CentPapiers http://www.centpapiers.com Plateforme québécoise de journalisme citoyen Fri, 20 Nov 2009 11:20:07 +0000 http://wordpress.org/?v=2.8.4 en hourly 1 Herman Van Rompuy élu du conclave européen de Bruxelles http://www.centpapiers.com/herman-van-rompuy-elu-du-conclave-europeen-de-bruxelles/10704/ http://www.centpapiers.com/herman-van-rompuy-elu-du-conclave-europeen-de-bruxelles/10704/#comments Fri, 20 Nov 2009 11:20:07 +0000 Sylvain Rakotoarison http://www.centpapiers.com/?p=10704 Avec son allure modeste et « rond de cuir », le Belge Herman Van Rompuy devient le premier pape des nouvelles institutions européennes : une étape historique dans la construction européenne.

À la suite de sa laborieuse période de ratifications nationales (presque deux années), le Traité de Lisbonne va être mis en application à partir du 1er décembre 2009.
 
Étape historique car avec lui, c’est la conclusion d’une décennie de discussions sur les problèmes institutionnels inextricables qui visaient à transformer une structure initialement prévue pour six pays (avec règle de l’unanimité) en une structure plus souple et plus efficace pour gérer vingt-sept pays membres (avec des majorités qualifiées).
 
 
De nouvelles institutions pour l’Europe
 
Parmi les principaux changements, la désignation de deux nouveaux personnages qui devraient clarifier les rapports entre l’Union européenne et le reste du monde : un Président du Conseil européen pour un mandat de deux ans et demi reconductible, chargé de préparer les Conseils européens tout en maintenant les présidences tournantes tous les six mois, et un Haut représentant pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, équivalent d’un super-ministre des Affaires étrangères.
 
Après de difficiles négociations et une précédente réunion du Conseil européen des 29 et 30 octobre 2009, les vingt-sept chefs d’États et de gouvernement de l’Union européenne ont réussi finalement à sauver la face lors du sommet européen de Bruxelles du jeudi 19 novembre 2009.
 
Tout laissait entendre que la nuit serait longue et que le sommet pourrait être prolongé jusqu’au week-end. Le pire n’étant jamais sûr, la fumée blanche est donc sortie dès le début de la soirée.
 
Fumée blanche pour un conclave européen. Car opacité dans le processus de décision puisque certaines personnalités s’étaient présentées comme candidates, mais d’autres noms furent aussi en jeu sans être candidats.
 
 
Présidence du Conseil européen
 
Le premier Président du Conseil européen sera la personnalité clef des nouvelles institutions européennes. Son rôle est avant tout de personnifier l’Union européenne tant vis-à-vis des interlocuteurs étrangers que des citoyens européens. Donner un visage et une voix à l’Union européenne.
 
On se rappelle à quel point la personnalité peut créer la fonction. Celle par exemple de Jacques Delors, Président de la Commission européenne de 1985 à 1995, qui avait su impulser deux réformes essentielles, l’Acte unique et le Traité de Maastricht visant à acquérir une monnaie unique.
 
Mais on sait aussi que des personnalités plus fades, ou des volontés politiques moins affirmées peuvent également « ramollir » l’âme européenne.
 
À cet égard, les chefs d’État et de gouvernement ont souvent été les « impulseurs » de la construction européenne, et en particulier le couple franco-allemand : que ce soit Charles De Gaulle et Konrad Adenauer, Valéry Giscard d’Estaing et Helmut Schmidt, François Mitterrand et Helmut Kohl, Jacques Chirac et Gehrard Schröder… ou maintenant Nicolas Sarkozy et Angela Merkel. L’idée de Giscard d’Estaing de faire des sommets européens aurait pu faire croire qu’elle allait favoriser les États au détriment de l’Europe alors qu’en fait, ce fut toujours par cette instance que l’intégration de l’Europe a fait des avancées notables.
 
 
Les anciens favoris
 
Il y a un an et demi, le favori à ce poste était le Premier Ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker. Président de l’Eurogroupe (l’ensemble des Ministres des Finances de la zone euro), il s’était montré comme le plus compétent et le plus expérimenté pour un poste qui requiert à la fois une grande habileté politique et une bonne reconnaissance internationale. Son inertie face à la crise financière a toutefois déçu beaucoup d’acteurs européens.
 
Ensuite, ce fut le tour de Tony Blair, ancien Premier Ministre britannique, de devenir le favori. Son avantage est sa notoriété internationale et sa forte personnalité qui lui aurait permis d’être un interlocuteur de poids face à Barack Obama, Vladimir Poutine ou Hu Jintao. Son handicap, c’est ce qu’il représente politiquement : travailliste alors que la majorité européenne est plutôt démocrate-chrétienne, plus atlantiste qu’européen au point d’avoir été un allié trop actif de George W. Bush dans la guerre en Irak, et relativement mou concernant un référendum qu’il avait lui-même envisagé pour doter la Grande-Bretagne de l’euro.
 
Le suspens en 2009 concernant les processus de ratification du Traité de Lisbonne (notamment en Irlande, Pologne et République tchèque) et certaines polémiques sur le Traité ont rendu les supputations encore plus confuses.
 
Un courant assez large a vu le jour en faveur de l’ancienne Présidente de Lettonie, Vaira Vike-Freiberga (soutenue entre autres par Simone Veil et par Daniel Cohn-Bendit) afin de mettre en avant des femmes à des postes de responsables suprêmes en Europe. Cependant, âgée déjà de 71 ans, Vaira Vike-Freiberga ne semblait pas la mieux placée des candidats pour jouer un rôle moteur dans les institutions.
 
On évoquait aussi périodiquement l’hypothèse du Premier Ministre français François Fillon (proposé aussi par Jacques Delors pour succéder à José Manuel Barroso) et de nombreux autres personnalités politiques, souvent pour des raisons de politique intérieure des pays membres (comme Guy Verhofstadt, Mary Robinson etc.).
 
Finalement, c’est le favori du jour qui a été désigné à l’unanimité : l’actuel Premier Ministre belge Herman Van Rompuy, un flamand démocrate-chrétien de 62 ans qui a réussi à maintenir la fragile unité de la Belgique depuis onze mois (nommé le 30 décembre 2008) malgré de profondes divisions politiques et linguistiques.
 
 
Qui est Herman Van Rompuy ?
 
Intellectuel, francophile, très réservé (le contraire de Tony Blair : « Tout être humain doit choisir entre l’absurde et le mystère. Moi, j’ai choisi le mystère… »), une silhouette de professeur Nimbus d’un temps révolu, l’œil vif, plein d’humour et d’autodérision, et amateur de haïkus (il en a rédigé beaucoup lorsqu’il était ministre dont un sur sa propre calvitie : « Cheveux dans le vent, le vent rattrape les années, partis les cheveux… »), Herman Van Rompuy est souvent appelé « l’horloger des compromis impossible » pour sa capacité à mettre d’accord des camps très opposés.
 
À l’issue du sommet de Bruxelles, Herman Van Rompuy a déclaré le 19 novembre 2009 : « J’y vois d’ailleurs une marque de reconnaissance à l’égard de la Belgique qui, en tant qu’État fondateur, s’est investie sans relâche dans la construction européenne. » ajoutant avec modestie mais détermination : « Je n’ai pas sollicité cette haute fonction. Je n’ai entrepris aucune démarche. Mais à partir de ce soir, je l’assume avec conviction. ».
 
En dégât collatéral, la Belgique perd un Premier Ministre inespéré et aura bien du mal à préserver les espoirs de réconciliation entre Wallons et Flamands. Ce sera la dure tâche du roi des Belges dans les jours prochains (la nomination du futur Premier Ministre belge).
 
 
Conciliateur plutôt que leader
 
Le sommet européen a donc préféré miser sur une personnalité peu connue sur le plan européen, d’un leadership moyen mais ayant une forte culture du dialogue et de la négociation. Histoire peut-être de ne pas faire trop de l’ombre aux leaderships nationaux.
 
C’est aussi un succès personnel de Nicolas Sarkozy et d’Angela Merkel qui ont su raviver la coopération franco-allemande (notamment à l’occasion des commémorations communes du 9 novembre 1989 à Berlin et du 11 novembre 1918 à Paris) et présenter une candidature commune pour cette nomination cruciale.
 
 
Super-ministre des Affaires étrangères
 
La désignation du super-ministre des Affaires étrangères a été couplée avec celle de Herman Van Rompuy obtenue avant tout grâce au désistement de Tony Blair (initialement soutenu par la Grande-Bretagne et par l’Italie). En lot de consolation, la Grande-Bretagne obtient donc ce poste également très convoité par la nomination de Catherine Ashton, 53 ans, commissaire européenne sortante (succédant le 6 octobre 2008 à Peter Mandelson au Commerce). D’origine française (née Courtenay), Catherine Ashton parle couramment le français comme Herman Van Rompuy. Elle est aussi baronne depuis 1999 afin de siéger à la Chambre des Lords (dont elle a été la Présidente).
 
Parmi les « recalés » à ce poste, la candidature italienne de Massimo D’Alema, ancien Président du Conseil italien et surtout ancien président du parti communiste italien dont ne voulait en aucun cas Angela Merkel ni les pays d’Europe centrale et orientale qui ont trop connu la répression communiste. Par ailleurs, D’Alema a été considéré aussi comme « trop » pro-palestinien pour avoir une réelle impartialité dans des négociations internationales.
 
Les autres noms français qui avaient été cités, entre autres, à ce poste, furent Michel Barnier, deux fois commissaire européen et ancien Ministre français des Affaires étrangères (du gouvernement Raffarin), et Hubert Védrine, ancien secrétaire général de l’État (sous François Mitterrand) et ancien Ministre des Affaires étrangères (sous Jacques Chirac) et déjà soumis aux tentations de l’ouverture au printemps 2007.
 
 
Un équilibre subtil
 
Les quatre principaux postes des institutions de la nouvelle Union européenne sont ainsi occupés avec une diversité de sexe, de tendance politique et de lieu géographique et historique : le Président du Conseil européen Herman Van Rompuy (démocrate-chrétien) représentant les membres fondateurs, le Président de la Commission européenne José Manuel Barroso (démocrate-chrétien mais soutenu par beaucoup de responsables social-démocrates) représentant l’Europe du Sud, la Haute représentante pour les Affaires étrangères Catherine Ashton (social-démocrate), représentant la Grande-Bretagne et unique femme, et enfin, le Président du Parlement européen Jerzy Buzek (démocrate-chrétien), représentant les nouveaux venus de l’Europe centrale et orientale.
 
 
Le futur
 
Tout va dépendre de la manière dont Herman Van Rompuy va s’approprier de ses nouvelles fonctions. Il disait récemment : « L’avenir de l’Europe ne dépend pas d’une seule personne, mais de quelqu’un qui l’aidera à mieux fonctionner. ».
 
Dans tous les cas, son mode de désignation n’est pas absolument pas satisfaisant puisque c’est l’opacité des coulisses qui a prévalu à un choix clair, politique et démocratique.
 
L’étape suivante pourrait donc être de mettre en place une véritable procédure de désignation avec l’obligation de se porter candidat et d’être auditionné sur un projet à présenter à l’ensemble des représentants des États. L’heure n’est plus au consensus mou nécessaire à l’époque de l’unanimité mais au choix politique clair et clairement assumé dans cette nouvelle époque où prévaut pour la plupart des sujets une majorité qualifiée.
 
En attendant l’étape ultime, celle qui ferait de l’Union européenne une véritable entité démocratique : l’élection au suffrage universel (direct ou indirect) du Président du Conseil européen par le demi milliard de citoyens européens. Une élection qui serait donc supranationale et favoriserait l’émergence d’une opinion publique européenne et surtout, d’un véritable paysage politique européen.
 
Avec peut-être, dans un premier temps, un système qui pourrait être proche du processus électoral (complexe) des États-Unis afin de ne pas défavoriser les États européens.
 
Mais une telle élection, quel que soit son mode de scrutin, signifierait un réel changement de régime pour… les vingt-sept pays de l’Union européenne.
 
Autrement dit, ce n’est donc certainement pas pour demain.
 
 
 
Sylvain Rakotoarison (20 novembre 2009)
 
 
Pour aller plus loin :
 
 
 
 
 
 
 
 
  
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150ème anniversaire de la publication de l’Origine des espèces http://www.centpapiers.com/150eme-anniversaire-de-la-publication-de-l%e2%80%99origine-des-especes/10551/ http://www.centpapiers.com/150eme-anniversaire-de-la-publication-de-l%e2%80%99origine-des-especes/10551/#comments Mon, 16 Nov 2009 00:57:33 +0000 Albert RICCHI http://www.centpapiers.com/?p=10551 .

Dans quelques jours, sera célébré en France et partout dans le monde, le 150ème anniversaire de la première publication de L’Origine des espèces par le moyen de la sélection naturelle, ou la préservation des races favorisées dans la lutte pour la vie (traduction littérale du titre original en anglais).

Face à l’offensive des créationnistes, la célébration de cet évènement et «l’année Darwin» organisée et marquée en France par un grand nombre de publications, de manifestations, de conférences, d’expositions vont permettre de souligner toute l’importance et la modernité de l’œuvre de Charles Darwin.

C’est en effet le 24 novembre 1859, à Londres, que les 1250 exemplaires du premier tirage du livre de Charles Darwin étaient vendus dans la journée.

Il s’agissait d’un pas de géant dans l’histoire de l’Humanité, dans sa marche pour la connaissance scientifique – libérée des croyances et des idéologies – du mécanisme de transformation et de diversification adaptative des espèces dans leur milieu, désignée aujourd’hui comme la théorie darwinienne de l’évolution. Cette découverte, enrichie des apports ultérieurs de la génétique, constitue le seul socle scientifique d’explication de l’évolution des organismes vivants.

La publication de la théorie de la sélection naturelle

Malgré sa publication dans la précipitation – un de ses confrères, Alfred Russel Wallace, s’apprêtait en effet à publier une théorie similaire -, l’ouvrage de Charles Darwin suscite un vif intérêt dans le public, pour l’époque.

La première édition de 1250 exemplaires épuisée, une seconde de 3 000 exemplaires est sortie en janvier de l’année 1860. La théorie de Darwin sera exposée de façon simple dans l’introduction même de son livre :

« Comme il naît beaucoup plus d’individus de chaque espèce qu’il n’en peut survivre, et que, par conséquent, il se produit souvent une lutte pour la vie, il s’ensuit que tout être, s’il varie, même légèrement, d’une manière qui lui est profitable, dans les conditions complexes et quelquefois variables de la vie, aura une meilleure chance pour survivre et ainsi se retrouvera choisi d’une façon naturelle. En raison du principe dominant de l’hérédité, toute variété ainsi choisie aura tendance à se multiplier sous sa forme nouvelle et modifiée. »

Bien que Darwin soit soutenu par certains scientifiques (par exemple, Thomas Henry Huxley, Ernest Renan ou encore Ernst Haeckel qui le popularise très tôt en Allemagne), l’évolution par la sélection naturelle fut largement discutée, voire dénigrée, particulièrement dans les communautés religieuse et scientifique à cause notamment de la capacité inexpliquée des individus à transmettre leurs capacités à leurs descendants.

Darwin reprend en effet l’idée, très populaire à l’époque, de la transmission des caractères acquis et en propose même une théorie dans son ouvrage de 1868 mais le mécanisme sous-jacent restera un mystère jusqu’à ce que l’on découvre l’existence des gènes.

Le débat public le plus fameux a lieu à Oxford lors d’une réunion de l’Association britannique pour l’Avancement des Sciences. Joseph Dalton Hooker prend énergiquement parti pour Darwin tandis que Thomas Huxley se constitue comme le « bouledogue de Darwin ». Les deux partis se séparent en criant victoire chacun, mais Huxley reste célèbre par sa réponse. Comme on lui avait demandé s’il descend bien du singe par son grand-père ou par sa grand-mère, Huxley rétorque : « C’est Dieu lui-même qui vient de le livrer entre mes mains » et il réplique qu’il « préférerait descendre d’un singe plutôt que d’un homme instruit qui utilisait sa culture et son éloquence au service du préjugé et du mensonge »

L’Origine des espèces est traduit dans un grand nombre de langues et connaît de nombreuses réimpressions, devenant un texte scientifique de base accessible à tous.

La stratégie politique mondiale des créationnistes

Aujourd’hui, il y a lieu de s’inquiéter de l’offensive radicale du mouvement créationniste qui avance sous sa forme contemporaine du Dessein Intelligent (Intelligent Design – ID). On aurait bien tort de considérer ce mouvement comme une spécificité – un peu folklorique – des Etats-Unis, où fleurissent nombre de musées de la création faisant cohabiter sur le pont de l’arche de Noé des T-Rex et des hommes.

L’idéologie du dessein intelligent ne nie pas frontalement ni le temps géologique, ni le principe de l’évolution des espèces. Elle les admet même volontiers, mais l’évolution qu’elle retient n’est pas celle qui est définie dans la théorie darwinienne qui repose sur le hasard, la variation indéterminée des traits héréditaires, et la sélection naturelle par adaptation au milieu.

Au nom d’une démarche prétendument expérimentale, accréditée par des « spécialistes » de la génétique ou de la paléontologie, les idéologues de l’I.D. se concentrent sur des exemples particuliers, comme certains systèmes biologiques considérés par eux comme trop complexes pour être le résultat de l’évolution (thèse de la « complexité irréductible », des flagelles cellulaires et système immunitaire par exemple), afin d’insinuer le doute sur l’ensemble de la théorie darwinienne.

Là se trouve l’argument central de l’I.D. : si un seul exemple de système biologique observé vient à échapper à la théorie darwinienne de l’évolution, alors c’est bien sûr l’ensemble de la théorie qui s’effondre. La brèche est alors ouverte pour d’autres explications, impliquant une intervention divine ou intelligente dans la création et l’évolution de la vie. Cette thèse, qui tient beaucoup du sophisme et repose sur beaucoup d’approximations dans les exemples décrits, est rejetée par l’immense majorité du monde scientifique.

Aux Etats-Unis, les tentatives d’introduire l’idéologie du dessein intelligent dans les programmes de l’enseignement public comme une alternative à la théorie darwinienne se heurtent d’ailleurs – jusqu’à présent (procès de Dover en 2005) – à une résistance forte. Mais sur le terrain pseudo scientifique, des fondations et institutions privées pullulent et débordent aujourd’hui très largement les frontières des Etats-Unis.

En Europe, des théologiens des trois religions monothéistes – juive, chrétienne et musulmane – la relaient ouvertement en trouvant dans l’I.D. un argument redoutable pour imposer la réintroduction des religions dans le domaine public.

Sous l’impulsion de Benoît XVI, le Vatican s’implique de plus en plus dans les débats concernant la science. Des responsables politiques et des personnalités célèbres de la communauté scientifique y apportent leur caution. Au sein même des institutions de l’UE, ses promoteurs ont déjà provoqué des incidents multiples, notamment sur la place de la thèse créationniste et de la théorie darwinienne de l’évolution à égalité dans l’enseignement. Des ministres européens en fonction ont pris position dans ce sens. Berlusconi a tenté un passage en force pour modifier les programmes scolaires.

En France aussi, ce mouvement s’est implanté, avec notamment l’Université interdisciplinaire de Paris (UIP), principale officine de l’I.D. à la française, largement financée par la Fondation Templeton « pour le progrès de la Religion ».

C’est pourquoi, 150 ans après la première publication de L’Origine des espèces, il convient de combattre énergiquement cette nouvelle entreprise politique qui n’a rien de scientifique et dont l’objet clairement affiché est de favoriser les convergences entre science et religion.


Photo Flickr-cc :Charles darwin par Colin Purrington (http://www.flickr.com/photos/cpurrin1/2775765597/)
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Le virus à deux vitesses http://www.centpapiers.com/le-virus-a-deux-vitesses/10669/ http://www.centpapiers.com/le-virus-a-deux-vitesses/10669/#comments Mon, 16 Nov 2009 00:53:45 +0000 Olivier Pierson http://www.centpapiers.com/?p=10669 Je pense qu’on devrait rebaptiser le virus de la grippe A H1N1 le virus de la zizanie. Qui croire ? Que faire ? Dans quelle étagère ? Depuis son apparition, on est contaminé par les discours contradictoires, sous perfusion de la controverse.

Sur le front de la vaccination, la désorganisation des soldats de la santé est totale. Tandis que certains appellent à la mobilisation générale, d’autres préfèrent déserter les rangs en contestant la validité du remède. Et le trouffion lambda là-dedans ? Il rame, il flotte entre deux interprétations. To be vacciné ou not to be vacciné, that’s a beau bordel ! Internet n’a rien arrangé en engrossant la rumeur, laquelle allaite déjà bon nombre de Terriens sous dépendance. Dans ce capharnaüm sans ordonnance, on tente de prescrire du bon sens pour inciter le peuple à se protéger de la pandémie. On en vient presque à se demander si le vaccin sensé nous protéger n’est pas un cheval de Troie imaginé par des compagnies pharmaceutiques toujours avides de pognon. Bienvenue dans la délire-réalité !

Devant les discours alarmistes, difficile de ne pas virer parano. Quand une personne se mouche, éternue ou tousse trop fort, elle endosse la suspicion. Et si elle ne met pas sa main devant la bouche, c’est un tueur en série. Moi, devant un lavabo, je me conduis comme un chirurgien avant une opération… Jamais eu les paluches aussi propres !

La grippe porcine n’est pas la seule à faire grimper la température. Un autre parasite est apparu sur les radars et sème la pagaille. En fait, c’est une sale habitude, un travers de la race humaine : le germe du passe-droit. Il colonise en général les egos qui chaussent large et tous les organismes qui se croient uniques, spéciaux, d’un autre monde.

Au Canada, les premiers foyers d’infection ont été relayés dans la presse, et les révélations sont allées bon train. On a ainsi appris que des équipes professionnelles de hockey, une équipe de basket-ball, des écoles privées et même des personnalités publiques avaient court-circuité les ordres de priorité. Dernier exemple en date, celui d’un chanteur québécois qui a profité de sa notoriété pour obtenir un traitement de faveur avec femme et enfant, et après avoir emprunté la porte dérobée d’un hôpital, alors qu’au même moment des dizaines de personnes poireautaient dans une longue file d’attente. L’affaire a fait grand bruit dans les médias, et un journaliste s’est même fendu d’une chronique assassine à l’endroit de la star francophone. Ayant eu vent de cette petite commotion, le ministre de la Santé a décidé de resserrer les boulons, allant même jusqu’à menacer de licenciement les personnels pris en flagrant délit de favoritisme.

Le syndrome du « deux vitesses » n’épargne décidément aucune sphère de la société. Moi d’abord, les autres ensuite. Les nantis d’un côté, les anonymes de l’autre. Je plains les gens qui souffrent d’un mépris incurable, et qui se conduisent comme des bêtes avant de penser comme des hommes.

Olivier Pierson.

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L’élu? http://www.centpapiers.com/lelu/10592/ http://www.centpapiers.com/lelu/10592/#comments Thu, 12 Nov 2009 01:16:27 +0000 ygreck http://www.centpapiers.com/?p=10592 Gérard

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commerce véritablement équitable http://www.centpapiers.com/commerce-veritablement-equitable/10556/ http://www.centpapiers.com/commerce-veritablement-equitable/10556/#comments Thu, 12 Nov 2009 01:13:43 +0000 marie1991 http://www.centpapiers.com/?p=10556 Bien que le commerce équitable soit de plus en plus connu du monde reste encore une question.. comment faire pour savoir que le produit est réellement équitable et qu’es-ce que cela implique?

Premièrement pour qu’un produit soit certifié équitable, sa production doit respecter 7 critères importants :

  1. Un commerce direct : Le produit est acheté par l’importateur du Nord directement de la coopérative ou de l’association de producteurs du Sud, sans intermédiaire.
  2. Un juste prix : Le produit est acheté à un prix stable, souvent de deux à trois fois supérieur que sur le marché conventionnel. Une prime supplémentaire est également versée pour les produits certifiés biologiques.
  3. Un engagement à long terme :L’importateur s’engage à acheter plus de deux fois à la même coopérative ou association, de façon à lui assurer une certaine constance dans ses ventes.
  4. Un accès au crédit :Les coopératives de producteurs du Sud ont la possibilité d’emprunter à faible taux d’intérêt pour payer à l’avance le nécessaire pour leur culture.
  5. Une organisation démocratique et transparente : Les producteurs du Sud se regroupent en coopératives et participent ensemble aux décisions.
  6. La protection de l’environnement : Les produits équitables sont cultivés avec des méthodes agricoles durables et respectueuses de l’environnement. La majorité des coopératives équitables sont même certifiées biologiques.
  7. Le développement local communautaire : Une partie des revenus sont réinvestis dans la communauté, pour la mise sur pied de projets liés à l’amélioration de la santé, de l’éducation, de l’environnement et de l’économie locale.

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La première initiative de certification équitable est née en Hollande en 1988. La Fondation Max Havelaar a pris le nom du personnage légendaire d’un roman hollandais qui dénonçait la situation des planteurs de café en Indonésie au moment de la colonisation. La certification fondée sur des principes de justice consistait d’abord à permettre au café équitable de pénétrer le réseau de mise en marché conventionnel et d’ainsi rejoindre un plus grand nombre de consommateurs. Nombre de torréfacteurs conventionnels se sont ouverts à cette idée nouvelle et ont commencé à torréfier du café équitable certifié par Max Havelaar. Ce fut la première entrée de produits équitables dans les grandes épiceries et les restaurants. Cette percée du café équitable dans les grands marchés permit de soutenir les initiatives de milliers de familles productrices de café.

il est important de savoir qu’un produit équitable est un produit qui contribue au développement durable en offrant de meilleures conditions aux travailleurs dans les pays sous-développés.Au Canada on retrouve déffirents produits tels : ballons de sports,bananes,café,riz,sucre,cacao etc. Alors  informez-vous lorsque vous acheter quelque chose!

voici différents logos qui certifient le traitement équitable.cocktailtransport2[1]certification_equitable[1] imgLogoEquiterre[1]

logo_fadm_rouge1[1]

Logo_Bio_Equitable[1]

Calendrier07_Equita[1]


http://www.commerceequitable.com/accueil.htm

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http://www.centpapiers.com/commerce-veritablement-equitable/10556/feed/ 0
La crise des médias s’étend à la presse citoyenne en ligne http://www.centpapiers.com/la-crise-des-medias-setend-a-la-presse-citoyenne-en-ligne/10538/ http://www.centpapiers.com/la-crise-des-medias-setend-a-la-presse-citoyenne-en-ligne/10538/#comments Thu, 12 Nov 2009 01:08:18 +0000 Serge-André Guay http://www.centpapiers.com/?p=10538 Dans un courriel adressé à ses rédacteurs, le média citoyen français AgoraVox se dit affecté par la crise dans les médias et demande de l’aide : «Comme vous le savez la presse est en pleine crise. Le constat n’est pas nouveau, mais la situation s’aggrave et touche désormais Internet. Le marché de la publicité s’effondre. Où en est le média AgoraVox ? Pourquoi avons-nous besoin de votre aide ?»

Dans son courriel (voir ci-dessous), Carlo Revelli de Fondation AgoraVox, soutient que «Le modèle publicitaire ne permet plus d’assurer la survie du média, bien que l’audience du site soit toujours au rendez-vous avec plus d’un million de visiteurs par mois.» Pour combler le manque à gagner, AgoraVox lance sa fondation et fait appel à ses lecteurs, ses rédacteurs et autres sympathisants.

Courriel d’AgoraVox

Bonjour,

Comme vous le savez la presse est en pleine crise. Le constat n’est pas nouveau, mais la situation s’aggrave et touche désormais Internet. Le marché de la publicité s’effondre. Où en est le média AgoraVox ? Pourquoi avons-nous besoin de votre aide ?

AgoraVox est le seul média d’information généraliste sur Internet qui soit 100 % participatif, 100 % citoyen.

AgoraVox est devenu, au fil du temps, le lieu de rendez-vous de tous les citoyens avides de débats, d’échanges et de polémiques, passionnés d’information et souvent insatisfaits de ce qu’en ont fait les médias traditionnels. AgoraVox permet de vous informer autrement. AgoraVox permet de vous exprimer et de vous faire écouter. Votre parole peut avoir un impact car AgoraVox est souvent lu par des hommes politiques, des journalistes, des professionnels ou autres décideurs qui parfois font même partie de nos rédacteurs ou commentateurs.

AgoraVox est aujourd’hui en danger. Le modèle publicitaire ne permet plus d’assurer la survie du média, bien que l’audience du site soit toujours au rendez-vous avec plus d’un million de visiteurs par mois. Nous pensons que l’information ne doit pas dépendre de sociétés d’investissement ou d’industries, qu’elle ne doit pas dépendre non plus de l’État.

Comme nous sommes convaincus qu’AgoraVox doit poursuivre son aventure et même se développer, nous devons imaginer des solutions de solidarité et de coopération pour en préserver l’indépendance.

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Carlo Revelli

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Dans l’article publié en ligne à ce sujet, l’équipe d’AgoraVox nous en dit un peu plus sur cette crise des médias en ligne sur Internet : «Les « pure player », ces journaux d’information présents uniquement sur la Toile, n’échappent plus à la crise. Ils sont même touchés de plein fouet. Actuellement, même si certains semblent s’en sortir mieux que les autres, aucun journal en ligne n’est réellement à l’équilibre : ni Rue89, ni LePost, ni Bakchich, ni Médiapart, ni Arrêt sur images, ni Slate. Certains sont au bord du dépôt de bilan tandis que d’autres voisins sont même obligés de fermer définitivement les portes…»

AgoraVox fait ici référence à la fermeture de site d’information espagnol Soitu.es le 27 octobre dernier après seulement vingt-deux mois d’existence et alors qu’il venait de recevoir le mois dernier le prix du meilleur site d’information non-anglophone de l’Online News Association (ONA) américaine, la plus grande organisation mondiale de news sur le web.

Selon Rue89, un autre médias citoyen français avec également plus d’un million de visiteurs uniques par mois, la fermeture du site d’information espagnol Soitu.es est aussi lié à la baisse générale des revenus publicitaires qui affecte l’ensemble des médias. Dans son article Fin de partie pour le site d’information espagnol Soitu.es, le journaliste Pierre Haski de Rue89 écrit : «La crise économique et financière, qui frappe l’Espagne plus durement encore que d’autres pays d’Europe, est venue réduire ces espoirs, et a créé de sérieuses difficultés à Soitu.es dont le modèle était sans doute trop largement dépendant des recettes publicitaires.»

Rue89 parviendrait à se tirer d’affaires en raison de la diversification de ses revenus explique le journaliste Pierre Haski. En effet, Rue89 ajoute aux revenus publicitaires ceux de son service de formation continue et de développement de sites web en plus de ceux de la vente de T-shirts et de mugs. (Voir ci-dessus)

Extrait de Fin de partie pour le site d’information espagnol Soitu.es, Pierre Haski, Rue89, 27 octobre 2009

De la prestation de service, de la formation continue et des mugs

Pour anticiper les questions qui seront inévitablement, et légitimement, posées sur la situation de Rue89, nous ne sommes pas dans la même situation que nos amis de Soitu.es.

Lancé un peu plus tôt, en mai 2007, Rue89 a développé un modèle économique mixte dans lequel la publicité sous toutes ses formes (bannières, mur, liens sponsorisés…) n’est pas la seule source de revenus, grâce aux activités de prestation de service (développement de sites pour d’autres clients), de formation continue, et de vente de T-shirts et de mugs.

De plus, Rue89 est resté d’une taille modeste avec vingt salariés, sans doute plus adaptée à l’environnement économique du web en période de crise.

Rue89 se différencie également de nos amis espagnols par son actionnariat, majoritairement contrôlé par les fondateurs et des investisseurs amis, et bénéficie, en cette période délicate, du soutien renouvelé de ses actionnaires.

Rue89 bien parti pour atteindre l’équilibre…

sur le seul quatrième trimestre

Avec à peine deux ans et demi d’existence, Rue89 approche progressivement de l’équilibre économique. Celui-ci pourrait être ponctuellement atteint au quatrième trimestre 2009, mais pas encore en année pleine. Il faudra sans doute attendre encore trois ou quatre trimestres avant d’atteindre le point d’équilibre, clé de l’indépendance et de la pérennisation de l’entreprise.

La disparition de Soitu.es montre l’ampleur de la crise que traverse le secteur des médias dans les pays industriels, anciens comme nouveaux médias. Aux Etats-Unis, la diffusion de la presse écrite a baissé de plus de 10% au cours des six mois se terminant en septembre, illustrant l’impact de la tourmente sur les « vieux » médias, qui a déjà emporté plusieurs titres outre-Atlantique.

Dans le même temps, les nouveaux médias Internet expérimentent différents modèles économiques dans un secteur où il n’en existe aucun ayant fait ses preuves et dans un contexte de récession. La mort de Soitu.es montre que tous ne réussiront pas, même si Internet incarne l’avenir de l’information.»

Fin de partie pour le site d’information espagnol Soitu.es,

Pierre Haski, Rue89, 27 octobre 2009

Au Québec, les fondateurs du média citoyen CentPapiers, Jean-Philippe Wauthier et Olivier Niquet, appellent aussi à l’aide mais pour des raisons différentes. Dans un billet publié le 7 octobre dernier sous le titre CentPapiers a besoin d’aide, monsieur Olivier Niquet écrit : «CentPapiers, la plateforme de journalisme citoyen que Jean-Philippe Wauthier et moi avons fondé il y a environ trois ans, a besoin d’aide. Comme Jean-Philippe et moi sommes un peu pris par le Sportnographe, nous n’avons plus de temps pour en assurer la gestion et pour en faire la promotion.» (Le Sportnographe est le site de Radio-Canada dédié aux sports). Visiblement, CentPapiers, le premier média citoyen au Québec, n’a pas suffisamment rapporté d’argent pour assurer un salaire à ses deux fondateurs et ces derniers ont dû se tourner vers d’autres sources de revenus pour vivre. «Nous cherchons donc des partenaires qui seraient intéressés à assurer la gestion quotidienne du site (validation et édition des articles) et la promotion du site.» écrit monsieur Niquet. (Voir ci-dessous)

CentPapiers a besoin d’aide

7 octobre 2009 | 0 commentaire(s) | 156 affichage(s)

CentPapiers, la plateforme de journalisme citoyen que Jean-Philippe Wauthier et moi avons fondé il y a environ trois ans, a besoin d’aide. Comme Jean-Philippe et moi sommes un peu pris par le Sportnographe, nous n’avons plus de temps pour en assurer la gestion et pour en faire la promotion.

Le site continue d’accueillir environ 1000 visiteurs uniques par jours et de générer de 2000 à 3000 pages vues quotidiennement. Pas énorme, mais bon. C’est aussi 4500 articles publiés, 8000 commentaires, et 2500 rédacteurs inscrits. Surtout, ça reste le premier site du genre au Québec, et il bénéficie d’une certaine notoriété. Nous sommes régulièrement sollicités pour nous prononcer dans les médias.

Assurément, le potentiel est là, mais nous n’avons pas le temps de faire la promotion du site et d’assurer son épanouissement.

Nous cherchons donc des partenaires qui seraient intéressés à assurer la gestion quotidienne du site (validation et édition des articles) et la promotion du site.

Nous sommes ouverts à toutes sortes de partenariat. Une participation dans l’entreprise, un partage des revenus, une fusion, whatever.

Si la chose vous intéresse, contacter moi oniquet sur gmail.

Olivier Niquet

En conclusion

Définitivement, l’économie de l’édition papier ne règle pas tout pour les médias en ligne, ni même l’achalandage de plus d’un million de visiteurs uniques par mois. Pourtant, on pensait exactement le contraire au commencement. L’histoire des médias citoyens tient en quelques années. AgoraVox a vu le jour en 2005, CentPapier suit en 2006 et Rue89 en 2007. Le modèle économique initial fondé sur les économies du numérique, du virtuel, de l’Internet et du web et sur les revenus publicitaires ne semble plus assurer la pérennité de l’aventure des «journalistes citoyens». La crise financière actuelle a bousillé ce modèle économique sur lequel misaient les médias citoyens en provoquant une baisse marquée des revenus publicitaires. Est-ce que la reprise économique règlera les problèmes financiers des médias citoyens ? Certainement pas, du moins complètement, car il faut trouver un modèle économique capable d’affronter les crises de financement ou les fluctuations du marché publicitaire. La diversification des sources de revenus s’avère une solution intéressante mais elle n’est pas à la portée de tous. On ne diversifie pas ses revenus sans investissement. Or, en raison de leur trop courte histoire, les médias citoyens n’ont pas eu le temps d’engranger les profits utiles pour investir d’autres sources de revenus. Il revient donc aux lecteurs et aux rédacteurs d’aider leurs médias citoyens à traverser la crise financière. Bref, comme pour tout autre média, l’avenir immédiat des médias citoyens est entre les mains de ses lecteurs et de ses rédacteurs !

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Quelques irritants de la dernière semaine http://www.centpapiers.com/quelques-irritants-de-la-derniere-semaine/10586/ http://www.centpapiers.com/quelques-irritants-de-la-derniere-semaine/10586/#comments Wed, 11 Nov 2009 05:00:00 +0000 Raymond Viger http://les7duquebec.wordpress.com/2009/11/11/quelques-irritants-de-la-derniere-semaine-dossier-economie-finance/ ]]> Jean Gagnon Dossier Actualité économique

La démocratie à son meilleur

Le Congrès américain a finalement adopté samedi dernier par un vote serré de 220 à 215 la réforme de l’assurance des soins de santé mise de l’avant par le président Obama. On s’attaquera maintenant à l’étape de l’adoption par le Sénat, ce qui ne sera pas une sinécure.

Ce n’est pas d’aujourd’hui que l’on tente d’en arriver là chez les démocrates. On a qu’à se rappeler qu’au début des années 1980 le sénateur Edward Kennedy était même venu au Québec pour s’informer du programme mis en place par Claude Castonguay. En 1993, Hilary Clinton, devenue première dame, avait fait de la question de l’assurance-santé son cheval de bataille, mais sans succès.

Le vote de samedi dernier illustre bien comment plusieurs démocrates s’opposent toujours à certains éléments de la réforme. Avec 258 membres élus au Congrès, les démocrates disposent d’une solide majorité. Mais pour en réunir 220 en faveur du projet de loi, il a fallu un compromis que j’ai trouvé vraiment irritant. Pour obtenir la majorité, il a fallu que l’ensemble des représentants démocrates acceptent un amendement au projet de loi qui limitera l’utilisation des fonds gouvernements pour payer les avortements.

Dans un régime d’assurance maladie avec participation du privé et du public comme on tente de mettre en place aux États-Unis, on devine que les fonds publics visent à couvrir principalement les plus démunis. Il semble donc qu’aux États-Unis, ceux-ci n’auront pas la même opportunité de payer pour un avortement que les mieux nantis. Cet exercice au Congrès américain samedi dernier n’est sûrement le plus bel exemple de ce que la démocratie peut nous apporter. C’est désolant que le débat sur le droit à l’avortement se retrouve galvaudé de la sorte.

Il suffirait d’être aussi riche qu’eux

Ministre du développement économique depuis le 23 juin, Clément Gignac a prononcé son premier grand discours devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. Dans la conclusion de son exposé. il disait :” Mon rêve c’est que le niveau de vie des québécois qui est présentement inférieur de l’ordre de 10 %, à celui de l’Ontario, puisse au cours de la prochaine décennie rejoindre ou même dépasser celui de la province voisine. Ce jour-là, les québécois ne se verront plus de la même façon au sein de la fédération canadienne et le reste du Canada ne nous percevra plus de la même façon “. Et il en rajoute, selon ses propos rapportés par le journaliste Sylvain Larocque de La Presse Canadienne :” Et pour connaître assez bien les autres canadiens qui vivent dans les autres provinces, la journée où le niveau de vie du Québec va dépasser celui de l’Ontario, ou même la moyenne canadienne, je peux vous garantir que le reste du Canada ne nous regardera plus de la même façon. Et je pense que ce sera aussi un élément de grande unité nationale”.

Ai-je bien compris ? Les différends entre les québécois et les anglophones des autres provinces proviennent du fait que l’on est pas assez riches ? Ah bon. Moi qui croyait que la source de ces différends provenait plutôt de la défense d’une identité culturelle.

Mais pour le reste, j’ai bien aimé l’enthousiasme que met le nouveau ministre dans l’élaboration de la stratégie de développement économique du Québec.

Encore Air Canada

Notre transporteur national continue de perdre de l’argent, et son président nous informe qu’il veut changer la culture d’entreprise.

Bien qu’Air Canada vient d’annoncer un bénéfice net de 277 millions de dollars pour le troisième trimestre, il ne faut pas croire que la compagnie va mieux pour autant. C’est que ce bénéfice provient uniquement du fait que le dollar canadien s’est apprécié. En effet, le résultat tient compte d’un gain de change de 295 millions. En fait, ce ne sont pas les avions d’Air Canada qui volent haut, mais plutôt le dollar canadien.

Conscient de cette réalité, le président Calin Rovinescu, qui est revenu à la direction de la compagnie au printemps après 5 ans passés chez le courtier Genuity Capital à s’occuper entre autres choses des financements d’Air Canada, a déclaré que des changements structuraux sont nécessaires pour assurer la pérennité de l’entreprise. Et pour y arriver, il préconise en priorité un changement dans la culture de l’entreprise.

Désolé, mais c’est trop pour moi. M. Rovinescu était là lors de la faillite de l’entreprise en 2002. Il en a orchestré la restructuration en 2004. Et c’est aujourd’hui qu’il découvre qu’il faut changer la culture de l’entreprise.

Je crois qu’il identifie très mal le problème. Ce n’est pas la culture de l’entreprise qu’il faut changer, mais celle des dirigeants. Air Canada doit cesser d’être une vache à lait pour ses dirigeants qui continuent de s’enrichir de façon éhontée alors que l’entreprise continue de crouler sous le poids des pertes et des dettes, et que le personnel et la clientèle en font les frais.

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Front commun pour les vaccins A/H1N1 http://www.centpapiers.com/front-commun-pour-les-vaccins-ah1n1/10575/ http://www.centpapiers.com/front-commun-pour-les-vaccins-ah1n1/10575/#comments Tue, 10 Nov 2009 04:00:49 +0000 François Marginean http://les7duquebec.wordpress.com/?p=3886 ]]>
Photo : Flickr lu_lu

Photo : Flickr lu_lu

Rendons à César ce qui lui appartient. Nous devons nous incliner bien bas de respect et d’admiration devant une des plus impressionnante campagne de relation publique menée au Québec. Ce n’est plus qu’une simple campagne de vaccination que nous vivons, mais bel et bien un moment historique hors pair. Tel qu’annoncé partout dans les médias du Québec, nous sommes témoins de LA plus grande campagne de vaccination de l’histoire du Québec, un évènement à célébrer, un moment historique magique à vivre. D’ailleurs, apparemment que le comité qui rédige le Livre de record Guinness ait été contacté pour homologuer ce record inédit qui nous rend si fier.

Bien que le gouvernement du Québec se disait inquiet des très bas taux d’intention des gens de se faire vacciner il y a quelques semaines, ce problème est dorénavant chose du passé grâce à cette campagne de relation publique du tonnerre. Il aura suffit de montrer à la population toujours proie facile de la peur et la panique quelques images d’un jeune garçon de 13 ans qui aurait été foudroyé par le virus H1N1. Génial. Peut importe si le garçon n’était pas réellement mort du virus H1N1, mais bien d’une méningite, comme le rapportait le Dr Alain Poirier quelques jours plus tard, lors de l’émission 24 heures en 60 minutes, animée par Anne-Marie Dussault.

Superbe travail encore une fois de la part des médias qui ont été rapides pour semer la panique, mais bien lents à rectifier la réelle cause de la mort. Peu importe, comme le disait le père des relations publiques et de la publicité, Edward Bernays, on ne convainc pas les gens avec des discours rationnels, mais bien par les émotions, ce qui est de loin le plus efficace. Un coup l’image imprimée dans l’esprit des gens, entourée d’une aura de peur et de panique, même une admission de la part des médias que le garçon n’était pas mort du H1N1, mais bien d’une méningite, n’arrivera pas à déloger la première impression qui est pourtant fausse.

Résultat: plus de 80% de la population québécoise dit maintenant vouloir se faire vacciner. Cela ne s’appelle pas du contrôle des masses, mais bien une campagne de protection de la population par des autorités extrêmement soucieuse de notre santé. Nous devrions en être reconnaissant. Devant l’ennemi, nous devons être des patriotes et prendre une injection au nom de la nation, peut importe nos soucis et préoccupations concernant l’innocuité de ces vaccins.

De toute façon, merci encore une fois aux médias et aux autorités, nous savons maintenant que la question de l’innocuité et de l’efficacité des vaccins A/H1N1 est réglée une fois pour toute. Si on nous dit qu’ils sont sécuritaires et la seule façon de combattre le virus extrémiste, nous devrions nous la fermer et faire tout ce que les autorités nous disent de faire.

Qui suis-je pour décider de ma propre santé et celle des autres? Je ne suis pas un médecin, ni un expert. Je n’ai pas un mot à dire concernant ce qui entre dans mon corps. Si le gouvernement et l’OMS disent qu’il y a urgence, il est bien normal que le bien public passe en premier de tout, quitte à devoir injecter des substances toxiques dans mon corps, sans mon consentement et octroyer des pouvoirs inédits aux autorités, allant même jusqu’à contrevenir à la Charte des droits et libertés. C’est pour notre bien, pour nous protéger. C’est par amour des autres qu’on doit prendre une chance de jouer à la roulette russe avec sa santé. Il serait bien narcissique, ultra individualiste et égoïste de refuser. Et j’aime jouer. Surtout qu’avec les vaccins H1N1, nous avons 14 fois plus de chance de gagner qu’à la 6/49! On peut se mériter un superbe syndrome Guillain Barré à cette loterie toute spéciale. À gagner: effets secondaires RARES dû à des ingrédients de vaccin que les autorités ont approuvés.

En fait, la question cruciale dont on devrait tous se préoccuper jour et nuit est de savoir comment mettre les mains sur une de ces doses de super protection contre le virus envahisseur. Mais Yves Bolduc, a déclaré qu’il n’y aurait plus de passe droit au Québec, il faudra attendre son tour. À nous de gérer notre sentiment d’insécurité si on a la sensation de rareté des vaccins et d’avoir à attendre son tour. C’est un mal pour un bien; cela augmente notre désir d’avoir notre dose. Notre tour viendra. C’est comme si c’était « une chance », de gagner le gros lot. L’effet de « rareté » est donc une autre superbe facette de cette campagne de vaccination (la plus grande de l’histoire du Québec, faut-il le répéter). Peu importe que le Globe and Mail ait révélé que des millions de doses du vaccin H1N1 dorment dans des entrepôts.

Et des chanceux, il va y en avoir. Rien à voir, cependant, avec le fait qu’on vaccine les gens depuis environ deux semaines puis que tout d’un coup, comme par enchantement, les urgences sont débordées de cas de grippe H1N1. Ne soyons pas paranoïaques et comme les complotistes, que nous suspectons d’ailleurs d’être des extrémistes affiliés avec l’Al Qaïda.

Si vous entendez de la bouche d’un de ces extrémistes anti-vaccins que les effets secondaires du vaccin H1N1 commencent à sortir suite aux débuts de la vaccination de masse, nous pouvons nous rassurer car les autorités nient que le vaccin puisse être en cause. Ils nous expliquent que c’est le virus A/H1N1 qui tue, puisque le vaccin n’est pas effectif avant au moins 10 jours. Cela n’est pas une raison de croire que c’est une manière de masquer les effets dévastateurs qui pourraient survenir après vaccination.

Ne croyez pas à tout ce qui est écrit sur Internet. Ce n’est pas parce qu’on vous montre des vidéos YouTube d’une jeune meneuse de claques, par exemple, qui a eu des effets secondaires graves après la vaccination contre la grippe, que cela signifie que ce sera pareil pour nous ou que ce soit réellement relié aux vaccins. Notre confrère a dû se méprendre lui aussi; il n’y a certainement pas lieu de s’inquiéter.

Il faut le faire pour protéger la santé des autres.

Ce n’est pas les morts et les effets secondaires qui se multiplient en Suède qui vont nous arrêter dans cette campagne historique de vaccination de masse dont nous sommes si fiers.

Nous devons aussi souligner l’effort extraordinaire que cette centaine d’employés d’un centre d’hébergement ont déployé pour la protection du public, en dépit d’avoir été victimes d’une erreur dans la préparation du vaccin qu’ils ont reçu qui contenait deux doses d’adjuvant. Deux fois plus de squalène que la dose admise. Sans broncher, ces employés seront revaccinés avec le mélange adéquat pour protéger leur santé et celles des autres.

L’erreur est humaine. C’est exactement ce que les onze enfants de l’Ontario qui ont reçu le double d’une dose recommandée de vaccin H1N1 par une infirmière devront comprendre. Cette dernière continue toujours à ce jour de “protéger” la population.

Voilà que de bonnes nouvelles.

Et il a été confirmé, une fois qu’il a été documenté que ce virus A/H1N1 avait un taux très bas de mortalité, que l’OMS a changé sa définition d’une « pandémie » au mois de mai 2009, pour laisser tomber le besoin d’avoir un haut taux de mortalité et ainsi déclarer la pandémie de toute façon un mois plus tard, en juin. Et oui, cela leur donne le pouvoir de donner des ordres aux autorités de la santé de tous les pays membres de l’ONU pour des vaccinations obligatoires avec des amendes punitives et des quarantaines pour les extrémistes anti-vaccins. Mais ce n’est que par amour, pour nous forcer à protéger notre santé. Quel autre motif un organisme comme l’OMS pourrait possiblement avoir? Au lieu d’être parano, on devrait être plein de gratitude, cesser tout ce questionnement et faire tout ce qu’ils disent.

Et lorsqu’en janvier dernier, un manufacturier officiellement désigné pour fabriquer des vaccins contre le H1N1 admettait avoir fait une erreur ayant résulté en la production et livraison de larges quantités de matériel pour fabriquer des vaccins contre la grippe saisonnière qui s’était avéré mortel dans des tests sur animaux et contenait des virus vivants hautement contagieux, cela n’était qu’un exemple isolé d’une erreur. Il n’y a absolument rien là d’inquiétant. Il n’y a pas de temps à perdre pour se demander comment une telle « erreur » a pu se produire sous le protocole de sécurité le plus avancé qui existe, mis en place exactement pour rendre ce type d’erreur complètement impossible. On fait tous des erreurs, n’est-ce pas? Pardonner et oublier. Je suis certain que rien de tel ne se reproduira.

D’accord, peut-être bien que les gouvernements ont octroyé une complète immunité juridique aux manufacturiers pharmaceutiques, les protégeant de toutes poursuites judiciaires en cas de dommages et d’effets secondaires indésirables, les ont laissé utiliser des additifs non testés et les ont exemptés des tests usuels d’innocuité. Mais ils ne prennent de tels risques que parce qu’ils nous aiment tellement et qu’ils veulent se précipiter pour nous protéger contre cet horrible virus de l’influenza terroriste que la vaste majorité du monde prend quelques jours d’inconfort pour s’en remettre.

Si le seul moyen de nous protéger est de nous exposer à tous ces ingrédients qui peuvent nous endommager de façon permanente et même nous tuer, et bien, les autorités ne vont pas laisser ces inquiétudes pour la vie humaine être dans le chemin de notre protection. On est prêt à prendre la chance de nous rendre malade et nous tuer pour nous sauver la vie.

Alors, quelle différence cela fait-il de savoir ce qu’il y a dans ces vaccins ou pas; ou s’ils ont été testés ou pas? L’important est d’avoir une entière confiance envers le gouvernement pour prendre soin de nous.

Cela rend humble de savoir que tant de personnes puissantes sont si intensément concernées à propos de notre santé et notre bien-être qu’ils ne laisseront aucune loi les empêcher d’assurer notre protection.

Donc, entre les pouvoirs confiés à l’OMS durant une pandémie déclarée et les pouvoirs spéciaux conférés à la branche exécutive du gouvernement durant un « état d’urgence » déclaré, la population du monde entier a toutes les raisons de se sentir *super en sécurité*. Je partage certainement ce sentiment.

Pas même besoin de savoir que la vitamine D se révèle être la pierre angulaire pour combattre les rhumes et grippes saisonnières. Santé Canada va probablement perdre son temps à enquêter sur le rôle de la vitamine D dans la protection contre ces problème de la santé qui nous affectent tous chaque hivers, alors que nous sommes majoritairement déficient en vitamine D, qui est produite dans la peau avec l’action du soleil.

Je ne peux qu’espérer et prier, alors que cette merveilleuse machine de protection nationale et globale pour « prendre soin de nous » se met en route, que les hurluberlus de théoriciens du complot ne vont pas tout ruiner avec leurs outrageuses fantaisies paranoïaques. Donc, sentez-vous libres de faire circuler ce message rassurant autant que possible.

Nous sommes tous ensembles dans cette galère!

François Marginean

Image Flickr: Michæl Paukner
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Schicksalstag mondial à Berlin http://www.centpapiers.com/schicksalstag-mondial-a-berlin/10561/ http://www.centpapiers.com/schicksalstag-mondial-a-berlin/10561/#comments Mon, 09 Nov 2009 20:33:04 +0000 Sylvain Rakotoarison http://www.centpapiers.com/schicksalstag-mondial-a-berlin/10561/ Le 9 novembre 1989 est la date historique et surtout symbolique de la victoire du monde libre sur le système communiste pourtant encore présent aujourd’hui dans certaines régions du monde.

C’est un peu banal de parler de ce 9 novembre 1989. Tous les médias en parlent depuis quelques semaines et ce 9 novembre, Radio France en fait même un programme unique. Pourtant, ce n’est pas à tort. Malgré quelques mouvements d’ostalgie qui regrettent le temps de la répression communiste (car la situation matérielle aurait été meilleure), ce jour était à marquer d’une sacrée pierre blanche.
 
C’est sans doute l’une des dates les plus importantes de la fin du XXe siècle. Elle sera peut-être en concurrence avec le 11 septembre 2001 pour déterminer la fin de la guerre froide et l’essor d’un nouveau monde, plus multilatéral, plus globalisant économiquement et sans doute plus inquiétant politiquement car plus complexe, moins manichéen. Un peu à l’instar de cette fin du Moyen-Âge collée (à juste titre) à la prise de Constantinople par les Ottomans en 1453 mais placée parfois aussi en 1492 avec la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb.
 
Dès le lendemain, j’étais sur le point de partir à Berlin avec mes amis. Des trains entiers étaient affrétés en Lorraine pour aller au rendez-vous de l’Histoire. Mon absence de passeport et un nécessaire visa pour franchir la frontière est-allemande m’ont finalement fait renoncer, d’autant plus que ce déplacement devenait « à la mode ».
 
En effet, c’est peu de dire que l’émotion m’a étreint quand j’ai appris dès le soir de ce jeudi 9 novembre 1989 cette brèche dans ce que je croyais à l’époque l’implacable système communiste. Je fais partie sans doute de la dernière génération qui pensait que de mon vivant, je n’en verrais sûrement pas la fin.
 
 
Rapide historique
 
Le mur a été érigé à Berlin le 13 août 1961 et a symbolisé ce rideau de fer entre l’Occident et les pays communistes. L’arrivée le 11 mars 1985 d’un jeune dirigeant à la tête de l’Union soviétique, Mikhaïl Gorbatchev, après la disparition des trois derniers gérontes de ce pays, Leonid Brejnev, Youri Andropov et Konstantin Tchernenko, a commencé à faire tourner le sens de l’Histoire : très vite, les réformes (glasnost et perestroïka) définies pour maintenir le régime communiste ont accéléré son effondrement.
 
Le premier signe avant-coureur a eu lieu le 2 mai 1989 lorsque le gouvernement hongrois décida d’ouvrir les frontières avec l’Autriche, pays neutre. Beaucoup d’Allemands de l’Est partirent alors en Hongrie pour passer en Autriche et regagner l’Allemagne fédérale.
 
Le premier signe politique se passait cependant à Varsovie où le syndicat Solidarité venait de négocier avec le général Jaruzelski les premières élections libres en Pologne puis, le 19 août, après sa victoire, a eu lieu la nomination de Tadeusz Mazowiecki, le premier Premier Ministre non communiste d’un pays communiste.
 
En septembre, les Allemands de l’Est fuirent par milliers. Des manifestations d’opposants se firent au grand jour, notamment à Leipzig. Le 7 octobre 1989, Gorbatchev rencontra Erich Honecker, le vieux dictateur communiste est-allemand, à l’occasion du 40eanniversaire de la RDA. Devant lui, les manifestants criaient : « Gorbi, aide-nous ! ».
 
Le 18 octobre 1989, Honecker fuit mis en minorité et fut obligé de démissionner pour raison de santé. Son successeur Egon Krenz, ami personnel de Gorbatchev, devint chef de l’État le 24 octobre mais dès le 30 octobre, il dut faire face à plus d’un demi million de manifestants à Berlin qui réclamèrent sa démission.
 
Parmi les manifestants, une jeune porte-parole du mouvement de contestation de trente-cinq ans, …Angela Merkel.
 
Le gouvernement communiste est-allemand fut contraint de démissionner le 7 novembre. À vingt-deux heures quinze, le 9 novembre, les premiers milliers de Berlinois ouvrirent le mur de Berlin. Egon Krenz, encouragé par Gorbatchev lui-même échaudé par le massacre de la place Tiananmen du 4 juin 1989 par les autorités chinoises, avait pris la décision la plus sage, celle de laisser faire le démantèlement du mur. Cette décision a valu à Gorbatchev le Prix Nobel de la Paix 1990, certes discutable en raison de ses décisions prises pour la Lituanie (comme celui reçu par Obama).
 
Gorbatchev avait déjà évoqué la chute du mur de Berlin lors de son déplacement en Chine le 15 mai 1989, pendant les manifestations de la place Tiananmen mais avant leur répression et avait répondu « Pourquoi pas ? » à la question : « Voudriez-vous qu’on élimine le mur de Berlin ? ».
 
Pendant ces vingt-huit ans que durèrent ces 160 kilomètres de mur de trois mètres soixante de hauteur, protégés par trois cents miradors, les vopos (soldats est-allemands) ont tué 239 malheureux qui voulaient le franchir.
 
À l’époque, certains journalistes ne prenaient même pas conscience de l’importance capitale de cet événement et un dirigeant politique chevronné comme François Mitterrand s’angoissait de la future réunification allemande (inéluctable même pour Hans Modrow, le nouveau Premier Ministre communiste est-allemand).
 
Les autres pays ont suivi le mouvement de libération des peuples, en général pacifiquement sauf en Roumanie où le dictateur communiste Ceaucescu fut exécuté à la suite d’un procès expéditif le 25 décembre 1989 et de quelques désinformations sur le massacre de Timisoara.
 
Le chancelier ouest-allemand Helmut Kohl a su profiter de l’occasion pour réunifier le plus rapidement possible l’Allemagne, une réunification qui fut effective le 3 octobre 1990, moins d’un an après.
 
L’empire soviétique était à sa fin. Le 25 décembre 1991, après un pseudo-coup d’État raté en août 1991, Mikhaïl Gorbatchev quitta le pouvoir en signant l’acte de décès de l’Union soviétique elle-même, celle qui, depuis 1922 voire 1917, terrorisa tant de personnes dans le monde.
 
 
Une Europe qui revient de loin
 
Étrange destinée que ce 9 novembre pour l’Allemagne qui rappelle non seulement cette journée historique mais aussi d’autres journées fatidiques (Schicksalstag) de l’histoire allemande, parfois positives comme l’abdication de l’empereur Guillaume II et la proclamation de la République de Weimar en 1918 ou l’échec du putsch d’Hitler en 1923, mais aussi très négatives comme l’abominable et cynique « nuit de cristal » (Reichskristallnacht) en 1938. (L’Histoire française retiendra surtout la mort du général De Gaulle).
 
Les personnes de moins de trente ans peuvent avoir du mal à imaginer cette émotion que je peux ressentir encore aujourd’hui quand je parcours l’Europe.
 
Passer par Vienne, la capitale culturelle cosmopolite par excellence pour déboucher très vite sur la belle capitale slovaque Bratislava, si enjouée les nuits estivales, puis passer les Hauts Tatras par des routes quasiment neuves puis redescendre dans une Pologne rurale et montagnarde à mille lieux de la métropole intellectuelle Cracovie qui émet du wifi dans ses principales places publiques pour ses nombreux étudiants, ou encore visiter des villes ex-est-allemandes, comme Dresde l’industrieuse, ou encore l’Erfurt de Martin Luther, ou Fulda, la pépite religieuse…
 
Inversement, la circulation automobile en France s’en ressent aussi avec un grand nombre de camions originaires de Pologne, Roumanie, Tchéquie, Slovaquie, Bulgarie… dans l’axe Strasbourg/Paris.
 
 
Quid de la construction européenne ?
 
La réunification de ces deux Europe a mis institutionnellement presque quinze ans à se réaliser alors que la Grèce avait été intégrée seulement six ans après la fin de la dictature des colonels et l’Espagne et le Portugal respectivement onze et douze ans après la fin de leur dictature (Franco et Salazar).
 
Les frontières de l’Union européenne n’ont cessé de s’agrandir, englobant trois anciennes républiques soviétiques (les pays baltes) et plus récemment encore, une république si proche de l’Union soviétique qu’elle en avait demandé son rattachement (la Bulgarie).
 
Faut-il poursuivre l’intégration européenne d’un ensemble d’un demi milliards de personnes ? aller au-delà de la limite actuelle, avec l’Ukraine, la Croatie, la Serbie, et même l’Albanie, la Moldavie ou la Biélorussie ? la Turquie ? la Norvège et l’Islande ? le Maroc ?…
 
C’est cela la question cruciale vingt ans après la fin de la division de l’Europe. Et malgré les ratifications laborieuses du Traité de Lisbonne qui entrera désormais en application le 1er décembre 2009, l’Union européenne reste bel et bien en panne de rêve…
 
En attendant, vingt-cinq ans après, le Président de la République française Nicolas Sarkozy souhaiterait renouveler la photographie symbolique représentant François Mitterrand et Helmut Kohl la main dans la main à Verdun en invitant à Paris le 11 novembre 2009 la Chancelière allemande récemment réélue Angela Merkel pour les commémorations du 91eanniversaire de l’Armistice. Un moyen comme un autre de pérenniser l’alliance franco-allemande qui a toujours été le moteur de la construction européenne depuis cinquante ans.
 
 
 
Sylvain Rakotoarison (9 novembre 2009)
 
 
Pour aller plus loin :
 
 
 
 
 
 
  
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Lettre ouverte au prince Charles Philip Arthur George Mountbatten-Windsor http://www.centpapiers.com/lettre-ouverte-au-prince-charles-philip-arthur-george-mountbatten-windsor/10553/ http://www.centpapiers.com/lettre-ouverte-au-prince-charles-philip-arthur-george-mountbatten-windsor/10553/#comments Sun, 08 Nov 2009 19:00:23 +0000 Luc Archambault http://www.politicoblogue.com/?p=4322 ___________________________________ Politicoblogue.com \ Parce que la politique est partout!

Lettre ouverte au prince Charles Philip Arthur George Mountbatten-Windsor

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Photo : Flickr oddsock

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Lettre ouverte à Son Altesse Royale le prince Charles Philip Arthur George Mountbatten-Windsor, prince de Galles, duc de Cornouailles et comte de Chester, duc de Rothesay et comte de Carrick, baron de Renfrew et lord des Îles, prince et grand sénéchal d’Écosse, chevalier de l’ordre de la Jarretière, chevalier de l’ordre du Chardon, chevalier grand-croix de l’ordre du Bain, ordre du Mérite, chevalier de l’ordre d’Australie.

Québec, 2009 11 02

Monsieur le prince héritier désigné de la Couronne canado-britannique,

Les autorités du Canada vous accueillent aujourd’hui sur leur territoire national du Canada en tant que prince héritier désigné de la Couronne canado-britannique qui règne sur l’État illégitime du Canada jamais nommément soumis aux voix du peuple souverain du Québec sur son territoire national du Québec. Le 10 novembre prochain ces autorités usurpatrices canadians ont prévu contre votre gré peut-être, faire en sorte que vous fouliez à ce titre le sol national du peuple démocratique et pacifique du Québec. Nous, au nom du peuple souverain du Québec, nous vous invitons à renoncer à cette visite qui n’est pas bienvenue.

En tant que représentant et héritier du trône de votre mère, Élizabeth II, reine d’Angleterre et du Commonwealth, reine du Canada, envers qui nous entretenons un respect profond en tant que Souverain d’un peuple étranger, nous pourrions vous accueillir les bras ouverts comme nous le ferions pour tout noble et digne invité de marque d’un État voisin ou lointain. Cependant, vous êtes aussi représentant et héritier d’une Couronne qui depuis la Conquête et en vertu d’une Autorité usurpatrice tutélaire a fait de votre lignée souveraine les représentants du sort funeste qu’elle a réservé au peuple du Québec depuis 1759, politique d’assimilation, colonialisme politique et économique qui n’a pu être contré que récemment à la faveur de la Révolution tranquille dans les années 1960. De plus, cette lignée dont votre mère est l’héritière a accepté peut-être malgré elle, par la voix du Parlement britannique, que l’État du Canada et sa Couronne imposent aux Québécois un État du Canada qu’il répudie majoritairement, notamment par la voix de sa députation siégeant à l’Assemblée nationale du Québec. Aujourd’hui, une majorité de la députation du peuple souverain du Québec siégeant à Québec et à Ottawa majoritairement dénonce la validité et la légitimité de l’État du Canada et de sa Couronne canado-britannique que vous représentez.

Nous ne contestons pas la légitimité de la Couronne de votre mère sur le territoire national du peuple canadian, nous ne nous opposons pas à ce que vous soyez accueilli en tant que futur Souverain de ce peuple et de son État du Canada. Mais nous contestons avec fermeté et dignité la légitimité et la validité de l’État du Canada et de sa Couronne canado-britannique sur notre territoire national du Québec que votre seule présence permet de manifester ici la fallacieuse effectivité, contre notre volonté de peuple souverain. Si nos députations on prêté serment d’allégeance à la Couronne dont vous êtes l’héritier, nous le peuple, nous n’avons jamais été appelés à le faire et nous ne sommes pas lié à ce serment qui ne peut être délégué.

Delegatus non potest delegare

Notre députation n’engage qu’elle et non notre voix de peuple démocratique et souverain quand elle prêtre serment d’allégeance à votre future Couronne canado-britannique. Elle ne peut déléguer notre pouvoir politique et étatique d’action à l’Autorité supposée supérieure de la Couronne canado-britannique de votre lignée Souveraine.

Le fait que vous teniez à pénétrer notre territoire national à titre de prince héritier de cette autocratique et abusive Couronne canado-britannique est un acte significatif qui tient à affirmer que vous tenez pour vôtre ce territoire national du Québec qui est pourtant nôtre et qui ne saurait en aucun cas être tenu pour légitimement vôtre, ni celui de la Couronne canadianisatrice que vous porterez un jour. Cela, nous le disons en vertu de la démocratique volonté du peuple souverain du Québec. En effet, jamais cet État unilatéral du Canada, pas plus que la Couronne de votre famille Souveraine n’a obtenu le OUI réciproque qui pourrait valider votre prétention Souveraine à notre noble et digne égard de peuple démocratique, pacifiste et souverain. Cette prétention souveraine qui vous ferait visiter votre futur Royaume en foulant le sol du Québec, comme pour confirmer votre prétention à son égard. Cette prétention est inacceptable.

Telle Couronne n’a jamais été nommément reconnue comme valide par les Québécois. Aucune expression des voix libres et souveraines de ce peuple démocratique et souverain du Québec ne pourrait permettre d’en convenir, et ce, de la Conquête britannique à nos jours. Du jour où les Armées de votre aïeul George III a pris possession par la force de la Nouvelle-France, de ses territoires et populations. L’Acte de Cession unilatéral et illégal signé par Louis XV n’a pu davantage faire de votre lignée Souveraine l’incarnation personnelle et charnelle de notre souveraineté de peuple distinct de tout autre, un peuple sans Souverain depuis que Louis XV, Souverain du peuple de France auquel nous appartenions a, par son indigne abandon, abdiqué de fait son devoir premier de Souverain. Celui qui consiste à protéger son peuple des assauts et de la morsure de l’envahisseur. Un peuple ne saurait être objet de quelque propriété que ce soit, et par conséquent de quelque Cession que ce soit. À moins que ce soit là encore votre prétention et celle de votre lignée souveraine.

En conséquence de quoi, votre lignée souveraine doit prendre acte et abdiquer sa prétention à incarner à travers l’État unilatéral du Canada – illégitime sur notre territoire national et répudié par les Québécois – l’irréductible et inaliénable souveraineté du peuple démocratique et souverain du Québec.

Cette abdication explicite de la Monarchie britannique à notre égard souverain, par votre voix, pourrait seule permettre de vous accueillir généreusement comme prince étranger dans le Québec d’aujourd’hui en tant qu’Altesse respectueuse de l’Autorité démocratique suprême du peuple démocratique et souverain du Québec sur son territoire national du Québec, une lignée qui par vous renoncerait à son autocratique et fallacieuse Autorité monarchique sur nous et sur notre territoire national du Québec, une Autorité usurpatrice jamais validée nommément par nos voix libres, démocratiques et souveraines.

Nous vous prions avec tout le respect qui convient à votre haut rang Souverain, de vous abstenir de fouler de vos pieds princiers notre sol national, cela, tant et aussi longtemps que vous-même, au nom de votre lignée Souveraine, n’abdiquerez pas de votre qualité de Souverain du peuple démocratique, républicain et souverain du Québec, seule autorité valide et légitime de l’État du Québec à laquelle vous devez subordonner votre noble respect et amicale allégeance, sur notre territoire national du Québec.

Dans cette absence, ce sera à regret que nous devrons considérer votre Altesse Royale comme persona non grata au Québec. Rien d’autre que votre voix exprimant l’abdication de votre noble lignée de Rois et de Reines à notre égard souverain ne pourrait libérer votre personne de l’autorité et des titres que votre royal sang prétend avoir sur nous et sur notre libre destin de peuple démocratique, pacifiste et souverain du Québec, ce, par la seule présence de votre personne sur notre territoire national du Québec.

Si vous persistiez à vous présenter au Québec en l’état, si vous persistiez à vous présenter ici comme le représentant de la Couronne canadian jamais nommément soumise à nos voix libres et souveraines, la dignité de notre statut de peuple démocratique et souverain ne saurait souffrir sans réplique, l’affront que vous nous feriez en venant ici réaffirmer l’Autorité tutélaire Souveraine que votre famille a sur nous sans rupture depuis 250 ans cette année 2009.

Dont Acte

Nous protestons contre votre venue au Québec le 10 novembre 2009 prochain, année anniversaire de l’occupation militaire de Québec par les armées de votre ancêtre George III dont vous portez le nom, non sans avoir blessé et déporté les neufrancien(ne)s d’Acadie, après avoir saccagé, violé, incendié, assassiné les côtes du Saint-Laurent et ses habitants, après avoir bombardé Québec éhontément et méchamment. Une occupation militaire de nos enceintes qui sans discontinué s’est imposé dès les lendemains de la bataille du 13 septembre 1759, une occupation qui se poursuit aujourd’hui encore sur 40% du territoire de la capitale nationale du Québec sans rupture depuis, et qui se prolonge dans un État du Canada illégitime n’ayant jamais obtenu le OUI qui le validerait sur notre territoire national du Québec, un État dont vous êtes l’indigne représentant et héritier par le biais de la Couronne usurpatrice de votre mère.

Veuillez accepter malgré tout l’expression de notre considération distinguée en tant que personne citoyenne d’un État étranger, en même temps que nos souhaits d’une longue et heureuse vie.

Luc Archambault

Citoyen d’un futur État valide et légitime du peuple souverain du Québec… libre !

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Lettre ouverte au prince Charles Philip Arthur George Mountbatten-Windsor

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