<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><feed
  xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom"
  xmlns:thr="http://purl.org/syndication/thread/1.0"
  xml:lang="en"
  xml:base="http://sara-daniel.com/wp-atom.php"
   >
	<title type="text">Sara Daniel, Grand Reporter : enquete, article et reportage de guerreAmérique du nord &#187; Sara Daniel, Grand Reporter : enquete, article et reportage de guerre</title>
	<subtitle type="text">articles de Sara Daniel grand reporter à l&#039;Obs</subtitle>

	<updated>2020-01-13T13:50:18Z</updated>

	<link rel="alternate" type="text/html" href="http://sara-daniel.com" />
	<id>http://sara-daniel.com/feed/atom</id>
	<link rel="self" type="application/atom+xml" href="http://sara-daniel.com/pays/amerique-du-nord/feed/atom" />

	<generator uri="http://wordpress.org/" version="3.0.2">WordPress</generator>
		<entry>
		<author>
			<name>Sara Daniel</name>
					</author>
		<title type="html"><![CDATA[Il serait temps que le gouvernement français s’émeuve du meurtre de Jamal Khashoggi.]]></title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="http://sara-daniel.com/2018/11/il-serait-temps-que-le-gouvernement-francais-s%e2%80%99emeuve-du-meurtre-de-jamal-khashoggi" />
		<id>http://sara-daniel.com/?p=3257</id>
		<updated>2018-11-06T12:44:10Z</updated>
		<published>2018-11-06T12:18:37Z</published>
		<category scheme="http://sara-daniel.com" term="Articles" />		<summary type="html"><![CDATA[edito, Sara Daniel
13 octobre 2018
Dans les journaux,  tous les jours, les révélations sur le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi s’égrènent. Un scénario de série B d’une violence inouïe où]]></summary>
		<content type="html" xml:base="http://sara-daniel.com/2018/11/il-serait-temps-que-le-gouvernement-francais-s%e2%80%99emeuve-du-meurtre-de-jamal-khashoggi"><![CDATA[<p>edito, Sara Daniel</p>
<p>13 octobre 2018</p>
<p>Dans les journaux,  tous les jours, les révélations sur le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi s’égrènent. Un scénario de série B d’une violence inouïe où l’on imagine, comme l’ont expliqué les services turcs, les équipes de nettoyeurs venues du Royaume disposer du corps, du sang et des viscères de celui qui osait critiquer le régime. Et l’image de l’Arabie saoudite et celle de son jeune prince accusent le coup.</p>
<p>Dans le &laquo;&nbsp;Washington Post&nbsp;&raquo;, Khashoggi écrivait, jusqu’à ce qu’on l’assassine, que c’était la guerre sanglante qu’il conduisait au Yémen qui  nuirait le plus au Royaume. Mais ce sera finalement le meurtre, son meurtre, qui en exposant la nouvelle brutalité des barbouzes de la monarchie pétrolière, révèle la vraie nature du régime. Mohamed Ben Salman, MBS, dont les initiales sonnaient comme une promesse de modernité.</p>
<p>Pressé de tourner la page d’une monarchie empêtrée dans un folklore rétrograde, il voulait mettre au pas les autorités religieuses qui &laquo;&nbsp;salafisaient&nbsp;&raquo; l’islam dans le monde, passer au kärcher une dynastie adelphique où la lourdeur du consensus étouffait toutes les réformes.  Les plus grandes agences de publicité, et la crème des entrepreneurs sortis des universités américaines nous avait expliqué à nous les journalistes, et aux chercheurs, aux hommes d’affaires qu’un nouveau vent générationnel venait de souffler sur la monarchie pétrolière. Un colloque de jeunes Saoudiennes avait été organisé entre autres à l’Unesco pour vanter le plan de développement économique de MBS, &laquo;&nbsp;Vision 2030&#8243; et redorer l’image du Royaume. L’armée de princes séniles, caciques ventripotents n’avait-elle pas été mise brutalement à la retraite par le jeune héritier, pressé de mettre son pays à la page ?</p>
<p>Ses sujets louaient l’entrepreneur pressé qui avait au nom d’une opération anti-corruption, mis en résidence surveillée l’aristocratie des princes, sans aller jusqu&#8217;à remarquer, toutefois, que l’héritier ne s’était pas appliqué à lui même sa loi d’airain. On se félicitait du fait que MBS ait enfin accordé aux femmes le droit de conduire et les images joyeuses des premières Saoudiennes au volant avaient occulté le fait que cette permission avait été précédé de l’emprisonnement des militantes féministes du Royaume qui la réclamaient depuis des années (au rang desquelles Aisha al Manae). Le message était bien clair : l’acquis ne pouvait être que le fait du Prince pas le résultat d’un combat contestataire contre les lois du Royaume&#8230;</p>
<p>On ne parlait pas, ou si peu de son despotisme, de la manière dont il convoquait les hommes politiques de la région pour leur dicter sa loi (Mahmoud Abbas pour lui vendre Abou Dis comme capitale de la Palestine), ou les démissionner (Saad Hariri). D’ailleurs on ne parle pas politique en Arabie saoudite. On chuchote des rumeurs. Comme l’écrit l’universitaire Madawi al Rasheed, &laquo;&nbsp;le monarque mystique encourage les citoyens à s’en remettre à des rumeurs pour prévoir l’avenir et décoder la terreur quasi magique qu’inspire la royauté&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Pour l’occident, pour la France, il y avait des affaires à mener, des armes et des avions à livrer. Quant au reste… Panem et circenses. A l’ère de MBS la jeunesse pouvait enfin aller à des concerts, au cinéma, au cirque même à condition que les écuyères ne portent pas de collants.</p>
<p>Emerveillés par cette évolution sociétale, le peuple louait la  modernité du régime, miroir aux alouettes censé les détourner des revendications politiques. Mais le régime est désormais éclaboussé du sang indélébile de notre confrère. Il serait plus que temps que le gouvernement français s’en afflige.</p>
<p>Sara Daniel</p>
]]></content>
		<link rel="replies" type="text/html" href="http://sara-daniel.com/2018/11/il-serait-temps-que-le-gouvernement-francais-s%e2%80%99emeuve-du-meurtre-de-jamal-khashoggi#comments" thr:count="0"/>
		<link rel="replies" type="application/atom+xml" href="http://sara-daniel.com/2018/11/il-serait-temps-que-le-gouvernement-francais-s%e2%80%99emeuve-du-meurtre-de-jamal-khashoggi/feed/atom" thr:count="0"/>
		<thr:total>0</thr:total>
	</entry>
		<entry>
		<author>
			<name>Sara Daniel</name>
					</author>
		<title type="html"><![CDATA[Mark Lilla, auteur de l’essai controversé &#171;&#160;la Gauche identitaire&#160;&#187;, analyse les enjeux des élections de mi-mandat aux Etats-Unis. Entretien.]]></title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="http://sara-daniel.com/2018/11/mark-lilla-auteur-de-l%e2%80%99essai-controverse-la-gauche-identitaire-analyse-les-enjeux-des-elections-de-mi-mandat-aux-etats-unis-entretien" />
		<id>http://sara-daniel.com/?p=3254</id>
		<updated>2019-11-11T10:41:46Z</updated>
		<published>2018-11-05T12:06:08Z</published>
		<category scheme="http://sara-daniel.com" term="Articles" />		<summary type="html"><![CDATA[Par Sara Daniel
4 novembre 2018
Le 18 novembre 2016, dix jours après l&#8217;élection de Donald Trump à la Maison-Blanche, Mark Lilla, professeur à l&#8217;université Columbia, publiait une tribune dans le &#171;&#160;New]]></summary>
		<content type="html" xml:base="http://sara-daniel.com/2018/11/mark-lilla-auteur-de-l%e2%80%99essai-controverse-la-gauche-identitaire-analyse-les-enjeux-des-elections-de-mi-mandat-aux-etats-unis-entretien"><![CDATA[<p>Par Sara Daniel</p>
<p>4 novembre 2018</p>
<p>Le 18 novembre 2016, dix jours après l&#8217;élection de Donald Trump à la Maison-Blanche, Mark Lilla, professeur à l&#8217;université Columbia, publiait une tribune dans le &laquo;&nbsp;New York Times&nbsp;&raquo; sur la décomposition de la gauche américaine. Le texte, dans lequel il regrettait le repli identitaire du Parti démocrate, suscita de nombreuses et vives réactions. L&#8217;historien des idées, qui se définit comme &laquo;&nbsp;un modéré de gauche&nbsp;&raquo;, a poursuivi sa réflexion dans un livre, &laquo;&nbsp;The Once and Future Liberal. After Identity Politics&nbsp;&raquo;, qui vient de sortir en France aux éditions Stock sous le titre &laquo;&nbsp;la Gauche identitaire. L&#8217;Amérique en miettes&nbsp;&raquo;.</p>
<p>A l&#8217;approche des élections de mi-mandat du 6 novembre, où les Américains sont appelés aux urnes pour renouveler l&#8217;intégralité de la Chambre des représentants et le tiers du Sénat, &laquo;&nbsp;l&#8217;Obs&nbsp;&raquo; a rencontré Mark Lilla. L&#8217;essayiste revient sur son livre et analyse les enjeux des &laquo;&nbsp;midterms&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Entretien.</p>
<div id="attachment_3255" class="wp-caption alignright" style="width: 199px"><img class="size-medium wp-image-3255" title="livre mark lilla" src="http://sara-daniel.com/wp-content/uploads/2018/11/livre-mark-lilla-189x300.jpg" alt="la gauche identitaire" width="189" height="300" /><p class="wp-caption-text">la gauche identitaire par Mark Lilla </p></div>
<p><strong>Quels sont vos pronostics pour ces élections de mi-mandat ?</strong></p>
<p>J’ai une bonne raison pour ne plus vouloir faire de prévisions politiques : la nuit de l’élection présidentielle américaine en 2016, j’étais sur le plateau de BFMTV pour rassurer les Français en leur expliquant qu’il n’y avait aucune chance pour que Trump soit élu ! Les &laquo;&nbsp;midterms&nbsp;&raquo; aux Etats-Unis ne sont pas comme en Europe un référendum sur le gouvernement au pouvoir. Les questions locales l’emportent et la personnalité des candidats compte beaucoup, surtout en ce moment où les Américains veulent être gouvernés par des gens qui leur ressemblent.</p>
<p>Il y a un facteur déterminant pour les élections de mi-mandat, c’est la participation. Or il y a un tel rejet du mouvement #Metoo et des auditions de Kavanaugh [le juge de la Cour suprême accusé de violences sexuelles] dans l’électorat de Trump que cela va peut-être les conduire à voter massivement. Les républicains ont bien surfé sur ce rejet. Ce qu’ils disaient, c’était : cela pourrait arriver à votre mari, à votre fils, à votre frère, d’être passé au crible de l’inquisition sexuelle de la gauche.</p>
<p>Cette atmosphère de chasse à l’homme a inquiété la base des républicains. Car les libéraux aux Etats-Unis ont la fâcheuse coutume d’aller trop loin. Or il y a une règle en politique : on ne peut pas trop avoir raison, il faut exprimer un doute pour arriver à un compromis. Les gens sont si divisés sur cette question #Metoo aujourd’hui qu’il faut en tenir compte. Cela m’évoque ce dessin humoristique du temps de l’affaire Dreyfus en France. Une famille est attablée en bonne harmonie, puis quelqu’un prononce le nom de l’officier juif et c’est la débandade complète et les assiettes volent. C’est comme ça aujourd’hui aux Etat-Unis. #Metoo, c’est notre affaire Dreyfus et j’ai dû mettre fin à plusieurs conversations très conflictuelles avec des amis sur le sujet…</p>
<p><strong>Vous voulez dire que le mouvement #Metoo et ses conséquences sont devenus la question centrale des élections américaines ?</strong></p>
<p>Oui, et c’est vraiment dommage. Car le véritable sujet qui devrait nous mobiliser, c’est Trump lui-même et ce que font les républicains pour modifier la structure démocratique de notre gouvernement. C’est à mon sens la chose la plus effrayante. Trump brise tous les tabous, des tabous qu’on imaginait même pas être des tabous. Il va par exemple jusqu’à menacer son adversaire de prison ! Les cadavres des tabous démocratiques sont abandonnés partout au hasard des humeurs du président. Bob Woodward, dans son livre ["Fear : Trump in the White House"], a bien décrit cette atmosphère d’urgence et de court terme qui sévit à la Maison-Blanche, où l’on pare toujours au plus pressé sans aucune vision. La presse étrangère s’interroge toujours sur la stratégie de Trump, mais il n’y en a pas !</p>
<p>Il nous faut tirer les leçons de 2016. Ces élections ne se sont pas faites en faveur de Trump, mais contre Hillary Clinton. Il n’avait pas de programme, mais il a su mobiliser sa base contre Hillary. Aujourd’hui, la stratégie du Parti démocrate doit être la même.</p>
<p><strong>Selon vous, les universitaires de gauche ont-ils eu une part responsabilité dans l’élection de Donald Trump ?</strong></p>
<p>Si on se focalise trop sur une catégorie marginale de la population, on lui donne trop d’importance dans l’échiquier politique. 20% des adultes aux Etats-Unis sont des évangélistes et moins de 1% sont des transgenres. Or, la gauche a beaucoup à dire sur les transgenres mais presque rien sur les évangélistes. Dans les films, il y a des personnages gays ou transgenres, mais rarement des évangélistes. Ainsi, on a l’impression que 20% des Américains sont des transgenres et 1% des évangélistes. Les articles de sciences sociales se focalisent sur ces groupes marginaux. C’était compréhensible dans les années 1970, où il fallait mettre ces groupes au centre de notre conscience nationale pour des raisons morales. Mais il ne faut pas confondre l’importance morale avec l’importance politique et démographique.</p>
<p><strong>A ces élections de mi-mandat, on observe l’arrivée massive des femmes, qui ont remporté l’investiture du Parti démocrate pour la première fois. Comment jugez-vous la stratégie du parti pour ces élections ?</strong></p>
<p>Il n’y a plus de Parti démocrate. Il n’y a pas de cerveau, ni d’organisation nationale ni même locale pour le choix des candidats.</p>
<p>De gens se sont mobilisés pour la première fois pour &laquo;&nbsp;sauver&nbsp;&raquo; le pays contre Trump, c’est une génération spontanée. Je ne suis pas optimiste, mais ce qui me rassure, c’est la diversité des candidats démocrates dans ces élections locales. Il y a des retraités, des homosexuels, des gens de toutes les races. Mais, en même temps, ils ne parlent pas de leur identité ni sexuelle, ni raciale. Les novices ne sont pas arc-boutés sur leur identité, ce qui est une bonne chose. Les questions identitaires sont l’obsession de la classe bavarde, des universitaires, des élites, ce qui suscite une réaction de la base, des électeurs de Trump, orchestrée ensuite par Fox News et l’&#8217;alt-right&nbsp;&raquo;.</p>
<p><strong>Comment s’est positionné Bernie Sanders sur cette question de l’identité ?</strong></p>
<p>Deux jours après la défaite d’Hillary Clinton, sur un plateau de télévision, une jeune femme dans l’assistance a interpellé Bernie Sanders en lui disant : &laquo;&nbsp;J’aimerais être la première Indienne américaine à être représentante de mon Etat, que dois-je faire ?&nbsp;&raquo; Bernie s’est mis en colère et lui a répondu : &laquo;&nbsp;J’approuve bien sûr le fait que vous vous présentiez à la Chambre des représentants, mais ce qui est important, c’est votre ligne politique, pas le fait que vous soyez une candidate de la diversité. Si quelqu’un issu des minorités décidait de transférer nos emplois en Chine, cela compterait plus que ses origines !&nbsp;&raquo; Depuis ce discours, son attachée de presse, une jeune femme noire, s’est brouillé avec lui et l’a quitté…</p>
<p><strong>Et Trump ?</strong></p>
<p>Trump a découvert une arme, l’&nbsp;&raquo;identitarisme&nbsp;&raquo; des petits Blancs, qu’il ignorait. Je l’ai connu comme figure politique il y a longtemps, ici, à New York. Il était modéré, avait des amis gays. Mais, en bon démagogue, il a changé. C’est un médium, il sent les choses, il a le talent de mettre en mot les passions latentes qui sont à l’œuvre dans le pays. Comme Mussolini, il s’enivre de sa capacité d’intuition.</p>
<p><strong>Entre le &laquo;&nbsp;parti des beaufs&nbsp;&raquo; et le &laquo;&nbsp;parti des bobos&nbsp;&raquo;, c’est pratiquement la guerre civile aujourd’hui aux Etats-Unis. Comment celle-ci va-t-elle se solder ?</strong></p>
<p>Impossible à dire. Les démocrates sont désorganisés et attendent encore leur messie. Les républicains sont, eux, organisés comme une armée : ils contrôlent les Etats [les deux tiers des gouverneurs sont des républicains radicaux]. Ils y sont si puissants qu’ils pourraient appeler à un Congrès pour réécrire la Constitution. Ils peuvent se livrer au &laquo;&nbsp;gerrymandering&nbsp;&raquo; [découpage des circonscriptions électorales dans l'objectif de favoriser un parti ou un candidat]. Amender les lois fédérales. Limiter le droit à l’avortement.</p>
<p>Or les démocrates ne voulaient pas jusqu’ici les affronter sur leur terrain. Ils ont abandonné le terrain de la politique institutionnelle pour faire une révolution culturelle. Changer les médias, Hollywood, l’université. C’est grâce à cette révolution que mon pays est plus tolérant, plus juste envers les minorités. Mais quand on contrôle les institutions comme les républicains, on peut bloquer les initiatives culturelles et sociétales de la gauche. Pour défendre ces acquis, les démocrates doivent gagner les élections locales. Mouiller leur chemise dans le Mississippi et pas seulement en Palestine ou au Nicaragua. Or les &laquo;&nbsp;millenials&nbsp;&raquo; de gauche sont des bourgeois éduqués, peu touchés par le chômage et obsédés par les questions identitaires. Il est très difficile de construire une armée politique avec des gens que la politique désintéresse.</p>
<p><strong>Vous écrivez dans votre livre que les Etats-Unis sont en proie à une &laquo;&nbsp;hystérie morale&nbsp;&raquo;. Et vous mettez en garde la gauche européenne contre le piège de la politique identitaire. Comment a été accueilli votre livre en France ?</strong></p>
<p>De manière conflictuelle ! Si aux Etats-Unis tout est moral, en France tout est politique. Les Français sont convaincus que les individus de gauche et de droite appartiennent à deux espèces différentes. Ils ne peuvent se comprendre, se marier, etc. Plusieurs fois, on m’a demandé en France en tordant la bouche : &laquo;&nbsp;Vous êtes bien un ami de Marcel Gauchet, n’est-ce pas ?&nbsp;&raquo; Comme si c’était un péché capital (rires).</p>
<p>Propos recueillis par<strong> Sara Daniel</strong></p>
<p>&laquo;&nbsp;La Gauche identitaire. L&#8217;Amérique en miettes&nbsp;&raquo;, de Mark Lilla (Stock, 160 pages, 16 euros)</p>
]]></content>
		<link rel="replies" type="text/html" href="http://sara-daniel.com/2018/11/mark-lilla-auteur-de-l%e2%80%99essai-controverse-la-gauche-identitaire-analyse-les-enjeux-des-elections-de-mi-mandat-aux-etats-unis-entretien#comments" thr:count="0"/>
		<link rel="replies" type="application/atom+xml" href="http://sara-daniel.com/2018/11/mark-lilla-auteur-de-l%e2%80%99essai-controverse-la-gauche-identitaire-analyse-les-enjeux-des-elections-de-mi-mandat-aux-etats-unis-entretien/feed/atom" thr:count="0"/>
		<thr:total>0</thr:total>
	</entry>
		<entry>
		<author>
			<name>Sara Daniel</name>
					</author>
		<title type="html"><![CDATA[Elections américaines, midterm 2018: La vague rose, les femmes contre Trump]]></title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="http://sara-daniel.com/2018/11/elections-americaines-midterm-2018-la-vague-rose-les-femmes-contre-trump" />
		<id>http://sara-daniel.com/?p=3248</id>
		<updated>2019-11-11T10:42:24Z</updated>
		<published>2018-11-05T11:57:34Z</published>
		<category scheme="http://sara-daniel.com" term="Articles" />		<summary type="html"><![CDATA[Midterms
La vague rose, les femmes contre Trump
De notre envoyée spéciale aux Etats-Unis, Sara Daniel
Le pays n’avait pas vu un tel engagement citoyen depuis l’émergence du mouvement des Tea parties en]]></summary>
		<content type="html" xml:base="http://sara-daniel.com/2018/11/elections-americaines-midterm-2018-la-vague-rose-les-femmes-contre-trump"><![CDATA[<p>Midterms</p>
<p>La vague rose, les femmes contre Trump</p>
<p>De notre envoyée spéciale aux Etats-Unis, Sara Daniel</p>
<p>Le pays n’avait pas vu un tel engagement citoyen depuis l’émergence du mouvement des Tea parties en 2009. La « pink wave » déferle sur le parti démocrate. Mais cela suffira –t-il a enrayer son déclin et à défaire Trump ?</p>
<p><img class="alignleft size-medium wp-image-3262" title="alexandra2_small" src="http://sara-daniel.com/wp-content/uploads/2018/11/alexandra2_small1-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></p>
<p>Elle se jette dans les bras de Bella Note,  un grand transsexuel à perruque verte et au décolleté pigeonnant. Félicite un comédien shemale d’origine asiatique qui fait rire l’assistance en racontant que sa Grand mère a planté un stylo dans la main d’un élève qui l’avait traité de sale Jap (japonais). Fait des hugs chaleureux a chacun de ses électeurs, en riant de bonheur comme si elle était surprise de retrouver un ami. C’est certain, Alexandra Ocasio Cortez, 29 ans, candidate démocrate aux mid terms, sait y faire.</p>
<p>A Sanger Hall, ce café du quartier mi ouvrier mi bobo de Sunny side, dans le Queens, où ses supporters ont réuni un groupe de fans gay friendly,  il y a de la bonne  musique, de la bière et de délicieux hamburgers aux piments. Tout le monde se parle, heureux d’être ensemble.  Orianne, la jolie patronne du bar est  ravie d’accueillir la nouvelle star du parti démocrate : «  Elle est exactement ce dont l’Amérique a besoin ! » .</p>
<p>La semaine prochaine, la jeune femme a de grandes chances de devenir la plus jeune élue de l’histoire du Congrès des Etats-Unis. Elle a créé la surprise en juin,  à  la primaire démocrate de la 14 ème circonscription de New York en dégommant, Joseph Crowley, un pilier du parti démocrate de  58 ans dont 20 au congrès. Aujourd’hui,  elle s’apprête à affronter le candidat républicain Anthony Pappas. Ce prof d’économie de 72 ans, aux prises avec un divorce très conflictuel, a peu de chance contre la jeune latina dans ce district qui vote à 75% démocrate.</p>
<p>La fulgurance de l’ascension d’Alexandra fait qu’on la présente comme l’espoir de la gauche américaine, une jeune Hillary Clinton. D’ailleurs sa courte biographie a déjà l’étoffe d’un destin. Née dans le Bronx, de mère porto ricaine, elle habite aujourd’hui un deux pièces à Parkchester et n’a pas encore cherché d’appartement à Washington où elle devra s’installer après les élections. Au Lycée, elle remporte un prix international de science qui décide le MIT a choisir son nom pour baptiser un astéroïde (23238 ocasio-cortez). Etudiante à l’université de Boston, elle collabore avec le sénateur Edouard Moore Kennedy  sur les questions d’immigration. Lorsque son père meurt d’un cancer du poumon, elle se fait embaucher  comme serveuse dans un bar à tacos a Union square  pour aider sa mère à joindre les deux bouts. Puis, celle qui se présente comme une « socialiste démocrate », milite pour Bernie Sanders, avant de forcer la porte du parti démocrate et de devenir la coqueluche des médias anti Trump.</p>
<div id="attachment_3251" class="wp-caption alignleft" style="width: 650px"><img class="size-large wp-image-3251" title="alexandra_small" src="http://sara-daniel.com/wp-content/uploads/2018/11/alexandra_small-1024x768.jpg" alt="Alexandra Ocasio mid terms 2018 Us elections" width="640" height="480" /><p class="wp-caption-text">Alexandra Ocasio mid terms 2018 Us elections</p></div>
<p>Mais la jeune femme n’est elle pas trop a gauche pour avoir un destin national ? Lorsqu’on lui pose la question dans ce bar ou elle se sent en famille, Alexandra se raidit ; Elle n’aime pas beaucoup les journalistes auxquels elle interdit souvent la porte de ses meetings. Elle nous explique pourtant  que c’est en réformant l’économie qu’elle pourra gagner le cœur et les esprits des électeurs de Trump. Mais son registre de campagne c’est l’amour.  Contre les discours de haine du président il faut créer un monde d’affection explique t-elle : « on ne peut pas haïr quelqu’un de près. La haine se dissout quand on parle aux gens ». Son optimisme peace and love est contagieux.  Elle a la voix chaude et roulante de Jennifer Lopez, fait de grands gestes, chante ses slogans. On dirait une comédienne ou un  prédicateur évangéliste. Les ouailles de celle qui se présente comme une « socialiste démocrate » cette après midi sont des transgenres et des couples bi,  et l’observateur étranger ne peut s’empêcher de penser qu’il va être difficile de trouver un terrain d’entente entre cette Amérique bobo et gay friendly et celle des électeurs de Trump. D’ailleurs  celui ci vient de faire de la révision des  droits des transgenres un argument de campagne…</p>
<p>Howard, un avocat aux grands yeux bleus, éconduit un électeur qui lui fait de l’œil mais accepte de poser pour sa photo destinée à inciter à voter. Il militait aussi dans l’équipe de campagne de Bernie Sanders, puis tout naturellement a rejoint la candidate la plus prometteuse de la gauche du partie démocrate. Porte-à-porte, «phone banking» (les volontaires téléphonent à la chaîne aux électeurs de leur district), meetings, il se donne pour sa championne :  « Dans les bureaux de vote pour  la primaire, j’ai vu un ras de marée d ‘électrices femmes qui ont dégagé le candidat de l’establishment, c’était historique ! » s’enthousiasme t-il.Bien sûr, Howie sait que Alexandra est très à gauche, d’ailleurs dans ce district, elle n’a pas besoin de s’en cacher : son programme est calqué sur celui de Bernie Sanders : salaire minimum de 15 dollars, assurance chômage universelle « dans ce pays un job devrait être suffisant pour vivre » énonce t-elle en détachant ses mots devant son auditoire conquis.</p>
<p>Le renouveau d’un parti démocrate à l’agonie viendra t-il de sa gauche ? Pour les millénials progressistes, le mot socialiste n’est plus un gros mot. La génération qui s’est ouverte à la politique pendant la crise des sub primes de 2008 a bien conscience du fait qu’en Amérique les inégalités ne cessent de s’accroitre et que le rêve américain de mobilité sociale est à l’arrêt. D’ailleurs Ocasio-Cortez n’est pas la seule candidate</p>
<p>à défendre des programmes plus à gauche que celui de l’establishment démocrate et à être issues des minorités. Dans le Massachusetts, Ayanna Pressley, africaine américaine  a battu un pilier du parti démocratique.. En Georgie, Stacey Abrams, a été la première Africaine américaine a être nominée pour un poste de gouverneur aux Etats unis.</p>
<div id="attachment_3252" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><img class="size-medium wp-image-3252" title="howard Queens_small" src="http://sara-daniel.com/wp-content/uploads/2018/11/howard-Queens_small-300x231.jpg" alt="Queens_ mid terms 2018 US elections" width="300" height="231" /><p class="wp-caption-text">mid terms elections USA 2018. Queens</p></div>
<p>La femme est donc l’avenir du parti démocrate ! C’est une lame de fond, le phénomène politique majeur de ces dernières élections. Dans l’histoire de la vie politique américaine, jamais autant de  femmes n’avaient  remporté la nomination de leur parti. Selon les chiffres du Center for American Women in Politics , 234 femmes sont candidates (dont 187 démocrates) à la Chambre des représentants cette année, soit 40% des candidates ( contre 167 femmes, en 2016). Elles sont 23, dont 15 démocrates, à se présenter au Sénat, et 16 à faire campagne pour des postes de gouverneurs,  un bastion traditionnellement masculin. Une véritable révolution est donc en marche, quand  on sait que la population est composée à 70 % de femmes et de minorités, tandis que le Congrès comprenait lui jusqu’ici 71 % d’hommes blancs. . Selon l’Inter-Parliamentary Union, les Etats-Unis sont au 103e rang mondial de la représentation des femmes avec seulement 22% d’élues au Congrès, (la France est 14e)…</p>
<p>Femmes vétérans et ex pilote comme Mikie Sherrill, candidate du New Jersey</p>
<p>à la Chambre des représentants, prof d’histoire comme  Jahana Hayes (Connecticut), vocate comme Rashida Tlaib qui deviendra presque certainement la première femme musulmane au Congrès (Michigan), ou pdgére de l’industrie et première candidate transgenre a un poste de gouverneur comme Christine Hallquist (Vermont)   les femmes de la société civile, menant des campagnes de terrain sont très bien accueillies dans leurs circonscriptions.</p>
<p>Cette « pink wave », vague rose, de candidate majoritairement anti trump aux élections de mi-mandat a plusieurs explications.</p>
<p>D’abord le mécanique remplacement des générations : Beaucoup d’anciens élus ne se représentent pas, rendant la compétition pour leur remplacement plus accessible.</p>
<p>Ensuite, la violence de la  campagne sexiste que Trump à mené contre Hillary Clinton et ses commentaires d’une vulgarité inouïe exhumés par la presse (« quand on est une star , elle nous laissent faire. On fait tout ce qu’on veut…cela permet d’attraper les femmes par la chatte) , en continuant par les scandales sexuels, ont décidé de nombreuses associations à financer des candidatures féminines( Women Donors Network, de la Women’s March, ou encore d’Emerge America).</p>
<p>Les auditions puis la confirmation de Brett Kavanaugh à la Cour suprême, malgré des accusations d’agressions sexuelles, ont profondément divisé le pays voire les familles comme nous l’explique Marc Lilla, auteur d’un essai stimulant sur la gauche identitaire « on aurait dit l’affaire Dreyfus, cela divisait les familles. Et j’ai du écourter des conversations avec des amis qui devenaient trop conflictuelles »</p>
<p>Ainsi, alors que le mouvement mee too fête son premier anniversaire, la question « Kavanaugh » (ce juge de la cour suprême accusé d’agression sexuelle et soutenu par Trump)  est devenue un des thèmes fondamentaux de la campagne, au même titre que  le health care ou l’immigration. Et le positionnement sur ces questions un vrai marqueur d’appartenance politique. Les républicains ont fait de l’audition du juge suprême un signe du mac carthysme d’une  gauche identitaire et hystérisée. Les démocrates, le symbole du non respect de la parole des femmes. « il est regrettable que me too et<strong> </strong>ses conséquences soient devenues la question centrale des élections. Car le plus important c’est Trump lui même et ce que font les Républicains pour modifier la structure  démocratique de notre gouvernement. » analyse Marc Lilla.</p>
<p>Reste à savoir comment réagiront  à cet afflux de candidates, les électrices dont tous les analystes s’accordent à dire qu’elles auront un rôle déterminant pour faire passer la chambre des représentants du coté démocrate. Mais le vote des femmes n’est pas monolithique ; A part peut être celui des femmes noires qui ont voté à 94 % pour Hillary Clinton à l’élection présidentielle.  En fait la grande question est de savoir si les femmes blanches qui ont voté Trump à 52 %, regrettent aujourd’hui leur vote pour un candidat dont le mépris pour les femmes a été érigé en argument électoral.  Autre électorat dont l’importance sera capitale pour le parti démocrate, celui des femmes latinos (les électeurs latinos sont 29 millions et ils votent de moins en moins aux élections de mi mandat.  ). Malmenées par Trump a double titre, celui de leur communauté et celui de leur sexe, il sera pourtant difficile de  convaincre les latinas,  segment de population désenchantée, qui pense que les politiciens de Washington les ont abandonnés depuis longtemps de retrouver le chemin des urnes. A moins que la jeune candidate portoricaine du Bronx, Alexandra Ocasio Cortez, réussisse à les convaincre que le rêve américain peut encore être le leur.</p>
<p>Sara Daniel</p>
]]></content>
		<link rel="replies" type="text/html" href="http://sara-daniel.com/2018/11/elections-americaines-midterm-2018-la-vague-rose-les-femmes-contre-trump#comments" thr:count="0"/>
		<link rel="replies" type="application/atom+xml" href="http://sara-daniel.com/2018/11/elections-americaines-midterm-2018-la-vague-rose-les-femmes-contre-trump/feed/atom" thr:count="0"/>
		<thr:total>0</thr:total>
	</entry>
		<entry>
		<author>
			<name>Sara Daniel</name>
					</author>
		<title type="html"><![CDATA[La cyber-armée, nouvelle priorité des Etats-Unis]]></title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="http://sara-daniel.com/2014/04/la-cyber-armee-nouvelle-priorite-des-etats-unis" />
		<id>http://sara-daniel.com/?p=3152</id>
		<updated>2014-04-08T13:20:24Z</updated>
		<published>2014-04-08T13:20:24Z</published>
		<category scheme="http://sara-daniel.com" term="Articles" />		<summary type="html"><![CDATA[Le nouveau patron de la NSA vient de l&#8217;annoncer : une cyber-armée va s&#8217;adjoindre aux corps armés traditionnels.
C’est Michael S. Rogers, le tout nouveau chef de la NSA, les services]]></summary>
		<content type="html" xml:base="http://sara-daniel.com/2014/04/la-cyber-armee-nouvelle-priorite-des-etats-unis"><![CDATA[<p>Le nouveau patron de la NSA vient de l&#8217;annoncer : une cyber-armée va s&#8217;adjoindre aux corps armés traditionnels.</p>
<p>C’est Michael S. Rogers, le tout nouveau chef de la NSA, les services secrets américains, qui vient de l’annoncer devant le Sénat : les Etats-Unis auront bientôt une cyber-armée officielle qui travaillera en collaboration avec ses forces aériennes, terrestres et navales.</p>
<p>L’amiral Rogers devient ainsi le chef du cyber commandement des Etats-Unis. On ne sait pas encore combien d’hommes seront affectés à ces combats virtuels, mais il est clair que la question est devenue une priorité pour les Etats-Unis.</p>
<p>Des guerres virtuelles secrètes</p>
<p>Le prédécesseur de Rogers, le général Keith Alexander, avait déjà recruté plusieurs centaines de hackers et d’experts informatiques pour conduire des attaques. La plus célèbre à ce jour est celle connue sous le nom de sa cyber arme : Stuxnet, qui a détruit physiquement un millier de centrifugeuses à Natanz en Iran. Sous la direction du général Alexander, le Pentagone avait déjà demandé un budget de 4,7 milliards de dollars pour conduire des cyber-opérations.</p>
<p>L’amiral Rogers a d’autre part reconnu que le nouveau gouvernement ukrainien avait subi des cyberattaques. Une raison supplémentaire pour lui d’établir une force qui pourra attaquer et dissuader l’ennemi (principalement la Chine et la Russie) de s’en prendre aux intérêts et aux alliés des Etats-Unis.</p>
<p>Mais ces guerres virtuelles restent le plus souvent secrètes et il est difficile de savoir si les Etats-Unis ont l’intention de prêter main forte aux Ukrainiens autrement que pour déjouer les attaques dont ils sont les victimes de la part des Russes.</p>
<p>D’autant que les Russes ont fait savoir aux Etats-Unis qu’ils considéreraient toute cyberattaque comme une offensive perpétrée par &laquo;&nbsp;des armes de destruction massive&nbsp;&raquo;. &laquo;&nbsp;Il n’est pas sûr que ce soit le moment opportun pour voir s’ils bluffent&nbsp;&raquo;, reconnaît un membre du gouvernement américain.<br />
Un système d&#8217;écoutes mondiales renforcé</p>
<p>Pour défendre les Etats-Unis contre les cyberattaques qui se multiplient, l’amiral Rogers a expliqué qu’il fallait les identifier non seulement après les attaques mais avant et pendant.</p>
<p>Une surveillance qui sera rendue possible par le fait que depuis 2008, la NSA a implanté des logiciels espions dans 100.000 ordinateurs autour du monde, qui permettent de détecter des attaques et de répliquer à celles-ci.</p>
<p>Ce programme secret de logiciels mouchards, qui a été révélé par Edouard Snowden et dont le nom de code est Quantum, a été installé, entre autres, sur les ordinateurs de l’armée russe, sur ceux de la police mexicaine et sur ceux d’institutions de la communauté européenne.</p>
<p>Bien loin d’être réformé donc, ce système de surveillance et d’écoutes mondiales mises en place par la NSA devrait sortir renforcé de ce nouvel engagement des Etats-Unis dans la cyberguerre…</p>
<p>Sara Daniel</p>
]]></content>
		<link rel="replies" type="text/html" href="http://sara-daniel.com/2014/04/la-cyber-armee-nouvelle-priorite-des-etats-unis#comments" thr:count="0"/>
		<link rel="replies" type="application/atom+xml" href="http://sara-daniel.com/2014/04/la-cyber-armee-nouvelle-priorite-des-etats-unis/feed/atom" thr:count="0"/>
		<thr:total>0</thr:total>
	</entry>
		<entry>
		<author>
			<name>Sara Daniel</name>
					</author>
		<title type="html"><![CDATA[Génération porno 2.0]]></title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="http://sara-daniel.com/2013/02/generation-porno-2-0" />
		<id>http://sara-daniel.com/?p=3106</id>
		<updated>2013-02-13T10:49:14Z</updated>
		<published>2013-02-13T10:49:14Z</published>
		<category scheme="http://sara-daniel.com" term="Articles" />		<summary type="html"><![CDATA[













Sujet tabou dans une société  pudibonde, le sexe est devenu pour les jeunes Américains l&#8217;objet de pratiques  débridées inspirées des films pornos qui inondent le  Net




Sur ]]></summary>
		<content type="html" xml:base="http://sara-daniel.com/2013/02/generation-porno-2-0"><![CDATA[<table border="0" cellspacing="0" cellpadding="0" width="100%">
<tbody>
<tr>
<td colspan="2" height="5">
<table border="0" cellspacing="0" cellpadding="0" width="100%">
<tbody>
<tr>
<td></td>
</tr>
<tr>
<td></td>
</tr>
<tr>
<td><span style="font-family: Arial,Helvetica,sans-serif; font-size: x-small;"><strong></p>
<div><span style="font-family: Verdana,Arial,Helvetica,sans-serif; font-size: x-small;">Sujet tabou dans une société  pudibonde, le sexe est devenu pour les jeunes Américains l&#8217;objet de pratiques  débridées inspirées des films pornos qui inondent le  Net</span></div>
<p></strong></span></td>
</tr>
<tr>
<td>
<div><span style="font-family: Verdana,Arial,Helvetica,sans-serif; font-size: x-small;">Sur  la petite scène de cette salle du Lower East Side, à New York, un travesti  déguisé en &#8216;reine d&#8217;Angleterre se déshabille. Il se caresse en mimant l&#8217;acte  sexuel, puis saute dans la salle et retire de son anus un drapeau britannique.  Il est 1 heure du matin à The Box, la boîte de spectacle porno burlesque la plus  prisée de Manhattan. Ecoeurée, Jennifer fixe les chérubins et les poissons du  papier peint. Lorsque le travesti commence à se tartiner de matière fécale, elle  glisse sous la table qui colle à la scène et pour laquelle son petit ami a dû  débourser 1 400 dollars. Elle a les larmes aux yeux, mais n&#8217;ose pas lui dire  qu&#8217;elle aimerait partir. Ni qu&#8217;elle n&#8217;apprécie pas davantage les donjons  sado-maso où il la traîne trop souvent pour pimenter leur  ordinaire.</span></div>
<div><span style="font-family: Verdana,Arial,Helvetica,sans-serif; font-size: x-small;">Dans le milieu de la bourgeoisie  républicaine de Minneapolis dont Jennifer est issue, on ne parle pas de ces  choses-là. Au lycée, le programme d&#8217;éducation sexuelle financé par l&#8217;Etat  faisait la promotion de l&#8217;abstinence avant le mariage. Jennifer s&#8217;y est tenue.  Elle s&#8217;est contentée de pratiques sexuelles qui maintenaient intacte sa  virginité. Puis elle a fini par rompre son voeu de chasteté, et son petit ami  lui a imposé ses goûts.</span></div>
<div><span style="font-family: Verdana,Arial,Helvetica,sans-serif; font-size: x-small;">Aux  Etats-Unis, c&#8217;est un vrai paradoxe: chez les jeunes, le sexe est à la fois un  sujet tabou&#8230; et l&#8217;objet de pratiques de plus en plus débridées. Car la seule  éducation sexuelle qu&#8217;ils reçoivent vient du porno sur internet. Résultat,  nombre de jeunes garçons traitent leurs partenaires comme des actrices pornos.  Et elles reproduisent les bruitages et mimiques de l&#8217;industrie du X, persuadées  qu&#8217;elles doivent au moins feindre d&#8217;apprécier les scénarios qui mettent en scène  des fantasmes stéréotypés de domination masculine si elles ne veulent pas passer  pour des godiches&#8230;</span></div>
<div><span style="font-family: Verdana,Arial,Helvetica,sans-serif; font-size: x-small;">A  New York, il y a une femme qui a décidé de partir en croisade contre ces  pratiques sexuelles héritées du porno. Elle s&#8217;appelle Cindy Gallop et n&#8217;a rien  de la prude coincée que l&#8217;on pourrait s&#8217;attendre à rencontrer. <em>« Je ne fais  l&#8217;amour qu&#8217;avec de très séduisants jeunes gens d&#8217;une vingtaine d&#8217;années », </em>explique cette quinquagénaire vêtue de cuir, lovée dans le canapé de son  loft de Chelsea, décoré comme un bordel des années 1980. Assise à côté d&#8217;un  alligator doré griffé Gucci, cette ex-publicitaire explique qu&#8217;elle en a eu  assez que ses jeunes partenaires abreuvés de porno en ligne croient que les  femmes adorent que l&#8217;homme jouisse sur leur visage ou qu&#8217;ils fassent une  fixation sur la pénétration anale. <em>« Quand j&#8217;étais jeune, il était primordial  pour mes partenaires de savoir si j&#8217;appréciais nos rapports. Aujourd&#8217;hui,  beaucoup ne me posent plus la question&#8230;»</em> Alors Cindy Gallop a décidé de  lancer son propre site, intitulé « Make Love Not Porn » (« Faites l&#8217;amour, pas  du porno »), pour lutter contre les clichés de cette génération éduquée  sexuellement par les sites de porno sur internet. Gallop insiste sur le fait que  pour elle aucune position n&#8217;est a priori répréhensible, mais que la dictature du  porno a terriblement appauvri les pratiques sexuelles. Elle encourage les  internautes à poster leurs films érotiques en explorant d&#8217;autres pratiques,  d&#8217;autres approches que la mécanique de domination des positions dictées par  l&#8217;industrie de la San Fernando Valley. <em>« Je veux montrer que le sexe peut  être tendre ou drôle. Promouvoir un porno ouvert, être le Hugh Hefner (le  fondateur de «Playboy») du XXIe siècle, il faut dédramatiser le sexe, en parler  encore et encore. »</em> Mais discuter des pratiques sexuelles que l&#8217;on apprécie  ou pas n&#8217;est pas chose simple dans un pays pudibond: <em>«Avant, LA conversation  avec les parents évoquait des choux et des cigognes, puis l&#8217;amour entre les  êtres. Aujourd&#8217;hui, ce que les adultes devraient dire à leurs enfants, c&#8217;est:  «Je sais que tu regardes du porno sur le Net, mais il n&#8217;est pas obligatoire de  calquer tes pratiques sur ce que tu vois.» Cette conversation, personne ne l&#8217;a,  alors, certains parents me remercient », </em>rapporte Gallop.</span></div>
<div><span style="font-family: Verdana,Arial,Helvetica,sans-serif; font-size: x-small;">Parler de sexe, c&#8217;est précisément  ce que fait le best-seller « Cinquante nuances de Grey ». Le livre, qui s&#8217;est  déjà vendu à plus de 20 millions d&#8217;exemplaires aux Etats-Unis, va peut-être  finir par concurrencer outre-Atlantique le succès de « Harry Potter <strong>»&#8230;</strong> Le « New York Times » l&#8217;a qualifié de <em>« mom porn », </em>autrement dit de  pornographie pour mamans. Dans « Cinquante nuances de Grey », une héroïne  nunuche, Anastasia Steele, qui ne cesse de rougir et de se mordre les lèvres à  chaque page, se meurt d&#8217;amour pour Christian Grey jeune milliardaire suffisant.  Elle accepte de signer un contrat qui la livre aux fantasmes sado-maso de son  amant. L&#8217;énorme succès de cette bluette de porno édulcoré en fait beaucoup plus  qu&#8217;un mauvais livre:un phénomène de société! Au point que le « Time Magazine » a  placé son auteur E. L. James dans la liste des 100 personnalités qui ont le plus  compté en 2012. <em>«L&#8217;avantage de «Cinquante nuances de Grey», c&#8217;est qu&#8217;il est  un livre grand public qui parle de sexe. L&#8217;inconvénient, c&#8217;est qu&#8217;il véhicule un  cliché de type Cendrillon et qu&#8217;il peut conduire des jeunes femmes influençables  à accepter des relations perverses et non satisfaisantes », </em>analyse Cindy  Gallop. La trilogie érotique a peut-être fait sauter un verrou de pudibonderie  chez l&#8217;Américaine moyenne, il n&#8217;en reste pas moins que le comportement  d&#8217;Anastasia s&#8217;inspire des scénarios de films érotiques dirigés par des hommes et  pour des hommes. L&#8217;Amérique attend encore son « Lady Chatterley », un roman qui,  loin des stéréotypes, explorerait la sexualité féminine du XXIe  siècle&#8230;</span></div>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
</td>
</tr>
<tr>
<td colspan="2" height="5">
<div>
<p><span style="font-family: Verdana,Arial,Helvetica,sans-serif; font-size: xx-small;"><strong>SARA DANIEL </strong></span></p>
</div>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
]]></content>
		<link rel="replies" type="text/html" href="http://sara-daniel.com/2013/02/generation-porno-2-0#comments" thr:count="0"/>
		<link rel="replies" type="application/atom+xml" href="http://sara-daniel.com/2013/02/generation-porno-2-0/feed/atom" thr:count="0"/>
		<thr:total>0</thr:total>
	</entry>
		<entry>
		<author>
			<name>Sara Daniel</name>
					</author>
		<title type="html"><![CDATA[Le match des premières dames]]></title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="http://sara-daniel.com/2013/02/le-match-des-premieres-dames" />
		<id>http://sara-daniel.com/?p=3104</id>
		<updated>2013-02-13T11:09:48Z</updated>
		<published>2013-02-13T10:47:32Z</published>
		<category scheme="http://sara-daniel.com" term="Articles" /><category scheme="http://sara-daniel.com" term="Push" />		<summary type="html"><![CDATA[






JAMAIS LEUR ROLE N&#8217;AURA ETE AUSSI  IMPORTANT






Tout les oppose, leur personnalité,  leurs origines, leurs convictions. Et pourtant, Michelle la flamboyante et Ann  la timide ont chacune une]]></summary>
		<content type="html" xml:base="http://sara-daniel.com/2013/02/le-match-des-premieres-dames"><![CDATA[<table border="0" cellspacing="0" cellpadding="0" width="100%">
<tbody>
<tr>
<td colspan="2" height="5">
<table border="0" cellspacing="0" cellpadding="0" width="100%">
<tbody>
<tr>
<td><strong><span style="font-family: Verdana,Arial,Helvetica,sans-serif; font-size: x-small;">JAMAIS LEUR ROLE N&#8217;AURA ETE AUSSI  IMPORTANT</span></strong></td>
</tr>
<tr>
<td></td>
</tr>
<tr>
<td><span style="font-family: Arial,Helvetica,sans-serif; font-size: x-small;"><strong></p>
<div><span style="font-family: Verdana,Arial,Helvetica,sans-serif; font-size: x-small;">Tout les oppose, leur personnalité,  leurs origines, leurs convictions. Et pourtant, Michelle la flamboyante et Ann  la timide ont chacune une lourde tâche à accomplir: persuader les Américains que  personne ne pourra faire mieux que leur  homme</span></div>
<p></strong></span></td>
</tr>
<tr>
<td>
<div><span style="font-family: Verdana,Arial,Helvetica,sans-serif; font-size: x-small;">L&#8217;une a l&#8217;air si forte, l&#8217;autre  toujours au bord des larmes. L&#8217;une, immense et sculpturale, se casse en deux  pour se pencher vers ses interlocuteurs comme si elle portait une armure,  l&#8217;autre est de taille moyenne. L&#8217;une est plus à l&#8217;aise quand elle s&#8217;adresse aux  <em>«laissés-pour-compte du rêve américain »</em> (les pauvres), l&#8217;autre aux  <em>«gens qui ont réussi»</em> (les riches). L&#8217;une a passé son enfance dans un  ghetto pauvre de Chicago, l&#8217;autre dans une banlieue huppée de Detroit. L&#8217;une est  noire, l&#8217;autre est blonde. Archétypes de ces deux Amérique qui ont tant de mal à  cohabiter sur le même territoire, aussi immense soit-il, et qui se disputent  aujourd&#8217;hui la Maison-Blanche.</span></div>
<div><span style="font-family: Verdana,Arial,Helvetica,sans-serif; font-size: x-small;">Tout oppose ces deux femmes et  pourtant, dans ce rôle ingrat de colistière de coeur que leur ont attribué les  équipes de campagne de leur mari, leur job est le même: humaniser les candidats,  mobiliser leur intimité pour redonner espoir à ceux qui désespèrent du fameux  rêve américain. Jamais dans une campagne présidentielle américaine le rôle des  épouses n&#8217;aura été aussi important.</span></div>
<div><span style="font-family: Verdana,Arial,Helvetica,sans-serif; font-size: x-small;">Le  3 octobre dernier, interviewée par CNN quelques minutes avant que son mari ne  livre la plus mauvaise performance de sa carrière au cours de son premier débat  avec Mitt Romney, Michelle Obama était apparue flamboyante et sûre d&#8217;elle. Une  véritable bête politique. Interrogée juste avant elle, une Ann Romney fragile  aux yeux rougis avouait détester cette période de campagne électorale et les  attaques portées contre son mari. En 1994, elle s&#8217;était même juré de rester  définitivement dans l&#8217;ombre après les moqueries que lui avait values une  interview au « Boston Globe » lorsque Mitt se présentait au Sénat. Ann y  détaillait la vie terriblement difficile qu&#8217;elle avait partagée avec son mari  pendant leurs études jusqu&#8217;à ce qu&#8217;elle révèle naïvement que Romney avait même  été contraint de vendre les actions American Motors qu&#8217;il détenait&#8230; D&#8217;un côté,  une icône moderne, exaltée par la campagne, de l&#8217;autre une épouse traditionnelle  agressée par les flashs. Au round des premières dames, il n&#8217;y avait aucun doute  ce soir-là à Denver: Michelle avait écrasé Ann. Et l&#8217;on ne pouvait s&#8217;empêcher de  se demander pendant le débat, alors que Barack Obama se recroquevillait sous les  coups de son adversaire, ce qu&#8217;aurait répondu la si combative  Michelle.</span></div>
<div><span style="font-family: Verdana,Arial,Helvetica,sans-serif; font-size: x-small;">Dans un pays qui n&#8217;apprécie pas les  losers, Michelle est devenue l&#8217;atout numéro un d&#8217;un président malmené et usé par  la crise, les guerres et les compromis. Car Michelle n&#8217;est pas seulement la  première dame des Etats-Unis. C&#8217;est la femme la plus puissante au monde selon le  magazine « Forbes ». L&#8217;« autre Obama », comme on l&#8217;appelle en Amérique, une  dénomination qui laisse entendre qu&#8217;elle pourrait un jour, comme Hillary  Clinton, prétendre à un destin national, s&#8217;est révélée une brillante oratrice,  émouvante et populiste. Comme si elle avait désormais hérité du charisme qui fut  celui de son mari pendant sa première campagne électorale. La nécessité de le  soutenir aujourd&#8217;hui contre vents et marées semble l&#8217;avoir libérée de la hantise  de commettre un impair, écrasée qu&#8217;elle semblait jusque-là par la responsabilité  d&#8217;être la première première dame noire de l&#8217;histoire des Etats-Unis. Dans un  pays où l&#8217;égalité raciale n&#8217;est jamais acquise et où l&#8217;on prête encore attention  à toutes les nuances de couleur de peau, c&#8217;est elle qui incarne la nouvelle  frontière comme l&#8217;explique ce membre de l&#8217;équipe présidentielle à la  Maison-Blanche: <em>«Pour nous, les Noirs, il était incroyable de voir un  président métis élu et plus encore peut-être devoir que la première dame était  noire&#8230; »</em></span></div>
<div><span style="font-family: Verdana,Arial,Helvetica,sans-serif; font-size: x-small;">Face à cette Jackie Kennedy noire,  il aura fallu du courage à Ann Romney pour sortir de sa réserve et se lancer  avec tant de fougue dans l&#8217;arène politique&#8230; Pour susciter la compassion des  Américaines, elle n&#8217;a rien caché des affres dans lesquelles l&#8217;ont plongée sa  sclérose en plaques et sa lutte contre un cancer du sein.</span></div>
<div><span style="font-family: Verdana,Arial,Helvetica,sans-serif; font-size: x-small;">Mais c&#8217;est son discours à la  convention républicaine de Tampa (Floride) en août dernier qui l&#8217;a révélée :  cette épouse de 63 ans dont quarante-trois de mariage avec « Mitt », a  vaillamment tenté de susciter l&#8217;empathie des Américains pour ce milliardaire  terne et gaffeur : « Personne ne travaillera plus dur. Per-sonne ne remuera ciel  et terre comme Mitt Romney pour faire en sorte que l&#8217;on vive mieux dans ce pays.  Cet homme n&#8217;échouera pas. Cet homme va relever l&#8217;Amérique », a-t-elle déclamé,  suscitant une standing ovation.</span></div>
<div><span style="font-family: Verdana,Arial,Helvetica,sans-serif; font-size: x-small;">Pourtant, un mois plus tard, à la  convention démocrate de Charlotte (Caroline du Nord), c&#8217;est Michelle Obama qui  reprenait le dessus en volant au secours de son mari. Les Américains  connaissaient déjà l&#8217;histoire de sa famille dans le ghetto du South Side de  Chicago, mais l&#8217;évocation de son père, modeste employé municipal miné par la  sclérose en plaques, a arraché les larmes de l&#8217;assistance. L&#8217;image de cet homme  revenant du travail et montant une à une les marches où l&#8217;attendaient chaque  soir Michelle et son frère Craig a été perçue comme un éloge de ce rêve  américain que beaucoup avaient enterré avec la crise et les fins de mois  difficiles. Un renvoi à l&#8217;épopée de cette middle class laborieuse que se  disputent les deux partis. Elle a rap-pelé que son père s&#8217;était acharné au  travail, jusqu&#8217;à la fin, pour payer la scolarité de ses enfants. Michelle et  Barack ont d&#8217;ailleurs achevé leurs études criblés de dettes et sans aucune  action à vendre pour vivre&#8230; Ce que Michelle a soigneusement tu pendant la  campagne, en revanche, c&#8217;est le sentiment qu&#8217;elle a longtemps éprouvé d&#8217;être une  paria dans une Amérique où la réussite était en principe réservée aux Blancs.  Une de ses amies a raconté la ségrégation raciale qui sévissait à Princeton  quand Michelle y était étudiante dans les années 1980. Elle avait consacré le  sujet de sa thèse aux <em>«étudiants noirs à Princeton ».</em> Et elle en a gardé  une méfiance pour la <em>corporate America</em> qui lui a fait quitter le cabinet  d&#8217;avocats prestigieux qu&#8217;elle avait rejoint après avoir fait son droit à Harvard  et dans lequel elle a rencontré Barack.</span></div>
<div><span style="font-family: Verdana,Arial,Helvetica,sans-serif; font-size: x-small;">Ann, au contraire, a toujours eu le  sentiment d&#8217;appartenir à l&#8217;Amérique des gens qui réussissent. Elle est née à  Bloomfeld Hills, dans la banlieue chic de Detroit. Son père, un grand  industriel, fut un moment maire de la ville. Elle a rencontré Mitt quand elle  avait 15 ans dans un lycée privé du Michigan et, tandis que son fiancé partait  faire du prosélytisme pour l&#8217;Eglise mormone en France, elle a décidé de se  convertir en se plaçant sous la tutelle morale de son futur beau-père, George  Romney, gouverneur du Michigan. Ann a 19 ans lorsqu&#8217;elle se marie, <em>«scellée  pour l&#8217;éternité», </em>selon la tradition de l&#8217;Eglise de Jésus-Christ des Saints  des Derniers Jours dans le grand temple de Salt Lake City en présence des PDG de  General Motors et de Ford. Mère de cinq garçons, nés en onze ans, Ann n&#8217;a jamais  délégué les tâches ménagères à quiconque. <em>«Mamie», </em>comme l&#8217;appellent ses  dix-huit petits-enfants, distribue à l&#8217;équipe de campagne des gâteaux gallois  qu&#8217;elle fait elle-même. Les Romney ont emprunté à l&#8217;Eglise leur devise:  <em>«Aucun succès ne peut compenser d&#8217;avoir échoué au sein de sa famille. »</em> Mais sa famille « mormone » est aussi un carcan dont on ne s&#8217;affranchit pas  facilement. Aujourd&#8217;hui l&#8217;Eglise commente par exemple les vêtements d&#8217;Ann, sa  robe rouge Oscar de la Renta ou l&#8217;ensemble en cuir noir qu&#8217;elle a arboré à  l&#8217;émission de télévision de Jay Leno, et fait savoir qu&#8217;elle désapprouve. Trop  osées, trop découvertes, ses tenues pourraient coûter à son mari une partie de  l&#8217;électorat mormon&#8230;</span></div>
<div><span style="font-family: Verdana,Arial,Helvetica,sans-serif; font-size: x-small;">Mais c&#8217;est surtout l&#8217;électorat  féminin qu&#8217;Ann a besoin de séduire, cet électorat qui avait assuré à Obama sa  victoire en 2008. En 2010, lorsque les républicains ont gagné le soutien de la  majorité des femmes pour la première fois depuis trente-sept ans, les démocrates  n&#8217;ont-ils pas perdu le contrôle de la Chambre des Représentants? Un sondage  réalisé par le « Wall Street Journal » montre qu&#8217;on en est encore loin  aujourd&#8217;hui: 55% des femmes se prononcent en effet en faveur de Barack Obama  contre 37% pour Mitt Romney, soit un écart de 18 points. Si Ann est plus  populaire que son mari (52% contre 45% d&#8217;opinions favorables au lendemain du  débat de Denver), il n&#8217;est pas non plus certain qu&#8217;elle parvienne à lui faire  gagner des voix parmi les femmes de la <em>middle class.</em> Sa passion pour les  chevaux hors de prix et ses deux Cadillac ne la rendent pas très sympathique à  l&#8217;Américaine moyenne. Et lorsqu&#8217;on a critiqué le refus de son mari de dévoiler  sa feuille d&#8217;impôts, elle s&#8217;est contentée de répondre avec mépris: <em>«On a déjà  donné tout ce que les gens ont besoin de savoir. »</em> Alors dans ce milieu  comme dans l&#8217;ensemble de la population, c&#8217;est Michelle qui reste la plus  populaire (69% contre 56% pour Barack). Malheureusement pour les démocrates,  cette fois encore c&#8217;est son mari qui se  présente!</span></div>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
</td>
</tr>
<tr>
<td colspan="2" height="5">
<div>
<p><span style="font-family: Verdana,Arial,Helvetica,sans-serif; font-size: xx-small;"><strong>SARA DANIEL </strong></span></p>
</div>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
]]></content>
		<link rel="replies" type="text/html" href="http://sara-daniel.com/2013/02/le-match-des-premieres-dames#comments" thr:count="0"/>
		<link rel="replies" type="application/atom+xml" href="http://sara-daniel.com/2013/02/le-match-des-premieres-dames/feed/atom" thr:count="0"/>
		<thr:total>0</thr:total>
	</entry>
		<entry>
		<author>
			<name>Sara Daniel</name>
					</author>
		<title type="html"><![CDATA[Pourquoi le Pentagone a échoué]]></title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="http://sara-daniel.com/2008/03/pourquoi-le-pentagone-a-echoue" />
		<id>http://sara-daniel.com/wordpress/1970/01/pourquoi-le-pentagone-a-echoue</id>
		<updated>2011-04-04T14:57:56Z</updated>
		<published>2008-03-20T00:00:00Z</published>
		<category scheme="http://sara-daniel.com" term="Articles" />		<summary type="html"><![CDATA[Le Nouvel Observateur. &#8211; Quel bilan tirez-vous de cinq ans d&#8217;occupation américaine en Irak ?
Pierre-Jean Luizard. &#8211; Cinq ans après l&#8217;intervention américaine, il n&#8217;y a toujours pas d&#8217;Etat irakien. La]]></summary>
		<content type="html" xml:base="http://sara-daniel.com/2008/03/pourquoi-le-pentagone-a-echoue"><![CDATA[<p>Le Nouvel Observateur. &#8211; Quel bilan tirez-vous de cinq ans d&#8217;occupation américaine en Irak ?</p>
<p>Pierre-Jean Luizard. &#8211; Cinq ans après l&#8217;intervention américaine, il n&#8217;y a toujours pas d&#8217;Etat irakien. La reconstruction des institutions sous régime d&#8217;occupation se solde par un échec. Elle a signifié le triomphe des intérêts particuliers, d&#8217;abord communautaires, puis de plus en plus locaux. Tous les acteurs politiques irakiens sans exception ont été pris dans un engrenage infernal qui a fini par vider de tout sens politique leurs actions et leurs discours. Sans Etat pour les protéger, les Irakiens s&#8217;en sont en effet remis au plus petit dénominateur commun : la tribu, le clan, le quartier. C&#8217;est un cercle vicieux : l&#8217;occupation étrangère interdit toute stabilisation d&#8217;un Etat, et l&#8217;absence d&#8217;Etat empêche d&#8217;envisager la fin de l&#8217;occupation.</p>
<p>N. O. &#8211; Il semble que les accords passés par l&#8217;armée américaine avec ses ennemis d&#8217;hier, la guérilla sunnite, pour lutter contre Al-Qaida se soient soldés par une diminution de la violence ? Que pensez-vous de cette stratégie américaine ? Est-ce la fin d&#8217;Al-Qaida en Irak ?</p>
<p>P.-J. Luizard. &#8211; Al-Qaida n&#8217;a jamais projeté de prendre le pouvoir à Bagdad. Le seul objectif des djihadistes internationaux est de piéger les Américains sur les rives du Tigre et de l&#8217;Euphrate en perpétuant le chaos aussi longtemps que possible. L&#8217;Irak est à leurs yeux un champ de bataille privilégié contre l&#8217;Amérique dans des enjeux qui dépassent de loin le cadre irakien. Or la situation actuelle lui offre des possibilités infinies de maintenir le chaos. Jusque-là Al-Qaida était bridée par une posture de défenseur des sunnites d&#8217;Irak en tant que communauté. Aujourd&#8217;hui, les Américains l&#8217;ont libérée de cette «mission». En désespoir de cause, ils ont armé et financé leurs ennemis d&#8217;hier. Avec un résultat qui ne s&#8217;est pas fait attendre : la division des sunnites en mille allégeances rivales. Car le propre de toute politique tribale, c&#8217;est qu&#8217;elle ne peut satisfaire tout le monde. Lorsque l&#8217;on passe une alliance avec une tribu, qu&#8217;on la paie, on s&#8217;en aliène une autre. Pour un feu que l&#8217;on éteint, ce sont dix feux que l&#8217;on attise. Al-Qaida prospère sur le terreau de ces rivalités, disposant d&#8217;un vivier inépuisable de kamikazes qui agissent désormais, non plus au nom des sunnites, mais pour appliquer la loi du talion après qu&#8217;un mari, un frère ou un fils ait été tué par les nouvelles milices armées par les Américains. Conséquence : les Américains ont précipité l&#8217;atomisation de la communauté sunnite dont les rangs sont désormais aussi divisés que ceux des chiites.</p>
<p>N. O. &#8211; La décision de Bush d&#8217;envoyer 30 000 hommes supplémentaires en Irak, «the surge» (la déferlante), est donc un faux succès ?</p>
<p>P-J. Luizard. &#8211; Désespérés par la situation irakienne en 2007, les Américains ont joué avec le «surge» leur va-tout. Ils y ont mis énormément de moyens. Mais le recours au tribalisme en Irak ne pourra leur offrir les mêmes services qu&#8217;aux Britanniques dans les années 1920-1930. Les Américains ne pourront pas continuer indéfiniment à donner 300 euros par mois &#8211; presque deux fois le salaire d&#8217;un enseignant &#8211; à chaque supplétif des milices qu&#8217;ils arment. La diminution temporaire des violences n&#8217;est due qu&#8217;à cette manne. Ne valait-il pas mieux avoir un ennemi relativement homogène avec qui pouvoir négocier sur des bases politiques que ces mille allégeances qui se combattent les unes les autres, hypothéquant toute solution politique ?</p>
<p>N. O. &#8211; Le retrait des troupes américaines d&#8217;Irak que les candidats démocrates à l&#8217;élection présidentielle appellent de leurs voeux est-il une perspective réaliste ?</p>
<p>P.-J. Luizard. &#8211; Aujourd&#8217;hui il ne peut plus y avoir en Irak qu&#8217;un simulacre de retrait. Regardez ce qui se passe à Bassora, où des milliers de gens ont manifesté pour demander aux Britanniques de revenir dans le centre-ville ! Ils ne peuvent plus sortir de chez eux sans risquer la mort&#8230; Nous allons donc assister à un faux retrait, comme le surge a été une fausse victoire à destination de l&#8217;opinion publique américaine. Les Américains misent beaucoup sur les sociétés privées de sécurité. Ces mercenaires qui viennent du monde entier sont appelés à jouer un rôle grandissant dans ce conflit. Avec les dangers et les dérives que l&#8217;on a déjà vues. Mais cette privatisation a ses limites. Car sans la présence massive d&#8217;armée étrangère, c&#8217;est tout le fragile système laborieusement construit qui risque de s&#8217;effondrer.</p>
<p>Sara Daniel</p>
<p>Bagdad, février 2008 </p>
<p>Pierre-Jean Luizard </p>
<p>Chercheur au groupe de sociologie des religions et de la laïcité du CNRS, spécialiste de l&#8217;Irak, Pierre-Jean Luizard est notamment l&#8217;auteur de «Laïcités autoritaires en terres d&#8217;islam» (Fayard, 2008) et de «la Question irakienne» (Fayard, 2004).</p>
]]></content>
		<link rel="replies" type="text/html" href="http://sara-daniel.com/2008/03/pourquoi-le-pentagone-a-echoue#comments" thr:count="0"/>
		<link rel="replies" type="application/atom+xml" href="http://sara-daniel.com/2008/03/pourquoi-le-pentagone-a-echoue/feed/atom" thr:count="0"/>
		<thr:total>0</thr:total>
	</entry>
		<entry>
		<author>
			<name>Sara Daniel</name>
					</author>
		<title type="html"><![CDATA[Le Pentagone n’a plus de plan B]]></title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="http://sara-daniel.com/2006/10/le-pentagone-na-plus-de-plan-b" />
		<id>http://sara-daniel.com/wordpress/1970/01/le-pentagone-na-plus-de-plan-b</id>
		<updated>2011-04-04T15:01:58Z</updated>
		<published>2006-10-01T00:00:00Z</published>
		<category scheme="http://sara-daniel.com" term="Articles" />		<summary type="html"><![CDATA[A moins de deux semaines des élections législatives américaines et alors qu&#8217;un diplomate du Département d&#8217;Etat vient de déclarer sur Al-Jazira que les Etats-Unis avaient fait preuve «d&#8217;arrogance» et de]]></summary>
		<content type="html" xml:base="http://sara-daniel.com/2006/10/le-pentagone-na-plus-de-plan-b"><![CDATA[<p>A moins de deux semaines des élections législatives américaines et alors qu&#8217;un diplomate du Département d&#8217;Etat vient de déclarer sur Al-Jazira que les Etats-Unis avaient fait preuve «d&#8217;arrogance» et de «stupidité» en Irak avant de retirer ses propos, George Bush étudie enfin une nouvelle stratégie pour les troupes américaines. Ce n&#8217;est pas le déchaînement des assassinats confessionnels ou l&#8217;évaluation par « The Lancet » à 650 000 Irakiens tués depuis le début du conflit qui a suscité cette tardive prise de conscience. Ce sont les sondages. Selon « Newsweek », deux Américains sur trois estiment désormais que les Etats-Unis «perdent du terrain» en Irak, tandis que le fait de souligner que les républicains veulent garder le cap en Irak est devenu l&#8217;argument de la campagne des démocrates. </p>
<p>Le problème pour la Maison-Blanche, c&#8217;est que les généraux consultés ont admis qu&#8217;il n&#8217;y avait plus de plan B. Selon eux, la sécurisation de Bagdad était la clé de voûte de la nouvelle tactique définie il y a quelques mois par le Pentagone. Mais la campagne pour arrêter la violence dans la capitale irakienne lancée le 7 août, avec l&#8217;arrivée de 12 000 hommes supplémentaires, s&#8217;est révélée un échec cuisant. Le nombre d&#8217;attaques a augmenté de 22% pendant les trois premières semaines du ramadan et 73 soldats américains ont été tués, ce qui fait déjà d&#8217;octobre 2006 l&#8217;un des mois les plus meurtriers en trois ans. Tandis que le vice-Premier ministre irakien Barham Saleh demande aux Etats-Unis et à la Grande-Bretagne de ne pas «céder à la panique», des dissensions de plus en plus nettes apparaissent entre le gouvernement américain et l&#8217;administration irakienne sur des points aussi importants que l&#8217;amnistie des rebelles sunnites, le désarmement des milices chiites et la possible partition du pays. </p>
<p>Sara Daniel</p>
]]></content>
		<link rel="replies" type="text/html" href="http://sara-daniel.com/2006/10/le-pentagone-na-plus-de-plan-b#comments" thr:count="0"/>
		<link rel="replies" type="application/atom+xml" href="http://sara-daniel.com/2006/10/le-pentagone-na-plus-de-plan-b/feed/atom" thr:count="0"/>
		<thr:total>0</thr:total>
	</entry>
		<entry>
		<author>
			<name>Sara Daniel</name>
					</author>
		<title type="html"><![CDATA[Interview de Lakhdar Brahimi à NY]]></title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="http://sara-daniel.com/2004/01/interview-de-lakhdar-brahimi-a-ny" />
		<id>http://sara-daniel.com/wordpress/1970/01/interview-de-lakhdar-brahimi-a-ny</id>
		<updated>2011-04-04T15:38:31Z</updated>
		<published>2004-01-01T00:00:00Z</published>
		<category scheme="http://sara-daniel.com" term="Articles" />		<summary type="html"><![CDATA[Il ne faut pas oublier que le Conseil de gouvernement irakien a été désigné par Bremer pour le conseiller et guère plus. Les Etats-Unis ont jusqu&#8217;ici concentré tous les pouvoirs.]]></summary>
		<content type="html" xml:base="http://sara-daniel.com/2004/01/interview-de-lakhdar-brahimi-a-ny"><![CDATA[<p>Il ne faut pas oublier que le Conseil de gouvernement irakien a été désigné par Bremer pour le conseiller et guère plus. Les Etats-Unis ont jusqu&#8217;ici concentré tous les pouvoirs. Certains ont cru, ce qui est assez flatteur, que j&#8217;avais carte blanche en Irak.</p>
<p>Le Nouvel Observateur. &#8211; Que vouliez-vous dire lorsque, le mois dernier, vous avez traité l&#8217;administrateur américain Paul Bremer de «dictateur» de l&#8217;Irak?</p>
<p>Lakhdar Brahimi. &#8211; Ce que je voulais dire c&#8217;est que jusqu&#8217;à ces jours derniers, seul le pouvoir américain était internationalement reconnu. Il ne faut pas oublier que le Conseil de gouvernement irakien a été désigné par Bremer pour le conseiller et guère plus. Les Etats-Unis ont jusqu&#8217;ici concentré tous les pouvoirs. Certains ont cru, ce qui est assez flatteur, que j&#8217;avais carte blanche en Irak. Que j&#8217;y arrivais pour chasser les Américains! Mais je vous rappelle que ce sont les Américains qui ont invité les Nations unies à venir pour «donner un coup de main».</p>
<p>N. O. &#8211; Quelle a été votre latitude vis-à-vis des Etats-Unis dans la formation du gouvernement transitoire?</p>
<p>L. Brahimi. &#8211; Les deux lettres de mission qui ont précisé le rôle de l&#8217;ONU nous ont assigné un rôle extrêmement précis: Bremer et le Conseil de gouvernement étaient censés former un gouvernement, avec consultation de l&#8217;ONU en cas de besoin. Nous avons accepté cette tâche limitée, mais nous l&#8217;avons considérablement élargie. Nous nous sommes chargés de consulter la population. Puis j&#8217;ai mis quelques idées sur la table. Des idées qui n&#8217;étaient pas les miennes mais un résumé de ce que j&#8217;avais entendu. Certains m&#8217;ont reproché d&#8217;avoir bradé mon plan pour l&#8217;Irak. Mais il n&#8217;y avait pas de «plan Brahimi». Je me suis contenté d&#8217;être un vecteur. Et la revendication première de ceux que j&#8217;ai écoutés, c&#8217;était d&#8217;éviter de voir un gouvernement accaparé par les partis politiques. La plupart voulaient un gouvernement de gens honnêtes et qualifiés. Dans le même temps, il fallait associer au processus de sélection le plus de formations politiques possible. Car en Irak, si les partis ne sont pas très représentatifs, ils ont un grand pouvoir de nuisance &#8211; mieux vaut les avoir avec soi que contre soi. S&#8217;il avait fallu négocier avec chacun des 25 membres du Conseil de gouvernement, la formation de la nouvelle entité aurait pris une éternité. J&#8217;ai donc imaginé des conversations tripartites avec une troïka des présidents du conseil d&#8217;avril, mai et juin. Le hasard faisant bien les choses, il s&#8217;agissait d&#8217;un Kurde, d&#8217;un sunnite et d&#8217;un chiite. Je faisais des propositions et chacun opposait ses vetos. Ce qui a suffi à éliminer beaucoup de monde&#8230;</p>
<p>N. O. &#8211; Issu d&#8217;un tel compromis, le nouveau gouvernement réussira-t-il à asseoir sa légitimité?</p>
<p>L. Brahimi. &#8211; Je l&#8217;espère. Ce que l&#8217;on peut dire, c&#8217;est que ce n&#8217;est pas perdu d&#8217;avance. Il a beaucoup d&#8217;atouts. Des ministères clefs ont changé de main au profit de personnalités moins contestées. Le gouvernement est plus neutre. Les liens avec les partis plus lâches. Cette équipe a-t-elle une chance de réussir? Cela va dépendre de ce que elle et les Etats-Unis vont faire. Chaque jour, ils devront apporter la preuve que la souveraineté de l&#8217;Irak n&#8217;est pas une formule creuse. Dans ce domaine, le Conseil de Sécurité a apporté une contribution efficace: le projet de résolution présenté par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne plaçait la police et l&#8217;armée irakiennes sous le commandement de la force multinationale. Le Conseil a obtenu qu&#8217;il n&#8217;y ait pas d&#8217;opérations de la coalition sans que le gouvernement soit consulté. Avec 160 000 soldats étrangers présents sur leur sol, dont 135 000 Américains, les Irakiens ne sont pas convaincus qu&#8217;ils vont récupérer leur souveraineté. Il appartient aux Etats-Unis et aux étrangers présents en Irak de faire la démonstration, de manière concrète, que leur scepticisme n&#8217;est pas fondé.</p>
<p>N. O. &#8211; Existe-t-il un risque de guerre civile en Irak?</p>
<p>L. Brahimi. &#8211; Ce risque existe, on ne peut le nier. L&#8217;Irak est un pays profondément fracturé. La débaassification et la déstructuration de l&#8217;armée ont conduit à bien des règle-ments de comptes. Il faut trouver un moyen de renforcer l&#8217;Etat irakien en évitant les injustices. La corde est raide. Et certains sont prêts à la sécession. Le président Bush a dit que tous les «résistants» à l&#8217;occupation n&#8217;étaient pas des terroristes. Il faut donc trouver un moyen de parler à ces opposants comme on l&#8217;a fait avec Moqtada al-Sadr. Et espérer que ceux qui se dressent contre les Américains et le Conseil de gouvernement saisiront la chance de participer à la conférence nationale de 1 000 personnes qui élira un Conseil national intérimaire et qui pourra alors, peut-être, jeter les bases d&#8217;une union sacrée irakienne.</p>
]]></content>
		<link rel="replies" type="text/html" href="http://sara-daniel.com/2004/01/interview-de-lakhdar-brahimi-a-ny#comments" thr:count="0"/>
		<link rel="replies" type="application/atom+xml" href="http://sara-daniel.com/2004/01/interview-de-lakhdar-brahimi-a-ny/feed/atom" thr:count="0"/>
		<thr:total>0</thr:total>
	</entry>
		<entry>
		<author>
			<name>Sara Daniel</name>
					</author>
		<title type="html"><![CDATA[Le grand pardon de la presse américaine]]></title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="http://sara-daniel.com/1998/01/le-grand-pardon-de-la-presse-americaine" />
		<id>http://sara-daniel.com/wordpress/1970/01/le-grand-pardon-de-la-presse-americaine</id>
		<updated>2011-04-04T20:03:17Z</updated>
		<published>1998-01-01T00:00:00Z</published>
		<category scheme="http://sara-daniel.com" term="Articles" />		<summary type="html"><![CDATA[Le grand pardon de la presse américaine David Brock est l?un des meilleurs journalistes de sa génération. Les Américains l?appellent le Bob Woodward de droite, en référence à ce reporter]]></summary>
		<content type="html" xml:base="http://sara-daniel.com/1998/01/le-grand-pardon-de-la-presse-americaine"><![CDATA[<p>Le grand pardon de la presse américaine David Brock est l?un des meilleurs journalistes de sa génération. Les Américains l?appellent le Bob Woodward de droite, en référence à ce reporter du &laquo;&nbsp;Washington Post&nbsp;&raquo; qui avait révélé l?affaire du Watergate avec son confrère Carl Bernstein. Sans David Brock, on n?aurait sans doute jamais entendu parler de Paula Jones. Ni de Monica Lewinsky. Jusqu?ici, Brock pouvait se vanter d?avoir été le premier à signer un article sur les infidélités du président. Publié dans le très conservateur &laquo;&nbsp;American Spectator&nbsp;&raquo; et titré &laquo;&nbsp;Son c?ur trompeur&nbsp;&raquo;, ce papier rapportait les ragots des gardes du corps de Clinton ? ceux-là même qui avaient conduit Paula Jones dans la chambre d?hôtel du gouverneur de l?Arkansas. C?est la lecture de cet article qui a décidé Paula Jones à porter plainte contre le président, parce que son prénom y était mentionné. Aujourd?hui, David Brock ne se pavane pas dans les innombrables talk-shows consacrés à &laquo;&nbsp;l?affaire&nbsp;&raquo;. Il essaie de faire oublier que ses informations ont servi de carburant à une machine judiciaire qui risque d?écraser l?homme le plus puissant du monde. Le journaliste s?excuse. Depuis plusieurs mois il fait son mea culpa. &laquo;&nbsp;C?était du mauvais journalisme&nbsp;&raquo;, reconnaît-il. Dans une lettre ouverte au président, publiée par le magazine &laquo;&nbsp;Esquire&nbsp;&raquo; d?avril, il explique que ses motivations étaient avant tout politiques: &laquo;&nbsp;Ce qui m?a excité dans cette affaire, ce n?était ni l?intérêt supérieur de la nation ni mon travail de journaliste scrupuleux. Non, je voulais vous atteindre entre les deux yeux.&nbsp;&raquo; Brock reconnaît avoir fait acte de propagande. C?est le trésorier d?un institut conservateur créé par Newt Gingrich qui l?a mis en contact avec les gorilles de Clinton, qu?on appelle ici &laquo;&nbsp;troopers&nbsp;&raquo;. &laquo;&nbsp;Plus Clinton réussissait, explique Brook, plus la droite était prête à tout pour gagner, comme de chercher à le détruire sur le plan personnel. Ce qui explique le Troopergate.&nbsp;&raquo; Les scrupules de Brock sont estimables. Mais ils révèlent surtout qu?aujourd?hui en Amérique le journalisme d?investigation est en mauvaise posture. Cette forme d?enquête avait conquis ses lettres de noblesse avec le Watergate. Ses révélations avaient provoqué la démission du président des Etats-Unis. Aujourd?hui, l?investigation a bien changé. La plupart de ses &laquo;&nbsp;scoops&nbsp;&raquo; ont pour origine des fuites distillées à des fins exclusivement politiques et donc très orientées. L?affaire Monica Lewinsky est inquiétante pour l?avenir de la démocratie américaine. Car cette fois, la presse libérale, prétendument majoritaire aux Etats-Unis, n?a pas joué son rôle de contre-pouvoir. Abreuvée d?indiscrétions savamment calculées par le bureau du procureur Kenneth Starr, lequel bombardait les journalistes d?exclusivités invérifiables, la machine médiatique s?est emballée. Enfermés dans une concurrence de plus en plus acharnée, complètement dépendants de leur source unique, tous les médias sans exception ont relayé la propagande du procureur, de peur de rater &laquo;&nbsp;le&nbsp;&raquo; scoop qui provoquerait l?impeachment du président. &laquo;&nbsp;La grande différence entre l?affaire Monica et le Watergate, analyse Bob Woodward, c?est qu?à l?époque les procureurs ne connaissaient pas les gens que nous allions interroger, Bernstein et moi. C?était cela, le Watergate: le fait que le gouvernement n?enquêtait pas correctement sur l?affaire, et que nous, les journalistes, nous nous substituions à lui. Dans l?affaire Monica, le reportage consiste à écrire sous la dictée ce que disent les juges.&nbsp;&raquo; Alors certains réagissent. Consterné par le traitement médiatique de l?affaire Lewinsky, Steven Brill, fondateur de la chaîne Court TV qui retransmet les procès en direct, a créé un nouveau magazine, &laquo;&nbsp;Brill?s Content&nbsp;&raquo; qui entend élaborer, à partir d?exemples concrets, une nouvelle déontologie des médias et dénoncer tous les abus de ses confrères journalistes. Dans son premier numéro, daté de juillet-août 1998, Steven Brill revient sur la couverture médiatique des premières semaines de l?affaire Lewinsky. Son article a provoqué un électrochoc. &laquo;&nbsp;Ce qui fait du comportement des médias dans cette affaire un véritable scandale, l?exemple d?une institution complètement corrompue, c?est que la course au scoop les a si bien ensorcelés qu?ils ont laissé l?homme de pouvoir (Kenneth Starr) écrire l?article&nbsp;&raquo;, affirme-t-il en préambule. Le reportage qui suit est édifiant. Il montre comment les médias les plus renommés se sont mis à colporter des ragots jamais vérifiés. Un exemple? L?histoire du témoin qui aurait assisté à une rencontre entre Clinton et Lewinsky est proprement consternante. Le 23janvier, sur la chaîne ABC, Jackie Judd annonce qu?elle a du nouveau sur l?affaire: plusieurs &laquo;&nbsp;sources&nbsp;&raquo; (l?expression deviendra un leitmotiv et désigne en réalité les aides du procureur Starr) ont révélé à la présentatrice qu?il existait un témoin oculaire d?un des rendez-vous entre Bill et Monica. Cette &laquo;&nbsp;révélation&nbsp;&raquo; survient au moment où Starr essaie de convaincre la stagiaire de témoigner qu?elle a bien eu une aventure avec le président, et que ce dernier lui a demandé de mentir à ce propos. Le &laquo;&nbsp;Daily News&nbsp;&raquo; et le &laquo;&nbsp;New York Post&nbsp;&raquo; sortent avec ce titre de une: &laquo;&nbsp;Pris sur le fait&nbsp;&raquo;. NBC reprend l?histoire. Et le &laquo;&nbsp;Saint Louis Post Dispatch&nbsp;&raquo; cite le &laquo;&nbsp;scoop&nbsp;&raquo; de ABC. C?est alors que Larry King, de CNN, lisant à l?antenne une dépêche citant le &laquo;&nbsp;Dallas Morning News&nbsp;&raquo;, annonce qu?un agent du secret service est prêt à témoigner qu?il a assisté aux ébats de Monica et du président. Steven Brill a retrouvé la source de ce &laquo;&nbsp;scoop&nbsp;&raquo;. Il s?agit en fait des confidences d?un avocat de Washington. Ce lawyer, nommé Di Genova, a entendu sa femme parler à l?ami de quelqu?un qui a parlé à quelqu?un qui dit avoir vu Clinton et Lewinsky. CNN est donc le septième relais de l?histoire, puisqu?il faut ajouter à la liste le &laquo;&nbsp;Dallas Morning News&nbsp;&raquo; et Associated Press avant d?arriver à Larry King, le présentateur vedette de la chaîne d?information. On n?a évidemment pas retrouvé le fameux témoin. Mais l?audience de CNN a progressé de 40% pendant ces premières semaines. Un groupe de journalistes inquiets de la tournure prise par la couverture médiatique, le Committee of Concerned Journalists, a examiné plus de 1500déclarations faites par les télévisions et les journaux pendant les six premiers jours de l?affaire. Ils ont découvert que 41% des déclarations ne procédaient pas de reportages factuels, mais de &laquo;&nbsp;spéculations ou jugements&nbsp;&raquo;, et que 26% seulement de ces déclarations provenaient de sources identifiées&#8230; L?analyse de Steven Brill est extrêmement pessimiste: &laquo;&nbsp;A cause de ce besoin désespéré de nourrir son appétit vingt-quatre heures sur vingt-quatre, la presse a abandonné son rôle de quatrième pouvoir. L?affaire Lewinsky marque un changement fondamental dans le rôle de la presse. On discutera des problèmes que ce changement soulève bien après que l?on aura déterminé la culpabilité du président et le fait de savoir s?il a fait ou non obstruction à la justice.&nbsp;&raquo; Il est donc paradoxal que l?une des premières conséquences visibles de la médiocrité de la couverture de l?affaire Lewinsky ait été un mouvement de moralisation de la presse. Pour retrouver un peu de leur crédibilité, les médias ont dû s?imposer des règles plus strictes. C?est ainsi que le talentueux reporter Steven Glass, 25ans, collaborateur du magazine &laquo;&nbsp;George&nbsp;&raquo; et de &laquo;&nbsp;The New Republic&nbsp;&raquo;, a été licencié en mai dernier parce qu?il avait inventé de toutes pièces des citations, des personnages ou des détails de ses articles. En juillet, CNN renvoyait deux de ses producteurs, coupables d?avoir monté un faux scoop selon lequel les militaires américains auraient tué des déserteurs au gaz sarin, au cours d?une mission commando au Laos, en 1970. Peter Arnett, le commentateur de la guerre du Golfe pour CNN, qui avait repris le &laquo;&nbsp;scoop&nbsp;&raquo;, était réprimandé publiquement. Enfin, en août dernier, Mike Barnicle, éditorialiste depuis vingt-cinq ans au &laquo;&nbsp;Boston Globe&nbsp;&raquo; était remercié. Il était accusé d?avoir totalement inventé l?histoire poignante de deux familles, l?une blanche et riche, l?autre pauvre et noire, qui s?étaient liées d?amitié parce que leurs fils avaient tous deux un cancer. Dans le même temps, certains journalistes qui couvrent l?affaire Lewinsky ont commencé à se montrer plus circonspects. Interrogé par Larry King sur les nouveaux développements de l?affaire, le journaliste Jeff Greenfield de CNN répondait: &laquo;&nbsp;Comme je n?étais pas dans la chambre avec eux, comme je n?ai pas parlé à Linda Tripp ni à Monica Lewinsky, comme je n?ai pas écouté l?enregistrement, je pense que pour moi le mieux serait de vous répondre que je ne sais pas&#8230; Et, je commence à penser que ce sont les mots les plus précieux de notre vocabulaire, et que nous, les journalistes, nous devrions nous en souvenir&#8230;&nbsp;&raquo;</p>
<p>Sara Daniel</p>
]]></content>
		<link rel="replies" type="text/html" href="http://sara-daniel.com/1998/01/le-grand-pardon-de-la-presse-americaine#comments" thr:count="0"/>
		<link rel="replies" type="application/atom+xml" href="http://sara-daniel.com/1998/01/le-grand-pardon-de-la-presse-americaine/feed/atom" thr:count="0"/>
		<thr:total>0</thr:total>
	</entry>
	</feed>
