<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<?xml-stylesheet type="text/xsl" media="screen" href="/~d/styles/rss2frenchfull.xsl"?><?xml-stylesheet type="text/css" media="screen" href="http://feeds.feedburner.com/~d/styles/itemcontent.css"?><rss xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/" xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom" xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/" xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/" xmlns:feedburner="http://rssnamespace.org/feedburner/ext/1.0" version="2.0">

<channel>
	<title>InternetActu.net</title>
	
	<link>http://www.internetactu.net</link>
	<description>InternetActu.net est un site d'actualité consacré aux enjeux de l'internet, aux usages innovants qu'il permet et aux recherches qui en découlent.</description>
	<lastBuildDate>Tue, 22 May 2012 08:04:23 +0000</lastBuildDate>
	<generator>http://wordpress.org/?v=2.8.6</generator>
	<language>en</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
			<atom10:link xmlns:atom10="http://www.w3.org/2005/Atom" rel="self" type="application/rss+xml" href="http://feeds.feedburner.com/internetactu/bcmJ" /><feedburner:info uri="internetactu/bcmj" /><atom10:link xmlns:atom10="http://www.w3.org/2005/Atom" rel="hub" href="http://pubsubhubbub.appspot.com/" /><feedburner:feedFlare href="http://www.newsgator.com/ngs/subscriber/subext.aspx?url=http%3A%2F%2Ffeeds.feedburner.com%2Finternetactu%2FbcmJ" src="http://www.newsgator.com/images/ngsub1.gif">Subscribe with NewsGator</feedburner:feedFlare><feedburner:feedFlare href="http://www.bloglines.com/sub/http://feeds.feedburner.com/internetactu/bcmJ" src="http://www.bloglines.com/images/sub_modern11.gif">Subscribe with Bloglines</feedburner:feedFlare><feedburner:feedFlare href="http://www.netvibes.com/subscribe.php?url=http%3A%2F%2Ffeeds.feedburner.com%2Finternetactu%2FbcmJ" src="http://www.netvibes.com/img/add2netvibes.gif">Subscribe with Netvibes</feedburner:feedFlare><feedburner:feedFlare href="http://fusion.google.com/add?feedurl=http%3A%2F%2Ffeeds.feedburner.com%2Finternetactu%2FbcmJ" src="http://buttons.googlesyndication.com/fusion/add.gif">Subscribe with Google</feedburner:feedFlare><feedburner:feedFlare href="http://www.pageflakes.com/subscribe.aspx?url=http%3A%2F%2Ffeeds.feedburner.com%2Finternetactu%2FbcmJ" src="http://www.pageflakes.com/ImageFile.ashx?instanceId=Static_4&amp;fileName=ATP_blu_91x17.gif">Subscribe with Pageflakes</feedburner:feedFlare><feedburner:feedFlare href="http://add.my.yahoo.com/content?lg=fr&amp;url=http%3A%2F%2Ffeeds.feedburner.com%2Finternetactu%2FbcmJ" src="http://us.i1.yimg.com/us.yimg.com/i/us/my/bn/intatm_fr_1.gif">Subscribe with Mon Yahoo!</feedburner:feedFlare><item>
		<title>Aider le cerveau à faire deux choses à la fois</title>
		<link>http://feedproxy.google.com/~r/internetactu/bcmJ/~3/OSd1fQPGYjg/</link>
		<comments>http://www.internetactu.net/2012/05/22/aider-le-cerveau-a-faire-deux-choses-a-la-fois/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 22 May 2012 05:00:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rémi Sussan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Interfaces]]></category>
		<category><![CDATA[Usages]]></category>
		<category><![CDATA[économie de l'attention]]></category>
		<category><![CDATA[cognition]]></category>
		<category><![CDATA[design]]></category>
		<category><![CDATA[informatique affective]]></category>
		<category><![CDATA[neurosciences]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.internetactu.net/?p=17153</guid>
		<description><![CDATA[L&#8217;interface directe cerveau-machine suscite beaucoup de fantasmes, mais, au-delà de ceux-ci, certaines applications réelles commencent à voir le jour. S&#8217;il est loin le temps où l&#8217;on pourra piloter aisément un environnement numérique à partir de ses données cérébrales (et encore plus loin le jour où l&#8217;ordinateur pourra directement affecter le cerveau) on recherche depuis longtemps le moyen d&#8217;utiliser les BCI&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L&#8217;interface directe cerveau-machine suscite beaucoup de fantasmes, mais, au-delà de ceux-ci, certaines applications réelles commencent à voir le jour. S&#8217;il est loin le temps où l&#8217;on pourra piloter aisément un environnement numérique à partir de ses données cérébrales (et encore plus loin le jour où l&#8217;ordinateur pourra directement affecter le cerveau) on recherche depuis longtemps le moyen d&#8217;utiliser les BCI (<i>Brain Computer Interface</i>, interfaces cerveau-machine) pour harmoniser le fonctionnement mental avec l&#8217;usage des interfaces informatiques. C&#8217;était déjà le coeur du projet <a href="http://www.internetactu.net/2007/02/08/ce-que-nous-prepare-la-darpa/">Augcog de la Darpa</a>. Si ce projet insistait sur la notion de cognition augmentée, il ne s&#8217;agissait pas de bourrer des sujets de drogues ou d&#8217;implants pour les rendre plus performants, mais, plus modestement, d&#8217;adapter l&#8217;environnement numérique à leurs niveaux de stress et d&#8217;attention. De plus lors de la sortie des premiers casques <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lectro-enc%C3%A9phalographie">électro-encéphalographiques</a> (EEG) commerciaux, <a href="http://www.internetactu.net/2008/04/03/quel-futur-pour-les-mindgames/">certains commentateurs</a> avaient déjà souligné que leurs rôles consisteraient sans doute moins à piloter intégralement des jeux vidéos qu&#8217;à adapter ces derniers de façon intelligente au comportement de l&#8217;utilisateur. </p>
<p>La Darpa pensait que les premiers outils du genre apparaîtraient vers 2030. L&#8217;agence américaine partait en effet sur l&#8217;existence de systèmes d&#8217;<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Imagerie_par_r%C3%A9sonance_magn%C3%A9tique">imagerie par résonnance magnétique portable</a> (IRM), et on en est loin. Pourtant, une équipe multiuniversitaire (MIT, université de l&#8217;Indiana et Tuft) vient de réaliser <a href="http://web.mit.edu/erinsol/www/papers/Solovey.CHI.2012.Final.pdf">un premier prototype du genre (.pdf)</a>, nommé Brainput. Elle n&#8217;emploie pas l&#8217;IRM, mais une autre technologie, bien moins onéreuse, la spectrographie à <a href="http://www.internetactu.net/2012/03/16/jouabilite-et-cognition-22-interfaces-de-demain/">l&#8217;infrarouge proche</a>. (le site <a href="http://www.extremetech.com/extreme/129279-mits-brainput-boosts-your-brain-power-by-offloading-multitasking-to-a-computer">ExtremeTech</a> nomme cette technique &#8220;l&#8217;IRM du pauvre&#8221;). </p>
<p>La question que se sont posée précisément les chercheurs est la suivante. Est-il possible de mettre au point un système qui serait en mesure de soulager l&#8217;utilisateur en proie à une surcharge cognitive en faisant passer certaines tâches en mode automatique ? </p>
<p>Les chercheurs ont distingué de manière très précise les différentes définitions du multitâche, c&#8217;est-à-dire la capacité à accomplir plusieurs choses à la fois. Plusieurs processus mentaux sont en effet recouverts par ce terme. </p>
<p>La première forme de multitâche est le &#8220;branchement&#8221;. C&#8217;est ce qui se passe lorsqu&#8217;il faut abandonner provisoirement une occupation importante pour se charger d&#8217;une seconde de manière urgente : par exemple <i>&#8220;lorsqu&#8217;un utilisateur en train de régler un problème de programmation reçoit subitement un e-mail de son patron auquel il lui faut répondre de manière urgente&#8221;</i>. </p>
<p>La deuxième version est la &#8220;tâche retardée&#8221;. Dans ce cas expliquent les chercheurs en poursuivant leur exemple, le programmeur continue son travail, mais reçoit simultanément une série de SMS qu&#8217;il choisit d&#8217;ignorer.</p>
<p>Le troisième processus est nommé <i>dual</i>. C&#8217;est ce qui se passe lorsqu&#8217;on doit passer d&#8217;une tâche à une autre sans nécessairement qu&#8217;il soit nécessaire de garder à l&#8217;esprit la première tâche.</p>
<p>Chacune de ces trois formes de multitâche peut être repérée par la technique de l&#8217;infrarouge proche. Les auteurs de l&#8217;étude se sont en fait surtout concentrés sur la première. </p>
<div id="attachment_17158" class="wp-caption right" style="width: 310px"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/05/brainput-brain-computer-interface-640x424-300x198.jpg" alt="crédit Erin Treacy Solovey" title="" width="300" height="198" class="size-medium wp-image-17158" /><p class="wp-caption-text">Crédit Erin Treacy Solovey</p></div>
<p>Pour étudier le phénomène, ils ont mis au point un environnement expérimental sur lequel ils ont effectué trois expériences différentes. Il s&#8217;agissait pour l&#8217;utilisateur de piloter simultanément deux robots, un bleu et un rouge (à l&#8217;aide de contrôles ordinaires, et pas avec une BCI). Il devait guider ces machines vers un point précis d&#8217;un labyrinthe. Le robot bleu était totalement sous le contrôle du sujet. Celui-ci devait constamment le piloter. Le robot rouge, en revanche, pouvait alterner entre un guidage par l&#8217;humain ou le pilotage automatique pendant lequel il fonctionnait de manière autonome, mais évidemment pas forcément de manière optimale. </p>
<p>Les chercheurs ont alors mis au point trois sessions de travail différentes. L&#8217;une était dite &#8220;non adaptative&#8221; : autrement dit, les robots bleu et rouge étaient tous deux sous contrôle complet de l&#8217;humain, il n&#8217;y avait pas de phase d&#8217;autonomie.<br />
La seconde était baptisée &#8220;adaptative&#8221;. Lorsque l&#8217;interface repérait que le cerveau du sujet se trouvait en phase de &#8220;branchement&#8221; et qu&#8217;il lui était difficile de gérer les deux robots à la fois, le robot rouge se mettait alors en mode autonome. </p>
<p>La troisième, dite &#8220;mal adaptative&#8221;, proposait l&#8217;option inverse. Le robot était en mode autonome la plupart du temps. Au moment des phases de branchement, en revanche, il se retrouvait sous le contrôle de l&#8217;utilisateur.<br />
Avant le commencement de l’expérience, les chercheurs avaient pensé que les méthodes adaptative et mal adaptative se révéleraient supérieures à la technique &#8220;non adaptative&#8221;. Après tout, dans les deux premiers cas, le cerveau n&#8217;est-il pas aidé par la mise en autonomie du robot rouge ? </p>
<p>L’expérience a montré que cela ne se vérifiait pas, en fait, si la méthode &#8220;adaptative&#8221; s&#8217;est bien montrée la plus performante, la technique &#8220;mal adaptative&#8221; s&#8217;est révélée la plus inefficace, derrière même l&#8217;approche &#8220;non adaptative&#8221;.<br />
Un des sujets a ainsi décrit son expérience subjective de la &#8220;méthode adaptative&#8221;: <i>&#8220;Bien que le robot rouge désobéissait parfois, la plupart du temps il se montrait coopératif et trouvait son objectif. Le robot bleu était toujours coopératif.&#8221;</i></p>
<p>En revanche, dans le cas de la méthode &#8220;mal adaptative&#8221; : <i>&#8220;le robot bleu était beaucoup plus coopératif que le robot rouge, qui désobéissait fréquemment à mes commandes et partait souvent dans sa propre direction&#8221;</i>. </p>
<p>Cela montre, expliquent les chercheurs, l&#8217;importance de bien corréler l’état mental d&#8217;un utilisateur avec l&#8217;interface informatique. </p>
<p>Il reste bien sûr du travail à accomplir dans ce domaine. Tout d&#8217;abord, employer de vrais robots. Brainput utilise pour l&#8217;instant des robots logiciels, fonctionnant dans un monde virtuel. Ensuite, multiplier le nombre de robots. </p>
<p>Les applications, concluent les auteurs du papier, pourraient se révéler très importantes pour les situations impliquant à la fois beaucoup de stress et le contrôle d&#8217;un grand nombre de robots, comme dans les opérations militaires ou lors de sauvetage en milieu trop dangereux pour les êtres humains. Des objectifs très proches de ceux que poursuit la Darpa. Reste qu&#8217;on peut se demander si, plus modestement, de tels travaux n&#8217;aideront pas à élaborer de meilleures interfaces pour monsieur Tout-le-Monde et permettent de concevoir des ordinateurs qui sauront mieux s&#8217;adapter à notre état cognitif ou émotionel, en modifiant les fonctions auxquelles on accède selon le contexte et notre disposition cognitive. </p>
<p>Rémi Sussan</p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/economie-de-lattention/" title="économie de l&#039;attention" rel="tag nofollow">économie de l&#039;attention</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/cognition/" title="cognition" rel="tag nofollow">cognition</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/design/" title="design" rel="tag nofollow">design</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/informatique-affective/" title="informatique affective" rel="tag nofollow">informatique affective</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/neurosciences/" title="neurosciences" rel="tag nofollow">neurosciences</a><br />
<div class="feedflare">
<a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=OSd1fQPGYjg:fOMZs033RTA:yIl2AUoC8zA"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?d=yIl2AUoC8zA" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=OSd1fQPGYjg:fOMZs033RTA:7Q72WNTAKBA"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?d=7Q72WNTAKBA" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=OSd1fQPGYjg:fOMZs033RTA:V_sGLiPBpWU"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?i=OSd1fQPGYjg:fOMZs033RTA:V_sGLiPBpWU" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=OSd1fQPGYjg:fOMZs033RTA:dnMXMwOfBR0"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?d=dnMXMwOfBR0" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=OSd1fQPGYjg:fOMZs033RTA:D7DqB2pKExk"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?i=OSd1fQPGYjg:fOMZs033RTA:D7DqB2pKExk" border="0"></img></a>
</div><img src="http://feeds.feedburner.com/~r/internetactu/bcmJ/~4/OSd1fQPGYjg" height="1" width="1"/>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.internetactu.net/2012/05/22/aider-le-cerveau-a-faire-deux-choses-a-la-fois/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		<feedburner:origLink>http://www.internetactu.net/2012/05/22/aider-le-cerveau-a-faire-deux-choses-a-la-fois/</feedburner:origLink></item>
		<item>
		<title>Comment nos mères nous ont-elles appris à utiliser les technologies ?</title>
		<link>http://feedproxy.google.com/~r/internetactu/bcmJ/~3/lnYVLeogbSQ/</link>
		<comments>http://www.internetactu.net/2012/05/21/comment-nos-meres-nous-ont-elles-appris-a-utiliser-les-technologies/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 21 May 2012 09:42:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier de la Porte</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Communication interpersonnelle]]></category>
		<category><![CDATA[Confiance et sécurité]]></category>
		<category><![CDATA[Coopération]]></category>
		<category><![CDATA[Education et formation]]></category>
		<category><![CDATA[Usages]]></category>
		<category><![CDATA[économie de l'attention]]></category>
		<category><![CDATA[ecole2.0]]></category>
		<category><![CDATA[empowerment]]></category>
		<category><![CDATA[jeunes]]></category>
		<category><![CDATA[pdlt]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.internetactu.net/?p=17188</guid>
		<description><![CDATA[La lecture de la semaine, il s’agit d’un papier paru le 11 mai dernier sur le site de The Atlantic, sous la plume d’Alexandra Samuel (@awsamuel), directrice du Social+ Interactive Media Center de l’université de design et d’art Emily Carr de Vancouver au Canada. Le billet s’intitule : &#8220;Remerciez votre mère, elle vous a appris à utiliser les technologies&#8221;.
&#8220;C’est&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La lecture de la semaine, il s’agit d’un papier paru le 11 mai dernier sur le site de <i><a href="http://www.theatlantic.com/">The Atlantic</a></i>, sous la plume d’Alexandra Samuel (<a href="http://twitter.com/#!/awsamuel">@awsamuel</a>), directrice du <a href="http://www.simcentre.ca/">Social+ Interactive Media Center</a> de l’université de design et d’art Emily Carr de Vancouver au Canada. Le billet s’intitule : <a href="http://www.theatlantic.com/technology/archive/2012/05/thank-your-mom-she-taught-you-how-to-tech/257040/">&#8220;Remerciez votre mère, elle vous a appris à utiliser les technologies&#8221;</a>.</p>
<p><i>&#8220;C’est tellement simple que ma mère peut l’utiliser&#8221;</i>.  <i>&#8220;On doit expliquer cette application d’une manière que votre mère comprendrait&#8221;</i>. <i>&#8220;J’ai su que ce réseau social marcherait quand ma mère elle-même s’y est inscrite&#8221;</i>. Dans le monde des technos, relève justement Alexandra Samuel, les mères sont régulièrement invoquées comme la population plancher des usagers, comme les retardataires désespérants auquel tout nouveau produit se doit d’être utile, en dépit leurs aptitudes limitées. Nous sommes, dit Alexandra Samuel, trop nombreuses (et trop recherchées par les publicitaires) pour être simplement ignorées : les entreprises de technologie et les développeurs doivent faire l’effort de se mettre à la place de ces très étranges créatures que sont les mères avec un clavier.</p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/05/motherandsons.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/05/motherandsons.png" alt="motherandsons" title="motherandsons" width="540" height="360" class="alignnone size-full wp-image-17190" /></a><br />
<i>Image : Qu&#8217;est-ce que les mères doivent apprendre de la technologie à leurs enfants ? Une mère et ses fils <a href="http://www.flickr.com/photos/seandreilinger/3069423809/">photographiés par Sean Dreilinger</a>.</i></p>
<p><i>&#8220;En tant que mère – et technophile -&#8221;</i>, dit encore Alexandra Samuel, <i>&#8220;je vois là une tentative de nous effacer de l’histoire. Quoi que nous fassions, nous les mères, nous sommes condamnées à échouer dans l’anticipation de la vie en ligne à venir de nos enfants : nous sommes incapables de les préparer au monde dans lequel ils vivront. Pas étonnant que tant de mères baissent les bras et n’essaient même pas de suivre le rythme de l’innovation.&#8221;</i> </p>
<p><i>&#8220;Peut-être était-ce plus facile pour </i>nos<i> mères, qui n’avaient pas anticipé qu’il était impossible d’anticiper et de nous préparer à l’avenir. Et pourtant, si on porte un regard rétrospectif sur les compétences que ma mère m’a inculquées, explique l’auteure – compétences pour évoluer dans un monde, et son substrat technologique, qui sont aujourd’hui largement obsolètes – je suis frappée à quel point elles se sont révélées fondamentales dans le monde technologique qui est le mien aujourd’hui.&#8221;</i> Et l’auteure de donner quelques exemples.</p>
<p><strong>Le catalogue sur fiches</strong> : j’avais 11 ans quand ma mère m’a fait entrer pour la première fois  dans la bibliothèque de recherche de l’université de Toronto, et m’a appris à utiliser leur catalogue sur fiches (vraiment imprimés sur des fiches) et les énormes volumes reliés qui indexaient chacune des revues académiques de la collection. Au lycée, j’ai rédigé des devoirs sur tous les sujets, de Woodrow Wilson jusqu’à l’histoire du vice, creusant mon chemin à travers les mots-clés et les étagères de la bibliothèque pour trouver les réponses dont j’avais besoin. Cela fait dix ans que je n’ai pas fait de recherche dans des livres imprimés, mais j’utilise les compétences acquises dans les catalogues sur fiches presque chaque jour. L’aptitude à convertir des questions générales en mots-clés spécifiques est le talent essentiel de tout Google Ninja, et l’insistance de ma mère pour que je développe des aptitudes à la recherche en bibliothèque m’a fourni les fondements pour trouver rapidement, en ligne, l’information adéquate.</p>
<p><strong>La machine à écrire</strong>. Beaucoup de mes amies femmes racontent comment leurs mères les ont découragées à apprendre à taper à la machine, de peur à ce qu’elles ne soient reléguées à des postes de secrétaires. Ma mère a choisi l’option inverse, m’aguillant d’abord puis me corrompant carrément pour que j’aille suivre des cours. La machine à écrire électrique que j’ai reçue comme récompense était dépassée un an plus tard avec l’arrivée dans notre foyer de notre premier ordinateur, mais mon aisance avec le clavier m’a permis de me sentir à l’aise avec la nouvelle machine. Aujourd’hui, ma très grande vitesse de frappe – produit de trente ans de pratique du clavier – signifie que je peux bloguer aussi vite que je parle, ou twitter aussi vite que je pense.</p>
<p><strong>La microfiche</strong>. Notre cave contenait un lecteur de microfiches et de microfilm que ma mère utilisait pour ses recherches sur l’Egypte ancienne, scrutant l’écran pour combler les vides sur la photo d’un morceau abimé de papyrus. Elle m’a appris à faire tourner les bobines d’archives de journaux, en déchiffrant juste ce qu’il faut du texte pour trouver rapidement le bon article ou la bonne date. L’aptitude à pouvoir passer d’un écran de texte à un autre, en zoomant sur la phrase ou le morceau qui m’intéresse, est ce qui me maintient à flot dans un monde en ligne qui crache des monceaux de liens et d’articles chaque jour.</p>
<p><strong>Les lettres de remerciement</strong>. Chez nous, s’approvisionner pour un anniversaire consistait à acheter des gâteaux, de la glace et une boite de cartes. A peine avais-je terminé de déballer mes cadeaux que ma mère me mettait au travail, pour que j’écrive des lettres de remerciement bien senties à tous ceux qui m’en avaient offert un. Alors que je rêvais de jouer avec ma nouvelle Barbie, j’empoignais le stylo jusqu’à la crampe et allais au bout de ma tâche. Je suis incapable de me souvenir de la dernière lettre de remerciement que j’ai rédigée avec un stylo, mais ce savoir-vivre s’est transféré au monde en ligne. La discipline que supposent les remerciements que j’adresse par mail ou via Twitter – ce que je fais le plus vite possible – m’a aidé à développer des relations professionnelles et numériques dans lesquelles la courtoisie est la norme, pas l’exception.</p>
<p>Tout est là, dit Alexandra Samuel : je  ne peux pas plus imaginer le monde dans lequel vivront mes enfants que ma mère ne pouvait anticiper celui auquel elle me préparait. Et pourtant, elle l’a fait, en insistant sur les aptitudes induites par les technologies de son monde, même si ces outils, et ce monde sont vite devenus obsolètes.</p>
<p>Si le cœur de la maternité est indépendant des technologies et outils d’une époque, ça ne signifie pas que les mères sont en droit d’ignorer le contexte technologique dans lequel elles évoluent. Les outils et usages que nous trouvons non intuitifs sont ceux que nous avons dû apprendre, ce sont précisément ceux dans lesquels nous pouvons guider nos enfants, plutôt que les y suivre.</p>
<p>Donc, les développeurs, arrêtez de niveler les choses par le bas pour vos mères. Elles sont sans doute moins bêtes que vous ne le croyez, parce que quelque part sur le chemin de votre vie, elles ont posé les fondations qui ont fait de vous des <i>natifs du numérique</i>.</p>
<p>Xavier de la Porte</p>
<blockquote><p>Xavier de la Porte (<a href="http://twitter.com/#!/xporte">@xporte</a>), producteur de l’émission <a href="http://www.franceculture.fr/emission-place-de-la-toile.html-1">Place de la Toile</a> sur France Culture, réalise chaque semaine une intéressante lecture d’un article de l’actualité dans le cadre de son émission.</p>
<p><a href="http://www.franceculture.fr/emission-place-de-la-toile-le-virtuel-existe-t-il-2012-05-19">L’émission du 19 mai 2012</a> accueillait le philosophe <a href="http://www.vitalirosati.eu/">Marcello Vitali Rosati</a> auteur de <i>S&#8217;orienter dans le virtuel</i> qui vient de paraître aux éditions Hermann. </p></blockquote>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/economie-de-lattention/" title="économie de l&#039;attention" rel="tag nofollow">économie de l&#039;attention</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/ecole20/" title="ecole2.0" rel="tag nofollow">ecole2.0</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/empowerment/" title="empowerment" rel="tag nofollow">empowerment</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/jeunes/" title="jeunes" rel="tag nofollow">jeunes</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/pdlt/" title="pdlt" rel="tag nofollow">pdlt</a><br />
<div class="feedflare">
<a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=lnYVLeogbSQ:vH3zRvA8WKM:yIl2AUoC8zA"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?d=yIl2AUoC8zA" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=lnYVLeogbSQ:vH3zRvA8WKM:7Q72WNTAKBA"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?d=7Q72WNTAKBA" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=lnYVLeogbSQ:vH3zRvA8WKM:V_sGLiPBpWU"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?i=lnYVLeogbSQ:vH3zRvA8WKM:V_sGLiPBpWU" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=lnYVLeogbSQ:vH3zRvA8WKM:dnMXMwOfBR0"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?d=dnMXMwOfBR0" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=lnYVLeogbSQ:vH3zRvA8WKM:D7DqB2pKExk"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?i=lnYVLeogbSQ:vH3zRvA8WKM:D7DqB2pKExk" border="0"></img></a>
</div><img src="http://feeds.feedburner.com/~r/internetactu/bcmJ/~4/lnYVLeogbSQ" height="1" width="1"/>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.internetactu.net/2012/05/21/comment-nos-meres-nous-ont-elles-appris-a-utiliser-les-technologies/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>4</slash:comments>
		<feedburner:origLink>http://www.internetactu.net/2012/05/21/comment-nos-meres-nous-ont-elles-appris-a-utiliser-les-technologies/</feedburner:origLink></item>
		<item>
		<title>A lire ailleurs du 14/05/2012 au 21/05/2012</title>
		<link>http://feedproxy.google.com/~r/internetactu/bcmJ/~3/doP_acF0JCE/</link>
		<comments>http://www.internetactu.net/2012/05/21/a-lire-ailleurs-du-14052012-au-21052012/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 21 May 2012 03:00:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Internetactu</dc:creator>
				<category><![CDATA[A lire ailleurs]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.internetactu.net/2012/05/21/a-lire-ailleurs-du-14052012-au-21052012/</guid>
		<description><![CDATA[. 10+1 mythes sur l&#8217;économie mobile &#8211; Slideshare
Très stimulante présentation d&#8217;Andreas Constantinou, directeur de Vision Mobile, qui remet en perspective bien des idées reçues sur l&#8217;économie des applications mobiles.
. Estran. Carnets géographiques. De la fabrique urbaine au design territorial . Vers des plateaux d’innovation et de créativité
Des plateaux d&#8217;innovation pour l&#8217;innovation territoriale. 
. Les résultats au contrôle&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.slideshare.net/andreasc/101-myths-about-the-mobile-economy">. 10+1 mythes sur l&#8217;économie mobile &#8211; Slideshare</a><br />
Très stimulante présentation d&#8217;Andreas Constantinou, directeur de Vision Mobile, qui remet en perspective bien des idées reçues sur l&#8217;économie des applications mobiles.</p>
<p><a href="http://estran-carnetsdetonnement.blogspot.fr/2011/11/de-la-fabrique-urbaine-au-design.html">. Estran. Carnets géographiques. De la fabrique urbaine au design territorial . Vers des plateaux d’innovation et de créativité</a><br />
Des plateaux d&#8217;innovation pour l&#8217;innovation territoriale. </p>
<p><a href="http://www.pressgazette.co.uk/story.asp?sectioncode=1&#038;storycode=49272&#038;c=1&#038;fb_source=message">. Les résultats au contrôle technique au Royaume-Uni &#8211; Press Gazette</a><br />
Les résultats au contrôle techniques par véhicules et modèle au Royaume-Uni.</p>
<p><a href="http://www.codinghorror.com/blog/2012/05/please-dont-learn-to-code.html">. Coding Horror : S&#8217;il vous plait, n&#8217;apprenez pas à coder !</a><br />
Jeff Atwood, programmeur, s&#8217;en prend à la mode du &#8220;tout le monde devrait apprendre à coder&#8221;. C&#8217;est une erreur estime-t-il. Il ne faut pas célébrer le code, mais la création de solutions. Etes-vous sûrs que le code résolve tous les problèmes ? Comprendre comment fonctionne le net ne veut pas dire en apprendre le code, tout comme identifier un problème de plomberie ne veut pas dire savoir le réparer.</p>
<p><a href="http://www.kickstarter.com/projects/joylabs/makey-makey-an-invention-kit-for-everyone">. MaKey MaKey : An Invention Kit for Everyone by Jay Silver — Kickstarter</a><br />
Sur KickStarter, un kit pour transformer n&#8217;importe quel objet en touchpad.</p>
<p><a href="http://www.zdnet.fr/actualites/byod-les-entreprises-francaises-depassees-39771759.htm">. BYOD : les entreprises françaises dépassées ? &#8211; Zdnet</a><br />
&#8220;La pression des salariés pour connecter leurs terminaux personnels (Bring your own device, apportez votre propre terminal) au système d&#8217;information de l&#8217;entreprise est de plus en plus forte. Et le refus des DSI est bien souvent contourné, révèle une étude d&#8217;IDC.</p>
<p><a href="http://www.numerama.com/magazine/22583-renault-envisage-des-voitures-automatisees-des-2015.html">. Renault envisage des voitures automatisées dès 2015 &#8211; Numerama</a><br />
Pas de Google Car en France, mais les constructeurs français planchent sur la question et Renault envisage des voitures &#8220;à conduite déléguée&#8221; pour 2015 ou 2018, avec un pilotage automatique mis en oeuvre seulement dans certaines situations spécifiques.</p>
<p><a href="http://techcrunch.com/2012/05/09/move-over-harvard-and-mit-stanford-has-the-real-revolution-in-education/?grcc=33333Z98ZtrendingZ0&#038;fb_source=message">. Qui de Harvard ou de Stanford propose la meilleure révolution éducative ?- TechCrunch</a><br />
L&#8217;initiative EdX d&#8217;Harvard et du MIT &#8211; <a href="http://web.mit.edu/newsoffice/2012/edx-launched-0502.html">http://web.mit.edu/newsoffice/2012/edx-launched-0502.html</a> &#8211; a été présentée comme une grande révolution éducative. Mais est-ce vraiment le cas, s&#8217;interroger Gregory Ferenstein pour Techcrunch. Est-ce que présenter des cours en vidéo est une révolution ? On sait que les étudiants retiennent moins bien les cours que les exercices pratiques. Deux professeurs de Stanford, Charles Prober et Chip Heath, viennent de faire une autre proposition dans le Journal de Medecine &#8211; <a href="http://www.um.es/c/document_library/get_file?uuid=c538d7e7-52a4-4f9a-93c7-92ac04c80b06&#038;groupId=115466">http://www.um.es/c/document_library/get_file?uuid=c538d7e7-52a4-4f9a-93c7-92ac04c80b06&#038;groupId=115466</a> &#8211; : supprimer les cours magistraux. Désormais, ceux-ci devront être suivis sur le net à la maison et la faculté ne fera plus que des ateliers pratiques. Pour appuyer leur politique, Prober et Heath font référence à une étude comparant deux classes d&#8217;un même enseignement, l&#8217;un reçu par conférence d&#8217;un prix Nobel de physique et l&#8217;autre d&#8217;ateliers expérimentaux. Les résultats aux tests d&#8217;évaluation montraient que ceux qui avaient suivit les ateliers avaient retenu le double d&#8217;information par rapport à l&#8217;autre groupe, avec des résultats aux tests supérieurs de 50 %.</p>
<p><a href="http://www.bbc.co.uk/blogs/bbcinternet/2012/05/bbc_online_briefing_spring_201_1.html">. Le choix de la participation &#8211; BBC</a><br />
Selon un sondage de la BBC auprès de 7500 britanniques, la règle de la participation en ligne (1 % de créateurs de contenus, 9 % de contributeurs et 90 % de gens passifs) est en train de changer. En effet, estime Hooly Goodier responsable des audiences de la BBC, 77 % des utilisateurs du Net sont désormais actifs (dont 17 % intensément et les 60 % restants se répartissent entre ceux qui en reste au stade des réactions &#8211; 16 % &#8211; et ceux qui s&#8217;initient à d&#8217;autres formes &#8211; 44 %). Cela s&#8217;explique par la facilité de la participation, permettant désormais à plus de gens, plus facilement de partager des photos ou discuter en ligne. 23 % des britanniques ne participent pas du tout et ce ne sont pas seulement des gens réfractaires : parmi ceux-ci, 11 % sont des early adopters, qui choisissent de ne pas participer.</p>
<p>Pour Neil Perkin &#8211; <a href="http://www.futurelab.net/blogs/marketing-strategy-innovation/2012/05/1990_rule_outdated.html">http://www.futurelab.net/blogs/marketing-strategy-innovation/2012/05/1990_rule_outdated.html</a> &#8211; le changement semble un peu trop brutal. Il serait peut-être temps de songer à redéfinir la diversité de la participation.</p>
<p><a href="http://www.technologyreview.com/computing/40406">. Une interface qui prendre en charge votre esprit &#8211; Technology Review</a><br />
Brainput &#8211; <a href="http://web.mit.edu/erinsol/www/papers/Solovey.CHI.2012.Final.pdf">http://web.mit.edu/erinsol/www/papers/Solovey.CHI.2012.Final.pdf</a> &#8211; est un système conçu pour mesurer notre état cognitif et modifier automatiquement notre ordinateur en fonction de celui-ci.</p>
<p><a href="http://www.usinenouvelle.com/article/avec-le-numerique-il-faut-d-urgence-reinventer-l-industrie.N174596">. Avec le numérique, il faut d&#8217;urgence réinventer l’industrie ! &#8211; UsineNouvelle</a><br />
Pour Guy Mamou-Mani, président de Syntec Numérique, et Henri Verdier, président de Cap Digital, les subventions, les relocalisations ne suffiront pas à traverser la crise de la modernité. Le numérique nous a fait changer d&#8217;ère industrielle et c&#8217;est cette transformation que la politique industrielle doit accompagner, en en appelant à une stratégie de &#8220;néo-industrialisation&#8221;.</p>
<p><a href="http://consommation.blog.lemonde.fr/2012/05/14/40-des-personnes-vivant-en-ville-ont-un-smartphone">. 40 % des personnes vivant en ville ont un smartphone | Gardez la monnaie !</a><br />
Selon la dernière étude du Consumer Lab d&#8217;Ericsson &#8211; <a href="http://www.ericsson.com/news/120514_city_life_244159019_c">http://www.ericsson.com/news/120514_city_life_244159019_c</a> &#8211; consacrée aux usages urbains des technologies, 50 % des citadins utilisent leur téléphone mobile tous les jours pour se connecter au Net et ce principalement durant leurs temps de trajets quotidiens : le téléphone leur permettant d&#8217;exploiter les heures perdues dans les transports. Autre information : les urbains consacrent beaucoup de temps à des activités de socialisation.</p>
<p><a href="http://www.motherjones.com/blue-marble/2012/05/human-cultures-decline-alongside-species">. La disparition des espèces est-elle corrélée à la disparition des langages vernaculaires ? &#8211; Mother Jones</a><br />
Intéressante étude qui montre qu&#8217;il y aurait une corrélation entre la diminution de la biodiversité et le recul des langues vernaculaires. La raison : les cultures indigènes créeraient les conditions optimum de la sauvegarde de leurs écosystèmes.</p>
<p><a href="http://www.urenio.org/wp-content/uploads/2012/04/2012-FIREBALL-White-Paper-Final.pdf">. Les villes intelligentes comme ecosystème innovant soutenable pour l&#8217;internet du futur (.pdf)</a><br />
Ce rapport publié par Fireball4smartcities.eu pour la Commission européenne revient sur le concept des villes intelligentes et conclut que le concept a trop souvent oublié d&#8217;observer et d&#8217;intégrer l&#8217;engagement citoyen.</p>
<p><a href="http://okfnlabs.org/opendatacensus">. Open Data Census</a><br />
Un répertoire de données intenationales permettant de comparer et de voir si quelques grands jeux de données nationaux ont été libérés : budget national, résultats nationaux aux élections, statistiques nationales, données environnementales&#8230; </p>
<p><a href="http://www.creadata.fr/">. Creadata &#8211; Un peu de donnée, un peu de créativité</a><br />
&#8220;Creadata est un service utilisant les données ouvertes de Nantes et vous permettant de générer aléatoirement des mashups pour vos applications ou vos visualisations.&#8221; Son but : simplifier l&#8217;accès aux données !</p>
<p><a href="http://www.brunodevauchelle.com/blog/?p=1053">. Enfermé, limité, mais utilisé…. &#8211; Bruno Devauchelle</a><br />
A la lecture du rapport &#8211; <a href="http://www.ordicollege.cg19.fr/index.php?option=com_content&#038;view=article&#038;id=17%3Arapportigen&#038;catid=11%3Aune&#038;Itemid=2">http://www.ordicollege.cg19.fr/index.php?option=com_content&#038;view=article&#038;id=17%3Arapportigen&#038;catid=11%3Aune&#038;Itemid=2</a> &#8211; de l&#8217;inspection générale sur l&#8217;expérience Ordicollège du Conseil Général de Corrèze (consistant à doté les collégiens d&#8217;ordinateurs portables depuis 2008 puis de tablettes depuis 2010), la simplification technique semble essentielle pour la réussite du développement des usages pédagogiques dans les classes, rappelle Bruno Devauchelle. &#8220;C&#8217;est dans l&#8217;écart entre des pratiques personnelles ordinaires et des pratiques professionnelles pionnières qu&#8217;il y aurait un frein au développement des usages&#8221;, car c&#8217;est que ce situe notre capacité à accepter l&#8217;instabilité et l&#8217;imprévisibilité. Le déploiement des ENT a tenté un déploiement industriel, alors que l&#8217;acte d&#8217;enseigner s&#8217;inscrit dans un domaine particulier où l&#8217;on veut se sentir maître. Difficile donc de faire sien des dispositifs techniques, des conceptions logicielles complexes et qu&#8217;on ne pratique pas. &#8220;L&#8217;arrivée des tablettes pourrait bien être le vecteur clef pour développer l&#8217;usage en classe, car leur fonctionnement même semble correspondre aux contraintes de ces réalités humaines&#8221;. </p>
<p><a href="http://www.theatlanticcities.com/neighborhoods/2012/05/street-hacker-officially-embraced/1921">. La hacker de rue &#8211; The Atlantic Cities</a><br />
Le &#8220;Hacker&#8221; de rue, nouveau personnage de la vie urbaine? Proche dans l&#8217;esprit du monde de l&#8217;open-source et du monde du numérique, le hacker urbain intervient temporairement dans la ville, pour inventer de nouveaux espaces, de nouveaux usages, pour faire intervenir l&#8217;inattendu dans ce espace&#8230; Et cette logique devient acceptée et même mise en avant : le &#8220;chief innovation officer&#8221; de San Francisco imagine de nouvelles zones dans les villes, destinées à l&#8217;expérimentation et au prototypage, des plateformes d&#8217;expérimentations&#8230;</p>
<p><a href="http://www.nytimes.com/2012/05/09/world/europe/amsterdam-tries-to-change-culture-with-repair-cafes.html?_r=2">. Amsterdam essaye de changer la culture avec les café de la réparation &#8211; NYTimes.com</a><br />
La ville d&#8217;Amsterdam lance les &#8220;repair café&#8221;, des tiers lieux pour apprendre à réparer ses vieux objets et à développer la culture de la réparation et du recyclage. </p>
<div class="feedflare">
<a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=doP_acF0JCE:Ya4Wi9Tzo9w:yIl2AUoC8zA"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?d=yIl2AUoC8zA" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=doP_acF0JCE:Ya4Wi9Tzo9w:7Q72WNTAKBA"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?d=7Q72WNTAKBA" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=doP_acF0JCE:Ya4Wi9Tzo9w:V_sGLiPBpWU"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?i=doP_acF0JCE:Ya4Wi9Tzo9w:V_sGLiPBpWU" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=doP_acF0JCE:Ya4Wi9Tzo9w:dnMXMwOfBR0"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?d=dnMXMwOfBR0" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=doP_acF0JCE:Ya4Wi9Tzo9w:D7DqB2pKExk"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?i=doP_acF0JCE:Ya4Wi9Tzo9w:D7DqB2pKExk" border="0"></img></a>
</div><img src="http://feeds.feedburner.com/~r/internetactu/bcmJ/~4/doP_acF0JCE" height="1" width="1"/>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.internetactu.net/2012/05/21/a-lire-ailleurs-du-14052012-au-21052012/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		<feedburner:origLink>http://www.internetactu.net/2012/05/21/a-lire-ailleurs-du-14052012-au-21052012/</feedburner:origLink></item>
		<item>
		<title>Avons-nous besoin d’Info Labs ?</title>
		<link>http://feedproxy.google.com/~r/internetactu/bcmJ/~3/XDr6_VDzIXw/</link>
		<comments>http://www.internetactu.net/2012/05/15/avons-nous-besoin-dinfo-labs/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 15 May 2012 05:00:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Communautés]]></category>
		<category><![CDATA[Coopération]]></category>
		<category><![CDATA[Débats]]></category>
		<category><![CDATA[Education et formation]]></category>
		<category><![CDATA[Médias]]></category>
		<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Services]]></category>
		<category><![CDATA[Territoires]]></category>
		<category><![CDATA[citelabo]]></category>
		<category><![CDATA[coopération]]></category>
		<category><![CDATA[datajournalisme]]></category>
		<category><![CDATA[données publiques]]></category>
		<category><![CDATA[ecole2.0]]></category>
		<category><![CDATA[empowerment]]></category>
		<category><![CDATA[fablab]]></category>
		<category><![CDATA[open innovation]]></category>
		<category><![CDATA[opendata]]></category>
		<category><![CDATA[Participation]]></category>
		<category><![CDATA[politiques publiques]]></category>
		<category><![CDATA[refaire]]></category>
		<category><![CDATA[Usages]]></category>
		<category><![CDATA[villes2.0]]></category>
		<category><![CDATA[web local]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.internetactu.net/?p=17134</guid>
		<description><![CDATA[Grâce aux outils de prototypage rapide à commande numérique, à du matériel et du logiciel désormais facilement bricolables, demain, un grand nombre de personnes seront en mesure de concevoir et fabriquer des objets de leur choix, passant rapidement de l&#8217;idée au modèle numérique, du modèle au prototype, voire du prototype à l&#8217;objet tangible. C’est l’essence même du projet des Fab&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>Grâce aux outils de prototypage rapide à commande numérique, à du matériel et du logiciel désormais facilement bricolables, demain, un grand nombre de personnes seront en mesure de concevoir et fabriquer des objets de leur choix, passant rapidement de l&#8217;idée au modèle numérique, du modèle au prototype, voire du prototype à l&#8217;objet tangible. C’est l’essence même du projet des <a href="http://fab.cba.mit.edu/">Fab Labs</a> (<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Fab_lab">Wikipédia</a>), ces espaces de travail, ces ateliers de fabrication ouverts et accessibles à tous. </p>
<p>Mais pourquoi s’en tenir aux objets physiques et à la matière programmable ? La complexité de la matière numérique montre qu’on gagnerait certainement à étendre le concept aux données, aux statistiques, aux algorithmes&#8230; Et faire de la matière numérique un objet d’appropriation commun, comme les Fab Labs le proposent pour le monde physique.</p></blockquote>
<h3>Le <i>Lab</i> &#8220;ouvert&#8221; comme modèle</h3>
<p>Abréviation de <i>Fabrication Laboratory</i> (Laboratoire de fabrication), le Fab Lab est une <i>&#8220;plate-forme de prototypage rapide d&#8217;objets physiques, “intelligents” ou non&#8221;</i>, rappelle Fabien Eychenne dans son <i><a href="http://www.slideshare.net/slidesharefing/tour-dhorizon-des-fab-labs">Tour d&#8217;horizon des Fabs Labs</a></i> publié par la <a href="http://www.fing.org">Fondation internet nouvelle génération</a>. On peut retenir comme caractéristiques principales sa nature de <a href="http://bibliomancienne.wordpress.com/2012/04/14/le-concept-de-tiers-lieu-retour-aux-sources/">tiers-lieu</a>, l&#8217;ouverture à un public large, la mise à disposition d&#8217;équipements (mais plus largement outils, méthodes et savoir-faire) et une chaine intégrée allant de la conception à la production. Le Fab Lab est ainsi un lieu physique ouvert qui invite son public à devenir acteur et à enrichir ses connaissances par l&#8217;expérimentation. Il répond aux préoccupations du mouvement <i>DIY</i> (<i>Do it Yourself</i>) qui prône le &#8220;faire&#8221; et la mise en capacité de chaque individu. La notion de &#8220;prototypage rapide&#8221; qui le caractérise désigne l&#8217;accélération des cycles d&#8217;innovation, de recherche et développement et de production, en adoptant notamment une démarche itérative.</p>
<p>Le concept du Fab Lab repose ainsi sur des principes généraux tels que l&#8217;accessibilité du lieu et l&#8217;accompagnement des utilisateurs, l&#8217;échange d&#8217;expérience et le partage de compétences, l&#8217;exploration et le droit à l&#8217;erreur. <a href="http://www.internetactu.net/2011/05/25/makers-12-faire-societe/">Il existe une grande variété de lieux de ce type</a>, même si ceux qui se revendiquent explicitement du mouvement Fab Lab initié par <a href="http://ng.cba.mit.edu/">Neil Gershenfeld</a> doivent signer <a href="http://fablab.fr/projects/project/charte-des-fab-labs/">une charte précise mais en même temps assez ouverte</a>. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/05/medialabsmasa.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/05/medialabsmasa.png" alt="medialabsmasa" title="medialabsmasa" width="540" height="403" class="alignnone size-full wp-image-17146" /></a><br />
<i>Image : quelques participants de la dernière <a href="http://www.medialabsession.org/">Medialab Session</a>, 2 jours pour imaginer de nouvelles applications journalistiques depuis les données (explications sur le <a href="http://www.samsa.fr/2012/05/13/medialab-session-48-heures-pour-inventer-un-media/">principe</a> et <a href="http://www.samsa.fr/2012/05/14/medialab-session-de-bonnes-idees-de-medias/">les résultats obtenus</a> par Philippe Couve), <a href="http://www.flickr.com/photos/everydataflickr/7187337104/">photographiés par Christophe Carriou</a>.</i></p>
<p><a href="http://wiki.fablab.is/wiki/Portal:Labs">Avec plus d&#8217;une centaine de Fab Labs dans le monde</a>, leur relative réussite interroge. La structuration de leur organisation en réseau y est certainement pour beaucoup et se pose en modèle. D&#8217;autant qu&#8217;il faudrait ajouter à ce succès les autres formes d&#8217;espaces dédiés à la fabrication personnelle, comme les <a href="http://fablabsquared.org/?Qu-est-ce-qu-un-Hackerspace">hackerspaces</a> (<a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Hackerspace">Wikipédia</a>), voire même les <a href="http://fablabsquared.org/?Qu-est-ce-qu-un-TechShop">techshops</a> (<a href="http://en.wikipedia.org/wiki/TechShop">Wikipédia</a>), qui en sont la forme la plus commerciale. Et ce d&#8217;autant plus que les Labs ouverts commencent à essaimer auprès d&#8217;autres communautés que celle des bricoleurs. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/2010/09/15/quelques-conseils-pour-se-lancer-dans-la-biotechnologie-de-garage/">On commence à voir apparaître des Bio Labs</a> (encore appelés <a href="http://www.merkapt.com/entrepreneuriat/9_technologie/creer-un-bio-fab-lab-3704">Bio Fab Labs</a> ou <a href="http://www.internetactu.net/2011/11/30/la-nouvelle-science-des-amateurs/">Bio Hackerspaces</a>). Mais on pourrait également rapprocher de ce mouvement ces espaces ouverts de travail, de projets, d&#8217;entrepreneuriat, d&#8217;innovation et de recherche qui se multiplient : <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Coworking">les espaces de coworking</a> (tel que ceux du <a href="http://reseaudescantines.org/">réseau des cantines en France</a>) que <a href="http://www.internetactu.net/2009/06/05/voyage-dans-linnovation-sociale-britannique-13-quest-ce-que-linnovation-sociale/">les laboratoires d&#8217;innovation sociale</a> ou encore &#8211; bien qu&#8217;ils soient peu ouverts sur l&#8217;extérieur, et agissent plutôt comme des structures ressources interdisciplinaires et expérimentales &#8211; bien des Media Lab (comme <a href="http://www.media.mit.edu/">celui du MIT</a>, de <a href="http://medialab.sciences-po.fr/">Sciences Po</a>, <a href="http://medialab-prado.es/">de Madrid</a> ou le <a href="http://www.niemanlab.org/">Nieman Lab dédié au journalisme</a> qui sont plutôt des structures ressources-actions dédiées à la recherche&#8230;). </p>
<p>Cette dynamique montre le besoin d&#8217;espaces d&#8217;interaction pour développer des projets personnels ou innovants d&#8217;une manière plus ou moins ouverte. Les modalités sont variées. Certaines structures sont très commerciales, d&#8217;autres, plutôt fermées, venant comme des supports à des communautés particulières, d&#8217;autres enfin très ouvertes au public avec une mission d&#8217;intérêt général.</p>
<p>Le modèle des Fab Lab, réservé à la conception d&#8217;objets physiques, pourrait donc demain être étendu à d&#8217;autres domaines, à d&#8217;autres formes de prototypages : objets informationnels, applications, services, informations&#8230; En d&#8217;autres termes, donner naissance à de nouveaux et multiples (x)Labs : Info Labs, Services Labs, Data Labs, etc. Des Labs &#8220;ouverts&#8221; comme autant de territoires de projets, de lieux de rencontres.</p>
<h3>Pourquoi avons-nous besoin de Labs consacrés aux données ?</h3>
<p>A l&#8217;heure de la démultiplication des données, de la multiplication de leur mode de production (capteurs, <a href=" http://fr.wikipedia.org/wiki/Crowdsourcing ">crowdsourcing</a>&#8230;), du type de producteurs (communautés, individus isolés, entreprises parfois modestes, collectifs organisés, initiatives publiques, etc.) et des modalités de traitements des données, nous sommes confrontés à un écosystème nouveau en profonde mutation qui appelle des dispositifs d&#8217;apprentissage, d&#8217;exploration et d&#8217;appropriation adaptés. Nous ne sommes pas confrontés seulement à une profusion des données, mais également à la complexité de l&#8217;écosystème de production et d&#8217;usage des données. Nous ne sommes pas seulement confrontés au développement des données publiques, mais à toute sorte de données que nous allons être appelés à manipuler de plus en plus : données personnelles, mesures médicales, données de consommation, données collectives&#8230; dont il va nous falloir comprendre le sens, être &#8220;formé à la critique&#8221;, <a href="http://www.lacantine-rennes.net/2012/05/lopen-data-une-belle-mais-vaine-promesse/">comme l&#8217;explique Simon Chignard</a>, auteur d&#8217;un récent ouvrage sur la question de l&#8217;<i><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2916571701/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;tag=internetnet-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=2916571701">Open Data</a></i>.</p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/05/Equipements-SportifsGironde.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/05/Equipements-SportifsGironde.png" alt="Equipements SportifsGironde" title="Equipements SportifsGironde" width="540" height="309" class="alignnone size-full wp-image-17147" /></a><br />
<i>Image : <a href="http://www.datajournalismelab.fr/wp-content/uploads/equipementsportifs/index.html">La Gironde sportive</a>, datavisualisation des données sportives de la Gironde, l&#8217;une des <a href="http://www.datajournalismelab.fr/les-productions/">12 productions</a> réalisées par les étudiants du <a href="http://www.datajournalismelab.fr/">DataJournalisme Lab</a>.</i></p>
<p>Si, donc, les Fab Labs visaient en quelque sorte à diffuser dans le monde industriel le modèle ouvert et &#8220;agile&#8221; de l&#8217;innovation numérique, il devient aujourd&#8217;hui temps de faire également le mouvement inverse, de retour vers le numérique. Pourquoi ? Parce que, face à la place de plus en plus importante que prennent aujourd&#8217;hui les données et les programmes dans la production de connaissances, de représentations, de décisions, il devient essentiel de créer les conditions d&#8217;une compréhension, d&#8217;une réappropriation, de ces donnes et de ces algorithmes.</p>
<p>Le volume des données produites, extraites, captées, <a href="http://hmi.ucsd.edu/howmuchinfo.php">explose littéralement</a>. La production de recherches, de cartes, de décisions stratégiques, de musiques à succès, de services&#8230; repose de plus en plus sur des algorithmes de plus en plus complexes et souvent opaques. Nous sommes confrontés à un écosystème nouveau en profonde mutation qui appelle des dispositifs d&#8217;apprentissage, d&#8217;exploration et d&#8217;appropriation adaptés.</p>
<p>Certes, les outils existent. Les applications se développent. Les compétences s&#8217;achètent. Mais est-ce que cela suffit ? La <a href="http://fing.org/?-Reutilisation-des-donnees,138-">campagne Réutilisation des données publiques de la Fing</a> a montré combien le partenariat avec les utilisateurs était primordial. Les méthodes les plus fécondes de l&#8217;open data ne consistent pas à libérer des données pour libérer des données, mais bien à y associer les utilisateurs. La libération des données publiques est un processus où rendre la donnée librement réutilisable n&#8217;est qu&#8217;une étape vers un but autrement plus important : engager une nouvelle relation autour des données avec les utilisateurs. Or, il n&#8217;existe pas de structures pour porter cette relation. </p>
<p>Face aux données partout disponibles, les utilisateurs, dans leur plus grande diversité, sont bien souvent démunis. Les réservoirs de données, accessibles aux développeurs et de plus en plus à un public plus large, grâce à une multitude d&#8217;outils, demeurent peu utilisés. Les utilisateurs potentiels sont peu associés à ce mouvement qui leur paraît trop complexe. Ceux qui le sont demeurent souvent isolés, sans structure pour se rassembler, pour travailler à plusieurs, initier des projets, discuter avec les entreprises ou les institutions détentrices de données. En fait, seule une association de compétences permet d&#8217;optimiser l&#8217;usage des données. Tout comme le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Journalisme_de_donn%C3%A9es">journalisme de données</a>, pour fonctionner, nécessite de rassembler développeurs, graphistes, statisticiens et journalistes pour traiter les données, nous avons besoin d&#8217;espaces de rencontre entre différentes compétences pour traiter les données et les informations. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/05/kitchasseauxdonnees.jpg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/05/kitchasseauxdonnees.jpg" alt="kitchasseauxdonnees" title="kitchasseauxdonnees" width="540" /></a><br />
<i>Image : Exemple de carte inclus dans un kit de données pour partir à une chasse aux données dans la ville avec des étudiants, <a href="http://donneesouvertes.info/2012/03/27/atelier-comment-parler-des-donnees-ouvertes/">racontée par Simon Chignard</a>.</i></p>
<p>D&#8217;une manière non structurée, des préfigurations d&#8217;Info Labs se mettent en place autour d&#8217;associations qui font le lien entre l&#8217;acteur public et les usagers, comme le font, à leur manière (et de manières très différentes les unes des autres), <a href="http://www.asso-bug.org/">Bug</a>, <a href="http://www.pingbase.net/wordpressfr/">Ping</a>, <a href="http://libertic.wordpress.com/">LiberTic</a>, <a href="http://zoomacom.org/">ZooMacom</a>, <a href="http://www.zinclafriche.org/dyn/">Zync</a>, <a href="http://www.aecom.org/">AEC</a>, <a href="http://www.lacantine-rennes.net/">La cantine numérique rennaise</a>, <a href="http://www.datajournalismelab.fr/">Le data journalisme Lab</a>, <a href="http://www.regardscitoyens.org/">Regards Citoyens</a>&#8230; Sans compter <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/BarCamp">les Barcamps</a> et autres <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Hackathon">Hackathons</a> que l&#8217;on peut parfois percevoir comme des Info Labs éphémères, pas nécessairement &#8220;physiques&#8221;&#8230; </p>
<p>Ces exemples montrent bien que l&#8217;open data ne fonctionne pas si nul n&#8217;anime les acteurs : institutions, entreprises, citoyens. <a href="http://www.internetactu.net/2006/07/13/animer-les-territoires-electroniques/">Nous avons toujours autant besoin d&#8217;animer les territoires électroniques</a>.</p>
<p>La métaphore du processus structuré autour du concept de Fab Lab appliqué à l&#8217;information nous rappelle pourquoi nous avons besoin de faire des choses ensemble dans le numérique. Ce n&#8217;est désormais pas tant de l&#8217;accès à une machine, à une formation ou une médiation comme on la trouve dans les espaces publics numériques dont les gens ont besoin, que de trouver les ressources collaboratives pour mener des projets individuels ou collaboratifs dans le numérique. </p>
<h3>L&#8217;Info Lab : la méthodologie du Lab appliquée aux données</h3>
<p>L&#8217;information en base de données demeure hermétique à la plupart d&#8217;entre nous. Peut-on gagner du temps et de l’énergie en proposant des lieux, des espaces dédiés à cette forme de rencontre autour des données ? Des espaces où trouver des ressources et des compétences. Ou faire de l’accompagnement et de l’appropriation par le plus grand nombre ?</p>
<p>A la Fing, nous pensons que le développement des usages et de l&#8217;innovation dans un monde de données pourrait demain passer par le développement d&#8217;Info Labs, c&#8217;est-à-dire de &#8220;dispositifs d’innovation ouverte pour prototyper des usages de l’information&#8221;. Nous pensons qu&#8217;il faudrait explorer, expérimenter, concevoir des structures, des méthodologies, des terrains de rencontre et d&#8217;animation, car elles sont les conditions essentielles de l&#8217;appropriation et des nouvelles formes de traitement des données. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/05/dataconnexionhackaton.jpeg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/05/dataconnexionhackaton.jpeg" alt="dataconnexionhackaton" title="dataconnexionhackaton" width="540" height="374" /></a><br />
<i>Image : <a href="http://www.etalab.gouv.fr/article-retours-sur-l-atelier-open-data-google-dataconnexions-101641625.html">Photo de la soirée Hackathon</a> du collectif <a href="http://www.dataconnexions.fr/">Dataconnexions</a>.</i></p>
<p>Dans l&#8217;idéal, un Info Lab consiste à mettre à disposition des ressources, apporter des compétences, de la veille, faire se rencontrer les acteurs&#8230; Il répond avant tout à des besoins propres à une institution ou un acteur, par exemple, en mettant en avant l&#8217;aspect pédagogique ou bien celui de l&#8217;expertise et de l&#8217;accompagnement de projet. Il rassemble un ensemble de critères répondant à autant d&#8217;enjeux posés par l&#8217;appropriation du plus grand nombre : </p>
<ul>
<li>des objectifs de formation, d’analyse, de collecte de données, de prototypage d’usage ;</li>
<li>un espace d&#8217;ancrage dans un lieu ou dans le temps ;</li>
<li>des méthodologies (animation, collecte, traitement, apprentissage, échange de savoir &#8230;) ;</li>
<li>des compétences (organisation de coproduction, pêche à la donnée, animation pédagogique, partage de savoir-faire&#8230;) ;</li>
<li>une nécessaire ouverture à différents publics, voire à tous les publics : associations, entreprises, acteurs publics, artistes, enseignant, étudiants, élèves, citoyens, etc. ;</li>
<li>un espace de débat ou de mise en débat ;</li>
<li>une organisation en réseau qui permet de structurer et documenter les objectifs, les méthodologies, les compétences, leur organisation&#8230;;</li>
<li>&#8230;</li>
</ul>
<p>Si le potentiel de création d&#8217;Info Labs ou de xLabs existe réellement, envisager les conditions d&#8217;activation de ces laboratoires ouverts reste une question totalement ouverte. Elle implique la mobilisation de personnes prêtes à expérimenter ce modèle et à se constituer en communauté pour faire vivre un réseau à venir d&#8217;Info Labs, dans leur diversité. </p>
<p>Ce qui est sûr, c&#8217;est que les xLabs, ont tous comme point commun d&#8217;être des facilitateurs de la rencontre. Car dans le domaine du numérique, et face au <i>Nouveau</i> <a href="http://www.publie.net/fr/ebook/9782814505063/un-monde-de-donn%C3%A9es"><i>Monde</i> de données</a> auquel nous allons être confrontés, nous en avons certainement plus besoin qu&#8217;ailleurs.</p>
<p>Hubert Guillaud, Cécile Delemarre, Charles Nepote.</p>
<blockquote><p>Si vous souhaitez venir prolonger cette réflexion avec nous, nous vous convions à deux évènements pour approfondir ce concept :</p>
<p>A l&#8217;occasion de <a href="http://www.opendataweek.org/">la semaine européenne de l&#8217;Open Data</a> qui se déroulera à Nantes du 21 au 26 mai 2012 et notamment lors de <a href="http://www.opendataweek.org/?page_id=144">l&#8217;atelier G du 24 mai après-midi</a>. </p>
<p>A l&#8217;occasion de <a href="http://www.futur-en-seine.fr">Futur en Seine</a>, qui se déroule du 14 au 24 juin sur toute l&#8217;Ile-de-France et notamment lors <a href="http://fing.org/?page=evenement&#038;id=382&#038;lang=fr?var_mode=calcul">d&#8217;un atelier sur cette question</a> qui se déroulera au <a href="http://www.104.fr">104</a>, le 15 juin de 11h à 13h. </p></blockquote>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/citelabo/" title="citelabo" rel="tag nofollow">citelabo</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/cooperation/" title="coopération" rel="tag nofollow">coopération</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/datajournalisme/" title="datajournalisme" rel="tag nofollow">datajournalisme</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/donnees-publiques/" title="données publiques" rel="tag nofollow">données publiques</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/ecole20/" title="ecole2.0" rel="tag nofollow">ecole2.0</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/empowerment/" title="empowerment" rel="tag nofollow">empowerment</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/fablab/" title="fablab" rel="tag nofollow">fablab</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/open-innovation/" title="open innovation" rel="tag nofollow">open innovation</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/opendata/" title="opendata" rel="tag nofollow">opendata</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/participation/" title="Participation" rel="tag nofollow">Participation</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/politiques-publiques/" title="politiques publiques" rel="tag nofollow">politiques publiques</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/refaire/" title="refaire" rel="tag nofollow">refaire</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/usages/" title="Usages" rel="tag nofollow">Usages</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/villes-20/" title="villes2.0" rel="tag nofollow">villes2.0</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/web-local/" title="web local" rel="tag nofollow">web local</a><br />
<div class="feedflare">
<a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=XDr6_VDzIXw:Za6dTy7XFWI:yIl2AUoC8zA"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?d=yIl2AUoC8zA" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=XDr6_VDzIXw:Za6dTy7XFWI:7Q72WNTAKBA"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?d=7Q72WNTAKBA" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=XDr6_VDzIXw:Za6dTy7XFWI:V_sGLiPBpWU"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?i=XDr6_VDzIXw:Za6dTy7XFWI:V_sGLiPBpWU" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=XDr6_VDzIXw:Za6dTy7XFWI:dnMXMwOfBR0"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?d=dnMXMwOfBR0" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=XDr6_VDzIXw:Za6dTy7XFWI:D7DqB2pKExk"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?i=XDr6_VDzIXw:Za6dTy7XFWI:D7DqB2pKExk" border="0"></img></a>
</div><img src="http://feeds.feedburner.com/~r/internetactu/bcmJ/~4/XDr6_VDzIXw" height="1" width="1"/>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.internetactu.net/2012/05/15/avons-nous-besoin-dinfo-labs/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>3</slash:comments>
		<feedburner:origLink>http://www.internetactu.net/2012/05/15/avons-nous-besoin-dinfo-labs/</feedburner:origLink></item>
		<item>
		<title>Nos données nous rendent-elles sexy ? Vers une urbanité “datasexuelle”</title>
		<link>http://feedproxy.google.com/~r/internetactu/bcmJ/~3/7Z6I4GDAe38/</link>
		<comments>http://www.internetactu.net/2012/05/14/nos-donnees-nous-rendent-elles-sexy-vers-une-urbanite-datasexuelle/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 14 May 2012 05:00:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier de la Porte</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Communication interpersonnelle]]></category>
		<category><![CDATA[Médias]]></category>
		<category><![CDATA[Usages]]></category>
		<category><![CDATA[économie de l'attention]]></category>
		<category><![CDATA[corps]]></category>
		<category><![CDATA[identité]]></category>
		<category><![CDATA[identités actives]]></category>
		<category><![CDATA[lifelog]]></category>
		<category><![CDATA[mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[pdlt]]></category>
		<category><![CDATA[privacy]]></category>
		<category><![CDATA[psychologie]]></category>
		<category><![CDATA[quantifiedself]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.internetactu.net/?p=17122</guid>
		<description><![CDATA[La lecture de la semaine est un article de Dominic Basulto (@dominicbasulto), consultant chez Bond Influence, mis en ligne il y a quelques jours sur le site BigThink où il tient le blog Endless Innovation. Il s’intitule &#8220;A la rencontre du datasexuel&#8221;. Et il nous est arrivé par Philippe Gargov (@PhilippeGargov), que nous remercions.
&#8220;L’esprit du temps qui a fait&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La lecture de la semaine est un article de <a href="http://www.dominicbasulto.com/">Dominic Basulto</a> (<a href="http://twitter.com/#!/dominicbasulto">@dominicbasulto</a>), consultant chez <a href="http://www.bondinfluence.com">Bond Influence</a>, mis en ligne il y a quelques jours sur le site <i><a href="http://bigthink.com/">BigThink</a></i> où il tient le blog <a href="http://bigthink.com/blogs/endless-innovation">Endless Innovation</a>. Il s’intitule <a href="http://bigthink.com/ideas/meet-the-urban-datasexual">&#8220;A la rencontre du datasexuel&#8221;</a>. Et il nous est arrivé par <a href="http://www.pop-up-urbain.com/">Philippe Gargov</a> (<a href="http://twitter.com/#!/PhilippeGargov">@PhilippeGargov</a>), que nous remercions.</p>
<p>&#8220;L’esprit du temps qui a fait émerger le personnage du <a href="http://www.nytimes.com/2003/06/22/style/metrosexuals-come-out.html?pagewanted=all&#038;src=pm">métrosexuel</a> – l’homme urbain obsédé par son style et son apparence physique – est en train de créer son équivalent numérique : <a href="http://twitter.com/#!/search/datasexual">le datasexuel</a>. Le datasexuel ressemble à vous et moi, explique Basulto, mais s’en différencie par sa préoccupation pour les données personnelles. Il est continuellement connecté, il enregistre obsessionnellement tous les aspects de sa vie et il pense que ces données sont sexy. En fait, <a href="http://radar.oreilly.com/2012/01/what-is-big-data.html">plus nombreuses sont les données</a>, plus il les considère comme sexy. Sa vie, du point de vue des données tout au moins, est parfaitement stylée.</p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/05/sexystatisticians.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/05/sexystatisticians.png" alt="sexystatisticians" title="sexystatisticians" width="540" height="613" class="alignnone size-full wp-image-17125" /></a><br />
<i>Image : les data sont sexy et les statisticiens plus encore, <a href="http://www.cubitplanning.com/blog/2011/05/urban-planning-career-path/">via CubitPlanning</a>.</i></p>
<p>Que cela vous plaise ou pas, les données sont à la mode aujourd’hui sur Internet, avec des entreprises de toutes les tailles qui travaillent en permanence pour inventer des moyens de monétiser toutes ces données personnelles. Les gens, au moyen de tous leurs outils mobiles, créent en ligne des monceaux incroyables de données personnelles, même si la plupart d’entre elles sont si déstructurées et si compliquées à analyser que l’on s’y réfère parfois sous le vocable de &#8220;<a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Digital_exhaust">d’épuisement des données</a>&#8220;. Et les fabricants d’outils numériques continuent de pondre de nouveaux services qui rendent cool le partage des données avec nos amis, nos collègues, et à l’occasion de parfaits inconnus. Auriez-vous pensé un jour qu’il serait cool de porter autour de votre poignet un bracelet noir affichant vos performances sportives avec des néons lumineux ? Eh bien Nike le pensait – dans l’espoir que <a href="http://store.nike.com/us/en_us/?l=shop,pwp,c-1+100701/hf-4294899078+12003+50142">son nouvel outil</a> devienne une sorte de symbole de cette urbanité datasexuelle.</p>
<p>Quels sont donc les facteurs qui nous ont menés à la naissance du datasexuel contemporain ?, se demande Basulto.<br />
L’origine du datasexuel provient selon toute vraisemblance de l’infographie toute simple, qui est une manière stylisée et bien designée de faire parler les données du web. Cette tendance a été suivie par celle de la visualisation de données, qui rend encore plus cool de diffuser des données de manières innovantes. Ces outils de visualisation de données ont fini par nous offrir des artéfacts culturels comme <a href="http://feltron.com/">les rapports annuels de Nicholas Felton</a>, qui ont donné une forme de coolitude à l’enregistrement obsessionnel de l’activité quotidienne. De là, ne restait qu’une petite étape à franchir avant la naissance du mouvement <a href="http://quantifiedself.com/">Quantified Self</a> (<a href="http://www.internetactu.net/tag/quantifiedself/">le mouvement de quantification de soi</a>) qui promet la connaissance de soi par les chiffres. Les tenants du Quantified Self suivent obsessionnellement la trace de la moindre donnée produite sur eux-mêmes pendant une journée. Et ils nous ont déjà mené à ce que des entreprises privées comme Nike prennent à bras le corps ces données et trouvent des moyens pour les urbains datasexuels d’exhiber à nos yeux leurs parures de données comme un accessoire de mode.</p>
<p>Les vrais datasexuels, cependant, ne s’arrêteront pas aux simples collectes et enregistrements de données provenant du web. Leur obsession les voue à utiliser un nombre toujours plus grand d’outils mobiles et d’applications leur permettant de faire de la parure de données une réalité. Prenez l’exemple de <a href="https://www.placemeapp.com/placeme/">Placeme</a>, une <a href="http://gigaom.com/mobile/tracking-everything-placeme-is-the-smartphone-assistant-of-the-future/">nouvelle application qui est aussi effrayante que futuriste</a>. Placeme s’insère dans la fonction de surveillance d’ambiance d’un outil mobile dans le but d’enregistrer en continu toutes vos données personnelles avec une très grande précision. Imaginez une visite dans un magasin, Placeme pourrait tout enregistrer, la porte par laquelle vous entrez, le temps que vous passez dans chaque allée, la vitesse à laquelle vous traversez chaque secteur. L’application connaît aussi le chemin que vous avez pris pour vous rendre au magasin, combien vous avez dépensé, et elle peut vous recommander la route la plus rapide pour rentrer chez vous alors que vous êtes encore en train de payer.</p>
<p>De la même manière que <a href="http://www.salon.com/2002/07/22/metrosexual/">certains éléments du mouvement métrosexuel</a> ont finalement trouvé une manière de faire leur entrée dans la mode <i>mainstream</i>, la folie datasexuelle commence à basculer dans le <i>mainstream</i>. Tous autant que nous sommes – et pas seulement les datasexuels d’aujourd’hui -, nous serons bientôt équipés d’un nombre extravagant d’outils numériques et de senseurs provenant d’entreprises &#8220;cool&#8221; comme Apple et Nike. Nous téléchargerons des applications hyper vigilantes comme Placeme sur nos tablettes et nos smartphones. Et nous diffuserons toutes nos données à nos amis et nos relations peut-être avec l&#8217;aide <a href="http://highlig.ht/">d&#8217;applications d&#8217;attention ambiantes</a> qui tourneront en fonds de nos réseaux sociaux comme Facebook. Si tout évolue selon les plans, cette obsession des données offrira un jour <a href="http://www.mymodernmet.com/forum/topics/is-calvin-kleins-new-billboard">des rétributions qui plairont à Calvin Klein</a> : les gens penseront que vous êtes sexy.&#8221;</p>
<p>Evidemment, bien des critiques à faire à ce texte, mais la lecture assidue des derniers numéros de <i><a href="http://www.gqmagazine.fr/">GQ</a></i>, magazine américain décliné depuis quelques années en français et archétype journalistique de ce qu’on appelle les métrosexuels, montre en effet un goût pour ces outils et ces services d’enregistrement de données. De plus en plus de pages sont consacrées à ces outils technologiques d’enregistrement de données personnelles, notamment liées au sport. Et on voit bien comment cela peut devenir un élément d’une coolitude sexy à venir, l’affichage de ses performances au jogging ou de ses données nutritives. Le passage par le cool, le sexy pour faire entrer dans les mœurs des pratiques qui sont par ailleurs assez effrayantes. En cela, il y a me semble-t-il une intuition pas inintéressante.</p>
<p>Xavier de la Porte</p>
<blockquote><p>Xavier de la Porte (<a href="http://twitter.com/#!/xporte">@xporte</a>), producteur de l’émission <a href="http://www.franceculture.fr/emission-place-de-la-toile.html-1">Place de la Toile</a> sur France Culture, réalise chaque semaine une intéressante lecture d’un article de l’actualité dans le cadre de son émission.</p>
<p><a href="http://www.franceculture.fr/emission-place-de-la-toile-surfer-la-vie-2012-05-12">L’émission du 12 mai 2012</a> accueillait <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jo%C3%ABl_de_Rosnay">Joël de Rosnay</a> (<a href="http://twitter.com/#!/derosnayjoel">@derosnayjoel</a>) pour son nouveau livre, <i><a href="http://www.surferlavie.com/">Surfer la vie</a></i> parue aux éditions <a href="http://www.editionslesliensquiliberent.fr">Les liens qui libèrent</a>, qui vise à donner quelques principes de vie dans une société fluide.</p></blockquote>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/economie-de-lattention/" title="économie de l&#039;attention" rel="tag nofollow">économie de l&#039;attention</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/corps/" title="corps" rel="tag nofollow">corps</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/identite/" title="identité" rel="tag nofollow">identité</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/identites-actives/" title="identités actives" rel="tag nofollow">identités actives</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/lifelog/" title="lifelog" rel="tag nofollow">lifelog</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/memoire/" title="mémoire" rel="tag nofollow">mémoire</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/pdlt/" title="pdlt" rel="tag nofollow">pdlt</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/privacy/" title="privacy" rel="tag nofollow">privacy</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/psychologie/" title="psychologie" rel="tag nofollow">psychologie</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/quantifiedself/" title="quantifiedself" rel="tag nofollow">quantifiedself</a><br />
<div class="feedflare">
<a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=7Z6I4GDAe38:RHlBJIvQaec:yIl2AUoC8zA"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?d=yIl2AUoC8zA" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=7Z6I4GDAe38:RHlBJIvQaec:7Q72WNTAKBA"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?d=7Q72WNTAKBA" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=7Z6I4GDAe38:RHlBJIvQaec:V_sGLiPBpWU"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?i=7Z6I4GDAe38:RHlBJIvQaec:V_sGLiPBpWU" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=7Z6I4GDAe38:RHlBJIvQaec:dnMXMwOfBR0"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?d=dnMXMwOfBR0" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=7Z6I4GDAe38:RHlBJIvQaec:D7DqB2pKExk"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?i=7Z6I4GDAe38:RHlBJIvQaec:D7DqB2pKExk" border="0"></img></a>
</div><img src="http://feeds.feedburner.com/~r/internetactu/bcmJ/~4/7Z6I4GDAe38" height="1" width="1"/>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.internetactu.net/2012/05/14/nos-donnees-nous-rendent-elles-sexy-vers-une-urbanite-datasexuelle/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>9</slash:comments>
		<feedburner:origLink>http://www.internetactu.net/2012/05/14/nos-donnees-nous-rendent-elles-sexy-vers-une-urbanite-datasexuelle/</feedburner:origLink></item>
		<item>
		<title>A lire ailleurs du 07/05/2012 au 14/05/2012</title>
		<link>http://feedproxy.google.com/~r/internetactu/bcmJ/~3/OktPIVKIOvk/</link>
		<comments>http://www.internetactu.net/2012/05/14/a-lire-ailleurs-du-07052012-au-14052012/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 14 May 2012 03:00:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Internetactu</dc:creator>
				<category><![CDATA[A lire ailleurs]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.internetactu.net/2012/05/14/a-lire-ailleurs-du-07052012-au-14052012/</guid>
		<description><![CDATA[. Le hardware n’est pas l’infrastructure &#8211; Christian Fauré
Intéressante distinction menée par Christian Fauré et Ars Industrialis : le software est devenu l&#8217;infrastructure et la hardware la superstructure. Il est plus facile de changer de hardware que de software. &#8220;Nos problèmes d&#8217;adhérence, de dépendance, sont avant tout des problèmes logiciels et non matériels&#8221;.
. Les trajets domicile-travail augmentent les&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.christian-faure.net/2012/05/11/le-hardware-nest-pas-linfrastructure/">. Le hardware n’est pas l’infrastructure &#8211; Christian Fauré</a><br />
Intéressante distinction menée par Christian Fauré et Ars Industrialis : le software est devenu l&#8217;infrastructure et la hardware la superstructure. Il est plus facile de changer de hardware que de software. &#8220;Nos problèmes d&#8217;adhérence, de dépendance, sont avant tout des problèmes logiciels et non matériels&#8221;.</p>
<p><a href="http://www.slate.fr/lien/54775/pendulaire-risques-hypertension-obesite">. Les trajets domicile-travail augmentent les risques d&#8217;hypertension et d&#8217;obésité | Slate.fr</a><br />
Selon une étude américaine, les personnes vivant à plus de 16 km de leur travail ont plus de risques de faire de l&#8217;hypertension et ceux vivant à plus de 24 km de devenir obèses. Non seulement les &#8220;navetteurs&#8221; ont moins de temps pour faire de l&#8217;exercice physique, cuisiner ou dormir, mais ils sont aussi plus enclin à subir un stress chronique lié à leurs trajets.</p>
<p><a href="http://www.theatlanticcities.com/design/2012/05/worlds-eco-friendliest-urinal-makes-yellow-green/1916">. Réinventer les urinoirs publics &#8211; The Atlantic Cities</a><br />
Et si en filtrant le sodium et l&#8217;acidité de l&#8217;urine on était capable de la réutiliser pour l&#8217;arrosage ?</p>
<p><a href="http://observatory.designobserver.com/feature/against-kickstarter-urbanism/34008">. Contre l&#8217;urbanisme Kickstarter &#8211; Design Observer</a><br />
Alexandra Lange s&#8217;énerve contre les succès de KickStarter. Elle rappelle d&#8217;abord que KickStarter sélectionne les projets d&#8217;une manière peu transparente. Mais surtout que quand les projets deviennent urbains, ils posent de nouvelles questions. Pourrions-nous crowfunder une ligne de bus s&#8217;interroge-t-elle en voyant qu&#8217;un projet urbanistique a récolté 115 000 dollars ? Pourtant des projets de financements urbains communautaires se développent, comme <a href="http://brickstarter.org">http://brickstarter.org</a>.</p>
<p><a href="http://abonnes.lemonde.fr/technologies/article/2012/05/04/souriez-vous-etes-identifies_1694639_651865.html">. Souriez, vous êtes identifiés &#8211; LeMonde.fr</a><br />
L&#8217;application SceneTap &#8211; <a href="http://www.scenetap.com">http://www.scenetap.com</a> &#8211; permet de fournir des indications en temps réel sur la population d&#8217;un lieu (une fête, un bar&#8230;) : le taux de remplissage, le pourcentage de femmes ou d&#8217;hommes, l&#8217;âge moyen de chacun. Une simple caméra et une base de données de visages permet de faire le décompte. Des outils qui aident à mieux connaître la clientèle, à faire des ciblages commerciaux, à prévoir la charge de travail&#8230; Et déjà beaucoup voudraient aller plus loin : identifier pleinement les clients comme le propose Face.com ou Klik &#8211; <a href="http://klik.me/">http://klik.me/</a> -, qui identifient les gens sur une photo avant même que vous ne la preniez avec votre mobile &#8211; ou encore les pointeuses faciales de Fareclock ou Faceclock &#8211; <a href="http://faceclock.com">http://faceclock.com</a>. Comme le souligne l&#8217;ONG Guardian Project &#8211; <a href="https://guardiaproject.info">https://guardiaproject.info</a> -, &#8220;désormais, on peut partir d&#8217;un visage anonyme pris dans la rue et aboutir à une masse d&#8217;informations sensibles sur cette personne.&#8221;</p>
<p><a href="http://checkthis.com/ji0b">. Kit de ressources sur l&#8217;OpenData</a><br />
Excellent kit de ressource sur l&#8217;Open Data.</p>
<p><a href="http://www.newscientist.com/article/mg21428637.000-lazytruth-debunks-dubious-email-claims.html">. LazyTruth pour débusquer les fausses rumeurs &#8211; New Scientist</a><br />
Nous colportons par mails des milliers de fausses informations que nous croyons vraies. LazyTruth du MIT propose un logiciel qui agit comme un plug-in de votre messagerie pour vous prévenir de la véracité des chaînes d&#8217;e-mail que vous échangez.</p>
<p><a href="http://www.telerama.fr/idees/culture-le-ministere-a-t-il-un-avenir,80943.php">. Le ministère de la Culture a-t-il un avenir ? &#8211; Télérama.fr</a><br />
Juliette Bénabent revient sur le rôle du ministère de la Culture dans un passionnant article de Télérama. Elle dresse le constat que depuis les années 80, le champ culturel s&#8217;est étendu et que le territoire est désormais maillé de structures nombreuses pour porter la culture. Pour Philippe Chantepie, auteur d&#8217;un rapport pour un &#8220;ministère nouvelle génér@tion&#8221;, le ministère manque de pertinence, de vision et est déconnecté de la vie culturelle. Il n&#8217;arrive pas à sortir de l&#8217;opposition entre culture élitiste et culture populaire. Nombres d&#8217;acteurs dénoncent l&#8217;inertie du ministère. &#8220;L&#8217;Etat doit faire des choix culturels, pas des choix artistiques&#8221;, explique l&#8217;ancien ministre Jean-Jacques Aillagon. Les défis sont pourtant là et nombreux : réguler les industries du numérique, agir sur la demande, ranimer le rayonnement international, relancer la démocratisation&#8230; La culture est un combat, il nous faut des guerriers.</p>
<p><a href="http://www.buzzfeed.com/jwherrman/facebook-social-readers-are-all-collapsing">. Pourquoi les applications de lecture sociale dans Facebook ne marchent-elles pas ? &#8211; BuzzFeed</a><br />
Les applications de lecture sociale sans friction lancées par la plupart des grands médias ne fonctionnement pas. La raison, estime John Herrman, est peut-être lié au fait que nous les percevons comme des contenus de seconde classe. C&#8217;est l&#8217;automatisation du partage &#8220;sans friction&#8221; qui semble le plus en cause, notamment parce qu&#8217;il met en avant des contenus de lecture plutôt que des contenus de partage.</p>
<p><a href="http://politiquedunetz.sploing.fr/2012/05/il-faut-reduire-la-protection-du-droit-dauteur-a-20-ans">. Il faut réduire la protection du droit d’auteur à 20 ans &#8211; Politique du Netz</a><br />
Politique du Netz est en train de traduire en français le livre de Christian Engström et Rickard Falkvinge du Parti Pirate &#8211; <a href="http://www.copyrightreform.eu">www.copyrightreform.eu</a>. Ce billet milite pour une réduction de la durée de tous les types de droits à 20 ans, une durée rationnelle pour un investisseur, tout en proposant un compromis pragmatique permettant de vivifier la créativité.</p>
<p><a href="http://petrole.blog.lemonde.fr/2012/05/08/rarefaction-des-metaux-demain-le-peak-all">. Raréfaction des métaux : demain, le « peak all » &#8211; Oil Man</a><br />
Matthieu Auzanneau revient sur l&#8217;épuisement des principaux métaux, un problème similaire au pic pétrolier. Il cite longuement &#8220;Quel futur pour les métaux&#8221;, le livre de Philippe Bihouix et Benoît de Guillebon qui montrent que la baisse de la concentration moyenne des minerais et les difficultés à trouver de nouveaux gisements pourraient devenir aussi problématique que l&#8217;épuisement des ressources en pétrole d&#8217;ici 30 à 60 ans. Plus important : l&#8217;éolien et le solaire sont dépendantes des métaux rares. Le nucléaire également, et ce alors qu&#8217;aucune découverte significative n&#8217;a été réalisée&#8230; Nous ne savons pas recycler ces matières premières rares et sommes encore loin de maximiser l&#8217;économie de ressources en métaux rares. </p>
<p><a href="http://owni.fr/2012/05/07/la-societe-civile-controlera-aussi-le-net">. La société civile contrôlera aussi le Net &#8211; Owni.fr</a><br />
&#8220;Initialement, la qualité du service proposé par vos fournisseurs d&#8217;accès à Internet devait être contrôlée par&#8230; ces mêmes fournisseurs d&#8217;accès. Un rôle de juge et parti dénoncé depuis longtemps par OWNI. Mais, sous la pression de plusieurs associations, le régulateur des télécoms (Arcep) ajuste le tir dans son projet de mesure de la qualité du Net français, selon des informations que nous avons recueillies auprès de proches du dossier. Un début de bonne nouvelle pour les consommateurs.&#8221;</p>
<p><a href="http://zeroseconde.blogspot.fr/2012/05/avec-touche-tout-tout-devient-une.html?utm_source=feedburner&#038;utm_medium=feed&#038;utm_campaign=Feed:+zeroseconde+(ZERO+SECONDE)">. Avec «Touché», tout, tout devient une interface, même l’eau! &#8211; Zéro Seconde</a><br />
Disney research &#8211; <a href="http://www.disneyresearch.com/research/projects/hci_touche_drp.htm">http://www.disneyresearch.com/research/projects/hci_touche_drp.htm</a> &#8211; (et oui !) a publié une vidéo &#8211; <a href="http://www.youtube.com/watch?v=E4tYpXVTjxA#!">http://www.youtube.com/watch?v=E4tYpXVTjxA#!</a> &#8211; qui montre un nouveau prototype d&#8217;interaction, capable de comprendre différentes modalités de toucher, selon qu&#8217;on pose un doigt ou qu&#8217;on saisit une surface&#8230; L&#8217;une des applications intéressante est une poignée de porte intelligente, capable d&#8217;afficher des informations sur la porte selon la manière dont on la touche. </p>
<p><a href="http://dirt.asla.org/2012/05/02/the-new-era-of-urban-agriculture">. La nouvelle ère de l&#8217;agriculture urbaine &#8211; The Dirt</a><br />
Le livre &#8220;Carrot City : Creating Places for Urban Agriculture&#8221; &#8211; <a href="http://www.amazon.com/dp/1580933114/">http://www.amazon.com/dp/1580933114/</a> &#8211; explore le champ de l&#8217;agriculture urbaine à travers une cinquantaine d&#8217;études de cas, illustrant la diversité des possibilités en la matière. La plupart de ces cas montrent comment cette agriculture peut fournir de la nourriture pour une partie de la population tout en ayant un impact positif sur l&#8217;environnement. Pour les auteurs, le défi est à présent de continuer à faire parler de l&#8217;agriculture urbaine, en stimulant les façons de rendre ces agriculture plus effective.</p>
<div class="feedflare">
<a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=OktPIVKIOvk:mz1JC_kBt-M:yIl2AUoC8zA"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?d=yIl2AUoC8zA" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=OktPIVKIOvk:mz1JC_kBt-M:7Q72WNTAKBA"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?d=7Q72WNTAKBA" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=OktPIVKIOvk:mz1JC_kBt-M:V_sGLiPBpWU"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?i=OktPIVKIOvk:mz1JC_kBt-M:V_sGLiPBpWU" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=OktPIVKIOvk:mz1JC_kBt-M:dnMXMwOfBR0"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?d=dnMXMwOfBR0" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=OktPIVKIOvk:mz1JC_kBt-M:D7DqB2pKExk"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?i=OktPIVKIOvk:mz1JC_kBt-M:D7DqB2pKExk" border="0"></img></a>
</div><img src="http://feeds.feedburner.com/~r/internetactu/bcmJ/~4/OktPIVKIOvk" height="1" width="1"/>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.internetactu.net/2012/05/14/a-lire-ailleurs-du-07052012-au-14052012/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		<feedburner:origLink>http://www.internetactu.net/2012/05/14/a-lire-ailleurs-du-07052012-au-14052012/</feedburner:origLink></item>
		<item>
		<title>Le plus humain des humains</title>
		<link>http://feedproxy.google.com/~r/internetactu/bcmJ/~3/1qNDRpYETLE/</link>
		<comments>http://www.internetactu.net/2012/05/10/le-plus-humain-des-humains/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 10 May 2012 05:00:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rémi Sussan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Communication interpersonnelle]]></category>
		<category><![CDATA[Médias]]></category>
		<category><![CDATA[Technologies]]></category>
		<category><![CDATA[intelligence des données]]></category>
		<category><![CDATA[langage]]></category>
		<category><![CDATA[prospective]]></category>
		<category><![CDATA[psychologie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.internetactu.net/?p=17031</guid>
		<description><![CDATA[L&#8217;intelligence artificielle peut-elle nous apprendre ce que c&#8217;est qu&#8217;être humain ? C&#8217;est la question qu&#8217;a posé Brian Christian, dans son livre Le plus humain des humains, qui a obtenu de figurer dans le top des essais du New Yorker pour l&#8217;année 2011. Récemment, l&#8217;auteur (qui possède à la fois des diplômes en sciences de l&#8217;information et en poésie) a donné&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L&#8217;intelligence artificielle peut-elle nous apprendre ce que c&#8217;est qu&#8217;être humain ? C&#8217;est la question qu&#8217;a posé <a href="http://brchristian.com/">Brian Christian</a>, dans son livre <a href="http://www.amazon.fr/gp/product/0241956056/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;tag=internetnet-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=0241956056"><i>Le plus humain des humains</i></a>, qui a obtenu de figurer dans <a href="http://www.newyorker.com/arts/reviews/brieflynoted/2011/12/19/111219crbn_brieflynoted">le top des essais du <i>New Yorker</i> pour l&#8217;année 2011</a>. Récemment, l&#8217;auteur (qui possède à la fois des diplômes en sciences de l&#8217;information et en poésie) a donné <a href="http://youtu.be/8Zs-GQ-ECLs">une conférence</a> au <a href="http://www.santafe.edu/">Santa Fe Institute</a> au cours de laquelle il a exposée bon nombre de ses idées. </p>
<p>Le titre étrange de son ouvrage vient d&#8217;une caractéristique du fameux <a href="http://www.loebner.net/Prizef/loebner-prize.html">Loebner Prize</a>. Tout le monde connait le &#8220;test de Turing&#8221;. Mais alors que le scientifique britannique l&#8217;envisageait comme une expérience de pensée, les organisateurs du prix Loebner essaient chaque année de le mettre en pratique. Au cours de cette compétition, on met côte à côte un certain nombre de bots capable de suivre une conversation, et un groupe d&#8217;individus qui, eux aussi, peuvent discuter par tchat avec des jurés, mais ignorent quand ils conversent avec une machine ou avec un véritable humain. A la fin de chaque discussion, les jurés attribuent une &#8220;note d&#8217;humanité&#8221; à leur interlocuteur invisible. Au final, le &#8220;bot&#8221; qui a la meilleure note cumulée gagne le prix. Il devient <i>&#8220;le plus humain des robots&#8221;</i>. Mais il y a un effet secondaire ! Comme les juges ignorent à qui ils ont affaire, ils notent aussi les humains. Et celui qui remporte le plus de suffrages devient du coup <i>&#8220;le plus humain des humains&#8221;</i>. </p>
<p>Brian Christian, pour poursuivre son étude, a été un de ces humains testés lors du Prix Loebner.<br />
<img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/05/51f4l4U6uGL._SS500_-300x300.jpg" alt="51f4l4U6uGL._SS500_" title="51f4l4U6uGL._SS500_" width="300" height="300" align="left" hspace="6" vspace="6" /><br />
Lors de sa conférence, il a insisté sur le &#8220;paradoxe de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Hans_Moravec">Moravec</a>&#8220;, du nom d&#8217;un des plus célèbres roboticiens de l&#8217;université Carnegie Melon. Celui-ci peut se résumer, a-t-il expliqué, par <i>&#8220;ce qui est difficile est facile, et ce qui est facile est difficile&#8221;</i>. Autrement dit, il est bien plus simple pour une machine de gagner un championnat d&#8217;échecs que de reconnaître un chien sur une photo. </p>
<p>Cela n&#8217;est pas sans remettre en cause tout l&#8217;édifice de la pensée occidentale. Déjà, Aristote distinguait trois sortes d&#8217;âmes : l&#8217;âme végétative, l&#8217;âme sensitive et l&#8217;âme intellective. La première n&#8217;est concernée que par les actes basiques de la survie (se nourrir, dormir, se reproduire). La seconde s&#8217;occupe des émotions, des désirs&#8230; Mais la troisième est celle qui nous rend véritablement humains explique Aristote. C&#8217;est celle qui permet de comprendre les choses abstraites, comme les nombres, de philosopher, de contempler (<i>&#8220;la contemplation étant l’activité humaine la plus haute, ce qui est très pratique pour nous autres philosophes&#8221;</i> a ironisé Brian Christian). La version des Descartes, qui affirme le doute sur toute chose &#8211; y compris l&#8217;existence du corps &#8211; sauf sur la pensée (<i>&#8220;je pense donc je suis&#8221;</i>) ne serait, selon Christian, que la version modernisée et christianisée de la pensée d&#8217;Aristote. Or, on, découvre aujourd&#8217;hui que les fonctions de l&#8217;âme sensitive sont beaucoup plus complexes que celle de l&#8217;âme intellective ; et dans ce domaine, les ordinateurs nous battent largement nous faisant perdre <i>&#8220;ce qui fait de nous des humains&#8221;</i> au sens aristotélicien du terme. Mais heureusement, sans doute, l&#8217;humanité réelle ne se trouve-t-elle pas dans l&#8217;exercice de nos facultés d&#8217;abstraction. </p>
<h3>L&#8217;intelligence artificielle, c&#8217;est l&#8217;intelligence collective</h3>
<p>Ce que révèle le Loebner Prize, c&#8217;est qu&#8217;en réalité il existe bien encore des différences entre le cerveau humain et sa simulation machinique, mais elles sont plus subtiles qu&#8217;on pourrait le croire. Brian Christian rappelle que dans les années 50, Turing avait prédit que dans les années 2000 un programme informatique serait capable de tromper 30% des juges. Il s&#8217;est trompé, mais en 2008, un tel artefact a réussi à tromper 25% des jurés du prix Loebner !</p>
<p>Brian Christian lui-même a failli manger son chapeau, lorsqu&#8217;il a eu une conversation avec l&#8217;un des bots le plus sophistiqué du moment, <a href="http://cleverbot.com/">Cleverbot</a>. Ce programme a-t-il expliqué, a pour particularité d&#8217;enregistrer tout ce que lui dit son interlocuteur, pour le réutiliser par la suite. Et il a eu plus de 65 millions de conversations. </p>
<p>Christian s&#8217;est &#8220;chauffé&#8221; en commençant par lui poser des questions assez simples, lui demandant différentes capitales. Ainsi lorsqu&#8217;il lui demande la capitale de la France, Cleverbot a répondu Paris. Rien d&#8217;étonnant. Mais plus tard, lorsqu&#8217;il lui demande celle de la Roumanie, le bot lui répond :<br />
- Euh, Budapest ? Je ne sais pas vraiment&#8221;. </p>
<p>Là c&#8217;est plus étonnant : non seulement le bot se trompe, mais sa confusion repose sur une ressemblance phonétique entre Bucarest et Budapest : une erreur très &#8220;humaine&#8221;&#8230;</p>
<p>Il a ensuite testé son sens de l&#8217;humour :<br />
&#8220;Sais-tu pourquoi on appelle une Xbox une Xbox 360 ?<br />
-Pourquoi ?<br />
-Parce que dès qu&#8217;on en voit une on tourne les talons et on s&#8217;en va.</p>
<p>Ce à quoi Cleverbot lui a répondu du tac au tac :<br />
&#8220;Non, parce dans ce cas vous vous retrouveriez face à elle, et ce ne serait pas drôle&#8221;. </p>
<p>De plus en plus étonnant ! Brian Christian essaie alors de piéger plus avant le programme. Il écrit un mot unique, sans contexte : Twilight. Le bot lui répond : &#8220;Je déteste ce roman. Et le film aussi&#8221;.</p>
<p>De plus en plus impressionné, Christian tente alors de le décontenancer en citant un passage du fameux tube de Queen <a href="http://www.lyricinterpretations.com/Queen/Bohemian-Rhapsody">&#8220;Bohemian Rhapsody&#8221;</a>, &#8220;Galileo, galileo&#8221;. La machine ne se démonte pas et lui répond par le vers suivant : &#8220;Will you do the fandango&#8221;.</p>
<p>Puis tout à coup il lui demande : &#8220;as-tu un petit ami ?&#8221;<br />
- Non lui répond l&#8217;ordinateur, mais j&#8217;espère bientôt trouver l&#8217;amour.<br />
- Puis-je être ton petit ami ?<br />
- Non, je suis heureux en mariage. </p>
<p>A partir de là, les choses se dégradent. Christian lui repose la question : Puis-je être ton petit ami?<br />
- Non, répond Cleverbot, je suis hétéro.<br />
- Quel est ton genre ?<br />
- Féminin. </p>
<p>Cleverbot s’était montré brillant tant qu&#8217;il s&#8217;agissait de répondre à des questions isolées, même les plus complexes. Mais voilà, il est incapable de suivre une conversation. Il n&#8217;y pas de continuité dans son discours. </p>
<p>L&#8217;algorithme employé par les chatbots, explique Christian, est basé sur les <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Cha%C3%AEnes_de_Markov">chaînes de Markov</a>. A chaque question correspond une réponse. Mais entre humains, a-t-il continué, les choses ne se passent pas exactement comme cela. L&#8217;algorithme saurait plutôt que la réponse est conditionnée à la fois par la question et par tout l&#8217;historique précédent de la conversation. Et c&#8217;est là que Brian Christian développe une argumentation tout à fait intéressante. Finalement  discuter avec Cleverbot c&#8217;est comme discuter avec un collectif. En accumulant des millions de réponses d&#8217;interlocuteurs humains, Cleverbot est en fait une incarnation de &#8220;l&#8217;intelligence collective&#8221;.</p>
<p>Cherchant ses références dans la littérature et la philosophie, Brian Christian cite une phrase de Nietzsche extraite du <i>Gai Savoir</i>. <i>&#8220;Enfin, lorsque l&#8217;oeuvre est terminée, on reconnaîtra comment ce fut la contrainte d&#8217;un même goût qui, en grand et en petit, a dominé et façonné : la qualité du goût, s&#8217;il a été bon ou mauvais, importe beaucoup moins qu&#8217;on ne croit, &#8211; l&#8217;essentiel c&#8217;est que le goût soit un.&#8221;</i></p>
<p>C&#8217;est ainsi que se définit l’individualité, par l&#8217;exploration d&#8217;un parti pris, d&#8217;un point de vue, quelle que soit la qualité de celui-ci. L&#8217;idée de l&#8217;intelligence universelle, propose Brian Christian, n&#8217;a plus aujourd&#8217;hui l’attirance qu&#8217;elle aurait pu exercer sur nos ancêtres. C&#8217;est Walt Whitman qu&#8217;il convoque cette fois-ci, avec sa fameuse illustration de l&#8217;universalité du regard du poète : </p>
<p><i>Je suis un esclave pourchassé, je tressaille à la morsure des chiens&#8230;<br />
Je suis un pompier enseveli, avec le torse brisé&#8230;<br />
Je suis un vieil artilleur &#8211; je parle du bombardement de mon fort&#8230;<br />
Tout cela je l&#8217;absorbe &#8211; cela devient moi&#8230;<br />
Je vois et entends le Tout</i></p>
<p>Aujourd&#8217;hui, ironise Brian Christian, l&#8217;homme universel, ce serait plutôt ça : et de montrer des images du capitaine Picard de Star trek transformé en <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Borg_%28Star_Trek%29">borg</a> (une intelligence collective cherchant à assimiler l&#8217;ensemble de la galaxie dans cette série TV) ou encore l&#8217;agent Smith de Matrix. Deux personnages de fiction qui partagent ce regard panoptique et peuvent simultanément revêtir une infinité d&#8217;identités. Mais ce désir d&#8217;universalité ne date pas d&#8217;aujourd&#8217;hui puisque la Bible elle-même considère la distinction des langages comme une malédiction, les humains cessant de parler à l&#8217;unisson. <i>&#8220;Ce qui fait de nous un être humain, c&#8217;est précisément que nous sommes UN être humain&#8221;</i>, a affirmé Christian. </p>
<p>Zigzaguant entre culture classique et technologie moderne, Christian rejoint ainsi la critique de <a href="http://www.internetactu.net/2008/01/21/la-creation-collective-est-elle-necessairement-innovante/">Jaron Lanier</a>, qui dénonce depuis des années la disparition de l&#8217;individu au sein du collectif. Pour Christian, la phrase de Nietzsche illustre bien la défense de Myspace par Lanier : la plupart des pages sont affreuses, mais c&#8217;est ce qui arrive lorsque la conception de la page est le produit des inclinations personnelles de son auteur, au contraire de Facebook où tout est propre, mais finalement normalisé et impersonnel. </p>
<p><iframe width="420" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/8Zs-GQ-ECLs" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<h3>Le style, c&#8217;est ce qui fait de nous un individu</h3>
<p>Du reste, a-t-il conclu, le test de Turing loin de se cantonner aux chercheurs en IA et aux aficionados du Loebner prize, est devenu un exercice que nous pratiquons tous sans nous en rendre compte. <i>&#8220;Si je reçois un e-mail d&#8217;un ami me vantant les qualités d&#8217;une pharmacie russe en ligne&#8221;</i>, a expliqué Christian, <i>&#8220;je ne me précipite pas pour cliquer sur le lien, j’écris plutôt à mon ami pour lui suggérer de changer de mot de passe&#8221;</i>. </p>
<p>Chaque fois que nous nous trouvons face un message électronique, nous cherchons à savoir savoir si nous avons ou non accès à un robot. Cela a des conséquences sur la sécurité informatique, a-t-il expliqué. Des systèmes comme Yahoo! qui demandent des informations personnelles assez simples pour renvoyer un mot de passe oublié appartiennent à cette mentalité robotique qui élimine la personnalité de l&#8217;internaute. Il est facile aujourd&#8217;hui de récupérer ces informations personnelles sur le réseau. Au contraire, dans un système d&#8217;authentification comme celui qui utilise la signature manuscrite, l&#8217;information n&#8217;est rien, c&#8217;est la façon de la présenter qui est tout. Brian Christian, qui n&#8217;en est pas à une jonglerie près, compare cela aux bonnes pratiques en matière de <i>speed dating</i>. Si vous voulez séduire, il ne faut pas parler de son travail, de son lieu d&#8217;origine, etc. Ce n&#8217;est pas le contenu qui prime, c&#8217;est le style qui fait de nous un individu. </p>
<p>Brian aborde bien d&#8217;autres sujets dans <a href="http://youtu.be/8Zs-GQ-ECLs">une intervention</a> dense, mais souvent hilarante, sans sous-titres malheureusement, mais dans un anglais limpide et aisément compréhensible pour nous autres francophones !</p>
<p>Rémi Sussan</p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/intelligence-des-donnees/" title="intelligence des données" rel="tag nofollow">intelligence des données</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/langage/" title="langage" rel="tag nofollow">langage</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/prospective/" title="prospective" rel="tag nofollow">prospective</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/psychologie/" title="psychologie" rel="tag nofollow">psychologie</a><br />
<div class="feedflare">
<a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=1qNDRpYETLE:Yn8RbBpQjQg:yIl2AUoC8zA"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?d=yIl2AUoC8zA" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=1qNDRpYETLE:Yn8RbBpQjQg:7Q72WNTAKBA"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?d=7Q72WNTAKBA" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=1qNDRpYETLE:Yn8RbBpQjQg:V_sGLiPBpWU"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?i=1qNDRpYETLE:Yn8RbBpQjQg:V_sGLiPBpWU" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=1qNDRpYETLE:Yn8RbBpQjQg:dnMXMwOfBR0"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?d=dnMXMwOfBR0" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=1qNDRpYETLE:Yn8RbBpQjQg:D7DqB2pKExk"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?i=1qNDRpYETLE:Yn8RbBpQjQg:D7DqB2pKExk" border="0"></img></a>
</div><img src="http://feeds.feedburner.com/~r/internetactu/bcmJ/~4/1qNDRpYETLE" height="1" width="1"/>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.internetactu.net/2012/05/10/le-plus-humain-des-humains/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>2</slash:comments>
		<feedburner:origLink>http://www.internetactu.net/2012/05/10/le-plus-humain-des-humains/</feedburner:origLink></item>
		<item>
		<title>Technologies et coopération</title>
		<link>http://feedproxy.google.com/~r/internetactu/bcmJ/~3/1EVyjs1E8ZQ/</link>
		<comments>http://www.internetactu.net/2012/05/09/technologies-et-cooperation/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 09 May 2012 05:00:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Confiance et sécurité]]></category>
		<category><![CDATA[Coopération]]></category>
		<category><![CDATA[Usages]]></category>
		<category><![CDATA[citelabo]]></category>
		<category><![CDATA[complexité]]></category>
		<category><![CDATA[confiance]]></category>
		<category><![CDATA[coopération]]></category>
		<category><![CDATA[design]]></category>
		<category><![CDATA[empowerment]]></category>
		<category><![CDATA[intelligence collective]]></category>
		<category><![CDATA[management]]></category>
		<category><![CDATA[Participation]]></category>
		<category><![CDATA[politiques publiques]]></category>
		<category><![CDATA[savoir-faire]]></category>
		<category><![CDATA[villes2.0]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.internetactu.net/?p=17104</guid>
		<description><![CDATA[Internet ne nous rend pas seul, soulignions-nous dernièrement. Mais en quoi nous aide-t-il à coopérer entre nous ? 
Dans son nouveau livre, Ensemble : les plaisirs rituels et la politique de la coopération (Amazon, extraits), le sociologue Richard Sennett, enseignant à la l&#8217;école d&#8217;économie de Londres et à l&#8217;université de New York, s&#8217;est intéressé à la coopération. Pour comprendre pourquoi&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.internetactu.net/2012/05/02/internet-nous-rend-il-seul-non/">Internet ne nous rend pas seul</a>, soulignions-nous dernièrement. Mais en quoi nous aide-t-il à coopérer entre nous ? </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/05/togethersennett.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/05/togethersennett.png" alt="togethersennett" title="togethersennett" width="200" height="301" class="alignright size-full wp-image-17108" hspace="6" vspace="6" align="right" /></a>Dans son nouveau livre, <i><a href="http://yalepress.yale.edu/book.asp?isbn=9780300116335">Ensemble : les plaisirs rituels et la politique de la coopération</a></i> (<a href="http://www.amazon.fr/gp/product/0300116330/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;tag=internetnet-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=0300116330">Amazon</a>, <a href="http://books.google.fr/books/yup?id=ixm5f4y--bgC&#038;printsec=frontcover&#038;hl=fr&#038;source=gbs_atb#v=onepage&#038;q&#038;f=false">extraits</a>), le sociologue <a href="http://www.richardsennett.com">Richard Sennett</a>, enseignant à la l&#8217;école d&#8217;économie de Londres et à l&#8217;université de New York, s&#8217;est intéressé à la coopération. Pour comprendre pourquoi elle se produit &#8211; et parfois, pourquoi elle ne se produit pas. </p>
<p>Après <i>Craftman</i> (<i>L&#8217;artisan</i>, traduit en français sous le titre <i><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2226187197/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;tag=internetnet-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=2226187197">Ce que sait la main : La culture de l&#8217;artisanat</a></i>), qui s&#8217;intéressait à l&#8217;impulsion innée que nous avons à bien faire les choses, ce livre est le second d&#8217;une trilogie (baptisée <i>homo faber</i>) sur les compétences dont les humains ont besoin pour une coexistence heureuse (le suivant, annoncé, portera sur les villes). A l&#8217;heure où l&#8217;économie et les politiques publiques ont tendance à nous concevoir comme des individus isolés, Sennett fournit un récit argumenté pour faire-valoir notre envie et notre besoin de coopération. </p>
<h3>La valeur de la coopération réside dans l&#8217;informel</h3>
<p>Richard Sennett, l&#8217;auteur des <i><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2020215659/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;tag=internetnet-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=2020215659">Tyrannies de l&#8217;intimité</a></i> (<a href="http://blog.homo-numericus.net/article10434.html">voir la belle synthèse qu&#8217;en avait réalisé Pierre Mounier</a>), s&#8217;est toujours intéressé à la façon dont les relations sont façonnées par les échanges culturels. Dans <i>Ensemble</i>, il se lance dans une exploration sur la coopération, estime le sociologue Frank Furedi <a href="http://www.timeshighereducation.co.uk/story.asp?storycode=418866">pour le <i>Times Higher Eduction</i></a> à une époque où la société est souvent vue comme égoïste et cupide. Pour Sennett, notre société contemporaine nous fait perdre les compétences de la coopération pourtant nécessaires pour comprendre la complexité de notre société.<br />
Pour Sennett, explique Furedi, la coopération se développe par l&#8217;approfondissement de liens informels entre les gens. La coopération exige toujours une dimension volontaire et subjective, basée sur la confiance. La contribution la plus importante de Sennett, estime Furedi, est d&#8217;attirer l&#8217;attention sur la difficulté qu&#8217;ont les gens dans l&#8217;établissement et le maintien de relations informelles dans la société contemporaine. Dans son étude sur les familles ouvrières de Boston dans les années 70, Sennett avait constaté que l&#8217;une des ressources les plus importantes que les ouvriers avaient à leur disposition était les liens informels qu&#8217;ils avaient créés entre eux. </p>
<p>Face à la crise, estime le sociologue, les règles formelles s&#8217;avèrent souvent insuffisantes. Les recherches menées sur la façon dont les collectivités répondent aux catastrophes indiquent que les réseaux informels sont beaucoup plus souples que les institutions pour répondre à ce type de situations. Sennett explique que les <i>&#8220;moments de crise révèlent la &#8220;fragilité de l&#8217;organisation formelle&#8221;, et, en conséquence, la force des collaborations informelles&#8221;</i>. Lorsque Sennett interroge d&#8217;anciens cols blancs de Wall Street, 40 ans après son étude des ouvriers de Boston, il observe que la dynamique relationnelle à l&#8217;oeuvre est bien différente et montre combien les liens informels se sont distendus. Son ouvrage explique que l&#8217;informel ne peut s&#8217;épanouir que grâce à des institutions et dispositifs établis de longue date et durables. Or, la réorganisation du capitalisme depuis les années 80, la montée du travail à temps partiel, la disparition du temps partagé ont fait que l&#8217;expérience des gens les uns avec les autres et la connaissance de leurs institutions a diminué. L&#8217;innovation structurelle qui sape les processus informels agit sur la baisse de la coopération avance Sennett. Alors, comment faire pour que l&#8217;instabilité de nos organisations ne nuise pas à la coopération ? </p>
<h3>La coopération est-elle possible quand toutes nos relations sont devenues transactionnelles ?</h3>
<p>Toutes nos relations sont devenues un <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Ethos">&#8220;ethos&#8221;</a>, une caractéristique de la transaction, qui favorise une culture qui dévalue explicitement le rôle de l&#8217;informel. Les gens sont désormais tenus de suivre la procédure plutôt que de coopérer entre eux. L&#8217;expansion du processus formel par le biais de codes de conduite conduit non seulement au développement de la microgestion de comportements, mais également à la stigmatisation des réseaux informels (<a href="http://www.internetactu.net/2010/07/16/embrasser-la-complexite/">comme nous l&#8217;expliquait très concrètement Stefana Broadbent</a>). Dans l&#8217;entreprise, les réseaux de pairs ou d&#8217;anciens ou la culture de la cantine sont moralement dévalués, réglementés voir interdits, alors que dans les années 70 à Boston, ils étaient le pilier principal de la coopération. </p>
<p>Aujourd&#8217;hui, l&#8217;informel et les comportements spontanés sont de plus en plus souvent considérés comme une violation potentielle du contrat qui lie l&#8217;employé à son employeur. Cette formalisation des relations n&#8217;est pas un sous-produit de l&#8217;excès de zèle de la gestion humaine, mais un symptôme de l&#8217;aliénation de la société face aux incertitudes de nos relations informelles, estime Furedi. Sennett observe à juste titre que <i>&#8220;la formalité favorise l&#8217;autorité et cherche à éviter les surprises&#8221;</i>, alors que les relations informelles sont par définition fluides et imprévisibles. La raison pour laquelle les travailleurs de Boston entretenaient des relations de coopération c&#8217;est parce que grâce à cette dynamique interactive, ils gagnaient du respect de soi et une forme d&#8217;organisation.</p>
<p>La formalisation des relations cherche à lier les relations informelles à sa propre logique, en les recyclant comme un outil de gestion. L&#8217;orchestration du &#8220;travail d&#8217;équipe&#8221; en entreprise en est désormais une forme connue. Alors que les coopérations réelles se raréfient, que les individus sont isolés dans leurs travaux, les gens sont exhortés à s&#8217;acquitter d&#8217;un rôle dans l&#8217;équipe. <i>&#8220;À court terme, le travail en équipe, avec sa solidarité feinte, sa connaissance superficielle des autres&#8221;</i>, note Sennett, <i>&#8220;représente tout le contraire de la coopération&#8221;</i>.</p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/05/Richard-Sennett.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/05/Richard-Sennett.png" alt="Richard Sennett" title="Richard Sennett" width="540" height="359" class="alignnone size-full wp-image-17111" /></a><br />
<i>Image : Richard Sennett à Ars Electronica en 2010, photographié par <a href="http://www.flickr.com/photos/andreashirsch/4953349711/">Andreas Hirsch</a>.</i></p>
<h3>Dialectique contre dialogique</h3>
<p>Alors, peut-on faire quelque chose pour rétablir des relations de confiance informelles et favoriser un climat dans lequel la coopération puisse se développer ? Sennett ne semble pas accepter que la situation ne puisse être inversée. Il est conscient qu&#8217;il n&#8217;y a pas de solutions simples à ce problème. Il voit la &#8220;déqualification&#8221; de personnes dans la pratique de la coopération comme constituant le principal obstacle à surmonter. Le problème auquel nous sommes confrontés est que nous ne savons pas enseigner la compétence requise pour la conduite des relations humaines &#8211; telles que la coopération. Nous avons un long voyage qui nous attend, et Sennett nous rappelle que nous ferions mieux de commencer à la pratiquer, estime Frank Furedi.</p>
<p><i>&#8220;Notre ignorance au sujet de la coopération, au moins comme tradition culturelle, explique pourquoi nos institutions et nos technologies sont souvent mal conçues pour faciliter la coopération&#8221;</i>, explique <a href="http://bollier.org/richard-sennett-rituals-pleasures-and-politics-cooperation">David Bollier</a>, fondateur du <a href="http://www.commonsstrategies.org/">Groupe stratégique pour les biens communs</a>. <i>&#8220;Elles présument régulièrement que les êtres humains ordinaires sont incapables d&#8217;entreprendre la coopération ou la négociation de la complexité&#8221;</i>.</p>
<p>Sennett évoque par exemple l&#8217;échec de Google Wave, le programme de Google lancé en 2010, destiné à faciliter la collaboration en ligne entre groupes. Pour Sennett, les raisons de cet échec sont à chercher dans le fait que Google n&#8217;a pas réussi à comprendre les dynamiques sociales de la coopération et a livré un logiciel trop complexe et trop contraignant. </p>
<p><i>&#8220;Le partage de l&#8217;information est un exercice de définition et de précision, tandis que la communication porte autant sur ce qui n&#8217;est pas dit que sur ce qui est dit. La communication fouille la réalité de la suggestion et de la connotation&#8230; Dans les échanges en ligne comme dans Google Wave, où le visuel domine, il est difficile de transmettre l&#8217;ironie ou le doute. Le simple partage de l&#8217;information ôte toute expressivité. L&#8217;étude des entreprises, des hôpitaux ou des écoles qui fonctionnent souvent sur l&#8217;e-mail ou des technologies proches de l&#8217;e-mail montre que la suppression du contexte signifie souvent la suppression du sens et amoindrit la compréhension entre les personnes.&#8221;</i></p>
<p>En d&#8217;autres termes, estime David Bollier, le potentiel de coopération est souvent saboté par les défaillances technologiques et institutionnelles qui peinent à mettre en valeur la complexité de l&#8217;expressivité sociale. </p>
<p>Pour Sennett, nos conversations peuvent suivre deux voies différentes. La voie dialectique qui porte sur le jeu verbal des contraires qui graduellement permet de construire une synthèse. La voie dialogique, elle, consiste plutôt en un échange mutuel pour lui-même, plus à l&#8217;écoute de l&#8217;autre, rebondissant sur les expériences de l&#8217;autre d&#8217;une manière plus ouverte. </p>
<p><i>&#8220;Beaucoup de programmes imaginent la coopération sur un mode dialectique plutôt que dialogique ce qui produit un résultat qui tend à contraindre l&#8217;expérience et inhiber la coopération&#8221;</i> explique Sennett. <i>&#8220;La société moderne est bien meilleure à organiser la première forme d&#8217;échange que la seconde ; meilleure à communiquer via des arguments dialectiques que de penser des discussions dialogiques.&#8221;</i> Elle peine à imaginer la communauté comme un processus. </p>
<h3>Le déséquilibre de nos formes d&#8217;échange</h3>
<p>Senett distingue cinq catégories qui composent le &#8220;spectre de l&#8217;échange&#8221; : l&#8217;échange altruiste (qui implique le sacrifice de soi), l&#8217;échange gagnant-gagnant (dans lequel les deux parties font des bénéfices), l&#8217;échange de différenciation (dans lequel les partenaires prennent conscience de leurs différences), l&#8217;échange à somme nulle (dans lequel une partie l&#8217;emporte sur l&#8217;autre) et le cas où un vainqueur l&#8217;emporte (au détriment de l&#8217;autre). </p>
<p>Sennett, estime David Bollier, cherche à réinterroger les termes structurels de la coopération. <i>&#8220;Nos arrangements sociaux en matière de coopération ont besoin d&#8217;une réforme. Le capitalisme moderne a déséquilibré la concurrence et la coopération et a rendu, de fait, la coopération moins ouverte, moins dialogique&#8230;&#8221;</i> Nous passons de la coopération à somme nulle &#8211; la concurrence &#8211; à un capitalisme prédateur où le gagnant emporte tout&#8221;. </p>
<p>La coopération nécessite des compétences, rappelle Sennett. Parmi celles-ci il distingue les compétences d&#8217;écoute, les compétences d&#8217;expression subjective et les compétences d&#8217;empathie. <i>&#8220;La conversation dialogique entre internautes  prospère grâce à l&#8217;empathie, le sentiment de curiosité à l&#8217;égard d&#8217;autres personnes.&#8221;</i> Ce qui évoque à <a href="http://www.guardian.co.uk/commentisfree/2012/mar/30/need-more-listening-workers-cooperatives">Deborah Orr pour le <i>Guardian</i></a> les pratiques d&#8217;écoute respectueuses des autres des groupes d&#8217;alcooliques anonymes, très éloignés du fonctionnement des espaces politiques traditionnels. </p>
<h3>Les séparations ne créent pas des conditions pour la coopération</h3>
<p>Dans une lecture donnée à l&#8217;école de Design de l&#8217;université d&#8217;Harvard (<a href="http://www.youtube.com/watch?v=tcXE4NEgLn8&#038;feature=player_embedded">vidéo</a>), synthétisée par <a href="http://archinect.com/blog/article/39692101/live-blog-richard-sennett-the-architecture-of-cooperation">Lian Chikako Chang pour Archinect</a>, Richard Sennett rappelle que la coopération consiste à faire avec les autres ce que nous ne savons faire par nous-mêmes. Mais elle semble d&#8217;autant plus difficile que les gens avec qui l&#8217;on coopère nous sont différents : la non-coopération s&#8217;accroit quand les gens qui se tournent vers vous pour recevoir de l&#8217;aide sont d&#8217;une couleur, d&#8217;une classe sociale ou d&#8217;une orientation sexuelle différente de vous. </p>
<p><iframe width="560" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/tcXE4NEgLn8" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p>Nous ne savons pas créer des espaces frontaliers qui ressemblent à des membranes, explique encore Sennett, alors que ce sont souvent là que les interactions sont les plus fortes. <i>&#8220;Cette combinaison de porosité et de résistance est une précondition spatiale pour la coopération entre gens différents&#8221;</i>. </p>
<p>Souvent nous avons tendance à vouloir effacer les divisions. <i>&#8220;C&#8217;est une erreur. Nous devons plutôt marquer l&#8217;espace, qui doit avoir une certaine qualité de protection, avec une ouverture vers l&#8217;extérieur : une condition de membrane.&#8221;</i> C&#8217;est toute la différence entre une frontière et un contour. <i>&#8220;Une frontière signifie marquer un territoire où l&#8217;interaction s&#8217;arrête. Les tigres marquent leurs frontières : &#8220;et si vous la traversez, vous risquez des ennuis&#8221;. Une frontière est un endroit où l&#8217;interaction diminue. Une lisière est un endroit où l&#8217;interaction entre différentes espèces augmente, où l&#8217;activité biologique est plus forte. Par exemple, la lisière entre différentes couches des profondeurs de l&#8217;océan sont des endroits à forte activité alimentaire, comme là où l&#8217;océan rencontre le rivage.&#8221;</i> Si nous savons très bien construire des frontières, comme ces autoroutes qui séparent les quartiers riches des quartiers pauvres, nous avons plus de mal à construire des lisières. </p>
<h3>C&#8217;est la recherche de l&#8217;efficacité qui tue la coopération</h3>
<p>Notre société moderne n&#8217;est pas une société de compétences, comme on l&#8217;entend trop souvent. Le développement de compétences dans certains domaines implique la déqualification des compétences d&#8217;autres personnes dans d&#8217;autres domaines. La compétence est consubstantielle à la déqualification, estime encore Sennett. Chaque fois que vous ajoutez une compétence à quelqu&#8217;un, bien souvent vous devez en soustraire une à un autre. </p>
<p>Et Sennett de prendre l&#8217;exemple de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Masdar">Masdar</a>, l&#8217;emblème des villes intelligentes en construction aux Emirats Arabes Unis. A Masdar, les voitures se conduiront elles-mêmes, mais cette façon de &#8220;commander la ville&#8221; va enlever aux gens la possibilité de développer des compétences nécessaires pour y évoluer. Sur le GooglePlex, Google prend en charge ce qui importune ses employés dans le but de prendre soin d&#8217;eux. Cela semble bien au début, mais les utilisateurs du GooglePlex, après plusieurs années, finissent par trouver cela étouffant. Pourquoi ? <i>&#8220;Parce que la commodité et l&#8217;efficacité se fait au détriment de la différence et de l&#8217;empathie.&#8221;</i> </p>
<p><i>&#8220;La technologie peut-elle encourager l&#8217;engagement ou pensez-vous qu&#8217;intrinsèquement, elle le décourage ?&#8221;</i> questionne un étudiant. </p>
<p>C&#8217;est nous qui programmons les technologies de cette façon, souligne le sociologue. Or, <i>&#8220;les machines n&#8217;ont pas demandé à être utilisées comme elles le sont à Masdar. Il y a plein de bonnes technologies là-bas. Mais il y a aussi un centre de commandement à Masdar où 4 ou 5 types réguleront chaque jour l&#8217;ensemble de la ville. Cette utilisation là de la technologie est assurément un outil de domination.&#8221;</i> </p>
<p>Quant à l&#8217;apport des technologies, la clé, estime Sennett est de regarder comment nous pouvons les utiliser de manière participative. <i>&#8220;La technologie est trop souvent utilisée pour fourbir &#8220;l&#8217;efficacité&#8221; d&#8217;une manière qui contrôle. Nous avons besoin de repenser les technologies d&#8217;une manière plus humaine, alors que pour le moment elles sont sous le contrôle de sociétés qui s&#8217;intéressent uniquement à la normalisation et au contrôle&#8221;</i>. </p>
<p>Après avoir évoqué <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Cabrini%E2%80%93Green">Cabrini-Green</a>, qui a longtemps été l&#8217;un des pires ghettos de Chicago, Richard Sennett conclut : <i>&#8220;Je pense que les êtres humains sont capables de faire face à des situations complexes et défavorables &#8211; nous le faisons tout le temps &#8211; mais la plupart des structures sociales dans lesquelles nous vivons supposent (par leur conception même) que nous n&#8217;en sommes pas capables.&#8221;</i> </p>
<p>Le constat de Sennett est clair. Les structures sociales trop formelles et infantilisantes ni nous permettent ni ne nous apprennent à coopérer. </p>
<p>Hubert Guillaud</p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/citelabo/" title="citelabo" rel="tag nofollow">citelabo</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/complexite/" title="complexité" rel="tag nofollow">complexité</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/confiance/" title="confiance" rel="tag nofollow">confiance</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/cooperation/" title="coopération" rel="tag nofollow">coopération</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/design/" title="design" rel="tag nofollow">design</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/empowerment/" title="empowerment" rel="tag nofollow">empowerment</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/intelligence-collective/" title="intelligence collective" rel="tag nofollow">intelligence collective</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/management/" title="management" rel="tag nofollow">management</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/participation/" title="Participation" rel="tag nofollow">Participation</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/politiques-publiques/" title="politiques publiques" rel="tag nofollow">politiques publiques</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/savoir-faire/" title="savoir-faire" rel="tag nofollow">savoir-faire</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/villes-20/" title="villes2.0" rel="tag nofollow">villes2.0</a><br />
<div class="feedflare">
<a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=1EVyjs1E8ZQ:JC0tlQGS8Ys:yIl2AUoC8zA"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?d=yIl2AUoC8zA" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=1EVyjs1E8ZQ:JC0tlQGS8Ys:7Q72WNTAKBA"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?d=7Q72WNTAKBA" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=1EVyjs1E8ZQ:JC0tlQGS8Ys:V_sGLiPBpWU"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?i=1EVyjs1E8ZQ:JC0tlQGS8Ys:V_sGLiPBpWU" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=1EVyjs1E8ZQ:JC0tlQGS8Ys:dnMXMwOfBR0"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?d=dnMXMwOfBR0" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=1EVyjs1E8ZQ:JC0tlQGS8Ys:D7DqB2pKExk"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?i=1EVyjs1E8ZQ:JC0tlQGS8Ys:D7DqB2pKExk" border="0"></img></a>
</div><img src="http://feeds.feedburner.com/~r/internetactu/bcmJ/~4/1EVyjs1E8ZQ" height="1" width="1"/>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.internetactu.net/2012/05/09/technologies-et-cooperation/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>8</slash:comments>
		<feedburner:origLink>http://www.internetactu.net/2012/05/09/technologies-et-cooperation/</feedburner:origLink></item>
		<item>
		<title>La fin du téléphone ou comment notre rapport aux technos ne cesse de se transformer</title>
		<link>http://feedproxy.google.com/~r/internetactu/bcmJ/~3/bzf4l9C9owE/</link>
		<comments>http://www.internetactu.net/2012/05/07/la-fin-du-telephone-ou-comment-notre-rapport-aux-technos-ne-cesse-de-se-transformer/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 07 May 2012 08:54:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier de la Porte</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Economie et marchés]]></category>
		<category><![CDATA[Innovation, RD]]></category>
		<category><![CDATA[Technologies]]></category>
		<category><![CDATA[apprenti sorcier]]></category>
		<category><![CDATA[design]]></category>
		<category><![CDATA[pdlt]]></category>
		<category><![CDATA[prospective]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.internetactu.net/?p=17093</guid>
		<description><![CDATA[La lecture de la semaine est un article de l&#8217;essayiste Tom Vanderbilt, paru tout récemment dans The Wilson Quaterly. Il s&#8217;intitule &#8220;L&#8217;appel du futur&#8221;.
L&#8217;auteur commence par rappeler que ces derniers temps, a été annoncée à plusieurs reprises (TechCrunch, Wired) la fin du téléphone, en tant que transmission d&#8217;informations par la voix. Il y a selon lui des signes à&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La lecture de la semaine est <a href="http://www.wilsonquarterly.com/article.cfm?AID=2140">un article</a> de l&#8217;essayiste <a href="http://www.tomvanderbilt.com/">Tom Vanderbilt</a>, paru tout récemment dans <i>The Wilson Quaterly</i>. Il s&#8217;intitule &#8220;L&#8217;appel du futur&#8221;.</p>
<p>L&#8217;auteur commence par rappeler que ces derniers temps, a été annoncée à plusieurs reprises (<a href="http://techcrunch.com/2010/11/13/alexia-phone-home/">TechCrunch</a>, <a href="http://www.wired.com/magazine/2010/07/st_thompson_deadphone/">Wired</a>) la fin du téléphone, en tant que transmission d&#8217;informations par la voix. Il y a selon lui des signes à ce changement culturel majeur : on utilise nos téléphones plus qu&#8217;avant, certes, mais la part de la voix diminue. Pour preuve, le temps de la communication vocale est en forte baisse : de 3 minutes en moyenne en 2003, on est passé à 1 minute et 47 secondes en 2010. Que se passe-t-il donc, se demande Vanderbilt ? Il identifie 3 causes majeures à cette évolution. </p>
<p>L&#8217;une est économique : dans beaucoup de pays d&#8217;Europe, par exemple, envoyer des textos est moins cher que de téléphoner. Mais il y a aussi des raisons de convenance, et l&#8217;impression qu&#8217;un coup de fil est moins une invitation à la prise de contact qu&#8217;une expérience troublante et potentiellement disruptive : après l&#8217;avoir oublié pendant longtemps, on renouerait avec l&#8217;impression qu&#8217;un coup de téléphone interrompt d&#8217;abord notre interlocuteur dans son activité. D&#8217;où la question que se pose l&#8217;auteur : avant de se demander ce que serait demain le téléphone, n&#8217;est-il pas plus intéressant de se souvenir de ce que c&#8217;était qu&#8217;un appel téléphonique ?</p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/05/phonecalldead.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/05/phonecalldead.png" alt="phonecalldead" title="phonecalldead" width="540" height="357" class="alignnone size-full wp-image-17095" /></a><br />
<i>Image : Sans titre par <a href="http://www.flickr.com/photos/memorymotel/491357743/">Matt Long</a>.</i></p>
<p>Vanderbilt observe que l&#8217;introduction d&#8217;une nouvelle technologie obéit à un schéma désormais familier. D&#8217;abord, on considère cette technologie comme un apport mineur réservé à quelques usages bien particuliers. Et l&#8217;auteur de citer un article du <i>New York Times</i> datant de 1939 : &#8220;le problème avec la télévision est que les gens doivent rester assis et garder leurs yeux collés à l&#8217;écran : la famille américaine moyenne n&#8217;a pas de temps à consacrer à cela&#8221;. Ensuite, deuxième étape, juste avant qu&#8217;elle devienne grand public, la technologie est considérée, par ses laudateurs aussi bien que par ses contempteurs, comme porteuse de changements culturels majeurs. Voici ce que disait Philo Farnsworth, un des inventeurs de la télévision : &#8220;Si nous pouvions voir les gens dans les autres pays et apprendre de leurs différences, pourquoi y aurait-il encore des malentendus ? La guerre deviendrait un vieux souvenir.&#8221; Enfin, à mesure que les prix baissent et que la technologie s&#8217;améliore, les gens achètent l&#8217;objet qui n&#8217;apporte ni l&#8217;utopie ni l&#8217;apocalypse et l&#8217;utilisent sans même penser à ce qu&#8217;était la vie avant son arrivée, <a href="http://www.internetactu.net/2012/04/30/nostalgie-de-la-meche/">confère le texte de Nicholas Carr que nous avons traduit la semaine dernière</a>.</p>
<p>Selon Vanderbilt, le téléphone entre parfaitement dans ce schéma. Il a fait son entrée sur la scène de l&#8217;Histoire en 1876, sans répondre en rien à un désir clair des masses. Il était pourtant porteur d&#8217;un changement radical : pour la première fois, les gens pouvaient se parler à distance. Certes, mais pour quoi faire ? Et l&#8217;auteur de rappeler à quel point les hommes d&#8217;affaires, pourtant les plus prompts à utiliser le courrier et les télégrammes pour transmettre des informations importantes, étaient sceptiques quant à l&#8217;apport de cette nouvelle technologie. Ils n&#8217;y voyaient au mieux qu&#8217;une version parlante du télégramme. C&#8217;est ensuite la société Bell qui a réussi à créer le besoin de téléphone grâce à un gros travail marketing. D&#8217;abord dans les entreprises, puis dans les foyers, pour les conversations intimes, dans le but de garder contact avec ses proches. Le fait que cette évolution nous paraisse évidente aujourd&#8217;hui fait oublier qu&#8217;il exista une brève période durant laquelle la fonction du téléphone n&#8217;était pas encore définie. Exista par exemple au début du 20e siècle un récepteur installé chez les gens qui les alertait à certains moments où il pouvait entendre la lecture d&#8217;un bulletin d&#8217;information ; un téléphone comme diffuseur à sens unique donc, une sorte de proto-radio, qui déjà était perçu à l&#8217;époque comme une menace pour les journaux.</p>
<p>Quand le téléphone a finalement trouvé ses usages et ses usagers, on s&#8217;est demandé ce qu&#8217;il allait faire à la société américaine. Pour certains il était un &#8220;antidote au provincialisme&#8221;, pour d&#8217;autres, il allait &#8220;détruire les communautés en encourageant les relations éloignées&#8221;. De fait, il a fait tomber les murs de la vie privée en même temps qu&#8217;il a participé au repli de l&#8217;individu sur lui-même ; il a aidé au regroupement des populations dans les grandes villes tout en les dispersant dans des banlieues éloignées. Certains disent qu&#8217;il a permis la naissance des énormes conglomérats économiques et d&#8217;autres qu&#8217;on n&#8217;aurait jamais construit de gratte-ciels s&#8217;il avait fallu transporter les messages d&#8217;un étage à l&#8217;autre. Mais, poursuit Vanderbilt, on pourrait aussi bien considérer que c&#8217;est l&#8217;invention de l&#8217;ascenseur qui a été décisive pour la construction des gratte-ciels. Bref, il est très difficile de déterminer les conséquences effectives de l&#8217;introduction d&#8217;une technologie, tant ces conséquences peuvent être diffuses, diverses et paradoxales. Du coup, on dispose de peu de recherches sérieuses sur cette question, alors que les changements apportés par l&#8217;ordinateur sont depuis longtemps observés.</p>
<p>Pourtant, selon Vanderbilt, il est étonnant à quel point des phénomènes attribués à l&#8217;internet ont eu leur pendant avec le téléphone. L&#8217;usurpation d&#8217;identité sur Internet par exemple ? Elle a été une préoccupation importante à l&#8217;arrivée du téléphone dans les foyers et la possibilité pour n&#8217;importe qui d&#8217;appeler en se faisant passer pour quelqu&#8217;un d&#8217;autre. Ou le <i>tradding</i> à haute fréquence réalisé par les ordinateurs sur les marchés financiers ? L&#8217;introduction du téléphone sur les marchés a été considérée comme participant à leur instabilité. Même chose pour les spams et pour le hacking qui avaient leurs pendants avec le téléphone (Steve Wozniak a d&#8217;abord inventé un outil pour pirater les lignes de téléphone avant de fonder Apple).</p>
<p>Vanderbilt pose une hypothèse. Peut-être que le téléphone, malgré son potentiel disruptif (l&#8217;annihilation de l&#8217;espace et du temps) n&#8217;a-t-il finalement pas changé grand-chose ? Après tout, les comportements qu&#8217;il a engendrés ne sont peut-être que des dérivés de comportements déjà existants, mais rendus plus faciles, plus rapides.</p>
<p>La suite du papier consiste en un développement sur la nature propre de la conversation téléphonique. Très intéressant, mais trop long pour nous.</p>
<p>Xavier de la Porte</p>
<blockquote><p>Xavier de la Porte, producteur de l’émission <a href="http://www.franceculture.fr/emission-place-de-la-toile.html-1">Place de la Toile</a> sur France Culture, réalise chaque semaine une intéressante lecture d’un article de l’actualité dans le cadre de son émission.</p>
<p><a href="http://www.franceculture.fr/emission-place-de-la-toile-conversation-avec-serge-abiteboul-du-college-de-france-2012-05-05">L’émission du 5 mai 2012</a> était consacrée à la science des données en compagnie de <a href="http://abiteboul.com/">Serge Abiteboul</a> (<a href="http://abiteboul.blogspot.fr/">blog</a>) professeur au Collège de France et titulaire de la Chaire d&#8217;informatique et sciences numériques pour l&#8217;année académique 2011-2012, qui a donné début mars <a href="http://www.college-de-france.fr/site/serge-abiteboul/lecon-inaugurale-du-8-mars-2012-sciences-des-donnees-de-la-logique-du-premier-ordre-a-la-toile.htm">sa leçon inaugurale sur le sujet</a>. </p></blockquote>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/apprenti-sorcier/" title="apprenti sorcier" rel="tag nofollow">apprenti sorcier</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/design/" title="design" rel="tag nofollow">design</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/pdlt/" title="pdlt" rel="tag nofollow">pdlt</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/prospective/" title="prospective" rel="tag nofollow">prospective</a><br />
<div class="feedflare">
<a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=bzf4l9C9owE:Nb-ZUsJtdhs:yIl2AUoC8zA"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?d=yIl2AUoC8zA" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=bzf4l9C9owE:Nb-ZUsJtdhs:7Q72WNTAKBA"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?d=7Q72WNTAKBA" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=bzf4l9C9owE:Nb-ZUsJtdhs:V_sGLiPBpWU"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?i=bzf4l9C9owE:Nb-ZUsJtdhs:V_sGLiPBpWU" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=bzf4l9C9owE:Nb-ZUsJtdhs:dnMXMwOfBR0"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?d=dnMXMwOfBR0" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=bzf4l9C9owE:Nb-ZUsJtdhs:D7DqB2pKExk"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?i=bzf4l9C9owE:Nb-ZUsJtdhs:D7DqB2pKExk" border="0"></img></a>
</div><img src="http://feeds.feedburner.com/~r/internetactu/bcmJ/~4/bzf4l9C9owE" height="1" width="1"/>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.internetactu.net/2012/05/07/la-fin-du-telephone-ou-comment-notre-rapport-aux-technos-ne-cesse-de-se-transformer/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>7</slash:comments>
		<feedburner:origLink>http://www.internetactu.net/2012/05/07/la-fin-du-telephone-ou-comment-notre-rapport-aux-technos-ne-cesse-de-se-transformer/</feedburner:origLink></item>
		<item>
		<title>A lire ailleurs du 30/04/2012 au 07/05/2012</title>
		<link>http://feedproxy.google.com/~r/internetactu/bcmJ/~3/RdB-vaV-TIM/</link>
		<comments>http://www.internetactu.net/2012/05/07/a-lire-ailleurs-du-30042012-au-07052012/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 07 May 2012 03:00:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Internetactu</dc:creator>
				<category><![CDATA[A lire ailleurs]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.internetactu.net/2012/05/07/a-lire-ailleurs-du-30042012-au-07052012/</guid>
		<description><![CDATA[. Quand la voiture autonome fera de l&#8217;oeil aux piétons &#8211; Futura Sciences
Un jour les voitures autonomes seront banales dans les rues, mais comment un piéton saura-t-il que celle qui s&#8217;approche l&#8217;a bien vu. Des chercheurs du MIT se sont penchés sur le problème et ont mis au point un système visuel et sonore. Des phares qui s&#8217;orientent vers&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/high-tech-4/d/quand-la-voiture-autonome-fera-de-loeil-aux-pietons_38523/">. Quand la voiture autonome fera de l&#8217;oeil aux piétons &#8211; Futura Sciences</a><br />
Un jour les voitures autonomes seront banales dans les rues, mais comment un piéton saura-t-il que celle qui s&#8217;approche l&#8217;a bien vu. Des chercheurs du MIT se sont penchés sur le problème et ont mis au point un système visuel et sonore. Des phares qui s&#8217;orientent vers le piéton, des leds qui s&#8217;allument voir un flash qui se déclenche&#8230; Vers une ville saturée d&#8217;attention ?</p>
<p><a href="http://passeurdesciences.blog.lemonde.fr/2012/05/03/la-mort-a-la-tele-donne-envie-dacheter">. La mort à la télé donne envie d’acheter &#8211; Passeur de sciences</a><br />
Nous passons notre temps à raffiner les constructions symboliques qui nous servent de paravent à notre peur de mourrir. Confrontés à la mort (à la télévision notamment) nous avons tendance à plus apprécier les produits de consommations. Après le 11 septembre, les Américains n&#8217;ont jamais autant consommés, pour augmenter leur estime d&#8217;eux-mêmes, soulager leur anxiété. Les grandes marques ne vont pas tarder de financer des séries remplies de tueurs en série pour nous inciter à les consommer&#8230;</p>
<p><a href="http://www.theverge.com/2012/4/30/2989482/multitasking-study-emotional-benefits">. Le bénéfice émotionnel du multitâche &#8211; The Verge</a><br />
Si les études s&#8217;accumulent pour montrer que faire plusieurs tâches en même temps n&#8217;est pas toujours efficace, pourquoi donc continue-t-on à le faire ? Selon le professeur Zheng Joyce Wang de l&#8217;université d&#8217;état de l&#8217;Ohio, les utilisateurs multitâches ne deviennent pas plus productifs, mais se sentent émotionnellement plus satisfaits de leur travail.</p>
<p><a href="http://www.wfs.org/content/printable-houses-and-future-opportunity-therein">. Les maisons imprimables &#8211; World Future Society</a><br />
Thomas Frey revient sur l&#8217;usage d&#8217;imprimantes 3D pour construire des bâtiments. Nous savons déjà couler du béton avec des robots pour former des choses simples, comme des murs ou des bancs, explique-t-il en pointant vers des exemples et prototypes fonctionnels. Ce que cela va libérer ? L&#8217;imagination des architectes et urbanistes et nous débarrasser des contraintes des parois planes et des surfaces lisses.</p>
<p><a href="http://www.alternet.org/story/155195/are_%22sentient_cities%22_that_track_your_personal_data_to_design_your_life_for_you_on_the_way_?page=entire">. Les villes intelligentes qui suivent vos données pour concevoir votre vie sont-elles la seule solution ? &#8211; AlterNet</a><br />
Will Doig rappelle que sur les circuits de Formule 1 on trouve plus de 300 capteurs pour surveiller tous les effets de l&#8217;environnement sur la course. Dans la ville intelligente de demain, on nous propose la même chose, comme ce sera le cas en 2015 à PlanIT Valley &#8211; <a href="http://living-planit.com/planit_valley.htm">http://living-planit.com/planit_valley.htm</a> -, une ville de 150 000 habitants qui doit naître de rien au nord du Portugal et qui sera dotée de plus de 100 millions de capteurs pour un montant total de 19 millions de dollars. Quel mode de vie propose la ville intelligente, interroge l&#8217;architecte Mark Shepard ? La ville-sensible, pourquoi pas, si nous contrôlons notre information, rappelle Carlo Ratti du programme Senseable City du MIT. Reste que bien souvent la ville intelligente traite les résidents comme un problème à résoudre plutôt que comme une partie de la solution. Et Usman Haque de dénoncer ces villes programmées pour l&#8217;efficacité, qui en oublient qu&#8217;une ville n&#8217;est pas la somme de ses parties. L&#8217;idée même d&#8217;un système d&#8217;exploitation pour la vie urbaine est une proposition risquée, rappelle Greg Lindsay auteur de Aerotropolis, rappellant l&#8217;échec du modèle informatique pour rationaliser les services de la ville de New York dans les années 60. Ce sont les conséquences imprévues des technologies intelligentes qui seront l&#8217;histoire la plus intéressante de ce projet, conclut Shepard.</p>
<p><a href="http://www.knowtex.com/blog/gdc-2012-essor-des-jeux-a-impact-social">. GDC 2012 : l’essor des jeux à impact social &#8211; Knowtex Blog</a><br />
De retour de la Game Developers Conference qui se tenait à San Francisco, Simon Bachelier, chef de projet jeux vidéo à la Cité des Sciences, évoque l&#8217;essor des jeux à impact social, c&#8217;est-à-dire des jeux qui véhiculent un message pour avoir une action concrète sur le monde, comme Macon Money &#8211; <a href="www.maconmoney.org">http://www.maconmoney.org</a> &#8211; invitant les gens de Macon en Georgie à retrouver d&#8217;autres moitiés de billets pour dépenser la somme dans des commerces locaux en développant la rencontre sociale.</p>
<p><a href="http://www.laviedesidees.fr/La-ville-equitable.html">. La ville équitable &#8211; La Vie des idées</a><br />
La Vie des idées publie un dossier sur les enjeux de la ville équitable pour interroger le concept de ville durable.</p>
<p><a href="http://www.theatlanticcities.com/neighborhoods/2012/05/praise-smelly-cities/1880">. A la recherche des lieux qui sentent bons &#8211; The Atlantic Cities</a><br />
Faut-il concevoir la qualité des odeurs urbaines ? s&#8217;interroge Emily Badger pour The Atlantic Cities. Designers, urbanistes et architectes commencent à peine à s&#8217;intéresser aux odeurs de la ville, comme Victoria Henshaw du Centre de recherche en architecture de Manchester <a href="http://www.sed.manchester.ac.uk/research/marc/">http://www.sed.manchester.ac.uk/research/marc/</a>. Nous sommes pourtant capables de détecter quelques 10 000 odeurs différentes. Nous avons besoin de diversité dans les odeurs des villes, reconnait la chercheuse.</p>
<p><a href="http://hackeducation.com/2012/04/10/the-department-of-education-on-educational-data-mining">. La fouille de données pour l&#8217;éducation &#8211; Hack Education</a><br />
Audrey Watters évoque le rapport du département américain de l&#8217;éducation sur &#8220;Les Big Data et l&#8217;éducation&#8221; intitulé &#8220;Augmenté l&#8217;enseignement et l&#8217;apprentissage via la fouille de données éducative et les statistiques d&#8217;apprentissage&#8221; (Enhancing Teaching and Learning through Educational Data Mining and Learning Analytics&#8221; &#8211; <a href="http://www.ed.gov/edblogs/technology/research/">http://www.ed.gov/edblogs/technology/research/</a> &#8211; Mais le rapport n&#8217;évoque nul part la propriété des données, rappelle la journaliste.</p>
<p><a href="http://hackeducation.com/2012/04/13/education-api">. Des API pour l&#8217;éducation &#8211; Hack Education</a><br />
Audrey Watters prend le parti des interfaces de programmation (API) pour l&#8217;éducation pour libérer les données de l&#8217;éducation et des logiciels éducatifs trop souvent coincées dans des silos. Comme les API jouent un rôle primordial dans l&#8217;explosion de l&#8217;informatique en nuage, de l&#8217;ecommerce, elles sont appelées à jouer un rôle primordial dans l&#8217;éducation pour rendre les données accessibles, favoriser l&#8217;interopérabilité, étendre les fonctionnalités et créer des écosystèmes.</p>
<p><a href="http://www.insidehighered.com/blogs/hack-higher-education/crowdfundings-next-frontier-academic-research">. La prochaine frontière du crowfunding : la recherche ! &#8211; Inside Higher Ed</a><br />
L&#8217;avenir du financement par la foule est-il de financer la recherche académique ? C&#8217;est ce que proposent déjà quelques startups comme <a href="https://www.microryza.com">https://www.microryza.com</a> ou <a href="http://www.petridish.org">http://www.petridish.org</a>&#8230;</p>
<p><a href="http://www.roughtype.com/archives/2012/05/pay_up_yochai_b_3.php">. Pay up, Yochai Benkler &#8211; Rough Type</a><br />
Nicholas Carr demande à Yochaï Benkler de lui payer un pari perdu. Alors que Benkler prophétisait il y a 6 ans que l&#8217;avenir du net était aux communications par les pairs, Carr soutenait le contraire. Et ce dernier n&#8217;a pas eu tord. En 2006, les blogs les plus populaires étaient des créations amateurs. Aujourd&#8217;hui, les blogs les plus populaires sont produits par des sociétés avec des équipes d&#8217;auteurs. En 2006, YouTube était le terrain de jeu des productions amateurs. Elles n&#8217;ont pas disparu, mais elles ont été marginalisées. Les intérêts commerciaux ont envahis le web contributif, le web 2.0. Le système de production dominant demeure le système commercial.</p>
<p><a href="http://www.theatlanticcities.com/arts-and-lifestyle/2012/05/how-creativity-works/1881">. Comment la créativité fonctionne dans les villes &#8211; The Atlantic Citites</a><br />
&#8220;L&#8217;argent dans une métropole achète généralement l&#8217;isolement, mais la créativité d&#8217;une ville dépend de sa capacité à nous mélanger et nous mêler constamment.&#8221; Jonah Lehrer.</p>
<p><a href="http://www.aclu.org/blog/technology-and-liberty-national-security/drones-nightmare-scenario">. Drones : Le scénario cauchemardesque &#8211; ACLU</a><br />
L&#8217;association américaine pour les libertés civiles après avoir publié un rapport sur les drônes &#8211; <a href="http://www.aclu.org/technology-and-liberty/report-protecting-privacy-aerial-surveillance-recommendations-government-use">http://www.aclu.org/technology-and-liberty/report-protecting-privacy-aerial-surveillance-recommendations-government-use</a> &#8211; imagine un scénario de politique fiction cauchemardesque sur leurs développements pour susciter des réactions et alerter de leur développement et de leurs conséquences sur la vie privée et la liberté.</p>
<p><a href="http://www.meilcour.fr/general/reseau-social-injure-et-debat.html">. Réseau social, injure et débat &#8211; Meilcour.fr</a><br />
Nicolas Vanbremeersch rappelle très justement l&#8217;asymétrie du débat public sur les réseaux sociaux entre la multitude anonyme et les personnes publics. &#8220;Dans notre contrat d&#8217;expression à tous en ligne, nous n&#8217;avons pas le même pouvoir, la même visibilité, la même égalité devant l&#8217;expression&#8221;. Une asymétrie dont il faut tenir compte, sans nécessairement dégainer la carte du tribunal. Les personnes publics doivent apprendre à s’accommoder de ces formes d&#8217;échanges sociales qui ne sont pas des formes d&#8217;attaques politiques.</p>
<p><a href="http://www.zdnet.fr/blogs/infra-net/en-france-internet-ralentit-etonnant-non-inquietant-surtout-39771334.htm#xtor=RSS-1">. En France, Internet ralentit. Étonnant non ? Inquiétant surtout ! &#8211; Zdnet.fr</a><br />
Pierre Col revient sur l&#8217;étude trimestrielle d&#8217;Akamaï sur l&#8217;état de l&#8217;internet dans le monde &#8211; <a href="http://www.akamai.com/stateoftheinternet/">http://www.akamai.com/stateoftheinternet/</a> &#8211; qui fait part d&#8217;une diminution du débit moyen d&#8217;accès à l&#8217;internet dans le monde et notamment en France, où la France se classe parmi les plus mauvais élèves européens (avec un débit moyen de 3,7 Mb/s, alors qu&#8217;il est de 8,2 Mb/s aux Pays-Bas ou de 3,8 Mb/s en Grèce et en Espagne). Autre raison de s&#8217;inquiéter, le très haut débit en France stagne. Il est à 13 % et baisse depuis 2 trimestres, alors qu&#8217;il est à 30 % en Allemagne, 15 % en Espagne et 14 % en Italie. La France est lanterne rouge avec la Grèce. Et Pierre Col d&#8217;accuser les atermoiements des opérateurs et les retards des collectivités territoriales dans le déploiement du Très haut débit.</p>
<p><a href="http://www.numerama.com/magazine/22477-presidentielles-enquete-sur-l-incroyable-opacite-du-vote-electronique.html">. Présidentielles : enquête sur l&#8217;incroyable opacité du vote électronique &#8211; Numerama</a><br />
Selon l&#8217;Observatoire du vote, en 2007, le vote électronique a généré 5 à 6 fois plus d&#8217;erreurs que le vote papier !!</p>
<p><a href="http://reindustrialisation.blogspot.fr/2012/04/le-rapport-lire-absolument-sur-lavenir.html?spref=tw">. LE rapport à lire (absolument) sur l’avenir du manufacturing &#8211; Reindustrialisation</a><br />
Le World Economic Forum et Deloitte Touch viennent de publier un rapport sur l&#8217;avenir de l&#8217;industrie : <a href="http://www3.weforum.org/docs/WEF_MOB_FutureManufacturing_Report_2012.pdf">http://www3.weforum.org/docs/WEF_MOB_FutureManufacturing_Report_2012.pdf</a>. Le rapport explique que la concurrence va s&#8217;accroître dramatiquement que ce soit pour les ressources, comme pour l&#8217;énergie ou le financement. L&#8217;avenir est à une plus grande complexité des processus et la capacité d&#8217;innovation toujours plus rapide sera le moteur de la croissance de demain&#8230; Un rapport d&#8217;emballement, assurément.</p>
<p><a href="http://www.paristechreview.com/2012/04/27/big-brother-marketing">. Clics longs, cookies et publicité intrusive &#8211; ParisTech Review</a><br />
Internet renforce-t-il le pouvoir des consommateurs? Ou les rend-il au contraire plus vulnérables à la manipulation? Pour Joseph Turow, professeur de communication à l&#8217;université de Pennsylvanie, et auteur de &#8220;The Daily You&#8221;, le profilage social du marketing montre clairement que la deuxième option l&#8217;emporte. Nous vivons dans des silos structurés par la manière dont le marketing nous définit estime le chercheur et ceci sans rien savoir sur les sources d&#8217;information et la façon de les interpréter de ces marketeurs. Nous sommes entrés dans un régime technologique du marketing, que les gens ne comprennent pas et face auquel ils n&#8217;ont pas moyens de donner ou refuser leur permission. Pour Joseph Turow, il devient nécessaire de réglementer les acteurs de la publicité et de porter ce débat, lourd d&#8217;implications pour nos libertés, sur la place publique.</p>
<p><a href="http://www.theatlanticcities.com/arts-and-lifestyle/2012/04/invisible-borders-define-american-culture/1839">. Les frontières invisibles de la culture américaine &#8211; The Atlantic Cities</a><br />
Le MIT, AT&#038;T, IBM et Vincent Blondel de l&#8217;université catholique de Louvain ont publié un intéressant travail sur les frontières culturelles américaines en utilisant des masses de données basées notamment sur les modes d&#8217;utilisation des téléphones mobiles pour essayer de représenter les frontières culturelles américaines en grands territoires agrégées selon l&#8217;ampleur des communications. L&#8217;intérêt du travail est de souligner là encore (comme Vincent Blondel l&#8217;avait fait pour l&#8217;Angleterre, la Belgique ou la France) que les frontières administratives ne recoupent pas nécessairement les frontières culturelles. Des frontières &#8220;bordéliques et poreuses&#8221; qui montrent la diversité culturelle de l&#8217;Amérique et font le portrait d&#8217;un société plus complexe qu&#8217;on le pense.</p>
<p><a href="http://www.technologyreview.com/tr10/?p1=featured">. 10 technologies émergentes &#8211; Technology Review</a><br />
Comme chaque année la Technology Review distingue ses 10 technologies émergentes : une nouvelle technologie photographique, les transistors 3D, le Crowfounding, La timeline de Facebook&#8230; sont parmis les distingués.</p>
<p><a href="http://www.wiseweb.fr/2012/04/experience-bancaire-du-futur">. Expérience bancaire du futur &#8211; WiseWeb</a><br />
&#8220;Le monde bancaire étant globalement un monde de gestion de flux et d’algorithme, Internet semble être l’outil idéal pour l’optimiser et le transformer&#8221;, estime Nicolas Debock de la direction de la stratégie du Groupe La Poste, qui observe, par le biais de quelques services innovants, comment se restructure l&#8217;expérience bancaire des particuliers et des entreprises.</p>
<p><a href="http://www.slate.fr/lien/54191/mal-bien-morale-molecule-decouverte">On a découvert la molécule de la morale | Slate</a><br />
Pourquoi certains d&#8217;entre nous font attention aux autres et d&#8217;autres sont insensibles et cruels ? Selon Paul J. Zak, auteur de &#8220;La molécule morale&#8221;, ces différences s&#8217;expliqueraient par le taux d&#8217;un messager chimique dans le sang, l&#8217;oxytocine.</p>
<p><a href="http://www.ecrans.fr/Apple-champion-de-l-esquive,14588.html">. Apple, champion de l&#8217;esquive fiscale &#8211; Ecrans.fr</a><br />
Ecrans.fr revient sur la longue enquête que vient de publier le New York Times &#8211; <a href="http://www.nytimes.com/2012/04/29/business/apples-tax-strategy-aims-at-low-tax-states-and-nations.html?_r=3&#038;pagewanted=all">http://www.nytimes.com/2012/04/29/business/apples-tax-strategy-aims-at-low-tax-states-and-nations.html?_r=3&#038;pagewanted=all</a> &#8211; sur les stratégies de domiciliation fiscale d&#8217;Apple aux Etats-Unis et en Europe, qui lui ont permis d&#8217;économiser 1,8 milliard d&#8217;euros d&#8217;impôts en 2011. Les entreprises du numérique peuvent plus facilement localiser leurs bénéfices dans des pays à faible imposition, rappelle le New York Times, encore plus facilement que toutes les autres grandes entreprises du monde. &#8220;Ces deux dernières années, les 71 entreprises technologiques appartenant à l’indice boursier Standard &#038; Poor’s, y compris Apple, Google, Yahoo et Dell, ont publié des taux d’imposition à un taux environ un tiers inférieur aux autres entreprises du même indice [il est de 9,8% pour Apple selon ses propres chiffres publics, ndlr]&#8220;.</p>
<p><a href="http://hlt.media.mit.edu/?p=2182">. High-Low Tech – DIY Cellphone</a><br />
Le téléphone mobile à faire soi-même&#8230; !</p>
<p><a href="http://transportsdufutur.typepad.fr/blog/2012/04/nos-syst%C3%A8mes-de-transport-et-la-r%C3%A9volution-num%C3%A9rique-pourquoi-cela-va-tout-changer.html">. Nos systèmes de transport et la révolution numérique, pourquoi cela va tout changer. &#8211; Les transports du futur</a><br />
L’innovation principale de la Google Car ne viendra pas tant du robot que  du logiciel d’optimisation de la cohorte de robots sur un territoire étendu. L&#8217;avenir de la Google Car est de devenir une plateforme de service partagée. &#8220;Les données deviennent le carburant qui alimente les modèles d’apprentissage ; les codes des logiciels deviennent les organisateurs fixant les règles du jeu&#8221;. </p>
<p><a href="http://bertiaux.fr/2012/04/6-outils-pour-creer-vos-infographies-facilement">. 6 outils pour créer vos infographies facilement- Blog de Florent Bertiaux</a><br />
6 formidables outils pour créer des infographies étonnantes.</p>
<p><a href="http://blog.lefigaro.fr/medias/2012/04/facebook-derniers-chiffres-et.html">. Facebook : derniers chiffres et nouvelles données &#8211; Etreintes digitales</a><br />
Marie-Catherine Beuth revient sur les derniers chiffres de Facebook qui a annoncé avoir dépassé ses 901 millions de membres actifs par mois et 526 millions d&#8217;utilisateurs quotidiens (dont 83 millions exclusivement mobiles). </p>
<p><a href="http://www.fredcavazza.net/2012/04/26/comment-le-cloud-sinstalle-dans-notre-quotidien">. Comment le cloud s’installe dans notre quotidien &#8211; FredCavazza.net</a><br />
L&#8217;informatique distante est maintenant présente dans notre quotidien sans que nous nous en rendions compte, explique Frédéric Cavazza. Son but : déporter la valeur des logiciels à ce qu&#8217;ils permettent de produire pour déployer des services à valeur ajouté autour de cette production. Pour lutter contre l&#8217;éparpillement de nos fichiers personnels sur différentes machines, nous les plaçons dans les nuages et les éparpillons à nouveau entre différents fournisseurs. Tout l&#8217;enjeu est de voir comment nous en profiterons pour améliorer notre quotidien&#8230; </p>
<div class="feedflare">
<a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=RdB-vaV-TIM:GJ7LlqBqltQ:yIl2AUoC8zA"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?d=yIl2AUoC8zA" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=RdB-vaV-TIM:GJ7LlqBqltQ:7Q72WNTAKBA"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?d=7Q72WNTAKBA" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=RdB-vaV-TIM:GJ7LlqBqltQ:V_sGLiPBpWU"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?i=RdB-vaV-TIM:GJ7LlqBqltQ:V_sGLiPBpWU" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=RdB-vaV-TIM:GJ7LlqBqltQ:dnMXMwOfBR0"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?d=dnMXMwOfBR0" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=RdB-vaV-TIM:GJ7LlqBqltQ:D7DqB2pKExk"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?i=RdB-vaV-TIM:GJ7LlqBqltQ:D7DqB2pKExk" border="0"></img></a>
</div><img src="http://feeds.feedburner.com/~r/internetactu/bcmJ/~4/RdB-vaV-TIM" height="1" width="1"/>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.internetactu.net/2012/05/07/a-lire-ailleurs-du-30042012-au-07052012/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		<feedburner:origLink>http://www.internetactu.net/2012/05/07/a-lire-ailleurs-du-30042012-au-07052012/</feedburner:origLink></item>
		<item>
		<title>Construire des ordinateurs avec des crabes : l’informatique des systèmes vivants</title>
		<link>http://feedproxy.google.com/~r/internetactu/bcmJ/~3/8dAQZKD4JGM/</link>
		<comments>http://www.internetactu.net/2012/05/03/construire-des-ordinateurs-avec-des-crabes-linformatique-des-systemes-vivants/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 03 May 2012 05:00:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rémi Sussan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Innovation, RD]]></category>
		<category><![CDATA[Technologies]]></category>
		<category><![CDATA[apprenti sorcier]]></category>
		<category><![CDATA[futur]]></category>
		<category><![CDATA[NBIC]]></category>
		<category><![CDATA[prospective]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.internetactu.net/?p=17007</guid>
		<description><![CDATA[On se demande parfois, face à certaines expériences, si les scientifiques cherchent juste à montrer ce qu&#8217;ils sont capables de faire, ou si au contraire on se trouve face à un élément d&#8217;une construction qui s’avérera, dans quelques années, tout à fait révolutionnaire. 
C&#8217;est sans doute le cas des travaux d&#8217;une équipe de l&#8217;université de Kobé exposés par la Technology&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>On se demande parfois, face à certaines expériences, si les scientifiques cherchent juste à montrer ce qu&#8217;ils sont capables de faire, ou si au contraire on se trouve face à un élément d&#8217;une construction qui s’avérera, dans quelques années, tout à fait révolutionnaire. </p>
<p>C&#8217;est sans doute le cas des travaux d&#8217;une équipe de l&#8217;université de Kobé exposés par la <i><a href="http://www.technologyreview.com/blog/arxiv/27730/">Technology Review</a></i>, associant Yukio-Pegio Gunji du <a href="http://www.research.kobe-u.ac.jp/fsci-nonlinear/">laboratoire de science nonlinéaire</a>, Yuta Nishiyama <a href="http://www.planet.sci.kobe-u.ac.jp/index_e.html">du département des sciences de la terre et de la planète de l&#8217;université de Kobé</a> et <a href="http://uncomp.uwe.ac.uk/adamatzky/">Andrew Adamatzky</a> du <a href="http://uncomp.uwe.ac.uk/">Centre international d&#8217;informatique non conventionnel</a>. Ceux-ci ont réussi à reconstituer un ordinateur primitif en utilisant une espèce particulière de crabes des sables. </p>
<p>Tout d&#8217;abord qu&#8217;est-ce qu&#8217;un ordinateur ? De manière purement abstraite, il s’agit d&#8217;un système capable d&#8217;effectuer des opérations logiques issues de l&#8217;algèbre booléenne, par exemple le &#8220;OU&#8221; logique (une proposition donnée est vraie si A est vrai ou B est vrai, ou les deux) ou le &#8220;ET&#8221; (la proposition est vraie si A et B sont tous les deux vrais). A partir du moment où on est capable de simuler l’ensemble des opérations logiques, on obtient un &#8220;ordinateur&#8221;&#8230; en théorie. </p>
<p>Les chercheurs ont essayé de créer un tel système avec une population de crabes soldats, de très petits crustacés, qui se déplacent en meute et dont le comportement se caractérise par le fait que les crabes situés au centre du groupe se contentent d’agir comme leurs voisins, tandis que ceux qui se trouvent à la périphérie se comportent en &#8220;leaders&#8221;: ce sont eux qui mènent les autres dans  une direction spécifique. </p>
<p>Les chercheurs ont construit une série de murs dans lesquels pouvaient se déplacer les animaux. Les &#8220;leaders&#8221;, spontanément, cherchaient à suivre le mur et entraînaient leur groupe avec eux. A ce moment, expliquent les auteurs de l&#8217;article, le groupe de crabes se conduit comme une boule de billard. </p>
<p>Partant de là, les chercheurs on tenté de créer des &#8220;parcours&#8221; pour différents groupes de crabes, en faisant se rencontrer deux groupes à des croisements et ainsi programmer des portes logiques OU et ET. </p>
<p>Comme un dessin est plus explicite qu&#8217;un discours, les deux illustrations ci-dessous,<a href="http://arxiv.org/pdf/1204.1749v1.pdf"> tirées de l&#8217;article original (.pdf)</a>, nous montrent des exemples de portes OU et ET. Dans la première, les deux balles fusionnent pour prendre l&#8217;allée centrale.</p>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/05/http___arxiv.org_pdf_1204ou-300x210.jpg" alt="http___arxiv.org_pdf_1204ou" title="http___arxiv.org_pdf_1204ou" width="300" height="210" class="alignnone size-medium wp-image-17011" /></p>
<p>Dans la seconde, on voit que trois chemins s&#8217;ouvrent à elles à partir du carrefour. Le ET n&#8217;est vrai que si, à nouveau, les deux groupes se réunissent pour prendre ensemble l&#8217;allée centrale. Il est faux si l&#8217;un des deux groupes choisit une voie différente. L&#8217;équipe a d’abord travaillé sur des simulations, puis avec de vrais crabes. L’opération a bien réussi pour le OU explique la <i>Technology Review</i>, mais a posé quelques problèmes pour le ET. </p>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/05/http___arxiv.org_pdf_1204-300x213.jpg" alt="http___arxiv.org_pdf_1204" title="http___arxiv.org_pdf_1204" width="300" height="213" class="alignnone size-medium wp-image-17012" /></p>
<h3>A quoi ça sert ?</h3>
<p>Évidemment, on, peut se demander quelle est l&#8217;utilité d&#8217;un tel travail. Il en présente à mon avis plusieurs. La <i>Technology Review</i> nous rappelle que l&#8217;idée de construire un ordinateur avec des boules de billard date des années 80, elle a été formulée par les chercheurs <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Edward_Fredkin">Edward Fredkin</a> et <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Tommaso_Toffoli">Tommaso Toffoli</a>. Or, Ed Fredkin est connu pour avoir le premier popularisé la théorie selon laquelle l&#8217;univers entier serait le produit d&#8217;une computation (position qui lui est contestée par <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Stephen_Wolfram">Stephen Wolfram</a>, qui prétend avoir eu cette idée avant). En fait, ce genre de travaux trouve leur place dans le projet de &#8220;programmation du monde&#8221; : on peut effectivement faire des ordinateurs à partir de n&#8217;importe quoi. D&#8217;ailleurs, ce n&#8217;est pas la première fois qu&#8217;on utilise des êtres vivants pour effectuer un calcul. On a déjà employé une espèce proche du champignon, le <a href="http://www.internetactu.net/2009/09/02/memristor-le-composant-manquant/">physarum</a>, pour résoudre l&#8217;algorithme (très compliqué) du &#8220;voyageur de commerce&#8221;. Neil Gershenfeld, l&#8217;inventeur des Fablabs, a quant à lui inventé des <a href="http://www.sciencemag.org/content/315/5813/832.short">&#8220;ordinateurs à bulles</a>&#8220;, purement liquides, implémentés dans un milieu microfluidique (autrement dit, il ne s&#8217;agit pas de bulles de savon, mais de bulles microscopiques se déplaçant le long de parois très fines.). </p>
<p>Mais il y a un autre aspect très important dans l&#8217;expérience des crabes. Bien que les groupes de crabes se conduisent comme des boules de billard, ce ne sont pas des boules de billard, mais des systèmes vivants. Le philosophe <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Gregory_Bateson">Gregory Bateson</a> recourait volontiers au roman <i>Alice au pays des merveilles</i> pour expliquer la différence entre le vivant et le monde inorganique étudié par la physique. Si vous tapez sur une balle de golf, vous pouvez en déduire sa vitesse et sa trajectoire uniquement en prenant en compte les différents paramètres de force et de direction imprimés par le club. Mais dans Alice, les joueurs utilisent des flamands roses en guise de clubs. Ceux-ci n&#8217;arrêtent pas de bouger, de tourner la tête, ce qui rend bien sûr la partie plus compliquée. Ce que montre les chercheurs de l&#8217;université de Kobé c&#8217;est qu&#8217;il est possible, non seulement de réduire l&#8217;effet flamand rose, mais mieux encore, de l&#8217;exploiter. Ce n&#8217;est pas en contrariant le comportement naturel des crabes que les chercheurs ont réussi à bâtir leurs portes logiques, mais en l&#8217;utilisant. C&#8217;est en remarquant une caractéristique particulière des crabes soldats, la différence entre les leaders et les suiveurs au sein d&#8217;un groupe, qu&#8217;ils ont réussi (en partie) leur opération. Ils ont été capables de jouer au golf avec des flamands roses. </p>
<p>La programmation des systèmes vivants et complexes (les &#8220;flamands roses&#8221;) est un des grands enjeux de demain. Le système des <a href="http://www.internetactu.net/2008/10/15/biohacking-a-lecole-des-apprentis-sorciers/">biobricks</a>, par exemple, repose sur l&#8217;hypothèse qu&#8217;il va être possible de programmer l&#8217;ADN à la manière d&#8217;un ordinateur, alors que l’environnement de la cellule est un système complexe hautement imprévisible. Déjà, lors de la conférence <a href="http://www.internetactu.net/2011/09/13/la-vie-artificielle-20-ans-apres-14-entre-la-machine-et-le-vivant/">Artificial Life</a> qui s&#8217;est tenue à Paris en août, Ricard Solé se posait la question de savoir s&#8217;il était possible d’implémenter des portes logiques au sein d&#8217;un organisme vivant, par exemple notre propre corps. Il y existe déjà, <a href="http://www.internetactu.net/2007/06/25/des-ordinateurs-dans-nos-cellules/">comme nous l&#8217;avons signalé</a>, des travaux effectués en ce domaine. </p>
<p>En allant plus loin, on peut se demander si des systèmes informatiques naturels, comme celui développé avec les crabes, ne permettraient pas à un écosystème de donner des réponses précises sur son état. Dans un texte important, <a href="http://www.internetactu.net/2006/10/09/les-manipulations-genetiques-bientot-a-la-portee-de-tous/">Rob Carlson</a> se demandait si le meilleur moyen d’assurer la sécurité dans un monde envahi par la biologie synthétique ne serait pas &#8220;d&#8217;utiliser la biologie contre les risques qu&#8217;elle suscite&#8221;, autrement dit utiliser des organismes génétiquement modifiés qui changeraient leur apparence ou leur comportement face à une menace environnementale afin de la repérer plus tôt et plus facilement. Peut-être peut-on aller plus loin, et demander à l&#8217;écosystème entier de calculer et nous donner certaines réponses plus précises sur les dangers présents.</p>
<p>Enfin, l&#8217;article s&#8217;achève sur une phrase curieuse (ironie ?) : <i>&#8220;aucun crabe, nous affirme-t-on, n&#8217;a été malmené ou blessé pendant l’expérience&#8221;</i>. Une attention touchante lorsqu&#8217;on sait qu&#8217;on cuisine allègrement leurs congénères plus volumineux en les plongeant vivants dans l&#8217;eau bouillante. Au-delà de son aspect anecdotique, cette note nous amène à nous interroger sur les limites éthiques de la programmation du vivant. Quels organismes nous permettrons-nous d&#8217;exploiter dans nos futures computations : des bactéries, des unicellulaires, des vertébrés ? Des foules humaines ?</p>
<p>Rémi Sussan  </p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/apprenti-sorcier/" title="apprenti sorcier" rel="tag nofollow">apprenti sorcier</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/futur/" title="futur" rel="tag nofollow">futur</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/nbic/" title="NBIC" rel="tag nofollow">NBIC</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/prospective/" title="prospective" rel="tag nofollow">prospective</a><br />
<div class="feedflare">
<a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=8dAQZKD4JGM:ZDZTgdGlXJs:yIl2AUoC8zA"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?d=yIl2AUoC8zA" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=8dAQZKD4JGM:ZDZTgdGlXJs:7Q72WNTAKBA"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?d=7Q72WNTAKBA" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=8dAQZKD4JGM:ZDZTgdGlXJs:V_sGLiPBpWU"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?i=8dAQZKD4JGM:ZDZTgdGlXJs:V_sGLiPBpWU" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=8dAQZKD4JGM:ZDZTgdGlXJs:dnMXMwOfBR0"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?d=dnMXMwOfBR0" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=8dAQZKD4JGM:ZDZTgdGlXJs:D7DqB2pKExk"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?i=8dAQZKD4JGM:ZDZTgdGlXJs:D7DqB2pKExk" border="0"></img></a>
</div><img src="http://feeds.feedburner.com/~r/internetactu/bcmJ/~4/8dAQZKD4JGM" height="1" width="1"/>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.internetactu.net/2012/05/03/construire-des-ordinateurs-avec-des-crabes-linformatique-des-systemes-vivants/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>2</slash:comments>
		<feedburner:origLink>http://www.internetactu.net/2012/05/03/construire-des-ordinateurs-avec-des-crabes-linformatique-des-systemes-vivants/</feedburner:origLink></item>
		<item>
		<title>Internet nous rend-il seul ? Non !</title>
		<link>http://feedproxy.google.com/~r/internetactu/bcmJ/~3/kM3FN9aGSEk/</link>
		<comments>http://www.internetactu.net/2012/05/02/internet-nous-rend-il-seul-non/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 02 May 2012 05:00:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Communication interpersonnelle]]></category>
		<category><![CDATA[Débats]]></category>
		<category><![CDATA[Education et formation]]></category>
		<category><![CDATA[Santé]]></category>
		<category><![CDATA[Usages]]></category>
		<category><![CDATA[économie de l'attention]]></category>
		<category><![CDATA[corps]]></category>
		<category><![CDATA[déconnexion]]></category>
		<category><![CDATA[jeunes]]></category>
		<category><![CDATA[psychologie]]></category>
		<category><![CDATA[réseaux sociaux]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.internetactu.net/?p=16989</guid>
		<description><![CDATA[&#8220;Nous vivons dans un isolement qui aurait été inimaginable pour nos ancêtres, et pourtant nous n&#8217;avons jamais été plus accessibles&#8221; via les technologies de la communication et les médias sociaux, estime l&#8217;écrivain Stephen Marche pour The Atlantic. 
La montée de la solitude ?
Selon lui, nos médias sociaux interfèrent avec nos amitiés réelles. Pour preuve, Stephen Marche (@StephenMarche) en appelle&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><i>&#8220;Nous vivons dans un isolement qui aurait été inimaginable pour nos ancêtres, et pourtant nous n&#8217;avons jamais été plus accessibles&#8221;</i> via les technologies de la communication et les médias sociaux, <a href="http://www.theatlantic.com/magazine/archive/1969/12/is-facebook-making-us-lonely/8930/">estime l&#8217;écrivain Stephen Marche pour <i>The Atlantic</i></a>. </p>
<h3>La montée de la solitude ?</h3>
<p>Selon lui, nos médias sociaux interfèrent avec nos amitiés réelles. Pour preuve, <a href="http://stephenmarche.blogspot.fr/">Stephen Marche</a> (<a href="http://twitter.com/#!/stephenmarche">@StephenMarche</a>) en appelle aux travaux du sociologue <a href="http://www.ericklinenberg.com">Erik Klinenberg</a> (<a href="http://twitter.com/#!/ericklinenberg">@ericklinenberg</a>), auteur de <i><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/1594203229/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;tag=internetnet-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=1594203229">Going Solo : la montée de l&#8217;extraordinaire et surprenant appel à vivre seul </a></i>. Dans son ouvrage, Klinenberg explique que la vie solitaire se développe plus que jamais : 27 % des ménages américains sont composés d&#8217;une seule personne, alors qu&#8217;on ne comptait que 10 % de foyers composés d&#8217;une seule personne dans les années 50. 35 % des adultes de plus de 45 ans sont chroniquement solitaires, <a href="http://www.aarp.org/personal-growth/transitions/info-09-2010/loneliness_2010.html">estime une étude de l&#8217;AARP</a> (<a href="http://assets.aarp.org/rgcenter/general/loneliness_2010.pdf">voir le détail .pdf</a>), l&#8217;association américaine des personnes retraitées (soit 20 % de plus qu&#8217;il y a 10 ans). Selon une autre étude, 20 % des Américains seraient malheureux du fait de leur solitude. Et encore, on peine à distinguer le fait de se sentir seul et le fait d&#8217;être seul&#8230; rappelle l&#8217;écrivain. Car c&#8217;est aussi la qualité de nos relations aux autres qui se dégradent&#8230; <a href="http://asr.sagepub.com/content/71/3/353.short">Selon une autre étude</a> réalisée par des sociologues de la Duke university, la taille moyenne de nos réseaux de confidents, c&#8217;est-à-dire de gens auxquels nous savons nous confier, serait passée de 2,94 personnes en 1985 à 2,08 en 2004, rapporte Stephen Marche. En 1985, 10 % des Américains déclaraient n&#8217;avoir personne avec qui discuter de questions importantes et 15 % avouaient n&#8217;avoir qu&#8217;un seul vrai ami. En 2004, 25 % n&#8217;avaient personne à qui parler et 20 % reconnaissaient n&#8217;avoir qu&#8217;un seul confident&#8230; Bref, non seulement nous sommes plus isolés, mais, selon certaines études, nous rencontrons moins de gens et nous réunissons moins.<br />
Face à cette désintégration sociale, les confidents de remplacements ont explosé. Le nombre de psychologues, de travailleurs sociaux, de thérapeutes a explosé, <a href="http://www.hoover.org/publications/policy-review/article/5339">explique Ronald Dworkin</a>. <i>&#8220;Nous avons externalisé le travail de soin quotidien&#8221;</i> auprès de gens dont c&#8217;est désormais le travail. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/04/orenlivio01.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/04/orenlivio01.png" alt="orenlivio01" title="orenlivio01" width="540" height="383" class="alignnone size-full wp-image-16998" /></a><br />
<i>Image : Rittenhouse Square (Philadelphie), photographié par Oren Livio pour <a href="http://www.mysocialnetwork.net/downloads/WirelessPlacesPhotoEssay.pdf">La vie sociale d&#8217;un espace urbain connecté (.pdf)</a>. 25 % des gens observés avec leurs machines dans le parc ne l&#8217;avaient jamais visité avant que l&#8217;internet n&#8217;y soit disponible.</i></p>
<p>Mais si nous sommes seuls, c&#8217;est aussi parce que nous voulons être seuls. Cela fait désormais parti d&#8217;un mode de vie &#8211; l&#8217;individualisme &#8211; et d&#8217;une forme d&#8217;accomplissement de soi. </p>
<h3>Facebook nous isole-t-il ?</h3>
<p>Reste à savoir si l&#8217;internet rend les gens solitaires ou si les gens solitaires sont attirés par l&#8217;internet&#8230; </p>
<p>Stephen Marche n&#8217;hésite pas à convoquer pour sa démonstration une vieille lanterne de l&#8217;internet, &#8220;le paradoxe internet&#8221; qui dans les années 90 nous expliquait que l&#8217;impact de l&#8217;internet sur la socialisation était globalement négatif (un paradoxe que ses auteurs, tels <a href="http://kraut.hciresearch.org/">Robert Kraut</a> de l’université Carnegie Mellon, avaient eux-mêmes fini par démonter &#8211; voir notre article de 2003 <a href="http://www.internetactu.net/2003/06/13/des-chercheurs-changent-davis-limpact-de-linternet-sur-la-socialisation-est-globalement-positif/">Des chercheurs changent d&#8217;avis : l&#8217;impact de l&#8217;internet sur la socialisation est globalement positif&#8221;</a>). Il cite également une <a href="http://dl.acm.org/citation.cfm?id=2007616">récente étude australienne</a> qui a mis en avant une relation complexe entre solitude et socialisation en ligne. Selon l&#8217;étude, les utilisateurs australiens de Facebook avaient en moyenne plus de relations amicales réelles, mais moins de relations familiales fortes. <i>&#8220;Il se peut que Facebook encourage plus de contact avec les gens en dehors de notre maison, au détriment de nos relations familiales, ou bien il se peut que les gens qui ont des relations familiales malheureuses, en premier lieu, recherchent la compagnie par d&#8217;autres moyens, y compris Facebook. Les chercheurs ont également constaté que les personnes seules ont tendance à passer plus de temps sur Facebook : &#8220;Un des résultats les plus remarquables&#8221;, écrivent-ils, &#8220;a été la tendance des individus névrosés et solitaires à passer de plus grandes quantités de temps sur Facebook par jour que les individus non solitaires &#8220;.  Ils ont également trouvé que les gens névrosés ont plus tendance à utiliser le mur de Facebook, alors que les extravertis ont plutôt tendance à plus utiliser les fonctionnalités de tchat.&#8221;</i></p>
<p><a href="http://www.thoughtcrumbs.com/">Moira Burke</a> (<a href="http://twitter.com/#!/grammarnerd">@grammarnerd</a>) de l&#8217;<a href="http://www.hcii.cmu.edu/">Institut d&#8217;interaction Homme-Machine</a> de l&#8217;université Carnegie Mellon est en train de réaliser une étude longitudinale sur 1200 utilisateurs de Facebook. Selon elle, l&#8217;effet Facebook repose sur ce que vous lui apportez. Si vous utilisez Facebook pour communiquer directement avec d&#8217;autres personnes, en commentant les messages de vos amis, en faisant des messages personnalisés, alors, Facebook peut augmenter votre capital social. Les gens dont leurs amis leur écrivent sur un mode semi-public sur Facebook ont une expérience de solitude moins forte que ceux qui l&#8217;utilisent d&#8217;une manière trop automatique. L&#8217;usage non personnalisé de Facebook, consistant à l&#8217;utiliser de manière passive en diffusant automatiquement des messages, corrèle les utilisateurs à un sentiment de déconnexion. </p>
<p>Cependant, insiste avec raison Moira Burke, Facebook ne créée par la solitude. Les gens qui éprouvent de la solitude sur Facebook sont également des gens seuls en dehors de Facebook. Sur Facebook comme ailleurs, corrélation n&#8217;est pas causalité. Les gens qui souffrent de la solitude en souffrent autant sur Facebook que sans Facebook. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/04/orenlivio02.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/04/orenlivio02.png" alt="orenlivio02" title="orenlivio02" width="540" height="383" class="alignnone size-full wp-image-16999" /></a><br />
<i>Image : Bryant Park (New York), photographié par Oren Livio pour <a href="http://www.mysocialnetwork.net/downloads/WirelessPlacesPhotoEssay.pdf">La vie sociale d&#8217;un espace urbain connecté (.pdf)</a>. Certes, les gens utilisent leurs outils informatiques dans l&#8217;espace public pour discuter avec des gens qui n&#8217;y sont pas présents. Mais la moitié d&#8217;entre eux les utilisent pour lire des informations ou recevoir de l&#8217;information politique. L&#8217;usage de nos ordinateurs dans l&#8217;espace public est-il une nouvelle forme d&#8217;espace public ?</i></p>
<p>Cela n&#8217;empêche pas Stephen Marche d&#8217;essayer de continuer sa démonstration pourtant devenue boiteuse. Il convoque alors <a href="http://psychology.uchicago.edu/people/faculty/cacioppo/index.shtml">John Cacioppo</a> (<a href="http://twitter.com/#!/j_cacioppo">@j_cacioppo</a>), directeur du <a href="http://ccsn.uchicago.edu/">Centre de neuroscience cognitive et sociale</a> de l&#8217;université de Chicago, auteur de <a href="http://www.amazon.fr/gp/product/0393335283/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;tag=internetnet-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=0393335283"><i>Solitude</i></a>, un livre qui s&#8217;intéressait en profondeur à &#8220;l&#8217;épidémie&#8221; de solitude qui affecte les fonctions de base de la physiologie humaine. Pour Cacioppo, la communication sur l&#8217;interne est un ersatz d&#8217;intimité. Cependant, là encore, le neuroscientifique peine à aller dans le sens de Stephen Marche. <i>&#8220;Les gens apportent leurs sentiments de solitude ou de connectivité à Facebook.&#8221;</i> C&#8217;est la profondeur de son réseau social en dehors de Facebook qui détermine la profondeur de son réseau social au sein de Facebook, avance trop rapidement le neuroscientifique. C&#8217;est sans compter sur la vertu des liens faibles. Si vous utilisez Facebook pour accroitre vos contacts, alors il peut augmenter votre capital social. <a href="http://www.internetactu.net/2011/11/17/refaire-societe-quels-nouveaux-lieux-de-convivialite/">Comme le soulignait Dominique Cardon</a>, les sites sociaux ont tendance à décloisonner l&#8217;espace relationnel de l&#8217;individu, plutôt que le contraire.  </p>
<h3>Facebook modifie-t-il la nature de notre solitude ?</h3>
<p><i>&#8220;Facebook favorise-t-il la sociabilité sans ses désagréments ?&#8221;</i>, interroge encore Stephen Marche. Pour <a href="http://www.mit.edu/~sturkle/">Sherry Turkle</a> (<a href="http://twitter.com/#!/sturkle">@sturkle</a>), les liens que nous formons via l&#8217;internet ne sont pas des liens qui lient, comme elle l&#8217;exprimait déjà dans son livre, <i><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/0465010210/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;tag=internetnet-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=0465010210">Seul ensemble</a></i> (voir <a href="http://www.internetactu.net/2011/01/19/quand-la-technologie-devient-larchitecte-de-notre-intimite/">&#8220;Quand la technologie devient l&#8217;architecte de notre intimité&#8221;</a>). Facebook développerait notre narcissisme estime la psychologue : un narcissisme qui symbolise à la fois notre désir d&#8217;attention et notre manque d&#8217;empathie. Or, ces deux facteurs sont également les moteurs de la solitude. <i>&#8220;Le vrai danger de Facebook n&#8217;est pas qu&#8217;il nous isole, mais qu&#8217;en mélangeant notre appétit pour l&#8217;isolement et la vanité, il modifie la nature même de notre solitude&#8221;</i>, estime la chercheuse, qui développe d&#8217;ailleurs son point de vue dans <a href="http://www.nytimes.com/2012/04/22/opinion/sunday/the-flight-from-conversation.html?_r=2&#038;pagewanted=1&#038;ref=opinion&#038;pagewanted=all">un long article pour le <i>New York Times</i></a> (<a href="http://www.rslnmag.fr/post/2012/04/24/Sherry-Turkle-171;-les-outils-numeriques-nous-servent-a-fuir-les-conversations-187;.aspx">en grande partie traduit par RSLNmag</a>). <i>&#8220;Dans le silence de la connexion, les gens sont rassurés en étant en contact avec un grand nombre de personnes &#8211; soigneusement tenues à distance. Nous n&#8217;en avons jamais assez de l&#8217;autre, tant que nous pouvons utiliser la technologie pour garder l&#8217;autre à une distance que nous pouvons contrôler : pas trop près, pas trop loin, juste comme il faut.&#8221;</i> </p>
<p><i>&#8220;Les relations humaines sont riches, mais elles sont aussi bordéliques et exigeantes. Nous avons pris l&#8217;habitude de les nettoyer avec la technologie&#8221;</i>, explique la psychologue en évoquant la manière dont nous nous tenons éloignés les uns des autres via nos écouteurs, nos téléphones mobiles et nos messageries instantanées. </p>
<p><i>&#8220;Les conversations en face à face se déroulent lentement. Elles apprennent la patience. Lorsque nous communiquons via nos appareils numériques, nous prenons d&#8217;autres habitudes. (&#8230;) Nous attendons des réponses rapides. Pour les obtenir, nous posons des questions plus simples, nous nivelons par le bas nos communications, même sur les questions les plus importantes.&#8221;</i> En oubliant la valeur des conversations réelles, estime la chercheuse, nous risquons de mettre à mal nos compétences à l&#8217;autoréflexion. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/04/orenlivio04.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/04/orenlivio04.png" alt="orenlivio04" title="orenlivio04" width="540" height="359" class="alignnone size-full wp-image-17002" /></a><br />
<i>Image : Bryant Park (New York), photographié par Oren Livio pour <a href="http://www.mysocialnetwork.net/downloads/WirelessPlacesPhotoEssay.pdf">La vie sociale d&#8217;un espace urbain connecté (.pdf)</a>. Pour certains utilisateurs d&#8217;internet dans l&#8217;espace public des parcs, l&#8217;usage d&#8217;internet amène plus d&#8217;opportunités à être exposé à la diversité et à la participation politique que les interactions traditionnelles de l&#8217;espace public. </i></p>
<p>Dans notre relation aux autres via la technologie, nous avons souvent l&#8217;impression que personne ne nous écoute. Pour Sherry Turckle, cela explique pourquoi nous sommes prêts à parler à des machines &#8211; comme Siri ou <a href="http://www.internetactu.net/2006/12/12/et-si-les-robots-de-compagnie-etaient-une-mauvaise-reponse-a-notre-melancolie/">les robots de compagnie</a> &#8211; qui semblent plus se soucier de nous que nos &#8220;amis&#8221; réels. Nous semblons de plus en plus attirés par les technologies qui <i>&#8220;fournissent l&#8217;illusion de la compagnie sans les exigences de la relation&#8221;</i>. En fait, explique la chercheuse, <i>&#8220;nos dispositifs toujours connectés et toujours disponibles résolvent trois fantasmes puissants : celui que nous serions toujours entendus, celui que nous pourrions mettre notre attention partout où nous voulons qu&#8217;elle soit et celui que nous n&#8217;aurions plus jamais à être seul. Et en effet, nos appareils ont transformé notre solitude en un problème qui peut être résolu.&#8221;</i> </p>
<p><i>&#8220;Nos connexions fonctionnent comme un symptôme plutôt que comme un remède, et notre constante et réflexive impulsion à se connecter relève d&#8217;une nouvelle façon d&#8217;être&#8221;</i>. Nul ne se promène plus sur la plage de cap Cod en levant la tête, tout le monde à l&#8217;attention fixé à son téléphone, plongé dans son réseau, se désole la psychologue.</p>
<p><i>&#8220;Alors que la solitude était importante pour l&#8217;autoréflexion et l&#8217;autoréinvention de soi en nous permettant d&#8217;oublier les autres, la solitude de Facebook nous prive de la chance de nous oublier nous-mêmes en nous projetant toujours face aux autres&#8221;</i>, conclut Stephen Marche. </p>
<h3>Il n&#8217;y a pas d&#8217;épidémie de solitude</h3>
<p>Le sociologue <a href="http://madeinamericathebook.wordpress.com/">Claude Fischer</a> de l&#8217;université de Californie, <a href="http://www.bostonreview.net/BR37.3/claude_s_fischer_loneliness_facebook.php">pour la <i>Boston Review</i></a>, répond assez simplement à cette épidémie de livres et d&#8217;articles sur la montée de la solitude. Si on observe le sujet sur le temps long, la montée de la solitude est loin d&#8217;être avérée. Même les sociologues de la Duke University qui estimaient que l&#8217;évolution du pourcentage d&#8217;Américains déclarant qu&#8217;ils n&#8217;avaient personne à qui se confier (passant de 8 % en 1985 à 25 % en 2004) <a href="http://chronicle.com/article/The-Case-for-American/130480/">ont reconnus en 2009</a>, sous la pression de la critique de Fisher que cette évolution résultait plus certainement d&#8217;une erreur d&#8217;interprétation et que le pourcentage de 2004 devrait être plus proche de 10 % que de 25 %. </p>
<p>Plusieurs enquêtes, menées de 1970 à 2010 ont posé des questions au sujet de nos obligations sociales. Les résultats, compilés dans l&#8217;un des livres de Fischer sous le titre <a href="http://www.amazon.fr/gp/product/087154332X/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;tag=internetnet-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=087154332X"><i>Toujours connectés</i></a> montrent que de nombreux aspects de l&#8217;implication sociale ont certes changé depuis les années 70. Les Américains s&#8217;assoient moins souvent à des diners de famille et reçoivent moins souvent d&#8217;invités chez eux. Cependant, la sociabilité autour de la table n&#8217;a pas disparu, elle s&#8217;est déplacée en dehors de la maison, au restaurant notamment. Les études montrent également que les Américains communiquent plus fréquemment avec leurs parents et amis que dans les années 70. La montée de l&#8217;isolement n&#8217;est pas avérée, estime Claude Fischer. Les technologies ont plutôt tendance à améliorer les relations existantes. </p>
<p>La solitude est différente de l&#8217;isolement, rappelle le sociologue. Les gens qui déclarent qu&#8217;ils se sentent seuls ne sont pas plus susceptibles d&#8217;êtres beaucoup plus isolés socialement que les personnes qui ne se sentent pas seules. La plupart des études montrent que les personnes qui utilisent l&#8217;internet ont tendance à augmenter de manière significative leurs contacts sociaux. Les communications électroniques ne remplacent pas les contacts réels, bien sûr, estime Fisher. Les introvertis vont en ligne pour éviter de rencontrer les gens, mais les extravertis se rendent en ligne pour rencontrer les gens plus souvent. Les gens utilisent les nouveaux médias pour améliorer leurs relations existantes et de plus en plus d&#8217;Américains rencontrent leurs partenaires de vie en ligne. Il y a un siècle, les femmes se sont tournées vers le téléphone et l&#8217;automobile pour les transformer en technologies de la sociabilité, rappelle-t-il. </p>
<p><i>&#8220;La solitude est un problème social parce que les gens solitaires souffrent. Mais ce n&#8217;est pas un problème croissant. La solitude qui devrait nous inquiéter n&#8217;est pas générée par l&#8217;humiliation d&#8217;un ado sur Facebook ou la langueur romantique d&#8217;un romancier. Elle est plutôt la solitude du vieil homme dont la femme et les meilleurs amis sont morts, celle de l&#8217;écolier raillé, de la mère isolée surchargée, et celle du travailleur immigré qui travaille de nuit pour envoyer de l&#8217;argent chez lui. Il n&#8217;y a là rien de nouveau ni de digne de faire de gros titres autour de la solitude, même si elle demeure réelle et importante.&#8221;</i></p>
<h3>C&#8217;est la nature de notre relation à nous-mêmes qui change</h3>
<p><a href="http://www.slate.com/articles/life/culturebox/2012/04/is_facebook_making_us_lonely_no_the_atlantic_cover_story_is_wrong_.html">Dans <i>Slate</i></a>, le sociologue américain Eric Klinenberg répond à Stephen Marche et souligne qu&#8217;il n&#8217;y a aucune preuve que nous soyons plus solitaires que jamais. Il y dénonce le propre mythe que cherche à construire Stephen Marche. Aucun chercheur spécialiste du sujet n&#8217;estime que les gens attendent d&#8217;avoir en ligne ce qui leur manque dans le réel. L&#8217;interprétation par Marche des propos de Klinenberg semble même finalement déplacée. Dans son ouvrage, Klinenberg ne se désole pas du développement de l&#8217;individualisme, mais au contraire, en documente les apports et explique que si les gens vivent seuls ce n&#8217;est pas au profit de l&#8217;augmentation de la solitude, notamment grâce aux nouvelles technologies. <a href="http://www.nytimes.com/2012/02/21/opinion/brooks-the-talent-society.html?_r=1">Dans un récent édito consacré à cet ouvrage et intitulé &#8220;la société du talent&#8221;</a>, l&#8217;éditorialiste David Brooks (<a href="http://twitter.com/#!/davidbrooksnyt">@davidbrooksnyt</a>) faisait une lecture plus juste du livre de Klinenberg. En passant d’une société familiale à une société de gens vivant seuls (mais pas isolés), nous sommes passés d’une société qui protège les gens de leurs faiblesses à une société qui permet aux gens de maximiser leurs talents. Les vieilles structures sociales ont longtemps étouffé la créativité, la nouvelle permet de les maximiser. Dans sa critique, Brooks n&#8217;émettait qu&#8217;une nuance d&#8217;importance, que nous partagerons : dans cette société du talent, la vie est plus difficile pour ceux qui ont le moins de capital social.</p>
<p><a href="http://www.mysocialnetwork.net/">Keith Hampton</a> (<a href="https://twitter.com/#!/mysocnet">@mysocnet</a>), sociologue à l&#8217;université Rutgers réfute également l&#8217;idée que la technologie affaiblisse nos relations, <a href="http://www.smithsonianmag.com/science-nature/How-Technology-Makes-Us-Better-Social-Beings.html">expliquait-il il y a quelques mois au <i>Smithsonian</i></a>. Contrairement à l&#8217;idée répandue que les sites sociaux nous empêchent de participer au monde, le sociologue a montré dans <a href="http://pewinternet.org/Reports/2011/Technology-and-social-networks.aspx">une étude publiée par le Pew internet</a> que les gens qui utilisent des sites sociaux ont tendance à avoir des relations plus étroites avec leurs relations et ont tendance à être plus impliqués dans des activités civiques et politiques que ceux qui ne les utilisent pas. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/04/orenlivio03.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/04/orenlivio03.png" alt="orenlivio03" title="orenlivio03" width="540" height="368" class="alignnone size-full wp-image-17000" /></a><br />
<i>Image : Bryant Park (New York), photographié par Oren Livio pour <a href="http://www.mysocialnetwork.net/downloads/WirelessPlacesPhotoEssay.pdf">La vie sociale d&#8217;un espace urbain connecté (.pdf)</a>. A Bryan Park, les gens utilisent leurs ordinateurs et déclarent que cela limite leurs possibilité d&#8217;interaction. Mais ce n&#8217;est pas tant le résultat de leur usage d&#8217;internet, que la configuration même de l&#8217;espace et de ses petites tables qui tendent à séparer les gens.</i></p>
<p><a href="http://online.wsj.com/article/SB10001424052702303714704576385652183593900.html?mod=WSJ_Tech_LEFTTopNews">En juin 2011, le <i>Wall Street Journal</i> tirait le portrait de la famille Wilson</a> (<a href="http://online.wsj.com/video/07082A59-3E18-4447-90A5-E87ED40F87E6.html">vidéo</a>) une famille de 5 personnes à New York qui maintient collectivement 9 blogs et tweet en continue, sans que cela les empêche aussi d&#8217;avoir une vie de famille normale. Keith Hampton s&#8217;est également intéressé à comment les technologies mobiles sont utilisées dans l&#8217;espace public. Selon une enquête de 2008, 38 % des gens utilisent l&#8217;internet en bibliothèque, 18 % au café et 5 % à l&#8217;Eglise. En imitant le travail de l&#8217;urbaniste William Whyte qui utilisa des méthodes d&#8217;observation anthropologique pour décrire <i>La vie sociale d&#8217;un petit espace urbain</i>, Hampton et ses étudiants ont cherché à décrire un espace d&#8217;aujourd&#8217;hui <i><a href="http://www.mysocialnetwork.net/downloads/wifipublic-knh33-dist.pdf">La vie sociale d&#8217;un espace urbain connecté</a></i> (à compléter par <a href="http://www.mysocialnetwork.net/downloads/WirelessPlacesPhotoEssay.pdf">l&#8217;essai photographique .pdf</a>). Pour le sociologue, ce que les gens font en interagissant avec leurs téléphones, leurs ordinateurs, leurs messageries instantanées depuis l&#8217;espace public ressemble à une forme d&#8217;engagement politique traditionnel. Ils partagent de l&#8217;information et ont des discussions sur des sujets importants, non plus avec les personnes qui sont à proximité, mais avec des personnes plus distantes. Dans leur étude, ils remarquent que les utilisateurs d&#8217;internet connectés depuis l&#8217;espace public ont des conversations plus larges et plus variées que celles qu&#8217;apportent les interactions traditionnelles dans l&#8217;espace public urbain.  </p>
<h3>Notre relation aux autres était-elle mieux avant ?</h3>
<p>Alexandra Samuel (<a href="http://twitter.com/#!/awsamuel">@awsamuel</a>), directrice du  <a href="http://www.simcentre.ca/">Social+ Interactive Media Centre</a> de l&#8217;université de design et d&#8217;art Emily Carr de Vancouver a fait <a href="http://www.theatlantic.com/technology/archive/2012/04/own-it-social-media-isnt-just-something-other-people-do/256212/">une réponse assez provocante à Sherry Turkle sur <i>The Atlantic</i></a>. <i>&#8220;C&#8217;est une tendance troublante que je constate parmi un trop grand nombre de personnes âgées aujourd&#8217;hui. Plutôt que de s&#8217;investir dans des conversations sérieuses et soutenues avec des gens qui les aiment et partagent leurs passions, elles gaspillent leurs temps en interactions sporadiques répondant principalement à une proximité géographique.&#8221;</i><br />
Se soucier des enfants qui choisissent de vivre en ligne est aussi déplacé que de se soucier des personnes âgées qui choisissent de vivre déconnectées&#8221;, répond, cinglante, Alexandra Samuel, dénonçant chez Turkle une obsession passéiste des relations en face à face, comme si nos relations sociales réelles étaient parfaites. Et de se moquer des valeurs et des normes sociales que prône Turkle, face à ces adolescents qui comprennent la connectivité, mais pas la &#8220;vraie&#8221; connexion. Pourquoi nos conversations seraient-elles plus significatives en face à face que via les médias sociaux ?</p>
<blockquote><p>&#8220;Nous pouvons avoir de vraies conversations dans une fenêtre de tchat qui nous maintient connectés toute la journée à notre meilleur ami à l&#8217;autre bout du pays. Nous pouvons embasser l&#8217;importance de la solitude et de l&#8217;autoréflexion, écrire un billet de blog qui creuse profondément un défi personnel &#8211; et même, peut-être, choisir de l&#8217;écrire anonymement afin de partager un plus profond niveau d&#8217;autorévélation que nous n&#8217;aurions pu le faire hors ligne. Nous pouvons vraiment écouter et vraiment nous faire entendre, parce que les groupes affinitaires en ligne nous aident à trouver ou retrouver des amis qui sont prêts à nous rencontrer tels que nous sommes vraiment. </p>
<p>Tels sont les outils, les pratiques et les communautés qui peuvent rendre la vie en ligne non pas éloignée de la conversation, mais plongée dedans. Mais nous ne réaliserons pas ces possibilités aussi longtemps que nous nous accrocherons à une nostalgie pour la conversation telle que nous nous en souvenons, tant que nous décrirons l&#8217;émergence de la culture numérique en terme de conflit générationnel, ou que nous nous déchargerons de toute responsabilité pour la création d&#8217;un monde en ligne dans lequel le lien significatif est la norme plutôt que l&#8217;exception. (&#8230;) Nous ne serons seuls que si nous choisissons de l&#8217;être.&#8221;</p></blockquote>
<h3>Mais pourquoi nous posons-nous cette question ?</h3>
<p><a href="http://technosociology.org">Zeynep Tufekci</a> (<a href="http://www.twitter.com/techsoc">@techsoc</a>), professeur à l&#8217;<a href="http://sils.unc.edu/">Ecole d&#8217;information</a> et au département de sociologie de l&#8217;université de Caroline du Nord, se posait sur son blog la question de savoir <a href="http://technosociology.org/?p=1035">pourquoi cette question de la solitude nous intéressait tant</a>. </p>
<p>Si nos liens forts se sont peut-être distendus, notre connexion a des relations plus éloignées, longtemps apanage des classes sociales supérieures, elle, s&#8217;est globalement améliorée, et elle s&#8217;est plus améliorée pour les internautes que pour les non-internautes. En nous permettant de nous connecter plus facilement à des personnes avec lesquelles on partage des affinités, plutôt qu&#8217;avec des personnes dont on partage une proximité physique, internet permet de mieux combattre l&#8217;isolement. <i>&#8220;Les gens qui peuvent utiliser l&#8217;Internet pour mieux trouver et/ou rester en contact avec les gens avec qui ils partagent des affinités sont plus susceptibles d&#8217;être en mesure de compenser la perte des liens de voisinage/famille.&#8221;</i> L&#8217;isolement social est bien plus la cause de la suburbanisation, des déplacements, de la progression du travail ou du délitement de la vie associative que de la sociabilité en ligne. Nous corrélons des faits qui ne sont pas liés, estime la chercheuse. Notre sentiment d&#8217;isolement n&#8217;a rien à voir avec l&#8217;augmentation de notre connectivité, même si ces deux phénomènes se déroulent en même temps. Nous sommes de mauvais moteurs narratifs : nous avons tendance à dérouler des histoires chaque fois que nous voyons des co-occurences. </p>
<p><i>&#8220;Nos relations sociales en face à face sont LE fondement de la communication humaine. Un bébé de quelques jours réagit différemment à une figure en forme de visage humain qu&#8217;aux mêmes éléments disposés de manière aléatoire. Sourire avec un ami est inimitable. Rien ne remplace le fait d&#8217;étreindre quelqu&#8217;un. Mais cela ne signifie pas que les gens ne peuvent pas avoir de relations significatives s&#8217;ils ne sont pas en face à face, ni que l&#8217;interaction en ligne est à l&#8217;origine d&#8217;une diminution des relations en face à face (les données montrent que les gens qui interagissent socialement en ligne, en moyenne, ont tendance à interagir également plus souvent déconnectés. Les gens les plus sociaux sont plus sociaux, que ce soit en ligne ou hors ligne).&#8221;</i></p>
<p><a href="http://www.theatlantic.com/technology/archive/2012/04/social-medias-small-positive-role-in-human-relationships/256346/">Dans une tribune publiée sur <i>The Atlantic</i></a> Zeynep Tufekci, rappelle encore que, contrairement à ce qu&#8217;avance Sherry Turkle, les médias sociaux ne nous divisent pas. Au contraire, ils sont une tentative, désespérée, des gens à se connecter aux autres, indépendamment de tous les obstacles que la modernité impose à nos vies : la suburbanisation qui nous isole les uns des autres, les migrations qui nous dispersent sur le globe, la machine à consommer et bien sûr, la télévision, la machine à aliéner ultime, qui demeure la forme médiatique dominante. Pour la plupart des gens, l&#8217;enjeu n&#8217;est pas de choisir entre se promener sur la plage de cap Cod et les médias sociaux, mais consiste plutôt à choisir entre télévision et médias sociaux. Rien n&#8217;accable plus Zeynep Tufekci que de lire des articles de panique diabolisant les médias sociaux, quand ils ne regardent pas, tout ce qui, dans le réel, a une action bien plus concrète et bien plus pire. Ceux qui sur la plage de cap Cod ont la tête dans leur mobile ne parlent pas à des robots, ils parlent à des gens qu&#8217;ils jugent importants dans leur vie. </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/04/livio05.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/04/livio05.png" alt="livio05" title="livio05" width="540" height="403" class="alignnone size-full wp-image-17004" /></a><br />
<i>Image : Nathan Phillips Square (Toronto), photographié par Rhonda Mcewen pour <a href="http://www.mysocialnetwork.net/downloads/WirelessPlacesPhotoEssay.pdf">La vie sociale d&#8217;un espace urbain connecté (.pdf)</a>. Les utilisateurs de téléphones mobile ou d&#8217;internet sans fil sont peu attentifs à leur environnement immédiats, même si les stimulis sont forts (comme cette fanfare), mais pas plus que ceux qui lisent des livres ou écoutent de la musique sur des supports plus traditionnels.</i></p>
<p>La socialisation en ligne profite donc avant tout à ceux qui avaient déjà une forte sociabilité hors ligne et souvent à ceux qui souffraient de leur vie sociale réelle. Cependant, concède la chercheuse, il y a bien des gens qui se sentaient à l&#8217;aise dans les conversations en face à face et qui se sentent un peu perdu avec les conversations via les dispositifs technologiques. Ce sont des gens qui n&#8217;utilisent pas ou n&#8217;arrivent pas à utiliser ces outils par manque de compétence ou de disposition à se socialiser par ces moyens. <i>&#8220;De la même manière que les gens sont capables de trouver d&#8217;autres gens d&#8217;après les intérêts communs qu&#8217;ils partagent &#8211; plutôt que d&#8217;interagir avec eux d&#8217;une manière traditionnelle, en partageant une même  proximité géographique &#8211; les gens qui dépendent de la proximité géographique ou familiale pour leur connectivité sociale, se trouvent désavantagés s&#8217;ils ne sont pas capables de développer leurs propres réseaux.&#8221;</i> Dit autrement, nous ne sommes pas tous solubles dans les mêmes formes de sociabilité : certaines nous conviennent mieux que d&#8217;autres. Pour Zeynep Tufekci, certains d&#8217;entre nous ont plus de difficulté à la communication médiatisée que d&#8217;autres, tout comme au début du téléphone beaucoup de gens ne voulaient pas parler dedans, ne sachant pas comment se comporter avec. </p>
<p>C&#8217;est ce que Zeynep Tufekci a surnommé <a href="http://technosociology.org/wp-content/uploads/2012/04/cyberasocial-zeynep-asa-2011.pdf">la &#8220;cyberasocialité&#8221; (.pdf)</a>. La cyberasocialité est l&#8217;incapacité ou la réticence de certaines personnes à se rapporter à d&#8217;autres via les médias sociaux comme ils le font quand ils sont physiquement présents. Pour elle, de la même manière que tout le monde n&#8217;arrive pas à convertir un texte ou un visuel en langage dans leur cerveau, certains ont du mal à assimiler l&#8217;interaction médiatisée en sociabilité. Alors que la sociabilité en face à face est profondément intégrée en nous, ce n&#8217;est pas encore le cas de l&#8217;interaction médiatisée, qu&#8217;il nous faut apprendre comme on a appris la lecture ou l&#8217;écriture. </p>
<p>Il y a peut-être une perte qualitative dans le passage des conversations en face à face aux conversations médiatisées, concède Zeynep Tufekci. Mais c&#8217;est loin d&#8217;être vrai pour tout le monde. Et c&#8217;est là surtout un argument éminemment subjectif. L&#8217;évitement de la conversation, même en face à face, est loin de se résumer à la technologie, même si une télé allumée ou un journal ouvert est un bon moyen pour éviter l&#8217;échange. </p>
<p>Internet ne nous rend pas plus seul que Google ne nous rendait idiot, comme l&#8217;affirmait Nicholas Carr dans <a href="http://www.internetactu.net/2009/01/23/nicolas-carr-est-ce-que-google-nous-rend-idiot/">un article éponyme</a> ou dans son livre (<i>Internet rend-il bête ?</i>) <a href="http://www.internetactu.net/2010/06/29/net-attacks-nos-cerveaux-attaques-par-le-net/">auquel nous avions répondu également</a>. Ca n&#8217;empêchera pas ce marronnier de continuer à éclore régulièrement. Il est toujours plus facile d&#8217;accuser la nouveauté que de comprendre l&#8217;évolution en cours.</p>
<p>Hubert Guillaud </p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/economie-de-lattention/" title="économie de l&#039;attention" rel="tag nofollow">économie de l&#039;attention</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/corps/" title="corps" rel="tag nofollow">corps</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/deconnexion/" title="déconnexion" rel="tag nofollow">déconnexion</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/jeunes/" title="jeunes" rel="tag nofollow">jeunes</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/psychologie/" title="psychologie" rel="tag nofollow">psychologie</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/reseaux-sociaux/" title="réseaux sociaux" rel="tag nofollow">réseaux sociaux</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/usages/" title="Usages" rel="tag nofollow">Usages</a><br />
<div class="feedflare">
<a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=kM3FN9aGSEk:456k3GRS_Wg:yIl2AUoC8zA"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?d=yIl2AUoC8zA" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=kM3FN9aGSEk:456k3GRS_Wg:7Q72WNTAKBA"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?d=7Q72WNTAKBA" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=kM3FN9aGSEk:456k3GRS_Wg:V_sGLiPBpWU"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?i=kM3FN9aGSEk:456k3GRS_Wg:V_sGLiPBpWU" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=kM3FN9aGSEk:456k3GRS_Wg:dnMXMwOfBR0"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?d=dnMXMwOfBR0" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=kM3FN9aGSEk:456k3GRS_Wg:D7DqB2pKExk"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?i=kM3FN9aGSEk:456k3GRS_Wg:D7DqB2pKExk" border="0"></img></a>
</div><img src="http://feeds.feedburner.com/~r/internetactu/bcmJ/~4/kM3FN9aGSEk" height="1" width="1"/>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.internetactu.net/2012/05/02/internet-nous-rend-il-seul-non/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>7</slash:comments>
		<feedburner:origLink>http://www.internetactu.net/2012/05/02/internet-nous-rend-il-seul-non/</feedburner:origLink></item>
		<item>
		<title>Nostalgie de la mèche</title>
		<link>http://feedproxy.google.com/~r/internetactu/bcmJ/~3/xb2A2azDQ6U/</link>
		<comments>http://www.internetactu.net/2012/04/30/nostalgie-de-la-meche/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 30 Apr 2012 05:00:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier de la Porte</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Innovation, RD]]></category>
		<category><![CDATA[Technologies]]></category>
		<category><![CDATA[pdlt]]></category>
		<category><![CDATA[savoir-faire]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.internetactu.net/?p=16978</guid>
		<description><![CDATA[La lecture de la semaine est l&#8217;un des derniers textes postés sur le blog de Nicholas Carr, le célèbre contempteur de l&#8217;internet contemporain. Il reprend ici l&#8217;épilogue de Big Switch, son livre publié en 2008, mais le propos reste d&#8217;actualité. Le texte s&#8217;intitule &#8220;Flamme et filament&#8221;.
&#8220;L&#8217;une des plus grandes inventions de l&#8217;humanité, commence Carr, fut aussi une des plus&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La lecture de la semaine est l&#8217;un des derniers textes postés sur le blog de <a href="http://www.roughtype.com">Nicholas Carr</a>, le célèbre contempteur de l&#8217;internet contemporain. Il reprend ici l&#8217;épilogue de <i><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/0393333949/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;tag=internetnet-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=0393333949">Big Switch</a></i>, son livre publié en 2008, mais le propos reste d&#8217;actualité. Le texte s&#8217;intitule <a href="http://www.roughtype.com/archives/2012/04/flame_and_filam.php">&#8220;Flamme et filament&#8221;</a>.</p>
<p>&#8220;L&#8217;une des plus grandes inventions de l&#8217;humanité, commence Carr, fut aussi une des plus modestes : la mèche. Nous ne savons pas qui est le premier à avoir compris, il y a des milliers d&#8217;années, que le feu pouvait être isolé à l&#8217;extrémité d&#8217;une pièce de fils de tissus entrelacés et alimenté par capillarité grâce à un réservoir de cire ou d&#8217;huile. Mais la découverte fut, selon les dires de Wolfgang Schivelbusch (<a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Wolfgang_Schivelbusch">Wikipédia</a>)  auteur de <i>Disenchanted Night</i> &#8220;aussi révolutionnaire dans le développement de la lumière artificielle que la roue dans l&#8217;histoire du transport&#8221;. La mèche a apprivoisé le feu, permettant qu&#8217;il soit utilisé avec une précision et une efficacité bien plus grandes que lorsqu&#8217;il était porté par une torche de bois ou un faisceau de brindilles. Grâce à ce processus, la mèche a participé à notre propre domestication. Il est difficile d&#8217;imaginer la civilisation aboutissant à son état contemporain grâce à des torches.</p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/04/medium_5038976457.jpg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/04/medium_5038976457.jpg" alt="medium_5038976457" title="medium_5038976457" width="540" class="alignright size-full wp-image-16979" /></a><br />
<i>Image : la mèche, par <a href="http://www.flickr.com/photos/kumaravel/5038976457/">Kumaravel</a>.</i></p>
<p>La mèche a aussi prouvé qu&#8217;elle était une création incroyablement robuste. Elle est restée la technologie d&#8217;éclairage dominante jusqu&#8217;au 19e siècle, quand elle fut remplacée d&#8217;abord par la lampe à gaz puis, de manière plus décisive, par l&#8217;ampoule électrique à incandescence d&#8217;Edison. Plus propre, plus sûre, et même plus efficace que la flamme qu&#8217;elle avait remplacée, l&#8217;ampoule fut accueillie dans les foyers et les bureaux du monde entier. Mais, avec ses nombreux bénéfices pratiques, la lumière électrique a aussi apporté des changements subtils et inattendus à la manière dont les gens vivaient. L&#8217;âtre, la bougie et la lampe à huile avaient toujours été le point focal des foyers. Le feu était, comme le dit Schivelbusch, &#8220;l&#8217;âme de la maison&#8221;. Les familles passaient leurs soirées dans la pièce centrale, autour de la flamme vacillante, à discuter des événements de la journée ou à simplement passer le temps ensemble. La lumière électrique ainsi que le chauffage central ont fait disparaître cette longue tradition. Les membres de la famille ont commencé à passer une plus grande partie de la soirée chacun dans une pièce différente, à étudier, lire ou travailler seuls. Ils ont gagné en vie privée, en autonomie, mais la cohésion familiale s&#8217;est affaiblie.</p>
<p>Froide et constante, la lumière électrique n&#8217;avait pas la forme de la flamme. Elle n&#8217;était ni envoûtante ni apaisante, mais strictement fonctionnelle. Elle a transformé la lumière en un produit industriel. Un Allemand écrivait dans son journal en 1944 que, forcé par les bombardements nocturnes à utiliser des bougies à la place des ampoules, il a été frappé par la différence. &#8220;Nous avons remarqué, écrivait-il, dans la lumière fragile de la bougie, que les objets avaient un profil différent, beaucoup plus marqué : la bougie leur donnait une qualité de réalité&#8221;. Cette qualité, continuait-il &#8220;se perd avec la lumière électrique : les objets donnent l&#8217;impression d&#8217;apparaître beaucoup plus clairement, mais en réalité, elle les écrase. La lumière électrique apporte trop de brillance et les choses perdent corps, contour, et substance &#8211; bref, leur essence&#8221;.</p>
<p>Nous sommes encore attirés, reprend Carr, par la flamme qui brûle au bout d&#8217;une mèche. Nous allumons des bougies pour installer une atmosphère romantique et détendue, ou pour marquer une occasion particulière. Nous achetons des lampes décoratives auxquelles on a donné l&#8217;apparence de bougies ou de chandelier avec des ampoules en forme de flamme. Mais nous ne sommes plus en mesure de savoir à quoi ressemblaient nos intérieurs quand le feu était la source de toute lumière. Le nombre de gens qui se rappelle la vie avant l&#8217;arrivée de l&#8217;ampoule d&#8217;Edison s&#8217;est réduit à presque rien, et quand ils seront tous morts, ils emporteront avec eux la mémoire de ce monde d&#8217;avant, ce monde pré-électrique. Il se passera la même chose, vers la fin de notre siècle, avec les souvenirs du monde d&#8217;avant l&#8217;ordinateur et l&#8217;internet. Nous serons les porteurs de cette mémoire.</p>
<p>Tout changement de technologie est un changement de génération. Le pouvoir et les conséquences d&#8217;une technologie ne s&#8217;épanouissent vraiment que lorsque ceux qui ont grandi avec elle deviennent adultes et repoussent leurs parents dépassés dans les marges. Quand les vieilles générations meurent, elles emportent avec elles le savoir de ce qui a été perdu quand la nouvelle technologie est arrivée, et il ne reste que ce qui a été gagné. C&#8217;est comme cela que le progrès efface ses traces, en réactivant perpétuellement l&#8217;illusion que nous sommes là où nous sommes censés être.&#8221;</p>
<p>Voilà pour ce texte de Nicholas Carr qui prouve une fois de plus qu&#8217;on peut être très critique de l&#8217;Internet&#8230; sans pour autant renoncer à réfléchir et à bien écrire.</p>
<p>Xavier de la Porte</p>
<blockquote><p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/04/au-pays-de-candy.jpg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/04/au-pays-de-candy.jpg" alt="au-pays-de-candy" title="au-pays-de-candy" width="150" class="alignright size-full wp-image-16980" hspace="6" vspace="6" align="right" /></a>Xavier de la Porte, producteur de l’émission <a href="http://www.franceculture.fr/emission-place-de-la-toile.html-1">Place de la Toile</a> sur France Culture, réalise chaque semaine une intéressante lecture d’un article de l’actualité dans le cadre de son émission.</p>
<p><a href="http://www.franceculture.fr/emission-place-de-la-toile-au-pays-de-candy-les-vendeurs-d-armes-de-surveillance-numerique-2012-04-2">L’émission du 28 avril 2012</a> était consacrée aux vendeurs d&#8217;armes de surveillance numérique, en compagnie de <a href="http://jean-marc.manach.net/">Jean-Marc Manach</a> (<a href="http://twitter.com/#%21/manhack">@manhack</a>, journaliste à <a href="http://owni.fr/">Owni.fr</a>, spécialiste des questions de surveillance sur <a href="http://bugbrother.blog.lemonde.fr/">Bug Brother</a> et auteur du livre numérique <i><a href="http://shop.owni.fr/fr/ebook/87-au-pays-de-candy.html">Au pays de Candy, enquête sur les marchands d’armes de surveillance numérique</a></i> chez Owni éditions.</p></blockquote>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/pdlt/" title="pdlt" rel="tag nofollow">pdlt</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/savoir-faire/" title="savoir-faire" rel="tag nofollow">savoir-faire</a><br />
<div class="feedflare">
<a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=xb2A2azDQ6U:c8PkouHPbhQ:yIl2AUoC8zA"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?d=yIl2AUoC8zA" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=xb2A2azDQ6U:c8PkouHPbhQ:7Q72WNTAKBA"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?d=7Q72WNTAKBA" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=xb2A2azDQ6U:c8PkouHPbhQ:V_sGLiPBpWU"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?i=xb2A2azDQ6U:c8PkouHPbhQ:V_sGLiPBpWU" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=xb2A2azDQ6U:c8PkouHPbhQ:dnMXMwOfBR0"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?d=dnMXMwOfBR0" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=xb2A2azDQ6U:c8PkouHPbhQ:D7DqB2pKExk"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?i=xb2A2azDQ6U:c8PkouHPbhQ:D7DqB2pKExk" border="0"></img></a>
</div><img src="http://feeds.feedburner.com/~r/internetactu/bcmJ/~4/xb2A2azDQ6U" height="1" width="1"/>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.internetactu.net/2012/04/30/nostalgie-de-la-meche/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		<feedburner:origLink>http://www.internetactu.net/2012/04/30/nostalgie-de-la-meche/</feedburner:origLink></item>
		<item>
		<title>A lire ailleurs du 23/04/2012 au 30/04/2012</title>
		<link>http://feedproxy.google.com/~r/internetactu/bcmJ/~3/taWKCO0osnY/</link>
		<comments>http://www.internetactu.net/2012/04/30/a-lire-ailleurs-du-23042012-au-30042012/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 30 Apr 2012 03:00:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Internetactu</dc:creator>
				<category><![CDATA[A lire ailleurs]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.internetactu.net/2012/04/30/a-lire-ailleurs-du-23042012-au-30042012/</guid>
		<description><![CDATA[. Adieu Facebook, je t’aimais bien &#8211; Télérama.fr
(Depuis l&#8217;Open Graph) &#8220;Tu ne vends plus ce qu&#8217;on aime, tu vends ce qu&#8217;on fait, ce qu&#8217;on est, parfois malgré nous. Il faut aujourd&#8217;hui un doctorat pour verrouiller tous les judas que tu ouvres sur nos comptes, sans nous prévenir. Bientôt, tu diffuseras peut-être nos SMS en direct avec SFR et l&#8217;heure&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.telerama.fr/medias/adieu-facebook-je-t-aimais-bien,80720.php">. Adieu Facebook, je t’aimais bien &#8211; Télérama.fr</a><br />
(Depuis l&#8217;Open Graph) &#8220;Tu ne vends plus ce qu&#8217;on aime, tu vends ce qu&#8217;on fait, ce qu&#8217;on est, parfois malgré nous. Il faut aujourd&#8217;hui un doctorat pour verrouiller tous les judas que tu ouvres sur nos comptes, sans nous prévenir. Bientôt, tu diffuseras peut-être nos SMS en direct avec SFR et l&#8217;heure à laquelle on baise avec l&#8217;application Dunlopillo. Si tu ne comprends pas qu&#8217;on aimerait bien pouvoir regarder des vidéos débiles sans le clamer à la Terre entière ou écouter l&#8217;album de Christophe Hondelatte sans avoir à se justifier, ça veut dire que tu ne nous comprends plus. Et quand on ne se comprend plus, généralement, Facebook, on se quitte.&#8221; Nicolas Delesalle. </p>
<p><a href="http://www.inc.com/geoffrey-james/8-core-beliefs-of-extraordinary-bosses.html">. Secrets du Management : les 8 qualités des patrons extraordinaires &#8211; Inc.com</a><br />
Les meilleurs dirigeants ont une compréhension radicalement différente du lieu de travail, la société et la dynamique d&#8217;équipe, estime Geoffrey James pour Inc.com. Pour eux :<br />
1. Le monde des affaires est un écosystème, pas un champ de bataille.<br />
2. Une entreprise est une communauté, pas une machine.<br />
3. Le management c&#8217;est le service, pas le contrôle.<br />
4. Mes employés sont mes pairs, pas mes enfants.<br />
5. La motivation nait de la vision, pas de la peur.<br />
6. Le changement c&#8217;est la croissance, pas la douleur.<br />
7. La technologie apporte de la puissance, pas de l&#8217;automatisation.<br />
8. Le travail doit être un plaisir, pas un simple labeur. </p>
<p>Simple, mais stimulant. </p>
<p><a href="http://www.courrierinternational.com/article/2010/12/02/les-tres-bons-comptes-de-l-immigration">. Les très bons comptes de l’immigration &#8211; Courrier international</a><br />
Les immigrés sont une très bonne affaire pour l&#8217;économie française, rappellent des chercheurs de l&#8217;université de Lille dans une étude de 2010 réalisée pour le compte du ministère des Affaires sociales : ils reçoivent 47,9 milliards d&#8217;euros, mais reversent 60,3 milliards, soit un solde de transfert monétaire de 12,4 milliards. Voilà qui ne fait pas de mal à rappeler.</p>
<p><a href="http://bits.blogs.nytimes.com/2012/04/25/a-camera-that-doesnt-take-pictures-but-describes-them/?smid=tw-nytimesbits&#038;seid=auto">. Cet appareil photo ne prend pas d&#8217;image, il les décrit &#8211; NYTimes.com</a><br />
L&#8217;appareil photo descriptif de Matt Richardson &#8211; <a href="http://mattrichardson.com/Descriptive-Camera/">http://mattrichardson.com/Descriptive-Camera/</a> &#8211; est un prototype qui ne délivre pas de photo, mais seulement une description de celle-ci réalisée par un humain via le Turc mécanique d&#8217;Amazon.</p>
<p><a href="http://vimeo.com/40842568">. Ambient Furniture overview &#8211; Vimeo</a><br />
Ambient Devices présente ses derniers prototypes d&#8217;objets ambiants. Intéressant.</p>
<p><a href="http://www.givememore.net/2012/le-poster-interactif-connecte-a-spotify">. Le poster interactif connecté à Spotify | Give Me More</a><br />
Comment connecter un tableau à Spotify.</p>
<p><a href="http://www.scienceshumaines.com/les-francaisportrait-d-une-societe_fr_28710.html">. Les Français : Portrait d&#8217;une société &#8211; Sciences Humaines</a><br />
Sciences Humaines publie un très intéressant dossier pour comprendre la sociologie de la France.</p>
<p><a href="http://www.mediassociaux.fr/2012/04/24/pourquoi-les-social-analytics-seront-lenjeu-de-2012/">. Pourquoi les social analytics seront l’enjeu de 2012 &#8211; MediasSociaux.fr</a><br />
Frédéric Cavazza analyse le livret blanc publié par Awarness Networks sur les systèmes d&#8217;analyses sociaux, c&#8217;est-à-dire les outils d&#8217;analyses de nos métriques sociales. Les indicateurs peinent à émerger du fait de données difficiles à collectées car éparpillées et le manque d&#8217;outils pour les manipuler. D&#8217;où le besoin d&#8217;adoption d&#8217;indicateurs standardisés&#8230; première pierre à la massification de ces outils.</p>
<p><a href="http://www.superflux.in/work/pirates-danube">. Pirates du Danube | superflux</a><br />
En avril 2011, l&#8217;équipe de Designer de Superflux a conduit un intéressant atelier sur les bords du Danube pour imaginer de nouvelles formes d&#8217;exploitation de l&#8217;espace et de l&#8217;économie locale. Au menu, des propositions pour exploiter la valeur protéinique des algues du fleuve, un espace de radio pirates locales, des systèmes pour exploiter l&#8217;énergie électrique des jeux des enfants&#8230;</p>
<p><a href="http://zeblog.everydatalab.com/2011/12/linked-city-master-statistiques-appliqu%C3%A9es.html">. Linked City &#8211; Christophe Cariou EverydataLab</a><br />
Linked City &#8211; <a href="http://www.everydatalab.com/linkedcity">http://www.everydatalab.com/linkedcity</a> &#8211; consiste à observer les recherches sur l&#8217;internet de manière géolocalisées autour de 66 villes européennes. Les résultats montrent que toutes les villes n&#8217;ont pas la même culture internet. Barcelone apparaît comme une ville avec une importante culture footbalistique, Londres comme une ville beaucoup plus pratique, Amsterdam semble caricaturale puisque les centres d&#8217;intérêts se focalisent sur le sexe et la drogue&#8230;</p>
<p><a href="http://www.samsa.fr/2012/04/24/lemballement-mediatique-a-lere-de-twitter-toujours-plus-sur-toujours-moins-de-sujets/">. L’emballement médiatique à l’ère de Twitter : toujours plus sur toujours moins de sujets &#8211; Samsa.fr</a><br />
Philippe Couve revient sur une étude d&#8217;élèves ingénieurs de l&#8217;école des Mines qui se sont penchés sur l&#8217;impact de Twitter dans l&#8217;écosystème de l&#8217;information mettant en évidence l&#8217;effet de concentration produit par Twitter : à savoir qu&#8217;un nombre plus restreint de sujets captent l&#8217;attention de manière plus intense. Un phénomène plus lié au fonctionnement des médias qu&#8217;à l&#8217;audience. Les médias eux-mêmes se concentrent de plus en plus sur les premiers titres de l&#8217;actualité et restent focalisés plus longtemps dessus, délaissant les autres faits. L&#8217;abondance et la diversité que l&#8217;information génère ne sert qu&#8217;à nourrir et exacerber les plus gros sujets d&#8217;actualité, malgré l&#8217;accroissement de l&#8217;information disponible. &#8220;L&#8217;augmentation des emballements apparait non pas comme une manifestation de puissance que comme un indicateur d&#8217;affaiblissement généralisé des médias. C’est en effet parce qu’ils sont fragilisés dans leur modèle économique, qu’ils se retrouvent emportés dans cet excès permanent, sans doute au détriment de la qualité et de la diversité de l’information.&#8221;</p>
<p><a href="http://techcrunch.com/2012/04/22/google-facebook-spent-record-amounts-on-d-c-lobbying-in-q1-2012">. Google, Facebook font des dépenses record en lobbying à Washington &#8211; TechCrunch</a><br />
Comme le disait JPBarlow à la conférence hacksociety &#8211; <a href="http://hackingsociety.us">http://hackingsociety.us</a> &#8211; Le passé est sur-représenté à Washington, et le futur a peu de lobbystes. Selon un rapport du Sénat américain, Facebook et Google ont fait des dépenses record en lobbying auprès du Sénat ces derniers temps.</p>
<p><a href="http://korben.info/codea-ipad.html">. Codea – La première application qui permet de développer des jeux directement sur iPad | Korben</a><br />
Développer des jeux directement pour l&#8217;iPad depuis un simple iPad ? C&#8217;est désormais possible avec Codea : <a href="http://getap.ps/+439571171/!tnw">http://getap.ps/+439571171/!tnw</a>.</p>
<p><a href="http://abonnes.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2012/04/20/les-machines-a-voter-ne-feront-pas-l-election-dimanche_1688837_1471069.html">. Les &#8220;machines à voter&#8221; ne feront pas l&#8217;élection dimanche &#8211; LeMonde.fr</a><br />
Les machines à voter sont en régressions du fait de la contestation qu&#8217;elles ont rencontré, des problèmes techniques (voire des faillites de prestataires) et du fait qu&#8217;il soit possible de les falsifier. Mais un nouveau combat voit le jour : celui du vote par internet, utilisé pour les élections professionnelles sans raviver le taux de participation, au contraire. Le risque est le même : celui de la fraude massive.</p>
<p><a href="http://www.franceinfo.fr/economie/l-ufc-que-choisir-entre-en-guerre-contre-linky-le-nouveau-compteur-d-edf-596615-2012-04-24">. L&#8217;UFC-Que Choisir entre en guerre contre Linky, le nouveau compteur d&#8217;EDF &#8211; France Info</a><br />
L&#8217;association UFC-Que Choisir lance une campagne d&#8217;information et saisit le Conseil d&#8217;Etat contre l&#8217;arrêté de généralisation de Linky, un compteur intelligent conçu dans l&#8217;intérêt exclusif du gestionnaire de réseau.</p>
<p><a href="http://www.groupechronos.org/index.php/fre/themas/dossiers/japon-des-cites-intelligentes-d-abord-economes-sures-et-resilientes">. Japon, des cités intelligentes ? D&#8217;abord économes, sûres et résilientes &#8211; Groupe Chronos</a><br />
Karyn Poupée détaille les programmes de villes intelligentes au Japon en soulignant que depuis le Tsunami de 2011, l&#8217;enjeu est surtout de rendre les données redondantes pour éviter les pannes.</p>
<p><a href="http://www.cahiersdufootball.net/article.php?id=4464&#038;titre=passer-aux-stats-superieures">. Passer aux stats supérieures &#8211; Les Cahiers du football</a><br />
Philippe Gargov explore les enjeux de l&#8217;ouverture des données footballistiques. Ouvrir les données du sport pour construire une véritable culture de l&#8217;intelligence footballistique ?</p>
<p><a href="http://owni.fr/2012/04/23/apple-mise-sur-le-fisc-irlandais">. Le web mise sur le fisc irlandais- owni.fr</a><br />
&#8220;Apple vient d&#8217;annoncer un renforcement de ses effectifs au sein de son siège européen, en Irlande. La firme recrutera 500 personnes. Connue pour sa grande attractivité fiscale, l&#8217;Irlande attire toutes les majors du numérique. Et pas seulement pour son impôt sur les sociétés, mais également pour le faible niveau de son immobilier, de ses salaires&#8230;</p>
<p><a href="http://thenextweb.com/insider/2012/04/22/in-its-3rd-year-kickstarter-successfully-raises-over-119-million-taking-home-6-million-in-commission">. Kickstarter lève 119 millions de dollars dans sa troisième année &#8211; TheNextWeb</a><br />
Tous les chiffres sur le succès de KickStarter, la startup du financement collaboratif, qui montre qu&#8217;elle réussit mieux à financer les projets technos, de jeux et de design que les autres. Un décorticage assez intéressant sur le sujet.<br />
more from thenextweb.com &#8211; Not Cached &#8211; Edit &#8211; Delete &#8211; Share▼ &#8211; Preview</p>
<p><a href="http://abonnes.lemonde.fr/international/article/2012/04/21/le-logiciel-de-telephonie-mobile-qui-defie-le-controle-des-etats_1688852_3210.html">. Le logiciel de téléphonie mobile qui défie le contrôle des Etats &#8211; Le Monde.fr</a><br />
Depuis quelques semaines, les propriétaires d&#8217;un téléphone mobile équipé du système Android peuvent télécharger gratuitement un logiciel baptisé Serval. Malgré une arrivée discrète, celui-ci pourrait bouleverser le marché de la téléphonie et remettre en cause le contrôle étatique des réseaux. Pour l&#8217;installer, il faut d&#8217;abord &#8220;rooter&#8221; son téléphone, c&#8217;est-à-dire désactiver les verrouillages imposés par les opérateurs. Dès lors, Serval permet à un groupe de mobiles de se connecter directement, sans carte SIM ni antenne relais. Il fonctionne selon le principe d&#8217;un maillage (&#8221;mesh&#8221;) consistant à créer des réseaux temporaires et mouvants, entièrement décentralisés. Lorsque deux appareils sont proches l&#8217;un de l&#8217;autre (quelques centaines de mètres), ils se parlent en direct. S&#8217;ils sont trop éloignés, les autres téléphones Serval se trouvant dans la même zone captent automatiquement la communication et la retransmettent, de proche en proche &#8211; sans que leurs propriétaires aient à faire quoi que ce soit.</p>
<p><a href="http://blogs.mediapart.fr/edition/sociologie-politique-des-elections/article/010412/recherche-bobos-desesperement">. Recherche « bobos » désespérément… &#8211; Mediapart</a><br />
Les bobos n&#8217;existent pas&#8230; A tout le moins, ils n&#8217;ont rien de bourgeois et ne sont donc pas &#8220;sociologiquement&#8221; de droite. En fait, estime Éric Agrikoliansky, l&#8217;expression désigne un groupe qui n&#8217;existe pas. En fait, sous ce terme, on décrit un phénomène ancien : le fait que les gens de gauche, pour l&#8217;essentiel, ne proviennent pas nécessairement de la classe ouvrière, mais des catégories moyennes à fort capital culturel. Le concept a surtout pour vertu de faire oublier la réalité de la bourgeoisie&#8230; </p>
<p><a href="http://www.books.fr/actualits-2/le-cerveau-de-llecteur-1">. Le cerveau de l’électeur &#8211; Books.fr</a><br />
&#8220;Le cerveau politique est un cerveau émotionnel. Ce n’est pas une froide machine à calculer, en quête de décisions rationnelles fondées sur la justesse des faits, des chiffres et des mesures à prendre&#8221; estime Drew Westen dans son livre &#8220;Le cerveau politique&#8221;. &#8220;Le mythe de l’électeur rationnel&#8221; est le titre d’un autre livre récent, celui de Bryan Caplan &#8211; <a href="http://www.books.fr/societes-et-politique/la-dmocratie-malade-de-ses-lecteurs/">www.books.fr/societes-et-politique/la-dmocratie-malade-de-ses-lecteurs/</a> &#8211; Son message mérite qu’on y réfléchisse. Selon l’auteur, si la démocratie échoue, c’est parce que la volonté des citoyens y est respectée. L’idée de Caplan est celle-ci : « Les électeurs soutiennent les mesures politiques qu’ils perçoivent comme étant dans l’intérêt général de leur pays. » Mais ce n’est pas là un motif d’optimisme. Le mot clé est « perçoivent ». Les citoyens ne vont presque jamais jusqu’à l’étape suivante, qui consiste à prendre un recul critique pour se demander : « Les mesures que je soutiens sont-elles “un moyen efficace” de promouvoir l’intérêt général ? »</p>
<p><a href="http://www.numerama.com/magazine/22405-pas-d-effet-megaupload-sur-les-ventes-de-vod.html">. Pas d&#8217;effet MegaUpload sur les ventes de VOD ? &#8211; Numerama</a><br />
Selon Pascal Chevallier, fondateur de TF1 Vision, la croissance de la consommation de vidéos affiche une tendance contrastée depuis la fermeture de MegaUpload. De quoi remarquer que la lutte contre le piratage ne suffira pas à aider les plateformes légales. Il faut avant tout qu&#8217;elles développent une offre attractive, ce qui passera surtout pas une remise en cause profonde de la chronologie des médias et du modèle tarifaire, estime Guillaume Champeau</p>
<p><a href="http://www.scienceshumaines.com/entretien-avec-philippe-coulangeon-les-nouveaux-clivages-culturels_fr_28581.html">. Entretien avec Philippe Coulangeon &#8211; Les nouveaux clivages culturels &#8211; Sciences Humaines</a><br />
&#8220;Il ne faut donc pas se laisser abuser par l’apparent mélange des genres en matière de pratiques culturelles : l’éclectisme éclairé dont font preuve les classes moyennes et supérieures reste une forme de domination symbolique, d’autant plus efficace que ses principes sont difficiles à percevoir.&#8221;</p>
<div class="feedflare">
<a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=taWKCO0osnY:nzosTd7olNI:yIl2AUoC8zA"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?d=yIl2AUoC8zA" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=taWKCO0osnY:nzosTd7olNI:7Q72WNTAKBA"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?d=7Q72WNTAKBA" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=taWKCO0osnY:nzosTd7olNI:V_sGLiPBpWU"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?i=taWKCO0osnY:nzosTd7olNI:V_sGLiPBpWU" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=taWKCO0osnY:nzosTd7olNI:dnMXMwOfBR0"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?d=dnMXMwOfBR0" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=taWKCO0osnY:nzosTd7olNI:D7DqB2pKExk"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?i=taWKCO0osnY:nzosTd7olNI:D7DqB2pKExk" border="0"></img></a>
</div><img src="http://feeds.feedburner.com/~r/internetactu/bcmJ/~4/taWKCO0osnY" height="1" width="1"/>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.internetactu.net/2012/04/30/a-lire-ailleurs-du-23042012-au-30042012/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		<feedburner:origLink>http://www.internetactu.net/2012/04/30/a-lire-ailleurs-du-23042012-au-30042012/</feedburner:origLink></item>
		<item>
		<title>Comprendre la croissance à l’heure de l’informatisation de la société</title>
		<link>http://feedproxy.google.com/~r/internetactu/bcmJ/~3/r54dZ4yO8Jg/</link>
		<comments>http://www.internetactu.net/2012/04/27/comprendre-la-croissance-a-lheure-de-linformatisation-de-la-societe/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 27 Apr 2012 05:00:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Invité extérieur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Economie et marchés]]></category>
		<category><![CDATA[Gouvernance]]></category>
		<category><![CDATA[Tribune]]></category>
		<category><![CDATA[économie]]></category>
		<category><![CDATA[emploi]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[immatériel]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.internetactu.net/?p=16897</guid>
		<description><![CDATA[&#8220;Il est temps d&#8217;ouvrir un débat sur les nouveaux paradigmes de la croissance&#8221;, lance Philippe Lemoine président du Forum Action Modernités &#8211; et de la Fing, éditeur d&#8217;InternetActu.net &#8211; , en introduction du livre Une croissance intelligente qui vient de paraître aux éditions Descartes &#038; Cie et qui livre les résultats d&#8217;un  groupe de travail qui s&#8217;est plongé longuement sur&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/04/une_croissance_intelligente.jpg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/04/une_croissance_intelligente.jpg" alt="Layout 1" title="Layout 1" width="200" hspace="6" vspace="6" align="right" /></a>&#8220;Il est temps d&#8217;ouvrir un débat sur les nouveaux paradigmes de la croissance&#8221;, lance Philippe Lemoine président du <a href="http://www.forum-modernites.org/">Forum Action Modernités</a> &#8211; et de la <a href="http://www.fing.org">Fing</a>, éditeur d&#8217;InternetActu.net &#8211; , en introduction du livre <i><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2844462294/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;tag=internetnet-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=2844462294">Une croissance intelligente</a></i> qui vient de paraître aux éditions <a href="http://www.editions-descartes.fr/">Descartes &#038; Cie</a> et qui livre les résultats d&#8217;un  groupe de travail qui s&#8217;est plongé longuement sur l&#8217;origine et l&#8217;avenir de la notion de croissance. </p>
<p>Ce livre rassemble plusieurs contributions pour comprendre la croissance aujourd&#8217;hui dont celles de <a href="http://didiertoussaint.typepad.fr/">Didier Toussaint</a> sur la croissance et l&#8217;économie psychique ou celle de <a href="http://www.philippe-moati.com/">Philippe Moati</a> s&#8217;intéressant à la refondation du modèle de consommation. Parmi celles-ci, la contribution de l&#8217;économiste <a href="http://www.volle.com/">Michel Volle</a> nous a semblé éclairer par bien des aspects <a href="http://www.internetactu.net/2012/02/01/ou-va-leconomie-numerique-13-vers-une-innovation-sans-emplois/">certains de nos questionnements sur la transformation du système économique en cours</a>. Pour Michel Volle, le changement n&#8217;est pas lié au simple passage au numérique, mais correspond à l&#8217;apparition d&#8217;un système de travail et de coopération autour de l&#8217;informatisation, qu&#8217;il faut analyser par rapport à l&#8217;industrialisation. C&#8217;est cette contribution que nous vous proposons de découvrir. En espérant qu&#8217;elle vous incite à regarder les publications du <a href="http://www.forum-modernites.org/">Forum Action Modernités</a>.</p></blockquote>
<h3>Le mécanisme démultiplicateur : D&#8217;un monde à l&#8217;autre</h3>
<p>Le monde actuel diffère qualitativement du « bloc historique », pour reprendre l’expression de Yann Moulier-Boutang afin de désigner le monde dans lequel nous avons vécu dans les quelque dizaines d’années qui précédèrent 1975 (et qui n’a bien sûr rien à voir avec le <i>bloco historico</i> de Gramsci).</p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/04/volle01.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/04/volle01.png" alt="volle01" title="volle01" width="540" height="272" class="alignnone size-full wp-image-16964" /></a><br />
<i>Graphique : Taux de croissance du PIB en volume. Source Insee, comptes nationaux, base 2000.</i></p>
<h3>Le bloc historique</h3>
<p>Dans ce monde-là, le PIB et l’indice de la production industrielle augmentaient de 5 % par an, et le secteur secondaire employait une part croissante de la population active (le maximum a été atteint en 1975). On dénombrait de l’ordre de 700 000 chômeurs.</p>
<p>Sans le savoir, nous vivions alors les Trente Glorieuses, qui allaient bientôt s’achever. La France avait, dès le début des années 1950, achevé la reconstruction d’une économie détruite durant la Seconde Guerre mondiale et dans la foulée, la croissance s’était poursuivie, aiguillonnée par l’exemple américain.</p>
<p>La population avait cependant été marquée par le souvenir de la crise des années  1930 puis de la pénurie des années  1940 : les Français éprouvaient le besoin de s’équiper, de consommer, voire de se « goinfrer », pour oublier ces souvenirs pénibles.</p>
<p>L’exode rural, très rapide, avait d’ailleurs rempli les villes d’une population qui souhaitait vite accéder aux plaisirs de la vie urbaine. Dans leur périphérie, la ruée vers la consommation de masse s’accompagnait de la dissémination de commerces à grande surface. Tous les ménages rêvaient de posséder une voiture, une machine à laver, un téléviseur, un téléphone. Dans les années 1960, ce rêve se réalisa pour presque tout le monde ; seul le téléphone doit encore attendre les années 1970 pour devenir largement disponible.</p>
<p><strong>La « théorie à l’œuvre »</strong><br />
L’économie paraissait simple et elle était simple en effet, du moins dans la théorie « à l’œuvre » qui prévalait dans l’administration économique, avec la comptabilité nationale et les modèles économétriques.</p>
<p>Cette théorie à l’œuvre était bien sûr beaucoup plus pauvre que la théorie savante, dont elle ne retenait que les éléments qui se prêtent à l’évaluation et au calcul. Elle ignorait donc les externalités (« ce qui est extérieur à l’échange marchand »), la concurrence imparfaite, les contrats incomplets, l’information dissymétrique, etc. Elle s’intéressait peu aux services, aux patrimoines et à la qualité des produits, qu’elle peinait d’ailleurs à définir et vers lesquels elle n’orientait pas en priorité son outil d’observation statistique.</p>
<p>Certes, la comptabilité nationale produisait des comptes des services et des comptes de patrimoine, mais ils étaient moins solides que ceux qu’elle pouvait établir à partir des comptes d’exploitation des entreprises, car ils s’appuyaient sur des conventions dont le caractère formel sautait aux yeux : la valeur ajoutée des services publics était supposée égale à leur coût de fonctionnement, et les comptes de patrimoine étaient calculés à partir de bilans comptables dont l’évaluation est dictée par la fiscalité, laquelle ignore l’économie.</p>
<p>Quelle est d’ailleurs la valeur d’un patrimoine, c’est-à-dire d’un actif qui conserve sa valeur d’usage quand on l’utilise ? Le coût historique de son acquisition ? Ce même coût, diminué des amortissements ? Sa valeur au prix du marché ? Peut-il être d’ailleurs convenable, pour estimer la valeur d’un stock patrimonial au niveau global de la nation, de lui appliquer un prix établi dans la seule et minuscule part de ce stock qui fait l’objet d’un flux de transactions ?</p>
<p>Les statisticiens tentaient alors de rendre compte de la qualité des produits en calculant des indices de prix « hédoniques » destinés à évaluer, en termes de volume, le gain d’utilité qu’apporte un gain de qualité. Mais ces tentatives restaient partielles et discutables.</p>
<p><center>*</center></p>
<p>Dans le modèle implicite de cette théorie à l’œuvre, le système productif était donc composé d’usines produisant d’une part des biens d’équipement ou des demi-produits destinés à d’autres usines, d’autre part et enfin des biens de consommation. Les ménages étaient des consommateurs dont la fonction d’utilité avait pour argument la <i>quantité</i> des divers produits consommés : il semblait donc qu’ils seraient d’autant plus satisfaits, voire d’autant plus heureux qu’ils consommeraient davantage. Le tableau d’échanges interindustriels de Leontief décrivait la relation entre la quantité produite par chaque branche et les matières premières et produits demi-finis qu’elle consommait. L’indice de la production industrielle pondérait et additionnait les nombres de paires de chaussures, de voitures, de téléviseurs, etc., produits.<br />
La théorie à l’œuvre se concentrait ainsi sur des <i>flux</i> – que les comptes d’exploitation décrivent –, et ignorait en pratique (même si certains calculs visaient à les évaluer) les stocks que sont le capital fixe et plus généralement le patrimoine (elle ne connaissait que le capital circulant, stock tampon des produits en attente). Les produits étaient destinés à être vendus, puis consommés ou investis. La dégradation du patrimoine naturel que provoque l’injection des déchets dans l’environnement n’était évidemment pas comptabilisée.</p>
<p>La fonction d’utilité des ménages étant focalisée sur l’achat immédiatement suivi d’une consommation, l’arbitrage entre possession et location d’un bien patrimonial n’y apparaissait pas [1]. Cela rendait fondamentalement incompréhensible l’économie des services, qui consistent précisément en la location temporaire d’un bien patrimonial ou d’une compétence (cette dernière est d’ailleurs une forme de patrimoine).</p>
<p>Maladroite dans l’observation du patrimoine, cette économie ne pouvait pas même se représenter la <i>prédation</i> que constitue l’appropriation éventuellement violente d’un patrimoine mal protégé, suivie d’une consommation qui le détruit ou d’une revente.</p>
<p>Le raisonnement s’appuyait enfin non sur la théorie micro-économique, mais sur les agrégats macroéconomiques qu’évaluait la comptabilité nationale. Les économètres étalonnaient sur ces agrégats des équations censées représenter des « comportements » et expliquer la consommation et l’épargne des ménages, l’investissement des entreprises, le taux d’activité de la population, etc.</p>
<p>Beaucoup de leurs raisonnements tournaient autour du « carré magique » que constituent quatre variables : l’indice des prix à la consommation, le volume du PIB, le solde du commerce extérieur et l’emploi. Les projections que leurs équations permettaient de produire (après le redoutable artifice d’un calage sur les comptes postérieurs à la période d’étalonnage) servirent, dans les années 1980, d’outil de « prévision » à la politique économique – puis celle-ci se détourna dans les années 1990 des modèles, des comptes et de la statistique, car ils étaient devenus inopérants pour des raisons que nous allons évoquer.</p>
<p><strong>La nausée des baby-boomers</strong><br />
La génération du baby-boom, qui n’avait connu ni la crise ni la pénurie, était mal à l’aise pendant les années 1960, dans une « société de consommation » qui manquait d’ailleurs terriblement d’humour. Le chômage était faible, certes, mais les relations au travail étaient grises et les hiérarchies pesantes. Les dirigeants, qui avaient fait leur carrière à l’époque de la reconstruction, étaient marqués par les valeurs du productivisme et empreints d’un sérieux sommaire : nul besoin d’être imaginatif quand on a pour but de rattraper le niveau d’avant-guerre.</p>
<p>Or c’est d’imagination dont on avait besoin, dans les années 1960, pour tracer une route dans le territoire inconnu qui s’ouvrait une fois la reconstruction achevée et le niveau de vie américain à peu près rattrapé. À la dénonciation de la société de consommation s’ajouta donc bientôt la revendication, politique, d’une prise de pouvoir par l’imagination. Mais les générations antérieures au baby-boom ne pouvaient ni comprendre ni partager ce point de vue.</p>
<p>Mai  68 en résulta, suivi d’une dévalorisation de la parole des « vieux » et d’une exaltation des vertus des « jeunes », qui laissa des traces durables dans notre société. L’imagination sur laquelle on comptait tant, coupée de ses racines par la panne de la transmission, orienta d’ailleurs beaucoup de bonnes volontés vers des illusions que suivit bientôt un désarroi.<br />
C’est alors que se produisit le choc qui allait disloquer le « bloc historique » et faire basculer le monde en catalysant une crise jusqu’alors latente: la guerre du Kippour en octobre 1973, suivie du choc pétrolier décidé par les pays de l’OPEP, mit un coup d’arrêt à la croissance de la production industrielle et provoqua une transformation radicale du système productif.<br />
La part du secteur secondaire dans la population active décrut alors rapidement, le taux de chômage passa, en dix ans, de 3 à 10 % [2], l’économie et la société pénétrèrent bras dessus bras dessous un continent nouveau dont personne n’avait la moindre idée.</p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/04/volle02.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/04/volle02.png" alt="volle02" title="volle02" width="540" height="346" class="alignnone size-full wp-image-16965" /></a><br />
<i>Graphique : Taux de chômage au sens du BIT de 1962 à 1984. Source : article de Claude Thélot cité dans la note 2.</i></p>
<h3>Le nouveau monde</h3>
<p>L’économie passe en effet, aux alentours de 1975, pour reprendre l’expression de Bertrand Gille [3], d’un « système technique » à l’autre.</p>
<p>Les techniques fondamentales du système productif avaient été jusqu’alors celles de la mécanique, de la chimie et de l’énergie. À partir de 1975, elles sont détrônées par la synergie de la micro-électronique, du logiciel et des réseaux de télécommunication.</p>
<p>Ce changement n’est cependant pas plus absolu que ne l’avait été, aux alentours de 1775, le passage d’une économie agricole à l’économie mécanisée que l’on a qualifiée d’industrielle: l’industrialisation n’a pas supprimé l’agriculture, elle l’a industrialisée. De même, l’informatisation ne supprime pas l’industrie mécanisée : elle l’informatise.</p>
<p>Notons au passage que le mot « industrie » a pris, vers 1800, un sens étroit. Étymologiquement, il désigne l’ingéniosité dans l’action, la mise en œuvre efficace d’un savoir-faire: ce sens s’est conservé dans l’adjectif « industrieux », comme dans l’expression « chevalier d’industrie », qui désigne un escroc trop habile.</p>
<p>Aux alentours de 1800, la production mécanisée et chimisée était, de loin, la plus efficace: on lui a donc appliqué le mot d’« industrie » qu’elle a accaparé, et il s’est trouvé ainsi bientôt connoté par des images d’engrenages, de cheminées d’usine, etc. Si on revient cependant à son étymologie, on peut dire que l’informatisation est la forme contemporaine de l’industrialisation, et que 1975 est la date de la troisième révolution industrielle.</p>
<p>Pourquoi le basculement s’est-il produit alors ? On peut avancer plusieurs hypothèses concourantes. D’une part, le mouvement social de 1968 avait accéléré la hausse du coût de la main-d’œuvre et les entreprises ressentaient donc le besoin d’accroître la productivité du travail [4].</p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/04/volle03.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/04/volle03.png" alt="volle03" title="volle03" width="300" height="382" class="alignnone size-full wp-image-16966" /></a><br />
<i>Graphique : Coût salarial horaire dans l&#8217;industrie manufacturière. Source OCDE et US Bureau of Labour Statistics.</i></p>
<p>D’autre part l’informatique, avec la dissémination des terminaux, commençait à sortir des mains des purs informaticiens pour se placer dans celles des utilisateurs : elle semblait offrir des perspectives de productivité, qui se concrétiseront quelques années plus tard avec la mise en réseau des micro-ordinateurs.</p>
<p>Enfin, le choc pétrolier introduisait de la volatilité dans le prix de l’énergie, jusqu’alors stable et relativement bas. Frappant d’incertitude les <i>business</i> plans du système technique bâti sur la mécanique, la chimie et l’énergie, ce dernier phénomène a sans doute suffi à catalyser le basculement vers le nouveau système technique.</p>
<p><center>*</center></p>
<p>Les économistes sont tentés de mépriser la technique : ils la considèrent comme l’affaire des ingénieurs, auxquels ils s’estiment supérieurs. C’est ignorer que l’économie a pour socle un rapport avec la nature médiatisé par la technique. Lorsque le système technique change, ce rapport est transformé – et donc la nature elle-même change, telle du moins qu’elle est perçue par les acteurs de l’économie puis par la société. Le socle de l’action économique est alors modifié, comme si on avait découvert une source d’énergie nouvelle et peu coûteuse.</p>
<p>Le sol, apparemment solide, sur lequel s’était construite l’imposante structure des institutions et des lois se dérobe, ce qui rend obsolètes des valeurs, habitudes et comportements adaptés au système technique antérieur.</p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/04/volle04.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/04/volle04.png" alt="volle04" title="volle04" width="540" height="432" class="alignnone size-full wp-image-16967" /></a><br />
<i>Graphique : Evolution de la structuration de la population active en France de 1806 à 1996. Source : Olivier Marchand et Claude Thélot, </i>Deux siècles de travail en France<i>, Insee, 1991.</i></p>
<p>Alors que la part de la population active dans le secteur secondaire avait crû continuellement depuis les débuts de l’industrialisation, pour atteindre 40 % en 1975, elle entama une décroissance rapide. Elle est aujourd’hui d’environ 20 %, et la classe ouvrière a pratiquement disparu de la structure sociale.</p>
<p>Le volume de la production industrielle n’a cependant pas diminué, même si sa croissance a fortement ralenti (autre symptôme du basculement), car la main-d’œuvre a été remplacée par des automates.</p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/04/volle05.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/04/volle05.png" alt="volle05" title="volle05" width="540" height="386" class="alignnone size-full wp-image-16968" /></a><br />
<i>Graphique : L&#8217;indice de la production industrielle, 1960-2006. Source : Insee, indice de la production industrielle, série CJ0-CVS, base 100 en 1995.</i></p>
<p><strong>Vue micro-économique</strong><br />
Étant soumise à la pression de la nécessité, l’entreprise est le laboratoire micro-économique où s’élabore l’adaptation au nouveau système technique. Celui-ci transforme ensuite la société puis redistribue, dans l’ordre de la géopolitique, le droit des nations à l’expression de leur personnalité historique.</p>
<p>En examinant les entreprises, on peut donc faire progresser la compréhension du phénomène et tirer des leçons qui éclairent et le basculement, et les tendances qui animent l’évolution future.</p>
<p><center>*</center></p>
<p>L’informatique s’était focalisée, au début des années 1960, sur des opérations gourmandes en temps et en paperasses: comptabilité, paie, facturation, gestion des stocks, prises de commandes. Elle s’est alors résumée à quelques <i>grandes applications</i> auxquelles l’entreprise attribuait un nom propre: Frégate à France Télécom, Sabre et Amadeus dans le transport aérien, etc. L’attention des informaticiens s’est naturellement focalisée sur la programmation des algorithmes qui procurent un résultat à partir des données saisies.</p>
<p>Il est bientôt apparu qu’une même saisie pouvait nourrir plusieurs applications, et que le résultat d’une application pouvait aussi en alimenter une autre: la normalisation des bases de données et l’architecture des systèmes d’information ont, dans les années 1970, répondu à cette exigence de cohérence.</p>
<p>Dans les années 1980, la dissémination des micro-ordinateurs et des réseaux locaux – puis, dans les années 1990, d’Internet – a fait franchir un pas supplémentaire. Avec la documentation électronique et la messagerie, il devenait en effet possible d’informatiser le parcours d’un <i>processus de production</i> en transférant, d’un poste de travail au suivant, les documents où s’inscrit l’élaboration d’un produit.</p>
<p>Comme tout processus est orienté vers un produit, il était naturel de lui associer le nom et l’image de celui-ci. La personnalité des outils que sont les applications (Frégate, Amadeus, etc.) s’estompa alors pour faire place à celle des produits, biens ou services auxquels furent associés des attributs de qualité (téléphone « intelligent », voyage « de bout en bout [5]», etc.).</p>
<p>Dès lors, l’informatique n’était plus ce système d’information qui se superpose aux systèmes de gestion et de production: s’entrelaçant avec le travail des opérateurs humains, elle s’insinuait dans l’intimité de la gestion et de la production dont elle devenait inséparable.</p>
<p>Chacune des activités qu’un processus fait se succéder comporte en effet des opérations mentales (perception, jugement, décision) qui préparent des tâches physiques (donner un billet d’avion à un client, réaliser une opération de maintenance). Le point de départ de l’informatisation est alors <i>sémantique</i> : il faut nommer et identifier les êtres représentés dans le système d’information et qui seuls, dans l’entreprise, apparaîtront devant l’attention des agents et se proposeront à leur action.</p>
<p><center>*</center></p>
<p>L’économie mécanisée qui s’est déployée <i>grosso modo</i> à partir de 1775 était fondée sur l’alliage de la maind’œuvre et de la machine, et son émergence a eu d’immenses conséquences économiques, sociologiques, culturelles et géopolitiques.</p>
<p>L’économie informatisée, depuis 1975 environ, est fondée, elle, sur l’alliage du cerveau humain et d’un automate programmable et ubiquitaire : un « cerveau d’œuvre » a succédé à la « main-d’œuvre » en tant que ressource fondamentale du système productif.</p>
<p>Cela aura des conséquences économiques, sociologiques, culturelles, géopolitiques différentes de celles de l’économie mécanisée, mais d’ampleur sans doute comparable : elles se manifestent déjà avec la mondialisation (que les réseaux informatiques favorisent), le foisonnement du Web sur Internet, l’Internet des objets et l’informatisation du corps humain lui-même, avec le téléphone « intelligent » et autres prothèses.</p>
<p>Dans beaucoup d’entreprises cependant, cette transition s’est produite sans qu’on en tire les conséquences : le bon dosage et, peut-on dire, les conditions de cuisson qu’il faut respecter pour que l’alliage du cerveau humain et de l’automate soit efficace, sont encore généralement ignorées.</p>
<p>Il arrive ainsi qu’on automatise à outrance, empêchant ainsi les opérateurs humains d’user, en cas d’incident, de ce bon sens qu’aucun automate ne peut posséder : la banque ayant ainsi fait confiance à des empilages d’algorithmes ultra-rapides que ni les opérateurs, ni les superviseurs, ni même leurs concepteurs ne pouvaient maîtriser intellectuellement, la catastrophe était (et reste) inévitable.</p>
<p>Il ne convient pas, d’ailleurs, de traiter le cerveau d’œuvre comme on avait cru, dans l’économie mécanisée, devoir traiter la main-d’œuvre: le cerveau est un organe plus délicat, plus sensible encore que la main, et comme le dit Robert Zarader, il ne peut être efficace que si on lui accorde de la <i>considération</i> [6].</p>
<p>Cependant, beaucoup d’entreprises confèrent <i>de facto</i> des responsabilités aux agents opérationnels, sans leur accorder <i>de jure</i> la légitimité correspondante: après avoir tâtonné, dans les années 1980, à la recherche d’une « intelligence collective », elles y ont en effet renoncé dans les années 1990, car elles n’ont pas su trouver la bonne formule pour distribuer la légitimité sans compromettre le pouvoir des dirigeants. Elles ont adopté alors un comportement tellement mensonger et cruel que le diable lui-même, incarnation du Mal, semble s’y manifester : il en est résulté une épidémie de <i>stress</i> dont on a de nombreux témoignages. Citons celui d’un médecin du travail à France Télécom : « Le but était de tenir l’objectif de moins 22 000 salariés en deux ans. On ne licencie pas les gens mais on les met dans une situation telle qu’ils vont décider de s’en aller. Une des façons d’atteindre cette réduction d’effectifs a été la mise en œuvre de réorganisations incessantes. Les réorganisations, regroupements de services et délocalisations, ne poursuivaient aucun objectif d’efficacité professionnelle, n’avaient aucune justification économique. (…) Quand dans une entreprise, à une aussi large échelle, des réorganisations de ce type sont mises en œuvre, on finit par désorganiser complètement le travail, par faire perdre tous leurs repères aux salariés, par détruire toute coopération entre les services. Chez beaucoup de salariés existe une fierté du travail bien fait. Quand on vous met dans une situation professionnelle où vous pensez que vous ne pouvez plus faire un travail de qualité, la souffrance est très souvent au rendez-vous [7]. »</p>
<p>De cette crise de transition résulte une inefficacité massive, d’autant plus que la brusque délocalisation de la production mécanisée à l’ancienne vers des pays émergents a mis l’épée dans les reins des pays industrialisés, les contraignant d’accomplir dans l’urgence une transition difficile: leurs économies retrouvent aujourd’hui la « pauvreté dans l’abondance » paradoxale propre à la crise des années 1930.</p>
<p><strong>Vue macroéconomique</strong><br />
Lorsque les usines où se réalise la production physique des biens sont automatisées, l’entreprise devient <i>ultracapitalistique</i>, car l’essentiel du travail nécessaire pour la production est stocké dans la conception, la construction et la programmation des automates. Ce <i>stock</i> constitue un <i>capital</i>, tandis que le <i>flux</i> de travail qui accompagne la production répétitive, réduit à la supervision et à la maintenance de l’automate, devient pratiquement négligeable. On peut donc dire, en poussant à sa limite le schématisme du modèle, que dans cette économie-là, le capital est devenu le seul facteur de production [8] ou, pour parler autrement, que le travail n’y intervient plus que sous forme de <i>stock</i> et non de <i>flux</i>.</p>
<p>Il en résulte que cette économie est essentiellement <i>patrimoniale</i>. La richesse d’une entreprise provient non plus du nombre d’ouvriers que ses usines mettent au travail mais de la compétence de ses concepteurs, de la qualité de son organisation, des brevets, plans et programmes informatiques qu’elle a accumulés et de la confiance de ses clients. Sa crédibilité financière – c’est-à-dire son aptitude à obtenir et à renouveler des prêts – dépend de la perception de ce patrimoine par ses créanciers, ainsi bien sûr que de sa répartition, selon divers degrés de liquidité. La généralisation des rendements d’échelle croissants suscite par ailleurs, dans chaque secteur, soit un équilibre de monopole, soit un équilibre de concurrence monopoliste : en fait, c’est ce dernier qui s’instaure dans la plupart des secteurs. J’ai montré dans <i>e-conomie</i> (Economica, 2000) que cet « équilibre » suscitait des comportements concurrentiels extrêmement violents [9], et qu’il soumet les entreprises à des risques qu’aggrave encore la mondialisation.</p>
<p>Cette évolution du système productif conduit la société vers une conception de la valeur qui outrepasse l’étape post-moderne et que je qualifie donc d’<i>ultra-moderne</i> : comme le coût marginal de production est pratiquement nul, la valeur se détache de la quantité produite pour adhérer à la <i>qualité</i> du produit. La fonction d’utilité qui évalue le bien-être du consommateur n’a plus pour argument la quantité qu’il consomme mais la qualité des produits qui lui sont accessibles – et donc leur diversité, où chacun peut trouver la variété qui lui convient le mieux. La satisfaction du consommateur dépend alors de façon cruciale du patrimoine de compétences dont l’ont doté son éducation et sa formation. Il n’est plus le porteur passif d’une fonction d’utilité que pourrait satisfaire une consommation en volume, mais le porteur actif d’une sensation de bien-être qu’il peut manipuler lui-même. Toutes choses égales d’ailleurs en effet, celui qui a par exemple appris à aimer la lecture jouit d’un bien-être supérieur à celui qui ne l’a pas appris, car on peut consacrer tout son temps à la lecture pour un budget modeste.</p>
<p>La société, étant un individu collectif, peut elle aussi manipuler la fonction d’utilité de la population à travers le système éducatif: dans une telle société, la fonction d’utilité est endogène, ainsi d’ailleurs que celle de production, avec la « croissance endogène » que Paul Romer [10] a modélisée.</p>
<p>Le caractère endogène des fonctions d’utilité et de production ouvre la voie d’une « croissance intelligente [11] » : ce qui croît est non plus le <i>volume</i> mais la <i>qualité</i> de la production, source de satisfaction pour le consommateur. Tout comme l’innovation, moteur de la croissance endogène, suppose un travail de l’entreprise sur elle-même, la croissance intelligente implique un travail de l’individu sur lui-même. Comme le disait Épicure, « avec un peu de pain sec et de l’eau, le sage rivalise en félicité avec les Dieux »…</p>
<p><center>*</center></p>
<p>Dans une économie essentiellement patrimoniale, la location des actifs patrimoniaux (appartements, voitures, etc., et aussi compétences) se développe naturellement : c’est en cela que consistent les services. À l’émergence de l’alliage du cerveau d’œuvre et de l’automate dans la production répond la transformation des produits en assemblages de biens et de services. Une « économie des effets utiles » peut naître, selon l’expression de Philippe Moati.</p>
<p>Le meilleur moyen pour s’enrichir rapidement n’est cependant pas de produire mais de s’emparer de la richesse qu’un autre a produite, et qui a été condensée sous la forme d’un patrimoine. Massivement patrimoniale, l’économie contemporaine renoue d’autant plus volontiers avec les comportements prédateurs de la féodalité que certaines entreprises ont pris pour devise la « création de valeur pour l’actionnaire », la « production d’argent » et non d’effets utiles.</p>
<p>Dans le modèle économique du « bloc historique », les prix des biens de consommation sont guidés vers un niveau d’équilibre par le jeu de l’offre et de la demande, tandis que la valeur des actifs est essentiellement incertaine. Dans une économie patrimoniale, cette incertitude se traduit par la volatilité des prix, influencés par des anticipations et sujets à des comportements d’imitation: des opportunités s’offrent ainsi à la spéculation.</p>
<p>La « production d’argent » se découplant alors de la production d’utilité, le système bancaire est soumis à la tentation (à vrai dire irrésistible) de la prédation, tandis que beaucoup d’entreprises s’emploient à détruire des parts du patrimoine – qu’il s’agisse du patrimoine naturel, de celui des institutions publiques, d’autres entreprises, ou même de leur propre patrimoine –, afin de présenter à court terme un résultat d’exploitation qui satisfasse leurs actionnaires.</p>
<p><center>*</center></p>
<p>L’économie contemporaine s’écarte donc, sur tous les points essentiels, du « bloc historique » dont la « théorie à l’œuvre » donnait (et donne, car elle est encore « à l’œuvre ») une représentation schématique. Des concepts naguère négligés sont désormais primordiaux (patrimoine, services, qualité des produits). Des exogènes sur lequel le raisonnement pouvait s’appuyer (fonction de production, fonction d’utilité, dotations initiales) sont devenus des endogènes (croissance endogène, manipulation de l’utilité, prédation), et le raisonnement doit remonter vers l’amont pour les modéliser en partant d’autres exogènes.</p>
<p>La clé du progrès théorique se trouve dans les anticipations, dont le jeu détermine et l’innovation et la manipulation de la fonction d’utilité. Le traitement de la dotation initiale suppose de mettre en scène, en s’appuyant sur la théorie des jeux, le conflit entre deux mondes qui se disputent la maîtrise de l’économie: le monde féodal et guerrier du prédateur et le monde de l’échange équilibré, qui était le seul considéré par la théorie à l’œuvre.</p>
<h3>Trouble dans la pensée</h3>
<p>Tout changement de système technique suscite un désarroi. À la charnière des XIXe et XXe siècles, la disponibilité de l’électricité et du pétrole a transformé le système productif puis la vie en société, la hiérarchie des classes a été bouleversée par la montée des administrateurs et des ingénieurs, un ascenseur social par les études s’est amorcé. L’épidémie d’hystérie et de névrose qu’a diagnostiquée Freud en résulta, et on peut même se demander si le massacre de la Première Guerre mondiale n’a pas été implicitement organisé pour éteindre cette épidémie, en supprimant la population elle-même [12].</p>
<p>Notre époque, rencontrant elle aussi un changement du rapport avec la nature, expérimente tout autant le désarroi : en témoignent la maladresse avec laquelle les entreprises s’adaptent et les décisions malencontreuses qu’elles prennent, affolées.</p>
<p>Le prouve aussi l’écologie « verdâtre », comme dit Yann Moulier Boutang : partant de la corrélation entre le PIB en volume et la consommation d’énergie, puis identifiant ce PIB avec la richesse économique, elle milite pour une « décroissance », afin de combattre le réchauffement climatique et d’anticiper l’épuisement des ressources fossiles. L’objectif est louable, mais le raisonnement est faux : l’hommage que cette écologie rend à un PIB anachronique montre qu’elle n’a rien compris à l’économie contemporaine.</p>
<p>Plus profondément, on observe une épidémie de haine envers les entreprises et, plus généralement, envers les institutions. Des slogans comme « sortir du nucléaire! » ou « non au gaz de schiste! », ainsi que la campagne de Robin des toits contre les ondes électromagnétiques sont fondés non sur une évaluation des avantages et des inconvénients de ces techniques (évaluation qui conduirait peut-être en effet à y renoncer), mais sur un rejet instinctif et irraisonné de l’activité productive organisée, sans laquelle nous mourrions pourtant tous de faim.</p>
<p>Un bon exemple de ce trouble dans la pensée est donné par <i>L’Insurrection qui vient</i> (La Fabrique, 2007), livre signé par un « comité invisible » qui a tenté d’imiter Guy Debord mais n’a pas su atteindre la rigueur de la <i>Société du spectacle</i>. Pour ce comité invisible, le salariat n’est qu’un esclavage et les institutions – États, partis politiques, syndicats, services publics, entreprises, etc. – sont mensongères : il faut <i>s’insurger</i>. Les insurgés trouveront leurs ressources dans des « combines multiples : outre le RMI, il y a les allocations, les arrêts maladie, les bourses d’études cumulées, les primes soutirées pour des accouchements fictifs, tous les trafics » (p. 92). Il s’agit de parasiter la société tout en s’efforçant de la bloquer : « ralentir le travail, casser les machines, ébruiter les secrets de l’entreprise… rendre inutilisable une ligne de TGV, un réseau électrique, trouver les points faibles des réseaux informatiques » (p. 101).</p>
<p>Ces insurgés ne peuvent pas tabler sur l’éternité de l’Étatprovidence puisqu’ils font tout pour tarir les ressources que celui-ci redistribue. Ils doivent donc « accroître en permanence le niveau et l’étendue de l’auto-organisation. » (p.  94) Cette auto-organisation, ce sera la « commune, unité élémentaire de l’action partisane », «  bande de frères et de sœurs liés à la vie à la mort » dont l’extension permettra « l’abolition pratique de l’argent » (p. 107).</p>
<p>Ainsi, ceux qui se sentent mal à l’aise dans la société cherchent, et trouvent, la cause de leur malaise: c’est « le système ». On rêve alors de « tout foutre en l’air », et on dit énormément de sottises: supprimer l’argent, c’est revenir au troc comme seule forme d’échange et croire que l’autonomie, essentiellement individuelle, peut se vivre durablement dans la fusion affective des individus « à la vie à la mort », c’est tourner le dos aux leçons les plus claires de la psychologie.<br />
On peut comprendre ces sottises, sinon les excuser, car le malaise s’explique par une exaspération légitime devant le mensonge, l’hypocrisie, l’absurdité, qui s’étalent dans le discours politique, économique, managérial, médiatique qu’émet une société prise à contre-pied par sa propre évolution. Quand ce discours prétend – et que les professeurs enseignent – que le but des études, c’est d’« avoir de bonnes notes », que celui de l’entreprise, c’est de « produire de l’argent », que l’objectif, en politique, c’est de « gagner les élections » et que le but dans la vie, c’est de « faire carrière », etc., le destin humain et son rapport au monde sont vidés de tout contenu. La trahison est alors érigée en norme et la prostitution en méthode.</p>
<p><strong>Vers la maturité</strong><br />
Napoléon avait mesuré l’avantage que l’industrialisation pouvait procurer aux nations. Dans le traîneau qui le ramène de Russie en décembre 1812, il se confie à Caulaincourt : « On a beau faire, dit-il, c’est moi qui ai créé l’industrie en France. Le but du système continental est de créer en France et en Allemagne une industrie qui l’affranchisse de celle de l’Angleterre [13]. »</p>
<p>L’industrialisation avait démarré vers 1775, l’informatisation a débuté vers 1975 : pouvons-nous espérer que nos politiques auront, en 2012, compris et sa nature et son importance ?</p>
<p>On doit craindre plutôt qu’ils n’aient pas, sur ce point, un jugement aussi pénétrant que celui de l’empereur. Leurs initiatives restent en effet terriblement limitées, en regard de l’ampleur du phénomène: tandis que les grands systèmes de la nation (enseignement, santé, justice, etc.) s’informatisent dans le désordre et comme à reculons, le législateur se focalise sur les droits d’auteur des produits culturels.</p>
<p>Les économistes sont, pour une part, responsables de cette inconscience. Adam Smith avait dès 1776 publié, avec la <i>Richesse des nations</i>, le modèle qui permettait de <i>penser</i> l’industrialisation. Mais ce modèle, ayant inauguré la théorie économique, a comme emmailloté celle-ci dans l’alliage de la main-d’œuvre et de la machine.</p>
<p>Pour penser l’informatisation, il faudra retrouver l’énergie créatrice qui, en son temps, a permis à Smith de modéliser l’industrialisation, puis appliquer cette énergie à l’alliage du cerveau d’œuvre et de l’automate que fait émerger l’informatisation. Ce travail n’est pas impossible, mais il sera difficile, car il suppose de rebâtir l’imposant édifice théorique, mathématique, statistique, comptable et institutionnel construit pour faire mûrir les germes que contient l’œuvre de Smith.</p>
<p><center>*</center></p>
<p>Les politiques, les économistes, les dirigeants des entreprises, la société tout entière portent cependant une responsabilité historique.</p>
<p>Il est sans doute compréhensible, et même normal, qu’un changement de système technique suscite un désarroi, de l’inefficacité, et donc une crise à la fois économique, sociologique et mentale pendant une période de transition. L’histoire montre en effet que les sociétés, lorsqu’elles rencontrent une telle situation, sont tentées par un suicide collectif : les guerres de religion ont fait suite à la Renaissance, des guerres européennes puis mondiales ont fait suite à la première (1775) puis à la deuxième (1875) révolution industrielle. Des totalitarismes, enfin, ont cru conforter l’alliage qui sous-tend l’industrialisation en assimilant l’être humain à la machine – mais cela revenait, en fait, à nier cet alliage en le réduisant à une seule de ses composantes.</p>
<p>Nous avons aujourd’hui le choix : bâtir une civilisation ultra-moderne dont l’architecture reste à définir, ou subir une barbarie ultra-violente. On voit déjà s’amorcer le retour à la prédation féodale et aussi l’assimilation de l’être humain à l’ordinateur.</p>
<p>Si on se souvient des précédents historiques, il est probable que notre société ne pourra accéder à la civilisation qu’après un passage par la barbarie. <i>Il faut faire en sorte, pour limiter les dégâts, que ce passage soit le plus bref possible</i> : c’est en cela que réside la responsabilité des générations actuelles.</p>
<p>Michel Volle</p>
<p><i>Michel Volle (<a href="http://twitter.com/#!/michelvolle">@MichelVolle</a>) : X-INSEE et docteur en histoire économique, ses travaux se sont focalisés sur les conséquences anthropologiques de l’informatisation. Ses ouvrages les plus récents sont  </i><i>e-conomie</i> (Economica, 2000),  <i>De l’informatique</i> (Economica, 2006),  <i>Prédation et prédateurs</i> (Economica, 2008), et un roman intitulé <i>Le Parador</i>, publié sur <a href="http://volle.com/">Volle.com</a>.<br />
____<br />
Notes<br />
1. Pour l’application de la théorie de la valeur au patrimoine, voir John Hicks, « A Suggestion for Simplifying the Theory of Money », dans <i>Economica</i>, février 1935, reproduit dans John Hicks, <i>The Economics of John Hicks, Selected and with an introduction</i> by Dieter Helm, Blackwell, 1984, p. 168.<br />
2. Claude  Thélot, « Les traits majeurs du chômage depuis vingt ans », dans <i>Économie et statistique</i>, n° 183, 1985, p. 37. Pour mémoire : fin 2010, on dénombrait 2,6 millions de chômeurs en France et le taux de chômage était de 9,6 %.<br />
3. Bertrand Gille, <i>Histoire des techniques</i>, Gallimard, « La Pléiade », 1978.<br />
4. Jean-Claude  DuTailly, « La crise du système productif », <i>Économie et Statistique</i>, n° 138, 1981, p. 3.<br />
5. Dans le transport aérien, le voyage « de bout en bout » (d’un bureau à l’autre, d’un domicile à l’autre) est un service plus complet que le transport d’un aéroport à l’autre.<br />
6. Michel  Volle, « Le commerce de la considération », www.volle.com/opinion/consideration.htm.<br />
7.  Monique  Fraysse, « Management chez France Télécom : les mentalités évoluent lentement », <i>Le Monde</i>, 29 avril 2011.<br />
8. Sergio rebelo, « Long-Run Policy Analysis and Long-Run Growth », dans <i>Journal of Political Economy</i>, 1991, p. 500.<br />
9. Voir aussi Erik BrynjolFsson, Andrew Mcafee et Michael Sorell,  Scale Without Mass : Business Process Replication and Industry Dynamics, <i>Harvard Business School Working Paper Series</i>, 2008.<br />
10. Paul  romer, « Endogenous Technological Change », dans <i>Journal of Political Economy</i>, 1990, p. 571.<br />
11. Michel  Volle, « Une ressource naturelle inépuisable »,  www.volle.com/opinion/croissance2.htm.<br />
12. Le dogme de l’offensive, dont les stratèges se déferont très lentement, répond à une pulsion suicidaire : « Mourir utilement, c’est tout l’art de la guerre [...] Attaque donc et meurs, officier de France ! » (Capitaine Billard, <i>Éducation de l’infanterie</i>, Chapelot, 1913, p. 399 ; cité dans Michel Goya, <i>La Chair et l’Acier</i>, Tallandier, 2004, p. 61.).<br />
13. Général de caulaincour, <i>Mémoires</i>, Plon, 1933, vol. 2, p. 215 et 261.</p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/economie/" title="économie" rel="tag nofollow">économie</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/emploi/" title="emploi" rel="tag nofollow">emploi</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/histoire/" title="histoire" rel="tag nofollow">histoire</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/immateriel/" title="immatériel" rel="tag nofollow">immatériel</a><br />
<div class="feedflare">
<a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=r54dZ4yO8Jg:Sq2gQs9clS0:yIl2AUoC8zA"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?d=yIl2AUoC8zA" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=r54dZ4yO8Jg:Sq2gQs9clS0:7Q72WNTAKBA"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?d=7Q72WNTAKBA" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=r54dZ4yO8Jg:Sq2gQs9clS0:V_sGLiPBpWU"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?i=r54dZ4yO8Jg:Sq2gQs9clS0:V_sGLiPBpWU" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=r54dZ4yO8Jg:Sq2gQs9clS0:dnMXMwOfBR0"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?d=dnMXMwOfBR0" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=r54dZ4yO8Jg:Sq2gQs9clS0:D7DqB2pKExk"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?i=r54dZ4yO8Jg:Sq2gQs9clS0:D7DqB2pKExk" border="0"></img></a>
</div><img src="http://feeds.feedburner.com/~r/internetactu/bcmJ/~4/r54dZ4yO8Jg" height="1" width="1"/>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.internetactu.net/2012/04/27/comprendre-la-croissance-a-lheure-de-linformatisation-de-la-societe/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>7</slash:comments>
		<feedburner:origLink>http://www.internetactu.net/2012/04/27/comprendre-la-croissance-a-lheure-de-linformatisation-de-la-societe/</feedburner:origLink></item>
		<item>
		<title>Les limites du ciblage publicitaire personnalisé</title>
		<link>http://feedproxy.google.com/~r/internetactu/bcmJ/~3/3D5NS-_GpYg/</link>
		<comments>http://www.internetactu.net/2012/04/26/les-limites-du-ciblage-publicitaire-personnalise/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 26 Apr 2012 07:05:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Archivage/stockage]]></category>
		<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Confiance et sécurité]]></category>
		<category><![CDATA[Droits numériques]]></category>
		<category><![CDATA[Economie et marchés]]></category>
		<category><![CDATA[Médias]]></category>
		<category><![CDATA[Services]]></category>
		<category><![CDATA[eBusiness]]></category>
		<category><![CDATA[eDémocratie]]></category>
		<category><![CDATA[big data]]></category>
		<category><![CDATA[identités actives]]></category>
		<category><![CDATA[intelligence des données]]></category>
		<category><![CDATA[marketing]]></category>
		<category><![CDATA[mesinfos]]></category>
		<category><![CDATA[traçabilité]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.internetactu.net/?p=16941</guid>
		<description><![CDATA[Pour The Atlantic, Alexis Madrigal a livré une excellente enquête sur le fonctionnement de la publicité en ligne et cette myriade de petits acteurs très spécialisés qui traquent vos habitudes, mesurent l&#8217;audience de la publicité ou observent ce que vous regardez pour mieux adapter leur publicité.  
Avons-nous le droit de ne pas être tracés ?
Pour observer le traçage publicitaire&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Pour <i>The Atlantic</i>, Alexis Madrigal a livré <a href="http://www.theatlantic.com/technology/archive/2012/02/im-being-followed-how-google-and-104-other-companies-are-tracking-me-on-the-web/253758/">une excellente enquête</a> sur le fonctionnement de la publicité en ligne et cette myriade de petits acteurs très spécialisés qui traquent vos habitudes, mesurent l&#8217;audience de la publicité ou observent ce que vous regardez pour mieux adapter leur publicité.  </p>
<h3>Avons-nous le droit de ne pas être tracés ?</h3>
<p>Pour observer le traçage publicitaire dont nous sommes l&#8217;objet, Alexis Madrigal a utilisé <a href="http://www.mozilla.org/en-US/collusion/">Collusion</a> une extension pour Firefox qui permet de visualiser les cookies qui sont laissés par certains sites sur votre navigateur &#8211; voir également <a href="http://blogs.wsj.com/wtk/">l&#8217;outil de calcul de son exposition au marketing en ligne</a> lancé par le <i>Wall Street Journal</i> et <a href="http://online.wsj.com/article/SB10001424052748703940904575395073512989404.html">son dossier sur le sujet</a>. En 36 heures de surf sur l&#8217;internet, il a ainsi pu constater que ce n&#8217;était pas moins de 105 sociétés qui traçaient ainsi son historique. Si bien sûr on y trouve quelques grands noms de l&#8217;internet, ce catalogue est également composé d&#8217;une myriade de petits acteurs qui travaillent à personnaliser la publicité sur laquelle ils aspirent à ce que l&#8217;on clique. <i>&#8220;A l&#8217;heure actuelle, une grosse part de ce que vous avez déjà regardé sur l&#8217;internet est conservée dans des bases de données à travers le monde.&#8221;</i> </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/04/display_advertising_ecosystem_011011-1024x741.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/04/display_advertising_ecosystem_011011-1024x741.png" alt="display_advertising_ecosystem_011011-1024x741" title="display_advertising_ecosystem_011011-1024x741" width="540" /></a><br />
<i>Image : le complexe paysage de la technologie de l&#8217;affichage publicitaire <a href="http://www.lumapartners.com">par Luma Partners</a>.</i></p>
<p>L&#8217;utilisateur moyen n&#8217;a aucune idée de comment fonctionne ces entreprises, ni de ce que chacune d&#8217;elle fait précisément. Mais existe-t-il un moyen simple pour arrêter cette collecte de donnée qui se fait bien souvent à l&#8217;insu de l&#8217;utilisateur ? Il s&#8217;est donc rendu sur le site de la <a href="http://www.networkadvertising.org/managing/">Network Advertising Initiative</a> (NAI) qui permet <a href="http://www.networkadvertising.org/managing/opt_out.asp">de se déréférencer d&#8217;une liste impressionnante de sociétés</a> qui pratiquent la &#8220;publicité comportementale&#8221;. Un processus simple et assez efficace a priori. Mais il a constaté, à la suite de chercheurs de Stanford qui ont commis <a href="http://cyberlaw.stanford.edu/node/6694">une étude sur le traçage des traqueurs</a>, que l&#8217;enregistrement des données à son propos continuait. En fait, en se déréférençant, on se retire la possibilité de recevoir les publicités ciblées, mais on n&#8217;empêche pas ces entreprises de continuer à accumuler des données sur son historique de navigation. <i>&#8220;Il n&#8217;existe aucun moyen de cesser d&#8217;être suivi en ligne. Aucun.&#8221;</i> <a href="http://naiblog.org/2011/07/moving-the-goal-posts-without-changing-the-rule-book/">Comme l&#8217;a expliqué Chuck Curran</a> responsable de la NAI : <i>&#8220;le code de la NAI reconnait que les sociétés peuvent avoir besoin de continuer à collecter des données pour des raisons opérationnelles qui sont distinctes du ciblage publicitaire du comportement en ligne d&#8217;un utilisateur.&#8221;</i> Dit autrement, selon le code de la NAI, les utilisateurs n&#8217;ont pas le droit de ne PAS être tracés. Le seul droit qu&#8217;on leur confère, c&#8217;est celui de ne pas avoir de publicités basées sur leur historique de navigation. </p>
<p>Les discussions entre annonceurs et régulateurs ont toujours cours afin de limiter la collecte d&#8217;information et pas seulement d&#8217;interdire des utilisations spécifiques, rappelle Madrigal. Mais pour Madrigal, le problème est finalement du même ordre que le fait que les options par défaut de nos navigateurs ne soient pas réglées pour assurer notre plus grande intimité. </p>
<p>En ligne nos marqueurs d&#8217;identités sont innombrables, même s&#8217;ils ne contiennent ni notre nom ni notre numéro de sécurité sociale (ce qui n&#8217;est pas si important pour les publicitaires). Comme le montrait l&#8217;enquête du <a href="http://online.wsj.com/article/SB10001424052748703294904575385532109190198.html"><i>Wall Street Journal</i></a> sur la société de ciblage publicitaire <a href="http://www.xplusone.com/">x+1</a>, capable de faire des prédictions sur le comportement des utilisateurs depuis un simple clic, avec un certain taux d&#8217;erreur &#8211; qui pose <a href="http://www.internetactu.net/2011/09/14/les-limites-de-la-fouille-sociale-de-donnees/">le problème des limites de la fouille de données</a> &#8211; : les données transforment l&#8217;internet en un lieu où les gens n&#8217;ont plus d&#8217;anonymes que leur nom. Quand bien même les sociétés ne sauraient rien de nous, elles puisent dans suffisamment de données pour construire un semblant de profil de chacun. Certes, ces sociétés ne connaissent pas nos noms <a href="http://online.wsj.com/article/SB10001424052748704017904575409021400239454.html">comme l&#8217;illustrent ces portraits d&#8217;utilisateurs</a>, mais nos noms semblent finalement un bien faible rempart contre l&#8217;extrême personnalisation. </p>
<p>Pourtant, conclut Madrigal, la publicité sert également à gagner de l&#8217;argent et en tant que journaliste dans un titre de presse en ligne, il sait mieux que d&#8217;autres combien pour les entreprises la publicité est indispensable.  </p>
<h3>Et si l&#8217;extrême ciblage était inefficace ?</h3>
<p>Si la solution pour nous protéger de la fouille de donnée ne provient ni de la régulation, ni des consommateurs, d&#8217;où peut-elle alors surgir ? La solution pourrait peut-être venir des limites intrinsèques de cette fouille de données personnalisée. </p>
<p><a href="http://www.mdgadvertising.com/blog/is-personalized-search-getting-too-personal-infographic/">Pour beaucoup d&#8217;utilisateurs, la recherche personnalisée devient trop personnelle</a>. Le ciblage publicitaire pourrait-il à son tour devenir inefficace à force d&#8217;être trop personnel ? C&#8217;est assurément une autre limite de la surexploitation des masses de données, estiment <a href="http://www.rotman.utoronto.ca/~agoldfarb/">Avi Goldfarb</a> du l&#8217;Ecole de management Rotman et <a href="http://cetucker.scripts.mit.edu/">Catherine Tucker</a> de l&#8217;Ecole de management Sloan du MIT. <a href="http://www.rotman.utoronto.ca/~agoldfarb/GoldfarbTucker-intrusiveness.pdf">Dans un article publié en 2011 (.pdf)</a> dans le <i>Marketing Science Journal</i>, ils expliquent que la personnalisation fonctionne souvent moins bien que l&#8217;annonce classique et ce d&#8217;autant plus quand elles sont combinées. <i>&#8220;Cet échec semble être lié à des préoccupations d&#8217;ordre privé : l&#8217;effet négatif de combiner le ciblage avec l&#8217;indiscrétion est plus forte pour certaines catégories de personnes, notamment celles qui refusent de communiquer leurs revenus et celles pour qui la vie privée importe le plus.&#8221;</i> </p>
<p>Peut-être y-a-t-il des limites naturelles au ciblage par les données, questionne Madrigal ? Une publicité qui vous poursuit de site en site pendant des semaines parce que vous vous êtes rendu sur un site d&#8217;achat particulier devient finalement souvent bien plus inquiétante qu&#8217;alléchante&#8230; <a href="http://www.nytimes.com/2012/02/19/magazine/shopping-habits.html?_r=2&#038;pagewanted=all">Celles qui en savent plus sur vous que vous-mêmes aussi</a> &#8211; voir <a href="http://www.internetactu.net/2012/03/22/nous-faudra-t-il-payer-pour-preserver-notre-vie-privee/">&#8220;Nous faudra-t-il payer pour préserver notre vie privée ?</a>&#8220;.</p>
<p>Le changement dans les pratiques de collecte de données ne risque pas tant d&#8217;évoluer sous le coup des colères des utilisateurs, de la réglementation ou de l&#8217;autoréglementation, estime encore Alexis Madrigal&#8230; Mais peut-être plutôt du fait de limites perceptives. Il n&#8217;est pas sûr que l&#8217;extrême ciblage publicitaire soit la poule aux oeufs d&#8217;or que toute une génération espère, comme s&#8217;en désolait <a href="http://www.businessweek.com/magazine/content/11_17/b4225060960537.htm">Jeff Hammerbacher</a>. Y&#8217;a-t-il une <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Vall%C3%A9e_d%C3%A9rangeante">vallée de l&#8217;étrange de la publicité</a>, qui, passé un stade, devient plus repoussante qu&#8217;attirante, à l&#8217;image de ces robots qui paraissent trop humains pour être amicaux ? </p>
<p>Hubert Guillaud</p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/big-data/" title="big data" rel="tag nofollow">big data</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/identites-actives/" title="identités actives" rel="tag nofollow">identités actives</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/intelligence-des-donnees/" title="intelligence des données" rel="tag nofollow">intelligence des données</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/marketing/" title="marketing" rel="tag nofollow">marketing</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/mesinfos/" title="mesinfos" rel="tag nofollow">mesinfos</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/tracabilite/" title="traçabilité" rel="tag nofollow">traçabilité</a><br />
<div class="feedflare">
<a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=3D5NS-_GpYg:Cm1z6S0SAnw:yIl2AUoC8zA"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?d=yIl2AUoC8zA" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=3D5NS-_GpYg:Cm1z6S0SAnw:7Q72WNTAKBA"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?d=7Q72WNTAKBA" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=3D5NS-_GpYg:Cm1z6S0SAnw:V_sGLiPBpWU"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?i=3D5NS-_GpYg:Cm1z6S0SAnw:V_sGLiPBpWU" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=3D5NS-_GpYg:Cm1z6S0SAnw:dnMXMwOfBR0"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?d=dnMXMwOfBR0" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=3D5NS-_GpYg:Cm1z6S0SAnw:D7DqB2pKExk"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?i=3D5NS-_GpYg:Cm1z6S0SAnw:D7DqB2pKExk" border="0"></img></a>
</div><img src="http://feeds.feedburner.com/~r/internetactu/bcmJ/~4/3D5NS-_GpYg" height="1" width="1"/>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.internetactu.net/2012/04/26/les-limites-du-ciblage-publicitaire-personnalise/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>10</slash:comments>
		<feedburner:origLink>http://www.internetactu.net/2012/04/26/les-limites-du-ciblage-publicitaire-personnalise/</feedburner:origLink></item>
		<item>
		<title>Les bienfaits de la pensée magique</title>
		<link>http://feedproxy.google.com/~r/internetactu/bcmJ/~3/nnZP-PDzqLY/</link>
		<comments>http://www.internetactu.net/2012/04/25/les-bienfaits-de-la-pensee-magique/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 25 Apr 2012 05:00:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rémi Sussan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Communication interpersonnelle]]></category>
		<category><![CDATA[Education et formation]]></category>
		<category><![CDATA[Technologies]]></category>
		<category><![CDATA[cognition]]></category>
		<category><![CDATA[neurosciences]]></category>
		<category><![CDATA[psychologie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.internetactu.net/?p=16857</guid>
		<description><![CDATA[Le consensus semble établi par la plupart des chercheurs en neurosciences. L&#8217;homme n&#8217;est pas un animal rationnel. Tandis que les experts en neuroéconomie, le prix Nobel Daniel Kahneman en tête, découvrent que l&#8217;être humain est un pauvre calculateur (au point que certaines personnes souffrant de lésions cérébrales montrent une bien meilleure capacité à investir et évaluer les risques que des&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/04/newscientistgodissue.jpg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/04/newscientistgodissue-228x300.jpg" alt="newscientistgodissue" title="newscientistgodissue" width="228" height="300" class="alignright size-medium wp-image-16946" hspace="6" vspace="6" align="right" /></a>Le consensus semble établi par la plupart des chercheurs en neurosciences. L&#8217;homme n&#8217;est pas un animal rationnel. Tandis que les experts en neuroéconomie, le prix Nobel <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Daniel_Kahneman">Daniel Kahneman</a> en tête, découvrent que l&#8217;être humain est un pauvre calculateur (au point que certaines personnes souffrant de lésions cérébrales montrent une bien meilleure capacité à investir et évaluer les risques que des personnes saines), d&#8217;autres chercheurs appréhendent les origines biologiques et cognitives de la religion : <a href="http://www.newscientist.com/special/god">un récent numéro de <i>New Scientist</i> a d&#8217;ailleurs fait sa couverture sur le sujet</a>. D&#8217;un autre côté,<a href="http://magicalthinkingbook.com/author/"> Matthew Hutson</a>, journaliste scientifique spécialisé dans les sciences cognitives et les neurosciences, nous chante les bienfaits de la superstition. Il vient de publier le livre : <a href="http://www.amazon.fr/The-Laws-Magical-Thinking-Irrational/dp/1594630879/ref=sr_1_1?ie=UTF8&#038;qid=1335184612&#038;sr=8-1"><i>Les 7 lois de la pensée magique : comment nos croyances irrationnelles nous gardent heureux, en bonne santé et sains</i></a>. </p>
<h3>Les fondements cognitifs de la religion populaire</h3>
<p>Le <i>New Scientist</i> <a href="http://www.newscientist.com/special/god">vient donc de sortir un numéro spécial &#8220;Science de Dieu&#8221;</a>. </p>
<p><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/04/12828337.jpg" alt="12828337" title="12828337" width="200" align="left" hspace="6" vspace="6" /><a href="http://www.newscientist.com/article/mg21328562.200-the-god-issue-science-wont-loosen-religions-grip.html">L’article le plus intéressant du dossier</a> est sans doute celui de <a href="http://www.philosophy.emory.edu/facstaff/mccauley.shtml">Robert McCauley</a>, spécialiste reconnu de la science cognitive de la religion, qui a récemment popularisé ses idées dans un livre <a href="http://www.amazon.fr/Why-Religion-Natural-Science-Not/dp/0199827265/ref=sr_1_1?ie=UTF8&#038;qid=1335175764&#038;sr=8-1"><i>Pourquoi la religion est naturelle alors que la science ne l&#8217;est pas</i></a>.<br />
 <br />
<a href="http://www.newscientist.com/article/mg21328562.200-the-god-issue-science-wont-loosen-religions-grip.html">Pour MacCauley</a>, il existe dans notre cerveau un certain nombre de &#8220;modules&#8221; déjà câblés nous permettant, par exemple, de reconnaître les visages, d&#8217;apprendre le langage, d&#8217;avoir une &#8220;théorie de l&#8217;esprit&#8221;, d&#8217;être capable d&#8217;éviter les dangers&#8230; Il emploie pour décrire ces fonctions le terme de &#8220;naturellement mature&#8221;. Autrement dit, elles font partie du développement cognitif &#8220;normal&#8221; et ne nécessitent pas d&#8217;efforts particuliers d’apprentissage. Ce sont aussi des systèmes rapides, ils s’apparentent à ce que l&#8217;économiste comportemental Daniel Kahneman nomme le système 1, soit les fonctions mentales qui nous permettent de décider rapidement. C&#8217;est l&#8217;ensemble de ces systèmes qui nous rendent réceptifs à la pensée magique et religieuse, explique McCauley. Lorsqu&#8217;ils se combinent entre eux, ils sont capables de créer des &#8220;faux positifs&#8221; susceptibles de nous amener à croire à des phénomènes &#8220;contre-intuitifs&#8221;. Un exemple en est l&#8217;anthropomorphisme, qui consiste à attribuer une &#8220;théorie de l&#8217;esprit&#8221; à des objets qui en sont dépourvus. Dans le cadre d&#8217;un système rapide, l’anthropomorphisme a certainement une valeur adaptative réelle. Il valait mieux, pour l’homme préhistorique, soupçonner une intention (c&#8217;est-à-dire un prédateur) derrière un mouvement de branchages qu&#8217;ignorer cette intention lorsqu&#8217;elle existait. <br />
 <br />
Une autre conséquence est &#8220;l&#8217;<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Apoph%C3%A9nie">apophénie</a>&#8221; qui consiste à repérer des modèles significatifs là où il n&#8217;y en a pas : par exemple, apercevoir la Sainte Vierge sur sa tartine de confiture de fraise.<br />
 <br />
Tout ceci crée un réseau de comportements et de pratiques (rituels, espaces et objets sacrés, etc.) qui fondent de que McCauley appelle la &#8220;religion populaire,&#8221; un socle mental &#8220;par défaut&#8221; que nous avons tendance à développer naturellement. Ainsi, pas besoin, comme le pensent certains scientifiques, d&#8217;imaginer une &#8220;zone du cerveau&#8221; consacrée à la religion. Celle-ci est une conséquence du développement cognitif normal de l’individu.<br />
 <br />
Mais McCauley insiste sur la notion de &#8220;religion populaire&#8221;,  bien différente de la religion dogmatique et doctrinale qu&#8217;on peut revendiquer consciemment. S&#8217;il faut comparer la science à quelque chose, ajoute-t-il, ce n&#8217;est pas à la religion, mais plutôt à la théologie. Science et théologie appartiennent en effet au &#8220;système lent&#8221; de Kahneman : ce sont les produits des fonctions les plus élevées, les plus rationnelles de notre cerveau.<br />
 <br />
Ce qu&#8217;il est important de noter, continue le chercheur, c&#8217;est que la théologie est finalement aussi éloignée de la religion populaire que cette dernière peut l’être de la science. Un croyant aura beau mettre en avant certaines des caractéristiques les plus élevées de la divinité (omniprésence, omnipotence, etc.) cela n&#8217;aura guère d&#8217;impact sur son comportement religieux : <i>&#8220;Lorsqu’on leur demande, au cours d&#8217;expériences, de parler ou de penser aux actions de Dieu ou des dieux, les personnes religieuses abandonnent complètement et immédiatement les doctrines théologiquement correctes en faveur de la religion populaire &#8211; même s&#8217;ils viennent juste de revendiquer et affirmer ces doctrines. La façon dont ils pensent et parlent montre qu&#8217;ils considèrent plus Dieu comme une version de Superman que comme le maître omniscient omniprésent et omnipotent dans lequel ils affirment croire&#8221;</i>.<br />
 <br />
Dans son livre, McCauley donne un exemple de ces expériences. Il raconte ainsi que la plupart des croyants interrogés lors d&#8217;un test de mémoire (dans lequel ils devaient se remémorer une histoire où un enfant prie pour avoir rapidement la vie sauve alors que Dieu est en train de répondre à une autre prière), tendaient à réinterpréter des passages en laissant entendre que Dieu avait du mettre un certain temps pour répondre à la prière, soit parce qu&#8217;il devait se relocaliser après avoir répondu à la prière précédente, soit parce qu&#8217;il n&#8217;avait pas fini d’exaucer cette dernière. </p>
<p>Les autres articles du <i>New Scientist</i> laissent passer un message analogue. <a href="http://www.newscientist.com/article/mg21328562.000-the-god-issue-we-are-all-born-believers.html">Un premier nous informe que les enfants sont &#8220;naturellement religieux&#8221;</a>, qu&#8217;ils ont tendance à voir dans les événements aléatoires l&#8217;expression de la volonté d&#8217;agents. <a href="http://www.newscientist.com/article/mg21328562.100-the-god-issue-religion-is-the-key-to-civilisation.html">Un second insiste sur le rôle fondamental des religions dans la naissance des civilisations</a>. La religion accroitrait l&#8221;&#8216;esprit de coopération, explique l&#8217;auteur, et faciliterait les comportements sociaux en donnant à chacun l&#8217;impression d&#8217;être surveillé par des êtres surnaturels. </p>
<h3>La superstition, un bienfait ?</h3>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/04/cover-3dhutson.jpg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/04/cover-3dhutson.jpg" alt="cover-3dhutson" title="cover-3dhutson" width="236" height="224" class="alignright size-full wp-image-16949" hspace="6" vspace="6" align="right" /></a>Reste à savoir que faire de cette pensée &#8220;rapide&#8221;, si prompte à encourager le développement de toutes sortes de croyances diverses. C&#8217;est là que le livre de Matthew Hutson apporte un éclairage inédit. Sortez vos porte-bonheurs, vos fers à cheval et vos trèfles à quatre feuilles: la superstition joue un rôle positif. </p>
<p>L&#8217;auteur a exposé certains points clés dans un récent article pour le <a href="http://www.nytimes.com/2012/04/08/opinion/sunday/in-defense-of-superstition.html?_r=3"><i>New York Times</i></a>. Selon lui, &#8220;nous sommes tous des mystiques&#8221;, à un certain degré. Il va même plus loin en affirmant que <i>&#8220;la pensée magique est la pensée par défaut&#8221;</i>. Autrement dit, nous sommes tous spontanément conduits à former des raisonnements &#8220;superstitieux&#8221;.</p>
<p>On s&#8217;aperçoit que bien des &#8220;lois psychologiques&#8221; énoncées par Hutson retrouvent les aspects de la religion populaire chère à McCauley : comme celle qui consiste à voir, même dans des événements aléatoires, l&#8217;expression d&#8217;un sens profond, d&#8217;un dessein caché. Autre exemple, l&#8217;animisme, qui prête des intentions à l&#8217;ensemble des objets du monde vivant, y compris nos voitures (et bien sûr, <a href="http://www.internetactu.net/2007/07/02/lorsque-laspirateur-integre-la-famille/">aux robots, même les plus primitifs</a>). Parmi les &#8220;7 lois&#8221; formulées par Hutson (présentées dans le magazine <a href="http://www.forbes.com/sites/jennagoudreau/2012/04/13/superstitions-and-magical-thinking-how-irrational-beliefs-keep-us-sane/2/"><i>Forbes</i></a>), on mentionnera aussi le fait que &#8220;les objets ont une essence&#8221;, ce qui implique la multitude des objets sacrés, des talismans, des amulettes. Ou encore, l&#8217;importance des symboles : ainsi, un mariage un jour d&#8217;orage, nous dit Hutson, peut être vu comme le signe de difficultés conjugales à venir. Bref autant d&#8217;attitudes magiques qui servent bien souvent de soubassement à la religion populaire au sens où l&#8217;entend McCauley. Par bien des côtés, tout cela n&#8217;est pas bien nouveau pour les anthropologues, qui reconnaitront dans ces &#8220;lois&#8221; des phénomènes déjà décrits depuis bien longtemps par <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/James_Frazer">James Frazer</a> ou <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Lucien_L%C3%A9vy-Bruhl">Levy-Bruhl</a>, et bien d&#8217;autres. La nouveauté, c&#8217;est de reconnaitre que ces différents processus mentaux ne sont pas simplement des croyances induites par la culture ou qui participent d&#8217;une mentalité &#8220;primitive&#8221;, mais constituent la base de notre structure mentale. Et surtout, qu&#8217;ils peuvent se montrer avantageux.<br />
 <br />
<img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/04/220px-Buddist_Phas.JPG" alt="220px-Buddist_Phas" title="220px-Buddist_Phas" width="300" align="left" hspace="6" vspace="6" />Dans le <i>New York Times</i>, Hutson se base sur diverses expérimentations en psychologie pour asseoir son argumentation. Parmi elles <a href="http://social-cognition.uni-koeln.de/scc4/documents/PsychS21_7.pdf">celles réalisées par Lysann Damisch et son équipe à l&#8217;université de Cologne (.pdf)</a>. La première expérience demandait aux sujets d&#8217;effectuer une épreuve dans laquelle certains disposaient d&#8217;une &#8220;balle de golf chanceuse&#8221;. Résultat, ceux qui ont utilisé la balle &#8220;porte-bonheur&#8221; (ou plutôt qu&#8217;ils croyaient telle) ont obtenu de meilleures performances que ceux qui se sont servis d&#8217;une balle présentée comme &#8220;neutre&#8221; &#8211; une petite note d&#8217;importance s&#8217;impose ici : un prétest avait établi que 80% des sujets croyaient aux pouvoirs des porte-bonheur. Cette expérience montre donc que les gens superstitieux sont plus enclins à réussir certaines tâches en fonction de leur croyance, mais pas que des personnes sceptiques puissent se retrouver inconsciemment sous l&#8217;influence d&#8217;une superstition&#8230;<br />
 <br />
L&#8217;équipe a poursuivi d&#8217;autres expériences sur la superstition, et s&#8217;est essayée à comprendre les mécanismes psychologiques qui amenaient une augmentation de performance chez les sujets superstitieux. Il s&#8217;est avéré que, amenés à résoudre une énigme en présence de leurs amulettes, ceux-ci tendaient à essayer plus longtemps et plaçaient la barre plus haut. Ils augmentaient ainsi leurs chances de réussir. </p>
<p>La &#8220;nouvelle magie&#8221; de Hutson connaitra-t-elle un effet de mode comme <a href="http://www.internetactu.net/2011/01/04/peut-on-mettre-les-neurosciences-a-toutes-les-sauces/">le neuromarketing</a> ? Peut-être bien. <i>The Investor</i> publiait récemment <a href="http://news.investors.com/article/608042/201204171411/practice-self-motivation-in-business-and-life.htm">un article</a> basé sur les thèses de Hutson pour donner des conseils aux hommes d&#8217;affaires. L’article lui-même n&#8217;est pas d&#8217;un grand apport, mais il est intéressant de remarquer que les idées de Hutson entrent déjà dans le logiciel intellectuel d&#8217;une profession qui, avec son armée de spin doctors et de &#8220;méthodes de réussite&#8221;, repose bien plus souvent sur l&#8217;ancien chamanisme que sur une quelconque rationalité. </p>
<p>Rémi Sussan</p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/cognition/" title="cognition" rel="tag nofollow">cognition</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/neurosciences/" title="neurosciences" rel="tag nofollow">neurosciences</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/psychologie/" title="psychologie" rel="tag nofollow">psychologie</a><br />
<div class="feedflare">
<a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=nnZP-PDzqLY:8P5CyfY5REA:yIl2AUoC8zA"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?d=yIl2AUoC8zA" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=nnZP-PDzqLY:8P5CyfY5REA:7Q72WNTAKBA"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?d=7Q72WNTAKBA" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=nnZP-PDzqLY:8P5CyfY5REA:V_sGLiPBpWU"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?i=nnZP-PDzqLY:8P5CyfY5REA:V_sGLiPBpWU" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=nnZP-PDzqLY:8P5CyfY5REA:dnMXMwOfBR0"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?d=dnMXMwOfBR0" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=nnZP-PDzqLY:8P5CyfY5REA:D7DqB2pKExk"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?i=nnZP-PDzqLY:8P5CyfY5REA:D7DqB2pKExk" border="0"></img></a>
</div><img src="http://feeds.feedburner.com/~r/internetactu/bcmJ/~4/nnZP-PDzqLY" height="1" width="1"/>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.internetactu.net/2012/04/25/les-bienfaits-de-la-pensee-magique/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>7</slash:comments>
		<feedburner:origLink>http://www.internetactu.net/2012/04/25/les-bienfaits-de-la-pensee-magique/</feedburner:origLink></item>
		<item>
		<title>Vers des robots imprimables ?</title>
		<link>http://feedproxy.google.com/~r/internetactu/bcmJ/~3/fAdNa9K08Jw/</link>
		<comments>http://www.internetactu.net/2012/04/24/vers-des-robots-imprimables/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 24 Apr 2012 05:00:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Innovation, RD]]></category>
		<category><![CDATA[Robotique]]></category>
		<category><![CDATA[Technologies]]></category>
		<category><![CDATA[bidouillabilité]]></category>
		<category><![CDATA[design]]></category>
		<category><![CDATA[do it yourself]]></category>
		<category><![CDATA[fabrication personnelle]]></category>
		<category><![CDATA[hacker]]></category>
		<category><![CDATA[internet des objets]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.internetactu.net/?p=16846</guid>
		<description><![CDATA[Connaissez-vous ReaDIYmate ? C&#8217;est un projet de petits robots en papier constitués d&#8217;un bloc moteur et d&#8217;un emballage papier personnalisable qui se pilote depuis une application pour smartphone ou depuis un programme d&#8217;ordinateur (vidéo). L&#8217;idée qui anime Marc Chareyron et Olivier Mével (@omevel, cofondateur du Nabaztag), ses concepteurs, consiste à permettre à chacun de personnaliser son petit robot. Les ReaDIYmates&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Connaissez-vous <a href="http://www.readiymate.com/">ReaDIYmate</a> ? C&#8217;est un projet de petits robots en papier constitués d&#8217;un bloc moteur et d&#8217;un emballage papier personnalisable qui se pilote depuis une application pour smartphone ou depuis un programme d&#8217;ordinateur (<a href="http://vimeo.com/39235280">vidéo</a>). L&#8217;idée qui anime Marc Chareyron et Olivier Mével (<a href="https://twitter.com/#!/omevel">@omevel</a>, cofondateur du Nabaztag), ses concepteurs, consiste à permettre à chacun de personnaliser son petit robot. Les ReaDIYmates sont des petits objets Wi-Fi, qui se déplacent, s&#8217;animent, jouent des sons ou de la lumière en fonction de votre activité sur le Net où selon la manière dont vous les avez programmés, tout à fait comme le lapin <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Nabaztag">Nabaztag</a>. Ils sont composé de deux parties, un corps animé qui contient un moteur et un haut-parleur, relié par un câble à un processeur connecté en Wi-Fi. Basé sur Arduino, il est possible d&#8217;ajouter des fonctionnalités aux ReaDIYmates à partir de cette brique de base. Pour l&#8217;instant, la liste des fonctionnalités qui seront prochainement disponible est encore réduite : ils savent se déplacer ou jouer un MP3 lorsque vous recevez une notification sur Facebook, Twitter ou Gmail ou poster un statut particulier en réponse à une sollicitation. De même, ils savent se signaler si le fil RSS que vous surveillez reçoit une nouvelle actualité&#8230; Mais tout un chacun pourra programmer des chaînes de causalités. On peut même jouer avec directement depuis l&#8217;application proposée (et ce même à distance). </p>
<p><iframe src="http://player.vimeo.com/video/39235280?title=0&amp;byline=0&amp;portrait=0&amp;color=ffffff" width="540" height="315" frameborder="0" webkitAllowFullScreen mozallowfullscreen allowFullScreen></iframe></p>
<p>Le kit de développement simplifié proposé pour animer ces petits robots&#8230; promet de démocratiser l&#8217;usage d&#8217;Arduino, <a href="http://makingsociety.blog.lemonde.fr/2012/04/03/readiymate-paper-toys-connectes-prets-a-bidouiller/">souligne Mathilde Berchon</a>, avec un objet très personnalisable (et dont on peut changer l&#8217;apparence à l&#8217;envie). Pour ceux que cela intéressent, les ReaDIYmates sont disponibles en précommandes sur <a href="http://www.kickstarter.com/projects/readiymate/readiymate-build-an-internet-connected-thing-in-10?ref=users">KickStarter</a>. </p>
<p>Si le projet est sympathique, il n&#8217;a tout de même pas l&#8217;ampleur de celui que vient de lancer le MIT, qui propose de franchir une étape dans la fabrication de robots personnels, en permettant à chacun de les imprimer, comme le font les imprimantes 3D pour tout un tas d&#8217;autres objets (voir <a href="http://www.internetactu.net/2012/02/08/limpression-3d-est-elle-le-moteur-de-la-fabrication-de-demain/">L&#8217;impression 3D est-elle le moteur de la fabrication de demain ?&#8221;</a>). Car si certains modèles d&#8217;imprimantes 3D (très particuliers) permettent déjà d&#8217;imprimer des <a href="http://www.wired.com/rawfile/2010/07/gallery-bio-printing/">vaisseaux sanguins</a>, pourquoi n&#8217;imprimeraient-ils pas des robots ? C&#8217;est en tout cas l&#8217;objet du dernier projet du MIT, une &#8220;expédition&#8221; <a href="http://ppm.csail.mit.edu/">vers l&#8217;informatique imprimable de machines programmables</a> lancé par le <a href="http://www.csail.mit.edu/">Laboratoire de science de l&#8217;informatique et de l&#8217;intelligence artificielle</a>. </p>
<p>Encore à un stade de développement très précoce, l&#8217;équipe du MIT a prototypé deux robots, <a href="http://www.wired.com/gadgetlab/2012/04/print-your-own-mit-robot/">rapporte <i>Wired</i></a>. Le premier ressemble à un insecte à 6 pattes, est capable de se déplacer et pourrait être utilisé pour surveiller des fuites de gaz dans votre sous-sol ou jouer avec le chat. Le second est une griffe préhensible qui pourrait ramasser des objets pour vous (<a href="http://www.youtube.com/watch?v=cRVnxbO69pY&#038;feature=player_embedded">vidéo</a>). Les deux prototypes ont coûté une centaine de dollars à réaliser et ont été assemblés en à peine plus d&#8217;une heure (mais n&#8217;ont visiblement par encore été totalement &#8220;imprimés&#8221; de A à Z). </p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/04/20120329171557-1.jpg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/04/20120329171557-1-300x127.jpg" alt="20120329171557-1" title="20120329171557-1" width="540" /></a><br />
<i>Image : l&#8217;un des robots imprimable du MIT, photographié par Jason Dorfman/CSAIL.</i></p>
<p>Ces démonstrateurs se veulent la première pierre d&#8217;une plateforme de robots imprimables et fonctionnels que l&#8217;on pourra créer depuis des modèles 3D. A terme, pour l&#8217;utilisateur, il suffirait d&#8217;aller dans un FabLab local pour choisir son robot dans le catalogue, le personnaliser, l&#8217;imprimer et l&#8217;assembler. Les utilisateurs pourront ajouter des fonctionnalités par la programmation, même si la plupart auront des programmes dédiés directement téléchargeables. </p>
<p><iframe width="540" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/cRVnxbO69pY" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p><i>&#8220;Notre objectif est de développer une technologie qui permet à quiconque de fabriquer son propre robot personnalisé&#8221;</i>, explique Vijay Kumar de l&#8217;université de Pennsylvanie, partenaire du projet. L&#8217;idée est d&#8217;utiliser des matériaux très simples et peu coûteux, comme le montre leurs démonstrateurs réalisés pour l&#8217;essentiel en papier (hormis l&#8217;électronique et les fils conducteurs) ! Toute l&#8217;ambition du projet consiste à permettre aux utilisateurs de disposer d&#8217;un robot imprimé, assemblé, programmé et prêt à l&#8217;action en 24 heures et ce pour un coût modique.</p>
<p>Pour l&#8217;instant, les chercheurs se concentrent à développer une interface de programmation et d&#8217;assemblage très simple. Mais l&#8217;objectif du programme de recherche est de proposer d&#8217;ici 5 ans un <i>&#8220;imprimeur de robot universel&#8221;</i>. L&#8217;enjeu est bien d&#8217;explorer l&#8217;avenir de l&#8217;impression, comme l&#8217;expliquait le professeur Rob Wood, responsable du <a href="http://micro.seas.harvard.edu/">Laboratoire de microrobotique</a> de l&#8217;université de Harvard <a href="http://m.bbc.co.uk/news/technology-17614392">à la <i>BBC</i></a> : <i>&#8220;Les imprimantes 3D sont de plus en plus accessibles, mais nous voulons aller au-delà pour créer des robots qui englobent de multiples fonctionnalités, qui ont des composantes électriques et mécaniques, des contrôleurs et des microprocesseurs. L&#8217;idée est d&#8217;aller au-delà de l&#8217;état de l&#8217;art actuel des imprimantes 3D.&#8221;</i> Pour la responsable du projet, Daniela Rus, le but du projet est de montrer un avenir dans lequel les objets fonctionnels imprimés seront aussi communs que l&#8217;est aujourd&#8217;hui le papier imprimé. </p>
<p>Signalons d&#8217;ailleurs qu&#8217;un autre laboratoire travaille sur des robots &#8220;imprimables&#8221;, le <a href="http://creativemachines.cornell.edu/">Laboratoire de Machines créatives</a> de l&#8217;université Cornell dirigé par <a href="http://web.mae.cornell.edu/lipson/">Hod Lipson</a>, auteur d&#8217;un passionnant rapport sur <a href="http://web.mae.cornell.edu/lipson/FactoryAtHome.pdf">l&#8217;économie émergente de la fabrication personnelle (.pdf)</a> et également responsable du programme <a href="http://fabathomebeta.mae.cornell.edu">Fab@Home</a>. Le chercheur et ses équipes travaillent à plusieurs projets de robots imprimés, comme le <a href="http://creativemachines.cornell.edu/golem">projet Golem</a> et sa version la plus récente, le projet <a href="http://creativemachines.cornell.edu/ornithopter">Ornithopter</a>, un petit robot volant dont l&#8217;essentiel de la structure est fabriqué depuis une imprimante 3D. Le chercheur développe d&#8217;ailleurs un passionnante réflexion sur la matière programmable (<a href="http://www.youtube.com/watch?v=tmPLeQLdfPA">vidéo</a>). Pour Lipson, les gens ont tendance à poser de mauvaises questions sur l&#8217;impression 3D. Ils cherchent le point de rupture entre la fabrication numérique et la fabrication traditionnelle. &#8220;Son intérêt n&#8217;est pas qu&#8217;elle permette de produire des choses moins chères, mais qu&#8217;elle permette de produire des choses qui n&#8217;étaient pas imaginables avant&#8221;, <a href="http://www.theinquirer.net/inquirer/feature/2155416/robotics-lab-cornell-universitys-hod-lipson">confiait-il récemment à <i>The Inquirer</i></a>.</p>
<p><iframe width="540" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/tmPLeQLdfPA" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p>En attendant que tout ces équipements soient disponibles, vous pouvez toujours commencer à construire <a href="http://www.paper-toy.fr/">des personnages en papier</a> et trouver une attache parisienne pour les faire bouger&#8230;</p>
<p>Hubert Guillaud</p>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/bidouillabilite/" title="bidouillabilité" rel="tag nofollow">bidouillabilité</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/design/" title="design" rel="tag nofollow">design</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/do-it-yourself/" title="do it yourself" rel="tag nofollow">do it yourself</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/fabrication-personnelle/" title="fabrication personnelle" rel="tag nofollow">fabrication personnelle</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/hacker/" title="hacker" rel="tag nofollow">hacker</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/internet-des-objets/" title="internet des objets" rel="tag nofollow">internet des objets</a><br />
<div class="feedflare">
<a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=fAdNa9K08Jw:aoIzYipaheg:yIl2AUoC8zA"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?d=yIl2AUoC8zA" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=fAdNa9K08Jw:aoIzYipaheg:7Q72WNTAKBA"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?d=7Q72WNTAKBA" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=fAdNa9K08Jw:aoIzYipaheg:V_sGLiPBpWU"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?i=fAdNa9K08Jw:aoIzYipaheg:V_sGLiPBpWU" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=fAdNa9K08Jw:aoIzYipaheg:dnMXMwOfBR0"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?d=dnMXMwOfBR0" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=fAdNa9K08Jw:aoIzYipaheg:D7DqB2pKExk"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?i=fAdNa9K08Jw:aoIzYipaheg:D7DqB2pKExk" border="0"></img></a>
</div><img src="http://feeds.feedburner.com/~r/internetactu/bcmJ/~4/fAdNa9K08Jw" height="1" width="1"/>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.internetactu.net/2012/04/24/vers-des-robots-imprimables/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		<feedburner:origLink>http://www.internetactu.net/2012/04/24/vers-des-robots-imprimables/</feedburner:origLink></item>
		<item>
		<title>Philosophie de la programmation</title>
		<link>http://feedproxy.google.com/~r/internetactu/bcmJ/~3/UHbrIyIH0vA/</link>
		<comments>http://www.internetactu.net/2012/04/23/philosophie-de-la-programmation/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 23 Apr 2012 11:33:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier de la Porte</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Débats]]></category>
		<category><![CDATA[Gouvernance de l'internet]]></category>
		<category><![CDATA[complexité]]></category>
		<category><![CDATA[pdlt]]></category>
		<category><![CDATA[programmation]]></category>
		<category><![CDATA[science]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.internetactu.net/?p=16877</guid>
		<description><![CDATA[La lecture de la semaine, une fois n’est pas coutume, est une critique de livre, publiée dans le Guardian, sous la plume de Francis Spufford. Le livre critiqué est celui de George Dyson (Wikipédia, il est l&#8217;un des contributeurs principaux de la revue The Edge), Turing’s Cathedral (La cathédrale de Turing), qui raconte la construction de l’un des premiers ordinateurs,&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/04/turingscathedral.jpg"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/04/turingscathedral-203x300.jpg" alt="turingscathedral" title="turingscathedral" width="203" height="300" class="alignright size-medium wp-image-16891" hspace="6" vspace="6" align="right" /></a>La lecture de la semaine, une fois n’est pas coutume, <a href="http://www.guardian.co.uk/books/2012/mar/07/turings-cathedral-george-dyson-review">est une critique de livre</a>, publiée dans le <i>Guardian</i>, sous la plume de <a href="http://www.guardian.co.uk/profile/francis-spufford">Francis Spufford</a>. Le livre critiqué est celui de George Dyson (<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/George_Dyson_(historien_des_sciences)">Wikipédia</a>, <a href="http://edge.org/conversation/a-universe-of-self-replicating-code">il est l&#8217;un des contributeurs principaux de la revue <i>The Edge</i></a>), <i><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/0375422773/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;tag=internetnet-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=0375422773">Turing’s Cathedral</a></i> (La cathédrale de Turing), qui raconte la construction de l’un des premiers ordinateurs, à Princeton, entre la fin des années 40 et le début des années 50. MANIAC, c’est le nom de cet ordinateur. Construction qui s’est faite sous la double égide de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/John_von_Neumann">John Von Neuman</a> et <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Alan_Turing">Alan Turing</a>. Je ne vous livre que la fin de cette longue recension d’un livre qu’il y a fort peu de chance qu’on puisse lire un jour en français. Spufford termine son article en donnant trois raisons de lire ce livre.</p>
<p> &#8220;Première raison. Aucun autre livre sur les débuts de l’âge numérique ne donne vie avec autant de vigueur et de pertinence à l’immense difficulté d’ingénierie que représentait la création, pour la première fois dans l’histoire, d’une machine logique électronique, à l’immense difficulté d’ingénierie que représentait la création originale, et sans précédent, d’un modèle d’organisation qui est devenu ensuite absolument familier, qui a été gravé dans le silicium sur des surfaces toujours plus petites, dans des fonderies de puces. Le mot &#8220;fonderie&#8221; montre bien que cette logique est une marchandise, un matériau, l’acier de l’âge de l’information. Mais, poursuit Francis Spufford, ça n’a pas commencé comme ça. MANIAC a d’abord été une réalisation complexe, presque impossible, exigeant à la fois une haute intelligence conceptuelle et une grande habileté au bricolage. Du détail au niveau macro, l’ensemble était un assemblage de vannes, de circuits branchés à la main et de tubes à rayons cathodiques, un système alimenté par une énergie à voltages différents et protégé de risques allant du champ magnétique du tramway voisin à l’orage. Quand Dyson raconte que le MANIAC a été construit dans sa caisse &#8220;comme un cortex cérébral replié&#8221;, il veut vraiment dire &#8220;comme un cerveau&#8221;.&#8221;</p>
<p><a href="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/04/maniac.png"><img src="http://www.internetactu.net/wp-content/uploads/2012/04/maniac.png" alt="maniac" title="maniac" width="540" class="alignnone size-medium wp-image-16887" /></a><br />
<i>Image : le MANIAC issu du <a href="http://www.computerhistory.org/">Musée de l&#8217;histoire de l&#8217;ordinateur</a>.</i></p>
<p>Deuxième raison pour lire <i>La Cathédrale de Turing</i>, selon Francis Spufford : aucun autre livre n’a montré aussi intelligemment et de manière aussi déconcertante les relations entre l’ère numérique et les recherches sur l’arme atomique. Pas simplement des relations financières qu’on peut trouver moralement condamnables, mais parce que les recherches sur l’arme atomique  ont eu une influence fondamentale en termes développement, ce sont elles qui ont donné au numérique les outils intellectuels qui ont permis de déployer la puissance intellectuelle de l’ordinateur. <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9thode_de_Monte-Carlo">La méthode &#8220;Monte Carlo&#8221;</a> (imaginée par Von Neumann et <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Stanislaw_Marcin_Ulam">Stanislas Ulam</a>) a été créée pour tester la probabilité d’une réaction thermonucléaire critique dans une bombe hydrogène. Si on n’avait pas dû imaginer et fabriquer des modèles de branchements permettant de disperser, scinder, absorber ou faire s’échapper des neutrons, il se pourrait bien qu’il n’y ait jamais eu d’algorithmes pour simuler les probabilités dans des modèles concernant l’évolution, la finance ou le climat. Réciproquement, s’il n’y avait pas eu d’algorithme &#8220;Monte Carlo&#8221; tournant à la vitesse électronique sur MANIAC, il n’y aurait pas eu la bombe H américaine en 1952, qui a évaporé l’Atoll Enewetak dans un nuage rouge qui a ébouillanté la moitié du ciel.</p>
<p>Troisième raison : aucun autre livre – c’est là où il devient visionnaire – n’établit comme il le fait le lien entre les leçons que l’on peut tirer des origines de l’ordinateur et celles qui permettent d’envisager son avenir. Dyson s’inspire de l’aptitude qu’ont eue Turing et Van Neuman à voir les limites de l’architecture numérique qu’ils étaient eux-mêmes en train de proposer et dans laquelle ils mettaient toute leur énergie. A la fin des années 40, ils pensaient déjà à la rigidité essentielle et, d’un certain point de vue, à l’inefficacité logique de machines qui, à la différence de processeurs d’information vivants, ne peuvent faire qu’une seule chose à la fois, laissant tout le reste de la structure désœuvrée. Comme l’écrit Dyson : &#8220;Il y a une toute petite couche d’instruction, les 99,9% qui restent sont vides et sombres&#8221;. Pourtant l’&#8221;architecture Von Neumann&#8221;, &#8211; consistant à faire passer des unités de mémoires par un processeur, chaque unité possédant sa propre adresse -, cette méthode n’est pas la seule possible, et pas la seule envisagée par Von Neuman. Dyson croit que la naissance d’autres architectures venant se superposer au substrat numérique que nous connaissons est aujourd’hui imminente. Certaines de ses suggestions sont, disons-le, en avance sur les faits. Comme l’idée que Google représente la première ébauche de ce que Turing a appelé la &#8220;<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Oracle_(machine_de_Turing)">machine oracle</a>&#8220;, en suppléant ses propres états déterminés par l’injection de questions humaines non déterminées. Mais les idées de Turing et de Van Neumann étaient un peu en avance, c’est le moins qu’on puisse dire.&#8221;</p>
<p>C’est là selon Spufford, une des vertus de ce livre, que d’inspirer les codeurs pour inventer l’ordinateur de l’avenir. </p>
<p>Xavier de la Porte</p>
<blockquote><p>Xavier de la Porte, producteur de l’émission <a href="http://www.franceculture.fr/emission-place-de-la-toile.html-1">Place de la Toile</a> sur France Culture, réalise chaque semaine une intéressante lecture d’un article de l’actualité dans le cadre de son émission.</p>
<p><a href="http://www.franceculture.fr/emission-place-de-la-toile-le-web-comme-bibliotheque-2012-04-21">L’émission du 21 avril 2012</a> était consacrée au web comme bibliothèque en compagnie de <a href="http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/">Jean-Michel Salaün</a> chercheur en sciences de l’information au <a href="http://www.collegium-lyon.fr/le-collegium-22060.kjsp?STNAV=&#038;RUBNAV=">Collegium de Lyon</a> et professeur à l’<a href="http://www.umontreal.ca/">université de Montréal</a>. Il est l’auteur de <i><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2707171352/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;tag=internetnet-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=2707171352">Vu, lu, su : les architectes de l’information face à l’oligopole du Web</a></i>, paru aux éditions La Découverte.</p></blockquote>

	<a href="http://www.internetactu.net/tag/complexite/" title="complexité" rel="tag nofollow">complexité</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/pdlt/" title="pdlt" rel="tag nofollow">pdlt</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/programmation/" title="programmation" rel="tag nofollow">programmation</a>, <a href="http://www.internetactu.net/tag/science/" title="science" rel="tag nofollow">science</a><br />
<div class="feedflare">
<a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=UHbrIyIH0vA:dsgOUYb6J-U:yIl2AUoC8zA"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?d=yIl2AUoC8zA" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=UHbrIyIH0vA:dsgOUYb6J-U:7Q72WNTAKBA"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?d=7Q72WNTAKBA" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=UHbrIyIH0vA:dsgOUYb6J-U:V_sGLiPBpWU"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?i=UHbrIyIH0vA:dsgOUYb6J-U:V_sGLiPBpWU" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=UHbrIyIH0vA:dsgOUYb6J-U:dnMXMwOfBR0"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?d=dnMXMwOfBR0" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=UHbrIyIH0vA:dsgOUYb6J-U:D7DqB2pKExk"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?i=UHbrIyIH0vA:dsgOUYb6J-U:D7DqB2pKExk" border="0"></img></a>
</div><img src="http://feeds.feedburner.com/~r/internetactu/bcmJ/~4/UHbrIyIH0vA" height="1" width="1"/>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.internetactu.net/2012/04/23/philosophie-de-la-programmation/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		<feedburner:origLink>http://www.internetactu.net/2012/04/23/philosophie-de-la-programmation/</feedburner:origLink></item>
		<item>
		<title>A lire ailleurs du 16/04/2012 au 23/04/2012</title>
		<link>http://feedproxy.google.com/~r/internetactu/bcmJ/~3/rLtiaMnLwBA/</link>
		<comments>http://www.internetactu.net/2012/04/23/a-lire-ailleurs-du-16042012-au-23042012/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 23 Apr 2012 03:00:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Internetactu</dc:creator>
				<category><![CDATA[A lire ailleurs]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.internetactu.net/2012/04/23/a-lire-ailleurs-du-16042012-au-23042012/</guid>
		<description><![CDATA[. Hacker la planète &#8211; RibbonFarm
Le piratage se répand dans tous les domaines de l&#8217;activité humaine, assène Venkatesh Rao, tant et si bien qu&#8217;il s&#8217;apprête à devenir le principal mécanisme de l&#8217;évolution de la civilisation. Cette &#8220;manipulation opportuniste d&#8217;un système complexe&#8221; est certes un mode barbare de production, mais à l&#8217;heure où la technologie a conquis la planète, cette&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.ribbonfarm.com/2012/04/18/hacking-the-non-disposable-planet">. Hacker la planète &#8211; RibbonFarm</a><br />
Le piratage se répand dans tous les domaines de l&#8217;activité humaine, assène Venkatesh Rao, tant et si bien qu&#8217;il s&#8217;apprête à devenir le principal mécanisme de l&#8217;évolution de la civilisation. Cette &#8220;manipulation opportuniste d&#8217;un système complexe&#8221; est certes un mode barbare de production, mais à l&#8217;heure où la technologie a conquis la planète, cette technologie parasitaire est la seule qui ait un avenir et qui nous permette de reprendre place individuellement comme collectivement dans la planification technologique en cours.</p>
<p><a href="http://sloanreview.mit.edu/the-magazine/2011-fall/53105/the-age-of-the-consumer-innovator/#.T5EiY0fT4mx.mailto">. L&#8217;âge du consommateur-innovateur &#8211; Sloan Management Review</a><br />
Pour Eric von Hippel, les consommateurs génèrent collectivement une quantité massive de l&#8217;innovation de produit, tant et si bien qu&#8217;il faut soutenir un nouveau paradigme : celle d&#8217;une innovation basée sur l&#8217;utilisateur. Cela suppose de cesser de les attaquer pour utiliser leurs innovations, à la manière dont l&#8217;a fait Microsoft avec Kinect. Pour von Hippel, il y a plusieurs façon d&#8217;accroître l&#8217;attractivité de ses produits auprès de ces utilisateurs-innovateurs : en soutenant leur innovation, en proposant des produits modifiables, ouverts et aider les utilisateurs à communiquer, échanger autour de vos produits. Et ne pas hésiter à les créditer de leur apports.</p>
<p><a href="http://quantifiedself.com/2012/04/numbers-from-around-the-web-round-5">. L&#8217;usage de la télé quantifié &#8211; Quantified Self</a><br />
Dale Lane, développeur chez IBM, a utilisé son Media PC pour tracer son usage de la télévision &#8211; projet TV Scrobbling : <a href="http://dalelane.co.uk/tvscrobbling/index.html">http://dalelane.co.uk/tvscrobbling/index.html</a> &#8211; il a de surcroit utilisé une webcam pour prendre des images de ceux qui regardaient le poste et déterminer son humeur (via l&#8217;API de Face.com).</p>
<p><a href="http://www.slideshare.net/3scale/the-api-economy-api-provider-perspective-european-identity-summit-2012">. The API Economy &#8211; Slideshare</a><br />
Steven Willmott de 3scale a publié les slides de sa présentation à L&#8217;European Identity Summit qui se tenait à Munich en Allemagne sur l&#8217;Economie des interfaces de programmation. Il y évoque comment les API construisent des écosystèmes de revenus, leur croissance, leur diversité, et explique comment elles sont en passe de devenir la plus importante façon de faire des affaires sur le web en distinguant 4 modèles : celui où l&#8217;API est le produit, celui où l&#8217;API projette le produit, celui où l&#8217;API promeut le produit et celui où l&#8217;API nourrit et renforce le produit.</p>
<p><a href="http://www.cnetfrance.fr/news/a-quand-un-vrai-controle-parental-sur-les-televiseurs-39770932.htm">. A quand un vrai contrôle parental sur les téléviseurs ? &#8211; CnetFrance</a><br />
Eric Le Ven revient sur le Smart hub Samsung, un dispositif pour gérer les programmes de la télévision intelligente permettant aux parents de programmer des durées d&#8217;écoute de la télé ou les programmes accessibles. Bloquer les contenus de sa télé pour protéger les enfants&#8230; Comme si le contrôle était un mode d&#8217;éducation.</p>
<p><a href="http://www.latribune.fr/technos-medias/internet/20120420trib000694661/aides-au-numerique-le-rapport-de-l-inspection-des-finances-qui-derange.html">. Aides au numérique : le rapport de l&#8217;Inspection des finances qui dérange &#8211; LaTribune.fr</a><br />
L&#8217;Inspection des finances a rendu un rapport au ministre de l&#8217;Industrie et du numérique, Eric Besson, sur la &#8220;cohérence des politiques publiques en faveur de l&#8217;économie numérique&#8221; qui égratigne sévèrement plusieurs des dispositifs mis en place. Au niveau des critiques, pour l&#8217;IGF, le Fonds national pour la société numérique, doté de 2,25 millions d&#8217;euros à l&#8217;origine par dans tous les sens, au risque d&#8217;éparpiller les ressources sans apporter de structure à l&#8217;économie numérique. Le rapport recommande également de rationaliser les pépinières d&#8217;entreprises (une trentaine en France hébergeant 3000 projets).</p>
<p><a href="http://www.challenges.fr/high-tech/20120419.CHA5609/la-verite-sur-le-bug-d-andromede-le-cloud-a-la-francaise.html">. La vérité sur le bug du &#8220;cloud&#8221; à la française &#8211; Challenges.fr</a><br />
Challenges revient sur les dessous du grand projet national de stockage décentralisé des données informatiques français. Bisbilles chez les grands groupes français pour prendre part au gâteau&#8230;</p>
<p><a href="http://www.theverge.com/2012/4/4/2925119/the-verge-interview-ambient-devices-ceo-pritesh-gandhi-glanceable-data">. Pritesh Gandhi sur les données en un coup d&#8217;oeil &#8211; The Verge</a><br />
Pritesh Gandhi, directeur d&#8217;Ambient Device &#8211; <a href="http://www.ambientdevices.com">http://www.ambientdevices.com</a> &#8211; revient sur les évolutions de sa société, qui s&#8217;est consacré, ces dernières années, à des objets ambiants liés à nos consommations énergétiques, plus compliqués en terme d&#8217;interface que les premiers objets sortis de cette spin off du MIT. Désormais, la société s&#8217;intéresse également au secteur de la santé. Les objets ambiants ne sont-ils pas les plus adaptés à une société vieillissante ? </p>
<p><a href="http://owni.fr/2012/04/19/leurope-delaisse-la-neutralite-du-net">. L’Europe délaisse la neutralité du Net &#8211; Owni.fr</a><br />
Neelie Kroes, la commissaire européenne chargée du numérique, prône un internet ouvert, qui n&#8217;est ni libre ni neutre. Tant pis pour la liberté&#8230; et tant pis pour l&#8217;internet.</p>
<p><a href="http://www.nature.com/news/brain-imaging-fmri-2-0-1.10365">. L&#8217;imagerie cérébrale 2.0 &#8211; Nature</a><br />
L&#8217;imagerie par résonance magnétique est devenue très populaire tant dans les médias que dans la communauté scientifique, estime Kerri Smith pour Nature, en grande partie parce que les images qu&#8217;ellel produit semblent assez intuitives. Pourtant, l&#8217;imagerie cérébrale risque de transformer la psychologie en &#8220;science biologique&#8221;, regrette Richard Frackowiak un spécialiste de ces images. Toute la question consiste à comprendre ce que la technique mesure. L&#8217;imagerie cérébrale n&#8217;a pour l&#8217;instant pas atteint ses objectifs : elle n&#8217;a pas vraiment donné une compréhension plus profonde de la neuropsychologie. </p>
<p><a href="http://www.courrierinternational.com/article/2012/03/29/manipuler-les-humains-pour-sauver-le-climat">. Manipuler les humains pour sauver le climat &#8211; Courrier international</a><br />
Et si on modifiait biologiquement les humains afin de nous aider à réduire notre empreinte écologique ? Aussi sérieux que la géoingénierie, la médecine améliorative prônée par quelques transhumanistes pourrait-elle être une solution pour résoudre le réchauffement climatique ? Comment ? En créant par exemple une intolérance à la viande par traitement médicamenteux&#8230; En réduisant la taille de l&#8217;espèce humaine&#8230; En accroissant l&#8217;altruisme et l&#8217;empathie par les médicaments, explique Matthew Liao.</p>
<p><a href="http://www.allthingsdistributed.com/2012/04/AWS-Marketplace.html">. Etendre les nuages, la place de marché AWS &#8211; All Things Distributed</a><br />
Werner Vogels, responsable technique d&#8217;Amazon, annonce le lancement de la place de marché d&#8217;AWS, les web services en nuage d&#8217;Amazon, permettant d&#8217;acheter de l&#8217;utilisation logicielle à l&#8217;heure&#8230;</p>
<p><a href="http://online.wsj.com/article/SB10001424052702303815404577334040572533780.html?mod=WSJ_LifeStyle_LS_Books">. Quand la mémoire commet des injustices &#8211; WSJ.com</a><br />
La plupart des procès reposent sur les souvenirs de témoins, or ceux-ci ne sont pas infaillibles, tant s&#8217;en faut. L&#8217;écrasante majorité des erreurs commises par les témoins oculaires ne sont ni conscientes, ni intentionnelles. Les neuroscientifiques ont montré que plus on fait appel à un souvenir, moins il devient fiable. Les réponses des témoins oculaires sont souvent influencés par les questions qu&#8217;on leur pose. Un psychologue australien, Neil Brewer, a expérimenté une technique qui semble donner de meilleurs résultats que l&#8217;identification traditionnelle. Plutôt que de laisser le temps aux témoins pour identifier les criminels, il propose de ne leur exposer les photos des coupables potentiels, que quelques secondes et d&#8217;estimer ensuite le niveau de leur certitude. Avec cette technique, visiblement, si l&#8217;on en croit les résultats des 905 cobayes, le taux de performance de l&#8217;identification grimperait de 21 à 66 %. Ce qui n&#8217;est pas peu pour tout ceux accusés par erreurs.  </p>
<p><a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2012/03/DUMENIL/47487">. Que cache l’engouement pour les relocalisations ?, par Gérard Duménil et Dominique Lévy &#8211; Le Monde diplomatique</a><br />
&#8220;Tant que le cadre néolibéral général, dans toutes ses composantes − hégémonie des classes capitalistes et des institutions financières, ralliement des cadres gestionnaires et administratifs, financiarisation et mondialisation −, ne sera pas remis en question par ce qu’on pourrait appeler, en pensant aux Etats-Unis de l’après-guerre, une « répression de la finance », toutes les tentatives engagées pour lutter contre le processus de désindustrialisation, quel que soit leur succès, sont régressives et le resteront. Elles sapent ce qu’il reste des conquêtes populaires des décennies antérieures, sans contribuer clairement au rétablissement de la croissance et à la restauration de l’emploi.&#8221;</p>
<p><a href="http://press.openedition.org/198">. Opinion mining et ‎Sentiment analysis &#8211; Dominique Boullier et Audrey Lohard &#8211; Cléo/OpenEdition</a><br />
L’ « opinion mining » est en passe de devenir une véritable industrie, tout aussi stratégique que celle des sondages. Les promesses avancées sont impressionnantes : la puissance de calcul des outils informatiques permettrait de suivre toutes les évolutions de l’opinion sur le web en temps réel, quel qu’en soit le volume. Plus encore, les capacités de traitement linguistique permettraient de détecter les tonalités de tous les verbatims recueillis, grâce aux méthodes dites de « sentiment analysis ». Dominique Boullier et Audrey Lohard propose un état de l&#8217;art.</p>
<p><a href="http://www.lesechos.fr/opinions/chroniques/0201999248925-la-france-change-par-le-bas-310775.php">. &#8220;La France change par le bas&#8221; &#8211; LesEchos</a><br />
Jean-Marc Vittori, éditorialiste aux Echos, revient sur l&#8217;essor des &#8220;Drive&#8221;, ces hypermarchés où l&#8217;on commande via l&#8217;internet pour se faire livrer dans sa voiture. On en dénombrait déjà 700 en France fin 2011, et Leclerc estime qu&#8217;il fera 5 % de ses ventes via ce canal en 2015. Voir également le dossier : <a href="http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/service-distribution/dossier/0201948786275-le-drive-nouveau-terrain-de-bataille-des-distributeurs-301867.php">http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/service-distribution/dossier/0201948786275-le-drive-nouveau-terrain-de-bataille-des-distributeurs-301867.php</a></p>
<p><a href="http://grist.org/cities/facebook-for-cities-a-social-network-for-neighborhood-improvement">. Un Facebook pour les villes &#8211; Grist</a><br />
Le projet Neighborland &#8211; <a href="http://handbook.neighborland.com/about/">http://handbook.neighborland.com/about/</a> &#8211; soutenu par la Fondation Rockefeller et crée par l’artiste Candy Chang en 2010 à la Nouvelle-Orléans, permet de partager au travers d’un réseau social et des tableaux installés dans la ville, des idées entre les habitants pour construire la ville à partir de leurs besoins et leur priorités (commerces, transports, santé, etc.) </p>
<p><a href="http://blogs.law.harvard.edu/vrm/2012/04/15/lets-fix-the-car-rental-business">. Réparons le business de la location de voiture &#8211; ProjectVRM</a><br />
Un récent article du NY Times se penchait sur plusieurs cas dans lesquels des acteurs tiers s&#8217;insérant dans la relation entre de grandes entreprises et leurs clients se trouvaient mis à mal par ces entreprises. Doc Searls analyse ici cette situation, dans laquelle les organisations sont volontairement organisées comme des &#8220;confusopoles&#8221; dans lesquels les individus sont perdus, et explique comment passer de cette situation à une véritable économie de l&#8217;intention.</p>
<p><a href="http://thisbigcity.net/how-your-postcode-is-as-important-as-your-genetic-code-for-childhood-obesity/?utm_source=twitterfeed&#038;utm_medium=twitter&#038;utm_campaign=Feed:+thisbigcity/FMhB+(This+Big+City)">. Votre code postal est aussi important que votre code génétique quant à votre risque d&#8217;obésité &#8211; This Big City</a><br />
L&#8217;Institut pour enfant de Seattle a publié une intéressante étude &#8211; <a href="http://www.seattlechildrens.org/Press-Releases/2012/Zip-Code-as-Important-as-Genetic-Code-in-Childhood-Obesity/">http://www.seattlechildrens.org/Press-Releases/2012/Zip-Code-as-Important-as-Genetic-Code-in-Childhood-Obesity/</a> &#8211; sur l&#8217;obésité infantile en utilisant une cartographie pour observer si l&#8217;obésité à San Diego et Seattle était corrélée au nombre de fast-food et aux parcs. Les enfants qui vivent dans des zones propices à la marche et qui ont peu accès à des fast food ont 59 % de chance de ne pas être obèses. Les enfants qui vivent dans des quartiers dépendants de la voiture avec des établissement de restauration rapide ont un plus fort taux d&#8217;obésité. Une étude qui souligne l&#8217;importance des lieux propices à la marche, comme réponse à la lutte contre l&#8217;obésité.</p>
<p><a href="http://www.theatlantic.com/magazine/archive/1969/12/is-facebook-making-us-lonely/8930">. Facebook nous rend-t-il seul ? &#8211; The Atlantic</a><br />
&#8220;Nous vivons dans un isolement qui aurait été inimaginable pour nos ancêtres, et pourtant nous n&#8217;avons jamais été plus accessible&#8221; via les technologies de la communication et les médias sociaux, explique l&#8217;écrivain Stephen Marche. Nos médias sociaux interfèrent-ils avec nos amitiés réelles ? La vie solitaire se développe plus que jamais : 27 % des ménages américains sont composés d&#8217;une seule personne, rappelle le sociologue Erik Klinenberg. 35 % des adultes de plus de 45 ans sont chroniquement solitaires, estime une étude de psychologues (soit 20 % de plus qu&#8217;il y a 10 ans). Non seulement nous sommes plus isolés, mais, selon certaines études, nous rencontrons moins de gens et nous réunissons moins : Le nombre de nos confidents diminuent en moyenne et de plus en plus nombreux sont ceux qui n&#8217;en ont pas. Face à cette désintégration sociale, nous avons recruté une armée de confidents de remplacements, comme les psychologues et autres thérapeutes : nous avons externalisé la prestation de soins. Malgré tous les risques que fait courir la solitude (vous êtes plus susceptible d&#8217;être obèse, d&#8217;avoir des problèmes de mémoire, de dépression&#8230;), nous dépensons toujours plus d&#8217;argent pour accroître notre solitude, notre individualisme. Reste à savoir si l&#8217;internet rend les gens solitaires ou si les gens solitaires sont attirés par l&#8217;internet&#8230; En fait, l&#8217;effet du web dépend de la manière dont vous vous comportez, dont vous l&#8217;utilisez, et peut même réduire le sentiment de solitude. Si la consommation active de Facebook peut vous connecter aux autres, sa consommation passive peut elle vous déprimer. Mais les personnes qui souffrent de la solitude, en souffrent autant sur Facebook que sans Facebook. Pour John Cacioppo, la communication sur internet est un ersatz de lien social. Cependant, ce n&#8217;est qu&#8217;un outil. &#8220;Si vous utilisez Facebook pour accroitre vos contacts avec d&#8217;autres, alors il augmente votre capital social.&#8221; La manière dont on utilise la technologie peut favoriser l&#8217;intégration ou renforcer l&#8217;isolation. Facebook favorise-t-il la sociabilité sans ses désagréments ? Pour Sherley Turckle, les liens que nous formons via l&#8217;internet ne sont pas les liens qui lient. Facebook développerait notre narcissisme estiment la psychologue qui travaille désormais à ce sujet, qui symbolise le désir d&#8217;attention et le manque d&#8217;empathie. Or, ces deux facteurs sont également les moteurs de la solitude. &#8220;Le vrai danger de Facebook n&#8217;est pas qu&#8217;il nous isole, mais qu&#8217;en mélangeant notre appétit pour l&#8217;isolement et la vanité, il modifie la nature même de notre solitude&#8221;. Alors que la solitude était importante pour l&#8217;auto réflexion et l&#8217;auto réinvention en oubliant les autres, la solitude de Facebook nous prive de la chance de nous oublier nous-mêmes en nous projetant toujours face aux autres.</p>
<p>Dans Slate, le sociologue américain Eric Klinenberg répond à Stephen Marche et souligne qu&#8217;il n&#8217;y a aucune preuve que nous soyons plus solitaires que jamais. Et le sociologue de dénoncer le propre mythe que construit Stephen Marche. Aucun chercheur spécialiste du sujet n&#8217;estime que les gens attendent d&#8217;avoir en ligne ce qui leur manque dans le réel. <a href="http://www.slate.com/articles/life/culturebox/2012/04/is_facebook_making_us_lonely_no_the_atlantic_cover_story_is_wrong_.html">http://www.slate.com/articles/life/culturebox/2012/04/is_facebook_making_us_lonely_no_the_atlantic_cover_story_is_wrong_.html</a> En fait, comme le soulignait déjà Dominique Cardon internet a plutôt tendance à décloisonner l&#8217;espace relationnel de l&#8217;individu : <a href="http://www.internetactu.net/2011/11/17/refaire-societe-quels-nouveaux-lieux-de-convivialite/">http://www.internetactu.net/2011/11/17/refaire-societe-quels-nouveaux-lieux-de-convivialite/</a></p>
<p><a href="http://owni.fr/2012/04/18/leurope-met-des-barbeles-numeriques">. L’Europe veut amputer les hackers &#8211; Owni.fr</a><br />
&#8220;Un projet de directive européenne prévoit de pénaliser la possession et la distribution d&#8217;outils de hacking pour lutter contre la cybercriminalité. Une disposition aberrante y compris aux yeux de plusieurs communautés d&#8217;experts en sécurité informatique. &#8221;</p>
<p><a href="http://ci-journal.net/index.php/ciej/issue/view/41">. Community Informatics, Vol 8, No 2 (2012)</a><br />
Le dernier numéro de la revue Community Informatics est consacrée à l&#8217;open data. Parmi les contributions signalons celle de Roland Cole qui s&#8217;intéresse à quand la pratique de l&#8217;ouverture de données conduit à une politique à l&#8217;opposé de ses promesses.</p>
<p><a href="http://www.wired.co.uk/news/archive/2012-04/17/potential-of-smarter-cities-beyond-ibm-and-cisco">. Il y a sûrement une approche plus intelligente que celle des villes intelligentes &#8211; Wired</a><br />
Usman Haque dans une tribune pour Wired dénonce l&#8217;approche de la ville intelligente, top down de Cisco et IBM, qui se concentrent sur la ville comme entité plutôt que sur les gens. La rationalisation et la centralisation des services ne risque-t-elle pas d&#8217;être contreproductive dans un siècle où nous devrons tous contribuer à l&#8217;effort global ? Comment la ville intelligente se reconfigurera si celle-ci est pilotée à jamais par des systèmes sur lesquels nous n&#8217;aurons pas prise ? L&#8217;entrée de l&#8217;informatique omniprésente dans la ville ne résoudra pas tous les problèmes urbains, au mieux elle ne fournira qu&#8217;une plus grande visibilité à ceux-ci. L&#8217;enjeu des villes de demain est de permettre aux citoyens de construire leurs propres solutions dynamiques&#8230;</p>
<p><a href="http://www.pewinternet.org/Reports/2012/Future-of-Money.aspx">. L&#8217;avenir de la monnaie à l&#8217;âge du mobile &#8211; Pew Research Center&#8217;s Internet &#038; American Life Project</a><br />
L&#8217;Elon University et le Pew Research Center’s Internet &#038; American Life Project publient un rapport sur l&#8217;avenir de l&#8217;argent. Pour les experts du rapport, le paiement sur mobile devrait remplacer le cash et les cartes de crédit dès 2020&#8230;</p>
<p><a href="http://www.softmachines.org/wordpress/?p=1203">. Quand les technologies ne peuvent évoluer &#8211; Soft Machines</a><br />
Richard Jones auteur de &#8220;Soft Machines : nanotechnology and life&#8221; se pose la question de savoir s&#8217;il y a un darwinisme de la technologie, si elle s&#8217;impose par elle-même grâce à la seule concurrence du marché. Or, &#8220;toutes les technologies du monde moderne sont en grande partie le résultat de l&#8217;exercice du pouvoir étatique plutôt que de la libre entreprise&#8221;. Que ce soit l&#8217;invention des engrais agricoles, comme l&#8217;industrie informatique, largement soutenue par les dépenses militaires. Le libre marché fonctionne bien pour l&#8217;innovation évolutive, mais pas pour les investissements à long terme. L&#8217;innovation plus radicale qui mène à de nouvelles technologies d&#8217;usage général a besoin d&#8217;un flux de revenu protégé. Et il y a un risque de nous reposer sur des innovations incrémentales, celui de ne pas être capable de répondre aux chocs de demain.</p>
<p><a href="http://www.telerama.fr/medias/norman-cyprien-les-stars-de-la-webrigolade,80135.php">. Norman, Cyprien, Hugotoutseul et les autres… les stars de la webrigolade <img src='http://www.internetactu.net/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';-)' class='wp-smiley' />  &#8211; L&#8217;actu Médias / Net &#8211; Télérama.fr</a><br />
Les nouveaux humoristes du web &#8211; et leurs modèles économiques.</p>
<p><a href="http://www.actualitice.fr/les-enfants-%C2%AB-dyspraxiques-%C2%BB-poissons-pilotes-du-numerique">. Les enfants « dyspraxiques », poissons-pilotes du numérique ? &#8211; Actualitice</a><br />
Les enfants qui souffrent de troubles cognitifs qui perturbent leurs apprentissages arrivent à contourner leurs difficultés via le numérique&#8230; </p>
<p><a href="http://pro.01net.com/editorial/564026/des-donnees-publiques-ultrasensibles-dans-les-mains-des-chercheurs">. Des données publiques ultrasensibles dans les mains des chercheurs &#8211; 01.net</a><br />
Pas facile pour un chercheur d&#8217;exploitées les données détaillées sur les individus issues des statistiques publiques (type Insee, ministères&#8230;). C&#8217;est pourquoi existe le CASD (centre d&#8217;accès sécurisé distant) mené par le Groupe des écoles nationales d&#8217;économie et de statistique, qui propose un accès hautement sécurisé à des données anonymisées, couplées à un système biométrique pour authentifier les chercheurs.</p>
<p><a href="http://www.groupechronos.org/index.php/fre/blog/chroniques-des-villes-agiles-6-droit-de-passage-pieton">. Droit de passage piéton &#8211; Groupe Chronos</a><br />
Parmi les objets emblématiques de la ville moderne, le passage piéton fait figure de parent pauvre de l&#8217;innovation, en comparaison des abribus, panneaux signalétiques et autres bancs publics&#8230; Revue de propositions innovantes par Philippe Gargov.</p>
<p><a href="http://www.guardian.co.uk/news/datablog/2012/apr/18/uk-open-government-data-national-audit-office?CMP=twt_fd">. Les données ouvertes du gouvernement britannique : les résultats d&#8217;un audit officiel &#8211; The Guardian</a><br />
Le gouvernement britannique vient de publier un audit de son initiative d&#8217;ouverture des données : <a href="http://www.nao.org.uk/publications/1012/implementing_transparency.aspx">http://www.nao.org.uk/publications/1012/implementing_transparency.aspx</a> qui constate que le gouvernement britannique est désormais en tête des gouvernements ayant libéré le plus de données. Il en pointe les coûts de structure par rapport à la faiblesse des visites. En encourageant la transparence, notamment locale, le gouvernement britannique a mis fins aux référentiels comparatifs existants.</p>
<p><a href="http://lelab.europe1.fr/t/le-fact-checking-est-un-coup-d-epee-dans-l-eau-1932">. Le fact-checking est un coup d’épée dans l’eau &#8211; Lelab Europe1</a><br />
&#8220;Le fact-checking, c’est un coup d’épée dans l’eau. C’est la &#8220;vérité&#8221; d’après, celle qui n’a plus de connexion avec l’évènement. Lorsque l’on connaît la propension de l’électeur à voter sur des considérations émotionnelles, le fact-checking ne sert de révélateur qu’à une poignée d’initiés.&#8221;</p>
<p>&#8220;Et, quand Nicolas Sarkozy profère à peu près n’importe quoi sur des ondes nationales, il sait que l’impact de ses affirmations (quelles qu’en soient la teneur) aura bien plus de force que les démentis cliniques sur pages web. Il sait que le decorum, le contexte, l’ambiance, l’emportent sur l’analyse post mortem de ses envolées.&#8221;</p>
<p><a href="http://www.bbc.co.uk/news/business-17682294#sa-ns_mchannel=rss">. Les images peuvent-elles stopper l&#8217;infobésité ? &#8211; BBC News</a><br />
Selon une étude proposé par un laboratoire du Sussex &#8211; <a href="http://www.mindjet.com">http://www.mindjet.com</a> &#8211; présenter des résultats sous forme d&#8217;images ou de graphiques nous permet d&#8217;économiser nos ressources cognitives et favorise la mémorisation. Cartes mentales, visualisations, inforgraphies&#8230; sont-ils autant de moyens pour affronter l&#8217;infobésité ?</p>
<p><a href="http://www.netpublic.fr/2012/04/qui-a-peur-du-grand-mechant-web">. Qui a peur du grand méchant Web ? &#8211; NetPublic</a><br />
Dans cet ouvrage le psychologue Pascal Minotte propose de réfléchir à une éducation où le numérique est intégré à l&#8217;univers scolaire&#8230; Dans un monde où le discours de la peur et de la culpabilisation autour de l&#8217;internet est prédominant</p>
<p><a href="http://bugbrother.blog.lemonde.fr/2012/04/15/le-securitaire-ce-nest-pas-la-securite">. « Le sécuritaire, ce n’est pas la sécurité » -BUG BROTHER</a><br />
&#8220;Soit le siècle prochain sera celui du refus, soit il ne sera qu&#8217;espace carcéral&#8221;, pronostiquait Calaferte. Pour l&#8217;artiste provocateur Trisan-Edern Vaquette, auteur du spectacle &#8220;Crevez-tous&#8221; &#8211; <a href="http://www.crevez-tous.com/actualite/">http://www.crevez-tous.com/actualite/</a> &#8211; nous devons réclamer un droit à la déviance parce que &#8220;seule la déviance est créatrice de richesse, alors qu&#8217;on n&#8217;a jamais fait rien de bien avec l&#8217;obéissance&#8221;.</p>
<p><a href="http://blogs.forrester.com/sarah_rotman_epps/12-04-17-wearable_devices_the_next_battleground_for_the_platform_wars">. Wearable Devices : la guerre prochaine des plateformes &#8211; Forrester Blogs</a><br />
Les gadgets qui se portent (wearable devices) arrivent. Des lunettes de Google aux chaussures d&#8217;Adidas en passant par le bracelet de Nike&#8230; Mais quelle sera la plateforme qui les portera ? iOS ? Androïde ? Microsoft ?&#8230;</p>
<p><a href="http://www.theatlanticcities.com/design/2012/04/bad-urban-design-making-us-lonely/1777">. La mauvaise conception urbaine nous rend-t-elle solitaire ? &#8211; The Atlantic Cities</a><br />
La conception urbaine a-t-elle un impact important sur nos vies sociales ? C&#8217;est ce que suggère un rapport australien du Grattan Institute : <a href="http://www.grattan.edu.au/publications/137_report_social_cities.pdf">http://www.grattan.edu.au/publications/137_report_social_cities.pdf</a> Le rapport suggère de mieux partager les zones d&#8217;attentes, d&#8217;améliorer les transports publics pour diminuer le temps de déplacement et de favoriser les parcs et les places publiques dédiées au sport.</p>
<p><a href="http://www.geekwire.com/2012/amazon-transformed-venture-capital-business">. Comment Amazon.com a transformé le capital risque &#8211; GeekWire</a><br />
En lançant ses web services (AWS), Amazon a profondément modifier le capital risque permettant de financer des sociétés dès leur démarrage, estime Werner Vogels d&#8217;Amazon. Les infrastructures proposées par AWS sont si abordables que les start-ups n&#8217;ont désormais plus besoin des premiers fonds d&#8217;amorçages que leurs procuraient les financeurs de start-ups, tant et si bien que ces derniers ont copieusement détesté Amazon et que le financement d&#8217;amorçage s&#8217;est considérablement réduit entre 2007 et 2011. Mais surtout, Amazon a mis un pied dans une communauté d&#8217;innovateurs dont la firme commence à tirer des bénéfices.</p>
<p><a href="http://www.bbc.com/news/technology-17740143#sa-ns_mchannel=rss&#038;ns_source=PublicRSS20-sa?utm_source=twitterfeed&#038;utm_medium=twitter">. Apprendre à coder dès l&#8217;école primaire &#8211; BBC News</a><br />
Les Code Clubs &#8211; <a href="http://www.codeclub.org.uk">http://www.codeclub.org.uk</a> &#8211; se proposent d&#8217;apprendre le code dès l&#8217;école primaire aux petits britanniques. Objectif : toucher 25 % des écoles d&#8217;ici 2014.</p>
<p><a href="http://blog.media.mit.edu/2011/10/cognitive-limit-of-organizations.html">. Les limites cognitives des organisations &#8211; MIT Media Lab</a><br />
A mesure que le flot d&#8217;information s&#8217;est accru, nous avons du préférer les équipes et le partage d&#8217;information pour saisir la complexité du monde. Nous sommes passés des limites cognitives des individus à celles des organisations, estime Joi Ito pour le blog du Media Lab du MIT. Les produits sont désormais des combinaisons de connaissances. Notre monde repose de moins en moins sur des pièces uniques de propriété intellectuelle que de plus en plus sur le réseau qui permet de relier les pièces entre elles. Mais désormais, le stock total d&#8217;information utilisé dans ces écosystèmes dépasse la capacité des organisations elles-mêmes. La prochaine génération d&#8217;idées aura besoin de tirer profit des ressources provenant de différentes organisations : les obstacles à la collaboration seront donc une contrainte cruciale au développement des entreprises. L&#8217;ouverture et l&#8217;engagement seront donc la clef de la dynamique industrielle du XXIe siècle a conclut Joi Ito en ouverture d&#8217;un très riche séminaire sur les réseaux pour comprendre les réseaux : <a href="http://www.media.mit.edu/events/fall11/networks">http://www.media.mit.edu/events/fall11/networks</a> (dont les actes en vidéos sont en ligne).</p>
<p><a href="http://www.fastcodesign.com/1669503/user-experience-is-the-heart-of-any-company-how-do-you-make-it-top-priority">. L&#8217;expérience utilisateur est le coeur de toute entreprise. Comment en faites-vous une priorité ? &#8211; FastCoDesign</a><br />
Plus vous êtes proche de votre client et plus votre produit sera pertinent, explique Mary Ellen Muckerman. Zopa, par exemple, a lancé une banque en ligne en prenant en compte les besoins frustrés des utilisateurs du système bancaire traditionnel. Mais pour cela, il faut introduire de la transparence dans son projet (pour que les utilisateurs comprennent ce que vous voulez faire) et être prêt à changer rapidement en fonction des besoins exprimés par les utilisateurs. Pour autant, la cocréation ne peut pas être toujours une solution, car souvent, les utilisateurs ne savent pas nécessairement ce qu&#8217;ils souhaitent. Les observer est souvent le meilleur moyen de découvrir leurs besoins non satisfaits.</p>
<p><a href="http://www.nesta.org.uk/areas_of_work/public_services_lab/people_powered_health">. People Powered Health &#8211; Nesta</a><br />
Le Nesta britannique vient de lancer un nouveau programme en lien avec les 6 unités régionales d&#8217;innovation pour concevoir des services innovants pour les gens souffrant de problèmes de santé à long terme. Le programme se concentre sur la coproduction de services avec les usagers.</p>
<p><a href="http://online.wsj.com/article/SB10001424052702303299604577326301981308414.html">. Les drônes sont à la mode &#8211; WSJ.com</a><br />
Pour 150 à 1000 dollars, vous pouvez vous construire ou acheter un drône pilotable via votre iPhone et le doter d&#8217;une caméra pour surveiller un environnement particulier. La communauté DIY Drônes est très vivace : <a href="http://diydrones.com">http://diydrones.com</a>, encouragée par l&#8217;administration fédérale de l&#8217;aviation qui a limité les contraintes. Chris Anderson, rédacteur en chef de Wired fait parti des passionnés. Pour lui, l&#8217;engouement autour de ces constructions amateures ressemble aux temps des premiers ordinateurs personnels.</p>
<p><a href="http://www.netmagazine.com/features/designing-touch">. Concevoir pour le toucher &#8211; .net magazine</a><br />
Les doigts et les pouces transforment nos conventions d&#8217;interactions, estime le designer Josh Clark. Quand vous concevez pour les écrans tactiles, vous devez garder à l&#8217;esprit où les doigts sont positionnés pour comprendre &#8220;La physicalité des interfaces tactiles&#8221;. L&#8217;enjeu n&#8217;est pas de comprendre à quoi vont ressembler les pixels de vos sites dans une main, mais comment vous allez pouvoir les prendre en main.&#8221; Nous devons faire de la conception avec des &#8220;gros doigts&#8221; en tête !</p>
<p><a href="http://voir.ca/marie-d-martel/2012/04/14/le-concept-de-tiers-lieu-retour-aux-sources">. Le concept de tiers lieu : retour aux sources – Marie D. Martel</a><br />
Marie Martel s&#8217;est replongé dans le concept de tiers lieu inventé par le sociologue Ray Oldenberg : des lieux qui permettent les rassemblements dans un cadre public informel&#8230; Un terrain neutre, un terrain qui nivelle les différences entre les gens, où la conversation est la principale activité&#8230; </p>
<div class="feedflare">
<a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=rLtiaMnLwBA:UelXyg5jaMc:yIl2AUoC8zA"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?d=yIl2AUoC8zA" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=rLtiaMnLwBA:UelXyg5jaMc:7Q72WNTAKBA"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?d=7Q72WNTAKBA" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=rLtiaMnLwBA:UelXyg5jaMc:V_sGLiPBpWU"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?i=rLtiaMnLwBA:UelXyg5jaMc:V_sGLiPBpWU" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=rLtiaMnLwBA:UelXyg5jaMc:dnMXMwOfBR0"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?d=dnMXMwOfBR0" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?a=rLtiaMnLwBA:UelXyg5jaMc:D7DqB2pKExk"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/internetactu/bcmJ?i=rLtiaMnLwBA:UelXyg5jaMc:D7DqB2pKExk" border="0"></img></a>
</div><img src="http://feeds.feedburner.com/~r/internetactu/bcmJ/~4/rLtiaMnLwBA" height="1" width="1"/>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.internetactu.net/2012/04/23/a-lire-ailleurs-du-16042012-au-23042012/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		<feedburner:origLink>http://www.internetactu.net/2012/04/23/a-lire-ailleurs-du-16042012-au-23042012/</feedburner:origLink></item>
	</channel>
</rss><!-- Dynamic page generated in 8.029 seconds. --><!-- Cached page generated by WP-Super-Cache on 2012-05-22 10:04:42 -->

