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	<title>Afriique Economie</title>
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	<description>Afrique Economie s'intéresse aux actualités économiques et politiques qui rythment le continent africain. Dans les actualités que nous publions, nous traitons l'information de manière claire et indépendante. L'Afrique est le continent de toutes les richesses, pouvoir en suivre ses actualités est un plaisir que nous souhaitons partager ici avec vous. </description>
	<lastBuildDate>Fri, 25 Sep 2026 08:25:49 +0000</lastBuildDate>
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		<title>Airtel Money à Londres : l’IPO qui pourrait accélérer la fintech africaine</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Auteur]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Sep 2026 08:23:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Entreprises]]></category>
		<category><![CDATA[Airtel Money]]></category>
		<category><![CDATA[IPO]]></category>
		<category><![CDATA[Londres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Airtel Money vise la Bourse de Londres avec une valorisation de 8 à 9 milliards de dollars et l'IFC au capital, dans la plus grande IPO londonienne depuis </p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>L&rsquo;annonce a été faite le 23 septembre 2026. Airtel Money, filiale spécialisée dans les services de mobile money du groupe Airtel Africa, a officialisé son intention de s&rsquo;introduire sur le marché principal de la London Stock Exchange (LSE). Selon des<a href="https://forbesafrique.com/airtel-money-met-le-cap-sur-la-bourse-de-londres/" target="_blank" rel="noopener"> informations relayées par les médias</a>, la valorisation globale visée se situe entre 8 et 9 milliards de dollars, avec une levée minimale estimée à 800 millions de dollars. Si ces niveaux se confirment, cette introduction deviendrait la plus importante réalisée à Londres depuis 2021, selon Trading Economics.</strong></p>
<p>Un aspect de la structure mérite d&rsquo;être souligné : l&rsquo;offre porterait exclusivement sur la cession d&rsquo;actions existantes et non sur l&rsquo;émission de titres nouveaux. Concrètement, les fonds levés serviront d&rsquo;abord à offrir une liquidité aux actionnaires actuels, sans injecter directement de capital frais dans le bilan d&rsquo;<a href="https://www.airtel.africa/mobile-money" target="_blank" rel="noopener">Airtel Money</a>. Cette modalité est courante dans les grandes IPO, mais elle pose la question du financement à venir de l&rsquo;expansion de la filiale sur le continent.</p>
<h2 id="lifc-entre-au-capital--un-signal-institutionnel-décisif">L&rsquo;IFC entre au capital : un signal institutionnel décisif</h2>
<p>L&rsquo;entrée de l&rsquo;<a href="https://www.ifc.org/en/home" target="_blank" rel="noopener">International Finance Corporation</a> (IFC), bras financier du Groupe Banque mondiale, constitue l&rsquo;un des éléments structurants de cette opération. L&rsquo;IFC s&rsquo;est engagée à investir jusqu&rsquo;à 67,2 millions de livres sterling, soit environ 90 millions de dollars, au moment de l&rsquo;introduction en bourse. Ce montant reste modeste au regard de la valorisation totale visée, mais il remplit une fonction symbolique et pratique : la présence de l&rsquo;IFC au capital d&rsquo;une entreprise africaine rassure les investisseurs internationaux sur la qualité de la gouvernance et la robustesse du modèle économique.</p>
<p>Cette démarche s&rsquo;inscrit dans la stratégie de l&rsquo;IFC de mobiliser des capitaux privés vers les marchés émergents. Début septembre 2026, l&rsquo;institution avait déjà annoncé un retour sur le marché des obligations en livres sterling avec une émission de 500 millions de livres, ciblant des investisseurs institutionnels européens. Son engagement dans l&rsquo;IPO d&rsquo;Airtel Money prolonge cette orientation : l&rsquo;IFC combine un investissement en fonds propres et un signal de qualité à destination des marchés.</p>
<h2 id="le-mobile-money-africain-un-secteur-dont-la-valorisation-saffirme">Le mobile money africain, un secteur dont la valorisation s&rsquo;affirme</h2>
<p>Airtel Money opère dans un segment qui a profondément transformé l&rsquo;accès aux services financiers sur le continent. Le mobile money permet à des millions de personnes sans compte bancaire de réaliser des transferts d&rsquo;argent, de payer des factures et d&rsquo;accéder, dans certains marchés, à des services de crédit ou d&rsquo;assurance via leur téléphone. Airtel Africa est implanté sur plusieurs marchés africains, où ses activités de mobile money sont devenues un relais de croissance face aux revenus de téléphonie vocale en régression.</p>
<p>La filiale se mesure à des concurrents solidement établis. M-Pesa de Safaricom, référence au Kenya, Orange Money, présent dans une grande partie de l&rsquo;Afrique francophone, et MTN Mobile Money occupent une large part du marché continental. La structuration d&rsquo;Airtel Money comme entité distincte cotée en bourse lui confère une autonomie de gouvernance et une capacité de communication financière que ces acteurs restés intégrés à des groupes de télécommunications n&rsquo;ont pas toujours.</p>
<p>La dynamique sectorielle s&rsquo;appuie sur des données macro solides. Selon la Banque mondiale, plus de 824 millions de personnes vivaient encore dans l&rsquo;extrême pauvreté en 2024, dont une large majorité en Afrique subsaharienne. L&rsquo;inclusion financière par le mobile reste l&rsquo;un des canaux les plus efficaces pour atteindre des populations que les banques commerciales classiques ne couvrent pas, ce qui fonde les perspectives de croissance à long terme du secteur.</p>
<h2 id="cotation-à-londres--un-choix-pragmatique-qui-alimente-le-débat-continental">Cotation à Londres : un choix pragmatique qui alimente le débat continental</h2>
<p>Le choix de Londres comme place de cotation reflète avant tout une contrainte de taille : les bourses africaines ne disposent pas encore de la profondeur nécessaire pour absorber une opération de cette envergure. La BRVM (Bourse régionale des valeurs mobilières de l&rsquo;UEMOA) enregistrait le 23 septembre 2026 des volumes d&rsquo;échange de 2,36 milliards de FCFA pour l&rsquo;ensemble des valeurs cotées, soit environ 3,6 millions de dollars sur une seule séance. Une levée de 800 millions de dollars sur ce marché serait structurellement hors de portée à ce stade.</p>
<p>Ce choix alimente pourtant un débat qui traverse les milieux économiques africains. Lors du forum « Unstoppable Africa 2026 » à New York, Aliko Dangote a appelé les dirigeants africains à retenir les capitaux sur le continent pour financer l&rsquo;industrialisation. L&rsquo;IPO d&rsquo;Airtel Money illustre précisément cette tension : une entreprise qui offre des services d&rsquo;inclusion financière en Afrique choisit de se financer sur une place étrangère, faute de marchés locaux capables d&rsquo;absorber son ambition.</p>
<h2 id="ce-que-cette-opération-dit-du-financement-des-fintechs-africaines">Ce que cette opération dit du financement des fintechs africaines</h2>
<p>Au-delà de l&rsquo;opération elle-même, l&rsquo;IPO d&rsquo;Airtel Money soulève une question de fond sur le modèle de financement des entreprises africaines à fort potentiel. La configuration retenue, une filiale africaine cotée à Londres avec l&rsquo;appui d&rsquo;un bailleur multilatéral, représente un compromis entre accès aux capitaux mondiaux et ancrage institutionnel dans les objectifs de développement.</p>
<p>D&rsquo;autres modèles coexistent. Certains acteurs africains ont opté pour des cotations croisées, combinant une bourse africaine et une place internationale. D&rsquo;autres mobilisent des obligations locales : fin septembre 2026, l&rsquo;État guinéen lançait un emprunt de 2 500 milliards de francs guinéens via Afriland First Bank Guinée pour financer le programme minier Simandou 2040, illustrant que des marchés locaux peuvent absorber des montants significatifs, même si les ordres de grandeur diffèrent très largement.</p>
<p>La question centrale reste celle des retombées concrètes : comment les capitaux levés à Londres financeront-ils l&rsquo;expansion de services réellement accessibles aux populations africaines ? L&rsquo;engagement de l&rsquo;IFC joue ici un rôle, l&rsquo;institution étant explicitement mandatée pour s&rsquo;assurer que ses investissements contribuent au développement. Mais les mécanismes de redevabilité entre cotation internationale et impact local sur le terrain restent un domaine peu balisé.</p>
<h2 id="un-calendrier-de-finalisation-encore-ouvert-en-septembre-2026">Un calendrier de finalisation encore ouvert en septembre 2026</h2>
<p>L&rsquo;introduction en bourse d&rsquo;Airtel Money n&rsquo;est pas encore finalisée. La fourchette définitive de prix, le calendrier précis et la répartition entre investisseurs n&rsquo;avaient pas été rendus publics au moment de l&rsquo;annonce du 23 septembre 2026. Les prochaines semaines diront si la valorisation visée résiste à l&rsquo;examen des marchés londoniens, dans un contexte où la LSE cherche à retrouver de la profondeur après plusieurs années d&rsquo;atonie relative.</p>
<p>Ce qui change déjà, quel que soit le résultat final, c&rsquo;est la perception internationale des fintechs africaines. Une entreprise de mobile money active sur le continent peut désormais prétendre à une valorisation comparable à celle d&rsquo;une institution financière de taille intermédiaire en Europe. C&rsquo;est un signe de maturité sectorielle qui dépasse la seule opération d&rsquo;Airtel Money : il signale que le mobile money africain est entré dans une phase où les grands marchés de capitaux le considèrent comme un actif de référence.</p>
<p>Illustration : economictimes.indiatimes.com</p>
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		<title>UEMOA : quand les États dominent le marché obligataire</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Auteur]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Sep 2026 10:10:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Entreprises]]></category>
		<category><![CDATA[afrique]]></category>
		<category><![CDATA[budget]]></category>
		<category><![CDATA[marchés obligataires]]></category>
		<category><![CDATA[UEMOA]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans la zone UEMOA, la dette souveraine occupe l'essentiel des marchés obligataires régionaux. Résultat : les entreprises privées peinent à se financer</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Dans la zone UEMOA, les adjudications obligataires régionales sont devenues un instrument central du financement des États membres. Ces derniers recourent aux marchés locaux à un rythme soutenu pour couvrir leurs déficits, souvent proches ou supérieurs à 5 % du PIB. L&rsquo;essentiel de l&rsquo;épargne institutionnelle disponible se retrouve ainsi mobilisé par la dette souveraine, bien avant d&rsquo;atteindre les entreprises.</strong></p>
<p>Une contribution publiée le 20 septembre 2026 dans Financial Afrik l&rsquo;analyse sans détour : les investisseurs présents sur les marchés de l&rsquo;Union économique et monétaire ouest-africaine affichent une préférence marquée pour les titres d&rsquo;État. Les obligations émises par des entreprises privées ne représentent qu&rsquo;une fraction marginale des volumes traités sur la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM), que dominent les bons et obligations du Trésor des huit États membres.</p>
<h2 id="le-cas-du-mali--436-milliards-de-fcfa-levés-en-une-séance">Le cas du Mali : 43,6 milliards de FCFA levés en une séance</h2>
<p>L&rsquo;opération du 16 septembre 2026 l&rsquo;illustre concrètement. La Direction générale du Trésor et de la Comptabilité publique du Mali a mobilisé 43,648 milliards de FCFA sur le marché de l&rsquo;UMOA, soit environ 78,6 millions de dollars, pour couvrir les besoins du budget de l&rsquo;État. Une levée ordinaire par son format, mais révélatrice par son contexte : des opérations de ce type se répètent régulièrement pour plusieurs pays de l&rsquo;Union. La Côte d&rsquo;Ivoire, le Sénégal, le Togo et le Burkina Faso alimentent elles aussi ce flux continu d&rsquo;émissions souveraines.</p>
<p>L&rsquo;accumulation de ces appels de fonds pèse sur la liquidité disponible dans la zone. Ce que les États absorbent à chaque adjudication, les entreprises ne peuvent pas l&rsquo;obtenir. Dans un marché encore peu profond, où l&rsquo;épargne institutionnelle reste concentrée dans un nombre limité d&rsquo;acteurs (banques, compagnies d&rsquo;assurance, caisses de retraite), l&rsquo;effet d&rsquo;éviction du secteur privé est réel et documenté.</p>
<h2 id="les-raisons-dune-préférence-structurelle-pour-la-dette-souveraine">Les raisons d&rsquo;une préférence structurelle pour la dette souveraine</h2>
<p>La concentration des marchés sur les titres souverains s&rsquo;explique par une convergence de facteurs pratiques et réglementaires.</p>
<p>La perception du risque joue en premier lieu. Les obligations d&rsquo;État sont considérées comme plus sûres que celles des entreprises, même lorsque la situation budgétaire est tendue. La capacité à lever l&rsquo;impôt et l&rsquo;hypothèse d&rsquo;un soutien possible de bailleurs multilatéraux rassurent les gestionnaires de portefeuille. La liquidité renforce ce biais : les émissions souveraines, de grande taille et fréquentes, alimentent un marché secondaire bien plus actif que celui des obligations privées, généralement émises en volumes réduits et difficiles à revendre rapidement.</p>
<p>La réglementation prudentielle vient compléter ce tableau. Les règles applicables aux banques et aux assureurs dans la zone UEMOA les incitent à détenir des titres bien notés. Or la notation des entreprises privées est souvent inférieure à celle des États, quand elle existe. Ce vide de notation crée un biais structurel : sans évaluation crédible du risque, les investisseurs optent pour le titre souverain par défaut.</p>
<h2 id="un-risque-déviction-pour-le-financement-des-entreprises">Un risque d&rsquo;éviction pour le financement des entreprises</h2>
<p>Ce déséquilibre pose un problème économique concret. Faute d&rsquo;accès aux marchés obligataires régionaux, les entreprises se tournent vers les banques commerciales, souvent à des taux plus élevés et avec des exigences de garantie que les PME ne peuvent pas toujours satisfaire. L&rsquo;accès au financement de long terme, indispensable pour investir dans des capacités productives et créer des emplois durables, reste ainsi l&rsquo;apanage d&rsquo;un nombre limité de grands groupes. Les PME, qui représentent la grande majorité du tissu économique dans les pays de l&rsquo;UEMOA, en sont largement exclues.</p>
<p>Ce phénomène porte un nom en économie : l&rsquo;effet d&rsquo;éviction, ou crowding out. Lorsque la dette publique absorbe une grande partie de l&rsquo;épargne disponible, les emprunteurs privés sont mécaniquement pénalisés. Dans un marché peu profond comme celui de l&rsquo;UEMOA, où l&rsquo;épargne institutionnelle reste limitée et peu diversifiée, cet effet se fait ressentir plus directement qu&rsquo;ailleurs.</p>
<p>La contribution du 20 septembre 2026 souligne que l&rsquo;une des priorités pour rééquilibrer la situation est de restaurer l&rsquo;accès aux financements concessionnels multilatéraux. Le raisonnement est direct : si les États obtiennent davantage de ressources auprès de la Banque mondiale, du FMI ou de la Banque africaine de développement, ils réduisent leur pression sur les marchés régionaux et libèrent de la liquidité pour les entreprises. C&rsquo;est un levier réel, mais qui suppose que ces programmes soient effectivement mobilisés et opérationnels, ce qui n&rsquo;est pas toujours acquis.</p>
<h2 id="les-pistes-pour-rééquilibrer-les-marchés-en-faveur-du-secteur-privé">Les pistes pour rééquilibrer les marchés en faveur du secteur privé</h2>
<p>Plusieurs voies complémentaires sont évoquées par les experts et les institutions.</p>
<p>Les garanties partielles de crédit constituent l&rsquo;une des pistes les mieux documentées. Ces mécanismes permettent à une institution de cautionner une partie du risque d&rsquo;une obligation d&rsquo;entreprise, la rendant ainsi plus attractive pour les investisseurs. La MIGA du Groupe Banque mondiale, la BAD et certains fonds africains proposent déjà ce type d&rsquo;instruments dans la zone, mais leur utilisation reste limitée.</p>
<p>Le développement de la notation financière pour les entreprises est une autre condition nécessaire. Des agences comme GCR Ratings ou Bloomfield Investment Corporation travaillent à combler ce vide dans la zone UEMOA, mais la couverture reste insuffisante au regard des besoins. Sans évaluation crédible du risque, les investisseurs ne peuvent pas fixer un prix pour la dette privée et continuent de s&rsquo;abstenir.</p>
<p>Renforcer la profondeur du marché secondaire est également indispensable. Un investisseur qui peut revendre facilement une obligation d&rsquo;entreprise est plus enclin à en acheter initialement. Cela passe par des réformes de transparence pour les émetteurs et par une capitalisation plus importante de la BRVM, dont les volumes restent modestes au regard des besoins de la zone.</p>
<h2 id="une-croissance-de-61--à-consolider-par-le-financement-du-tissu-productif">Une croissance de 6,1 % à consolider par le financement du tissu productif</h2>
<p>La zone UEMOA affiche une dynamique soutenue : la BCEAO anticipe une croissance du PIB réel de 6,1 % pour 2026, après 6,5 % en 2025, selon son Rapport de politique monétaire de septembre 2026. Mais une croissance tirée principalement par la consommation et les dépenses publiques reste vulnérable aux chocs extérieurs. Pour qu&rsquo;elle se traduise durablement en emplois et en capacité industrielle, le capital doit trouver le chemin des entreprises, pas seulement celui des budgets publics.</p>
<p>Rééquilibrer les marchés financiers régionaux en faveur du secteur privé est donc un enjeu de développement, pas seulement de finance. La question n&rsquo;est pas de limiter les émissions souveraines, que les États ont structurellement besoin de maintenir, mais de créer les conditions pour que les entreprises puissent accéder aux mêmes marchés. Cela suppose des réformes structurelles et une coordination plus étroite entre bailleurs multilatéraux et gouvernements, de façon à faire progresser la profondeur financière de la zone bien au-delà de son niveau actuel.</p>
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		<title>L’Afrique veut financer son avenir avec sa propre épargne</title>
		<link>https://economie-afrique.com/commerce/lafrique-veut-financer-son-avenir-avec-sa-propre-epargne/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Auteur]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Sep 2026 07:36:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Commerce]]></category>
		<category><![CDATA[BAD]]></category>
		<category><![CDATA[cote d'ivoire]]></category>
		<category><![CDATA[epargne]]></category>
		<category><![CDATA[Nafad]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Portée par la BAD, la NAFAD veut mobiliser 4 000 milliards de dollars d’épargne africaine pour financer le développement du continent. La Côte d’Ivoire ouvre la voie avec son nouveau fonds souverain, symbole d’une ambition : financer l’Afrique par ses propres ressources</p>
<p>Cet article <a rel="nofollow" href="https://economie-afrique.com/commerce/lafrique-veut-financer-son-avenir-avec-sa-propre-epargne/">L’Afrique veut financer son avenir avec sa propre épargne</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="https://economie-afrique.com">Economie Afrique</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>En avril 2026, la Banque africaine de développement a formalisé ce que ses promoteurs appellent le « Consensus d&rsquo;Abidjan », acte fondateur de la NAFAD. Ce cadre institutionnel part d&rsquo;un constat simple mais longtemps sous-estimé : l&rsquo;Afrique dispose de ressources financières internes considérables, mais ne s&rsquo;est pas encore dotée des instruments pour les orienter vers ses propres besoins de développement. L&rsquo;épargne domestique du continent est estimée à 4 000 milliards de dollars, selon les données avancées par la<a href="https://www.afdb.org/fr" target="_blank" rel="noopener"> Banque africaine de développement</a>. Face à un déficit de financement annuel chiffré à 400 milliards de dollars, la NAFAD entend fonctionner comme un pont institutionnel entre ces deux réalités.</strong></p>
<p>La logique qui sous-tend ce projet diffère des approches qui ont prévalu depuis plusieurs décennies. Jusque-là, le financement du développement africain reposait sur des flux largement externes, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse des prêts concessionnels des institutions multilatérales ou des marchés obligataires internationaux. Cette dépendance expose les États africains à des contraintes extérieures, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse des conditions attachées à l&rsquo;aide, de la volatilité des taux d&rsquo;intérêt mondiaux ou des exigences des agences de notation. La NAFAD propose un changement de prisme : mobiliser d&rsquo;abord ce qui est déjà là, en créant les conditions pour que l&rsquo;épargne domestique devienne un levier de transformation plutôt qu&rsquo;une ressource exportée.</p>
<h2 id="lépargne-domestique-africaine--une-ressource-de-4-000-milliards-mal-orientée">L&rsquo;épargne domestique africaine : une ressource de 4 000 milliards mal orientée</h2>
<p>Les 4000 milliards de dollars d&rsquo;épargne domestique africaine ne sont pas une abstraction statistique. Ils comprennent les dépôts bancaires, les réserves des fonds de pension, les portefeuilles des compagnies d&rsquo;assurance, les avoirs des fonds souverains existants et l&rsquo;épargne des ménages. Or une partie substantielle de ces ressources échappe aux circuits productifs locaux : certains actifs sont placés sur des marchés étrangers, d&rsquo;autres immobilisés dans l&rsquo;immobilier ou dans des titres d&rsquo;État à faible rendement, d&rsquo;autres encore ne passent pas par le système financier formel.</p>
<p>Le problème n&rsquo;est donc pas une insuffisance de ressources, mais une inadéquation entre les instruments disponibles et les exigences des projets d&rsquo;investissement. Un fonds de pension, par exemple, ne peut pas financer un projet d&rsquo;infrastructure dont le profil de risque n&rsquo;est pas suffisamment balisé ou dont le cadre juridique n&rsquo;offre pas assez de visibilité sur le long terme. C&rsquo;est sur ce point précis que la NAFAD intervient : en proposant des mécanismes de garantie et de dérisquage qui rendent les projets africains accessibles à des investisseurs institutionnels locaux, la Banque africaine de développement cherche à limiter la fuite de capitaux vers des actifs étrangers jugés plus sûrs.</p>
<h2 id="la-côte-divoire-traduit-lambition-de-la-nafad-en-fonds-souverain-opérationnel">La Côte d&rsquo;Ivoire traduit l&rsquo;ambition de la NAFAD en fonds souverain opérationnel</h2>
<p>La Côte d&rsquo;Ivoire illustre de façon concrète comment un pays peut opérationnaliser les principes de la NAFAD à l&rsquo;échelle nationale. Le gouvernement ivoirien a engagé la création d&rsquo;un Fonds souverain pour le Développement, présenté comme un instrument de mobilisation de capitaux privés en appui au Plan national de développement 2026-2030. Ce fonds doit fonctionner comme un mécanisme de dérisquage : en apportant une garantie publique sur certains projets, il réduit le risque perçu par les investisseurs privés et leur permet d&rsquo;allouer des capitaux qu&rsquo;ils n&rsquo;auraient pas déployés seuls.</p>
<p>Les résultats du Groupe consultatif d&rsquo;Abidjan, tenu les 8 et 9 juillet 2026, ont fourni un premier test grandeur nature de cette stratégie. Les partenaires ont annoncé 80 milliards de dollars d&rsquo;intentions de financement pour le Plan national de développement 2026-2030, soit près de quatre fois l&rsquo;objectif initial que le gouvernement s&rsquo;était fixé, selon <a href="https://www.financialafrik.com/2026/07/09/cote-divoire-plebiscite-historique-des-bailleurs-pour-le-pnd-2026-2030-47-820-milliards-de-fcfa-mobilises/" target="_blank" rel="noopener">Financial Afrik</a>. Ce ratio est révélateur : lorsqu&rsquo;un cadre institutionnel crédible est en place, avec des instruments de garantie lisibles, la réponse des investisseurs peut dépasser largement les prévisions de départ.</p>
<h2 id="le-dérisquage-comme-levier-de-transformation-et-non-simple-amortisseur-de-risque">Le dérisquage comme levier de transformation, et non simple amortisseur de risque</h2>
<p>L&rsquo;un des apports analytiques les plus structurants du débat autour de la NAFAD porte sur la manière de mesurer l&rsquo;efficacité d&rsquo;un mécanisme de garantie. Selon l&rsquo;analyse publiée par Financial Afrik, la valeur développementale d&rsquo;un instrument de dérisquage ne se mesure pas uniquement au volume de risque absorbé, mais à la transformation productive qu&rsquo;il rend possible. Une garantie publique n&rsquo;a de sens que si, sans elle, un projet économiquement viable n&rsquo;aurait pas trouvé de financement.</p>
<p>Cette lecture change la façon d&rsquo;évaluer les politiques de financement du développement. Un fonds de garantie qui couvre 10 % d&rsquo;un projet à 500 millions de dollars et qui permet de débloquer les 90 % restants en capitaux privés crée une valeur économique sans commune mesure avec son coût budgétaire direct. Appliquée à l&rsquo;échelle du continent, cette logique de levier peut transformer des milliards d&rsquo;engagements publics en investissements productifs, dans les infrastructures énergétiques, les zones industrielles, les projets agricoles ou les services numériques.</p>
<h2 id="des-réformes-réglementaires-et-une-gouvernance-rigoureuse-conditions-du-succès">Des réformes réglementaires et une gouvernance rigoureuse, conditions du succès</h2>
<p>La NAFAD et les fonds souverains nationaux qui s&rsquo;y adossent devront surmonter des obstacles concrets pour tenir leurs promesses. Le premier est d&rsquo;ordre réglementaire : dans plusieurs pays africains, les fonds de pension sont contraints par la loi d&rsquo;investir la majorité de leurs actifs dans des titres d&rsquo;État à faible rendement, ce qui limite leur capacité à financer des projets d&rsquo;infrastructure à long terme. Une réforme de ces contraintes prudentielles, en ouvrant la possibilité aux investisseurs institutionnels de diversifier leurs portefeuilles vers des actifs réels ou des instruments de dette privée, constitue un préalable à la mobilisation effective de l&rsquo;épargne.</p>
<p>Le second obstacle est la gouvernance des fonds souverains eux-mêmes. Les expériences passées sur le continent ont montré que la crédibilité d&rsquo;un fonds dépend autant de ses règles de gestion que de son capital initial. L&rsquo;indépendance des gestionnaires, la transparence des critères d&rsquo;allocation, la publication régulière des résultats et l&rsquo;audit externe sont des éléments non négociables pour maintenir la confiance des partenaires internationaux et des investisseurs privés sur la durée.</p>
<h2 id="vers-une-architecture-continentale--les-conditions-dun-passage-à-léchelle">Vers une architecture continentale : les conditions d&rsquo;un passage à l&rsquo;échelle</h2>
<p>La NAFAD et le Fonds souverain pour le Développement de Côte d&rsquo;Ivoire illustrent une reconfiguration en cours de l&rsquo;architecture financière africaine. Après des décennies à calibrer ses besoins de financement sur les capacités des bailleurs externes, l&rsquo;Afrique tente de construire des instruments qui partent de ses propres ressources. Les 80 milliards de dollars d&rsquo;intentions de financement enregistrés lors du Groupe consultatif d&rsquo;Abidjan montrent qu&rsquo;une telle approche peut générer un effet d&rsquo;entraînement significatif, y compris auprès d&rsquo;investisseurs internationaux.</p>
<p>Ce qui reste à démontrer, c&rsquo;est la capacité à transformer ces intentions en projets financés et ces projets en actifs opérationnels. Si d&rsquo;autres pays africains adoptent des fonds souverains de développement calqués sur le modèle ivoirien, la NAFAD pourra prétendre à un statut de cadre continental, et non plus de simple initiative entre la Banque africaine de développement et un pays pionnier.</p>
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		<title>ZLECAf : DHL et la CEA s’allient pour accélérer le commerce des PME</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Auteur]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Sep 2026 08:23:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Commerce]]></category>
		<category><![CDATA[afrique]]></category>
		<category><![CDATA[DHL]]></category>
		<category><![CDATA[PME]]></category>
		<category><![CDATA[ZLECAf]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le 14 septembre, la CEA et DHL ont signé un partenariat pour faciliter la participation des PME au commerce intra-africain et réduire l’écart entre les politiques de la ZLECAf et les réalités du terrain</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La <a href="https://www.thereporterethiopia.com/52807/" target="_blank" rel="noopener">signature du Mémorandum d&rsquo;entente</a>, le 14 septembre 2026 à Addis-Abeba, siège de la <a href="https://www.uneca.org/fr" target="_blank" rel="noopener">Commission économique pour l&rsquo;Afrique</a>, marque une étape inhabituelle dans le paysage institutionnel du commerce africain. La CEA, organe régional des Nations unies, et <a href="https://group.dhl.com/en.html" target="_blank" rel="noopener">DHL Express Sub-Saharan Africa</a> ont formalisé un cadre de coopération centré sur un objectif précis : faciliter l&rsquo;accès des petites et moyennes entreprises aux marchés intra-africains, en s&rsquo;appuyant sur les structures existantes des Communautés économiques régionales (CER) et sur le cadre juridique de la ZLECAf.</strong></p>
<p>Ce type de partenariat entre une institution onusienne et un opérateur privé de cette taille reste encore rare à cette échelle sur le continent. Il traduit une prise de conscience partagée : les politiques commerciales bien rédigées ne produisent pas automatiquement des échanges transfrontaliers pour des entreprises qui n&rsquo;ont ni les ressources ni les connexions nécessaires pour les exploiter. La CEA l&rsquo;a elle-même documenté dans ses travaux sur la mise en œuvre de la ZLECAf, notamment dans son soutien au Gabon pour la révision de sa stratégie nationale d&rsquo;implémentation de l&rsquo;accord.</p>
<h2 id="les-pme-africaines-face-au-mur-logistique">Les PME africaines face au mur logistique</h2>
<p>La difficulté des PME à participer au commerce intra-africain tient à une accumulation d&rsquo;obstacles que la baisse des droits de douane ne suffit pas à lever. Les barrières non tarifaires restent très présentes : exigences sanitaires et phytosanitaires qui varient d&rsquo;un pays à l&rsquo;autre, procédures de certification différentes selon les CER, délais de dédouanement imprévisibles, coûts de transport souvent disproportionnés par rapport à la valeur des marchandises. Pour une PME agroalimentaire au Kenya qui souhaite exporter des produits transformés vers la Tanzanie ou l&rsquo;Ouganda, ces frictions peuvent rendre l&rsquo;opération économiquement non viable.</p>
<p>L&rsquo;accès à l&rsquo;information de marché constitue un deuxième frein majeur. Savoir quels produits sont demandés dans un pays voisin, à quel prix, avec quels standards de qualité et selon quelles procédures d&rsquo;importation, suppose un investissement en temps et en argent que peu de petites structures peuvent se permettre. Les grandes entreprises disposent de services dédiés à l&rsquo;intelligence commerciale. Les PME, elles, apprennent souvent sur le tas, au prix d&rsquo;erreurs coûteuses.</p>
<p>Selon le communiqué de la CEA, le partenariat doit précisément adresser ces deux dimensions : l&rsquo;accès aux services logistiques et l&rsquo;accès à l&rsquo;information de marché, avec une attention particulière au commerce électronique, à l&rsquo;exportation de produits à valeur ajoutée et à la construction de chaînes de valeur régionales.</p>
<h2 id="la-zlecaf-en-chiffres--un-accord-ambitieux-des-résultats-en-construction">La ZLECAf en chiffres : un accord ambitieux, des résultats en construction</h2>
<p>Entrée en vigueur en janvier 2021 pour les premiers pays signataires, la ZLECAf réunit 54 États membres de l&rsquo;Union africaine. Elle est souvent présentée comme le plus vaste accord de libre-échange au monde en termes de nombre de participants. Son ambition centrale est d&rsquo;augmenter substantiellement la part du commerce intra-africain dans les échanges totaux du continent, une part que la CEA et la Banque africaine de développement estiment aujourd&rsquo;hui autour de 15 à 18 %, contre plus de 60 % pour les échanges internes à l&rsquo;Union européenne.</p>
<p>Ce décalage est le produit d&rsquo;une longue histoire : des économies conçues pour exporter des matières premières brutes vers des marchés extérieurs, des infrastructures de transport insuffisantes pour relier les pays voisins, et des politiques douanières qui ont longtemps favorisé les échanges avec les partenaires hors du continent. La ZLECAf cherche à corriger ces héritages structurels, mais l&rsquo;accord commercial seul ne peut pas compenser l&rsquo;absence d&rsquo;opérateurs logistiques capables de connecter des fournisseurs et des acheteurs à des coûts raisonnables. C&rsquo;est là que le partenariat avec DHL cherche à intervenir.</p>
<p>La CEA accompagne par ailleurs plusieurs pays dans la révision de leurs stratégies nationales de mise en œuvre de la ZLECAf. L&rsquo;exemple du Gabon, pour lequel elle a appuyé la validation d&rsquo;une stratégie nationale révisée, montre que l&rsquo;institution ne se limite pas au cadre continental : elle descend au niveau des politiques sectorielles et des entreprises pour tenter de rendre l&rsquo;accord opérationnel dans des contextes économiques très différents.</p>
<h2 id="ce-que-dhl-apporte-à-léquation">Ce que DHL apporte à l&rsquo;équation</h2>
<p>DHL Express est présente dans une grande majorité de pays africains. Elle dispose d&rsquo;un réseau de transport et de livraison rodé, de systèmes de traçabilité des envois et d&rsquo;une base de données sur les exigences réglementaires des marchés de destination. Pour une PME africaine souhaitant exporter vers un pays voisin, accéder à ces ressources représente une réduction significative des coûts de mise en conformité.</p>
<p>Du côté de DHL, l&rsquo;engagement dans ce partenariat s&rsquo;inscrit aussi dans une logique commerciale : la montée en puissance du commerce intra-africain créerait de nouveaux flux logistiques dont l&rsquo;entreprise peut espérer capter une part. Ce double intérêt, institutionnel pour la CEA et commercial pour DHL, n&rsquo;est pas une contradiction. Les partenariats public-privé les plus durables sont ceux où chaque partie y trouve un avantage concret.</p>
<p>L&rsquo;accord couvre des segments identifiés : le e-commerce, où les PME africaines peuvent vendre à des acheteurs d&rsquo;autres pays du continent sans passer par des intermédiaires coûteux ; les exportations de produits transformés à valeur ajoutée, comme les produits alimentaires, les textiles ou les cosmétiques naturels ; et la construction de chaînes d&rsquo;approvisionnement régionales, où une PME peut devenir fournisseur d&rsquo;une autre entreprise dans un pays voisin.</p>
<h2 id="un-modèle-prometteur-mais-des-questions-en-suspens">Un modèle prometteur, mais des questions en suspens</h2>
<p>Un mémorandum d&rsquo;entente fixe un cadre. Il ne garantit pas des résultats. La transformation de cet accord en bénéfices tangibles pour les PME africaines dépendra de plusieurs facteurs que le communiqué officiel n&rsquo;aborde pas encore.</p>
<p>Le premier est la capacité à atteindre les PME là où elles opèrent réellement. Beaucoup d&rsquo;entre elles évoluent dans des secteurs semi-formels, avec des structures comptables et juridiques qui ne correspondent pas toujours aux standards requis pour accéder à des services logistiques internationaux. Un programme d&rsquo;accompagnement qui ne tient pas compte de ces réalités risque de ne bénéficier qu&rsquo;aux entreprises déjà les mieux dotées.</p>
<p>Le deuxième facteur est la coordination avec les CER. La CEDEAO, la CAE, la SADC ou le COMESA affichent des niveaux d&rsquo;avancement très différents dans la mise en œuvre des accords régionaux et de la ZLECAf. Un partenariat logistique est d&rsquo;autant plus efficace que les règles d&rsquo;origine, les procédures de transit et les exigences de certification sont harmonisées à l&rsquo;échelle régionale. Sans cette cohérence réglementaire, les gains logistiques risquent d&rsquo;être absorbés par des frictions administratives persistantes.</p>
<p>Le troisième point tient à la complémentarité avec les initiatives déjà en cours : programmes d&rsquo;appui aux PME exportatrices dans des pays comme le Maroc, le Rwanda ou la Côte d&rsquo;Ivoire, plateformes numériques de commerce développées par des acteurs locaux, fonds de garantie à l&rsquo;exportation. La valeur ajoutée du partenariat CEA-DHL sera d&rsquo;autant plus forte qu&rsquo;il s&rsquo;articulera avec ces dispositifs existants plutôt qu&rsquo;il ne les ignore.</p>
<h2 id="des-engagements-à-traduire-en-flux-commerciaux-réels">Des engagements à traduire en flux commerciaux réels</h2>
<p>Le partenariat entre la CEA et DHL Express envoie un signal clair sur la direction prise par les institutions internationales : reconnaître que l&rsquo;intégration commerciale africaine nécessite des opérateurs capables d&rsquo;agir directement sur les chaînes logistiques concrètes, et pas seulement sur les textes d&rsquo;accord. Pour les PME africaines, l&rsquo;enjeu ne se joue pas dans les salles de réunion d&rsquo;Addis-Abeba, mais dans les entrepôts, les postes frontaliers et les marchés des capitales régionales. Le prochain test sera la mise en place effective des outils annoncés, et la capacité du partenariat à atteindre des entreprises qui n&rsquo;ont jamais encore exporté hors de leur pays, et non uniquement celles qui cherchaient déjà leur chemin vers les marchés continentaux.</p>
<p>Photo : sikafinance.com</p>
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		<title>AfCFTA : le cas du Gabon révèle les défis des PME africaines.</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Auteur]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 11 Sep 2026 08:19:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Commerce]]></category>
		<category><![CDATA[AfCFTA]]></category>
		<category><![CDATA[gabon]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les 10 et 11 septembre 2026, le Gabon révise à Libreville sa stratégie AfCFTA. Un enjeu clé : transformer l’accord en opportunités concrètes pour les entreprises africaines, alors que le commerce intra-africain peine encore à décoller</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Les 10 et 11 septembre 2026, le ministère gabonais du Commerce a réuni à Libreville les parties prenantes nationales pour valider la version révisée de la stratégie nationale <a href="https://au.int/fr/cfta" target="_blank" rel="noopener">AfCFTA</a> du Gabon, avec l&rsquo;appui technique de la Commission économique pour l&rsquo;Afrique (CEA). L&rsquo;ordre du jour couvrait les secteurs prioritaires, les chaînes de valeur identifiées, les mécanismes institutionnels de suivi et les priorités d&rsquo;investissement en infrastructures logistiques.</strong></p>
<p>L&rsquo;exercice est plus concret qu&rsquo;il ne paraît. Réviser une stratégie nationale AfCFTA oblige chaque pays à répondre à des questions précises : dans quels secteurs est-il possible de générer davantage de valeur ajoutée ? Vers quels partenaires régionaux orienter les investissements ? Quelles frictions douanières lever en priorité ? La CEA formule l&rsquo;objectif clairement : « traduire les opportunités offertes par l&rsquo;AfCFTA en gains économiques tangibles ». C&rsquo;est là que se joue, pays par pays, l&rsquo;effectivité de l&rsquo;accord.</p>
<p>Pour le Gabon, dont les exportations restent très concentrées sur le pétrole brut et le manganèse, deux ressources qui bénéficient peu des préférences tarifaires intrarégionales, la stratégie révisée devrait identifier des filières à plus fort contenu industriel. La transformation du bois et l&rsquo;agro-industrie figurent parmi les secteurs susceptibles de permettre au pays d&rsquo;aller au-delà du rôle de fournisseur de matières brutes.</p>
<h2 id="un-accord-juridiquement-en-vigueur-une-intégration-qui-tarde">Un accord juridiquement en vigueur, une intégration qui tarde</h2>
<p>L&rsquo;AfCFTA est formellement en vigueur depuis 2021. Elle couvre les 54 États membres de l&rsquo;Union africaine et repose sur des protocoles portant sur le commerce des marchandises, des services, les investissements et les règles d&rsquo;origine. Or depuis son entrée en vigueur, le commerce intra-africain n&rsquo;a progressé que d&rsquo;environ 7 %, selon The Africa Report, un résultat que les institutions africaines jugent en deçà des ambitions initiales.</p>
<p>Une étude publiée le 10 septembre 2026 dans Financial Afrik identifie les freins structurels. Quatre leviers font défaut : le développement des chaînes de valeur régionales, la réduction des frictions commerciales (barrières non tarifaires, procédures aux frontières, délais de dédouanement), une application plus rigoureuse des accords régionaux existants, et le financement des biens publics continentaux que sont les infrastructures de transport, les réseaux d&rsquo;énergie et les plateformes numériques. L&rsquo;enchevêtrement des huit communautés économiques régionales (CER), dont plusieurs se superposent avec des régimes tarifaires distincts, complique encore la mise en cohérence de l&rsquo;ensemble.</p>
<h2 id="les-pme-africaines-face-aux-obstacles-cumulatifs-du-commerce-régional">Les PME africaines face aux obstacles cumulatifs du commerce régional</h2>
<p>L&rsquo;étude de Financial Afrik formule un objectif que les décideurs répètent sans toujours en tirer les conséquences : faire de l&rsquo;AfCFTA « la ZLECAf des PME africaines ». En l&rsquo;état, le tissu entrepreneurial de nombreux pays reste insuffisamment structuré pour franchir les frontières de manière compétitive. Une petite ou moyenne entreprise qui veut vendre ses produits sur un marché voisin se heurte à des obstacles cumulatifs : accès au financement et aux garanties bancaires limité, absence de certification reconnue à l&rsquo;échelle régionale, opacité sur les règles d&rsquo;origine, et difficulté à accéder aux marchés publics transfrontaliers.</p>
<p>Le paradoxe est bien réel. L&rsquo;AfCFTA ouvre théoriquement l&rsquo;accès à un marché de plus d&rsquo;un milliard de consommateurs. Mais les premières entreprises à bénéficier des préférences tarifaires sont souvent les grandes sociétés ou les opérateurs publics, qui disposent des ressources pour naviguer dans les procédures de conformité. Pour qu&rsquo;une PME ghanéenne puisse écouler sa production au Sénégal sans friction excessive, il faut que les simplifications prévues par l&rsquo;accord descendent jusqu&rsquo;aux guichets douaniers et aux agents de contrôle. Ce travail de traduction institutionnelle progresse, mais lentement.</p>
<h2 id="le-gabon-entre-ressources-brutes-et-montée-dans-les-chaînes-de-valeur">Le Gabon entre ressources brutes et montée dans les chaînes de valeur</h2>
<p>La démarche gabonaise présente des caractéristiques qui en font un cas à la fois particulier et représentatif. Avec environ 2,5 millions d&rsquo;habitants, le Gabon est un petit marché domestique. Sa localisation au cœur du golfe de Guinée en fait un point de passage potentiel entre l&rsquo;Afrique centrale et l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest, à condition de disposer de corridors logistiques adaptés.</p>
<p>Le pays a engagé depuis plusieurs années une politique de montée en gamme dans la filière bois, en limitant l&rsquo;exportation de grumes brutes pour favoriser la transformation locale. C&rsquo;est précisément le type de démarche que l&rsquo;AfCFTA est censée encourager à grande échelle : capter la valeur ajoutée sur le continent plutôt qu&rsquo;exporter des matières premières. La stratégie révisée devrait, selon la CEA, définir des priorités d&rsquo;investissement en infrastructures logistiques et les mécanismes de gouvernance pour en assurer le suivi. La modernisation du port de Libreville et le développement des corridors routiers vers le Cameroun représentent des investissements prioritaires identifiables, dont le financement reste à sécuriser.</p>
<h2 id="quatre-leviers-pour-franchir-lécart-entre-texte-et-économie-réelle">Quatre leviers pour franchir l&rsquo;écart entre texte et économie réelle</h2>
<p>Les recommandations de l&rsquo;étude ne restent pas au niveau des généralités. Le premier levier est le développement des chaînes de valeur régionales, en ciblant les secteurs où les pays peuvent se compléter plutôt que se concurrencer sur les mêmes exportations de base. Le second vise la réduction des frictions commerciales par la numérisation des procédures douanières et l&rsquo;harmonisation des normes sanitaires, deux domaines où les progrès restent inégaux d&rsquo;un pays à l&rsquo;autre.</p>
<p>Le troisième levier, le plus politique, est l&rsquo;application effective des accords déjà conclus au sein des CER. Plusieurs engagements sur la libre circulation des marchandises ou l&rsquo;harmonisation tarifaire n&rsquo;ont pas encore été transposés dans les législations nationales ni dans les pratiques des administrations douanières. Enfin, le quatrième levier concerne le financement des biens publics régionaux. Les infrastructures de transport interconnectées, les réseaux électriques et les plateformes de certification nécessitent des investissements collectifs dont le rendement dépasse les frontières nationales. La Banque africaine de développement et la CEA rappellent régulièrement que ces besoins se chiffrent en dizaines de milliards de dollars annuels, mobilisables uniquement via des mécanismes multilatéraux ou des partenariats public-privé structurés.</p>
<h2 id="ce-que-lexercice-gabonais-révèle-sur-la-mise-en-œuvre-de-lafcfta">Ce que l&rsquo;exercice gabonais révèle sur la mise en œuvre de l&rsquo;AfCFTA</h2>
<p>L&rsquo;atelier de Libreville ne changera pas à lui seul la trajectoire de l&rsquo;intégration africaine. Mais il illustre quelque chose d&rsquo;essentiel : l&rsquo;AfCFTA ne se met pas en œuvre par décret continental. Elle exige un travail d&rsquo;appropriation nationale, secteur par secteur, frontière par frontière, qui mobilise des capacités institutionnelles que tous les États n&rsquo;ont pas encore pleinement développées. Si la stratégie révisée du Gabon débouche sur des priorités opérationnelles, des financements identifiés et un calendrier crédible, le pays pourra servir de référence pour d&rsquo;autres États engagés dans le même exercice. La vraie mesure du succès de l&rsquo;AfCFTA dans les années qui viennent ne se lira pas dans le nombre de protocoles adoptés. Elle se mesurera au nombre de PME africaines qui auront effectivement traversé une frontière pour vendre ou investir à l&rsquo;échelle régionale, loin des amphithéâtres de conférences.</p>
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		<title>Climat : l’Afrique face au défi des 277 milliards $</title>
		<link>https://economie-afrique.com/politique/climat-lafrique-face-au-defi-des-277-milliards/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Auteur]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Sep 2026 11:42:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[afrique]]></category>
		<category><![CDATA[climat]]></category>
		<category><![CDATA[ClimDev-Africa]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>la CCDA-14 souligne l’ampleur du défi : 277 milliards $ sont nécessaires chaque année pour financer les NDC, mais moins de 11 % sont aujourd’hui mobilisés. L’enjeu : transformer les engagements en projets concrets avant la </p>
<p>Cet article <a rel="nofollow" href="https://economie-afrique.com/politique/climat-lafrique-face-au-defi-des-277-milliards/">Climat : l’Afrique face au défi des 277 milliards $</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="https://economie-afrique.com">Economie Afrique</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le 7 septembre, des dirigeants africains, des experts du climat et des représentants d&rsquo;institutions financières se sont retrouvés au Centre des Nations unies à Addis-Abeba pour l&rsquo;ouverture de la Quatorzième Conférence sur le changement climatique et le développement en Afrique. Organisée par les partenaires de <a href="https://www.climdev-africa.org/" target="_blank" rel="noopener">ClimDev-Africa</a> (la Commission économique pour l&rsquo;Afrique, la Banque africaine de développement et la Commission de l&rsquo;Union africaine), la conférence s&rsquo;est ouverte sur un constat sans ambiguïté : il ne suffit plus de prendre des engagements.</strong></p>
<p>Le thème retenu, « From Pledges to Implementation : The Belem-Antalya-Addis Roadmap », résume l&rsquo;ambition du moment. Il s&rsquo;agit d&rsquo;articuler les enseignements des précédentes COP avec les priorités africaines, en visant la COP31 prévue à Antalya, en Turquie, et une éventuelle présidence africaine de la COP32 en 2027. Les travaux doivent déboucher sur des « Addis Ababa Climate Action Messages », document de position qui structurera la voix du continent dans les négociations climatiques des prochains mois.</p>
<h2 id="un-déficit-de-277-milliards-de-dollars-par-an-couvert-à-11-">Un déficit de 277 milliards de dollars par an, couvert à 11 %</h2>
<p>Le chiffre avancé par Claver Gatete, Secrétaire exécutif de la CEA, lors de son discours d&rsquo;ouverture, fixe l&rsquo;ampleur du problème : 277 milliards de dollars par an sont nécessaires jusqu&rsquo;en 2030 pour permettre à l&rsquo;Afrique de mettre en œuvre ses contributions déterminées au niveau national (NDC). Ces documents de planification climatique, que chaque pays signataire de l&rsquo;Accord de Paris doit produire et régulièrement actualiser, définissent les objectifs de réduction des émissions et d&rsquo;adaptation au changement climatique. Ils orientent de plus en plus les politiques industrielles et les stratégies de développement des États africains.</p>
<p>Or les flux de financement climatique effectivement dirigés vers le continent ne couvrent qu&rsquo;environ 11 % de ce besoin annuel, selon la CEA. Pour chaque dollar requis, moins de douze cents arrivent à destination. La conséquence est double : des retards dans les projets d&rsquo;adaptation et de mitigation, et une pression supplémentaire sur des budgets publics déjà contraints par les niveaux d&rsquo;endettement élevés d&rsquo;un grand nombre de pays.</p>
<p>Ce décalage ne tient pas à une absence de volonté politique africaine. Il renvoie à une architecture mondiale du financement climatique qui reste défavorable à un continent parmi les moins responsables des émissions historiques, mais parmi les plus exposés à leurs conséquences. La CCDA-14 inscrit ce paradoxe au cœur de ses travaux, en cherchant à la fois des réponses dans le renforcement des ressources domestiques et dans une réforme des mécanismes multilatéraux, sans négliger la question du capital privé.</p>
<h2 id="les-instruments-africains-déjà-opérationnels">Les instruments africains déjà opérationnels</h2>
<p>Loin de se limiter au diagnostic, la conférence a mis en avant plusieurs mécanismes existants. James Kinyangi, coordinateur du Climate and Development Special Fund à la BAD, a détaillé les résultats de la Climate Action Window, instrument dédié aux pays africains les plus vulnérables. Ce mécanisme a mobilisé 450,9 millions de dollars auprès de sept donateurs. Sur cette enveloppe, 386 millions ont été engagés sur 79 projets, dont des systèmes d&rsquo;alerte précoce aux catastrophes climatiques opérationnels dans 12 pays et couvrant 15 millions de personnes.</p>
<p>Au total, la <a href="https://www.afdb.org/fr" target="_blank" rel="noopener">Banque africaine de développement</a> indique avoir mobilisé 8,4 milliards de dollars pour l&rsquo;adaptation climatique sur le continent. Sur le volet restauration des terres, 3,3 milliards de dollars ont été décaissés sur les 6,5 milliards engagés dans le cadre de l&rsquo;Initiative de la Grande Muraille Verte, programme qui vise à restaurer 100 millions d&rsquo;hectares de terres dégradées du Sénégal à Djibouti d&rsquo;ici 2030.</p>
<p>Afreximbank a de son côté annoncé qu&rsquo;elle orientera 5 % de ses prêts de long terme vers le financement climatique d&rsquo;ici 2030, dont 70 % vers des projets d&rsquo;adaptation, selon les déclarations de sa représentante Olubunmi Obasanjo-Williams. Ce mouvement illustre une tendance plus large parmi les banques régionales africaines, qui intègrent progressivement le critère climatique dans leurs décisions d&rsquo;allocation de capitaux.</p>
<p>Ces avancées restent très loin des 277 milliards annuels identifiés comme nécessaires. Plusieurs leviers sont sur la table à Addis-Abeba. Côté ressources, renforcer les garanties publiques peut réduire la prime de risque et rendre les projets attractifs pour les investisseurs privés. Côté gestion de la dette, des montages de type « dette contre investissement climatique » peuvent libérer des marges budgétaires. Et de manière transversale, intégrer les NDC dans les cadres budgétaires à moyen terme permettrait de donner aux engagements climatiques une force contraignante comparable à celle d&rsquo;une loi de finances.</p>
<h2 id="du-champ-au-budget--ladaptation-climatique-au-cœur-de-lagenda-2063">Du champ au budget : l&rsquo;adaptation climatique au cœur de l&rsquo;Agenda 2063</h2>
<p>La CCDA-14 se déroule dans une Afrique où l&rsquo;Union africaine a placé l&rsquo;eau et l&rsquo;assainissement au cœur de son agenda continental pour 2026. Moses Vilakati, Commissaire de l&rsquo;UA pour l&rsquo;agriculture, le développement rural, l&rsquo;économie bleue et l&rsquo;environnement durable, a souligné dans son discours d&rsquo;ouverture que les objectifs climatiques africains sont indissociables de l&rsquo;<a href="https://au.int/fr/agenda2063/vue-ensemble" target="_blank" rel="noopener">Agenda 2063</a>, qui projette un continent résilient, capable de produire de l&rsquo;énergie propre et de garantir la sécurité alimentaire de sa population.</p>
<p>Ce lien entre eau, agriculture et financement climatique est concret. Dans des pays comme le Tchad, le Niger ou l&rsquo;Éthiopie, la sécheresse et l&rsquo;irrégularité des précipitations menacent directement les récoltes et les revenus de populations encore très dépendantes de l&rsquo;agriculture vivrière. Financer l&rsquo;adaptation climatique, dans ce contexte, c&rsquo;est investir dans des systèmes d&rsquo;irrigation résilients, des variétés culturales adaptées aux nouvelles conditions ou des dispositifs d&rsquo;assurance agricole. Un investissement productif, pas seulement environnemental, qui peut directement réduire la vulnérabilité économique des États et soutenir la croissance à moyen terme.</p>
<h2 id="la-cop31-en-vue-et-une-présidence-africaine-à-construire-pour-la-cop32">La COP31 en vue, et une présidence africaine à construire pour la COP32</h2>
<p>La portée de la CCDA-14 dépasse ses trois jours de travaux. Les « Addis Ababa Climate Action Messages » qui en découleront doivent nourrir la position africaine à la COP31 prévue à Antalya. Plus loin, une présidence africaine de la COP32 en 2027 est envisagée, ce qui donnerait au continent un rôle inédit dans la gouvernance mondiale du climat.</p>
<p>Pour peser dans ces enceintes, l&rsquo;Afrique ne peut plus se présenter uniquement comme demandeuse de financements. La CCDA-14 cherche précisément à bâtir une feuille de route qui, partant des engagements de Belém, articule les instruments de financement disponibles avec les priorités africaines pour la transition énergétique et l&rsquo;adaptation.</p>
<p>La prochaine étape sera de mesurer si les messages d&rsquo;Addis-Abeba se transforment en mandats politiques portés par les États africains à la COP31. L&rsquo;architecture mondiale du financement climatique ne se réforme pas en trois jours de conférence. Mais chaque rendez-vous panafricain qui produit des propositions chiffrées et des instruments concrets rapproche le continent d&rsquo;une posture de co-architecte des solutions, plutôt que de simple bénéficiaire des engagements des autres.</p>
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		<title>ZLECAf–Quest Ghana : un pari numérique à 5,17 milliards de dollars pour l’Afrique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Auteur]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Sep 2026 08:32:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Commerce]]></category>
		<category><![CDATA[AfCFTA Digital Trade Corridor]]></category>
		<category><![CDATA[Quest Ghana]]></category>
		<category><![CDATA[seychelles]]></category>
		<category><![CDATA[ZLECAf]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C'est l'une des annonces les plus concrètes pour l'intégration commerciale africaine depuis le lancement opérationnel de la ZLECAf</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le 31 août 2026, à Accra et à Victoria (Seychelles), le secrétariat de la zone de libre-échange continentale africaine (<a href="https://tradeunionsinafcfta.org/fr/accueil/" target="_blank" rel="noopener">ZLECAf</a>) et <a href="https://itservices.questghana.com/" target="_blank" rel="noopener">Quest Ghana</a> ont officiellement signé l&rsquo;accord constitutif de l&rsquo;AfCFTA Digital Trade Corridor. Les Seychelles, qui accueilleront le siège de la coentreprise, a apporté son soutien souverain à l&rsquo;initiative, lui conférant une assise à la fois institutionnelle et souveraine.</strong></p>
<p>La signature marque l&rsquo;aboutissement d&rsquo;un processus entamé plusieurs mois plus tôt : un protocole d&rsquo;accord avait été conclu en mars 2026, avant que le Cabinet seychellois n&rsquo;approuve formellement le projet en juillet. Ce n&rsquo;est donc pas une annonce improvisée, mais la concrétisation d&rsquo;un travail préparatoire qui donne à l&rsquo;accord une légitimité politique plus solide que de nombreux projets continentaux restés au stade de la déclaration d&rsquo;intention.</p>
<h2 id="marché-digital-paiements-et-bourse-de-commodités--les-trois-piliers-du-corridor">Marché digital, paiements et bourse de commodités : les trois piliers du corridor</h2>
<p>Le mandat de la coentreprise est précis. Elle devra concevoir, développer et opérer plusieurs composantes bien distinctes. La première est un marché digital continental, destiné à permettre aux entreprises africaines d&rsquo;échanger des biens et des services via une plateforme commune. La deuxième est un système de paiements interopérables transfrontaliers, pensé pour faciliter le règlement des transactions sans recourir à des correspondants bancaires étrangers ni à des conversions systématiques en devises fortes. La troisième, peut-être la plus stratégique sur le plan économique, est une infrastructure dédiée aux minerais et aux commodités africaines : un mécanisme de trading, de suivi et de règlement qui permettrait de coter et d&rsquo;échanger les ressources naturelles du continent sur une plateforme africaine, plutôt que via des bourses situées à Londres, New York ou Shanghai.</p>
<p>C&rsquo;est sur ce dernier volet que l&rsquo;enjeu de souveraineté économique est le plus tangible. L&rsquo;Afrique concentre une part considérable des réserves mondiales de minerais critiques. Pourtant, la formation des prix et les circuits de financement restent largement organisés depuis l&rsquo;extérieur du continent. Une bourse numérique africaine des commodités ne règlerait pas à elle seule cette asymétrie, mais elle en créerait les conditions institutionnelles nécessaires.</p>
<h2 id="les-seychelles-choix-de-géographie-institutionnelle-pour-un-hub-continental">Les Seychelles, choix de géographie institutionnelle pour un hub continental</h2>
<p>Le choix des Seychelles comme siège de la coentreprise mérite une lecture attentive. Cet archipel de l&rsquo;océan Indien d&rsquo;environ 100 000 habitants n&rsquo;est pas un poids lourd commercial de l&rsquo;Union africaine. Son intérêt tient à d&rsquo;autres atouts : un cadre juridique stable pour les investisseurs internationaux et une ambition affichée de se positionner comme hub financier et technologique à l&rsquo;échelle régionale.</p>
<p>Ce type de montage, où un petit État à la législation favorable héberge le siège d&rsquo;une structure à vocation continentale, répond à une logique partagée par plusieurs grandes initiatives financières africaines. Pour la ZLECAf, l&rsquo;objectif est de disposer d&rsquo;un environnement juridique prévisible, indépendant des aléas politiques de l&rsquo;un ou l&rsquo;autre de ses 54 États membres.</p>
<p>La répartition précise des droits de vote et des responsabilités entre la ZLECAf, Quest Ghana et le gouvernement seychellois n&rsquo;est pas détaillée dans le communiqué officiel. C&rsquo;est l&rsquo;un des points que les observateurs devront suivre dans les prochains mois, pour s&rsquo;assurer que les intérêts commerciaux du partenaire privé ghanéen restent compatibles avec la mission d&rsquo;intérêt public du corridor.</p>
<h2 id="de-200-à-500-milliards-de-dollars--lambition-commerciale-mise-en-chiffres">De 200 à 500 milliards de dollars : l&rsquo;ambition commerciale mise en chiffres</h2>
<p>Quest Ghana Limited valorise le projet à 5,17 milliards de dollars, selon le communiqué de la ZLECAf, ce qui en fait l&rsquo;un des plus grands investissements annoncés dans une infrastructure numérique commerciale à l&rsquo;échelle africaine. Le corridor ambitionne de porter les échanges intra-africains de leur niveau actuel, estimé à environ 200 milliards de dollars, à 500 milliards et au-delà, en s&rsquo;appuyant sur un marché cible de plus de 1,4 milliard de personnes.</p>
<p>Ces chiffres appellent cependant à la prudence. Le commerce intra-africain reste pénalisé par des obstacles qui ne sont pas de nature numérique : routes insuffisantes, procédures douanières lourdes, normes sanitaires divergentes d&rsquo;un pays à l&rsquo;autre. Une infrastructure digitale ne supprime pas ces frictions physiques et réglementaires. En revanche, elle peut considérablement réduire les coûts liés à la recherche de partenaires commerciaux, à la vérification des contreparties et à la traçabilité des flux. C&rsquo;est précisément cette couche de coûts cachés que le corridor cible en priorité.</p>
<p>Il faut aussi replacer cette annonce dans le contexte de la ZLECAf, dont la mise en œuvre avance de manière inégale selon les États membres. Le Protocole sur le commerce numérique, adopté au sein de l&rsquo;accord, pose des bases réglementaires pour les échanges électroniques, mais sa ratification reste incomplète dans une large partie du continent. Le corridor numérique ne pourra fonctionner efficacement que si ce cadre réglementaire se consolide en parallèle.</p>
<h2 id="articulation-avec-les-initiatives-existantes-de-paiement-et-de-trading">Articulation avec les initiatives existantes de paiement et de trading</h2>
<p>Le succès du corridor dépendra aussi de sa capacité à s&rsquo;inscrire dans un écosystème déjà partiellement constitué, plutôt que d&rsquo;entrer en concurrence avec lui. En matière de paiements, plusieurs projets sont actifs ou en cours de déploiement : le Pan-African Payment and Settlement System (PAPSS), porté par Afreximbank, les systèmes interopérables déployés dans l&rsquo;espace UEMOA et les expérimentations de règlement en monnaies locales entre partenaires africains. Une fragmentation supplémentaire des infrastructures de paiement serait contre-productive.</p>
<p>Sur le volet des commodités, la crédibilité d&rsquo;une future bourse africaine dépendra de sa capacité à attirer un volume de transactions suffisant pour établir des prix de référence reconnus par les acteurs de marché. Cela ne se décrète pas par accord institutionnel : cela se construit dans la durée, au fil des transactions réalisées et des opérateurs convaincus d&rsquo;y participer. L&rsquo;Ethiopian Commodity Exchange, créée en 2008, offre à ce titre un retour d&rsquo;expérience précieux sur les conditions de viabilité de tels marchés organisés en Afrique.</p>
<h2 id="les-étapes-décisives-avant-la-mise-en-service-du-corridor">Les étapes décisives avant la mise en service du corridor</h2>
<p>La signature du joint-venture AfCFTA Digital Trade Corridor constitue un jalon concret dans la construction de l&rsquo;intégration africaine, et non une nouvelle déclaration de principe. Le montant annoncé, la présence d&rsquo;un partenaire privé identifié et l&rsquo;appui souverain des Seychelles donnent au projet une substance que beaucoup de ses prédécesseurs n&rsquo;avaient pas atteinte. Mais la distance entre la signature d&rsquo;un accord et la mise en service d&rsquo;une infrastructure continentale opérationnelle reste considérable. Les prochaines étapes seront décisives : mobilisation des financements, définition précise de la gouvernance et adhésion des opérateurs commerciaux africains à une plateforme qu&rsquo;ils ne connaissent pas encore. L&rsquo;autoroute numérique du commerce africain est tracée sur le papier. Reste à la construire.</p>
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		<title>Ventures Platform II lève 84 millions de dollars et attire la BERD en Afrique subsaharienne</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Auteur]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 28 Aug 2026 07:29:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[berd]]></category>
		<category><![CDATA[Ventures Platform]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En finalisant la clôture de son deuxième fonds à 84 millions de dollars, la société de gestion nigériane Ventures Platform a attiré un investisseur jusqu'ici absent de la scène : la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, qui signe là sa première participation dans un fonds de capital-risque en Afrique subsaharienne. L'annonce, intervenue les 26 et 27 août 2026, dépasse la simple levée de fonds et interroge une reconfiguration plus large des flux de capitaux vers l'innovation africaine. En dépassant son objectif initial de 75 millions de dollars, le fonds VP Pan-African Fund II confirme que le capital-risque africain early-stage entre dans une nouvelle phase</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Fondée en 2016 à Lagos par Kola Aina, <a href="https://www.venturesplatform.com/" target="_blank" rel="noopener">Ventures Platform</a> s&rsquo;est bâtie sur une conviction simple : investir tôt, très tôt, dans des startups africaines qui adressent des marchés de masse. Dix ans plus tard, la société affiche un portefeuille de plus de 90 entreprises, parmi lesquelles figurent des acteurs devenus des références du secteur comme Paystack, Moniepoint, MDaSS ou OmniRetail. Le deuxième fonds, VP Pan-African Fund II, a commencé à se constituer avec une clôture initiale à 64 millions de dollars avant d&rsquo;atteindre sa finalisation à 84 millions, soit 9 millions de dollars au-dessus de l&rsquo;objectif initial fixé à 75 millions. Cette progression reflète un élargissement progressif de la base d&rsquo;investisseurs et confirme la confiance accordée à l&rsquo;équipe de gestion.</p>
<p>La stratégie du fonds se positionne sur les stades les plus précoces : de la phase discovery (pré-seed) jusqu&rsquo;aux séries A. C&rsquo;est précisément ce segment du marché qui reste le moins bien couvert en Afrique, là où les startups peinent souvent à trouver des tickets suffisants pour passer d&rsquo;une preuve de concept à un modèle opérationnel viable. En se concentrant sur ces stades, Ventures Platform cherche à combler un vide structurel dans l&rsquo;écosystème du financement, plutôt qu&rsquo;à concurrencer les grands véhicules de private equity qui interviennent bien plus tard dans la chaîne de valeur.</p>
<h2 id="la-berd-franchit-une-frontière-inédite-en-afrique-subsaharienne">La BERD franchit une frontière inédite en Afrique subsaharienne</h2>
<p>L&rsquo;entrée de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (<a href="https://www.ebrd.com/fr/home.html" target="_blank" rel="noopener">BERD</a>) dans le capital du fonds, à hauteur de jusqu&rsquo;à 8 millions de dollars, constitue le fait saillant de cette clôture. C&rsquo;est la première fois que l&rsquo;institution, habituellement associée à des financements d&rsquo;infrastructures ou de réformes sectorielles dans ses géographies traditionnelles, prend position dans un fonds de capital-risque opérant en Afrique subsaharienne. L&rsquo;engagement s&rsquo;inscrit dans le cadre du mandat Early-Stage Innovation Facility II (ESIF II), doté de 200 millions d&rsquo;euros, par lequel la BERD soutient des fonds early-stage dans plusieurs régions cibles.</p>
<p>Norfund, le fonds de développement norvégien, figure également parmi les limited partners du fonds, avec un ticket de 6 millions de dollars. Ces deux investisseurs institutionnels rejoignent des limited partners historiques qui ont renouvelé leur participation, formant un tour de table qui combine du capital africain et du capital européen au sein d&rsquo;un même véhicule géré par une équipe africaine, depuis Lagos.</p>
<p>La signification de cette configuration est double. La présence de la BERD et de Norfund apporte une validation externe de la thèse d&rsquo;investissement et du cadre de gouvernance du fonds, ce qui peut faciliter l&rsquo;accès à d&rsquo;autres investisseurs institutionnels dans les levées futures. Ces institutions n&rsquo;interviennent pas par philanthropie : elles attendent un retour financier, ce qui confirme que le venture capital africain early-stage n&rsquo;est plus systématiquement assimilé à une classe d&rsquo;actifs sans contrepartie viable.</p>
<h2 id="des-secteurs-qui-répondent-à-des-déficits-économiques-identifiés">Des secteurs qui répondent à des déficits économiques identifiés</h2>
<p>La thèse d&rsquo;investissement du fonds couvre six grands domaines : la fintech, l&rsquo;e-commerce, la logistique, la santé, l&rsquo;agriculture et l&rsquo;éducation, avec une attention croissante portée à l&rsquo;intelligence artificielle appliquée à ces secteurs. Chacun de ces domaines correspond à un déficit structurel documenté dans les économies africaines : sous-bancarisation d&rsquo;une part importante de la population adulte, coûts logistiques parmi les plus élevés au monde, faible productivité agricole liée au manque d&rsquo;outils numériques, accès aux soins très inégal selon les territoires.</p>
<p>Le premier investissement public réalisé par le Fonds II illustre bien cette orientation sectorielle. En juillet 2026, Ventures Platform a co-mené un tour de table de 3 millions de dollars dans Cybervergent, une startup nigériane spécialisée dans la cybersécurité. Dans un contexte où la numérisation accélérée des économies africaines crée des vulnérabilités nouvelles pour les entreprises et les institutions financières, ce choix traduit une lecture prospective des besoins du marché. Les entreprises africaines qui se digitalisent ont besoin de solutions de sécurité adaptées à leurs réalités : coût d&rsquo;accès, interopérabilité, capacité à fonctionner dans des environnements à connectivité variable.</p>
<h2 id="ce-que-cette-clôture-révèle-de-la-maturité-de-lécosystème">Ce que cette clôture révèle de la maturité de l&rsquo;écosystème</h2>
<p>La finalisation de Ventures Platform II à 84 millions de dollars intervient dans un contexte mondial où les flux de capital-risque vers les marchés émergents ont connu des ajustements importants ces dernières années. Dans ce paysage tendu, la sur-souscription de ce fonds panafricain donne à voir une tendance de fond : la montée en maturité d&rsquo;un écosystème qui produit ses propres gestionnaires de fonds, ses propres succès de portefeuille, et ses propres arguments pour convaincre des investisseurs institutionnels exigeants.</p>
<p>Portefeuille de 90 startups constitué en une décennie, levée dépassant son objectif, participation inédite de la BERD en Afrique subsaharienne : ces éléments ne se construisent pas sans une discipline d&rsquo;origination, de sélection et de suivi des participations. L&rsquo;intégration de l&rsquo;intelligence artificielle dans la thèse sectorielle du fonds montre par ailleurs que les gestionnaires africains ne sont pas décalés par rapport aux tendances mondiales, mais cherchent à les adapter à des contextes opérationnels spécifiques.</p>
<p>Il reste que le défi structurel du financement de l&rsquo;innovation africaine ne se résout pas avec un seul fonds. L&rsquo;accès au capital demeure limité hors des grands pôles technologiques comme Lagos, Nairobi, Le Caire ou Accra. La pérennité de l&rsquo;écosystème dépend aussi de la capacité à mobiliser du capital africain en propre, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de fonds de pension, de compagnies d&rsquo;assurance ou de family offices du continent. Sur ce point, Ventures Platform II offre moins de visibilité, et c&rsquo;est là que se situent les prochains chantiers du financement panafricain.</p>
<p>Ce que la clôture de ce fonds signale concrètement, c&rsquo;est la consolidation d&rsquo;une infrastructure financière locale : des fonds gérés par des équipes africaines, avec des thèses ancrées dans les réalités du continent, capables d&rsquo;attirer des institutions absentes de la scène il y a cinq ans. Pour les startups africaines en quête de capital dès leurs premières étapes de croissance, c&rsquo;est une évolution mesurable, qui se traduit en tickets disponibles. Le vrai test viendra avec les performances du portefeuille dans les prochaines années, et la capacité du fonds à démontrer que l&rsquo;Afrique subsaharienne peut générer des rendements compétitifs à l&rsquo;échelle mondiale.</p>
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		<title>La santé comme frontière économique : la CEA appelle à un nouveau pacte fiscal</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Auteur]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Aug 2026 08:00:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Aboubakri Diaw]]></category>
		<category><![CDATA[OMS]]></category>
		<category><![CDATA[santé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La CEA appelle l’Afrique à faire de la santé un investissement prioritaire, alors que 150 millions de personnes basculent chaque année dans la pauvreté à cause des frais médicaux</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>À Addis-Abeba, lors de la 76e session du Comité régional de l&rsquo;<a href="https://www.who.int/fr" target="_blank" rel="noopener">OMS</a> pour l&rsquo;Afrique, la <a href="https://www.uneca.org/fr" target="_blank" rel="noopener">Commission économique pour l&rsquo;Afrique</a> (CEA) des Nations unies a délivré un message qui dépasse le simple appel à davantage de fonds : la santé doit cesser d&rsquo;être traitée comme une dépense à contenir pour devenir un investissement à optimiser. Cette bascule conceptuelle, présentée les 24 et 25 août 2026, engage une redéfinition des priorités budgétaires à un moment où les pays africains arbitrent entre des exigences opposées, rembourser une dette croissante d&rsquo;un côté, maintenir des services publics et financer une transformation économique de long terme de l&rsquo;autre.</p>
<p>Aboubakri Diaw, chef de cabinet de la CEA et responsable de l&rsquo;Initiative pour un financement durable lancée en mars 2026, a résumé le diagnostic dans une formule directe : ce dont souffre l&rsquo;Afrique n&rsquo;est pas un manque de réformes, mais un manque de réformes financées. Les plans de santé existent souvent, les politiques sont parfois bien conçues ; leur mise en œuvre bute sur l&rsquo;insuffisance chronique des ressources allouées. Ce glissement de vocabulaire, de la réforme à son financement effectif, concentre l&rsquo;essentiel du propos de la CEA.</p>
<h2 id="150-millions-de-personnes-appauvries-chaque-année-par-les-frais-de-santé">150 millions de personnes appauvries chaque année par les frais de santé</h2>
<p>Le chiffre central mis en avant par la CEA lors de cette session est difficile à ignorer : environ 150 millions de personnes sont chaque année précipitées dans la pauvreté à cause des paiements directs de santé qu&rsquo;elles doivent assumer. Ces dépenses dites « catastrophiques » touchent des ménages sans accès à une couverture sociale ou à une assurance maladie, contraints de puiser dans leurs économies pour faire face à des coûts de soins imprévus.</p>
<p>L&rsquo;impact économique de ce phénomène est concret et mesurable. Des familles qui avaient réussi à sortir de la pauvreté grâce à la croissance ou à des programmes de transferts sociaux peuvent y replonger après un épisode de maladie mal pris en charge. La perte de productivité qui en résulte, combinée à la réduction de la consommation des ménages concernés, pèse sur la croissance nationale. C&rsquo;est cet enchaînement que la CEA mobilise pour justifier son repositionnement de la santé comme « prochaine frontière économique » du continent : les économies africaines ne pourront pas atteindre leur plein potentiel de croissance tant que des dizaines de millions de ménages restent exposés à ces chocs financiers récurrents.</p>
<h2 id="service-de-la-dette-et-dépenses-de-santé--un-arbitrage-sous-pression">Service de la dette et dépenses de santé : un arbitrage sous pression</h2>
<p>Le financement de la santé ne peut pas être dissocié de la trajectoire de la dette publique. La CEA souligne que, dans les pays africains les plus pauvres, la progression des paiements du service de la dette exerce un effet d&rsquo;éviction directement mesurable sur les dépenses publiques de santé. Chaque dollar supplémentaire consacré au remboursement des créanciers est un dollar soustrait aux hôpitaux, aux centres de santé primaires et aux programmes de vaccination.</p>
<p>Cette tension s&rsquo;est accentuée ces dernières années. Plusieurs pays d&rsquo;Afrique subsaharienne ont vu leur charge de service de la dette augmenter sensiblement, sous l&rsquo;effet de l&rsquo;accumulation d&#8217;emprunts dans les années 2010 conjuguée à la remontée des taux d&rsquo;intérêt mondiaux. Dans ce contexte, les engagements pris dans le cadre de la Déclaration d&rsquo;Abuja de 2001, qui appelait les États africains à consacrer au moins 15 % de leurs budgets nationaux à la santé, restent très largement non tenus pour une majorité de pays du continent.</p>
<p>Le débat en cours autour des réformes du cadre d&rsquo;analyse de la soutenabilité de la dette des pays à faible revenu (LIC-DSF), piloté conjointement par le FMI et la Banque mondiale, s&rsquo;inscrit dans ce contexte plus large. Des économistes africains et des institutions comme la CEA plaident pour que ces cadres distinguent mieux les investissements à fort rendement social, notamment dans la santé, des dépenses de consommation courante. L&rsquo;enjeu : éviter que les exigences de consolidation budgétaire imposées dans le cadre de programmes d&rsquo;ajustement ne condamnent structurellement les postes de dépenses sociales, au moment même où leur maintien conditionne la qualité du capital humain disponible pour la croissance.</p>
<h2 id="ce-que-recouvre-concrètement-un-compact-fiscal-entre-finances-et-santé">Ce que recouvre concrètement un compact fiscal entre finances et santé</h2>
<p>La notion de « compact fiscal » entre ministères des finances et de la santé, telle que définie par la CEA lors du dialogue ministériel du 24 août, désigne un engagement formel entre ces deux administrations pour aligner les politiques budgétaires sur des objectifs de santé préalablement chiffrés et définis conjointement. L&rsquo;idée est de sortir de la logique dans laquelle le ministère des finances alloue une enveloppe et le ministère de la santé s&rsquo;en accommode, pour aller vers une co-construction pluriannuelle des priorités de dépenses.</p>
<p>En pratique, cela suppose plusieurs changements. D&rsquo;abord, une meilleure intégration des plans nationaux de santé dans les cadres budgétaires à moyen terme, pour que les engagements de santé soient sanctuarisés et non soumis aux aléas des révisions annuelles. Ensuite, le développement de mécanismes de financement complémentaires, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse d&rsquo;obligations de santé, de taxes dédiées ou de partenariats public-privé structurés selon les contextes nationaux. Enfin, un suivi transparent des dépenses effectives, pour que les engagements politiques se traduisent en ressources atteignant réellement les bénéficiaires.</p>
<p>La dimension numérique figure au cœur de cette ambition. Le thème choisi pour la session d&rsquo;Addis-Abeba, « Roots and Wings : Heritage Meets Digital Health », reflète la conviction que la numérisation des systèmes de santé peut améliorer l&rsquo;efficacité des dépenses et élargir la couverture dans les zones peu desservies, notamment dans les zones rurales ou périurbaines où l&rsquo;accès physique aux soins reste limité.</p>
<h2 id="des-expériences-à-capitaliser-des-contraintes-à-ne-pas-minimiser">Des expériences à capitaliser, des contraintes à ne pas minimiser</h2>
<p>Quelques pays africains ont déjà engagé des approches qui s&rsquo;apparentent à ce que la CEA appelle. Le Rwanda est fréquemment cité pour son système de mutuelles de santé communautaires, qui a réduit significativement la part des paiements directs tout en améliorant l&rsquo;accès aux soins dans les zones rurales. L&rsquo;Éthiopie a, de son côté, développé des mécanismes de financement communautaire de la santé dans plusieurs régions. Ces exemples montrent que des solutions produisent des résultats concrets lorsqu&rsquo;elles reposent sur une volonté politique maintenue dans la durée et sur des ressources fléchées avec précision.</p>
<p>Mais ils montrent aussi que la réussite dépend de conditions institutionnelles précises : une administration fiscale capable de mobiliser des recettes supplémentaires et une capacité d&rsquo;exécution budgétaire qui garantit que les fonds alloués atteignent leur destination. Ces conditions ne sont pas réunies partout, et la marge de manœuvre reste structurellement limitée dans des économies où le taux de pression fiscale dépasse rarement 15 à 18 % du produit intérieur brut.</p>
<p>L&rsquo;appel de la CEA s&rsquo;adresse donc à plusieurs niveaux à la fois : aux ministères des finances nationaux, mais aussi aux institutions multilatérales et aux bailleurs de fonds, pour qu&rsquo;ils alignent leurs interventions sur des stratégies de santé prévisibles et pluriannuelles, plutôt que sur des dotations discrétionnaires négociées année par année. Sans cet alignement externe, le compact fiscal risque de rester un cadre sans ressources suffisantes pour le remplir.</p>
<h2 id="ce-que-ce-repositionnement-change-pour-les-prochaines-années">Ce que ce repositionnement change pour les prochaines années</h2>
<p>L&rsquo;intervention de la CEA à Addis-Abeba constitue d&rsquo;abord une prise de position sur le terrain des idées : intégrer la santé dans le vocabulaire du développement économique, au même titre que les infrastructures ou la transition énergétique, modifie la manière dont les gouvernements africains peuvent justifier des dépenses de santé ambitieuses dans un contexte de contraintes budgétaires. Si ce repositionnement se traduit par des engagements concrets lors des prochaines négociations budgétaires nationales ou dans les discussions avec les institutions financières internationales, il pourrait peser sur la répartition effective des ressources publiques. Les prochains cycles budgétaires dans les pays ayant choisi d&rsquo;engager ce type de dialogue entre finances et santé fourniront une première mesure de la distance entre le discours tenu à Addis-Abeba et les arbitrages réels inscrits dans les lois de finances.</p>
<p>Photos : cidev.net</p>
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		<title>La Tanzanie mise sur le barrage Julius Nyerere et le SGR</title>
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		<pubDate>Fri, 21 Aug 2026 07:06:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Industrie]]></category>
		<category><![CDATA[barrage Julius Nyerere]]></category>
		<category><![CDATA[Tanzanie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le 11 août 2026, Africa50 a signé à Dar es Salaam plusieurs accords d’investissement, illustrant la volonté de la Tanzanie d’attirer des capitaux privés pour financer ses infrastructures</p>
<p>Cet article <a rel="nofollow" href="https://economie-afrique.com/industrie/la-tanzanie-mise-sur-le-barrage-julius-nyerere-et-le-sgr/">La Tanzanie mise sur le barrage Julius Nyerere et le SGR</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="https://economie-afrique.com">Economie Afrique</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>En avril 2026, la connexion du barrage hydroélectrique Julius Nyerere au réseau national tanzanien a modifié en profondeur l&rsquo;équation énergétique du pays. La capacité installée a grimpé à 4 015 mégawatts, un niveau jamais atteint auparavant, grâce à un investissement estimé à 6,5 billions de shillings tanzaniens, l&rsquo;équivalent d&rsquo;environ 2,5 milliards de dollars. Construit sur la rivière Rufiji, cet ouvrage concentre désormais les espoirs du gouvernement en matière d&rsquo;industrialisation.</strong></p>
<p>Le raisonnement des autorités est direct : une offre électrique plus abondante doit permettre de réduire les coûts de production pour les fabricants et d&rsquo;attirer des industries à plus forte valeur ajoutée. Le tissu économique deviendrait ainsi moins dépendant des groupes électrogènes et des importations d&rsquo;énergie. La transformation des ressources minières et l&rsquo;agro-industrie figurent parmi les secteurs désignés comme premiers bénéficiaires de cette disponibilité accrue. La compétitivité industrielle du pays dépend, en partie au moins, de la concrétisation de cette promesse.</p>
<h2 id="le-standard-gauge-railway-un-corridor-ferroviaire-à-vocation-régionale">Le Standard Gauge Railway, un corridor ferroviaire à vocation régionale</h2>
<p>Parallèlement au chantier énergétique, la construction du Standard Gauge Railway (SGR) avance. Cette ligne ferroviaire électrifiée de 2 800 kilomètres est appelée à remplacer l&rsquo;ancienne voie à écartement métrique héritée de la période coloniale. Son coût total est estimé entre 7 et 10 milliards de dollars, financé pour l&rsquo;essentiel sur fonds publics.</p>
<p>Des trains de passagers circulent déjà quotidiennement entre Dar es Salaam, Morogoro et Dodoma. Sur le plan du fret, les marchandises atteignent le port sec d&rsquo;Ihumwa en environ quatre heures depuis la côte, contre le double ou davantage par la route. La prochaine étape consiste à prolonger la ligne jusqu&rsquo;aux frontières des pays enclavés voisins, parmi lesquels le Burundi, le Rwanda et la République démocratique du Congo, qui dépendent aujourd&rsquo;hui majoritairement du port kenyan de Mombasa pour leurs échanges extérieurs.</p>
<p>C&rsquo;est là que se joue une compétition régionale aux enjeux économiques significatifs. Dar es Salaam entend capter une part croissante du trafic de transit à destination des pays enclavés, en s&rsquo;appuyant sur ses nouvelles infrastructures ferroviaires et portuaires. À mesure que le SGR avance, la Tanzanie renforce son positionnement comme corridor commercial alternatif à Mombasa, point d&rsquo;entrée historiquement dominant pour l&rsquo;hinterland est-africain.</p>
<h2 id="africa50-et-bii--un-engagement-panafricain-à-dar-es-salaam">Africa50 et BII : un engagement panafricain à Dar es Salaam</h2>
<p>Le 11 août 2026, le forum Infra for Africa, réuni dans la capitale économique tanzanienne, a été le cadre de plusieurs annonces structurantes. La plateforme panafricaine Africa50, spécialisée dans le financement d&rsquo;infrastructures sur le continent, a signé plusieurs accords d&rsquo;investissement et de partenariats. Parmi eux, un engagement de 20 millions de dollars de la British International Investment (BII), le bras d&rsquo;investissement du gouvernement britannique, au sein de l&rsquo;Africa50 Infrastructure Acceleration Fund.</p>
<p>Ce montant est modeste comparé aux coûts des projets tanzaniens en cours. Son importance est surtout symbolique : il valide le modèle de financement promu par Africa50 auprès d&rsquo;investisseurs institutionnels. La plateforme ne finance pas directement des méga-projets publics. Elle joue un rôle d&rsquo;intermédiaire entre les États africains et les investisseurs privés, en structurant des instruments destinés à réduire le risque perçu par les marchés. L&rsquo;engagement de BII consolide la crédibilité de ce fonds et élargit sa capacité de déploiement.</p>
<p>La présence de BII à Dar es Salaam s&rsquo;inscrit dans un mouvement de fond plus large. Les institutions financières de développement britanniques et européennes cherchent à renforcer leur présence en Afrique de l&rsquo;Est, dans un contexte de compétition accrue avec d&rsquo;autres acteurs, notamment les bailleurs publics chinois qui ont longtemps dominé le financement des grandes infrastructures du continent. Africa50 offre une articulation différente, fondée sur la mobilisation de capitaux privés plutôt que sur des prêts d&rsquo;État.</p>
<h2 id="un-modèle-de-financement-qui-doit-évoluer">Un modèle de financement qui doit évoluer</h2>
<p>La question que le gouvernement tanzanien pose désormais publiquement est celle du financement de la prochaine vague de projets, sans alourdir davantage la dette publique. Le SGR et Julius Nyerere ont mobilisé des ressources qui dépassent 10 milliards de dollars au total, pour une économie dont le PIB annuel tourne autour de 80 milliards de dollars. La part de financement public dans ces deux chantiers est substantielle, et les projets futurs nécessiteront une diversification des sources.</p>
<p>Lors du forum Infra for Africa, le gouvernement tanzanien a affiché une orientation nouvelle : orienter les prochains investissements directs étrangers vers le secteur manufacturier et les PME, plutôt que de concentrer les financements sur de nouveaux méga-projets publics. Ce changement de discours traduit une ambition de transition : passer de la phase de construction d&rsquo;actifs d&rsquo;infrastructure, principalement financée à crédit, à une phase de valorisation productive de ces actifs. L&rsquo;implication d&rsquo;Africa50 s&rsquo;inscrit dans cette logique, en facilitant l&rsquo;entrée de capitaux privés sur des projets qui seraient autrement trop risqués pour les marchés.</p>
<h2 id="ce-que-ce-pari-change-pour-lafrique-de-lest">Ce que ce pari change pour l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Est</h2>
<p>La Tanzanie a engagé ces dernières années deux investissements d&rsquo;infrastructure à grande échelle : un barrage évalué à 2,5 milliards de dollars et un réseau ferroviaire estimé entre 7 et 10 milliards de dollars. En associant ces actifs à des plateformes de financement comme Africa50, le pays s&rsquo;est doté d&rsquo;une base qui dépasse ses seuls intérêts nationaux. Un SGR opérationnel jusqu&rsquo;aux frontières de la RDC et du Rwanda faciliterait les flux commerciaux dans un corridor regroupant plusieurs centaines de millions de consommateurs. Dans la perspective de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), la qualité des corridors de transport constitue un déterminant concret de l&rsquo;intégration effective des marchés régionaux. La question qui reste ouverte est celle de la valorisation productive : il faudra que les industries s&rsquo;approprient ces infrastructures pour que le modèle prouve sa pertinence au-delà des seuls chiffres de capacité installée.</p>
<p>Photo : egyptianstreets.com</p>
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