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	<title>Le petit économiste</title>
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		<title>La fin de la mondialisation, ce n&#8217;est pas pour aujourd&#8217;hui</title>
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		<pubDate>Mon, 07 Oct 2013 17:53:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Baptiste</dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Je dois avouer que c’est la lecture de ce livre qui m’a donné envie d’avoir mon propre espace pour pouvoir m’exprimer, sur la toile, sur un sujet que j’aime, l’économie. En lisant « La Fin de la Mondialisation » de François Lenglet, célèbre économiste français pour ses interventions sur la plateau de France 2, je me suis dit qu’à mon tour je pourrais écrire quelques lignes sur l’économie, non pas pour faire avancer le monde très complexe de l’économie et de la finance, loin de là, mais seulement pour assouvir ma passion qu’est l’écriture et l’économie. Alors tant qu’à faire, autant réunir les deux sur un espace commun. C’est donc chose faite avec ce premier article (qui, je l’espère, sera le premier d’une longue lignée) qui est une critique du livre que j’ai pu lire ces derniers jours, intitulé « La Fin de la Mondialisation ». Je vais éviter de faire une critique page par page, ce qui gonflerait pas mal d’entre vous, moi le premier, et je vais plutôt me rabattre sur une critique plus générale de ce livre.</p>
<p>En résumé, ce livre n’est qu’un recueil d’arguments et de statistiques en faveur d’un certain essoufflement de la mondialisation (et du principe de libre-échange qui en découle) et en faveur d’un retour au protectionnisme, c’est donc pour cela que je trouve qu’il n’a pas grand intérêt. Je suis d’accord sur une chose, c’est qu’effectivement il y a quelques preuves sur le retour d’un quelconque protectionnisme à quelques endroits de notre chère planète Terre, mais celui-ci n’est pas à généraliser pour tout le monde. En effet, nous parlerons plus d’une « modération momentanée de la mondialisation » plutôt que d’un retour sauvage au protectionnisme, tel qu’il se pratiquait à l’entre-deux guerres. Donc, au final, il serait très simple d’écrire un livre, il nous suffirait de réunir tous les arguments et tous les chiffres statistiques liés au bon fonctionnement et développement du libre-échange et de la mondialisation afin d’en faire un ouvrage à contre-sens de ce dernier. Mais ça ne marche pas aussi facilement voyez-vous.</p>
<p>Monsieur François Lenglet, avec tout le respect que je vous dois, je pense que vous avez été compétent dans le fait que vous avez réussi à publier votre livre dans le bon timing, c’est-à-dire au moment où vous avez senti la mondialisation s’enrhumer. Mais malheureusement, pour faire un bon livre, il ne faut pas simplement un titre racoleur et quelques arguments sans queue ni tête pour vous assurer le top 10 des meilleures ventes de la fin d’année 2013. Cela ne suffit pas de s’approprier un petit phénomène passager pour sauter sur l’occasion d’en faire un chef d’œuvre et de crier partout que « La mondialisation est morte ! Enterrons le libéralisme ! Retournons dans les années 30 ! ». Bref, passons.</p>
<p>Effectivement, certaines industries (nord-américaines par exemple) se relocalisent dans leur pays d’origine, mais cela n’est pas dû à un retour au protectionnisme et au libéralisme, comme vous dites, mais seulement au fait que le <i>dumping social</i> dans les pays asiatiques, là où se logeaient ces industries, est en train de s’essouffler. Effectivement, les pays asiatiques (je pourrais citer par exemple la Chine ou la Corée du Sud) profitaient à l’époque (et continuent à profiter encore à moindre mesure) du bas coût du travail dû aux faibles salaires qui étaient versés aux travailleurs, mais le niveau de vie dans ces pays a augmenté durant ces dernières années, ce qui a eu pour effet une augmentation des salaires, et donc une augmentation des coûts de production pour les industries qui y délocalisaient leur production. Cependant, il y a eu ce même phénomène en France, après cette longue période où les travailleurs du secteur secondaire étaient surexploités jusqu’en 1936 et le Front Populaire (avec les congés payés et l’allègement du temps de travail). Je suis donc désolé, Monsieur Lenglet, de vous annoncer que vos arguments cités dans votre livre sont contestables. Nous ne sommes plus à l’époque des Temps Modernes, je vous le rappelle. Pour finir sur ce point-là, je pense que l’argument le plus réel pour expliquer le retour des industries dans les pays d’origine est que cela est dû à la hausse du prix du pétrole qui engendre une hausse des coûts de transports. Si, par exemple, un produit est fabriqué en Chine alors que les consommateurs de ce produit se trouvent aux Etats-Unis, il sera judicieux, au vu de la hausse du prix du pétrole, de rapprocher les usines des consommateurs pour réduire les coûts engendrés par le transport de ces produits, et donc de rapatrier les usines aux Etats-Unis, profitant donc deux fois moins à la mondialisation car, dans un premier temps, cela provoquera la relocalisation des usines puis, dans un second temps, provoquera la baisse des flux (de marchandises et de capitaux) entre les Etats-Unis et la Chine.</p>
<p>De plus, pas plus tard que ce Vendredi 27 septembre, je suis tombé sur un article du journal « Les Echos » que j’étais en train de lire, et qui annonçait l’inauguration d’une zone de libre-échange à Shanghai, la capitale chinoise. Certes, cette zone de libre-échange ne devrait faire que 28 kilomètres carrés, mais elle permettra à la Chine de s’ouvrir un peu plus sur le monde en abaissant les barrières fiscales, en s’appuyant sur une transparence des procédures et en libéralisant le secteur bancaire pour but d’autoriser la concurrence extérieure. Bref, autant d’arguments et de faits réels qui vont en contre-sens de votre livre. Autant vous dire que l’on se sent un peu déstabilisé quand nous lisons un tel article puis que nous tournons quelques pages pour tomber sur un article parlant de votre livre qui dicte la fin de la mondialisation, vous ne trouvez pas ? Pareil, semaine suivante, dans l’édition du Vendredi 4 octobre du journal « Les Echos » présentant un article sur des négociations en faveur d’un pacte de libre-échange « histoire » (selon les termes du journal). Deux accords de libre-échange seraient en discussion entre les dirigeants des Etats-Unis, du Japon et du Mexique, « <i>qui pourraient à terme s’imposer comme le plus grand partenariat commercial jamais mis en place sur la planète</i> ». Ce pacte de libre-échange devrait être signé entre douze pays d’Asie-Pacifique à la fin du mois. De plus, en dessous de cet article, on y trouve encore un autre article révélant des discussions sur un accord de partenariat transatlantique que les Etats-Unis et l’Union Européenne envisagent de mettre en place. Nous voyons donc très bien que les pays tendent à se rapprochent toujours un peu plus, et non pas à fermer leurs frontières, comme il est écrit dans le livre de François Lenglet.</p>
<p>Je suis d’accord sur un point, quand vous dites que la mondialisation ne profite qu’aux riches. Cependant, expliquez-moi pourquoi, alors que les 1% plus hauts revenus aux Etats-Unis concentrent 95% de la richesse du pays à ce jour, vous nous parlez de la fin de la mondialisation ? Expliquez-moi aussi, tant que vous y êtes, pourquoi écrivez-vous dans votre livre qu’il y a un retour à un sentiment de nationalisme qui renait, alors que l’on a découvert cette année que Jérôme Cahuzac, ministre au gouvernement actuel, cachait depuis plusieurs années des comptes en Suisse et que Mitt Romney, candidat aux dernières élections présidentielles américaines, cachait lui aussi une partie de sa fortune aux iles Caïmans, réputées pour y attirer les échappés fiscaux ?</p>
<p>De plus, vous nous dites à la fin de la page 62, je cite : « elle (la mondialisation) est l’une des causes de nombreuses crises financières qui se succèdent depuis une vingtaine d’années ». Ce n’est pas la mondialisation qui provoque les crises, mais les bulles spéculatives qui se forment à l’intérieur des pays mondialisés. Ce n’est pas, par exemple, la mondialisation qui a provoqué la crise des <i>subprimes </i>qui est due seulement à une bulle immobilière qui s’est formée autour de prêts immobiliers alléchants, baptisés les<i> subprimes</i>, accordés aux américains. D’accord, vous allez me dire que c’est la mondialisation qui a propagé cette crise partout dans le monde et surtout en Europe avec la crise des dettes souveraines, mais ce n’est pas la mondialisation qui en est à l’origine.</p>
<p>Enfin, page 73, vous écrivez que Maurice Allais, prix Nobel d’économie en 1988, a écrit un ouvrage, il y a une dizaine d’années, allant à l’encontre des principes de la mondialisation et de l’ouverture des frontières, mais que ce livre est resté isolé par rapport au courant idéologique de ces dernières années. Je trouve donc là votre principale motivation d’écrire un livre sur l’économie : vous vous tenez au courant des dernières tendances économiques, qui sont en ce moment à la relocalisation des usines, à la baisse des chiffres du commerce extérieur des pays et à la montée des idées nationalistes pour ensuite pondre un livre retraçant les différents chiffres et arguments en défaveur des thèses mondialistes. Et quand, par exemple, nous aurons découvert d’autres sources d’énergies permettant de faire baisser les coûts de transport et que par la suite le commerce mondial reprendra son souffle, nous nous sentirons obligés de profiter de ces évènements et d’écrire un livre sur la fin du protectionnisme ? Peut-être que j’ai tort, mais dans ce cas-là il faudra m’expliquer quels ont été les évènements qui vous ont poussé à écrire ce livre. Pour résumer, vous êtes la parfaite caricature de ce que Keynes pouvait dire, je cite : « Quand les faits changent, les économistes changent d’avis ».</p>
<p>En conclusion, Monsieur, j’aimerais vous dire que ce n’est pas un petit économiste comme moi qui va se permettre de remettre en cause votre livre, certainement pas, mais sachez que j’ai beaucoup ri en lisant celui-ci tous les matins, dans le bus, en allant en cours. Malheureusement pour vous, rien qu’en lisant votre dernière de couverture où vous écrivez dans le résumé « L’OMC tremble », je ne pense avoir été le seul à rire. L’OMC ne tremble pas, Monsieur, ou alors peut être que c’est seulement parce qu’elle a attrapé un petit rhume. Mais vous savez tout aussi bien que moi qu’un rhume n’est qu’éphémère, Monsieur Lenglet.</p>
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