<?xml version="1.0" encoding="UTF-8" standalone="no"?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><rss xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" version="2.0"><channel><title>Tout Solo</title><description>Vous trouverez ici des réflexions suscitées par mes rencontres, mes lectures ou, aussi, les informations télévisées. De temps à autres, vous subirez également des extraits de mes tentatives d'écriture et de ma philosophie de boîte de conserve.

Si l’intérêt est suffisant, je vous alimenterai en informations sur un autre blogue (à venir). Ce sera un espace de création ouvert au plus grand nombre possible afin de à réaliser une &amp;oelig;uvre littéraire collective. (à suivre!!)</description><managingEditor>noreply@blogger.com (Unknown)</managingEditor><pubDate>Fri, 8 Mar 2024 01:49:04 -0500</pubDate><generator>Blogger http://www.blogger.com</generator><openSearch:totalResults xmlns:openSearch="http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/">22</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex xmlns:openSearch="http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/">1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage xmlns:openSearch="http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/">25</openSearch:itemsPerPage><link>http://toutsolo.blogspot.com/</link><language>en-us</language><item><title>Exécution de Saddam Hussein</title><link>http://toutsolo.blogspot.com/2006/12/excution-de-saddam-hussein.html</link><author>noreply@blogger.com (Unknown)</author><pubDate>Sat, 30 Dec 2006 01:27:00 -0500</pubDate><guid isPermaLink="false">tag:blogger.com,1999:blog-34042560.post-116746013343494341</guid><description>&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Saddam Hussein vient d’être pendu. La nouvelle est tombée un peu après 22h, heure de Québec.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aurait-on dû pendre Saddam? Telle est la question que je me pose ce soir. Non pas que je le croie innocent. Dans un premier temps, ce serait plutôt l’idée de la peine de mort en elle-même qui me gênerait. Ensuite, c’est le sort réservé aux autres accusations.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour Saddam Hussein comme pour tout autre je me porte en faux contre la peine de mort. Je ne vois en rien l’utilité d’assassiner une personne, aussi sanguinaire puisse-t-elle avoir été, sauf peut-être pour satisfaire un sentiment de vengeance. Or, la vengeance n’est pas le fait de la justice. J’admet que cela peut être frustrant pour toutes les victimes mais la justices est là pour protéger la population contre les crimes qui peuvent être commis contre elle. Pour assurer cette protection, point n’est besoin de procéder à des exécutions, il suffit d’empêcher les individus dangereux d’agir. À cet effet une incarcération, est bien suffisante. À moins de vouloir une justice aussi sanguinaire et vengeresse que les crimes reprochés aux condamnés, la peine de mort n’a aucune raison d’exister.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quant au sort réservé aux autres accusations, bien plus graves que celle pour laquelle il a été pendu, elles sont devenues caduques. Jamais il ne sera jugé pour les crimes qui lui sont imputés : celui contre les kurdes en 1987-1988 au cours de la campagne d'Anfal (182 000 personnes tuées et des populations entières déplacées de force). Celui contre les chiites du Sud de l’Irak après la Guerre du Golfe en 1991. Celui contre 8 000 membres de la tribu kurde Barzani en 1983. Celui contre les populations civiles de Halabja en 1988 (5000 Kurdes tués et 10 000 blessés par l’utilisation d’armes chimiques).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne suis pas Irakien mais il me semble qu’il aurait été important que ces procès aient lieu avant l’exécution de la sentence. Ils auraient permis à toute une population de se rallier derrière un nouveau gouvernement, de se familiariser avec un nouveau système de justice et surtout de s’assurer de son équité. Pour l’heure, on peut encore croire que le procès de Saddam Hussein en a été un politique, téléguidé par les américains et que le verdict aussi bien que la sentence avaient été décidées en haut lieu avant même le début du procès. Les autres procès auraient permis de faire la lumière sur les principales exactions et les principaux crimes contre l’humanité attribués à Saddam Hussein effaçant, ou à tout le moins atténuant, tout soupçon de règlement de compte politique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il ne fallait pas exécuter Saddam Hussein maintenant. Il aurait été important de surseoir à l’exécution de la sentence jusqu’à la conclusion des autres procès. À part faire la lumière sur les nombreux drames et crimes qui lui sont attribués et permettre une catharsis à des populations entières, qu’aurait-on eu à perdre? Peut-être justement ces quelques mots : « qui lui sont attribués » pour les remplacer par « les crimes de ». De toute manière, coupable ou non des autres crimes qui lui sont reprochés, combien de fois aurait-on pu le pendre?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;</description><thr:total xmlns:thr="http://purl.org/syndication/thread/1.0">0</thr:total></item><item><title>Mal de tête</title><link>http://toutsolo.blogspot.com/2006/12/mal-de-tte.html</link><author>noreply@blogger.com (Unknown)</author><pubDate>Wed, 27 Dec 2006 02:17:00 -0500</pubDate><guid isPermaLink="false">tag:blogger.com,1999:blog-34042560.post-116720606433981439</guid><description>&lt;div align="justify"&gt;Bonjour,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme pour tout le monde, le temps des fêtes m'a tenu assez occupé et je n'ai pas été en mesure de nourrir ce blogue autant que j'avais l'habitude de le faire. Mais me voici tout de même, peut-être un peu en coup de vent avant le sprint du nouvel an. Comme certains d'entre vous ont semblé apprécier ma première tentative, je récidive en vous laissant ce soir un nouveau poème. Malgré son titre, il n'y est pas question d'un lendemain de réveillon (enfin, j'espère qu'il ne ressemble pas à ça pour personne).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je vous parlais de la rose noire de l'absence en introduction au poème précédent. C'était une belle association (je trouve). Dans cet esprit, j'essaierai, lorsque cela sera possible, d'associer une fleur aux poèmes que je partagerai avec vous. Ce soir, il y est question d'une ancolie. J'ignore jusqu'à quel point cela a un réel rapport avec le texte qui suit mais, dans Wikipedia, on dit de sa symbolique que: "Dans les enluminures du Moyen-Âge, l'ancolie est le symbole du Saint-Esprit." &lt;span style="font-size:85%;"&gt;(Récupérée de &lt;/span&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Ancolie"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;http://fr.wikipedia.org/wiki/Ancolie&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;)&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors, je vous souhaite une bonne lecture et j'attends vos commentaires. Peut-être pourrais-je suggérer que certains ou certaines partagent ce qu'ils pensent de cette symbolique dans le contexte de ce petit poème, par exemple?&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Mal de tête&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle s’efforce de s’extraire de ma tête ma cervelle&lt;br /&gt;Il manque de place pour elle dans ce crâne trop serré&lt;br /&gt;Elle s’engorge du sang des lions de Cybèle&lt;br /&gt;Entame une gavotte et fait ses lions danser&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourtant elle est triste comme tourterelle gémissante&lt;br /&gt;Confinée à sa cage d’os elle veut exploser&lt;br /&gt;Du fond de sa prison c’est une éblouissante&lt;br /&gt;Étincelle qui éveille son vœu de liberté&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le cerveau corrosif érode l’os du dedans&lt;br /&gt;Qui s’écaille s’affaiblit à force d’être rongé&lt;br /&gt;Encore une poussée… horreur la tête me fend!&lt;br /&gt;Cette nuit de cristallins vestiges elle a rêvé&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Craquelure originelle petite près de la nuque&lt;br /&gt;Remontante et courante s’étendant sous pression&lt;br /&gt;Se subdivisant comme le royaume du Grand Turc&lt;br /&gt;En caravansérails ces gemmes de suspicion&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ma voûte est fissurée ramifiée divisée&lt;br /&gt;En cellules calcifiées dentelle délimitée&lt;br /&gt;Comme des limbes nervurés serties au caducée&lt;br /&gt;Surmonté de l’axis et l’atlas étiolés&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bientôt ces lézardes sont des rus et des rivières&lt;br /&gt;Qui drainent aux fleuves les eaux de ma déraison&lt;br /&gt;Vaste marée montante inondant les clairières&lt;br /&gt;Porteuses de tous mes rêves luisants sous la lunaison&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des fragments pariétaux morceaux d’îles solitaires&lt;br /&gt;Guettent en mer volcanique l’éruption contenue&lt;br /&gt;Des vapeurs compressées de raison délétère&lt;br /&gt;Difficile cohésion d’une ultime retenue&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Grande propulsion astrale spontanée jaillissante!&lt;br /&gt;Nouveau Big-bang radieux obscène jubilation&lt;br /&gt;Fragments précipités nouvelles étoiles filantes&lt;br /&gt;De la constellation Ossuaire dispersées&lt;br /&gt;&lt;img height="150" alt="Aquilegia_vulgaris_var._alba_01.jpg" src="http://www.filelodge.com/files/room53/1510415/Images/Aquilegia_vulgaris_var._alba_01.jpg" width="206" align="right" /&gt;&lt;br /&gt;Autour du psychotique les cheveux des comètes&lt;br /&gt;Étincelants dans sa nuit guident sa neuve folie&lt;br /&gt;Le regard aveugle devant tant de planètes&lt;br /&gt;Ne voit que délivrance comme blanche ancolie&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Oh joie! Alors que cette trop écrasée cervelle&lt;br /&gt;Se détends délivrée de sa gangue ossifiée&lt;br /&gt;Expulsée et légère comme une aile dans le ciel&lt;br /&gt;S’épanouit sa raison trop longtemps atrophiée&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voilà, n'oubliez pas les commentaires, ils sont tous très appréciés.&lt;/div&gt;</description><thr:total xmlns:thr="http://purl.org/syndication/thread/1.0">1</thr:total></item><item><title>Amely-James Koh-Bela et la prostitution</title><link>http://toutsolo.blogspot.com/2006/12/amely-james-koh-bela-et-la.html</link><author>noreply@blogger.com (Unknown)</author><pubDate>Sun, 10 Dec 2006 22:02:00 -0500</pubDate><guid isPermaLink="false">tag:blogger.com,1999:blog-34042560.post-116580737089604577</guid><description>&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Bonjour,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce mercredi, je regardais &lt;/span&gt;&lt;a href="http://www.telequebec.tv/lesfrancstireurs/index.html"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Les Francs-tireurs&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt; à &lt;/span&gt;&lt;a href="http://www.telequebec.tv/"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Télé-Québec&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt; (rediffusion dimanche 20h, mardi 0h30, HE)&lt;/span&gt;. On y présentait un dossier de deux reportages sur la prostitution à Paris. Si le second reportage portait sur un prostitué travesti qui avait choisi ce travail et en réclamait la reconnaissance, le premier était consacré à la &lt;/span&gt;&lt;a href="http://www.telequebec.tv/lesfrancstireurs/entrevue.html"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;prostitution des jeunes africaines&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt; dans le 18&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement. Amely-James Koh-Bela a écrit le livre &lt;u&gt;Prostitution africaine en Occident&lt;/u&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour les besoins de ce premier reportage, Patrick Lagacé était guidé dans cet enfer par Amely-James Koh-Bela (A-J K-B), travailleuse de rue depuis une douzaine d’années auprès des jeunes prostituées africaines à Paris. Le témoignage de cette femme était à faire dresser les cheveux sur la tête. Comme tout un chacun, j’avais entendu parler de pratiques sexuelles déviantes telles la zoophilie, la scatologie et d’autres du même acabit. Peut-être suis-je bien naïf, mais j’avais toujours perçu ces pratiques d’un point de vu purement intellectuel, comme éthéré, comme des curiosités perverses n’existant pas dans la réalité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A-J K-B témoigne de cas concrets de personnes qu’elle a connues que l’on a droguées, rompues pour qu’elles cèdent devant ces déviances. De personnes qui se sont retrouvées dans ces situations avilissantes à leur corps défendant puisqu’on les « louaient » ou les « vendaient » et des conséquences que ces pratiques ont eues sur certaines. A-J K-B livre un témoignage bouleversant sur les dessous de la prostitution des jeunes filles africaines en Europe, particulièrement en France. À plusieurs reprises on la sent émue, avec des boules dans la gorge qui l’empêchent de tout dire. Douze ans d’enquête et d’interventions auprès des jeunes filles prises dans cet enfer n’auront pas suffi à la blinder, à la blaser, à la faire revenir de tout, à lui faire confondre l’horreur dans laquelle vivent ces filles avec les tourments de leur vie ordinaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le témoignage de A-J K-B est plus que saisissant et dérangeant. Il est simplement scandalisant! Et je ne pense pas que ce soit seulement ma petite sensibilité d’occidental douillet qui soit en cause. Comment justifier, dans quelque culture que ce soit, quel que soit le degré de pauvreté dans lequel croupit un pays, une province, une ville, un village, une paroisse, une famille, que ce trafic d’enfants soit non seulement toléré, mais encore encouragé, voire souvent organisé par les familles et dirigé par les mères elles-mêmes? &lt;span style="font-size:85%;"&gt;« La famille c’est le plus grand proxénète en Afrique (…) On est dans la filière africaine, le premier proxénète c’est le père, la mère, le frère, le mari »&lt;/span&gt; A-J K-B soutien que les revenus générés par la prostitution des jeunes africaines en Europe sont expédiés en Afrique où elles sont reconnues et adulées pour les revenus qu’elles fournissent à leur famille. En revanche, elle constate aussi que plusieurs matrones vivent du &lt;/span&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Revenu_minimum_d"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;RMI&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt; &lt;span ftyle="font-size:85%;"&gt;(Revenu minimum d'insertion)&lt;/span&gt; en France, donc très modestement, alors qu’en Afrique, avec les revenus de la prostitution, elles mènent des trains de vie de nababs, 4X4, maison, piscine…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La prostitution, sous quelque forme que ce soit, dès qu’elle n’est pas souhaitée &lt;span style="font-size:85%;"&gt;(voir le &lt;a href="http://www.telequebec.tv/lesfrancstireurs/topo.html"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;second reportage&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt; des Francs-tireurs)&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; est une horreur. C’est une abomination pour tous ceux qui sont impliqués de près ou de loin dans ce trafic. Qu’elle se passe en Europe, en Amérique, dans les pays asiatiques promouvant le tourisme sexuel ou en Afrique dans des bordels où le VIH se transmet aussi couramment qu’un simple rhume, elle fait des victimes… la plupart du temps innocentes. Innocentes à plus d’un titre. On les aura vendues en bas âge, on les aura enlevées, on aura abusé de leur crédulité et de leur naïveté ou on aura trompé leurs parents, et j’en passe. J’en passe tout simplement parce que je manque d’imagination pour rivaliser avec ces trop habiles trafiquants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D’après ce que j’ai compris de l’entrevue de A-J K-B, les exigences des clients ne connaissent pas de limites. Toutes les exigences abusives ne peuvent être adressées qu’à des prostitués &lt;span style="font-size:85%;"&gt;(j’utilise ici le masculin générique parce que cela inclus la prostitution masculine)&lt;/span&gt; qui ne sont pas libres de leurs décisions et de leurs actes. Tant qu’un prostitué contrôle le genre de relations qu’il ou elle veut bien accepter dans sa pratique, on peut considérer qu’il dispose également d’une liberté suffisante pour mettre fin à ce commerce et, par conséquent, qu’il le pratique avec une certaine liberté. Mais le problème fondamental avec la prostitution survient quand une personne ne contrôle plus le genre de relations qui lui paraissent acceptables, ne contrôle plus la fréquence de ces relations, ne contrôle plus sa vie parce que tombée dans un état d’esclavage &lt;span style="font-size:85%;"&gt;(propriété d’un proxénète ou d’un réseau qui détient un droit de vie ou de mort, de préservation, d’aliénation ou de cession, au sens économique, de contrôle sur tous les aspects de la vie : physique, morale, intellectuelle… droits dont ils ne sont redevables devant personne).&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A-J K-B parle de ce qu’elle connaît bien, la prostitution des jeunes africaines à Paris. Comme il serait rassurant de se dire que ce n’est qu’un problème local. Mais toute personne ayant le moindre soupçon de bonne foi ne peut se leurrer ainsi. Le problème des jeunes prostituées africaines à Paris a été soulevé par A-J K-B. Ce problème se répète partout, par toutes les grandes villes du monde; tantôt avec de jeunes filles africaines, tantôt avec de jeunes filles d’Europe de l’Est, tantôt avec de jeunes filles de l’Asie du Sud-est, tantôt avec de jeunes caribéennes, etc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cet immonde trafic est aussi avilissant pour celles qui se voient forcées de s’y soumettre que pour ceux qui en profitent : clients, proxénètes, familles complices. Personne ne gagne à perpétuer ce système esclavagiste. Si les client, proxénètes et familles complices semblent en tirer quelque bénéfice à court terme, ce n’est certes pas le cas sur une plus longue période. Avec le temps, les clients sont toujours prêts à payer plus cher pour des émotions de plus en plus fortes, en infligeant ou assistant à des humiliations, des soumissions et des avilissements de plus en plus dégradants; à y engloutir des fortunes; à y ajouter l’inévitable dépréciations, sauf complète amoralité, de leur amour propre et de leur estime d’eux-mêmes; à y risquer leur réputation, leur statut social quand ce n’est pas leur famille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rien ne sert ici de s’étendre sur le sort des premières victimes de ces tractations et de ces trafics. Les pertes qu’elles encourent dans ce monde immonde sont trop importantes et trop évidentes pour qu’il soit d’une quelconque utilité de s’y appesantir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les proxénètes s’enracinent dans un système esclavagiste clandestin. Cela les conduits à ne plus pouvoir refuser ou modérer les exigences des clients ne serait-ce que pour protéger leur « capital » parce qu’un concurrent lui offrira ce qu’il demande. Cela les conduits aussi à rechercher sans cesse de nouvelles victimes, de nouvelles esclaves à asservir et à offrir. Ils baignent dans un monde interlope qui ne fait pas de quartier et où l’espérance de vie est fortement réduite par rapport à celle de l’ensemble de la population.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quant aux familles complices, elles doivent sacrifier un si ce n’est pas plusieurs enfants à ce commerce. Comme la vie de chacun d’eux n’a que peu ou pas de valeur entre les mains des clients et des proxénètes, ils sont souvent victimes d’overdoses, de maladies comme le sida, meurent à la suite de sévices sexuels trop importants ou par suicide à la suite de relations pouvant être considérées, selon la culture d’origine, comme des malédictions &lt;span style="font-size:85%;"&gt;« Elle va se suicider trois semaines après. Parce que dans son pays, elle était Nigérienne et s’envoyer des animaux dans son pays, c’était une malédiction. Elle était sure que tous ses ancêtres l’avaient vu [sic] sous ses chiens, elle va se tuer pour ça […] »&lt;/span&gt;. Dans ces conditions, les familles complices ne perdent pas qu’un enfant, elles perdent également ce qui constituait une source de revenu importante, souvent la seule substantielle de la famille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai trouvé troublant ce reportage des Francs-tireurs et je me suis efforcé d’écrire ce texte un peu maladroit pour partager ce drame des jeunes prostituées africaines de Paris mais aussi pour tenter, avec mes maigres moyens de mettre en lumière l’évidence de ce drame qui se passe également dans notre cour et que, la plupart du temps, nous ne voulons pas voir. Je vis au Québec, au Canada, l’un des pays les plus avancés du monde semble-t-il, dans la reconnaissance et la défense des droits humains &lt;span style="font-size:85%;"&gt;(tous nos premiers ministres font la morale aux premiers ministres et présidents chinois sur les droits humains à la première occasion venue… même après l’affaire &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Maher_Arar"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;"&gt;Maher Arar&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;"&gt; et &lt;/span&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Louise_Arbour"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;"&gt;Louise Arbour&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt; est Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme)&lt;/span&gt;. Nous avons l’impression d’être à l’abri de ces turpitudes et de ces ignominies. Rien n’est pourtant moins vrai. Qu’il suffise de se rappeler de « l’opération scorpion » à Québec d’il y a quelques années pour s’en convaincre. Ni les clients, ni les prostituées, ni les réseaux, ni les proxénètes n’ont disparus aujourd’hui. L’offre et la demande de ce commerce infernal subsistent, les petites annonces des journaux en témoignent encore quotidiennement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En écrivant cette pseudo conclusion, je me fais l’impression de tenir le discours d’un puritain scrupuleux et frileux, choqué par la moindre allusion à la sexualité ou le moindre débordement à l’orthodoxie des sociétés judéo-chrétienne. Pourtant, cela ne me ressemble pas. Je n’ai rien contre les pratiques sexuelles quelles qu’elles soient, dans la mesure où elles se passent entre personnes libres de leurs actes et consentantes. Je dis personnes parce que je suis prêt à admettre qu’il ne soit pas question que d’adultes. Je crois au droit des jeunes à avoir une vie sexuelle épanouie impliquant la liberté et le consentement mutuel. Ce qui me pousse à avoir un discours qui frôle l’intégrisme puritain et le dogmatisme, c’est que les jeunes filles prostituées, de Paris ou d’ailleurs, sont réduites à l’état de marchandise par les uns et d’objets de consommation jetables après usage par les autres. Ma dignité d’humain se révolte à l’idée que d’autres humains puissent être considérés comme de simples choses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me suis dit qu’à partir du moment où j’avais pris connaissance et conscience de cette réalité, je ne pouvais plus la taire. Certainement que Les Francs-tireurs auront rejoint plus de gens que moi avec leur émission et avec leur site web. Mais si je peux faire ma petite part, c’est-à-dire rejoindre et toucher ne serait-ce qu’une seule personne supplémentaire, j’aurai atteint mon but. Plus nous serons à être conscients de cette exploitation éhontée d’une part de l’humanité par une autre, plus nous serons à même d’y changer quelque chose. Je ne me sens pas l’âme missionnaire, mais si l’un ou l’une d’entre vous avait la bonne idée d’entreprendre une action quelconque pour mettre fin, diminuer, atténuer, conscientiser ou simplement faire connaître ce genre d’abus, cette personne pourrait compter sur mon appui.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;ul style="FONT-FAMILY: trebuchet ms"&gt;&lt;br /&gt;&lt;u&gt;&lt;b&gt;Hyperliens&lt;/b&gt;&lt;/u&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="http://www.telequebec.tv/lesfrancstireurs/entrevue.html"&gt;Télé-Québec, Les Francs-tireurs, Patrick Lagacé rencontre Amely-James Koh-Bela&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;br /&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="http://www.telequebec.tv/lesfrancstireurs/videos/entrevue220.wmv"&gt;Un extrait de l’entrevue&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;br /&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="http://africaprostitut.afrikblog.com/"&gt;Label'VIE, le blogue d’Africa Prostitution&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;br /&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="http://www.afrik.com/dossier201.html"&gt;Afrik.com/Journal/Dossiers/Prostitution&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;br /&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="http://www.afrik.com/article7860.html"&gt;Dans l’enfer de la prostitution africaine en Europe; Amély-James Koh-Bela, ou l’engagement total d’une femme de terrain&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;br /&gt;&lt;li&gt;Livre d’Amély-James Koh-Bela &lt;a href="http://www4.fnac.com/Shelf/Article.aspx?PRID=1605021&amp;Origin=AFRIK&amp;amp;OriginClick=yes"&gt;&lt;em&gt;Prostitution africaine en Occident&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;br /&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;</description><thr:total xmlns:thr="http://purl.org/syndication/thread/1.0">3</thr:total></item><item><title>À quoi ça sert, la poésie, m’sieu ? À quoi ça sert, une rose, m’sieu ?</title><link>http://toutsolo.blogspot.com/2006/12/quoi-sert-la-posie-msieu-quoi-sert-une.html</link><author>noreply@blogger.com (Unknown)</author><pubDate>Sat, 2 Dec 2006 23:26:00 -0500</pubDate><guid isPermaLink="false">tag:blogger.com,1999:blog-34042560.post-116512072913518906</guid><description>&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;« À quoi ça sert, la poésie, m’sieu ?&lt;br /&gt;— À quoi ça sert, une rose, m’sieu ? »&lt;br /&gt;Ce bref dialogue a eu lieu il y a bien des années alors que je commençais mes études en littérature à l’université entre un étudiant et un professeur. Bien entendu, la réponse du professeur était une réponse byzantine, mais la question demeure; je devrais plutôt dire les questions demeurent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans la description de ce blogue, je vous menaçais de vous faire subir des extraits de mes tentatives d’écriture. Eh bien, le temps est arrivé. Pour les plus peureux, il est encore temps de partir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourquoi cet envoi est-il abordé par l’utilité de la poésie plutôt que seulement vous asséner mon texte? C’est à cause de mes récentes lectures et du commentaire de l’un ou l’une d’entre vous (Anonyme, c’est assez neutre) qui m’a recommandé la lecture d’un petit livre : La Cadillac blanche de Bernard Pivot de Alain Beaulieu. En fait l’anecdote, par laquelle j’ai commencé ce texte, m’est revenue en mémoire en lisant ce petit livre. L’auteur, met dans la bouche de Jean D’Ormesson un long discours sur l’utilité de la littérature. Il parle plus du roman que de la poésie; lorsqu’il est question de poésie, il passe la parole à Gaston Miron ou à Denis Vanier. Mais, comme l’étudiant de l’anecdote le faisait avec candeur, il pose la question de l’utilité de la littérature. Beaulieu apporte des embryons de réponse qu’il met tantôt dans la bouche de l’un, tantôt dans la bouche de l’autre. Je n’ai pas cette prétention. Comme le professeur, je me satisfais de me demander à quoi sert une rose. Le jour où la rose n’aura plus de valeur que par son utilité sera probablement aussi le jour où la rose perdra son attrait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors voilà, Il est des roses de toutes les couleurs. Celle que je vous offre aujourd’hui est noire. Il est des roses de toutes les couleurs et le noir, précisément, n’est pas une couleur. Le noir est absence de couleur. Noire donc, la rose, pour l’absence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Les mille voix d’enfants&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;&lt;br /&gt;De tous les horizons venant des quatre vents&lt;br /&gt;L’air s’emplit du plain-chant de mille voix d’enfants&lt;br /&gt;Étourdissantes dans le petit matin bruissant&lt;br /&gt;Où s’écoutent le silence et leur lugubre chant&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Immense chœur surhumain de mille voix d’enfants&lt;br /&gt;Recouvrant terre brûlée vibrante de vie absente&lt;br /&gt;Lamentation clémente d’un doux hurlement&lt;br /&gt;Ravagé par des larmes explosives et tombantes&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voix égarées tumulte des vents radioactifs&lt;br /&gt;Veulent hurler plus fort que les crépitements Geiger&lt;br /&gt;Appeler d’autres qui seront restés captifs&lt;br /&gt;Se faire entendre de la Chine jusqu’au Niger&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Graves motets et lamentos sur basse continue&lt;br /&gt;Hautes trilles allégées des sommets caverneux&lt;br /&gt;Le chœur souffle sa peine sa souffrance contenue&lt;br /&gt;Murmurant soupirant ses tristes chants furieux&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Immense chœur surhumain de mille voix d’enfants&lt;br /&gt;Cri de cœurs sourds au cœur de la désolation&lt;br /&gt;Ce matin mille enfants pleurent les agonisants&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;!--Creative Commons License--&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="FONT-SIZE: 8pt"&gt;&lt;a href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.5/ca/" rel="license"&gt;&lt;img style="BORDER-TOP-WIDTH: 0px; BORDER-LEFT-WIDTH: 0px; BORDER-BOTTOM-WIDTH: 0px; BORDER-RIGHT-WIDTH: 0px" alt="Creative Commons License" src="http://creativecommons.org/images/public/somerights20.png" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Cette création est mise à disposition sous un &lt;a href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.5/ca/" rel="license"&gt;contrat Creative Commons&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;!--/Creative Commons License--&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;</description><thr:total xmlns:thr="http://purl.org/syndication/thread/1.0">7</thr:total></item><item><title>Un orgasme pour la paix</title><link>http://toutsolo.blogspot.com/2006/11/un-orgasme-pour-la-paix.html</link><author>noreply@blogger.com (Unknown)</author><pubDate>Tue, 21 Nov 2006 23:59:00 -0500</pubDate><guid isPermaLink="false">tag:blogger.com,1999:blog-34042560.post-116417170210328473</guid><description>&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Un couple d’activistes pour la paix, Donna Sheehan et Paul Reffell, vient d’imaginer une nouvelle forme de manifestation de masse. Ils ne demandent pas aux gens de descendre dans la rue et de scander des slogans comme c’est le plus souvent la règle. Non, ils veulent plutôt que les gens restent chez eux. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Ils souhaitent que les manifestants fassent en sorte d’avoir un orgasme au cours de la première journée de l’hiver, le 22 décembre, à l’heure de leur choix et avec l’intimité qui leur convient le mieux, alors que leurs pensées, avant, pendant et après l’orgasme, se concentrent sur la paix.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Ils pensent que cette action insufflera un surcroît d’énergie positive à l’intérieur du champ énergétique de la terre et réduira ainsi le niveau de dangerosité, d’agressivité et de violence ambiant. Cet appel à une paix orgasmique fait suite à plusieurs tentatives du même genre. On a déjà vu, en effet, par les années antérieures, plusieurs groupes qui ont tenté de modifier l’énergie terrestre soit par des prières communes et globales, soit par des happenings de méditation, etc. Et, il faut bien reconnaître, sans grand succès jusqu’à maintenant. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;J’ignore tout à fait si la paix orgasmique a une chance de réussir (en fait, je n’y crois pas beaucoup) mais je me dis que cette initiative, au moins, ne peut faire de mal à personne et n’a pas cet arrière-goût de prosélytisme que les essais précédents pouvaient laisser deviner. Comment être contre la vertue, surtout quand elle devient un plaisir ? Comment être contre des moyens aussi agréables et pacifiques pour tendre vers la paix universelle ? (Parce qu’on peut penser imposer la paix par des moyens agressifs, comme s’il n’y avait pas là contradiction dans les termes. Parlez-en à George Bush, Vladimir Poutine, Ehud Olmert et consorts).&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Les initiateurs du mouvement &lt;/span&gt;&lt;a href="http://www.globalorgasm.org/"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Global Orgasm&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt; disent appuyer leur démarche sur les données scientifiques du &lt;/span&gt;&lt;a href="http://noosphere.princeton.edu/"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Global Consciousness Project&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;,&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt; associé à l’université de Princeton. A noter, le GCP émet une note indiquant qu’il y a une demande pour mesurer l’effet de cette manifestation. Les responsables du projet précisent qu’ils ne sont pas impliqués dans cet événement et n’ont pas été consultés au sujet de ce contrôle. Toutefois, s’il s’avère que cet événement est réellement global, ils y jetteront un coup d’œil.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;&lt;br /&gt;Tout ce que je peux vous dire c’est que je suis, comme toujours, très sceptique face à l’efficacité de telles actions. Mais pourquoi ne pas profiter du plaisir que celle-ci peut offrir  ? N’est-ce pas là, pour paraphraser René Lévesque, prendre « le beau risque » ?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;</description><thr:total xmlns:thr="http://purl.org/syndication/thread/1.0">0</thr:total></item><item><title>Le Canada, Nairobi et la diplomatie</title><link>http://toutsolo.blogspot.com/2006/11/le-canada-nairobi-et-la-diplomatie.html</link><author>noreply@blogger.com (Unknown)</author><pubDate>Fri, 17 Nov 2006 01:48:00 -0500</pubDate><guid isPermaLink="false">tag:blogger.com,1999:blog-34042560.post-116374692609358544</guid><description>&lt;p align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Je ne me prononcerai pas sur les positions canadienne et québécoise concernant le Protocole de Kyoto, sujet de la &lt;em&gt;Conférence des Nations Unies sur les Changements Climatiques&lt;/em&gt; à Nairobi, au Kenya. Je veux surtout parler de l’attitude de la ministre Rona Ambrose et du gouvernement qu’elle représente face à la communauté internationale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au-delà de la polémique soulevée par l’isolement du Québec dans la délégation canadienne, il est en effet choquant de constater qu’une représentante d’un pays quelconqu&lt;a href="http://photos1.blogger.com/blogger/5737/3745/1600/Ambrose.jpg"&gt;&lt;img style="FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 10px 10px; CURSOR: hand" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/5737/3745/200/Ambrose.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;e (je veux dire de quelque pays que ce soit, c’est seulement dommage qu’il s’agisse ici de celui dans lequel nous vivons) étale à la face du monde les différents et les tensions internes qui l'agite. Il est aussi désolant d’entendre la ministre désavouer la signature des gouvernements précédents dirigés par un autre parti que celui auquel elle adhère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quel est l’intérêt de prendre le reste du monde à témoin des mesquineries et des bassesses de la petite politique partisane canadienne? Tous les pays, tous les États, toutes les nations, tous les niveaux de gouvernement font face à ces réalités désolantes qui minent trop souvent la confiance de la population pour la chose politique. Tout le monde le sait! On peut même dire que c’est une vérité de Lapalisse. Est-ce une raison suffisante pour amener nos différents sur la place des Nations? Dans son discours, la ministre ne pouvait pas être plus explicite, plus petite politicienne, tenir des propos plus partisans : « Lorsque le nouveau gouvernement du Canada est entré en fonction cette année, nous avons constaté que la situation était inacceptable. Nous avons constaté que les mesures de réduction du changement climatique adoptées par les gouvernements canadiens précédents étaient insuffisantes et inexplicables. » Plus loin : « Nous avons reconnu que les approches volontaires du précédent gouvernement n’étaient pas suffisantes et qu’il était temps pour l’industrie canadienne de devenir un élément plus important de la solution. » (&lt;/span&gt;&lt;a href="http://www.ec.gc.ca/minister/speeches/2006/061115_s_f.htm"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Allocution de Rona Ambrose&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;, présentée à la &lt;em&gt;Conférence des Nations Unies sur les Changements Climatiques&lt;/em&gt; NAIROBI, 15 novembre 2006). Je l’ai dit, je ne me prononcerai pas sur les positions des gouvernements sur le protocole de Kyoto lui-même. Mais je pense que la ministre aurait pu exprimer les mêmes idées dans d’autres termes, des termes qui n’attaquaient et ne remettaient en cause le travail de personne, qui auraient été tout à fait acceptables dans le cadre d’une manifestation de cette envergure.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dûment élue, comme son gouvernement, malgré son statut de minoritaire à la chambre, il faut reconnaître à la ministre et au gouvernement dont elle fait partie, le droit de critiquer les actions entreprises ou non par l’administration précédente. On peut aussi leur reconnaître le droit de procéder à certains rajustements dans la manière d’atteindre les objectifs que le Canada s’est fixé ou auxquels il s’est engagé auprès de la communauté internationale. On ne peut pas pour autant leur permettre de remettre en question les traités signés et ratifiés par la chambre des communes et le sénat sans déprécier la signature du Canada et qu’elle ne soit légitimement remise en cause par le reste de la communauté internationale par la suite. Respecté depuis longtemps par l’ensemble de la communauté internationale, le Canada ne peut sacrifier cette réputation de fiabilité, de stabilité et de confiance, acquise au fil des ans à cause de l’incurie de quelques politiciens en mal d’intransigeance et qui, sous couvert d’honnêteté, de franchise et de lucidité, en profitent pour étaler toute leur maladresse, leur méconnaissance des relations internationales et l’absence de confiance qu’ils peuvent avoir envers leurs fonctionnaires qui pourraient les conseiller.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les Français qui ont l’habitude de la politesse et ne se sont jamais privés de dire ce qu’ils pensaient, devenant de ce fait les porte parole de plusieurs autres qui n’e&lt;a href="http://photos1.blogger.com/blogger/5737/3745/1600/AFP_061116olin-nelly-nairobi_n.jpg"&gt;&lt;img style="FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 10px 10px; CURSOR: hand" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/5737/3745/200/AFP_061116olin-nelly-nairobi_n.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;n pensaient pas moins sans pour autant oser le dire, ont rabroué sans détour la ministre. « Tous les gouvernements sont toujours tentés de défaire ce que le gouvernement d’avant a mis en place. Mais, en tous cas, sur un tel acte, c’est vraiment porter une lourde responsabilité » (Nelly Olin, ministre de l'Environnement et du Développement durable, France) (&lt;/span&gt;&lt;a href="http://www.radio-canada.ca/nouvelles/National/2006/11/16/003-Nairobi-canada-critique.shtml"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Reportage de Jean-François &lt;/a&gt;&lt;a href="http://www.radio-canada.ca/nouvelles/National/2006/11/16/003-Nairobi-canada-critique.shtml"&gt;Bélanger, Radio-Canada&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;). Elle tenait ces propos 24 heures à peine après que son président, &lt;/span&gt;&lt;a href="http://www.radio-canada.ca/nouvelles/National/2006/11/16/003-Nairobi-canada-critique.shtml"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Jacques Chirac&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;, ait déclaré, en visant, entre autres, le Canada : « que l'objectif de Kyoto est compromis “par ceux qui l'ont ratifié et qui reviennent maintenant sur leur engagement ou qui n'en respectent pas les dispositions.” »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je passe la polémique qui veut que le Québec n’aie disposé que de quarante-cinq secondes pour présenter sa position. Les Québécois ont l’habitude de telles vexations de la part du gouvernement central. Et si certains ont pu croire qu’il en irait autrement avec un gouvernement conservateur plutôt que libéral imprégné de la pensée &lt;em&gt;trudeauiste&lt;/em&gt;, ils se doivent maintenant de déchanter. C’est humiliant quand la délégation de son propre pays ne laisse pas s’exprimer le point de vue d’une province même, et pourquoi pas surtout, s’il diffère de celui qu’il émet. Mais cela devient carrément odieux quand il faut compter sur des pays amis pour faire la promotion de sa position, comme madame Olin l’a fait pour celle du Québec, lors de sa conférence de presse. Se dire qu’au moins nous avons des amis suffit-il à se consoler?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce n’est pas avec une attitude comme celle qu’il a adopté à Nairobi que le Canada se fera respecter des autres Nations. Le gouvernement conservateur a même profité de cette tribune pour réitérer son soutien inconditionnel au « grand frère » étasunien qui n’est même pas signataire de Kyoto : « [les] États-Unis – un pays que nous refusons de critiquer, d’isoler et d’exclure », dit la ministre. N’est-ce pas que c’est beau cette solidarité aveugle? Le gouvernement actuel devrait revoir son histoire des relations internationales canadiennes et se donner la peine de noter que ce pays a toujours tenu à marquer son indépendance face aux puissances de ce monde. C’est grâce à cette attitude qu’il a pu jouer un rôle diplomatique de premier plan depuis la fin de la seconde guerre mondiale (surtout depuis M. Pearson). Mais les événements des derniers jours ne permettent pas beaucoup d’optimisme. Parce qu’après les bourdes répétées de Nairobi, il semble que le premier ministre Harper ne promette pas d’être beaucoup plus habile au sommet de l’APEC à Hanoi. Il n’y est pas encore rendu qu’un imbroglio avec la Chine est déjà bien enclenché et qu’il s’en faut de peu pour qu’il tourne en incident diplomatique. Est-ce là la représentation que nous souhaitons pour le Canada? Il sera bien, je crois de penser, lorsque nous irons voter que nous y allons pour choisir un gouvernement qui dirigera les affaires intérieures mais aussi un gouvernement qui nous représentera à l’étranger. Un gouvernement à travers lequel le monde nous verra. La prochaine fois que nous irons voter, regardons-nous dans un miroir et demandons-nous si le choix que nous nous apprêtons à faire est bien conforme à l’image que nous souhaitons offrir au monde avant de sortir. Peut-être cela nous portera-t-il à y repenser à deux fois avant de faire un choix définitif.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;</description><thr:total xmlns:thr="http://purl.org/syndication/thread/1.0">0</thr:total></item><item><title>La pauvreté d'ailleurs et d'ici (suite)</title><link>http://toutsolo.blogspot.com/2006/11/la-pauvret-dailleurs-et-dici-suite.html</link><author>noreply@blogger.com (Unknown)</author><pubDate>Fri, 10 Nov 2006 16:38:00 -0500</pubDate><guid isPermaLink="false">tag:blogger.com,1999:blog-34042560.post-116319488508735567</guid><description>&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;"&gt;Voir aussi : &lt;/span&gt;&lt;a href="http://toutsolo.blogspot.com/2006/11/la-pauvret-dailleurs-et-dici.html#links"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;"&gt;La pauvreté d'ailleurs et d'ici (1)&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Ce midi, à la télé de&lt;a href="http://photos1.blogger.com/blogger/5737/3745/1600/Dussault.jpg"&gt;&lt;img style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 0px 0px; CURSOR: hand" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/5737/3745/200/Dussault.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;a href="http://www.radio-canada.ca/index.shtml"&gt;Radio-Canada&lt;/a&gt;, j’ai regardé l’émission &lt;a href="http://www.radio-canada.ca/actualite/v2/auCoeurDelActualite/"&gt;Au coeur de l'actualité&lt;/a&gt;, animée par Anne-Marie Dussault. Dans la seconde partie de l’émission, celle diffusée entre 12h30 et 13h, j’entendais les invités, la ministre Michelle Courchesne, le chanteur Dan Bigras, et Fatima Matrane discuter ensemble de la pauvreté. Je n’ai été qu’à moitié surpris d’entendre la Ministre défendre les actions de son gouvernement tout comme Dan Bigras et Fatima Matrane réclamer plus d’action et d’investissements.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui a pourtant plus retenu mon attention, c’est… comment dire… le ton du débat? non. L’attitude? non plus. Ah, volà! La perspective avec laquelle tous les intervenants appréhendaient la problématique de la pauvreté, qu’elle soit d’ici ou d’ailleurs. Tant la ministre que les deux autres invités de madame Dussault, parlaient abondamment d’argent et de programme, d’argent dépensé ou investi mais ce dernier terme entendu comme synonyme de dépenser comme on le donne souvent à comprendre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans ce débat, la ministre était sur la défensive et les deux autres invités, sans être en mode attaque, étaient à tout le moins en mode revendication. On comprend donc un peu mieux son attitude. Mais dans tous les cas la rhétorique utilisée, le sens des commentaires des uns et des autres donnaient à comprendre que l’argent placé par le gouvernement dans les programmes sociaux visant à supporter les démunis d’ici constituait une dépense sèche ou un geste de générosité presque magnanime. Or, à mon avis, rien n’est plus vrai, rien n’est plus faux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tant que l’appareil étatique se contentera de maintenir les démunis à peine au-delà de la mendicité, l’argent englouti dans la lutte à la pauvreté demeurera sans effet réel et constituera une dépense sèche et les politiciens pourront encore se gargariser longtemps d’en faire plus que les provinces voisines, que plusieurs autres pays, sociétés, tout aussi avancées que celle du Québec.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par contre, si les sommes investies étaient suffisantes pour constituer un réel soutien aux personnes démunies, pour mettre en place un accompagnement personnalisé à long ou moyen terme pour les outiller en vue de se sortir de leur état, si ces conditions étaient réunies, chaque dollar, chaque sous investi porterait fruit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il existe toutes sortes d’idées reçues sur la pauvreté et les gens qui s’y sont enlisés. Si nous nous entendions, pour dissiper la plus importante catégorie, c'est-à-dire que personne n’inclut la pauvreté dans son plan ce carrière. Qui, lorsqu’il était à l’école secondaire a entendu dire à l’un de ses amis « Oh qui? Moi? Oh moi, plus tard, je vais être pauvre. On est bien pauvre. On peut aller à l’Armée du Salut, à la Saint-Vincent-de-Paul, vivre dans un taudis partagé avec les rats du voisinage, se faire traiter de paresseux par tout le monde, même méprisé parfois. Ah que j’ai hâte d’être pauvre! ». On voit bien ici toute l’incohérence d’un tel discours. Alors disons que, si tous ne peuvent pas s’extirper de leur condition de démunis et d’assistés, pour cause de maladie chronique par exemple, beaucoup le pourraient et le voudraient dans la mesure où ils disposeraient des moyens nécessaires pour y parvenir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Anecdote véridique :&lt;br /&gt;Un assisté social (on dit aussi un … BS) rencontre un travailleur acharné qui met tout son cœur et son énergie à gagner son pain à la sueur de son front pour offrir aux siens un niveau de vie qu’il considère comme décent. Un troisième individu, témoin de la scène, partageant l’espace avec les deux premiers mais ne prenant pas part à la discussion. Après un long dialogue de sourds entre ces deux personnes, le travailleur s’impatiente et dit à l’assisté social : « pis t’es rien que comme tous les autres maudits BS, t’es juste trop lâche pour travailler! » blessé, notre pauvre s’en retourne, penaud, se terrer dans son deux et demie dans le sous-sol d’une maison de banlieue, loin de tout et éclairé par un seul petit soupirail. Notre pauvre parti, le travailleur prend le troisième individu à témoin et lui balance tous les préjugés, les on-dit et les idées reçues qui circulent à propos de ces « parasites » comme il dit. Ses propos sont vindicatifs, virulents. Quelques jours plus tard, notre troisième homme rencontre par hasard le premier qui s’était presque enfui après l’attaque dont il a été l’objet. Ils se sont assis et le témoin a écouté (comme se doit de le faire un bon témoin) mais cette fois, il a aussi questionné.&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p align="justify"&gt;— Au-delà des préjugés, des misères, des questions&lt;br /&gt;d’estime de soi, existe-t-il des raisons pratiques qui font que tu ne cherches&lt;br /&gt;pas d’emploi?&lt;br /&gt;— La réponse est venue, presque&lt;br /&gt;instantanée : je n’ai pas assez d’argent. Je n’en ai pas assez pour faire&lt;br /&gt;photocopier un CV que je n’ai pas les moyens de faire de toutes façon, pour des&lt;br /&gt;enveloppes et des timbres pour les poster, pour des vêtements propres pour une&lt;br /&gt;entrevue, pour payer le ticket d’autobus pour m’y rendre non plus.&lt;br /&gt;— Comment cela est-il&lt;br /&gt;possible?&lt;br /&gt;— Une fois le loyer, l’électricité et&lt;br /&gt;le téléphone payés, il ne me reste même plus de quoi manger pour le reste du&lt;br /&gt;mois.&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;Fin de l’anecdote véridique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On nous répondra qu’il existe des programmes de formation à l’emploi accessibles aux démunis intégrés au système. Cela est vrai, mais encore faut-il voir quelles formations sont offertes. La même personne que pour l’anecdote véridique en a suivi quelques uns. Pas tant qu’elle ait eu besoin des connaissances qui y étaient distillées mais parce que cela augmentait sa prestation et diminuait sa misère. Cette personne possède un diplôme universitaire, plusieurs années d’expérience dans son domaine et, une fois sa maladie stabilisée, elle pouvait raisonnablement penser à ravoir un poste équivalent à celui qu’elle occupait avant. Mais voilà, dans leur conception même, les programmes offerts prennent pour acquis que les individus ne peuvent espérer mieux que des emplois au salaire minimum, que ces personnes sont peu ou pas instruites, surtout qu’elles n’ont pas d’expérience du milieu du travail ou de la recherche d’emploi. Ce qui, bien sûr ne peut être le fait que d’une infime minorité. Et, comble de l’ironie, ces formations sont dispensées par des professionnels qui n’ont pas d’expérience de recherche d’emploi dans des postes au niveau de ceux qu’ils proposent. Un commis d’entrepôt, ça ne se présente pas de la même manière devant un employeur éventuel qu’un bachelier ou un détenteur de maîtrise.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Il existe également un autre grand démotivateur pour la réinsertion au travail et ce n'est pas celui auquel on pense généralement. Ce démotivateur n'a rien à voir avec le niveau du salaire minimum ou la perte de certains avantages (quelques uns diront privilèges) rattachés au statut d'assisté. Ce démotivateur, c'est le taux de taxation. Lorsque l'on est assisté et que l'on déniche un emploi, aussi modeste soit-il, on est sujet à une exemption d'entre 100 et 200$ par mois. Au-delà de ce montant, toutes les sommes gagnées sont déduites de la prestation. Cela revient à dire qu'une personne qui se trouve un emploi à temps partiel voit, au mieux, son revenu net augmenter de 100 ou 200$ par mois. C'est un peu comme si on disait aux travailleurs que toutes les sommes gagnées au-delà de l'exemption de base étaient assujetties à un taux d'imposition de 100%. Qui serait motivé à faire des efforts pour gagner plus dans de telles conditions?&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Tout ça pour dire que je pense que l’argent placé en notre nom par le gouvernement dans les programmes sociaux actuels 1- ne constitue pas une dépense mais bien un investissement; 2- n’est pas suffisant pour générer de véritables effets positifs pour la société; 3- devrait servir, dans un premier temps, à améliorer la situation des individus, à diminuer la précarité dans laquelle ils sont confinés; 4- servir à la lutte contre les préjugés et l’ostracisme; 5- organiser un réseau de soutien pour la formation et la recherche d’emploi qui tiendrait compte de la formation des individus, de leurs intérêts et de leurs compétences. Ce n'est qu'à ces conditions que l'on pourra parler d'un véritable plan de lutte contre la pauvreté. D'ici là, on se contente de mettre un cataplasme sur la jambe de bois de la misère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;u&gt;Dernière heure :&lt;/u&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;La ministre Courchesne déplore vivement le discours des groupes anti-pauvreté&lt;br /&gt;MONTREAL (PC) - La ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Michelle Courchesne, déplore vivement le discours tenu par les groupes sociaux qui ont profité, jeudi, de la conférence Promesse du millénaire, pour reprocher aux gouvernements de ne pas en faire assez pour lutter contre la pauvreté.&lt;br /&gt;(&lt;a href="http://cf.news.yahoo.com/s/capress/061110/nationales/courchesne_pauvrete"&gt;Suite…&lt;/a&gt;)&lt;/div&gt;</description><thr:total xmlns:thr="http://purl.org/syndication/thread/1.0">0</thr:total></item><item><title>La pauvreté d'ailleurs et d'ici</title><link>http://toutsolo.blogspot.com/2006/11/la-pauvret-dailleurs-et-dici.html</link><author>noreply@blogger.com (Unknown)</author><pubDate>Fri, 10 Nov 2006 02:20:00 -0500</pubDate><guid isPermaLink="false">tag:blogger.com,1999:blog-34042560.post-116314342568965405</guid><description>&lt;p align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;J’entendais aux informations de ce soir que s’est tenue aujourd’hui, 9 novembre, la &lt;em&gt;Conférence promesse du millénaire de Montréal 2006&lt;/em&gt;. Cette Conférence por&lt;a href="http://photos1.blogger.com/blogger/5737/3745/1600/Enfant_noir.0.jpg"&gt;&lt;img style="FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 10px 10px; CURSOR: hand" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/5737/3745/200/Enfant_noir.0.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;tait sur la pauvreté infantile. On a bien entendu parler d’elle parce que ses organisateurs avaient pris soin d’inviter des orateurs prestigieux comme Bill Clinton et Mia Farrow. C’était une bonne stratégie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À l’égard de la pauvreté infantile, je me suis toujours posé une question. La pauvreté infantile, pour exister, ne présuppose-t-elle pas la pauvreté tout court? Je ne peux m’empêcher de penser qu’il n’y a pas de pauvreté infantile, il n’y a que la pauvreté et, quand elle frappe, c’est des familles entières qu’elle affecte. Je veux dire que, si les enfants sont pauvres, s’ils ne mangent pas à leur faim, s’ils n’ont pas accès à l’eau potable ou à des installations sanitaires suffisantes pour assurer leur sécurité, ce ne sont pas que les enfants qui se retrouvent dans cette situation. Les parents la vivent également. Et si les parents ne mangent pas à leur faim, n’ont pas accès à des revenus suffisants pour satisfaire leurs propres besoins, comment imaginer qu’il seront à même de pourvoir à ceux des enfants et des autres membres de leur famille? Comment penser qu’ils seront à même d’entreprendre? Et pire, qu’ils pourront investir pour ouvrir une échoppe, acheter un vélo pour faire du transport, acheter les outils nécessaires pour pratiquer leurs métiers? Pour tout cela, il faut non seulement des sous, mais surtout une bonne santé et des forces suffisantes pour exercer son métier, faire son travail.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans ce qu’il était convenu d’appeler autrefois le tiers-monde, la pauvreté entraîne la pauvreté. La misère attire la misère. L’indigence amène l’indigence. Cette situation prend vite des airs de cercle vicieux et, quand elle s’installe dans une communauté, elle atteint vite des proportions endémiques. Cela la rendant d’autant plus dramatique que les ressources communautaires s’épuisent. Dès lors, ce ne sont plus que des individus ou des familles qui sont pauvres, mais des communautés entières qui se retrouvent sans moyens pour arrêter ou simplement ralentir leur dégringolade. Comment, dans de telles conditions, parler seulement de pauvreté infantile? C’est prendre une formule réductrice et volontairement sentimentaliste pour susciter l’adhésion. Il n’existe pas de mauvais moyen pour sensibiliser les gens à la pauvreté et aux actions qui peuvent être entreprises pour la réduire. Mais cette formule plus conçue pour émouvoir que pour sa justesse frôle la malhonnêteté intellectuelle. Et c’est bien là où le bât blesse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Malgré ce raccourci et cette quasi-malhonnêteté, je suis sensible et révolté par la misère dans laquelle croupissent une majorité de personnes dans les pays que l’on dit aujourd’hui &lt;em&gt;en voie de développement&lt;/em&gt; (expression politiquement correcte pour dire pays pauvres, en opposition à &lt;em&gt;pays émergeants&lt;/em&gt;). Je suis en faveur de leur offrir toute l’aide dont ils peuvent avoir besoin pour se nourrir d’abord, s’assurer la sécurité sanitaire et enfin leur fournir une éducation qui leur permettra de s’affranchir de cette dépendance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais je s&lt;a href="http://photos1.blogger.com/blogger/5737/3745/1600/Femme.jpg"&gt;&lt;img style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; CURSOR: hand" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/5737/3745/200/Femme.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;uis également sensible à une autre réalité; une réalité dont on parle moins, que l’on ne veut peut-être pas voir : la pauvreté chez-nous. Oui! Oui! Vous avez bien lu, chez-nous! Car elle existe bien cette pauvreté. Elle existe dans toutes nos sociétés riches et qui se veulent sociales-démocrates. On la retrouve dans toutes les villes et les villages du Québec, du Canada et des pays riches. Elle se présente dans des concentrations différentes, selon les endroits, mais elle est toujours présente, nulle part ne lui échappe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Notre richesse et l’appareil gouvernemental dont nous nous sommes dotés permet, la plupart du temps, de garder la pauvreté cachée. Dans les villes les plus importantes, Montréal, Québec, Toronto, Vancouver, on voit bien des itinérants tendre la main, demander un peu de monnaie pour s’offrir le café qui les réchauffera avant d’aller se trouver un lit au refuge de l’Armée du Salut. Mais ce n’est que la pointe de l’iceberg. Le plus grand nombre a un toit et parvient, par divers moyens, surtout par le biais d’organismes communautaires, à se procurer des vêtements corrects et même, grâce à des organismes comme Moisson Québec, à se nourrir suffisamment. La pauvreté dans les pays industrialisés, à plus forte raison dans ceux qui composent ce cercle fermé qu’est le G8, n’a pas le même visage que dans les pays pauvres. Pourtant, elle n’en est pas moins dégradante, pas moins handicapante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les pays riches, la pauvreté entraîne souvent, dans son cortège de malh&lt;a href="http://photos1.blogger.com/blogger/5737/3745/1600/Itinerant_parc.jpg"&gt;&lt;img style="FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 0px 10px; CURSOR: hand" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/5737/3745/200/Itinerant_parc.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;eur, une dégradation du tissu social, une importante diminution de l’estime de soi accompagnée de ses sentiments d’incompétence et d’incapacité, une démotivation face aux études quand ce n’est pas tout simplement une incapacité à les poursuivre pour les raisons évoquées plus haut mais aussi pour cause d’estomac vide. Et le tout, à force de s’accumuler, finit souvent par prendre la forme de problèmes de santé mentale. Ces gens ne sont pas fous! Ils sont plutôt, la plupart du temps, déprimés, isolés, honteux de la situation dans laquelle ils se retrouvent. Alors ils frappent à la porte des institutions de services sociaux et de santé, hôpitaux et CLSC. Le seul hic, c’est que ces institutions sont peu, mal ou carrément pas organisées pour traiter la source de leur problème : la pauvreté et ce qui s’ensuit. Entendons-nous bien, c’est normal! Cela ne relève pas de leur compétence. Ces institutions sont prévues pour d’autres fins que celle-là. Mais c’est souvent le dernier refuge, la dernière issue que ces gens peuvent entrevoir. Alors, faute de mieux, par souci humanitaire, on décortique la problématique, on la sectorise et l’hôpital prend sa part, la dépression et les autres problèmes de santé mentale, du moins, le temps de laisser passer une crise. Les CLSC voient à un suivi moins intense mais plus étendu dans le temps, à condition de pouvoir attendre son tour sur la liste d’attente. En fin de compte, ne reste plus, bien souvent, que les organismes communautaires, centres de jour ou autres, qui offrent des services éminemment utiles mais bien incertains pour cause de précarité de financement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aux informations, on disait que devant le Centre des congrès, où se tenait la &lt;em&gt;Conférence promesse du millénaire de Montréal 2006&lt;/em&gt;, il y avait une poignée de mani&lt;a href="http://photos1.blogger.com/blogger/5737/3745/1600/Afrique_rue.jpg"&gt;&lt;img style="FLOAT: left; MARGIN: 0px; CURSOR: hand" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/5737/3745/200/Afrique_rue.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;festants qui réclamaient, si j’ai bien tout compris, que l’on s’occupe d’abord de la pauvreté que l’on retrouve ici. C’est une forme d’application de la maxime qui veut que « charité bien ordonnée commence par soi-même ». Moi, je prétends que ces manifestants avaient à la fois raison et tort dans leur réclamation. Raison, parce que la pauvreté existe ici aussi et qu’elle est aussi ravageuse qu’ailleurs. Et tort, parce que je pense que si les pays riches, membres du G8 en tête, s’en donnaient la peine, ils auraient les moyens d’éradiquer la famine et la pauvreté partout. Tant dans les pays en voie de développement (c.-à-d., précisément ceux qui ne se développent pas encore) que dans les pays occidentaux. Mais pour ça, il faut de la volonté politique, bien sûr. Et, sur le plan de la pauvreté, c’est peut-être finalement dans ce domaine que les pays riches sont les plus indigents.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;a href="http://toutsolo.blogspot.com/2006/11/la-pauvret-dailleurs-et-dici-suite.html#links"&gt;La pauvreté d'ici et d'aileurs (suite)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description><thr:total xmlns:thr="http://purl.org/syndication/thread/1.0">22</thr:total></item><item><title>L'Islam</title><link>http://toutsolo.blogspot.com/2006/11/lislam.html</link><author>noreply@blogger.com (Unknown)</author><pubDate>Wed, 8 Nov 2006 02:27:00 -0500</pubDate><guid isPermaLink="false">tag:blogger.com,1999:blog-34042560.post-116297231796551856</guid><description>&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;On a l’impression qu’il devient de plus en plus dangereux de réfléchir sur ce sujet et plus d’en parler ouvertement. En Occident, on croit volontiers qu’il suffit q’un illuminé décrète une &lt;/span&gt;&lt;a title="En occident [...], le terme fatwa est régulièrement mal compris ou assimilé (réduit) à certains de ses aspects les plus violents. (Wikipedia)" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Fatwa"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;fatwa&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt; (dans le sens où l’on comprend généralement ce terme en Occident) pour mettre la vie de l’auteur en danger. Heureusement, nous n’avons pas tous la réputation de Salman Rushdie pour attirer l’attention sur nos quelques réflexions somme toutes bien anodines.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est en lisant un reportage du &lt;u&gt;Devoir&lt;/u&gt; sur une entrevue de l’écrivain tunisien Abdelahb Meddeb que m’est venu l’envie d’écrire ce texte. En fait, je n’ai pas envie de commenter le reportage pas plus que je n’ai envie de commenter les propos de M. Meddeb. Je ne suis pas Musulman. Par conséquent, ma connaissance de cette religion est assez limitée. Pourtant, cela ne m’empêche pas d’avoir des opinions. Pas des opinions sur la religion ou son texte fondateur, le Coran, mais une opinion sur ce qu’est devenu l’Islam.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est très malheureux qu’aujourd’hui, l’Islam ne présente à l’Occident qu’un seul de ses aspects et que ce soit le plus détestable d’entre tous : l’intégrisme islamique. Cela est malheureux parce que c’est loin d’être tous les Musulmans qui partagent cette idée. C’est seulement que les islamistes crient plus fort que les autres. Ils crient assez fort pour que ceux qui ne partagent pas leurs valeurs extrémistes comprennent qu’il ne leur sert à rien de parler, qu’ils ne couvriront pas les cris et les terreurs produits par les effets du terrorisme. Pourtant, ce sont ces gens qui forment la majorité des Musulmans, ce sont les seuls qui, s’ils parlaient, s’ils agissaient, auraient une chance d’arrêter ces horreurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quoi qu’on en pense en Occident, le monde islamique a longtemps été à l’avant-garde de la philosophie, des sciences et de la connaissance. Pendant que dans l’Europe catholique croupissaient sous un obscurantisme forcé par cette Église hégémonique et qu’en son nom on brûlait vives pour sorcellerie de pauvres femmes qui avaient appris de leurs mères l’usage des simples et que les savants ne faisaient avancer leurs travaux qu’au péril de leur vie, la philosophie, les mathématiques, les sciences et la médecine continuaient de fleurir l’Islam. Au IXe et Xe Siècles, des savants comme &lt;/span&gt;&lt;a title="980 - 1037" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Avicenne"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Avicenne&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt; connaissaient et commentaient les philosophes grecs, surtout Aristote. Quelques années plus tard, c’est &lt;/span&gt;&lt;a title="18 juin 1048 - 4 décembre 1131" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Khayyam"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Omar Khayyam&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt; qui se distingue par ses traités de mathématique et d’astronomie. Cette domination de l’Islam sur la philosophie et les sciences s’est poursuivie jusqu’à la fin du XIIe Siècle avec &lt;/span&gt;&lt;a title="~1126 - 1198" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Averroes"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Averroès&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;. Dans son entrevue, Meddeb déplore que l’Islam ait oublié ce legs de l’histoire. On peut en faire autant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien sûr, certains diront que l’Occident s’est bien rattrapé en ce qui concerne la philosophie, les sciences et la médecine. C’est vrai. Mais ce qui est déplorable ce n’est pas le rattrapage de l’Occident. C’est l’arrêt de l’évolution des sciences sous l’Islam, le basculement des lumières vers l’obscurantisme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Christian Rioux, dans son compte-rendu, n’hésite pas à dire que l’Islam de Meddeb « est à l’opposé de celui des imams analphabètes qui rêvent de dissimuler la beauté du monde sous une burqa » (&lt;u&gt;Le Devoir&lt;/u&gt;, 3 novembre 2006). Il est en effet malheureux que l’Islam soit tombé dans le piège où s’est enferré le christianisme pendant presque tout le Moyen-Âge. L’Occident a fini par se sortir du Christianisme par sécularisation de la société et de ses structures. Ce n’est certainement pas la seule voie à suivre, mais il est clair que les pays islamiques devront trouver la leur. Pour le moment, ce sont les États-Unis qui tentent le leur imposer une manière de voir. Celle-ci n’est probablement pas adaptée à la culture arabo-persique et non plus directement transposable à ces milieux culturels si éloignés de ceux de son origine. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;iframe align="right" src="http://rcm-ca.amazon.ca/e/cm?t=toutsolo-20&amp;o=15&amp;p=8&amp;l=as1&amp;asins=2253051209&amp;IS2=1&amp;fc1=777744&amp;lt1=_blank&amp;lc1=CC8800&amp;bc1=000000&amp;bg1=DDDD99&amp;f=ifr&amp;npa=1" style="width:120px;height:240px;" scrolling="no" marginwidth="0" marginheight="0" frameborder="0"&gt;&lt;/iframe&gt;J’aimerais connaître cet Islam éclairé qui semble avoir régné entre les IXe et XIIe siècles, cet Islam ouvert qui fait la part belle à la connaissance, à la réflexion, à la recherche, à la discussion et à l’évolution de la pensée et de la théologie. Tout en écrivant ce texte, je suis à relire &lt;u&gt;Samarcande&lt;/u&gt; de Amin Maalouf. C’est un roman, c’est entendu. Il parle d’Omar Khayyam, de sa vie, de la civilisation dans laquelle il a évolué. Mais j’ai retenu quelques passages qui me semblent assez révélateurs de ce qu’est devenu l’Islam d’aujourd’hui. S’agit-il de véritables citations de Khayyam? Je n’en sais rien et je crois que cela m’importe peu. Qu’elles soient authentiques ou non ne m’importe pas. Elles me semblent très « parlantes » et cela me suffit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La première citation est présentée comme ayant été dite ou écrite par &lt;/span&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Hassan_ibn_al-Sabbah"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Hassan Sabbah&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;, chef de la secte des Assassins à la fin du XIe Siècle :&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p align="justify"&gt;« Il ne suffit pas de tuer nos ennemis, leur enseigne Hassan, nous ne sommes pas des meurtriers mais des exécuteurs, nous devons agir en public, pour l’exemple. Nous tuons un homme, nous en terrorisons cent mille. Cependant, il ne suffit pas d’exécuter et de terroriser, il faut aussi savoir mourir, car si en tuant nous décourageons nos ennemis d’entreprendre quoi que ce soit contre nous, en mourant de la façon la plus courageuse nous forçons l’admiration de la foule. Et de cette foule sortiront des hommes pour se joindre à nous. Mourir est plus important que tuer. Nous tuons pour nous défendre, nous mourons pour convertir. Conquérir est un but, se défendre n’est qu’un moyen. » (p. 122-123)&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;On croirait lire une notice préparée à l’intention des auteurs d’attentats suicides que l’on voit malheureusement trop souvent aujourd’hui. Ceci m’amène à vous introduire la seconde citation. Celle-ci, dans le roman, est le fait d’un instituteur américain du début du XXe Siècle, enseignant à Tabriz :&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p align="justify"&gt;« Quand je suis arrivé dans ce pays, je ne parvenais pas à comprendre que de grands messieurs barbus sanglotent et s’affligent pour un meurtre commis il y a mille deux cents ans. Maintenant, j’ai compris. Si les Persans vivent dans le passé, d’est parce que le passé est leur patrie, parce que le présent leur est une contrée étrangère où rien ne leur appartient. Tout ce qui pour nous est symbole de vie moderne, d’expansion libératrice de l’homme, est pour eux symbole de domination étrangère : les routes, c’est la Russie; le rail, le télégraphe, la banque, l’Angleterre; la poste, c’est l’Autriche-Hongrie… » (p. 239)&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;Bon, en Iran, en Irak, en Syrie, et ailleurs, les routes ce n’est plus la Russie, le rail, le télégraphe, la banque, ce n’est plus l’Angleterre (quoique la banque…) la poste ce n’est plus non plus l’Autriche-Hongrie. Mais le pétrole, c’est Exxon, Royal Deutsch Shell, British Petrolium, etc. le téléphone, c’est AT&amp;T, et la liste pourrait continuer encore longtemps. En un mot, la situation du début du XXe Siècle que Maalouf fait décrire au professeur Américain ne semble pas avoir changé. Simplement que les profits, de nos jours, sont plus juteux dans les télécommunications, le pétrole, l’industrie automobile, le tabac et que sais-je encore. Tout est bon aux capitalistes… rien de nouveau là sous le soleil.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est dans le désordre et le bouleversement du monde que peut naître la terreur. Maalouf cite une parabole extraite du Manuscrit de Samarcande :&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;« Tois amis étaient en promenade sur les hauts plateaux de Perse. Surgit une panthère, toute la férocité du monde était en elle.&lt;br /&gt;« La panthère observa longuement les trois hommes puis courut vers eux.&lt;br /&gt;« Le premier était le plus âgé, le plus riche, le plus puissant. Il cria : “Je suis le maître de ces lieux, jamais je ne permettrai à une bête de ravager les terres qui m’appartiennent.” Il était accompagné de deux chiens de chasse, il les lâcha sur la panthère, ils purent la mordre, mais elle n’en devint que plus rigoureuse, les assomma, bondit sur leur maître et lui déchira les entrailles.&lt;br /&gt;« Tel fut le cas de Nizam-el-Molk.&lt;br /&gt;« Le deuxième se dit : “Je suis un homme de savoir, chacun m’honore et me respecte, pourquoi laisserais-je mon sort se décider entre chiens et panthère?” Il tourna le dos et s’enfuit sans attendre l’issue du combat. Depuis, il a erré de grotte en grotte, de cabane en cabane, persuadé que le fauve était constamment à ses trousses.&lt;br /&gt;« Tel fut le cas d’Omar Khayyam.&lt;br /&gt;« Le troisième était homme de croyance. Il s’avança vers la panthère les paumes ouvertes, le regard dominateur, la bouche éloquente. “Sois la bienvenue en ces terres, lui dit-il, mes compagnons étaient plus riches que moi, tu les as dépouillés, ils étaient plus fiers, tu les as rabaissés.” La bête écoutait, séduite, domptée. Il prit l’ascendant sur elle, il réussit à l’apprivoiser. Depuis, aucune panthère n’ose approcher de lui, et les hommes se tiennent à distance. »&lt;br /&gt;Le Manuscrit conclut; « Quand survient le temps des bouleversements, nul ne peut arrêter son cours, nul ne peut le fuir, quelques uns parviennent à s’en servir. Mieux que quiconque, Hassan Sabbah a su apprivoiser la férocité du monde. Tout autour de lui, il a semé la peur; pour se ménager, dans son réduit d’&lt;/span&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Alamut"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Alamout&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;, un minuscule&lt;br /&gt;espace de quiétude. » (p. 138-139)&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;&lt;br /&gt;Vous, je ne sais pas, mais moi, cette parabole, elle me fait penser non pas à trois personnes, quoique l’on peut toujours personnaliser ce genre de réflexion, mais à deux États et une organisation. Dans Nizam-el-Molk, je vois les États-Unis et leurs alliés dans la guerre au terrorisme. Puissance, armée, assurance, voire arrogance, susceptibilité aussi dans leur cas (9/11= 2 986 victimes, et entre 46 743 et 51 843 victimes en Irak de puis le début de l’invasion en 2003 cf. &lt;/span&gt;&lt;a href="http://www.iraqbodycount.org/"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;www.iraqbodycount.org&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;) tout y est. Dans Omar Khayyam, je vois tous ces gens qui défendent une paix à tout prix dans une espèce d’angélisme pacificateur. Quant à Hassan Sabbah, il est évidemment une représentation de Ben Laden et de quelques autres leaders de la terreur, terrés dans leurs recoins plus ou moins secrets, plus ou moins isolés, plus ou moins atteignables.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bon, encore un texte trop long!&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;</description><thr:total xmlns:thr="http://purl.org/syndication/thread/1.0">341</thr:total></item><item><title>Bouchard, un peu plus loin</title><link>http://toutsolo.blogspot.com/2006/10/bouchard-un-peu-plus-loin_29.html</link><author>noreply@blogger.com (Unknown)</author><pubDate>Sun, 29 Oct 2006 04:56:00 -0500</pubDate><guid isPermaLink="false">tag:blogger.com,1999:blog-34042560.post-116211249317543823</guid><description>&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Voilà, comme promis la dernière fois, je me suis acheté le livre de Bruckner, &lt;a href="http://www.amazon.ca/gp/redirect.html?ie=UTF8&amp;location=http%3A%2F%2Fwww.amazon.ca%2FMis%25C3%25A8re-prosp%25C3%25A9rit%25C3%25A9-Pascal-Bruckner%2Fdp%2F2253067725%2Fsr%3D1-1%2Fqid%3D1162109450%3Fie%3DUTF8%26s%3Dbooks&amp;amp;tag=toutsolo-20&amp;linkCode=ur2&amp;amp;camp=15121&amp;creative=330641"&gt;Misère de la prospérité&lt;/a&gt;&lt;img style="BORDER-RIGHT: medium none; BORDER-TOP: medium none; MARGIN: 0px; BORDER-LEFT: medium none; BORDER-BOTTOM: medium none" height="1" alt="" src="http://www.assoc-amazon.ca/e/ir?t=toutsolo-20&amp;amp;l=ur2&amp;o=15" width="1" border="0" /&gt; : La religion marchande et ses ennemis. Comme il est agréable de lire un auteur cultivé! Le petit livre de Bruckner est émaillé de citations, toujours à propos, la plupart assez courtes, de Péguy, Valéry, Nietzsche, Naomie Klein, Adam Smith, Raymond Aron et j’en passe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais allons tout de go dans le vif du sujet : M. Bouchard, depuis qu’il n’est plus au Parti Québécois (par définition de centre-gauche), montre enfin ses vraies couleurs, qu’il n’aurait probablement jamais dû masquer, celles qu’il endossait du temps où il était au Parti Conservateur du Canada, celles d’un farouche partisan du néolibéralisme.&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;« Dans leur catéchisme radical, dit Pascal Bruckner, certains néolibéraux adoptent les travers du communisme, partagent la même volonté démiurgique de refonder l’Histoire à partir du mode de production, vivent le même drame intellectuel d’un concept qui se croit si sûr de sa vérité qu’il ne tolère aucune réfutation et foudroie ceux qui osent s’objecter. »&lt;/blockquote&gt;En disant au Québécois qu’ils ne travaillent pas assez, M. Bouchard, éloquent comme toujours, a fait la démonstration de son adhésion non seulement à la pensée néolibérale, mais encore qu’il se faisait le porte-parole de son aile radicale. Plutôt que de chercher pourquoi les Québécois travaillent moins que leurs voisins Ontariens ou Étasuniens (mais plus que les Français ou les Allemands), il se contente de les fustiger, il cherche à remettre en selle un mode de production qui perd peu à peu de son importance, tant financière que sociale. Le fait qu’il n’ait accepté aucune entrevue après cette sortie fracassante montre bien à quel point il ne tolère aucune réfutation de ses arguments. Seule différence avec les démiurges dont parle M. Bruckner, il ne se donne même pas la peine de foudroyer ceux qui osent s’objecter, il se contente de les ignorer dédaigneusement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En fait, les Québécois n’ont peut-être tout simplement pas les valeurs que M. Bouchard voudrait qu’ils aient. Pour lui, le travail, l’enrichissement, l’augmentation des revenus et du capital sont des valeurs importantes, cela ne fait pas de doute. Mais sont-ce là des valeurs que partagent la majorité des Québécois? Je ne suis pas sociologue, je ne dispose pas de savants sondages, je ne suis même pas scientifique. Mais cela ne m’empêche pas de me poser la question relative aux valeurs et à leurs effets sur le travail. J’ai bien sûr ma petite idée à propos de quelques réponses mais elles ne sont basées que sur mes intuitions et sur quelques vérifications sommaires auprès de mes connaissances. Je me garderai bien de vous en faire part ici, de crainte de tomber dans le piège d’une généralisation outrancière. Mais ce qu’il importe de savoir, c’est qu’en dehors des valeurs des Workaholics et celles des tenants de la simplicité volontaire, il est peut-être un juste milieu vers lequel tendent les Québécois; la recherche d’un équilibre entre vie professionnelle, famille, culture et ces autres choses qui enrichissent la vie des gens. Après tout, tous n’ont pas la chance d’être président du Conseil d’administration de l'&lt;/span&gt;&lt;a href="http://www.osm.ca/fr/index_orchestre_conseil-administration.cfm?url=1"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Orchestre symphonique de Montréal&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;M. Bouchard fait partie de ceux qu’il est convenu d’appeler les gens aisés. Est-il riche pour autant? Je l’ignore. Chose certaine, il n’est pas pauvre.&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;« Les riches ne sont pas simplement des pauvres qui ont réussi. Leur fortune les transforme qualitativement, les propulse dans une autre humanité avec ses mœurs, ses peuplades, son langage. […] Devenir riche s’apprend et ne demande pas moins d’assiduité que les mathématiques ou la musique. »&lt;/blockquote&gt;Bien que j’ignore la profondeur de la fortune de M. Bouchard, je ne peux que constater qu’il n’est plus ce petit gars de Saint-Coeur-de-Marie au Lac-Saint-Jean. Parce que s’il était encore ce petit gars, il serait plus modeste, moins arrogant. Pas qu’il soit honteux d’être né à Saint-Coeur-de-Marie, mais plutôt que dans ce village, comme dans bien d’autres, on travaille dur et on ne dépend bien souvent que d’une seule ressource, ou presque, quand ce n’est pas d’une seule industrie. Cette précarité (on le voit avec les récents événements dans l’industrie du bois) devrait rappeler à M. Bouchard que l’on peut devenir chômeur ou pauvre malgré soi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais il faut saluer la clairvoyance de M. Bouchard. En effet, son rappel à l’ordre fait écho à « des conduites de déloyauté massives ». Les travailleurs on beau consentir d’importantes concessions salariales et de conditions de travail « sauver leurs industries »; les industries en question, lorsqu’elle ont repris du poil de la bête, ont beau ne pas revenir sur les concessions consenties et faire empocher les surplus aux actionnaires; il n’en demeure pas moins que l’on perçoit « des conduites de déloyauté massives ». Cette déloyauté ne se traduit pas par le développement d’une idéologie différente ou opposée au capitalisme, mais dans la contestation des valeurs de base du capitalisme. Ici, pas de révolution. Un simple refus d’adhésion suffit. Ce refus peut être individuel ou collectif (un corps d’emploi, une usine, une industrie) mais dès qu’il est présent, les chantres de l’économisme et du capitalisme y perçoivent une désaffection. Et malgré cette attente de loyauté, il ne faut pas oublier que&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;« Liberté est donnée à chacun de décider en son for intérieur de quels traquenards sociaux il se préserve, de quels faux éclat il est prêt à se passer. »&lt;/blockquote&gt;Quant aux travailleurs dépossédés à coup de concessions extorquées, qui tiennent à demeurer loyaux, il ne leur reste plus qu’à « travailler plus » pour survivre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En fait, la question se pose, ne sommes-nous pas plutôt devant une évolution sociale, en fonction de laquelle les travailleurs en seraient rendus à préférer les temps libres au travail? Et pourquoi pas! Après des décennies de promesses de société des loisirs, de « Liberté 55 », de robotisation des tâches dangereuses, répétitives et abrutissantes, de développement du potentiel créatif et imaginatif de chacun ou même d’âge d’or, d’Eldorado et d’Eden pour les plus exaltés, est-il étonnant qu’aujourd’hui certains préfèrent regarder dans ces directions? Et cela sans compter sur l’exemple à ne pas suivre et l’effet d’entraînement des mises à la retraite massives, avec une généreuse prime de départ, comme celles qu’a mené M. Bouchard dans la fonction publique québécoise et qui se fait encore cruellement sentir, particulièrement dans le domaine de la santé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avec le développement sauvage du capitalisme, avec ses traités de libre-échange qui se traduisent plus souvent qu’autrement en délocalisation d’entreprises vers des pays où la main-d’œuvre est moins chère (entraînant des pertes d’emploi dans les pays plus riches et une diminution du PIB) ou encore, là où les conditions fiscales sont plus favorables (en favorisant l’évasion fiscale, c’est toute la collectivité que l’on spolie) ou bien, là où l’on est moins regardant quant aux normes environnementales à respecter (est-il besoin d’en rajouter sur le sujet?), s’est développé une résistance au capitalisme.&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;« Être “anticapitaliste”, c’est d’abord cesser d’être obsédé par le capitalisme, c’est penser à autre chose. Plutôt que d’être contre, pourquoi ne pas être à côté, se dérober? [C’est P. Bruckner qui souligne] L’on déserte en déplaçant les signes du luxe, du moins à titre individuel : le temps libre plutôt que les gros salaires, la méditation plutôt que la frénésie, la vie de l’esprit plutôt que la fièvre commerciale, les petites sociétés à la place du grand monde, la réclusion avec des amis de choix plutôt que la solitude dans la foule. Bref, le retrait savamment dosé, une contradiction lucidement acceptée : des niches de beauté, de silence, de culture, une subtile schizophrénie qui permet d’être dedans et dehors, de se déprendre sans s’éloigner, un exil intérieur. »&lt;/blockquote&gt;Peut-être est-ce dans cette voie que doit chercher M. Bouchard pour comprendre mieux ses concitoyens? Surtout les jeunes, ai-je envie de dire. Actuellement, au Québec, 35,4% des médecins sont des femmes et celles-ci sont largement prédominantes dans les groupes d’âge de 25 à 44 ans. Cette arrivée massive des femmes comme praticiennes dans la profession médicale changera les habitudes de pratique des médecins entre autres, en terme d’heures travaillées. La raison en est simple. Les jeunes femmes médecins sont loin d’être plus paresseuses que leurs confrères masculins ou plus âgés qu’elles. Elles auront tout simplement un autre profil de vie. Elles auront des enfants, prendront des congés de maternité, s’assureront d’agencer leurs horaires avec celui de la garderie ou de l’école, prendront plus de vacances, passeront plus de temps avec leur famille que leurs confrères masculins plus âgés ne le faisaient. Ce n’est pas qu’elles soient plus paresseuses, c’est qu’elles auront d’autres priorités que le travail. Elles ne négligeront pas leurs patients mais elles ne sacrifieront pas leur famille non plus. Cette attitude que l’on voit déjà poindre, va à l’encontre de l’injonction de M. Bouchard. Est-elle condamnable pour autant? Devra-t-on freiner, voire stopper les changements sociaux et socioprofessionnels engendrés par les luttes des dernières années et dont on commence à ressentir les effets?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est clair que pour M. Bouchard, chacun est responsable de sa richesse, comme si parfois la naissance n’y était pour rien, et chacun est responsable de sa misère, comme si la maladie ou le chômage étaient des dons du ciel appelés de tous leurs vœux par les pauvres.&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;« [Le pauvre] est le cancre qui persiste dans le dénuement, malgré les progrès, un reste qui encombre, un déchet que les plans sociaux ou les grandes institutions se renvoient année après année en se jurant de les éliminer. »&lt;/blockquote&gt;M. Bouchard, lui, préfère les insulter, leur donner des taloches et des coups de pied au …&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Toutes les citations sont tirées de :&lt;br /&gt;Bruckner, P. &lt;a href="http://www.amazon.ca/gp/redirect.html?ie=UTF8&amp;location=http%3A%2F%2Fwww.amazon.ca%2FMis%25C3%25A8re-prosp%25C3%25A9rit%25C3%25A9-Pascal-Bruckner%2Fdp%2F2253067725%2Fsr%3D1-1%2Fqid%3D1162109450%3Fie%3DUTF8%26s%3Dbooks&amp;tag=toutsolo-20&amp;linkCode=ur2&amp;camp=15121&amp;creative=330641"&gt;Misère de la prospérité&lt;/a&gt;&lt;img src="http://www.assoc-amazon.ca/e/ir?t=toutsolo-20&amp;amp;l=ur2&amp;amp;o=15" width="1" height="1" border="0" alt="" style="border:none !important; margin:0px !important;" /&gt; : la religion marchande et ses ennemis, Paris, Grasset (Le Livre de Poche), 2002.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;</description><thr:total xmlns:thr="http://purl.org/syndication/thread/1.0">2</thr:total></item><item><title>Lucien Bouchard, suite</title><link>http://toutsolo.blogspot.com/2006/10/lucien-bouchard-suite.html</link><author>noreply@blogger.com (Unknown)</author><pubDate>Thu, 26 Oct 2006 00:15:00 -0400</pubDate><guid isPermaLink="false">tag:blogger.com,1999:blog-34042560.post-116183690579718510</guid><description>&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Bonjour à tous et à toutes,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’autre jour, je vous ai fait part de toute mon indignation face au soufflet que Lucien Bouchard  avait asséné à tout un pan de la population du Québec. Depuis ce moment, je cherchais un moyen, quelque chose, n’importe quoi qui me permettrait d’aller au-delà de cette indignation. Une avenue, une idée, une approche, qui me permettrait de comprendre autre chose que ce qu’en disent les analystes de la scène politique; j’ai presque envie de dire quelque chose qui me permettrait d’aller plus loin. Je ne sais pas encore si je l’ai trouvé ou non, mais j’ai entendu parler d’un livre de Pascal Bruckner (auteur dont j’avais déjà entendu parler, dont j’ai déjà écouté des entrevues, mais que je n’ai pas encore eu le bonheur de lire) qui me semblerait aller dans ce sens. J’irai me l’acheter demain et vous tiendrai au courant de ce que j’y trouverai... si c’est pertinent et intéressant, bien sûr.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai aussi lu dans &lt;em&gt;Le Devoir&lt;/em&gt; qu’il s’apprête à sortir un nouveau bouquin : &lt;em&gt;La tyrannie de la pénitence&lt;/em&gt; (en kiosque le 10 novembre). S’il est à l’image de ce qu’en laisse entendre l’article, ce sera certainement très intéressant. Je me demande toutefois, vu le sujet du livre et les développements concernant l'action étasunienne en Irak que Bush laisse miroiter à la veille des élections de mi-mandat, s’il saura rester d’actualité encore longtemps. Mais, comme je l’ai dit plus haut, je ne connais pas Bruckner. Donc, s’il va plus loin dans son analyse que le simple enchaînement des faits, s'il a des points de vues, des opinions et des approches originales, ce livre risque d’être fort intéressant également, peu importe l'évolution de la situation Irako-Étasunienne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelqu’un connaît-il Bruckner? Quelle est votre opinion sur sa pensée? Croyez-vous que je trouverai des opinions et des raisonnements inédits susceptibles de faire avancer ma réflexion? Et de partager tout ça avec vous?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;</description><thr:total xmlns:thr="http://purl.org/syndication/thread/1.0">0</thr:total></item><item><title>L’indécence de Lucien Bouchard</title><link>http://toutsolo.blogspot.com/2006/10/lindcence-de-lucien-bouchard.html</link><author>noreply@blogger.com (Unknown)</author><pubDate>Thu, 19 Oct 2006 23:35:00 -0400</pubDate><guid isPermaLink="false">tag:blogger.com,1999:blog-34042560.post-116131726853789438</guid><description>&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;C’est tout moi, ça! Dix jours sans venir, et là, je viens m’adresser à vous deux jours de suite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vous avez certainement entendu notre cher ancien premier ministre, M. Bouchard, sortir allègrement de la réserve habituellement attendue de ceux qui ont quitté la politique active. Pour ça, il peut prendre exemple sur René Lévesque, Robert Bourassa, Jean Lesage, les deux frères Johnson, pour n’en nommer que quelques uns de l’histoire récente du Québec.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans sa grande lucidité, M. Bouchard a dit que les Québécois ne travaillent pas assez. Au début, ces paroles m’ont choquées. Je me suis demandé pour qui se prenait ce monsieur pour s’arroger le droit de semoncer le peuple québécois comme l’aurait fait un père sévère auprès de son enfant. Je trouvais ses propos méprisants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une fois le premier mouvement d’humeur passé, j’ai cherché à voir s’il n’y avait pas autre chose dans ces propos. J'ai essayé de voir plus loin que ma première réaction. Ce que j’en comprends c’est qu’il compare la productivité des travailleurs québécois et celles des autres nord-américains. Je ne suis pas de cette génération de jeunes à laquelle fait référence M. Bouchard. Je serais plutôt de celle de leurs parents. Et je m’insurge contre cette lecture que je considère comme simpliste d’une réalité à laquelle M. Bouchard semble étranger.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;&lt;br /&gt;D’abord, commençons par mettre une chose au clair : les jeunes d’aujourd’hui ne sont ni plus ni moins travaillants que leurs parents ne l’étaient à leur âge. Je sais de quoi je parle! Vous vous souvenez des Hipppies et du Flower Power? Ils sont confrontés à des réalités différentes de celles que nous avons connues. Le travail à temps partiel, la précarité, le culte de l’excellence, les horaires atypiques et j’en passe. Et tout ça dans un contexte où rien n’est pensé en fonction de ces réalités. Les garderies ferment à six heures : tant pis pour les travailleurs de nuit, ceux de la restauration et les chauffeurs de taxi. Que dire des familles monoparentales où le parent fait des efforts incroyables pour parvenir à jouer son rôle de pourvoyeur, de père, de mère, d’éducateur... enfin, arriver à tout faire et à être partout? Et je pourrais continuer ainsi pendant longtemps, toutes ces réalités et ces revendications sont connues et pour toutes légitimes qu’elles soient, elles ont été mâchées et remâchées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une fois toute cette indignation passée, cette réalité posée et décrite, j’aimerais vous dire les étranges connexions qui me sont venues en lisant le Devoir d’hier (mercredi). En Une, on titre : « Bouchard s’invite à la rentrée parlementaire : Les statistiques sur la productivité sont-elles fiables? » Intéressant comme titre, me dis-je. Et je lis l’article. Intéressant. Sur la même Une, en en-tête, un bandeau vert qui court sur toute la largeur de la page où l’on peut lire : « Des Canadiens stressés et déprimés page A3 » Et je pense que ça aussi peut être intéressant. Mais je voyais encore les deux articles comme des éléments distincts n’ayant aucun rapport entre eux. À lire le traitement réservé à ces deux articles, j’ai pensé que les rédacteurs du Devoir avaient sensiblement la même perception que moi. Mais à bien y penser, leur quasi-juxtaposition n'était probablement pas innocente non plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je commence donc par lire l’article sur Bouchard, qui se termine au dos du cahier. Je reviens ensuite à la page A3 pour entamer l’article suivant, comme je me l’étais dis. À l’intérieur, on lit : « Enquête de Statistique Canada, Stress et dépression guettent les Canadiens » et juste à côté, Manon Cornellier titre sa colonne « Chacun pour soi ». Il y a parfois de drôles de connexions qui se font dans ma tête. Je prends connaissance de choses ou d’informations qui n’ont rien à voir les unes avec les autres et voilà que vlan! Elles se télescopent, ce que Arthur Koestler appelle la « bissociation ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Me voilà donc en plein « bissociage ». D’une part, M. Bouchard qui dit que nous ne travaillons pas assez. D’autre part, le stress et la dépression qui vont croissants (surtout à cause de la pression en milieu de travail, d’après ce que j’ai compris). Et enfin, le chacun pour soi que sous-tend les politiques sociales (ou les anti politiques sociales) du gouvernement Harper. Alors, voici que la table est mise et que je vous livre le fond de ma pensée. M. Bouchard, porte parole du patronat, membre de la classe des bien nantis (qui, d’année en année creuse l’écart entre elle et le bon peuple) applique une pression sur les travailleurs, et plus généralement sur la population ne faisant pas partie de leur cercle d’initiés, pour être bien sûr d’en tirer toute la « substantifique moelle » comme aurait dit Rabelais. Une fois vidés de leur substance, leurs réserves d’enthousiasme et d’énergie épuisées, les travailleurs tombent malades. Dépressions, burn-out et tutti quanti. C’est après ça que la philosophie sur laquelle se basent les conservateurs pour gouverner arrive : « chaque individu [est], au bout du compte, le seul responsable de son sort ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il aurait peut-être fallu lui répondre, à M. Bouchard, comme ça de but en blanc, en lui demandant ce que font les entreprises québécoises pour permettre ou à tout le moins aider les travailleurs à être plus productifs? C’est par la sous-traitance en Chine comme on le voit dans le textile et l’industrie de la mode? C’est l’impartition des centres d’appel, ou la création de succursales d’entreprises de haute technologie qui envoient leurs plus importants contrats vers l’Inde? C’est en vidant un pays de l’essentiel d'une de ses ressource comme l’a fait l’industrie du bois? C’est en gardant des usines désuètes plutôt que de les moderniser? Comment après ça ne pas s’indigner de ce ton paternaliste utilisé par M. Bouchard comme s’il était le seul détenteur de la vérité? Et pourquoi ne profite-t-il pas de sa tribune pour fustiger en même temps ces entreprises assistées sociales, financées à coup de millions par le gouvernement? Si elles ont tant besoin des deniers publics est-ce parce qu'elles sont si productives? Si efficaces?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me souviens! C’est la devise du Québec. On a malheureusement trop souvent tendance à l’oublier. Pour comprendre où M. Bouchard puise les fondements de son discours, il faut se souvenir de son parcours professionnel et politique. Il en dit long. Long sur son idéologie fondamentale et aussi sur, peut-être, son opportunisme. D'abord négociateur patronal réputé et redouté, il est ensuite devenu Ambassadeur du Canada en France. Puis ministre de l'Environnement dansle gouvernement Conservateur de M. Mulroney. Il crée ensuite le Bloc Québécois à Ottawa et devient en 1996, chef du Parti Québécois et, par voie de conséquence, Premier ministre du Québec jusqu'en 2001, moment où il retourne à la vie privée te reprend la pratique du droit. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;&lt;br /&gt;Ce bref retour sur la &lt;a href="http://agora.qc.ca/mot.nsf/Dossiers/Lucien_Bouchard" target="_blank"&gt;carrière de M. Bouchard &lt;/a&gt;nous éclaire sur les valeurs qui l’ont guidées. Dans le discours qu’il nous a tenu cette semaine, je reconnais surtout les valeurs conservatrices que l’on a toujours reconnu dans les actions, les prises de positions et la philosophie qui l’a guidé. Un tel discours ne m’étonne donc guère venant de lui. Cela n’en fait pas moins un discours méprisant, basé sur une idéologie élitiste, déconnecté de la réalité d'une majorité de jeunes qui triment dur pour y arriver dans ce contexte difficile. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Amusons-nous et Imaginons un instant Bill Gates arrivant dans un favela brésilien ou un bidonville haïtien, là où les gens crèvent littéralement de faim entre rats et ordures. Imaginons-le leur disant : « Vous vivez comme ça? Tant pis pour vous, vous n’avez qu’à travailler! » La terre entière se révolterait, et avec raison. Mais cela ne risque pas d’arriver parce que si M. Gates est l’homme le plus riche du monde et qu’il est impitoyable en affaire, il a aussi de la décence. Il l’a souvent démontré. Et la décence, c’est ce qui semble manquer le plus à M. Bouchard dans toute cette affaire.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;</description><thr:total xmlns:thr="http://purl.org/syndication/thread/1.0">0</thr:total></item><item><title>Le sourire de la Joconde</title><link>http://toutsolo.blogspot.com/2006/10/le-sourire-de-la-joconde.html</link><author>noreply@blogger.com (Unknown)</author><pubDate>Wed, 18 Oct 2006 00:12:00 -0400</pubDate><guid isPermaLink="false">tag:blogger.com,1999:blog-34042560.post-116114522287036922</guid><description>&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Voilà une dizaine de jours que je vous ai faussé compagnie. Si je vous suis infidèle ces jours-ci, c’est que ça brasse dans ma vie… professionnelle. Malgré tout, j’arrive à lire, un peu, pas assez, mais c’est déjà ça. Je voles une minute ici, un quart d’heure là, je mets à profit les voyages en bus, enfin, tout ce que je peux. Mais comme le livre en cours actuellement fait près de six cent pages, un peu ici et là, ça prend du temps pour passer à travers. Aujourd’hui, je voudrais vous citer un passage que j’ai trouvé à la fois très beau et très troublant&lt;iframe style="WIDTH: 120px; HEIGHT: 240px" align="right" marginwidth="0" marginheight="0" src="http://rcm-ca.amazon.ca/e/cm?t=toutsolo-20&amp;o=15&amp;amp;p=8&amp;l=as1&amp;amp;asins=2253113247&amp;fc1=777744&amp;amp;IS2=1&amp;lt1=_blank&amp;amp;amp;lc1=CC8800&amp;bc1=000000&amp;amp;bg1=DDDD99&amp;f=ifr&amp;amp;npa=1" frameborder="0" scrolling="no"&gt;&lt;/iframe&gt;. Pour vous mettre un peu dans le contexte, le livre en question s’intitule &lt;em&gt;Le Roman de Léonard de Vinci&lt;/em&gt;. Mais comme le dit si bien le titre, c’est un roman. Cela permet des extrapolations, des projections et des licences qui ne seraient pas permises à un texte historique. C’est souvent pour le pire mais, de temps en temps, on y trouve une perle montée sur des chatons d’argent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bon, je m’égare. Le contexte : le narrateur de cet extrait, décrit une séance de pose de monna Lisa. Tantôt par une description objective de la scène, tantôt à travers les observations, les réflexions et les impressions de Giovanni Beltraffio, disciple de Léonard. Sauf à l'occasion de rares et courts dialogues, il ne nous donne jamais accès directement aux pensées et aux sentiments de Léonard ou de Monna Lisa.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne pourrai pas partager toute la scène avec vous : elle fait à peu près huit pages. Néanmoins, j’espère pouvoir vous en rendre au moins l’atmosphère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p align="justify"&gt;C’était par un beau jour, calme, doux, un peu brumeux, de la fin de printemps 1505. Le soleil était tamisé par les nuages et ses rayons tombaient en ombres tendres, fondantes, vaporeuses comme la fumée, l’éclairage favori de Léonard qui assurait qu’il donnait un charme particulier aux visages des femmes.&lt;br /&gt;Il préparait l’atelier pour la recevoir. Giovanni Beltraffio l’observait à la dérobée et s’étonnait de l’émoi impatient du maître, si calme d’habitude.&lt;br /&gt;Léonard […] ouvrit le jet d’eau installé au milieu de la cour [son atelier c’est la cour] pour la distraire; autour de cette fontaine poussaient ses fleurs favorites, des iris, que Léonard soignait lui-même. Il prépara également des petits carrés de pain pour la biche apprivoisée qui se promenait en liberté et qu’elle aimait nourrir de sa main […].&lt;br /&gt;L’artiste invitait les meilleurs chanteurs, les poètes renommés, les gens d’esprit réputés, les jours de ses séances, afin d’éviter l’ennui d’une longue pose. Il étudiait sur son visage le reflet de ses pensées et des sentiments provoqués par les conversations, les vers et la musique. Par la suite, ces réunions devinrent plus rares. Il savait qu’elles n’étaient plus nécessaires, qu’elle ne s’ennuierait plus.&lt;br /&gt;Tout était prêt et elle ne venait pas&lt;br /&gt;Et Giovanni voyait d’instant en instant croître son impatience.&lt;br /&gt;Tout à coup, une légère brise fit vaciller le jet d’eau, les iris frémirent, la biche dressa les oreilles. Léonard écouta. Et bien que Giovanni n’entendît encore rien, à l’expression de son visage il comprit que c’était &lt;em&gt;elle&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;D’abord, avec un humble salut, entra la sœur converse Camilla, qui vivait dans sa maison et chaque fois l’accompagnait à l’atelier de l’artiste […]. Suivant Camilla, entra celle que tous attendaient, une femme d’une trentaine d’années, vêtue d’une robe sombre très simple, la tête enveloppée dans une gaze transparente qui lui descendait à mi-front, monna Lisa del Gioconda.&lt;br /&gt;L’élégante jeune femme était pour lui [son mari] l’ornement de sa maison. Mais il comprenait moins le charme de monna Lisa que les qualités d’une nouvelle race de bœufs, ou le bénéfice de l’octroi sur les peaux non tannées. […] on affirmait également qu’elle avait une foule d’adorateurs passionnés et obstinés, et désespérés. Cependant, les méchantes gens — et Florence n’en manquait pas — ne pouvaient rien insinuer de malveillant contre la Gioconda. Calme, modeste, pieuse, charitable aux pauvres, elle était bonne ménagère, épouse fidèle et très tendre pour sa belle-fille Dianora. [SVP les féministes épargnez-moi. On est en 1505, faudrait pas l'oublier]&lt;br /&gt;C’était tout ce que savait d’elle Giovanni. Mais monna Lisa, celle qui venait dans l’atelier de Léonard, lui semblait une tout autre femme.&lt;br /&gt;Durant ces trois années [Oui, il travaillait au tableau depuis trois ans] le temps n’avait pas transformé, mais au contraire, ancré ce sentiment; à chaque nouvelle visite, il éprouvait un étonnement côtoyant la peur, comme devant quelque chose de surnaturel, d’illusoire. Parfois il expliquait cette sensation par l’habitude qu’il avait de voir son visage sur le portrait, et si sublime était le talent du maître que la véritable monna Lisa lui semblait moins naturelle que celle reproduite sur la toile [la vraie mona Lisa a été peinte sur un paneau de bois (peuplier?)] . Mais il y avait, en outre, quelque chose de plus mystérieux.&lt;br /&gt;Il savait que Léonard n’avait l’occasion de la voir que durant ses séances, en présence de nombreux étrangers, parfois seulement de sœur Camilla, et jamais seul à seule; et cependant, Giovanni sentait qu’il existait entre eux un secret qui les rapprochait et les séparait du reste du monde. Il savait également que ce n’était pas un secret d’amour, du moins l’amour tel qu’on le comprend ordinairement.&lt;br /&gt;Il avait entendu dire par Léonard que tous les artistes étaient entraînés à transporter leurs propres traits et leur propre forme dans les portraits qu’ils peignaient. […] Ce qui se passait sous les yeux de Giovanni maintenant était plus surprenant encore : il lui semblait que non seulement le portrait, mais même monna Lisa elle-même devenait de plus en plus ressemblante à Léonard — comme cela arrive aux gens vivant continuellement et longtemps ensemble. Cependant la ressemblance n’existait pas dans les traits, mais spécialement dans les yeux et le sourire… Il se rappelait, non sans étonnement, qu’il avait vu ce même sourire chez saint Thomas sondant les plaies du Christ, statue de Verrocchio, auquel Léonard jeune avait servi de modèle […] et cent autres dessins du Vinci lorsqu’il ne connaissait pas encore monna Lisa, comme si durant toute son existence, dans toutes ses œuvres, il eût cherché à refléter sa beauté et son charme, trouvés enfin dans le visage de la Gioconda.&lt;br /&gt;Par instants, quand Giovanni observait longtemps ce sourire commun, il en éprouvait un sentiment pénible, comme devant un miracle — la réalité lui paraissant un rêve et le rêve une réalité —, comme si monna Lisa n’était pas un être vivant, ni la femme de messer Giocondo, le plus ordinaire des homes, mais un être imaginaire, évoqué par la volonté du maître, le sosie féminin de Léonard.&lt;br /&gt;Léonard commença son travail. Mais tout à coup il déposa son pinceau et fixa un regard scrutateur sur son modèle : pas une ombre, pas le plus petit changement n’échappaient à son observation. Giovanni remarqua également qu’elle ressemblait moins à son portrait que de coutume. […]&lt;br /&gt;— Peut-être êtes-vous fatiguée et cela vous ennuie de poser? Murmura Vinci. Ne vaudrait-il pas mieux remettre à une autre fois?&lt;br /&gt;— Non. Ne regretteriez-vous pas cette lumière? Regardez quelles ombres tendres, quel soleil moite : c’est mon jour! Je savais, continua-t-elle, que vous m’attendiez. Je serais venue plus tôt mais j’ai été retenue par madonna Safonizba…&lt;br /&gt;— Je le pensais bien! Ce n’est pas la maladie de Dianora mais le bavardage de cette crécelle qui vous a indisposée. Comme c’est étrange! Avez-vous remarqué, madonna, que parfois une absurdité quelconque que nous entendons de gens qui nous sont indifférents et qui ne nous intéressent guère suffit pour assombrir notre âme et nous impressionner plus qu’une peine personnelle?&lt;br /&gt;Elle inclina silencieusement la tête : il était visible que depuis longtemps ils étaient habitués à se comprendre presque sans mots, par une allusion, par un regard.&lt;br /&gt;Il essaya de reprendre son travail.&lt;br /&gt;— Racontez-moi quelque chose, dit monna Lisa.&lt;br /&gt;— Quoi?&lt;br /&gt;Après un instant de réflexion, elle répondit :&lt;br /&gt;— &lt;em&gt;Le Royaume de Vénus&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Léonard fit un signe, et lorsqu’Andrea Salaino [violiste] et Atalante [luthiste] eurent exécuté le motif qui servait invariablement de modèle au &lt;em&gt;Royaume de Vénus&lt;/em&gt;, il commença de sa voix féminine son récit [Léonard ne s’exprime par sa voix féminine que dans des moments particuliers], telle une vieille fable ou une berceuse.&lt;br /&gt;[Ici, l’histoire du &lt;em&gt;Royaume de Vénus&lt;/em&gt;]&lt;br /&gt;Il se tut; les sons de la viole et du luth expirèrent et le silence qui suivit était plus doux que tous les sons. Comme bercée par la musique, séparée de la réalité pure, étrangère à tout, sauf à la volonté de Léonard, monna Lisa plongeait ses yeux dans les siens avec un sourire plein de mystère, pareil à l’onde calme et pure, mais si profond qu’on ne pouvait en s’y plongeant en voir le fond — le sourire même de Léonard.&lt;br /&gt;Et il semblait à Giovanni que maintenant Léonard et monna Lisa étaient deux miroirs qui, se reflétant l’un dans l’autre, s’absorbaient à l’infini.&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;div align="justify"&gt;Alors, quelqu’un veut jouer au petit Freud? Faites-vous plaisir! On peut faire plein de commentaires! Et en plus, il y a largement assez de matière! À vous!&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;</description><thr:total xmlns:thr="http://purl.org/syndication/thread/1.0">1</thr:total></item><item><title>La rage d’écrire 3 : « La compétition ou le risque de disparaître »</title><link>http://toutsolo.blogspot.com/2006/10/la-rage-dcrire-3-la-comptition-ou-le.html</link><author>noreply@blogger.com (Unknown)</author><pubDate>Sat, 7 Oct 2006 00:10:00 -0400</pubDate><guid isPermaLink="false">tag:blogger.com,1999:blog-34042560.post-116019066226009250</guid><description>&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;&lt;em&gt;Je viens de relire l’article précédent portant sur « donner de la voix dans le tumulte ». À la fin, je disais que je pensais m’être laissé un peu emporté. Quel euphémisme! J’ai carrément dérapé, oui! Bon, si vous voyez que je recommence, faudra me le dire, ok? Alors voilà, puisque je vous avais promis cette troisième partie, la voici, je m’exécute. Mais après, j’essaierai d’être plus léger… beaucoup plus léger et changer un peu de sujet. La littérature et la communication c’est beau et c’est grand, mais y’a pas que ça dans la vie. Alors, en attendant… allons-y!&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Reprenons, pour nous rafraîchir la mémoire, toute la citation de M. Nyssen qui a donné naissance à ces trois articles.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p align="justify"&gt;Les aveux indiscrets plaisent aujourd’hui plus que les bonheurs d’écriture. […] Mais dans le déferlement de tels mélos et strip-teases […] dans l’ivresse autofictionnelle […] je vous conseille d’abord d’être attentive, mademoiselle Esperluette [la lectrice imaginaire du livre] à une rage épidémique : la rage d’écrire par rage d’exister, un besoin de donner de la voix dans le tumulte où l’on pourrait n’être pas entendu, dans une compétition où l’on risque de disparaître.&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;div align="right"&gt;(Hubert Nyssen, &lt;em&gt;Lira bien qui lira le dernier&lt;/em&gt;, p.24) &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Voilà! Maintenant qu’on est revenus dans le bain et que le contexte est replacé, on peut se demander en quoi consiste au juste la compétition à laquelle fait allusion M. Nyssen. Pour avoir lu le reste de son livre (j’ai pris un peu d’avance), je sais qu’il parle surtout de la multiplication des publications disons… traditionnelles, bien qu’il n’exclue et n’occulte pas le phénomène Internet. Mais il porte son attention d’abord et avant tout sur le monde de l’édition traditionnelle, celui des maisons d’éditions qui reçoivent des manuscrits, les habillent, les commercialisent, les mettent en marché.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;M. Nyssen constate et s’alarme du nombre trop élevé de publications qui noient le lecteur et lui rendent difficile, voire impossible, la tâche de distinguer facilement ce qu’il aime (peu importe le genre ou le style) de ce qu’il n’aime pas. Voilà pour le livre et la littérature. Il serait bien malaisé de critiquer ces propos après le record de titres publiés pour « la rentré » de cette année en France (663 nouveautés dont 442 en français et 221 traduites, une augmentation de 15 % sur le record de l'an dernier). Cette pléthore, relève à la fois de la caverne d’Ali Baba regorgeant de trésors et du labyrinthe d’où l’on ne sort pas, faute de fil d’Ariane. Plus un lecteur, aussi averti soit-il, non plus qu’un critique, un libraire, ou personne ne parvient à se faire une idée d’ensemble de ce qui se publie. Sans une maligne complicité du hasard, ou d’une campagne publicitaire particulièrement bien menée et agressive, presque aucun nouvel auteur ne peut émerger du lot. Et ceux qui émergent le doivent souvent plus au personnage médiatique qu’ils se sont créés qu’à la qualité de leur œuvre. Pour M. Nyssen, la compétition effrénée que se livrent aujourd’hui les titres pour atteindre le top des palmarès des libraires, n’est qu'un des moyens utilisés par les maisons d’édition pour atteindre la rentabilité et satisfaire l’appétit des actionnaires. Pour cette raison, les titres doivent se vendre le plus possibles dans le plus court laps de temps possible puisqu’un livre n’a plus de réelle durée de vie (commerciale, s’entend). Tout au plus quelques mois après sa parution, sauf si, par hasard ou par chance il s’est démarqué du lot, le titre est retiré des rayons pour faire place à un autre qui n’y restera peut-être pas plus longtemps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avant, on installait un livre, un auteur, au fil des ans. Cela relevait du marathon. Maintenant sortir un nouveau livre, même pour un auteur chevronné, revient à participer au cent mètres. La course ne dure que quelques secondes et le gagnant ne se démarque des autres que par quelques millièmes. Et ce sont ces précieux millièmes qui couronnent « l’homme le plus rapide du monde ». C’est un peu la même chose pour un livre. Il doit faire des ventes, de grosses ventes et vite! Pour cela, il doit gagner son cent mètres et atteindre le premier rang du palmarès des ventes et, du coup, reléguer tous les autres au second plan, même si le second n’a que quelques dizaines d’exemplaires de différence. Pour ce deuxième, ce sera la vieille histoire du médaillé d’argent, reconnu et adulé pendant quelques semaines, au mieux quelques mois, et qu’ensuite on oubliera pour ne retenir que le nom du médaillé d’or, le nom de « l’homme le plus rapide du monde ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour résumer tout cela, le monde de l’édition ressemble de plus en plus à une jungle où la finance est reine et le marketing, général en chef. Tous savent, c’est devenu un lieu commun, qu’il en va de même sur Internet. Une guerre féroce règne entre les principaux portails, des batailles épiques font rage entre plusieurs sites, des commerces naissent et meurent aussi vite que seul Internet permet de le faire. Cette compétition effrénée n’échappe à personne qui navigue un peu et exerce son sens de l’observation et son sens critique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais Internet, ce n’est pas qu’un champ de bataille. Il vaut la peine de faire ressortir quelques exceptions notables dont, entre autres, les blogues personnels. S’il en est certain pour les auteurs desquels il importe de rejoindre le plus grand nombre de lecteurs possibles, il en est une multitude d’autres à qui quelques lecteurs ou abonnés suffisent. La compétition est féroce sur Internet entend-on dire souvent. À mon avis, cela peut être aussi vrai que faux. C’est le plus souvent une question d’attentes d’ambition et aussi, quelques fois, de gros sous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lorsque les grands portails et les sites commerciaux se doivent de tout faire en leur pouvoir pour satisfaire le sacro-saint NASDAQ; et lorsque certains blogueurs ne mesurent la qualité de ce qu’ils font (ou pire, ce qu’il sont) qu’à l’aune du nombre de leurs lecteurs ou de leurs abonnés, ils doivent, oui, ressentir une pression énorme et vivre dans un monde plus que hautement compétitif. Alors soit on se soumet au diktat des « hits », soit on utilise Internet pour s’exprimer, pour communiquer avec ce lecteur inconnu, voire fictif que Gérard Genette nommait le « narrataire ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et il y a ceux qui, sans grandes attentes, considèrent avant tout Internet, que ce soit sous les formes des blogues, des galeries de photo, des sites personnels, thématiques ou familiaux, comme un moyen de diffusion de l’expression de leur personnalité, de leur individualité, de leurs intérêts ou de leur créativité. Ceux-là ne ressentent pas beaucoup de pression, j’en suis convaincu. Peut-être ont-ils hâte d’avoir des lecteurs. Peut-être aussi sont-ils un peu anxieux à l’idée de dévoiler une partie d’eux-mêmes. Peut-être s'inquiètent-il aussi de ne plus contrôler cette part révélée d’eux-même, offerte à tout venant, à la critique et aux commentaires de chacun. Pour ceux-là, il n’y a probablement pas de réelle compétition. Pour ceux-là, leur présence sur Internet c'est surtout de la vulnérabilité, des sentiments et des émotions.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les faits, Il y a probablement presque autant de raisons de se livrer en tout ou en partie sur Internet qu’il y a de personnes qui le font. Mais au-delà des modèles et des raisons, il n’y a que très peu de manières de se dévoiler et Internet n'a pas permis d'en inventer aucune nouvelle. Ce qu'internet a apporté de neuf, c'est le support, le moyen de diffusion, la capacité de faire passer l'écrit intime de la sphère privée à la sphère publique.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;J’aimerais commencer ma conclusion en revenant en arrière, en reparlant du tumulte, le sujet manqué du deuxième article de ce triptyque car, vous vous en doutez bien, il y a un lien direct à faire entre cet article et les deux précédents.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Maintenant que mon exercice de réflexion (qui n’est certainement pas assez approfondi pour certains mais à qui je laisserai le soins de palier à mes limites, &lt;em&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;les commentaires sont les bienvenus&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;) sur « la compétition au risque de disparaître » touche à sa fin, je comprends pourquoi j’ai dérapé dans le second article. C’est que « le tumulte où l’on pourrait n’être pas entendu » ne va pas sans la « compétition où l’on risque de disparaître ». Ces deux membres de la citation initiale font la paire. Mais l'astucieux Hubert Nyssen les a antéposés, et je m'y suis laissé prendre. C’est la compétition qui engendre le tumulte et c’est disparaître qui empêche d’être entendu. C’est la compétition qui peut faire disparaître et c’est le tumulte qui peut empêcher d’être entendu. Une fois les propos de M. Nyssen ainsi posés &lt;span style="font-size:85%;"&gt;(les philosophes me feront remarquer que la proposition est posée de travers. Je m'en doute, mais moi, à tort ou à raison, c'est comme ça que je comprends les choses),&lt;/span&gt; me permettent de comprendre, c’est que ceux qui participent à la compétition (ce n’est pas tout le monde, on l’a vu) se doivent de « donner de la voix » ou de crier assez fort pour dominer le tumulte sinon le concert (ou la cacophonie) des voix qui constituent le tumulte dominera la leur et les avalera dans son gouffre sombre (ce qui est peut-être pire que disparaître tout court quant on adhère à une dynamique comme celle-là).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quant à « la rage d’écrire par rage d’exister », dont traitait le premier article, je pense qu’elle ne correspond qu’à une forme moderne (et, il est vrai, particulièrement répandue) de la rage d’expression des hommes, qui a toujours prévalue et qui s’exprime depuis ce premier Homo Sapiens qui a inventé l’art rupestre en peignant un cerf sur la paroi de sa caverne. Alors que les époques succédaient aux ères et aux âges, modes et techniques se développaient et se multipliaient. Cette rage d’écrire n’est que le moyen moderne de satisfaire le besoin atavique d’exprimer l’individualité, de nommer et de représenter ce monde dans lequel l’homme essaie de survivre et tente d’évoluer.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;</description><thr:total xmlns:thr="http://purl.org/syndication/thread/1.0">1</thr:total></item><item><title>La rage d’écrire 2 : Le besoin de donner de la voix dans le tumulte</title><link>http://toutsolo.blogspot.com/2006/09/la-rage-dcrire-2-le-besoin-de-donner.html</link><author>noreply@blogger.com (Unknown)</author><pubDate>Fri, 29 Sep 2006 17:54:00 -0400</pubDate><guid isPermaLink="false">tag:blogger.com,1999:blog-34042560.post-115956771719222466</guid><description>&lt;p align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Dans le texte précédent, &lt;/span&gt;&lt;a href="http://toutsolo.blogspot.com/2006/09/la-rage-dcrire-1_22.html#links"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;La rage d’écrire 1&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;, nous avons vu &lt;/span&gt;&lt;a href="http://www.hubertnyssen.com/"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Hubert Nyssen&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt; soutenir qu’aujourd’hui existait&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p align="justify"&gt;« une rage épidémique : la rage d’écrire par rage d’exister, un besoin de donner de la voix dans le tumulte où l’on pourrait n’être pas entendu, dans une compétition où l’on risque de disparaître. »&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;p align="justify"&gt;La première partie de cette réflexion portait essentiellement sur le premier membre de la proposition : la rage d’écrire par rage d’exister. Cette rage a plus été associée à d’autres moyens d’expressions qui ont varié dans le temps et dans les couches sociales en fonction du développement, de l’accessibilité et de l’appropriation des moyens d’expression de chacun et de l’ensemble de la population. Aujourd’hui, l’écriture est à la mode et à la portée du plus grand nombre, de même qu’au moins un de ses moyen de diffusion les plus puissant : Internet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette seconde partie s’attachera surtout au second membre de la proposition de M. Nyssen : « donner de la voix dans le tumulte où l’on pourrait n’être pas entendu ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je crois comprendre dans le texte de M. Nyssen qu’il entend le tumulte, entre autres mais pas seulement, dans la prolifération des sites personnels favorisée depuis quelque temps par le développement des blogues personnels s’apparentant à des journaux intimes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lorsque j’étais plus jeune, à l’âge où l’on se cherche et où l’on trouve plus de questions que de réponses, les journaux intimes étaient de petits carnets, pour les jeunes filles reliés avec une couverture de soie rose et soigneusement fermés à l’aide d’un petit cadenas cachés dans le tiroir de la table de chevet sous une pile de revues ou dans une boîte à chaussures au fond du garde-robe et, pour les garçons, à peu près n’importe quel autre support facile à dissimuler n’importe où car, on le savait bien à l’époque, un garçon ça n’écrit pas de journal intime, ça joue à la balle, au baseball, au hockey, en un mot, ça boue et ça ne réfléchit pas trop. N’empêche, devenus un peu plus vieux, à l’age où tombent les timidités et les tabous de l’adolescence, nous étions plusieurs gars à en avoir tenu, des journaux intimes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il était donc question de l’écriture intime sur Internet, sous la forme de blogues personnels particulièrement et en attendant d’être détrôné par un nouveau médium. Comme je le disais plus haut, dans ma jeunesse, les journaux intimes étaient intimes, TRÈS intimes. Personne n’y avait accès, ou presque sauf, quelques fois, les meilleurs amis mais jamais, au grand jamais les parents. Publier ses écrits intimes sur Internet c’est, de façon évidente les étaler à la face du monde. Que reste-t-il alors de l’intimité? Pourquoi ouvrir son « jardin intérieur » à tout venant? Quel avantage cela apporte-t-il? Quelle satisfaction en retire-t-on? Parce qu’il doit bien avoir des avantages, des satisfactions à s’ouvrir et se révéler ainsi. Sinon, pourquoi le faire?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lorsque M. Nyssen parle des « mélos » et des « strip-teases », je suis assez convaincu que c’est à ce genre d’écriture qu’il fait allusion. Je n’en parle ici qu’à travers le phénomène des blogues mais il se reconnaît dans à peu près sous toutes les formes possibles de diffusion de l’expression de soi (journaux, livres, radio, télé…). En écrivant ces lignes, je repense à une émission de radio que j’écoutais distraitement l’autre soir, mangeant ma soupe d’une main, les yeux rivés sur un l’article d’un journal. La radio, dans ce contexte, ne constituait donc qu’un bruit de fond qui m’a vite agacé. Alors, j’ai tendu la main pour tourner le bouton et en tendant la main, j’ai entendu l’invité dire grosso modo (je le cite de mémoire) « qu’elle avait eue une mère formidable qui lui a transmise des valeurs incroyables qui l’ont guidée et aidée à réussir dans sa vie de mère et d’intervenante. » je me suis demandé « Mais intervenante ne quoi? Auprès de qui? » Alors, je n’ai pas tourné le bouton et j’ai porté mon attention sur l’interview. J’ai ainsi pu apprendre que l’interviewée avait eu trois enfants fantastique l’une étant une mère modèle, l’autre un avocat qui, après avoir œuvré pendant plusieurs années dans l’humanitaire venait de rentrer au service d’une grande corporation, je ne me souviens plus de que faisait le troisième mais c’était aussi une chose tellement belle et hors du commun. Et voilà, j’ai écouté l’interview pendant une bonne une quinzaine de minutes pour ne toujours pas savoir en quoi cette dame intervenait ni auprès de qui. Je n’ai entendu que l’apologie de la mère idéale, de ses enfants plus beaux et plus fins que tous les autres (comme ceux de toutes les mères), du mari aimant et encourageant et, sans jamais le dire ainsi, de la petite famille traditionnelle. J’ai finalement fait ce que je voulais faire un quart d’heure plus tôt : j’ai éteint la radio et je suis retourné à mon article.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette dame avait trouvé un forum, un médium où elle pouvait se raconter. Ce n’était qu’une petite radio communautaire locale, mais elle avait trouvé un lieu et un auditoire pour étaler toute sa fierté et sa reconnaissance pour sa mère et son mari de même que pour ses enfants. Ce n’est pas rien ce qu’elle a fait et c’est probablement à juste titre qu’elle en est fière. Mais, comme les blogueurs, comme ces écrivains qui transpirent devant leur écran et qui, à la fin, envoient tout tremblants leur manuscrit à l’éditeur, comme ces autobiographes qui s’autopublient à tirage confidentiel pour leur entourage, elle a dit ce qu’elle était, se fierté de l’être.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Toutes ces voix qui parlent d’elles en même temps, qui portent le message de leur identité et de leur histoire suffisent-elle à constituer le tumulte dont il est question ici? Probablement pas et c’est en cela que mon opinion diffère de celle de M. Nyssen. si l’on prend chacune de ces voix et que l’on cherche à l’accorder à celle de son voisin jusqu’à faire de l’écrit, comprendre ici tout ce qui s’écrit, un chœur qui entonne à L’unisson et sans fausse note l’hymne de la littérature, il y a fort à parier que le résultat ressemblera plus à une cacophonie qu’au &lt;a href="http://www.amazon.ca/gp/redirect.html?ie=UTF8&amp;location=http%3A%2F%2Fwww.amazon.ca%2FSpem-Alium-Stephen-Cleobury%2Fdp%2FB000004CVP%2Fsr%3D8-8%2Fqid%3D1159559269%2Fref%3Dsr%5F1%5F8%3Fie%3DUTF8%26s%3Dmusic&amp;amp;tag=toutsolo-20&amp;linkCode=ur2&amp;amp;camp=15121&amp;creative=330641"&gt;Spem In Alium&lt;/a&gt;&lt;img style="BORDER-RIGHT: medium none; BORDER-TOP: medium none; MARGIN: 0px; BORDER-LEFT: medium none; BORDER-BOTTOM: medium none" height="1" alt="" src="http://www.assoc-amazon.ca/e/ir?t=toutsolo-20&amp;amp;l=ur2&amp;o=15" width="1" border="0" /&gt; de Thomas Tallis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais toutes ces voix ne sont pas égales. Même ceux qui se disent à travers elles s’entendent là-dessus. Il y a la littérature intime, à l’exemple de celle de diaristes comme Amiel, Benjamin Constant, Anaïs Nin ou Julien Green. Peu de blogueurs peuvent prétendre et peu prétendent effectivement être ou même vouloir devenir des diariste littéraires. Il y a une nette distinction à faire entre ce qui s’écrit dans le but de trouver des individus ayant les mêmes champs d’intérêts ou les mêmes préoccupations afin de former soit une communauté de pensée, soit un forum où les idées pourront se mesurer à celles des autres et ce qui s’écrit dans un but personnel ou pour documenter un événement précis, ce qui est le plus souvent le propos des journaux intimes des littéraires et autres personnages célèbres qui n’ont été publiés, bien souvent, qu’après leur mort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le phénomène de l’écriture intime sur les blogues ou sur Internet est un phénomène qui se dit beaucoup plus qu’il n’est en réalité. « Il n’y a pratiquement aucun écrit intime qui reflète exactement le vécu de son auteur » (G. Besançon, &lt;/span&gt;&lt;a href="http://www.med.univ-angers.fr/services/AARP/psyangevine/accueilpsyangevine.htm"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Psychiatrie Angevine&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;). Cette affirmation est d’autant plus vraie que, du moment que l’écriture intime est destinée à un mode de diffusion quelconque, à grande ou petite échelle, elle ne peut pas comporter le même degré d’intimité ou d’introspection autocritique que celle écrite dans le secret de sa chambre, en cachette des siens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Prévue pour la diffusion, l’écriture supposée intime que l’on retrouve si souvent dans les blogues, comporte une part de non-dit, de désir de se faire la part belle, du moins dans le contexte de la communauté où ils sont publiés. Cette écriture se caractérise également par l’anonymat. En effet, la règle d’identification de mise dans ces communautés virtuelles est celle du surnom. Si le choix du surnom peut, de temps en temps, dire beaucoup sur la personnalité, l’état psychologique ou la situation sociale de l’auteur du blogue, il ne révèle pas sa véritable identité. Celle-ci n’est presque toujours, dans les faits, révélée qu’à quelques intimes, quelques proches.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais jusqu’où va cet anonymat? Si on peut affirmer qu’il assure le clivage entre la vie réelle, physique, et la vie de blogueur ou de diariste dur Internet, les blogueurs se rendent habituellement assez vite compte que cet anonymat n’est qu’apparent. Car, s’il ne révèle pas leurs noms et adresses, il arrive que volontairement ou non, par de fausses confidences ou des confidences tronquées par l’autocensure, il permette au blogueur de se forger de toute pièce l’équivalent d’une véritable identité. L’écart, entre la personnalité réelle du blogueur et celle présentée sur Internet, est parfois assez important pour que l’individu commence à mener à une vie plus ou moins schizophrénique, au sens usuel du terme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ouf! Ce qu’on est loin de M. Nyssen! Faut croire que je me laisse emporter! Bon, tant pis!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Finalement, aurais-je moi aussi « donné de la voix dans le tumulte » et contribué à l’enfler un peu?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;</description><thr:total xmlns:thr="http://purl.org/syndication/thread/1.0">1</thr:total></item><item><title>La rage d’écrire 1</title><link>http://toutsolo.blogspot.com/2006/09/la-rage-dcrire-1_22.html</link><author>noreply@blogger.com (Unknown)</author><pubDate>Fri, 22 Sep 2006 17:44:00 -0400</pubDate><guid isPermaLink="false">tag:blogger.com,1999:blog-34042560.post-115896197919488591</guid><description>&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;&lt;strong&gt;Note :&lt;/strong&gt; Vous savez que j’ai déjà une tendance à écrire de longs textes. Je vous préviens, avec celui-ci, je me surpasse. Vous m’excuserez d’avance pour la longueur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;strong&gt;La rage d’écrire 1&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Connaissez-vous Hubert Nyssen? J’adore lire &lt;/span&gt;&lt;a href="http://www.hubertnyssen.com/"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Hubert Nyssen&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;, écrivain, mais aussi fondateur de la superbe maison d’éditions &lt;/span&gt;&lt;a href="http://www.actes-sud.fr/"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Actes Sud&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;. Pourtant, je connais mal son œuvre. Je n’ai lu que quelques uns de ses ouvrages (surtout des essais, dont &lt;a href="http://www.amazon.ca/gp/search?ie=UTF8&amp;keywords=Nyssen%20double&amp;tag=toutsolo-20&amp;index=books-ca-fr&amp;linkCode=ur2&amp;camp=15121&amp;creative=330641"&gt;L'Éditeur et son double&lt;/a&gt;&lt;img src="http://www.assoc-amazon.ca/e/ir?t=toutsolo-20&amp;amp;l=ur2&amp;amp;o=15" width="1" height="1" border="0" alt="" style="border:none !important; margin:0px !important;" /&gt; I, II et III). Je le lis trop peu et trop peu souvent. Je fais mon mea culpa.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais, il y a quelques jours, j’ai découvert ce qui, pour moi, était un nouveau livre de lui (il date de 2004), j’ai failli dire un trésor : Lira bien qui lira le dernier; Lettre libertine sur la lecture. À ne surtout pas confondre avec une lettre sur la lecture libertine qui serait vraiment tout autre chose.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce livre est composé de plusieurs très courts chapitres. Dans celui intitulé « Qu’est devenue l’angoisse de la page blanche? » il aborde la question de la rage d’écrire que, selon lui, l’on rencontre aujourd’hui. Utiliser l’Internet comme vecteur de diffusion de discussion sur ce sujet, et surtout la blogosphère comme médium, me paraissent privilégiés pour discuter de cette rage où elle me semble particulièrement florissante. Mais permettez-moi d’abord de vous citer quelques lignes de Nyssen. Cela nous situera pour mieux poursuivre la discussion.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;span  align="justify" style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Les aveux indiscrets plaisent aujourd’hui plus que les bonheurs d’écriture. […] Mais dans le déferlement de tels mélos et strip-teases […] dans l’ivresse autofictionnelle […] je vous conseille d’abord d’être attentive, mademoiselle Esperluette [la lectrice imaginaire du livre] à une rage épidémique : la rage d’écrire par rage d’exister, un besoin de donner de la voix dans le tumulte où l’on pourrait n’être pas entendu, dans une compétition où l’on risque de disparaître.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;p align="right"&gt;&lt;/span&gt;&lt;span  align="right" style="font-family:trebuchet ms;"&gt;(Hubert Nyssen, Lira bien qui lira le dernier, p.24)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Voici donc le sujet posé. Nyssen mentionne une rage. Une rage d’écrire. Écrire pour exister, pour être entendu, pour ne pas disparaître. Ce que j’en retiens c’est que de cette rage qu’il identifie, l’écriture n’est que le moyen d’expression, l’instrument de ce besoin d’être chez ceux qui nourrissent les mélos et les strip-teases et qui versent dans l’ivresse de l’autofiction et je me permettrai d’ajouter « l’autonarration ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Toutes sortes d’interprétations sont à notre portée pour discuter du phénomène. Elles vont des interprétations sociologiques et psychanalytiques aux interprétations philosophique et linguistiques sans compter tous les types de méta interprétations possibles (métalinguistique, métadiscours, métacommunication, etc.).&lt;br /&gt;&lt;iframe style="WIDTH: 120px; HEIGHT: 240px" align="right" marginwidth="0" marginheight="0" src="http://rcm-ca.amazon.ca/e/cm?t=toutsolo-20&amp;o=15&amp;amp;p=8&amp;l=as1&amp;amp;asins=2804019403&amp;fc1=777744&amp;amp;IS2=1&amp;lt1=_blank&amp;amp;amp;amp;lc1=cc8800&amp;bc1=000000&amp;amp;bg1=dddd99&amp;npa=1&amp;amp;f=ifr" frameborder="0" scrolling="no"&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;br /&gt;Réglons d’abord le cas du tumulte et de l’épidémie, si vous le voulez bien. Prenons le XIIIe siècle par exemple, pour en prendre un, c’aurait pu être n’importe lequel des siècles antérieurs au XIXe. Au XIIIe siècle, disions-nous donc, le nombre d’écrivains et de leurs écrits ne pouvait être autrement que restreint puisque que près de 99 % de la population d’un pays comme la France ou l’Angleterre était illettrée et signait d’une croix tout au plus quelques documents officiels dans sa vie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd’hui les proportions ne se sont pas tout à fait inversées, les statistiques le démontrent, mais elles penchent nettement en faveur des lettrés. L’instruction et l’éducation supérieure poussant leur démocratisation jusqu’à l’obligation scolaire jusqu’à un certain âge (variable selon les endroits mais règle générale permettant de compléter un cycle d’études secondaire de onze ou douze ans), je pense tout bêtement qu’il y a, proportionnellement à l’ensemble de la population, plus de gens aptes à s’exprimer correctement par l’écrit, plus de gens qui souhaitent le faire et plus de gens qui le font effectivement qu’au XIIIe siècle par exemple, où cette possibilité n’appartenait qu’à quelques privilégiés : ecclésiastiques, médecins ou hommes de loi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le tumulte et l’épidémie (la multiplication de l’écrit, quelle que soit sa forme) ne seraient donc pas dû à un quelconque mal de vivre ou à une certaine dépersonnalisation propre à notre époque où l’on aurait peur de sombrer comme peut le laisser entendre M. Nyssen. Je serais plutôt porté à en attribuer la cause à quelques siècles de démocratisation de l’instruction et, à la suite du développement technologique des dernières années, à l’appropriation des moyens de communications et de diffusion par les individus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis, il parle de cette « rage d’écrire par rage d’exister ». Comme si l’existence ne pouvait trouver aujourd’hui sa réalité qu’à travers une « autonarration » et, surtout, à travers le regard de l’autre, la lecture que l’on offre de soi à l’autre. Je me raconte et tu me lis, donc je suis (Descartes nouveau). Cela serait trop beau et trop simple. Tous les psys et les logues de ce monde pourraient passer au recyclage, c’en serait fini de leur ère. Mais la vie n’est pas comme cela. L’autoreprésentation et son offre au regard des lecteurs potentiels, virtuels ou réels, ne crée pas l’auteur. Tout au plus crée-t-elle une instance intermédiaire qui s’apparente beaucoup plus à un narrateur qu’à l’auteur ou qu’à son Soi. Que l’on comprenne bien. Je ne prétends pas que, du moment où apparaît cette instance, authenticité ou vérité s’excluent d’elles-mêmes. Non. Le souci d’authenticité et de vérité subsiste. Si on peut parler, comme M. Nyssen, d’autofiction c’est seulement que la vérité n’est pas toute accessible au lecteur, pas plus que l’authenticité pour la simple et bonne raison qu’on ne peut pas tout dire et tout écrire (heureusement). L’écart entre ce qui est effectivement et ce qui compose la narration de l’autofiction, cet espace à jamais inaccessible au lecteur constitue aussi l’espace de son propre imaginaire. C’est dans cet espace que se crée la fiction. Dans cet espace que la vérité et l’authenticité peuvent se pervertir, se travestir, se maquiller de la réalité et de l’authenticité de chaque lecteur. Parce que celui qui lit n’est pas moins vrai, pas moins authentique que celui qui écrit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais en même temps que tout cela, la réalité, l’authenticité, l’autofiction et l’autonarration, il faut reconnaître que la « rage d’écrire par rage d’exister » n’est pas une invention. Elle est réelle! Mais elle n’est en rien représentative de notre temps, de notre niveau d’instruction ou de notre niveau d’appropriation des technologies de diffusion. Cette « rage d’écrire par rage d’exister » a toujours été. Elle est le besoin irrépressible de peindre de Van Gogh, ou de composer de Beethoven ou de chanter de la Grande Albany ou d’écrire de Byron ou Shelley ou Virginia Woolf. Elle est aussi ce besoin irrépressible de combien d’autres inconnus qui ont ressenti à travers les temps cette même urgence à exprimer ce qu’ils sont. Cette rage d’aujourd’hui n’est pas différente de celle d’alors. Ce sont les moyens de sa diffusion qui le sont. Plus de lecteurs (quoi qu’en disent les oiseaux de malheur prédisant régulièrement la mort du livre ou pire, pour certains, de la lecture), plus de moyens financiers pour se procurer des livres, plus de diffuseurs et de libraires, plus d’éditeurs, plus de textes proposés aux éditeurs (assez, qu’ils risquent parfois de périr ensevelis paraît-il), plus de textes acceptés et édités par les éditeurs aussi. Mais par-dessus tout, les nouvelles technologies de communication.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La « rage d’écrire par rage d’exister »? Mais bien sûr! Elle est de ce temps-ci comme elle a été de celui d’hier et comme elle sera de celui de demain. Qu’importe la forme, l’homme aura toujours besoin de s’exprimer, de se dire, de se conter. Pour ce faire, il utilisera demain les moyens qui seront à sa disposition comme il utilisait hier ceux qu’il pouvait maîtriser.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais cette « rage d’écrire par rage d’exister » va bien au-delà de l’écriture stricto sensu. Je pense ici aux temps anciens et au paysan qui sculptait des figurines naïves pour s’occuper les dix doigts le dimanche, ou à ce bourgeois aquarelliste et à son épouse qui composait de petites sonates à l’épinette du salon, ou à ce nobliau de campagne féru de sciences qui se faisait bâtir un petit laboratoire au fond du jardin pour le plaisir d’y reproduire les expériences à la mode, ou bien, peut-être encore aujourd’hui, à cette secrétaire qui, le soir venu, rentre chez-elle pour s’inventer des robes et des manteaux qui l’habilleront comme une princesse malgré la modestie de ses revenus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si je viens d’énumérer ici quelques variations sur le mode de la « rage d’écrire », rien dans tout cela ne peut satisfaire en soi la dimension de la « rage d’exister ». Mais cette « rage d’exister », n’est-ce pas une rage de se faire reconnaître? De faire reconnaître non pas tant ses talents ou ses dispositions que son unicité? Selon les ambitions de chacun, ce peut être là chose assez aisée à réaliser. Il suffit au paysan de tantôt de donner sa figurine à l’un de ses enfants et qu’il ne veuille plus s’en séparer. À ce bourgeois aquarelliste d’encadrer ses œuvres et de les pendre au salon lorsqu’ils invitent des amis à écouter les nouvelles sonates de sa dame. À ce nobliau de préparer une démonstration de sa plus fameuse expérience lors d’une partie de campagne qui se déroulerait sur son domaine. Et à la secrétaire de répondre, faussement modeste, lorsqu’on lui demande où elle s’est procurée cette robe particulièrement jolie, « oh! Ça? C’est rien… un bout de chiffon que je me suis fait. Je me suis à peine permis une petite fantaisie ici ou là ». Pour la « rage d’exister », cela peut suffire à plusieurs, peut-être même à beaucoup. Peut-être même à plusieurs qui sont présents sur la blogosphère ou sur le net et qui ne cherchent pas à attirer des milliers et des millions de hits quotidiens. Mais, naturellement, tout ça dépend de l’ampleur de sa rage d’exister, de sa rage à se sentir vivant à travers les yeux des autres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(À suivre :&lt;br /&gt;2- Le « besoin de donner de la voix dans le tumulte où l’on pourrait n’être pas entendu »&lt;br /&gt;Et&lt;br /&gt;3- La « Compétition où l’on risque de disparaître ».) &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;</description><thr:total xmlns:thr="http://purl.org/syndication/thread/1.0">1</thr:total></item><item><title>« Les dieux gisants »</title><link>http://toutsolo.blogspot.com/2006/09/les-dieux-gisants.html</link><author>noreply@blogger.com (Unknown)</author><pubDate>Sun, 17 Sep 2006 16:08:00 -0400</pubDate><guid isPermaLink="false">tag:blogger.com,1999:blog-34042560.post-115852386776861958</guid><description>&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;« Les dieux gisants ». C’est le titre de l’un des chapitres, l’un des très courts chapitres de &lt;em&gt;La solitude lumineuse&lt;/em&gt; de Pablo Neruda, texte extrait de son livre : &lt;em&gt;J'avoue que&lt;/em&gt; &lt;em&gt;j'ai vécu&lt;/em&gt; que je viens de terminer. Je crois que, si ce n’était du droit d’auteur, je m’offrirais le plaisir de vous le citer en entier.&lt;br /&gt;&lt;iframe style="WIDTH: 120px; HEIGHT: 240px" align="right" marginwidth="0" marginheight="0" src="http://rcm-ca.amazon.ca/e/cm?t=toutsolo-20&amp;o=15&amp;amp;p=8&amp;l=as1&amp;amp;asins=2070378225&amp;fc1=777744&amp;amp;IS2=1&amp;lt1=_blank&amp;amp;amp;amp;amp;amp;lc1=cc8800&amp;bc1=000000&amp;amp;bg1=dddd99&amp;npa=1&amp;amp;f=ifr" frameborder="0" scrolling="no"&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;« […] Elles sont douces en leur ambiguïté métaterrestre bien connue, elles qui aspirent à s’en aller et à rester. Et ces lèvres de pierre si suave, cette majesté impondérable faite cependant de pierre dure […] ».&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Comme ces mots m’enchantent! Comme leur musique est douce à mes oreilles! Pas tant parce qu’ils parlent du Bouddha, pas tant non plus par leur sensualité, même s’ils parlent de statues de pierre, mais parce qu’ils parlent de paix, de quiétude, de tranquillité. La paix et la quiétude des bouddhas gisants, la paix et la tranquillité de la pierre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Plus loin dans ce texte, Neruda oppose les bouddhas gisants aux christs espagnols de son enfance. Il compare les écrins dans lesquels ces bouddhas et ces christs sont conservés : « Et il en émane une odeur non de pièce morte, non de sacristie et de toiles d’araignée, mais d’espace végétal, de rafales qui retombent soudain en ouragan de plumes, de feuilles, de pollen de la forêt sans fin… »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est en lisant ce texte que je crois comprendre pour la première fois mon attirance pour les bouddhas; ceux de pierre et les autres, les gisants et les verticaux. Je savais déjà être attiré par la sensualité de ces représentations et cette impression de paix et de tranquillité qui en émane. Mais Neruda met le doigt sur une chose dont je ne m’étais jamais rendu compte ou, du moins, à laquelle je n’avais jamais réfléchi, c’est l’écrin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n’émanait pas des églises de mon enfance, contrairement à ce que laisse supposer celles décrites par Neruda, une odeur de pièce morte, de sacristie et de toiles d’araignées. Nous fréquentions des églises neuves dans des quartiers neufs; elles étaient claires, parfois même lumineuses et le bois y étincelait de toutes ses nuances. Mais déjà l’encens en avait imprégné tous les recoins, les cierges qui y brûlaient en permanence dégageaient une odeur qui prenait à la tête. Les confessionnaux nous rappelaient que, quoi que nous fassions, nous faisions le mal, même dans l’innocence de notre plus tendre enfance; le chemin de la croix nous montrait brutalement à quel point, deux mille ans auparavant, un certain Jésus avait souffert pour racheter les fautes dont nous allions nous laver au confessionnal (comme si Dieu n’avait eu que ça à faire, surveiller si j’avais tiré les tresses de ma sœur ou répété les gros mots que j’entendais dans la bouche des adultes).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://photos1.blogger.com/blogger/5737/3745/1600/Bouddha.0.jpg"&gt;&lt;img style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; CURSOR: hand" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/5737/3745/200/Bouddha.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Je n’avais jamais réalisé à quel point les statues du Bouddha constituent une révolution par rapport avec mon éducation. Cette aspiration « à s’en aller et à rester » m’a toujours été inconnue et, sans Neruda, je n’aurais pas su la nommer bien que je la reconnaisse. Ce regard de la statue posé sur celui qui la regarde (l’observateur observé, quoi!), à la fois indifférent, comme si ce que nous faisons ici-bas n’avait pas d’influence « là-haut », à la fois compatissant, comme s’il disait « je comprends, personne n’est parfait » et à la fois patient, comme s’il disait « Tôt ou tard, tu atteindras aussi le Nirvana ». Les statues du Bouddha nous disent, qu’il a d’abord été un homme bien avant d’être un illuminé; nous disent que l’illumination, si elle n’est pas donnée à tous, peut être à la portée de tous pourvu qu’ils s’en donnent la peine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Contrairement à ce Christ que l’on représente en extase les yeux tournés vers le ciel ou à ce Christ crucifié, écartelé, ensanglanté qui regarde la terre (ou peut-être le monde) à ses pieds. Contrairement à ce Christ qui ne nous regarde jamais, nous, pauvres mortels qui ne sommes pas dignes de son Royaume, les statues de Bouddha, gisantes ou verticales, nous regardent droit dans les yeux et ainsi se placent à grandeur d’homme malgré leurs quarante mètres de longueur parfois.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;/em&gt;&lt;em&gt;&lt;/em&gt;</description><thr:total xmlns:thr="http://purl.org/syndication/thread/1.0">1</thr:total></item><item><title>Écrire une &amp;oelig;uvre collective</title><link>http://toutsolo.blogspot.com/2006/09/crire-une-uvre-collective.html</link><author>noreply@blogger.com (Unknown)</author><pubDate>Fri, 15 Sep 2006 20:49:00 -0400</pubDate><guid isPermaLink="false">tag:blogger.com,1999:blog-34042560.post-115836794547217191</guid><description>&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;En créant ce blogue, j’avais un rêve. Je suis un rêveur impénitent, vous savez. Ce n’était pas un rêve de la nuit. La nuit, je ne rêve pas ou, du moins, je ne m’en souviens pas. Non. Non, j’avais un vrai rêve, un vrai rêve tout éveillé, un de ces vrais rêves qui carburent à l’espoir et qui peuvent engloutir une énergie que l’on ne pensait même pas avoir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne suis pas le premier à avoir un de ces rêves. C’est même assez fréquent. Je ne suis donc pas original d’avoir rêvé. Mieux, même mon rêve n’est pas original. Plusieurs l’ont fait avant moi. Mais un rêve c’est un puissant moteur. Ça pousse dans tous les sens un moteur, un moteur ça pousse, c’est tout. Ça n’a pas de direction en soi. Facile à voir, faut juste regarder ceux qui ont rêvé avant moi. C’est une grande communauté les rêveurs, il ne doit pas être trop difficile de trouver des exemples.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les années 1960, Joan Baez a fait sien le rêve de Ed McCurdy en chantant &lt;em&gt;Last N&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;iframe style="WIDTH: 120px; HEIGHT: 240px" align="right" marginwidth="0" marginheight="0" src="http://rcm-ca.amazon.ca/e/cm?t=toutsolo-20&amp;o=15&amp;amp;p=8&amp;l=as1&amp;amp;asins=B00005Y7HB&amp;fc1=777744&amp;amp;IS2=1&amp;lt1=_blank&amp;amp;amp;amp;amp;lc1=cc8800&amp;bc1=dddd99&amp;amp;bg1=dddd99&amp;npa=1&amp;amp;f=ifr" frameborder="0" scrolling="no"&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;&lt;em&gt;ight I Had the Strangest Dream&lt;/em&gt;, vite reconnu comme un archétype des valeurs pacifistes d’une génération entière. Le 25 mai 1961, c’était John F Kennedy qui rêvait, devant tout le Congrès étasuniens, d’envoyer un homme sur la lune avant la fin de la décennie. Martin Luther King, quant à lui, rêvait sur le sort des noirs étasuniens lorsqu’il prononça son fameux discours connu sous le nom de &lt;em&gt;I have a dream&lt;/em&gt;. On sait quelle influence son rêve a eu sur leur sort. Quelques décennies plus tôt, dans les années 1930, en Allemagne, un mégalomane, paranoïaque, narcissique, asocial et épris d’un idéal dont il ne pouvait qu’être le seul représentant, rêvait de gloire et d’adulation. Cela donna un monstre combattu par toute la planète. Au début du vingtième siècle, c’était un ingénieur du bureau des brevets de Berne qui, selon la légende, volait du temps à son employeur pour se rêver chevauchant un rayon de lumière; c’est ainsi que Einstein aurait conçu la théorie de la relativité restreinte. Et on pourrait remonter, comme ça, de proche en proche, jusqu’à cet homme préhistorique qui, le premier, a remarqué que s’il se tenait à une certaine distance d’un incendie, il parvenait à se réchauffer sans se brûler pour autant; il apprivoisait le feu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;embed src="http://www.youtube.com/v/iEMXaTktUfA" width="425" height="350" type="application/x-shockwave-flash" wmode="transparent"&gt;&lt;/embed&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tous ces exemples sont la preuve tangible, parfois merveilleuse, parfois terrible, de la puissance des rêves. Il ne faut jamais négliger la force tranquille des rêveurs. Mais il ne faut pas croire! Devant l’éminence de cet aréopage de prédécesseurs, je ne peux que me faire tout petit et ne prétendre à rien de tel. En comparaison de ces grands rêveurs, de ces passionnés de l'onirisme entreprenant, mon rêve à moi n’est rien. Mon rêve à moi n'a rien de grandiose, ne recèle pas le potentiel de changer le monde. Mon rêve à moi est tout au plus de l’ordre du plaisir et de la distraction. Mon rêve à moi ne prétend même pas changer la face de ceux et celles qui y prendront part. Mon rêve à moi, c’est de pouvoir, un jour, comme et avec bien d’autres, mettre mon nom sur l’en-tête d’un livre. Je dis mon nom mais ce n’est pas vraiment lui qui compte. Ce pourrait être un surnom. Le travail peut rester anonyme. Mon rêve à moi c'est de faire, pas d'être connu ou reconnu, félicité ou conspué. Ce que je veux dire c’est que j’aimerais laisser une trace, toute modeste, qui me survivra. Une trace dans la culture de mon temps, apporter ma contribution à l’échafaudage qui permettra à cette culture d’évoluer un tant soi peu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’avais donc pensé bâtir un blogue qui serait un lieu où l’on pourrait élaborer une œuvre collective. J’aimerais savoir que dans dix ans, cent ans, mille ans, nous nous serons mis à plusieurs pour fabriquer et poser notre brique dans l’édifice culturel du monde. je ne suis pas vaniteux, je ne suis pas orgueilleux non plus. Il ne m’importe pas que les autres, ceux qui admireront l’architecture de cet édifice, découvrent notre apport. Il ne m'importe même pas de savoir si la brique que j'aurai contribué à poser dans l'édifice sera visible ou non. Il m’importe de savoir que je l’airai fait. Je ne demande pas à être le maître-d’œuvre et encore moins le grand architecte de l’édifice culturel. On me le demanderait que j’en serais bien incapable, de toute façon. Je demande bien humblement la permission d’apporter mon petit caillou et de le poser là, si possible, parce que c'est là que je le trouve joli.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puisque je ne suis pas de la trempe des Hugo, des Verlaine, des Baudelaire, des Stendhal, des Kafka, des Yourcenar, des Dostoïevski, des Zola et de tous ces autres, je me sens bien malhabile quand vient le temps de façonner ma brique. Dépassé par la tâche à accomplir pour la fabriquer tout seul, j’avais pensé que nous pourrions nous y mettre à plusieurs. Peut-être qu’à cinq, à dix, à vingt ou à cent, nous parviendrions à réaliser un petit quelque chose. Nous ne réaliserons rien de tout cela pour l’argent, non plus que pour la gloire ou la renommée mais pour la satisfaction de savoir que l’édifice de la culture ne se sera pas bâti sans notre concours, aussi modeste soit-il.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis convaincu que cette blogosphère fourmille de personnes animées du même désir que le mien. Je demande à ces personnes de se faire connaître. Je compilerai les intentions exprimées et dès que nous serons en nombre suffisant (c’est-à-dire environ 6-8 pour commencer), je mettrai un nouveau blogue en ligne spécialement pour l’œuvre collective et aviserai tout le monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vous savez, d’autres m’ont précédé dans les rêves éveillés. Et pas les moindres! Je ne prétends à rien avec mon rêve, sinon que de parvenir, après le temps qu’il faudra, à l’obtention d’une œuvre collective accessible à tous et appartenant à chacun de ses auteurs. Mon rêve ne prétend essentiellement qu’à deux choses : 1) rendre chacun des participants au projet fier de ce que nous aurons accomplis et 2) multiplier les rêveurs de ce rêve &lt;em&gt;In Progress&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="lquo: ; font-weight : bold&amp;rquo" align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Faites connaître votre intention de participer :&lt;br /&gt;&lt;a href="mailto:toutsolo@gmail.com"&gt;toutsolo@gmail.com&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;</description><thr:total xmlns:thr="http://purl.org/syndication/thread/1.0">2</thr:total></item><item><title>La vie a-t-elle un sens?</title><link>http://toutsolo.blogspot.com/2006/09/la-vie-t-elle-un-sens.html</link><author>noreply@blogger.com (Unknown)</author><pubDate>Thu, 14 Sep 2006 23:08:00 -0400</pubDate><guid isPermaLink="false">tag:blogger.com,1999:blog-34042560.post-115829015753867819</guid><description>&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;« La vie n’a pas à avoir un sens » dit un des interlocuteurs de Pierre Dansereau dans le film &lt;em&gt;Quelques raisons d’espérer&lt;/em&gt; présenté à &lt;/span&gt;&lt;a title="“Télé-Québec”" href="“http://www.telequebec.qc.ca/”"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Télé-Québec&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt; cette semaine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai accroché à cette phrase simple. Construction simple, vocabulaire simple, signification simple, du moins à première vue. Car, en dépit de ses apparences de simplicité et de limpidité — ou précisément à cause d’elles — cette phrase est hautement subversive. En disant que la vie &lt;u&gt;n’a pas à avoir&lt;/u&gt;, elle prend l’exact contre-pied de la position habituellement entendue et rabattue par tous les psy et les logues selon laquelle la vie doit faire sens et qu’il appartient à chacun de se mettre en quête du sens de la sienne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Préciser que la vie &lt;u&gt;n’a pas à avoir&lt;/u&gt; n’exclue d’aucune façon qu’elle puisse avoir un sens. Seulement, ce &lt;u&gt;n’a pas&lt;/u&gt; fait ressortir que ce sens n’est en rien essentiel à la vie elle-même. La vie se passe bien de sens, la vie est. Point. La vie se suffit à elle-même.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On voit bien qu’à cause de cette fameuse négation, ce n’est pas la vie qui a besoin de sens mais l’homme qui a besoin de lui en accorder un. À moins de tomber dans l’anthropomorphisme, rien ne peut laisser croire que, chez quelle qu’autre forme de vie connue, il existe une autre finalité à la vie que la vie elle-même et sa perpétuation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis la nuit des âges, l’homme cherche à donner un sens, trouver une raison, une origine, une cause et une finalité à sa présence sur cette planète. Cette recherche est aussi bien collective (à tous les niveaux de la collectivité, de la famille jusqu’à l’humanité), qu’individuelle. Pour tenter de trouver des réponses à ce questionnement, l’homme a inventé les religions et les philosophies, les valeurs, les codes et les rites.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour l’humain, tout doit faire ou prendre sens. La phrase citée dit qu’il n’en va pas de même pour la vie. L’humain se hâte d’ailleurs de trouver un sens à tout ce qu’il observe ou découvre le plus vite possible. De cette habitude sont nées de grandes et belles choses comme les sciences, les philosophies et les religions. De cette habitude sont nés aussi de grandes hérésies comme, par exemple, celles qui prévalaient dans la chrétienté du Moyen-Âge parce qu’aucune autre explication que théologique et basée sur les évangiles canoniques n’avaient droit de citer. Cette situation a conduit au déni d’évidences et d’observations pénétrantes de même qu’à l’occultation de savantes recherches et de leurs conclusions. Mais l’époque médiévale est révolue depuis longtemps et les recherches sont maintenant encouragées et leurs résultats largement diffusés d’abord dans la communauté scientifique puis, par la suite, auprès du grand public (du moins en occident). Cette simple remarque suffit à démontrer que l’homme est encore aujourd’hui et peut-être plus que jamais, avide de sens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La recherche scientifique n’est qu’une des approches possibles dans la recherche du sens. Le développement et la prolifération des sectes de tous ordres illustre bien la profonde quête individuelle de sens que l’on connaît aujourd’hui. Elle illustre également la confusion profonde et le vide ressenti par plusieurs personnes vivant dans un monde occidentalisé. La nouvelle popularité de certaines philosophies ou religions d’origine asiatique indique que le sens, et les valeurs, traditionnellement accordées à la vie en occident, ne coïncident plus avec celui que veulent lui reconnaître leurs nouveaux adeptes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis toujours, il y a eu évolution du sens chez l’humain. De l’aube de l’humanité où l’homme a commencé à peindre des scènes de chasse sur les murs des cavernes et à ensevelir ses morts, jusqu’aux complexes dogmes catholiques et musulmans (qui laissent tous deux place à plusieurs interprétations différentes), en passant par les sanglants rites initiatiques de Mithra, l’humain a toujours su adapter le sens qu’il accordait à la vie au lieu, au temps, à son contexte sociologique, socio-économique et à son degré d’évolution.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd’hui, nous vivons dans des sociétés multiethniques et multiculturelles. Ces deux caractéristiques font que l’humanité se retrouve dans une situation rare. En effet, rares sont les lieux et les époques où il n’y a pas eu unité de valeurs et de sens, de dogme et de croyance en dépit d’un brassage perpétuel de gens, charriant dans leurs bagages leurs idées, leurs valeurs et le sens de leur vie. Jusqu’à tout récemment, on était d’un pays catholique ou protestant ou musulman ou hindouiste ou bouddhiste ou animiste ou chamaniste. Chacune de ces provenances présupposait un système de valeurs et un sens de la vie que l’on était présumé partager. Mais à cause d’une immigration planétaire croissante et du métissage de plus en plus grand des ethnies et des cultures qu’elle sous-tend, cette unité et cette présomption sont de plus en plus remises en question. L’évolution, la démocratisation, de même que la multiplication des voyages et des moyens de communication facilite les rapports entre les gens et les emmène à s’intéresser les uns aux autres et à se mieux connaître.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est peu probable que des discussions sur le sens de la vie aient directement lieu entre individus. C’est là domaine de spécialiste et c’est bien ainsi. Mais certaines valeurs, certaines croyances, certains rites se diront indirectement dans des discussions, s’échangeront lors de rencontres, même fortuites, entre individus. De là découlera peut-être l’amorce d’un enrichissement du sens de la vie de chacun.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais quoi que nous fassions, quoi que nous pensions et quel que soit le sens que nous lui accorderons, la vie sera. L’homme aura toujours besoin de lui donner un sens. Mais la vie, elle, n’aura pas à avoir un sens. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;</description><thr:total xmlns:thr="http://purl.org/syndication/thread/1.0">6</thr:total></item><item><title>Le 11 septembre, c'est pas seulement New York</title><link>http://toutsolo.blogspot.com/2006/09/le-11-septembre-cest-pas-seulement-new.html</link><author>noreply@blogger.com (Unknown)</author><pubDate>Mon, 11 Sep 2006 17:54:00 -0400</pubDate><guid isPermaLink="false">tag:blogger.com,1999:blog-34042560.post-115801200445820334</guid><description>&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Je m’étais bien promis de ne pas tomber dans le piège. Tout le monde ne parle plus que de ÇA! Cinq ans! À la radio, on demande en tribune téléphonique de se prononcer : « Qu’est-ce que le 11 septembre a changé dans votre vie? » Aux informations à la télé, c’est George W. à Ground Zero, c’est le témoignage de pompiers accourus sur les lieux. Ce sont des proches qui pleurent encore des disparus. En un mot, ce sont les caméras indiscrètes qui ne laissent pas pleurer les gens en paix, qui ne laissent pas les survivants et les proches crier la douleur de leurs plaies qui ne se referment pas. Et ce sont aussi et surtout les politiques et les organisations officielles qui récupèrent la chose, qui justifient la présence des médias. Les Bush et Giuliani de ce monde qui pressent le citron du désastre humain jusqu’à la dernière goutte pour se faire du capital politique (pour eux ou leur parti… enfin). Ce sont les pompiers de New York, le fameux NYFD qui ne demande qu’à redorer son blason et stimuler une nouvelle vague de recrutement chez les jeunes en mal d’héroïsme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je m’étais promis de ne pas en parler parce que à part me rendre plus critique face aux États-Unis, leur politique, leur impérialisme et leur arrogance, moi, le 11 septembre n’a pas changé grand-chose dans ma vie. Alors à part les quelques lignes de défoulement plus haut, j’essaierai de me contrôler et de vous parler plutôt de… enfin, vous verrez!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a plusieurs années j’ai rencontré, dans une librairie, un livre. Jusque là, rien d’extraordinaire. C’était un recueil de treize nouvelles (elle n’est pas superstitieuse) écrites par Spôjmaï Zariâb La Plaine de Caïn publié pour La première fois pendant l’occupation de l’Afghanistan par les Russes. La première nouvelle, La Plaine de Caïn, est « une dénonciation sans appel […] de la barbarie communiste » (Didier Leroy, Introduction).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;iframe img style="float:right" style="WIDTH: 120px; HEIGHT: 240px" marginwidth="0" marginheight="0" src="http://rcm-ca.amazon.ca/e/cm?t=toutsolo-20&amp;o=15&amp;amp;p=8&amp;l=as1&amp;amp;asins=2876786605&amp;fc1=000000&amp;amp;IS2=1&amp;lt1=_blank&amp;amp;lc1=0000ff&amp;bc1=ffffff&amp;amp;bg1=ffffff&amp;npa=1&amp;amp;f=ifr" frameborder="0" scrolling="no"&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme plusieurs auteurs orientaux, madame Zariâb sait, mettre en scène, conter, raconter les histoires. Dans cette nouvelle elle parvient à nous faire sentir les odeurs et l’horreur. Mais aujourd’hui, en la relisant, ce n’est pas surtout ça qui m’a frappé. Tous les soirs les informations télévisées nous emmènent leur lot d’horreurs sur ce pays. Ce que je retiens surtout de cette relecture c’est la première partie de la nouvelle. En effet, la nouvelle commence sur un air de fête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La première phrase nous met dans le contexte général de la nouvelle. Et insinue un doute, une espèce d’appréhension qui ne quitte plus le lecteur pendant toute la première partie. « Les maisons, blotties dans le sommeil et la torpeur, tombaient en ruine. » Puis, avec sa deuxième phrase, l’auteure nous amène ailleurs avec une rare brusquerie. Elle précipite son lecteur dans un ailleurs qui n’a plus rien à voir avec le contexte établi : « C’était jour de fête ». Comme oxymoron, difficile de faire mieux!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien entendu, ce « Jour de fête » ne serait pas comme les autres. Bien entendu, le vieillard solitaire, héro de la nouvelle, ne verra pas les petites mains se tendre vers lui pour demander un tour de manège supplémentaire. Mais tout de même, à travers les souvenirs du vieillard, se dessinent une vie riante, une vie joyeuse, une vie « normale ». On rencontre un moment dans la vie d’une ville : un jour de fête. On rencontre un moment de vie où les enfants s’amusent, où les vieillards solitaires brisent leur solitude et s’émeuvent de tous ces enfants qui viennent à eux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On rencontre des gens qui mènent une vie simple et probablement frugale. On parle d’une ville dans la nouvelle. J’ai plutôt compris gros village, chef-lieu avec mes normes occidentales mais qu’importe. Ce que j’ai retenu c’est la vie. C’est la vie heureuse, la vie faite des petites joies, des petits bonheurs… la vie d’avant les Soviétiques, d’avant les Talibans, d’avant les états-uniens, d’avant la force de l’OTAN.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Finalement, le 11 septembre a peut-être changé quelque chose dans ma vie. Le 11 septembre m’a peut-être ouvert à la différence. Le 11 septembre m’a peut-être rappelé que tant que l’ignorance de l’autre guidera nos rapports avec lui, ce sera l’intolérance la peur et la guerre, qui vaincront et les populations… TOUTES les populations qui perdront.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Finalement, j’aurai parlé du 11 septembre. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;</description><thr:total xmlns:thr="http://purl.org/syndication/thread/1.0">50</thr:total></item><item><title>L’écriture et le destinataire</title><link>http://toutsolo.blogspot.com/2006/09/lcriture-et-le-destinataire.html</link><author>noreply@blogger.com (Unknown)</author><pubDate>Sat, 9 Sep 2006 02:22:00 -0400</pubDate><guid isPermaLink="false">tag:blogger.com,1999:blog-34042560.post-115778310400985187</guid><description>Il y a quelques minutes, je faisais un mot croisé dans une position que je ne vous décrirai pas. L’un des mots à trouver était « destinataire ».  Comme je viens de mettre ce blogue en ligne et que, forcément, il n’y a encore que peu de visiteurs, j’en suis venu à m’interroger sur le destinataire. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quel est donc le destinataire de ce blogue? Qui êtes-vous donc lecteurs, lectrices? Qui serez-vous donc? Serez-vous, seulement? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans l’histoire, à peine quelques formes bien précises d’écrits étaient destinées à un si large public que le destinataire en était complètement inconnu de l’auteur. Les traités scientifiques, les livres de médecine, les opuscules philosophiques ou les essais littéraires sont destinés à un lectorat précis qui permet de se faire une idée de qui lira l’ouvrage même s’il n’est pas possible d’identifier un véritable destinataire pour autant. Même les romans sont aujourd’hui destinés à des lectorats bien identifiés. Il y a la littérature jeunesse, les romans de gare, les romans pour les lectures de vacances, etc. Les services marketing des grandes maisons d’édition se font une spécialité d’identifier le lectorat cible pour un livre donné. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rien de tel dans la mise en ligne d’un blogue. Ouvrir un nouveau blogue, c’est se lancer dans l’inconnu à la rencontre de l’Inconnu. À la rencontre de cet Autre auquel on n’accèderait peut-être jamais autrement et que l’on regretterait de ne pas avoir connu. À la rencontre de cet Autre qui sera peut-être, tout simplement. C’est se lancer à l’inconnu vers l’Inconnu en espérant que la rencontre sera belle et profitable. Que la rencontre saura engendrer des discussions passionnantes. Que la rencontre fera se heurter des idées et des concepts. Que la rencontre permettra de partager des valeurs et des convictions. Que la rencontre nous apaisera. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ici, je m’adresse donc à l’Inconnu. L’Inconnu, c’est-à-dire vous. Qu’est-ce qui retiendra votre attention? Mon écriture retiendra-t-elle votre attention? Sera-t-elle trop personnelle? Ne suis-je en train d’écrire ici qu’un journal intime en m’imaginant que mes préoccupations puissent vous rejoindre? Est-ce que je prend ce blogue pour un exutoire à mon trop plein de… de quoi au juste? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ici, je m’adresse à vous, l’Inconnu. À vous, les Inconnus. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ici, je cherche mon destinataire, aussi évanescent et immatériel soit-il. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et pourquoi vous… Oui, vous! L’Inconnu! Pourquoi ne feriez-vous pas de ce blogue un peu le votre?</description><thr:total xmlns:thr="http://purl.org/syndication/thread/1.0">2</thr:total></item><item><title>Abolir la distance</title><link>http://toutsolo.blogspot.com/2006/09/abolir-la-distance.html</link><author>noreply@blogger.com (Unknown)</author><pubDate>Thu, 7 Sep 2006 22:14:00 -0400</pubDate><guid isPermaLink="false">tag:blogger.com,1999:blog-34042560.post-115768230938874100</guid><description>&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;J'aurais pu, pour la première fois que je m'adresse à vous, choisir de vous livrer un texte qui soit entièrement de ma facture. J'aurais aussi pu vous expliquer en long et en large les raisons de toutes sortes de choses reliées à ce blogue comme, par exemple, pourquoi je me nomme Solo, pourquoi j'ai décidé de créer ce blogue, vous dire quelle a été ma vie et ce qu'elle est aujourd'hui. Mais j'ai plutôt choisi de vous citer un court extrait de &lt;em&gt;L'Évangile selon Pilate&lt;/em&gt; de Éric-Emmanuel Schimtt.&lt;br /&gt;&lt;iframe style="FLOAT: right; WIDTH: 120px; HEIGHT: 240px" marginwidth="0" marginheight="0" src="http://rcm-ca.amazon.ca/e/cm?t=toutsolo-20&amp;o=15&amp;amp;p=8&amp;l=as1&amp;amp;asins=2253116041&amp;fc1=000000&amp;amp;IS2=1&amp;lt1=_blank&amp;amp;lc1=0000ff&amp;bc1=ffffff&amp;amp;bg1=ffffff&amp;npa=1&amp;amp;f=ifr" frameborder="0" scrolling="no"&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;Où es-tu toi-même mon cher frère? Où liras-tu cette missive? Je ne sais rien des gens qui t'entoureront alors, des arbres et des maisons qui te protégeront, de la couleur du ciel sous lequel tu me déchiffreras. Je t'écris de mon silence pour rejoindre le tien, je t'écris pour abolir la distance, aller de ma solitude à la tienne. Oui, c'est cela. Ma solitude à la tienne. La solitude. Seule chose en quoi à coup sûr, nous sommes égaux. Seule chose qui nous sépare et nous rapproche. Porte-toi bien. (p. 187)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;É-E Schmitt, &lt;em&gt;L'Évangile selon Pilate&lt;/em&gt;&lt;span style="font-family:Times New Roman;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Cet extrait représente assez bien ce que je pense de la solitude. C'est un lieu commun que de dire que nous naissons et mourrons seuls. Pourtant, il faudrai y ajouter que nous vivons seuls aussi. Même mariés, partie d'un couple aussi fusionnel soit-il comme la mère et son enfant (du moins pour l'enfant qui ne distingue pas encore sa propre limite entre lui et sa mère), nous vivions seuls.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Que l'on soit gai ou triste. Que l'on connaisse une allégresse indicible ou une détresse insondable, jamais on ne parvient à faire que l'autre: le partenaire, l'épouse ou l'époux, l'amoureuse ou l'amant n'éprouve, ne ressente cette même joie, cette même mélancolie qui nous habite. Devant toutes ces exaltations, nous n'arrivons pas à faire communier l'autre à nos sentiments les plus intimes, à en partager la force. Comment espérer alors y parvenir avec des émotions plus douces, plus nuancées et pourquoi pas aussi plus mièvres ? Parce que les mièvres aussi ont le droit d'être partagées.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Hier, je regardais à la télé de&lt;/span&gt; Radio-Canada l'OSM dirigée par Kent Nagano jouer la 9&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; symphonie de Beethoven (oui, l'Ode à la joie). Et encore cet après-midi, je l'ai réécoutée par Karajan et le Philharmonique de Berlin. Dans cette symphonie Beethoven parvient à faire partager ses sentiments et ses émotions comme il y parvient dans le second mouvement de sa 7&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; symphonie. Et, ce faisant, en dépit de son handicap qui l'isolait plus que la plupart d'entre nous, il n'était plus seul. Mais qui d'entre nous possède les moyens de Beethoven ? Je parle de son orchestre bien sûr, mais aussi de son caractère, de ses connaissances musicales qui lui permettaient d'entendre la musique dans sa tête malgré sa surdité (bon, il paraît que... pour diriger l'orchestre... quand même...).&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style="font-family:Trebuchet MS;"&gt;La solitude est notre lot fondamental à tous. Dire cela, ce n'est pas prôner une forme de découragement, de laisser aller ou d'abandon. Dire cela c'est s'affirmer comme étant la seule personne à qui nous soyons redevables. C'est soutenir que personne ne nous connaît mieux que nous même (parfois on ne veut pas se voir ou se reconnaître, c'est autre chose). &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style="font-family:Trebuchet MS;"&gt;Nous sommes tous seuls les uns à côté des autres et, malgré nos efforts, nous ne nous rejoignons que rarement. C'est pourquoi, comme le dit Pilate à son frèr Titus : "La solitude. Seule chose en quoi à coup sûr, nous sommes égaux. Seule chose qui nous sépare et nous rapproche."&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style="font-family:Trebuchet MS;"&gt;&lt;strong&gt;N'hésitez pas à commenter ce premier texte.&lt;/strong&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style="font-family:Trebuchet MS;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="color:#cc0000;"&gt;P.S.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style="font-family:Trebuchet MS;"&gt;Comme vous voyez, malgré mes bonnes intentions, j'ai fini par vous écrire encore pas mal. Alors, un peu d'encouragement ? et ainsi nous pourrons peut-être écrire (en paraphrasant Schmitt) pour abolir la distance, aller de votre solitude à la mienne.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;</description><thr:total xmlns:thr="http://purl.org/syndication/thread/1.0">0</thr:total></item></channel></rss>