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    <title>Fondation David Suzuki</title>
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    <subtitle>Depuis 1990, la Fondation David Suzuki cherche des alternatives pour que nous puissions vivre en harmonie avec le monde naturel qui soutient la vie sur Terre. Ses efforts se concentrent sur quatre programmes : Conservation marine et eau douce ; Changements climatiques et énergie propre ; Durabilité et Défi nature. Elle utilise la science et l'éducation pour promouvoir des solutions de conservation qui rendront le développement véritablement durable en moins d'une génération.</subtitle>
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    <title>Nier les changements climatiques ?</title>
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    <published>2012-04-06T13:50:34Z</published>
    <updated>2012-04-05T23:37:29Z</updated>

    <summary>Supposons que les instituts et académies scientifiques crédibles, les climatologues ainsi que la plupart des gouvernements du monde soient dans l'erreur. Peut-être, comme le prétendent certains, sont-ils complices d'une gigantesque...</summary>

    
        
            <author><name>David Suzuki</name></author>
        
    
    
    
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        &lt;p&gt;Supposons que les instituts et académies scientifiques crédibles, les climatologues ainsi que la plupart des gouvernements du monde soient dans l'erreur. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Peut-être, comme le prétendent certains, sont-ils complices d'une gigantesque conspiration mondiale qui viserait à imposer un régime socialiste. Peut-être l'appât du gain est-t-il simplement trop fort... Peu importe. Imaginons qu'ils soient dans l'erreur et que les calottes glaciaires polaires ne fondent pas et que le réchauffement climatique ne soit qu'une lubie. Ou, si vous préférez, que cela se produit, mais qu'il s'agisse d'un phénomène naturel qui n'est lié d'aucune façon avec les sept milliards d'humains qui rejettent du dioxyde de carbone et d'autres polluants dans l'atmosphère.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Serait-il sensé de continuer à brûler rapidement les dernières réserves mondiales de combustibles fossiles ? Cela signifie-t-il que nous n'avons plus à se soucier de la pollution ? &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Nous pourrions aisément fermer les yeux devant la réalité, mais cela frôlerait la folie, surtout en considérant les preuves accablantes des changements climatiques. Et si ce n'était pas de la folie, serait-il tout de même viable de garder nos habitudes de consommation d'énergie? L'énergie est au cœur même des besoins de la société moderne. Cependant, lorsque la source est tarissable, il est ridicule de vider rapidement les réserves et ainsi causer des problèmes de pollution et d'épuisement des ressources. &lt;a href="http://www.davidsuzuki.org/fr/champs-dintervention/changements-climatiques/projets/projet-trottier-pour-lavenir-energetique/"&gt;Plus nous tardons à développer des sources d'énergie alternatives&lt;/a&gt;, plus il sera coûteux et difficile de relever ce défi énergétique.&lt;/p&gt;
        &lt;p&gt;Pourquoi alors, l'utilisation de technologies dépassées et destructrices est-elle si répandue? Pourquoi autant de gens cherchent à ralentir les progrès et la recherche de solutions? Pouvons nous faire quelque chose?&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;De nombreuses études se sont penchées sur ces questions, dont &lt;a href="http://www.merchantsofdoubt.org/"&gt;Merchants of Doubt&lt;/a&gt; (en anglais) de Naomi Oreskes et Erik Conway, et &lt;a href="http://desmogblog.com/climate-cover-up"&gt;Climate Cover-Up&lt;/a&gt; (en anglais), par James Hoggan et Richard Littlemore. Les auteurs démontrent que le secteur privé a investit d'importantes sommes dans l'élaboration de campagnes pour semer la confusion dans les débats sur les dangers de la cigarette, l'amincissement de la couche d'ozone et les changements climatiques. Tout cela afin de protéger leurs intérêts et profits. Cela n'explique cependant pas pourquoi tant de &lt;a href="http://www.scientificamerican.com/article.cfm?id=why-conservative-white-maes-are-more-likely-climate-skeptics"&gt;gens croient ce que l'industrie leur dit&lt;/a&gt; (en anglais); un bon nombre de théories tente de faire la lumière sur ce phénomène.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Nous devons nous attarder aux faits et agir pour réduire notre empreinte environnementale, mais les problèmes liés aux changements climatiques ont pris une telle ampleur que des efforts importants sont maintenant nécessaires pour changer les choses. Et puisque les décideurs de l'industrie, des gouvernements et académies sont réticents à agir à moins que la population ne l'exige, il est de notre responsabilité de se renseigner, de demander à nos dirigeants d'agir et de tenir tête à ceux qui nient la réalité des changements climatiques.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Il va dans l'intérêt des tous les canadiens et canadiennes d'agir, surtout lorsque les ennemis de la nature ne lésinent sur aucun moyen dans leur propagande. Les efforts démesurés des ces groupes ont notamment été mis en lumière par le scandale du « &lt;a href="http://www.davidsuzuki.org/blogs/science-matters/2012/02/documents-strike-at-heart-of-denial-machine-documents-strike-at-heart-of-denial-/"&gt;Denialgate&lt;/a&gt; » (en anglais) causé par la publication de certains documents de la Heartland Institute. De plus, il a aussi été révélé que l'Université Carleton d'Ottawa avait &lt;a href="http://desmogblog.com/fake-heartland-scientist-infiltrates-canadian-university"&gt;recruté Tom Harris&lt;/a&gt; (en anglais), un relationniste formé en génie mécanique et travaillant pour des &lt;a href="http://www.sourcewatch.org/index.php?title=Astroturf"&gt;groupes activistes pro-industrie&lt;/a&gt; (en anglais), afin de donner un cours sur les changements climatiques.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Il existe un grand nombre de sources de renseignements fiables et qui sont plus crédibles que des blogues tenus par des chroniqueurs météo comme Anthony Watts ou par des organismes scientifiques bidons financés par l'industrie. Rendez-vous d'abord à &lt;a href="http://www.skepticalscience.com/translation.php?lang=12"&gt;skepticalscience.com&lt;/a&gt;, cliquez sur l'onglet « Arguments » et vous obtiendrez des réponses scientifiques confirmant les changements climatiques.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;L'article intitulé « &lt;a href="http://www.nybooks.com/articles/archives/2012/mar/22/why-global-warming-skeptics-are-wrong/"&gt;Why the Global Warming Skeptics Are Wrong&lt;/a&gt; » (en anglais) récemment paru dans le &lt;em&gt;New York Review of Books&lt;/em&gt; peut aussi constituer une source crédible d'information. L'auteur, William D. Nordhaus, professeur en économie de la Yale University, explique qu'il a rédigé cet article « principalement en réponse aux analyses trompeuses faites sur mes recherches, mais aussi, d'une façon plus large, à confronter les attaques contres les scientifiques et la recherche scientifique sur les changements climatiques. » &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;L'interprétation trompeuse de la recherche de Nordhaus est typique du « double langage » à la Orwell utilisé par les ennemis de la nature, mais les scientifiques et les chercheurs ne se laissent pas faire.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Armés de renseignements crédibles, nous devons nous mesurer à ceux qui représentent faussement la science et qui sèment le doute. Alors seulement, nous pourrons mieux respirer !&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;em&gt;Rédigé en collaboration avec Ian Hanington, spécialiste des communications et d'éditions pour la Fondation David Suzuki&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;small&gt;&lt;span class="caps"&gt;FIN&lt;/span&gt;&lt;/small&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;span class="caps"&gt;LISTE&lt;/span&gt; DE &lt;span class="caps"&gt;SITES &lt;/span&gt;:&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;a href="http://www.davidsuzuki.org/issues/climate-change/projects/trottier-energy-futures-project/"&gt;Mettre en place des solutions pour relever nos défis énergétiques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;a href="http://www.merchantsofdoubt.org/"&gt;Merchants of Doubt&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;a href="http://desmogblog.com/climate-cover-up"&gt;Climate Cover-Up&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;a href="http://www.scientificamerican.com/article.cfm?id=why-conservative-white-maes-are-more-likely-climate-skeptics"&gt;Pourquoi tant de gens ordinaires avalent la pilule que leur refile l'industrie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;a href="http://www.davidsuzuki.org/blogs/science-matters/2012/02/documents-strike-at-heart-of-denial-machine-documents-strike-at-heart-of-denial-/"&gt;Le scandale du denialgate&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;a href="http://desmogblog.com/fake-heartland-scientist-infiltrates-canadian-university"&gt;&lt;span class="caps"&gt;L'U&lt;/span&gt;niversité Carlton d'Ottawa recrute Tom Harris&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;a href="http://www.sourcewatch.org/index.php?title=Astroturf"&gt;Les groupes Astroturf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;a href="http://www.skepticalscience.com/argument.php"&gt;Les « arguments » de Skeptical Science&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;a href="http://www.nybooks.com/articles/archives/2012/mar/22/why-global-warming-skeptics-are-wrong/"&gt;Article de Nordhaus&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
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    <title>Raisonnable, pas radical!</title>
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    <published>2012-03-28T12:43:06Z</published>
    <updated>2012-04-04T01:30:38Z</updated>

    <summary>Cesser complètement de consommer du pétrole? Demain n'est pas la veille! Mais cela ne veut pas dire que nous devons continuer d'agir comme si de rien n'était. Au Canada, «...</summary>

    
        
            <author><name>David Suzuki</name></author>
        
    
    
    
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        &lt;p&gt;Cesser complètement de consommer du pétrole? Demain n'est pas la veille! Mais cela ne veut pas dire que nous devons continuer d'agir comme si de rien n'était.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Au Canada, « agir comme si de rien n'était » signifie augmenter de façon fulgurante l'exploitation des sables bitumineux et en vendre le bitume le plus rapidement possible au plus offrant. Cela signifie continuer d'&lt;a href="http://www.statcan.gc.ca/pub/45-004-x/2011009/part-partie1-fra.htm" target="_hplink"&gt;importer la moitié du pétrole que l'on consomme&lt;/a&gt; (en grande partie du Moyen-Orient), tout en &lt;a href="http://www.neb-one.gc.ca/clf-nsi/rnrgynfmtn/nrgyrprt/nrgyvrvw/cndnnrgyvrvw2007/cndnnrgyvrvw2007-fra.html" target="_hplink"&gt;exportant le combustible produit au pays&lt;/a&gt;. Cela signifie accorder encore plus avantages fiscaux et &lt;a href="http://action.davidsuzuki.org/fr/subsidy" target="_hplink"&gt;davantage de subventions gouvernementales aux compagnies productrices de combustibles fossiles&lt;/a&gt;, tandis que nos industries manufacturières et à valeur ajoutée pâtissent en raison de l'inflation du prix du pétrole. Cela signifie aussi de basses redevances et de ne pas prévoir de réserve pour les temps difficiles.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Tout cela dépeint un avenir plutôt sombre : une économie chancelante alors que s'épuisent les sources de combustibles fossiles sans énergie renouvelable en quantité suffisante pour les remplacer; une dégradation de la santé pour une population vieillissante à mesure que l'eau, l'air et la terre deviennent de plus en plus pollués; une augmentation des sècheresses, des inondations et de la pénurie d'eau causée par l'intensification des changements climatiques.&lt;/p&gt;
        &lt;p&gt;Malgré cela, un avenir meilleur est possible. Le Canada peut encore devenir un chef de file sur les questions d'énergie, des droits humains ainsi que dans les discussions et les négociations internationales. Les solutions ne sont pas radicales. Il s'agit simplement d'adopter des mesures raisonnables, comme le ralentissement de la production de sables bitumineux, l'élimination des subventions gouvernementales à une industrie qui n'en a pas besoin, l'augmentation des redevances, la mise en place d'une réserve pour les temps difficiles, l'adoption d'habitudes de conservation d'énergie et le soutien au développement d'énergies renouvelables. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Nous devons également consommer les &lt;a href="http://www.albertaoilmagazine.com/2012/02/we-will-drive-less/#.TzKJm8Fv-" target="_hplink"&gt;combustibles fossiles plus efficacement&lt;/a&gt; (en anglais). Le transport est un parfait exemple qui consomme environ 75 &lt;span cite="http://"&gt;de tout le pétrole en Amérique du Nord. Près de 85 &lt;/span&gt; de l'énergie crée par la combustion de l'essence est gaspillée. Plus de la moitié de l'énergie restante est consacrée à déplacer l'automobile même qui pèse entre 10 et 20 fois plus lourd que ses passagers. En somme, l'efficacité énergétique du transport n'est que de 1 %...&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Pour régler le problème, il faut d'abord enrayer la mauvaise foi du discours. Voyons ce que notre &lt;a href="http://www.thestar.com/news/canada/politics/article/1129120--harper-blasts-foreign-money-oilands-debate-while-welcoming-china" target="_hplink"&gt;premier ministre affirmait récemment&lt;/a&gt; (en anglais) lors de son séjour en Chine : « Nous respecterons notre engagement, qui consiste à placer les intérêts des Canadiens devant celui des bailleurs de fonds étrangers qui cherchent à entraver le développement au Canada, pour favoriser plutôt l'importation d'énergie provenant de régions de la planète qui sont moins stables. »&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Comment la vente de notre bitume brut à la Chine et aux États-Unis nous rendra-t-elle moins dépendants de « l'énergie provenant de régions de la planète qui sont moins stables »? Comment les intérêts canadiens sont-ils servis par la vente de nos ressources et de nos industries à des pays ayant d'atroces antécédents en matière de respect des droits de la personne et une augmentation rapide de production de gaz à effets de serre?&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Et pourquoi nous entêtons-nous à exploiter les combustibles fossiles de la planète le plus rapidement possible, sachant que les ressources sont épuisables et que les changements climatiques sont un enjeu réel et très grave? &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Pour l'auteur et environnementaliste Bill McKibben, l&lt;a href="https://secure.e2rm.com/registrant/donate.aspx?EventID=57832&amp;amp;LangPref=fr-CA&amp;amp;Referrer=http%3a%2f%2fwww.davidsuzuki.org%2ffr%2f" target="_hplink"&gt;'industrie des combustibles fossiles et les gouvernements qu'elle finance placent leurs profits devant l'avenir de la planète et refusent de reconnaître la réalité des changements climatiques&lt;/a&gt; (en anglais) pour une raison tout à fait consternante : la valeur de cette industrie « est largement fondée sur des réserves de combustibles fossiles qui ne seront pas exploitées si l'enjeu des changements climatiques est pris au sérieux. » (nous traduisons)&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Il souligne également que, « d'année en année, ExxonMobil fait plus de profits qu'aucune autre compagnie dans l'histoire n'a pu en faire. Et Chevron n'est pas loin derrière. En fait, toute l'industrie baigne dans l'argent. » (nous traduisons) Ralentir leur production - ou même admettre que l'avenir de l'humanité dépend de notre volonté de laisser une partie de la ressource dans le sol - nuirait trop à leur chiffre d'affaires.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Alors, les politiciens et représentants de l'industrie font usage de pseudoarguments pour faire taire ou pour discréditer ceux qui voudraient ramener le débat sur des terrains rationnels. Ils nous accusent d'obstruer l'industrie et nous traitent d'hypocrites en raison notre usage énergétique personnel alors qu'il est impossible de se dissocier complètement de l'économie et des infrastructures basées sur l'exploitation de combustibles fossiles.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Nous devons prendre un recul collectif et aborder la question de manière sensée. Et par « nous », je parle de vous et moi. Par « nous », je parle des gouvernements qui ont le mandat de nous représenter. Ils peuvent bien nous qualifier d'extrémistes pour se donner bonne conscience... mais nous savons bien que ce que nous proposons est simplement raisonnable.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;em&gt;Rédigé en collaboration avec Ian Hanington, spécialiste des communications et d'éditions pour la Fondation David Suzuki&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
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    <title>Plan Nord : Avatar en Québec</title>
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    <published>2012-03-22T12:51:49Z</published>
    <updated>2012-04-04T16:06:22Z</updated>

    <summary>Chaque fois que j'entends parler du Plan Nord, ce plan sensé définir le Québec de l'avenir, je ne peux m'empêcher de penser au film Avatar de James Cameron. Dans ce...</summary>

    
        
            <author><name>Karel Mayrand, directeur général pour le Québec de la Fondation David Suzuki</name></author>
        
    
    
    
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        &lt;p&gt;Chaque fois que j'entends parler du Plan Nord, ce plan sensé définir le Québec de l'avenir, je ne peux m'empêcher de penser au film Avatar de James Cameron. Dans ce film qui se déroule en 2154, les Terriens exploitent sur la planète Pandora un minerai pour assouvir leurs besoins énergétiques. Aveuglés par leur soif de minerai, les Terriens passent à côté de la principale richesse de la planète : l'extraordinaire biodiversité de Pandora et la capacité des êtres vivants à communiquer entre eux. Quelques poignées de matière inerte ont plus de valeur à leurs yeux que toutes les applications qui peuvent découler de la compréhension du monde naturel qui les entoure. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Revenons au Québec, en 2012. Québec fait du Plan Nord le projet structurant d'une génération, notre tremplin vers la richesse, le tout enrobé d'une bonne couche de marketing vert. Le Plan Nord, ce sont des routes, des infrastructures, et un accès à un nouveau territoire au nord du 49ème parallèle, subventionné à coup de milliards de fonds publics, au profit des minières et des forestières. Le gouvernement s'est engagé à soustraire 50 &lt;span cite="http://"&gt;de ce territoire aux activités industrielles. Mais en réalité, c'est 100 &lt;/span&gt; de ce territoire qui est présentement protégé, faute d'accès et de financement. Ce que le Plan Nord fait est d'ouvrir l'un des derniers territoires vierges existant sur Terre à l'activité industrielle.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Québec ouvre la boîte de Pandora.&lt;/p&gt;
        &lt;p&gt;Sur notre Pandora québécoise, on retrouve la plus grande forêt primaire encore intacte au monde, la forêt boréale. Cet écosystème unique, qui recèle des richesses d'une valeur insoupçonnée, est vu par l'industrie et le gouvernement comme un puits de fibre, de minerai et d'hydroélectricité. Le mot d'ordre est : développer maintenant, protéger ce qui restera plus tard. Peu importe si cette industrialisation du dernier territoire vierge du Québec prive les prochaines générations de leur héritage naturel pour quelques poignées de dollars qui iront à des actionnaires étrangers.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Selon une &lt;a href="http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/328707/le-plan-nord-loin-de-l-eldorado" target="_hplink"&gt;analyse du service d'études économiques du Mouvement Desjardins&lt;/a&gt; , le Québec ne retirera que 530 millions de dollars par année pendant 25 ans du Plan Nord, ou 0,8 % de ses dépenses annuelles. Cette même analyse souligne que le régime de redevances en place au Québec ne nous permet pas de maximiser les retombées financières pour la province. L'&lt;a href="http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/345014/analyse-de-l-iris-le-plan-nord-ne-serait-pas-rentable-pour-quebec" target="_hplink"&gt;institut de recherches socio-économiques&lt;/a&gt;  arrive quant à lui à la conclusion que le Plan Nord sera déficitaire pour le Québec. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le Plan Nord s'apprête à sacrifier nos dernières forêts vierges pour une opération qui aura au mieux un impact marginal sur les finances publiques ou qui sera déficitaire dans le pire des scénarios. On ouvrira bientôt un immense territoire au pillage des compagnies étrangères, le tout subventionné par nos impôts. Et on nous dit qu'il s'agit d'une forme nécessaire d'enrichissement. &lt;br /&gt;
Tout cela rappelle un autre film : Retour vers le futur.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;En 1670, déjà, la couronne britannique offrait à la Compagnie de la Baie d'Hudson la majeure partie du Nord pour en extraire les fourrures. &lt;span class="caps"&gt;L'A&lt;/span&gt;mérique entière s'est fondée sur le mythe de terres vierges à conquérir, le plus souvent au détriment des populations autochtones et des écosystèmes. Depuis toujours, le Québec a tenté d'asseoir son développement économique sur l'exploitation de ressources naturelles offertes à bas prix à des intérêts étrangers qui paient des salaires et parfois des taxes et des redevances, mais qui exportent leurs profits à l'étranger. Appelons cela la doctrine Duplessis...&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;C'est ce que Félix Leclerc dénonçait il y a une génération dans L'encan : &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;em&gt;Approchez messieurs dames...&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Une belle p'tite rivière à saumon à vendre pas cher&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Pleine de beaux p'tits saumons qui viennent frayer ici depuis des siècles&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;À vendre avec des îles, du bois, des chutes,&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Sur une centaine de milles sans compter les croches&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Laissons pas aller ça nous autres&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Si le Québec n'est pas plus riche, c'est qu'il a souvent été prêt à sacrifier ses ressources et ses écosystèmes pour une poignée de dollars, sans penser aux impacts sur les générations à venir. Vendre des bouts de terre pour payer l'épicerie. Défricher à tout prix. Donner ce qui appartient à nos enfants et leur léguer une dette écologique.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Lorsque de nouvelles routes rejoindront les rivières et les forêts millénaires du Nord, elles atteindront la dernière frontière naturelle encore intacte du Québec. Les écosystèmes du Nord en seront à jamais appauvris pour en extraire des métaux, des arbres et des mégawatts. La nature nous procure des services inestimables bien documentés scientifiquement, mais ceux-ci n'ont pas de valeur sur les marchés. La nature millénaire contre quelques décennies d'extraction. Le Québec sera-t-il la prochaine Pandora?&lt;/p&gt;
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    <title>La santé des enfants -- c'est dehors que ça se passe!</title>
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    <published>2012-03-21T13:03:27Z</published>
    <updated>2012-04-05T03:05:00Z</updated>

    <summary>Passer du plein écran au plein air Melissa Lem est médecin de famille à Toronto et œuvre aussi à travers le Canada auprès de communautés rurales et éloignées. Dans son...</summary>

    
        
    
    
    
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        &lt;h3&gt;Passer du plein écran au plein air &lt;/h3&gt;

&lt;p&gt;&lt;em&gt;Melissa Lem est médecin de famille à Toronto et œuvre aussi à travers le Canada auprès de communautés rurales et éloignées. Dans son enfance, elle a passé de nombreuses années à parcourir les merveilleux parcs et espaces verts de l'Ontario. En plus d'être membre du corps professoral au département de médecine familiale et communautaire de l'Université de Toronto, elle est régulièrement invitée à bloguer sur des sujets touchant l'environnement et la santé sur le site web de l'organisme&lt;/em&gt; &lt;a href="http://www.evergreen.ca/fr/index.sn"&gt;Evergreen&lt;/a&gt; &lt;em&gt;et elle participe au magazine télévisé&lt;/em&gt; &lt;u&gt;Steven and Chris&lt;/u&gt; &lt;em&gt;diffusé par la &lt;span class="caps"&gt;CBC &lt;/span&gt;à titre d'experte en médecine familiale. Nous lui avons demandé de nous expliquer comment le développement de l'enfant bénéficie du contact avec la nature&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;b&gt;Vert Santé&lt;/b&gt; : Quels problèmes de santé observez-vous chez les enfants qui n'ont pas un lien fort avec la nature? Ces problèmes sont-ils rares?&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;b&gt;Dre Lem&lt;/b&gt; : Passer du temps dans la nature est essentiel au bon développement de l'enfant, sur le plan psychologique autant que sur le plan physique. Certains chercheurs affirment même qu'une « dose quotidienne de nature » puisse prévenir et traiter de nombreux troubles médicaux.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Les médias nous parlent beaucoup de l'hyperactivité avec déficit de l'attention (ou &lt;span class="caps"&gt;TDAH&lt;/span&gt;), un syndrome atteignant cinq à dix pour cent des enfants au Canada. Que les jeunes soient constamment immergés dans un environnement urbain peut les stimuler de façon excessive -- qu'ils soient atteints du &lt;span class="caps"&gt;TDAH &lt;/span&gt;ou non -- et peut entrainer des symptômes tels que l'inattention et l'impulsivité. Le fait d'avoir remplacé nos activités récréatives en plein air par des comportements sédentaires d'intérieur contribue fortement à la prise de poids et à l'obésité, desquels souffre maintenant un enfant canadien sur quatre. Les troubles de santé traditionnellement réservés aux adultes -- l'hypertension, le diabète et les problèmes liés au cholestérol -- sont à la hausse parmi les jeunes canadiens, et le manque d'activités en plein air y contribue fortement.   &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Cette carence en nature entraine aussi d'autres malaises, dont la myopie, l'asthme, la dépression ainsi que des retards au plan du développement d'habiletés motrices et d'aptitudes sociales.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;b&gt;Vert Santé&lt;/b&gt; : Parlez-nous des recherches qui ont exploré ces enjeux.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;b&gt;Dre Lem&lt;/b&gt; : Le contact avec la nature offre une foule de bénéfices pour la santé infantile.  &lt;/p&gt;
        &lt;p&gt;Sur le plan de la santé mentale, les résultats sont frappants. Prenons par exemple les enfants souffrants de &lt;span class="caps"&gt;TDAH &lt;/span&gt;dont les symptômes s'améliorent de façon importante après une immersion dans la nature : plus l'endroit était vert, plus l'amélioration était marquante. En matière d'autodiscipline, les jeunes filles ayant grandi dans des foyers s'ouvrant sur des paysages verts se démarquent des autres. De plus, il y aurait moins de jeunes atteints de dépression et de troubles d'anxiété parmi les populations qui vivent dans un milieu entouré par la nature.  &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Notre contact avec la nature améliore aussi notre santé physique. Certaines études révèlent que les enfants qui passent plus de temps en plein air et qui habitent près d'un parc ont un taux d'activité physique plus élevé. On peut donc comprendre que chez les enfants, la proximité des espaces verts contribue de façon importante au maintien d'un poids normal. De plus, les jeunes exposés de façon régulière aux espaces verts développent une préférence pour les activités récréatives en nature. Quand un enfant peut profiter d'une heure ou plus de temps de jeu libre par jour, la nature offre un environnement propice à la créativité et au développement d'aptitudes sociales.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;b&gt;Vert Santé&lt;/b&gt; : Quelles activités un parent peut-il proposer à ses enfants afin de leur permettre de créer un bon rapport avec la nature?&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
  &lt;br /&gt;
&lt;b&gt;Dre Lem&lt;/b&gt; : Il a deux grandes lignes à prendre en compte : l'apprentissage par imitation et l'apprentissage par la participation active de l'enfant. L'une des façons les plus efficaces pour renforcer le rapport entre son enfant et la nature est de minimiser son propre temps devant l'écran en sortant pour profiter du plein air et des espaces verts. L'autre façon est de favoriser un mélange d'activités de plein air supervisées et indépendantes, encourageant ainsi l'enfant à établir et à renforcer son propre rapport avec la nature.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Les activités familiales à l'extérieur, il n'en manque pas! On peut cultiver un jardin ou passer un weekend en camping dans un parc provincial. La cour arrière est elle aussi un espace vert sécuritaire et stimulant pour les jeunes enfants. Encouragez-les à observer les nuages, à se construire un fort, à ramasser de petites pierres ou à s'inventer leurs propres jeux dans la nature. Participer à des activités de bénévolat en plein air orientées vers l'environnement peut aussi aider les jeunes enfants, ainsi que les plus grands, à développer l'estime de soi, à renforcer les liens familiaux et à favoriser des liens d'amitié. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;b&gt;Vert Santé&lt;/b&gt; : Que reste-t-il à faire pour convaincre les parents, les médecins et les écoles des bienfaits de développer un rapport plus important avec la nature?&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;b&gt;Dre Lem&lt;/b&gt; : Pour des adultes habitués à vivre dans un environnement où l'asphalte et le béton définissent le paysage, il n'est pas toujours évident de comprendre les bienfaits qu'apporte un contact plus important avec une nature que l'on connait à peine. Il est essentiel de bien communiquer les bienfaits de ce contact ainsi que de réduire les barrières sociales et économiques relatives à ce changement d'habitudes.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Lors des examens de routine, les médecins doivent ajouter certains conseils concernant le temps que passent les enfants devant leurs écrans vs le temps qu'ils passent en plein air. « Prescrire la nature » pourrait encourager les enfants à passer plus de temps à l'extérieur. Si l'épidémie d'obésité pédiatrique persiste, on estime que cette génération pourrait être la première à vivre moins longtemps que la génération de leurs parents. Cela devrait être assez pour nous faire bouger!&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;L'auteur Richard Louv nous offre le concept de « troubles déficitaires dus à une carence en nature » (ou nature deficit disorder) pour décrire les problèmes de santé liés à ce phénomène moderne qui sépare nos enfants de la nature. Hautement primé, son livre &lt;a href="http://richardlouv.com/books/last-child/"&gt;&lt;em&gt;Last Child in the Woods&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; (publié en anglais) peut servir d'outil important pour les parents et les écoles. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;b&gt;Vert Santé&lt;/b&gt; : Comment faire en sorte que nos communautés soient plus « vertes » pour nos enfants?&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;b&gt;Dre Lem&lt;/b&gt; : Notre environnement physique et culturel doit être adapté pour permettre aux enfants de profiter davantage des milieux naturels, que ce soit pour le temps d'un jeu ou dans leur vie de tous les jours. Les espaces résidentiels à usages mixtes dotés de couloirs verts offrent plus d'occasions pour les enfants d'utiliser la marche ou le vélo pour se rendre à l'école ou à leurs activités. On constate que les espaces verts urbains protégés réduisent les inégalités entre les enfants des familles à faible revenu et ceux des familles à revenu élevé. Les communautés doivent se doter d'aires de jeu qui mettent l'accent sur l'héritage naturel de l'environnement plutôt que de construire des terrains de jeux artificiels.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Nos écoles doivent aussi se mettre au pas. De simples gestes peuvent améliorer l'apprentissage -- planter des arbres et ajouter de la pelouse près des fenêtres n'en est que deux exemples. Les espaces verts doivent aussi être intégrés dans les cours d'éducation physique et à la récréation, voire même dans les heures régulières de classe.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Nos gouvernements doivent aussi favoriser l'accès des enfants à la nature, soit en obligeant la création d'espaces verts adaptés aux enfants dans les nouveaux projets de développement urbains, soit en offrant des crédits d'impôt pour l'inscription à des programmes pour enfants basés dans la nature. Nos gouvernements devront aussi favoriser l'accès des familles aux parcs nationaux en s'assurant que les coûts d'entrée conviennent à tous les budgets. L'heure est venue d'investir dans nos communautés afin que les enfants d'aujourd'hui grandissent en plein air et en pleine santé pour qu'ils deviennent les futurs gardiens et protecteurs de notre environnement.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;  &lt;/p&gt;
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    <title>L'éthique et la logique tordue des ennemis de la nature. </title>
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    <published>2012-03-20T13:34:34Z</published>
    <updated>2012-03-20T20:56:10Z</updated>

    <summary>Qui influence le Canada au sujet de la priorité qu'il accorde à ses ressources naturelles? Dans un troublant appel au sentiment anti-américain, certains partisans de l'industrie prétendent que des intérêts...</summary>

    
        
            <author><name>David Suzuki</name></author>
        
    
    
    
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    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.davidsuzuki.org/fr/blogues/la-science-en-action/">
        &lt;p&gt;Qui influence le Canada au sujet de la priorité qu'il accorde à ses ressources naturelles? Dans un troublant appel au sentiment anti-américain, certains partisans de l'industrie prétendent que des intérêts américains menacent la politique canadienne par le biais de dons à des groupes environnementaux d'ici. Ces arguments ont été soulevés dans des publications telles que le Vancouver Sun, le Calgary Herald ainsi qu'à la chaine télévisée Sun &lt;span class="caps"&gt;TV.&lt;/span&gt; Ils ont été repris la semaine dernière par le Sénateur Larry Smith dans une attaque directe contre notre fondation alléguant que le financement international des organismes de charité menace notre souveraineté.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Un récent &lt;a href="http://www.greenpeace.org/canada/en/recent/Canadian-government-conspires-with-big-polluters-to-prevent-climate-solutions/" target="_hplink"&gt;rapport de Greenpeace&lt;/a&gt; intitulé « Qui nous empêche de progresser » (en anglais) pointe dans une toute autre direction. En effet, ce rapport démontre que des multinationales américaines des secteurs pétroliers, miniers, chimiques et autres, ont investit des sommes considérables et ont fait appels à des &lt;a href="http://www.themarknews.com/articles/7505-no-room-for-debate" target="_hplink"&gt;think tanks&lt;/a&gt; (en anglais) et des firmes lobbyistes (en plus d'utiliser les « renvois d'ascenseurs » entre le gouvernement et l'industrie), dans le but d'enrayer toutes actions contre les changements climatiques et influencer les politiques des ressources naturelles du Canada et d'autres pays. Force est de constater qu'ils ont beaucoup plus d'influence sur le Canada que nous en avons.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Des opposants aux initiatives environnementales ont pointé du doigt les récentes manifestations contre le pipeline Enbridge Northern Gateway qui transporterait le bitume des sables de l'Alberta jusqu'à la côte nord de la Colombie-Britannique. Ils voient derrière ces manifestations, une conspiration menée par des &lt;a href="http://oilsands.infomine.com/companiesproperties/" target="_hplink"&gt;investisseurs américains&lt;/a&gt; (en anglais) qui voudraient s'assurer que le pétrole ne prenne pas la route vers l'Asie. Ils ont cependant omis dans leur logique tordue le fait suivant : les environnementalistes qui s'opposent aux pipelines Enbridge Northern Gateway s'opposent aussi au pipeline Keystone XL qui transporterait le carburant des sables bitumineux vers les États-Unis.&lt;/p&gt;
        &lt;p&gt;Si les auteurs de cette théorie de conspiration étaient réellement outrés de l'influence des États-Unis sur le développement des ressources et l'infrastructure du Canada, ils chercheraient à obtenir un plus grand contrôle national de l'industrie du pétrole, qui est possédée en majorité par des entreprises américaines et chinoises. Ils s'informeraient aussi sur les fonds attribués par l'industrie américaine à d'autres groupes environnementaux canadiens ou à des organisations de droite telle que l'Institut Fraser, et qui sont tous soumis aux mêmes lois et règlements que la Fondation David Suzuki en matière de financement. Ces critiques quant aux versements d'argent par des intérêts américains à des organismes à but non lucratif canadiens font partie d'un récent effort cherchant à faire taire ceux qui désirent plus d'équilibre dans les discussions portant sur l'industrie des combustibles  fossiles et les problématiques environnementales. C'est dans cette lignée que s'inscrivent les &lt;a href="http://www.cbc.radio-canada.ca/media/facts/20111018.shtml" target="_hplink"&gt;récentes attaques&lt;/a&gt; (en anglais) de Sun Media, propriété du géant médiatique Quebecor, envers la &lt;span class="caps"&gt;CBC &lt;/span&gt;et certains groupes environnementaux qui ne soutenaient pas leur mentalité pro-gouvernementale et pro-industrie.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Dans un des scénarios de « renvois d'ascenseurs » soulevé par le rapport de recherche de Greenpeace, Kory Teneycke a quitté son poste de directeur des communications du premier ministre Stephen Harper pour se joindre à la chaine télévisée Sun Tv un peu avant son lancement. Plusieurs journalistes approchés pour travailler pour la chaine télévisée ont affirmé que Teneycke leur avait expliqué qu'une partie de leur travail consisterait à me rabaisser. Sun Media a aussi fait campagne pour que la Fondation David Suzuki perde &lt;a href="http://www.torontolife.com/daily/informer/mediaocracy/2010/11/08/kory-teneycke-the-now-departed-sun-news-tv-chief-wanted-to-attack-david-suzuki/" target="_hplink"&gt;son statut d'organisme de charité&lt;/a&gt; (en anglais) . Il n'est donc pas surprenant que l'une des têtes d'affiche de la chaine &lt;a href="http://www.ottawamagazine.com/society/politics/2011/11/04/politics-chatter-what-does-it-take-to-get-banned-by-the-sun-news-network/#more-20446" target="_hplink"&gt;Sun TV&lt;/a&gt; (en anglais), Ezra Levant, entretienne de forts liens avec le gouvernement Harper. C'est ce même journaliste qui a lancé la campagne de « pétrole éthique », campagne ensuite reprise par &lt;a href="http://www.cbc.ca/news/politics/inside-politics-blog/2011/11/the-return-of-alykhan-velshi.html" target="_hplink"&gt;Alykhan Velshi&lt;/a&gt; (en anglais) , qui vient tout juste d'être engagé au poste de directeur de planification de Stephen Harper.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;J'aimerais avoir autant d'influence sur la politique que les anti-environnementalistes et les médias le prétendent, mais je crois que Greenpeace est beaucoup plus près de la réalité en disant que les intérêts de l'industrie locale et étrangère possèdent beaucoup plus de pouvoir.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Tout comme nous nous réjouissons que les Canadiens s'impliquent monétairement dans des causes internationales importantes -- de l'aide à la reconstruction de Haïti au combat contre la famine en Afrique -- la Fondation David Suzuki est heureuse que des gens qui vivent à l'extérieur de nos frontières se soucient de l'importance de la protection de l'environnement au Canada.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Tout comme de nombreuses organisations environnementales, la Fondation David Suzuki est en mesure de faire son travail grâce à un grand nombre de personnes qui donne temps et argent. Plus de la moitié de notre financement (55 &lt;span cite="http://"&gt;) provient d'environ 28 000 donateurs, dont plus de 9000 donnent de l'argent tous les mois. Des fondations philanthropiques et des entreprises fournissent le reste. Nos dons provenant des États-Unis et d'autres pays se chiffrent entre 6 et 10 &lt;/span&gt; par année et tous doivent satisfaire aux exigences de notre &lt;a href="http://www.davidsuzuki.org/fr/fondation/faq/#politique-portant-sur-lacceptation-des-dons" target="_hplink"&gt;politique d'acceptation des dons&lt;/a&gt;. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Je vous encourage fortement à considérer les deux points de vue. Si vous croyez que les Canadiens et les Canadiennes doivent ralentir l'industrie pétrolière et se défaire graduellement de la dépendance aux énergies fossiles de manière à aider à protéger l'environnement et la vie humaine, alors, s'il vous plait, encouragez notre travail ainsi que celui d'organismes semblables au nôtre. De plus, même si nous sommes extrêmement reconnaissants du soutien que nous recevons de la part de donateurs canadiens, nous sommes heureux d'accepter les dons de gens d'ailleurs qui désirent protéger notre nature et la défaire de ceux qui la menacent.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;em&gt;Rédigé en collaboration avec Ian Hanington, spécialiste des communications et d'éditions pour la Fondation David Suzuki&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
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    <title>Pédaler pour rafraichir la ville!</title>
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    <published>2012-03-15T20:31:18Z</published>
    <updated>2012-04-05T21:11:12Z</updated>

    <summary>Les villes ne couvrent que 2% de la surface de la terre (en anglais) et pourtant elles sont responsables de 70% des émissions (en anglais) de gaz à effet de...</summary>

    
        
            <author><name>David Suzuki</name></author>
        
    
    
    
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        &lt;p&gt;Les villes ne couvrent que &lt;a href="http://www.unhabitat.org/downloads/docs/GRHS2011/P1HotCities.pdf"&gt;2% de la surface de la terre&lt;/a&gt; (en anglais) et pourtant elles sont responsables de &lt;a href="http://www.smartplanet.com/blog/cities/un-cities-contribute-70-percent-of-global-greenhouse-gas-emissions/364"&gt;70% des émissions&lt;/a&gt; (en anglais) de gaz à effet de serre. De plus, selon les Nations Unies, 59% de la population mondiale vit désormais en ville ; dans les pays en voie de développement, cette proportion est de 81%, et ne cesse d'augmenter.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Bien que les villes soient une importante source d'émissions de gaz à effet de serre, « elles sont aussi le lieu idéal pour améliorer le rendement énergétique », explique Joan Clos, directeur exécutif de UN-HABITAT. « Avec un meilleur urbanisme et une plus grande participation des citoyens nous pouvons rafraîchir nos villes. » &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;En agissant ainsi, nous faisons plus que réduire les risques associés au réchauffement climatique. Les villes conçues pour les humains plutôt que pour les voitures sont plus agréables, moins polluées, ont moins d'embouteillages, possèdent plus de parcs et d'espaces publics, sont plus propices à l'interaction sociale et leurs citoyens sont en meilleure santé.&lt;/p&gt;
        &lt;p&gt;Améliorer l'environnement urbain tout en diminuant les impacts écologiques nécessite un ensemble de solutions, notamment le développement de l'agriculture locale, l'amélioration de l'efficacité énergétique des bâtiments, l'accroissement de la densité de la population, l'investissement dans les transports en commun et la réduction de l'utilisation de véhicule pour le transport personnel.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;En ce début de printemps, je ne peux m'empêcher de penser aux joies du vélo. Troquer la voiture pour le vélo ne résoudra pas entièrement les problèmes liés aux changements climatiques et à la pollution (et cette option n'est pas possible pour tous), mais plus il y aura d'adeptes de vélos, mieux nous nous porterons. En plus d'être un excellent moyen pour garder la forme, le vélo rend les trajets quotidiens plus agréables - et souvent plus rapides.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Cette année la conférence internationale de cyclisme &lt;a href="http://www.velo-city2012.com/"&gt;Velo-city Global&lt;/a&gt; se tiendra à Vancouver du 26 au 29 juin. Cet événement réunira environ 1000 gestionnaires des transports, partisans du cyclisme, architectes, éducateurs, politiciens, et autres, venus du monde entier « afin de partager les meilleures tactiques pour créer des villes accueillantes pour les cyclistes, et où le vélo est intégré au réseau de transport. »&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;a href="http://www.ecf.com/news/the-best-way-to-promote-cycling-is-to-not-talk-about-cycling-in-the-bicycle-seat-with-gil-penalosa/"&gt;Gil Peñalosa&lt;/a&gt;, qui ouvrira et clôturera la conférence, explique que Vancouver a beaucoup fait pour les cyclistes, mais ce « n'est pas encore parfait ». Peñalosa, directeur de &lt;a href="http://www.8-80cities.org/"&gt;8-80 Cities&lt;/a&gt; (organisation canadienne à but non lucratif) et ancien membre de la commission Parcs, Sport et Loisirs à Bogota en Colombie, pense que les Nord-Américains devraient se baser sur les Européens quant à leurs façons d'encourager la population à utiliser le vélo dans ses déplacements. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;« Même en Europe, la plupart des infrastructures pour cyclistes ont été mises en place au cours des 30 dernières années. Et cela ne relève pas du hasard », a expliqué Peñalosa lors d'une récente entrevue avec la Fédération Européenne des Cyclistes. Ainsi, à Amsterdam, les infrastructures et le nombre de cyclistes n'ont augmentés qu'après une campagne active des citoyens. Il explique aussi qu'un plan d'urbanisme adapté aux cyclistes peut - et doit - compléter un système de transport public bien conçu.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;L'une des premières étapes consiste à réduire la vitesse de circulation. « C'est un véritable paradoxe », explique-t-il. « Les gens veulent que la vitesse soit limitée à 30km/h dans les quartiers résidentiels, mais rouler vite en dehors des zones d'habitation. »&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Réduire la vitesse permet aussi de sauver des vies. Selon l'European Transport Safety Council (conseil européen sur la sécurité routière), si une voiture vous renverse à 30km/h, les risques d'être tué par la collision ne sont que de 5%, alors qu'à 65km/h, 95% des collisions sont fatales.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;L'étape suivante consiste à encourager la population à faire du vélo, et c'est exactement ce à quoi la ville de Vancouver s'affaire : « Il est nécessaire d'avoir des pistes cyclables sécurisées; il ne faut pas se contenter d'une seule piste, c'est d'un réseau entier dont nous avons besoin », explique Peñalosa.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La Fédération Européenne des Cyclistes indique que fournir des pistes cyclables séparées sur les grandes artères et routes très fréquentées n'est pas une tâche aussi compliquée qu'on pourrait le croire puisque ces routes ne représentent généralement que 5 à 10% du paysage urbain.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Je souhaite que la conférence Velo-city Global amène plusieurs visiteurs à Vancouver et qu'ils partageront tous ma hâte d'enfourcher mon vélo! Les adeptes du vélo vous le diront, le vélo n'a pas d'âge! Car en plus de réduire les risques de problèmes de santé tels que l'obésité, les maladies du cœur ou le stress, le vélo est bénéfique pour l'économie en réduisant le coût global des frais de santé. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Toutes les raisons sont bonnes pour enfourcher votre vélo, alors n'attendez plus et sortez dès que vous le pouvez pour apprécier les joies du vélo et du printemps !&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Dr. David Suzuki est un scientifique, une personnalité de la télévision, un auteur et co-fondateur de la Fondation David Suzuki. Article rédigé en collaboration avec Ian Hanington, spécialiste des Communications et Éditions de la Fondation David Suzuki.&lt;br /&gt;
                &lt;br /&gt;
Pour en savoir plus, consultez www.davidsuzuki.org.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;-- &lt;span class="caps"&gt;FIN &lt;/span&gt;-&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;span class="caps"&gt;LIENS INTERNET&lt;/span&gt;:&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;a href="http://www.unhabitat.org/downloads/docs/GRHS2011/P1HotCities.pdf"&gt;Villes et émissions de gaz à effet de serre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;a href="http://www.smartplanet.com/blog/cities/un-cities-contribute-70-percent-of-global-greenhouse-gas-emissions/364"&gt;70% des gaz à effet de serre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;a href="http://www.velo-city2012.com/"&gt;Velo-city Global&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;a href="http://www.ecf.com/news/the-best-way-to-promote-cycling-is-to-not-talk-about-cycling-in-the-bicycle-seat-with-gil-penalosa/"&gt;Entrevue avec Gil Peñalos&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;a href="http://www.8-80cities.org/"&gt;8-80 Cities&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
    &lt;img src="http://feeds.feedburner.com/~r/davidsuzuki/fr/blogues/~4/90eFV-D9LzM" height="1" width="1"/&gt;</content>
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    <title>L'avenir de nos océans est en jeu</title>
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    <published>2012-03-15T13:07:00Z</published>
    <updated>2012-03-12T18:27:41Z</updated>

    <summary>Avec la collaboration d'Ian Hanington, Spécialiste des communications et d'éditions Cela fait maintenant plus de 20 ans que l'industrie de la pêche à la morue sur la côte Atlantique s'est...</summary>

    
        
            <author><name>David Suzuki</name></author>
        
    
    
    
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        &lt;p&gt;&lt;em&gt;Avec la collaboration d'Ian Hanington, Spécialiste des communications et d'éditions&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Cela fait maintenant plus de 20 ans que l'industrie de la pêche à la morue sur la côte Atlantique s'est effondrée et aucun objectif de repeuplement n'a été mis en place, ni de délai afin de rétablir les populations. Ce n'est que l'un des nombreux éléments relevés par d'éminents scientifiques affiliés à la Société royale du Canada.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le rapport intitulé « &lt;a href="http://www.rsc.ca/documents/RSC_MBD_1_3_25_Twenty-Five_FR_FORMAT.pdf"&gt;Soutenir la biodiversité marine canadienne&lt;/a&gt; » mentionne que le Canada « n'a pas respecté la majorité de ses engagements nationaux et internationaux visant à protéger la biodiversité marine » et qu'il « se trouve loin derrière en comparaison avec les nations modernisées sur presque tous les aspects de la gestion des pêches ».&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Pour un pays bordé de trois océans et dont la ligne côtière est la plus importante au monde, ce constat est plus qu'embarrassant. Outre les emplois, les possibilités récréatives, la nourriture, les médicaments et les habitats, nos océans nous apportent également ce qu'il y a de plus important : la vie. À l'échelle mondiale, la &lt;a href="http://news.nationalgeographic.com/news/2004/06/0607_040607_phytoplankton.html"&gt;moitié de l'oxygène&lt;/a&gt; est produite dans les océans par les phytoplanctons, lesquels sont menacés en raison du réchauffement et de l'acidification des océans causés par les changements climatiques.&lt;/p&gt;
        &lt;p&gt;Les derniers gouvernements fédéraux n'ont pas su reconnaître que nos océans sont beaucoup plus que de simples réservoirs de ressources prêts à être exploiter pour des gains à court terme. Nous serions portés à croire que le déclin de l'industrie de la pêche à la morue, occasionné en grande partie par une mauvaise gestion, nous aurait appris quelque chose. Cependant, alors que la pêche au saumon est sur le point de s'effondrer et qu'un effort minime est fait pour la protection de nos océans, tout porte à croire que nous obtiendrons les mêmes résultats -- sauf si nous &lt;a href="http://action.davidsuzuki.org/fr/ocean-budget-fr"&gt;exigeons plus de notre gouvernement&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le groupe d'experts de la Société royale s'est penché sur les changements climatiques, les pêches et l'aquaculture « en raison de leurs incidences potentielles sur la biodiversité marine ». Le problème, identifié par le groupe d'experts, ne consiste pas en un manque de connaissances, de données scientifiques, ou de politiques, mais plutôt en « une inaction constante décourageante à l'égard de connaissances et de meilleures pratiques et politiques bien établies, dont certaines existent depuis des années ».&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Même si le Canada s'est engagé sur le plan international à établir un réseau protégé couvrant 10% de son territoire océanique, il n'a en fait que protégé une zone de moins de 1%. Ainsi la Loi sur les pêches du Canada, qui date de 1868, ne fait pas mention de préservation et la Loi sur les océans de 1997 n'a pas encore été mise en application de façon efficace. De son côté, la Loi sur les espèces en péril se veut largement inadéquate.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;En fait, le gouvernement fédéral a récemment refusé un don de plusieurs millions de dollars pour un effort de collaboration qui établirait un plan d'aménagement de l'espace marin et un réseau de zones protégées dans les eaux de la côte nord du Pacifique du Canada. Les Premières nations, les gouvernements provinciaux et le gouvernement fédéral, l'industrie ainsi que les organisations environnementales, y compris la Fondation David Suzuki, avaient fait des progrès relativement à la &lt;a href="http://www.davidsuzuki.org/blogs/healthy-oceans-blog/2011/09/federal-government-kicks-gift-horse-in-the-teeth/"&gt;zone de gestion intégrée de la côte Nord du Pacifique&lt;/a&gt; (ZGICNP) pendant des années, mais le gouvernement fédéral a contrecarré le processus en n'assurant pas un financement adéquat et en refusant le soutien par une organisation philanthropique.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Pourquoi? Le gouvernement craignait que les zones marines protégées et les plans d'utilisation marine reposant sur des données scientifiques des écosystèmes limitent le trafic des pétroliers. La perte de plus de huit millions de dollars provenant de la Fondation Gordon et Betty Moore a porté un coup dur au processus, et le gouvernement n'est pas intervenu pour tenter de trouver un compromis.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Au lieu de protéger les ressources précieuses du Pacifique et son habitat (40% des espèces mondiales de mammifères marins et un nombre incalculable de plantes et d'animaux en dépendent), il semble que le gouvernement préfère tout risquer en vantant le projet pipeline Northern Gateway qui a pour but d'expédier la production brute des sables bitumineux par les réseaux fluviaux précaires de la côte Pacifique vers la Chine et la Californie.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le rapport mentionne également que les changements climatiques pourraient donner lieu à l'extinction de certaines espèces de saumon, que la hausse des niveaux d'acide pourrait causer du tort à « toutes les espèces allant des coraux jusqu'aux moules et aux homards » et que l'élevage piscicole pourrait nuire aux stocks sauvages en raison de l'étendue de parasites, de maladies et de croisements.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Outre le manque flagrant d'intérêt de la part du gouvernement fédéral relativement à la santé de nos océans, le rapport identifie un problème majeur qui place le Canada loin derrière la plupart des pays développés : « un conflit d'intérêts de première importance à Pêches et Océans Canada entre son mandat de promouvoir l'activité industrielle et économique et sa responsabilité de conserver la vie marine et la santé des océans. »&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le groupe d'experts émet bon nombre de recommandations sensées, incluant delà résolution du conflit d'intérêts et le respect de nos engagements nationaux et internationaux face à la biodiversité marine.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Notre gouvernement n'aide pas à sa réputation en ignorant ou rejetant le conseil des scientifiques. Disons à nos chefs que notre avenir dépend de celui des océans et que ce conseil doit être suivi. Les données scientifiques sont claires : il est grand temps de s'impliquer davantage!&lt;/p&gt;
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    <title>De Fukushima à Gentilly : des leçons à tirer</title>
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    <published>2012-03-12T13:12:36Z</published>
    <updated>2012-03-19T17:56:02Z</updated>

    <summary>Le 11 mars 2011, à 00:46 heure de Montréal, un tremblement de terre de magnitude 9 à l'échelle de Richter, le plus fort à jamais avoir frappé le Japon, soulevait...</summary>

    
        
            <author><name>Karel Mayrand, directeur général pour le Québec de la Fondation David Suzuki</name></author>
        
    
    
    
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    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.davidsuzuki.org/fr/blogues/le-nid-du-colvert/">
        &lt;p&gt;Le 11 mars 2011, à 00:46 heure de Montréal, un tremblement de terre de magnitude 9 à l'échelle de Richter, le plus fort à jamais avoir frappé le Japon, soulevait une immense colonne d'eau qui allait déclencher un Tsunami d'une ampleur jamais vue. En frappant la centrale nucléaire de Fukushima, une vague de 15 mètres déclenchait la plus grave catastrophe nucléaire de l'Histoire. Aujourd'hui encore, et pour des générations, les Japonais doivent vivre avec les répercussions de cette catastrophe. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Alors que le Québec se questionne sur la réfection de sa seule centrale nucléaire, Gentilly 2, ce triste anniversaire devrait nous faire réfléchir.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Dans les journées qui ont suivi la catastrophe, c'est dans la confusion la plus complète que l'opérateur de la centrale et le gouvernement japonais ont géré la crise. Parce que la probabilité qu'un tel événement se produise était jugée pratiquement nulle, personne n'y était préparé. Que s'est-il passé au juste?&lt;/p&gt;
        &lt;p&gt;Dès que le tremblement de terre s'est produit, les systèmes d'urgence se sont activés et les réacteurs de la centrale se sont arrêtés de façon sécuritaire. Mais même une fois arrêtés, les réacteurs doivent continuer d'être refroidis avec de l'eau. Lorsque le tsunami a frappé la centrale, les murs de protection de six mètres de haut n'ont pas suffi. Les génératrices produisant l'énergie pour pomper l'eau de refroidissement se sont arrêtées, provoquant la fusion du cœur de trois réacteurs et la libération dans l'atmosphère d'une quantité phénoménale de radioactivité. Cette radioactivité continue d'être libérée encore aujourd'hui.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Premier constat : les risques d'accident nucléaires sont réels. Le risque zéro n'existe pas. Les impacts d'un accident sont extrêmement graves.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Devant une telle situation d'urgence, les autorités se sont employées à minimiser la gravité de la situation et à garder secrètes des informations d'une importance capitale pour les citoyens. Les personnes se trouvant dans un périmètre de 30 kilomètres furent évacuées. On élargira plus tard cette zone à 80 kilomètres. En tardant à élargir cette zone et en gardant les citoyens dans l'ignorance, on exposera ainsi des milliers de gens à une radioactivité dangereuse.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le nuage radioactif poursuivit son chemin jusqu'au Canada. Un &lt;a href="http://tinyurl.com/6wl8khs"&gt;article de The Gazette&lt;/a&gt;   révélait récemment qu'au mois de mars 2011 une station de santé Canada à Calgary mesurait des concentrations radioactives dans l'eau de pluie largement supérieures aux limites permises pour l'eau potable. Des concentrations anormalement élevées de radioactivité furent aussi mesurées à Vancouver, Winnipeg et Ottawa. À plus de douze mille kilomètres de Fukushima ! Personne n'en fut informé. La population canadienne a cru à tort être à l'abri en recevant l'assurance des autorités sanitaires qu'aucune radiation n'avait atteint le Canada. Pourtant, nous étions tous exposés.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Deuxième constat : Il n'existe aucun seuil d'exposition sécuritaire à la radioactivité. La culture du secret qui entoure l'énergie nucléaire vise à protéger l'industrie et expose les citoyens à des risques de contamination inutiles et dangereux. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;À la lumière de ce qui précède, qui peut prétendre que la réfection de la centrale de Gentilly 2 ne comporte aucun risque pour la population du Québec? La centrale est située en zone densément peuplée, à une heure de route de Québec et à 160 kilomètres de Montréal. Elle est sise sur la rive du fleuve Saint-Laurent, source d'approvisionnement en eau pour près d'un Québécois sur deux. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Selon un &lt;a href="http://www.greenpeace.org/canada/fr/actualites/Greenpeace-devoile-des-couts-caches-de-la-centrale-Gentilly-2/"&gt;rapport&lt;/a&gt;  produit par le Centre for Spatial Economics pour Greenpeace, un accident nucléaire à la centrale de Gentilly 2 forcerait l'évacuation de 169 000 personnes et entraînerait une perte des biens individuels évaluée à 11 milliards de dollars dans un rayon de 20 km autour du réacteur. Un accident mettrait en péril l'approvisionnement en eau de 760 000 personnes dans le Centre du Québec et de centaines de milliers d'autres dans la région de la province. Il nécessiterait la fermeture pour une durée indéterminée de la voie maritime du Saint-Laurent et des autoroutes 40 et 20, paralysant ainsi l'économie québécoise.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Quels sont les risques d'accident à Gentilly 2? Nul ne peut le prédire avec exactitude. La centrale ne rencontre pas les normes sismiques les plus récentes et un tremblement de terre de forte intensité pourrait mener à la rupture de ses conduites d'eau et à la fusion du cœur du réacteur, comme à Fukushima et à Three Mile Island. Les conséquences seraient catastrophiques.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Que la probabilité soit d'une sur 1000 ou une sur 10 000, la question fondamentale est : souhaitons-nous nous exposer à de tels risques pour 3 % de notre production d'électricité alors que nous nageons dans les surplus ? Poser la question, c'est y répondre. La seule décision responsable pour le Québec est de démanteler Gentilly 2.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;a href="http://action.davidsuzuki.org/fr/Gentilly-2"&gt;Envoyez un message&lt;/a&gt; au premier ministre pour demander de démanteler la centrale nucléaire Gentilly-2. &lt;/p&gt;
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    <title>La science contre-attaque!</title>
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    <published>2012-03-06T17:03:23Z</published>
    <updated>2012-03-12T23:00:34Z</updated>

    <summary>Scientifiques muselés par le gouvernement, coupures budgétaires importantes dans les ministères et centres de recherche en environnement, dégradation et perte de nos milieux naturels...décidément, rien ne va plus au Canada!...</summary>

    
        
            <author><name>Jean-Patrick Toussaint</name></author>
        
    
    
    
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    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.davidsuzuki.org/fr/blogues/cercle-scientifique/">
        &lt;p&gt;Scientifiques &lt;a href="http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Politique/2012/02/17/003-scientifiques-critiques-harper.shtml"&gt;muselés&lt;/a&gt; par le gouvernement, &lt;a href="http://www.davidsuzuki.org/fr/blogues/le-nid-du-colvert/2011/08/coupes-a-blanc-le-federal-sabre-dans-sa-mission-environnementale/"&gt;coupures budgétaires&lt;/a&gt; importantes dans les ministères et centres de recherche en environnement, &lt;a href="http://www.davidsuzuki.org/fr/blogues/le-nid-du-colvert/2012/02/post/"&gt;dégradation et perte de nos milieux naturels&lt;/a&gt;...décidément, rien ne va plus au Canada! La voix de la science est bafouée, voire ignorée. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Quelle est l'importance de donner plus de place à la science? Quel en est le réel bénéfice, particulièrement en ce qui concerne la cause environnementale?&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Les fondements mêmes de la science (qui signifie « connaissance ») reposent sur l'observation de notre environnement (au sens large), la formulation d'hypothèses concernant certains phénomènes observés, et sur l'investigation rigoureuse émanant de ces hypothèses afin de les confirmer ou de les réfuter. La récolte de ces informations nous permet de mieux comprendre notre monde et ainsi de faire avancer nos connaissances scientifiques. Ces connaissances sont par la suite partagées par l'entremise des centres du savoir, comme les universités ou autres établissements d'enseignement.&lt;/p&gt;
        &lt;p&gt;Ce partage de nos connaissances scientifiques est un élément clé à la prise de conscience collective qui a fait progresser constamment les civilisations et la société moderne de manière générale - de là toute l'importance de la science! &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;C'est grâce à la science que Galileo Galilei qui nous a fait prendre conscience que la Terre tourne autour du Soleil et non l'inverse et que Svante August Arrhenius nous a permis de découvrir le lien entre l'augmentation du &lt;span class="caps"&gt;CO2 &lt;/span&gt;atmosphérique et l'augmentation des températures terrestres en raison de l'effet de serre. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Vous acquiescerez alors qu'il est primordial que la science puisse circuler et être diffusée librement &lt;br /&gt;
afin d'être connue de tout un chacun, mais aussi afin d'être constamment mise à jour. La science ne devrait donc pas être à la merci de valeurs politiques ou culturelles. Or, il n'est pas rassurant de constater qu'un gouvernement scrute au peigne fin les communications médiatiques de ses scientifiques dans le but de contrôler la divulgation de leurs recherches (surtout lorsque ces découvertes vont à l'encontre des politiques gouvernementales et de leur pratique courante). &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Pour &lt;a href="http://www.davidsuzuki.org/fr/blogues/la-science-en-action/2011/08/la-science-doit-etre-libre-de-toute-ingerence-politique/"&gt;citer les propos de David Suzuki&lt;/a&gt; : « les tentatives visant à contrôler ou à limiter la recherche scientifique sont non seulement suspectes idéologiquement, mais elles s'avèrent souvent improductives et peuvent être énormément destructrices ». En fait, bâillonner la science, c'est priver les citoyens des connaissances nécessaires pour prendre des décisions éclairées. En cela, les attaques contre la science sont des attaques directes contre la démocratie.  &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Dans le contexte actuel, ici au Canada, nous nous devons de repositionner la science au cœur des débats environnementaux qui font rage comme les changements climatiques, le lien entre la santé et les problèmes environnementaux, la préservation de nos habitats naturels et de la biodiversité, etc. Cela est d'autant plus nécessaire puisque les scientifiques qui œuvrent au sein même du gouvernement ne peuvent plus divulguer librement les résultats de leurs recherches. Les Canadiens sont tenus dans l'ignorance des connaissances qui ont été acquises par leur propre gouvernement et financées par leurs impôts!&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;C'est dans cette optique démocratisation des connaissances scientifiques que la Fondation David Suzuki a mis sur pied le &lt;a href="http://www.davidsuzuki.org/fr/ce-que-vous-pouvez-faire/cercle-scientifique/"&gt;Cercle scientifique David Suzuki&lt;/a&gt; il y a maintenant deux ans. Ces experts provenant de différentes avenues scientifiques mettent leurs connaissances à la disposition de tous afin de rehausser le discours scientifique en lien avec les différents enjeux et débats environnementaux, le tout dans le but de mieux nous outiller à faire face aux défis environnementaux de notre époque et de nous permettre de prendre des décisions appuyées par des connaissances rigoureuses. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Afin de souligner l'implication bénévole de ces experts et de remettre le discours scientifique au cœur des débats environnementaux, je vous convie donc à venir les entendre lors d'une &lt;a href="http://www.davidsuzuki.org/fr/ce-que-vous-pouvez-faire/cercle-scientifique/deuxieme-anniversaire-du-cercle-scientifique/"&gt;table ronde&lt;/a&gt; qui aura lieu le 14 mars 2012 à la salle Clark de la Maison du développement durable de Montréal.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le savoir scientifique ne se traduit pas automatiquement par des changements de comportement, mais il est raisonnable de penser qu'il en est un des précurseurs. La science est présentement assiégée au Canada et aux États-Unis. Il est grand temps de lui redonner sa juste place afin que nos comportements ainsi que celui de nos gouvernements en matière d'environnement reflètent bien toutes nos connaissances scientifiques acquises, d'hier à aujourd'hui. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Faisons donc place à la science! &lt;/p&gt;
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    <title>La qualité de l'air au Canada perd son souffle  (tandis que l'Institut Fraser semble vouloir le couper) </title>
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    <published>2012-02-29T15:26:08Z</published>
    <updated>2012-02-29T15:52:22Z</updated>

    <summary>Si nous avions à croire un récent rapport publié par l'Institut Fraser, la population canadienne n'a plus à s'inquiéter de la pollution atmosphérique. D'après le cercle de réflexion de cet...</summary>

    
        
            <author><name>Lisa Gue, Analyste des politiques en santé environnementale</name></author>
        
    
    
    
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    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.davidsuzuki.org/fr/blogues/le-nid-du-colvert/">
        &lt;p&gt;Si nous avions à croire un récent rapport publié par l'Institut Fraser, la population canadienne n'a  plus à s'inquiéter de la pollution atmosphérique. D'après le cercle de réflexion de cet organisme de recherche, la qualité de l'air au Canada se serait améliorée de façon générale depuis 1970. Donc, pourquoi devrait-on s'en soucier?&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Voilà pourquoi : il n'existe pas de « seuil de sécurité » en ce qui concerne les principales matières polluantes. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le niveau de pollution atmosphérique actuel est nuisible à la santé humaine. D'après &lt;a href="http://www.cma.ca/index.php?ci_id=86912&amp;amp;la_id=1" title="AMC"&gt;l'Association médicale canadienne&lt;/a&gt;, la pollution atmosphérique cause 21 000 morts, 11 000 admissions en milieu hospitalier, 92 000 visites à l'urgence et 620 000 visites chez le médecin par année. Les coûts associés se chiffrent à 8 milliards de dollars et pourraient grimper jusqu'à 250 milliards de dollars en 2031 étant donné le vieillissement de la population.&lt;/p&gt;
        &lt;p&gt;&lt;span class="caps"&gt;L'I&lt;/span&gt;nstitut Fraser s'oppose aux déclarations faites par l'AMC parce que leurs projections de la croissance des coûts en matière de santé et d'économie sont basées sur les mesures actuelles de la qualité de l'air (c.-à-d. les mesures de 2008). Les auteurs du rapport de l'Institut prétendent que la qualité de l'air pourrait en fait s'améliorer dans le futur et que les coûts en matière de santé humaine pourraient être moins élevés que prévu. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Nous serions tous ravis de pouvoir constater une amélioration constante de la qualité de l'air dans les années à venir, mais pour y arriver, des efforts importants sont nécessaires, et ce, de la part de tous. Bien que suite à plusieurs interventions antérieures, la qualité de l'air s'est effectivement améliorée dans certaines régions du pays depuis les années 70, cette amélioration a perdu son souffle au cours de la dernière vingtaine d'années. Au cours de certaines périodes, aucune amélioration n'a même été observée. En mesurant deux polluants qui contribuent à la formation du smog, les &lt;a href="http://www.ec.gc.ca/indicateurs-indicators/default.asp?lang=En&amp;amp;n=4B5631F9-1%20"&gt;indicateurs de la qualité de l'air d'Environnement Canada&lt;/a&gt; nous dévoilent que les concentrations de particules fines demeurent essentiellement inchangées depuis 2000 et que le taux d'exposition de la population canadienne à l'ozone troposphérique a grimpé entre 1990 et 2006.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;De plus, le rapport de l'Institut Fraser ne prend pas en compte des augmentations possibles dans certains secteurs. La croissance d'émissions prévue dans le secteur des sables bitumineux pourrait entraîner une détérioration de la qualité de l'air si nous n'agissons pas maintenant. (Mais faut-il être surpris d'une telle position quand l'Institut Fraser a longtemps pris l'habitude de minimiser la gravité des problèmes environnementaux et de détourner les pistes de solutions? &lt;span class="caps"&gt;L'I&lt;/span&gt;nstitut soutenait par le passé que la fumée de cigarette secondaire ne se classait pas comme problème de santé publique et que la réduction de l'usage des chlorofluorocarbones (les &lt;span class="caps"&gt;CFC&lt;/span&gt;s) afin de protéger la couche d'ozone demanderait des sacrifices importants de la part de tout le monde.)&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Une analyse menée par la &lt;a href="http://www.davidsuzuki.org/publications/downloads/2006/dsf-hehc-air-web1fr.pdf"&gt;Fondation David Suzuki en 2006&lt;/a&gt; a révélé que les objectifs du  Canada en matière de qualité de l'air étaient moins rigoureux que ceux fixés par les chefs de file dans ce domaine. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Malheureusement, la situation demeure la même aujourd'hui. L'encadrement du gouvernement canadien en matière de qualité de l'air mériterait bien de trouver un nouveau souffle. Mais, il y a une lueur d'espoir à l'horizon; les ministres de l'Environnement provinciaux et fédéral se sont engagé à l'élaborer un nouveau système de gestion de qualité de l'air pour le Canada. Ce nouveau système devrait  renforcer les normes de qualité de l'air en place afin d'atteindre le même niveau de protections qu'offrent les meilleures normes internationales tout en créant des mécanismes de contrôles efficaces permettant de surveiller les émissions produites par les industries et toute autre source importante. Ces nouvelles normes devraient être mises en application sur le champ.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Je suis entièrement d'accord avec les propos du premier ministre Harper qui, en 2006, avait dit qu'« une mauvaise qualité de l'air n'est pas un irritant insignifiant que l'on doit endurer. C'est un grave problème qui pose de plus en plus de risques à la santé et au bien-être des Canadiens. »&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le problème est que le premier ministre n'est toujours pas passé à l'action et n'a mis en place aucun cadre de gestion efficace en matière pollution atmosphérique.   &lt;/p&gt;
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    <title>La culture scientifique est bonne pour la société</title>
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    <published>2012-02-29T14:46:39Z</published>
    <updated>2012-02-29T15:02:31Z</updated>

    <summary>C'est un fait, les enfants posent beaucoup de questions. Parfois, les adultes se sentent incompétents s'ils ne peuvent y répondre sur-le-champ. Dès le début de ma carrière d'enseignant, j'ai appris...</summary>

    
        
            <author><name>David Suzuki</name></author>
        
    
    
    
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        &lt;p&gt;C'est un fait, les enfants posent beaucoup de questions. Parfois, les adultes se sentent incompétents s'ils ne peuvent y répondre sur-le-champ. Dès le début de ma carrière d'enseignant, j'ai appris qu'il n'y a rien de mal à dire : « Je ne sais pas ». Enseigner aux enfants comment apprendre est plus utile que de leur bourrer le crâne de faits. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;De nombreux parents croient devoir donner l'impression d'être infaillibles aux yeux de leurs enfants. Un &lt;a href="http://www.telegraph.co.uk/science/science-news/9022910/Science-and-maths-questions-the-ones-parents-fear-most.html"&gt;sondage britannique&lt;/a&gt; révèle que plusieurs parents craignent des questions comme : « Pourquoi le ciel est il bleu? » ou « Pourquoi ne voit on pas la lune pendant la journée? ». En effet, des chercheurs ont interrogé plus de 2 000 pères et mères à l'expo sciences « The Big Bang &lt;span class="caps"&gt;U.K.&lt;/span&gt; Young Scientists and Engineers Fair ». Ils ont été nombreux à admettre avoir effectué des petites recherches rapides avant de répondre à leur enfant, et ce, afin de ne pas perdre la face. Les questions des enfants sur les mathématiques et les sciences sont celles qui représentent les plus grands défis. &lt;/p&gt;
        &lt;p&gt;Il n'est pas nécessaire de se cacher. J'ai été formé en tant que scientifique, plus spécifiquement en tant que généticien. Il s'agit là d'un sujet très vaste et je ne suis pas toujours au courant de ce qui se passe à l'extérieur de mon domaine. C'est pour cette raison que j'essaie de me tenir à jour en lisant des revues comme Scientific American. Les gens ne doivent pas croire qu'ils admettent une faiblesse lorsqu'ils disent : « Je ne sais pas ». L'important est de chercher les réponses. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Quoi de mieux que de saisir l'occasion que présente une question difficile pour enseigner à vos enfants à faire une recherche, à analyser le contenu, à réfléchir de façon critique sur l'information trouvée et à acquérir de nouvelles connaissances? Vous aurez même la chance d'apprendre en même temps qu'eux. L'ère informatique dans laquelle nous vivons rend les recherches plus faciles et rapides qu'auparavant; bien que l'observation directe, la lecture d'une encyclopédie ou une visite à la bibliothèque ne peuvent en soi être remplacées. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Certaines personnes sont trop occupées pour assister leurs jeunes dans leur recherche de réponses, mais nous pouvons tout de même les initier à la recherche. Si vous rendez le processus amusant, vos enfants apprendront à faire des recherches par eux mêmes et ce sera à votre tour de leur demander des réponses à vos questions.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Il est essentiel d'offrir aux enfants les outils d'apprentissage et d'analyse, mais cette étape est souvent négligée, ce qui n'est pas sans conséquence. Plusieurs personnes ne comprennent pas comment fonctionne la science  ses limites ou ses avantages, et cela mène à des confusions pouvant avoir des répercussions sérieuses sur la société. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Il suffit d'observer le « débat » entourant le réchauffement climatique pour voir que l'incompréhension des sciences atteint les plus hauts rangs des décideurs. Ainsi, les candidats à la présidence des États Unis ont montré un manque de connaissance déconcertant lorsqu'ils ont contesté les preuves scientifiques écrasantes que les changements climatiques sont causés par les activités humaines. C'est la même chose lorsqu'un parent invente n'importe quoi lorsqu'ils ne connaissent pas la réponse à une question. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Ces absurdités ne proviennent pas toujours de l'ignorance. Parfois, il s'agit d'une façon d'exploiter la confusion ou l'incompréhension pour servir des intérêts d'entreprises ou politiques. Au Canada, nous avons assisté à des tentatives de limiter, de contrôler ou de passer sous silence des découvertes scientifiques qui auraient pu gêner les intérêts du gouvernement. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;L'état de la situation est si critique que l'an passé Kathryn &lt;span class="caps"&gt;O'H&lt;/span&gt;ara, alors présidente de l'Association canadienne des rédacteurs scientifiques, a écrit au premier ministre afin de l'exhorter de donner droit aux scientifiques employés par le gouvernement de parler librement aux médias, que ce soit au sujet de l'état de la glace dans l'Arctique, des dangers que peut représenter la consommation de certains produits, de la nanotechnologie, des virus chez les saumons, des systèmes de surveillance des radiations ou de l'importance des modifications qu'entraineront les changements climatiques dans notre monde.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;En ce moment, le gouvernement fédéral doit approuver toutes les requêtes des médias qui veulent discuter avec un de leur scientifique. Les scientifiques aussi doivent demander le droit de parler publiquement. Il arrive souvent que l'autorisation ne soit pas accordée, ou qu'elle soit retardée de telle sorte que les experts ne peuvent pas communiquer ponctuellement ou de façon significative.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Il est intéressant de comparer la façon de procéder de notre gouvernement avec la &lt;a href="http://www.noaanews.noaa.gov/stories2011/20111207_scientificintegrity.html"&gt;politique américaine de l'Administration Obama&lt;/a&gt; qui stipule que les scientifiques peuvent parler librement avec les médias et le public à propos des questions scientifiques et techniques relatives à leurs travaux, et ce, sans avoir à demander l'approbation du département des affaires publiques ou de leurs superviseurs. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Dans une société ouverte, les dirigeants qui n'ont rien à cacher et qui basent leurs décisions sur la meilleure information disponible n'ont aucune raison de bâillonner les scientifiques ou n'importe qui d'autre. Tout comme les parents doivent aider leurs enfants à trouver des faits pertinents et les encourager à explorer, les gouvernements ont la responsabilité de s'assurer que nous avons accès à de l'information de qualité et qui reflète la réalité. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Avoir des réponses aux questions de nos enfants n'est pas suffisant. Si nous voulons une société qui offre un maximum d'avantages à long terme à la majorité des gens, et si nous souhaitons trouver des solutions aux défis et aux problèmes que nous avons créés, nous devons enseigner à nos enfants et à nous mêmes comment trouver des réponses et comment les évaluer objectivement. Faire de l'enseignement des sciences une priorité constitue une partie importante de ce processus.&lt;/p&gt;
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    <title>Les débats sur les sables bitumeux et les oléoducs freinés par l'absence de stratégie nationale énergétique. </title>
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    <published>2012-02-15T14:19:26Z</published>
    <updated>2012-02-18T04:35:09Z</updated>

    <summary>Avec la collaboration d'Ian Hanington, Spécialiste des communications et d'éditions Les débats actuels concernant les oléoducs sont fortement compromis par des thèses de conspiration, des distractions et de la désinformation....</summary>

    
        
            <author><name>David Suzuki</name></author>
        
    
    
    
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        &lt;p&gt;&lt;em&gt;Avec la collaboration d'Ian Hanington, Spécialiste des communications et d'éditions&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Les débats actuels concernant les oléoducs sont fortement compromis par des thèses de conspiration, des distractions et de la désinformation. Arriverons-nous tous à nous entendre?&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Qui serait tenté de nier qu'en tant qu'êtres humains, nos besoins les plus importants sont d'avoir de l'air et de l'eau pure, des sols productifs, ainsi qu'une diversité d'espèces? En effet, la protection de ces besoins essentiels à la vie ne suscite aucune controverse. Nous avons également besoin d'énergie - issue de différentes sources. Le pétrole fait partie de ces sources. Nous pouvons certainement tous nous mettre d'accord sur le fait que brûler des combustibles fossiles au rythme actuel ou supérieur n'est pas bon pour la santé et pour l'environnement. Les personnes sensées s'entendent également pour dire qu'en agissant ainsi, nous entrainons un changement climatique qui menace l'existence humaine. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Que nous reste-t-il? Le Canada possède d'immenses richesses naturelles, dont une grande partie sont des ressources énergétiques. Cependant, nous n'avons aucun plan permettant de guider l'exploitation et l'utilisation de ces ressources ni sur la façon d'apporter cette énergie à la population canadienne. En effet, quiconque entend parler d'un plan énergétique national ne peut s'empêcher de penser au &lt;a href="http://www.thecanadianencyclopedia.com/articles/fr/programme-energetique-national"&gt;Programme Energétique National&lt;/a&gt; (PEN) tant « détesté » qui avait été lancé par le gouvernement libéral du premier ministre Pierre Elliott Trudeau en 1980 et qui avait ensuite coulé après l'élection du gouvernement progressiste-conservateur de Brian Mulroney en 1984.&lt;/p&gt;
        &lt;p&gt;Ce programme était une réponse à la crise énergétique des années 1970, lorsque le prix du pétrole avait monté en flèche. Ses objectifs étaient de promouvoir l'autosuffisance énergétique et la propriété canadienne, de conserver l'approvisionnement, de maîtriser les prix, de promouvoir l'exploration pétrolière et des sources d'énergie alternatives tout en augmentant les revenus du gouvernement. Mais cela n'a pas plu aux gens de l'Alberta qui ont pensé que le gouvernement fédéral venait ainsi fourrer son nez dans les affaires provinciales. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Quels que soient les réussites et les échecs du &lt;span class="caps"&gt;PEN, &lt;/span&gt;l'histoire ne devrait pas nous empêcher de nous joindre au reste du monde développé afin de mettre en place une stratégie énergétique. C'est pourquoi la Fondation David Suzuki travaille à l'élaboration d'un programme de grande envergure, le &lt;a href="http://www.davidsuzuki.org/fr/publications/rapports/2010/ouvrir-la-voie-vers-une-strategie-fondee-sur-les-energies-renouvelables-une-occa/"&gt;Projet Trottier pour l'Avenir Energétique&lt;/a&gt;, en association avec l'Académie Canadienne du Génie.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;J'ai trouvé un terrain d'entente au sein d'un groupe très varié de personnes issues de milieux divers. Ce groupe comprend des responsables de l'industrie et des syndicats, ainsi que plusieurs premiers ministres canadiens, dont la nouvelle première ministre conservatrice de l'Alberta, Alison Redford. Cette dernière appelle cette idée la Stratégie Canadienne de l'Energie pour éviter toute association avec le redoutable &lt;span class="caps"&gt;PEN. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Avec autant de gens brillants examinant divers programmes, nous pouvons certainement trouver un moyen de résoudre certains problèmes critiques que nous avons causés. Une stratégie solide, développée grâce aux idées de gens bien de chez nous de tous horizons, nous aiderait à prendre des décisions plus rationnelles sur les sables bitumeux et les oléoducs, ainsi que sur d'autres sources d'énergie, y compris des sources alternatives renouvelables et plus propres.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Devrions-nous envoyer plus de bitume brut vers les raffineries des États-Unis ou de Chine en utilisant de nouveaux oléoducs? N'oublions pas que le projet d'oléoduc Keystone, en suspend depuis que le Président Barrack Obama a rejeté la première proposition, n'a pas pour but d'approvisionner les États-Unis en pétrole, mais d'acheminer le bitume au Texas où il sera raffiné et finalement exporté.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Je suis d'accord à ce sujet avec l'ancien premier ministre de l'Alberta Peter Lougheed, l'un des plus fervents opposants au &lt;span class="caps"&gt;PEN.&lt;/span&gt; Lougheed a expliqué avec raison qu'en acheminant tout notre bitume aux États-Unis ou en Chine pour le raffinage, &lt;a href="http://thetyee.ca/Opinion/2011/09/22/Refine-Oil-In-Canada/"&gt;nous créons des emplois dans ces pays au lieu de les conserver chez nous&lt;/a&gt; (en anglais seulement). &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Lougheed a également suggéré que nous devions nous comporter en tant que propriétaires des sables bitumeux; ralentir le développement, recevoir notre part des recettes, et conserver quelques-unes de ces richesses et ressources pour l'avenir.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Je suis absolument d'accord. Nous devons nous souvenir que les sociétés pétrolières - qu'elles viennent de Chine, des États-Unis, du Canada ou d'ailleurs -  &lt;a href="http://thetyee.ca/Blogs/TheHook/Labour-Industry/2012/01/16/OilNumbers/"&gt;sont locataires de nos terres et non-propriétaires&lt;/a&gt; (en anglais eulement). Nous devrions mener la barque et en tirer profit.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Il est grand temps de laisser derrière nous les théories de conspiration concernant le versement par les États-Unis de petites sommes d'argent aux groupes écologiques, les &lt;a href="http://www.cbc.ca/news/politics/story/2012/01/09/pol-joe-oliver-radical-groups.html"&gt;insultes sur les radicaux&lt;/a&gt; (en anglais) , et les slogans marketing de bas de gamme comme &lt;a href="http://desmogblog.com/friends-benefits-harper-government-ethicaloil-org-and-sun-media-connection"&gt;Ethical Oil&lt;/a&gt; (en anglais) (le Pétrole Ethique).(&lt;a href="http://www.davidsuzuki.org/fr/faites-un-don/nos-donateurs/"&gt;Moins de 10% des fonds reçus par la Fondation David Suzuki&lt;/a&gt;  proviennent de sources étrangères, et une infime partie est utilisée dans notre travail sur le climat et l'énergie.)&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Nous devrions cesser de vendre nos ressources et matériaux bruts, d'accroître la production de sables bitumeux, ou de construire de nouveaux oléoducs tant que nous n'aurons pas mis en place un programme garantissant à la population du pays qu'elle sera la première à bénéficier de l'énergie, des emplois et des revenus. Nous devrions carrément nous assurer que, quoi que nous fassions, nous le faisons de manière à minimiser notre impact sur l'environnement.&lt;/p&gt;
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    <title>2012 : Année internationale de l'énergie durable pour tous</title>
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    <published>2012-02-13T15:50:20Z</published>
    <updated>2012-03-31T04:23:36Z</updated>

    <summary>Après l'année internationale de la forêt, voilà que l'ONU a déclaré 2012 comme l'année internationale de l'énergie durable pour tous. L'énergie étant l'élément central ayant permis l'amélioration de notre qualité...</summary>

    
        
            <author><name>Diane Bastien</name></author>
        
    
    
    
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        &lt;p&gt;Après l'année internationale de la forêt, voilà que l'ONU a déclaré 2012 comme l'année internationale de l'énergie durable pour tous. L'énergie étant l'élément central ayant permis l'amélioration de notre qualité de vie au cours des deux derniers siècles, elle constitue un pilier fondateur de notre société moderne. Néanmoins, elle est aussi une importante source de pollution affectant la qualité de notre environnement et notre santé. Le triste épisode du grand smog de Londres, qui aurait terrassé jusqu'à 12 000 personnes en 1952 (1), nous rappelle les risques associés à la combustion en milieu urbain.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Soixante ans plus tard, les combustibles fossiles fournissent toujours la majorité de l'énergie de la planète*. Les épisodes de smog, moins virulents, continuent malgré tout de tuer à petit feu dans les grands centres urbains de la planète.  Comme les  réserves mondiales de charbon, de pétrole, de gaz naturel et d'uranium pourront  répondre aux besoins énergétiques de l'humanité pour encore un demi à deux siècles au maximum, il faudra inévitablement recourir à des formes d'énergie durables tôt ou tard.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Comme la construction d'infrastructures d'énergies renouvelables, que ce soit un barrage hydroélectrique, des éoliennes ou des panneaux solaires, nécessite de l'énergie, il serait judicieux de s'assurer d'avoir les infrastructures renouvelables nécessaires pour combler la demande énergétique mondiale avant l'épuisement des combustibles non renouvelables.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Sur quelle énergie renouvelable la planète devrait-elle miser? Sur chacune d'entres elles! Selon les régions, elles sont plus ou moins bien nanties en ressources hydriques, solaires et éoliennes. La ressource à prioriser dépend donc beaucoup des ressources locales. Combiner l'exploitation de différentes sources renouvelables permet d'améliorer la stabilité de l'approvisionnement. L'hydroélectricité, grâce à sa capacité à stocker l'énergie par ses barrages, facilite l'intégration de l'énergie solaire et éolienne, ayant une plus grande variabilité quotidienne.&lt;/p&gt;
        &lt;p&gt;Néanmoins, selon moi, l'énergie solaire est destinée à devenir la reine des énergies renouvelables. Premièrement, bien que la radiation solaire ne soit pas uniforme à l'échelle de la planète, toutes les régions du monde en reçoivent abondamment, des pôles à l'Équateur. Deuxièmement, elle est celle avec le plus grand potentiel : elle pourrait assouvir 2850 fois les besoins mondiaux actuels en énergie, contrairement à 200 fois pour l'éolien et seulement une fois pour l'hydroélectricité (2). Troisièmement, elle est la seule énergie renouvelable qui peut s'exploiter facilement de façon décentralisée, c'est-à-dire intégrée aux bâtiments. Produire de l'énergie là où elle est consommée, dans les bâtiments, rend ceux-ci plus sécuritaires et résilients en cas de panne du réseau. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;C'est l'énergie la plus « démocratique », la plus facile à capter : avec quelques connaissances de base, un propriétaire peu facilement concevoir sa maison de sorte à capter les rayons du soleil pour le chauffage et l'éclairage naturel de sa maison. De plus, de nombreux &lt;em&gt;patenteux&lt;/em&gt; ont construits des collecteurs solaires thermiques « faits maisons » en réutilisant des matériaux. Construire sa propre éolienne ou turbine hydroélectrique est beaucoup plus laborieux...&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Mais qu'en est-il de la réalité économique? Avons-nous les moyens de capter l'énergie du soleil? Je poserais la question autrement... Avons-nous les moyens de nous en passer?&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Sous l'ère des combustibles à bon marché, oui, il était possible d'assouvir nos besoins énergétiques sans l'astre céleste. Toutefois, cette ère est clairement révolue.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Une maison solaire passive coûte environ 5% plus cher qu'une maison conventionnelle et ne coûte que 400$ à chauffer avec des plinthes électriques (3). En comparaison avec une maison neuve conventionnelle à 250 000$ qui coûte 2 000$ de chauffage par année,  on réalise une économie de 20 000 $ après vingt ans. En tenant compte de l'inflation du prix de l'énergie, cette économie est en réalité encore plus substantielle.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Mais qu'en est-il du prix des panneaux photovoltaïques? Au Québec, la production d'électricité à partir de panneaux photovoltaïques revient actuellement à 18-27 ₵/kWh (4). En comparaison au tarif d'Hydro-Québec, qui se situe entre 5 et 7 ₵/kWh, c'est effectivement plus élevé. Sachez toutefois que même en étant plus dispendieuse que l'hydroélectricité, utiliser l'énergie photovoltaïque pour alimenter des voitures électriques est, dès maintenant, moins cher que le pétrole (5). &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;L'association canadienne des industries solaires (CanSIA) prévoit que, d'ici 2025, l'énergie solaire photovoltaïque aura atteint la parité économique avec les autres sources d'énergie. 2025, c'est dans 13 ans! Pas demain, mais disons après-demain... Si nous voulons profiter de la croissance de cette industrie, il faut s'y lancer dès maintenant. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Malheureusement, c'est le contraire qui se passe actuellement au Québec... Nous perdons actuellement nos entreprises solaires. Elles mettent la clé sous la porte et déménagent en Ontario, afin de profiter du boum solaire chez nos voisins, comme &lt;a href="http://www.centennialsolar.com/"&gt;Centenniel Solar&lt;/a&gt;, qui a fermé son usine de St-Laurent pour s'installer à Kingston (6). &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le Québec est en position enviable : 97% de son électricité est renouvelable, et bon marché de surcroit. Il y a là une opportunité afin d'attirer des entreprises solaires pour qu'elles manufacturent leurs panneaux solaires ici même. Nous pourrions développer un label : énergie renouvelable produite à partir d'énergie renouvelable. Voilà un cycle vraiment durable.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Pour l'industrie photovoltaïque, deux choix s'offrent à nous : être proactif et développer une industrie locale, ou acheter les panneaux chinois (ou ontarien) en 2025 lorsque la parité économique sera atteinte. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Négliger l'énergie solaire passive et photovoltaïque, c'est perdre de l'argent et des emplois. Il est grand temps de sauter dans le train et commencer à exploiter l'énergie solaire sérieusement. Plusieurs propositions concrètes se trouvent dans le rapport &lt;a href="http://www.greenpeace.org/canada/fr/campagnes/climat-energie/Ressources/Rapports/rapport-potentiel-solaire-quebec/"&gt;Le potentiel des énergies solaires au Québec&lt;/a&gt;. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Nous devons développer une vision à long terme sur le développement de nos ressources énergétiques, basée sur la planification intégrée des ressources. Celle-ci se définie par l'adoption de la solution la moins dispendieuse et la plus souhaitable au plan économique, social et environnemental. En conciliant ces trois critères, il sera alors possible de continuer la transition mondiale, déjà amorcée, vers des énergies durables pour tous.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;*En 2008, le pétrole, le gaz naturel et le charbon a fourni 81,2% de la consommation énergétique mondiale (World Energy Outlook 2010, &lt;span class="caps"&gt;IEA,&lt;/span&gt; Tableau 2.1 page 80.)&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;1 « A Retrospective Assessment of Mortality from the London Smog Episode of 1952: The Role of Influenza and Pollution (Évaluation rétrospective de la mortalité liée à l'épisode du smog de Londres de 1952 : rôle de la grippe et de la pollution) », dans Environmental Health Perspectives, vol. 112, no 1, janvier 2004, p. 6-8&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;2 &lt;a href="http://www.greenpeace.org/international/en/campaigns/climate-change/energyrevolution/"&gt;Energy &amp;#174;evolution&lt;/a&gt; - A sustainable energy outlook for Canada, Greenpeace, p 88&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;3 Propos tenus par l'architecte Luc Muyldermans, dans le documentaire Chercher le courant.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;4 Le potentiel des énergies solaires au Québec, p22.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;5 Le potentiel des énergies solaires au Québec, p46.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;6 http://www.centennialglobaltechnology.com/&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;img alt="Ressources-energetiques.jpg" src="http://www.davidsuzuki.org/fr/blogues/cercle-scientifique/images/Ressources-energetiques.jpg" width="450" height="404" class="mt-image-none" style="" /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Ressources énergétiques mondiales - tirée de &lt;a href="http://www.greenpeace.org/international/en/campaigns/climate-change/energyrevolution/"&gt;Energy &amp;#174;evolution&lt;/a&gt; - A sustainable energy outlook for Canada, Greenpeace, p 88&lt;/p&gt;
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    <title>Les œillères - Lettre à Michael Binnion</title>
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    <published>2012-02-10T16:17:43Z</published>
    <updated>2012-02-20T15:01:44Z</updated>

    <summary>« Je me demande si les militants écologistes radicaux critiquent l'industrie du gaz naturel parce qu'ils n'ont eux-mêmes pas d'idées. C'est plus facile d'être contre que d'avoir des idées. »...</summary>

    
        
            <author><name>Karel Mayrand, Directeur général pour le Québec, Fondation David Suzuki et Président, Réalité Climatique Canada d’Al Gore</name></author>
        
    
    
    
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        &lt;p&gt;« Je me demande si les militants écologistes radicaux critiquent l'industrie du gaz naturel parce qu'ils n'ont eux-mêmes pas d'idées. C'est plus facile d'être contre que d'avoir des idées. » - Michael Binnion, Président et chef de la direction, Questerre&lt;br /&gt;
Monsieur Binnion, &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;En lisant la première phrase de &lt;a href="http://blog.questerre.com/fr/"&gt;votre blogue&lt;/a&gt;  j'ai tout de suite reconnu votre ton incendiaire. J'ai aussi remarqué l'usage du mot « radicaux » pour décrire les gens qui ne partagent pas votre point de vue. Je constate que vous semblez avoir rejoint ceux qui, dans ce pays cherchent à discréditer les groupes écologistes en les qualifiants de la sorte. Je vous comprends de le faire puisque cette campagne de relations publiques portée par des ministres fédéraux et plusieurs médias du pays vise à défendre votre industrie. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Je m'étonne, cependant, de vous voir utiliser un tel langage alors que votre industrie déploie des efforts pour convaincre les Québécois qu'un dialogue est possible avec les milliers de citoyens qui, sans être des radicaux, ont des questionnements légitimes face à l'implantation de l'industrie gazière dans leurs communautés. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Puis-je me permettre de retourner cette formule contre vous ? Il est plus facile de démoniser ses adversaires que de répondre à leurs arguments. &lt;/p&gt;
        &lt;p&gt;Passons aux arguments.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Un passage de votre blogue nous oblige à intervenir pour protéger l'intégrité de nos travaux. Votre récupération de l'étude publiée par la Fondation David Suzuki et l'Institut Pembina et intitulée « Le gaz naturel est-il une bonne solution pour contrer le changement climatique au Canada? » tient du détournement de faits. Déjà en septembre l'auteur de l'étude, Matthew Bramley, avait dû &lt;a href="http://www.davidsuzuki.org/fr/blogues/le-nid-du-colvert/2011/09/des-promoteurs-du-gaz-de-schiste-nous-citent-de-maniere-trompeuse/"&gt;rétablir les faits&lt;/a&gt;  après que vous ayez tenté de &lt;a href="http://blog.questerre.com/fr/?p=194"&gt;détourner le sens de l'étude&lt;/a&gt; , ce qui vous a mené à publier un blogue dans lequel vous nous présentiez &lt;a href="http://blog.questerre.com/fr/?p=215"&gt;vos excuses&lt;/a&gt; , ce qui était tout à votre honneur. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Vous récidivez cette fois en soutenant que notre étude affirme qu'une conversion au gaz naturel pourrait réduire nos émissions de 40%.  Bien entendu, vous omettez de mentionner que cette affirmation provient de votre propre interprétation de nos travaux et qu'elle n'apparait nulle part dans notre rapport. Vous faites également un usage très sélectif des faits puisque notre étude arrive à une conclusion sans équivoque à propos du gaz naturel : « des politiques climatiques adéquates mèneront à un niveau de production et d'utilisation du gaz naturel inférieur à celui du statu quo, à court, moyen et à long terme (p.40) ». &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;En fait, si nous souhaitons atteindre les cibles établies par les scientifiques du &lt;span class="caps"&gt;GIEC &lt;/span&gt;pour éviter des changements climatiques irréversibles, il nous faut dès maintenant réduire notre consommation de tous les combustibles fossiles, gaz inclus. Dans le &lt;a href="http://www.iea.org/weo/"&gt;Word Energy Outlook&lt;/a&gt;  publié en novembre dernier, l'Agence internationale de l'énergie souligne que, si rien n'est fait d'ici là pour amorcer un virage décisif, dès 2017 l'infrastructure énergétique en place génèrera sur sa durée de vie des émissions supérieures au seuil jugé sécuritaire par les scientifiques du &lt;span class="caps"&gt;GIEC.&lt;/span&gt; L'infrastructure gazière fera partie du problème et non de la solution. Ceci est d'autant plus vrai que plusieurs &lt;a href="http://www.nature.com/news/air-sampling-reveals-high-emissions-from-gas-field-1.9982"&gt;études récentes&lt;/a&gt;  tendent à démontrer que les émissions reliées à l'extraction de gaz naturel ont été grandement sous-estimées. Ces découvertes remettent en question l'avantage du gaz comme combustible à plus faibles émissions.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Votre récidive ne peut être qu'une tentative de récupération. Un homme de votre niveau ne commet pas deux fois la même erreur.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Monsieur Binnion, vous portez des accusations graves envers les écologistes, tout en tentant de récupérer le travail de certains d'entre nous en faisant un usage sélectif des faits. Vous qualifiez vos adversaires de radicaux, mais en refusant de nuancer vos positions vous vous campez vous-mêmes dans une position radicale. Rendons-nous à l'évidence : la performance de votre entreprise est liée à la croissance de la production de gaz naturel. Vous avez donc un intérêt certain à ne montrer qu'un seul côté de la médaille, celui qui maximisera vos profits, quitte à contourner les faits ou à les détourner à votre avantage. Vous portez volontairement des œillères, et celles-ci vous empêchent de discerner la science des relations publiques, l'intérêt collectif des intérêts de vos actionnaires. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Monsieur Binnion,  mes collègues ont des centaines d'idées pour solutionner les changements climatiques. Si la lutte aux changements climatiques vous tenait vraiment à cœur, vous retireriez vos œillères et vous vous donneriez la peine de les écouter. Peut-être découvririez-vous qu'au-delà du gaz naturel, il existe mille et une manières de résoudre la crise climatique. Elles toutes un point en commun : elles impliquent de se défaire de notre dépendance au pétrole, au charbon et au gaz. &lt;/p&gt;
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    <title>L'art d'être responsable</title>
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    <published>2012-02-09T15:40:32Z</published>
    <updated>2012-03-12T18:05:59Z</updated>

    <summary>Lorsque j'étais enfant, j'ai eu plusieurs animaux de compagnie - des chiens, des chats, des petits poissons rouges et même une tortue! La seule condition que mes parents m'ont toujours...</summary>

    
        
            <author><name>Jean-Patrick Toussaint, Chef de projets scientifiques pour le Québec de la Fondation David Suzuki</name></author>
        
    
    
    
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        &lt;p&gt;Lorsque j'étais enfant, j'ai eu plusieurs animaux de compagnie - des chiens, des chats, des petits poissons rouges et même une tortue! La seule condition que mes parents m'ont toujours imposée afin d'être l'heureux propriétaire de ces petites créatures était de bien m'en occuper. Cette tâche était assez simple en soi : m'assurer que mon animal mange, qu'il puisse faire de l'exercice (si applicable) et surtout, que son environnement et son milieu de vie soient propres. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Ce fut là ma première grande leçon de vie en tant que tout jeune homme : apprendre ce que c'est que d'avoir des responsabilités.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Géographiquement, le Canada jouit d'une situation unique lui conférant une des plus grandes forêts boréales de la planète, de grandes réserves d'eau douce et, surtout, le littoral le plus long du monde grâce à ses trois océans qui le bordent. Politiquement, la situation canadienne est toutefois beaucoup moins reluisante. &lt;/p&gt;
        &lt;p&gt;Avec tant de richesses naturelles et d'écosystèmes uniques, il paraitrait logique de penser qu'il est de notre responsabilité et celle de nos gouvernements de protéger ces atouts précieux qui caractérisent notre pays. Pourtant, nos dirigeants choisissent plutôt de dilapider de notre capital naturel et semblent avoir oublié ce que signifie « être responsable ».&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Dans un rapport récemment publié par un groupe d'experts de la &lt;a href="http://www.rsc.ca/documents/RSC_MBD_1_3_25_Twenty-Five_FR_FORMAT.pdf"&gt;Société Royale du Canada&lt;/a&gt; (SRC) sur le maintien de la biodiversité marine au pays, ces derniers constataient de manière alarmante qu'en tant que « nation maritime [...] nous manquons à nos responsabilités envers nos océans ». En effet, la superficie des océans bordant le Canada couvre l'équivalent de 70 % de sa masse continentale; nous entretenons donc un lien tout particulier avec ces océans dont nous dépendons d'une manière quelonque&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Pourtant, les océans et zones marines ne font malheureusement pas partie de la liste de priorités de notre gouvernement puisque le Canada ne compte qu'à peine 1 &lt;span cite="http://"&gt;de sa surface marine comme zone protégée par rapport aux 10 &lt;/span&gt; fixés par les &lt;a href="http://www.cbd.int/doc/strategic-plan/2011-2020/Aichi-Targets-fr.pdf"&gt;Nations Unies&lt;/a&gt;. Toujours selon les experts de la &lt;span class="caps"&gt;SRC, &lt;/span&gt;le Canada arrive au 125ème rang sur 127 politiques nationales analysées quant à la protection de la biodiversité marine quant à la création d'aires marines protégées.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Comment justifier ce laisser-aller alors qu'un &lt;a href="http://www.stateoftheocean.org/ipso-2011-workshop-summary.cfm"&gt;groupe international d'experts&lt;/a&gt; (lien en anglais seulement) indiquaient hors de tout doute en juin 2011 que les océans du monde risquent d'entrer dans une phase d'extinction sans précédent d'espèces marines?&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Les pressions que subissent nos océans sont les mêmes à l'échelle planétaire : surpêche, trafic maritime, rejets de produits toxiques, exploitation d'hydrocarbures en milieux extracôtiers, changements climatiques, etc. Par contre, ce sont les actions que nous entreprenons pour pallier à ces pressions qui nous différencient et nous définissent en tant que pays. Parmi les pays côtiers étant aux prises avec des problèmes similaires à ceux du Canada, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et la Norvège font pourtant mieux que nous afin de protéger leurs milieux marins. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Qu'attendons-nous alors pour faire preuve de leadership? Comment le Canada peut-il prendre ses responsabilités par rapport à nos océans et zones côtières? &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Tout d'abord, en mettant en œuvre son &lt;a href="http://www.dfo-mpo.gc.ca/oceans/publications/dmpaf-eczpm/summary-resume-fra.asp" title="provisoire"&gt;cadre national&lt;/a&gt; de réseau d'aires marines protégées, en protégeant les eaux arctiques déjà aux prises avec le réchauffement climatique plutôt que de les ouvrir à l'exploitation d'hydrocarbures et plus près de chez nous, en s'assurant de protéger et gérer de manière intégrée le golfe du Saint-Laurent, qui est également la cible de l'industrie pétrolière.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Agir de manière responsable est aussi important pour les individus que pour les collectivités, du simple citoyen à nos dirigeants et élus. Il est donc grand temps que notre gouvernement prenne ses responsabilités et protège nos océans - il s'agit d'un jeu d'enfant!&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Pour en savoir plus :&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Écoutez l'émission « &lt;a href="http://www.radio-canada.ca/emissions/lapres-midi_porte_conseil/2011-2012/"&gt;l'Après Midi Porte Conseil&lt;/a&gt; » traitant de l'état de nos océans, à laquelle participera le Dr Jean-Patrick Toussaint de la Fondation David Suzuki. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Faites comme nous et &lt;a href="http://action.davidsuzuki.org/fr/ocean-budget-fr"&gt;exigez de nos dirigeants qu'ils prennent leurs responsabilités et protègent nos océans&lt;/a&gt; - il s'agit d'un jeu d'enfant! &lt;/p&gt;
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