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	<title>Sources de la Grande Guerre</title>
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		<title>Les monuments aux morts de la Grande Guerre dans les Côtes d&#8217;Armor (1914-2020)</title>
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		<pubDate>Tue, 01 Dec 2020 13:23:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Commémorations]]></category>
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					<description><![CDATA[Publié aux éditions A l&#8217;ombre des mots, le dernier livre de l&#8217;historien Yann Lagadec consacré aux monuments aux morts des Côtes d&#8217;Armor de 1914 à aujourd&#8217;hui est original à plus d&#8217;un titre. Certes, on y trouve les développements attendus sur les financements, l&#8217;édification ou encore la forme des monuments. Mais en exploitant des sources plurielles, il va plus loin et offre une vision très large de l&#8217;hommage aux combattants. Il étudie les divers monuments, communaux, paroissiaux ou professionnels, et leur usage mémoriel de 1914 à aujourd&#8217;hui. Pour en savoir plus, je lui ai posé quelques questions. 1/ Pourquoi avez-vous écrit ce livre ? Trois éléments m’y ont poussé en fait. C’est tout d’abord un sujet sur lequel je m’étais déjà penché, au milieu des années 1990, lorsque j’enseignais au collège de Plémet&#160;: j’avais alors proposé à mes élèves de 3e de travailler sur les monuments de leur commune et j’avais ainsi pu mesurer tout l’intérêt de ces monuments, toute leur diversité. Cela avait été aussi l’occasion d’un premier contact avec une historiographie devenue classique depuis, notamment les travaux d’Antoine Prost, et d’une première mais très modeste publication. &#160; Le second élément est lié à l’encadrement d’étudiants de Licence professionnelle Tourisme...]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image size-large"><img data-attachment-id="5614" data-permalink="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/?attachment_id=5614" data-orig-file="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2020/12/Couv-MAM-1ère-de-couv-page-001-1024x1024-2.jpg" data-orig-size="1024,1024" data-comments-opened="1" data-image-meta="{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}" data-image-title="Couv-MAM-1ère-de-couv-page-001-1024&#215;1024-2" data-image-description="" data-image-caption="" data-medium-file="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2020/12/Couv-MAM-1ère-de-couv-page-001-1024x1024-2-300x300.jpg" data-large-file="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2020/12/Couv-MAM-1ère-de-couv-page-001-1024x1024-2-1024x1024.jpg" decoding="async" width="1024" height="1024" src="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2020/12/Couv-MAM-1ère-de-couv-page-001-1024x1024-2-1024x1024.jpg" alt="" class="wp-image-5614" srcset="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2020/12/Couv-MAM-1ère-de-couv-page-001-1024x1024-2.jpg 1024w, http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2020/12/Couv-MAM-1ère-de-couv-page-001-1024x1024-2-300x300.jpg 300w, http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2020/12/Couv-MAM-1ère-de-couv-page-001-1024x1024-2-150x150.jpg 150w, http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2020/12/Couv-MAM-1ère-de-couv-page-001-1024x1024-2-768x768.jpg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p class="has-text-align-justify"><em>Publié aux éditions </em>A l&rsquo;ombre des mots<em>, le dernier livre de l&rsquo;historien Yann Lagadec consacré aux monuments aux morts des Côtes d&rsquo;Armor de 1914 à aujourd&rsquo;hui est original à plus d&rsquo;un titre. Certes, on y trouve les développements attendus sur les financements, l&rsquo;édification ou encore la forme des monuments.  Mais en exploitant des sources plurielles, il va plus loin et offre une vision très large de l&rsquo;hommage aux combattants. Il étudie les divers monuments, c<em>ommunaux, paroissiaux ou professionnels</em>, et leur usage mémoriel de 1914 à aujourd&rsquo;hui. Pour en savoir plus, j</em>e<em> lui ai posé quelques questions.</em></p>



<p class="has-text-align-justify"><strong>1/ Pourquoi avez-vous écrit ce livre ?</strong></p>



<p class="has-text-align-justify">Trois éléments m’y ont poussé en fait. C’est tout d’abord un sujet sur lequel je m’étais déjà penché, au milieu des années 1990, lorsque j’enseignais au collège de Plémet&nbsp;: j’avais alors proposé à mes élèves de 3<sup>e</sup> de travailler sur les monuments de leur commune et j’avais ainsi pu mesurer tout l’intérêt de ces monuments, toute leur diversité. Cela avait été aussi l’occasion d’un premier contact avec une historiographie devenue classique depuis, notamment les travaux d’Antoine Prost, et d’une première mais très modeste publication. &nbsp;</p>



<p class="has-text-align-justify">Le second élément est lié à l’encadrement d’étudiants de Licence professionnelle <em>Tourisme et marketing territorial et patrimonial</em> du campus Mazier de l’université Rennes 2 à Saint-Brieuc en 2018-2019&nbsp;: ces étudiants doivent préparer par petit groupe un projet dans le cadre de leur formation. J’ai donc chapeauté quatre d’entre eux qui ont conçu une exposition sur les monuments aux morts des Côtes d’Armor, une exposition présentée du 28 juin au 11 novembre 2019 au <a href="https://www.musee-etangneuf.fr/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">musée de la Résistance en Argoat à Plésidy/Saint-Connan</a>. J’ai commencé à travailler au livre parallèlement, un livre qui devait initialement être une sorte de catalogue de cette exposition. Mais il a pris une telle ampleur que la parution en a été retardée et que les deux événements – exposition en 2019, édition du livre en 2020 – se sont trouvés déconnectés. Ceci a permis d’accorder tout le soin nécessaire à chacun d’entre eux, en évitant toute précipitation.</p>



<p class="has-text-align-justify">Le dernier élément tient à mon intérêt pour la période de la Grande Guerre&nbsp;: cela fait une dizaine d’années désormais que j’y consacre une bonne partie de mes recherches et de mes publications. Cet ouvrage peut ainsi apparaître comme l’aboutissement d’une réflexion historique entamée en 2011-2012, centrée sur les rapports de la Bretagne et des Bretons avec la Grande Guerre.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;</p>



<p class="has-text-align-justify">&nbsp;<strong>2/ Quelles sont les sources qui permettent à l&rsquo;historien de travailler sur les MAM&nbsp;?</strong></p>



<p class="has-text-align-justify">Ces sources sont multiples en fait. La principale, la plus évidente, ce sont les monuments eux-mêmes qui nous en disent déjà beaucoup. J’ai donc multiplié les déplacements dans le département en prenant, à chaque fois, autant de clichés que possible. Il m’a fallu aussi parfois revenir dans certaines communes à plusieurs reprises pour profiter d’une météo plus favorable aux photos, d’un éclairage plus satisfaisant…</p>



<p class="has-text-align-justify">Mais les monuments ne disent pas tout. Beaucoup ne sont pas signés par exemple, rares sont ceux sur lesquels figure la date à laquelle ils ont été érigés. Il faut donc recourir aux archives. Les archives des mairies tout d’abord, plus particulièrement les délibérations municipales qui permettent de suivre tout le processus d’élaboration du projet de monument, en général des premières discussions sur l’idée même d’en ériger un, jusqu’à l’inauguration et même au-delà&nbsp;: le choix de l’emplacement, de l’entrepreneur, les éventuels travaux complémentaires après la mise en place du monument, par exemple d’adjonction de grilles pour le protéger <em>etc</em>.</p>



<p class="has-text-align-justify">Ces documents sont complétés par ceux disponibles aux archives départementales. Ce sont principalement les liasses de la série 2 O, où l’on trouve les dossiers constitués en préfecture pour suivre le processus de construction. Il faut en effet en France une autorisation de l’Etat pour ériger un monument commémoratif&nbsp;: les services préfectoraux suivent donc les choses de près. D’une richesse variable d’une commune à l’autre, ces dossiers peuvent être particulièrement intéressants lorsqu’il y a un conflit entre autorités municipales et préfectorales sur le monument, les échanges de correspondance conduisant les maires à justifier leurs choix, à décrire par le menu la situation dans leur commune, les éventuels débats ou tensions. C’est aussi dans ces dossiers que l’on trouve souvent des plans, des photos de maquettes, les devis des entrepreneurs, les commentaires que les artistes sollicités peuvent parfois laisser sur l’œuvre qu’ils ont conçue&#8230;</p>



<p class="has-text-align-justify">A cela, il faut bien entendu ajouter les cartes postales anciennes, particulièrement utiles notamment en ce qu’elles nous renseignent sur l’environnement des monuments à l’époque de leur mise en place, un environnement qui n’a parfois rien à voir avec ce que l’on connait aujourd’hui. De nombreux monuments ont en effet été déplacés au cours des 20 ou 30 dernières années, devenus «&nbsp;gênants&nbsp;» pour la circulation automobile dans les centres-bourgs.</p>



<p class="has-text-align-justify">Le dernier grand type de sources est constitué par la presse locale, et notamment les hebdomadaires que l’on trouve alors dans tous les arrondissements des Côtes-du-Nord de l’époque&nbsp;: il y en a même deux à Guingamp, Lannion ou Dinan, ce qui permet d’avoir «&nbsp;deux sons de cloches&nbsp;» sur les difficultés, les tensions autour des projets de monuments. C’est aussi dans ces journaux que l’on trouve les comptes-rendus les plus précis des cérémonies organisées à l’occasion des inaugurations de ces monuments, puis chaque 11 novembre. Et de suivre donc ainsi l’évolution de la mémoire de la Grande Guerre… &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<figure class="is-layout-flex wp-block-gallery-1 wp-block-gallery columns-3 is-cropped"><ul data-carousel-extra='{"blog_id":1,"permalink":"http:\/\/sourcesdelagrandeguerre.fr\/?p=5470"}' class="blocks-gallery-grid"><li class="blocks-gallery-item"><figure><img data-attachment-id="5528" data-permalink="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/?attachment_id=5528" data-orig-file="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2020/11/1.-Monument-aux-morts-de-Ploumagoar.jpg" data-orig-size="1670,2487" data-comments-opened="1" data-image-meta="{&quot;aperture&quot;:&quot;3.5&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;E-420&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;OLYMPUS DIGITAL CAMERA&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;17&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;100&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0.016666666666667&quot;,&quot;title&quot;:&quot;OLYMPUS DIGITAL CAMERA&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}" data-image-title="OLYMPUS DIGITAL CAMERA" data-image-description="" data-image-caption="&lt;p&gt;OLYMPUS DIGITAL CAMERA&lt;/p&gt;
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class="blocks-gallery-item"><figure><img data-attachment-id="5532" data-permalink="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/?attachment_id=5532" data-orig-file="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2020/11/5.-Monument-aux-morts-dEtables-scaled.jpg" data-orig-size="1631,2560" data-comments-opened="1" data-image-meta="{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;1&quot;}" data-image-title="5.-Monument-aux-morts-dEtables" data-image-description="" data-image-caption="" data-medium-file="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2020/11/5.-Monument-aux-morts-dEtables-191x300.jpg" 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<p class="has-text-align-justify"><strong>3/ Que nous disent justement les monuments aux morts, non seulement de la Grande Guerre mais aussi de l&rsquo;après-guerre et de la mémoire ?</strong></p>



<p class="has-text-align-justify">Le premier élément est sans doute l’importance du traumatisme subi par la société française en générale, la société bretonne et costarmoricaine en particulier. Alors qu’après la guerre de 1870-1871, seule une minorité des communes avait érigé un tel monument, elles le font toutes ou presque après la Grande Guerre, et très rapidement&nbsp;: en 1924, 80 % des communes des Côtes-du-Nord ont déjà leur monument, parfois plusieurs d’ailleurs, un monument communal sur la place du village, un monument paroissial dans l’église, voire dans quelques cas un autre dans tel ou tel hameau important.</p>



<p class="has-text-align-justify">Ces monuments nous disent aussi le poids du deuil, mais un deuil qui n’implique pas de refus de la guerre, de pacifisme à tout prix&nbsp;: même dans des communes dont les monuments mettent en scène une veuve en costume du pays, les discours restent fortement teintés de patriotisme, de volonté de faire payer «&nbsp;aux Boches&nbsp;», de ne rien leur céder alors que les conditions de mise en œuvre du traité de Versailles sont l’objet de tensions internationales. Il faut donc éviter de lire ces monuments avec nos yeux de citoyens du début du XXI<sup>e</sup> siècle pour en rester à ce que leurs concepteurs, entre 1919 et 1925, souhaitaient leur faire dire, au risque d’un total anachronisme…</p>



<p class="has-text-align-justify">De la même manière, il est intéressant de noter l’emboitement des échelles mémorielles&nbsp;: c’est une mémoire locale, communale ou paroissiale, que portent ces monuments. Mais ils disent aussi, par la présence d’hermines par exemple, ou d’épitaphes en breton dans la zone bretonnante du département, que ceux qui sont morts étaient Bretons. Ceci n’empêche pas ces mêmes monuments de mettre en avant l’importance accordée au sacrifice pour la Patrie, pour la France. Ces trois dimensions ne s’excluent pas, elles se complètent. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="has-text-align-justify"><strong>4/ Selon vous, peut-on dire qu&rsquo;il y a une spécificité dans les Côtes d&rsquo;Armor ?</strong></p>



<p class="has-text-align-justify">Il y en a, bien entendu, même si elles sont moins costarmoricaines que bretonnes de manière plus large. C’est par exemple – inutile d’y insister sans doute – l’usage de la langue bretonne sur presque 20 % des monuments de la zone bretonnante&nbsp;: bien évidemment, ce n’est pas en Bourgogne, en Picardie ou en Auvergne que l’on trouve des monuments en breton… Mais, de manière plus significative, cette proportion est beaucoup plus importante que dans d’autres zones où l’usage d’une langue régionale est au moins aussi banal qu’en Bretagne dans l’entre-deux-guerres, comme en Corse ou dans le Sud-Ouest avec le béarnais par exemple. Seule exception peut-être, en cela proche de ce que l’on trouve en Bretagne&nbsp;: le Pays basque.</p>



<p class="has-text-align-justify">L’utilisation du granit est un élément important aussi, pas seulement parce qu’il s’agit d’une pierre locale – cette utilisation de ressources locales est assez général en France – mais parce que le lien est fait de manière très large entre la dureté du granit et la solidité des soldats bretons…</p>



<p class="has-text-align-justify">Il me semble aussi que la proportion des représentations féminines, ces veuves ou mères en costume du pays que l’on trouve sur les monuments de Tréguier, Pontrieux ou Saint-Cast par exemple, est plus importante ici qu’en de nombreuses autres régions. Et c’est aussi le cas pour les marins et, plus particulièrement, les fusiliers marins&nbsp;: ceci s’explique non seulement par la part prise par les Bretons dans la Royale de manière générale, mais aussi, plus encore, au sein de la brigade de l’amiral Ronarc’h en 1914-1915. Dans ce cas, même s’ils en représentent que 55 % des effectifs, l’unité apparaît comme «&nbsp;bretonne&nbsp;» du fait même des origines de son chef emblématique, de son recrutement largement lorientais à l’origine <em>etc</em>.</p>



<p class="has-text-align-justify">En montrant un fusilier marin soutenant un «&nbsp;pépère&nbsp;» du 73<sup>e</sup> RIT blessé sur le front de l’Yser, tous deux sculptés en kersanton, le monument de Lannion résume par exemple assez largement nombre de spécificités des monuments du département. &nbsp;&nbsp;</p>



<p class="has-text-align-justify"><strong>5/ Quel est le monument aux morts qui vous a le plus impressionné, ému, surpris&#8230; et pourquoi ?</strong></p>



<p class="has-text-align-justify">La liste pourrait être longue&nbsp;: chaque monument a ses particularités qui le rendent intéressant, même lorsqu’il ne s’agit que d’un simple obélisque comme on en trouve des dizaines voire des centaines. J’en choisirai trois en fait.</p>



<p class="has-text-align-justify"><a href="https://monumentsmorts.univ-lille.fr/monument/14113/pleudaniel-presdeleglise/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Le premier, c’est celui de Pleudaniel</a>, aux confins du Goëlo et du Trégor, parce qu’il s’agit du premier monument érigé dans le département, en 1917, avant même la fin de la guerre donc. De manière significative, il évoque la « Guerre de 1914-1915-1916-1917 »… Et, faute de place, il a fallu rajouter « 1918 » en-dessous.</p>



<p class="has-text-align-justify"><a rel="noreferrer noopener" href="https://monumentsmorts.univ-lille.fr/monument/9944/etables-sur-mer-presdeleglise/" target="_blank">Le second, c’est celui d’Etables</a>, un poilu dû à l’artiste briochin Francis Renaud qui conçoit aussi les monuments de Saint-Brieuc, Ploufragan, Tréguier ou Trévé. A Etables, ce poilu a été sculpté en bas-relief sur un menhir trouvé sur une lande de la commune et installé au pied de l’église&nbsp;: il marque ainsi l’ancrage dans la «&nbsp;terre ancestrale&nbsp;», le lien aussi avec un passé mythifié de la Bretagne matérialisé par les mégalithes que l’on retrouve sur d’autres monuments.</p>



<p class="has-text-align-justify"><a rel="noreferrer noopener" href="https://monumentsmorts.univ-lille.fr/monument/16007/quintin-place/" target="_blank">Le dernier, ce serait celui de Quintin</a>, œuvre d’un sculpteur briochin, Elie Le Goff. Il ne s’agit que d’un artiste de second plan avant-guerre. Mais la mort de ses trois fils, dont deux le même jour, le 22 avril 1915, lors de la première attaque au gaz allemande près d’Ypres, en fait l’incarnation du deuil de guerre. Il conçoit ainsi une vingtaine de monuments dans le département ou dans le Morbihan, dont celui de Quintin, le plus original, le plus émouvant&nbsp;: une jeune mère de famille, veuve, montre à son fils, désormais orphelin, un médaillon représentant son père soldat. Il dit ainsi le deuil, la douleur liée à la perte d’un être cher, mais aussi la foi en l’avenir, et ce d’une double manière sans doute&nbsp;: la représentation d’outils liés au travail de la terre renvoie à la nécessaire reconstruction économique par le travail&nbsp;; mais le choix d’un jeune garçon, plus que d’une petite fille comme à Pléhédel par exemple, pour incarner l’orphelin dit aussi qu’il faudra se montrer en mesure de prendre le relai de la génération de 1914-1918, y compris les armes à la main si nécessaire. Comme le père, mort pour la France, a pu le faire… &nbsp;&nbsp;</p>



<p class="has-text-align-justify">Yann Lagadec, <em>Faire son deuil, construire les mémoires. Les monuments aux morts de la Grande Guerre dans les Côtes d&rsquo;Armor (1914-1920)</em>, Pabu, Editions A l&rsquo;ombre des mots, 2020, 333 p. </p>



<p>Crédits photographiques : Yann Lagadec.</p>
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		<title>Pourquoi Jérôme Prieur publie-t-il « ses souvenirs de la guerre de 14 » ?</title>
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		<pubDate>Fri, 26 Oct 2018 11:58:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Arts Littérature Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Sources figurées]]></category>
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					<description><![CDATA[Les sources sont au cœur de La Moustache du soldat inconnu, l&#8217;enquête de Jérôme Prieur publiée aux éditions du Seuil en septembre. A travers ce récit, on mesure la fascination de l’auteur pour les correspondances et les témoignages laissés par les combattants de la Grande Guerre, comme il l&#8217;explique dans cet épisode de La Fabrique de l&#8217;histoire (Quand le conflit n&#8217;en finit pas. Ou l&#8217;obsession de la guerre). Pourquoi Jérôme Prieur publie-t-il « ses souvenirs de la guerre de 14 » aujourd’hui ? Il a accepté de me répondre.      Comme je l&#8217;évoque dans mon livre, j&#8217;ai commencé à vouloir écrire une sorte de vie quotidienne des poilus vers l&#8217;âge de dix ans puis le projet a &#8211; heureusement &#8211; bifurqué, mais il ne m&#8217;a jamais lâché. Comme s&#8217;il était plus fort que moi. J&#8217;ai continué ainsi pendant des années, tout au long des grandes étapes de ma vie d&#8217;adolescent puis d&#8217;adulte, à lire des récits de combattants, des correspondances, à me documenter, en quelque sorte à ramasser sur le champ de bataille, bien après les faits, évidemment, des traces, des échos de cette guerre terrible : ce que j&#8217;ai appelé « mes souvenirs de la guerre de 14 ». J&#8217;accumulais des notes, je collectionnais...]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img data-attachment-id="5585" data-permalink="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/?attachment_id=5585" data-orig-file="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2018/10/140103_couverture_Hres_0-1.jpg" data-orig-size="1245,2000" data-comments-opened="1" data-image-meta="{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}" data-image-title="140103_couverture_Hres_0" data-image-description="" data-image-caption="" data-medium-file="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2018/10/140103_couverture_Hres_0-1-187x300.jpg" data-large-file="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2018/10/140103_couverture_Hres_0-1-637x1024.jpg" decoding="async" loading="lazy" class="wp-image-5585 alignleft" src="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2018/10/140103_couverture_Hres_0-1-187x300.jpg" alt="" width="311" height="499" srcset="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2018/10/140103_couverture_Hres_0-1-187x300.jpg 187w, http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2018/10/140103_couverture_Hres_0-1-637x1024.jpg 637w, http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2018/10/140103_couverture_Hres_0-1-768x1234.jpg 768w, http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2018/10/140103_couverture_Hres_0-1-956x1536.jpg 956w, http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2018/10/140103_couverture_Hres_0-1.jpg 1245w" sizes="(max-width: 311px) 100vw, 311px" /></p>
<p style="text-align: justify;"><em><a href="http://www.seuil.com/ouvrage/la-moustache-du-soldat-inconnu-jerome-prieur/9782021401035" target="_blank" rel="noopener noreferrer">L</a>es sources sont au cœur de </em>La Moustache du soldat inconnu<em>, l&rsquo;enquête de Jérôme Prieur publiée aux éditions du Seuil en septembre. A travers ce récit, on mesure la fascination de l’auteur pour les correspondances et les témoignages laissés par les combattants de la Grande Guerre, comme il l&rsquo;explique dans cet épisode de La Fabrique de l&rsquo;histoire (<a href="https://www.franceculture.fr/emissions/la-fabrique-de-lhistoire/la-guerre-notre-heritage-24-quand-le-conflit-nen-finit-pas-ou-lobsession-de-la-guerre" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Quand le conflit n&rsquo;en finit pas. Ou l&rsquo;obsession de la guerre</a>). Pourquoi Jérôme Prieur publie-t-il « ses souvenirs de la guerre de 14 » aujourd’hui ? Il a accepté de me répondre.     </em></p>
<p style="text-align: justify;">Comme je l&rsquo;évoque dans mon livre, j&rsquo;ai commencé à vouloir écrire une sorte de vie quotidienne des poilus vers l&rsquo;âge de dix ans puis le projet a &#8211; heureusement &#8211; bifurqué, mais il ne m&rsquo;a jamais lâché. Comme s&rsquo;il était plus fort que moi. J&rsquo;ai continué ainsi pendant des années, tout au long des grandes étapes de ma vie d&rsquo;adolescent puis d&rsquo;adulte, à lire des récits de combattants, des correspondances, à me documenter, en quelque sorte à ramasser sur le champ de bataille, bien après les faits, évidemment, des traces, des échos de cette guerre terrible : ce que j&rsquo;ai appelé « mes souvenirs de la guerre de 14 ». J&rsquo;accumulais des notes, je collectionnais les fragments, je ramassais les documents qui pourraient me servir « un jour », plus tard, des livres, des photographies&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Ce travail est resté, pendant de longues années, « en chantier », pour ne pas dire en souffrance. Mais je ne l&rsquo;ai jamais abandonné. Je l&rsquo;oubliais, puis c&rsquo;était plus fort que moi, je repartais à la faveur d&rsquo;une trouvaille inattendue, d&rsquo;un épisode particulièrement révélateur que je lisais, découvrant donc peu à peu en même temps ce qui, malgré moi, me saisissait et me surprenait dans cette époque lointaine dont l&rsquo;aura mystérieuse était venue jusqu&rsquo;à moi à travers mes deux grands-pères, l&rsquo;un engagé volontaire à dix-huit ans en 1917, l&rsquo;autre mobilisé pour occuper la Rhénanie au lendemain de l&rsquo;armistice. Alors même que j&rsquo;étais beaucoup plus près biographiquement de la Seconde Guerre mondiale (je jouais dans le sable d&rsquo;Omaha Beach vingt ans seulement après le Débarquement), je crois que je voulais percer le silence de ces aïeux, comprendre comment ils avaient pu survivre à l&rsquo;enfer.</p>
<p style="text-align: justify;"><img data-attachment-id="5436" data-permalink="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/?attachment_id=5436" data-orig-file="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2018/10/Poilus-cercueils.jpg" data-orig-size="474,597" data-comments-opened="1" data-image-meta="{&quot;aperture&quot;:&quot;2.8&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;PENTAX Optio A20&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;1136159209&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;7.9&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;400&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0.025&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;1&quot;}" data-image-title="Poilus cercueils" data-image-description="" data-image-caption="" data-medium-file="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2018/10/Poilus-cercueils-238x300.jpg" data-large-file="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2018/10/Poilus-cercueils.jpg" decoding="async" loading="lazy" class="wp-image-5436 alignleft" src="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2018/10/Poilus-cercueils-238x300.jpg" alt="" width="312" height="393" srcset="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2018/10/Poilus-cercueils-238x300.jpg 238w, http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2018/10/Poilus-cercueils.jpg 474w" sizes="(max-width: 312px) 100vw, 312px" />Le temps a passé, des années, et puis en 1997, je n&rsquo;ai pas pu continuer à me dérober. L&rsquo;occasion m&rsquo;a été donnée d&rsquo;écrire un petit livre à partir d&rsquo;une photographie. <a href="https://www.lapionniere.com/boutique/auteurs/jerome-prieur-auteurs/guerre-eclair-de-jerome-prieur" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><em>Guerre éclair </em>est le titre de ce livre (éditions La Pionnière),</a> né d&rsquo;une photo que j&rsquo;avais vue au moment du cinquantième anniversaire de la Grande Guerre dans un numéro spécial de <em>Paris-Match </em>: des soldats cassant la croute sur un empilement de cercueils, quelque part en 1915. Une photo inoubliable qui, d&rsquo;une certaine façon, concentrait comme en un éclair, tout ce qu&rsquo;était cette guerre, l&rsquo;enchevêtrement ahurissant de la vie et de la mort.</p>
<p style="text-align: justify;">J&rsquo;ai scruté chaque millimètre de cette photo, chaque indice, chaque détail pour essayer de faire parler l&rsquo;image. Et puis, après la parution du livre, j&rsquo;ai continué mon enquête. J&rsquo;ai notamment fait la connaissance de Jean-Pierre Verney. J&rsquo;ai compris qu&rsquo;il aurait fallu que j&rsquo;arrive à identifier le régiment auquel appartenaient ces hommes pour en savoir plus. J&rsquo;aurais pu avoir accès au journal de marche et tirer d&rsquo;autres fils. Alors je me suis mis à rêver d&rsquo;un film ou d&rsquo;un livre qui identifierait chacun des treize hommes que l&rsquo;on peut voir sur la photo. Ou du moins qui les imaginerait, qui les rêverait, qui leur rendrait vie. Mais pour atteindre, ce but je voulais en savoir le plus possible sur la photographie de 1915, du moins faire reculer les limites de mon ignorance. J&rsquo;ai retrouvé une plaque stéréoscopique puis un titre « Déjeuner macabre », puis un lieu, « Carency ». Cela permettait de préciser le contexte de la photographie, mais impossible de lire le chiffre sur le col des uniformes. J&rsquo;ai consulté des historiens, des spécialistes, des collectionneurs jusqu&rsquo;à ces derniers mois mais ils n&rsquo;en savaient pas plus (ironie du destin, c&rsquo;est en terminant d&rsquo;écrire <em>La moustache du soldat inconnu, </em>vraiment tout à la fin, que je découvrirai où, quand et par qui cette fameuse photo avait été prise&#8230;)</p>
<p style="text-align: justify;">Et puis approche le Centenaire. Je me dis qu&rsquo;il faut que je me décide, que je me mette enfin à affronter cette obsession. Je recule, je pars sur l&rsquo;idée parallèle d&rsquo;un film, un film documentaire pour lequel je tourne même plusieurs jours, en 2011, dans les réserves du musée de Meaux, avant l&rsquo;ouverture des salles. Le projet de film est trop personnel, me reproche-t-on, je ne trouve pas l&rsquo;argent pour le poursuivre malgré « l&rsquo;actualité » du sujet. Je m&rsquo;obstine, je fais des recherches, je persiste à y travailler, et puis je comprends que le livre que j&rsquo;ai toujours voulu écrire sur la guerre de 14, il est grand temps maintenant que je l&rsquo;écrive, d&rsquo;autant que d&rsquo;autres que moi, apparemment partis beaucoup plus tard, s&rsquo;y mettent, viennent sur mon terrain !</p>
<p style="text-align: justify;">Alors peu à peu, non sans mal, je décide d&rsquo;y consacrer du temps, je reprends mes notes, je rassemble ce que j&rsquo;ai écrit au fil des années. Surtout je ne cesse de me poser la question cruciale : comment dire ce que l&rsquo;on ne peut pas dire, comment raconter ce qui n&rsquo;est pas racontable&#8230; En réalité, je me lance un défi de plus en plus énorme : comment réussir à être singulier après tant de livres, livres de témoins, livres d&rsquo;historiens, livres d&rsquo;écrivains, qui ont parlé et parlent de nouveau de la guerre de 14 ? Justement j&rsquo;essaie de creuser cette voie. Puis un jour, par hasard, je découvre sur le <a href="http://centenaire.org/fr/video-darchive/apres-les-combats-de-bois-le-pretre" target="_blank" rel="noopener noreferrer">site de la Mission du Centenaire un petit film tourné par un combattant du côté de Bois-le-Prêtre, en 1915</a>. Encore 1915. Ce film amateur de quinze minutes est à la fois banal et saisissant, donc passionnant. Je commence à écrire sur la première séquence de ce film, on y voit pendant plusieurs minutes un soldat qui charrie des cadavres comme si de rien n&rsquo;était.</p>
<p style="text-align: justify;">Le jour même ou le lendemain, je ne sais plus, nous sommes le mercredi 7 janvier 2015. Il fait très froid dehors et c&rsquo;est douloureux d&rsquo;écrire sur ces images. Surgit l&rsquo;annonce de l&rsquo;attentat contre <em>Charlie hebdo, </em>une abominable tuerie en plein Paris, tout près du quartier de Paris où je vis. Je ne peux plus écrire. Cela m&rsquo;est littéralement impossible. J&rsquo;arrête pendant deux ans. D&rsquo;autres activités professionnelles m&rsquo;occupent certes, le montage d&rsquo;un très long film qui s&rsquo;étend sur plusieurs mois, puis le projet du film sur 14-18 que je réécris (et que, toujours, j&rsquo;espère pouvoir tourner, enfin). Mais le livre lui-même est devenu au-dessus de mes forces. Arrive le mois de janvier 2017. Je me dis que ce n&rsquo;est pas possible que j&rsquo;abandonne ainsi le livre, qu&rsquo;il est déjà très avancé, que je dois m&rsquo;y remettre, qu&rsquo;il le faut. Je recommence lentement, et, là, l&rsquo;obstacle contre lequel j&rsquo;avais buté malgré moi, le petit film amateur de 1915 sur lequel on connait si peu d&rsquo;éléments, m&rsquo;inspire au-delà de ce que j&rsquo;avais imaginé. Au lieu d&rsquo;y consacrer deux ou trois pages, je comprends que je dois fouiller ces images, retrouver les soldats inconnus qui y sont ensevelis, m&rsquo;approcher de cette armée des ombres, chercher à sauver tout ce qui peut être sauvé.</p>
<p><a href="https://argonnaute.parisnanterre.fr/ark:/14707/a011432125100Y0shE4" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Le film et l&rsquo;album photographique de Jules Albert Gal Ladevèze sont consultables sur l&rsquo;Argonnaute de La Contemporaine (ex BDIC) </a></p>
<p>Jérôme Prieur, <em>La Moustache du soldat inconnu</em>, Paris, Le Seuil, « La librairie du XXIe siècle », septembre 2018. <span id="yiv8045786814yui_3_16_0_ym19_1_1540456895096_4713" style="font-family: verdana, helvetica, sans-serif; font-size: medium;"></span></p>
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		<title>La Marne, la riviere de la victoire (1914-1918)</title>
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		<pubDate>Tue, 17 Jul 2018 19:21:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Commémorations]]></category>
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					<description><![CDATA[Les grandes batailles de la Première Guerre mondiale sur le front de l’Ouest ont en commun d’avoir des bornes chronologiques indéterminées, des limites géographiques floues, jusqu’à plusieurs appellations pour une même bataille. Au début de l’année 1918 et contrairement à l’Yser, l’Oise, l’Aisne ou la Somme, la Marne, obstacle naturel pour un envahisseur venant du nord, a été le théâtre d’une seule grande bataille en septembre 1914. Depuis, pour l’opinion publique française, travaillée par la propagande, la bataille de la Marne s’est muée en un miracle, une bataille mythique et unique. Inconnue des Européens et peu connue des Français, cette rivière de 525 km entre dans l’histoire de la France et de l’Europe en 1914. En juillet 1918, la Marne a de nouveau rendez-vous avec l’histoire….. Avec quatre années d’écart, ces deux batailles sauvent le camp des Alliés. Pourtant, après la guerre, le succès de 1914 éclipse celui de 1918 dans la mémoire collective française. Si les deux batailles se distinguent sur de nombreux points, il faut néanmoins, comme l’écrit François Cochet, « penser la seconde bataille de la Marne en résonance avec celle de 1914 ». Deux tournants de la guerre aux conséquences différentes. La seconde bataille de la...]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p dir="ltr" style="text-align: justify;" data-placeholder="Traduction"><img data-attachment-id="5414" data-permalink="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/?attachment_id=5414" data-orig-file="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2018/07/les-vainqueurs-de-la-marne_a-G-7323589-4985691-1.jpg" data-orig-size="473,355" data-comments-opened="1" data-image-meta="{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}" data-image-title="les-vainqueurs-de-la-marne_a-G-7323589-4985691-1" data-image-description="" data-image-caption="" data-medium-file="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2018/07/les-vainqueurs-de-la-marne_a-G-7323589-4985691-1-300x225.jpg" data-large-file="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2018/07/les-vainqueurs-de-la-marne_a-G-7323589-4985691-1.jpg" decoding="async" loading="lazy" class="wp-image-5414 alignleft" src="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2018/07/les-vainqueurs-de-la-marne_a-G-7323589-4985691-1.jpg" alt="" width="453" height="340" srcset="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2018/07/les-vainqueurs-de-la-marne_a-G-7323589-4985691-1.jpg 473w, http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2018/07/les-vainqueurs-de-la-marne_a-G-7323589-4985691-1-300x225.jpg 300w, http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2018/07/les-vainqueurs-de-la-marne_a-G-7323589-4985691-1-326x245.jpg 326w, http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2018/07/les-vainqueurs-de-la-marne_a-G-7323589-4985691-1-80x60.jpg 80w" sizes="(max-width: 453px) 100vw, 453px" />Les grandes batailles de la Première Guerre mondiale sur le front de l’Ouest ont en commun d’avoir des bornes chronologiques indéterminées, des limites géographiques floues, jusqu’à plusieurs appellations pour une même bataille. Au début de l’année 1918 et contrairement à l’Yser, l’Oise, l’Aisne ou la Somme, la Marne, obstacle naturel pour un envahisseur venant du nord, a été le théâtre d’une seule grande bataille en septembre 1914. Depuis, pour l’opinion publique française, travaillée par la propagande, la bataille de la Marne s’est muée en un miracle, une bataille mythique et unique. Inconnue des Européens et peu connue des Français, cette rivière de 525 km entre dans l’histoire de la France et de l’Europe en 1914. En juillet 1918, la Marne a de nouveau rendez-vous avec l’histoire….. Avec quatre années d’écart, ces deux batailles sauvent le camp des Alliés. Pourtant, après la guerre, le succès de 1914 éclipse celui de 1918 dans la mémoire collective française. Si les deux batailles se distinguent sur de nombreux points, il faut néanmoins, comme l’écrit François Cochet, « penser la seconde bataille de la Marne en résonance avec celle de 1914 ».</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Deux tournants de la guerre aux conséquences différentes.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La seconde bataille de la Marne est nommée ainsi en écho à la bataille de 1914 et sous-entend que la Marne mythique sauve à nouveau les Alliés de la défaite en 1918. Toutefois, les conditions et les lieux diffèrent grandement. En 1914, la Marne est au centre d’un affrontement gigantesque impliquant 2 millions d’hommes de la Meurthe à l’Oise, soit sur plus de 200 km, tandis que le 15 juillet 1918, les Allemands attaquent sur un front d’une centaine de kilomètres de Château-Thierry dans l’Aisne à Massiges dans la Marne. Comme en 1914, l’offensive allemande est suivie d’une contre-offensive alliée le 18 juillet. Cependant, celle-ci s’étend de Bouresches à Pernant dans l’Aisne, soit le long d’une ligne de 55 kilomètres perpendiculaire à la Marne.</p>
<p style="text-align: justify;">Les conditions sont très différentes même si les deux batailles symbolisent la guerre de mouvement. En 1914 comme en 1918, les Allemands tentent un vaste et puissant mouvement d’enveloppement. La première et la seconde Marne sont également des batailles d’arrêt puisque dans les deux cas, l’armée allemande est contrainte d’interrompre sa progression puis de se replier derrière l’Aisne. Cependant, les conditions de la contre-offensive alliée sont très différentes. En septembre 1914, Britanniques et Français, après une retraite harassante, s’engagent timidement dans la poursuite de l’armée allemande en retraite. Cette bataille sur un front large, qui comprend plusieurs opérations, aboutit à un succès qui ne peut pas être exploité et qui débouche sur l’immobilisme. En revanche, à l’été 1918, après les coups de boutoirs allemands du premier semestre, le général Foch, commandant en chef allié, ordonne avec détermination une contre-offensive menée par les généraux Mangin et Degoutte. Les Alliés débouchent de la forêt de Villers-Cotterêts, dans le flanc de la poche allemande de Château-Thierry, et obligent l’armée allemande au repli. Toutefois, si la progression est rapide au cours des premières heures, les Alliés piétinent et sont par la suite contraints de livrer de durs combats pour libérer Soissons le 2 août 1918.</p>
<p style="text-align: justify;">Sans être décisives sur l’issue de la guerre, les deux batailles sont incontestablement des tournants dans le déroulement de la guerre, avec des conséquences différentes. Au lendemain de la Marne, menacée par la défaite, la France tient et son armée reprend confiance. La guerre n’est pas perdue, mais elle n’est pas terminée. A l’été 1918, l’armée allemande échoue dans son objectif d’obtenir la décision sur le front de l’Ouest. Si elle n’est pas brisée, elle n’a cependant plus les moyens de passer à l’offensive. La victoire militaire semble compromise, même si la guerre n’est pas encore perdue pour l’Allemagne. Enfin, et contrairement à 1914, la 2e bataille de la Marne permet aux Alliés de reprendre l’initiative perdue en 1917 et de la conserver jusqu’à l’armistice.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La dernière bataille du XIXe siècle et la première bataille du XXe siècle ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Sur le terrain, les deux batailles n’ont plus rien en commun. En 1914, les états-majors n’ignorent pas la puissance du feu de l’armement, mais ils misent sur une guerre courte. Ils savent que les pertes seront importantes mais elles le seront dans un temps court. En 1918, alors que toutes les armées connaissent une crise des effectifs, les états-majors ont intégré dans leurs réflexions la puissance du feu. Celle-ci s’est considérablement accrue depuis 1914. Elle permet de compenser, en partie, les pertes humaines des années précédentes. La guerre a évolué tant au plan tactique que technique. Le temps de préparation de l’artillerie est réduit mais les bombardements sont plus puissants, les armées ont adopté la défense en profondeur, les troupes d’assaut à l’instar des Sturmtruppen se sont développées et les soldats utilisent un armement de plus en plus puissant et destructeur (armes automatiques, armes collectives, etc.).</p>
<p style="text-align: justify;">L’infanterie est principalement à la manœuvre en septembre 1914 tandis qu’en juillet 1918, le succès est obtenu grâce au déploiement de plusieurs centaines de chars Renault FT qui précèdent et accompagnent l’infanterie qui agissent en liaison avec l’aviation et l’artillerie. L’aviation, peu développée et dont le rôle est limité à l’observation en 1914, est nombreuse et ses missions sont plurielles en 1918. Elle se charge de la maîtrise du ciel et offre un appui tactique (mitraillage et bombardement) aux troupes au sol. Pour le combat d’infanterie, les Alliés éprouvent encore de grandes difficultés dans la mise en œuvre les techniques d’infiltration, contrairement à l’infanterie allemande. En revanche, ils maîtrisent de mieux en mieux le combat interarmes et interarmées. Toutefois, les troupes sur le champ de bataille manœuvrent encore difficilement en raison principalement de difficultés logistiques. Elles peinent à reconquérir le terrain perdu. Il faut aux Alliés plusieurs semaines en juillet pour reprendre le terrain perdu en quelques jours en mai.</p>
<p style="text-align: justify;">Devenus des professionnels de la guerre, les soldats de 1918 ne sont plus les conscrits en pantalon rouge de 1914. Alors que le fantassin de 1914 manie principalement son fusil, celui de 1918 est devenu un combattant polyvalent capable d’utiliser une arme automatique, de l’artillerie d’accompagnement, une arme collective, des moyens de transmission, etc. Sur la Marne en 1914, les soldats français, britanniques, belges et allemands participent à la dernière grande bataille du XIXe siècle ; en 1918, les Américains, les Italiens, les Britanniques, les Français, les Allemands combattent dans la première grande bataille du XXe siècle.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Une nouvelle bataille des Nations en 1918 ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Comparaison n’est pas raison. La bataille de la Marne est la première bataille européenne de l’histoire de France remportée par des Français avec des Britanniques. Elle est également la première « grande » victoire militaire française obtenue sur le continent européen depuis la fin du Ier Empire. Elle oppose des Français venus de métropoles et des colonies et des Britanniques aux Allemands. La 2e bataille de la Marne se distingue par le nombre de nations qui y participent puisque sur le champ de bataille s’affrontent des Allemands, des Américains, des Britanniques, des Italiens et des Français ainsi que des soldats venus des colonies. Au total, plus de 250 000 Français et Britanniques et 250 000 soldats allemands sont tués, prisonniers, blessés ou disparus en 1914 ; 130 000 Français, Britanniques, Américains, Italiens et 180 000 Allemands en 1918.</p>
<p style="text-align: justify;">En 1914, la Marne épargne à la France une défaite, à l’Europe une domination allemande et brise l’image d’une armée allemande invincible. Pour les Allemands, en particulier les militaires, la Marne est la seule grande bataille de la Première Guerre mondiale. Dès septembre 1914, la bataille de la Marne est l’objet d’une intense propagande, de l’image d’Epinal des taxis de la Marne à la glorification de l’héroïsme des soldats français. Elle devient le miracle de la Marne dont le nom traverse le siècle au même titre que Verdun. Le général Joffre s’impose comme le sauveur de la Marne et du pays et il accède à un pouvoir quasi exclusif, même si une polémique émerge autour du mérite de ce succès. En septembre 1914, les gros bataillons de l’armée française et le courage de ses soldats permettent la « victoire » de la Marne. La seconde bataille de la Marne n’a pas eu la même postérité, notamment parce qu’elle est remportée par les Alliés. La contre-offensive, planifiée et conduite par des généraux français, est impossible à mettre en œuvre sans le renfort des grosses divisions américaines. Inconnue de la plupart des Français aujourd’hui, la seconde Marne fait pourtant écho à la première : comme en 1914, alors que la situation est difficile, les Allemands sont stoppés et repoussés. Ce succès vaut à son artisan incontesté, le général Foch, le bâton de maréchal, mais cette fois son pouvoir reste limité aux opérations militaires. Incontestablement, la seconde bataille de la Marne ouvre le chemin, encore long pense-t-on à l’époque, de la victoire.</p>
<p style="text-align: justify;">Cet article a été publié dans un hors-serie de l&rsquo;Union en juin 2018.</p>
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		<title>« Bien s&#8217;instruire pour mieux servir » : la formation militaire au début du XXe siècle</title>
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		<pubDate>Thu, 01 Mar 2018 20:03:19 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[La défaite de 1871 provoque une prise de conscience, chez le pouvoir politique et l’autorité militaire, de la nécessité de réformer l’armée. Tout comme le recrutement (voir le billet précédent) ou l’organisation de l’armée, la formation des militaires devient une priorité. De plus, au tournant des XIXe et XXe siècles, l&#8217;institution militaire ne peut pas rester à l&#8217;écart du mouvement de scolarisation qui touche la société française. Progressivement, les officiers se passionnent pour les études et le travail intellectuel, une sorte d&#8217;âge d&#8217;or pour de nombreux militaires aujourd&#8217;hui. Officiers et surtout sous-officiers deviennent les chevilles ouvrières de l&#8217;instruction dans les armées. Ainsi à la veille de la Première Guerre mondiale, les cadres sont non seulement instruits et formés pour commander au feu mais aussi pour préparer des millions de Français à combattre. I / Avant les obligations militaires La formation militaire des Français commence bien avant les obligations militaires. Dès leur plus jeune âge à l’école primaire, les jeunes Français sont préparés mentalement et physiquement à l’idée de servir militairement le pays. Par exemple, à partir des années 1880, des cours de gymnastique et d’exercices militaires pour les garçons sont inscrits au programme des écoles primaires. De nombreux fils de...]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><div id="attachment_5360" style="width: 1619px" class="wp-caption alignleft"><img aria-describedby="caption-attachment-5360" data-attachment-id="5360" data-permalink="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/?attachment_id=5360" data-orig-file="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2018/02/Ecoles-militaires-préparatoires.jpg" data-orig-size="1609,1001" data-comments-opened="1" data-image-meta="{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;1519721595&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;1&quot;}" data-image-title="Ecoles militaires préparatoires" data-image-description="" data-image-caption="&lt;p&gt;Les Enfants de troupe dans une école militaire préparatoire&lt;/p&gt;
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<p></p>
<dd></p></div></p>
<p style="text-align: justify;">La défaite de 1871 provoque une prise de conscience, chez le pouvoir politique et l’autorité militaire, de la nécessité de réformer l’armée. Tout comme <a href="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/?p=5343" target="_blank" rel="noopener noreferrer">le recrutement (voir le billet précédent)</a> ou l’organisation de l’armée, la <strong>formation des militaires</strong> devient une priorité. De plus, au tournant des XIX<sup>e</sup> et XX<sup>e</sup> siècles, l&rsquo;institution militaire ne peut pas rester à l&rsquo;écart du mouvement de scolarisation qui touche la société française. Progressivement, les officiers se passionnent pour les études et le travail intellectuel, une sorte d&rsquo;âge d&rsquo;or pour de nombreux militaires aujourd&rsquo;hui. Officiers et surtout sous-officiers deviennent les chevilles ouvrières de l&rsquo;instruction dans les armées. Ainsi à la veille de la Première Guerre mondiale, les cadres sont non seulement instruits et formés pour commander au feu mais aussi pour préparer des millions de Français à combattre.</p>
<p><strong><u>I / Avant les obligations militaires</u></strong></p>
<p style="text-align: justify;">La formation militaire des Français commence bien avant les obligations militaires. Dès leur plus jeune âge à l’école primaire, les jeunes Français sont préparés mentalement et physiquement à l’idée de servir militairement le pays. Par exemple, à partir des années 1880, des cours de gymnastique et d’exercices militaires pour les garçons sont inscrits au programme des écoles primaires.</p>
<p style="text-align: justify;">De nombreux fils de militaires, parfois très jeunes, intègrent l&rsquo;une des six écoles militaires préparatoires. Dans ces établissements, l’instruction académique et physique des enfants de troupe est assurée par l’armée. Ils reçoivent aux frais de l’État, une instruction et une éducation utiles au pays et à son armée. Ceux qui choisissent de s&rsquo;engager dans les armées, le passage chez les enfants de troupe forge les caractères d’hommes qui deviennent des soldats et des sous-officiers rigoureux, disciplinés et endurants.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, les classes préparatoires (les « corniches ») au lycée ou dans l’enseignement religieux (par exemple l’École Saint-Geneviève de la rue des Postes à Paris) permettent à des jeunes hommes de préparer les concours d’entrée aux grandes écoles militaires (Saint-Cyr, Polytechnique, médecine militaire, Navale). Le prytanée militaire reste une exception puisque l&rsquo;enseignement est délivré d’après les programmes universitaires, mais les <em>brutions</em> (surnom attribué aux élèves et anciens élèves du Prytanée militaire de La Flèche) sont soumis à un régime de discipline et d’entraînement militaires.</p>
<p><strong><u>II/ La formation de la troupe pendant le service militaire actif<br />
</u></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Cependant, pour la majorité des Français, la véritable formation militaire commence avec l’incorporation dans un régiment au moment du fameux service militaire. L’instruction des militaires du rang se fait dans la caserne, où les conditions de vie sont très difficiles. En moyenne, les conscrits effectuent six à huit heures d’exercices par jour, en plus des corvées. Le but de cette instruction, codifiée par des textes réglementaires, est d’abord de préparer individuellement puis collectivement les recrues à manœuvrer et à combattre. Dans les unités, les soldats apprennent les grades et les nombreux commandements.  La troupe apprend tous les aspects du métier militaire grâce à des méthodes d&rsquo;enseignement appelées aussi écoles qui comprennent différents niveau (écoles du soldat, de la section, de la compagnie, du bataillon). Les exercices physiques constituent le socle de l’instruction militaire d’un soldat. Le conscrit reçoit une éducation physique à base de gymnastique, de tir et de marches, très nombreuses. Il participe aux manœuvres (service en campagne) et effectue des travaux avec sa compagnie. Les exercices intellectuels ne sont pas absents de la formation du soldat. Il suit des cours théoriques sur les manœuvres ou l’armement. Il assiste à des représentations théâtrales et à des conférences sur divers sujets (relations internationales, histoire, littérature, etc.), qui sont données par les officiers du régiment. Enfin, pour renforcer l’esprit de corps dans les unités, une salle d’honneur est installée dans chaque régiment dès la fin des années 1880. Ce « musée éducatif » permet de mettre en valeur les traditions, l’histoire, les morts du régiment sur fond de lien entre l’armée, la Nation et la République.</p>
<p style="text-align: justify;">Les conscrits éduqués et qui s’illustrent au cours de leur formation militaire initiale ont la possibilité de devenir caporal puis sous-officier, après plusieurs mois de service. Avant la Première Guerre mondiale, les sous-officiers de métier, engagés, rengagés et appelés sont formés, sur le tas, pour assurer le service intérieur d’une unité et pour commander des hommes au combat. Toutefois, le corps des sous-officiers se caractérise par sa mauvaise réputation (alcoolisme, brutalités, etc.) et la médiocrité de la formation de ses membres. Pourtant, les sous-officiers constituent la colonne vertébrale de l’armée. Il jouent un très grand rôle dans l’instruction puisqu’il assure le « dressage » des soldats, forment les soldats élèves-caporaux, les caporaux élèves-sergents et les candidats pour officiers de réserve. Toutefois, les meilleurs sous-officiers peuvent intégrer le corps des officiers à condition de réussir le concours dans une école militaire d’armes. Pendant plusieurs mois, ils suivent des cours préparatoires organisés au sein des unités. Les épreuves du concours portent sur un programme fondé sur celui de l’enseignement primaire supérieur.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans la Marine, l&rsquo;inscription maritime n&rsquo;est plus adaptée à l&rsquo;évolution technique de la flotte. Une partie des inscrits maritimes ne possèdent pas les connaissances techniques ni l&rsquo;instruction pour les acquérir. Pour surmonter ces difficultés de recrutement et de formation, la marine fait appel à des conscrits du contingent qui possèdent des savoir-faire plus utiles à la Royal qu&rsquo;à l&rsquo;armée. En outre, L’École des mousses et apprentis marins de Brest est réorganisée en 1910. Seule L’École des apprentis mécaniciens, fondée à Lorient en 1900, ne connaît pas de difficultés de recrutement.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans cette organisation, l’officier joue un rôle fondamental en qualité d&rsquo;instructeur militaire mais aussi d&rsquo;éducateur civique. Le commandant Hubert Lyautey développe cette idée quand il publie « Du rôle social de l’officier dans le service militaire universel » dans la <em>Revue des Deux mondes</em> en 1891.  L’officier doit être plus souple dans son commandement et il doit se préoccuper de l’éducation de ses hommes. Il est un éducateur qui prolonge, au sein des armées, l’action entreprise par le maître d’école. Progressivement, les officiers sont préparés à assurer ce rôle au cours de leur formation, mais avant même la déclaration de la guerre, le commandement abandonne cette option par manque de temps et d&rsquo;argent. <strong>La mission principale reste l&rsquo;instruction et la préparation des hommes au combat.<br />
</strong></p>
<p><strong><u>III/ La formation des officiers</u></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Après 1871, le corps des officiers est rapidement reconstitué. Les réformes portent principalement sur le recrutement et la formation des officiers. Les modalités de recrutement se démocratisent et mettent en valeur le travail et le mérite. L&rsquo;officier issu du rang et peu instruit cède progressivement la place à l&rsquo;officier recruté par un concours national et formé dans des écoles spécialisées dispensant un enseignement de haut niveau.</p>
<p style="text-align: justify;">Le recrutement direct concerne les hommes admis par concours dans une école de formation militaire sur la base de l’enseignement secondaire et du baccalauréat. À la veille de la Grande Guerre, les plus connues sont l’École spéciale militaire de Saint-Cyr (pour l’infanterie et la cavalerie), l’École polytechnique (pour le génie et l’artillerie), l’École navale, l’École du service de santé militaire de Lyon ou encore l’École du service de santé de la Marine. Encadrés durement, les recrues, souvent de jeunes aristocrates désargentés pour qui l&rsquo;armée reste un refuge ou des fils de la petite bourgeoisie de province, reçoivent une formation académique et militaire, propre à la formation de l&rsquo;officier français. Il règne dans ces établissement un fort esprit de corps, parfois depuis les classes préparatoires, qui résulte des brimades et de l&rsquo;apprentissage d&rsquo;un cadre hiérarchique rigide. Enfin, si certains élèves-officiers méprisent toujours la « pompe » (l&rsquo;enseignement académique), ils sont de plus en plus nombreux à comprendre ce que représente le prestige intellectuel et culturel dans une armée de conscrits. Pendant la guerre, ces officiers assurent la majorité des commandements de bataillons, de régiments et des grandes unités (brigades, divisions, corps d&rsquo;armée).</p>
<p style="text-align: justify;">Certains sous-officiers deviennent officiers après avoir été reçus au concours d’entrée dans les écoles militaires d’armes (recrutement indirect). Pendant un an, ils sont formés à Saint-Maixent pour l’infanterie, à Saumur pour la cavalerie, à Fontainebleau pour l’artillerie et le train et à Versailles pour le génie. Ils suivent des cours d’histoire, de géographie, de topographie, de fortifications, d’artillerie, etc. Créé à l’origine pour favoriser la promotion de tous les sous-officiers, ce mode de recrutement avantage finalement les sous-officiers qui ont échoué au concours d’entrée des grandes écoles militaires (et donc les plus instruits). Dans la marine, ce type de formation est plus tardif. Cependant, le manque d’officiers dans l’empire conduit à la création d’un cours préparatoire pour les premiers maîtres candidats au grade d’enseignes de vaisseaux. De plus, le corps des officiers mécaniciens (créé en 1860) recrute ses membres parmi les officiers mariniers mécaniciens et les anciens élèves des écoles d&rsquo;arts et métiers (Angers, Aix, Châlons). Enfin, les officiers d’administration, souvent issus du corps des sous-officiers, sont formés à l’École d’administration militaire de Vincennes. Pour terminer, une minorité de sous-officiers peut accéder à l&rsquo;épaulette à l’ancienneté, sans suivre de formation ainsi que certains élèves de grandes écoles et quelques officiers de complément qui remplissent certaines conditions d’aptitude. Dans la forme, cette formation existe toujours.</p>
<p style="text-align: justify;">Tous les officiers de l’armée active ont la possibilité d’intégrer l’École supérieure de guerre. La création de cette école en 1875 s’inscrit dans la vague de réformes qui consistent à instruire les officiers aux techniques d’état-major. Les stagiaires, admis par concours, suivent des cours de stratégie, de tactique générale, d’histoire militaire, mais aussi d’économie ou de droit international. Les stagiaires obtiennent un brevet d&rsquo;état-major à l&rsquo;issue de la formation et d&rsquo;un examen de fin de scolarité. Les officiers brevetés constituent une élite militaire, minoritaire, destinée à servir dans les grands états-majors, à commander de grandes unités et à gagner un jour les étoiles. L&rsquo;enseignement militaire supérieur comprend aussi le centre des hautes études militaires, créé en 1910, et qui prépare les officiers à occuper des fonctions au sein du haut commandement. Dans la marine, cet enseignement est plus difficile à mettre en œuvre. En 1895, une école supérieure de la marine est créée mais elle est réformée à plusieurs reprises et devient l&rsquo;Ecole supérieure de la Marine en 1898. Elle est destinée à préparer les officiers à la guerre et les stagiaires admis à suivre les cours étudient les matériels, les doctrines de guerre navale, la tactique navale, les machines, le fonctionnement des arsenaux, le budget de la marine, l&rsquo;histoire maritime.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, la <strong>loi sur le recrutement de 1905</strong> créée un cadre d’officiers de complément (ou de réserve). Ce « corps » est ouvert aux anciens cadres de l’armée active, aux engagés volontaires diplômés et aux élèves de certaines grandes écoles civiles. Pour ces-derniers, l&rsquo;accession à l’épaulette se fait après avoir suivi une instruction militaire dans leur école et réussi un examen. Le corps est aussi ouvert aux autres étudiants (les appelés diplômés). Au cours de la première année de service actif, ils doivent passer un concours puis suivre un stage de formation dans une école d’élèves officiers de réserve. Après le service actif, les officiers de complément sont obligés d’effectuer des périodes d’instruction (tous les deux ans théoriquement).</p>
<p style="text-align: justify;">La diversité des formations contribue à expliquer les fortes tensions qui existent entre les différentes catégories d&rsquo;officiers. Par exemple, les officiers formés dans les grandes écoles militaires sont conscients d&rsquo;appartenir à une élite et méprisent les officiers issus du rang ou les réservistes. Ces clivages disparaissent avec la guerre, les réservistes et les officiers de l&rsquo;active étant employés de la même manière.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Pour conclure<br />
</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les quatre années de guerre mettent entre parenthèses la formation des militaires telle qu’elle était organisée avant la guerre. Les pertes très importantes et la nécessité de les combler rapidement expliquent l’accélération du processus de formation des militaires. Le haut commandement s&rsquo;appuie sur une formation sur le tas, acquise au front et uniquement destinée au combat. Cependant, au front, l&rsquo;instruction de la troupe se poursuit en arrière de la ligne de front tandis que des formations spécifiques et techniques sont développées à l&rsquo;arrière (instruction sur les mitrailleuses, les grenades, les avions, les chars, les sous-marins&#8230;). À la fin de la guerre, la formation des militaires reste une priorité du commandement, qui tient compte désormais des nouvelles spécificités technique. Il doit aussi veiller à la reconstitution de l&rsquo;encadrement, sorti terriblement meurtri du conflit.</p>
<p style="text-align: justify;">Depuis les années 1970 et les travaux entrepris par Serge-William Serman et Jean-Paul Bertaud, la formation des militaires avant et pendant la Première Guerre mondiale a fait l&rsquo;objet de quelques études. Parmi les ouvrages généraux, celui de Raoul Girardet (<em>La société militaire de 1815 à nos jours</em>) propose une étude des mentalités et des idées de la société militaire, sans négliger la formation. Si l&rsquo;histoire des grandes écoles militaires est bien connue aujourd&rsquo;hui, celle de la formation et de l&rsquo;instruction des militaires l&rsquo;est beaucoup moins. Les publications sur l&rsquo;Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr ou encore l&rsquo;Ecole Polytechnique sont abondantes, mais des études récentes sur les écoles militaires d&rsquo;arme ou la formation des officiers de complément manquent dans l&rsquo;historiographie. La formation théorique des militaires a fait l&rsquo;objet de plusieurs travaux parmi lesquels ceux d&rsquo;Annie Crépin (<em>Histoire de la conscription</em>) et d&rsquo;Odile Roynette (<em>Bons pour le service</em>), qui intègrent la formation du conscrit.</p>
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		<title>Le recrutement dans l&#8217;armée française depuis 1870</title>
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		<pubDate>Sun, 18 Feb 2018 16:40:35 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Au lendemain de la guerre franco-allemande de 1870-1871, de considérables efforts financiers et matériels permettent de réorganiser l’armée. Constatant que les effectifs instruits militairement pour défendre le pays ont été insuffisants, le haut commandement décide de réformer l’encadrement, l’équipement des unités et surtout le recrutement. Ainsi, à la fin du XIXe siècle, comme les engagements volontaires sont trop peu nombreux pour entretenir une armée d&#8217;active et des réserves, la France opte pour la conscription, malgré l&#8217;hostilité de la majorité des Français. A la veille de la Première Guerre mondiale, « le recrutement embrasse l&#8217;ensemble des mesures ayant pour but la constitution et l&#8217;entretien de l&#8217;effectif de l&#8217;armée et de ses diverses réserves » (Dictionnaire militaire. Encyclopédie des sciences militaires, Berger-Levrault, Paris, 1910, p. 2397). L’adoption des premières lois de recrutement a donné lieu à de vifs débats à la Chambre des députés. Une partie de la droite est resté longtemps hostile à un service militaire universel et obligatoire. Elle préfère une armée de métier, croyant qu&#8217;elle est seule capable de maintenir l&#8217;ordre en France et estimant que les soldats de métier sont bien meilleurs dans l’offensive que les conscrits. A gauche, beaucoup réclament une réduction de la durée des services actifs et...]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2018/02/infanterie-de-ligne-revue-de-detail.jpg"><img data-attachment-id="5354" data-permalink="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/?attachment_id=5354" data-orig-file="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2018/02/infanterie-de-ligne-revue-de-detail.jpg" data-orig-size="500,322" data-comments-opened="1" data-image-meta="{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}" data-image-title="Revue de détail dans l&amp;rsquo;infanterie" data-image-description="" data-image-caption="" data-medium-file="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2018/02/infanterie-de-ligne-revue-de-detail-300x193.jpg" data-large-file="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2018/02/infanterie-de-ligne-revue-de-detail.jpg" decoding="async" loading="lazy" class="size-full wp-image-5354 alignleft" src="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2018/02/infanterie-de-ligne-revue-de-detail.jpg" alt="" width="500" height="322" srcset="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2018/02/infanterie-de-ligne-revue-de-detail.jpg 500w, http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2018/02/infanterie-de-ligne-revue-de-detail-300x193.jpg 300w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" /></a>Au lendemain de la guerre franco-allemande de 1870-1871, de considérables efforts financiers et matériels permettent de réorganiser l’armée. Constatant que les effectifs instruits militairement pour défendre le pays ont été insuffisants, le haut commandement décide de réformer l’encadrement, l’équipement des unités et surtout le recrutement. Ainsi, à la fin du XIX<sup>e</sup> siècle, comme les engagements volontaires sont trop peu nombreux pour entretenir une armée d&rsquo;active et des réserves, la France opte pour la conscription, malgré l&rsquo;hostilité de la majorité des Français. A la veille de la Première Guerre mondiale, « <em>le recrutement embrasse l&rsquo;ensemble des mesures ayant pour but la constitution et l&rsquo;entretien de l&rsquo;effectif de l&rsquo;armée et de ses diverses réserves</em> » (<a href="https://sourcesdelagrandeguerre.fr/?p=2577" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><em>Dictionnaire militaire. Encyclopédie des sciences militaires</em></a>, Berger-Levrault, Paris, 1910, p. 2397).</p>
<p style="text-align: justify;">L’adoption des premières lois de recrutement a donné lieu à de vifs débats à la Chambre des députés. Une partie de la droite est resté longtemps hostile à un service militaire universel et obligatoire. Elle préfère une armée de métier, croyant qu&rsquo;elle est seule capable de maintenir l&rsquo;ordre en France et estimant que les soldats de métier sont bien meilleurs dans l’offensive que les conscrits. A gauche, beaucoup réclament une réduction de la durée des services actifs et des effectifs de l’armée permanente, tout en projetant une organisation militaire de la Nation pour mener une guerre défensive. Cependant, la conscription s’impose progressivement en France avec cette idée qu&rsquo;en cas de guerre, l’armée active doit supporter le premier choc d’une invasion avant d’être renforcée par une armée de réserve, encadrée par des cadres de réserve. Dès le temps de paix, la conscription doit aussi permettre à l&rsquo;armée de reconstituer ses forces, de maintenir des effectifs nombreux sous les drapeaux, de disposer de réserves instruites et d&rsquo;être finalement capable de s&rsquo;opposer à l&rsquo;armée allemande. Néanmoins, il faut plus de 30 ans (de la première grande loi sur le recrutement de 1872 à la loi de 1905) pour que la République impose la conscription universelle, obligatoire et égalitaire.</p>
<p style="text-align: justify;">La loi fixe la durée des services militaires dans l’armée active et sa réserve ainsi que dans l’armée territoriale et sa réserve. De 1872 à 1913, les quatre grandes lois sur le recrutement se caractérisent par un allongement de la durée des services. La première loi de recrutement est celle du service militaire pour «<em> tous </em>» les Français du 27 juillet 1872. En réalité, cette loi est la plus inégalitaire de toutes les lois de recrutement. Le remplacement est supprimé mais le tirage au sort est maintenu. Les bons numéros font un an de service tandis que ceux qui ont tiré le mauvais numéro sont astreints à un service de cinq ans. Certaines exemptions sont maintenues notamment pour les enseignants et les ecclésiastiques. Cependant, le principe d’<strong>un service obligatoire</strong> est adopté.</p>
<p style="text-align: justify;">En 1888, une étape décisive est franchie. Un civil, Charles de Freycinet, est nommé ministre de la Guerre. La même année, le général <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_de_Miribel" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Joseph de Miribel</a> devient chef d’état-major général de l’armée. Leur intention politique est de restaurer l’unité morale de l’armée après la crise boulangiste. Les deux polytechniciens souhaitent également achever la modernisation de l’armée, en la dotant d’un grand état-major, et imposer une nouvelle loi de recrutement. Ils constatent que la loi de 1872 est inadaptée. En effet, il est difficile de maintenir deux tranches (un an et cinq de service actif) et de conserver le tirage au sort, trop inégalitaire. De plus, la longueur du temps de service (5 ans) est trop coûteuse pour le budget de l&rsquo;Etat pour des résultats mitigés : le service actif de cinq ne fait pas de meilleurs soldats. Freycinet et Miribel en viennent donc à la conclusion qu&rsquo;il faut adopter un service plus court mais aussi plus égalitaire.</p>
<p style="text-align: justify;">La loi du 15 juillet 1889 dispose que « <em>tout Français doit le service militaire personnel</em> » et que « <em>l’obligation du service est égale pour tous</em> ». La durée des obligations militaires passe de 20 à 25 ans, mais le service dans l’armée active est réduit à trois ans. Les engagements conditionnels sont supprimés ainsi que les dispenses dont bénéficiaient les enseignants, les élèves des grandes écoles et les séminaristes. La loi de 1889 est aussi la loi des « <em>curés sac au dos ! </em>».  Néanmoins, le tirage au sort est maintenu. Il permet de désigner les conscrits susceptibles d’être renvoyés dans leurs foyers au bout d’une année de service, principalement pour des raisons budgétaires. De plus, la durée du service actif est limitée à un an pour les élèves des grandes écoles, les étudiants et les séminaristes. Enfin, les conscrits remplissant certaines conditions familiales peuvent bénéficier de congés. Le <strong>service militaire est devenu universel</strong> et indiscutablement, la nouvelle loi de recrutement représente un progrès en faveur de l’égalité.</p>
<p style="text-align: justify;">Par la suite, L’État légifère peu en matière de recrutement, seule la loi de 1892 réorganise les réserves. En 1905, et malgré les oppositions venant notamment de certains généraux, le pouvoir parvient à faire inscrire dans la loi l’abandon du tirage au sort et la réduction à deux ans de la durée du service obligatoire dans l’armée active. La loi du 21 mars 1905 est celle du service égal pour tous. Plus de 80 % des jeunes hommes d’une même classe sont désormais incorporés dans les armées pour accomplir un service actif de deux ans. Seuls sont exempts les jeunes Français déclarés inaptes physiquement par le conseil de révision. Le <strong>service militaire devient égalitaire</strong>. Cependant, pour compenser l’infériorité numérique de l’armée française par rapport à l’armée allemande, une nouvelle loi allonge la durée des services le 7 août 1913. La loi ne fait pas l’unanimité. Les socialistes et certains radicaux sont hostiles. Cependant, elle est votée, par la droite et une partie de la gauche, et permet d&rsquo;imposer un service actif de trois ans et fait passer les obligations militaires à 28 ans. Ainsi, la France parvient à maintenir sous les drapeaux des effectifs comparables à ceux de l’armée allemande alors que la population française est inférieure à celle de l’Allemagne.</p>
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<p style="text-align: justify;">Il a fallu du temps au pouvoir politique pour imposer un service militaire obligatoire, universel et égalitaire en France. En 1914, tous les jeunes Français déclarés aptes doivent un service militaire personnel. Cette obligation est égale pour tous et elle dure 28 ans, de l&rsquo;âge de 19 ans à 47 ans accomplis. Ainsi en 1914 et contrairement à 1870, l’armée française, forte de ses effectifs nombreux, peut couvrir les frontières dès la déclaration de la guerre, avec l’armée active. Ensuite, au cours des premières semaines du conflit, les troupes de couverture sont renforcées par les unités de réservistes. De cette manière, en août 1914, 3 600 000 Français répartis dans 72 divisions d’infanterie sont mobilisés, parmi lesquels 1 300 000 soldats engagés au front. Dans le même temps, l’armée allemande engage près de 4 000 000 de soldats dont 1 500 000 au front.  Au total, 8 700 000 Français appartenant à 33 classes différentes sont mobilisés (classes 1887 à 1920) de 1914 à 1918.</p>
<p style="text-align: justify;">Le mode de recrutement adopté en 1905 est celui de la France jusqu&rsquo;en 1996. Seule la durée du temps de service actif évolue. Supprimée pendant la Seconde Guerre mondiale puis rétablie à la Libération, la conscription a pour objectif la défense de la métropole. La dernière grande guerre de conscription est la guerre d’Algérie de 1954 à 1962. Près de 2 millions d’appelés ou de rappelés servent en Algérie. Au lendemain du conflit algérien, la France modernise son armée et entre définitivement dans l’ère nucléaire. Le recrutement est réformé et tend vers une baisse de la durée du service dans l’active. Finalement, l<a href="https://www.ina.fr/video/I06100222" target="_blank" rel="noopener noreferrer">’appel sous les drapeaux est suspendu en 199</a>6. Aujourd’hui, la <a href="https://www.defense.gouv.fr/jdc/parcours-citoyennete/jdc" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Journée Défense et Citoyenneté (JDC)</a> est la 3e étape du « parcours de citoyenneté », Elle s’impose à tous les citoyens, femmes et hommes, avant l’âge de 18 ans. Pourtant, suspension ne veut pas dire abandon : «<em>L&rsquo;appel sous les drapeaux est suspendu pour tous les Français qui sont nés après le 31 décembre 1978 et ceux qui sont rattachés aux mêmes classes de recensement. Il est rétabli à tout moment par la loi dès lors que les conditions de la défense de la Nation l&rsquo;exigent ou que les objectifs assignés aux armées le nécessitent</em> ».</p>
<h6>Ce billet est inspiré d&rsquo;un article publié dans <a href="https://francearchives.fr/article/73121074" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><em>Archives de la Grande Guerre. Des sources pour l&rsquo;histoire</em>, sous la direction de Philippe Nivet, Coraline Coutant-Daydé et Matthieu Stoll</a>, Rennes, Presses universitaire de Rennes, 2014.</h6>
<p style="text-align: justify;"><u><strong>Pour en savoir plus&#8230;</strong><br />
</u></p>
<ul>
<li style="text-align: justify;">William Serman, Jean-Paul Bertaud, <em>Nouvelle histoire militaires de la France. 1789-1919</em>, Paris, Fayard, 1998.</li>
<li style="text-align: justify;">Pierre Guinard, Jean-Claude Devos, Jean Nicot, <em>Inventaire sommaire des archives de la Guerre. Série N 1872-1919. Introduction</em>, Troyes, La Renaissance, 1975.</li>
<li style="text-align: justify;">Paul-Marie de La Gorce, <em>La République et son armée</em>, Paris, Fayard, 1963.</li>
<li style="text-align: justify;">Odile Roynette, <em>« Bons pour le service ». L’expérience de la caserne en France à la fin du XIX<sup>e</sup> siècle</em>, Paris, Belin, 2000.</li>
<li style="text-align: justify;">Annie Crépin, <em>Histoire de la conscription</em>, Paris, Gallimard, 2009.</li>
<li style="text-align: justify;">Philippe Boulanger, <em>La France devant la conscription, géographie historique d&rsquo;une institution républicaine, 1914-1922,</em> Paris, éditions Economica, 2001.</li>
<li style="text-align: justify;">André Corvisier [dir.], <em>Histoire militaire de la France tome III, De 1871 à 1940</em>, sous la direction de Guy Pedroncini, Paris, Presses Universitaires de France, 1992, 522 pages.</li>
<li style="text-align: justify;"><a href="http://combattant.14-18.pagesperso-orange.fr/">http://combattant.14-18.pagesperso-orange.fr/</a></li>
</ul>
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		<title>Pourquoi Orages d’acier n’est-il pas à mettre dans toutes les mains&#8230;.</title>
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		<pubDate>Fri, 01 Sep 2017 20:18:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Arts Littérature Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Carnets de guerre]]></category>
		<category><![CDATA[Ernst Jünger]]></category>
		<category><![CDATA[Orages d'acier]]></category>
		<category><![CDATA[Pays envahis]]></category>
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					<description><![CDATA[Orages d’acier, troisième épisode. Pourquoi Orages d&#8217;acier n&#8217;est-il pas à mettre dans toutes les mains, sans remise dans le contexte de la Grande guerre, mais aussi de l’après-1918 en Allemagne ? ____ La prudence s’impose. Ce témoignage a exercé &#8211; on vient d’en noter les ressorts &#8211; un magnétisme puissant dans une Allemagne déboussolée, après 1918. Orages d’acier pose les bases d’une société militarisée, presque sans classe, dynamique socialement, virile et impitoyable pour les faibles. Cette armée allemande décrite par Jünger reprend en le perfectionnant &#8211; révolution des transports et de l’industrie oblige &#8211; un modèle mis en place par un autre empereur : Napoléon Ier. Ce dernier a imaginé une Grande Armée auto-centrée et hermétique aux affaires civiles, une contre-société soudée par la camaraderie militaire : celle que l’on retrouve décrite par Conrad dans sa nouvelle Le Duel, portée à l’écran par Ridley Scott (Les duellistes). L’armée napoléonienne aux uniformes chatoyants et son va-et-vient continuel à travers toute l’Europe, a perfectionné le legs de glorieux précurseurs : celui de Louis XIV ou de Frédéric II de Prusse. L’Empereur français concentre ses forces sur une portion de territoire (le camp de Boulogne, par exemple), grâce à des prodiges de logistique...]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><em>Orages d’acier</em>, troisième épisode.</p>
<p style="text-align: justify;">Pourquoi <em>Orages d&rsquo;acier</em> n&rsquo;est-il pas à mettre dans toutes les mains, sans remise dans le contexte de la Grande guerre, mais aussi de l’après-1918 en Allemagne ?</p>
<p style="text-align: center;">____</p>
<p style="text-align: justify;"><img data-attachment-id="5309" data-permalink="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/?attachment_id=5309" data-orig-file="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/09/Honorarfrei-NUR-fuer-WamS-Vorabdruck-d.jpg" data-orig-size="1024,1001" data-comments-opened="1" data-image-meta="{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}" data-image-title="Honorarfrei-NUR-fuer-WamS-Vorabdruck-d" data-image-description="" data-image-caption="" data-medium-file="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/09/Honorarfrei-NUR-fuer-WamS-Vorabdruck-d-300x293.jpg" data-large-file="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/09/Honorarfrei-NUR-fuer-WamS-Vorabdruck-d-1024x1001.jpg" decoding="async" loading="lazy" class="size-medium wp-image-5309 alignleft" src="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/09/Honorarfrei-NUR-fuer-WamS-Vorabdruck-d-300x293.jpg" alt="" width="300" height="293" srcset="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/09/Honorarfrei-NUR-fuer-WamS-Vorabdruck-d-300x293.jpg 300w, http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/09/Honorarfrei-NUR-fuer-WamS-Vorabdruck-d-768x751.jpg 768w, http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/09/Honorarfrei-NUR-fuer-WamS-Vorabdruck-d.jpg 1024w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" />La prudence s’impose. Ce témoignage a exercé &#8211; on vient d’en noter les ressorts &#8211; un magnétisme puissant dans une Allemagne déboussolée, après 1918. <em>Orages d’acier</em> pose les bases d’une société militarisée, presque sans classe, dynamique socialement, virile et impitoyable pour les faibles. Cette <strong>armée allemande</strong> décrite par Jünger reprend en le perfectionnant &#8211; révolution des transports et de l’industrie oblige &#8211; un modèle mis en place par un autre empereur : Napoléon Ier.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce dernier a imaginé une <strong>Grande Armée </strong>auto-centrée et hermétique aux affaires civiles, une contre-société soudée par la camaraderie militaire : celle que l’on retrouve décrite par Conrad dans sa nouvelle <em>Le Duel</em>, portée à l’écran par <a href="http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19145519&amp;cfilm=7474.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Ridley Scott (<em>Les duellistes</em>)</a>. L’armée napoléonienne aux uniformes chatoyants et son va-et-vient continuel à travers toute l’Europe, a perfectionné le legs de glorieux précurseurs : celui de Louis XIV ou de Frédéric II de Prusse. L’Empereur français concentre ses forces sur une portion de territoire (le camp de Boulogne, par exemple), grâce à des prodiges de logistique mais aussi parce que ses troupes reçoivent l’autorisation de se servir à loisir sur l’habitant; comme l’armée de Guillaume II dans le Nord et l’Est de la France. La confusion totale entre le politique et le militaire &#8211; au détriment du premier &#8211; se retrouve autant dans l’Europe occupée après 1804 qu’en Allemagne en 1914.</p>
<p style="text-align: justify;">Il faut compléter la <strong>comparaison </strong>avec d’autres faits rapportés par Ernst Jünger : l’amalgame du bleu et du vétéran, sans cesse remis au goût du jour par les pertes au feu, remonte aux temps de l’armée romaine, mais à un rythme sans cesse accéléré. Napoléon a multiplié les décisions stratégiques désastreuses &#8211; la guerre en Espagne et la campagne de Russie en sont les plus éminentes &#8211; ? Guillaume II précipite dans le chaos les Empires alliés (austro-hongrois et ottoman), transforme l’Atlantique en terrain de chasse pour ses sous-marins quitte à heurter l’opinion publique des pays neutres, Amérique en tête. L’armée allemande a absorbé le Reich comme la grande Armée n’y était pas parvenue dans les 130 départements français. Ernst Jünger contemple sans un mot plus haut que l’autre le résultat. Un conflit à quinze millions de morts, la révolution bolchévique détruisant la Russie et la grippe espagnole ravageant le continent (tout juste consignée, comme l’arrivée de la neige en hiver) ? Rien ne paraît compter. <em>Le mémorial de Sainte-Hélène </em>a pour pendant <em>Orages d’acier</em> en matière de mythologie de la grandeur. Le Reich a poursuivi une quête extravagante à partir d’objectifs rationnels, et Jünger me semble avoir cautionné l’impensable.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce qui m’apparaît être un <strong>suivisme </strong>aveugle a deux facettes difficiles à accepter pour un Français. L’auteur d’<em>Orages d’acier</em> n’a pas un mot sévère pour les Etats-majors remplis d’officiers loin du feu : certains n’ont plus les moyens de servir dans la tranchée, mais d’autres ronds-de-cuir se trouvent là parce qu’ils sont tout simplement incompétents. Combien de vantards ayant réussi à s’extraire de la zone des combats y envoient d’autres sans une hésitation ? Ils sont les absents du récit. On sait par exemple que le Kronprinz a défrayé la chronique, avec sa cour légère et sa bonne chère : la censure allemande a eu le plus grand mal à dissimuler l’intolérable à la troupe soumise à un autre régime. Ernst Jünger ne commente ni ne fustige. Tout lui convient, comme à un n’importe quel autre jeune homme de son âge. Le hic ? Cela ne l’amène à aucun moment à contempler le désastre créé par les <em>junkers </em>de Berlin, en pure perte.</p>
<p style="text-align: justify;">Par un effort intellectuel continu, il est certes possible de repenser aux <strong>buts géopolitiques allemands</strong> de 1914 : ils étaient aussi défendables que rationnels. Oui, l’Empire russe semblait vouloir agir comme un rouleau compresseur sur les peuples d’Europe centrale et orientale; oui, les Britanniques bloquaient toute montée en puissance navale et/ou commerciale de l’Allemagne; oui, la France vivait aveuglément dans l’espoir d’une <em>Revanche</em>, d’un retour d’une Alsace-Moselle germanisée après 1870. Tout cela a bien sûr pesé dans la balance. Lorsque Jünger fait une allusion à des discussions de tranchée à propos d’une <em>paix séparée</em>, il se garde toutefois d’en dire davantage. Sauver l’Autriche-Hongrie asservie au militarisme prussien méritait mieux que cela.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans le dernier quart du livre, l’engouement du jeune officier pour les <em>grandes </em>offensives du printemps 1918 fait l’économie d’une lucidité minimale. L’ennemi a totalement dépassé le dispositif allemand avec ses chars tandis que l’Amérique s’apprête à donner le coup de grâce aux puissances centrales. Son silence est celui d’un illuminé définitivement brouillé avec sa raison.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Illuminé</em></strong> sonne un peu fort ? Le qualificatif pour clore cette trop longue critique est un peu sévère, mais je ne le renie pas. Dans le dernier quart d’<em>Orages d’acier</em>, le ressenti nietszchéen m’a frappé. Ernst Jünger a t-il lu ce monument de la pensée : il me faut être prudent, tant ma connaissance de ce dernier est lacunaire, limitée à sa philosophie de l’histoire. Le surhomme &#8211; mot non prononcé par Jünger &#8211; a aboli Dieu. Les églises ont perdu leurs clochers, et la croix n’est plus que l’intersection de deux planchettes de bois. L’évocation de la nature devrait rassurer le lecteur ? Cela n’a pas été mon cas, car l’écrivain ne la distingue pas de la force primitive. La pluie se mêle aux obus, aux shrapnels, aux balles de fusil et de mitrailleuses, aux marmites et aux mines. La pluie et l’acier : tout tombe, tout explose à temps et à contre-temps. On se retrouve finalement confronté à un long éloge de la brutalité. <em>Orages d’acier</em> n’a pu que devenir la Bible d’un nouveau culte, celui d’officiers ayant servi pendant quatre ans, ne pouvant digérer l’armistice signée dans leur dos, qui ont constitué par la suite la colonne vertébrale d’une armée d’armistice aussi professionnalisée que radicalisée.</p>
<p style="text-align: justify;">Je ne surestime pas ce jugement final car la suite de la publication d’<em>Orages d’acier</em> m’est connue, toute l’histoire de l’Entre-deux-guerres et de l’appel en 1933 d’Hitler à la Chancellerie par le vieux maréchal Hindenburg. Mais tout ceci est une autre Histoire. Lisons Ernst Jünger mais ne nous faisons pas d’illusion sur les rêveries qu’il provoque&#8230;</p>
<p style="text-align: right;">Bruno Judde de Larivière (@geographedumonde)</p>
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		<title>Que manque-t-il à Orages d’acier pour pouvoir figurer au rang des ouvrages d’instruction ?</title>
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		<pubDate>Thu, 31 Aug 2017 19:58:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Arts Littérature Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Lectures]]></category>
		<category><![CDATA[Anciens combattants]]></category>
		<category><![CDATA[Ernst Jünger]]></category>
		<category><![CDATA[Géographie]]></category>
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					<description><![CDATA[Orages d&#8217;acier, deuxième épisode. Que manque-t-il à Orages d’acier pour pouvoir figurer au rang des ouvrages d’instruction ? ____ Mon opinion sur cette œuvre majeure n’a pas sa place dans la réponse à cette deuxième question. Quoi que j’en dise, elle poursuivra sa carrière entamée il y a près d’un siècle. Ernst Jünger a immédiatement trouvé son public, y compris de ce côté-ci du Rhin. Dans la présente réédition au format Livre de Poche, on commence ainsi par une préface de l’auteur lui-même à la traduction française, dans laquelle il affiche une tranquille certitude : la gloire et la paix des braves (on est en 1960). L’avant-propos du maréchal Juin n’apporte rien d’autre, il est vrai, qu’un lénifiant commentaire sur la différence entre ceux qui en ont (l’avant fait le boulot) et ceux qui traînent derrière avec les planqués; écrits trop rapides d’un ancien combattant de 14 ayant perdu un bras au feu, membre de l’Académie Française. Alphonse Juin ne souligne pas l’effort d’Ernst Jünger pour faire comprendre de l’intérieur la Grande guerre. On saisit l’immense quiproquo provoqué par Orages d’acier en lisant la citation élogieuse d’André Gide en quatrième de couverture. Qu’un maréchal de France et un géant subversif...]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Orages d&rsquo;acier, deuxième épisode.</p>
<p style="text-align: justify;">Que manque-t-il à <em>Orages d’acier</em> pour pouvoir figurer au rang des ouvrages d’instruction ?</p>
<p style="text-align: center;">____</p>
<p style="text-align: justify;"><img data-attachment-id="5286" data-permalink="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/?attachment_id=5286" data-orig-file="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/08/81mtc66NhNL.jpg" data-orig-size="1400,2265" data-comments-opened="1" data-image-meta="{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}" data-image-title="Orages d&amp;rsquo;acier" data-image-description="" data-image-caption="" data-medium-file="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/08/81mtc66NhNL-185x300.jpg" data-large-file="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/08/81mtc66NhNL-633x1024.jpg" decoding="async" loading="lazy" class=" wp-image-5286 alignleft" src="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/08/81mtc66NhNL-185x300.jpg" alt="" width="216" height="350" srcset="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/08/81mtc66NhNL-185x300.jpg 185w, http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/08/81mtc66NhNL-768x1243.jpg 768w, http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/08/81mtc66NhNL-633x1024.jpg 633w, http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/08/81mtc66NhNL.jpg 1400w" sizes="(max-width: 216px) 100vw, 216px" />Mon opinion sur cette œuvre majeure n’a pas sa place dans la réponse à cette deuxième question. Quoi que j’en dise, elle poursuivra sa carrière entamée il y a près d’un siècle. Ernst Jünger a immédiatement trouvé son public, y compris de ce côté-ci du Rhin.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans la présente réédition au format <em>Livre de Poche</em>, on commence ainsi par une préface de l’auteur lui-même à la traduction française, dans laquelle il affiche une tranquille certitude : la gloire et la paix des braves (on est en 1960). L’avant-propos du maréchal Juin n’apporte rien d’autre, il est vrai, qu’un lénifiant commentaire sur la différence entre <em>ceux qui en on</em>t (l’avant fait le boulot) et ceux qui traînent derrière avec les planqués; écrits trop rapides d’un ancien combattant de 14 ayant perdu un bras au feu, membre de l’Académie Française. Alphonse Juin ne souligne pas l’effort d’Ernst Jünger pour faire comprendre de l’intérieur la Grande guerre. On saisit l’immense quiproquo provoqué par <strong><em>Orages d’acier</em></strong> en lisant la citation élogieuse d’André Gide en quatrième de couverture. Qu’un maréchal de France et un géant subversif des Lettres s’accordent sur leurs lectures devrait susciter l’interrogation.</p>
<p style="text-align: justify;">Ernst Jünger se soucie comme d’une guigne de la <strong>géographie</strong> : celle &#8211; générale &#8211; qui permettrait de replacer le front de l’Ouest par rapport à celui de l’Est, mais aussi celle &#8211; régionale &#8211; qui ouvrirait la compréhension des compartiments de terrain : la plaine d’Alsace, le massif vosgien, le relief de <em>côtes</em> du bassin parisien oriental (Lorraine, Champagne), les Flandres franco-belges. Je n’ai relevé aucune référence à Verdun, alors que le lieutenant décrit <em>in situ </em>&#8211; dans les environs de Metz &#8211; les combats de Mars-la-Tour, hauts lieux des combats d’enfermement de la place-forte pendant la guerre franco-prussienne de 1870. L’auteur donne des renseignements pour distinguer la Champagne crayeuse de la Flandre basse et marécageuse, mais ne s’y arrête pas davantage.</p>
<p style="text-align: justify;">L’activité agricole est brièvement relatée, mais on ne lit aucune allusion à l’activité industrielle ou à l’extraction minière. De ce fait, l’auteur ne paraît guère curieux des buts de la guerre &#8211; on y reviendra &#8211; et de ses effets quasi-irréparables. Combien de villes et de villages détruits sous ses yeux auraient pu amener le correcteur Ernst Jünger à orienter l’écrivain du front, après 1918? Sa dureté impassible heurte qui se souvient de la <em>Zone rouge</em> : ces 120.000 hectares gelés pour des siècles, sur onze départements. Nulle trace, nul émoi chez le combattant-envahisseur par ailleurs scrupuleux sur les blessures de ses voisins, qu’ils soient simple Hanovrien ou gradé. L’arrière berlinois tout entier métamorphosé par l’effort de guerre ne provoque pas davantage de remarques, mais je reviendrai sur la militarisation allemande…</p>
<p style="text-align: justify;">A la lumière d’autres récits &#8211; français, anglais ou canadien &#8211; j’ai été étonné par les béances du récit. Pourquoi Ernst Jünger gravit-il un à un les échelons dans la hiérarchie, si ce n’est parce qu’il ne souhaite à aucun moment interroger les buts profonds poursuivis par l’Empereur Guillaume II et son oligarchie militariste ? On se consolera en se disant que la probabilité de mourir pour celui qui écrivait impliquait une quasi certitude d’être lu sans fard ni filtres, sur le champ de bataille même. Cela devait inciter le diariste à la prudence. Lorsqu’il émet une critique sur un ordre, c’est pour pouvoir en appliquer mieux l’esprit sans regard de la forme. Les subalternes qui comprennent les ordres sont les plus précieux. Jünger a fait preuve d’éminentes qualités martiales. Son œil et son sang-froid ont été cependant grandement complétés par une chance insolente. Blessé quatorze fois, souvent durement, il échappe toujours au coup fatal.</p>
<p style="text-align: justify;">En repoussant toute vantardise &#8211; je le crois naturellement modeste &#8211; le combattant tait néanmoins les sacrifices inouïs imposés à la troupe : la discipline de fer, la fatigue des marches d’approche et des veilles, la portée des armes lourdes, la répétition des corvées, la coupure cruelle avec les familles. Il est jeune, sans attache sentimentale ni charge de famille. Il ne manque à aucune ferme de Saxe ou de Bavière, la vendange des coteaux rhénans se fait sans lui. Tout glisse sur Ernst Jünger, mais les autres ? La souffrance physique trouve un peu sa place dans certaines pages, mais pas la souffrance morale. C’est où le bât blesse, car je n’y vois aucun hasard, mais une affectation délibérée…</p>
<p style="text-align: justify;">L’absence d’angoisse métaphysique traverse tout le récit : ni Au-delà, ni intérêt pour le sens de la vie. Certes, la peur du jeune officier décoré précocement de la Croix de fer rassure un peu. Il ne l’embellit pas. Mais elle se trouve en réalité ramenée à peu de choses. Si l’on ne craint qu’un instant fatidique et non une éternité de repentance ou &#8211; pire &#8211; un châtiment divin, la mort ne devient qu’un accident fâcheux. Mourir dans son lit à un âge très avancé ou en tant que soldat sûr de sa caste, sanglé dans un bel uniforme avec ses rubans ? Le choix paraît presque difficile sous la plume d’Ernst Jünger.</p>
<p style="text-align: justify;">Or dans les faits, les surhommes méprisant la mitraille n’ont pas couru les tranchées; on le saisit en tournant les pages, et cela doit inciter le critique que je suis à une immense humilité. Bien des fiers-à-bras ont vu leur espérance de vie diminuer à grande vitesse. Dans ces conditions funestes, les combattants les plus endurcis ont craint la mort. Tous les récits de tranchée concordent. <em>Orages d’acier</em> fait figure de périlleux contre-exemple. Auprès d’esprits faibles et/ou exaltés, le récit n’a pu qu’entraîner un immense contre-sens.</p>
<p style="text-align: justify;">Faisons une comparaison qui ouvrira une perspective sur ma troisième partie&#8230; Un colonel Chabert &#8211; personnage fictif imaginé par Balzac &#8211; revient dans des circonstances extravagantes du champ de bataille d’Eylau : que provoque t-il chez ses contemporains ? Ni admiration, ni intérêt. La guerre tue ou détruit de l’intérieur. La seule façon de s’en prémunir pour des civils oublieux des circonstances qui l’ont déclenchée est de tenir les <strong>anciens combattants</strong> à distance. Ce sont les pestiférés des temps nouveaux, a fortiori s’ils portent visiblement les stigmates des combats. Les gueules cassées et les post-traumatiques ? Qu’ils demeurent chez eux.</p>
<p style="text-align: right;">A suivre.</p>
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		<title>Critiquer Orages d&#8217;acier près d&#8217;un siècle après sa parution&#8230;</title>
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		<pubDate>Wed, 30 Aug 2017 20:18:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Arts Littérature Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Carnets de guerre]]></category>
		<category><![CDATA[Ernst Jünger]]></category>
		<category><![CDATA[Orages d'acier]]></category>
		<category><![CDATA[Soldat allemand]]></category>
		<category><![CDATA[Témoignages]]></category>
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					<description><![CDATA[Les vacances sont terminées et, pour la rentrée, nous laissons le clavier au géographe Bruno Judde de Larivière, qui partage ses impressions sur sa lecture d&#8217;Orages d&#8217;acier en trois épisodes dont voici le premier. Bruno Judde de Larivière a déjà publié sur ce blog un article à propos du livre de Frederic Manning, Nous étions des hommes. ____ Orages d&#8217;acier, premier épisode. Critiquer Orages d&#8217;acier près d&#8217;un siècle après sa parution&#8230; Critiquer Orages d&#8217;acier près d&#8217;un siècle après sa parution (en 1920) … relève d’une mission quasi impossible. Ernst Jünger n’a reçu que des félicitations toute sa vie : sur le front et par la plume. Pourquoi vais-je chercher la petite bête ? Je m’en expliquerai en conclusion et me lance gaiement dans la controverse. Mon propos s’organisera autour de la réponse à trois questions successives. Pourquoi Orages d’acier persiste à nous séduire, tant d’années après son écriture, et pourquoi il convient de ne pas en être dupe ? Que manque t-il à ce journal de bord extrêmement retravaillé pour pouvoir figurer au rang des ouvrages d’instruction (l’ingénuité de l’auteur ne suffit pas à taire ses oublis) ? Pourquoi ‘Orages d’acier’ n’est-il pas à mettre dans toutes les mains, sans...]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Les vacances sont terminées et, pour la rentrée, nous laissons le clavier au géographe Bruno Judde de Larivière, qui partage ses impressions sur sa lecture d&rsquo;<em><strong>Orages d&rsquo;acier</strong></em> en trois épisodes dont voici le premier. Bruno Judde de Larivière a déjà publié sur ce blog un article à propos du livre de <a href="https://sourcesdelagrandeguerre.fr/?p=4355" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Frederic Manning, <em>Nous étions des hommes</em></a><em>.</em></p>
<p style="text-align: center;">____</p>
<p style="text-align: justify;">Orages d&rsquo;acier, premier épisode.</p>
<p>Critiquer <em>Orages d&rsquo;acier</em> près d&rsquo;un siècle après sa parution&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><img data-attachment-id="5292" data-permalink="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/?attachment_id=5292" data-orig-file="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/08/20170830_220244.jpg" data-orig-size="2803,4379" data-comments-opened="1" data-image-meta="{&quot;aperture&quot;:&quot;1.9&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;SM-G920F&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;1504130564&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;4.3&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;160&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0.02&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;1&quot;}" data-image-title="20170830_220244" data-image-description="" data-image-caption="" data-medium-file="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/08/20170830_220244-192x300.jpg" data-large-file="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/08/20170830_220244-655x1024.jpg" decoding="async" loading="lazy" class=" wp-image-5292 alignright" src="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/08/20170830_220244-192x300.jpg" alt="" width="243" height="380" srcset="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/08/20170830_220244-192x300.jpg 192w, http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/08/20170830_220244-768x1200.jpg 768w, http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/08/20170830_220244-655x1024.jpg 655w" sizes="(max-width: 243px) 100vw, 243px" />Critiquer <em>Orages d&rsquo;acier</em> près d&rsquo;un siècle après sa parution (en 1920) … relève d’une mission quasi impossible. <strong>Ernst Jünger</strong> n’a reçu que des félicitations toute sa vie : sur le front et par la plume. Pourquoi vais-je chercher <em>la petite bête</em> ? Je m’en expliquerai en conclusion et me lance gaiement dans la controverse. Mon propos s’organisera autour de la réponse à trois questions successives.</p>
<ol>
<li style="text-align: justify;">Pourquoi <em>Orages d’acier</em> persiste à nous séduire, tant d’années après son écriture, et pourquoi il convient de ne pas en être dupe ?</li>
<li style="text-align: justify;">Que manque t-il à ce journal de bord extrêmement retravaillé pour pouvoir figurer au rang des ouvrages d’instruction (l’ingénuité de l’auteur ne suffit pas à taire ses <em>oublis</em>) ?</li>
<li style="text-align: justify;">Pourquoi ‘<em>Orages d’acier</em>’ n’est-il pas à mettre dans toutes les mains, sans remise dans le contexte de la Grande guerre mais aussi de l’après-1918 en Allemagne ?</li>
</ol>
<p style="text-align: center;">*</p>
<p style="text-align: justify;">Quatre raisons me permettent de répondre positivement à la première des questions posées en introduction.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Primo</strong>, Ernst Jünger ne restitue pas des impressions jetées à la va-vite sur un coin de table; quand il lui arrive de le faire, il le mentionne explicitement, avec la date, parfois l’heure. Son style travaillé est dépourvu de fioritures, d’effets facilement lassants. Il va droit au but sans se priver de poésie si son état d’esprit le lui permet. Le printemps arrive ? Ernst Jünger note la floraison dans les champs et les oiseaux qui chantent. Cette simplicité parfois bucolique allège le récit et renforce l’impression de sincérité de celui qui consigne ses impressions au jour le jour.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Secundo</strong>, <em>Orages d’acier</em> nous plaît toujours, parce que son auteur épargne au lecteur civil (et même aux autres) les détails de la vie militaire dans ce qu’elle a de rébarbatif (monotonie des horaires) de répétitif (nettoyage des armes, passage d’ordres), d’incompréhensible (hiérarchie des grades, jeu des prérogatives), de repoussant enfin. Ernst Jünger a dû bousculer plus d’une fois ses soldats ne voulant plus rester en poste, ne pouvant éviter de faire part de leurs doutes et désespoir; il a éprouvé sans doute la satisfaction de tuer l’ennemi brutalement, instinctivement. Tout cela, il l’écarte élégamment, sous un couvert de vraie modestie.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Tertio</strong>, Jünger pose le principe &#8211; repris par la suite, j’y reviendrai &#8211; de la guerre sans haine. Il ne parle pas en mal des Anglais qu’il a sous le nez pendant des mois. Il notifie leurs variétés comme un entomologiste classe des insectes; sous ce vocable, on croise des Hindous (sic), des Écossais surnommés <em>Highlanders</em>, des Néo-Zélandais (<em>Anzac</em>). De la France, on entraperçoit des villages ruraux, des maisons bourgeoises confortables avec leurs caves et réserves garnies, des civils agréables avec l’occupant, peu rancuniers vis-à-vis des destructions occasionnées.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Quarto</strong> (enfin), <em>Orages d’acier</em> transpire une inspiration quasi juvénile. A vingt ans en 1914, Ernst Jünger ne cherche pas à dissimuler sa bonne éducation. Il ne parle pas mal des femmes restées à l’arrière. Jeune homme, il se montre bon fils, bon frère, nuancé dans ses jugements, modéré dans sa consommation d’alcool et de tabac. Son temps libre agrémenté de boisson et de cigares est ponctué d’innombrables lectures. Son goût pour la littérature ne le cantonne pas aux auteurs allemands romantiques (Goethe, Schiller) mais sort des frontières du Rhin et de la mer du Nord, allant jusqu’à l’Amérique des cow-boys.</p>
<p style="text-align: justify;">Il résulte de ces différents facteurs une facilité presque vénéneuse. On lit sans heurts ce récit qui saute l’avant-scène (pourquoi un jeune Allemand se retrouve en France à l’été 1914 ?) et escamote les coulisses; le livre s’interrompt à l’automne 1918. Quelques allusions permettent de déceler un début de découragement, mais rien ne permet de faire <strong>vraiment</strong> comprendre au lecteur que le projet d’invasion de la France se termine en fin de compte par un échec désastreux. L’Allemagne de l’arrière est économiquement à genoux en 1918. Elle ne peut subvenir à l’effort de guerre de ses soldats, de cette armée si organisée que décrit Ernst Jünger. Si l’on se contente de ce seul livre, on l’ignore totalement.</p>
<p style="text-align: justify;">Niant l’évidence géostratégique, il relativise tout. Il faudrait plus de pièces d’artillerie, plus de soldats formés, plus de ravitaillement, suggère l’auteur. Certes, l’ordinaire laisse à désirer, dès lors que le jeune officier ne peut plus compter que sur le pillage des postes de commandement ennemis. Le froid et la pluie obligent les combattants allemands à dépouiller les cadavres; quand il s’agit d’effets militaires, le risque est pourtant de servir de cibles à des tirs fratricides. Cela étant dit, <strong>comble de l’absurdité</strong>, Ernst Jünger ne se montre jamais négatif, ni amer. Bien des choses manquent ? <em>Faisons contre mauvaise fortune, bon coeur !</em></p>
<p style="text-align: right;">A suivre&#8230;</p>
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		<title>Le shoulder sleeve insignia de l’armée américaine</title>
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		<pubDate>Tue, 11 Jul 2017 19:25:49 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Cette lithographie en couleur datée de septembre 1919, disponible sur le site de la Library of Congress, est très instructive. D’une part, elle donne la liste de toutes les grandes unités qui ont appartenu à l’American Expeditionary Force (AEF) de 1917 à 1919&#160;: trois armées (numérotées 1 à 3), neuf corps d’armée (1 à 9) et 53 divisions d’infanterie (de 1 à 20, de 26 à 42, de 74 à 94 et de 96 à 97). Ces unités ont été projetées principalement en France mais aussi en Grande-Bretagne, en Italie, en Belgique et en Allemagne. D’autre part, chaque grande unité est représentée par son shoulder sleeve insignia (SSI), littéralement l’insigne de manche d’épaule (SSI), un patch brodé typique de l’US Army. Les patchs des unités de l’AEF ont été créés à la fin de la Première Guerre mondiale. Celui de la 1st infantry division est le plus connu (un grand 1 rouge qui a donné son surnom à la division&#160;: The Big Red One). La plupart de ces patchs existent toujours, tandis que d’autres ont été modifiés pour des raisons historiques et militaires. J’ai passé en revue ces SSI afin de mesurer l’impact de la Grande Guerre sur la création...]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><div id="attachment_5261" style="width: 200px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/07/65fba8a6c780972c6761fc583a1a5c4b-1.jpg"><img aria-describedby="caption-attachment-5261" data-attachment-id="5261" data-permalink="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/?attachment_id=5261" data-orig-file="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/07/65fba8a6c780972c6761fc583a1a5c4b-1.jpg" data-orig-size="710,1450" data-comments-opened="1" data-image-meta="{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;Model Super8k&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;cubanc_41_1_00365339a, 5\/19\/09, 1:51 PM,  8C, 5450x10645 (1054+0), 100%, Custom,  1\/30 s, R51.0, G28.7, B56.9&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;1242741060&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;100&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0.033333333333333&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;1&quot;}" data-image-title="65fba8a6c780972c6761fc583a1a5c4b" data-image-description="" data-image-caption="&lt;p&gt;Distinctive insignia, American Expeditionary Forces, 1917-1919 [Library of Congress]&lt;/p&gt;
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<p style="text-align: justify;">Cette lithographie en couleur datée de septembre 1919, <a href="https://www.loc.gov/item/2016651619/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">disponible sur le site de la Library of Congress</a>, est très instructive. D’une part, elle donne la liste de toutes les grandes unités qui ont appartenu à l’<em>American</em> <em>Expeditionary Force</em> (AEF) de 1917 à 1919&nbsp;: trois armées (numérotées 1 à 3), neuf corps d’armée (1 à 9) et 53 divisions d’infanterie (de 1 à 20, de 26 à 42, de 74 à 94 et de 96 à 97). Ces unités ont été projetées principalement en France mais aussi en Grande-Bretagne, en Italie, en Belgique et en Allemagne.</p>
<p style="text-align: justify;">D’autre part, chaque grande unité est représentée par son <strong>s<em>houlder sleeve insignia</em></strong> (SSI), littéralement l’insigne de manche d’épaule (SSI), un patch brodé typique de l’<em>US Army</em>. Les patchs des unités de l’AEF ont été créés à la fin de la Première Guerre mondiale. Celui de la <em>1<sup>st </sup>i</em><em>nfantry division</em> est le plus connu (un grand 1 rouge qui a donné son surnom à la division&nbsp;: <em>The Big Red One</em>). La plupart de ces patchs existent toujours, tandis que d’autres ont été modifiés pour des raisons historiques et militaires. J’ai passé en revue ces SSI afin de mesurer l’impact de la Grande Guerre sur la création de ces patchs.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Le <em>shoulder sleeve insignia</em></strong></h3>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/07/81e.jpg"><img data-attachment-id="5236" data-permalink="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/?attachment_id=5236" data-orig-file="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/07/81e.jpg" data-orig-size="380,345" data-comments-opened="1" data-image-meta="{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}" data-image-title="81e" data-image-description="" data-image-caption="" data-medium-file="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/07/81e-300x272.jpg" data-large-file="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/07/81e.jpg" decoding="async" loading="lazy" class="wp-image-5236 alignright" src="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/07/81e.jpg" alt="" width="112" height="102" srcset="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/07/81e.jpg 380w, http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/07/81e-300x272.jpg 300w" sizes="(max-width: 112px) 100vw, 112px" /></a>Pendant la guerre civile américaine, certaines unités adoptent des marques distinctives en tissu ou en drap, de formes géométriques et cousues sur les capotes ou les couvre-chefs des combattants. Mais c’est pendant la Première Guerre mondiale qu’apparaissent les SSI, vraisemblablement à l’initiative du major général <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Charles_Justin_Bailey" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Charles Justin Bailey (1859-1946)</a>, commandant la <em>81<sup>st</sup> </em><em>infantry division</em>. Quand les hommes de cette division, activée en septembre 1917 à Fort Jackson en Caroline du Sud, sont projetés en Europe en juillet 1918, ils portent un morceau de feutre sur l’épaule sur lequel figure la silhouette d’un chat sauvage, en souvenir du ruisseau traversant Fort Jackson, le <em>Wildcat Creek</em>. Le port de cet insigne n’est pas réglementaire mais il suscite des contestations parmi les hommes des autres divisions et fait des envieux. Pershing finit par autoriser la 81<sup>e</sup> à garder son insigne distinctif et incite les autres divisions à adopter le leur.</p>
<p style="text-align: justify;">D’abord destiné à cultiver l’esprit de corps, le SSI permet aussi d’identifier les caisses de ravitaillement, d’équipement et les bagages de chacune des divisions projetées en Europe. Ces patchs sont brodés ou collés sur les uniformes&nbsp;; en regardant attentivement les photographies du corps expéditionnaire en France, il est possible parfois d’identifier l’unité d&rsquo;appartenance des soldats, comme sur cette photo extraite des collections des Archives nationales américaines.</p>
<p><a href="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/07/Ordinaire-américain-à-Brest.jpg"><img data-attachment-id="5235" data-permalink="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/?attachment_id=5235" data-orig-file="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/07/Ordinaire-américain-à-Brest.jpg" data-orig-size="1006,805" data-comments-opened="1" data-image-meta="{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}" data-image-title="Ordinaire américain à Brest" data-image-description="" data-image-caption="" data-medium-file="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/07/Ordinaire-américain-à-Brest-300x240.jpg" data-large-file="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/07/Ordinaire-américain-à-Brest.jpg" decoding="async" loading="lazy" class="wp-image-5235 aligncenter" src="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/07/Ordinaire-américain-à-Brest.jpg" alt="" width="657" height="526" srcset="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/07/Ordinaire-américain-à-Brest.jpg 1006w, http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/07/Ordinaire-américain-à-Brest-300x240.jpg 300w, http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/07/Ordinaire-américain-à-Brest-768x615.jpg 768w" sizes="(max-width: 657px) 100vw, 657px" /></a></p>
<h6 style="text-align: center;">Port of Embarkation à Brest. Ordinaire de l’américaine dans lequel 5&nbsp;000 hommes peuvent manger en une heure (NARA, 165-WW-485D-015)</h6>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Des créations originales</strong></h3>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/07/insigne-2.jpg"><img data-attachment-id="5238" data-permalink="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/?attachment_id=5238" data-orig-file="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/07/insigne-2.jpg" data-orig-size="286,628" data-comments-opened="1" data-image-meta="{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}" data-image-title="insigne 2" data-image-description="" data-image-caption="" data-medium-file="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/07/insigne-2-137x300.jpg" data-large-file="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/07/insigne-2.jpg" decoding="async" loading="lazy" class="alignleft wp-image-5238" src="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/07/insigne-2.jpg" alt="" width="74" height="162" srcset="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/07/insigne-2.jpg 286w, http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/07/insigne-2-137x300.jpg 137w" sizes="(max-width: 74px) 100vw, 74px" /></a>Rapidement les hommes s’activent pour créer des insignes. Ainsi lors de la formation de la 34<sup>e</sup> division, l’artiste <a href="http://www.crma.org/Content/Collection/Marvin-Cone.aspx" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Marvin Cone</a>, alors soldat enrôlé dans la division, remporte le concours organisé au camp Cody (Nouveau-Mexique) pour la réalisation d’un insigne. Il a superposé un crâne de bœuf et une jarre d’eau mexicaine typique (olla). Le <em>Shoulder sleeve insignia</em> de la célèbre 26<sup>e</sup> division est obtenu à l’issue d’une conférence de presse réunie à Boston pour choisir un surnom à la division. Celle-ci est finalement surnommée <em>Yankee Division</em>, car les recrues sont natives de Nouvelle-Angleterre, et le patch choisi représente le monogramme YD sur fond bleu (la couleur de l’infanterie aux Etats-Unis).</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/07/Image3-1.jpg"><img data-attachment-id="5240" data-permalink="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/?attachment_id=5240" data-orig-file="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/07/Image3-1.jpg" data-orig-size="271,597" data-comments-opened="1" data-image-meta="{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;1499773090&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;1&quot;}" data-image-title="Image3" data-image-description="" data-image-caption="" data-medium-file="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/07/Image3-1-136x300.jpg" data-large-file="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/07/Image3-1.jpg" decoding="async" loading="lazy" class="wp-image-5240 alignleft" src="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/07/Image3-1.jpg" alt="" width="71" height="156" srcset="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/07/Image3-1.jpg 271w, http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/07/Image3-1-136x300.jpg 136w" sizes="(max-width: 71px) 100vw, 71px" /></a>Couleurs vives et motifs complexes et géométriques (triangle, trapèze, cercle) sont les principaux ingrédients, auxquels s’ajoute parfois une bonne dose d’humour. Les monogrammes sont très appréciés et parfois très recherchés. Je citerai l’exemple du patch de la 83<sup>e</sup>, une division levée dans l’État d’Ohio et dont l’insigne reprend un dessin monogramme en lettre d’or pour OHIO dans un triangle noir. Mais ma préférence va à celui de la 27<sup>e</sup> division&nbsp;: les lettres NY (pour New York) ont été travaillées dans un monogramme avec des étoiles au sein d&rsquo;un cercle rouge qui représente Orion en souvenir de <a href="http://www.oryansroughnecks.org/jfobio.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">John Francis O’Ryan (1874-1961)</a>, le commandant de la division pendant la Première Guerre mondiale. Quelle postérité&nbsp;!</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/07/Image7.jpg"><img data-attachment-id="5244" data-permalink="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/?attachment_id=5244" data-orig-file="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/07/Image7.jpg" data-orig-size="221,1083" data-comments-opened="1" data-image-meta="{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}" data-image-title="Image7" data-image-description="" data-image-caption="" data-medium-file="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/07/Image7-61x300.jpg" data-large-file="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/07/Image7-209x1024.jpg" decoding="async" loading="lazy" class="wp-image-5244 alignleft" src="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/07/Image7.jpg" alt="" width="71" height="348" srcset="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/07/Image7.jpg 221w, http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/07/Image7-61x300.jpg 61w, http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/07/Image7-209x1024.jpg 209w" sizes="(max-width: 71px) 100vw, 71px" /></a>La plupart des insignes font référence à l’origine géographique des recrues ou au lieu de formation et d’instruction de la division. Le cas de la 42<sup>e</sup> est le plus connu&nbsp;: l’arc en ciel est choisi pour illustrer la diversité du recrutement, «&nbsp;<em>d’un bout à l’autre des Etats-Unis</em>&nbsp;» d’après le colonel <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Douglas_MacArthur" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Douglas MacArthur</a>, chef d&rsquo;état-major de la division. L’insigne de la 89<sup>e</sup>, «&nbsp;<em>Rolling W</em>&nbsp;», contient un M dans une roue qui lorsqu’elle tourne transforme le M en W formant MW pour Midwest en souvenir du recrutement de la division. La 8<sup>e </sup>division, dont le patch représente une flèche d’or pour l’exploration de la Californie au XIX<sup>e</sup> siècle par John Fremont, est formée au camp Fremont en Californie en 1917. L’origine ethnique est parfois mise en avant à l’instar du patch de la 92<sup>e</sup> dont le buffle rappelle les <em>Buffalo soldiers, </em>le surnom donné par les Amérindiens aux soldats afro-américains de l’armée américaine, contre lesquels ils combattent au XIX<sup>e</sup> siècle.</p>
<p style="text-align: justify;">Le numéro de l’unité est également largement employé dans la création des insignes. J’aime beaucoup celui de la 13<sup>e</sup>, <em>Lucky 13th</em>, composé d’un fer à cheval et d’un chat noir en harmonie avec son numéro&nbsp;!</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, l’histoire des Etats-Unis a inspiré les créateurs d’insignes. Quelques exemples&nbsp;:</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li style="text-align: justify;">la 29<sup>e</sup>, composée de troupes de Virginie mélangées à des gardes du New Jersey, du Maryland et du District of Columbia, qui rappelle les deux adversaires de la Guerre civile américaine&nbsp;: «&nbsp;<em>Blue and Gray</em>&nbsp;».</li>
<li style="text-align: justify;">La 76<sup>e,</sup>dont le numéro rappelle les deux derniers chiffres 1776, une année historique pour les Etats-Unis. La cloche de la liberté orne le patch divisionnaire.</li>
<li style="text-align: justify;">Les hommes de la 84<sup>e</sup>, natifs de l’Illinois et de Wisconsin, ont préféré honorer l’héritage des milices de l’Illinois au sein desquelles le capitaine Abraham Lincoln a servi pendant la guerre contre le chef indien Black Hawk en 1832. Le même Black Hawk est célébré dans l’insigne de la 86<sup>e</sup> sous les traits d’un aigle noir.</li>
</ul>
<p><strong> <a href="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/07/Image9.jpg"><img data-attachment-id="5252" data-permalink="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/?attachment_id=5252" data-orig-file="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/07/Image9.jpg" data-orig-size="628,156" data-comments-opened="1" data-image-meta="{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}" data-image-title="Image9" data-image-description="" data-image-caption="" data-medium-file="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/07/Image9-300x75.jpg" data-large-file="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/07/Image9.jpg" decoding="async" loading="lazy" class=" wp-image-5252 aligncenter" src="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/07/Image9.jpg" alt="" width="326" height="81" srcset="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/07/Image9.jpg 628w, http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/07/Image9-300x75.jpg 300w" sizes="(max-width: 326px) 100vw, 326px" /></a></strong><strong>La Grande Guerre dans tout ça</strong></p>
<p style="text-align: justify;">L’ensemble des insignes des unités de l’<em>American Expeditionary Force</em> (donc d’une grande partie des divisions américaines actuelles) et la plupart des traditions de l’<em>US Army</em> (décorations, héraldique, etc.) datent de la Première Guerre mondiale&nbsp;: tantôt les modèles britannique et français ont servi de modèle, tantôt l&rsquo;innovation a prévalu, comme dans le cas des SSI.</p>
<p style="text-align: justify;">Quelle est la place de la Première Guerre mondiale dans la conception des insignes&nbsp;? Sur 53 divisions d’infanterie, seules cinq font référence directement à la Grande Guerre dans leur SSI&nbsp;:</p>
<ul>
<li style="text-align: justify;">La 3<sup>e</sup> division, surnommé <em>Marne division</em>, est probablement l’une des divisions américaines les plus engagées au combat entre 1917 et 1918. Les trois branches symbolisent les trois opérations principales auxquelles elle a participé tandis que le bleu rappelle la loyauté envers ceux qui ont combattu.</li>
<li style="text-align: justify;">La 32<sup>e</sup> est la première unité alliée à percer la célèbre ligne Hindenburg en 1918. Le patch reprend ce fait glorieux puisqu’il est composé d’une flèche rouge (pour la ténacité) qui transperce une ligne. Par la suite, les soldats de la 32<sup>e</sup> ont été surnommés «&nbsp;Les Terribles&nbsp;»</li>
<li style="text-align: justify;">Les 78<sup>e</sup>et 79<sup>e</sup> divisions ont souhaité commémorer la Lorraine où elles ont combattu en 1918 : un éclair blanc sur le rouge en souvenir des armes de la Lorraine pour la 78<sup>e</sup>, la croix de Lorraine, symbole de triomphe, sur un bouclier bleu pour la 79<sup>e,</sup> qui s’est distinguée à Montfaucon.</li>
<li style="text-align: justify;">La 93<sup>e,</sup>dont l’insigne reprend un casque Adrian stylisé choisi par les soldats afro-américains de cette division affectée dans l’armée française pendant la Grande Guerre.</li>
</ul>
<p><a href="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/07/Image12.jpg"><img data-attachment-id="5259" data-permalink="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/?attachment_id=5259" data-orig-file="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/07/Image12.jpg" data-orig-size="693,144" data-comments-opened="1" data-image-meta="{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}" data-image-title="Image12" data-image-description="" data-image-caption="" data-medium-file="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/07/Image12-300x62.jpg" data-large-file="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/07/Image12.jpg" decoding="async" loading="lazy" class="wp-image-5259 aligncenter" src="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/07/Image12.jpg" alt="" width="443" height="92" srcset="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/07/Image12.jpg 693w, http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/07/Image12-300x62.jpg 300w" sizes="(max-width: 443px) 100vw, 443px" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Plusieurs raisons peuvent expliquer la faible représentativité du souvenir de la Grande Guerre en France dans les symboles choisis pour élaborer les insignes. Seules les divisions engagées tôt, donc plus longtemps et plus durement (c’est le cas de la 3<sup>e</sup>, 32<sup>e</sup> et de la 93<sup>e</sup> avec l’armée française) ont conservé le souvenir de la Grande Guerre. Pour les autres, qui ont été plus modestement engagées et pour certaines pas du tout, les insignes se rapportent principalement à un bassin de recrutement ou à un camp d’instruction, où se forgent les fondations de la cohésion d’une troupe. Enfin, l’étude sommaire des <em>shoulder sleeve insignia</em>, adoptés entre 1918 et 1919, montre qu’en moins d’un an, la petite armée américaine, qui ne possédait pas ou peu d’esprit de corps dans un pays où le sentiment national était embryonnaire, s’est transformée en une seule force, nombreuse, et qui a transcendé les clivages nés de l’histoire et les particularismes régionaux.</p>
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		<title>L&#8217;armée américaine dans la Grande Guerre</title>
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		<dc:creator><![CDATA[MB/GL]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 May 2017 08:25:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Sources figurées]]></category>
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		<category><![CDATA[Américains]]></category>
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					<description><![CDATA[L&#8217;Armée américaine dans la Grande Guerre est mon dernier livre, publié aux Éditions Ouest-France. Je propose d&#8217;en gagner un exemplaire, à condition de répondre à une petite question à la fin de cet article. Dans ce livre, j&#8217;ai voulu montrer comment les Etats-Unis ont transformé, en un temps record et avec le soutien des alliés, leur petite armée de volontaires en une armée de conscrits forte de plus de quatre millions d&#8217;hommes, dont deux millions ont été projetés en Europe. Cette rapide montée en puissance de l&#8217;armée est le signe le plus visible de la métamorphose opérée par les Etats-Unis pendant la Première Guerre mondiale. Pour illustrer ce livre, j&#8217;ai pioché en particulier dans les fonds photographiques des Archives nationales américaines (National Archives and Records Administration : NARA). Installées sur plusieurs sites aux Etats-Unis, parmi lesquels le National Archives Building à Washington D.C., à l&#8217;université du Maryland ou encore à Suitland dans le Maryland, les Archives nationales américaines ont pour mission de conserver et de communiquer les documents produits par les organes fédéraux. On y trouve par exemple les grands textes fondateurs de l&#8217;histoire américaine comme la Constitution des Etats-Unis, la Déclaration d&#8217;indépendance (1776) ou la Proclamation d’émancipation (1863). La...]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><em>L&rsquo;Armée américaine dans la Grande Guerre </em></strong>est mon dernier livre, publié aux <a href="http://www.editionsouestfrance.eu/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Éditions Ouest-France</a>. Je propose d&rsquo;en gagner un exemplaire, à condition de répondre à une petite question à la fin de cet article. Dans ce livre, j&rsquo;ai voulu montrer comment les Etats-Unis ont transformé, en un temps record et avec le soutien des alliés, leur petite armée de volontaires en une armée de conscrits forte de plus de quatre millions d&rsquo;hommes, dont deux millions ont été projetés en Europe. Cette rapide montée en puissance de l&rsquo;armée est le signe le plus visible de la métamorphose opérée par les Etats-Unis pendant la Première Guerre mondiale.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour illustrer ce livre, j&rsquo;ai pioché en particulier dans les fonds photographiques des Archives nationales américaines (<a href="https://www.archives.gov/" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><em><strong>National Archives and Records Administration : NARA</strong>)</em></a>. Installées sur plusieurs sites aux Etats-Unis, parmi lesquels le <em>National Archives Building</em> à Washington D.C., à l&rsquo;université du Maryland ou encore à Suitland dans le Maryland, les Archives nationales américaines ont pour mission de conserver et de communiquer les documents produits par les organes fédéraux. On y trouve par exemple les grands textes fondateurs de l&rsquo;histoire américaine comme <a href="https://www.archives.gov/founding-docs" target="_blank" rel="noopener noreferrer">la Constitution des Etats-Unis, la Déclaration d&rsquo;indépendance (1776) ou la Proclamation d’émancipation (1863)</a>.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/05/994px-NARA_Logo_created_2010.svg_.png"><img data-attachment-id="5183" data-permalink="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/?attachment_id=5183" data-orig-file="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/05/994px-NARA_Logo_created_2010.svg_.png" data-orig-size="994,894" data-comments-opened="1" data-image-meta="{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}" data-image-title="994px-NARA_Logo_created_2010.svg" data-image-description="" data-image-caption="" data-medium-file="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/05/994px-NARA_Logo_created_2010.svg_-300x270.png" data-large-file="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/05/994px-NARA_Logo_created_2010.svg_.png" decoding="async" loading="lazy" class="wp-image-5183 alignright" src="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/05/994px-NARA_Logo_created_2010.svg_-300x270.png" alt="" width="134" height="120" srcset="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/05/994px-NARA_Logo_created_2010.svg_-300x270.png 300w, http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/05/994px-NARA_Logo_created_2010.svg_-768x691.png 768w, http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/05/994px-NARA_Logo_created_2010.svg_.png 994w" sizes="(max-width: 134px) 100vw, 134px" /></a>La NARA met en ligne des sources variées sur la Première Guerre mondiale. Le chercheur trouvera les <em><a href="https://www.archives.gov/veterans" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Veteran&rsquo;s Service Records</a></em> et <span class="_5yl5">les <a href="https://www.archives.gov/research/military/ww1/draft-registration" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><em>draft registration cards</em>, qui permettent ensuite aux familles d’approfondir les recherches</a> dans les archives du <a href="https://www.archives.gov/st-louis" target="_blank" rel="noopener noreferrer">National Personnel Records Center</a>.</span> <span class="_5yl5">Le corpus de fonds iconographiques en ligne est très impressionnant. Des milliers de photographies, très bien légendées et souvent datées et localisées, </span>sont mises à disposition sans restriction d&rsquo;accès ou de réutilisation. Dans le diaporama ci-dessous, je propose une sélection de photographies dont certaines ont servi à illustrer mon livre.</p>
<p><a href="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/?p=5157#gallery-5157-1-slideshow">Cliquer pour visualiser le diaporama.</a></p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Pour terminer, à vous de jouer&#8230;.</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">L&rsquo;internaute qui trouvera le premier les noms des auteurs et les titres des œuvres dont sont extraites les deux citations suivantes gagnera un exemplaire de <em>L&rsquo;Armée américaine dans la Grande Guerre</em>.</p>
<ul>
<li style="text-align: justify;"><strong>Citation 1</strong> :  » <em>A mon sens, notre entrée dans la guerre est une vraie tragédie. C&rsquo;est une sorte de démenti à notre unique raison d&rsquo;être ajouta Randolph</em>« </li>
<li style="text-align: justify;"><strong>Citation 2</strong> : « <em>Soldat Pullman. Juste encore quelques minutes et on monte à l&rsquo;assaut. J&rsquo;entends ma montre qui fait tic-tac-tic-tac. Ce silence, c&rsquo;est pire que le pilonnage (&#8230;.) </em>« </li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Rendez-vous dimanche prochain à 21 heures pour découvrir le nom du gagnant. Vous pouvez envoyer votre réponse dans les commentaires ou nous écrire à sourcesdelagrandeguerre@gmail.com</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/05/Image1.jpg"><img data-attachment-id="5194" data-permalink="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/?attachment_id=5194" data-orig-file="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/05/Image1.jpg" data-orig-size="805,616" data-comments-opened="1" data-image-meta="{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}" data-image-title="Image1" data-image-description="" data-image-caption="" data-medium-file="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/05/Image1-300x230.jpg" data-large-file="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/05/Image1.jpg" decoding="async" loading="lazy" class="alignleft size-medium wp-image-5194" src="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/05/Image1-300x230.jpg" alt="" width="300" height="230" srcset="http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/05/Image1-300x230.jpg 300w, http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/05/Image1-768x588.jpg 768w, http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/05/Image1-80x60.jpg 80w, http://sourcesdelagrandeguerre.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2017/05/Image1.jpg 805w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a>Vous avez été nombreux à nous écrire. Damien Cousin Geynet a été le premier à donner la bonne réponse. La première citation est extraite de <em>L&rsquo;initiation d&rsquo;un homme : 1917</em> de <a href="https://www.franceculture.fr/conferences/propos-de-john-dos-passos" target="_blank" rel="noopener noreferrer">John Dos Passos</a> et la seconde de <a href="http://www.gallmeister.fr/livres/fiche/64/march-william-compagnie-k" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><em>Compagnie K</em> de William March</a>. Deux grands livres !</p>
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