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	<title>Afriique Economie</title>
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	<description>Afrique Economie s'intéresse aux actualités économiques et politiques qui rythment le continent africain. Dans les actualités que nous publions, nous traitons l'information de manière claire et indépendante. L'Afrique est le continent de toutes les richesses, pouvoir en suivre ses actualités est un plaisir que nous souhaitons partager ici avec vous. </description>
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		<title>Climat : l’Afrique face au défi des 277 milliards $</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Auteur]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Sep 2026 11:42:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[afrique]]></category>
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		<category><![CDATA[ClimDev-Africa]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>la CCDA-14 souligne l’ampleur du défi : 277 milliards $ sont nécessaires chaque année pour financer les NDC, mais moins de 11 % sont aujourd’hui mobilisés. L’enjeu : transformer les engagements en projets concrets avant la </p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le 7 septembre, des dirigeants africains, des experts du climat et des représentants d&rsquo;institutions financières se sont retrouvés au Centre des Nations unies à Addis-Abeba pour l&rsquo;ouverture de la Quatorzième Conférence sur le changement climatique et le développement en Afrique. Organisée par les partenaires de <a href="https://www.climdev-africa.org/" target="_blank" rel="noopener">ClimDev-Africa</a> (la Commission économique pour l&rsquo;Afrique, la Banque africaine de développement et la Commission de l&rsquo;Union africaine), la conférence s&rsquo;est ouverte sur un constat sans ambiguïté : il ne suffit plus de prendre des engagements.</strong></p>
<p>Le thème retenu, « From Pledges to Implementation : The Belem-Antalya-Addis Roadmap », résume l&rsquo;ambition du moment. Il s&rsquo;agit d&rsquo;articuler les enseignements des précédentes COP avec les priorités africaines, en visant la COP31 prévue à Antalya, en Turquie, et une éventuelle présidence africaine de la COP32 en 2027. Les travaux doivent déboucher sur des « Addis Ababa Climate Action Messages », document de position qui structurera la voix du continent dans les négociations climatiques des prochains mois.</p>
<h2 id="un-déficit-de-277-milliards-de-dollars-par-an-couvert-à-11-">Un déficit de 277 milliards de dollars par an, couvert à 11 %</h2>
<p>Le chiffre avancé par Claver Gatete, Secrétaire exécutif de la CEA, lors de son discours d&rsquo;ouverture, fixe l&rsquo;ampleur du problème : 277 milliards de dollars par an sont nécessaires jusqu&rsquo;en 2030 pour permettre à l&rsquo;Afrique de mettre en œuvre ses contributions déterminées au niveau national (NDC). Ces documents de planification climatique, que chaque pays signataire de l&rsquo;Accord de Paris doit produire et régulièrement actualiser, définissent les objectifs de réduction des émissions et d&rsquo;adaptation au changement climatique. Ils orientent de plus en plus les politiques industrielles et les stratégies de développement des États africains.</p>
<p>Or les flux de financement climatique effectivement dirigés vers le continent ne couvrent qu&rsquo;environ 11 % de ce besoin annuel, selon la CEA. Pour chaque dollar requis, moins de douze cents arrivent à destination. La conséquence est double : des retards dans les projets d&rsquo;adaptation et de mitigation, et une pression supplémentaire sur des budgets publics déjà contraints par les niveaux d&rsquo;endettement élevés d&rsquo;un grand nombre de pays.</p>
<p>Ce décalage ne tient pas à une absence de volonté politique africaine. Il renvoie à une architecture mondiale du financement climatique qui reste défavorable à un continent parmi les moins responsables des émissions historiques, mais parmi les plus exposés à leurs conséquences. La CCDA-14 inscrit ce paradoxe au cœur de ses travaux, en cherchant à la fois des réponses dans le renforcement des ressources domestiques et dans une réforme des mécanismes multilatéraux, sans négliger la question du capital privé.</p>
<h2 id="les-instruments-africains-déjà-opérationnels">Les instruments africains déjà opérationnels</h2>
<p>Loin de se limiter au diagnostic, la conférence a mis en avant plusieurs mécanismes existants. James Kinyangi, coordinateur du Climate and Development Special Fund à la BAD, a détaillé les résultats de la Climate Action Window, instrument dédié aux pays africains les plus vulnérables. Ce mécanisme a mobilisé 450,9 millions de dollars auprès de sept donateurs. Sur cette enveloppe, 386 millions ont été engagés sur 79 projets, dont des systèmes d&rsquo;alerte précoce aux catastrophes climatiques opérationnels dans 12 pays et couvrant 15 millions de personnes.</p>
<p>Au total, la <a href="https://www.afdb.org/fr" target="_blank" rel="noopener">Banque africaine de développement</a> indique avoir mobilisé 8,4 milliards de dollars pour l&rsquo;adaptation climatique sur le continent. Sur le volet restauration des terres, 3,3 milliards de dollars ont été décaissés sur les 6,5 milliards engagés dans le cadre de l&rsquo;Initiative de la Grande Muraille Verte, programme qui vise à restaurer 100 millions d&rsquo;hectares de terres dégradées du Sénégal à Djibouti d&rsquo;ici 2030.</p>
<p>Afreximbank a de son côté annoncé qu&rsquo;elle orientera 5 % de ses prêts de long terme vers le financement climatique d&rsquo;ici 2030, dont 70 % vers des projets d&rsquo;adaptation, selon les déclarations de sa représentante Olubunmi Obasanjo-Williams. Ce mouvement illustre une tendance plus large parmi les banques régionales africaines, qui intègrent progressivement le critère climatique dans leurs décisions d&rsquo;allocation de capitaux.</p>
<p>Ces avancées restent très loin des 277 milliards annuels identifiés comme nécessaires. Plusieurs leviers sont sur la table à Addis-Abeba. Côté ressources, renforcer les garanties publiques peut réduire la prime de risque et rendre les projets attractifs pour les investisseurs privés. Côté gestion de la dette, des montages de type « dette contre investissement climatique » peuvent libérer des marges budgétaires. Et de manière transversale, intégrer les NDC dans les cadres budgétaires à moyen terme permettrait de donner aux engagements climatiques une force contraignante comparable à celle d&rsquo;une loi de finances.</p>
<h2 id="du-champ-au-budget--ladaptation-climatique-au-cœur-de-lagenda-2063">Du champ au budget : l&rsquo;adaptation climatique au cœur de l&rsquo;Agenda 2063</h2>
<p>La CCDA-14 se déroule dans une Afrique où l&rsquo;Union africaine a placé l&rsquo;eau et l&rsquo;assainissement au cœur de son agenda continental pour 2026. Moses Vilakati, Commissaire de l&rsquo;UA pour l&rsquo;agriculture, le développement rural, l&rsquo;économie bleue et l&rsquo;environnement durable, a souligné dans son discours d&rsquo;ouverture que les objectifs climatiques africains sont indissociables de l&rsquo;<a href="https://au.int/fr/agenda2063/vue-ensemble" target="_blank" rel="noopener">Agenda 2063</a>, qui projette un continent résilient, capable de produire de l&rsquo;énergie propre et de garantir la sécurité alimentaire de sa population.</p>
<p>Ce lien entre eau, agriculture et financement climatique est concret. Dans des pays comme le Tchad, le Niger ou l&rsquo;Éthiopie, la sécheresse et l&rsquo;irrégularité des précipitations menacent directement les récoltes et les revenus de populations encore très dépendantes de l&rsquo;agriculture vivrière. Financer l&rsquo;adaptation climatique, dans ce contexte, c&rsquo;est investir dans des systèmes d&rsquo;irrigation résilients, des variétés culturales adaptées aux nouvelles conditions ou des dispositifs d&rsquo;assurance agricole. Un investissement productif, pas seulement environnemental, qui peut directement réduire la vulnérabilité économique des États et soutenir la croissance à moyen terme.</p>
<h2 id="la-cop31-en-vue-et-une-présidence-africaine-à-construire-pour-la-cop32">La COP31 en vue, et une présidence africaine à construire pour la COP32</h2>
<p>La portée de la CCDA-14 dépasse ses trois jours de travaux. Les « Addis Ababa Climate Action Messages » qui en découleront doivent nourrir la position africaine à la COP31 prévue à Antalya. Plus loin, une présidence africaine de la COP32 en 2027 est envisagée, ce qui donnerait au continent un rôle inédit dans la gouvernance mondiale du climat.</p>
<p>Pour peser dans ces enceintes, l&rsquo;Afrique ne peut plus se présenter uniquement comme demandeuse de financements. La CCDA-14 cherche précisément à bâtir une feuille de route qui, partant des engagements de Belém, articule les instruments de financement disponibles avec les priorités africaines pour la transition énergétique et l&rsquo;adaptation.</p>
<p>La prochaine étape sera de mesurer si les messages d&rsquo;Addis-Abeba se transforment en mandats politiques portés par les États africains à la COP31. L&rsquo;architecture mondiale du financement climatique ne se réforme pas en trois jours de conférence. Mais chaque rendez-vous panafricain qui produit des propositions chiffrées et des instruments concrets rapproche le continent d&rsquo;une posture de co-architecte des solutions, plutôt que de simple bénéficiaire des engagements des autres.</p>
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		<title>ZLECAf–Quest Ghana : un pari numérique à 5,17 milliards de dollars pour l’Afrique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Auteur]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Sep 2026 08:32:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Commerce]]></category>
		<category><![CDATA[AfCFTA Digital Trade Corridor]]></category>
		<category><![CDATA[Quest Ghana]]></category>
		<category><![CDATA[seychelles]]></category>
		<category><![CDATA[ZLECAf]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C'est l'une des annonces les plus concrètes pour l'intégration commerciale africaine depuis le lancement opérationnel de la ZLECAf</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le 31 août 2026, à Accra et à Victoria (Seychelles), le secrétariat de la zone de libre-échange continentale africaine (<a href="https://tradeunionsinafcfta.org/fr/accueil/" target="_blank" rel="noopener">ZLECAf</a>) et <a href="https://itservices.questghana.com/" target="_blank" rel="noopener">Quest Ghana</a> ont officiellement signé l&rsquo;accord constitutif de l&rsquo;AfCFTA Digital Trade Corridor. Les Seychelles, qui accueilleront le siège de la coentreprise, a apporté son soutien souverain à l&rsquo;initiative, lui conférant une assise à la fois institutionnelle et souveraine.</strong></p>
<p>La signature marque l&rsquo;aboutissement d&rsquo;un processus entamé plusieurs mois plus tôt : un protocole d&rsquo;accord avait été conclu en mars 2026, avant que le Cabinet seychellois n&rsquo;approuve formellement le projet en juillet. Ce n&rsquo;est donc pas une annonce improvisée, mais la concrétisation d&rsquo;un travail préparatoire qui donne à l&rsquo;accord une légitimité politique plus solide que de nombreux projets continentaux restés au stade de la déclaration d&rsquo;intention.</p>
<h2 id="marché-digital-paiements-et-bourse-de-commodités--les-trois-piliers-du-corridor">Marché digital, paiements et bourse de commodités : les trois piliers du corridor</h2>
<p>Le mandat de la coentreprise est précis. Elle devra concevoir, développer et opérer plusieurs composantes bien distinctes. La première est un marché digital continental, destiné à permettre aux entreprises africaines d&rsquo;échanger des biens et des services via une plateforme commune. La deuxième est un système de paiements interopérables transfrontaliers, pensé pour faciliter le règlement des transactions sans recourir à des correspondants bancaires étrangers ni à des conversions systématiques en devises fortes. La troisième, peut-être la plus stratégique sur le plan économique, est une infrastructure dédiée aux minerais et aux commodités africaines : un mécanisme de trading, de suivi et de règlement qui permettrait de coter et d&rsquo;échanger les ressources naturelles du continent sur une plateforme africaine, plutôt que via des bourses situées à Londres, New York ou Shanghai.</p>
<p>C&rsquo;est sur ce dernier volet que l&rsquo;enjeu de souveraineté économique est le plus tangible. L&rsquo;Afrique concentre une part considérable des réserves mondiales de minerais critiques. Pourtant, la formation des prix et les circuits de financement restent largement organisés depuis l&rsquo;extérieur du continent. Une bourse numérique africaine des commodités ne règlerait pas à elle seule cette asymétrie, mais elle en créerait les conditions institutionnelles nécessaires.</p>
<h2 id="les-seychelles-choix-de-géographie-institutionnelle-pour-un-hub-continental">Les Seychelles, choix de géographie institutionnelle pour un hub continental</h2>
<p>Le choix des Seychelles comme siège de la coentreprise mérite une lecture attentive. Cet archipel de l&rsquo;océan Indien d&rsquo;environ 100 000 habitants n&rsquo;est pas un poids lourd commercial de l&rsquo;Union africaine. Son intérêt tient à d&rsquo;autres atouts : un cadre juridique stable pour les investisseurs internationaux et une ambition affichée de se positionner comme hub financier et technologique à l&rsquo;échelle régionale.</p>
<p>Ce type de montage, où un petit État à la législation favorable héberge le siège d&rsquo;une structure à vocation continentale, répond à une logique partagée par plusieurs grandes initiatives financières africaines. Pour la ZLECAf, l&rsquo;objectif est de disposer d&rsquo;un environnement juridique prévisible, indépendant des aléas politiques de l&rsquo;un ou l&rsquo;autre de ses 54 États membres.</p>
<p>La répartition précise des droits de vote et des responsabilités entre la ZLECAf, Quest Ghana et le gouvernement seychellois n&rsquo;est pas détaillée dans le communiqué officiel. C&rsquo;est l&rsquo;un des points que les observateurs devront suivre dans les prochains mois, pour s&rsquo;assurer que les intérêts commerciaux du partenaire privé ghanéen restent compatibles avec la mission d&rsquo;intérêt public du corridor.</p>
<h2 id="de-200-à-500-milliards-de-dollars--lambition-commerciale-mise-en-chiffres">De 200 à 500 milliards de dollars : l&rsquo;ambition commerciale mise en chiffres</h2>
<p>Quest Ghana Limited valorise le projet à 5,17 milliards de dollars, selon le communiqué de la ZLECAf, ce qui en fait l&rsquo;un des plus grands investissements annoncés dans une infrastructure numérique commerciale à l&rsquo;échelle africaine. Le corridor ambitionne de porter les échanges intra-africains de leur niveau actuel, estimé à environ 200 milliards de dollars, à 500 milliards et au-delà, en s&rsquo;appuyant sur un marché cible de plus de 1,4 milliard de personnes.</p>
<p>Ces chiffres appellent cependant à la prudence. Le commerce intra-africain reste pénalisé par des obstacles qui ne sont pas de nature numérique : routes insuffisantes, procédures douanières lourdes, normes sanitaires divergentes d&rsquo;un pays à l&rsquo;autre. Une infrastructure digitale ne supprime pas ces frictions physiques et réglementaires. En revanche, elle peut considérablement réduire les coûts liés à la recherche de partenaires commerciaux, à la vérification des contreparties et à la traçabilité des flux. C&rsquo;est précisément cette couche de coûts cachés que le corridor cible en priorité.</p>
<p>Il faut aussi replacer cette annonce dans le contexte de la ZLECAf, dont la mise en œuvre avance de manière inégale selon les États membres. Le Protocole sur le commerce numérique, adopté au sein de l&rsquo;accord, pose des bases réglementaires pour les échanges électroniques, mais sa ratification reste incomplète dans une large partie du continent. Le corridor numérique ne pourra fonctionner efficacement que si ce cadre réglementaire se consolide en parallèle.</p>
<h2 id="articulation-avec-les-initiatives-existantes-de-paiement-et-de-trading">Articulation avec les initiatives existantes de paiement et de trading</h2>
<p>Le succès du corridor dépendra aussi de sa capacité à s&rsquo;inscrire dans un écosystème déjà partiellement constitué, plutôt que d&rsquo;entrer en concurrence avec lui. En matière de paiements, plusieurs projets sont actifs ou en cours de déploiement : le Pan-African Payment and Settlement System (PAPSS), porté par Afreximbank, les systèmes interopérables déployés dans l&rsquo;espace UEMOA et les expérimentations de règlement en monnaies locales entre partenaires africains. Une fragmentation supplémentaire des infrastructures de paiement serait contre-productive.</p>
<p>Sur le volet des commodités, la crédibilité d&rsquo;une future bourse africaine dépendra de sa capacité à attirer un volume de transactions suffisant pour établir des prix de référence reconnus par les acteurs de marché. Cela ne se décrète pas par accord institutionnel : cela se construit dans la durée, au fil des transactions réalisées et des opérateurs convaincus d&rsquo;y participer. L&rsquo;Ethiopian Commodity Exchange, créée en 2008, offre à ce titre un retour d&rsquo;expérience précieux sur les conditions de viabilité de tels marchés organisés en Afrique.</p>
<h2 id="les-étapes-décisives-avant-la-mise-en-service-du-corridor">Les étapes décisives avant la mise en service du corridor</h2>
<p>La signature du joint-venture AfCFTA Digital Trade Corridor constitue un jalon concret dans la construction de l&rsquo;intégration africaine, et non une nouvelle déclaration de principe. Le montant annoncé, la présence d&rsquo;un partenaire privé identifié et l&rsquo;appui souverain des Seychelles donnent au projet une substance que beaucoup de ses prédécesseurs n&rsquo;avaient pas atteinte. Mais la distance entre la signature d&rsquo;un accord et la mise en service d&rsquo;une infrastructure continentale opérationnelle reste considérable. Les prochaines étapes seront décisives : mobilisation des financements, définition précise de la gouvernance et adhésion des opérateurs commerciaux africains à une plateforme qu&rsquo;ils ne connaissent pas encore. L&rsquo;autoroute numérique du commerce africain est tracée sur le papier. Reste à la construire.</p>
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		<title>Ventures Platform II lève 84 millions de dollars et attire la BERD en Afrique subsaharienne</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Auteur]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 28 Aug 2026 07:29:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[berd]]></category>
		<category><![CDATA[Ventures Platform]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En finalisant la clôture de son deuxième fonds à 84 millions de dollars, la société de gestion nigériane Ventures Platform a attiré un investisseur jusqu'ici absent de la scène : la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, qui signe là sa première participation dans un fonds de capital-risque en Afrique subsaharienne. L'annonce, intervenue les 26 et 27 août 2026, dépasse la simple levée de fonds et interroge une reconfiguration plus large des flux de capitaux vers l'innovation africaine. En dépassant son objectif initial de 75 millions de dollars, le fonds VP Pan-African Fund II confirme que le capital-risque africain early-stage entre dans une nouvelle phase</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Fondée en 2016 à Lagos par Kola Aina, <a href="https://www.venturesplatform.com/" target="_blank" rel="noopener">Ventures Platform</a> s&rsquo;est bâtie sur une conviction simple : investir tôt, très tôt, dans des startups africaines qui adressent des marchés de masse. Dix ans plus tard, la société affiche un portefeuille de plus de 90 entreprises, parmi lesquelles figurent des acteurs devenus des références du secteur comme Paystack, Moniepoint, MDaSS ou OmniRetail. Le deuxième fonds, VP Pan-African Fund II, a commencé à se constituer avec une clôture initiale à 64 millions de dollars avant d&rsquo;atteindre sa finalisation à 84 millions, soit 9 millions de dollars au-dessus de l&rsquo;objectif initial fixé à 75 millions. Cette progression reflète un élargissement progressif de la base d&rsquo;investisseurs et confirme la confiance accordée à l&rsquo;équipe de gestion.</p>
<p>La stratégie du fonds se positionne sur les stades les plus précoces : de la phase discovery (pré-seed) jusqu&rsquo;aux séries A. C&rsquo;est précisément ce segment du marché qui reste le moins bien couvert en Afrique, là où les startups peinent souvent à trouver des tickets suffisants pour passer d&rsquo;une preuve de concept à un modèle opérationnel viable. En se concentrant sur ces stades, Ventures Platform cherche à combler un vide structurel dans l&rsquo;écosystème du financement, plutôt qu&rsquo;à concurrencer les grands véhicules de private equity qui interviennent bien plus tard dans la chaîne de valeur.</p>
<h2 id="la-berd-franchit-une-frontière-inédite-en-afrique-subsaharienne">La BERD franchit une frontière inédite en Afrique subsaharienne</h2>
<p>L&rsquo;entrée de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (<a href="https://www.ebrd.com/fr/home.html" target="_blank" rel="noopener">BERD</a>) dans le capital du fonds, à hauteur de jusqu&rsquo;à 8 millions de dollars, constitue le fait saillant de cette clôture. C&rsquo;est la première fois que l&rsquo;institution, habituellement associée à des financements d&rsquo;infrastructures ou de réformes sectorielles dans ses géographies traditionnelles, prend position dans un fonds de capital-risque opérant en Afrique subsaharienne. L&rsquo;engagement s&rsquo;inscrit dans le cadre du mandat Early-Stage Innovation Facility II (ESIF II), doté de 200 millions d&rsquo;euros, par lequel la BERD soutient des fonds early-stage dans plusieurs régions cibles.</p>
<p>Norfund, le fonds de développement norvégien, figure également parmi les limited partners du fonds, avec un ticket de 6 millions de dollars. Ces deux investisseurs institutionnels rejoignent des limited partners historiques qui ont renouvelé leur participation, formant un tour de table qui combine du capital africain et du capital européen au sein d&rsquo;un même véhicule géré par une équipe africaine, depuis Lagos.</p>
<p>La signification de cette configuration est double. La présence de la BERD et de Norfund apporte une validation externe de la thèse d&rsquo;investissement et du cadre de gouvernance du fonds, ce qui peut faciliter l&rsquo;accès à d&rsquo;autres investisseurs institutionnels dans les levées futures. Ces institutions n&rsquo;interviennent pas par philanthropie : elles attendent un retour financier, ce qui confirme que le venture capital africain early-stage n&rsquo;est plus systématiquement assimilé à une classe d&rsquo;actifs sans contrepartie viable.</p>
<h2 id="des-secteurs-qui-répondent-à-des-déficits-économiques-identifiés">Des secteurs qui répondent à des déficits économiques identifiés</h2>
<p>La thèse d&rsquo;investissement du fonds couvre six grands domaines : la fintech, l&rsquo;e-commerce, la logistique, la santé, l&rsquo;agriculture et l&rsquo;éducation, avec une attention croissante portée à l&rsquo;intelligence artificielle appliquée à ces secteurs. Chacun de ces domaines correspond à un déficit structurel documenté dans les économies africaines : sous-bancarisation d&rsquo;une part importante de la population adulte, coûts logistiques parmi les plus élevés au monde, faible productivité agricole liée au manque d&rsquo;outils numériques, accès aux soins très inégal selon les territoires.</p>
<p>Le premier investissement public réalisé par le Fonds II illustre bien cette orientation sectorielle. En juillet 2026, Ventures Platform a co-mené un tour de table de 3 millions de dollars dans Cybervergent, une startup nigériane spécialisée dans la cybersécurité. Dans un contexte où la numérisation accélérée des économies africaines crée des vulnérabilités nouvelles pour les entreprises et les institutions financières, ce choix traduit une lecture prospective des besoins du marché. Les entreprises africaines qui se digitalisent ont besoin de solutions de sécurité adaptées à leurs réalités : coût d&rsquo;accès, interopérabilité, capacité à fonctionner dans des environnements à connectivité variable.</p>
<h2 id="ce-que-cette-clôture-révèle-de-la-maturité-de-lécosystème">Ce que cette clôture révèle de la maturité de l&rsquo;écosystème</h2>
<p>La finalisation de Ventures Platform II à 84 millions de dollars intervient dans un contexte mondial où les flux de capital-risque vers les marchés émergents ont connu des ajustements importants ces dernières années. Dans ce paysage tendu, la sur-souscription de ce fonds panafricain donne à voir une tendance de fond : la montée en maturité d&rsquo;un écosystème qui produit ses propres gestionnaires de fonds, ses propres succès de portefeuille, et ses propres arguments pour convaincre des investisseurs institutionnels exigeants.</p>
<p>Portefeuille de 90 startups constitué en une décennie, levée dépassant son objectif, participation inédite de la BERD en Afrique subsaharienne : ces éléments ne se construisent pas sans une discipline d&rsquo;origination, de sélection et de suivi des participations. L&rsquo;intégration de l&rsquo;intelligence artificielle dans la thèse sectorielle du fonds montre par ailleurs que les gestionnaires africains ne sont pas décalés par rapport aux tendances mondiales, mais cherchent à les adapter à des contextes opérationnels spécifiques.</p>
<p>Il reste que le défi structurel du financement de l&rsquo;innovation africaine ne se résout pas avec un seul fonds. L&rsquo;accès au capital demeure limité hors des grands pôles technologiques comme Lagos, Nairobi, Le Caire ou Accra. La pérennité de l&rsquo;écosystème dépend aussi de la capacité à mobiliser du capital africain en propre, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de fonds de pension, de compagnies d&rsquo;assurance ou de family offices du continent. Sur ce point, Ventures Platform II offre moins de visibilité, et c&rsquo;est là que se situent les prochains chantiers du financement panafricain.</p>
<p>Ce que la clôture de ce fonds signale concrètement, c&rsquo;est la consolidation d&rsquo;une infrastructure financière locale : des fonds gérés par des équipes africaines, avec des thèses ancrées dans les réalités du continent, capables d&rsquo;attirer des institutions absentes de la scène il y a cinq ans. Pour les startups africaines en quête de capital dès leurs premières étapes de croissance, c&rsquo;est une évolution mesurable, qui se traduit en tickets disponibles. Le vrai test viendra avec les performances du portefeuille dans les prochaines années, et la capacité du fonds à démontrer que l&rsquo;Afrique subsaharienne peut générer des rendements compétitifs à l&rsquo;échelle mondiale.</p>
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		<title>La santé comme frontière économique : la CEA appelle à un nouveau pacte fiscal</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Auteur]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Aug 2026 08:00:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Aboubakri Diaw]]></category>
		<category><![CDATA[OMS]]></category>
		<category><![CDATA[santé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La CEA appelle l’Afrique à faire de la santé un investissement prioritaire, alors que 150 millions de personnes basculent chaque année dans la pauvreté à cause des frais médicaux</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>À Addis-Abeba, lors de la 76e session du Comité régional de l&rsquo;<a href="https://www.who.int/fr" target="_blank" rel="noopener">OMS</a> pour l&rsquo;Afrique, la <a href="https://www.uneca.org/fr" target="_blank" rel="noopener">Commission économique pour l&rsquo;Afrique</a> (CEA) des Nations unies a délivré un message qui dépasse le simple appel à davantage de fonds : la santé doit cesser d&rsquo;être traitée comme une dépense à contenir pour devenir un investissement à optimiser. Cette bascule conceptuelle, présentée les 24 et 25 août 2026, engage une redéfinition des priorités budgétaires à un moment où les pays africains arbitrent entre des exigences opposées, rembourser une dette croissante d&rsquo;un côté, maintenir des services publics et financer une transformation économique de long terme de l&rsquo;autre.</p>
<p>Aboubakri Diaw, chef de cabinet de la CEA et responsable de l&rsquo;Initiative pour un financement durable lancée en mars 2026, a résumé le diagnostic dans une formule directe : ce dont souffre l&rsquo;Afrique n&rsquo;est pas un manque de réformes, mais un manque de réformes financées. Les plans de santé existent souvent, les politiques sont parfois bien conçues ; leur mise en œuvre bute sur l&rsquo;insuffisance chronique des ressources allouées. Ce glissement de vocabulaire, de la réforme à son financement effectif, concentre l&rsquo;essentiel du propos de la CEA.</p>
<h2 id="150-millions-de-personnes-appauvries-chaque-année-par-les-frais-de-santé">150 millions de personnes appauvries chaque année par les frais de santé</h2>
<p>Le chiffre central mis en avant par la CEA lors de cette session est difficile à ignorer : environ 150 millions de personnes sont chaque année précipitées dans la pauvreté à cause des paiements directs de santé qu&rsquo;elles doivent assumer. Ces dépenses dites « catastrophiques » touchent des ménages sans accès à une couverture sociale ou à une assurance maladie, contraints de puiser dans leurs économies pour faire face à des coûts de soins imprévus.</p>
<p>L&rsquo;impact économique de ce phénomène est concret et mesurable. Des familles qui avaient réussi à sortir de la pauvreté grâce à la croissance ou à des programmes de transferts sociaux peuvent y replonger après un épisode de maladie mal pris en charge. La perte de productivité qui en résulte, combinée à la réduction de la consommation des ménages concernés, pèse sur la croissance nationale. C&rsquo;est cet enchaînement que la CEA mobilise pour justifier son repositionnement de la santé comme « prochaine frontière économique » du continent : les économies africaines ne pourront pas atteindre leur plein potentiel de croissance tant que des dizaines de millions de ménages restent exposés à ces chocs financiers récurrents.</p>
<h2 id="service-de-la-dette-et-dépenses-de-santé--un-arbitrage-sous-pression">Service de la dette et dépenses de santé : un arbitrage sous pression</h2>
<p>Le financement de la santé ne peut pas être dissocié de la trajectoire de la dette publique. La CEA souligne que, dans les pays africains les plus pauvres, la progression des paiements du service de la dette exerce un effet d&rsquo;éviction directement mesurable sur les dépenses publiques de santé. Chaque dollar supplémentaire consacré au remboursement des créanciers est un dollar soustrait aux hôpitaux, aux centres de santé primaires et aux programmes de vaccination.</p>
<p>Cette tension s&rsquo;est accentuée ces dernières années. Plusieurs pays d&rsquo;Afrique subsaharienne ont vu leur charge de service de la dette augmenter sensiblement, sous l&rsquo;effet de l&rsquo;accumulation d&#8217;emprunts dans les années 2010 conjuguée à la remontée des taux d&rsquo;intérêt mondiaux. Dans ce contexte, les engagements pris dans le cadre de la Déclaration d&rsquo;Abuja de 2001, qui appelait les États africains à consacrer au moins 15 % de leurs budgets nationaux à la santé, restent très largement non tenus pour une majorité de pays du continent.</p>
<p>Le débat en cours autour des réformes du cadre d&rsquo;analyse de la soutenabilité de la dette des pays à faible revenu (LIC-DSF), piloté conjointement par le FMI et la Banque mondiale, s&rsquo;inscrit dans ce contexte plus large. Des économistes africains et des institutions comme la CEA plaident pour que ces cadres distinguent mieux les investissements à fort rendement social, notamment dans la santé, des dépenses de consommation courante. L&rsquo;enjeu : éviter que les exigences de consolidation budgétaire imposées dans le cadre de programmes d&rsquo;ajustement ne condamnent structurellement les postes de dépenses sociales, au moment même où leur maintien conditionne la qualité du capital humain disponible pour la croissance.</p>
<h2 id="ce-que-recouvre-concrètement-un-compact-fiscal-entre-finances-et-santé">Ce que recouvre concrètement un compact fiscal entre finances et santé</h2>
<p>La notion de « compact fiscal » entre ministères des finances et de la santé, telle que définie par la CEA lors du dialogue ministériel du 24 août, désigne un engagement formel entre ces deux administrations pour aligner les politiques budgétaires sur des objectifs de santé préalablement chiffrés et définis conjointement. L&rsquo;idée est de sortir de la logique dans laquelle le ministère des finances alloue une enveloppe et le ministère de la santé s&rsquo;en accommode, pour aller vers une co-construction pluriannuelle des priorités de dépenses.</p>
<p>En pratique, cela suppose plusieurs changements. D&rsquo;abord, une meilleure intégration des plans nationaux de santé dans les cadres budgétaires à moyen terme, pour que les engagements de santé soient sanctuarisés et non soumis aux aléas des révisions annuelles. Ensuite, le développement de mécanismes de financement complémentaires, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse d&rsquo;obligations de santé, de taxes dédiées ou de partenariats public-privé structurés selon les contextes nationaux. Enfin, un suivi transparent des dépenses effectives, pour que les engagements politiques se traduisent en ressources atteignant réellement les bénéficiaires.</p>
<p>La dimension numérique figure au cœur de cette ambition. Le thème choisi pour la session d&rsquo;Addis-Abeba, « Roots and Wings : Heritage Meets Digital Health », reflète la conviction que la numérisation des systèmes de santé peut améliorer l&rsquo;efficacité des dépenses et élargir la couverture dans les zones peu desservies, notamment dans les zones rurales ou périurbaines où l&rsquo;accès physique aux soins reste limité.</p>
<h2 id="des-expériences-à-capitaliser-des-contraintes-à-ne-pas-minimiser">Des expériences à capitaliser, des contraintes à ne pas minimiser</h2>
<p>Quelques pays africains ont déjà engagé des approches qui s&rsquo;apparentent à ce que la CEA appelle. Le Rwanda est fréquemment cité pour son système de mutuelles de santé communautaires, qui a réduit significativement la part des paiements directs tout en améliorant l&rsquo;accès aux soins dans les zones rurales. L&rsquo;Éthiopie a, de son côté, développé des mécanismes de financement communautaire de la santé dans plusieurs régions. Ces exemples montrent que des solutions produisent des résultats concrets lorsqu&rsquo;elles reposent sur une volonté politique maintenue dans la durée et sur des ressources fléchées avec précision.</p>
<p>Mais ils montrent aussi que la réussite dépend de conditions institutionnelles précises : une administration fiscale capable de mobiliser des recettes supplémentaires et une capacité d&rsquo;exécution budgétaire qui garantit que les fonds alloués atteignent leur destination. Ces conditions ne sont pas réunies partout, et la marge de manœuvre reste structurellement limitée dans des économies où le taux de pression fiscale dépasse rarement 15 à 18 % du produit intérieur brut.</p>
<p>L&rsquo;appel de la CEA s&rsquo;adresse donc à plusieurs niveaux à la fois : aux ministères des finances nationaux, mais aussi aux institutions multilatérales et aux bailleurs de fonds, pour qu&rsquo;ils alignent leurs interventions sur des stratégies de santé prévisibles et pluriannuelles, plutôt que sur des dotations discrétionnaires négociées année par année. Sans cet alignement externe, le compact fiscal risque de rester un cadre sans ressources suffisantes pour le remplir.</p>
<h2 id="ce-que-ce-repositionnement-change-pour-les-prochaines-années">Ce que ce repositionnement change pour les prochaines années</h2>
<p>L&rsquo;intervention de la CEA à Addis-Abeba constitue d&rsquo;abord une prise de position sur le terrain des idées : intégrer la santé dans le vocabulaire du développement économique, au même titre que les infrastructures ou la transition énergétique, modifie la manière dont les gouvernements africains peuvent justifier des dépenses de santé ambitieuses dans un contexte de contraintes budgétaires. Si ce repositionnement se traduit par des engagements concrets lors des prochaines négociations budgétaires nationales ou dans les discussions avec les institutions financières internationales, il pourrait peser sur la répartition effective des ressources publiques. Les prochains cycles budgétaires dans les pays ayant choisi d&rsquo;engager ce type de dialogue entre finances et santé fourniront une première mesure de la distance entre le discours tenu à Addis-Abeba et les arbitrages réels inscrits dans les lois de finances.</p>
<p>Photos : cidev.net</p>
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		<title>La Tanzanie mise sur le barrage Julius Nyerere et le SGR</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Auteur]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 21 Aug 2026 07:06:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Industrie]]></category>
		<category><![CDATA[barrage Julius Nyerere]]></category>
		<category><![CDATA[Tanzanie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le 11 août 2026, Africa50 a signé à Dar es Salaam plusieurs accords d’investissement, illustrant la volonté de la Tanzanie d’attirer des capitaux privés pour financer ses infrastructures</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>En avril 2026, la connexion du barrage hydroélectrique Julius Nyerere au réseau national tanzanien a modifié en profondeur l&rsquo;équation énergétique du pays. La capacité installée a grimpé à 4 015 mégawatts, un niveau jamais atteint auparavant, grâce à un investissement estimé à 6,5 billions de shillings tanzaniens, l&rsquo;équivalent d&rsquo;environ 2,5 milliards de dollars. Construit sur la rivière Rufiji, cet ouvrage concentre désormais les espoirs du gouvernement en matière d&rsquo;industrialisation.</strong></p>
<p>Le raisonnement des autorités est direct : une offre électrique plus abondante doit permettre de réduire les coûts de production pour les fabricants et d&rsquo;attirer des industries à plus forte valeur ajoutée. Le tissu économique deviendrait ainsi moins dépendant des groupes électrogènes et des importations d&rsquo;énergie. La transformation des ressources minières et l&rsquo;agro-industrie figurent parmi les secteurs désignés comme premiers bénéficiaires de cette disponibilité accrue. La compétitivité industrielle du pays dépend, en partie au moins, de la concrétisation de cette promesse.</p>
<h2 id="le-standard-gauge-railway-un-corridor-ferroviaire-à-vocation-régionale">Le Standard Gauge Railway, un corridor ferroviaire à vocation régionale</h2>
<p>Parallèlement au chantier énergétique, la construction du Standard Gauge Railway (SGR) avance. Cette ligne ferroviaire électrifiée de 2 800 kilomètres est appelée à remplacer l&rsquo;ancienne voie à écartement métrique héritée de la période coloniale. Son coût total est estimé entre 7 et 10 milliards de dollars, financé pour l&rsquo;essentiel sur fonds publics.</p>
<p>Des trains de passagers circulent déjà quotidiennement entre Dar es Salaam, Morogoro et Dodoma. Sur le plan du fret, les marchandises atteignent le port sec d&rsquo;Ihumwa en environ quatre heures depuis la côte, contre le double ou davantage par la route. La prochaine étape consiste à prolonger la ligne jusqu&rsquo;aux frontières des pays enclavés voisins, parmi lesquels le Burundi, le Rwanda et la République démocratique du Congo, qui dépendent aujourd&rsquo;hui majoritairement du port kenyan de Mombasa pour leurs échanges extérieurs.</p>
<p>C&rsquo;est là que se joue une compétition régionale aux enjeux économiques significatifs. Dar es Salaam entend capter une part croissante du trafic de transit à destination des pays enclavés, en s&rsquo;appuyant sur ses nouvelles infrastructures ferroviaires et portuaires. À mesure que le SGR avance, la Tanzanie renforce son positionnement comme corridor commercial alternatif à Mombasa, point d&rsquo;entrée historiquement dominant pour l&rsquo;hinterland est-africain.</p>
<h2 id="africa50-et-bii--un-engagement-panafricain-à-dar-es-salaam">Africa50 et BII : un engagement panafricain à Dar es Salaam</h2>
<p>Le 11 août 2026, le forum Infra for Africa, réuni dans la capitale économique tanzanienne, a été le cadre de plusieurs annonces structurantes. La plateforme panafricaine Africa50, spécialisée dans le financement d&rsquo;infrastructures sur le continent, a signé plusieurs accords d&rsquo;investissement et de partenariats. Parmi eux, un engagement de 20 millions de dollars de la British International Investment (BII), le bras d&rsquo;investissement du gouvernement britannique, au sein de l&rsquo;Africa50 Infrastructure Acceleration Fund.</p>
<p>Ce montant est modeste comparé aux coûts des projets tanzaniens en cours. Son importance est surtout symbolique : il valide le modèle de financement promu par Africa50 auprès d&rsquo;investisseurs institutionnels. La plateforme ne finance pas directement des méga-projets publics. Elle joue un rôle d&rsquo;intermédiaire entre les États africains et les investisseurs privés, en structurant des instruments destinés à réduire le risque perçu par les marchés. L&rsquo;engagement de BII consolide la crédibilité de ce fonds et élargit sa capacité de déploiement.</p>
<p>La présence de BII à Dar es Salaam s&rsquo;inscrit dans un mouvement de fond plus large. Les institutions financières de développement britanniques et européennes cherchent à renforcer leur présence en Afrique de l&rsquo;Est, dans un contexte de compétition accrue avec d&rsquo;autres acteurs, notamment les bailleurs publics chinois qui ont longtemps dominé le financement des grandes infrastructures du continent. Africa50 offre une articulation différente, fondée sur la mobilisation de capitaux privés plutôt que sur des prêts d&rsquo;État.</p>
<h2 id="un-modèle-de-financement-qui-doit-évoluer">Un modèle de financement qui doit évoluer</h2>
<p>La question que le gouvernement tanzanien pose désormais publiquement est celle du financement de la prochaine vague de projets, sans alourdir davantage la dette publique. Le SGR et Julius Nyerere ont mobilisé des ressources qui dépassent 10 milliards de dollars au total, pour une économie dont le PIB annuel tourne autour de 80 milliards de dollars. La part de financement public dans ces deux chantiers est substantielle, et les projets futurs nécessiteront une diversification des sources.</p>
<p>Lors du forum Infra for Africa, le gouvernement tanzanien a affiché une orientation nouvelle : orienter les prochains investissements directs étrangers vers le secteur manufacturier et les PME, plutôt que de concentrer les financements sur de nouveaux méga-projets publics. Ce changement de discours traduit une ambition de transition : passer de la phase de construction d&rsquo;actifs d&rsquo;infrastructure, principalement financée à crédit, à une phase de valorisation productive de ces actifs. L&rsquo;implication d&rsquo;Africa50 s&rsquo;inscrit dans cette logique, en facilitant l&rsquo;entrée de capitaux privés sur des projets qui seraient autrement trop risqués pour les marchés.</p>
<h2 id="ce-que-ce-pari-change-pour-lafrique-de-lest">Ce que ce pari change pour l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Est</h2>
<p>La Tanzanie a engagé ces dernières années deux investissements d&rsquo;infrastructure à grande échelle : un barrage évalué à 2,5 milliards de dollars et un réseau ferroviaire estimé entre 7 et 10 milliards de dollars. En associant ces actifs à des plateformes de financement comme Africa50, le pays s&rsquo;est doté d&rsquo;une base qui dépasse ses seuls intérêts nationaux. Un SGR opérationnel jusqu&rsquo;aux frontières de la RDC et du Rwanda faciliterait les flux commerciaux dans un corridor regroupant plusieurs centaines de millions de consommateurs. Dans la perspective de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), la qualité des corridors de transport constitue un déterminant concret de l&rsquo;intégration effective des marchés régionaux. La question qui reste ouverte est celle de la valorisation productive : il faudra que les industries s&rsquo;approprient ces infrastructures pour que le modèle prouve sa pertinence au-delà des seuls chiffres de capacité installée.</p>
<p>Photo : egyptianstreets.com</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Le compact de 3,8 milliards $ du Tchad, premier test de l’initiative Water Forward</title>
		<link>https://economie-afrique.com/industrie/le-compact-de-38-milliards-du-tchad-premier-test-de-linitiative-water-forward/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Auteur]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 14 Aug 2026 08:35:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Industrie]]></category>
		<category><![CDATA[tchad]]></category>
		<category><![CDATA[Water Forward]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Au-delà des chiffres, c'est un nouveau modèle de financement sectoriel que ce compact cherche à tester</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le mécanisme au cœur de cette annonce mérite d&rsquo;être précisé. Un compact sectoriel n&rsquo;est pas, au sens juridique, un accord de financement contraignant. C&rsquo;est une feuille de route élaborée conjointement par un gouvernement et ses partenaires techniques et financiers : elle pose un diagnostic du secteur, identifie les réformes prioritaires et définit une trajectoire d&rsquo;investissement chiffrée dans le temps. L&rsquo;objectif est de créer un cadre cohérent dans lequel les contributions des bailleurs, des banques multilatérales et des acteurs privés peuvent s&rsquo;ordonner, plutôt que de s&#8217;empiler de façon fragmentée.</strong></p>
<p>C&rsquo;est précisément là que réside l&rsquo;enjeu central pour le Tchad. Pendant des décennies, le financement des infrastructures hydrauliques au Sahel a souffert d&rsquo;une multiplicité d&rsquo;intervenants opérant sans coordination suffisante : des projets ponctuels, des financements disparates, des réformes institutionnelles menées en silo. Le compact tchadien cherche à rompre avec cette logique en proposant une architecture unifiée, intégrée aux plans et budgets nationaux, autour de laquelle chaque acteur peut se positionner avec clarté.</p>
<p>Les montants engagés sont substantiels. Le plan s&rsquo;étend sur cinq ans pour un coût total estimé à 3,8 milliards de dollars. Un premier financement de 160 millions de dollars a déjà été signé à N&rsquo;Djamena, selon Financial Afrik, ce qui donne une concrétisation immédiate à un dispositif qui aurait pu rester dans le registre de la déclaration d&rsquo;intention.</p>
<h2 id="water-forward--dix-banques-multilatérales-autour-dun-objectif-commun">Water Forward : dix banques multilatérales autour d&rsquo;un objectif commun</h2>
<p>Le compact tchadien ne se déploie pas de façon isolée. Il s&rsquo;articule avec l&rsquo;initiative Water Forward, lancée par la Banque mondiale en avril 2026. Cette initiative vise à sécuriser l&rsquo;accès à l&rsquo;eau pour un milliard de personnes d&rsquo;ici 2030, en mobilisant dix banques multilatérales de développement autour d&rsquo;objectifs partagés de financement et de réforme sectorielle.</p>
<p>Water Forward représente un changement de méthode notable dans la façon dont les grands bailleurs abordent le secteur de l&rsquo;eau. Plutôt que de financer des projets un à un, l&rsquo;initiative cherche à aligner les ressources de plusieurs institutions autour de cadres nationaux intégrés, ce que le compact tchadien incarne concrètement. Le Tchad se positionne ainsi comme l&rsquo;un des premiers pays à tester ce dispositif à l&rsquo;échelle opérationnelle, ce qui confère à l&rsquo;annonce une portée dépassant largement ses frontières.</p>
<p>Pour les observateurs de la finance du développement, la question que soulève ce rapprochement est celle de la cohérence réelle entre les intentions des bailleurs et leur pratique. Les mécanismes de coordination entre institutions multilatérales ont souvent produit plus de rapports que de résultats concrets sur le terrain. Le compact tchadien, en s&rsquo;appuyant sur Water Forward dès sa conception, sera un test significatif de la capacité des bailleurs à traduire leurs engagements collectifs en financements effectifs et coordonnés.</p>
<h2 id="lengagement-budgétaire-de-ndjamena--un-signal-politique-qui-ne-va-pas-de-soi">L&rsquo;engagement budgétaire de N&rsquo;Djamena : un signal politique qui ne va pas de soi</h2>
<p>L&rsquo;un des éléments les plus structurants de ce compact tient à la contribution domestique que le Tchad s&rsquo;engage à mobiliser. L&rsquo;État prévoit de financer 20 % du coût total du plan, soit environ 115 milliards de francs CFA par an, selon Financial Afrik. À l&rsquo;échelle des finances publiques d&rsquo;un pays sahélien confronté à des contraintes budgétaires sévères, cet engagement représente un choix politique significatif.</p>
<p>Cette dimension mérite attention pour deux raisons distinctes. D&rsquo;abord, elle modifie le rapport classique entre un pays bénéficiaire et ses bailleurs : le Tchad n&rsquo;est plus dans une posture d&rsquo;attente d&rsquo;une aide extérieure, mais engage des ressources propres dans une stratégie qu&rsquo;il pilote lui-même. Ensuite, elle répond à un argument souvent avancé par les investisseurs privés, pour qui le co-financement public est un signal de priorisation nationale et de crédibilité institutionnelle.</p>
<p>La question de la soutenabilité budgétaire de cet engagement reste entière. Comment un pays à capacité fiscale limitée peut-il absorber 115 milliards de francs CFA de dépenses sectorielles annuelles supplémentaires sans créer de tensions sur ses équilibres macroéconomiques ? La réponse ne figure pas encore dans les documents disponibles, mais c&rsquo;est le type de question que les partenaires techniques devront accompagner de près dans la phase de mise en oeuvre.</p>
<h2 id="leau-un-déterminant-économique-trop-souvent-relégué">L&rsquo;eau, un déterminant économique trop souvent relégué</h2>
<p>Au-delà de la mécanique financière, le choix du secteur de l&rsquo;eau comme priorité n&rsquo;est pas anodin sur le plan économique. L&rsquo;accès à l&rsquo;eau ne se réduit pas à un indicateur social : c&rsquo;est un déterminant direct de la productivité agricole, de la santé des populations actives, du développement industriel et de la résilience des villes face aux chocs climatiques. Dans un Sahel où les épisodes de sécheresse s&rsquo;intensifient, investir dans des infrastructures hydrauliques durables revient à sécuriser une partie de la base productive de l&rsquo;économie.</p>
<p>La Commission économique pour l&rsquo;Afrique des Nations unies souligne régulièrement que les déficits d&rsquo;infrastructures de base, dont l&rsquo;eau fait partie, constituent un frein structurel à la croissance potentielle du continent. Des analyses de la Banque africaine de développement indiquent que certains pays africains perdent chaque année l&rsquo;équivalent d&rsquo;un point de PIB en raison d&rsquo;un accès insuffisant à l&rsquo;eau potable et à l&rsquo;assainissement, à travers la baisse de productivité, les coûts sanitaires et les pertes agricoles. Ces chiffres rappellent pourquoi un compact de 3,8 milliards de dollars sur ce secteur mérite d&rsquo;être analysé comme un investissement dans le capital productif, et non comme une simple dépense sociale.</p>
<p>Si l&rsquo;expérience tchadienne démontre qu&rsquo;un cadre national intégré peut effectivement aligner des financements multilatéraux dispersés autour d&rsquo;une stratégie cohérente, d&rsquo;autres gouvernements africains confrontés à des défis hydrauliques similaires en prendront note, en particulier au Sahel, mais aussi en Afrique de l&rsquo;Est et dans la Corne du continent.</p>
<h2 id="les-prochains-mois-un-test-pour-les-engagements-collectifs-de-water-forward">Les prochains mois, un test pour les engagements collectifs de Water Forward</h2>
<p>La signature du premier financement de 160 millions de dollars constitue un point de départ, pas un aboutissement. L&rsquo;enjeu des prochains mois sera de vérifier si les autres banques multilatérales engagées dans Water Forward concrétisent leurs contributions au rythme annoncé, et si le Tchad parvient à honorer ses propres engagements budgétaires dans un calendrier contraint. Ce compact sera observé de près par d&rsquo;autres gouvernements africains qui cherchent des modèles de financement alternatifs à la dette souveraine classique ou à l&rsquo;aide projet fragmentée. Si le dispositif tient ses promesses, la carte du financement sectoriel de l&rsquo;eau en Afrique pourrait connaître une recomposition notable d&rsquo;ici 2030.</p>
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		<item>
		<title>En RDC, une taxe numérique révèle les tensions fiscales du continent</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Auteur]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 07 Aug 2026 05:29:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[RDC]]></category>
		<category><![CDATA[taxe]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En juillet 2026, le gouvernement de la République démocratique du Congo a instauré une taxe sur les services numériques pouvant atteindre 100 000 dollars, avant de l'abroger en moins de deux semaines. Financial Afrik qualifie cet épisode de « taxe avortée », révélateur des tensions qui traversent les politiques fiscales africaines à l'ère du numérique : comment capter des recettes dans ce secteur sans freiner une dynamique devenue stratégique pour la diversification économique </p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le 20 juillet 2026, le gouvernement congolais a promulgué un décret instaurant une série de prélèvements sur les activités numériques exercées en RDC. Le texte ciblait un large spectre d&rsquo;acteurs : plateformes de streaming, réseaux sociaux, opérateurs télécoms et acteurs du commerce en ligne. Pour certaines catégories d&rsquo;activités, la taxe pouvait atteindre jusqu&rsquo;à 100 000 dollars, selon l&rsquo;analyse publiée le 6 août 2026 par Financial Afrik. La logique affichée était celle de la mobilisation de recettes domestiques, dans un contexte de besoins budgétaires élevés.</p>
<h2 id="le-décret-retiré-en-moins-de-deux-semaines">Le décret retiré en moins de deux semaines</h2>
<p>La mesure n&rsquo;a pas résisté à sa première quinzaine. Face aux réactions vives des acteurs du secteur et à des questions sur la compatibilité du dispositif avec les engagements internationaux de Kinshasa, les autorités ont retiré ou suspendu la taxe en moins de deux semaines. <a href="https://www.financialafrik.com/2026/08/06/kinshasa-la-taxe-qui-a-dure-douze-jours/?fbclid=IwY2xjawTiS5BwZG9mAWV4dG4DYWVtAjEwAHNydGMGYXBwX2lkEDIyMjAzOTE3ODgyMDA4OTIAAR7W5fQnguzKdVEJ69B00npCEh8gW2s_0GbV-Oau3xxEST9YS3SnLY4NgB8usQ_aem_9pCbXvQIazFevmts9in2hw" target="_blank" rel="noopener">Financial Afrik qualifie</a> cet épisode de cas emblématique de « taxe avortée ».</p>
<p>Ce retournement rapide révèle la capacité des acteurs numériques à peser sur des décisions fiscales, notamment lorsque les montants envisagés menacent directement leur équilibre économique. Il met aussi en lumière la difficulté de concevoir, en urgence et sans consultation préalable, des dispositifs qui tiennent juridiquement et économiquement. La séquence est d&rsquo;autant plus significative que la RDC est l&rsquo;un des marchés les plus importants d&rsquo;Afrique centrale, avec une population dépassant les 100 millions d&rsquo;habitants et un secteur des télécommunications en expansion. Un signal d&rsquo;instabilité réglementaire dans ce domaine peut freiner des investissements que le pays cherche précisément à attirer pour diversifier une économie encore largement dépendante du secteur minier.</p>
<h2 id="la-tentation-du-numérique-comme-nouvelle-base-fiscale">La tentation du numérique comme nouvelle base fiscale</h2>
<p>Le cas congolais n&rsquo;est pas isolé. Depuis plusieurs années, des gouvernements africains cherchent à capter des recettes dans l&rsquo;économie numérique, perçue comme un secteur en forte croissance mais peu atteint par les instruments fiscaux classiques. Les motivations sont compréhensibles : les besoins de financement sont importants, la base fiscale traditionnelle reste étroite dans la plupart des pays, et les grandes plateformes internationales opèrent souvent avec une empreinte fiscale locale limitée.</p>
<p>Les expériences récentes sont instructives. En Ouganda, une taxe sur les réseaux sociaux introduite en 2018 a rapidement suscité des critiques pour ses effets sur l&rsquo;accès à l&rsquo;information. Au Kenya, des prélèvements ciblant les plateformes numériques ont relancé les débats sur leur impact pour les entrepreneurs locaux, qui supportent souvent ces charges de manière disproportionnée par rapport aux grands acteurs internationaux qu&rsquo;elles sont censées atteindre. Dans plusieurs pays d&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest, des taxes sur les transactions de mobile money (paiement par téléphone mobile) ont eu des effets mesurables sur le volume d&rsquo;utilisation de ces services, pourtant présentés comme des vecteurs d&rsquo;inclusion financière.</p>
<h2 id="léquation-difficile-entre-recettes-et-attractivité">L&rsquo;équation difficile entre recettes et attractivité</h2>
<p>Le nœud du problème est là : une taxation mal calibrée peut décourager les investissements dans les startups locales, renchérir les services pour les utilisateurs finaux et pousser certains opérateurs à réduire leur présence dans le pays. À l&rsquo;inverse, l&rsquo;absence de fiscalité sur le numérique prive les États de revenus qui pourraient contribuer à des dépenses publiques essentielles.</p>
<p>La question se complique encore avec les discussions internationales sur la taxation des multinationales du numérique, portées par l&rsquo;OCDE dans le cadre du projet BEPS (lutte contre l&rsquo;érosion de la base fiscale et le transfert de bénéfices). Les États africains peuvent se retrouver tiraillés entre leurs engagements dans des zones de libre-échange régionales, les contraintes de traités d&rsquo;investissement bilatéraux, et la tentation de légiférer unilatéralement pour générer des recettes immédiates. Quand ces impératifs entrent en contradiction, comme ils semblent l&rsquo;avoir fait à Kinshasa, le recul devient inévitable.</p>
<h2 id="les-conditions-dune-fiscalité-numérique-soutenable">Les conditions d&rsquo;une fiscalité numérique soutenable</h2>
<p>Deux conditions semblent incontournables pour qu&rsquo;une politique de taxation du numérique tienne dans la durée. La première est la coordination régionale : dans un espace comme la Communauté économique des États de l&rsquo;Afrique centrale (CEEAC) ou la zone CEMAC, une harmonisation minimale évite que les opérateurs n&rsquo;arbitrent entre les régimes les plus favorables. La deuxième est la précision des cibles : taxer indifféremment l&rsquo;ensemble du secteur numérique revient souvent à pénaliser les acteurs locaux autant que les plateformes internationales visées. Des dispositifs construits après une étude d&rsquo;impact sectorielle sont généralement plus stables.</p>
<p>S&rsquo;y ajoute la sécurisation juridique préalable des textes, condition souvent sous-estimée mais qui conditionne la résistance aux contestations. La RDC en a fait l&rsquo;expérience en douze jours.</p>
<h2 id="les-enseignements-pour-la-rdc-et-les-états-africains">Les enseignements pour la RDC et les États africains</h2>
<p>La décision de Kinshasa de revenir si rapidement sur sa taxe montre que les acteurs du numérique et les partenaires internationaux exercent une influence réelle sur les politiques fiscales africaines. Pour la RDC, le défi est désormais de définir une stratégie durable, construite dans la durée et en concertation, qui permette de capter une part équitable de la valeur générée par le numérique sur son territoire. À l&rsquo;échelle du continent, cet épisode peut servir de repère pour d&rsquo;autres États tentés par des solutions rapides : dans un secteur où la réactivité des opérateurs et des partenaires est forte, la préparation des décisions fiscales compte au moins autant que la décision elle-même.</p>
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		<title>Batteries LFP : le Maroc et la BAD lancent la première usine intégrée d’Afrique</title>
		<link>https://economie-afrique.com/industrie/batteries-lfp-le-maroc-et-la-bad-lancent-la-premiere-usine-integree-dafrique/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Auteur]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 Aug 2026 07:38:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Industrie]]></category>
		<category><![CDATA[Batteries LFP]]></category>
		<category><![CDATA[maroc]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ce projet ambitionne de faire du pays un acteur clé de la chaîne de valeur des batteries, au-delà de son rôle de fournisseur de minerais</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<h2 id="un-prêt-de-100-millions-deuros-pour-une-première-en-afrique-et-au-moyen-orient">Un prêt de 100 millions d&rsquo;euros pour une première en Afrique et au Moyen-Orient</h2>
<p>Le 24 juillet 2026, le Conseil d&rsquo;administration de la <a href="https://www.afdb.org/fr" target="_blank" rel="noopener">Banque africaine de développement</a> (BAD) a approuvé un prêt de 100 millions d&rsquo;euros à Gotion Power Morocco, filiale du groupe chinois Gotion High-Tech, pour la construction d&rsquo;une usine intégrée de batteries lithium-fer-phosphate (LFP) dans la zone franche de Rabat-Salé-Kénitra. Selon le communiqué de la BAD, il s&rsquo;agit de la première usine de ce type annoncée à la fois pour l&rsquo;Afrique et pour la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord).</p>
<p>La banque précise qu&rsquo;elle agit comme arrangeur mandaté dans le cadre de la <a href="https://www.afdb.org/fr/news-and-events/press-releases/la-nouvelle-architecture-financiere-africaine-pour-le-developpement-du-groupe-de-la-banque-africaine-de-developpement-prend-un-depart-ambitieux-lors-de-la-reunion-dabidjan-92311" target="_blank" rel="noopener">Nouvelle architecture financière africaine pour le développement</a> (NAFAD) et qu&rsquo;elle envisage de mobiliser jusqu&rsquo;à 141 millions d&rsquo;euros supplémentaires auprès de partenaires financiers. Au total, le projet pourrait attirer plus de 240 millions d&rsquo;euros de financements extérieurs, en complément des fonds propres de Gotion High-Tech.</p>
<p>Les paramètres industriels sont précis : la première phase devrait générer plus de 600 emplois directs, et le taux d&rsquo;intégration industrielle locale est fixé à 70 %. Ce dernier chiffre signifie que la majorité des composants et des services liés à la fabrication des batteries sera produite ou fournie au Maroc, écartant un modèle d&rsquo;assemblage de pièces importées.</p>
<h2 id="lfp--une-technologie-au-cœur-de-la-mobilité-électrique-mondiale">LFP : une technologie au cœur de la mobilité électrique mondiale</h2>
<p>Pour comprendre l&rsquo;enjeu industriel du projet, il faut revenir sur la chimie LFP. Les batteries lithium-fer-phosphate s&rsquo;imposent aujourd&rsquo;hui comme l&rsquo;une des technologies dominantes dans les véhicules électriques et le stockage d&rsquo;énergie stationnaire. Leur durée de vie plus longue et leur meilleure stabilité thermique les rendent moins exposées aux risques d&#8217;emballement, tandis que leur coût de production les positionne naturellement sur les gammes de volume. BYD et Tesla les intègrent massivement dans leurs véhicules destinés au grand public.</p>
<p>Gotion High-Tech, qui porte ce projet via sa filiale marocaine, est l&rsquo;un des principaux fabricants mondiaux de cellules LFP, avec des implantations industrielles en Chine, en Allemagne et aux États-Unis. Sa décision de s&rsquo;installer en Afrique du Nord répond à une logique précise : accéder aux marchés européens depuis un site à coûts opérationnels compétitifs, directement connecté aux routes maritimes méditerranéennes via les infrastructures portuaires de la région de Rabat-Salé-Kénitra.</p>
<h2 id="de-lassemblage-thermique-à-la-fabrication-de-batteries--un-saut-qualitatif-pour-le-maroc">Un saut qualitatif pour le Maroc</h2>
<p>Ce projet ne surgit pas sans contexte. Le Maroc a construit, depuis une quinzaine d&rsquo;années, une industrie automobile qui en fait l&rsquo;un des premiers exportateurs africains du secteur. Les sites de Renault à Tanger et de Stellantis à Kénitra participent de ce positionnement, mais la valeur ajoutée marocaine y restait concentrée sur l&rsquo;assemblage de motorisations thermiques.</p>
<p>La fabrication de batteries LFP représente un saut qualitatif dans cette trajectoire. Elle ancre le pays dans la partie la plus capitalistique de la chaîne de valeur du véhicule électrique. À mesure que les constructeurs européens accélèrent leur bascule vers l&rsquo;électrique, disposer d&rsquo;une capacité locale de production de batteries constitue un avantage compétitif pour attirer de nouvelles lignes d&rsquo;assemblage orientées vers la mobilité décarbonée. Le taux d&rsquo;intégration de 70 % annoncé laisse aussi entrevoir la constitution progressive d&rsquo;un tissu de sous-traitants marocains chargés de fournir matériaux, équipements et services à l&rsquo;usine.</p>
<h2 id="la-nafad-en-pratique--quand-la-bad-mobilise-le-capital-privé">Quand la BAD mobilise le capital privé</h2>
<p>Au-delà du seul Maroc, cette opération illustre un changement de méthode de la Banque africaine de développement. En se positionnant comme arrangeur mandaté dans le cadre de la NAFAD, la BAD ne se limite pas à prêter des ressources publiques : elle cherche à déclencher un effet de levier en mobilisant jusqu&rsquo;à 141 millions d&rsquo;euros supplémentaires auprès d&rsquo;investisseurs commerciaux. Sa crédibilité institutionnelle sert ici à réduire le risque perçu par les partenaires privés et à rendre le projet bancable à des conditions acceptables.</p>
<p>Ce modèle correspond à ce que la Commission économique pour l&rsquo;Afrique (UNECA) appelle de ses vœux. En juillet 2026, son secrétaire exécutif, Claver Gatete, a plaidé pour que la finance africaine s&rsquo;aligne davantage sur la production, en rappelant que le continent ne peut pas dépendre durablement des flux extérieurs. L&rsquo;usine de Gotion Power Morocco devient ainsi l&rsquo;un des premiers tests concrets de la NAFAD dans un projet industriel vert de grande envergure.</p>
<h2 id="lafrique-entre-extraction-de-minerais-critiques-et-production-de-batteries">L&rsquo;Afrique entre extraction de minerais critiques et production de batteries</h2>
<p>Ce projet soulève une question structurelle qui dépasse les frontières marocaines. L&rsquo;Afrique concentre une part significative des ressources mondiales nécessaires à la transition énergétique : lithium en Zambie et au Zimbabwe, cobalt en République démocratique du Congo, manganèse en Afrique du Sud. Pourtant, le continent reste largement cantonné à l&rsquo;extraction et à l&rsquo;exportation de matières premières brutes, laissant la transformation et la fabrication de batteries à des acteurs industriels en Asie et en Europe.</p>
<p>L&rsquo;UNECA a rappelé à plusieurs reprises que cette configuration n&rsquo;a rien d&rsquo;inéluctable. La montée en gamme industrielle, adossée à des chaînes de valeur régionales, permet aux pays de capter une part bien plus large de la valeur produite par la transition énergétique mondiale. L&rsquo;usine de Gotion Power Morocco, ancrée au Maghreb, offre une première preuve de concept : un pays africain peut accueillir une production industrielle intégrée de batteries, avec le soutien d&rsquo;une institution multilatérale africaine et un partenariat industriel international.</p>
<h2 id="financement-complémentaire-intégration-industrielle-et-portée-pour-la-nafad">Financement complémentaire, intégration industrielle et portée pour la NAFAD</h2>
<p>L&rsquo;approbation du prêt de la BAD marque une étape, pas un aboutissement. Les travaux restent à lancer, les 141 millions d&rsquo;euros de financements complémentaires à finaliser auprès des partenaires identifiés, et l&rsquo;écosystème local de sous-traitants à structurer pour atteindre le taux d&rsquo;intégration de 70 % annoncé. Pour le Maroc, l&rsquo;enjeu des prochains mois sera de transformer cette annonce en capacité industrielle opérationnelle, capable d&rsquo;alimenter des lignes d&rsquo;assemblage de véhicules électriques, qu&rsquo;elles soient déjà présentes ou à venir sur le territoire.</p>
<p>Pour la BAD et la NAFAD, ce projet devient un cas de référence. Si le montage financier fonctionne et si l&rsquo;effet de levier se matérialise comme prévu, d&rsquo;autres projets industriels verts à travers le continent pourraient bénéficier d&rsquo;un modèle de financement éprouvé. C&rsquo;est précisément ce type de démonstration par l&rsquo;exemple que l&rsquo;architecture de financement africaine doit produire pour asseoir sa crédibilité au-delà des déclarations d&rsquo;intention.</p>
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		<title>Dollar : le pari d’Afreximbank</title>
		<link>https://economie-afrique.com/commerce/afreximbank-revient-au-dollar/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Auteur]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Aug 2026 07:30:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Commerce]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Après cinq ans d'émissions en yen et en yuan, Afreximbank est revenue sur le marché obligataire en dollars. On vous explique pourquoi !</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<h2 id="une-levée-de-15-milliard-de-dollars-en-deux-tranches">Une levée de 1,5 milliard de dollars en deux tranches</h2>
<p><a href="https://www.afreximbank.com/fr/" target="_blank" rel="noopener">Afreximbank</a>, la banque africaine d&rsquo;import-export basée au Caire, a procédé début août 2026 à une émission obligataire de 1,5 milliard de dollars sur les marchés internationaux, répartie en deux tranches égales de 750 millions de dollars chacune. L&rsquo;opération a été rapportée par The Africa Report, qui précise que cette levée marque le retour de l&rsquo;institution sur le marché en dollars, après cinq années pendant lesquelles Afreximbank avait délibérément orienté ses émissions vers des devises asiatiques, principalement le yen japonais et le yuan chinois.</p>
<p>La structuration en deux tranches, qu&rsquo;elles correspondent à des maturités différentes ou à des profils d&rsquo;investisseurs distincts, traduit une approche calibrée du marché. Elle signale aussi un niveau de demande suffisant pour permettre cette ventilation, ce qui atteste de la solidité perçue du crédit Afreximbank parmi les investisseurs institutionnels internationaux. Pour une institution africaine, accéder aux marchés en dollars à grande échelle reste une démonstration de crédibilité qui dépasse la simple transaction.</p>
<h2 id="cinq-ans-de-diversification-monétaire--pourquoi-afreximbank-avait-quitté-le-dollar">Pourquoi Afreximbank avait quitté le dollar</h2>
<p>Le retour au dollar ne peut se comprendre sans rappeler pourquoi l&rsquo;institution s&rsquo;en était éloignée. À partir de 2021 environ, Afreximbank avait opté pour une diversification explicite de ses devises d&rsquo;émission, en se tournant vers les marchés en yen et en yuan. Cette stratégie répondait à deux objectifs distincts : réduire la dépendance structurelle au billet vert et explorer des poches de liquidité alternatives en Asie, où des investisseurs institutionnels cherchaient à diversifier leurs actifs vers des marchés émergents et frontières.</p>
<p>Cette approche s&rsquo;inscrivait dans un questionnement plus large sur le rôle du dollar dans le financement du développement africain. La dépendance au billet vert expose les économies du continent à des chocs extérieurs parfois violents : les variations de taux d&rsquo;intérêt décidées par la Réserve fédérale américaine se répercutent directement sur le coût de refinancement des dettes libellées en dollars, sans que les gouvernements africains n&rsquo;aient de prise sur ces décisions. Ce mécanisme explique pourquoi plusieurs cycles de resserrement monétaire américain ont aggravé les contraintes de financement en Afrique au cours des dernières années.</p>
<h2 id="pourquoi-le-dollar-reste-incontournable-à-léchelle-du-milliard">Le dollar incontournable à l&rsquo;échelle du milliard</h2>
<p>La décision de revenir au dollar en 2026 dit l&rsquo;essentiel. Malgré les progrès accomplis dans la diversification monétaire, la profondeur et la liquidité du marché en dollars restent sans équivalent lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de lever des montants supérieurs au milliard de dollars en une seule opération. Les marchés en yen ou en yuan offrent des avantages réels en termes de diversification, mais leurs capacités d&rsquo;absorption restent limitées pour des émissions de grande taille.</p>
<p>Ce retour survient dans un contexte de tensions persistantes sur les coûts de financement des économies africaines. La prime de risque appliquée aux émissions africaines sur les marchés internationaux reste élevée : elle renchérit la dette, réduit les marges de manœuvre budgétaires et pèse sur la capacité des États à financer leurs investissements à des conditions soutenables. Afreximbank, en tant qu&rsquo;institution multilatérale bénéficiant de notes de crédit plus favorables que la plupart de ses États membres, peut accéder au marché en dollars à des conditions que ces derniers ne pourraient pas obtenir seuls. Elle lève donc sur les marchés globaux pour redistribuer ensuite ces ressources, à des conditions plus adaptées, aux banques commerciales africaines et, par leur intermédiaire, aux entreprises et aux États du continent.</p>
<h2 id="un-déficit-de-financement-de-400-milliards-de-dollars-par-an">Un déficit de financement de 400 milliards de dollars par an</h2>
<p>Le contexte dans lequel s&rsquo;inscrit cette émission est celui d&rsquo;un déficit de financement annuel estimé à 400 milliards de dollars pour couvrir les besoins de développement du continent, selon des données relayées par <a href="https://african.business/" target="_blank" rel="noopener">African Business.</a> Ce chiffre monte à plus de 1 300 milliards de dollars si l&rsquo;on intègre l&rsquo;ensemble des investissements nécessaires pour atteindre les Objectifs de développement durable d&rsquo;ici 2030. Ces ordres de grandeur permettent de situer l&rsquo;enjeu : une émission de 1,5 milliard de dollars est significative pour l&rsquo;institution qui la réalise, mais elle ne représente qu&rsquo;une fraction des besoins annuels du continent.</p>
<p>African Business souligne par ailleurs le paradoxe d&rsquo;un continent qui dispose de ressources potentielles réelles, mais dont les marchés de capitaux locaux restent insuffisamment profonds pour les transformer en investissements productifs de long terme. Les fonds de pension et les fonds souverains africains représentent des masses de capitaux considérables, tout comme les grandes fortunes privées dont le nombre progresse rapidement selon les études de richesse globale. Les canaux pour orienter ces ressources vers des projets bancables font encore défaut dans de nombreux pays. C&rsquo;est ce hiatus, entre ressources disponibles et capacité de déploiement structuré, qui explique pourquoi des institutions comme Afreximbank restent indispensables malgré les progrès des marchés domestiques.</p>
<h2 id="afreximbank-pivot-entre-marchés-globaux-et-économie-africaine">Afreximbank, pivot entre marchés globaux et économie africaine</h2>
<p>Créée en 1993 à l&rsquo;initiative des États africains et de la Banque africaine de développement, Afreximbank a pour vocation première de financer le commerce intra-africain et les échanges entre l&rsquo;Afrique et le reste du monde. Ses interventions couvrent les financements du commerce, les garanties et les lignes de crédit aux banques commerciales africaines, ainsi que, de plus en plus, le soutien à l&rsquo;industrialisation et à la transformation structurelle des économies membres.</p>
<p>Son retour sur le marché en dollars renforce sa capacité à jouer ce rôle de pivot. En levant à un coût compétitif sur les marchés globaux, elle peut proposer des ressources à des conditions plus acceptables pour les acteurs africains qui, seuls, n&rsquo;auraient pas accès aux mêmes termes. Ce modèle d&rsquo;intermédiation repose sur une réputation construite auprès des investisseurs institutionnels internationaux. L&rsquo;UNECA, dans ses messages institutionnels récents liés au Rapport 2026 sur le développement durable en Afrique, insiste sur la nécessité de renforcer les institutions africaines capables de faire le pont entre capitaux internationaux et besoins locaux de financement.</p>
<h2 id="ce-que-ce-retour-révèle-pour-lavenir-du-financement-africain">Ce que ce retour révèle pour l&rsquo;avenir du financement africain</h2>
<p>Le retour d&rsquo;Afreximbank sur le marché en dollars n&rsquo;est pas un aveu d&rsquo;échec des cinq années de diversification monétaire. C&rsquo;est une décision pragmatique, ancrée dans les réalités des marchés de capitaux mondiaux, qui confirme que la liquidité en dollars reste difficile à contourner pour des opérations de grande envergure. La vraie mesure du chemin parcouru ne se lira pas dans le choix de la devise d&rsquo;émission, mais dans la capacité des marchés de capitaux africains à gagner en profondeur. Tant qu&rsquo;une institution comme Afreximbank devra regarder vers New York pour lever un milliard de dollars, le continent restera tributaire de cycles et de perceptions de risque qu&rsquo;il ne maîtrise pas entièrement. C&rsquo;est cette profondeur des marchés africains qui constituera le vrai marqueur de l&rsquo;émancipation financière du continent dans la prochaine décennie.</p>
<p>Photo : jeuneafrique.com</p>
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		<title>Afrique : la prime de risque de trop</title>
		<link>https://economie-afrique.com/industrie/afrique-la-prime-de-risque-de-trop/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Auteur]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 31 Jul 2026 07:44:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Industrie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les marchés financiers internationaux appliquent aux États africains des taux d'emprunt bien supérieurs à ce que leur profil de risque réel justifie. Selon une tribune publiée par Financial Afrik le 29 juillet 2026, le taux de défaut annuel sur les portefeuilles souverains africains se situe autour de 0,7 %, mais les pays du continent continuent de payer une « prime Afrique » estimée à 2,9 points de pourcentage au-delà d'un taux conforme à ce risque réel. Ce surcoût, que la Banque mondiale chiffre en dizaines de milliards de dollars de capacité d'investissement perdue chaque année, fragilise directement le financement des infrastructures, de la transition énergétique et des industries du continent</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Les marchés financiers associent souvent l&rsquo;Afrique à un risque élevé de non-remboursement. Les données contredisent cette perception. Selon une tribune publiée par Financial Afrik le 29 juillet 2026, le taux de défaut annuel sur les portefeuilles souverains africains se situe autour de 0,7 %, avec des taux de recouvrement qui restent élevés. Pourtant, les pays africains continuent de payer une « prime Afrique » estimée à environ 2,9 points de pourcentage au-delà d&rsquo;un taux qui refléterait leur risque réel.</p>
<p>L&rsquo;impact de cet écart est considérable. La Banque mondiale estime qu&rsquo;il représente des dizaines de milliards de dollars de capacité d&rsquo;investissement perdus chaque année. Pour comprendre l&rsquo;ordre de grandeur : si un État africain lève 1 milliard de dollars sur les marchés à 9 % d&rsquo;intérêt alors qu&rsquo;un taux de 6 % serait plus conforme à son profil de risque statistique, il paiera 30 millions de dollars de trop par an, rien que sur cette émission. Multiplié par des dizaines d&rsquo;émissions et de nombreux pays sur plusieurs décennies, le coût cumulé est considérable.</p>
<h2 id="ce-que-les-marchés-ignorent-du-profil-de-risque-africain">Ce que les marchés ignorent du profil de risque africain</h2>
<p>Plusieurs facteurs contribuent à maintenir cette prime malgré de bons indicateurs de remboursement. La faible liquidité des marchés obligataires africains amplifie l&rsquo;incertitude perçue : un marché peu liquide est difficile à quitter rapidement en cas de besoin, ce qui justifie une prime de liquidité aux yeux des investisseurs. Les méthodes de notation des grandes agences de crédit ne sont pas toujours adaptées aux structures économiques du continent. Les gestionnaires d&rsquo;actifs internationaux tendent par ailleurs à traiter l&rsquo;Afrique comme un bloc homogène, sans distinguer les trajectoires macroéconomiques très différentes du Kenya, du Sénégal ou du Ghana.</p>
<p>Le résultat est une perception du risque figée, déconnectée d&rsquo;une réalité qui évolue. Des pays qui ont réformé leurs finances publiques, diversifié leurs économies ou renforcé leurs institutions continuent de payer la même prime que ceux qui traversent des crises. Ce manque de différenciation pénalise les bons élèves et représente une opportunité manquée pour les investisseurs en quête de rendements ajustés au risque réel.</p>
<h2 id="leffet-multiplicateur-des-chocs-de-change">L&rsquo;effet multiplicateur des chocs de change</h2>
<p>La volatilité des devises aggrave encore la situation. Depuis le début des tensions géopolitiques au Proche-Orient, 31 monnaies africaines se sont dépréciées, selon une seconde tribune de Financial Afrik, publiée le même jour et co-signée par des économistes et des représentants d&rsquo;institutions financières. Pour les États qui ont contracté des dettes en dollars ou en euros, cette dépréciation alourdit mécaniquement le coût réel du service de la dette en monnaie locale.</p>
<p>La pression est concrète : plusieurs gouvernements africains doivent faire face à plus de 11 milliards de dollars de remboursements de dette au cours de l&rsquo;année en cours, selon les mêmes auteurs. Dans un contexte de devises affaiblies, cela signifie consacrer davantage de ressources budgétaires au remboursement, au détriment des dépenses d&rsquo;investissement. La prime de risque et les chocs de change se combinent ainsi pour contraindre doublement les finances publiques : l&rsquo;un alourdit le coût à l&#8217;emprunt, l&rsquo;autre gonfle le coût réel du remboursement.</p>
<h2 id="la-transition-énergétique-africaine-freinée-par-le-coût-du-capital">La transition énergétique africaine, freinée par le coût du capital</h2>
<p>C&rsquo;est dans les secteurs les plus capitalistiques que l&rsquo;impact de ce surcoût est le plus perceptible. Les projets d&rsquo;énergie renouvelable, les réseaux de transport d&rsquo;électricité, les infrastructures de stockage d&rsquo;énergie nécessitent tous des financements longs, stables et abordables sur des horizons de 15 à 30 ans. L&rsquo;Afrique dispose d&rsquo;atouts réels dans ces domaines. Son potentiel solaire est parmi les plus élevés du monde, ses gisements de minerais critiques sont indispensables aux technologies bas carbone. Mais ces atouts restent inexploités si le coût de l&rsquo;argent rend les projets non finançables à des conditions économiques acceptables.</p>
<p>Le déficit de financement pour atteindre les Objectifs de développement durable en Afrique est estimé entre 670 et 848 milliards de dollars par an, selon les données citées par Financial Afrik. Une partie de cet écart ne tient pas à l&rsquo;absence de projets viables, mais au coût prohibitif du capital. Réduire la prime de risque de 2,9 points ne suffirait pas à combler ce déficit à elle seule, mais libérerait une capacité d&rsquo;investissement que les données de remboursement souverain semblent pleinement justifier.</p>
<h2 id="réformer-larchitecture-financière--de-la-garantie-aux-marchés-locaux">Réformer l&rsquo;architecture financière : de la garantie aux marchés locaux</h2>
<p>Face à ce diagnostic, les tribunes identifient plusieurs leviers d&rsquo;action, en insistant sur leur caractère complémentaire : aucun ne peut fonctionner seul.</p>
<p>Le premier porte sur la réduction directe du coût du capital. Cela passe par une meilleure transparence des données financières disponibles sur les emprunteurs africains, par une réforme des méthodes de notation et par un recours accru aux garanties partielles des banques multilatérales de développement. Ces garanties permettent de couvrir une partie du risque perçu par les investisseurs privés, abaissant les taux exigés sans que les États soient contraints d&rsquo;accepter des conditions de marché défavorables.</p>
<p>Le deuxième levier vise à réduire l&rsquo;exposition aux chocs de change. Concrètement, cela implique de développer les financements en monnaie locale, qui protègent contre la dépréciation, et de mettre en place des mécanismes régionaux de stabilisation monétaire pour les économies les plus vulnérables. Ces approches visent à diminuer la part des dettes contractées en devises étrangères, qui reste le principal vecteur de fragilité lors des épisodes de tension sur le change.</p>
<p>Le troisième chantier concerne la mobilisation des ressources domestiques. Il s&rsquo;agit d&rsquo;élargir les bases fiscales et de structurer des marchés obligataires nationaux capables d&rsquo;absorber une part croissante des besoins de financement des États. Ces réformes s&rsquo;inscrivent dans un agenda plus large, qui inclut la révision du rôle des banques multilatérales, le Compact with Africa 2.0 du G20 et la position africaine commune sur la dette.</p>
<h2 id="un-ajustement-justifié-par-les-données-conditionné-à-des-réformes-concrètes">Un ajustement justifié par les données, conditionné à des réformes concrètes</h2>
<p>La prime de risque africaine n&rsquo;est pas une fatalité inscrite dans la géographie ou dans l&rsquo;histoire du continent. Les données de remboursement souverain montrent qu&rsquo;un ajustement vers des taux plus conformes au risque réel est statistiquement défendable. Mais corriger ce décalage suppose d&rsquo;agir sur plusieurs fronts à la fois. L&rsquo;information financière disponible sur les emprunteurs doit s&rsquo;améliorer. Les instruments de garantie des banques multilatérales doivent se renforcer, tout comme les marchés de capitaux locaux. Les projets de transition énergétique et d&rsquo;infrastructures ne peuvent pas attendre que les perceptions des marchés évoluent à leur propre rythme. Et les 11 milliards de dollars de remboursements attendus cette année rappellent que le coût de l&rsquo;inaction est, lui, bien réel.</p>
<p>Photo : energychamber.org</p>
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