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	<title>InternetActu.net</title>
	
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	<description>InternetActu.net est un site d'actualité consacré aux enjeux de l'internet, aux usages innovants qu'il permet et aux recherches qui en découlent.</description>
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		<title>Le renouveau du paiement électronique : qui sera le maître de notre portefeuille ?</title>
		<link>http://feedproxy.google.com/~r/internetactu/bcmJ/~3/eH0GJGc828Y/</link>
		<comments>http://www.internetactu.net/2010/03/10/le-renouveau-du-paiement-electronique-qui-sera-le-maitre-de-notre-portefeuille/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 10 Mar 2010 05:30:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Brèves]]></category>
		<category><![CDATA[Confiance et sécurité]]></category>
		<category><![CDATA[Economie et marchés]]></category>
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		<description><![CDATA[Daniel Roth pour Wired a publié un passionnant article sur l&#8217;avenir de l&#8217;argent à l&#8217;heure du numérique où il observe comment ingénieurs et entrepreneurs attaquent l&#8217;écosystème du paiement, à la recherche de nouveaux moyens &#8220;pour démolir la forteresse que les banques et sociétés de crédits ont construite&#8221;. 
Il y évoque bien sûr de nombreux services, comme Twittpay, un service de&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Daniel Roth pour <em>Wired</em> a publié <a href="http://www.wired.com/magazine/2010/02/ff_futureofmoney/all/1">un passionnant article sur l&#8217;avenir de l&#8217;argent</a> à l&#8217;heure du numérique où il observe comment ingénieurs et entrepreneurs attaquent l&#8217;écosystème du paiement, à la recherche de nouveaux moyens <em>&#8220;pour démolir la forteresse que les banques et sociétés de crédits ont construite&#8221;</em>. </p>
<p>Il y évoque bien sûr de nombreux services, comme <a href="http://twitpay.com">Twittpay</a>, un service de micropaiement adapté à Twitter, qui vous permet d&#8217;envoyer un micro-paiement via un simple Tweet pour autant que vous soyez abonné au service. <a href="https://squareup.com/">Square</a>, le prometteur lecteur de carte de crédit qui se branche sur n&#8217;importe quel terminal, même mobile&#8230; <a href="https://www.obopay.com">Obopay</a>, qui permet de transférer de l&#8217;argent d&#8217;un téléphone à un autre juste depuis son code PIN. <a href="http://www.zong.com/zong/">Zong</a> qui permet de donner son numéro de téléphone plutôt que son numéro de carte de crédit pour payer et d&#8217;être facturé de ses achats directement sur sur sa facture télécom, qui signe peut-être le retour du modèle du &#8220;kiosque&#8221;. <a href="http://getgiving.co.uk/">GetGiving</a>, une application mobile qui utilise PayPal pour permettre aux organismes de bienfaisance d&#8217;accepter des petits dons sans avoir à payer les frais exorbitants de transaction par carte de crédit. Ou encore le Ven, cette monnaie virtuelle développée par <a href="http://www.hubculture.com">Hub Culture</a>&#8230; </p>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2010/03/WiredMonnaie.jpg" alt="La couverture du dernier numéro de Wired" title="La couverture du dernier numéro de Wired" width="500" /></p>
<p>Sans compter les nombreuses plates-formes de prêt en P2P comme <a href="https://www.dwolla.com">Dwolla</a>, <a href="http://www.prosper.com/">Propser</a>, <a href="http://www.zopa.com">Zopa</a> ou <a href="http://www.kiva.org/">Kiva</a>&#8230; <a href="http://www.readwriteweb.com/archives/banking_20_money_management_in_the_cloud.php">Ou celles de gestion de compte distribués</a>, des systèmes sociaux de gestion de finances personnelles, comme <a href="http://www.mint.com/">Mint</a> ou <a href="http://www.greensherpa.com/">GreenSherpa</a>&#8230; </p>
<p>Il faut dire que nombreux sont ceux qui s&#8217;intéressent aux nouvelles formes de paiement permises par l&#8217;électronique. Et pas nécessairement que de petits acteurs : Google tente de contourner les prélèvements des intermédiaires avec son propre système de paiement <a href="https://checkout.google.com">CheckOut</a> ; Facebook est également en train de développer son propre système de paiement de biens virtuels, <a href="http://pro.01net.com/editorial/511151/facebook-credits-peut-il-redistribuer-les-cartes-du-paiement-electronique/">Facebook Credits</a> associé à PayPal ; Apple permet désormais à ceux qui développent des applications de facturer des frais d&#8217;abonnement directement via iTunes&#8230; <em>&#8220;Environ 20 % de toutes les transactions en ligne se déroulent à présent sur ce qu&#8217;on appelle les systèmes de paiement de remplacement, selon le cabinet de conseil <a href="https://www.javelinstrategy.com">Javelin Strategy and Research</a>. Il s&#8217;attend à ce que ce nombre atteigne 30 % d&#8217;ici seulement 3 ans&#8221;</em>, précise <em>Wired</em>.</p>
<p><a href="http://500hats.typepad.com/500blogs/2010/02/subscriptions-are-the-new-black.html">Le blogueur américain Dave McClure va plus loin</a> : l&#8217;avenir du commerce en ligne dépend de ce nouveau modèle d&#8217;abonnement à des services de paiement virtuels. La bataille que Google, Facebook, Apple et d&#8217;autres se livrent est bien celle de la maîtrise de notre porte-monnaie. <em>&#8220;D&#8217;ici 2015, le login par défaut et la méthode de paiement sur le web passera par Facebook Connect, Gmail ou iTunes&#8221;</em>, prédit-il. Car derrière l&#8217;authentification unique que permettent ces systèmes, l&#8217;enjeu est que cette même authentification vous serve aussi à valider vos paiements, sans plus avoir de numéros de cartes ou de comptes et mots de passe à retenir&#8230; tout en rendant l&#8217;achat moins douloureux. </p>
<h3>Le nouveau modèle PayPal : le service web de l&#8217;argent</h3>
<p>Dans le domaine, estime Daniel Roth, <em>&#8220;personne n&#8217;est aussi ambitieux que PayPal&#8221;</em>, qui a ouvert récemment aux développeurs <a href="https://www.x.com">ses interfaces de programmation</a>, en créant un brutal engouement. En 2 mois, 15 000 développeurs les ont utilisées pour créer de nouveaux services de paiements : <a href="http://www.biggu.com/">ShopSavy</a>, un comparateur de prix Japonais l&#8217;a adopté ; <a href="http://www.liveops.com/">LiveOps</a>, un cabinet d&#8217;externalisation, l&#8217;a utilisé pour créer un outil de paiement et de facturation simplifié pour ses très nombreux clients&#8230; Dans cette nouvelle configuration, Paypal demeure le moyen de paiement, pendant que les développeurs s&#8217;ingénient à trouver de nouvelles modalités d&#8217;échange. </p>
<p>Pour la plupart de ses utilisateurs, PayPal n&#8217;est pourtant encore qu&#8217;une carte de paiement numérique, qui a l&#8217;avantage de n&#8217;avoir pas eu à construire et entretenir un réseau physique, et qui propose des frais de transaction bien plus faibles que les émetteurs traditionnels de cartes. Paypal fonctionne selon un principe de cumul de dépenses sur un compte électronique, prélevant des commissions sur chacune (plus modéres que d&#8217;autres services bancaires) et envoyant ensuite à la banque une transaction carte unique&#8230; </p>
<p>Face à la montée de la concurrence (notament de Research in Motion pour la plateforme Blackberry ou de la plateforme iTunes d&#8217;Apple par laquelle passent les achats de musique, de films, mais surtout d&#8217;applications pour l&#8217;iPhone), et face au ralentissement de la croissance de ses revenus depuis son rachat par eBay, PayPal est contraint d&#8217;innover. Et cela faisait longtemps que les utilisateurs de PayPal réclamaient de nouveaux services : possibilité de facturation, de transfert d&#8217;argent entre entreprises, de gestion des paies de salariés&#8230; Ce sont eux qui ont eu l&#8217;idée de proposer des boutons &#8220;Faire un don&#8221; qui se sont répandus dans la blogosphère&#8230; C&#8217;est à ses utilisateurs que PayPal demande aujourd&#8217;hui de créer les outils et les fonctions qui devraient le faire grandir, via son réseau pour développeur X.com. </p>
<p><em>&#8220;Les banques et sociétés de cartes de crédit ont passé 50 ans à construire un système propriétaire et vérouillé&#8221;</em> (et sécurisé, faut-il le rappeler), qui gère des milliards de transactions annuelle. Pour l&#8217;utiliser, tout un chacun doit payer sa dime. <em>&#8220;Il semble vraiement étrange que les sociétés de cartes de crédit puissent continuer à percevoir une taxe sur l&#8217;économie&#8221;</em>, s&#8217;étonne Aazon Patzer fondateur de Mint.com. <em>&#8220;En dehors du gouvernement, ils sont la seule entité qui a le pouvoir de prélever une taxe sur pratiquement toutes les transactions. Cela avait peut-être du sens dans les années 60, quand l&#8217;infrastructure informatique était couteuse et propriétaire. Mais aujourd&#8217;hui, avec de l&#8217;informatique bon marché partout, le coût réel pour effectuer une transaction n&#8217;est que de quelques centimes&#8221;</em>. Même énervement chez le danois Christian Lanng de la société de facturation électronique <a href="http://www.tradeshift.com">TradeShift</a>, qui envisage de développer des systèmes de facturation automatiques et dynamiques, via des outils surveillant les taux de changes ou les cours de matière première pour effecturer des achats au meilleur moment&#8230; </p>
<p>Pourtant, ce qui justifie la &#8220;taxe&#8221; que prélèvent banques et sociétés de crédits, c&#8217;est la garantie de paiement : autrement dit le fait que quand la banque accepte un paiement, elle assure le commerçant qu&#8217;il sera réglé même si le client est finalement non solvable. La banque assume un risque qu&#8217;elle fait payer. Peut-être trop cher, c&#8217;est possible et même probable, ce qui explique qu&#8217;il y ait un espace pour développer des offres concurrentes. Mais, contrairement à ce qu&#8217;évoquent Aazon Patzer ou Christian Lanng,  l&#8217;essentiel du coût du paiement est plus liée au risque de non-paiement qu&#8217;au coût de la gestion technique. </p>
<h3>Monnaies alternatives ? Pas vraiment !</h3>
<p>Les start-up qui lancent des services de solutions de paiements ne sont pas des enfants de choeur, mais des hommes d&#8217;affaires qui repensent la façon dont on échange, dont on prête, dont on finance, dont on paye, comme le montre le programme de la <a href="http://futureofmoney.com/moneyconference/">Conférence dédiée à l&#8217;avenir de la monnaie et de la technogie</a> qui se tiendra à San Francisco fin avril. On est loin des monnaies alternatives ou de la désintermédiation qu&#8217;on évoque plus volontiers en Europe autour de ces sujets.</p>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2010/03/futureofmoney.png" alt="futureofmoney" title="futureofmoney" width="500" /> </p>
<p>Pas sûr au final que ces nouveaux systèmes de paiement transforment en profondeur notre rapport à l&#8217;argent. Le microcrédit lui-même n&#8217;y est pas parvenu, <a href="http://abonnes.lemonde.fr/opinions/article/2010/01/11/microcredit-miracle-ou-desastre-par-esther-duflo_1290110_3232_1.html">soulignait récemment la chercheuse Esther Duflo</a>. Il n&#8217;y a pas de raison que ces nouveaux produits soient plus miraculeux ou novateurs. Disons qu&#8217;à défaut de changer les choses en profondeur, ils pourraient faciliter le commerce, simplifier la vie des consommateurs et réduire le coût des paiements en ligne&#8230; Au prix, sans doute, d&#8217;un tout petit peu moins de sécurité et de beaucoup moins de vie privée.</p>
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		<title>Dans le futur, chacun aura droit à son quart d’heure d’anonymat</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Mar 2010 05:49:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Marc Manach</dc:creator>
				<category><![CDATA[Confiance et sécurité]]></category>
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		<description><![CDATA[Google, Facebook et consorts sont à la libération de la parole publique ce que l&#8217;industrie du sexe fut à la libération sexuelle : une façon d&#8217;exploiter et de faire commerce d&#8217;une nouvelle liberté, mais, et dans le même temps, l&#8217;un des vecteurs de banalisation, et donc de diffusion, de cette libération. 
L&#8217;explosion du web, dans les années 90, fut intimement&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Google, Facebook et consorts sont à la libération de la parole publique ce que l&#8217;industrie du sexe fut à la <a href="http://www.internetactu.net/2009/04/14/revolution-sexuelle-et-liberation-de-l%E2%80%99information-affaiblissement-ou-renforcement-du-controle-social/" title="Révolution sexuelle et libération de l’information : affaiblissement ou renforcement du contrôle social ?">libération sexuelle</a> : une façon d&#8217;exploiter et de faire commerce d&#8217;une nouvelle liberté, mais, et dans le même temps, l&#8217;un des vecteurs de banalisation, et donc de diffusion, de cette libération. </p>
<p>L&#8217;explosion du web, dans les années 90, fut intimement liée au phénomène des &#8220;<em>pages persos</em>&#8221; (&#8221;<em>homepage</em>&#8220;, en anglais) que, avec l&#8217;expansion des blogs et du web 2.0, les professionnels qualifient aujourd&#8217;hui d&#8217;&#8221;<em>User Generated Content</em>&#8221; (UGC). </p>
<p>Ce n&#8217;est qu&#8217;ensuite, et dans un troisième temps, que le commerce électronique, et les services en ligne, ont attiré le chaland, comme le <a href="http://www.scarabee.org/les-editos/article/reves-de-web-a-papa">rappelait</a> récemment Arno*, co-auteur, avec le <a href="http://www.uzine.net/article22.html">minirézo</a> (réseau informel de défense de la liberté d&#8217;expression, créé en 1996), d&#8217;un &#8220;<a href="http://www.uzine.net/article60.html">manifeste du web indépendant</a>&#8220;, pour qui &#8220;<em>cette possibilité d’exercer réelle­ment et à grande échelle leur liberté d’expression publique est la réelle innovation apportée par le Web et l’internet</em>&#8221; :</p>
<blockquote><p>&#8220;En décembre 2000, on dénombrait en France environ 3 millions d’internautes « assi­dus », et&#8230; 1,5 million de pages personnelles. Alors que seul le web marchand faisait l’actualité.</p>
<p>On est donc confronté à un phénomène énorme, un comportement que l’on ne peut occulter. Le citoyen, sur l’internet, n’est pas un consommateur passif : jamais l’expression publique des citoyens n’a été aussi massive.&#8221;</p></blockquote>
<div align="center">
<table>
<tr>
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</tr>
</table>
</div>
<p>Depuis, les blogs et réseaux sociaux ont eux aussi droit de cité, mais les internautes se retrouvent de plus en plus souvent vent debout contre ceux-là mêmes qui leur permettent, soit de s&#8217;exprimer, soit d&#8217;être entendus. Il suffit en effet qu&#8217;un Google ou un Facebook retouche d&#8217;un iota leur façon de gérer les données personnelles de leurs utilisateurs, et la curée, le scandale, est mondial. </p>
<p>On est au coeur du <a title="Le paradoxe de la vie privée" href="http://www.identitesactives.net/?q=lexique-terme21-paradoxe-de-la-vie-privee">paradoxe de la vie privée</a> : d&#8217;un côté, les internautes ne cessent de s&#8217;exprimer sur le Net, de l&#8217;autre, ils ont une peur bleue des conséquences que cela peut avoir pour leur propre vie privée.</p>
<p>De même que le sexe ne se réduit pas à des atteintes aux bonnes moeurs, non plus qu&#8217;à de la pornographie, ou de la prostitution, le fait de s&#8217;exprimer sur le Net ne se réduit pas au commerce des données personnelles, à de l&#8217;exhibitionnisme pas plus qu&#8217;à des atteintes à la vie privée.</p>
<h3>On n&#8217;a jamais eu autant besoin de vie privée</h3>
<p>Prenons le problème par la racine, à savoir les adolescents, cette génération dite des &#8220;<em>natifs du numérique</em>&#8221; parce qu&#8217;ils ont tout le temps grandi avec, sinon dedans. On entend souvent dire d&#8217;eux qu&#8217;ils n&#8217;auraient plus de notion de vie privée, qu&#8217;elle serait <a href="http://www.internetactu.net/2009/03/12/la-vie-privee-un-probleme-de-vieux-cons/">dépassée</a>. C&#8217;est doublement inexact.</p>
<p>D&#8217;une part parce que, dans toute l&#8217;histoire de l&#8217;humanité, on n&#8217;avait jamais autant débattu de cette notion de &#8220;<em>vie privée</em>&#8221; que ces dernières années. D&#8217;autre part parce que les adolescents en particulier, et les internautes en général, font précisément grand cas de leur vie privée, même s&#8217;ils en ont <a href="http://www.internetactu.net/2010/01/04/vie-privee-le-point-de-vue-des-petits-cons/">une conception</a> quelque peu différente de ceux qui n&#8217;ont pas grandi avec Google, Facebook, MySpace et MSN.</p>
<p>Comme le <a href="http://www.zephoria.org/thoughts/archives/2010/01/16/facebooks_move.html">souligne</a> danah boyd, chercheuse ès médias sociaux, &#8220;<em>la vie privée n&#8217;est pas une technologie binaire que l&#8217;on peut allumer ou éteindre</em>&#8221; :</p>
<blockquote><p>&#8220;La vie privée renvoie au fait de pouvoir contrôler la situation, de pouvoir contrôler quelle information va où, et d&#8217;avoir la possibilité d&#8217;en réajuster le flux de manière appropriée lorsque l&#8217;information déborde ou va trop loin. Les gens se préoccupent de leur vie privée parce qu&#8217;ils ont peur d&#8217;en perdre le contrôle.&#8221;</p></blockquote>
<div align="center"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2010/03/1001-facebook-momday1.png" alt="1001-facebook-momday1" title="1001-facebook-momday1" width="100%" class="alignnone size-full wp-image-9735" /></div>
<p>Quand les adolescents expliquent que, sur le Net, ils vivent de manière &#8220;<a href="http://www.zephoria.org/thoughts/archives/2010/01/25/public_by_defau.html">publique par défaut, privée lorsque nécessaire</a>&#8220;, ça ne signifie pas pour autant que la notion de vie privée est en passe de disparaître. Au contraire, estime danah boyd, cela veut dire à quel point leur intimité est importante à leurs yeux, tout autant sinon plus que la publicité qu&#8217;ils peuvent y rechercher :</p>
<blockquote><p>&#8220;Quand, par défaut, notre vie est privée, on doit faire attention à ce que l&#8217;on rend public. Mais quand, par défaut, ce que l&#8217;on fait est public, on devient très conscient des enjeux liés à sa vie privée.</p>
<p>Et je pense que les gens n&#8217;ont jamais été aussi soucieux de leur vie privée. Parce que l&#8217;on ne veut pas partager tout ce que l&#8217;on fait, tout le temps, avec tout le monde et n&#8217;importe qui.&#8221;</p></blockquote>
<div align="center"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2010/03/1001facebook-family-matters1.png" alt="1001facebook-family-matters1" title="1001facebook-family-matters1" width="100%" class="alignnone size-full wp-image-9732" /></div>
<p>Le problème, c&#8217;est que le statut de &#8220;<em>personnalité publique</em>&#8220;, après avoir longtemps été réservé à un nombre restreint de privilégiés, est aujourd&#8217;hui accessible à tout un chacun, en quelques clics. Or, s&#8217;inquiète danah boyd, &#8220;<em>les conséquences sociales, considérables, de ce changement de paradigme ne seront jamais assumées par les geeks de la Silicon Valley qui en sont responsables</em>&#8221; :</p>
<blockquote><p>&#8220;Certains d&#8217;entre eux voudraient forcer tout le monde à accepter ce changement culturel où la vie publique serait la nouvelle norme sociale. Je ne pense pas que ce soit très raisonnable, et ne pense pas non plus que c&#8217;est ce que réclament les gens.</p>
<p>Ce n&#8217;est pas parce que certains ont compris qu&#8217;ils pouvaient gagner quelque chose à s&#8217;exposer que tout le monde en a envie. Et ça ne veut pas dire, non plus, que la &#8220;<em>vie privée</em>&#8221; n&#8217;a plus de valeur. Il faut leur donner la possibilité de se protéger, et de faire face aux conséquences que cela entraînera.</p>
<p>Je doute que ces magnats de la Silicon Valley aient envie que leurs enfants connaissent les préférences sexuelles de leurs professeurs.&#8221;</p></blockquote>
<div align="center"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2010/03/1001Facebookmamadrama1.png" alt="1001Facebookmamadrama1" title="1001Facebookmamadrama1" width="100%" class="alignnone size-full wp-image-9737" /></div>
<h3>Facebook ne relève pas de la vie privée ? Tant mieux !</h3>
<p>Au commencement de l&#8217;histoire de Facebook, il fallait être membre de telle ou telle école ou communauté pour avoir le droit de s&#8217;y inscrire. Et puis les choses ont changé, et Marc Zuckerberg, son fondateur, a <a href="http://www.lemonde.fr/technologies/article/2010/01/11/pour-le-fondateur-de-facebook-la-protection-de-la-vie-privee-n-est-plus-la-norme_1289944_651865.html">déclaré</a>, en janvier 2010, que &#8220;<em>les gens sont désormais à l&#8217;aise avec l&#8217;idée de partager plus d&#8217;informations différentes, de manière plus ouverte et avec plus d&#8217;internautes. (&#8230;) La norme sociale a évolué</em>&#8220;, et la notion de confidentialité des informations publiées sur Facebook avec.</p>
<p>Sur le web, les blogs et dans la presse, ce fut la curée. La quasi-totalité des réactions engendrées par ces déclarations étaient outrée, dénonçant cette façon qu&#8217;aurait Facebook de vouloir en finir avec la vie privée. Seul ou presque, <a href="http://wiki.fsfe.org/Fellows/Hugo">Hugo Roy</a>, l&#8217;un des plus fins observateurs français des questions de <a href="http://blog.hugoroy.eu/mots/liberte-numerique/">liberté numérique</a>, s&#8217;en est par contre <a href="http://blog.hugoroy.eu/2010/01/11/la-fin-de-la-vie-privee-sur-facebook/">félicité</a> :</p>
<blockquote><p>&#8220;Alors, sur Facebook, point de vie privée. Tout est public. Moi, je jubile. C’est une très bonne nouvelle.&#8221;</p></blockquote>
<div align="center"><a href="http://www.geekculture.com/joyoftech/joyarchives/1330.html"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2010/03/1003facebook-big-brother.jpg" alt="1003facebook-big-brother" title="1003facebook-big-brother" width="100%" class="aligncenter size-full wp-image-9717" /></a></div>
<p>Assistant du président de la Free Software Foundation Europe, défenseur des libertés numériques et des logiciels libres, Hugo Roy n&#8217;a pas particulièrement le profil d&#8217;un marchand de données personnelles cynique ou liberticide. Et c&#8217;est précisément ce qui le ravit dans cet aveu de Facebook, dont le fonds de commerce est précisément de commercialiser nos données qui, dès lors, ne peuvent plus vraiment être qualifiées de &#8220;<em>privées</em>&#8220; :</p>
<blockquote><p>&#8220;Facebook est principalement un outil de partage. (&#8230;) A partir de là, toute discussion sur la vie privée ou sur la protection des données est illusoire, contradictoire et un peu ridicule.</p>
<p>Confier la protection de votre vie privée à des paramètres informatiques que vous ne contrôlez pas, et qui sont contrôlés par une entreprise dont le business se base sur vos données, cela n’a pas de sens. Vous ne pouvez pas faire confiance à Facebook pour le respect de votre vie privée.&#8221;</p></blockquote>
<p>Ainsi, il n&#8217;y a rien de choquant à ce que Google indexe ce que nous décidons de rendre public, le contraire serait même décevant : quand on s&#8217;exprime, c&#8217;est pour être entendu, écouté. Evoquant le débat sur le &#8220;<em><a href="http://blog.hugoroy.eu/2009/11/16/le-droit-a-loubli-numerique-aborde-au-forum-de-la-gouvernance-de-linternet/">droit à l&#8217;oubli</a></em>&#8220;, Hugo Roy rappelle ainsi à quel point les termes du débat ont mal été posés :</p>
<blockquote><p>&#8220;Si je publie un livre, je dois assumer mes propos, et ce, même dans quelques années. Mais je ne peux pas me plaindre que ce que j’écris dans ce livre mette à nu mes opinions, mes idées. C’est même le but de publier ! Ce que les gens publient sur Internet est public.</p>
<p>Ce qui est intime et relève de la vie privée doit rester privé et n’a pas vocation à être publié. Les outils et services que vous utilisez doivent vous garantir le contrôle et la protection de cette intimité et des données personnelles.&#8221;</p></blockquote>
<div align="center"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2010/03/1003privacy-scarf.jpg" alt="1003privacy-scarf" title="1003privacy-scarf" width="100%" class="alignnone size-full wp-image-9723" /></div>
<p>Pour lui, la <a href="http://blog.hugoroy.eu/2009/11/10/le-%c2%abdroit-a-loubli%c2%bb-est-il-possible-sur-le-reseau/">solution</a> est toute trouvée, et pas bien compliquée : &#8220;<em>Il faut que chacun prenne en main le contrôle de ses propres données et saisisse la différence entre ce qui est privé sur le réseau, et ce qui est public</em>&#8221; :</p>
<blockquote><p>&#8220;Gardez bien à l’esprit que tout ce que vous ne contrôlez pas est définitivement hors de votre portée. Le réseau n’oubliera rien. Il faut apprendre à maîtriser ce que l’on publie, et surtout garder ce qui est intime hors du Web public. C’est un espace public, votre vie privée n’a rien à y faire.</p>
<p>Entrer sur un réseau social, c’est accepter de devenir un individu à l’intérieur de ce système, qui comme tout objet social, peut faire l’étude d’analyse, voire intéresser des entreprises pour y faire du marketing. Acceptez les règles du jeu, poussez vos paramètres vers toujours davantage de publicité et vous verrez, vous profiterez pleinement de Facebook.&#8221;</p></blockquote>
<h3>Vers une société de sousveillance</h3>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2010/03/1003VoirEtPouvoir1.jpg" width="159" height="241" class="alignnone size-full wp-image-9721" alt="Voir et pouvoir, qui nous surveille ? par Jean Gabriel Ganascia" title="Voir et pouvoir, qui nous surveille ? par Jean Gabriel Ganascia" hspace="3" vspace="3" align="right" />Dans son ouvrage &#8220;<a href="http://www-poleia.lip6.fr/~ganascia/VoiretPouvoir">Voir et pouvoir: qui nous surveille ?</a>&#8221; (<a href="http://www.amazon.fr/Voir-pouvoir-qui-nous-surveille/dp/2746504499/internetnet-21">Amazon</a>), Jean-Gabriel Ganascia, philosophe et professeur d&#8217;informatique qui travaille sur l&#8217;éthique et la philosophie politique de la société de l&#8217;information, se penche sur la société de <a title="Sousveillance" href="http://www.identitesactives.net/?q=lexique-terme23-sousveillance">sousveillance</a>. </p>
<p>En référence à la structure carcérale et de surveillance du <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Panoptique">Panopticon</a> de Jeremy Bentham, Ganascia qualifie de &#8220;<a href="http://www-poleia.lip6.fr/~ganascia/Catopticon">Catopticon</a>&#8221; cette infosphère où tout le monde peut observer tout le monde, et où le regard, contrairement aux surveillants du panoptique, vient d&#8217;&#8221;<em>en bas</em>&#8221; (&#8221;<em>cata</em>&#8221; signifiant à la fois &#8220;<em>sous</em>&#8221; et &#8220;<em>retour</em>&#8220;).</p>
<p>Dans la société de surveillance, rappelle Ganascia, celui qui a le pouvoir, c&#8217;est celui qui voit, celui qui est devant l&#8217;écran de contrôle. Ceux qui sont devant les caméras ne savent pas quand (ni si) Big Brother les regarde, et préfèrent donc s&#8217;auto-censurer plutôt que de risquer de se voir reprocher quoi que ce soit. C&#8217;est ainsi que Big Brother parvient à les contrôler, sans même avoir besoin de les regarder.</p>
<p>A contrario, avec la sousveillance, le pouvoir n&#8217;est plus de regarder, mais d&#8217;être vu, et il n&#8217;est plus vertical, mais horizontal : dans la mesure où tout un chacun a la possibilité d&#8217;être sous les feux des projecteurs, et que l&#8217;on ne s&#8217;observe non pour se surveiller, mais pour s&#8217;informer, &#8220;<em>protéger, assister et accompagner</em>&#8221; :</p>
<blockquote><p>&#8220;Il en résulte un changement radical : tout le monde échange avec tout le monde ; courriers électroniques, blogs, micro-blogs, réseaux sociaux assurent à tous un accès à tous. En contrepartie, tous se préparent à accueillir le regard de tous. Et ce regard est de moins en moins perçu comme négativement, comme une intrusion dans l&#8217;espace propre à l&#8217;individu.</p>
<p>Bien au contraire, chacun aspire à attirer le plus grand nombre de regards, car leur nombre atteste de la réussite de celui qui les reçoit (&#8230;). A l&#8217;organisation hiérarchique qui régissait le Panopticon, où la caste des surveillants exerçait une autorité silencieuse, mais absolue et discrétionnaire sur les prisonniers, se substitue une rigoureuse égalité.&#8221;
</p></blockquote>
<p>Au moment où les internautes craignent pour leurs données personnelles, et que certains présentent Google et Facebook comme les nouveaux Big Brother des années 2010, Ganascia craint, lui, qu&#8217;&#8221;<em>à trop s&#8217;inquiéter des menaces de la surveillance, on en oublie les autres périls, en particulier ceux que la sousveillance généralisée fait peser sur l&#8217;autonomie de l&#8217;individu, sur l&#8217;égalité des hommes et sur la solidarité</em>&#8221; :</p>
<blockquote><p>&#8220;En effet, pour se prémunir de logiques totalitaires comme celles qu&#8217;Orwell met en scène dans 1984, on doit exiger une communication totale de tous avec tous, sans aucune censure, et imposer un principe de transparence généralisée pour promouvoir une libre circulation de l&#8217;information entre tous.&#8221;</p></blockquote>
<p>Or, pour lui, &#8220;<em>le risque majeur ne tient plus tant à la divulgation des données personnelles et à l&#8217;abrogation des libertés qu&#8217;à l&#8217;anonymat dans lequel on risque d&#8217;être plongé à jamais ou, pire, à un référencement erroné que l&#8217;on subit sans pouvoir rien y changer, ou encore à la persistance d&#8217;un passé révolu que l&#8217;on souhaiterait oublier</em>&#8220;&#8230;</p>
<p>Des &#8220;<em>risques majeurs</em>&#8221; somme toute bien moindres que <a href="http://bugbrother.blog.lemonde.fr/2010/01/28/le-monde-entier-enterre-la-vie-privee/">ceux posés</a> par la multiplication des technologies de contrôle à l&#8217;oeuvre dans notre société de surveillance, celle où le contrôle se fait d&#8217;en haut, où le citoyen est tenu d&#8217;accepter d&#8217;être surveillé (au motif que seuls ceux qui ont quelque chose à se reprocher auraient quelque chose à cacher), où il doit démontrer son identité (par papiers &#8220;<em>sécurisés</em>&#8220;, ou via l&#8217;empreinte de ses doigts), quand ce n&#8217;est pas son innocence (au moyen de son ADN, ou lorsqu&#8217;il fait l&#8217;objet d&#8217;une plainte pour <a href="http://codedo.blogspot.com/">outrage et rébellion</a> après avoir été placé en garde à vue sans qu&#8217;aucune charge ne soit finalement retenue contre lui).</p>
<p>Les <a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/speciales/politique/contre_debat_sur_lidentite_nationale/20091118.OBS8196/etesvous_sures_detre_francais_.html" title="Etes-vous sûr(e)s d'être Français ?">milliers de Français</a> contraints de démontrer leur nationalité, à grand renfort de papiers administratifs qu&#8217;ils sont souvent bien en peine, voire incapables, de réunir, illustrent parfaitement à quel point ce qui nous menace, dans cette société de surveillance, de contrôle et de suspicion, ce n&#8217;est plus tant, comme le <a href="http://www.internetactu.net/2009/10/21/la-valeur-sociale-de-la-vie-privee/" title="La valeur sociale de la vie privée">soulignait</a> Daniel Solove, un monde orwellien, mais bien plutôt un monde kafkaïen&#8230;</p>
<p>A contrario, il est tout à fait possible de se faire un nom, une réputation, et donc de reprendre le contrôle de son identité sur les réseaux où, paradoxalement, pour protéger sa vie privée, il faut, non pas tant s&#8217;en méfier, et s&#8217;y cacher qu&#8217;y aller, et s&#8217;y faire connaître&#8230;</p>
<h3>En route vers de nouvelles libertés</h3>
<p>Andy Warhol avait <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Quart_d'heure_de_célébrité">pronostiqué</a> que &#8220;<em>dans le futur, chacun aura droit à 15 minutes de célébrité mondiale</em>&#8220;. Le quart d&#8217;heure risque fort de se prolonger, indéfiniment, et le problème serait plutôt de savoir en quelle mesure il est, et sera encore possible, à l&#8217;avenir, d&#8217;avoir son &#8220;<em>quart d&#8217;heure d&#8217;anonymat</em>&#8220;&#8230;</p>
<p>Dans les espaces publics physiques, nos déplacements et propos relevaient de la vie privée, d&#8217;où les problèmes posés, par exemple, par la vidéosurveillance, qui fait de tout un chacun un suspect potentiel, et représente donc une atteinte à nos libertés. A contrario, dans les espaces publics de cette société de sousveillance, notre vie est d&#8217;abord et avant tout publique : ce qui relève vraiment de notre vie privée n&#8217;a rien y faire, et il faut apprendre à se donner les moyens de la protéger.</p>
<p>Paradoxalement, cette évolution des usages, des moeurs, et donc de la &#8220;<em>norme sociale</em>&#8220;, est probablement une bonne nouvelle en terme de &#8220;<em>libertés</em>&#8221; : jamais encore les gens n&#8217;avaient autant désiré reprendre ainsi en main le contrôle de leur &#8221;<em>vie privée</em>&#8220;.</p>
<div align="center"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2010/03/1001-facebook-MILFS.png" alt="1001-facebook-MILFS" title="1001-facebook-MILFS" width="100%" class="alignnone size-full wp-image-9729" /></div>
<p>De même que la libération sexuelle n&#8217;a pas fait de la génération 68 des dépravés polygames, mais des personnes a priori plus responsables et moins coincées, le fait qu&#8217;il soit plus simple, aujourd&#8217;hui, d&#8217;être une personnalité publique ne signifie aucunement la fin de la vie privée.</p>
<p>La libération sexuelle a permis de libérer, et de banaliser, la sexualité, contribué au féminisme, à la reconnaissance des droits des homosexuels, au fait que les rapports humains ne sont plus uniquement dominés par le patriarcat. Elle n&#8217;a pas pour autant obligé tout le monde à faire l&#8217;amour avec tout un chacun. Et ce n&#8217;est pas parce qu&#8217;un nombre croissant d&#8217;internautes décident de mener une &#8220;<em>vie publique</em>&#8221; que tous les internautes &#8220;<em>doivent</em>&#8221; faire de même. C&#8217;est d&#8217;abord et avant tout une question de libertés.</p>
<p><em>Captures d&#8217;écran extraites de la <a href="http://www.lamebook.com/category/parents-family">Parents/Familles</a> de Lamebook.com, qui répertorie les &#8220;meilleurs&#8221; plantages &#038; &#8220;fails&#8221; sur Facebook.</em></p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/economie-de-lattention/" title="économie de l&#039;attention" rel="tag nofollow">économie de l&#039;attention</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/communaute/" title="communauté" rel="tag nofollow">communauté</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/confiance/" title="confiance" rel="tag nofollow">confiance</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/donnees-publiques/" title="données publiques" rel="tag nofollow">données publiques</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/google/" title="google" rel="tag nofollow">google</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/heteronymat/" title="hétéronymat" rel="tag nofollow">hétéronymat</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/identite/" title="identité" rel="tag nofollow">identité</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/identites-actives/" title="identités actives" rel="tag nofollow">identités actives</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/innovation-sociale/" title="innovation sociale" rel="tag nofollow">innovation sociale</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/jeunes/" title="jeunes" rel="tag nofollow">jeunes</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/lifelog/" title="lifelog" rel="tag nofollow">lifelog</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/oubli/" title="oubli" rel="tag nofollow">oubli</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/securite/" title="sécurité" rel="tag nofollow">sécurité</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/usages/" title="Usages" rel="tag nofollow">Usages</a><br />
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		<title>A lire ailleurs du 01/03/2010 au 08/03/2010</title>
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		<pubDate>Mon, 08 Mar 2010 04:00:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Internetactu</dc:creator>
				<category><![CDATA[A lire ailleurs]]></category>

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		<description><![CDATA[

La fausse question de l&#39;économie de l&#39;attention &#8211; SocialComputingJournal.com
Sommes-nous plus esclaves des flux d&#39;information aujourd&#39;hui qu&#39;hier ? La rareté de l&#39;attention et la surcharge de l&#39;information ne sont pas nouvelles&#8230; explique Stowe Boyd. Pour lui, nous avons toujours été confronté à un monde d&#39;abondance d&#39;information, relativement au développement de l&#39;esprit humain. Nous avons toujours conçu de nouveaux outils culturel&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="s-delicious">
<div class="b-deli">
<h3><a href="http://socialcomputingjournal.com/viewcolumn.cfm?colid=877" title="A lire (lien externe)">La fausse question de l&#39;économie de l&#39;attention &#8211; SocialComputingJournal.com</a></h3>
<p>Sommes-nous plus esclaves des flux d&#39;information aujourd&#39;hui qu&#39;hier ? La rareté de l&#39;attention et la surcharge de l&#39;information ne sont pas nouvelles&#8230; explique Stowe Boyd. Pour lui, nous avons toujours été confronté à un monde d&#39;abondance d&#39;information, relativement au développement de l&#39;esprit humain. Nous avons toujours conçu de nouveaux outils culturel pour nous aider à la comprendre et nous aurons toujours besoin d&#39;outils plus complexes&#8230;  Pour évoluer dans des sociétés toujours plus riches et plus complexes.</p>
</p></div>
<div class="b-deli">
<h3><a href="http://www.zdnet.fr/actualites/telecoms/0,39040748,39713535,00.htm" title="A lire (lien externe)">Fibre optique : la couverture du territoire pourrait être bien plus coûteuse que prévu &#8211; ZDNet.fr</a></h3>
<p>Selon un rapport de la Datar, conduire la fibre optique jusqu’à chaque habitation et entreprise coûterait 30 milliards d&#39;euros. Un syndicat de France Télécom exige à nouveau la participation des géants du Web.</p>
</p></div>
<div class="b-deli">
<h3><a href="http://www.webuse.org/digital-natives-variation-in-internet-skills-and-uses-among-members-of-the-net-generation/" title="A lire (lien externe)">Digital Na(t)ives ? de la variation des compétences et des usages de la Net Generation &#8211; Web Use Project</a></h3>
<p>Intéressante étude d&#39;Eszter Hargittai sur les natifs numérique qui montre que les capacités &quot;innées&quot; des jeunes sont fortement influencées par des critères de statuts socioéconomiques.</p>
</p></div>
<div class="b-deli">
<h3><a href="http://81.57.100.79/ALis_COM/devenir-eleve-avec-le-numerique.html" title="A lire (lien externe)">Les atouts du numérique pour favoriser les apprentissages des élèves &#8211; Les TICE en école maternelle</a></h3>
<p>Le numérique est un catalyseur d&#39;attention immédiat explique Denis Desjour, professeur des écoles à l&#39;école Vauvenargues à Montmartre. &quot;« Les enfants peuvent travailler en autonomie sur ces machines », souligne l’enseignant. Sur l&#39;ordinateur, l&#39;habileté motrice n&#39;est pas un préalable à l&#39;acte d&#39;écrire : le logiciel permet un rendu, une netteté et une lisibilité qui favorisent l’engouement et tempère le découragement de certains élèves.&quot;</p>
</p></div>
<div class="b-deli">
<h3><a href="http://www.technologyreview.com/blog/arxiv/24887/" title="A lire (lien externe)">Comprendre la diffusion de l&#39;information personnelle dans les sites sociaux &#8211; Technology Review</a></h3>
<p>A l&#39;heure des réseaux sociaux, on a tous des stratégies complexes pour sélectionner ce que l&#39;on diffuse (et à qui) et ce que l&#39;on garde secret.Jon Kleinberg et Katrina Ligett de la Cornell University ont créé un modèle du partage d&#39;information pour capturer ces règles de partages subtiles et personnelles. Le résultat se présente sous forme d&#39;un jeu &#8211; pour l&#39;instant encore très basique &#8211; où chaque joueurs peuvent évaluer l&#39;avantage (et l&#39;inconvénient) à partager des informations entre eux. http://arxiv.org/abs/1003.0469</p>
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<h3><a href="http://www.regardssurlenumerique.fr/blog/2010/2/23/viktor-mayer-schonberger_1-2_-il-est-bon-que-la-france-s-interroge-sur-le-droit-a-l-oubli_/" title="A lire (lien externe)">Viktor Mayer-Schönberger (1/2) : « Il est bon que la France s’interroge sur le droit à l’oubli… » &#8211; RSLNmag</a></h3>
<p>&quot;on plaidoyer ne concerne pas la « date de péremption » de l’info, mais la réintroduction de l’oubli. En l’occurrence, il ne s’agirait, avec ce dispositif, que de rappeler à chacun d’entre-nous que l’information n’est pas infinie, ni absolue. Ca ne doit en aucun cas être un processus très compliqué, mais une simple piqure de rappel. Il ne s’agit pas « d’imposer l’oubli », mais d&#39;une simple incitation à la réflexion.&quot; L&#39;abstinence digitale, comme il l&#39;appelle dans la suite de l&#39;interview &#8211; http://www.regardsurlenumerique.fr/blog/2010/2/25/viktor-mayer-schonberger_2-2_-l-abstinence-digitale-n-est-pas-une-solution-pour-reintroduire-l-oubli_/ &#8211; ne peut pas être une solution à la question de l’oubli : &quot;nous ne sommes pas prêts à renoncer aux bénéfices qui nous sont offerts par le partage des données&quot;.</p>
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<h3><a href="http://www.bastamag.net/article893.html" title="A lire (lien externe)">Babayagas : l&#39;utopie d&#39;une maison de retraite autogérée -Basta !</a></h3>
<p>Inventer de nouvelles façons d’aborder la vieillesse ? C’est le pari lancé par une vingtaine de femmes à Montreuil (93) avec la Maison des Babayagas, qui devrait être inaugurée en 2012. Un projet de maison de retraite autogérée, citoyenne, écologique, pour « changer l’imaginaire social de la représentation des vieux ».</p>
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<h3><a href="http://www.slate.fr/story/17675/fuyez-les-livres-fuyez-lecole-fuyez-facebook" title="A lire (lien externe)">Fuyez les livres, fuyez l&#39;école, fuyez Facebook ! &#8211; slate</a></h3>
<p>Tout ces articles qui s&#39;interrogent sur une possible relation entre les nouvelles technologies et des troubles de l&#39;attention ont un point commun, explique le psychologue Vaughan Bell pour Slate : &quot;aucun ne fait référence à de vraies recherches sur la façon dont les nouvelles technologies affectent notre esprit et notre cerveau&quot;.</p>
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<h3><a href="http://aful.org/communiques/douze-propositions-pour-ecole-ere-numerique?utm_source=twitterfeed&amp;utm_medium=twitter&amp;utm_content=13eradar" title="A lire (lien externe)">Douze propositions pour l&#39;école à l&#39;ère numérique &#8211; AFUL</a></h3>
<p>&quot;Il y aura deux manières de rater l&#39;école numérique : ne pas réussir à intégrer le numérique dans les situations d&#39;enseignement, réduire le système éducatif à n&#39;être qu&#39;un client pour des industries numériques. Nous devons craindre davantage ce second danger&quot;, explique François Élie vice-président de l&#39;Association Francophone des Utilisateurs de Logiciels Libres (AFUL) en préambule des 12 propositions pour l&#39;école que formule l&#39;association : retenons les 3 premières : Liberté, égalité, fraternité !</p>
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<h3><a href="http://henriverdier.blogspot.com/2010/03/entreprises-le-nouveau-contexte.html" title="A lire (lien externe)">Entreprises : le nouveau contexte stratégique &#8211; Henri Verdier</a></h3>
<p>&quot;Le numérique est un long processus de transformation globale de la société. Un moment de synthèse créative&quot;, explique Henri Verdier, président du Pôle de compétitivité Cap Digital. Les méthode qui ont du succès reposent toutes sur une stratégie numérique, sur &quot;une politique d&#39;innovation ouverte, collaborative et sociale&quot; qui vise à capter le potentiel d&#39;innovation et de créativité de l&#39;écosystème. Les &quot;nouvelles valeurs&quot; sont hors marché comme l&#39;explique Moulier Boutang: elles reposent sur l&#39;échange, l&#39;intensité, l&#39;excitation, la vitesse, la contribution&#8230; Pour l&#39;entreprise de demain, il va falloir passer de l&#39;innovation planifiée à l&#39;innovation collaborative. Dans ce contexte, la France est-elle capable de créer de nouveaux acteurs majeurs du numérique ? Difficile, car, si nous sommes créatifs, nous ne savons pas faire croître nos entreprises, les gérer, les financer&#8230; Il nous faut mieux enseigner l&#39;innovation et l&#39;entrepreneuriat conclut-il.</p>
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<h3><a href="http://ow.ly/1e4dl" title="A lire (lien externe)">Facebook ou le crépuscule des geeks &#8211; Alexis Mons</a></h3>
<p>Comment entendre les récents échecs de Google (Wave et Buzz notamment)?, s&#39;interroge Alexis Mons. La société de l’information n’est plus l’apanage des geeks : la complexité technologique n&#39;est plus en odeur de sainteté&#8230; &quot;Oui, les outils de Google sont fantastiques, ils sont modulables et distribués et complexes. Ils correspondent en fait à un public éclairé, ou à des travailleurs de l’information soucieux de leur productivité. Vous me direz que c’est un marché, et c’est vrai, mais ce n’est pas le marché de masse de l’internaute de base, je devrai dire celui de l’outillage digital de Monsieur tout le monde.&quot; Le gagnant de ce marché s&#39;appelle Facebook : la commodité et la simplicité de Facebook sont devenus une force à l&#39;heure où les usages se massifient&#8230;</p>
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<h3><a href="http://www.framablog.org/index.php/post/2010/03/04/google-data-liberation-front" title="A lire (lien externe)">Pourquoi Google vous laisse facilement quitter Google ? &#8211; Framablog</a></h3>
<p>L&#39;usage des fonctions d&#39;exportation demeure très limité : Google se sert du front de libération des données comme d&#39;un argument marketing donnant le contrôle aux utilisateurs plutôt que de les retenir d&#39;une manière captive&#8230; Mais en même temps, il le fait, certes pour l&#39;instant sur des données à faible valeur marchande, mais cela ne devrait pas s&#39;arrêter&#8230;</p>
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<h3><a href="http://mashable.com/2010/03/01/twitter-classroom/" title="A lire (lien externe)">Comment l&#39;utilisation de Twitter en classe augmente l&#39;engagement des élèves &#8211; Mashable</a></h3>
<p>Le professeur Monica Rankin, de l&#39;université du Texas à Dallas, a été surprise de l&#39;utilisation expérimentale de Twitter en cours (vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=6WPVWDkF7U8). Même constat pour son collègue David Parry : “Quand les étudiants commencent à twitter, ils se perçoivent les uns les autres comme des personnes au-delà de l&#39;espace de la classe plutôt que comme des élèves qui se croisent de temps en temps.&quot; Twitter a permis de faire démarrer des conversations entre élèves, dans et au-delà de la classe, plus respectueuses des autres.</p>
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<h3><a href="http://www.pewinternet.org/Reports/2010/Future-of-the-Internet-IV.aspx" title="A lire (lien externe)">L&#39;avenir de l&#39;internet, 4e partie &#8211; Pew Research Center&#39;s Internet &amp; American Life Project</a></h3>
<p>Pour la 4e année, le Pew Research Center propose une nouvelle édition de son rapport sur l&#39;avenir de l&#39;internet, basé sur les réponses de quelques 900 experts et utilisateurs d&#39;internet. Selon les experts, en 2020 (à 76 %), l&#39;usage d&#39;internet aura augmenté l&#39;intelligence humaine (Google ne nous rendra pas stupide ! comme l&#39;affirmait Nicholas Carr). 65 % d&#39;entre eux estiment que l&#39;internet aura augmenté notre capacité à lire, écrire et connaître. 80 % estiment que l&#39;innovation des usagers va continuer à nous surprendre. 61 % estiment que l&#39;internet restera libre d&#39;ici 2020. 55 % des experts estiment enfin que les utilisateurs d&#39;internet seront encore en mesure de communiquer anonymement d&#39;ici 2020.</p>
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<h3><a href="http://www.itofisher.com/mito/publications/new_media_and_i_1.html" title="A lire (lien externe)">Apprendre à l&#39;ère post-Pokemon &#8211; Mimi Ito</a></h3>
<p>Intéressante présentation de la sociologue Mimi Ito sur le fossé entre les pratiques de divertissement et d&#39;information des jeunes et les pratiques de leurs aînés. Les écoles ont besoin de comprendre comment tirer profit de la puissance de l&#39;engagement des enfants avec les nouveaux médias pour renforcer l&#39;apprentissage à l&#39;école comme à l&#39;extérieur de l&#39;école.</p>
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<h3><a href="http://radar.oreilly.com/2010/03/apps-for-army-launches---the-h.html?utm_source=feedburner&amp;utm_medium=feed&amp;utm_campaign=Feed%3A+oreilly%2Fradar%2Fatom+%28O%27Reilly+Radar%29&amp;utm_content=Google+Reader" title="A lire (lien externe)">L&#39;entreprise hybride ? &#8211; O&#39;Reilly Radar</a></h3>
<p>Intéressante réflexion de Jim Stogdill pour O&#39;Reilly Radar suite à l&#39;annonce du lancement d&#39;Apps for Army, sur le modèle d&#39;Apps for Democracy, un concours de développement d&#39;applications pour l&#39;armée américaine. L&#39;armée ? Pourtant l&#39;armée américaine a toujours été leader dans le domaine des technologies et de l&#39;innovation ? A quoi pourrait lui servir de faire appelle à l&#39;innovation ouverte ?&#8230; Incontestablement, les plateformes ouvertes, les données publiques et les systèmes open source augmentent la générativité et le potentiel de l&#39;innovation, même dans une structure comme l&#39;armée&#8230; Attendez-vous bientôt à voir des concours d&#39;application pour entreprises, prévient Jim. On n&#39;en doute pas une seconde&#8230;</p>
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<h3><a href="http://www.scarabee.org/les-editos/article/reves-de-web-a-papa" title="A lire (lien externe)">Rêves de Web à papa &#8211; Le Scarabée</a></h3>
<p>Arno, le scarabée, est de retour sur la Toile. Et rappelle : &quot;Massification, consumérisme et marchandisation, asymétrie : c’est ce que nous craignions en 1997 (lors de la publication du Manifeste du web indépendant : http://www.uzine.net/article60.html), et c’est en gros la menace qu’annonce encore Narvic aujourd’hui&quot; (http://novovision.fr/?L-avenir-radieux-de-l-internet-ne). &quot;C&#39;est l&#39;accès individuel à l&#39;expression publique&quot; qui est la réelle innovation apportée par le web et l&#39;internet, rappelle Arno. &quot;L’idée que le changement de nature technique de l’outil de consulta­tion/publication va faire disparaître le Web que nous aimions est légi­time, mais j’ai du mal, après tant d’année, à céder à cette crainte.&quot; Évidemment, &quot;&quot;la fabrique du consentement&quot; (Chomsky/Herman) existe toujours, mais je suis persuadé que l’inter­net est aujourd’hui l’un des principaux outils de résistance à cette fabrique. Et je ne vois pas ce qui, aujourd’hui, menace plus cet outil qu&#39;hier&quot;. Welcome back Arno !</p>
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<h3><a href="http://www.technologyreview.com/computing/24639/?a=f" title="A lire (lien externe)">L&#39;identité augmentée &#8211; Technology Review</a></h3>
<p>Vous vous souvenez de TAT &#8211; http://www.youtube.com/user/TATMobileUI &#8211; un concept d&#39;application de réalité augmenté qui fait de la reconnaissance facilale pour identifier vos interlocuteurs avant de se connecter à nos sites sociaux pour nous permettre d&#39;obtenir plus d&#39;information sur eux. Le logiciel, baptisé Recognizr, en est encore au stade de prototype évolué, mais il fonctionne avec le système de reconnaissance d&#39;images mis au point par la société PolarRose. La grande question du logiciel concerne encore le respect de la vie privée : pour être reconnu par le système, il faudra s&#39;y déclarer et déclarer les sites sociaux qu&#39;on veut voir associer à notre image.</p>
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<h3><a href="http://www.atelier.fr/mobilite/10/01032010/service-geolocalisation-mobile-ordinateur-portable-donnees-protection-39431-.html#xtor=EPR-233-HTML-20100301" title="A lire (lien externe)">Pour être massivement adoptée, la géolocalisation doit être plus encadrée &#8211; L&#39;Atelier.fr</a></h3>
<p>Selon un rapport d&#39;universitaires de Berkeley &#8211; http://www.ischool.berkeley.edu/newsandevents/news/20100224privacyreport -, la localisation est une pièce d&#39;information particulièrement sensible. D&#39;où la nécessité qu&#39;elle soit plus encadrée pour être plus massivement adoptée&#8230; Ils estiment que l&#39;utilisateur doit toujours avoir la possibilité de ne fournir que les informations strictement nécessaires à l&#39;application et doit pouvoir obtenir un retour sur les informations qu&#39;il communique. Un rapport à rapproché de celui de l&#39;EFF sur la confidentialité de nos localisation : http://www.internetactu.net/2009/10/26/critiques-du-web%C2%B2-44-que-faire-face-a-la-puissance-des-donnees/</p>
</p></div>
<div class="b-deli">
<h3><a href="http://www.rue89.com/2010/02/25/wikipedia-est-on-vraiment-plus-intelligent-a-plusieurs-137517?utm_source=twitterfeed&amp;utm_medium=twitter" title="A lire (lien externe)">Wikipédia : est-on vraiment plus intelligent à plusieurs ? | Rue89</a></h3>
<p>Pour l&#39;universitaire américain Paul Duguid : &quot;Je pense que les technologies peuvent nous donner un accès à « l&#39;information », mais que la « connaissance » est un bien que nous acquérons par un engagement plus actif. Il est indéniable qu&#39;Internet nous aide de bien des façons, mais je ne pense pas qu&#39;il favorise (ni défavorise) la fiabilité.&quot;</p>
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<div class="b-deli">
<h3><a href="http://blog.tcrouzet.com/2010/03/02/internet-imbecile/" title="A lire (lien externe)">Internet stimule l’imbécilité &#8211; Thierry Crouzet</a></h3>
<p>En réaction au dossier du Books sur Internet contre la démocratie &#8211; http://www.booksmag.fr/magazine/d/internet-contre-la-democratie.html -, Thierry Crouzet revendique le cyberoptimisme qu&#39;Olivier Postel-Vinay dénonce. Le Cyberoptimisme, c&#39;est l&#39;engagement militant des défenseurs du Net. &quot;La simple existence du Net ne changera pas le monde&quot;. Pierre Haski de Rue 89 interroge également le parti pris de ce numéro : http://www.rue89.com/2010/03/01/internet-et-la-democratie-books-donne-la-victoire-aux-etats-autoritaires-140485. Non, l&#39;usage du web ne fait pas encore le jeu des Etats non-démocratiques. Contrairement à ce qu&#39;avance Postel-Vinay, l&#39;internet (comme toute technologie) n&#39;est pas neutre&#8230; et surtout pas politiquement.</p>
</p></div>
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<h3><a href="http://www.slideshare.net/gregfromparis/foursquare-by-greg-pouy-3180048" title="A lire (lien externe)">Foursquare : présentation et utilisation business par Gregory Pouy</a></h3>
<p>Très synthétique et intéressante présentation de Foursquare &#8211; http://foursquare.com &#8211; pour mieux comprendre à quoi peut servir ce site social géolocalisé&#8230;</p>
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<h3><a href="http://www.ecrans.fr/Nous-n-exploitons-pas-le-reseau-c,9322.html" title="A lire (lien externe)">Matteo Pasquinelli : « Nous n’exploitons pas le réseau, c’est le réseau qui nous exploite »- Ecrans.fr</a></h3>
<p>Très intéressante interview du théoricien des médias Matteo Pasquinelli : &quot;La reproductibilité infinie du numérique produit des effets très matériels. Regardez l’industrie musicale et la manière dont elle a été bouleversée par le numérique. Regardez les travailleurs cognitifs et les freelances créatifs de la prétendue génération laptop. Ont-ils l’air de ne pas être en concurrence ? En réalité, le numérique a facilité la coopération, mais également la compétition et a permis l’établissement et le maintien de nouveaux monopoles comme Google.&quot;</p>
</p></div>
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<h3><a href="http://www.psyetgeek.com/remarques-a-propos-de-chatroulette" title="A lire (lien externe)">Remarques a propos de chatroulette &#8211; PsyetGeek</a></h3>
<p>&quot;Suivant, suivant, suivant, suivant ! Chatroulette nous dit la marche forcée dans laquelle nous sommes, tout comme les forces d’anonymisation qui nous saisissent un à un et qui cassent le lien social. Chatroulette, ce n’est pas le lien social, c’est sa négation. Nous savons tous qu’après quelques déclics à vide, le percuteur finit bien par trouver une balle.&quot;</p>
</p></div>
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<h3><a href="http://champpenal.revues.org/7782" title="A lire (lien externe)">Crime 2.0 : le web dans tous ses états ! &#8211; Champ Pénal</a></h3>
<p>&quot;Bien que les services et applications associés au Web 2.0 deviennent omniprésents dans notre vie quotidienne et modifient de façon durable les pratiques de socialisation et d’accès à l’information de centaines de millions d’usagers, force est de constater que l’état des connaissances disponibles sur les risques leur étant associés sont loin d’avoir suivi la même courbe exponentielle&quot;, expliquent Benoît Dupont et Vincent Gautrais. La raison : l&#39;absence de statistiques fiables, la prolifération de données pseudo-scientifiques et le désintérêt des criminologues pour ces questions. Selon un échantillon de crimes liés à l&#39;internet recensés par les auteurs, montre la prévalence d&#39;atteintes aux personnes et de crimes réputationnels. Des crimes &quot;statistiquement peu significatifs si l’on se réfère aux dizaines, voire aux centaines de millions d’usagers qui fréquentent ces sites quotidiennement&quot;.</p>
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<div class="b-deli">
<h3><a href="http://www.numerama.com/magazine/15181-skinput-faire-du-corps-humain-une-surface-interactive.html?utm_medium=bt.io-twitter&amp;utm_source=direct-bt.io&amp;utm_content=backtype-tweetcount" title="A lire (lien externe)">Skinput : faire du corps humain une surface interactive &#8211; Numerama</a></h3>
<p>La peau sera-t-elle la prochaine étape des interfaces tactiles ? Vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=g3XPUdW9Ryg</p>
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<div class="b-deli">
<h3><a href="http://www.netpolitique.net/?q=node%2F882&amp;utm_source=feedburner&amp;utm_medium=feed&amp;utm_campaign=Feed%3A+LeBlogDeNetpolitique+%28Le+Blog+de+Netpolitique%29&amp;utm_content=Google+Reader" title="A lire (lien externe)">La politique de la chaise vide, stratégie gagnante en 2012 &#8211; Netpolitique</a></h3>
<p>Les réseaux sociaux politiques sont-ils propice à l&#39;engagement se demande NetPolitique ? Et si &quot;ne pas être présent sur le web était le meilleur moyen de mobiliser ses sympathisants online ?&quot;  Et si le réseau social politique ne faisait qu&#39;emprisonner l&#39;action des militants, limiter leur expérimentation, empêcher leur fuite et défection, ou encore dévaloriser leur pouvoir constituant&#8230;&quot; A croire que &#39;toute tentative d&#39;encadrement du militantisme online serait donc vouée à l&#39;échec.&quot; Le site social militant n&#39;aura-t-il comme seule vertu d&#39;organiser la vie militante réelle ?</p>
</p></div>
<div class="b-deli">
<h3><a href="http://media-tech.blogspot.com/2010/02/facebook-google-news-le-bouche-oreille.html" title="A lire (lien externe)">Facebook vs. Google News: le bouche à oreille plus prolifique pour la presse que l&#39;algorithmique ! &#8211; Media &amp; Tech</a></h3>
<p>Intéressante analyse opposant l&#39;algorithmique de Goole aux relations interpersonnelles de la sérendipité de Facebook et montrant que le bouche à oreille est en train de battre à plat de couture le travail de la machine, en terme d&#39;apport d&#39;audience.</p>
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<h3><a href="http://www.fredcavazza.net/2010/02/17/2010-sera-t-elle-lannee-de-linformatique-nomade-et-polymorphe/" title="A lire (lien externe)">2010 sera-t-elle l’année de l’informatique nomade et polymorphe ? &#8211; FredCavazza.net</a></h3>
<p>Un nouveau cycle d&#39;innovation est-il en cours ? C&#39;est ce que pense en tout cas Fredéric Cavazza, qui annonce la fin du Personnal Computer, au profit de terminaux mobiles variés et multiples, qui segmentent le marché en une multitude de niches et de formats adaptées aux clients cibles. Dans ce splitnternet, les industriels du secteurs ne cherchent pas seulement à vendre de nouveaux terminaux, mais également à générer de nouveaux revenus. Bienvenue dans une &quot;une nouvelle ère, celle de l’informatique nomade, tactile et sociale&quot;&#8230;</p>
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<h3><a href="http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article3453" title="A lire (lien externe)">Nouvelles technologies : remue-ménage dans la pédagogie ! &#8211; Sauvons l&#39;Université</a></h3>
<p>Sauvons l&#39;université reprend une partie de l&#39;excellent dossier publié par MediaPart consacré à l&#39;école à l&#39;ère du numérique. Les approches techniques continuent à dominer les opérations, alors qu&#39;il n&#39;y a qu&#39;en classe que le numérique n&#39;est pas présent. Le tableau blanc interactif, qui équipe 80 % des salles de classe britannique, ne révolutionne pas la manière d&#39;enseigner, au contraire. Il faut aller au-delà, parce que l&#39;usage des nouvelles technologies va plus loin que la technique et remet en question profondément les modèles d&#39;apprentissage, comme le dessine le récent rapport Fougous : http://www.reussirlecolenumerique.fr qui génère des avis très divergents : http://www.skhole.fr/rapport-fourgous-sur-l%E2%80%99%C3%A9cole-num%C3%A9rique-de-la-prise-de-conscience-salutaire-%C3%A0-l%E2%80%99idol%C3%A2trie-imprudente ou http://henriverdier.blogspot.com/2010/02/le-rapport-fourgous-peut-il-sauver.html</p>
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<h3><a href="http://www.roughtype.com/archives/2010/01/information_wan.php" title="A lire (lien externe)">L&#39;information veut être gratuite ? Mon cul ! &#8211; Nicholas Carr</a></h3>
<p>&quot;Jamais dans l&#39;histoire nous n&#39;avons autant payé l&#39;information que nous ne le faisons aujourd&#39;hui&quot;, affirme Nicholas Carr : nous payons nos services internet, nos bouquets télévisés, nos télécommunications mobiles, nos abonnements Wi-Fi&#8230; Selon Gizmodo, c&#39;est quelques 500 dollars par mois que nous dépenserions pour accéder à de l&#39;information. Et il continue d&#39;ajouter des chiffres à son recensement : http://www.roughtype.com/archives/2010/02/information_wan_1.php Comme le dit Derek Thompson dans The Atlantic : Nous paysons pour la connectivité, mais aussi pour être connecté à l&#39;information. Les clients ont appris à mettre le prix sur l&#39;accès plutôt que sur le contenu.</p>
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<h3><a href="http://www.webecologyproject.org/wp-content/uploads/2010/03/WEP-chatroulette.pdf" title="A lire (lien externe)">ChatRoulettte : une étude préliminaire &#8211; WebEcologlyProject (.pdf)</a></h3>
<p>Intéressante étude préliminaire sur ChatRoulette, le dernier phénomène à la mode, qui montre qu&#39;à mesure de son succès, ChatRoulette va se normaliser (c&#39;est déjà le cas, montrent les chercheurs) : déclin du contenu explicitement sexuel, consolidation de certaines formes de rencontres (développement du masque par exemple), formation de figures célèbres&#8230;</p>
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<h3><a href="http://cyber.law.harvard.edu/newsroom/broadband_review_final" title="A lire (lien externe)">La connectivité de prochaine génération &#8211; Berkman Center</a></h3>
<p>Le Centre Berkman pour l&#39;internet et la société de l&#39;université d&#39;Harvard vient de publier une étude sur le très haut débit réalisée pour la Commission des télécommunications fédérale américaine (FCC). Cette étude indépendante qui observe le développement du haut débit comparativement dans plusieurs pays du monde a pour but d&#39;aider la FCC a développer son plan national du très haut débit : http://www.broadband.gov. Le rapport souligne la mauvaise position américaine dans le classement des pays à haut débit et montre que les plans d&#39;actions d&#39;Asie ou d&#39;Europe sont plus ambitieux que les plans de déploiements américains. Il souligne également comment les politiques d&#39;accès ouvertes et de régulation des télécommunications ont été utilisées, ailleurs, pour améliorer la compétition sur le marché du haut débit. Un rapport qui se veut aussi une base de connaissance riche sur le déploiement du haut débit.</p>
</p></div>
<div class="b-deli">
<h3><a href="http://www.lesechos.fr/info/comm/020385868786.htm?xtor=RSS-2004" title="A lire (lien externe)">Le streaming sur Internet, future médaille d&#39;or du piratage &#8211; Les Echos</a></h3>
<p>Les télévisions personnelles en direct et en streaming permettent à tout un chacun de diffuser des programmes télé : matchs et retransmissions sportives notamment sont disponibles gratuitement sur l&#39;internet de cette manière&#8230; La seule solution repose-t-elle dans le filtrage, comme le suggère facilement Olivier Frigara des Echos ? Plus simple &#8211; apparemment &#8211; que de chercher des modèles de diffusion ouverts et soutenables&#8230;</p>
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<div class="b-deli">
<h3><a href="http://thenextweb.com/mobile/2010/03/01/10-gadgets-smartphone-replace/" title="A lire (lien externe)">8 choses que votre téléphone va être appelé à remplacer &#8211; The Next Web</a></h3>
<p>Si ce n&#39;est pas déjà fait, votre téléphone est en passe de devenir également votre outil de navigation GPS, votre radio réveil, votre télécommande, votre terminal de paiement, votre portefeuille, votre clef de voiture, votre espace de stockage, et votre projecteur pour vidéoconférence&#8230;</p>
</p></div>
<div class="b-deli">
<h3><a href="http://libertic.wordpress.com/2010/03/01/77/#comment-21" title="A lire (lien externe)">Rennes et Keolis: ils ont osé ! &#8211; LiberTIC</a></h3>
<p>Libération des données de transports de Rennes Métropole.</p>
</p></div>
<div class="b-deli">
<h3><a href="http://www.framablog.org/index.php/post/2010/02/18/la-fin-de-notre-internet" title="A lire (lien externe)">L&#39;Éclaternet ou la fin de l&#39;Internet tel que nous le connaissons ? &#8211; Framablog</a></h3>
<p>&quot;C’est un Internet emmêlé qui est en train de se tisser. Simplement, le Web que nous connaissions est en train d’éclater en une multitude de fragments. C’est la fin de l’âge d’or, selon l’analyste de Forrester Research Josh Bernoff, qui a récemment formulé le terme de &quot;éclaternet&quot; (The Splinternet) pour décrire ce phénomène. (&#8230;) Les entreprises qui créent les applications sont maintenant confrontées à des choix difficiles. Quels appareils choisiront-elles de prendre en charge ? Combien d’argent et de temps devront-elles prendre pour que leurs contenus fonctionnent sur ces gadgets ?&quot;</p>
</p></div>
<div class="b-deli">
<h3><a href="http://queau.eu/?p=959" title="A lire (lien externe)">Mol argile – Le blog de Philippe Quéau</a></h3>
<p>Selon le projet de budget de la Darpa pour 2011, l&#39;agence américaine se propose de créer une nouvelle génération de cellules souches, capable de vivre indéfiniment. L&#39;enjeu n&#39;est pas de créer des organismes immortels, mais d&#39;assurer la pérennité des séquences d&#39;ADN actives dans les bio-armes&#8230; Bref de travailler à enrayer les risques de mutation génétique accidentelle des bio-armes. Un projet qui, selon Philippe Quéau, montre que les bio-armes sont désormais bien établies dans le paysage stratégique et surtout, qu&#39;elles sont potentiellement certainement plus incontrôlables encore que ne l&#39;étaient les technologies nucléaires.</p>
</p></div>
<div class="b-deli">
<h3><a href="http://culturevisuelle.org/icones/403" title="A lire (lien externe)">Médihal, Flickr du pauvre &#8211; L&#39;Atelier des icônes</a></h3>
<p>Très intéressante &#8211; et passionnée -discussion autour de la naissance de MédiHal, une archive ouverte de photographies et d&#39;images scientifiques lancée par le CNRS. Qui construit l&#39;espace scientifique ?</p>
</p></div>
<div class="b-deli">
<h3><a href="http://fr.creativecommons.org/weblog/index.php?2010/02/10/57-creative-commons-france-interpelle-les-candidats-aux-rgionales" title="A lire (lien externe)">Creative commons France interpelle les candidats aux régionales &#8211; Creative Commons France</a></h3>
<p>Le chapitre français français des licences Creative Commons a interpellé les candidats aux régionales sur les enjeux de l&#39;accès aux données publiques et demandent aux candidats de s&#39;exprimer sur l&#39;accès et la réutilisation des données publiques.</p>
</p></div>
<div class="b-deli">
<h3><a href="http://www.bruno-latour.fr/poparticles/poparticle/P-145-DIACT-TERRITOIRE.pdf" title="A lire (lien externe)">Revue &quot;Territoires 2040&quot; : Bruno Latour, &quot;La mondialisation fait-elle un monde habitable ?&quot; (.pdf)</a></h3>
<p>Intéressante réflexion de Bruno Latour pour le second numéro de la revue &quot;Territoires 2040&quot; de la DATAR : &quot;Pour le dire d’un mot, la mondialisation ne fait pas monde. Nous sommes démunis d’instruments, de procédure, d’assemblées pour la représenter. C’est le devoir d’un Etat que de se donner enfin une représentation exacte du territoire dont il doit ménager les habitants. Celle-ci n’a plus rien à voir avec la longitude et la latitude du cadre cartographique, n’est plus seulement le recensement de ses<br />
populations, la statistique de son bien être, elle doit trouver de nouveaux instruments pour dessiner l’écheveau toujours à ravauder des êtres dont nous dépendons désormais pour subsister.&quot;</p>
</p></div>
<div class="b-deli">
<h3><a href="http://haitifablab.org/" title="A lire (lien externe)">Haiti FabLab Fund</a></h3>
<p>Un FabLab pour Haïti ? Pourquoi faire ? Des étudiants du MIT montrent à quoi l&#39;établissement pourrait servir et font un appel au don.</p>
</p></div>
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		<title>Le sentiment à l’heure des technologies</title>
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		<pubDate>Thu, 04 Mar 2010 08:15:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Brèves]]></category>
		<category><![CDATA[Technologies]]></category>

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		<description><![CDATA[L&#8217;informatique affective (Affective computing) est un domaine de recherche interdisciplinaire qui consiste étudier l&#8217;interaction entre technologie et sentiments, notamment en donnant aux machines les capacités de reconnaître, d&#8217;exprimer, de synthétiser et modéliser les émotions. Si l&#8217;émotion est fondamentale pour l&#8217;expérience humaine, elle doit être également essentielle dans la conception des technologies de demain, explique l&#8217;affective Computing Group du MIT qui&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L&#8217;informatique affective (<em>Affective computing</em>) est un domaine de recherche interdisciplinaire qui consiste étudier l&#8217;interaction entre technologie et sentiments, notamment en donnant aux machines les capacités de reconnaître, d&#8217;exprimer, de synthétiser et modéliser les émotions. Si l&#8217;émotion est fondamentale pour l&#8217;expérience humaine, elle doit être également essentielle dans la conception des technologies de demain, explique l&#8217;<a href="http://affect.media.mit.edu">affective Computing Group</a> du MIT qui travaille à la fois à concevoir de nouveaux capteurs pour que les machines comprennent nos émotions, à créer de nouvelles techniques pour que les machines puissent l&#8217;évaluer, et également (mais c&#8217;est plus compliqué), à faire de manière que les machines apprennent à exprimer des émotions en réponse aux émotions qu&#8217;elles reçoivent d&#8217;être humain. </p>
<p>L&#8217;équipe de l&#8217;Affective Computing Group est en train de mettre au point par exemple une plateforme de capteurs sans fil portatifs et en réseaux, à faible coût, pour la détection d&#8217;informations physiologiques. Le but de cette plateforme, baptisée <a href="http://affect.media.mit.edu/projects.php?id=2145">iCalm</a> (<a href="">voir ce papier de recherche .pdf</a>), est de pouvoir faire, très simplement, du monitoring quotidien et de la collecte de données de santé&#8230; (<a href="http://labcast.media.mit.edu/?p=120">vidéo</a>). </p>
<p><object width="580" height="350"><param name="movie" value="http://labcast.media.mit.edu/podcastmedia/embed/512x288_videoplayer7.swf"></param><param name="wmode" value="transparent"></param><param name="allowfullscreen" value="true"></param><param name="Flashvars" value="file=http://labcast.media.mit.edu/podcastmedia/LabCAST046_icalm.flv"></param><param name="Flashvars" value="image=http://labcast.media.mit.edu/podcastmedia/LabCAST046_icalm_poster512.jpg"></param><embed src="http://labcast.media.mit.edu/podcastmedia/embed/512x288_videoplayer7.swf" type="application/x-shockwave-flash" wmode="transparent" width="580" height="350" allowfullscreen="true"  flashvars="file=http://labcast.media.mit.edu/podcastmedia/LabCAST046_icalm.flv&#038;image=http://labcast.media.mit.edu/podcastmedia/LabCAST046_icalm_poster512.jpg"></embed></object></p>
<h3>Les émotions deviennent mesurables</h3>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2010/03/affectivecomputing.jpg" alt="affectivecomputing" title="affectivecomputing" width="150" hspace="6" vspace="6" align="left" />Pour <a href="http://web.media.mit.edu/~picard/index.php">Rosalind Picard</a>, directrice et fondatrice de l&#8217;Affective Computing Group et auteure <a href="http://books.google.fr/books?id=GaVncRTcb1gC&#038;dq=Affective+Computing&#038;printsec=frontcover&#038;source=bn&#038;hl=fr&#038;ei=jWmPS5nZO9Oh4QbxmI2uDQ&#038;sa=X&#038;oi=book_result&#038;ct=result&#038;resnum=4&#038;ved=0CCIQ6AEwAw#v=onepage&#038;q=&#038;f=false">d&#8217;un livre de référence sur le sujet</a>, ces nouvelles données que des outils de ce type vont permettre d&#8217;accumuler, vont profondément transformer la recherche, <a href="http://affect.media.mit.edu/pdfs/10.Picard-ER-revised.pdf">explique-t-elle dans un article à paraître (.pdf)</a> dans l&#8217;<a href="http://emr.sagepub.com/"><em>Emotional Review</em></a> et intitulé &#8220;La recherche émotionnelle, par les gens, pour les gens&#8221;. Nous allons passer de quelques données autodéclarées, recueillies en laboratoire, à des schémas de données reposant sur des groupes d&#8217;individus semblables. Pour l&#8217;instant, constate-t-elle, il y a encore un jardin inexploré, celui de la manière dont les émotions sont provoquées, caractérisées, influencées et capables d&#8217;influencer les comportements dans le monde réel. Car les expérimentateurs, les scientifiques dans leurs laboratoires, que testent-ils vraiment depuis les conditions d&#8217;études qu&#8217;ils imaginent et fabriquent ? </p>
<p><em>&#8220;Les émotions reposent sur ce qui est réel : elles se modifient selon ce qui est vraiment important pour vous, ce qui est très différent de ce que les expérimentateurs pensent de ce qui est important pour vous.&#8221;</em> Dit autrement <em>&#8220;une manette de jeu qui ne répond pas dans le monde réel peut-être bien plus importante, émotionnellement, que la mort d&#8217;un personnage dans un monde virtuel&#8221;</em>.<br />
Collecter des données émotionnelles spontanées en provenance du monde réel est vital pour développer une connaissance scientifique précise, explique encore la chercheuse. Les données de laboratoires, rassemblées via des simulateurs, n&#8217;ont rien à voir avec les données observées en milieu naturel. Ainsi, contrairement aux attentes des expérimentateurs, une observation réelle de conducteurs de voiture à montré qu&#8217;ils étaient plus stressés quand leur véhicule passait à l&#8217;arrêt ou démarrait qu&#8217;en conduisant rapidement sur l&#8217;autoroute&#8230; </p>
<p><em>&#8220;Une révolution est en cours dans le domaine des capteurs et des technologies de mesure&#8221;</em>, explique la chercheuse. Des objets de mesure confortables, à faibles coûts sont désormais disponibles via des sociétés comme <a href="http://www.metrisense.com/">Metrisense</a> ou <a href="http://www.alivetec.com/">Alive Technologies</a>. Le capteur d&#8217;activité électrodermale mobile mis au point par le MIT est en passe d&#8217;être commercialisé par <a href="http://www.affectiva.com/">Affectiva</a>. D&#8217;autres sociétés comme <a href="http://www.bodymedia.com/">BodyMedia</a>, <a href="http://www.fitlinxx.com">FitSense</a> ou <a href="http://www.polar.fi/en">Polar</a> ont commercialisé avec succès des capteurs cardiaques et d&#8217;activité pour la santé et le bien-être. </p>
<p>Aucun de ces outils ne mesure directement l&#8217;émotion bien sûr, mais ils capturent les changements physiques qui sont liés aux états émotionnels, apportant des informations objectives sur l&#8217;excitation ou la valence (c&#8217;est-à-dire l&#8217;attirance ou à la répulsion pour un objet). <em>&#8220;Les nouvelles technologies permettent de mesurer n&#8217;importe quoi dans le monde, suffisamment confortablement pour que les participants oublient qu&#8217;ils portent des capteurs.&#8221;</em> Deux facteurs qui ouvrent de nouvelles possibilités dans le domaine de la recherche émotionnelle. </p>
<h3>Nos émotions deviennent comparables</h3>
<p>Les études en recherche émotionnelles bénéficient rarement aux participants, au moins parce qu&#8217;ils n&#8217;accèdent pas à leurs résultats, regrette Rosalind Picard. Que se passerait-il pourtant s&#8217;il y avait un moyen, tout en protégeant la vie privée des participants, de les faire accéder aux résultats ? <a href="http://www.internetactu.net/2008/11/13/finalement-documentez-moi/">C&#8217;est ce que proposent déjà les fonctions sociales des outils de mesure</a>, à l&#8217;image des nombreux outils de suivi personnels (self tracking) capables de mesurer la moindre de nos activités. Bien sûr, plus de données et plus d&#8217;attention aux modèles dynamiques à long terme engendrent plus de complexité. <em>&#8220;Plus de données du monde réel, signifie plus de bruit, d&#8217;étiquettes et de contextes à prendre en compte, avec une plus grande complexité d&#8217;interprétation. La tâche peut devenir écrasante.&#8221;</em> Mais les gens peuvent aider les scientifiques à progresser, envisage la chercheuse avec optimisme. La participation des participants permet aux gens d&#8217;en apprendre davantage sur leurs propres données, de bénéficier directement des résultats tout en contribuant à l&#8217;analyse. <em>&#8220;La recherche peut être accomplie par le peuple et pour le peuple&#8221;</em>, clame-t-elle comme un nouveau crédo. <em>&#8220;Les nouvelles technologies permettent aux gens ordinaires de contribuer à la soumission de données, à l&#8217;annotation, à l&#8217;analyse et plus encore&#8230; A l&#8217;avenir, les individus peuvent apprendre comment ils s&#8217;insèrent dans un plus grand ensemble de résultats, tout en permettant aux scientifiques d&#8217;accéder à des niveaux de données plus naturels qu&#8217;il n&#8217;aurait jamais été possible d&#8217;atteindre dans des laboratoires d&#8217;études. Plus de données, plus de pertinence, plus de progrès.&#8221;</em> </p>
<p>Un déluge de données qui va renforcer (<a href="http://www.internetactu.net/2008/09/09/est-ce-que-le-deluge-de-donnees-va-rendre-la-methode-scientifique-obsolete/">plus que bouleverser, comme le prédisait Chris Anderson</a>) la méthode scientifique, estime Rosalind Picard, en évoquant des recherches très concrètes comme celles qu&#8217;elle mène sur l&#8217;autisme ou la conduite. </p>
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		<title>La vie privée peut tuer</title>
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		<pubDate>Tue, 02 Mar 2010 09:46:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Marc Manach</dc:creator>
				<category><![CDATA[Confiance et sécurité]]></category>
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		<description><![CDATA[&#8220;En compagnie de nudistes, personne n&#8217;est nu, et il n&#8217;y a nulle part où se cacher.&#8221;
&#8211;Jeff Jarvis
Journaliste et auteur de &#8220;La méthode Google : que ferait Google à votre place ?&#8220;, Jeff Jarvis est surtout connu pour son blog, BuzzMachine. Il y défend notamment le fait qu&#8217;avec l&#8217;internet, nous entrons dans une nouvelle ère de vie publique (publicness,&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p><a href="http://www.buzzmachine.com/archives/2003_06_01.html#003916"></a><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2010/02/1002ynakedair-010.jpg" alt="Compagnie aérienne nudiste" title="Compagnie aérienne nudiste" hspace="3" vspace="3" align="right" width="200"  class="alignnone size-full wp-image-9470" />&#8220;En compagnie de nudistes, personne n&#8217;est nu, et il n&#8217;y a nulle part où se cacher.&#8221;<br />
&#8211;Jeff Jarvis</p></blockquote>
<p>Journaliste et auteur de &#8220;<a href="http://www.amazon.fr/méthode-Google-ferait-votre-place/dp/2753300917/internetnet-21"><em>La méthode Google : que ferait Google à votre place ?</em></a>&#8220;, Jeff Jarvis est surtout connu pour son blog, <a href="http://www.buzzmachine.com/">BuzzMachine</a>. Il y défend notamment le fait qu&#8217;avec l&#8217;internet, nous entrons dans une nouvelle ère de vie publique (<em>publicness</em>, en VO) qui va révolutionner nos manières de vivre, de travailler et de gouverner, et estime que gouvernements et entreprises privées devraient être transparentes &#8220;<em>par défaut</em>&#8221; si elles veulent garder la confiance des citoyens, et consommateurs.</p>
<blockquote><p>&#8220;Aussi, je n&#8217;avais pas le choix, quand j&#8217;ai appris que j&#8217;avais un cancer de la prostate. Il fallait que j&#8217;en parle sur mon blog.&#8221;</p></blockquote>
<p><a href="http://www.buzzmachine.com/2009/08/17/the-public-life-2/">Et il ne le regrette pas</a>. En commentaires, par mail, via Twitter, il a reçu beaucoup plus d&#8217;informations et de soutien, tant de la part d&#8217;autres malades, d&#8217;amis que d&#8217;inconnus, qu&#8217;il n&#8217;a pâti de cette exposition d&#8217;une partie de son intimité et de sa &#8220;<em>vie privée</em>&#8220;.</p>
<p>Si cela a permis de ne sauver ne serait-ce qu&#8217;une seule vie, écrit-il, son &#8220;<em>outing</em>&#8221; valait la peine d&#8217;être effectué. D&#8217;autant qu&#8217;il a également incité d&#8217;autres malades à en parler, et donc à insister sur l&#8217;importance de se faire dépister.</p>
<p><a href ="http://www.buzzmachine.com/archives/2004_01_15.html#005874"></a><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2010/02/1002HandsOffOurBoobs.jpg" alt="Hands Off Our Boobs" title="Hands Off Our Boobs" width="150" class="alignnone size-full wp-image-9475" hspace="3" vspace="3" align="right" />Les hommes ont de ces pudeurs que les femmes ont moins. Les hommes, dit-on, taisent leurs émotions, ne parlent pas de leurs problèmes intimes. Les femmes n&#8217;ont pas forcément ce genre de pudeur, et un autre rapport à l&#8217;&#8221;<em>intimité</em>&#8220;, tant de leur corps que de leurs états d&#8217;âmes.</p>
<p>Ainsi, et comme l&#8217;a découvert Jarvis suite à son billet, le cancer du sein est bien plus médiatisé, et reçoit bien plus d&#8217;attention, d&#8217;argent et donc de recherches, que celui de la prostate, alors qu&#8217;il touche à peu près autant d&#8217;hommes qu&#8217;il n&#8217;y a de femmes atteintes du cancer du sein.</p>
<p>Jarvis a enfin pris conscience que le fait de ne pas parler des problèmes que l&#8217;on peut avoir avec son pénis, par timidité, par honte ou parce que cela relève de son intimité, empêche certains hommes de se confier à leurs médecins, et que certains en meurent. Dit de façon plus brutale : &#8220;<em><a href="http://e-patients.net/archives/2010/02/privacy-can-kill-openness-can-heal.html">la vie privée peut tuer</a></em>&#8220;.</p>
<h3>La &#8220;vie privée&#8221; ? Une peur galvaudée</h3>
<p>Pour Jarvis, il y a plus d&#8217;avantages à avoir une vie publique sur le Net que de risques à y perdre son intimité :</p>
<blockquote><p>&#8220;<a href="http://www.buzzmachine.com/2007/11/28/friends-forever-the-advantages-of-publicness/">Ma vie est un blog ouvert</a>. Aussi, je préfère regarder les bénéfices que je peux tirer de cette vie publique, et m&#8217;intéresser à ce que je pourrais perdre en maintenant, de façon exagérée, certaines informations dans la sphère privée. Quel est le coût de la vie privée ?&#8221;</p></blockquote>
<p>Jeff Jarvis rappelle que Vint Cerf, l&#8217;un des pères de l&#8217;internet, avait déclaré, ironiquement, qu&#8217;&#8221;<em>il n&#8217;y a plus de vie privée, autant vous y faire</em>&#8220;. Pas tant parce qu&#8217;elle n&#8217;existe pas, mais parce que ce n&#8217;est pas la question :</p>
<blockquote><p>&#8220;La notion de &#8220;<em>vie privée</em>&#8221; est l&#8217;une des peurs les plus galvaudées de notre époque. Le problème, ce n&#8217;est pas la vie privée. C&#8217;est le contrôle.</p>
<p>Nous avons besoin de pouvoir contrôler nos données personnelles, de savoir si elles sont rendues publiques, auprès de qui, et comment elles sont utilisées.&#8221;</p></blockquote>
<p>Cette peur de voir nos données être récupérées, et contrôlées, par des tiers, est au coeur du &#8220;<em>paradoxe de la vie privée</em>&#8220;, que l&#8217;on peut <a href="http://www.identitesactives.net/?q=lexique-terme21-paradoxe-de-la-vie-privee">définir</a> comme suit :</p>
<blockquote><p>&#8220;Contradiction au moins apparente entre, d&#8217;une part, l&#8217;inquiétude générale ressentie par les individus vis-à-vis de la protection de leur vie privée dans un monde numérique et, d&#8217;autre part, leurs pratiques quotidiennes de dévoilement volontaire, lorsqu&#8217;ils remplissent un formulaire, répondent à un questionnaire ou cherchent à nouer des relations en ligne.&#8221;</p></blockquote>
<p><a href ="http://www.buzzmachine.com/2010/02/11/the-german-privacy-paradox/"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2010/02/1002sauna-sign-150x150.jpg" alt="sauna-sign" title="sauna-sign" width="150" height="150" class="alignnone size-thumbnail wp-image-9479" hspace="3" vspace="3" align="right" /></a>Jeff Jarvis s&#8217;est ainsi <a href="http://www.buzzmachine.com/2010/02/11/the-german-privacy-paradox/">penché</a> sur le &#8220;<em>paradoxe de la vie privée</em>&#8221; des Allemands qui, dans leurs saunas (mixtes) n&#8217;ont aucun problème à être nus, mais qui, par contre, estiment que Facebook ou Google Analytics vont à l&#8217;encontre de leurs lois, qui <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Wolfgang_Werl%C3%A9">autorisent</a> (au nom du droit à l&#8217;oubli) des meurtriers à retirer leurs noms de l&#8217;article de Wikipedia consacré à celui qu&#8217;ils ont tué, et qui n&#8217;hésitent pas à <a href="http://www.spiegel.de/international/germany/0,1518,676616,00.html">porter plainte</a> contre Google Street View, qui rend publiques des photographies prises&#8230; dans les espaces publics.</p>
<p>Jeff Jarvis n&#8217;en estime pas moins que les Allemands ont probablement &#8220;<em>l&#8217;attitude la plus mature pour ce qui est des rapports entre vie publique et vie privée</em>&#8221; :</p>
<blockquote><p>Une bonne façon de poser la question est de se demander quel dommage pourrait résulter de l&#8217;exposition au public de quelque chose de privé.</p>
<p>Regardons les Allemands : quel mal y a-t-il à être nu lorsque tout le monde l&#8217;est ? <a href="http://www.buzzmachine.com/2009/08/17/the-public-life-2/">En compagnie de nudistes, personne n&#8217;est &#8220;nu&#8221;</a>. Alors comme ça, vous avez des seins, et mois un pénis. Surprise, surprise, surprise.</p>
<p>Le problème ne relève pas de la vie privée, mais du contrôle : nous avons le droit de contrôler nos données, et comment elles sont utilisées. Et qu&#8217;y a-t-il de mal à avoir une vie publique ? Où se situe la limite ?</p></blockquote>
<h3>Le problème, ce n&#8217;est pas la vie privée. C&#8217;est le contrôle</h3>
<p>Il ne plaide pas pour autant pour une transparence totale, mais pour le libre choix de tout un chacun de disposer librement de ce qu&#8217;il veut rendre public, ou pas, de sa vie privée :</p>
<blockquote><p>&#8220;Je pense que nous devrions déplacer la discussion des dangers qui pèsent sur la vie privée aux bénéfices qu&#8217;il y a à tirer de la vie publique.</p>
<p>Le problème, ce n&#8217;est pas la vie privée, mais le contrôle qu&#8217;on en a. Et je dois avoir le droit, et les moyens, de garder secrète la maladie si j&#8217;en ai envie.&#8221;</p></blockquote>
<p>Pourtant, dans le même temps, Jarvis prédit aussi que viendra le temps où ceux qui ne se prêteront pas à ce type de transparence passeront pour &#8220;<em>égoïstes</em>&#8220;, de même que les entreprises, gouvernements ou institutions qui refuseraient d&#8217;agir en toute transparence, et de rendre publiques leurs données publiques, sont et seront accusés d&#8217;avoir quelque chose à cacher.</p>
<p>Pour autant, ce n&#8217;est pas parce que l&#8217;on peut, sur l&#8217;internet, partager beaucoup d&#8217;informations, et donc aussi rendre publiques des données qui relevaient auparavant l&#8217;internet de la seule sphère personnelle, que l&#8217;on devient pour autant totalement transparent : avoir une &#8220;<em>vie publique</em>&#8221; ne signifie pas tirer un trait sur sa &#8220;<em>vie privée</em>&#8220;.</p>
<p><a href="http://www.buzzmachine.com/archives/2004_12_11.html#008655"></a><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2010/02/1002greek2.jpg" alt="Greek naked" title="Greek naked" width="100" height="199" class="alignnone size-full wp-image-9477" vspace="3" hspace="3" align="right" />Et il est évident que l&#8217;<a href="http://standblog.org/blog/post/2009/12/11/D%C3%A9rapage-d-Eric-Schmidt-de-Google">on a tous des choses à cacher</a>, et des choses que l&#8217;on n&#8217;aimerait pas forcément voir : nous sommes nés parce que nos parents ont fait l&#8217;amour, par exemple. On va tous aux toilettes, sous la douche, chez le médecin, voire à confesse, toutes choses qui relèvent de notre intimité, de la sphère privée.</p>
<p>&#8220;<em><a href="http://www.buzzmachine.com/2009/03/14/sxsw-privacy-and-publicness/">La vie publique, c&#8217;est du social</a></em>&#8220;, souligne Jarvis, et là est toute la différence. Le web 2.0 en a fait sa force de travail, sinon son modèle économique : je consens à obtenir un service en contrepartie, soit de ma force de travail bénévole, soit de certaines données personnelles, voire les deux.</p>
<p>C&#8217;est d&#8217;ailleurs ce qui a fait le succès de Flickr, qui postulait que, par défaut, les utilisateurs rendraient publiques leurs photographies, quand leurs concurrents proposaient, essentiellement, de les garder pour soi, en mode &#8220;<em>privé</em>&#8220;. Dès lors, les utilisateurs ont commencé à regarder les photos des autres, à les commenter, partager, à créer des groupes et communautés, à expliquer comment faire de plus belles photos&#8230;</p>
<h3>S&#8217;informer, ce n&#8217;est pas espionner</h3>
<p>Pour David Weinberger (<a href="http://www.hyperorg.com/blogger/">blog</a>), &#8220;<em>la transparence est la <a href="http://pisani.blog.lemonde.fr/2009/08/18/la-transparence-est-la-nouvelle-objectivite/">nouvelle objectivité</a></em>&#8220;, comme le résumait Francis Pisani, &#8220;<em>parce qu’elle permet de voir les sources de l’auteur et les valeurs qui l’ont amené à prendre la position qui est la sienne</em>&#8221; :</p>
<blockquote><p>&#8220;Hier, l’objectivité du reporter nous donnait des raisons de croire. Elle avait pour inconvénient de nous encourager à cesser de douter, de renoncer à enquêter par nous même.</p>
<p>Mais à l’heure du web, &#8220;<em>L’objectivité sans transparence ressemblera de plus en plus souvent à de l’arrogance</em>&#8220;. Pourquoi faire confiance quand on peut avoir accès aux faits, à la source des idées, aux arguments ?&#8221;</p></blockquote>
<p><a href="http://fr.readwriteweb.com/2009/07/04/nouveautes/mthode-google-livre-de-jeff-jarvis-sort-enfin-en-france/"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2010/02/1002la_methode_google-150x150.jpg" alt="La méthode Google" title="La méthode Google" width="150" height="150" class="alignnone size-thumbnail wp-image-9481" hspace="3" vspace="3" align="right" /></a>La &#8220;<em>génération Google</em>&#8221; fait quelque chose que l&#8217;on ne pouvait pas faire auparavant : chercher, par soi-même, à recouper, vérifier et valider une information. C&#8217;est la force des moteurs de recherche, c&#8217;est aussi ce pour quoi blogueurs et bons journalistes donnent les liens vers leurs sources, tout comme les universitaires mettent leurs références en notes de bas de page.</p>
<p>S&#8217;informer sur quelqu&#8217;un, ce n&#8217;est pas forcément de l&#8217;espionnage. Cela relève même rarement de l&#8217;espionnage, ou de la surveillance. Journalistes et blogueurs ne sont pas au service d&#8217;un quelconque Big Brother, et n&#8217;ont que très rarement recours à des méthodes ou techniques relevant de l&#8217;espionnage lorsqu&#8217;ils s&#8217;informent. Quant aux atteintes à la vie privée dont font les frais les people, il s&#8217;agit souvent d&#8217;un <a href="http://www.slate.fr/story/15569/business-people-presse-argent-proces-vie-privee-jennifer-aniston">business</a>, plus que de réelles atteintes à l&#8217;intimité.</p>
<p>Il est donc faux de déclarer que le problème, dans cette société de l&#8217;information qu&#8217;est l&#8217;internet, ce serait la &#8220;<em>vie privée</em>&#8220;. Le problème, c&#8217;est la possibilité (ou non) de contrôler ce que l&#8217;on décide de rendre public. Et, faut-il le rappeler, la majeure partie des internautes le vivent très bien, merci -même si on peut toujours faire mieux.</p>
<p><a href="http://fr-fr.facebook.com/jean.marc.manach">jean.marc.manach</a> (sur Facebook) &amp; <a href="http://twitter.com/manhack">@manhack</a> (sur Twitter)</p>
<p><em>PS : ceux qui voudraient en savoir plus sur le <a href="http://www.buzzmachine.com/2009/09/17/the-small-c-and-the-big-robot/">robot chirurgien</a> qui a opéré Jeff Jarvis de son cancer de la prostate, ou encore de l&#8217;<a href="http://www.buzzmachine.com/2009/10/16/small-c-the-penis-post/">ordre</a> qui lui a été donné de prendre du Viagra et de se masturber pour que son sexe retrouve toutes ses fonctions, trouveront toutes ces informations réunies, sous l&#8217;étiquette <a href="http://www.buzzmachine.com/tag/prostate/">prostate</a>, sur son blog dont sont également extraites les illustrations de ce billet.</em></p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/confiance/" title="confiance" rel="tag nofollow">confiance</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/donnees-publiques/" title="données publiques" rel="tag nofollow">données publiques</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/empowerment/" title="empowerment" rel="tag nofollow">empowerment</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/identite/" title="identité" rel="tag nofollow">identité</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/jeunes/" title="jeunes" rel="tag nofollow">jeunes</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/longue-vie/" title="longue vie" rel="tag nofollow">longue vie</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/reseaux-sociaux/" title="réseaux sociaux" rel="tag nofollow">réseaux sociaux</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/surveillance/" title="surveillance" rel="tag nofollow">surveillance</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/tracabilite/" title="traçabilité" rel="tag nofollow">traçabilité</a><br />
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		<title>Soyons sérieux, jouons ! (3/5): Le jeu catalyseur de l’intelligence collective</title>
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		<pubDate>Mon, 01 Mar 2010 08:00:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rémi Sussan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Brèves]]></category>
		<category><![CDATA[Education et formation]]></category>
		<category><![CDATA[Jeu]]></category>
		<category><![CDATA[Usages]]></category>

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		<description><![CDATA[C&#8217;est l&#8217;un des principes émis par Jordan Weisman sur la création des Augmented Reality Games (ARG): le jeu doit être coopératif et collectif. Les énigmes proposées par les jeux à réalité alternés sont si nombreuses et si complexes qu&#8217;un individu seul ne peut espérer les résoudre. C&#8217;est un groupe qui doit trouver la solution, et pas un petit : plus&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>C&#8217;est l&#8217;un des principes émis par <a href="http://www.internetactu.net/2010/02/02/soyons-serieux-jouons-25-les-nouvelles-formes-de-jeu/">Jordan Weisman sur la création des <em>Augmented Reality Games</em> (ARG)</a>: le jeu doit être coopératif et collectif. Les énigmes proposées par les jeux à réalité alternés sont si nombreuses et si complexes qu&#8217;un individu seul ne peut espérer les résoudre. C&#8217;est un groupe qui doit trouver la solution, et pas un petit : plus on est de fous, plus on rit, et plusieurs milliers de participants ne sont pas de trop.</p>
<p><a href="http://www.avantgame.com/">Jane McGonigal, conceptrice de jeux et chercheuse</a>, est probablement celle qui a le plus intensément travaillé sur cette capacité des ARG a générer de l&#8217;intelligence collective et sur les applications &#8220;sérieuses&#8221; qui peuvent en découler. Son texte important, &#8220;<a href="http://www.seanstewart.org/beast/mcgonigal/notagame/paper.pdf">&#8216;This Is Not a Game&#8217; : Immersive Aesthetics and Collective Play (.pdf)</a>&#8221; (&#8221;Ce n&#8217;est pas un jeu : esthétique immersive et jeu collectif&#8221;), commence par relater comment les &#8220;<a href="http://www.cloudmakers.org/">cloudmakers</a>&#8220;,  <a href="http://www.internetactu.net/2010/02/02/soyons-serieux-jouons-25-les-nouvelles-formes-de-jeu/">ce collectif de joueurs qui a résolu le mystère de <em>The Beast</em></a>, ont réagi sur leur forum le 11 septembre 2001 :</p>
<p><em>&#8220;Les discussions ont commencé, comme partout ailleurs dans le le monde, par des réactions de choc, des prières, des spéculations. Mais à la fin de la journée, cependant, les conversations des cloudmakers avaient radicalement changé de ton. En fort contraste avec les sentiments de confusion, de peur et d&#8217;impuissance qui avaient envahi les discours publics et privés durant les 24 heures qui ont suivi l&#8217;attaque, un grand nombre des 7332 membres des cloudmakers en vinrent à développer une réponse bien plus assurée et organisée à la menace et au mystère constitué par les événements du jour. Les auteurs de billets intitulés, entre autres, &#8220;l&#8217;énigme la plus sombre&#8221;, ou &#8220;les cloudmakers à la rescousse&#8221;, affirmèrent avec passion que l&#8217;attitude mentale du joueur, était, selon eux, un moyen approprié et productif pour se confronter à la terrible réalité du 11 septembre. &#8220;Nous pouvons résoudre l&#8217;énigme de l&#8217;identité des terroristes, affirma un membre. Un autre approuva : nous avons les moyens, les ressources, l&#8217;expérience pour nous former une hypothèse à partir de notre mine de connaissances et d&#8217;intuitions personnelles&#8230; &#8220;</em> </p>
<p>Très vite, cependant, les cloudmakers se rendirent compte de leurs limites, et l&#8217;un des modérateurs du forum rappela les plus enthousiastes à l&#8217;ordre : <em>&#8220;Les cloudmakers sont un collectif d&#8217;enquêteurs qui se sont réunis pour *un jeu*&#8230; tout y était scénarisé. On y avait placé des indices pour que nous les découvrions. C&#8217;était une *narration*&#8230; Ceci n&#8217;est pas un jeu. N&#8217;entretenez pas d&#8217;illusions de grandeur. Les cloudmakers ont résolu une histoire. Là, nous sommes dans la vie réelle&#8221;.</em></p>
<p>Cet excès de confiance, cette fusion entre réel et fiction (le slogan &#8220;this is not a game&#8221; prenant désormais une signification complètement différente) peut étonner. Cependant, l&#8217;excès de confiance des cloudmakers n&#8217;était pas sans fondement. Ils avaient montré auparavant comment leur &#8220;intelligence collective&#8221; avait été capable de &#8220;craquer&#8221; une très difficile série d&#8217;énigmes.</p>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2010/02/ilovebeesjoueurs-300x225.jpg" alt="Des joueurs d'i love bees en pleine enquête" title="Des joueurs d'i love bees en pleine enquête" width="300" height="225" class="alignleft size-medium wp-image-9512" align="left" hspace="6" vspace="6" />S&#8217;inspirant de ses travaux sur <a href="http://ilovebees.com/"><em>I love bees</em></a> (<a href="http://en.wikipedia.org/wiki/I_Love_Bees">voir explications sur Wikipédia</a>), un ARG lancé par Microsoft en accompagnement du jeu vidéo <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Halo_2"><em>Halo 2</em></a>, Jane McGonigal <a href="http://www.avantgame.com/McGonigal_WhyILoveBees_Feb2007.pdf">explique (.pdf)</a> que cette mobilisation s&#8217;effectue en trois étapes : filant la métaphore des abeilles, elle nomme la première phase &#8220;reconstruction de l&#8217;esprit de la ruche&#8221; : autrement dit, favoriser, toujours selon ses mots, l&#8217;apparition d&#8217;une <em>cognition collective</em>. C&#8217;est le moment où les milliers de participants découvrent le jeu, commencent à accumuler les multitudes de pièces du puzzle éparpillées sur le web et mettent en place un système collaboratif d&#8217;échange d&#8217;informations via des forums, des mailing-lists, etc.</p>
<p>La deuxième phase, celle de la coopération ou de la &#8220;création de sens&#8221; intervient plus tard, lorsque tous les éléments du jeu ont été collectés. Les joueurs cherchent à élaborer des hypothèses sur cet ensemble disparate d&#8217;informations, et en fonction des préférences de chacun, des groupes et des équipes se forment. Par exemple, dans <em>I love bees</em>, il existe un ensemble mystérieux de 210 coordonnées géographiques. Les joueurs se sont divisés en trois groupes, les uns postulant que les coordonnées géographiques devaient être prises au sens littéral, d&#8217;autres pensant que la signification des lieux comptait plus que leur localisation, et d&#8217;autres encore que ces coordonnées constituaient un code pointant vers tout autre chose. Le premier groupe avait raison. Il fallait se rendre avant le 24 août, date d&#8217;un évènement marquant la fin du jeu, sur un quelconque des lieux mentionnés. Mais les joueurs ayant tablé sur une autre interprétation ne se sont pas pour autant sentis comme des &#8220;perdants&#8221;, en situation d&#8217;échec. Car <em>&#8220;en dernier recours, c&#8217;était le fait d&#8217;avoir participé à la recherche qui comptait le plus&#8221;</em> conclu Jane McGonigal.</p>
<p>La troisième phase consiste à faire évoluer cette intelligence collective. C&#8217;est là qu&#8217;interviennent les concepteurs du jeu, qu&#8217;on appelle dans le domaine des ARG, les <em>puppets masters</em> (les marionnettistes, un terme qui montre bien le caractère de manipulateur d&#8217;opinions propre aux créateurs d&#8217;ARG). Lorsqu&#8217;un jeu vidéo se termine, explique McGonigal, le rôle du concepteur s&#8217;arrête à la vente du produit. Lorsqu&#8217;un ARG est lancé, les concepteurs n&#8217;ont élaboré que 60% du jeu à peine. Ils réaliseront le reste à la volée, en fonction des réactions des joueurs. Par exemple, un mystérieux langage de programmation d&#8217;intelligence artificielle était mentionné sur les pages web associées à <em>I love bees</em>. Un groupe de joueurs, à partir des allusions et extraits de codes disponibles, ont créé une page wiki consacrée à ce langage, <a href="http://halo.wikia.com/wiki/Flea%2B%2B">Flea++</a>. Il ne restait plus aux concepteurs de <em>I love bees</em> qu&#8217;à s&#8217;inspirer de ce wiki pour ajouter des informations sur cet énigmatique Flea ++&#8230;</p>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2010/02/warwooil-160x300.gif" alt="warwooil" title="warwooil" width="160" height="300" class="alignright size-medium wp-image-9511" align="right" vspace="6" hspace="6" />Aujourd&#8217;hui Jane Mcgonigal cherche à canaliser cette intelligence collective pour des objectifs sérieux, avec des jeux comme <a href="http://www.internetactu.net/2008/10/13/superstruct-un-jeu-pour-imaginer-demain/"><em>Superstruct</em></a>, ou <a href="http://www.worldwithoutoil.org/"><em>World without Oil</em></a> (un monde sans pétrole) ou, plus récemment, <a href="http://www.urgentevoke.com/"><em>Evoke</em></a>.</p>
<p><em>Superstruct</em> et <em>World without Oil</em> possèdent une structure assez différente des ARG traditionnels, puisqu&#8217;ils font plus appel à la créativité des internautes qu&#8217;à leurs talents de détectives amateurs. Dans ces deux &#8220;jeux&#8221;, les concepteurs ont proposé un ou plusieurs scénarios sur le futur, les joueurs produisant divers documents multimédias (textes, vidéos, etc.) utilisant ce scénario comme base. Dans l&#8217;espoir que ces créations pourront donner quelques pistes aux prospectivistes (comme l&#8217;<a href="http://www.iftf.org/">Institut pour le futur</a>, organisateur de <em>Superstruct</em>) pour les aider à mieux envisager les crises futures.</p>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2010/02/evokegame-196x300.jpg" alt="Une planche du jeu Evoke" title="evokegame" width="196" height="300" class="alignleft size-medium wp-image-9510"  align="left" vspace="6" hspace="6" /><em>Evoke</em>, qui devrait démarrer en mars 2010, toujours sous les auspices de l&#8217;Institut pour le futur, semble plus complexe. D&#8217;après ce qui en transpire actuellement, il semblerait que par bien des points il se rapproche plus des ARG classiques, en proposant des énigmes insérées dans des comics ou des vidéos. Mais l&#8217;ambition d&#8217;Evoke serait de s&#8217;attaquer à de véritables problèmes mondiaux, comme la faim ou la pauvreté, notamment en connectant des joueurs Africains et Occidentaux (<a href="http://vimeo.com/9094186">vidéo</a>).</p>
<p><object width="480" height="320"><param name="allowfullscreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="movie" value="http://vimeo.com/moogaloop.swf?clip_id=9094186&amp;server=vimeo.com&amp;show_title=1&amp;show_byline=1&amp;show_portrait=0&amp;color=&amp;fullscreen=1" /><embed src="http://vimeo.com/moogaloop.swf?clip_id=9094186&amp;server=vimeo.com&amp;show_title=1&amp;show_byline=1&amp;show_portrait=0&amp;color=&amp;fullscreen=1" type="application/x-shockwave-flash" allowfullscreen="true" allowscriptaccess="always" width="480" height="320"></embed></object>
<p><a href="http://vimeo.com/9094186">EVOKE trailer (a new online game)</a> from <a href="http://vimeo.com/user3073449">Alchemy</a> on <a href="http://vimeo.com">Vimeo</a>.</p>
<p>Cette capacité à mobiliser l&#8217;intelligence collective ne se limite pas aux ARG. Ainsi, Foldit (<a href="http://www.internetactu.net/2008/05/20/les-joueurs-au-secours-de-la-science/">que nous avons déjà évoque</a>) est un jeu vidéo utilisant le web pour demander à des joueurs de plier des protéines, une opération extrêmement complexe et consommatrice de temps de calcul quand elle est réalisée par une machine&#8230;</p>
<p>Selon <a href="http://henryjenkins.org/">Henri Jenkins</a>, professeur de communication et ex-directeur des Etudes comparatives des Médias au MIT, l&#8217;intelligence collective est une caractéristique de la nouvelle culture participative, et elle se manifeste particulièrement dans la &#8220;pop culture&#8221;. <a href="http://news.cnet.com/8301-13772_3-9889299-52.html">Lors d&#8217;une conférence en compagnie de Stephen Berlin Johnson</a>, il explique que celle-ci a donné naissance à toute une série d&#8217;activités collectives telles que les discussions en ligne, les &#8220;fictions écrites par des fans (<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Fanfic">fanfics</a>)&#8230; capables de résoudre des problèmes complexes.</p>
<p>Un peu à la manière des jeux sérieux de Jane Mcgonigal, certaines de ces communautés de fans se sont penchées elles aussi sur des problèmes plus graves. Ainsi, Jenkins mentionne la <a href="http://www.thehpalliance.org/">Harry Potter Alliance</a>, un groupe de fans du magicien de Poudlard, qui se consacre à combattre &#8220;la magie noire du monde réel&#8221;, en mettant l&#8217;univers de JK Rowling au service de grandes causes humanitaires !</p>
<p>L&#8217;existence de ces communautés de fans montre que non seulement l&#8217;intelligence collective se développe par les activités ludiques, mais qu&#8217;il n&#8217;est même plus besoin de <em>puppet masters</em> ou de concepteurs pour aider son développement. A l&#8217;instar des enfants qui jouent à &#8220;faire comme si&#8221; dans les cours de récréation, les communautés de joueurs se servent de leur environnement culturel immédiat pour élaborer leurs univers alternatifs et même réaliser leurs propres applications sérieuses. <a href="http://www.internetactu.net/2010/01/19/les-7-bifurcations-de-la-realite-virtuelle-33-hommes-machines-et-jeux/">Pour reprendre la fameuse classification de Roger Caillois</a>, le jeu sérieux n&#8217;appartient pas nécessairement à la catégorie du Ludus ; il peut émerger spontanément de la Paidia !</p>
<p>Rémi Sussan</p>
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		<title>A lire ailleurs du 15/02/2010 au 22/02/2010</title>
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		<pubDate>Mon, 22 Feb 2010 04:00:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Internetactu</dc:creator>
				<category><![CDATA[A lire ailleurs]]></category>

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		<description><![CDATA[

L&#39;incroyable monde de Chatroulette &#8211; NYTimes.com
Le dernier phénomène de la Net Culture s&#39;appelle Chatroulette &#8211; http://chatroulette.com : il consiste à ouvrir des sessions de tchat vidéo avec des inconnus, au hasard, dans un anonymat quasi assuré. A l&#39;heure où la vie privée est devenue impossible à préserver, quand la moindre chose que vous faite est signalée en ligne, Chatroulette&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="s-delicious">
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<h3><a href="http://www.nytimes.com/2010/02/21/weekinreview/21bilton.html?src=twt&amp;twt=nytimestech" title="A lire (lien externe)">L&#39;incroyable monde de Chatroulette &#8211; NYTimes.com</a></h3>
<p>Le dernier phénomène de la Net Culture s&#39;appelle Chatroulette &#8211; http://chatroulette.com : il consiste à ouvrir des sessions de tchat vidéo avec des inconnus, au hasard, dans un anonymat quasi assuré. A l&#39;heure où la vie privée est devenue impossible à préserver, quand la moindre chose que vous faite est signalée en ligne, Chatroulette propose assurément une autre expérience (parfois vraiment barrée), explique Nick Bilton. Reste que les expériences extrêmes ont aussi toujours fait partie de la net culture, qui paraît de moins en moins underground à mesure que le web se massifie.</p>
</p></div>
<div class="b-deli">
<h3><a href="http://www.marketing-professionnel.fr/tribune-libre/sante-20-partage-echange.html" title="A lire (lien externe)">Vers un nouveau paradigme de la santé : la santé 2.0 &#8211; Marketing Professionnel</a></h3>
<p>A l’heure où l’on ne jure que par le web 2.0, certains secteurs en mutation engagent des réflexions de fond. C’est le cas pour le système de santé qui vit une révolution. Alors que le process est bien engagé aux Etats-Unis, précurseur en e-santé, la France peine davantage à entreprendre une remise en question des codes établis tant le sujet est sensible. La Conférence Health 2.0 Europe se tiendra à Paris les 6 et 7 avril prochains à la Cité Internationale Universitaire de Paris.</p>
</p></div>
</div>
<div class="feedflare">
<a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=j28u-teE7VE:FfVjDZMrkIE:yIl2AUoC8zA"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?d=yIl2AUoC8zA" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=j28u-teE7VE:FfVjDZMrkIE:7Q72WNTAKBA"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?d=7Q72WNTAKBA" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=j28u-teE7VE:FfVjDZMrkIE:V_sGLiPBpWU"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?i=j28u-teE7VE:FfVjDZMrkIE:V_sGLiPBpWU" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=j28u-teE7VE:FfVjDZMrkIE:dnMXMwOfBR0"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?d=dnMXMwOfBR0" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=j28u-teE7VE:FfVjDZMrkIE:D7DqB2pKExk"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?i=j28u-teE7VE:FfVjDZMrkIE:D7DqB2pKExk" border="0"></img></a>
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		<item>
		<title>A lire ailleurs du 08/02/2010 au 15/02/2010</title>
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		<pubDate>Mon, 15 Feb 2010 04:00:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Internetactu</dc:creator>
				<category><![CDATA[A lire ailleurs]]></category>

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		<description><![CDATA[

Notes sur New Songdo City &#8211; CityOfSound
En transit, Dan Hill s&#39;est arrêté à New Sondgo City, pour nous la montrer telle qu&#39;elle est. On est encore loin de la manière dont on la projette.


Construire l&#39;école transparente ? par Philippe Danino et Christian Laval &#8211; skhole.fr
Quelles sont les conséquences de la généralisation des Espaces numérique de travail sur&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="s-delicious">
<div class="b-deli">
<h3><a href="http://www.cityofsound.com/blog/2010/01/notes-on-new-songdo-city.html#more" title="A lire (lien externe)">Notes sur New Songdo City &#8211; CityOfSound</a></h3>
<p>En transit, Dan Hill s&#39;est arrêté à New Sondgo City, pour nous la montrer telle qu&#39;elle est. On est encore loin de la manière dont on la projette.</p>
</p></div>
<div class="b-deli">
<h3><a href="http://skhole.fr/construire-l-%C3%A9cole-transparente-par-philippe-danino-et-christian-laval" title="A lire (lien externe)">Construire l&#39;école transparente ? par Philippe Danino et Christian Laval &#8211; skhole.fr</a></h3>
<p>Quelles sont les conséquences de la généralisation des Espaces numérique de travail sur le métier des enseignants, comme c&#39;est le cas du cahier de texte électronique annoncé par Xavier Darcos ? Quelles sont les conséquences de cette construction de l&#39;école numérique par brique ? Deux professeurs du lycée Buffon à Paris analysent l&#39;injonction à utiliser des outils numériques à l&#39;école et comment nombre d&#39;usages, certainement plus efficace au terme d&#39;autonomisation, échappent à cette logique gestionnaire. &quot;La substitution par le numérique n’est pas aussi simple qu’elle en a l’air. La rationalisation – certainement réelle – qu’elle représente, ne saurait être à elle-même sa propre fin ; « l’efficacité » à laquelle elle prétend ne saurait constituer la seule mesure de la valeur ou du sens d’une pratique. Que veut-on faire de l’école ?&quot;</p>
</p></div>
<div class="b-deli">
<h3><a href="http://www.psyetgeek.com/linternet-comme-miroir-des-exclusions" title="A lire (lien externe)">L’Internet comme miroir des exclusions &#8211; Psy et Geek</a></h3>
<p>Internet une &quot;merveilleuse&quot; méritocratie ? Pas vraiment expliquait danah boyd au dernier Personal Democracy Forum &#8211; http://www.danah.org/papers/talks/PDF2009.html -, en montrant comment la répartition des populations américaines sur MySpace et Facebook relève de mécanismes d&#39;exclusion sociale. Facebook s&#39;est peuplé depuis les universités et les grandes écoles au détriment de MySpace qui rapidement été ostracisé, à la manière des quartiers de banlieue. Au final, les 2 espaces s&#39;ignorent totalement. Pour danah boyd, il est clair que l&#39;internet est le reflet de nos sociétés, que c&#39;est un espace public qui appartient d&#39;abord aux classes dominantes. Etre sur un réseau social c&#39;est indiquer à quelle population on s&#39;intéresse et à laquelle on ne s&#39;intéresse pas.</p>
</p></div>
<div class="b-deli">
<h3><a href="http://www.laviedesidees.fr/Technosciences-un-nouveau-regime.html" title="A lire (lien externe)">Technosciences, un nouveau régime ? &#8211; La vie des idées</a></h3>
<p>Intéressante analyse de l&#39;ouvrage de Bernadette Bensaude-Vincent sur les &quot;Vertiges de la technoscience&quot; qui y défend l&#39;idée d&#39;une rupture radicale entre culture et civilisation. L&#39;auteure que l&#39;échelle nanométrique devrait permettre la convergence des sciences et la dissolution des différences entre sciences et technique, nature et artifice, connaissance et marchandise, homme et machine, sujet et objet, virtuel et actuel&#8230;  autant de transformation qui assignent un but à la connaissance. La philosophe en appelle enfin à une nouvelle alliance entre science et éthique réconciliant les intérêts humains et ceux de la nature.</p>
</p></div>
<div class="b-deli">
<h3><a href="http://mashable.com/2010/02/03/teens-dont-tweet-or-blog/?utm_source=twitterfeed&amp;utm_medium=twitter&amp;utm_campaign=Feed%3A+Mashable+%28Mashable%29" title="A lire (lien externe)">Les ados ne bloguent pas ni ne tweetent &#8211; Mashable.com</a></h3>
<p>Sans grande surprise, la dernière étude du Pew Internet &#8211; http://www.pewinternet.org/Reports/2010/Social-Media-and-Young-Adults/Summary-of-Findings.aspx?r=1 &#8211; souligne que les adolescents ne sont pas de grands créateurs de contenus, mais qu&#39;ils en sont plutôt des consommateurs.</p>
</p></div>
<div class="b-deli">
<h3><a href="http://money.cnn.com/2010/02/03/technology/Web_splintering/index.htm" title="A lire (lien externe)">La fin du web tel qu&#39;on le connait : merci iPad et autres &#8211; CNN Money</a></h3>
<p>Jusqu&#39;a présent, le web était relativement simple. Tout le monde surfait sur le même web. Mais avec l&#39;arrivée des iPhone, Kindle, Androïd, BlackBerry et iPad, cela pourrait bientôt ne plus être le cas, estime Julianne Pepitone pour CNN Money. Josh Bernoff, analyste chez Forrester parle même de &quot;splinternet&quot; pour évoquer ce web qui se fragmente &#8211; http://blogs.forrester.com/groundswell/2010/01/the-splinternet-means-the-end-of-the-webs-golden-age.html. Une tendance qui n&#39;est pas nécessairement un mal, estime ce dernier : &quot;les consommateurs vont devoir réaliser qu&#39;ils font un choix. Et quoi qu&#39;ils choisissent, certains contenus ne leurs seront pas accessibles.&quot; Reste que les entreprises sont désormais confrontées à de nouveaux choix : quels services intégrer ? Quels objets supporter ? De quel parti des consommateurs se couper ?</p>
</p></div>
<div class="b-deli">
<h3><a href="http://well.blogs.nytimes.com/2009/10/22/what-clown-on-a-unicycle-studying-cell-phone-distraction/" title="A lire (lien externe)">Pourquoi un clown sur un monocycle ? Pour étudier la distraction au téléphone ? &#8211; Well Blog &#8211; NYTimes.com</a></h3>
<p>Parler au téléphone nous rend peu attentif à notre environnement explique une étude américaine, beaucoup moins en tout cas que discuter avec un ami ou écouter de la musique.</p>
</p></div>
<div class="b-deli">
<h3><a href="http://www.emilieogez.com/lectures/la-puissance-du-moins/" title="A lire (lien externe)">La puissance du moins… - Emilie Ogez</a></h3>
<p>Nous cherchons tous à gagner en productivité, à faire plus. Et les outils pour nous y aider sont censés être nombreux. Mais selon Leo Babauta, auteur du blog http://zenhabits.net, il serait peut-être temps d&#39;apprendre à en faire moins (pour le faire mieux, ou bien). Pour cela, l&#39;auteur propose 6 principes : se définir des limites, choisir l&#39;essentiel, simplifier, porter attention, se créer de nouvelels habitudes et commencer petit.</p>
</p></div>
<div class="b-deli">
<h3><a href="http://ecrans.fr/Les-differentes-stats-de-l-amour,9125.html" title="A lire (lien externe)">Les différentes stats de l’amour &#8211; Ecrans.fr</a></h3>
<p>Les fondateurs du site de rencontre américains OKCupid ont lancé un blog &#8211; http://blog.okcupid.com &#8211; où ils partagent leurs réflexions issues d&#39;analyses de leur base de données. Comment les femmes jugent-elles les hommes (et inversement) ? Quelles sont les images de soi qui déclenchent le plus de messages ? Quels types de messages déclenchent plus de réactions que d&#39;autres ?&#8230; Derrière le côté ludique de l&#39;étude, OkCupid dévoile avec ses données les travers de nos contemporains&#8230;</p>
</p></div>
<div class="b-deli">
<h3><a href="http://www.numerama.com/magazine/15070-flattr-la-remuneration-des-createurs-par-les-fondateurs-de-the-pirate-bay.html?utm_medium=bt.io-twitter&amp;utm_source=direct-bt.io&amp;utm_content=backtype-tweetcount" title="A lire (lien externe)">Flattr : la rémunération des créateurs par les fondateurs de The Pirate Bay &#8211; Numerama</a></h3>
<p>Les créateurs de BitTorrent et PirateBay se penchent sur la rémunération de la création et lancent Flattr &#8211; http://flattr.com/beta/ -, une solution de micropaiement en ligne, qui permettra à chacun de rémunérer les créateurs de son choix&#8230;</p>
</p></div>
<div class="b-deli">
<h3><a href="http://www.mediapart.fr/node/74968" title="A lire (lien externe)">Alsace : Geek 10, la liste virtuelle &#8211; Mediapart</a></h3>
<p>Après le parti pirate &#8211; http://partipirate.org &#8211; qui essaye de lancer plusieurs listes aux régionales, voici venir une liste de chefs d&#39;entreprises issus des nouvelles technologies de l&#39;information en Alsace. C&#39;est en tout cas le but de Geek 10 &#8211; http://www.geek10.org -, qui souhaite se lancer dans la course politique pour &quot;sensibiliser les politiques à tout ce qui est économie du numérique&quot;. Les questions numériques sont-elles donc insuffisamment comprises par les politiques ?</p>
</p></div>
<div class="b-deli">
<h3><a href="http://news.bbc.co.uk/2/hi/entertainment/8507885.stm" title="A lire (lien externe)">Warner se retire des sites de streaming de musique gratuite &#8211; BBC News</a></h3>
<p>Warner annonce ne plus vouloir continuer à alimenter de son catalogue des sites de streaming de musique gratuits comme SPotifiy ou Deezer&#8230; La fin de la musique gratuite et légale ?</p>
</p></div>
<div class="b-deli">
<h3><a href="http://www.meilcour.fr/general/ce-que-loppsi-veut-dire.html" title="A lire (lien externe)">Ce que LOPPSI veut dire &#8211; Meilcour</a></h3>
<p>&quot;Ce qu’il faut, c’est une police efficace. Pas des péages uniques&quot;, explique Nicolas Vanbremeersch dans une très belle tribune sur son blog. &quot;Demain, ces péages qui filtrent nos déplacements, ils pourront filtrer d’autres choses. Mais le simple fait de les instaurer suffit à les repousser. Ils sont absurdes, ils sont une négation de notre simple liberté d’aller et venir. Le fantasme du contrôle d’Etat sur les déplacements individuels n’est pas un thème de droite ou de gauche. La liberté est inscrite sur nos frontons républicains.&quot;</p>
</p></div>
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<h3><a href="http://novovision.fr/?La-culture-du-net-survivra-t-elle" title="A lire (lien externe)">La culture du net survivra-t-elle au Web de masse ? &#8211; novövision</a></h3>
<p>Narvic continue sa réflexion sur la mort programmée de la culture participative du Net, du fait de l&#39;arrivée massive de millions d&#39;internautes qui pourraient entrainer sa dilution voire sa maginalisation. Et d&#39;opposer le web 2.0 (modèle d&#39;affaire qui repose sur l&#39;exploitation économique de l&#39;intelligence collective des internautes) à celle que propose Apple avec l&#39;iPhone ou l&#39;iPas : un modèle économique classique fondé sur la distribution centralisée et massives de contenus protégés. La massification de l&#39;internet risque de signifier son &quot;tournant idéologique&quot;. Pourrons-nous transmettre la &quot;culture du net&quot; à ces millions de nouveaux entrants ?</p>
</p></div>
</div>
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		<item>
		<title>Comment l’internet transforme-t-il la façon dont on pense ? (5/5) : Et vous ?</title>
		<link>http://feedproxy.google.com/~r/internetactu/bcmJ/~3/vjVm_Hp-tMw/</link>
		<comments>http://www.internetactu.net/2010/02/12/comment-linternet-transforme-t-il-la-facon-dont-on-pense-55-et-vous/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 12 Feb 2010 10:40:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Communiqué]]></category>

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		<description><![CDATA[En écoutant la diversité et la richesse des réponses apportées à The Edge (voir notre dossier), nous avons eu envie de vous adresser la même question : &#8220;Comment l&#8217;internet a-t-il transformé votre manière de penser ?&#8221;
A l&#8217;occasion des 10 ans de la Fing, nous aimerions recueillir et solliciter une grande variété de contribution sur ce sujet, sur ce que&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>En écoutant la diversité et la richesse des réponses apportées à <em>The Edge</em> (<a href="http://www.internetactu.net/?s=%22Comment+l%27internet+transforme-t-il+la+fa%C3%A7on+dont+on+pense%22">voir notre dossier</a>), nous avons eu envie de vous adresser la même question : &#8220;Comment l&#8217;internet a-t-il transformé votre manière de penser ?&#8221;</p>
<p>A l&#8217;occasion des 10 ans de la Fing, nous aimerions recueillir et solliciter une grande variété de contribution sur ce sujet, sur ce que l&#8217;internet a transformé (ou pas), profondément, dans vos pratiques et dans vos manières de penser et d&#8217;agir. Si vous regrettez ce qu&#8217;il a changé. S&#8217;il a tout transformé, ou si au fond vous vous demandez bien ce qu&#8217;il vous a apporté, nous sommes preneurs. Vous avez-même le droit de questionner la question.</p>
<p>N&#8217;hésitez pas à nous signaler vos contributions en commentaires (ou par trackback vers cet article) ou à nous les envoyer par e-mail [hubertguillaud@gmail.com]. N&#8217;hésitez pas à inciter autour de vous les gens à réagir à cette question. Nous republierons sur InternetActu.net les meilleures contributions.</p>
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		<title>Comment l’internet transforme-t-il la façon dont on pense ? (4/5) : l’internet n’a-t-il rien changé ?</title>
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		<pubDate>Fri, 12 Feb 2010 08:05:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Brèves]]></category>
		<category><![CDATA[Communication interpersonnelle]]></category>
		<category><![CDATA[Débats]]></category>

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		<description><![CDATA[&#8220;Comment l&#8217;internet transforme-t-il la façon dont vous pensez ?&#8221;, telle était la grande question annuelle posée par la revue The Edge à quelque 170 experts, scientifiques, artistes et penseurs. Difficile d&#8217;en faire une synthèse, tant les contributions sont multiples et variées et souvent passionnantes. Que les répondants soient fans ou critiques de la révolution des technologies de l&#8217;information, en tout&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>&#8220;Comment l&#8217;internet transforme-t-il la façon dont vous pensez ?&#8221;, telle était <a href="http://www.edge.org/q2010/q10_print.html">la grande question annuelle posée par la revue <em>The Edge</em></a> à quelque 170 experts, scientifiques, artistes et penseurs. Difficile d&#8217;en faire une synthèse, tant les contributions sont multiples et variées et souvent passionnantes. Que les répondants soient fans ou critiques de la révolution des technologies de l&#8217;information, en tout cas, il est clair qu&#8217;internet ne laisse personne indifférent. </p></blockquote>
<h3>Internet n&#8217;a rien changé !</h3>
<p>Tous les experts interrogés par <em>The Edge</em> ne sont pas des techno-enthousiastes. <a href="http://www.edge.org/q2010/q10_print.html#wilmut">Pour Ian Wilmut</a>, directeur du Centre de médecine regénérative de l&#8217;université d&#8217;Edinburgh et auteur de <em>Après Dolly</em> : <em>&#8220;l&#8217;usage d&#8217;internet n&#8217;a pas changé la façon dont je pense, mais il m&#8217;a permis d&#8217;accéder facilement et immédiatement à une extraordinaire diversité d&#8217;idées et d&#8217;information.&#8221;</em> Reste que ce n&#8217;est qu&#8217;une extension de l&#8217;information telle qu&#8217;on la trouvait déjà sur les premières tablettes d&#8217;argiles, estime le biologiste. </p>
<p><a href="http://www.edge.org/q2010/q10_print.html#christakis">Pour Nicholas A. Christakis</a> (<a href="http://christakis.med.harvard.edu/">page personnelle</a>), médecin et spécialiste en sciences sociales, professeur au <a href="http://www.wjh.harvard.edu/soc/index.html">Département de sociologie</a> de l&#8217;université d&#8217;Harvard, auteur de <em>Connected</em>, les nouvelles techniques d&#8217;augmentation cognitives, matérielles ou logicielles, internes ou externes à notre corps, ne changent pas plus notre esprit que les techniques plus anciennes. Aucune ne modifie le cerveau, estime le chercheur. Même si les types plus complexes de logiciels externes, qui ont tendance à associer communication et interaction, sont plus spécifiquement sociaux, l&#8217;internet n&#8217;est pas différent des autres technologies d&#8217;amélioration du cerveau comme les livres ou la téléphonie. Il serait plus exact d&#8217;affirmer que <em>&#8220;notre réflexion a donné naissance à l&#8217;internet et que l&#8217;internet a donné naissance à notre réflexion.&#8221;</em><br />
<em>&#8220;J&#8217;ai appris la géométrie, le calcul et les mathématiques à l&#8217;école d&#8217;une manière qui aurait sans doute étonné des mathématiciens des siècles passés. Mais comme bien d&#8217;autres étudiants, j&#8217;ai fait ceci avec le même cerveau que celui que nous avons depuis des millénaires. Les maths ont certainement influencé la façon dont je pense le monde, mais ont-ils changé ma façon de penser ? Ont-ils changé mon cerveau ? La réponse me semble en grande partie non &#8220;</em> </p>
<p>L&#8217;intelligence de notre cerveau a évolué en réponse aux exigences de la complexité sociale, affirme l&#8217;auteur en reprenant &#8220;l&#8217;hypothèse du cerveau social&#8221;. Selon lui, <em>&#8220;le fait que la taille effective d&#8217;un groupe humain (comme les unités militaires) n&#8217;ati pas significativement changé, malgré les progrès de nos technologies de communication, donne à penser que ce n&#8217;est pas la technologie qui est essentielle à notre performance&#8221;</em>. Au contraire, estime-t-il. Le facteur essentiel repose plutôt sur la capacité de l&#8217;esprit humain à former des cartes mentales pour comprendre les relations. Et de ce côté-là, l&#8217;internet n&#8217;a pas changé la capacité de notre cerveau à se représenter le monde qui l&#8217;entoure. <em>&#8220;Nous sommes la même espèce, après l&#8217;internet comme avant (&#8230;) l&#8217;internet ne change pas la réalité fondamentale de ma pensée, pas plus qu&#8217;il ne change notre propension fondamentale à la violence ou notre capacité innée à l&#8217;amour&#8221;</em>.</p>
<h3>L&#8217;internet peut tout changer</h3>
<p>L&#8217;internet est devenu un usage majoritaire dans le monde développé depuis moins d&#8217;une décennie, mais nous pouvons déjà en saisir quelques avantages caractéristiques (il a considérablement amélioré l&#8217;accès à l&#8217;information, a permis la collaboration à très grande échelle&#8230;) et autant d&#8217;inconvénients (distractions constantes&#8230;). <em>&#8220;Nous vivons, pour notre malheur, la plus grande augmentation de la capacité expressive de l&#8217;histoire de l&#8217;homme. Ce qui était rare et précieux avant a cessé de l&#8217;être&#8221;</em>, <a href="http://www.edge.org/q2010/q10_print.html#shirky">explique le professeur Clay Shirky</a> (<a href="http://www.shirky.com/">site</a>), auteur de <em>Here come Everybody</em>. Et d&#8217;insister sur le choc de l&#8217;inclusion où les professionnels des médias cèdent la place à la participation de deux milliards d&#8217;amateurs, ce qui a bien sûr pour conséquence de faire baisser la qualité moyenne de la pensée publique.</p>
<p>Pourtant, ce n&#8217;est peut-être pas ce constat qui est important, estime-t-il. Il est trop tôt pour répondre à la question, parce que les changements profonds ne seront manifestes que lorsque les nouvelles formes culturelles rendues possibles par la technologie seront assimilées. L&#8217;effet principal de l&#8217;internet sur notre façon de penser est difficile à révéler quand il affecte le milieu culturel de la pensée &#8211; via un moyen de partage bon marché instantané et global -, et pas seulement le comportement des utilisateurs. L&#8217;internet pourrait bien devenir un collège invisible, pour faire référence à cette société de savant qui aurait inventé aux temps modernes la méthode scientifique par l&#8217;échange et la validation entre les pairs. Il pourrait permettre à chacun d&#8217;accéder à un matériel éducatif minimum dans un océan de narcissisme et d&#8217;obsessions sociales. Mais pour cela, il faudra que nous adoptions des normes de partage ouvertes et un fonctionnement participatif, dans un monde où l&#8217;éditorialisation est devenue la nouvelle littéracie, c&#8217;est-à-dire la nouvelle compétence à acquérir. </p>
<p><a href="http://www.edge.org/q2010/q10_print.html#dawkins">Pour le célèbre biologiste évolutionniste, Richard Dawkins</a>, &#8220;le web est une œuvre de génie, l&#8217;une des réalisations les plus élevées de l&#8217;espèce humaine, dont la qualité la plus remarquable est qu&#8217;il n&#8217;a pas été construit par un génie individuel, comme Tim Berners-Lee, Steve Wozniak ou Alan Kay, ni par une entreprise comme Sony ou IBM, mais par une confédération anarchiste d&#8217;unités largement anonymes situées partout dans le monde.&#8221; Malgré les nombreux défauts qu&#8217;il constate également dans le fonctionnement d&#8217;internet, Dawkins veut rester optimiste, à l&#8217;image du projet Wikipédia, qui arrive le plus souvent à faire mouche dans la qualité de ses articles. La rapidité et l&#8217;ubiquité de l&#8217;internet contribuent au fait que nous devons être plus critiques qu&#8217;au temps des livres imprimés. <em>&#8220;Nous pouvons espérer qu&#8217;un internet plus rapide, plus omniprésent et moins cher hâte la chute des ayatollahs, des mollahs, des papes, des télévangélistes et tous ceux qui exercent le pouvoir grâce au contrôle des esprits crédules. Peut-être que Tim Berners-Lee, un jour, gagnera le prix Nobel de la Paix, allez savoir ?&#8221;</em></p>
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		<title>Comment l’internet transforme-t-il la façon dont on pense ? (3/5) : en modifiant notre rapport au monde réel</title>
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		<pubDate>Thu, 11 Feb 2010 10:00:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Brèves]]></category>
		<category><![CDATA[Communication interpersonnelle]]></category>
		<category><![CDATA[Débats]]></category>

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		<description><![CDATA[&#8220;Comment l&#8217;internet transforme-t-il la façon dont vous pensez ?&#8221;, telle était la grande question annuelle posée par la revue The Edge à quelque 170 experts, scientifiques, artistes et penseurs. Difficile d&#8217;en faire une synthèse, tant les contributions sont multiples et variées et souvent passionnantes. Que les répondants soient fans ou critiques de la révolution des technologies de l&#8217;information, en tout&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>&#8220;Comment l&#8217;internet transforme-t-il la façon dont vous pensez ?&#8221;, telle était <a href="http://www.edge.org/q2010/q10_print.html">la grande question annuelle posée par la revue <em>The Edge</em></a> à quelque 170 experts, scientifiques, artistes et penseurs. Difficile d&#8217;en faire une synthèse, tant les contributions sont multiples et variées et souvent passionnantes. Que les répondants soient fans ou critiques de la révolution des technologies de l&#8217;information, en tout cas, il est clair qu&#8217;internet ne laisse personne indifférent. </p></blockquote>
<h3>L&#8217;internet change la façon dont on vit l&#8217;expérience</h3>
<p>Pour les artistes <a href="http://www.ericfischl.com/">Eric Fischl</a> et <a href="http://www.aprilgornik.com/">April Gornik</a>, l&#8217;internet a changé <a href="http://www.edge.org/q2010/q10_print.html#fischl_gornik">la façon dont ils posent leur regard sur le monde</a>. <em>&#8220;Pour des artistes, la vue est essentielle à la pensée. Elle organise l&#8217;information et permet de développer des pensées et des sentiments. La vue c&#8217;est la manière dont on se connecte.&#8221;</em> Pour eux, le changement repose surtout sur les images et l&#8217;information visuelle ou plus précisément sur la perte de différenciation entre les matériaux et le processus : toutes les informations d&#8217;ordres visuelles, quelles qu&#8217;elles soient, se ressemblent.  L&#8217;information visuelle se base désormais sur des images isolées qui créent une fausse illusion de la connaissance et de l&#8217;expérience. </p>
<p><em>&#8220;Comme le montrait John Berger, la nature de la photographie est un objet de mémoire qui nous permet d&#8217;oublier. Peut-être peut-on dire quelque chose de similaire à propos de l&#8217;internet. En ce qui concerne l&#8217;art, l&#8217;internet étend le réseau de reproduction qui remplace la façon dont on fait l&#8217;expérience de quelque chose. Il remplace l&#8217;expérience par le fac-similé.&#8221;</em></p>
<p><a href="http://www.edge.org/q2010/q10_print.html#eno">Le jugement de Brian Eno</a>, le producteur, est assez proche. <em>&#8220;Je note que l&#8217;idée de l&#8217;expert a changé. Un expert a longtemps été quelqu&#8217;un qui avait accès à certaines informations. Désormais, depuis que tant d&#8217;information est disponible à tous, l&#8217;expert est devenu quelqu&#8217;un doté d&#8217;un meilleur sens d&#8217;interprétation. Le jugement a remplacé l&#8217;accès.&#8221;</em> Pour lui également, l&#8217;internet a transformé notre rapport à l&#8217;expérience authentique (l&#8217;expérience singulière dont on profite sans médiation). <em>&#8220;Je remarque que plus d&#8217;attention est donnée par les créateurs aux aspects de leurs travaux qui ne peuvent pas être dupliqués. L&#8217;authentique a remplacé le reproductible.&#8221;</em> </p>
<p><a href="http://www.edge.org/q2010/q10_print.html#stone">Pour Linda Stone</a> : <em>&#8220;Plus je l&#8217;ai appréciée et connue, plus évident a été le contraste, plus intense a été la tension entre la vie physique et la vie virtuelle. L&#8217;internet m&#8217;a volé mon corps qui est devenu une forme inerte courbée devant un écran lumineux. Mes sens s&#8217;engourdissaient à mesure que mon esprit avide fusionnait avec le cerveau global&#8221;</em>. Un contraste qui a ramené Linda Stone à mieux apprécier les plaisirs du monde physique. <em>&#8220;Je passe maintenant avec plus de détermination entre chacun de ces mondes, choisissant l&#8217;un, puis l&#8217;autre, ne cédant à aucun.&#8221;</em></p>
<h3>Le pouvoir de la conversation</h3>
<p>Pour la philosophe Gloria Origgi (<a href="http://gloriaoriggi.blogspot.com/">blog</a>), chercheuse à l&#8217;<a href="http://www.institutnicod.org/">Institut Nicod à Paris</a> : <a href="http://www.edge.org/q2010/q10_print.html#origgi">l&#8217;internet révèle le pouvoir de la conversation</a>, à l&#8217;image de ces innombrables échanges par mails qui ont envahi nos existences. L&#8217;occasion pour la philosophe de rappeler combien le dialogue permet de penser et construire des connaissances. <em>&#8220;Quelle est la différence entre l&#8217;état contemplatif que nous avons devant une page blanche et les échanges excités que nous avons par l&#8217;intermédiaire de Gmail ou Skype avec un collègue qui vit dans une autre partie du monde ?&#8221;</em> Très peu, répond la chercheuse. Les articles et les livres que l&#8217;on publie sont des conversations au ralenti. <em>&#8220;L&#8217;internet nous permet de penser et d&#8217;écrire d&#8217;une manière beaucoup plus naturelle que celle imposée par la tradition de la culture de l&#8217;écrit : la dimension dialogique de notre réflexion est maintenant renforcée par des échanges continus et liquides&#8221;</em>. Reste que nous avons souvent le sentiment, coupable, de gaspiller notre temps dans ces échanges, sauf à nous <em>&#8220;engager dans des conversations intéressantes et bien articulées&#8221;</em>. C&#8217;est à nous de faire un usage responsable de nos compétences en conversation. <em>&#8220;Je vois cela comme une amélioration de notre façon d&#8217;extérioriser notre façon de penser : une façon beaucoup plus naturelle d&#8217;être intelligent dans un monde social.&#8221;</em></p>
<p>Pour Yochaï Benkler, professeur à Harvard et auteur de la <em>Puissance des réseaux</em>, le rôle de la conversation est essentiel. A priori, <a href="http://www.edge.org/q2010/q10_print.html#benkler">s&#8217;interroge le savant</a>, l&#8217;internet n&#8217;a pas changé la manière dont notre cerveau accomplit certaines opérations. Mais en sommes-nous bien sûr ? Peut-être utilisons-nous moins des processus impliqués dans la mémoire à long terme ou ceux utilisés dans les routines quotidiennes, qui longtemps nous ont permis de mémoriser le savoir&#8230; </p>
<p>Mais n&#8217;étant pas un spécialiste du cerveau, Benkler préfère de beaucoup regarder <em>&#8220;comment l&#8217;internet change la façon dont on pense le monde&#8221;</em>. Et là, force est de constater que l&#8217;internet, en nous connectant plus facilement à plus de personnes, permet d&#8217;accéder à de nouveaux niveaux de proximité ou d&#8217;éloignement selon des critères géographiques, sociaux, organisationnels ou institutionnels. Internet ajoute à cette transformation sociale un contexte <em>&#8220;qui capte la transcription d&#8217;un très grand nombre de nos conversations&#8221;</em>, les rendant plus lisibles qu&#8217;elles ne l&#8217;étaient par le passé. Si nous interprétons la pensée comme un processus plus dialogique et dialectique que le cogito de Descartes, l&#8217;internet permet de nous parler en nous éloignant des cercles sociaux, géographiques et organisationnels qui pesaient sur nous et nous brancher sur de tout autres conversations que celles auxquelles on pouvait accéder jusqu&#8217;alors. </p>
<p><em>&#8220;Penser avec ces nouvelles capacités nécessite à la fois un nouveau type d&#8217;ouverture d&#8217;esprit, et une nouvelle forme de scepticisme&#8221;</em>, conclut-il. L&#8217;internet exige donc que nous prenions la posture du savant, celle du journaliste d&#8217;investigation et celle du critique des médias. </p>
<h3>Mondialisation intellectuelle</h3>
<p><a href="http://www.edge.org/q2010/q10_print.html#dehaene">Pour le neuroscientifique français</a>, Stanislas Dehaene, auteur des <em>Neurones de la lecture</em>, l&#8217;internet est en train de révolutionner notre accès au savoir et plus encore notre notion du temps. Avec l&#8217;internet, les questions que pose le chercheur à ses collègues à l&#8217;autre bout du monde trouvent leurs réponses pendant la nuit, alors qu&#8217;il aurait fallu attendre plusieurs semaines auparavant. Ces projets qui ne dorment jamais ne sont pas rares, ils existent déjà : ils s&#8217;appellent Linux, Wikipédia, OLPC&#8230; Mais ce nouveau cycle temporel a sa contrepartie. C&#8217;est le turc mécanique d&#8217;Amazon, ces &#8220;tâches d&#8217;intelligences humaines&#8221;, cet outsourcing qui n&#8217;apporte ni avantage, ni contrat, ni garantie à ceux qui y souscrivent. C&#8217;est le côté obscur de la mondialisation intellectuelle rendue possible par l&#8217;internet. </p>
<p>Pour Barry C. Smith, directeur de l&#8217;Institut de l&#8217;école de philosophie de l&#8217;université de Londres, <a href="http://www.edge.org/q2010/q10_print.html#smithb">internet est ambivalent</a>. <em>&#8220;Le privé est désormais public, le local global, l&#8217;information est devenue un divertissement, les consommateurs des producteurs, tout le monde est devenu expert&#8221;</em>&#8230; Mais qu&#8217;ont apporté tous ces changements ? L&#8217;internet ne s&#8217;est pas développé hors le monde réel : il en consomme les ressources et en hérite des vices. On y trouve à la fois le bon, le fade, l&#8217;important, le trivial, le fascinant comme le repoussant. Face à l&#8217;accélération et l&#8217;explosion de l&#8217;information, notre désir de connaissance et notre soif à ne rien manquer nous poussent à grappiller <em>&#8220;un petit peu de tout et à chercher des contenus prédigérés, concis, formatés provenant de sources fiables. Mes habitudes de lecture ont changé me rendant attentif à la forme de l&#8217;information. Il est devenu nécessaire de consommer des milliers de résumés de revues scientifiques, de faire sa propre recherche rapide pour scanner ce qui devrait être lu en détail. On se met à débattre au niveau des résumés. (&#8230;) Le vrai travail se faire ailleurs.&#8221;</em>  Il y a un danger à penser que ce qui n&#8217;apporte pas de résultat à une requête sur l&#8217;internet n&#8217;existe pas, conclut le philosophe. </p>
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		<title>Comment l’internet transforme-t-il la façon dont on pense ? (2/5) : la grande question de l’attention</title>
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		<pubDate>Wed, 10 Feb 2010 09:55:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Brèves]]></category>
		<category><![CDATA[Communication interpersonnelle]]></category>
		<category><![CDATA[Débats]]></category>

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		<description><![CDATA[&#8220;Comment l&#8217;internet transforme-t-il la façon dont vous pensez ?&#8221;, telle était la grande question annuelle posée par la revue The Edge à quelque 170 experts, scientifiques, artistes et penseurs. Difficile d&#8217;en faire une synthèse, tant les contributions sont multiples et variées et souvent passionnantes. Que les répondants soient fans ou critiques de la révolution des technologies de l&#8217;information, en tout&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>&#8220;Comment l&#8217;internet transforme-t-il la façon dont vous pensez ?&#8221;, telle était <a href="http://www.edge.org/q2010/q10_print.html">la grande question annuelle posée par la revue <em>The Edge</em></a> à quelque 170 experts, scientifiques, artistes et penseurs. Difficile d&#8217;en faire une synthèse, tant les contributions sont multiples et variées et souvent passionnantes. Que les répondants soient fans ou critiques de la révolution des technologies de l&#8217;information, en tout cas, il est clair qu&#8217;internet ne laisse personne indifférent. </p></blockquote>
<p>S&#8217;il est une grande question qui traverse la majorité des contributions des experts recueillis par <em>The Edge</em>, c&#8217;est bien celle de l&#8217;attention.</p>
<h3>L&#8217;internet nous rend-il plus attentifs ?</h3>
<p><a href="http://www.edge.org/q2010/q10_print.html#kelly">Pour le gourou des nouvelles technologies Kevin Kelly</a> (<a href="http://www.kk.org/">blog</a>), l&#8217;internet nous permet de porter plus d&#8217;attention à des travaux plus complexes, plus gros et plus compliqués qu&#8217;avant. <em>&#8220;Ces nouvelles créations contiennent plus de données, requièrent plus d&#8217;attention sur des périodes longues et ces travaux sont plus réussis à mesure que l&#8217;internet s&#8217;étend.&#8221;</em>  </p>
<p><a href="http://www.edge.org/q2010/q10_print.html#barabasi">Un avis que partage</a> bien évidemment Albert-Laszlo Barabasi, le spécialiste de l&#8217;étude des réseaux, directeur du <a href="http://www.barabasilab.com/">Centre de recherche sur les réseaux complexes</a> et auteur de <em>Linked</em>, qui n&#8217;aurait pas pu travailler sans l&#8217;internet. <em>&#8220;La plupart de mes recherches consistent à trouver des principes organisateurs &#8211; des lois et des mécanismes &#8211; qui s&#8217;appliquent non pas à un, mais à de nombreux systèmes complexes.&#8221;</em> Internet est mon sixième sens, reconnaît-il et il a transformé la façon <em>&#8220;dont j&#8217;approche les problèmes&#8221;</em>. </p>
<p><a href="http://www.edge.org/q2010/q10_print.html#dennett">Un avis que ne partage pas</a> le philosophe Daniel Dennett, professeur au <a href="http://ase.tufts.edu/cogstud/">Centre d&#8217;études cognitives</a> de la Tufts University. Pourtant, celui-ci également se trouve être un penseur plus réactif avec l&#8217;internet, mais pas dans le bon sens. <em>&#8220;Tant de bonnes raisons nous poussent à prendre toutes ces interruptions au sérieux&#8221;</em>, comme cette réponse qu&#8217;il reconnait devoir faire à <em>The Edge</em>. <em>&#8220;À ce jour, mes tentatives pour parer à cette tendance indésirable en relevant le seuil de mon étanchéité n&#8217;ont pas réussi à me maintenir face à cette surenchère sans fin de sollicitations&#8221;</em>. Comme le disait Lord Acton : <em>&#8220;le pouvoir corrompt et le pouvoir absolu corrompt absolument&#8221;</em>, lance-t-il en forme de parabole. <em>&#8220;Nous sommes tous aujourd&#8217;hui en possession d&#8217;un pouvoir presque absolu dans plusieurs (mais pas toutes) dimensions de la pensée. Et cela déforme énormément l&#8217;équilibre entre ce qui est dur et ce qui est facile. Cela doit donc également nous corrompre tous d&#8217;une manière que nous ne savons pas encore empêcher.&#8221;</em> </p>
<h3>L&#8217;attention est l&#8217;alphabétisme du XXIe siècle</h3>
<p>La Cushing Academy, une école pour l&#8217;élite du Massachusetts a annoncé en septembre 2009, qu&#8217;elle remplaçait les livres de sa bibliothèque par des ordinateurs, devenant certainement la première bibliothèque sans livre, <a href="http://www.edge.org/q2010/q10_print.html#carrn">raconte Nicolas Carr</a> (<a href="http://www.roughtype.com/">blog</a>) qui s&#8217;apprête à publier un livre sur l&#8217;attention. Dans toutes les bibliothèques où je suis passé ces deux dernières années <em>&#8220;chaque fois, j&#8217;ai vu plus de gens scruter les écrans d&#8217;ordinateur que feuilleter des pages de livres&#8221;</em>. Or, l&#8217;hypothèse qui préside à ce renoncement suppose que les mots soient les mêmes qu&#8217;ils soient imprimés sur du papier ou formés de pixels ou d&#8217;encre électronique sur un écran. Pourtant, l&#8217;expérience de lecture est différente selon le milieu, rappelle Carr : <em>&#8220;Un livre qui attire notre attention nous isole de la myriade de distractions qui remplissent notre vie quotidienne, alors qu&#8217;un ordinateur en réseau fait exactement le contraire. Il est conçu pour disperser notre attention.&#8221;</em> </p>
<p><em>&#8220;Ma façon de lire et mes habitudes de pensée ont radicalement changé depuis que j&#8217;ai ouvert une session sur le Net. Je fais maintenant l&#8217;essentiel de mes lectures et recherches en ligne. Alors que je suis devenu plus habile à naviguer sur le net, j&#8217;ai connu un déclin constant de ma capacité à maintenir mon attention&#8221;</em>, comme il l&#8217;expliqua dans <a href="http://www.internetactu.net/2009/01/23/nicolas-carr-est-ce-que-google-nous-rend-idiot/">&#8220;Est-ce que Google nous rend idiot ?&#8221;</a> <em>&#8220;Sachant que la profondeur de notre pensée est directement liée à l&#8217;intensité de notre attention, il est difficile de ne pas conclure que, à mesure que nous nous adaptons à l&#8217;environnement intellectuel du Net, notre pensée devient moins profonde. (&#8230;) Ma propre expérience me porte à croire que ce que nous risquons de perdre sera au moins aussi grand que ce que nous avons à gagner&#8221;</em>, rappelle celui qui porte bien son surnom de Cassandre de l&#8217;internet. </p>
<p>Face au problème de l&#8217;attention, <a href="http://www.edge.org/q2010/q10_print.html#rheingold">la réponse</a> de l&#8217;auteur des <em>Foules intelligentes</em>, <a href="http://www.rheingold.com/">Howard Rheingold</a>, est plus subtile. Pour lui, l&#8217;internet transforme profondément notre capacité de concentration, mais il est capable de nous rendre plus attentifs seulement si nous nous en donnons les moyens. <em>&#8220;Les médias numériques et les réseaux savent renforcer les gens qui ont appris à les utiliser &#8211; et présentent des dangers pour ceux qui ne savent pas s&#8217;en servir.&#8221;</em> Il est facile de tomber dans la distraction, la désinformation, la superficialité, la crédulité, la dépendance, l&#8217;aliénation&#8230; explique le chercheur qui se dit inquiet par le manque d&#8217;alphabétisme des internautes (qui savent mal se protéger, ont du mal à trouver des informations et ne savent pas les vérifier&#8230;). <em>&#8220;Autant de tentations qui menacent surtout les esprits non entraînés. Apprendre la discipline mentale qui convient pour utiliser ces &#8220;outils à penser&#8221; sans perdre sa capacité à se concentrer est l&#8217;un des prix que je suis content d&#8217;avoir payé pour accéder à ce que le web à a offrir.&#8221;</em></p>
<h3>La technologie ne suffit pas : il faut améliorer les savoirs et les savoir-faire</h3>
<p>Pour Rheingold, la capacité à se concentrer, à prêter attention, est devenue un apprentissage fondamental à acquérir pour utiliser ces outils. Faisant référence à Douglas Engelbart, pour lui, il ne fait pas de doute que ces outils visent à <em>&#8220;accroître la capacité de l&#8217;homme à approcher des situations problématiques complexes&#8221;</em>. Reste que ces techniques d&#8217;augmentation comme les appelait Engelbart nécessitent aussi d&#8217;améliorer les savoirs et les savoir-faire. </p>
<p><em>&#8220;L&#8217;attention est l&#8217;alphabétisation fondamentale&#8221;</em>, explique encore Rheingold. <em>&#8220;Chaque seconde que je passe en ligne, je dois faire des choix pour savoir comment dépenser au mieux mon attention&#8221;</em>. Et ces choix ne sont pas isolés : nos décisions sont visibles pour d&#8217;autres, profitent à d&#8217;autres comme les décisions des autres nous profitent. <em>&#8220;Le partage des connaissances et l&#8217;action collective impliquent la collaboration dans l&#8217;alphabétisation.&#8221;</em> L&#8217;évaluation de la crédibilité est une autre alphabétisation essentielle. Comprendre les paramètres de confidentialité de Facebook devrait être un autre enseignement essentiel, explique Rheingold parce qu&#8217;ils nous disent comment gérer le fonctionnement des réseaux, pour être capable de les maîtriser. </p>
<p><em>&#8220;Il est inévitable que les gens utilisent l&#8217;internet de manière à influencer la façon dont ils pensent et ce qu&#8217;ils pensent. Ces influences ne seront pas nécessairement destructrices. La puissance des biens communs numériques dépendra de savoir si plus d&#8217;une infime minorité des utilisateurs du Net deviendront des Netizens alphabétisés.&#8221;</em></p>
<h3>L&#8217;internet affecte jusqu&#8217;à notre Moi</h3>
<p><a href="http://www.edge.org/q2010/q10_print.html#metzinger">Pour le philosophe Thomas Metzinger</a> du département de philosophie de l&#8217;université de Mainz, <em>&#8220;l&#8217;Internet reconfigure mon cerveau. Il ne change pas seulement la manière dont je pense. L&#8217;influence est bien plus profonde. Elle pénètre déjà mes rêves.&#8221;</em> </p>
<p><em>&#8220;Nous l&#8217;utilisons pour le stockage de notre mémoire externe, comme une prothèse cognitive, émotionnelle et autorégulatrice. Nous pensons avec l&#8217;aide de l&#8217;internet, et il nous aide à déterminer nos désirs et nos objectifs. Ses affordances nous infectent, érodant subtilement notre sentiment de contrôle. Nous apprenons à accomplir plusieurs tâches simultanément, notre capacité d&#8217;attention est de plus en plus courte, et beaucoup de nos relations sociales prennent un caractère étrangement désincarné. Certains logiciels nous disent: &#8220;Vous êtes maintenant ami avec Peter Smith !&#8221;&#8230; quand nous étions simplement trop timides pour cliquer sur le bouton &#8220;Ignorer&#8221;.&#8221;</em></p>
<p>Pour Thomas Metzinger également, le coeur du problème repose sur la gestion de l&#8217;attention : <em>&#8220;L&#8217;attention est un produit fini, et il est absolument essentiel pour vivre une bonne vie. Nous avons besoin de l&#8217;attention afin d&#8217;écouter réellement les autres &#8211; ainsi que nous-mêmes. Nous avons besoin d&#8217;attention pour profiter vraiment des plaisirs sensoriels, ainsi que pour apprendre efficacement. Nous en avons besoin pour être réellement présents lors de nos rapports sexuels, comme pour simplement contempler la nature. Notre cerveau ne peut produire qu&#8217;une quantité limitée de cette précieuse ressource chaque jour. Aujourd&#8217;hui, les industries, la publicité et les spectacles attaquent les fondements mêmes de notre capacité d&#8217;expérience. Ils essaient de nous dépouiller de la plupart de nos ressources rares, et ils le font de manière toujours plus persistante et intelligente. Nous savons tout cela. Mais voici quelque chose que nous commençons tout juste à comprendre &#8211; que l&#8217;internet affecte notre sentiment du Moi, et à un niveau fonctionnel plus profond. </p>
<p>La conscience est l&#8217;espace de l&#8217;agencement de l&#8217;attention (&#8230;). En tant qu&#8217;agent d&#8217;attention, vous pouvez initier un changement dans l&#8217;attention et, pour ainsi dire, braquer directement votre lampe de poche intérieure vers  certains objectifs (&#8230;). Dans de nombreuses situations, les gens perdent la propriété de l&#8217;agencement de l&#8217;attention, et par conséquent leur sentiment de soi est affaibli. Les nourrissons ne peuvent contrôler leur attention visuelle, leur regard semble errer sans but d&#8217;un objet à un autre, parce que cette partie de leur être n&#8217;est pas encore consolidée. (&#8230;) Dans d&#8217;autres cas aussi, comme l&#8217;ivresse grave ou la démence sénile, vous perdez la capacité à diriger votre attention &#8211; et, corrélativement, vous gagnez l&#8217;impression que votre &#8220;moi&#8221; se désagrège. (&#8230;)</p>
<p>S&#8217;il est vrai que l&#8217;expérience de contrôler et de maintenir la concentration de l&#8217;attention est l&#8217;une des couches plus profondes de l&#8217;ipséité phénoménale (c&#8217;est-à-dire le pouvoir d’un sujet pensant de se représenter lui-même comme demeurant le même, malgré tous les changements physiques et psychologiques qui peuvent advenir à sa personne au cours de son existence, NDLR), alors ce à quoi nous assistons actuellement n&#8217;est pas seulement une attaque organisée sur l&#8217;espace de la conscience en soi, mais une forme légère de dépersonnalisation. Ces nouveaux environnements médiatiques créent une nouvelle forme d&#8217;éveil qui ressemble à un état faiblement subjectif : un mélange de rêve, de démence, d&#8217;ivresse et d&#8217;infantilisation. Nous faisons tout cela ensemble, tous les jours. J&#8217;appelle cela le rêve public.&#8221;</em> </p>
<h3>La question de l&#8217;attention à l&#8217;heure des interfaces du subconscient</h3>
<p>Pour David Dalrymple, chercheur, responsable du <a href="http://mmp.cba.mit.edu/">Projet Machine à penser</a> à l&#8217;Institut de technologie du Massachusetts, certes, <em>&#8220;Le filtrage, plus que l&#8217;oubli, est la compétence la plus importante de ceux qui utilisent l&#8217;internet&#8221;</em>. <a href="http://www.edge.org/q2010/q10_print.html#dalrymple">Pour le chercheur</a>, l&#8217;internet a trois conséquences primaires : l&#8217;information n&#8217;est plus stockée par les gens, mais est gérée par l&#8217;internet ; l&#8217;attention est de plus en plus difficile à atteindre dans un monde où les distractions sont partout ; l&#8217;internet nous permet de parler et d&#8217;écouter le monde sans effort. La connaissance était auparavant une propriété d&#8217;une personne et la concentration était imposée par le contexte. Désormais, c&#8217;est l&#8217;inverse et cette tendance va se poursuivre avec le développement des &#8220;interfaces du subconscient&#8221; comme les appelle David Dalrymple. D&#8217;ici 50 ans, la communication directe depuis nos neurones va rendre la réalité virtuelle plus réelle que la perception sensorielle traditionnelle. <em>&#8220;L&#8217;information et l&#8217;expérience pourraient être échangé entre notre cerveau et le réseau sans aucune action consciente.&#8221;</em> Tant et si bien qu&#8217;un jour toutes les connaissances et expériences seront partagées universellement et que la notion d&#8217;individu ne sera qu&#8217;un moment d&#8217;une attention particulière de chacun&#8230;</p>
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		<title>Comment l’internet transforme-t-il la façon dont on pense ? (1/5) : un réseau d’humains et de machines enchevêtrées</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Feb 2010 09:43:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Brèves]]></category>
		<category><![CDATA[Communication interpersonnelle]]></category>
		<category><![CDATA[Débats]]></category>

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		<description><![CDATA[&#8220;Comment l&#8217;internet transforme-t-il la façon dont vous pensez ?&#8221;, telle était la grande question annuelle posée par la revue The Edge à quelque 170 experts, scientifiques, artistes et penseurs. Difficile d&#8217;en faire une synthèse, tant les contributions sont multiples et variées et souvent passionnantes. Que les répondants soient fans ou critiques de la révolution des technologies de l&#8217;information, en tout&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&#8220;Comment l&#8217;internet transforme-t-il la façon dont vous pensez ?&#8221;, telle était <a href="http://www.edge.org/q2010/q10_print.html">la grande question annuelle posée par la revue <em>The Edge</em></a> à quelque 170 experts, scientifiques, artistes et penseurs. Difficile d&#8217;en faire une synthèse, tant les contributions sont multiples et variées et souvent passionnantes. Que les répondants soient fans ou critiques de la révolution des technologies de l&#8217;information, en tout cas, il est clair qu&#8217;internet ne laisse personne indifférent. </p>
<p><em>&#8220;Une nouvelle invention a émergé, un code pour la conscience collective qui nécessite une nouvelle façon de penser&#8221;</em>, <a href="http://www.edge.org/q2010/q10_print.html#brockman">explique John Brockman</a>, l&#8217;éditeur de <em>The Edge</em>. <em>&#8220;Le cerveau collectif externalisé est désormais le cerveau que nous partageons tous ! Cela ne concerne pas l&#8217;informatique. Ni ce que signifie d&#8217;être humain &#8211; en fait, cela défie nos hypothèses préférées sur ce point précis. Cela concerne ce que nous pensons.&#8221;</em> L&#8217;internet nécessite-t-il de penser autrement ?</p>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2010/02/theedge.png" alt="theedge" title="theedge" width="580" height="677" class="alignleft size-full wp-image-9428" /></p>
<h3>L&#8217;internet change la façon dont nous décidons</h3>
<p><a href="http://www.edge.org/q2010/q10_print.html#hillis">Pour le physicien Daniel Hillis</a>, le réel impact de l&#8217;internet a été de changer la façon dont nous prenons des décisions. En permettant à des systèmes complexes de s&#8217;interopérer, de plus en plus, ce ne sont pas des êtres humains qui décident, mais un réseau adaptatif d&#8217;humains et de machines enchevêtrées. <em>&#8220;Désormais, la programmation consiste à relier ensemble des systèmes complexes, sans comprendre exactement comment ils fonctionnent&#8221;</em>, précise-t-il en montrant comment nos systèmes désormais se branchent sur d&#8217;autres données que les concepteurs du système ne maîtrisent pas. <em>&#8220;Si nous l&#8217;avons créée, nous ne l&#8217;avons pas vraiment conçu. L&#8217;internet évolue. Notre relation au réseau est similaire à notre relation à notre écosystème biologique. Nous en sommes codépendants, et pas entièrement maîtres.&#8221;</em></p>
<p><em>&#8220;Nous avons incarné notre rationalité dans nos machines et leur avons délégué nombre de nos choix et de ce fait nous avons créé un monde au-delà de notre propre compréhension.  Ce siècle commence avec une note d&#8217;incertitude. Nous nous apprêtons à vivre une crise financière causée par la mauvaise conception informatique des risques de notre système bancaire, nous débattons du changement climatique autour de ce que les ordinateurs prédisent des données. Nous avons lié nos destinées, pas seulement entre nous tout autour du monde, mais à nos technologies. Si le thème des Lumières était l&#8217;indépendance, notre propre thème est l&#8217;interdépendance. Nous sommes maintenant tous reliés, les humains et les machines. Bienvenue à l&#8217;aube de l&#8217;intrication.&#8221;</em></p>
<p><a href="http://www.edge.org/q2010/q10_print.html#mayerm">Pour Marissa Mayer de Google</a>, <em>&#8220;l&#8217;internet n&#8217;a pas changé ce que l&#8217;on sait, mais ce que l&#8217;on peut trouver&#8221;</em>. <em>&#8220;L&#8217;internet a mis l&#8217;ingéniosité et la pensée critique à l&#8217;avant-garde et a relégué la mémorisation des faits à l&#8217;exercice mental ou au divertissement. Par l&#8217;abondance de l&#8217;information et la nouvelle emphase sur l&#8217;ingéniosité, l&#8217;internet créé le sentiment que tout est connaissable ou trouvable  &#8211; pour autant que vous pouvez construire la bonne recherche, trouver le bon outil ou vous connecter aux bonnes personnes. L&#8217;internet améliore la prise de décision et une utilisation plus efficace du temps. </p>
<p>(&#8230;) La question importante n&#8217;est peut-être pas de savoir comment l&#8217;internet change la manière dont l&#8217;on pense, mais plutôt comment l&#8217;internet apprend lui-même à penser.&#8221;</em></p>
<p>Pour la professeure de psychologie à l&#8217;université de Stanford, Lera Boroditsky, <a href="http://www.edge.org/q2010/q10_print.html#boroditsky">l&#8217;internet augmente notre champ réceptif</a>, comme l&#8217;ont fait jusqu&#8217;à présent tous les outils humains. De nombreuses recherches ont montré que l&#8217;homme s&#8217;adapte de manière spectaculaire à la façon dont il utilise le monde. Les chauffeurs de taxi londoniens ont ainsi un hippocampe plus développé que la moyenne à mesure qu&#8217;ils gagnent en connaissance pour manoeuvrer dans les rues de Londres alors que l&#8217;hippocampe est une partie du cerveau très impliquée dans la navigation justement. Jouer à des jeux améliore l&#8217;attention spatiale des gens et la capacité à suivre des objets&#8230; La plupart des technologies d&#8217;ailleurs ne se présentent pas comme telles, elles semblent juste des extensions naturelles de nos esprits, comme l&#8217;écriture, le langage ou la capacité à compter. <em>&#8220;Pourtant, être capable d&#8217;écrire les choses, de dessiner des diagrammes, et autrement externaliser le contenu de notre esprit en quelque format stable a considérablement augmenté nos capacités cognitives et communicatives.&#8221;</em></p>
<p><em>&#8220;Plus que de modeler la façon dont on pense, l&#8217;internet modèle la façon dont comment on pense qu&#8217;on pense&#8221;</em>, ironise la chercheuse, comme une réponse en forme de boutade à la question posée. </p>
<h3>Un modèle de conception</h3>
<p>Pour Neil Geshenfeld, le directeur du <a href="http://cba.mit.edu/">Centre pour les bits et les atomes</a> de l&#8217;Institut de technologie du Massachusetts, l&#8217;initiateur des FabLabs, <a href="http://www.edge.org/q2010/q10_print.html#gershenfeld">ce sont les idées originales que les pionniers ont mis dans l&#8217;internet qui sont le plus intéressantes</a>. Comme l&#8217;interopérabilité, l&#8217;évolutivité, le principe de bout en bout, les standards ouverts&#8230; Ces idées simples comptent plus que jamais, d&#8217;autant que l&#8217;internet est désormais nécessaire dans des lieux où il n&#8217;a encore jamais été. Elles devraient se répandre chez tous les ingénieurs&#8230; Mais force est de constater que ce n&#8217;est pas encore le cas. </p>
<h3>L&#8217;internet nous empêche de le comprendre</h3>
<p>Pour Neri Oxman, architecte et chercheuse au MIT, fondatrice du laboratoire de <a href="http://www.materialecology.com/">Materialecology</a> (<a href="http://materialecology.blogspot.com/">blog</a>). Dans &#8220;Funes ou la mémoire&#8221; (<em>Fictions</em>, 1974), Jorge Luis Borges évoque l&#8217;histoire d&#8217;un homme victime d&#8217;un accident qui le laisse avec une forme aiguë d&#8217;hypermnésie, c&#8217;est-à-dire qui le dote d&#8217;une mémoire hypertrophiée et d&#8217;une précision exceptionnelle. Les souvenirs de Funes sont si précis qu&#8217;il est capable de reconstituer les évènements qu&#8217;il n&#8217;a jamais connu et que le temps pour les reconstituer est égal au temps qu&#8217;il a fallu pour les vivre. Tant et si bien que Funes n&#8217;est plus capable de déduire, résumer ou comprendre ce qu&#8217;il éprouve. Les choses sont ce qu&#8217;elles sont, à l&#8217;échelle 1 : 1. <em>&#8220;Le web est l&#8217;hypermnésie humaine&#8221;</em>, <a href="http://www.edge.org/q2010/q10_print.html#oxman">constate l&#8217;architecte</a>&#8230; <em>&#8220;Une anthologie inépuisable de toutes les choses enregistrées&#8221;</em>. Dans une autre nouvelle, Borges exploite une idée similaire en décrivant un empire où la cartographie atteint une telle précision qu&#8217;elle est devenue aussi importante que le royaume qu&#8217;elle dépeint. La différence, l&#8217;échelle, est remplacée là encore par la répétition. <em>&#8220;Le web est un autre modèle de la réalité, à moins que la réalité ne devienne un modèle du web ?&#8221;</em>, explique Neri Oxman. Les cartes en lignes sont en passe d&#8217;offrir la même exubérance que la navigation physique&#8230; Ce qui n&#8217;est pas sans conséquence. <em>&#8220;Les modèles sont devenus la réalité même qu&#8217;on nous demandait de modeler.&#8221;</em> </p>
<p><em>&#8220;Si l&#8217;on croit que la matière de la production intellectuelle, que ce soit dans les arts ou la science, est guidée par la capacité critique à modeler la réalité, à mesurer l&#8217;information et à s&#8217;engager dans la pensée abstraite, où allons-nous à l&#8217;âge de l&#8217;internet ? (&#8230;) L&#8217;instanciation de l&#8217;internet inhibe la nature cognitive de la pensée créative et réfléchie.&#8221;</em> En nous empêchant de prendre du recul sur lui-même par son instanciation constante, l&#8217;internet nous empêche de le comprendre.</p>
<h3>Pour le comprendre, il nous faut inventer une nouvelle science</h3>
<p><em>&#8220;Au milieu des années 1700, Samuel Johnson avait observé qu&#8217;il y avait deux sortes de connaissances : ce que vous savez et ce que vous savez où chercher&#8221;</em>, <a href="http://www.edge.org/q2010/q10_print.html#saffo">explique le prospectiviste Paul Saffo</a> (<a href="http://www.saffo.com/">blog</a>). L&#8217;imprimerie a été l&#8217;outil de la révolution du savoir et de la connaissance et le <em>Grand dictionnaire de la langue anglaise</em> de Johnson en fut un parfait exemple. Désormais, l&#8217;important devient de savoir où obtenir ce que nous cherchons : c&#8217;est ce que les machines nous permettent. <em>&#8220;Les calculatrices électroniques n&#8217;étaient pas de simples substituts aux règles à calcul d&#8217;antan : elles ont rendu le calcul pratique et accessible à tous. L&#8217;internet change notre manière de penser en donnant le pouvoir de chercher au plus banal des utilisateurs. Nous avons démocratisé la manière de trouver le savoir de la même manière que l&#8217;édition du 18e siècle a démocratisé l&#8217;accès aux connaissances.&#8221;</em></p>
<p><em>&#8220;L&#8217;internet a changé notre façon de penser, mais s&#8217;il doit devenir un changement pour le mieux, nous devons ajouter un troisième type de connaissance à la liste de Johnson : la connaissance qui nous importe.&#8221;</em> L&#8217;explosion de l&#8217;impression a développé une nouvelle discipline du savoir : celle de l&#8217;organisation de la connaissance. De la même manière, <em>&#8220;il nous faut apprendre à savoir ce qui importe&#8221;</em>, explique Paul Saffo en en appelant au développement d&#8217;une nouvelle science. </p>
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		<title>A lire ailleurs du 01/02/2010 au 08/02/2010</title>
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		<pubDate>Mon, 08 Feb 2010 04:00:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Internetactu</dc:creator>
				<category><![CDATA[A lire ailleurs]]></category>

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		<description><![CDATA[

Les données ouvertes, futur eldorado du journalisme &#8211; La voix du dodo
Retour sur la présentation de Valérie Peugeot de Sofrecom  sur le web de données du 28 janvier dernier. Qu&#39;est-ce que c&#39;est ? A quoi ça sert ? Où on en est ? Pourquoi ça bloque ? &#8230; en vidéo.


Les surprises des pratiques des 8-18 ans &#8211; Bloc-notes&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="s-delicious">
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<h3><a href="http://www.lavoixdudodo.info/2010/02/05/les-donnees-ouvertes-futur-eldorado-du-journalisme/" title="A lire (lien externe)">Les données ouvertes, futur eldorado du journalisme &#8211; La voix du dodo</a></h3>
<p>Retour sur la présentation de Valérie Peugeot de Sofrecom  sur le web de données du 28 janvier dernier. Qu&#39;est-ce que c&#39;est ? A quoi ça sert ? Où on en est ? Pourquoi ça bloque ? &#8230; en vidéo.</p>
</p></div>
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<h3><a href="http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2010/02/04/Les-surprises-des-pratiques-des-8-18-ans" title="A lire (lien externe)">Les surprises des pratiques des 8-18 ans &#8211; Bloc-notes de Jean-Michel Salaün</a></h3>
<p>Jean-Michel Salaün revient sur une étude de la Kaiser Family Foundation sur les pratiques des médias des 8-18 ans aux Etats-Unis. Le temps d&#39;exposition aux médias reste toujours élevé (4h29 en moyenne en 2009) au profit de la télé surtout. Télé pour laquelle si la pratique diminue, le visionnage différé augmente.</p>
</p></div>
<div class="b-deli">
<h3><a href="http://www.culturemobile.net/usages/nouvelles-pratiques/democratie-electronique-01.html" title="A lire (lien externe)">Vers la démocratie électronique &#8211; Culture Mobile</a></h3>
<p>Culture Mobile consacre un dossier à la participation et à la démocratie électronique à l&#39;occasion du Colloque de l&#39;association Décider Ensemble qui se tenait à l&#39;Assemblée Nationale en juillet 2009.</p>
</p></div>
<div class="b-deli">
<h3><a href="http://novovision.fr/?Dans-ce-nouveau-Web-de-masse-vous" title="A lire (lien externe)">Dans ce nouveau Web de masse, vous êtes plutôt hacker ou bien consommateur ? &#8211; novövision</a></h3>
<p>&quot;Bref, il ne s’agit pas d’« annoncer la fin du Web 2.0 », mais de se désintoxiquer de son idéologie et du regard biaisé qu’elle conduit à porter sur le Web. Pour enfin voir ce nouveau Web de masse tel qu’il est : 1,7 milliards d’internautes aujourd’hui, dont l’écrasante majorité n’envisage pas d’utiliser cet outil autrement que comme un consommateur, une toute petite minorité choisissant plutôt de l’utiliser… comme un hacker…&quot;</p>
</p></div>
<div class="b-deli">
<h3><a href="http://www.wired.com/magazine/2010/01/ff_newrevolution/all/1" title="A lire (lien externe)">Dans la prochaine révolution industrielle, les atomes seront les nouveaux bits &#8211; Wired Magazine</a></h3>
<p>Chris Anderson pour Wired revient sur la révolution du Do It Yourself, en tenant de montrer que la prochaine révolution industrielle portera sur la fabrication d&#39;objets réels. Allons-nous tous devenir des ingénieurs-bricoleurs ?</p>
</p></div>
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<h3><a href="http://www.lepoint.fr/actualites-technologie-internet/2010-02-02/cle-usb-nkm-lance-idenum-l-identification-sans-mot-de-passe/1387/0/419692" title="A lire (lien externe)">NKM lance IDéNum, pour en finir avec les &quot;1001 mots de passe&quot; &#8211; LePoint</a></h3>
<p>IdéNum est une clé USB permettant de s&#39;identifier sur tous les services en lignes (publics et privés) afin de mettre fin au cauchemar des mots de passe. Mais le projet a pour l&#39;instant quelques handicaps, souligne LePoint. Payant pour l&#39;utilisateur, il n&#39;est pas sûr et certain que tous les services aient besoin d&#39;un identifiant unique pour fonctionner&#8230; &quot;Il est possible qu&#39;IDéNum fasse un flop aussi retentissant que Moneo&quot;</p>
</p></div>
<div class="b-deli">
<h3><a href="http://www.nt2.uqam.ca/recherches/dossier" title="A lire (lien externe)">La ville numérique II &#8211; Laboratoire NT2</a></h3>
<p>Quels sont, dans les villes imaginaires, les éléments clés qui participent à l&#39;imaginaire de la ville ? Décodage d&#39;oeuvres artistiques pour comprendre la ville dont on rêve&#8230;</p>
</p></div>
<div class="b-deli">
<h3><a href="http://www.pop-up-urbain.com/si-les-gamers-cartographiaient-le-monde/" title="A lire (lien externe)">Si les gamers cartographiaient le monde &#8211; pop-up urbain</a></h3>
<p>L&#39;expérience vidéo-ludique a certainement influencée notre perception de l&#39;espace, explique Philippe Gargov en montrant que Google Street View n&#39;aurait certainement pas existé si les développeurs n&#39;avaient pas été bercés à la vue subjective. Comment la cartographie doit s&#39;inspirer de notre culture vidéoludique !</p>
</p></div>
</div>
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		<title>Les internautes sont la nouvelle chienlit</title>
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		<pubDate>Fri, 05 Feb 2010 10:42:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Marc Manach</dc:creator>
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		<description><![CDATA[
&#8220;Paradoxalement, la situation était moins désespérée dans l’ancienne RDA dans la mesure où ses habitants connaissaient leur « big brother », à savoir la Staatssicherheit (STASI), et qu’ils disposaient du « droit à l’insurrection », alors que nous sommes aujourd’hui non seulement confrontés à une multitude de « petits brothers » impossibles à localiser, mais que, en outre, nous ignorons&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>
<img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2010/02/150px-Stasi_2.0.svg_.gif" alt="Stasi 2.0" title="Stasi 2.0" width="130" class="alignnone size-full wp-image-9329" hspace="3" vspace="3" align="right" />&#8220;Paradoxalement, la situation était moins désespérée dans l’ancienne RDA dans la mesure où ses habitants connaissaient leur « big brother », à savoir la Staatssicherheit (STASI), et qu’ils disposaient du « droit à l’insurrection », alors que nous sommes aujourd’hui non seulement confrontés à une multitude de « petits brothers » impossibles à localiser, mais que, en outre, nous ignorons délibérément la menace que ces derniers font peser sur les libertés individuelles.&#8221;
</p></blockquote>
<p>Le propos d&#8217;Alex Türk, président de la CNIL, est quelque peu outrancier : le &#8220;<em>droit à l&#8217;insurrection</em>&#8221; existe aussi en démocratie. Il n&#8217;empêche : le parallèle à le mérite de la concision. Pour mieux apprécier la solennité du propos, on notera également qu&#8217;il fut tenu dans l&#8217;enceinte de l&#8217;Assemblée nationale, à l&#8217;occasion de l&#8217;<a href="http://www.assemblee-nationale.fr/13/cr-oecst/09-10/c0910008.asp">audition</a> du président de la CNIL par l&#8217;Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques.</p>
<p>Ce 15 décembre 2009, Alex Türk voulait sensibiliser les députés à l&#8217;importance du &#8220;<em>droit à l’oubli</em>&#8220;, d&#8217;autant plus fondamental que &#8220;<a href="http://www.cnil.fr/la-cnil/actu-cnil/article/article/2/pas-de-liberte-sans-droit-a-loubli-dans-la-societe-numerique/">dans notre société numérique</a>&#8220;, il n&#8217;y a pas de liberté d’expression, non plus que de liberté d’aller et venir, sans vie privée ni droit à l&#8217;oubli.</p>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2010/02/f5000000.gif" alt="Vigilance : indicateurs civiques" title="Vigilance : indicateurs civiques" width="130" height="182" class="alignnone size-full wp-image-9304" hspace="3" vspace="3" align="left" />Dans l&#8217;ex-RDA, on se méfiait de ses voisins, conjoints, amis ou membres de sa famille qui, tous, pouvaient être des informateurs de la Sécurité d’État (Staatssicherheit, dite Stasi). L&#8217;abolition de la vie privée permettait de contrôler, sinon les pensées, tout du moins leur expression. Aujourd&#8217;hui, note Alex Türk, les citoyens sont &#8220;<em>soumis à un double traçage : un traçage physique à travers la vidéosurveillance ou encore la géolocalisation ; un traçage temporel à travers les réseaux sociaux et les moteurs de recherche</em>&#8220;. </p>
<h3>Edvige &ne; Facebook</h3>
<p>Pour autant, on ne peut pas mettre aussi facilement sur le même plan &#8220;<em>traçage physique</em>&#8221; et &#8220;<em>traçage temporel</em>&#8220;, vidéosurveillance et réseaux sociaux : d&#8217;un côté, les traces sont enregistrées par des dispositifs de contrôle et de suspicion; de l&#8217;autre, elles sont conservées par des logiciels de service et de communication.</p>
<p>La vidéosurveillance, tout comme la géolocalisation, la biométrie, les fichiers policiers, &#8220;<em>listes noires</em>&#8221; et autres technologies de surveillance, ont pour objet de dissuader fraudeurs, délinquants et criminels d&#8217;opérer -voire de les identifier.</p>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2010/02/f2300000.gif" alt="Je participe, ils profitent" title="Je participe, ils profitent" width="130" height="178" class="alignnone size-full wp-image-9311" hspace="3" vspace="3" align="right" />Les réseaux sociaux, tout comme les blogs, forums et autres chats ont, eux, pour objet de nous permettre de nous y exprimer. Les moteurs de recherche, services et sites web ont, quant à eux, pour fonction de nous rendre service, de nous aider à nous repérer, et nous déplacer, dans la masse de données disponibles sur les réseaux et dans les bases de données. </p>
<p>En résumé, nous avons donc d&#8217;un côté des traitements de masses qui recherchent à lutter contre une minorité de déviants, aux comportements &#8220;<em>non autorisés</em>&#8220;, de l&#8217;autre, des traitements personnalisés qui cherchent à faciliter l&#8217;accès au savoir, aux services, et donc l&#8217;exercice de nos libertés (d&#8217;expression, de circulation, etc.) dans la société de l&#8217;information.</p>
<p>Mettre sur le même plan &#8220;<em>traçage physique</em>&#8221; et &#8220;<em>traçage temporel</em>&#8221; revient donc à comparer des technologies d&#8217;exclusion qui visent à identifier les déviants, avec des technologies d&#8217;inclusion qui proposent aux citoyens de participer à la vie de la société. </p>
<p>Les premières relèvent d&#8217;une logique &#8220;<em>top down</em>&#8221; très hiérarchisée : les données sont collectées à notre insu, ou nous y sommes contraints, forcés, par des agents de sécurité répondant aux ordres de personnes situées au sommet de la pyramide de pouvoir. </p>
<p>Les secondes, a contrario, relèvent d&#8217;une approche &#8220;<em>bottom up</em>&#8221; (ascendante) et décentralisée : nous entrons nous-mêmes les données nous concernant, soit pour les partager avec la communauté, soit pour obtenir en échange la réponse à l&#8217;une de nos questions. </p>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2010/02/f2000000.gif" alt="Retour à la normale" title="Retour à la normale" width="130" height="173" class="alignnone size-full wp-image-9300" hspace="3" vspace="3" align="left" />Les mettre sur le même plan procède au mieux d&#8217;une incompréhension totale de ce qui différencie technologies de surveillance et de communication, au pire d&#8217;un douteux amalgame politique visant à justifier les premières au nom des secondes et, par exemple, l&#8217;existence du fichier Edvige au motif que nombreux sont ceux qui renseignent leurs profils Facebook. </p>
<p>Daniel Kaplan a déjà eu l&#8217;occasion de rappeler à quel point ce rapprochement était <a href="http://www.internetactu.net/2008/09/05/facebook-edvige-les-rapprochements-hasardeux/">hasardeux</a>, les informations inscrites (à notre insu) dans les fichiers policiers relevant d&#8217;un &#8220;<em>principe de soupçon</em>&#8221; , alors que ce que l&#8217;on publie (volontairement) sur les médias sociaux relève a contrario de la liberté d&#8217;expression, sinon d&#8217;un désir d&#8217;être vu. Par ailleurs, et comme je l&#8217;avais écrit dans <a href="http://www.internetactu.net/2009/03/12/la-vie-privee-un-probleme-de-vieux-cons/">La vie privée, un problème de vieux cons ?</a> : </p>
<blockquote><p>
&#8220;De même que le port d’une mini-jupe ou le fait de bronzer les seins nus ne sont pas des incitations au viol, l’exposition ou l’affirmation de soi sur les réseaux ne saurait justifier l’espionnage ni les atteintes à la vie privée.&#8221;
</p></blockquote>
<h3>Une vision &#8220;moranoïaque&#8221; de l&#8217;Internet</h3>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2010/02/68aff_infolibre-217x300.jpg" alt="68aff_infolibre" title="68aff_infolibre" width="130" class="alignnone size-medium wp-image-9294" hspace="3" vspace="3" align="right" />Il n&#8217;est d&#8217;ailleurs pas anodin de remarquer que c&#8217;est depuis la polémique suscitée par la création du fichier Edvige, durant l&#8217;été 2008, que la question du &#8220;<em>droit à l&#8217;oubli</em>&#8220;, et des menaces en terme de vie privée que représenteraient les réseaux sociaux en général, et Facebook en particulier, ont émergé. </p>
<p>En décembre dernier, France 2 consacrait ainsi un &#8220;<em>Envoyé spécial</em>&#8221; à la <a href="http://envoye-special.france2.fr/index-fr.php?page=reportage-bonus&#038;id_article=1106">Planète Facebook</a>. Las : comme le <a href="http://www.arhv.lhivic.org/index.php/2008/12/15/894-pourquoi-la-tele-diabolise-facebook?">souligna</a> André Gunthert, &#8220;<em>ce premier reportage de la télévision publique consacré aux réseaux sociaux restera comme l&#8217;un des symptômes les plus achevés des incompréhensions de la société française</em>&#8220;, suscitant des dizaines de réactions, billets et commentaires outrés de ce reportage à charge confinant à la diabolisation de l&#8217;internet en général, et des médias sociaux en particulier : </p>
<blockquote><p>
&#8220;Qu&#8217;a appris le téléspectateur? Que Facebook capte toutes vos données privées, y compris vos préférences sexuelles, et les partage avec ses 150 millions de membres. Qu&#8217;il sert à des gamines de 14 ans à s&#8217;exhiber et à trouver de la drogue. Qu&#8217;il fâche les couples et leur permet de s&#8217;espionner. </p>
<p>Mais le meilleur est gardé pour la fin. Derrière Facebook, nous susurre-t-on, se dissimule en réalité un complot planétaire: une gigantesque collecte de données, susceptible d&#8217;être vendue à la CIA, voire livrée à un fabricant de robots-mixers. Si l&#8217;on doutait encore, une caméra filmant la couverture du livre d&#8217;Orwell en apporte la preuve: Facebook = Big Brother. CQFD.&#8221;
</p></blockquote>
<p>De retour sur le plateau, <a href="http://www.lexpress.fr/actualite/high-tech/toutes-les-questions-que-nous-posons-sur-facebook-sont-legitimes_720606.html">Jérémie Drieux</a>, l&#8217;auteur du reportage, concluait d&#8217;ailleurs d&#8217;un laconique : &#8220;<em>si on veut préserver sa vie privée, il ne faut pas s’inscrire</em>&#8220;.</p>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2010/02/f1000000.gif" alt="Une jeunesse que l&#039;avenir inquiète trop souvent" title="Une jeunesse que l&#039;avenir inquiète trop souvent" width="130" height="160" class="alignnone size-full wp-image-9296" hspace="3" vspace="3" align="left" />Comme le remarquait Fabrice Epelboin sur <a href="http://fr.readwriteweb.com/2008/12/08/analyse/envoye-special-sur-facebook-1ere-partie-lecture-critique/">RWW</a>, &#8220;<em>dans le même esprit, si vous ne voulez pas mourir au volant, il ne faut pas conduire. Si vous ne voulez pas périr dans les flammes lors d’un crash aérien, il ne faut pas prendre l’avion, et pour éviter tout accident domestique, évitez la cuisine.</em>&#8221; (voir, aussi, les réactions d&#8217;Eric Delcroix sur les <a href="http://www.ed-productions.com/leszed/index.php?reaction-a-facebook-sur-envoye-special">z&#8217;ed</a>, de Vincent Glad sur <a href="http://bienbienbien.net/2008/12/08/le-reportage-sur-facebook-de-france-2-en-youtube-live-blogging/">BienBienBien.net</a>, ou encore le mur du <a href="http://www.facebook.com/group.php?gid=44645886947">groupe Facebook</a> consacré à l&#8217;émission).</p>
<p>David Abiker, dans la foulée, <a href="http://davidabiker.typepad.fr/mon_weblog/2008/12/facebook-envoyé-spécial-la-moranoïa-et-la-femme-adultère.html">inventait</a> le concept de &#8220;<em><a href="http://davidabiker.typepad.fr/mon_weblog/2008/12/moranoïa-moranoïaque-ca-y-est-je-déponse-le-concept-à-linpi.html">moranoïa</a></em>&#8220;, jeu de mot entre paranoïa et le nom de famille de la secrétaire d&#8217;Etat chargée de la Famille et de la Solidarité, Nadine Morano, initiatrice d&#8217;une campagne de prévention contre les dangers de l&#8217;internet : </p>
<blockquote><p>
La Moranoïa, mot que j’invente pour l’occasion, c’est la peur des nouvelles techniques de communication. On parlera de Moranoïaque pour qualifier celui qui craint qu’internet ne dévore les enfants ou le rende aveugle ou provoque de mauvais résultats sportifs. </p>
<p>Dans les années 20, la femme adultère était représentée allongée voluptueusement sur un sofa un téléphone dans une main. C’était sur des cartes postales. C’était la façon dont la société se la représentait. Et c’est bien sûr le moyen de communication révolutionnaire de l’époque, le téléphone, qui était responsable de cette émancipation qui ne pouvait que donner des cornes au mari. </p>
<p>La technologie fait peur, surtout quand elle permet d’être plus libre.
</p></blockquote>
<h3>La fabrication d&#8217;un nouvel ennemi</h3>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2010/02/68affic_ortfcrs-210x300.jpg" alt="La police vous parle tous les soirs à 20h" title="La police vous parle tous les soirs à 20h" width="130" class="alignnone size-medium wp-image-9297" hspace="3" vspace="3" align="right" />En mars, un article de Libération, <a href="http://www.liberation.fr/societe/0101553055-les-detectives-prives-a-l-heure-de-facebook">Facebook, le meilleur ami du détective privé</a>, suivi, en avril, d&#8217;un autre du Figaro, <a href="http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/04/03/01016-20090403ARTFIG00007-facebook-ou-myspace-une-mine-d-or-pour-la-police-.php">Facebook ou MySpace : une mine d&#8217;or pour la police</a>, se plaisaient eux aussi à amalgamer Facebook et fichiers policiers, avec des arguments imparables : </p>
<blockquote><p>
«Facebook est très efficace, bien plus utile que les fichiers policiers comme Edvige. La Cnil ne nous met pas des bâtons dans les roues</p>
<p>Les gens racontent toute leur vie en détail. Et le plus fou: les informations sont exactes, la plupart ne mentent même pas.»
</p></blockquote>
<p>Si l&#8217;on peut comprendre que les criminels cherchent à mentir aux officiers de police judiciaire qui les interrogent, les internautes ont, par contre et aussi étonnant que cela puisse paraître, effectivement tendance à raconter la vérité -leur vérité- lorsqu&#8217;ils parlent à leurs amis…</p>
<p>Il ne se passe quasiment pas une semaine, depuis un an, sans que l&#8217;on apprenne, dans les médias, qu&#8217;un internaute n&#8217;a pas été recruté, ou bien qu&#8217;il a été licencié, parce que son ex-futur employeur avait découvert, sur son profil Facebook, une photo de lui (ou d&#8217;elle) les fesses à l&#8217;air, ou en train de faire la fête alors qu&#8217;il s&#8217;était déclaré en arrêt maladie. De temps à autre, des faits divers plus ou moins sordides révèlent également que l&#8217;on peut aussi être agressé, voire même assassiné, &#8220;<em>à cause de Facebook</em>&#8220;. </p>
<p>Lit-on jamais, dans le même temps, &#8220;<em>assassinée à cause d&#8217;un couteau</em>&#8220;, &#8220;<em>mort à cause d&#8217;une Peugeot</em>&#8220;, &#8220;<em>violée à cause d&#8217;un bistrot</em>&#8220;, &#8220;<em>licencié à cause d&#8217;une photo</em>&#8221; ? </p>
<p>Un peu de rigueur intellectuelle suffirait pourtant à requalifier les faits, et expliquer que ces faits divers médiatisés à l&#8217;envi n&#8217;ont pas eu lieu &#8220;<em>à cause de Facebook</em>&#8220;, mais à cause de la légèreté ou de l&#8217;inconscience de certains de ses utilisateurs, et plus encore du fait de la jalousie, de la bêtise ou de l&#8217;agressivité de leur employeur ou agresseur.  </p>
<h3>Des pédo-nazis à la nouvelle chienlit</h3>
<p>Il est si facile d&#8217;accuser l&#8217;internet en général, et les réseaux sociaux en particulier, de tous les maux. Et cela fait quinze ans que cela dure : la toute première émission de télévision consacrée, en France, à l&#8217;internet, en décembre 1995, se fit ainsi fort de <a href="http://bugbrother.blog.lemonde.fr/2008/12/08/les-pedophiles-sont-sur-le-net-nous-aussi-et-tant-mieux/">rappeler</a> qu&#8217;&#8221;<em>outre quelques sites amusants comme celui du Louvre ou de la bibliothèque du Congrès, on ne trouvait guère sur l’Internet que des pirates, des néonazis et des pédophiles</em>&#8220;. </p>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2010/02/68aff_ortf.jpg" alt="68aff_ortf" title="68aff_ortf" width="130" class="alignnone size-full wp-image-9295" hspace="3" vspace="3" align="right" />Depuis, on ne compte plus le nombre de reportages diabolisant ainsi le Net, accusé de faire le lit des &#8220;<em><a href="http://bugbrother.blog.lemonde.fr/2009/09/04/linternet-et-les-pedo-nazis-le-best-of/">pédo-nazis</a></em>&#8220;.</p>
<p>Depuis les attentats de septembre 2001, il faut bien évidemment aussi compter avec les terroristes, même s&#8217;il n&#8217;a jamais été établi que les kamikazes du 11 septembre aient utilisé le Net pour préparer leur forfait (voir &#8220;<a href="http://www.transfert.net/a7413">Terrorisme : les dessous de la filière porno</a>&#8220;). </p>
<p>On ne saurait non plus oublier les &#8220;<em>pirates</em>&#8220;, soi-disant responsables de la crise que traverse l&#8217;industrie musicale. Et depuis le scandale du fichier policier Edvige, et la prise de conscience que l&#8217;abus de fichiers et de surveillance peut nuire à la démocratie, il faut aussi désormais compter avec une nouvelle menace, ou plutôt un nouveau chiffon rouge : ceux qui montrent leurs fesses sur Facebook&#8230;</p>
<p>Leurs fesses, mais pas seulement : surfant sur cette vague somme toute conservatrice et réactionnaire, nous assistons également, depuis un an, à un festival de tirs à vue accusant le Net d&#8217;être &#8220;<em>la pire saloperie de l&#8217;histoire de l&#8217;humanité</em>&#8221; (<a href="http://bugbrother.blog.lemonde.fr/2009/10/21/le-net-est-la-plus-grande-saloperie/">Jacques Séguéla</a>), de &#8220;<em>tout-à-l&#8217;égout de la démocratie</em>&#8221; (<a href="http://www.numerama.com/magazine/13345-Pour-Denis-Olivennes-Internet-est-le-tout-a-l-egout-de-la-democratie.html">Denis Olivennes</a>), sans oublier cette <a href="http://www.pcinpact.com/actu/news/47913-frederic-lefebvre-internet-mafia-drogue.htm">inénarrable saillie</a> de Frédéric Lefebvre, qui voulait ainsi prôner la labellisation des sites web : </p>
<blockquote><p>
&#8220;L’absence de régulation financière a provoqué des faillites. L’absence de régulation du Net provoque chaque jour des victimes ! Combien faudra-t-il de jeunes filles violées pour que les autorités réagissent ? Combien faudra-t-il de morts suite à l’absorption de faux médicaments ? Combien faudra-t-il d’adolescents manipulés ? Combien faudra-t-il de bombes artisanales explosant aux quatre coins du monde ? Combien faudra-t-il de créateurs ruinés par le pillage de leurs œuvres ? </p>
<p>Il est temps, mes chers collègues, que se réunisse un G20 du Net qui décide de réguler ce mode de communication moderne envahi par toutes les mafias du monde. [...] La mafia s’est toujours développée là où l’État était absent ; de même, les trafiquants d’armes, de médicaments ou d’objets volés et les proxénètes ont trouvé refuge sur Internet, et les psychopathes, les violeurs, les racistes et les voleurs y ont fait leur nid.&#8221;
</p></blockquote>
<p>Le point d&#8217;orgue fut probablement la diffusion, sur leMonde.fr, de la désormais célèbre <a href="http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/09/11/qu-a-vraiment-dit-brice-hortefeux_1238863_823448.html">vidéo</a> du dérapage de Brice Hortefeux qui, pour sa défense, expliqua qu&#8217;il ne se moquait pas des arabes, mais bien des Auvergnats. </p>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2010/02/f2200000.gif" alt="Attention, la radio ment" title="Attention, la radio ment" width="130" height="162" class="alignnone size-full wp-image-9306" hspace="3" vspace="3" align="left" />Alors qu&#8217;elle avait été filmée par des journalistes de Public Sénat, et diffusée sur le site web du quotidien Le Monde, les soutiens du ministre de l&#8217;Intérieur n&#8217;eurent de cesse de <a href="http://www.pcinpact.com/actu/news/53034-brice-hortefeux-declarations-anti-internet.htm">s&#8217;en prendre à l&#8217;internet</a> et au &#8220;<em>fonctionnement malsain de la Toile</em>&#8220;, pour reprendre l&#8217;<a href="http://www.france-info.com/france-politique-2009-09-13-l-ump-et-le-gouvernement-font-bloc-derriere-le-ministre-de-l-342310-9-10.html">expression</a> de messieurs Devedjian et Besson, Jean-François Copé <a href="http://www.numerama.com/magazine/13907-jean-francois-cope-veut-un-debat-sur-internet-et-les-libertes.html">appelant</a> quant à lui de ses voeux à &#8220;<em>un débat public sur Internet et la liberté</em>&#8220;, <a href="http://www.slate.fr/story/10839/la-liberte-et-internet-par-jean-francois-cope-hadopi-menaces">au motif</a> que &#8220;<em>l&#8217;absence de règles est l&#8217;anarchie et la loi du plus fort</em>&#8220;. </p>
<p>Le plus en verve fut probablement Henri Guaino, la plume de Nicolas Sarkozy, qui, <a href="http://www.numerama.com/magazine/13901-henri-gaino-s-en-prend-lui-aussi-a-internet.html">interviewé</a> sur France Info, enchaîna les diatribes :</p>
<blockquote><p>
&#8220;Je trouve que nous entrons dans une société étrange où l&#8217;on ne peut plus rien dire, plus rien faire. La transparence absolue, c&#8217;est le début du totalitarisme, le comble du totalitarisme : il n&#8217;y a plus d&#8217;intimité, de discrétion, on est toujours surveillé, toujours contrôlé (&#8230;) il faut juste faire attention de ne jamais rien dire.</p>
<p>Internet ne peut être la seule zone de non-droit, de non-morale de la société, la seule zone où aucune des valeurs habituelles qui permettent aux gens de vivre ensemble ne soit acceptée. Je ne crois pas à la société de la délation généralisée, de la surveillance généralisée, c&#8217;est la pire des sociétés qui soit.&#8221;
</p></blockquote>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2010/02/181-237x300.gif" alt="La chienlit, c&#039;est lui" title="La chienlit, c&#039;est lui" width="130" class="alignnone size-medium wp-image-9314" hspace="3" vspace="3" align="right" />Ironie de l&#8217;histoire, le ministre de l&#8217;Intérieur venait précisément, la veille de la diffusion de la vidéo sur leMonde.fr, <a href="http://bugbrother.blog.lemonde.fr/2009/09/15/hortefeux-fustige-la-videosurveillance-dont-il-a-fait-lobjet/">de se faire l&#8217;avocat</a> de la société de surveillance, en présentant son plan de déploiement de la vidéosurveillance : </p>
<blockquote><p>
 &#8220;Je suis naturellement attaché à la préservation des libertés individuelles. Je le dis clairement, et chacun peut le voir, la vidéo, c’est de la protection avant d’être de la surveillance. Les caméras ne sont pas intrusives, elles ne sont pas là pour épier, mais pour protéger. </p>
<p>Si vous n’avez rien à vous reprocher, vous n’avez pas à avoir peur d’être filmés ! Instaurer la vidéo-protection, c’est identifier les fauteurs de troubles, c’est décourager les délinquants ; c’est, surtout, veiller sur les honnêtes gens.&#8221;
</p></blockquote>
<p><a href="http://www.internetactu.net/2009/10/21/la-valeur-sociale-de-la-vie-privee/">Depuis Daniel Solove</a> on sait pourtant que la vie privée ne se résume pas à la négation de la tension entre le fort et le faible.</p>
<h3>De la chienlit à la novlangue</h3>
<p>Evoquant la montée en puissance de la société de surveillance, Alex Türk avait tenté de résumer la situation comme suit : &#8220;<em>Si vous croyez que le monde ressemblera un jour à celui de Big Brother, détrompez-vous… Vous êtes en plein dedans !</em>&#8220;, avant de préciser que &#8220;<em>Lorsqu’on ne s’étonne plus du traçage, de la vidéosurveillance ou de la conservation des données, c’est justement le signal qu’on est entré dans un monde orwellien</em>”.</p>
<p>L&#8217;an passé, la CNIL a <a href="http://bugbrother.blog.lemonde.fr/2009/01/21/en-2008-la-cnil-a-constate-83-derreurs-dans-les-fichiers-policiers/">révélé</a> que plus d&#8217;un million de personnes sont enregistrées comme &#8220;<em>suspectes</em>&#8221; dans le plus important des fichiers policiers, alors qu&#8217;elles ont été blanchies par la justice. Les contrôles qu&#8217;elle a effectués dans ce même fichier ont révélé un taux de 83% d&#8217;erreurs. </p>
<p>La question n&#8217;est pas de savoir si l&#8217;on a quelque chose à se reprocher : le problème, c&#8217;est que même innocent, on peut être fiché, et considéré comme suspect. Ainsi, le FNAEG, fichier des empreintes génétiques créé initialement pour répertorier les criminels sexuels, a depuis été étendu aux simples suspects de plus de 130 crimes et délits. Résultat : <a href="http://bugbrother.blog.lemonde.fr/2009/10/08/objectif-ficher-ladn-de-toute-la-population/">plus de 75%</a> des 1,08 millions de personnes qui y sont fichées au n&#8217;ont pas été condamnées, et sont donc toujours présumées innocentes de ce dont elles ont été suspectées. </p>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2010/02/68aff_crsviolent-247x300.jpg" alt="68aff_crsviolent" title="68aff_crsviolent" width="130" class="alignnone size-medium wp-image-9293" hspace="3" vspace="3" align="left" />Un rapport parlementaire, commandé à la suite du scandale Edvige, a <a href="http://bugbrother.blog.lemonde.fr/2009/05/13/comment-legaliser-les-fichiers-policiers/">révélé</a> que le nombre de fichiers policiers avait augmenté de 70% ces trois dernières années, et que <a href="http://bugbrother.blog.lemonde.fr/2009/09/19/le-quart-des-58-fichiers-policiers-sont-hors-la-loi/">le quart</a> de ces 58 fichiers étaient &#8220;<em>hors la loi</em>&#8220;. La proposition de loi des députés, qui visait à mieux encadrer ces fichiers, a été &#8220;<em><a href="http://bugbrother.blog.lemonde.fr/2009/11/27/fichiers-policiers-les-gros-godillots-de-lump-et-de-la-cnil/">enterrée en grande pompe</a></em>&#8221; par le gouvernement. </p>
<p>Un mois auparavant, Brice Hortefeux venait de créer <a href="http://bugbrother.blog.lemonde.fr/2009/10/18/adieu-edvige-bonjour-edwige%c2%b2/">deux nouveaux fichiers</a> en remplacement du défunt Edvige. L&#8217;un d&#8217;entre eux servira expressément aux enquêtes administratives effectuées pour jauger la &#8220;<em>moralité</em>&#8221; d&#8217;un certain nombre de salariés. Policiers, gendarmes, convoyeurs de fonds, contrôleurs RATP, employés dans les aéroports ou les autoroutes, arbitres de pelote basque, entraîneurs de lévriers&#8230; <a href="http://bugbrother.blog.lemonde.fr/2008/12/06/futurs-fonctionnaires-ou-potentiels-terroristes/">Plus d&#8217;un million de personnes</a> sont concernées. Or, il suffit d’être “<em>suspecté</em>”, non pas d’avoir perpétré un “<em>acte</em>” délictueux, mais d’avoir adopté un “<em>comportement</em>” contraire “<em>à l’honneur</em>” ou “<em>aux bonnes moeurs</em>” pour y être fiché&#8230; et licencié.</p>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2010/02/190-224x300.gif" alt="Sois jeune et tais toi" title="Sois jeune et tais toi" width="130" class="alignnone size-medium wp-image-9316" hspace="3" vspace="3" align="right" />Pendant ce temps-là, Brice Hortefeux et ceux qui le soutiennent tentent d&#8217;assimiler l&#8217;internet à une &#8220;<em>société de surveillance</em>&#8220;&#8230; et la notion de &#8220;<em>vie privée</em>&#8221; est <a href="http://bugbrother.blog.lemonde.fr/2010/01/28/le-monde-entier-enterre-la-vie-privee/">réduite</a> au seul &#8220;<em>droit à l&#8217;oubli</em>&#8221; sur l&#8217;internet, incarné par ces adolescents qui, s&#8217;exprimant sur Facebook, risquent de voir leurs propos archivés par Google pendant des années&#8230;</p>
<p>Il y a un mot pour qualifier cela : c’est de la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Novlangue">novlangue</a>, du nom donné à cette &#8220;<em>simplification lexicale et syntaxique de la langue destinée à empêcher l&#8217;expression de pensées hétérodoxes ou critiques</em>&#8220;. </p>
<p>On ne retient généralement de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/1984_%28roman%29">1984</a>, le roman de George Orwell, que la seule société de surveillance. O, la Police de la pensée de Big Brother ne “<em>surveille</em>” pas pour “<em>surveiller</em>“, mais pour se maintenir au pouvoir, ce pour quoi elle cherche à contrôler les mots, les pensées. </p>
<p>La question de la “<em>vie privée</em>” est politique : il n’y a pas de libertés sans vie privée, et le sujet est autrement plus intéressant, important et vital pour nos démocraties que ces <a href="http://www.internetactu.net/2010/01/04/vie-privee-le-point-de-vue-des-petits-cons/">histoires d&#8217;ados qui montrent leurs fesses sur Facebook</a>…</p>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2010/02/108-207x300.gif" alt="Nous sommes tous indésirables" title="Nous sommes tous indésirables" width="130" class="alignnone size-medium wp-image-9313" hspace="3" vspace="3" align="left" />Problème : les internautes sont la nouvelle chienlit. Pas tous les internautes, certes : ceux qui se contentent d&#8217;y faire leurs courses n&#8217;ont rien à craindre. Ceux qui, par contre, s&#8217;en servent pour s&#8217;exprimer sur les réseaux sociaux, blogs, forums, et y témoigner, notamment, de leurs mécontentements, ceux-là font peur. Parce qu&#8217;ils osent s&#8217;attaquer de front à ceux dont le métier, ou la fonction, est de porter la parole publique, sinon de maîtriser, voire façonner l&#8217;opinion.  </p>
<p>Il y a quelques années, l&#8217;internet faisait peur aux journalistes, l&#8217;internet allait tuer la presse. Puis ce fut le tour des industriels et professionnels de la musique, habilement relayés par bon nombre d&#8217;intellectuels et de politiques, dont les postures de commandeurs sont débattues sur le Net, et remises en question, et qui ne goûtent pas du tout ce genre de contradiction venue d&#8217;&#8221;<em>en bas</em>&#8220;, venue du &#8220;<em>peuple</em>&#8220;. </p>
<p>Mais contrairement aux années 60-70, la &#8220;<em>jeunesse</em>&#8221; ne cherche pas particulièrement à défier le conservatisme de la génération d&#8217;avant : en ce XXIe siècle, ce sont les &#8220;<em><a href="http://www.internetactu.net/2009/03/12/la-vie-privee-un-probleme-de-vieux-cons/">vieux cons</a></em>&#8220;, hostiles aux libertés associées à l&#8217;internet, qui se mettent à agresser ces &#8220;<em><a href="http://www.internetactu.net/2010/01/04/vie-privee-le-point-de-vue-des-petits-cons/">petits cons</a></em>&#8221; d&#8217;internautes.</p>
<p><a href="http://fr-fr.facebook.com/jean.marc.manach">jean.marc.manach</a> (sur Facebook), <a href="http://twitter.com/manhack">manhack</a> (sur Twitter).</p>
<p><em>Illustrations : <a href="http://achard.info/mai/">affiches</a> de mai 68, à l&#8217;exception du &#8220;<a href="http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Stasi_2.0.svg">Stasi 2.0</a>&#8220;, utilisé en Allemagne, depuis 2007, pour <a href="http://allemagne-et-plus.a18t.net/?p=24">dénoncer</a> la société de surveillance et l&#8217;inflation des mesures sécuritaires proposées par le ministère de l&#8217;Intérieur.</em></p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/economie-de-lattention/" title="économie de l&#039;attention" rel="tag nofollow">économie de l&#039;attention</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/communaute/" title="communauté" rel="tag nofollow">communauté</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/identite/" title="identité" rel="tag nofollow">identité</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/identites-actives/" title="identités actives" rel="tag nofollow">identités actives</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/innovation-sociale/" title="innovation sociale" rel="tag nofollow">innovation sociale</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/non-usage/" title="non-usage" rel="tag nofollow">non-usage</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/participation/" title="Participation" rel="tag nofollow">Participation</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/politiques-publiques/" title="politiques publiques" rel="tag nofollow">politiques publiques</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/reseaux/" title="réseaux" rel="tag nofollow">réseaux</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/reseaux-sociaux/" title="réseaux sociaux" rel="tag nofollow">réseaux sociaux</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/surveillance/" title="surveillance" rel="tag nofollow">surveillance</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/web-20/" title="web 2.0" rel="tag nofollow">web 2.0</a><br />
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		<title>André Gunthert : “Internet est une révolution de la consultation plus que de la production”</title>
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		<comments>http://www.internetactu.net/2010/02/03/andre-gunthert-internet-est-une-revolution-de-la-consultation-plus-que-de-la-production/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 03 Feb 2010 09:21:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Archivage/stockage]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves]]></category>
		<category><![CDATA[Identité numérique]]></category>
		<category><![CDATA[Image]]></category>
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		<description><![CDATA[Il y a 4 ans, nous rencontrions André Gunthert, directeur du  Laboratoire d&#8217;histoire visuelle contemporaine (Lhivic),  pour évoquer avec lui la révolution Flickr. Depuis, le web 2.0 s&#8217;est largement installé, même s&#8217;il a aussi largement montré ses limites, notamment à transformer tout un chacun en producteur de contenus, d&#8217;images, de vidéos, de textes&#8230; Il n&#8217;est pas étrange qu&#8217;aujourd&#8217;hui, ce ne&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>Il y a 4 ans, nous rencontrions André Gunthert, directeur du  <a href="http://www.lhivic.org/info/">Laboratoire d&#8217;histoire visuelle contemporaine (Lhivic)</a>,  <a href="http://www.internetactu.net/2006/06/08/flickr-lune-des-choses-les-plus-importantes-qui-soit-arrive-a-la-photographie/">pour évoquer avec lui la révolution Flickr</a>. Depuis, le web 2.0 s&#8217;est largement installé, même <a href="http://novovision.fr/?+-web-2-+">s&#8217;il a aussi largement montré ses limites</a>, notamment à transformer tout un chacun en producteur de contenus, d&#8217;images, de vidéos, de textes&#8230; Il n&#8217;est pas étrange qu&#8217;aujourd&#8217;hui, ce ne soit plus tant la manière dont on produit des images qu&#8217;il nous intéressait d&#8217;interroger, <a href="http://www.internetactu.net/2010/01/20/comment-consultons-nous-les-images/">que la manière dont on les consulte</a>. </p>
<p>Le web créatif des amateurs est-il en train de céder le pas face au web des industries culturelles ? Chacun à leur mesure, Hadopi comme l&#8217;iPad d&#8217;Apple, <a href="http://culturevisuelle.org/totem/396">&#8220;un outil tout entier dédié à la consultation&#8221;</a>, n&#8217;en sont-ils pas les premiers symboles ? </p></blockquote>
<p><strong>InternetActu.net : Le contenu généré par l&#8217;utilisateur (User generated content, UGC) est-il vraiment le &#8220;trésor&#8221; du web 2.0 ? Qu&#8217;est-ce qui est plus important finalement sur YouTube, les quelques vidéos créées par les amateurs ou cette transformation radicale de la diffusion ?</strong></p>
<p><a href="http://www.flickr.com/photos/cinemadoc/4297452846/"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2010/02/gunthertparRoubinet.png" alt="André Gunthert par Didier Roubinet" title="André Gunthert par Didier Roubinet" width="336" height="501" class="size-full wp-image-9282" hspace="6" vspace="6" align="left" /></a><strong>André Gunthert :</strong> Sur YouTube, le modèle dominant n&#8217;est pas celui de la création de contenus. Sur Youtube, nos enfants ne produisent pas de vidéos. Ils sélectionnent des contenus. Leur usage principal : c&#8217;est le visionnage. </p>
<p>Les chercheurs ont tendance à considérer la production plutôt que l&#8217;activité de consommation. Ils n&#8217;observent pas beaucoup non plus l&#8217;espace du partage, qui se situe entre les deux et dont le signalement, tel qu&#8217;il se pratique sur Facebook ou Twitter, est certainement l&#8217;activité majeure. On construit nos identités numériques par du signalement d&#8217;articles, de vidéos, d&#8217;images. C&#8217;est du flux qu&#8217;on transmet. Les deux activités les plus importantes ne sont donc pas du ressort de la production. On est resté avec l&#8217;idée que les nouveaux outils numériques facilitaient la réalisation d&#8217;images &#8211; et c&#8217;est vrai -, mais ce n&#8217;est rien par rapport à la révolution de la diffusion. </p>
<p>Cette dimension de la consultation est essentielle, d&#8217;autant qu&#8217;elle ne s&#8217;effectue plus comme autrefois. La différence avec les médias traditionnels est qu&#8217;on y est actif : ce que l&#8217;on trouve &#8220;personne&#8221; ne l&#8217;a trouvé pour nous. </p>
<p><strong>InternetActu.net : Longtemps, pour consulter les contenus nous avons eu besoin de les collectionner&#8230;</strong></p>
<p><strong>André Gunthert :</strong> Mes enfants ne ressentent pas le besoin d&#8217;accumuler les contenus. Jeune étudiant, la Bibliothèque nationale était mon deuxième bureau, j&#8217;y allais presque tous les jours. J&#8217;achetais très peu de livres, seulement les ouvrages récents. Un jour, je rends visite à un ami à Fribourg, qui avait une très belle bibliothèque. Il était loin de tout, il avait besoin d&#8217;un outil de référence. La conservation des contenus, que nous percevons comme un réflexe naturel est en réalité dicté par un contexte, qui peut évoluer.</p>
<p>Pour les images, la situation d&#8217;abondance est très nouvelle. La volonté de rassembler tous les livres existe depuis Alexandrie. Il y a eu des pinacothèques, mais il n&#8217;y a jamais eu de BNF des images. YouTube ou Google Images offrent des ressources auxquelles nous n&#8217;avons jamais eu accès. C&#8217;est bien une révolution de la consultation plus que de la production.</p>
<p>Cette réflexion est liée aux transformations de la période récente et notamment au déplacement de l&#8217;investissement social du grand public de l&#8217;espace institutionnel vers l&#8217;espace personnel. Dans les années 1960, les modèles sociaux ont le vent en poupe : les partis et les syndicats sont les modèles d&#8217;organisation de la société, alors que la famille, jugée conservatrice, est dévalorisée. Aujourd&#8217;hui, c&#8217;est l&#8217;inverse. La famille est au premier rang de l&#8217;investissement social. Le succès de Facebook s&#8217;explique si l&#8217;on prend en compte ce grand déplacement de la confiance ou de la défiance selon le point de vue où l&#8217;on se place. Tous les éléments en perte de vitesse sont marqués du sceau des institutions, alors que tout ce qui est marqué du sceau du personnel est valorisé&#8230; Et toute l&#8217;économie du signalement de Facebook est circonscrite à cette dynamique. Ce ne sont pas tant les capacités particulières de Facebook qui font son succès, que ce qu&#8217;il valorise : le local, la dimension personnelle, le groupe d&#8217;amis comme nouveau noyau social. </p>
<p>Dans cette dynamique, l&#8217;image est bien sûr située du côté de la culture privée. L&#8217;image est l&#8217;une des choses qu&#8217;on n&#8217;apprend pas à l&#8217;école. Elle se situe du côté du modèle de l&#8217;investissement personnel : l&#8217;explosion de l&#8217;image ne s&#8217;explique pas seulement parce que c&#8217;est une ressource abondante, facile à produire, mais surtout, parce qu&#8217;elle est pour chacun de nous quelque chose d&#8217;intime et de proche. Elle appartient à notre culture personnelle, celle, &#8220;sauvage&#8221;, que nous avons construit nous-mêmes, comme nous construisons ce que nous cherchons sur Google. Le fonctionnement sémantique de l&#8217;image est plus fluide, moins fixé que la transmission du langage ou d&#8217;autres formes d&#8217;information codée. Cela tient en partie à la dimension sémiotique particulière de l&#8217;image, mais surtout au facteur culturel. Tout ce qui appartient à la culture sauvage bouge, circule. Les significations véhiculées par l&#8217;image ont un grand caractère de fluidité, de plasticité. L&#8217;image est un outil pour jouer, pour produire du sens second, de la dérivation&#8230; La contrepartie, c&#8217;est le risque de la mécompréhension, la mésinterprétation&#8230; La plasticité de l&#8217;image comporte en elle-même une ambiguïté native, qui favorise par exemple la publicité ou à la propagande&#8230; La question de notre environnement numérique interroge en profondeur le passage d&#8217;un espace personnel, devenu si dense, à un espace public, devenu multiple. </p>
<p><strong>InternetActu.net : Paradoxalement, est-ce que l&#8217;abondance de contenus ne signe pas la fin de leur conservation ?</strong></p>
<p><strong>André Gunthert :</strong> On n&#8217;a jamais tout conservé. La photo est d&#8217;ailleurs un très bon exemple : on a perdu bien plus d&#8217;images qu&#8217;on n&#8217;en a gardées, et c&#8217;est probablement tant mieux. Pourquoi ? Parce qu&#8217;on ne peut pas appliquer les mêmes critères à la production familiale ou privée qu&#8217;à l&#8217;oeuvre d&#8217;art. L&#8217;image a différentes fonctions et notamment certaines qui sont de consommation rapide et périmable. Il faut remettre en contexte nos usages des images.</p>
<p>On s&#8217;aperçoit alors qu&#8217;il y a de nombreux cas où l&#8217;image ne sert que de façon très provisoire&#8230; Il y a plusieurs usages de l&#8217;image comme il existe différents types de mémoire (moyen, court et long terme). L&#8217;usage récent de photographier le numéro de sa place de parking est un exemple d&#8217;information qui n&#8217;a aucune pertinence à long terme. L&#8217;erreur est d&#8217;appliquer des raisonnements liés aux modèles de l&#8217;archive à des activités qui n&#8217;ont pas vocation à en générer. Sur Facebook on poste beaucoup d&#8217;images. Mais on en détruit aussi beaucoup. L&#8217;usage de la photo sur Facebook est un usage relationnel. Une fois qu&#8217;elle a rempli sa fonction (créer du lien, une fonction qui dure entre 24 et 72h), elle n&#8217;a plus lieu d&#8217;être.</p>
<p>Bien sûr, pour les lettrés, comme les blogueurs, le reflexe de la conservation et de la collection est dans nos gènes. On a commencé à réfléchir avec des bibliothèques&#8230; La collection, c&#8217;est les Lumières, la naissance du British Museum, c&#8217;est-à-dire le moment où on transforme les cabinets de curiosité en réserves de savoir, en corpus organisés, en outil culturel. Ce sont des collectionneurs qui ont inventé l&#8217;histoire, l&#8217;archéologie. Notre rapport au savoir et à la politique se transforme à partir de là. Cette organisation du réel se perpétue, mais une autre logique se superpose :  celle d&#8217;une consommation immédiate et très rapide des contenus. </p>
<p>J&#8217;ai perdu successivement 5 ou 6 bases bibliographiques composées avec <a href="http://www.zotero.org/">Zotero</a>, perdant avec dépit plusieurs milliers de références. Mais je me suis rendu compte que je ne les consultais pas. Nous subissons une pression du présent, qui mange le passé. Tout se passe comme si l&#8217;offre de nouveaux contenus était de toute façon plus importante que le reste. Notre comportement par rapport à l&#8217;archive se modifie. Parmi mes collections, les DVD que j&#8217;ai achetés depuis 10 ans sont probablement ceux que j&#8217;ai le moins reconsultés. Comme pour la technologie, où le meilleur modèle est toujours celui d&#8217;après-demain, notre attention est en permanence sollicitée par la promesse, ce qui s&#8217;articule mal avec la mobilisation de nos désirs passés. Nos collections prennent la poussière, s&#8217;étiolent et meurent sans même qu&#8217;on s&#8217;en aperçoive.</p>
<p>Ajoutons que dans les discussions que nous avons aujourd&#8217;hui sur l&#8217;archive, la vision qu&#8217;on a de la conservation est souvent idéalisée. Il faudrait aussi rappeler la dimension contraignante de l&#8217;archive. La réalité de l&#8217;archive, c&#8217;est le contrôle de son accès. Notre nouvelle situation, celle de l&#8217;accès permanent, pose de nombreux problèmes, mais ce qu&#8217;elle nous ouvre en termes de ressources est sans commune mesure avec l&#8217;état antérieur. Pour l&#8217;instant, ce qu&#8217;on a gagné avec internet est plus précieux que ce que l&#8217;on a perdu. </p>
<p>Chez les plus jeunes, je constate que l&#8217;idée de collection est étrange. L&#8217;idée d&#8217;acheter des choses pour les garder les surprend. Ils ont du mal à comprendre l&#8217;utilité de l&#8217;archive: ils vivent sur l&#8217;idée de l&#8217;abondance des contenus, de la disponibilité permanente et  perpétuelle des images, orientée vers le futur et non pas vers le passé. Il y a des serveurs qui, magiquement, maintiennent disponibles un contenu désirable&#8230; Le contenu de demain sera toujours plus désirable que le contenu de la veille, et si tu ne trouves pas ce que tu cherches, tu as toujours à ta disposition un contenu de remplacement. Sur Youtube, il y a toujours une réponse. La sérendipité est comme une pertinence seconde, qui vient se substituer à la réponse exacte. </p>
<p><strong>InternetActu.net : Ce que vous décrivez à une conséquence&#8230; Le monde est restreint à ce qui est disponible. Ce qui ne l&#8217;est pas n&#8217;existe pas&#8230; </strong></p>
<p><strong>André Gunthert :</strong> Oui, la question est bien celle de la disponibilité. Pour exister aujourd&#8217;hui dans l&#8217;espace culturel, il faut exister dans cet écosystème là. </p>
<p><strong>InternetActu.net : Vous dessinez la problématique d&#8217;une histoire de la consultation d&#8217;internet&#8230;</strong></p>
<p><strong>André Gunthert :</strong>  La consultation est difficile à décrire. Alors que la production est souvent interprétée à partir d&#8217;une observation au cas par cas, sur le modèle de l&#8217;oeuvre, la consommation est mesurée globalement, de façon statistique. Je pense que le paysage de la consultation ne pourra apparaître qu&#8217;à partir d&#8217;une observation beaucoup plus rapprochée et plus précise. Sur mon blog, j&#8217;essaie d&#8217;enregistrer des exemples en contexte: <a href="http://culturevisuelle.org/totem/253">Comment nos enfants, en faisant des recherches sur Youtube, lui adressent leurs rêves</a> ? Pour eux, c&#8217;est déjà un réflexe évident.</p>
<p>Il y a là de nouvelles problématiques à créer. On peut regarder le développement de jeux sociaux. La visualisation en commun de  vidéos à succès, dans un contexte amical ou familial, par exemple. Typiquement, c&#8217;est la tante qui n&#8217;a pas vu ses neveux depuis longtemps, et qui leur propose de regarder ensemble des vidéos sur son ordinateur. A la manière des jeux de cartes Panini qu&#8217;on échangeait dans les cours de récréation, il y a là un nouveau rituel social, un équivalent du conte de fées raconté au coin du feu ou de la prière avant de s&#8217;endormir. Les vidéos (vidéo gags, hits, publicités originales&#8230;) servent de monnaie d&#8217;échange pour fabriquer du lien social. On échange de petits objets qui ne coûtent pas cher mais, dont la consommation en commun est précieuse, sur le modèle anthropologique du don contre-don. </p>
<p>Bien sûr, comme le soulignait le sociologue Sylvain Maresca, <a href="http://culturevisuelle.org/viesociale/390">dans un récent billet évoquant la non-utilisation d&#8217;écran photo connecté par certains membres d&#8217;une famille</a>, l&#8217;installation d&#8217;une nouvelle culture ne se fait pas sans exclusion. La culture est un combat identitaire, qui ne va pas sans perte ni sans douleur. </p>
<p><strong>InternetActu.net : Et la mémoire alors ?</strong></p>
<p><strong>André Gunthert :</strong> Le discours sur la perte des données numériques est un leurre. Nous avons aujourd&#8217;hui un problème de trop-plein, de tri et de sélection. Ce dont on a besoin c&#8217;est d&#8217;une bonne gestion de l&#8217;oubli. La discussion sur le droit à l&#8217;oubli initiée par la secrétaire d&#8217;Etat à l&#8217;économie numérique est mal posée, mais elle demeure une bonne question face à l&#8217;univers numérique qui par défaut conserve tout&#8230; Ce qui est vite ingérable. Gmail propose de conserver par défaut tous nos mails. Tout y est accumulé, mais le tri s&#8217;effectue grâce à notre mémoire réelle: par ce dont on arrive à ce souvenir. Ce qu&#8217;on a oublié, c&#8217;est ce qui n&#8217;était pas important. C&#8217;est parce qu&#8217;on ne l&#8217;a pas oublié qu&#8217;on sait comment retrouver un vieux mail d&#8217;il y a trois ans !</p>
<p>Nous avons trop de mémoires numériques. La bonne réponse n&#8217;est pas la mémoire, mais l&#8217;histoire. L&#8217;histoire, c&#8217;est ce qui reste quand on a fait le tri, ce qu&#8217;on a jugé important, ce qui fait sens.</p>
<p>L&#8217;une des réponses que j&#8217;ai développées sans m&#8217;en rendre compte avec <a href="http://www.arhv.lhivic.org/">ARHV</a> puis <a href="http://culturevisuelle.org">Culture Visuelle</a>, c&#8217;est de faire l&#8217;histoire en cours de route, d&#8217;essayer aussi vite que possible d&#8217;interpréter, de fixer une signification, de focaliser sur les éléments symptomatiques&#8230; Produire du sens est une réponse efficace en termes de gestion de l&#8217;information.</p>
<p>L&#8217;important, ce n&#8217;est peut-être pas les collections de photos qu&#8217;on amasse, mais l&#8217;acte de produire la photo. Comprendre pourquoi prendre une photo est important au moment où on la prend, plutôt que pour sa pseudo-valeur mémorielle. Ce sont les nouvelles questions qui s&#8217;ouvrent à partir de l&#8217;observation des outils d&#8217;aujourd&#8217;hui. </p>
<p><em>Propos recueillis par Hubert Guillaud, le 27 janvier 2010. </em></p>
<p><em>André Gunthert est maître de conférences à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), il dirige le <a href="http://www.lhivic.org/info/">Laboratoire d&#8217;histoire visuelle contemporaine (Lhivic)</a>, première équipe de recherche française consacrée aux </em>visual studies<em>, qu&#8217;il a créé en 2005. Il a fondé en 1996 la première revue scientifique francophone consacrée à l&#8217;histoire de la photographie, </em>Etudes photographiques<em>, qu&#8217;il a dirigée jusqu&#8217;en 2008. Ses travaux actuels portent sur les nouveaux usages des images numériques et les formes visuelles de la culture populaire. Il a lancé récemment <a href="http://culturevisuelle.org">une plateforme de blogs consacrée à la culture visuelle</a>, sur laquelle il tient <a href="http://culturevisuelle.org/icones/">son propre carnet de recherche</a>, qu&#8217;il faut compléter par <a href="http://culturevisuelle.org/totem/">son bloc-note personnel</a>. </em></p>
<p><em>Image : André Gunthert lors d&#8217;une récente intervention présentant Culture Visuelle, <a href="http://www.flickr.com/photos/cinemadoc/4297452846/">par Didier Roubinet</a>.</em></p>
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		<title>Soyons sérieux, jouons! (2/5) : les nouvelles formes de jeu</title>
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		<pubDate>Tue, 02 Feb 2010 09:13:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rémi Sussan</dc:creator>
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		<description><![CDATA[A quoi ressembleront les jeux sérieux de demain ? En effet, il serait bien possible que le &#8220;jeu vidéo&#8221; tel que nous le connaissons ne soit qu&#8217;une forme transitoire, contrainte par une technologie encore immature et limitée dans son concept. De nouvelles formes de jeux apparaissent aujourd&#8217;hui, et certaines d&#8217;entre elles pourraient bien se révéler plus adaptées à des buts&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>A quoi ressembleront les jeux sérieux de demain ? En effet, il serait bien possible que le &#8220;jeu vidéo&#8221; tel que nous le connaissons ne soit qu&#8217;une forme transitoire, contrainte par une technologie encore immature et limitée dans son concept. De nouvelles formes de jeux apparaissent aujourd&#8217;hui, et certaines d&#8217;entre elles pourraient bien se révéler plus adaptées à des buts &#8220;sérieux&#8221; que d&#8217;autres : soit parce qu&#8217;elles sont moins onéreuses à réaliser que les jeux vidéo traditionnels, soit parce que par nature elles se prêtent plus facilement à l&#8217;enseignement ou la formation ou suscitent plus aisément la réflexion&#8230;</p>
<h3>On sort de l&#8217;écran</h3>
<p>Depuis la Wii, le corps a cessé d&#8217;être un appendice inutile pour reprendre ses droits. Avec des interfaces adaptées (comme la tablette Wii Fit), des programmes d&#8217;entraînement guident les actions des joueurs dans l&#8217;espace réel. Et bien entendu, cela a donné naissance à toute une nouvelle gamme d&#8217;applications &#8220;sérieuses&#8221;, celles qui se consacrent à la santé.</p>
<p>Mais la Wii n&#8217;est la seule illustration de cette tendance du jeu à envahir le monde physique. Le &#8220;jeu pervasif&#8221; (ou ubiquitaire, voire aussi géolocalisé) en est une autre. Descendant branché des anciennes &#8220;courses au trésor&#8221;, des &#8220;jeux de rôle grandeur nature&#8221;, les jeux pervasifs utilisent des technologies numériques, mais se déroulent dans l&#8217;espace physique et notamment dans l&#8217;espace public. Comme le célèbre &#8220;<a href="http://www.pacmanhattan.com/">Pac-Manhattan</a>&#8221; qui met en scène des joueurs munis de mobiles recréant une version grandeur nature de Pacman. </p>
<p>Pour un collectif comme <a href="http://www.blasttheory.co.uk">Blast Theory</a>, le jeu pervasif, loin d&#8217;être un simple amusement, implique une réflexion sociale et culturelle profonde, particulièrement à cause de l&#8217;emploi systématique de l&#8217;informatique mobile, une technologie utilisée notamment par les moins favorisés : <em>&#8220;les adolescents, les personnes âgées, les SDF, les ruraux, tout le monde utilise des portables. C&#8217;est une puissante force de transformation culturelle&#8221;</em>, <a href="http://www.wired.com/gadgets/wireless/news/2003/12/61721">affirme l&#8217;un des créateurs du groupe, Matt Adams, dans une interview à <em>Wired</em></a>.</p>
<p>Blast Theory organise ainsi des évènements à mi-chemin entre le jeu et la performance artistique, comme <a href="http://www.blasttheory.co.uk/bt/work_cysmn.html">Can you see me now</a>, qui met en scène des &#8220;fugitifs&#8221; essayant à se cacher dans une ville donnée (diverses parties se sont déroulées à Barcelone, Chicago, Rotterdam ou Tokyo) tandis que d&#8217;autres joueurs, connectés à l&#8217;internet, cherchent à les débusquer en suivant leurs mouvements réels tels qu&#8217;ils sont reflétés dans une reproduction virtuelle en 3D de la cité  (<a href="http://vimeo.com/5489402">vidéo</a>).</p>
<p><object width="580" height="380"><param name="allowfullscreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="movie" value="http://vimeo.com/moogaloop.swf?clip_id=5489402&amp;server=vimeo.com&amp;show_title=1&amp;show_byline=1&amp;show_portrait=0&amp;color=ffffff&amp;fullscreen=1" /><embed src="http://vimeo.com/moogaloop.swf?clip_id=5489402&amp;server=vimeo.com&amp;show_title=1&amp;show_byline=1&amp;show_portrait=0&amp;color=ffffff&amp;fullscreen=1" type="application/x-shockwave-flash" allowfullscreen="true" allowscriptaccess="always" width="580" height="380" align="left" hspace="6"></embed></object>
<p><a href="http://vimeo.com/5489402">Can You See Me Now? Tokyo</a> from <a href="http://vimeo.com/blasttheory">Blast Theory</a> on <a href="http://vimeo.com">Vimeo</a>.</p>
<p>Le jeu pervasif a également été adapté à des fins éducatives. Dans la municipalité de Regenbourg en Allemagne, on utilise un tel jeu, Rexplorer (<a href="http://hci.rwth-aachen.de/materials/publications/ballagas2006a.pdf">.pdf</a>), pour initier les touristes à l&#8217;histoire de la ville (<a href="http://www.youtube.com/v/Mf7m97tF3Ls&#038;hl=fr_FR&#038;fs=1&#038;">vidéo</a>).<br />
 <br />
<object width="580" height="380"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/Mf7m97tF3Ls&#038;hl=fr_FR&#038;fs=1&#038;"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowscriptaccess" value="always"></param><embed src="http://www.youtube.com/v/Mf7m97tF3Ls&#038;hl=fr_FR&#038;fs=1&#038;" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="580" height="380" align="left" hspace="6"></embed></object><br />
 <br />
Chaque joueur se voit confier un smartphone possédant non seulement des fonctionnalités de géolocalisation mais également susceptible de procéder à la reconnaissance de mouvements. Le touriste se promène ensuite dans la ville où il rencontre divers &#8220;esprits&#8221; (personnages historiques) par l&#8217;intermédiaire de son téléphone portable. Pour communiquer avec ces esprits et accomplir ses quêtes, il lui faudra effectuer certains gestes &#8220;particuliers&#8221; avec son portable. Rexplorer est intéressant à plus d&#8217;un titre : parce qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;un jeu pervasif sérieux, bien sûr, mais parce qu&#8217;il incorpore aussi la gestuelle dans le gameplay, comme le ferait une Wii.</p>
<p>Reste que le principe de ces jeux n&#8217;est pas nouveau et que, s&#8217;il est souvent démonstratif, il peine à convaincre et à s&#8217;imposer, comme s&#8217;en désole le chercheur <a href="http://www.liftlab.com/think/nova/">Nicolas Nova</a> dans son livre sur les <a href="http://www.amazon.fr/Médias-Géolocalisés-Nicolas-Nova/dp/2916571205/internetnet-21"><em>Médias géolocalisés</em></a>: <em>&#8220;dix ans après les premières tentatives, on ne peut que constater la stagnation du domaine. Il est effectivement rare de rencontrer des innovations qui dépassent les scénarios classiques&#8221;</em> (à savoir jeux de rôle grandeur nature, jeux de collecte d&#8217;objets, course d&#8217;orientation&#8230;).</p>
<h3>Vers un retour des jeux de plateaux ?</h3>
<p>Paradoxalement, cette multiplication des nouvelles technologies pourraient signer un retour à de formes plus traditionnelles du jeu. L&#8217;une des grandes pertes causées par l&#8217;avènement du jeu vidéo est la disparition du jeu en tant qu&#8217;objet artisanal voire artistique, comme ces magnifiques échiquiers, tables de backgammon et autres <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Goban">Gobans</a> qui ont été créés tout au long de l&#8217;histoire. Alors que les jeux ont tendance à disparaître derrière nos écrans, les jeux physiques ne sont peut-être pas encore tout à fait mort et les nouvelles technologies pourraient redonner un coup de jeune aux bons vieux damiers, pions et dés (<a href="http://www.internetactu.net/2006/04/21/plateaux-interactifs/">voir par exemple ces quelques propositions de plateaux interactifs</a>). <a href="http://www.hml.queensu.ca/node/249">Des chercheurs canadiens</a> ont ainsi mis au point une technologie, qui, selon les auteurs, pourrait bien signer le retour des jeux de plateaux, ou ouvrir une nouvelle perspective entre les jeux de plateaux et les jeux de figurines utilisés dans nombre de <em>wargames</em>. Il s&#8217;agit de rendre interactifs les petits hexagones en carton qu&#8217;on trouve dans de nombreux jeux, susceptibles, via un système de projection, d&#8217;afficher des images animées et surtout d&#8217;interagir entre eux (<a href="http://www.youtube.com/v/Ec4fYs2FtNo&#038;hl=fr_FR&#038;fs=1&#038;">voir vidéo</a>).<br />
 <br />
<object width="580" height="380"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/Ec4fYs2FtNo&#038;hl=fr_FR&#038;fs=1&#038;"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowscriptaccess" value="always"></param><embed src="http://www.youtube.com/v/Ec4fYs2FtNo&#038;hl=fr_FR&#038;fs=1&#038;" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="580" height="380" align='right' hspace='6'></embed></object><br />
 <br />
Il deviendrait donc possible de construire dynamiquement, via cette technique ou d&#8217;autres, comme  les systèmes de tables interactifs <a href="http://www.microsoft.com/surface/">Surface de Microsoft</a>, des plateaux de jeux mouvants, capables de se transformer selon les interactions entre ses composants</p>
<h3>&#8220;Ceci n&#8217;est pas un jeu&#8221;</h3>
<p>Une forme particulière de jeu a retenu l&#8217;attention des concepteurs de jeux sérieux. Il s&#8217;agit du <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jeu_en_réalité_alternée">jeu à &#8220;réalité alternée&#8221;</a> (<em>Alternate reality game</em>, ou ARG).</p>
<p>Le jeu à réalité alternée met en scène une série d&#8217;énigmes à résoudre, de puzzles, de chiffres qui peuvent se trouver sur le web, mais également s&#8217;incarner dans divers objets, être publiés dans des articles de journaux, voire apparaitre dans des e-mails et des coups de téléphone reçus par les joueurs (et parfois parait-il au beau milieu de la nuit). Parce qu&#8217;il embrasse le numérique sans s&#8217;y limiter, le jeu à réalité alternée se révèlera probablement comme une tendance lourde de l&#8217;avenir ludique.<br />
 <br />
Le premier de ces jeux, <em><a href="http://en.wikipedia.org/wiki/The_Beast_%28game%29"">The Beast</a></em> avait été lancé en support marketing au film <em>Artificial Intelligence</em> de Steven Spielberg. Lors du générique de fin (au cours duquel clignotaient les mots <em>&#8220;this is not a game&#8221;</em>, &#8220;ceci n&#8217;est pas un jeu&#8221;), on pouvait lire des remerciements à <em>&#8220;<a href="http://bangaloreworldu-in.co.cloudmakers.org/salla/default.html">Jeanine Salla</a>, thérapeute pour machines conscientes&#8221;</em>. Ceux qui avaient la curiosité de googler ce nom se rendaient sur sa page web, appartenant à l&#8217;université de Bangalore, fondée en&#8230; 2021 ! Ceux qui continuaient leur investigation découvraient qu&#8217;un ami de Jeanine Sala, un certain Evan Chan, était mort dans des conditions mystérieuses&#8230; Très vite, le web vit proliférer discussions, recherches et interrogations autour de ce mystère jusqu&#8217;au jour ou une communauté virtuelle qui se nommait elles même les &#8220;<a href="http://www.cloudmakers.org/">cloudmakers</a>&#8221; (faiseurs de nuages)  réussit à cracker le mystère dans son ensemble.</p>
<p>La structure de l&#8217;ARG le rend particulièrement adapté à la création de jeux persuasifs, commerciaux ou militants, comme le montre sa mise en pratique par le groupe <a href="http://www.internetactu.net/2008/01/09/la-realite-alternative-au-service-de-la-musique/">Nine Inch Nails</a>, en soutien à la commercialisation d&#8217;un de leurs albums. Si le jeu pervasif a tendance à brouiller la circonférence du &#8220;<a href="http://www.internetactu.net/2010/01/28/soyons-serieux-jouons-15-prendre-le-jeu-au-serieux/">cercle magique</a>&#8221; en faisant de l&#8217;environnement quotidien un espace pour le jeu, l&#8217;ARG la fait voler en éclats et abolit les frontières entre jeu et sérieux, réalité et fiction.<em>&#8220;This is not a game&#8221;</em>, la formule mystérieuse qui s&#8217;affichait lors du générique d&#8217;<em>Artificial Intelligence</em>, est d&#8217;ailleurs devenu la devise de ce nouveau genre.</p>
<p><a href="http://www.seanstewart.org/interactive/aiintro/">Sean Stewart</a>, un des principaux concepteurs de <em>The Beast</em>,  explique que le jeu à  réalité alternée doit répondre à quatre critères établis par le patron du projet, <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Jordan_Weisman">Jordan Weisman</a>:</p>
<ul>
<li>1. L&#8217;histoire qu&#8217;il raconte doit être découpée en fragments, qu&#8217;il faudra bien entendu collectionner et mettre en relation.</li>
<li>2. Le jeu doit être coopératif et collectif.</li>
<li>3. Le jeu est plus intéressant si personne ne sait qui en est l&#8217;auteur ni quelles sont ses intentions. </li>
<li>4. Le jeu doit venir vers le joueur, par autant de conduits que possible. Le jeu à réalité alternée s&#8217;impose au joueur. L&#8217;immersion se fait donc dans le sens inverse d&#8217;un jeu vidéo traditionnel.</li>
</ul>
<p>De nombreuses applications &#8220;sérieuses&#8221; du jeu à réalité alternée existent déjà&#8230; et pour cause. Par sa structure même, l&#8217;ARG encourage la recherche d&#8217;informations, le recoupement des données, le goût pour une certaine érudition. C&#8217;est l&#8217;enfant illégitime de Jorge luis Borges qui imaginait déjà en 1940, dans sa nouvelle <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Tl%C3%B6n,_Uqbar,_Orbis_Tertius">&#8220;Tlon Uqbar Orbis Tertius&#8221;</a>, l&#8217;invasion du monde réel par un flot d&#8217;information traitant d&#8221;un monde fictif, Tlon.<br />
 <br />
Certains ont voulu utiliser cette fibre &#8220;littéraire&#8221; des ARG dans l&#8217;enseignement des humanités. C&#8217;est le cas de  <a href="http://www.nmc.org/user/john-gosney">John Gosney</a>, qui raconte dans son livre <em><a href="http://www.amazon.fr/Beyond-Reality-Guide-Alternate-Gaming/dp/1592007376/ref=sr_1_1?ie=UTF8&#038;s=english-books&#038;qid=1264675327&#038;sr=8-1">Beyond Reality : a Guide to Alternate Reality Gaming</a></em> comment il a créé pour sa classe de littérature un ARG spécifiquement destiné à enseigner l&#8217;histoire de la Beat Generation (<a href="http://downloads.gamedev.net/pdf/BeyondRealityCh05.pdf">voir notamment le chapitre (.pdf)</a> de son livre où il présente son jeu &#8220;Route 66&#8243;). Dans cet ARG, utilisant bien sûr les éléments littéraires du cours, les étudiants sont invités, par équipe à &#8220;prendre la route&#8221; à l&#8217;instar de Kerouac, en organisant un voyage virtuel dans différentes villes des Etats-Unis, en visitant divers sites web, et en connectant les informations de manière à obtenir une vision plus complète de leur &#8220;voyage&#8221;. La &#8220;réponse&#8221; à l&#8217;ARG étant, précise John Gosney, leurs devoirs finaux, dans lesquels ils devront expliquer tout ce qu&#8217;ils ont appris lors de leurs expéditions virtuelles.<br />
 <br />
Le jeu à réalité alternée possède une autre fonctionnalité &#8220;sérieuse&#8221; qui retient l&#8217;attention : il est en effet capable de mobiliser, mieux peut être que tout autre jeu, les ressources de l&#8217;intelligence collective. D&#8217;où l&#8217;idée de l&#8217;utiliser pour résoudre des problèmes qui dépassent largement le cadre ludique, comme on va le voir&#8230; dans la prochaine partie.</p>
<p>Rémi Sussan</p>
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		<title>A lire ailleurs du 25/01/2010 au 01/02/2010</title>
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		<pubDate>Mon, 01 Feb 2010 04:00:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Internetactu</dc:creator>
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		<description><![CDATA[

Nanotechnologies : tous cobayes de la nano-bouffe ? &#8211; Apprentis sorciers &#8211; Basta !
Après les OGM, les nanotechnologies s’invitent dans notre assiette : les nano-aliments, traités avec des nano-pesticides et contenus dans des nano-emballages, se multiplient. A la clé : de faramineux profits financiers pour les industriels et des risques environnementaux et sanitaires aujourd’hui impossibles à évaluer. Le tout&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="s-delicious">
<div class="b-deli">
<h3><a href="http://www.bastamag.net/spip.php?article838#nh1" title="A lire (lien externe)">Nanotechnologies : tous cobayes de la nano-bouffe ? &#8211; Apprentis sorciers &#8211; Basta !</a></h3>
<p>Après les OGM, les nanotechnologies s’invitent dans notre assiette : les nano-aliments, traités avec des nano-pesticides et contenus dans des nano-emballages, se multiplient. A la clé : de faramineux profits financiers pour les industriels et des risques environnementaux et sanitaires aujourd’hui impossibles à évaluer. Le tout dans une totale &#8211; et incroyable &#8211; absence de règles et de contrôles.</p>
</p></div>
<div class="b-deli">
<h3><a href="http://www.bastamag.net/spip.php?article872" title="A lire (lien externe)">« Avec les nanotechnologies, nous entrons dans une société de contrainte, totalitaire » &#8211; Point de vue &#8211; Basta !</a></h3>
<p>Le développement des nanotechnologies amènera-t-il une société de surveillance totale, où le comportement de chaque être humain sera épié et analysé en permanence ? Allons-nous vers une tyrannie technologique, où l’homme-machine sera prisonnier de la société-fourmilière ? Des réflexions portées par le collectif grenoblois Pièces et main d’œuvre, qui fait partie des plus anciens et des plus farouches opposants aux nanotechnologies. Rencontre avec ces militants, critiques du « système technicien », pour qui « la technologie est la continuation de la politique par d’autres moyens, et c’est donc de politique que nous devons parler avant toute poursuite de la fuite en avant technologique ».</p>
</p></div>
<div class="b-deli">
<h3><a href="http://www.slate.fr/story/16479/hadopi-loppsi-les-censeurs-du-net-sorganisent" title="A lire (lien externe)">Hadopi, Loppsi: les censeurs du Net s&#39;organisent &#8211; slate.fr</a></h3>
<p>Il eut été plus juste et plus rassurant, touchant au domaine des libertés numériques et de l’usage d’Internet, de commencer par garantir les droits des internautes. Ce n’est pas le parti pris par nos gouvernants…</p>
</p></div>
<div class="b-deli">
<h3><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/2010/rapport-ces-2010/" title="A lire (lien externe)">Opinions Libres &#8211; Le blog d&#39;Olivier Ezratty</a></h3>
<p>Le rapport d&#39;Olivier Ezratty sur le CES 2010 fait le tour des innovations rencontrées à la grande foire de l&#39;électronique américaine.</p>
</p></div>
<div class="b-deli">
<h3><a href="http://bugbrother.blog.lemonde.fr/2010/01/28/le-monde-entier-enterre-la-vie-privee/" title="A lire (lien externe)">Le monde entier enterre la vie privée &#8211; Bug Brother</a></h3>
<p>S&#39;en prendre à Google et Facebook est plus porteur et plus facile que de dénoncer les fichiers Edvige, la fin de l&#39;encadrement des fichiers policiers, la démultiplication de la vidéosurveillance (malgré son inefficacité), la démagogie sécuritaire.</p>
</p></div>
<div class="b-deli">
<h3><a href="http://www.publicdomainmanifesto.org/sites/www2.publicdomainmanifesto.org/files/Public_Domain_Manifesto_fr.pdf" title="A lire (lien externe)">Le Manifeste pour le Domaine public (.pdf)</a></h3>
<p>&quot;Le domaine public, tel que nous l&#39;entendons, est constitué de toute la richesse des informations qui sont accessibles et utilisables sans les obstacles habituellement associés à la protection par le droit d&#39;auteur et le copyright. (&#8230;) Le domaine public est la base de notre compréhension de nous-mêmes, telle qu&#39;elle s&#39;exprime dans notre savoir partagé et notre<br />
culture. C&#39;est la matière première à partir de laquelle de nouvelles connaissances et de nouvelles oeuvres culturelles sont créées. Le domaine public agit comme un mécanisme de protection qui garantit que cette matière première est disponible à son simple coût de reproduction proche de zéro — et que tous les membres de la société peuvent construire en l&#39;utilisant. L&#39;existence d&#39;un domaine public prospère et en bonne santé est essentiel au bien-être social et économique de nos sociétés. &quot;</p>
</p></div>
<div class="b-deli">
<h3><a href="http://fr.readwriteweb.com/2010/01/27/nouveautes/global-voices-lance-reseau-technologie-transparence/" title="A lire (lien externe)">Global Voices lance le réseau “Technologie pour la Transparence” | ReadWriteWeb France</a></h3>
<p>Les nouvelles technologies d’information et de communication ont donné aux autorités une capacité sans précédent de surveiller nos communications, notre activité en ligne, et même les micros de nos  téléphones portables. Mais Internet donne également aux citoyens de nouveaux outils et des moyens techniques pour mettre les élus face à leurs responsabilités, améliorer la transparence des  gouvernements, et de promouvoir un engagement citoyen plus large et plus diversifié.</p>
<p>Rising Voices, mise en place par Global Voices Online, a lancé un nouveau site interactif et un réseau de chercheurs qui cartographient les projets en ligne visant à promouvoir la transparence, la responsabilité politique, et l’engagement citoyen. Au cours des trois prochains mois, huit chercheurs et huit vérificateurs vont analyser au moins 32 cas pratiques de projets en ligne pour la transparence les plus innovants hors Europe occidentale et Amérique du Nord.</p>
</p></div>
</div>
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		<title>Soyons sérieux, jouons ! (1/5) : Prendre le jeu au sérieux</title>
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		<pubDate>Thu, 28 Jan 2010 14:05:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rémi Sussan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Brèves]]></category>
		<category><![CDATA[Education et formation]]></category>
		<category><![CDATA[Jeu]]></category>
		<category><![CDATA[Services]]></category>

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		<description><![CDATA[Le jeu sérieux est-il un nouvel Eldorado ? On pourrait le croire en observant le nombre de conférences et évènements consacré au sujet en 2009, ou en regardant le succès remporté par l&#8217;&#8220;appel à projets&#8221; du ministère de l&#8217;Economie numérique lancé sur le sujet.  
Mais le succès des jeux sérieux  n&#8217;est pas pour autant acquis ! Aucun jeu sérieux n&#8217;est&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le jeu sérieux est-il un nouvel Eldorado ? On pourrait le croire en observant le nombre de <a href="http://www.jeux-serieux.fr/category/manifestation/">conférences et évènements</a> consacré au sujet en 2009, ou en regardant le succès remporté par l&#8217;<a href="http://www.telecom.gouv.fr/rubriques-menu/soutiens-financements/programmes-nationaux/volet-numerique-du-plan-relance/resultats-deux-appels-projets/liste-projets-retenus-serious-game-2217.html">&#8220;appel à projets&#8221; du ministère de l&#8217;Economie numérique lancé sur le sujet</a>.  </p>
<p>Mais le succès des jeux sérieux  n&#8217;est pas pour autant acquis ! Aucun jeu sérieux n&#8217;est encore apparu dans <a href="http://www.jeuxvideo.fr/09-meilleures-ventes-histoire-us-actu-320266.html">le top des ventes</a>. D&#8217;ailleurs, dans cette proposition de jeux sérieux, n&#8217;y-a-t-il pas une contradiction dans les termes ? Le propre du jeu n&#8217;est-il pas de subvertir les catégories sociales en vigueur ? N&#8217;est-il pas plus habité par l&#8217;esprit du carnaval que par celui de l&#8217;école ? Qu&#8217;est-ce qui est &#8220;&#8216;nouveau&#8221; dans ce concept ? Les &#8220;jeux éducatifs&#8221; existent depuis toujours. Et pas seulement depuis l&#8217;<em>edutainment</em> des années CD-Rom, ces jeux parascolaires qui allaient permettre aux enfants d&#8217;apprendre tout en se divertissant &#8211; <em>edutainement</em> dont les actuels promoteurs du jeu sérieux souhaitent d&#8217;ailleurs s&#8217;éloigner.</p>
<p>Qu&#8217;y a -t-il de nouveau, alors ? Avant tout, le jeu devient une activité &#8220;sérieuse&#8221; : autrement dit, elle s&#8217;adresse largement autant aux adultes qu&#8217;aux enfants. Il ne s&#8217;agit plus de faire du parascolaire, de mettre un nez de clown pour faire passer la pilule de la leçon sur le complément d&#8217;objet. L&#8217;actuelle vogue des &#8220;jeux sérieux&#8221; doit beaucoup à la montée en puissance des ordinateurs et à la perfection des simulations. Du coup, le jeu sérieux quitte l&#8217;école pour investir d&#8217;autres domaines. L&#8217;entreprise, bien sûr, mais aussi la santé, voire l&#8217;action militante, car certains de ces jeux ont moins pour ambition d&#8217;éduquer sur un sujet que faire passer des idées : c&#8217;est ce qu&#8217;on appelle les &#8220;jeux persuasifs&#8221;.</p>
<p>Mais le progrès technologique ne résout toujours pas la difficulté, le paradoxe du &#8220;jeu sérieux&#8221; : une simulation n&#8217;est pas un jeu, comme nous le rappelle <em>Second Life</em> ! Or, la dimension ludique reste nécessaire pour permettre l&#8217;immersion : on ne s&#8217;investira pas dans la meilleure des simulations si l&#8217;on s&#8217;y ennuie à mourir.</p>
<p>De fait, l&#8217;une des conditions fondamentales du jeu est qu&#8217;on y entre de son plein gré et qu&#8217;on peut en sortir quand on le désire. Le seul pouvoir de fascination du jeu est suffisant pour retenir le participant dans ses rets. C&#8217;est la théorie du &#8220;cercle magique&#8221;, formulée par <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Johan_Huizinga">Johan Huizinga</a> dans son classique <em><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Homo_Ludens">Homo Ludens</a></em>, écrit en 1938. A l&#8217;intérieur du cercle, on est dans le jeu. En dehors, on ne joue pas, quoiqu&#8217;on fasse. A bien y regarder, il semblerait pourtant que le jeu sérieux, par son nom même, constitue une brèche dans le cercle magique.</p>
<p>Pour <a href="http://gamestudies.org/0601/articles/rodriges">Hector Rodriguez</a>, qui consacre un long essai à ce problème dans la revue en ligne <em><a href="http://gamestudies.org/">Game Studies</a></em>, il n&#8217;y a pas vraiment  de contradiction entre jeu et &#8220;sérieux&#8221;. A condition toutefois de ne pas se tromper d&#8217;approche :</p>
<blockquote><p>&#8220;Le premier point de vue consiste à considérer les jeux comme des outils d&#8217;enseignement ou de formation dont le but principal est de rendre le processus d&#8217;apprentissage plus agréable, attirant ou accessible à l&#8217;étudiant. (&#8230;) Le jeu est utilisé uniquement comme un moyen de maximiser l&#8217;efficacité de l&#8217;enseignement. Un exemple de cette méthode est l&#8217;edutainment, &#8220;l&#8217;éducation par l&#8217;amusement&#8221;. Cette approche du jeu sérieux, cependant, ne s&#8217;accorde pas bien avec la théorie de Huizinga selon laquelle l&#8217;intégrité du jeu est pervertie si on l&#8217;utilise pour servir une fonction sociale.&#8221;</p></blockquote>
<p>Mais on peut considérer les choses d&#8217;une manière radicalement différente, en se basant sur : <em>&#8220;la conviction que de nombreuses manifestions de la culture dite sérieuse possèdent intrinsèquement des aspects ludiques. (&#8230;) Jouer peut faire partie du processus d&#8217;apprentissage parce que le sujet qu&#8217;on apprend est, du moins sous certains aspects, essentiellement ludique. Le rôle des jeux sérieux dans le processus d&#8217;apprentissage consiste donc à mettre en lumière la nature fondamentalement ludique du sujet enseigné&#8221;.</em></p>
<h3>Neuroscience du jeu</h3>
<p>De fait, il existe deux façons de prendre les jeux au sérieux. La première consiste à concevoir des jeux dans un but spécifiquement non ludique, éducatif, militant, etc. L&#8217;autre est de reconsidérer les jeux dans leur ensemble, même ceux qui suscitent le plus de méfiance et de mépris, et se demander ce qu&#8217;ils sont susceptibles de nous apporter.</p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/2009/02/12/le-cerveau-objet-technologique-58-faut-il-exercer-son-esprit-pour-en-avoir/">Les études se multiplient</a> sur les bienfaits psychologiques des jeux, de l&#8217;extension de la mémoire de travail aux capacités visio-spatiales. Tout récemment, <a href="http://sciencenews.org/view/generic/id/47026/title/Tetris_players_are_not_block_heads">une étude sur un groupe de jeunes adolescentes jouant à Tetris</a> aurait même montré que ce jeu aurait la capacité d&#8217;épaissir certaines régions de la matière grise. Tout aussi surprenant, <a href="http://www.msnbc.msn.com/id/4685909/">selon une étude menée en 2004 au centre médical de Beth Israël à New York</a>, <em>&#8220;les chirurgiens qui jouent à des jeux vidéos plus de trois heures par semaine commettent 37% moins d&#8217;erreurs dans la salle d&#8217;opération que ceux qui ne jouent pas. lls sont 27 fois plus rapides en <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Coelioscopie">cœlioscopie</a>, et sont capables de suturer 33% plus vite&#8221;</em>.</p>
<p>Mais pour l&#8217;écrivain <a href="http://stevenberlinjohnson.com/">Steven Berlin Johnson</a> (fondateur d&#8217;un des premiers magazines en ligne, <em><a href="http://web.archive.org/web/*/http://feedmag.com">Feed</a></em>, et auteur de <a href="http://www.amazon.fr/Everything-Bad-Good-You-Popular/dp/0141018682/ref=sr_1_3?ie=UTF8&#038;s=english-books&#038;qid=1263755631&#038;sr=1-3/internetnet-21"><em>Everything bad is good for you</em></a>, c&#8217;est-à-dire <em>Tout ce qui est mauvais est bon pour vous</em>), on ne saurait s&#8217;arrêter à ces petites améliorations, certes appréciables, mais qui restent anecdotiques. L&#8217;aspect éducatif du jeu va bien plus loin et est bien plus novateur.</p>
<p>Il raconte comment, un jour alors qu&#8217;il s&#8217;échinait avec difficulté sur une partie de Sim City, son fils de sept ans le regarda jouer et lui dit simplement : <em>&#8220;peut-être faudrait-il diminuer les impôts dans les zones ouvrières&#8221;</em>. L&#8217;enfant avait &#8220;absorbé&#8221;, par simple contact avec le jeu, un savoir économique largement au dessus de son âge.</p>
<p>Pour Johnson, les jeux vidéos modernes développent deux capacités fondamentales dans le monde d&#8217;aujourd&#8217;hui : ils forment à l&#8217;exploration systématique et à l&#8217;élaboration de plans complexes, avec établissement d&#8217;un ensemble de priorités, de sous priorités, etc. Explorer, tester des hypothèses, planifier une tâche&#8230; Ce sont les fondements de la méthode scientifique. </p>
<p>Pourquoi le jeu nous forme-t-il si intuivement à des tâches aussi complexes ? Pour Johnson, la réponse est dans la dopamine. Chaque nouveau succès dans un jeu, chaque ennemi mis à terre, chaque trésor déterré, chaque épreuve gagnée nous donnerait notre &#8220;dose&#8221; de dopamine, molécule dont notre cerveau est particulièrement friand, et nous pousserait ainsi à continuer à jouer !</p>
<p><a href="http://www.psychologyofgames.com/2009/12/27/phat-loot-and-neurotransmitters-in-world-of-warcraft/">Le psychologue et blogueur Jamie Madigan</a> s&#8217;est intéressé de près à cette idée du jeu comme &#8220;dealer de dopamine&#8221; en étudiant particulièrement à la notion de &#8220;butin&#8221; dans des jeux comme <em>World of Warcraft</em>. Vieil héritage de <em>Donjons et Dragons</em>, cette pratique propre à la plupart des jeux de rôles consiste à &#8220;faire les poches&#8221; d&#8217;un monstre qu&#8217;on vient de tuer pour récupérer éventuellement argent ou objets. Selon Madigan, les cellules émettrices de la dopamine s&#8217;activent particulièrement lorsqu&#8217;elles recherchent une récompense, mais elles deviennent quasiment folles lorsque la récompense se révèle totalement inattendue, comme lorsqu&#8217;on découvre sur le cadavre d&#8217;un des monstres une arme magique particulièrement miraculeuse !</p>
<h3>Le jeu est par nature éducatif</h3>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2010/01/Vaikuntapali1-256x300.jpg" alt="Vaikuntapali" title="Vaikuntapali" width="256" height="300" hspace='6' class="alignleft size-medium wp-image-9048" vspace="6" align="left" />Pour <a href="http://www.raphkoster.com/">Raph Koster</a>, qui en son temps dirigea la création d&#8217;un des premiers <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/MMORPG">MMORPG</a> (jeu de rôle en ligne massivement multijoueur), <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Ultima_Online"><em>Ultima Online</em></a>, tout jeu est fondamentalement éducatif. C&#8217;est l&#8217;idée qu&#8217;il développe dans son livre, <a href="http://www.theoryoffun.com/"><em>A theory of fun</em></a>. D&#8217;après lui, les êtres humains ont le don de découvrir des <em>patterns</em>, des modèles, des structures&#8230; Ils en voient partout, mais il leur faut un certain temps pour les construire. C&#8217;est cet acte de reconnaitre et manipuler des <em>patterns</em> qui font le &#8220;fun&#8221;. Comme il l&#8217;explique lors d&#8217;une <a href="http://crystaltips.typepad.com/wonderland/2005/03/raphs_keynote.html">conférence</a> :</p>
<blockquote><p>&#8220;Le fun est le feedback envoyé par le cerveau lorsque nous réussissons à absorber une pattern. Nous devons absorber des patterns, car sinon nous mourrons. Donc le cerveau DOIT envoyer un feedback positif lorsque nous apprenons quelque chose. Nous avons tendance à voir l&#8217;amusement comme quelque chose de frivole. Comme la chose qui n&#8217;a pas d&#8217;importance. Et c&#8217;est là qu&#8217;est le point central du jeu sérieux : je suis ici pour vous dire que le fun n&#8217;est pas une chose frivole, mais qu&#8217;il est un aspect fondamental de la nature humaine et nécessaire à la survie. Notre but est donc de sauver la race humaine de l&#8217;extinction.&#8221;</p>
<p>&#8220;Les jeux sont comme des versions cartoons des problèmes les plus complexes du monde réel. <a href="http://www.jeux-internet.com/games.php?titre=snakes-n-ladder">Serpents et échelles</a> ? C&#8217;est de la géométrie euclidienne ! C&#8217;est un espace cartésien. Il possède même des <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Trou_de_ver">trous de ver</a>, par tous les dieux ! Qui dans cette salle enseigne la physique ? La théorie des <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Supercordes">supercordes</a> ? Jouez à un jeu ! Les jeux sont une distillation des schémas cognitifs. &#8220;</p></blockquote>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2010/01/sensor_wheel_190.jpg" alt="sensor_wheel_190" title="sensor_wheel_190" width="270" height="190 hspace="6" vspace="6" align="left" />Du coup, on peut se demander si le jeu ne pourrait pas remplacer purement et simplement l&#8217;éducation traditionnelle. C&#8217;est le pari qu&#8217;ont pris, à New York, <a href="http://www.popsci.com/entertainment-amp-gaming/article/2009-12/new-school-teaches-students-through-videogames">les créateurs d&#8217;une école</a> entièrement centrée sur le jeu vidéo, <a href="http://q2l.org/">Quest to learn</a> (La Quête de l&#8217;apprentissage). Cette institution éduque 72 enfants de niveau collège par l&#8217;intermédiaire de modules ludiques tels Codeworlds (qui regroupe math et anglais), &#8220;Being, space and place&#8221; (&#8221;être, espace et place&#8221;, pratique transversale de l&#8217;anglais et des sciences humaines), ou &#8220;The way things work&#8221; (&#8221;comment les choses marchent&#8221;, consacré aux maths et aux sciences). A noter également la présence d&#8217;un &#8220;module&#8221; dédié à la conception de jeux. C&#8217;est important. Car dans un monde à venir dominé par l&#8217;esprit ludique va s&#8217;imposer la nécessité d&#8217;un nouvel alphabétisme : savoir créer ses propres jeux. Des systèmes comme <a href="http://research.microsoft.com/en-us/projects/kodu/">Kodu</a>, <a href="http://www.alice.org">Alice</a> ou <a href="http://www.internetactu.net/2007/05/23/scratch-un-langage-de-programmation-interdit-aux-grands/">Scratch</a>, qui enseignent aux jeunes de 7 à 77 ans comment concevoir leurs propres jeux vidéos, pourraient bien faire partie du bagage indispensable de l&#8217;honnête homme du XXIe siècle.    </p>
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		<title>De la réalité augmentée à la réalité mixte</title>
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		<comments>http://www.internetactu.net/2010/01/27/de-la-realite-augmentee-a-la-realite-mixte/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 27 Jan 2010 10:15:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Brèves]]></category>
		<category><![CDATA[Interfaces]]></category>
		<category><![CDATA[Technologies]]></category>

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		<description><![CDATA[En 2009, les applications de réalité augmentée (Layar, Wikitude&#8230;) ont été à la mode, comme l&#8217;a rappelé de nombreux articles du ReadWriteWeb, qui a fait de la réalité augmentée l&#8217;une des tendances de l&#8217;année 2009. Les applications ludiques, accessibles via l&#8217;iPhone, ont commencé à conquérir le grand public, comme le résume très bien la longue liste des succès dressée par&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>En 2009, les applications de réalité augmentée (<a href="http://layar.eu/">Layar</a>, <a href="http://www.wikitude.org/">Wikitude</a>&#8230;) ont été à la mode, <a href="http://www.readwriteweb.com/tag/augmented%2Breality">comme l&#8217;a rappelé de nombreux articles du ReadWriteWeb</a>, qui a fait de la réalité augmentée l&#8217;une des tendances de l&#8217;année 2009. Les applications ludiques, accessibles via l&#8217;iPhone, <a href="http://www.orange-innovation.tv/dreamorange/?title=vers-une-realite-augmentee-grand-public&#038;p=Portal/document&#038;JDocumentOid=2977">ont commencé à conquérir le grand public</a>, <a href="http://gamesalfresco.com/2009/12/31/best-selling-augmented-reality-games-of-2009/">comme le résume très bien la longue liste des succès dressée par Ori Inbar de l&#8217;excellent Games Alfresco</a>, dont <a href="http://www.parrot.com/fr">les drones de Parrot</a> dévoilé au récent CES sont certainement le dernier emblème en date (<a href="http://www.youtube.com/watch?v=fLrsu0pDew8">vidéo</a>).</p>
<p><object width="580" height="435"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/fLrsu0pDew8&#038;hl=fr_FR&#038;fs=1&#038;"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowscriptaccess" value="always"></param><embed src="http://www.youtube.com/v/fLrsu0pDew8&#038;hl=fr_FR&#038;fs=1&#038;" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="580" height="435"></embed></object></p>
<h3>Les limites de la réalité augmentée</h3>
<p>Bien que peu nombreuses, les critiques n&#8217;ont pas manqué sur ces systèmes. <a href="http://www.fastcompany.com/blog/chris-dannen/techwatch/put-your-phone-down-augmented-reality-overblown?partner=rss">Chris Dannen n&#8217;a pas été tendre avec la réalité augmentée</a> : <em>&#8220;celle-ci n&#8217;améliore pas l&#8217;expérience utilisateur, au contraire, elle l&#8217;a complique !&#8221;</em>, s&#8217;énervait-il. Layar ne changera pas nos vies, expliquait-il, en soulignant qu&#8217;on ne lit pas un magazine face à sa caméra d&#8217;ordinateur, pas plus qu&#8217;on ne marchera pas dans la rue avec nos mobiles tendus sous nos yeux. Les spécialistes du sujet eux-mêmes, lors de la conférence EmTech rapportée par la <a href="http://www.technologyreview.com/computing/23515/?a=f"><em>Technology Review</em></a>, concèdent que &#8220;l&#8217;application tueuse&#8221; va être difficile à trouver. Il faut reconnaître que la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9alit%C3%A9_augment%C3%A9e">réalité augmentée</a>, qui ne fait que projeter des données virtuelles sur une représentation du monde réel, a <a href="http://laboratory4.com/2010/01/the-reality-of-augmented-reality/">de nombreuses limites</a>, comme le signalent bien des observateurs :</p>
<ul>
<li>limites sur les terminaux : nos téléphones sont encore limités pour ce type d&#8217;interaction et si les lunettes de réalité augmentée ou les solutions de projections commencent à être abordables (comme celles de <a href="http://www.3dvisor.com">3DVisor</a>), elles n&#8217;ont pas encore atteint le grand public ;</li>
<li>limites sur la qualité des données de géolocalisation et d&#8217;orientation de nos mobiles qui n&#8217;ont pas été conçus pour la RA ;</li>
<li>limites sur l&#8217;acceptation sociale de la réalité augmentée :  pas sûr que nous voulions tous être regardés demain via des téléphones qui disent de nous des choses que l&#8217;on ne voit pas, <a href="http://www.tat.se/">comme l&#8217;explicite en réaction le projet TAT</a>&#8230; (<a href="http://www.youtube.com/watch?v=tb0pMeg1UN0">vidéo</a>)</li>
</ul>
<p><object width="580" height="435"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/tb0pMeg1UN0&#038;hl=fr_FR&#038;fs=1&#038;"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowscriptaccess" value="always"></param><embed src="http://www.youtube.com/v/tb0pMeg1UN0&#038;hl=fr_FR&#038;fs=1&#038;" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="580" height="435"></embed></object></p>
<p>Dans le domaine des réalités alternatives, <a href="http://queau.eu/?p=744">sans vouloir quantifier les niveaux de réalité possible, comme nous met en garde Philippe Quéau</a>, c&#8217;est l&#8217;hybridation entre le réel et le virtuel qui semble la plus intéressante à observer. Celle qu&#8217;on appelle la réalité mixte, qui permet à des objets et personnes réelles et virtuelles de coexister et interagir dans l&#8217;environnement de l&#8217;autre en temps réel.</p>
<h3>Les promesses de la réalité mixte</h3>
<p>Les passerelles permettant au monde virtuel de comprendre ce qu&#8217;il se passe dans le réel ou au monde réel d&#8217;agir sur le monde virtuel sont essentielles. Cependant, beaucoup d&#8217;expérimentations travaillent dans un sens ou dans l&#8217;autre.</p>
<p><strong>Déclencher des actions dans le monde réel</strong><br />
<a href="http://www.internetactu.net/?s=Arduino">C&#8217;est l&#8217;intérêt des dispositifs types Arduino</a>. Grâce à des objets commandés via l&#8217;internet, les avatars peuvent déclencher des actions dans le monde réel. <a href="http://myrobbie.com/blog/">Jungho Yeom</a>, du <a href="http://www.ami-lab.org/">Laboratoire d&#8217;intelligence ambiante</a> de l&#8217;université nationale de Singapour, a ainsi développé un système permettant à un avatar touchant un objet de déclencher un éclairage réel (<a href="http://vimeo.com/4625900">vidéo</a>). Un autre développeur utilise Arduino pour commander un ascenseur dans Second Life (SL) et allumer des Leds au-dessus de son écran d&#8217;ordinateur pour lui indiquer quand quelqu&#8217;un entre dans sa maison virtuelle sur SL (<a href="http://www.youtube.com/user/flower200703a#p/a/u/0/kTBkDzGi3rQ">vidéo</a>).</p>
<p><object width="580" height="435"><param name="allowfullscreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="movie" value="http://vimeo.com/moogaloop.swf?clip_id=4625900&amp;server=vimeo.com&amp;show_title=1&amp;show_byline=1&amp;show_portrait=0&amp;color=00ADEF&amp;fullscreen=1" /><embed src="http://vimeo.com/moogaloop.swf?clip_id=4625900&amp;server=vimeo.com&amp;show_title=1&amp;show_byline=1&amp;show_portrait=0&amp;color=00ADEF&amp;fullscreen=1" type="application/x-shockwave-flash" allowfullscreen="true" allowscriptaccess="always" width="580" height="435"></embed></object>
<p><a href="http://vimeo.com/4625900">Communication Between Second Life and Arduino</a> from <a href="http://vimeo.com/user1140739">Jungho YEOM</a> on <a href="http://vimeo.com">Vimeo</a>.</p>
<p>Plus impressionnants sont les travaux d&#8217;Adrian David Cheok du <a href="http://www.mixedreality.nus.edu.sg/">Laboratoire de réalité mixte de l&#8217;université nationale de Singapour</a>, comme ces <a href="http://137.132.145.248/index.php?option=com_content&#038;task=view&#038;id=400&#038;Itemid=199">Huggy Pajamas</a> (voir <a href="http://ipajama.wikidot.com/">le site dédié</a> et <a href="http://www.youtube.com/watch?v=hQ6usrx-GPM">la présentation vidéo</a>). Ce système consiste en une veste <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Haptique">haptique</a> qui permet à un parent distant de reproduire via l&#8217;internet une embrassade : le pyjama est doté de poches d&#8217;air qui se gonflent pour simuler l&#8217;embrassement, d&#8217;un système thermique pour simuler le réchauffement que produit le câlin&#8230; (voir <a href="http://www.youtube.com/user/mixedrealitylab#p/a/u/1/gf2FFCtq8Yo">la présentation vidéo sur Discovery Science Channel</a>). Une veste qu&#8217;Adrian David Cheok imagine pouvoir adapter aux jeux vidéos, comme il l&#8217;explique <a href="http://www.youtube.com/watch?v=1fEmExT96Vg">dans une autre vidéo de Discovery Science Channel</a>. Celui-ci projette d&#8217;ailleurs d&#8217;aller plus loin et réfléchit à <a href="http://www.mixedreality.nus.edu.sg//index.php?option=com_content&#038;task=view&#038;id=494&#038;Itemid=36">un système robotique de lèvres</a> permettant de simuler le baiser à distance.</p>
<p><object width="580" height="435"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/gf2FFCtq8Yo&#038;hl=fr_FR&#038;fs=1&#038;"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowscriptaccess" value="always"></param><embed src="http://www.youtube.com/v/gf2FFCtq8Yo&#038;hl=fr_FR&#038;fs=1&#038;" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="580" height="435"></embed></object></p>
<p><strong>Permettre aux mondes virtuels de comprendre le réel</strong><br />
D&#8217;autres travaux au contraire s&#8217;appliquent à permettre au monde virtuel de comprendre le réel. C&#8217;est le cas par exemple des travaux du <a href="http://www.vml.cs.bgu.ac.il/">Visual Media Lab</a> de l&#8217;université Ben Gourion en Israël, relayés par <a href="http://gamesalfresco.com/2009/10/16/ismar-2009-sketch-and-shape-recognition-preview-from-ben-gurion-university/">Games Alfresco</a>. Ici, il suffit de tracer quelques lignes sur le papier pour que les dessins soient reconnus par le système via une caméra et prennent aussitôt formes dans la réalité virtuelle (<a href="http://www.youtube.com/watch?v=je8SihypYA4">vidéo</a>).</p>
<p><object width="580" height="435"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/je8SihypYA4&#038;hl=fr_FR&#038;fs=1&#038;"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowscriptaccess" value="always"></param><embed src="http://www.youtube.com/v/je8SihypYA4&#038;hl=fr_FR&#038;fs=1&#038;" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="580" height="435"></embed></object></p>
<h3>La réalité mixte pour offrir une expérience complète</h3>
<p>Mais l&#8217;avenir de ces systèmes est qu&#8217;ils s&#8217;interpénètrent. Que les relations entre le réel et le virtuel soient toujours plus fluides.</p>
<p>C&#8217;est ce que montre le <a href="http://www.vtt.fi/?lang=en">Centre de recherche technique VTT en Finlande</a>, où  <a href="http://virtual.vtt.fi/virtual/proj2/multimedia/index.html">toute une équipe travaille à de nombreux projets</a> de réalité mixte. Parmi ceux-ci, le laboratoire travaille à un intéressant programme de <a href="http://virtual.vtt.fi/virtual/proj2/multimedia/projects/mrconference.html">téléconférence en réalité mixte</a>. MRConference est une application de téléconférence qui utilise des technologies de réalité augmentée pour afficher des avatars virtuels dans des espaces physiques et réels, et inversement. Mais surtout, l&#8217;application permet, via des casques de réalité augmentée et une diversité de capteurs (caméra, QR Code&#8230;) de capturer des expressions réelles pour contrôler des avatars (il suffit de faire un geste de la main ou de la tête pour que votre avatar le reproduise par exemple) ou déplacer d&#8217;un mouvement d&#8217;une main réelle des objets 3D, voir de permettre à des avatars d&#8217;actionner la représentation d&#8217;objets réels (vidéos : <a href="http://www.youtube.com/watch?v=DNB0_c-5TSk">premier exemple</a>, <a href="http://virtual.vtt.fi/virtual/proj2/multimedia/movies/MRConference_2009-03-09-high.wmv">second exemple (.wmv)</a>).</p>
<p><object width="580" height="435"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/DNB0_c-5TSk&#038;hl=fr_FR&#038;fs=1&#038;"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowscriptaccess" value="always"></param><embed src="http://www.youtube.com/v/DNB0_c-5TSk&#038;hl=fr_FR&#038;fs=1&#038;" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="580" height="435"></embed></object></p>
<p><a href="http://mixedreality.tumblr.com/post/177049282/place-a-la-realite-mixte">Comme le dit très bien Hugobiwan Zolnir</a>, l&#8217;un des animateurs de la communauté Second Life francophone, c&#8217;est l&#8217;expérience qu&#8217;on en fait qui donne de la réalité à un environnement, qu&#8217;il soit réel ou/et virtuel. L&#8217;avantage de la réalité mixte est justement <em>&#8220;qu&#8217;elle rompe avec l’opposition des signes physiques et numériques pour concevoir des espaces mixtes offrant une expérience complète.</em></p>
<p>L&#8217;espace de réalité mixte que constitue l&#8217;expérience finlandaise montre bien <em>&#8220;un espace conçu pour que ceux qui s’y trouvent physiquement et virtuellement puissent partager leurs signes (parler par exemple), des stimulus sensoriels, la perception d’objets, une capacité d’action sur un environnement commun.&#8221;</em></p>
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