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	<title>Afriique Economie</title>
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	<description>Afrique Economie s'intéresse aux actualités économiques et politiques qui rythment le continent africain. Dans les actualités que nous publions, nous traitons l'information de manière claire et indépendante. L'Afrique est le continent de toutes les richesses, pouvoir en suivre ses actualités est un plaisir que nous souhaitons partager ici avec vous. </description>
	<lastBuildDate>Fri, 16 Oct 2026 08:56:13 +0000</lastBuildDate>
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		<title>Le yuan à la conquête de l’Afrique : Ecobank rejoint le réseau chinois</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Auteur]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 16 Oct 2026 08:52:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Commerce]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ecobank a signé avec le CIPS à Pékin pour traiter le yuan dans 34 pays africains, une étape clé dans la diversification des paiements Afrique-Chine</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p data-pm-slice="1 1 []"><strong>Le dollar perd-il du terrain dans les échanges entre l’Afrique et la Chine ? En rejoignant le système de paiement chinois CIPS, Ecobank ouvre la voie à des transactions directement en yuan dans ses 34 marchés africains. Une avancée stratégique qui pourrait réduire les coûts pour les entreprises et rebattre les cartes de la finance sur le continent.</strong></p>
<p>Le 9 octobre 2026, Jérémy Awori, directeur général d&rsquo;Ecobank Transnational Incorporated (ETI), a <a href="https://www.jeuneafrique.com/1851623/economie-entreprises/pourquoi-louverture-decobank-au-yuan-change-la-donne-pour-le-continent/" target="_blank" rel="noopener">signé à Pékin un protocole d&rsquo;accord</a> avec le CIPS (Cross-Border Interbank Payment System), le système chinois de paiement interbancaire transfrontalier. L&rsquo;accord ouvre à la banque panafricaine la possibilité de traiter des paiements transfrontaliers en renminbi, la monnaie chinoise également désignée par le terme yuan, pour l&rsquo;ensemble de ses clients actifs dans ses 34 marchés africains. Dans le même mouvement, Ecobank a ouvert de nouveaux bureaux à Pékin, renforçant son ancrage institutionnel en Chine.</p>
<p>Ces deux décisions conjuguées signalent une orientation stratégique claire : positionner la banque comme pont entre les systèmes financiers africains et l&rsquo;écosystème monétaire chinois. Ce choix intervient à un moment où la Chine demeure, dans la plupart des pays africains, le premier ou le deuxième partenaire commercial pour les importations.</p>
<h2 id="cips--comment-fonctionne-le-système-de-paiement-chinois">CIPS : comment fonctionne le système de paiement chinois</h2>
<p>Pour saisir ce que change concrètement cet accord, il faut comprendre la mécanique de CIPS. Créé en 2015 par la Banque populaire de Chine, ce système est conçu pour compenser et régler les paiements transfrontaliers libellés en renminbi. Son rôle est analogue à celui de SWIFT pour les transactions en dollars ou en euros : il fournit aux banques participantes un canal sécurisé pour envoyer et recevoir des fonds en yuan, sans passer obligatoirement par des banques correspondantes basées aux États-Unis ou en Europe.</p>
<p>Avant l&rsquo;existence de tels circuits alternatifs, un importateur africain réglant ses achats en Chine devait souvent convertir sa monnaie locale en dollars, puis en yuan, via plusieurs intermédiaires bancaires. Deux opérations de change successives génèrent des frais à chaque étape et allongent les délais de traitement. La connexion directe à CIPS permet à Ecobank de court-circuiter une partie de cette chaîne et de proposer à ses clients un règlement en yuan plus direct.</p>
<h2 id="ce-que-cela-change-pour-les-entreprises-africaines">Ce que cela change pour les entreprises africaines</h2>
<p>L&rsquo;intérêt opérationnel est particulièrement visible pour les PME africaines impliquées dans des échanges réguliers avec la Chine : importateurs de matériaux de construction, de textiles ou d&rsquo;équipements industriels. Pour ces acteurs, les coûts de conversion et les délais de règlement sont une contrainte quotidienne. Disposer d&rsquo;une banque panafricaine capable de traiter directement des paiements en yuan sur 34 marchés représente une simplification concrète de la chaîne financière.</p>
<p>Cela n&rsquo;efface pas toutes les frictions. Gérer une position en yuan implique d&rsquo;accepter une exposition à une monnaie dont le taux de change est administré par la Banque populaire de Chine, ce qui introduit des contraintes spécifiques. Pour les PME qui ne commercent pas en volume suffisant pour gérer ce risque, la pertinence de passer au yuan reste à évaluer au cas par cas. L&rsquo;accord ouvre une infrastructure ; son déploiement réel sur chaque marché dépendra de l&rsquo;accompagnement commercial qu&rsquo;Ecobank mettra en place.</p>
<h2 id="ecobank-rejoint-standard-bank-et-afreximbank-dans-la-course-au-yuan">Ecobank rejoint Standard Bank et Afreximbank</h2>
<p>Cet accord place également <a href="https://ecobank.com/personal-banking" target="_blank" rel="noopener">Ecobank</a> en troisième position sur ce terrain. Standard Bank, le groupe bancaire sud-africain, et Afreximbank, la banque multilatérale de commerce africain, sont déjà connectés à CIPS. Leur présence commune sur cette infrastructure révèle une tendance sectorielle : parmi les grandes institutions financières africaines, la capacité à traiter le yuan est en train de devenir un critère de positionnement concurrentiel.</p>
<p>La rivalité entre Afreximbank et Standard Bank dans le financement des grands projets illustre à quel point ce terrain est disputé. D&rsquo;après des données du fournisseur d&rsquo;informations financières LSEG, l&rsquo;écart de commissions de banque d&rsquo;affaires générées par ces deux institutions en Afrique subsaharienne ne serait que de 500 000 dollars. Dans ce contexte de compétition serrée, la connexion à CIPS s&rsquo;apparente à un passage obligé pour tout acteur qui ambitionne de capter les flux commerciaux et financiers entre l&rsquo;Afrique et la Chine.</p>
<p>Pour Ecobank, dont l&#8217;empreinte géographique est sans équivalent parmi les banques commerciales africaines, cet accord renforce une proposition de valeur spécifique : être l&rsquo;institution capable de connecter des clients dans la quasi-totalité des pays d&rsquo;Afrique subsaharienne à leurs partenaires chinois, dans leur propre monnaie.</p>
<h2 id="vers-une-diversification-des-monnaies-de-règlement-en-afrique">Vers une diversification des monnaies de règlement en Afrique</h2>
<p>Cet accord s&rsquo;inscrit dans une tendance que plusieurs observateurs décrivent comme une diversification partielle des monnaies de règlement dans les échanges africains. Sans que le dollar soit remis en cause dans son rôle de monnaie de référence, des institutions et des pays du continent cherchent à élargir leur palette pour les transactions avec leurs partenaires. Le yuan en est aujourd&rsquo;hui l&rsquo;exemple le plus visible dans les échanges avec la Chine, premier fournisseur à l&rsquo;importation de nombreux pays africains.</p>
<p>Dans ce mouvement, CIPS joue un rôle structurant : il fournit l&rsquo;infrastructure technique qui permet aux banques africaines de rendre opérationnel ce choix de diversification. La question n&rsquo;est plus seulement stratégique ; elle est désormais bancaire et pratique. Que les grandes banques africaines investissent dans ces connexions montre que la demande existe, portée par des flux commerciaux réels qui se chiffrent en dizaines de milliards de dollars chaque année à l&rsquo;échelle du continent.</p>
<h2 id="un-positionnement-pour-la-prochaine-décennie-des-paiements-afrique-chine">Un positionnement pour la prochaine décennie des paiements Afrique-Chine</h2>
<p>La signature entre Ecobank et CIPS est moins une révolution qu&rsquo;un signal : les grandes banques panafricaines s&rsquo;équipent pour la prochaine décennie des échanges avec la Chine. Le yuan ne va pas supplanter le dollar dans les transactions africaines du jour au lendemain, mais l&rsquo;infrastructure pour le recevoir et l&rsquo;émettre est désormais en place dans 34 pays. Ce que le mouvement révèle surtout, c&rsquo;est la capacité des acteurs bancaires africains à anticiper les transformations des systèmes de paiement mondiaux et à s&rsquo;y positionner activement, plutôt qu&rsquo;à attendre qu&rsquo;elles s&rsquo;imposent de l&rsquo;extérieur.</p>
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		<title>Sénégal : 2,2 milliards du FMI en jeu, la dette au cœur de l’urgence</title>
		<link>https://economie-afrique.com/politique/programme-fmi-senegal-restructurer-dette/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Auteur]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 15 Oct 2026 07:01:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[dette]]></category>
		<category><![CDATA[FMI]]></category>
		<category><![CDATA[senegal]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Sénégal veut boucler sa restructuration de dette d'ici décembre, grâce à un programme FMI de 2,2 milliards. Les banques régionales de l'UEMOA sont exposées</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le 1er septembre 2025, le conseil d&rsquo;administration du <a href="https://www.imf.org/fr/home" target="_blank" rel="noopener">Fonds monétaire international</a> a approuvé un programme de Facilité élargie de crédit (FEC) au bénéfice du Sénégal, d&rsquo;un montant de 2,2 milliards de dollars sur trente-six mois. Pour Dakar, cet accord représente bien plus qu&rsquo;un soutien budgétaire : il constitue un signal envoyé aux marchés financiers et aux créanciers sur la volonté du pays de remettre de l&rsquo;ordre dans ses finances publiques après une séquence politique intense.</strong></p>
<p>Le programme est assorti de conditionnalités portant sur l&rsquo;ajustement budgétaire et la soutenabilité de la dette à moyen terme. Mercedes Vera Martin, cheffe de mission du FMI au Sénégal, a détaillé dans un entretien accordé à Jeune Afrique les prochaines étapes du processus et la manière dont le Fonds évalue la trajectoire des finances publiques sénégalaises. Le premier décaissement est espéré pour novembre 2025, à condition que les étapes techniques préliminaires soient validées dans les délais.</p>
<p>Ce contexte est aussi celui d&rsquo;une Afrique subsaharienne dont la croissance est estimée à 4,5 % jusqu&rsquo;en 2027 par le FMI, mais qui reste fragilisée par des ratios d&rsquo;endettement en hausse et des coûts de financement élevés sur les marchés internationaux. Le Sénégal, dont la production pétrolière offshore a démarré avec le champ Sangomar et dont le projet gazier GTA doit suivre à brève échéance, dispose d&rsquo;un argument de poids pour justifier sa trajectoire. Ces revenus futurs sont régulièrement mis en avant pour rassurer les créanciers, même si leur montée en puissance reste soumise à des aléas techniques et de marché.</p>
<h2 id="un-calendrier-de-négociation-serré-bouclé-dici-la-fin-de-lannée">Un calendrier de négociation serré, bouclé d&rsquo;ici la fin de l&rsquo;année</h2>
<p>La vraie particularité du cas sénégalais tient au rythme affiché. Dakar ne s&rsquo;est pas contenté de signer un accord avec le FMI : les autorités ont annoncé l&rsquo;objectif de conclure les négociations avec l&rsquo;ensemble de leurs créanciers bilatéraux et privés d&rsquo;ici décembre 2025. Ce qui laisse en pratique deux à trois mois pour mener à bien un processus qui a pris plusieurs années dans d&rsquo;autres pays africains.</p>
<p>Cette ambition s&rsquo;appuie explicitement sur la fenêtre ouverte par les assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale, qui se déroulent à Bangkok du 12 au 18 octobre. Pour les ministres des Finances africains présents, ces réunions représentent une occasion de progresser directement avec les institutions et les créanciers sur des dossiers en attente. Le Sénégal figure parmi les cas que ces assemblées doivent contribuer à débloquer, aux côtés des pays de la Cemac, selon Jeune Afrique.</p>
<p>La crédibilité de ce calendrier dépend de plusieurs variables : la disponibilité des créanciers bilatéraux relevant du Cadre commun du G20, la capacité des détenteurs de dette obligataire privée à se coordonner dans des délais courts, et surtout la réponse à une question centrale que les négociateurs ne peuvent plus esquiver. La dette libellée en francs CFA sera-t-elle incluse dans le périmètre de restructuration, ou en sera-t-elle explicitement exclue ?</p>
<h2 id="les-banques-de-luemoa-principale-zone-dincertitude">Les banques de l&rsquo;UEMOA, principale zone d&rsquo;incertitude</h2>
<p>C&rsquo;est précisément ce point qui retient le plus l&rsquo;attention des analystes. L&rsquo;agence de notation S&amp;P a estimé que les grandes banques africaines devraient rester globalement protégées du plan de restructuration sénégalais. La même agence précise cependant que l&rsquo;exclusion de la dette en francs CFA n&rsquo;est pas garantie, et elle signale une exposition particulièrement marquée des établissements bancaires ivoiriens à la dette de l&rsquo;État sénégalais.</p>
<p>La raison est structurelle. Les banques commerciales de l&rsquo;UEMOA sont des acheteurs réguliers des titres de dette émis par les États membres de l&rsquo;union monétaire, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de bons du Trésor à court terme ou d&rsquo;obligations à plus longue échéance. Cette pratique, qui permet aux États de se financer à des coûts relativement contenus sur le marché régional, crée une interdépendance forte entre la solidité des finances publiques d&rsquo;un pays et la santé du bilan des banques de ses voisins.</p>
<p>Si la dette en CFA devait être intégrée au périmètre de restructuration, même partiellement, les effets se feraient sentir sur la liquidité du marché obligataire de l&rsquo;UEMOA et sur la capacité des autres États de la zone à lever des ressources dans des conditions raisonnables. La Banque centrale des États de l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest (BCEAO) et les régulateurs nationaux suivent l&rsquo;évolution du dossier, même si aucune prise de position officielle n&rsquo;a été signalée à ce stade.</p>
<h2 id="un-cas-décole-dans-le-débat-sur-larchitecture-financière-africaine">Un cas d&rsquo;école dans le débat sur l&rsquo;architecture financière africaine</h2>
<p>Le dossier sénégalais s&rsquo;inscrit dans une problématique plus large que la Commission économique pour l&rsquo;Afrique (CEA) et l&rsquo;Union africaine portent depuis plusieurs années : les mécanismes actuels de traitement des dettes souveraines africaines restent trop lents et insuffisamment adaptés aux dynamiques économiques du continent. Les négociations au cas par cas, sans calendrier prévisible, pénalisent les États qui ont besoin de visibilité pour planifier leurs dépenses.</p>
<p>Le Cadre commun du G20, mis en place en 2020 pour faciliter les restructurations dans les pays à faible revenu, a montré ses limites. Le Ghana et la Zambie ont chacun attendu plusieurs années avant d&rsquo;aboutir à un accord, laissant leurs économies dans une zone grise pénalisante pour l&rsquo;investissement privé. Dakar a visiblement tiré les leçons de ces précédents en optant pour un calendrier volontariste, adossé à la pression des assemblées de Bangkok.</p>
<p>La CEA plaide, dans ce contexte, pour des mécanismes plus prévisibles et plus transparents, permettant d&rsquo;éviter les négociations prolongées créatrices d&rsquo;incertitude. Le Sénégal, avec ses ressources naturelles en cours de développement, bénéficie d&rsquo;un argument de poids. Mais cela ne le met pas à l&rsquo;abri des aléas d&rsquo;un processus qui dépend, in fine, de la volonté de coordination des créanciers.</p>
<h2 id="un-résultat-attendu-bien-au-delà-de-dakar">Un résultat attendu bien au-delà de Dakar</h2>
<p>Si le calendrier tient,&nbsp; le Sénégal récupère une marge de manœuvre budgétaire pour financer ses priorités et réduire progressivement le coût de sa dette. L&rsquo;entrée en régime des revenus pétroliers et gaziers ajouterait ensuite une couche de crédibilité à long terme. Si en revanche les négociations s&rsquo;enlisent, ou si la dette en CFA est intégrée au périmètre sans accord préalable avec les banques régionales, les conséquences risquent de déborder largement au-delà de Dakar. Le marché obligataire de l&rsquo;UEMOA, pilier du financement public dans huit pays, serait alors directement affecté. Le résultat des prochaines semaines sera donc suivi de près dans l&rsquo;ensemble des capitales de la zone franc, et pas seulement à N&rsquo;Djamena ou à Abidjan.</p>
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		<title>L’Afrique se dote d’une agence de notation souveraine pour réduire son coût d’emprunt</title>
		<link>https://economie-afrique.com/a-la-une/lafrique-se-dote-agence-notation-souveraine-pour-reduire-cout-demprunt/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Auteur]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 09 Oct 2026 13:31:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[AfCRA]]></category>
		<category><![CDATA[afrique]]></category>
		<category><![CDATA[agence de notation africaine]]></category>
		<category><![CDATA[financement du développement]]></category>
		<category><![CDATA[Union Africaine]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Lancée le 7 octobre à Maurice, l'AfCRA entend corriger la prime de risque africaine et faire baisser le coût du capital pour les États du continent</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p data-pm-slice="1 1 []"><strong>L’Afrique dispose de milliers de milliards de dollars, mais continue d’emprunter à prix fort. Un paradoxe qui freine ses ambitions économiques et soulève une question : le continent est-il réellement aussi risqué que le prétendent les agences de notation internationales ? Pour reprendre la main sur son financement, l’Union africaine lance sa propre agence de notation, avec une ambition de taille : changer le regard des investisseurs et permettre au capital africain de financer davantage le développement du continent.</strong></p>
<p>L&rsquo;Afrique abrite aujourd&rsquo;hui près de 4000 milliards de dollars de capital domestique, sous forme de réserves de banques centrales, de fonds de pension, de fonds souverains, d&rsquo;actifs d&rsquo;assurance et d&rsquo;épargne de long terme, selon la Commission économique pour l&rsquo;Afrique des Nations unies (CEA). Dans le même temps, le continent accuse un déficit de financement annuel estimé à 280 milliards de dollars pour ses infrastructures, son industrialisation, son énergie et son commerce régional. Ce hiatus n&rsquo;est pas une fatalité. Il est, pour une large part, la conséquence d&rsquo;un système de mesure du risque que de nombreux acteurs jugent inadapté aux réalités africaines.</p>
<p>Les agences de notation internationales jouent un rôle central dans ce mécanisme. Leurs évaluations conditionnent directement le coût auquel les États et les institutions financières africaines peuvent emprunter. Or plusieurs études montrent que les notations attribuées à l&rsquo;Afrique intègrent une subjectivité qui majore artificiellement le risque perçu. Une analyse du PNUD, citée par African Business, estime que les pays africains pourraient économiser jusqu&rsquo;à 74,5 milliards de dollars si leurs notations de crédit reposaient sur des évaluations moins subjectives, tenant davantage compte des performances de remboursement observées et des fondamentaux macroéconomiques propres à chaque pays.</p>
<h2 id="la-«-prime-de-risque-africaine-»-un-surcoût-documenté">La « prime de risque africaine », un surcoût documenté</h2>
<p>Le terme revient dans presque tous les débats sur le financement du continent : la prime de risque africaine. Malgré des taux de défaut souverain historiquement faibles comparés à d&rsquo;autres régions émergentes, l&rsquo;Afrique emprunte à des taux parmi les plus élevés au monde. Cette anomalie tient notamment à des méthodologies de notation conçues sans intégration fine des contextes locaux, doublées d&rsquo;un déficit de données standardisées sur les marchés africains.</p>
<p>Le coût de cet écart est considérable. Lorsqu&rsquo;un État africain émet des obligations sur les marchés internationaux à un taux majoré de deux ou trois points par rapport à ce que justifieraient ses fondamentaux macroéconomiques, ce différentiel se propage vers l&rsquo;ensemble de l&rsquo;économie nationale. Les conditions d&#8217;emprunt des États se dégradent, les taux pratiqués par les banques locales suivent, et les entreprises supportent au bout du compte un renchérissement du crédit que leurs concurrentes d&rsquo;autres régions n&rsquo;ont pas à affronter. Pour les institutions financières de développement, une notation conservatrice renchérit le coût des ressources qu&rsquo;elles lèvent sur les marchés, ce qui se traduit directement par des conditions de financement plus difficiles pour leurs projets.</p>
<h2 id="un-lancement-sous-le-patronage-de-lunion-africaine">Un lancement sous le patronage de l&rsquo;Union africaine</h2>
<p data-pm-slice="1 1 []">C’est dans ce contexte que l’<a href="https://africacreditrating.com/" target="_blank" rel="noopener">Agence africaine de notation de crédit</a> (AfCRA) a été officiellement lancée le 7 octobre 2026 à Port-Louis, sur l’île Maurice, à l’issue de la deuxième Conférence annuelle africaine sur la notation de crédit. Organisée les 5 et 6 octobre autour du thème « Développer les marchés de capitaux africains : réorienter les capitaux de l’Afrique », cette rencontre avait réuni des gouverneurs de banques centrales, des représentants des grandes agences de notation internationales, des chefs d’État et des dirigeants d’institutions financières régionales. Elle était coorganisée par le Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP), la Commission économique pour l’Afrique des Nations unies (CEA), le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et AfriCatalyst.</p>
<p>L&rsquo;AfCRA se positionne comme une agence souveraine, placée sous l&rsquo;égide de l&rsquo;Union africaine, dont la vocation est de produire des évaluations du risque de crédit intégrant davantage les spécificités économiques et institutionnelles du continent. L&rsquo;ambition dépasse la concurrence directe avec Moody&rsquo;s, S&amp;P ou Fitch. Selon ses promoteurs, il s&rsquo;agit d&rsquo;offrir une référence capable de réduire la part discrétionnaire des évaluations et, à terme, d&rsquo;abaisser le coût de l&#8217;emprunt pour les États comme pour les institutions de financement. L&rsquo;Union africaine avait posé les bases politiques de ce projet dès février 2024, en appelant formellement à réorienter les réserves et l&rsquo;épargne africaines vers des institutions du continent.</p>
<h2 id="la-mobilisation-du-capital-domestique-clé-de-voûte-du-projet">La mobilisation du capital domestique, clé de voûte du projet</h2>
<p>Le lancement de l&rsquo;AfCRA ne peut être compris indépendamment d&rsquo;une dynamique plus large : la volonté croissante des acteurs africains de recycler leur propre épargne au service du développement continental. Les 4 000 milliards de dollars d&rsquo;actifs contrôlés par les institutions africaines sont en grande partie investis sur des marchés étrangers ou placés dans des instruments déconnectés des besoins du continent. La conférence de Maurice a réaffirmé qu&rsquo;une notation africaine plus juste est l&rsquo;une des conditions pour que ces capitaux reviennent financer des projets d&rsquo;infrastructure, d&rsquo;industrialisation ou d&rsquo;adaptation climatique.</p>
<p>Les banques de développement illustrent concrètement cet enjeu. La Banque africaine de développement (BAD) a approuvé 10,9 milliards de dollars de nouveaux financements en 2025, pour 7,1 milliards de dollars de décaissements effectifs et 200 projets dans 50 pays africains, selon African Business. Sa capacité à lever des ressources sur les marchés de capitaux à des conditions compétitives dépend directement de sa notation. Il en va de même pour la Banque d&rsquo;investissement et de développement de la CEDEAO (EBID), qui a approuvé début octobre 390 millions de dollars de financements pour quatre projets stratégiques en Afrique de l&rsquo;Ouest, couvrant l&rsquo;extraction aurifère au Ghana, l&rsquo;approvisionnement pétrolier, le chemin de fer Kano-Maradi au Nigeria et une initiative d&rsquo;agriculture résiliente au climat.</p>
<h2 id="les-défis-qui-attendent-lafcra">Les défis qui attendent l&rsquo;AfCRA</h2>
<p>L&rsquo;ambition est légitime. Sa réalisation se heurtera à des obstacles bien identifiés. Le premier est celui de la crédibilité auprès des investisseurs internationaux : une agence africaine ne sera utile que si ses évaluations sont reconnues par les marchés où les États africains se financent. Cela suppose une indépendance institutionnelle réelle et des méthodologies transparentes, auditables par des tiers. La capacité à recruter des analystes de haut niveau sera aussi déterminante pour asseoir cette légitimité.</p>
<p>Le deuxième défi est celui de la gouvernance interne. Une agence placée sous le patronage de l&rsquo;Union africaine devra démontrer qu&rsquo;elle peut évaluer des États membres sans subir de pressions politiques. Les premières notations publiées constitueront un test décisif pour sa réputation. L&rsquo;efficacité de l&rsquo;AfCRA dépendra enfin de sa capacité à s&rsquo;appuyer sur des données fiables et harmonisées, ce qui renvoie à des lacunes statistiques que de nombreux pays africains n&rsquo;ont pas encore comblées.</p>
<h2 id="les-retombées-potentielles-sur-le-financement-des-états-et-des-entreprises">Les retombées potentielles sur le financement des États et des entreprises</h2>
<p>Tony Elumelu, figure de proue de l&rsquo;entrepreneuriat africain, l&rsquo;a formulé sans détour lors d&rsquo;une intervention rapportée par Financial Afrik le 7 octobre : les entrepreneurs africains ont besoin de capitaux, pas de charité. La question du coût du capital ne concerne pas uniquement les chancelleries ou les salles de marché. Elle détermine aussi les conditions dans lesquelles les PME africaines, les start-up de la climate tech ou les projets d&rsquo;industrialisation peuvent accéder à des financements à des taux supportables.</p>
<p>Si l&rsquo;AfCRA parvient à infléchir la perception du risque africain, même à la marge, les économies réalisées sur les coûts d&#8217;emprunt pourraient être redirigées vers des investissements productifs. Les 74,5 milliards de dollars d&rsquo;économies potentielles identifiés par le PNUD ne seront pas acquis dès la première notation publiée. Mais la création d&rsquo;un instrument africain crédible, ancré dans les réalités du continent, est une condition nécessaire pour que le capital africain finance davantage l&rsquo;Afrique.</p>
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		<title>Dangote investit 16 milliards de dollars dans un mégaprojet pétrochimique au Kenya</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Auteur]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 02 Oct 2026 09:16:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Industrie]]></category>
		<category><![CDATA[Dangote]]></category>
		<category><![CDATA[lamu]]></category>
		<category><![CDATA[LAPSSET]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dangote a lancé le 30 septembre 2026 un complexe pétrochimique de 16 milliards à Lamu, visant à faire du Kenya un hub de raffinage pour l'Afrique de l'Est</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La cérémonie officielle du 30 septembre 2026, qui a rassemblé le président kényan William Ruto et Aliko Dangote,<a href="https://www.dangote.com/aliko-dangote/" target="_blank" rel="noopener"> PDG du groupe nigérian</a>, a marqué le démarrage d&rsquo;un chantier susceptible de transformer la géographie industrielle de l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Est. Selon Financial Afrik, l&rsquo;investissement global s&rsquo;élève à environ 16 milliards de dollars, ce qui en fait l&rsquo;un des projets industriels les plus importants actuellement en cours de réalisation sur le continent. Le 1er octobre 2026, Afreximbank, banque panafricaine spécialisée dans le financement du commerce extérieur, a publié une déclaration saluant ce lancement, confirmant l&rsquo;ancrage institutionnel du projet.</strong></p>
<p>Le site retenu est le port de Lamu, situé au nord de Mombasa. Ce choix n&rsquo;est pas fortuit. La ville bénéficie d&rsquo;une attention institutionnelle croissante depuis qu&rsquo;elle a été intégrée comme tête de pont du corridor LAPSSET (Lamu Port-South Sudan-Ethiopia Transport Corridor), un projet régional visant à connecter la façade maritime kenyane aux pays de l&rsquo;hinterland est-africain. L&rsquo;implantation d&rsquo;un complexe pétrochimique lui confère désormais une dimension industrielle qui complète sa vocation logistique existante.</p>
<h2 id="lamu-et-le-corridor-lapsset--de-la-logistique-à-lindustrie">Lamu et le corridor LAPSSET : de la logistique à l&rsquo;industrie</h2>
<p>Le LAPSSET est l&rsquo;un des projets d&rsquo;infrastructure les plus ambitieux de la région. Il comprend une route transfrontalière, un pipeline pétrolier et une ligne ferroviaire destinés à relier Lamu à l&rsquo;Ouganda, à l&rsquo;Éthiopie et au Soudan du Sud, trois pays sans accès direct à la mer. Jusqu&rsquo;à présent, ce corridor était principalement pensé comme un axe de transit pour les exportations de brut depuis les zones de production intérieures vers les marchés mondiaux. L&rsquo;arrivée du complexe de Dangote y ajoute une dimension de transformation sur place : le pétrole acheminé via ce corridor pourrait désormais être raffiné à Lamu avant redistribution régionale, ce qui modifie fondamentalement la nature des flux économiques attendus.</p>
<p>Pour des pays enclavés comme l&rsquo;Ouganda ou le Soudan du Sud, la disponibilité de produits raffinés à Lamu représente un gain logistique potentiel. Ces pays dépendent aujourd&rsquo;hui de circuits d&rsquo;importation coûteux, intégrant de longs trajets de transit depuis des ports plus éloignés. L&rsquo;impact sur les coûts d&rsquo;approvisionnement en carburants est difficile à chiffrer à ce stade, mais il constitue l&rsquo;un des arguments centraux avancés pour justifier l&rsquo;inscription du projet dans la dynamique régionale.</p>
<h2 id="la-stratégie-dangote--capter-la-valeur-ajoutée-de-la-transformation">La stratégie Dangote : capter la valeur ajoutée de la transformation</h2>
<p>Ce projet kenyan s&rsquo;inscrit dans une vision construite sur plusieurs années. Le groupe Dangote a déjà bâti à Lekki, en périphérie de Lagos, une méga-raffinerie dont la capacité avoisine 650 000 barils par jour, la plus grande du continent. Cette installation, récemment assez structurée pour faire l&rsquo;objet d&rsquo;une introduction en Bourse à Lagos, illustre la logique industrielle du groupe : capter la valeur ajoutée dans la transformation des matières premières, plutôt que dans leur simple extraction ou commercialisation à l&rsquo;état brut.</p>
<p>Selon Jeune Afrique, Dangote prépare simultanément un retour dans la meunerie et poursuit ses investissements dans les engrais. Ces activités convergent vers un objectif commun : maîtriser les intrants essentiels aux économies africaines, à commencer par l&rsquo;énergie et les intrants agricoles. L&rsquo;implantation à Lamu étend ce périmètre industriel bien au-delà du Nigeria et de l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest, vers un marché est-africain en forte croissance, encore peu doté en capacités locales de raffinage.</p>
<h2 id="réduire-une-dépendance-structurelle-aux-produits-raffinés-importés">Réduire une dépendance structurelle aux produits raffinés importés</h2>
<p>Le diagnostic économique qui motive ces investissements est bien documenté. L&rsquo;Afrique produit du pétrole brut, mais importe massivement des produits pétroliers raffinés : carburants, fioul industriel, gaz liquéfié. Ce paradoxe structurel génère des déficits commerciaux récurrents, expose les économies africaines à la volatilité des prix internationaux et prive le continent d&rsquo;une partie significative de la valeur industrielle que représente la transformation des hydrocarbures.</p>
<p>Le Kenya lui-même n&rsquo;est pas un grand producteur de pétrole. Ses gisements dans le comté de Turkana sont encore en phase de développement, et le pays dépend fortement des importations pour couvrir sa consommation intérieure. En accueillant un complexe de raffinage à cette échelle, Nairobi vise à se repositionner dans la chaîne de valeur des hydrocarbures : non pas comme producteur, mais comme hub de transformation régionale. Ce pari industriel suppose que les volumes traités seront suffisants pour assurer la rentabilité du projet sur le long terme, notamment grâce aux débouchés vers les marchés voisins.</p>
<p>Le soutien public d&rsquo;Afreximbank est, dans ce contexte, un signal significatif. La banque panafricaine, dont le mandat couvre le financement du commerce et de la transformation industrielle à l&rsquo;échelle continentale, constitue un partenaire naturel pour des projets de cette ampleur. Sa déclaration du 1er octobre 2026 indique une compatibilité avec ses priorités de financement, même si les modalités précises d&rsquo;une éventuelle participation au capital n&rsquo;ont pas encore été rendues publiques.</p>
<h2 id="industrialisation-et-transition--une-équation-non-résolue">Industrialisation et transition : une équation non résolue</h2>
<p>L&rsquo;investissement à Lamu intervient dans un contexte où les discussions sur la transition énergétique s&rsquo;accélèrent, y compris pour l&rsquo;Afrique. La Commission économique pour l&rsquo;Afrique des Nations unies évalue à 277 milliards de dollars les besoins annuels de financement climatique du continent, un chiffre qui illustre l&rsquo;ampleur des ressources à mobiliser pour engager une trajectoire bas carbone crédible.</p>
<p>Des projets comme celui de Lamu suscitent des lectures contrastées dans ce cadre. Ils ancrent des infrastructures fossiles sur plusieurs décennies, ce qui pose des questions légitimes sur leur compatibilité avec les objectifs climatiques à long terme. Mais en réduisant les coûts énergétiques intérieurs et en stabilisant les balances commerciales, ils peuvent aussi dégager des capacités de financement potentiellement réorientables. Les investissements parallèles de Dangote dans les engrais, dont une production locale réduit les besoins d&rsquo;importation et les émissions liées au transport longue distance, ajoutent une dimension d&rsquo;efficacité dans l&rsquo;usage des ressources. Le bilan global de la stratégie reste à évaluer dans la durée.</p>
<h2 id="ce-que-le-projet-change-pour-lafrique-de-lest">Ce que le projet change pour l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Est</h2>
<p>Le lancement officiel du complexe de Lamu marque une étape concrète dans la montée en puissance des champions industriels africains capables de structurer des filières à grande échelle sur le continent. Si le projet se réalise selon les ambitions annoncées, il repositionnera Lamu comme un nœud industriel de premier plan en Afrique de l&rsquo;Est, au croisement des routes de transit et des marchés régionaux en croissance. Les prochaines étapes à surveiller seront la structuration définitive du financement, les conditions de participation d&rsquo;Afreximbank et d&rsquo;autres bailleurs institutionnels éventuels, ainsi que le calendrier de mise en service que le groupe Dangote s&rsquo;engagera publiquement à tenir.</p>
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		<title>Airtel Money à Londres : l’IPO qui pourrait accélérer la fintech africaine</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Auteur]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Sep 2026 08:23:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Entreprises]]></category>
		<category><![CDATA[Airtel Money]]></category>
		<category><![CDATA[IPO]]></category>
		<category><![CDATA[Londres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Airtel Money vise la Bourse de Londres avec une valorisation de 8 à 9 milliards de dollars et l'IFC au capital, dans la plus grande IPO londonienne depuis </p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>L&rsquo;annonce a été faite le 23 septembre 2026. Airtel Money, filiale spécialisée dans les services de mobile money du groupe Airtel Africa, a officialisé son intention de s&rsquo;introduire sur le marché principal de la London Stock Exchange (LSE). Selon des<a href="https://forbesafrique.com/airtel-money-met-le-cap-sur-la-bourse-de-londres/" target="_blank" rel="noopener"> informations relayées par les médias</a>, la valorisation globale visée se situe entre 8 et 9 milliards de dollars, avec une levée minimale estimée à 800 millions de dollars. Si ces niveaux se confirment, cette introduction deviendrait la plus importante réalisée à Londres depuis 2021, selon Trading Economics.</strong></p>
<p>Un aspect de la structure mérite d&rsquo;être souligné : l&rsquo;offre porterait exclusivement sur la cession d&rsquo;actions existantes et non sur l&rsquo;émission de titres nouveaux. Concrètement, les fonds levés serviront d&rsquo;abord à offrir une liquidité aux actionnaires actuels, sans injecter directement de capital frais dans le bilan d&rsquo;<a href="https://www.airtel.africa/mobile-money" target="_blank" rel="noopener">Airtel Money</a>. Cette modalité est courante dans les grandes IPO, mais elle pose la question du financement à venir de l&rsquo;expansion de la filiale sur le continent.</p>
<h2 id="lifc-entre-au-capital--un-signal-institutionnel-décisif">L&rsquo;IFC entre au capital : un signal institutionnel décisif</h2>
<p>L&rsquo;entrée de l&rsquo;<a href="https://www.ifc.org/en/home" target="_blank" rel="noopener">International Finance Corporation</a> (IFC), bras financier du Groupe Banque mondiale, constitue l&rsquo;un des éléments structurants de cette opération. L&rsquo;IFC s&rsquo;est engagée à investir jusqu&rsquo;à 67,2 millions de livres sterling, soit environ 90 millions de dollars, au moment de l&rsquo;introduction en bourse. Ce montant reste modeste au regard de la valorisation totale visée, mais il remplit une fonction symbolique et pratique : la présence de l&rsquo;IFC au capital d&rsquo;une entreprise africaine rassure les investisseurs internationaux sur la qualité de la gouvernance et la robustesse du modèle économique.</p>
<p>Cette démarche s&rsquo;inscrit dans la stratégie de l&rsquo;IFC de mobiliser des capitaux privés vers les marchés émergents. Début septembre 2026, l&rsquo;institution avait déjà annoncé un retour sur le marché des obligations en livres sterling avec une émission de 500 millions de livres, ciblant des investisseurs institutionnels européens. Son engagement dans l&rsquo;IPO d&rsquo;Airtel Money prolonge cette orientation : l&rsquo;IFC combine un investissement en fonds propres et un signal de qualité à destination des marchés.</p>
<h2 id="le-mobile-money-africain-un-secteur-dont-la-valorisation-saffirme">Le mobile money africain, un secteur dont la valorisation s&rsquo;affirme</h2>
<p>Airtel Money opère dans un segment qui a profondément transformé l&rsquo;accès aux services financiers sur le continent. Le mobile money permet à des millions de personnes sans compte bancaire de réaliser des transferts d&rsquo;argent, de payer des factures et d&rsquo;accéder, dans certains marchés, à des services de crédit ou d&rsquo;assurance via leur téléphone. Airtel Africa est implanté sur plusieurs marchés africains, où ses activités de mobile money sont devenues un relais de croissance face aux revenus de téléphonie vocale en régression.</p>
<p>La filiale se mesure à des concurrents solidement établis. M-Pesa de Safaricom, référence au Kenya, Orange Money, présent dans une grande partie de l&rsquo;Afrique francophone, et MTN Mobile Money occupent une large part du marché continental. La structuration d&rsquo;Airtel Money comme entité distincte cotée en bourse lui confère une autonomie de gouvernance et une capacité de communication financière que ces acteurs restés intégrés à des groupes de télécommunications n&rsquo;ont pas toujours.</p>
<p>La dynamique sectorielle s&rsquo;appuie sur des données macro solides. Selon la Banque mondiale, plus de 824 millions de personnes vivaient encore dans l&rsquo;extrême pauvreté en 2024, dont une large majorité en Afrique subsaharienne. L&rsquo;inclusion financière par le mobile reste l&rsquo;un des canaux les plus efficaces pour atteindre des populations que les banques commerciales classiques ne couvrent pas, ce qui fonde les perspectives de croissance à long terme du secteur.</p>
<h2 id="cotation-à-londres--un-choix-pragmatique-qui-alimente-le-débat-continental">Cotation à Londres : un choix pragmatique qui alimente le débat continental</h2>
<p>Le choix de Londres comme place de cotation reflète avant tout une contrainte de taille : les bourses africaines ne disposent pas encore de la profondeur nécessaire pour absorber une opération de cette envergure. La BRVM (Bourse régionale des valeurs mobilières de l&rsquo;UEMOA) enregistrait le 23 septembre 2026 des volumes d&rsquo;échange de 2,36 milliards de FCFA pour l&rsquo;ensemble des valeurs cotées, soit environ 3,6 millions de dollars sur une seule séance. Une levée de 800 millions de dollars sur ce marché serait structurellement hors de portée à ce stade.</p>
<p>Ce choix alimente pourtant un débat qui traverse les milieux économiques africains. Lors du forum « Unstoppable Africa 2026 » à New York, Aliko Dangote a appelé les dirigeants africains à retenir les capitaux sur le continent pour financer l&rsquo;industrialisation. L&rsquo;IPO d&rsquo;Airtel Money illustre précisément cette tension : une entreprise qui offre des services d&rsquo;inclusion financière en Afrique choisit de se financer sur une place étrangère, faute de marchés locaux capables d&rsquo;absorber son ambition.</p>
<h2 id="ce-que-cette-opération-dit-du-financement-des-fintechs-africaines">Ce que cette opération dit du financement des fintechs africaines</h2>
<p>Au-delà de l&rsquo;opération elle-même, l&rsquo;IPO d&rsquo;Airtel Money soulève une question de fond sur le modèle de financement des entreprises africaines à fort potentiel. La configuration retenue, une filiale africaine cotée à Londres avec l&rsquo;appui d&rsquo;un bailleur multilatéral, représente un compromis entre accès aux capitaux mondiaux et ancrage institutionnel dans les objectifs de développement.</p>
<p>D&rsquo;autres modèles coexistent. Certains acteurs africains ont opté pour des cotations croisées, combinant une bourse africaine et une place internationale. D&rsquo;autres mobilisent des obligations locales : fin septembre 2026, l&rsquo;État guinéen lançait un emprunt de 2 500 milliards de francs guinéens via Afriland First Bank Guinée pour financer le programme minier Simandou 2040, illustrant que des marchés locaux peuvent absorber des montants significatifs, même si les ordres de grandeur diffèrent très largement.</p>
<p>La question centrale reste celle des retombées concrètes : comment les capitaux levés à Londres financeront-ils l&rsquo;expansion de services réellement accessibles aux populations africaines ? L&rsquo;engagement de l&rsquo;IFC joue ici un rôle, l&rsquo;institution étant explicitement mandatée pour s&rsquo;assurer que ses investissements contribuent au développement. Mais les mécanismes de redevabilité entre cotation internationale et impact local sur le terrain restent un domaine peu balisé.</p>
<h2 id="un-calendrier-de-finalisation-encore-ouvert-en-septembre-2026">Un calendrier de finalisation encore ouvert en septembre 2026</h2>
<p>L&rsquo;introduction en bourse d&rsquo;Airtel Money n&rsquo;est pas encore finalisée. La fourchette définitive de prix, le calendrier précis et la répartition entre investisseurs n&rsquo;avaient pas été rendus publics au moment de l&rsquo;annonce du 23 septembre 2026. Les prochaines semaines diront si la valorisation visée résiste à l&rsquo;examen des marchés londoniens, dans un contexte où la LSE cherche à retrouver de la profondeur après plusieurs années d&rsquo;atonie relative.</p>
<p>Ce qui change déjà, quel que soit le résultat final, c&rsquo;est la perception internationale des fintechs africaines. Une entreprise de mobile money active sur le continent peut désormais prétendre à une valorisation comparable à celle d&rsquo;une institution financière de taille intermédiaire en Europe. C&rsquo;est un signe de maturité sectorielle qui dépasse la seule opération d&rsquo;Airtel Money : il signale que le mobile money africain est entré dans une phase où les grands marchés de capitaux le considèrent comme un actif de référence.</p>
<p>Illustration : economictimes.indiatimes.com</p>
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		<title>UEMOA : quand les États dominent le marché obligataire</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Auteur]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Sep 2026 10:10:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Entreprises]]></category>
		<category><![CDATA[afrique]]></category>
		<category><![CDATA[budget]]></category>
		<category><![CDATA[marchés obligataires]]></category>
		<category><![CDATA[UEMOA]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans la zone UEMOA, la dette souveraine occupe l'essentiel des marchés obligataires régionaux. Résultat : les entreprises privées peinent à se financer</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Dans la zone UEMOA, les adjudications obligataires régionales sont devenues un instrument central du financement des États membres. Ces derniers recourent aux marchés locaux à un rythme soutenu pour couvrir leurs déficits, souvent proches ou supérieurs à 5 % du PIB. L&rsquo;essentiel de l&rsquo;épargne institutionnelle disponible se retrouve ainsi mobilisé par la dette souveraine, bien avant d&rsquo;atteindre les entreprises.</strong></p>
<p>Une contribution publiée le 20 septembre 2026 dans Financial Afrik l&rsquo;analyse sans détour : les investisseurs présents sur les marchés de l&rsquo;Union économique et monétaire ouest-africaine affichent une préférence marquée pour les titres d&rsquo;État. Les obligations émises par des entreprises privées ne représentent qu&rsquo;une fraction marginale des volumes traités sur la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM), que dominent les bons et obligations du Trésor des huit États membres.</p>
<h2 id="le-cas-du-mali--436-milliards-de-fcfa-levés-en-une-séance">Le cas du Mali : 43,6 milliards de FCFA levés en une séance</h2>
<p>L&rsquo;opération du 16 septembre 2026 l&rsquo;illustre concrètement. La Direction générale du Trésor et de la Comptabilité publique du Mali a mobilisé 43,648 milliards de FCFA sur le marché de l&rsquo;UMOA, soit environ 78,6 millions de dollars, pour couvrir les besoins du budget de l&rsquo;État. Une levée ordinaire par son format, mais révélatrice par son contexte : des opérations de ce type se répètent régulièrement pour plusieurs pays de l&rsquo;Union. La Côte d&rsquo;Ivoire, le Sénégal, le Togo et le Burkina Faso alimentent elles aussi ce flux continu d&rsquo;émissions souveraines.</p>
<p>L&rsquo;accumulation de ces appels de fonds pèse sur la liquidité disponible dans la zone. Ce que les États absorbent à chaque adjudication, les entreprises ne peuvent pas l&rsquo;obtenir. Dans un marché encore peu profond, où l&rsquo;épargne institutionnelle reste concentrée dans un nombre limité d&rsquo;acteurs (banques, compagnies d&rsquo;assurance, caisses de retraite), l&rsquo;effet d&rsquo;éviction du secteur privé est réel et documenté.</p>
<h2 id="les-raisons-dune-préférence-structurelle-pour-la-dette-souveraine">Les raisons d&rsquo;une préférence structurelle pour la dette souveraine</h2>
<p>La concentration des marchés sur les titres souverains s&rsquo;explique par une convergence de facteurs pratiques et réglementaires.</p>
<p>La perception du risque joue en premier lieu. Les obligations d&rsquo;État sont considérées comme plus sûres que celles des entreprises, même lorsque la situation budgétaire est tendue. La capacité à lever l&rsquo;impôt et l&rsquo;hypothèse d&rsquo;un soutien possible de bailleurs multilatéraux rassurent les gestionnaires de portefeuille. La liquidité renforce ce biais : les émissions souveraines, de grande taille et fréquentes, alimentent un marché secondaire bien plus actif que celui des obligations privées, généralement émises en volumes réduits et difficiles à revendre rapidement.</p>
<p>La réglementation prudentielle vient compléter ce tableau. Les règles applicables aux banques et aux assureurs dans la zone UEMOA les incitent à détenir des titres bien notés. Or la notation des entreprises privées est souvent inférieure à celle des États, quand elle existe. Ce vide de notation crée un biais structurel : sans évaluation crédible du risque, les investisseurs optent pour le titre souverain par défaut.</p>
<h2 id="un-risque-déviction-pour-le-financement-des-entreprises">Un risque d&rsquo;éviction pour le financement des entreprises</h2>
<p>Ce déséquilibre pose un problème économique concret. Faute d&rsquo;accès aux marchés obligataires régionaux, les entreprises se tournent vers les banques commerciales, souvent à des taux plus élevés et avec des exigences de garantie que les PME ne peuvent pas toujours satisfaire. L&rsquo;accès au financement de long terme, indispensable pour investir dans des capacités productives et créer des emplois durables, reste ainsi l&rsquo;apanage d&rsquo;un nombre limité de grands groupes. Les PME, qui représentent la grande majorité du tissu économique dans les pays de l&rsquo;UEMOA, en sont largement exclues.</p>
<p>Ce phénomène porte un nom en économie : l&rsquo;effet d&rsquo;éviction, ou crowding out. Lorsque la dette publique absorbe une grande partie de l&rsquo;épargne disponible, les emprunteurs privés sont mécaniquement pénalisés. Dans un marché peu profond comme celui de l&rsquo;UEMOA, où l&rsquo;épargne institutionnelle reste limitée et peu diversifiée, cet effet se fait ressentir plus directement qu&rsquo;ailleurs.</p>
<p>La contribution du 20 septembre 2026 souligne que l&rsquo;une des priorités pour rééquilibrer la situation est de restaurer l&rsquo;accès aux financements concessionnels multilatéraux. Le raisonnement est direct : si les États obtiennent davantage de ressources auprès de la Banque mondiale, du FMI ou de la Banque africaine de développement, ils réduisent leur pression sur les marchés régionaux et libèrent de la liquidité pour les entreprises. C&rsquo;est un levier réel, mais qui suppose que ces programmes soient effectivement mobilisés et opérationnels, ce qui n&rsquo;est pas toujours acquis.</p>
<h2 id="les-pistes-pour-rééquilibrer-les-marchés-en-faveur-du-secteur-privé">Les pistes pour rééquilibrer les marchés en faveur du secteur privé</h2>
<p>Plusieurs voies complémentaires sont évoquées par les experts et les institutions.</p>
<p>Les garanties partielles de crédit constituent l&rsquo;une des pistes les mieux documentées. Ces mécanismes permettent à une institution de cautionner une partie du risque d&rsquo;une obligation d&rsquo;entreprise, la rendant ainsi plus attractive pour les investisseurs. La MIGA du Groupe Banque mondiale, la BAD et certains fonds africains proposent déjà ce type d&rsquo;instruments dans la zone, mais leur utilisation reste limitée.</p>
<p>Le développement de la notation financière pour les entreprises est une autre condition nécessaire. Des agences comme GCR Ratings ou Bloomfield Investment Corporation travaillent à combler ce vide dans la zone UEMOA, mais la couverture reste insuffisante au regard des besoins. Sans évaluation crédible du risque, les investisseurs ne peuvent pas fixer un prix pour la dette privée et continuent de s&rsquo;abstenir.</p>
<p>Renforcer la profondeur du marché secondaire est également indispensable. Un investisseur qui peut revendre facilement une obligation d&rsquo;entreprise est plus enclin à en acheter initialement. Cela passe par des réformes de transparence pour les émetteurs et par une capitalisation plus importante de la BRVM, dont les volumes restent modestes au regard des besoins de la zone.</p>
<h2 id="une-croissance-de-61--à-consolider-par-le-financement-du-tissu-productif">Une croissance de 6,1 % à consolider par le financement du tissu productif</h2>
<p>La zone UEMOA affiche une dynamique soutenue : la BCEAO anticipe une croissance du PIB réel de 6,1 % pour 2026, après 6,5 % en 2025, selon son Rapport de politique monétaire de septembre 2026. Mais une croissance tirée principalement par la consommation et les dépenses publiques reste vulnérable aux chocs extérieurs. Pour qu&rsquo;elle se traduise durablement en emplois et en capacité industrielle, le capital doit trouver le chemin des entreprises, pas seulement celui des budgets publics.</p>
<p>Rééquilibrer les marchés financiers régionaux en faveur du secteur privé est donc un enjeu de développement, pas seulement de finance. La question n&rsquo;est pas de limiter les émissions souveraines, que les États ont structurellement besoin de maintenir, mais de créer les conditions pour que les entreprises puissent accéder aux mêmes marchés. Cela suppose des réformes structurelles et une coordination plus étroite entre bailleurs multilatéraux et gouvernements, de façon à faire progresser la profondeur financière de la zone bien au-delà de son niveau actuel.</p>
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		<title>L’Afrique veut financer son avenir avec sa propre épargne</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Auteur]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Sep 2026 07:36:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Commerce]]></category>
		<category><![CDATA[BAD]]></category>
		<category><![CDATA[cote d'ivoire]]></category>
		<category><![CDATA[epargne]]></category>
		<category><![CDATA[Nafad]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Portée par la BAD, la NAFAD veut mobiliser 4 000 milliards de dollars d’épargne africaine pour financer le développement du continent. La Côte d’Ivoire ouvre la voie avec son nouveau fonds souverain, symbole d’une ambition : financer l’Afrique par ses propres ressources</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>En avril 2026, la Banque africaine de développement a formalisé ce que ses promoteurs appellent le « Consensus d&rsquo;Abidjan », acte fondateur de la NAFAD. Ce cadre institutionnel part d&rsquo;un constat simple mais longtemps sous-estimé : l&rsquo;Afrique dispose de ressources financières internes considérables, mais ne s&rsquo;est pas encore dotée des instruments pour les orienter vers ses propres besoins de développement. L&rsquo;épargne domestique du continent est estimée à 4 000 milliards de dollars, selon les données avancées par la<a href="https://www.afdb.org/fr" target="_blank" rel="noopener"> Banque africaine de développement</a>. Face à un déficit de financement annuel chiffré à 400 milliards de dollars, la NAFAD entend fonctionner comme un pont institutionnel entre ces deux réalités.</strong></p>
<p>La logique qui sous-tend ce projet diffère des approches qui ont prévalu depuis plusieurs décennies. Jusque-là, le financement du développement africain reposait sur des flux largement externes, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse des prêts concessionnels des institutions multilatérales ou des marchés obligataires internationaux. Cette dépendance expose les États africains à des contraintes extérieures, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse des conditions attachées à l&rsquo;aide, de la volatilité des taux d&rsquo;intérêt mondiaux ou des exigences des agences de notation. La NAFAD propose un changement de prisme : mobiliser d&rsquo;abord ce qui est déjà là, en créant les conditions pour que l&rsquo;épargne domestique devienne un levier de transformation plutôt qu&rsquo;une ressource exportée.</p>
<h2 id="lépargne-domestique-africaine--une-ressource-de-4-000-milliards-mal-orientée">L&rsquo;épargne domestique africaine : une ressource de 4 000 milliards mal orientée</h2>
<p>Les 4000 milliards de dollars d&rsquo;épargne domestique africaine ne sont pas une abstraction statistique. Ils comprennent les dépôts bancaires, les réserves des fonds de pension, les portefeuilles des compagnies d&rsquo;assurance, les avoirs des fonds souverains existants et l&rsquo;épargne des ménages. Or une partie substantielle de ces ressources échappe aux circuits productifs locaux : certains actifs sont placés sur des marchés étrangers, d&rsquo;autres immobilisés dans l&rsquo;immobilier ou dans des titres d&rsquo;État à faible rendement, d&rsquo;autres encore ne passent pas par le système financier formel.</p>
<p>Le problème n&rsquo;est donc pas une insuffisance de ressources, mais une inadéquation entre les instruments disponibles et les exigences des projets d&rsquo;investissement. Un fonds de pension, par exemple, ne peut pas financer un projet d&rsquo;infrastructure dont le profil de risque n&rsquo;est pas suffisamment balisé ou dont le cadre juridique n&rsquo;offre pas assez de visibilité sur le long terme. C&rsquo;est sur ce point précis que la NAFAD intervient : en proposant des mécanismes de garantie et de dérisquage qui rendent les projets africains accessibles à des investisseurs institutionnels locaux, la Banque africaine de développement cherche à limiter la fuite de capitaux vers des actifs étrangers jugés plus sûrs.</p>
<h2 id="la-côte-divoire-traduit-lambition-de-la-nafad-en-fonds-souverain-opérationnel">La Côte d&rsquo;Ivoire traduit l&rsquo;ambition de la NAFAD en fonds souverain opérationnel</h2>
<p>La Côte d&rsquo;Ivoire illustre de façon concrète comment un pays peut opérationnaliser les principes de la NAFAD à l&rsquo;échelle nationale. Le gouvernement ivoirien a engagé la création d&rsquo;un Fonds souverain pour le Développement, présenté comme un instrument de mobilisation de capitaux privés en appui au Plan national de développement 2026-2030. Ce fonds doit fonctionner comme un mécanisme de dérisquage : en apportant une garantie publique sur certains projets, il réduit le risque perçu par les investisseurs privés et leur permet d&rsquo;allouer des capitaux qu&rsquo;ils n&rsquo;auraient pas déployés seuls.</p>
<p>Les résultats du Groupe consultatif d&rsquo;Abidjan, tenu les 8 et 9 juillet 2026, ont fourni un premier test grandeur nature de cette stratégie. Les partenaires ont annoncé 80 milliards de dollars d&rsquo;intentions de financement pour le Plan national de développement 2026-2030, soit près de quatre fois l&rsquo;objectif initial que le gouvernement s&rsquo;était fixé, selon <a href="https://www.financialafrik.com/2026/07/09/cote-divoire-plebiscite-historique-des-bailleurs-pour-le-pnd-2026-2030-47-820-milliards-de-fcfa-mobilises/" target="_blank" rel="noopener">Financial Afrik</a>. Ce ratio est révélateur : lorsqu&rsquo;un cadre institutionnel crédible est en place, avec des instruments de garantie lisibles, la réponse des investisseurs peut dépasser largement les prévisions de départ.</p>
<h2 id="le-dérisquage-comme-levier-de-transformation-et-non-simple-amortisseur-de-risque">Le dérisquage comme levier de transformation, et non simple amortisseur de risque</h2>
<p>L&rsquo;un des apports analytiques les plus structurants du débat autour de la NAFAD porte sur la manière de mesurer l&rsquo;efficacité d&rsquo;un mécanisme de garantie. Selon l&rsquo;analyse publiée par Financial Afrik, la valeur développementale d&rsquo;un instrument de dérisquage ne se mesure pas uniquement au volume de risque absorbé, mais à la transformation productive qu&rsquo;il rend possible. Une garantie publique n&rsquo;a de sens que si, sans elle, un projet économiquement viable n&rsquo;aurait pas trouvé de financement.</p>
<p>Cette lecture change la façon d&rsquo;évaluer les politiques de financement du développement. Un fonds de garantie qui couvre 10 % d&rsquo;un projet à 500 millions de dollars et qui permet de débloquer les 90 % restants en capitaux privés crée une valeur économique sans commune mesure avec son coût budgétaire direct. Appliquée à l&rsquo;échelle du continent, cette logique de levier peut transformer des milliards d&rsquo;engagements publics en investissements productifs, dans les infrastructures énergétiques, les zones industrielles, les projets agricoles ou les services numériques.</p>
<h2 id="des-réformes-réglementaires-et-une-gouvernance-rigoureuse-conditions-du-succès">Des réformes réglementaires et une gouvernance rigoureuse, conditions du succès</h2>
<p>La NAFAD et les fonds souverains nationaux qui s&rsquo;y adossent devront surmonter des obstacles concrets pour tenir leurs promesses. Le premier est d&rsquo;ordre réglementaire : dans plusieurs pays africains, les fonds de pension sont contraints par la loi d&rsquo;investir la majorité de leurs actifs dans des titres d&rsquo;État à faible rendement, ce qui limite leur capacité à financer des projets d&rsquo;infrastructure à long terme. Une réforme de ces contraintes prudentielles, en ouvrant la possibilité aux investisseurs institutionnels de diversifier leurs portefeuilles vers des actifs réels ou des instruments de dette privée, constitue un préalable à la mobilisation effective de l&rsquo;épargne.</p>
<p>Le second obstacle est la gouvernance des fonds souverains eux-mêmes. Les expériences passées sur le continent ont montré que la crédibilité d&rsquo;un fonds dépend autant de ses règles de gestion que de son capital initial. L&rsquo;indépendance des gestionnaires, la transparence des critères d&rsquo;allocation, la publication régulière des résultats et l&rsquo;audit externe sont des éléments non négociables pour maintenir la confiance des partenaires internationaux et des investisseurs privés sur la durée.</p>
<h2 id="vers-une-architecture-continentale--les-conditions-dun-passage-à-léchelle">Vers une architecture continentale : les conditions d&rsquo;un passage à l&rsquo;échelle</h2>
<p>La NAFAD et le Fonds souverain pour le Développement de Côte d&rsquo;Ivoire illustrent une reconfiguration en cours de l&rsquo;architecture financière africaine. Après des décennies à calibrer ses besoins de financement sur les capacités des bailleurs externes, l&rsquo;Afrique tente de construire des instruments qui partent de ses propres ressources. Les 80 milliards de dollars d&rsquo;intentions de financement enregistrés lors du Groupe consultatif d&rsquo;Abidjan montrent qu&rsquo;une telle approche peut générer un effet d&rsquo;entraînement significatif, y compris auprès d&rsquo;investisseurs internationaux.</p>
<p>Ce qui reste à démontrer, c&rsquo;est la capacité à transformer ces intentions en projets financés et ces projets en actifs opérationnels. Si d&rsquo;autres pays africains adoptent des fonds souverains de développement calqués sur le modèle ivoirien, la NAFAD pourra prétendre à un statut de cadre continental, et non plus de simple initiative entre la Banque africaine de développement et un pays pionnier.</p>
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		<title>ZLECAf : DHL et la CEA s’allient pour accélérer le commerce des PME</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Auteur]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Sep 2026 08:23:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Commerce]]></category>
		<category><![CDATA[afrique]]></category>
		<category><![CDATA[DHL]]></category>
		<category><![CDATA[PME]]></category>
		<category><![CDATA[ZLECAf]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le 14 septembre, la CEA et DHL ont signé un partenariat pour faciliter la participation des PME au commerce intra-africain et réduire l’écart entre les politiques de la ZLECAf et les réalités du terrain</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La <a href="https://www.thereporterethiopia.com/52807/" target="_blank" rel="noopener">signature du Mémorandum d&rsquo;entente</a>, le 14 septembre 2026 à Addis-Abeba, siège de la <a href="https://www.uneca.org/fr" target="_blank" rel="noopener">Commission économique pour l&rsquo;Afrique</a>, marque une étape inhabituelle dans le paysage institutionnel du commerce africain. La CEA, organe régional des Nations unies, et <a href="https://group.dhl.com/en.html" target="_blank" rel="noopener">DHL Express Sub-Saharan Africa</a> ont formalisé un cadre de coopération centré sur un objectif précis : faciliter l&rsquo;accès des petites et moyennes entreprises aux marchés intra-africains, en s&rsquo;appuyant sur les structures existantes des Communautés économiques régionales (CER) et sur le cadre juridique de la ZLECAf.</strong></p>
<p>Ce type de partenariat entre une institution onusienne et un opérateur privé de cette taille reste encore rare à cette échelle sur le continent. Il traduit une prise de conscience partagée : les politiques commerciales bien rédigées ne produisent pas automatiquement des échanges transfrontaliers pour des entreprises qui n&rsquo;ont ni les ressources ni les connexions nécessaires pour les exploiter. La CEA l&rsquo;a elle-même documenté dans ses travaux sur la mise en œuvre de la ZLECAf, notamment dans son soutien au Gabon pour la révision de sa stratégie nationale d&rsquo;implémentation de l&rsquo;accord.</p>
<h2 id="les-pme-africaines-face-au-mur-logistique">Les PME africaines face au mur logistique</h2>
<p>La difficulté des PME à participer au commerce intra-africain tient à une accumulation d&rsquo;obstacles que la baisse des droits de douane ne suffit pas à lever. Les barrières non tarifaires restent très présentes : exigences sanitaires et phytosanitaires qui varient d&rsquo;un pays à l&rsquo;autre, procédures de certification différentes selon les CER, délais de dédouanement imprévisibles, coûts de transport souvent disproportionnés par rapport à la valeur des marchandises. Pour une PME agroalimentaire au Kenya qui souhaite exporter des produits transformés vers la Tanzanie ou l&rsquo;Ouganda, ces frictions peuvent rendre l&rsquo;opération économiquement non viable.</p>
<p>L&rsquo;accès à l&rsquo;information de marché constitue un deuxième frein majeur. Savoir quels produits sont demandés dans un pays voisin, à quel prix, avec quels standards de qualité et selon quelles procédures d&rsquo;importation, suppose un investissement en temps et en argent que peu de petites structures peuvent se permettre. Les grandes entreprises disposent de services dédiés à l&rsquo;intelligence commerciale. Les PME, elles, apprennent souvent sur le tas, au prix d&rsquo;erreurs coûteuses.</p>
<p>Selon le communiqué de la CEA, le partenariat doit précisément adresser ces deux dimensions : l&rsquo;accès aux services logistiques et l&rsquo;accès à l&rsquo;information de marché, avec une attention particulière au commerce électronique, à l&rsquo;exportation de produits à valeur ajoutée et à la construction de chaînes de valeur régionales.</p>
<h2 id="la-zlecaf-en-chiffres--un-accord-ambitieux-des-résultats-en-construction">La ZLECAf en chiffres : un accord ambitieux, des résultats en construction</h2>
<p>Entrée en vigueur en janvier 2021 pour les premiers pays signataires, la ZLECAf réunit 54 États membres de l&rsquo;Union africaine. Elle est souvent présentée comme le plus vaste accord de libre-échange au monde en termes de nombre de participants. Son ambition centrale est d&rsquo;augmenter substantiellement la part du commerce intra-africain dans les échanges totaux du continent, une part que la CEA et la Banque africaine de développement estiment aujourd&rsquo;hui autour de 15 à 18 %, contre plus de 60 % pour les échanges internes à l&rsquo;Union européenne.</p>
<p>Ce décalage est le produit d&rsquo;une longue histoire : des économies conçues pour exporter des matières premières brutes vers des marchés extérieurs, des infrastructures de transport insuffisantes pour relier les pays voisins, et des politiques douanières qui ont longtemps favorisé les échanges avec les partenaires hors du continent. La ZLECAf cherche à corriger ces héritages structurels, mais l&rsquo;accord commercial seul ne peut pas compenser l&rsquo;absence d&rsquo;opérateurs logistiques capables de connecter des fournisseurs et des acheteurs à des coûts raisonnables. C&rsquo;est là que le partenariat avec DHL cherche à intervenir.</p>
<p>La CEA accompagne par ailleurs plusieurs pays dans la révision de leurs stratégies nationales de mise en œuvre de la ZLECAf. L&rsquo;exemple du Gabon, pour lequel elle a appuyé la validation d&rsquo;une stratégie nationale révisée, montre que l&rsquo;institution ne se limite pas au cadre continental : elle descend au niveau des politiques sectorielles et des entreprises pour tenter de rendre l&rsquo;accord opérationnel dans des contextes économiques très différents.</p>
<h2 id="ce-que-dhl-apporte-à-léquation">Ce que DHL apporte à l&rsquo;équation</h2>
<p>DHL Express est présente dans une grande majorité de pays africains. Elle dispose d&rsquo;un réseau de transport et de livraison rodé, de systèmes de traçabilité des envois et d&rsquo;une base de données sur les exigences réglementaires des marchés de destination. Pour une PME africaine souhaitant exporter vers un pays voisin, accéder à ces ressources représente une réduction significative des coûts de mise en conformité.</p>
<p>Du côté de DHL, l&rsquo;engagement dans ce partenariat s&rsquo;inscrit aussi dans une logique commerciale : la montée en puissance du commerce intra-africain créerait de nouveaux flux logistiques dont l&rsquo;entreprise peut espérer capter une part. Ce double intérêt, institutionnel pour la CEA et commercial pour DHL, n&rsquo;est pas une contradiction. Les partenariats public-privé les plus durables sont ceux où chaque partie y trouve un avantage concret.</p>
<p>L&rsquo;accord couvre des segments identifiés : le e-commerce, où les PME africaines peuvent vendre à des acheteurs d&rsquo;autres pays du continent sans passer par des intermédiaires coûteux ; les exportations de produits transformés à valeur ajoutée, comme les produits alimentaires, les textiles ou les cosmétiques naturels ; et la construction de chaînes d&rsquo;approvisionnement régionales, où une PME peut devenir fournisseur d&rsquo;une autre entreprise dans un pays voisin.</p>
<h2 id="un-modèle-prometteur-mais-des-questions-en-suspens">Un modèle prometteur, mais des questions en suspens</h2>
<p>Un mémorandum d&rsquo;entente fixe un cadre. Il ne garantit pas des résultats. La transformation de cet accord en bénéfices tangibles pour les PME africaines dépendra de plusieurs facteurs que le communiqué officiel n&rsquo;aborde pas encore.</p>
<p>Le premier est la capacité à atteindre les PME là où elles opèrent réellement. Beaucoup d&rsquo;entre elles évoluent dans des secteurs semi-formels, avec des structures comptables et juridiques qui ne correspondent pas toujours aux standards requis pour accéder à des services logistiques internationaux. Un programme d&rsquo;accompagnement qui ne tient pas compte de ces réalités risque de ne bénéficier qu&rsquo;aux entreprises déjà les mieux dotées.</p>
<p>Le deuxième facteur est la coordination avec les CER. La CEDEAO, la CAE, la SADC ou le COMESA affichent des niveaux d&rsquo;avancement très différents dans la mise en œuvre des accords régionaux et de la ZLECAf. Un partenariat logistique est d&rsquo;autant plus efficace que les règles d&rsquo;origine, les procédures de transit et les exigences de certification sont harmonisées à l&rsquo;échelle régionale. Sans cette cohérence réglementaire, les gains logistiques risquent d&rsquo;être absorbés par des frictions administratives persistantes.</p>
<p>Le troisième point tient à la complémentarité avec les initiatives déjà en cours : programmes d&rsquo;appui aux PME exportatrices dans des pays comme le Maroc, le Rwanda ou la Côte d&rsquo;Ivoire, plateformes numériques de commerce développées par des acteurs locaux, fonds de garantie à l&rsquo;exportation. La valeur ajoutée du partenariat CEA-DHL sera d&rsquo;autant plus forte qu&rsquo;il s&rsquo;articulera avec ces dispositifs existants plutôt qu&rsquo;il ne les ignore.</p>
<h2 id="des-engagements-à-traduire-en-flux-commerciaux-réels">Des engagements à traduire en flux commerciaux réels</h2>
<p>Le partenariat entre la CEA et DHL Express envoie un signal clair sur la direction prise par les institutions internationales : reconnaître que l&rsquo;intégration commerciale africaine nécessite des opérateurs capables d&rsquo;agir directement sur les chaînes logistiques concrètes, et pas seulement sur les textes d&rsquo;accord. Pour les PME africaines, l&rsquo;enjeu ne se joue pas dans les salles de réunion d&rsquo;Addis-Abeba, mais dans les entrepôts, les postes frontaliers et les marchés des capitales régionales. Le prochain test sera la mise en place effective des outils annoncés, et la capacité du partenariat à atteindre des entreprises qui n&rsquo;ont jamais encore exporté hors de leur pays, et non uniquement celles qui cherchaient déjà leur chemin vers les marchés continentaux.</p>
<p>Photo : sikafinance.com</p>
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		<title>AfCFTA : le cas du Gabon révèle les défis des PME africaines.</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Auteur]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 11 Sep 2026 08:19:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Commerce]]></category>
		<category><![CDATA[AfCFTA]]></category>
		<category><![CDATA[gabon]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les 10 et 11 septembre 2026, le Gabon révise à Libreville sa stratégie AfCFTA. Un enjeu clé : transformer l’accord en opportunités concrètes pour les entreprises africaines, alors que le commerce intra-africain peine encore à décoller</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Les 10 et 11 septembre 2026, le ministère gabonais du Commerce a réuni à Libreville les parties prenantes nationales pour valider la version révisée de la stratégie nationale <a href="https://au.int/fr/cfta" target="_blank" rel="noopener">AfCFTA</a> du Gabon, avec l&rsquo;appui technique de la Commission économique pour l&rsquo;Afrique (CEA). L&rsquo;ordre du jour couvrait les secteurs prioritaires, les chaînes de valeur identifiées, les mécanismes institutionnels de suivi et les priorités d&rsquo;investissement en infrastructures logistiques.</strong></p>
<p>L&rsquo;exercice est plus concret qu&rsquo;il ne paraît. Réviser une stratégie nationale AfCFTA oblige chaque pays à répondre à des questions précises : dans quels secteurs est-il possible de générer davantage de valeur ajoutée ? Vers quels partenaires régionaux orienter les investissements ? Quelles frictions douanières lever en priorité ? La CEA formule l&rsquo;objectif clairement : « traduire les opportunités offertes par l&rsquo;AfCFTA en gains économiques tangibles ». C&rsquo;est là que se joue, pays par pays, l&rsquo;effectivité de l&rsquo;accord.</p>
<p>Pour le Gabon, dont les exportations restent très concentrées sur le pétrole brut et le manganèse, deux ressources qui bénéficient peu des préférences tarifaires intrarégionales, la stratégie révisée devrait identifier des filières à plus fort contenu industriel. La transformation du bois et l&rsquo;agro-industrie figurent parmi les secteurs susceptibles de permettre au pays d&rsquo;aller au-delà du rôle de fournisseur de matières brutes.</p>
<h2 id="un-accord-juridiquement-en-vigueur-une-intégration-qui-tarde">Un accord juridiquement en vigueur, une intégration qui tarde</h2>
<p>L&rsquo;AfCFTA est formellement en vigueur depuis 2021. Elle couvre les 54 États membres de l&rsquo;Union africaine et repose sur des protocoles portant sur le commerce des marchandises, des services, les investissements et les règles d&rsquo;origine. Or depuis son entrée en vigueur, le commerce intra-africain n&rsquo;a progressé que d&rsquo;environ 7 %, selon The Africa Report, un résultat que les institutions africaines jugent en deçà des ambitions initiales.</p>
<p>Une étude publiée le 10 septembre 2026 dans Financial Afrik identifie les freins structurels. Quatre leviers font défaut : le développement des chaînes de valeur régionales, la réduction des frictions commerciales (barrières non tarifaires, procédures aux frontières, délais de dédouanement), une application plus rigoureuse des accords régionaux existants, et le financement des biens publics continentaux que sont les infrastructures de transport, les réseaux d&rsquo;énergie et les plateformes numériques. L&rsquo;enchevêtrement des huit communautés économiques régionales (CER), dont plusieurs se superposent avec des régimes tarifaires distincts, complique encore la mise en cohérence de l&rsquo;ensemble.</p>
<h2 id="les-pme-africaines-face-aux-obstacles-cumulatifs-du-commerce-régional">Les PME africaines face aux obstacles cumulatifs du commerce régional</h2>
<p>L&rsquo;étude de Financial Afrik formule un objectif que les décideurs répètent sans toujours en tirer les conséquences : faire de l&rsquo;AfCFTA « la ZLECAf des PME africaines ». En l&rsquo;état, le tissu entrepreneurial de nombreux pays reste insuffisamment structuré pour franchir les frontières de manière compétitive. Une petite ou moyenne entreprise qui veut vendre ses produits sur un marché voisin se heurte à des obstacles cumulatifs : accès au financement et aux garanties bancaires limité, absence de certification reconnue à l&rsquo;échelle régionale, opacité sur les règles d&rsquo;origine, et difficulté à accéder aux marchés publics transfrontaliers.</p>
<p>Le paradoxe est bien réel. L&rsquo;AfCFTA ouvre théoriquement l&rsquo;accès à un marché de plus d&rsquo;un milliard de consommateurs. Mais les premières entreprises à bénéficier des préférences tarifaires sont souvent les grandes sociétés ou les opérateurs publics, qui disposent des ressources pour naviguer dans les procédures de conformité. Pour qu&rsquo;une PME ghanéenne puisse écouler sa production au Sénégal sans friction excessive, il faut que les simplifications prévues par l&rsquo;accord descendent jusqu&rsquo;aux guichets douaniers et aux agents de contrôle. Ce travail de traduction institutionnelle progresse, mais lentement.</p>
<h2 id="le-gabon-entre-ressources-brutes-et-montée-dans-les-chaînes-de-valeur">Le Gabon entre ressources brutes et montée dans les chaînes de valeur</h2>
<p>La démarche gabonaise présente des caractéristiques qui en font un cas à la fois particulier et représentatif. Avec environ 2,5 millions d&rsquo;habitants, le Gabon est un petit marché domestique. Sa localisation au cœur du golfe de Guinée en fait un point de passage potentiel entre l&rsquo;Afrique centrale et l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest, à condition de disposer de corridors logistiques adaptés.</p>
<p>Le pays a engagé depuis plusieurs années une politique de montée en gamme dans la filière bois, en limitant l&rsquo;exportation de grumes brutes pour favoriser la transformation locale. C&rsquo;est précisément le type de démarche que l&rsquo;AfCFTA est censée encourager à grande échelle : capter la valeur ajoutée sur le continent plutôt qu&rsquo;exporter des matières premières. La stratégie révisée devrait, selon la CEA, définir des priorités d&rsquo;investissement en infrastructures logistiques et les mécanismes de gouvernance pour en assurer le suivi. La modernisation du port de Libreville et le développement des corridors routiers vers le Cameroun représentent des investissements prioritaires identifiables, dont le financement reste à sécuriser.</p>
<h2 id="quatre-leviers-pour-franchir-lécart-entre-texte-et-économie-réelle">Quatre leviers pour franchir l&rsquo;écart entre texte et économie réelle</h2>
<p>Les recommandations de l&rsquo;étude ne restent pas au niveau des généralités. Le premier levier est le développement des chaînes de valeur régionales, en ciblant les secteurs où les pays peuvent se compléter plutôt que se concurrencer sur les mêmes exportations de base. Le second vise la réduction des frictions commerciales par la numérisation des procédures douanières et l&rsquo;harmonisation des normes sanitaires, deux domaines où les progrès restent inégaux d&rsquo;un pays à l&rsquo;autre.</p>
<p>Le troisième levier, le plus politique, est l&rsquo;application effective des accords déjà conclus au sein des CER. Plusieurs engagements sur la libre circulation des marchandises ou l&rsquo;harmonisation tarifaire n&rsquo;ont pas encore été transposés dans les législations nationales ni dans les pratiques des administrations douanières. Enfin, le quatrième levier concerne le financement des biens publics régionaux. Les infrastructures de transport interconnectées, les réseaux électriques et les plateformes de certification nécessitent des investissements collectifs dont le rendement dépasse les frontières nationales. La Banque africaine de développement et la CEA rappellent régulièrement que ces besoins se chiffrent en dizaines de milliards de dollars annuels, mobilisables uniquement via des mécanismes multilatéraux ou des partenariats public-privé structurés.</p>
<h2 id="ce-que-lexercice-gabonais-révèle-sur-la-mise-en-œuvre-de-lafcfta">Ce que l&rsquo;exercice gabonais révèle sur la mise en œuvre de l&rsquo;AfCFTA</h2>
<p>L&rsquo;atelier de Libreville ne changera pas à lui seul la trajectoire de l&rsquo;intégration africaine. Mais il illustre quelque chose d&rsquo;essentiel : l&rsquo;AfCFTA ne se met pas en œuvre par décret continental. Elle exige un travail d&rsquo;appropriation nationale, secteur par secteur, frontière par frontière, qui mobilise des capacités institutionnelles que tous les États n&rsquo;ont pas encore pleinement développées. Si la stratégie révisée du Gabon débouche sur des priorités opérationnelles, des financements identifiés et un calendrier crédible, le pays pourra servir de référence pour d&rsquo;autres États engagés dans le même exercice. La vraie mesure du succès de l&rsquo;AfCFTA dans les années qui viennent ne se lira pas dans le nombre de protocoles adoptés. Elle se mesurera au nombre de PME africaines qui auront effectivement traversé une frontière pour vendre ou investir à l&rsquo;échelle régionale, loin des amphithéâtres de conférences.</p>
<p>Cet article <a rel="nofollow" href="https://economie-afrique.com/commerce/afcfta-le-cas-du-gabon-revele-les-defis-des-pme-africaines/">AfCFTA : le cas du Gabon révèle les défis des PME africaines.</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="https://economie-afrique.com">Economie Afrique</a>.</p>
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		<title>Climat : l’Afrique face au défi des 277 milliards $</title>
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		<pubDate>Wed, 09 Sep 2026 11:42:51 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>la CCDA-14 souligne l’ampleur du défi : 277 milliards $ sont nécessaires chaque année pour financer les NDC, mais moins de 11 % sont aujourd’hui mobilisés. L’enjeu : transformer les engagements en projets concrets avant la </p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le 7 septembre, des dirigeants africains, des experts du climat et des représentants d&rsquo;institutions financières se sont retrouvés au Centre des Nations unies à Addis-Abeba pour l&rsquo;ouverture de la Quatorzième Conférence sur le changement climatique et le développement en Afrique. Organisée par les partenaires de <a href="https://www.climdev-africa.org/" target="_blank" rel="noopener">ClimDev-Africa</a> (la Commission économique pour l&rsquo;Afrique, la Banque africaine de développement et la Commission de l&rsquo;Union africaine), la conférence s&rsquo;est ouverte sur un constat sans ambiguïté : il ne suffit plus de prendre des engagements.</strong></p>
<p>Le thème retenu, « From Pledges to Implementation : The Belem-Antalya-Addis Roadmap », résume l&rsquo;ambition du moment. Il s&rsquo;agit d&rsquo;articuler les enseignements des précédentes COP avec les priorités africaines, en visant la COP31 prévue à Antalya, en Turquie, et une éventuelle présidence africaine de la COP32 en 2027. Les travaux doivent déboucher sur des « Addis Ababa Climate Action Messages », document de position qui structurera la voix du continent dans les négociations climatiques des prochains mois.</p>
<h2 id="un-déficit-de-277-milliards-de-dollars-par-an-couvert-à-11-">Un déficit de 277 milliards de dollars par an, couvert à 11 %</h2>
<p>Le chiffre avancé par Claver Gatete, Secrétaire exécutif de la CEA, lors de son discours d&rsquo;ouverture, fixe l&rsquo;ampleur du problème : 277 milliards de dollars par an sont nécessaires jusqu&rsquo;en 2030 pour permettre à l&rsquo;Afrique de mettre en œuvre ses contributions déterminées au niveau national (NDC). Ces documents de planification climatique, que chaque pays signataire de l&rsquo;Accord de Paris doit produire et régulièrement actualiser, définissent les objectifs de réduction des émissions et d&rsquo;adaptation au changement climatique. Ils orientent de plus en plus les politiques industrielles et les stratégies de développement des États africains.</p>
<p>Or les flux de financement climatique effectivement dirigés vers le continent ne couvrent qu&rsquo;environ 11 % de ce besoin annuel, selon la CEA. Pour chaque dollar requis, moins de douze cents arrivent à destination. La conséquence est double : des retards dans les projets d&rsquo;adaptation et de mitigation, et une pression supplémentaire sur des budgets publics déjà contraints par les niveaux d&rsquo;endettement élevés d&rsquo;un grand nombre de pays.</p>
<p>Ce décalage ne tient pas à une absence de volonté politique africaine. Il renvoie à une architecture mondiale du financement climatique qui reste défavorable à un continent parmi les moins responsables des émissions historiques, mais parmi les plus exposés à leurs conséquences. La CCDA-14 inscrit ce paradoxe au cœur de ses travaux, en cherchant à la fois des réponses dans le renforcement des ressources domestiques et dans une réforme des mécanismes multilatéraux, sans négliger la question du capital privé.</p>
<h2 id="les-instruments-africains-déjà-opérationnels">Les instruments africains déjà opérationnels</h2>
<p>Loin de se limiter au diagnostic, la conférence a mis en avant plusieurs mécanismes existants. James Kinyangi, coordinateur du Climate and Development Special Fund à la BAD, a détaillé les résultats de la Climate Action Window, instrument dédié aux pays africains les plus vulnérables. Ce mécanisme a mobilisé 450,9 millions de dollars auprès de sept donateurs. Sur cette enveloppe, 386 millions ont été engagés sur 79 projets, dont des systèmes d&rsquo;alerte précoce aux catastrophes climatiques opérationnels dans 12 pays et couvrant 15 millions de personnes.</p>
<p>Au total, la <a href="https://www.afdb.org/fr" target="_blank" rel="noopener">Banque africaine de développement</a> indique avoir mobilisé 8,4 milliards de dollars pour l&rsquo;adaptation climatique sur le continent. Sur le volet restauration des terres, 3,3 milliards de dollars ont été décaissés sur les 6,5 milliards engagés dans le cadre de l&rsquo;Initiative de la Grande Muraille Verte, programme qui vise à restaurer 100 millions d&rsquo;hectares de terres dégradées du Sénégal à Djibouti d&rsquo;ici 2030.</p>
<p>Afreximbank a de son côté annoncé qu&rsquo;elle orientera 5 % de ses prêts de long terme vers le financement climatique d&rsquo;ici 2030, dont 70 % vers des projets d&rsquo;adaptation, selon les déclarations de sa représentante Olubunmi Obasanjo-Williams. Ce mouvement illustre une tendance plus large parmi les banques régionales africaines, qui intègrent progressivement le critère climatique dans leurs décisions d&rsquo;allocation de capitaux.</p>
<p>Ces avancées restent très loin des 277 milliards annuels identifiés comme nécessaires. Plusieurs leviers sont sur la table à Addis-Abeba. Côté ressources, renforcer les garanties publiques peut réduire la prime de risque et rendre les projets attractifs pour les investisseurs privés. Côté gestion de la dette, des montages de type « dette contre investissement climatique » peuvent libérer des marges budgétaires. Et de manière transversale, intégrer les NDC dans les cadres budgétaires à moyen terme permettrait de donner aux engagements climatiques une force contraignante comparable à celle d&rsquo;une loi de finances.</p>
<h2 id="du-champ-au-budget--ladaptation-climatique-au-cœur-de-lagenda-2063">Du champ au budget : l&rsquo;adaptation climatique au cœur de l&rsquo;Agenda 2063</h2>
<p>La CCDA-14 se déroule dans une Afrique où l&rsquo;Union africaine a placé l&rsquo;eau et l&rsquo;assainissement au cœur de son agenda continental pour 2026. Moses Vilakati, Commissaire de l&rsquo;UA pour l&rsquo;agriculture, le développement rural, l&rsquo;économie bleue et l&rsquo;environnement durable, a souligné dans son discours d&rsquo;ouverture que les objectifs climatiques africains sont indissociables de l&rsquo;<a href="https://au.int/fr/agenda2063/vue-ensemble" target="_blank" rel="noopener">Agenda 2063</a>, qui projette un continent résilient, capable de produire de l&rsquo;énergie propre et de garantir la sécurité alimentaire de sa population.</p>
<p>Ce lien entre eau, agriculture et financement climatique est concret. Dans des pays comme le Tchad, le Niger ou l&rsquo;Éthiopie, la sécheresse et l&rsquo;irrégularité des précipitations menacent directement les récoltes et les revenus de populations encore très dépendantes de l&rsquo;agriculture vivrière. Financer l&rsquo;adaptation climatique, dans ce contexte, c&rsquo;est investir dans des systèmes d&rsquo;irrigation résilients, des variétés culturales adaptées aux nouvelles conditions ou des dispositifs d&rsquo;assurance agricole. Un investissement productif, pas seulement environnemental, qui peut directement réduire la vulnérabilité économique des États et soutenir la croissance à moyen terme.</p>
<h2 id="la-cop31-en-vue-et-une-présidence-africaine-à-construire-pour-la-cop32">La COP31 en vue, et une présidence africaine à construire pour la COP32</h2>
<p>La portée de la CCDA-14 dépasse ses trois jours de travaux. Les « Addis Ababa Climate Action Messages » qui en découleront doivent nourrir la position africaine à la COP31 prévue à Antalya. Plus loin, une présidence africaine de la COP32 en 2027 est envisagée, ce qui donnerait au continent un rôle inédit dans la gouvernance mondiale du climat.</p>
<p>Pour peser dans ces enceintes, l&rsquo;Afrique ne peut plus se présenter uniquement comme demandeuse de financements. La CCDA-14 cherche précisément à bâtir une feuille de route qui, partant des engagements de Belém, articule les instruments de financement disponibles avec les priorités africaines pour la transition énergétique et l&rsquo;adaptation.</p>
<p>La prochaine étape sera de mesurer si les messages d&rsquo;Addis-Abeba se transforment en mandats politiques portés par les États africains à la COP31. L&rsquo;architecture mondiale du financement climatique ne se réforme pas en trois jours de conférence. Mais chaque rendez-vous panafricain qui produit des propositions chiffrées et des instruments concrets rapproche le continent d&rsquo;une posture de co-architecte des solutions, plutôt que de simple bénéficiaire des engagements des autres.</p>
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