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<title>Rafik Smati - Le blog</title>
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<description>Internet, économie, marketing, entreprenariat... par le fondateur de dromadaire.com et de ooprint.com</description>
<language>fr-FR</language>
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<title>Mon premier livre sera une apologie du féminin</title>
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<content:encoded><![CDATA[<p>L’écriture est une aventure, disait Winston Churchill. Une aventure émotionnelle, une aventure passionnelle, une aventure intellectuelle. Une aventure entrepreneuriale aussi. C’est un exercice qui vous pousse à établir une synthèse de votre pensée du moment, pour aboutir à ce que beaucoup d’écrivains et philosophes nomment « l’unicité de l’esprit».</p><p>Lorsque l’économiste Nicolas Bouzou, par ailleurs directeur de collection chez Eyrolles me propose d’approfondir dans un ouvrage certaines des thèses que j’ai eu l’occasion d’aborder dans ce blog, j’avoue ne pas avoir hésité une seule seconde.&#0160;</p><p>D’autant plus que le sujet du livre sonnait pour moi comme une évidence. Dans un article intitulé<a href="http://www.smati.com/drs/2009/03/vers-un-capitalisme-feminin.html"> « vers un capitalisme féminin »</a> publié il y a quelques mois, j’évoquais la crise du modèle masculin, modèle autour duquel s’est organisée notre civilisation depuis des millénaires. J’en appelais alors à l’avènement d’un capitalisme organisé autour de valeurs féminines, lequel pouvait laisser présager un changement de civilisation.</p><p>Cet ouvrage ne sera pas un traité d’économie. Je tâcherai néanmoins d’y démontrer en quoi le capitalisme évolue progressivement vers des valeurs féminines. Je me servirai de mon expérience de chef d’entreprise dans le domaine de l’Internet pour expliquer quelles en sont les implications sur le management et la vie des entreprises. J’expliquerai en quoi l’Internet est un outil féminin par excellence au service de l’échange et de la transmission du savoir. J’évoquerai également les révolutions énergétiques et bio-médicales qui s’annoncent, et les dimensions féminines qu’elles recèlent. Je m’appliquerai aussi à identifier le centre de gravité géographique de ce nouveau capitalisme, si tant est qu’il puisse exister.</p><p>Les axes d’analyse que j’ai choisis seront pour le moins très inédits : les concepts d’économie, de génétique, de politique, de science fiction, de sociologie, s’entrecroiseront et se répondront.</p><p>Plus que jamais, j’ai acquis la conviction que l’avenir de l’humanité passait par un rééquilibrage en faveur du féminin et des valeurs qu&#39;il recèle.&#0160;</p><p>Ce premier ouvrage sera édité en janvier 2010 aux éditions Eyrolles.</p><div class="feedflare">
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<dc:creator>Rafik Smati</dc:creator>
<pubDate>Wed, 21 Oct 2009 00:19:28 +0200</pubDate>

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<title>Une note sur l’économie numérique pour février 2010</title>
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<description>Je suis invité à réfléchir sur une note portant sur l’économie numérique, et notamment sa contribution à la croissance. Cette note s’adresse aux membres du gouvernement ainsi qu’aux parlementaires. Elle sera publiée par la fondation pour l’innovation politique. L’économie numérique...</description>
<content:encoded><![CDATA[<p>Je suis invité à réfléchir sur une note portant sur l’économie numérique, et notamment sa contribution à la croissance. Cette note s’adresse aux membres du gouvernement ainsi qu’aux parlementaires. Elle sera publiée par la fondation pour l’innovation politique.&#0160;
</p><p>L’économie numérique est probablement avec les énergies vertes l’un des leviers les plus légitimes dont dispose un pays tel que la France pour créer une nouvelle dynamique de croissance.

Aujourd’hui déjà, les technologies de l’information et de communication sont à l’origine d’un quart de la croissance de l’Union Européenne, et de 40% des gains de productivités générés.&#0160;<br />Le plan « France numérique 2012 » présenté en 2008 prévoit le haut débit pour tous à l’horizon 2012. Certains pays vont plus loin : en faisant de l’Internet très haut débit un droit fondamental, la Finlande promet à tous ses concitoyens un Internet à 100 mégabits par seconde à l’horizon 2015, notamment grâce aux technologies basées sur la fibre optique.&#0160;
</p><p>J’ai cependant la conviction que l’Internet de demain n’est pas qu’une affaire de « tuyaux » et de débits. C’est une condition évidemment nécessaire, mais elle est loin d’être suffisante.&#0160;
</p><p>Dès lors, les pistes de réflexion sont multiples. L’avenir est-il davantage dans les contenus plutôt que dans les contenants ? Dispose-t-on en France d’un écosystème suffisamment dynamique pour donner naissance à des projets tels que Google ou Facebook ? Les modèles économiques doivent-ils être repensés ? Quels moyens supplémentaires faut-il se donner pour accompagner ce qui pourrait bien être un changement de civilisation ?&#0160;
</p><p>Je sais qu’un grand nombre de lecteurs de ce blog sont passionnés par ces sujets. Aussi, je vous invite à me faire part de vos suggestions ainsi que des axes que vous souhaiteriez voir approfondis dans cette note, en m&#39;envoyant un e-mail à l&#39;adresse suivante : <a href="mailto:note-tic@smati.com">note-tic@smati.com</a></p><p>Mes propositions sont attendues pour le mois de février 2010.</p><p></p><div class="feedflare">
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<dc:creator>Rafik Smati</dc:creator>
<pubDate>Mon, 19 Oct 2009 20:40:00 +0200</pubDate>

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<title>Indicateurs</title>
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<description>Je suis souvent étonné par l’omniprésence dans notre actualité des indicateurs économiques de court terme : croissance du Produit Intérieur Brut (PIB), taux de chômage, inflation, indices boursiers. Chacun de ces indicateurs est publié de façon trimestrielle, mensuelle, voire en...</description>
<content:encoded><![CDATA[<p>Je suis souvent étonné par l’omniprésence dans notre actualité des indicateurs économiques de court terme : croissance du Produit Intérieur Brut (PIB), taux de chômage, inflation, indices boursiers. Chacun de ces indicateurs est publié de façon trimestrielle, mensuelle, voire en temps réel s’agissant des indices boursiers. Ils servent de base à l’élaboration de toutes les analyses et politiques économiques.<br />Il est un autre indicateur, beaucoup moins souvent pris en compte dans les analyses, et qui pourrait pourtant être le plus important d’entre tous à long terme : le taux de fécondité, c’est-à-dire le nombre moyen d’enfant par femme. Ce taux de fécondité, qui relève à priori davantage de la démographie que de l’économie, est pourtant précurseur de ce que sera l’économie de demain. Si l’on considère que c’est le travail qui est à l’origine de la création de valeur, il est aisé d’admettre que les richesses de demain dépendront en grande partie des ressources humaines qui seront alors disponibles.</p><p>L’étude de ce taux de fécondité est riche en enseignement. S’il révèle que les Etats-Unis assurent tout juste le renouvellement de leur population (2 enfants par femme en 2008), il dessine en revanche un constat accablant pour l’Europe, continent dans lequel le taux de natalité baisse de façon préoccupante. Le philosophe Raymond Aron ne disait-il pas déjà, en 1983, que les Européens étaient « en train de se suicider par la dénatalité » .</p><p>Le cas le plus éloquent est sans doute celui de l’Allemagne, première puissance économique du continent, et dont la population pourrait tout simplement disparaître à l’horizon de trois siècles, une broutille au regard de l’histoire. Ce crack démographique est donc autrement plus préoccupant que les différents cracks financiers que nous avons pu connaître. Et c’est pourtant l’un de ceux qui suscite le moins d’intérêt. Un pays tel que l’Allemagne, s’il veut continuer à exister dans les siècles à venir, n’aura donc que deux possibilités : Engager une politique active en faveur de la natalité. Beaucoup de choses ont été expérimentées en la matière, et les effets se sont révélés aléatoires. Ou alors recourir massivement à l’immigration, au risque pour le gouvernement allemand d’aller à l’encontre des désirs de son opinion publique.&#0160;</p><p>Un pays européen devrait cependant résister à cet « hiver démographique ». Il s’agit de la France.<br />Avec une moyenne de 2,1 enfants par femme en 2008, le taux de fécondité y est de loin le plus élevé de l’Europe continentale. Plus de huit cent mille naissances ont été enregistrées en 2008, selon l’INSEE. En 2050, la France sera le pays Européen le plus peuplé. Il n’est dès lors pas interdit d’imaginer que son dynamisme économique dépasse celui de l’Allemagne, vieux pays dans lequel 40% de la population aura alors plus de soixante ans.&#0160;</p><p>La France, qui a assuré ces cinquantes dernières années son développement démographique grâce à l’immigration, puis ensuite à la natalité, est de ce point de vue un exemple en Europe. Très souvent d’ailleurs, notre pays joue le rôle de précurseur sur bon nombre de sujets de société. J’expliquais plus haut le caractère sans doute trop peu représentatif des indicateurs de références, tels que le PIB ou l’inflation, tout en proposant de prendre davantage en compte la natalité, indicateur de long terme par excellence. <br />Signe des temps, le prix Nobel américain d’Economie Joseph Stiglitz, a remis ce mois de septembre à Nicolas Sarkozy un rapport sur les indicateurs économiques, dans lequel il recommande précisément d’intégrer davantage la notion de « bien-être » dans les statistiques nationales. Sur la base de se rapport, l&#39;Insee s’est engagé à créer un &quot;tableau de bord d&#39;indicateurs&quot; permettant de suivre &quot;l&#39;évolution du patrimoine collectif sous toutes ses formes: capital physique, humain, social ou environnemental&quot;. Voilà précisément un des signes réels et tangibles qui atteste de l’évolution de nos modes de pensées et de l’émergence d’un nouveau modèle capitaliste. Et ce même si certains peuvent encore considérer cette approche comme un « gadget ».</p><div class="feedflare">
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<dc:creator>Rafik Smati</dc:creator>
<pubDate>Sun, 20 Sep 2009 15:42:56 +0200</pubDate>

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<title>Pourquoi j’investis dans "Regioneo" ?</title>
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<description>J’ai toujours pensé que les périodes de crise étaient les meilleurs moments pour lancer des projets entrepreneuriaux ambitieux. Lorsque Marc Thouvenin m’a parlé de Régioneo.com, j’ai tout de suite compris qu’il s’agissait de l’un d’entre eux. Et c’est sans hésitation...</description>
<content:encoded><![CDATA[<p>J’ai toujours pensé que les périodes de crise étaient les meilleurs moments pour lancer des projets entrepreneuriaux ambitieux. Lorsque Marc Thouvenin m’a parlé de Régioneo.com, j’ai tout de suite compris qu’il s’agissait de l’un d’entre eux. Et c’est sans hésitation que j’ai décidé de l’accompagner dans son développement en y investissant à titre personnel et en rejoignant le capital. </p>
<p>La première raison qui me fait croire en Regioneo.com est le concept en lui-même.<br />De quoi s’agit-il ? Regioneo.com est un site internet de vente de produits du terroir : foie gras, saucissons, fromages, confitures, gourmandises, spiritueux… Sa particularité est de se positionner comme un marché où le client s’adresse directement au petit producteur régional. <br />Le fait qu’un petit producteur local de qualité puisse être en contact direct avec ses clients, notamment citadins, constitue une vraie révolution. Dans un monde où le retour aux racines et la valorisation de nos régions paraissent plus que jamais essentiels, Regioneo.com est un service en phase avec les aspirations des français.</p>
<p>La deuxième raison qui me fait croire en Regioneo.com est le tempérament de Marc Thouvenin. Marc est avant tout un professionnel de l’Internet. Il bénéficie d’une riche expérience notamment chez Netvibes et Wikio. Mais pour autant, il s’implique personnellement dans la connaissance de nos régions et n’hésite pas à arpenter les chemins de la France, avec son épouse et ses deux jeunes enfants, pour aller à la rencontre des producteurs régionaux. Une garantie, s’il en est, du caractère authentique et qualitatif des produits proposés sur le site. Car Marc a compris la base du marketing, trop souvent ignorée par bon nombre de créateurs d’entreprises : l’essentiel, dans tout commerce, est de proposer d’abord un bon produit. Le reste vient ensuite.</p>
<p>Régioneo ouvrira ce lundi, avec une vingtaine de producteurs. Ce n’est qu’un début. Nous en prévoyons près d’un millier à la fin de l’année prochaine.<br />Pour ceux qui voudraient d’ores et déjà visiter Regioneo, n&#39;hésitez pas à adresser un e-mail à blog2009 (at) smati.com. Je vous enverrai en retour un code d&#39;accès à la version bêta privée.</p>
<p>Longue vie à Regioneo !</p>
<p>Régioneo : <a href="http://www.regioneo.com">http://www.regioneo.com</a><br />Blog de Régioneo : <a href="http://blog.regioneo.com">http://blog.regioneo.com</a><br />Blog de Marc : <a href="http://www.alterclickr.com/">http://www.alterclickr.com/</a></p><div class="feedflare">
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<dc:creator>Rafik Smati</dc:creator>
<pubDate>Sat, 20 Jun 2009 00:13:04 +0200</pubDate>

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<title>Merci Hadopi</title>
<link>http://feedproxy.google.com/~r/RafikSmatisBlog/~3/8QAO0mgoO48/merci-hadopi.html</link>
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<description>HADOPI. Voilà un drôle de nom pour une loi censée lutter contre le téléchargement illégal en France. Rarement une loi n’aura suscité autant de polémiques en France. Rappelons que les députés l’ont rejetée en première lecture, et qu’il a fallu...</description>
<content:encoded><![CDATA[<p>HADOPI. Voilà un drôle de nom pour une loi censée lutter contre le téléchargement illégal en France. </p>
<p>Rarement une loi n’aura suscité autant de polémiques en France. Rappelons que les députés l’ont rejetée en première lecture, et qu’il a fallu que le gouvernement la présente une seconde fois pour qu’elle soit finalement adoptée, chose extrêmement rare dans la Cinquième République.</p>
<p>Les très nombreux détracteurs de la loi HADOPI y voient une atteinte à la liberté individuelle. Certains la qualifient de « loi scélérate » au service des grandes maisons de disque et de la « nomenklatura culturelle ». Il faut dire que la loi prévoit, après deux avertissements par courrier, une suspension de l’accès internet pouvant aller d’un mois à un an pour les internautes surpris en train de télécharger une musique ou un film. </p>
<p>« Où tout cela va-t-il nous mener ?», s’interroge-t-on ici ou là. D’autant que HADOPI est susceptible de devenir un exemple mondial. Les Etats-Unis n’ont-ils pas dépêché en France des experts pour analyser de près ce modèle ?</p>
<p>Où tout cela va-t-il nous mener, donc ? « Quand tu ne sais plus où tu vas, retourne-toi et regarde d&#39;où tu viens », dit un proverbe Sénégalais. Pour mettre en perspective les conséquences de la loi HADOPI, il convient donc de se livrer à un petit exercice de rétrospective, et de retourner quelques années en arrière, chose que, à ma grande surprise, peu d’observateurs se sont essayés à faire.</p>
<p>Avant Hadopi, la loi Française assimile en effet le téléchargement illégal de musique ou de films à une contrefaçon de droits d’auteur, c&#39;est à dire un délit jugé devant un Tribunal de Grande Instance et passible de 300 000 euros d’amende et 3 ans de prison.<br />En décembre 2004, le Tribunal de Grande Instance de Blois condamne d’ailleurs deux internautes à des dommages et intérêts de 20000 euros ainsi qu’à 2 mois de prison avec sursis pour avoir téléchargé des films.<br />Plus impressionnant encore, aux Etats-Unis, en Octobre 2007, un tribunal de l’Etat du Minnesota a condamné une Américaine à une amende record de 222000 dollars pour avoir utilisé un site internet de partage de musique et téléchargé…24 chansons.</p>
<p>Voilà donc là d’où nous venons. Dans le monde d’avant HADOPI, la loi prévoit prison et amendes extrêmes pour les internautes. Aussi iconoclaste que cela puisse paraitre, HADOPI est donc une loi qui dépénalise, au sens juridique du terme, le téléchargement illégal. Prison et amendes sont remplacés par des « recommandations », puis des « mises en demeure », et enfin par la suspension de l’accès à internet, et ce uniquement sur une période de 12 mois. </p>
<p>J’ai récemment souvent exposé, dans les médias ou dans ce blog (Lire mon billet « <a href="http://www.smati.com/drs/2009/04/vertus-de-limmateriel-et-du-gratuit.html">Vertus de l’immatériel et du gratuit</a> ») les raisons pour lesquelles la musique était à terme destinée à tendre vers la gratuité et en quoi cela pouvait-être à l’origine d’une profusion créative. La loi HADOPI est donc une loi qui fait figure de transition, entre un cadre légal ultra-pénalisant, et un monde où l’accès à la culture sera gratuit. </p>
<p>Probablement sans s’en rendre compte, le gouvernement ouvre ainsi la voie à l’avènement de la musique gratuite. </p>
<p>Les détracteurs de la loi HADOPI n’ont pas pris conscience du progrès que représente cette loi pour l’accomplissement de leurs idéaux. Ils restent figés sur des positions, certes justifiées, de privation des libertés individuelles. </p>
<p>Souvent dans la vie, un bien peut résulter d’un mal. C’est le cas ici. HADOPI, c’est un peu « Qui perd Gagne ». <br /></p><div class="feedflare">
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<dc:creator>Rafik Smati</dc:creator>
<pubDate>Sun, 17 May 2009 19:21:00 +0200</pubDate>

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<title>Les femmes, l’arme la plus efficace contre la pauvreté</title>
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<description>Dans mon article « Vers un capitalisme féminin », j’expliquais en quoi l’avènement d’un capitalisme reposant sur des valeurs féminines offrait au monde des perspectives de paix et progrès. Dans son autobiographie intitulée « Vers un monde sans pauvreté »,...</description>
<content:encoded><![CDATA[<p>Dans mon article « <a href="http://www.smati.com/drs/2009/03/vers-un-capitalisme-feminin.html">Vers un capitalisme féminin</a> », j’expliquais en quoi l’avènement d’un capitalisme reposant sur des valeurs féminines offrait au monde des perspectives de paix et progrès.</p>
<p>Dans son autobiographie intitulée « Vers un monde sans pauvreté », l’économiste Muhammad Yunus livre son expérience dans le micro-crédit, et explique de façon assez éloquente pourquoi il considère les femmes comme « l’arme la plus efficace contre la pauvreté ».</p>
<p>Quelques mots sur le microcrédit, tout d’abord. <br />Yunus explique s’être toujours refusé à faire l’aumône et à donner de l’argent à un mendiant, quant bien même serait-il dans le besoin. Il considère que le plus grand service que l’on puisse rendre à ce mendiant est de lui octroyer un prêt de quelques euros, ce qui a pour effet d’une part de préserver sa dignité et d’autre part de l’inciter à prendre en main son propre destin. Ce micro-crédit est consenti sans garantie et son remboursement s’effectue à la discrétion de l’emprunteur. Telle est la logique qui a animé Yunus, et qui a abouti à la création de la banque Grameen, entièrement dédiée au microcrédit, et qui emploie aujourd’hui 12000 personnes dans le monde. </p>
<p>Lorsque Yunus démarre son projet, dans les années 1970, il est confronté à une extrême réticence des organismes financiers, arguant que le fait d’octroyer un prêt sans garantie, et de surcroit à des pauvres, relevait de l’utopie. <br />30 ans plus tard, la banque Grameen a démontré que 99% de ses emprunteurs parvenaient à rembourser leur prêt, un taux de recouvrement à faire pâlir toutes les banques commerciales qui accordent pourtant des crédits avec de nombreuses garanties. Comment expliquer un tel succès ? </p>
<p>Lorsque l’on analyse de près le modèle de la Grameen, on découvre que la quasi-totalité des crédits sont consentis…à des femmes. </p>
<p>Le crédit, dit Yunus, lorsqu’il passe par des femmes, amène plus rapidement des changements que lorsqu’il passe par des hommes. Toujours selon Yunus, les hommes développent une hiérarchie des valeurs différente de celle de la femme : un homme à qui l’on consent un crédit et qui commence à générer des revenus a tendance à utiliser ces revenus d’abord pour lui-même, alors qu’une femme aura tendance à les affecter en priorité à ses enfants, puis à sa maison, puis enfin à la constitution de son outil de travail.</p>
<p>Les conséquences sociétales de ce qui précède sont extrêmement riches. Dans des pays où les femmes ne disposent souvent pas du droit de vote, ces micro-crédits leur permettent de se positionner comme le centre de gravité économique du foyer, en tenant les cordons de la bourse, et par là même s’affranchir du joug masculin.</p>
<p>Pour avoir inventé et développé un modèle de lutte contre la pauvreté organisé autour des femmes, Muhammad Yunus s’est vu décerné le prix Nobel de la Paix en 2006.<br /></p><div class="feedflare">
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<dc:creator>Rafik Smati</dc:creator>
<pubDate>Tue, 05 May 2009 16:43:26 +0200</pubDate>

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<title>Par delà le Bien et le Mal</title>
<link>http://feedproxy.google.com/~r/RafikSmatisBlog/~3/7AarddarWlU/par-dela-le-bien-et-le-mal.html</link>
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<description>Jamais l’Homme n’a autant été capable de repousser les limites de la vie. Il y a 10 000 ans à peine, 62% des êtres humains mourraient avant l’âge de 30 ans, et 88% mourraient avant l’âge de 40 ans. Depuis,...</description>
<content:encoded><![CDATA[<p>Jamais l’Homme n’a autant été capable de repousser les limites de la vie. Il y a 10 000 ans à peine, 62% des êtres humains mourraient avant l’âge de 30 ans, et 88% mourraient avant l’âge de 40 ans. Depuis, l’espérance de vie a quasiment triplé, et s’est même nettement accélérée ces dernières décennies. Aujourd’hui, nous gagnons chaque année 1 trimestre de vie. </p>
<p>Nous connaissons les raisons de cette spectaculaire augmentation de notre espérance de vie. Il y eut tout d’abord le développement de nos connaissances en médecine et en chirurgie. Il y eut ensuite l’avènement de la biologie et la mise au point des premiers vaccins et traitements. Enfin, il est couramment admis que le changement de nos habitudes alimentaires et d’hygiène a incontestablement permis d’accélérer le mouvement. Tous ces progrès ont contribué à éradiquer ou presque de nombreuses pathologies (telles que la variole, la lèpre, la peste, la diphtérie, ou la coqueluche) et à en guérir de plus en plus, à l’instar du cancer qui, même s&#39;il demeure une pathologie grave abouti de plus en plus souvent à la guérison.</p>
<p>Le plus spectaculaire est sans doute à venir grâce à la révolution génétique. Le 21 février 2001, était annoncé en grandes pompes le séquençage du génome humain. Que cela signifie-t-il ? Chaque cellule de notre organisme est composée d’une molécule d’ADN répartie sur 23 paires de chromosomes. Cette molécule d’ADN comporte 3 milliards de caractères qui codent plus de 30000 gènes. Quand l’on parle de séquençage du génome humain, cela signifie donc que nous sommes parvenus à identifier cette succession de 3 milliards de caractères. Ce que nous ignorons encore, c’est la fonction exacte de chaque gène. Ce décodage (par opposition au séquençage, donc) est encore en cours, et pourrait aboutir dans la décennie à venir.&#0160; Une fois le génome décodé, il deviendra aisé d’y intervenir pour corriger les anomalies qui viendraient le corrompre. A terme, il sera même possible de régénérer totalement les cellules d’un organe malade. Au final, les limites de la vie pourraient être considérablement repoussées. Certains généticiens ou biologistes avancent même une durée théorique de 350 ans, qui correspond peu ou prou à la durée de vie des cellules nerveuses.</p>
<p>Si l’on se place sur le registre de la Morale, tous ces progrès bio-médicaux sont donc au service du développement du Bien, si tant est que l’on considère que repousser les limites de la vie constitue un progrès, ce qui est mon cas. Pour autant, cette vision optimiste mérite d’être nuancée lorsque l’on sait que la nature sait donner naissance en toute circonstance à un Mal, capable de développer une ruse pour contrecarrer ce Bien.</p>
<p>Dans ce cas précis, il s’agit évidemment de la menace que constituent les virus. Un virus est en effet un agent malicieux et fortement adaptable qui va s’inoculer dans le programme ADN d’un individu pour venir le corrompre, et ceci de façon tout à fait imprévisible et aléatoire. Le virus développe deux caractéristiques. Il est d’une part colonisateur, dans la mesure où il se multiplie au sein d’un même individu et qu’il tente par tous les moyens d’en coloniser de nouveaux, en se voyageant notamment par les airs. Il dispose d’autre part d’une faculté d’adaptation et de mutation qui lui permet de contrecarrer tous les protocoles médicaux que pourraient être amenés à développer les Hommes. Le virus du Sida, par exemple, est bien plus complexe aujourd’hui qu’il ne l’était au début des années 1980. Il a muté au fur et à mesure que les protocoles médicaux ont évolués. Le virus Ebola continue également de constituer une menace, notamment pour le continent Africain.</p>
<p>Les virus du Sida et Ebola ont un point commun : ils se contractent par les voies sexuelles et sanguines (ainsi que par les contacts salivaires très proches dans le cas d’Ebola), ce qui au final limite considérablement le risque de pandémie. Il est alors aisé de comprendre la menace que constituent les nouveaux virus mutants dont les modes de transmission sont aériens (et donc très actifs), tels que les variantes du virus de la grippe.&#0160; </p>
<p>C’est la raison pour laquelle le virus de grippe porcine qui sévit aujourd’hui au Mexique dispose d’un potentiel hautement pandémique. Et ce risque pandémique est d’autant plus fort que les Hommes sont désormais très mobiles dans le monde : chaque personne qui se déplace en avion ou en bateau est comme un cheval de troie qui permettrait au virus de conquérir de nouveaux territoires. </p>
<p>Que cette grippe porcine se transforme en pandémie ou pas, il est plus que probable que l’Homme aura à gérer un risque de ce type dans les prochaines années. Et c’est en cela que la Nature est cynique : comme je l’exprimais plus haut, jamais l’Homme n’a autant été capable de repousser les limites de la vie. En même temps, jamais son existence n’a autant été menacée. </p>
<p>Au fond, pour revenir sur le registre de la morale, tout se passe donc comme si le Bien et le Mal suivaient des logiques absolument et systématiquement opposées, et cela quel que soit le domaine de la vie. </p>
<p>Dans le domaine de l’énergie, par exemple. L’Homme sait depuis peu domestiquer l’atome. Mieux encore, Il parvient même depuis 1938 à réaliser des réactions de fission sur des atomes tels que l’Uranium et le Plutonium. De telle fissions ont la caractéristique de dégager une énergie inégalée. Les centrales nucléaires, qui produisent 75% de l’électricité d’un pays tel que la France, ne sont rien d’autre que des « usines » à fission. Les corollaires positifs sont légion, notamment dans le domaine de la médecine avec l’avènement de la médecine nucléaire (IRM). Cependant, en développant un savoir dans le domaine de la physique nucléaire, l’Homme a créé les conditions de la mise au point de l’arme la plus destructrice qui soit : la bombe A, ou bombe Atomique. Pour la première fois de son histoire, l’Homme dispose de la capacité de s’autodétruire, qui est la contrepartie du progrès technologique dont il bénéficie par ailleurs grandement. </p>
<p>Dans le domaine numérique, nous savons que l’internet est l’outil le plus fabuleux qui n’ait jamais existé pour faciliter la transmission du savoir et la communication interpersonnelle, un outil qui pourrait être à l’origine d’un développement exponentiel du savoir humain. Tout cela serait idéal si l’internet n’était pas aussi une arme absolue au service du Mal (des escrocs en tous genres aux pédophiles, en passant par les groupes terroristes), qui ont trouvé là le moyen idéal de communiquer et de se fédérer. Si l’organisation terroriste Al Quaida est si difficile à combattre, c’est aussi par ce qu’il s’agit d’une nébuleuse protéiforme et décentralisée organisée à l’image de l’Internet.</p>
<p>Dans le domaine de la bio-génétique, enfin, l’Homme, nous l’avons vu, sera en situation d’intervenir sur chacun de ses gênes pour réparer les anomalies qui pourraient s’y introduire. Mais ce faisant, il aura aussi la capacité de créer des combinaisons de gênes inédites qui donneront naissance à des chimères.</p>
<p>Revenons au Mexique, terrain de l’actuelle grippe porcine, mais il y a 65 millions d’années cette fois. Une gigantesque météorite s’abat sur la péninsule du Yucatan, exterminant 80% des espèces vivantes sur la planète, en particulier les dinosaures. Cette catastrophe écologique est la « sixième grande extinction » que le monde du vivant ait connue. Mais en éliminant la totalité des animaux de plus de 25 kg vivant sur les continents, cette extinction a laissé le champ libre au développement de milliers de nouvelles espèces, telles que les mammifères, qui n’auraient pas pu évoluer dans un contexte dominé par des animaux de grande taille. Tous les paléontologues le confirment : chacune des six grandes extinctions a été suivie d’une profusion créatrice inédite. Un peu comme si, au fond, le chao était inscrit dans les gènes de l’évolution, par delà le bien et le mal. </p><div class="feedflare">
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<dc:creator>Rafik Smati</dc:creator>
<pubDate>Mon, 27 Apr 2009 00:09:00 +0200</pubDate>

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<title>Vertus de l’immatériel et du gratuit</title>
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<description>Souvenez-vous. Il y a à peine plus d’une décennie, vous partiez en vacances équipés d’un walkman radio-cassettes ou CD (accompagné de cassettes que vous aviez minutieusement pris soin de sélectionner), ainsi que d’un appareil photo (chargé d’une pellicule de 24...</description>
<content:encoded><![CDATA[<p>Souvenez-vous. Il y a à peine plus d’une décennie, vous partiez en vacances équipés d’un walkman radio-cassettes ou CD (accompagné de cassettes que vous aviez minutieusement pris soin de sélectionner), ainsi que d’un appareil photo (chargé d’une pellicule de 24 ou 36 poses). Aujourd’hui, vous voyagez en transportant toute votre discographie dans votre baladeur MP3. Vous captez autant d’instants que vous le souhaitez en prenant plusieurs centaines de photos. </p>
<p>Au-delà des avancées technologiques qu’ont pu connaître les appareils photos ou les baladeurs, cette scène que chacun se remémore illustre éloquemment deux évolutions majeures que traverse notre civilisation : une évolution vers une société de plus en plus immatérielle d’une part, et l’avènement du concept de la gratuité dans notre système économique d’autre part.</p>
<p>De tous temps, l’Homme a développé un besoin irrépressible de posséder les choses. Dans l’époque contemporaine, les professionnels du marketing se sont d’ailleurs servis de cette faiblesse en développant des concepts de packaging en parfait décalage avec le produit lui-même. Pourquoi en effet commercialiser un logiciel dans une boite volumineuse composée essentiellement de vide, si ce n’est pour donner une illusion de valeur matérielle ? </p>
<p>Les exemples de la musique et de la photo tendent cependant à démontrer que la conscience collective accepte de plus en plus l’idée d’une dématérialisation des supports, en contrepartie de la conquête d’un authentique avantage sur le produit lui même. </p>
<p>Prenons l’exemple de la musique. Un balladeur « iPod classique » est annoncé par Apple comme ayant une capacité de 30000 chansons. Imaginez donc une étagère de 15 mètres de long alignant plus de 2000 albums. Le tout dans votre poche. Cette évolution technologique s’est accompagnée aussi d’une évolution dans le comportement d’achat de la musique. L’unité de référence est désormais le morceau, d’avantage que l’album. En partant en vacances avec toute votre discographie dans votre baladeur, vous multipliez ainsi de façon exponentielle la probabilité d’écouter sur votre lieu de vacances le morceau d’un artiste que vous écoutez peu souvent, alors que dans l’hypothèse « radio-cassettes », vous n’auriez sélectionné que le top 5 de vos artistes préférés du moment. Certains puristes vous diront encore qu’ils privilégient le CD pour « la beauté de l’objet », ou encore pour une meilleure sonorité. Tous ces arguments seront sans doute balayés par l’histoire comme étant superfétatoires.</p>
<p>S’agissant de la photographie, l’exemple est également saisissant. En n’étant plus limité par le nombre de prises de vue, vous vous aventurez à saisir des instants que vous n’auriez jamais osé saisir dans l’hypothèse « 36 poses ». Au-delà de la profusion quantitative qui en découle, la place de la photo dans notre société évolue considérablement : désormais, tous les instants de la vie quotidienne, et plus seulement les grandes occasions, sont captés. <br />La photo numérique est par définition immatérielle. Il est cependant intéressant de constater que nous avons vécu une période de transition dans laquelle certains utilisateurs, notamment chez les séniors, continuaient à faire développer leurs clichés numériques. Cela a d’ailleurs vu se créer un très grand nombre de sites internet spécialisés. Ces sites internet d’impression de photos numériques commencent aujourd’hui à subir les effets d’un retournement de marché : les utilisateurs n’éprouvent plus le besoin absolu d’imprimer toutes leurs photos, et développent un engouement pour les albums en ligne et les services de partage de photo tels que Facebook et Flickr. Comme pour la musique, la dématérialisation de la photo est à l’origine d’un développement communautaire puissant et d’une profusion créative que nous n’avons jamais connue jusqu’alors.</p>
<p>La question de la dématérialisation des supports soulève, en corolaire, l’inévitable question du modèle économique, et d’un hypothétique avènement d’une économie basée sur la gratuité. L’exemple de la musique est de ce point de vue éminemment d’actualité, avec l’adoption probable de la loi « HADOPI » pénalisant le téléchargement illégal de musiques et de films. Au risque de paraître non consensuel, j’ai le sentiment que le contenu musical est inéluctablement amené à tendre vers la gratuité. Et je le dis avec d’autant plus de certitudes que je suis de ceux qui achètent leur musique sur les plates formes commerciales telles qu’iTunes d’Apple.</p>
<p>La musique est en effet peut-être le précurseur de ce que Chris Anderson, le célèbre rédacteur en chef du magazine « Wired », et concepteur de la théorie de la « longue traîne », appelle la « Freeconomics ». Chris Anderson développe une théorie selon laquelle le capitalisme devrait produire à l’avenir de plus en plus de produits et services gratuits, notamment grâce à l’Internet.</p>
<p>La raison en est simple : les coûts de bande passante et de stockage tendent aujourd’hui vers 0. En conséquence, il devient concevable que 99% des utilisateurs d’un service puissent l’utiliser gratuitement, dès lors que 1% l’utilisent dans sa version « premium ». Et ce 1%, s’il s’applique à un grand nombre d’utilisateurs, peut être suffisant pour constituer un modèle économique viable.</p>
<p>Je serais ici tenté de faire le rapprochement entre cette pensée de Chris Anderson, et la pensée de Karl Marx. Dans « Le Capital » (notamment dans la 7ème section), Karl Marx démontre que le capitalisme (dont il était un admirateur, contrairement aux idées reçues) est générateur de progrès technologique, et que ce progrès technologique est une condition sine qua non pour créer les conditions de la gratuité et accéder au bien être collectif.</p>
<p>Cette gratuité s’applique déjà à bon nombre de services internet. Un exemple que je connais bien est évidemment celui des cartes postales électroniques, que les internautes peuvent s’échanger gratuitement sur internet. Le site internet Dromadaire.com, qui réalise une audience de plus de 10 millions de visiteurs uniques par mois, est intégralement financé par les revenus issus de la vente d’espaces publicitaires. L’effet multiplicateur apporté par la gratuité est évident lorsque l’on réalise qu’il s’échange davantage de cartes électroniques en France qu’aux Etats-Unis, pays dans lequel la tradition de la carte est très forte, mais où les sites qui proposent ces services sont payants. </p>
<p>De la même façon qu’elle s’applique aujourd’hui à internet, la gratuité s’appliquera demain à la musique et à l’ensemble des produits culturels, que cela déplaise ou non aux vendeurs de disques.</p>
<p>S’agissant de la musique, la gratuité pourrait être de nature à révéler de nombreux jeunes talents, qui n’auraient sans doute jamais émergé par le circuit traditionnel, jeunes talents qui ensuite pourraient valoriser leur art par le truchement des événements, et notamment des concerts. Quoi de plus noble pour un artiste que de gagner sa vie à la rencontre de son public ? Et les indicateurs tendent à valider cette théorie : jamais nous ne nous sommes autant rendus en concert que depuis que la musique est accessible gratuitement (et illégalement) ; jamais aussi les salles de cinémas n’ont été autant fréquentées qu’en 2008. Le film « Bienvenue chez les cht’is » est le film de plus téléchargé illégalement sur internet. C’est également le plus grand succès du cinéma Français de tous les temps. N’y a-t-il pas ici un effet évident de vases communicants ? Je parlais à l’instant de profusion créative. N’est-ce pas ici un des idéaux auxquel nous permettrait d’accéder la gratuité ?</p>
<p>Après demain, cette gratuité dépassera même les frontières de l’Internet. Elle s’appliquera à l’énergie, lorsque nous aurons développé des sources d’énergies inépuisables (de type nucléaire de 4ème génération) ou renouvelables (Eolienes, photovoltaïques ou autres). Claude Levi-Strauss n’a-t-il pas écrit en 1954 que l’électricité avait vocation à devenir un jour gratuite ? Cette gratuité s’appliquera aussi à l’eau, lorsque nous saurons recycler l’eau de mer à grande échelle. Enfin, elle s’appliquera peut être à l’alimentation, si les recherches sur les nouvelles techniques agricoles débouchent sur l’avènement d’une abondance alimentaire.</p>
<p>Il appartiendra alors à nos entreprises de se montrer créatives pour créer des produits à valeur ajoutée suffisamment attractifs et innovant en vue de convaincre le 1% de clients dont parle Chris Anderson, qui eux, choisiront de payer. Au fond, ce capitalisme issu de la gratuité sera un fabuleux moteur pour accéder à une certaine forme d’excellence.<br /></p><div class="feedflare">
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<dc:creator>Rafik Smati</dc:creator>
<pubDate>Mon, 20 Apr 2009 21:03:16 +0200</pubDate>

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<title>Les patrons</title>
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<description>Il a souvent été fait allusion ces derniers mois à ce que l’on appelle les « dérives » du capitalisme. Le capitalisme, nous dit-on, est en « crise ». L’heure est à la « moralisation » du capitalisme. Il est...</description>
<content:encoded><![CDATA[<p>Il a souvent été fait allusion ces derniers mois à ce que l’on appelle les « dérives » du capitalisme. Le capitalisme, nous dit-on, est en « crise ». L’heure est à la « moralisation » du capitalisme. Il est bien sûr aisé de comprendre ce que nous plaçons derrières ces concepts. Mais ne commettons-nous pas tous ici un gigantesque abus de langage?</p>
<p>« Capitalisme » et « capitaliste » sont des termes utilisés depuis le 18ème siècle, et sont tous deux issus du mot « capital ». « Capitaliste » désigne donc à la base celui qui détient le capital, et notamment le capital d’une entreprise. Etre capitaliste désigne donc un état de fait, mais en aucun cas un comportement, tel que pourrait le faire par exemple le mot « spéculateur ». </p>
<p>De ce point de vue, j’assume parfaitement le fait d’être qualifié de capitaliste. Et je ne suis ni plus ni moins capitaliste que mon menuisier, ma fleuriste, ou même que Bernard Arnault, le président de LVMH ou François Pinault, président du groupe PPR. </p>
<p>Or quand nous parlons de crise du capitalisme, nous pensons tous spontanément à Jérôme Kerviel, ce trader de la Société Générale qui a pris 50 milliards d’euros de positions sans qu’il puisse être inquiété par sa hiérarchie. Nous pensons à tous ces traders de salles de marché qui se comportent comme des éternels adolescents en quête d’adrénaline aux manettes d’un jeu vidéo. Nous pensons à ces patrons qui échouent tout en revendiquant le versement de leurs parachutes dorés. </p>
<p>Et quel est le point commun entre tous ces braves gens ? Précisément le fait qu’aucun d’entre eux ne détient le capital des entreprises dans lesquelles ils sont sensés s’impliquer. Que ce soit Jérôme Kerviel et les autres traders de la Société Générale, ou Daniel Bouton, son Président, tous sans exception sont des salariés d’élite, qui incarnent ce que l’on pourrait dénommer une « nomenklatura du travail ». Et ce qui est vrai à la Société Générale l’est dans toutes les grandes banques, assurances, ainsi que dans de nombreuses multinationales. </p>
<p>Il n’est pas dans ma nature d’opposer les uns aux autres. Mais force est de constater qu’il existe deux catégories de chefs d’entreprise : le chef d’entreprise entrepreneur d’une part, qui représente l’immense majorité, et le chef d’entreprise salarié d’élite. </p>
<p>Le chef d’entreprise entrepreneur a le plus souvent créé son entreprise en investissant son capital personnel. Il s’inscrit dans une logique patrimoniale, dans laquelle il a beaucoup à gagner si le projet est vertueux, mais aussi beaucoup à perdre, si le projet s’avère défaillant. Il est investi corps et âme dans son entreprise, qu’il qualifie souvent comme étant son « bébé ».&#0160; Le chef d’entreprise entrepreneur a la culture du risque, mais fuit les décisions téméraires susceptibles de compromettre l’intégrité de son entreprise. Il sait se concentrer sur l’essentiel, mais développe un sens du détail inégalé qui lui permet de maîtriser les moindres subtilités de son projet. Une anecdote m’a récemment été rapportée au sujet de Bernard Arnault, président et propriétaire du groupe LVMH. Celui-ci a été observé devant la boutique Séphora située sur l’avenue des Champs Elysées en train de faire modifier le contenu du texte affichant les horaires d’ouverture et de fermeture du magasin. Du zèle me direz-vous ? De l’implication, vous répondrai-je.</p>
<p>L’implication est précisément l’une des qualités qu’il manque à bon nombre de chefs d’entreprise salariés. </p>
<p>Implication capitalistique d’une part, car le chef d’entreprise salarié n’est pas propriétaire de son projet (à l’exception de quelques parts ou stocks options). N’étant pas partie prenante du capital, ce chef d’entreprise a par nature une prise de risque limitée. Un succès peut lui assurer des gains substantiels. Un échec n’a en revanche aucune conséquence patrimoniale. Souvent donc, le défi tend à prendre le dessus sur la raison, et singulièrement dans le domaine des banques et assurances.</p>
<p>Implication organisationnelle d’autre part, dans la mesure où le chef d’entreprise salarié tend à développer une « culture du tableau de bord », qui lui permet de diriger son entreprise en se focalisant sur quelques indicateurs de référence, en omettant souvent de se concentrer sur des détails dont les conséquences peuvent être grandes. Ne dit-on pas que le diable est dans les détails ?</p>
<p>Même si ce tableau mérite d’être nuancé (il existe des chefs d’entreprise entrepreneurs court-termistes et des chefs d’entreprise salariés honnêtes et compétents), il est intéressant de constater que les valeurs que développe le chef d’entreprise entrepreneur (implication, prudence, pérennité) sont des valeurs que je qualifiais dans mon précédent billet (&quot;<a href="http://www.smati.com/drs/2009/03/vers-un-capitalisme-feminin.html">vers un capitalisme féminin</a>&quot;) de féminines, alors que les valeurs que développe le chef d’entreprise salarié (jeu, prise de risque, vision à court terme) correspondent à des valeurs que je qualifiais de masculines. L’attitude du chef d’entreprise entrepreneur, dont je disais à l’instant qu’il pouvait assimiler son entreprise à son bébé, est de ce point de vue très maternelle, féminine.</p>
<p>Le « capitalisme féminin » n’est donc pas un capitalisme sexué, à savoir un capitalisme organisé avec et par des personnes de sexe féminin. Cela n’aurait aucun sens. Il s’agit plutôt d’un capitalisme apaisé qui développe des valeurs éminemment féminines. Avec des femmes… et des hommes !</p><div class="feedflare">
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<category>Economie</category>
<category>Management</category>

<dc:creator>Rafik Smati</dc:creator>
<pubDate>Wed, 08 Apr 2009 01:22:00 +0200</pubDate>

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<title>Vers un capitalisme féminin </title>
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<description>Et si la crise que traverse notre civilisation n’était-elle pas la crise du masculin ? Regardons tout d’abord les choses d’un point de vue bio-génétique. Le patrimoine génétique de chaque être humain est réparti sur 46 chromosomes. Tous ces chromosomes...</description>
<content:encoded><![CDATA[<p>Et si la crise que traverse notre civilisation n’était-elle pas la crise du masculin ?</p>
<p>Regardons tout d’abord les choses d’un point de vue bio-génétique. <br />Le patrimoine génétique de chaque être humain est réparti sur 46 chromosomes. Tous ces chromosomes sont comparables d’un individu à l’autre, à l’exception du 46ème, qui prend une forme différente selon que le sujet est une femme ou un homme. Dans le premier cas il s’agit d’un chromosome en forme de « X ». Dans le second cas un chromosome en forme de « Y ». Et ce chromosome (X pour la femme, et Y pour l’homme) code à lui seul l’ensemble des caractéristiques sexuelles de l’individu. <br />Ce qu’il y a de surprenant, c’est que le chromosome masculin (Y) est trois fois plus petit en taille que le chromosome féminin (X) et contient environ 10 fois moins de gènes. Plus étonnant encore, le chromosome Y tend à devenir de plus en plus petit avec le temps et à se vider de ses gênes, si bien que certains prédisent sa disparition pure et simple d’ici une dizaine de millions d’années.<br />Parallèlement à cela, de nombreuses études font état d’une baisse spectaculaire de la fertilité masculine ces dernières années. La concentration de spermatozoïdes diminuerait de 3% par an en Europe. Sur ces 50 dernières années, leur concentration aurait baissé de 50% !</p>
<p>Tout se passe donc comme si la Nature voulait désormais se passer du sexe masculin. Et la survie de l’espèce me direz-vous ? Cette question est d’autant plus légitime que l’une des hypothèses avancée pour expliquer la disparition de l’Homme de Neandertal il y a 30000 ans est celle d’une défaillance de la fertilité masculine. Dans notre cas, la survie de l’espèce n’est à priori pas menacée car l’Homme a su créer, notamment grâce à sa science, des techniques de reproduction non sexuées qui fondamentalement n’impliquent pas la présence impérieuse d’un individu de sexe masculin pour assurer le renouvellement de l’espèce. </p>
<p>Mais pourquoi donc la Nature aurait-elle intérêt à se passer du sexe masculin ? </p>
<p>Regardons les choses d’un point de vue historique et social. <br />Il y a 100 000 ans déjà, l’homme risquait sa vie pour aller chasser pendant que la femme veillait sur le camp. Aux hommes la conquête des nouveaux territoires, aux femmes l’organisation des relations sociales au sein de ces territoires. Quand les hommes incarnaient l’autorité à l’extérieur du foyer, les femmes exerçaient cette autorité à l’intérieur. Quand les hommes enseignaient à leur descendance l’art de la guerre, les femmes veillaient à la transmission du savoir. <br />Au fond, tout se résume de la façon suivante : le risque est une valeur masculine, la prudence est une valeur féminine ; la conquête est l’apanage de l’homme, l’organisation est l’apanage de la femme. </p>
<p>Pour se bâtir, notre modèle de civilisation a donc de fait nécessité une approche de type masculine basée sur la prise de risque, la conquête et la guerre. <br />Mais aujourd’hui, alors que toute la planète est explorée, que les autres espèces animales sont dominées, que les frontières sont stabilisées, et que les ressources (tant énergétiques qu’agricoles) sont à la limite de l’épuisement, le modèle masculin a-t-il encore un sens ? Plus encore, n’est-il pas intrinsèquement dangereux pour la survie de l’espèce ? C’est peut être la raison pour laquelle la Nature tend désormais à privilégier dans sa sélection naturelle un modèle davantage féminin, basé sur la prudence, l’organisation, la gestion des ressources, et la transmission du savoir. Et si la fin du modèle capitaliste que prédisent certains n’était-il pas plutôt la fin du modèle capitaliste masculin ? </p>
<p>Un capitalisme féminin serait en effet assurément un capitalisme plus apaisé ; un capitalisme conscient de la limitation des ressources et de l’importance de l’éducation ; un capitalisme probablement moins ludique et plus prudent. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les traders de salles de marché sont dans leur quasi-totalité de sexe masculin. La crise financière que nous connaissons aurait-elle eu lieu si ces mêmes traders étaient des femmes ? Probablement pas. </p>
<p>« La femme est l’avenir de l’homme », écrivit Louis Aragon. Plus que jamais cette maxime n’a autant fait figure de prophétie. </p><div class="feedflare">
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<category>Economie</category>

<dc:creator>Rafik Smati</dc:creator>
<pubDate>Sat, 07 Mar 2009 19:07:47 +0100</pubDate>

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