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  <title>le ranch</title>
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  <dc:date>2011-12-20T11:56:40+01:00</dc:date>
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  <dc:creator>Stany Cambot</dc:creator>
  <dc:subject>Algérie</dc:subject>
  <description>Nous les avions entrevus depuis le cimetière, de l'autre côté des hautes grilles, juste sous le téléphérique. Notre Stalker, qui tente la conjugaison de la croix du sud et de l'anarchie, nous avait dit connaître quelqu'un qui habitait là bas. - comme partout, il faut connaître quelqu'un...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <p>Nous les avions entrevus depuis le cimetière, de l'autre côté des hautes grilles, juste sous le téléphérique. Notre Stalker, qui tente la conjugaison de la croix du sud et de l'anarchie, nous avait dit connaître quelqu'un qui habitait là bas. - comme partout, il faut connaître quelqu'un pour pénétrer un territoire, la «&nbsp;hôuma ». C'est un rappeur de Saint Eugène qui nous attend à ses côtés dans la ruelle qui longe le cimetière. Des types apostrophent, voient que nous connaissons du monde, rebroussent chemin.</p>


<p>Quel chemin&nbsp;? Le clandestin par dessus le mur&nbsp;? Ou les marches&nbsp;?
On opte pour les marches, les transversales nécessaires au piéton d'Alger pour ne pas perdre des kilomètres en serpentant, à l'instar des voitures sur la pente moyenne, en interminables lacets.
À mesure de l'ascension, des sacs empilés apparaissent aux yeux essoufflés. Les maisons perdent quelques étages, leur blancheur et une part d'achèvement. Tout ici a poussé ces vingts ou trente dernières années sur le terrain de ce que l'on appelait le Ranch, une ferme.</p>


<p>La végétation comme le reste, pousse ici sans rien demander à personne. L'escalier semble la fendre, en haut il fait place au début d'un chemin de terre surmonté, en vigie d'un nid de branches, de plastiques et de carcasses d'appareils ménagers. Nous l'empruntons et faisons pause sur une corniche, le temps que notre stalker-rappeur fasse un tour en éclaireur. Il revient, nous le suivons. À droite, un mur en pierre sèche soutient la pente. Un peu plus loin sur la gauche un mur auquel on s'accoude, en dessous, c'est sa maison. Il parle peu cependant&nbsp;: «&nbsp;mon grand père s'est installé là en 59, c'est notre terrain, 350 m². Il y a quatre familles ici. On va bientôt déménager dans une cité à 15 kilomètres d'Alger... la location vente ». Et ici, que va-t-il se passer&nbsp;? «&nbsp;On va détruire notre partie pour reconstruire. La notre, c'est celle là, qui fait l'angle. Chacun se débrouille avec sa partie. Certains vont rester pendant les travaux, les nôtres, les leurs » Il montre les sacs entassés à ses pieds et que nous avions pris, comme ceux que nous avions croisé précédemment, pour des gravats. «&nbsp;Tu vois, là, du sable, des graviers ». On repense à notre essoufflement à gravir les escaliers et à cette partie inaccessible par véhicule. «&nbsp;A dos d'homme, c'est ça&nbsp;? Oui, c'est ça »
Est-il content de déménager&nbsp;? De quitter le quartier&nbsp;? Il hausse les épaules, ne sais pas vraiment «&nbsp;c'est l'argent qui commande tu sais ». «&nbsp;Ici, c'est calme, on connaît tout le monde, les flics n'entrent pas »</p>


<p>Nous ne rentrerons pas, ces parents ne sont pas là.</p>


<p>Nous poursuivons. Le chemin, symboliquement se privatise&nbsp;: une porte grillagée ouverte, encadrée de feuilles de palme. Dans l'alignement à flanc de pente, au bout, une cabane de tôle. «&nbsp;Eux, c'est une famille qui aimerait bien être relogée. Ils sont nombreux, n'ont pas d'argent... »</p>


<p>Nous poursuivons, sortons par ce qui fait de nouveau signe de porte et longeons les grilles du cimetière sur lesquelles nous avions buté la dernière fois en montant. À travers, la baie d'Alger. Un peu plus loin sur la droite, surplombant le chemin, une terrasse a été aménagée, protégée du soleil du sud par un auvent, entrelacs de branches, en dessous, les, maintenant habituels, bancs ou tabourets de pierres ou parpaings empilés mais surtout, au centre, un fauteuil de sky. Point de vue sur la baie sautant la grille et ses herses, sorte d'équipement public ou du moins semi-public, destiné à la hôuma. Nouvel espace du khelwi ou du khalwa profane à notre inventaire.</p>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.journal-smala.org/?82-le-ranch-par-nouha">
  <title>Le ranch. par Nouha.</title>
  <link>http://www.journal-smala.org/?82-le-ranch-par-nouha</link>
  <dc:date>2011-12-19T00:07:50+01:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>Julie Bernard</dc:creator>
  <dc:subject>Algérie</dc:subject>
  <description>Nous longeons les hautes grilles du cimetière, côté cathédrale.
Un peu plus loin, une maison, fraichement construire, puis une autre, et encore une autre.
Sur le toit, deux hommes. Le propriétaire et un ami.</description>
  <content:encoded><![CDATA[<p>Nous longeons les hautes grilles du cimetière, côté cathédrale.
Un peu plus loin, une maison, fraichement construire, puis une autre, et encore une autre.
Sur le toit, deux hommes. Le propriétaire et un ami.</p> <p><img src="/images/Smala-Algérie/Le ranch/Nouha01A.jpg" alt="" />
<img src="/images/Smala-Algérie/Le ranch/Nouha02.jpg" alt="" />
<img src="/images/Smala-Algérie/Le ranch/Nouha03.jpg" alt="" />
<img src="/images/Smala-Algérie/Le ranch/Nouha04.jpg" alt="" /></p>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.journal-smala.org/?81-sauter-le-mur">
  <title>Sauter le mur</title>
  <link>http://www.journal-smala.org/?81-sauter-le-mur</link>
  <dc:date>2011-12-18T13:38:47+01:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>Stany Cambot</dc:creator>
  <dc:subject>Algérie</dc:subject>
  <description>“je veux sauter un mur” elle le dit en sourire d'enfant. Nous aussi. Sauter, s'échapper, franchir, leur laisser la ville. S'extraire, loin de leur « faites attention », leur complot érigé en remplacement de la pensée politique, de la pensée tout court. Atteindre une certaine...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <p><img src="/images/Smala-Algérie/radio.jpg" alt="" /></p>


<p>“je veux sauter un mur” elle le dit en sourire d'enfant. Nous aussi. Sauter, s'échapper, franchir, leur laisser la ville. S'extraire, loin de leur «&nbsp;faites attention », leur complot érigé en remplacement de la pensée politique, de la pensée tout court. Atteindre une certaine qualité de vide, loin même des zaouias.</p>


<p>Nous travaillons peut-être depuis trop longtemps sur des hypothèses de la smala écrites par d'autres. Temps, pour nous aujourd'hui d'écrire la notre. Ici, c'est évident. Smala nécessaire. La smala, au delà de la parabole est une posture&nbsp;: laisser la ville aux autres, à leur contrôle et urbanisme chaotique faisant pousser à 15 km de toute école des cités carcérales sorties de nulle part comme des poings absurdes répondant à l'enjeu du construire vite et bien&nbsp;; de la ville nouvelle pour désengorger la ville vieille et la laisser à la patrimonialisation internationale&nbsp;; de la surveillance vidéo et du contrôle, enracinés dans les cicatrices des victimes pour s'exercer sur elles-mêmes.</p>


<p>Smala, telle que nous l'inventons ici ou la pensons nécessaire est une posture. Franchir le mur. Pas une prise de pouvoir, mais au contraire le laisser. Des souverainetés individuelles franchissant le mur par paquet. Comme déjà cela se fait par la drogue, le fric, le cimetière, l'alcool ou la prière.</p>


<p>«&nbsp;depuis combien de temps êtes-vous ici&nbsp;? Deux mois&nbsp;? Alors vous n'avez rien vu ».
Quelques copains, amis, frères peut-être :notre zmala et nous rejoignons peu à peu leur consternation.</p>


<p>Pas de printemps ici...</p>


<p><strong>khelwi transgressif !</strong></p>


<p>La ville quittant la ville. La ville moins la ville, se soustrayant.</p>


<p>Voilà, smala ici. Le pas de côté, l'aventure inentendable du mur, barbelés et tessons de bouteilles franchis. Cette smala relit même les salauds. Ne se bat pas contre le mur mais le contourne le saute en jeu enfantin et souverain.</p>


<p>Ni un groupe, ni une association, un nous multiple et diffus. Puisque comme le dit Hakim Bey : « Tôt ou tard, la découverte de son être propre métamorphose l’individu en brigand. »</p>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.journal-smala.org/?80-boumerdes">
  <title>Boumerdes !</title>
  <link>http://www.journal-smala.org/?80-boumerdes</link>
  <dc:date>2011-12-16T12:48:28+01:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>Julie Bernard</dc:creator>
  <dc:subject>Algérie</dc:subject>
  <description>Deux étudiants nous emmènent sur les hauteurs de Boumerdes. Juste au dessus des chalets, algécos, ou logements précaires pour les sinistrés du tremblement de terre. Juste au dessus, un bidonville. Ni l'un, ni l'autre n'y sont allés auparavant. Nous garons la voiture. De curieux en curieux, nous sommes guidés à l'intérieur. Monsieur Kanoun nous trouve là, sur le chemin, conversant avec Ali, l'ami du premier monsieur rencontré. Il parle français, et nous invite à le suivre. Nous traversons le petit oued et grimpons vers sa maison.
</description>
  <content:encoded><![CDATA[<p>Deux étudiants nous emmènent sur les hauteurs de Boumerdes. Juste au dessus des chalets, algécos, ou logements précaires pour les sinistrés du tremblement de terre. Juste au dessus, un bidonville. Ni l'un, ni l'autre n'y sont allés auparavant. Nous garons la voiture. De curieux en curieux, nous sommes guidés à l'intérieur. Monsieur Kanoun nous trouve là, sur le chemin, conversant avec Ali, l'ami du premier monsieur rencontré. Il parle français, et nous invite à le suivre. Nous traversons le petit oued et grimpons vers sa maison.<br />
<img src="/images/Smala-Algérie/Boumerdes/00_1A.jpg" alt="" /></p> <p><img src="/images/Smala-Algérie/Boumerdes/00_2.jpg" alt="" />
<img src="/images/Smala-Algérie/Boumerdes/00_3.jpg" alt="" />
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<img src="/images/Smala-Algérie/Boumerdes/28.jpg" alt="" />
<img src="/images/Smala-Algérie/Boumerdes/29.jpg" alt="" /><br /></p>


<p>Monsieur Kanoun nous propose de rencontrer son voisin et beau frère.<br /></p>


<p><img src="/images/Smala-Algérie/Boumerdes/31.jpg" alt="" />
<img src="/images/Smala-Algérie/Boumerdes/32.jpg" alt="" />
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<img src="/images/Smala-Algérie/Boumerdes/44.jpg" alt="" />
<img src="/images/Smala-Algérie/Boumerdes/45.jpg" alt="" /></p>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.journal-smala.org/?79-alger-comme-un-livre-ecrit-d-une-encre-qui-s-efface-lorsque-les-yeux-courent">
  <title>Alger comme un livre écrit, d'une encre qui s'efface, lorsque les yeux courent.</title>
  <link>http://www.journal-smala.org/?79-alger-comme-un-livre-ecrit-d-une-encre-qui-s-efface-lorsque-les-yeux-courent</link>
  <dc:date>2011-12-09T14:42:40+01:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>Julie Bernard</dc:creator>
  <dc:subject>Algérie</dc:subject>
  <description>
"Pourquoi faire ce projet ici?", nous demande un quinquagénaire, "fracassé" par son histoire, trop lourde autant que volée. "Pourquoi des français viennent en Algérie ?". Comme si toutes les réponses étaient contenues dans cette impossible histoire partie en fumée. Comme si il n'y avait de réponse que celle coloniale, s'attrister ou se moquer de ce que l'Algérie est devenue ou agir, par les maints outils de la coopération. 
Ni l'un, ni l'autre. Difficile pourtant d’apparaître comme neutre, lorsque notre commune histoire empile massacres et mensonges.

Alger, ou ce livre à l'histoire confisqué. A l'histoire qui s'écrit toujours au singulier, par un ou deux hommes qui vérifient sa conformité auprès des autorités religieuses et politiques. A l'histoire qui, telle une encre qui ne résiste au temps, se dissout dans les rues, les arcades, les barrages de police, l'attente... A l'histoire qu'il reste à écrire ensemble encore, celle qui ne pourra plus nous dissocier, nous opposer, mais qui nous mettra côte à côte, dénonçant d'un même doigt, nos ennemis communs.</description>
  <content:encoded><![CDATA[<p><img src="/images/Smala-Algérie/06_Plan-d\&#039;Alger_1832.jpg" alt="" /><br />
"Pourquoi faire ce projet ici?", nous demande un quinquagénaire, "fracassé" par son histoire, trop lourde autant que volée. "Pourquoi des français viennent en Algérie ?". Comme si toutes les réponses étaient contenues dans cette impossible histoire partie en fumée. Comme si il n'y avait de réponse que celle coloniale, s'attrister ou se moquer de ce que l'Algérie est devenue ou agir, par les maints outils de la coopération. <br />
Ni l'un, ni l'autre. Difficile pourtant d’apparaître comme neutre, lorsque notre commune histoire empile massacres et mensonges.<br />
<br />
Alger, ou ce livre à l'histoire confisqué. A l'histoire qui s'écrit toujours au singulier, par un ou deux hommes qui vérifient sa conformité auprès des autorités religieuses et politiques. A l'histoire qui, telle une encre qui ne résiste au temps, se dissout dans les rues, les arcades, les barrages de police, l'attente... A l'histoire qu'il reste à écrire ensemble encore, celle qui ne pourra plus nous dissocier, nous opposer, mais qui nous mettra côte à côte, dénonçant d'un même doigt, nos ennemis communs.</p> <p>Même si les costumes d’internationalistes sont taillés trop grands pour nos statures de poussières d'étoile. Ennemis communs tout de même, qui ne peuvent-être nations.<br />
<br />
Les français, arrivent en Kabylie au milieu du 19ème siècle.<br />
<br />
«&nbsp;J'ai trente ans, c'est ma tante. Ma tête est posée sur ses genoux. Ses doigts dans mes cheveux. Comme souvent elle raconte. Le village, le passé, les français qui arrivent. Elle me dit&nbsp;: «&nbsp;ils ont massacré les enfants, détruit les forêts, tué le bétail, pillé les récoltes, brûlé les maisons. Dans notre maison, il y avait un grand coffre, dans le coffre, une peau de mouton avec, écrit dessus et enluminé, notre arbre généalogique. C'est ça qu'ils voulaient.
Tout voit le jour de nouveau. Des enfants naissent, les arbres repoussent, les troupeaux sont reconstitués, les graines deviennent des plantes, les maisons sont reconstruites... Tout sauf un élément qui, parti en fumée, ne reverra jamais le jour&nbsp;; ça, notre histoire... c'est ça qu'ils voulaient » »<br />
<br />
Ailleurs, à peu de temps de distance, en amont, à quelques kilomètres. Les français entrent dans Alger et mettent le génie militaire au travail. Place d'arme pour que les troupes se retournent, noms au coin des rues et saignées, de la largeur d'un bataillon pour fendre la casbah et la contrôler. Ils saignent la casbah sur des rues existantes, les élargissent, rasent les maisons aux abord. Ils suivent le trait de la rue sur le plan, raclent les bords et par là, la détruisent. Première saignée&nbsp;: la rue des scribes. Tout ce que la casbah compte de lettres, d'écrits, d'histoires, rasés.<br />
<br />
C'est ça qu'ils voulaient ?<br />
<br />
Un peu plus loin dans l'aval du temps&nbsp;: Abd el Kader découvre la smala détruite. Il chevauche, et suit les troupes françaises déjà parties avec prisonniers et butin. Il les suit, à la trace des pages arrachées aux livres de sa bibliothèque.<br />
<br />
C'est ça qu'il voulaient ?<br />
<br />
Plus loin encore un siècle en aval, en France, un livre est retrouvé dans le vaisselier familial, transmis de génération en génération, à l'intérieur, une dédicace&nbsp;: «&nbsp;A mon ami... voici ce coran d'Abd el Kader. Légué à l'université, on découvrira que le Coran en question est une Thora du XIIIe siècle.<br />
<br />
En avons-nous entendu parler&nbsp;? Non<br />
qui veut ça ?<br /></p>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.journal-smala.org/?78-cimetiere-de-saint-eugene-derriere-bab-el-oued-en-longeant-la-mer">
  <title>Cimetière de Saint Eugène. Derrière Bab El Oued en longeant la mer.</title>
  <link>http://www.journal-smala.org/?78-cimetiere-de-saint-eugene-derriere-bab-el-oued-en-longeant-la-mer</link>
  <dc:date>2011-12-08T15:45:16+01:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>Stany Cambot</dc:creator>
  <dc:subject>Algérie</dc:subject>
  <description>Nous lui avions présenté le travail, il en avait sourit. Lui avions demandé s'il connaissait des lieux, réappropriations temporaires ou nomades de l'espace public, des lieux que l'on utilise quand on a rien d'autre à faire qu'attendre ou essayer de vivre à Alger. Il avait répondu « squats », lieux où l'on s'échappe, prend le maquis parfois. Il nous emmène au « cimetière mort ».</description>
  <content:encoded><![CDATA[<p>Nous lui avions présenté le travail, il en avait sourit. Lui avions demandé s'il connaissait des lieux, réappropriations temporaires ou nomades de l'espace public, des lieux que l'on utilise quand on a rien d'autre à faire qu'attendre ou essayer de vivre à Alger. Il avait répondu «&nbsp;squats », lieux où l'on s'échappe, prend le maquis parfois. Il nous emmène au «&nbsp;cimetière mort ».</p> <p>Ancien cimetière, caché derrière de hauts murs qui longent le temps qui passe. Ancien cimetière chrétien et juif qui tente de gravir les bois qui le dominent, et de se hisser jusqu'aux pieds de la cathédrale Notre Dame de Saint Afrique. Tache verte dans le blanc algérois. Dans le cimetière, que de vieux morts. De ceux qui n'hantent plus personne.</p>


<p>Entrés une première fois par la porte proche du stade. Nous sommes suivis de près par un gardien et son chien, un vent de protection des européens souffle sur sa condition. Il suit, «&nbsp;au cas où » et prévient&nbsp;: «&nbsp;les délinquants ». Il ne nous lâchera pas et à 5, difficile de le semer. Oppressés, nous ressortons, longeons le haut mur blanc, empruntons une ruelle. Là, une seconde entrée, beaucoup moins conventionnelle. Elle est à 2 mètres au dessus de nos têtes. Un poteau planté là, invite à grimper. Quelques prises dans le mur, des tessons de bouteilles usés du passage clandestin. Nous sommes à nouveau dans le cimetière, un peu plus seuls. Quelques graffs prétendent à la zone libre. Nous grimpons les étages aux tombeaux juifs pillés, qui libèrent des morceaux de pierre ou de dalle, improvisant tables ici et chaises là.  Et puis les bois, le maquis plutôt, ça grimpe encore. Nous sommes sous le téléphérique qui permet de rallier la cathédrale depuis le bas de Saint Eugène. Du vert, des arbres, quelques odeurs. Le bruit s'altère. La ville s'éloigne... Traces de vie clandestine, sièges improvisés, matelas sous les buissons. Le vendredi soir semble être le repère de groupes de musique qui s'installent sur une des nombreuses terrasses du cimetière, joueurs de domino,  couples d'amoureux au lits de fortune, fêtards, jeunes et vieux et barbus.</p>


<p>«&nbsp;Ici, les flics n'entrent pas » c'est donc un hors du monde. Les terroristes paraît-il s'y cachaient aussi pendant la décennie noire. Sous le tapis de vert composé de plantes que l'on ne trouve nulle part ailleurs à Alger, il y a paraît-il un souterrain&nbsp;: la ville du dessous.</p>


<p>«&nbsp;La solitude, la plénitude, l'isolement, on cherche tout ça. Ici, tu peux contourner la société. Shootés, certains ont eu des hallucinations, ils ont vu l'Espagne au delà de la mer »</p>


<p>C'est le «&nbsp;squat », le lieu nécessaire à qui veut s'éloigner, s'isoler, échapper au contrôle des caméras, des uniformes, des voisins, des familles. On vient y chercher le «&nbsp;Khelwi » une certaine solitude ou plénitude, l'isolement. Là, au point presque le plus au nord de l'Algérie, où l’œil se coupe à l'horizon de la mer, nous dissertons, éthymologisons&nbsp;: «&nbsp;Khelwi » vient-il de «&nbsp;Khela », vide&nbsp;? Est-il dissociable du principe soufi d'isolement&nbsp;? Et, à part, «&nbsp;y a-t-il différentes qualité de Khelwi ? Quelle forme aurait pris Smala si Abd el Kader s'était isolé, non pas dans le désert, mais ici, sur le vert tendre de cette butte pour en dessiner le plan&nbsp;? ».</p>


<p>Ici, semble être l'ailleurs où regarder Alger l'étrangère, les possibilités s'étendre et les rêves se confondre.<br /></p>


<p><img src="/images/Smala-Algérie/cimetiere/Cim-01.JPG" alt="" />
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<img src="/images/Smala-Algérie/cimetiere/Cim-32.jpg" alt="" /></p>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.journal-smala.org/?77-quelle-forme-urbaine-prend-l-exode">
  <title>Quelle forme urbaine prend l'exode</title>
  <link>http://www.journal-smala.org/?77-quelle-forme-urbaine-prend-l-exode</link>
  <dc:date>2011-12-05T18:58:29+01:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>Stany Cambot</dc:creator>
  <dc:subject>Algérie</dc:subject>
  <description>L'étranger de l'intérieur.


C'est la figure centrale du “problème” urbain, le noeud. Désincarné en analyses lointaines ou proches, idéologisées au sens ou Barthes entend l'idéologie « le moment où la conscience disparaît ».
C'est l'autre au pluriel, le « ils » dont il faut...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <p><img src="/images/Smala-Algérie/shampooing.jpg" alt="" /></p>


<p>L'étranger de l'intérieur.</p>


<p>C'est la figure centrale du “problème” urbain, le noeud. Désincarné en analyses lointaines ou proches, idéologisées au sens ou Barthes entend l'idéologie « le moment où la conscience disparaît ».
C'est l'autre au pluriel, le « ils » dont il faut se méfier, dont on vous donne les clefs plus ou moins grosses pour l'approcher. « ils » vient d'ailleurs, transforme Alger en Sahara, réagit de manière imprévisible. « ils » est l'habitant du bidonville, le squatteur de toit de la casbah. Celui qui plusieurs fois revend son appartement offert par l'état pour sans cesse retourner dans son bidonville, sa baraque. « ils » vit là mais possède une grosse voiture.</p>


<p>« ils » est l'étranger réel ou fantasmé de l'intérieur.</p>


<p>La smala, selon Etienne encore est la forme urbaine de l'exode. Ici, la forme urbaine de l'exode est le bidonville, le squat.</p>


<p>Si on découpe le phénomène en ligne de temps, on aurait un premier exode post-révolution, un autre sécuritaire de gens fuyant les horreurs de la décennie noire et enfin le flou d'un exode opportuniste.</p>


<p>Ces étrangers de l'intérieur, le flou concernant leurs lieux, aussi vite évacué que l'est la périphérie de la smala résumée en quelques lignes « des arabes profitant des opportunités offertes par la capitale mobile ».</p>


<p>Le non représenté.</p>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.journal-smala.org/?76-barbele-la-ville-herissee-contre-le-corps-des-hommes">
  <title>barbelé, la ville hérissée contre le corps des hommes</title>
  <link>http://www.journal-smala.org/?76-barbele-la-ville-herissee-contre-le-corps-des-hommes</link>
  <dc:date>2011-11-19T14:10:26+01:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>Stany Cambot</dc:creator>
  <dc:subject>Algérie</dc:subject>
  <description>Les années passent. Restent les barbelés.



Quand L'américain Joseph Farewell Glidden déposa le brevet du fil de fer barbelé le 24 novembre 1874, devinait-il que celui-ci resterait en certains lieux de la planète tendu en travers des mémoires et de l'histoire. Qu'en partie, ce fil hérissé dessinerai, au delà des plaines américaines offertes au parcellaire des propriétaires, les villes mêmes, qu'il uniformiserait par leur contrôle, hommes et bêtes ?





Alger, dans son histoire, peut aussi se lire en tirant se fil de fer du contrôle de l'espace : du barbelé tendu par l'occupant français aux herses des actuels barrages de police.</description>
  <content:encoded><![CDATA[<p>Les années passent. Restent les barbelés.</p>



<p>Quand L'américain Joseph Farewell Glidden déposa le brevet du fil de fer barbelé le 24 novembre 1874, devinait-il que celui-ci resterait en certains lieux de la planète tendu en travers des mémoires et de l'histoire. Qu'en partie, ce fil hérissé dessinerai, au delà des plaines américaines offertes au parcellaire des propriétaires, les villes mêmes, qu'il uniformiserait par leur contrôle, hommes et bêtes&nbsp;?</p>


<p><img src="/images/Smala-Algérie/barbelé.jpg" alt="" /></p>


<p>Alger, dans son histoire, peut aussi se lire en tirant se fil de fer du contrôle de l'espace&nbsp;: du barbelé tendu par l'occupant français aux herses des actuels barrages de police.</p> <p>« Sa pose est aisée et ne nécessite pas de compétences particulières, il suffit de disposer de quelques points d'attache où l'on peut le fixer avec des câbles ou des agrafes. Cette invention permettra d'installer des clôtures dans les vastes prairies de l'Ouest américain, qui mettront fin à l'époque des pâturages libres. Le fil barbelé a été aussi beaucoup utilisé sur les champs de bataille. Déroulé et déposé simplement sur le terrain, il freine la progression des soldats, qui peuvent même s'y emmêler. »
Jamais l'empêchement de la circulation, indifféremment animale ou humaine ne fut si aisée et économique même sur de longues distances ou périmètres.</p>


<p>Nous sommes attablé, en terrasse. Il parle.</p>


<p>« … je fais beaucoup de digressions mais on va avancer comme ça, en faisant le tour. Entre nous, ça ne peut pas se passer autrement... »</p>


<p>il parle d'abord un souvenir d'enfance "... j'ai été marqué par la guerre, les soldats français qui venaient chercher papa à la maison. Et, avant déjà, il y avait ce chemin, le chemin des senteurs. Je devais écrire quelque chose là dessus. Il y avait la rue pour aller à l'école, et je passais devant les jardins des français avec toutes ces fleurs qu'on n'avait pas chez nous. Alors tu te demandes pourquoi eux, les fleurs et pas toi »</p>


<p>Le doigt sur le front, il montre une cicatrice</p>


<p>« j'ai été marqué »</p>


<p>« la rue : au bout, il y avait l'école maternelle. Et puis il y avait le barrage, les soldats français. Ma mère m'envoie, tout de même, à l'école. J'arrive. On ne passe pas. Alors je vois au loin, l'école, les enfants qui y entrent. Et puis les barbelés du barrage et moi, de l'autre côté. Je ne pouvais pas passer. Entre l'école et moi il y avait les barbelés »</p>


<p>doigt sur le front</p>


<p>« là, la cicatrice, c'est l'OAS, ils m'ont tapé à la sortie de l'école. Il y avait une manif. »</p>


<p><a href="…">…</a></p>


<p>« plus tard, après l'indépendance, je sors avec des copains dans un bois pour faire un jogging. On court, c'était le terrain d'une caserne. Je cours et là crack ! Un barbelé tendu comme un fil et le bruit « dong », le bruit d'une corde qu'on pince. Je tombe et mon torse... couvert de cicatrices. »</p>


<p>On se lèvera, quittera la terrasse du café. Je rentrerai à l’hôtel. Jetterai comme d'habitude un œil aux herses du barrage de police qui est au pied, avant de m'y habituer, je présume.</p>


<p><img src="/images/Smala-Algérie/Barbelé.jpg" alt="" />
<img src="/images/Smala-Algérie/Barbelé 2.jpg" alt="" /></p>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.journal-smala.org/?74-conference-a-l-epau">
  <title>Conférence à l'EPAU</title>
  <link>http://www.journal-smala.org/?74-conference-a-l-epau</link>
  <dc:date>2011-11-17T15:48:09+01:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>Stany Cambot</dc:creator>
  <dc:subject>Algérie</dc:subject>
  <description>Je parle.
Assis derrière un micro sous le portrait de Bouteflika, je parle.
Parle d'un point de départ disparu, planté dans une histoire qui n'est pas la notre - quoique, peut-être avons-nous quelques bourreaux en communs. Je parle d'une capitale d'ici, détruite par l'armée française...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <p>Je parle.
Assis derrière un micro sous le portrait de Bouteflika, je parle.
Parle d'un point de départ disparu, planté dans une histoire qui n'est pas la notre - quoique, peut-être avons-nous quelques bourreaux en communs. Je parle d'une capitale d'ici, détruite par l'armée française prétendument en notre nom, et de la manière dont nous avons utilisé son histoire pour interroger la notre dans les villes où fut incarcéré Abd el Kader.</p>


<p>Je parle et cherche des yeux quelques autres auxquels m'accrocher.
Je demande si cela résonne ici. Si cette histoire peut interroger à plusieurs kilomètres et années de distance, la capitale d'ici et aujourd'hui.
Je soumets deux fils à tirer, tendre et peut-être suivre :
Lire Alger par le conflit, par les gestes urbains de contrôle que les colonisateurs ont initié
et la possibilité d'interroger cette architecture légère et mobile faite de tentes et de bâches que la nécessité fait pousser en travers d'Alger.</p>


<p>Je soumets et demande face au silence des étudiants architectes.</p>


<p>C'est la fin, une étudiante s'approche
« si nous sommes assez nombreux, vous nous proposez de faire un travail avec vous ? »
« oui »</p>


<p>Elle revient plus tard avec une liste d'e-mail d'étudiants volontaires : un groupe !</p>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.journal-smala.org/?75-la-piscine-de-la-smala">
  <title>La piscine de la Smala</title>
  <link>http://www.journal-smala.org/?75-la-piscine-de-la-smala</link>
  <dc:date>2011-11-17T10:10:16+01:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>Stany Cambot</dc:creator>
  <dc:subject>Algérie</dc:subject>
  <description>EPAU 10h, dernière cigarette à la porte de la salle de conférence où nous allons présenter du travail réalisé en France autour de Smala. Nous venons expliquer la raison de notre venue, l'étrange jeu de pelote basque qui nous amène ici écouter si Smala rebondit.


Un prof traverse la...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <p>EPAU 10h, dernière cigarette à la porte de la salle de conférence où nous allons présenter du travail réalisé en France autour de Smala. Nous venons expliquer la raison de notre venue, l'étrange jeu de pelote basque qui nous amène ici écouter si Smala rebondit.</p>


<p>Un prof traverse la pelouse et nous aborde : « ah ! C'est vous Smala ? C'est dingue, j'ai bossé dessus en 75 ! c'était avec une équipe pluridisciplinaire italienne financée par une entreprise pétrolière. Il y avait des photographes, des archis... on y a passé 15 jours à faire des relevés.</p>


<p>Les deux méninges d'Echelle Inconnue à part mais à l'unisson : « dingue ! Il reste des vestiges de la ville de tente ?! »</p>


<p>« et puis je les ai laissés, j'avais d'autres choses à faire. Je ne sais pas à quoi le projet a aboutit. C'était novateur, une équipe pluridisciplinaire et l'idée de réhabiliter et équiper (déjà à l'époque!) l'ensemble en énergie solaire !</p>


<p>Echelle inconnue en monologue intérieur fois deux et toujours à l'unisson : « incroyable ! La smala existe toujours et a été réhabilitée ! »</p>


<p>Le prof : « et d'ailleurs, vous savez peut-être, vous, il y a toujours une piscine à la Smala ? »</p>


<p>Deux cerveaux d'Echelle Inconnue se bloquent et déroulent à rebours : « Une ville de tente, entièrement restaurée, alimentée par des panneaux solaires (les images de tentes autonomes en énergie de l'armée américaine se superposent) avec au milieu une piscine, immense, mobile aussi, gonflable sans doute... »
Soudain dans les cerveaux la piscine crève, l'eau se répand et emporte tout, tentes, panneaux solaires dégageant le terrain où se reconstruisent des murs.</p>


<p>La Smala de l'émir Abd el Kader est un village !</p>


<p>Il confirme : « au bout d'une impasse, un village qui tire sans doute son nom d'une station de la capitale mobile.</p>


<p>Nous irons ensemble.</p>]]></content:encoded>
</item>

</rdf:RDF>

