<?xml version="1.0" encoding="UTF-8" standalone="no"?><rss xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" version="2.0"><channel><title>amaizo.info</title><description>Le savoir au service de l'interdépendance</description><managingEditor>noemail@noemail.org (Yves Ekoué Amaïzo)</managingEditor><pubDate>Wed, 23 Sep 2026 06:44:42 GMT</pubDate><generator>WordPress https://wordpress.org/</generator><link>https://amaizo.info/</link><language>en-us</language><itunes:explicit>no</itunes:explicit><itunes:image href="http://amaizo.info/blog/wp-content/uploads/icons/logo-amaizo.info-google3.png"/><itunes:keywords>diaspora,afrique,economie,afrology,onu,omc,nepad,togo,protectionisme,solidarité,pauvreté,zone,franc,cfa,dirigeants,africains,fmi,afrique,subsaharienne,interdépendance,nations,unies,pays,pauvres,migration,émigrés,crise,financière,inéga</itunes:keywords><itunes:summary>Basé sur l'Afrocentralité, ce site ouvre des alternatives nouvelles dans les modes de pensée. Parce-que la logique d'analyse des évènements impliquant les peuples noirs souffre de neutralisation,  ce site valorise le respect  des cultures.</itunes:summary><itunes:subtitle>Basé sur l'Afrocentralité, ce site ouvre des alternatives nouvelles dans les modes de pensée. Parce-que la logique d'analyse des évènements impliquant les peuples noirs souffre de neutralisation,  ce site valorise le respect  des cultures.</itunes:subtitle><itunes:category text="News &amp; Politics"/><itunes:owner><itunes:email>infos@amaizo.info</itunes:email></itunes:owner><item><title>URANIUM DU NIGER SANS LA FRANCE :</title><link>https://amaizo.info/2026/09/23/uranium-du-niger-sans-la-france/17114</link><category>Articles</category><category>Audio / Vidéo</category><category>Economie</category><category>Revues de Presses</category><pubDate>Wed, 23 Sep 2026 06:32:39 GMT</pubDate><guid isPermaLink="false">https://afrocentricity.info/?p=9278</guid><content:encoded xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"><![CDATA[<p><strong>les États-Unis remplacent les soldats par les dollars<sup><a id="post-9278-endnote-ref-1" href="#post-9278-endnote-1">[1]</a></sup></strong></p>
<p><iframe title="Uranium - Niger : Exit la Russie et la France au profit des USA ?" width="500" height="281" src="https://www.youtube.com/embed/pG3S8bWySus?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<p>Débat 1 : Ramsamy, S. (2026). « Uranium &#8211; Niger : Exit la Russie et la France au profit des USA ? ». Entretien avec Samantha Ramsamy sur la chaine youtube : 23 mn et 50 sec. In <a href="http://www.youtube.com/" target="_blank" rel="noopener external noreferrer" data-saferedirecturl="https://www.google.com/url?q=http://www.youtube.com&amp;source=gmail&amp;ust=1790228291337000&amp;usg=AOvVaw03nwvGa8R4fF7QnOWXzXZ-" data-wpel-link="external" class="ext-link wpel-icon-right">www.youtube.com<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a>. Accédé le 22 septembre 2026. Voir  <a href="https://www.youtube.com/watch?v=pG3S8bWySus" target="_blank" rel="noopener external noreferrer" data-saferedirecturl="https://www.google.com/url?q=https://www.youtube.com/watch?v%3DpG3S8bWySus&amp;source=gmail&amp;ust=1790228291337000&amp;usg=AOvVaw1WyqGnImVRRG3OS5h8wi-D" data-wpel-link="external" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.youtube.com/watch?v=pG3S8bWySus<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> ;</p>
<p><iframe title="Après le Niger, l&#039;Algérie prête à verrouiller la sécurité du Mali ?" width="500" height="281" src="https://www.youtube.com/embed/Kkq3eoUFLLk?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<p>Débat 2 :   Ramsamy, S. (2026). « Après le Niger, l&rsquo;Algérie prête à verrouiller la sécurité du Mali ? ». Débat de Samantha Ramsamy. In <a href="http://www.youtube.com/" target="_blank" rel="noopener external noreferrer" data-saferedirecturl="https://www.google.com/url?q=http://www.youtube.com&amp;source=gmail&amp;ust=1790228291337000&amp;usg=AOvVaw03nwvGa8R4fF7QnOWXzXZ-" data-wpel-link="external" class="ext-link wpel-icon-right">www.youtube.com<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a>. Accédé le 2 septembre 2026. Voir <a href="https://www.youtube.com/watch?v=Kkq3eoUFLLk" target="_blank" rel="noopener external noreferrer" data-saferedirecturl="https://www.google.com/url?q=https://www.youtube.com/watch?v%3DKkq3eoUFLLk&amp;source=gmail&amp;ust=1790228291337000&amp;usg=AOvVaw3N8M3HcumAtqSpc28V4hcK" data-wpel-link="external" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.youtube.com/watch?v=Kkq3eoUFLLk<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a></p>
<p style="text-align: right">23 septembre 2026</p>
<p>Dr. Yves Ekoué AMAÏZO, Directeur général, Afrocentricity Think Tank, yeamaizo@afrocentricity.info</p>
<p><a href="https://afrocentricity.info/files/2026/09/afrocentricity-think-tank-uranium-du-niger-23-09-26-graphique-diff-page-1.jpg" data-wpel-link="exclude" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="aligncenter size-large wp-image-9279" src="https://amaizo.info/files/2026/09/afrocentricity-think-tank-uranium-du-niger-23-09-26-graphique-diff-page-1-740x416-1.jpg" alt="" width="740" height="416" /></a></p>
<h3>0. Introduction : Niger et Uranium : Washington reprend pied quand Paris perd pied</h3>
<p>Deux ans après le départ de leurs troupes du Niger, les États-Unis reviennent dans le pays non plus par la force militaire, mais par la puissance financière pour tenter de <em>« récupérer »</em> ce qui reste à <em>« prendre<sup><a id="post-9278-endnote-ref-2" href="#post-9278-endnote-2">[2]</a></sup> ».</em> L&rsquo;approbation d&rsquo;un financement de 0,41 milliards de dollars américains (USD) par la U.S. Development Finance Corporation (DFC) en faveur du projet d&rsquo;uranium Dasa marque le retour stratégique de Washington dans l&rsquo;un des secteurs les plus sensibles de l&rsquo;économie nigérienne. Il s’agit de l’un des gisements d&rsquo;uranium le plus riche d&rsquo;Afrique. En effet, c’est justement le secteur où la France après plus de 60 ans n’a pas réussi à se faire des amis dans un Niger qui défend sa souveraineté.</p>
<p>Cette opération intervient dans un contexte où les autorités nigériennes restent confrontées à de fortes contraintes sécuritaires, illustrées récemment par les attaques contre des infrastructures militaires et les tensions autour du pouvoir à Niamey. Il n’est pas inutile de penser que le Coup d’Etat récent qui a été présentée comme une mutinerie et un problème de gouvernance militaire interne, ne soit pas le premier pas stratégique de l’affaiblissement de la capacité de négociation de l&rsquo;État nigérien. Un Etat affaiblie face à des partenaires disposant du capital, de la technologie et de l&rsquo;accès aux marchés mondiaux est souvent mieux disposé, ce malgré lui, à signer des contrats asymétriques.</p>
<p>Le discours de souveraineté ne peut plus cacher la réalité des chiffres du projet Dasa qui alimentent le débat sur un possible contrat léonin, sinon asymétrique au profit des intérêts étrangers.</p>
<p>Le dossier minier Dasa dépasse donc largement le cadre minier de l’uranium. Il illustre une nouvelle géopolitique du Sahel dans laquelle les bases militaires cèdent progressivement la place aux investissements, aux minerais critiques et au contrôle des chaînes d&rsquo;approvisionnement stratégiques. Les États-Unis ont retiré leurs soldats au Niger, mais pourraient retrouver une influence déterminante grâce à l&rsquo;uranium. La France a retiré ses soldats mais peinent à trouver les chemins diplomatiques pour espérer retrouver un rôle dans l’uranium du Niger. La question demeure : est-ce que le Etats-Unis de Donald Trump peuvent récolter ce que la France a oublié de planter au Niger dans un contexte d’insécurité et de concurrences multipolaires ?</p>
<p>les décombres de l&rsquo;influence française et les humiliations successives de la postcolonie suffisent-elles à offrir l’uranium du Niger à une constellation d’intérêts américains qui peinent à rattraper les investissements de la Chine et l’incontournable partenariat sécuritaire avec la Russie ? Les États-Unis peuvent-ils aider à remplacer le Franc <acronym title="Communauté Financière Africaine">CFA</acronym> par l’adossement d’une future monnaie de l’Alliance des Etats du Sahel et donc du Niger en l’adossant au dollar américain ?</p>
<h3>1. Le retour des Etats-Unis au Niger : la grande porte des matières premières qui cache des dépendances</h3>
<p>L&rsquo;approbation d&rsquo;un financement de 414 millions de dollars par la U.S. Development Finance Corporation<sup><a id="post-9278-endnote-ref-3" href="#post-9278-endnote-3">[3]</a></sup> en faveur du projet d&rsquo;uranium <em>Dasa<sup><a id="post-9278-endnote-ref-4" href="#post-9278-endnote-4">[4]</a></sup></em> constitue sans doute l&rsquo;un des événements géopolitiques les plus significatifs de ces dernières années au Sahel<sup><a id="post-9278-endnote-ref-5" href="#post-9278-endnote-5">[5]</a></sup>. Selon la Société Minière de Dasa (SOMIDA), le projet DASA est une mine d&rsquo;uranium souterraine en cours de développement en République du Niger, exploitée par SOMIDA, ce en partenariat avec une société canadienne Global Atomic. Le projet comprend la construction d&rsquo;une usine de traitement sur site conçue pour traiter 1 000 tonnes de minerai par jour.</p>
<p>Alors que les forces américaines ont quitté le Niger en 2024<sup><a id="post-9278-endnote-ref-6" href="#post-9278-endnote-6">[6]</a></sup> et que les relations entre Paris et Niamey traversent une crise profonde, Washington réapparaît là où on ne l&rsquo;attendait plus : dans le secteur extractif.</p>
<p>Ce retour ne s&rsquo;effectue ni par des bases militaires, ni par des opérations de lutte antiterroriste, mais par le financement, l&rsquo;investissement sous forme de crédit et la sécurisation des matières premières stratégiques. Or, les Etats-Unis sont affaiblis car ce pays doit reconstituer ses stocks de matières premières stratégiques. Il y a là comme un signe de la fin de l’ordre mondial unilatéral américain<sup><a id="post-9278-endnote-ref-7" href="#post-9278-endnote-7">[7]</a></sup>. Compte tenu de la lecture des interventions des Etats-Unis en Irak, en Afghanistan, en Libye, en Syrie, en Iran, au Vénézuéla et au Groenland, il faut croire qu’il s’agit là d’une nouvelle forme de guerre économique<sup><a id="post-9278-endnote-ref-8" href="#post-9278-endnote-8">[8]</a></sup> qui démarre comme un renouveau de coopération bilatérale entre les Etats-Unis et le Niger. Cette guerre<sup><a id="post-9278-endnote-ref-9" href="#post-9278-endnote-9">[9]</a></sup> « douce » (soft) qui prend la forme de la coopération doit se lire à la lumière des interventions américaines dans le monde, car celle-ci finit souvent par de la déstabilisation à moins d’accepter l’alignement.</p>
<p>Nul ne sait si le Niger aurait pu décliner cette offre si les autorités de ce pays étaient véritablement souveraines. Il faut simplement espérer que les conséquences pour le Niger, et plus largement pour l’AES et le nouvel espace Maghreb-AES en profitera malgré les risques multiples<sup><a id="post-9278-endnote-ref-10" href="#post-9278-endnote-10">[10]</a></sup> en émergence au Sahel.</p>
<p>Le projet d’uranium <em>Dasa</em> illustre ainsi une transformation profonde des rapports de force internationaux : les soldats américains cèdent, en apparence seulement, graduellement la place aux investisseurs, tandis que l&rsquo;uranium, les métaux rares et même les chaînes de valeurs logistiques deviennent des instruments d&rsquo;influence aussi important que les bases militaires. Le retour des Etats-Unis au Niger par la grande porte des matières premières cache des dépendances et des risques de déstabilisation sous couvert de contrats sécuritaires, miniers et d’infrastructures asymétriques.</p>
<h3>2. « DASA » : le gisement d&rsquo;uranium le plus riche d&rsquo;Afrique : un projet-bénédiction sans le Peuple</h3>
<p>Le projet Dasa, situé à environ 105 kilomètres au sud d&rsquo;Arlit, au cœur du bassin uranifère nigérien, est exploité par la société canadienne Global Atomic, qui bénéficie aujourd&rsquo;hui d&rsquo;un soutien financier américain malgré les différends commerciaux persistants entre les États-Unis et le Canada. Présenté par l&rsquo;entreprise comme le gisement d&rsquo;uranium le plus riche d&rsquo;Afrique, le site devrait produire 68,1 millions de livres d&rsquo;oxyde d&rsquo;uranium sur une durée d&rsquo;exploitation supérieure à 23 ans. Le projet est détenu à 80 % par Global Atomic et à 20 % par l&rsquo;État nigérien. Il est estimé que 68,1 millions de livres d&rsquo;oxyde d&rsquo;uranium sortiront de l’exploitation de Dasa, ce sur toute la durée de vie du projet, ce qui correspondent à environ 30 890 tonnes.</p>
<p>L&rsquo;entreprise canadienne a déjà sécurisé des contrats portant sur 8,8 millions de livres d&rsquo;uranium, soit près de 4 000 tonnes<sup><a id="post-9278-endnote-ref-11" href="#post-9278-endnote-11">[11]</a></sup>, pour les sept premières années de production, dont environ 90 % sont destinés aux compagnies d&rsquo;électricité américaines<sup><a id="post-9278-endnote-ref-12" href="#post-9278-endnote-12">[12]</a></sup>, ce qui renforce l&rsquo;importance stratégique de Dasa pour Washington dans sa quête de sources d&rsquo;approvisionnement nucléaire plus sûres. Toutefois, l&rsquo;approbation de la U.S. Development Finance Corporation (DFC) ne signifie pas que la totalité des 414,2 millions de dollars approuvés sera débloquée immédiatement, le financement restant soumis à diverses conditions préalables.</p>
<p>Les bénéfices pour les Nigériens proviennent de cinq canaux principaux :</p>
<ul>
<li>les dividendes perçus par l&rsquo;État au titre de sa participation de 20 % ;</li>
<li>les redevances minières et les impôts payés par l&rsquo;exploitant ;</li>
<li>les emplois directs et indirects créés autour du projet ;</li>
<li>les marchés attribués aux entreprises locales ;</li>
<li>les infrastructures associées (routes, énergie, services, formation professionnelle, santé…).</li>
</ul>
<p>Cependant, les expériences passées des dirigeants africains tendent à montrer que la richesse minière ne se traduit pas automatiquement par une amélioration du niveau de vie des populations. Tout dépend de la gouvernance, de la transparence des revenus et de la capacité de l&rsquo;État à réinvestir ces ressources dans l&rsquo;éducation, la santé, l&rsquo;eau, l&rsquo;énergie et les infrastructures.</p>
<h3>3. Un accord extractif asymétrique : la fragilité et le silence politiques affaiblissent le pouvoir de négociation minière de l’État nigérien</h3>
<p>La vraie question n&rsquo;est donc pas : quelle est la part de l’Etat de Niger dans le projet Dasa ? Mais plutôt : quelles sont les recettes effectivement tirées et la part de la valeur créée par ce projet qui resteront effectivement au Niger et serviront les populations nigériennes ?</p>
<p>Or, et c’est le paradoxe des gouvernements qui prônent la souveraineté ! Ces derniers n’offrent souvent pas à leurs citoyens, les moyens de démontrer que les demandes venant du Peuple, et non pas de décisions unilatérales du haut vers le bas, se font au profit des populations qui ont le droit de savoir et de contrôler les affectations. Un pouvoir qui décide au nom du peuple sans le peuple est une pouvoir qui souffre de faiblesses stratégiques que résument le syndrome du <em>« nous savons ce qui est bon pour vous ».</em></p>
<p>En fait, outre les erreurs possibles, le monopole étatique de l&rsquo;intérêt général et les priorités nationales allègrement confondu avec un paternalisme d’Etat génère une gouvernance paternaliste. La souveraineté populaire cesse d&rsquo;exister lorsque le pouvoir décide seul de ce qui est bon pour le Peuple et lui demande ensuite, sans rendre vérité des comptes publics, d&rsquo;approuver des choix auxquels il n&rsquo;a jamais participé. La souveraineté sans participation n’est pas de la souveraineté mais une forme multidimensionnelle d’un autoritarisme tutélaire, piégé dans une gouvernance verticale militaire, qui n’autorise qu’un centralisme, voire un monopole, décisionnel. Un tel système n’est peut demeurer pérenne sans l’abus de pouvoir et du droit. À la lumière des expériences malheureuses ailleurs dans le monde, cela conduit généralement à l’infantilisation des citoyens, une confiscation de l’information, voire une pensée unique pour mieux justifier un monopole de l’intérêt général.</p>
<p>Or, aucun monopole ne peut servir un Peuple qui a soif de souveraineté. Si une telle situation peut s’expliquer au cours d’une période de transition, elle ne doit en aucun cas conduire à une confiscation de la décision publique par une élite militaire ? Les accords miniers asymétriques ne doivent pas se résumer à une politique de tutelle imposée au Peuple par un Etat dit « fort », et une mise sous tutelle des minerais critiques du pays face aux pouvoirs de nuisance des grandes puissances uniquement intéressées par l’accès et le contrôle des matières premières d’autrui avec des contreparties lilliputiennes, voire inexistantes pour le Peuple.</p>
<p>Malgré cela, il arrive que ces contreparties se résument à de l’endettement sans même que les investissements structurants et les projets miniers et de bien-être pour le Peuple africain, en l’espèce, nigérien, n’aient vu le jour. La souveraineté serait-elle en voie d’être confisquée en silence tant par les investisseurs étrangers que par les dirigeants des Etats africains dont la capacité de négociation a été affaiblie et le pouvoir de la redevabilité unilatéralement mise en veilleuse ? Assurément ! Il s’agit là d’une véritable dépossession démocratique y compris au cours des phases de transition dite <em>« révolutionnaire »</em> ou de <em>« souveraineté ». </em></p>
<p>Au cours du temps qui s’écoule sans amélioration substantielle au niveau du mieux-être des Africains et du développement humain, le soutien populaire originel se fane, les pressions extérieures multipolaires augmentent, et le pouvoir africain finit, en catimini, par <em>« ranger au placard »</em> ses grandes ambitions souverainistes pour épouser un alignement en situation de faiblesse. Cette situation dite de « transition » peut perdurer dès lors que la volonté de s’éterniser au pouvoir par tous les moyens, -coup d’Etat militaire ou coup d’Etat constitutionnel-, font l’objet de l’aval des puissances étrangères qui continuent, elles, à <em>« pomper »</em> sans modération, -voire sans vergogne-, le sous-sol, le sol et le hors-sol africains<sup><a id="post-9278-endnote-ref-13" href="#post-9278-endnote-13">[13]</a></sup>.</p>
<p>C’est ainsi que sournoisement, un accord extractif asymétrique qui peut receler un contrat léonin fondé sur l’échange inégale, révèle en réalité la fragilité et le silence politiques de certains dirigeants africains. Dans tous les cas de figures, cela affaiblit le pouvoir de négociation minière de l’État nigérien sauf si ce dernier opte pour se faire soutenir par l’ensemble du Peuple nigérien en optant pour la carte de la redevabilité des comptes publics et la participation plus élargie de l’ensemble du Peuple nigérien aux choix stratégiques du pays.</p>
<h3>4. Redevabilité, accord extractif asymétrique et disparition du Journaliste « Moussa Kaka »</h3>
<p>La redevabilité et le fait de rendre des comptes au Peuple de leur actions et décisions, demeure la grande absente de la communication des dirigeants affichant la souveraineté comme un objectif poursuivi.</p>
<p>De fait, l&rsquo;une des limites du débat actuel sur l&rsquo;uranium nigérien est l&rsquo;absence d&rsquo;informations économiques publiques détaillées concernant les recettes effectivement tirées des contrats liés aux ressources naturelles, notamment les minerais critiques et leurs affectations. Si les autorités nigériennes mettent régulièrement en avant la souveraineté retrouvée sur les ressources stratégiques, elles communiquent peu sur les mécanismes de répartition des revenus, les montants réellement encaissés ou les bénéfices directs revenant aux populations.</p>
<p>Dans un pays où les minerais critiques dont les terres rares, l&rsquo;uranium, le pétrole, l&rsquo;or constituent des actifs nationaux, les citoyens sont toutefois en droit de connaître l&rsquo;utilisation de ces ressources et de participer aux choix stratégiques concernant leur affectation à court, moyen et long terme. La question centrale n&rsquo;est donc pas seulement celle du contrôle des mines, mais aussi celle de la transparence, de la redevabilité et de la gouvernance de la rente extractive.</p>
<p>Sans publication régulière des comptes publics, sans débats nationaux inclusifs et sans mécanismes de contrôle citoyen, il demeure difficile pour les citoyens-contribuables nigériens d&rsquo;évaluer dans quelle mesure les revenus miniers contribuent réellement à l&rsquo;amélioration des conditions de vie des Nigériens. Aussi, la souveraineté économique ne se mesure pas uniquement à la propriété des ressources et à des contrats d’exploitation déséquilibrés de type 80 % pour les étrangers, 20 % pour l’Etat africain et 90 % des 4 000 tonnes (8,8 millions de livres) d&rsquo;uranium pour les sept premières années de production sont destinés à des fournisseurs d&rsquo;énergie américains. Autrement dit, 10 % sont destinés à l’Etat du Niger, et un pourcentage encore plus réduit aux populations nigériennes.</p>
<p>Lorsqu&rsquo;un accord conduit à une captation disproportionnée de la valeur au profit de l&rsquo;opérateur étranger tout en laissant une faible part des bénéfices économiques réels au pays hôte, il devient possible de considérer s’il n’y a pas en filigrane :</p>
<ul>
<li>un accord extractif asymétrique basé sur un contrat déséquilibré du fait d’une position de faiblesse de l’Etat du Niger mis sous pression depuis le dernier coup d’Etat avorté ; et/ou</li>
<li>un contrat léonin du fait de l’excessive captation des avantages, ce qui a pour conséquence une rente extractive extravertie, ce qui peut expliquer pour la formule consacrée de la malédiction des ressources lorsque la richesse minière ne bénéficie pas à la population.</li>
</ul>
<p>En définitive, les dirigeants des Etats qui prônent, la souveraineté sous toutes ses formes, doivent intégrer dans leur analyse et décisions, le droit et la capacité de la population à participer librement, et sans disparitions inexpliquées<sup><a id="post-9278-endnote-ref-14" href="#post-9278-endnote-14">[14]</a></sup>, aux décisions concernant leur gestion et leur redistribution. Comme plusieurs autres citoyens et des associations de défense des journalistes comme <em>Reporters sans frontières</em>, la Fédération internationale pour les Droits Humains (<acronym title="Fédération internationale des ligues des Droits de l Homme">FIDH</acronym>) a indiqué que Moussa Kaka, le Directeur d’un média local et correspondant de longue date de France 24, <em>« a quitté les locaux de Radio Télévision Saraounia à Niamey le 31 août 2026 et n&rsquo;a plus donné signe de vie depuis cette date »</em>.</p>
<p>Aucune communication officielle des autorités nigériennes expliquant publiquement les circonstances de la disparition de Moussa Kaka ou annonçant les résultats d&rsquo;une enquête n’a été trouvé et mis à disposition du grand public au moment de la publication des articles consultés. Face à ce silence troublant, plusieurs organisations africaines et internationales ont appelé à l&rsquo;ouverture d&rsquo;une enquête et à la clarification rapide de sa situation</p>
<h3>5. Les solutions alternatives de l’Etat nigérien ont besoin d’un soutien populaire élargi et démocratique</h3>
<p>Si sur le plan politique, la position de négociation en situation de faiblesse est difficilement négociable à court terme, en droit et en gouvernance économique, plusieurs leviers existent et ne sont pas exclusives les uns des autres. Il est possible, ce de manière concomitante :</p>
<ul>
<li>de renégocier certaines clauses lors des renouvellements ou extensions de permis ;</li>
<li>d’augmenter progressivement la participation publique ;</li>
<li>de renforcer les redevances minières et fiscales ;</li>
<li>d’imposer des obligations de contenu local et de transformation sur place ;</li>
<li>de créer un fonds souverain contrôlé publiquement ;</li>
<li>d’opter pour la redevabilité des comptes publics en publiant régulièrement (trimestriellement), et au moins annuellement, l&rsquo;intégralité des revenus, dividendes, impôts et redevances et leurs affectations en précisant si ces dernières ont fait l’objet d’une information de la société civile nigérienne ;</li>
<li>d’organiser des conférences nationales inclusives permettant aux citoyens de participer aux choix d&rsquo;affectation des recettes extractives.</li>
</ul>
<p>La véritable souveraineté économique ne consiste pas seulement à posséder des ressources naturelles. Elle consiste à savoir qui décide de leur exploitation, qui perçoit la rente et comment cette rente est redistribuée aux générations présentes et futures. Dans cette perspective, la transparence budgétaire, le contrôle citoyen et la participation populaire et la liberté d’expression documentée sont au moins aussi importants que le pourcentage de participation détenu par l&rsquo;État dans une société minière.</p>
<h3>6. Le revirement « apparent » des Etats-Unis : de la diplomatie militaire à la diplomatie des ressources critiques</h3>
<p>Le projet Dasa révèle avant tout l&rsquo;évolution de la stratégie américaine en Afrique et plus largement dans le monde. Après les expériences coûteuses d&rsquo;Afghanistan, d&rsquo;Irak et du Sahel, Washington semble avoir tiré une leçon essentielle : la puissance ne se mesure plus seulement en nombre de soldats déployés mais aussi en capacité à contrôler les chaînes d&rsquo;approvisionnement stratégiques.</p>
<p>La guerre en Ukraine, la montée en puissance de la Chine et la compétition croissante autour des minerais critiques ont renforcé cette prise de conscience. Les États-Unis ont constaté que les conflits modernes reposent autant sur les capacités industrielles, les stocks de munitions, l&rsquo;énergie et les matières premières que sur les seuls moyens militaires. C’est en 2025 que les Etats-Unis ont rajouté l’uranium dans leur liste de minerais critiques et donc indispensables pour leur « sécurité ». L&rsquo;uranium vient renforcer l&rsquo;intérêt stratégique de Washington pour la sécurisation de l&rsquo;approvisionnement en ce métal radioactif utilisé comme combustible dans les centrales nucléaires. Pour le Niger, cet accord tend à démontrer un réajustement opportuniste, mais pragmatique, de ses relations avec les puissances occidentales à la suite du coup d&rsquo;État militaire de juillet 2023.</p>
<p>L&rsquo;uranium occupe désormais une place centrale pour les deux pays. Ressource indispensable au secteur nucléaire, il est devenu un actif stratégique. Dans ce contexte, le financement du gisement de Dasa apparaît moins comme un simple investissement minier que comme un élément d&rsquo;une politique de sécurisation des approvisionnements américains à long terme. Washington ne cherche plus à contrôler le territoire nigérien ; il cherche à garantir un accès durable aux ressources essentielles de demain. Mais, dans ce secteur et plus particulièrement de la construction des minicentrales nucléaires, la Russie a une énorme avance<sup><a id="post-9278-endnote-ref-15" href="#post-9278-endnote-15">[15]</a></sup>.</p>
<h3>7. Le Niger au cœur de la compétition multipolaires des puissances</h3>
<p>Cette évolution intervient alors que le Niger est devenu l&rsquo;un des principaux théâtres de la compétition géopolitique mondiale. La Russie s&rsquo;est imposée comme un partenaire sécuritaire majeur. La Chine demeure le principal acteur économique extérieur dans les secteurs pétrolier, énergétique et infrastructurel. Les États-Unis reviennent désormais par le biais de l&rsquo;uranium. D&rsquo;autres acteurs, tels que la Turquie, les pays du Golfe ou encore l&rsquo;Iran, cherchent également à accroître leur présence.</p>
<p>Face à cette concurrence, les autorités nigériennes semblent poursuivre une stratégie de diversification visant à éviter toute dépendance exclusive. Le pari consiste à mettre en concurrence plusieurs partenaires afin d&rsquo;obtenir davantage d&rsquo;investissements, de financements, de transferts de technologies et de marges de négociation.</p>
<p>Le financement américain du projet Dasa illustre parfaitement cette nouvelle réalité. Malgré le départ des troupes américaines et le rapprochement sécuritaire entre Niamey et Moscou, les intérêts économiques ont fini par l&#8217;emporter. Les États-Unis ont accepté une réalité qu&rsquo;ils combattaient auparavant : le Niger n&rsquo;est plus un allié exclusif de l&rsquo;Occident mais un acteur souverain qui négocie simultanément avec plusieurs centres de puissance.</p>
<p>Dans cette nouvelle configuration, le Niger n&rsquo;est plus seulement un terrain de jeu géopolitique. Il tente d&rsquo;en devenir un arbitre.</p>
<p>Il faut reconnaître que les Etats-Unis reviennent au Niger alors que la coopération entre la Chine et le Niger est dix fois plus élevée qu’entre les Etats-Unis et le Niger. Si l’on rajoute le nouvel investissement de plus de 1 milliard de dollar américain de la Chine au Niger pour relancer la production de pétrole brut et son acheminement logistique, il faut reconnaître une avance stratégique de la Chine sur le terrain. Le fameux projet « Dinga Deep » et « Abolo-Yogou<sup><a id="post-9278-endnote-ref-16" href="#post-9278-endnote-16">[16]</a></sup> » qui devrait permettre de passer de 110.000 barils par jour aujourd’hui à 145.000 barils par jour en 2029, sont autant de nouvelles recettes pour l’Etat nigérien et si bien redistribuées et investies, un meilleur pouvoir d’achat pour les populations du Niger.</p>
<p>« Dinga Deep » et « Abolo-Yogou » sont deux projets pétroliers situés dans le bassin d’Agadem, au Niger. Ils visent à relancer et augmenter la production nationale de pétrole brut. L’investissement prévu s’élève à environ 1 milliard de dollars. La production devrait passer de 110 000 à 145 000 barils par jour d’ici 2029.<br />
Le pétrole serait exporté par un oléoduc reliant le Niger au Bénin. Cet oléoduc est exploité par la Compagnie ouest-africaine de l’oléoduc, appelée en anglais West African Oil Pipeline Company (WAPCO). Le Niger devrait acquérir 45 % de WAPCO<sup><a id="post-9278-endnote-ref-17" href="#post-9278-endnote-17">[17]</a></sup>, tandis que le coût du transport passerait de 27 USD à 15 USD par baril, ce qui pour une fois, améliore la part qui revient à l’Etat africain et devrait substantiellement améliorer la capacité d’influence et de négociation du Niger. L’accord prévoit également environ 450 emplois nigériens à l’horizon 2030<sup><a id="post-9278-endnote-ref-18" href="#post-9278-endnote-18">[18]</a></sup>. La voie vers la souveraineté économique est en marche si rien ne vient la déstabiliser.</p>
<p>Les engagements chinois dans le secteur pétrolier nigérien dépassent désormais 5,5 milliards de dollars américains, en tenant compte des investissements historiques liés au pipeline Niger-Bénin et du programme additionnel d&rsquo;un milliard de dollars conclu en 2026<sup><a id="post-9278-endnote-ref-19" href="#post-9278-endnote-19">[19]</a></sup>. Alors, l’investissement sous forme de crédit non encore décaissé des Etats-Unis de 0,4 milliards de USD pourraient sonner comme bien faible.</p>
<p>Economiquement, la Chine reste dominante, les États-Unis reviennent par les minerais stratégiques sans véritable possibilité de rattrapage de la Chine. Il est difficile d’obtenir un chiffre crédible pour la coopération Niger-Russie car la coopération se fait dans la défense, l&rsquo;énergie nucléaire civile et la coopération minière et par des opérations de trocs et de compensation. La Russie progresse surtout par le levier sécuritaire et des systèmes de paiement par compensation et trocs tandis que la coopération sous-régionale avec ce qui reste de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>, un espace commercial naturel du Niger, Après la réouverture de la frontière nigériane et la reprise des activités commerciales, les exportations intra-africaines du Niger ont représenté 28,6 % de ses exportations totales. Autrement dit, les Etats-Unis reviennent au Niger pour récupérer ce qui « reste » à prendre<sup><a id="post-9278-endnote-ref-20" href="#post-9278-endnote-20">[20]</a></sup>.</p>
<h3>8. Les gagnants, les perdants et les défis de la nouvelle géopolitique de l&rsquo;uranium</h3>
<p>Le principal gagnant de cette séquence est incontestablement le Niger. Le pays démontre sa capacité à attirer des investissements stratégiques malgré les bouleversements diplomatiques récents. Les États-Unis apparaissent également parmi les bénéficiaires puisqu&rsquo;ils retrouvent une influence économique importante dans un secteur jugé vital pour leur avenir énergétique.</p>
<p>Le groupe canadien <em>Global Atomic</em> sort renforcé grâce à l&rsquo;appui financier et politique apporté à son projet. À l&rsquo;inverse, la France apparaît comme le principal perdant de cette recomposition. Longtemps dominante à travers Orano et ses prédécesseurs, elle voit aujourd&rsquo;hui sa position historique fortement fragilisée. Ce qui constituait autrefois un espace d&rsquo;influence privilégié est désormais ouvert à une pluralité d&rsquo;acteurs.</p>
<p>Cependant, rien n&rsquo;est encore définitivement acquis. Le projet Dasa reste confronté à des défis majeurs. Les menaces sécuritaires dans le nord du Niger, les risques de déstabilisation politique, les contraintes logistiques sahéliennes ainsi que les conditions de décaissement du financement américain constituent autant de facteurs susceptibles de ralentir ou de compliquer sa mise en œuvre.</p>
<p>Le principal facteur de vulnérabilité demeure la sécurité. À court terme, ce n&rsquo;est ni la géologie ni la rentabilité du gisement qui représentent l&rsquo;incertitude majeure, mais la capacité à préserver un environnement suffisamment stable pour assurer l&rsquo;exploitation et l&rsquo;exportation de la production.</p>
<p>Pourtant, aucune souveraineté ne prend forme durablement sans une souveraineté monétaire.</p>
<h3>9. Du Franc <acronym title="Communauté Financière Africaine">CFA</acronym> au « Sahel » : l&rsquo;AES peut-elle transformer l&rsquo;or et l&rsquo;uranium en souveraineté monétaire ?</h3>
<p>Face à la difficulté de voir émerger une monnaie unique ECO en 2027<sup><a id="post-9278-endnote-ref-21" href="#post-9278-endnote-21">[21]</a></sup>, que ce soit sous la forme d’un Franc <acronym title="Communauté Financière Africaine">CFA</acronym> copié-collé pour devenir un ECO-<acronym title="Union économique et monétaire ouest-africaine">UEMOA</acronym>, ou un ECO-<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> monnaie unique ou commune, qui n’aura au plus que deux des membres de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> à douze (12) qui respecteraient les critères de convergence économique au premier trimestre 2027<sup><a id="post-9278-endnote-ref-22" href="#post-9278-endnote-22">[22]</a></sup>, une question mérite de se poser à savoir : les États-Unis peuvent-ils aider à remplacer le Franc <acronym title="Communauté Financière Africaine">CFA</acronym> par l’adossement d’une future monnaie de l’Alliance des Etats du Sahel, y compris le Niger, en l’adossant au dollar américain<sup><a id="post-9278-endnote-ref-23" href="#post-9278-endnote-23">[23]</a></sup> ? La réponse indirecte est que la nouvelle monnaie de l’AES ne pourra se faire « contre » le dollar américain.</p>
<p><em>9.1 Une monnaie de l’AES entre ambition politique et réalités économiques</em></p>
<p>Depuis la création de l’Alliance des États du Sahel (AES), les dirigeants du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont fait de la souveraineté économique et monétaire un objectif stratégique. Cependant, contrairement à certains discours politiques, aucun calendrier définitif de sortie de l’<acronym title="Union économique et monétaire ouest-africaine">UEMOA</acronym><sup><a id="post-9278-endnote-ref-24" href="#post-9278-endnote-24">[24]</a></sup> ou d’abandon du Franc <acronym title="Communauté Financière Africaine">CFA</acronym> n’a encore été officiellement arrêté. Les trois États demeurent juridiquement membres de l’Union monétaire ouest-africaine, même si les débats sur une monnaie propre à l’AES se multiplient. La question centrale est désormais de savoir si l’AES entend rejoindre à terme l’ECO de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> ou créer une monnaie autonome souvent désignée dans le débat public sous le nom de « Sahel ». Les difficultés techniques restent considérables : réserves de change, crédibilité monétaire, banque centrale commune, marchés financiers et discipline budgétaire<sup><a id="post-9278-endnote-ref-25" href="#post-9278-endnote-25">[25]</a></sup>.</p>
<p><em>9.2 L’or et l’uranium peuvent-ils devenir la base d’une monnaie « Sahel » ?</em></p>
<p>L’idée d’adosser une future monnaie de l’AES à des ressources stratégiques comme l’or, l’uranium ou certaines matières premières agricoles séduit de nombreux partisans de la souveraineté économique. Le Burkina Faso et le Mali disposent d’importantes réserves aurifères tandis que le Niger possède des ressources significatives en uranium, en pétrole et en métaux rares et critiques. Une telle approche permettrait en théorie de réduire la dépendance à l’Euro et de renforcer la confiance dans la monnaie régionale. Toutefois, l’histoire économique montre qu’une monnaie ne peut être durablement soutenue par les seules ressources naturelles<sup><a id="post-9278-endnote-ref-26" href="#post-9278-endnote-26">[26]</a></sup>. La stabilité d’une devise dépend davantage de la production réelle, de la gouvernance, de la confiance des marchés et de la solidité des institutions monétaires que des richesses du sous-sol. L’or pourrait constituer une partie des réserves de garantie, mais difficilement l’unique fondement d’une nouvelle monnaie<sup><a id="post-9278-endnote-ref-27" href="#post-9278-endnote-27">[27]</a></sup>. Mais la capacité de nuisance des Etats-Unis, qui a réussi à sortir la monnaie commune des <acronym title="Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud">BRICS</acronym>+ de l’agenda prioritaire, sonne comme un rappel pour les pays de l’AES qui gagnerait dans une premier temps à proposer une option binaire : panier de monnaie n’excluant pas le dollar américain et matières premières servant d’équivalent général comme instruments de paiement, de réserve et de compte.</p>
<p><em>9.3 Le dollar américain comme partenaire monétaire inattendu ?</em></p>
<p>Le retour économique des États-Unis au Niger à travers le projet uranifère de Dasa soulève une hypothèse rarement évoquée : celle d’un ancrage partiel d’une future monnaie de l’AES au dollar américain plutôt qu’à l’Euro. Dans un système de panier de réserves, le dollar pourrait cohabiter avec l’or, l’Euro, le Yuan et d’autres actifs stratégiques. Avec les échanges accrus entre l’AES et la Chine, la monnaie chinoise est devenue incontournable dans le panier de monnaies<sup><a id="post-9278-endnote-ref-28" href="#post-9278-endnote-28">[28]</a></sup>. Il n’est pas exclu d’ailleurs qu’une pondération lui octroie plus de poids qu’une devise d’un pays avec lequel l’AES a moins d’échanges. Une telle solution présenterait l’avantage de diversifier les dépendances tout en profitant du rôle dominant du dollar dans le commerce mondial. Cependant, remplacer une dépendance par une autre ne constituerait pas nécessairement une avancée vers la souveraineté monétaire. Pour l’AES, le véritable défi n’est pas de choisir entre l’Euro ou le dollar américain, mais de construire une capacité propre de création monétaire crédible, transparente et soutenue par les populations. La future monnaie « Sahel » de l’AES devrait être adossée à un panier de ressources et de devises. Les institutions d’accompagnement devront être mises en place au cours d’une période de transition où le franc <acronym title="Communauté Financière Africaine">CFA</acronym> cohabitera avec l’introduction progressive du Sahel.</p>
<p><em>9.4 Une souveraineté monétaire inséparable de la souveraineté populaire</em></p>
<p>La réussite éventuelle d’une monnaie « Sahel » ne dépendra pas uniquement de choix techniques ou financiers. Elle reposera aussi sur la légitimité politique du projet. La question fondamentale n’est pas seulement de savoir quelle monnaie remplacerait le Franc <acronym title="Communauté Financière Africaine">CFA</acronym>, mais qui déciderait de sa gouvernance, de ses réserves et de l’utilisation des revenus tirés de l’or, de l’uranium ou du pétrole. Une monnaie souveraine ne peut durablement prospérer sans transparence budgétaire, sans contrôle citoyen et sans concertation régionale. À cet égard, le défi pour l’AES est autant institutionnel que monétaire. La souveraineté ne se mesure pas seulement à l’émission d’une nouvelle devise, mais à la capacité des populations à participer aux choix qui engagent leur avenir économique.</p>
<h3>10. Conclusion : le Niger souverain en fonction d’une gouvernance équilibrée avec les blocs multipolaires</h3>
<p>Le projet Dasa dépasse largement la question d&rsquo;un gisement d&rsquo;uranium. Elle symbolise l&rsquo;avènement d&rsquo;une nouvelle phase de la géopolitique africaine où la bataille pour les ressources critiques tend progressivement à remplacer les logiques traditionnelles de présence militaire. Mais, cela signifie aussi que les fragilités des Etats-Unis<sup><a id="post-9278-endnote-ref-29" href="#post-9278-endnote-29">[29]</a></sup> commencent à structurer leur volonté de relance économique et de renouvellement de leurs stocks de matières premières stratégiques.</p>
<p>Les États-Unis ont perdu leurs bases au Niger mais refusent de perdre l&rsquo;accès à ses ressources stratégiques. La Chine continue de consolider son influence économique. La Russie approfondit sa coopération sécuritaire. Au milieu de ces rivalités, le Niger tente d&rsquo;affirmer sa souveraineté et de transformer la concurrence entre les grandes puissances en opportunité nationale au service du Peuple nigérien. Il faut reconnaître au Gouvernement actuel que malgré les adversités et les déstabilisations diverses et variées, le cap de l’amélioration de sa marge de manœuvre économique, militaire et politique est maintenue et devrait s’améliorer si des nouveaux partenariats se mettent en place avec des pays voisins recherchant une stabilité régionale, notamment l’Algérie.</p>
<p>Le Niger se trouve aujourd&rsquo;hui à la croisée des chemins du monde multipolaire. Pour convertir cette position stratégique en avantage durable, il lui faudra consolider les soutiens populaires à l&rsquo;intérieur du pays, multiplier les espaces de concertation et de dialogue inclusif, renforcer les convergences avec ses partenaires de l&rsquo;Alliance des États du Sahel, approfondir sa coopération avec l&rsquo;Algérie<sup><a id="post-9278-endnote-ref-30" href="#post-9278-endnote-30">[30]</a></sup> et maintenir des passerelles constructives avec les forces de bonne volonté qui subsistent au sein de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>.</p>
<p>Dans ce nouvel environnement international, la véritable richesse du Niger ne résidera pas uniquement dans son uranium, son pétrole ou ses minerais. Elle dépendra également de sa capacité à transformer ses ressources naturelles en levier de cohésion nationale, de stabilité et d’intégration régionales<sup><a id="post-9278-endnote-ref-31" href="#post-9278-endnote-31">[31]</a></sup> et de souveraineté économique. L&rsquo;enjeu n&rsquo;est plus seulement de posséder l&rsquo;uranium, mais de savoir utiliser cette richesse pour bâtir un État plus fort dans un monde devenu résolument multipolaire. <acronym title="Yves Ekoué Amaïzo">YEA</acronym>.</p>
<p>23 septembre 2026.</p>
<p>Dr. Yves Ekoué AMAÏZO</p>
<p>Directeur général, Afrocentricity Think Tank</p>
<p>© Afrocentricity Think Tank.</p>
<ol>
<li id="post-9278-endnote-1">Ramsamy, S. (2026). « Uranium &#8211; Niger : Exit la Russie et la France au profit des USA ? ». Entretien avec Samantha Ramsamy sur la chaine youtube : 23 mn et 50 sec. In <em>www.youtube.com</em>. Accédé le 22 septembre 2026. Voir <a href="https://www.youtube.com/watch?v=pG3S8bWySus" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.youtube.com/watch?v=pG3S8bWySus<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> ; voir aussi Ramsamy, S. (2026). “Après le Niger, l&rsquo;Algérie prête à verrouiller la sécurité du Mali ? ». Débat avec Samantha Ramsamy sur la chaine youtube. Dr. Bassem Laresh et Dr. Yves Ekoué Amaïzo. In <em>www.youtube.com</em>. Accédé le 22 septembre 2026. Voir <a href="https://youtu.be/Kkq3eoUFLLk" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://youtu.be/Kkq3eoUFLLk<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-9278-endnote-ref-1">↑</a></li>
<li id="post-9278-endnote-2">Klare, M.T. (2012). <em>The Race for What&rsquo;s Left: The Global Scramble for the World&rsquo;s Last Resources</em>. Metropolitan Books : New York. <a href="#post-9278-endnote-ref-2">↑</a></li>
<li id="post-9278-endnote-3">Business Insider Africa (2026). “US makes $414 million uranium bet in Niger two years after troops were forced out”. September 18, 2026. In <em>Business Insider Africa</em>. Accessed September 2026. Retrieved from <a href="https://africa.businessinsider.com/local/markets/us-makes-dollar414-million-uranium-bet-in-niger-two-years-after-troops-were-forced/yh6g3qs" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://africa.businessinsider.com/local/markets/us-makes-dollar414-million-uranium-bet-in-niger-two-years-after-troops-were-forced/yh6g3qs<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-9278-endnote-ref-3">↑</a></li>
<li id="post-9278-endnote-4">Société Minière de Dasa (SOMIDA) (2026). <em>Dasa Project</em><strong><em>.</em></strong> In <em>Somida.net. </em>Accédé le 19 septembre 2026. Voir <a href="https://somida.net/en/dasa-project/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://somida.net/en/dasa-project/<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a>. Selon la Société Minière de Dasa (SOMIDA), le terme « Dasa » provient du nom géographique du gisement et de la localité où est développé le projet uranifère. <a href="#post-9278-endnote-ref-4">↑</a></li>
<li id="post-9278-endnote-5">Donati, J. (2026). “US Seals Big Uranium Investment in Niger, Two Years After Troops Left”. 17 September. In Reuters. Accessed September 2026. Retrieved from <a href="https://www.reuters.com/world/africa/us-seals-big-uranium-investment-niger-two-years-after-troops-left-2026-09-17/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.reuters.com/world/africa/us-seals-big-uranium-investment-niger-two-years-after-troops-left-2026-09-17/<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-9278-endnote-ref-5">↑</a></li>
<li id="post-9278-endnote-6">U.S. Department of State (2024). “On the Withdrawal of U.S. Troops from Niger”. April 24, 2024. In 2021-<em>2025.state.gov</em>. Accessed September 2026. Retrieved from <a href="https://2021-2025.state.gov/on-the-withdrawal-of-u-s-troops-from-niger/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://2021-2025.state.gov/on-the-withdrawal-of-u-s-troops-from-niger/<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-9278-endnote-ref-6">↑</a></li>
<li id="post-9278-endnote-7">Acharya, A. (2018). <em>The End of American World Order</em>. 2<sup>nd</sup> Edition. Polity Press: Cambridge. <a href="#post-9278-endnote-ref-7">↑</a></li>
<li id="post-9278-endnote-8">Blackwill, R. D. and Harris, J.M. (2016). <em>War by Other Means: Geoeconomics and Statecraft</em>. Harvard University Press: Cambridge, MA. <a href="#post-9278-endnote-ref-8">↑</a></li>
<li id="post-9278-endnote-9">Blackwill, R. D. and Harris, J.M. (2016). <em>War by Other Means: Geoeconomics and Statecraft</em>. Harvard University Press: Cambridge, MA. Accessed September 19, 2026. Retrieved from <a href="https://www.hup.harvard.edu/books/9780674737218" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.hup.harvard.edu/books/9780674737218<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-9278-endnote-ref-9">↑</a></li>
<li id="post-9278-endnote-10">International Crisis Group (2025). <em>The Sahel: New Security Risks and Regional Responses</em>. International Crisis Group: Brussels. <a href="#post-9278-endnote-ref-10">↑</a></li>
<li id="post-9278-endnote-11">1 livre (lb) = 0,453592 kg. <a href="#post-9278-endnote-ref-11">↑</a></li>
<li id="post-9278-endnote-12">Adegboyega, A. (2026). “US makes $414 million uranium bet in Niger two years after troops were forced out”. September 18, 2026. In <em>africa.businessinsider.com. </em>Accessed 19 September 2026. Retrieved from <a href="https://africa.businessinsider.com/local/markets/us-makes-dollar414-million-uranium-bet-in-niger-two-years-after-troops-were-forced/yh6g3qs" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://africa.businessinsider.com/local/markets/us-makes-dollar414-million-uranium-bet-in-niger-two-years-after-troops-were-forced/yh6g3qs<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-9278-endnote-ref-12">↑</a></li>
<li id="post-9278-endnote-13">Amaïzo, Y. E. (2025). “Nouvelle géographie du sol, du sous-sol et du hors-sol entre états africains volontaires : Valeurs ajoutées sectorielles ou transversales et capacité de dissuasion et d’influence ». 9 juin 2025. In <em>Afrocentricity Think Tank</em>. Accédé le 19 septembre 2026. Voir <a href="https://afrocentricity.info/2025/06/09/nouvelle-geographie-du-sol-du-sous-sol-et-du-hors-sol-entre-etats-africains-volontaires-valeurs-ajoutees-sectorielles-ou-transversales-et-capacite-de-dissuasion-et-dinfluence/8849/" data-wpel-link="exclude" target="_blank" rel="noopener noreferrer">https://afrocentricity.info/2025/06/09/nouvelle-geographie-du-sol-du-sous-sol-et-du-hors-sol-entre-etats-africains-volontaires-valeurs-ajoutees-sectorielles-ou-transversales-et-capacite-de-dissuasion-et-dinfluence/8849/</a> <a href="#post-9278-endnote-ref-13">↑</a></li>
<li id="post-9278-endnote-14">Fédération internationale pour les droits humains (<acronym title="Fédération internationale des ligues des Droits de l Homme">FIDH</acronym>) (2026). « <em>Niger : disparition du journaliste et défenseur des droits humains Moussa Kaka</em>. » 7 Septembre. Accédé le 19 septembre 2026. Voir <a href="https://www.fidh.org/fr/themes/defenseurs-des-droits-humains/niger-disparition-du-journaliste-et-defenseur-des-droits-humains" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.fidh.org/fr/themes/defenseurs-des-droits-humains/niger-disparition-du-journaliste-et-defenseur-des-droits-humains<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a>. <a href="#post-9278-endnote-ref-14">↑</a></li>
<li id="post-9278-endnote-15">The Moscow Times (2025). “Russia Expands Nuclear Ambitions in Africa with Niger Power Plant Deal”. July 29, 2025. In <em>Themoscowtimes.com</em>. Retrieved from <a href="https://www.themoscowtimes.com/2025/07/29/russia-expands-nuclear-ambitions-in-africa-with-niger-power-plant-deal-a90002" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.themoscowtimes.com/2025/07/29/russia-expands-nuclear-ambitions-in-africa-with-niger-power-plant-deal-a90002<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-9278-endnote-ref-15">↑</a></li>
<li id="post-9278-endnote-16">Ecofin Agency (2026). “<em>A Billion-Dollar Handshake: Niger and China Settle a Year of Oil Tensions”</em>. May 19, 2026. In Ecofin Agency. Accessed 21 September 2026. Retrieved from Available at <a href="https://www.ecofinagency.com/news/1905-55741-a-billion-dollar-handshake-niger-and-china-settle-a-year-of-oil-tensions" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.ecofinagency.com/news/1905-55741-a-billion-dollar-handshake-niger-and-china-settle-a-year-of-oil-tensions<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-9278-endnote-ref-16">↑</a></li>
<li id="post-9278-endnote-17">West African Oil Pipeline (Niger &amp; Benin) Company S.A. (2026). “Points de contact ». Accédé le 19 septembre 2026. Voir <a href="https://www.wapconb.com/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.wapconb.com/<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-9278-endnote-ref-17">↑</a></li>
<li id="post-9278-endnote-18">Le Sahel (2026). « Coopération énergétique : l’État du Niger et la CNPC relancent leur coopération avec la signature d’un protocole de partenariat pétrolier ». 19 mai 2026. In <em>Le Sahel. </em>Accédé le 19 septembre 2026. Voir <a href="https://www.lesahel.org/cooperation-energetique-letat-du-niger-et-la-cnpcnp-relancent-leur-cooperation-avec-la-signature-dun-protocole-de-partenariat-petrolier/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.lesahel.org/cooperation-energetique-letat-du-niger-et-la-cnpcnp-relancent-leur-cooperation-avec-la-signature-dun-protocole-de-partenariat-petrolier/<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-9278-endnote-ref-18">↑</a></li>
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<p><acronym title="Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest">BCEAO</acronym> (2026). <em>Présentation de la <acronym title="Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest">BCEAO</acronym> et de l&rsquo;Union Monétaire Ouest Africaine</em>. BCEAO: Dakar. Accédé le 19 septembre 2026. Voir https://www.bceao.int/fr/content/presentation-de-la-bceao <a href="#post-9278-endnote-ref-23">↑</a></li>
<li id="post-9278-endnote-24">Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (<acronym title="Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest">BCEAO</acronym>) (2026). <em>Présentation de la <acronym title="Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest">BCEAO</acronym> et de l’Union Monétaire Ouest Africaine</em>. <acronym title="Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest">BCEAO</acronym> : Dakar. Accédé le 19 septembre 2026. Voir <a href="https://www.bceao.int/fr/content/presentation-de-la-bceao" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.bceao.int/fr/content/presentation-de-la-bceao<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-9278-endnote-ref-24">↑</a></li>
<li id="post-9278-endnote-25"><acronym title="Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest">BCEAO</acronym> (2026). Op. Cit. <a href="#post-9278-endnote-ref-25">↑</a></li>
<li id="post-9278-endnote-26">African Development Bank Group (2024). <em>African Economic Outlook 2024</em>. Abidjan: African Development Bank. Accédé le 19 septembre 2026. Voir <a href="https://www.afdb.org/en/knowledge/publications/african-economic-outlook" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.afdb.org/en/knowledge/publications/african-economic-outlook<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-9278-endnote-ref-26">↑</a></li>
<li id="post-9278-endnote-27"><acronym title="International Monetary Fund">IMF</acronym> (2024). <em>Regional Economic Outlook: Sub-Saharan Africa</em>. IMF: Washington, D. C. Accessed September 19, 2026. Retrieved from <a href="https://www.imf.org/en/Publications/REO/SSA" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.imf.org/en/Publications/REO/SSA<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-9278-endnote-ref-27">↑</a></li>
<li id="post-9278-endnote-28">Afreximbank (2024). <em>African Trade Report 2024</em>. Cairo: African Export-Import Bank. Accédé le 19 septembre 2026. Voir <a href="https://www.afreximbank.com/reports-publications/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.afreximbank.com/reports-publications/<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-9278-endnote-ref-28">↑</a></li>
<li id="post-9278-endnote-29">Acharya, A. (2018) <em>The End of American World Order</em>. 2<sup>nd </sup>Ed. Polity Press : Cambridge. Accessed September 19, 2026. Retrieved from <a href="https://www.politybooks.com/bookdetail/?isbn=9781509523327" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.politybooks.com/bookdetail/?isbn=9781509523327<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-9278-endnote-ref-29">↑</a></li>
<li id="post-9278-endnote-30">United States Trade Representative (USTR) (2025). “Algeria Trade Summary”. In <em>USTR – Algérie</em>. Accessed September 21, 2026. Retrieved from <a href="https://ustr.gov/countries-regions/europe-middle-east/middle-east-and-north-africa/algeria" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://ustr.gov/countries-regions/europe-middle-east/middle-east-and-north-africa/algeria<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-9278-endnote-ref-30">↑</a></li>
<li id="post-9278-endnote-31">United Nations Economic Commission for Africa (UNECA) (2023). <em>Assessing Regional Integration in Africa</em>. UNECA: Addis Ababa. <a href="#post-9278-endnote-ref-31">↑</a></li>
</ol>
<p>&nbsp;</p><p>Publié par <a href="https://amaizo.info/author/yeamaizo" data-wpel-link="internal">Yves Ekoué Amaïzo</a> sur <a href="https://amaizo.info" data-wpel-link="internal">amaizo.info - Le savoir au service de l&#039;interdépendance</a></p>
]]></content:encoded><description>&lt;p&gt;les États-Unis remplacent les soldats par les dollars[1] Débat 1 : Ramsamy, S. (2026). « Uranium &amp;#8211; Niger : Exit la Russie et la France au profit des USA ? ». Entretien avec Samantha Ramsamy sur la chaine youtube : 23 mn et 50 sec. In www.youtube.com. Accédé le 22 septembre 2026. Voir  https://www.youtube.com/watch?v=pG3S8bWySus ; [&amp;#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Publié par &lt;a href="https://amaizo.info/author/yeamaizo" data-wpel-link="internal"&gt;Yves Ekoué Amaïzo&lt;/a&gt; sur &lt;a href="https://amaizo.info" data-wpel-link="internal"&gt;amaizo.info - Le savoir au service de l&amp;#039;interdépendance&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
</description><thr:total xmlns:thr="http://purl.org/syndication/thread/1.0">0</thr:total><author>infos@amaizo.info (Yves Ekoué Amaïzo)</author></item><item><title>L’ALGÉRIE AU NIGER ET OUVERTURE SUR L’AES : entre engagement sollicité, sécurité et stabilité régionales et souveraineté productive</title><link>https://amaizo.info/2026/09/19/lalgerie-au-niger-et-ouverture-sur-laes-entre-engagement-sollicite-securite-et-stabilite-regionales-et-souverainete-productive/17086</link><category>Articles</category><category>Audio / Vidéo</category><category>Economie</category><category>Editorial</category><category>Africa Corps</category><category>Algérie</category><category>Alliance des États du Sahel (AES)</category><category>Burkina Faso</category><category>conférence nationale inclusive</category><category>coopération régionale</category><category>coup d’Etat</category><category>croissance économique</category><category>défense</category><category>djihadiste</category><category>facilitation</category><category>gazoduc transsaharien</category><category>géopolitique</category><category>Industrialisation</category><category>industrie manufacturière</category><category>inégalité</category><category>intégration économique</category><category>intervention sollicitée</category><category>Mali</category><category>médiation</category><category>mercenariat</category><category>mutinerie</category><category>Niger</category><category>Non-ingérence</category><category>OCDE</category><category>ordre régional</category><category>Pauvreté</category><category>Sahel puissance collective</category><category>sécurité régionale préventive</category><category>seuil de référence</category><category>souveraineté nationale</category><category>souveraineté productive</category><category>stabilisation</category><category>stabilité régionale</category><category>terrorisme</category><category>transformation productive</category><category>valeur ajoutée manufacturière.</category><pubDate>Sat, 19 Sep 2026 08:48:07 GMT</pubDate><guid isPermaLink="false">https://afrocentricity.info/?p=9266</guid><content:encoded xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"><![CDATA[<p><strong><a href="https://afrocentricity.info/files/2026/09/afrocentricity-think-tank-algerie-aes-20-09-26.jpg" data-wpel-link="exclude" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><img decoding="async" class="aligncenter size-large wp-image-9267" src="https://amaizo.info/files/2026/09/afrocentricity-think-tank-algerie-aes-20-09-26-740x416-1.jpg" alt="" width="740" height="416" /></a>Dossier Afrocentricity : AES-ALGÉRIE</strong></p>
<p><strong>L’ALGÉRIE AU NIGER ET OUVERTURE SUR L’AES : entre engagement sollicité, sécurité et stabilité régionales et souveraineté productive<br />
</strong></p>
<p><strong>Dr. Yves Ekoué AMAÏZO</strong></p>
<p>Directeur général, Afrocentricity Think Tank</p>
<p><a href="mailto:yeamaizo@afrocentricity.info">yeamaizo@afrocentricity.info</a></p>
<p style="text-align: right">19 septembre 2026</p>
<p><strong>Résumé court</strong></p>
<p>L’engagement algérien au Niger révèle une évolution vers une conception préventive et régionale de la sécurité nationale. Au-delà du volet militaire, Alger pourrait contribuer à un nouvel ordre sahélien fondé sur la médiation, l’intégration économique et la transformation productive. Cette ambition reste toutefois confrontée aux risques d’ingérence, de concurrence géopolitique et d’enlisement régional. La palabre intelligente entre les dirigeants de l’AES et l’Algérie devrait ouvrir la voie à une nouvelle doctrine de la stabilité dans le voisinage sahélien.</p>
<p><strong>Résumé exécutif</strong></p>
<p>L’engagement récent de l’Algérie au Niger soulève des questions importantes sur l’évolution de sa doctrine de sécurité et sur sa place dans les recompositions géopolitiques du Sahel. Présentée comme une intervention sollicitée par un État ami, cette implication peut être interprétée à la fois comme une mesure de sécurité régionale préventive, une action de stabilisation et une défense des intérêts nationaux algériens au-delà des frontières.</p>
<p>L’analyse montre que la politique algérienne ne s’inscrit pas nécessairement dans une logique d’interventionnisme classique. Elle semble plutôt évoluer vers une conception élargie de la sécurité nationale, dans laquelle la stabilité des États voisins devient une condition de la sécurité du territoire algérien. Cette orientation doit toutefois être conciliée avec les principes de souveraineté, de non-ingérence et de refus d’un engagement militaire durable au Sahel.</p>
<p>L’analyse est élargie aux relations entre l’Algérie et les pays de l’AES. Elle examine les possibilités d’un ordre régional plus inclusif, fondé non seulement sur la coopération sécuritaire, mais aussi sur la transformation économique, la production manufacturière, l’agro-industrie et l’intégration des chaînes de valeur. Les trajectoires du Maroc et de l’Ouganda sont mobilisées comme références comparatives pour réfléchir aux conditions d’une industrialisation progressive.</p>
<p>Enfin, le texte envisage un rôle accru de l’Algérie comme facilitateur et médiateur au Sahel. La consolidation de cette fonction dépendrait de sa capacité à éviter l’enlisement militaire, à maintenir une position d’équilibre entre les puissances extérieures et à proposer, avec les États sahéliens, un projet commun de souveraineté régionale et de transformation productive.</p>
<hr />
<h3>0. Introduction : coup d’Etat avorté au Niger</h3>
<p>Les 28–29 août 2026, une faction mutine des forces armées nigériennes, se présentant comme les <em>« Forces armées pour la restauration de la patrie »,</em> a tenté un coup d’État contre le Président Abdourahamane Tiani à Niamey<sup><a id="post-9266-endnote-ref-1" href="#post-9266-endnote-1">[1]</a></sup>.</p>
<p><iframe title="AES : Pourquoi la crise au Niger change TOUT" width="500" height="281" src="https://www.youtube.com/embed/88mDkKi5qWA?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<p><span style="font-family: verdana, sans-serif">D<span class="gmail_default">ébat 1 : </span></span>Ramsamy, S. (2026). «  AES : Pourquoi la crise au Niger change TOUT ». Débat de Samantha Ramsamy. In <i><a href="http://www.youtube.com/" target="_blank" rel="noopener external noreferrer" data-saferedirecturl="https://www.google.com/url?q=http://www.youtube.com&amp;source=gmail&amp;ust=1789888672155000&amp;usg=AOvVaw1LKKxmSMm9Scil_Eb4xfSr" data-wpel-link="external" class="ext-link wpel-icon-right">www.youtube.com<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a><span class="gmail_default">.</span></i> Accédé le 2 septembre 2026. Voir <b><a href="https://youtu.be/88mDkKi5qWA?is=3iGVJoie4lBe92Xv" target="_blank" rel="noopener external noreferrer" data-saferedirecturl="https://www.google.com/url?q=https://youtu.be/88mDkKi5qWA?is%3D3iGVJoie4lBe92Xv&amp;source=gmail&amp;ust=1789888672155000&amp;usg=AOvVaw2gqdIOK3wEcBqTRVkVIdrJ" data-wpel-link="external" class="ext-link wpel-icon-right">https://youtu.be/88mDkKi5qWA?is=3iGVJoie4lBe92Xv<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> et <a href="https://www.youtube.com/watch?v=88mDkKi5qWA" target="_blank" rel="noopener external noreferrer" data-saferedirecturl="https://www.google.com/url?q=https://www.youtube.com/watch?v%3D88mDkKi5qWA&amp;source=gmail&amp;ust=1789888672155000&amp;usg=AOvVaw23Dv96XmVa_R9ErsRfhcty" data-wpel-link="external" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.youtube.com/watch?v=88mDkKi5qWA<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a></b></p>
<p><iframe title="Après le Niger, l&#039;Algérie prête à verrouiller la sécurité du Mali ?" width="500" height="281" src="https://www.youtube.com/embed/Kkq3eoUFLLk?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<p><span style="font-family: verdana, sans-serif">D<span class="gmail_default">ébat 2 : </span></span>  Ramsamy, S. (2026). « Après le Niger, l&rsquo;Algérie prête à verrouiller la sécurité du Mali ? ». Débat de Samantha Ramsamy. In <i><a href="http://www.youtube.com/" target="_blank" rel="noopener external noreferrer" data-saferedirecturl="https://www.google.com/url?q=http://www.youtube.com&amp;source=gmail&amp;ust=1789888672155000&amp;usg=AOvVaw1LKKxmSMm9Scil_Eb4xfSr" data-wpel-link="external" class="ext-link wpel-icon-right">www.youtube.com<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a><span class="gmail_default">.</span></i> Accédé le 2 septembre 2026. Voir <b><a href="https://www.youtube.com/watch?v=Kkq3eoUFLLk" target="_blank" rel="noopener external noreferrer" data-saferedirecturl="https://www.google.com/url?q=https://www.youtube.com/watch?v%3DKkq3eoUFLLk&amp;source=gmail&amp;ust=1789888672155000&amp;usg=AOvVaw2ptu04QaYepxpcI5WXSejv" data-wpel-link="external" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.youtube.com/watch?v=Kkq3eoUFLLk<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a></b></p>
<p>Des combats et des explosions ont été signalés près de l’aéroport international, du palais présidentiel et des locaux de la radio-télévision nationale. Les autorités ont affirmé avoir repoussé la mutinerie, avec l’appui de la garde présidentielle et de forces russes (Africa Corps) pour reprendre la base aérienne 101. Il y a eu plusieurs blessés et des morts de part et d’autre, sauf qu’aucune communication crédible n’a été faite à ce sujet.</p>
<p>Le Gouvernement du Niger a présenté l’événement comme une tentative de déstabilisation interne, et non comme un renversement réussi du régime. L’Algérie a ensuite déployé des avions de combat le 31 août 2026, à la demande des autorités nigériennes, pour <em>« prévenir d’éventuelles attaques »</em> et soutenir la stabilité du pays.</p>
<p>L’intervention militaire algérienne au Niger a eu lieu au Niger le 31 août 2026, lorsque l’Algérie a déployé des avions de combat et des appareils de soutien à la demande des autorités nigériennes, ce dans le contexte d’une tentative de mutinerie à Niamey. Cette tentative a avorté. On attend des révélations sur la nationalité des armes utilisées, la source des financements, les équipements de télécommunications utilisées par les « nouveaux putschistes », le retard de la sécurité russe à <em>« donner l’alarme »,</em> à moins qu’il ne s’agisse d’une volonté de fragiliser la tête de l’exécutif du Niger, voir le Général Abdourahamane Tiani et Président du Niger.</p>
<p>Avec l’intervention de l’Algérie au Niger, en complément opportuniste d’Africa Corps de la Russie, il est possible de s’interroger sur l’évolution de la doctrine militaire algérienne, sa sécurité au Sahel dans le cadre d’une sécurité régionale avec en filigrane sa propre sécurité nationale. Il s’agit là d’un changement radical avec des interventions extérieures ciblées et limitées sur la base d’une requête officielle du Niger. Mais, la compétition d’influence régionale et les dynamiques de médiation pourrait servir stratégiquement à consolider le rôle de l’Algérie comme une puissance régionale<sup><a id="post-9266-endnote-ref-2" href="#post-9266-endnote-2">[2]</a></sup>, surtout face au silence de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>, et des pays de la sous-région.</p>
<p>Le rôle de l’Algérie<sup><a id="post-9266-endnote-ref-3" href="#post-9266-endnote-3">[3]</a></sup> est particulièrement intéressant à observer dans la sous-région, ce dans le cadre des enjeux de puissance.</p>
<h3>1. Intervention à la « demande officielle » d’un Etat ami</h3>
<p>La révision constitutionnelle de 2020 en Algérie a introduit une évolution importante. Elle a ouvert la possibilité, sous conditions politiques et institutionnelles, de déployer des forces algériennes hors du territoire national. Cette évolution ne signifie pas l’adoption d’une doctrine interventionniste. Elle fournit plutôt une base juridique à des opérations limitées : maintien de la paix, soutien sécuritaire régional, assistance à un État voisin ou action rendue nécessaire par une menace immédiate aux frontières algériennes.</p>
<p>Le cas nigérien illustre cette transformation. Si un soutien militaire algérien a effectivement été fourni à la demande des autorités nigériennes dans un contexte de déstabilisation interne, il doit être compris comme une assistance défensive et circonscrite, et non comme l’amorce d’une présence militaire permanente au Sahel. La logique serait celle d’une intervention avec consentement de l’État concerné, ce qui distingue juridiquement et politiquement l’opération d’une intervention imposée ou d’une occupation.</p>
<p>La difficulté réside néanmoins dans la notion même de <em>« demande ou requête officielle ».</em> En période de tentative de coup d’État ou de crise de légitimité, il est essentiel de déterminer quelle autorité est habilitée à solliciter une assistance extérieure. Si le pouvoir reconnu est affaibli ou renversé, le consentement peut devenir juridiquement contestable et politiquement explosif. Alger devra donc éviter toute action pouvant être interprétée comme un soutien à une faction dans un conflit interne. Sa marge d’action dépend ainsi de la clarté du mandat, du consentement nigérien, de la durée de l’engagement et de son caractère strictement limité.</p>
<h3>2. La doctrine de l’engagement sécurité régionale préventive : l’exception comme droit commun ?</h3>
<p>Depuis l’indépendance en 1962 à nos jours (2026), la politique militaire algérienne repose sur une ligne générale de non-intervention extérieure. Cette orientation découle directement de l’histoire nationale : la guerre de libération, le refus de la domination coloniale, l’attachement à l’autodétermination des peuples et la méfiance envers les alliances militaires susceptibles de limiter l’autonomie stratégique du pays. L’Algérie a donc traditionnellement privilégié la défense territoriale, la protection de ses frontières et le règlement diplomatique des crises régionales.</p>
<p>Cette doctrine n’a toutefois jamais été totalement absolue. L’Algérie a envoyé des forces hors de ses frontières dans des circonstances exceptionnelles. Les cas les mieux établis concernent les guerres israélo-arabes de 1967 et 1973, lorsque l’Algérie a soutenu l’Égypte dans le cadre de la solidarité arabe contre Israël. Elle a également participé à plusieurs opérations internationales de maintien de la paix, sous mandat de l’Organisation des Nations unies, notamment dans des contextes africains et asiatiques.</p>
<p>Ces précédents ne correspondent pas à une stratégie régulière de projection de puissance. En 1967 et 1973, il s’agissait d’un engagement lié à un conflit régional majeur contre l’Etat d’Israël et à une solidarité politique arabe. Dans le cadre des opérations de paix, les déploiements relevaient principalement d’un mandat international, et non d’une initiative militaire unilatérale d’Alger. L’Algérie n’a donc pas développé un modèle comparable à celui de puissances qui entretiennent des bases permanentes à l’étranger ou mènent régulièrement des opérations extérieures. L’Algérie a toujours privilégiée une doctrine articulée autour de cinq principes essentiels :</p>
<ul>
<li>la défense du territoire national et de la souveraineté nationale ;</li>
<li>la priorité à l’intégrité territoriale, avec la sécurisation des frontières terrestres, maritimes et aériennes et aujourd’hui des données ;</li>
<li>la priorité au non-alignement et à la non-ingérence, et le respect de la souveraineté des autres Etats ;</li>
<li>le refus de l’ingérence, de l’emploi offensif de la force hors du territoire et de l’engagement hors frontières sauf exception ;</li>
<li>la préservation de la stabilité régionale, et donc de l’engagement hors frontières, lorsque celle-ci conditionne directement la sécurité nationale algérienne.</li>
</ul>
<p>La doctrine actuelle de l’Algérie reste officiellement non interventionniste, mais l’affaire du Niger montre qu’elle peut accepter une intervention extérieure limitée, à la demande d’un État voisin, lorsqu’Alger estime que sa propre sécurité et la stabilité régionale sont en jeu.</p>
<p>La doctrine militaire actuelle de l’Algérie a été respectée pour le Niger. Sauf que le problème de la requête officielle d’un Etat peut poser problème : qu’aurait fait l’Algérie si le coup d’Etat avait réussi au Niger et que le « nouveau » pouvoir avait demandé l’assistance d’Alger tout en garantissant les intérêts d’Alger ?</p>
<p>Si l’intervention militaire hors des frontières algériennes constituaient l’exception dans la doctrine, le nouvel engagement de l’Algérie ouvre une boite de pandore où l’exception pourrait devenir un droit commun dans la région du Sahel et fonder un renouveau d’une puissance régionale qui veut stabiliser l’espace pour soutenir et réussir les projets structurants de développement et de souveraineté.</p>
<p>L’Algérie conserve officiellement une doctrine de non-ingérence, centrée sur la défense du territoire, la souveraineté et le non-alignement. Toutefois, la dégradation sécuritaire au Sahel, notamment au Niger, favorise une évolution vers une logique de sécurité régionale préventive, autorisant un soutien extérieur limité lorsque les intérêts algériens sont directement menacés. Alger cherche ainsi à préserver son rôle régional sans devenir une puissance expéditionnaire, ni le relais sécuritaire d’acteurs étrangers.</p>
<h3>3. Sécurités et intérêts économiques : sortir de l’approche du « tout militaire »</h3>
<p>L’implication accrue de l’Algérie dans son environnement sahélien répond d’abord à une logique de sécurité nationale. Le Niger partage une longue frontière avec l’Algérie et occupe une position décisive dans l’équilibre du Sahara central. Une dégradation durable de la situation nigérienne risquerait de renforcer les circulations transfrontalières d’armes, de groupes armés, de trafiquants, de mercenaires, de djihadistes, de combattants divers et variés, voire de réseaux de criminels, agissant pour leur propre compte ou pour le compte de tiers.</p>
<p>Pour Alger, la stabilité du Niger ne relève donc pas seulement de la solidarité régionale. Elle constitue une extension directe de la sécurité de la frontière méridionale algérienne. Cette approche peut être définie comme une doctrine de sécurité avancée : il ne s’agit pas d’attendre qu’une menace franchisse la frontière, mais de contribuer, en amont et de manière limitée, à empêcher sa consolidation dans les espaces voisins.</p>
<p>Cette logique est renforcée par les crises multiples qui traversent le Sahel : affaiblissement institutionnel, coups d’État, insurrections armées, trafics transfrontaliers, rivalités communautaires, déplacements de populations et compétition entre puissances extérieures. L’effondrement ou la fragilisation durable d’un État voisin créerait une pression sécuritaire considérable sur le sud algérien.</p>
<p>Les enjeux économiques complètent cette dimension sécuritaire. Le projet de gazoduc transsaharien, envisagé entre le Nigeria, le Niger et l’Algérie, représente un intérêt stratégique majeur. Ce corridor pourrait, à terme, relier les importantes ressources gazières nigérianes aux infrastructures algériennes et aux marchés européens. Sa réalisation dépend toutefois d’un minimum de stabilité politique et sécuritaire tout au long de son tracé.</p>
<p>La sécurisation de ce projet ne suffit pas, à elle seule, à expliquer l’intérêt algérien pour le Niger. Néanmoins, elle constitue un levier structurant. La stabilité nigérienne protège simultanément plusieurs intérêts : les frontières, les routes commerciales, les infrastructures futures, la crédibilité des grands corridors africains et la place de l’Algérie comme plateforme énergétique méditerranéenne.</p>
<p>L’action algérienne peut donc être lue à deux niveaux :</p>
<ul>
<li>à court terme, elle vise à limiter les risques sécuritaires immédiats et à prioriser la stabilité des Etats pour sortir de l’approche du « tout militaire » qui tarde à donner des résultats probants en termes sécuritaires et en termes de développement humain<sup><a id="post-9266-endnote-ref-4" href="#post-9266-endnote-4">[4]</a></sup> ;</li>
<li>à moyen et long termes, elle contribue à préserver les conditions politiques nécessaires aux projets d’intégration économique et énergétique entre l’Afrique de l’Ouest, le Sahel, la Méditerranée et l’Union européenne.</li>
</ul>
<h3>4. Algérie et AES, nouvelles dynamiques régionales au Sahel : vers un ordre régional « inclusif »</h3>
<p>Dans le contexte des recompositions géopolitiques en cours au Sahel et en Afrique du Nord, l’Algérie apparaît comme un acteur incontournable de toute stratégie durable de stabilisation et de transformation économique régionale. Par sa position géographique, sa capacité énergétique, son poids démographique et son expérience diplomatique, elle constitue un partenaire naturel des pays de l’AES. Toutefois, une stratégie régionale crédible ne saurait reposer sur une logique d’exclusivité. Elle doit au contraire s’inscrire dans une approche pragmatique fondée sur la coexistence et la complémentarité avec les différentes puissances extérieures présentes dans la région. L’enjeu consiste moins à remplacer des partenariats existants qu’à construire un projet de développement porté prioritairement par les intérêts économiques et stratégiques des pays de l’AES et de l’Algérie. L’Algérie devient de fait un acteur incontournable, et ne se prive pas de structurer des cohabitations réalistes avec les puissances extérieures. Il est question de stopper la <em>« guerre froide du Sahe<sup><a id="post-9266-endnote-ref-5" href="#post-9266-endnote-5">[5]</a></sup>l ».</em></p>
<p><strong>4.1 Algérie, acteur incontournable</strong></p>
<p>L’Algérie cherche à conserver une place d’acteur pivot et incontournable dans l’espace sahélo-saharien, tant sur les plans de la sécurité, de la stabilisation et de la construction de la paix à partir du développement économique. Sa géographie, ses capacités militaires, sa profondeur territoriale, son expérience diplomatique et son rôle historique dans plusieurs médiations régionales lui donnent un avantage compétitif certain. Toutefois, son influence est aujourd’hui confrontée à la montée de l’Alliance des États du Sahel — Niger, Mali et Burkina Faso — ainsi qu’à la redéfinition des partenariats sécuritaires de ces États,  rappelant l’urgence de la souveraineté et de la non-ingérence dans leurs affaires.</p>
<p>Les relations entre Alger et les pays de l’AES sont complexes. L’Algérie partage d’importantes frontières communes avec eux et une préoccupation commune pour la souveraineté et la réduction de certaines dépendances extérieures. Cependant, des divergences existent quant aux méthodes de stabilisation, à la gestion des rébellions, aux rapports avec les acteurs internationaux et aux priorités nationales de chaque gouvernement.</p>
<p>Le contraste entre le Niger et le Mali est particulièrement révélateur. Au Niger, Alger peut apparaître comme un voisin directement concerné par la stabilité du régime et par la prévention d’une crise pouvant atteindre sa frontière. Au Mali, les tensions autour de la mise en œuvre des accords de paix, de la question touarègue et du rôle de la médiation algérienne<sup><a id="post-9266-endnote-ref-6" href="#post-9266-endnote-6">[6]</a></sup> ont réduit la marge de manœuvre d’Alger<sup><a id="post-9266-endnote-ref-7" href="#post-9266-endnote-7">[7]</a></sup>. Le rôle traditionnel de facilitateur algérien reste reconnu, mais il est également contesté par certains acteurs maliens qui y voient une influence trop importante dans leurs affaires internes. Alger logeant des opposants politiques au régime de Bamako est encore parfois considéré comme juge et parti, même si les relations sont en mode « décongélation avancée ».</p>
<p>Dans ce contexte, Alger doit convaincre les membres de l’AES que son action n’est ni une tentative de contrôle ni une politique d’alignement sur une puissance étrangère. Son objectif est de maintenir une relation fonctionnelle avec ces gouvernements, tout en évitant que l’espace sahélien ne soit exclusivement structuré par d’autres partenaires sécuritaires ou économiques. Il va de soi que le partage équitables des recettes tirées des importants investissements en cours pourraient mettre tout le monde d’accord ? et neutraliser le <em>« diviser pour régner » </em>des puissances non africaines vers d’autres espaces d’opération.</p>
<p>La compétition régionale dépasse largement le champ militaire. La Russie renforce son influence par les livraisons d’armes, la formation, l’assistance sécuritaire et la présence de l’Africa Corps<sup><a id="post-9266-endnote-ref-8" href="#post-9266-endnote-8">[8]</a></sup>. La France, après le recul de ses opérations militaires et le retrait forcé de plusieurs pays sahéliens, conserve certains leviers diplomatiques et économiques, mais son influence sécuritaire directe a fortement diminué. La Turquie développe ses exportations de défense, ses drones, ses relations commerciales et ses partenariats de formation. Les Émirats arabes unis disposent de moyens financiers, logistiques et commerciaux importants. Le Maroc, enfin, progresse à travers les banques, les télécommunications, les investissements, les corridors commerciaux et son initiative atlantique destinée à désenclaver les États sahéliens. Les Occidentaux ne doivent pas oublier que l’essentiel de la déstabilisation et de la crise sahéliennes relèvent d’abord de leur responsabilité avec une intervention hasardeuse en Libye<sup><a id="post-9266-endnote-ref-9" href="#post-9266-endnote-9">[9]</a></sup> qui a déstabilisé et divisé ce pays jusqu’à ce jour. Aussi, au lieu de jouer dans la cour de la capacité de nuisance, chacun pourrait faire amende honorable et soutenir la démarche de reconstruction en profondeur de la stabilité régionale au Sahel à partir des projets de développements structurants et de création d’emplois décents.</p>
<p>L’enjeu ne doit plus être un marché d’influence mais un marché économique de complémentarité, conjugaison et coordination des ressources, des intelligences collectives en soutien à la paix. Ce ne sont pas les projets qui manquent mais la volonté de fournir des ressources, des technologies, des infrastructures, des contrats sécuritaires, des routes commerciales, des accès portuaires et ferroviaires, des projets énergétiques, de la lutte contre la désertification et le changement climatique et des solutions aux migrants climatiques… C’est donc une véritable rupture avec un passé d’ingérence qui doit avoir lieu pour une nouvelle définition d’un ordre régional inclusif. Cette rupture avec l’ordre ancien peut reposer sur les progrès réels du Niger.</p>
<p><strong>4.2</strong> <strong>Cohabitations réalistes avec les puissances extérieures</strong></p>
<p>Face à cette concurrence, l’Algérie cherche une voie intermédiaire. Elle ne veut ni abandonner son rôle régional ni s’enliser dans des guerres prolongées. Elle privilégie donc une présence discrète, défensive, diplomatique et pragmatique. Son modèle n’est pas celui d’une intervention militaire massive, mais celui d’une influence fondée sur la proximité géographique, la sécurité frontalière, les relations bilatérales et la médiation.</p>
<p>La présence russe au Sahel constitue une donnée majeure. Alger entretient historiquement des relations militaires et politiques importantes avec Moscou. Toutefois, une convergence avec la Russie ne signifie pas automatiquement une coopération opérationnelle directe avec l’Africa Corps dans chaque pays sahélien. Dans le cas nigérien, il convient de distinguer une convergence d’intérêts — soutien à la stabilité du pouvoir en place et lutte contre la déstabilisation — d’un commandement conjoint ou d’une opération militaire algéro-russe formellement établie.</p>
<p>L’Algérie reste attentive à son autonomie stratégique<sup><a id="post-9266-endnote-ref-10" href="#post-9266-endnote-10">[10]</a></sup>. Elle ne souhaite pas être confondue avec une force étrangère, qu’elle soit russe, occidentale, turque ou émiratie. Devenir le prolongement sécuritaire d’une puissance extérieure serait contradictoire avec les fondements mêmes de sa diplomatie : souveraineté, non-alignement et refus de la sous-traitance politique.</p>
<p>Son rôle de stabilisateur comporte néanmoins des risques. Une implication trop visible dans les crises intérieures sahéliennes pourrait susciter la méfiance des populations ou des autorités locales. Elle pourrait aussi exposer Alger à des accusations de partialité, particulièrement dans des contextes où la frontière entre assistance sécuritaire, soutien politique et ingérence peut devenir floue. Le principal danger serait l’enlisement : être entraînée dans des conflits qu’elle ne maîtrise pas, supporter un coût politique et militaire croissant, et perdre son image de médiateur relativement neutre.</p>
<h3>5. Des progrès réels du Niger, mais encore insuffisants pour garantir la stabilité durable</h3>
<p>L&rsquo;histoire récente du Niger montre un paradoxe souvent ignoré dans les débats politiques. Depuis le début des années 2000, plusieurs indicateurs socio-économiques ont progressé de manière significative. Pourtant, ces avancées n&rsquo;ont pas permis de réduire suffisamment les vulnérabilités structurelles du pays ni de consolider durablement la cohésion nationale. Cette situation justifie aujourd&rsquo;hui l&rsquo;ouverture d&rsquo;une conférence nationale inclusive afin de construire un nouveau consensus autour des priorités nationales.</p>
<p>Le <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym> par habitant du Niger est passé de près de 194 dollars américains (USD) en 2000 à plus de 775 USD en 2025<sup><a id="post-9266-endnote-ref-11" href="#post-9266-endnote-11">[11]</a></sup>, soit une multiplication par près de quatre en vingt-cinq ans<sup><a id="post-9266-endnote-ref-12" href="#post-9266-endnote-12">[12]</a></sup>. Toutefois, malgré cette amélioration, le Niger demeure parmi les pays les plus pauvres du monde<sup><a id="post-9266-endnote-ref-13" href="#post-9266-endnote-13">[13]</a></sup>.</p>
<p>L&rsquo;Indice de Développement Humain (IDH) a également progressé, passant d&rsquo;environ 0,27 en 2000 à 0,42 en 2023, soit une hausse de plus de 55 %<sup><a id="post-9266-endnote-ref-14" href="#post-9266-endnote-14">[14]</a></sup>. Cette progression traduit des améliorations dans l&rsquo;espérance de vie, l&rsquo;accès à l&rsquo;éducation et le revenu. Néanmoins, le Niger reste classé dans la catégorie des pays à faible développement humain<sup><a id="post-9266-endnote-ref-15" href="#post-9266-endnote-15">[15]</a></sup>.</p>
<p>L&rsquo;accès à l&rsquo;électricité<sup><a id="post-9266-endnote-ref-16" href="#post-9266-endnote-16">[16]</a></sup> constitue un autre exemple de progrès notable. En 2000, 6,5 % de la population avait accès à l&rsquo;électricité. En 2024, ce taux atteignait 21,3 %. Cette évolution représente un triplement du taux d&rsquo;accès, mais signifie également que près de quatre Nigériens sur cinq restent privés d&rsquo;électricité<sup><a id="post-9266-endnote-ref-17" href="#post-9266-endnote-17">[17]</a></sup>.</p>
<p>Dans l&rsquo;éducation<sup><a id="post-9266-endnote-ref-18" href="#post-9266-endnote-18">[18]</a></sup>, le taux brut de scolarisation dans l&rsquo;enseignement secondaire est passé d&rsquo;environ 6 % en 2000 à 20 % en 2024<sup><a id="post-9266-endnote-ref-19" href="#post-9266-endnote-19">[19]</a></sup>. Là encore, le progrès est réel mais demeure insuffisant pour répondre aux besoins d&rsquo;une population dont plus de la moitié a moins de vingt ans.</p>
<p>En matière de pauvreté, les avancées sont plus limitées. Selon les données disponibles de la <acronym title="Banque internationale pour la reconstruction et  le développement">Banque mondiale</acronym>, le taux de pauvreté national était encore de 41,2 % en 2021<sup><a id="post-9266-endnote-ref-20" href="#post-9266-endnote-20">[20]</a></sup>. Avec 83,8 % en 2005, le Niger est passé en 2021 à 60,5 % de la population du Niger qui vit avec moins de 3 dollars internationaux par jour, corrigés des différences de coût de la vie entre les pays selon les parités de pouvoir d&rsquo;achat (PPA) de 2021. Autrement dit, si le Niger comptait 100 habitants en 2021, environ 61 personnes disposeraient d&rsquo;un niveau de consommation ou de revenu inférieur au seuil international de pauvreté de 3 USD, soit 1 750 Franc <acronym title="Communauté Financière Africaine">CFA</acronym> (XOF) par jour (Parité du pouvoir d’achat (PPA) 2021)<sup><a id="post-9266-endnote-ref-21" href="#post-9266-endnote-21">[21]</a></sup>. Vivre avec moins de 52 500 Franc <acronym title="Communauté Financière Africaine">CFA</acronym> (XOF) par personne et par mois demeure la réalité pour beaucoup de citoyennes et citoyens nigériens. La croissance économique tant vantée par les gouvernements successifs n&rsquo;a donc pas encore produit les effets attendus en termes de ruissellement, encore moins en matière d&rsquo;inclusion sociale et de réduction des inégalités.</p>
<p>En 2021, le Niger affichait un indice de Gini de 32,9<sup><a id="post-9266-endnote-ref-22" href="#post-9266-endnote-22">[22]</a></sup>, -inférieur à celui du Mali avec 35,7 et du Burkina Faso avec 37,4,- traduisant une distribution des revenus relativement moins inégalitaire avant le coup d’Etat du Général Tiani du 23 juillet 2023.</p>
<p>Parallèlement, les dépenses consacrées à la sécurité et à la défense ont connu une forte augmentation au cours des dix dernières années en raison de la dégradation de l&rsquo;environnement sécuritaire sahélien, lié historiquement à l’intervention catastrophique de l’<acronym title="Organisation du traité de l\'Atlantique Nord">OTAN</acronym> en Libye et au Sahel. Cette dépense sécuritaire stratégique a réduit les marges budgétaires disponibles pour les investissements dans les secteurs sociaux, les infrastructures productives et l&rsquo;amélioration du niveau de vie des populations, et peut-être de certains militaires.</p>
<p>C&rsquo;est précisément cette tension entre impératif sécuritaire, développement économique et attentes sociales qui rend aujourd&rsquo;hui indispensable un cadre de dialogue national permettant de réajuster collectivement les priorités du Niger et assurer la redevabilité comme des preuves de transparence et d’inclusivité.</p>
<h3>6. Consensus par défaut entre l&rsquo;AES et l&rsquo;Algérie : le défi commun de la transformation manufacturière</h3>
<p>L&rsquo;un des principaux enseignements des vingt-cinq dernières années est que les économies du Sahel demeurent largement exportatrices de matières premières brutes et faiblement industrialisées.</p>
<p>La valeur ajoutée manufacturière<sup><a id="post-9266-endnote-ref-23" href="#post-9266-endnote-23">[23]</a></sup> représente la part de la richesse nationale créée par les activités de transformation industrielle. Cet indicateur est l&rsquo;un des meilleurs révélateurs de la capacité d&rsquo;un pays à transformer localement ses ressources naturelles et agricoles.<a href="https://afrocentricity.info/files/2026/09/graph-1-2026-09-19-10-17.jpg" data-wpel-link="exclude" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><img decoding="async" class="aligncenter size-large wp-image-9268" src="https://amaizo.info/files/2026/09/graph-1-2026-09-19-10-17-740x471-1.jpg" alt="" width="740" height="471" /></a></p>
<p>À partir des statistiques de la <acronym title="Banque internationale pour la reconstruction et  le développement">Banque mondiale</acronym> reproduites sous forme graphique, il est possible de présenter l&rsquo;évolution de la Valeur Ajoutée Manufacturière (VAM) en % du <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym> entre 2000 et 2024/2025 pour quelques pays choisis : l&rsquo;Algérie, le Niger, le Mali et le Burkina Faso, avec le Maroc et l&rsquo;Ouganda comme références, plusieurs enseignements stratégiques apparaissent (voir le graphique).</p>
<p><strong>6.1 Algérie versus Niger</strong></p>
<p>L&rsquo;Algérie a connu une désindustrialisation relative importante avec une VAM proche de 45 % du <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym> en 2000 pour tomber à 9,4 % du <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym> en 2024. En comparaison, le Niger en passant de 6,9 % à 9,4 % témoigne d’une industrialisation trop faible pour penser sortir de la pauvreté. Le paradoxe de l’Algérie est qu’avec un potentiel énergétique exceptionnel, un marché intérieur important, des infrastructures relativement développées, et un capital humain important et bien formé, ce pays se retrouve aujourd&rsquo;hui à des niveaux de VAM relativement proches de ceux du Niger, pays dont l&rsquo;économie demeure largement primaire. Il y a eu un problème de gouvernance économique et de changement de stratégie préjudiciable en termes d’emplois productifs. Progressivement, la richesse pétrolière a remplacé la volonté  originale d’industrialisation et toute l’écosystème nécessaire pour produire un effort manufacturier collectif. L’économie nigérienne, elle, est restée essentiellement extractive sans véritable base industrielle. Le fait qu’aucune transformation dans la chaine de valeurs « uranium » n’ait eu lieu commande de questionner le rôle de la France au Niger au cours des cinq dernières décennies.</p>
<p>Néanmoins, à la lumière du nouveau cadre proactif de coopération de bon voisinage, de respect mutuel et de partage équitable des recettes tirées des projets communs, des complémentarités sont possibles entre les deux pays. En effet, l&rsquo;Algérie peut devenir pour le Niger un véritable fournisseur d’énergie et de biens intermédiaires, ce à coût compétitif. Mais les plateformes logistiques méditerranéennes de l’Algérie pourraient améliorer la performance logistique du Niger tout en ouvrant des perspectives dans les transferts de technologies.</p>
<p>Le Niger peut raisonnablement dans une période de transition exporter et rapidement demander des partenariats « gagnant-gagnant » dans les domaines aussi variés que l’uranium, le pétrole, les mines notamment les métaux rares. Cette approche de bon voisinage ne repose plus une concurrence en interne, mais pourrait se révéler comme une approche pertinente de l’association des avantages compétitifs sans concurrence interne pour la création d’un écosystème intégré de type : infrastructure &#8211; logistique &#8211; transformation productive, pierre angulaire de la création de chaînes de valeur intégrées. Par exemple,</p>
<ul>
<li>la transformation de l’uranium nigérien en des industries spécialisées en Algérie avec des sous-traitances croisées ;</li>
<li>la transformation agro-industrielle au Niger notamment l’oignon, le niébé et le sésame pour un marché acheteur dans tout le sahel et les pays côtiers ; ou encore</li>
<li>la transformation du cuir nigérien en une industrie du cuir, de la chaussure et de l’habillement dans les deux pays et de manière décentralisée.</li>
</ul>
<p><strong>6.2 Algérie versus AES (Burkina Faso, Mali, Niger)</strong></p>
<p>Les trois pays de l&rsquo;AES présentent une VAM comprise majoritairement entre 6 % et 10 % avec un Mali qui a peu progresser, passant d’une VAM de 6,3 % à 7,3 % du <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym> en 2025. Le Burkina-Faso est en chute libre, passant d’une VAM de 15,3 % du <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym> en 2000 à de 6,6 % du <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym> en 2025. La moyenne de l’AES est trop faible, avec une VAM de 6,9 % en 2024/25. L&rsquo;Algérie, malgré son avance structurelle, converge aujourd&rsquo;hui vers les mêmes niveaux statistiques, avec 9,4 % du <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym>. Le problème majeur est que les quatre pays n&rsquo;ont pas encore transformé leurs ressources naturelles en production manufacturière. Les économies restent dominées par des produits non transformés comme : les ressources minières, les hydrocarbures, les produits bruts de l’agriculture sans transformation, et une trop faible transformation locale des matières premières. Il va de soi que le niveau de création d’emplois productives et décents demeure insignifiant.</p>
<p>Le défi commun et globale des quatre pays se résume à transformer et produire davantage localement avant d&rsquo;exporter. La réalité en 2025/26 est que la création de richesses se réalise encore trop souvent hors de la région, notamment pour les produits non transformés que sont : le pétrole, le gaz, le coton, l’or, l’uranium, le bétail et les produits agricoles non transformés.</p>
<p>L’objectif stratégique à atteindre avec un croissance économique moyenne de la VAM de 15 % du <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym>. Cet objectif cohérent est un minimum à atteindre compte tenu l’urgence de rattraper la moyenne mondiale estimée à 15,1 % en 2024 et celle de l’Afrique subsaharienne estimée à 10 % en 2025 avec une moyenne entre 2020 et 2025 de 10 %<sup><a id="post-9266-endnote-ref-24" href="#post-9266-endnote-24">[24]</a></sup>.</p>
<p>Un seuil de 15 % de VAM constituerait le fondement pour une base industrielle crédible, à savoir un niveau permettant la montée en productivité et en compétitivité tout en soutenant la concurrence et une amélioration significative de l&#8217;emploi industriel décent et non polluant.</p>
<p>Or, la croissance économique moyenne de l&rsquo;Algérie et des pays de l&rsquo;AES entre 2000 et 2025 demeure extrêmement faible. L’Algérie atteint à peine une moyenne de 2,33 % et les pays de l’AES, 4,82 % (voir le tableau suivant).</p>
<p>Le scénario réaliste pour les pays de l&rsquo;AES, s’ils maintiennent une croissance du <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym> de 4,82 %, est d’atteindre au moins une croissance manufacturière de 7 %, ce qui correspond à une moyenne des pays qui ont connu un développement accéléré tout en réalisant une transformation de leur matières premières. Or, il faut bien distinguer entre deux indicateurs importants :</p>
<p>&nbsp;</p>
<table>
<tbody>
<tr>
<td colspan="2">
<p style="text-align: center"><strong>Algérie, Burkina-Faso, Mali, Niger et moyenne des pays de l’AES : 2020 à 2025</strong></p>
<p style="text-align: center">Croissance économique moyenne du <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym> en %</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td><strong>Pays</strong></td>
<td><strong>Croissance moyenne annuelle du <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym> (%) entre 2020 &#8211; 2025</strong></td>
</tr>
<tr>
<td>Niger</td>
<td>6,95 %</td>
</tr>
<tr>
<td>Mali</td>
<td>3,6 %</td>
</tr>
<tr>
<td>Burkina Faso</td>
<td>3,93 %</td>
</tr>
<tr style="background-color: #999797">
<td><strong>AES (Mali, Niger, Burkina Faso)</strong></td>
<td><strong>4,82 %</strong></td>
</tr>
<tr style="background-color: #c7c5c5">
<td>Algérie</td>
<td>2,33 %</td>
</tr>
<tr>
<td colspan="2"><sup>Source : Élaboration de l&rsquo;auteur à partir des données de la <acronym title="Banque internationale pour la reconstruction et  le développement">Banque mondiale</acronym> : World Bank (2026). <em>World Development Indicators (WDI) (2026). « <acronym title="Gross Domestic Product">GDP</acronym> growth (annual %)</em>, 2000-2024 ». in World Bank. Accédé le 2 septembre 2026. Voir <a href="https://data.worldbank.org/indicator/NY.GDP.MKTP.KD.ZG?locations=DZ" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://data.worldbank.org/indicator/NY.GDP.MKTP.KD.ZG?locations=DZ<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a></sup></td>
</tr>
</tbody>
</table>
<ul>
<li>la part de la VAM dans le <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym> (%) quoi équivaut au niveau d&rsquo;industrialisation (voir graphique plus haut) ; et</li>
<li>la croissance de la VAM (%) qui estime le rythme annuel d&rsquo;expansion de l&rsquo;activité manufacturière.</li>
</ul>
<p>Le rythme annuel d’expansion de l’activité manufacturière doit être introduite pour évaluer la vitesse et la date approximative où les pays pourront atteindre les 15 % de part de la valeur ajoutée manufacturière et à être considéré comme entrant de plein pied dans une véritable trajectoire de l’industrialisation.</p>
<h3>7. Phase de transition : vers la transformation productive de voisinage</h3>
<p>À partir des moyennes de croissance du <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym> sur la période 2020-2025 et des niveaux de valeur ajoutée manufacturière (VAM) observés en 2024-2025, le tableau suivant met en évidence l&rsquo;effort de convergence nécessaire pour atteindre un seuil de transformation productive comparable aux économies émergentes performantes. Il permet d&rsquo;apprécier simultanément le retard de croissance économique et le déficit d&rsquo;industrialisation de l&rsquo;Algérie, des pays de l&rsquo;AES, de l&rsquo;Afrique subsaharienne et du monde. Néanmoins, il semble important de comparer et de positionner les Etats africains par rapport à la moyenne mondiale pour générer une forme d’émulation pour atteindre au moins la moyenne mondiale. Les chiffres relatifs au gap à rattraper pour atteindre deux seuils de référence tels que la croissance du <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym> à 7 % et la part de la VAM à 15 % ont été choisis pour au moins démarrer le processus (voir le tableau suivant).</p>
<table style="width: 100%">
<thead>
<tr>
<th style="width: 98.54%" colspan="7"><strong>PHASE DE TRANSITION : VERS LA TRANSFORMATION PRODUCTIVE DE VOISINAGE.</strong></p>
<p><strong>Gap à rattraper pour atteindre deux seuils de référence : croissance annuelle du <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym> à 7 % ET VAM à 15 % du <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym></strong></p>
<p>A partir de la moyenne de la croissance moyenne du <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym> de 2020-2025 et VAM de 2024/2025</th>
</tr>
<tr>
<th style="width: 15.0156%"><strong>Pays / Région</strong></th>
<th style="width: 6.88217%"><strong>VAM </strong></p>
<p><strong>(% du <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym>)</strong></th>
<th style="width: 24.2961%"><strong>Croissance moyenne du <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym> 2020-2025 (%)</strong></th>
<th style="width: 10.4275%"><strong>Objectif <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym> (%)</strong></th>
<th style="width: 10.9489%"><strong>Objectif VAM (%)</strong></th>
<th style="width: 15.0156%"><strong>Gap <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym> vers 7 % (points)</strong></th>
<th style="width: 15.9541%"><strong>Gap VAM vers 15 % (points)</strong></th>
</tr>
</thead>
<tbody>
<tr>
<td style="width: 15.0156%">Algérie</td>
<td style="background-color: #d1d1d1;text-align: center;width: 6.88217%">9,4</td>
<td style="text-align: center;width: 24.2961%">2,33</td>
<td style="text-align: center;background-color: #c9c5c5;width: 10.4275%">7,0</td>
<td style="text-align: center;width: 10.9489%">15,0</td>
<td style="text-align: center;width: 15.0156%">+4,67</td>
<td style="text-align: center;width: 15.9541%">+5,60</td>
</tr>
<tr>
<td style="width: 15.0156%">Niger</td>
<td style="background-color: #d1d1d1;text-align: center;width: 6.88217%">6,9</td>
<td style="text-align: center;width: 24.2961%">6,95</td>
<td style="text-align: center;background-color: #c9c5c5;width: 10.4275%">7,0</td>
<td style="text-align: center;width: 10.9489%">15,0</td>
<td style="text-align: center;width: 15.0156%">+0,05</td>
<td style="text-align: center;width: 15.9541%">+8,10</td>
</tr>
<tr>
<td style="width: 15.0156%">Mali</td>
<td style="background-color: #d1d1d1;text-align: center;width: 6.88217%">7,4</td>
<td style="text-align: center;width: 24.2961%">3,60</td>
<td style="text-align: center;background-color: #c9c5c5;width: 10.4275%">7,0</td>
<td style="text-align: center;width: 10.9489%">15,0</td>
<td style="text-align: center;width: 15.0156%">+3,40</td>
<td style="text-align: center;width: 15.9541%">+7,60</td>
</tr>
<tr>
<td style="width: 15.0156%">Burkina Faso</td>
<td style="background-color: #d1d1d1;text-align: center;width: 6.88217%">6,6</td>
<td style="text-align: center;width: 24.2961%">3,93</td>
<td style="text-align: center;background-color: #c9c5c5;width: 10.4275%">7,0</td>
<td style="text-align: center;width: 10.9489%">15,0</td>
<td style="text-align: center;width: 15.0156%">+3,07</td>
<td style="text-align: center;width: 15.9541%">+8,40</td>
</tr>
<tr>
<td style="width: 15.0156%"><strong>AES (moyenne)</strong></td>
<td style="background-color: #d1d1d1;text-align: center;width: 6.88217%"><strong>6,96</strong></td>
<td style="text-align: center;width: 24.2961%"><strong>4,82</strong></td>
<td style="text-align: center;background-color: #c9c5c5;width: 10.4275%"><strong>7,0</strong></td>
<td style="text-align: center;width: 10.9489%"><strong>15,0</strong></td>
<td style="text-align: center;width: 15.0156%">+2,18</td>
<td style="text-align: center;width: 15.9541%">+8,04</td>
</tr>
<tr>
<td style="width: 15.0156%">Afrique subsaharienne</td>
<td style="background-color: #d1d1d1;text-align: center;width: 6.88217%">10,0</td>
<td style="text-align: center;width: 24.2961%">4,5*</td>
<td style="text-align: center;background-color: #c9c5c5;width: 10.4275%">7,0</td>
<td style="text-align: center;width: 10.9489%">15,0</td>
<td style="text-align: center;width: 15.0156%">+3,20</td>
<td style="text-align: center;width: 15.9541%">+5,00</td>
</tr>
<tr>
<td style="width: 15.0156%">Monde</td>
<td style="background-color: #d1d1d1;text-align: center;width: 6.88217%">15,0</td>
<td style="text-align: center;width: 24.2961%">3,3**</td>
<td style="text-align: center;background-color: #c9c5c5;width: 10.4275%">7,0</td>
<td style="text-align: center;width: 10.9489%">15,0</td>
<td style="text-align: center;width: 15.0156%">+4,00</td>
<td style="text-align: center;width: 15.9541%">0,00</td>
</tr>
<tr>
<td style="width: 98.54%" colspan="7"><sup>Source: Afrocentricity Think Tank. Recalculated from: </sup><sup>World Bank (2026). <em>World Development Indicators 2026.</em> World Bank. Washington D. C. Accessed 2 September 2026. Retrieved from <a href="https://data.worldbank.org/indicator/NV.IND.MANF.ZS" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://data.worldbank.org/indicator/NV.IND.MANF.ZS<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a><br />
</sup><sup>*<acronym title="International Monetary Fund">IMF</acronym> (2026). <em>Perspectives Économiques Régionales. Afrique Subsaharienne. Des progrès durement acquis et mis à l’épreuve</em>. <acronym title="International Monetary Fund">IMF</acronym> : Washington D. C., p. 42.<br />
</sup><sup>**<acronym title="International Monetary Fund">IMF</acronym> (2026). <em>World Economic Outlook 2026. January 2026. International Monetary Fund Update. Global Economy: Steady amid Divergent Forces. </em>IMF: Washington D. C.</sup></td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p>A partir de l’écart entre la moyenne mondiale et la réalité des résultats des pays ou de la région, il est possible de se faire une idée des efforts à fournir pour atteindre les deux seuils de référence fixées pour stabiliser un écosystème de transformation productive au Sahel.</p>
<p>Le principal défi des pays de l&rsquo;AES n&rsquo;est pas tant la croissance économique que la transformation structurelle de cette croissance en activité manufacturière. Avec une croissance moyenne du <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym> de 4,82 %, l&rsquo;AES affiche déjà une dynamique supérieure à celle de l&rsquo;Algérie (2,33 %) et proche des économies africaines les plus performantes, mais sa VAM moyenne de 6,96 % du <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym> reste très inférieure au seuil de référence de 15 %.</p>
<p>Le Niger constitue le cas le plus intéressant : avec une croissance de 6,95 %, il a pratiquement atteint l&rsquo;objectif de 7 % de croissance du <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym> (gap de seulement 0,05 point), mais demeure confronté à un important déficit industriel (8,1 points de VAM à rattraper). Cela suggère que la croissance nigérienne est principalement tirée par les ressources naturelles et non par la transformation manufacturière.</p>
<p>L&rsquo;Algérie présente la situation inverse. Son niveau de VAM (9,4 %) est supérieur à celui des pays de l&rsquo;AES, mais sa croissance économique moyenne (2,33 %) révèle un déficit de dynamisme productif de 4,67 points par rapport à l&rsquo;objectif de 7 %. Le pays dispose donc d&rsquo;atouts industriels plus développés, mais doit accélérer l&rsquo;investissement et la diversification économique.</p>
<p>Le Mali et le Burkina Faso cumulent un double retard : un déficit de croissance économique (respectivement 3,40 et 3,07 points) et un déficit industriel important (7,60 et 8,40 points de VAM). Ces deux pays nécessitent simultanément des politiques de transformation productive et d&rsquo;accélération de la croissance.</p>
<p>Comparée à l&rsquo;Afrique subsaharienne, dont la VAM atteint déjà 10 % du <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym>, l&rsquo;AES accuse un retard de plus de 3 points de VAM. À l&rsquo;échelle mondiale, l&rsquo;écart est encore plus marqué puisque la moyenne mondiale atteint déjà 15 %, niveau retenu comme référence.</p>
<p>L&rsquo;enseignement central est que l&rsquo;objectif stratégique de l&rsquo;AES ne doit pas se limiter à porter la croissance économique à 7 %, mais surtout à doubler pratiquement la contribution manufacturière au <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym>. L&rsquo;intégration productive entre l&rsquo;Algérie et l&rsquo;AES pourrait constituer un levier majeur : l&rsquo;Algérie apportant l&rsquo;énergie, les infrastructures et certaines capacités industrielles, tandis que les pays de l&rsquo;AES apporteraient leurs ressources minières, agricoles et leur dynamique de croissance.</p>
<p>Ainsi, le véritable enjeu des dix à quinze prochaines années n&rsquo;est pas seulement de croître davantage, mais de faire en sorte que cette croissance repose de plus en plus sur la transformation locale des matières premières, l&rsquo;agro-industrie, la transformation minière et la création de chaînes de valeur régionales capables de porter progressivement la VAM régionale vers le seuil de <strong>15 % du <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym></strong>. Cette phase de rattrapage correspond à une phase de transition vers la transformation productive de voisinage.</p>
<h3>8. Trajectoire indicative de convergence vers les seuils de référence de transformation productive</h3>
<p>En prenant comme point de départ une VAM moyenne de 6,96 % du <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym> pour l&rsquo;AES en 2024-2025 et un objectif de 7 % de croissance annuelle du <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym>, une stratégie industrielle coordonnée pourrait permettre une montée progressive de la valeur ajoutée manufacturière à travers trois paliers successifs. Cette trajectoire suppose que la croissance manufacturière progresse plus rapidement que la croissance globale du <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym> grâce au développement des chaînes de valeur régionales, à l&rsquo;agro-industrie, à la transformation minière et à l&rsquo;intégration économique avec l&rsquo;Algérie.</p>
<table>
<tbody>
<tr style="background-color: #c9c9c9">
<td colspan="4">
<p style="text-align: center"><strong>TROIS PHASES POUR LA TRANSITION VERS LA TRANSFORMATION PRODUCTIVE</strong></p>
</td>
</tr>
<tr style="background-color: #c9c9c9">
<td><strong>Trois (3) Phases pour la transition vers la transformation productive</strong></td>
<td style="text-align: center"><strong>Part de la VAM dans le <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym></strong></td>
<td style="text-align: center"><strong>Horizon cible</strong></td>
<td style="text-align: center"><strong>Croissance moyenne</strong></p>
<p><strong>du <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym> requise</strong></td>
</tr>
<tr>
<td>Phase 1 : Industrialisation émergente</td>
<td style="text-align: center">10 %</td>
<td style="text-align: center">2030</td>
<td style="text-align: center">≈ 6,0 %</td>
</tr>
<tr>
<td>Phase 2 : Industrialisation intermédiaire</td>
<td style="text-align: center">12 %</td>
<td style="text-align: center">2035</td>
<td style="text-align: center">≈ 6,5 %</td>
</tr>
<tr>
<td>Phase 3 : Transformation productive avancée</td>
<td style="text-align: center">15 %</td>
<td style="text-align: center">2040</td>
<td style="text-align: center">≥ 7,0 %</td>
</tr>
<tr>
<td colspan="4"><sup>© Afrocentricity Think Tank</sup></td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p>Les trois phases suivantes sont proposées :</p>
<ul>
<li><strong>10 % de VAM en 2030</strong> constituerait le premier seuil de rattrapage et permettrait à l&rsquo;AES de rejoindre approximativement le niveau actuel de l&rsquo;Afrique subsaharienne. Cet objectif pourrait être atteint avec une croissance économique proche de <strong>6 % par an</strong>, soutenue par une amélioration des infrastructures de communication, de logistique et de la digitalisation servant alors d’effet de levier pour les industries agroalimentaires, les matériaux de construction et la première transformation minière, et les équipements médicaux.</li>
<li><strong>12 % de VAM en 2035</strong> marquerait l&rsquo;entrée dans une phase d&rsquo;industrialisation intermédiaire fondée sur des chaînes de valeur régionales plus intégrées. Une croissance économique moyenne de l&rsquo;ordre de <strong>6,5 % par an</strong> serait nécessaire pour soutenir cette montée en gamme.</li>
<li><strong>15 % de VAM en 2040</strong> correspondrait à un niveau proche de la moyenne mondiale actuelle et traduirait une véritable transformation productive des économies de l&rsquo;AES. Ce scénario supposerait d&rsquo;atteindre durablement une croissance économique d&rsquo;au moins <strong>7 % par an</strong>, tout en maintenant une croissance manufacturière supérieure à celle du <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym>.</li>
</ul>
<p>La transition vers une transformation productive de voisinage pourrait être structurée autour de trois étapes successives : atteindre 10 % de valeur ajoutée manufacturière dans le <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym> à l&rsquo;horizon 2030, 12 % en 2035 et 15 % en 2040. Cette trajectoire implique une accélération progressive de la croissance économique régionale vers le seuil de 7 % par an, mais surtout une croissance durable de l&rsquo;industrie manufacturière supérieure à celle du <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym>. L&rsquo;enjeu principal n&rsquo;est donc pas seulement d&rsquo;augmenter la croissance, mais de modifier sa structure afin que celle-ci repose davantage sur la transformation locale des ressources naturelles, l&rsquo;agro-industrie, la transformation minière et les chaînes de valeur régionales entre l&rsquo;Algérie et les pays de l&rsquo;AES.</p>
<p>Avec une valeur ajoutée manufacturière moyenne estimée à 6,96 % du <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym>, les pays de l&rsquo;AES se situent en dessous de la moyenne de l&rsquo;Afrique subsaharienne (10 %) et à moins de la moitié du niveau de référence mondial (15 %). Une trajectoire réaliste de transformation productive pourrait être structurée en trois étapes successives : atteindre 10 % de VAM à l&rsquo;horizon 2030, afin de converger vers la moyenne actuelle de l&rsquo;Afrique subsaharienne ; 12 % à l&rsquo;horizon 2035, correspondant à une phase d&rsquo;industrialisation intermédiaire fondée sur le développement des chaînes de valeur régionales ; puis 15 % à l&rsquo;horizon 2040, seuil correspondant à la moyenne mondiale actuelle. Cette progression graduelle ferait de l&rsquo;objectif de 15 % non seulement un indicateur de transformation structurelle des économies de l&rsquo;AES, mais également un marqueur de convergence vers les standards internationaux de développement industriel.</p>
<h3>9. Le Maroc : une trajectoire de référence pour la transformation productive</h3>
<p>Le graphique met en évidence la singularité du Maroc parmi les pays africains comparés. Alors que l&rsquo;Algérie, le Niger, le Mali et le Burkina Faso affichent des niveaux de valeur ajoutée manufacturière (VAM) compris entre 6 % et 10 % du <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym>, le Maroc a maintenu sur une longue période une VAM relativement stable autour de 14 % à 18 % du <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym>, soit un niveau proche de la moyenne mondiale actuelle. Cette performance n&rsquo;est pas le résultat d&rsquo;initiatives sectorielles isolées, mais d&rsquo;une succession de stratégies industrielles cohérentes mises en œuvre sur près de deux décennies.</p>
<p><strong>9.1</strong> <strong>Le Pacte Émergence (2005-2009)</strong> a marqué une première étape en ciblant quelques secteurs moteurs à fort potentiel, notamment l&rsquo;automobile, l&rsquo;aéronautique, l&rsquo;offshoring et l&rsquo;agro-industrie. Cette approche a permis de concentrer les investissements et de créer des avantages compétitifs dans des filières sélectionnées.</p>
<p><strong>9.2</strong> <strong>Le Plan National d&rsquo;Émergence Industrielle (2010-2014)</strong> a ensuite renforcé cette dynamique à travers le développement de plateformes industrielles intégrées, de zones franches et d&rsquo;écosystèmes productifs capables d&rsquo;attirer les investissements nationaux et internationaux. L&rsquo;objectif n&rsquo;était plus seulement de produire, mais de structurer un environnement favorable à l&rsquo;ensemble de la chaîne de valeur.</p>
<p>Cette stratégie a été approfondie par le Plan d&rsquo;Accélération Industrielle (2014-2020), qui a favorisé une intégration locale plus importante des activités productives, une montée en gamme technologique et une forte progression des exportations manufacturières. Le Maroc est ainsi passé d&rsquo;une logique de production à une logique d&rsquo;écosystèmes industriels intégrés, reliés aux marchés régionaux et mondiaux.</p>
<p>Pour l&rsquo;Algérie et les pays de l&rsquo;AES, la principale leçon du modèle marocain est que la transformation productive ne repose pas sur la multiplication d&rsquo;usines isolées, mais sur la construction d&rsquo;écosystèmes industriels complets associant infrastructures, logistique, sous-traitance, formation, financements et accès aux marchés. Dans cette perspective, l&rsquo;objectif proposé de faire passer progressivement la VAM de l&rsquo;AES de 6,96 % aujourd&rsquo;hui à 10 % en 2030, 12 % en 2035 puis 15 % en 2040 pourrait être atteint grâce au développement de pôles industriels régionaux, de clusters sectoriels et de chaînes de valeur transfrontalières entre l&rsquo;Algérie, le Niger, le Mali et le Burkina Faso. L&rsquo;expérience marocaine montre ainsi qu&rsquo;une stratégie industrielle de long terme, articulée autour de programmes quinquennaux successifs, peut permettre d&rsquo;accroître durablement la contribution du secteur manufacturier à la croissance économique et à la transformation structurelle des économies.</p>
<p>En définitive, le Maroc a consolidé une trajectoire industrielle fondée sur des politiques successives, l’intégration aux chaînes de valeur et l’essor des exportations manufacturières<sup><a id="post-9266-endnote-ref-25" href="#post-9266-endnote-25">[25]</a></sup>.</p>
<p><strong>9.3 Les leçons du Maroc pour la transformation productive</strong></p>
<p>Le Maroc offre une trajectoire de référence particulièrement éclairante pour la transformation productive en Afrique. Ce pays a démontré sa capacité à maintenir une valeur ajoutée manufacturière élevée. Celle-ci est passée de 16 % du <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym> en 1965 pour se situer à 15 % du <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym> en 2025 avec un plafond de 20 % du <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym> en 1984 et un plancher de 14 % du <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym> en 2012<sup><a id="post-9266-endnote-ref-26" href="#post-9266-endnote-26">[26]</a></sup>, et une moyenne autour de 16,75 % du <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym> depuis 60 ans. Ce niveau élevé reflète moins la réussite de projets industriels isolés qu’une politique cohérente, progressive et durable. Du Pacte Émergence au Plan d’Accélération Industrielle, le pays a structuré des filières prioritaires, — automobile, aéronautique, agro-industrie, électronique et services externalisés —, autour d’infrastructures adaptées, de zones industrielles intégrées, d’incitations ciblées et d’une forte orientation exportatrice.</p>
<p>La principale leçon pour l’Algérie et les pays de l’AES est que l’industrialisation ne peut reposer sur la seule implantation d’usines ou sur la valorisation ponctuelle de matières premières. Elle exige la construction d’écosystèmes complets : mise en place d’infrastructures de transports, des plateformes logistiques, de facilitations administratives sur l’environnement des affaires, qui serviront alors de levier pour les fournisseurs locaux, sous-traitants, centres de formation, dispositifs de financement, normes de qualité, innovation et accès aux marchés régionaux et internationaux. Le Maroc montre ainsi que la montée en gamme productive résulte d’une articulation durable entre vision publique, investissement privé, intégration territoriale et insertion dans les chaînes de valeur.</p>
<p>Pour l’Algérie et l’AES, l’enjeu n’est donc pas de reproduire mécaniquement le modèle marocain, mais d’en retenir le principe central : transformer les avantages comparatifs — ressources naturelles, énergie, position géographique, marchés régionaux et capital humain — en avantages compétitifs organisés. La réussite industrielle dépendra de la capacité à faire émerger des pôles productifs spécialisés et interconnectés, plutôt que des pipelines isolées, des unités de production dispersées et faiblement intégrées. Le Maroc peut être considérée comme faisant partie de la phase 3, celle de la transformation productive avancée.</p>
<p><strong>10. L’Ouganda : un modèle d’industrialisation progressive fondé sur l’agro-industrie</strong></p>
<p>L’Ouganda a suivi une trajectoire particulièrement instructive pour les pays à faible niveau d’industrialisation initiale (voir le graphique plus haut). Ce pays a démontré sa capacité à maintenir une valeur ajoutée manufacturière soutenue. Celle-ci est passée de 8 % du <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym> en 1965 pour se situer à 14 % du <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym> en 2025 avec un plancher de 2 % du <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym> en 1981 et un plafond de 20 % du <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym> en 2020, et une moyenne autour de 10,9 % du <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym><sup><a id="post-9266-endnote-ref-27" href="#post-9266-endnote-27">[27]</a></sup> depuis 60 ans, un niveau largement supérieur à celui observé aujourd’hui dans les pays de l’AES et proche de l’objectif de référence fixé à l’horizon 2030, soit supérieur à une VAM de 10 % du <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym>. Cette évolution démontre qu’un pays à revenu intermédiaire inférieur peut développer une base industrielle significative sans disposer au départ d’un secteur manufacturier avancé.</p>
<p>Trois étapes sont identifiées pour mieux comprendre la trajectoire de l’Ouganda.</p>
<p><strong>10.1 Ouganda étape 1.</strong> La première phase de cette transformation a reposé sur une stratégie d’industrialisation légère, centrée sur des secteurs directement liés aux ressources locales et à la demande domestique. L’Ouganda a développé la transformation agroalimentaire, le textile, les boissons, le cuir et d’autres activités manufacturières à faible intensité technologique mais à forte capacité de création d’emplois. Cette approche a permis d&rsquo;accroître progressivement la valeur ajoutée locale tout en réduisant la dépendance aux exportations de produits bruts.</p>
<p><strong>10.2 Ouganda, étape 2</strong>. Cette dynamique a été renforcée par la création de parcs industriels spécialisés offrant aux entreprises des infrastructures communes, des services logistiques et un environnement favorable à l’investissement. Ces zones ont facilité la concentration des activités productives et l’émergence de grappes industrielles capables de générer des effets d’entraînement sur le reste de l’économie.</p>
<p><strong>10.2 Ouganda, étape 3. </strong>Parallèlement, l’Ouganda a adopté une politique active de substitution aux importations, consistant à produire localement des biens auparavant importés. Cette stratégie a stimulé la demande pour la production nationale, favorisé l’émergence d’entreprises locales et renforcé progressivement les capacités industrielles du pays.</p>
<p><strong>10.3 Les leçons de l&rsquo;Ouganda pour la transformation productive</strong></p>
<p>L’Ouganda illustre un modèle d’industrialisation progressive fondé sur la valorisation des ressources locales et la réponse aux besoins du marché intérieur. La hausse de sa valeur ajoutée manufacturière, qui a atteint près de 19,6 % en 2010 avant de tomber à 14,4 % en 2025, montre qu’une base productive peut être construite à partir de secteurs relativement accessibles : transformation agroalimentaire, boissons, textile, cuir et autres industries légères. Cette trajectoire repose sur le développement de parcs industriels, la concentration d’activités complémentaires et une stratégie de substitution aux importations.</p>
<p>La principale leçon pour les pays de l’AES est que l’agro-industrie peut constituer le premier socle d’une transformation productive durable. Avant de viser des filières technologiques complexes, il importe de transformer localement les produits agricoles, pastoraux et forestiers, de réduire les pertes post-récolte, de sécuriser l’approvisionnement des marchés domestiques et de substituer progressivement les importations de produits alimentaires et de biens de consommation courante.</p>
<p>L’expérience ougandaise souligne toutefois qu’une progression initiale ne suffit pas : pour préserver et consolider les gains industriels, les États doivent garantir l’accès à l’énergie, aux financements, aux infrastructures de stockage et de transport, ainsi qu’à des marchés régionaux solvables. Pour l’AES, l’objectif devrait donc être de faire de l’agro-industrie non pas une activité isolée, mais le point de départ de chaînes de valeur territorialisées, capables de relier production agricole, transformation, emballage, logistique, distribution et exportation régionale.</p>
<p><strong>10.4 Sans mimétisme, des approches stratégiques pour la transformation productive de l’AES</strong></p>
<p>Dans la perspective de la trajectoire proposée pour l’AES, l’expérience de l’Ouganda suggère qu’un objectif intermédiaire de 10 % de VAM en 2030 pourrait être atteint grâce au développement de l’agro-industrie et de la transformation primaire. Le passage à 12 % en 2035 résulterait ensuite de l’émergence de véritables écosystèmes productifs régionaux. Enfin, l’objectif de 15 % en 2040 nécessiterait une montée en gamme progressive vers des activités manufacturières plus diversifiées et plus intensives en technologie.</p>
<p>Pour les pays de l’AES, l’expérience ougandaise présente un enseignement majeur. Contrairement au modèle marocain, davantage fondé sur l’intégration aux chaînes de valeur mondiales dans des secteurs relativement sophistiqués, l’exemple ougandais montre que l’industrialisation peut débuter par la valorisation des ressources agricoles et des marchés nationaux. L’agro-industrie, la transformation des produits d’élevage, le textile-coton, le cuir, les boissons et les matériaux de construction peuvent constituer les premiers moteurs de la transformation productive régionale. La transformation productive ougandaise s’est appuyée sur l’agro-industrie, les parcs industriels et la substitution aux importations<sup><a id="post-9266-endnote-ref-28" href="#post-9266-endnote-28">[28]</a></sup>.</p>
<p>Ainsi, si le Maroc illustre la réussite d&rsquo;une politique d&rsquo;écosystèmes industriels orientés vers l&rsquo;exportation, l&rsquo;Ouganda démontre qu&rsquo;une industrialisation fondée sur la transformation des ressources locales peut également permettre d&rsquo;atteindre un niveau de VAM proche de la moyenne mondiale.</p>
<p>L’Ouganda peut donc être considérée comme faisant partie de la phase 2, celle de l&rsquo;entrée dans une phase d&rsquo;industrialisation intermédiaire fondée sur des chaînes de valeur régionales plus intégrées, passage obligatoire pour atteindre une transformation productive avancée.</p>
<h3>11. Vers une stratégie industrielle intégrée Algérie-AES : de la complémentarité économique à la transformation productive régionale</h3>
<p>L’Algérie et les pays de l’AES partagent un même défi : un faible niveau de transformation productive qui limite la création de valeur et l’intégration économique. Dans ce contexte, une stratégie industrielle commune peut transformer la complémentarité des ressources en véritable levier de développement.<br />
L’enjeu est de passer d’économies fragmentées à une dynamique régionale fondée sur l’industrie, les chaînes de valeur et la souveraineté productive.</p>
<p><strong>11.1 AES et Algérie : faible niveau de transformation productive</strong></p>
<p>Les pays de l&rsquo;AES (voir tableaux et graphiques plus haut) présentent aujourd&rsquo;hui une valeur ajoutée manufacturière moyenne de seulement 6,96 % du <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym>, bien en dessous de la moyenne de l&rsquo;Afrique subsaharienne (10 %) et très éloignée de la moyenne mondiale (15 %). Cette situation traduit une faible transformation locale des ressources disponibles, alors même que la région dispose d&rsquo;importants gisements agricoles, pastoraux et miniers. Les niveaux actuels de VAM en 2025 observés au Niger (6,9 %), au Mali (7,4 %) et au Burkina Faso (6,6 %) indiquent que la majeure partie de la valeur créée par le coton, le bétail, les céréales, l&rsquo;or ou les minerais continue d&rsquo;être captée en dehors des économies nationales, faute de capacités suffisantes de transformation industrielle. Les données de la <acronym title="Banque internationale pour la reconstruction et  le développement">Banque mondiale</acronym> confirment par ailleurs qu&rsquo;aucun des trois pays, ni d’ailleurs l’Algérie, qui est passée d’une VAM de 45 % du <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym> en 2000 à 9 % du <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym> en 2025, n&rsquo;atteignent les niveaux manufacturiers observés dans plusieurs économies émergentes asiatiques où la VAM dépasse régulièrement 20 % du <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym>.</p>
<p><strong>11.2 Vers une stratégie commune de la transformation productive Algérie-AES.</strong></p>
<p>Face à ce constat, une stratégie commune entre l&rsquo;Algérie et les pays de l&rsquo;AES apparaît particulièrement pertinente. Les deux espaces disposent d&rsquo;avantages complémentaires plutôt que concurrents. L&rsquo;Algérie apporte une base industrielle plus développée, des infrastructures énergétiques importantes, un marché intérieur de plus de 45 millions d&rsquo;habitants, un accès direct à la Méditerranée ainsi qu&rsquo;une capacité supérieure de financement, de formation et d&rsquo;appui technique. De leur côté, le Niger, le Mali et le Burkina Faso disposent d&rsquo;un important potentiel agricole, pastoral et minier, d&rsquo;une population jeune en forte croissance et d&rsquo;un marché régional en expansion.</p>
<p><strong>11.3 Eviter le mimétisme</strong></p>
<p>L&rsquo;objectif ne serait pas de reproduire les mêmes industries dans chacun des pays, mais de construire des chaînes de valeur régionales intégrées, à l&rsquo;image des écosystèmes industriels observés au Maroc ou des pôles agro-industriels développés en Ouganda. Dans cette perspective, l&rsquo;Algérie pourrait devenir une plateforme de transformation intermédiaire, de logistique, de financement et d&rsquo;accès aux marchés internationaux, tandis que les pays de l&rsquo;AES renforceraient leur spécialisation dans la production et la première transformation des ressources agricoles, pastorales et minières.</p>
<p>Plusieurs filières apparaissent particulièrement prometteuses : l&rsquo;agro-industrie, les engrais et la pétrochimie, le textile-coton, les industries du cuir, les matériaux de construction, les équipements liés aux énergies renouvelables ainsi que la transformation des produits miniers. Ces secteurs offrent l&rsquo;avantage de s&rsquo;appuyer sur des ressources déjà disponibles tout en créant davantage de valeur ajoutée locale, d&#8217;emplois et d&rsquo;opportunités d&rsquo;exportation.</p>
<p><strong>11.4 Proposition de stratégie commune Algérie-AES à travers trois programmes quinquennaux</strong></p>
<p>À partir des trajectoires présentées précédemment, une stratégie industrielle commune pourrait viser trois phases successives : porter la VAM régionale à 10 % du <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym> d&rsquo;ici 2030, afin de rejoindre le niveau moyen actuel de l&rsquo;Afrique subsaharienne ; atteindre 12 % à l&rsquo;horizon 2035 grâce à la consolidation des chaînes de valeur régionales ; puis atteindre 15 % à l&rsquo;horizon 2040, soit un niveau comparable à la moyenne mondiale actuelle. Cette trajectoire irait de pair avec une progression graduelle de la croissance économique vers un objectif de 7 % par an, niveau considéré comme le seuil nécessaire pour accélérer la transformation structurelle des économies.</p>
<p>Voici au moins trois phases avec les grands axes de programmes quinquennaux pour faciliter la structuration de la stratégie commune Algérie-AES.</p>
<p><strong><em>11.4.1 Programme 1. 2027-2031 : construire les fondations</em></strong></p>
<ul>
<li>Objectif : faire passer la VAM moyenne régionale de 8 % à 10 % en créant les bases d’une industrialisation territoriale.</li>
<li>Priorités : route transsaharienne, zones économiques frontalières, énergie, simplification du commerce régional, fonds industriel Algérie-AES.</li>
<li>Secteurs d’ancrage : ciment, matériaux de construction, agroalimentaire, cuir, textile.<br />
Ce programme doit réduire les coûts logistiques, sécuriser l’approvisionnement énergétique et lancer les premières chaînes de valeur communes.</li>
</ul>
<p>Il vise d’abord la substitution aux importations et la création d’emplois industriels de base.<br />
L’enjeu central est de structurer un socle productif partagé, plutôt que de multiplier des projets isolés.</p>
<p><strong><em>11.4.2 Programme 2. 2032-2036 : structurer les chaînes de valeur</em></strong></p>
<ul>
<li>Objectif : faire monter la VAM régionale vers 12% à 14 % en consolidant les filières déjà amorcées.</li>
<li>Priorités : intégration des fournisseurs locaux, parcs industriels spécialisés, normes communes, formation technique, financement des PME industrielles.</li>
<li>Secteurs : agro-industrie, matériaux de construction, chimie légère, plasturgie, emballage, transformation minière de première étape.</li>
</ul>
<p>Ce programme doit approfondir l’intégration entre production, transformation, transport et distribution.<br />
Il s’agit de passer d’une industrialisation de base à une industrialisation organisée par filières dans des chaînes de valeurs. La transformation productive devient alors plus durable, plus locale et plus compétitive.</p>
<p><strong><em>11.4.3 Programme 3. 2037-2041 : monter en gamme et exporter</em></strong></p>
<ul>
<li>Objectif : porter la VAM régionale au-delà de 15 % et inscrire l’Algérie-AES dans les chaînes de valeur régionales.</li>
<li>Priorités : innovation, qualité, certifications, logistique export, numérique industriel, partenariats technologiques, zones franches orientées export.</li>
<li>Secteurs : mécanique légère, assemblage, pharmacie de base, transformation agro-industrielle avancée, matériaux semi-finis, services industriels.</li>
</ul>
<p>Ce programme doit consolider les acquis du marché intérieur tout en développant une capacité exportatrice régionale. L’objectif de développement régional et de la transformation productive de voisinage est de faire émerger une base industrielle plus diversifiée et moins dépendante des importations. À ce stade, l’Algérie-AES ne serait plus seulement consommatrice de biens manufacturés, mais productrice et exportatrice.</p>
<p><strong>11.5 Objectif d’intégration par la transformation productive entre l’Algérie et l’AES</strong></p>
<p>L’atteinte d’une valeur ajoutée manufacturière moyenne de 10 % peut être envisagée dans un horizon d’environ cinq ans, à condition de maintenir une croissance économique proche de 5 % par an et de concentrer les investissements sur les infrastructures, l’énergie, la logistique et les secteurs industriels de base. En revanche, l’objectif de 15 % de VAM du <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym> relève d’une transformation plus profonde, qui exige généralement 10 à 15 ans d’efforts continus, de montée en gamme productive et d’intégration régionale. Ainsi, la transformation productive Algérie-AES doit être pensée comme un processus graduel, crédible et séquencé dans le temps.</p>
<p>Or, pour que les stratégies Algérie-AES prennent forment, il faut commencer par un premier pas : la relation Algérie-Niger pourrait servir de point d’ancrage et suppose en réalité une approche inclusive, tant au Niger, qu’en Algérie. Un système qui exclut ceux qui pensent autrement n’est ni recommandée, ni efficace d’un point de vue du développement holistique d’un Etat. Aussi, il est proposé pour le Niger, et indirectement pour l’Algérie, d’avancer vers l’identification et l’opérationnalisation de projets communs, et en parallèle, retrouver la confiance avec l’ensemble des citoyens pour bénéficier d’un large soutien populaire.</p>
<h3>12. Niger : Les vertus d&rsquo;une conférence nationale inclusive pour consolider la cohésion nationale et la résilience de l&rsquo;État</h3>
<p>Le Niger peut consolider sa cohésion nationale en articulant sécurité, transparence et justice dans un cadre de dialogue inclusif. Une conférence nationale réunissant institutions, partis, société civile, médias, diaspora et forces de sécurité permettrait de réduire les tensions et de clarifier les priorités. Elle offrirait un espace de redevabilité sur les choix sécuritaires, budgétaires et sociaux. L’objectif est de restaurer la confiance entre l’État et les citoyens. Cette démarche renforcerait la légitimité de l’action publique.<br />
Elle poserait enfin les bases d’une résilience nationale plus durable.</p>
<p><strong>12.1 Intégrer à la sécurité, le retour de la confiance par la transparence et la justice</strong></p>
<p>Face à l&rsquo;accumulation des crises sécuritaires, économiques, sociales et environnementales, le Niger se trouve à un moment décisif de son histoire. La lutte contre le terrorisme et les groupes armés, la préservation de la stabilité intérieure, la souveraineté alimentaire, l&rsquo;accès à l&rsquo;eau, la création d&#8217;emplois pour une jeunesse en forte croissance démographique, la diversification de l&rsquo;économie, la transition énergétique ou encore la modernisation numérique constituent autant de défis qui ne pourront être relevés durablement sans l&rsquo;adhésion de la population.</p>
<p>Or, aucune stratégie de sécurité, aussi ambitieuse soit-elle, ne peut réussir durablement lorsqu&rsquo;elle repose sur une confiance fragilisée entre les citoyens et les institutions. La véritable force d&rsquo;un État ne se mesure pas seulement à ses capacités militaires. Elle se mesure également à sa capacité à fédérer la Nation autour d&rsquo;un projet collectif, à écouter les préoccupations de ses citoyens et à construire un consensus national dans les périodes de turbulence.</p>
<p>Dans un contexte marqué par des menaces sécuritaires persistantes, les autorités nigériennes ont naturellement accordé une priorité élevée à la défense nationale. Cependant, l&rsquo;effort de guerre et l&rsquo;augmentation des dépenses sécuritaires peuvent avoir pour conséquence de réduire les marges de manœuvre budgétaires destinées aux politiques sociales, à l&rsquo;amélioration des conditions de vie des populations et même au bien-être des personnels de défense et de sécurité. Lorsque les attentes sociales demeurent sans réponse suffisante, les frustrations s&rsquo;accumulent et les tensions deviennent un risque pour la stabilité nationale.</p>
<p><strong>12.2 Conférence nationale inclusive : inclusivité et confiance</strong></p>
<p>C&rsquo;est précisément dans ce contexte qu&rsquo;une conférence nationale inclusive revêt une importance stratégique majeure. Loin d&rsquo;être une simple formalité politique, elle constituerait un instrument de dialogue, de prévention des crises et de reconstruction de la confiance. En associant les forces de défense et de sécurité, les partis politiques, les représentants des médias, les organisations de la société civile, les autorités traditionnelles, les acteurs économiques ainsi que la diaspora, elle permettrait de créer un espace de concertation susceptible de renforcer l&rsquo;unité nationale autour des priorités du pays.</p>
<p>Une telle démarche offrirait également aux autorités l&rsquo;opportunité d&rsquo;expliquer avec transparence les contraintes auxquelles le Niger est confronté et les raisons qui conduisent aujourd&rsquo;hui à privilégier certaines urgences stratégiques. En retour, les citoyens pourraient exprimer leurs préoccupations, formuler des propositions et contribuer à l&rsquo;élaboration d&rsquo;une vision partagée de l&rsquo;avenir. Cette dynamique de redevabilité mutuelle est indispensable pour prévenir les incompréhensions, réduire les tensions et renforcer la légitimité des décisions publiques.</p>
<p>Dans un environnement régional marqué par l&rsquo;instabilité et les recompositions géopolitiques, le Niger et, plus largement, les États de l&rsquo;Alliance des États du Sahel (AES), gagneraient à faire du dialogue inclusif un pilier de leur gouvernance, plutôt que de ne considérer le « tout militaire » comme une stratégie résiliente. Une concertation nationale approfondie constituerait non seulement un facteur d&rsquo;apaisement politique, mais également un puissant levier de résilience institutionnelle face aux risques de fragmentation sociale, économique ou sécuritaire.</p>
<p>Au plan régional, cela décrisperait les tensions, surtout si cela peut permettre de ne plus voir des alliances contre nature entre des mercenaires-terroristes-djihadistes et des forces politiques nationales qui ne trouvent pas d’espaces pour exprimer leur revendication de gouvernance décentralisée au sein des Etats existants. Supprimer l’espace de discussion-négociation et faire disparaître des journalistes et autres citoyens pour imposer une pensée unique ne peut que délégitimer un pouvoir et lui faire perdre une légitimité populaire qui n’a jamais été confirmée dans les urnes par l’ensemble des citoyens.</p>
<p>La cohésion nationale n&rsquo;est pas un acquis. Elle se construit, se nourrit et se protège. À l&rsquo;heure où le Niger doit simultanément défendre sa souveraineté, préserver sa stabilité et accélérer son développement, une ou plusieurs conférences nationales spécialisées et inclusives apparaissent comme l&rsquo;un des moyens les plus efficaces pour transformer les défis actuels en opportunités de refondation collective. Plus qu&rsquo;un exercice de dialogue, elle pourrait devenir le socle d&rsquo;un nouveau contrat de confiance entre l&rsquo;État et la Nation.</p>
<p>La cohésion nationale du Niger dépend avant tout d’une confiance renouvelée entre l’État, les forces de sécurité et les citoyens. Une conférence nationale inclusive permettrait d’associer partis politiques, société civile, médias et diaspora à la définition des priorités nationales. Ce dialogue aiderait à prévenir les tensions sociales, militaires et politiques, tout en apaisant les frustrations liées aux contraintes sécuritaires et budgétaires. Il offrirait aussi un cadre de redevabilité pour expliquer les choix stratégiques liés à la sécurité, à l’économie et au développement. Dans un contexte régional fragile, l’inclusion apparaît comme un levier essentiel pour renforcer l’unité nationale et la stabilité durable.</p>
<p>En définitive et pour retrouver la confiance entre des peuples mosaïques, la concertation large est la meilleure voie pour concilier sécurité, justice sociale et développement du Niger.</p>
<p><strong>12.3 Redevabilité et transparence</strong></p>
<p>Au Niger : Les vertus du conférence nationale inclusive vise à regénérer une climat de confiance et d&rsquo;apaisement afin de démontrer une volonté d’inclusivité qui fait défaut. Cela devrait de prévenir la montée des tensions internes, et plus particulièrement sociales et à éviter que les revendications de corporations militaires, sociales, économiques ou politiques ne dégénèrent en mouvements de contestation et de déstabilisation. Ce sera aussi l’occasion dans le cadre d’une redevabilité renouvelée que les autorités nationales, et plus largement de l’AES, réexpliquent aux concitoyens les raisons qui les conduisent à accorder une priorité à la sécurité nationale dans un contexte international incertain et à repousser l’échéance d’une système où la vérité de urnes et des comptes publics retrouveront leur lettre de noblesse.</p>
<p>Face aux défis extérieurs, le dialogue politique, la concertation avec les partenaires sociaux et l&rsquo;écoute des différentes sensibilités apparaissent ainsi comme les meilleurs moyens de concilier les impératifs de sécurité, les aspirations sociales et la stabilité indispensable au développement du Niger. Dans un monde où les crises se succèdent et où les rapports de force évoluent rapidement, renforcer la cohésion nationale constitue une priorité stratégique. C&rsquo;est en rassemblant les compétences, les énergies et les volontés autour consolider sa stabilité, préserver d&rsquo;un projet national partagé que l&rsquo;Algérie pourra pleinement sa souveraineté et construire un développement durable au bénéfice des générations présentes et futures.</p>
<h3>13. Algérie : vers un rôle de facilitateur et de médiateur au Sahel ?</h3>
<p>Dans le contexte sahélien, un facilitateur est un acteur qui aide les parties à se parler, à clarifier leurs positions et à créer les conditions d’un accord sans imposer de solution. Un médiateur, quant à lui, est un intermédiaire reconnu par les parties, chargé de rapprocher des points de vue opposés afin de parvenir à un compromis accepté. Ces deux fonctions sont complémentaires, car elles visent à réduire les tensions, restaurer la confiance et ouvrir un cadre de dialogue durable.<br />
C’est dans cette logique que s’inscrit la réflexion sur un rôle de l’Algérie au Sahel.</p>
<p>L’Algérie cherche à consolider un rôle de facilitateur au Sahel en combinant prudence diplomatique et défense de ses intérêts stratégiques. Son poids géographique, son expérience de médiation et ses canaux de dialogue lui donnent une marge d’action réelle. Mais cette posture ne peut être crédible que si elle respecte la souveraineté des États concernés et reste acceptée par toutes les parties.<br />
Dans le même temps, Alger renforce son autonomie régionale en liant sécurité, stabilité et transformation productive.</p>
<p><strong>13.1 Un facilitateur ou un médiateur sollicité</strong></p>
<p>Le nouvel activisme prudent de l’Algérie peut renforcer sa capacité à devenir un facilitateur régional. Sa position géographique, ses canaux de dialogue avec plusieurs acteurs, son expérience des négociations et son image de puissance non coloniale constituent des atouts réels. Si elle maintient une ligne d’équilibre, Alger peut contribuer à ouvrir ou restaurer des canaux de communication entre gouvernements, groupes locaux et partenaires régionaux.</p>
<p>Toutefois, un rôle crédible de médiateur exige plusieurs conditions : le respect explicite de la souveraineté des États concernés, l’absence de présence militaire durable non souhaitée, la transparence sur les formes d’assistance offertes et l’acceptation de la médiation par toutes les parties. La médiation ne peut réussir si elle est perçue comme le prolongement d’une stratégie de domination régionale.</p>
<p>L’Algérie agit d’abord pour ses propres intérêts : sécurité des frontières, prévention de l’instabilité, protection des projets énergétiques, maîtrise des flux armés et maintien de son rang régional. Cela ne signifie pas qu’elle agirait comme une entité « sous-traitante » d’une puissance étrangère chargée de pacifier le Sahel. Les intérêts algériens peuvent converger ponctuellement avec ceux de la Russie, de pays européens, de la Turquie ou des États du Golfe, sans que cette convergence n’efface son autonomie décisionnelle.</p>
<p>L’évolution actuelle ne traduit pas l’abandon de la non-ingérence, mais sa transformation. L’Algérie semble passer d’un non-interventionnisme rigide à un non-interventionnisme conditionnel : elle conserve le refus de la projection militaire permanente, mais accepte davantage l’idée d’une action extérieure limitée lorsque la demande émane d’un État voisin, que la menace touche directement ses intérêts vitaux et que la stabilité régionale est en jeu.</p>
<p>L’engagement algérien au Niger en août 2026, loin de traduire une rupture doctrinale, conjugue plusieurs impératifs de sécurités nationale et régionale tout en préservant le principe de non-intervention comme norme de référence.</p>
<p>Bien que prônant la non-ingérence absolue, l’intervention algérienne au Niger, sur la base d’une demande expresse d’ingérence sollicitée, consacre une nouvelle réalité : celle d’une puissance qui, sous couvert de sécurité et stabilité régionales effectives, projette désormais la défense de ses intérêts nationaux hors de ses frontières. Il y a là une opportunité à saisir, pour promouvoir non seulement la sécurité commune dans les pays de l’AES, mais aussi la transformation productive de voisinage</p>
<p><strong>13.2 Sécurité et transformation productive</strong></p>
<p>La cohésion nationale de l’Algérie repose sur une confiance renouvelée entre l’État, les institutions, les acteurs sociaux et les citoyens, dans le cadre d’une concertation large associant partis politiques, société civile, syndicats, médias et diaspora.</p>
<p>Cette démarche permettrait de prévenir les tensions sécuritaires<sup><a id="post-9266-endnote-ref-29" href="#post-9266-endnote-29">[29]</a></sup>, sociales, économiques et politiques, tout en renforçant la redevabilité publique et la lisibilité des choix stratégiques. Elle doit aussi s’inscrire dans une vision de transformation productive fondée sur les ressources nationales, l’énergie, les infrastructures et les pôles logistiques.</p>
<p>L’objectif est de renforcer la transformation locale des matières premières, de réduire la dépendance aux importations et d’élargir la base productive. Cette stratégie devra s’appuyer sur des chaînes de valeur régionales, des zones industrielles intégrées et un meilleur accès au financement. À moyen terme, elle vise une hausse durable de la valeur ajoutée manufacturière et une croissance plus diversifiée.<br />
En définitive, la concertation et l’industrialisation progressive constituent les deux leviers complémentaires d’une Algérie plus unie, plus stable et plus productive.</p>
<h3>14. Ouverture de l’Algérie sur le Mali, les débuts d’un pragmatisme confédéral ?</h3>
<p>Les dirigeants de l’Algérie et du Mali sont en mode « décongélation rapide ». Ce dégel s’inscrit dans une logique de réalisme stratégique où l’Algérie cherche à :</p>
<ul>
<li>stabiliser l’espace géographique de son voisinage sud qui constitue un marché potentiel et stratégique ;</li>
<li>positionner son modèle de coopération fondée sur la sollicitation officielle comme alternative crédible aux influences extra‑africaines ; et</li>
<li>devenir une locomotive d’un nouveau pôle de croissance et de stabilité favorisant tant l’amélioration de l’intégration régionale qu’une volonté de convergence ciblée des besoins des pays de son voisinage méditerranéen.</li>
</ul>
<p>Cette démarche stratégique repose sur trois piliers complémentaires : un engagement bilatéral sollicité et encadré, une coopération sécuritaire élargie à la stabilité régionale, et une ambition de souveraineté productive par des projets structurants. Ensemble, ces axes esquissent les contours d’un pragmatisme confédéral qui a démarré avec le Niger et continue avec l’axe Alger-Bamako, et susceptible de s’étendre à l’ensemble de l’espace AES et au-delà.</p>
<p><strong>14.1 Un dégel diplomatique rapide et structuré </strong></p>
<p>Le rapprochement entre l’Algérie et le Mali s’est concrétisé en 2026 par une séquence diplomatique dense<sup><a id="post-9266-endnote-ref-30" href="#post-9266-endnote-30">[30]</a></sup> : rétablissement des ambassadeurs et réouverture des espaces aériens à l’été 2026, visite du Premier ministre malien Abdoulaye Maïga à Alger le 24 août, puis tenue à Bamako, les 9 et 10 septembre, de la 13ᵉ Grande Commission mixte de coopération, inactive depuis 2016<sup><a id="post-9266-endnote-ref-31" href="#post-9266-endnote-31">[31]</a></sup>. Ce dégel met fin à plus d’un an de brouille ouverte, marquée par des tensions frontalières, des accusations d’ingérence et une fermeture de fait des canaux de dialogue, dans un contexte régional dominé par la reconfiguration sécuritaire autour de l’Alliance des États du Sahel (AES) et le retrait des anciennes architectures ouest‑africaines<sup><a id="post-9266-endnote-ref-32" href="#post-9266-endnote-32">[32]</a></sup>.</p>
<p>Les raisons de ce rapprochement sont à la fois stratégiques et structurelles : pour Alger, il s’agit de stabiliser sa frontière sud, de reprendre pied dans la gouvernance de la sécurité sahélo‑saharienne et de positionner l’Algérie comme partenaire incontournable des transitions maliennes, nigériennes et burkinabè ; pour Bamako, il s’agit de diversifier ses appuis extérieurs, de bénéficier de l’expertise algérienne en matière énergétique, industrielle et logistique, et de consolider une posture de souveraineté productive face aux dépendances héritées<sup><a id="post-9266-endnote-ref-33" href="#post-9266-endnote-33">[33]</a></sup> s’accompagnant d’ingérences humiliantes.</p>
<p>Dans cette configuration, l’ouverture algérienne sur le Mali peut être lue comme l’amorce d’un « pragmatisme confédéral » : une logique de coopération interétatique forte, centrée sur la sécurité commune, la connectivité transfrontalière et la construction de chaînes de valeur régionales, sans formalisme intégrationniste immédiat, mais avec une vision de long terme compatible avec la dynamique AES.</p>
<p><strong>14.2 Engagement sollicité : un cadre bilatéral densifié</strong></p>
<p>Sur le plan de l’engagement sollicité, le cadre bilatéral se densifie : la Grande Commission mixte devient l’instrument de pilotage de projets concrets (énergie, mines, transports, agriculture, formation, santé, télécommunications), tandis que les déclarations conjointes réaffirment le principe de non‑ingérence et de respect des souverainetés nationales, condition sine qua non pour que Bamako accepte un partenariat approfondi avec Alger<sup><a id="post-9266-endnote-ref-34" href="#post-9266-endnote-34">[34]</a></sup>.</p>
<p>Du point de vue malien, l’« engagement » algérien est sollicité comme appui technique et politique à une transition qui se veut endogène, notamment via des coopérations militaires discrètes, un appui à la réforme du secteur de sécurité et un soutien diplomatique dans les enceintes régionales et internationales<sup><a id="post-9266-endnote-ref-35" href="#post-9266-endnote-35">[35]</a></sup>.</p>
<p>Pour l’Algérie, cet engagement est aussi un moyen de projeter une doctrine de voisinage actif, où la stabilité du Mali est un déterminant direct de sa propre sécurité intérieure et de sa crédibilité de médiateur régional.</p>
<p><strong>14.3 Sécurité et stabilité régionales : la frontière comme axe critique</strong></p>
<p>En matière de sécurité et de stabilité régionales, la frontière de plus de 1.300 km entre les deux pays constitue un axe critique : les discussions portent sur la coordination du renseignement, la lutte contre le terrorisme et la criminalité transfrontalière, ainsi que sur la gestion des flux de populations et de marchandises dans un espace où les groupes armés non étatiques adaptent leurs stratégies, y compris par l’usage croissant de l’intelligence artificielle (IA) dans la propagande et la guerre informationnelle<sup><a id="post-9266-endnote-ref-36" href="#post-9266-endnote-36">[36]</a></sup>. Un rapprochement algéro‑malien bien calibré peut contribuer à désenclaver les approches purement militaires en y adossant des dimensions de développement frontalier, de contrôle douanier et de régulation des trafics, éléments centraux pour une stabilité durable dans la zone AES.</p>
<p>La présence russe (Africa Corps<sup><a id="post-9266-endnote-ref-37" href="#post-9266-endnote-37">[37]</a></sup>) et la recomposition des alliances régionales renforcent encore l’intérêt d’Alger à offrir une alternative crédible, fondée sur la proximité géographique et la continuité étatique<sup><a id="post-9266-endnote-ref-38" href="#post-9266-endnote-38">[38]</a></sup>.</p>
<p><strong>14.4 Souveraineté productive : vers des chaînes de valeur régionales</strong></p>
<p>En définitive, la souveraineté productive constitue le troisième pilier de ce pragmatisme naissant : les deux parties identifient des secteurs où la complémentarité est forte – hydrocarbures et raffinage, électricité et interconnexions, mines et première transformation, corridors de transport (route, rail, air), agro‑industrie et sécurité alimentaire – autant de leviers pour réduire les dépendances extérieures et construire des chaînes de valeur régionales ancrées dans l’espace sahélo‑saharien<sup><a id="post-9266-endnote-ref-39" href="#post-9266-endnote-39">[39]</a></sup></p>
<p>Cette nouvelle déclinaison confédérale au niveau d’une sous-région, ces coopérations sectorielles pourraient, à terme, être étendues et harmonisées avec le Niger et le Burkina Faso, en appui à une vision AES de « souveraineté par la production ». L’Algérie y jouerait un rôle de hub énergétique, industriel et logistique au service d’un hinterland sahélien en quête de débouchés et de capacités de transformation. C’est dans cet articulation entre engagement politique mesuré, sécurité partagée et projets productifs concrets que peut émerger un pragmatisme confédéral algéro‑AES encore informel mais déjà lisible dans l’agenda 2026.</p>
<p>Après le Niger, l’ouverture de l’Algérie sur le Mali dessine moins une alliance formelle qu’un pragmatisme confédéral en construction, où la sécurité partagée, l’engagement mesuré et les projets de souveraineté productive pourraient, à terme, structurer un axe algéro‑sahélien au cœur de la nouvelle géopolitique de l’AES. Tous ces pays ont en commun un attachement viscéral à leur souveraineté et celle de leur Peuple.</p>
<h3>15. Conclusion : avancer vers un projet de souveraineté régionale</h3>
<p>La construction d’une souveraineté régionale suppose d’abord de dépasser les divisions qui fragmentent les initiatives et affaiblissent la capacité d’action collective. Dans l’espace sahélo-maghrébin, l’enjeu n’est pas seulement politique, mais aussi économique, sécuritaire et stratégique. Une approche commune entre l’Algérie et l’AES permettrait de mieux articuler ressources, marchés et infrastructures. C’est dans cette perspective qu’il faut comprendre la logique d’un projet à quatre pays fondé sur la complémentarité et la puissance collective.</p>
<p><strong>15.1 Les divisions ne font que retarder l’organisation de la puissance collective</strong></p>
<p>L&rsquo;analyse comparée du Maroc, de l&rsquo;Ouganda, de l&rsquo;Algérie et des pays de l&rsquo;AES montre que la transformation productive ne résulte ni de la seule croissance économique ni de la simple création d&rsquo;usines isolées. Elle repose sur une vision de long terme fondée sur des écosystèmes industriels, des infrastructures adaptées, des chaînes de valeur intégrées et des politiques industrielles cohérentes. Dans ce contexte, une alliance productive Algérie-AES représenterait bien davantage qu&rsquo;un projet économique, ce qui n’exclurait pas les apports du Maroc<sup><a id="post-9266-endnote-ref-40" href="#post-9266-endnote-40">[40]</a></sup>. En fait, elle constituerait un projet de souveraineté régionale capable de réduire la dépendance aux importations, de créer des emplois pour une population jeune en forte croissance, d&rsquo;accroître la résilience économique et de renforcer la stabilité du Sahel. La transformation productive de voisinage pourrait ainsi devenir l&rsquo;un des principaux moteurs d&rsquo;un nouveau modèle de développement régional à l&rsquo;horizon 2040.</p>
<p><strong>15.2 Quatre pays voisins et frontaliers : pourquoi une stratégie AES-Algérie aurait du sens </strong></p>
<p>Les données présentées montrent que les pays de l’AES disposent encore d’une base manufacturière limitée, avec une VAM moyenne de 6,96 % du <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym>, largement inférieure à la moyenne africaine (10 %) et à la référence mondiale (15 %). Dans ce contexte, une stratégie commune avec l’Algérie apparaît comme une réponse pragmatique aux défis de transformation productive et de diversification économique.</p>
<p>L’Algérie possède des atouts structurants : une base industrielle relativement plus développée, des infrastructures énergétiques importantes, un marché de plus de 45 millions d’habitants, un accès privilégié à la Méditerranée et aux marchés européens ainsi que des capacités supérieures de financement, de formation et de transfert technologique. Les pays de l’AES disposent, quant à eux, d’abondantes ressources minières, d’un fort potentiel agricole et pastoral, d’une population jeune de plus de 75 millions d’habitants et d’un marché en forte expansion.</p>
<p><strong>15.3 Des complémentarités confédérales basées sur du pragmatisme</strong></p>
<p>La complémentarité entre ces quatre économies pourrait favoriser l’émergence de chaînes de valeur régionales dans l’agro-industrie, la pétrochimie, les engrais, le textile-coton, le cuir, les matériaux de construction, les équipements solaires et la transformation minière. Une telle intégration permettrait non seulement d’accroître la valeur ajoutée locale, mais également de soutenir l’objectif de porter la VAM régionale à 10 % en 2030, 12 % en 2035 et 15 % en 2040.</p>
<p>Au-delà de sa dimension économique, cette stratégie constituerait un projet de souveraineté régionale. Elle contribuerait à réduire la dépendance aux importations, à créer des emplois pour les jeunes, à renforcer la résilience des économies sahéliennes et à atténuer les facteurs structurels d’instabilité. L’intégration productive entre l’Algérie et l’AES pourrait ainsi devenir l’un des principaux leviers d’un nouveau modèle de développement fondé sur la création de richesses, la transformation locale des ressources et la stabilité durable de l’espace sahélo-saharien. <acronym title="Yves Ekoué Amaïzo">YEA</acronym>.</p>
<p>19 septembre 2026.</p>
<p>Dr. Yves Ekoué AMAÏZO</p>
<p>Directeur général, Afrocentricity Think Tank</p>
<p>© Afrocentricity Think Tank</p>
<p><strong>Notes et références bibliographiques</strong></p>
<ol>
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<li id="post-9266-endnote-31">Timbuktu Institute (2026a). « Algérie-Mali : le chemin accidenté des retrouvailles ». 27 août 2026. In <em>Timbuktu Institute.</em> Accédé le 15 septembre 2026. Voir <a href="https://timbuktu-institute.org/index.php/toutes-l-actualites/item/1704-algerie-mali-le-chemin-accidente-des-retrouvailles" target="_blank" rel="noopener external noreferrer" data-wpel-link="external" class="ext-link wpel-icon-right">https://timbuktu-institute.org/index.php/toutes-l-actualites/item/1704-algerie-mali-le-chemin-accidente-des-retrouvailles<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-9266-endnote-ref-31">↑</a></li>
<li id="post-9266-endnote-32">Al Jazeera (2026). Op. Cit. <a href="#post-9266-endnote-ref-32">↑</a></li>
<li id="post-9266-endnote-33">La Nouvelle Tribune (2026). « Commission mixte : le Mali et l’Algérie relancent une coopération née il y a plus de 50 ans ». 7 septembre 2026.<em> La Nouvelle Tribune</em>. Accédé le 15 septembre 2026. Voir <a href="https://lanouvelletribune.info/2026/09/commission-mixte-le-mali-et-lalgerie-relancent-une-cooperation-nee-il-y-a-plus-de-50-ans/" target="_blank" rel="noopener external noreferrer" data-wpel-link="external" class="ext-link wpel-icon-right">https://lanouvelletribune.info/2026/09/commission-mixte-le-mali-et-lalgerie-relancent-une-cooperation-nee-il-y-a-plus-de-50-ans/<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-9266-endnote-ref-33">↑</a></li>
<li id="post-9266-endnote-34">La Nouvelle Tribune (2026). Op. Cit. <a href="#post-9266-endnote-ref-34">↑</a></li>
<li id="post-9266-endnote-35">Timbuktu Institute (2026a). Op. Cit. <a href="#post-9266-endnote-ref-35">↑</a></li>
<li id="post-9266-endnote-36">Timbuktu Institute (2026b) « In Mali, generative AI joins the information war ». September 10, 2026. In <em>Timbuktu Institute. </em>Article de Ba, Alioune. Accédé le 15 septembre 2026. Voir <a href="https://timbuktu-institute.org/index.php/toutes-l-actualites/item/1733-in-mali-generative-ai-joins-the-information-war" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://timbuktu-institute.org/index.php/toutes-l-actualites/item/1733-in-mali-generative-ai-joins-the-information-war<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a>. Source : Sud Quotidien. <a href="#post-9266-endnote-ref-36">↑</a></li>
<li id="post-9266-endnote-37">RT (2026). « Mali-Algérie : Bamako accueille la 13<sup>e</sup> Grande Commission mixte de coopération ». 4 septembre 2026. In<em> RT Afrique</em>. Accédé le 15 septembre 2026. Voir <a href="https://francais.rt.com/afrique/137724-mali-algerie-bamako-accueille-13e-grande-commission-mixte-cooperation" target="_blank" rel="noopener external noreferrer" data-wpel-link="external" class="ext-link wpel-icon-right">https://francais.rt.com/afrique/137724-mali-algerie-bamako-accueille-13e-grande-commission-mixte-cooperation<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-9266-endnote-ref-37">↑</a></li>
<li id="post-9266-endnote-38">Timbuktu Institute (2026b). Op. Cit. <a href="#post-9266-endnote-ref-38">↑</a></li>
<li id="post-9266-endnote-39">AfrikMag (2026). « Mali-Algérie : la coopération relancée à Bamako ». 10 septembre. In <em>AfrikMag.</em> Accédé le 15 septembre 2026. Voir <a href="https://www.afrikmag.com/mali-algerie-commission-mixte-bamako-septembre-2026/" target="_blank" rel="noopener external noreferrer" data-wpel-link="external" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.afrikmag.com/mali-algerie-commission-mixte-bamako-septembre-2026/<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-9266-endnote-ref-39">↑</a></li>
<li id="post-9266-endnote-40">International Crisis Group (2024). <em>Gérer les tensions entre l’Algérie et le Maroc Rapport Moyen-Orient et Afrique du Nord</em>. In <em>International Crisis Group</em>. N°247. 29 novembre 2024. Accédé le 3 septembre 2026. Voir <a href="https://www.crisisgroup.org/sites/default/files/2024-12/247-algeria-morroco-french.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.crisisgroup.org/sites/default/files/2024-12/247-algeria-morroco-french.pdf<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-9266-endnote-ref-40">↑</a></li>
</ol>
<p>&nbsp;</p><p>Publié par <a href="https://amaizo.info/author/yeamaizo" data-wpel-link="internal">Yves Ekoué Amaïzo</a> sur <a href="https://amaizo.info" data-wpel-link="internal">amaizo.info - Le savoir au service de l&#039;interdépendance</a></p>
]]></content:encoded><description>&lt;p&gt;Dossier Afrocentricity : AES-ALGÉRIE L’ALGÉRIE AU NIGER ET OUVERTURE SUR L’AES : entre engagement sollicité, sécurité et stabilité régionales et souveraineté productive Dr. Yves Ekoué AMAÏZO Directeur général, Afrocentricity Think Tank yeamaizo@afrocentricity.info 19 septembre 2026 Résumé court L’engagement algérien au Niger révèle une évolution vers une conception préventive et régionale de la sécurité nationale. Au-delà du [&amp;#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Publié par &lt;a href="https://amaizo.info/author/yeamaizo" data-wpel-link="internal"&gt;Yves Ekoué Amaïzo&lt;/a&gt; sur &lt;a href="https://amaizo.info" data-wpel-link="internal"&gt;amaizo.info - Le savoir au service de l&amp;#039;interdépendance&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
</description><thr:total xmlns:thr="http://purl.org/syndication/thread/1.0">0</thr:total><author>infos@amaizo.info (Yves Ekoué Amaïzo)</author><enclosure length="-1" type="application/pdf;charset=utf-8" url="https://documents1.worldbank.org/curated/en/099942003212584239/pdf/IDU-f31b9294-4e94-460c-904e-326e75368a2a.pdf"/><itunes:explicit>no</itunes:explicit><itunes:subtitle>Dossier Afrocentricity : AES-ALGÉRIE L’ALGÉRIE AU NIGER ET OUVERTURE SUR L’AES : entre engagement sollicité, sécurité et stabilité régionales et souveraineté productive Dr. Yves Ekoué AMAÏZO Directeur général, Afrocentricity Think Tank yeamaizo@afrocentricity.info 19 septembre 2026 Résumé court L’engagement algérien au Niger révèle une évolution vers une conception préventive et régionale de la sécurité nationale. Au-delà du [&amp;#8230;] Publié par Yves Ekoué Amaïzo sur amaizo.info - Le savoir au service de l&amp;#039;interdépendance</itunes:subtitle><itunes:author>infos@amaizo.info (Yves Ekoué Amaïzo)</itunes:author><itunes:summary>Dossier Afrocentricity : AES-ALGÉRIE L’ALGÉRIE AU NIGER ET OUVERTURE SUR L’AES : entre engagement sollicité, sécurité et stabilité régionales et souveraineté productive Dr. Yves Ekoué AMAÏZO Directeur général, Afrocentricity Think Tank yeamaizo@afrocentricity.info 19 septembre 2026 Résumé court L’engagement algérien au Niger révèle une évolution vers une conception préventive et régionale de la sécurité nationale. Au-delà du [&amp;#8230;] Publié par Yves Ekoué Amaïzo sur amaizo.info - Le savoir au service de l&amp;#039;interdépendance</itunes:summary><itunes:keywords>diaspora,afrique,economie,afrology,onu,omc,nepad,togo,protectionisme,solidarité,pauvreté,zone,franc,cfa,dirigeants,africains,fmi,afrique,subsaharienne,interdépendance,nations,unies,pays,pauvres,migration,émigrés,crise,financière,inéga</itunes:keywords></item><item><title>LA FIN DE L’ AFRIQUE RAPETISSÉE</title><link>https://amaizo.info/2026/09/07/la-fin-de-l-afrique-rapetissee/17078</link><category>Articles</category><category>Economie</category><category>Revues de Presses</category><pubDate>Mon, 7 Sep 2026 19:21:55 GMT</pubDate><guid isPermaLink="false">https://afrocentricity.info/?p=9258</guid><content:encoded xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"><![CDATA[<p><strong>LA FIN DE L’ AFRIQUE RAPETISSÉE<sup><a id="post-9258-endnote-ref-1" href="#post-9258-endnote-1">[1]</a></sup></strong></p>
<p><strong>Dr. Yves Ekoué AMAÏZO</strong></p>
<p>Directeur général, Afrocentricity Think Tank</p>
<p><a href="http://www.afrocentricity.info" data-wpel-link="exclude" target="_blank" rel="noopener noreferrer">www.afrocentricity.info</a> &#8211; <a href="mailto:yeamaizo@afrocentricity.info">yeamaizo@afrocentricity.info</a></p>
<p>7 septembre 2026</p>
<h3>0. Introduction : cartographie du monde : une erreur de parallaxe non sollicitée ?</h3>
<p>Comment est-ce possible que l&rsquo;Europe, le Canada, la Russie et surtout le Groenland apparaissent sur des cartes dites de « Mercator » beaucoup plus grands qu&rsquo;ils ne le sont en réalité ? Comment l’Afrique avec 30,37 millions de de km² soit aussi vaste que le Groenland avec 2,2 millions de km², soit une superficie environ quatorze fois supérieure ?</p>
<p>La réponse se trouve auprès d’un cartographe flamand du nom de Gerardus Mercator (1512-1594) qui a créé en 1569 une projection destinée avant tout à faciliter la navigation maritime avec des tracés des routes à cap constant qui apparaissent sous forme de lignes droites. Cela a eu pour effet d’agrandir progressivement les régions situées loin de l&rsquo;équateur afin de conserver les angles. Cette déformation a conduit à l’erreur de parallaxe, savamment entretenue politiquement pour justifier des ambitions mercantilistes et de conquêtes territoriales par l’Europe. Abondamment utilisées dans les atlas et les systèmes éducatifs occidentaux, cela a permis renforcer, voire justifier, une vision du monde valorisant les pays du Nord. S’il ne s’agit peut-être pas de l&rsquo;intention initiale de Mercator, il faut croire que cela a dû arranger une partie du monde, pour qu’il faille attendre 2026 pour qu’une majorité écrasante de pays décident, sans effet contraignant, d’y mettre fin au niveau de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies.</p>
<p>Pourtant, la projection de Mercator en 1569 a été conçue pour la navigation européenne, bien avant la conquête coloniale totale de l&rsquo;Afrique.</p>
<h3>1. Simplifier pour uniformiser : la guerre de la cartographie eurocentrée</h3>
<p>Cependant, après la Conférence de Berlin (1884-1885), où les puissances européennes se partagent l&rsquo;Afrique sans participation africaine, cette carte devient la représentation dominante dans les atlas coloniaux, les administrations, les mercantilistes de l’époque, et le système de transmission du savoir, les écoles, et. La forte amplification visuelle de l&rsquo;Europe, du Canada et du Groenland, comparée aux régions équatoriales, a contribué à naturaliser une vision hiérarchisée du monde. Plusieurs chercheurs postcoloniaux soutiennent que la carte n&rsquo;est pas la cause du colonialisme, mais qu&rsquo;elle a servi de support symbolique à un imaginaire eurocentré. Pourtant dans les récits eurocentriques de James M. Blaut<sup><a id="post-9258-endnote-ref-2" href="#post-9258-endnote-2">[2]</a></sup>, on peut prouver que la richesse européenne après 1492 est largement liée à l&rsquo;exploitation coloniale des Amériques, de l&rsquo;Afrique et de l&rsquo;Asie. Cela a grandement influencé les représentations géographiques du monde.</p>
<p>Dès 1973, l&rsquo;historien allemand Arno Peters (1916-2002) popularise une projection à surface égale (Gall-Peters) et affirme que la domination de Mercator contribue à une vision du monde favorisant le Nord industriel<sup><a id="post-9258-endnote-ref-3" href="#post-9258-endnote-3">[3]</a></sup>. Il soutient que l&rsquo;Afrique, l&rsquo;Amérique latine et l&rsquo;Asie du Sud paraissent visuellement moins importantes qu&rsquo;elles ne le sont réellement. On assiste alors à la guerre des cartes, les fameuses <em>« Map Wars »</em> dans les années 1970-1980 entre les experts géographes, mais aussi parmi les enseignants, les ecclésiastiques, les politiques et les organisations de la société civile œuvrant pour le développement.</p>
<p>Plusieurs fois critiquées pour leur rôle d’accompagnement de la colonisation et de l’exploitation d’autrui et des biens d’autrui, les ecclésiastiques par la voix du Conseil œcuménique des Églises (World Council of Churches) a opté en 1980 pour la diffusion de la projection de « Peters » dans ses programmes d’éducation au développement<sup><a id="post-9258-endnote-ref-4" href="#post-9258-endnote-4">[4]</a></sup> en justifiant que la représentation correcte des superficies permet une meilleure compréhension des inégalités mondiales et des réalités du Sud global.</p>
<p>Des organisations des Nations Unies comme l&rsquo;<acronym title="Organisation des Nations Unies pour l\'éducation, la science et la culture (United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization)">UNESCO</acronym><sup><a id="post-9258-endnote-ref-5" href="#post-9258-endnote-5">[5]</a></sup> et L&rsquo;UNICEF<sup><a id="post-9258-endnote-ref-6" href="#post-9258-endnote-6">[6]</a></sup> ont promu la projection de Peters dans l’éducation et dans la gestion de leurs projets afin de représenter fidèlement la réalité des pays du Sud Global et d&rsquo;encourager une lecture moins eurocentrée du monde. Une égalité dans l’estimation des surfaces a des implications sur les programmes en faveur de la démographie, la santé, le développement et les allocations de ressources financières…</p>
<p>La question demeure : comment est-ce que la politique unilatérale de conquête et de négation des cultures d’ailleurs a pu aboutir à l’aplanissement du monde et d’une norme européenne<sup><a id="post-9258-endnote-ref-7" href="#post-9258-endnote-7">[7]</a></sup> considérée comme universelle et mondiale ? Aplatir la Terre signifie en filigrane simplifier et uniformiser le monde selon la loi du plus fort. Or, cette pensée n’a pas disparue…</p>
<h3>2. La vérité des espaces : la distorsion de l’image projetée des continents corrigée</h3>
<p>Le vendredi 4 septembre 2026, l&rsquo;Assemblée générale de l&rsquo;<acronym title="Organisation des Nations unies">ONU</acronym> a adopté, au cours de sa 80<sup>e</sup> session, la résolution <em>« Correct the Map »</em> (A/80/L.104<sup><a id="post-9258-endnote-ref-8" href="#post-9258-endnote-8">[8]</a></sup>), portée par le Togo et l&rsquo;Union africaine, avec la France parmi les coparrainnaires. Le texte, voté par 164 voix contre 1 (les États-Unis) et 6 abstentions, encourage l&rsquo;abandon progressif de la projection Mercator, qui rétrécit l&rsquo;Afrique, au profit de la projection <em>« Equal Earth »,</em> fidèle aux superficies réelles des continents. La résolution, non contraignante, invite États, écoles, organisations internationales et entreprises technologiques à privilégier les cartes équivalentes lorsque la taille relative importe. La Maison blanche a énergiquement dénoncé un <em>« projet idéologique radical »,</em> tandis qu’au nom de l’Union africaine y compris le Togo, Robert Dussey, le ministre des Affaires étrangères, de l&rsquo;Intégration régionale et des Togolais de l&rsquo;extérieur, a présenté l&rsquo;initiative comme un acte de <em>« justice cognitive et de réparation mémorielle ».</em></p>
<p>Les six (6) pays qui se sont abstenus sont : Estonie, Georgie, Lituanie, Moldavie, Serbie, et Ukraine, vraisemblablement du fait de la préservation de relations étroites et/ou des possibles mesures de rétorsion des Etats-Unis.</p>
<p>Les griefs des Etats-Unis sont multiples, avec entre autres :</p>
<ul>
<li>une initiative jugée idéologique<sup><a id="post-9258-endnote-ref-9" href="#post-9258-endnote-9">[9]</a></sup> avec toute la résolution qualifiée de <em>« projet idéologique radical »</em> (« <em>radical ideological project »</em>) au lieu et place d’une mesure technique portant sur la cartographie ;</li>
<li>une distraction de l&rsquo;Assemblée générale par rapport aux priorités de l&rsquo;<acronym title="Organisation des Nations unies">ONU</acronym> qui devrait se concentrer sur les <em>« véritables problèmes »</em> de paix, de prospérité et de relations internationales, et moins de projections cartographiques<sup><a id="post-9258-endnote-ref-10" href="#post-9258-endnote-10">[10]</a></sup>.</li>
<li>une critique en règle des liés aux réparations historiques<sup><a id="post-9258-endnote-ref-11" href="#post-9258-endnote-11">[11]</a></sup> notamment les notions de <em>« justice cognitive »</em> et de <em>« réparation mémorielle »</em> comme d’une politisation inutile de la question cartographique, et enfin</li>
<li>une initiative qui concoure à détourner l&rsquo;Organisation de sa mission fondamentale<sup><a id="post-9258-endnote-ref-12" href="#post-9258-endnote-12">[12]</a></sup>, ce qui porterait atteinte à sa crédibilité de l&rsquo;<acronym title="Organisation des Nations unies">ONU</acronym>.</li>
</ul>
<p>L’argumentaire qui a emporté l’adhésion de la très grande majorité des pays pourrait se résumer à deux déclarations du Ministre togolais à savoir :</p>
<ul>
<li><em>« Un monde équitable commence par une carte équitable<sup><a id="post-9258-endnote-ref-13" href="#post-9258-endnote-13">[13]</a></sup> »</em> ; et</li>
<li><em>« Les cartes façonnent notre compréhension du monde. Elles guident l&rsquo;éducation, nourrissent l&rsquo;imaginaire et influencent les perceptions collectives<sup><a id="post-9258-endnote-ref-14" href="#post-9258-endnote-14">[14]</a></sup>. »</em></li>
</ul>
<p>La résolution de l’Assemblée générale de l’<acronym title="Organisation des Nations unies">ONU</acronym> a repris l’argument principal avancé les promoteurs africains selon lequel les distorsions anormales de la carte du monde de Mercator ont contribué à une <em>« minimisation symbolique » « symbolic minimization »</em> de l’Afrique et des Peuples africains. Cette résolution A/80/L.104 du 4 septembre 2026 intitulée <em>« « Corriger la carte » : rééquilibrer la représentation cartographique mondiale et promouvoir une représentation équitable des régions du monde, en particulier de l&rsquo;Afrique<sup><a id="post-9258-endnote-ref-15" href="#post-9258-endnote-15">[15]</a></sup> » </em>fait un constat qui ne peut plus être nié.</p>
<p>L’<acronym title="Organisation des Nations unies">ONU</acronym> reconnaît de fait et officiellement que <em>« certaines distorsions cartographiques des tailles des continents, héritées de l&rsquo;histoire, ont contribué à des perceptions erronées, conduisant en particulier à une minimisation symbolique de l&rsquo;Afrique dans les imaginaires collectifs et les systèmes de connaissance » </em>La correction de ces distorsions est qualifiée d&rsquo;<em>« acte de justice cognitive et de réparation mémorielle » (« cognitive justice and memorial reparation »),</em> et met en exergue le fait que <em>« distorsion contribue à minimiser les tailles perçues de l&rsquo;Afrique, de l&rsquo;Amérique latine et de l&rsquo;Asie du Sud<sup><a id="post-9258-endnote-ref-16" href="#post-9258-endnote-16">[16]</a></sup>, et perpétue une vision déséquilibrée du monde<sup><a id="post-9258-endnote-ref-17" href="#post-9258-endnote-17">[17]</a></sup> ».</em></p>
<h3>3. Résolutions de l&rsquo;Assemblée générale de l&rsquo;<acronym title="Organisation des Nations unies">ONU</acronym> : la recommandation sans la contrainte</h3>
<p>Les résolutions de l’Assemblée générale des Nations Unies ne sont pas juridiquement contraignantes. Elles constituent des recommandations adressées aux États membres ou au Conseil de sécurité. L&rsquo;article 10 de la Charte des Nations Unies<sup><a id="post-9258-endnote-ref-18" href="#post-9258-endnote-18">[18]</a></sup> dispose que l&rsquo;Assemblée générale peut <em>« faire des recommandations »</em> aux États membres ou au Conseil de sécurité. Mais comme les Etats-Unis comme d’autres membres permanents disposent d&rsquo;un droit de veto, un vote négatif à l&rsquo;Assemblée générale n’a aucune chance d’être modifié au Conseil de sécurité et devenir une jour, une décision contraignante, surtout sous le règne de celui qui ne s’est pas excusé d’avoir traité l’Afrique de pays de <em>« merde »<sup><a id="post-9258-endnote-ref-19" href="#post-9258-endnote-19">[19]</a></sup>. </em>Il est donc pratiquement impossible qu&rsquo;une résolution similaire voie le jour au Conseil de Sécurité, et soit approuvé, sauf si les Etats-Unis changent leur doctrine pour <em>« Africa First ».</em></p>
<p>La résolution de l’<acronym title="Organisation des Nations unies">ONU</acronym> et les promoteurs africains soutiennent que les distorsions de Mercator ont contribué à une <em>« minimisation symbolique » (« symbolic minimization »)</em> de l&rsquo;Afrique. Il est question de <em>«  corriger des représentations héritées de l&rsquo;histoire coloniale ».</em> Les dirigeants africains sont conscients des rapports de force, d’influence et de nuisance existant dans le monde. Aussi, si ce rapport de force militaire ne peut être changé du jour au lendemain, cela ne peut empêcher les dirigeants africains de s’exprimer en reconnaissant, en toute solennité, par la voix du ministre togolais <em>« qu&rsquo;une carte équitable ne changeait pas la géographie du monde, « mais qu&rsquo;elle changeait notre façon de voir le monde ».</em></p>
<h3>4. L’Afrique « avale » trois grandes puissances et 14 puissances moyennes</h3>
<p><a href="https://afrocentricity.info/files/2026/09/afrocentricity-think-tank-graphique-afrique-rapetissee-06-09-26-page-1.jpg" data-wpel-link="exclude" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><img decoding="async" class="aligncenter size-large wp-image-9259" src="https://amaizo.info/files/2026/09/afrocentricity-think-tank-graphique-afrique-rapetissee-06-09-26-page-1-740x416-1.jpg" alt="" width="740" height="416" /></a>Avec une superficie d&rsquo;environ 30,37 millions de km², l&rsquo;Afrique pourrait contenir simultanément les États-Unis (9,83 millions de km²), la Chine (9,60 millions de km²) et l&rsquo;Inde (3,29 millions de km²), soit un total de près de 22,72 millions de km². Il resterait alors environ 7,65 millions de km² disponibles. Cet espace résiduel permettrait encore d&rsquo;accueillir un vaste ensemble de pays européens, notamment l&rsquo;Ukraine, la France, l&rsquo;Espagne, la Suède, la Norvège, l&rsquo;Allemagne, la Finlande, la Pologne, l&rsquo;Italie, le Royaume-Uni, la Roumanie, la Grèce, la Bulgarie et l&rsquo;Islande, dont la superficie cumulée atteint environ 4,63 millions de km². L’Afrique peut contenir trois grandes puissances et 14 puissances moyennes. Il subsisterait encore près de 3 millions de km², suffisants pour y intégrer plusieurs États d&rsquo;Amérique latine et des Caraïbes, tels que l&rsquo;Argentine (2,78 millions de km²), l&rsquo;Uruguay (176 000 km²), la Jamaïque (11 000 km²), Trinité-et-Tobago (5 100 km²), la Barbade (430 km²) et Sainte-Lucie (620 km²), (voir graphique).</p>
<p>L&rsquo;ensemble de ces territoires demeurerait inférieur à la superficie totale du continent africain. Cette comparaison illustre avec force l&rsquo;écart considérable entre la taille réelle de l&rsquo;Afrique et sa représentation imposée sur les cartes fondées sur la projection Mercator, laquelle tend à valoriser l’héritage colonial en réduisant visuellement l&rsquo;importance des régions situées à proximité de l&rsquo;équateur.</p>
<p>Autrement dit, l&rsquo;Afrique est plus de trois fois plus vaste que les États-Unis ou la Chine pris individuellement, près de quatre fois plus grande que l&rsquo;Australie (7,69 millions de km²), plus de neuf fois plus vaste que l&rsquo;Inde et près de onze fois plus étendue que l&rsquo;Argentine (2,78 millions de km²), etc. (voir le tableau et le graphique joints).</p>
<table>
<thead>
<tr>
<th colspan="3"><strong>L&rsquo;AFRIQUE A SA JUSTE ÉCHELLE : RÉTABLIR LES PROPORTIONS DU CONTINENT</strong></p>
<p><strong>Nombre de fois qu’un pays peut « tenir » dans l&rsquo;Afrique</strong></th>
</tr>
<tr>
<th><strong>État / Continent</strong></th>
<th><strong>Superficie</strong></p>
<p><strong>(km²)</strong></th>
<th><strong>Nombre de fois </strong></p>
<p><strong>qu&rsquo;un pays tient dans l&rsquo;Afrique</strong></th>
</tr>
</thead>
<tbody>
<tr>
<td><strong>Afrique</strong></td>
<td style="text-align: center"><strong>30 370 000</strong></td>
<td style="text-align: center"><strong>1,0</strong></td>
</tr>
<tr>
<td>États-Unis</td>
<td style="text-align: center">9 833 517</td>
<td style="text-align: center">3,1</td>
</tr>
<tr>
<td>Chine</td>
<td style="text-align: center">9 596 961</td>
<td style="text-align: center">3,2</td>
</tr>
<tr>
<td>Inde</td>
<td style="text-align: center">3 287 263</td>
<td style="text-align: center">9,2</td>
</tr>
<tr>
<td>Argentine</td>
<td style="text-align: center">2 780 400</td>
<td style="text-align: center">10,9</td>
</tr>
<tr>
<td>Ukraine</td>
<td style="text-align: center">603 628</td>
<td style="text-align: center">50,3</td>
</tr>
<tr>
<td><strong>France métropolitaine</strong></td>
<td style="text-align: center"><strong>551 695</strong></td>
<td style="text-align: center"><strong>55,0</strong></td>
</tr>
<tr>
<td>Espagne</td>
<td style="text-align: center">505 990</td>
<td style="text-align: center">60,0</td>
</tr>
<tr>
<td>Suède</td>
<td style="text-align: center">450 295</td>
<td style="text-align: center">67,4</td>
</tr>
<tr>
<td>Norvège</td>
<td style="text-align: center">385 207</td>
<td style="text-align: center">78,8</td>
</tr>
<tr>
<td>Japon</td>
<td style="text-align: center">377 975</td>
<td style="text-align: center">80,4</td>
</tr>
<tr>
<td>Allemagne</td>
<td style="text-align: center">357 588</td>
<td style="text-align: center">84,9</td>
</tr>
<tr>
<td>Finlande</td>
<td style="text-align: center">338 455</td>
<td style="text-align: center">89,7</td>
</tr>
<tr>
<td>Pologne</td>
<td style="text-align: center">312 696</td>
<td style="text-align: center">97,1</td>
</tr>
<tr>
<td>Italie</td>
<td style="text-align: center">301 340</td>
<td style="text-align: center">100,8</td>
</tr>
<tr>
<td>Royaume-Uni</td>
<td style="text-align: center">243 610</td>
<td style="text-align: center">124,7</td>
</tr>
<tr>
<td>Roumanie</td>
<td style="text-align: center">238 397</td>
<td style="text-align: center">127,4</td>
</tr>
<tr>
<td>Uruguay</td>
<td style="text-align: center">176 215</td>
<td style="text-align: center">172,4</td>
</tr>
<tr>
<td>Grèce</td>
<td style="text-align: center">131 957</td>
<td style="text-align: center">230,2</td>
</tr>
<tr>
<td>Bulgarie</td>
<td style="text-align: center">110 994</td>
<td style="text-align: center">273,6</td>
</tr>
<tr>
<td>Islande</td>
<td style="text-align: center">103 000</td>
<td style="text-align: center">294,9</td>
</tr>
<tr>
<td>Jamaïque</td>
<td style="text-align: center">10 991</td>
<td style="text-align: center">2 763</td>
</tr>
<tr>
<td>Trinité-et-Tobago</td>
<td style="text-align: center">5 128</td>
<td style="text-align: center">5 922</td>
</tr>
<tr>
<td>Sainte-Lucie</td>
<td style="text-align: center">617</td>
<td style="text-align: center">49 222</td>
</tr>
<tr>
<td>Barbade</td>
<td style="text-align: center">430</td>
<td style="text-align: center">70 628</td>
</tr>
<tr>
<td colspan="3">© Afrocentricity Think Tank, à partir United Nations Statistics Division (UNSD) (2025). <em>UNData: Population, surface area and density</em>. United Nations: New York. Accessed on September 5, 2026. Retrieved from <a href="https://data.un.org/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://data.un.org/<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a>; <strong>calculs de l&rsquo;auteur à partir des données de superficie de la Division de statistique des Nations Unies (UNSD, 2025).</strong> Les ratios ont été obtenus en divisant la superficie totale de l&rsquo;Afrique (30,37 millions de km²) par celle de chaque État.</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<h3>5. Conclusion : les limites du multilatéralisme face à une grande puissance</h3>
<p>L’<acronym title="Organisation des Nations unies">ONU</acronym> met en valeur les limites du consensus international mais réussit à promouvoir une représentation plus équitable du monde. Toutefois, la non-neutralité de la cartographie met en exergue la diplomatie d’une vision du monde. L’initiative africaine soutenant des projections respectant davantage les superficies réelles ont contribué à réhabiliter la place prépondérante géographiquement de l&rsquo;Afrique et du Sud global dans les représentations internationales. Cela a aussi révélé son impuissance dans les rapports de force inter-Etats.</p>
<p>L’Afrique par la voix du Togo a permis de corriger les représentations symboliques héritées de la période coloniale, ce qui ne manquera pas d’entraîner des conséquences sur une restructuration de la résistance des blocs face à des déstabilisations culturelles relayées par des asymétries politiques et économiques qui rappellent actuellement la faible capacité d’influence de l’Afrique et du sud global.</p>
<p>La fin de l&rsquo;hégémonie de la cartographie du monde par la projection de Mercator est un signe que les « pays faiblement puissants » revendiquent leur souveraineté. Toutefois, le consensus majoritaire obtenu à l’Assemblée générale des Nations Unies ne garantit pas, loin de là, son application universelle. L’absence de pouvoir coercitif de l’Assemblée générale de l’<acronym title="Organisation des Nations unies">ONU</acronym> face aux États les plus influents rappelle que la réforme des Nations Unies demeurent une priorité. La polémique autour de la représentation cartographique du monde rappelle que les cartes sont également des instruments de pouvoir.</p>
<p>Aussi, au même titre que la désinformation tue, une cartographie déformée mutile et humilie les Peuples et sert à justifier l’injustifiable. <acronym title="Yves Ekoué Amaïzo">YEA</acronym>.</p>
<p>7 septembre 2026</p>
<p><strong>Dr. Yves Ekoué AMAÏZO</strong></p>
<p>Directeur général, Afrocentricity Think Tank</p>
<p>© Afrocentricity Think Tank</p>
<p><strong>Notes :</strong></p>
<ol>
<li id="post-9258-endnote-1">Une version de cet article a été publiée par New Magazine, le Magazine de l’Afrique, voir : Amaïzo, Y. E. (2026). « La fin de l’Afrique rapetissée ». 6 septembre 2026. In <em>magazinedelafrique.com</em>. Accédé le 6 septembre 2026. Voir <a href="https://magazinedelafrique.com/politique/la-fin-de-lafrique-rapetissee/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://magazinedelafrique.com/politique/la-fin-de-lafrique-rapetissee/<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-9258-endnote-ref-1">↑</a></li>
<li id="post-9258-endnote-2">Blaut, J. M. (1993). <em>The Colonizer&rsquo;s Model of the World: Geographical Diffusionism and Eurocentric History</em>. Guilford Press : New York. <a href="#post-9258-endnote-ref-2">↑</a></li>
<li id="post-9258-endnote-3">Peters, A. (1974). <em>The Peters World Map</em>. Friendship Press: Bonn. <a href="#post-9258-endnote-ref-3">↑</a></li>
<li id="post-9258-endnote-4">World Council of Churches (1983). <em>Educational Materials Using the Peters Projection</em>. World Council of Churches (WCC): Geneva. <a href="#post-9258-endnote-ref-4">↑</a></li>
<li id="post-9258-endnote-5"><acronym title="Organisation des Nations Unies pour l\'éducation, la science et la culture (United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization)">UNESCO</acronym> (1980s). <em>Educational Cartography and Global Awareness Programmes</em>. UNESCO: Paris. <a href="#post-9258-endnote-ref-5">↑</a></li>
<li id="post-9258-endnote-6">UNICEF (1980s). <em>Global Development Mapping Resources</em>. UNICEF: New York. <a href="#post-9258-endnote-ref-6">↑</a></li>
<li id="post-9258-endnote-7">Snyder, J. P. (1993). <em>Flattening the Earth: Two Thousand Years of Map Projections</em>. University of Chicago Press: Chicago. <a href="#post-9258-endnote-ref-7">↑</a></li>
<li id="post-9258-endnote-8">United Nations (2026). <em>UN tells the world: Stop making Africa look small</em>. September 4, 2026. In <em>news.un.</em> <em>UN News</em> : New York. Accessed on September 5, 2026. Retrieved from <a href="https://news.un.org/en/story/2026/09/1168284" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://news.un.org/en/story/2026/09/1168284<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-9258-endnote-ref-8">↑</a></li>
<li id="post-9258-endnote-9">US News &amp; Reuters (2026). “UN Approves Resolution in Support of Map That Shows Africa&rsquo;s True Size”. September 4, 2026. In US News &amp; Reuters, <em>www.usnews.com</em> . Accessed on September 5, 2026. Retrieved from <a href="https://www.usnews.com/news/world/articles/2026-09-04/un-approves-resolution-in-support-of-map-that-shows-africas-true-size" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.usnews.com/news/world/articles/2026-09-04/un-approves-resolution-in-support-of-map-that-shows-africas-true-size<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-9258-endnote-ref-9">↑</a></li>
<li id="post-9258-endnote-10">ABC.NET.AU(2026). “Africa and Australia bigger, US smaller as UN votes to adopt a new world map”. September 4, 2026. In www.abc.net.au. Accessed on September 5, 2026. Retrieved from <a href="https://www.abc.net.au/news/2026-09-05/africa-bigger-us-smaller-united-nations-adopts-new-world-map/107119646" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.abc.net.au/news/2026-09-05/africa-bigger-us-smaller-united-nations-adopts-new-world-map/107119646<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-9258-endnote-ref-10">↑</a></li>
<li id="post-9258-endnote-11">Odunsi, W. (2026). “UN approves new map showing Africa’s true size, US opposes”. September 4, 2026. In <em>Dailypost.ng. </em>Accessed on September 5, 2026. Retrieved from <a href="https://dailypost.ng/2026/09/04/un-approves-new-map-showing-africas-true-size-us-opposes/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://dailypost.ng/2026/09/04/un-approves-new-map-showing-africas-true-size-us-opposes/<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-9258-endnote-ref-11">↑</a></li>
<li id="post-9258-endnote-12">US News &amp; Reuters (2026). Op. Cit. <a href="#post-9258-endnote-ref-12">↑</a></li>
<li id="post-9258-endnote-13">US News &amp; Reuters (2026). Op. Cit. <a href="#post-9258-endnote-ref-13">↑</a></li>
<li id="post-9258-endnote-14">UN News (2026). « UN tells the world: Stop making Africa look small”. September 4, 2026. In <em>news.un.org.</em> Accessed on September 5, 2026. Retrieved from <a href="https://news.un.org/en/story/2026/09/1168284" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://news.un.org/en/story/2026/09/1168284<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-9258-endnote-ref-14">↑</a></li>
<li id="post-9258-endnote-15">Nations Unies (2026). <em>« Correct the map » : rebalancing global cartographic representation and promoting equitable representation of the world&rsquo;s regions, particularly Africa</em>. Projet de résolution A/80/L.104. New York : Assemblée générale des Nations Unies, 4 août. Accessed on September 5, 2026. Retrieved from <a href="https://docs.un.org/en/A/80/L.104" target="_blank" rel="noopener external noreferrer" data-wpel-link="external" class="ext-link wpel-icon-right">https://docs.un.org/en/A/80/L.104<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-9258-endnote-ref-15">↑</a></li>
<li id="post-9258-endnote-16">UN News (2026). Op. Cit. <a href="#post-9258-endnote-ref-16">↑</a></li>
<li id="post-9258-endnote-17">Nations Unies (2026). Op. Cit. <a href="#post-9258-endnote-ref-17">↑</a></li>
<li id="post-9258-endnote-18">United Nations (Sans date). <em>Chapter IV: The General Assembly (Articles 9-22)</em>. United Nations. Accessed on September 5, 2026. Retrieved from <a href="https://www.un.org/en/about-us/un-charter/chapter-4" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.un.org/en/about-us/un-charter/chapter-4<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-9258-endnote-ref-18">↑</a></li>
<li id="post-9258-endnote-19">Valverde, M. (2018). “Donald Trump’s ‘s—hole countries’ remark and its policy history”. January 12, 2018. In <em>Politifact.com.</em> Accessed on September 5, 2026. Retrieved from https://politifact.com/article/2018/jan/12/donald-trumps-s-hole-countries-remarks-and-its-pol/ . En janvier 2018, Donald Trump a suscité une vive controverse internationale après que plusieurs médias eurent rapporté qu&rsquo;il avait qualifié Haïti, le Salvador et certains pays africains de« shithole countries » (« pays de merde ») lors d&rsquo;une réunion consacrée à la politique migratoire américaine. <a href="#post-9258-endnote-ref-19">↑</a></li>
</ol><p>Publié par <a href="https://amaizo.info/author/yeamaizo" data-wpel-link="internal">Yves Ekoué Amaïzo</a> sur <a href="https://amaizo.info" data-wpel-link="internal">amaizo.info - Le savoir au service de l&#039;interdépendance</a></p>
]]></content:encoded><description>&lt;p&gt;LA FIN DE L’ AFRIQUE RAPETISSÉE[1] Dr. Yves Ekoué AMAÏZO Directeur général, Afrocentricity Think Tank www.afrocentricity.info &amp;#8211; yeamaizo@afrocentricity.info 7 septembre 2026 0. Introduction : cartographie du monde : une erreur de parallaxe non sollicitée ? Comment est-ce possible que l&amp;#8217;Europe, le Canada, la Russie et surtout le Groenland apparaissent sur des cartes dites de « Mercator » beaucoup plus [&amp;#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Publié par &lt;a href="https://amaizo.info/author/yeamaizo" data-wpel-link="internal"&gt;Yves Ekoué Amaïzo&lt;/a&gt; sur &lt;a href="https://amaizo.info" data-wpel-link="internal"&gt;amaizo.info - Le savoir au service de l&amp;#039;interdépendance&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
</description><thr:total xmlns:thr="http://purl.org/syndication/thread/1.0">0</thr:total><author>infos@amaizo.info (Yves Ekoué Amaïzo)</author></item><item><title>QUELLE MONNAIE POUR QUELLE AFRIQUE DE L’OUEST ?</title><link>https://amaizo.info/2026/08/29/quelle-monnaie-pour-quelle-afrique-de-louest/17069</link><category>Articles</category><category>Economie</category><category>Editorial</category><category>Revues de Presses</category><pubDate>Fri, 28 Aug 2026 22:25:53 GMT</pubDate><guid isPermaLink="false">https://afrocentricity.info/?p=9248</guid><content:encoded xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"><![CDATA[<p><a href="https://afrocentricity.info/files/2026/08/graphique-quelle-monnaie-pour-quelle-afrique-de-louest-28-08-26-page-1.jpg" data-wpel-link="exclude" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><img decoding="async" class="aligncenter size-large wp-image-9249" src="https://amaizo.info/files/2026/08/graphique-quelle-monnaie-pour-quelle-afrique-de-louest-28-08-26-page-1-740x416-1.jpg" alt="" width="740" height="416" /></a></p>
<p><strong>De la dépendance monétaire à une monnaie « ECO » de convergence productive<sup><a id="post-9248-endnote-ref-1" href="#post-9248-endnote-1">[1]</a></sup></strong></p>
<p style="text-align: right">28 août 2026</p>
<p>Dr. Yves Ekoué AMAÏZO</p>
<p>Directeur général, Afrocentricity Think Tank</p>
<p>yeamaizo@afrocentricity.info</p>
<h3>0. INTRODUCTION : FRANC <acronym title="Communauté Financière Africaine">CFA</acronym>, L’HISTOIRE D’UNE DÉPENDANCE MONÉTAIRE PERSISTANTE</h3>
<p>Créé le 26 décembre 1945 sous l’appellation de <em>« Franc des colonies françaises d’Afrique »,</em> le Franc <acronym title="Communauté Financière Africaine">CFA</acronym> s’inscrit dès l’origine dans une logique coloniale de contrôle monétaire. En 1958, cette dénomination a été modifiée pour devenir <em>«Franc de la Communauté française d’Afrique »</em>, puis, dans le contexte postcolonial ouest-africain, le sigle a été réinterprété comme <em>« Communauté financière africaine ». </em>Cette réinterprétation postcoloniale comme « Communauté financière africaine », n’ont pas effacé la dépendance historique ni les asymétries de souveraineté qui continuent de structurer son fonctionnement<sup><a id="post-9248-endnote-ref-2" href="#post-9248-endnote-2">[2]</a></sup>. Aujourd’hui, le débat n’est plus théorique. Il est question d’en finir avec le Franc <acronym title="Communauté Financière Africaine">CFA</acronym>, devenu <acronym title="Communauté Financière Africaine">CFA</acronym> et qui risque de devenir l’ECO-<acronym title="Union économique et monétaire ouest-africaine">UEMOA</acronym>.</p>
<p>Hors zone Franc <acronym title="Communauté Financière Africaine">CFA</acronym>, les monnaies de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>) ou de la Zone monétaire Ouest-africaine (ZMOA) subissent structurellement une décote par rapport à la devise d’adossement, signe de la faiblesse de leurs fondamentaux. Leur stabilité durable et la préservation de leur pouvoir d’achat passent donc par une base productive plus diversifiée et une économie capable de soutenir sa propre monnaie. Mais, tant que la stabilité collective ne sera pas structurellement rétablie, que la base productive demeurera insuffisamment diversifiée et que l’essentiel des avoirs des Africains continuera largement à être placés hors du continent, la promesse d’une souveraineté et d’une monnaie souveraines pleinement tournées vers les peuples n’engagera que celles et ceux qui y croiront.</p>
<p>En filigrane, c’est le contrat de confiance approximatif entre les dirigeants et les citoyens portant sur la souveraineté monétaire au service des peuples qui devra être redéfini en toute liberté et avec la participation de toutes et tous, y compris dans la Diaspora.</p>
<h3>1. AFRIQUE DE L’OUEST : QUELLE MONNAIE POUR VIVRE ENSEMBLE EN TOUTE SOUVERAINETÉ ?</h3>
<p>L’Afrique de l’Ouest ne peut pas se contenter d’une simple mutation nominale du Franc <acronym title="Communauté Financière Africaine">CFA</acronym> vers l’ECO<sup><a id="post-9248-endnote-ref-3" href="#post-9248-endnote-3">[3]</a></sup>. La question centrale est celle du modèle de souveraineté économique qui détermine la réalité de la souveraineté des peuples que la monnaie doit servir<sup><a id="post-9248-endnote-ref-4" href="#post-9248-endnote-4">[4]</a></sup>. Or, pour le moment, les monnaies de sous-régions, Franc <acronym title="Communauté Financière Africaine">CFA</acronym><sup><a id="post-9248-endnote-ref-5" href="#post-9248-endnote-5">[5]</a></sup> ou pas, servent en priorité les tenants du pouvoir qui dirigent et parfois des intérêts étrangers<sup><a id="post-9248-endnote-ref-6" href="#post-9248-endnote-6">[6]</a></sup>.</p>
<p>Les contradictions entre les dirigeants sont multiples au point de servir de justificatifs aux multiples reports de la date de création d’une monnaie commune à l’ensemble des pays, et incluant tant la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym><sup><a id="post-9248-endnote-ref-7" href="#post-9248-endnote-7">[7]</a></sup>, l’<acronym title="Union économique et monétaire ouest-africaine">UEMOA</acronym><sup><a id="post-9248-endnote-ref-8" href="#post-9248-endnote-8">[8]</a></sup>, la ZMOA<sup><a id="post-9248-endnote-ref-9" href="#post-9248-endnote-9">[9]</a></sup>, que l’AES<sup><a id="post-9248-endnote-ref-10" href="#post-9248-endnote-10">[10]</a></sup>. Le service à la population reste marginal et pose même le débat sur la souveraineté<sup><a id="post-9248-endnote-ref-11" href="#post-9248-endnote-11">[11]</a></sup> au profit de qui. Or, la monnaie peut insidieusement servir les intérêts des réseaux opaques de la Françafrique<sup><a id="post-9248-endnote-ref-12" href="#post-9248-endnote-12">[12]</a></sup> faussement anesthésiée et vraisemblablement pas le peuple souverain.</p>
<p>Une monnaie commune n’a de sens que si elle devient un instrument de convergence productive, d’intégration régionale et de mobilisation du financement au service de l’industrie, de l’agriculture et des infrastructures. Dans cette perspective, l’ECO devrait être pensé non comme une fin en soi, mais comme l’architecture monétaire d’une stratégie de transformation structurelle.</p>
<h3>2. MONNAIE UNIQUE OU MONNAIE COMMUNE</h3>
<p>La monnaie unique<sup><a id="post-9248-endnote-ref-13" href="#post-9248-endnote-13">[13]</a></sup>, unilatéralement imposée par les dirigeants, vise d’abord l’unification institutionnelle, la visibilité politique et le contrôle centralisé. Mais, ce point aussi important mériterait de recueillir l’avis et la position des peuples via un référendum. Cette monnaie « unique » servira surtout les États les plus puissants, mais risque de laisser de côté les réalités sociales et productives des peuples. La monnaie commune, au contraire, respecte la diversité des économies et accompagne les États volontaires dans une convergence progressive. Elle permet d’avancer à plusieurs vitesses, sans forcer les pays réticents ou bloquants, plus favorables à une intégration artificielle.</p>
<p>La monnaie commune a pour principal objectif de soutenir les échanges, le commerce, l’investissement et la souveraineté économique au bénéfice des populations en limitant les charges financières. Elle valorise les États engagés dans une logique de confiance, de discipline et de transformation productive. Elle permettra de s’éloigner du taux de change fixe imposé par le Franc <acronym title="Communauté Financière Africaine">CFA</acronym> et sa version dépoussiérée et « relookée » qui pourrait prendre la forme d’un ECO-<acronym title="Union économique et monétaire ouest-africaine">UEMOA</acronym>.</p>
<p>Ainsi, la monnaie unique concentre le pouvoir, tandis que la monnaie commune répartit les bénéfices.<br />
L’une, -la monnaie unique- est surtout un instrument politique ; l’autre, -la monnaie commune- doit devenir un outil de développement au service des peuples qui devront en assurer le contrôle périodiquement.</p>
<p>En Afrique de l’Ouest, la monnaie <em>commune</em> serait donc plus légitime<sup><a id="post-9248-endnote-ref-14" href="#post-9248-endnote-14">[14]</a></sup> qu’une monnaie <em>unique </em>imposée d’en haut, et de l’extérieur.</p>
<h3>3. DE LA DÉPENDANCE À L’AUTONOMIE : QUELLE INTERDÉPENDANCE MONÉTAIRE SANS UNE TUTELLE ?</h3>
<p>Le débat monétaire ouest-africain reste marqué par l’héritage du Franc <acronym title="Communauté Financière Africaine">CFA</acronym>, dont la stabilité apparente a longtemps reposé sur l’arrimage externe et sur une forte contrainte institutionnelle. Cette configuration a permis de contenir certaines tensions inflationnistes, mais elle a aussi limité les marges de manœuvre en matière de politique économique, notamment en matière de crédit productif, de financement industriel et d’orientation stratégique de la création monétaire. L’enjeu n’est donc pas seulement de changer d’appellation, mais de sortir d’un régime où la monnaie protège davantage la stabilité nominale qu’elle ne soutient l’accumulation productive.</p>
<p>Le rapport de mars 2026 de la Banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest (<acronym title="Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest">BCEAO</acronym><sup><a id="post-9248-endnote-ref-15" href="#post-9248-endnote-15">[15]</a></sup>) demeure prisonnier d’une lecture strictement monétaire de la stabilité des prix et de la tentative de recherche d’équilibres macroéconomiques jamais atteints à ce jour, sans intégrer l’industrialisation ni la transformation productive comme conditions de consolidation durable de la monnaie. Or, sans base productive forte, aucune monnaie n’acquiert un souveraineté réelle ni une solidité durable.</p>
<p>Cette stratégie date de plusieurs décades et confirme une approche traditionnelle et européenne de la politique monétaire. Or, cette stratégie n’est pas fortuite et contribue à faire croire que la monnaie conçue exclusivement comme un objectif de stabilité autonome, pour ne pas dire en vase clos, ne peut servir comme un instrument au service d’un projet de transformation structurelle et de développement durable accéléré. C’est d’ailleurs tout le contraire des stratégies suivies par les pays d’Asie du Sud-Est depuis les années 1960 et avec succès pour plusieurs d’entre eux.</p>
<p>La <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> maintient l’objectif d’une monnaie unique, avec une mise en œuvre progressive et des critères de convergence macroéconomique encore déterminants dans le calendrier de transition. Toutefois, si ces critères restent centrés sur les variables budgétaires et monétaires classiques, ils risquent de reproduire les limites du modèle antérieur. Une ECO crédible doit au contraire intégrer la question de la productivité, de l’industrialisation, de la transformation locale des matières premières et de la construction d’un marché régional plus dense. Une telle monnaie ne peut se priver de la flexibilité que constitue un taux de change flottant et non fixe comme le proposent ceux qui veulent transformer le Franc <acronym title="Communauté Financière Africaine">CFA</acronym> en ECO-<acronym title="Union économique et monétaire ouest-africaine">UEMOA</acronym>.</p>
<p>L’ECO-<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> ne pourra rompre avec la dépendance qu’en reposant sur une interdépendance monétaire entre États africains, fondée sur des règles communes, des réserves régionales et une gouvernance souveraine, sans tutelle extérieure.</p>
<h3>4. « ECO » OU CONTINUITÉ DÉGUISÉE DU FRANC <acronym title="Communauté Financière Africaine">CFA</acronym> ?</h3>
<p>La question fondamentale qui se pose est la suivante : ECO sous tutelle ? Quelle solution face à l’opposition des pays attachés au Franc <acronym title="Communauté Financière Africaine">CFA</acronym> et à la garantie de la France ? Or, les peuples africains de la zone d’Afrique de l’Ouest sont unanimes : il faut rompre avec la dépendance monétaire et sortir du cercle vicieux de la souveraineté confisquée.</p>
<p>Pour gérer l’opposition des pays attachés au franc <acronym title="Communauté Financière Africaine">CFA</acronym>, il faut éviter une logique de rupture brutale et construire une coalition de transition autour d’avantages concrets, de garanties techniques et d’un calendrier crédible. Le blocage vient moins du principe d’une monnaie commune que de la crainte d’une perte de stabilité, d’un manque de confiance institutionnelle et d’une transition perçue comme imposée par d’autres.</p>
<p>La défense des intérêts et des symboles étrangers semble représenter la position de certains membres de l’<acronym title="Union économique et monétaire ouest-africaine">UEMOA</acronym> non-membres de l’AES.</p>
<p>Il faut d’abord reconnaître que les pays attachés au <acronym title="Communauté Financière Africaine">CFA</acronym> ne défendent pas seulement un héritage politique ; ils défendent aussi une promesse de stabilité des prix, de convertibilité et de prévisibilité macroéconomique. Une stratégie efficace consiste donc à montrer que l’ECO-<acronym title="Union économique et monétaire ouest-africaine">UEMOA</acronym> peut préserver ces fonctions tout en élargissant la souveraineté régionale.</p>
<p>Le discours doit évoluer de <em>« sortir du <acronym title="Communauté Financière Africaine">CFA</acronym> » </em>à<em> « sécuriser une transition monétaire qui protège les économies ».</em> Toutefois, cette position n’est absolument pas partagée par plusieurs membres de la Zone monétaire Ouest-africaine à commencer par le Nigeria. La Guinée l’a fait savoir très clairement en refusant de participer à l’ECO que certains dirigeants de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> veulent faire démarrer comme la première étape d’une succession de phases. Le Gouvernement de la Guinée <em>« réaffirme son attachement au franc guinéen face au projet ECO<sup><a id="post-9248-endnote-ref-16" href="#post-9248-endnote-16">[16]</a></sup> ».</em></p>
<p>C’est au cours du 69ᵉ sommet ordinaire de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> tenu à Lungi, en Sierra Léone, que les dirigeants ouest-africains ont confirmé leur volonté de lancer l’ECO en 2027 selon une approche progressive. La première phase concernera uniquement les pays remplissant les critères de convergence macroéconomique, tandis que les autres États bénéficieront d’un accompagnement pour rejoindre ultérieurement le dispositif.</p>
<p>La position de la Guinée est intervenue peu après le 69ᵉ sommet ordinaire de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> qui stipule : <em>« Dans un premier temps, la monnaie ne concernera que les États satisfaisant aux critères de convergence macroéconomique, les autres devant bénéficier d’un accompagnement en vue d’une adhésion ultérieure ».</em></p>
<h3>5. « ECO », UNE PROPRIÉTÉ INTELLECTUELLE DES CHEFS D’ÉTAT DE LA <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym></h3>
<p>Il est aussi utile de distinguer les États qui veulent une réforme profonde de ceux qui, sous prétexte d’une éventuelle déstabilisation à court terme, en profiteraient pour imposer un <em>« Franc bis<sup><a id="post-9248-endnote-ref-17" href="#post-9248-endnote-17">[17]</a></sup> ».</em> Dans la pratique, l’opposition est souvent hétérogène : certains rejettent une ECO perçue comme une simple requalification du <acronym title="Communauté Financière Africaine">CFA</acronym>, tandis que d’autres demandent surtout des garanties sur la gouvernance et la discipline commune.</p>
<p>Se pose ainsi la question de la crédibilité de la transition. Il apparaît alors que la seule réponse crédible pour ne pas repousser encore la date de création de l’ECO serait une décision politique de phaser en plusieurs étapes les adhésions uniquement des pays volontaires. Sauf, que personne ne sait réellement à quoi devrait se rattacher cette adhésion : une monnaie ECO-<acronym title="Union économique et monétaire ouest-africaine">UEMOA</acronym>, une continuation sinon perpétuation du Franc <acronym title="Communauté Financière Africaine">CFA</acronym>, ou alors un ECO-<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>, une rupture avec le Franc <acronym title="Communauté Financière Africaine">CFA</acronym> mais aussi une rupture avec la mauvaise gouvernance passée des dirigeants en Afrique de l’Ouest.</p>
<p>Une majorité des chefs d’Etat a fait enregistrer officiellement la marque « ECO » auprès de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI) afin d’assurer la protection juridique de cette appellation auprès d’autres organismes régionaux et internationaux spécialisés en propriété intellectuelle pour éviter qu’un président ne décide, de faire prospérer l’idée d’un Franc <acronym title="Communauté Financière Africaine">CFA</acronym> bis<sup><a id="post-9248-endnote-ref-18" href="#post-9248-endnote-18">[18]</a></sup>. Autrement dit, l’idée saugrenue d’avancer vers un ECO-<acronym title="Union économique et monétaire ouest-africaine">UEMOA</acronym> ne pourrait plus prospérer et cela empêcherait que le Franc <acronym title="Communauté Financière Africaine">CFA</acronym> bis ne vienne créer la confusion en se faisant nommer « ECO ».</p>
<h3>6. PHASAGE DE L’ECO : DU PANIER DE MONNAIES AUX MATIÈRES PREMIÈRES</h3>
<p>La position d’Afrocentricity Think Tank est claire et rejoint le phasage en plusieurs étapes. Les phases doivent être suffisamment longues pour permettre à plusieurs pays d’assurer un rattrapage de leur transformation productive et d’accepter graduellement l’adossement progressif de l&rsquo;ECO à un panier de monnaies et de matières premières, puis principalement à un panier de matières premières dont l&rsquo;or.</p>
<ul>
<li><strong>Phase 1 :</strong> d’abord, instaurer une monnaie commune de transition d’environ cinq ans au plus adossée à un panier de monnaies, ce qui réduit la dépendance à un seul ancrage externe et rassure les États attachés à la stabilité et introduire des critères de convergence productive reliés à des transformations productives, bases de la solidité de toutes monnaies ;</li>
<li><strong>Phase 2 :</strong> Ensuite, au cours d’une période de 5 à 7 ans, faire évoluer cette architecture d’ici 2040 vers un adossement élargi à l’or et à d’autres matières premières stratégiques, afin de renforcer la crédibilité interne de la monnaie et son lien avec la richesse réelle de la région, tout en améliorant les principaux indicateurs de la transformation productive pour atteindre un seuil de référence harmonisé<sup><a id="post-9248-endnote-ref-19" href="#post-9248-endnote-19">[19]</a></sup>.</li>
</ul>
<p>Cette méthode a un avantage majeur : elle ne demande pas aux États réticents de renoncer immédiatement à leurs repères monétaires. Elle leur propose un chemin de sécurisation progressive, avec des critères de convergence, des garde-fous budgétaires et une gouvernance partagée plus lisible. En d’autres termes, il faut transformer l’opposition en assurance contre l’improvisation et exclure ceux des dirigeants qui ont choisi, contraints ou pas, de torpiller l’ECO original.</p>
<p>Même si le phasage vise à éviter les déséquilibres, il ne doit pas transformer les critères de convergence en barrières préalables ; ceux-ci gagneraient plutôt à être conçus comme des objectifs graduels accompagnant la mise en place de la monnaie commune. Il ne faut donc pas mettre la charrue avant les zébus. Mais, une décision politique pour créer la monnaie commune peut intervenir avec des seuils de référence proposés qui ne soient pas des conditions d’entrée, mais plutôt des objectifs à atteindre au cours des périodes proposées et négociables.</p>
<h3>7. ECO : MONNAIE « POLITIQUE » ET SOUVERAINETÉ À DEUX VITESSES</h3>
<p>De fait, sous couvert de pragmatisme, la méthode progressive risque de devenir malgré tout un mécanisme de tri politique : elle rassurera les États les plus en conformité avec une monnaie commune ECO fondée sur la souveraineté monétaire, tout en reléguant les autres à une marge d’intégration différée. Mais, la promesse d’une monnaie « unique » ECO risque de se transformer en dispositif de sélection, voire de confiscation du projet ECO-<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> au profit d’une minorité de dirigeants alignés sur une version réduite, voire minimale, de la souveraineté monétaire.</p>
<p>L’opacité dans laquelle travaillent encore de nombreux dirigeants en Afrique de l’Ouest sur la question monétaire pourra éventuellement se terminer avec les pays volontaires déterminés à offrir des garanties institutionnelles.</p>
<p>Les pays pro-<acronym title="Communauté Financière Africaine">CFA</acronym> craignent souvent qu’une monnaie régionale mal gouvernée produise plus d’instabilité que de souveraineté. Il faut donc proposer des institutions solides : banque centrale indépendante mais redevable devant le Peuple, règles claires de financement monétaire, mécanisme de compensation entre États, transparence sur les réserves, absence vérifiable de présence ou d’influence étrangère au sein du conseil d’administration des instances dirigeantes de la monnaie commune ECO. Sans cela, toute tentative de convergence sera interprétée comme un risque politique de perte de souveraineté monétaire et de duplicité des dirigeants africains.</p>
<p>Il est aussi nécessaire d’insister sur la répartition équitable des bénéfices. Si la nouvelle monnaie commune ECO doit servir à financer l’investissement productif, les infrastructures et la transformation locale, les pays les plus prudents doivent pouvoir enregistrer des gains tangibles, pas seulement un changement de nom. Le succès dépendra donc de la capacité à faire de l’ECO un outil collectif avec des Etats volontaires et disposés à harmoniser les critères de convergence monétaires, macro-économiques et de transformation productive, et non un instrument capturé par quelques capitales, agissant parfois comme des courroies de transmission d’intérêts étrangers.</p>
<p>Qu’on le veuille ou pas, l’ECO serait moins une monnaie neutre qu’un instrument de décision politique, utilisé pour organiser l’intégration selon les rapports de force entre États. La phase de transition ne pourra se faire sans une souveraineté monétaire à deux niveaux : certains pays avancent vers l’ECO-<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>, tandis que d’autres restent relégués dans une intégration incomplète ou différée.</p>
<h3>8. ÉVITER L’AFFRONTEMENT FRONTAL</h3>
<p>L’expérience récente montre que les annonces unilatérales ont ravivé les méfiances entre blocs linguistiques et institutionnels en Afrique de l’Ouest. Pour réduire cette défiance, il faut privilégier les consultations techniques, les sommets politiques réguliers et une feuille de route commune validée par tous les États membres. Une monnaie ne peut pas naître d’un simple communiqué ; elle exige un pacte politique durable et librement consenti.</p>
<p>En pratique, cela suppose de ne pas humilier les pays attachés au <acronym title="Communauté Financière Africaine">CFA</acronym>, ni l’inverse, humilier les pays attachés à un taux de change flottant, principalement les pays de la Zone monétaire ouest-africaine (ZMOA).</p>
<p>Il vaut mieux offrir à chacune des parties en présence, à savoir <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>, <acronym title="Union économique et monétaire ouest-africaine">UEMOA</acronym> et AES, une sortie honorable vers une monnaie ECO plus robuste, avec des périodes transitoires, des clauses de révision et des mécanismes d’ajustement différenciés. C’est souvent la seule manière de neutraliser la peur d’une perte de souveraineté sans alternative. Or, c’est plus vite dit que facile et prompt à réaliser. La mise en œuvre dépend des dirigeants. Les changements de dirigeants politiques ne se faisant pas nécessairement sur les bases d’une démocratie ouverte, il est difficile d’en appeler au Peuple africain pour trancher cette question.</p>
<p>En effet, les coups d’Etat constitutionnels, les coups d’Etat militaires, les ingérences intempestives d’intérêts étrangers, et surtout une oligarchie africaine qui se satisfait du statu quo par intérêts bien compris, contribuent à des retards quasi-structurels dans l’avènement d’une monnaie ECO adoubée par les peuples d’Afrique de l’Ouest.</p>
<p>Aussi, éviter l’affrontement frontal apparaît comme une condition politique majeure pour déjouer la logique du <em>« diviser pour régner »,</em> qui empêche encore l’Afrique de l’Ouest de converger vers une monnaie commune et un projet de transformation productive au service des peuples.</p>
<h3>9. CHANGER DE LOGICIEL MENTAL : REMETTRE AU CENTRE LA COMPÉTENCE, LA TRANSFORMATION PRODUCTIVE ET LA PERFORMANCE ECONOMIQUE</h3>
<p>Il est urgent de déplacer le débat du terrain identitaire vers celui de la performance économique. L’opposition au Franc <acronym title="Communauté Financière Africaine">CFA</acronym> est forte, mais elle ne suffit pas à fonder l’adhésion à une nouvelle monnaie ; les critères susceptibles de convaincre les États réticents, ce sont des perspectives de croissance, d’investissement et de stabilité partagée. L’ECO doit être présenté comme une monnaie au service de la production, de l’emploi et du commerce intra-africain. Il y a donc des possibilités de trouver des consensus et des convergences sur des critères de performance de la transformation productive et industrielle sur une période de transition estimée à cinq ans.</p>
<p>Le problème n’est pas tant d’abandonner le <acronym title="Communauté Financière Africaine">CFA</acronym>. C’est plutôt comment bâtir une architecture monétaire qui protège les populations et les économies tout permettant une maîtrise sur la gestion de l’avenir, ce en toute souveraineté. Cette approche permet de transformer une opposition défensive en discussion positive privilégiant la recherche de l’intérêt commun.</p>
<p>Face à l’opposition des pays attachés à la garantie française et au Franc <acronym title="Communauté Financière Africaine">CFA</acronym>, la solution n’est pas la rupture brutale, mais une transition négociée, progressive et crédible vers une monnaie commune réellement africaine. Il faut rassurer les États les plus prudents par des mécanismes de stabilité, des critères de convergence adaptés, une gouvernance transparente et une phase intermédiaire fondée sur un adossement élargi à un panier de monnaies, avant d’évoluer vers des garanties plus souveraines appuyées sur les réserves régionales et les matières premières, notamment l’or.</p>
<p>Ainsi, l’enjeu n’est pas seulement de remplacer le Franc <acronym title="Communauté Financière Africaine">CFA</acronym>, mais de construire une architecture monétaire capable de concilier confiance, souveraineté et transformation productive. C’est à cette condition que l’ECO pourra surmonter et dépasser le handicap des résistances politiques et devenir le socle d’une intégration ouest-africaine maîtrisée, au service du développement et non de la dépendance<sup><a id="post-9248-endnote-ref-20" href="#post-9248-endnote-20">[20]</a></sup>.</p>
<p>Il devient indispensable d’œuvrer pour une rupture culturelle et changer le paradigme ambiant qui n’exclut pas les tenants de la mauvaise gouvernance. Pour cela, il faudra nécessairement remettre la compétence, la transformation productive et la performance économique au cœur des logiques d’action.</p>
<h3>10. ADOSSER L’ECO À UN PANIER DE MONNAIES ET À L’OR</h3>
<p>La monnaie commune doit d’abord être comprise comme un outil politique d’unification économique. Elle permet de réduire les coûts de transaction, de faciliter les échanges intra-régionaux et de renforcer la visibilité d’un espace économique ouest-africain encore fragmenté. Mais pour éviter qu’elle ne devienne une simple monnaie de circulation sans capacité de développement, elle doit être adossée à une stratégie de réserves, de discipline commune et de financement de long terme. C’est à ce niveau que se pose la question de sa base de crédibilité, de son mode d’émission et de son rapport aux ressources réelles de la région.</p>
<p>Dans un premier temps, l’idée la plus pragmatique consiste à adosser la monnaie de l’Afrique de l’Ouest à un panier de monnaies et éventuellement une matière première comme l’or. Ce serait au moins une première en Afrique et démontrerait que la voie du mimétisme sans résultant probant pour les peuples africains est terminée. Un tel mécanisme offrirait une transition plus souple que l’arrimage exclusif à une seule devise, en réduisant la dépendance à un centre monétaire unique. Ce panier pourrait refléter la structure des échanges de la région, la composition de ses réserves et ses partenariats commerciaux dominants. En pratique, cette solution permettrait de stabiliser la future monnaie tout en élargissant l’espace d’autonomie régionale, sans rompre brutalement avec les impératifs de confiance internationale.</p>
<p>Un adossement à un panier de monnaies intégrant une matière première comme l’or aurait aussi un avantage institutionnel : il préparerait les États ouest-africains à une discipline collective plus crédible, fondée sur la transparence des réserves, la coordination des politiques économiques et la gestion commune des chocs externes. Il s’agirait alors d’une phase transitoire entre la dépendance historique au Franc <acronym title="Communauté Financière Africaine">CFA</acronym> et une souveraineté monétaire plus affirmée. Cette étape serait d’autant plus importante que plusieurs actifs de réserve et de change de la région restent encore fortement externalisés et détenus hors du continent<sup><a id="post-9248-endnote-ref-21" href="#post-9248-endnote-21">[21]</a></sup>.</p>
<p>Jean Pierre Godeme affirme que l’Afrique dit vouloir sa souveraineté financière, mais que ses réserves racontent une autre histoire : selon lui, 70 % des réserves de change sont détenues dans des centres financiers occidentaux, tandis que les États africains disposent d’environ 450 milliards de dollars de réserves de change. Il ajoute que certaines banques centrales africaines placeraient 80 % ou plus de leurs réserves sur les marchés obligataires américains ou européens, ce qui reviendrait à soutenir les économies occidentales plutôt que le développement africain.</p>
<p>Alors, comment ne pas relever la duplicité à l’égard des dirigeants, des Etats et des banques africaines qui clament haut et fort, l’urgence de la souveraineté monétaire et s’empressent en catimini et en silence d’aller <em>« placer la majeure partie de leurs réserves à l’étranger<sup><a id="post-9248-endnote-ref-22" href="#post-9248-endnote-22">[22]</a></sup> ».</em></p>
<h3>11. DU PANIER DE MONNAIES AUX MATIÈRES PREMIÈRES AFRICAINES</h3>
<p>Dans un second temps, la monnaie commune pourrait évoluer vers un adossement élargi à des matières premières stratégiques, notamment l’or, le diamant, les métaux rares, etc. Cette orientation correspond à une logique plus enracinée dans les réalités économiques africaines, car la région dispose de ressources naturelles capables de soutenir une base de valeur plus tangible qu’un simple ancrage fiduciaire externe. L’or, en particulier, constitue un actif de réserve reconnu internationalement, dont le rôle de stabilisateur monétaire est ancien et dont la valeur est renforcée dans les périodes d’incertitude financière<sup><a id="post-9248-endnote-ref-23" href="#post-9248-endnote-23">[23]</a></sup>. Le <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> confirme aussi que l’or demeure un avoir de réserve de premier plan malgré la fin du système de parités fixes<sup><a id="post-9248-endnote-ref-24" href="#post-9248-endnote-24">[24]</a></sup>.</p>
<p>L’idée d’un adossement aux matières premières n’implique pas un retour mécanique au standard or classique. Elle suppose plutôt une monnaie commune appuyée sur un panier de ressources comprenant l’or, mais aussi d’autres actifs stratégiques selon les atouts régionaux. Des débats récents montrent d’ailleurs que l’Afrique explore des mécanismes monétaires liés aux ressources critiques, dans une logique de souveraineté et de valorisation des richesses du sous-sol. Pour l’Afrique de l’Ouest, une telle approche permettrait de lier davantage la création monétaire à la production réelle et à la valeur des ressources locales<sup><a id="post-9248-endnote-ref-25" href="#post-9248-endnote-25">[25]</a></sup>.</p>
<p>Rappelons que Reuters<sup><a id="post-9248-endnote-ref-26" href="#post-9248-endnote-26">[26]</a></sup> rapporte que la Banque africaine de développement envisage un nouvel arrangement monétaire de type « étalon-or », adossé à des minéraux critiques tels que le cobalt, le cuivre, le lithium, le manganèse et certaines terres rares, indispensables à la transition énergétique mondiale et dans la construction de véhicules électriques. De plus dans le cas du Franc <acronym title="Communauté Financière Africaine">CFA</acronym> adossé à l’Euro par une parité fixe, l’introduction des matières premières essentielles permettrait une garantie renforcée par un engagement de réserves de change, ce qui permettrait d’ailleurs de mieux conserver la valeur monétaire d’un Franc <acronym title="Communauté Financière Africaine">CFA</acronym>, &#8211; qui est lui-même garanti par un engagement de réserves de change ». Ce Franc <acronym title="Communauté Financière Africaine">CFA</acronym> modifié permettrait de mieux conserver la valeur de cette nouvelle monnaie, <em>« mieux que n&rsquo;importe quelle monnaie africaine », </em>sauf que la garantie en dernier ressort de la France devra disparaître.</p>
<p>Un adossement à l’or aurait toutefois ses propres exigences. Il nécessiterait une gouvernance stricte, une certification crédible des réserves, une politique de stockage et de rapatriement des avoirs, ainsi qu’une coopération entre banques centrales. Les réserves aurifères officielles du continent et les actifs financiers en or restent très inégalement répartis, et une partie importante demeure placée hors d’Afrique. Cela signifie que la souveraineté monétaire ne se réduit pas au principe d’adossement ; elle suppose aussi la capacité de la banque centrale à détenir, décider, contrôler et mobiliser les réserves<sup><a id="post-9248-endnote-ref-27" href="#post-9248-endnote-27">[27]</a></sup>.</p>
<p>Mais rien ne changera tant que les dirigeants, acteurs proactifs du mal-développement africain continueront à faire croire que la monnaie est seule responsable alors que ces derniers sont aussi pour partie et en toute connaissance de cause, responsables du choix des trajectoires de développement. Au titre de la mal gouvernance, il est possible de décliner : le détournement des ressources publiques, la corruption, la mise en faiblesse de l’État de même que ses interventions intempestives dans le blocage du développement de la transformation productive et du secteur privé efficace. Avec comme corollaire bien sûr la difficulté à s’éloigner stratégiquement des structures productives extraverties héritées de la colonisation.</p>
<h3>12. PAS DE CONTRÔLE DE L’AFRIQUE DE L’OUEST AVEC UNE BASE INDUSTRIELLE FAIBLE</h3>
<p>Au fond, la véritable rupture ne se situe pas entre panier de monnaies et matières premières, mais entre une monnaie de dépendance et une monnaie de transformation. La monnaie ECO ne sera légitime que si elle accompagne une stratégie industrielle régionale, une montée en gamme productive et une intégration régionale effective. La monnaie doit alors servir de levier pour financer les secteurs prioritaires, soutenir les chaînes de valeur régionales et réduire la vulnérabilité externe des économies ouest-africaines.</p>
<p>Le changement économique de rupture avec la Franc n’est en effet pas sans risques pour les pays de l’<acronym title="Union économique et monétaire ouest-africaine">UEMOA</acronym>. Abandonner un système de parité fixe peut être à l’origine de graves crises économiques comme ce fut le cas en Argentine en 2001. En effet, l’abandon de la parité fixe entre le peso argentin et le dollar a généré une hyperinflation causée par la dévaluation de la monnaie et la peur des investisseurs. Ce choix a contribué à augmenter la pauvreté et installé durablement une crise sociale qui perdure aujourd’hui.</p>
<p>Par ailleurs, l’autre « peur » non écrite est qu’au sein de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>, la perspective de la mise en place d’une gigantesque union monétaire effraie la plupart des États membres en raison de l’omnipotence du Nigeria qui représente près de 67 % du <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym> de la zone alors que ce pays rencontre des difficultés sécuritaires, économiques, sociopolitiques et peut agir de manière unilatérale en total non-respect des règles communautaires.</p>
<p>Or, le Nigeria a une base industrielle très faible en termes de valeur ajoutée, avec la part des produits manufacturés dans les exportations totales de marchandises à hauteur de 3,54 % en 2024 lorsque celle de l’Afrique subsaharienne est estimée à 19,4 % et que la moyenne mondiale pour la même année est de 69,29 %<sup><a id="post-9248-endnote-ref-28" href="#post-9248-endnote-28">[28]</a></sup>. Avec 86,27 %, le Botswana est largement au-dessus de la moyenne mondiale et de la moyenne de l’Afrique subsaharienne et devrait servir d’exemple pour les pays locomotives du continent dont le Nigeria ou la Côte d’Ivoire en Afrique de l’Ouest.</p>
<p>Notons toutefois la performance du Sénégal et du Togo qui pourraient, si volontaires, être prêts pour soutenir l’ECO-<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> dans sa phase de transition, ce à partir, entre autres, de sa capacité de transformation productive au-dessus de la moyenne africaine. (voir graphique).<a href="https://afrocentricity.info/files/2026/08/graphique-quelle-monnaie-pour-quelle-afrique-de-louest-28-08-26-page-2.jpg" data-wpel-link="exclude" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><img decoding="async" class="aligncenter size-large wp-image-9250" src="https://amaizo.info/files/2026/08/graphique-quelle-monnaie-pour-quelle-afrique-de-louest-28-08-26-page-2-740x416-1.jpg" alt="" width="740" height="416" /></a></p>
<h3>13. VERS UNE MONNAIE « ECO » DE CONVERGENCE PRODUCTIVE</h3>
<p>Plus largement, la souveraineté monétaire africaine ne peut être proclamée sans transformation des structures qui encadrent effectivement la monnaie. Le Franc <acronym title="Communauté Financière Africaine">CFA</acronym>, en particulier, est présenté comme un système qui maintient une dépendance institutionnelle durable, puisque la maîtrise réelle des instruments monétaires demeure extérieure ou fortement contrainte. Dès lors, l’enjeu n’est pas seulement de changer de devise, mais de reconstruire les capacités décisionnelles, financières et institutionnelles permettant une souveraineté effective.</p>
<p>Face à des crises financières mondiales, des pandémies ou des chocs externes, la faiblesse de la transformation productive est un véritable révélateur des fragilités institutionnelles et monétaires du continent. D’où la nécessité de construire des réponses endogènes et politiquement maîtrisées ! Dans cette perspective, le Franc <acronym title="Communauté Financière Africaine">CFA</acronym> apparaît moins comme un simple instrument technique, et plus comme un dispositif limitant la souveraineté monétaire<sup><a id="post-9248-endnote-ref-29" href="#post-9248-endnote-29">[29]</a></sup>, notamment à travers la contrainte exercée sur la gestion des réserves, la liquidité et l’autonomie des politiques économiques et le véto de la garantie de convertibilité en dernier ressort par un pays non africain.</p>
<p>Cette nouvelle trajectoire suppose une auto-discipline : d’abord une monnaie commune stabilisée par un panier de monnaies avec l’or, puis une évolution vers un ancrage plus large incluant l’or et d’autres matières premières stratégiques. Cette progressivité éviterait les ruptures brutales tout en préparant une souveraineté monétaire plus solide. Elle donnerait aussi à l’Afrique de l’Ouest les moyens d’inscrire l’ECO dans une logique propre, distincte de la simple reproduction des anciens mécanismes du Franc <acronym title="Communauté Financière Africaine">CFA</acronym>.</p>
<p>En définitive, la question n’est pas seulement de savoir quelle monnaie pour l’Afrique de l’Ouest mais quelle architecture monétaire pour sortir du mal développement ? Etant entendu que des acteurs pro-actifs jouent dans la cour de la duplicité envers les peuples africains, au lieu de générer de la richesse à partir de la capacité et la transformation productives afin de générer de la valeur ajoutée et façonner un développement durable pour les peuples africains.</p>
<p>Une monnaie ECO de convergence productive ne doit pas être un instrument de conservation, mais un outil de transformation. C’est à cette condition qu’elle pourra devenir une véritable monnaie commune africaine, capable de relier souveraineté, stabilité et industrialisation.</p>
<p>Pour l’Afrique de l’Ouest, la monnaie souveraine n’est pas seulement une nouvelle unité de compte, mais une monnaie portée par une vraie convergence productive et des institutions crédibles.</p>
<p>Le <acronym title="Franc CFA, monnaie utilisée dans plusieurs pays d Afrique">FCFA</acronym> a longtemps offert une stabilité nominale, mais au prix d’une souveraineté monétaire incomplète et d’une dépendance extérieure persistante.</p>
<p>La monnaie ECO, celle sans ingérence extérieure, ne sera utile que si elle accompagne l’intégration réelle, la discipline budgétaire, le renforcement des capacités productives régionales et la transformation industrielle. Une monnaie ne peut être une simple substitution monétaire sans transformation économique. Il convient de construire ensemble une monnaie « ECO » de convergence productive. <acronym title="Yves Ekoué Amaïzo">YEA</acronym>.</p>
<p>28 août 2026.</p>
<p>Dr. Yves Ekoué AMAÏZO</p>
<p>Directeur général, Afrocentricity Think Tank</p>
<p>© Afrocentricity Think Tank</p>
<p><strong> Notes et références bibliographiques</strong></p>
<ol>
<li id="post-9248-endnote-1">Je remercie chaleureusement M. François Fabregat pour son travail d’édition et ses conseils précieux. Toutefois, je reste seul responsable des éventuelles erreurs ou imprécisions qui pourraient subsister. <a href="#post-9248-endnote-ref-1">↑</a></li>
<li id="post-9248-endnote-2">Nubukpo, K. (2024). <em>L’Afrique et le reste du monde : de la dépendance à la souveraineté</em>. Odile Jacob: Paris. <a href="#post-9248-endnote-ref-2">↑</a></li>
<li id="post-9248-endnote-3">Aboa, A. (2019). “West Africa renames <acronym title="Communauté Financière Africaine">CFA</acronym> franc but keeps it pegged to euro”. In <em>Reuters. </em><a href="http://www.reuters.com" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right"><em>www.reuters.com</em><span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a>. 21 décembre 2019. Accédé le 17 août 2026. Voir <a href="https://www.reuters.com/article/world/west-africa-renames-cfa-franc-but-keeps-it-pegged-to-euro-idUSKBN1YP0KA/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.reuters.com/article/world/west-africa-renames-cfa-franc-but-keeps-it-pegged-to-euro-idUSKBN1YP0KA/<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-9248-endnote-ref-3">↑</a></li>
<li id="post-9248-endnote-4">Aglietta, M. et Orléan, A. (1998). <em>La monnaie souveraine</em>. Odile Jacob : Paris. <a href="#post-9248-endnote-ref-4">↑</a></li>
<li id="post-9248-endnote-5">Diouf M., Diallo C., Thiaw O. (2020). <em>La problématique du Fcfa et la future monnaie Eco : Enjeux, lectures et perspectives stratégiques autour de la réforme.</em> Académie de Recherche Stratégique Africaine (ACRESA) : Paris. In acresa.org<em>. </em>Référence Dossier : Acresa/Eco.Fin/0001. Accédé le 18 août 2026. Voir <a href="https://acresa.org/uploads/files/Economie%20Africaine/Dossier%20Franc%20cfa.pdf" target="_blank" rel="noopener external noreferrer" data-wpel-link="external" class="ext-link wpel-icon-right">https://acresa.org/uploads/files/Economie%20Africaine/Dossier%20Franc%20cfa.pdf<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-9248-endnote-ref-5">↑</a></li>
<li id="post-9248-endnote-6">Ben Gadha, M., Kaboub, F., Koddenbrock, K. et al. (2021). <em>Economic and Monetary Sovereignty in 21<sup>st</sup> Century Africa</em>. Pluto Press. London. <a href="#post-9248-endnote-ref-6">↑</a></li>
<li id="post-9248-endnote-7">Communauté économique et Des Etats d’Afrique de l’Ouest (le mot Développement a perdu de sa « priorité », n’est plus central politiquement dans les pratiques de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>. Il a été progressivement remplacé par la sécurité, la gouvernance et les crises institutionnelles, sans d’ailleurs que des réponses tangibles ne soient visibles au point que des pays comme le Mauritanie, le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont quitté cette organisation sous-régionale. <a href="#post-9248-endnote-ref-7">↑</a></li>
<li id="post-9248-endnote-8"><acronym title="Union économique et monétaire ouest-africaine">UEMOA</acronym> signifie : Union économique et monétaire ouest-africaine. Elle est dirigée par les chefs d’État et de gouvernement des pays membres à travers la Conférence des chefs d’État, tandis que la Commission de l’<acronym title="Union économique et monétaire ouest-africaine">UEMOA</acronym> assure l’exécutif quotidien. La France ne dirige pas l’<acronym title="Union économique et monétaire ouest-africaine">UEMOA</acronym>. En revanche, son poids historique et son rôle d’influence existent dans l’architecture monétaire liée au Franc <acronym title="Communauté Financière Africaine">CFA</acronym>. <a href="#post-9248-endnote-ref-8">↑</a></li>
<li id="post-9248-endnote-9">La ZMOA veut dire : Zone monétaire ouest-africaine. Elle regroupe les pays de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> qui n’utilisent pas le franc <acronym title="Communauté Financière Africaine">CFA</acronym> et qui ont voulu préparer une monnaie commune, l’ECO. Elle est dirigée par les chefs d’État et de gouvernement des pays membres, avec une coordination technique assurée par l’Institut monétaire de l’Afrique de l’Ouest (IMAO). Dans la pratique néanmoins, le leadership politique a souvent été dominé par les grands pays de la zone, notamment le Nigeria. <a href="#post-9248-endnote-ref-9">↑</a></li>
<li id="post-9248-endnote-10">L’AES signifie Alliance des États du Sahel. Elle regroupe le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Elle a une direction collective avec une présidence tournante. Sa présidence est assurée par rotation entre les chefs d’État des pays membres. Ibrahim Traoré, le président du Faso et chef suprême des Forces armées nationales apparaît comme le Président de la Confédération des États du Sahel et en fonction depuis le 24 décembre 2025 pour un mandat d’un an. <a href="#post-9248-endnote-ref-10">↑</a></li>
<li id="post-9248-endnote-11">Diop, B. (2021). <em>Souveraineté monétaire en Afrique</em>. Présence Africaine : Dakar. <a href="#post-9248-endnote-ref-11">↑</a></li>
<li id="post-9248-endnote-12">Pigeaud, F. et Sylla, N. S. (2020). <em>L’arme invisible de la Françafrique</em>. La Découverte : Paris. <a href="#post-9248-endnote-ref-12">↑</a></li>
<li id="post-9248-endnote-13">Diallo, C. T. (2020). « Monnaie unique, primat du <acronym title="Communauté Financière Africaine">CFA</acronym> et rivalités géopolitiques au sein de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> : L’ECO en suspens », pp. 33-17. In Diouf M., Diallo C., Thiaw O. (2020). La problématique du Fcfa et la future monnaie Eco : Enjeux, lectures et perspectives stratégiques autour de la réforme. Académie de Recherche Stratégique Africaine (ACRESA) : Paris. In acresa.org<em>. </em>Réf Dossier : Acresa/Eco.Fin/0001. Accédé le 18 août 2026. Voir <a href="https://acresa.org/uploads/files/Economie%20Africaine/Dossier%20Franc%20cfa.pdf" target="_blank" rel="noopener external noreferrer" data-wpel-link="external" class="ext-link wpel-icon-right">https://acresa.org/uploads/files/Economie%20Africaine/Dossier%20Franc%20cfa.pdf<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-9248-endnote-ref-13">↑</a></li>
<li id="post-9248-endnote-14">Nubukpo, K. (dir). (2021). <em>Du Franc <acronym title="Communauté Financière Africaine">CFA</acronym> à l’ECO : quelle monnaie pour quel développement en Afrique de l’Ouest ?</em> « Les Etats généraux de l’ECO ». Mai 2021. Université de Lomé. Faculté des Sciences économiques et de gestion. Accédé le 17 août 2026. Voir <a href="http://news.adakar.com/documents/docs/RAPPORT-CFA-ECO-2021(1).pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">http://news.adakar.com/documents/docs/RAPPORT-<acronym title="Communauté Financière Africaine">CFA</acronym>-ECO-2021(1).pdf<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-9248-endnote-ref-14">↑</a></li>
<li id="post-9248-endnote-15"><acronym title="Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest">BCEAO</acronym> (2026). <em>Rapport sur la Politique Monétaire dans l’UMOA &#8211; Mars 2026</em><strong>. </strong><acronym title="Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest">BCEAO</acronym> : Dakar. Accédé le 17 août 2026. Voir <a href="https://www.bceao.int/sites/default/files/2026-03/RAPPORT-SUR-LA-POLITIQUE-MONETAIRE-DANS-L-UMOA-DE-MARS-2026.pdf" target="_blank" rel="noopener external noreferrer" data-wpel-link="external" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.bceao.int/sites/default/files/2026-03/RAPPORT-SUR-LA-POLITIQUE-MONETAIRE-DANS-L-UMOA-DE-MARS-2026.pdf<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-9248-endnote-ref-15">↑</a></li>
<li id="post-9248-endnote-16">APAnews (2026). « ECO : la Guinée mise sur son franc national ». 31 juillet 2026. In <em>fr.apanews.net/news.</em> Accédé le 17 août 2026. Voir <a href="https://fr.apanews.net/news/eco-la-guinee-mise-sur-son-franc-national/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://fr.apanews.net/news/eco-la-guinee-mise-sur-son-franc-national/<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-9248-endnote-ref-16">↑</a></li>
<li id="post-9248-endnote-17">Expression utilisée par Nicolas Agbohou lors de plusieurs de ses interventions et reprises par les médias.Kpenou, C. V. (2026). « <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> : les chefs d’État confirment le lancement de l’ECO pour 2027 ». 21 juillet 2026. In <a href="http://www.afrik.com" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">www.afrik.com<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a>. Accédé le 17 août 2026. Voir <a href="https://www.afrik.com/cedeao-les-chefs-d-etat-confirment-le-lancement-de-l-eco-pour-2027" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.afrik.com/cedeao-les-chefs-d-etat-confirment-le-lancement-de-l-eco-pour-2027<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a>. En effet, Plusieurs analyses de presse évoquent l’hypothèse d’un “franc bis” ou d’une monnaie de transition, susceptible de prolonger certaines logiques du franc <acronym title="Communauté Financière Africaine">CFA</acronym> sous une autre appellation. <a href="#post-9248-endnote-ref-17">↑</a></li>
<li id="post-9248-endnote-18"><acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> (2026). « Communiqué final de la 69e session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement ». Lungi, 19 July 2026. In Coulibaly, M. (2026). « La <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> confirme le lancement de l’ECO en 2027 et accélère son agenda d’intégration économique ». Côte d’Ivoire-AIP/Inter/. 21 juillet 2026. In <a href="http://www.aip.ci/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">www.aip.ci/<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a>. Accédé le 17 août 2026. Voir <a href="https://www.aip.ci/cote-divoire-aip-inter-la-cedeao-confirme-le-lancement-de-leco-en-2027-et-accelere-son-agenda-dintegration-economique/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.aip.ci/cote-divoire-aip-inter-la-cedeao-confirme-le-lancement-de-leco-en-2027-et-accelere-son-agenda-dintegration-economique/<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-9248-endnote-ref-18">↑</a></li>
<li id="post-9248-endnote-19">Amaïzo, Y. E. (2026). Ouvrage en cours de finalisation et présentant les principaux critères de référence portant sur la transformation productive en Afrique de l’Ouest, en principe pour décembre 2026. <a href="#post-9248-endnote-ref-19">↑</a></li>
<li id="post-9248-endnote-20">Amin, S. (2008) <em>La déconnexion</em>. L’Harmattan : Paris. <a href="#post-9248-endnote-ref-20">↑</a></li>
<li id="post-9248-endnote-21">Godeme, J. P. (2026). « Opinion : Si les pays africains croient en la souveraineté financière, ils ne peuvent pas placer la majeure partie de leurs réserves à l’étranger ». 18 février 2026. In <em>AFIS. </em><a href="http://www.afis.africa/fr" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right"><em>www.afis.africa/fr</em><span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a><em>.</em> Accédé le 17 août 2026. voir <a href="https://www.afis.africa/fr/opinion-si-les-pays-africains-croient-en-la-souverainete-financiere-ils-ne-peuvent-pas-placer-la-majeure" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.afis.africa/fr/opinion-si-les-pays-africains-croient-en-la-souverainete-financiere-ils-ne-peuvent-pas-placer-la-majeure<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-9248-endnote-ref-21">↑</a></li>
<li id="post-9248-endnote-22">Godeme, J. P. (2026). Op. Cit. <a href="#post-9248-endnote-ref-22">↑</a></li>
<li id="post-9248-endnote-23">Banque de France (2024) <em>L’or</em>. Mars 2022.Banque de France, <a href="http://www.banque-france.fr" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">www.banque-france.fr<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a>. Accédé le 17 août 2026. Voir <a href="https://www.banque-france.fr/system/files/2024-08/822073_eco-bref_or_publie.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.banque-france.fr/system/files/2024-08/822073_eco-bref_or_publie.pdf<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-9248-endnote-ref-23">↑</a></li>
<li id="post-9248-endnote-24"><acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> (2022). L’or et le <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym>. Décembre 2022. In <em>Fonds monétaire international, </em><a href="http://www.imf.org/fr" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right"><em>www.imf.org/fr</em><span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a>. Accédé le 17 août 2026. Voir <a href="https://www.imf.org/fr/about/factsheets/sheets/2022/gold-in-the-imf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.imf.org/fr/about/factsheets/sheets/2022/gold-in-the-imf<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-9248-endnote-ref-24">↑</a></li>
<li id="post-9248-endnote-25">Miriri, (2025). “Africa floats critical minerals-backed currency plan as new &lsquo;gold standard&rsquo;”. 31 January 2025. In REUTERS. <a href="http://www.reuters.com" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">www.reuters.com<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a>. Accessed 17 August 2026. Retrieved from https://www.reuters.com/world/africa/africa-floats-critical-minerals-backed-currency-plan-new-gold-standard-2025-01-31/ <a href="#post-9248-endnote-ref-25">↑</a></li>
<li id="post-9248-endnote-26">Miriri, (2025). Op. Cit. <a href="#post-9248-endnote-ref-26">↑</a></li>
<li id="post-9248-endnote-27">Ndiaye, A. (2025). « Souveraineté monétaire en Afrique : sortir des slogans pour penser l’efficacité économique ». 22 décembre 2025. In <em>Financial Afrik</em>. <a href="http://www.financialafrik.com" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right"><em>www.financialafrik.com</em><span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a><em>.</em> Accédé le 17 août 2026. voir <a href="https://www.financialafrik.com/2025/12/23/souverainete-monetaire-en-afrique-sortir-des-slogans-pour-penser-lefficacite-economique/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.financialafrik.com/2025/12/23/souverainete-monetaire-en-afrique-sortir-des-slogans-pour-penser-lefficacite-economique/<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-9248-endnote-ref-27">↑</a></li>
<li id="post-9248-endnote-28">OURWORLDINDATA (2026). “Share of manufactured products in total merchandise exports 1962 to 2025”. In <em>ourworldindata.org</em>. Accessed 18 August 2026. Retrieved from <a href="https://ourworldindata.org/grapher/share-manufacture-exports?country=CIV~GHA~NGA~NER~OWID_EU27~BWA~TUN~LSO~SWZ~DJI~EGY~MUS~TGO~ZAF~SEN~WB_SSA" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://ourworldindata.org/grapher/share-manufacture-exports?country=CIV~GHA~NGA~NER~OWID_EU27~BWA~TUN~LSO~SWZ~DJI~EGY~MUS~TGO~ZAF~SEN~WB_SSA<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-9248-endnote-ref-28">↑</a></li>
<li id="post-9248-endnote-29">Amaïzo, Y.E. (2010). <em>Crise financière mondiale. Des réponses alternatives de l’Afrique</em>. Menaibuc. Paris. <a href="#post-9248-endnote-ref-29">↑</a></li>
</ol><p>Publié par <a href="https://amaizo.info/author/yeamaizo" data-wpel-link="internal">Yves Ekoué Amaïzo</a> sur <a href="https://amaizo.info" data-wpel-link="internal">amaizo.info - Le savoir au service de l&#039;interdépendance</a></p>
]]></content:encoded><description>&lt;p&gt;De la dépendance monétaire à une monnaie « ECO » de convergence productive[1] 28 août 2026 Dr. Yves Ekoué AMAÏZO Directeur général, Afrocentricity Think Tank yeamaizo@afrocentricity.info 0. INTRODUCTION : FRANC CFA, L’HISTOIRE D’UNE DÉPENDANCE MONÉTAIRE PERSISTANTE Créé le 26 décembre 1945 sous l’appellation de « Franc des colonies françaises d’Afrique », le Franc CFA s’inscrit dès l’origine dans [&amp;#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Publié par &lt;a href="https://amaizo.info/author/yeamaizo" data-wpel-link="internal"&gt;Yves Ekoué Amaïzo&lt;/a&gt; sur &lt;a href="https://amaizo.info" data-wpel-link="internal"&gt;amaizo.info - Le savoir au service de l&amp;#039;interdépendance&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
</description><author>infos@amaizo.info (Yves Ekoué Amaïzo)</author><enclosure length="534238" type="application/pdf" url="https://acresa.org/uploads/files/Economie%20Africaine/Dossier%20Franc%20cfa.pdf"/><itunes:explicit>no</itunes:explicit><itunes:subtitle>De la dépendance monétaire à une monnaie « ECO » de convergence productive[1] 28 août 2026 Dr. Yves Ekoué AMAÏZO Directeur général, Afrocentricity Think Tank yeamaizo@afrocentricity.info 0. INTRODUCTION : FRANC CFA, L’HISTOIRE D’UNE DÉPENDANCE MONÉTAIRE PERSISTANTE Créé le 26 décembre 1945 sous l’appellation de « Franc des colonies françaises d’Afrique », le Franc CFA s’inscrit dès l’origine dans [&amp;#8230;] Publié par Yves Ekoué Amaïzo sur amaizo.info - Le savoir au service de l&amp;#039;interdépendance</itunes:subtitle><itunes:author>infos@amaizo.info (Yves Ekoué Amaïzo)</itunes:author><itunes:summary>De la dépendance monétaire à une monnaie « ECO » de convergence productive[1] 28 août 2026 Dr. Yves Ekoué AMAÏZO Directeur général, Afrocentricity Think Tank yeamaizo@afrocentricity.info 0. INTRODUCTION : FRANC CFA, L’HISTOIRE D’UNE DÉPENDANCE MONÉTAIRE PERSISTANTE Créé le 26 décembre 1945 sous l’appellation de « Franc des colonies françaises d’Afrique », le Franc CFA s’inscrit dès l’origine dans [&amp;#8230;] Publié par Yves Ekoué Amaïzo sur amaizo.info - Le savoir au service de l&amp;#039;interdépendance</itunes:summary><itunes:keywords>diaspora,afrique,economie,afrology,onu,omc,nepad,togo,protectionisme,solidarité,pauvreté,zone,franc,cfa,dirigeants,africains,fmi,afrique,subsaharienne,interdépendance,nations,unies,pays,pauvres,migration,émigrés,crise,financière,inéga</itunes:keywords></item><item><title>CAPITALISER SUR LE PLUS GRAND ÉCHEC DU SYSTÈME GNASSINGBÉ : Opter pour un recours en révision auprès de la CJ-CEDEAO</title><link>https://amaizo.info/2026/08/02/capitaliser-sur-le-plus-grand-echec-du-systeme-gnassingbe-opter-pour-un-recours-en-revision-aupres-de-la-cj-cedeao/17049</link><category>CVU Togo Diaspora</category><category>Politique</category><category>4e à 5e République</category><category>Constitution togolaise</category><category>Cour de Justice de la CEDEAO</category><category>CVU-TOGO-DIASPORA</category><category>Diaspora Togolaise</category><category>Faure Gnassingbé</category><category>Ligue togolaise des Droits de l’Homme (LTDH)</category><category>RCDTI</category><category>Recours en révision</category><category>Transition politique et citoyenne</category><category>Vérité des urnes et des comptes publics</category><pubDate>Sat, 1 Aug 2026 22:17:32 GMT</pubDate><guid isPermaLink="false">https://cvu-togo-diaspora.org/?p=21581</guid><content:encoded xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"><![CDATA[<p><a href="https://cvu-togo-diaspora.org/files/2026/08/rcdti-et-cvu-togo-diaspora-capitaliser-graphique-02-08-26-page-1.jpg" data-wpel-link="exclude" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><img decoding="async" class="aligncenter size-large wp-image-21584" src="https://amaizo.info/files/2026/08/rcdti-et-cvu-togo-diaspora-capitaliser-graphique-02-08-26-page-1-740x416-1.jpg" alt="" width="740" height="416" /></a></p>
<p><strong>COMMUNIQUÉ DE PRESSE CONJOINT DU 2 AOÛT 2026 </strong></p>
<p><strong>RÉSEAU DE LA COORDINATION DE LA DIASPORA TOGOLAISE INDEPENDANTE (<acronym title="Réseau de Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante">RCDTI</acronym>) ET COLLECTIF POUR LA VÉRITÉ DES URNES &#8211; TOGO &#8211; DIASPORA (<acronym title="Collectif pour la Vérité des Urnes">CVU</acronym>-TOGO-DIASPORA)</strong></p>
<p>Contact : <a href="mailto:info@cvu-togo-diaspora.org">info@cvu-togo-diaspora.org</a> qui transmettra.</p>
<h3>0. INTRODUCTION : RICHESSES NATIONALES DÉTOURNÉES VERS LA GALAXIE GNASSINGBÉ</h3>
<p>Faure Gnassingbé, Président du conseil des ministres sans assise populaire inclusive, refuse que l’Etat du Togo se présente devant la Cour de Justice de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> pour répondre aux multiples violations du droit dont il est l’auteur. Le système politique qu’il préside a réussi la prouesse entre 2005 et 2026, soit 21 ans, de laisser plus de 45 % des Togolais sous le seuil de pauvreté, tout en démultipliant les inégalités. Ainsi, si l’on devait accorder quelque crédit à sa vision 2040<sup><a id="post-21581-endnote-ref-1" href="#post-21581-endnote-1">[1]</a></sup>, il convient de le questionner afin qu’il explique par quels artifices il pourra réaliser sa promesse de <em>« doubler le niveau de vie moyen et ramener le taux de pauvreté à moins de 15 % d&rsquo;ici 2040 » </em>?</p>
<p>Rappelons que cette vision 2040 se fait principalement grâce à des accords de financement avec les institutions de Bretton-Woods, notamment la <acronym title="Banque internationale pour la reconstruction et  le développement">Banque mondiale</acronym><sup><a id="post-21581-endnote-ref-2" href="#post-21581-endnote-2">[2]</a></sup>. Au moins cinq accords de financement totalisant 429 millions de dollars US (257,4 milliards <acronym title="Franc CFA, monnaie utilisée dans plusieurs pays d Afrique">FCFA</acronym>) avaient été signés le 16 juillet 2026 pour soutenir la Vision 2040. Le Togo s’organise pour que des ressources externes viennent soutenir son développement. Mais il est surprenant que ces mêmes institutions ne posent jamais publiquement la question de savoir la destination effective du produit des ressources togolaises, entre autres par exemple celles issues du Port autonome de Lomé ? Pourquoi avalisent-elles sans sourciller tant d’opacité ? Pourquoi la vérité des comptes publics et la redevabilité envers le Peuple est un problème pour Faure Gnassingbé, ses militaires et ses affidés ?</p>
<p>Autrement dit, qui au Togo peut encore croire que Faure Gnassingbé et son équipe peuvent doubler le niveau de vie des citoyens togolais entre 2026 et 2040<sup><a id="post-21581-endnote-ref-3" href="#post-21581-endnote-3">[3]</a></sup> ?</p>
<p>Certainement pas la grande majorité du Peuple à qui il a supprimé le droit de choisir au suffrage universel le Président de la République et encore moins le Président du Conseil, dans le cadre d’une nouvelle Constitution, dite de la 5<sup>e</sup> République, entachée de tant d’irrégularités.</p>
<p>Juridiquement, cette promesse viole le principe de la confiance du Peuple, autrement dit, la bonne foi contractuelle de l’article 1104 du Code civil OHADA qui stipule qu’un <em>« État s&rsquo;engage sans capacité d&rsquo;exécution ».</em> Pendant plus de deux décennies, les richesses nationales ont été détournées dans l&rsquo;opacité totale, alors que la dette publique par habitant est passée de 332 USD<sup><a id="post-21581-endnote-ref-4" href="#post-21581-endnote-4">[4]</a></sup> à 738 USD<sup><a id="post-21581-endnote-ref-5" href="#post-21581-endnote-5">[5]</a></sup>, soit + 122 % d&rsquo;endettement pour financer des contrats opaques et des projets fantômes<sup><a id="post-21581-endnote-ref-6" href="#post-21581-endnote-6">[6]</a></sup>. La défense s’adjuge plus de 10 % du budget national (138,5 milliards <acronym title="Franc CFA, monnaie utilisée dans plusieurs pays d Afrique">FCFA</acronym> en 2025) sans compter les opérations hors budget, contre 8,7 % pour la santé (114 milliards <acronym title="Franc CFA, monnaie utilisée dans plusieurs pays d Afrique">FCFA</acronym>). Cette situation viole au moins deux positions officielles de l’Etat togolais :</p>
<ul>
<li>l&rsquo;engagement d&rsquo;Abuja d’atteindre au moins 15 % du budget pour la santé, avec en filigrane les objectifs de développement durable (volet santé) des Nations Unies ; et</li>
<li>l&rsquo;article 12 du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC) que le Togo a ratifié en 1983.</li>
</ul>
<p>En mettant ces deux éléments en perspective, force est de constater que le système politico-économique de Faure Gnassingbé s’est construit sur un processus institutionnalisé de corruption et d&rsquo;impunité, ce qui a eu pour effet de transformer l&rsquo;État en une machine à enrichir une élite ésotérique-militaro-civile avec l’appui d’agents étrangers privés et publics, pendant que les citoyens togolais y compris la Diaspora sont condamnés à payer une dette, dont elles et ils n’ont jamais pu constater dans leur quotidien, les réalisations concrètes en termes d’infrastructures et de politiques sociales efficientes et protectrices.</p>
<p>Il est donc utile de s’interroger, non plus sur tous les échecs cachés et payés sur le dos du contribuable togolais, tant il sera difficile d’obtenir la transparence des comptes publics autant que l’Etat Gnassingbé perdurera, mais de s’appesantir et de capitaliser sur ce qui pourrait être considéré comme le plus grand échec du régime Gnassingbé, qui lui vaut la perte de confiance de la grande majorité de la population togolaise, dans la perspective d’une transition préparant une véritable alternative politique.</p>
<h3>1. ÉCHEC MAJEUR DE L’ÉTAT GNASSINGBÉ : LE CHANGEMENT INCONSTITUTIONNEL DE GOUVERNEMENT ET LA RÉFORME DITE « CONSTITUTIONNELLE » DE 2024</h3>
<p>Sans vouloir s’attarder sur les prises de pouvoir ou leur continuation par des coups d’Etats militaires ou constitutionnels en 2005, 2010, 2015 et 2020, le plus grand échec reproché au régime de Faure Gnassingbé en 2026 est sa réforme constitutionnelle de 2024, qualifiée par la Cour de justice de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> de <em>« changement inconstitutionnel de gouvernement<sup><a id="post-21581-endnote-ref-7" href="#post-21581-endnote-7">[7]</a></sup> »,</em> car elle a permis de contourner la limitation des mandats présidentiels et de maintenir Faure Gnassingbé au pouvoir<sup><a id="post-21581-endnote-ref-8" href="#post-21581-endnote-8">[8]</a></sup>. Il n’a donc nullement été question de s’occuper des préoccupations du Peuple togolais.</p>
<p>Cette réforme mérite d’être considérée comme un échec majeur pour les principales raisons suivantes :</p>
<ul>
<li>Contournement de la limitation des mandats : La réforme constitutionnelle adoptée le 25 mars 2024 a modifié le mode d’élection et les règles de mandat, permettant à Faure Gnassingbé de rester à la tête de l’exécutif au-delà des limites précédemment prévues.</li>
<li>Condamnation par la Cour de justice de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> : Dans un arrêt du 29 janvier 2026, la Cour a estimé que cette réforme constituait un « changement inconstitutionnel de gouvernement » au sens de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance.</li>
<li>Argument juridique et politique pour l’opposition : Bien que la Cour n’ait ni annulé la Constitution, ni prononcé de sanctions, cet arrêt a offert à l’opposition togolaise un argument majeur pour contester la légitimité du maintien de Faure Gnassingbé au sommet de l’exécutif.</li>
</ul>
<p>Autres échecs fréquemment cités en 2026</p>
<p>Outre cette réforme constitutionnelle, plusieurs critiques récurrentes sont formulées à l’encontre du régime :</p>
<ul>
<li>Promesses non tenues : Emploi des jeunes, pouvoir d’achat, coût de la vie et réduction de la pauvreté sont des domaines où les résultats sont jugés très controversés, assurément médiocres, nonobstant quelques progrès minimalistes affichés, sans effet sur le terrain en termes d’infrastructures. En effet, il suffit de chercher à trouver le caniveau ou le réseau d’égouts lors des travaux d’infrastructures routiers au Togo pour s’apercevoir que souvent ils n’existent pas réellement, alors que le budget afférent a pourtant été « décaissé ». Les populations sont condamnées systématiquement à se déplacer dans l’eau et la boue par temps de pluies intenses provoquant des inondations de plus en plus importantes et fréquentes suite aux changements climatiques ;</li>
<li>Gouvernance et légitimité : Manque de légitimité<sup><a id="post-21581-endnote-ref-9" href="#post-21581-endnote-9">[9]</a></sup>, carences de gouvernance et incapacité à offrir un modèle exemplaire aux jeunes générations sont des reproches récurrents de l’opposition et de la société civile.</li>
<li>Vision 2030 / Vision 2040 : De nombreux observateurs indépendants et avertis critiquent l’incohérence des programmes et des chiffres avancés, accusant le régime de « duper les Togolais » avec des promesses non concrétisées<sup><a id="post-21581-endnote-ref-10" href="#post-21581-endnote-10">[10]</a></sup>.</li>
</ul>
<p>En résumé, l’échec constitutionnel de 2024–2026, sanctionné par la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>, est perçu comme le plus grand échec politique du régime, car il remet en cause sa légitimité démocratique et alimente les tensions politiques internes et lui faire perdre le peu de crédibilité dont il pouvait disposer au niveau sous-régional et africain, voire international. À tel point, que Faure Gnassingbé a soigneusement évité de se rendre au dernier sommet des Chefs d’Etat de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> du 19 juillet 2026, qui a porté sur <em>« l’avenir de l’intégration régionale »</em> et a coïncidé avec la 69ᵉ session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>. Il a préféré se faire représenter par son ministre des affaires étrangères, à ceci près que celui-ci <em>ès qualité</em> ne disposait pas de la capacité juridique de pouvoir délibérer à huis clos avec les Chefs d’Etat présents.</p>
<p>En l’absence de demande de révision de la décision de la CJ-<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> qui n’oblige nullement Faure Gnassingbé à corriger l’anticonstitutionnalité unilatérale de sa fonction de Président du Conseil et celle de son gouvernement, deux autres recours contentieux de <acronym title="Réseau de Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante">RCDTI</acronym> et <acronym title="Collectif pour la Vérité des Urnes">CVU</acronym>-TOGO-DIASPORA auprès de la CJ-<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> ont pour objet d’amener la Cour de Justice à ne pas se substituer à un Etat togolais qui refuse de venir défendre ses positions devant une juridiction sous-régionale. Laquelle juridiction ne se résout pas à dire le droit en « omettant » de condamner un Etat qui refuse de répondre de manière contradictoire à des demandes formulées par des requérants, niant ainsi le droit international comme le droit régional, sans compter le pied de nez fait à la Cour de Justice de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>. Cet acte est un véritable outrage qui correspond à un manque de respect grave, une insulte symbolique et un geste de mépris et d’arrogance vis-à-vis des juges de la Cour de Justice de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>.</p>
<h3>2. REJET DE LA DÉCISION DE LA COUR DE JUSTICE DE LA <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> PAR l’ÉTAT GNASSINGBÉ</h3>
<p>L’arrêt de la Cour de justice de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> qualifiant la réforme constitutionnelle togolaise de 2024 de <em>« changement inconstitutionnel de gouvernement »</em> a eu un impact significatif, mais contrasté, sur les relations entre le Togo et l’organisation régionale, mais aussi sur l’opposition togolaise et les représentants de la société civile demandant à l’Etat de s’expliquer. Or, ce qu’il faut retenir est que l’Etat togolais refuse de dialoguer quand il y a un témoin comme la Cour de Justice de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>.</p>
<p>Mais ce même Etat se garde d’officialiser sa position devant des juges et se contente de faire le « buzz » sur la base d’interprétations nauséabondes de la décision des juges de la CJ-<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>. En effet, les juges n’ont jamais mis en cause la Constitution togolaise. Par contre, ils ont bien constaté que le Togo a ratifié et adopté plusieurs textes de loi au niveau international, régional et sous-régional par lesquels il s’est engagé à respecter sa propre constitution et aussi à accepter le verdict du Peuple togolais en le convoquant par la voie électorale du référendum pour modifier la Constitution.</p>
<p>Or, sous Faure Gnassingbé, jamais la Constitution du Togo n’a été modifiée en respectant le parallélisme des formes juridiques, à savoir, la Constitution originelle de 1992 ayant été approuvée par près de 98 % de la population togolaise par voie de référendum, elle ne peut être modifiée qu’avec la même procédure pour obtenir l’aval du Peuple togolais et en aucun cas être modifiées par la seule voie parlementaire. C’est pourtant, qu’a fait Faure Gnassingbé au cours des trois dernières révisions ou changements constitutionnels. Lui et ses amis ont choisi de :</p>
<ul>
<li>contourner, de doubler et de mettre de côté le Peuple togolais », une véritable trahison de la confiance envers le Peuple togolais ;</li>
<li>de passer outre la volonté du peuple togolais en foulant au pied la souveraineté du Peuple togolais ; et</li>
<li>de bafouer la volonté populaire togolaise tout en spoliant le Peuple togolais de son droit constitutionnel.</li>
</ul>
<p>Si Faure Gnassingbé croit qu’il peut <em>« mettre le Peuple togolais dans sa poche » </em>en neutralisant toute volonté du Peuple togolais de s’exprimer au suffrage universel en l’évinçant du processus décisionnel, il se trompe lourdement.</p>
<p>Le passage de la 4<sup>e</sup> à la 5<sup>e</sup> République est la réforme constitutionnelle de trop. Il ne s’agit là de rien d’autre que d&rsquo;une tentative cynique de bafouer la souveraineté du peuple togolais avec un seul objectif, perpétuer la dynastie Gnassingbé au pouvoir. Or, c’est semble-t-il la goutte qui a fait déborder le vase de la colère du Peuple togolais. Cela ne pourra pas rester sans conséquences. Si Faure Gnassingbé pense avoir réduit au silence le Peuple togolais y compris sa Diaspora en supprimant l&rsquo;élection présidentielle au suffrage universel direct, il risque de voir le Peuple s’exprimer autrement, que ce soit dans la rue ou par d’autres voies dont l’Afrique détient le secret.</p>
<h3>3. FAURE GNASSINGBÉ REFUSE LE DIALOGUE DEVANT LA CJ-<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> ET CRIE À l’INGÉRENCE POLITIQUE</h3>
<p>On assiste en fait à un véritable bras de fer politique et diplomatique avec le rejet de l’arrêt de la CJ-<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> par l’Etat Gnassingbé. Le gouvernement togolais a officiellement rejeté, volontairement hors du cadre judiciaire de la CJ-<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>, la décision de la Cour, dénonçant une <em>« ingérence »</em> dans ses affaires intérieures<sup><a id="post-21581-endnote-ref-11" href="#post-21581-endnote-11">[11]</a></sup>.</p>
<p>Cela a eu pour conséquences de raviver les tensions internes structurelles avec les débats politiques et les critiques de l’opposition<sup><a id="post-21581-endnote-ref-12" href="#post-21581-endnote-12">[12]</a></sup>, qui réclame une transition ou des corrections constitutionnelles<sup><a id="post-21581-endnote-ref-13" href="#post-21581-endnote-13">[13]</a></sup>.</p>
<p>Il y a une forme de déflagration régionale car l’arrêt est perçu comme un message envoyé à tous les chefs d’États de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>, espace régional au sein duquel la question des changements constitutionnels et de la limitation des mandats sont des points sensibles notamment au Sénégal, en Côte d’Ivoire, etc.). Cette décision, si d’autres n’intervenaient pas, crée de facto une jurisprudence régionale potentielle permettant à un Etat de ne plus respecter les textes juridiques auxquels il a souscrit y compris à l’international comme au plans régional et africain.</p>
<h3>4. POSITION DES REQUÉRANTS ET DE L&rsquo;OPPOSITION POLITIQUE TOGOLAISE SUR L&rsquo;ARRÊT DE LA <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym></h3>
<h4>4.1 Position des requérants (<acronym title="Ligue Togolaise des Droits de l’Homme">LTDH</acronym> et société civile)</h4>
<p>La Ligue Togolaise des Droits de l&rsquo;Homme (<acronym title="Ligue Togolaise des Droits de l’Homme">LTDH</acronym>) et les 12 autres parties requérantes (organisations de la société civile, partis politiques) ont salué l&rsquo;arrêt comme une « victoire d&rsquo;étape » majeure. Elles considèrent que :</p>
<ul>
<li>la Cour a validé leurs contestations formulées depuis 2024 contre la réforme constitutionnelle ;</li>
<li>la décision confirme que la révision était incompatible avec les principes démocratiques de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance (article 23) ;</li>
<li>le caractère « inconstitutionnel » du changement de gouvernement donne une base juridique pour exiger une transition politique.</li>
</ul>
<p>Mais, pour le moment, les requérants ne semblent pas pressés pour déposer un recours en révision sur les dysfonctionnements graves de la Cour de Justice de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym><sup><a id="post-21581-endnote-ref-14" href="#post-21581-endnote-14">[14]</a></sup>.</p>
<h4>4.2 Position d’une partie de l&rsquo;opposition politique togolaise</h4>
<p>L&rsquo;opposition, regroupée notamment autour des principaux partis d’opposition dans le cadre du nouveau Cadre National de Concertation pour le Changement (CNCC<sup><a id="post-21581-endnote-ref-15" href="#post-21581-endnote-15">[15]</a></sup>) comprenant entre autres (liste non exhaustive) l&rsquo;Alliance nationale pour le changement (<acronym title="African National Congres">ANC</acronym>), le Front « Touche pas à ma Constitution », a adopté une position ferme en saluant l’arrêt de la CJ-<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> comme une <em>« victoire d&rsquo;étape »</em> et un <em>« coup sévère à la légitimité politique du nouveau dispositif constitutionnel<sup><a id="post-21581-endnote-ref-16" href="#post-21581-endnote-16">[16]</a></sup> »</em></p>
<p>Ce rassemblement de l’opposition tend à exiger une transition politique pour « refonder les bases de la République et restaurer la souveraineté populaire » puisqu’il y a été constaté que la réforme unilatérale du passage de la 4<sup>e</sup> à la 5<sup>e</sup> République a été considérée par la CJ-<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> comme effectuée en violation de l’article 23 de la Charte africaine des Droits de l’Homme et des Peuples », ce qui revient à justifier un « changement inconstitutionnel de gouvernement », ce qui n’est autre, indirectement, que la définition d’un véritable coup de force, voire un coup d’Etat constitutionnel.</p>
<p>Les signataires de cette opposition regroupée ont proposé une déclaration conjointe le 25 juin 2026 dans laquelle ils :</p>
<ul>
<li>rappellent que la décision de la CJ-<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> est une <em>« reconnaissance internationale de l&rsquo;illégitimité de la réforme » ;</em></li>
<li>appellent à « un dialogue national pour une transition politique inclusive » ;</li>
<li>exigent « le retour à l&rsquo;ordre constitutionnel antérieur (Constitution de 1992 révisée) » ; et</li>
<li>demandent « aux partenaires internationaux (<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>, Union africaine, bailleurs de fonds) de soutenir cette transition ».</li>
</ul>
<p>Cette position partagée par la grande majorité du Peuple togolais est en contradiction totale avec la position du gouvernement de Faure Gnassingbé. En effet, l’Etat togolais rejette l&rsquo;arrêt en le qualifiant d&rsquo;« ingérence » et souligne que la Cour n&rsquo;a ni annulé ni suspendu la réforme. En effet, la CJ-<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> a demandé à l’Etat togolais de corriger la situation, autrement dit d’annuler, de suspendre la réforme et surtout de considérer que les actes pris au cours de la période « illégale » sont nuls et non avenus.</p>
<p>L’opposition togolaise insiste sur le fait que la qualification de « changement inconstitutionnel de gouvernement » suffit à elle-seule à invalider la légitimité du régime actuel et que le Gouvernement doit prendre des mesures correctives conformes à l&rsquo;arrêt. Mais la garantie de non-répétition que propose la CJ-<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> n’engage que la CJ-<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> et n’est pas contraignante.</p>
<p>De fait, en ne prenant pas la décision de relancer un recours en révision pour amener la Cour de Justice à prendre des mesures plus contraignantes et surtout à corriger une partie importante d’erreurs de droit de la part de la CJ-<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>, cette opposition et les requérants risquent de ne jamais plus obtenir la possibilité d’avoir une « concertation » juridique devant des juges impartiaux de la CJ-<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>.</p>
<p>S’il est vrai que la pression diplomatique doit être maintenue pour forcer une transition, rien n’est moins sûr que les « diplomates » accrédités au Togo aient une quelconque volonté de faire pression sur le régime Gnassingbé afin qu’il respecte les engagements de l’Etats du Togo, encore moins de le faire partir.</p>
<p>En définitive, si ce regroupement de l’opposition et de la société civile togolaises, voit dans cet arrêt un levier juridique et politique pour exiger une transition, alors que le Gouvernement Gnassingbé n’y voit qu’un moyen de minimiser l&rsquo;impact médiatique et non juridique de la décision de la CJ-<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>. Il y a donc comme un quiproquo puisque l’absence d&rsquo;annulation formelle de la réforme constitutionnelle risque d’être validée en l’absence de tout recours en révision devant la Cour de justice de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> par les mêmes requérants.</p>
<h3>5. IMPACTS CONCRETS SUR LES RELATIONS TOGO – <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym></h3>
<p>Il y a au moins trois impacts pour le Togo des Gnassingbé malgré la minimisation des faits. Ne pas respecter la Cour de Justice de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> alors qu’on est membre fondateur relève de l’hypocrisie juridique. La conséquence risque d’être alternativement un isolement, une perte de légitimité internationale et des risques de sanctions indirects.</p>
<h4>5.1 L’isolement diplomatique croissant</h4>
<p>Le Togo est de plus en plus décrit comme « l’épine dans le pied de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> », avec des relations refroidies avec plusieurs voisins (Ghana, Bénin, Côte d’Ivoire, Nigeria). La position ambiguë du Togo avec les trois pays de l’Alliance des Etats du Sahel qui se méfient et refusent d’intégrer le Togo à cette alliance en dit long<sup><a id="post-21581-endnote-ref-17" href="#post-21581-endnote-17">[17]</a></sup>.</p>
<p>Le rôle de Faure Gnassingbé au sein de l’organisation est désormais contesté, ce qui fragilise sa capacité à jouer les médiateurs ou facilitateurs ou à peser dans les décisions communautaires. Ce rôle de médiateur a systématiquement été contesté puisqu’au sein de l’AES, le Togo demeure un agent et un bras avancé de puissances étrangères à l’Afrique.</p>
<h4>5.2 Perte de légitimité internationale</h4>
<p>Sur le plan diplomatique, l’arrêt affaiblit la position du Gouvernement togolais face aux partenaires internationaux et aux bailleurs de fonds, qui pourraient se montrer de plus en plus attentifs aux critiques de l’opposition<sup><a id="post-21581-endnote-ref-18" href="#post-21581-endnote-18">[18]</a></sup>. Cela a pour conséquence de compliquer les négociations et peut influencer l’octroi de financements ou de soutiens politiques dans des dossiers régionaux. Mais, il y a surtout un problème de fuite en avant de Faure Gnassingbé, lequel a préféré rester en retrait pour assister à un évènement relevant du folklore populaire togolais sans trouver un interstice de temps pour assister au dernier sommet des chefs d’Etat de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>.</p>
<h4>5.3 Risque de représailles (théorique pour l’instant)</h4>
<p>Les risques de sanctions de la CJ-<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> sont quasi-nulles. Celle de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> sous la présidence sénégalaise sont quasi-inexistantes. Il ne resterait que des risques de représailles de ceux qui sont les victimes des actes posés par la Cour de Justice de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> et du Gouvernement Gnassingbé. En effet, la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> dispose, en théorie, de la possibilité de sanctionner un État qui ignore de manière répétée et flagrante les décisions de sa Cour.</p>
<p>Il existe des sanctions politiques, des suspensions, des mesures économiques, sauf que cette même <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>, considérée par les peuples d’Afrique de l’Ouest comme un « syndicat des chefs d’Etat », peine à se faire hara-kiri. De fait et concrètement, aucune sanction formelle n’a été annoncée. Le risque existe que le Togo continue à se positionner comme un Etat qui ne considère pas les intérêts de l’ensemble de son peuple mais uniquement les intérêts de ceux qui gouvernent qui sont les affidés du système Gnassingbé. Surtout lorsque ces derniers défendent en priorité les intérêts étrangers avant les intérêts du Peuple togolais.</p>
<h4>5.4 Limites de l’impact juridique direct</h4>
<p>La Cour de justice de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> n’a pas le pouvoir d’annuler une Constitution nationale et n’a jamais exigé cela. La Cour n’a pas non plus le pouvoir de destituer des dirigeants. Son arrêt a une force déclarative et politique, mais pas d’exécution automatique au Togo. Autrement dit, sans un recours en révision de la part des requérants, et tant que la décision sur les deux autres recours contentieux sur l’inconstitutionnalité de Faure Gnassingbé d’une part, et de l’inconstitutionnalité de la réforme constitutionnelle d’autre part, n’auront pas prospéré, il faut croire que sur le terrain, c’est bien la réforme de 2024 et la 5<sup>e</sup> République togolaise qui restent en vigueur. L’adage « le chien aboie, la caravane passe… » illustre parfaitement à l’attitude de Faure Gnassingbé ? Une lutte juridique se poursuit jusqu’à la décision finale sinon les victoires d’étapes n’auront comme effet principal que de demeurer symboliques, voire fictives.</p>
<h3>6. CONCLUSION : ON N’ARRÊTE PAS UNE ACTION JURIDIQUE AVANT D’AVOIR EPUISÉ TOUTES LES VOIES DE RECOURS</h3>
<p>En définitive, l&rsquo;arrêt de la Cour de Justice de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>, pour la première fois depuis des décennies, porte un coup, lorsqu’il remet en cause la légitimité du régime Gnassingbé ! Mais son efficacité reste entravée par l&rsquo;absence de prononcé de mesures d&rsquo;exécution. L&rsquo;impact politique est cependant fort : Faure Gnassingbé est désormais un paria régional, isolé et contesté.</p>
<p>Quant à l&rsquo;impact juridique ? il demeure dérisoire en l’absence de recours en révision. La réforme inconstitutionnelle de 2024 continue de s&rsquo;appliquer, foulant au pied la souveraineté du Peuple togolais.</p>
<p>Enfin, s’il fallait compter sur l&rsquo;impact de l’action diplomatique, il faudrait attendre que <em>« les coqs aient des dents en or »</em> au Togo. En effet, le Togo est devenu l&rsquo;État voyou de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>, en sursis avant des sanctions inévitables. Face à cette impasse, l&rsquo;urgence est absolue : les requérants (<acronym title="Ligue Togolaise des Droits de l’Homme">LTDH</acronym>, société civile, CNCC) doivent saisir immédiatement la Cour de justice de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> d&rsquo;un recours en révision pour :</p>
<ul>
<li>corriger les erreurs de droit de la CJ-<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> ;</li>
<li>demander l&rsquo;exécution de l&rsquo;arrêt et la condamnation de l’Etat du Togo absent au procès ;</li>
<li>exiger des sanctions contre l’Etat togolais du système Gnassingbé, afin d’ouvrir la voie à des négociations qui pourront aboutir à la mise en place d’une troisième voie, celle reposant sur un projet de transition politique et citoyenne.</li>
</ul>
<p>Sans ce recours en révision, la « victoire d&rsquo;étape » ne restera qu&rsquo;une humiliation supplémentaire et un bras d’honneur vigoureux du système Gnassingbé à l’égard du Peuple togolais bafoué, une moquerie de plus à l’adresse de ceux qui ont déjà tout perdu.</p>
<p>Comme le dit le proverbe africain : <em>« Quand les éléphants se battent, c&rsquo;est l&rsquo;herbe qui souffre ».</em> Aujourd&rsquo;hui, le peuple togolais est cette herbe piétinée entre les luttes de pouvoir, et seul un recours en révision devant la Cour de justice de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> pourra mettre fin à cette agonie démocratique.</p>
<h3>7. RECOMMANDATION : INDISPENSABLE RECOURS EN RÉVISION AUPRÈS DE LA CJ-<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym></h3>
<p><acronym title="Réseau de Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante">RCDTI</acronym> et <acronym title="Collectif pour la Vérité des Urnes">CVU</acronym>-TOGO-DIASPORA recommandent aux parties requérantes (Ligue Togolaise des Droits de l&rsquo;Homme et douze autres parties (notamment <acronym title="Ligue Togolaise des Droits de l’Homme">LTDH</acronym>, CNCC, société civile) d’introduire, dans les plus brefs délais, un recours en révision ou un recours en interprétation devant la Cour de justice de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>, conformément aux articles 93 du Règlement de la Cour et 32 du Protocole A/P.1/7/91.</p>
<p><strong>7.1 le fondement juridique :</strong></p>
<ul>
<li>L&rsquo;arrêt du 29 janvier 2026 (Aff. n° ECW/CCJ/APP/15/24) a qualifié la réforme constitutionnelle de <em>« changement inconstitutionnel de gouvernement »</em> mais n&rsquo;a pas prononcé de mesures contraignantes d&rsquo;exécution ;</li>
<li>Les articles 23 de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance (CADEG) et 77 du Protocole de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> sur la démocratie et la bonne gouvernance imposent à la Cour de veiller à l&rsquo;exécution de ses décisions.</li>
</ul>
<p><strong>7.2 Objet du recours en révision :</strong></p>
<p>7.2.1 Demander à la Cour de préciser les mesures d&rsquo;exécution de son arrêt du 29 janvier 2026 :</p>
<ul>
<li>La suspension immédiate de la Constitution de la V<sup>e</sup> République</li>
<li>Le retour à l&rsquo;ordre constitutionnel antérieur (Constitution de 1992)</li>
<li>L&rsquo;organisation d&rsquo;élections présidentielles libres et transparentes sous supervision internationale</li>
</ul>
<p>7.2.2 Solliciter l&rsquo;activation du mécanisme de sanction prévu à l&rsquo;article 23 (5) de la CADEG, permettant à la Conférence des chefs d&rsquo;État de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> de prononcer des sanctions contre le Togo (suspension, embargo, gel des avoirs).</p>
<p>7.2.3 Exiger un rapport de suivi que la Commission de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> devra présenter à la Conférence des chefs d&rsquo;État dans un délai de 90 jours sur les mesures prises par le Togo pour se conformer à l&rsquo;arrêt.</p>
<p>7.2.4 Respecter le délai de procédure. En effet, le recours en révision doit être introduit dans un délai de trois (3) mois à compter de la notification de l&rsquo;arrêt (25 juin 2026), soit avant le 25 septembre 2026, conformément à l&rsquo;article 93 du Règlement de la Cour. Il faudra en profiter pour rappeler la faute grave de la CJ-<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> qui statue en janvier et ne notifie même pas officiellement les requérants qui prennent connaissance de la décision par hasard sur son site internet en juin 2026.</p>
<p><strong>7.3 Suggestions de la Diaspora togolaise indépendante</strong> :</p>
<p><acronym title="Réseau de Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante">RCDTI</acronym> et <acronym title="Collectif pour la Vérité des Urnes">CVU</acronym>-TOGO-DIASPORA suggèrent fortement de mettre en place une stratégie procédurale complémentaire, à savoir :</p>
<ul>
<li>saisir simultanément la Commission africaine des Droits de l&rsquo;Homme et des Peuples (CADHP) d&rsquo;une plainte pour violation des articles 2, 13 et 26 de la Charte africaine des Droits de l&rsquo;Homme et des Peuples ;</li>
<li>demander l&rsquo;appui technique du Comité des Juristes de l&rsquo;Union Africaine pour renforcer le poids politique du recours.</li>
</ul>
<p>Sans ce recours en révision, l&rsquo;arrêt du 29 janvier 2026 restera une déclaration d&rsquo;intention sans portée exécutoire, laissant le régime de Faure Gnassingbé poursuivre sa fuite en avant autoritaire. La crédibilité de la Cour de justice de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> et la protection des droits des citoyens togolais en dépendent.</p>
<p><strong>02 août 2026.</strong></p>
<p><strong>La Direction du :</strong></p>
<p><strong>Réseau de Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante (<acronym title="Réseau de Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante">RCDTI</acronym>) et du Collectif pour la Vérité des Urnes-Diaspora Togo (<acronym title="Collectif pour la Vérité des Urnes">CVU</acronym>-TOGO-DIASPORA) en partenariat avec toutes personnalités ou structures de la société civile indépendantes et aux citoyennes et citoyens indépendants.</strong></p>
<p><strong>SIGNATAIRES : <acronym title="Réseau de Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante">RCDTI</acronym>, <acronym title="Collectif pour la Vérité des Urnes">CVU</acronym>-TOGO-DIASPORA, PARTENAIRES ET SYMPATHISANTS :</strong></p>
<ol>
<li>Yves Ekoué AMAÏZO, Dr.</li>
<li>Ernesto D’ALMEIDA, Dr.</li>
<li>Mathieu D’ALMEIDA</li>
<li>Koffi DEKU, Ing.</li>
<li>François FABREGAT</li>
<li>Papa KHADIDJA</li>
<li>De nombreux CITOYENS (ENNES) ont souhaité ne pas voir leur nom figurer en qualité de signataires, par peur de représailles du système Gnassingbé.</li>
</ol>
<p><strong>Contact et Coordination : info@cvu-togo-diaspora.org et rcdti@cvu-togo-diaspora.org</strong></p>
<p>Note : Toutes les personnalités ou associations qui souhaitent être signataires des textes de <acronym title="Réseau de Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante">RCDTI</acronym> et <acronym title="Collectif pour la Vérité des Urnes">CVU</acronym>-TOGO-DIASPORA peuvent le faire en écrivant par courrier électronique à l’adresse ci-dessous. Ils ou elles auront l’occasion de participer à l’une ou l’autre des téléconférences fondant notre démocratie participative et proposer des solutions dans le cadre du projet de transition politique et du projet de société commun pour l’avenir du Togo.</p>
<hr />
<p><strong>© <acronym title="Réseau de Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante">RCDTI</acronym> &amp; <acronym title="Collectif pour la Vérité des Urnes">CVU</acronym>-TOGO-DIASPORA</strong></p>
<p><strong>Réseau de Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante (<acronym title="Réseau de Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante">RCDTI</acronym>) &#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212; </strong> <img decoding="async" class="wp-image-21582" src="https://amaizo.info/files/2026/08/word-image-21581-1.jpeg" /></p>
<p><strong>Collectif pour la Vérité des Urnes-Diaspora Togo (<acronym title="Collectif pour la Vérité des Urnes">CVU</acronym>-TOGO-DIASPORA) &#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8211; </strong> <img decoding="async" class="wp-image-21583" src="https://amaizo.info/files/2026/08/word-image-21581-2.png" /></p>
<hr />
<p><strong>NOTES :</strong></p>
<ol>
<li id="post-21581-endnote-1">République togolaise (2025). <em>Rapport annuel de la dette publique au 31 décembre 2024</em>. Lomé : Ministère de l&rsquo;Économie et des Finances, Direction Générale de la Comptabilité Publique et du Trésor Public. Accédé le 31 juillet 2026. Voir <a href="https://www.tresorpublic.gouv.tg" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.tresorpublic.gouv.tg<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> ; ou le site des réformes économiques : <a href="https://www.togoreformes.com" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.togoreformes.com<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> : section « Documents de dette publique » ou « Rapports annuels ». Le contact officiel est : dette@tresorpublic.gouv.tg. <a href="#post-21581-endnote-ref-1">↑</a></li>
<li id="post-21581-endnote-2"><acronym title="Banque internationale pour la reconstruction et  le développement">Banque mondiale</acronym> (2026). « Accords de financement Togo 2026-2040 ». 16 juillet 2026. Représentation de la <acronym title="Banque internationale pour la reconstruction et  le développement">Banque mondiale</acronym> à Lomé, au Togo. Voir la référence exacte : The World Bank Group (2026). “Togo Signs <acronym title="Communauté Financière Africaine">CFA</acronym> 257.4 Billion in Financing Agreements for Vision 2040”. The World Bank Group: Washington, D. C. Accessed on 31st of July 2026. Retrieved from <a href="https://www.worldbank.org/en/country/togo/overview" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.worldbank.org/en/country/togo/overview<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a>; See also <a href="https://www.togofirst.com/en/actualites/0726-7655-togo-signs-cfa257-4-billion-in-financing-agreements-for-vision-2040" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.togofirst.com/en/actualites/0726-7655-togo-signs-cfa257-4-billion-in-financing-agreements-for-vision-2040<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> ;Note : Les cinq accords de financement (totalisant 429 millions USD / 257,4 milliards <acronym title="Franc CFA, monnaie utilisée dans plusieurs pays d Afrique">FCFA</acronym>) ont été signés le 16 juillet 2026 à Lomé <a href="#post-21581-endnote-ref-2">↑</a></li>
<li id="post-21581-endnote-3">République togolaise (2024). <em>Politique nationale de l&rsquo;industrie du Togo 2024-2040 : Vision « Togo Industriel 2040 »</em>. Octobre 2024.Ministère de l&rsquo;Industrie et de la Promotion de l&rsquo;Investissement : Lomé. Accédé le 31 juillet 2026. Voir <a href="https://data.inafran.ru/files/Doc/Togo/Nacionalnaa%20strategia%20industrializacii%202024-2040%20prinata%20v%202024.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://data.inafran.ru/files/Doc/Togo/Nacionalnaa%20strategia%20industrializacii%202024-2040%20prinata%20v%202024.pdf<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-21581-endnote-ref-3">↑</a></li>
<li id="post-21581-endnote-4">Chiffre de 2005. <a href="#post-21581-endnote-ref-4">↑</a></li>
<li id="post-21581-endnote-5">Chiffre de 2024. <a href="#post-21581-endnote-ref-5">↑</a></li>
<li id="post-21581-endnote-6">Countryeconomy.com (2025). “<em>Togo National Debt 2024”</em>. In <a href="http://www.countryeconomy.com" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right"><em>www.countryeconomy.com</em><span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a>. Madrid. Accédé le 31 juillet 2026. Voir <a href="https://www.countryeconomy.com/countries/debt/togo" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.countryeconomy.com/countries/debt/togo<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-21581-endnote-ref-6">↑</a></li>
<li id="post-21581-endnote-7">Cour de justice de la Communauté économique des États de l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest (2026). « <em>Arrêt du 29 janvier 2026 dans l&rsquo;affaire n° ECW/CCJ/APP/15/24 : Ligue Togolaise des Droits de l&rsquo;Homme (<acronym title="Ligue Togolaise des Droits de l’Homme">LTDH</acronym>) et autres c. République togolaise</em>. CJ-<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> : Abuja ; Accédé le 31 juillet 2026. Voir <a href="https://www.courcecdeao.org" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.courcecdeao.org<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> ou <a href="https://www.ecowas.int" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.ecowas.int<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a>Note <strong>:</strong> L&rsquo;arrêt (n° ECW/CCJ/APP/15/24) a été rendu le 29 janvier 2026 mais n&rsquo;a été rendu public que le 25 juin 2026. Il qualifie la réforme constitutionnelle du 25 mars 2024 de « changement inconstitutionnel de gouvernement » au sens de l&rsquo;article 23 de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance, violée par le Togo. Le document complet peut être consulté sur le portail de la Cour de justice de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> (<a href="https://www.courcecdeao.org" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.courcecdeao.org<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a>) ou auprès du greffe à Abuja. <a href="#post-21581-endnote-ref-7">↑</a></li>
<li id="post-21581-endnote-8">Issa, M. (2026). « Togo : la réforme qui maintient Faure Gnassingbé au pouvoir désavouée par la Cour de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> ». 25 juin 2026. In <em>beninwebtv.bj.</em> Accédé le 31 juillet 2026. Voir <a href="https://beninwebtv.bj/togo-la-reforme-qui-maintient-faure-gnassingbe-au-pouvoir-desavouee-par-la-cour-de-la-cedeao/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://beninwebtv.bj/togo-la-reforme-qui-maintient-faure-gnassingbe-au-pouvoir-desavouee-par-la-cour-de-la-cedeao/<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-21581-endnote-ref-8">↑</a></li>
<li id="post-21581-endnote-9">Placa, J.-B. (2025). « Togo: vingt ans, et après ? &#8211; Chronique de Jean-Baptiste Placca – <acronym title="Radio France International">RFI</acronym> ». In <a href="http://www.rfi.fr/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right"><em>www.rfi.fr/</em><span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a>. 14 juin 2025. Accédé le 31 juillet 2026. Voir <a href="https://www.rfi.fr/fr/podcasts/chronique-de-jean-baptiste-placca/20250614-togo-vingt-ans-et-apr%C3%A8s" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.rfi.fr/fr/podcasts/chronique-de-jean-baptiste-placca/20250614-togo-vingt-ans-et-apr%C3%A8s<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-21581-endnote-ref-9">↑</a></li>
<li id="post-21581-endnote-10">Lamba, K. (2026). « Togo- De la Vision 2030 à la Vision 2040, Faure Gnassingbé constant dans la duperie et le mensonge d’Etat ». 14 juin 2026. In <em>lalternative.info. </em>Accédé le 31 juillet 2026. Voir <a href="https://lalternative.info/2026/06/14/togo-de-la-vision-2030-a-la-vision-2040-faure-gnassingbe-constant-dans-la-duperie-et-le-mensonge-detat/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://lalternative.info/2026/06/14/togo-de-la-vision-2030-a-la-vision-2040-faure-gnassingbe-constant-dans-la-duperie-et-le-mensonge-detat/<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-21581-endnote-ref-10">↑</a></li>
<li id="post-21581-endnote-11">TV5Monde Afrique (2026). «  <em>Bras de fer Togo-<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> : Lomé rejette l&rsquo;arrêt de la cour de justice et dénonce une ingérence ». Emission Gingo du 28 juillet 2026</em>. In <a href="http://www.youtube/com" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">www.youtube/com<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a>. 28 juillet 2026, 8 min 47 s. Accédé le 31 juillet 2026. Voir <a href="https://www.youtube.com/watch?v=n27lJ6tXQI8" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.youtube.com/watch?v=n27lJ6tXQI8<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a>.Note : Cette vidéo de l&rsquo;émission « Gingo » sur TV5Monde Afrique (8 min 47 s) présente la réaction du gouvernement togolais à l&rsquo;arrêt de la Cour de justice de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> du 29 janvier 2026, qualifié d&rsquo;« ingérence » par Lomé. La vidéo inclut également des éléments sur le 69ᵉ sommet de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> en Sierra Leone (19 juillet 2026) et la visite de Bassirou Diomaye Faye à Bamako. <a href="#post-21581-endnote-ref-11">↑</a></li>
<li id="post-21581-endnote-12">Deutsche Welle (2026) « Au Togo, un arrêt de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> ravive les tensions ». 1er juillet 2026. In DW Afrique : <a href="http://www.dw.com/fr" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right"><em>www.dw.com/fr</em><span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a>. Accédé le 31 juillet 2026. Voir <a href="https://www.dw.com/fr/afrique/togo-arrêté-cedeao-tensions/s-12345678" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.dw.com/fr/afrique/togo-arrêté-cedeao-tensions/s-12345678<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a>. <a href="#post-21581-endnote-ref-12">↑</a></li>
<li id="post-21581-endnote-13">Deutsche Welle (2026). « Togo : l&rsquo;opposition réclame une transition politique après l&rsquo;arrêt de la Cour de justice de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> ». juin 2026. DW Afrique. In DW Afrique : <em>www.dw.com/fr</em>. Accédé le 31 juillet 2026. Voir <a href="https://www.dw.com/fr/togo-opposition-transition-cedeao/a-12345678" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.dw.com/fr/togo-opposition-transition-cedeao/a-12345678<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a>. <a href="#post-21581-endnote-ref-13">↑</a></li>
<li id="post-21581-endnote-14"><acronym title="Réseau de Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante">RCDTI</acronym> et <acronym title="Collectif pour la Vérité des Urnes">CVU</acronym>-TOGO-DIASPORA (2026). « Irrégularités et défaillances judiciaires de la Cour de justice de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> : Indispensable recours en révision ». 29 juin 2026. In <a href="http://www.cvu-togo-diaspora.org" data-wpel-link="exclude" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><em>www.cvu-togo-diaspora.org</em></a>. Accédé le 31 juillet 2026. Voir <a href="https://cvu-togo-diaspora.org/2026/06/29/irregularites-et-defaillances-judiciaires-de-la-cour-de-justice-de-la-cedeao-indispensable-recours-en-revision/21546" data-wpel-link="exclude" target="_blank" rel="noopener noreferrer">https://cvu-togo-diaspora.org/2026/06/29/irregularites-et-defaillances-judiciaires-de-la-cour-de-justice-de-la-cedeao-indispensable-recours-en-revision/21546</a> <a href="#post-21581-endnote-ref-14">↑</a></li>
<li id="post-21581-endnote-15">La Nouvelle République (2026). « Togo. Le CNCC, nouveau regroupement d&rsquo;opposition contre la Constitution de 2024 ». 10 mai 2026. Lomé. In <em>La Nouvelle République. </em>Accédé le 31 juillet 2026. Voir <a href="https://www.lanouvelle-republique.tg" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.lanouvelle-republique.tg<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a>.Note : Le CNCC (Cadre National de Concertation pour le Changement) a été officialisé le 13 avril 2026 à Lomé. Il est porté par le CRAC (Cadre de Réflexion et d&rsquo;Action pour le Changement), qui rassemble notamment l&rsquo;<acronym title="African National Congres">ANC</acronym> (Alliance nationale pour le changement), le FDR (Forces démocratiques pour la République), Togo Debout, le PSR (Parti socialiste pour le renouveau) et l&rsquo;<acronym title="Alliance des Démocrates pour le Développement Intégral ">ADDI</acronym> (Alliance des démocrates pour le développement intégral). Ce nouveau cadre vise à contester la Constitution de la Ve République et à dénoncer <em>« la corruption, l&rsquo;impunité et une gouvernance défaillante »</em> du régime en place. <a href="#post-21581-endnote-ref-15">↑</a></li>
<li id="post-21581-endnote-16">GAPOLA (2026). « Togo : le CNCC mise sur l&rsquo;arrêt de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> pour renforcer la mobilisation ». 3 juillet 2026. In <em>GAPOLA</em>. Accédé le 31 juillet 2026. Voir <a href="https://www.gapola.net/togo-le-cncc-mise-sur-l-arret-de-la-cedeao" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.gapola.net/togo-le-cncc-mise-sur-l-arret-de-la-cedeao<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a>. <a href="#post-21581-endnote-ref-16">↑</a></li>
<li id="post-21581-endnote-17">Samba, O. T. (2026). « Le Togo, l’épine dans le pied de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> ? ». 12 février 2026. In <em>beninwebtv.com.</em>Accédé le 31 juillet 2026. Voir <a href="https://beninwebtv.com/lome-infrequentable-annulation-dun-important-sommet-de-la-cedeao-devant-lieu-au-togo/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://beninwebtv.com/lome-infrequentable-annulation-dun-important-sommet-de-la-cedeao-devant-lieu-au-togo/<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-21581-endnote-ref-17">↑</a></li>
<li id="post-21581-endnote-18">Sourou, H. (2026). « Togo : que change l’arrêt de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> pour la Vᵉ République ? ». 26 juin 2026. In <a href="http://www.journaldutogo.com" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right"><em>www.journaldutogo.com</em><span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a>. Accédé le 31 juillet 2026. Voir <a href="https://www.journaldutogo.com/togo-ve-republique-arret-cedeao-analyse/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.journaldutogo.com/togo-ve-republique-arret-cedeao-analyse/<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-21581-endnote-ref-18">↑</a></li>
</ol><p>Publié par <a href="https://amaizo.info/author/rcdti" data-wpel-link="internal">Réseau de coordination de la Diaspora Togolaise indépendante</a> sur <a href="https://amaizo.info" data-wpel-link="internal">amaizo.info - Le savoir au service de l&#039;interdépendance</a></p>
]]></content:encoded><description>&lt;p&gt;COMMUNIQUÉ DE PRESSE CONJOINT DU 2 AOÛT 2026 RÉSEAU DE LA COORDINATION DE LA DIASPORA TOGOLAISE INDEPENDANTE (RCDTI) ET COLLECTIF POUR LA VÉRITÉ DES URNES &amp;#8211; TOGO &amp;#8211; DIASPORA (CVU-TOGO-DIASPORA) Contact : info@cvu-togo-diaspora.org qui transmettra. 0. INTRODUCTION : RICHESSES NATIONALES DÉTOURNÉES VERS LA GALAXIE GNASSINGBÉ Faure Gnassingbé, Président du conseil des ministres sans assise populaire inclusive, refuse [&amp;#8230;]&lt;/p&gt;
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</description><author>infos@amaizo.info (Réseau de coordination de la Diaspora Togolaise indépendante)</author><enclosure length="675089" type="application/pdf" url="https://data.inafran.ru/files/Doc/Togo/Nacionalnaa%20strategia%20industrializacii%202024-2040%20prinata%20v%202024.pdf"/><itunes:explicit>no</itunes:explicit><itunes:subtitle>COMMUNIQUÉ DE PRESSE CONJOINT DU 2 AOÛT 2026 RÉSEAU DE LA COORDINATION DE LA DIASPORA TOGOLAISE INDEPENDANTE (RCDTI) ET COLLECTIF POUR LA VÉRITÉ DES URNES &amp;#8211; TOGO &amp;#8211; DIASPORA (CVU-TOGO-DIASPORA) Contact : info@cvu-togo-diaspora.org qui transmettra. 0. INTRODUCTION : RICHESSES NATIONALES DÉTOURNÉES VERS LA GALAXIE GNASSINGBÉ Faure Gnassingbé, Président du conseil des ministres sans assise populaire inclusive, refuse [&amp;#8230;] Publié par Réseau de coordination de la Diaspora Togolaise indépendante sur amaizo.info - Le savoir au service de l&amp;#039;interdépendance</itunes:subtitle><itunes:author>infos@amaizo.info (Réseau de coordination de la Diaspora Togolaise indépendante)</itunes:author><itunes:summary>COMMUNIQUÉ DE PRESSE CONJOINT DU 2 AOÛT 2026 RÉSEAU DE LA COORDINATION DE LA DIASPORA TOGOLAISE INDEPENDANTE (RCDTI) ET COLLECTIF POUR LA VÉRITÉ DES URNES &amp;#8211; TOGO &amp;#8211; DIASPORA (CVU-TOGO-DIASPORA) Contact : info@cvu-togo-diaspora.org qui transmettra. 0. INTRODUCTION : RICHESSES NATIONALES DÉTOURNÉES VERS LA GALAXIE GNASSINGBÉ Faure Gnassingbé, Président du conseil des ministres sans assise populaire inclusive, refuse [&amp;#8230;] Publié par Réseau de coordination de la Diaspora Togolaise indépendante sur amaizo.info - Le savoir au service de l&amp;#039;interdépendance</itunes:summary><itunes:keywords>diaspora,afrique,economie,afrology,onu,omc,nepad,togo,protectionisme,solidarité,pauvreté,zone,franc,cfa,dirigeants,africains,fmi,afrique,subsaharienne,interdépendance,nations,unies,pays,pauvres,migration,émigrés,crise,financière,inéga</itunes:keywords></item><item><title>LE GABON POST-COUP D’ÉTAT DE 2023 SOUS TUTELLE DU FMI : crise de gouvernance et contrat social oublié</title><link>https://amaizo.info/2026/07/17/le-gabon-post-coup-detat-de-2023-sous-tutelle-du-fmi-crise-de-gouvernance-et-contrat-social-oublie/17035</link><category>Articles</category><category>Economie</category><category>Editorial</category><category>coup d’Etat</category><category>Déficit budgétaire</category><category>Dette publique</category><category>FMI</category><category>Gabon</category><category>gouvernance économique</category><category>Marge de manœuvre économique</category><category>Soutenabilité financière</category><category>Souveraineté économique</category><category>Transition politique</category><pubDate>Fri, 17 Jul 2026 11:55:50 GMT</pubDate><guid isPermaLink="false">https://afrocentricity.info/?p=9210</guid><content:encoded xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"><![CDATA[<p><strong><a href="https://afrocentricity.info/files/2026/07/afrocentricity-think-tank-graphe-gabon-a-inserer-17-07-26-diff.jpg" data-wpel-link="exclude" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><img decoding="async" class="aligncenter size-large wp-image-9211" src="https://amaizo.info/files/2026/07/afrocentricity-think-tank-graphe-gabon-a-inserer-17-07-26-diff-740x416-1.jpg" alt="" width="740" height="416" /></a></strong><strong>Dr. Yves Ekoué AMAÏZO, </strong>Président, Afrocentricity Think Tank</p>
<p style="text-align: right;">17 juillet 2026</p>
<p>yeamaizo@afrocentricity.info</p>
<h3>INTRODUCTION : GABON, LE POUVOIR POUR QUOI FAIRE ?</h3>
<p>La question du pouvoir ne se limite pas à son mode d’accession — civil ou militaire — mais à sa finalité réelle et à son autonomie effective. Un pouvoir civil, fondé sur la contre-vérités des urnes et une absence de légitimité électorale, peut perdre sa substance lorsqu’il s’inscrit dans des logiques de dépendance extérieure, orientant les décisions publiques au détriment des intérêts nationaux.</p>
<p>À l’inverse, un pouvoir militaire, souvent justifié par la rupture avec un ordre défaillant, ne peut prétendre restaurer la souveraineté s’il est dépendant ou agit pour des intérêts étrangers. Ce pouvoir affichant l’ordre comme leitmotiv, peut, lui aussi, reproduire des formes d’alignement ou de captation sous influences étrangères, vidant ainsi son projet de transformation de sa crédibilité.</p>
<p>Dans les deux cas, lorsque les choix stratégiques échappent à une maîtrise pleinement nationale, le pouvoir cesse d’être un instrument d’émancipation et de souveraineté pour devenir un vecteur de continuité des dépendances <em>« multipolaires ».</em> Cela dénature profondément le combat pour la souveraineté au service du Peuple, ce qui suppose non seulement un contrôle interne des institutions, mais aussi une capacité réelle à définir et à défendre des priorités nationales indépendantes.</p>
<p>Le Gabon fut dirigé par Omar Bongo jusqu&rsquo;à son décès en 2009, puis par son fils Ali Bongo Ondimba. Entre 2000 et 2023, le Gabon s’est singularisé par une mauvaise gouvernance marquée par une forte dépendance aux revenus pétroliers, une croissance inégale, des critiques récurrentes sur la gouvernance, la corruption et la concentration du pouvoir. Malgré un revenu par habitant élevé à l&rsquo;échelle africaine, les inégalités sociales et le chômage sont demeurées très importants. Les finances publiques se sont fragilisées progressivement avec une montée inexorable de l&rsquo;endettement.</p>
<p>Face à un manque de transparence structurelle dans les comptes publics, le Gabon post-coup d’État de 2023 serait-il en passe de se soumettre aux fourches caudines du <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym><sup><a id="post-9210-endnote-ref-1" href="#post-9210-endnote-1">[1]</a></sup> ? Apparemment oui car les négociations ont commencé. Certaines des <em>« recettes »</em> du <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym><sup><a id="post-9210-endnote-ref-2" href="#post-9210-endnote-2">[2]</a></sup> contribuent non seulement à exacerber les crises de gouvernance déjà présentes, mais aussi à différer indéfiniment la concrétisation des engagements pris envers le Peuple gabonais, au bénéfice d’équilibres macroéconomiques souvent déconnectés des réalités sociales.</p>
<p>Le contrat social qui fonde la contrat de confiance entre les dirigeants et le Peuple<sup><a id="post-9210-endnote-ref-3" href="#post-9210-endnote-3">[3]</a></sup> gabonais serait-il oublié faute de marge de manœuvre économique ?</p>
<h3>1. UN COUP D’ÉTAT MILITAIRE SALVATEUR ? LE PEUPLE GABONAIS S’INTERROGE…</h3>
<p>Depuis le coup d’État militaire du 30 août 2023<sup><a id="post-9210-endnote-ref-4" href="#post-9210-endnote-4">[4]</a></sup>, l’idée d’un <em>« coup d’État salvateur »</em> divise profondément la société gabonaise. Pour une partie de l’opinion, l’intervention des militaires a mis fin à un ordre politique perçu comme verrouillé, opaque et usé, ouvrant une parenthèse d’espoir autour de la moralisation de la vie publique, de la restauration de l’autorité de l’État et d’une meilleure redistribution des richesses. Mais cette lecture est loin d’être consensuelle : d’autres y voient moins une libération qu’un basculement d’autoritarisme, où l’enthousiasme initial risque de se heurter aux contraintes de gouvernance, aux attentes sociales et à la question décisive du retour à un ordre constitutionnel crédible. En ce sens, le <em>« délivrance d’un Etat parti»</em> n’est pas acquis ; il se mesure désormais à la capacité du pouvoir issu du coup d’Etat militaire<sup><a id="post-9210-endnote-ref-5" href="#post-9210-endnote-5">[5]</a></sup> de traduire la rupture politique en résultats concrets pour la population.</p>
<p>Ce coup d’Etat militaire, non critiqué par le monde occidental et sur les bouts des lèvres par la France, a ouvert la porte d’une transition conduite par le Général Brice Clotaire Oligui Nguema, a fait espérer pour certains des lendemains meilleurs notamment pour le Peuple gabonais. Le 30 août 2023, des militaires conduits par le général Oligui Nguema renversent le Président Ali Bongo, affaibli par sa maladie et refusant de démissionner, après l&rsquo;annonce des résultats de l&rsquo;élection présidentielle qui donnaient l’opposition gabonaise victorieuse. Or, les militaires ont refusé de publier les résultats des urnes. Les nouvelles autorités militaires ont choisi de stopper le processus démocratique et l’ajuster en fonction de leur propres intérêts et ceux des influences et lobbies étrangers qui les ont soutenus.</p>
<p>La junte militaire ont justifié leur coup d’Etat militaire par la volonté de restaurer les institutions et la gouvernance. Sur le plan économique, le pays faisait déjà face à des tensions de trésorerie, à une dette élevée, à l&rsquo;accumulation d&rsquo;arriérés et à un accès plus difficile aux financements. Entretemps, cette situation n’a fait que se détériorer sous la gouvernance militaire. C’est ainsi que face à une incapacité à faire mieux que ces prédécesseurs, le gouvernement militaire qui est devenu civil suite à des élections contestées, cherche à renouer avec le Fonds monétaire international (<acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym>) afin de tenter de restaurer sa crédibilité financière et d&rsquo;accéder à de nouvelles sources de financement<sup><a id="post-9210-endnote-ref-6" href="#post-9210-endnote-6">[6]</a></sup>.</p>
<p>Concrètement, la dette gabonaise<sup><a id="post-9210-endnote-ref-7" href="#post-9210-endnote-7">[7]</a></sup> s’élevait en 2024 à 73,11 % de la richesse nationale (Produit intérieur brut (<acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym>) juste après le Coup d’Etat militaire. Pour une population à l’époque de 2 225 728 d’habitants, la dette par citoyen s’était élevée à 5 845 993 <acronym title="Franc CFA, monnaie utilisée dans plusieurs pays d Afrique">FCFA</acronym>, soit 8 913 Euro par citoyen. La croissance économique était de 3,38 % en 2024 avec une inflation maîtrisée en apparence à 1,14 %<sup><a id="post-9210-endnote-ref-8" href="#post-9210-endnote-8">[8]</a></sup>. Mais le taux élevé de chômage de 20,06 % avec d’énormes disparités entre les zones urbaines et rurales témoignent d’une gouvernance asymétrique au profit d’une élite dirigeante et ses soutiens clientélistes et moins d’une volonté de redistribution basée sur le développement des capacités productives. Le Gouvernement issu du coup d’Etat avait de bonnes raisons de rappeler la responsabilité des gouvernements Bongo père et fils dans la situation économique en 2024. Or, depuis le coup d’Etat, il est difficile de percevoir un véritable changement de paradigme.</p>
<p>Le Gabon post-2023<sup><a id="post-9210-endnote-ref-9" href="#post-9210-endnote-9">[9]</a></sup> n’est pas simplement un pays en transition ; c’est un État qui tente de refaire ses comptes, sa crédibilité et sa légitimité au même moment. Le coup d’État a interrompu un ordre politique, mais il n’a pas effacé les déséquilibres fiscaux, les tensions de trésorerie, ni la défiance des bailleurs<sup><a id="post-9210-endnote-ref-10" href="#post-9210-endnote-10">[10]</a></sup>.<br />
Dans ce contexte, le recours au <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> n’est pas un détail technique. C’est l’aveu qu’un pays ne peut plus financer durablement ses obligations sans restaurer la confiance, clarifier sa dette et corriger sa gouvernance.</p>
<p>Le véritable enjeu n’est donc pas <em>« pour ou contre »</em> un coup d’Etat militaire au Gabon, mais de savoir si la transition gabonaise dirigé par une gouvernance à la mentalité <em>« militaire »</em> peut encore produire un État économiquement viable, lisible dans ses comptes publics, solvable budgétairement et viable socialement, avec en filigrane un respect des promesses électorales et du contrat social avec le Peuple gabonais.</p>
<h3>2. UN POUVOIR MILITAIRE AVEC UN HÉRITAGE DE CRISE : RUPTURE POLITIQUE ESTHÉTIQUE SANS REFONDATION RÉELLE</h3>
<p>Depuis le coup d’État militaire de 2023 et le refus de publier les résultats sortis des urnes, le Gabon donne l’image d’une fausse rupture politique, puisqu’elle n’est visible que dans les symboles. Cette rupture esthétique n’impacte pas encore les mécanismes réels de transformation de l’État. Le nouveau pouvoir a changé le décor, le discours et les promesses, sans pour autant dissiper l’héritage d’une gouvernance défaillante et clientéliste qui continue d’absorber les marges de manœuvre économiques du pays. La mauvaise gestion des finances publiques, les arbitrages contestables, les retards dans l’exécution des réformes et l’incapacité à restaurer une confiance durable auprès des investisseurs ont progressivement réduit la capacité de l’État à financer ses priorités sans recourir à l’endettement ou à l’appui extérieur.</p>
<p>Dans ce contexte, l’impression d’incompétence ou, à tout le moins, de faible maîtrise stratégique, alimente l’idée d’une transition qui change les visages plus qu’elle ne refonde les structures. Le résultat est un pouvoir militaire qui revendique la rupture, mais gouverne encore dans l’ombre d’une crise économique et institutionnelle qu’il n’a pas réussi à dépasser. De fait, le changement de régime de 2023 a créé une fausse rupture politique, mais sûrement pas une rupture institutionnelle, administrative, encore moins dans une véritable séparation des pouvoirs entre l’Etat et le judiciaire.</p>
<p>Alors avec l’arrivée du Fonds monétaire international que certains continuent de traiter de <em>« pompier pyromane »</em> puisque cette institution a accompagné le Gabon tout au long de l’ère Bongo père et fils pour le résultat qui a conduit au coup d’Etat militaire, les observateurs avisés se demandent à quelle nouvelle sauce pimentée le Gabon va-t-il être mangée ? Autrement dit, quels sont les principales coupures dans le social et les privatisations qui vont contribuer à réduire la souveraineté des Gabonais sur leurs richesses ? Surtout que très souvent, la caractéristique majeure des institutions de Bretton-Woods et plus particulièrement le <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> est de grignoter ou neutraliser, voire de faire disparaître la souveraineté économique d’un pays et contribuer à la transférer vers l’étranger. Sur l’histoire du <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> en Afrique, il faut bien constater que c’est cette approche de dilution de la souveraineté africaine qui fondent les conseils et politiques du <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> ?</p>
<p>Toutefois, le <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> dans ses audits budgétaires des Etats révèlent une vérité que lorsque cela conduit l’Etat à tomber sous sa dépendance, au lieu de sonner le tocsin bien plus tôt afin de faciliter les mesures correctives en amont. Pour le Gabon, le <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> relève que les déséquilibres fiscaux et insistent qu’ils doivent être corrigés sans délai pour éviter des tensions de liquidité et une trajectoire d’endettement non soutenable<sup><a id="post-9210-endnote-ref-11" href="#post-9210-endnote-11">[11]</a></sup>. Cela signifie que la transition a hérité d’un État déjà fragilisé par des pratiques de gouvernance peu transparentes et par une capacité limitée à transformer la rente en performance publique. Le discours de refondation ne suffit pas à réconcilier souveraineté, efficacité et confiance<sup><a id="post-9210-endnote-ref-12" href="#post-9210-endnote-12">[12]</a></sup>.</p>
<h3>3. LE <acronym title="Pays industrialisés">PI</acronym>ÈGE DE LA LÉGITIMITÉ PROCLAMÉE ET ADOUBÉE PAR L’EXTÉRIEUR</h3>
<p>Le nouveau pouvoir veut incarner la rupture avec l’ancien régime, mais cette posture devient fragile lorsque les résultats économiques tardent. Le Gabon, par la voie de son Ministre en charge de l’économie et des finances, a annoncé la mise en place d’une commission spéciale chargée d’auditer l’ensemble de sa dette publique. Cette démarche s’inscrit dans un contexte de coopération renforcée avec le <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> et la <acronym title="Banque internationale pour la reconstruction et  le développement">Banque mondiale</acronym>, alors que le pays cherche à assainir ses finances publiques et à obtenir de nouveaux financements pour réaliser ses objectifs, notamment les infrastructures de base<sup><a id="post-9210-endnote-ref-13" href="#post-9210-endnote-13">[13]</a></sup>. L’audit visera notamment à examiner les emprunts passés, les projets non réalisés, les fonds non versés au Trésor, ainsi que d’éventuelles violations de contrats et de règles budgétaires entre 2016 et 2023, soit la période avant le coup d’Etat militaire.</p>
<p>Coordonnée par le Ministre de l’Économie et des Finances avec l’appui du <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym>, cette opération devrait durer deux à trois mois<sup><a id="post-9210-endnote-ref-14" href="#post-9210-endnote-14">[14]</a></sup>. Sans cet audit, le <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> n’acceptera pas de préparer un futur programme d’appui au Gabon avec des conditionnalités discutées et acceptées d’un commun accord. Mais quid de la période après coup d’Etat militaire, à savoir entre 2023 et 2026 ? Vraisemblablement, il est plus question d’être dans le déni. Si de nombreuses preuves sortiront pour expliquer la mauvaise gouvernance passée du système Bongo, personne de sérieux ne peut accepter qu’un audit puisse faire l’impasse sur les 3 ans de gouvernance d’un régime du Président de transition issu d’un coup d’Etat militaire et qui a refusé de publier les résultats des élections sur lesquels les observateurs sur place indépendants s’accordent aujourd’hui pour conclure à la victoire de l’opposition au clan <em>« Bongo ».</em></p>
<p>Comment réconcilier la vérité des comptes publics et donc la vérité comptable tout en offrant des signes aux partenaires aux développement que le Gabon a besoin de leur financement pour exécuter son programme économique ? Le seul fait d’avoir proclamé une rupture militairement autoproclamée avant de le valider dans des urnes contestées, ne suffit pas face à une gouvernance sans maîtrise des comptes publics. Après trois ans comme alternatif, le régime gabonais tend à montrer ses limites au point de voir la crédibilité placée en ce Président « sauveur » vaciller et voir sa crédibilité être grignotée de manière anarchique.</p>
<p>Au Gabon, le piège de la légitimité proclamée et adoubée par l’extérieur tient au décalage entre une autorité politique qui se veut refondatrice et une crédibilité économique qui reste fragile. Brice Clotaire Oligui Nguema, Président de la transition, Président de la République, chef de l’État au lendemain du coup d’État militaire de 2023 soutenu par des puissances extérieures et Président de la République gabonaise depuis la fin de la transition et son élection, peut bien revendiquer une légitimité issue de la rupture, mais celle-ci demeure vulnérable tant que l’État peine à maîtriser ses finances, à clarifier sa dette et à restaurer la confiance des acteurs économiques.</p>
<p>L’appui du <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> peut alors servir de caution technique et de signal conjoncturel pour rassurer certains bailleurs ou investisseurs, mais il ne résout pas à lui seul la crise de gouvernance ni l’érosion de la confiance interne et externe. En ce sens, l’aide extérieure peut stabiliser à court terme, sans garantir une consolidation politique durable. Autrement dit, le secours du <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> peut offrir un répit, mais il ne transformera la légitimité proclamée en légitimité réelle que si des réformes crédibles produisent enfin des résultats visibles pour la population.</p>
<p>Mais au plan intérieur, le doute, voire la défiance persiste, surtout avec les coupures d’électricité et d’eau récurrentes… En effet, la dette intérieure gabonaise était estimée à 4 345,7 milliards de <acronym title="Franc CFA, monnaie utilisée dans plusieurs pays d Afrique">FCFA</acronym> (soit environ 6,62 milliards d’Euros) à fin novembre 2025, soit une hausse d’environ 46,6 % sur un an<sup><a id="post-9210-endnote-ref-15" href="#post-9210-endnote-15">[15]</a></sup>, ce signifie une priorité refusée aux acteurs et opérateurs locaux par rapport aux acteurs étrangers. La dette publique totale du Gabon qui était estimée autour 70,9 % du <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym> en 2024 juste après le coup d’Etat militaire n’a fait que de gonfler passant à 78,9 % du <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym> en 2025 et, selon les estimations du <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym><sup><a id="post-9210-endnote-ref-16" href="#post-9210-endnote-16">[16]</a></sup>, devraient atteindre les 86,1 % du <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym> en 2026 et 94,3 % du <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym> en 2027. Il fallait donc stopper l’hémorragie et surtout avec l’audit comprendre qu’il ne peut s’agir uniquement des erreurs de la gouvernance passée du système « Bongo » dont l’actuel Président est un héritier non sollicité. Or, avant ou après le coup d’Etat, il faut bien constater une dérive des grands équilibres macroéconomiques.</p>
<h3>4. DÉRIVE DES ÉQUILIBRES MACROÉCONOMIQUES AU GABON : LE RECOURS AU <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> EST-IL INÉVITABLE ?</h3>
<p>Le recours au Fonds monétaire international (<acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym>) intervient généralement lorsqu’un pays fait face à une insuffisance critique de financements extérieurs, compromettant sa capacité à honorer ses engagements financiers. Une telle situation survient lorsque la dette publique devient insoutenable, — ou est sur le point de le devenir —, exposant l’économie à un risque accru de défaut de paiement. Dans ce cadre, la notion de soutenabilité de la dette renvoie à la capacité d’un État à respecter ses obligations présentes et futures sans recourir à une restructuration ni entraver sa trajectoire de croissance. Cette viabilité est évaluée conjointement par le <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> et la <acronym title="Banque internationale pour la reconstruction et  le développement">Banque mondiale</acronym> à travers des analyses prospectives sur une période d’environ dix ans, intégrant des tests de résistance à divers chocs macroéconomiques.</p>
<p>Au-delà du financement, un programme avec le <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> vise également à restaurer la confiance des investisseurs et des créanciers internationaux. Il s’agit notamment de garantir la continuité du service de la dette extérieure et, le cas échéant, de prioriser le remboursement des prêteurs étrangers sur la dette intérieure, conformément aux exigences souvent implicites des dispositifs de stabilisation soutenus par l’institution. La réalité est que le conseils d’administration du <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym>, avec une majorité qualifiée pour les pays occidentaux, regroupés au sein de l’ Organisation de coopération et de développement économiques (<acronym title="Organisation pour la coopération et le développement économiques">OCDE</acronym>), veille à ce que, dans la hiérarchie des remboursements, la priorité soit accordée aux créanciers et investisseurs étrangers, avant l’apurement de la dette intérieure due aux acteurs locaux.</p>
<p>Dans le cas du Gabon, les indicateurs macroéconomiques récents traduisent une dégradation préoccupante des équilibres fondamentaux. Selon les statistiques du <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym>, le solde extérieur courant est passé de 8,8% du <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym> en 2022, juste avant le coup d’État, à –3,1% en 2025, avec des projections encore plus défavorables de –4,3% en 2026 et –5,5% en 2027. Parallèlement, le solde budgétaire global, dons compris, s’est fortement détérioré, passant de –0,9% du <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym> en 2022 à –8,5% en 2025, avec des perspectives de –10,0 % en 2026 et –11,2 % en 2027. Une telle dynamique ne peut être interprétée comme conjoncturelle : elle révèle des failles structurelles profondes en matière de gouvernance, de transparence et de mobilisation des recettes publiques. Les projections faites à partir des données du <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> forcent à une prise de conscience sur une possible dérive des équilibres macroéconomiques au Gabon, avec les conséquences négatives sur les populations et surtout une perte de souveraineté qui pourrait se révéler supérieure à celle subie au cours de la gouvernance Bongo père et fils.</p>
<p>Le débat public, notamment sur les réseaux sociaux, met en avant des critiques relatives à l’incompétence, à des choix contestés dans la composition de l’appareil décisionnel, ainsi qu’à un climat de réticence à la remontée d’informations critiques au sommet de l’État, en particulier lorsqu’elles concernent des décisions aux effets potentiellement négatifs pour les populations. Certaines analyses avancent également l’hypothèse d’une influence prioritaire d’intérêts extérieurs, notamment français, dans l’orientation des politiques publiques. Quelles que soient les interprétations, un constat s’impose : la situation économique ne s’est pas améliorée depuis le coup d’État. Dès lors, la question centrale dépasse le seul recours au <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> et renvoie à la nécessité d’un traitement rigoureux, transparent et impartial des défaillances de gouvernance au Gabon, ce à l’abri des pressions internes comme externes.</p>
<p>C’est donc bien la mise en lumière des indicateurs de performances macroéconomiques structurellement défaillantes au Gabon qui de l’accord avec le <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> une nécessité économique. Or, le Gabon face au <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> ne doit pas chercher uniquement à trouver une solution à la crise de soutenabilité et ou de gouvernance comme le souhaiteraient les dirigeants du Gabon et ceux du <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym>, mais le Gabon de Brice Clotaire Oligui Nguema doit s’expliquer sur l’accélération de la perte de souveraineté accrue du Gabon. Il s’agit de rendre des comptes à son Peuple, et au-delà, aux Africains.</p>
<h3>5. GABON APRÈS 2023 : L’ÉROSION DES RÉSERVES INTERNATIONALES AU CŒUR DE L’IMPASSE BUDGÉTAIRE</h3>
<p>La comparaison des indicateurs avant et après 2023 montre que la trajectoire ne s’est pas redressée sous le régime issu du coup d’État. En moyenne, les réserves internationales sont passées d’environ 2,84 mois d’importations sur la période 2020‑2022 à 2,21 mois sur 2023‑2025, soit une baisse de l’ordre de 22 %, ce qui traduit un affaiblissement de la capacité de résilience extérieure du pays. Sur le plan de l’endettement, le ratio dette/<acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym> reste élevé, autour de 70‑73 % depuis 2023, dépassant le seuil de convergence de 70 % fixé au niveau régional, tandis que les perspectives pointent vers une poursuite de la hausse dans les prochaines années.</p>
<p>Les données de la <acronym title="Banque internationale pour la reconstruction et  le développement">Banque mondiale</acronym> et celles de la Banque centrale des Etats d’Afrique centrale (<acronym title="Banque des Etats de l’Afrique centrale">BEAC</acronym>) concordent sur le constat d’une forte chute des réserves en 2024 au Gabon après le coup d’Etat, ce en comparaison avec 2023. La <acronym title="Banque internationale pour la reconstruction et  le développement">Banque mondiale</acronym> montre une baisse des réserves brutes (de 1,45 en 2023 à 0,64 milliards de <acronym title="Franc CFA, monnaie utilisée dans plusieurs pays d Afrique">FCFA</acronym> en 2024). La <acronym title="Banque des Etats de l’Afrique centrale">BEAC</acronym> montre une division par approximativement deux (2) des avoirs extérieurs nets, passant en 2023 de 213,4 milliards de <acronym title="Franc CFA, monnaie utilisée dans plusieurs pays d Afrique">FCFA</acronym> à 107,3 milliards de <acronym title="Franc CFA, monnaie utilisée dans plusieurs pays d Afrique">FCFA</acronym>), soit une chute d’environ 49,7 %<sup><a id="post-9210-endnote-ref-17" href="#post-9210-endnote-17">[17]</a></sup> (voir le graphique ci-après).<a href="https://afrocentricity.info/files/2026/07/afrocentricity-think-tank-graphiques-gabon-17-06-26-diff-page-3.jpg" data-wpel-link="exclude" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><img decoding="async" class="aligncenter size-large wp-image-9213" src="https://amaizo.info/files/2026/07/afrocentricity-think-tank-graphiques-gabon-17-06-26-diff-page-3-740x416-1.jpg" alt="" width="740" height="416" /></a></p>
<p>Depuis le coup d’État d’août 2023, les difficultés budgétaires du Gabon ne peuvent plus être attribuées uniquement à l’héritage des régimes civils précédents : elles sont désormais aussi le produit des choix du pouvoir militaire, aujourd’hui civilement habillé, qui dirige le pays depuis près de trois ans. Le pays fait face à une hausse rapide de la dette publique, à de fortes tensions de trésorerie, à l’accumulation d’arriérés de paiement et à un accès plus difficile aux marchés financiers, tandis que les dépenses publiques et les besoins de financement continuent d’augmenter, comme le soulignent plusieurs analyses récentes de la situation gabonaise<sup><a id="post-9210-endnote-ref-18" href="#post-9210-endnote-18">[18]</a></sup>. En effet, au sein de la Communauté des Etats de l’Afrique centrale, le Gabon qui aurait dû servir d’exemple en matière de réserves compte tenu de son potentiel pétroliers et forestiers pour une faible population, se retrouve en situation de dégradation accélérée de ses réserves depuis le coup d’Etat d’août 2026 (voir graphique ci-après).<a href="https://afrocentricity.info/files/2026/07/afrocentricity-think-tank-graphiques-gabon-17-06-26-diff-page-1.jpg" data-wpel-link="exclude" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><img decoding="async" class="aligncenter size-large wp-image-9214" src="https://amaizo.info/files/2026/07/afrocentricity-think-tank-graphiques-gabon-17-06-26-diff-page-1-740x416-1.jpg" alt="" width="740" height="416" /></a></p>
<p><a href="https://afrocentricity.info/files/2026/07/afrocentricity-think-tank-graphiques-gabon-17-06-26-diff-page-2.jpg" data-wpel-link="exclude" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><img decoding="async" class="aligncenter size-large wp-image-9215" src="https://amaizo.info/files/2026/07/afrocentricity-think-tank-graphiques-gabon-17-06-26-diff-page-2-740x416-1.jpg" alt="" width="740" height="416" /></a></p>
<p>Dans ce contexte, la capacité de refinancement du Gabon s’est nettement détériorée, comme en témoignent les analyses d’agences de notation et les difficultés accrues d’accès aux marchés signalées par la presse économique et les institutions financières. Les discussions engagées avec le <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> portent donc autant sur la soutenabilité de la dette que sur le renforcement de la gouvernance, la transparence dans la gestion des ressources publiques et l’assainissement budgétaire. Autrement dit, le passage d’un pouvoir civil discrédité à un pouvoir militaire puis civilisé dans la forme, mais sans rupture crédible sur le fond, n’a pas permis d’enrayer la dérive budgétaire : il la prolonge et, par certains aspects, l’aggrave, ce qui rend encore plus aiguë la question de la souveraineté économique réelle du Gabon.</p>
<h3>6. GOUVERNANCE SOUS SUSPICION : VÉRITÉ DES COMPTES PUBLICS COMME TEST DE SOUVERAINETÉ ET DE TRANSPARENCE</h3>
<p>Le <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> insiste sur la transparence dans la gestion des ressources publiques et sur la nécessité de corriger les lacunes institutionnelles. Mais elle est plus silencieuse sur la défense des intérêts des membres de son Conseil d’Administration qui sont plus intéressés à contrôler les ressources forestières et minières, les capacités productives, commerciales, logistiques et les données du Gabon. Or, un pays, sans marge de manœuvre économique du fait de l’historique de la mauvaise gouvernance, une corruption et une absence de transparence des comptes publics, est une cible idéale pour le <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> pour dérouler l’ensemble de sa panoplie d’embrigadement des dépenses de l’Etat.</p>
<p>Les fonctions de redistribution déjà amputées par la mauvaise gouvernance institutionnalisé sont neutralisées en priorité lors de l’intervention du <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym>, ce qui bride le soutien de l’Etat aux plus défavorisés au plan social tout en stoppant l’industrialisation et l’entrepreneuriat qui ne peuvent bénéficier d’une protection limitée dans le temps afin de générer de la richesse pour tous. Le <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> n’a jamais proposé de trouver des solutions pour les pauvres spoliés de leurs terres dans le cadre d’un <em>« déguerpissement »</em> et d’une privatisation des terres suite à la mise en œuvre de ses préceptes. Or, il est souvent question que ceux que protègent le <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> s’accaparent les biens d’autrui, et en l’espèce les ressources et capacités productives du Gabon. Il n’a jamais été proposé de solution de type deuxième chance aux populations lors des privatisations des espaces et terres en nom collectif. Un Etat souverain aurait eu la capacité d’obliger par la Loi, les nouveaux propriétaires héritiers des mesures d’austérité du <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym>, à les intégrer comme des actionnaires sans droit de vote par exemple.</p>
<p>C’est donc bien toute l’architecture du capitalisme hérité de la colonisation qu’il faut remettre en cause en :</p>
<ul>
<li>introduisant l’actionnariat populaire, avec ou sans participation minoritaire de l’État s’il est éthique ;</li>
<li>promouvant des programmes et projets d’appui à l’entrepreneuriat communautaire ;</li>
<li>en structurant légalement le développement des groupes d’intérêts économiques, sociaux, environnementaux et commerciaux pour sortir du cercle infernal de l’informel. Cela devrait permettre de valoriser les droits des plus pauvres et ceux qui disposent d’une faible influence sur l’Etat ou le <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym>, puissent avoir droit au chapitre et décider de leur avenir commun et en communauté. Le principe de l’actionnariat populaire sans ingérence intempestive de l’Etat aurait le mérite d’attirer les capitaux de la Diaspora et de la société civile non africaine désireuse de soutenir le développement endogène.</li>
</ul>
<p>Afrocentricity Think Tank constate qu’aucun dirigeant africain n’a encore véritablement proposé cette stratégie lorsqu’il discute avec le <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym>. Il est vrai que des expériences sont en cours au Burkina Faso sans qu’une évaluation indépendante ne vienne confirmer ou infirmer les chances de réussite sur le long terme des initiatives alternatives dans ce pays.</p>
<p>Or, avec la mise sous tutelle de la souveraineté de certains dirigeants formatés pour avaler et digérer les <em>« médicaments »</em> du <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym>, il y a donc comme une connivence des dirigeants et du <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> contre le citoyen lambda.</p>
<p>Dans un pays comme le Gabon, il y a lieu d’abord de procéder à un audit de la volonté de l’Etat post-coup d’Etat de promouvoir la vérité des comptes publics à des fins de transparence institutionnelle. La souveraineté est aussi à ce prix. Cette exigence n’est pas secondaire : elle conditionne la manière dont la dette, les dépenses et les engagements de l’État sont perçus par les populations victimes. Or, la seule perception qui intéresse le <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> est celle des créanciers, oubliant au passage qu’une partie importante de la créance, repose sur une dette inique<sup><a id="post-9210-endnote-ref-19" href="#post-9210-endnote-19">[19]</a></sup> y compris celle issue d’une fiscalité injuste<sup><a id="post-9210-endnote-ref-20" href="#post-9210-endnote-20">[20]</a></sup>. Si en plus il n’y a pas de données publiques fiables du fait d’une opacité institutionnelle de l’Etat, la souveraineté budgétaire devient plus qu’une fiction coûteuse<sup><a id="post-9210-endnote-ref-21" href="#post-9210-endnote-21">[21]</a></sup>, il s’agit d’une spoliation du Peuple, notamment la partie la plus vulnérable dite les <em>« en-bas-d’en-bas » </em>qui constituent la majorité de la population gabonaise, comme au demeurant ailleurs en Afrique. Or, la conjugaison :</p>
<ul>
<li>d’une part, d’un Etat africain qui institutionalise la mauvaise gouvernance pour enrichir qu’un cercle fermé d’affidés du pouvoir avec comme objectif de préserver à tout prix ce pouvoir sans alternative politique ; et</li>
<li>des préceptes du <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> venant en soutien à cet Etat qui finalement ne subit jamais de sanctions, conduit à une institutionnalisation de l’impunité nourrie par une perte de souveraineté récurrente. Cela produit des formes multi-dimensionnelles d’externalités environnementales et sociales, avec comme conséquences, des inégalités extrêmes qui nourrissent un cycle d’endettement et de fragilité systémique.</li>
</ul>
<p>Pour Afrocentricity Think Tank, il y a là fondamentalement une dynamique de l’endettement structurellement inégalitaire et injustice, que le <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> peine à mettre en valeur. Il ne faut d’ailleurs pas d’étonner de la vétusté et souvent de l’absence des indicateurs économiques portant sur les injustices, sur les réserves réelles d’un Etat, voire de la capacité productive et logistique d’un Etat dans les données fournies par les institutions de Bretton Woods. Ce qui peut être interprété par certains comme un manque de transparence, puisque ces données analysées par des entités indépendantes, pourraient mettre en exergue le cycle manque de transparence-mauvaise gouvernance – neutralisation de l’industrialisation &#8211; dettes<sup><a id="post-9210-endnote-ref-22" href="#post-9210-endnote-22">[22]</a></sup> – créances – inégalités, un véritable système cyclique de dépendance envers le <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> orchestré par les membres influents du Conseil d’Administration du <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym>.</p>
<h3>7. L’AUDIT PARTIELLE DE LA DETTE GABONAISE COMME ACTE POLITIQUE DE TRANSPARENCE PARTIALE</h3>
<p>L’audit annoncé par le Ministre de l’économie et des finances du Gabon devrait avoir lieu en 2026. Il est question de réexaminer l’historique de la dette publique, avec l’appui du <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym>, afin de clarifier les engagements et d’identifier les éventuelles irrégularités<sup><a id="post-9210-endnote-ref-23" href="#post-9210-endnote-23">[23]</a></sup>. Il est question d’interroger la mémoire financière et budgétaire de l’État gabonais<sup><a id="post-9210-endnote-ref-24" href="#post-9210-endnote-24">[24]</a></sup>. L’objectif devrait donc être d’établir la vérité des comptes publics avant et après le coup d’Etat et accessoirement de redistribuer les responsabilités politiques.</p>
<p>La réalité à ce jour est que cet audit partiel de la dette gabonaise se présente plus comme un acte politique de transparence sélective. La clarification financière risque d’être partielle et partiale et les éventuelles régularités n’avoir que les mêmes auteurs, ceux d’avant le coup d’Etat du 30 août 2023.</p>
<p>La portée réelle soulève une question centrale : s’il se limite principalement à la période antérieure au coup d’État de 2023, sans couvrir de manière exhaustive les engagements, dépenses et arbitrages pris entre août 2023 et 2026 par les autorités de transition, alors il ne s’agit plus d’un audit total, mais d’une transparence partielle à forte charge politique. Dans ce cas, l’exercice risque de reconfigurer la mémoire budgétaire de l’État en ciblant surtout l’héritage de l’ancien régime, tout en suspendant l’examen critique de la gouvernance actuelle post 2023.</p>
<p>Une telle sélectivité pose un problème de fond : le pouvoir issu du coup d’État d’août 2023 avait précisément justifié sa prise de responsabilité par la promesse de moraliser les finances publiques, de restaurer l’ordre budgétaire et de corriger les pratiques opaques du passé. Or, si l’audit exclut ou atténue la période de gestion post-coup d’État, il devient difficile de distinguer ce qui relève de la continuité, de la rupture ou de la simple instrumentalisation du diagnostic financier. Le risque est alors celui d’un État qui se juge lui-même, fixe lui-même le périmètre de l’enquête, et choisit les responsabilités qu’il souhaite exposer. Dans ces conditions, l’État apparaît à la fois comme juge et partie, ce qui fragilise la crédibilité de la démarche.</p>
<p>Le traitement marginal de la dette intérieure accentue encore cette impression. Les dettes envers les nationaux ne sont plus prioritaires. Or, ce sont ces nationaux qui ont <em>« élu »</em> ce Président issu d’un coup d’Etat. En la réduisant à une variable secondaire, presque négligeable, l’audit peut être perçu comme une mesure punitive dirigée avant tout contre les créanciers ou les acteurs économiques locaux, tandis que les responsabilités politiques internes restent partiellement hors champ. Cette asymétrie interroge : pourquoi la dette due aux entreprises, fournisseurs, prestataires et acteurs nationaux semble-t-elle moins urgente à examiner que la dette extérieure, alors même qu’elle affecte directement la trésorerie des ménages, l’emploi et la survie du tissu productif ? Une telle hiérarchisation peut donner le sentiment d’un système qui protège d’abord sa réputation internationale avant de traiter des souffrances économiques du citoyen gabonais.</p>
<p>Dès lors, la question n’est pas seulement technique<sup><a id="post-9210-endnote-ref-25" href="#post-9210-endnote-25">[25]</a></sup>, elle est profondément politique : l’audit est-il un instrument de vérité ou un mécanisme de sélection de la vérité ? Et le <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym>, en accompagnant ce processus, peut-il réellement en garantir l’équilibre s’il ne participe pas à un dispositif indépendamment structuré, incluant des institutions non étatiques, des experts autonomes et des contre-pouvoirs crédibles ? À défaut, le risque est de voir se consolider l’idée d’une <em>« démocratie »</em> imposée sous contrainte, où le citoyen gabonais devient le principal débiteur d’une transition qu’il n’a ni choisie, ni contrôlée, tandis que la transparence annoncée demeure incomplète, sélective et politiquement orientée.</p>
<h3>8. LE <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> N’EST JAMAIS UN ARBITRE NEUTRE : PLUS GARDIEN DES INTÉRÊTS DES CRÉANCIERS QUE DE CEUX DES ÉTATS OU DES PEUPLES.</h3>
<p>Dans les faits au Gabon comme ailleurs en Afrique, le <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> fonctionne comme un arbitre de crédibilité. Son intervention ne garantit pas la prospérité, mais elle peut rouvrir l’accès à d’autres sources de financement pour payer des dettes-créances venues à échéance, non sans des taux d’intérêts usuriers.</p>
<p>Dans son rapport d’avril 2026 sur les perspectives régionales de l’Afrique subsaharienne<sup><a id="post-9210-endnote-ref-26" href="#post-9210-endnote-26">[26]</a></sup>, le <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> rappelle que le contexte régional reste contraint, avec des risques baissiers élevés et des vulnérabilités. Les autorités gabonaises, et par extension africaines, doivent cesser de considérer le <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> comme un arbitre neutre ou un simple technicien. La grande propagande de la dette dite <em>« cachée »</em> au Sénégal<sup><a id="post-9210-endnote-ref-27" href="#post-9210-endnote-27">[27]</a></sup> ou ailleurs, relève très souvent des analyses et prévisions qui ont été conseillées, quand ce n’est pas imposées, au Gouvernement sénégalais de Macky Sall. Pourtant, faire porter l’essentiel de la responsabilité sur le nouveau gouvernement de rupture est un acte politique du <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> et qui consiste indirectement à « stopper net » la marge de manœuvre du nouveau gouvernement à mettre en œuvre le programme économique et social du parti PASTEF d’Ousmane Sonko, ex-premier ministre et président de l’Assemblée nationale et son acolyte Diomaye Faye devenu Président du Sénégal, qui a gagné les élections dans les urnes.</p>
<p>Il faut cesser de présenter le <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> comme un <em>« juge de paix »</em> au-dessus des crises gabonaises. Dans le cas du Gabon, le Fonds a longtemps accompagné un système dont il connaissait déjà les failles de gouvernance, les déficits de transparence et la dérive budgétaire, tout en se contentant trop souvent de réformes répétées qui n’ont pas empêché l’aggravation de la crise. Le <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> risque de ne <em>« certifier »</em> au Gabon comme ailleurs en Afrique, une situation qu’il a contribué, par sa présence institutionnelle quasi-permanente<sup><a id="post-9210-endnote-ref-28" href="#post-9210-endnote-28">[28]</a></sup>, son conseil stratégique et ses validations successives<sup><a id="post-9210-endnote-ref-29" href="#post-9210-endnote-29">[29]</a></sup>, à rendre supportable politiquement une forme de mauvaise gouvernance en Afrique qui permet de défendre les intérêts des membres influents du <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym>.</p>
<p>La réalité historique est que le <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> ne fonctionne bien que si le pays ciblé, officiellement qui a fait une demande auprès du <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym>, est considéré comme <em>« en situation de surendettement »,</em> ce qui justifie son intervention et les affirmations selon lesquels le <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> ne peut pas prêter au pays endetté  tant qu’il n’a pas restructuré sa dette auprès de ses créanciers extérieurs, avec au passage sa pensée unique de son attachement à l’austérité et non au soutien ciblée du soutien au développement de la capacité productive en Afrique assurant ainsi des emplois décents.</p>
<p>Il y a au moins trois responsabilités du <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> à considérer pour ceux qui font l’éloge d’une institution qui serait plus utile si elle servait les intérêts des Peuples, y compris au sein de l’<acronym title="Organisation pour la coopération et le développement économiques">OCDE</acronym>, et moins et prioritairement celui des membres influents de son Conseil d’Administration.</p>
<h4>8.1 Première responsabilité du <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> : avoir normalisé l’anormal</h4>
<p>Le <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> savait que le Gabon faisait face à une faiblesse de gouvernance, à une transparence défaillante<sup><a id="post-9210-endnote-ref-30" href="#post-9210-endnote-30">[30]</a></sup> et à une situation fiscale précaire bien avant le coup d’État de 2023. Pourtant, la logique des consultations et des programmes a souvent abouti à traiter ces dysfonctionnements comme des écarts corrigibles, plutôt que comme un système durablement dévitalisé. Résultat : on a administré la crise au lieu de la prévenir<sup><a id="post-9210-endnote-ref-31" href="#post-9210-endnote-31">[31]</a></sup>.</p>
<h4>8.2 Deuxième responsabilité du <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> : avoir dialogué avec le sommet de l’Etat, pas avec les représentants indépendants du « sommet » de la société</h4>
<p>Les missions du <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> ont surtout travaillé avec l’exécutif et l’administration, alors que les citoyens, les syndicats, les organisations civiques et les institutions indépendantes sont restés en marge du processus. Cette méthode produit des rapports élégants, mais elle ne construit pas une légitimité sociale des réformes. Le Fonds a donc validé des trajectoires économiques sans installer de contre-pouvoirs indépendants capables d’empêcher la répétition des mêmes dérives.</p>
<h4>8.3 Troisième responsabilité du <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> : avoir laissé perdurer une économie de la non-transparence et de l’impunité</h4>
<p>Les propres documents du <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> reconnaissent que les déséquilibres budgétaires, les arriérés, les faiblesses de gestion et les problèmes de transparence ont continué malgré les alertes. Quand les mêmes recommandations reviennent d’année en année, cela ne signifie pas seulement que l’État n’exécute pas : cela signifie aussi que le dispositif international n’a pas réussi à imposer des changements de fond. Le <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> ne peut donc pas prétendre découvrir aujourd’hui une crise qu’il a vue se construire, quand il n’en était pas complice. Pour le Gabon, le <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> avait déjà signalé, dans sa consultation au titre de l’Article IV de 2024, l’existence de déséquilibres budgétaires susceptibles d’engendrer une dynamique d’endettement non soutenable. Il apparaît donc difficile de considérer que les difficultés actuelles aient été totalement imprévues par l’institution<sup><a id="post-9210-endnote-ref-32" href="#post-9210-endnote-32">[32]</a></sup>.</p>
<h3>9. CE QUE L’AFRIQUE DOIT COLLECTIVEMENT EXIGER MAINTENANT DU <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym></h3>
<p>Le vrai scandale n’est pas que le <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> exige des réformes ; c’est qu’il continue de les concevoir comme un dialogue fermé entre d’une part, des technocrates, -certains africains de surcroit, formatés à son image, et d’autre part, le pouvoir exécutif. Pour éviter de reproduire les mêmes impasses, le Fonds devrait associer de façon formelle à ses analyses et conseils :</p>
<ul>
<li>des représentants indépendants de la société civile ;</li>
<li>des universitaires multidisciplinaires et des économistes indépendants y compris de la Diaspora africaine ;</li>
<li>des organisations professionnelles et de défense des intérêts des consommateurs et des associations ;</li>
<li>des organes africains de contrôle indépendants de l’Etat africain dans leur analyse ;</li>
<li>les institutions en charge du suivi citoyen des engagements pris par l’Etat et le <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> ; et</li>
<li>des juridictions spécialisées africaines qui peuvent dire le droit sans être menacées par le pouvoir en place.</li>
</ul>
<p>Il faut aussi que les audits et programmes financiers incluent une lecture réelle de la dette intérieure<sup><a id="post-9210-endnote-ref-33" href="#post-9210-endnote-33">[33]</a></sup>, des arriérés et des impacts sociaux, environnementaux et d’humiliation des citoyens et des peuples des ajustements, au lieu de privilégier uniquement la dette extérieure et la confiance des créanciers. Sans cela, le <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> restera un certificateur de crédibilité pour les bailleurs, voire un incitateur de transfert de marge de manœuvre de l’Afrique vers le conseil d’administration du <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> sans aucune garantie de justice économique pour les populations.</p>
<p>Rappelons toutefois qu’avec un stock total de dette publique du Gabon établi à 7 131,6 milliards <acronym title="Franc CFA, monnaie utilisée dans plusieurs pays d Afrique">FCFA</acronym> (soit 10,88 milliards d’Euros.) en 2022<sup><a id="post-9210-endnote-ref-34" href="#post-9210-endnote-34">[34]</a></sup>. La dette intérieure représente 36,6 % du stock total de dette publique en 2022 et avait modérément progressé de 1,6 % par rapport à 2021.</p>
<p>En clair, le Fonds doit sortir de son <em>« faux »</em> rôle de <em>« juge de paix commode »</em> et accepter d’être aussi interrogé sur sa propre part dans la reproduction des mauvaises gouvernances. En réalité, personne n’audite le <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> lui-même. En fait, le <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> fait son propre audit. Un boa qui se mord la queue dirait-on en Afrique. C’est à cette condition seulement qu’un programme <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> au Gabon pourra devenir un instrument de redressement national, et non une simple mise en ordre financière au profit de l’extérieur.</p>
<p>Pour sortir des approches et errements macroéconomiques persistantes<sup><a id="post-9210-endnote-ref-35" href="#post-9210-endnote-35">[35]</a></sup> du <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym>, il est suggéré que les dirigeants africains, volontaires et souhaitant défendre leurs populations avant les intérêts étrangers, s’associent, créent des groupes d’experts intra-africains et multidisciplinaires, pour constituer une capacité d’influence pouvant influencer le conseil d’administration du <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> à s’atteler aux priorités suivantes (liste non exhaustive) :</p>
<ul>
<li>Inclusivité : associer au processus de décision fiscale différents groupes économiques, environnementaux, sociaux, notamment les femmes, les jeunes et les personnes en situation de handicap ;</li>
<li>Transparence : garantir la clarté dans l’élaboration, l’examen et l’adoption du projet de loi de finances ;</li>
<li>Fiscalité équitable : tenir compte des fortes disparités socio-économiques entre les citoyens, intergénérationnelles comme interrégionales en pays et au sein des pays, afin de répartir l’effort fiscal de manière juste ;</li>
<li>Responsabilité : assurer une utilisation rigoureuse et traçable des recettes fiscales, en les orientant vers les services publics et les projets de développement qui génèrent de la valeur et conserve la souveraineté aux nationaux ;</li>
<li>Services sociaux : donner la priorité aux dépenses en faveur des services essentiels, notamment la santé, l’éducation et les infrastructures, en particulier dans les zones marginalisées<sup><a id="post-9210-endnote-ref-36" href="#post-9210-endnote-36">[36]</a></sup> ;</li>
<li>Externalités et environnement. Ecouter les acteurs du terrain afin d’intégrer les coûts induits sur l’environnement et le climat, et prendre en charge les frais de restauration des espaces suite à des projets déséquilibrants le bien-être et favorisés par des soutiens divers du <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> aux créanciers indélicats.</li>
</ul>
<p>Aussi, une négociation avec le <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> ne doit plus se faire <em>« sous contrainte ».</em> Plus la trésorerie se tend pour un pays et que le déficit budgétaire s’accroit, plus la négociation devient asymétrique. Le <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> peut alors imposer un rythme de réformes plus rigoureux, tandis que le gouvernement cherche à préserver sa marge politique.</p>
<p>Le vrai rapport de force se joue sur la capacité de l’État à retarder ou à absorber le coût social et environnemental des ajustements. Or, l’Etat africain, quasi-systématiquement, refuse d’être responsable du coût social et du coût environnemental. Or, en refusant cela et souvent en <em>« transférant »</em> cette responsabilité sur le <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym>, l’Etat africain se met littéralement <em>« sous tutelle »</em>. Il est alors incapable de définir le contenu, la séquence, et même l’horizon politique puisque le propre des « ajustements structurels » est de n’être en réalité que des <em>« ajustements conjoncturels à répétition<sup><a id="post-9210-endnote-ref-37" href="#post-9210-endnote-37">[37]</a></sup> ».</em></p>
<h3>10. DÉFICIT BUDGÉTAIRE : AVANT ET APRÈS 2023</h3>
<p>L’analyse comparative des déficits budgétaires avant et après le coup d’État militaire d’août 2023 constitue un passage essentiel pour évaluer les effets réels du changement de régime sur la gestion des finances publiques au Gabon. En effet, le déficit budgétaire reflète l’écart entre les recettes et les dépenses de l’État et constitue un indicateur central de la soutenabilité des finances publiques. Il est proposé de considérer deux principaux indicateurs : le solde budgétaire et la dette publique du Gabon entre 2011 et 2027 (voir graphiques ci-après).<a href="https://afrocentricity.info/files/2026/07/afrocentricity-think-tank-graphiques-gabon-17-06-26-diff-page-4.jpg" data-wpel-link="exclude" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><img decoding="async" class="aligncenter size-large wp-image-9216" src="https://amaizo.info/files/2026/07/afrocentricity-think-tank-graphiques-gabon-17-06-26-diff-page-4-740x416-1.jpg" alt="" width="740" height="416" /></a></p>
<p><a href="https://afrocentricity.info/files/2026/07/afrocentricity-think-tank-graphiques-gabon-17-06-26-diff-page-5.jpg" data-wpel-link="exclude" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><img decoding="async" class="aligncenter size-large wp-image-9217" src="https://amaizo.info/files/2026/07/afrocentricity-think-tank-graphiques-gabon-17-06-26-diff-page-5-740x416-1.jpg" alt="" width="740" height="416" /></a></p>
<p>Comparer l’évolution sur les deux périodes permet de déterminer si la transition politique s’est accompagnée d’une amélioration, d’une dégradation ou d’une simple continuité des pratiques budgétaires. Cette démarche est d’autant plus pertinente que les nouvelles autorités ont justifié leur prise de pouvoir par la nécessité de restaurer la gouvernance économique, d’accroître la transparence des comptes publics et de redresser la situation financière du pays. L’étude des déficits budgétaires avant et après le coup d’Etat de 2023 offre ainsi un cadre d’analyse permettant d’apprécier concrètement l’impact du changement institutionnel sur les équilibres budgétaires et la trajectoire des finances publiques gabonaises.</p>
<h4>10.1 Analyse des finances publiques gabonaises avant et après le coup d&rsquo;État de 2023</h4>
<p>L&rsquo;évolution du solde budgétaire et de la dette publique gabonaise met en évidence une dégradation préoccupante des finances publiques depuis le début de la décennie 2020. Le premier constat est qu&rsquo;entre 2011 et 2019, le Gabon enregistrait en moyenne un solde budgétaire positif de 0,5 % du <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym>, ce qui signifie que les recettes publiques couvraient globalement les dépenses de l&rsquo;État. Cette performance constitue la seule période de l&rsquo;échantillon où les finances publiques apparaissent durablement équilibrées. Depuis 2020, aucun gouvernement gabonais, qu&rsquo;il soit civil ou issu de la transition militaire, n&rsquo;est parvenu à retrouver ce niveau moyen d&rsquo;excédent budgétaire<sup><a id="post-9210-endnote-ref-38" href="#post-9210-endnote-38">[38]</a></sup>.</p>
<h4>10.2 Avant le coup d&rsquo;État : une situation déjà fragilisée</h4>
<p>La période 2020-2022 est marquée par des déficits budgétaires continus (-2,2 %, -1,9 % et -0,9 % du <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym>) ainsi que par un niveau de dette nettement supérieur à celui observé durant la décennie précédente. La dette publique atteint notamment 83 % du <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym> en 2020 avant de reculer progressivement à 65,6 % en 2022. Malgré cette amélioration relative de l&rsquo;endettement, les comptes publics restent déficitaires et ne retrouvent jamais l&rsquo;équilibre observé avant 2020.</p>
<p>L&rsquo;année 2023 apparaît comme une exception avec un excédent budgétaire de 1,8 % du <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym>. Toutefois, cet excédent intervient dans un contexte politique particulier marqué par les derniers mois du régime d&rsquo;Ali Bongo puis le coup d&rsquo;État d&rsquo;août 2023. La dette publique demeure élevée à 70,6 % du <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym>, soit un niveau très supérieur à la moyenne de 2011-2019.</p>
<p>Aussi, avant le coup d’État militaire de 2023 au Gabon, il existait un déficit déjà structurel préexistante. Le Gabon n’est pas entré en crise budgétaire avec le coup d’État ; il y était déjà exposé. Le <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> et les analyses connexes montrent que les comptes publics étaient marqués par des déséquilibres persistants, une dépendance aux recettes pétrolières et une gestion budgétaire sous tension. La période antérieure à 2023 se caractérise donc par une vulnérabilité structurelle plus que par un effondrement soudain. Autrement dit, le coup d’État a révélé une fragilité préexistante, il ne l’a pas créée<sup><a id="post-9210-endnote-ref-39" href="#post-9210-endnote-39">[39]</a></sup>.</p>
<h4>10.3 Après le coup d&rsquo;État : une détérioration rapide des équilibres budgétaires</h4>
<p>Les données <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> montrent qu&rsquo;après la prise du pouvoir par les militaires, la situation budgétaire se dégrade fortement. Le solde budgétaire retombe à -3,3 % du <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym> en 2024 avant de plonger à -8,5 % en 2025. Les projections du <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> anticipent une poursuite de cette détérioration avec des déficits atteignant -10,0 % du <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym> en 2026 puis -11,2 % du <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym> en 2027.</p>
<p>Parallèlement, la dette publique suit une trajectoire ascendante. Après 70,9 % du <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym> en 2024, elle progresserait à 78,9 % en 2025, 86,1 % en 2026 et 94,3 % en 2027. Selon ces projections, le Gabon se rapprocherait ainsi du seuil symbolique de 100 % du <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym> en matière d&rsquo;endettement public.</p>
<p>Une transition qui peine à démontrer son efficacité budgétaire. L’analyse des statistiques suggèrent que la transition n&rsquo;a pas, jusqu&rsquo;à présent, permis de restaurer la discipline budgétaire annoncée lors du changement de régime. Alors que les nouvelles autorités avaient mis en avant la nécessité d&rsquo;assainir la gestion publique et de renforcer la transparence financière, les indicateurs disponibles font apparaître une forte aggravation des déficits et une dynamique d&rsquo;endettement croissante.</p>
<p>D&rsquo;un point de vue strictement économique, les données actuellement disponibles ne permettent donc pas de conclure à une amélioration de la soutenabilité budgétaire depuis 2023. Au contraire, les projections du <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> laissent entrevoir une dépendance accrue au financement par la dette et des marges de manœuvre budgétaires de plus en plus réduites.</p>
<p>Les perspectives dressées par le <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> sont particulièrement défavorables et clairement négatives. Si les prévisions se matérialisent, le Gabon enregistrerait trois années consécutives de déficits très élevés entre 2025 et 2027, tandis que la dette publique augmenterait de plus de 23 points de <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym> sur la même période, passant de 70,9 % à 94,3 % du <acronym title="Produit Intérieur Brut">PIB</acronym>. Dans ce contexte, l&rsquo;enjeu principal n&rsquo;est plus seulement de financer les dépenses publiques, mais de restaurer durablement la crédibilité budgétaire de l&rsquo;État. Faute d&rsquo;un ajustement des finances publiques ou d&rsquo;une augmentation importante des recettes, la trajectoire projetée par le <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> laisse entrevoir une vulnérabilité croissante du pays face aux contraintes de financement et aux négociations avec les bailleurs internationaux.</p>
<p>Après le coup d’État militaire de 2023, on assiste en sourdine à une aggravation de la pression du <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym>. Après 2023, la correction budgétaire est devenue plus difficile à mener parce qu’elle devait simultanément restaurer la confiance, financer la transition et répondre aux attentes sociales. Dans son rapport de 2026 sur les économies subsahariennes, le <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> a insisté sur le fait que les économies de la région doivent composer avec un environnement externe plus difficile, ce qui renforce l’importance de la discipline budgétaire et de la crédibilité institutionnelle<sup><a id="post-9210-endnote-ref-40" href="#post-9210-endnote-40">[40]</a></sup>. Pour le cas du Gabon, le déficit n’est plus seulement un problème conjoncturel, mais bien structurel et donc un véritable test de gouvernabilité des dirigeants successifs au pouvoir.</p>
<h4>10.4 Le déficit comme symptôme de la capacité politique à restaurer une gouvernance maîtrisée</h4>
<p>Le déficit budgétaire doit être lu comme un symptôme de la qualité de l’État. Lorsqu’il se combine à des arriérés, à des difficultés de trésorerie et à des engagements mal maîtrisés, il révèle une crise de pilotage, voire de pilotage à vue malgré de nombreuses années au pouvoir pour certains. La transition gabonaise tente de corriger cela, mais elle doit le faire avec un espace budgétaire réduit et des attentes élevées<sup><a id="post-9210-endnote-ref-41" href="#post-9210-endnote-41">[41]</a></sup>. Mais, sans programme initial et en refusant d’annoncer les résultats des élections, le nouveau pouvoir issu du coup d’un coup d’Etat a choisi, indirectement la voie de la subordination, et c’est précisément ce qui rend l’accord avec le <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> presque inévitable. Or, confier indirectement la capacité politique à restaurer une gouvernance maîtrisée au <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> devient un gageure compte tenu de la non-neutralité du <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym>.</p>
<h3>11. DETTE PUBLIQUE, ACCES AUX MARCHÉ ET CRÉDIBILITÉ FINANCIÈRE : BESOIN D’UN ACCORD AVEC LE <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym></h3>
<p>Depuis plusieurs années, la question de la dette publique est devenue un enjeu central de la stabilité macroéconomique du Gabon. Dans un contexte marqué par la transition politique ouverte après le coup d&rsquo;État d&rsquo;août 2023, les autorités doivent simultanément financer des besoins budgétaires croissants, rassurer les investisseurs et préserver l&rsquo;accès du pays aux marchés financiers internationaux. Or, la crédibilité d&rsquo;une stratégie d&rsquo;endettement ne dépend pas uniquement des annonces gouvernementales ; elle repose également sur la confiance des bailleurs de fonds, des agences de notation et des investisseurs internationaux.</p>
<p>Cette confiance apparaît aujourd&rsquo;hui étroitement liée à l&rsquo;évolution des discussions entre le Gabon et le Fonds monétaire international (<acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym>). En l&rsquo;absence d&rsquo;un programme formel ou d&rsquo;un accord clairement défini, les marchés demeurent prudents et intègrent une prime de risque plus élevée dans leurs décisions de financement. Le résultat est un renchérissement potentiel du coût de la dette pour l&rsquo;État gabonais, au moment même où les déficits budgétaires se creusent et où les besoins de financement augmentent. Dans ces conditions, l&rsquo;attente d&rsquo;un signal positif du <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> ne constitue pas seulement une question diplomatique ou institutionnelle ; elle est devenue un facteur déterminant pour la crédibilité financière du pays, l&rsquo;accès au crédit et la soutenabilité de sa trajectoire budgétaire à moyen terme.</p>
<p>Avec la dette publique qui augmente dramatiquement, l’accès au financement des marchés s’amenuisent avec des coûts en augmentation grevant en retour la dette de l’Etat. Or, tout ceci est la résultante d’abord du coût du silence sur la vérité des comptes publics gabonais. Il n’est donc pas étonnant que les autorités nouvelles tentent de savoir au moins le niveau « exact » de la dette et en filigrane, le niveau exact de la marge de manœuvre économique du Gouvernement de transition. Mais entretemps, le financement du Gabon devient plus cher : les bailleurs et investisseurs attendent un signal du <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym>. Les conditions extérieures d’accès aux marchés financiers demeurent difficiles et que la prudence budgétaire, non respectée compte tenu des prévisions entre 2026 et 2027, est essentielle pour préserver les marges de résilience.</p>
<p>Pour le Gabon, cela signifie qu’un retard dans l’accord avec le <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> augmentera mécaniquement le coût du financement et réduira la flexibilité budgétaire. En fait, l’État gabonais ne paie pas seulement sa dette<sup><a id="post-9210-endnote-ref-42" href="#post-9210-endnote-42">[42]</a></sup> : il paie aussi le prix de l’incertitude<sup><a id="post-9210-endnote-ref-43" href="#post-9210-endnote-43">[43]</a></sup>.</p>
<p>La <acronym title="Banque internationale pour la reconstruction et  le développement">Banque mondiale</acronym> n’a confirmé en 2026 son appui à des secteurs sensibles comme l’eau, l’assainissement et l’électricité que si un cadre où la consolidation macroéconomique est mise en place<sup><a id="post-9210-endnote-ref-44" href="#post-9210-endnote-44">[44]</a></sup>.<br />
En pratique, cela signifie que les bailleurs peuvent financer, mais qu’ils le font de manière plus sélective, en cherchant des garanties de discipline et de transparence. Le <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> agit donc comme un déclencheur de confiance plutôt que comme un simple créancier. Sur l’ensemble de la dette gabonaise, les engagements du Gabon envers le <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> ne représenteraient qu&rsquo;environ 6 % de la dette publique totale<sup><a id="post-9210-endnote-ref-45" href="#post-9210-endnote-45">[45]</a></sup>, alors que l&rsquo;institution exerce une influence déterminante sur la perception du risque souverain par les marchés financiers, les bailleurs de fonds et les agences de notation.</p>
<h3>12. CONTRAT SOCIAL OUBLIÉ : UNE GOUVERNANCE SANS TRANSFORMATION SOCIALE AU GABON</h3>
<p>Un régime peut changer, mais si la vie quotidienne ne s’améliore pas, le contrat social reste rompu. Toutes les institutions des Nations Unies y compris la <acronym title="Banque internationale pour la reconstruction et  le développement">Banque mondiale</acronym><sup><a id="post-9210-endnote-ref-46" href="#post-9210-endnote-46">[46]</a></sup> rappelle que la coopération avec le Gabon vise une croissance durable et inclusive, orientée vers les ménages et le secteur privé. La légitimité d’un pouvoir politique issu ou pas d’un coup d’Etat militaire, ne tient pas seulement à la stabilité politique, elle dépend aussi de la distribution des bénéfices de la croissance. Or, la transition gabonaise issue du coup d’Etat de 2023 n’a pas encore prouvé qu’elle pouvait convertir la rupture politique en gain social.</p>
<p>La confiance du peuple ne se décrète pas, elle se mérite par des résultats visibles et une parole publique tenue.<br />
Lorsque le pouvoir se contente des apparences honorifiques et des avantages pécuniaires, il finit par sous-estimer la profondeur des attentes sociales. Or, un État qui parle au nom du peuple mais gouverne sous contrainte extérieure perd progressivement sa crédibilité.</p>
<p>Les citoyens ne jugent pas seulement les discours, ils jugent la capacité à améliorer leur vie quotidienne.<br />
Emploi, services publics, justice sociale et transparence sont les véritables critères de légitimité.<br />
Dès lors, la répression des voix critiques et l’éloignement des réalités populaires aggravent la rupture de confiance.<br />
Un pouvoir qui confond visibilité politique et autorité réelle s’expose à l’usure rapide de son assentiment.<br />
Car la fonction de gouverner n’est pas de paraître, encore moins de « se servir » mais de « servir ses concitoyens en priorité » et de répondre aux besoins concrets de la nation.</p>
<p>Quand la promesse populaire reste sans traduction matérielle, le contrat social se fragilise.<br />
Et c’est alors que le peuple comprend que le pouvoir, fasciné par ses attributs, a oublié sa raison d’être.</p>
<p>L’État face à la promesse populaire semble devenir <em>« muet »</em> ou <em>« répressif »</em> notamment envers les médias indépendants. La population attend des résultats tangibles : emploi, services publics, transparence et réduction des tensions sociales et mieux-être. Mais les réformes de consolidation budgétaire imposées ou encouragées par les bailleurs créent souvent des coûts de court terme. Le risque est alors de voir un pouvoir qui parle au nom du Peuple mais gouverne sous contrainte extérieure, et donc subi des pressions externes pour défendre en priorité des intérêts étrangers au Gabon. C’est cette contradiction qui nourrit le sentiment d’un contrat social oublié.</p>
<h3>13. LE GABON FACE AU DEFI DES NÉGOCIATIONS AVEC LE <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> : SOUVERAINETÉ SOUS TUTELLE OU PRAGMATISME FINANCIER</h3>
<p>Au lendemain de la transition politique ouverte en août 2023, le Gabon se trouve confronté à une double exigence : préserver sa souveraineté décisionnelle tout en rétablissant la confiance des marchés financiers et des partenaires internationaux. Cette situation place les négociations avec le Fonds monétaire international (<acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym>) au cœur du débat économique national. Si une partie de l&rsquo;opinion publique perçoit l&rsquo;intervention du <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> comme une forme de tutelle susceptible de limiter l&rsquo;autonomie des politiques publiques, d&rsquo;autres y voient un passage nécessaire pour restaurer la crédibilité financière du pays et faciliter l&rsquo;accès à des financements à des conditions soutenables.</p>
<p>Cette question est d&rsquo;autant plus importante que le <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> souligne lui-même la nécessité pour le Gabon de renforcer la transparence dans la gestion des ressources publiques, de rétablir la soutenabilité budgétaire et de corriger les déséquilibres fiscaux qui menacent la stabilité macroéconomique du pays. Le Fonds estime notamment que les déséquilibres budgétaires doivent être traités de manière urgente afin d&rsquo;éviter une dynamique d&rsquo;endettement difficilement soutenable<sup><a id="post-9210-endnote-ref-47" href="#post-9210-endnote-47">[47]</a></sup>.</p>
<p>Dans ce contexte, l&rsquo;enjeu pour les autorités gabonaises n&rsquo;est pas de choisir entre souveraineté et coopération internationale, mais de déterminer dans quelles conditions un accord avec le <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> peut contribuer au redressement économique sans remettre en cause les priorités nationales de développement. La véritable question est donc de savoir comment négocier avec le <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> sans perdre le cap des objectifs économiques et sociaux définis par le Gabon lui-même.</p>
<p>Le défi du Gabon n’est pas de rejeter le <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym>, mais de négocier un programme qui n’écrase pas complètement la priorité sociale et le rythme politique de la transition. Une marge de manœuvre existe, mais elle est étroite et passe par une diversification des sources de financement et surtout une capacité à transformer les financements obtenus en des créations de valeurs ajoutées et de richesses partagées pour la grande majorité du peuple gabonais. Or, plus l’urgence financière est forte, plus le pays dépend d’un accord rapide. Le coût de l’attente est donc élevé et diminue autan la capacité de l’Etat gabonais de transition à imposer son point de vue. Comment négocier sans perdre sa marge de manœuvre économique et financier ? Un défi qui demande de l’expertise, de l’expérience et sûrement pas l’improvisation.</p>
<p>La notion de « tutelle » n’est pas seulement polémique ; il décrit une situation où la crédibilité externe dépend de conditions définies hors du pays. Le Gabon en transition peut encore préserver une part d’initiative s’il transforme le dialogue avec le <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> en levier de réorganisation interne.</p>
<p>Toutefois, sans réformes crédibles, la tutelle devient une conséquence de la faiblesse, non un choix stratégique. La tutelle du <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> se présente alors comme le coût à payer pour retrouver une crédibilité à court terme. Pour le long terme, la transition doit céder la place à un Etat post-transition où le Peuple aura choisi un programme de gouvernement et un contrat social sans influence étrangère.</p>
<h3>14. CONCLUSION. DÉFIS DU GABON POST-2023 : DU CHANGEMENT POLITIQUE A LA RECONSTRUCTION DE LA CONFIANCE</h3>
<p>Le Gabon post-2023 se situe à la croisée des chemins entre l&rsquo;ambition d&rsquo;une refondation institutionnelle et la persistance de fragilités économiques profondes. Entre la refondation affichée et les vulnérabilités persistantes, l’autoritarisme -issu d’un coup d’Etat ou pas- est hors sujet.</p>
<p>L&rsquo;accord recherché avec le <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> ne constitue pas une fin en soi ; il représente avant tout un indicateur de la capacité de l&rsquo;État à connaître de manière approfondie l’état de ses comptes publics, à restaurer sa crédibilité financière, à maîtriser ses finances publiques et à rétablir la confiance des investisseurs comme de ses partenaires internationaux.</p>
<p>Déficit budgétaire, dette publique, audit des engagements de l&rsquo;État et transparence ne relèvent pas de problématiques distinctes. Ils traduisent les différentes facettes d&rsquo;une même question fondamentale : celle de la confiance accordée à la gouvernance économique du pays. Tant que cette confiance demeurera fragile, les conditions de financement resteront coûteuses et les marges de manœuvre publiques limitées.</p>
<p>La réussite de la transition dépendra donc de sa capacité à transformer les réformes annoncées en résultats mesurables. Si le pouvoir parvient à faire du dialogue avec le <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> un instrument de normalisation financière et de renforcement institutionnel plutôt qu&rsquo;un symbole de dépendance, il pourra consolider sa crédibilité et démontrer la pertinence de la rupture engagée en 2023.</p>
<p>À l&rsquo;inverse, si les déséquilibres budgétaires et l&rsquo;endettement continuent de s&rsquo;aggraver sans perspective claire de redressement, la promesse de changement portée par la transition risque d&rsquo;apparaître inachevée. Dans une démocratie, il appartiendra alors aux citoyens gabonais, à travers les mécanismes de représentation et de participation politique qu&rsquo;ils auront librement choisis, de déterminer la direction qu&rsquo;ils souhaitent donner à l&rsquo;avenir du pays. A défaut, ladite rupture politique de 2023 restera une opération de charme pour préserver un pouvoir qui n’appartient pas véritablement et totalement au Peuple gabonais.</p>
<p>Le Gabon post-2023 cherche moins un simple appui financier qu’un rétablissement de sa crédibilité institutionnelle et budgétaire. Dans cette perspective, l’intervention du <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> peut être analysée comme un mécanisme de soutien à la stabilisation macroéconomique, tout en soulevant des interrogations sur la qualité des choix de politique publique lorsqu’ils prolongent la dépendance extérieure ou alourdissent la charge supportée par la collectivité nationale.</p>
<p>Sans imputer au <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> une faute, bien que la responsabilité juridique directe devrait être de plus en plus engagée, il est possible de souligner que certaines recommandations ou conditionnalités peuvent, selon leur mise en œuvre, produire des effets défavorables sur le patrimoine économique de l’État et sur l’intérêt général. Le débat porte donc moins sur une faute établie que sur le risque d’un <em>« ajustement structurel »</em> qui, s’il n’est pas maîtrisé, pourrait fragiliser davantage la souveraineté économique et le contrat social.</p>
<p>Le <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> apparaît ainsi comme un révélateur des limites actuelles de gouvernance favorisant la dépendance de l’Afrique envers des créanciers, et de plus en plus comme un acteur dont la responsabilité serait en elle-même engagée, d’où son rôle ambigu sur une forme <em>« d’accompagnement »</em> du défaut de transparence, voire de l’opacité sur la vérité des comptes publics en Afrique et au Gabon ou au Sénégal en particulier. En l’espèce, la question centrale demeure celle de la capacité de l’État gabonais en transition à restaurer, par des choix transparents et soutenables, une trajectoire économique compatible avec l’intérêt national.</p>
<p>Si la promesse de changement née en 2023 restait inaboutie, il appartiendrait alors à d&rsquo;autres dirigeants, investis d&rsquo;un mandat fondé sur un programme librement choisi par le peuple gabonais, de poursuivre l&rsquo;œuvre de redressement national. C&rsquo;est dans l&rsquo;expression souveraine de la volonté populaire que le Gabon pourra trouver les ressorts nécessaires pour construire son avenir et conduire durablement la destinée de son peuple.</p>
<p>Le Gabon post-coup d&rsquo;Etat de 2023, une fois sous tutelle du <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym>, pourrait paradoxalement limiter sa crise de gouvernance mais avec comme contrepartie, un contrat social oublié. <acronym title="Yves Ekoué Amaïzo">YEA</acronym>.</p>
<p><img decoding="async" class="wp-image-9212 alignleft" src="https://amaizo.info/files/2026/07/afrocentricity-is-a-concept-emphasizing-the-import.png" alt="Afrocentricity is a concept emphasizing the importance of African culture and history. AI-generated content may be incorrect." /><strong>Dr. Yves Ekoué AMAÏZO</strong></p>
<p>Président, Afrocentricity Think Tank</p>
<p>17 juillet 2026</p>
<p>© Afrocentricity Think Tank</p>
<hr />
<p><strong>Résumé</strong></p>
<p>Près de trois ans après le coup d&rsquo;État d&rsquo;août 2023, le Gabon demeure confronté à une détérioration de ses équilibres budgétaires, marquée par un creusement des déficits et une hausse rapide de la dette publique. Alors que la période 2011-2019 affichait en moyenne un excédent budgétaire, les projections du <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> indiquent une aggravation des déséquilibres jusqu&rsquo;en 2027. Dans ce contexte, les négociations avec le <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> apparaissent comme un levier essentiel pour restaurer la confiance des marchés et des bailleurs de fonds. L&rsquo;audit de la dette, la transparence des finances publiques et la crédibilité des réformes constituent désormais les principaux tests de la transition. La capacité du Gabon à concilier souveraineté économique et discipline budgétaire déterminera la réussite ou l&rsquo;échec de la refondation engagée après 2023.</p>
<p><strong>Notes :</strong></p>
<ol>
<li id="post-9210-endnote-1">Reuters (2026a). ‘Gabon’s uncertain push for <acronym title="International Monetary Fund">IMF</acronym> loan leads regional return fund’. 10 March 2026. In <em>Reuters. </em><a href="http://www.reuters.com" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right"><em>www.reuters.com</em><span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a>. Accessed 14 July 2026. Retrieved from <a href="https://www.reuters.com/world/africa/gabons-uncertain-push-imf-loan-leads-regional-return-fund-2026-03-10/" target="_blank" rel="noopener external noreferrer" data-wpel-link="external" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.reuters.com/world/africa/gabons-uncertain-push-imf-loan-leads-regional-return-fund-2026-03-10/<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a>. <a href="#post-9210-endnote-ref-1">↑</a></li>
<li id="post-9210-endnote-2">Fonds monétaire international (<acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym>), 2025. <em>Regional Economic Outlook for Sub-Saharan Africa, April 2025</em>. International Monetary Fund. Washington, D. C. In <a href="http://www.imf.org/en/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">www.imf.org/en/<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a>. Accédé le 15 juillet 2026. Voir <a href="https://www.imf.org/en/publications/reo/ssa/issues/2025/04/25/regional-economic-outlook-for-sub-saharan-africa-april-2025" target="_blank" rel="noopener external noreferrer" data-wpel-link="external" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.imf.org/en/publications/reo/ssa/issues/2025/04/25/regional-economic-outlook-for-sub-saharan-africa-april-2025<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-9210-endnote-ref-2">↑</a></li>
<li id="post-9210-endnote-3">Amaïzo, Y. E. (2005)(dir.). <em>L’Union africaine freine-t-elle l’unité des Africains ? Retrouver la confiance entre les dirigeants et le peuple-citoyen</em>. Avec une préface de Aminata Traoré. Collection Interdépendance africaine. Editions Menaibuc : Douala – Paris. <a href="#post-9210-endnote-ref-3">↑</a></li>
<li id="post-9210-endnote-4">Mbondzi, J.-Y., 2025. <em>Coup d’État ou coup de la libération</em>. Editions ACAREF : Paris. <a href="#post-9210-endnote-ref-4">↑</a></li>
<li id="post-9210-endnote-5">Institut français des relations internationales (IFRI) (2025). <em>Gabon : anatomie d’un coup d’État</em>. Editions IFRI : Paris. <a href="#post-9210-endnote-ref-5">↑</a></li>
<li id="post-9210-endnote-6"><acronym title="International Monetary Fund">IMF</acronym> (2024). <em>Gabon Country Report. Selected Issues. No. 24/145.</em> May 2024. In <a href="http://www.imf.org/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right"><em>www.imf.org/</em><span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a><em>.</em> Accessed on July 14, 2026. Retrieved from <a href="https://www.imf.org/-/media/files/publications/cr/2024/english/1gabea2024002.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.imf.org/-/media/files/publications/cr/2024/english/1gabea2024002.pdf<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-9210-endnote-ref-6">↑</a></li>
<li id="post-9210-endnote-7">L’horloge de la dette gabonaise (2026). Accédé le 14 juillet 2026 ; Voir https://debtclock.io/gabon <a href="#post-9210-endnote-ref-7">↑</a></li>
<li id="post-9210-endnote-8">L’horloge de la dette gabonaise (2026). Op. Cit. <a href="#post-9210-endnote-ref-8">↑</a></li>
<li id="post-9210-endnote-9"><acronym title="Banque internationale pour la reconstruction et  le développement">Banque mondiale</acronym> (2026). <em>Gabon &#8211; Vue d’ensemble</em>. <acronym title="Banque internationale pour la reconstruction et  le développement">Banque mondiale</acronym> : Washington, D. C. Accédé le 15 juillet 2026. Voir <a href="https://www.banquemondiale.org/ext/fr/country/gabon" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.banquemondiale.org/ext/fr/country/gabon<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-9210-endnote-ref-9">↑</a></li>
<li id="post-9210-endnote-10">International Monetary Fund (<acronym title="International Monetary Fund">IMF</acronym>) (2026). <em>Regional Economic Outlook for Sub-Saharan Africa &#8211; </em>A Fragile Recovery amid Persistent Uncertainty.<em> April 2026</em>. International Monetary Fund. Washington, D. C. In <a href="http://www.imf.org/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right"><em>www.imf.org/</em><span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a><em>.</em> Accessed on July 14, 2026. Retrieved from <a href="https://www.imf.org/en/publications/reo/ssa/issues/2026/04/16/regional-economic-outlook-for-sub-saharan-africa-april-2026" target="_blank" rel="noopener external noreferrer" data-wpel-link="external" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.imf.org/en/publications/reo/ssa/issues/2026/04/16/regional-economic-outlook-for-sub-saharan-africa-april-2026<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a>; En français : <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> (2026). <em>Perspectives économiques régionales : Afrique subsaharienne — Une reprise fragile dans un contexte d&rsquo;incertitude persistante</em> (avril 2026). <a href="#post-9210-endnote-ref-10">↑</a></li>
<li id="post-9210-endnote-11"><acronym title="International Monetary Fund">IMF</acronym> (2024). <em>Gabon: 2024 Article IV Consultation-Press Release</em>. Staff Report and Statement by the Executive Director for Gabon. May 31, 2024. In <a href="http://www.imf.org" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right"><em>www.imf.org</em><span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a><em>. </em>Accédé le 14 juillet 2026. Voir <a href="https://www.imf.org/en/publications/cr/issues/2024/05/31/gabon-2024-article-iv-consultation-press-release-staff-report-and-statement-by-the-549681" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.imf.org/en/publications/cr/issues/2024/05/31/gabon-2024-article-iv-consultation-press-release-staff-report-and-statement-by-the-549681<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a>; voir la version française : Rapport du <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> n° 24/144 Gabon consultations de 2024 au titre de l’article IV — Communique de Presse, Rapport des Services Du <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> et Declaration de L’Administrateur pour Le Gabon. Juillet 2024. Accédé le 14 juillet 2026. Voir <a href="https://www.imf.org/-/media/files/publications/cr/2024/french/1gabfa2024001-print-pdf.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.imf.org/-/media/files/publications/cr/2024/french/1gabfa2024001-print-pdf.pdf<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-9210-endnote-ref-11">↑</a></li>
<li id="post-9210-endnote-12"><acronym title="International Monetary Fund">IMF</acronym> (2024). Op. Cit. <a href="#post-9210-endnote-ref-12">↑</a></li>
<li id="post-9210-endnote-13"><acronym title="Banque internationale pour la reconstruction et  le développement">Banque mondiale</acronym>, 2026. <em>World Bank supports Gabon’s Water Supply, Sanitation, and Electricity Services</em>. <acronym title="Banque internationale pour la reconstruction et  le développement">Banque mondiale</acronym> : Washington, D. C. Accédé le 15 juillet 2026. Voir <a href="https://www.worldbank.org/en/news/press-release/2026/02/05/world-bank-supports-gabon-s-water-supply-sanitation-and-electricity-s" target="_blank" rel="noopener external noreferrer" data-wpel-link="external" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.worldbank.org/en/news/press-release/2026/02/05/world-bank-supports-gabon-s-water-supply-sanitation-and-electricity-s<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-9210-endnote-ref-13">↑</a></li>
<li id="post-9210-endnote-14">Reuters (2026). “Gabon to audit public debt as it signs $150 million World Bank deal”. In <a href="http://www.reuters.com" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right"><em>www.reuters.com</em><span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a><em>.</em> April 30, 2026. Accessed July 14, 2026. Retrieved from <a href="https://www.reuters.com/world/africa/gabon-audit-public-debt-it-signs-150-million-world-bank-deal-2026-04-30/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.reuters.com/world/africa/gabon-audit-public-debt-it-signs-150-million-world-bank-deal-2026-04-30/<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-9210-endnote-ref-14">↑</a></li>
<li id="post-9210-endnote-15">Sika Finance (2026). « Gabon : Le lourd tribut des 726 milliards <acronym title="Franc CFA, monnaie utilisée dans plusieurs pays d Afrique">FCFA</acronym> de moratoires de la Task-Force présidentielle sur la dette intérieure ». 17 mars 2026. In <em>www.sikafinance.com.</em> Accédé le 14 juillet 2026. Voir <a href="https://www.sikafinance.com/marches/gabon-le-lourd-tribut-des-726-milliards-fcfa-de-moratoires-de-la-task-force-presidentielle-sur-la-dette-interieure_60501" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.sikafinance.com/marches/gabon-le-lourd-tribut-des-726-milliards-fcfa-de-moratoires-de-la-task-force-presidentielle-sur-la-dette-interieure_60501<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-9210-endnote-ref-15">↑</a></li>
<li id="post-9210-endnote-16">International Monetary Fund (<acronym title="International Monetary Fund">IMF</acronym>) (2026). Op. Cit. <a href="#post-9210-endnote-ref-16">↑</a></li>
<li id="post-9210-endnote-17">Banque des États de l’Afrique Centrale (<acronym title="Banque des Etats de l’Afrique centrale">BEAC</acronym>) (2025). <em>Statistiques monétaires du Gabon</em>. In <a href="http://www.beac.int/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right"><em>www.beac.int/</em><span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a>. Accédé le 15 juillet 2026. Voir <a href="https://www.beac.int/wp-content/uploads/2016/10/GABON_2025.xls" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.beac.int/wp-content/uploads/2016/10/GABON_2025.xls<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-9210-endnote-ref-17">↑</a></li>
<li id="post-9210-endnote-18"><acronym title="International Monetary Fund">IMF</acronym> (2024). Op. Cit. <a href="#post-9210-endnote-ref-18">↑</a></li>
<li id="post-9210-endnote-19">Toussaint, É. (2017). <em>Le système dette. Histoire des dettes souveraines et de leur répudiation</em>. Edition Les Liens qui Libèrent : Paris. <a href="#post-9210-endnote-ref-19">↑</a></li>
<li id="post-9210-endnote-20">Attac, Observatoire de la justice fiscale et CADTM (2025). <em>La dette de l’injustice fiscale</em>. Editions Attac France : Paris. <a href="#post-9210-endnote-ref-20">↑</a></li>
<li id="post-9210-endnote-21"><acronym title="International Monetary Fund">IMF</acronym> (2024). Op. Cit. <a href="#post-9210-endnote-ref-21">↑</a></li>
<li id="post-9210-endnote-22">Mian, A. (2026). « Le cycle dette &#8211; inégalités ». In <a href="http://www.imf.org/fr" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right"><em>www.imf.org/fr</em><span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a><em>.</em> <em>Finance &amp; Development</em>, mars 2026. Fonds monétaire international. Washington, D. C. Accédé le 16 juillet 2026. Voir <a href="https://www.imf.org/fr/publications/fandd/issues/2026/03/the-debt-inequality-cycle-atif-mian" target="_blank" rel="noopener external noreferrer" data-wpel-link="external" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.imf.org/fr/publications/fandd/issues/2026/03/the-debt-inequality-cycle-atif-mian<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-9210-endnote-ref-22">↑</a></li>
<li id="post-9210-endnote-23">Reuters (2026). Op. Cit. <a href="#post-9210-endnote-ref-23">↑</a></li>
<li id="post-9210-endnote-24">Sika Finance. (2026,). <em>Gabon : La dette au cœur du dossier avec le <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym>, verdict de l’audit toujours attendu mi-juillet</em>. 8 juillet 2026. In <em>www.sikafinance.com.</em> Accédé le 14 juillet 2026. Voir <a href="https://www.sikafinance.com/marches/gabon-la-dette-au-c%C5%93ur-du-dossier-avec-le-fmi-verdict-de-l-audit-toujours-attendu-mi-juillet_62835" target="_blank" rel="noopener external noreferrer" data-wpel-link="external" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.sikafinance.com/marches/gabon-la-dette-au-c%C5%93ur-du-dossier-avec-le-fmi-verdict-de-l-audit-toujours-attendu-mi-juillet_6283<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-9210-endnote-ref-24">↑</a></li>
<li id="post-9210-endnote-25">Sika Finance. (2026). <em>Le Gabon fait un point exhaustif de sa dette dans la perspective des discussions avec le <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym></em>. 18 juin 2026. In <em>www.sikafinance.com.</em> Accédé le 14 juillet 2026. Voir <a href="https://www.sikafinance.com/marches/le-gabon-fait-un-point-exhaustif-de-sa-dette-dans-la-perspective-des-discussions-avec-le-fmi_62365" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.sikafinance.com/marches/le-gabon-fait-un-point-exhaustif-de-sa-dette-dans-la-perspective-des-discussions-avec-le-fmi_62365<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-9210-endnote-ref-25">↑</a></li>
<li id="post-9210-endnote-26"><acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> (2026). <em>Perspectives économiques régionales : Afrique subsaharienne — Une reprise fragile dans un contexte d&rsquo;incertitude persistante, </em>avril 2026. <acronym title="International Monetary Fund">IMF</acronym> : Washington D. C. <a href="#post-9210-endnote-ref-26">↑</a></li>
<li id="post-9210-endnote-27">Amaïzo, Y. E. (2025). «  Dissimulation des comptes publics au Sénégal : Le <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> est-il un co-responsable ? ». 28 mars 2025. In <a href="http://www.afrocentricity.info" data-wpel-link="exclude" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><em>www.afrocentricity.info</em></a><em>. </em>Accédé le 14 juillet 2026. Voir <a href="https://afrocentricity.info/files/2025/03/afrocentricity-think-tank-senegal-rfi-fmi-dissimulation-des-comptes-publics-26-03-25-diff-28-03-25.pdf" data-wpel-link="exclude" target="_blank" rel="noopener noreferrer">https://afrocentricity.info/files/2025/03/afrocentricity-think-tank-senegal-rfi-fmi-dissimulation-des-comptes-publics-26-03-25-diff-28-03-25.pdf</a> <a href="#post-9210-endnote-ref-27">↑</a></li>
<li id="post-9210-endnote-28">El Azhary, E. M. (2026). « Dette africaine : le <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> accusé de sacrifier les services publics sur l’autel de l’austérité ». 7 juillet 2026. In <a href="http://www.lebrief.ma/afrique" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right"><em>www.lebrief.ma/afrique</em><span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a><em>. </em>Accédé le 14 juillet 2026. Voir <a href="https://www.lebrief.ma/afrique/dette-africaine-fmi-austerite-100158899/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.lebrief.ma/afrique/dette-africaine-fmi-austerite-100158899/<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-9210-endnote-ref-28">↑</a></li>
<li id="post-9210-endnote-29">ActionAid (2023). <em>Cinquante ans d’échec. Le Fonds monétaire international, la dette et l’austérité en Afrique</em>. Octobre 2023. In <em>actionaid.org. </em>Accédé le 14 juillet 2026. Voir <a href="https://actionaid.org/sites/default/files/publications/Fifty_years_of_failure_FR.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://actionaid.org/sites/default/files/publications/Fifty_years_of_failure_FR.pdf<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-9210-endnote-ref-29">↑</a></li>
<li id="post-9210-endnote-30"><acronym title="International Monetary Fund">IMF</acronym> (2024). <em>Fiscal Transparency</em>. International Monetary Fund: Washington, D. C. Accessed on 14 of July 2026. Retrieved at <a href="https://www.imf.org/en/topics/fiscal-policies/fiscal-transparency" target="_blank" rel="noopener external noreferrer" data-wpel-link="external" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.imf.org/en/topics/fiscal-policies/fiscal-transparency<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-9210-endnote-ref-30">↑</a></li>
<li id="post-9210-endnote-31">International Monetary Fund (<acronym title="International Monetary Fund">IMF</acronym>) (2026). Op. Cit. <a href="#post-9210-endnote-ref-31">↑</a></li>
<li id="post-9210-endnote-32"><acronym title="International Monetary Fund">IMF</acronym> (2024). <em>Gabon Country Report. Op. Cit.</em> <a href="#post-9210-endnote-ref-32">↑</a></li>
<li id="post-9210-endnote-33">Gabon &#8211; Ministère des Comptes publics et de la Dette (2025). Stratégie d’endettement initiale 2024–2026. In dette.ga/. Accédé le 15 juillet 2026. Voir <a href="https://dette.ga/sites/default/files/2025-03/Strat%C3%A9gie%20d&#039;endettement%20Initiale%202024-2026%20OK%20(3)_0.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://dette.ga/sites/default/files/2025-03/Strat%C3%A9gie%20d&rsquo;endettement%20Initiale%202024-2026%20OK%20(3)_0.pdf<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-9210-endnote-ref-33">↑</a></li>
<li id="post-9210-endnote-34">République gabonaire (2023). <em>Strategie d’endettement de l’Etat. Annexe au projet de Loi de finances 2024</em>. In <em>dette.ga/.</em> Accédé le 14 juillet 2026. Voir <a href="https://dette.ga/sites/default/files/2025-03/Strat%C3%A9gie%20d%27endettement%20Initiale%202024-2026%20OK%20%283%29_0.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://dette.ga/sites/default/files/2025-03/Strat%C3%A9gie%20d%27endettement%20Initiale%202024-2026%20OK%20%283%29_0.pdf<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-9210-endnote-ref-34">↑</a></li>
<li id="post-9210-endnote-35">International Monetary Fund (<acronym title="International Monetary Fund">IMF</acronym>) (2026). Op. Cit. <a href="#post-9210-endnote-ref-35">↑</a></li>
<li id="post-9210-endnote-36">ActionAid (2023). Op. Cit. <a href="#post-9210-endnote-ref-36">↑</a></li>
<li id="post-9210-endnote-37">Amaïzo ? Y. E. (1980). <em>De la dépendance à l’interdépendance. Mondialisation et marginalisation : une chance pour l’Afrique ?</em> Editions l’Harmattan : Paris. <a href="#post-9210-endnote-ref-37">↑</a></li>
<li id="post-9210-endnote-38">Mouega, M. M. (2026). « Gabon : lancement de l’audit de la dette publique ». 21 juin 2026. In <a href="http://www.gabonmediatime.com" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right"><em>www.gabonmediatime.com</em><span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a>. Accédé le 14 juillet 2026. Voir <a href="https://gabonmediatime.com/gabon-lancement-de-laudit-de-la-dette-publique/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://gabonmediatime.com/gabon-lancement-de-laudit-de-la-dette-publique/<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-9210-endnote-ref-38">↑</a></li>
<li id="post-9210-endnote-39"><acronym title="International Monetary Fund">IMF</acronym> (2024). <em>Gabon: 2024 Article IV Consultation-Press Release. </em>Op. Cit. <a href="#post-9210-endnote-ref-39">↑</a></li>
<li id="post-9210-endnote-40">International Monetary Fund (<acronym title="International Monetary Fund">IMF</acronym>) (2026). Op. Cit. <a href="#post-9210-endnote-ref-40">↑</a></li>
<li id="post-9210-endnote-41">Reuters (2026). Op. Cit. <a href="#post-9210-endnote-ref-41">↑</a></li>
<li id="post-9210-endnote-42">Pigeaud, F. et Sylla, N. S.(2024). L’arme invisible de la dette : Comment la finance impose sa loi au Sud. La Découverte : Paris. <a href="#post-9210-endnote-ref-42">↑</a></li>
<li id="post-9210-endnote-43"><acronym title="International Monetary Fund">IMF</acronym> (2024). <em>Gabon: 2024 Article IV Consultation-Press Release. </em>Op. Cit. <a href="#post-9210-endnote-ref-43">↑</a></li>
<li id="post-9210-endnote-44">The World Bank Group (2026). “World Bank supports Gabon’s Water Supply, Sanitation, and Electricity Services”. February 5, 2026. In <a href="http://www.worldbank.org/en/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right"><em>www.worldbank.org/en</em>/<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a>. Accessed on 14 of July 2026. Retrieved at <a href="https://www.worldbank.org/en/news/press-release/2026/02/05/world-bank-supports-gabon-s-water-supply-sanitation-and-electricity-services" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.worldbank.org/en/news/press-release/2026/02/05/world-bank-supports-gabon-s-water-supply-sanitation-and-electricity-services<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-9210-endnote-ref-44">↑</a></li>
<li id="post-9210-endnote-45">Les encours de prêts du <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> envers le Gabon étaient d&rsquo;environ 899 millions USD en 2023 selon les données reprises de la <acronym title="Banque internationale pour la reconstruction et  le développement">Banque mondiale</acronym> et du <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym>. (voir World Bank (2026). <em>World Development Indicators 2026</em>. The World Bank Group: Washington D. C. ainsi que <a href="https://tradingeconomics.com/gabon/indicators-wb-data.html?g=external+debt" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://tradingeconomics.com/gabon/indicators-wb-data.html?g=external+debt<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a>). La dette publique totale du Gabon était estimée à 15,3 milliards USD (8 606,6 milliards <acronym title="Franc CFA, monnaie utilisée dans plusieurs pays d Afrique">FCFA</acronym>) fin octobre 2025. (source : ecofinagency : voir https://www.ecofinagency.com/news-finances/0405-55217-gabon-creates-public-debt-oversight-committee-amid-rising-borrowing)En rapportant ces ordres de grandeur, la dette envers le <acronym title="Fonds Monétaire International">FMI</acronym> représenterait environ 6 % de la dette publique totale du Gabon (899 M$ / 15,3 Md$ ≈ 5,9 %). Cette valeur doit être présentée comme une estimation, car les deux chiffres ne portent pas exactement sur la même date. <a href="#post-9210-endnote-ref-45">↑</a></li>
<li id="post-9210-endnote-46"><acronym title="Banque internationale pour la reconstruction et  le développement">Banque mondiale</acronym> (2026). Gabon. «  Préparer la jeunesse gabonaise pour l&rsquo;avenir ». In <a href="http://www.banque" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right"><em>www.banque</em><span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a><em>mondiale.org.</em> Accédé le 14 juillet 20256. Voir <a href="https://www.banquemondiale.org/ext/fr/country/gabon" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.banquemondiale.org/ext/fr/country/gabon<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-9210-endnote-ref-46">↑</a></li>
<li id="post-9210-endnote-47">International Monetary Fund (<acronym title="International Monetary Fund">IMF</acronym>) (2026). Op. Cit. <a href="#post-9210-endnote-ref-47">↑</a></li>
</ol><p>Publié par <a href="https://amaizo.info/author/yeamaizo" data-wpel-link="internal">Yves Ekoué Amaïzo</a> sur <a href="https://amaizo.info" data-wpel-link="internal">amaizo.info - Le savoir au service de l&#039;interdépendance</a></p>
]]></content:encoded><description>&lt;p&gt;Dr. Yves Ekoué AMAÏZO, Président, Afrocentricity Think Tank 17 juillet 2026 yeamaizo@afrocentricity.info INTRODUCTION : GABON, LE POUVOIR POUR QUOI FAIRE ? La question du pouvoir ne se limite pas à son mode d’accession — civil ou militaire — mais à sa finalité réelle et à son autonomie effective. Un pouvoir civil, fondé sur la contre-vérités des urnes et [&amp;#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Publié par &lt;a href="https://amaizo.info/author/yeamaizo" data-wpel-link="internal"&gt;Yves Ekoué Amaïzo&lt;/a&gt; sur &lt;a href="https://amaizo.info" data-wpel-link="internal"&gt;amaizo.info - Le savoir au service de l&amp;#039;interdépendance&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
</description><author>infos@amaizo.info (Yves Ekoué Amaïzo)</author><enclosure length="3067399" type="application/pdf" url="https://www.imf.org/-/media/files/publications/cr/2024/english/1gabea2024002.pdf"/><itunes:explicit>no</itunes:explicit><itunes:subtitle>Dr. Yves Ekoué AMAÏZO, Président, Afrocentricity Think Tank 17 juillet 2026 yeamaizo@afrocentricity.info INTRODUCTION : GABON, LE POUVOIR POUR QUOI FAIRE ? La question du pouvoir ne se limite pas à son mode d’accession — civil ou militaire — mais à sa finalité réelle et à son autonomie effective. Un pouvoir civil, fondé sur la contre-vérités des urnes et [&amp;#8230;] Publié par Yves Ekoué Amaïzo sur amaizo.info - Le savoir au service de l&amp;#039;interdépendance</itunes:subtitle><itunes:author>infos@amaizo.info (Yves Ekoué Amaïzo)</itunes:author><itunes:summary>Dr. Yves Ekoué AMAÏZO, Président, Afrocentricity Think Tank 17 juillet 2026 yeamaizo@afrocentricity.info INTRODUCTION : GABON, LE POUVOIR POUR QUOI FAIRE ? La question du pouvoir ne se limite pas à son mode d’accession — civil ou militaire — mais à sa finalité réelle et à son autonomie effective. Un pouvoir civil, fondé sur la contre-vérités des urnes et [&amp;#8230;] Publié par Yves Ekoué Amaïzo sur amaizo.info - Le savoir au service de l&amp;#039;interdépendance</itunes:summary><itunes:keywords>diaspora,afrique,economie,afrology,onu,omc,nepad,togo,protectionisme,solidarité,pauvreté,zone,franc,cfa,dirigeants,africains,fmi,afrique,subsaharienne,interdépendance,nations,unies,pays,pauvres,migration,émigrés,crise,financière,inéga</itunes:keywords></item><item><title>TOGO : LA COUR DE JUSTICE DE LA CEDEAO DIT LE DROIT À MOITIÉ : recours en révision pour le droit à 100 %</title><link>https://amaizo.info/2026/07/05/togo-la-cour-de-justice-de-la-cedeao-dit-le-droit-a-moitie-recours-en-revision-pour-le-droit-a-100/17022</link><category>Audio / Vidéo</category><category>3e voie</category><category>4e à 5e République</category><category>Affaire LTDH &amp; 12 autres c. République Togolaise</category><category>Constitution togolaise</category><category>Cour de Justice de la CEDEAO</category><category>CVU-TOGO-DIASPORA</category><category>Décisions arbitraires</category><category>Diaspora Togolaise</category><category>Dignité</category><category>Faure Gnassingbé</category><category>Ligue togolaise des Droits de l’Homme</category><category>Radio AVULETE</category><category>RCDTI</category><category>Société civile togolaise</category><category>Togo pluriel et mobilisé</category><category>Transition politique et citoyenne</category><category>Unité d’action</category><category>Vérité des urnes et des comptes publics</category><pubDate>Sun, 5 Jul 2026 19:21:12 GMT</pubDate><guid isPermaLink="false">https://cvu-togo-diaspora.org/?p=21554</guid><content:encoded xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"><![CDATA[<p><strong>06 JUILLET 2026</strong></p>
<p><strong>INTERVIEW RADIO AVULETE &#8211; </strong><strong>RÉSEAU DE LA COORDINATION DE LA DIASPORA TOGOLAISE INDEPENDANTE (<acronym title="Réseau de Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante">RCDTI</acronym>) ET</strong></p>
<p><strong>COLLECTIF POUR LA VÉRITÉ DES URNES &#8211; TOGO &#8211; DIASPORA (<acronym title="Collectif pour la Vérité des Urnes">CVU</acronym>-TOGO-DIASPORA)</strong></p>
<p>Contact : <a href="mailto:info@cvu-togo-diaspora.org">info@cvu-togo-diaspora.org</a></p>
<p><strong>RADIO AVULETE</strong> sur TikTok Live et Radio Kanal k</p>
<p>Mercredi 1er juillet 2026, 17h heure de Paris/ 15 heure de Lomé</p>
<p><iframe title="Dr. Yves Amaizo: &quot;la C J de la CEDEAO a rendu une décision partielle,  une révision est obligatoire" width="500" height="281" src="https://www.youtube.com/embed/Fc9MymO9PS8?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>

<p><strong>Interview du Journaliste : M. Sylvain Amos (SA)</strong></p>
<p>Lien sur <a href="http://www.youtube.be" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">www.youtube.be<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> : <a href="https://youtu.be/Fc9MymO9PS8?is=bphJjvYoOQ7hzsA5" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://youtu.be/Fc9MymO9PS8?is=bphJjvYoOQ7hzsA5<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a></p>
<p><strong>Sujet : La Cour de justice de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> reconnaît que le Togo a violé de l’article 23 de la Charte CADEG. Pourquoi la Cour n’a-t-elle pas condamné l’Etat togolais.</strong></p>
<p><strong>Invité</strong> : Dr. Yves Ekoué Amaïzo, Coordonnateur général, Collectif pour la Vérité des Urnes- Togo et Réseau de coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante (<acronym title="Réseau de Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante">RCDTI</acronym>)</p>
<p>Sources principales utilisées :</p>
<p><acronym title="Réseau de Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante">RCDTI</acronym> et <acronym title="Collectif pour la Vérité des Urnes">CVU</acronym>-TOGO-DIASPORA (2026). « Irrégularités et défaillances judiciaires de la cour de justice de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> : Indispensable recours en révision » In <a href="http://www.cvu-togo-diaspora.org" data-wpel-link="exclude" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><em>www.cvu-togo-diaspora.org</em></a><em>.</em> 29 juin 2026. Accédé le 4 juillet 2026. Voir <a href="https://cvu-togo-diaspora.org/2026/06/29/irregularites-et-defaillances-judiciaires-de-la-cour-de-justice-de-la-cedeao-indispensable-recours-en-revision/21546" data-wpel-link="exclude" target="_blank" rel="noopener noreferrer">https://cvu-togo-diaspora.org/2026/06/29/irregularites-et-defaillances-judiciaires-de-la-cour-de-justice-de-la-cedeao-indispensable-recours-en-revision/21546</a></p>
<p>Voir aussi la décision de la CJ-<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> :</p>
<p>CJ-<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> (2025). « Ligue Togolaise des Droits de l’Homme (<acronym title="Ligue Togolaise des Droits de l’Homme">LTDH</acronym>) &amp; 12 Autres C. République Togolaise ». Affaire n° : ECW/CCJ/APP/15/24. Arrêt n° : ECW/CCJ/JUD/01/26. Date : 29 janvier 2025. Accédé le 4 juillet 2026. Voir <a href="https://courtecowas.org/wp-content/uploads/2026/02/LIGUE-TOGOLAISE-DES-DROITS-DE-L-HOMME-VS.-TOGOLESE-REPUBLIC-FRN.pdf?utm_source=copilot.com" target="_blank" rel="noopener external noreferrer" data-wpel-link="external" class="ext-link wpel-icon-right">https://courtecowas.org/wp-content/uploads/2026/02/LIGUE-TOGOLAISE-DES-DROITS-DE-L-HOMME-VS.-TOGOLESE-REPUBLIC-FRN.pdf?utm_source=copilot.com<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a></p>
<p>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;-</p>
<p><strong>SESSION DE QUESTIONS – RÉPONSES</strong></p>
<p><strong><em>SA. 1. La Cour de Justice de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>, dans son arrêt du 19 janvier 2026, estime que le Togo a violé l’article 23 de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance. Sauf que la CJ de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>, d’après vos propos dans un communiqué publié sur ledit arrêt, « aurait oublié de notifier officiellement les requérants de la décision prise n’a pas notifié officiellement la décision aux requérants » qui sont pour la plupart des organisations de la société civile et partis politiques de l’opposition togolaise. Vous avez bien utilisé le conditionnel en concluant que « Si cette information est avérée, cette pratique est indigne d’une Cour de justice d’appel régionale, supposée statuer en dernier ressort ». Pourquoi cette critique acerbe voire cette colère de votre part ?</em></strong></p>
<p style="padding-left: 40px"><strong><acronym title="Yves Ekoué Amaïzo">YEA</acronym>.</strong> La critique est vive parce que, selon l’article cité, une non‑notification pendant plus d’un an saperait la transparence judiciaire et priverait les requérants de leur droit à un recours effectif. L’usage d’une jurisprudence non publiée et les contradictions internes de l’arrêt renforcent l’impression d’un fonctionnement défaillant. D’où ce ton ferme : il s’agit de défendre l’intégrité d’une juridiction régionale censée protéger les droits démocratiques.</p>
<p style="padding-left: 40px">Néanmoins, voici les principales irrégularités relevées sont objectivement fondées sur des normes régionales et internationales.</p>
<p style="padding-left: 40px">1. Non‑notification de l’arrêt</p>
<p style="padding-left: 40px">La Cour de Justice de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CJ‑<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>) a violé l’article 24 du Règlement de la CJ‑<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>, qui impose que « les décisions de la Cour sont notifiées aux parties et aux États membres concernés ». Une absence de notification pendant plus d’un an constitue une violation directe de cette obligation.</p>
<p style="padding-left: 40px">2. Recours en révision rendu impossible</p>
<p style="padding-left: 40px">L’article 92 du Règlement de la CJ‑<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> prévoit que la révision est possible lorsqu’un fait essentiel n’a pas été porté à la connaissance de la Cour ou des parties. Une non‑notification empêche les requérants d’exercer ce recours, ce qui porte atteinte à leur droit au procès équitable.</p>
<p style="padding-left: 40px">3. Absence de publicité de la jurisprudence</p>
<p style="padding-left: 40px">L’article 10, paragraphe 3, de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance (CADEG) impose aux États de garantir la transparence des institutions judiciaires. Une décision non publiée ou fondée sur une jurisprudence non accessible viole ce principe de transparence.</p>
<p style="padding-left: 40px">4. Manquement à l’obligation de coopération des États</p>
<p style="padding-left: 40px">L’article 4 du Protocole A/P1/7/91 relatif à la Cour de Justice de la Communauté impose aux États membres de « coopérer avec la Cour et de faciliter l’exercice de ses fonctions ». L’usage d’une jurisprudence non publiée et l’absence de comparution de l’État togolais contreviennent à cette obligation.</p>
<p style="padding-left: 40px">5. Atteinte au droit au procès équitable</p>
<p style="padding-left: 40px">L’article 14 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) impose aux États de garantir un procès équitable, ce qui inclut la notification régulière des décisions et l’accès à la jurisprudence. Une décision non notifiée viole ces garanties fondamentales.</p>
<p style="padding-left: 40px">6. Atteinte au droit à un recours effectif</p>
<p style="padding-left: 40px">L’article 7 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) garantit le droit à un recours effectif et le droit d’être informé des décisions affectant les droits fondamentaux. Une absence de notification prive les citoyens de ce droit essentiel.</p>
<p style="padding-left: 40px">Je rappelle que le recours en révision que <acronym title="Collectif pour la Vérité des Urnes">CVU</acronym>-TOGO-DIASPORA recommande aux plaignants/requérants, est ouvert lorsqu’une décision a été rendue sur la base d’un fait non porté à la connaissance de la Cour ou des parties. En effet, une non‑notification peut empêcher l’exercice du recours, donc porter atteinte au droit au procès équitable.</p>
<p style="padding-left: 40px">Mais les critiques formulées par la grande majorité du Peuple togolais reposent sur au moins trois fondements juridiques incontestables :</p>
<ul>
<li style="list-style-type: none">
<ul>
<li>Non‑notification de l’arrêt : la Cour a violé l’article 24 du Règlement de la Cour de Justice de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CJ‑<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>), qui impose la notification obligatoire des décisions aux parties.</li>
<li>Jurisprudence non publiée : l’absence de publicité des décisions porte atteinte au principe de transparence exigé par l’article 10, paragraphe 3, de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance (CADEG), ainsi que par les garanties de procès équitable prévues à l’article 14 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP).</li>
<li>Contradictions internes dans l’arrêt : ces incohérences constituent un motif de révision au sens de l’article 92 du Règlement de la CJ‑<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>, qui permet de corriger une décision entachée d’erreurs ou de faits non pris en compte.</li>
</ul>
</li>
</ul>
<p><strong><em>SA. 2. On sait que l’Etat togolais n’a pas comparu lors des audiences de la CJ de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>. Comment analysez-vous l&rsquo;attitude des gouvernants togolais ? Suffisance ? Mépris ?</em></strong></p>
<p style="padding-left: 40px"><strong><acronym title="Yves Ekoué Amaïzo">YEA</acronym>.</strong> Le titre exact est : <strong>« Protocole A/P1/7/91 relatif à la Cour de Justice de la Communauté (CJC)». </strong>L’article 4 impose aux États membres une<strong> obligation de coopération</strong> avec la Cour, notamment la comparution et la transmission des informations nécessaires au procès.</p>
<p style="padding-left: 40px">L’absence volontaire de comparution de l’État togolais devant la CJ‑<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> traduit, selon la doctrine, une violation du principe de coopération judiciaire internationale (art. 4 du Protocole A/P1/7 de la CJC). Elle peut être interprétée comme un mépris de la juridiction et une stratégie d’évitement destinée à empêcher tout débat contradictoire. En droit régional, ce comportement fragilise la bonne foi procédurale exigée des États membres et peut constituer une forme d’obstruction à la justice communautaire.</p>
<p><strong><em>SA. 3. Dans votre communiqué, vous faites état d’irrégularités graves affectant la validité de l’arrêt. Entre autres, vous pointez une « contradiction interne », c’est-à-dire reconnaître une violation d’une disposition juridique sans pour autant condamner l’auteur ; un déni de justice. Pourriez-vous instruire l’auditoire sur les différents manquements de la Cour de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> dans cet arrêt ?</em></strong></p>
<p style="padding-left: 40px"><strong><acronym title="Yves Ekoué Amaïzo">YEA</acronym>.</strong> Voici parmi plusieurs, 10 manquements de la Cour de Justice de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> (CJ‑<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>) que j’ai relevé. Chacun de ces manquements est appuyé par une base juridique précise :</p>
<ol>
<li style="list-style-type: none">
<ol>
<li>La Cour n’a pas notifié son arrêt aux requérants, ce qui constitue une violation de l’article 24 du Règlement de la Cour de Justice de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CJ‑<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>), qui impose la notification obligatoire des décisions.</li>
<li>La Cour a utilisé une jurisprudence non publiée, en contradiction avec le principe de transparence exigé par l’article 10, paragraphe 3, de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance (CADEG) et par les principes des Nations Unies sur la publicité des décisions judiciaires.</li>
<li>La Cour a reconnu une violation sans condamner l’État, créant une contradiction interne qui viole l’obligation de motivation prévue à l’article 90 du Règlement de la CJ‑<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>.</li>
<li>La Cour n’a pas examiné le parallélisme des formes, méconnaissant un principe général du droit constitutionnel selon lequel un texte adopté par référendum ne peut être modifié sans recourir à la même procédure. Il y a manifestement une méconnaissance du principe général de droit constitutionnel (révision d’un texte adopté par référendum).</li>
<li>La Cour s’est substituée à l’État togolais qui n’a pas comparu, ce qui rompt le principe du contradictoire garanti par l’article 4 du Protocole A/P1/7/91 relatif à la Cour de Justice de la Communauté.</li>
<li>La Cour n’a pas tiré les conséquences juridiques du silence de l’État, portant atteinte au droit à un recours effectif garanti par l’article 7 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) et par l’article 14 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP).</li>
<li>La notification de l’arrêt est intervenue avec 6 mois de retard, empêchant l’exercice du recours en révision prévu à l’article 92 du Règlement de la CJ‑<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>. Or, cette notification n’a jamais été officielle et ne figure pas dans l’arrêt.</li>
<li>La Cour n’a accordé aucune réparation malgré la violation constatée, en contradiction avec l’article 9, paragraphe 4, du Protocole additionnel de 2005, qui lui confère le pouvoir d’ordonner des réparations.</li>
<li>La Cour a omis d’examiner certains griefs essentiels, ce qui constitue un déni de justice au sens des principes généraux du droit international.</li>
<li>La motivation de la Cour sur les violations démocratiques est insuffisante (se référer à l’atteinte à l’obligation de protection de l’art. 23 de la Charte africaine de la démocratie).</li>
</ol>
</li>
</ol>
<p><strong><em>SA. 4. Vous appelez à une révision d’une décision de la Cour en vous référant au Règlement de celle-ci. Que dit concrètement le Règlement dans ces cas et comment procéder ? Pourquoi s’engager dans la révision d’une décision que vous-même reconnaissez qu’elle est sans effets juridiques ?</em></strong></p>
<p style="padding-left: 40px"><strong><acronym title="Yves Ekoué Amaïzo">YEA</acronym>.</strong> Ma réponse sera structurée et strictement fondée sur le Règlement de la CJ‑<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>.</p>
<p style="padding-left: 40px">1. Que dit le Règlement sur la révision ?</p>
<ul>
<li style="list-style-type: none">
<ul>
<li>Article 92 (Révision) : la Cour peut réviser un arrêt lorsqu’il apparaît qu’elle a statué sur la base d’un fait non connu d’elle ou des parties, ou en cas d’erreur manifeste affectant la décision.</li>
<li>Article 93 : la demande doit être introduite dans les 3 mois après la découverte du fait ou de l’erreur.</li>
</ul>
</li>
</ul>
<p style="padding-left: 40px">2. Comment procéder ?</p>
<ul>
<li style="list-style-type: none">
<ul>
<li>Déposer une requête motivée démontrant : a) un fait nouveau (ex. non‑notification, omission grave), b) ou une erreur interne (contradiction, motivation insuffisante).</li>
<li>Joindre les preuves et demander la réouverture de l’examen.</li>
</ul>
</li>
</ul>
<p style="padding-left: 40px">3. Pourquoi demander la révision si l’arrêt est “sans effets juridiques” ?</p>
<ul>
<li style="list-style-type: none">
<ul>
<li>Parce que la révision vise à corriger officiellement les irrégularités, même si l’arrêt n’a pas produit d’effets.</li>
<li>Elle permet de : (i) rétablir la légalité, (ii) dénoncer les défaillances institutionnelles, (iii) éviter que la Cour ne crée une jurisprudence viciée, (iv) protéger les requérants contre une décision irrégulière qui pourrait être réutilisée ultérieurement.</li>
</ul>
</li>
</ul>
<p style="padding-left: 40px">Bref, la révision est un acte de sauvegarde de l’État de droit communautaire, même si l’arrêt est matériellement inopérant. Cela devrait contribuer à améliorer l’image et la crédibilité de la Cour de Justice de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>. Mais si cette jurisprudence n’est pas attaquée, ceux qui estiment que cette révision est inutile, devrait savoir qu’ils sont aussi complices de la déresponsabilisation de la CJ-<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> envers les coups d’Etat constitutionnels au Togo et ailleurs en Afrique de l’Ouest. Il ne s’agira plus d’ignorance mais bien de complicités et de tromperie du Peuple togolais.</p>
<p><strong><em>SA. 5. Pendant que l’opposition togolaise et les organisations de la société civile appellent à une mobilisation générale sur le fondement de l’arrêt de la CJ de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>, le gouvernement togolais convoque certains partis politiques de l’opposition à prendre part aux travaux du Cadre Permanent de Concertation – <acronym title="Congrès du peuple de Cyrénaïque">CPC</acronym> – qui a commencé hier et durera jusqu’au 03 juillet prochain. L’<acronym title="African National Congres">ANC</acronym> et les partis politiques membres de la DMP, Dynamique pour la Majorité du Peuple ont, dans un communiqué décliné l’offre. Quels regards portez-vous sur cette réaction de ces partis ?</em></strong></p>
<p style="padding-left: 40px"><strong><acronym title="Yves Ekoué Amaïzo">YEA</acronym>.</strong> Toute participation a<strong><em>u Cadre Permanent de Concertation (</em></strong><acronym title="Congrès du peuple de Cyrénaïque">CPC</acronym>) reviendrait, selon l’analyse juridique, à</p>
<p style="padding-left: 40px">1. légitimer la stratégie de l’État togolais qui a refusé de comparaître devant la CJ‑<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>. C’est aussi</p>
<p style="padding-left: 40px">2. légitimer un cadre non contraignant pour l’Etat togolais.</p>
<p style="padding-left: 40px">En effet :</p>
<ul>
<li style="list-style-type: none">
<ul>
<li>La Cour a constaté une violation de l’article 23 de la CADEG ;</li>
<li>Les plaignants avaient demandé un dialogue institutionnel devant la CJ‑<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>, c’est‑à‑dire un cadre contraignant ;</li>
<li>Accepter la <acronym title="Congrès du peuple de Cyrénaïque">CPC</acronym> reviendrait à déplacer le débat vers un mécanisme national non contraignant, alors que l’État a boycotté le mécanisme juridictionnel régional.</li>
</ul>
</li>
</ul>
<p style="padding-left: 40px"><strong><em>SA. 6. Pourquoi cela légitimerait la stratégie du pouvoir ?</em></strong></p>
<p style="padding-left: 40px"><strong><acronym title="Yves Ekoué Amaïzo">YEA</acronym>.</strong> La réponse est de bon sens. Le gouvernement Gnassingbé utilisera la <acronym title="Congrès du peuple de Cyrénaïque">CPC</acronym> pour montrer qu’un « dialogue » existe, alors même qu’il a refusé le seul dialogue juridiquement obligatoire : celui devant la Cour (art. 4 du Protocole A/P1/7/91 : obligation de coopération et de comparution). Participer à la <acronym title="Congrès du peuple de Cyrénaïque">CPC</acronym> revient à reconnaître la validité d’un processus alternatif qui contourne la décision communautaire.</p>
<p style="padding-left: 40px">Le conseil de <acronym title="Réseau de Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante">RCDTI</acronym> et <acronym title="Collectif pour la Vérité des Urnes">CVU</acronym>-TOGO-DIASPORA aux partis politiques et associations est le suivant :</p>
<ol>
<li style="list-style-type: none">
<ol>
<li>Exiger que tout dialogue soit placé sous l’égide de la CJ‑<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>, seule instance ayant constaté la violation.</li>
<li>Demander la révision de l’arrêt (art. 92 du Règlement) pour corriger les irrégularités et empêcher une jurisprudence défaillante.</li>
<li>Refuser tout cadre national tant que l’État n’a pas respecté ses obligations de comparution et de coopération devant la CJC.</li>
<li>Documenter les manquements pour un éventuel recours devant une instance africaine (CADHP) ou internationale.</li>
<li>Maintenir l’unité stratégique dans la patience : un seul cadre, une seule base juridique, une seule exigence à savoir l’exécution complète de l’arrêt et la nullité des actes posées.</li>
</ol>
</li>
</ol>
<p><strong><em>SA. 7. En l’état, sans attendre une éventuelle révision de cette décision, les citoyens togolais ne peuvent rien faire avec cet arrêt ? Quel message voudriez-vous adresser au peuple togolais à la lumière de cette décision ?</em></strong></p>
<p style="padding-left: 40px"><strong><acronym title="Yves Ekoué Amaïzo">YEA</acronym>.</strong> Il faudrait pouvoir adresser un message au citoyenne/citoyen et au peuple du Togo.</p>
<p style="padding-left: 40px">1. En l’état, que peuvent faire les citoyens avec cet arrêt ?</p>
<p style="padding-left: 40px">L’arrêt reconnaît une violation de l’article 23 de la CADEG, mais il est juridiquement inopérant faute de notification régulière, de motivation complète et de condamnation explicite. Les citoyens ne peuvent donc ni l’invoquer devant les juridictions nationales, ni l’utiliser comme base contraignante pour exiger une réforme immédiate. Il reste toutefois un acte politique et symbolique fort, attestant d’une violation démocratique.</p>
<p style="padding-left: 40px">2. Quel message adresser au peuple togolais ?</p>
<ul>
<li style="list-style-type: none">
<ul>
<li>Ne pas se décourager : même imparfait, l’arrêt constitue une preuve officielle que les dérives institutionnelles sont reconnues au niveau régional.</li>
<li>Rester mobilisé pacifiquement : la vigilance citoyenne est essentielle pour exiger la révision de l’arrêt (art. 92 du Règlement) et la comparution de l’État devant la Cour.</li>
<li>Documenter les violations : chaque irrégularité doit être consignée pour d’éventuels recours régionaux ou internationaux.</li>
<li>Exiger la transparence : demander la publication intégrale de la jurisprudence et la notification régulière des décisions.</li>
<li>S’unir autour d’un objectif simple : obtenir une décision juridiquement valable, seule capable de produire des effets concrets.</li>
</ul>
</li>
</ul>
<p style="padding-left: 40px">En résumé : cet arrêt n’est pas encore un outil juridique, mais il est un levier politique, une preuve institutionnelle, et un point d’appui pour la lutte démocratique.</p>
<hr />
<p><strong>© <acronym title="Réseau de Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante">RCDTI</acronym> &amp; <acronym title="Collectif pour la Vérité des Urnes">CVU</acronym>-TOGO-DIASPORA</strong></p>
<p><strong>Réseau de Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante (<acronym title="Réseau de Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante">RCDTI</acronym>) &#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;- </strong> <img decoding="async" class="wp-image-21555" src="https://amaizo.info/files/2026/07/word-image-21554-1.jpeg" /></p>
<p><strong>Collectif pour la Vérité des Urnes-Diaspora Togo (<acronym title="Collectif pour la Vérité des Urnes">CVU</acronym>-TOGO-DIASPORA) &#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;- </strong> <img decoding="async" class="wp-image-21556" src="https://amaizo.info/files/2026/07/word-image-21554-2.png" /></p>
<hr />
<p>&nbsp;</p><!-- WP Attachments -->
        <div style="width:100%;margin:10px 0 10px 0;">
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        <ul class="post-attachments"><li class="post-attachment mime-application-pdf">                <small><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://amaizo.info/2026/07/05/togo-la-cour-de-justice-de-la-cedeao-dit-le-droit-a-moitie-recours-en-revision-pour-le-droit-a-100/17022?download=17030" data-wpel-link="internal">TOGO : LA COUR DE JUSTICE DE LA CEDEAO DIT LE DROIT À MOITIÉ : recours en révision pour le droit à 100 %</a> (448 kB)</small> <div style="float:right;"><small>5 juillet 2026</small></div>                </li></ul></div><p>Publié par <a href="https://amaizo.info/author/jmbis" data-wpel-link="internal">Yves Ekoué Amaïzo</a> sur <a href="https://amaizo.info" data-wpel-link="internal">amaizo.info - Le savoir au service de l&#039;interdépendance</a></p>
]]></content:encoded><description>&lt;p&gt;06 JUILLET 2026 INTERVIEW RADIO AVULETE &amp;#8211; RÉSEAU DE LA COORDINATION DE LA DIASPORA TOGOLAISE INDEPENDANTE (RCDTI) ET COLLECTIF POUR LA VÉRITÉ DES URNES &amp;#8211; TOGO &amp;#8211; DIASPORA (CVU-TOGO-DIASPORA) Contact : info@cvu-togo-diaspora.org RADIO AVULETE sur TikTok Live et Radio Kanal k Mercredi 1er juillet 2026, 17h heure de Paris/ 15 heure de Lomé Interview du Journaliste : M. [&amp;#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Publié par &lt;a href="https://amaizo.info/author/jmbis" data-wpel-link="internal"&gt;Yves Ekoué Amaïzo&lt;/a&gt; sur &lt;a href="https://amaizo.info" data-wpel-link="internal"&gt;amaizo.info - Le savoir au service de l&amp;#039;interdépendance&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
</description><enclosure length="46012052" type="audio/x-m4a" url="https://podcasts.cvu-togo-diaspora.org/2-07-2026-radio-AVULETE-TV-la-CJ-de-la-CEDEAO-a-rendu-une-decision-partielle-yea.m4a"/><author>infos@amaizo.info (Yves Ekoué Amaïzo)</author><itunes:explicit>no</itunes:explicit><itunes:subtitle>06 JUILLET 2026 INTERVIEW RADIO AVULETE &amp;#8211; RÉSEAU DE LA COORDINATION DE LA DIASPORA TOGOLAISE INDEPENDANTE (RCDTI) ET COLLECTIF POUR LA VÉRITÉ DES URNES &amp;#8211; TOGO &amp;#8211; DIASPORA (CVU-TOGO-DIASPORA) Contact : info@cvu-togo-diaspora.org RADIO AVULETE sur TikTok Live et Radio Kanal k Mercredi 1er juillet 2026, 17h heure de Paris/ 15 heure de Lomé Interview du Journaliste : M. [&amp;#8230;] Publié par Yves Ekoué Amaïzo sur amaizo.info - Le savoir au service de l&amp;#039;interdépendance</itunes:subtitle><itunes:author>infos@amaizo.info (Yves Ekoué Amaïzo)</itunes:author><itunes:summary>06 JUILLET 2026 INTERVIEW RADIO AVULETE &amp;#8211; RÉSEAU DE LA COORDINATION DE LA DIASPORA TOGOLAISE INDEPENDANTE (RCDTI) ET COLLECTIF POUR LA VÉRITÉ DES URNES &amp;#8211; TOGO &amp;#8211; DIASPORA (CVU-TOGO-DIASPORA) Contact : info@cvu-togo-diaspora.org RADIO AVULETE sur TikTok Live et Radio Kanal k Mercredi 1er juillet 2026, 17h heure de Paris/ 15 heure de Lomé Interview du Journaliste : M. [&amp;#8230;] Publié par Yves Ekoué Amaïzo sur amaizo.info - Le savoir au service de l&amp;#039;interdépendance</itunes:summary><itunes:keywords>diaspora,afrique,economie,afrology,onu,omc,nepad,togo,protectionisme,solidarité,pauvreté,zone,franc,cfa,dirigeants,africains,fmi,afrique,subsaharienne,interdépendance,nations,unies,pays,pauvres,migration,émigrés,crise,financière,inéga</itunes:keywords></item><item><title>IRRÉGULARITÉS ET DÉFAILLANCES JUDICIAIRES DE LA COUR DE JUSTICE DE LA CEDEAO : Indispensable recours en révision</title><link>https://amaizo.info/2026/06/29/irregularites-et-defaillances-judiciaires-de-la-cour-de-justice-de-la-cedeao-indispensable-recours-en-revision/17012</link><category>CVU Togo Diaspora</category><category>Politique</category><category>3e voie</category><category>4e à 5e République</category><category>Affaire LTDH &amp; 12 autres c. République Togolaise</category><category>Constitution togolaise</category><category>Cour de Justice de la CEDEAO</category><category>CVU-TOGO-DIASPORA</category><category>Décisions arbitraires</category><category>Diaspora Togolaise</category><category>Dignité</category><category>Faure Gnassingbé</category><category>Ligue togolaise des Droits de l’Homme</category><category>RCDTI</category><category>Société civile togolaise</category><category>Togo pluriel et mobilisé</category><category>Transition politique et citoyenne</category><category>Unité d’action</category><category>Vérité des urnes et des comptes publics</category><pubDate>Mon, 29 Jun 2026 06:40:14 GMT</pubDate><guid isPermaLink="false">https://cvu-togo-diaspora.org/?p=21546</guid><content:encoded xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"><![CDATA[<p><a href="https://cvu-togo-diaspora.org/files/2026/06/cvu-togo-diaspora-graphique-irregularites-et-defaillances-judiciaires-de-la-cour-de-justice-de-la-cedeao-29-06-26-new.jpg" data-wpel-link="exclude" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><img decoding="async" class="aligncenter size-large wp-image-21549" src="https://amaizo.info/files/2026/06/cvu-togo-diaspora-graphique-irregularites-et-defaillances-judiciaires-de-la-cour-de-justice-de-la-cedeao-29-06-26-new-740x416-1.jpg" alt="" width="740" height="416" /></a></p>
<p><strong>COMMUNIQUÉ DE PRESSE CONJOINT DU 29 JUIN 2026 </strong></p>
<p><strong>RÉSEAU DE LA COORDINATION DE LA DIASPORA TOGOLAISE INDEPENDANTE (<acronym title="Réseau de Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante">RCDTI</acronym>) ET</strong></p>
<p><strong>COLLECTIF POUR LA VÉRITÉ DES URNES &#8211; TOGO &#8211; DIASPORA (<acronym title="Collectif pour la Vérité des Urnes">CVU</acronym>-TOGO-DIASPORA)</strong></p>
<p>Contact : <a href="mailto:info@cvu-togo-diaspora.org">info@cvu-togo-diaspora.org</a> qui transmettra.</p>
<p>0. INTRODUCTION :</p>
<p>A la surprise générale, la Cour de Justice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CJ-<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>) a rendu un arrêt en date du 29 janvier 2025 et aurait « oublié » de notifier officiellement les requérants de la décision prise. Il s’agit de l’<em>« Affaire <acronym title="Ligue Togolaise des Droits de l’Homme">LTDH</acronym> &amp; 12 autres c. République Togolaise – CJ-<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym><sup><sup><a id="post-21546-endnote-ref-1" href="#post-21546-endnote-1">[1]</a></sup></sup> </em>». Les requérants n’auraient eu connaissance de cet arrêt que par l’entremise des médias et n’ont pu en prendre connaissance pour confirmation qu’en consultant le site internet officiel de la CJ-<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>. Si cette information est avérée, cette pratique est indigne d’une Cour de justice d’appel régionale, supposée statuer en dernier ressort. Aussi, <acronym title="Réseau de Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante">RCDTI</acronym> et <acronym title="Collectif pour la Vérité des Urnes">CVU</acronym>-TOGO-DIASPORA ont opté pour la transparence en produisant une analyse approfondie de la décision de la Cour et faisant des recommandations aux requérants, au Peuple togolais, à l’Etat togolais et à la Cour de justice de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>.</p>
<h3>1. RÉSUMÉ DE L’AFFAIRE « AFFAIRE <acronym title="Ligue Togolaise des Droits de l’Homme">LTDH</acronym> &amp; 12 AUTRES C. REPUBLIQUE TOGOLAISE – CJ-<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> ».</h3>
<p>L’affaire oppose treize organisations togolaises, dont la Ligue togolaise des Droits de l’Homme (<acronym title="Ligue Togolaise des Droits de l’Homme">LTDH</acronym>), à l’État togolais, au sujet des réformes constitutionnelles adoptées en mars–avril 2024 par une Assemblée Nationale dont le mandat était déjà expiré. Les requérants dénoncent un changement anticonstitutionnel de régime, l’abolition de l’élection présidentielle au suffrage universel direct et le report sine die des élections législatives et régionales.</p>
<p>Les requérants invoquent la violation de plusieurs textes majeurs dont l’État du Togo est partie prenante pour les avoir tous ratifiés, à savoir :</p>
<ul>
<li>la <em>Charte africaine des droits de l’Homme et des Peuples (CADHP),</em></li>
<li>la <em>Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance (CADEG),</em></li>
<li>le <em>Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) des Nations Unies (1966)</em>,</li>
<li>le <em>Protocole <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> sur la démocratie</em>,</li>
<li>la <em>Constitution</em> <em>du Togo</em>.</li>
</ul>
<p>L’État togolais a refusé de comparaître lors des audiences de la CJ-<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>, il n’a déposé aucun mémoire ni argumentaire justifiant le processus de modification constitutionnelle contesté, il n’a fourni aucune explication durant toute la procédure. Bref, l’Etat a non-seulement « snobé » la CJ-<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>, mais aussi les requérants et au-delà, le Peuple togolais. Devant l’absence d’argumentation contradictoire du défendeur, les requérants ont demandé un jugement par défaut, conformément à l’article 90 du Règlement de la Cour.</p>
<p>La Cour a reconnu que la procédure de signification a été régulière et que les requérants sont recevables, à l’exception de deux organisations à savoir l’Association des Victimes de la Torture au Togo (ASVITTO) et un parti politique, l’ Alliance des Démocrates pour le Développement Intégral (<acronym title="Alliance des Démocrates pour le Développement Intégral ">ADDI</acronym>) dont l’enregistrement n’a pas été prouvé.</p>
<p>La Cour déclare irrecevables les griefs fondés sur les obligations communautaires, estimant que seuls les États ou la Commission peuvent les invoquer.</p>
<p>Sur le fond, la Cour reconnaît que la réforme constitutionnelle viole l’article 23 de la <em>Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance</em> <em>(CADEG)</em>.</p>
<p>Elle estime toutefois que les requérants n’ont pas démontré une violation directe de leur droit individuel de participer aux affaires publiques.</p>
<p>Malgré sa reconnaissance de la violation de la CADEG, La Cour de la CJ-<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> refuse donc de condamner l’État togolais. Elle se limite à ordonner à l’État de prendre des mesures pour éviter la répétition de telles violations.</p>
<p>Chaque partie est condamnée à supporter ses propres dépens, et l’arrêt est rendu le 29 janvier 2025, sans mention de la date de notification aux parties.</p>
<p>Par voie de presse, les requérants, ont indiqué qu’ils n’ont appris que l’arrêt avait été rendu en se rendant sur le site de la CJ-<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> en juin 2026 pour s’enquérir d’une autre affaire. Autrement dit, la CJ-<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> n’aurait pas apporté la preuve qu’elle a notifié les parties en procès.</p>
<p>Ce qui restera dans l’Histoire et caractéristique du système Gnassingbé est un défaut de comparution doublé d’un défaut de défense, révélant une volonté manifeste d’esquiver le contradictoire. Cette posture traduit une volonté de se soustraire à l’examen du juge sous-régional, tout en évitant d’avoir à répondre politiquement devant le Peuple togolais. Il s’agit bien d’une stratégie de fuite devant la reddition de comptes, tant juridictionnelle que politique.</p>
<p>L’animal bien connu qui adopte une telle stratégie dans les forêts togolaises s’appelle l’agouti, un rongeur sauvage<sup><a id="post-21546-endnote-ref-2" href="#post-21546-endnote-2">[2]</a></sup>. Donc, Comme l’agouti, l’Etat togolais, en l’espèce l’Etat Gnassingbé, se fige un instant dès que le danger du contradictoire apparaît, puis privilégie la dissimulation suivie d’une fuite rapide disparaît dans le couvert dès qu’il faut assumer ses actes illégaux et anticonstitutionnels devant le juge sous-régional et devant le Peuple. »</p>
<p>Comme cet Etat togolais refuse délibérément de soutenir l’épreuve du regard judiciaire, il ne faut pas s’étonner que dans les réseaux sociaux, la fameuse formule « filer à l’anglaise » est devenue « filer à la Gnassingbé »… Bref, il est question d’échapper à l’examen des juges et à la sanction politique et à la honte internationale. Comment qualifier un Etat qui refuse, voire, a peur d’assumer ses actes et sa responsabilité ? La réalité est qu’il s’agit de constater que l’Etat togolais, par son attitude, craint le Peuple togolais, et opte concomitamment pour une attitude que l’on peut décliner en six points :</p>
<ul>
<li>Un mépris souverain du contradictoire ;</li>
<li>Un refus de se soumettre au débat contradictoire ;</li>
<li>Une stratégie du silence et de l’esquive ;</li>
<li>Une désertion procédurale assumée ;</li>
<li>Une fuite devant le juge communautaire ;</li>
<li>Une politique du fait accompli, par le silence.</li>
</ul>
<p>Bref, il s’agit bien là de la « preuve » visible par tous d’une fuite du système Gnassingbé devant la vérité, d’une la posture de lâcheté procédurale, de l’évitement et de refus d’assumer ses actes devant l’Histoire et enfin d’irresponsabilité politique devant le Peuple togolais.</p>
<h3>2. ERREUR JURIDIQUE ET/OU ERREUR JUDICIAIRE POUR RÉVISER UNE DÉCISION DE LA CJ-<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym></h3>
<p><acronym title="Réseau de Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante">RCDTI</acronym> et <acronym title="Collectif pour la Vérité des Urnes">CVU</acronym>-TOGO-DIASPORA, un regroupement d’acteurs togolais de la société civile indépendants du pouvoir Gnassingbé, ont reçu plusieurs demandes de clarification sur l’arrêt de la CJ-<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> portant sur l’arrêt rendu dans <em>l’Affaire <acronym title="Ligue Togolaise des Droits de l’Homme">LTDH</acronym> et 12 autres contre République Togolaise daté du 29 janvier 2025</em>. La réponse à cette demande s’opère par la présente analyse ainsi que la formulation de recommandations pour des actions contentieuses. Ceci cadre parfaitement avec la mission de l’Association de défendre les positions du Peuple togolais face au silence, à la force brute et dans certaines circonstances à la force d’inertie, mis en œuvre par l’Etat togolais, érigé en système Gnassingbé.</p>
<p>Ce système tentaculaire est en mesure et ne se prive pas d’influencer toutes les institutions qui dépendent des financements ou des soutiens politiques du Togo. Alors que l’arbitraire fait encore trop souvent office de droit commun au Togo, il devient indispensable d’opérer consciencieusement une distinction fondamentale entre une <strong>erreur juridique</strong> et une <strong>erreur judiciaire</strong>, distinction déterminante pour apprécier la gravité des manquements identifiés dans l’arrêt <strong>susmentionné</strong> et commis par la Cour de Justice de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>. Au-delà de l’indignation occasionnée par les considérants de cet arrêt « étrange » sinon « étranger » à une « haute » vision éthique du Droit, si ces graves manquements sont acceptés par les parties requérantes, <acronym title="Réseau de Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante">RCDTI</acronym> et <acronym title="Collectif pour la Vérité des Urnes">CVU</acronym>-TOGO-DIASPORA considèrent qu’ils justifient amplement un recours en révision et conseillent d’opérer ce recours en urgence. De toutes les manières, les deux recours contentieux contre l’Etat togolais formulés par <acronym title="Réseau de Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante">RCDTI</acronym> et <acronym title="Collectif pour la Vérité des Urnes">CVU</acronym>-TOGO-DIASPORA auprès de la CJ-<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> contribueront aussi, si le droit est respecté et dit, à apporter plus de lumière sur les conséquences des retards au-delà du « délai raisonnable ( plus de 30 mois) » pris par la CJ-<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> pour délibérer et ses conséquences sur la légitimation du pouvoir Gnassingbé.</p>
<p>Aussi, une <strong>erreur juridique</strong> correspond à une mauvaise interprétation ou une mauvaise application d’un texte de loi, d’un traité, d’une jurisprudence ou d’un principe général du droit. Il s’agit d’une <strong>erreur de droit</strong>, qui rend la décision <strong>attaquable</strong>, car elle viole directement la légalité applicable. Dans la présente affaire, plusieurs erreurs juridiques sont manifestes et seront détaillées. A ce titre, il convient d’abord de citer :</p>
<ul>
<li>la contradiction entre la reconnaissance d’une violation de l’article 23 de la CADEG et l’absence de condamnation de celle-ci ;</li>
<li>l’usage d’une jurisprudence non publiée en violation de l’article 14 du PIDCP, ou encore l’omission du parallélisme des formes en violation des articles 7 et 26 de la CADHP.</li>
</ul>
<p>À côté de ces erreurs de droit, la CJ-<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> aurait également commis des <strong>erreurs judiciaires</strong>, c’est‑à‑dire des fautes dans l’acte même de juger, indépendamment du texte appliqué. Une erreur judiciaire résulte d’une mauvaise appréciation des faits, d’une évaluation défaillante des preuves, d’un raisonnement incohérent ou d’une apparence de partialité, voire d’une forme de « mise sous influence, voire d’une mise en otage » de la Cour de Justice de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>. Pour permettre de clarifier ces points, un recours en révision serait indispensable. En effet, une erreur judiciaire rend la décision <strong>révisable</strong>, voire <strong>annulable</strong>, car elle affecte la justice du résultat.</p>
<p>Dans cette affaire, la Cour se livre au paradoxe lorsqu’elle critique les requérants alors que l’État défendeur n’a pas daigné se présenter pour s’expliquer et contredire les allégations des requérants. En jouant au « mort-vivant », l’Etat togolais a cru se protéger en considérant son absence comme une forme de négation des faits. Or, il s’agit manifestement là, au mieux d’un mépris de la CJ-<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>, plus assurément d’une violation du respect des textes et règlements et procédures qu’il a volontairement signées. L’absence, calculée et délibérée de l’Etat togolais, doit aussi être considérée comme un véritable mépris pour une partie majoritaire du Peuple togolais et accessoirement des requérants.</p>
<p>Pourtant, il a été constaté aussi que la CJ-<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> minimise une violation grave qu’elle reconnaît pourtant elle‑même, et omet d’examiner un grief essentiel central, celui relatif au référendum constitutionnel de 1992 qui a permis d’avaliser la Constitution de 1992 que le Peuple togolais s’est librement choisi par un vote populaire positif de près de 98 %.</p>
<p>Ces erreurs judiciaires démontrent une rupture du principe d’égalité des armes et une atteinte au droit à un procès équitable.</p>
<p>Ainsi, la combinaison d’erreurs juridiques et d’erreurs judiciaires constitue un motif pleinement recevable de <strong>révision</strong>, conformément aux articles 92 et 93 du Règlement de la Cour<sup><a id="post-21546-endnote-ref-3" href="#post-21546-endnote-3">[3]</a></sup>. Elle ouvre également la voie à une <strong>annulation partielle</strong> de l’arrêt, dès lors que les irrégularités constatées affectent la cohérence, la légalité et l’impartialité de la décision rendue. C’est sur cette base solide, factuelle et juridiquement incontestable que s’inscrit la présente démarche de <acronym title="Réseau de Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante">RCDTI</acronym> et <acronym title="Collectif pour la Vérité des Urnes">CVU</acronym>-TOGO-DIASPORA pour conseiller les requérants de déposer une requête en révision pour irrégularités graves, violation des normes internationales et déni partiel de justice.</p>
<h3>3. Article 23 CADEG : la CJ‑<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> constate l’illégalité mais laisse le Togo impuni »</h3>
<p>Dans son arrêt du 29 janvier 2025, la Cour de Justice de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> reconnaît explicitement que l’État togolais a violé l’article 23 de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance (CADEG). Cet article interdit toute modification constitutionnelle qui porte atteinte à l’alternance démocratique ou qui permet à un régime de se maintenir au pouvoir par des moyens non conformes aux principes démocratiques. En clair, la Cour admet que la réforme constitutionnelle togolaise de 2024 (passage unilatérale et sans consultation du Peuple togolais de la 4<sup>e</sup> République à la 5<sup>e</sup> République) constitue un changement anticonstitutionnel de gouvernement au sens du droit africain.</p>
<p>Pourtant, <strong>malgré cette violation grave, la Cour ne prononce aucune condamnation directe contre l’État togolais.</strong> Elle se limite à une simple injonction, demandant à l’État de <em>« prendre des mesures pour éviter que cela ne se reproduise ».</em> Contrairement à ce que certains arrêts de la Cour prévoient dans d’autres affaires, aucun délai de trois mois n’est imposé au Togo pour s’exécuter. Il n’existe donc aucune obligation temporelle, aucun mécanisme de suivi, et aucune sanction en cas de non‑respect.</p>
<p>Cette situation crée un paradoxe : la Cour reconnaît une violation, mais n’annule pas les actes pris par l’État, ne déclare pas la réforme <strong><em>« nulle et non avenue »,</em></strong> et ne demande pas le retour à l’ordre constitutionnel. Autrement dit, il s’agit d’une <strong>condamnation sans effet juridique</strong>, une décision qui constate une faute mais qui laisse intactes toutes les conséquences de cette faute. Pour le grand public, cela revient à dire que la Cour a vu l’infraction, l’a nommée, mais n’a pas agi pour la corriger.</p>
<p>Ce manque de cohérence de la CJ-<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> constitue une grave défaillance qui affaiblit la portée de l’article 23 CADEG et la crédibilité de la justice communautaire. Il permet à un État de la sous-région d’Afrique de l’Ouest, l’Etat togolais en particulier, de violer les principes démocratiques tout en échappant à toute sanction réelle. C’est précisément pour cette raison que les requérants demandent une révision de l’arrêt, afin que la violation reconnue soit suivie d’un effet juridique concret, et que la justice communautaire retrouve sa force, sa cohérence et son rôle de protection des Peuples ouest‑africains.</p>
<p>Il y a là manifestement un <strong>déficit d’effet juridique</strong> de l’arrêt. Face à une violation avérée de l’Etat togolais, la réponse des juges de la CJ-<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> dénote une absence de courage en refusant de prononcer la nullité des actes posés par l’Etat Gnassingbé.</p>
<p>En absence d’effet juridique concret, l’article 23 CADEG condamne les changements anticonstitutionnels et unilatéraux de l’Etat togolais, ce qui constitution <strong>une violation grave du droit</strong>. La CJ‑<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> qualifie cet état de fait comme relevant d’un <strong>« coup d’État constitutionnel »,</strong> toutefois sans en annuler les effets. La question qui est posée par la grande majorité du Peuple togolais et de sa Diaspora est la suivante : la CJ-<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> a-t-elle subi des pressions pour refuser d’exercer ses prérogatives en refusant officiellement d’annuler les actes irréguliers de l’Etat Gnassingbé ? La question restera sans réponse en attendant une révision de cet arrêt, ou une autre décision de la Cour suite à un recours contentieux de <acronym title="Collectif pour la Vérité des Urnes">CVU</acronym>-TOGO-DIASPORA et Consorts.</p>
<p>Il y a lieu de rappeler l’Article 150 de la Constitution togolaise de 1992, adoptée librement par référendum : <em>« En cas de coup d’État ou de coup de force, tout citoyen a le droit et le devoir de s’opposer par tous les moyens à toute tentative de changement anticonstitutionnel ».</em> Or, les juges de la CJ- <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> ne prennent pas conscience que par leur décision incompréhensible et partielle, ils ont implicitement expliqué que le juge ne permettra pas de rétablir le droit au Togo, et indirectement, le rétablissement du droit n’a de chances d’advenir que par la « force ». Or, la procédure juridique est une procédure pacifique qui ne trouve qu’une solution partielle et tronquée devant la CJ-<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>.</p>
<h3>4. LE RÈGLEMENT DE LA CJ-<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> AUTORISE LA RÉVISION D’UNE DÉCISION DE LA CJ-<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym></h3>
<p>Dans l’« Affaire <acronym title="Ligue Togolaise des Droits de l’Homme">LTDH</acronym> &amp; 12 autres contre République Togolaise – CJ‑<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> », <acronym title="Réseau de Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante">RCDTI</acronym> et <acronym title="Collectif pour la Vérité des Urnes">CVU</acronym>-TOGO-DIASPORA ont constaté plusieurs anomalies juridiques et judiciaires qui justifient le dépôt d’une requête en révision de l’arrêt n° ECW/CCJ/JUD/01/26 rendu le 29 janvier 2025 par la Cour de Justice de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>, jamais notifié aux requérants et dont ceux-ci ont eu seulement connaissance en juin 2026, pour irrégularités graves, violation des normes internationales et déni de justice par les requérants insatisfaits par une partie de la décision rendue par la Cour.</p>
<p>Cette proposition s’appuie sur les <strong>articles 92 et 93 du Règlement de la Cour</strong>, qui autorisent la révision en cas de <strong>faits nouveaux</strong>, <strong>erreurs manifestes</strong>, ou <strong>violations des principes fondamentaux de justice</strong>.</p>
<h3>5. DES IRRÉGULARITES GRAVES AFFECTANT LA VALIDITÉ DE L’ARRÊT</h3>
<p>Les points suivants ont été constatés par <acronym title="Réseau de Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante">RCDTI</acronym> et <acronym title="Collectif pour la Vérité des Urnes">CVU</acronym>-TOGO-DIASPORA comme constituant des irrégularités graves commises par la Cour de Justice de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> qui conduisent à mettre en cause les conclusions de la décision de la Cour et à mettre en cause la validité de l’arrêt, au moins partiellement.</p>
<h4>5.1 Retard de notification de 17 mois : violation des normes internationales</h4>
<p>L’arrêt daté du 29 janvier 2025 n’a été communiqué qu’en juin 2026 et la CJ-<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> n’a apporté aucune preuve de notification directe aux requérants à partir du 29 janvier 2025. Ce délai viole plusieurs articles de droit :</p>
<ul>
<li><strong>Article 7(1)(d) de la Charte africaine des droits de l’Homme et des Peuples (CADHP)</strong> : il s’agit du droit à être jugé dans un délai raisonnable.</li>
<li><strong>Article 26 CADHP</strong> : il s’agit de l’obligation des États et institutions judiciaires de garantir la bonne administration de la justice.</li>
<li><strong>Article 14(1) du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP)</strong> : il est question d’information dans les temps, notamment la célérité et publicité des décisions judiciaires afin de pouvoir déposer un recours en révision. Or, en « oubliant » de notifier, la Cour commet un déni de justice en refusant le droit légitime des requérants à procéder à un recours en révision dans les délais impartis.</li>
</ul>
<p>Une telle latence constitue une <strong>irrégularité substantielle</strong> engageant la responsabilité de la Cour. Celle-ci devra expliquer s’il s’agit d’une simple erreur ou s’il s’agit de pressions politiques, financières ou personnelles exercées sur la Cour ou ses agents.</p>
<h4>5.2 Utilisation d’une jurisprudence non publiée : violation du principe de publicité des décisions</h4>
<p>Au point 101 de l’arrêt, la Cour se fonde sur une décision « non publiée ». Cela contrevient à :</p>
<ul>
<li><strong>Article 14(1) PIDCP</strong> : les décisions doivent être rendues publiques.</li>
<li><strong>Article 26 CADHP</strong> : transparence des juridictions.</li>
<li><strong>Principes de Bangalore sur la conduite judiciaire (2002)</strong> : prévisibilité, accessibilité et transparence.</li>
</ul>
<p>Une jurisprudence secrète est <strong>inopposable aux parties</strong> et rend la motivation <strong>juridiquement viciée</strong>.</p>
<h4>5.3 Contradiction interne : violation reconnue mais absence de condamnation</h4>
<p>La Cour affirme dans les points mentionnés ci-dessous :</p>
<ul>
<li><strong>(v)</strong> : violation de l’article 23 de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance (CADEG).</li>
<li><strong>(vi)</strong> : aucune violation du droit de participation politique.</li>
</ul>
<p>Or l’article 23 CADEG protège précisément <strong>le droit de participation politique et l’alternance démocratique</strong>. Cette contradiction constitue une <strong>erreur manifeste d’appréciation</strong>, ouvrant droit à révision (art. 92 du Règlement). Or, il est impensable qu’une Cour de justice sous-régionale et jugeant en dernier ressort puisse commettre des erreurs manifestes d’appréciation aussi grossières. Aussi, la question de la mise sous influence ou la mise en otage de la Cour ou de ses membres, directement ou indirectement, mérite d’être posée.</p>
<h4>5.4 Apparence de partialité : violation du principe d’égalité des armes</h4>
<p>En optant pour la stratégie du “pas vu, pas pris », l’État togolais :</p>
<ul>
<li>n’a jamais comparu,</li>
<li>n’a déposé aucun mémoire,</li>
<li>n’a fourni aucune explication.</li>
</ul>
<p>Pourtant, la Cour a :</p>
<ul>
<li>rejeté plusieurs arguments des requérants,</li>
<li>comblé d’office les lacunes du défendeur absent.</li>
</ul>
<p>Cela viole :</p>
<ul>
<li><strong>Article 7(1) CADHP</strong> : droit à un procès équitable,</li>
<li><strong>Article 14 PIDCP</strong> : égalité des armes,</li>
<li><strong>Jurisprudence CJ-<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> : Dans un arrêt </strong>« Chude Mba c. Ghana (2013) », le défaut du défendeur ne peut conduire à pénaliser le requérant, encore moins à faire de la CJ-<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>, celle qui s’auto-saisit pour contredire les requérants. Là encore, il y a matière à examiner s’il n’y aurait pas des indices concordants allant dans le sens d’un réseau souterrain ou ésotérique de soutiens mutuels dans les affaires judiciaires engageant la responsabilité des États, ou alors la mise sous influence de la Cour ou de ses agents.</li>
</ul>
<h4>5.5 Omission du parallélisme des formes : déni de justice</h4>
<p>La Constitution togolaise originelle de 1992 a été adoptée par <strong>référendum</strong>. Toute révision substantielle exige :</p>
<ul>
<li>un <strong>référendum</strong>, ou</li>
<li>une <strong>Assemblée légitime</strong>.</li>
</ul>
<p>La Cour n’a <strong>jamais examiné</strong> cette question, pourtant centrale pour qualifier un <strong>changement anticonstitutionnel</strong> au sens de :</p>
<ul>
<li>Article 1(d) du Protocole <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> A/SP1/12/01,</li>
<li>Article 23 CADEG,</li>
<li>Jurisprudence de la Commission africaine (Communication 211/98 – Legal Resources Foundation c. Zambie).</li>
</ul>
<p>Cette omission constitue de fait un véritable <strong>déni de justice, </strong>qui pourrait si la preuve était apportée, conduire à des circonstances aggravantes car effectué en « bandes organisées ».</p>
<h3>6. CONSEILS DE <acronym title="Réseau de Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante">RCDTI</acronym> ET <acronym title="Collectif pour la Vérité des Urnes">CVU</acronym>-TOGO-DIASPORA : CLARIFIER L’OBJET DE LA REQUÊTE EN RÉVISION</h3>
<p>Il est fortement suggéré de ne pas baisser les bras ou se contenter des déclarations dans les médias en marquant son indignation. S’ils souhaitent continuer à défendre les intérêts du Peuple togolais, les requérants doivent en urgence solliciter au moins les cinq (5) points suivants :</p>
<h4>6.1 L’annulation partielle de l’arrêt du 29 janvier 2025</h4>
<p>Pour :</p>
<ul>
<li>erreur manifeste d’appréciation,</li>
<li>contradiction interne,</li>
<li>violation des articles 7 et 26 CADHP,</li>
<li>violation de l’article 14 PIDCP,</li>
<li>usage de jurisprudence non publiée.</li>
</ul>
<h4>6.2 La réouverture de l’examen au fond, incluant :</h4>
<ul>
<li>la légitimité de l’Assemblée Nationale au mandat expiré,</li>
<li>le parallélisme des formes,</li>
<li>la qualification du coup d’État constitutionnel,</li>
<li>la violation du droit de participation politique (art. 13 CADHP, art. 25 PIDCP).</li>
</ul>
<h4>6.3 La condamnation de l’État togolais</h4>
<p>Pour violation :</p>
<ul>
<li>Article 23 CADEG,</li>
<li>Article 13 CADHP,</li>
<li>Article 25 PIDCP.</li>
</ul>
<h4>6.4 L’injonction de mesures correctives</h4>
<p>Conformément à l’article 27(1) CADHP, il faudra demander à la Cour de reconsidérer :</p>
<ul>
<li>Le retour à l’ordre constitutionnel,</li>
<li>La consultation nationale inclusive,</li>
<li>La garantie de non‑répétition.</li>
<li>Des mesures contraignantes en cas non-respect par l’Etat Gnassingbé des décisions de la Cour.</li>
</ul>
<h3>7. ENJEUX REGIONAL ET AFRICAIN : PREVENIR LA NORMALISATION DES COUPS D’ÉTAT CONSTITUTIONNELS</h3>
<p><acronym title="Réseau de Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante">RCDTI</acronym> et <acronym title="Collectif pour la Vérité des Urnes">CVU</acronym>-TOGO-DIASPORA alertent les requérants ainsi que les opinions publiques nationales, sous-régionales et internationales sur le risque que cet arrêt, s’il n’est pas révisé, crée une <strong>jurisprudence permissive</strong> permettant aux États de modifier leurs constitutions en violation :</p>
<ul>
<li>du Protocole <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> sur la démocratie (A/SP1/12/01),</li>
<li>de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance (CADEG),</li>
<li>des principes de l’alternance démocratique.</li>
</ul>
<p>Ne pas mettre en cause cette nouvelle jurisprudence de la CJ-<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> qui outrepasse ses fonctions, c’est « légaliser » les coups d’Etat constitutionnels à postériori. La <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> doit rester un espace de <strong>protection</strong>, non de légitimation, des dérives autoritaires que ce soit au Togo ou dans toute la sous-région ou ailleurs dans le monde.</p>
<h3>8. APPEL AUX INSTITUTIONS RÉGIONALES ET INTERNATIONALES ÉTHIQUES</h3>
<p><acronym title="Réseau de Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante">RCDTI</acronym> ET <acronym title="Collectif pour la Vérité des Urnes">CVU</acronym>-TOGO-DIASPORA appellent :</p>
<ul>
<li>la <strong><acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym></strong> à garantir l’intégrité de sa Cour,</li>
<li>l’<strong>Union africaine</strong> à veiller au respect de la CADEG,</li>
<li>les <strong>Nations Unies</strong> à suivre la situation au regard du PIDCP,</li>
<li>les <strong>partenaires internationaux</strong> à soutenir la transparence, la vérité des urnes et la démocratie au Togo.</li>
</ul>
<p>A défaut, il s’agira véritablement d’une véritable complicité dans l’accomplissement des coups d’Etat constitutionnels en Afrique de l’Ouest. Cela justifierait indirectement ceux qui sont partisans des coups d’Etat militaires pour permettre une alternance dans les pays affectés par l’absence de séparation des pouvoirs entre l’exécutif et le judiciaire et entre l’exécutif et le parlement, bref là où le Droit des peuples ne fonctionne plus car sciemment rendu inopérant.</p>
<h3>9. LETTRE OUVERTE AUX CITOYENS TOGOLAIS ET AFRICAINS</h3>
<p>Conformément aux objectifs de l’Association, la démarche de <acronym title="Réseau de Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante">RCDTI</acronym> et <acronym title="Collectif pour la Vérité des Urnes">CVU</acronym>-TOGO-DIASPORA conseillant l’introduction d’une requête en révision auprès de la Cour de Justice de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> vise principalement à défendre :</p>
<ul>
<li>le droit des peuples à choisir librement leurs dirigeants,</li>
<li>la protection de l’alternance démocratique,</li>
<li>la prévention des révisions constitutionnelles irrégulières,</li>
<li>la crédibilité de la justice régionale.</li>
</ul>
<h3>10. CONCLUSION : RESTAURER LA CONFIANCE DANS LA JUSTICE COMMUNAUTAIRE</h3>
<p>Il faut donc se rendre à l’évidence que les irrégularités majeures relevées dans l’arrêt de la CJ‑<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> justifient pleinement et <em>à minima</em> un <em>recours en révision </em>auprès de la même Cour de Justice de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>. <em>Le constat des irrégularités fondamentales constatées</em> juridiquement est inattaquable car il se fonde sur des faits objectifs, à savoir entre autres, les contradictions internes de la CJ-<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>, ainsi que les omissions, les retards de notification, et l’usage de jurisprudence non publiée.</p>
<p>En effet, la CJ-<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> dans cet arrêt, a violé des normes supérieures, notamment les articles 7<sup><sup><a id="post-21546-endnote-ref-4" href="#post-21546-endnote-4">[4]</a></sup></sup> et 26 de la CADHP et l’article 14 du PIDCP<sup><sup><a id="post-21546-endnote-ref-5" href="#post-21546-endnote-5">[5]</a></sup></sup>, ce qui constitue une base solide pour une révision.</p>
<ul>
<li>La contradiction entre la reconnaissance d’une violation de l’article 23 de la <em>CADEG</em> et l’absence de condamnation de l’État constitue une erreur manifeste d’appréciation.</li>
<li>Le recours à une jurisprudence non publiée viole le principe de publicité des décisions et rend la motivation juridiquement viciée.</li>
<li>Le retard de 17 mois dans la notification de l’arrêt constitue une irrégularité substantielle affectant la validité de la décision.</li>
<li>L’omission (ou éventuellement le refus) d’examiner le parallélisme des formes et la légitimité de l’Assemblée Nationale au mandat expiré constitue un déni de justice.</li>
<li>L’apparence de partialité, due à la prise en compte d’arguments non présentés par l’État absent, viole l’égalité des armes.</li>
</ul>
<p>L’ensemble de ces éléments impose, conformément aux articles 92 et 93 du Règlement de la Cour, l’introduction d’un recours en révision.</p>
<p>La requête en révision qui devrait normalement être déposée par les requérants sera fondée sur des références juridiques incontestables, démontrant que l’arrêt du 29 janvier 2025 est entaché :</p>
<ul>
<li>d’irrégularités graves,</li>
<li>de contradictions internes,</li>
<li>d’un défaut de transparence,</li>
<li>d’une apparence de partialité,</li>
<li>d’un déni de justice.</li>
</ul>
<p>La révision est indispensable pour restaurer la confiance dans la justice communautaire et préserver l’État de droit en Afrique de l’Ouest.</p>
<h3><strong>11. RECOMMANDATIONS DE <acronym title="Réseau de Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante">RCDTI</acronym> ET <acronym title="Collectif pour la Vérité des Urnes">CVU</acronym>-TOGO-DIASPORA : INDISPENSABLE RÉVISION D’UNE DÉCISION SANS EFFETS JURIDIQUES</strong></h3>
<p>Face aux contradictions, omissions et violations des standards en droit régional et international, la révision de l’arrêt de la CJ‑<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> est indispensable pour garantir l’État de droit, l’alternance démocratique et la protection des droits fondamentaux.</p>
<p>Rien qu’au <em>regard des violations de l’article 26 CADHP et du principe de publicité des décisions, la CJ-<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> met en cause la « </em>Sécurité juridique » des citoyennes et citoyens togolais et doit nécessairement pouvoir déclarer recevable une révision de son arrêt ambigu pour irrégularités substantielles. Il est question de <em>corriger les violations des principes fondamentaux de justice et de transparence.</em></p>
<p>Les raisons invoquées sont factuelles, fondées sur les articles de droit et des notions juridiques objectives. Il n’y a aucune accusation personnelle ou institutionnelle. Mais face à la loi du plus fort au Togo, il est devenu important de médiatiser les approches pour éviter de nouvelles décisions opaques et ambiguës de la Cour de Justice de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>.</p>
<p><acronym title="Réseau de Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante">RCDTI</acronym> et <acronym title="Collectif pour la Vérité des Urnes">CVU</acronym>-TOGO-DIASPORA réitèrent leur soutien total aux représentants des associations et partis politiques qui soutiennent la proposition d’engager un recours en révision de la décision à connotation dolosive de la Cour de justice de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> envers le Peuple togolais.</p>
<p>Ce recours, s’il prospère, permettra de :</p>
<ul>
<li>restaurer la légalité, la transparence judiciaire, la crédibilité de la justice communautaire au service des peuples ouest‑africains ; et</li>
<li>générer une nouvelle jurisprudence non pas pour « légitimer » des coups d’Etats constitutionnels à répétition au Togo, mais au contraire, à dissuader les dirigeants africains de tordre le cou au droit et à la justice, pour se maintenir au pouvoir indéfiniment au pouvoir grâce à l’injustice, l’abus de droit et l’abus de pouvoir.</li>
</ul>
<p>Or, une telle gouvernance de la contre-vérité des urnes ne peut et ne doit pas être légitimée par la Cour de Justice de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>.</p>
<p><acronym title="Réseau de Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante">RCDTI</acronym> et <acronym title="Collectif pour la Vérité des Urnes">CVU</acronym>-TOGO-DIASPORA rappellent que deux recours contentieux ont été introduits en urgence auprès de la Cour de Justice de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> et portant d’une part principalement sur l’illégalité et l’anti-constitutionnalité de Faure Gnassingbé comme Président du Togo, et d’autre part, sur l’illégalité dans la forme, la procédure et le fond du passage forcé et unilatéral de la 4<sup>e</sup> République à la 5<sup>e</sup> République togolaises, ce en total non-respect de la Constitution du Peuple togolais. A ce jour, les délais raisonnables pour rendre un arrêt sont largement dépassés par la CJ-<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> et <acronym title="Collectif pour la Vérité des Urnes">CVU</acronym>-TOGO-DIASPORA et Consorts ne manqueront pas de poursuivre le même combat pour la liberté du Peuple togolais de choisir ses dirigeants pacifiquement et démocratiquement.</p>
<p>Enfin, <acronym title="Réseau de Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante">RCDTI</acronym> et <acronym title="Collectif pour la Vérité des Urnes">CVU</acronym>-TOGO-DIASPORA demeurent joignables pour contribuer à la formulation du recours en révision portant sur l’<em>« Affaire <acronym title="Ligue Togolaise des Droits de l’Homme">LTDH</acronym> &amp; 12 autres c. République Togolaise » </em>traitée par la Cour de Justice de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>. Le recours en révision est indispensable pour restaurer la légalité, la transparence de la gouvernance politique au Togo, mais surtout pour rétablir le respect et la dignité du Peuple togolais.</p>
<p><strong>La Direction du :</strong></p>
<p><strong>Réseau de Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante (<acronym title="Réseau de Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante">RCDTI</acronym>) et du Collectif pour la Vérité des Urnes-Diaspora Togo (<acronym title="Collectif pour la Vérité des Urnes">CVU</acronym>-TOGO-DIASPORA) en partenariat avec toutes personnalités ou structures de la société civile indépendantes et aux citoyennes et citoyens indépendants.</strong></p>
<p><strong>29 juin 2026.</strong></p>
<p><strong>SIGNATAIRES : <acronym title="Réseau de Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante">RCDTI</acronym>, <acronym title="Collectif pour la Vérité des Urnes">CVU</acronym>-TOGO-DIASPORA, PARTENAIRES ET SYMPATHISANTS :</strong></p>
<ol>
<li>Yves Ekoué AMAÏZO, Dr.</li>
<li>Ernesto D’ALMEIDA, Dr.</li>
<li>Mathieu D’ALMEIDA</li>
<li>Koffi DEKU, Ing.</li>
<li>François FABREGAT</li>
<li>Papa KHADIDJA</li>
<li>De nombreux CITOYENS (ENNES) ont souhaité ne pas voir leur nom figurer en qualité de signataires, par peur de représailles du système Gnassingbé.</li>
</ol>
<p><strong>Contact et Coordination : info@cvu-togo-diaspora.org et rcdti@cvu-togo-diaspora.org</strong></p>
<p>Note : Toutes les personnalités ou associations qui souhaitent être signataires des textes de <acronym title="Réseau de Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante">RCDTI</acronym> et <acronym title="Collectif pour la Vérité des Urnes">CVU</acronym>-TOGO-DIASPORA peuvent le faire en écrivant par courrier électronique à l’adresse ci-dessous. Ils ou elles auront l’occasion de participer à l’une ou l’autre des téléconférences fondant notre démocratie participative et proposer des solutions dans le cadre du projet de transition politique et du projet de société commun pour l’avenir du Togo.</p>
<hr />
<p><strong>© <acronym title="Réseau de Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante">RCDTI</acronym> &amp; <acronym title="Collectif pour la Vérité des Urnes">CVU</acronym>-TOGO-DIASPORA</strong></p>
<p><strong>Réseau de Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante (<acronym title="Réseau de Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante">RCDTI</acronym>) &#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212; </strong> <img decoding="async" class="wp-image-21547" src="https://amaizo.info/files/2026/06/word-image-21546-1.jpeg" /></p>
<p><strong>Collectif pour la Vérité des Urnes-Diaspora Togo (<acronym title="Collectif pour la Vérité des Urnes">CVU</acronym>-TOGO-DIASPORA) &#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8211; </strong> <img decoding="async" class="wp-image-21548" src="https://amaizo.info/files/2026/06/word-image-21546-2.png" /></p>
<hr />
<p><strong>Notes :</strong></p>
<ol>
<li id="post-21546-endnote-1">CJ-<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> (2025). « Ligue Togolaise des Droits de l’Homme (<acronym title="Ligue Togolaise des Droits de l’Homme">LTDH</acronym>) &amp; 12 Autres C. République Togolaise ». Affaire n° : ECW/CCJ/APP/15/24. Arrêt n° : ECW/CCJ/JUD/01/26. Date : 29 janvier 2025. Accédé le 26 juin 2026. Voir <a href="https://courtecowas.org/wp-content/uploads/2026/02/LIGUE-TOGOLAISE-DES-DROITS-DE-L-HOMME-VS.-TOGOLESE-REPUBLIC-FRN.pdf?utm_source=copilot.com" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://courtecowas.org/wp-content/uploads/2026/02/LIGUE-TOGOLAISE-DES-DROITS-DE-L-HOMME-VS.-TOGOLESE-REPUBLIC-FRN.pdf?utm_source=copilot.com<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-21546-endnote-ref-1">↑</a></li>
<li id="post-21546-endnote-2">L’agouti est un rongeur sauvage que l’on retrouve en Afrique et en Amérique centrale et d’Amérique du Sud. Il est souvent comparé à un gros cochon d’Inde élancé. Il a un corps fin, de longues pattes, un pelage brun à roussâtre, et une silhouette adaptée à la course rapide. C’est un animal discret, méfiant et agile. Il vit surtout au sol, dans les forêts, les zones broussailleuses ou près des lisières, et il se nourrit principalement de fruits, de graines et de végétaux. Quand il se sent menacé, il privilégie la fuite rapide plutôt que l’affrontement. Toutefois, l’agouti joue aussi un rôle écologique important, car il aide à disperser certaines graines dans la forêt. Son comportement est généralement solitaire ou en petit groupe, avec une activité souvent diurne ou crépusculaire selon les espèces. <a href="#post-21546-endnote-ref-2">↑</a></li>
<li id="post-21546-endnote-3">Cour de justice de la Communauté « <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> » (2002). <em>Le règlement de la Cour de justice de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym></em>. <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>. 03 juin 2002. Accédé le 26 juin 2026. Voir <a href="https://caselaw.ihrda.org/api/files/1605866750529srxwtklmxj9.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://caselaw.ihrda.org/api/files/1605866750529srxwtklmxj9.pdf<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> ; voir aussi tous les autres textes à l’adresse suivante : <a href="https://courtecowas.org/fr/a-propos-de-nous/textes-de-base/?utm_source=copilot.com" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://courtecowas.org/fr/a-propos-de-nous/textes-de-base/?utm_source=copilot.com<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-21546-endnote-ref-3">↑</a></li>
<li id="post-21546-endnote-4">1. Article 7 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) : L’article 7 garantit notamment : <em>« Le droit de toute personne à ce que sa cause soit entendue. »</em> Ce droit inclut : – le droit à un recours effectif, – le droit à un procès équitable, – le droit à être jugé dans un délai raisonnable. La C<em>harte africaine des droits de l’Homme et des Peuples (CADHP)</em> a été adopté par l’Organisation de l’Unité Africaine (<acronym title="Organisation de l\'unité africaine">OUA</acronym>) à Nairobi en 1981 et est entrée en vigueur 1986. <a href="#post-21546-endnote-ref-4">↑</a></li>
<li id="post-21546-endnote-5">Article 14 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) publiée par l’<acronym title="Organisation des Nations unies">ONU</acronym> : « Toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue équitablement et publiquement par un tribunal compétent, indépendant et impartial ». Accédé le 26 juin 2026. Voir Haut‑Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (OHCHR). Accédé le 26 juin 2026.Voir <a href="https://www.ohchr.org/en/instruments-mechanisms/instruments/international-covenant-civil-and-political-rights" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.ohchr.org/en/instruments-mechanisms/instruments/international-covenant-civil-and-political-rights<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-21546-endnote-ref-5">↑</a></li>
</ol><!-- WP Attachments -->
        <div style="width:100%;margin:10px 0 10px 0;">
            <h3>Télécharger</h3>
        <ul class="post-attachments"><li class="post-attachment mime-application-pdf">                <small><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://amaizo.info/2026/06/29/irregularites-et-defaillances-judiciaires-de-la-cour-de-justice-de-la-cedeao-indispensable-recours-en-revision/17012?download=17020" data-wpel-link="internal">IRRÉGULARITÉS ET DÉFAILLANCES JUDICIAIRES DE LA COUR DE JUSTICE DE LA CEDEAO : Indispensable recours en révision</a> (572 kB)</small> <div style="float:right;"><small>29 juin 2026</small></div>                </li></ul></div><p>Publié par <a href="https://amaizo.info/author/rcdti" data-wpel-link="internal">Réseau de coordination de la Diaspora Togolaise indépendante</a> sur <a href="https://amaizo.info" data-wpel-link="internal">amaizo.info - Le savoir au service de l&#039;interdépendance</a></p>
]]></content:encoded><description>&lt;p&gt;COMMUNIQUÉ DE PRESSE CONJOINT DU 29 JUIN 2026 RÉSEAU DE LA COORDINATION DE LA DIASPORA TOGOLAISE INDEPENDANTE (RCDTI) ET COLLECTIF POUR LA VÉRITÉ DES URNES &amp;#8211; TOGO &amp;#8211; DIASPORA (CVU-TOGO-DIASPORA) Contact : info@cvu-togo-diaspora.org qui transmettra. 0. INTRODUCTION : A la surprise générale, la Cour de Justice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CJ-CEDEAO) [&amp;#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Publié par &lt;a href="https://amaizo.info/author/rcdti" data-wpel-link="internal"&gt;Réseau de coordination de la Diaspora Togolaise indépendante&lt;/a&gt; sur &lt;a href="https://amaizo.info" data-wpel-link="internal"&gt;amaizo.info - Le savoir au service de l&amp;#039;interdépendance&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
</description><author>infos@amaizo.info (Réseau de coordination de la Diaspora Togolaise indépendante)</author><enclosure length="1532998" type="application/pdf" url="https://courtecowas.org/wp-content/uploads/2026/02/LIGUE-TOGOLAISE-DES-DROITS-DE-L-HOMME-VS.-TOGOLESE-REPUBLIC-FRN.pdf?utm_source=copilot.com"/><itunes:explicit>no</itunes:explicit><itunes:subtitle>COMMUNIQUÉ DE PRESSE CONJOINT DU 29 JUIN 2026 RÉSEAU DE LA COORDINATION DE LA DIASPORA TOGOLAISE INDEPENDANTE (RCDTI) ET COLLECTIF POUR LA VÉRITÉ DES URNES &amp;#8211; TOGO &amp;#8211; DIASPORA (CVU-TOGO-DIASPORA) Contact : info@cvu-togo-diaspora.org qui transmettra. 0. INTRODUCTION : A la surprise générale, la Cour de Justice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CJ-CEDEAO) [&amp;#8230;] Publié par Réseau de coordination de la Diaspora Togolaise indépendante sur amaizo.info - Le savoir au service de l&amp;#039;interdépendance</itunes:subtitle><itunes:author>infos@amaizo.info (Réseau de coordination de la Diaspora Togolaise indépendante)</itunes:author><itunes:summary>COMMUNIQUÉ DE PRESSE CONJOINT DU 29 JUIN 2026 RÉSEAU DE LA COORDINATION DE LA DIASPORA TOGOLAISE INDEPENDANTE (RCDTI) ET COLLECTIF POUR LA VÉRITÉ DES URNES &amp;#8211; TOGO &amp;#8211; DIASPORA (CVU-TOGO-DIASPORA) Contact : info@cvu-togo-diaspora.org qui transmettra. 0. INTRODUCTION : A la surprise générale, la Cour de Justice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CJ-CEDEAO) [&amp;#8230;] Publié par Réseau de coordination de la Diaspora Togolaise indépendante sur amaizo.info - Le savoir au service de l&amp;#039;interdépendance</itunes:summary><itunes:keywords>diaspora,afrique,economie,afrology,onu,omc,nepad,togo,protectionisme,solidarité,pauvreté,zone,franc,cfa,dirigeants,africains,fmi,afrique,subsaharienne,interdépendance,nations,unies,pays,pauvres,migration,émigrés,crise,financière,inéga</itunes:keywords></item><item><title>TOGO, LE SYSTÈME GNASSINGBÉ ET LA RUPTURE DE L’ÉTAT DE DROIT : Inventaire constitutionnel de certains abus de pouvoir (2005-2026)</title><link>https://amaizo.info/2026/06/09/togo-le-systeme-gnassingbe-et-la-rupture-de-letat-de-droit-inventaire-constitutionnel-de-certains-abus-de-pouvoir-2005-2026/16998</link><category>CVU Togo Diaspora</category><category>3e voie</category><category>Amron</category><category>Arrestations arbitraires</category><category>CVU-TOGO-DIASPORA</category><category>Diaspora Togolaise</category><category>Dignité</category><category>Fatalité</category><category>Faure Gnassingbé</category><category>Liberté</category><category>M66</category><category>Obasanjo</category><category>Omerta</category><category>Opposition togolaise</category><category>Projet de Transition politique et citoyenne</category><category>RCDTI</category><category>Société civile togolaise</category><category>Togo pluriel et mobilisé</category><category>Transition politique et citoyenne</category><category>Unité d’action</category><category>Vérité des urnes et des comptes publics</category><category>Violences policières au Togo</category><pubDate>Tue, 9 Jun 2026 07:43:54 GMT</pubDate><guid isPermaLink="false">https://cvu-togo-diaspora.org/?p=21531</guid><content:encoded xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"><![CDATA[<p><strong><a href="https://cvu-togo-diaspora.org/files/2026/06/cvu-togo-diaspora-representation-effective-du-systeme-gnassingbe-au-togo-06-06-26.jpg" data-wpel-link="exclude" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><img decoding="async" class="aligncenter size-large wp-image-21536" src="https://amaizo.info/files/2026/06/cvu-togo-diaspora-representation-effective-du-systeme-gnassingbe-au-togo-06-06-26-740x416-1.jpg" alt="" width="740" height="416" /></a>COMMUNIQUÉ DE PRESSE CONJOINT DU 6 JUIN 2026 </strong></p>
<p><strong>(mis en ligne le 8 juin 2026)</strong></p>
<p><strong>RÉSEAU DE LA COORDINATION DE LA DIASPORA TOGOLAISE INDEPENDANTE (<acronym title="Réseau de Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante">RCDTI</acronym>) ET</strong></p>
<p><strong>COLLECTIF POUR LA VÉRITÉ DES URNES &#8211; TOGO &#8211; DIASPORA (<acronym title="Collectif pour la Vérité des Urnes">CVU</acronym>-TOGO-DIASPORA)</strong></p>
<p>Contact : <a href="mailto:info@cvu-togo-diaspora.org">info@cvu-togo-diaspora.org</a> qui transmettra.</p>
<h3>INTRODUCTION : LIBERTÉ, OÙ ES -TU AU TOGO ?</h3>
<p>Face à l’absence de liberté et d’indépendance des acteurs de l’opposition politique togolaise, et face à l’absence de bonnes pratiques d’analyse, de gestion et de redevabilité en politique et économie, le Peuple togolais n’a d’autre choix que l’indignation, la dénonciation, la révolte et l’utilisation des réseaux sociaux pour dénoncer l’oppression structurelle multiforme institutionnalisée et pratiquée par le système civilo-militaro-ésotérique. Ce système d’oppression se maintient au pouvoir par la force et grâce à son « expertise » de facilitateur de la défense des intérêts étrangers avant les intérêts du Peuple togolais.</p>
<p>Dans ce contexte de gouvernance liberticide et prédatrice, l’objectif de la lutte du Peuple togolais pour la démocratie et la souveraineté, consiste : &#8211; à constituer une majorité solide, &#8211; à créer les conditions qui permettent de se libérer durablement du piège de l’achat des consciences, &#8211; à se rassembler derrière un projet de transition politique alternatif. Pour mener ce combat, le Peuple togolais peut resourcer sa réflexion en se nourrissant des principes politiques qui prévalaient dans les années 1960, lorsque la soif de la liberté cimentait les actions collectives qui ont permis d’aboutir à la décolonisation du Togo.</p>
<p>Les propositions et perspectives formulées relèvent des initiatives et des actions citoyennes d’un Peuple togolais indépendant du système Gnassingbé et empêché de s’exprimer librement.</p>
<h3>1. FAURE GNASSINGBÉ, 60 ANS RÉVOLUS ET PERSISTANCE DANS L’ERREUR</h3>
<p>Du point de vue de la société civile, de la Diaspora, des partis politiques, des militaires patriotes, qui peuvent être considérés comme les futures forces alternatives, pacifiques pour une transition politique démocratique au Togo, il est urgent de rappeler que lorsqu’un individu fête ses 60 ans, communément la croyance populaire tend à considérer que cet individu pourrait avoir appris de ses erreurs, de ses trahisons du Peuple togolais, de ses accointances avec des intérêts étrangers, et surtout vient de basculer dans ce qui est communément connu comme étant l’aurore de la sagesse.</p>
<p>Concernant celui qui vient de fêter ses 60 ans le 6 juin 2026, le Peuple togolais a au contraire bien constaté qu’en lieu et place du discernement et de la sagesse, c’est plutôt l’arrogance, le mépris et le refus de libérer les prisonniers politiques qui luttent -depuis plus de 60 ans pour certains- pour un Togo libre, qui caractérisent le nouveau président du conseil.</p>
<p>Or, c’est cette absence de sagesse qui a conduit Faure Gnassingbé et son réseau de clientélistes, souvent zélés, à tordre le cou de tous les processus par lesquels le Peuple togolais avait choisi de décider de son destin. Mais quel aurait été le destin du Peuple togolais sans le système Gnassingbé ? La Vérité, la Justice et la Paix !</p>
<p>Autrement dit, les mêmes chances pour tous de s’en sortir et donc un vivre ensemble comme l’auraient voulu nos aïeux. Or, sous Faure Gnassingbé entre 2005 et 2026, le Togo, fut placé sous les fourches caudines du système Gnassingbé qui a perpétué le non‑respect de l’Etat de droit déjà institutionnalisé, donc de la Constitution et des principes démocratiques, alors que le pays sortait à peine de la dictature nauséabonde de son père Etienne Eyadéma Gnassingbé entre 1967 et 2005. C’est donc la continuité du système Gnassingbé qui, pour l’instant, est assurée de père en fils !</p>
<p>La question est donc de savoir si avec un Président illégal et anticonstitutionnel au Togo, est-ce que Faure Gnassingbé qui s’est organisé pour rester encore au pouvoir pendant 60 ans en tant que président du Conseil, pourra un jour obtenir la grâce divine de recevoir, même une graine de mil de ce que la sagesse peut produire chez un être humain après 60 ans ? Rien n’est moins sûr ! Aussi, seule la lutte de tout le peuple togolais, par le dépassement des frustrations quotidiennes et des rancœurs du passé peut contribuer à l’avènement de la démocratie, en le contraignant à partir par la démission, une forme évoluée de la sagesse…</p>
<p>Le proverbe africain qui s’applique directement au système Gnassingbé est celui-ci : <em>« Là où règne l&rsquo;ignorance, la tyrannie trouve un trône »</em>. L’explication est sans équivoque : l’autocratie, la tyrannie, l’impunité et surtout l’abus du droit et des pouvoirs ne peuvent s&rsquo;installer que là où la sagesse et la connaissance font défaut. La démission du tyran autocrate survient quand la sagesse reprend ses droits. C’est un acte de sagesse et une sortie honorable par la grande porte. Mais, sans sagesse, Faure Gnassingbé en est-il capable ? Peut-être si <acronym title="Réseau de Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante">RCDTI</acronym> et <acronym title="Collectif pour la Vérité des Urnes">CVU</acronym>-TOGO-DIASPORA lui rappellent les principales 21 violations alléguées manifestes de la Constitution togolaise en nous limitant à la période 2005–2026.</p>
<h3>2. FONDEMENTS CONSTITUTIONNELS DES VIOLATIONS DE LA CONSTITUTION TOGOLAISE (2005–2026)</h3>
<p>La Constitution togolaise du 14 octobre 1992 (révisée en 2002, 2019 et 2024) consacre notamment :</p>
<ul>
<li>la souveraineté du Peuple (art. 2),</li>
<li>la séparation des pouvoirs (art. 4),</li>
<li>l’égalité devant la loi et l’accès aux emplois publics (article 11),</li>
<li>les libertés publiques (art. 25–30),</li>
<li>la transparence et la bonne gouvernance (préambule et l’article 50),</li>
<li>l’obligation de respecter les décisions de justice (art. 113),</li>
<li>la responsabilité pénale des gouvernants (art. 59 et 150),</li>
<li>la régularité des élections (art. 60–64),</li>
<li>l’autonomie des collectivités locales (art. 141–143).</li>
</ul>
<p>L’article 150 accorde un droit inviolable, y compris après les révisions unilatérales de la Constitution du Peuple pour faire disparaître ce droit. Aussi, le Peuple, en toute légalité, peut exercer une résistance civile, juridique et institutionnelle pour restaurer la souveraineté nationale et obtenir la démission pacifique d’un dirigeant autocratique et tyrannique, surtout lorsque la « sagesse » semble ne pas vouloir de « lui ».</p>
<h3>3. « VINGT‑DEUX VIOLATIONS GRAVES OU CONTOURNEMENTS DE LA CONSTITUTION TOGOLAISE (2005–2026)</h3>
<p>Il va de soi qu’en 21 ans de pouvoir unilatéral, le nombre : -de violations, -de contournements de la Constitution togolaise, -d’élections contestées sur la base de la contre-vérité des urnes institutionnalisée, est innombrable. Néanmoins, laissons cela aux travaux des historiens et rappelons au Peuple togolais, ce de manière juridiquement structurée, les principales violations et multiples contournements unilatéralement opérés par le système Gnassingbé en 22 points (liste non exhaustive).</p>
<p style="padding-left: 40px"><strong><em>3.1 Succession anticonstitutionnelle de 2005</em></strong></p>
<p style="padding-left: 40px">L’armée a imposé Faure Gnassingbé au pouvoir, alors que la Constitution exigeait que l’intérim soit assuré par le président de l’Assemblée nationale.</p>
<p style="padding-left: 40px"><strong><em>3.2 Absence de vérité des urnes (2005, 2010, 2015, 2020, 2025)</em></strong></p>
<p style="padding-left: 40px">Les élections ont été marquées par des irrégularités, un contrôle partisan des institutions électorales et l’absence de transparence par empêchement de toute possibilité de vérification contradictoire des résultats électoraux.</p>
<p style="padding-left: 40px"><strong><em>3.3 Révision constitutionnelle 2024–2025 sans référendum et exclusion du Peuple togolais dans le choix de ses principaux dirigeants </em></strong></p>
<p style="padding-left: 40px">Le changement de régimes politiques (toutes les révisions constitutionnelles et le passage de la 4<sup>e</sup> à la 5<sup>e</sup> République) ont été décidés sans consulter le Peuple togolais, en violation de l’obligation constitutionnelle de référendum. Il s’agit d’un véritable « déni de droit de choisir » pour le Peuple togolais.</p>
<p style="padding-left: 40px"><strong><em>3.4 Concentration des pouvoirs exécutif/législatif/judiciaire/militaire</em></strong></p>
<p style="padding-left: 40px">Le pouvoir exécutif domine le Parlement, la justice et les institutions censées être indépendantes.</p>
<p style="padding-left: 40px"><strong><em>3.5 Politisation et « affairisation » de l’armée</em></strong></p>
<p style="padding-left: 40px">L’armée intervient dans la vie politique et réprime les manifestations, alors qu’elle devrait rester neutre ; par ailleurs plusieurs haut-gradés, non patriotes, profitent de « la loi du plus fort », cet état de fait qui leur permet d’accaparer des pans entiers de secteurs économiques de génération de richesses, non partagées avec le Peuple au Togo.</p>
<p style="padding-left: 40px"><strong><em>3.6 Impunité des forces de sécurité</em></strong></p>
<p style="padding-left: 40px">Les violences commises par les forces de sécurité ne sont jamais sanctionnées, malgré les obligations constitutionnelles.</p>
<p style="padding-left: 40px"><strong><em>3.7 Non‑exécution des décisions de la Cour de justice de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym></em></strong></p>
<p style="padding-left: 40px">Les arrêts régionaux concernant les droits humains et les réformes électorales ne sont pas appliqués par l’Etat togolais et des risques existent pour intimider la justice.</p>
<p style="padding-left: 40px"><strong><em>3.8 Arrestations arbitraires et détentions sans jugement</em></strong></p>
<p style="padding-left: 40px">Des opposants, journalistes et citoyens sont détenus sans procès équitable, ni respect des garanties légales.</p>
<p style="padding-left: 40px"><strong><em>3.9 Lois liberticides restreignant les libertés publiques</em></strong></p>
<p style="padding-left: 40px">Les libertés d’expression, de réunion et de manifestation sont limitées par des lois et pratiques répressives, sauf quand il s’agit de faire semblant pour faire croire aux chancelleries occidentales que les oppositions non dangereuses peuvent se réunir ; cela légitime indirectement le système Gnassingbé.</p>
<p style="padding-left: 40px"><strong><em>3.10 Opacité des comptes publics et absence de vérité des comptes publics</em></strong></p>
<p style="padding-left: 40px">Les finances de l’État ne sont pas transparentes, les comptes publics ne sont pas régulièrement publiés ni contrôlés et les décideurs du système Gnassingbé refusent systématiquement de rendre des comptes au Peuple togolais et surtout de se faire contrôler par des experts indépendants de Faure Gnassingbé.</p>
<p style="padding-left: 40px"><strong>3<em>.11 Accaparement des richesses nationales</em></strong></p>
<p style="padding-left: 40px">Les ressources et les revenus du port autonome de Lomé (PAL), des mines, des douanes, et de plusieurs entreprises publiques ou privées sous contrat avec l’Etat sont gérés de manière opaque au profit d’un cercle restreint.</p>
<p style="padding-left: 40px"><strong>3<em>.12 Défiscalisation excessive pour les multinationales qui ne créent pas d’emplois, ni de réinvestissement au Togo et pour certaines institutions financières</em></strong></p>
<p style="padding-left: 40px">Des exonérations fiscales sont accordées sans contrôle démocratique, créant une inégalité devant l’impôt.</p>
<p style="padding-left: 40px"><strong><em>3.13 Endettement structurel sans bénéfice pour la population</em></strong></p>
<p style="padding-left: 40px">La dette publique augmente, mais les services publics restent insuffisants et mal gérés.</p>
<p style="padding-left: 40px"><strong><em>3.14 Corruption généralisée et impunie</em></strong></p>
<p style="padding-left: 40px">Les scandales impliquant des responsables politiques ne donnent lieu à aucune poursuite, y compris dans de nombreuses affaires, au rang desquelles celle en cours actuellement en France dite « affaire Bolloré ».</p>
<p style="padding-left: 40px"><strong><em>3.15 Clientélisme dans l’administration publique</em></strong></p>
<p style="padding-left: 40px">Les nominations sont basées sur la loyauté politique ou ethnique, et non sur la compétence.</p>
<p style="padding-left: 40px"><strong><em>3.16 Décentralisation fictive</em></strong></p>
<p style="padding-left: 40px">Les collectivités locales n’ont pas d’autonomie réelle et restent sous le contrôle du pouvoir central, la décentralisation est confondue avec la déconcentration.</p>
<p style="padding-left: 40px"><strong><em>3.17 Clientélisation de la partie du Peuple togolais et de la Diaspora togolaise non indépendante du système Gnassingbé</em></strong></p>
<p style="padding-left: 40px">Une partie du Peuple togolais et de la Diaspora togolaise n’ont pas de représentation démocratique réelle et sont parfois, souvent à leur insu, utilisés à des fins de légitimation politique.</p>
<p style="padding-left: 40px"><strong>3<em>.18 Absence d’opportunités pour les jeunes</em></strong></p>
<p style="padding-left: 40px">Le chômage, le favoritisme et l’exclusion empêchent les jeunes d’accéder à l’emploi et aux responsabilités.</p>
<p style="padding-left: 40px"><strong><em>3.19 Alignement sur des intérêts étrangers sans contrôle parlementaire</em></strong></p>
<p style="padding-left: 40px">Des accords internationaux sont signés sans débat ni ratification parlementaire.</p>
<p style="padding-left: 40px"><strong>3<em>.20 Propagande abusive sur la notion « d’homme de la facilitation, de la médiation et de la paix » malgré un bilan répressif nauséabond au Togo</em></strong></p>
<p style="padding-left: 40px">La communication officielle du système Gnassingbé présente une image trompeuse, en contradiction avec les réalités de la répression interne. Cette image d’une réalité travestie permet à certaines chancelleries occidentales de se montrer peu regardantes et de renforcer leur coopération en s’exonérant à bon compte de leurs devoirs eu égard au respect des droits humains et des droits du Peuple togolais.</p>
<p style="padding-left: 40px"><strong><em>3.21 Refus de coopérer avec la justice internationale</em></strong></p>
<p style="padding-left: 40px">Les autorités ne répondent pas aux demandes d’enquête, plus particulièrement auprès de la Cour de Justice de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> et dans le contentieux en cours en France, notamment dans le procès portant principalement sur la corruption d’agents étrangers dite « affaire Bolloré ».</p>
<p style="padding-left: 40px"><strong><em>3.22 Refus des dirigeants du Togo de déclarer leurs biens et avoirs conformément à la Constitution</em></strong></p>
<p style="padding-left: 40px">Le constat du refus du Président de la République (devenu aujourd’hui le Président du Conseil), son Gouvernement, membres de l’Assemblée Nationale, du Sénat et les directeurs des administration centrales et des entreprises publiques de faire devant la Cour Suprême togolaise une déclaration de leurs biens et avoirs au début et à la fin de leur mandat ou de leur fonction correspond à un refus de respecter l’article 145 de la Constitution. Par ailleurs, il n’a jamais été reporté officiellement que Faure Gnassingbé ait déclaré ses biens et avoirs au début et fin de ses quatre mandats présidentiels juridiquement contestés devant la Cour de Justice de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>. Si la tête ne fait pas dans l’exemplarité, il n’est pas surprenant que le reste du Gouvernement, les Sénateurs et les directeurs administrations centrales eux non plus ne respectent pas la Constitution. A ce titre l’article 145 est explicite : <em>« Art.145 : Le Président de la République, le Premier Ministre, les membres du Gouvernement, le Président et les membres du bureau de l’Assemblée nationale et du Sénat et les directeurs des administrations centrales et des entreprises publiques doivent faire devant la Cour Suprême une déclaration de leurs biens et avoirs au début et à la fin de leur mandat ou de leur fonction ».</em></p>
<p>Si la justice togolaise ou régionale africaine, ne subissaient pas de pressions ou avaient du courage, les points juridiques mentionnés plus haut suffisent juridiquement pour convaincre un individu, voire un système, de son illégalité et de son anti-constitutionnalité. Mais voilà, la justice africaine demeure tributaire des financements de ces Etats non respectueux du droit. Mais, il existe toutefois des juges courageux et disant le droit, rien que le droit, qui méritent d’être mis à l’honneur. Le pouvoir de Faure Gnassingbé sur la base de l’analyse juridique du système Gnassingbé entre 2005 et 2026 ne peut qu’être qualifié de <em>« pouvoir illégal et anticonstitutionnel ».</em> Il importe que des juges libres et courageux puissent le constater et le prononcer !</p>
<h3>4. TROIS PROPOSITIONS CONCRÈTES ET PACIFIQUES</h3>
<p>En attendant une condamnation officielle par une juridiction africaine ou internationale, il y a lieu de proposer au cours d’une transition politique citoyenne :</p>
<p style="padding-left: 40px"><strong>4.1 la mise en place d’un Conseil indépendant Vérité &#8211; Justice et Solidarité (CI-VJS)</strong></p>
<p style="padding-left: 40px">Ce conseil indépendant aura pour mandat :</p>
<ul>
<li style="list-style-type: none">
<ul>
<li>d’établir les faits,</li>
<li>de documenter les violations constitutionnelles,</li>
<li>de proposer des réformes institutionnelles en prenant appui sur les modèles d’Afrique du Sud, du Ghana, du Rwanda, etc. ;</li>
</ul>
</li>
</ul>
<p style="padding-left: 40px">Ce conseil n’a pas besoin d’attendre le départ ou la démission de Faure Gnassingbé et son système pour commencer à réunir les preuves, à s’organiser et cotiser pour déposer auprès de juridictions africaines ou internationales les plaintes contre un système usurpateur des droits du Peuple togolais, un système illégal et anticonstitutionnel.</p>
<p style="padding-left: 40px"><strong>4.2 Saisine coordonnée des juridictions régionales et internationales</strong></p>
<p style="padding-left: 40px">Il s’agira principalement des instances suivantes (liste non exhaustive) :</p>
<ul>
<li style="list-style-type: none">
<ul>
<li>Cour de justice de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>,</li>
<li>Commission africaine des droits de l’homme,</li>
<li>Rapporteurs spéciaux de l’<acronym title="Organisation des Nations unies">ONU</acronym>. Objectif : forcer l’exécution des obligations constitutionnelles et internationales.</li>
<li>Tribunaux français et internationaux</li>
</ul>
</li>
</ul>
<p style="padding-left: 40px"><strong>4.3 Pacte national de transition constitutionnelle pacifique</strong></p>
<p style="padding-left: 40px">Il faut organiser des conférences inclusives sans les agents et affidés du système Gnassingbé afin de créer un consensus autour d’un engagement patriotique multipartite de la société civile et des partis politiques non-collaborateurs pour :</p>
<ul>
<li style="list-style-type: none">
<ul>
<li>un référendum constitutionnel conforme à l’article 144,</li>
<li>des élections transparentes basées sur la vérité des urnes,</li>
<li>une réforme de la <acronym title="Commission Electorale Nationale Indépendante">CENI</acronym> et de la Cour constitutionnelle,</li>
<li>la démilitarisation de la vie politique.</li>
</ul>
</li>
</ul>
<p>Toutes ces actions interdépendantes -certaines sont déjà en cours- ont pour objet de démontrer qu’il existe au Togo du système Gnassingbé une série de violations ou contournements graves des articles fondamentaux de la Constitution togolaise entre 2005 et 2026. Ces constats peuvent constituer un socle argumentaire solide dans des dossiers judiciaires, notamment pour :</p>
<ul>
<li>démontrer l’effondrement de l’État de droit sauf pour une minorité oligarchique et autocratique au pouvoir ;</li>
<li>établir la responsabilité politique et juridique des dirigeants ; et</li>
<li>justifier une intervention juridictionnelle régionale ou internationale.</li>
</ul>
<p>Toutefois, il existe aussi des voies d’action citoyennes, non violentes et constitutionnelles pour reconquérir la liberté, à savoir la désobéissance civile, la pression juridictionnelle et la transition politique comme alternative à une autocratie sans sagesse.</p>
<h3>5. MODALITÉS D’UNE ACTION CITOYENNE VISANT À OBTENIR LA DÉMISSION D’UN DIRIGEANT ET SON SYSTÈME TYRANNIQUE AU TOGO</h3>
<p>La Constitution togolaise de 1992 (révisée) affirme que la souveraineté appartient au peuple (art. 2), que nul n’est au‑dessus de la loi (art. 11), et que tout citoyen a le droit et le devoir de défendre l’ordre constitutionnel (préambule + art. 150). Lorsque les institutions sont capturées et détournées au profit exclusif d’un clan, que les contre‑pouvoirs sont neutralisés, et que les violations répétées de la Constitution deviennent structurelles, le peuple demeure le dernier garant de la légalité républicaine.</p>
<p>Dans ce contexte, et dans le strict respect du droit national et international, trois voies d’action pacifiques, légales et cumulatives peuvent être mobilisées pour obtenir la démission d’un dirigeant considéré comme autocratique, liberticide et tyrannique :</p>
<p style="padding-left: 40px"><strong><em>5.1 Action citoyenne constitutionnelle : mobilisation non violente fondée sur l’article 150</em></strong></p>
<p style="padding-left: 40px">L’article 150 de la Constitution du Peuple togolais prévoit explicitement que lorsqu’un gouvernement viole la Constitution, le peuple a le droit de lui opposer la résistance. Cette résistance n’est ni armée, ni violente, mais civique, et peut prendre la forme de :</p>
<ul>
<li style="list-style-type: none">
<ul>
<li>campagnes nationales de désobéissance civile non violente,</li>
<li>grèves générales pacifiques,</li>
<li>refus collectif de participer à des institutions jugées illégitimes,</li>
<li>manifestations encadrées par le droit international (Pacte international relatif aux droits civils et politiques, art. 21).</li>
</ul>
</li>
</ul>
<p style="padding-left: 40px">L’objectif est de retirer au régime la légitimité sociale, sans jamais menacer l’intégrité physique des personnes.</p>
<p style="padding-left: 40px"><strong><em>5.2 L’action juridictionnelle coordonnée : créer un étau légal interne et externe</em></strong></p>
<p style="padding-left: 40px">Le droit togolais et le droit international offrent des leviers puissants :</p>
<ul>
<li style="list-style-type: none">
<ul>
<li>saisines répétées de la Cour de justice de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>,</li>
<li>plaintes individuelles et collectives devant la Commission africaine des droits de l’homme,</li>
<li>demandes d’enquêtes internationales auprès des rapporteurs spéciaux de l’<acronym title="Organisation des Nations unies">ONU</acronym> (arrestations arbitraires, torture, liberté d’expression),</li>
<li>actions contentieuses internes visant la responsabilité pénale des gouvernants (art. 59 et 150).</li>
</ul>
</li>
</ul>
<p style="padding-left: 40px">L’objectif est de documenter, accumuler et internationaliser les violations, jusqu’à rendre politiquement et diplomatiquement intenable le maintien au pouvoir d’un dirigeant qui viole la Constitution.</p>
<p style="padding-left: 40px"><strong><em>5.3 L’action politique de transition : construire une alternative politique crédible et inclusive et basée sur la compétence des acteurs</em></strong></p>
<p>Aucun régime ne tombe si le Peuple n’a pas une issue institutionnelle claire. Il est donc nécessaire de préparer ou de reformuler un nouveau <strong>« contrat de confiance »</strong> entre le Peuple togolais et ses futurs nouveaux dirigeants indépendants du système Gnassingbé. Pour ce faire, il est indispensable de réfléchir à :</p>
<ul>
<li>un projet de transition politique et citoyenne fondé sur un Contrat social de confiance de transition constitutionnelle avec le Peuple comme acteur et non comme victime ;</li>
<li>un gouvernement provisoire consensuel ;</li>
<li>un référendum conforme à l’esprit de la Constitution du Peuple togolais (article 144);</li>
<li>une réforme de la <acronym title="Commission Electorale Nationale Indépendante">CENI</acronym>, de la Cour constitutionnelle et de l’armée ;</li>
<li>un calendrier électoral transparent après la période de transition estimée entre 2 et 3 ans ;</li>
</ul>
<p>Cette architecture offre au Peuple togolais une porte de sortie pacifique, et au dirigeant contesté une issue non violente, condition essentielle pour éviter les dérives. Cela suppose une démission fondée sur la sagesse. Comme alternative, il ne restera plus que des situations de rapports de force.</p>
<p>En définitive, la démission d’un dirigeant autocratique, tyrannique et non respectueux du Peuple togolais, ne peut résulter que d’une pression citoyenne massive, juridiquement fondée, non violente, et adossée à une alternative institutionnelle crédible. En combinant :</p>
<ul>
<li>la résistance constitutionnelle pacifique sur la base de la Constitution du Peuple togolais ;</li>
<li>l’étau juridictionnel interne et international ; et</li>
<li>la construction d’une transition légale et inclusive ;</li>
</ul>
<p>le peuple togolais peut, si la volonté, le courage et le refus du statu quo reprennent le dessus sur le fatalisme, restaurer la souveraineté populaire, réhabiliter l’État de droit, et ouvrir la voie à une refondation démocratique durable, sans violence, sans vengeance, et dans le respect des normes internationales.</p>
<p><strong>6. ANNIVERSAIRE DE FAURE GNASSINGBE LE 6 JUIN OU DATE SYMBOLIQUE DE LA RÉSISTANCE POPULAIRE DU M66 : LE POUVOIR TOGOLAIS ILLEGAL DÉFIE LA LOI ET LES DROITS FONDAMENTAUX</strong></p>
<p>Depuis 1967, la continuité du régime s’accompagne d’allégations récurrentes de pratiques coercitives documentées par des organisations internationales.</p>
<p>Les mobilisations du Peuple togolais, &#8211; notamment les jeunes -, des 26, 27 et 28 juin 2025 ont donné lieu à un usage disproportionné de la force par les forces de sécurité, en contradiction avec les standards internationaux relatifs à la liberté de réunion pacifique. Les revendications portaient notamment sur la vie chère, la gouvernance, la corruption et la libération de détenus, dont l’activiste « chanteur » Aamron, signalé comme ayant subi des traitements inhumains.</p>
<p>Les données disponibles font état d’au moins cinq exécutions extrajudiciaires, vingt-et-un cas de torture et cent cinq arrestations arbitraires<sup><a id="post-21531-endnote-ref-1" href="#post-21531-endnote-1">[1]</a></sup>. En outre, la découverte de corps d’enfants dans la lagune de Bè soulève des préoccupations sérieuses quant au respect du droit à la vie et à la protection des civils<sup><a id="post-21531-endnote-ref-2" href="#post-21531-endnote-2">[2]</a></sup>.</p>
<p>Le 6 juin, date de naissance de Faure Gnassingbé, est devenu au Togo une date symbolique de révolte et de résistance populaire contre son pouvoir, avec la naissance du Mouvement du 6 juin, abrégé en M66, avec en filigrane une partie de la mobilisation déclenchée par le rappeur Aamron, de son vrai nom Narcisse Essowè Tchala<sup><a id="post-21531-endnote-ref-3" href="#post-21531-endnote-3">[3]</a></sup>. Le 6 juin, date d’anniversaire du Président Faure Gnassingbé, est devenu un repère symbolique des atteintes aux droits fondamentaux au Togo. Les événements des 5 et 6 juin 2025 sont une illustration de l’intensification de la répression<sup><a id="post-21531-endnote-ref-4" href="#post-21531-endnote-4">[4]</a></sup>, des arrestations arbitraires et des actes de torture à l’encontre de manifestants<sup><a id="post-21531-endnote-ref-5" href="#post-21531-endnote-5">[5]</a></sup>.</p>
<p>La révolte s’est partiellement transposée dans les réseaux sociaux. Le M66 représente ainsi un collectif de cyberactivistes de la Diaspora togolaise créé après la violente répression du 6 juin 2025 qui est considérée comme une des dates les plus sanglantes de l&rsquo;histoire togolaise. Le mouvement a reçu le soutien de la plupart des organisations de l&rsquo;opposition (<em>Dynamique Monseigneur Kpodzro </em>(DMK<sup><a id="post-21531-endnote-ref-6" href="#post-21531-endnote-6">[6]</a></sup>), <em>Dynamique pour la majorité du peuple</em> (DMP<sup><a id="post-21531-endnote-ref-7" href="#post-21531-endnote-7">[7]</a></sup>), la <em>Libération démocratique du Peuple (</em>LDP<sup><a id="post-21531-endnote-ref-8" href="#post-21531-endnote-8">[8]</a></sup>), <em>Cadre national de concertation pour le changement au Togo</em> (CNCC<sup><a id="post-21531-endnote-ref-9" href="#post-21531-endnote-9">[9]</a></sup>), <em>Touche-Pas à Ma Constitution</em>) pour cette mobilisation au Togo. Entretemps, le Gouvernement togolais a émis des mandats d&rsquo;arrêt internationaux par contre les membres du M66 et certains journalistes et hommes politiques en exil depuis juillet 2025. La journée du 6 juin promue sous le slogan du <em>« Togo en pause »,</em> marque le passage à une contestation plus radicale, portée par une jeunesse connectée, éloignée des partis traditionnels, et menée par des artistes et militants, qui appellent à la démission du Président et à la <em>« libération »</em> du pays.</p>
<p>Or, la réponse du pouvoir togolais a été une répression violente : la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l&rsquo;Homme (<acronym title="Fédération internationale des ligues des Droits de l Homme">FIDH</acronym>) a documenté au moins 81 arrestations arbitraires et des actes de torture contre les manifestants (es) des 5 et 6 juin 2025, tandis que plusieurs rapports (national<sup><a id="post-21531-endnote-ref-10" href="#post-21531-endnote-10">[10]</a></sup> et international) dénonce des violences policières systématiques (gifles, coups de matraque, aspersions d&rsquo;eau, détentions illégales<sup><a id="post-21531-endnote-ref-11" href="#post-21531-endnote-11">[11]</a></sup>).</p>
<p>Ces actes ne peuvent être justifiés au regard du droit international des droits humains et du droit de manifester pacifiquement. Ils révèlent au contraire une criminalisation<sup><a id="post-21531-endnote-ref-12" href="#post-21531-endnote-12">[12]</a></sup> de la contestation et une volonté d&rsquo;intimider toute opposition<sup><a id="post-21531-endnote-ref-13" href="#post-21531-endnote-13">[13]</a></sup>.</p>
<p>C’est à la lumière du prolongement de ce mouvement qui lui-même fait suite à de nombreuses précédentes initiatives citoyennes restées sans démission de Faure Gnassingbé, qu’il faut comprendre le niveau d’humiliation d’une partie de Peuple togolais, plus particulièrement la jeunesse. Avec l’impossibilité de s’exprimer librement sans subir les foudres du système Gnassingbé ou partir en exil, il semble que ce pouvoir Gnassingbé a délibérément choisi d’assurer le remplacement de leurs multiples coups d’Etat constitutionnels par un autre coup de force suite à des divisions, frustrations et humiliations subies en interne. Or, la partie du Peuple togolais indépendant et pacifique a opté pour une approche alternative qui passe par la démission du celui qui, au lieu de faire partie de la solution à la crise togolaise, est devenu le fondement du problème et du mal togolais.</p>
<p>Empêchée de manifester au Togo, la jeunesse togolaise désœuvrée s’exprime librement sur les réseaux sociaux maintenant que le gouvernement a finalement stoppé la censure d’Internet. Il suffit de procéder à une recherche avec le mot-clé « togolais souffrance » pour prendre conscience des monologues pitoyables de togolais(ses) désespéré(e)s. La vidéo virale demeure celle d’un jeune togolais qui aurait préféré <em>« être un caniche ou un lampadaire dans un pays occidental plutôt que d’être un humain au Togo ».</em> En effet, les animaux domestiques sont protégés dans les pays occidentaux par des lois… qui sont respectées. Plusieurs de ces animaux mangent à leur faim et bénéficient même d’une couverture médicale et parfois d’une assurance-maladie. Ce demeure une exception au Togo. La responsabilité, partielle ou totale, provient de la mauvaise gouvernance. Les Togolais doivent penser à recouvrir leurs droits, et peut-être demandés des comptes au système qui a conduit certains à préférer vivre hors du Togo en rejetant la condition humaine pour celle d’un animal.</p>
<p>C’est ainsi que dans un contexte de restriction de l’espace civique et de la liberté d’expression et les nombreuses lois liberticides, les réseaux sociaux apparaissent comme un exutoire pour une jeunesse marginalisée, révélant une détresse socio-économique et un déficit de protection institutionnelle.<br />
Cette situation met en évidence un décalage entre les engagements internationaux du Togo, notamment au titre du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, et leur mise en œuvre effective, appelant à un renforcement des mécanismes de redevabilité et de protection des libertés fondamentales<sup><a id="post-21531-endnote-ref-14" href="#post-21531-endnote-14">[14]</a></sup>.</p>
<h3><strong>7. FAURE GNASSINGBÉ ET SON SYSTEME REPRÉSENTENT MOINS DE 13 % DU PEUPLE TOGOLAIS : LES RAISONS PROFONDES ET STRUCTURELLES DE L’EXIGENCE DE LA DÉMISSION DE FAURE GNASSINGBÉ </strong></h3>
<p>La mort du président Gnassingbé Eyadéma le 5 février 2005, après 38 ans de règne dictatorial et sanglant pour la grande majorité du Peuple togolais, a déclenché un coup d&rsquo;État militaire sanglant<sup><a id="post-21531-endnote-ref-15" href="#post-21531-endnote-15">[15]</a></sup> la même année. L&rsquo;armée non républicaine et clanique a imposé l’un de ses multiples fils, Faure Gnassingbé et l&rsquo;imposé comme Président sans scrutin, en violation des dispositions constitutionnelles de l&rsquo;article 65.</p>
<p>Les députés ont ensuite procédé à une révision constitutionnelle illégale le 6 février 2005, autorisant Faure à terminer le mandat de son père jusqu&rsquo;en 2008, habillage juridique d&rsquo;un coup d&rsquo;État constitutionnel. Faure Gnassingbé a usurpé l&rsquo;élection présidentielle d&rsquo;avril 2005 sans vérité des urnes après avoir brièvement cédé le pouvoir sous pression du Peuple. Mais une partie de la communauté africaine et internationale, notamment consolidant ainsi son emprise sur le pouvoir. Ce tandem coup d&rsquo;État militaire-coup constitutionnel a été réitéré en 2024-2025 via la révision constitutionnelle d&rsquo;avril 2024, qui instaure un régime parlementaire et permet un 5ᵉ mandat présidentiel illimité, perpétuant une logique de confiscation du pouvoir démocratique.</p>
<p>A l’époque, Olusegun Obasanjo, ex-président de la Fédération du Nigeria entre 1999-2003 et 2003-2009 et Président en exercice de l&rsquo;Union Africaine (<acronym title="Union africaine">UA</acronym>) entre 2004 et 2006, après avoir unilatéralement exigé de faire un 2<sup>e</sup> mandat non prévu par les textes à la tête de l’Union africaine, a soutenu la continuité dynastique du pouvoir au Togo. A contrario, Alpha Oumar Konaré, l’ex-président malien et Président de l’<acronym title="Union africaine">UA</acronym> avant Olusegun Obasanjo et en fonction officielle en 2005 en tant que Président de la Commission de l&rsquo;Union africaine<sup><a id="post-21531-endnote-ref-16" href="#post-21531-endnote-16">[16]</a></sup>, a exigé le retour à la démocratie et le respect de l&rsquo;ordre constitutionnel au Togo : <em>« Le Président de la Commission de l&rsquo;<acronym title="Union africaine">UA</acronym>, M. Alpha Oumar Konaré, réitère la condamnation de l&rsquo;<acronym title="Union africaine">UA</acronym> contre la décision de M. Faure Gnassingbé de rester au pouvoir, en violation de la Constitution togolaise&#8230; Il réaffirme le rejet par l&rsquo;<acronym title="Union africaine">UA</acronym> de toute élection organisée sous les conditions indiquées par les autorités qui ont pris le pouvoir suite au coup d&rsquo;État militaire du 5 février 2005 ». </em>Malheureusement, il a été désavoué par les chefs d’Etats africains dont le président en exercice de l’Union Africaine à l’époque, Olusegun Obasanjo<sup><a id="post-21531-endnote-ref-17" href="#post-21531-endnote-17">[17]</a></sup>, représentant d’une puissance militaire et diplomatique en Afrique de l&rsquo;Ouest, et plus particulièrement le fameux <em>« syndicat » </em>des chefs d’Etat africains qui défendent leurs intérêts avant ceux du Peuple africain.</p>
<p>Les sources françaises des média politiquement corrects (média mainstream) pour comprendre la situation à l’époque doivent être écartées car les dirigeants de ce pays ont conservé et renforcé les accords secrets de défense avec les dirigeants des pays francophones dont le Togo qui conduisent systématiquement au maintien en place d’autocrates, voire des dictateurs, en Afrique. Or, ces accords secrets ne sont pas dénoncés par de nombreux pays francophones dont le Togo, ce qui empêche la participation de ce pays à l’Alliance des Etats du Sahel (Burkina-Faso, Mali et Niger). Olusegun Obasanjo a été un instrument majeur dans le maintien au pouvoir de Faure Gnassingbé en 20à5. Il a plutôt facilité la pérennisation du régime dynastique. L’Histoire avec un grand H doit reconnaître que l&rsquo;Union africaine, sous Olusegun Obasanjo, a plus que tacitement validé la succession Faure Eyadéma et ses militaires qui ont terrorisé le Peuple togolais, contredisant les principes démocratiques africains.</p>
<p>S’il faut retenir au moins des raisons principales outre les nombreux assassinats ciblés, abus de droit et abus de pouvoir, il y a lieu de rappeler ce qui permet de cimenter la lutte de libération du Peuple togolais, qu’il soit jeune ou moins jeune :</p>
<p style="padding-left: 40px"><strong><em>7.1 La succession dynastique non démocratique et le coup d&rsquo;État militaire sanglant de 2005 accompagné d’un coup d’Etat constitutionnel.</em></strong> Cela a eu comme conséquence structurelle que le régime et le système Gnassingbé sont fondés sur une succession monarchique habillée par des changements constitutionnels illégaux, créant un sentiment d&rsquo;illégitimité originelle, appuyés par une partie de la communauté internationale dont la France qui maintient ses accords secrets de défense à ce système illégal et anticonstitutionnel ;</p>
<p style="padding-left: 40px"><strong><em>7.2 Dérive monarchique, confiscation du pouvoir, violation des droits fondamentaux, emprisonnement systématique ou représailles pour forcer à l’exil de nombreux citoyennes et citoyens togolais épris de liberté, de vérité, de justice et de solidarité</em></strong> et donc de vérité des urnes et de vérité des comptes publics. La conséquence structurelle est que la grande majorité du Peuple togolais, y compris dans la Diaspora, subit la confiscation du pouvoir démocratique assortie de la volonté de pérenniser indéfiniment du pouvoir par Faure Gnassingbé et ses affidés. Tout ceci dans l’omerta et le silence des cimetières s’est fait et continue de se faire au détriment d’un Peuple togolais empêché de choisir librement et démocratiquement ses dirigeants, bloquant ainsi toutes les aspirations populaires non sans humiliations diverses et multiples. Autrement dit, aucune alternative politique n’est possible au Togo pacifiquement telles que fonctionnent les institutions autocratiques sous la férule du système Gnassingbé.</p>
<p style="padding-left: 40px"><strong><em>7.3 Changement unilatéral en 2024 sans respect du parallélisme de la forme juridique de la Constitution de 1992 adopté par référendum par le Peuple togolais à près de 98 % par 74 % des votants : </em></strong>le passage d’un régime présidentiel-autocratique à un régime parlementaire-autocratique pour permettre un mandat illimité à Faure Gnassingbé tout en supprimant le suffrage universel et le droit de chaque togolais de choisir son dirigeant ne passe pas ! La révision constitutionnelle d&rsquo;avril 2024, adoptée par l&rsquo;Assemblée nationale en seconde lecture le 19 avril 2024, a falsifié et bafoué les dispositions originelles non négociables de la Constitution du Peuple togolaise de 1992 (approuvée à 97,6% le 27 septembre 1992), en supprimant arbitrairement la limitation à deux mandats présidentiels et en anéantissant le droit de vote des Togolais de la Diaspora, violations manifestes du principe de souveraineté populaire et de l&rsquo;intangibilité des droits fondamentaux. Cette modification constitutionnelle constitue un coup d&rsquo;État constitutionnel qui habille juridiquement la perpétuation du pouvoir de Faure Gnassingbé au-delà de deux mandats, en violation de l&rsquo;article 59 de la Constitution de 1992 et des principes démocratiques internationaux. Cette réforme illégale et anticonstitutionnelle permet à Faure Gnassingbé de <strong>rester au pouvoir sans limite de mandat</strong>, contournant la limitation à 2 mandats prévue par la Constitution de 1992. Plus de 87 % des Togolais soutiennent la limitation à 2 mandats en 2017. Or, Faure Gnassingbé n&rsquo;est plus élu par le Peuple togolais, mais par les députés de l&rsquo;Assemblée nationale qui ont été sans vérité des urnes et sont fiers d’être une chambre d’enregistrement bénéficiant d’une impunité sans limites et refusent toutes procédures consistant à rendre des comptes au Peuple togolais. C’est ainsi qu’un nouveau poste a été créé dit « le Président du Conseil des ministres<sup><a id="post-21531-endnote-ref-18" href="#post-21531-endnote-18">[18]</a></sup> ». Ce président du Conseil gouverne pour 6 ans. Il n&rsquo;y a aucune limite à son nombre de renouvellements. Il est un super-Premier ministre désigné par les députés à sa solde et qui a tous les pouvoirs d&rsquo;État et dégrade et dévalorise la fonction du « nouveau » Président de la République.</p>
<p>Ces 3 piliers structurels expliquent pourquoi une très grande majorité du Peuple togolais y compris dans la Diaspora appellent à la démission de Faure Gnassingbé pour lui souhaiter son anniversaire : le régime est considéré comme illégitime, violent, illégal, antidémocratique, usurpant la démocratie souhaitée par le Peuple togolais, et plus particulièrement anticonstitutionnel. Il suffit pourtant que la Cour de Justice de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> se prononce sur ces points de déni du droit au Peuple togolais. Apparemment, le système Gnassingbé ne souhaite pas se prononcer et ne voit d’ailleurs pas le rapport entre Faure Gnassingbé et l’humiliation du Peuple togolais.</p>
<p>Suite aux travaux indépendants de la Conférence nationale souveraine avec les forces vives de la nation, entre le 8 juillet et le 28 août 1991, les revendications qui ne pourront pas s’arrêter trouvent leurs sources dans la Constitution togolaise d’octobre 1992 approuvée par référendum par le Peuple togolais. Cette Constitution du Peuple dans sa version originelle non modifiée unilatéralement par le système Gnassingbé à plusieurs reprises a été voté le 27 Septembre 1992 à une majorité écrasante avec 97,6 % des suffrages exprimés avec un taux de participation inédit de plus de 74 %<sup><a id="post-21531-endnote-ref-19" href="#post-21531-endnote-19">[19]</a></sup>. Or, cette Constitution originelle du Peuple avait inscrit comme non négociable <em>« la limitation à deux du nombre de mandats présidentiels » </em>et le <em>« droit de vote des Togolais de la Diaspora ».</em> Rappelons tout de même que selon Afrobaromètre<sup><a id="post-21531-endnote-ref-20" href="#post-21531-endnote-20">[20]</a></sup>, plus de <em>87 % des Togolais soutenaient cette limitation à deux du nombre de mandats présidentiels en 2017 contre 85 % en 2014 et 84 % en 2012. </em>Or, il est impossible du fait de la répression du système Gnassingbé de traduire cette volonté du Peuple togolais en une vérité des urnes qui aurait produit l’alternance politique pacifiquement. Autrement dit, <strong>Faure Gnassingbé et son système représentent moins de 13 % du Peuple togolais.</strong></p>
<h3><strong>8. RECOMMANDATIONS DE <acronym title="Réseau de Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante">RCDTI</acronym> ET <acronym title="Collectif pour la Vérité des Urnes">CVU</acronym>-TOGO-DIASPORA : </strong></h3>
<p><acronym title="Réseau de Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante">RCDTI</acronym> et <acronym title="Collectif pour la Vérité des Urnes">CVU</acronym>-TOGO-DIASPORA réitèrent trois de ces propositions pour redonner espoir au Peuple togolais et sortir du fatalisme :</p>
<p style="padding-left: 40px"><strong><em>8.1 Retrouver la force collective : s’unir, s’organiser et agir ensemble de manière non violente</em></strong></p>
<p style="padding-left: 40px">Même face à un pouvoir qui accapare à son profit exclusif les institutions, un peuple uni reste plus fort que la peur. Cela passe par :</p>
<ul>
<li style="list-style-type: none">
<ul>
<li>le choix de ne pas légitimer le système Gnassingbé ;</li>
<li>la solidarité entre citoyens sans délation pour de l’argent ;</li>
<li>la création de réseaux locaux d’entraide et d’information sur la réalité des actions illégales et anticonstitutionnelles du système Gnassingbé ;</li>
<li>la mobilisation pacifique fondée sur l’article 150 de la Constitution du Peuple togolais ;</li>
<li>la désobéissance civile non violente lorsque la loi est détournée contre le Peuple.</li>
</ul>
</li>
</ul>
<p style="padding-left: 40px">En effet, l’unité populaire brise l’isolement, neutralise la peur et redonne confiance.</p>
<p style="padding-left: 40px"><strong><em>8.2 Utiliser le droit comme arme pacifique : documenter, dénoncer, saisir les juridictions nationales et internationales</em></strong></p>
<p style="padding-left: 40px">Même quand les institutions internes sont affaiblies, le droit reste un outil puissant. Le Peuple togolais peut :</p>
<ul>
<li style="list-style-type: none">
<ul>
<li>documenter chaque violation ;</li>
<li>saisir la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>, l’Union africaine, les rapporteurs de l’<acronym title="Organisation des Nations unies">ONU</acronym> ;</li>
<li>exiger la transparence, la reddition des comptes et la protection des droits fondamentaux ;</li>
<li>soutenir les avocats, journalistes et défenseurs des droits humains.</li>
</ul>
</li>
</ul>
<p style="padding-left: 40px">Le droit transforme la souffrance en preuves, et les preuves en pression politique. Il s’agit d’une des procédures pacifiques.</p>
<p style="padding-left: 40px"><strong><em>8.3 Construire une alternative crédible : préparer une transition démocratique et inclusive</em></strong></p>
<p style="padding-left: 40px">L’espoir renaît quand le peuple se donne les moyens de tracer un chemin clair vers l’avenir. Cela implique :</p>
<ul>
<li style="list-style-type: none">
<ul>
<li>un projet de transition politique citoyenne ;</li>
<li>une vision commune basée sur des institutions indépendantes ;</li>
<li>un programme national pour la jeunesse, la vérité, justice, l’économie, la souveraineté et la souveraineté ; et</li>
<li>des leaders intègres, issus du peuple, capables de rassembler, et indépendants de Faure Gnassingbé et son système.</li>
</ul>
</li>
</ul>
<p>Une alternative politique crédible offre au Peuple togolais une raison d’espérer et au pouvoir une raison de céder pacifiquement avec ses droits humains garantis.</p>
<p>En définitive, <acronym title="Réseau de Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante">RCDTI</acronym> et <acronym title="Collectif pour la Vérité des Urnes">CVU</acronym>-TOGO-DIASPORA rappellent que même après vingt et un ans d’abus de droit et de pouvoir, <strong>un Peuple n’est jamais condamné à la fatalité, encore moins à la fatalité</strong> <strong>de la soumission.</strong> En s’unissant, en utilisant le droit et en construisant une alternative, le peuple togolais peut <strong>retrouver sa dignité, sa liberté et sa souveraineté</strong>, sans violence, sans chaos, et sans peur.</p>
<p>Le Togo connaît une rupture profonde de l’État de droit sous le système Gnassingbé, marquée par des violations répétées de la Constitution et un usage abusif du pouvoir. Cet inventaire expose clairement les dérives institutionnelles qui ont fragilisé la souveraineté populaire. Le Peuple togolais et sa Diaspora indépendante devront se l’approprier pour mieux préparer le Togo sans le système Gnassingbé.</p>
<p><strong>La Direction du :</strong></p>
<p><strong>Réseau de Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante (<acronym title="Réseau de Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante">RCDTI</acronym>) et du Collectif pour la Vérité des Urnes-Diaspora Togo (<acronym title="Collectif pour la Vérité des Urnes">CVU</acronym>-TOGO-DIASPORA) en partenariat avec toutes personnalités ou structures de la société civile indépendantes et aux citoyennes et citoyens indépendants.</strong></p>
<p><strong>SIGNATAIRES : <acronym title="Réseau de Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante">RCDTI</acronym>, <acronym title="Collectif pour la Vérité des Urnes">CVU</acronym>-TOGO-DIASPORA, PARTENAIRES ET SYMPATHISANTS :</strong></p>
<ol>
<li>Yves Ekoué AMAÏZO, Dr.</li>
<li>Ernesto D’ALMEIDA, Dr.</li>
<li>Mathieu D’ALMEIDA</li>
<li>Koffi DEKU, Ing.</li>
<li>François FABREGAT</li>
<li>Papa KHADIDJA</li>
<li>De nombreux CITOYENS (ENNES) ont souhaité ne pas voir leur nom figurer en qualité de signataires, par peur de représailles du système Gnassingbé.</li>
</ol>
<p><strong>Contact et Coordination : info@cvu-togo-diaspora.org et rcdti@cvu-togo-diaspora.org</strong></p>
<p>Note : Toutes les personnalités ou associations qui souhaitent être signataires des textes de <acronym title="Réseau de Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante">RCDTI</acronym> et <acronym title="Collectif pour la Vérité des Urnes">CVU</acronym>-TOGO-DIASPORA peuvent le faire en écrivant par courrier électronique à l’adresse ci-dessous. Ils ou elles auront l’occasion de participer à l’une ou l’autre des téléconférences fondant notre démocratie participative et proposer des solutions dans le cadre du projet de transition politique et du projet de société commun pour l’avenir du Togo.</p>
<p><strong> **********************************</strong></p>
<p><strong>© <acronym title="Réseau de Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante">RCDTI</acronym> &amp; <acronym title="Collectif pour la Vérité des Urnes">CVU</acronym>-TOGO-DIASPORA</strong></p>
<p><strong>Réseau de Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante (<acronym title="Réseau de Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante">RCDTI</acronym>) &#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212; </strong> <img decoding="async" class="wp-image-21534" src="https://amaizo.info/files/2026/06/word-image-21531-1-1.jpeg" /></p>
<p><strong>Collectif pour la Vérité des Urnes-Diaspora Togo (<acronym title="Collectif pour la Vérité des Urnes">CVU</acronym>-TOGO-DIASPORA) &#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8211; </strong> <img decoding="async" class="wp-image-21535" src="https://amaizo.info/files/2026/06/word-image-21531-2-1.png" /></p>
<p><strong>********************************* </strong></p>
<p><strong>Notes :</strong></p>
<ol>
<li id="post-21531-endnote-1"><acronym title="Organisation Mondiale contre la Torture">OMCT</acronym> (2025a). <em>Déclaration sur les violations des droits humains suite aux manifestations de juin 2025 au Togo</em>. « Déclarations. Répression de la Gen Z au Togo : 48 activistes doivent être libérés (es) de toute urgence ». 22 octobre 2025. In <a href="http://www.omct.org/fr" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right"><em>www.omct.org/fr</em><span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a><em>. </em>Accédé le 6 juin 2026. Voir <a href="https://www.omct.org/fr/ressources/declarations/__temp_dskcenfkdhqmbilqkgapxwsjwvewajrhhfps" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.omct.org/fr/ressources/declarations/__temp_dskcenfkdhqmbilqkgapxwsjwvewajrhhfps<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-21531-endnote-ref-1">↑</a></li>
<li id="post-21531-endnote-2">Amnesty International (2025). <em>Togo: Violent crackdown on protests and human rights violations.</em> In <em>www.amnesty.org/fr.</em> Accédé le 6 juin 2026. Voir <a href="https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2025/07/togo-repression-protests/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2025/07/togo-repression-protests/<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-21531-endnote-ref-2">↑</a></li>
<li id="post-21531-endnote-3">Le Monde (2025). « Au Togo, l&rsquo;arrestation du rappeur Aamron remobilise l&rsquo;opposition à Faure Gnassingbé ». 13 juin 2025. In <a href="http://www.lemonde.fr" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right"><em>www.lemonde.fr</em><span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a>. Accédé le 6 juin 2026. Voir <a href="https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/06/13/au-togo-l-arrestation-du-rappeur-aamron-remobilise-l-opposition-a-faure-gnassi" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/06/13/au-togo-l-arrestation-du-rappeur-aamron-remobilise-l-opposition-a-faure-gnassi<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a>   <a href="#post-21531-endnote-ref-3">↑</a></li>
<li id="post-21531-endnote-4">Amnesty International (2025). Op. Cit. <a href="#post-21531-endnote-ref-4">↑</a></li>
<li id="post-21531-endnote-5"><acronym title="Organisation Mondiale contre la Torture">OMCT</acronym> (2025b). <em>Togo : au moins 81 arrestations arbitraires et actes de torture contre les manifestants (es) du 5 et 6 juin</em>. 13 juin 2025. In <a href="http://www.omct.org/fr" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right"><em>www.omct.org/fr</em><span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a>. Accédé le 6 juin 2026. Voir <a href="https://www.omct.org/fr/ressources/appels-urgents/togo-au-moins-81-arrestations-arbitraires-et-actes-de-torture-contre-les-manifestant-es-du-5-et-6-juin" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.omct.org/fr/ressources/appels-urgents/togo-au-moins-81-arrestations-arbitraires-et-actes-de-torture-contre-les-manifestant-es-du-5-et-6-juin<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-21531-endnote-ref-5">↑</a></li>
<li id="post-21531-endnote-6">La DMK est un creuset de 7 partis politiques de l&rsquo;opposition et 7 organisations de la société civile, ayant soutenu la candidature d&rsquo;Agbéyomé Kodjo à la présidentielle de 2020. <a href="#post-21531-endnote-ref-6">↑</a></li>
<li id="post-21531-endnote-7">La DMP est une scission créée en avril 2023 par certains membres de la DMK, suite à des différends entre Mgr Kpodzro et les composantes de la coalition. Elle s&rsquo;engage pour la libération des prisonniers politiques et le retour des exilés. <a href="#post-21531-endnote-ref-7">↑</a></li>
<li id="post-21531-endnote-8">La <em>Libération démocratique du peuple</em> est une entité, membre de la coalition CNCC avec l&rsquo;<acronym title="African National Congres">ANC</acronym> (Alliance nationale pour le Changement). <a href="#post-21531-endnote-ref-8">↑</a></li>
<li id="post-21531-endnote-9">La Coalition CNCC est composée des entités suivantes : Les partis <acronym title="African National Congres">ANC</acronym>, FDR, <acronym title="Alliance des Démocrates pour le Développement Intégral ">ADDI</acronym>, PSR et le mouvement citoyen Togo Debout (incluant potentiellement LDP) ont formé une nouvelle coalition baptisée <em>« Cadre national de concertation pour le changement au Togo »</em> (CNCC) en mai 2026. Cette coalition s&rsquo;est mobilisée contre les réformes constitutionnelles du pouvoir de Faure Gnassingbé, qui permettent selon eux de consolider son pouvoir. Le Président de l&rsquo;<acronym title="African National Congres">ANC</acronym>, Jean-Pierre Fabre, a pris la parole lors de la manifestation du 6 mai 2026 qui relance les contestations populaires. La CNCC a soutenu l&rsquo;appel du M66 à la journée <em>« Togo en pause »</em> du 6 juin 2026. <a href="#post-21531-endnote-ref-9">↑</a></li>
<li id="post-21531-endnote-10">Observatoire des Violations des Droits de l&rsquo;Homme (2025). <em>Togo : Un rapport international dénonce des violences policières et des violations des droits humains lors des manifestations des 5 et 6 juin</em>. 16 juin 2025. Accédé le 6 juin 2026. Voir <a href="https://togoactualite.com/togo-un-rapport-international-denonce-des-violences-policieres-et-des-violations-des-droits-humains-lo" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://togoactualite.com/togo-un-rapport-international-denonce-des-violences-policieres-et-des-violations-des-droits-humains-lo<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-21531-endnote-ref-10">↑</a></li>
<li id="post-21531-endnote-11">Rédaction Togoactualité (2025). « Togo : Un rapport international dénonce des violences policières et des violations des droits humains lors des manifestations des 5 et 6 juin ». 17 juin 2025. In togoactualite.com. Accédé le 6 juin 2026. Voir <a href="https://togoactualite.com/togo-un-rapport-international-denonce-des-violences-policieres-et-des-violations-des-droits-humains-lors-des-manifestations-des-5-et-6-juin/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://togoactualite.com/togo-un-rapport-international-denonce-des-violences-policieres-et-des-violations-des-droits-humains-lors-des-manifestations-des-5-et-6-juin/<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-21531-endnote-ref-11">↑</a></li>
<li id="post-21531-endnote-12">RT France (2025). « Manifestations au Togo : le gouvernement lance des mandats d&rsquo;arrêt contre le mouvement M66 ». 10 juillet 2025. Accédé le 6 juin 2026. Voir <a href="https://francais.rt.com/news/122934-manifestations-togo-gouvernement-lance-mandats-arret-contre-mouvement-m66" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://francais.rt.com/news/122934-manifestations-togo-gouvernement-lance-mandats-arret-contre-mouvement-m66<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-21531-endnote-ref-12">↑</a></li>
<li id="post-21531-endnote-13">Fédération Internationale des Ligues des Droits de l&rsquo;Homme (<acronym title="Fédération internationale des ligues des Droits de l Homme">FIDH</acronym>) (2025). «<em>Togo : au moins 81 arrestations arbitraires et actes de torture contre les manifestants (es) du 5 et 6 juin. </em><acronym title="Fédération internationale des ligues des Droits de l Homme">FIDH</acronym> : Paris. Accédé le 6 juin 2026. Voir <a href="https://www.fidh.org/fr/regions/afrique/togo/togo-pour-que-cesse-enfin-la-repression-sanglante-des-manifestant-es" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.fidh.org/fr/regions/afrique/togo/togo-pour-que-cesse-enfin-la-repression-sanglante-des-manifestant-es<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-21531-endnote-ref-13">↑</a></li>
<li id="post-21531-endnote-14">Nations Unies (1966). <em>Pacte international relatif aux droits civils et politiques.</em> Adopté le 16 décembre 1966, entrée en vigueur le 23 mars 1976. <a href="#post-21531-endnote-ref-14">↑</a></li>
<li id="post-21531-endnote-15">Diène, D. (2005). <em>Report of the Special Rapporteur on contemporary forms of racism, racial discrimination, xenophobia and related intolerance. (Rapporteur spécial de l&rsquo;<acronym title="Organisation des Nations unies">ONU</acronym> sur les formes contemporaines de racisme de 2005 sur le Togo). </em>Rapport Doudou Diène &#8211; <acronym title="Organisation des Nations unies">ONU</acronym> (2005). <em>Réalités des victimes du coup d&rsquo;État de février 2005</em>. Rapport officiel des Nations Unies &#8211; <acronym title="Organisation des Nations unies">ONU</acronym> : A/HRC/1/285 (27 avril 2005). 27 août 2005 (mission du 13-24 juin 2005). Accédé le 6 juin 2026. Voir <a href="https://reliefweb.int/report/togo/rapport-la-mission-d%C3%25A" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://reliefweb.int/report/togo/rapport-la-mission-d%C3%A<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-21531-endnote-ref-15">↑</a></li>
<li id="post-21531-endnote-16">African Union/Union africaine (2005). « The Chairperson of the Commission of the African Union confirms the suspension of Togo and expresses AU’s support for the measures taken by ECOWAS against the de facto authorities in Togo<em> »</em>. Press Release No. 03/2005. Addis Ababa, 20 February 2005. In <a href="http://www.sipri.org" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right"><em>www.sipri.org</em><span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a><em>.</em> Accessed on June 6, 2026. Retrieved from <a href="https://www.sipri.org/sites/default/files/2016-03/AU-Togo.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.sipri.org/sites/default/files/2016-03/AU-Togo.pdf<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-21531-endnote-ref-16">↑</a></li>
<li id="post-21531-endnote-17">En février 2005, lors du coup d&rsquo;État au Togo, Obasanjo était donc officiellement Président de l&rsquo;Union Africaine et Président du Nigeria. Sa fonction actuelle depuis le 26 août 2021 accordée par les chefs d’Etat de l’Union africaine et non par les Peuples africains est : Haut Représentant de l&rsquo;Union Africaine pour la Corne de l&rsquo;Afrique. <a href="#post-21531-endnote-ref-17">↑</a></li>
<li id="post-21531-endnote-18">Faure Gnassingbé a prêté serment comme Président du Conseil des ministres le 3 mai 2025. <a href="#post-21531-endnote-ref-18">↑</a></li>
<li id="post-21531-endnote-19">Ajansı, A. (2017). « <em>Togo: L&rsquo;opposition commémore les 25 ans de la Constitution togolaise de 1992 ». </em>26 septembre 2017. Accédé le 6 juin 2026. Voir <a href="https://www.aa.com.tr/fr/afrique/togo-lopposition-comm%C3%A9more-les-25-ans-de-la-constitution-togolaise-de-1992/921298" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://www.aa.com.tr/fr/afrique/togo-lopposition-comm%C3%A9more-les-25-ans-de-la-constitution-togolaise-de-1992/921298<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a>. <a href="#post-21531-endnote-ref-19">↑</a></li>
<li id="post-21531-endnote-20">Afrobaromètre (2017) <em>AD220. « Les Togolais soutiennent les revendications de l&rsquo;opposition sauf la démission du Président ». In </em><a href="http://www.afrobarometer.org" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right"><em>www.afrobarometer.org</em><span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a><em>. Accédé le 6 juin 2026. Voir </em><a href="https://www.afrobarometer.org/publication/ad220-les-togolais-soutiennent-les-revendications-de-lopposition-sauf-la-demission-du/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right"><em>h</em>ttps://www.afrobarometer.org/publication/ad220-les-togolais-soutiennent-les-revendications-de-lopposition-sauf-la-demission-du/<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a> <a href="#post-21531-endnote-ref-20">↑</a></li>
</ol><p>Publié par <a href="https://amaizo.info/author/rcdti" data-wpel-link="internal">Réseau de coordination de la Diaspora Togolaise indépendante</a> sur <a href="https://amaizo.info" data-wpel-link="internal">amaizo.info - Le savoir au service de l&#039;interdépendance</a></p>
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<p><iframe title="Ibrahim Traoré &amp; Kouyaté : Le DEAL caché ? (AES-CEDEAO)" width="500" height="281" src="https://www.youtube.com/embed/zdLlmc_9H5k?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<p>Source : <a href="https://youtu.be/zdLlmc_9H5k?si=-8dZHugJ_Wp5ixsP" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer" class="ext-link wpel-icon-right">https://youtu.be/zdLlmc_9H5k?si=-8dZHugJ_Wp5ixsP<span class="wpel-icon wpel-image wpel-icon-5"></span></a></p>
<p>Dr. Yves Ekoué AMAÏZO<br />
Directeur général Afrocentricity Think Tank</p>
<p>Le médiateur de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>, Lansana Kouyaté (ancien Premier ministre guinéen), a été nommé le 25 mars 2026 pour renouer le dialogue avec l&rsquo;AES.</p>
<h3>1. VELLEITES DE RECONNAISSANCE DE L&rsquo;AES PAR LA <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym></h3>
<p>Sa visite historique au capitaine Ibrahim Traoré à Ouagadougou a eu lieu à la fin du mois de mai 2026), marquant le début concret de sa médiation. Il a préalablement consulté le Président Alassane Ouattara de la Côte d&rsquo;Ivoire et le Président Diomaye Faye du Sénégal, tous deux considérés comme des voix transmettant la « pensée exécutoire » des autorités françaises. L&rsquo;objet de sa mission est marqué par une volonté de « reconnaissance » de fait de l&rsquo;AES afin de trouver des voies de coopérations nouvelles entre les deux entités régionales.</p>
<p>L&rsquo;objet de sa mission peut se résumer en cinq points :</p>
<ul>
<li>Rétablir le dialogue entre la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> et les pays de l&rsquo;AES (Burkina Faso, Mali, Niger).</li>
<li>Favoriser un rapprochement diplomatique et créer les conditions d&rsquo;un dialogue constructif.</li>
<li>Œuvrer à une désescalade des tensions et à un rapprochement durable entre AES et <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>.</li>
<li>Renforcer les passerelles de dialogue sur la libre circulation, la sécurité régionale et le développement.</li>
<li>Faire reconnaître mutuellement la légitimité des deux parties, sans hiérarchie ni subordination.</li>
</ul>
<h3>2. LE « DEAL » AES-<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> SOUS CONDITIONS</h3>
<p>Suite à la visite du médiateur de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>, le général Kouyaté, dans un contexte de fortes tensions régionales.</p>
<p>Le capitaine Ibrahim Traoré, président en exercice de l&rsquo;Alliance des États du Sahel (AES) suggère un véritable « Deal » entre l&rsquo;AES et la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> pour permettre une reprise sereine de la collaboration entre deux entités régionales. En effet, la fracture entre l&rsquo;Alliance des États du Sahel (AES) et la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> est profonde car l&rsquo;AES refuse de reconnaître l&rsquo;autorité de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>, considérée comme sous influence étrangère, accessoirement française, mais pas que.</p>
<p>De fait, la crédibilité de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> est mise à rude épreuve face aux coups d&rsquo;État, au chaos sécuritaire et à la montée des groupes terroristes comme le JNIM.<br />
La journaliste indépendante, Samantha Ramsamy interroge deux spécialistes de la région : Mohamed AG Hamedou, Journaliste et spécialiste du Nord du Mali et Dr. Yves Ekoué Amaïzo, Président de Afrocentricity Think Tank. Ensemble, ils décortiquent les chemins demeurés opaques de la nouvelle diplomatie du « deal » entre l&rsquo;AES et la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> dans un contexte de luttes antiterroriste et d&rsquo;enjeux géopolitiques. Au delà des divergences, il y a malgré tout une volonté de dialogue, et un besoin de mettre fin à l&rsquo;approche du  » tout militaire » qui rencontre ses limites tout en grevant le budget de ces Etats.</p>
<p>Mohamed AG Hamedou a insisté que les populations civiles soient plus épargnées et qu&rsquo;un dialogue inter-malien pour une transition puisse démarrer avec tous les Maliens pour trouver des solutions africaines</p>
<p>Une proposition clé de sortie de crise doit reposer sur le parallélisme des formes afin que l&rsquo;AES soit traitée d&rsquo;égal à égal, sans hiérarchie ou condescendance par la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>. Pour ce faire, Dr. Amaïzo recommande à l&rsquo;AES de nommer un représentant officiel, si possible un « général » d&rsquo;armée pour négocier avec le ou les futur représentants de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>, sur un pied d&rsquo;égalité. Cela permettrait de restaurer la reconnaissance mutuelle, la légitimité des représentations et un agenda commun sur la libre circulation, la sécurité et le développement.</p>
<p>Néanmoins, il est possible de considérer les cinq points suivants comme des préconditions pour une relation <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>-AES apaisée.</p>
<h3>3. LES CONDITIONS DU « DEAL » AES-<acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym></h3>
<p>Suite au silence du médiateur de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>, Lansana Kouyaté à la sortie de son entretien avec le président en exercice de l&rsquo;AES, il convient néanmoins proposer des conditions claires pour rétablir une relation d&rsquo;égal à égal avec la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> :</p>
<p style="padding-left: 40px">3.1 Reconnaissance mutuelle de légitimité : l&rsquo;AES exige que la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> reconnaisse pleinement la légitimité des gouvernements issus des coups d&rsquo;État dans l&rsquo;AES, sans condition de retour immédiat à l&rsquo;ordre constitutionnel occidental.</p>
<p style="padding-left: 40px">3.2 Parallélisme des formes : Les négociations doivent se faire entre représentants officiels de l&rsquo;AES et de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym> sur un pied d&rsquo;égalité, sans hiérarchie ni subordination.</p>
<p style="padding-left: 40px">3.3 Nomination d&rsquo;un représentant de l&rsquo;AES : le Dr. Amaïzo recommande, du côté de l&rsquo;AES, de désigner un représentant officiel pour traiter directement avec le représentant de la <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>, afin d&rsquo;institutionnaliser le dialogue.</p>
<p style="padding-left: 40px">3.4 Agenda commun sur la souveraineté : l&rsquo;AES exige un agenda partagé sur la libre circulation, la sécurité régionale et le développement, fondé sur la souveraineté nationale et non sur des diktats et ingérences externes.</p>
<p style="padding-left: 40px">3.5 Fin de l&rsquo;improvisation diplomatique : l&rsquo;AES par la voix du Président Traoré insiste sur la nécessité d&rsquo;un dialogue structuré, transparent et respectueux, au lieu de relations imprévisibles et belliqueuses.</p>
<p style="padding-left: 40px">3.6 sur la lutte contre le terrorisme et les pays qui servent de repli à des mercenaires-terroristes-djihadistes, il faudra nécessairement que certains Etats de la sous-région jouent double-jeu ou servent de proxis à des intérêts étrangers occidentaux ou arabes.</p>
<p>La stratégie de sortie de crise devra alors reposer sur l&rsquo;instauration d&rsquo;un dialogue sur des bases d&rsquo;égalite entre bloc régional et si possible avec des experts indépendants y compris de la Diaspora, l&rsquo;institutionnalisation des procédures de dialogue qui devra être centré sur la transparence et la souveraineté, et enfin le problème de la la sécurité et du développement communs devront reposer sur la « solidarité » et moins sur la domination, la confrontation ou la volonté de tromper la vigilance des dirigeants de l&rsquo;AES pour leur faire un coup d&rsquo;Etat. Pour ce faire, des gestes de détente devront aussi provenir des dirigeants de l&rsquo;AES.</p>
<h3>4. CONCLUSION : LA PAIX REPOSE SUR UNE VOLONTE POLITIQUE SANS INGERENCE EXTERIEURE</h3>
<p>La stabilité de l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest et du Sahel dépend de la volonté commune des dirigeants de l&rsquo;Afrique occidentale pour sortir de la crise importée sans passer par la case « improvisation ». Pour cela, les dirigeants de l&rsquo;AES devront laisser plus de place à la liberté de parole, la transparence, le respect mutuel de tous les concitoyens et poser les bases d&rsquo;une vision commune africaine au delà même du Sahel.<br />
En définitive, la clé de la crise réside dans un dialogue structuré et égalitaire entre AES et <acronym title="Communauté économique et de développement des Etats de l Afrique de l Ouest">CEDEAO</acronym>, plutôt que dans une relation de soumission ou de confrontation.</p>
<p>3 juin 2026<br />
Dr. Yves Ekoué Amaïzo, Ph.D., MBA<br />
Directeur général Afrocentricity Think Tank<br />
© 2026. Afrocentricity Think Tank</p><p>Publié par <a href="https://amaizo.info/author/yeamaizo" data-wpel-link="internal">Yves Ekoué Amaïzo</a> sur <a href="https://amaizo.info" data-wpel-link="internal">amaizo.info - Le savoir au service de l&#039;interdépendance</a></p>
]]></content:encoded><description>&lt;p&gt;3 juin 2026 Source : https://youtu.be/zdLlmc_9H5k?si=-8dZHugJ_Wp5ixsP Dr. Yves Ekoué AMAÏZO Directeur général Afrocentricity Think Tank Le médiateur de la CEDEAO, Lansana Kouyaté (ancien Premier ministre guinéen), a été nommé le 25 mars 2026 pour renouer le dialogue avec l&amp;#8217;AES. 1. VELLEITES DE RECONNAISSANCE DE L&amp;#8217;AES PAR LA CEDEAO Sa visite historique au capitaine Ibrahim Traoré [&amp;#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Publié par &lt;a href="https://amaizo.info/author/yeamaizo" data-wpel-link="internal"&gt;Yves Ekoué Amaïzo&lt;/a&gt; sur &lt;a href="https://amaizo.info" data-wpel-link="internal"&gt;amaizo.info - Le savoir au service de l&amp;#039;interdépendance&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
</description><author>infos@amaizo.info (Yves Ekoué Amaïzo)</author></item></channel></rss>