se construit de manière déconnectée des structures sociales du monde réel.</strong> Dans la philosophie de l&rsquo;Internet, on est entre pairs, d&rsquo;égal à égal, sans distinction sociale aucune, qu&rsquo;importe son âge, son sexe, ses revenus ou son statut dans la vie réelle.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Le tutoiement sur Internet, est-ce que ça choque les personnes arrivant sur Twitter ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">La question du tutoiement s’est posée fréquemment et continue à se poser sur l’Internet. Mais elle peut choquer surtout les internautes néophytes qui ne connaissent pas la culture de l’Internet. Ces utilisateurs qui ne sont pas des internautes avertis débarquent sur le web avec les usages et les codes de sociabilité qu’ils utilisent dans la vie de tous les jours. Or ces usages sont différents sur les réseaux sociaux online. Sur le web, il y a des codes, des rites, bref une véritable culture spécifique et ce notamment sur Twitter. Le tutoiement en fait partie.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Est-ce que c’est une question d’âge ou de génération ? Twitter appartient-t-il aux jeunes (au moins au début) ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Non ce n’est pas une question d’âge, ni de génération. Le concept des Digital Natives a été revisité ces dernières années par quelques sociologues et on s’accorde à dire aujourd’hui qu’il ne s’agit là que d’un mythe. Ce n&rsquo;est pas parce qu&rsquo;on est jeune qu&rsquo;on va mieux utiliser l&rsquo;Internet que sa grand-mère. Je vous invite d’ailleurs à ce sujet à visionner <a href="http://www.dailymotion.com/video/xfknzl_antonio-casilli-doomed-to-be-forever-young_tech"> l’intervention du sociologue Antonio Casilli lors de la conférence Lift 2010 qui s’est tenue à Genève et qui traite du mythe des Digital Natives</a>. Non, la question du tutoiement sur Twitter est bel et bien une question de culture propre au réseau et de capital culturel que l’on possède ou non. Les internautes qui sont choqués par le tutoiement sur Twitter sont avant tout des internautes qui ne connaissent pas ces codes.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Y-a-t-il aujourd&rsquo;hui un conflit du fait de la professionnalisation de Twitter ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Comme je le disais au début, l’anonymat des premiers réseaux à selon moi faciliter le tutoiement. Comme l&rsquo;anonymat permet de cacher le statut social des utilisateurs, les internautes pouvaient alors interagir entre eux de pair à pair. Au début de Twitter, beaucoup d’internautes ont opté pour un pseudonyme, poursuivant ainsi cette culture de l&rsquo;anonymat originelle à l&rsquo;Internet. Avec l&rsquo;arrivée massive sur Twitter de professionnels de l&rsquo;information et des médias (médias, journalistes, stars, politiques, consultants en communication&#8230;) qui ont rapidement vu dans ce réseau un intérêt en termes de diffusion/collecte d&rsquo;information, la tendance à la désanonymatisation s&rsquo;est accélérée. Pourquoi se cacher quand on est déjà un personnage public ? Cette désanonymatisation est aussi le fruit d&rsquo;une lame de fond plus importante dont on voit aujourd&rsquo;hui les effets dans tous les réseaux sociaux virtuels : l&rsquo;interaction sur l&rsquo;Internet ne se fait plus uniquement dans l&rsquo;objectif d&rsquo;échanger une information, mais aussi et de plus en plus dans l&rsquo;idée de gagner en notoriété. L’anonymat se révèle alors un handicap à cet objectif : quel intérêt de posséder une identité virtuelle célèbre si cette notoriété ne rejaillit pas sur son identité réelle et qu&rsquo;on ne peut pas en tirer des bénéfices dans la vie réelle ?</p>
<p style="text-align: justify;">On le voit,<strong> le véritable conflit autour du tutoiement sur Twitter vient plus de la rencontre de deux cultures de la sociabilité différentes. La culture de l&rsquo;Internet où les interactions se font entre pairs, sans distinction sociale, et où le tutoiement est de mise et la culture de la sociabilité que l&rsquo;on connaît dans le monde réel avec l&rsquo;usage de marqueurs sociaux forts comme le vouvoiement.</strong> Avec la montée en puissance de réseaux sociaux virtuels dés-anonymisés (Twitter, Facebook&#8230;), on a commencé à introduire online les usages sociaux que l&rsquo;on utilise dans le monde réel, et notamment à introduire sur le web des usages comme le vouvoiement qui rentrent alors en conflit direct avec la culture d&rsquo;origine de l&rsquo;Internet qui utilise systématiquement le « tu ».</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>A votre avis, le fait que l’on choisisse un mot pour dire ‘you’ sur Twitter est-il lié à l’anglais, au fait que Twitter est un site américain ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Quand les internautes français utilisent Twitter, ils ne se placent pas dans un optique de traduction. Ils sont plutôt dans un cadre conversationnel naturel avec leur système de langue et leur système de pensée propre. Le choix entre le « vous » et le « tu » se fait donc toujours par rapport à son interlocuteur et en fonction de son statut social. Il ne s&rsquo;agit pas ici de « traduire » le « you » anglais pour l&rsquo;insérer dans son tweet. Pareillement, je ne pense pas que le fait que le site soit américain influence l&rsquo;usage qu&rsquo;en font les internautes français. Même si au début de Twitter, les fonctions du site étaient affichées en anglais, les échanges entre les internautes français se faisaient en français. Le côté transnational du réseau Twitter permet bien entendu des échanges entre membres de différentes nationalités, et là, le choix de la langue se fait en fonction du contexte et des capacités linguistique de chacun, mais c&rsquo;est ici une autre question.</p>
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		<title>Twitter, Laurent Joffrin et le capital social/culturel</title>
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		<pubDate>Sat, 23 Jul 2011 08:54:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anthony</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Il y a peu, twitter a vu débarquer en son sein un nouveau venu, un de plus, issu du sérail politico-médiatique ! Chose convenue au vu de la croissance du service de réseau social qui a récemment atteint les 3,3 millions d’abonnés en France : les “élites” puisqu’il faut les appeler ainsi, s’intéressent également à ]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Il y a peu, twitter a vu débarquer en son sein un nouveau venu, un de plus, issu du sérail politico-médiatique ! Chose convenue au vu de la croissance du service de réseau social qui a récemment atteint <a href="http://www.journaldugeek.com/2011/07/12/twitter-france/">les 3,3 millions d’abonnés</a> en France : les “élites” puisqu’il faut les appeler ainsi, s’intéressent également à ce réseau social plutôt original qui fait frémir d’excitation les journalistes et les passionnés de l’information. Ce nouveau venu, c’est <a href="http://fr.twitter.com/#%21/Laurent_Joffrin">Laurent Joffrin</a> &#8211; anciennement directeur de la rédaction de Libération et revenu au Nouvel Observateur récemment. Bref, donc, un homme de médias influent et dont les qualités ne sont pas contestées ici : ce n’est pas le but de ce billet. Il n’en est d’ailleurs pas l’objet, mais plutôt le prétexte à une réflexion sur la nature du capital culturel propre à twitter et à la question de la transitivité du capital  social. Donc non, on ne parlera pas de politique ici.</p>
<p style="text-align: justify;">
<h2 style="text-align: justify;">In Social Media, you have &laquo;&nbsp;social&nbsp;&raquo;</h2>
<p style="text-align: justify;">Le 7 mars, Laurent Joffrin ouvre un compte twitter :</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://maisouestcequonest.net/wp-content/uploads/2011/07/screenshots-Joffrin.png"><img class="aligncenter size-full wp-image-955"  alt="" src="http://maisouestcequonest.net/wp-content/uploads/2011/07/screenshots-Joffrin.png" width="536" height="86" /></a>On remarque d&rsquo;emblée l&rsquo;objectif de son propriétaire : poursuivre d&rsquo;une certaine façon un &laquo;&nbsp;éditorial&nbsp;&raquo;, format par excellence du journalisme d&rsquo;opinion. Or ce journalisme là, comme tout journalisme par ailleurs, n&rsquo;appelle pas au commentaire, à la réaction, à l&rsquo;interaction. Si les médias web ont ouverts des commentaires sous leurs articles, c&rsquo;est bien plus dans un souci d&rsquo;adopter à la marge la culture web, que de la défendre et la promouvoir. La plupart des rédactions aujourd&rsquo;hui ne répondent pas à ces commentaires et font modérer ces derniers par des sociétés  spécialisées (et quand je parle de &laquo;&nbsp;modération&nbsp;&raquo;, je parle de suppression des commentaires jugés hors propos ou insultants &#8211; en aucun cas de &laquo;&nbsp;community management&nbsp;&raquo;, c&rsquo;est à dire d&rsquo;interaction constructive entre le journaliste et sa communauté de lecteurs &#8211; faisons clairement la nuance) &#8211; certains médias (Marianne par exemple) décidant même récemment de les fermer ! Tel un journaliste de l&rsquo;ancienne garde donc, Laurent Joffrin s&rsquo;essaie à Twitter avec la même culture journalistique qu&rsquo;il pratique au Nouvel Observateur ou qu&rsquo;il a pratiqué à Libération.</p>
<p style="text-align: justify;">Le 5 mai, le journaliste s&rsquo;essaie à une première interaction avec un des ses abonnés et commence à appréhender le mode de fonctionnement du réseau de micro-blogging même s&rsquo;il y conserve une certaine distance rédactionnelle.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://maisouestcequonest.net/wp-content/uploads/2011/07/screenshots-Joffrin2.png"><img class="aligncenter size-full wp-image-956"  alt="" src="http://maisouestcequonest.net/wp-content/uploads/2011/07/screenshots-Joffrin2.png" width="529" height="82" /></a></p>
<h2 style="text-align: justify;">La culture Twitter</h2>
<p style="text-align: justify;">Puis, le 18 juillet, une remarque anodine vient gripper ce processus d&rsquo;acculturation et déclenche un certain malaise parmi les usagers du réseau Twitter :</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://maisouestcequonest.net/wp-content/uploads/2011/07/screenshots-Joffrin3.png"><img class="aligncenter size-full wp-image-958"  alt="" src="http://maisouestcequonest.net/wp-content/uploads/2011/07/screenshots-Joffrin3.png" width="532" height="69" /></a>Ce rappel à l&rsquo;ordre (&laquo;&nbsp;qui vous autorise&nbsp;&raquo;) d&rsquo;une norme sociale, si elle peut paraître au premier abord légitime, dérange sur twitter. Et ce pour deux raisons. Tout d&rsquo;abord, parce que la &laquo;&nbsp;culture twitter&nbsp;&raquo; ne connaît pas le vouvoiement. Sur twitter, tout le monde se dit tu. Ce n&rsquo;est pas une marque d&rsquo;irrespect, mais bel et bien une norme sociale qui s&rsquo;est imposée et qu&rsquo;il faut prendre comme telle. Et après tout, l&rsquo;anglais utilise  le &laquo;&nbsp;you&nbsp;&raquo; aussi bien pour le &laquo;&nbsp;tu&nbsp;&raquo; que le &laquo;&nbsp;vous&nbsp;&raquo;. Laurent Joffrin témoigne donc ici de son manque de culture web et de sa méconnaissance des usages sociaux qui font la socialité notamment ici de twitter.  Si les membre du réseau de micro-blogging sont bel et bien tous différents les uns des autres, ils partagent une même culture qui les lie : des codes (le hashtag, le RT, le @ et donc le tutoiement&#8230;.), des rites (le follow friday, le #jeudiconfession&#8230;) et un langage en 140 caractères qui se veut volontiers badin.</p>
<p style="text-align: justify;">Ensuite, ce qui choque le plus dans le tweet de Laurent Joffrin, c&rsquo;est le ton condescendant. En prenant cette hauteur face à @peultier, Laurent Joffrin tente de mettre dans la balance le poids social de son statut d&rsquo;élite pour faire la différence et révéler qu&rsquo;en somme, le journaliste se place &laquo;&nbsp;au dessus de&nbsp;&raquo;. Le problème est que ce message adressé donc à @peultier est ressenti comme un défi à tout le réseau et dit à Twitter et ses membres en somme : &laquo;&nbsp;moi Laurent Jofrin, je suis une élite, on n&rsquo;est pas du même niveau&nbsp;&raquo;. Sauf que Twitter a cette particularité plutôt égalisante qui font la grande attractivité des médias sociaux : chacun a les mêmes outils, les même moyens de parler sur la place publique, on y est donc un peu tous &laquo;&nbsp;égaux&nbsp;&raquo;, au moins dans la parole. Laurent Joffrin, homme de médias à l&rsquo;ancienne, comprend difficilement cela :</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://maisouestcequonest.net/wp-content/uploads/2011/07/screenshots-Joffrin4.png"><img class="aligncenter size-full wp-image-959"  alt="" src="http://maisouestcequonest.net/wp-content/uploads/2011/07/screenshots-Joffrin4.png" width="530" height="85" /></a>Mais le plus important est ici que le &laquo;&nbsp;capital social&nbsp;&raquo; qui fait de l&rsquo;homme une élite est ici complètement inopérant. Si de nombreuses critiques sont venues des membres du réseau, trop peu sont venus défendre Laurent Joffrin. Il n&rsquo;a pu bénéficier que d&rsquo;un soutien social limité sur le réseau : il ne peut activer ses liens sociaux et se retrouve donc seul face à des internautes dont le capital social sur Twitter est plus important que le sien. Par méconnaissance des règles du réseau et à travers la croyance de la transitivité de son capital social dans la &laquo;&nbsp;société twitter&nbsp;&raquo;, Laurent Joffrin s&rsquo;est posé en &laquo;&nbsp;outsider&nbsp;&raquo; :</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://maisouestcequonest.net/wp-content/uploads/2011/07/laurent-joffrin-tweets.png"><img class="aligncenter size-full wp-image-968"  alt="" src="http://maisouestcequonest.net/wp-content/uploads/2011/07/laurent-joffrin-tweets.png" width="614" height="498" /></a></p>
<h2 style="text-align: justify;">Conclusion</h2>
<p style="text-align: justify;">J&rsquo;aimerais donc avancer quelques hypothèses :</p>
<ol style="text-align: justify;">
<li>La &laquo;&nbsp;société twitter&nbsp;&raquo; utilise un capital culturel dont la nature est propre au réseau.</li>
<li>Si le capital social sur twitter se construit sur la base d&rsquo;un capital culturel propre, alors on peut avancer l&rsquo;idée que la société twitter génère une élite sociale qui n&rsquo;est pas l&rsquo;élite que l&rsquo;on peut rencontrer IRL : c&rsquo;est une élite sociale propre au réseau de micro-blogging.</li>
<li>Enfin, par conséquent, on peut avancer l&rsquo;idée que twitter ne permet pas une pleine transitivité du capital social : le capital social de la société IRL n&rsquo;est pas transposable, ou alors à la marge, sur le réseau de micro-blogging.</li>
</ol>
<p style="text-align: justify;">Évidemment, ce ne sont que des hypothèses, et qui s&rsquo;appuient sur un cas particulier. Et les contre-exemples existent tout aussi bien ne serait-ce que si on regarde le nombre de blogueurs qui ont réussi le transfert de leur capital social sur twitter. La transitivité du capital social IRL/twitter est certainement plus compliquée qu&rsquo;elle n&rsquo;en a l&rsquo;air et ne repose certainement pas uniquement sur l&rsquo;acquisition d&rsquo;un capital culturel propre. Et si l&rsquo;on est bien d&rsquo;accord que la socialité online augmente et complète la socialité offline, reste à mieux comprendre comment et à s&rsquo;intéresser aux canaux de transmission entre les deux.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
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		<title>Nous sommes tous des avatars</title>
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		<pubDate>Sun, 05 Jun 2011 10:00:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anthony</dc:creator>
				<category><![CDATA[analyse]]></category>
		<category><![CDATA[réalité virtuelle]]></category>
		<category><![CDATA[avatars]]></category>
		<category><![CDATA[cyborgs]]></category>
		<category><![CDATA[environnement]]></category>
		<category><![CDATA[virtuel]]></category>

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		<description><![CDATA[La technologie environnante nous aurait-elle tous transformé en cyborgs, ces trans-humains mi-homme mi-machine ? C’est l’avis récemment du blogueur Cyroul et de l’essayiste et rédacteur en chef du magazine culturemobile.net Ariel Kyrou. Notre quête de domination du monde par la technologie aurait fini par s’appliquer à l’être humain et les technologies de communication qui nous submergent en ]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">La technologie environnante nous aurait-elle tous transformé en <strong>cyborgs</strong>, ces trans-humains mi-homme mi-machine ? C’est l’avis récemment du blogueur <a href="http://www.cyroul.com/anticipation/nous-sommes-tous-des-cyborgs/">Cyroul </a>et de l’essayiste et rédacteur en chef du magazine <a href="http://culturemobile.net/">culturemobile.net</a> <a href="http://multitudes.samizdat.net/_Kyrou-Ariel_">Ariel Kyrou</a>. Notre quête de domination du monde par la technologie aurait fini par s’appliquer à l’être humain et les technologies de communication qui nous submergent en seraient la preuve&#8230; <strong>Et si au contraire cette quête de domination technologique de notre environnement avait échoué ? Et si &#8211; conscient de cet échec &#8211; l’Homme était en train de se construire un nouveau “Home” &#8211; un environnement conçu pour nos besoins et dans lesquels nous ne serions pas des cyborgs, ni moins des hommes &#8211; mais des avatars</strong> : des corps virtuels dans des univers virtuels&#8230;</p>
<h2><a href="http://maisouestcequonest.net/wp-content/uploads/2011/06/19631731.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-931"  alt="Tron Legacy - Avatars dans un monde virtuel" src="http://maisouestcequonest.net/wp-content/uploads/2011/06/19631731-1024x574.jpg" width="568" height="319" /></a><br />
Tous des cyborgs ?</h2>
<p><a href="http://www.cyroul.com/anticipation/nous-sommes-tous-des-cyborgs/">Cyroul </a>et Ariel Kyrou sur <a href="http://owni.fr/2011/06/03/nous-sommes-tous-des-cyborgs-12/">Owni </a>ont tous deux récemment publié deux articles au titre similaire :  “<strong>Nous sommes tous des cyborgs</strong>”. Mais qu’est-ce qu’un <strong>cyborg </strong>? Rapidement, on peut dire qu’il s’agit de la fusion de l’Homme et de la machine. D’abord, une fusion d’ordre biologique qui vient ajouter aux organes de chair et de sang des organes non-organiques. Mais le cyborg est aussi par extension, l’alliance de l’Homme et de la machine dans une démarche de conquête de l’environnement à travers tous les outils qui permettent à l&rsquo;humanité d&rsquo;interagir avec cet environnement. Un rapide coup d’oeil sur les éléments de technologie qui nous entourent nous fait alors comprendre l’ampleur de notre transformation cyborg :  téléphone portable, ordinateur, vêtements, voiture, chaussures&#8230; toutes ces “technologies” ont pour objectif de nous assurer une meilleure emprise sur le monde sur de nombreux plans : agriculture, fabrication, soins médicaux, communication&#8230; Cyroul et Ariel Kirou font alors peu ou prou le même constat : le foisonnement de ces technologies sonnerait l’avènement de l’Homme cyborg.</p>
<h2>Une histoire de corps avant tout</h2>
<div style="text-align: justify;">Bien que séduisante, le principal défaut de ces articles réside dans leur argumentation qui ne s’appuie en somme que sur les technologies de télécommunication. Or la notion de cyborg &#8211; avant d’être une question de technologie &#8211; reste bel et bien une question du corps ! Il nous faut ainsi resituer la pensée cyborg : née au milieu des années 60 comme nous le rappelle Ariel Kirou avec le mouvement cybernéticien, le <strong>cyborg </strong>est l’expression d’un double mouvement : le prolongement de l’expression d’une volonté de domination de l’Homme sur la nature (Robocop, Terminator&#8230;), mais aussi le dépassement de la nature humaine à travers la vision que nous en donne Donna Haraway au début des années 80. Ainsi le mouvement <strong>cyborg </strong>s’inscrit dans la continuité d’une vision de la science toute puissante qui après avoir assuré sa domination sur la nature, chercherait à conquérir la machinerie biologique imparfaite de l’Homme pour l’améliorer, la faire échapper aux vicissitudes de la vie et finalement sortir l’Homme de sa condition humaine.</div>
<h2>Cybernétique et virtualité</h2>
<div style="text-align: justify;">On peut voir alors la théorie cyborg comme une réponse dominatrice aux changement de notre environnement. La techno-structure que l’homme a cherché à appliquer sur son environnement naturel s&rsquo;est révélée dévastatrice dans ces effets : pollutions, déstructurations sociales, nouvelles maladies (cancers&#8230;), et finalement destruction de l’environnement initial&#8230; Non seulement le rêve technologique détruit l’environnement existant au lieu de l’améliorer, mais l’écosystème qu’il crée n’est même pas adapté à l’homme ; pire, l’environnement généré se révèle mortifère pour l’espèce humaine. Face à cet échec, l&rsquo;utopie cyborg est apparue un temps comme une réponse possible : puisque l’environnement changeait, il fallait également changer l&rsquo;Homme. Or la réponse cyborg pose un double problème : elle ne résout pas la question d&rsquo;origine de l&rsquo;environnement, elle cherche à s&rsquo;y adapter. Mais également, elle se pose comme la continuité des conquêtes de la science sur la nature. Ainsi, à côté du mouvement cybernéticien, une autre solution a commencé à se faire jour avec la montée en puissance de l&rsquo;informatique. Puisque l&rsquo;humanité ne pouvait pas dominer son environnement sans en subir les conséquences néfastes, il fallait tout simplement en créer un de toutes pièces : créer un environnement dont les caractéristiques viendrait répondre en tous points aux besoins de l’Homme. C’est cette utopie qui est en train de se réaliser aujourd’hui à travers le web et ses univers virtuels. Las d’appliquer sa technologie à son environnement, l’homme s’est forgé son propre environnement. Las de changer le monde, il s’est donné les moyens de s’en créer un : un univers virtuel modifiable à loisir selon ses désirs &#8211; sans contraintes physiques, ni aucune limites autres que celles de son imagination.</div>
<h2>Tous des avatars</h2>
<div style="text-align: justify;">Or dans cet univers de bits idéalisé, le cyborg -<em> être humain amélioré pour faire face à son environnement physique</em> &#8211; n’a plus raison d’être. Et cela pour deux raison : d’abord, on l’a dit, il s’agit d’un environnement virtuel qui se place donc sur un autre plan et que notre environnement matériel ne peut atteindre. Ensuite, parce que si l’univers virtuel est bel et bien parfait, notre corps virtuel n’a alors lui plus besoin de machines pour l’assister.  Ce corps virtuel que l’on dénomme avatar remplace aujourd’hui le cyborg dans nos imaginaires  <em>(l’industrie du divertissement ne nous parle d’ailleurs plus de cyborgs &#8211; fini les Terminators et les Robocops des 80’s et place à Avatar, Tron Legacy, Matrix&#8230;) </em>mais aussi dans la réalité : en faisant notre shopping en ligne, en gérant notre vie professionnelle sur le web et en vivant notre socialité sur le web 2.0 nous sommes déjà en train de transposer notre vie dans cet éden virtuel. Aujourd’hui, nous sommes tous des avatars !</div>
<h2>De la corporéité aux corporéités</h2>
<div style="text-align: justify;">Evidemment, la première faille de mon argumentation réside dans ce que je fais semblant d’oublier qu’il faut bien s’y connecter &#8211; à cet univers virtuel. C’est d’ailleurs sur ces technologies de connexion que Cyroul, qui reprend la <a href="http://www.ted.com/talks/view/lang/eng//id/1050">démonstration de l&rsquo;anthropologue Amber Case à la conférence TED</a> et Ariel Kyrou s’appuient : ces technologies de télécommunication formeraient une extension de notre cerveau et c’est ce en quoi nous serions aujourd’hui tous des cyborgs. Je répondrai à cela en m’appuyant sur le concept <strong>d’instanciation </strong>développé par <strong>E.A.Amato, </strong>chercheur en Sciences de l’Information et de la Communication de l’Université Paris 8 : en étant connecté à un univers virtuel, notre corporéité se décompose à travers différentes instances  :</div>
<div style="text-align: justify;">
<ol>
<li>en un corps qui ressent, en tant que spectateur derrière l’écran,</li>
<li>un corps qui orchestre, via la manipulation d’interfaces</li>
<li>et enfin un corps qui agit &#8211; celui de l’avatar. Or c’est bien celui-là qui nous importe.</li>
</ol>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<div id="attachment_943" class="wp-caption aligncenter" style="width: 510px"><a href="http://www.omnsh.org/auteur.php3?id_auteur=2"><img class="size-full wp-image-943"  alt="Instances et corporéités - E.A.Amato 2008 - &quot;Le jeu vidéo comme dispositif d'instanciation&quot;" src="http://maisouestcequonest.net/wp-content/uploads/2011/06/corporéité.png" width="500" height="520" /></a>
<p class="wp-caption-text">Instances et corporéités &#8211; E.A.Amato 2008 &#8211; &laquo;&nbsp;Le jeu vidéo comme dispositif d&rsquo;instanciation&nbsp;&raquo;</p>
</div>
</div>
<div style="text-align: justify;">Si le cyborg est bel et bien cet <em>“organisme augmenté de composants exogènes dans le but de s’adapter à un nouvel environnement</em>” (Amber Case), alors c’est bien la corporéité agissante qui nous intéresse &#8211; celle qui va agir sur l’environnement, et non pas celle qui ressent ou qui orchestre. L’Homme connecté interagit avec un environnement virtuel &#8211; certes composés d’autres hommes connectés &#8211; mais qui reste un univers virtuel. Il n’agit pas sur le monde réel. Dans l’Homme connecté, ce n’est donc pas l’Homme physique pianotant frénétiquement sur son smartphone qu’il faut prendre en compte, mais l’homme virtuel : l’avatar, corporéité agissante sur l’environnement virtuel. Point de &laquo;&nbsp;corps&nbsp;&raquo;  cyborg donc &#8211; puisqu&rsquo;il n&rsquo;y pas d&rsquo;action sur le monde réel &#8211; mais bel et bien un un &laquo;&nbsp;corps&nbsp;&raquo; avatar agissant dans le monde virtuel par le biais d&rsquo;une corporéité virtuelle.</div>
<h2>Conclusion</h2>
<div style="text-align: justify;">L&rsquo;avatarisation de l&rsquo;humanité trouverait ses sources dans le renoncement à la maîtrise technologique de notre environnement physique, un renoncement à améliorer le monde (<em>on y est pas arrivé, pire, on l&rsquo;a dégradé</em>). La nouvelle stratégie de l’humanité résiderait ainsi dans ces espaces virtuels &#8211; ces environnements créés de toutes pièces par et pour l&rsquo;Homme. Dans ces univers virtuels,  notre nouvelle corporéité d&rsquo;avatar nous permettrait alors de prolonger la douce utopie humaine d’un contrôle absolu sur les éléments de notre environnement &#8211; sans en subir les mêmes conséquences que nous avons fait peser sur notre monde réel. Non nous ne sommes pas des cyborgs. Nous avons déjà abandonné la partie et transféré notre corporéité agissante dans les mondes virtuels. Nous sommes tous des avatars !</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><em>*La réflexion menée dans cet article, si elle est libre, s’appuie en grande partie sur les lectures des séminaires donnés par Antonio Casilli, sociologue, chercheur au Centre Edgar-Morin et dont vous pourrez trouver les slides sur les deux séances du </em><em><a href="http://www.bodyspacesociety.eu/2010/12/10/archeologies-du-cyborg-hybridation-contamination-individuation/">cyborg ici </a></em><em>et de </em><em><a href="http://www.bodyspacesociety.eu/2011/01/14/avatars-slides/">l’avatar ici</a></em>.</p>
</div>
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		<title>La guerre des boutons : le  “like”, le “follow” et le “+1”</title>
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		<pubDate>Fri, 03 Jun 2011 07:58:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anthony</dc:creator>
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		<category><![CDATA[mythologie]]></category>
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		<description><![CDATA[En février 2011, Facebook rendait possible l’incorporation du bouton “like” sur n’importe quel site Internet. Le 31 mai et le 1 juin, se sont respectivement Twitter et Google qui ont annoncé un produit similaire : le premier propose son traditionnel “follow” alors que Google continue de pousser son récent bouton +1. Ces 3 boutons qui ]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">En février 2011, <strong>Facebook </strong>rendait possible l’incorporation du <strong>bouton “like”</strong> sur n’importe quel site Internet. Le 31 mai et le 1 juin, se sont respectivement Twitter et Google qui ont annoncé un produit similaire : le premier propose son traditionnel “<strong>follow</strong>” alors que Google continue de pousser son récent <strong>bouton +1</strong>. <strong>Ces 3 boutons qui se font la guerre ont une même vocation symbolique : conquérir les territoires de l&rsquo;Internet</strong> . Mais ne peut-on déceler des nuances parmi ces 3 boutons &#8211; autres que fonctionnelles ? J&rsquo;aimerais explorer ici <strong>une mythologie du “like”, du “follow” et du “+1”&#8230;</strong></p>
<p><a href="http://maisouestcequonest.net/wp-content/uploads/2011/06/Lebon-la-brute-et-le-truand.png"><img class="aligncenter size-full wp-image-902"  alt="" src="http://maisouestcequonest.net/wp-content/uploads/2011/06/Lebon-la-brute-et-le-truand.png" width="598" height="118" /></a></p>
<h2>Le “like”</h2>
<p style="text-align: justify;">Pensé par les <a href="http://www.quora.com/Facebook-Inc-company/Whats-the-history-of-the-Awesome-Button-that-eventually-became-the-Like-button-on-Facebook">cerveaux Facebookéens dès 2007</a>, le “like button” de Facebook est devenu l’égérie d’une génération d’internautes, un symbole de ralliement, d’appartenance à une même “bande”. Le “like” se montre, s’affiche, il témoigne tel un tatouage de gang de l’appartenance au clan :</p>
<blockquote style="text-align: justify;"><p>“YES, I do “<strong><em>like</em></strong>” Lady Gaga!”</p></blockquote>
<p style="text-align: justify;">Le “like” est l’expression d’une identité, ou plutôt d’une collection d’identités &#8211; le “like” est partageur.  Le like veut surtout étendre son pouvoir sur le monde et “liké-iser” tout se qui se compose de 0 et de 1.</p>
<p style="text-align: justify;">Le “like” est une transaction également : une preuve de fidélité contre laquelle on attend une preuve d’amour, une attention particulière, des petits mots gentils laissés sur son wall Facebook, le sentiment d’un privilège. Les “likers” font partie ainsi d’une caste de favorisés : en échange de leur temps de cerveau disponible qu’ils donnent bien volontiers pour abreuver leur passion intarissable, les likers se voient offrir des faveurs : coupons de réduction, annonces en avant première, amusements divers et variés&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">La communauté des “likers” s’avère également une communauté très soudée. On aime ensemble, on partage ensemble, mais aussi on se révolte ensemble quand la trahison se fait sentir : <a href="http://www.guardian.co.uk/media/2010/oct/12/gap-logo-redesign">toucher à l’iconographie du culte est sacrilège</a> ! Les “likers” connaissent la solidarité et la fidélité. Ils forment un groupe homogène inter-reliés et unis autour de leur objet d’adoration.</p>
<h2>Le “follow”</h2>
<p style="text-align: justify;">Le follow de Twitter sonne comme un appel messianique : suivez moi ! Suivez-moi si vous voulez écouter la bonne parole. Le follow est un acte démonstratif, un acte de foie qui attend une bénédiction : je te suis, et en échange tu me suis. Le follow est une connexion inaltérable, un pacte de sang, une acceptation d’un “vivre ensemble”, de parcourir un chemin main dans la main. Le follow est la promesse d’entrer dans la vie de son followé.</p>
<p style="text-align: justify;">Le follower cherche un guide, un guide qu’il pourra suivre. Un guide qu’il pourra écouter. Les followers ne veulent rien manquer du flot de tweets de leur messie &#8211; messie que l’on suit dans ses moindres mouvements et duquel on attend fébrilement le prochain tweet qui apportera la révélation. Révélation que les followers pourront répandre sur le web et amplifier par leur retweets intempestifs. Le follower est un apôtre de la bonne parole !</p>
<p style="text-align: justify;">A la différence des likers, les followers entre eux sont comme des loups. S’ils vénérèrent inconditionnellement leurs guides, chaque follower se garde un objectif secret et poursuit inlassablement le même but : devenir messie à la place du messie. Les followers ne travaillent en fait que pour une seule gloire : la leur.</p>
<h2>Le “+1”</h2>
<p style="text-align: justify;">Le “+1” googlien est secret, il ne s’expose pas. Il est une allégeance discrète. Le “+1” est également un soutien pesé : un acte calculateur pour pousser sur le devant de la scène son idole. Le <em>plussoyeur </em>veut modifier l’ordre du monde/web, il veut peser sur les équilibres et travaille dans l’ombre des algorithmes pour faire éclater sa vérité. Plussoyer est un sacerdose &#8211; point de salut possible, aucune récompense à l’horizon. Tel un <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Sisyphe">Sisyphe</a> des temps moderne, la tâche de l’ouvrier <em>plussoyeur </em>n’a pas de fin &#8211; elle se répète inlassablement devant chaque nouvelle “query” : analyse, trier et enfin plussoyer les messages de l&rsquo;oracle.</p>
<p style="text-align: justify;">Les <em>plussoyeurs </em>forment une armée de l’ombre qui travaille pour la gloire de l’oracle. Ils sont les ouvriers d’une machine qui les dépasse &#8211; une machine qui brasse les savoirs du monde et apporte la vérité à quiconque vient la lui demander. Les <em>plussoyeurs </em>sont une caste de sans-visages dont la mission reste immuable : alimenter le grand calculateur. Tel un méta-algorithme, <a href="http://www.youtube.com/watch?v=6gmP4nk0EOE">ils sont la machine</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">S’ils travaillent à une même but, les <em>plussoyeurs </em>ne se croisent pas, ne se parlent pas &#8211; chacun est emmuré dans sa tâche. Il n’y a pas de communication possible autre qu’avec l’oracle. Dénués de parole, les <em>plussoyeurs </em>sont tout entier à leur mono-tâche, obsédés par leur or immatériel : le data. Tels des hommes machines, leur pensée est fonctionnelle, binaire et ne permet pas la transgression. Les <em>plussoyeurs </em>sont les nouveaux robots de krawl du web.</p>
<h2 style="text-align: justify;">La guerre des boutons a commencé</h2>
<p style="text-align: justify;">Cette guerre des boutons, c&rsquo;est bien entendu d&rsquo;abord une guerre de chapelles, mais aussi une guerre de territoire. Il faut coloniser les territoires du web qui restent vierges du 2.0. Il faut évangéliser le web &#8211; et pour cela, chacun des trois champions s&rsquo;emploie à recruter des armées de fidèles toujours plus grandes et plus prosélytes. Qui gagnera ? L&rsquo;avenir nous le dira, mais qu&rsquo;on se le dise :  la guerre des boutons ne fait que commencer&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><em>*je précise pour les âmes sensibles que ce court article reste une mythologie, soit une belle histoire <img src='http://maisouestcequonest.net/wp-includes/images/smilies/icon_smile.gif' alt=':)' class='wp-smiley' /> </em></p>
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		<title>Twitter au « procès » DSK : un journalisme pointilliste</title>
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		<comments>http://maisouestcequonest.net/2011/06/01/twitter-au-proces-dsk-un-journalisme-pointilliste/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 01 Jun 2011 08:18:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anthony</dc:creator>
				<category><![CDATA[analyse]]></category>
		<category><![CDATA[twitter]]></category>
		<category><![CDATA[DSK]]></category>
		<category><![CDATA[journalisme]]></category>
		<category><![CDATA[pointillisme]]></category>

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		<description><![CDATA[L’affaire DSK qui a récemment défrayé le web a mis également en lumière &#8211; du moins pour le public français &#8211; une forme inattendue de journalisme faits de tweets live. Le phénomène n’est certes pas nouveau, mais c’est peut-être la première fois que s’est révélé de manière aussi flagrante (tout du moins à mes yeux) ]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">L’affaire DSK qui a récemment défrayé le web a mis également en lumière &#8211; du moins pour le public français &#8211; <strong>u</strong><strong>ne forme inattendue de journalisme faits de tweets live</strong>. Le phénomène n’est certes pas nouveau, mais c’est peut-être la première fois que s’est révélé de manière aussi flagrante (tout du moins à mes yeux) ce que j’aimerais appelé le <strong>journalisme </strong><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Pointillisme"><strong>pointilliste</strong> </a>- du nom du courant du maître impressionniste Seurat. C’est qu’il ne faut pas s’égarer &#8211; le journalisme sur Twitter est avant tout un journalisme d’image et non une question littéraire !</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://maisouestcequonest.net/wp-content/uploads/2011/06/DSK-Brafman.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-890"  alt="DSK et Brafman" src="http://maisouestcequonest.net/wp-content/uploads/2011/06/DSK-Brafman.jpg" width="580" height="435" /></a></p>
<h2>Le Twitter journalisme, encore du journalisme ?</h2>
<p style="text-align: justify;">Connectés à Twitter par leur mobile, les journalistes présents devant les locaux de la police de New-York ou à l’intérieur du tribunal nous ont fait vivre tweet après tweet les évènements comme si nous y étions. Certes, cette tendance journalistique n’est pas nouvelle. De plus en plus d&rsquo;évènements sont couverts de la sorte car là où les caméras ne peuvent entrer, Twitter grâce aux mobiles le peut. Ces retranscriptions en temps réel viennent souligner les détails les plus insignifiants de l’événement : tenues vestimentaires des uns et des autres, expressions des visages, ressenti personnel, descriptions des gestes&#8230; Ces informations peuvent paraître triviales à posteriori et même fort éloignées de considérations journalistiques au yeux de certains obesrvateurs. Pas d’analyse dans ces tweets, pas de compréhension globalisante d’un événement, pas de prise de recul&#8230; Alors est-ce encore du journalisme ? Certains en doutent. Prenons le contre-pied de cette approche et affirmons d’emblée le contraire : oui, il s’agit bien de journalisme et peut-être même d’une nouvelle forme de journalisme : un journalisme d’image, un journalisme qui s&rsquo;apparenterait à une peinture pointilliste.</p>
<h2>Un journalisme d’image</h2>
<p style="text-align: justify;">C’est bien là qu’il ne faut pas se tromper. Ce n’est pas parce que Twitter s’appuie sur l’écriture qu’il faut l’assimiler à une nouvelle forme de presse écrite. Limité à 140 caractères, il paraît évident que Twitter aura du mal à rentrer dans les labyrinthes syntaxiques d’une analyse approfondie. Pour le journaliste qui utilisera Twitter, il s’agira plutôt de saisir l’événement à la volée pour en  retranscrire son essence brute. On l’aura compris, dans les événements tels que vécus lors de l’arrestation de DSK, c’est bien l’image que l’on nous transmet en 140 caractères. Il ne s’agit pas d’une information qui répondrait au canon journalistique des 5W : Who, What, Why, Where, When &#8211; mais plutôt d’une retranscription imagée : une sorte de <strong><em>twittervision</em></strong>. Faut-il s’en étonner dans un monde où l’information reine est celle de l’image ?</p>
<h2>Un journalisme pointilliste ?</h2>
<p style="text-align: justify;">Pourrait-on aller jusqu’à dire : “<em>a 140 characters tweet is worth an image</em>” pour détourner en bonne et due forme l&rsquo;expression consacrée (“an image is worth a thousand words”) ? Pas vraiment. C’est que Twitter ne se lit pas comme ça. Il s’agit tout d’abord d’un flux. Pour reprendre notre exemple de l’affaire DSK, nombre d’abonnés au réseau de micro-blogging avaient constitués des listes de membres présents lors du procès. En suivant ces listes, on pouvait donc suivre en un seul et unique “stream” toutes les publications des journalistes présents au procès. <strong>Dans ce flux précis d’information, chaque tweet apporte sa petite touche &#8211; mais c’est bien l’ensemble de ce flux qu’il faut prendre en compte pour saisir la “big picture” de l’image du procès</strong>. Comme un tableau pointilliste  que l’on visiterait dans un musée, il faut s’en éloigner de quelques pas pour saisir l&rsquo;entièreté de l’image. C’est la même chose pour Twitter. C’est bien le flux qu’il faut prendre en considération et non le tweet.</p>
<p style="text-align: justify;">Avions-nous oublié que notre époque était celle de l’image et que le web était un média participatif ? Twitter s’inscrit dans ces deux tendances et offre à l’internaute contemporain <strong>une &laquo;&nbsp;information image&nbsp;&raquo; composée de multiples tweets écrits par une multitude et qu’il nous faut saisir tel un flux </strong>- dans sa globalité et à la volée &#8211; pour en saisir l&rsquo;essence.</p>
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		<title>Le jeu vidéo, un Super Media ?</title>
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		<comments>http://maisouestcequonest.net/2011/02/14/le-jeu-video-un-super-media/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 14 Feb 2011 07:30:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anthony</dc:creator>
				<category><![CDATA[analyse]]></category>
		<category><![CDATA[amato]]></category>
		<category><![CDATA[instanciation]]></category>
		<category><![CDATA[jeu vidéo]]></category>

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		<description><![CDATA[Serious Game , Social Game, advergame, information game… le jeu vidéo sort de son univers purement ludique pour investir la formation, la sensibilisation,  et aussi l&#8217;information. A travers la multiplication et la diversification des contenus que le jeu investit, peut-on considérer le jeu vidéo aujourd&#8217;hui comme un nouveau média ? Le jeu vidéo semblerait en ]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Serious Game , <a href="../2010/11/11/social-gaming-vers-de-nouvelles-modalites-dinteraction-sociale/">Social Game</a>, advergame, information game</strong>… le jeu vidéo sort de son univers purement ludique pour investir la formation, la sensibilisation,  et aussi l&rsquo;information. A travers la multiplication et la diversification des contenus que le jeu investit, peut-on considérer le <strong>jeu vidéo</strong> aujourd&rsquo;hui comme un nouveau <strong>média </strong>? Le jeu vidéo semblerait en tous cas paré de toutes les vertus en termes de <strong>communication </strong>: différenciant, plus crédible, plus captif&#8230; le jeu vidéo est surtout différent dans sa façon même de penser la communication, le message et son public : le jeu vidéo ne demande pas des spectateurs, il veut des acteurs !</p>
<div id="attachment_881" class="wp-caption aligncenter" style="width: 564px"><a href="http://maisouestcequonest.net/wp-content/uploads/2011/02/happy-night-club1.jpg"><img class="size-full wp-image-881"  alt="Happy Night, un Serious Game de sensibilisation au risque alcool" src="http://maisouestcequonest.net/wp-content/uploads/2011/02/happy-night-club1.jpg" width="554" height="344" /></a>
<p class="wp-caption-text">Happy Night, un Serious Game de sensibilisation au risque alcool</p>
</div>
<h2 style="text-align: justify;">Le jeu vidéo, nouveau média ?</h2>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">« Est-ce que les jeux sont des mass média ? Il faut répondre oui. » Mc Luhan</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">Depuis Mc Luhan, la recherche a commencé à approcher le jeu, bien avant le jeu vidéo, en tant que support de communication. Ernest Armand Amato, docteur en Sciences de l’Information et de la Communication à l’Université Paris 8 et auteur d’une <a href="http://www.omnsh.org/spip.php?article185">thèse récente sur le sujet des jeux vidéos</a> leur reconnaît une valeur de message :</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">« c’est un message culturel d’un genre bien à part : c’est un message exécutable, c’est-à-dire un message qu’il faut accomplir pour en saisir la teneur ». (Amato 2008, p.71)</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">En dehors de la recherche, c’est dans la diversification de la production des jeux vidéos eux-même que nous pouvons nous apercevoir de l’usage des jeux vidéos comme médias.</p>
<div id="attachment_870" class="wp-caption alignright" style="width: 296px"><a href="http://maisouestcequonest.net/wp-content/uploads/2011/01/ttt_play.gif"><img class="size-full wp-image-870"  alt="OXO - premier jeu vidéo - 1952 créé par A.S. Douglas " src="http://maisouestcequonest.net/wp-content/uploads/2011/01/ttt_play.gif" width="286" height="280" /></a>
<p class="wp-caption-text">OXO &#8211; premier jeu vidéo &#8211; 1952 créé par A.S. Douglas</p>
</div>
<p style="text-align: justify;">Si depuis la naissance des premiers jeux vidéos, les cybermondes étaient destinés au pur divertissement, le &laquo;&nbsp;video game&nbsp;&raquo; se voit désormais superposer à son usage premier d’autres objectifs pour se décliner en différents genres : le Serious Game, destiné à la formation ou la sensibilisation, le Social Game qui lui s’inscrit dans une dynamique de réseau social permettant au joueur de jouer avec ses amis, en s’appuyant sur un « layer » existant, en l’occurrence Facebook, ou encore l’advergame, qui n’est autre qu’une déclinaison sous forme de jeu vidéo de notre bonne vielle publicité. On peut également parler d&rsquo;information game avec le <a href="http://www.rslnmag.fr/blog/2010/5/20/au-monde-fr_le_serious-game_s-invite-dans-le-journalisme/">dernier projet du Monde.fr</a> qui cherche à &laquo;&nbsp;<em>« informer avec le jeu vidéo »</em> comme le dit Florent Maurin, journaliste sur RSLNmag.fr.  <strong>Le jeu vidéo s’il sert donc à &laquo;&nbsp;jouer&nbsp;&raquo;, est aujourd&rsquo;hui utilisé pour plus : sensibiliser, former, communiquer,  informer&#8230;</strong> Doté d&rsquo;une fonction monotâche, celle de divertir, il devient une plateforme qu&rsquo;on peut manipuler à sa guise pour servir différents objectifs, porter différents contenus :  il devient un support média. A côté de l&rsquo;affiche, du livre, de la presse, la radio, la télévision, de l&rsquo;Internet ou plus récemment du mobile, le jeu vidéo semble bien ouvrir une nouvelle voie dans le monde des médias. Tout en s&rsquo;appuyant sur les supports techniques de la télévision, du micro-ordinateur et du mobile, il les utilise différemment, et en tout cas à meilleur escient !</p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>Un Super média ?</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">Le jeu vidéo semble en effet tirer son épingle du jeu par ses performances cognitives surprenantes. En effet, dans la masse des informations dans laquelle nous baignons chaque jour, le jeu vidéo apparaît comme un support différent, qui retient l’attention. A ce sujet, on peut retenir 3 chiffres significatifs (Etude &lsquo;Game On&rsquo; de Yahoo!, OMD Insight &amp; Interactive Design Agency “Skive”) :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>en termes de <strong>notoriété </strong>: 60% des joueurs exposés à un advergame s’en souviennent 3 mois après.</li>
<li>en termes d’<strong>image </strong>et de préférence de marque : 50% de la génération Y considèrent une marque plus crédible lorsqu’elle communique par le jeu.</li>
<li>en termes de <strong>comportement d’achat</strong> : 45% des internautes satisfaits d’un advergame deviennent clients de la marque.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Le jeu vidéo semble donc paré de toutes les vertus : différenciant, plus crédible, et parvenant à capter l’attention au delà de la moyenne. On pourrait reprocher au jeu vidéo qu’il est réservé à une population de jeunes geeks accros à la manette ? Point du tout ! En réalité, 63% des français sont des joueurs de jeu vidéo (CNC-GFK 2010)…. Mieux, 70% des joueurs de « Casual Games», ces jeux vidéo occasionnels, sont des femmes (<a href="http://www.nintendo-actu.fr/news_1151.html">Parker Associates, 2006</a>). Tout le monde joue, donc ! Et pas seulement dans les jeux vidéo d&rsquo;ailleurs : selon <a href="http://www.ted.com/talks/view/id/936">Seth Priebatsch, expert en la matière qui intervenait lors des très prestigieuses conférences TED à Boston en juillet 2010</a>, le jeu est partout dans nos sociétés, jusqu’au célèbre happy hour qui nous fait aller dans des bars / pubs à des heures bien précises et qui puiserait dans les mécaniques du jeu.</p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>Vous ne serez plus simple spectateur</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">Mais le jeu vidéo n&rsquo;est pas qu&rsquo;un Super Media. A la différence des médias traditionnels et même de l&rsquo;<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Hyperm%C3%A9dia">hypermédia </a>de l&rsquo;Internet qui « distribuent » une information, le jeu vidéo offre à l’émetteur la possibilité de « faire vivre » l&rsquo;information, le message à son public, son récepteur. Il ne s’agit donc plus de simplement « lire », « écouter », « visualiser », mais pour le joueur d’interagir avec le message – interaction qui révèle le message tout autant qu’il  produit par subjectivation son propre message :</p>
<blockquote style="text-align: justify;"><p>&laquo;&nbsp;il s’agit d’un message formalisé mis au point par un tiers, message qu’il faudra accomplir pour en saisir le sens, et il s’agit aussi d’un système par lui-même producteur de messages, en l’occurrence significatifs quant au(x) participant(s) au jeu.&nbsp;&raquo; (Amato, 2008)</p></blockquote>
<p style="text-align: justify;">Avec le jeu vidéo, l’image n’est plus consommée, mais « interagie » nous dit encore <a href="http://www.omnsh.org/auteur.php3?id_auteur=2">Etienne Armand AMATO</a>. Avec le Communication Game, le <em>message de marque</em> devient <em>expérience de marque</em>, l&rsquo;information n&rsquo;est plus consommée mais vécue : la « cible » n’est plus cantonnée dans un simple dispositif d’ « <strong>effectuation </strong>» (Etienne Péreny*, 2010) : cliquer ou non sur la bannière, changer de chaîne ou non… mais se voit transportée dans un nouveau dispositif d’ « <strong>instanciation </strong>»  (Amato,  2008) où le récepteur du message devient l’acteur du message. Ce concept d&rsquo; &laquo;&nbsp;<strong>instanciation</strong>&nbsp;&raquo; développée par E. A. Amato fait toute la différence : il met le doigt sur la transformation du spectateur en acteur du média. <em>[edit 1 du 05.06.2011] Ainsi pour E.A.Amato, le joueur en action vit différentes instances : une instance &laquo;&nbsp;sensorielle&nbsp;&raquo; : celle du spectateur, une instance &laquo;&nbsp;orchestrale&nbsp;&raquo; et parfois &laquo;&nbsp;fonctionnelle&nbsp;&raquo; :  instance de manipulation de l&rsquo;avatar à travers une interface (clavier, souris, manette de jeu vidéo) et enfin une instance &laquo;&nbsp;opérationnelle&nbsp;&raquo; via le corps de l&rsquo;avatar joué dans le jeu vidéo.</em></p>
<p style="text-align: justify;">A travers le pilotage d&rsquo;un avatar, le &laquo;&nbsp;joueur&nbsp;&raquo; est donc projeté dans une posture qui change son statut :<em> [edit 1 du 05.06.2011] en plus de</em> spectateur, il devient acteur du récit qu’il contribue à actualiser à travers une interface vidéo-ludique fonctionnelle. Mais il change aussi la nature de l&rsquo;information, qui par définition, en tant qu&rsquo;unité de sens, s&rsquo;évanouit, puisque c&rsquo;est l&rsquo;acteur, qui pas ses actions, va donner &laquo;&nbsp;sens &nbsp;&raquo; à son récit.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Conclusion ?</h2>
<p style="text-align: justify;">Le jeu vidéo, en explorant de nouveaux contenus autres que ludiques, apparaît de plus en plus comme un support média légitime capable de véhiculer une large palette d&rsquo;information. Comme tout nouveau média, il reconfigure les schémas de communication existants et ouvre des nouveaux possibles en termes de contenus. Comme le web a changé la donne médiatique en initiant l’hypermédia et l’individu média, le jeu vidéo change notre façon de voir ce qu’est un média tout comme il offre de nouvelles façons de communiquer. Alors que l’intérêt du monde de la communication pour les médias sociaux semble arriver à maturité, on pourrait être tenté de voir dans le cybermedium qu&rsquo;est le jeu vidéo un nouvel eldorado de la communication.</p>
<p style="text-align: justify;"><em><br />
En savoir plus sur le jeu vidéo :</em></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li><em>Articles et thèse d’Etienne Amand AMATO : <a href="http://www.omnsh.org/auteur.php3?id_auteur=2">http://www.omnsh.org/auteur.php3?id_auteur=2</a></em></li>
<li><em>Soutenance de thèse d&rsquo;E.A.Amato  : </em><a href="http://dai.ly/h0cbmB ">http://dai.ly/h0cbmB </a></li>
<li><em><a href="http://www.jeux-serieux.fr/2007/11/06/entretien-avec-e-a-amato-13/">Interview d’Etienne Armand AMATO sur le concept de Serious Game</a> </em></li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><em><br />
*Etienne Perény est  Maître de Conférences à l&rsquo;Université Paris 8 au département Hypermédia</em></p>
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		<item>
		<title>Wikileaks : l’État, le réseau et le territoire</title>
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		<comments>http://maisouestcequonest.net/2010/12/12/wikileaks-l%e2%80%99etat-le-reseau-et-le-territoire/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 12 Dec 2010 09:27:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anthony</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Etat]]></category>
		<category><![CDATA[réseau]]></category>
		<category><![CDATA[territoire]]></category>
		<category><![CDATA[wikileaks]]></category>

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		<description><![CDATA[“ Infowar”, “cyber warfare”, “opération riposte”, “guerre de l’information”, … les titres couvrant l’affaire Wikileaks ont largement puisé dans le vocabulaire militaire pour décrire les événements qui ont suivi la publication des “cables” diplomatique par le site de Julian Assange. La multiplication des déclarations violentes de journalistes et hommes politiques à l’encontre de Wikileaks, l’acharnement ]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>“ <a href="http://www.kelblog.com/article-wikileaks-la-premiere-infowar-a-commence-62283450.html">Infowar</a>”, “<a href="http://www.guardian.co.uk/news/blog/2010/dec/08/wikileaks-us-embassy-cables-live-updates?CMP=twt_gu">cyber warfare</a>”, “<a href="http://www.lemonde.fr/technologies/article/2010/12/09/operation-riposte-debut-d-une-cyberguerre-ou-simple-escarmouche_1451026_651865.html">opération riposte</a>”, “<a href="http://owni.fr/2010/12/09/la-guerre-de-linformation-nest-pas-la-cyberguerre/">guerre de l’information</a>”, … les titres couvrant l’affaire <strong>Wikileaks </strong>ont largement puisé dans le vocabulaire <strong>militaire </strong>pour décrire les événements qui ont suivi la publication des “<strong>cables</strong>” diplomatique par le site de <strong>Julian Assange</strong>. La multiplication des déclarations violentes de journalistes et hommes politiques à l’encontre de Wikileaks, l’acharnement des États a vouloir faire fermer le site en vain via les hébergeurs ou les fournisseurs de noms de domaines, et bien sûr <a href="http://bluetouff.com/2010/12/08/wikileaks-infowar-des-sites-gouvernementaux-francais-sont-la-cible-des-anonymous/">la “riposte” des Anonymous</a> par attaques DDoS, tout cela participe bien d’un climat de “guerre”. Mais quelle guerre ? Et surtout, pourquoi parle-t-on de “guerre” ?</p>
<p><a href="http://maisouestcequonest.net/wp-content/uploads/2010/12/photo1.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-826"  alt="Le site de Wikileaks le 4 décembre 2011" src="http://maisouestcequonest.net/wp-content/uploads/2010/12/photo1.jpg" width="579" height="391" /></a>J’aimerais proposer ici l’idée que l’affaire Wikileaks relève bel et bien d’un conflit qui serait de nature territorial entre d’un côté l’État qui s’appuie sur un territoire physique délimité par des frontières au sein duquel est déployée une domination via la mise en scène d&rsquo;une<a href="http://www.barbier-rd.nom.fr/violencesymbolique.html"> violence symbolique légitime </a>et de l’autre le réseau en tant que territoire “virtuel” étranger sur lequel l’État n’aurait pas prise : tant physiquement que symboliquement. Si ces deux territoires se sont longtemps ignorés, ces dernières années ont vu apparaître une préoccupation grandissante de l’État face à ce “voisin” menaçant ! Pourquoi menaçant ? Parce que le réseau suit une politique expansionniste des plus agressives : <a href="http://www.maxisciences.com/infographie/l-incroyable-taille-d-internet_mrm47158.html">5 millions de terabytes</a>, et une croissance qui <a href="http://blog.websourcing.fr/etude-internet-doublerait-sa-taille-tous-les-5-ans/">doublerait sa taille tous les 5 ans</a>. Si l’Internet est un territoire, il se nourrit et s’agrandit de par les informations que nous mettons en ligne. Car <strong>pour le réseau, l’information est le territoire.</strong> Dans ce sens, la mise sur le réseau des &laquo;&nbsp;cables&nbsp;&raquo; ne relève pas que du simple journalisme, mais met en lumière l’agrandissement du territoire du réseau au dépend, cette fois-ci non plus de données privées (données sous copyright ou données personnelles), mais de données appartenant à l&rsquo;État. La mise en ligne des “cables”, c’est l’annexion par le réseau d’une partie du territoire de l’État !</p>
<h2>L’Internet, un territoire étranger</h2>
<blockquote><p>“L’idée que l’Internet soit virtuel, au sens naïf de «coupé du réel», est en passe d’être abandonnée, et les tensions, conflits, relatifs à l’Internet, sont manifestes, qu’ils touchent à des formes concrètes du territoire (câbles, juridictions nationales) ou à des formes moins repérables (réseaux sociaux en construction&#8230;)” (<a href="http://barthes.enssib.fr/articles/Guichard-internet-territoire.pdf">Eric Guichard, 2007</a>)</p></blockquote>
<p>Si le réseau des réseaux n’est plus considéré comme un territoire virtuel par ses usagers qui <a href="http://www.liaisonsnumeriques.fr/?p=1268">prolongent sur les réseaux sociaux leur vie sociale IRL</a>, ce territoire est longtemps passé inaperçu aux yeux de l’État qui ne voyait dans l’Internet qu’un espace immatériel, donc par nature sans aucun danger pour la réalité matérielle sur laquelle l’État exerce son contrôle.</p>
<p>Cela dit, la menace terroriste ou les questions de droits d’auteurs que soulèvent les usages de l’Internet attirent l’attention de l’État sur le réseau. En même temps que le réseau devient “espace public” apparaît pour l’État l’impérieuse nécessité d’étendre son contrôle sur les citoyens online et de garantir le prolongement de sa domination symbolique sur ce qui apparaît de plus en plus comme un territoire. Mais comment ? La vérité est que l’État n’y parvient pas. Les lois qui sont mises en place : ACTA, LOPSI, HADOPI si elles proposent des moyens de coercitions, sont des moyens qui interviennent en dehors du réseau, et ce de manière très limitée : les individus agissant de manière illégale sont arrêtés si et seulement si le lien est fait entre l’internaute et l’individu, et si bien entendu l’individu en question réside physiquement sur le territoire de l’Etat en question.</p>
<p>De même, si les sanctions évoluent (des sanctions traditionnelles de type amendes ou enfermement, on est passé à une sanction d’un nouveau genre avec la loi Hadopi qui prévoit l’interdiction de l’accès au réseau), elle s’arrêtent toujours à la porte du réseau. Il ne s’agit plus d’enfermer l’individu dans un espace qui le coupe de la société, mais de l’enfermer dans le territoire du réel, de lui interdire de sortir du territoire national pour se réfugier dans le territoire “virtuel”. La coupure du réseau n’est pas vécue comme une punition, mais comme <a href="http://www.numerama.com/magazine/9264-l-europe-fait-exploser-la-riposte-graduee-de-denis-olivennes.html">une atteinte, une privation de liberté</a>.</p>
<p>Ainsi, ces sanctions interviennent IRL : suppression de l’accès par les FAI, suppression de l’hébergement&#8230; l’Etat n’intervient pas à l’intérieur du réseau, mais sur les accès physiques au réseau, révélant ainsi cruellement son absence totale de moyen de coercition sur le territoire du réseau.</p>
<p>Le seul organisme mondiale ayant un tant soit peu de pouvoir sur le réseau est l’<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Internet_Corporation_for_Assigned_Names_and_Numbers">ICANN</a>, l’institution en charges des TLD (Top-Level-domains), c’est à dire les .fr, .com, .org&#8230; Cet organisme (sous la coupe du département du commerce US) chapeaute les entreprises privées qui gèrent ces TLD et a ainsi le pouvoir, en faisant pression sur un fournisseur de TLD, en l’occurence pour Wikileaks la <a href="http://www.pir.org/home">Public Internet Registry</a>, de faire supprimer des index (DNS) le nom de domaine Wikileaks.org ! Ce “pouvoir” reste cela dit limité, car l’adresse d’un site Internet reste équivalent à une adresse IP, l’index (le DNS) se contentant de faire l’équivalence entre l’adresse IP et le nom de domaine pour notre simple confort (il est plus facile de retenir un mot qu&rsquo;une suite de chiffres).</p>
<p>Même le gigantesque firewall chinois n’est qu’une chimère. Comme le dit <a href="http://www.pcinpact.com/actu/news/55131-bill-gates-censure-chine-great-firewall.htm">Bill Gates</a> :</p>
<blockquote><p>« Les efforts chinois pour censurer Internet ont été très limités. Il est facile de les contourner »</p></blockquote>
<p><a href="http://maisouestcequonest.net/wp-content/uploads/2010/12/780px-Iceland_satellite.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-835"  alt="" src="http://maisouestcequonest.net/wp-content/uploads/2010/12/780px-Iceland_satellite.jpg" width="574" height="441" /></a></p>
<p>On voit donc bien que l’Internet représente pour l’État une entité sur laquelle il n’a pas le contrôle. Si l’Internet est un territoire, il est un territoire étranger, un territoire où les États ne peuvent exercer leur pouvoir, un territoire où les moyens de coercition légitimes sont impuissants. L’Internet apparaît comme un espace où la démonstration de la violence symbolique et physique des États ne peut être mise en scène &#8211; l’action de l’État se limitant à l’extérieur du réseau. Ce qui fait d&rsquo;ailleurs  dire à Jean-Christophe  Féraud que la fronde de Wikileaks, face à laquelle l’État semble impuissant, révèle l’Internet comme une <a href="http://monecranradar.blogspot.com/2010/12/et-si-wikileaks-ouvrait-lere-des-zones.html">zone autonome temporaire</a>.</p>
<h2>Ce qui est inscrit sur le réseau devient le réseau</h2>
<p>La “fuite” des &laquo;&nbsp;cables&nbsp;&raquo; n’en est également pas vraiment une. Elle n’est pas non plus un vol. Elle met en avant au contraire la douloureuse remise en question du concept de propriété que les Majors, les producteurs de jeux vidéos ou de cinéma ont découvert à leur dépend : ce qui est transformé en bits, en devenant immatériel, ne nous appartient plus ; <strong>ce qui est inscrit dans le réseau devient le réseau et donc appartient au réseau</strong>. C’est pourquoi beaucoup considèrent aujourd’hui naturel d’avoir accès à ces fameux &laquo;&nbsp;cables&nbsp;&raquo; comme toute une génération trouve naturel de télécharger de la musique en ligne ou de regarder la dernière série à la mode en streaming sur Internet. On parle même de wikileaks comme d’un nouveau Napster !</p>
<p>La particularité d’Internet est donc qu’il se nourrit de ce que l’on y met. Il se construit sur les informations qui sont mises en ligne, il est un territoire qui s’agrandit chaque fois qu’une nouvelle page Internet s’ouvre, qu’une adresse URL est créée, que nous tweetons, ou likons&#8230; <strong>L’Internet est donc un territoire et les internautes sont ses soldats luttant pour l’agrandissement, la conquête de nouveaux espaces, de nouvelles données.</strong> Ainsi, l’information devient sur l’Internet un enjeu “territorial” et l’agrandissement exponentiel du réseau une campagne expansionniste qui se nourrit de data.</p>
<p>Jusque là, le réseau se nourrissait essentiellement de données privées (dans le sens de “qui appartient à quelqu’un” et “qui ne dépend pas de l’État”)  : fichiers de musique, films en streaming, données personnelles sur Facebook&#8230;  Mais pour la première fois, le réseau absorbe des données qui appartiennent &#8211; non pas à un individu lambda, ou à une entreprise, mais à des États.</p>
<div id="attachment_836" class="wp-caption aligncenter" style="width: 571px"><a href="http://www.flickr.com/photos/st3f4n/3951143570/sizes/l/in/photostream/"><img class="size-full wp-image-836"  alt="L'Etat face au réseau" src="http://maisouestcequonest.net/wp-content/uploads/2010/12/3951143570_20b4eccd3f_b.jpg" width="561" height="378" /></a>
<p class="wp-caption-text">Photographie sous licence CC &#8211; Stéfan Le Dû : http://www.flickr.com/people/st3f4n/</p>
</div>
<p>L’action de Wikileaks, parce qu’elle se déroule sur l’Internet, n’est donc pas qu’une révélation médiatique, une fuite d’information : elle devient une appropriation, une captation de territoire qui passe par une dépossession de l’État. L’affaire Wikileaks apparaît comme une nouvelle atteinte à l’objet État en défiant sa domination symbolique. Si l’internaute n’est atteignable par l’État qu’en dehors du réseau, de la même façon, l&rsquo;État ne peut atteindre Wikileaks que via ses créateurs physiques, en l&rsquo;occurrence Julian Assange. Mais en aucun cas l’État ne peut atteindre les données qui font le &laquo;&nbsp;territoire Wikileaks&nbsp;&raquo; &#8211; alors qu’au contraire, le réseau de son côté continue inlassablement et sans crainte de représailles, d’étendre son territoire par l’acquisition de nouvelles données.</p>
<p>Le réseau pose un double problème territorial à l’État : elle met en avant les limites de l&rsquo;État qui ne peut agir en dehors de ses frontières nationales alors que le réseau lui est mondial. Mais l’affaire Wikileaks révèle également que le réseau est bel et bien un territoire d’une nouvelle nature au sein duquel l’État n’a pas de moyens de coercition et où par conséquent, son monopole de la violence symbolique légitime s’évanouit laissant l’internaute libre de toutes dominations &#8211; ou tout du moins libre de la domination de l’État.</p>
<p><em>Edit [1] : Vous pouvez retrouver cet article sur <a href="http://owni.fr/2010/12/13/wikileaks-l%E2%80%99etat-le-reseau-et-le-territoire/">Owni.fr</a></em></p>
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		<title>Communautés de marque : mais c’est quoi déjà une communauté ?</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Dec 2010 07:39:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anthony</dc:creator>
				<category><![CDATA[analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Community Management]]></category>
		<category><![CDATA[facebook]]></category>
		<category><![CDATA[communauté]]></category>
		<category><![CDATA[communauté de marque]]></category>
		<category><![CDATA[sociologie]]></category>
		<category><![CDATA[Tönnies]]></category>

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		<description><![CDATA[Le web, en créant un territoire qui ne connaît pas la distance a permis aux entreprises d’envergure mondiale d’envisager la possibilité de renouer un lien direct avec leurs clients &#8211; lien dont l&#8217;aboutissement serait la &#171;&#160;communauté de marque&#171;&#160;. Mais qu&#8217;est-ce qu&#8217;une communauté de marque ? Une communauté d&#8217;intérêt ? Mieux, la communauté de marque existe-t-elle ]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Le web, en créant un territoire qui ne connaît pas la distance a permis aux entreprises d’envergure mondiale d’envisager la possibilité de renouer un lien direct avec leurs clients &#8211; lien dont l&rsquo;aboutissement serait la &laquo;&nbsp;<strong>communauté de marque</strong>&laquo;&nbsp;. Mais qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;une communauté de marque ? Une<strong> communauté d&rsquo;intérêt</strong> ? Mieux, la communauté de marque existe-t-elle réellement ou n&rsquo;est-elle qu&rsquo;une chimère de communiquants ? Grégory Pouy <a href="http://gregorypouy.blogs.com/marketing/2010/11/les-communaut%C3%A9s-de-marque-nexistent-pas-ou-presque.html">s&rsquo;intéresse à la question et répond que non, les communautés de marque n&rsquo;existent pas.</a> Si la communauté de marque n&rsquo;est pas nécessairement une communauté d&rsquo;intérêt, je propose de s&rsquo;intéresser de plus près à ce qu&rsquo;est une communauté (virtuelle ou non) en regardant du côté de la sociologie. A l&rsquo;aune de cette recherche préalable, nous pourrons ainsi essayer de dresser un portrait de la communauté de marque idéale et des barrières qui se dressent entre la marque et son idéal communautaire.</p>
<p><a href="http://maisouestcequonest.net/wp-content/uploads/2010/12/community-management.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-794"  alt="Communauté de marque" src="http://maisouestcequonest.net/wp-content/uploads/2010/12/community-management.jpg" width="565" height="373" /></a></p>
<h2>Une communauté de marque n’est pas nécessairement une communauté d’intérêt</h2>
<p>La définition que propose Grégory est celle communément admise – tout du moins de ce que j’en sais de la blogosphère marketing francophone : la communauté est un groupe social réuni autour d’un même centre d’intérêt. Moi-même, je me suis déjà appuyé sur cette approche dans mes réflexions. En fait, cette définition est celle des communautés virtuelles. Serge Proulx, sociologue à l’Université du Québec à Montréal nous dit ainsi que <a href="http://www.lcp.cnrs.fr/pdf/pro-04a.pdf">les « communautés virtuelles » sont surtout des communautés d’intérêt</a> (2004, p.3). Ce n’est donc pas forcément le cas des communautés qui peuvent se créer autour d&rsquo;une marque. Un café ou un pub par exemple peut développer une communauté d’habitués : on aura ainsi à faire à une communauté de lieu, plus qu’à une communauté d’intérêt. Pour en savoir plus sur les communautés de marque, il faut donc sortir de la typologie et s’intéresser à ce qu’est une communauté.</p>
<h2>Qu’est-ce qu’une communauté ?</h2>
<p>Si l’on lorgne toujours du côté de la sociologie, on y trouve des concepts plutôt éclairants pour notre discussion ici présente. Il faut dire que la communauté est une marotte de la sociologie depuis ses débuts. A  la fin du XIXème siècle, Ferdinand Tönnies, sociologue allemand proposait ainsi une définition de la communauté en opposition au concept de société. Pour Ferdinand Tönnies, la communauté est caractérisée par des liens traditionnels et familiaux, alors que la société est issue de liens sociaux à caractère contractuel. Cette distinction trouve son origine psychologique chez Tönnies entre <a href="http://00h00.giantchair.com/html/ExtraitsPDF/27454100596820_1.PDF">deux types de volontés </a>: la «volonté organique» qui correspond au désir, à l&rsquo;habitude et la mémoire et la «volonté réfléchie» qui elle est rationnelle et se manifeste par la réflexion et la décision. Depuis cette définition, le concept a été largement exploité et manipulé dans tous les sens comme le décrit  Cherry SCHRECKER, sociologue à l’université de Nancy dans “<a href="http://books.google.fr/books?id=tdSLFREahdAC">La communauté : histoire critique d&rsquo;un concept dans la sociologie anglo-saxonne</a>” (2006). Mais en vérité, le concept en lui même n’a pas beaucoup évolué : il reste lié à cette nature organique, affective, familiale du lien social ainsi qu&rsquo;à l’attachement de la communauté à un territoire défini.</p>
<p><a href="http://maisouestcequonest.net/wp-content/uploads/2010/12/3.png"><br />
</a><a href="http://maisouestcequonest.net/wp-content/uploads/2010/12/structures-communatés-Société1.png"><img class="aligncenter size-full wp-image-810"  alt="Structures communautés VS Société" src="http://maisouestcequonest.net/wp-content/uploads/2010/12/structures-communatés-Société1.png" width="564" height="271" /></a></p>
<p>Osons compléter cet idéaltype en y ajoutant une nouvelle caractéristique : en se basant sur la communauté familiale en tant que communauté idéale, on peut gager que <strong>dans une communauté tonnisienne, tous ses membres se connaissent</strong>. Alors que la société de Tönnies est une agrégation de groupes sociaux indépendants sans liens entre eux, les communautés de Tönnies présentent des structures de liens sociaux en étoile ou chacun est lié à chacun. Dans cette structure, les liens peuvent ne pas être réels mais “imaginés” comme le propose <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Imagined_communities">Anderson </a>dans son approche de la communauté nationale.</p>
<p>Rajoutons à cela l’ “<strong>harmonie</strong>” qui anime les communautés. Comme le précise <a href="http://lodel.irevues.inist.fr/cahierspsychologiepolitique/index.php?id=1188">Durkheim (1889)</a> dans son exégèse de Tönnies :</p>
<blockquote><p><em>“Ce qui tient les individus unis et confondus dans ce cas, c&rsquo;est ce que l&rsquo;au­teur appelle Verständnis (consensus). C&rsquo;est l&rsquo;accord silencieux et spontané de plusieurs consciences qui sentent et pensent de même, qui sont ouvertes les unes aux autres, qui éprouvent en commun toutes leurs impressions, leurs joies comme leurs douleurs, qui, en un mot, vibrent à l&rsquo;unisson. Cette harmonie ne se produit pas à la suite d&rsquo;une entente préalable, d&rsquo;un contrat antérieure­ment débattu et portant sur des points déterminés. Mais elle est un produit nécessaire de la nature des choses, de l&rsquo;état des esprits. Quand les conditions sont favorables et que le germe d&rsquo;où elle naît est donné, elle croît et se déve­loppe par une sorte de végétation spontanée.”</em></p></blockquote>
<p>Pour résumer notre idéaltype de la communauté &#8211; largement inspiré de celle de Tönnies &#8211; nous avons donc 4 éléments :</p>
<ol>
<li>des liens sociaux de nature affective issus d’une volonté organique</li>
<li>le rattachement du groupe social à un territoire</li>
<li>une structure sociale en étoile ou chacun est connecté avec chacun, même si cela l’est de manière imaginée</li>
<li>une garantie de la structure sociale qui passe par un “consensus”, un “accord silencieux”</li>
</ol>
<h2>Communauté et marque : une rencontre impossible ?</h2>
<p>A présent que nous avons défini notre idéaltype de ce qu’est une communauté, tentons de voir si il peut s’appliquer aux “communautés de marque”.</p>
<ol>
<li>Le premier point de notre idéaltype de la communauté s’attache aux <strong>liens sociaux qui doivent être de nature organique</strong> : c’est peut-être là le challenge le plus difficile à réaliser pour une marque. Tout d’abord parce qu’elle est contre-nature pour la marque. <a href="../2010/10/15/le-marketing-relationnel-sur-les-reseaux-sociaux-met-il-en-peril-la-re-invention-du-contrat-marchand-que-promettait-le-social-media/">La nature du lien qui lie une entreprise à ses client est avant tout marchande </a>! Et ce n’est pas seulement du côté de la marque que ça coince. Les études sur les motivations des internautes à “liker” une page Facebook de marque par exemple ne laissent aucun doute sur le sujet puisque  <a href="http://www.timrubber.com/quelles-sont-les-motivations-pour-liker-une-marque-sur-facebook/">40% des internautes qui s’abonnent à une page Facebook de marque le font dans l’objectif d’obtenir des promotions</a>. Ces résultats mettent à mal un certain idéal que l’on peut se faire des communautés de marque. Si une marque veut construire une communauté, il faut donc qu’elle réinvente le lien qui la lie à ses clients pour dépasser le stade marchand et inventer une relation où la marque se construit main dans la main avec son client.</li>
<li><strong>le rattachement du groupe social à un territoire.</strong> Cette étape est la plus évidente quand il s’agit d’un café ou d’un bar comme on l’a vu plus haut. En vérité, même les marques mondiales aujourd’hui partagent un même espace avec leurs publics : cet espace, c&rsquo;est le web. Ce nouveau territoire sans limite a aussi l’avantage de ne pas connaître la distance :  il ne faut ainsi qu’un pas pour sauter de Facebook à Google&#8230;. La communauté de marque peut donc utiliser le web pour établir un territoire commun avec ses publics au sein duquel elle pourra développer sa communauté.</li>
<li><strong>une structure sociale en étoile ou chacun est connecté avec chacun.</strong> C’est là également un point qui peut s’avérer difficile à réaliser pour une marque. D’autant que les outils ne les y aident pas forcément. Pour ce qui est des communautés en ligne, Facebook par exemple n’est clairement pas un outil adapté au principe communautaire. Au delà de toute analyse conceptuelle, il n’y a qu’à regarder les interactions présentes sur les pages Facebook des grandes marques. Le dialogue se fait uniquement entre la marque et les membres de la page : jamais entre les membres eux-mêmes. Au lieu de susciter la conversation entre les membres, les pages Facebook créent une structure dans laquelle la conversation est monopolisée par la marque et dans laquelle les membres de communiquent pas entre eux.<a href="http://maisouestcequonest.net/wp-content/uploads/2010/12/Image2.png"><br />
</a><a href="http://maisouestcequonest.net/wp-content/uploads/2010/12/exemploe-facebook.png"><img class="aligncenter size-full wp-image-811"  alt="" src="http://maisouestcequonest.net/wp-content/uploads/2010/12/structure-facebook3.png" width="529" height="255" /><img class="aligncenter size-full wp-image-812"  alt="Exemple de structure sociale d'une page Facebook" src="http://maisouestcequonest.net/wp-content/uploads/2010/12/exemploe-facebook.png" width="539" height="347" /></a></li>
<li><strong>une garantie de la structure sociale qui passe par un “consensus”, un “accord silencieux”</strong>. Ce point là peut difficilement fonctionner également. Pourquoi ? Tout simplement parce que la base de la relation entre la marque et ses clients est contractuelle. C’est le cœur de notre économie de marché. Si le contrat garantit l’équité de l’échange, il le vampirise également, et empêche toute autre alternative entre les deux parties que de passer par le contrat. La nature contractuelle de la relation marque / client empêche donc par nature une relation de confiance, une “harmonie” qui serait basée sur un accord silencieux. Cette harmonie entre le client et l’entreprise passe par exemple par un service client compréhensif qui cherchera à aider le client et à réparer ses torts le cas échéant sans tenter de “tricher” avec lui.</li>
</ol>
<p><strong>Si le web est donc bien un nouveau territoire qui fait miroiter aux entreprises la possibilité de renouer un lien avec leurs publics, il apparaît donc clairement que cela ne suffit pas. La communauté de marque est possible, mais elle nécessite une remise en question du lien social qui lie l’entreprise à ses publics, de la structure sociale qui encadre ces relations, et enfin une redéfinition des règles qui régissent la relation client/marque par un contrat de confiance entre les deux parties, plus que par un contrat d’ordre “juridique”.</strong></p>
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		<title>Social Gaming : vers de nouvelles modalités d’interaction sociale ?</title>
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		<pubDate>Thu, 11 Nov 2010 09:44:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anthony</dc:creator>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[Social Gaming]]></category>
		<category><![CDATA[business model]]></category>
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		<category><![CDATA[social game]]></category>

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		<description><![CDATA[Le Social Gaming, s&#8217;il part à l&#8217;assaut de l’industrie du jeu vidéo de part son modèle économique du gratuit, s&#8217;avère également très intéressant dans l&#8217;approche qu&#8217;il propose des interactions sociales. Ces jeux doivent leur succès à la plateforme qui leur fournit les joueurs : Facebook et son Social Graph comme le souligne Tiris sur Gameblog.fr. Le Social Game est en ]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Le <strong>Social Gaming</strong>, s&rsquo;il part à l&rsquo;assaut de l’industrie du jeu vidéo de part son modèle économique du gratuit, s&rsquo;avère également très intéressant dans l&rsquo;approche qu&rsquo;il propose des<strong> interactions sociales</strong>. Ces jeux doivent leur succès à la plateforme qui leur fournit les joueurs : <strong>Facebook </strong>et son<strong> Social Graph</strong> comme le souligne Tiris sur <a href="http://www.gameblog.fr/article-lecteur_420_social-gaming-pourquoi-ca-marche">Gameblog.fr</a>. Le Social Game est en fait un jeu vidéo qui attache moins d&rsquo;importance à l&rsquo;expérience ludique qu&rsquo;aux joueurs avec qui vous jouez. Mieux, le Social Gaming nous apporte de nouvelles fonctionnalités d&rsquo;interaction avec nos amis : en nous offrant des modalités de communication nouvelles, les Social Game nous dote d&rsquo;une sorte de nouveaux organes qui s&rsquo;appelleraient Farmville, Mafia Wars, &#8230;</p>
<p><a href="http://maisouestcequonest.net/wp-content/uploads/2010/11/www.farmville.com-screen-capture-2010-11-7-19-10-42.png"><img class="aligncenter size-full wp-image-702"  alt="" src="http://maisouestcequonest.net/wp-content/uploads/2010/11/www.farmville.com-screen-capture-2010-11-7-19-10-42.png" width="566" height="285" /></a></p>
<h2><strong>Ce qui est important, ce n&rsquo;est pas le jeu en lui même, mais avec qui vous jouez</strong></h2>
<p>Le Social Media est le média de l’interaction. A la différence de la TV, la radio, les journaux, les médias sociaux ont cette particularité qu’ils fonctionnent sur une interaction entre le blogueur et son lecteur, entre les membres d’un même réseau social ou d’un forum. Le Social Game est donc un jeu qui vient s&rsquo;inscrire dans une matrice de relations sociales déjà existante. Ainsi, à la différence des MMORPG <em>(Massively Multiplayer Online Role-Playing Game)</em> ou des salles de jeux en ligne telles que Yahoo Games par exemple, le Social Game s’appuie sur l’infrastructure sociale que permet Facebook. Or la structure sociale de nos réseaux sur Facebook est composée de liens forts puisqu’elle s’appuie sur les amis, la familles les collègues : bref, des gens que l’on connaît en vrai. Dans un Social Game, il ne s’agit donc pas  de jouer avec un internaute inconnu à l’autre bout de la planète, mais bien de jouer avec sa famille, ses amis. Si le jeu en lui même reste relativement pauvre en terme de gameplay, de design, &#8230; c’est le lien qu’on entretient avec les autres joueurs qui fait la différence. Et comme le souligne <a href="http://www.bodyspacesociety.eu/about/bio/">Antonio A. Casilli</a> dans <a href="http://www.liaisonsnumeriques.fr/">&laquo;&nbsp;Les liaison numériques&nbsp;&raquo;</a> :</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;[...] les usagers [des communautés online] reproduisent souvent en ligne le même type d&rsquo;environnement sociologique que ceux auxquels ils appartiennent hors ligne&nbsp;&raquo;</p></blockquote>
<p>Dans le Social Game qui se joue sur Facebook, le joueur se retrouve donc naturellement dans un environnement social connu. A cet égard, il est tout a fait intéressant de se pencher sur WOW (World Of Warcraft) pour les néophytes. Ce célèbre MMORPG qui a connu un succès mondial tient à mon avis plus à la construction sociale de ses équipes de joueurs qu’ à son expérience de jeu. Pour avoir eu des amis qui ont y ont joué, je peux dire que les équipes (les guildes) qui interagissent dans le jeu ne sont pas composées d’inconnus : famille, amis, mais aussi collègues sont les partenaires de jeu avec lesquels on accompli les missions demandées ou avec lesquels on va affronter d’autres équipes (guildes). Comme le dit Neferneith sur <a href="http://www.healing-addiction.com/2010/04/20/guilde-entreprise-ou-famille/">Deux gars en robe</a> :</p>
<blockquote><p>“Une guilde c&rsquo;est 25% d&rsquo;amis, 25% de collègues, 25% de chieurs et 25% d&rsquo;inconnus”</p></blockquote>
<p>Je passerai également sur le non moins célèbre Counter-Strike, autre jeu en réseau : voilà encore un jeu qui se joue par équipe et dont les membres sont les amis que l’on côtoie IRL.</p>
<div id="attachment_709" class="wp-caption aligncenter" style="width: 523px"><a href="http://maisouestcequonest.net/wp-content/uploads/2010/11/guilde.jpg"><img class="size-full wp-image-709"  alt="" src="http://maisouestcequonest.net/wp-content/uploads/2010/11/guilde.jpg" width="513" height="358" /></a>
<p class="wp-caption-text">Un exemple de guilde WOW IRL</p>
</div>
<p>La force du Social Game, ce n’est donc pas tant son potentiel viral comme le souligne Tiris, mais plus l’infrastructure sociale sur lequel il s’appuie : le fameux Social Graph. Si les premiers jeux vidéos nous faisaient jouer contre des ordinateurs, l&rsquo;arrivée des jeux online nous avaient fait découvrir le plaisir de joueur contre nos semblables : le Social Game, lui, nous propose de jouer avec nos amis via des ordinateurs interposés.</p>
<h2>Quand le jeu redéfinit les contours de l&rsquo;interaction sociale</h2>
<p>Non content de nous ouvrir la possibilité de jouer avec nos amis où qu&rsquo;ils soient sur le globe (pourvu qu&rsquo;ils aient une connexion Internet), le Social Game nous offre qui plus est de nouvelles possibilités d&rsquo;interactions avec nos amis. Déjà avec l&rsquo;introduction du like, Facebook nous donnait un nouvel outil de communication : la possibilité d&rsquo;exprimer notre approbation via une sorte de nouvel organe mono-tâche.<strong> Le Social Game va plus loin puisque il recrée tout un univers de jeu accompagné de fonctionnalités diverses et variées qui vont nous permettre toute une palette d’interactions nouvelles avec nos amis</strong>. Si nous prenons Farmville par exemple, et bien je peux choisir mon voisinage parmi mes amis, ou encore échanger mes récoltes avec eux. Ces échanges sont même nécessaires à la réussite du jeu. Il ne s&rsquo;agit donc plus seulement d&rsquo;échanger des mots de vocabulaire, le Social Gaming invente un nouveau langage, de nouvelles formes d&rsquo;interactions qui seraient impossible dans la réalité. Mais qu&rsquo;importe, puisque c&rsquo;est bien la symbolique qui compte, tels des preuves d&rsquo;amitié ou de bonne camaraderie, ces actions virtuelles forment comme une sorte d&rsquo;extension de nos outils de communication, comme un nouvel organe de communication dont les tâches seraient définies au préalable.</p>
<p>Le Social Gaming développe ainsi une sur-couche de jeu sur la matrice de notre réseau social, tel un &laquo;&nbsp;game layer on top of the world&nbsp;&raquo; comme le décrit Seth Priebatsch lors de cette conférence TED à Boston en juillet 2010 :</p>
<p><object width="545" height="431" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0" bgcolor="#ffffff"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="wmode" value="transparent" /><param name="bgColor" value="#ffffff" /><param name="flashvars" value="vu=http://video.ted.com/talks/dynamic/SethPriebatsch_2010X-medium.flv&amp;su=http://images.ted.com/images/ted/tedindex/embed-posters/SethPriebatsch-2010X.embed_thumbnail.jpg&amp;vw=432&amp;vh=240&amp;ap=0&amp;ti=936&amp;introDuration=15330&amp;adDuration=4000&amp;postAdDuration=830&amp;adKeys=talk=seth_priebatsch_the_game_layer_on_top_of_the_world;year=2010;theme=tales_of_invention;theme=the_creative_spark;theme=what_s_next_in_tech;theme=the_rise_of_collaboration;theme=ted_under_30;theme=a_taste_of_tedx;event=TEDxBoston+2010;&amp;preAdTag=tconf.ted/embed;tile=1;sz=512x288;" /><param name="src" value="http://video.ted.com/assets/player/swf/EmbedPlayer.swf" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><embed width="545" height="431" type="application/x-shockwave-flash" src="http://video.ted.com/assets/player/swf/EmbedPlayer.swf" allowFullScreen="true" allowScriptAccess="always" wmode="transparent" bgColor="#ffffff" flashvars="vu=http://video.ted.com/talks/dynamic/SethPriebatsch_2010X-medium.flv&amp;su=http://images.ted.com/images/ted/tedindex/embed-posters/SethPriebatsch-2010X.embed_thumbnail.jpg&amp;vw=432&amp;vh=240&amp;ap=0&amp;ti=936&amp;introDuration=15330&amp;adDuration=4000&amp;postAdDuration=830&amp;adKeys=talk=seth_priebatsch_the_game_layer_on_top_of_the_world;year=2010;theme=tales_of_invention;theme=the_creative_spark;theme=what_s_next_in_tech;theme=the_rise_of_collaboration;theme=ted_under_30;theme=a_taste_of_tedx;event=TEDxBoston+2010;&amp;preAdTag=tconf.ted/embed;tile=1;sz=512x288;" allowfullscreen="true" allowscriptaccess="always" bgcolor="#ffffff" /></object><br />
Le monde ne serait-il ainsi qu&rsquo;un vaste jeu ? Peut-être faut-il en douter. Certains actes de la vie de tous les jours peuvent nous paraître assez éloignés des notions de plaisir et d&rsquo;amusement qu&rsquo;accompagnent le jeu. Mais il est vrai que les réseaux sociaux online permettent d&rsquo;un simple clic de se débarrasser d&rsquo;un ami trop encombrant, ou de signifier la fin d&rsquo;une relation amoureuse. Ces actions qui peuvent s&rsquo;avérer pénibles et douloureuses peuvent être exprimées et réduites à un simple click online : plus besoin de s&rsquo;expliquer, l&rsquo;action est réduite à un simple choix binaire comme savent si bien le matérialiser les jeux vidéos.</p>
<h2>Demain, tous Social Gamers ?</h2>
<p>Les Social Games compteraient près des 400 millions de joueurs à travers le monde. Comme beaucoup de jeux, le Social Gaming peut s&rsquo;avérer addictif et devient alors pour les joueurs la seule modalité de contact social. Entendons-nous bien, le jeu ne désocialise pas le joueur &#8211; il offre de nouvelles modalités d&rsquo;interactions sociales de l&rsquo;individu avec son réseau. Il n&rsquo;en reste pas moins que les nombreux cas d&rsquo;addiction à ces nouvelles formes de jeu posent la question d&rsquo;une <strong>nouvelle forme de sociabilité dont les modalités relationnelles seraient contenues toutes entières dans les fonctionnalité du jeu, oubliant les outils de langage &laquo;&nbsp;traditionnels&nbsp;&raquo;.</strong> Si le Social Game devient un nouveau mode d&rsquo;expression sociale, un nouveau langage, pourrait-il aller jusqu&rsquo;à remodeler nos usages communicationnels et transformer nos sociétés en un gigantesque jeu vidéo ?</p>
<p><em>EDIT 1 du 23/11/2010 : je vous invite à consulter la <a href="http://socialmediaclub.fr/2010/11/social-gaming-la-video-de-la-conference-du-3-novembre-a-la-cantine/comment-page-1/#comment-2811">vidéo de la conférence organisée par le Social Media Club France sur le sujet le 3 novembre 2010</a> qui a inspiré en partie ce billet.</em></p>
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