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	<title>Musique &#8211; Playlist Society</title>
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	<description>Critiques et Chroniques Culturelles</description>
	<lastBuildDate>Wed, 10 Jun 2026 10:19:41 +0000</lastBuildDate>
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		<title>Retromania : quinze ans après les mots de Simon Reynolds, la nostalgie se réinvente.</title>
		<link>https://www.playlistsociety.fr/2026/02/retromania-quinze-ans-apres-les-mots-de-simon-reynolds-la-nostalgie-se-reinvente/133854/</link>
		<pubDate>Thu, 26 Feb 2026 13:06:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Nico Prat]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyses et critiques]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[anniversaire]]></category>
		<category><![CDATA[artificielle]]></category>
		<category><![CDATA[intelligence]]></category>
		<category><![CDATA[retromanie]]></category>
		<category><![CDATA[reynolds]]></category>
		<category><![CDATA[simon]]></category>

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		<description><![CDATA[Il y a quinze ans, Simon Reynolds publiait Retromania, un pavé dans la mare glacée de la pop culture. Sa thèse était aussi simple que potentiellement terrifiante, ou simplement affligeante : notre époque était devenue incapable de se projeter dans l&#8217;avenir, préférant se gaver du passé jusqu&#8217;à l&#8217;indigestion. Revivals, samples, reformations, rééditions… Nous étions devenus [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><b>Il y a quinze ans, Simon Reynolds publiait Retromania, un pavé dans la mare glacée de la pop culture. Sa thèse était aussi simple que potentiellement terrifiante, ou simplement affligeante : notre époque était devenue incapable de se projeter dans l&#8217;avenir, préférant se gaver du passé jusqu&#8217;à l&#8217;indigestion. Revivals, samples, reformations, rééditions… Nous étions devenus des collectionneurs compulsifs, fouillant les décombres du XXe siècle pour y trouver de quoi meubler un présent sans éclat. </b></p>
<p>Quinze ans plus tard, force est de constater que nous ne sommes pas sortis de cette boucle. Pire, la prédiction de Reynolds s&#8217;est réalisée avec une exactitude clinique : nous avons cessé de tourner en rond sur un vinyle rayé pour nous installer confortablement dans une plateforme de streaming où tout est disponible, tout le temps, mais plus rien n&#8217;émerge vraiment. Confortable. L&#8217;observation centrale de Reynolds était que l&#8217;accès illimité au passé, via Internet et YouTube, ce musée collectif de la culture pop, tuait la rareté, et avec elle, la nécessité d&#8217;inventer. Quinze ans plus tard, ce musée a non seulement absorbé tous les pavillons adjacents, mais il a également commencé à exposer ses propres vitrines comme des attractions principales. À l&#8217;époque de Retromania, on pouvait encore s&#8217;étonner des reformations de groupes cultes. Aujourd&#8217;hui, l&#8217;économie de la musique et du divertissement repose grandement, si ce n’est majoritairement, sur l&#8217;exploitation du catalogue.</p>
<div class='rightQuote' >Pourquoi prendre le risque de financer un projet inédit quand on peut capitaliser sur la mémoire affective des consommateurs ?</div>
<p>Reynolds parlait de « loop éternel » : nous y sommes, et le son est parfaitement rodé. L&#8217;innovation ne se situe plus dans la création de nouveaux sons, mais dans l&#8217;art du collage et de la citation, un « ré-enchantement » de formes connues. Les artistes ne sont plus jugés sur leur capacité à surprendre, mais sur leur habileté à manier les codes d&#8217;une époque révolue avec un vernis de modernité. Reynolds craignait que cette obsession n&#8217;étouffe la créativité. L&#8217;industrie culturelle, elle, y a vu une mine d&#8217;or. Pourquoi prendre le risque de financer un projet inédit quand on peut capitaliser sur la mémoire affective des consommateurs ? Les algorithmes des plateformes, qui ne sont que des machines à reproduire du connu, ont perfectionné ce biais. Ils nous renvoient sans cesse à ce que nous avons déjà aimé, créant une chambre d&#8217;écho temporelle dont il est presque impossible de s&#8217;extraire. Le « futur antérieur » évoqué par Reynolds est devenu notre seul temps de conjugaison culturel.</p>
<p>L&#8217;une des ironies les plus cinglantes est que cette rétromanie, d&#8217;abord identifiée comme un travers de vieux rockers nostalgiques, est aujourd&#8217;hui portée par une génération qui n&#8217;a pas connu ces époques. Les reprises de morceaux des années 90 sur TikTok, l&#8217;adoration pour des groupes séparés avant leur naissance… La jeunesse n&#8217;a plus de passé propre, elle adopte celui des autres, un passé sous vide, désossé, disponible en playlists. Cela ne fait pas d&#8217;eux des « vieux cons », mais des conservateurs malgré eux, évoluant dans un présent saturé de fantômes. Et pour couronner le tout, ce constat trouve aujourd&#8217;hui son incarnation la plus parfaite et la plus vertigineuse avec l&#8217;irruption de l&#8217;intelligence artificielle générative.</p>
<div class='leftQuote' >L&#8217;IA ne fait pas époque, elle fait synthèse</div>
<p>L&#8217;IA, dans son fonctionnement le plus profond, est l&#8217;enfant prodige et monstrueux de la rétromanie. Par essence, elle est incapable de créer <i>ex nihilo</i>. Elle ne fait que prédire le mot, la note ou le pixel suivant en se basant sur l&#8217;immense bibliothèque du passé qu&#8217;on a bien voulu lui donner à ingurgiter. Là où l&#8217;artiste du XXe siècle puisait dans l&#8217;histoire pour la transcender, l&#8217;IA, elle, ne peut que la recombiner. Elle est la machine à « coller » parfaite, l&#8217;outil ultime du sample infini, le digesteur compulsif de tout ce qui a été fait avant. Mais avec une différence fondamentale : là où le sampling chez un Public Enemy ou un DJ Shadow relevait d&#8217;un geste politique ou poétique, d&#8217;une réappropriation chargée de sens, l&#8217;IA recompose sans conscience, sans intention, sans ce désir de subversion qui animait les pionniers du cut-up. Elle produit un pastiche lisse, statistiquement optimal, qui est l&#8217;aboutissement logique de notre ère : une création qui n&#8217;en est pas vraiment une, un miroir tendu à un public qui ne demande plus qu&#8217;à reconnaître ce qu&#8217;il connaît déjà. L&#8217;IA ne fait pas époque, elle fait synthèse – et c&#8217;est précisément là son attrait et son vertige.</p>
<div class='rightQuote' >La créativité ne s&#8217;est pas éteinte, elle s&#8217;est reconvertie</div>
<p>Alors, quinze ans plus tard, rien n&#8217;a changé ? Si, justement : ce qui était un diagnostic est devenu un état de fait. La machine à remonter le temps s&#8217;est emballée et a cessé d&#8217;avancer. Nous ne regardons plus le passé avec une certaine distance pour nous en inspirer ; nous y habitons. La question posée par Reynolds &#8211; ces formes de la nostalgie bloquent-elles le chemin à toute créativité ? – a trouvé sa réponse. La créativité ne s&#8217;est pas éteinte, elle s&#8217;est reconvertie. Son nouveau nom est patrimoine, ou plus simplement contenu. Et dans ce monde où le futur a été annulé faute de combattants, Simon Reynolds apparaît plus que jamais comme un prophète lucide dont nous n&#8217;avons malheureusement pas su écouter l&#8217;avertissement.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Bleu Death &#8211; Holy Shit : dans les recoins éclairés des marges</title>
		<link>https://www.playlistsociety.fr/2025/10/bleu-death-holy-shit-dans-les-recoins-eclaires-des-marges/133741/</link>
		<pubDate>Wed, 01 Oct 2025 08:57:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Benjamin Fogel]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyses et critiques]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>

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		<description><![CDATA[Le premier album de Bleu Death, projet solo d’Adrien Durand, est une réussite totale – et inattendue, car on ne s’attend jamais à ce qu’un ami publie l’un de vos disques préférés de l’année. Il y a ici une obscurité, qui n’est pas contrebalancée par des passages lumineux, mais par des pas de côté, des [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Le premier album de Bleu Death, projet solo d’Adrien Durand, est une réussite totale – et inattendue, car on ne s’attend jamais à ce qu’un ami publie l’un de vos disques préférés de l’année. Il y a ici une obscurité, qui n’est pas contrebalancée par des passages lumineux, mais par des pas de côté, des instants fugaces, où l’énergie, la beauté et l’espoir surnagent, sans jamais remporter la bataille.</p>
<div class='rightQuote' >L’énergie, la beauté et l’espoir surnagent, sans jamais remporter la bataille</div>
<p>« The Hunt », premier titre du disque et single en puissance, illustre parfaitement cette idée. Après une introduction et un couplet qui s’inscrit dans la lignée de Joy Division, une bascule s’opère avec l’apparition d’un orgue électronique. Sans nier sa noirceur, le morceau est électrisé par un enthousiasme magique, qui peut aussi bien rappeler New Model Army qu’Arcade Fire. Les chansons se retrouvent au confluent d’influences – post punk, dark folk, indie rock… –, qui forment un tout cohérent et spontané. On n’a jamais l’impression d’assister à un collage de genres. Qui plus est, la voix d’Adrien Durand – ex-chanteur de Jordan, groupe de hardcore français que je chérissais –, sans jamais convoquer les cris, conserve une tension, comme s’il maintenait toujours ses paroles au bord de l’explosion. Au niveau des textes, l’ambiance est grungy, emplie d’errances, de constats sur les fractures humaines, et de références pop et artistiques – cf. « Stephen King (The World Is Full of Crap) » et le coeur en métal de l’artiste plasticien américain Richard Serra, chanson dans laquelle on a l’impression de se retrouver à Twin Peaks.</p>
<div class='leftQuote' >Un disque magnifique, généreux et accessible, tout en regorgeant de mystères et de zones d’ombre</div>
<p>Parce qu’il est seul aux manettes – il compose, joue de tous les instruments et chante –, Adrien Durand peut déployer tout son univers personnel, sans contrainte et sans limites. Ce qui est passionnant, c’est de voir combien Bleu Death et <em>Holy Shit </em>résonnent avec son roman <a href="https://www.playlistsociety.fr/2023/09/cold-wave-dadrien-durand-la-musique-unique-repere-dans-un-monde-fracture/133196/"><em>Cold Wave</em></a> (Le Nouvel Attila, 2023), et avec la ligne éditoriale de sa maison d’édition, Le Gospel, toujours en quête d’une littérature de la marge où prévalent l’intime et les expériences aux bornes des normes sociales. Il y a là une démarche globale, où le fond – l’authenticité, l’exploration de ses failles et de la difficulté pour chacun de trouver sa place dans le monde – s’accorde parfaitement avec la forme – une démarche DIY et le désir de créer soi-même, tout en étant un catalyseur pour le travail des autres.</p>
<p><em>Holy Shit</em> est un disque magnifique, généreux et accessible, tout en regorgeant de mystères et de zones d’ombre. Cela fait longtemps que je le dis, mais Adrien Durand, en tant qu’écrivain, essayiste, musicien et éditeur, est définitivement pour moi une des personnalités les plus passionnantes de l’univers créatif français.</p>
<p>En écoute sur <a href="https://bleudeath.bandcamp.com/album/holy-shit">Bandcamp</a>.</p>
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		<item>
		<title>Wall of Eyes de The Smile : comme un nouveau Radiohead, et tant mieux</title>
		<link>https://www.playlistsociety.fr/2024/02/wall-of-eyes-the-smile-comme-un-nouveau-radiohead-et-tant-mieux/133288/</link>
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		<pubDate>Thu, 01 Feb 2024 06:30:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Alexandre Mathis]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyses et critiques]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[2024]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[Radiohead]]></category>
		<category><![CDATA[The Smile]]></category>

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		<description><![CDATA[Le nouvel album de The Smile semble être quasiment un nouvel opus de Radiohead. Ce qui pourrait sonner comme un reproche est en fait un compliment : Wall of Eyes prolonge les obsessions de Thom Yorke et Jonny Greenwood, tout en explorant de nouvelles contrées. Pour la première fois depuis presque dix ans, les deux [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le nouvel album de The Smile semble être quasiment un nouvel opus de Radiohead. Ce qui pourrait sonner comme un reproche est en fait un compliment : <em>Wall of Eyes</em> prolonge les obsessions de Thom Yorke et Jonny Greenwood, tout en explorant de nouvelles contrées. Pour la première fois depuis presque dix ans, les deux hommes semblent plus libres que jamais musicalement.</strong></p>
<p>Difficile de savoir si Jonny Greenwood et Thom Yorke aimeraient que l’on compare leur nouvel album à ce qu’il faisait avec Radiohead, mais force est de constater que la continuité est trop grande pour s’en passer. Car après un bon premier album, <em>A Light for Attracting Attention</em>, The Smile (composé des deux têtes pensantes de Radiohead ainsi que du batteur Tom Skinner), passe le niveau au dessus avec <em>Wall of Eyes</em>. Bien sûr, depuis une quinzaine d’années, Yorke et Greenwood ont chacun su produire de magnifiques albums hors Radiohead. Le premier en solo, ou <em>via</em> le groupe Atoms for Peace, le second en faisant les B.O. de Paul Thomas Anderson (mais aussi pour Jane Campion et Pablo Larrain) ainsi que sur le récent projet judéo-arabe <em>Jarak Qaribak</em> avec Dudu Tassa.</p>
<p>On a pourtant le sentiment que <em>Wall of Eyes</em> est un pur prolongement de Radiohead dans la liberté d&#8217;exploration. Jusque-là, les deux comparses semblaient s’astreindre pour chaque projet à un univers qui précisément aurait eu pour but de dire « regardez je peux faire autre chose ». Or l’ADN même de Radiohead était la perpétuelle exploration, avec bien sûr ses repères, quelques tics, mais chaque album nous emmenait sur un autre rivage.</p>
<p><strong>Un peu de tout, et plus encore</strong></p>
<p>On retrouve avec cet album des textures d’antan. <em>Wall of Eyes</em> (la chanson) est un tube digne des <em>Lotus Flowers</em> ou <em>There There</em>. La double voix de Yorke, comme un canon dissonant, prolonge l’expérimentation mélodique de <em>Daydreaming</em>. Très clairement un chef-d’œuvre. <em>Teleharmonic</em> concilie parfaitement les textures électro chères à Greenwood et Yorke depuis plus de vingt ans avec l’efficacité pop de leurs mélodies. <em>Read the Room</em> et <em>Under the Pillow</em> embrassent le rock oublié depuis <em>The Bends</em>. <em>You Know Me!</em>, qui clôt l’album, rappelle les belles conclusions des <em>In Rainbows</em> ou <em>The King of Limbs</em> : des morceaux faussement mineurs, à la profondeur qui se dévoile après quelques écoutes et qui laisse l’auditeur comme orphelin une fois la chanson terminée.</p>
<p>Le groupe s’autorise aussi les cordes des grands orchestres en faisant appel au London Contemporary Orchestra. Cette approche avait été d’abord timidement adoptée par Radiohead à l’époque d’une chanson en hommage au dernier poilu britannique Harry Patch. Puis, avec <em>A Moon Shaped Pool</em>, le groupe d’Oxford avait assumé cette nouvelle direction musicale. Le retour d’un orchestre, ici de manière plus débridée, raconte là encore l’exploration continue de la musique “greenwoodo-yorkienne”.</p>
<p><strong>L’aventure digne de Jules Verne</strong></p>
<p>Paradoxalement, ce nouveau The Smile ne sonne jamais comme une redite. Déjà par ses éclairs jazz, sûrement le grand apport du batteur Tom Skinner. Ensuite parce que Thom Yorke semble apaisé, moins torturé et que ça se ressent dans son chant et ses paroles. « <em>I can go anywhere that I want/ I just got to turn myself inside out and back to front/ [&#8230;] Add some sparkles to create the right effect/ And they’re all smiling, so I guess I’ll stay</em> » chante-t-il sur <em>Friend of A Friend</em>. Alors oui, en explorant un peu plus le reste de la chanson, et sa mélodie, il reste une mélancolie et une sorte d’angoisse souterraine. Surtout que la chanson suivante s&#8217;appelle <em>I Quit</em> : Thom Yorke ne sera jamais un joyeux luron.</p>
<div class='rightQuote' >La chanson Bending Hectic mue peu à peu en aventure sonore, faite de paysages merveilleux et angoissants</div>
<p>Si <em>Friend Of A Friend</em> est à la fois le morceau de l’album qui résume le mieux l’esprit de The Smile, avec ses nouvelles contrées tout en puisant ici et là dans l’héritage de l&#8217;ainé Radiohead (qui pourrait signer son retour, le groupe n’est pas mort), l’immense merveille s’appelle <em>Bending Hectic</em>. Rarement le talent de Greenwood et Yorke n’avait à ce point été flamboyant, en tout cas depuis <em>In Rainbows</em>. La chanson, longue de 8 minutes, se vit comme un voyage quelque part entre Jules Verne et Dante. Elle commence par une guitare douce et une voix spectrale, ce sont les premiers pas du voyage. La chanson mue peu à peu en aventure sonore, faite de paysages merveilleux et angoissants. Chaque riff et chaque corde est comme un nouveau chemin à explorer. Puis c’est l’explosion : la destination finale, le joyau. Yorke nous accompagne jusqu’au bout de ce trip, Skinner bat le rythme d’une barque qui approcherait une île mystérieuse et Greenwood raconte déjà le périple des aventuriers dans le livre qui fera leur légende. Grandiloquent et magnifique.</p>
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		<item>
		<title>La Féline &#8211; Tarbes : futur antérieur</title>
		<link>https://www.playlistsociety.fr/2022/10/la-feline-tarbes-futur-anterieur/132859/</link>
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		<pubDate>Sun, 23 Oct 2022 07:02:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Benjamin Fogel]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyses et critiques]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>

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		<description><![CDATA[Après Adieu l&#8217;enfance (2014), Triomphe (2017) et Vie future (2019), trois albums qui inventaient la musique de demain, La Féline revient avec un disque concept, consacré à Tarbes, la ville où elle a grandi. En regardant dans le rétroviseur et en ajoutant de la nostalgie à sa pop futuriste, La Féline ouvre encore son spectre, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Après <em>Adieu l&#8217;enfance</em> (2014), <em>Triomphe</em> (2017) et <em>Vie future</em> (2019), trois albums qui inventaient la musique de demain, La Féline revient avec un disque concept, consacré à Tarbes, la ville où elle a grandi. En regardant dans le rétroviseur et en ajoutant de la nostalgie à sa pop futuriste, La Féline ouvre encore son spectre, sans rien perdre de sa complexité. <em>Tarbes</em> est un nouvel ajout indispensable à ce qui reste, à mes yeux, l’une des plus belles discographies françaises. Tout y est beau et excitant, touchant et intrigant. Comme toujours avec La Féline, on ne sait jamais si l’on a affaire à un joyau pop ou à une matière inconnue, modelée et soumise à toutes les expérimentations, à l’image des titres « Je dansais allongée » et « Tout doit disparaître ».</p>
<p>Composé et réalisé en autarcie – en plus d’assurer le chant, La Féline tient seule la guitare et la basse, supervise les boucles et les boîtes à rythmes –, <em>Tarbes</em> n’est nullement un album intimiste. Il est plus proche d’un roman-monde, écrit à l’écart de la société, habité par une vision unique. Amplifié par la batterie de François Virot et la guitare de Mocke Depret, soutenu par les chœurs mystiques des jeunes talents du Conservatoire de Tarbes, le disque multiplie les surprises et les passages inattendus, sans jamais perdre en cohérence et en tension.</p>
<div class='leftQuote' >Une balade dans Tarbes, quelque part entre présence et absence</div>
<p>Chaque chanson est une plongée dans ses souvenirs et une balade dans Tarbes, quelque part entre présence et absence. D’un côté, la ville n’a pas changé. Les rues, l’Hôtel de Ville et la place de Verdun sont comme figés dans le temps. Mais de l’autre, les habitants ont fui la ville, il ne reste que les fantômes. Les lieux sont les marqueurs de la vie d’avant. C’est l’inverse de la naissance de La Féline : l’hôpital où elle est née a été détruit quelques mois après sa naissance, la disparition d’un lieu compensé par une nouvelle présence humaine.</p>
<p>« Quand mon corps sera froid comme les hauts glaciers, quand ma tâche sur Terre sera terminée, j’aimerais qu’on m’emmène au pied des montagnes où je suis née », chante La Féline sur « La Panthère des Pyrénées ». Cette phrase résume parfaitement sa musique : elle est à la fois une projection dans le futur et un désir de revenir à la source, avec entre les deux la nécessité d’accomplir quelque chose. Cette tâche qu’il lui faut terminer avant de mourir paraît claire : il s’agit de repousser le plus loin possible les limites de la pop française.</p>
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		<title>Everything tasteful de Lala &#038;ce : le secret le mieux gardé</title>
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		<pubDate>Tue, 23 Feb 2021 06:30:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Augias]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyses et critiques]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>

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		<description><![CDATA[À l&#8217;écoute compulsive des sons puissants de la Lyonnaise de 26 ans installée à Londres, on est d&#8217;emblée tenté de parler d&#8217;influences. De l&#8217;incidence lourde des prods de la drill d&#8217;outre-Atlantique et d&#8217;outre-Manche, mais aussi de celle plus proche de chez nous, disons davantage Hamza que feu Pop Smoke. Mais aussi de l&#8217;empreinte du flow [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-weight: 400;">À l&#8217;écoute compulsive des sons puissants de la Lyonnaise de 26 ans installée à Londres, on est d&#8217;emblée tenté de parler d&#8217;influences. De l&#8217;incidence lourde des prods de la drill d&#8217;outre-Atlantique et d&#8217;outre-Manche, mais aussi de celle plus proche de chez nous, disons davantage Hamza que feu Pop Smoke. Mais aussi de l&#8217;empreinte du flow – en français, anglais ou les deux – d&#8217;une 070 Shake d&#8217;Hoboken, aperçue notamment chez Kanye West. Et puis la marque d&#8217;une sensualité rarement ressentie à ce point d&#8217;exarcerbation depuis &#8220;Blonde&#8221; de Frank Ocean. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">On entend dire que la pléthore de producteurs et de featurings divers dont s&#8217;est entourée Mélanie Crenshaw alias Lala &amp;ce est arrivée au détriment du talent brut tel qu&#8217;il s&#8217;exprimait dans son premier opus, &#8220;Le Son d&#8217;après&#8221;. Ce genre de raisonnement reviendrait à se couper de diamants comme celui que constitue Travis Scott, au prétexte qu&#8217;il est partout, mais partout indispensable, avec Rosalia, Kid Cudi, Future ou qui sais-je encore.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Éprouver son univers au contact de propositions sonores variées permet au contraire de l&#8217;affirmer d&#8217;autant plus. Cela peut également faire figure d&#8217;épreuve du feu, de cap intimidant. À ce jeu-là, bien sûr, la marque du temps prendra pleinement son rôle mais en attendant on ne peut que saluer la plasticité d&#8217;expression de Lala &amp;ce, son aptitude à se fondre dans de nombreux décors pour mieux les sublimer.</span></p>
<div class='leftQuote' >On ne peut que saluer la plasticité d&#8217;expression de Lala &amp;ce, son aptitude à se fondre dans de nombreux décors pour mieux les sublimer</div>
<p><span style="font-weight: 400;">On sent au long des projets et des réussites de Lala &amp;ce un goût pour la mélancolie autant que pour l&#8217;excellence. Paradoxe ? Elle aurait, paraît-il, tourné le dos à une carrière plus ou moins heureuse dans la finance pour se consacrer à sa musique. Qui sait, son destin était peut-être celui d&#8217;une as des thunes, mais elle nous aurait laissés sans son atout dans la scène française actuelle. </span></p>
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		<title>PS&#8217;Mix 4 : Deep Listening &#038; Psychedelic Lounge &#8211; 10h mix</title>
		<link>https://www.playlistsociety.fr/2019/12/psmix-4-deep-listening-psychedelic-lounge-10h-mix/131682/</link>
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		<pubDate>Wed, 04 Dec 2019 06:30:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Julien Lafond-Laumond]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>

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		<description><![CDATA[Il y a une dizaine d’années, j’ai découvert les vidéos de feu de cheminée. C’était un peu une blague : on avait passé une soirée entre potes, somme tout normale, mais avec pendant des heures à côté de nous un énorme feu sur écran plat. Plus tard j’ai découvert l’étendue du phénomène « slow tv » : des trajets [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div class="rve" data-content-width=""><iframe width="500" height="281" src="https://www.youtube.com/embed/dpHUVr6VQf0?start=23659&#038;feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen></iframe></div>
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<p>Il y a une dizaine d’années, j’ai découvert les <a href="https://www.youtube.com/watch?v=AWKzr6n0ea0&amp;t=9104s">vidéos de feu de cheminée</a>. C’était un peu une blague : on avait passé une soirée entre potes, somme tout normale, mais avec pendant des heures à côté de nous un énorme feu sur écran plat. Plus tard j’ai découvert l’étendue du phénomène « slow tv » : des trajets de train enneigés vécus en intégralité, des <a href="https://www.youtube.com/watch?v=6qGiXY1SB68">balades dans Tokyo</a> ou <a href="https://www.youtube.com/watch?v=9-wOXQiQ0Tw">en compagnie d&#8217;un aigle</a> . J’ai trouvé ces vidéos assez fascinantes, sans pour autant les avoir beaucoup affrontées. Elles m’ont en tout cas durablement marqué, tout comme ces innombrables vidéos d’ASMR pullulant sur Youtube : des gens se filmant et s’enregistrant en train de faire <a href="https://www.youtube.com/watch?v=3CL_klYLxw0">tout et n’importe quoi</a> dans le seul but de provoquer un frétillement sensoriel chez le spectateur.</p>
<p>Dans un cas comme dans l’autre, j’ai immédiatement fait des rapprochements avec des œuvres musicales que j’aimais. Les vidéos en plan fixe de plusieurs heures avec les longues fresques immobiles d’Éliane Radigue ou William Basinski ; les bande-sons utilitaires d’ASMR (qui ont été utilisées comme pub par <a href="https://www.youtube.com/watch?v=uLFaj3Z_tWw&amp;t=1274s">Ikéa</a> ou <a href="https://www.youtube.com/watch?v=m4p89V7E44g">Buffalo Grill</a>) avec le champ immense des musique expérimentales – où l’on cherche à revenir à l’expérience primaire du jeu, de l’écoute et de la réaction des corps.</p>
<p>C’est donc assez naturellement que j’ai voulu chercher à faire converger les deux mondes. Ce mix a la forme d’une bande-son de 10h dont le début et la fin sont arbitraires, qui peut se couper ou se reprendre à tout moment, s’écouter fort ou très doucement et « s’employer » dans des conditions diverses comme s’endormir, lire, travailler, faire du yoga, marcher&#8230; C’est un mix fonctionnel, qui ne raconte aucune « histoire », qui gomme les aspérités les plus marquées de chaque morceau (réduction des dynamiques, homogénéisation des fréquences) et ne cherche en réalité qu’à suggérer un climat général, tantôt parfaitement apaisé, tantôt légèrement nuageux, avec une légère tension qui stimule l’esprit.</p>
<p>La tracklist fait se rencontrer musiques exigeantes et utilitaires. On y trouve des compositeurs et compositrices ambient et expérimentaux, des groupes à guitares, des experts du field recording ou du paysage sonore et donc tout un tas de pistes moins nobles ou moins attendus : des « rips » Youtube, des méditations guidées, des bande-sons de films ou d’émissions radios, des edits et compos perso faits à l’arrache (Aya Nakamura, France 98…), des extraits de musique d’ambiance, de développement personnel, de spiritisme ou d’expériences scientifiques bien perchées.</p>
<p>Bref, c’est un collage tranquille de matériaux hétérogènes où les repères sont volontairement effacés. Certaines sections sont plus lisibles, d’autres superposent 3 ou 4 pistes en même temps. On ne sait pas toujours ce qu’on écoute et c’est bien le but : laisser le son errer dans un petit coin de sa tête et voir s’il se passe quelque chose.</p>
<p>Le mix peut s’écouter sur <a href="https://www.youtube.com/watch?v=dpHUVr6VQf0&amp;t=23660s">Youtube</a>, format pour lequel il a été pensé, ou bien sur Soundcloud, où il est disponible en deux parties, avec la tracklist complète <a href="https://soundcloud.com/libreservice/deep-listening-psychedelic-lounge-10h-mix-part-1">ici</a> puis <a href="https://soundcloud.com/libreservice/deep-listening-psychedelic-lounge-10h-mix-part-2">là</a>.</p>
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		<title>Brutal de Camilla Sparksss : Même pas peur</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Apr 2019 06:30:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Marc Mineur]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyses et critiques]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>

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		<description><![CDATA[&#8220;Moderne&#8221; est une épithète qu’on a perdu l’habitude d’utiliser, à laquelle on ne pense même plus. Les avancées technologiques n’ont pas réhabilité le terme qui comme celui de &#8220;nouveau&#8221; vit un purgatoire sémantique. Alors qu’en musique on se contente souvent de classer selon le revival idoine, il arrive aussi qu’on trouve un·e artiste qui secoue [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>&#8220;Moderne&#8221; est une épithète qu’on a perdu l’habitude d’utiliser, à laquelle on ne pense même plus. Les avancées technologiques n’ont pas réhabilité le terme qui comme celui de &#8220;nouveau&#8221; vit un purgatoire sémantique. Alors qu’en musique on se contente souvent de classer selon le revival idoine, il arrive aussi qu’on trouve un·e artiste qui secoue nos oreilles et nous convainc que l’important, c’est ici et maintenant.</p>
<p>On connaissait surtout la Canadienne Barbara Lenhoff <em>via</em> son groupe post-punk Peter Kernel dont elle est la moitié. On avait fait moins attention à sa carrière solo qui la voit sortir un percutant second album. Cela dit, son comparse dans Peter Kernel, Aris Bassetti est là à l’écriture et surtout à la production, avec un succès qu’on va tenter de vous décrire.</p>
<p>Dans sa manière de mêler tension, <em>beats</em> et une aura de danger, on peut penser à Xiu Xiu. Mais il serait aussi injuste qu’imprécis de n’y voire qu’une version féminine de Jamie Stewart, même si on retrouve la densité du son et le potentiel de se briser en mille morceaux pour virer vers de l’adrénaline pure (« So What ») avec une certaine langueur. Vocalement d’ailleurs, on lorgne plutôt du côté de la sensualité désabusée d’une Anita Lane qui déconstruirait sa voix à coups de <em>cuts</em> engagés.</p>
<p>Comme attendu, ce sont les chemins de traverse du rock et de l’électronique qui sont abordés ici, mais ce qu’on aime surtout ce sont ces morceaux en perpétuelle recherche et perte d’équilibre. C’est cette beauté métastable qu’on retiendra de ce brillant premier album, une envie d’impressionner plus que de faire peur.</p>
<p>« Forget » est certes prometteur, intrigant dans son montage en couche, avec une sensualité et un peu de malaise, mais on ne sait pas encore qu’on est encore en surface, que les émotions fortes sont pour plus tard. Et elles ne passeront pas par des éructations, mais une adjonction de percussions sur « Are You OK », avant qu’elle ne lâche les gros beats sans oublier toutes les sous-couches qui rendent ce morceau assez addictif. On retrouve cette puissance et cette densité sur « «Womanized » qui pourrait se présenter comme une actualisation des poussées de fièvre de Crystal Castles.</p>
<p>On enchaîne les titres puissants sans jamais user des mêmes procédés, et cet album marque par cette alternance de climats.</p>
<div class='rightQuote' >Il faut de bons morceaux pour faire un bon album, certes, mais on a ici en sus un certain charisme, une invitation à encore y revenir, comme on veut se frotter à ses propres peurs en s’offrant un nouveau tour de montagnes russes</div>
<p>Après l’écoute, on a envie de retrouver les gimmicks simples et percussions complexes sur Psycho Lover qui propose quelques sons de basse énormes, on veut goûter à la distorsion qui amène une fameuse intensité à « Messing With You », nous faisant pendre la mâchoire malgré nous. Et on est même prêts à se frotter de nouveau au plus rude « Walt Deathney ».</p>
<p>À tous ceux qui pensent que tout a été dit et que c’était mieux avant qu’en 2019 (et ça en fait du monde…), on devrait imposer l’écoute de ce premier album de <em>Camilla Sparksss</em>. Outre son caractère exemplatif, c’est surtout un des albums les plus puissants que vous entendrez cette année.</p>
<p><a href="https://camillasparksss.bandcamp.com/album/brutal">L&#8217;album peut être écouté ici.</a></p>
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		<title>Skins : XXXTentacion depuis la voix lactée</title>
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		<pubDate>Fri, 25 Jan 2019 07:56:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Augias]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>

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		<description><![CDATA[Le grain de la voix et un grain dans la voie. Je me suis souvent demandé si le flow des rappeurs (ou encore la tessiture des solistes) pouvait changer des vies par sa capacité à raconter des histoires. On s&#8217;en raconte en l&#8217;écoutant. Pour moi c&#8217;est sans doute Future qu&#8217;il faudrait citer. L&#8217;effet de son [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Le grain de la voix et un grain dans la voie. Je me suis souvent demandé si le flow des rappeurs (ou encore la tessiture des solistes) pouvait changer des vies par sa capacité à raconter des histoires. On s&#8217;en raconte en l&#8217;écoutant. Pour moi c&#8217;est sans doute Future qu&#8217;il faudrait citer. L&#8217;effet de son flow est tel que je peine à prêter attention aux prods sur lesquelles il intervient. L&#8217;effet rocailleux de sa voix a cette vertu d&#8217;hypnose qui fait de moi un être alternatif, à la personnalité aléatoire, indestructible et futile à la fois.</p>
<p>Il en est sans doute de même pour tout le monde, chacun sa voix/voie, mais à l&#8217;échelle mondiale cela donne une tonalité collective, une seule bouche qui s&#8217;ouvre pour dire l&#8217;air du temps. Concernant la fin des années 2010, qui pourra nier que ce sera le cas de XXXTentacion ? Jahseh Dwayne Ricardo Onfroy, né en Floride à la fin du siècle dernier et tué par balles 20 ans plus tard dans le même état du sud, aura connu un succès fulgurant pendant deux ans parallèlement à des condamnations judiciaires pour violences conjugales et attaques à main armée, parallèlement aussi à une fascination pour la mort que l&#8217;on peut qualifier de productive — cependant que la naissance de son fils est annoncée pour ces jours-ci.</p>
<p>Sera-t-il le son d&#8217;une génération, ce flow plaintif et revendicatif à la fois ? Ou bien se démodera-t-il comme une police de caractère pour redevenir à la mode tel un calque, comme cet effet visuel dit 3D que l&#8217;on voit partout, des comptes Twitter au logo de Tik Tok ? Toujours est-il qu&#8217;a eu lieu il y a deux mois la sortie de <i>Skins</i>, œuvre posthume qui a tout pour faire de XXXTentacion — X, pour la postérité — un nouvel avatar de 2Pac (emprisonné en son temps pour viol, rappelons-le).</p>
<div class='rightQuote' >Sera-t-il le son d&#8217;une génération, ce flow plaintif et revendicatif à la fois ?</div>
<p>Par définition, on ne sait jamais vraiment à quel point un album posthume aurait été différent s&#8217;il avait été anthume. Cet opus ne déroge pas à la règle et son caractère foutraque étant à l&#8217;image du reste de la production de X, les indices en effet sont rares. Disons qu&#8217;il donne très vite l&#8217;impression d&#8217;être le brouillon d&#8217;une carrière qui n&#8217;a jamais eu lieu. En témoigne cet unique accord de piano qui accompagne tout le titre &#8220;Train Food&#8221;, comme s&#8217;il n&#8217;était que la perpétuelle introduction de lui-même.</p>
<p>Il y a une contradiction au cœur de l&#8217;intention portée par X : propulsé dans la gloire en 2016 avec un titre énervé (&#8220;Look At Me!&#8221;), on sent pourtant que ce sont les complaintes dites <em>emo</em> qui le font davantage vibrer ; force est de constater avec &#8220;Jocelyn Flores&#8221; ou &#8220;Moonlight&#8221;, ce sont bien des ballades qui constituent ses plus beaux morceaux. Cette contradiction, incarnation du chiasme présent physiquement dans son nom de scène – X —, il la pousse au-delà de la mort. Là où Drake (que d&#8217;aucuns ont pu accuser de copier X) convoque la voix du regretté Michael Jackson dans <em>Scorpion</em>, le regretté X convoque pour sa part celle de Kanye West dans <em>Skins</em>, sur le titre &#8220;One Minute&#8221;.</p>
<p>Tantôt folk, tantôt métal, cet album posthume a peut-être pour unique but de prouver que XXXTentacion n&#8217;était pas simplement un rappeur. Dans le titre final &#8220;What Are You Afraid Of?&#8221;, il semble nous sussurer une berceuse depuis les vapeurs ouatées du nirvana. En 2019, faut-il passer par là pour demander l&#8217;autorisation de succéder à 2Pac dans l&#8217;imaginaire collectif ?</p>
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		<title>On fait comme on a dit : ATK jamais parti</title>
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		<pubDate>Fri, 21 Dec 2018 06:30:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Augias]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyses et critiques]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>

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		<description><![CDATA[Si on se souviendra de Midnight in Paris comme l&#8217;un des plus mauvais films de Woody Allen, c&#8217;est entre autres parce qu&#8217;il y carbonise une excellente idée de départ : chacun chérit son Âge d&#8217;or, son panthéon personnel, son paradis perdu, et c&#8217;est une autre façon d&#8217;appeler la subjectivité, la sensibilité, l&#8217;art en nous. En [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Si on se souviendra de <em>Midnight in Paris</em> comme l&#8217;un des plus mauvais films de Woody Allen, c&#8217;est entre autres parce qu&#8217;il y carbonise une excellente idée de départ : chacun chérit son Âge d&#8217;or, son panthéon personnel, son paradis perdu, et c&#8217;est une autre façon d&#8217;appeler la subjectivité, la sensibilité, l&#8217;art en nous. En matière de rap, où les Âges d&#8217;or se succèdent depuis des lustres par périodes de plus en plus courtes, on est vite saisi d&#8217;un vertige. Vertige comme celui qui m&#8217;étreint à la lecture de l&#8217;<a href="https://www.hiphopcore.net/chroniques/619-atk-silence-radio.html">article</a> que je consacrais il y a presque 12 ans — sous pseudo, pardon my French — au retour d&#8217;ATK, collectif mouvant nommé en hommage à un sample de ses origines, « Avoue que Tu Kiffes ». L&#8217;aspect protéiforme et foutraque dudit collectif fait que toutes ses sorties ressemblent à des retours, le come-back faisant bientôt figure d&#8217;éthique de vie. « On écrit depuis l’époque des Reebok Pump et John Rambo. »</p>
<p>C&#8217;est ainsi bille en tête que ce nouvel opus commence par le morceau éponyme « Comme on a dit ». Un couplet par membre, on ne change pas une équipe qui gagne et on ne change pas un membre qui meurt puisque Fredy K, tragiquement disparu en 2007 dans un accident de moto, est évoqué plus souvent qu&#8217;à son tour (« On continue mais sans toi c&#8217;est différent »). Une nouvelle jeunesse. Vingt ans après <em>Heptagone</em>, le succès d&#8217;estime du groupe, ATK vient de signer son premier clip et de donner à Paris son premier concert.</p>
<div class='leftQuote' >Il faut écrire la page suivante quand on pensait mettre un point final à chaque phrase</div>
<p>La multitude crée parfois le chaos, et à ce mantra « Comme on a dit » s&#8217;oppose à l&#8217;occasion « J&#8217;ai toujours fait le contraire de ce qu&#8217;on m&#8217;a dit ». Une chose est sûre en tout cas, on a beaucoup moins envie ici de regarder du côté des prods ou des flows que l&#8217;on connaît bien – celui de Cyanure en tête – que du côté des lyrics, ne serait-ce que pour voir comment vieillit l&#8217;envie de rap. Et l&#8217;envie de dire touche à l&#8217;envie (ou pas) de transmettre. « Mon père m&#8217;a dit un vrai bonhomme fonde une famille / Ma mifa dans la rue c&#8217;est tous mes potos ». Les petits boulots, l&#8217;absence de succès, les modèles familiaux comme autant de repoussoirs, la rime se fait soudain triste, voire amère quand est raillé l&#8217;accessoire (comme le fait d&#8217;appeler ses enfants Hugo, Fleur ou Capucine). Et les velléités de punchlines, à l&#8217;occasion, ne sont plus qu&#8217;une mise en abyme de l&#8217;âge qui vient : « Le monde d&#8217;aujourd&#8217;hui n&#8217;est plus celui de nos darons ».  Il faut écrire la page suivante quand on pensait mettre un point final à chaque phrase.</p>
<p>« Un homme sans rêve est un roi sans sujets » entend-on sur le titre « Jour J », dont le refrain évoque une ritournelle de Laurent Voulzy. C&#8217;était Daniel Balavoine sur <em>Silence Radio</em> et on notera que les deux chanteurs sont présents aux côtés de Jul, Kaaris et PNL dans la bande-originale du <em>Monde est à toi</em> de Romain Gavras, très lié lui aussi à la scène rap parisienne. Ces ponts entre Générations FM et Chérie FM sont une manière d&#8217;évocation du temps qui passe et qui passe à regarder les Âges d&#8217;or comme autant de trains à grande vitesse.</p>
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		<title>PS&#8217;Mix 2 &#8211; Fiebre De Atarantādo</title>
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		<pubDate>Mon, 19 Nov 2018 06:30:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Julien Lafond-Laumond]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyses et critiques]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>

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		<description><![CDATA[Sur le thème des influences non occidentales sur les musiques occidentales, et après un premier mix dans les traces de Jon Hassel, voici un deuxième enregistrement plus sombre, qui regroupe des artistes et groupes noise, indus, post-punk et techno qui ont trouvé dans les rythmiques tribales et les chants rituels des moyens d’exprimer, pour faire [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Sur le thème des influences non occidentales sur les musiques occidentales, et après <a href="https://www.playlistsociety.fr/2018/10/psmix-1-fourth-world-music/130180/">un premier mix dans les traces de Jon Hassel</a>, voici un deuxième enregistrement plus sombre, qui regroupe des artistes et groupes noise, indus, post-punk et techno qui ont trouvé dans les rythmiques tribales et les chants rituels des moyens d’exprimer, pour faire court, leur malaise urbain. Aux côtés des pédales de distorsion et des boîtes à rythme, on fait place à des séquences percussives en roue libre, à des voix venues d’on ne sait où et à des samples au psychédélisme lointain. Le plus souvent, ces ajouts servent à insuffler une énergie et une spiritualité à des canevas musicaux menacés par la répétitivité et la froideur des machines. D&#8217;où des ambiances qui vont du néotribal au cyberpunk en passant par le post-apocalyptique.</p>
<p>Chez Crash Worship, par exemple, on part en concert les yeux bandés, embarqués dans un bus vétuste sur des routes rocailleuses. Arrivés sur place, on regarde autour de soi : il n&#8217;y a rien à par un pont à l’abandon depuis des lustres. On le rejoint, on prend de l’acide, la nuit tombe. Les cracheurs de feu se déchaînent, des types tambourinent sur des instruments de récupération, une guitare nous lacère la gorge et on danse frénétiquement dans une sorte de cérémonie chelou. <a href="https://www.youtube.com/watch?v=jlzBpAopXQ0">Bienvenue après la crise mondiale !</a></p>
<p><iframe scrolling="no" id="hearthis_at_track_2541564" width="100%" height="150" src="https://hearthis.at/embed/2541564/transparent_black/?hcolor=&#038;color=&#038;style=2&#038;block_size=2&#038;block_space=1&#038;background=1&#038;waveform=0&#038;cover=0&#038;autoplay=0&#038;css=" frameborder="0" allowtransparency allow="autoplay"></p>
<p>Listen to <a href="https://hearthis.at/julien-lafond-laumond/tribamixtermin/" target="_blank">PS&#8217;Mix 2 : Fiebre De Atarantādo</a> <span>by</span><a href="https://hearthis.at/julien-lafond-laumond/" target="_blank" >Julien Lafond-Laumond</a> <span>on</span> <a href="https://hearthis.at/" target="_blank">hearthis.at</a></p>
<p></iframe></p>
<p>1 Peter Brötzmann, Hans Bennink – Aufen Nr. 4 <em>(FMP, 1977)</em><br />
2 Vasilisk – Fangs and Claws <em>(Musica Maxima Magnetica, 1990)</em><br />
3 Psychic TV – East 3<em> (Temple, 1991)</em><br />
4 Z&#8217;ev – Elemental Music <em>(Subterranean, 1982)</em><br />
5 Test Dept. &#8211; Kick to Kill <em>(Some Bizarre, 1984)</em><br />
6 Batterie:Acid – Initiation <em>(Sameboy Get Help !, 2014)</em><br />
7 Neurosis – Cleanse <em>(Alternative Tentackes, 1993)</em><br />
8 Crash Worship – Procession <em>(Charnel Music, 1991)</em><br />
9 Hunting Lodge – Tribal Warning Shot (live version)<em> (S/M Operations, 1985)</em><br />
10 Esplandor Geométrico – Sonoj <em>(Geometrik, 2016)</em><br />
11 Tzusing – Good Customer<em> (Bedouin, 2017)</em><br />
12 Pablo&#8217;s Eye – My Only Guide Is<em> (STROOM, 2018)</em><br />
13 Tolouse Low Trax – Rushing Into Water<em> (Themes From Great Cities, 2016)</em><br />
14 Zov Zov – Hands Held Up <em>(Berceuse Heroïque, 2017)</em><br />
15 Eomac- Denounce Everything<em> (Eotrax, 2018)</em><br />
16 Rainforest Spiritual Enslavement &#8211; They Shoot Men With Flying Fish And Travel In Waterspouts Or On Rainbows <em>(Hospital Productions, 2017)</em><br />
17 Muslimgauze – Khalifate<em> (Staalplat, 1996)</em><br />
18 Aquarian Foundation – Dream of The Red Chamber <em>(Going Good, 2013)</em><br />
19 Tres Demented (Carl Craig) – Demented (Or Just Crazy) (Laurent Garnier edit) <em>(Planet E, 2003)</em><br />
20 Randomer &amp; Hodge – Simple As <em>(Dnuos Ytivil, 2016)</em><br />
21 Florian Kupfer – Chaparral Roots <em>(W.T., 2015)</em><br />
22 Bookworms &#8211; Africa Rhythms <em>(LIES, 2012)</em></p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>PS&#8217;Mix 1 &#8211; Fourth World Music</title>
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		<pubDate>Fri, 19 Oct 2018 06:30:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Julien Lafond-Laumond]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyses et critiques]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>

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		<description><![CDATA[Au tournant du siècle dernier, Debussy, suite à quelques voyages en Russie puis à la découverte de la musique indonésienne à l&#8217;Exposition Universelle de Paris, fît des musiques extra-européennes son principal horizon d&#8217;inspiration. Peu après, Stravinsky, avec le Sacre du Printemps, dynamitait les codes symphoniques et déclenchait un vent de panique chez les théoriciens. L&#8217;avant-garde [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Au tournant du siècle dernier, Debussy, suite à quelques voyages en Russie puis à la découverte de la musique indonésienne à l&#8217;Exposition Universelle de Paris, fît des musiques extra-européennes son principal horizon d&#8217;inspiration. Peu après, Stravinsky, avec le Sacre du Printemps, dynamitait les codes symphoniques et déclenchait un vent de panique chez les théoriciens. L&#8217;avant-garde prenait alors curieusement les habits de la sauvagerie. Depuis lors, on en a vu du pays. Les musiques latino-américaines, africaines ou &#8220;orientales&#8221; ont connu leur heure de gloire radiophonique. L&#8217;exotica ou le phénomène world ont digéré pas mal de particularismes. Les échanges culturels divers se sont multipliés et ont assoupli un bon nombre d&#8217;oreilles. Il n&#8217;empêche, pour de nombreux musiciens actuels ou des dernières décennies, les musiques non-occidentales ont continué à représenter un vaste territoire à explorer. Il s&#8217;agit dans ce cas d&#8217;exploration, donc, pas d&#8217;exploitation. Pour ces musiciens, occidentaux ou dans tous les cas parfaitement intégrés au système occidental, l&#8217;influence de ces musiques « d&#8217;ailleurs » sert à renouveler les discours établis, à ouvrir des perspectives sonores inenvisagées sans s&#8217;approprier pour autant des cultures qui ne sont pas les leurs.</p>
<p>Pour découvrir certains de ces essais, j&#8217;ai enregistré deux mixes aux ambiances légèrement différentes. Le premier, ici publié, est influencé par le concept de <a href="https://www.wired.com/1997/11/building-a-musical-fourth-world/"><em>4th world</em></a> intronisé par Jon Hassel. Il présente des ritournelles new-age où les mélodies exotiques sont jouées au synthétiseur et des compositions électroniques rythmiques influencées par le gamelan, les musiques indiennes ou africaines (avec Peder Mannelfelt, par exemple, qui rejoue entièrement en studio un enregistrement ethnographique congolais des années 30). On y trouve aussi des métissages avec le jazz et la musique contemporaine et des morceaux post-modernes, syncopés ou faits en collages, dont certains ne sont pas à prendre tout à fait au sérieux. Pour finir cette sélection, j&#8217;ai choisi Alessandro Bosetti qui s&#8217;inspire de la musicalité de la langue basque – qu&#8217;il ne comprend pas – pour bâtir son arrangement. Comme quoi l&#8217;ailleurs n&#8217;est pas si loin.</p>
<p><iframe scrolling="no" id="hearthis_at_track_2414645" width="100%" height="150" src="https://hearthis.at/embed/2414645/transparent_black/?hcolor=&#038;color=&#038;style=2&#038;block_size=2&#038;block_space=1&#038;background=1&#038;waveform=0&#038;cover=0&#038;autoplay=0&#038;css=" frameborder="0" allowtransparency allow="autoplay"></p>
<p>Listen to <a href="https://hearthis.at/julien-lafond-laumond/mixps1/" target="_blank">mixps1</a> <span>by</span><a href="https://hearthis.at/julien-lafond-laumond/" target="_blank" >Julien Lafond-Laumond</a> <span>on</span> <a href="https://hearthis.at/" target="_blank">hearthis.at</a></p>
<p></iframe></p>
<p>0m0s Charles Cohen – Blue Krishna <em>(Morphine Records ; 2014)</em><br />
2m15s  X.Y.R. &#8211; Middle of Nowhere <em>(Optimo Music ; 2017)</em><br />
5m12s Andrew Pekler – Humidity Index / Khao Sok (chopped and screwed) <em>(Faitiche ; 2016)</em><br />
7m12s Burnt Friedmann – Sorcier<em> (Nonplace ; 2017)</em><br />
9m40s Jon Hassel – Wing Melodies <em>(Ecm Records ; 1986)</em><br />
12m44s T.A.G.C. &#8211; Dog Star<em> (Sweatbox ; 1986)</em><br />
16m31s Ramzi – Combat <em>(1080p ; 2015)</em><br />
19m28s Chino Amobi – Antikeimenon <em>(NON ; 2017)</em><br />
23m15s Tyondai Braxton – Boids <em>(Nonsuch ; 2015)</em><br />
25m48s Elysia Crampton – Solilunita <em>(Break Word Record ; 2018)</em><br />
27m23s Peder Mannerfelt – Omande <em>(Archives Intérieures ; 2015)</em><br />
29m25s Harvey Matusow&#8217;s Jews Harp Band – Clootch Hunt <em>(Head ; 1969)</em><br />
30m16s Ikue Mori – Agat Amulets <em>(Tzadik ; 2015)</em><br />
31m56s Demdike Stare – Trapped Dervish<em> (Modern Love ; 2009)</em><br />
32m43s Don&#8217;t Dj – Fall (4 Interesting Music) <em>(Berceuse Héroïque ; 2016)</em><br />
33m36s Mouse On Mars &amp; Errorsmith – Errormom <em>(Monkeytown Recods ; 2014)</em><br />
35m23s Kilchhofer – Suckfuel <em>(Marionette ; 2017)</em><br />
37m56s Don&#8217;t Dj &#8211; Savanna Siesta <em>(Sexes ; 2016)</em><br />
41m30s Alessandro Bosetti &#8211; Laida And Mikel Looking For Rhymes <em>(Sedimental  ; 2010)</em></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Pauline Drand : Faits bleus</title>
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		<pubDate>Tue, 18 Sep 2018 08:50:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Arbobo]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyses et critiques]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[2018]]></category>
		<category><![CDATA[Folk]]></category>
		<category><![CDATA[Pauline Drand]]></category>

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		<description><![CDATA[Les vents sur l&#8217;eau. Si Pauline Drand était un ou des éléments, elle ne serait sans doute pas le feu. Elle est trop calme et posée. Ni la glace, car elle est d&#8217;une gentillesse attentionnée qui touche rapidement son interlocuteur, mais aussi parce qu&#8217;elle est parcourue d&#8217;émotions profondes. Sous l&#8217;eau, force et douceur, des courants [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Les vents sur l&#8217;eau. Si Pauline Drand était un ou des éléments, elle ne serait sans doute pas le feu. Elle est trop calme et posée. Ni la glace, car elle est d&#8217;une gentillesse attentionnée qui touche rapidement son interlocuteur, mais aussi parce qu&#8217;elle est parcourue d&#8217;émotions profondes. Sous l&#8217;eau, force et douceur, des courants de fond s&#8217;agitent à l&#8217;insu de qui est en surface, et on ne perçoit que les ridules de la brise qui nous emmène d&#8217;une rive à l&#8217;autre.</p>
<p><iframe style="border: 0; width: 100%; height: 120px;" src="https://bandcamp.com/EmbeddedPlayer/album=1395698385/size=large/bgcol=ffffff/linkcol=0687f5/tracklist=false/artwork=small/track=3809647204/transparent=true/" width="300" height="150" seamless=""><a href="http://fololabel.bandcamp.com/album/pauline-drand-faits-bleus">PAULINE DRAND &#8211; FAITS BLEUS by Pauline Drand</a></iframe></p>
<p>On a déjà entendu <a href="https://www.playlistsociety.fr/2016/05/pauline-drand-i-see-beauty-ep/124862/" target="_blank" rel="noopener">Pauline Drand</a>. Ses grands yeux couvrent l&#8217;assistance avec bienveillance. Une familiarité s&#8217;installe, un lien se noue dès les premières mesures. En concert, la jeune musicienne devient vite une grande soeur qui nous adopte et nous prend par la main pour un long voyage. Sur disque, grâce à une production équilibrée, pleine de cordes mais pas chargée, et un mixage au cordeau, on parierait volontiers que l&#8217;effet est aussi fort sur celles et ceux qui la découvriront ainsi.</p>
<p>Ce qu&#8217;on aime d&#8217;abord, instantanément, c&#8217;est cette voix grave sans être caverneuse, ce souffle profond qui vient de loin à l&#8217;intérieur. Son chant traîne au fond du temps, comme si elle se souvenait au dernier moment que c&#8217;est à elle d&#8217;y aller. Avec une apparente nonchalance, elle qui pourtant a toujours l&#8217;oeil aux aguets et n&#8217;en perd pas une miette. Leonard Cohen avait aussi cette fausse désinvolture.</p>
<div id="attachment_30037" style="max-width: 310px" class="wp-caption alignright"><img class="size-thumbnail wp-image-30037" src="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/09/PAULINE-DRAND_04-VISIONS-PARTICULIERES-300x534.jpg" alt="" width="300" height="534" srcset="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/09/PAULINE-DRAND_04-VISIONS-PARTICULIERES-300x534.jpg 300w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/09/PAULINE-DRAND_04-VISIONS-PARTICULIERES-80x142.jpg 80w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/09/PAULINE-DRAND_04-VISIONS-PARTICULIERES-141x250.jpg 141w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/09/PAULINE-DRAND_04-VISIONS-PARTICULIERES.jpg 555w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /><p class="wp-caption-text">Pauline Drand par Visions particulières</p></div>
<p>Du folk, Pauline Drand illustre une dimension essentielle : la voix porte la mélodie, tandis que les instruments accompagnent. La voix c&#8217;est elle, c&#8217;est le corps, et ce sont aussi, indissociablement, les paroles. Les instruments sont d&#8217;abord là pour souligner, mettre en valeur, et pour appuyer une couleur. Rares sont les &#8220;effets&#8221;, un peu sur la voix dans « Faits bleus », une virgule de cordes dans « Betty ». Sur « Les roses », on entrevoit un éphémère reflet de Karen Dalton sur une finale en aigus, imperceptible si l&#8217;on ne sait pas qu&#8217;elle a rendu hommage à l&#8217;américaine dans son disque précédent. La nuance, toujours. La finesse.</p>
<p><em>Faits bleus</em> donne avant tout l&#8217;impression d&#8217;un album très uni, malgré la fin de « Gangsters ». Mais plus on l&#8217;écoute et plus des nuances se révèlent, dans le style, les arrangements, la voix posée en bas des graves ou portée aux aigus. On voudrait décortiquer chaque titre. Par exemple suivre comment « Gangsters » change à mi-parcours, devient plus riche ; comment, plus sensuelle, une nouvelle musicienne se dévoile, zigzaguant entre swing et western, dans une approche très cinématographique. D&#8217;ailleurs, un disque ou un concert de Pauline Drand, c&#8217;est un peu retrouver Anna Karina dans un Godard inédit des années 60. Dont elle aurait fait la BO.</p>
<p>Sur <i>Faits bleus</i>, on entend avant tout des chansons de femme, de femmeS, au singulier, au pluriel, de &#8220;petites filles&#8221; (« Betty »), de l&#8217;autobiographie, des vies inventées, rapportées. Pauline Drand parle toujours à quelqu&#8217;un, l&#8217;interroge, telle la &#8220;petite soeur&#8221; évoquée avec les accents d&#8217;une Barbara Carlotti (« Porte d&#8217;Italie »). Alice parle à &#8220;sa pareille&#8221; de l&#8217;autre côté du miroir, sans le franchir.<br />
Rêveuse, Pauline Drand ? N&#8217;est-elle pas &#8220;au large du monde&#8230; en marge du monde&#8221; ? Si c&#8217;est le cas, elle a des nuits ombrageuses, peuplée de &#8220;gangsters&#8221; et de &#8220;vaincus&#8221;, une &#8220;jeunesse perdue et phalanges nues&#8221;.</p>
<div class='rightQuote' >Comme Sagan, elle a l’art de nous faire ressentir l’imperceptible</div>
<p>Pauline Drand est autant une auteure qu&#8217;une musicienne ou une chanteuse. Comme Sagan, elle a l&#8217;art de nous faire ressentir l&#8217;imperceptible. Comme les nouvelles de Tennessee Williams, elle retrouve l&#8217;art des saynètes, de poser des caractères, des déceptions, en quelques lignes. Comme Duras, enfin, elle ressuscite la manière de faire sonner différemment les mots du quotidien, de glisser &#8220;tendreté&#8221; là on l&#8217;on aurait prédit &#8220;tendresse&#8221;, et le refus des rimes. Plus Bertrand Belin qu&#8217;Etienne Daho, malgré le clin d&#8217;oeil au boulevard des Capucines.</p>
<p>« Aux jours de juillet », un pur bijou, clôt l&#8217;album comme on referme sur son coeur un livre de souvenirs.</p>
<p>Tout est si élégant lorsque Pauline Drand parait, qu&#8217;on dresse l&#8217;oreille à chaque risée qui se lève, en espérant l&#8217;y retrouver.</p>
<div class='singleContext'><div class='contextContent'><a href="https://fololabel.bandcamp.com/album/pauline-drand-faits-bleus" target="_blank" rel="noopener"><em>Faits bleus</a></em>, 1er album de Pauline Drand, est paru en août chez FOLO.</div> </div>
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		<title>PS&#8217;Playlist juillet 2018</title>
		<link>https://www.playlistsociety.fr/2018/07/psplaylist-juillet-2018/129749/</link>
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		<pubDate>Tue, 31 Jul 2018 05:30:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Collectif]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[PS'Playlist]]></category>

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		<description><![CDATA[01. Jorja Smith – « Blue Lights » (Guillaume Augias) Extrait de Lost &#38; Found – 2018 – Mor(d)illons Un timbre semblant venir des sixties qui scande une soul aux accents hip-hop sur des nappes de synthétiseur évoquant le début des nineties, voilà le cocktail servi par l&#8217;Anglaise qui fait sensation ces temps-ci. Dans ce titre elle [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><iframe src="https://open.spotify.com/embed/user/playlistsociety/playlist/7wkhzHg7YcxjIPbIMKmvGT" width="300" height="380" frameborder="0"></iframe></p>
<p><img class="alignright wp-image-29752 size-large" src="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/07/467c61d48cff59c00694b1b3a2e1559a.850x850x1-150x150.jpg" alt="" width="150" height="150" srcset="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/07/467c61d48cff59c00694b1b3a2e1559a.850x850x1-150x150.jpg 150w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/07/467c61d48cff59c00694b1b3a2e1559a.850x850x1-300x300.jpg 300w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/07/467c61d48cff59c00694b1b3a2e1559a.850x850x1-80x80.jpg 80w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/07/467c61d48cff59c00694b1b3a2e1559a.850x850x1-768x768.jpg 768w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/07/467c61d48cff59c00694b1b3a2e1559a.850x850x1.jpg 850w" sizes="(max-width: 150px) 100vw, 150px" /><strong>01. Jorja Smith – « Blue Lights » (Guillaume Augias)</strong><br />
<em>Extrait de </em>Lost &amp;<em> Found – 2018 – Mor(d)illons</em><br />
Un timbre semblant venir des sixties qui scande une soul aux accents hip-hop sur des nappes de synthétiseur évoquant le début des nineties, voilà le cocktail servi par l&#8217;Anglaise qui fait sensation ces temps-ci.<br />
Dans ce titre elle aborde la traque policière — les lumières bleues sont celles des pandores — par le biais d&#8217;une voix aux allures de conscience (&#8220;don&#8217;t you run / when you hear the sirens coming&#8221;) et ses inflexions suaves sont un soudain contrepoint au mouvement Black Lives Matter.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><img class="alignright wp-image-29764 size-large" src="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/07/wide-150x150.jpg" alt="" width="150" height="150" srcset="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/07/wide-150x150.jpg 150w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/07/wide-300x300.jpg 300w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/07/wide-80x80.jpg 80w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/07/wide-768x768.jpg 768w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/07/wide.jpg 1000w" sizes="(max-width: 150px) 100vw, 150px" />02. Parquet Courts – « Total Football » (Erwan)</strong><br />
<em>Extrait de </em>Wide Awake !<em> – 2018 – Hymne de circonstance</em><br />
Tous les deux ans, le groupe new-yorkais Parquet Courts sort un nouvel album, et tous les deux ans le nouvel album de Parquet Courts compte parmi les meilleurs de l’année. <em>Wide Awake !</em> ne déroge pas à la règle, bien qu’il soit à l’opposé en termes d’état d’esprit du précédent, <em>Human Performance</em>. Sur <em>Wide Awake !</em> Parquet Courts n’est jamais prévisible, se montrant à la fois détendu et maîtrisé, grave (avec des paroles conscientes des problèmes du monde et des révolutions à y mener) et joyeux (l’air au piano de <em>Tenderness</em>, parfait pour être fredonné tout l’été). Le morceau d’ouverture concentre tout cela : un hymne joyeux à la rébellion, placé sous le signe de l’utopie du « football total » (philosophie de jeu poussant tous les joueurs à pouvoir assurer tous les postes), étendue à tous les arts et tous les espaces de pensée.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><img class="alignright size-large wp-image-29783" src="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/07/Gods_Favorite_Customer-150x150.jpg" alt="" width="150" height="150" srcset="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/07/Gods_Favorite_Customer-150x150.jpg 150w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/07/Gods_Favorite_Customer.jpg 300w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/07/Gods_Favorite_Customer-80x80.jpg 80w" sizes="(max-width: 150px) 100vw, 150px" />03. Father John Misty &#8211; « Mr. Tillman » (Thierry Chatain)</strong><br />
<em>Extrait de </em>God&#8217;s Favorite Customer<em> – 2018 – Ballade taillée dans la gueule de bois</em><br />
Depuis le début de la décennie, Josh Tillman s&#8217;est effacé derrière un alter ego au caractère imprévisible et versé dans l&#8217;auto-mythification, Father John Misty. Dans son dernier album, le masque semble se décoller et l&#8217;auteur réapparaître derrière la créature. Particulièrement dans ce &#8220;Mr. Tillman&#8221;, où il se fait interpeller par un concierge d&#8217;hôtel d&#8217;une patience angélique et réellement concerné par son état physique et mental, après un précédent séjour… turbulent (&#8220;Vous avez laissé votre passeport dans le mini-bar&#8221;, &#8220;Ne laissez pas votre matelas sous la pluie si vous dormez sur le balcon&#8221;, &#8220;On ne peut pas appeler quelqu&#8217;un ? Peut-être que vous ne devriez pas boire seul&#8221;…). Ce à quoi il répond : &#8220;Je me sens si bien/Je vis dans un nuage au-dessus d&#8217;une île dans ma tête&#8221;. Si la chanson est bien le reflet d&#8217;une année passée quelque peu, disons, mouvementée, rien n&#8217;interdit non plus de considérer Tillman, ici, comme une création de son avatar &#8211; l&#8217;humour sardonique du propos créant le décalage. Et, ce qui ne gâche rien, &#8220;Mr. Tillman&#8221; est avant tout une chanson d&#8217;une totale évidence mélodique qui se termine en sifflotant, l&#8217;air de rien, et d&#8217;une parfaite tenue &#8211; sans rapport avec les affres de sa création.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img class="alignright wp-image-29786 size-full" src="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/07/61TgUoEEUL._SY355_.jpg" alt="" width="150" height="150" srcset="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/07/61TgUoEEUL._SY355_.jpg 150w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/07/61TgUoEEUL._SY355_-80x80.jpg 80w" sizes="(max-width: 150px) 100vw, 150px" /><strong>04. The Zombies – « A Rose From Emily » (Isabelle Chelley)</strong><br />
<em>Extrait de </em>Odessey And Oracle <em>– 1968 – Ballade belle à se pendre<br />
</em>On peut passer à côté d’un bijou d’album juste parce qu’on est rebutée par la pochette. Et de pousser le ridicule un peu plus loin en découvrant ce bijou de pop psyché-baroque parce qu’il faisait office de générique de fin d’un podcast…<br />
Emily est forcément une cousine d’Eleanor Rigby, seule, sans amour, regardant les autres s’aimer sans jamais l’être à son tour. L’histoire est naïve, cruelle, et la chanson donne envie de pleurer, tant sa mélodie est jolie. C’est ce mélange entre sophistication de la musique et vraie candeur adolescente des paroles qui la rend sans doute aussi touchante et précieuse.<br />
Et si la version des Zombies m’émeut aux larmes à chaque fois, celle, reprise par mon amie Sylvia Hansel dans son podcast du même nom, me file le frisson et si j’osais, je vous conseillerais chaudement d’aller l’écouter…</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><img class="alignright size-large wp-image-29797" src="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/07/Fedia-Laguerre-Divizion-150x150.jpg" alt="" width="150" height="150" srcset="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/07/Fedia-Laguerre-Divizion-150x150.jpg 150w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/07/Fedia-Laguerre-Divizion-300x300.jpg 300w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/07/Fedia-Laguerre-Divizion-80x80.jpg 80w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/07/Fedia-Laguerre-Divizion-768x768.jpg 768w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/07/Fedia-Laguerre-Divizion.jpg 1200w" sizes="(max-width: 150px) 100vw, 150px" />05. Fedia Laguerre – « Divizion » (Voilaaa remix) (Christophe Gauthier)</strong><br />
<em>Extrait de</em> L’aumone<em> – 1981 – Afro-disco haïtienne</em><br />
Le son qui ambiance mon été a quasiment quarante ans d’âge et vient tout droit des Caraïbes. Pour sa première parution, le jeune label marseillais Atangana Records, monté par le DJ/producteur/digger Déni Shain, a redonné vie à une pépite dansante et revendicatrice d’une artiste haïtienne aujourd’hui retournée dans l’ombre (Fedia Laguerre dirige actuellement des chorales gospel en Californie). Ce « Divizion », déjà richement produit à la base, bénéficie pour cette réédition d’un remix discret signé Voilaaa, qui lui ajoute un petit surplus de percus et de basse pour plus de punch. Si vous ne tapez pas du pied à la deuxième mesure, c’est à n’y rien comprendre.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img class="alignright size-full wp-image-29803" src="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/07/Jonathan-Wilson-150.jpg" alt="" width="150" height="150" srcset="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/07/Jonathan-Wilson-150.jpg 150w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/07/Jonathan-Wilson-150-80x80.jpg 80w" sizes="(max-width: 150px) 100vw, 150px" /><strong>06. Jonathan Wilson – « There Is A Light » (Marc Mineur)</strong><br />
<em>Extrait de</em> Rare Birds<em> – 2018 – Euphorie californienne</em><br />
Il a fallu cette canicule pour qu&#8217;enfin éclate la lumineuse classe de cet album de Jonathan Wilson sorti au frisquet printemps. L&#8217;homme nous était pourtant connu, et il marque de son empreinte tout un pan de la musique actuelle (de Father John Misty à Roger Waters) en tant que producteur. Rare Birds déborde de ces hymnes discrets et solides à la fois, mais c&#8217;est ce « There Is A Light » qui pousse le plus loin l&#8217;euphorie, avec une mélodie si évidente qu&#8217;elle en est lancinante. C&#8217;est beau, l&#8217;été, non ?</p>
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<p><strong><img class="alignright size-large wp-image-29768" src="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/07/paraf-1981-150x149.jpg" alt="" width="150" height="149" srcset="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/07/paraf-1981-150x149.jpg 150w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/07/paraf-1981-300x298.jpg 300w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/07/paraf-1981-80x79.jpg 80w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/07/paraf-1981.jpg 600w" sizes="(max-width: 150px) 100vw, 150px" />07. Paraf – « Javna kupatila » (Arbobo)</strong><br />
<em>Extrait de </em>Izleti<em> – 1981 – New wave croate</em><br />
Les Croates ont de bons footballeurs, une présidente qui se pourlèche les babines quand elle voit un néo-nazi, et une longue culture qu&#8217;on ne va pas résumer ici. Un morceau suffira. En 1980, le dictateur maison, rallié à l&#8217;URSS à ses conditions, Tito, passe l&#8217;arme à gauche (première fois qu&#8217;il fait un truc vraiment à gauche, mais passons&#8230;). En 1980, la new wave purule de la vieille Albion et le look dépressif de Robert Smith inspire des nations qui se surprennent à rêver d&#8217;ères nouvelles. Au hasard, la Croatie et ses voisines yougoslaves. Une nuée de groupes rock, post-punk, new-wave, bourgeonne dans les caves balkanes en rêvant de briser le joug à grand coup de Stratocaster. Et on a vu plus stupide comme aspiration, loin de là. Dans le lot, dans le petite cité balnéaire de Fiume (ou Rijeka, pour les Croates), Paraf balance deux albums en deux ans avant de ralentir le rythme.<br />
<em>Javna kupatila</em> accroche et nous emporte sans répit, avec son clavier trépidant, original, entêtant, qui résiste à un &#8220;pont&#8221; basiquement <em>oï</em> un peu raté. Non pas que Pavica Mijatović soit la meilleure chanteuse de sa génération, mais il y a des morceaux pour lesquels on essaie d&#8217;éviter d&#8217;utiliser le mot &#8220;urgence&#8221; en les décrivant, sans y parvenir.</p>
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<p><img class="alignright size-large wp-image-29825" src="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/07/the-twilight-sad-cover-150x97.png" alt="" width="150" height="97" srcset="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/07/the-twilight-sad-cover-150x97.png 150w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/07/the-twilight-sad-cover-300x194.png 300w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/07/the-twilight-sad-cover-80x52.png 80w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/07/the-twilight-sad-cover-768x496.png 768w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/07/the-twilight-sad-cover.png 852w" sizes="(max-width: 150px) 100vw, 150px" /><br />
<strong>08. The Twilight Sad &#8211; « I/m not Here [Missing Face] » (Alexandre Mathis)</strong><br />
<em>Single (2018) &#8211; Noise Rock</em><br />
Dès la sirène introductive, on comprend que le plongeon sera total. Je ne pensais pas connaitre The Twilight Sad, de la pop-rock matinées d&#8217;ambiances à la Nick Cave ou de Sonic Youth, et de faire un saut dans les salles new-yorkaises moites et enfumées (bien que le groupe soit britannique). Puis j&#8217;ai vu que le groupe était dans le giron de Mogwai, The Smashing Pumpkins, Beirut et même Max Richter, bref tout à fait mon univers. Ici et là, je reconnais des sonorités. Je me dis que le groupe est sûrement passé dans mon radar sans que je m&#8217;y attarde. Mais c&#8217;est décidé, avec la puissance anxiogène de « I/m not Here [Missing Face] », je vais me plonger dans The Twilight Sad.</p>
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<p><img class="alignright size-large wp-image-29831" src="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/07/hearts-beat-loud-150x150.jpg" alt="" width="150" height="150" srcset="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/07/hearts-beat-loud-150x150.jpg 150w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/07/hearts-beat-loud-300x300.jpg 300w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/07/hearts-beat-loud-80x80.jpg 80w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/07/hearts-beat-loud.jpg 500w" sizes="(max-width: 150px) 100vw, 150px" /><strong>09. Kiersey Clemons – « Hearts beat loud » (Thomas Messias)</strong><br />
<em>Extrait de la bande originale du film</em>Hearts beat loud<em> – 2018 – Garage band</em><br />
Après quelques jours de vacances à Rotterdam (ville géniale, aussi dense qu&#8217;apaisante), le naturel est revenu au galop. Nous avons inspecté les programmes des cinémas de la ville et jeté notre dévolu sur deux films qui resteraient vraisemblablement inédits dans les salles françaises. D&#8217;abord <em>The Trip to Spain</em>, troisième volet des aventures gastronomico-cabotines de Michael Winterbottom, Steve Coogan et Rob Brydon. Un délice, comme à chaque fois. Et puis ce <em>Hearts beat loud</em> dont nous n&#8217;avions pas entendu parler. Ça commence comme un <em>High fidelity</em> version 2018, avec son héros disquaire (Nick &#8220;Ron Swanson&#8221; Offerman) ne sachant ni comment bien traiter ses clients ni quoi faire de son existence. S&#8217;y ajoute une success (?) story familiale et musicale, le disquaire en question ayant décidé de profiter de l&#8217;été pour enregistrer des chansons avec sa fille (Kiersey Clemons), avant que celle-ci ne parte en face de médecine. C&#8217;est doux, tendre, sucré mais pas trop, assez désabusé, et avec un traitement aussi fin que bouleversant de l&#8217;homosexualité (ou peut-être bisexualité) de la jeune femme. Et en plus les chansons réchauffent le cœur.</p>
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<p><img class="alignright size-large wp-image-29779" src="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/07/sbd-150x150.jpg" alt="" width="150" height="150" srcset="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/07/sbd-150x150.jpg 150w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/07/sbd-300x300.jpg 300w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/07/sbd-80x80.jpg 80w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/07/sbd.jpg 500w" sizes="(max-width: 150px) 100vw, 150px" /><strong>10. Sargeist – « Frowning, Existing » (Nathan)</strong><br />
<em>Extrait de </em>Satanic Black Devotion<em> – 2003 – Black Metal</em><br />
J&#8217;ai souvent du mal à expliquer et détailler ce que j&#8217;aime dans les musiques extrêmes. Surtout, je ne peux jamais justifier le paradoxe de mon amour du black metal et du hardcore et de mon dédain profond pour tout ce qui est death metal et thrash. Les redoutables finlandais de Sargeist m&#8217;ont aidé à mettre des mots sur ce que j&#8217;aime. J&#8217;aime quand une mélodie imparable &#8211; oserais-je dire un groove &#8211; se cache derrière une sauvagerie inimaginable. J&#8217;aime les voix hurlées pleine de douleur et de haine. J&#8217;aime quand ces riffs presque pop. Et surtout, j&#8217;aime quand tout cela sonne sale et dégouline. L&#8217;atmosphère est plus important que la précision ou la violence. Donc en gros, j&#8217;aime le black metal. Et j&#8217;adore Sargeist.</p>
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<p><strong><img class="alignright size-large wp-image-29845" src="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/07/a0303935498_16-150x150.jpg" alt="" width="150" height="150" srcset="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/07/a0303935498_16-150x150.jpg 150w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/07/a0303935498_16-300x300.jpg 300w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/07/a0303935498_16-80x80.jpg 80w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/07/a0303935498_16.jpg 700w" sizes="(max-width: 150px) 100vw, 150px" />11. Vein – « Old Data In Dead Machine » (Benjamin)</strong><br />
<em>Extrait de </em>Errorzone<em> – 2018 – Néo-métal</em><br />
Les vagues et les styles en musique étant cycliques, on se demande quand est-ce que va avoir lieu le revival néo-métal. <em>Errorzone</em>, le premier album de Vein, groupe de metalcore originaire de Boston, pourrait bien être un début de réponse tant leurs compositions intègrent des rythmiques saccadées, des incursions electro, et des déchainements de violences toujours entrainants. Si l’on retrouve bien la base metal et hardcore qui est la marque de fabrique de leur label – le groupe est signé chez Closed Casket Activities – et qui les rapproche d’un Dillinger Escape Plan, on y entend aussi clairement l’influence de Slipknot et Korn. Un titre comme « Old Data In Dead Machine » illustre bien ce mélange qui pourrait signer une nouvelle voie pour le néo-métal.</p>
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		<title>Toute Latitude : La route et le chemin de Dominique A</title>
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		<pubDate>Wed, 18 Apr 2018 06:30:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Marc Mineur]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyses et critiques]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans le monde des routes, un beau paysage signifie : un ilôt de beauté, relié par une longue ligne à d’autres ilôts de beauté. Dans le monde des chemins, la beauté est continue et toujours changeante ; à chaque pas, elle nous dit : &#8220;Arrête-toi !&#8221;. Si l&#8217;on s’en tient à ces définitions apportées par [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Dans le monde des routes, un beau paysage signifie : un ilôt de beauté, relié par une longue ligne à d’autres ilôts de beauté.<br />
Dans le monde des chemins, la beauté est continue et toujours changeante ; à chaque pas, elle nous dit : &#8220;Arrête-toi !&#8221;.</p>
<p>Si l&#8217;on s’en tient à ces définitions apportées par Milan Kundera dans L’Immortalité, la discographie et les albums de Dominique A sont bien des chemins, comme le confirme « Cycle », très belle chanson qui ouvre <em>Latitude</em>, son douzième album.</p>
<p>Du début jusqu’à mi-chemin<br />
De mi-chemin jusqu’à la fin.</p>
<p>Quand on aborde un album de Dominique A, on sait qu’on peut prendre son temps, qu’on va passer tellement de temps avec lui que la première impression ne sera pas définitive, même si elle reste souvent la bonne. On n’attend pas le tube imparable avec des creux entre les coups. On s’en tient à cette qualité globale qui ne semble plus s’altérer. Dominique A se laisse guider par ses envies. Après la volonté de jouer en trio et d’ajouter des cordes à ses chansons (<em>Eleor</em>), il a voulu laisser libre cours à ses tentations électroniques avant de revenir cette année encore en mode acoustique.</p>
<p>Si ses inclinations électriques restent néanmoins présentes, le traitement est assez différent de ce qu’il avait fait sur <em>La Musique</em> et n’est jamais uniforme. Il y a une pulsation et un ton plus sombre (ce n’est pas <a href="https://youtu.be/Dn7SBQ6X5HU">Suicide</a> non plus…) sur « Les Deux Côtés d’une Ombre », morceau qui arrive à rester mystérieux sans devenir opaque. Il incorpore ces éléments naturellement à son style, ne voulant pas se contenter d’emprunter des gimmicks. Cette façon de faire apporte une certaine force percutante à « La Clairière ». La voix reste très en avant, ce qui ne découragera pas les amateurs de chanson française. C’est une basse synthétique qui bourdonne sur « Corps De Ferme à l’Abandon », morceau fort parce qu’il ne surligne rien. On a cette évocation très discrète du mal qu’on avait tant aimée sur le sublime « Rue Des Marais », un naturalisme qui lui va bien et qui situe ses histoires à hauteur d’homme (« Désert d’Hiver », « La Clairière » qui semble évoquer les migrants). Plus peut-être que le ton concerné de « Se Décentrer ».</p>
<div class='rightQuote' >En sus des mots justes, il sait qu’il peut maintenant compter sur un sens mélodique poussé</div>
<p>Cette idée du mal se retrouve aussi au détour de « La Mort d’un Oiseau » qui peut renvoyer à ses albums les plus anciens et constituer un écho au « Courage des Oiseaux », son paradoxal et imparable tube. Mais la forme est plus élaborée, plus étoffée, sans que cela n’altère sa sécheresse. Anecdotique dans le fond, ce morceau est un peu glaçant par la relation précise qui y est faite et la simplicité frontale du questionnement. En sus des mots justes, il sait qu’il peut maintenant compter sur un sens mélodique poussé, qu’on retrouve sur « Aujourd’hui n’existe Plus », « Désert d’Hiver » ou le très beau « Toute Latitude » (<em>Nous avions toute latitude/Et toute la vie/Aucun engagement d’aucune sorte/Et pour seule devise ‘Peu Importe’</em>). Certes, les sons sont un peu plus synthétiques, mais la densité, voire un certain grain, sont toujours présents.</p>
<p>Il est confirmé sur <em>Ursa Minor</em>, extension de huit morceaux disponible dans l’édition limitée, que ses premières amours musicales étaient new-wave et post-punk. S’il n’a jamais embrassé complètement cette tendance dans sa discographie, ce qu’on entend occasionnellement ici (et sur <em>Eleor</em> aussi) pourrait s’en approcher. Plus dans l’esprit que dans la lettre d’ailleurs. Notons au passage qu’il est toujours resté imperméable à cette mode <em>seventies</em> qui touche beaucoup de ses compatriotes contemporains (Benjamin Biolay, Vincent Delerm, Arnaud Fleurent-Didier, Jeanne Cherhal, Barbara Carlotti, Florent Marchet et plein d’autres…).</p>
<p>Comme presque toujours chez lui, ce second volet peut être vu comme l’autre partie d&#8217;un indispensable diptyque, surtout que si le <em>spoken word</em> y est de rigueur, la <em>couleur</em> musicale est proche, avec une occasionnelle pulsation sur arpège (« L’Eau Des Cailloux »). On y retrouve entre autres des évocations musicales personnelles (« Nationale 137 ») ou des références à des artistes chers (Léonard Cohen ou Nick Drake avec un implacable « Comme quoi la grâce ne préserve pas de l’oubli »).</p>
<p>Depuis <em>L’Horizon</em>, Dominique A assure le sans-faute sans répétition. Il aurait pu emprunter une autoroute, mais trace son propre chemin en négociant à la perfection chaque virage.</p>
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		<title>My Dear Melancholy : The Weeknd comme un dandy</title>
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		<pubDate>Mon, 09 Apr 2018 12:02:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Augias]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyses et critiques]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>

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		<description><![CDATA[Un cycle de sept ans. Si Eva Bester questionnait un jour mes remèdes à la mélancolie sur France Inter à l&#8217;heure de messe, ce qui n&#8217;arrivera sans doute jamais et encourage lesdits remèdes à être solides, j&#8217;avancerais le caractère immuable et sûr des chiffres. Pas les mathématiques, encore moins la numérologie. Simplement les chiffres. Comme [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Un cycle de sept ans. Si Eva Bester questionnait un jour mes remèdes à la mélancolie sur France Inter à l&#8217;heure de messe, ce qui n&#8217;arrivera sans doute jamais et encourage lesdits remèdes à être solides, j&#8217;avancerais le caractère immuable et sûr des chiffres. Pas les mathématiques, encore moins la numérologie. Simplement les chiffres. Comme le fait que The Weeknd sorte son septième projet sept ans après son premier. Vouloir être rassuré n&#8217;est peut-être pas la meilleure stratégie quand vient sonner la voix éthérée d&#8217;un Roquentin qui se traîne, cependant je ne peux m&#8217;empêcher de penser qu&#8217;en titrant son EP <em>My Dear Melancholy,</em> le Canadien est un cousin de mon vague à l&#8217;âme.</p>
<p>Repéré par Drake, il a depuis collaboré avec tout ce que la planète compte de stars, d&#8217;Ariana Grande à Lana Del Rey, en passant par Future et Kendrick Lamar. Ainsi qu&#8217;avec les Daft Punk, qui contribuent à le mettre en orbite en 2016 avec « Starboy » et dont la moitié casquée nommée Guy-Manuel de Homem-Christo œuvre ici à la production de l&#8217;efficace et doux « Hurt You » (doux notamment car le nom du morceau est une antiphrase).</p>
<p>Mais celui qui aura véritablement stratospherisé The Weeknd, Abel Tesfaye à la ville, n&#8217;est autre qu&#8217;un gamin né à Gary, Indiana et disparu cinquante ans plus tard : Michael Jackson. Prenant les devants la où tout le monde comparait la tessiture de ses maquettes à la voix du roi de la pop qui venait de s&#8217;éteindre, le jeune Tesfaye — 21 ans à peine – reprend « Dirty Diana » et le fait d&#8217;une manière qui impose d&#8217;emblée l&#8217;évidence de son art.</p>
<div class='leftQuote' >The Weeknd enfonce le clou, avec un panache qui semble regarder sa détresse dans les yeux</div>
<p>Mais la voix n&#8217;est pas la seule facette de cet art qui lie les deux hommes aux destins si successifs. Dans <em>House of Balloons</em> / <em>Thursday</em> / <em>Echoes of Silence</em>, sa triple mixtape inaugurale — fait sinon rare du moins osé, si l&#8217;on pense à la quantité de qualité gratuite que cela représentait durant le premier mandat d&#8217;Obama — figurait « Next », où The Weeknd semblait actualiser la plainte sophistiquée et universelle à la fois de « Billie Jean ». &#8220;She&#8217;s just a girl who claims that I am the one&#8221; / &#8220;You just want me &#8217;cause I&#8217;m next&#8221;. Chez les deux artistes, le même ingrédient secret échappe au pontifiant triangle &#8220;bourreau-victime-sauveur&#8221; des chantres du développement personnel.</p>
<p>En renouant avec cette tristesse patente empreinte de force, celle de sa première manière, The Weeknd montre des qualités prospectives qui forcent l&#8217;admiration. Comme si quelqu&#8217;un prenait les rênes de sa carrière en proposant ce qu&#8217;il a déjà fait et que le public ne veut plus entendre. Il s&#8217;en acquitte bien évidemment avec plus de moyens, avec des signatures — Nicolas Jaar, Skrillex — mais enfin il enfonce le clou, avec un panache qui semble regarder sa détresse dans les yeux. Abel Tesfaye, tout juste réformé du <a href="https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Club_des_27">Club des 27</a>, semble ne vouloir jamais passer par une vulgaire crise de la trentaine, quarantaine ou quoi que ce soit. Le diable bleu est dans les chiffres.</p>
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		<title>Vacarme : triple bande</title>
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		<pubDate>Mon, 05 Mar 2018 06:30:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Arbobo]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyses et critiques]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Carla Pallone]]></category>
		<category><![CDATA[Christelle Lassort]]></category>
		<category><![CDATA[Gaspar Claus]]></category>
		<category><![CDATA[musique contemporaine]]></category>
		<category><![CDATA[néo-classique]]></category>
		<category><![CDATA[Vacarme]]></category>

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		<description><![CDATA[« Three is the magic number » Vacarme est un trio. Un power trio à cordes, qui s&#8217;amuse avec les codes musicaux tout en prenant la chose très au sérieux. La religion la plus obsédée par le concept théologique le plus brumeux de toute l&#8217;histoire, la trinité, est aussi celle qui a un problème avec le chiffre [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h2>« Three is the magic number »</h2>
<p>Vacarme est un trio. Un <em>power trio</em> à cordes, qui s&#8217;amuse avec les codes musicaux tout en prenant la chose très au sérieux. La religion la plus obsédée par le concept théologique le plus brumeux de toute l&#8217;histoire, la trinité, est aussi celle qui a un problème avec le chiffre trois en musique. Curieuse religion que le christianisme, qui au <em>moyen-âge</em> où se développaient les arts libéraux crut bon de bannir l&#8217;un des accords les plus seyants à l&#8217;oreille, la tierce. L&#8217;accord en tierce, « triton », était réputé trop sensuel à l&#8217;époque, et l&#8217;église officielle le désigna comme un accord <em>du diable</em>, comme tout ce qui pouvait éventuellement se passer en-dessous de la ceinture.</p>
<div class='rightQuote' >une musique à jouer dans une crypte</div>
<p>L&#8217;histoire de Vacarme n&#8217;est pas étrangère à ces trivia tirées de livres d&#8217;histoire. C&#8217;est dans la crypte de l&#8217;église de Ménilmontant, à Paris, qu&#8217;on a eu le privilège de les entendre en live. Ce concert-là était, pour dire vite, une version concert de l&#8217;album sans titre publié par Vacarme début février. Un concert achevé dans un geste d&#8217;une pure tendresse, la fusion généreuse de trois êtres qui se rapprochent jusqu&#8217;à ne plus former qu&#8217;un seul corps, au point que leur mouvements empêchés mettent fin au concert.</p>
<h1>Three is the magic number, yes it is</h1>
<p>Vacarme, ce sont trois jeunes musiciens aux pedigrees déjà trop longs pour être récités ici. Gaspar Claus, Carla Pallone, Christelle Lassort, ont été entendu.es sur des disques et dans des formations qui, pour l&#8217;essentiel, peuvent être rattachés à l&#8217;univers rock, par opposition à la musique classique ou le jazz. C&#8217;est amusant comme les étiquettes sont trompeuses. Vacarme, c&#8217;est aussi un bon exemple de ce qu&#8217;on appelle un « projet » (plus souvent par prétention qu&#8217;autre chose, mais pas ici). On les a vus réaliser une performance de 10 heures lors d&#8217;une « Nuit Blanche ». On a les a aussi entendus à l&#8217;Olympia, dont un extrait à vous dresser les poils a été filmé.</p>
<div class="rve" data-content-width=""><iframe width="500" height="281" src="https://www.youtube.com/embed/y7ekkMz5QqE?feature=oembed" frameborder="0" allow="autoplay; encrypted-media" allowfullscreen></iframe></div>
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<p>Vacarme, c&#8217;est d&#8217;abord ces trois artistes. Trois instruments à cordes, un violoncelle et deux violons. Vacarme, cela fonctionne pourtant plus comme un trio de jazz, capable de s&#8217;investir pendant des années dans des concerts en dédaignant les enregistrements. À la recherche du son qui convient le mieux à l&#8217;acoustique du lieu. À la recherche d&#8217;une communion à trois et avec le public. Le morceau final du concert à Ménilmontant est d&#8217;ailleurs, de leur propre bouche, une « incantation ». Le trio, c&#8217;est une forme reine de la musique classique instrumentale, et du jazz. En rock, le précurseur du <em>power trio</em>, Jimi Hendrix, mit plus de temps à être imité à large échelle.</p>
<h2>Les trois points cardinaux</h2>
<p>Est-ce le hasard ou le fruit inconscient de leur travail? <a href="https://lesdisquesdufestivalpermanent.bandcamp.com/album/vac-rme"><strong>L&#8217;album de Vacarme</strong></a> (et le concert) évoque bel et bien trois dimensions différentes. Ce n&#8217;est pas un chiffre atypique, mais cela tombe drôlement bien.</p>
<p>D&#8217;abord, oubliez la brutalité des extraits de l&#8217;Olympia. C&#8217;était bandant, ébouriffant, un vent de face force 10, mais ce n&#8217;est pas de ce métal là que vibre l&#8217;album. Jamais il n&#8217;atteint ce déchaînement effréné. De ce point de vue, l&#8217;album est moins <em>rock</em> que ce que Vacarme a pu montrer par le passé. Claus, Pallone et Lassort sont de jeunes musiciens de leur époque, c&#8217;est-à-dire élevés au-dessus ou au-delà des barrières entre styles musicaux. Sans ces œillères-là, les trois archers provoquent l&#8217;introspection et l&#8217;élévation. Tantôt tendus, parfois perdus sur des plages solitaires, ils nous font fermer les yeux et nous guident par leurs vibrations.</p>
<p><iframe style="border: 0; width: 100%; height: 42px;" src="https://bandcamp.com/EmbeddedPlayer/album=700156345/size=small/bgcol=ffffff/linkcol=0687f5/track=4259044542/transparent=true/" width="300" height="150" seamless=""><a href="http://lesdisquesdufestivalpermanent.bandcamp.com/album/vac-rme">VACΛRME by VACΛRME</a></iframe></p>
<div class='rightQuote' >Un &#8220;art des bruits&#8221; poussé à son comble</div>
<p>Le premier de leurs registres, c&#8217;est cette vibration. On est dans le son, à l&#8217;état pur. Voilà ce bourdonnement que, depuis des zozos comme La Monte Young, on a identifié comme <em>drone</em>, jusqu&#8217;à donner cette étiquette à un genre à part entière, de notes tenues et vibrantes, qui accaparent le corps avant l&#8217;esprit. Russolo aurait pu intégrer le frottement à blanc de ces cordes dans une nouvelle édition de son « art des bruits ». Le disque s&#8217;achève ainsi comme un atterrissage, comme un moteur qui ralentit avant de se poser et dont le vrombissement perd progressivement des octaves.</p>
<p>Le deuxième registre, c&#8217;est la répétition, les ébauches de riffs qui tournent, obsessionnelles, s&#8217;enchevêtrent. Là, on pense à la période phare de la musique répétitive qui forgea la réputation de Riley et de Reich. La dimension rythmique prime. La circularité est à l&#8217;honneur. Et dans la crypte parisienne, l&#8217;arrondi de la voute en pierre s&#8217;accorde à merveille à l&#8217;effet Doppler créé par les vagues d&#8217;ondes.</p>
<p>Le troisième registre est plus mélodique, mais évoque des univers fort étrangers. Les classiqueux pourront faire des liens avec le Schoënberg de <em>La nuit transfigurée</em>, ou avec Stravinski. Les rockeux retrouveront les montées chromatiques et les constructions dramatiques typiques du post-rock. Ou encore&#8230; les musiques de films, notamment celles de Matthieu Chabrol.</p>
<p>Avec complicité, avec générosité, Vacarme passe de l&#8217;un à l&#8217;autre de ces registres. Leur défi le plus déroutant étant d&#8217;avoir rendu humain et touchant un univers souvent abstrait et à la limite de la froideur. Et nous voilà éparpillés aux trois coins de l&#8217;univers.</p>
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		<title>Boulevard du stream de Sophian Fanen : la vitesse du son</title>
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		<pubDate>Mon, 26 Feb 2018 06:30:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Augias]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyses et critiques]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>

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		<description><![CDATA[Une fois n&#8217;est pas coutume, cet article fera un usage assez généreux de la première personne du singulier. Car certes Je est un autre, mais il est assez largement désormais un consommateur – de biens culturels entre autres. Il est ici question de musique en termes d&#8217;usage et de modes de consommation. On laisse donc [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-weight: 400;">Une fois n&#8217;est pas coutume, cet article fera un usage assez généreux de la première personne du singulier. Car certes </span><i><span style="font-weight: 400;">Je est un autre</span></i><span style="font-weight: 400;">, mais il est assez largement désormais un consommateur – de biens culturels entre autres. Il est ici question de musique en termes d&#8217;usage et de modes de consommation. On laisse donc de côté l&#8217;art pour s&#8217;intéresser à l&#8217;industrie, les deux n&#8217;étant jamais très éloignés – Sophian Fanen, journaliste qui s&#8217;est toujours beaucoup intéressé à l&#8217;un comme à l&#8217;autre, cite très judicieusement l&#8217;un des fils de Jean-Sébastien Bach pour qui l&#8217;écoute est un « vol toléré ». En mettant en perspective le marché de la musique et son histoire, je m&#8217;aperçois qu&#8217;il n&#8217;y a pas meilleure manière de sonder la valeur que représente l&#8217;art à mes yeux.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En matière d&#8217;industrie musicale, j&#8217;ai toujours été fasciné par l&#8217;aura que les outils conféraient aux auditeurs. Cela se faisait, sans conteste, à travers et au-delà des œuvres elles-mêmes. Depuis le microsillon sur lequel courait un saphir devenu diamant, ô combien précieux, que les enfants que nous étions n&#8217;avaient jamais le droit de manipuler, jusqu&#8217;au lecteur CD et le son hypnotique du tiroir s&#8217;ouvrant et se refermant à volonté, en passant par le Walkman Sony Sport jaune criard – un objet parfait, dans le sens houellebecquien du terme –, tout est empreint d&#8217;une magie savamment orchestrée et qui culmine sans nul doute, comme nous le fait remarquer Sophian Fanen, dans les slogans repris à l&#8217;identique en 1948 puis en 1983 (sic) par les consortiums RCA/Columbia puis Philips/Sony : « Oubliez tout ce que vous avez entendu ». À l&#8217;heure de Spotify, l&#8217;enjeu n&#8217;est-il pas devenu désormais « Oubliez tout ce que vous allez entendre » ?</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Sophian Fanen, outre sa précision d&#8217;horloger et sa force de travail – dont témoignent près d&#8217;une centaine d&#8217;entretiens menés et une bibliographie archi-pointue incluant la lecture on ne peut plus fastidieuse de rapports parlementaires et autres documents d&#8217;entrée en bourse –, a incontestablement le sens du titre. Car tout est dit en haut de sa première de couverture : </span><i><span style="font-weight: 400;">Boulevard du stream. Du mp3 à Deezer, la musique libérée</span></i><span style="font-weight: 400;">. Le jeu de mots entre le Boulevard du crime et le streaming est porteur de sens à plusieurs titres. Le boulevard en question est celui du Temple, à Paris, qui était connu jadis pour ses théâtres jouant des pièces aux intrigues policières. Et la voie qui a mené l&#8217;industrie musicale au streaming ressemble à s&#8217;y méprendre à un polar avec cette menace permanente de braquage par Napster et consorts, ce chantage au sentiment souvent relayé par les artistes eux-mêmes, ces accusés à tort – les internautes – et ces coups pendables par centaines, au premier chef desquels l&#8217;extravagant montage fiscal grâce auquel Apple a ni plus ni moins créé un monopole de fait, celui d&#8217;iTunes. Toute libération, on le voit, est conditionnelle.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;"><div class='leftQuote' ></span><span style="font-weight: 400;"> La voie qui a mené l&#8217;industrie musicale au streaming ressemble à s&#8217;y méprendre à un polar</span><span style="font-weight: 400;"></div></span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">J&#8217;ai rarement été autant tenu en haleine par un essai si technique – </span><a href="https://www.playlistsociety.fr/2016/12/hits-enquete-sur-la-fabrique-des-tubes-planetaires-de-john-seabrook-la-recette-du-succes/125804/"><span style="font-weight: 400;">celui de John Seabrook</span></a><span style="font-weight: 400;">, dans un domaine proche, laissait pour sa part davantage de place au processus de création artistique. Mais peut-être est-ce dû à la dramaturgie propre aux industries culturelles. Car, comme chez le journaliste du New Yorker, on est chez Sophian Fanen happé par une </span><i><span style="font-weight: 400;">Série noire</span></i><span style="font-weight: 400;"> où les enquêteurs sont autant d&#8217;individus lambdas brillamment mis en valeur par des contrepoints titrés </span><i><span style="font-weight: 400;">Tous pirates</span></i><span style="font-weight: 400;"> et où la profession campe le rôle du méchant cynique et séducteur, « fondamentalement capitaliste et rarement capable d&#8217;anticipation », poussiéreux à souhait derrière son image cool et dans le vent. On pense soudain à ce vieux numéro d&#8217;</span><i><span style="font-weight: 400;">Apostrophes</span></i><span style="font-weight: 400;"> repêché par l&#8217;INA, où feu le producteur de cinéma iconoclaste Daniel Toscan du Plantier lance face à un Jean d&#8217;Ormesson médusé « la télévision à aidé le cinéma à être meilleur, comme la radio avait aidé la presse à se dépasser pour séduire ses lecteurs ».</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Pour Sophian Fanen, « le rock fut une contre-culture générationnelle dans les années 1950, le disco et le punk dans les années 1970, le hip-hop, la house et la techno dans les années 1980 et 1990… Le téléchargement fut celle des années 2000, avec ses codes et son langage que ne comprenait pas la génération précédente. » Une contre-culture méta, en quelque sorte. Ainsi, depuis les cassettes vierges que je remplissais religieusement de soupe FM jusqu&#8217;à la découverte hébétée de la fonction instantanée « Shazam vers Deezer » qui en est la version moderne ou magique (selon son degré de fascination souhaité), mes vingt dernières années auront consisté à tenter de me défaire peu à peu du joug éhonté du CD roi et des paris – souvent perdus dans un petit drame personnel – consistant à acheter plus de 100F/20€ un disque sur la seule base ou presque de sa pochette.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;"><div class='rightQuote' >Un style empathique mais sans concession qui trouve toujours le ton juste</div></span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le talent n&#8217;est pas mince qui fait appréhender des enjeux complexes avec des phrases simples. Mais il importe de préciser que Sophian Fanen, ayant quitté </span><i><span style="font-weight: 400;">Libération</span></i><span style="font-weight: 400;"> pour le pure player </span><i><span style="font-weight: 400;">Les Jours</span></i><span style="font-weight: 400;">, est aux avant-postes d&#8217;une mutation qu&#8217;il a su rendre comme personne auparavant. Son style empathique mais sans concession trouve toujours le ton juste, gage de sortie pour nous du labyrinthe juridico-managérial dans lequel baigne en permanence ce que nous écoutons et que nous voulons – sans doute légitimement – abstraire d&#8217;un tel magma. Grâce à cet ouvrage nécessaire et sous vos yeux magnanimes, je peux oser le slogan : « Entendez tout ce que vous aviez oublié ».</span></p>
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		<title>PS&#8217;Playlist janvier 2018</title>
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		<pubDate>Fri, 02 Feb 2018 08:41:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Thomas Messias]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[PS'Playlist]]></category>

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		<description><![CDATA[01. Charli XCX – « Delicious » (Guillaume Augias) Extrait de Pop 2 – 2017 – Émoji élégie On renonce avec délice à appréhender par le menu les néo-styles de musique électronique qu&#8217;aborde Charli XCX avec toute la densité de sa jeunesse, après un After The Afterparty qui nous avait déjà laissé un souvenir marquant. Son nom de scène vient de [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><center><iframe src="https://open.spotify.com/embed/user/playlistsociety/playlist/0AFVPScZNkyjKmtxpHwXj2" width="300" height="380" frameborder="0"></iframe></center></p>
<p><strong><img class="alignright wp-image-28596 size-large" src="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/01/t385411838-s4000-1512610284-640x640-150x150.jpg" alt="t385411838_s4000-1512610284-640x640" width="150" height="150" srcset="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/01/t385411838-s4000-1512610284-640x640-150x150.jpg 150w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/01/t385411838-s4000-1512610284-640x640-300x300.jpg 300w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/01/t385411838-s4000-1512610284-640x640-80x80.jpg 80w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/01/t385411838-s4000-1512610284-640x640.jpg 640w" sizes="(max-width: 150px) 100vw, 150px" />01. Charli XCX – « Delicious » (Guillaume Augias)</strong><br />
<em>Extrait de </em>Pop 2<em> – 2017 – Émoji élégie</em><br />
On renonce avec délice à appréhender par le menu les néo-styles de musique électronique qu&#8217;aborde Charli XCX avec toute la densité de sa jeunesse, après un <i>After The Afterparty</i> qui nous avait déjà laissé un souvenir marquant. Son nom de scène vient de ses années passées sur MSN où tel était son pseudo, et on sent dans sa façon d&#8217;aligner rimes et nappes que l&#8217;archéologie s&#8217;applique à l&#8217;humanité, à la vie humaine, mais aussi à la journée d&#8217;une virevoltante anglaise où à sa chanson, comme celle qui ici choisit pour finir des chœurs élégiaques tout droit sortis d&#8217;un paradis à la Fauré.</p>
<p><strong><strong><a href="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/01/Neil-Frances.png"><img class="alignright size-large wp-image-28603" src="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/01/Neil-Frances-150x150.png" alt="Neil Frances" width="150" height="150" srcset="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/01/Neil-Frances-150x150.png 150w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/01/Neil-Frances-300x300.png 300w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/01/Neil-Frances-80x80.png 80w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/01/Neil-Frances.png 600w" sizes="(max-width: 150px) 100vw, 150px" /></a></strong>02. Neil Frances – « Show Me The Right » (Jean-Sébastien Zanchi)</strong><br />
<em>Extrait de </em>Show Me The Right<em> – 2017 – Disco/funk/pop</em><br />
De Neil Frances on trouve bien peu d&#8217;informations. Auteur de quatre singles — dont une reprise de <em>Music Sounds Better With You</em> de Stardust — celui qui semble être américain assure en ce moment même la première partie de Passion Pit en Californie. Avec 61 followers sur Twitter et 334 sur Instagram, autant dire que l&#8217;artiste est plus que confidentiel. Un secret pour l&#8217;instant encore bien gardé, avec ce titre ensoleillé en plein coeur de l&#8217;hiver.</p>
<p><strong><img class="alignright size-large wp-image-28607" src="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/01/shame-150x150.jpg" alt="shame" width="150" height="150" srcset="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/01/shame-150x150.jpg 150w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/01/shame-300x300.jpg 300w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/01/shame-80x80.jpg 80w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/01/shame.jpg 1200w" sizes="(max-width: 150px) 100vw, 150px" />03. Shame – « Tasteless » (Anthony)</strong><br />
<em>Extrait de </em>Songs of Praise<em> – 2018 – Post punk post adolescent</em><br />
Selon la formule consacrée, Shame serait donc &#8220;la nouvelle sensation britannique&#8221;, dans la catégorie des jeunes cons brillants, énervés et arrogants, doués d&#8217;un capacité à pondre quelques hymnes punk-rock bien sentis. Comme purent l&#8217;être à leur époque Arctic Monkeys. L&#8217;album séduit par son homogénéité, savant équilibre entre les aboiements et éructations de Charlie Steen, capable toutefois de doser calme et tempête, et les riffs incendiaires de ses compères. Rien de très nouveau sous le soleil certes, mais tous les basiques du post-punk sont respectés au-delà des espérances, dans cette ère musicale actuelle qui semble ne pas trouver de nouveaux filons à explorer.</p>
<p><a href="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/01/RyanAdams1989cover.jpg"><img class="alignright wp-image-28617 size-full" src="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/01/RyanAdams1989cover.jpg" alt="RyanAdams1989cover" width="150" height="150" srcset="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/01/RyanAdams1989cover.jpg 150w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/01/RyanAdams1989cover-80x80.jpg 80w" sizes="(max-width: 150px) 100vw, 150px" /></a><strong>04. Ryan Adams – « Shake It Off » (Isabelle Chelley)</strong><br />
<em>Extrait de </em>1989<em> – 2015 – cover inattendue</em><br />
Il y a quelques années, la reprise de “Toxic” ou d’autres chansons de Britney Spears était un sport très prisé chez les groupes de rock pour finir un concert sur une note originale. Parfois, on découvrait – au bout de deux minutes, quand on avait reconnu le morceau – que sous leur production clinquante, certaines grosses scies commerciales étaient en fait des pépites pop. Et quand Ryan Adams reprend à sa sauce tout l’album de Taylor Swift, on se dit la même chose. Ce <em>Shake It Off</em> entendu <em>ad nauseam</em> devient, entre ses mains, un morceau de Springsteen, qu’il interprète avec plus de finesse que le Boss. Bluffant, comme le reste du disque, d’ailleurs.</p>
<p><strong><a href="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/01/unknown-mortal-orchestra-american-guilt-1516721909-640x640.jpg"><img class="alignright size-large wp-image-28631" src="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/01/unknown-mortal-orchestra-american-guilt-1516721909-640x640-150x150.jpg" alt="unknown-mortal-orchestra-american-guilt-1516721909-640x640" width="150" height="150" srcset="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/01/unknown-mortal-orchestra-american-guilt-1516721909-640x640-150x150.jpg 150w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/01/unknown-mortal-orchestra-american-guilt-1516721909-640x640-300x300.jpg 300w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/01/unknown-mortal-orchestra-american-guilt-1516721909-640x640-80x80.jpg 80w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/01/unknown-mortal-orchestra-american-guilt-1516721909-640x640.jpg 640w" sizes="(max-width: 150px) 100vw, 150px" /></a>05. Unknown Mortal Orchestra &#8211; « American Guilt » (Christophe Gauthier)</strong><br />
<em>Extrait de </em>Sex &amp; Food<em> &#8211; 2018 &#8211; Rock louuuuuurd</em><br />
Ce 23 janvier, j&#8217;ai changé d&#8217;avis sur Unknown Mortal Orchestra. Je gardais le souvenir de m&#8217;être emmerdé comme un rat mort durant leur concert à Villette Sonique en 2013 et de ne pas avoir particulièrement apprécié leurs albums. Et tout à coup, ce mardi, un déluge de riffs dans ma radio sur fond de basse fuzz et de batterie lourde, en mode Blue Cheer/Bubble Puppy, que je shazame comme un fou sans obtenir de résultat. Normal, c&#8217;est sorti le jour même, et je ne remercierai jamais assez l&#8217;animateur d&#8217;avoir annoncé le titre et le nom du groupe dans la foulée. Depuis, je suis à peu près certain que le prochain LP d&#8217;UMO, pas encore annoncé mais dont le nom a déjà fuité dans la presse musicale américaine, sera un gros morceau de 2018. En tout cas ça faisait longtemps que je n&#8217;avais pas attendu un nouveau disque avec autant de fébrilité.</p>
<p><img class="alignright wp-image-28640 size-large" src="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/01/message-150x150.jpg" alt="message" width="150" height="150" srcset="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/01/message-150x150.jpg 150w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/01/message-300x300.jpg 300w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/01/message-80x80.jpg 80w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/01/message.jpg 1000w" sizes="(max-width: 150px) 100vw, 150px" /><strong>06. Grandmaster Flash &amp; the Furious Five &#8211; « The Message » (Erwan)</strong><br />
<em>Extrait de </em>The message<em> &#8211; 1982 &#8211; Hip-hop historique</em><br />
Grandmaster Flash est à l&#8217;honneur de deux bonnes séries sur Netflix (la fiction <em>The Get Down</em> et le documentaire <em>Hip-hop evolution</em>), il sera en concert en mars à Bordeaux : l&#8217;occasion de se faire plaisir avec le morceau le plus connu &#8211; et toujours tranchant &#8211; de l&#8217;une des trois pointes de la &#8220;Sainte Trinité&#8221; du hip-hop (avec Kool Herc et Afrika Bambaataa).</p>
<p><strong><img class="alignright size-full wp-image-28637" src="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/01/I-Am-Stramgram-150.jpg" alt="I Am Stramgram - 150" width="150" height="150" srcset="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/01/I-Am-Stramgram-150.jpg 150w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/01/I-Am-Stramgram-150-80x80.jpg 80w" sizes="(max-width: 150px) 100vw, 150px" />07. I Am Stramgram &#8211; « Underwater Tank » (Marc Mineur)</strong><br />
<em>Extrait de </em>Tentacles<em> &#8211; 2018 &#8211; Folk savant</em><br />
Il vaut sans mieux être seul que mal accompagné. On ne sait pas si le Bordelais Vincent Jouffroy s&#8217;est basé sur ce pesant cliché pour se lancer seul dans l&#8217;aventure I Am Stramgram. Ce qu&#8217;on peut dire à l&#8217;écoute du premier coup de coeur de 2018, c&#8217;est qu&#8217;il n&#8217;a besoin de personne pour trousser un album varié dont les références pourraient aller de Beck à Sufjan Stevens. De la belle ouvrage qui n&#8217;hésite pas à sortir la pédale de distorsion pour intensifier cet Underwater Tank sans se départir d&#8217;une belle cohérence. Il n&#8217;hésite même pas à pratiquer le français, c&#8217;est dire.</p>
<p><strong><a href="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/01/Fall.jpeg"><img class="alignright size-large wp-image-28644" src="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/01/Fall-150x150.jpeg" alt="Fall" width="150" height="150" srcset="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/01/Fall-150x150.jpeg 150w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/01/Fall-80x80.jpeg 80w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/01/Fall.jpeg 225w" sizes="(max-width: 150px) 100vw, 150px" /></a>08. The Fall – « Repetition » (Thierry Chatain)</strong><br />
<em>Extrait de </em>Live At The Witch Trials<em> (bonus) – 1978 – Manifeste d’une vie</em><br />
On n’est pas tous égaux devant la mort. Beaucoup de disparitions m’arrachent au mieux un haussement de sourcil, celle de Mark E. Smith (MES) m’a fait un sacré pincement au cœur. Car elles ne sont pas si nombreuses, les voix vraiment singulières, les personnalités irréductibles… Celle de MES, contradictoire, grande gueule, prolo cultivé, irrascible et généreux, était si forte, ses formules si drôles – <em>« Si c’est ta grand-mère aux bongos et moi, ça reste The Fall », « Notre nom ? J’aime Albert Camus. C’était un super gardien de but »</em> – qu’elles en ont fait de l’ombre à sa musique. Toujours identique, toujours différente. Un concentré déconstruit de kraut rock, soul, country, psyché, etc. passé à la lessiveuse post-punk, avec force dissonnances et répétitions, sur lequel MES interpellait, éructait, ricanait, s&#8217;emportait, mais (presque) jamais ne chantait au sens strict du terme. Un son unique, et immédiatement formé dès les débuts du groupe, comme le montre <em>Repetition</em>, extrait du tout premier EP de The Fall. Un vrai manifeste dans lequel MES énonce les trois R (répétition, répétition et répétition) qui seront le moteur de sa musique, tout en se moquant des 3 R classiques de l’éducation anglaise (reading, writing, ‘rithmetics), et se révèle déjà sarcastique avec ses pairs (<em>« Blank generation/Same old blank generation »</em>, allusion à Richard Hell). C&#8217;est peu dire que l&#8217;époque sera plus terne sans sa présence et sa lucidité de statue du commandeur à l&#8217;haleine chargée.</p>
<p><a href="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/01/a0371408966-10.jpg"><img class="alignright size-large wp-image-28658" src="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/01/a0371408966-10-150x150.jpg" alt="a0371408966_10" width="150" height="150" srcset="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/01/a0371408966-10-150x150.jpg 150w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/01/a0371408966-10-300x300.jpg 300w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/01/a0371408966-10-80x80.jpg 80w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/01/a0371408966-10.jpg 1200w" sizes="(max-width: 150px) 100vw, 150px" /></a><strong>09. Shopping – « Wild Child » (Benjamin Fogel)</strong><br />
<em>Extrait de </em>The Official Body<em> – 2018 – Post Punk</em><br />
Originaire de Glasgow, le trio Shopping s’impose peu à peu comme une alternative contemporaine crédible à Gang of Four. On retrouve tous les éléments qui ont fait la gloire du post-punk pour un résultat aux mélodies acérés et aux rythmiques dansantes. L’ensemble dégage un sentiment d’urgence, mais sans se sentir concerné par le présent, comme s’il s’agissait de vivre à fond le passé ; soit une musique parfaite pour attaquer l’année sans perdre ses repères. Ça ne nous consolera pas du décès de Mark E. Smith, mais ça nous changera les idées.</p>
<p><strong><img class="alignright size-large wp-image-28662" src="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/01/seafaring-strangers-150x150.jpg" alt="seafaring-strangers" width="150" height="150" srcset="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/01/seafaring-strangers-150x150.jpg 150w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/01/seafaring-strangers-300x300.jpg 300w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/01/seafaring-strangers-80x80.jpg 80w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/01/seafaring-strangers.jpg 700w" sizes="(max-width: 150px) 100vw, 150px" />10. Chuck Senrick – « Don&#8217;t be so nice » (Arbobo)</strong><br />
<em>Extrait de </em>Seafaring Strangers: Private Yacht<em> – 2017 – Pépites cool<br />
</em>Trop gentil, ce n&#8217;est pas spécialement une qualité, on le sait depuis <em>Le père noël est une ordure</em> (<em>« Je n&#8217;aime pas dire du mal des gens, mais effectivement elle est gentille »</em>). Il n&#8217;empêche, parmi les incroyables compilations du label Numero Group, celle-ci est un long moment cool qui vous donnerait presque envie de basculer dans le monde des gentils. Ce soft-rock à la Donald Fagen commence tranquille et vous laisse languide en moins de trois minutes. Comme une plongée dans les années 70 des ektachromes jaunis et des photos de papi-mamie en maillot de bain accoudés à leur van Volkswagen. Dis mamie, tu crois qu&#8217;on était plus gentils à ton époque ?</p>
<p><img src="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/01/Kid-EP1-150x150.jpg" alt="Kid-EP" width="150" height="150" class="alignright size-large wp-image-28667" srcset="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/01/Kid-EP1-150x150.jpg 150w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/01/Kid-EP1-300x300.jpg 300w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/01/Kid-EP1-80x80.jpg 80w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/01/Kid-EP1.jpg 340w" sizes="(max-width: 150px) 100vw, 150px" /><strong>11. Eddy de Pretto – « Kid » (Thomas Messias)</strong><br />
<em>Extrait du EP </em>Kid<em> – 2017 – Virilité abusive</em><br />
Je ne sais pas exactement d&#8217;où sort Eddy de Pretto (enfin si, de Nantes), mais sa façon de déconstruire la &#8220;virilité abusive&#8221; m&#8217;a immédiatement bouleversé. La modestie clairvoyante avec laquelle il s&#8217;empare des injonctions liées à la masculinité pour mieux en démontrer l&#8217;aberration est absolument bluffante. Physique atypique, voix inhabituelle : De Pretto ne ressemble à aucun autre, et c&#8217;est d&#8217;autant plus une bonne nouvelle que cela colle parfaitement aux convictions qu&#8217;il affiche dans le morceau. Hâte de découvrir son album le 2 mars.</p>
<p><strong><img class="alignright size-large wp-image-28615" src="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/01/Capture-d---e--cran-2018-01-22-a---11.58.03-150x151.png" alt="Capture d’écran 2018-01-22 à 11.58.03" width="150" height="151" srcset="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/01/Capture-d---e--cran-2018-01-22-a---11.58.03-150x151.png 150w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/01/Capture-d---e--cran-2018-01-22-a---11.58.03-300x302.png 300w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/01/Capture-d---e--cran-2018-01-22-a---11.58.03-80x80.png 80w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/01/Capture-d---e--cran-2018-01-22-a---11.58.03.png 338w" sizes="(max-width: 150px) 100vw, 150px" />12. Mount Eerie – « Distortion » (Nathan)</strong><br />
<em>Extrait de </em>Now Only<em> – 2018 – Deuil</em><br />
Le 17 septembre dernier, Phil Elverum était sur scène à Montréal, la ville qui a vu grandir la regrettée Geneviève Castrée. Dans cette petite église aux bancs inconfortables, Phil, pour la première fois de retour au Québec depuis la mort de son épouse, dodelinant de gauche à droite sur ces quelques petits accords, a commencé à chanter <em>Distortion. </em>C&#8217;est la première fois que Phil raconte des histoires de manière aussi directe. Je me souviens le voir regarder le plafond dès qu&#8217;il ne chantait pas pour éviter d&#8217;être confronté aux regards. Il chante quelque chose d&#8217;indicible, d&#8217;impossiblement intime. Je me souviens écouter cette histoire se défaire devant moi, me demandant si ce n&#8217;était pas un peu voyeur. Doit-on applaudir? Je me souviens de l&#8217;empathie profonde ressentie pour lui. Et surtout, je me souviens de Phil, ému mais ne montrant rien, dire qu&#8217;il ne rejouera probablement plus jamais à Montréal, parce que c&#8217;est tout simplement trop difficile.<br />
L&#8217;oeuvre de Mount Eerie devient doucement une des créations les plus intéressantes et émouvantes sur le deuil et la perte.</p>
<p><iframe src="https://w.soundcloud.com/player/?url=https%3A//api.soundcloud.com/tracks/381198620&amp;color=%23ff5500&amp;auto_play=false&amp;hide_related=false&amp;show_comments=true&amp;show_user=true&amp;show_reposts=false&amp;show_teaser=true&amp;visual=true" width="100%" height="300" frameborder="no" scrolling="no"></iframe></p>
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		<title>PS&#8217;Playlist décembre 2017 (Isabelle, Nathan, Alexandre, Benjamin)</title>
		<link>https://www.playlistsociety.fr/2017/12/psplaylist-decembre-2017-isabelle-nathan-alexandre-benjamin/128471/</link>
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		<pubDate>Fri, 22 Dec 2017 06:17:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Collectif]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[PS'Playlist]]></category>

		<guid isPermaLink="false">https://www.playlistsociety.fr/?p=28471</guid>
		<description><![CDATA[ISABELLE CHELLEY Depeche Mode &#8211; « Never Let Me Down Again » Extrait de Music For The Masses &#8211; 1987 &#8211; Rock beau à  pleurer Primal Scream &#8211; « Movin’On Up » Extrait de Screamadelica &#8211; 1991 &#8211; Rock sous acide Baxter Dury &#8211; « Miami » Extrait de Prince Of Tears &#8211; 2017 &#8211; Ballade électro  En 2017, traînée quasiment [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em><a href="http://www.playlistsociety.fr/author/isa-chelley/" target="_blank">ISABELLE CHELLEY</a></em></strong></p>
<p><strong>Depeche Mode &#8211; « Never Let Me Down Again »</strong><br />
<em>Extrait de </em>Music For The Masses<em> &#8211; 1987 &#8211; Rock beau à  pleurer</em><br />
<strong>Primal Scream &#8211; « Movin’On Up »</strong><br />
<em>Extrait de </em>Screamadelica<em> &#8211; 1991 &#8211; Rock sous acide</em><br />
<strong>Baxter Dury &#8211; « Miami »</strong><br />
<em>Extrait de </em>Prince Of Tears<em> &#8211; 2017 &#8211; Ballade électro </em></p>
<table>
<tbody>
<tr>
<td><img src="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2017/12/1200x630bb-e1513905890552.jpg" alt="1" height="210" /></td>
<td><img src="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2017/12/Screamadelica-album-cover-1-e1513905882690.jpg" alt="2" height="210" /></td>
<td><img src="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2017/12/arton29567-1-e1513934056469.jpg" alt="3" height="210" /></td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p>En 2017, traînée quasiment de force au Stade de France par une amie qui me voulait du bien, j’ai enfin vu Depeche Mode sur scène. Mon moi de 14 ans fascinée par le maquillage de Martin Gore était ravie. D’autant que mon moi actuel lui a payé des bières et s’est lâchée comme peu souvent. La reprise de <em>Heroes</em> était une merveille, élégante, fidèle à l’originale, chantée par un Dave Gahan qui offrait ce cadeau à son lui de 14 ans… Mais c’est <em>Never Let Me Down Again</em> qui m’a mis les larmes aux yeux, évidemment.</p>
<div class="rve" data-content-width=""><iframe width="500" height="375" src="https://www.youtube.com/embed/snILjFUkk_A?feature=oembed" frameborder="0" gesture="media" allow="encrypted-media" allowfullscreen></iframe></div>
<p><!-- Responsive Video Embeds plugin by www.kevinleary.net --></p>
<p>En 2017, j’ai décidé d’assumer plein de choses. Les cheveux courts avec du gris dedans. Mon amour pour les chihuahuas. Et surtout, le fait de me laisser aller parfois, en me foutant du regard des autres. Pas facile pour une control freak, mais en festival cet été, avec quelques bières dans le système, j’ai abandonné la compagnie pour aller danser seule devant Primal Scream. En plus, agiter les bras en l’air était idéal pour chasser les moustiques qui me prenaient pour un open bar. On m’expliquera comment il est humainement possible de résister à <em>Movin’On Up</em> et sa mélodie stonienne. Je n’ai toujours pas réussi.</p>
<div class="rve" data-content-width=""><iframe width="500" height="281" src="https://www.youtube.com/embed/onyn005txjE?feature=oembed" frameborder="0" gesture="media" allow="encrypted-media" allowfullscreen></iframe></div>
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<p>En 2017, je suis allée à peu de concerts, mais chacun a été mémorable. Comme celui de Baxter Dury au Trianon. Parce que le monsieur est très convaincant dans la posture du crooner triste, sorte de Lee Hazlewood cockney, spécialisé dans les chansons sur les losers magnifiques. Qu’il est très bien entouré sur scène. Que son côté nonchalant est assez rassurant dans un monde angoissant. Que les paroles de <em>Miami</em> – et de tant d’autres – sont fabuleuses. Tant que <strong>Baxter Dury</strong> gardera son flegme, je ne cavalerai pas en tout sens en braillant “Paniiiiccc !”à la manière de Kermit.</p>
<div class="rve" data-content-width=""><iframe width="500" height="281" src="https://www.youtube.com/embed/HyILwv1KBT4?feature=oembed" frameborder="0" gesture="media" allow="encrypted-media" allowfullscreen></iframe></div>
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<p>&nbsp;</p>
<p><strong><em><a href="http://www.playlistsociety.fr/author/nathan/" target="_blank">NATHAN</a></em></strong></p>
<p><b>Jim Croce &#8211; « Operator<i> »<br />
</i></b><i>Extrait de </i>You Don’t Mess Around with Jim<i> &#8211; 1972 &#8211; Belle ballade<br />
</i><b>Silver Jews  &#8211; « Random Rules<i> »<br />
</i></b><i>Extrait de </i>American Water <i>&#8211; 1998 &#8211; Rock désabusé<br />
</i><b>Joanna Newsom &#8211; « Cosmia<i> »<br />
</i></b><i>Extrait de </i>Ys<i> &#8211; 2006 &#8211; Miracle</i></p>
<table>
<tbody>
<tr>
<td><img class="alignnone wp-image-28374" src="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2017/12/Jim-Croce---You-Dont-Mess-Around-with-Jim-e1513906196513.jpg" alt="1" height="210" /></td>
<td><img class="alignnone wp-image-27595" src="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2017/12/americanwater-silverjews-e1513906217656.jpg" alt="2" height="210" /></td>
<td><img class="alignnone" src="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2017/12/Joanna-Newsom-Ys-1478111637-640x640-e1513906232751.jpg" alt="3" height="210" /></td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p>Face à tant de changements inattendus cette année, de renversements complets de ce qui était, je n&#8217;ai fait que rechercher un peu de confort. Que ce soit avec les livres de Zadie Smith (<i>White Teeth</i> est une des plus belles fresques contemporaines de notre société, <i>Swing Time</i> en est la continuation parfaite), la beauté rare de <i>L’avancée de la nuit</i> de Jakuta Alikavazovic (et sa capacité à exprimer en quelques paragraphes les sentiments les plus complexes) ou le <i>Blonde</i> de Frank Ocean (qui reste le disque que j’écoute le plus depuis maintenant deux ans), j’ai cherché un peu de calme, loin de la panique. J’ai regardé tout <i>Transparent</i> en une semaine. Plus que la modernité et la nuance de ses propos, c’est la bienveillance maladroite de chacun des personnages qui m’a ému. Le chaos est partout, ancré dans leurs vies sommes toutes normales, mais les relations humaines demeurent. Et cette scène où Gaby Hoffmann et Jay Duplass retrouvent et écoutent le vieux vinyle de Jim Croce est belle à pleurer.</p>
<div class="rve" data-content-width=""><iframe width="500" height="375" src="https://www.youtube.com/embed/hr3kg2kqlGg?feature=oembed" frameborder="0" gesture="media" allow="encrypted-media" allowfullscreen></iframe></div>
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<p><em>« In 1984 I was hospitalized for approaching perfection ». </em>C’est la réalisation de David Berman. Rien n’est permanent, rien n’est fixé. Au contraire, le hasard et l’altérité sont les constantes. Cet aveu de faiblesse du chanteur des Silver Jews est magnifique.</p>
<div class="rve" data-content-width=""><iframe width="500" height="375" src="https://www.youtube.com/embed/jKl4Wpu75W0?feature=oembed" frameborder="0" gesture="media" allow="encrypted-media" allowfullscreen></iframe></div>
<p><!-- Responsive Video Embeds plugin by www.kevinleary.net --></p>
<p>On pourrait passer des heures à disséquer ce chef d’oeuvre d’écriture, de composition et d’arrangement. Toutes ses nuances et ses non-dits. Mais on pourrait tout simplement tout résumer en une phrase: il n’existe pas de plus belle chanson sur le deuil et l’absence.</p>
<div class="rve" data-content-width=""><iframe width="500" height="281" src="https://www.youtube.com/embed/UOAfA5SDq50?feature=oembed" frameborder="0" gesture="media" allow="encrypted-media" allowfullscreen></iframe></div>
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<p>&nbsp;</p>
<p><strong><em><a href="http://www.playlistsociety.fr/author/alexandre-mathis/" target="_blank">ALEXANDRE MATHIS</a></em></strong></p>
<table>
<tbody>
<tr>
<td><img src="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/12/grandaddy-last-place-e1513906441355.jpg" alt="1" height="210" /></td>
<td><img src="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/12/Sleep-Well-Beast-e1513906451289.jpg" alt="2" height="210" /></td>
<td><img src="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/12/ob-197939-500x500-e1513906423265.jpg" alt="3" height="210" /></td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p><strong>Grandaddy &#8211; « <em>A Lost Machine »</em></strong><br />
<em>Extrait de </em>A Last Place<em> &#8211; 2017 &#8211; Pop égarée</em><br />
<strong>The National &#8211; « <em>Empire Line »</em></strong><br />
<em>Extrait de </em>Sleep Well Beast <em>&#8211; 2017 &#8211; Pop disloquée</em><br />
<strong>Aliose &#8211; « <em>Sans ta peau »</em></strong><br />
<em>Extrait de </em>Pixel<em> &#8211; 2016 &#8211; Pop vagabonde</em></p>
<p>C&#8217;est le drôle de paradoxe de ma vie récente : je n&#8217;ai jamais été autant en colère et révolté que cette année. Je crois que j&#8217;ai un avis sur tout ou presque. Mais je suis devenu incapable de l&#8217;exprimer. Comme si ma parole ou mes écrits desservaient les causes que j&#8217;aime. La folie numérique me dépasse officiellement. Alors, dans une optique de survie, je me réfugie dans mes univers, regardant tendrement les effusions d&#8217;un monde fou. Je ne découvre plus rien en musique, je prolonge mes histoires d&#8217;amour. C&#8217;est le cas de Grandaddy, dont <em>A Last Place</em> aura renoué avec le moi de 2005 quand je découvrais le groupe. <em>A Lost Machine</em>, avec son crescendo mélancolique, sied aussi bien aux balades glaciales de l&#8217;hiver qu&#8217;aux transpirations exotiques. Une belle chanson d&#8217;âme solitaire.</p>
<div class="rve" data-content-width=""><iframe width="500" height="281" src="https://www.youtube.com/embed/2w8gxStEaic?feature=oembed" frameborder="0" gesture="media" allow="encrypted-media" allowfullscreen></iframe></div>
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<p>Mais ma vraie valeur refuge, c&#8217;est devenu The National, découvert au moment de <em>High Violet</em> en 2010. Les britanniques sont devenus mon second groupe préféré des années 2000 (après Radiohead, évidemment). J&#8217;avais déjà parlé de <em>Guilty Party</em>, premier coup de foudre sur leur nouvel album. Désormais, c&#8217;est <em>Empire Line</em> qui me transporte dans un monde où moi seul vis. <em>Empire Line</em>, c&#8217;est comme si je vivais dans un jeu vidéo des années 80 où je serais un flic alcoolique et que la chanson passait dans les bars enfumés de la ville. Alex plus Kid.</p>
<div class="rve" data-content-width=""><iframe src="https://open.spotify.com/embed/track/1MLheFHpjzN0p1r1uQi05C" width="300" height="380" frameborder="0" allowtransparency="true"></iframe></div>
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<p>Alors, j&#8217;essaierais de sortir de cette prison de pixels pour renouer avec le vrai monde. Mal à l&#8217;aise ici, j&#8217;irais au bout du monde, sentir quelque chaleur réelle sur ma peau, retrouver le parfum enivrant des femmes, revoir la neige comme si c&#8217;était la première fois, et écouter en boucle <em>Sans ta peau</em>, d&#8217;Aliose, comme l&#8217;ado sensible que j&#8217;étais. Je me prendrais alors pour un amoureux transi de l’Égypte Antique, ou une servante de maison abandonnée par son patron dans le Japon féodal. Oui, parce que quitte à vivre dans un monde qui n&#8217;est plus le vôtre, autant ne plus avoir de frontière de lieu, d&#8217;époque, de sexe ou de dimension.</p>
<div class="rve" data-content-width=""><iframe src="https://open.spotify.com/embed/track/2grHT3seZtcTAvrRLeew5C" width="300" height="380" frameborder="0" allowtransparency="true"></iframe></div>
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<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://www.playlistsociety.fr/author/benjamin-fogel/" target="_blank"><strong><em>BENJAMIN FOGEL</em></strong></a></p>
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<tbody>
<tr>
<td><img src="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/12/La-F--line-e1513906602518.jpg" alt="1" height="210" /></td>
<td><img src="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/12/Glassjaw.MaterialControl-e1513906576969.jpg" alt="2" height="210" /></td>
<td><img src="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2018/12/Hyacinthe-e1513906562327.jpg" alt="3" height="210" /></td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p><strong>La Féline &#8211; <em>Quelque Chose de Tennessee</em></strong><br />
<em>2017 &#8211; Electro Pop</em><br />
<strong>Glassjaw &#8211; <em>Shira</em></strong><br />
<em>Extrait de “Material Control” &#8211; 2017 &#8211; Hardcore</em><br />
<strong>Hyacinthe &#8211; <em>Sur ma vie</em></strong><br />
<em>Extrait de “Sarah” &#8211; 2017 &#8211; Hip Hop</em></p>
<p>En 2017, il y a eu de l’amour, de la reconstruction et beaucoup de travail. Et je crois que je n’en demandais vraiment pas plus. J’ai de moins en moins de temps pour écrire sur la musique – même si la majorité était fortement dispensable, je me souviens avec nostalgie de l’époque où j’écrivais une chronique de disque par jour. En revanche, je n’ai heureusement pas l’impression de moins écouter de musique, ni même de moins lire dessus. Une fois de plus, cette nouvelle année m’aura ravi en matière d’albums excitants, réconfortants ou interstellaires. Je ne vais pas jouer à « s’il ne devait en rester qu&#8217;un », mais il me semble que Triomphe, l’album de La Féline, traduit bien le dynamisme actuel, via une musique très réfléchie, tout en restant généreuse et populaire. Sa reprise de « Quelque Chose de Tennessee » de Johnny Hallyday, qui vient de sortir, et qu’on imagine composée et enregistrée en quelques heures, crée le genre de ponts entre les publics et les époques, qui me touchent en ce moment.</p>
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<p>Il y a quelque-chose qui m’a toujours intrigué en musique : le fait que les membres d’un groupe puissent tout plaquer du jour au lendemain, ne plus sortir un disque pendant 15 ans, virevolter, tenter de relancer la machine sans succès, puis, soudain, comme par enchantement, reprendre les choses là où elle s’étaient arrêtées le plus naturellement du monde. C’est ce qu’il s’est passé cette année avec Glassjaw, l’un de mes groupes préférés de mon adolescence. Rien a changé sur Material Control. Le groupe ne s’autocite pas, ne vit pas dans le passé, ne cherche pas à générer de la nostalgie. C’est plus comme si le temps se compressait, et que ces années perdues n’avaient jamais existé. Un hymne à la stabilité de nos points de repère.</p>
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<p>Autre question récurrente – également liée au temps qui passe : qu’est ce que j’aurais écouté en musique si j’avais eu 16 ans en 2017 ? Probablement pas Orelsan et Jul. J’imagine en revanche l’effet qu’aurait eu sur moi il y a 20 ans le <em>Sarah</em> de Hyacinthe sorti il y a quelques mois. J’aurais été complètement fan de ce truc. Ce n’est pas l’ado en moi qui aime Hyacinthe – mon affection pour ce disque est très consciente et ne fonctionne pas du tout sur la recherche d&#8217;émois passés –, mais je me dis juste que ce dernier l’aurait aimé encore plus.</p>
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		<title>PS&#8217;Playlist octobre 2017</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Nov 2017 05:54:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Collectif]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[PS'Playlist]]></category>

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		<description><![CDATA[01. Grace Jones – Love is the drug (Laura) Extrait de &#8220;Warm Leatherette&#8221; – 1980 – New wave Découvrir Grace Jones, c&#8217;est un choc esthétique à la fois pour les yeux et pour les oreilles. Car la simple apparence de la top model jamaïcaine est en soi une performance, et sa musique une bizarrerie qui sait être immédiatement efficace, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><center><iframe src="https://open.spotify.com/embed/user/playlistsociety/playlist/1XtB2nqYdF7LehHJu0Qo60" width="300" height="380" frameborder="0"></iframe></center><strong></p>
<p>01. Grace Jones – Love is the drug (Laura)</strong><a href="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2017/11/Grace-Jones-Warm-Leatherette.jpg"><img class="alignright wp-image-28171 size-large" src="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2017/11/Grace-Jones-Warm-Leatherette-150x154.jpg" alt="Grace-Jones-Warm-Leatherette" width="150" height="154" srcset="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2017/11/Grace-Jones-Warm-Leatherette-150x154.jpg 150w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2017/11/Grace-Jones-Warm-Leatherette-300x308.jpg 300w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2017/11/Grace-Jones-Warm-Leatherette-80x82.jpg 80w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2017/11/Grace-Jones-Warm-Leatherette.jpg 1170w" sizes="(max-width: 150px) 100vw, 150px" /></a><br />
<em>Extrait de &#8220;Warm Leatherette&#8221; – 1980 – New wave</em><br />
Découvrir Grace Jones, c&#8217;est un choc esthétique à la fois pour les yeux et pour les oreilles. Car la simple apparence de la top model jamaïcaine est en soi une performance, et sa musique une bizarrerie qui sait être immédiatement efficace, mais dont la complexité sonore donne envie d&#8217;y revenir encore et encore.</p>
<p><strong><img class="alignright size-large wp-image-28155" src="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2017/10/orelsan-fete-finie-150x150.jpg" alt="orelsan-fete-finie" width="150" height="150" srcset="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2017/10/orelsan-fete-finie-150x150.jpg 150w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2017/10/orelsan-fete-finie-300x300.jpg 300w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2017/10/orelsan-fete-finie-80x80.jpg 80w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2017/10/orelsan-fete-finie.jpg 340w" sizes="(max-width: 150px) 100vw, 150px" />02. Orelsan – La fête est finie (Thomas Messias)</strong><br />
<em>Extrait de &#8220;La fête est finie&#8221; – 2017 – Dilemme</em><br />
Six ans après son dernier album, Orelsan revient, encore plus désabusé que ce qu&#8217;il laissait assez brillamment entrevoir dans le film <em>Comment c&#8217;est loin</em>. À 95%, l&#8217;album tient la route. Le rappeur de l&#8217;Orne livre des textes sombres et lucides sur ses cinq premières années de trentenaire et sur un star-system qui lui colle à la semelle comme un vieux chewing-gum. C&#8217;est percutant, incisif, parfaitement déprimant. Mais j&#8217;ai toujours ce problème de morale : faut-il écouter un mec qui invitait une jeune femme à se faire « marie-trintigner » et qui, s&#8217;il affirme avoir changé, continue à affirmer son envie de faire boire des filles trop jeunes pour les ramener chez lui ? Pas simple. Pas basique.</p>
<p><strong>03. Le Klub de Loosers – Fantômes (Benjamin Fogel)<a href="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2017/11/Le-Chat-et-autres-histoires.jpg"><img class="alignright size-large wp-image-28190" src="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2017/11/Le-Chat-et-autres-histoires-150x150.jpg" alt="Le_Chat_et_autres_histoires" width="150" height="150" srcset="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2017/11/Le-Chat-et-autres-histoires-150x150.jpg 150w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2017/11/Le-Chat-et-autres-histoires-300x300.jpg 300w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2017/11/Le-Chat-et-autres-histoires-80x80.jpg 80w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2017/11/Le-Chat-et-autres-histoires.jpg 480w" sizes="(max-width: 150px) 100vw, 150px" /></a><br />
</strong><em>Extrait de &#8220;Le Chat et autres histoires&#8221; – 2017 – Hip Hop</em><br />
Entre le troisième album du Klub de Loosers, <em>Sarah</em> la nouvelle pépite de Hyacinthe, et l’annonce du retour d’Abstrackt Keal Agram, octobre est un grand mois pour le hip hop français féru de musiques électroniques. Dans <em>Le Chat et autres histoires</em>, le Klub des Loosers creuse son sillon, en étoffant le travail de composition. Fuzati continue de grandir en tant que producteur, proposant des mélodies et des développements qui semblent pour la première fois aussi importants que ses mots et son désenchantement.</p>
<p><strong><img class="alignright size-full wp-image-28174" src="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2017/10/8693a1edc321169ba577b6ea8bcff7f1.1000x1000x1.jpg" alt="8693a1edc321169ba577b6ea8bcff7f1.1000x1000x1" width="150" height="150" srcset="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2017/10/8693a1edc321169ba577b6ea8bcff7f1.1000x1000x1.jpg 150w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2017/10/8693a1edc321169ba577b6ea8bcff7f1.1000x1000x1-80x80.jpg 80w" sizes="(max-width: 150px) 100vw, 150px" />04. St. Vincent – New York (Isabelle Chelley)</strong><br />
<em>Extrait de &#8220;Masseduction&#8221; – 2017 – pop belle à pleurer<br />
</em>Amusant comme certains, à la sortie de cette chanson, se sont précipité pour en décrypter les paroles. On leur souhaite bon courage pour découvrir ce qui se passe dans la tête d’une artiste énigmatique et planquée derrière tant de concepts et de masques qu’elle ferait passer David Bowie pour un p’tit gars tout simple. Et au fond, peu importe si cette chanson est, comme elle a pu l&#8217;expliquer, une compilation de textos envoyés à des amis, une histoire de rupture, un hommage à Prince et Bowie ou sa recette du clafoutis. Elle est d’une beauté à tomber, poignante et lyrique sans sombrer dans le pathos ou le too much, petit bijou sur un album décrit par son auteur comme parlant de “sexe, de drogue et de tristesse”. Un programme auquel il est difficile de résister…</p>
<p><strong>05. Lomepal – Yeux disent (Guillaume Augias)<em><img class="alignright wp-image-28159 size-large" src="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2017/11/images-150x150.jpg" alt="images" width="150" height="150" /></em></strong><br />
<em>Extrait de &#8220;FLIP&#8221; – 2017 – Geste technique</em><br />
En un tweet : &#8220;Suspendue à mi-hauteur entre Camille Bazbaz et David Boring, la nonchalance de Lomepal n&#8217;a d&#8217;égale que son obsession pour le mot qui claque&#8221; (d&#8217;accord, un seul tweet c&#8217;est peut-être réducteur et expéditif mais à la vérité, l&#8217;écoute de l&#8217;album entier fait pour ainsi dire ressortir l&#8217;éclat de ce titre où tout sonne juste, où l&#8217;ensemble est porté d&#8217;un bout à l&#8217;autre, bien balancé comme disent les darons et dont on ressort avec une impression poisseuse et nécessaire à la fois, à l&#8217;instar des sentiments).</p>
<p><strong><img class="alignright size-large wp-image-28164" src="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2017/11/The-Natural-Bridge-1475176860-640x630-150x147.jpg" alt="The-Natural-Bridge-1475176860-640x630" width="150" height="147" srcset="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2017/11/The-Natural-Bridge-1475176860-640x630-150x147.jpg 150w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2017/11/The-Natural-Bridge-1475176860-640x630-300x295.jpg 300w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2017/11/The-Natural-Bridge-1475176860-640x630-80x78.jpg 80w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2017/11/The-Natural-Bridge-1475176860-640x630.jpg 640w" sizes="(max-width: 150px) 100vw, 150px" />06. Silver Jews – Pretty Eyes (Nathan)</strong><br />
<em>Extrait de &#8220;The Natural Bridge&#8221; – 1996 – Musique universelle</em><br />
La voix de David Berman a toujours un soupçon d&#8217;ironie. Comme si le poète avait ce complexe de l&#8217;imposteur, qui se court-circuitait pour ne pas avoir à répondre du romantisme de sa chanson. Comme s&#8217;il se protégeait. Mais David Berman ne devrait pas avoir à se protéger tellement ses vers sonnent juste. Et sincère. Le dernier couplet de &#8220;Pretty Eyes&#8221; est d&#8217;une beauté aussi ridicule qu&#8217;absolue.</p>
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<p><strong><a href="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2017/11/dd8358f87985996c9ec37bf12b9ac140.1000x1000x1.jpg"><img class="alignright size-large wp-image-28179" src="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2017/11/dd8358f87985996c9ec37bf12b9ac140.1000x1000x1-150x150.jpg" alt="dd8358f87985996c9ec37bf12b9ac140.1000x1000x1" width="150" height="150" srcset="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2017/11/dd8358f87985996c9ec37bf12b9ac140.1000x1000x1-150x150.jpg 150w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2017/11/dd8358f87985996c9ec37bf12b9ac140.1000x1000x1-300x300.jpg 300w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2017/11/dd8358f87985996c9ec37bf12b9ac140.1000x1000x1-80x80.jpg 80w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2017/11/dd8358f87985996c9ec37bf12b9ac140.1000x1000x1.jpg 1000w" sizes="(max-width: 150px) 100vw, 150px" /></a>07. A. Savage – Ladies From Houston (Thierry Chatain)</strong><br />
<em>Extrait de &#8220;Thawing Dawn&#8221; – 2017 – rock érudit</em><br />
<strong><span style="font-weight: 400;">J’ai failli prendre peur. Une année sans nouvelles des prolifiques Parquet Courts, sans doute les plus protéiformes représentants actuels du rock new-yorkais post-punk ? Et puis voilà que paraissent coup sur coup “Milano”, collaboration avec Daniele Luppi (et Karen O des Yeah Yeah Yeahs), et le premier album solo d’Andrew Savage, leader du groupe. Au fil des années, ce dernier a accumulé des compos cadrant mal avec ses diverses formations, Parquet Courts donc, mais aussi Real Cool Kids et Fergus &amp; Geronimo. Des titres flirtant avec l’Americana pour certains, et d’autres renouant avec un certain rock anglais excentrique des années 70 qu’il affectionne – ce qui est plus cohérent à l’écoute que sur le papier. C’est nettement du côté anglophile que penche “Ladies From Houston”, à mi-chemin entre la nonchalance d’un Kevin Ayers qui aurait un peu trop picolé avec Leonard Cohen et la pop ostinato de Brian Eno pré-ambient, pour une évocation oblique de la terre natale du chanteur en forme de galerie de portraits pas loin d’un freak-show dans la grande tradition du Sud. Au final, une chanson obsédante, qui prend tout son temps pour distiller son venin et s’achève comme on rentre dans un mur.</span></strong></p>
<p><strong><a href="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2017/11/Goldlink-At-what-cost.jpg"><img class="alignright size-large wp-image-28183" src="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2017/11/Goldlink-At-what-cost-150x150.jpg" alt="Goldlink - At what cost" width="150" height="150" srcset="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2017/11/Goldlink-At-what-cost-150x150.jpg 150w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2017/11/Goldlink-At-what-cost-300x300.jpg 300w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2017/11/Goldlink-At-what-cost-80x80.jpg 80w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2017/11/Goldlink-At-what-cost.jpg 1000w" sizes="(max-width: 150px) 100vw, 150px" /></a>08. Goldlink feat. Steve Lacy – Some Girl (Christophe Gauthier)</strong><br />
<em>Extrait de &#8220;At What Cost&#8221; – 2017 – Hip hop moderne<br />
</em>J’avais déjà choisi un morceau de Goldlink il y a quelques mois pour une précédente playlist. J’en remets une couche parce que ce mec pond des trucs de qualité avec du beau linge comme Kaytranada, Badbadnotgood, ou encore Steve Lacy. Pas le saxophoniste de jazz (qui de toute façon est déjà mort), mais son homonyme, ex-bassiste de The Internet désormais reconverti dans la soul lo-fi captée sur iPhone. Goldlink emprunte un peu de cette esthétique sur Some Girl : un beat chelou (qui n’est pas sans rappeler celui du morceau Doncha de The Internet), une production spartiate, et la voix chaude de Steve Lacy qui vient s’intercaler entre ses raps monocordes. Ça, c’est pour la première partie du titre, parce qu’à deux minutes de la fin, tout change et ça devient limite flippant…</p>
<p><a href="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2017/11/Pierre-Lapointe-150.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-28186" src="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2017/11/Pierre-Lapointe-150.jpg" alt="Pierre Lapointe - 150" width="150" height="150" srcset="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2017/11/Pierre-Lapointe-150.jpg 150w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2017/11/Pierre-Lapointe-150-80x80.jpg 80w" sizes="(max-width: 150px) 100vw, 150px" /></a><strong>09. Pierre Lapointe – La Science du Coeur (Marc Mineur)</strong><br />
<em>Extrait de &#8220;La Science du Coeur&#8221; – 2017 – Chanson Française<br />
</em>Un pied dans le présent, un autre dans un passé étrangement daté, Pierre Lapointe trace comme toujours sa propre route, et on trouvera sur son dernier album en date quelques morceaux qui vont nous accompagner pour toujours. Comme cette sublimement désespérante plage titulaire, crescendo qui ne peut laisser la place qu&#8217;au silence, qu&#8217;à l&#8217;acceptation de ce qu&#8217;on vient d&#8217;entendre. Le Canadien maîtrise en tous cas toujours autant son sujet, ses mélodies et la communication de ses sentiments. Un grand artiste, quoi&#8230;</p>
<p><strong><img class="alignright size-large wp-image-28194" src="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2017/11/la-bien-querida-fuego-150x150.jpg" alt="la-bien-querida_fuego" width="150" height="150" srcset="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2017/11/la-bien-querida-fuego-150x150.jpg 150w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2017/11/la-bien-querida-fuego-300x300.jpg 300w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2017/11/la-bien-querida-fuego-80x80.jpg 80w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2017/11/la-bien-querida-fuego.jpg 1200w" sizes="(max-width: 150px) 100vw, 150px" />10. La bien querida – Lo veo posible (Arbobo)<br />
</strong><em>Extrait de &#8220;Fuego&#8221; – 2017 – Pop español</em><br />
Le label espagnol Elefant reste une valeur sûre. Se côtoient dans cette écurie des artistes qui brossent une pop chantée tantôt en espagnol tantôt en anglais, sans que l&#8217;idiome soit forcément lié au genre musical. Ana Fernández-Villaverde sort un 5e album hétéroclite, dont la moitié la plus sombre est sans doute la plus réussie (et quel final !). <em>Lo veo posible</em>&#8230; je crois aussi que c&#8217;est très possible d&#8217;accrocher à La bien querida.</p>
<p align="JUSTIFY"><strong><img class="alignright size-large wp-image-28167" src="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2017/11/Sabotage-single-150x150.jpg" alt="Sabotage_single" width="150" height="150" srcset="https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2017/11/Sabotage-single-150x150.jpg 150w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2017/11/Sabotage-single-80x80.jpg 80w, https://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2017/11/Sabotage-single.jpg 200w" sizes="(max-width: 150px) 100vw, 150px" />11. The Beastie Boys – Sabotage (Erwan)</strong><br />
<em>Extrait de &#8220;Ill Communication&#8221; – 1994 – Hip Hop</em><br />
Parce que la chanson est parfaite ; et parce qu’elle fait le lien entre <a title="Génération Propaganda" href="https://www.playlistsociety.fr/book/generation-propaganda/" target="_blank"><i><span style="text-decoration: underline;">Génération Propaganda</span></i></a> (le clip a été réalisé par Spike Jonze, qui a débuté chez Propaganda Films) et <a title="J.J.Abrams ou l’éternel recommencement" href="https://www.playlistsociety.fr/book/j-j-abrams-ou-leternel-recommencement/" target="_blank"><i><span style="text-decoration: underline;">J. J. Abrams ou l’éternel recommencement</span></i></a> (le morceau accompagne la réjouissante séquence d’introduction du personnage de Kirk dans le <em>Star Trek</em> d’Abrams).</p>
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		<title>American dream de LCD Soundsystem : d’entre les morts</title>
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		<pubDate>Tue, 17 Oct 2017 06:30:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Erwan Desbois]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyses et critiques]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<p><em>American dream</em> est l’œuvre d’un groupe revenu d’entre les morts : LCD Soundsystem, qui fut tué en grande pompe par son créateur James Murphy à l’occasion d’un concert monumental, long de trois heures et demie, au Madison Square Garden le 2 avril 2011. Cette décision de disparaitre prise par Murphy et ses sept compagnons (Pat Mahoney, Nancy Whang, Tyler Pope, Al Doyle, Gavin Russom, Matt Thornley, Korey Richey) n’a pas été guidée par l’appât du gain – remplir les salles à ras-bord lors des derniers concerts, et vendre plus d’albums, alors que l’on sait pertinemment que cette séparation débouchera, quelques années plus tard, sur une reformation mercantile – mais s’inspire plutôt de de Bowie, un des modèles artistiques du groupe, qui était passé maître dans le fait de tuer, en public, ses incarnations publiques devenues obsolètes ou encombrantes.</p>
<p>Le retour du groupe fut annoncé la veille de Noël 2015, <em>via</em> le single « Christmas wil break your heart ». Deux semaines plus tard Bowie mourrait, juste après la sortie de l&#8217;album <em>Blackstar </em>dans lequel il anticipait sa mort à venir et nous emmenait avec lui dans l’au-delà. À l’écoute des neuf morceaux d’<em>American dream</em> on ne peut s’empêcher de penser que les membres de LCD Soundsystem ont croisé le chanteur passé de vie à trépas, tandis qu’eux faisaient le chemin inverse en enregistrant leur album. La présence du fantôme de Bowie est en particulier criante sur « Change yr mind » où la voix de Murphy et les guitares qui l’entourent sonnent à tel point comme Bowie, en particulier à l’époque de <em>Scary monsters (and super creeps)</em>, que le morceau semble avoir été conçu non pas lors d’une session d’enregistrement mais d’une séance de spiritisme ; laquelle a été réussie au-delà de toute attente, l’esprit de Bowie prenant pleinement possession de LCD Soundsystem. Que cet événement surnaturel se produise sur la chanson qui, parmi toutes celles de l’album, aborde le plus clairement la question des doutes de Murphy à propos du groupe (<em>« I&#8217;ve just got nothing left to say »</em> puis <em>« You can change your mind »</em>) n’est certainement pas un hasard – Murphy a révélé en interview qu’une conversation avec Bowie, quelques mois avant sa mort, avait joué un rôle-clé dans la décision de ramener LCD Soundsystem à la vie.</p>
<div class='leftQuote' >Conseillés puis veillés par Bowie, James Murphy et ses acolytes sont donc allés rechercher LCD Soundsystem comme Orphée est allé rechercher Eurydice</div>
<p>Conseillés puis veillés par Bowie, James Murphy et ses acolytes sont donc allés rechercher LCD Soundsystem comme Orphée est allé rechercher Eurydice ; et si eux ont réussi à retourner dans le monde des vivants, c’est en ramenant un peu du royaume des morts avec eux. La mort est littéralement partout dans <em>American dream</em>, et non pas sous la forme d’un horizon que l’on craint, mais comme un état présent, vécu et même devenu familier : <em>« These are the halls that we’re presently haunting and these are the people we currently haunt »</em> (« Other voices »), <em>« You got numbers on your phone of the dead that you can’t delete »</em> (« Emotional haircut »), <em>« I never realized that these artists thought so much about dying »</em> (« Tonite »)… Bouleversé en profondeur par cette nouvelle condition, le retour du groupe s’opère avec une nouvelle peau, un nouveau son qui dépasse les superlatifs que l’on pouvait employer à propos des albums époustouflants, sensationnels de sa première vie (<em>LCD Soundsystem</em>, <em>Sound of silver</em>, <em>This is happening</em>), tout en ne ressemblant presque plus à ce qui l’a précédé. Les deux exceptions, qui gardent un air de famille avec le LCD Soundsystem d’avant, étant les chansons « Other voices » (où l’on retrouve une force brute semblable à celle de leur morceau fondateur, le génial « Losing my edge ») et « Call the police », intelligemment choisi comme premier single diffusé en amont de la sortie d’<em>American dream</em>.</p>
<p>Conservant des sonorités et une structure proches de celles qui modelaient les chansons de<em> This is happening</em>, mais contenant son lot de paroles sombres (<em>« We all know this is nowhere / There is no one / Here »</em> dès l’ouverture) comme le reste d’<em>American dream</em>, « Call the police » assure une transition idéale entre l’énergie vitale passée, épuisée, et l’angoisse étouffante qui domine dorénavant. Cette angoisse s’exprime sous sa forme la plus subjuguante dans « How do you sleep? », monument long de plus de neuf minutes qui débute en veillée funèbre et se conclut en apothéose déchirante. « How do you sleep ? » donne le sentiment de porter en elle – et de partager avec nous – tout l’effroi que provoque tout ce qu’il y a de mal dans le monde. Comme l’écrit le magazine <em>NME</em> dans sa chronique de l’album, James Murphy « n’a jamais paru si usé par le monde. En même temps, il a 47 ans et le monde est en feu – peut-on lui en vouloir ? ».</p>
<div class='rightQuote' >Le monde a changé pour le pire, mais LCD Soundsystem a changé pour le meilleur</div>
<p>Le monde a changé pour le pire, mais LCD Soundsystem a changé pour le meilleur. Le vers de « Tonite » cité plus haut (<em>« I never realized that these artists thought so much about dying »</em>) dit comment l’expérience de la mort, <em>via</em> l’interruption de LCD Soundsystem, a ouvert à Murphy la porte d’une meilleure compréhension, plus profonde, du monde et de l’art. Comme, en son temps et de manière plus tragique, l’expérience de la mort du chanteur Ian Curtis avait poussé Joy Division à renaître en New Order, qui allait devenir l’un des groupes phares des années 1980 et l’une des influences majeures sur les artistes des décennies suivantes. Parmi lesquels James Murphy, qui n’a jamais caché son adulation envers New Order et les cite abondamment dans <em>American dream</em>, en particulier sur « Call the police » et « How do you sleep ? ». Chez LCD Soundsystem aussi, la mort et l’angoisse enrichissent désormais d’une essence supplémentaire le canevas vibrant, miraculeusement unique en son genre – fusion du rock et de l’électro, changements de rythme brillamment sentis, montée en tension étirée et contenue plus que de raison pour rendre l’explosion finale encore plus sublime –, inventé sur les trois premiers albums. Le nouvel ensemble ainsi créé nous fait danser avec encore plus d’urgence, de passion, de nécessité, au bord du précipice.</p>
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