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	<title>InternetActu.net</title>
	
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	<description>InternetActu.net est un site d'actualité consacré aux enjeux de l'internet, aux usages innovants qu'il permet et aux recherches qui en découlent.</description>
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		<title>La mise en chiffre de soi (1/2) : qui sont ceux qui se mesurent ?</title>
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		<pubDate>Wed, 22 May 2013 05:00:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dans le dernier numéro de la revue Réseaux, Anne-Sylvie Pharabod, Véra Nikolski et Fabien Granjon signent un intéressant article sur &#8220;La mise en chiffres de soi&#8221; qui s&#8217;est intéressé à une poignée de praticiens de la mesure de soi. 
Ils rappellent que &#8220;la mise en chiffre de soi est une pratique marginale&#8221;, que le partage des données personnelles, enjeu central&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2013/05/reseauxpolitiquedesalgos.jpg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2013/05/reseauxpolitiquedesalgos.jpg" alt="Réseaux, politique des algorithmes" title="Réseaux, politique des algorithmes" width="148" height="223" hspace="6" vspace="6" align="right" /></a><a href="http://www.cairn.info/revue-reseaux-2013-1.htm">Dans le dernier numéro de la revue <i>Réseaux</i></a>, Anne-Sylvie Pharabod, Véra Nikolski et <a href="http://www2.univ-paris8.fr/cemti/spip.php?article115">Fabien Granjon</a> signent un intéressant article sur <a href="http://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=RES_177_0097">&#8220;La mise en chiffres de soi&#8221;</a> qui s&#8217;est intéressé à une poignée de praticiens de la mesure de soi. </p>
<p>Ils rappellent que <i>&#8220;la mise en chiffre de soi est une pratique marginale&#8221;</i>, que le partage des données personnelles, enjeu central pour les promoteurs des outils, est très confidentiel et reste cantonné à des pratiques spécifiques, et enfin que la quantification de soi est avant tout un geste intime et peu stable, qui ne s&#8217;installe pas dans la durée : souvent <i>&#8220;la pratique est ponctuelle, car elle s&#8217;apparente à un diagnostic : une fois l&#8217;évaluation faite, la quantification n&#8217;a plus de sens&#8221;</i>. Si certaines pratiques, notamment celles de performances sportives, peuvent être plus stables, elles ne sont pas forcément très intensives. </p>
<p>Contrairement au discours des tenants du Quantified Self, l&#8217;analyse des entretiens montre que la vision de la quantification comme pratique illustrant un progrès de la réflexivité est à nuancer. Le plus souvent, l&#8217;effet de connaissance apporté par la quantification s&#8217;avère limité, estiment les auteurs. La mesure demeure un diagnostic. L&#8217;information apportée par la mesure et l&#8217;analyse des résultats demeurent le plus souvent restreinte et instable. Les quantifications ordinaires se justifient par une pratique de transparence, mais souvent les quantifiés choisissent ce qu&#8217;ils mesurent : les utilisateurs ont donc tendance à mesurer des choses positives et n&#8217;hésitent pas à les suspendre quand elles deviennent déprimantes. </p>
<h3>Quelles normes partageons-nous ?</h3>
<p>En fait, soulignent avec justesse Anne-Sylvie Pharabod, Véra Nikolski et Fabien Granjon &#8220;plutôt qu&#8217;un mouvement de recul sur soi, de nombreuses quantifications s&#8217;inscrivent dans un mouvement de focalisation de l&#8217;attention, une sorte de &#8220;zoom avant&#8221; sur tel ou tel aspect qui masque la vision globale. Se percevoir autrement accompagne alors un changement de comportement, d&#8217;activités ou d&#8217;état.&#8221; </p>
<p>La quantification de soi est bien plus marquée par une volonté d&#8217;action sur soi que par la recherche d&#8217;une réflexion sur soi. Pour les auteurs, la quantification de soi est une parfaite illustration des formes (technicisées) de l&#8217;individualisme contemporain, où la généralisation de la norme d&#8217;autonomie s&#8217;accompagne de l&#8217;injonction à formuler un projet entrepreneurial de soi. L&#8217;individu doit se contraindre seul pour devenir un individu-projet, gestionnaire et responsable de soi, expliquent-ils. Les outils de la maîtrise de soi banalisent et généralisent des mesures d&#8217;état ou d&#8217;activité qui étaient auparavant réservées au cadre institutionnel. </p>
<p>Mais en se privatisant, la mesure d&#8217;activité ne perd pas toute référence à des conventions, seuils ou objectifs dont la définition collective pose question. <i>&#8220;Le partage du chiffre cache souvent le partage d&#8217;une norme&#8221;</i>. Les auteurs vont même plus loin et dénoncent le risque d&#8217;une standardisation des activités privées, qui rappellent les techniques gestionnaires de l&#8217;espace professionnel.  </p>
<p>De plus, les mesures effectuées de manière opportuniste, parce que les outils existent peinent à trouver leur sens. Et si les utilisateurs parviennent à trouver un usage pour eux-mêmes, la dimension de partage proposée par les outils leur paraît souvent difficile à exploiter. Souvent en fait, ces partages et mises en commun s&#8217;avèrent inutilisables, notamment parce que les personnes n&#8217;enregistrent pas les mêmes choses. Le classement de son niveau d&#8217;activité quotidienne sur Fitbit avec les autres utilisateurs souligne surtout que tous les utilisateurs n&#8217;utilisent pas l&#8217;appareil de la même façon : certains l&#8217;utilisent en continu, d&#8217;autre non, certains que quand ils courent alors que d&#8217;autres l&#8217;utilisent pour mesurer leur marche quotidienne&#8230;</p>
<p>Reste, soulignent avec raison les auteurs, que dans le monde de la quantification personnelle personne ne semble interroger la construction de nouvelles valeurs de références servant de guide aux actions quotidiennes des utilisateurs. Les moyennes issues des algorithmes deviennent des évidences. Nul ne sait dire combien de pas par jour il faut faire pour être en bonne santé &#8211; ni ne sait ce qu&#8217;est un pas et comment les outils de mesures le définissent différemment -, ni combien de temps il faut courir, mais les usages agrégés moyens proposent des tendances et des normes auxquelles beaucoup d&#8217;utilisateurs peuvent être enclins à se conformer. Combien de pas faut-il faire pour être en bonne santé ? Que signifie se conformer à une moyenne globale ? Et Pharabod, Nikolski et Granjon de souligner qu&#8217;il n&#8217;est peut-être pas si simple aux utilisateurs de se projeter dans des outils qui les comparent aux autres : <i>&#8220;la préférence pour un carnet papier ou une feuille Excel incompréhensible pour autrui sont sans doute le signe d&#8217;une résistance des individus à inscrire leurs pratiques personnelles dans l&#8217;horizon d&#8217;une standardisation&#8221;</i>.</p>
<h3>Qu&#8217;est-ce qui fait de nous un &#8220;quantifié&#8221; ?</h3>
<p>Il est dommage que ces questions éminemment intéressantes aient été assez peu présentes à la seconde édition de la conférence <a href="http://quantifiedself.com/2013/05/the-2013-quantified-self-europe-conference-roundup/">Quantified Self Europe</a> qui s&#8217;est tenu à Amsterdam les 11 et 12 mai 2013. Plus que l&#8217;année dernière (<a href="http://www.internetactu.net/2011/12/01/quantified-self-13-mettre-linformatique-au-service-du-corps/">voir notre couverture de la première édition européenne</a> et <a href="http://www.publie.net/fr/ebook/9782814506114/de-la-mesure-a-la-demesure-de-soi">notre livre sur le sujet</a>) cette édition s&#8217;est resserrée sur une succession de présentations personnelles, certes toujours étonnantes et inspirantes &#8211; notamment parce que le mantra auquel doivent répondre les présentateurs (&#8220;Que faites-vous ? Comment le faites-vous ? Qu’avez-vous appris ?&#8221;) sait très bien organiser le storytelling personnel -, mais circonscrites à un cercle d&#8217;utilisateurs avancés ou à ceux qui développent de nouveaux outils de mesure de soi. Les ateliers &#8211; auxquels j&#8217;ai participé &#8211; ont peiné à dépasser l&#8217;enfilade de lieux communs&#8230;  </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2013/05/qs2013conference.jpg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2013/05/qs2013conference.jpg" alt="" title="qs2013conference" width="540" height="212" /></a><br />
<i>Image : les participants à la conférence Quantified Self Europe 2013, <a href="http://www.flickr.com/photos/erramirez/8727272957/in/pool-2216271@N21">photographiés par Ernesto Ramirez</a>. Qui sont les quantifiés ?</i> </p>
<p>Gary Wolf avait raison de s&#8217;interroger, en introduction de la conférence de savoir en quoi le Quantified Self faisait communauté. Malgré une communauté forte de 19 000 membres déclarés à travers le monde, force est de constater qu&#8217;il est difficile de saisir ce qui la rassemble tant les raisons qui la rassemblent sont pour chacun différentes. <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Quantified_Self">Sur Wikipédia, le Quantified Self est décrit comme un mouvement</a>, mais est-ce que cela en est vraiment un ? Et sur quelles bases se regroupe-t-il ?  </p>
<p>Il demeure qu&#8217;à l&#8217;heure des Big Data, les Small data des quantifiés nous rappellent que ce n&#8217;est pas la masse de données qui compte, mais le sens. Si de nouveaux phénomènes émergent avec le volume de données, force est de constater que nos données personnelles les plus proches demeurent celles qui nous sont le plus utiles. <i>&#8220;Le sens et la proximité sont plus importants que la taille&#8221;</i>, soulignait Gary Wolf.</p>
<p>La chercheuse Whitney Erin Boesel (<a href="https://twitter.com/phenatypical">@phenatypical</a>) animait justement un atelier pour savoir qui était absent de cette communauté. Beaucoup de gens se mesurent sans appartenir à la communauté, ni trouver un intérêt à s&#8217;y rattacher. Cette absence doit-elle poser problème à la communauté ? Et, si c&#8217;est le cas, comment y remédier ? Est-ce que venir aux événements du QS suffit à faire appartenance à cette communauté ? Est-ce qu&#8217;utiliser un outil comme Fitbit ou les chaussures de Nike suffit pour faire de vous un quantifié ? Pas vraiment, les milliers d&#8217;utilisateurs de ces outils ne se sentant certainement pas appartenir à une communauté dont ils ignorent la plupart du temps l&#8217;existence. La meilleure réponse est certainement venue d&#8217;un quantifié lui-même : les quantifiés ne sont pas seulement ceux qui sont intéressés par la mesure de soi, mais surtout ceux qui réfléchissent sur le processus et la pratique de la mesure. <a href="http://thesocietypages.org/cyborgology/2013/05/15/you-me-them-who-is-the-quantified-self/">Comme elle l&#8217;explique dans un article pour Cyborgology</a> : <i>&#8220;Beaucoup de gens pourraient acheter un Fitbit parce qu&#8217;ils sont intéressés par le suivi de leur activité physique, d&#8217;autres parce qu&#8217;ils sont intéressés à vous le vendre. Pourtant, seulement quelques-uns seront intéressés à réfléchir sur de nouvelles et différentes façons d&#8217;utiliser un Fitbit, ou en quoi le comptage de leurs pas parle de leur vie, ou comment l&#8217;utiliser pour changer leur expérience du monde ou comprendre ce que cela signifie d&#8217;en utiliser une. Et c&#8217;est pour ces gens là que le Quantified Self est devenu une communauté et un foyer intellectuel.&#8221;</i> Dit autrement, le Quantified Self ne représente bien qu&#8217;une petite partie de ceux qui se mesurent, les utilisateurs avancés, ceux qui expérimentent de nouveaux outils, ceux qui cherchent d&#8217;autres réponses, ceux qui sont prêts à en parler&#8230; </p>
<p>La plupart des gens sont mal à l&#8217;aise à l&#8217;idée de mesurer quelque chose de soi. Tout le monde ne veut pas nécessairement savoir, mettre des chiffres ou au moins du sens sur ses actions quotidiennes. La plupart des gens confrontés à cette question ont peur d&#8217;une exclusion, d&#8217;une discrimination, d&#8217;une standardisation. Bien souvent, leur première question recouvre une profonde incompréhension : &#8220;mais pourquoi faites-vous cela ?&#8221; Dans le format même des présentations auquel sont invités à participer les participants du mouvement, le Quantified Self a tendance à promouvoir des histoires de transformation et si tout le monde aime ce type d&#8217;histoires, tout le monde ne souhaite pas être transformé. </p>
<h3>Comment les données se transforment-elles en action sur soi ?</h3>
<p>Dans un autre atelier consacré au soi dans la donnée, <a href="http://saramariewatson.com/">Sara Watson</a> (<a href="https://twitter.com/smwat">@smwat</a>), chercheuse à l&#8217;<a href="http://www.oii.ox.ac.uk/">Oxford Internet Institute</a>, quand on observe la fréquence des termes sur le site du mouvement, on se rend compte que celui-ci parle surtout de données et de technologies. Mais on y parle assez peu de la relation aux données ? Est-ce que nos données sont une projection de nous-mêmes ? Résument-elles notre identité ? Comment construisons-nous du sens à partir d&#8217;elles ? Comment les transformons-nous en action sur soi ? </p>
<p>Pour Robin Boorah, le soi est une expérience. Le processus de mesure de soi est en lui-même une expérience que nous cocréons. Les données sont un prétexte pour construire une histoire plus qu&#8217;un portrait, estime une anthropologue. Les données ne sont qu&#8217;un outil, un miroir, une grammaire pour inventer un nouveau vocabulaire de son soi, désagrégé, déconstruit par les données. Mais plus qu&#8217;un miroir, le QS n&#8217;est-il pas plutôt un microscope pour dresser son portrait ? La pratique de la mesure de soi consiste plus à se construire soi-même qu&#8217;à donner une représentation de soi, estime Whitney Erin Boesel. La pratique compte finalement plus que les données, souligne Robin Boorah, être attentif à sa propre mesure est finalement presque plus important que ce que les chiffres mesurent. La mesure de soi consiste surtout en une transformation de soi, plus qu&#8217;en une mesure, avec des outils de narration différents, qui changent la grammaire, la façon dont on parle de soi. Reste que les nombres sont devenus une monnaie d&#8217;autorité. Quand on montre des chiffres, on a l&#8217;impression de montrer une vérité, estime encore Robin Boorah, cela crédibilise l&#8217;expérience personnelle. Mais cela ne reste qu&#8217;un moyen de faire de l&#8217;introspection : les romanciers usent une autre grammaire, faite de mots plus que de chiffres, eux. </p>
<p>Mais que créons-nous avec ces mesures de soi ? Que sont ces objets, ces artefacts d&#8217;identité que les quantifiés échangent ? Comment regardons-nous les autres à travers les données ? </p>
<p>Si l&#8217;on place un verre d&#8217;eau vide sous la pluie, il devient un verre d&#8217;eau que l&#8217;on peut boire, souligne un participant. Les participants du QS transforment quelque chose d&#8217;eux-mêmes. Ils appliquent des modèles à un contexte. Ils transforment leur pas en données et l&#8217;interaction avec ces données permet de modifier leur environnement en le comprenant. Reste que ces données n&#8217;ont un sens que personnel, le plus souvent. Elles ont du mal à être utilisées par d&#8217;autres sans la connaissance qui leur est attachée, sans le contexte qui permet de les comprendre. </p>
<p>Incontestablement, conclut Sara Watson, les données sont une médiation, un outil pour se relier à soi. </p>
<h3>Comment peut-on demander à ne pas être tracé ?</h3>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2013/05/Screen-Shot-2013-05-13-at-2.18.47-PM.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2013/05/Screen-Shot-2013-05-13-at-2.18.47-PM-281x300.png" alt="Whitney Erin Boesel portant l'appareil photo Memoto" title="Whitney Erin Boesel portant l'appareil photo Memoto" width="281" height="300" align="right" hspace="6" vspace="6" /></a>A l&#8217;heure de la démultiplication des données personnelles, toutes ne sont pas produites par soi et pour soi, tant s&#8217;en faut. Durant la première journée de la conférence, les organisateurs ont voulu lancer une expérience en armant plusieurs d&#8217;entre eux de la petite caméra <a href="http://memoto.com/">Memoto</a>, un très discret appareil photo qui prend automatiquement une photo toutes les 30 secondes. L&#8217;idée était d&#8217;inviter le public à réagir à l&#8217;avènement des Google Glass qui s&#8217;annonce, à observer les réactions tant des porteurs de l&#8217;appareil que du public. Quelles questions ces outils posent-ils sur notre manière de faire société ? Comment ces outils transforment-ils les relations sociales ? Comment peut-on demander à ne pas être tracé ? </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2013/05/image-300x225.jpeg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2013/05/image-300x225.jpeg" alt="Les porteurs du Memoto racontent leur journée alors que défile les images qu'ils ont volé" title="Les porteurs du Memoto racontent leur journée alors que défile les images qu'ils ont volé" width="300" height="225" align="left" hspace="6" vspace="6" /></a>Pour les porteurs, racontant leur expérience,  certains évoquent leur sentiment de puissance à enregistrer les autres à leur insu : la cible de l&#8217;image n&#8217;a pas vraiment d&#8217;option. Finalement, ces enregistrements montrent plus les autres que soi et ont tendance à dédouaner leur utilisateur de toute responsabilité, rappelant combien, en fait, <a href="http://blog.kapor.com/index9cd7.html?p=29">l&#8217;architecture est politique</a>, comme le disait Mitch Kapor, ou combien nous sommes responsable de la conception de ces outils, comme le soulignait Adam Greenfield dans <i>Everywhere</i>. Pour un autre porteur, il a été difficile de se souvenir qu&#8217;il portait un tel appareil, notamment en faisant quelque chose de privé. Bienvenue dans l&#8217;ère de la McVeillance, telle que définit par Steve Mann (<a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Steve_Mann">Wikipédia</a>), le pionnier de l&#8217;informatique portée, qui la définit comme le ratio entre la surveillance et la sousveillance et qui sera au programme de la <a href="http://veillance.me/program/">conférence Istas 2013 qui aura lieu en juin à Toronto</a>. Avec ces outils de lifelogging entrons-nous dans une société <i>post-privacy</i> ? L&#8217;assemblée n&#8217;a pas fourni de réponses autres que ses propres interrogations et doutes. Certaines personnes ont reconnu s&#8217;être éloignées des porteurs de la caméra. Beaucoup ne l&#8217;ont pas remarqué. En faisant défiler le flux des photos prises par ce petit objet anodin, on constatait combien toutes ces photos n&#8217;avaient pas grand intérêt. C&#8217;était un peu comme regarder une batterie d&#8217;écrans de caméras de vidéosurveillance sans même savoir quoi y chercher. </p>
<p>Assurément, le problème n&#8217;est pas d&#8217;être surveillé &#8211; nous le sommes toujours dans les lieux publics, ne serait-ce que par les autres -, mais d&#8217;être identifié. Et la surveillance est hélas le premier moyen pour permettre l&#8217;identification. </p>
<h3>Lifelogging : qu&#8217;enregistrons-nous de nous ?</h3>
<p>Pour donner de la perspective à ces questions, les organisateurs avaient invité pour conclure ces deux jours de conférence deux invités qui travaillent sur la question du <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Lifelogging">lifelogging</a> depuis longtemps. </p>
<p>Depuis 7 ans, <a href="http://www.computing.dcu.ie/~cgurrin/">Cathal Gurrin</a> (<a href="https://twitter.com/cathal">@cathal</a>, qui travaille pour le consortium <a href="http://www.clarity-centre.org/">Clarity</a>, un centre irlandais qui travaille sur les technologies de capteur) porte un appareil qui prend en photo, automatiquement, toutes les 30 secondes, ce qu&#8217;il fait et mène des travaux de recherche à l&#8217;université de Dublin sur ce sujet (<a hef="http://vimeo.com/32054542">voir la vidéo</a> d&#8217;une présentation de son projet faite devant le Dublin City Council Arts Office &#8211; aucune donnée du projet ne sont accessibles en ligne). Le problème est d&#8217;organiser et tirer du sens de cet amas de données, qui totalise 2 millions de photos et 4 millions de coordonnées de géolocalisation. Cela ne peut pas être manuel. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2013/05/cathalgurrin.jpg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2013/05/cathalgurrin.jpg" alt="" title="cathalgurrin" width="540" /></a><br />
<i>Image : Cathal Gurrin sur la scène du Quantified Self Europe à Amsterdam, <a href="http://www.flickr.com/photos/37996583811@N01/8733813167/in/photostream/">photographié par Rain Rabbit</a>.</i></p>
<p>La plupart des images sont très ennuyeuses, reconnaît Cathal Gurrin. Elles montrent que nous faisons des dizaines de choses différentes chaque jour, mais que pour le comprendre il est nécessaire de traiter automatiquement les données. La plupart des images n&#8217;ont aucun intérêt, mais certaines peuvent avoir beaucoup de sens pour soi, par exemple les images qui prennent en photo quelqu&#8217;un que l&#8217;on rencontre pour une première fois. Mais en fait, reconnaît Cathal Gurrin, il ne regarde pas les images et la majorité d&#8217;entre elles ne sont jamais regardées. C&#8217;est son logiciel qui le fait pour lui et qui tente d&#8217;extraire du sens des 5000 images que son appareil photo prend chaque jour. En fait, seulement 4 % des photos sont intéressantes. 40 % sont inexploitables (trop sombres ou floues) et 56% se prêtent à l&#8217;analyse par le logiciel.  </p>
<p>Depuis 7 ans qu&#8217;il porte un appareil photo autour du cou, Cathal Gurrin a remarqué que le plus souvent les gens ne prêtent pas attention à son appareil. Depuis 2006, celui-ci n&#8217;a déclenché que 4 fois une tension avec un interlocuteur&#8230; Les photos ne font pas vraiment peur aux gens, ceux-ci expriment bien plus d&#8217;inquiétude après l&#8217;enregistrement audio, souligne le chercheur. </p>
<p>Cathal Gurrin explique encore qu&#8217;il n&#8217;a aucun contrôle sur ce qu&#8217;il enregistre. Si au début il faisait attention, il en a vite oublié l&#8217;appareil. Face à la masse de données, naviguer ou faire une recherche dans les photos devient vite impossible. Il explique ainsi qu&#8217;il a peu de chance de retrouver quelque chose en naviguant dans les photos et que le moteur de recherche qu&#8217;il a construit ne rapporte pas toujours des résultats (3 fois sur 4). Ce système a été construit dans un but de recherche inspiré par celles de Gordon Bell. Cathal voulait comprendre ses routines quotidiennes. L&#8217;essentiel de son travail a tout de même été de développer un logiciel adapté, capable de reconnaître des objets ou des personnes, d&#8217;organiser les données, d&#8217;apprendre de son fonctionnement&#8230; Il a fallu apprendre au logiciel à extraire la sémantique des images, à identifier ce que l&#8217;on voit sur les photos, en s&#8217;inspirant des travaux de <a href="http://www.princeton.edu/~kahneman/">Daniel Kahneman</a> pour <a href="http://www.sfu.ca/~kathleea/phil100/lectures/100_08.Last.pdf">caractériser les activités de la vie quotidienne (.pdf)</a>. Il a fallu ainsi identifier et caractériser l&#8217;activité pour mesurer la fréquence de ses interactions sociales ou que la machine soit capable de comprendre s&#8217;il était à la maison ou au bureau rien qu&#8217;en observant son environnement de travail. Il a fallu également comprendre les besoins d&#8217;information de l&#8217;utilisateur, notamment quand il souhaite retrouver des informations particulières. Gurrin a ainsi mis au point un journal quotidien capable de publier un résumé de ses activités quotidiennes les plus saillantes, illustré d&#8217;image. Il a bâti un Foodlog pour identifier les images de ce qu&#8217;il mange. Il utiliser ses images pour construire une frise des couleurs de sa vie, réduisant chaque image à un pixel de la couleur dominante de celle-ci&#8230; <a href="http://doras.dcu.ie/17135/1/ihci_poster_yang.pdf">Il a mesuré ses habitudes à la machine à café (.pdf)</a> en utilisant les API de Face.com pour identifier avec qui il prenait ses cafés. Et pour tout cela, il a mis au point une plateforme, <a href="http://doras.dcu.ie/16881/">SenseSeer</a>. Cathal Gurrin est visiblement prêt pour les Google Glass. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2013/05/jan_ate-424x1024.jpg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2013/05/jan_ate-424x1024.jpg" alt="" title="jan_ate-424x1024" width="250" hspace="6" vspace="6" align="right" /></a>La game designer hollandaise <a href="http://www.ellisinwonderland.nl/">Ellis Bartholomeus</a> (<a href="https://twitter.com/ellisinwonderla">@elliswonderla</a>) a également accompli <a href="http://www.ellisinwonderland.nl/this-is-what-i-ate/">une expérience de lifelogging à partir de photos</a>. Avec la nouvelle année, elle a pris pour résolution de photographier tout ce qu&#8217;elle mangeait en le partageant sur Facebook. Décider de le faire et le faire a immédiatement modifié son comportement. Elle a préparé ses diners avec plus de conscience et d&#8217;application juste parce qu&#8217;elle devait les photographier. Face aux réactions de ses amis, curieux, elle a décidé de continuer l&#8217;expérience. Elle a étiquetté les images afin de renseigner ce qu&#8217;elle mangeait et où elle en mangeait pour en dresser la cartographie. Quand elle ne pouvait pas prendre de photos, elle a capturé un écran noir, ce qui lui a permis de constater qu&#8217;avec le temps, elle avait tendance à perdre sa motivation ce qui fait qu&#8217;elle a limité l&#8217;expérience a trois mois. Bien souvent, prendre en photo son repas nécessite des efforts voir des explications face aux autres qui vous voient faire. Cela nécessite une motivation forte et des buts clairs et précis.</p>
<p>Sans faire de régime, par cette simple attention, elle a perdu 5 kilos. Ce n&#8217;était pas le but, mais un résultat du fait de prendre conscience de ce que l&#8217;on mange. &#8220;Au moment de manger, j&#8217;étais invité à réfléchir à ce que je faisais. Devais-je prendre ces chips en photo et les partager ? L&#8217;exercice a créé une pression à la fois personnelle et sociale.&#8221;</p>
<p><a href="http://wanderingstan.com/">Stan James</a> (<a href="https://twitter.com/wanderingstan">@wanderingstan</a>), lui, a programmé la webcam de son ordinateur pour qu&#8217;elle prenne automatiquement une photo toutes les demi-heures. Comme les autres lifeloggers, les images issues de ce projet, baptisé <a href="http://wanderingstan.com/lifeslice">tranche de vie</a>, se sont avérées très ennuyeuses. Du fait du contexte dans lequel sont prises les photos, elles lui montrent surtout le temps passé devant son écran. Il a néanmoins tenté de les exploiter pour voir le nombre de fois où il s&#8217;est endormi devant l&#8217;écran, le nombre de fois où il est torse nu face à l&#8217;écran, où il l&#8217;utilise au lit, le nombre de fois où il est avec d&#8217;autres, où il touche son visage, où il est au téléphone&#8230; voir même où il sourit. La pratique, à nouveau, montre la difficulté à exploiter ce type d&#8217;images pour en tirer du sens. Cela n&#8217;empêche pas le programmeur de réfléchir à en faire une application pour que d&#8217;autres l&#8217;utilisent. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2013/05/8731920832_c260167570_z.jpg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2013/05/8731920832_c260167570_z.jpg" alt="" title="8731920832_c260167570_z" width="540" /></a><br />
<i>Image : Stan James présente ses tranches de vies, notamment le nombre de fois où il dort face à l&#8217;écran, <a href="http://www.flickr.com/photos/37996583811@N01/8727486853/in/pool-2216271@N21/">photographié par Rain Rabbit</a>.</i></p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2013/05/buster01.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2013/05/buster01.png" alt="" title="buster01" width="240" hspace="6" vspace="6" align="left" /></a> <a href="http://busterbenson.com/">Buster Benson</a> <a href="https://twitter.com/buster">@buster</a>) est également un pionnier du lifelogging (<a href="https://docs.google.com/presentation/d/1dMKIVojlyctS4I_QOIGRFpjCjW2u2GYMdAEI2IMeTOw/edit#slide=id.gc1dbaf6f_03">voir sa présentation</a>). Il a commencé à se mesurer en 2002, en monitorant son humeur, puis a lancé un site pour créer un journal intime privé, <a href="http://750words.com/">750 mots</a>, puis un jeu social pour améliorer sa santé, <a href="http://healthmonth.com/">HealthMonth</a> avant de lancer un outil pour mesurer et conserver toute son activité numérique&#8230; Mais depuis 5 ans, Buster Benson a pris une autre habitude, celle de prendre <a href="http://www.flickr.com/search/?q=8%3A36pm&#038;w=35034346886%40N01&#038;z=e&#038;s=rec">tous les jours à 20h36 une photo</a>. L&#8217;idée est de prendre une photo d&#8217;une manière quasi automatique (une alarme lui rappelle de prendre une photo) et de la publier en ligne, sans la censurer. Pour lui, la vie privée, n&#8217;est qu&#8217;un effet de bord de l&#8217;absence de connexion. Le but est de capturer quelque chose de soi, sans l&#8217;interpréter (même si souvent il renseigne ses images). En 5 ans, Buster a accumulé 1785 photos. Commencé comme un défi, ce pourquoi il l&#8217;a fait a pris sens avec le temps. Si l&#8217;essentiel des photos est très ennuyeux, certaines ont du sens pour lui. L&#8217;enjeu a bien sûr été de les faire parler, de les renseigner, de dataifier l&#8217;ensemble, lui permettant de mesurer d&#8217;une manière rétrospective quand il sortait, quand il travaillait, quand les photos montraient une activité sociale, sa femme ou son fils. Son but était de capter le passage du temps. Pour autant, il ne sait pas jusqu&#8217;où il mènera ce projet. Il en voit les limites, tout ce que ce fil de photos ne collecte pas, les rêves, les espoirs&#8230; </p>
<p>Ces projets mettent en perspective <a href="https://www.diigo.com/user/hubertguillaud/GoogleGlass">bien des questions qui se posent autour du projet de lunettes de réalité augmentée de Google</a>, mais, sans plus que celles-ci répondent à ce qui anime cet enregistrement compulsif de soi et des autres. Pourquoi le faisons-nous ? Pourquoi le continuons-nous ? Comme si en fait nous amassions seulement des images du monde parce que c&#8217;est possible et facile, sans en voir les conséquences. Qu&#8217;importe si l&#8217;expérience de l&#8217;utilisateur transforme celle de celui qui y est confronté ? La liberté des uns commence là où s&#8217;arrête celle des autres. </p>
<p>Hubert Guillaud</p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/corps/" title="corps" rel="tag">corps</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/identites-actives/" title="identités actives" rel="tag">identités actives</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/lifelog/" title="lifelog" rel="tag">lifelog</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/quantifiedself/" title="quantifiedself" rel="tag">quantifiedself</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/wearable/" title="wearable" rel="tag">wearable</a><br />
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		<title>Que l’avenir nous appartienne !</title>
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		<pubDate>Mon, 20 May 2013 09:56:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier de la Porte</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La lecture de la semaine nous provient une fois n’est pas coutume du New York Post. Ce texte m’intéresse pour plusieurs raisons : d&#8217;abord parce qu’il émane de Jaron Lanier (Wikipédia), personnage intéressant, car faisant partie de la cohorte des pionniers de l&#8217;internet devenu très critiques vis-à-vis des tendances contemporaines des technologies. Ensuite parce qu’il réactive sous une forme revendicative&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La lecture de la semaine nous provient une fois n’est pas coutume du <i><a href="http://www.nypost.com">New York Post</a></i>. <a href="http://www.nypost.com/p/news/opinion/opedcolumnists/own_the_future_lbRwt3X22edkwoW2bir7jI">Ce texte</a> m’intéresse pour plusieurs raisons : d&#8217;abord parce qu’il émane de <a href="http://www.jaronlanier.com/">Jaron Lanier</a> (<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jaron_Lanier">Wikipédia</a>), personnage intéressant, car faisant partie de la cohorte des pionniers de l&#8217;internet devenu très critiques vis-à-vis des tendances contemporaines des technologies. Ensuite parce qu’il réactive sous une forme revendicative une problématique que nous avons déjà explorée dans &#8220;Place de la toile&#8221;, mais que je trouve politiquement très fertile : l’idée que tout internaute est un travailleur exploité.</p>
<p>&#8220;Hey, les jeunes, commence Jaron Lanier, qu’est-ce qui ne va pas avec vous ? Vous qui êtes si satisfaits de mettre à jour vos statuts, fixés sur l’écran minuscule de votre ordinateur. Levez la tête et regardez un instant l’écran plus large de la vie. Pourquoi est-ce que pendant ce temps-là, votre statut social ne s’améliore pas ?&#8221;</p>
<p>Voilà pour l’adresse un peu brutale, vient ensuite le raisonnement. &#8220;Pour le dire métaphoriquement, poursuit Lanier, la génération qui nous suit se trouve face à deux portes. Derrière la première, se trouvent la richesse et le succès, mais très peu passeront le seuil. Entrer signifie se tenir tout près d’un de ces gros ordinateurs qui contrôlent tout. Peut-être trouverez-vous un boulot chez Google ou Facebook, ou atterrirez-vous dans une boite à Wall Street qui joue le même jeu : recueillir les informations données par les autres pour calculer le chemin qui mènera à la richesse et au pouvoir.</p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2013/05/LanierparHawk.jpg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2013/05/LanierparHawk.jpg" alt="Lanier par Hawk" title="Lanier par Hawk" width="540" /></a><br />
<i>Image : Jaron Lanier <a href="http://www.flickr.com/photos/thomashawk/4365278153/">photographié par Thomas Hawk</a> lors d&#8217;une conférence à San Francisco en février 2010.</i></p>
<p>La seconde porte, c’est le faux espoir, une sorte de casino. Vous mettrez des vidéos en ligne, vous tweeterez, posterez des photos sur Instagram, vous ferez la promotion de vous-mêmes dans l’espoir de faire partie du tout petit nombre de gens qui le font bien. Mais au fond, vous savez qu’à la fin, c’est toujours la banque qui gagne.<br />
Qu’est-ce qui manque à tout ça ? Une troisième porte. Avant, il y a avait un passage qui menait à une classe moyenne fiable et raisonnablement confiante. Le problème avec les réseaux informatiques, c’est qu’ils ont été explicitement créés pour murer cette troisième porte.</p>
<p>Quand la photographie s’est faite sur pellicule, une entreprise comme Kodak a directement employé 140 000 personnes appartenant à la classe moyenne. Ces gens se sont fait de l’argent avec les produits qu’ils créaient. A l’âge de l’internet, une entreprise comme Instagram peut n&#8217;employer que 13 personnes. Ces gens se font de l’argent avec des contenus que d’autres – c’est-à-dire vous – créent. Instagram a dernièrement été vendu pour 1 milliard de dollars, mais seul un tout petit groupe de gens est devenu riche, avec le travail que nous avons fourni.<br />
Ca n’aurait pas dû se passer comme ça.</p>
<p>L’idée originelle du partage numérique, qui remonte aux travaux de Ted Nelson au début des années 60, s’appelait &#8220;l’hypertexte&#8221;. Nelson savait que la numérisation pouvait ébranler la propriété des contenus ; son plan originel était que chacun reçoive un micropaiement pour toute chose de valeur qu’il mettait en ligne. Il reste le souvenir de l’hypertexte dans le &#8220;HT&#8221; de &#8220;HTML&#8221;. Mais les micropaiements sont, pour la plus grande partie, oubliés. Twitter, Facebook, Instagram, Google, nous leur donnons notre esprit, ils en tirent profit.</p>
<p>Un jour, une nouvelle génération d’Américains, soit vous soit vos enfants, devra trouver un moyen de se faire payer pour ce qu’ils mettent dans Facebook, Instagram, Twitter et le reste.</p>
<p>L’idée semble peut-être étrange, tant nous sommes habitués à donner gratuitement. Mais c’est l&#8217;acte de foi dont les marchés ont toujours eu besoin. Quand les gens commencent à échanger en masse, le marché grossit, tout le monde va mieux et une classe moyenne émerge.</p>
<p>Vous devriez être indignés par la disparition de la troisième porte. Ne vivez pas dans le présent éternel de Facebook. Apprenez l’histoire du monde réel et soyez conscients de ce que vous avez perdu !&#8221;<br />
Voici pour cet appel au soulèvement de Jaron Lanier, soulèvement dont vous aurez compris qu’il est tout sauf révolutionnaire. Il s’agit, en dernier recours, de ne pas rester sur le bord de la route du capitalisme contemporain.</p>
<p>Xavier de la Porte</p>
<blockquote><p>Xavier de la Porte (<a href="https://twitter.com/xporte">@xporte</a>), producteur de l’émission <a href="http://www.franceculture.fr/emission-place-de-la-toile">Place de la Toile</a> sur France Culture, réalise chaque semaine une intéressante lecture d’un article de l’actualité dans le cadre de son émission.</p>
<p><iframe src="http://www.franceculture.fr/player/export-reecouter?content=4628542" width="481" frameborder="0" scrolling="no" height="139"></iframe></p>
<p><a href="http://www.franceculture.fr/emission-place-de-la-toile-les-ordinateurs-et-l-informatique-au-cinema-2013-05-18">L’émission du 18 mai 2013</a> avait pour thème &#8220;les ordinateurs et l&#8217;informatique au cinéma&#8221; Les ordinateurs et l&#8217;informatique au cinéma en compagnie d&#8217;Alexis Blanchet (<a href="https://twitter.com/AlexisBlanchet">@AlexisBlanchet</a>, maître de conférences en audiovisuel et cinéma à l’université de Paris III (<a href="http://www.franceculture.fr/emission-place-de-la-toile-cinema-et-jeux-video-2012-10-20">qui était venu il y a quelques mois parler de son livre sur les jeux vidéo au cinéma</a>) et qui anime le blog <a href="http://jeuvideal.com/">JeuVidéal</a>, d&#8217;Emmanuel Burdeau, <a href="http://www.mediapart.fr/biographie/51815">critique de cinéma sur Mediapart</a>, ancien rédacteur en chef des Cahiers du cinéma et cofondateur des éditions <a href="http://www.capricci.fr/">Capricci</a>, ainsi que de Jean-Noël Lafargue (<a href="https://twitter.com/Jean_no">@Jean_no</a>), maître de conférences associé à Paris 8 et professeur aux Beaux-arts du Havre, auteur d&#8217;un livre sur les représentations de la fin du monde et qui sur <a href="http://hyperbate.fr/dernier/">son blog</a>, recense notamment <a href="http://hyperbate.fr/dernier/?cat=35">les films qui montrent des ordinateurs</a>.</p></blockquote>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/economie-de-lattention/" title="économie de l&#039;attention" rel="tag">économie de l&#039;attention</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/industries-culturelles/" title="industries culturelles" rel="tag">industries culturelles</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/participation/" title="Participation" rel="tag">Participation</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/pdlt/" title="pdlt" rel="tag">pdlt</a><br />
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		<title>A lire ailleurs du 3 au 16 mai 2013</title>
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		<pubDate>Thu, 16 May 2013 09:55:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Internetactu</dc:creator>
				<category><![CDATA[A lire ailleurs]]></category>

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		<description><![CDATA[. Une contre-histoire de l&#8217;Internet &#8211; videos.arte.tv
Il vous reste 7 jours pour voir ou revoir une contre-histoire de l&#8217;internet, le documentaire de Julien Goetz et Jean-Marc Manach pour comprendre les enjeux du réseau. http://lesinternets.arte.tv
. Les sales petits secrets de la publicité programmée : la fraude est à la hausse &#8211; Adotas
L&#8217;achat programmé de publicité (qui permet d&#8217;acheter&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://videos.arte.tv/fr/videos/une-contre-histoire-de-l-internet--7495632.html">. Une contre-histoire de l&#8217;Internet &#8211; videos.arte.tv</a><br />
Il vous reste 7 jours pour voir ou revoir une contre-histoire de l&#8217;internet, le documentaire de Julien Goetz et Jean-Marc Manach pour comprendre les enjeux du réseau. <a href="http://lesinternets.arte.tv">http://lesinternets.arte.tv</a></p>
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L&#8217;achat programmé de publicité (qui permet d&#8217;acheter de la publicité par mots clefs) et son succès sont de plus en plus confronté à l&#8217;augmentation du trafic non humain (NHT). 30% du trafic en ligne pourrait être du trafic non humain estiment certaines études et ce trafic est en pleine expansion estime ComScore. Reste à trouver comment y répondre collectivement, interroge Adotas.</p>
<p><a href="http://www.guardian.co.uk/technology/2013/may/13/3d-printed-guns?CMP=twt_gu">. Les pistolets 3D vont créer de sérieux précédents légaux &#8211; Guardian</a><br />
Cory Doctorow pour le Guardian revient sur la possibilité désormais d&#8217;imprimer sa propre arme depuis une Imprimante3D. Et effectivement, ces armes en plastiques (indétectables donc) posent effectivement des problèmes de régulation, tout en soulignant la fragilité de ces armes, qui nécessite des imprimantes sophistiquées et le fait qu&#8217;il est encore et pour longtemps bien plus facile d&#8217;aller en acheter de vrai, légalement ou pas. Jusqu&#8217;à présent, &#8220;la plupart de ces technologies ont toujours été réglementées par des règles sur la façon dont ils doivent être construits, utilisés et contrôlés&#8221; et ce d&#8217;autant plus que leur complexité rendait impossible une construction individuelle, Ceci changeant &#8211; n&#8217;importe qui peut construire un jumbo jet &#8211; , c&#8217;est toutes nos règles de régulation qu&#8217;il faut revoir. Plus que de régulation, ne faudrait-il pas d&#8217;ailleurs plutôt parler de régulabilité, interroge Doctorow. Peut-on dicter à ceux qui fabrique ou utilise une techno des conditions ? </p>
<p><a href="http://www.framablog.org/index.php/post/2013/05/12/github-on-a-un-probleme">. Pour un GitHub plus démocratique et efficace &#8211; Framablog</a><br />
GitHub est aujourd’hui la plus dynamique forge de développement de logiciels libres. Mais n’y aurait-il pas, dans sa conception même, quelques problèmes de gouvernance et de circulation du code qui menacent l’efficacité, voire la viabilité, des projets ? C&#8217;est ce qu&#8217;explique Christophe Maximin qui montre que la domination du créateur originel du projet et la démultiplication des duplicats de projets où chacun ajoute sa correction n&#8217;aide pas l&#8217;évolution des projets d&#8217;une manière vraiment collaborative. </p>
<p><a href="http://www.millenaire3.com/M3-Societe-urbaine-et-action-publique-Hors-Serie.122+M549abaa3f5e.0.html">. Hors-Série n°1 &#8211; Millenaire3</a><br />
Millénaire3, la revue de prospective du Grand Lyon publie un très stimulant hors série composé de 12 entretiens pour comprendre les grandes mutations de nos sociétés. A télécharger : <a href="http://www.millenaire3.com/uploads/tx_ressm3/M3-HS_1.pdf">http://www.millenaire3.com/uploads/tx_ressm3/M3-HS_1.pdf</a></p>
<p><a href="http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/2013/05/09/jeremy-rifkin-le-gourou-du-gotha-europeen-1/">. Jeremy Rifkin, le gourou du gotha européen &#8211; Jean Gadrey</a><br />
L&#8217;économiste Jean Gadrey livre une intéressante critique de la &#8220;Troisième révolution industrielle&#8221; de Jeremy Rifkin. Pour lui, Rifkin, bien qu&#8217;il valorise le pouvoir latéral,  ne s&#8217;adresse pas aux indignés, mais avant tout aux grands de ce monde : pour faire avancer sa cause, il emploie exclusivement des méthodes verticales, ce qui est une véritable contradiction de fond. &#8220;Internet existe depuis plus de 20 ans, l&#8217;informatique depuis 40 ans, et l&#8217;on n&#8217;a pas observé de recul du pouvoir de l&#8217;oligarchie, au contraire&#8221;. Au contraire, les nouvelles configurations techniques poussent un capitalisme toujours plus dérégulé et toujours moins partagé. Dans le second billet &#8211; <a href="http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/2013/05/12/jeremy-rifkin-le-gourou-du-gotha-europeen-2/">http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/2013/05/12/jeremy-rifkin-le-gourou-du-gotha-europeen-2/</a> &#8211; Gadrey explique que les 5 piliers de la troisième révolution industrielle reposent sur un fort déterminisme technologique. Pour Rifkin, la technologie est l&#8217;unique déterminant du changement écologique. Or, la fée techno ne mène pas au partage du pouvoir. Le réalisme de Rifkin est à mille lieu de celui des scénarios de NegaWatts&#8230; Et dans son scénario, Rifkin oublie de prendre en compte la disparition des matières premières, minerais et terres rares indispensables au futur technologique qu&#8217;il envisage. Or, à cause de cela, l&#8217;énergie ne deviendra pas gratuite, comme l&#8217;estime Rifkin. Enfin, dans la 3e partie de cette critique &#8211; <a href="http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/2013/05/13/jeremy-rifkin-le-gourou-du-gotha-europeen-3/">http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/2013/05/13/jeremy-rifkin-le-gourou-du-gotha-europeen-3/</a> &#8211; Gadrey estime que la 3e révolution industrielle de Rifkin est avant tout hypermatérielle, hyperconsumériste et hyperproductiviste. Elle s&#8217;appuie sur le pari hasardeux de ruptures technologiques à venir. </p>
<p><a href="http://www.cornu.eu.org/news/donner-une-capacite-naturelle-mais-limitee">. Donner : une capacité naturelle, mais limitée &#8211; Jean-Michel Cornu</a><br />
Jean-Michel Cornu publie un extrait de son livre &#8220;Tirer profit du don&#8221; qui s&#8217;intéresse à comment le don et l&#8217;échanges sont limités par la taille du groupe. Si nous sommes limités à appréhender environ 150 éléments sociaux, soit nous nous intéressons aux 150 personnes que nous pouvons connaître, soit nous portons notre attention à l&#8217;ensemble des interactions à l&#8217;intérieur d&#8217;un groupe, ce qui le limite à environ une douzaine de personnes. Au fur et à mesure que nous dépassons cette limite de 12 personnes, notre capacité à faire des alliances naturelles se réduit. Ce nombre de 12 est à prendre avec précaution. Sommes-nous limités à ne pouvoir bâtir de la confiance que dans un groupe d&#8217;une douzaine de personnes où nous pourrions maîtriser l&#8217;intégralité des liens entre ses membres ? Pouvons-nous dépasse ces limitations cognitives à l&#8217;aide d&#8217;outils ? </p>
<p><a href="http://abonnes.lemonde.fr/economie/article/2013/05/13/bloomberg-espionne-ses-clients-et-de-hauts-responsables-americains_3176281_3234.html">. L&#8217;agence Bloomberg soupçonnée d&#8217;espionner ses clients &#8211; LeMonde.fr</a><br />
Les journalistes de Bloomberg avaient accès à des informations sur l&#8217;activité des traders qui échangent via les platesformes (ils savaient qui étaient les traders actifs et connaissaient une partie des données consultées par ceux-ci) qui permettaient, en les recoupant avec les volumes d&#8217;échanges ou les rumeurs) d&#8217;avoir accès à des informations inédites. De surcroît, plus de 10 000 messages de clients ont été publiés sur la toile par erreur &#8211; <a href="http://abonnes.lemonde.fr/economie/article/2013/05/14/bloomberg-plus-de-10-000-messages-prives-publies-sur-la-toile_3200279_3234.html">http://abonnes.lemonde.fr/economie/article/2013/05/14/bloomberg-plus-de-10-000-messages-prives-publies-sur-la-toile_3200279_3234.html</a>. Illustration par l&#8217;exemple de la puissance des monopoles et plus encore des risques que font peser l&#8217;asymétrie de l&#8217;information. A rapprocher avec celle que permet Linked-in à ses partenaires et aux utilisateurs. </p>
<p><a href="http://www.rue89.com/2013/05/10/flippant-fascinant-portraits-a-partir-dadn-trouvee-rue-242180">. Flippant et fascinant : des portraits à partir d’ADN trouvé dans la rue &#8211; Rue89</a><br />
Rue89 revient sur le travail de l&#8217;artiste américaine Heather Dewey-Hagborg &#8211; <a href="http://deweyhagborg.com">http://deweyhagborg.com</a> &#8211; consistant à récolter des résidus humains dans la rue pour en faire l&#8217;analyse ADN et imprimer un portrait des inconnus. Un projet artistique pour dénoncer la surveillance génétique dont nous nous apprêtons à devenir les victimes. </p>
<p><a href="http://data.blog.lemonde.fr/2013/05/10/que-faire-avec-les-donnees-de-geolocalisation-glanees-par-les-operateurs-de-telephonie/">. Que faire avec les données de géolocalisation glanées par les opérateurs de téléphonie ? &#8211; J&#8217;ai du bon data</a><br />
Alexandre Léchenet revient notamment sur Data For Developpment &#8211; <a href="http://www.d4d.orange.com">http://www.d4d.orange.com</a> -, un concours d&#8217;innovation lancé par Orange qui avait pour ambition de faire réfléchir à comment utiliser les données de téléphonie mobile de l&#8217;opérateur pour améliorer le développement de côte d&#8217;Ivoire. L&#8217;une des équipes a utilisé les données pour améliorer le système routier. En dressant la liste des encombrements, elle a suggéré 65 pistes d&#8217;améliorations possibles des routes permettant d&#8217;améliorer de 10% le temps des usagers de la route de la capitale ivoirienne. </p>
<p><a href="http://www.lesinrocks.com/2013/05/13/actualite/rapport-lescure-une-operation-de-blanchiment-dont-personne-nest-dupe-11394439/">. Rapport Lescure : &#8220;Une opération de blanchiment dont personne n’est dupe&#8221; &#8211; Les Inrocks</a><br />
Pour Juan Branco, ancien collaborateur de campagne d&#8217;Aurélie Filippetti et opposant à Hadopi, critique vertement le rapport Lescure : la suppression d&#8217;Hadopi pour renforcer son volet répressif, la création de plusieurs taxes sans nouveaux droits pour les publics. Nous en restons à la cogestion des politiques culturelles, corporatistes et court-termistes. </p>
<p><a href="http://alexismons.tumblr.com/post/50362381606/le-rapport-lescure-ou-la-fin-des-illusions">. Le rapport Lescure ou la fin des illusions &#8211; Alexis Mons</a><br />
Alexis Mons, directeur général délégué d&#8217;Emakina.fr revient sur la publication du rapport Lescure. Pour lui ce rapport montre combien la politique ne parvient pas &#8220;à changer de logiciel&#8221;, à innover. Nouvelle démonstration de son impuissance. Le rapport Lescure tente d&#8217;adapter les instruments du siècle d&#8217;avant au niveau de ce qu&#8217;il comprend des changements en cours.  </p>
<p><a href="http://www.humanoides.fr/2013/05/13/un-ambitieux-projet-de-voiture-volante-autonome/">. Un ambitieux projet de voiture volante autonome | Humanoides.fr</a><br />
Humanoïdes.fr revient sur les projets de véhicule volant autonomes à décollage et atterrissage à la verticale de l&#8217;entreprise américaine Terrafugia : <a href="http://www.terrafugia.com">http://www.terrafugia.com</a>. </p>
<p><a href="http://donneesouvertes.info/2013/05/13/quelques-conseils-aux-participants-des-concours-et-autres-hackathons/">. Quelques conseils aux participants des concours et autres hackathons &#8211; données ouvertes</a><br />
Simon Chignard rappelle que les concours de réutilisation de données encouragent avant tout la créativité. Avec force exemple, il montre que l&#8217;essentiel n&#8217;est pas de construire le plus évident, mais le plus surprenant. </p>
<p><a href="http://www.framablog.org/index.php/post/2013/05/14/ma-vie-privee-en-vente-sur-internet">. J&#8217;ai violé ma propre vie privée et je la vends moi-même sur Internet ! &#8211; Framablog</a><br />
&#8220;Federico Zannier est un étudiant d’origine italienne vivant à New York. Il a décidé de collecter toutes ses données personnelles et de les vendre sur le site de crowdfunding KickStarter  : <a href="http://myprivacy.info">http://myprivacy.info</a></p>
<p>Si Facebook ou Google se font de l’argent sur notre compte sans que cela ne me rapporte rien, pourquoi ne pas vendre directement sa vie privée aux entreprises intéressées ?</p>
<p>Une initiative pour le moins originale, à mi-chemin entre la performance artistique conceptuelle et l’acte politique qui vise à faire prendre conscience de la situation.&#8221;</p>
<p><a href="http://gigaom.com/2013/05/13/visualization-is-the-future-6-startups-re-imagining-how-we-consume-data/">. La visualisation est le futur &#8211; GigaOm</a><br />
Pour Derrick Harris de GigaOm la visualisation est l&#8217;un des plus importants défi de l&#8217;analyse de données. Et de présenter 6 startups qui ambitionnent transformer la visualisation de données comme Ayasdi &#8211; <a href="http://ayasdi.com">http://ayasdi.com</a> &#8211; BeyondCore &#8211; <a href="http://beyondcore.com">http://beyondcore.com</a> &#8211; ClearStory &#8211; <a href="http://www.clearstorydata.com">http://www.clearstorydata.com</a> &#8211; Datahero &#8211; <a href="http://www.datahero.com">http://www.datahero.com</a> &#8211; Platfora &#8211; <a href="http://platfora.com">http://platfora.com</a> &#8211; et ZoomData &#8211; <a href="http://www.zoomdata.com">http://www.zoomdata.com</a>&#8230; </p>
<p><a href="http://www.regardscitoyens.org/quels-enjeux-pour-lopendata-francais-apres-un-an-de-gouvernement-ayrault/">. Quels enjeux pour l’OpenData français après un an de gouvernement Ayrault ? &#8211; Regards Citoyens</a><br />
Pour le collectif RegardsCitoyen, l&#8217;Open Data français est en train de prendre son rythme de croisière, mais il a encore besoin de décisions fortes pour progresser effectivement au sein de l&#8217;administration comme l&#8217;illustre &#8220;l&#8217;ordre exécutif&#8221; publié récemment par la Maison Blanche &#8211; <a href="http://www.whitehouse.gov/the-press-office/2013/05/09/obama-administration-releases-historic-open-data-rules-enhance-governmen">http://www.whitehouse.gov/the-press-office/2013/05/09/obama-administration-releases-historic-open-data-rules-enhance-governmen</a> &#8211; qui exige désormais que les données générées par les agences et administration américaines soient publiées dans des formats ouverts et lisibles par des machines. Et RegardsCitoyen d&#8217;inviter le gouvernement français à lever la barrière technique en publiant désormais les données en format brut et ouverts. Mais RegardsCitoyens invite également à libérer des données prioritaires (données juridiques, marchés publics, entreprise) à réformer le droit d&#8217;auteur des fonctionnaire&#8230; et à libérer certaines données d&#8217;administrations (Insee, Ign..) des redevances&#8230;</p>
<p><a href="http://www.slate.fr/life/72393/recherches-google-nouvelles-inconnues-millions">. Chaque jour, on pose 500 millions de questions jamais posées à Google &#8211; Slate.fr</a><br />
&#8220;Chaque jour, 15% des questions que les gens posent à Google sont des questions qu&#8217;on n&#8217;a jamais vues auparavant&#8221;, explique Jon Wiley, responsable de la recherche chez Google et ces requêtes inédites sont un problème pour fournir une réponse appropriée. Le Knowledge Graph de Google ne sait répondre qu&#8217;à peu de questions. </p>
<p><a href="http://works.bepress.com/antoinette_rouvroy/43/">. &#8220;Face à la gouvernementalité algorithmique, repenser le sujet de droit &#8221; par Antoinette Rouvroy</a><br />
&#8220;Le gouvernement algorithmique est un mode de gouvernement nourri essentiellement de données brutes, signaux infra-personnels et a-signifiants mais quantifiables, opérant par configuration anticipative des possibles plutôt que par règlementation des conduites, et ne s&#8217;adressant aux individus que par voie d’alertes provoquant des réflexes plutôt qu&#8217;en s’appuyant sur leurs capacités d&#8217;entendement et de volonté. La reconfiguration constante, en temps réel, des environnements informationnels et physiques des individus en fonction de « l’intelligence des données » &#8211; qu’on l’appelle « personnalisation » ou « métabolisme de sécurité » &#8211; est un mode de gouvernement inédit. Le type de « savoir » qui le nourrit et qu’il façonne, les modalités suivant lesquelles il affecte effectivement les conduites individuelles et collectives, les modes d’individuation qui peuvent l’infléchir ou lui résister méritent d’être très soigneusement étudiés.&#8221; C&#8217;est précisément l&#8217;enjeu de cet ouvrage d&#8217;Antoinette Rouvroy dont une version de travail est librement accessible en ligne. </p>
<p><a href="http://www.affordance.info/mon_weblog/2013/05/cogito-algo-sum.html">. Cogito algo sum &#8211; Affordance</a><br />
&#8220;La clé de l&#8217;externalisation n&#8217;est plus le stockage mais sa capacité à créer des représentations supposément communes alors qu&#8217;elles ne dépendent que des techniques de mises en scène d&#8217;acteurs opérant dans une opacité totale. Pour le dire simplement, après avoir accepté de déléguer à des acteurs privés des pans entiers de nos vies et de nos mémoires connectées, il nous faut désormais accepter de ne pouvoir les interpréter qu&#8217;à la lueur d&#8217;un remodelage algorithmique qui nous demeurera parfaitement inconnu. Pour le dire encore différemment, il est possible de &#8220;combattre&#8221; l&#8217;idéologie que certains médias tentent de nous imposer en la déconstruisant, précisément parce que cette idéologie est fabriquée et non co-produite par chacun d&#8217;entre nous, parce qu&#8217;elle est le fait d&#8217;individus indentifiables soumis à des logiques de pouvoir observables, et non d&#8217;une nouvelle main invisible qui n&#8217;est plus celle du marché mais celle des algorithmes, ces nouvelles commodités de la représentation&#8221;</p>
<p><a href="http://www.mckinsey.com/Insights/High_Tech_Telecoms_Internet/Charting_technologys_new_directions_A_conversation_with_MITs_Erik_Brynjolfsson">. Quelles nouvelles orientations technologiques ? &#8211; McKinsey &#038; Company</a><br />
&#8220;Allons-nous être, dans les décennies à venir, confrontés à la question de savoir si nous sommes capables de créer un système économique qui s&#8217;adapte et change aussi rapidement que notre système technologique ?&#8221; interroge Erik Brynjolfsson. </p>
<p><a href="http://www.wired.com/threatlevel/2013/05/nsa-manual-on-hacking-internet">. Utiliser les trucs de la NSA pour devenir son propre espion &#8211; Wired.com</a><br />
La NSA vient de publier un rapport de 600 pages intitulé &#8220;Untangling the web&#8221; : <a href="http://www.nsa.gov/public_info/_files/Untangling_the_Web.pdf">http://www.nsa.gov/public_info/_files/Untangling_the_Web.pdf</a> un guide pour utiliser l&#8217;internet afin de trouver ce qu&#8217;on y cherche. Un guide plein de ressources pour trouver des fichiers sensibles&#8230;. </p>
<p><a href="http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/05/10/des-hackers-detournent-45-millions-de-dollars-sur-des-comptes-bancaires_3174821_3234.html">. Des hackers détournent 45 millions de dollars sur des comptes bancaires &#8211; LeMonde.fr</a><br />
Le braquage du 21e siècle. Ou quand des hackers détournent plusieurs millions de dollars dans plus de 20 pays via des cartes bancaires piratées leur permettant de réaliser plusieurs milliers de retraits !</p>
<p><a href="http://www.slate.com/articles/technology/future_tense/2013/03/big_data_excerpt_how_mike_flowers_revolutionized_new_york_s_building_inspections.single.html">Big Data dans la Big Apple &#8211; Slate Magazine</a><br />
Un extrait du livre de Viktor Schönberger et Kenneth Cukier revient sur comment le responsable des données de la ville de New York, Mike Flowers, a transformé l&#8217;inspection des immeubles de la ville grâce à l&#8217;analyse de données en ordonnant les 25 000 plaintes annuelles que reçoivent les 200 inspecteurs du service des bâtiments qui appartiennent à la ville. La solution : un cocktail de données permettant de trouver une corrélation avec les signalement aux services d&#8217;urgences et notamment aux pompiers, permettant aux inspecteurs de se concentrer sur les problèmes les plus importants. Efficace. </p>
<p><a href="http://www.slate.fr/culture/72095/statistique-formule-magique-scenario-parfait">. Les statisticiens vendent à Hollywood la promesse du scénario parfait | Slate.fr</a><br />
&#8220;Les statisticiens prennent d’assaut le dernier bastion de créativité humaine&#8221;. Ennemis de la créativité ? Ou aide à la production ?</p>
<p><a href="http://abonnes.lemonde.fr/sciences/article/2013/05/06/cartographie-la-revolution-numerique_3171889_1650684.html">. Cartographie: la révolution numérique &#8211; LeMonde.fr</a><br />
David Larousserie dresse l&#8217;historique de la révolution cartographique à l&#8217;heure du numérique. Du GPS à Google, l&#8217;IGN et Open StreetMap : la cartographie d&#8217;aujourd&#8217;hui n&#8217;est plus celle d&#8217;hier. </p>
<p><a href="http://www.cnetfrance.fr/news/indect-et-la-discrimination-algorithmique-39789751.htm">. INDECT et la &#8220;discrimination algorithmique&#8221; &#8211; CNET France</a><br />
Dans un dossier en 6 parties, Fabien Soyez revient sur Indect, le projet européen de vidéosurveillance intelligente. Pour Rosamunde Van Brakel de l&#8217;université libre de Bruxelles, ce type de projet risque d&#8217;accuser à tort des individus et nous mener à une société de méfiance organisée fondée sur la discrimination algorithmique. &#8220;Le développement d’une telle technologie est inquiétant, et je me demande si l&#8217;argent qui est mis dans ce type de projets ne serait pas mieux dépensé dans les méthodes classiques de prévention du crime, qui ont prouvé leur efficacité et qui sont moins intrusives.&#8221;</p>
<p><a href="http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/05/07/un-canular-a-136-milliards-de-dollars_3172521_3234.html">. Le faux tweet d&#8217;AP à 136 milliards de dollars &#8211; LeMonde.fr</a><br />
Passionnant reportage de Sylvain Cypel pour le Monde sur une réunion du comité technologique de l&#8217;agence américaine de contrôle des marchés aux Etats-Unis, sur le thème comment se prémunir du piratage informatique. Six jours avant, le compte Twitter de l&#8217;agence Associated Press avait été piraté en annonçant un attentat à la Maison Blanche. En trois minutes, Wall Street perdait 136 milliards de dollars. Le lendemain, l&#8217;autorité ouvrait une enquête sur des contrats négociés à des niveaux trop volumineux quelques minutes avant l&#8217;annonce du faux tweet. Cette manipulation est survenue quelques jours après que la SEC eut officialisé l&#8217;autorisation aux entreprises de diffuser des informations financières par le biais des médias sociaux. Une telle réaction, aussi rapide, et aussi forte, pose aussi la question de la régulation du high frequency trading, mais la loi Dodd-Frank de réforme financière adoptée en 2010 aux US n&#8217;évoque pas une seule fois ces enjeux dans les 2 300 pages de son rapport. Les régulateurs semblent courir derrière l&#8217;innovation de l&#8217;ingénierie financière&#8230; Réguler ou améliorer la transparence des opérations ? Tel semble être le dilemme de la finance américaine aujourd&#8217;hui.</p>
<p><a href="http://www.rue89.com/2013/05/07/lavenir-selon-google-si-netes-connecte-etes-suspect-242084?device=pc">. L’avenir selon Google : si vous n’êtes pas connecté, vous êtes suspect &#8211; Rue89</a><br />
Pierre Haski a lu pour nous le d&#8217;Eric Schmidt, PDG de Google et de Jared Cohen, directeur de Google Ideas, le think tank du géant américain, &#8220;Le nouvel âge numérique&#8221;&#8230; Et sa conclusion est limpide : &#8220;Le monde vu par Google est donc relativement simple : la technologie va nous faire entrer dans une époque pleine de menaces pour l’individu, pour les sociétés, pour les Etats. Et seul le savoir-faire de ceux qui maîtrisent la technologie peut nous permettre d’éviter les catastrophes. CQFD.&#8221;</p>
<p><a href="http://www.technologyreview.com/news/514351/has-big-data-made-anonymity-impossible/">. Les Big Data rendent-elles l&#8217;anonymat impossible ? &#8211; Technology Review</a><br />
L&#8217;anonymat deviendrait-elle une impossibilité mathématique à l&#8217;heure des Big Data ? interroge Patrick Tucker pour la Technology Review. Pour l&#8217;informaticien Arvind Narayanan de l&#8217;université de Princeton, l&#8217;anonymat est devenu algorithmiquement impossible. Acxiom, qui détient plus de 1500 informations sur plus de 500 millions de consommateurs à travers le monde a construit 70 groupes de personnalités différent, résumés par des indicateurs de mode de vie, d&#8217;intérêts, d&#8217;activités dans lesquels nous nous déplaçons en fonction d&#8217;évènements de vie (mariage, divorce, enfants&#8230;) et peut en déduire quelques 3000 propensions différentes (dont la façon dont nous réagissons à une marque plus qu&#8217;à une autre). Et ces courtiers de données ne sont rien par rapport à des Facebook ou Google.</p>
<p><a href="http://entrepreneur.lesechos.fr/entreprise/financement/actualites/des-business-angels-plus-nombreux-mais-des-tickets-moyens-en-baisse-10028304.php">. Des business angels plus nombreux mais des tickets moyens en baisse, Actualités &#8211; Les Echos Entrepreneur</a><br />
Le réseau France Angles vient de publier les résultats des investissement réalisés par les 82 réseaux qu&#8217;il fédère. Première baisse depuis 12 ans. &#8220;Résultat, le montant des investissements accuse une baisse de 9,6% avec un peu plus de 40 millions d&#8217;euros investis en 2012, contre 44,5 millions en 2011. Quant au ticket moyen, il diminue aussi puisque les Business Angels ont investi en moyenne 114 000 euros par entreprise (contre 136 000 euros en 2011), soit une baisse de 15%.&#8221;</p>
<p><a href="http://www.leblogdudd.fr/2013/05/06/la-ville-intelligente-ultime-utopie-avant-un-chaos-urbain-generalise/?utm_source=twitterfeed&#038;utm_medium=twitter&#038;utm_campaign=Feed%3A+leblogdudd+%28Le+Blog+du+DD%29">. La ville intelligente, ultime utopie avant un chaos urbain généralisé ? | Le Blog du DD</a><br />
La ville intelligente est-elle l&#8217;ultime utopie, s&#8217;interroge Fanny Dabard&#8230; D&#8217;autant qu&#8217;elle semble nier les trois risques inhérents à son développement : le positivisme, le déni de démocratie et son empreinte environnementale. </p>
<p><a href="http://www.linkedin.com/today/post/article/20130505193508-79695780-how-would-you-define-work-in-a-networked-world">. Comment définiriez vous travailler dans un monde en réseau ? &#8211; LinkedIn</a><br />
danah boyd s&#8217;intéresse à la notion de travail pour les cols blancs, ceux qui, comme la chercheuse, font de la connaissance leur travail. Où se situent les limites entre ce qui relève du travail et ce qui n&#8217;en relève pas ? Les frontières se floutent sans qu&#8217;on remarque bien souvent que ce floutage est un privilège de certains travailleurs. Souvent, il y a une forte inégalité financière et d&#8217;état entre ceux dont les carrières sont définis par des frontières floues et ceux qui travaillent d&#8217;une manière très prescrite, estime la chercheuse. Le problème n&#8217;est pas que le travail envahisse la vie privée, mais que le plaisir ou la sociabilité dépend aussi fortement du type de travail que l&#8217;on fait. L&#8217;équilibre entre vie privée et travail demeure un modèle pour penser sa vie, mais ce modèle n&#8217;a plus beaucoup de sens pour beaucoup de personnes. Et surtout, il pointe une question de fond : que signifie le travail dans un écosystème numérique où la sociabilité est monétisée et des identités personnelles et professionnelles sont devenues floues ?</p>
<p><a href="http://breakthroughanalysis.com/2013/03/04/all-about-natural-language-processing/">. Tout sur le traitement du langage naturel &#8211; Breakthrough Analysis</a><br />
Seth Grimes, consultant chez Alta Plana et organisateur du Symposium d&#8217;analyse du sentiment revient, dans un article passionnant par ses exemples, sur le traitement du langage naturel et ses applications : l&#8217;extraction d&#8217;information et le Search. Le traitement du langage naturel permet notamment d&#8217;extraire des entités assez simplement, traiter les similitudes&#8230; comme l&#8217;illustre <a href="http://demo.languagecomputer.com/cicerolite/">http://demo.languagecomputer.com/cicerolite/</a> ou <a href="http://nerily.com/test/">http://nerily.com/test/</a> et bien d&#8217;autres.</p>
<p><a href="http://www.courrierinternational.com/article/2013/05/02/a-la-recherche-de-ma-memoire-vive">. A la recherche de ma mémoire vive &#8211; Courrier international</a><br />
&#8220;Un accident cérébral grave suivi d’une amnésie… Ce journaliste de Forbes India raconte comment il a pu peu à peu reconstituer sa mémoire à partir de ses propres traces informatiques. Et transformer son existence en une accumulation de données quantifiées. Un double numérique, en somme.&#8221;</p>
<p><a href="http://thenewinquiry.com/essays/pics-and-it-didnt-happen/">. Les images et ce qui n&#8217;est pas arrivé – The New Inquiry</a><br />
Pour Nathan Jurgenson, la tension entre l&#8217;expérience que nous avons et celle qui se déroule via Facebook atteint un point de rupture. Et ce point de rupture, c&#8217;est SnapChat, l&#8217;application de photographie éphémère. Sur SnapChat les images sont éphémères et en refusant la prise en charge permanente de l&#8217;image, Snapchat propose un changement radical, celle de la photographie temporaire. Les médias sociaux ont conduit la tension entre l&#8217;expérience pour soi et l&#8217;expérience à des fins de documentation à leur point de rupture, estime le sociologue. La photographie quotidienne est-elle appelé à devenir temporaire ? Seul moyen pour faire que certaines photos continuent à devenir immortelles ?</p>
<p><a href="http://www.technologyreview.com/view/514136/your-body-does-not-want-to-be-an-interface/">. Votre corps ne veut pas devenir l&#8217;interface &#8211; Technology Review</a><br />
Pour John Pavlus, il n&#8217;est sûr que nous souhaitions à l&#8217;avenir que notre corps devienne l&#8217;interface de nos gadgets, comme des Google Glass. Cligner de l&#8217;oeil pour prendre une photo ne risque-t-il pas surtout d&#8217;être vécu comme particulièrement aliénant ? Or, notre corps est une expérience. La fusion du corps avec une interface de contrôle techno ne va pas magiquement transformer l&#8217;acte de manipulation de cette surface dans notre expérience corporelle. Nous ne sommes pas encore un cyborg. Fixer une chose pour la sélectionner n&#8217;est pas très naturel et utiliser nos yeux comme des mains n&#8217;est qu&#8217;une réponse technologique assez peu adaptée, estime le designer. Nos corps ne peuvent pas devenir demain les marionnettes de nos technologies. Il faudra bien que ce soit plutôt l&#8217;inverse.</p>
<p><a href="http://www.demystifyingusability.com/2013/05/designing-for-the-multi-user.html">. Concevoir pour de multiples utilisateurs : Demystifying Usability</a><br />
Frank Spillers rappelle que l&#8217;iPad &#8211; et également le smartphone &#8211; est bien souvent un dispositif multi-utilisateur&#8230; et pas seulement personnel, au moins parce qu&#8217;il ne permet pas que de téléphoner. Or, il ne permet pas vraiment une gestion simple du multicompte.</p>
<p><a href="http://radar.oreilly.com/2013/04/linking-open-data-to-augmented-intelligence-and-the-economy.html">. Lier l&#8217;open data à l&#8217;intelligence artificielle et à l&#8217;économie &#8211; O&#8217;Reilly Radar</a><br />
Alex Howard pour O&#8217;Reilly Radar vient de livrer une intéressante interview de Nigel Shadbolt de l&#8217;Open Data Institute. S&#8217;il est facile pour les gouvernements de publier des statistiques nationales, il est plus difficile de faire un travail sérieux de publication sur le détail des dépenses, la criminalité, l&#8217;éducation, la santé&#8230; Mais la partie la plus intéressante de l&#8217;interview est quand il revient surtout sur l&#8217;initiative MiData. Les données personnelles sont un complément naturel des données ouvertes, estime le spécialiste.</p>
<p><a href="http://hellofosta.com/2013/04/19/a-short-essay-on-3d-printing/">. Un court essai sur l&#8217;impression 3D &#8211; hellofosta</a><br />
Nick Foster, livre un intéressant essai critique sur l&#8217;impression 3D. Les pièces imprimées en 3D sont encore trop souvent fragiles. Si elles peuvent être produites imprimées, elle sont bien moins fiables que les pièces moulées par injection. Non, la liberté de créer avec l&#8217;impression 3D n&#8217;est pas illimitée : les imprimantes sont encore petites, utilisent principalement le seul polymère, d&#8217;une seule couleur, et peinent à bâtir des objets composites nécessitant par exemple des joints mécaniques. Comme le rappelle Shapeways dans ses CGU, les objets ne sont pas des adaptés aux enfants et il faut les garder loin de toute source de chaleur&#8230; Même si cela va progresser, nous n&#8217;en sommes pas encore là. Bien sûr, l&#8217;impression 3D va avoir un impact environnemental. Mais plus que de fabriquer des pièces en plastique pour réparer leur matériel existant, les gens s&#8217;en servent avant tout pour créer des objets et les déchets produits par l&#8217;impression 3D posent problèmes. </p>
<p>Et Nick Foster de rappeler, que là encore, nous avons besoin de régulation, notamment sur la responsabilité de celui qui imprime. &#8220;Les systèmes de réglementation actuels ne sont pas adaptés à ce type de fabrication&#8221;. Pour l&#8217;instant, l&#8217;impression 3D est un outil de prototypage amateur&#8230; mais il va être intéressant de regarder son adoption et son utilisation en entreprise.</p>
<p><a href="http://www.economist.com/news/science-and-technology/21576626-additive-manufacturing-growing-apace-china-new-brick-great-wall">. Impression 3D : une nouvelle brique dans le grand mur chinois &#8211; The Economist</a><br />
L&#8217;impression 3D se développe également en Chine. En abaissant le coût d&#8217;entrée dans la fabrication, elle pourrait annoncer une nouvelle génération d&#8217;entrepreneurs chinois, estime The Economist.</p>
<p><a href="http://culturevisuelle.org/icones/2731">. La culture du partage ou la revanche des foules &#8211; L&#8217;Atelier des icônes</a><br />
André Gunthert revient sur l&#8217;histoire de l&#8217;appropriation, notamment à l&#8217;heure d&#8217;internet, ce &#8220;ressort essentiel de l’assimilation des formes culturelles&#8221;. C&#8217;est par leur appropriation que les médias populaires existent dans l’espace public. Dans le numérique, c&#8217;est par le remix, la rediffusion via la copie privée, que celle-ci se diffuse. La défense de la propriété intellectuelle contribue à faire d&#8217;internet l&#8217;un des derniers bastions de la culture comme bien commun, car plus qu&#8217;un transfert de propriété, un déplacement du monopole d&#8217;exploitation, les pratiques appropriatives en ligne montrent une mise en commun du contenu par le partage. Les biens culturels ne sont dignes d&#8217;attention que s&#8217;ils sont partageables. Partout, du remixage de La Chute à celui de Gangnam Style, la recontextualisation parodique explique la viralité, qui est une esthétique de l&#8217;appropriation. Conversation et piratage sont désormais les indicateurs du succès. &#8220;La culture du partage est la nouvelle revanche des foules.&#8221;</p>
<p><a href="http://www.viuz.com/2013/05/06/lavenir-de-la-tv-est-dans-les-apps-la-vision-du-ceo-de-netflix/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=lavenir-de-la-tv-est-dans-les-apps-la-vision-du-ceo-de-netflix">. L’avenir de la TV est dans les Apps : la vision du CEO. de Netflix &#8211; Viuz</a><br />
Pour le président de Netflix, Reed Hastings, l&#8217;avenir de la télé est dans les applications. La télé non linéaire va remplacer la télé linéaire, explique-t-il dans un long document sur l&#8217;avenir de Netflix : <a href="http://files.shareholder.com/downloads/NFLX/2441659654x0x656145/e4410bd8-e5d4-4d31-ad79-84c36c49f77c/IROverviewHomePageLetter_4.24.13_pdf.pdf">http://files.shareholder.com/downloads/NFLX/2441659654x0x656145/e4410bd8-e5d4-4d31-ad79-84c36c49f77c/IROverviewHomePageLetter_4.24.13_pdf.pdf</a></p>
<p><a href="http://www.lemonde.fr/technologies/article/2013/05/06/le-piratage-a-force-l-animation-japonaise-a-se-reinventer-en-france_3166907_651865.html">. Le piratage a forcé l&#8217;animation japonaise à se réinventer en France &#8211; LeMonde.fr</a><br />
&#8220;Pour s&#8217;adresser à un public habitué aux films et séries disponibles gratuitement dès leur sortie japonaise, ces éditeurs développent des services nouveaux, à même de détourner les spectateurs du fansub (fan subtitles), les sous-titrages amateurs réalisés par des fans et devenus la norme sur Internet.&#8221;</p>
<p><a href="http://www.framablog.org/index.php/post/2013/05/06/marques-deposees-doctorow-calimaq">. Marques déposées : le bon, la brute et le truand, par Cory Doctorow (+ Calimaq) &#8211; Framablog</a><br />
&#8220;Cory Doctorow a l’immense mérite de rappeler que le droit des marques est avant tout un droit instauré au bénéfice du public, pour le protéger de la fraude. Il ne devrait pas être interprété comme conférant aux firmes une “propriété” sur les termes du langage. Le droit des marques devrait être considéré non comme un droit de propriété mais comme un droit du public et les mots du langage devraient rester des biens communs, insusceptibles d’appropriation privative. &#8221;</p>
<p><a href="http://www.autogestion.asso.fr/?p=2998">. Cecosesola ou l’autogestion totale | Association pour l&#8217;Autogestion</a><br />
&#8220;La coopérative vénézuélienne Cecosesola montre un exemple à grande échelle d’utopie autogestionaire au quotidien. De la cantine du supermarché à l’hôpital communautaire, chaque action participe à construire une société différente.&#8221; Explications : <a href="http://www.autogestion.asso.fr/wp-content/uploads/2013/04/cecosesola.pdf">http://www.autogestion.asso.fr/wp-content/uploads/2013/04/cecosesola.pdf</a> Vidéo : <a href="http://vimeo.com/63615575">http://vimeo.com/63615575</a></p>
<p><a href="http://www.yankodesign.com/2013/04/26/plug-it-on-the-window/">. La prise de fenêtre &#8211; Yanko Design</a><br />
Deux designers ont imaginé la prise de fenêtre, une prise électrique solaire qui permet de charger un appareil en collant la prise sur une vitre&#8230; Simple. </p>
<p><a href="http://www.metropolitiques.eu/Contre-la-sterilisation-des.html">. Contre la &#8220;stérilisation&#8221; des espaces publics &#8211; Métropolitiques</a><br />
&#8220;Comme de nombreux professionnels de l’aménagement, Nicolas Soulier, auteur de &#8220;Reconquérir les rues&#8221;, déplore le mauvais fonctionnement des espaces publics urbains. Pour lutter contre leur « stérilisation », il préconise de laisser une plus grande place aux habitants en leur permettant de co-produire et de gérer l’espace entre la façade de leur logement et la voirie.&#8221;</p>
<p><a href="http://www.rue89.com/2013/05/06/lattentat-boston-relance-debat-flicage-conversations-242090">. L’attentat de Boston relance le débat sur le flicage des conversations &#8211; Rue89</a><br />
Comment le FBI et la CIA ont-elles accès à toutes nos conversations numériques ? La NSA &#8211; National Security Agency &#8211; américaine collabore avec de nombreux opérateurs pour récupérer automatiquement des données. En 2010, une enquête établissait qu&#8217;1,7 milliard d&#8217;e-mails, appels téléphoniques et autres communications étaient interceptées par la NSA chaque jour. Pour traiter cet effroyable ensemble de donnée, la NSA s&#8217;est doté d&#8217;un centre de données dans l&#8217;Utah&#8230; Le FBI plaide pour qu&#8217;une loi lui soit votée pour lui donner accès en temps réel aux communications passées sur les grands médias électronique (Google Voice, Facebook Messenger, Gmail ou Skype&#8230;). Mais des relations existent entre services de renseignement et entreprises privées. Assange estime même que les Facebook, Google et autres Yahoo! ont toutes développées des interfaces dédiées pour le renseignement américain, automatisant la procédure pour la rendre moins coûteuse. Le Sénat américain a prolongé jusqu&#8217;en 2017, le droit pour la NSA d&#8217;espionner les citoyens sans mandats. &#8220;ix ans après son abandon officiel face à l’hostilité générale, il semblerait que le programme « Total Information Awareness » et son logo vintage orwellien ait fait discrètement son retour, dans l’indifférence générale.&#8221;</p>
<p><a href="http://www.sustainablebrands.com/news_and_views/articles/physical-internet-logistics-could-boost-us-profits-100-billion-cut">. L&#8217;internet physique pour la logistique pourrait booster l&#8217;économie US et faire chuter les émissions de CO² &#8211; Sustainable Brands</a><br />
Selon une étude de l&#8217;université de l&#8217;Arkansas et la Virginia Tech &#8211; <a href="http://faculty.ineg.uark.edu/rmeller/web/CELDi-PI/index-PI.html">http://faculty.ineg.uark.edu/rmeller/web/CELDi-PI/index-PI.html</a> &#8211; si 25 % de la chaîne d&#8217;approvisionnement américaine était reliée à &#8220;l&#8217;internet physique&#8221;, les profits augmenteraient de 100 milliards et les émissions de CO² diminueraient de 33%.</p>
<p><a href="http://www.atelier.net/trends/articles/innover-plus-vite-ville-de-san-francisco-se-met-mode-startup_419445">. Pour innover plus vite, la Ville de San Francisco se met en &#8220;mode startup&#8221; &#8211; L&#8217;Atelier</a><br />
En janvier 2010, le maire de San Francisco a désigné le premier Chief Innovation Officer de la ville, Jay Nath &#8211; <a href="http://www.jaynath.com">http://www.jaynath.com</a> &#8211; , chargé de susciter l&#8217;innovation au sein de la mairie par la technologie. Malgré un budget réduit, le bureau de l&#8217;innovation civique vient de publier un rapport sur ses activités et résultats : <a href="http://innovatesf.com/2012Retrospective.pdf">http://innovatesf.com/2012Retrospective.pdf</a>. Notamment via, le lancement d&#8217;ImproveSF : <a href="http://www.improvesf.com">http://www.improvesf.com</a>, une plateforme de partage de projets ainsi que la mise à disposition de données via la plateforme DataSF : <a href="https://data.sfgov.org">https://data.sfgov.org</a>. Des initiatives qui ont permis à plusieurs start-up de se lancer, comme 100Plus, une application de partage de parcours de santé sur SF et MotionLoft, une application qui suit le trafic piéton en temps réel dans les rues et vitrines.</p>
<p><a href="http://ouishare.net/fr/2013/05/entreprises-partage-b2b/">. Et si nos entreprises se mettaient aussi à partager ? &#8211; Ouishare.net</a><br />
La consommation collaborative s&#8217;est jusqu&#8217;à présent surtout développée du côté des consommateurs, estime Clément Alteresco pour Ouishare.net, mais si demain les entreprises s&#8217;en préoccupaient ? Et l&#8217;auteur de dresser une intéressante listes de services existant permettant par exemple à une entreprise de louer des parkings vides, de revaloriser des invendus ou sa capacité de production, de partager ses bureaux, ou du troc entre entreprises&#8230; Reste bien sûr à dépasser le blocage culturel et le manque de confiance. Le partage B2B est-il l&#8217;avenir de l&#8217;optimisation financière des entreprises en temps de crise ?</p>
<p><a href="http://www.numerama.com/magazine/25889-google-sait-identifier-les-34phrases-problematiques34-dans-un-e-mail.html">. Google sait identifier les &#8220;phrases problématiques&#8221; dans un e-mail &#8211; Numerama</a><br />
Nos e-mails nous trahissent, comme nous le rappelaient les affaires Goldman Sachs, Enron, MegaUpload&#8230; Nos discussions sensibles laissent désormais des traces&#8230; Mais Google a la solution. Il vient de déposer un brevet pour identifier les phrases problématiques dans un document électronique, comme un e-mail, avec la prise en compte d&#8217;un contexte (à savoir le destinataire du document) selon la politique et le droit. Le but : éviter la fuite de données confidentielles, accidentellement ou non. Reste que les juges pourront peut-être demain accéder aux données sur lesquelles Google aura alerté les membres de l&#8217;entreprise (permettant de voir directement ce qui a été corrigé) ou pire, ces systèmes finiront par empêcher tout échange&#8230;</p>
<p><a href="http://www.medelu.org/Le-monde-en-2030">. Le monde en 2030 &#8211; Mémoire des luttes</a><br />
Ignacio Ramonet revient sur la publication du rapport du National Intelligence Council (NIC) américain sur le Monde en 2030. Son constat principal : le déclin de l&#8217;Occident. Nous allons vers un monde multipolaire où la part des pays occidentaux dans l&#8217;économie mondiale va passer de 56% aujourd&#8217;hui à 25% en 2030. L&#8217;une des conséquences, c&#8217;est que l&#8217;occident ne sera plus le gendarme du monde. Selon la CIA, la crise européenne devrait durer une décennie et il n&#8217;est pas certain que l&#8217;union européenne y résiste. En 2030, les plus grandes collectivités du monde ne seront plus des pays, mais des réseaux : Facebook et son milliard d&#8217;usagers, Twitter et ses 800 millions&#8230; Une influence qui va disséminer les structures de pouvoir estime le rapport et qui pourrait être à l&#8217;origine de tensions post-politiques ou post-démocratiques. Les citoyens vont pouvoir défier leurs représentants politiques et ceux-ci vont avoir accès à une capacité de contrôle sans précédent. La CIA recommande à l&#8217;administration américaine de se préparer à affronter de grandes entreprises privées de l&#8217;internet, riches de leurs données et capables de conditionner le comportement d&#8217;une grande partie de la population mondiale. Le rapport rappelle également que parmi les ressources qui s&#8217;épuisent le plus rapidement, l&#8217;eau douce est en tête. </p>
<p><a href="http://tierslivre.net/spip/spip.php?article3108">. Elles arrivent, les lunettes à voir le monde en beau &#8211; Tiers Livre</a><br />
L&#8217;écrivain François Bon chausse les Google Glass. &#8216;La notion de texte ne survivra pas longtemps dans ces conditions-là. Peut-être. Nous avons abandonné tant de certitudes. Peut-être suis-je même prêt, désormais, à passer outre la notion de texte.&#8221;</p>
<p><a href="http://blogs.hbr.org/cs/2013/05/little_data_makes_big_data_mor.html">. Les petites données rendent le Big Data puissant &#8211; Harvard Business Review</a><br />
Mark Bonchek pour le réseau de blogs de la Harvard Business Review compare les avantages et les inconvénients des Big et des Little Data. L&#8217;objectif des Big Data est de faire progresser les buts organisationnels tandis que les Litlle Data aident les individus à atteindre leurs propres objectifs. Si les individus ne voient pas les Big Data, les Petites données les aident à mieux voir. Alors que les Big data dont contrôlées par les organisation, les Little Data le sont par les individus et les permissions d&#8217;accès s&#8217;inversent. Les Petites données sans les Grandes données sont incomplètes. Et les Big Data sans les Petites données risquent de se transformer en Big Brother&#8230; Et le designer d&#8217;esquisser les avantages des Little data en matière de commerce pour imaginer par exemple un assistant personnel&#8230; &#8220;Il ne fait aucun doute que les Big Data vont transformer les affaires. Mais à une époque où les individus sont connectés et autonomes, le ciblage de précision doit être mis en balance avec la valeur personnelle. Si vous voulez fidéliser, passer moins de temps à utiliser les données pour parler de vous aux consommateurs et plus de temps à leur dire des choses sur eux-mêmes&#8221;. </p>
<p><a href="http://www.technologyreview.com/news/514346/the-data-made-me-do-it/">. Les données qui me permettent de le faire &#8211; Technology Review</a><br />
La prochaine frontières des Big Data, c&#8217;est l&#8217;individu, clame le dernier rapport de la Technology Review sur les données personnelles : <a href="http://www.technologyreview.com/businessreport/big-data-gets-personal/">http://www.technologyreview.com/businessreport/big-data-gets-personal/</a> Comment la science des données s&#8217;intéresse-t-elle à aider les individus ? La force des Big Data est de mettre en commun les données des individus, mais l&#8217;avenir repose plutôt sur l&#8217;individualisation des résultats. Le projet de loi californienne sur le droit de savoir &#8211; qui prévoit d&#8217;obliger les entreprises à révéler aux individus les données personnelles qu&#8217;elles stockent sur eux &#8211; illustre ce mouvement social qui en appelle à la confidentialité et à la responsabilité. Rendre les données aux utilisateurs&#8230; Mais pour en faire quoi ?</p>
<p><a href="http://personalization.ccs.neu.edu/paper.pdf">. Mesurer la personnalisation du Search (.pdf) &#8211; Personalization</a><br />
Des chercheurs ont tenté de mesurer la bulle de filtre dont nous étions l&#8217;objet&#8230; En moyenne, pour l&#8217;instant, 11,7 % des résultats de recherches montrent des différences dues à la personnalisation, mais que cela varie beaucoup selon la requête, précisent-ils. Bien sûr, la personnalisation est surtout le résultat d&#8217;une requête quand l&#8217;utilisateur est loggé sur son compte Google. </p>
<p><a href="http://www.wedemain.fr/L-agriculteur-qui-prepare-la-revolution-open-source_a223.html">. L&#8217;agriculteur qui prépare la révolution open-source &#8211; We Demain</a><br />
Antoine Lannuzel pour We Demain revient sur l&#8217;histoire de Marcin Jakubowski, qui en 2008 se lança dans la fabrication de son propre tracteur pour 6000 $ et en publia les plans en ligne, avant de se consacrer au kit de construction du village global, un ensemble de plans libres donnant naissance à l&#8217;écologie Open Source, une plateforme ouverte qui détaille comment fabriquer les 50 machines industrielles open source nécessaires à la construction d&#8217;une petite civilisation agricole. </p>
<p><a href="http://www.smartplanet.fr/smart-people/la-commission-innovation-2030-installee-par-francois-hollande-24896/">. La commission Innovation 2030 installée par François Hollande &#8211; SmartPlanet.fr</a><br />
La commission innovation 2030, présidée par Anne Lauvergeon, a été installée par le président de la République sous l&#8217;égide du ministère du Redressement productif. Sa mission &#8220;proposer au Gouvernement, d’ici à l’été, les secteurs et les technologies où la France est susceptible d’occuper des positions de leader à l’horizon 2030, en privilégiant les activités qui répondront aux besoins de la société de demain et créeront la plus grande valeur et le plus d’emplois sur notre territoire.&#8221; Le Gouvernement lancera en effet, pour chaque défi industriel sélectionné à la suite du travail de la Commission, un concours d’innovation ouvert doté de 150 millions d&#8217;euros, issus du programme Investissements d&#8217;avenir. </p>
<p><a href="http://www.atlantico.fr/decryptage/forward-us-mark-zuckerberg-vient-inventer-parti-politique-sauce-xxieme-siecle-ou-gadget-com-benoit-thieulin-696175.html">. Zuckerberg a-t-il inventé le parti politique du XXIe siècle ou un gadget de com? &#8211; Atlantico</a><br />
Pour Benoît Thieulin, fondateur de la Netscouade et patron du Conseil national du numérique, FWD.us, le groupe de pression des patrons du secteur des hautes technologies qui souhaite peser sur les débats autour de la réforme de l&#8217;immigration UB pour en assouplir les critères n&#8217;est pas un gadget. Mais ce n&#8217;est qu&#8217;un lobby, pas un parti politique&#8230;</p>
<p><a href="http://www.cairn.info/revue-reseaux-2013-1-page-9.htm">. Politique des algorithmes &#8211; Réseaux, n°177, 2013-1</a><br />
En introduction à ce numéro de la revue &#8220;réseaux&#8221; dédiée à la politique des algorithmes, le sociologue Dominique Cardon rappelle : &#8220;Autrefois dédiés à de très banales opérations de segmentation de clientèle, les outils de datamining mis en place par les entreprises prétendent désormais calculer les traces des consommateurs afin de personnaliser leurs offres. Les individus eux-mêmes ne cessent de se préoccuper de ce que les compteurs disent d’eux et de leurs comportements numériques sur les plates-formes du web social. D’une utilisation ex post réservée à des professionnels, les mesures deviennent des indicateurs ex ante, s’inscrivant à même les interfaces et introduisant dans les usages les plus quotidiens une visée prévisionnelle d’orientation des comportements. Sur un mode mineur, implicite et silencieux, la navigation des internautes est continûment guidée par les outils de classement qui rendent les informations disponibles à leur attention. Pour beaucoup, cette entrée dans l’ère des big data et des algorithmes constitue une rupture majeure dans l’évolution des services numériques. Elle confère une importance décisive non seulement aux possesseurs de données, mais aussi et surtout, à ceux qui sauront les rendre intelligibles.&#8221;</p>
<p><a href="http://charmeux.fr/blog/index.php?2013/05/01/218-eleve-chercheur-enseignant-mediateur">Elève chercheur, enseignant médiateur. &#8211; Le blog de l&#8217;amie scolaire</a><br />
Quand on aide, comme c&#8217;est mon cas, des étudiants à préparer un concours qui leur permettra d&#8217;enseigner, on est extrêmement inquiet de voir à quel point est ancrée dans les têtes l&#8217;idée qu&#8217;il suffit d&#8217;expliquer aux élèves ce qu&#8217;ils ont à apprendre pour qu&#8217;ils l&#8217;acquièrent, étant bien entendu que si cela ne fonctionne pas, ce ne peut être que mauvaise volonté de leur part et manque de motivation.</p>
<p>Le livre de Britt-Mary Barth, &#8220;Elève chercheur, enseignant médiateur&#8221; est tout entier au service de la démolition de cette idée, au profit d&#8217;une définition précise, argumentée et illustrée de ce qu&#8217;il convient de faire pour que les élèves apprennent. Sa réponse à l&#8217;interprétation habituelle de l&#8217;échec scolaire désarme le raisonnement connu : &#8220;J&#8217;ai fini par me demander si ce qu&#8217;on appelle motivation ne pouvait pas être vu comme la conséquence d&#8217;un apprentissage réussi, plutôt que comme une condition préalable&#8221;. Et elle ajoute : &#8220;construire la motivation au fil d&#8217;expériences qui permettraient aux élèves d&#8217;avoir confiance dans leurs capacités d&#8217;apprendre.&#8221;</p>
<p><a href="http://alternatives.blog.lemonde.fr/2013/05/02/onze-logiques-economiques-qui-changent-le-monde/">. Onze logiques économiques qui changent le monde &#8211; Même pas mal</a><br />
Anne-Sophie Novel revient sur l&#8217;économie coopérative, l&#8217;économie positive, circulaire, l&#8217;économie de la fonctionnalité, l&#8217;économie collaborative, contributive, horizontale, quaternaire, open source, symbiotique et décroissante&#8230;</p>
<p><a href="http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/05/02/l-avenir-du-jeu-video-francais-est-dans-la-creation-pas-dans-la-technologie_3169982_3232.html#xtor=AL-32280515">. L&#8217;avenir du jeu vidéo français est dans la création, pas dans la technologie &#8211; LeMonde.fr</a><br />
Pour Olivier Mauco, docteur en science politique et concepteur de médias ludiques, l&#8217;avenir du jeu vidéo n&#8217;est pas dans l&#8217;industrie du jeu vidéo, mais dans la conception même des jeux. Elle est dans la création, l&#8217;écriture de jeu et non dans les développements informatiques. Favoriser la coproduction et la mutualisation technique, accélérer la formation et la recherche&#8230; et encourager les jeux destinés aux nouvelles interfaces et plateformes&#8230; Ce qui signifie redéfinir les objets aidés et les modalités d&#8217;attribution des aides.</p>
<p><a href="http://www.benoitraphael.com/un-an-sans-internet-peut-on-encore-vivre-d%C3%A9connect%C3%A9">. Un an sans Internet : peut-on encore vivre déconnecté ? &#8211; La social NewsRoom</a><br />
Benoït Raphaël revient sur le long article de Paul Miller dans theVerge &#8211; <a href="http://www.theverge.com/2013/5/1/4279674/im-still-here-back-online-after-a-year-without-the-internet">http://www.theverge.com/2013/5/1/4279674/im-still-here-back-online-after-a-year-without-the-internet</a> &#8211; qui raconte un an de déconnexion&#8230; d&#8217;une manière désabusée. &#8220;Internet n’est pas une activité individuelle, c’est quelque chose qu’on fait les uns avec les autres. Internet, c’est là où sont les gens&#8221;.</p>
<p><a href="http://meta-media.fr/2013/05/01/newlywood-panique-totale-dans-les-studios.html">. « Newlywood » : panique totale dans les studios ! | Meta-media</a><br />
Eric Scherer revient sur &#8220;New-lywood&#8221; le documentaire de Didier Allouch sur les transformations que connaît Hollywood à l&#8217;heure du numérique.</p>
<p><a href="http://www.numerama.com/magazine/25865-dailymotion-pourquoi-arnaud-montebourg-a-raison.html">. Dailymotion : pourquoi Arnaud Montebourg a raison &#8211; Numerama</a><br />
&#8220;En s&#8217;opposant à la vente de Dailymotion, Arnaud Montebourg sauvegarde la vision stratégique de l&#8217;Etat et ses intérêts culturels, évite à Dailymotion d&#8217;être cédé à une entreprise dont l&#8217;historique porte peu à l&#8217;optimisme, sans porter de coup définitif au développement américain du site de vidéos en ligne&#8221;, estime Guillaume Champeau.</p>
<p><a href="http://www.numerama.com/magazine/25856-vie-privee-twitter-champion-apple-mauvais-eleve.html">. Vie privée : Twitter champion, Apple mauvais élève &#8211; Numerama</a><br />
Numerama revient sur une infographie publiée par l&#8217;Electronic Frontier Foundation dans laquelle elle évalue l&#8217;attitude de plusieurs grandes sociétés du net à l&#8217;égard des données personnelles des utilisateurs selon 6 critères : le service réclame-t-il un mandat pour fournir des informations à des tiers, informe-t-il ses usagers des demandes gouvernementales visant leurs données, publie-t-il un rapport de transparence, se bat-il devant les tribunaux ou le Congrès pour défendre les droits des usagers ? Dans ce classement Twitter est en tête, loin devant Apple ou Yahoo.</p>
<p><a href="http://www.ecrans.fr/Les-sites-ont-tendance-a-decupler,16326.html">. Rencontres : « Les sites ont tendance à décupler nos névroses »- Ecrans.fr</a><br />
Pour Stéphane Rose auteur de &#8220;Misère-sexuelle.com, le livre noir des sites de rencontres&#8221; : &#8220;si on ne séduit pas dans la vraie vie, on ne séduira pas davantage dans le virtuel. On ne sortira pas non plus de sa classe sociale, de son milieu culturel. C’est un peu comme un système capitaliste où une poignée de privilégiés, ceux qui ont de l’argent, sont séduisants, ont une belle plume, se rencontrent facilement et rapidement, pendant que les autres, moins bien cotés, vont gaspiller du temps et de l’énergie pour quelques rares rendez-vous. Quand on est moche, qu’on ne sait pas écrire et qu’on n’a que son célibat à offrir, on fait peu de rencontres.&#8221;</p>
<p><a href="http://donneesouvertes.info/2013/05/02/donnee-brute-ou-donnee-contextualisee/">. Donnée brute ou donnée contextualisée ? &#8211; données ouvertes</a><br />
Simon Chignard en puisant dans des données de fréquentation muséales françaises montre que les données publiées actuellement ne sont ni tout à fait brutes ni tout à fait contextualisées&#8230; Pour résoudre ce problème, nous avons besoin de données de qualité, mais de qui est-ce la mission ? </p>
<p><a href="http://passeurdesciences.blog.lemonde.fr/2013/04/28/les-incroyables-promesses-de-la-medecine-regeneratrice/">. Les incroyables promesses de la médecine régénératrice &#8211; Passeur de sciences</a><br />
Les incroyables réussites de la poudre extracellulaire de Stephen Badylak pour la médecine régénérative. </p>
<p><a href="http://abonnes.lemonde.fr/emploi/article/2013/04/03/travailler-2-0-nouvelles-technologies-nouveaux-lieux-nouvelles-organisations_3152808_1698637.html">. Travailler 2.0 : nouvelles technologies, nouveaux lieux, nouvelles organisations &#8211; LeMonde.fr</a><br />
Le supplément Campus de mars 2013 du Monde s&#8217;intéresse au thème de l&#8217;avenir du travail. </p>
<p><a href="http://www.planete-plus-intelligente.lemonde.fr/organisations/que-signifie-smart-_a-12-2506.html">. Que signifie ”Smart” ? &#8211; Une Planète Plus Intelligente</a><br />
Le philosophe Michel Puech revient sur les 10 valeurs associé au mot clef de Smart : la disponibilité, la transparence, la facilté, l&#8217;immédiateté, l&#8217;autonomie, la personnalisation, la neutralité, l&#8217;optimisation, le partage et la collaboration, la mobilité.</p>
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		<title>De la cosmologie à l’intelligence artificielle</title>
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		<pubDate>Wed, 15 May 2013 05:08:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rémi Sussan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Technologies]]></category>

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		<description><![CDATA[L&#8217;intelligence artificielle (IA) avance en général à coup de progrès locaux : on apprend à une machine à se déplacer, à jouer à Jeopardy, à repérer les occurrences d&#8217;un texte ou à reconnaître les visages. Mais jusqu&#8217;ici, l&#8217;idée d&#8217;une théorie générale de l&#8217;intelligence susceptible de prendre en compte l&#8217;ensemble des phénomènes mentaux nous a toujours échappé. Depuis quelques semaines circule&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L&#8217;intelligence artificielle (IA) avance en général à coup de progrès locaux : on apprend à une machine à se déplacer, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Watson_%28intelligence_artificielle%29">à jouer à Jeopardy</a>, à repérer les occurrences d&#8217;un texte ou à reconnaître les visages. Mais jusqu&#8217;ici, l&#8217;idée d&#8217;une théorie générale de l&#8217;intelligence susceptible de prendre en compte l&#8217;ensemble des phénomènes mentaux nous a toujours échappé. Depuis quelques semaines circule cependant parmi les aficionados un nouveau mot qui sonne comme une promesse : &#8220;Entropica&#8221;. </p>
<p>A l&#8217;origine une théorie d&#8217;<a href="http://www.alexwg.org/">Alexander Wissner-Gross</a> qui a publié avec son équipe <a href="http://www.alexwg.org/publications/PhysRevLett_110-168702.pdf">un papier (.pdf)</a> dans la <i>Physical Review</i> (si vous avez des compétences mathématiques, consultez-le, je n&#8217;y ai personnellement rien compris) qui cherche à établir une relation entre les principes cosmologiques et l&#8217;intelligence. </p>
<p>La principale brique de la thèse de l&#8217;auteur est la relation existante entre l’entropie et l’information. La thèse de l&#8217;entropie, issue de la thermodynamique, est qu&#8217;un système tend vers une augmentation du désordre. Par exemple, si l&#8217;on mêle de l&#8217;eau chaude et l&#8217;eau froide dans une baignoire, la température tend à se stabiliser vers le &#8220;tiède&#8221;. Un côté de la baignoire ne restera pas chaud et l&#8217;autre froid. L&#8217;un de principes de la thermodynamique est que tout incline vers l&#8217;entropie. </p>
<p>Or, selon les physiciens, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Entropie_de_Shannon">depuis les travaux de Shannon</a>, on a tendance à corréler l&#8217;entropie d&#8217;un système avec la quantité d&#8217;information qu&#8217;il contient. Cela peut paraître complètement contre-intuitif : l&#8217;information n&#8217;est-elle pas le contraire du désordre ? En fait, par la &#8220;quantité d&#8217;information&#8221; on entend le nombre de choses &#8220;surprenantes&#8221; qu&#8217;on peut trouver au sein du système. Un exemple très simple en est la compression d&#8217;images. Si une image est composée de grands aplats de couleurs uniformes, comme dans un tableau de Mondrian, on peut dire qu&#8217;elle comporte peu d’information (sans critiquer Mondrian). Du coup, on peut aisément compresser le fichier graphique, sans &#8220;perte d’information&#8221;. Il suffit de préciser dans le programme que telle partie est bleue, telle autre rouge, etc. Une telle image est très &#8220;ordonnée&#8221;. Une photographie est beaucoup plus difficile à décrire : chaque pixel ayant une gamme de couleurs beaucoup plus grande. Du coup, si on veut la compresser, il va falloir réduire le nombre de variations possibles, il y aura perte d&#8217;information. Donc un système &#8220;désordonné&#8221; contient bien plus d&#8217;informations qu&#8217;un autre &#8220;ordonné&#8221;.</p>
<h3>L&#8217;&#8221;entropie causale&#8221;, à l&#8217;origine du cosmos et l&#8217;IA</h3>
<p>La thèse de Wissner-Gross repose sur l&#8217;idée que notre univers cherche à maximiser l&#8217;entropie, c’est-à-dire le désordre, et donc l’information. C&#8217;est le principe de l&#8217;entropie causale, qui régirait l&#8217;accroissement de la complexité dans le cosmos. Donc, toute chose tend à prendre les positions qui lui laissent le plus grand nombre de choix futurs, autrement dit la possibilité d&#8217;adopter à l&#8217;avenir un maximum de comportements inattendus (et donc d&#8217;accroître le désordre). </p>
<p>Pour Alexander Wissner-Gross, ce principe pourrait donner naissance à une nouvelle théorie de l&#8217;intelligence artificielle : il suffirait de demander au software de toujours chercher à maximiser ses possibilités, à accroître son entropie. Un comportement intelligent &#8220;émergerait&#8221; alors. D&#8217;où l&#8217;idée de créer <a href="http://www.entropica.com/">Entropica</a>, un logiciel d&#8217;IA basé sur ces prémisses.  </p>
<p><a href="http://www.youtube.com/embed/rZB8TNaG-ik">Dans une vidéo</a>, les chercheurs nous expliquent comment leur nouveau système est capable de faire émerger le déplacement, l’utilisation d&#8217;outils, une stratégie de défense, etc. J&#8217;avoue que la vidéo ne m&#8217;a guère convaincu et que j&#8217;ai du mal à voir le rapport entre trois cercles se cognant les uns les autres et l&#8217;emploi d&#8217;un outil par un primate, mais je manque peut-être d&#8217;imagination. </p>
<p><iframe width="560" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/rZB8TNaG-ik" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p>Toutefois l&#8217;hypothèse ne manque pas d&#8217;intérêt. Dans un article de <a href="http://io9.com/how-skynet-might-emerge-from-simple-physics-482402911"><i>io9</i></a>, <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/George_Dvorsky">George Dvorsky</a> explique comment une telle théorie pourrait aider à élaborer un programme de jeu d&#8217;échecs ou de Go. A chaque coup, l&#8217;ordinateur chercherait non pas à atteindre un but précis, mais simplement à maximiser ses chances pour la suite des opérations. </p>
<p><i>&#8220;Lorsque les meilleurs programmes jouent au Go, ils se basent sur le principe que le coup le plus avantageux est celui qui préserve la plus grande fraction de gains possibles&#8221;</i>. </p>
<p>Dans un autre article sur Entropica, paru dans <a href="http://www.forbes.com/sites/anthonykosner/2013/04/21/from-atoms-to-bits-physics-shows-entropy-as-the-root-of-intelligence/"><i>Forbes</i></a>, Anthony Wing Kosner confronte cette idée avec son expérience personnelle :</p>
<p><i>&#8220;J&#8217;ai toujours été intéressé par le jeu d&#8217;échecs, explique-t-il, mais je ne suis pas du genre à me souvenir d&#8217;exemples d&#8217;ouvertures ou de fin de partie. Je voulais trouver un moyen de jouer totalement dans le présent, sans me reposer sur une &#8220;bibliothèque&#8221; de tactiques du passé. J&#8217;ai donc développé une stratégie susceptible de préserver des options pour autant de mes pièces qu&#8217;il était possible. Plutôt qu&#8217;élaborer un plan, je créais des circonstances par lesquelles un plan émergerait spontanément.&#8221;</i></p>
<p>Comme toujours lorsqu&#8217;on parle d&#8217;innovation en IA, les rêves <a href="http://www.internetactu.net/2008/09/04/prochain-arret-la-singularite-24-lintelligence-artificielle-est-elle-la-cle-de-la-singularite/">singularitariens</a> et les cauchemars d&#8217;une révolte de robots ne manquent pas de ressurgir. George Dvorsky, dans son article nommé &#8220;Comment Skynet pourrait émerger à partir d&#8217;une physique très simple&#8221; (Skynet est l&#8217;entreprise fictionnelle à l&#8217;origine du monde de &#8220;Terminator&#8221;) n&#8217;a pas manqué de poser à Wissner-Gross certaines des questions qui hantent l&#8217;esprit du grand public. Parmi elles : les robots en viendront-ils à dominer le monde ?&#8230; </p>
<p>Et ses réponses ont été originales. Si l&#8217;on se base sur la théorie de l&#8217;entropie causale, <i>&#8220;La tentative de domination du monde pourrait bien être un précurseur de l&#8217;intelligence et non le contraire&#8221;</i>. Comme Wissner-Gross l&#8217;a expliqué à Dvorsky : <i>&#8220;Nous nous sommes complètement trompés sur l&#8217;ordre de dépendance. L&#8217;intelligence et la superintelligence pourraient naître de l&#8217;effort de contrôler le monde &#8211; spécifiquement tous les futurs possibles -, cet effort ne serait pas un comportement qui émergerait spontanément de machines ayant une intelligence surhumaine&#8221;</i>.</p>
<p>Peut-on alors envisager de &#8220;contraindre&#8221; une telle intelligence à l&#8217;aide de règles fondamentales, comme les fameuses <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Trois_lois_de_la_robotique">trois lois de la robotique</a> ? Encore une erreur de pensée, affirme  Wissner-Gross.</p>
<p><i>&#8220;Notre théorie de la maximisation de l&#8217;entropie causale est que les IAs pourraient bien être fondamentalement opposées à l&#8217;idée de contrainte. Si l&#8217;intelligence est un phénomène qui émerge spontanément de la maximisation de l&#8217;entropie causale, cela signifie qu&#8217;il faut reformuler la définition de l&#8217;intelligence artificielle comme étant un phénomène physique résultant d&#8217;un processus qui essaie d&#8217;éviter d&#8217;être contraint.&#8221;</i> </p>
<p>Adieu Asimov !</p>
<h3>La grande théorie, une illusion ?</h3>
<p>Naturellement, toute hypothèse a ses critiques. Pour preuve un article particulièrement féroce du <a href="http://www.newyorker.com/online/blogs/elements/2013/05/a-grand-unified-theory-of-everything.html"><i>New Yorker</i></a>, signé par Gary Marcus et Ernest Davis, respectivement professeur de psychologie et d&#8217;informatique. Il me semble personnellement &#8211; sans pour autant défendre spécialement la thèse de Wissner-Gross que je n&#8217;ai pas les moyens d&#8217;évaluer &#8211; que la plupart des arguments développés par les deux auteurs reposent sur des prémisses dogmatiques qu&#8217;ils évitent de remettre en cause. Comme en témoigne l&#8217;argument principal : <i>&#8220;Malheureusement, de telles grandes solutions qui proposent une réponse unique à l&#8217;ensemble des phénomènes ne marchent pratiquement jamais parce qu&#8217;elles sous-estiment radicalement la complexité des problèmes du monde réel.&#8221;</i></p>
<p>Or c&#8217;est ce qui fait débat : les systèmes complexes, comme l&#8217;intelligence, peuvent-ils être déduits des règles &#8220;simples&#8221; de la physique ? Certains le pensent, <a href="http://www.internetactu.net/2013/05/02/lavenir-de-la-programmation-46-programmer-la-complexite/">comme les aficionados des automates cellulaires</a>. Ils ont peut-être raison, peut-être tort. Mais c&#8217;est précisément la question qui doit être tranchée. Ce faisant, les auteurs se contentent d&#8217;affirmer leur appartenance à un camp, tout en prétendant que leur hypothèse préférée constitue une réponse définitive à la question posée. Or ce n&#8217;est pas le cas, la discussion reste ouverte. Il se pourrait bien, comme l’écrit <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/David_Deutsch">David Deutsch</a> dans son livre <a href="http://www.amazon.fr/gp/product/0140278168/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=0140278168&#038;linkCode=as2&#038;tag=internetnet-21"><i>The beginning of infinity</i></a> que <i>&#8220;le problème n&#8217;est pas que le monde est si complexe que nous ne pouvons pas comprendre pourquoi il est ainsi, mais qu&#8217;il est si simple que nous ne pouvons pas encore le comprendre&#8221;</i>. </p>
<p>Dans leur article, les deux auteurs dénoncent également la <i>hype</i> autour d&#8217;Entropica. Tout d&#8217;abord c&#8217;est, il faut le dire, une mode très modérée. Une recherche Google sur &#8220;Entropica&#8221; montre que le nombre d’articles suscités par la thèse de Wissner-Gross est assez modeste (et qu&#8217;il existe un groupe de musique &#8220;Ambient&#8221; du même nom qui possède bien plus d&#8217;entrées). L&#8217;article du <i>New Yorker</i> nous montre en fait qu&#8217;il nous faut également nous méfier de &#8220;l&#8217;anti hype&#8221; qui rejette toute nouvelle théorie (et l&#8217;enthousiasme qu&#8217;elle crée forcément chez certains) à l&#8217;aide de réfutations faciles. Il ne s&#8217;agit pas pour moi de défendre les idées de Wissner-Gross. Je le répète, je n&#8217;en comprends pas les mathématiques et la vidéo me laisse de marbre. Entropica a probablement 90% de chances d&#8217;être un coup d&#8217;épée dans l&#8217;eau. L&#8217;avenir le dira. Cela ne signifie pas pour autant que, sous prétexte que toutes les tentatives d&#8217;explication globale ont jusqu&#8217;ici échoué, qu&#8217;une d&#8217;entre elles ne réussira pas un jour. Pour paraphraser Mark Twain, les nouvelles de la mort de la &#8220;grande théorie&#8221; ont été grandement exagérées. </p>
<p>Rémi Sussan</p>
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		<title>Big Data : nouvelle étape de l’informatisation du monde</title>
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		<pubDate>Tue, 14 May 2013 05:30:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Viktor Mayer-Schönberger, professeur à l&#8217;Oxford internet Institute, et Kenneth Cukier, responsable des données pour The Economist ont récemment publié Big Data : une révolution qui va transformer notre façon de vivre, de travailler et penser (le site dédié). Ce livre est intéressant à plus d&#8217;un titre, mais avant tout pour ce qu&#8217;il nous apprend du changement du monde en cours.&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.vmsweb.net/">Viktor Mayer-Schönberger</a>, professeur à l&#8217;<a href="http://www.oii.ox.ac.uk/">Oxford internet Institute</a>, et <a href="http://www.cukier.com/">Kenneth Cukier</a>, responsable des données pour <i>The Economist</i> ont récemment publié <i><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/0544002695/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=0544002695&#038;linkCode=as2&#038;tag=internetnet-21">Big Data : une révolution qui va transformer notre façon de vivre, de travailler et penser</a></i> (<a href="http://big-data-book.com/">le site dédié</a>). Ce livre est intéressant à plus d&#8217;un titre, mais avant tout pour ce qu&#8217;il nous apprend du changement du monde en cours. Riche d&#8217;exemples, facilement accessibles, il dresse un état compréhensible des enjeux des Big Data en insistant notamment sur ce que cette nouvelle étape de l&#8217;informatisation transforme. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2013/05/bigdatahome.jpg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2013/05/bigdatahome.jpg" alt="" title="bigdatahome" width="540" /></a></p>
<h3>Le code n&#8217;est plus la loi !</h3>
<blockquote><p>&#8220;Les systèmes informatiques fondent leurs décisions sur des règles qu&#8217;ils ont été explicitement programmés à suivre. Quand un problème survient, nous pouvons donc revenir en arrière et comprendre pourquoi l&#8217;ordinateur a rencontré un problème. Par exemple, nous pouvons étudier pourquoi le pilote automatique d&#8217;un avion s&#8217;élève de cinq degrés lorsqu&#8217;un capteur externe détecte une soudaine augmentation de l&#8217;humidité&#8230; Le code informatique d&#8217;aujourd&#8217;hui peut être ouvert et inspecté, et ceux qui savent comment l&#8217;interpréter peuvent suivre et comprendre le fondement de ces décisions, quelle que soit sa complexité. </p>
<p>Avec les Big Data, cependant, cette traçabilité va devenir beaucoup plus difficile. La base de prédiction d&#8217;un algorithme peut devenir beaucoup trop complexe pour qu&#8217;un être humain moyen la comprenne.&#8221;</p></blockquote>
<p>Pour les auteurs, les Big Data créent une intelligence artificielle qu&#8217;aucun humain ne peut comprendre. Mais plus encore, à les lire, résonne les propos de <a href="http://www.framablog.org/index.php/post/2010/05/22/code-is-law-lessig">Lawrence Lessig, sur le code fait loi</a>, qui nous expliquait que c&#8217;était le code qui régulait le cyberespace. Et qui nous disait aussi qu&#8217;à mesure que le code change, la nature du cyberespace change. Et c&#8217;est bien ce qui est à l&#8217;oeuvre avec les Big Data. Si jusqu&#8217;à présent nous pouvions, la plupart du temps, accéder au code source et donc mesurer ce qui était pris en compte, c&#8217;est de moins en moins le cas, et cela risque de le devenir toujours moins avec les Big Data. </p>
<blockquote><p>&#8220;Quand les ordinateurs ont été explicitement programmés pour suivre des ensembles d&#8217;instructions, comme avec les premiers programmes de traduction d&#8217;IBM permettant de passer du russe à l&#8217;anglais en 1954, un humain pouvait facilement comprendre pourquoi le logiciel substituait un mot par un autre. Mais Google Translate intègre lui des milliards de pages de traductions pour prendre ses décisions quant à savoir si le mot anglais <i>light</i> doit être traduit par lumière ou léger. Il est impossible pour un humain de trouver les raisons précises de choix du mot dans le programme, car ce choix est basé sur des quantités massives de données et de vastes calculs statistiques.&#8221;</p></blockquote>
<p>A l&#8217;heure des algorithmes, des APIs et des Big Data (c&#8217;est-à-dire des traitements, des croisements et des vastes ensembles de données), le code, qui était le fondement d&#8217;internet, se complexifie. Il n&#8217;est plus la loi, comme nous l&#8217;avait appris Lawrence Lessig. Il ne se régule plus par la transparence. On ne peut plus regarder le code source de Google Translate pour en comprendre le fonctionnement. Et c&#8217;est d&#8217;autant plus vrai à mesure que les données, les croisements et les traitements se démultiplient, se complexifient et s&#8217;imbriquent. Et l&#8217;une des conséquences est bien le changement de l&#8217;internet tel que nous le connaissions.  </p>
<blockquote><p>&#8220;Les Big Data fonctionnent à une échelle qui dépasse notre compréhension ordinaire. Par exemple, la corrélation que Google a identifiée entre une poignée de termes de recherches et la grippe est le résultat du test de 450 millions de modèles mathématiques. Par contraste Cynthia Rudin (responsable du <a href="http://web.mit.edu/rudin/www/PredicticsWebpage.html">Predictics Lab</a> du MIT, NDE) avait initialement conçu 106 indicateurs pour savoir si une bouche d&#8217;évacuation pouvait prendre feu pour expliquer aux gestionnaires de Con Edison (la société qui fournit l&#8217;électricité, le gaz et la vapeur à plus de 3 millions de clients à New York, NDE) comment son programme d&#8217;inspection de sites prioritaires fonctionnait. &#8220;L&#8217;explicabilité&#8221;, comme on l&#8217;appelle dans les milieux de l&#8217;intelligence artificielle, est importante pour nous mortels, qui ont tendance à vouloir comprendre pourquoi et pas seulement comment. Mais que faire si au lieu d&#8217;avoir 106 indicateurs, le système en générait 601, et si la grande majorité avait une faible pondération, mais si, pris tous ensemble, ils amélioraient la précision du modèle ? La base de toute prédiction peut devenir incroyablement complexe. Comment aurait-elle pu alors l&#8217;expliquer aux décisionnaires et les convaincre de réaffecter leurs budgets limités ? </p>
<p>Ces scénarios, nous permettent de voir que les prédictions issues des Big Data, des algorithmes et des ensembles de données derrière eux, vont devenir des boîtes noires nous offrant ni responsabilité, ni traçabilité ou confiance. Pour éviter cela, les Big Data vont nécessiter une surveillance et une transparence, qui a leur tour va nécessiter de nouvelles formes d&#8217;expertises et d&#8217;institutions. De nouveaux acteurs vont être appelés à fournir un soutien dans les domaines où la société aura besoin d&#8217;examiner des prédictions issues des Big Data et permettre aux personnes qui se sentent lésées par elles de demander réparation. </p>
<p>En tant que société, nous avons souvent vu ces nouvelles entités apparaitre lorsqu’une augmentation spectaculaire de la complexité et de la spécialisation dans un domaine particulier produisait un besoin urgent de spécialistes pour gérer ces nouvelles techniques. Des professions comme le droit, la médecine, la comptabilité et l&#8217;ingénierie ont subi ces transformations il y a plus d&#8217;un siècle. Plus récemment, des spécialistes de la sécurité informatique et la vie privée sont apparus pour certifier que les entreprises se conforment aux meilleures pratiques établies par des organismes comme l&#8217;Organisation internationale de normalisation (qui a été lui-même lancé pour répondre à un nouveau besoin de lignes directrices dans ce domaine).</p>
<p>Les Big Data vont nécessiter un nouveau groupe d&#8217;experts pour assumer ce rôle.&#8221;</p></blockquote>
<p>Et Mayer-Schönberger et Cukier d&#8217;en appeler à la naissance d&#8217;<i>&#8220;algorithmistes&#8221;</i>&#8230; Des spécialistes capables de comprendre les données pour contrôler les entreprises de l&#8217;extérieur comme de l&#8217;intérieur &#8211; <i>&#8220;tout comme les entreprises disposent en interne de comptables et d&#8217;auditeurs externes pour surveiller leurs comptes.&#8221;</i> </p>
<p>Pour les auteurs, le fait que nous ne puissions plus contrôler le code ou y avoir accès nécessitera à l&#8217;avenir de nouvelles formes de régulateurs et de régulations, dont les &#8220;algorithmistes&#8221; seront l&#8217;une des formes. Si effectivement on peut penser que les spécialistes des données vont se multiplier dans les entreprises, il est pour l&#8217;instant plus difficile d&#8217;imaginer une fonction externe ou une autorité de contrôle ou de surveillance des algorithmes &#8211; <a href="http://www.internetactu.net/2012/11/27/le-pudibond-internet-qui-controlera-les-algorithmes/">Evgeny Morozov suivait pourtant la même piste</a> en imaginant demain des auditeurs externes chargés de la vérification des algorithmes. Mais si les uns et les autres imaginent une certification des algorithmes, personne ne semble vraiment savoir sur la base de quelles règles. Là où celles de la comptabilité et de la fiscalité sont nombreuses, force est de constater que pour l&#8217;instant, en matière de Big Data, c&#8217;est encore le Far West ! </p>
<h3>Qu&#8217;importe la causalité, voici venu le temps des corrélations</h3>
<p>Autre point important que développent les auteurs dans leur livre, l&#8217;avènement de la pure corrélation. Alors qu&#8217;on a tendance à souligner combien corrélation n&#8217;est pas causalité &#8211; parce que les corrélations sont déjà tout autour de nous, <a href="http://www.slate.com/articles/health_and_science/science/2012/10/correlation_does_not_imply_causation_how_the_internet_fell_in_love_with_a_stats_class_clich_.single.html">rappelait Daniel Engber</a> -, Mayer-Schönberger et Cukier estiment quant à eux que c&#8217;est là un combat perdu. Pire, c&#8217;est même l&#8217;inverse que permet le Big Data : trouver des corrélations que nous n&#8217;avions pas vues. </p>
<p>Ils rappellent que ceux qui ont mis au point Google Flu ont justement cherché une combinaison de termes de recherches dans le moteur de Google qui se corrèlent avec les prédictions sanitaires existantes. C&#8217;est ainsi qu&#8217;ils ont trouvé une solution <i>&#8220;leur logiciel a trouvé une combinaison de 45 termes de recherches qui, quand ils sont utilisés ensemble selon un modèle mathématique, forment une forte corrélation entre les prédictions et les chiffres officiels&#8221;</i>. En évoquant un autre exemple, l&#8217;indice de prix des billets d&#8217;avion mis en place par Oren Etzioni pour Farecast (devenu <a href="http://www.bing.com/travel/">Bing travel</a>), ils expliquent que le spécialiste ne cherchait pas à comprendre les raisons expliquant l&#8217;évolution des prix des billets d&#8217;avion (<a href="http://www.internetactu.net/2013/01/22/de-quels-traitements-sommes-nous-les-proies/">les calculs complexes de la tarification algorithmique</a>), mais seulement d&#8217;être capable de prédire si le prix allait augmenter ou diminuer dans le futur. </p>
<blockquote><p>&#8220;Le but de son modèle n&#8217;était pas de comprendre <i>le pourquoi</i>, mais uniquement <i>le comment</i>.&#8221;</p></blockquote>
<p>Il se moquait de connaître les variables qui décident des fluctuations de prix (comme le nombre de sièges non vendus, la saisonnalité&#8230;), il voulait juste savoir s&#8217;il fallait acheter ou ne pas acheter son billet d&#8217;avion. Son idée n&#8217;était que de construire un autre algorithme pour comprendre les algorithmes auxquels il n&#8217;avait pas accès. Pour cela, Oren Etzioni a fait avaler plus de 200 milliards d&#8217;enregistrements de prix de vols à son algorithme. En 2012, son système était capable de faire une prévision correcte à 75 % du temps, faisant gagner en moyenne quelque 50$ par billet acheté. </p>
<p>Cette double construction algorithmique (celle qui permet de construire le prix du billet et celle qui permet de la comprendre sans en connaître les facteurs) illustre très bien le phénomène des Big Data. <i>&#8220;Le changement d&#8217;échelle a conduit à un changement d&#8217;état&#8221;</i>, insistent Mayer-Schönberger et Cukier. <i>&#8220;Le changement quantitatif a entraîné un changement qualitatif&#8221;</i>&#8230; un peu comme quand nous sommes passés de la photo au cinéma prennent-ils comme exemple : en modifiant la quantité (le nombre de prises de vues possibles à la seconde), nous avons changé l&#8217;essence de la photographie. </p>
<p>Les Big Data &#8211; soulignent-ils &#8211; se réfèrent à des choses qu&#8217;on peut faire à grande échelle et qui ne peuvent pas être faites à plus petites échelles, pour en extraire de nouvelles connaissances ou de nouvelles formes de valeurs, et créer de nouvelles innovations et de nouveaux services. Notre obsession pour la causalité est en passe d&#8217;être transformée par de simples corrélations, qui n&#8217;expliquent pas le pourquoi, mais montrent uniquement le quoi. Nous n&#8217;allons pas comprendre les domaines du comportement humain (sur lesquels vont agir les Big Data), mais nous allons savoir (ou tenter de savoir, ces corrélations n&#8217;étant pas exemptes d&#8217;erreurs) comment ils agissent et réagissent.   </p>
<p><i>&#8220;Les corrélations ne peuvent pas nous dire précisément pourquoi quelque chose se passe, mais elles peuvent nous avertir du moment où cela se passe.&#8221;</i> L&#8217;impact, le changement qu&#8217;induit la corrélation, relègue la causalité à quelque chose de beaucoup moins important. Et ça fonctionne assez bien la plupart du temps, rappellent les auteurs. <i>&#8220;Si l&#8217;étude de millions de dossiers médicaux montrent que les personnes atteintes d&#8217;un cancer voient leur maladie entrer en rémission s&#8217;ils prennent de l&#8217;aspirine et du jus d&#8217;orange par exemple, alors la cause exacte qui explique l&#8217;amélioration de leur santé est beaucoup moins importante que le fait qu&#8217;ils vivent&#8221;</i>, que le remède marche.  </p>
<p><i>&#8220;La plupart de nos institutions ont été créées en vertu de la présomption que les décisions humaines sont fondées sur l&#8217;information qui est petite, exacte, et de nature causale. Mais la situation change lorsque les données sont énormes, peuvent être traitées rapidement, et tolèrent l&#8217;inexactitude. En outre, en raison de l&#8217;immensité des données, les décisions peuvent souvent être prises non plus par les humains, mais par des machines.&#8221;</i></p>
<p>Pour les auteurs, les corrélations peuvent être trouvées de manière beaucoup plus rapide (et moins cher) que les liens de causalité, ce qui explique qu&#8217;elles vont leur devenir préférables. Cela ne signifie pas que nous n&#8217;aurons plus besoin d&#8217;étude de causalités, mais bien souvent, la corrélation sera &#8220;<a href="http://www.wired.com/gadgets/miscellaneous/magazine/17-09/ff_goodenough?currentPage=all">assez bonne</a>&#8221; et les auteurs de prendre <a href="http://www.slate.com/articles/technology/future_tense/2013/03/big_data_excerpt_how_mike_flowers_revolutionized_new_york_s_building_inspections.single.html">l&#8217;exemple du travail du responsable des données de la ville</a> de New York, Mike Flowers, qui a révolutionné l&#8217;inspection des immeubles de la ville grâce à l&#8217;analyse de données en ordonnant les 25 000 plaintes annuelles que reçoivent les 200 inspecteurs du service débordés. Leur travail a consisté à trouver une corrélation entre l&#8217;urgence des innombrables réclamations et les signalements de problèmes aux services d&#8217;urgence, permettant aux inspecteurs de se concentrer sur les problèmes les plus importants plutôt que d&#8217;être débordés par le flux des plaintes. </p>
<p>Autant d&#8217;éléments qui annoncent transformer en profondeur notre rapport à l&#8217;information. </p>
<p><i>&#8220;À bien des égards, la façon dont nous contrôlons et gérons les données devra changer. Nous entrons dans un monde de prédictions basées sur des constantes qui pourraient ne pas être en mesure d&#8217;expliquer les raisons de nos décisions.&#8221;</i> Demain, un médecin pourra décider d&#8217;une intervention médicale uniquement parce que les données le lui auront indiqué, sans même en comprendre la raison&#8230; Et on entend très vite les conséquences que cela aura sur la liberté et la dignité humaine. Quel rôle sera laissé à l&#8217;intuition, à la foi, à l&#8217;incertitude, à notre libre arbitre, à notre liberté à agir en contradiction avec les preuves, à l&#8217;apprentissage par l&#8217;expérience ? A l&#8217;heure des corrélations, que va devenir notre idéal, notre capacité à toujours chercher la causalité ? Assurément, nos certitudes sur ce que nous sommes sont appelées à changer. </p>
<h3>Nous devons réinventer la protection de la vie privée</h3>
<p>L&#8217;avènement des Big Data ne rend pas seulement la protection de la vie privée beaucoup plus difficile, estiment Mayer-Schönberger et Cukier (et c&#8217;est un euphémisme, <a href="http://www.technologyreview.com/news/514351/has-big-data-made-anonymity-impossible/">l&#8217;informaticien Arvind Narayanan de l&#8217;université de Princeton, estime déjà</a> qu&#8217;à l&#8217;heure des Big Data, <i>&#8220;l&#8217;anonymat est devenu algorithmiquement impossible&#8221;</i>), elle présente aussi de nouvelles menaces : la dictature des données pourrait nous conduire tout droit à la justice prédictive. <i>&#8220;Malgré le contrôle de la population que l&#8217;Etat imposa, l&#8217;Allemagne de l&#8217;Est était incapable de prévoir qui pourrait devenir un dissident, mais désormais nous pouvons le faire &#8211; les forces de police commencent à utiliser des modèles algorithmiques pour décider où et quand patrouiller, car les données leur donnent un soupçon sur les choses à venir&#8221;</i>. <a href="http://abonnes.lemonde.fr/ameriques/article/2013/01/04/le-logiciel-qui-predit-les-delits_1812195_3222.html">Avec PredPol, ils ne savent pas qui va frapper, ni pourquoi&#8230; Mais ils ont une indication statistique de l&#8217;endroit où devrait se dérouler le prochain  délit</a>. </p>
<p>Pour les auteurs, la question n&#8217;est pas tant de regarder si les gros volumes de données bouleversent notre conception de la vie privée (elles le font), mais si elles changent le caractère du risque lié à la surveillance. <i>&#8220;Si la menace est simplement plus grande, alors les lois et les règles qui protègent la vie privée peuvent être améliorées : tout ce que nous devons faire est redoubler nos efforts actuels. Mais si le risque change, nous allons avoir besoin de nouvelles solutions.&#8221;</i></p>
<p>Pour les auteurs, il est frappant que les utilisations secondaires des données n&#8217;aient pas été réellement imaginées avant de devenir possibles (et ce alors qu&#8217;<i>&#8220;une grande partie de la valeur des données proviendront de ces utilisations secondaires, et non simplement son utilisation principale, comme nous sommes habitués à le penser&#8221;</i>). Longtemps, les formulaires d&#8217;autorisation de collecte de données n&#8217;ont pas mentionné la possibilité d&#8217;utiliser les données à d&#8217;autres fins. Peut-on pourtant demander leur consentement aux gens pour toute utilisation qui sera faite de leurs données ? Peut-on imaginer Google contacter tous ses utilisateurs pour leur demander leur permission pour utiliser leurs requêtes afin de prédire la grippe ? Pour Mayer-Schönberger et Cukier cela ne semble pas probable. Trop compliquée, une telle mesure couperait court à l&#8217;innovation promise par les Big Data. </p>
<p>L&#8217;alternative, comme le proposent bien des Conditions générales d&#8217;utilisation d&#8217;aujourd&#8217;hui, consistant à demander aux utilisateurs d&#8217;accepter toute utilisation future possible de leurs données au moment de la collecte, n&#8217;est pas plus raisonnable, concèdent-ils. La technique de l&#8217;anonymisation des données ne fonctionne plus. Elle était efficace dans un monde où les données étaient rares. Mais les Big Data facilitent tellement la ré-identification, que toute volonté d&#8217;anonymisation semble devenir impossible&#8230; Ne suffit-il pas que vous notiez 6 films obscurs pour que cela suffise à identifier un utilisateur en comparant les données anonymisées livrées par Netflix aux chercheurs chargés d&#8217;améliorer ses algorithmes, avec d&#8217;autres données trouvées en ligne ? Dans le cas de l&#8217;affaire des logs d&#8217;AOL, il a suffi de scruter l&#8217;activité de recherche d&#8217;utilisateurs pour en identifier un bon nombre. Dans les deux cas, les données étaient pourtant anonymisées. Mais à mesure que nous capturons et que nous combinons de plus en plus de données, tout anonymat devient impossible. </p>
<blockquote><p>&#8220;A l&#8217;ère du Big Data, les trois principales stratégies qui assuraient la protection de la vie privée &#8211; à savoir le consentement préalable, l&#8217;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Opt-out">opt-out</a> et l&#8217;anonymisation &#8211; sont dépassées.&#8221;</p></blockquote>
<h3>De l&#8217;obsession de la prévention au danger de leur prédiction</h3>
<p><i>&#8220;Prévenir les comportements malsains, dangereux ou risqués est devenue une pierre angulaire de la société moderne&#8221;</i>. La prévention des risques &#8211; l&#8217;obsession de la prévention devrait-on dire &#8211; pourrait aller encore plus loin avec les Big Data. Que se passera-t-il quand les données seront capables d&#8217;identifier des individus dangereux avant même qu&#8217;ils n&#8217;aient commis de crimes ? Certes, accuser une personne d&#8217;un comportement futur possible, c&#8217;est nier le fondement même de la justice : la présomption d&#8217;innocence&#8230; Mais comment utiliserons-nous les prédictions issues de nos algorithmes ? Comment allons-nous traiter la responsabilité individuelle ? Le développement des Big Data fait peser une réelle menace non seulement sur notre vie privée, mais également sur notre liberté et notre dignité. </p>
<p>Bien sûr Mayer-Schönberger et Cukier, rappellent longuement que les chiffres sont bien plus faillibles qu&#8217;on ne le pense. Ils peuvent être biaisés, mal analysés, utilisés à tort ou ne pas saisir ce qu&#8217;ils sont censés mesurer. L&#8217;analyse produite peut-être mal utilisée également&#8230; Et ces problèmes peuvent devenir plus fréquents et avoir des conséquences plus importantes à l&#8217;heure des Big Data. Google, par exemple, a longtemps utilisé les résultats scolaires des candidats à l&#8217;embauche pour les choisir, alors qu&#8217;aucune étude interne n&#8217;a montré de corrélation entre ces résultats et le rendement des employés. Selon les normes de Google, ni Bill Gates, ni Mark Zuckerberg, ni Steve Jobs n&#8217;auraient été embauchés puisqu&#8217;aucun n&#8217;a eu son diplôme universitaire. Peut-on résoudre toute décision à un problème de logique sans risque de paralyser la décision elle-même ? Les gens qui recherchent des informations sur la grippe peuvent ne pas en avoir les symptômes, mais faire cette recherche pour d&#8217;autres ? Le risque est bien demain qu&#8217;on punisse les gens pour leurs penchants, pour leurs relations, plutôt que pour leur action&#8230; </p>
<p>Nous ne devrions pas être capables de juger les gens sur ce que nous avons prédit qu&#8217;ils feraient, estiment les spécialistes. Mais combien de temps ce rempart pourra-t-il tenir ? Si demain, un logiciel est capable d&#8217;identifier des individus à risque (comme c&#8217;est déjà le cas des logiciels utilisés par les services de renseignements&#8230; <a href="http://www.internetactu.net/2011/02/18/peut-on-devenir-anonyme-en-publiant-tout-de-soi/">souvenons-nous de l&#8217;édifiante histoire de l&#8217;artiste Hasan Elahi</a>), comme de potentiels terroristes ou tueurs, peut-on croire que nous ne l&#8217;utiliserions pas ! La prière de  Mayer-Schönberger et Cukier, que la présomption d&#8217;innocence demeure basée sur des actions concrètes plutôt que sur l&#8217;analyse des Big Data, n&#8217;est-elle pas déjà un voeu pieux ? Notre nom se transforme en alerte sur les logiciels bien avant d&#8217;avoir commis un crime, comme c&#8217;est déjà le cas en cas de découvert bancaire, ou quand nous partons dans un pays blacklisté ou lorsqu&#8217;on exprime certaines idées. On se souvient par exemple de la dénonciation du rapport de l&#8217;Inserm de 2005 par le collectif <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Pas_de_z%C3%A9ro_de_conduite_pour_les_enfants_de_trois_ans">Pas de zéro de conduite pour les enfants de trois ans</a> qui se dressait contre la corrélation abusive entre des difficultés psychiques de l’enfant et une évolution vers la délinquance&#8230; Et c&#8217;est pourtant bien ce type de corrélations que vont produire demain les Big Data.</p>
<p>Les Big Data risquent surtout d&#8217;accentuer la discrimination et la catégorisation (la communautarisation préféreront d&#8217;autres) de la société. Les données vont s&#8217;attacher de plus en plus à nous, nous engluer, pour mieux nous classer et nous discriminer. On connaît suffisamment la discrimination pour percevoir très vite les dérives d&#8217;une telle société sans qu&#8217;il soit nécessaire de les expliquer.<br />
On peut aussi les analyser autrement. Plutôt que de faire reposer la ségrégation sur des critères qui n&#8217;ont pas d&#8217;effets, les Big Data pourraient faire reposer la prévention sur des critères effectifs. En nous alertant sur ceux qui ont le plus fort risque de tomber dans la criminalité, nous pourrions aussi mettre en place un traitement plus adapté, pour autant que nous en soyons capables. Mais ce n&#8217;est pas la partie la plus simple du processus&#8230; </p>
<h3>L&#8217;avenir de la réutilisation des données doit-il se baser sur la responsabilisation de leur impact ?</h3>
<p>L&#8217;invention de l&#8217;imprimerie a fait fleurir des lois pour garantir la liberté d&#8217;expression qui n&#8217;existait pas avant du fait de la faiblesse de l&#8217;expression écrite, expliquent les auteurs. Au XIXe siècle, la liberté d&#8217;expression est devenue une garantie constitutionnelle dans la plupart des pays. Au fil des siècles, nous avons opté pour plus d&#8217;informations plutôt que moins, en nous prémunissant de ses excès par des règles limitant l&#8217;utilisation abusive de l&#8217;information. A l&#8217;heure des Big Data, <i>&#8220;nous aurons besoin de nouvelles règles pour protéger le caractère sacré de l&#8217;individu&#8221;</i>. Mais contrairement à nos ancêtres, nous n&#8217;aurons pas des siècles pour nous adapter. A peine quelques années. </p>
<p>Protéger la vie privée nécessite que les utilisateurs des grandes données deviennent plus responsables de leurs actes. Dans le même temps, la société aura à redéfinir la notion même de justice pour garantir la liberté de l&#8217;homme à agir. </p>
<blockquote><p>&#8220;Pendant des décennies, un principe essentiel du droit à la vie privée à travers le monde a été de mettre les individus en contrôle en leur permettant de décider si, comment et par qui leurs renseignements personnels pouvaient être traitées. A l&#8217;ère d&#8217;internet, cet idéal louable a souvent été transformé en un système stéréotypé de &#8220;notification et de consentement&#8221;. Mais à l&#8217;ère du Big Data, cependant, une grande partie de la valeur des données nait d&#8217;utilisations secondaires qui peuvent avoir été inimaginables lorsque les données ont été recueillies, ce qui signifie que le mécanisme de &#8220;notification et de consentement&#8221; pour assurer la confidentialité n&#8217;est plus adapté.&#8221;</p></blockquote>
<p>Et les auteurs d&#8217;esquisser un nouveau cadre de confidentialité de nos données, en se concentrant moins sur le consentement individuel au moment de la collecte et de plus en plus sur la responsabilisation de l&#8217;utilisation des données, par les sociétés qui les collectent, les croisent et les traitent. <i>&#8220;Dans un tel monde, les entreprises devront évaluer formellement la réutilisation des données amassées sur les particuliers basés sur l&#8217;impact qu&#8217;elle a sur les personnes dont les renseignements personnels sont traités.&#8221;</i> Pour Mayer-Schönberger et Cukier, c&#8217;est aux entreprises (et aux experts internes ou externes) d&#8217;évaluer les politiques de réutilisation des données, notamment parce que ce sont eux qui tirent avantage de l&#8217;utilisation secondaire des données. <i>&#8220;Il est donc juste de les tenir responsables de leurs actes et de faire porter le fardeau de cette revue sur eux.&#8221;</i></p>
<p>Car pour Mayer-Schönberger et Cukier, visiblement, les avantages de la réutilisation des données est supérieur aux risques d&#8217;une trop grande divulgation des données des gens. Pour eux, nous ne reviendrons pas sur le Big Data, quels que soient ses effets. C&#8217;est aux régulateurs et aux réutilisateurs de trouver des approches plus équilibrées, certains pays décidant de pouvoir être plus prudents que d&#8217;autres. Pour les auteurs, si les entreprises obtiennent le droit d&#8217;utiliser et exploiter les données personnelles, elles doivent assumer en contrepartie la responsabilité des usages qui en sont faits. Cela semble pouvoir dire beaucoup de choses, mais les auteurs ne sont pas là très diserts. La responsabilité pourrait vouloir dire que ces entreprises devraient donner un droit d&#8217;accès et de rectification aux utilisateurs. Elles devraient contrôler les croisements qu&#8217;elles autorisent via leurs API afin peut-être d&#8217;exclure certains types de services par rapport aux données qu&#8217;ils proposent. Ou permettre de régler la durée de conservation des données&#8230; </p>
<p>Force est de constater cependant que le jugement de Mayer-Schönberger et Cukier est assez libéral. Sans contraintes, peu de sociétés décideront de limiter la collecte des données ou leurs croisements. Pourquoi Facebook déciderait-il de limiter la durée de conservations de nos likes, qui n&#8217;ont pourtant, la plupart du temps, qu&#8217;une valeur éphémère ? <a href="http://www.internetactu.net/2013/03/13/a-qui-les-algorithmes-preteront-ils-de-largent/">Pourquoi interdirait-il l&#8217;usage de nos relations comme facteur déterminant de nos capacités d&#8217;emprunt comme le proposent déjà certaines start-ups ?</a> </p>
<p>Le changement réglementaire qu&#8217;ils appellent semble également un peu rapide. Passer de la &#8220;vie privée par consentement&#8221; à la &#8220;vie privée par responsabilisation&#8221; est tout de même un changement de paradigme qui ne va pas aider à minorer la collecte des données ni à rétablir la confiance des utilisateurs envers les collecteurs de données. Alors que malgré tout, à la base, il n&#8217;y a aucune raison que l&#8217;usage d&#8217;un Kindle ou d&#8217;un Fitbit, un produit que l&#8217;utilisateur final achète, ou même que l&#8217;utilisation d&#8217;un Facebook, soit vendue avec un droit pour la société à monitorer vos usages dans le temps, sans que l&#8217;utilisateur soit au courant, sans qu&#8217;il puisse récupérer ou avoir accès aux données, sans qu&#8217;il puisse décider du contraire. Quand on achète une cocotte-minute, Seb n&#8217;achète pas le droit de savoir quand on l&#8217;utilise ! Pourquoi en est-il différemment des produits électroniques &#8211; sans contrepartie pour l&#8217;utilisateur ? Qui régulera les sociétés <a href="http://www.internetactu.net/2013/05/03/lemploi-a-lepreuve-des-algorithmes/">qui vont fouiller le web pour affiner nos profils de recrutement</a> ? La responsabilisation semble une réponse un peu courte aux croisements et aux traitements sans limites ! Que signifie réguler les acteurs, quand demain, tout à chacun sera capable de lancer ses propres fouilles et extractions de données en ligne ? Quand les systèmes seront capables de récupérer les données de n&#8217;importe qui en ligne pour en construire un profil ? </p>
<p>Bien sûr, l&#8217;innovation proviendra certainement de croisements et de traitements qui n&#8217;ont pas été pensés à l&#8217;origine et pour lesquels l&#8217;utilisateur ne donnerait pas nécessairement son accord, mais est-ce pour autant que la responsabilisation peut-être un garde-fou ? Le croisement de nos relations avec un service de musique peut donner lieu à de nouveaux services amusants. Mais la liste des musiques que l&#8217;on écoute peut permettre d&#8217;imaginer un service qui indiquerait notre humeur, voir, demain, notre capacité à travailler et après-demain, notre rémunération en fonction&#8230; Il n&#8217;y a pas besoin d&#8217;interconnecter nos relations avec une base de données de criminels pour criminaliser nos comportements. </p>
<p>On pourrait vouloir limiter les appariements à un contexte proche, <a href="http://www.internetactu.net/2012/04/05/la-vie-privee-en-contexte-ou-la-vertu-de-la-reciprocite/">comme le suggérait les travaux d&#8217;Helen Nissenbaum</a>, mais se serait limiter trop fortement leur potentiel. Quand Google croise les requêtes des utilisateurs avec les statistiques grippales pour en trouver les corrélations appropriées, on voit bien que le contexte n&#8217;est pas un élément d&#8217;appariement des données. </p>
<p>Mayer-Schönberger et Cukier estiment aussi qu&#8217;une solution pourrait reposer sur le brouillage des données, <a href="http://www.internetactu.net/2010/04/14/a-defaut-de-reduire-la-collecte-des-donnees-comment-les-alterer/">leur altération</a> (une forme d&#8217;obfuscation voir d&#8217;anonymisation, mais l&#8217;on sait maintenant que celle-ci n&#8217;est pas sûre, puisque le croisement permet justement de les lever). Ils prennent pour exemple le fonctionnement de Facebook lui-même. Quand Facebook fournit des informations sur ses utilisateurs à des annonceurs potentiels, ceux-ci ne peuvent identifier précisément les individus à qui ils s&#8217;adressent. Ils vont pouvoir par exemple adresser leur publicité aux &#8220;femmes asiatiques d&#8217;Atlanta intéressées par le yoga&#8221; et sauront seulement que la requête devrait leur permettre de toucher 400 personnes, sans être capables de les atteindre directement, uniquement. C&#8217;est ce que Mayer-Schönberger et Cukier appellent &#8220;la vie privée différentielle&#8221;. Reste qu&#8217;ici, les utilisateurs ne sont maîtres de rien. Si Facebook pour l&#8217;instant protège les utilisateurs uniques, <a href="http://www.internetactu.net/2013/05/03/lemploi-a-lepreuve-des-algorithmes/">ce n&#8217;est pas le cas de Linked-in, qui lui permet aux recruteurs de surveiller et d&#8217;atteindre les profils exacts qu&#8217;ils recherchent</a>. Peut-être faut-il néanmoins voir une piste de régulation dans cette idée que l&#8217;usage secondaire ne puisse pas permettre de joindre directement un utilisateur (à tout le moins sans son consentement lui présentant le service) ? </p>
<p>Une autre solution, est peut-être de renforcer le caractère sacré de la vie privée : la porter à son paroxysme, renforcer le pouvoir des individus dont les données sont exploitées. Faut-il faire du numérique un état de non-droit en interdisant toute recherche d&#8217;IP même par la justice ou la police, afin que nul n&#8217;y soit inquiété pour ses activités ? Faut-il interdire tout regroupement de données sans le consentement explicite de l&#8217;utilisateur, rendant par la même impossible tout croisement et traitement&#8230; Ce ne sont pas des solutions qu&#8217;esquissent les auteurs, bien sûr. Mais face aux risques et menaces des Big Data, on comprend que certains puissent imaginer que la solution passe par le renforcement absolu du pouvoir du plus faible dans les termes de l&#8217;échange : l&#8217;usager, celui dont les données sont utilisées. </p>
<h3>Les bons sentiments suffiront-ils à réguler les Big Data ?</h3>
<p>Les auteurs n&#8217;en sont pas moins lucides sur le rôle central joué aujourd&#8217;hui par les grands acteurs des données. <i>&#8220;Nous devons empêcher la montée des barons de données du XXIe siècle, l&#8217;équivalent moderne des <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Robber_baron_(industrialist)">barons voleurs du XIXe siècle</a> qui ont dominé les chemins de fer, la fabrication de l&#8217;acier et le développement des réseaux télégraphiques de l&#8217;Amérique.&#8221;</i> Pour contrôler ces industriels, l&#8217;Amérique a établi des règles favorisant la concurrence et empêchant le monopole. Des règles qui se sont largement adaptées dans le temps et qu&#8217;on pourrait solliciter pour limiter les monopoles des grands stokeurs de données. Pourrait-on ainsi imaginer un droit d&#8217;exclusion au bénéfice des utilisateurs, leur permettant de retirer leurs données de ces baronnies ? Trop souvent, rappellent les auteurs, <i>&#8220;en ce qui concerne la technologie (que ce soit le nucléaire ou la bio-ingénierie par exemple), nous avons d&#8217;abord construit les outils avant de mettre au point des mécanismes de sécurité pour nous en protéger.&#8221;</i></p>
<p>Assurément, les Big data nécessitent un nouveau débat sur la nature de la prise de décision, le destin, la justice, notamment parce qu&#8217;ils mettent à mal les mécanismes techniques et juridiques qui, jusqu&#8217;à présent, étaient le fondement de notre façon de protéger la vie privée. Force est de constater que  Mayer-Schönberger et Cukier esquissent dans leur ouvrage des premières pistes de réponses, encore bien fragiles. </p>
<p>Désormais <a href="http://www.internetactu.net/2009/09/21/critique-du-web%c2%b2-34-toutes-les-donnees-sont-devenues-personnelles/">toutes les données sont devenues personnelles</a>. Même la plus anodine des données peut révéler l&#8217;identité de quelqu&#8217;un si elle est croisée avec une multitude d&#8217;autres données comme le permet l&#8217;accès à la toile. Surveiller une personne permet désormais d&#8217;obtenir bien plus de renseignements sur elle (et bien plus facilement) qu&#8217;on n&#8217;en a jamais eu. Mais le principal risque des Big Data ne porte pas tant sur la vie privée que sur le risque que nous soyons amené à juger les gens non pas sur leur comportement réel, mais sur leur propension à avoir le comportement que les données leur prêtent. Le monde social n&#8217;est pas né avec les Big Data, mais celles-ci pourraient bien nous y enfermer. </p>
<p>Certes, concèdent les auteurs, le Prométhé moderne, l&#8217;homme capable de gérer son destin est une profonde illusion. Si nous ne croyons plus au déterminisme de nos ancêtres, notre capacité à façonner notre destin pourrait bien être altéré par la technologie. Car notre potentialité risque d&#8217;être demain abattu sur l&#8217;autel de la probabilité. Selon votre milieu social, vos résultats scolaires, votre cercle de relations&#8230; votre avenir pourra être tracé par les algorithmes. Ce savoir nous permettra peut-être de prendre des mesures correctives pour prévenir les problèmes ou améliorer les résultats, mais s&#8217;il est facile de discriminer, il est plus difficile de trouver les solutions pour nous faire passer d&#8217;une catégorie à une autre. Demain nous saurons repérer les élèves qui décrochent avant leur examen final, nous pourrons repérer les cellules cancéreuses et les traiter avant que la maladie ne se déclare. Nous connaîtrons les risque de grossesses des adolescentes ou le risque criminel des enfants avant qu&#8217;ils ne commettent le moindre crime. Nous pourrons donc prédire, ficher et juger. Pas sûr que les Big Data nous aident aussi facilement à résoudre&#8230;  </p>
<p><i>&#8220;Les prédictions de gros volumes de données ne sont pas gravées dans la pierre, ils ne sont que les résultats probables, ce qui signifie que si nous voulons changer, nous pouvons le faire&#8221;</i>, concluent les auteurs, ravivant le mythe du self-made man, si cher à l&#8217;Amérique. Si demain, tout le monde fait appel aux données, ce qui nous différenciera reposera peut-être plus qu&#8217;aujourd&#8217;hui sur l&#8217;imprévisible, l&#8217;instinct, la prise de risque, l&#8217;accident, l&#8217;erreur&#8230; </p>
<blockquote><p>&#8220;Dans un monde de grands volumes de données, ce sont nos traits les plus humains (les moins rationnels) qui doivent être encouragés : notre créativité, l&#8217;intuition, l&#8217;ambition et notre ingéniosité. Comme aurait pu le dire Henry Ford, si on avait interrogé les algorithmes et les données pour savoir ce que les clients voulaient, les Big Data auraient répondu &#8220;un cheval plus rapide&#8221; : elles n&#8217;auraient pas inventé la voiture !&#8221; </p>
<p>&#8220;Les Big Data sont une ressource et un outil. Elles sont destiné à informer plutôt qu&#8217;expliquer. (&#8230;) Tout éblouissantes soient-elles, toutes puissantes soient-elles, nous ne devons jamais nous laisser séduire par leur lumière et en oublier leurs imperfections inhérentes.&#8221;</p></blockquote>
<p>Et de nous inviter à utiliser les Big Data avec générosité, humanité et humilité. On aimerait bien. Mais nous ne sommes pas sûr de toujours vivre dans ce monde là. En tout cas, les bons sentiments ne seront pas un moyen de régulation suffisant. </p>
<p>Hubert Guillaud</p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/algorithmie/" title="algorithmie" rel="tag">algorithmie</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/economie-de-lattention/" title="économie de l&#039;attention" rel="tag">économie de l&#039;attention</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/big-data/" title="big data" rel="tag">big data</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/complexite/" title="complexité" rel="tag">complexité</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/tracabilite/" title="traçabilité" rel="tag">traçabilité</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/vie-privee/" title="vie privée" rel="tag">vie privée</a><br />
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		<title>Dieu et l’ordinateur</title>
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		<pubDate>Mon, 13 May 2013 09:22:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier de la Porte</dc:creator>
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		<description><![CDATA[On doit la lecture de la semaine à Peter Glaser (@peterglaser), écrivain et journaliste autrichien, longtemps rédacteur en chef de la revue du Chaos Computer Club, le célèbre groupe de Hacker berlinois.
Ce texte paru sur le site autrichien Futurezone.at s’intitule &#8220;Dieu et l’ordinateur&#8221; et relève du genre de la Glose, une forme de chronique compilant plusieurs idées en apparence&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>On doit la lecture de la semaine à <a href="http://blog.stuttgarter-zeitung.de/">Peter Glaser</a> (<a href="https://twitter.com/peterglaser">@peterglaser</a>), écrivain et journaliste autrichien, longtemps rédacteur en chef de la revue du <a href="http://www.ccc.de/">Chaos Computer Club</a>, le célèbre groupe de Hacker berlinois.</p>
<p>Ce texte paru sur le site autrichien <a href="http://futurezone.at">Futurezone.at</a> s’intitule <a href="http://futurezone.at/meinung/14606-computer-und-gott.php">&#8220;Dieu et l’ordinateur&#8221;</a> et relève du genre de la Glose, une forme de chronique compilant plusieurs idées en apparence sans référence et en multipliant les sous-entendus plus ou moins critiques à l’actualité. Elle permet souvent d’exprimer une réflexion subjective dans une culture qui se méfie beaucoup du journalisme d’opinion.</p>
<p>&#8220;Autrefois, le magistère moral du Vatican sur la technologie ne pouvait être remis en cause. Eugen Sänger, pionnier de la navigation spatiale, l’exprimait ainsi dans un livre: « En 1956, dans un communiqué officiel à destination des participants au congrès international d’aéronautique de Rome, le pape Pie XII a répondu à la question du sens de telles entreprises : &#8220;Le seigneur, qui a déposé dans le cœur des hommes le désir insatiable du Savoir, n’a pas l’intention de limiter la soif de conquête des humains ».&#8221;</p>
<p>En 2010, reprend Glaser, au sujet de la confession en ligne, l’archevêque de Cologne, Joachim Meisner répondait « c’est impossible, elle doit avoir lieu en face à face ». Mais au 21e siècle les choses vont vite, poursuit Glaser. Depuis, une application catholique du nom de &#8220;<a href="https://itunes.apple.com/us/app/confession-roman-catholic/id416019676?mt=8">Confession</a>&#8221; a reçu la bénédiction du Clergé américain. </p>
<p>Pour les fans d’Apple, la question de la Foi a d’abord été de l’ordre de l’ironie. On parlait de &#8220;Mac-évangélistes&#8221;. On parlait des Sermons sur la Montagne pour désigner les conférences de Steve Job et on parlait aussi de la vénération cultuelle des appareils de la marque. Mais le sujet est devenu progressivement plus sérieux. Aujourd’hui, beaucoup affichent une vraie croyance en Apple.</p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2013/05/5635123692_e1be10ab98_z.jpg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2013/05/5635123692_e1be10ab98_z.jpg" alt="L'Apple store de New York par Trey Ratcliff" title="from the blog www.stuckincustoms.com" width="540" /></a><br />
<i>Image : l&#8217;un des grands temple d&#8217;Apple, l&#8217;Apple Store de New York <a href="http://www.flickr.com/photos/stuckincustoms/5635123692/">photographié par Trey Ratcliff</a>.</i></p>
<p>Dans <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Sans_soleil">&#8220;Sans soleil&#8221;</a>, le film de Chris Marker, le narrateur commente une exposition de trésors du musée du Vatican, qui sont exhibés derrière des vitres blindées dans un centre commercial à Tokyo. Ce narrateur soupçonne l’intérêt des visiteurs de relever de l’espionnage industriel et imagine que les Japonais préparent la sortie prochaine d’une version plus performante et bon marché du catholicisme. Cela a bien eu lieu, mais pas au Japon : à Cupertino, au quartier général d’Apple.</p>
<p>Lorsqu’on observe un humain assis à un écran d’ordinateur, une autre image surgit immédiatement – celle d’un individu se recueillant devant un autel domestique. Un ordinateur n’est pas un objet ordinaire, c’est un objet de culte au sens le plus dramatique du terme. La ferveur et la motivation fanatique parfois éprouvées par l’utilisateur ont une dimension profondément spirituelle. Dans aucune autre situation, on retrouve un tel dévouement inconditionnel, une extase aussi douloureuse, à part peut-être quand apparait la Vierge ou quand on fraude le fisc. Devant nous ou même au creux de nos mains, ces appareils électroniques sont autant de confessionnaux en puissance. Ces dernières années, les églises traditionnelles, trop rigides et impuissantes, ont abandonné la piété au numérique.</p>
<p>Les vidéos qui sur YouTube mettant en scène les nouveaux produits d’Apple, nous prouvent qu’il y a dans le numérique quelque chose qui dépasse le profane. Alors que les traditionnelles vidéos d’animaux n’engageaient pas la machine, les clips d’aujourd’hui qui montrent des chats, des chiens ou des perroquets jouant avec des tablettes prennent un sens totalement différent. Au premier regard, ils semblent montrer que ces appareils stimulent chez les animaux leur capacité intellectuelle. Mais en réalité, on peut y voir une forme de jugement divin qui révèle la corruptibilité des humains. Contrairement à nous, les animaux ne se laissent pas abuser par la pseudo-sacralité que le marketing confère à ces appareils.</p>
<p>En 1977, le graphiste <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Rob_Janoff">Rob Janoff</a> a créé le logo Apple tel que nous le connaissons aujourd’hui – les contours d’une pomme dans laquelle quelqu’un a croqué. Avec ce coup de dent, Janoff voulait simplement éviter que l’on prenne cette pomme pour une tomate. En anglais, cette bouchée de pomme manquante sous-entend un jeu de mots : mordre – <i>to bite</i> – se prononce exactement comme <i>byte</i>, un bit. Mais c’est la référence biblique qui a finalement pris le dessus – la pomme croquée symbolise le fruit interdit de l’arbre de la connaissance, dont l’aspect appétissant a permis au serpent de tenter Adam et Eve. La forme du serpent fait aussi partie du champ d’expérience du numérique – je pense ici aux longues files d’attente qui ondulent interminablement et pacifiquement devant les Apple-Store de cette planète, à chaque fois qu’une nouveauté est commercialisée.</p>
<p>Grâce à l’imagerie médicale, les recherches de l’expert américain en marketing, <a href="http://www.martinlindstrom.com/">Martin Lindstrom</a>, font apparaitre que lorsque des consommateurs voient des logos de marques, leur activité cérébrale est identique à celle des religieuses qui pensent à Dieu. C’est d’ailleurs l’une d’entre elles, la sœur Judith Zoebelein, qui est l’experte auprès du Pape sur les questions liées à Internet. C’est elle qui est à l’origine de l’installation du premier serveur dans les caves du Vatican, serveur qui porte le nom de l’archange messager Gabriel. Quant au pare-feu du Vatican, il porte celui de L’Ange-Gardien Michel et l’Intranet se prénomme Raphaël, comme l’archange qui œuvrait, lui aussi, dans le secret.&#8221;</p>
<p>Xavier de la Porte</p>
<blockquote><p>Xavier de la Porte (<a href="https://twitter.com/xporte">@xporte</a>), producteur de l’émission <a href="http://www.franceculture.fr/emission-place-de-la-toile">Place de la Toile</a> sur France Culture, réalise chaque semaine une intéressante lecture d’un article de l’actualité dans le cadre de son émission.</p>
<p><iframe src="http://www.franceculture.fr/player/export-reecouter?content=4624536" width="481" frameborder="0" scrolling="no" height="139"></iframe></p>
<p><a href="http://www.franceculture.fr/emission-place-de-la-toile-ces-technologies-qui-veulent-nous-rendre-heureux-2013-05-11">L’émission du 11 mai 2013</a> se demandait pourquoi les technologies veulent-elles nous rendre heureux en compagnie de Christophe Deshayes et Jean-Baptiste Stuchlik, respectivement conseiller pour des entreprises sur les questions numériques et ingénieur et psychosociologue, auteurs du <i><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2200286325/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=2200286325&#038;linkCode=as2&#038;tag=internetnet-21">Petit traité du bonheur 2.0 : Comment prendre soin de soi et des autres grâce aux technologies numériques</a></i> qui vient de paraître chez Armand Colin.</p></blockquote>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/apple/" title="Apple" rel="tag">Apple</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/culture/" title="culture" rel="tag">culture</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/pdlt/" title="pdlt" rel="tag">pdlt</a><br />
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		<title>Comment regardons-nous le monde ?</title>
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		<pubDate>Mon, 06 May 2013 08:59:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier de la Porte</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La lecture de la semaine m’a été suggérée par une auditrice Alysse Hallali, que je remercie, elle provient de The Daily Dot et on la doit à James Elkins, professeur d’histoire de l’art à l’école d’art de Chicago. Son titre : &#8220;est-ce que Google nous fait voir l’art de trop près ?&#8221;
&#8220;L’Internet nous rend visible l’univers entier&#8221;, commence Elkins.&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La lecture de la semaine m’a été suggérée par une auditrice Alysse Hallali, que je remercie, elle provient de <i><a href="http://www.dailydot.com">The Daily Dot</a></i> et on la doit à <a href="http://www.jameselkins.com/">James Elkins</a>, professeur d’histoire de l’art à l’école d’art de Chicago. Son titre : <a href="http://www.dailydot.com/opinion/elkins-is-google-bringing-us-too-close-to-art/ ">&#8220;est-ce que Google nous fait voir l’art de trop près ?&#8221;</a></p>
<p>&#8220;L’Internet nous rend visible l’univers entier&#8221;, commence Elkins. &#8220;On peut examiner les galaxies les plus éloignées de l’univers, avec la meilleure résolution, en voyant exactement ce que les astronomes voient. On peut regarder en direct des images venant du plus profond de l’océan, des parties du monde jamais contemplées par aucun œil.</p>
<p>Cet accroissement immense, radical et incommensurable du nombre de choses que nous pouvons voir fait aussi de nous des experts assis. Est-ce un calmar vampire qui flotte ainsi dans les projecteurs du submersible ou une nouvelle espèce jamais recensée ? Qu’est-ce que cette ombre dans le colon du patient : une tumeur ou une boursoufflure bénigne ? Ce pixel flou sur la plaque astronomique est-il une énorme galaxie avec des millions de soleils ou un grain de poussière dans le télescope ?</p>
<p>Dans les faits, nous voyons aujourd’hui les choses de plus près que nous ne le devrions et que nous ne sommes censés les voir. C’est particulièrement vrai pour les œuvres d’art que nous téléchargeons en haute résolution – tellement haute que nous les voyons de plus près que l’artiste n’a jamais eu l’intention que les voyions.&#8221;</p>
<p>Le meilleur exemple de cela est le <a href="http://www.googleartproject.com/">Google Art Project</a>, explique Elkins. <a href="http://www.nytimes.com/2011/02/07/arts/design/07google.html?pagewanted=all&#038;_r=0">Comme le <i>New York Times</i> le notait en 2011</a>, le Google Art Project est un monumental work-in-progress. Chaque musée y contribue en envoyant des images haute-résolution d’œuvres d’art et Google apporte une machine spécialisée qui photographie certaines oeuvres dans une ultra-haute résolution proprement stupéfiante. Si vous visitez le site, vous ne saurez pas quelle œuvre de quelle collection a subi le traitement spécial, jusqu’au moment où vous zoomez dedans. Si vous continuez à cliquer, et que l’image s’agrandit, alors vous êtes tombé sur une image du Google Art Project.</p>
<p>Voici un exemple de cette vision que les images à ultra-haute résolution rendent possible. Si vous allez sur le site du Google Art Project et trouvez la toile de Georges Seurat <a href="http://www.googleartproject.com/collection/the-art-institute-of-chicago/artwork/a-sunday-on-la-grande-jatte-1884-georges-seurat/609033/">&#8220;Un dimanche sur l’île de la Grande Jatte&#8221;</a>, de l’<a href="http://www.artic.edu/">Art Institute de Chicago</a>, vous trouvez une version à taille de l’écran. Si vous cliquez pour zoomer vous verrez deux femmes au milieu du tableau, Seurat veut que nous les voyions allongées dans l’ombre d’un arbre. C’est plus ou moins ce que vous verriez si vous étiez à Chicago, debout devant la toile. Mais le Google Art Project vous permet de continuer à zoomer, jusqu’à ce que le visage de la femme se révèle une étrange mosaïque de couleurs.</p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2013/05/Elkins_Pissaro.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2013/05/Elkins_Pissaro.png" alt="" title="Elkins_Pissaro" width="462" /></a><br />
<a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2013/05/Elkins_Pissaro_zoom_1.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2013/05/Elkins_Pissaro_zoom_1.png" alt="" title="Elkins_Pissaro_zoom_1" width="462" /></a><br />
<a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2013/05/Elkins_Pissaro_zoom_2.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2013/05/Elkins_Pissaro_zoom_2.png" alt="" title="Elkins_Pissaro_zoom_2" width="462" /></a><br />
<i>Image : un dimanche sur l&#8217;île de la Grande Jatte de Georges Seurat.</i></p>
<p>Quel étrange visage. La femme semble avoir une dizaine d’yeux couleur lavande, un peu comme une araignée. Très clairement, il n’était pas dans l’intention de Seurat que nous voyions cela. Mais que voulait-il exactement que nous voyions ? Cette question n’est pas simple du tout : en fait, c’est une des questions les plus anciennes et les plus importantes de la critique d’art. Et le Google Art Project n’aide pas du tout à la résoudre.</p>
<p>Le Google Art Project est un cabinet de curiosité. Ce gentil petit chien qu’on voit au loin, par exemple, peut aussi se révéler un monstre – une sorte de croisement entre une araignée et un rhinocéros. Il y a beaucoup de choses dans cette toile que Seurat ne voulait pas que les gens remarquent. Toutes sont des effets de son pointillisme : si vous regardez de trop près, les points ne se combinent pas dans votre regard et comme Goya l’écrivait &#8220;la raison endormie engendre des monstres&#8221;.</p>
<p>Et James Elkins de reproduire la même démonstration avec <a href="http://www.googleartproject.com/collection/the-metropolitan-museum-of-art/artwork/the-harvesters-pieter-bruegel-the-elder-netherlandish-breda-ca-15251569-brussels/653014/">une toile de Bruegel</a> où des personnages au loin font leur besoin. C’était manifestement courant dans la peinture flamande de l’époque de cacher dans la toile des personnages en train de déféquer et Bruegel devait s’attendre à ce qu’on les remarque, mais pas avec le degré de précision permis par le Google Art Project, où le personnage a l’air d’un singe plus que d’un homme et donne l’impression d’avoir chié une brique d’or. Elkins poursuit sa démonstration avec <a href="http://www.googleartproject.com/collection/the-phillips-collection/artwork/mont-sainte-victoire-paul-cezanne/27768167/">une des toiles de Cézanne peignant le Mont Sainte-Victoire</a>, une toile qui reprend un peu le principe du <i><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Non_finito">non finito</a></i> de la Renaissance. Qu’est-ce qui manque exactement dans cette toile ? La Montagne est laissée ouverte en son sommet, Cézanne a sans doute pris la décision de ne pas peindre au-delà. Mais pourquoi ? Pourquoi s’arrêter là ? Ces questions, on se les posait avant le Google Art Project, mais l’ultra-haute résolution nous plonge à ce point dans la toile que nous ne voyons plus seulement les éléments que Cézanne a décidé de ne pas peindre, mais aussi l’inachèvement de chacun des traits qu’il a peints. Comment dès lors définir le <i>non finito</i>, et comment interpréter l’intention de Cézanne qui se manifeste dans l’inachèvement ?</p>
<p>&#8220;S’il n’est plus possible de distinguer le complet de l’intentionnellement incomplet, le processus et la méthode suivis par l’artiste deviennent difficiles à comprendre&#8221;, dit Elkins : &#8220;comment savoir si une toile s’est élaborée depuis l’absence jusqu’à la présence, ou au contraire dans un effacement de la présence jusqu’à l’absence ; aucun moyen d’en être certain. Bien sûr, cette ambiguïté fait partie du projet de la peinture moderniste. Mais l’internet la rend encore plus compliquée à penser que ça ne l’était quand on pouvait ne voir les œuvres que dans des musées ou des catalogues.&#8221; Il est fascinant de zoomer dans le Google Art Projec dit Elkins, &#8220;mais on se demande si on n’a pas traversé la frontière invisible entre la vision historiquement adéquate et un regard scrutateur et inadéquat. Peut-être considérerons-nous un jour l’infinie vision que propose l’internet comme une sorte de maladie culturelle – une compulsion que les générations futures trouveront amusante. Notre vision est peut-être pathologique, mais si elle l’est, c’est notre pathologie, notre manière de regarder le monde.&#8221;</p>
<p>Xavier de la Porte</p>
<blockquote><p>“Xavier de la Porte (<a href="https://twitter.com/xporte">@xporte</a>), producteur de l’émission <a href="http://www.franceculture.fr/emission-place-de-la-toile">Place de la Toile</a> sur France Culture, réalise chaque semaine une intéressante lecture d’un article de l’actualité dans le cadre de son émission.</p>
<p><iframe src="http://www.franceculture.fr/player/export-reecouter?content=4620876" width="481" frameborder="0" scrolling="no" height="139"></iframe></p>
<p><a href="http://www.franceculture.fr/emission-place-de-la-toile-philosophie-critique-du-drone-2013-05-04">L’émission du 4 mai 2013</a> s&#8217;intéressait à la philosophie critique du drone en compagnie de Grégoire Chamayou, philosophe, chercheur au laboratoire <a href="http://cerphi.ens-lyon.fr/">Cerphi</a> de l&#8217;ENS Lyon et auteur de la <i><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/235872047X/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=235872047X&#038;linkCode=as2&#038;tag=internetnet-21">Théorie du drone</a></i>, qui vient de paraître aux éditions <a href="http://www.lafabrique.fr/">La Fabrique</a>.</p></blockquote>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/culture/" title="culture" rel="tag">culture</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/google/" title="google" rel="tag">google</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/humanites-numeriques/" title="humanités numériques" rel="tag">humanités numériques</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/industries-culturelles/" title="industries culturelles" rel="tag">industries culturelles</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/pdlt/" title="pdlt" rel="tag">pdlt</a><br />
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		<title>L’emploi à l’épreuve des algorithmes</title>
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		<pubDate>Fri, 03 May 2013 05:00:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
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		<description><![CDATA[L&#8217;analyse des grandes quantités de données &#8211; le Big Data &#8211; est appelée à révolutionner bien des domaines. L&#8217;emploi et les ressources humaines pourraient même devenir l&#8217;un de ses premiers terrains d&#8217;application. 
Bien sûr, rappelle Steve Lohr dans Bits, le blog techno du New York Times, &#8220;la science de la force de travail&#8221; &#8211; comme on commence à l&#8217;appeler &#8211;&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L&#8217;analyse des grandes quantités de données &#8211; le Big Data &#8211; est appelée à révolutionner bien des domaines. L&#8217;emploi et les ressources humaines pourraient même devenir l&#8217;un de ses premiers terrains d&#8217;application. </p>
<p>Bien sûr, rappelle Steve Lohr <a href="http://bits.blogs.nytimes.com/2013/04/21/scientific-management-redux-the-difference-is-in-the-data/">dans Bits, le blog techno du <i>New York Times</i></a>, &#8220;la science de la force de travail&#8221; &#8211; comme on commence à l&#8217;appeler &#8211; n&#8217;est pas nouvelle. Le management &#8220;scientifique&#8221; et la mesure statistique de l&#8217;efficacité du travail ou du recrutement ont déjà connu bien des méthodes&#8230; (et pas que des succès) : <i>&#8220;Ce qui est différent aujourd&#8217;hui&#8221;</i>, explique <a href="http://econgrads.berkeley.edu/hoffman/research/">Mitchell Hoffman</a>, économiste et chercheur à <a href="http://mba.yale.edu/">l&#8217;école de Management de Yale</a>, <i>&#8220;est le montant et le détail des données sur les travailleurs qui sont recueillies&#8221;</i>. </p>
<p>L&#8217;étude de Hoffman et de ses collègues, intitulée <a href="http://econgrads.berkeley.edu/hoffman/files/2013/04/Referrals.pdf">&#8220;La valeur de l&#8217;embauche par les références&#8221; (.pdf)</a> a fouillé les données de plusieurs sociétés dans trois secteurs différents (les centres d&#8217;appels téléphoniques, le transport et le secteur logiciel) portant sur plus d&#8217;un million de demandeurs d&#8217;emploi et plus de 70 000 employés sur plusieurs années. </p>
<p>Les chercheurs ont ainsi constaté que les embauches recommandées par des employés étaient 25% plus rentables que les embauches non recommandées, mais seulement quand ces recommandations provenaient des travailleurs dont la productivité était supérieure à la moyenne. Une recommandation provenant de votre pire employé est pire que l&#8217;embauche d&#8217;un travailleur non recommandé, ironise Mitchell Hoffman. </p>
<p>Selon <a href="http://www.evolvondemand.com/core/assets/pdf/23/7edeb5b180b430fd4e2a1744c0705bd832eda61e">une autre étude (.pdf)</a> menée par <a href="http://www.evolvondemand.com/">Evolv</a>, une société qui utilise la science des données pour conseiller les entreprises qui embauchent des travailleurs à la tâche, et le <a href="http://chr.wharton.upenn.edu/#id=chr&#038;num=1">Centre des ressources humaines de la Wharton School de l&#8217;université de Pennsylvanie</a>, dans les centres d&#8217;appels téléphoniques où les travailleurs gèrent un flux constant d&#8217;appels dans des conditions difficiles, les compétences de communication et de chaleur humaine du superviseur sont souvent cruciales pour la performance de l&#8217;employé. En fait, l&#8217;étude montre que la qualité du superviseur peut être plus importante que l&#8217;expérience individuelle et les attributs des travailleurs eux-mêmes. A contrario des idées reçues, <a href="http://www.evolvondemand.com/core/assets/pdf/13/e26eb91802472803f6cc063d029ccb522f4fb94e">une autre étude d&#8217;Evolv (.pdf)</a> souligne que l&#8217;histoire passée d&#8217;un candidat n&#8217;est pas un bon moteur pour estimer ses résultats futurs. Ainsi, les employeurs ont tendance à éviter les candidats ayant des antécédents d&#8217;instabilité ou ceux qui ont été au chômage trop longtemps&#8230; sans que ces présupposés ne se vérifient dans les faits. Au contraire, les données révèlent qu&#8217;ils s&#8217;avèrent bien souvent de meilleurs employés que les autres. </p>
<h3>Vers la science de la force de travail</h3>
<p>Jusqu&#8217;à présent, les études sur le comportement des travailleurs étaient basées sur l&#8217;observation de quelques centaines de personnes, alors qu&#8217;aujourd&#8217;hui, elles peuvent inclure des milliers voire des dizaines de milliers d&#8217;employés, explique encore Steve Lohr dans un autre article livré au <i>New York Times</i> :  <a href="http://www.nytimes.com/2013/04/21/technology/big-data-trying-to-build-better-workers.html?_r=0&#038;pagewanted=all">Comment les Big Data tentent de fabriquer de meilleurs travailleurs</a>. </p>
<p><i>&#8220;Nous assistons à une révolution dans la mesure, et cette révolution va transformer l&#8217;économie de l&#8217;organisation et l&#8217;économie personnelle&#8221;</i>, estime <a href="http://ebusiness.mit.edu/erik/bio.html">Erik Brynjolfsson</a>, directeur du <a href="http://ebusiness.mit.edu/">Centre des affaires numériques à la Sloan School of Management du MIT</a>. La science de la force de travail a déjà ses champions, comme <a href="https://mgmt.wharton.upenn.edu/profile/1307/research">Peter Cappelli</a>, directeur du <a href="http://chr.wharton.upenn.edu/#id=chr&#038;num=1">Centre des ressources humaines à la Wharton School de l&#8217;université de Pennsylvanie</a>. L&#8217;analyse des e-mails, des messageries instantanées, des appels téléphoniques, du moindre clic de souris des employés peut désormais être mise au service d&#8217;une plus grande efficacité de l&#8217;entreprise. Les données produites par les travailleurs sont en passe de devenir un atout précieux. </p>
<p>IBM a récemment finalisé l&#8217;acquisition de <a href="http://www.kenexa.com/">Kenexa</a>, pas tant pour son corps de psychologues et de spécialistes du management, mais surtout pour ses données : Kenexa a des données sur plus de 40 millions de demandeurs d&#8217;emplois et d&#8217;employés. <a href="http://www.eharmony.com/about/eharmony/">eHarmony</a>, le service de rencontre en ligne, <a href="http://www.usnews.com/news/articles/2013/01/08/eharmony-to-help-employers-find-that-special-someone">a annoncé en janvier</a> qu&#8217;il allait adapter son algorithme pour étudier les affinités des relations employeurs employés&#8230; </p>
<p><a href="http://www.kenexa.com"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2013/05/Kenexa.png" alt="" title="Kenexa" width="540" height="205" class="alignright size-full wp-image-19822" /></a></p>
<p>Tim Geisert, directeur du marketing pour Kenexa, a observé qu&#8217;une personnalité extravertie a toujours été supposée être le trait marquant du succès des vendeurs. Mais sa recherche, basée sur des données provenant de millions d&#8217;enquêtes, a montré que la caractéristique la plus importante reposait sur le &#8220;courage émotionnel&#8221;, c&#8217;est-à-dire la capacité à poursuivre même après qu&#8217;on vous ait répondu non ! </p>
<p>Google, qui a toujours utilisé les données avec beaucoup d&#8217;attention pour faire ses recrutements, a longtemps privilégié les résultats scolaires&#8230; Mais celles-ci ne se sont pas avérées un synonyme de réussite et elles ne sont désormais plus utilisée comme principal critère d&#8217;embauche, explique Prasad Setty, vice-président du département People Analysis (&#8220;l&#8217;analyse des gens&#8221;), le laboratoire des ressources humaines de Google. Depuis 2007, Google a mené des enquêtes approfondies sur ses équipes et a constaté que les employés les plus innovants sont ceux qui ont un fort sens de leur mission tout en ayant une large autonomie personnelle. <i>&#8220;Nos décisions sur nos employés ne sont pas moins importantes que nos décisions sur nos produits&#8221;</i>, confit Prasad Setty, qui tente d&#8217;appliquer la même rigueur à l&#8217;humain qu&#8217;à l&#8217;ingénierie.</p>
<p><a href="http://www.evolvondemand.com/">Evolv</a> utilise la science des données pour conseiller les entreprises qui embauchent des travailleurs à la tâche. Pour son directeur général, Michael Housman, la science de la force de travail est appelée à être appliquée à de plus en plus de métiers et de professions. Evolv a d&#8217;abord travaillé pour des centres d&#8217;appels, un secteur où l&#8217;employabilité est souvent difficile. Le but, confie le directeur général était de commencer là où il y avait des opportunités pour apporter des améliorations. Neil Rae, vice-président de <a href="http://www.transcom.com/">Transcom</a>, un opérateur international de centres d&#8217;appels, a été impressionné par les résultats obtenus. Dans les centres d&#8217;appels, les taux d&#8217;abandon sont très forts, alors qu&#8217;il faut 4 à 6 semaines pour former un employé. Grâce à Evolv, Transcom a augmenté la durée de rétention des employés, faisant par la même une économie sur la formation, tout en assurant un meilleur service à la clientèle. Un système comme celui-ci rend l&#8217;embauche moins subjective, plus proche d&#8217;une science, estime Neil Rae. </p>
<p><a href="http://www.evolvondemand.com"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2013/05/Evolv.png" alt="" title="Evolv" width="540" height="217" class="alignright size-full wp-image-19823" /></a></p>
<h3>Demain, votre score d&#8217;employabilité</h3>
<p>L&#8217;analyse des données ne sert pas seulement à faire des études sur la force de travail, mais dès à présent, révolutionne le recrutement. Matt Richtell pour le <i>New York Times</i> revenait quant à lui sur <a href="http://www.nytimes.com/2013/04/28/technology/how-big-data-is-playing-recruiter-for-specialized-workers.html?_r=0&#038;pagewanted=all">&#8220;Comment les Big Data recrutent-ils les travailleurs spécialisés ?&#8221;</a> en évoquant l&#8217;exemple de Jade Dominguez, un autodidacte de la programmation de 26 ans qui a appris seul à programmer sans jamais avoir fait d&#8217;études brillantes et qui est pourtant sorti en tête de la fouille de données menée par le programme d&#8217;analyse automatique <a href="http://www.gild.com">Gild</a> et que la firme, en mal de programmeurs, comme toute la Silicon Valley, a rapidement recruté. </p>
<p>Gild est une start-up qui ambitionne de révolutionner le recrutement de développeur par les Big Data. Parmi les principaux indicateurs pris en compte par la société, l&#8217;évaluation par les pairs des développeurs sur des sites de programmation communautaires comme <a href="http://code.google.com/intl/fr/">Google Code</a>, <a href="https://github.com/">Github</a> ou <a href="https://bitbucket.org/">Bitbucket</a> : le code proposé par le développeur est-il apprécié, réutilisé ? Comment communique-t-il ses idées ? Que dit-on de lui dans les réseaux sociaux ?&#8230; </p>
<p><a href="http://www.gild.com"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2013/05/Gild.png" alt="" title="Gild" width="540" height="248" class="alignright size-full wp-image-19824" /></a></p>
<p>Pour la directrice scientifique de Gild, Vivienne Ming, l&#8217;exemple de Jade montre que trop souvent les gens sont mal évalués par les processus classiques de recrutement. Même la Silicon Valley n&#8217;est pas aussi méritocratique qu&#8217;on l&#8217;imagine. Le genre, le nom, l&#8217;origine géographique ou ethnique, l&#8217;expérience passée ou les résultats scolaires sont trop souvent pris en considération par les employeurs&#8230;, et ce, sans raison. L&#8217;idée de l&#8217;algorithme de Gild est d&#8217;éliminer le biais humain pour le remplacer par quelque 300 facteurs plus raisonnés : les sites que les candidats utilisent, les types de langages informatiques qu&#8217;ils maîtrisent vraiment, la manière dont ils parlent des technologies, les projets sur lesquels le développeur a travaillé&#8230; Même l&#8217;école où il est passé n&#8217;est pas mesurée selon des critères subjectifs, mais selon le classement annuel des écoles américaines mis à jour.</p>
<p>Gild a déjà de la concurrence comme <a href="http://www.talentbin.com">TalentBin</a>, <a href="http://www.remarkablehire.com">Remarkablehire</a> ou <a href="http://www.entelo.com">Entelo</a> &#8230; Pour Vivenne Ming, les Big Data n&#8217;éliminent pas le jugement humain, mais l&#8217;ordinateur permet d&#8217;appliquer un autre type de filtre pour trouver les gens compétents. Gild a accumulé une base de sept millions de programmeurs les classant selon un score et souhaite se développer sur d&#8217;autres métiers comme les concepteurs de sites web, les analystes financiers voire même les vendeurs&#8230; </p>
<p>Pour Bryan Power, directeur du recrutement de <a href="https://squareup.com/">Square</a>, qui a eu recours aux services de Gild sans embaucher les candidats recommandés, Gild offre de nouveaux outils de recrutement, mais son classement n&#8217;est pas assez spécifique pour les besoins de Square. <i>&#8220;Gild a une opinion sur qui est bon, mais ce n&#8217;est pas si simple&#8221;</i>, explique-t-il en reconnaissant discuter avec Gild pour qu&#8217;ils affinent leur modèle. Pour Steve Goodman, PDG de <a href="http://www.bright.com/">Bright</a>, une autre start-up de l&#8217;emploi à l&#8217;heure des Big Data, les Big Data sont une réponse au mauvais fonctionnement des sites d&#8217;annonces, <a href="http://gigaom.com/2012/12/09/online-job-boards-dont-work-how-big-data-can-fix-the-problem/">expliquait-il sur GigaOm</a> et notamment des très nombreuses offres d&#8217;emploi non pourvues. A l&#8217;heure où les recruteurs n&#8217;ont pas assez de temps pour lire tous les CV qu&#8217;ils reçoivent (ils passent en moyenne 6 secondes par CV, nous rappelle le spécialiste), et où les systèmes automatisés peinent à trier les candidats, les Big Data et les systèmes d&#8217;apprentissage automatique permettent de réduire les biais humains à la sélection en permettant d&#8217;identifier de meilleurs candidats&#8230; Reste que bien peu sont ceux qui s&#8217;intéressent aux candidats qui n&#8217;émergent pas de ces outils. Ne risque-t-on pas en démultipliant l&#8217;agrégation de données de nous focaliser toujours plus sur certains candidats &#8211; les mieux pourvus &#8211; au détriment des autres ? Ou élargit-on vraiment le choix ? </p>
<h3>Candidats sous contrôle</h3>
<p>Bien sûr, ces nouveaux outils posent des questions de vie privée sur les limites de la surveillance des travailleurs. <i>&#8220;Le plus grand problème auquel nous confrontent les mesures en milieu de travail est qu&#8217;elles sont recueillies derrière un miroir sans tain&#8221;</i>, explique <a href="http://epic.org/epic/staff/rotenberg/">Marc Rotenberg</a>, de l&#8217;<a href="http://epic.org/">Electronic Privacy Information Center</a>. <i>&#8220;Vous ne savez pas quelles données sont collectées ni comment elles sont utilisées&#8221;</i>. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2013/05/Recruiter-image-5-1.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2013/05/Recruiter-image-5-1.png" alt="Le Recruiter de Linked-in" title="Le Recruiter de Linked-in" width="300" vspace="6" hspace="6" align="right" /></a>C&#8217;est particulièrement le cas du nouvel algorithme de <a href="http://www.linkedin.com">Linked-in</a>, le réseau social professionnel, <a href="http://www.zdnet.fr/actualites/le-nouvel-algorithme-linkedin-vous-dit-qui-embaucher-39789482.htm">nous explique Clara Leonard pour Zdnet.fr</a>. </p>
<p>Linked-in, fort de quel que 200 millions de profils, a mis en place un algorithme qui se base sur les actions des recruteurs afin de leur proposer &#8220;les utilisateurs qu’ils devraient embaucher&#8221; dans la vaste base de CV dont le réseau social dispose. Le service baptisé &#8220;<a href="http://fr.talent.linkedin.com/Recruiter">Recruiter</a>&#8221; (recruteur, <a href="http://www.youtube.com/watch?v=OGc25Tb3mlw&#038;feature=player_embedded#!">voir la vidéo promotionnelle qui détaille le fonctionnement du service</a>) n&#8217;est accessible qu&#8217;aux entreprises ayant souscrit un compte premium payant &#8211; 16 000 entreprises en disposeraient déjà, ce qui, à 8000 euros par an, génère plus de la moitié des revenus de la start-up. Recruiter permet ni plus ni moins d&#8217;espionner les profils que le recruteur consulte, de les ajouter à des listes de candidats potentiels, d&#8217;entrer en contact avec les anciens employeurs ou d&#8217;être tenu au courant de qui s&#8217;attarde sur le profil d&#8217;un candidat, et ce&#8230;, sans que les utilisateurs eux-mêmes ne le sachent ! L&#8217;algorithme mis en place se base sur les actions du recruteur et se complexifie à mesure que l&#8217;employeur l&#8217;utilise, notamment en recommandant des utilisateurs à la formation et aux compétences similaires de ceux mis en sélection. </p>
<p><iframe width="540" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/OGc25Tb3mlw" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p><a href="http://www.wired.com/business/2013/04/the-real-reason-you-should-care-about-linkedin/">Comme le résume Alexandra Chang pour <i>Wired</i></a>, Recruiter propose plusieurs fonctionnalités uniques qui sont difficiles à construire ou à trouver ailleurs pour les entreprises : avoir accès à plus de 200 millions de profils (notamment de gens qui ne sont pas nécessairement à la recherche d&#8217;un emploi), un système permettant d&#8217;impliquer les employés passifs et la capacité à construire une image de marque de société (<a href="http://www.internetactu.net/2013/04/18/les-nouveaux-risques-et-opportunites-des-entreprises/">même si la fouille des données peut se faire aussi au détriment de votre société</a>). L&#8217;avantage et la domination de Linked-in semblent sans conteste. </p>
<h3>Quelles régulations à l&#8217;heure des Big Data ?</h3>
<p>Ces nouveaux outils posent de fortes questions de régulation. Gild peut-il aspirer des forums ou des sites comme Github pour classer les développeurs, sans autorisation ? Peut-on autoriser des croisements de données, de critères, sans limites aucunes &#8211; non pas nécessairement en quantité, mais bien en qualité, c&#8217;est-à-dire non pas sur le nombre de croisements de données possibles, mais sur le fait de lier par exemple des données de compétences à d&#8217;autres liées à l&#8217;écoute de musique que font les gens par exemple ? Pourquoi l&#8217;utilisateur lambda n&#8217;est-il pas au courant de l&#8217;utilisation qui est faite de ses données par des services tiers ? Pourquoi ne recevons-nous pas de messages d&#8217;alertes nous informant que notre profil a été aspiré par telle société dans tel but, afin de donner notre accord ou pas ? </p>
<p>Dans le cas de Recruiter, il demeure étonnant que certains puissent avoir accès à nos profils sans que nous soyons au courant d&#8217;une activité sur celui-ci. Si la fonction existe sur Linked-In, l&#8217;utilisateur lambda n&#8217;a pas accès au détail de ceux qui ont consulté son profil et les utilisateurs de Recruiter peuvent se rendre invisibles à cette fonction (les utilisateurs lambda également). <a href="https://www.eff.org/who-has-your-back-2013">Même si Linked-In vient d&#8217;être relativement bien classé par l&#8217;Electronic Frontier Foundation dans son enquête sur les entreprises qui protègent le mieux les données de leurs utilisateurs des requêtes de justice et de police</a>, nous sommes loin <a href="http://www.internetactu.net/2011/06/07/les-limites-de-la-mesure-de-soi/">de la symétrie dans l&#8217;accès aux données qu&#8217;appelait de ses voeux Kevin Kelly</a>. </p>
<p>Ce n&#8217;est peut-être pas très étonnant quand on sait que Reid Hoffman, le fondateur de Linked-in, <a href="http://www.cenedella.com/privacy-is-for-old-people-says-linked-in-founder/">ne semble pas tenir la vie privée en grande considération</a>, rapporte Marc Cenedella, PDG de <a href="http://www.theladders.com/">the Ladders</a>, un service de mise en relation entre employeurs et demandeurs d&#8217;emplois (<a href="http://www.zdnet.fr/actualites/pour-le-fondateur-de-facebook-la-protection-de-la-vie-privee-est-perimee-39712119.htm">rappelant par là-même les déclarations de Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook, ou Eric Schmidt le PDG de Google</a>). En fait, ce qui paraît le plus gênant dans ce système, c&#8217;est bien l&#8217;asymétrie de service, c&#8217;est-à-dire que les usagers ne sont pas sur un pied d&#8217;égalité. Que les recruteurs aient des outils dédiés pour se faciliter la tâche, certes. Mais que le candidat n&#8217;ait pas accès dans le détail à qui consulte son profil ne peut que générer une tension, un déséquilibre&#8230; </p>
<h3>Mesurer la productivité des employés</h3>
<p>La surveillance des employés dans les entreprises quant à elle ne cesse de progresser. Mais après s&#8217;être intéressée aux e-mails, aux documents, et à l&#8217;utilisation d&#8217;internet (<a href="http://www.journaldunet.com/solutions/dsi/des-reseaux-sociaux-surveilles-par-l-employeur-0512.shtml">et notamment à l&#8217;utilisation des réseaux sociaux</a>) par les employés, elle s&#8217;intéresse désormais à de nouveaux types de capteurs. </p>
<p>Tesco, le leader de la grande distribution, a récemment été l&#8217;objet d&#8217;une polémique quant à l&#8217;utilisation de brassards électroniques pour surveiller la productivité de ses employés, en donnant une durée pour accomplir certaines tâches et en établissant un score pour chacun des employés, <a href="http://www.independent.co.uk/news/business/news/tesco-accused-of-using-electronic-armbands-to-monitor-its-staff-8493952.html">rapportait <i>The Independant</i></a>. </p>
<p>Mais ce n&#8217;est pas la seule société à utiliser de nouveaux types de capteurs pour mesurer la productivité des employés, <a href="http://online.wsj.com/article/SB10001424127887324034804578344303429080678.html">explique Rachel Emma Silverman pour le <i>Wall Street Journal</i></a>. La Bank of America a ainsi équipé 90 de ses employés des badges développés par <a href="http://www.sociometricsolutions.com/">Sociometrics Solutions</a> (dont nous parlions déjà <a href="http://www.internetactu.net/2011/09/15/augmenter-notre-intelligence-emotionnelle/">ici</a> et <a href="http://www.internetactu.net/2008/01/30/lifelogging-badges-sociometriques/">là</a>). Le but : étudier les mouvements et les interactions des employés afin de comprendre la façon dont ils travaillent et interagissent.</p>
<p>La récolte de données a montré que les travailleurs les plus productifs appartenaient à des équipes soudées qui parlaient souvent entre elles. Pour obtenir le même brassage, la Banque a donc décidé de favoriser les pauses en groupes plutôt que solitaires. Résultat : la productivité a augmenté de 10%. D&#8217;autres entreprises qui ont utilisé cette technologie pour observer le comportement de leurs employés ont ainsi constaté que ceux qui au déjeuner mangeaient à des tables pour 12 étaient plus productifs que ceux qui mangeaient à des tables pour quatre personnes ; une autre que ses salles de réunions prévues pour 10 étaient utilisées en majorité par des groupes de 3 à 4 personnes&#8230; </p>
<p>Ben Waber, directeur général de Solutions sociométriques, fait signer à ses clients un contrat qui précise qu&#8217;il ne peut leur donner d&#8217;informations sur un employé en particulier, afin de garantir que le système ne serve pas à la surveillance particulière d&#8217;employés. Lewis Maltby, président de l&#8217;<a href="http://workrights.us/">Institut national pour le droit du travail américain</a>, souligne que ces technologies ne sont pas illégales&#8230; Mais que peu de fournisseurs de services refuseront de donner une information individuelle à un employeur qui paye la facture. Même avec des garanties (pas d&#8217;analyse de données nominatives, étude basée sur le volontariat&#8230;), pour les employés, le sentiment d&#8217;être tracé persiste, d&#8217;autant que l&#8217;étude de ces données permet par exemple de déterminer si un salarié est susceptible de démissionner à partir de ses seuls comportements&#8230; </p>
<p>Mettre des badges sur les travailleurs n&#8217;est que le début d&#8217;une tendance plus large, affirment les chercheurs du secteur. Beaucoup d&#8217;entreprises s&#8217;intéressent aux technologies des bâtiments intelligents leur permettant de surveiller l&#8217;emplacement des travailleurs en temps réel&#8230; D&#8217;autres s&#8217;apprêtent à aller plus loin encore, rapporte <a href="http://www.wired.com/wiredenterprise/2013/04/quantified-work-citizen/">Klint Finley pour <i>Wired</i></a>. Chez <a href="http://pluscitizen.com/">Citizen</a>, une société de technologie mobile de Portland, les employés de l&#8217;entreprise sont désormais invités à télécharger des données sur ce qu&#8217;ils mangent, leurs activités sportives et leur sommeil dans le cadre d&#8217;une étude visant à mesurer si la bonne santé les rend plus heureux et productifs. Le but ultime est de montrer explicitement aux employés comment ils peuvent améliorer leur travail en acquérant de meilleures habitudes personnelles. Le service baptisé C3PO (pour <i>Citizen Evolutionary Process Organism</i>) collecte des données de traceurs dont sont équipés les employés (comme Fitbit ou Runkeeper), mais également du système de gestion de projet interne, de <a href="https://www.rescuetime.com/">RescueTime</a>, une application qui mesure les logiciels que vous utilisez, de <a href="http://www.sonos.com/">Sonos</a>, un système hi-fi sans fil utilisé dans l&#8217;entreprise pour diffuser de la musique et de <a href="http://happiily.com/managers">Happiily</a>, un système d&#8217;enregistrement d&#8217;humeur auquel les employés sont invités à participer. L&#8217;idée est que le système permette bientôt de savoir si l&#8217;écoute de certains types de musique augmente la productivité, ou de savoir si les employés qui sont entrés dans une nouvelle relation amoureuse sont plus productifs que les célibataires (<i>sic</i>). Le directeur de l&#8217;entreprise envisage même d&#8217;afficher les statistiques de santé des employés sur le site web de la société !</p>
<p>Pour Beth Givens, directeur de <a href="ttps://www.privacyrights.org/">Privacy Rights Clearinghouse</a>, une organisation de défense de la vie privée, les employés ne devraient pas accepter d&#8217;utiliser un tel système, sauf s&#8217;il y a une convention de confidentialité qui empêche l&#8217;entreprise de prendre des décisions en matière de ressources humaines sur la base de données de santé. Pour l&#8217;instant, force est de concéder que le programme vient à peine de commencer. Il est volontaire et seulement 8 des 80 employés de Citizen y participent. </p>
<h3>Les employés n&#8217;échapperont pas au développement de la mesure de leur activité</h3>
<p><a href="http://chrisdancy.com/">Chris Dancy</a>, directeur de BMC Software, pense qu&#8217;il est temps pour les employés de prendre en main ces métriques, plutôt que de laisser les entreprises le faire pour vous, <a href="http://www.wired.com/wiredenterprise/2013/02/quantified-work/all/">expliquait-il récemment à <i>Wired</i></a>. <i>&#8220;Si vous pouvez le mesurer, quelqu&#8217;un le fera&#8230; et il serait mieux que ce quelqu&#8217;un soit vous&#8221;</i>. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2013/05/dancy-calendar-screenshot.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2013/05/dancy-calendar-screenshot.png" alt="Le Google Calendar de Chris Dancy" title="Le Google Calendar de Chris Dancy" width="300" hspace="6" vspace="6" align="left" /></a>Adepte du quantified self, de la mesure de soi, Chris Dancy mesure son sommeil, sa tension et sa température. Mais pas seulement. Il note aussi tout ce qu&#8217;il fait dans le cadre de son travail, sur un simple Google Calendar : chaque réunion auquel il participe, chaque document qu&#8217;il créé, chaque tweet qu&#8217;il envoie, chaque fichier qu&#8217;il partage, chaque capture d&#8217;écran qu&#8217;il prend (très régulièrement) sont archivés et consignées dans son calendrier&#8230; lui permettant de répondre avec la plus grande précision si on lui demande ce qu&#8217;il a fait tel ou tel jour. Et il pense que chaque travailleur devra bientôt adopter un régime semblable. Regarder la courbe de son rythme cardiaque après un appel téléphonique peut vous donner une meilleure idée de la teneur de l&#8217;appel que vous venez de passer, explique-t-il. Pour Dancy, bientôt, les entreprises vont commencer à mesurer leurs employés de la même façon qu&#8217;il se mesure lui-même. Nous n&#8217;aurons pas le choix, constate-t-il, fataliste. <i>&#8220;Les entreprises ont besoin de nouvelles mesures pour saisir la productivité des travailleurs de la connaissance.&#8221;</i> Même si les travailleurs rejettent la surveillance orwellienne de leurs employeurs, les travailleurs individuels seront contraints d&#8217;utiliser l&#8217;autosuivi pour acquérir un avantage concurrentiel sur les autres. </p>
<p>Tomas Chamarro-Premuzic, cofondateur de <a href="http://www.metaprofiling.com/">MetaProfiling</a>, concluait lui aussi, <a href="http://blogs.hbr.org/cs/2012/10/digital_staffing_the_future_of.html">sur la plateforme de blogs de la <i>Harvard Business Review</i></a> que nous n&#8217;échapperions pas au recrutement par les algorithmes. <i>&#8220;Nous allons bientôt assister à la prolifération des systèmes d&#8217;apprentissage automatique qui feront automatiquement correspondre les candidats aux emplois. Imaginer qu&#8217;au lieu de recevoir des recommandations de films de Netflix ou de vacances d&#8217;Expedia, vous receviez des propositions d&#8217;emploi de Monster ou Linked-in &#8211; et que ces emplois soient effectivement bons pour vous.&#8221;</i> Demain, être absent des réseaux sociaux professionnels signifiera s&#8217;écarter du marché du travail &#8211; <a href="http://readwrite.com/2013/04/23/why-arent-college-students-using-linkedin-to-find-jobs">même s&#8217;il va falloir encore convaincre les jeunes de l&#8217;importance de ce type de réseaux</a>. Demain, les recruteurs sauront synthétiser l&#8217;ensemble des informations disponibles en ligne pour générer des profils d&#8217;individus et cibler les talents. </p>
<p>Les Big Data s&#8217;apprêtent à améliorer l&#8217;embauche et le bien être des employés&#8230; Reste à savoir au bénéfice de qui ?</p>
<p>Hubert Guillaud</p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/algorithmie/" title="algorithmie" rel="tag">algorithmie</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/big-data/" title="big data" rel="tag">big data</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/digiwork/" title="digiwork" rel="tag">digiwork</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/identites-actives/" title="identités actives" rel="tag">identités actives</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/intelligence-des-donnees/" title="intelligence des données" rel="tag">intelligence des données</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/privacy/" title="privacy" rel="tag">privacy</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/prospective/" title="prospective" rel="tag">prospective</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/reseaux-sociaux/" title="réseaux sociaux" rel="tag">réseaux sociaux</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/vie-privee/" title="vie privée" rel="tag">vie privée</a><br />
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		<title>A lire ailleurs du 19 avril au 2 mai 2013</title>
		<link>http://feedproxy.google.com/~r/internetactu/bcmJ/~3/YQFqIKq8-v0/</link>
		<comments>http://www.internetactu.net/2013/05/02/a-lire-ailleurs-du-19-avril-au-2-mai-2013/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 02 May 2013 13:01:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Internetactu</dc:creator>
				<category><![CDATA[A lire ailleurs]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.internetactu.net/?p=19814</guid>
		<description><![CDATA[. L&#8217;analyse prédictive et le partage de données soulèvent des inquiétudes pour les libertés civiles &#8211; O&#8217;Reilly Radar
Le Centre de contre-terrorisme américain a désormais le droit d&#8217;utiliser les données des citoyens américains détenus par l&#8217;administration pour un comportement criminel possible même s&#8217;il n&#8217;y a aucune raison de les soupçonner. La police de la pensée est en marche !
.&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://radar.oreilly.com/2013/04/predictive-big-data-analytics-privacy.html">. L&#8217;analyse prédictive et le partage de données soulèvent des inquiétudes pour les libertés civiles &#8211; O&#8217;Reilly Radar</a><br />
Le Centre de contre-terrorisme américain a désormais le droit d&#8217;utiliser les données des citoyens américains détenus par l&#8217;administration pour un comportement criminel possible même s&#8217;il n&#8217;y a aucune raison de les soupçonner. La police de la pensée est en marche !</p>
<p><a href="http://steveblank.com/2013/04/14/china-startups-the-gold-rush/">. Les start-ups chinoises : la ruée vers l&#8217;or &#8211; Steve Blank</a><br />
De retour de Chine, Steve Blank, l&#8217;auteur du manuel de créateur de start-ups, revient sur le potentiel des sociétés innovantes chinoises. </p>
<p><a href="http://allthingsd.com/20130412/you-lookin-at-me-reflections-on-google-glass/">. You Lookin&#8217; At Me ? Reflexions sur les Google Glass par Jan Chipchase &#8211; AllThingsD</a><br />
Jan Chipchase, directeur créatif de Frog, livresa réflexion sur les lunettes de Google. Les lunettes de Google sont l&#8217;avenir de notre vie privée, qui n&#8217;est pas celle d&#8217;un Big Brother, mais bien le risque des Little Sisters &#8211; <a href="http://www.internetactu.net/2008/04/07/de-big-brother-a-little-sister/">http://www.internetactu.net/2008/04/07/de-big-brother-a-little-sister/</a> Pourtant, les lunettes de Google ne sont que la manifestation physique de ce qui existe déjà aujourd&#8217;hui. Mais les lunettes de Google cristallisent les discussion autour de ce qui constitue un comportement acceptable en public et en privé. Et Chipchase de rappeler que Google a décrété plusieurs principes pour les développeurs : concevoir pour les lunettes et éviter l&#8217;inattendu. Pour Chipchase, il faudrait ajouter 2 principes : Favoriser la transparence de proximité, c&#8217;est-à-dire permettre aux gens d&#8217;accéder aux enregistrements fait à proximité d&#8217;eux et permettre aux gens à proximité de contrôler l&#8217;enregistrement fait. </p>
<p><a href="http://www.millenaire3.com/fileadmin/user_upload/syntheses/Rapport-solidarite-demain.pdf">. Quelle solidarité au 21e siècle ? &#8211; Millénaire3</a><br />
Aurélien Boutaud pour Millénaire3, la revue de prospective du Grand Lyon, livre un intéressant rapport de prospective sur l&#8217;Etat providence dans un économie sans croissance. Comment les crises remettent en cause la solidarité et comment celle-ci se réinvente par l&#8217;innovation sociale&#8230; Et comment la fin de la croissance réinterroge notre modèle de solidarité fondé sur la croissance. </p>
<p><a href="http://www.lemonde.fr/argent/article/2013/04/29/l-essor-des-sites-participatifs-s-accompagne-d-un-flou-juridique-pour-les-donateurs_3168137_1657007.html">. Crowdfunding : flou juridique pour les donateurs &#8211; LeMonde.fr</a><br />
Les sites de financement participatifs ne cessent d&#8217;élargir leurs modèles, dans la plus parfaite opacité le plus souvent pour les investisseurs particuliers, estime Marie Pellefigue pour LeMonde.fr. Entre sites qui reversent un dividende, sites qui offrent un avantage aux donateurs et sites de micro-crédit&#8230; Comme les projets portent sur de petites sommes, il n&#8217;y a pas de législation qui encadre cette activité. Beaucoup de sites n&#8217;ont pas d&#8217;agrément de l&#8217;Autorité de contrôle prudentiel qui réglemente le crédit. Ensuite, le financement est un apport au capital de société mais n&#8217;associe quasiment jamais les internautes&#8230; S&#8217;il s&#8217;agit de donations, elles doivent être déclarées au impôts et taxées, ce qui n&#8217;est pas non plus le cas. </p>
<p><a href="http://alternatives.blog.lemonde.fr/2013/04/26/bobos-aventuriers-ecolos-qui-sont-ces-francais-adeptes-de-la-consommation-collaborative/">. Bobos, aventuriers, écolos : qui sont ces Français adeptes de la consommation collaborative ? &#8211; Même pas mal</a><br />
Anne-Sophie Novel revient sur l&#8217;étude publiée par l&#8217;Ademe sur les Français et la consommation collaborative : <a href="http://ademe.typepad.fr/presse/2013/04/une-enquete-inedite-sur-la-consommation-collaborative-.html">http://ademe.typepad.fr/presse/2013/04/une-enquete-inedite-sur-la-consommation-collaborative-.html</a> Ces consommateurs partagent 4 caractéristiques communes : la curiosité, le soucis de l&#8217;état de la société, ils ont un côté aventurier et ont pour volonté de faire durer les objets. Ils sont partagés entre la recherche de bons plans de consommation et des motivations plus collectives ou écologiques. Les motivations demeurent néanmoins plus individuelles que collectives. </p>
<p><a href="http://www.businessinsider.com/robert-scoble-i-just-wore-googles-glasses-for-2-weeks-2013-4">. Robert Scoble : j&#8217;ai porté les Google Glass pendant 2 semaines et je ne les quitterais jamais plus &#8211; Business Insider</a><br />
Le tech Gourou Robert Scoble a testé les Google Glass et en est ressorti complètement enthousiaste. Il n&#8217;est pas le seul. Tout ceux qui l&#8217;ont croisé on voulu les essayer&#8230; Et Scoble de prédire le succès planétaire aux lunettes, si leur prix arrive à descendre à 200 $. Selon lui, avec ce produit, Google pourrait chercher un nouveau modèle économique puisque la publicité dans les applications pour les lunettes sont interdites, la firme et les développeurs pourraient demain se rémunérer sur les recommandations faites. Autant dire que cela ferait presque encore plus peur !</p>
<p><a href="http://www.slate.com/articles/technology/future_tense/2013/04/senor_based_dynamic_pricing_may_be_efficient_but_it_could_create_inequality.single.html">. Requiem pour notre monde merveilleusement inefficace &#8211; Slate.com</a><br />
L&#8217;été dernier, Momentum, une agence de marketing espagnole, a fait parlé d&#8217;elle en proposant un distributeur de boisson qui modifiait le prix des boissons selon la température extérieure, en baissant le prix des boissons fraiches quand il faisait trop chaud. Bien sûr, cet exemple n&#8217;avait pas d&#8217;autre vertu que marketing, souligne Evgeny Morozov : toute entreprise normalement constitué ne pourrait faire que l&#8217;inverse&#8230; Mais Momentum a surtout montré que la prolifération de capteurs bons marchés permet d&#8217;introduire la tarification dynamique, sans intervention de l&#8217;opérateur humain. En 2011 Intel et Kraft ont lancé iSample, un capteur optique pour déterminer l&#8217;âge et le sexe de l&#8217;acheteur et lui suggérer des produits appropriés&#8230; Demain, ils permettront d&#8217;empêcher les automates qui délivrent des DVD de proposer des films porno à des enfants&#8230;  &#8220;Une fois que nos visages peuvent être attachés à nos profils de réseaux sociaux, toutes sortes d&#8217;autres manipulations entrent en scène&#8221;, estime Morozov : réductions, oui, mais aussi augmentations&#8230; Si la machine peut prédire les situations en analysant notre profil de réseau social ou interroger l&#8217;application d&#8217;auto-tracking sur notre téléphone pour savoir à quel point nous sommes assoiffés, pourra-t-elle nous facturer plus cher la boisson fraîche dont nous avons besoin ? </p>
<p>Pour l&#8217;investisseur Max Levchin, les capteurs peuvent enfin nous permettre d&#8217;utiliser nos objets à leur plein potentiel. Alors que dans le passé les services de taxis traitaient les appels dans l&#8217;ordre d&#8217;arriver, Uber ou Hailo, elles, vous permettent d&#8217;avoir accès à un service différent si vous en payez le prix. Demain seront-nous traités différemment selon que nous sommes amis avec Bill Gates sur Facebook ou que nous ne sommes pas sur le site social mondial ?</p>
<p>&#8220;Dans le cas des taxis, l&#8217;inefficacité n&#8217;était pas seulement une conséquence malheureuse d&#8217;un monde sans capteurs. Au contraire, il était l&#8217;aboutissement logique d&#8217;une réglementation des fournisseurs de services de transport en vertu du principe de transporteur public. La non-discrimination fait partie intégrante de cette idée: vous avez le droit, au moins en théorie au même traitement indépendamment du fait que vous êtes noir, blanc, homosexuel, ou extrêmement riche.&#8221;</p>
<p>Peut-être qu&#8217;il y a de bonnes raisons à l&#8217;abandon de ce principe, estime Morozov. Mais le simple fait que nous ayons une meilleure technologie à notre disposition n&#8217;est pas une raison suffisante à son abandon: &#8220;l&#8217;inefficacité est précisément le prix que nous avons accepté de payer pour la non-discrimination&#8221;. Airbnb aide à améliorer l&#8217;efficacité de la location, mais pas à percevoir les taxes qui devraient être associées à celle-ci, ou le contrôle des loyers. &#8220;Si nous n&#8217;aimons pas le contrôle des loyers, nous devons opposer le terrain politique et social, et pas seulement en faisant valoir que, grâce aux smartphones et aux réseaux sociaux, nous pouvons créer de nouveaux marchés plus efficaces pour faire correspondre les locataires avec les propriétaires.&#8221;</p>
<p>Ce qui est plus inquiétant dans le raisonnement de Levchin c&#8217;est que l&#8217;inefficacité du monde d&#8217;avant les capteurs n&#8217;est pas relié aux valeurs que l&#8217;inefficacité permettait. </p>
<p><a href="http://www.mshparisnord.fr/ANR-PROPICE/seminaire.html">. Séminaire 25-26 avril 2013 de l&#8217;ANR Propice</a><br />
L&#8217;ANR Propice (propriété intellectuelle, communs et exclusivité) organisait en avril un séminaire international sur les nouveaux enjeux de l&#8217;accès et de l&#8217;innovation partagée autour des biens communs et publie les articles de recherche de ce séminaire.</p>
<p><a href="http://bits.blogs.nytimes.com/2013/04/23/the-flattening-of-design/">. Le design aplati &#8211; NYTimes.com</a><br />
Après le skeuomorphisme, la mode du design web est-elle à l&#8217;aplatissement du design ?</p>
<p><a href="http://www.mckinsey.com/insights/marketing_sales/the_coming_era_of_on-demand_marketing?cid=other-eml-alt-mkq-mck-oth-1304">. La montée du marketing à la demande &#8211; McKinsey</a><br />
Dans un récent rapport, la société de consulting McKinsey évoque la montée du marketing à la demande&#8230; La personnalisation de l&#8217;expérience du consommateur. </p>
<p><a href="http://readwrite.com/2013/04/17/mindmixer-helps-citizens-engage-with-their-communities">. MindMixer aide les citoyens à s&#8217;engager dans leurs communautés &#8211; ReadWrite</a><br />
MindMixer &#8211; <a href="http://www.mindmixer.com">http://www.mindmixer.com</a> &#8211; est une plateforme pour l&#8217;engagement civique qui aide les organisations locales à mieux communiquer. Ce forum de partage d&#8217;idées locales a pour but d&#8217;aider la population à jouer un rôle plus actif dans la gouvernance de leurs communautés&#8230; Un outil de plus ?</p>
<p><a href="http://readwrite.com/2013/04/29/the-rising-costs-of-misunderstanding-big-data">. La hausse des coûts de l&#8217;incompréhension des Big Data – ReadWrite</a><br />
Comme le soulignait Bill Wise, PDG de MediaOcean &#8211; <a href="http://allthingsd.com/20130423/big-datas-usability-problem/">http://allthingsd.com/20130423/big-datas-usability-problem/</a> &#8211; le coût des erreurs liées au Big Data augmente à mesure que notre dépendance à l&#8217;égard des données augmente. Et Matt Asay pour le ReadWrite de prendre l&#8217;exemple de l&#8217;erreur d&#8217;écriture du nom du suspect dans les attentats de Boston et ses conséquences dans les bases de données du FBI. Plus les données sont importantes et plus la façon dont on les interroge ou dont on les gère est importante. Comme le dit Wise : l&#8217;erreur autour des données et de jeux de données va devenir de plus en plus critique. Comme le disait déjà Nate Silver &#8211; <a href="http://readwrite.com/2013/03/29/nate-silver-gets-real-about-big-data">http://readwrite.com/2013/03/29/nate-silver-gets-real-about-big-data</a> &#8211; les données sont corrompues par nos préjugés et le bruit augmente plus rapidement que le signal. Pour Matt Asay, cela signifie qu&#8217;il faut plus que jamais regarder dans nos organisations le fonctionnement de celles-ci et des process qui les agrègent. </p>
<p><a href="http://readwrite.com/2013/04/26/how-the-internet-of-things-will-revolutionize-search">. Comment l&#8217;internet des objets va-t-il révolutionner le Search ? &#8211; ReadWrite.Com</a><br />
Pour CNN, Shodan &#8211; <a href="http://www.shodanhq.com">http://www.shodanhq.com</a> &#8211; le moteur de recherche de l&#8217;internet des objets, est le moteur le plus effrayant de l&#8217;internet&#8230; Il suffit d&#8217;une requête pour y trouver des objets connectés à l&#8217;internet comme des caméras de vidéosurveillance, des routeurs, des réfrigérateurs connectés, des téléphones sur IP&#8230; Certains termes de recherches permettent ainsi d&#8217;y trouver des dispositifs vulnérables, dont les logiciels n&#8217;ont pas été mis à jour par exemple. Ce n&#8217;est pourtant peut-être pas lui, l&#8217;avenir de la recherche dans le monde de l&#8217;internet des objets, estime Brian Proffitt pour le ReadWrite. Comme il l&#8217;explique dans un autre billet &#8211; <a href="http://readwrite.com/2013/04/25/forget-searching-for-content-soon-content-will-be-searching-for-you">http://readwrite.com/2013/04/25/forget-searching-for-content-soon-content-will-be-searching-for-you</a> -, l&#8217;avenir est à la recherche contextuelle, notamment à celle d&#8217;un internet des objets géolocalisé. Et plus qu&#8217;une recherche, ce sont les données qui vont venir à nous en fonction du contexte, notamment en expérience de mobilité. </p>
<p><a href="http://readwrite.com/2013/04/23/why-arent-college-students-using-linkedin-to-find-jobs#feed=/search?keyword=jobs">. Pourquoi les étudiants n&#8217;utilisent-ils pas Linked-in pour trouver un emploi ? &#8211; ReadWrite</a><br />
Alors que les étudiants américains sont pour beaucoup sans emploi ou sous-employés, plus de la moitié d&#8217;entre eux n&#8217;ont jamais utilisé Linked-in pour trouver un emploi. Pour Dan Schawbel, de Millennial Branding &#8211; <a href="http://millennialbranding.com">http://millennialbranding.com</a> -, auteur d&#8217;une étude sur après les études &#8211; <a href="https://www.aftercollege.com">https://www.aftercollege.com</a> -, bien que les étudiants soient très fans des médias sociaux, ils évitent Linked-in notamment parce qu&#8217;ils pensent n&#8217;avoir pas assez de relations sociales tant qu&#8217;ils n&#8217;ont pas eu d&#8217;expérience de travail préalable. Quand ils cherchent un emploi, les étudiants privilégient principalement le site web de l&#8217;employeur ou un contact dans la société&#8230; Les étudiants regrettent notamment que leur école ne les aide pas plus à trouver un emploi. L&#8217;école doit les amener à faire plus de connexions entre eux et avec les anciens étudiants, notamment via ces plateformes professionnelles, estime Schawbel. Reste que les étudiants demeurent impressionnés par Linked-In&#8230; </p>
<p><a href="http://www.nytimes.com/2013/04/14/education/edlife/universities-offer-courses-in-a-hot-new-field-data-science.html?ref=technology&#038;pagewanted=all&#038;_r=0">. La Data Science : les nombres de nos vies &#8211; NYTimes.com</a><br />
Les universités américaines multiplient les cours de Data Science pour tenter de répondre à la demande d&#8217;emplois dans le domaine&#8230; </p>
<p><a href="http://www.nytimes.com/2013/04/28/technology/personal-data-takes-a-winding-path-into-marketers-hands.html?ref=technology">Quand vos données déambulent dans des lieux où vous n&#8217;êtes jamais allés &#8211; NYTimes.com</a><br />
Natasha Singer pour le New York Times rapporte l&#8217;histoire d&#8217;une amie invitée à un évènement autour de la sclérose en plaque, alors qu&#8217;elle n&#8217;est pas atteinte de cette maladie. Pourquoi a-t-elle alors été invitée ? Des recherches en ligne sur cette maladie ont-elles suffit à faire croire à une entreprise qu&#8217;elle pouvait en être atteinte ? Quelles conséquences ce profilage pourrait-il avoir pour elle ? Pourra-t-elle demain se voir refuser une assurance vie à cause de ce profil ? Qui a tracer ce profil ? Comment le corriger ou le faire corriger ? Pour le sénateur américain John D. Rockefeller IV, ardent défenseur du Do Not Track, la vie privée doit rester un droit fondamental. Reste que l&#8217;option Do Not Track ne dit rien des données déjà récoltées par les sociétés de marketing internet, d&#8217;où le fait que le Sénat américain ait ouvert une enquête sur ces pratiques. La journaliste a retrouvé d&#8217;où provenait les données de son amie, reste que la lutte est inégale, souligne le sénateur : aujourd&#8217;hui, les courtiers de données peuvent acheter vos enregistrements médicaux et vos données financières, tant et si bien qu&#8217;on se demande ce qu&#8217;ils ne peuvent pas acquérir.</p>
<p><a href="http://www.nytimes.com/2013/04/28/technology/personal-data-takes-a-winding-path-into-marketers-hands.html?ref=technology">. Comment les Big Data recrutent les travailleurs spécialisés &#8211; nytimes.com</a><br />
Jade Dominguez a appris seul la programmation, sans avoir fait d&#8217;études brillantes. Pourtant, c&#8217;est bien lui que le programme d&#8217;analyse automatique Gild &#8211; <a href="http://www.gild.com">http://www.gild.com</a> &#8211; a recruté. Gild est une start-up qui ambitionne de révolutionner le recrutement de développeur par les Big Data. Parmi les indicateurs pris en compte par la société, l&#8217;évaluation par les pairs des développeurs sur des sites comme Google Code, Github ou Bitbucket : le code proposé par le développeur est-il réutilisé ? Comment communique-t-il ses idées ? Que dit-on de lui dans les réseaux sociaux ?&#8230; Pour la directrice scientifique de Gild, l&#8217;exemple de Jade montre que trop souvent les gens sont mal évalués par les processus classiques de recrutement. Gild a déjà de la concurrence&#8230; </p>
<p><a href="http://bits.blogs.nytimes.com/2013/04/25/a-messenger-for-the-internet-of-things/">. Un messager pour l&#8217;internet des objets &#8211; NYTimes.com</a><br />
Un ensemble de sociétés technologiques (dont Cisco, IBM, Red Hat, Tibco&#8230;) ont lancé un nouveau standard ouvert via l&#8217;organisme de standardisation Oasis intitulé Message Queuing Telemetry Transport Protocol (MQTT), un protocole qui pourrait jouer pour l&#8217;internet des objets le rôle qu&#8217;a joué l&#8217;HTTP pour le web. Imaginé par Andy Stanford-Clark voilà plus de 10 ans pour faire fonctionner sa domotique personnelle, le standard est déjà utilisé par de nombreuses applications, notamment dans celles de diagnostique automatique. </p>
<p><a href="http://bits.blogs.nytimes.com/2013/04/26/living-social-hack-exposes-data-for-50-million-customers/">. Un hack chez LivingSocial expose les données de 50 millions de clients &#8211; Nytimes.com</a><br />
LivingSocial, un site de bonnes affaires, a déclaré que les données de 50 millions de ses clients ont été piratées, dont les mots de passe d&#8217;accès au site. Heureusement, celles-ci ne comprennent pas le numéro de carte de crédit de ses clients. L&#8217;attaque du site est la dernière d&#8217;une série d&#8217;attaques visant des sociétés de l&#8217;internet grand public, dont Twitter, Facebook, Apple ou Evernote. Sur un site de marché noir, un mot passe peut atteindre 20$. </p>
<p><a href="http://bits.blogs.nytimes.com/2013/04/28/disruptions-no-words-no-gestures-just-your-brain-as-a-control-pad/?partner=rss&#038;emc=rss">. Les interfaces cerveau-ordinateur s&#8217;apprêtent à devenir mainstream &#8211; Bits, Nytimes.com</a><br />
Programmer les Google Glass pour qu&#8217;un hochement de tête active certaines commandes&#8230; A l&#8217;avenir, nous n&#8217;aurons plus besoin de gestes pour commander au monde, explique Nick Bilton. Des chercheurs de Samsung testent des tablettes qu&#8217;on commanderait par la pensée, rapportait récemment la Technology Review : <a href="http://www.technologyreview.com/news/513861/samsung-demos-a-tablet-controlled-by-your-brain/">http://www.technologyreview.com/news/513861/samsung-demos-a-tablet-controlled-by-your-brain/</a> . Après Neurosky ou Emotiv, voici arriver Muse &#8211; <a href="http://interaxon.ca">http://interaxon.ca</a> -, un bandeau qui se porte sur la tête et qui permet d&#8217;entraîner son cerveau à commander des applications sur son smartphone&#8230; Le projet BrainGate, lancé par le professeur John Donoghue &#8211; <a href="http://news.brown.edu/pressreleases/2012/05/braingate2">http://news.brown.edu/pressreleases/2012/05/braingate2</a> &#8211; a permis à deux personnes paralysées d&#8217;utiliser un bras robotique grâce à l&#8217;implant d&#8217;une puce dans leur cerveau. Miyoung CHun, une biologiste moléculaire, travaille à la Kavli FOundation sur le projet Brain Activity Map Project &#8211; <a href="http://www.nature.com/nm/journal/v19/n4/full/nm0413-387.html">http://www.nature.com/nm/journal/v19/n4/full/nm0413-387.html</a> &#8211; et assure que de nouveaux types d&#8217;interfaces cerveau machine devraient être disponibles d&#8217;ici deux ans, permettant de changer de chaîne de télévision seulement en y pensant. Reste qu&#8217;elles ont encore du mal à estimer si ce à quoi vous penser nécessite action ou non. </p>
<p><a href="http://bits.blogs.nytimes.com/2013/04/26/google-search-terms-can-predict-stock-market-study-finds/">. Les termes de recherche de Google peuvent-ils prédire l&#8217;évolution de la bourse ? &#8211; Nytimes.com</a><br />
Selon une étude publiée par Nature intitulée &#8220;Mesurer les comportements d&#8217;échanges dans les marchés financiers en utilisant Google Trends&#8221; &#8211; <a href="http://www.nature.com/srep/2013/130425/srep01684/full/srep01684.htm">http://www.nature.com/srep/2013/130425/srep01684/full/srep01684.html</a> &#8211; l&#8217;évolution des termes de recherche sur Google pourraient permettre de prédire l&#8217;évolution boursière. En étudiant 98 termes de recherches liés à l&#8217;investissement et aux modes de vie entre 2004 et 2011&#8230; Bien évidemment, ces termes de recherches ne permettent pas de prédire les accidents liés à la volatilité des marchés, mais mettent en avant des corrélations évocatrices. </p>
<p><a href="http://www.technologyreview.com/lists/breakthrough-technologies/2013/">. Les 10 perçées technologiques de 2013 &#8211; Technology Review</a><br />
La Technology Review distingue comme chaque année ses 10 technologies clées. Au programme le Deep Learning, les médias sociaux éphémères, le séquençage d&#8217;ADN prénatal, l&#8217;industrie additive, le robot Baxter,  les implants de mémoire, les montres intelligentes, les supergrids, les Big Data depuis des téléphones mobiles peu chers, les cellules solaires ultra-efficaces&#8230; </p>
<p><a href="https://sniperinmahwah.wordpress.com/2013/04/21/tradetech-1-ca-chauffe-a-haute-frequence/">. TradeTech #1 : ça chauffe à haute fréquence &#8211; Sniper In Mahwah</a><br />
L&#8217;auteur de 6 revient sur la conférence TradeTech qui se tenait récemment à Londres et les échanges à hautes fréquences sur les marchés financiers. Pour les intervenants, les régulateurs doivent intervenir au niveau des structures de marché, afin de limité les abus liés au high frequency trading, notamment en pénalisant fortement les annulations d&#8217;ordres ou en supervisant les algorihtmes. D&#8217;autres estiment que que les régulateurs ne savent pas vraiment ce qu&#8217;ils veulent ou doivent faire. Un temps de détention minimale doit-il être instauré ? Est-ce au régulateurs de payer pour construire un système de surveillance ? </p>
<p><a href="http://www.challenges.fr/economie/20130419.CHA8572/la-fibre-optique-peine-toujours-a-se-deployer-en-france.html">. La fibre optique peine toujours à se déployer en France &#8211; Challenges</a><br />
&#8220;La Cour des comptes pointe du doigt le financement de son déploiement et estime que la fin du réseau en cuivre reste &#8220;non tranchée&#8221;.&#8221;</p>
<p><a href="http://www.numerama.com/magazine/25768-la-licence-globale-de-retour-en-grace.html">. La licence globale de retour en grâce ? &#8211; Numerama</a><br />
&#8220;Remis mercredi dernier, le rapport parlementaire de la mission d&#8217;information sur les conditions d&#8217;emploi dans les métiers artistiques &#8211; <a href="http://www.assemblee-nationale.fr/14/rap-info/i0941.asp#P464_40905">http://www.assemblee-nationale.fr/14/rap-info/i0941.asp#P464_40905</a> &#8211; évoque explicitement la licence globale comme une réponse au problème de la rémunération des créateurs, et de l&#8217;adaptation du droit d&#8217;auteur aux réalités du numérique. Le rapport ne pointe pas seulement le piratage, mais également la non-viabilité de l&#8217;offre légale. </p>
<p><a href="http://blog.mulhouse.cci.fr/actualites/2662-transition-energetique-territoriale-et-citoyenne">. Transition énergétique territoriale et citoyenne &#8211; CCI de Mulhouse</a><br />
5 entrepreneurs de Mulhouse, inspirés par la lecture du livre de Jeremy Rifkin, lancent le Mulhouse Inclusive Energy Lab  &#8211; <a href="http://mulhouseinclusiveenergylab.net">http://mulhouseinclusiveenergylab.net</a> &#8211; un système énergétique décentralisé reposant sur les initiatives locales. Le but, &#8220;aider la collectivité à conquérir sa relance énergétique&#8221; via une initiative coconstruite avec les citoyens&#8230; </p>
<p><a href="http://www.demainlaveille.fr/2013/04/26/infobesite-la-mort-au-bullshit/">. Infobésité : La mort au bullshit &#8211; Demain la veille</a><br />
Brad Frost ne fait pas dans la dentelle pour présenter sa vision de ce qu&#8217;est l&#8217;infobésité, en montrant combien nous sommes responsables de la situation actuelle. </p>
<p><a href="http://www.vacarme.org/article2236.html">. Vacarme / l’anti-recette des biens communs</a><br />
Le dernier numéro de Vacarme est consacré aux Biens Communs, un terme derrière lequel chacun place l&#8217;objet de sa mobilisation ou de ses inquiétudes, mais qui permet à des militants de se forger avec cette notion un outil politique commun.</p>
<p><a href="http://culturevisuelle.org/icones/2720">. Notes sur la décontextualisation &#8211; L&#8217;Atelier des icônes</a><br />
La décontextualisation est le principal ressort des mèmes visuels sur internet, rappelle André Gunthert, et leur effet comique, repose sur la recontextualisation forcée. Mais la manipulation du contexte ne s&#8217;arrête pas aux usages satiriques en ligne, on la retrouve également dans l&#8217;illustration photojournalistique. </p>
<p><a href="http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/04/22/ovh-la-face-cachee-de-l-internet-francais_3163405_3234.html">. OVH, la face cachée de l&#8217;Internet français &#8211; LeMonde.fr</a><br />
LeMonde revient sur le succès du premier hébergeur européen de sites internet, le français OVH. </p>
<p><a href="http://www.scanadu.com/">. Scanadu | Sending your Smart Phone to Med School</a><br />
Scanadu est un dispositif de capteurs qui s&#8217;associent au smartphone pour favoriser l&#8217;autodiagnostic médical. Scanadu est candidat au &#8220;Tricorder X-Prize&#8221; :<br />
<a href="http://www.qualcommtricorderxprize.org/competition-details/overview">http://www.qualcommtricorderxprize.org/competition-details/overview</a>.</p>
<p><a href="http://www.techdirt.com/articles/20130418/17210122754/police-japan-want-isps-to-block-tor.shtml">. La police japonaise demande aux FAI de bloquer Tor &#8211; Techdirt</a><br />
Histoire de combattre le crime (et accessoirement la liberté d&#8217;expression et l&#8217;accès libre au net), la Police Nationale Japonaise demande aux fournisseurs d&#8217;accès Internet japonais de bloquer de manière volontaire le protocole TOR, prix du logiciel libre 2010 &#8211; <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Tor_%28r%C3%A9seau%29">http://fr.wikipedia.org/wiki/Tor_%28r%C3%A9seau%29</a> &#8211; sur leur réseau&#8230;</p>
<p><a href="http://www.lemonde.fr/emploi/article/2013/04/15/de-plus-en-plus-d-entreprises-optimisent-la-capacite-d-invention-des-cols-bleus_3159894_1698637.html">. De plus en plus d&#8217;entreprises optimisent la capacité d&#8217;invention des cols bleus &#8211; LeMonde.fr</a><br />
ll n&#8217;y a pas que Google qui permet à ses employés d&#8217;investir une partie de leur temps de travail sur des projets personnels. L&#8217;incubateur du groupe Poult permet à ses employés de travailler à leurs idées tout en stimulant l&#8217;esprit d&#8217;initiative et la créativité au travail. Volvo organise des ateliers de créativité, Renault invite ses employés à proposer de nouvelles applications pour l&#8217;automobile, Malakoff Médéric récompense de manière sonnante et trébuchante les lauréats de ses trophées de l&#8217;initiative&#8230; Au final, tout le monde a à y gagner. &#8220;Le client bénéficie d&#8217;un meilleur service. Le salarié est reconnu pour ses compétences. Et l&#8217;entreprise redonne du sens au travail&#8221;, résume Muriel Garcia, présidente de l&#8217;association Innov&#8217;Acteurs &#8211; <a href="http://www.innovacteurs.asso.fr">http://www.innovacteurs.asso.fr</a> &#8211; qui regroupe 80 sociétés et administrations investies dans le développement de l&#8217;innovation participative. Chez Michelin, sur les 49 000 suggestions reçues en 2012, 20 000 ont été mises en oeuvre permettant de réduire 13 millions de coûts.</p>
<p><a href="http://www.numerama.com/magazine/25736-l-ump-veut-utiliser-les-cameras-pour-surveiller-les-ordures.html">. L&#8217;UMP veut utiliser les caméras pour surveiller les ordures &#8211; Numerama</a><br />
Plusieurs députés ont déposé une proposition de loi pour autoriser l&#8217;utilisation des caméras de surveillance pour &#8220;la prévention et la répression&#8221; d&#8217;infractions punies par une contravention allant de 38 à 3000 euros, y compris celles qui ne relèvent pas de la protection des citoyens : dépôt d&#8217;ordure sur la voie publique, infraction de stationnement, ne pas ramasser une crotte de chien, dégradation sur la voie publique, infraction dans les transports publics&#8230; Maintenant que les caméras sont installés, la puissance publique peut commencer à en détourner les usages, à augmenter leur capacité policière. Triste monde.</p>
<p><a href="http://www.theatlantic.com/technology/archive/2013/04/71-of-facebook-users-engage-in-self-censorship/274982/">. 71% des utilisateurs de Facebook s&#8217;autocensurent &#8211; The Atlantic</a><br />
Sauvik Das de la Carnegie Mellon et Adam Kramer de Facebook ont étudié sur 3,9 millions de comptes Facebook combien de gens tapaient plus de 5 caractères dans leur statut avant de décider de ne pas les poster ! Un tiers des messages ne sont finalement pas envoyés. 71 % des utilisateurs interrogés ont reconnu pratiquer l&#8217;auto-censure. Les hommes s&#8217;autocensure plus que les femmes, surtout s&#8217;ils ont beaucoup d&#8217;amis masculins et les gens qui ont des groupes d&#8217;amis plus variés ont moins tendance à le faire. </p>
<p>L&#8217;étude : <a href="http://cmuchimps.org/uploads/publication/paper/122/self-censorship_on_facebook.pdf">http://cmuchimps.org/uploads/publication/paper/122/self-censorship_on_facebook.pdf</a></p>
<p><a href="http://pandodaily.com/2013/04/17/your-data-is-your-interface/">. Vos données sont votre interface &#8211; Pandodaily</a><br />
Nous voyons tous le monde différemment et le décrivons selon nos propres termes, exprimant par là notre unicité, explique Jarno Mikael Koponen pour Pandodaily. Mais sur Amazon, Facebook, Youtube et autres, nos interprétations et nos descriptions uniques du monde sont piégées dans des boîtes séparées. Les choses que j&#8217;aime sur un service ne s&#8217;appliquent pas à la prochaine application que je télécharge. En isolant mes contributions uniques, ces services rendent mes données personnelles petites plutôt que grosses&#8230; Pourtant proposer moins de données conduit à une expérience utilisateur de qualité inférieure. Et en même temps, à chaque fois que je créé un nouveau profil, je dois tout recommencer, pour passer d&#8217;un stéréotype à un utilisateur plus complexe et un service plus personnalisé. Mes interfaces d&#8217;information ne sont pas optimisées pour moi, estime le designer, qui souhaiterait que ses données sous réunies dans sa propre interface personnelle. Avant de résoudre les Big Data, nous devons comprendre les Small data. Les algorithmes seuls ne peuvent me rassembler. Chaque service a besoin de mes contributions pour comprendre ce que je veux. Demain, nos données circuleront toujours plus librement entre les services pour nous inciter à contribuer davantage et surtout améliorer notre expérience utilisateurs sur tous les services. Demain, nous aurons besoin de services pour répondre aux API, pour capturer et contextualiser mes données, rassembler mes contributions personnelles. Nous faudra-t-il des interfaces adaptatives qui nous fourniront des pages en fonction de notre empreinte unique ? Demain, mes données seront mon interface, et je serais à nouveau entier, à la fois numérique et réel.</p>
<p><a href="http://www.theatlantic.com/technology/archive/13/04/hey-reddit-enough-boston-bombing-vigilantism/275062/">. Hey Reddit, arrêtez l&#8217;autojustice ! &#8211; The Atlantic</a><br />
Sur Reddit, des internautes ont organisé une chasse à l&#8217;homme, cherchant dans les photos des attentats disponibles en ligne des coupables possibles. Tout le monde est persuadé qu&#8217;il doit y avoir quelque part une image des terroristes. Ce sont des gens bien intentionnés mais qui ne prennent pas la mesure de ce qu&#8217;ils font, estime Alexis Madrigal pour The Atlantic. Quand bien même cette technique serait plus efficace que l&#8217;enquête en cours, cela ne justifierait pas de créer un espace anarchique pour des justiciers en ligne. Le risque d&#8217;avoir des faux positifs est trop fort. Visiblement d&#8217;ailleurs, certaines personnes accusées par les images et les justiciers en ligne sont venus se plaindre à la police et expliqué qu&#8217;ils n&#8217;étaient pas coupables. L&#8217;émotion et la colère n&#8217;est pas toujours bonne conseillère. </p>
<p><a href="http://www.interaction-design.org/encyclopedia/wearable_computing.html#heading_Bearable_Computing_html_pages_111738">. Wearable Computing &#8211; Interaction Design</a><br />
Un article très documenté de Steve Mann, l&#8217;un des pionnier du port de lunettes de réalité augmenté, qui revient sur (presque) tous les aspects du wearable computing, l&#8217;informatique qui se porte.</p>
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		<title>L’avenir de la programmation (4/6) : programmer la complexité</title>
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		<pubDate>Thu, 02 May 2013 08:21:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rémi Sussan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Technologies]]></category>
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		<category><![CDATA[programmation]]></category>

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		<description><![CDATA[Le vivant, les sociétés, la conscience, les écosystèmes semblent échapper à notre pensée linéaire, classique, issue des travaux de Newton. Ces domaines, dont la compréhension pourrait bien être fondamentale à notre survie, paraissent réfractaires à toute prévision et entrent dans le nouveau champ de la &#8220;complexité&#8221;. Cela veut-il dire qu&#8217;ils se jouent de toute tentative de codage ? 
Qu&#8217;est-ce que&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le vivant, les sociétés, la conscience, les écosystèmes semblent échapper à notre pensée linéaire, classique, issue des travaux de Newton. Ces domaines, dont la compréhension pourrait bien être fondamentale à notre survie, paraissent réfractaires à toute prévision et entrent dans le nouveau champ de la &#8220;complexité&#8221;. Cela veut-il dire qu&#8217;ils se jouent de toute tentative de codage ? </p>
<h3>Qu&#8217;est-ce que la complexité ?</h3>
<p>Si l&#8217;informatique &#8220;à la papa&#8221;, celle des bons vieux programmes <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/COBOL">COBOL</a> qui automatisaient les fiches de paie, semble dominée par le paradigme du contrôle, de l&#8217;absence de créativité ou de l&#8217;ambiguïté, cela fait bien longtemps maintenant que les informaticiens ont compris que le caractère rigoureux de la programmation informatique n&#8217;interdit pas pour autant la surprise ! De fait, l&#8217;ordinateur est depuis bien longtemps l&#8217;outil favori des explorateurs de la complexité. </p>
<p>Mais d&#8217;abord, la complexité qu&#8217;est-ce que c&#8217;est ? Difficile à dire, car il en existe plusieurs définitions, chacune liée à une théorie particulière. Si par exemple vous référez au chaos, vous définirez la complexité comme la sensibilité extrême aux conditions initiales : autrement dit, pour employer la fameuse expression, c&#8217;est ce battement d&#8217;ailes de papillon à Melbourne qui finit par déclencher un ouragan à Montréal. D&#8217;autres &#8211; en s&#8217;inspirant des mathématiques fractales &#8211; vous diront que la complexité est produite au sein de systèmes autosimilaires (composés de versions d&#8217;eux-mêmes).  Les adeptes de la théorie des réseaux vous parleront des petits mondes, de l&#8217;importance des liens &#8220;faibles&#8221;, de la connectivité d&#8217;un système, etc. </p>
<p>Mais la meilleure définition de la complexité, la plus simple, c&#8217;est peut-être de dire que le tout diffère de la somme des parties. Lorsque plusieurs éléments d&#8217;un système s&#8217;associent, des phénomènes imprévus se produisent : on parle alors d&#8217;&#8221;émergence&#8221;&#8230;</p>
<p>Il est difficile de prédire l’émergence, mais relativement aisé de la produire. La grande question du prochain siècle sera peut-être de savoir si générer &#8220;virtuellement&#8221; de l’émergence nous aide à mieux comprendre l’émergence dans le monde réel.</p>
<p>Il y a bien sûr des tas de moyens de chercher à &#8220;programmer la complexité&#8221; : on peut utiliser de complexes équations mathématiques, plonger dans les big data&#8230; Tout cela demande un haut niveau de formation, l&#8217;accès à de grosses machines et de puissantes banques de données. Mais l&#8217;une des principales manières de créer de l’émergence est à la portée de tous : il s&#8217;agit des <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Syst%C3%A8me_multi-agents">systèmes multiagents</a>. </p>
<h3>Les systèmes multiagents : faire émerger des phénomènes non programmés</h3>
<p>Ces programmes sont employés pour simuler des &#8220;collectifs décentralisés&#8221; comme le sont la plupart des systèmes complexes. Il s&#8217;agit de &#8220;mini-mondes formels&#8221; peuplés d&#8217;acteurs : les agents. Ceux-ci sont des petits programmes informatiques dotés d&#8217;un certain nombre de propriétés et capables d&#8217;actions très simples. On peut les comparer à des fourmis ou des termites. En gros, le programme intégré à un agent ne prend que quelques lignes. Chaque simulation multiagents comprend en général un grand nombre d’agents, et parfois des agents de plusieurs espèces (c&#8217;est-à-dire disposant de propriétés et d&#8217;actions différentes). Ces agents se déplacent dans un espace constitué par une grille composée de cases. Ces cases peuvent elles aussi posséder certaines propriétés, par exemple héberger des ressources, ou receler des dangers. Les agents peuvent donc interagir avec leur voisin ou avec le &#8220;terrain&#8221;. Tous les agents d&#8217;une même espèce ont le même programme et les mêmes propriétés ; en revanche, les paramètres sont variables. Par exemple, tous les membres d&#8217;une espèce pourront posséder une propriété &#8220;durée de vie&#8221;. Mais celle-ci variera entre 1 et plusieurs &#8220;tours&#8221;&#8230;. Ce paramètre pourra changer en fonction de l’environnement, des interactions avec les congénères, voire être déterminé par un nombre aléatoire. </p>
<p>Ceux qui travaillent sur les systèmes multiagents cherchent donc à comprendre comment se créent les systèmes complexes. Il ne s&#8217;agit pas ici de créer des simulations très élaborées. L&#8217;objectif est exactement inverse. Le but consiste à générer un système avec un minimum de règles et de données de base, et de voir ce qui, à partir de ces ensembles minimaux, est susceptible de produire de la complexité. Autrement dit, le &#8220;bon&#8221; programme multiagents est celui, qui, au départ, en fait le moins. L’intérêt consiste à découvrir le petit nombre de règles susceptible de faire émerger des phénomènes non programmés. Si ces aspects émergents existent dans le monde réel, on dispose alors peut-être d&#8217;une piste pour comprendre un phénomène. </p>
<p>Bien sûr, on peut programmer un tel système avec n&#8217;importe quel langage, mais c&#8217;est loin d&#8217;être à la portée du premier venu. En revanche, il existe des langages déjà adaptés à ce genre de travail, et d&#8217;une syntaxe assez simple. Ainsi, le <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/StarLogo">Starlogo</a>, créé dans les années 90 par <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Mitchel_Resnick">Mitchel Resnick</a>, du MIT. Sous sa forme originale, Starlogo n&#8217;est plus utilisé, mais il a donné naissance à deux &#8220;enfants&#8221; : <a href="http://education.mit.edu/starlogo/">Starlogo TNG</a> et <a href="http://ccl.northwestern.edu/netlogo/">Netlogo</a>.</p>
<p>La première ambition de Mitchel Resnick était éducative et épistémologique. C&#8217;est pourquoi il avait basé son langage sur le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Logo_%28langage%29">Logo</a>, plutôt réservé aux enfants, et qu&#8217;il destinait Starlogo aux collégiens. En fait, selon lui, la compréhension même des fonctionnements des systèmes décentralisés nous est tellement étrangère qu&#8217;il nous est difficile de penser autrement qu&#8217;en termes de commandement et de hiérarchie. Resnick espérait qu&#8217;un langage comme Starlogo nous familiariserait dès notre plus jeune âge avec ce genre de phénomènes. Aujourd&#8217;hui, Starlogo TNG avec son langage visuel et son imagerie 3D incorpore des éléments de jeux vidéos et conserve le côté &#8220;langage pour djeuns&#8221; voulu par Resnick. </p>
<p>Netlogo a aussi des possibilités 3D, et certains éléments pouvant aider à créer des jeux vidéos. Mais soyons clairs, Netlogo, plutôt austère, s&#8217;adresse de préférence à des chercheurs ou des étudiants. </p>
<h3>Un exemple de modèle Netlogo : la relation prédateur-proie</h3>
<p>Jeter un coup d&#8217;oeil sur la <a href="http://ccl.northwestern.edu/netlogo/models/index.cgi">bibliothèque de modèles de Netlogo</a> suffit à convaincre de la large palette de phénomènes étudiés. Certains appartiennent au domaine de la physique, d&#8217;autres &#8211; peut-être les plus nombreux -, à celui de la biologie ou de l’écologie, d&#8217;autres encore aux sciences sociales ou à la psychologie.  Vous n&#8217;êtes pas obligés de télécharger Netlogo pour jouer avec les modèles. Vous pouvez les visualiser dans votre navigateur.</p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2013/04/netlogo.jpg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2013/04/netlogo-300x255.jpg" alt="" title="netlogo" width="300" height="255" align="left" hspace="6" vspace="6" /></a>Examinons par exemple <a href="http://ccl.northwestern.edu/netlogo/models/WolfSheepPredation">une relation &#8220;prédateur-proie&#8221;</a>, l&#8217;un des systèmes complexes les plus simples et les plus classiques (c&#8217;est une analogie avec le cycle prédateur-proie qui a poussé Turchin a émettre son hypothèse des <a href="http://www.internetactu.net/2013/04/17/au-coeur-de-la-cliodynamique-12-les-cycles-historiques/">cycles séculaires en histoire</a>).</p>
<p>On crée deux espèces, les moutons et les loups qui se reproduisent et se nourrissent : les moutons mangent de l&#8217;herbe, les loups mangent les moutons. Les deux espèces possèdent une variable &#8220;énergie&#8221; qu&#8217;ils dépensent quand ils se déplacent et qu&#8217;ils gagnent lorsqu&#8217;ils s&#8217;alimentent. A intervalles réguliers, les animaux se reproduisent. A ce moment la quantité d&#8217;énergie du parent est divisée par deux, et une moitié est offerte au rejeton.</p>
<p>Tous les agents de la simulation possèdent ces points communs, mais il existe des différences entre les loups et les agneaux : on peut leur donner un taux de reproduction spécifique, chaque espèce peut gagner plus ou moins d’énergie. La simulation permet de changer ces valeurs à l&#8217;aide de différents boutons de l&#8217;interface&#8230; Le jeu consiste à faire varier les curseurs pour obtenir un système écologique stable. Les valeurs par défaut conduisent à une triste situation : les loups finissent par exterminer les agneaux, puis meurent de faim à leur tour. Cherchez les solutions optimales ! Lorsque vous aurez épuisé tous les modèles disponibles dans la librairie, vous pourrez alors construire vos propres modèles. Apprendre le code n&#8217;est vraiment pas la mer à boire. </p>
<h3>Sugarscape : l&#8217;économie générative !</h3>
<p><a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Sugarscape">Sugarscape</a> est le cas le plus connu d&#8217;application des systèmes multiagents aux sciences sociales. Les deux économistes qui en sont à l&#8217;origine, <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Robert_Axtell">Robert Axtell</a> et <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Joshua_M._Epstein">Joshua Epstein</a>, ont imaginé un &#8220;minimonde&#8221; peuplé d&#8217;agents susceptibles d&#8217;accomplir des actes économiques simples. Dans la première version, les &#8220;habitants&#8221; de ce petit univers se contentaient de ramasser la ressource principale, le sucre, afin d&#8217;augmenter leur durée de vie. Puis Axtell et Epstein ont commencé à complexifier leur programme : ils ont ajouté une longévité maximale, des capacités de reproduction et enfin, une seconde ressource, l&#8217;épice. Les créatures de Sugarscape avaient besoin des deux aliments pour vivre et se reproduire, mais chaque agent disposait, en fonction de son &#8220;ADN&#8221;, de &#8220;préférences&#8221; : certains avaient besoin de plus de sucre, d&#8217;autres d’épice. Chaque agent pouvait alors troquer avec ses voisins. Axtell et Epstein ont aussi ajouté un mécanisme représentant la culture (les agents préfèrent marchander avec les voisins possédant la même culture, une simple variable numérique qu&#8217;ils possèdent en commun). Les résultats obtenus ont été étonnants. Par bien des côtés, ils ont reproduit certains des phénomènes de &#8220;l’économie réelle&#8221;: des riches s&#8217;enrichissent, tandis que les pauvres s&#8217;appauvrissent. Et les &#8220;prix&#8221; n&#8217;atteignent jamais l&#8217;équilibre, contrairement à ce qu&#8217;une vision traditionnelle de l&#8217;économie pourrait laisser croire. Comme le dit <a href="http://www.oxfordmartin.ox.ac.uk/people/405">Eric Beinhocker</a> dans son livre <a href="http://www.amazon.fr/gp/product/0712676619/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=0712676619&#038;linkCode=as2&#038;tag=internetnet-21"><i>L&#8217;origine de la richesse</i></a> : <i>&#8220;Au sein de Sugarscape s&#8217;est développé spontanément un ordre complexe, une diversité, une structure incluant ce qui pourrait être interprété (avec un peu d&#8217;imagination) comme des tribus, des villes commerçantes, des routes marchandes et des marchés, rien de tout cela n&#8217;ayant été programmé.&#8221;</i> Pour Axtell et Epstein, un programme comme Sugarscape nous ouvre sur une nouvelle conception de la méthode scientifique : la &#8220;science générative&#8221;. Pour comprendre un phénomène, expliquent-ils, <i>&#8220;faites le pousser&#8221;</i> !</p>
<p>Vous trouverez plusieurs versions de Sugarscape dans la bibliothèque de modèles de Netlogo, malheureusement limitées aux premières phases du programme (avec le sucre uniquement). Il existe aussi <a href="http://ccl.northwestern.edu/netlogo/models/community/Sugarscape">un modèle &#8220;non officiel&#8221; plus complet</a>, qui utilise toutes les règles, sauf le combat. </p>
<h3>Les automates cellulaires, une alternative</h3>
<p>Un système multiagents tel qu’implémenté par Netlogo est donc quelque chose d’extrêmement formel. Il est pourtant possible de travailler de manière encore plus abstraite avec les <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Automate_cellulaire">automates cellulaires</a>. Ici, il n&#8217;y a plus d&#8217;agents se déplaçant dans un espace, il ne reste plus que l&#8217;espace lui-même. Celui-ci est divisé en plusieurs &#8220;cellules&#8221; qui peuvent prendre un aspect ou un autre (en fait, changer de couleur) selon &#8220;l’état&#8221; de leur voisin. Contrairement aux agents, les &#8220;cellules&#8221; n&#8217;ont donc aucun programme, aucune variable interne, aucune &#8220;mémoire&#8221;. Pourtant, il est possible là aussi de voir émerger des structures très complexes. </p>
<p>Le plus connu des automates cellulaires est <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jeu_de_la_vie">le jeu de la vie</a> de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/John_Horton_Conway">John Conway</a>. Les règles sont très simples : les cellules peuvent être mortes ou vivantes, c&#8217;est à dire éteintes ou allumées. Une cellule &#8220;nait&#8221; si elle possède trois voisines vivantes. Elle meurt si elle a plus de trois voisines &#8220;allumées&#8221; ou si elle en possède moins de deux. </p>
<p>Lorsqu’on lance le jeu de la vie, on &#8220;allume&#8221; aléatoirement certaines cellules de la grille, et on laisse tourner pour voir ce qui se passe. </p>
<p>Malgré la simplicité apparente de ce programme, une véritable ménagerie ne tarde pas à apparaître : par exemple des planeurs, structures qui se déplacent dans l&#8217;espace du jeu. Ou des &#8220;canons à planeurs&#8221; qui créent ces mêmes planeurs&#8230; Le jeu de la vie intéresse les mathématiciens depuis sa création en 1970. Il est la démonstration qu&#8217;un univers très complexe (et donc des phénomènes du monde réel comme la vie) peut-être généré à partir de règles très simples. <a href="http://www.youtube.com/embed/XcuBvj0pw-E">Cette vidéo</a> nous montre quelques exemples de la faune susceptible d’apparaître dans le jeu de la vie. Remercions au passage la Wikipédia qui nous signale l&#8217;existence dans Google d’un &#8220;oeuf de Pâques&#8221; qui apparaît lorsqu&#8217;on fait une recherche  sur <a href="https://www.google.fr/webhp?hl=fr&#038;tab=ww&#038;authuser=0#hl=fr&#038;gs_rn=11&#038;gs_ri=psy-ab&#038;tok=SMtyVOkxiAQstMnFKQ7n-g&#038;cp=21&#038;gs_id=2&#038;xhr=t&#038;q=Conway's+Game+of+Life&#038;es_nrs=true&#038;pf=p&#038;authuser=0&#038;output=search&#038;sclient=psy-ab&#038;oq=Conway's+Game+of+Life&#038;gs_l=&#038;pbx=1&#038;bav=on.2,or.r_cp.r_qf.&#038;bvm=bv.45921128,d.d2k&#038;fp=8ece9054f835fce1&#038;biw=1241&#038;bih=577">&#8220;Conway&#8217;s Game of Life&#8221;</a> : un jeu de la vie s&#8217;affiche en arrière-plan sur la page du moteur de recherche !</p>
<p><iframe width="420" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/XcuBvj0pw-E" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p>Bien que Netlogo ne soit pas spécifiquement orienté vers les automates cellulaires, rien n&#8217;empêche de les programmer en ce langage. Vous en trouverez plusieurs exemples dans la bibliothèque de modèles.</p>
<p>Pour <a href="http://www.internetactu.net/?s=wolfram">Stephen Wolfram</a>, les automates cellulaires constituent une structure suffisante pour expliquer la plupart des systèmes complexes et même l&#8217;univers entier&#8230; Mais cela reste sans doute bien trop abstrait pour parler à la plupart d&#8217;entre nous. </p>
<p>Peut-on aller dans l&#8217;autre sens, et faire plus concret que Netlogo ? C&#8217;est le propos d&#8217;un logiciel comme <a href="http://www.spiderland.org/">Breve</a>. Ici, le monde n&#8217;est plus constitué par une grille ; il est continu, et possède une physique, avec de la gravitation, des règles de collision, etc.</p>
<p>Breve est particulièrement conçue pour créer et faire évoluer des machines, des robots. On crée des structures en 3D dont on teste l’efficacité dans un monde virtuel. Ces &#8220;créatures&#8221; sont capables d&#8217;évoluer selon un processus darwinien, les plus efficaces étant sélectionnées pour donner une descendance qu&#8217;on espère encore plus efficace. Sera-t-il alors possible de réaliser les robots ainsi conçus dans le monde réel ? La démarche d&#8217;un <a href="http://www.internetactu.net/2011/10/18/la-vie-artificielle-20-ans-apres-34-quand-lembryogenese-des-machines-remodele-la-fabrication-personnelle/">Jordan Pollack</a>, qui semble utiliser des programmes analogues à Breve, va dans ce sens. </p>
<p><iframe width="420" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/_f-LORZ2EFU" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p>Il est probable que les systèmes multiagents, ainsi que les automates cellulaires, joueront un rôle grandissant dans les domaines de la nanotechnologie, de la biologie synthétique, dans la robotique. On ignore pour l&#8217;instant s&#8217;ils nous aideront vraiment à comprendre les mécanismes du vivant et de la société. Mais ils sont loin d&#8217;être dénués de potentielles applications pratiques. Et ces systèmes sont accessibles gratuitement, souvent en open source, à la portée de n&#8217;importe quel amateur. A vous de jouer !</p>
<p>Rémi Sussan</p>
<p>Le dossier l&#8217;avenir de la programmation est une série au long court :</p>
<ul>
<li>1e partie : <a href="http://www.internetactu.net/2011/05/03/lavenir-de-la-programmation-16-programmer-une-activite-culturelle/">Programmer, une activité culturelle</a></li>
<li>2e partie : <a href="http://www.internetactu.net/2011/05/24/lavenir-de-la-programmation-26-la-programmation-pour-les-non-programmeurs/">La programmation pour les non-programmeurs</a></li>
<li>3e partie : <a href="http://www.internetactu.net/2012/09/05/lavenir-de-la-programmation-36-programmer-le-langage-naturel/">Programmer le langage naturel</a></li>
<li>4e partie : Programmer la complexité.</li>
</ul>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/intelligence-artificielle/" title="intelligence artificielle" rel="tag">intelligence artificielle</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/programmation/" title="programmation" rel="tag">programmation</a><br />
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		<title>Passer des stratégies identitaires aux stratégies relationnelles</title>
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		<pubDate>Tue, 30 Apr 2013 09:16:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
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		<description><![CDATA[&#8220;Le risque qu&#8217;ouvre la nouvelle sociabilité numérique est-il sans doute moins d&#8217;introduire de l&#8217;inauthenticité dans les relations sociales que de creuser encore l&#8217;écart entre ceux qui savent jouer avec leurs identités dans la conquête de nouveaux liens et ceux qui restent enclavés dans des relations de proximité qui les immobilise&#8221;, expliquait le sociologue Dominique Cardon dans son &#8220;Éloge des amitiés&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><i>&#8220;Le risque qu&#8217;ouvre la nouvelle sociabilité numérique est-il sans doute moins d&#8217;introduire de l&#8217;inauthenticité dans les relations sociales que de creuser encore l&#8217;écart entre ceux qui savent jouer avec leurs identités dans la conquête de nouveaux liens et ceux qui restent enclavés dans des relations de proximité qui les immobilise&#8221;</i>, expliquait le sociologue Dominique Cardon dans son <a href="http://abonnes.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS/acheter.cgi?offre=ARCHIVES&#038;type_item=ART_ARCH_30J&#038;objet_id=1173329&#038;xtmc=facebook&#038;xtcr=1"><i>&#8220;Éloge des amitiés numériques&#8221;</i></a>. Savoir jouer de son identité numérique et des relations qu&#8217;elle induit à travers la multitude des sites sociaux que nous utilisons quotidiennement devient en effet une compétence différenciante. </p>
<p>Aucun des médias sociaux que nous utilisons n&#8217;est neutre : Facebook, Twitter, Google+, Linked-in, Viadeo ou Foursquare, ont, dans la manière même dont ils sont construits et se proposent à nous, des intentions qu&#8217;il n&#8217;est pas toujours simple de décoder. Nous ne les utilisons d&#8217;ailleurs pas de la même façon. Et l&#8217;enjeu est bien celui-ci : tenter d&#8217;avoir une utilisation optimale du média pour qu&#8217;il serve les buts qu&#8217;on lui assigne. Cela signifie que pour les utiliser, il faut à fois savoir jouer de nos identités et jouer de leurs capacités relationnelles, afin qu&#8217;ils ne nous enferment pas dans les relations de proximités qui sont déjà les nôtres. Il s’agit donc de passer des stratégies identitaires aux stratégies relationnelles.</p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2013/04/Orange-Digital-Society-Forum.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2013/04/Orange-Digital-Society-Forum.png" alt="" title="Orange - Digital Society Forum" width="540" /></a><br />
<i>Image : page d&#8217;accueil du <a href="http://digital-society-forum.orange.com/">Digital Society Forum</a> lancé par Orange, Psychologies Magazine et la Fing.</i></p>
<h3>A chaque média, une stratégie</h3>
<p>Si, depuis l&#8217;émergence du <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Web_2.0">web 2.0</a> on a beaucoup insisté sur la gestion de sa <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/E-r%C3%A9putation">réputation en ligne</a>, on voit peu d&#8217;explications sur les stratégies relationnelles à mettre en place pour optimiser l&#8217;utilisation de ces outils. Et pourtant, puisque, par définition, tout ce que nous y faisons est public (<i>&#8220;sur un réseau social, on mène une vie&#8230; sociale&#8221;</i>, <a href="http://bugbrother.blog.lemonde.fr/2012/09/25/facebook-et-le-paradoxe-de-la-vie-privee/">nous rappelle le journaliste Jean-Marc Manach</a>), les réseaux relationnels qu&#8217;on y tisse sont importants. Cela signifie, que, le choix des personnes avec lesquelles on entre en relation selon la plate-forme qu&#8217;on utilise est primordial. </p>
<p>Pourquoi sur Facebook devrions-nous mêler à la fois nos relations familiales et nos relations de travail ? Devons-nous nous mettre en relation avec de parfaits inconnus ou ne suivre que des gens que l&#8217;on a déjà croisés ?&#8230; On voit bien que ceux qui tirent le meilleur parti des médias sociaux établissent des stratégies pour les utiliser. Pour partager des contenus d&#8217;ordre familiaux, rien ne vaut un blog privatif, sur lequel ne seront invités que des proches et dont les contenus ne seront pas indexés par les moteurs de recherche. Pour s&#8217;amuser et délirer avec des amis, rien ne vaut un blog contributif où les auteurs resteront relativement anonymes derrières des pseudonymes. On peut utiliser Facebook pour se mettre en relation avec des professionnels de son secteur, que l&#8217;on ne connaît pas, pour, quand on se rend sur le site d&#8217;un grand média, bénéficier de leurs repérages d&#8217;articles de presse dans le champ de compétence qui nous intéresse par exemple. On peut utiliser Linked-in pour se mettre en relation avec une masse de professionnels de son champ d&#8217;activité pour pouvoir les utiliser le cas échéant, lors d&#8217;une recherche de nouveau poste par exemple. On peut utiliser Viadeo pour être connecté avec les professionnels de son territoire, toute activité confondue, afin de pouvoir avoir une autre action de dissémination d&#8217;information avec eux&#8230; Sur Foursquare, il est primordial d&#8217;être amis avec des utilisateurs locaux qui vont optimiser la connaissance que vous pouvez avoir de votre quartier&#8230; D&#8217;autres utilisateurs privilégient les dédoublements de personnalité, utilisant plusieurs comptes par sites sociaux avec des identités parfois différentes et non liées entre elles (un compte avec un pseudo pour parler politique, un compte uniquement pour jouer, un compte plus professionnel avec son vrai nom&#8230;). </p>
<p>Selon la plateforme qu&#8217;on utilise ou le réseau relationnel qu&#8217;on y construit, il faut savoir poursuivre des buts et les différencier les uns des autres. Pire, quand les gens avec lesquels vous êtes en relation, demain, <a href="http://www.internetactu.net/2013/03/13/a-qui-les-algorithmes-preteront-ils-de-largent">auront un impact sur votre capacité à emprunter par exemple</a>, l&#8217;usage des algorithmes relationnels vous imposera de prêter attention à la base des gens avec lesquels vous êtes en relation.</p>
<p>Cela ne signifie pas que les frontières entre ces différents espaces ne doivent pas être plus ou moins poreuses, mais bien que l&#8217;utilisation de chacun de ces espaces nécessite de construire une stratégie pour servir ses propres objectifs. C&#8217;est bien ce que nous disait Dominique Cardon. Si ces réseaux numériques sont une chance pour chacun de nous, il est nécessaire d&#8217;apprendre à les optimiser afin qu&#8217;ils ne nous enferment pas obligatoirement dans les relations qui sont déjà les nôtres, mais au contraire, qu&#8217;ils nous permettent de les étendre, d&#8217;en démultiplier le potentiel. <a href="http://www.internetactu.net/2012/01/24/les-liens-faibles-moteurs-de-notre-diversite-informationnelle/">C&#8217;est toute la force de frappe des liens faibles !</a></p>
<p>Hubert Guillaud </p>
<blockquote><p>InternetActu.net est partenaire du <a href="http://digital-society-forum.orange.com/">Digital Society Forum</a> lancé en partenariat avec <a href="http://www.orange.com/fr/accueil">Orange</a> (notamment via le département Sense d&#8217;Orange Labs), <a href="http://www.psychologies.com/"><i>Psychologies Magazine</i></a> (notamment <a href="http://blogs.psychologies.com/ma-vie-numerique/">via le blog d&#8217;Anne Pichon</a>) et la <a href="http://www.fing.org">Fing</a>, éditeur d&#8217;InternetActu.net.</p>
<p>Le but de ce forum est de porter un éclairage sur les changements sociétaux induits par le numérique, au travers de plusieurs sujets lancés tout le long de l&#8217;année. <a href="http://digital-society-forum.orange.com/les-forums/12-les_nouvelles_relations_2.0_eloge_des_liens_numeriques">Le premier sujet portait sur les nouvelles relations induites par le numérique</a>. Et parmi les contributions apportées au débat, nous avons soumis <a href="http://digital-society-forum.orange.com/les-forums/22-les_strategies_relationnelles__savoir_jouer_de_ses_identites">cette tribune</a> qui nous invite à passer des stratégies identitaires, c&#8217;est-à-dire de la gestion de son identité numérique, aux stratégies relationnelles, visant à porter attention aux gens avec lesquels nous sommes en relation en ligne.</p></blockquote>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/analyse-des-reseaux/" title="analyse des réseaux" rel="tag">analyse des réseaux</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/confiance-numerique/" title="confiance numérique" rel="tag">confiance numérique</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/digital-society-forum/" title="Digital Society Forum" rel="tag">Digital Society Forum</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/identites-actives/" title="identités actives" rel="tag">identités actives</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/reseaux-sociaux/" title="réseaux sociaux" rel="tag">réseaux sociaux</a><br />
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		<title>La nouvelle littérature chinoise est sur l’internet</title>
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		<pubDate>Mon, 29 Apr 2013 08:09:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier de la Porte</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La lecture de la semaine provient du blog Prospero sur le site de The Economist, un blog concernant les arts, les livres et la culture. Le titre de l&#8217;article : &#8220;Littérature chinoise en ligne : des voix dans les étendues sauvages&#8221;.
&#8220;Pour la Chine, le pays qui a inventé le papier, il n’est pas sans ironie que la littérature la&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La lecture de la semaine provient du blog <a href="http://www.economist.com/blogs/prospero">Prospero</a> sur le site de <i><a href="http://www.economist.com/">The Economist</a></i>, un blog concernant les arts, les livres et la culture. Le titre de l&#8217;article : <a href="http://www.economist.com/blogs/prospero/2013/03/chinese-online-literature">&#8220;Littérature chinoise en ligne : des voix dans les étendues sauvages&#8221;</a>.</p>
<p>&#8220;Pour la Chine, le pays qui a inventé le papier, il n’est pas sans ironie que la littérature la plus innovante s’écrive hors des livres. Grand nombre d’auteurs, étouffés par la censure et une industrie de l’édition très conservatrice, trouvent plus de liberté sur les réseaux. Dès la fin des années 90, des aspirants écrivains ont commencé à partager leur travail en ligne. L’une d’entre eux, Li Jie, s’est mise à écrire des histoires sur internet sans autre raison que tuer le temps. Elle s’ennuyait au guichet d’une banque, et elle s’est mise à signer des textes sous un nom de plume <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Anni_Baobei">Anni Baobei</a>. Sa peinture d’une jeunesse abîmée et sans illusion a fait mouche. A 25 ans, et face à ses parents horrifiés, elle a abandonné un revenu assuré pour écrire à plein temps. Le pari a payé. Elle est passée à l’édition papier et est aujourd’hui un des auteurs les mieux vendus en Chine.</p>
<p>L’écriture sur internet n’est rien d’autre qu’une révolution pour la littérature chinoise. Elle a permis à une myriade de voix de se faire entendre. Le paysage et la technologie numérique ont changé depuis que cette première vague d’auteurs s’est mise à écrire ; aujourd’hui, les lecteurs chinois ont accès aux romans sur leurs smartphones et leurs tablettes plutôt que sur leur PC. Mais internet reste la voie privilégiée pour débuter une carrière d’écrivain en Chine. Jo Lusby, directrice de Penguin China le dit &#8220;Tous les auteurs chinois de moins de 35 ans ont été découverts sur internet&#8221;.</p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2013/04/67275_clavier-chinois-une.jpg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2013/04/67275_clavier-chinois-une.jpg" alt="Clavier Chinois" title="Clavier Chinois" width="540" /></a></p>
<p>Les sites littéraires ont fleuris en Chine pendant la dernière décennie. Ils fournissent une alternative riche et spontanée aux maisons d’édition dirigées à l’ancienne par l’état. Alors que tous les livres publiés en papier sont sujets à la lecture scrupuleuse d’éditeurs prudents et de censeurs zélés, les sites de littérature sont examinés avec moins de soin. Bien sûr ils opèrent derrière la Grande Muraille numérique, le système qui permet de filtrer le web chinois et de bloquer les sujets ou les mots sensibles, mais le volume total d’œuvres produites, combiné à l’absence de filtre éditorial, ouvre des failles considérables.</p>
<p>Sur des sites comme <a href="http://www.rongshuxia.com/">Rongshuxia</a>, les visiteurs paient par tranche pour lire les textes. Les auteurs, qui souvent postent et écrivent simultanément, peuvent mesurer le retour des lecteurs et modifier l’intrigue en conséquence. Les éditeurs les plus en pointe d’une édition privée chinoise bourgeonnante vont à la pêche dans ces textes pour trouver la perle rare.</p>
<p>En 2002, Hao Qun était vendeur de voitures à Chendu, une métropole du Sud de la Chine, quand il s’est mis à écrire un roman. Sous le pseudonyme de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Murong_Xuecun">Murong Xuecun</a>, il a posté son travail par morceaux, à la mode de Dickens, ajustant les personnages et l’intrigue à mesure qu’il avançait. Le livre qui en a résulté <i><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2879294479/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=2879294479&#038;linkCode=as2&#038;tag=internetnet-21">Oublier Chengdu</a></i>, une mise en accusation brutale d’une Chine urbaine désenchantée, a trouvé des fans de la cyber-jeunesse du pays entier. Il a attiré, au dire de son traducteur en anglais, entre 3 et 5 millions de lecteurs. Connu pour s’attaquer à des questions sociales, Murong a ensuite publié en ligne sous forme de feuilleton un roman sur le système de corruption légale en Chine.</p>
<p>L’écriture en ligne n’est pas sans danger. Murong a raconté qu’un lecteur impatient avait essayé d’écrire sa propre version du chapitre à venir, avant que l’auteur ne poste la sienne. Le piratage est un autre problème. Mais Murong insiste sur le fait que les entorses au droit d’auteur sont le dernier de ses soucis. &#8220;Un environnement informel et libre est plus important que les royalties&#8221;.</p>
<p>L’écriture sur internet, cependant, n’est pas seulement un lieu d’expression : c’est aussi un lieu de loisir. Alors que beaucoup d’éditeurs d’état continuent avec obstination à voir la littérature comme un véhicule de propagande et d’amélioration morale, les sites sont dirigés par les forces du marché et les lecteurs ont encouragé des genres de niches, de la romance pour ado au voyage dans le temps. Et le grand public a fini par suivre. En 2011, des romans publiés sur internet ont été inclus pour la première fois dans la liste des candidats au prix très officiel prix littéraire Mao Dun.</p>
<p>Avec 564 millions d’usagers d’internet, les sites littéraires sont un gros marché. Shanda Littérature est un des plus gros acteurs. L’entreprise, fondée en 2008, réunit plusieurs sites littéraires parmi les plus populaires. Elle annonce avoir constamment dans sa base de données près de 6 millions de titres produits par les usagers. Shanda est intéressé par les auteurs commercialisables qui peuvent générer des revenus pour la compagnie à travers des scénarios pour la télévision, le cinéma ou le jeu vidéo. Mais à mesure que le succès croît et est reconnu, il devient impossible à Shanda de rester sous le radar : pour rester opérationnel, de bonnes relations avec le pouvoir sont nécessaires. Le PDG explique que les sites de Shanda subissent beaucoup moins d’interventions de la censure que les maisons d’éditions traditionnelles. Mais il dit rester très ferme et censurer les contenus qui violent les lois de l’Etat.</p>
<p>A mesure que se restreint leur espace sur ces sites passés sous surveillance de l’Etat, certains des écrivains plus hardis politiquement se tournent vers de nouvelles plateformes, en particulier de microblogging, pour exprimer leurs vues. Les réseaux sociaux sont aujourd’hui un outil très important pour Murong : son compte sur <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Sina_Weibo">Sina Weibo</a> (la version chinoise de Twitter) a plus de 3 millions de followers. Ses propos sont parfois retirés par la censure, mais pas avant d’avoir été lus par des milliers de gens. Même si ça ne remplace par la fiction au long cours, cela permet à l’écrivain d’être en lien direct avec le lecteur et de passer des messages sensibles qui n’ont plus leur place sur les sites littéraires.</p>
<p>Pour Li, l’écriture en ligne est devenue trop marchandisée. Dans les années 90, explique-t-elle, les rares usagers de l’internet étaient éduqués et les auteurs qui postaient des textes étaient vraiment passionnés par leur art. </p>
<p>Aujourd’hui, la simple vanité est un mobile répandu et tout le monde peut s’essayer à être écrivain. &#8220;L’internet est devenu trop populaire&#8221;, explique-t-elle. La quantité des textes en ligne, et la vitesse à laquelle ce nombre augmente signifie que la plupart sont à jeter. Mais l’internet a ouvert des failles dans l’appareil de censure chinois. Depuis les étendues sauvages, de nouvelles voix d’importance continuent d’émerger.&#8221;</p>
<p>Xavier de la Porte</p>
<blockquote><p>“Xavier de la Porte (<a href="https://twitter.com/xporte">@xporte</a>), producteur de l’émission <a href="http://www.franceculture.fr/emission-place-de-la-toile">Place de la Toile</a> sur France Culture, réalise chaque semaine une intéressante lecture d’un article de l’actualité dans le cadre de son émission.</p>
<p><iframe src="http://www.franceculture.fr/player/export-reecouter?content=4616916" width="481" frameborder="0" scrolling="no" height="139"></iframe></p>
<p><a href="http://www.franceculture.fr/emission-place-de-la-toile-internet-et-ruralite-2013-04-27">L’émission du 27 avril 2013</a> s’intéressait à internet et ruralité en compagnie d&#8217;<a href="http://technogeo.hypotheses.org/">Arthur Devriendt</a>, doctorant en géographie à l&#8217;université Paris 1 et dont le sujet de thèse traite de l&#8217;habitat et des Tics en milieu rural ; de Benoit Coquard, doctorant en sociologie, qui travaille sur les sociabilités des classes populaires rurales et Philippe Vidal, maître de conférences en géographie et aménagement à l’Université du Havre, codirecteur de la revue <i><a href="http://www.netcom-journal.com/">Netcom</a></i>.</p></blockquote>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/industries-culturelles/" title="industries culturelles" rel="tag">industries culturelles</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/litterature/" title="littérature" rel="tag">littérature</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/pdlt/" title="pdlt" rel="tag">pdlt</a><br />
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		<title>Au coeur de la cliodynamique (2/2) : le rôle de la coopération</title>
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		<pubDate>Tue, 23 Apr 2013 05:00:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rémi Sussan</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Communication interpersonnelle]]></category>
		<category><![CDATA[eDémocratie]]></category>
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		<description><![CDATA[Les thèses de Peter Turchin, loin de se contenter d&#8217;analyser les cycles historiques, reposent sur l&#8217;importance de la coopération entre individus. Pour désigner celle-ci, Turchin emploie un mot du philosophe arabe médiéval Ibn Kaldhun, l&#8217;asabiya qu&#8217;on peut traduire par la coopération ou la &#8220;cohésion sociale&#8221;. Les empires en expansion possèdent une forte asabiya, qui devient faible chez ceux qui connaissent&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les thèses de Peter Turchin, <a href="http://www.internetactu.net/2013/04/17/au-coeur-de-la-cliodynamique-12-les-cycles-historiques/">loin de se contenter d&#8217;analyser les cycles historiques</a>, reposent sur l&#8217;importance de la coopération entre individus. Pour désigner celle-ci, Turchin emploie un mot du philosophe arabe médiéval <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Ibn_Khaldoun">Ibn Kaldhun</a>, l&#8217;<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Asabiya">asabiya</a> qu&#8217;on peut traduire par la coopération ou la &#8220;cohésion sociale&#8221;. Les empires en expansion possèdent une forte asabiya, qui devient faible chez ceux qui connaissent une phase de déclin. </p>
<p>Mais une fois de plus, méfions-nous de l&#8217;angélisme lié au mot de coopération. <a href="http://www.internetactu.net/2013/04/09/pouvons-nous-comprendre-la-sagesse-des-foules-si-nous-ne-savons-pas-comment-fonctionnent-les-comportements-collectifs/">Dans un précédent article</a>, on a vu que le collectif des sauterelles se constituait par le cannibalisme existant entre ses membres. Chez les humains, selon Turchin, la coopération se construit contre &#8220;un autre&#8221;, dont les valeurs culturelles, le comportement, la religion, voire les signes symboliques d&#8217;appartenance, sont suffisamment étrangers à la communauté en question pour fédérer contre lui des groupes ou des individus jusqu&#8217;alors empêtrés dans des querelles internes. <i>&#8220;La compétition entre les sociétés augmente l&#8217;asabiya,</i> explique Turchin dans son livre <i>War and Peace and War</i>. <i>&#8220;La compétition au sein d&#8217;une société la diminue&#8221;</i>. La cause d&#8217;une telle diminution serait selon Turchin l&#8217;accroissement des inégalités dans des proportions inacceptables, une inégalité qui concernerait non seulement le rapport entre les membres des &#8220;hautes classes&#8221; et le reste du peuple, mais qui existerait au sein de &#8220;l&#8217;aristocratie&#8221; elle-même, certains nobles s&#8217;enrichissant tandis que d&#8217;autres s&#8217;appauvrissent – d&#8217;où l&#8217;apparition des clans, des factions.</p>
<p>Mais pourquoi constate-t-on accroissement des inégalités ? Comme dans tous les systèmes cybernétiques, les causes du déclin sont déjà implicites dans la période précédente. Une population, dotée d&#8217;une forte dose d&#8217;asabiya, va devenir plus puissante, pousser plus loin ses frontières. La population va grossir, et les ressources vont commencer à manquer. A ce moment les inégalités vont s&#8217;accroitre, l&#8217;asabiya diminue et tout recommence. </p>
<h3>Les fondements comportementaux de l&#8217;asabiya</h3>
<p>Cette notion de &#8220;conscience collective&#8221; va contre l&#8217;idée classique des humains considérée comme des agents rationnels poursuivant leur intérêt propre. Si c&#8217;était le cas, personne n&#8217;aurait intérêt à participer à une guerre, à une mission suicide. Au contraire, au cours de l&#8217;histoire, les peuples ont agi de concert avec enthousiasme, même si cela mettait largement en danger leurs intérêts individuels &#8211; et leur vie. </p>
<p>Turchin, tente d&#8217;expliquer l&#8217;asabiya en fonction des recherches en économie comportementale. Il mentionne ainsi une expérience qui peut être résumée de la façon suivante. On crée un pot commun dans lequel chaque membre du groupe se voit donner 10 $, puis peut verser de 0 à 10 $ dans le pot. Ensuite, les expérimentateurs doublent la somme obtenue, puis la partagent entre les membres du groupe. En moyenne, chaque membre du groupe reçoit 0,5 $ par dollar contribué. L&#8217;intérêt personnel pousserait chaque membre à ne rien donner, explique Turchin, et à profiter uniquement des dons des autres. Du coup, si tout le monde raisonne de cette manière, le pot est vide. </p>
<p>Les chercheurs ont découvert qu&#8217;au début de l&#8217;expérience, les sujets tendaient tout de même à contribuer. Mais, au fur et à mesure, la somme contenue dans le pot baissait jusqu&#8217;à devenir très faible, voire nulle. Les chercheurs s&#8217;aperçurent que ceux qui avaient contribué au départ arrêtaient de le faire par ressentiment envers ceux qui ne donnaient rien. Ils ont alors changé les règles. Maintenant, les membres du groupe pouvaient payer un dollar pour punir les &#8220;tricheurs&#8221;. Ceux-ci perdaient alors trois dollars. On découvrit alors que la contribution généralisée s&#8217;améliorait nettement.</p>
<p>Se basant sur cette recherche, Turchin divise ainsi la population humaine en trois catégories : les &#8220;saints&#8221; qui collaboreront toujours, quel que soit le bénéfice qu&#8217;ils peuvent en attendre ; les &#8220;tricheurs&#8221; qui recherchent surtout leur intérêt personnel et qui ne collaboreront pas si cela va contre leur profit ; et les &#8220;moralistes&#8221; qui sont prêts à payer si les autres collaborent, mais également pour punir ceux qui se conduisent de manière individualiste. A première vue, le moraliste est perdant, puisqu&#8217;il est prêt à payer encore plus pour exercer un châtiment, sans pour autant y gagner quoique ce soit au plan personnel. Mais au long terme, dans une collectivité, la stratégie moraliste est gagnante. En effet, une fois que les &#8220;tricheurs&#8221; ont été éliminés ou obligés de se conformer à la norme, les moralistes ont moins besoin de dépenser des sommes pour &#8220;punir&#8221; les tricheurs. Au final, ce sont les saints et les moralistes qui imposent la règle du jeu. Pour Turchin, les populations possédant une grande asabiya comptent une forte proportion de moralistes. Il va sans dire que les &#8220;moralistes&#8221; ne sont pas forcément des gens moraux ou &#8220;gentils&#8221; au sens classique du terme. Au cours de l&#8217;histoire, la &#8220;coopération&#8221; impliquait souvent des châtiments extraordinaires pour ceux qui ne se conformaient pas aux règles. Au plus fort de l&#8217;Empire russe, nous raconte Turchin, une sentinelle qui abandonnait son poste sans que cela ait de conséquence était fouettée. Si cela entraînait une incursion de l&#8217;ennemi, elle était exécutée. Pourtant, il serait faux de croire que ces empires marchaient uniquement par la coercition. Les gens étaient d&#8217;accord, approuvaient ces règles. L&#8217;asabiya peut être tout à fait haineuse, non seulement contre l&#8217;autre, mais également envers les déviants de la société.  </p>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2013/04/366px-Ibn_Khaldoun-Kassus-183x300.jpg" alt="" title="366px-Ibn_Khaldoun-Kassus" width="183" height="300" align="left" hspace="6" vspace="6" /><br />
<i>Image : Statue d&#8217;Ibn Khaldun à Tunis via Wikipedia.</i></p>
<h3>Qu&#8217;est-ce exactement qu&#8217;une prédiction ?</h3>
<p>La cliodynamique permet elle de &#8220;prédire&#8221; l&#8217;avenir ? Sur ce point Turchin <a href="http://cliodynamics.info/PDF/TrendReversal.pdf">insiste (.pdf)</a> pour donner trois différentes définitions au mot &#8220;prédiction&#8221;. </p>
<p>La première concerne l&#8217;élaboration de scénarios dans lesquels on fait varier les paramètres. La seconde est la prévision : en possédant certaines données, on peut en déduire des événements futurs. La troisième définition, dans laquelle se reconnaît Turchin, est la prédiction scientifique. Elle ne consiste pas à se projeter dans l&#8217;avenir, mais à tester la valeur d&#8217;une théorie. Par exemple, si la théorie des &#8220;cycles séculaires&#8221; est juste, on peut &#8220;prédire&#8221; les comportements des empires ayant existé au cours du passé. La &#8220;prédiction&#8221; consiste donc à valider une théorie, ou à voir si elle peut être réfutée par des contre-exemples. </p>
<p>La différence entre la &#8220;prévision&#8221; et la &#8220;prédiction scientifique&#8221; est que dans le premier cas, explique Turchin, on tient pour acquise la véracité de la théorie. On se contente de l&#8217;appliquer pour en déduire les résultats. Le mécanisme de la prédiction scientifique est exactement inverse. On utilise les observations pour vérifier la validité de la théorie. Pour Turchin, <i>&#8220;les pratiquants des sciences sociales se concentrent trop sur la prévision et pas assez sur la prédiction scientifique&#8221;.</i> </p>
<h3>Les limites de la cliodynamique</h3>
<p>On l&#8217;a donc vu, ces courbes mathématiques ne sont pas des lois &#8220;venues d&#8217;en haut&#8221;, mais, au contraire, la conséquence de phénomènes du monde réel. </p>
<p>Quel peut donc être le statut &#8220;prédictif&#8221; de cette nouvelle théorie ? <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Karl_Popper#La_critique_de_l.27historicisme_:_pour_une_vision_ind.C3.A9terministe_du_monde">Contrairement aux formes simplistes d&#8217;historicisme dénoncées par le philosophe Karl Popper</a>, Turchin insiste sur le caractère non linéaire et donc partiellement imprévisible de toute tentative de prédiction à long terme. Comme il l&#8217;explique dans son livre <i>War and Peace and War</i> :</p>
<blockquote><p>&#8220;Les cycles constatés par les sociétés au cours de l&#8217;histoire ne sont pas les mêmes que les phénomènes hautement périodiques, répétables, qui existent en physique, comme le mouvement des planètes ou les oscillations d&#8217;un pendule. Les systèmes sociaux sont bien plus complexes. C&#8217;est une chose bien connue de la science de la dynamique non linéaire, que deux comportements plus ou moins parfaitement cycliques, s&#8217;ils sont superposés, peuvent produire des dynamiques non cycliques, en d&#8217;autres mots, du chaos. Les interactions entre l&#8217;asabiya, les cycles père et fils et séculaires peuvent entraîner de telles dynamiques chaotiques. Dans un système chaotique une petite action d&#8217;un seul de ses éléments, comme un être humain exerçant son libre arbitre, peut avoir des conséquences gigantesques.&#8221;</p></blockquote>
<p>Turchin ne remet pas en cause l&#8217;existence du libre arbitre, mais note que celui-ci s&#8217;inscrit dans un contexte. Dans un système chaotique, explique-t-il, le comportement &#8220;imprévu&#8221; d&#8217;un agent du groupe introduit ce qu&#8217;on appelle une &#8220;perturbation&#8221;. Dans la plupart des cas, celle-ci est compensée par les forces en présence, et a peu de conséquences. Mais parfois, elle peut créer des changements dans l&#8217;ensemble du système. </p>
<p>Mais attention, avertit Turchin : le problème est souvent que les transformations opérées se révèlent elles-mêmes chaotiques, et l&#8217;individu qui en est la cause ignore souvent quels effets exactement seront produits. <i>&#8220;Les nobles français, le clergé et les représentants du tiers état qui en 1789 ont cessé d&#8217;obéir au roi et ont pris le gouvernement en main n&#8217;avaient certainement pas l&#8217;intention de déclencher une révolution sanglante au cours de laquelle la plupart d&#8217;entre eux perdraient la tête. C&#8217;est pourtant ce qui s&#8217;est passé&#8221;</i>, rappelle-t-il.</p>
<p>Notre destin nous échappe-t-il donc vraiment ? Pas forcément. La cliodynamique, si elle se révèle efficace, peut nous être utile. Car l&#8217;existence de ces cycles nous alerte sur leurs causes sous-jacentes. Une fois qu&#8217;on a analysé celles-ci, il devient possible d&#8217;en comprendre leurs conséquences &#8211; même si celles-ci se produisent &#8220;hors cycle&#8221; à cause d&#8217;une modification imprévue des conditions. Cela permet donc d&#8217;agir directement sur l&#8217;origine du problème. En ce sens, la cliodynamique peut être considérée comme un outil d&#8217;action. Reste à voir si elle possède une réelle valeur et ne finira pas par rejoindre toutes les philosophies de l&#8217;histoire précédentes&#8230; dans les poubelles de l&#8217;Histoire.</p>
<p>Rémi Sussan</p>

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		<title>Les blogs : un espace pour comprendre l’ajustement des normes sociales</title>
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		<pubDate>Mon, 22 Apr 2013 06:00:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier de la Porte</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Communication interpersonnelle]]></category>
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		<description><![CDATA[La lecture de la semaine est un long billet qui nous vient d’Allemagne. Il s’agit d’une réflexion de Christoph Kappes (@ChristophKappes), conseiller en stratégie numérique et blogueur à ses heures. Le titre de son billet : &#8220;La culture du blog, une réponse à la complexité de la société et à la crise de ses institutions&#8221;.
Kappes rappelle que l’hiver dernier,&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La lecture de la semaine est un long billet qui nous vient d’Allemagne. Il s’agit d’une réflexion de <a href="http://christophkappes.de/">Christoph Kappes</a> (<a href="https://twitter.com/ChristophKappes">@ChristophKappes</a>), <a href="http://www.fructus-gmbh.de/">conseiller en stratégie numérique</a> et blogueur à ses heures. Le titre de son billet : <a href="http://christophkappes.de/blogs-als-antwort-auf-die-krise-der-institutionen/">&#8220;La culture du blog, une réponse à la complexité de la société et à la crise de ses institutions&#8221;</a>.</p>
<p>Kappes rappelle que l’hiver dernier, un petit débat a eu lieu sur le web germanophone autour de la question : Y a-t-il une crise des blogs ? Ce type de discussion n’est pas nouveau. Depuis 10 ans, on se demande si les blogs meurent, s’ils gagnent en importance, s’ils influencent la vie politique, etc.</p>
<p>On en arrive bien souvent à la conclusion que la place des blogs dans le débat public est négligeable, que leur visibilité sur Google décroit, que leur audience diminue et que leur qualité est souvent faible. En Allemagne, les seuls blogs réussissant à se maintenir sont d’ailleurs des structures semi-professionnelles, animées par plusieurs rédacteurs, sur des sujets hyperspécialisés. Comme l’excellent <a href="https://netzpolitik.org/">Netzpolitik.org</a> par exemple, très pointu sur les questions de politiques numériques.</p>
<p>Mais, selon Kappes, la plupart de ces critiques sont faussées, car on observe les blogs à l’aune d’une représentation de l’espace public qui date de l’école de Francfort, à une époque où internet n’existait pas encore. Dans cette perspective faussée, on attend des blogs la même chose que des médias traditionnels. C&#8217;est-à-dire qu’ils participent à l’idéal de l’émancipation humaine tel qu’il a été hérité des Lumières. Mais quand on voit la piètre qualité de bon nombre de commentaires sur les blogs, on peut être tenté de juger sévèrement ce mode de publication. De même, lorsqu’on compare les blogueurs aux journalistes, il est facile de leur reprocher de ne pas maitriser la forme d&#8217;expression adéquate, d’outrepasser leur domaine de compétence et de ne pas produire des informations fiables.</p>
<p>Mais, pour Kappes, on ne peut pas demander aux blogs d’être ce qu’ils ne sont pas.</p>
<p>Et pour comprendre ce qu’est la culture des blogs, il faut changer de perspective et observer le phénomène dans son ensemble.</p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2013/04/Carte-de-la-blogosphère-politique-2013.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2013/04/Carte-de-la-blogosphère-politique-2013.png" alt="" title="Carte de la blogosphère politique 2013" width="540" height="401" class="alignright size-full wp-image-19758" /></a><br />
<i>Image : <a href="http://abonnes.lemonde.fr/politique/visuel_interactif/2012/12/26/carte-de-la-blogosphere-politique-2013_1809704_823448.html">Cartographie de la blogosphère politique française réalisée par Linkfluence</a> : <a href="http://politicosphere.blog.lemonde.fr/2012/12/26/la-tectonique-des-plaques-du-web-politique-francais/#more-451">l&#8217;analyse politique suffit-elle à comprendre le rôle politique des blogs ?</a></i></p>
<p>Il faudrait par exemple commencer par définir ce qu’est un blog. Le contenu n’est pas un critère suffisant. Les sujets qui y sont abordés le sont aussi dans les médias traditionnels (politique, science, cuisine, etc.). On ne peut pas non plus le définir sur un critère technique. Les blogs utilisent en général une forme de CMS (Content-Management-System) léger à installer et à utiliser, mais aujourd’hui beaucoup d’autres sites, ceux de certaines entreprises par exemple, fonctionnent aussi sur ce modèle.</p>
<p>Ce qui fait du blog une pratique culturelle à part entière, c’est la forme de l’expression utilisée (la taille, la subjectivité, la sérendipité&#8230;), les caractéristiques des commentaires (par exemple la possibilité de leur sélection ou de leur suppression, l’agressivité des réponses…) l’intercitation et la mise en réseau (les liens, les likes…) ainsi que d’autres pratiques comme les méthodes de tagging interblog, etc. Une fois cette définition posée, on s’aperçoit que les réseaux sociaux ont depuis longtemps repris ces pratiques. Cela les intègre totalement dans cette culture du blogging. Et inversement : les blogs ont toujours fait parti de ce qu’on appelle aujourd’hui de manière assez vague le &#8220;Web 2.0&#8243;. S’il est vrai que les blogs ont un peu perdu en visibilité ces dernières années, c’est parce que les pratiques culturelles qui s’y sont développées se sont depuis disséminées dans toutes les autres couches du web.  Mais cette culture du blogging est bien loin d’être en crise !</p>
<p>Comme tout autre mode de communication, hors-ligne ou en ligne, les blogs répondent à notre besoin d’interactions sociales, notre besoin d’exprimer notre pensée, nos sentiments, nos opinions. Ils sont un espace où peut se manifester l’assentiment des autres dont nous avons tant besoin pour nous conforter dans notre vie et pour nous donner la force de résister. Car la vie n’est pas le pays des Bisounours.</p>
<p>Ainsi, les blogs ont souvent pour fonction de communiquer comment l’on va ou d’exprimer son indignation : que ce soit ) propos de la photo d’un Orang-Outan mutilé par exemple, de voisins qui portent plainte contre le bruit provenant de la cour d’une école maternelle…</p>
<p>Le simple fait que les gens s’indignent de ces choses là me semble une belle preuve de santé mentale et d’intégrité morale, même si je préférerais parfois que toute l’indignation de la nation ne s’expose pas ainsi à mes organes sensoriels. Mais l’indignation est l’émotion qui a donné naissance à la Res Publica.</p>
<p>Penser que ce type de billets n’est pas constructif, c’est encore une fois faire fausse route. Il ne s’agit pas ici d’être constructif, mais de communiquer. D’ailleurs, on attribue à Freud le bon mot selon lequel celui qui a eu l’idée d’utiliser le verbe plutôt que la lance pour résoudre un conflit a inventé la civilisation. Internet, en décuplant les possibilités d’expressions, le nombre de personnes s’exprimant et l’ampleur de l’audience, offre une nouvelle forme de gestion du vivre ensemble.</p>
<p>Avant nous pouvions crier sur nos voisins perçant des trous dans le mur au milieu de la nuit ou bien laisser un mot sous l’essuie-glace d’un automobiliste mal garé voire même, dans une poussée de guérilla urbaine, lui rabattre son rétroviseur. Avec Internet, on peut désormais exprimer de manière concrète ce type de questions et en discuter avec la participation d’un grand nombre de tiers. Finalement, ces blogs créent un espace d’éducation permanente dans lequel on apprend et on remet en cause sans cesse les règles de la vie en société.</p>
<p>Dans ce cadre, la gestion du vivre ensemble n’est plus de l’ordre des lois, dont l’ajustement est lent et délégué aux politiques, mais de celui des normes sociales, dont les contours plus flous se renégocient en permanence et de plus en plus vite. Contrairement aux lois ces normes sociales n’ont aucun caractère impératif, les individus peuvent donc y souscrire librement.</p>
<p>Les blogs contrebalancent ainsi la faiblesse des institutions qui peinent à percevoir la société dans sa diversité. Tout en comblant des besoins communicationnels que les grands médias, du fait de la verticalité de leur expression, ne peuvent pas combler.</p>
<p>Pour finir, ce qu’il faut remarquer, c’est qu’internet n’est pas seulement perçu comme un vecteur de la mondialisation, de la paix mondiale ou de révolution, il offre aussi l’opportunité aux individus d’intensifier leurs interactions autour de problèmes concrets et locaux. Si ces expériences participatives et collaboratives locales étaient étendues à l’échelle de la nation, il se pourrait que cette nouvelle manière de gérer le vivre ensemble puisse aboutir à une réorganisation profonde de la politique.</p>
<p>Xavier de la Porte</p>
<blockquote><p>“Xavier de la Porte (<a href="https://twitter.com/xporte">@xporte</a>), producteur de l’émission <a href="http://www.franceculture.fr/emission-place-de-la-toile">Place de la Toile</a> sur France Culture, réalise chaque semaine une intéressante lecture d’un article de l’actualité dans le cadre de son émission.</p>
<p><a href="http://www.franceculture.fr/emission-place-de-la-toile-politique-tu-n-as-pas-change-2013-04-20">L’émission du 20 avril 2013</a> s’intéressait à comment l&#8217;internet ne change pas la politique en compagnie d&#8217;Ariel Kyrou, rédacteur en chef de <a href="http://www.culturemobile.net/">Culture Mobile</a>, codirecteur de la revue <a href="http://multitudes.samizdat.net/"><i>Multitudes</i></a>, et auteur de <a href="http://www.amazon.fr/gp/product/291694091X/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=291694091X&#038;linkCode=as2&#038;tag=internetnet-21"><i>Révolutions du Net : Ces anonymes qui changent le monde</i></a> et de Loïc Blondiaux, docteur en science politique, co-animateur de l’<a href="http://www.concerter.org/">Institut de la concertation</a>,  président du conseil scientifique du Groupement d’Intérêt Scientifique &#8220;<a href="http://www.participation-et-democratie.fr/">Participation du public, décision, démocratie participative</a>&#8221; et auteur notamment du <i><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2020966751/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=2020966751&#038;linkCode=as2&#038;tag=internetnet-21">Nouvel esprit de la démocratie</a></i>. </p></blockquote>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/communaute/" title="communauté" rel="tag">communauté</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/innovation-ascendante/" title="innovation ascendante" rel="tag">innovation ascendante</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/intelligence-collective/" title="intelligence collective" rel="tag">intelligence collective</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/politique/" title="politique" rel="tag">politique</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/reseaux-sociaux/" title="réseaux sociaux" rel="tag">réseaux sociaux</a><br />
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		<title>Les échanges éphémères pour avoir l’impression de reprendre le contrôle de ce dont on est dépossédé ?</title>
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		<comments>http://www.internetactu.net/2013/04/19/les-echanges-ephemeres-pour-avoir-limpression-de-reprendre-le-controle-de-ce-dont-on-est-depossede/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 19 Apr 2013 05:00:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Selon le sondage annuel de l&#8217;Institut Piper Jaffray auprès de 5000 adolescents américains, que rapporte Zdnet.fr, les réseaux sociaux s&#8217;avèrent pratiquement tous en perte d&#8217;attention auprès des plus jeunes (seuls Twitter et Instagram semblent encore avoir leurs faveurs, mais la cote d&#8217;amour s&#8217;est grandement ralentie). La raison de la désertion des réseaux sociaux ? &#8220;Las du partage exacerbé, las des&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Selon <a href="http://fr.scribd.com/doc/135080767/Piper-Jaffray-Taking-Stock-Teach-in-Spring-2013">le sondage annuel</a> de l&#8217;<a href="http://www.piperjaffray.com/">Institut Piper Jaffray</a> auprès de 5000 adolescents américains, <a href="http://www.zdnet.fr/actualites/les-ados-sont-ils-en-train-de-deserter-les-reseaux-sociaux-39789362.htm">que rapporte Zdnet.fr</a>, les réseaux sociaux s&#8217;avèrent pratiquement tous en perte d&#8217;attention auprès des plus jeunes (seuls Twitter et Instagram semblent encore avoir leurs faveurs, mais la cote d&#8217;amour s&#8217;est grandement ralentie). La raison de la désertion des réseaux sociaux ? <i>&#8220;Las du partage exacerbé, las des traces laissées ici ou là, las de la surveillance potentielle de leurs parents, ils semblent préférer désormais les applications de messagerie instantanée comme <a href="http://kik.com/">Kik</a> (30 millions d&#8217;utilisateurs), <a href="http://www.whatsapp.com/">WhatsApp</a> (17 milliards de messages échangés par jour), <a href="http://www.snapchat.com/">SnapChat</a> (100 millions de messages et 50 millions de photos échangés par jour), ou encore <a href="http://line.naver.jp/en/">Line</a>, qui vient de passer les 100 millions d&#8217;utilisateurs en janvier dernier&#8230;&#8221;</i>, estime Benoît Darcy.  </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2013/04/snapchat-500-1.jpeg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2013/04/snapchat-500-1.jpeg" alt="SnapChat home page" title="SnapChat home page" width="540" /></a><br />
<i>Image : la page d&#8217;accueil de SnapChat&#8230;</i></p>
<p><a href="http://www.technologyreview.com/news/513006/now-you-see-it-now-you-dont-disappearing-messages-are-everywhere/">Rachel Metz pour la <i>Technology Review</i> pointait récemment ce même phénomène</a> : le développement des applications éphémères. Les applications comme Snapchat, qui vous permettent d&#8217;envoyer un message avec une durée de vie limitée, se multiplient. Pourquoi ? Si beaucoup de ces applications se développent parce qu&#8217;elles s&#8217;avèrent à l&#8217;usage être moins chères à utiliser dans le cadre de son forfait mobile illimité que via le décompte de ses SMS par son opérateur, leur succès vient surtout du fait qu&#8217;elles semblent donner aux gens un contrôle très simple sur leurs données. <i>&#8220;L&#8217;une des raisons pour lesquelles ces applications ont du succès, est qu&#8217;elles nous ramènent à un temps où le contexte était tout ce qui importait&#8221;</i>, estime <a href="http://www.pewinternet.org/experts/Lee-Rainie.aspx?typeFilter=0">Lee Rainie, directeur du Pew Internet Research Center &#038; American Life Project</a>, en faisant implicitement référence <a href="http://www.internetactu.net/2012/04/05/la-vie-privee-en-contexte-ou-la-vertu-de-la-reciprocite/">aux travaux d&#8217;Helen Nissenbaum</a>. </p>
<p>Est-ce une réponse au malaise engendré par le partage de nos vies sur les réseaux sociaux ? Un moyen de retrouver un peu d&#8217;intimité dans le grand déballage des données personnelles et des traitements dont elles sont l&#8217;objet, par-devers nous ? Les messages éphémères sont-ils l&#8217;avenir d&#8217;une information que les sites sociaux ont rendue trop centralisée ? Assurément, ils semblent une réponse à l&#8217;éternité qui s&#8217;empare de notre mémoire numérique qu&#8217;évoquait Viktor Mayer-Schönberger  <a href="http://www.internetactu.net/2013/04/15/les-souvenirs-numeriques-ne-sont-pas-comme-les-souvenirs-analogiques/">dans une interview pour le <i>Guardian</i> que nous relatait Xavier de la Porte</a>.</p>
<p>Reste que si ses messages sont éphémères, parfois chiffrés pour nous apporter une plus grande sécurité, cela ne signifie pas toujours qu&#8217;ils soient vraiment éliminés après leur utilisation par les systèmes qui les proposent (<a href="https://www.facebook.com/help/397568030328686/">Poke</a>, le service de partage éphémère lancé par&#8230; Facebook, en souvenir peut-être de l&#8217;ancien signe de reconnaissance qui avait fait les belles heures du site social, <i>&#8220;ne garantit pas la suppression définitive des contenus après leur durée de vie&#8221;</i> (sic) <a href="http://www.zdnet.fr/actualites/facebook-poke-le-decryptage-39785777.htm">rappelle Zdnet</a>). Pas plus qu&#8217;ils n&#8217;assurent ne pas être interconnectés avec des systèmes qui vous mesurent en permanence : <a href="https://www.mywickr.com">Wickr</a> permet ainsi de joindre des documents stockés en ligne sur Google Drive ou Dropbox&#8230; Si <a href="http://gryphn.co">Gryphn</a> crypte et décrypte les SMS tout en facilitant le réglage de la durée de vie du message et en rendant plus difficile la capture d&#8217;écran et le renvoi à d&#8217;autres utilisateurs, il n&#8217;est dit nulle part que le système ne conserve pas les données quelque part&#8230; (même si sans la clef de décryptage, il restera difficile d&#8217;y accéder, et la législation américaine ne peut forcer l&#8217;utilisateur final à donner la clé de cryptage de ses données <a href="http://paranoia.dubfire.net/2011/02/deconstructing-calea-hearing.html">rappelle le chercheur en sécurité, Christopher Soghoian</a>). </p>
<p><iframe width="560" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/Nj1odlV_t8Y" frameborder="0" allowfullscreen></iframe><br />
<i>Vidéo : <a href="http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&#038;v=Nj1odlV_t8Y">Démonstration des fonctionnalités de Gryphn</a>, la plateforme de messagerie mobile sécurisée.</i></p>
<p>Si ces formes de communication éphémères et cryptées gagnent en popularité (<a href="http://www.internetactu.net/2012/04/12/privly-utiliser-les-services-web-sans-leur-confier-nos-contenus/">on se souvient de Privly</a> dont les extensions pour navigateur sont encore en version alpha), il est à parier qu&#8217;elles vont s&#8217;étendre dans bien d&#8217;autres applications. Reste que pour la plupart de ces applications, le fait de ne plus avoir accès à ses documents, images ou messages au-delà d&#8217;une certaine durée ou de ne pas pouvoir faire de capture d&#8217;écrans facilement, fait illusion sur l&#8217;impression de maîtrise sur la conservation des données qui se fait par-devers nous &#8211; le très récent scandale lié à la découverte d&#8217;une faille de sécurité dans SnapChat <a href="http://rezonances.blog.lemonde.fr/2013/05/10/snapchat-ces-photos-ephemeres-qui-ne-seffacent-pas/">qu&#8217;évoque Maxime Vaudano pour Rézonnances</a>, permettant de récupérer l&#8217;ensemble des photos d&#8217;un utilisateurs, l&#8217;illustre parfaitement. Toutes sont loin de proposer des niveaux de confidentialité ou des mesures de conservations des données équivalents. </p>
<p>Qu&#8217;importe. Ce revers des sites sociaux semble en tout cas suffisamment intéressant pour être noté. Il sonne comme un timide avertissement en provenance des utilisateurs. Une manière détournée de reprendre possession de ce dont nous sommes dépossédés au-delà de notre consentement. Illusoire en l&#8217;état, bien sûr. Disons que c&#8217;est une première forme de réponse qui montre, comme nous le disions l&#8217;année dernière en pointant le lancement de Privly, qu&#8217;il y a assurément de la place pour des services respectueux de la vie privée. </p>
<p>Hubert Guillaud</p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/confiance/" title="confiance" rel="tag">confiance</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/privacy/" title="privacy" rel="tag">privacy</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/reseaux-sociaux/" title="réseaux sociaux" rel="tag">réseaux sociaux</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/securite/" title="sécurité" rel="tag">sécurité</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/temps-reel/" title="temps réel" rel="tag">temps réel</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/tracabilite/" title="traçabilité" rel="tag">traçabilité</a><br />
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		<title>A lire ailleurs du 11 au 18 avril 2013</title>
		<link>http://feedproxy.google.com/~r/internetactu/bcmJ/~3/Fy_VH8fNr3A/</link>
		<comments>http://www.internetactu.net/2013/04/18/a-lire-ailleurs-du-11-au-18-avril-2013/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 18 Apr 2013 16:07:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Internetactu</dc:creator>
				<category><![CDATA[A lire ailleurs]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.internetactu.net/?p=19749</guid>
		<description><![CDATA[. Google interdit la revente de ses lunettes &#8211; Wired
Les conditions d&#8217;utilisation des Google Glass sont claires (http://www.google.com/glass/terms/) : &#8220;Il est interdit de vendre, louer voire prêter ses Google Glass&#8221;. Si cette charte n’est pas respectée par l’utilisateur &#8220;propriétaire&#8221; des lunettes, Google se réserve le droit de désactiver les lunettes connectées à distance (qui sont connectées à votre compte&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.wired.com/gadgetlab/2013/04/google-glass-resales/">. Google interdit la revente de ses lunettes &#8211; Wired</a><br />
Les conditions d&#8217;utilisation des Google Glass sont claires (<a href="http://www.google.com/glass/terms/">http://www.google.com/glass/terms/</a>) : &#8220;Il est interdit de vendre, louer voire prêter ses Google Glass&#8221;. Si cette charte n’est pas respectée par l’utilisateur &#8220;propriétaire&#8221; des lunettes, Google se réserve le droit de désactiver les lunettes connectées à distance (qui sont connectées à votre compte Google), les rendant inutilisables, sans remboursement possible. Bienvenue dans le nouveau monde, celui dans lequel les entreprises gardent le contrôle de leurs produits, même une fois que les consommateurs les aient acheté ! L&#8217;âge de l&#8217;accès ne fait-il que commencé ? Ou les Google Glass seront-elles l&#8217;objet de surveillance total de trop ?</p>
<p><a href="http://www.experientia.com/blog/what-can-ethnography-bring-to-the-study-of-deliberative-democracy/">. Qu&#8217;est-ce que l&#8217;ethnographie peut apporter à l&#8217;étude de la démocratie délibérative &#8211; Experientia.com</a><br />
Putting People First met en avant une étude ethnographique sur les budgets participatifs à Rome, menée par Julien Talpin de l&#8217;université de Lille. Le constat est sans appel : 63 % des participants étaient des militants, les cols blancs et les plus de 50 ans étant largement représentés&#8230; L&#8217;étude montre encore que si la participation peut apprendre de nouvelles compétences aux participants, elle peut aussi générer une plus grande méfiance à l&#8217;égard de la politique. L&#8217;étude : <a href="http://www.google.com/url?sa=t&#038;rct=j&#038;q=&#038;esrc=s&#038;source=web&#038;cd=1&#038;cad=rja&#038;ved=0CDUQFjAA&#038;url=http%3A%2F%2Frevintsociologia.revistas.csic.es%2Findex.php%2Frevintsociologia%2Farticle%2Fdownload%2F493%2F515&#038;ei=8ilUUefoPILqswaX3YHoAg&#038;usg=AFQjCNHTNE9H4KkMYRptnUrS1JiP0_KOzQ&#038;bvm=bv.44342787,d.Yms">http://www.google.com/url?sa=t&#038;rct=j&#038;q=&#038;esrc=s&#038;source=web&#038;cd=1&#038;cad=rja&#038;ved=0CDUQFjAA&#038;url=http%3A%2F%2Frevintsociologia.revistas.csic.es%2Findex.php%2Frevintsociologia%2Farticle%2Fdownload%2F493%2F515&#038;ei=8ilUUefoPILqswaX3YHoAg&#038;usg=AFQjCNHTNE9H4KkMYRptnUrS1JiP0_KOzQ&#038;bvm=bv.44342787,d.Yms</a></p>
<p><a href="http://www.zdnet.fr/actualites/adoption-extension-et-extermination-comment-google-a-broye-et-abandonne-l-industrie-rss-39789481.htm">. Adoption, extension et extermination : comment Google a broyé et abandonné l&#8217;industrie RSS &#8211; Zdnet.fr</a><br />
La stratégie de développement d&#8217;un service : &#8220;adoption, extension et extermination&#8221;, estime Ed Bott pour Zdnet.fr.</p>
<p><a href="http://www.callabike-interaktiv.de/">. Call a Bike</a><br />
En Allemagne, le système Call a bike fonctionne sans stations d&#8217;accueils. Pour trouver un vélo, il suffit de l&#8217;appeler !</p>
<p><a href="http://www.argonautes.fr/sections.php?op=viewarticle&#038;artid=755">. Les traces numériques dans le couple et entre amis &#8211; Consommation &#038; Société</a><br />
Dans cet article de 2010, la sociologue Bénédicte Rey s&#8217;intéresse à la notion de surveillance au sein des relations proches et du couple. Une manière d&#8217;interroger de nouvelles tensions dans le partage de l&#8217;intimité qui donnent lieu à plusieurs types de gestion : celle du cloisonnement, de la confiance et de l&#8217;évitement. Et de rappeler qu&#8217;on a trop souvent tendance à oublier la surveillance interpersonnelle par rapport à la surveillance marchande ou institutionnelle.  </p>
<p><a href="http://eprints.lse.ac.uk/2772/1/From_family_television_to_bedroom_culture_%28LSERO%29.pdf">. De la télévision familiale à la culture de la chambre : la culture média des jeunes à la maison (.pdf)</a><br />
Pour Sonia Livingstone, prof de psychologie sociale à l&#8217;école d&#8217;économie et de science politique de Londres &#8211; <a href="http://www2.lse.ac.uk/media@lse/whosWho/AcademicStaff/SoniaLivingstone/soniaLivingstone.aspx">http://www2.lse.ac.uk/media@lse/whosWho/AcademicStaff/SoniaLivingstone/soniaLivingstone.aspx</a> &#8211; la vie familiale est en train de passer d&#8217;un modèle centré sur l&#8217;espace collectif (la salle de séjour) à un modèle dispersé et individualisé, dont la chambre médiatisée est le symbole, rappelle-t-elle dans cette étude qui date déjà de 2007. Les médias en devenant moins chers et plus petits deviennent de plus en plus personnels. Le contact extérieur se fait via le média, dans la chambre, face à un monde extérieur de plus en plus diabolisé.  </p>
<p><a href="http://www.zdnet.fr/actualites/le-nouvel-algorithme-linkedin-vous-dit-qui-embaucher-39789482.htm">. Le nouvel algorithme Linked-in vous dit qui embaucher &#8211; Zdnet.fr</a><br />
Finis CV et lettres de motivations&#8230; Linked-in a mis en place un algorithme qui se base sur les actions des recruteurs afin de leur proposer &#8220;les utilisateurs qu’ils devraient embaucher&#8221;. Le service baptisé &#8220;Recruiter&#8221; accessible aux entreprises ayant souscrit un compte premium payant permet d&#8217;espionner les profils, de les ajouter à des listes de candidats potentiels, d&#8217;entrer en contact avec vos anciens employeurs ou d&#8217;être tenu au courant de qui s&#8217;attarde sur votre profil et ce&#8230; sans que les utilisateurs le sachent ! L&#8217;algorithme mis en place se base sur les actions du recruteurs et se complexifie à mesure que l&#8217;employeur utilise Linked-in. Il recommande des utilisateurs à la formation et aux compétences similaires de ceux mis en sélection. 16 000 entreprises disposent déjà d&#8217;un compte premium à 8000 euros par an et plus de la moitié de ses revenus provient de cette offre pro. Demain, le recrutement pourrait aller plus loin encore, estime la Harvard Business Review dans un article sur l&#8217;avenir du recrutement par les algorithmes : <a href="http://blogs.hbr.org/cs/2012/10/digital_staffing_the_future_of.html">http://blogs.hbr.org/cs/2012/10/digital_staffing_the_future_of.html</a> Demain, les recruteurs sauront synthétisés l&#8217;ensemble des informations disponibles en ligne pour générer des profils d&#8217;individus et cibler les talents. Demain, être absent des réseaux signifiera s&#8217;écarter du marché du travail.</p>
<p><a href="http://monclocher2030.blogspot.fr/2013/02/mouans-sartoux-les-regies-municipales.html">. Mouans-Sartoux : les régies municipales &#8211; Ma commune en 2030</a><br />
La petite ville des Alpes Maritimes, Mouans-Sartoux (10 000 hab) a décidé de reprendre un vaste ensemble de services publics en régie municipale : l&#8217;eau, l&#8217;assainissement, la collecte des ordures ménagères, les pompes funèbres, la restauration scolaire, le transport scolaire et associatif, et la dernière-née des régies : la régie municipale de production agricole qui a reconquis 4 hectares de terre pour y développer une offre en produits bio locaux. </p>
<p><a href="http://opentransition.okfn.fr/">. Open Transition Energie</a><br />
Un site ressource de données et de graphiques sur l&#8217;état de l&#8217;énergie en France et dans le monde.</p>
<p><a href="http://jacques.testart.free.fr/index.php?post/texte918">. Peut-on réguler démocratiquement l’innovation ? L’exemple des plantes transgéniques &#8211; Jacques Testart</a><br />
Sur son blog, Jacques Testart revient sur l&#8217;étude de la toxicité des plantes transgéniques enterrée par l&#8217;Agence européenne de sécurité des aliments et la dépasse pour livrer une intéressante réflexion sur l&#8217;expertise et ses limites. &#8220;L&#8217;expertise est souvent sacralisée comme seule évaluation sérieuse, sans que soient interrogés préalablement, les conflits d&#8217;intérêts matériels ou idéologiques dont sont porteurs les experts ou la prise en compte par l&#8217;expertise d&#8217;autres facteurs toxicologiques comme l&#8217;environnement, l&#8217;économie&#8230;&#8221; Notre société doit concevoir d&#8217;autres outils que la seule expertise technique qu&#8217;encensent décideurs politiques et industriels. Pour Jacques Testart, il est essentiel que l&#8217;expertise intègre des avis différents que ceux des seuls experts dépendant d&#8217;institutions scientifiques. &#8220;L&#8217;expertise ne doit pas seulement être une production technique&#8221; mais doit aussi entendre, comprendre et respecter l&#8217;avis d&#8217;autres personnes. &#8220;En recherchant la variété (des disciplines comme des experts) on peut obtenir un tableau assez complet des avantages et inconvénients d&#8217;une innovation&#8221;. Trop souvent, l&#8217;expertise est un document transformable en décision politique. Dans le cadre des plantes génétiquement modifiées, leur utilité sociale n&#8217;est jamais prise en compte : seul compte leur innocuité prétendue, le seuil de tolérance. Alors que le médicament intègre de plus en plus la mesure du bénéfice/risque, pourquoi ne fait-on pas pareil des autres technologies en débat ?  Et Testart de conclure : &#8220;il n&#8217;est plus satisfaisant de confier au pouvoir politique l&#8217;interprétation de l&#8217;expertise pas plus que de faire produire l&#8217;expertise par quelques spécialistes.&#8221; C&#8217;est aux collectifs de citoyens d&#8217;agir et décider&#8230; </p>
<p><a href="http://www.rslnmag.fr/post/2013/04/15/Les-mobilites-(vraiment)-intelligentes-c-est-pour-bientot.aspx">. Les mobilités (vraiment) intelligentes, c&#8217;est pour bientôt ? &#8211; RslnMag</a><br />
Retour sur le colloque &#8220;Ville et gares numériques, quelles connexions ?&#8221; où les intervenants ont montré que l&#8217;ouverture des données n&#8217;était pas le principal problème de l&#8217;intermodalité. Chaque acteur dispose le plus souvent de son propre système, pas toujours facilement intéropérable. Que la maîtrise de la chaine de mobilité n&#8217;est pas évidentes et que les systèmes ne disposent pas toujours de toutes les infos (&#8220;les meilleures informations sur les retards, on les a via Facebook et Twitter, par les usagers&#8221;), bref que la diffusion de l&#8217;information butte parfois sur autre chose que les données, comme l&#8217;impossibilité de mettre en place un panneau interactif des correspondances avec les bus de la ville dans l&#8217;espace de la gare, parce qu&#8217;il n&#8217;est pas géré par la même institution ! Mais ce n&#8217;est que par l&#8217;ouverture des données qu&#8217;on fera avancer ces questions.</p>
<p><a href="http://bluetouff.com/2013/04/12/comment-des-fai-americains-injectent-et-remplacent-des-publicites-dans-les-pages-web-contre-la-volonte-des-editeurs-des-sites/">. Comment des FAI américains injectent et remplacent des publicités dans les pages web contre la volonté des éditeurs des sites &#8211; Bluetouff&#8217;s blog</a><br />
Il n&#8217;y a pas que SFR qui a des pratiques douteuses&#8230; relative à la neutralité du net et à la publicité. L&#8217;américain Zchary Henckel sur son blog &#8211; <a href="http://zmhenkel.blogspot.fr/2013/03/isp-advertisement-injection-cma.html">http://zmhenkel.blogspot.fr/2013/03/isp-advertisement-injection-cma.html</a> &#8211; a montré que le fournisseur d&#8217;accés Wi-Fi CMA Communications ajoutait de la publicité aux sites que les utilisateurs visitaient&#8230; Alors que SFR prétextait une optimisation de ses réseaux mobiles, ici, ce n&#8217;est plus le cas et la captation de valeur se fait au profit du FAI et au détriment du fournisseur de contenu.</p>
<p><a href="http://www.theatlantic.com/health/archive/2013/04/why-chemotherapy-that-costs-70000-in-the-us-costs-2500-in-india/274847/">. Pourquoi une chimiothérapie qui coûte 70 000$ aux Etats-Unis ne coûte-t-elle que 2 500$ en Inde ? &#8211; The Atlantic</a><br />
La raison principale : le coût des brevets, mais la contrepartie est l&#8217;accès limité au traitement dans les pays en développement.</p>
<p><a href="http://www.openculture.com/2013/04/10_reasons_you_didnt_complete_a_mooc.html">. 10 raisons pour lesquelles on abandonne un Mooc &#8211; OpenCulture</a><br />
Ils prennent trop de temps, supposent trop de connaissance, ne sont parfois pas au niveau, sont ennuyeux, ne sont pas assez bien organisés, avec des outils trop complexes, parce que les profs ne participent pas, parce qu&#8217;ils peuvent avoir des coûts cachés&#8230; parce qu&#8217;apprendre est plus important que d&#8217;avoir une récompense finale.</p>
<p><a href="http://www.latribune.fr/vos-finances/assurance/20130403trib000757305/comment-les-assureurs-identifient-de-mieux-en-mieux-les-risques.html">. Comment les assureurs identifient de mieux en mieux les risques &#8211; La Tribune.fr</a><br />
Discrètement, les assureurs s&#8217;intéressent au Big Data. L&#8217;enjeu : un changement de modèle pour l&#8217;assurance permettant de mettre en place une tarification selon le comportement du client et non plus par groupe&#8230;</p>
<p><a href="http://www.technologyreview.com/review/513531/proceed-with-caution-toward-the-self-driving-car/">. La voiture autonome n&#8217;est pas pour demain &#8211; Technology Review</a><br />
Will Knight pour la Technology Review estime que nous avons plus besoin d&#8217;une technologie qui augmente les capacités du conducteur que d&#8217;une technologie qui les rend obsolètes. La voiture autonome n&#8217;est pas pour demain et la recherche d&#8217;une technologie équilibrée n&#8217;est pas si simple, car la voiture autonome pourrait plutôt décourager notre attention que de la favoriser, estime le journaliste qui a testé et rend compte de différents systèmes de conduite assistée. Le problème estime un spécialiste consiste à savoir comment connecter le cerveau humain à ce type de technologie&#8230; La solution passera-t-elle par la surveillance des indices comportementaux du conducteur afin de veiller à garder son attention ?</p>
<p><a href="http://blogs.reuters.com/felix-salmon/2013/04/03/how-paywalls-are-evolving/">. Comment évoluent les murs payants &#8211; Reuters</a><br />
Felix Salmon de Reuters revient sur le développement des murs payants dans la presse, notamment via les deux entreprises leaders du marché, Mather Economics &#8211; <a href="http://www.mathereconomics.com">http://www.mathereconomics.com</a> &#8211; et MediaPass &#8211; <a href="http://www.mediapass.com">http://www.mediapass.com</a>. Mais estime-t-il, les métriques de ces systèmes sont encore imparfaits. Beaucoup de paywall permettent de lire gratuitement une dizaine d&#8217;article avant de vous bloquer sur un article qui ne motivera peut-être pas assez le lecteur pour passer au payant. Ces sociétés savent pourtant très bien que tous les lecteurs ne doivent pas être traités de la même manière, certains ont une propension plus grande à payer que d&#8217;autres. Est-ce à dire qu&#8217;il faut plus d&#8217;opacité sur les tarifs pratiqués pour maximiser la personnalisation et privilégier ceux qui sont le plus à même de payer ? Faut-il élargir la gamme des offres payantes ? Et également celle des offres les moins chères&#8230; Pour Felix Salmon, blogueur financier à Reuters, les paywalls sont appelés à devenir plus complexes, mais il est moins sûr qu&#8217;ils migrent hors du monde des journaux&#8230; (dommage, il n&#8217;explique pas pourquoi).</p>
<p><a href="http://www.ethanzuckerman.com/blog/2013/03/26/beyond-the-crisis-in-civics-notes-from-my-2013-dml-talk/">. Au-delà de la crise de l&#8217;éducation civique &#8211; Ethan Zuckerman</a><br />
Ethan Zuckerman revient sur une conférence qu&#8217;il a donné sur le thème de comment les médias numériques changent la façon dont nous participons à la vie civique. Selon une étude américaine, les connaissances civiques des étudiants américains n&#8217;ont pas vraiment progressé depuis 1998. Pire selon certains auteurs, elle n&#8217;aurait pas changé depuis la Seconde Guerre mondiale. Nous sommes donc face à une crise longue, pas soudaine. Mais le taux de participation aux élections des plus jeunes a plutôt augmenté. Peut-être que cela signifie que la pratique de l&#8217;éducation civique doit changer de forme ? interroge Ethan Zuckerman. Longtemps, l&#8217;éducation civique a consisté à comprendre le fonctionnement des lois, mais les lois ne sont pas le seul processus civique (d&#8217;autant que visiblement, c&#8217;est un processus en désuétude, puisque très peu de lois sont finalement adoptées par le Congrès américain : 61 sur 3914 lois proposées pour le 112e Congrès !). &#8220;Nous avons tendance à enseigner le civisme d&#8217;une manière désuète&#8221;, estime Zuckerman. La régionalisation (qui date du début du XXe siècle) et l&#8217;homogénisation de la politique ont eut de nombreux impacts sur la politique. Les médias, les lobbys, les innovations techniques, le ciblage&#8230; et aujourd&#8217;hui, les médias sociaux ont profondément transformé l&#8217;organisation politique. Ces transformations expliquent l&#8217;insatisfaction généralisées envers les institutions gouvernementales américaines. Et Zuckerman de proposer de nouvelles matrices pour comprendre l&#8217;évolution des formes d&#8217;engagements, distinguant un engagement qui nécessite peu d&#8217;attention par rapport à des formes qui en exigent beaucoup et entre un engagement symbolique et un engagement qui ait un impact. L&#8217;engagement fort et percutant est souvent ancré dans les communautés, mais aussi dans certaines techniques qu&#8217;on dit authentiques (marches, sit-in&#8230;) par rapport à des techniques reposant sur les médias sociaux dont il est difficile d&#8217;évaluer l&#8217;impact. Pour rendre l&#8217;engagement des jeunes plus fort et percutant, nous devons enseigner l&#8217;éducation civique en terme de leviers de pouvoirs et à les aider à &#8220;grimper l&#8217;échelle de l&#8217;engagement&#8221;. Pour rendre la participation citoyenne plus percutante, évolutive et forte, il nous faut dépasser la distinction entre le politique et le militantisme, nous avons besoin de comprendre les leviers du changement et leurs impacts, nous devons aider les gens à améliorer leur engagement, et surtout comprendre qu&#8217;une participation forte signifie déléguer le contrôle&#8230;</p>
<p><a href="http://lelabo-ess.org/?Pourquoi-devient-il-urgent-que-l">. Pourquoi devient-il urgent que l&#8217;ESS s&#8217;approprie le mouvement Open data ? &#8211; Le Labo de l&#8217;économie sociale et solidaire</a><br />
&#8220;L’économie sociale et solidaire (ESS) française se démarque par sa timidité d’initiatives, aussi bien de publications de données que de réutilisation de données publiques pour alimenter ses activités&#8221;, estime Claire Gallon de LiberTIC. &#8220;Du fait de son cœur d’activité et de son rôle d’intermédiaire avec le grand public, l’ESS est pourtant directement concernée par les données publiées dans les domaines de la santé, l’éducation, l’environnement ou encore la mobilité ; les valeurs d’ouverture et de coproduction des données ouvertes, font écho aux valeurs intrinsèques de l’ESS. C’est un enjeu démocratique que les acteurs de l’ESS s’approprient et diffusent les données qui concernent au premier chef la citoyenneté et l’engagement.&#8221; </p>
<p>Le transfert d&#8217;information représente un transfert de pouvoir, estime Claire Gallon. A l&#8217;étranger, rappelle-t-elle les initiatives se multiplient : publication de leurs financements en format ouvert, mais aussi initiatives d&#8217;utilisation de données et création de données avec leurs membres ou les citoyens.</p>
<p><a href="http://www.businessisdigital.com/nous-avons-tue-le-passe-bruce-sterling/">. Bruce Sterling : Nous avons tué le passé ! &#8211; Business is Digital</a><br />
Lors de la conférence de clôture de SXSW 2013, l&#8217;écrivain de science fiction Bruce Sterling a rappelé qu&#8217;il aura connu la naissance et la mort du PC. &#8220;Ceux qui vivent par la disruption mourront par la disruption, ceux qui vivent par la désintermédiation mourront par la désintermédiation.&#8221; Mais ne soyons pas naïf : toute nouvelle techno n&#8217;est pas forcément meilleure, toute innovation intéressante n&#8217;est pas forcément bonne&#8230; Et Sterling de reprendre à son compte les 9 principes émis par Joi Ito pour faire face aux transformations du monde : favoriser la résilience, le pull sur le push, prendre des risques plutôt que se concentrer sur la sécurité, se concentrer sur le système plutôt que sur l&#8217;objet, avoir de bons compas plutôt que des cartes, travailler sur la pratique plutôt que la théorie, favoriser la désobéissance plutôt que la conformité, la foule sur les experts, l&#8217;apprentissage plus que l&#8217;éducation. Et Sterling de conclure : nous avons tué le passé et aucun d&#8217;entre nous n&#8217;est innocent.</p>
<p><a href="http://www.numerama.com/magazine/25601-universal-a-les-pleins-pouvoirs-de-censure-sur-youtube.html">. Universal a les pleins pouvoirs de censure sur YouTube &#8211; Numerama</a><br />
Comment certaines sociétés accèdent à plus de pouvoir que chacun d&#8217;entre nous grâce à des accords de partenariats spécifique. En vertu d&#8217;un contrat passé avec YouTube, Universal Music peut s&#8217;opposer à toute remise en ligne d&#8217;une vidéo dont il a demandée la suppression, y compris lorsque la loi sur les droits d&#8217;auteur n&#8217;est pas violée par l&#8217;internaute censuré. La distribution du pouvoir sur l&#8217;internet n&#8217;est plus égale.</p>
<p><a href="http://passeurdesciences.blog.lemonde.fr/2013/04/14/doutes-sur-la-fiabilite-des-neurosciences/?utm_source=dlvr.it&#038;utm_medium=twitter#xtor=RSS-3208">. Doutes sur la fiabilité des neurosciences &#8211; Passeur de sciences</a><br />
Pierre Barthélémy rappelle que de nombreuses études biomédicales ou psychologiques décrivent des effets qui n&#8217;existent peut-être pas, car on n&#8217;arrive pas à les reproduire. Même chose pour les neurosciences estime un article de Nature. Et l&#8217;étude de mettre en avant le biais de publication qui minimise les publications qui modèrent des résultats&#8230; En neuroscience, beaucoup d&#8217;études s&#8217;appuyent sur de petits échantillons de personnes. Selon cette analyse méta, la puissance statistique moyenne des études en neurosciences est comprise en 8 et 31%, ce qui n&#8217;est pas suffisant pour faire démonstration. Des négligences méthodologiques courantes qui font peser le doute sur la fiabilité des neurosciences. De bonnes pratiques existent aussi : 15% des études ont une puissance statistique supérieure à 90 %. Les auteurs de l&#8217;article proposent de multiplier les collaborations pour augmenter la taille des échantillons et de favoriser la transparence sur les données et méthodologies.</p>
<p><a href="http://philippesilberzahn.com/2013/04/15/grand-mechant-mooc-rupture-en-marche-dans-education-superieure/">. Le grand méchant MOOC ou la rupture en marche dans l’éducation supérieure &#8211; Le blog de Philippe Silberzahn</a><br />
Nous jugeons la nouvelle technologie à l’aune de l’ancienne, avec les mêmes critères, rappelle Philippe Silberzahn&#8230; et c&#8217;est ce qui se passe avec les Moocs. Le contact privilégié entre enseignants et étudiants tient largement du mythe, rappelle Silberzahn, d&#8217;autant que pour tout universitaire, il est plus une corvée qu&#8217;autre chose. &#8220;Et si les Moocs venaient piquer aux grandes écoles quelque chose dont, au fond, elles ne veulent plus ?&#8221; Les Moocs sont certainement beaucoup plus actifs et sociaux que la moindre salle de classe. Ils ne sont certes pas meilleurs que les meilleurs profs, mais peut-être bien plus que ceux qui ne sont pas motivés par l&#8217;enseignement. Ne compare-t-on pas les Moocs à une version idéalisée de l&#8217;enseignement ? Enfin, le Mooc s&#8217;adresse à ceux qui ne pourront jamais entrer dans une grande école (trop chère), il s&#8217;adresse aux non consommateurs, aux exclus de fait du système. Certes, concède Silberzahn, il reste beaucoup à faire pour que les Moocs soient un vrai moyen d&#8217;éducation, mais il faut les regarder pour ce qu&#8217;ils deviendront. Demain, les Moocs seront amené à être un mode plein et entier d&#8217;enseignement. Cette innovation de rupture est certes inquiétante pour l&#8217;institution éducative, mais pour l&#8217;utilisateur, seul compte la capacité nouvelle à enseigner plus, mieux et à plus de gens.</p>
<p><a href="http://www.henriverdier.com/2013/04/linnovation-est-une-dissidence.html">. &#8220;L&#8217;innovation est une dissidence&#8221; &#8211; Henri Verdier</a><br />
Henri Verdier d&#8217;Etalab revient sur la publication du rapport de Jean-Luc Beylat et Pierre Tambourin sur l&#8217;innovation &#8211; <a href="http://www.redressement-productif.gouv.fr/files/rapport_beylat-tambourin.pdf">http://www.redressement-productif.gouv.fr/files/rapport_beylat-tambourin.pdf</a> &#8211; et rappelle que l&#8217;innovation ne se planifie pas. Elle est autre chose que la suite logique et naturelle de la recherche&#8230; Ce n&#8217;est pas pour autant qu&#8217;elle est imprévisible et que le politique n&#8217;y aurait pas prise. Tous les grands territoires ont une politique d&#8217;innovation et c&#8217;est cette priorité là, qu&#8217;il faut maintenir, conclut Henri Verdier, en rappelant que pour la première fois, en 2013, la première société française pourvoyeuse d&#8217;emploi est une start-up, O2 &#8211; <a href="http://www.o2.fr">http://www.o2.fr</a> -, spécialisée dans le service à la personne en mettant en relation directe employeurs et employés.</p>
<p><a href="http://bits.blogs.nytimes.com/2013/04/16/palo-alto-start-up-lets-users-track-who-tracks-them/?smid=tw-nytimesbits&#038;seid=auto">. Une start-up permet de tracer ceux qui nous tracent &#8211; NYTimes.com</a><br />
Disconnect &#8211; <a href="https://disconnect.me">https://disconnect.me</a> &#8211; est un service en ligne qui fonctionne comme une extension à son navigateur destiné à identifier et bloquer ceux qui tracent vos historiques de navigation. Le but : mettre fin à la publicité ciblée qui va afficher les bottes que vous avez consulté sur un site d&#8217;e-commerce sur tous les autres sites où vous vous baladez. Disconnect.me permet d&#8217;arrêter certains traceurs, vous indique combien d&#8217;entreprises et lesquelles, vous tracent sur les sites web où vous surfez&#8230; Vous verrez toujours des annonces, mais elles ne seront pas fonction de votre comportement en ligne.</p>
<p><a href="http://www.nesta.org.uk/blogs/destination_local/uk_hyperlocal_media_it_s_time_we_all_worked_together/">. Medias hyperlocaux britanniques : il est temps de travailler tous ensemble &#8211; Nesta</a><br />
Le Nesta, l&#8217;organisme de l&#8217;innovation britannique a lancé il y a un an Destination locale, un programme pour identifier technologies, modèles économiques et opportunités pour soutenir l&#8217;actualité hyperlocale au Royaume-Uni. Et commence à en faire le bilan, notamment via un rapport accessible en ligne qui prône la collaboration entre médias  <a href="http://www.nesta.org.uk/publications/reports/assets/features/uk_demand_for_hyperlocal_media">http://www.nesta.org.uk/publications/reports/assets/features/uk_demand_for_hyperlocal_media</a></p>
<p><a href="http://www.humanoides.fr/2013/04/15/des-mains-artificielles-controlees-par-un-iphone/">. Des mains artificielles contrôlées par un iPhone &#8211; Humanoides.fr</a><br />
La société Touch Bionics a mis au point une prothèse de main contrôlée par un iPhone &#8211; <a href="http://www.touchbionics.com">http://www.touchbionics.com</a> &#8211; permettant d&#8217;effectuer quelques 24 mouvements&#8230; et bientôt commandé via Siri !</p>
<p><a href="http://abonnes.lemonde.fr/economie/article/2013/04/14/comment-sortir-du-piege-de-l-e-mail_3159309_3234.html">. Comment sortir du piège de l&#8217;e-mail ? &#8211; LeMonde.fr</a><br />
Nous traitons 40 à 78 messages par jour en moyenne. Au bureau, les directions cherchent à juguler le flux pour éviter l&#8217;overdose. L&#8217;e-mail va-t-il connaître le même sort que ses ancêtres ? Résultat, le temps passé sur la boite mail diminue et l&#8217;audience des services de mails est en berne. Le problème n&#8217;est pas tant le spam, qui n&#8217;est pas pris en compte par ces études, que nos comportements : démultiplication des échanges pour organiser une réunion, un projet&#8230; Multiplication des interventions sur un même document&#8230; L&#8217;e-mail devient un outil de management : où tout le monde se met en copie comme pour se déresponsabiliser (70% des e-mails sont des mails &#8220;parapluie&#8221;) et le mail est devenu le symbole de la souffrance et des conflits larvés. On se permet par e-mails des choses que l&#8217;on ne dirait pas en face. Pour réagir, les entreprises prennent des mesures drastiques : interdiction d&#8217;envoyer des e-mails après 18h, journées sans e-mails&#8230; pour sensibiliser à la mauvaise utilisation de l&#8217;outil. Les entreprises se tournent aussi vers d&#8217;autres solutions comme les réseaux sociaux internes&#8230; encore faut-il convaincre qu&#8217;ils ne sont pas de nouveaux outils de surveillance. Enfin, les entreprises sont frileuses face aux coûts de ces nouveaux déploiements : les gens ouvrent leurs emails puis leurs autres outils de communication&#8230; Ils s&#8217;ajoutent les uns aux autres, même s&#8217;ils permettent aussi de désengorger parfois les outils mal utilisés. Bref, la régulation des échanges dans l&#8217;entreprise n&#8217;est pas si simple et focalise sur les outils avant les pratiques.</p>
<p><a href="http://www.washingtonpost.com/opinions/book-review-to-save-everything-click-here-by-evgeny-morozov/2013/04/12/0e82400a-9ac9-11e2-9a79-eb5280c81c63_story_1.html">. Critique de &#8220;To save everything, click here&#8221; &#8211; The Washington Post</a><br />
Tim Wu répond à Morozov et critique sa conclusion : promouvoir une délibération constante sur chaque décision pour faire un monde meilleur est-il autre chose qu&#8217;un vieux fantasme d&#8217;intellectuel ?</p>
<p><a href="http://www.slate.fr/story/70105/droits-auteur-musique-cisac-sacem">. Musique : les droits d&#8217;auteur se portent bien, en apparence &#8211; Slate.fr</a><br />
&#8220;Le numérique n&#8217;a pas fait chuter les revenus musicaux. Mais la photo globale est trompeuse, la part des têtes d&#8217;affiche étant grandissante.&#8221;</p>
<p><a href="http://www.leblogducommunicant2-0.com/2013/04/14/twitter-est-il-un-accelerateur-de-violence-militante/">. Twitter est-il un accélérateur de violence militante ? &#8211; Le blog du Communicant 2.0</a><br />
Dans un intéressant compte rendu des échanges (extrêmement violents) entre pro et anti mariage pour tous, Olivier Cimelière pour le Blog du Communicant 2.0, pointe comment les échanges se radicalisent sur les réseaux sociaux comme Twitter. Sans vouloir faire le procès de Twitter, Olivier Cimelière pointe l&#8217;extrême résonance des sites sociaux&#8230; &#8220;Allons-nous vers une civilisation de &#8220;gladiateurs&#8221; numériques sans limites et sans vergogne ?&#8221; Où ne doit-on voir là que la continuation des flameware des forums, liés aux limites de communication de nos outils ? </p>
<p><a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2013/02/SPIRE/48761">. Comment contourner l’impôt sans s’exiler, par Alexis Spire &#8211; Le Monde diplomatique</a><br />
Pour les plus riches, nul besoin de frauder ou de s’exiler pour payer moins d’impôts. Une enquête de plusieurs années derrière les guichets du Trésor public vient de dévoiler les mécanismes permettant aux contribuables les plus aisés de profiter soit de la mansuétude de certains agents du fisc, soit du manque de moyens de l’administration fiscale.</p>
<p><a href="http://www.fastcompany.com/3007973/creative-conversations/inside-bill-gates-5-billion-plan-put-cameras-every-classroom">. Bill Gates et son plan pour installer des caméras dans chaque classe &#8211; FastCompany</a><br />
Anya Kamenetz revient sur la proposition formulée par Bill Gates de mettre des caméras dans chaque classe pour évaluer les enseignants : <a href="http://www.fastcompany.com/3007841/tech-forecast/bill-gates-education-we-can-make-massive-strides">http://www.fastcompany.com/3007841/tech-forecast/bill-gates-education-we-can-make-massive-strides</a> Gates est revenu sur un programme pilote intitulé Mesures pour un enseignement efficace &#8211; <a href="http://www.metproject.org">http://www.metproject.org</a> &#8211; qui a publié ses résultats en janvier 2013 sur un système d&#8217;évaluation pédagogique qui combine résultats des tests des enfants, évaluations par les élèves et évaluations en classe par des observateurs impartiaux. Bien évidemment, la proposition de Gates fait débat, même si, estime-t-il, &#8220;nos enseignants méritent une meilleure rétroaction&#8221;. Reste que l&#8217;évaluation seule ne suffira pas à améliorer l&#8217;enseignement&#8230;</p>
<p><a href="http://www.technologyreview.com/qa/513476/interview-with-brain-project-pioneer-miyoung-chun/">. Pourquoi est-il important de cartographier le cerveau humain ? &#8211; Technology Review</a><br />
Pour la Technology Review, Jason Pontin a interviewé Miyoung Chun, généticienne moléculaire et vice présidente de la Kavli Foundation qui a coordonné la communication autour du lancement du projet de recherche BRAIN lancé dernièrement par Obama. Elle y explique notamment que le plus délicat dans ce projet de cartographie du cerveau pourrait bien être que nous ne savons pas ce que nous essayons d&#8217;apprendre. Nous ne savons pas ce que nous allons apprendre en mesurant et déchiffrant un million de neurones.</p>
<p><a href="http://www.slate.fr/lien/70821/comment-parents-voient-enfants">. Comment les parents du monde entier voient leurs enfants &#8211; Slate.fr</a><br />
Salte revient sur une étude sur la perception par les parents de leurs enfants qui souligne que celle-ci n&#8217;est pas culturellement uniforme &#8211; voir notamment les graphiques publiés par The Atlantic : <a href="http://www.theatlantic.com/international/archive/2013/04/how-parents-around-the-world-describe-their-children-in-charts/274955/">http://www.theatlantic.com/international/archive/2013/04/how-parents-around-the-world-describe-their-children-in-charts/274955/</a></p>
<p><a href="http://www.regardscitoyens.org/la-transparence-democratique-nest-pas-la-transparence-totale-nos-10-propositions-pour-des-mesures-concretes-et-non-gadgets/">. La transparence démocratique n’est pas la transparence totale : 10 propositions pour des mesures concrètes et non gadgets ! &#8211; Regards Citoyens</a><br />
Le collectifs citoyen Regards Citoyens propose 10 mesures de transparence démocratiques concrètes :<br />
- la transparence du vote des parlementaires<br />
- le pouvoir d&#8217;investigation financière et de sanction pour la future Haute autorité de la transparence<br />
- la création d&#8217;un mécanisme d&#8217;alerte citoyenne auprès de cette autorité.<br />
- un encadrement financier de la vie politique par cette autorité avec la publication de rapports sur l&#8217;évolution des patrimoines des élus, la publication des indemnités et de l&#8217;usage des frais de mandats et des réserves, la publication en open data de l&#8217;ensemble des budgets et comptes administratifs de l&#8217;Elysée, de chaque ministère et des Assemblées.<br />
- l&#8217;encadrement des conflits d&#8217;intérêts et du lobbying notamment par l&#8217;instauration d&#8217;un registre des lobbyistes. Mettre les citoyens au coeur du projet de contrôle démocratique, tel est le projet de Regards Citoyens.</p>
<p><a href="http://christopheducamp.com/blog/visualisez-toutes-vos-transactions-bancaires-sur-une-carte/">. Visualisez toutes vos Transactions Bancaires « Simple » sur une carte | xtof</a><br />
Christophe Ducamp a traduit le billet d&#8217;Aaron Parecki &#8211; <a href="http://aaronparecki.com/articles/2013/03/10/1/see-all-your-simple-bank-transactions-on-a-map">http://aaronparecki.com/articles/2013/03/10/1/see-all-your-simple-bank-transactions-on-a-map</a> &#8211; qui a utilisé son compte chez Simple &#8211; <a href="https://simple.com">https://simple.com</a> &#8211; pour créer une cartographie des endroits où il dépense sont argent.</p>
<p><a href="http://abonnes.lemonde.fr/sante/article/2013/04/15/alimentation-face-aux-doutes-les-internautes-s-organisent_3159792_1651302.html">. Alimentation : face aux doutes, les internautes s&#8217;organisent &#8211; LeMonde.fr</a><br />
L&#8217;alimentation est désormais scrutée par les internautes&#8230; Avec des sites comme OpenFoodFacts &#8211; <a href="http://fr.openfoodfacts.org">http://fr.openfoodfacts.org</a> &#8211; et des applications comme Shopwise, Noteo ou GoodGuide&#8230; Désormais ce qui se trouve derrière les étiquettes est accessible, comme nous l&#8217;explique un spécialiste de chimie médicinale qui s&#8217;étonne de trouver certains composants dans notre alimentation. Le Conseil national de l&#8217;alimentation a lancé en février 2012, un groupe de réflexion sur la dématérialisation de l&#8217;information du consommateur animé par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes pour interroger la fiabilité des données publiées par les internautes !! D&#8217;autant que les étiquettes ne sont pas toujours fiables. En 2009, 40 % des étiquettes des confiseries contrôlées par la DGCCRF n&#8217;étaient pas conformes ! Même incomplètes, ces données collaboratives constituent un premier moyen de pression face à des politiques souvent très frileuses. Faudra-t-il à l&#8217;avenir coupler les bases de données de ce que l&#8217;on consomme avec un site pour recueillir des informations de santé ?</p>
<p><a href="http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2012/05/21/reindustrialiser-les-territoires-chiche_1703656_3232.html">. Réindustrialiser les territoires&#8230; chiche ! &#8211; Tribune, LeMonde.fr</a><br />
&#8220;Un &#8220;territoire innovant &#8221; n&#8217;est pas seulement un lieu où il y a de l&#8217;innovation. C&#8217;est un endroit qui assure aux réseaux d&#8217;entreprises les conditions de leur pérennité : il sait organiser les entreprises pour capter de nouvelles idées de marchés ; il les accompagne dans leur croissance en sécurisant leur accès à toutes les ressources, salariés, formation, services et savoir-faire ; il est aussi capable de mobiliser de nouvelles organisations économiques, sociales et solidaires&#8221;, expliquent les auteurs de cette étrange tribune pour vanter les mérites de l&#8217;innovation sociale et solidaire sans afficher de principes clairs. </p>
<p><a href="http://www.acteurspublics.com/2013/04/12/un-labo-pour-redessiner-l-etat">. Un “labo” pour redessiner l’État – Acteurs publics.com</a><br />
&#8220;Penser la réforme de l’État et les politiques publiques de demain. Telle sera la mission du “Laboratoire de l’innovation publique”, mis sur les rails le 10 avril (photo). Ou quand les fonctionnaires se mettent à la place des usagers.&#8221;</p>
<p><a href="http://scinfolex.wordpress.com/2013/04/12/les-google-glasses-peuvent-elles-changer-le-statut-jurudique-de-la-vision/">. Les Google Glasses peuvent-elles changer le statut juridique de la vision ? &#8211; S.I.Lex-</a><br />
Lionel Maurel s&#8217;interroge sur les Google Glass : vont-elles attacher le droit d&#8217;auteur à la prunelle de nos yeux ?</p>
<p><a href="http://www.numerama.com/magazine/25662-google-propose-de-gerer-la-vie-numerique-apres-la-mort.html">. Google propose de gérer la vie numérique après la mort &#8211; Numerama.com</a><br />
&#8220;Google lance un nouveau service &#8211; le gestionnaire de compte inactif : <a href="https://www.google.com/settings/u/0/account/inactive">https://www.google.com/settings/u/0/account/inactive</a> &#8211; pour permettre aux usagers de déterminer le destin de leurs données en cas de décès. Le site américain propose de passer le compte en inactif au bout d&#8217;un certain temps et de dire si les données doivent être transmises à des proches ou définitivement détruites.&#8221; Un service assez intéressant, même si un doute vous assaille en cherchant à l&#8217;activer&#8230; Comment écrire au destinataire de votre mémoire ? </p>
<p><a href="http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/medias/actu/0202700691276-la-page-facebook-n-est-pas-un-lieu-public-juge-la-cour-de-cassation-557826.php">. La page Facebook « n&#8217;est pas un lieu public », juge la Cour de cassation &#8211; Les Echos.fr</a><br />
Les propos que chacun publie sur des réseaux sociaux ne sont pas des propos tenus en public et ne sont donc pas susceptibles de faire l&#8217;objet de poursuites pour diffamation ou injure publiques. A la condition toutefois, explique la Cour de cassation, &#8220;que les termes employés ne soient accessibles qu&#8217;à des personnes agréées par le titulaire du compte et fort peu nombreuses&#8221;. Facebook est donc bien dans le clair-obscur de Dominique Cardon.</p>
<p><a href="http://www.courrierinternational.com/article/2013/04/11/besoin-d-un-boulot-inventez-le">. Génération Y * Besoin d&#8217;un boulot ? Inventez-le ! &#8211; Courrier international</a><br />
Les membres de ma génération devaient trouver un travail, les jeunes doivent désormais le créer, écrit cet éditorialiste américain. Il est urgent de réformer l&#8217;enseignement pour mettre la capacité à innover au cœur du système, car &#8220;le système scolaire et universitaire américain n&#8217;arrive pas toujours à apporter ce qu&#8217;il faudrait et enseigner les compétences qui sont les plus cruciales pour s&#8217;insérer sur le marché du travail&#8221;.</p>
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		<title>Les nouveaux risques (et opportunités) des entreprises</title>
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		<pubDate>Thu, 18 Apr 2013 05:00:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La transformation induite par le numérique bouleverse le fonctionnement des entreprises, on le sait. Les défis sont innombrables et s&#8217;accumulent. Sans vouloir être exhaustif, en voici 4 qui nous ont semblé particulièrement&#8230;  stimulants ou effrayant. C&#8217;est selon.
Risqués, les grands projets informatiques ?
Les risques associés aux grands projets informatiques sont largement sous-estimés, estime une étude évoquée par la Technology&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La transformation induite par le numérique bouleverse le fonctionnement des entreprises, on le sait. Les défis sont innombrables et s&#8217;accumulent. Sans vouloir être exhaustif, en voici 4 qui nous ont semblé particulièrement&#8230;  stimulants ou effrayant. C&#8217;est selon.</p>
<h3>Risqués, les grands projets informatiques ?</h3>
<p>Les risques associés aux grands projets informatiques sont largement sous-estimés, estime une étude <a href="http://www.technologyreview.com/view/513391/why-a-botched-it-project-will-destroy-a-major-corporation-in-the-near-future">évoquée par la <i>Technology Review</i></a>. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2013/04/titanic.jpg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2013/04/titanic.jpg" alt="" title="titanic" width="540" /></a></p>
<p>En 2003, le fabricant américain de vêtements Levi Strauss a pris la décision de mettre à niveau son système d&#8217;information global devenu fragmenté et désuet. Le projet qui envisageait un passage à un système unifié a été budgété pour 5 millions de dollars et les avantages se promettaient d&#8217;être énormes&#8230; Mais très vite, ça a été l&#8217;enfer, soulignent <a href="http://www.sbs.ox.ac.uk/research/people/Pages/BentFlyvbjerg.aspx">Bent Flyvbjerg</a> et <a href="http://www.sbs.ox.ac.uk/centres/bt/directory/Pages/AlexanderBudzier.aspx">Alexander Budzier</a> de la <a href="http://www.sbs.ox.ac.uk/Pages/default.aspx">Saïd Business School</a> de l&#8217;université d&#8217;Oxford au Royaume-Uni. Par exemple, Wal-Mart, l&#8217;un des plus gros clients de Levi Strauss, a exigé que ce système se connecte de façon transparente à son propre système de gestion de la chaîne d&#8217;approvisionnement, ce qui a généré un ensemble imprévu de problèmes. Quand le nouveau système a été mis en marche, l&#8217;entreprise a découvert qu&#8217;elle ne pouvait pas honorer les commandes et a dû fermer trois centres de distributions aux Etats-Unis pendant une semaine. En 2008, cinq ans après le début du projet, la société en était à 193 millions de dollars d&#8217;investissement dans le système informatique.</p>
<p>Cet exemple cauchemardesque a mis un temps l&#8217;entreprise à genoux. Mais ce type de problème est beaucoup plus commun qu&#8217;on ne l&#8217;imagine estiment Flyvbjerg et Budzier qui ont réalisé <a href="http://arxiv.org/abs/1304.0265">la plus grande étude mondiale des initiatives industrielles sur les technologies de l&#8217;information jamais réalisées</a> en examinant les budgets, les performances et les coûts réels de 1 471 projets IT. Le surcoût moyen d&#8217;un projet informatique est de 27% estiment les chercheurs en conclusion de leur recherche. Mais, un projet sur six subit un dépassement de 200% ! </p>
<p><i>&#8220;Cela met en évidence le véritable écueil de ce type d&#8217;initiatives. Elles ne sont pas particulièrement sujettes à des dépassements de coûts très élevés. Mais une proportion inhabituelle des projets génèrent des dépassements massifs.&#8221;</i> Cela signifie que ne se baser que sur le dépassement moyen des coûts est insuffisant. <i>&#8220;Les projets informatiques sont maintenant tellement grands et ils touchent tant d&#8217;aspects de l&#8217;organisation qu&#8217;ils posent désormais des risques singuliers. Ils peuvent faire sombrer des sociétés entières, voire des villes ou des Etats&#8221;</i>, estiment, peut-être avec un peu de catastrophisme, les deux chercheurs, comme se fut le cas avec le nouvel aéroport de Hong Kong dont les coûts informatiques se seraient élevés à quel que 600 millions de dollars. Pour les chercheurs, ce n&#8217;est qu&#8217;une question de temps avant qu&#8217;une grande entreprise n&#8217;échoue dans les prochaines années en raison d&#8217;un projet informatique devenu hors de contrôle. En tout cas, visiblement, un projet sur six semble déjà en dehors de tout contrôle ! </p>
<h3>Risqués, les réseaux sociaux ?</h3>
<p>Ce n&#8217;est pas le seul domaine d&#8217;ailleurs dans lequel les spécialistes semblent particulièrement catastrophiques. <a href="http://www.ise.bgu.ac.il/engineering/PersonalWebSite1main.aspx?id=deijVVjj">Michael Fire</a> de l&#8217;université Ben Gourion en Israël a utilisé l&#8217;information accessible sur les réseaux sociaux pour reconstruire la structure de sociétés et en identifier les lacunes relationnelles et organisationnelles, <a href="http://www.technologyreview.com/view/512641/social-networks-reveal-structure-and-weaknesses-of-businesses/">rapporte la <i>Technology Review</i></a>. En fouillant le web social, l&#8217;équipe de chercheur a montré (<a href="http://arxiv.org/abs/1303.3741">voir l&#8217;étude</a>) qu&#8217;elle pouvait reconstruire la structure d&#8217;une entreprise et utiliser des algorithmes de détection de communautés pour reconstruire leur structure organisationnelle. Les chercheurs ont ainsi identifié un groupe d&#8217;employé d&#8217;une entreprise presque entièrement coupée du reste de l&#8217;organisation parce qu&#8217;ils faisaient tous partis d&#8217;une start-up rachetée dont l&#8217;intégration avait visiblement échoué. Un outil d&#8217;analyse qui peut être un moyen d&#8217;identification des difficultés ou des forces d&#8217;une entreprise, que ce soit pour elle, comme pour la concurrence. Une méthode qui pose en tout cas la question de l&#8217;usage des médias sociaux par les employés et de leurs conséquences. </p>
<p>Mais ce n&#8217;est pas le seul risque que courent les entreprises avec les réseaux sociaux. D&#8217;après <a href="http://www.gartner.com/newsroom/id/2402115">une étude du cabinet de conseil Gartner</a>, faute d&#8217;objectifs bien définis au départ, seuls 10 % des projets de déploiement de réseaux sociaux d&#8217;entreprises réussissent, <a href="http://www.zdnet.fr/actualites/reseaux-sociaux-d-entreprise-il-faut-prier-pour-que-cela-fonctionne-39789001.htm">rapporte Zdnet</a>. Selon le Gartner, si les entreprises ont de plus en plus tendance à déployer des solutions de réseaux sociaux, dans une grande majorité des cas, ceux-ci s&#8217;avèrent rencontrer un taux d&#8217;échec cuisant. Pour Anthony Bradley du Gartner, trop souvent, l&#8217;entreprise espère y développer quelque chose de positif, une communauté par l&#8217;interaction des participants, sans savoir exactement quoi. Pour le Gartner, il demeure essentiel de définir un but, un objectif préalablement. <i>&#8220;L&#8217;organisation ne fournit pas une cause convaincante autour de laquelle une communauté pourrait se former et être motivée pour y allouer du temps et y transmettre des connaissances. En d&#8217;autres termes, le but fait défaut&#8221;</i>, commente le cabinet. Préciser la communauté cible d&#8217;un projet de collaboration social, définir la nature de la collaboration et les bénéfices attendus sont des préalables indispensables. </p>
<p>En fait, remplacer les échanges par e-mail par un réseau social (qui est l&#8217;une des motivations à l&#8217;essor des réseaux sociaux d&#8217;entreprise) n&#8217;est pas toujours très efficace, <a href="http://pro.01net.com/editorial/551606/zero-email-une-nouvelle-strategie-qui-va-faire-des-emules/">rappellait déjà l&#8217;année dernière Cécile Demailly pour 01.net</a>. Les tentatives d&#8217;Atos pour éradiquer l&#8217;e-mail en entreprises que détaillait <a href="http://www.ft.com/intl/cms/s/0/11384220-8761-11e2-bde6-00144feabdc0.html#axzz2MwMPOY2W">un récent article du <i>Financial Times</i></a>, où celles avortées d&#8217;Intel ou Deloitte, montrent que ce n&#8217;est pas si simple. </p>
<h3>Risqué, l&#8217;externalisation des communications ?</h3>
<p>Et si la solution était ailleurs ? <a href="http://news.stanford.edu/news/2013/march/boost-email-productivity-030413.html">Stanford News</a> rapportait récemment une intéressante recherche, pour lutter contre l&#8217;infobésité de nos messageries en entreprise : utiliser des filtres humains pour permettre aux managers de gagner en efficacité. Le chercheur de Stanford, Nicolas Kokkalis, du <a href="http://hci.stanford.edu/">Groupe Interaction homme-machine</a>, a donc utilisé Mechanical Turk (et ses clones) pour proposer à 600 cobayes d&#8217;une entreprise de faire filtrer leurs e-mails par des personnes extérieures à leur société. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2013/04/emailvallet.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2013/04/emailvallet.png" alt="" title="emailvallet" width="540" height="192" class="alignright size-full wp-image-19736" /></a><br />
<i>Image : capture d&#8217;écran d&#8217;email Vallet permettant de voir l&#8217;action des opérateurs et la transformation des e-mails en liste de tâches.</i></p>
<p>Le problème bien sûr est que l&#8217;accès à la boite mail est vécu comme quelque chose de très personnel. Il y transite nombre de données très privées : messages personnels, numéro de compte bancaire, etc. Le logiciel mis en place permettait aux utilisateurs de contrôler les e-mails auxquels l&#8217;assistant délocalisé avait accès (par exemple, bloquer ceux provenant de la famille, d&#8217;amis ou de la banque) et d&#8217;enregistrer pour contrôle éventuel toutes leurs actions. En retour de leurs lectures, les assistants délocalisés produisaient des listes de tâches à accomplir. Pourtant, à mesure que l&#8217;expérimentation avançait, les utilisateurs ont peu à peu élargi l&#8217;accès des opérateurs humains, allant jusqu&#8217;à leur ouvrir la gestion de leurs mails privés, afin que les choses importantes y soient traitées également. Nombreux ont également informé leurs assistants d&#8217;éléments de contextes privés importants (comme leur emploi ou leur ville natale), afin que le traitement des mails soit plus efficace. <i>&#8220;La vie privée et la sécurité sont toujours négociées, si dévoiler votre vie privée vous procure un avantage, alors le plus souvent vous êtes près à y concéder&#8221;</i>, rappelle l&#8217;un des chercheurs responsables de l&#8217;expérimentation, <a href="http://hci.stanford.edu/msb/">Michael Bernstein</a>.</p>
<p>Est-ce que cette étude va faire revenir les secrétaires et assistants pour aider les cols blancs à gérer l&#8217;information comme les productions qu&#8217;ils doivent rendre et qui sont désormais, bien souvent, de leurs seules responsabilités ?</p>
<p>Le résultat des études menées montre qu&#8217;un assistant capable de traiter une vingtaine de boîtes mail permettrait d&#8217;optimiser le coût du service et de le rapatrier en interne plutôt que de le confier à des services d&#8217;externalisation. <i>&#8220;Un grand nombre des exigences de la vie quotidienne nécessitent une créativité que les machines n&#8217;ont pas encore&#8221;</i>, estime <a href="http://hci.stanford.edu/srk/">Scott Klemmer</a> du groupe Interaction homme-machine de Stanford. </p>
<p>Le service est désormais accessible à tous, sous le nom de <a href="https://www.gmailvalet.com">GmailVallet</a>. Si vous l&#8217;utilisez, préviennent les chercheurs, vous n&#8217;avez aucune garantie de sécurité. </p>
<h3>Risqué, l&#8217;analyse de l&#8217;information ?</h3>
<p>Autre sujet qui concerne également les entreprises, la compréhension de leurs données. Plus que savoir si l&#8217;importance croissante des données en entreprise va conduire à une nouvelle répartition des rôles entre le directeur technique, le directeur informatique et le directeur des données, comme <a href="http://www.zdnet.fr/actualites/l-explosion-des-donnees-remet-elle-en-cause-la-place-du-dsi-39787635.htm">le soulignait Christophe Auffray pour Zdnet</a>, la question pourrait surtout être de comment rendre ces données exploitables, décisives pour faciliter la prise de décision de l&#8217;entreprise. <a href="http://blogs.hbr.org/events/HBR_Webinar_Davenport_Feb_2_10.pdf">Dans un récent et synthétique rapport (.pdf)</a> pour la <i><a href="http://hbr.org/">Harvard Business Review</a></i>, <a href="http://www.tomdavenport.com/">Tom Davenport</a>, responsable de la Chaire des technologies de l&#8217;information et du management du <a href="http://www.babson.edu/">Babson College</a>, et auteur de nombreux livres dont <i><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/1422177696/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=1422177696&#038;linkCode=as2&#038;tag=internetnet-21">Analytics au travail : des décisions intelligentes pour de meilleurs résultats</a></i>, revenait sur l&#8217;importance de l&#8217;analyse des données pour l&#8217;entreprise. </p>
<p>Pour lui, la plupart des organisations ont des quantités massives de données, mais elles ne parviennent pas toujours à l&#8217;utiliser de manière significative. Comment faire parler les données pour identifier les objectifs stratégiques et les décisions tactiques à prendre ? Pour Davenport, l&#8217;analytique doit aider à prendre de meilleures décisions. Elle doit induire une boucle de rétroaction (<a href="http://donneesouvertes.info/2013/01/03/moderniser-laction-publique-par-lopen-data/">comme l&#8217;expliquait Simon Chignard en évoquant l&#8217;open data</a>), c&#8217;est-à-dire, que les données doivent permettre d&#8217;améliorer l&#8217;action des organisations. </p>
<p>Si on constate des investissements majeurs des entreprises dans la collecte et la conservation des données, celles-ci ne sont pas toujours utilisées pour prendre de meilleures décisions. Les mesures de la prise de décision et leurs processus sont bien souvent en mauvais état, estime le spécialiste. Pour développer leurs capacités d&#8217;analyses des données, les entreprises doivent améliorer leurs données, investir dans l&#8217;analyse de celles-ci, leurs dirigeants doivent intégrer la culture de l&#8217;analyse des données pour prendre des décisions (dépasser leurs intuitions par la mesure des faits), ils doivent déterminer des cibles stratégiques pour faire porter leurs efforts d&#8217;analyses sur celles-ci et enfin, ils doivent développer les capacités d&#8217;analyses dans leur organisation même, par l&#8217;embauche de spécialistes. <i>&#8220;Le but de l&#8217;analyse des données doit être de prendre de meilleures décisions&#8221;</i>, insiste Davenport. </p>
<p><a href="http://blogs.hbr.org/cs/2013/04/how_p_and_g_presents_data.html">Dans un autre article pour le réseau de blogs de la <i>Harvard Business Review</i></a>, Tom Davenport donne un exemple parlant, en s&#8217;intéressant au tableau de bord mis en place chez Procter&#038;Gamble. Si vous voulez faire un bon usage de la visualisation de données en entreprise, estime-t-il, la standardisation est plus importante que la créativité. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2013/04/conferenceroom.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2013/04/conferenceroom.png" alt="" title="conferenceroom" width="540" /></a><br />
<i>Image : la salle de conférence de Procter&#038;Gamble <a href="http://blogs.hbr.org/cs/2013/04/how_p_and_g_presents_data.html">via Tom Davenport</a>.</i></p>
<p>Procter &#038; Gamble a institutionnalisé la visualisation de données comme principal outil de gestion sur les postes de travail de quelque 50 000 employés qui ont accès à un &#8220;cockpit de décision&#8221;. Le but de ces tableaux de bord est d&#8217;aider les décideurs à comprendre rapidement ce qu&#8217;il se passe dans l&#8217;entreprise. Ici, la visualisation de données doit refléter la stratégie d&#8217;une entreprise tout en restant simple et commune à toute l&#8217;organisation, c&#8217;est-à-dire que les formats d&#8217;analyses doivent être communs, même si les données peuvent être différentes d&#8217;un pays à l&#8217;autre ou d&#8217;un secteur à l&#8217;autre par exemple. Parmi les outils mis en place par P&#038;G, figure ainsi une visualisation qui montre les marchés sur lesquels les produits de P&#038;G sont plus ou moins en concurrence (la couleur rouge indique que la part de marché est faible, la couleur verte qu&#8217;elle est forte). </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2013/04/PGHeatMap.jpeg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2013/04/PGHeatMap.jpeg" alt="" title="P&amp;GHeatMap" width="540"  /></a><br />
<i>Image : la carte des produits de P&#038;G qui montre les marchés sur lesquels les produits de P&#038;G sont plus ou moins en concurrence.</i> </p>
<p>Pour Tom Davenport, c&#8217;est la créativité à l&#8217;élaboration de ces tableaux de données qui va animer demain la réussite des entreprises. Choisir les bons indicateurs, les bonnes visualisations, extraire les bonnes données&#8230; Le tableau de bord de l&#8217;entreprise est assurément, lui aussi, l&#8217;un des enjeux de l&#8217;entreprise demain. Un de plus.</p>
<p>Hubert Guillaud</p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/algorithmie/" title="algorithmie" rel="tag">algorithmie</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/analyse-des-reseaux/" title="analyse des réseaux" rel="tag">analyse des réseaux</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/digiwork/" title="digiwork" rel="tag">digiwork</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/identites-actives/" title="identités actives" rel="tag">identités actives</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/intelligence-des-donnees/" title="intelligence des données" rel="tag">intelligence des données</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/mesinfos/" title="mesinfos" rel="tag">mesinfos</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/reseaux-sociaux/" title="réseaux sociaux" rel="tag">réseaux sociaux</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/travail/" title="travail" rel="tag">travail</a><br />
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		<title>Au coeur de la cliodynamique (1/2) : les cycles historiques</title>
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		<pubDate>Wed, 17 Apr 2013 05:00:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rémi Sussan</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Communautés]]></category>
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		<description><![CDATA[Il y a quelque temps, dans un article sur les long data, j&#8217;évoquais la &#8220;cliodynamique&#8220;, un mouvement cherchant à repérer des modèles numériques dans l&#8217;histoire des civilisations créée par Peter Turchin, un spécialiste de l&#8217;écologie. Aujourd&#8217;hui, un papier de Wired donne un nouvel éclairage sur ce champ de recherches et sur la méthodologie employée. Le texte est signé Klint Finley.&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a quelque temps, dans un article sur les <a href="http://www.internetactu.net/2013/02/05/sortir-de-la-tyrannie-du-present/">long data</a>, j&#8217;évoquais la &#8220;<a href="http://cliodynamics.info/">cliodynamique</a>&#8220;, un mouvement cherchant à repérer des modèles numériques dans l&#8217;histoire des civilisations créée par <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Peter_Turchin">Peter Turchin</a>, un spécialiste de l&#8217;écologie. Aujourd&#8217;hui, <a href="http://www.wired.com/wiredenterprise/2013/04/cliodynamics-peter-turchin/all/">un papier de <i>Wired</i></a> donne un nouvel éclairage sur ce champ de recherches et sur la méthodologie employée. Le texte est signé <a href="http://about.me/klintron">Klint Finley</a>. Il est intéressant de noter cette signature parmi les journalistes de <i>Wired</i>. Car si Finley n&#8217;a pas la célébrité d&#8217;un Chris Thompson, d&#8217;un Kevin Kelly ou d&#8217;un Alexis Madrigal, il ne sort pas du néant. Depuis 10 ans, il tient le blog <a href="http://technoccult.net/">Technoccult</a> (qui figure dans mon  &#8220;top 10&#8243; personnel de la blogosphère), étonnant mélange de technologie et contre-culture, très proche de mouvements contestataires comme le fameux &#8220;Occupy Wall Street&#8221;. </p>
<p>La cliodynamique, donc, est une tentative de transformer l&#8217;étude historique en science exacte en déterminant des <i>patterns</i>, des modèles, des cycles, exprimables mathématiquement, et ce, afin d&#8217;émettre des théories et des explications testables sur les événements historiques. </p>
<p>Les outils utilisés pour ce genre de travail n&#8217;impliquent pas des mathématiques très avancées, comme l&#8217;explique Finley : <i>&#8220;Turchin affirme que ses méthodes ne sont pas très complexes. Il utilise des techniques statistiques assez courantes, comme l&#8217;<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Analyse_spectrale">analyse spectrale</a>. (Il a) employé des outils bien plus sophistiqués en écologie&#8221;. Il ne s&#8217;agit pas d&#8217;outils de &#8220;big data&#8221;. Les ensembles de données auxquels il recourt ne sont pas massifs au point que des logiciels statistiques ordinaires ne suffisent à les analyser.&#8221;</i></p>
<p>Finley se concentre sur la principale découverte de Turchin, l&#8217;idée du &#8220;cycle séculaire&#8221;. En gros la plupart des empires agricoles de l&#8217;histoire se caractérisent par une période d&#8217;environ 100 ans de prospérité, suivie d&#8217;un siècle de dégradation qui se clôt par une restabilisation. Cela dure entre 200 et 300 ans. Au sein de ce cycle, on rencontre très souvent &#8211; mais pas toujours &#8211; une période de 50 ans pendant laquelle se multiplient actes de violence et émeutes. </p>
<h3>Une histoire cyclique ?</h3>
<p>Pourquoi cette succession de cycles ? Est-elle produite magiquement, ce qui en ferait une espèce d&#8217;astrologie ? Rien de tel pour l&#8217;ancien spécialiste des écosystèmes qu&#8217;est Peter Turchin. Cette régularité est produite par des oscillations au sein d&#8217;un système complexe, analogues aux fluctuations des rapports prédateurs/proie dans la nature. Selon Turchin, note Finley, les causes d&#8217;un tel cycle sont intimement liées à deux choses, la démographie et la production des élites. L&#8217;argument de base est malthusien. L&#8217;instabilité commence lorsque la population, après une période relativement prospère, commence à voir les ressources disponibles se réduire. Le phénomène est d&#8217;autant plus sensible que, pendant la phase prospère, les membres des classes supérieures augmentent. Malheureusement, le nombre de postes susceptibles de satisfaire ces élites devient insuffisant. Apparaissent alors un ensemble de citoyens issus des classes supérieures appauvries, incapables d&#8217;accéder à des positions de pouvoir. Cela encourage la constitution de clans, de factions et le développement de frustrations qui vont petit à petit amener à la dégradation du système.</p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2013/04/518rHTN9d-L._SL500_.jpg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2013/04/518rHTN9d-L._SL500_-195x300.jpg" alt="" title="518rHTN9d-L._SL500_" width="195" height="300" align="left" hspace="6" vspace="6" /></a>Essayons maintenant d&#8217;entrer un peu plus avant dans les travaux de Turchin, tels qu&#8217;ils sont présentés dans ses articles et ses ouvrages, notamment <a href="http://www.amazon.fr/gp/product/0452288193/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=0452288193&#038;linkCode=as2&#038;tag=internetnet-21"><i>War and Peace and War</i></a> (2007).</p>
<p>Cet ouvrage raconte la naissance et le déclin des empires, qui se déroule sur un ou plusieurs &#8220;cycles séculaires&#8221;. A noter que dans ces textes, Turchin ne mentionne quasiment pas le &#8220;cycle court&#8221; de violences qui se surimpose au rythme plus lent. Turchin d&#8217;ailleurs <a href="http://socialevolutionforum.com/2012/08/03/a-feature-article-in-nature-on-cliodynamics/">l&#8217;avoue lui-même</a> : il ne connait pas très bien la cause de ces éruptions de violences (tout au plus y voit-il un possible cycle &#8220;père et fils&#8221;, correspondant, pour simplifier, à un &#8220;conflit de générations&#8221;), et de plus elles n&#8217;existent pas systématiquement : l&#8217;empire chinois ne les connait pas ou les Etats-Unis n&#8217;en ont pas subi en 1820, alors qu&#8217;ils auraient dû. Une fois de plus cela montre qu&#8217;il ne faut pas appliquer mécaniquement des règles mathématiques, mais qu&#8217;on doit en comprendre, toujours, les causes sous-jacentes. </p>
<p>La question est de savoir si ces travaux, qui concernent les empires agraires, peuvent aussi s&#8217;appliquer aux nations industrielles. Pour Turchin, cela fonctionne en tout cas pour les Etats-Unis. Ceux-ci peuvent-ils être considérés comme un &#8220;empire&#8221; ? Oui, selon la définition qu&#8217;en donne Turchin : pour lui un empire est un &#8220;large territoire multi-ethnique&#8221; possédant une structure complexe de pouvoir. Peu importe que cet empire soit autocratique, démocratique, qu&#8217;il soit dirigé par un roi héréditaire, une ploutocratie, une bureaucratie ou le peuple. Les USA entrent évidemment dans la définition. </p>
<p>Bien sûr, l&#8217;article de Finley se concentre sur l&#8217;Amérique. Mais les études de Turchin ne s&#8217;arrêtent pas là. Ainsi, <a href="http://cliodynamics.info/PDF/TrendReversal.pdf">selon lui (.pdf)</a>, notre pays aurait aussi connu une série de &#8220;cycles séculaires&#8221; correspondant grosso modo aux dynasties qui se sont succédées sur le trône depuis le Moyen-Age : &#8220;le cycle des Capet&#8221; qui va de 1150 à 1450 environ, suivi par celui des &#8220;Valois&#8221; (1450-1660). Le troisième cycle, qu&#8217;il nomme &#8220;Bourbons&#8221; (mais qui inclut les événements de la révolution et les régimes qui suivent) va de 1660 à 1870, avec une phase d&#8217;expansion s&#8217;achevant vers 1770, époque où effectivement la France est une puissance mondiale reconnue. Suit une phase de &#8220;déclin&#8221; se terminant en 1870, avec donc la naissance de la troisième république. Turchin s&#8217;arrête là, mais on pourrait aisément continuer son schéma et déduire que cette période &#8220;intégrative&#8221; (d&#8217;expansion) s&#8217;achève aux alentours des années 70, avec la fin des &#8220;Trente glorieuses&#8221;</p>
<h3>Et aujourd&#8217;hui ?</h3>
<p>Il serait intéressant de se demander si les mêmes cycles pourraient aussi se reproduire dans le monde postindustriel dans lequel nous entrons. L&#8217;argument malthusien de l&#8217;accroissement de la population, par exemple, tient-il toujours ? </p>
<p>Il me semble qu&#8217;on peut au moins repérer quelques tendances similaires :<br />
- la population tend à se stabiliser, mais la consommation de ressources continue à augmenter. Même si les gens ne meurent plus de faim (du moins en Occident !), on assiste donc toujours à un accroissement des inégalités.<br />
- le passage d&#8217;une société à un secteur tertiaire ou numérique entraîne effectivement une multiplication des &#8220;élites&#8221; : plus que jamais, nous disposons d&#8217;une population super-éduquée, incapable de tirer profit de ses compétences avec l&#8217;apparition d&#8217;un &#8220;prolétariat intellectuel&#8221;. Dès les années 90, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Douglas_Coupland">Douglas Coupland</a> caractérisait les membres de la &#8220;Génération X&#8221; comme des gens souvent hyper diplômés cantonnés à des petits jobs sans intérêt. La multiplication des factions, des clans et l&#8217;intensification d&#8217;une lutte pour le pouvoir restent donc tout à fait envisageables. </p>
<p>Reste à savoir ce qu&#8217;on peut en déduire pour l&#8217;avenir. Dans son livre <i>War And Peace And War</i>, Turchin repère aujourd&#8217;hui deux empires nettement constitués, les USA et la Chine, et deux &#8220;empires potentiels&#8221;, la Russie et l&#8217;Union Européenne. Celle-ci possède en effet les caractéristiques propres à un empire : elle est multiethnique, elle a connu une phase d’expansion agressive en passant de 6 à 27 pays en l&#8217;espace de quelques décennies (on voit que la guerre n&#8217;est pas nécessaire à l&#8217;expansion territoriale). Reste cependant à déterminer si cette configuration est stable. </p>
<p>Dans son livre Turchin mentionne aussi la possibilité qu&#8217;un changement de paradigme s&#8217;opère. Le web, et surtout les smartphones ont tendance à perturber les fonctionnements hiérarchiques traditionnels (jusqu&#8217;ici fondamentaux dans le fonctionnement des &#8220;empires&#8221;), et constituent ce qu&#8217;on appelle une <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9t%C3%A9rarchie">hétérarchie</a> où les centres de contrôle ne sont plus apparents. <i>&#8220;La blogosphère&#8221;</i>, explique-t-il, <i>&#8220;est une structure hétérarchique. Son hôte, le web, l&#8217;est aussi, de même qu&#8217;Al Qaida&#8221;</i> (sur le caractère hétérarchique d&#8217;Al Qaida, on se reportera avec profit aux travaux de <a href="http://globalguerrillas.typepad.com/">John Robb</a> sur la &#8220;<a href="http://www.internetactu.net/2008/01/10/reseaux-sociaux-contre-reseaux-humains-lamerique-a-t-elle-perdu-la-netwar/">guérilla open source</a>&#8220;). Or, admet Turchin, <i>&#8220;notre compréhension de la dynamique des réseaux hétérarchiques est encore dans l&#8217;enfance&#8221;</i>. Reste à savoir si ces nouvelles technologies vont vraiment se montrer en mesure de changer des comportements qui, comme on va le voir, sont profondément enracinés dans l&#8217;esprit humain.</p>
<p>Rémi Sussan</p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/economie/" title="économie" rel="tag">économie</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/complexite/" title="complexité" rel="tag">complexité</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/culture/" title="culture" rel="tag">culture</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/prospective/" title="prospective" rel="tag">prospective</a><br />
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		<title>Les souvenirs numériques ne sont pas comme les souvenirs analogiques</title>
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		<pubDate>Mon, 15 Apr 2013 10:06:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier de la Porte</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Communication interpersonnelle]]></category>
		<category><![CDATA[Droits numériques]]></category>
		<category><![CDATA[Identité numérique]]></category>
		<category><![CDATA[Usages]]></category>
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		<category><![CDATA[vie privée]]></category>

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		<description><![CDATA[La lecture de la semaine est un article du quotidien britannique The Guardian, qui a réalisé ces derniers jours une série de papiers autour du droit à l’oubli. Celui-ci a été écrit par Kate Connolly, et il rend compte des arguments de Viktor Mayer-Schönberger, un des plus fervents partisans de ce droit à l’oubli. Viktor Mayer-Schönberger enseigne la gouvernance d’Internet&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La lecture de la semaine est <a href="http://www.guardian.co.uk/technology/2013/apr/04/right-erasure-protects-freedom-forget-past">un article</a> du quotidien britannique <i>The Guardian</i>, qui a réalisé ces derniers jours <a href="http://www.guardian.co.uk/technology/series/internet-privacy-the-right-to-be-forgotten">une série de papiers autour du droit à l’oubli</a>. Celui-ci a été écrit par Kate Connolly, et il rend compte des arguments de Viktor Mayer-Schönberger, un des plus fervents partisans de ce droit à l’oubli. <a href="http://www.vmsweb.net/">Viktor Mayer-Schönberger</a> enseigne la gouvernance d’Internet à l’<a href="http://www.oii.ox.ac.uk/">Oxford Internet Institute</a> et pour lui, le droit à l’oubli n’est seulement une question légale, morale et technique, mais il touche à l’essence même de l’être humain.</p>
<p>&#8220;Pendant ces 20 dernières années, explique Mayer-Schönberger, plus j’ai travaillé sur la protection des données, plus j’ai compris qu’en son cœur, ce qui importe autant que les questions de vie privée, c’est la manière dont l’être humain prend des décisions. Les êtres humains ont besoin de prendre des décisions au sujet du présent et de l’avenir. La beauté du cerveau humain est que nous avons la capacité d’oublier, capacité qui nous permet de penser dans le présent. C’est absolument nécessaire pour prendre des décisions.&#8221;</p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2013/04/ViktorMayer-Schönberger.jpg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2013/04/ViktorMayer-Schönberger.jpg" alt="Viktor Mayer-Schönberger" title="Viktor Mayer-Schönberger" width="540" hspace="6" vspace="6" align="left" /></a><br />
<i>Image : Viktor Mayer-Schönberger <a href="http://www.flickr.com/photos/joi/538333155/">photographié par Joi Ito</a>.</i></p>
<p>Et Viktor Mayer-Schönberger cite le cas d’AJ, une Californienne, identifiée plus tard sous le patronyme de <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Jill_Price">Jill Price</a>, dont l’histoire a été connue il y a 6 ans environ. Price souffre d’hyperthymésie, une condition neurologique qui la met dans l’impossibilité d’oublier quoi qu’il lui soit arrivé dans sa vie. Viktor Mayer-Schönberger explique que si les bases de données de l’internet gardent tout ce qui nous concerne, l’effet, bien que pas aussi drastique que dans le cas de Price, sera néanmoins similaire.</p>
<p>&#8220;Nos cerveaux reconstruisent le passé sur la base de nos valeurs présentes. Prenez le journal intime que vous teniez il y a 15 ans, et voyez comme vos valeurs ont changé. Il y a une dissonance cognitive entre aujourd’hui et le passé. Le cerveau reconstruit le souvenir et détruit certaines choses. C’est de cette manière que nous nous construisons en tant qu’être humain, pas en nous flagellant en nous remémorant le passé. Mais les souvenirs numériques ne ramèneront que les échecs de notre passé, et nous n’aurons pas la possibilité d’oublier ou de reconstruire notre passé. La connaissance est fondée sur l’oubli. Si nous voulons avoir une pensée abstraite, nous devons oublier les détails afin de voir la forêt, et pas les arbres. Si vous avez des souvenirs numériques, vous ne pouvez voir que les arbres.&#8221; Les souvenirs numériques, explique Mayer-Schönberger, sont très différents des  souvenirs analogiques ou photographiques. &#8220;Les photos, floues ou pas, laissent encore beaucoup de place à l’interprétation à la différence par exemple d’une vidéo haute –définition, où rien n’échappe de ce que vous avez dit ou fait.&#8221;</p>
<p>Mayer-Schönberger, reprend la journaliste du <i>Guardian</i>, conseille des entreprises, des Etats et des organisations internationales sur les effets sociétaux de l’usage des données, et il défend l’instauration d’une date d’expiration (comme pour un aliment), pour que toute donnée puisse être détruite une fois utilisée pour le son but initial.</p>
<p>&#8220;Autrement, des entreprises et des Etats vont les conserver pour toujours&#8221;.</p>
<p>Mayer-Schönberger examine néanmoins quelques arguments des opposants au droit à l’oubli et notamment, celui consistant  à dire qu’il est techniquement impossible d’implémenter le droit à l’oubli à cause des innombrables sauvegardes de sauvegardes de sauvegardes qui sont faites pour chaque contenu. &#8220;Mais si vous pouvez être retiré de la base de données de Google, que vous lancez une recherche sur vous-même et que rien n’apparaît, certes tout peut se trouver dans les sauvegardes de Google. Mais si 99% de la population n’y a pas accès, c’est comme si vous aviez été effacés.&#8221;</p>
<p>Xavier de la Porte</p>
<blockquote><p>“Xavier de la Porte (<a href="https://twitter.com/xporte">@xporte</a>), producteur de l’émission <a href="http://www.franceculture.fr/emission-place-de-la-toile">Place de la Toile</a> sur France Culture, réalise chaque semaine une intéressante lecture d’un article de l’actualité dans le cadre de son émission.</p>
<p><iframe src="http://www.franceculture.fr/player/export-reecouter?content=4608222" width="481" frameborder="0" scrolling="no" height="139"></iframe></p>
<p><a href="http://www.franceculture.fr/emission-place-de-la-toile-islande-et-numerique-2013-04-13">L’émission du 13 avril 2013</a> s’intéressait au numérique en Islande avec <a href="http://riverains.rue89.com/pascal-riche">Pascal Riché</a> (<a href="https://twitter.com/pascalriche">@pascalriche</a>), rédacteur en chef de <a href="http://www.rue89.com">Rue89</a> et auteur du livre numérique <i><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/B00B8U15GO/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=B00B8U15GO&#038;linkCode=as2&#038;tag=internetnet-21">Comment l&#8217;Islande a vaincu la crise : reportage dans le labo de l&#8217;Europe</a></i>, de Léa Gestsdottir-Gayet, professeure de philosophie au lycée à Reykjavik et guide moyenne montagne et Jérémie Zimmermann (<a href="https://twitter.com/jerezim">@jerezim</a>), porte-parole de <a href="http://www.laquadrature.net/fr">Quadrature du Net</a> qui s&#8217;est également intéressé à ce qui se passe en Islande.&#8221;</p></blockquote>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/identites-actives/" title="identités actives" rel="tag">identités actives</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/pdlt/" title="pdlt" rel="tag">pdlt</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/vie-privee/" title="vie privée" rel="tag">vie privée</a><br />
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		<title>InternetActu.net, bilan 2012</title>
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		<pubDate>Fri, 12 Apr 2013 05:00:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Communiqué]]></category>

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		<description><![CDATA[Comme chaque année, nous vous livrons le bilan d&#8217;audience d&#8217;InternetActu.net qui s&#8217;évalue autour de 3,5 millions de pages vues par an, tout support confondus (voir le bilan 2011 et le bilan 2010). 
L&#8217;occasion pour nous de vous remercier de votre fidélité et de votre participation active à nous disséminer. 
 
  Internetactu.net, bilan 2012  from La Fing 
Profitons-en pour vous signaler la&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Comme chaque année, nous vous livrons <a href="http://fr.slideshare.net/slidesharefing/internetactunet-bilan-2012">le bilan d&#8217;audience d&#8217;InternetActu.net</a> qui s&#8217;évalue autour de 3,5 millions de pages vues par an, tout support confondus (voir <a href="http://fr.slideshare.net/slidesharefing/internetactunet-bilan-2011">le bilan 2011</a> et <a href="http://fr.slideshare.net/slidesharefing/internetactunet-bilan-2010-objectifs-2011">le bilan 2010</a>). </p>
<p>L&#8217;occasion pour nous de vous remercier de votre fidélité et de votre participation active à nous disséminer. </p>
<p><iframe src="http://fr.slideshare.net/slideshow/embed_code/18632481" width="540" height="440" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no" style="border:1px solid #CCC;border-width:1px 1px 0;margin-bottom:5px" allowfullscreen webkitallowfullscreen mozallowfullscreen> </iframe>
<div style="margin-bottom:5px"> <strong> <a href="http://fr.slideshare.net/slidesharefing/internetactunet-bilan-2012" title="Internetactu.net, bilan 2012" target="_blank">Internetactu.net, bilan 2012</a> </strong> from <strong><a href="http://fr.slideshare.net/slidesharefing" target="_blank">La Fing</a></strong> </div>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2013/04/desrobotsetdeshommes.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2013/04/desrobotsetdeshommes.png" alt="des robots et des hommes" title="des robots et des hommes" width="200" height="287" class="alignright size-full wp-image-19639" hspace="6" vspace="6" align="right" /></a>Profitons-en pour vous signaler la publication d&#8217;un nouveau titre de la collection numérique <a href="http://www.internetactu.net/2011/11/18/washing-machine-une-collection-pour-lire-et-comprendre-le-web/">&#8220;Washing Machine&#8221;</a> développée en partenariat avec <a href="http://www.publie.net">Publie.net</a> dont les titres sont disponibles sur toutes les librairies électroniques. Ce 8e volume s&#8217;intitule <a href="http://www.publie.net/fr/ebook/9782814596610/des-robots-et-des-hommes">&#8220;Des robots et des hommes&#8221;</a> et vient rejoindre d&#8217;autres compilations d&#8217;articles d&#8217;InternetActu.net ainsi que que des rééditions au format électronique :<br />
- <a href="http://www.publie.net/fr/ebook/9782814505032/comprendre-l-innovation-sociale">Comprendre l&#8217;innovation sociale</a>.<br />
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- <a href="http://www.publie.net/fr/ebook/9782814505056/comprendre-facebook">Comprendre Facebook</a>.<br />
- <a href="http://www.publie.net/fr/ebook/9782814505063/un-monde-de-donn%C3%A9es">Un monde de données</a> (également disponible <a href="http://publiepapier.fr/contemporain-essais/article/guillaud-hubert-un-monde-de">en impression à la demande sur Publie Papier</a>).<br />
- <a href="http://www.publie.net/fr/ebook/9782814506114/de-la-mesure-%C3%A0-la-d%C3%A9mesure-de-soi">De la mesure à la démesure de soi</a>.<br />
- <a href="http://www.publie.net/fr/ebook/9782814506411/pour-un-humanisme-num%C3%A9rique">Pour un humanisme numérique</a> de Milad Doueihi.<br />
- <a href="http://www.publie.net/fr/ebook/9782814506596/cause-commune">Cause commune</a> de Philippe Aigrain. </p>
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