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	<title>kartoffelkäfig</title>
	
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	<description>les empêcheurs de patatoser en rond</description>
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		<title>La couleur des voyelles</title>
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		<pubDate>Sat, 27 Feb 2010 16:35:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Loïc</dc:creator>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Bart]]></category>
		<category><![CDATA[Ky]]></category>
		<category><![CDATA[Wolfgang Puschnig]]></category>

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		<description><![CDATA[Il est des chansons, voire des albums, qui, une fois installés bien au chaud quelque part au fond du cortex, s’y font une place que l’on pourrait croire définitive, tant il est aisé, après les y avoir longtemps oubliés, de se les remémorer avec une précision et une émotion étonnantes. Cela m’est arrivé récemment avec [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il est des chansons, voire des albums, qui, une fois installés bien au chaud quelque part au fond du cortex, s’y font une place que l’on pourrait croire définitive, tant il est aisé, après les y avoir longtemps oubliés, de se les remémorer avec une précision et une émotion étonnantes. Cela m’est arrivé récemment avec <a href="http://www.discogs.com/Wolfgang-Puschnig-Mixed-Metaphors/release/1426954" target="_blank"><em>Mixed Metaphors</em></a>, un disque du saxophoniste autrichien Wolfgang Puschnig paru en 1995 et que je n’avais pas dû écouter depuis dix ans. Et pourtant… les introductions, les inflexions des solos, les mélodies et les accents, le mélange de poésie en allemand et de rap en anglais, tout est revenu. Comme le disque n’est manifestement plus distribué, et qu’il n’apparaît même pas sur le<a href="http://www.puschnig.com/" target="_blank"> site personnel</a> de Puschnig, je me permets d’en diffuser ici le premier titre, <em>Poetry</em>, huit minutes de bonheur funky et allitératif (en mp3 à 320&#160;kbps). Rien à jeter là-dedans&#160;: d’excellents musiciens venus de différentes sphères, un jeu à la fois savant et plaisant sur les voix et les styles, pour un résultat qui ne vieillit pas.</p>
<p>Musiciens&#160;:</p>
<ul>
<li>Milton Cardona&#160;: percussions</li>
<li>Rick Iannacone&#160;: guitare</li>
<li>Antoine “Bun” Green&#160;: rap</li>
<li>Ernst Jandl&#160;: poésie</li>
<li>Andy Manndorff&#160;: guitare</li>
<li>Wolfgang Puschnig&#160;: saxophone alto</li>
<li>Linda Sharrock&#160;: chant</li>
<li>Jamaaladeen Tacuma&#160;: basse</li>
<li>Ahmir “B.R.O.THER&#160;?” Thompson&#160;: batterie</li>
</ul>
<p>Et comme ce titre joue avec les voyelles de l’alphabet latin, je l’associe à <em>A.E.I.O.U</em>, première plage du dernier album en date de <a href="http://trioky.free.fr/" target="_blank">Ky</a>, duo-trio à invités variables de jazz improvisiano-bretonno-japonais. Le texte est savoureux, et la musique, ben c’est Ky&#160;: c’est bien. Le disque, sorti en 2009, est distribué par OpenMusic et se nomme<em> Chansons muettes et musiques bavardes</em>.</p>
<p>Musiciens&#160;:</p>
<ul>
<li>Maki Nakano&#160;: voix, saxophone alto, métallo-clarinette</li>
<li>Yann Pittard&#160;: guitare baryton Sumi, oud, effets</li>
</ul>
<p><em>PS&#160;: Il n’est pas tout-à-fait fortuit que ce billet soit publié un 27 février, puisque c’est aujourd’hui le trente-quatrième anniversaire de l’ami Martin, alias Bart — encore quatre ou cinq ans, et ça en fera trente qu’on se connaît. Bart fut mon chanteur et guitariste préféré (mais <a title="et nous étions trois…" href="http://www.kartoffelkaefig.net/2009/06/29/on-nest-pas-la-pour-se-faire-engueuler/" target="_blank">nous étions jeunes</a>)&#160;; il est aussi l’auteur du petit bidule grâce auquel vous pouvez écouter de la musique ci-dessus. Ça s’appelle tout simplement <a href="http://wordpress.org/extend/plugins/audio-player/" target="_blank">WP Audio Player</a>, c’est en version 2.0 depuis peu, téléchargé cinq à six mille fois par semaine, dites donc, ça cause dans le poste. Joyeux anniversaire, vieux frère&#160;!</em></p>
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		<title>Plus il y a de gras, moins il y a de jambon</title>
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		<pubDate>Sun, 14 Feb 2010 22:34:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Loïc</dc:creator>
				<category><![CDATA[Glob glob]]></category>

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		<description><![CDATA[Une page se tourne&#160;: expression rigolote sur un glob, où les pages, on les charge, on les fait défiler, mais tourner, guère. Il n’empêche que, comme disent les journalistes, kartoffelkäfig franchit aujourd’hui un cap. Passe la barre symbolique des 2000 «&#160;pourriels&#160;», joli mot québécois pour désigner les commentaires indésirables. Le spam, quoi. En voici la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Une page se tourne&#160;: expression rigolote sur un glob, où les pages, on les charge, on les fait défiler, mais tourner, guère. Il n’empêche que, comme disent les journalistes, kartoffelkäfig franchit aujourd’hui un cap. Passe la barre symbolique des 2000 «&#160;<a title="sur Wikipédia" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Pourriel" target="_blank">pourriels</a>&#160;», joli mot québécois pour désigner les commentaires indésirables. Le <em>spam</em>, quoi. En voici la preuve&#160;: de bas en haut, les spams numéro 1998 à 2003 tels qu’ils s’affichaient ce matin sur mon tableau de bord, juste avant leur élimination définitive. Dernières traces de parasites heureusement invisibles, puisqu’arrêtés à temps par Akismet, l’antispam intégré à Wordpress, ils n’ont jamais été publiés — aucun spam n’a d’ailleurs jamais été publié sur kartoffelkäfig en bientôt quatre ans d’existence.</p>
<div class="mceTemp mceIEcenter">
<dl id="attachment_537" class="wp-caption   aligncenter" style="width: 610px;">
<dt class="wp-caption-dt"><a href="http://www.kartoffelkaefig.net/wp-content/uploads/2010/02/spam-2003-1000.jpg" rel="lightbox"><img class="size-full wp-image-537" title="Spams numéro 1998 à 2003" src="http://www.kartoffelkaefig.net/wp-content/uploads/2010/02/spam-2003-1000.jpg" alt="" width="600" height="376" /></a></dt>
</dl>
</div>
<p style="text-align: justify;">Complétons ce bilan&#160;: ce billet est le cent quarantième publié. Chers lecteurs et trices, vous avez posté 178 contributions appréciées aux dits billets, merci&#160;! Chers robots pourrisseurs de vie, vous en êtes donc à 2003 tentatives de dépasser les bornes, et ça va continuer à rater, tant pis pour vous. Conclusion provisoire&#160;: alors qu’il y a un peu moins de deux ans, j’en étais à deux tiers de <em>spam</em> pour un tiers de <em>ham</em> (chez nos amis Anglais, le commentaire a un lien de parenté avec <a title="le même article de Wikipédia" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Pourriel#Origine_du_terme_.C2.AB_spam_.C2.BB" target="_blank">la cuisse du cochon</a>), me voici rendu à 92&#160;% de gras pour à peine 8&#160;% de jambon. <a title="« À boire et à manger », ici même, à la fin du billet" href="http://www.kartoffelkaefig.net/2007/06/24/a-boire-et-a-manger/" target="_blank">Mon appel</a> a donc été entendu et je suis passé au-dessus des <a href="http://akismet.com/stats/" target="_blank">statistiques générales d’Akismet</a>, qui, elles, ont entretemps baissé&#160;: sur tous les sites protégés par lui, Akismet mesure depuis 2005 une proportion de 83&#160;% de <em>spam</em>. Cela reste beaucoup. Et si ça pouvait continuer à baisser, ce serait pas mal&#160;: car si le spam est invisible sur les sites bien protégés, il reste une plaie qui alourdit considérablement nos boîtes mail et suce la bande passante des réseaux. Et voilà&#160;: je ne voulais pas faire de morale cette fois-ci, juste donner une info. Désolé. Je nettoyais mon glob, et le coup est parti tout seul.</p>
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		<title>Inadaptés</title>
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		<pubDate>Sat, 02 Jan 2010 23:59:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Loïc</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Le Petit Journal]]></category>

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		<description><![CDATA[La légende veut qu’au dix-huitième siècle, les habitants de Königsberg réglaient leur montre à une horloge très particulière&#160;: la promenade d’Immanuel Kant, qui sortait de chez lui chaque jour à 17h pétantes et suivait rigoureusement le même chemin, quelle que soit la saison, quel que soit le temps. À cette époque, on savait rigoler, n’est-ce [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La légende veut qu’au dix-huitième siècle, les habitants de Königsberg réglaient leur montre à une horloge très particulière&#160;: la promenade d’Immanuel Kant, qui sortait de chez lui chaque jour à 17h pétantes et suivait rigoureusement le même chemin, quelle que soit la saison, quel que soit le temps. À cette époque, on savait rigoler, n’est-ce pas. Aujourd’hui que les mœurs se sont un peu relâchées à la suite de deux ou trois révolutions plus ou moins réussies, on a internet pour régler nos montres. Mais comme les déconnexions sont fréquentes à cause de deux ou trois privatisations plus ou moins réussies, on en se retrouve dehors à des horaires variables. On a cependant toujours soin de répéter le même trajet. Tout le monde n’ayant pas la chance de vivre à Königsberg, riante capitale de la Prusse devenue Kaliningrad, enclave russe en Pologne, il faut bien que chacun élabore son propre parcours — on appelle cela le «&#160;libre arbitre&#160;».</p>
<p>À Paimpol, il est par exemple de coutume de faire, comme on dit, «&#160;le tour du port&#160;». Le havre en question disposant d’une écluse, il est en effet possible d’en faire le tour quand ladite écluse est fermée, c’est-à-dire à peu près tout le temps, puisqu’elle ne peut s’ouvrir, à la demande des marins, qu’au cours d’une période allant de deux heures et demie avant la marée haute à deux heures et demie après la marée haute. Si bien que même quand internet est déconnecté, on a toutes les chances de pouvoir faire le tour du port au moment où l’on en a envie — on appelle cela le «&#160;progrès&#160;».</p>
<p>Toutes les occasions, et en particulier digestives, sont bonnes pour faire le tour du port de Paimpol. Exemple&#160;: le 1<sup>er</sup> janvier 2010, soit approximativement hier. Quel meilleur accueil faire à la nouvelle année que de montrer, en faisant le tour du port, que certaines valeurs intangibles et constitutives de notre identité paimpolaise ne seront pas, aujourd’hui plus qu’hier et moins que demain, menacées par le temps qui passe et la déréliction qui galope&#160;? Nous fîmes donc, après manger, le tour du port. Et nous eûmes, Linda, Céline, Thomas et moi, une idée&#160;: pourquoi n’irions-nous pas, demain (c’est-à-dire aujourd’hui), au cinématographe afin d’y voir tous ensemble et en stéréo <em><span style="text-decoration: line-through;">Gulliver chez les Schtroumpfs</span> Avatar</em>&#160;? Les bonnes idées viennent souvent en digérant — on appelle cela la «&#160;philosophie&#160;».</p>
<p>Il en fut ainsi décidé. Christelle, une collègue de Céline, garderait Gaspard pendant que nous irions nous encanailler gentiment. Céline et moi partirions en début d’après-midi pour Saint-Brieuc où nous achèterions par avance les places, Linda et Thomas devant nous rejoindre pour le repas précédant les effets spéciaux. Ce qui fut dit fut fait, et à 16h tapantes, je me présentais à la caissière du Cinéland et commandais les quatre places avec lunettes. «&#160;<em>C’est complet. Je viens de vendre les dernières. Je vous conseille de réserver à l’avance.</em>&#160;» C’est pourtant ce que je croyais faire, avec une heure d’avance sur Kant et cinq sur la séance du soir. Mais cela ne suffisait pas. Nous ne nous étions pas assez battus pour dépenser notre argent en loisirs futiles, en conséquence de quoi nous n’avions plus qu’à nous échouer mollement dans le canapé comme de vieilles galettes de fioul oubliées derrière un pétrolier poussif et arrivées sur la plage après la marée noire et le départ des bénévoles. Dans le capitalisme mondialisé, si t’es pas un <em>winner</em>, t’es un <em>loser</em> — on appelle cela la «&#160;civilisation&#160;».</p>
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		<title>Moins de canons, plus de biberons</title>
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		<pubDate>Fri, 01 Jan 2010 22:50:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Loïc</dc:creator>
				<category><![CDATA[Le Petit Journal]]></category>

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		<description><![CDATA[Pourquoi fait-on des enfants&#160;? Le cerveau reptilien qui commande la reproduction de l’espèce est-il si puissant qu’il parvient à passer outre les faits accumulés dans la partie «&#160;réflexion&#160;» de notre cortex, faits qui constituent plus que des réserves&#160;: des indices graves et concordants qui devraient conduire tout esprit un tant soit peu raisonnable à remettre [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img class="size-full wp-image-501" title="Gaspard, le 25 décembre 2009" src="http://www.kartoffelkaefig.net/wp-content/uploads/2010/01/gaspard-nouvel-an.jpg" alt="" width="600" height="600" />
<p>Pourquoi fait-on des enfants&#160;? Le cerveau reptilien qui commande la reproduction de l’espèce est-il si puissant qu’il parvient à passer outre les faits accumulés dans la partie «&#160;réflexion&#160;» de notre cortex, faits qui constituent plus que des réserves&#160;: des indices graves et concordants qui devraient conduire tout esprit un tant soit peu raisonnable à remettre en cause cette idée que <em>toutes</em> les espèces, la nôtre y compris, méritent de se reproduire&#160;? Je ne sais pas pourquoi «&#160;on&#160;» fait des enfants. Ça te prend là et ça ne te lâche plus. Et chaque jour ça grossit, le bonheur enfle et je me demande comment un aussi petit être peut apporter tant de félicité. Oui, un peu de stress aussi, mais non, ça n’est pas comparable. Il n’y a pas à tortiller&#160;: dans ce monde de merde, la vie est belle. Malgré le bruit des bottes, qui se rapproche sans cesse, malgré cette petite musique angoissante qui me susurre que la génération de Gaspard pourrait être celle du retour de la guerre et du fascisme dans nos vertes contrées, «&#160;on&#160;» ne m’empêchera pas de persiste-et-signer. L’avenir, si on le veut bien — et à condition de lui faire suffisamment de bisous dans le cou —, a de beaux jours devant lui.</p>
<p>Ah oui, et bonne année, au fait.</p>
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		<item>
		<title>Bonnet rouge et barbe blanche (made in China)</title>
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		<pubDate>Sat, 26 Dec 2009 15:58:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Loïc</dc:creator>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Écologie]]></category>

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		<description><![CDATA[À la fin du sommet de Copenhague, j’avais envie d’écrire un billet qui complèterait les réflexions entamées au début de la rencontre, et qui expliquerait pourquoi je pense que le cuisant échec de cette mascarade était inévitable&#160;: parce que, malgré les beaux discours, personne n’est prêt à remettre en question le système capitaliste, surtout pas [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>À la fin du sommet de Copenhague, j’avais envie d’écrire un billet qui complèterait les <a title="« Bruce Willis, pigiste à Libération », ici même" href="http://www.kartoffelkaefig.net/2009/12/07/bruce-willis-pigiste-a-%c2%ab-liberation-%c2%bb/" target="_blank">réflexions entamées au début de la rencontre</a>, et qui expliquerait pourquoi je pense que le cuisant échec de cette mascarade était inévitable&#160;: parce que, malgré les beaux discours, personne n’est prêt à remettre en question le système capitaliste, surtout pas les pays du Nord. J’ai lu des choses intéressantes ici ou là (<a href="../wp-content/uploads/2009/12/Declaration_des_Peuples_au_Klimaforum_-_Changeons_le_Systeme_Pas_le_Climat_Ultimate_Version.pdf">la déclaration du Klimaforum</a>, <a title="« Copenhague, degré zéro de la responsabilité », par Patrick Piro — plus tous les autres articles de Politis sur le sommet" href="http://www.politis.fr/Degre-zero-de-la-responsabilite,9046.html" target="_blank"><em>Politis</em></a>, <a title="« Copenhague, un résultat prévu et prévisible », par Sylvestre Huet" href="http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2009/12/copenhague-un-r%C3%A9sultat-pr%C3%A9vu-et-pr%C3%A9visible.html" target="_blank">Sciences²</a>), mais je ne suis pas parvenu à faire de tout ça un billet qui vaille la peine d’être lu. Et puis Linda et Thomas m’ont fourni la matière idéale. Ce qui résume le mieux ma pensée, ma colère, ma hargne et mon courroux (coucou&#160;!), c’est une chanson de <a href="http://www.didiersuper.com/didiersuper.htm" target="_blank">Didier Super</a>&#160;: «&#160;Petit papa chinois&#160;». Comme c’est court, on peut regarder les deux versions à la suite, le clip et le live.</p>
<div><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="480" height="414" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.dailymotion.com/swf/x3lwcu" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="480" height="414" src="http://www.dailymotion.com/swf/x3lwcu" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object><br />
<strong><a href="http://www.dailymotion.com/video/x3lwcu_clip-didier-super-petit-papa-chinoi_fun">Didier Super, «&#160;Petit papa chinois&#160;» (clip)</a></strong><br />
<em>envoyé par <a href="http://www.dailymotion.com/D_Super">D_Super</a>.</em></div>
<div><em><br />
</em></div>
<div><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="480" height="365" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.dailymotion.com/swf/xzwgo&amp;related=0" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="480" height="365" src="http://www.dailymotion.com/swf/xzwgo&amp;related=0" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object><br />
<strong><a href="http://www.dailymotion.com/video/xzwgo_clipdidiersupernoel_music">Didier Super, «&#160;Petit papa chinois&#160;» (live)</a></strong><br />
<em>envoyé par <a href="http://www.dailymotion.com/D_Super">D_Super</a>.</em></div>
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		<title>Premières neiges</title>
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		<pubDate>Sat, 19 Dec 2009 20:53:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Loïc</dc:creator>
				<category><![CDATA[De-ci de-là]]></category>

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		<description><![CDATA[De nos fenêtres, le 11 décembre à 15h32, essais de la machine à neige infernale grâce à laquelle la ville de Saint-Brieuc nous offre chaque année beaucoup de bruit et quelques paquets de mousse de savon&#160;:

Des mêmes fenêtres, le 19 décembre à 12h09 (photo prise par Isabelle). La nuit précédente, la ville entière était couverte [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>De nos fenêtres, le 11 décembre à 15h32, essais de la machine à neige infernale grâce à laquelle la ville de Saint-Brieuc nous offre chaque année beaucoup de bruit et quelques paquets de mousse de savon&#160;:</p>
<p><a href="http://www.kartoffelkaefig.net/wp-content/uploads/2009/12/premiere_neige_machine.jpg" rel="lightbox"><img class="aligncenter size-full wp-image-485" title="premiere_neige_machine" src="http://www.kartoffelkaefig.net/wp-content/uploads/2009/12/premiere_neige_machine.jpg" alt="" width="600" height="400" /></a></p>
<p>Des mêmes fenêtres, le 19 décembre à 12h09 (photo prise par Isabelle). La nuit précédente, la ville entière était couverte d’une jolie couche blanche. L’après-midi suivant la prise de la photo étant un samedi, ils ont remis en route la machine. Grr.</p>
<p><a href="http://www.kartoffelkaefig.net/wp-content/uploads/2009/12/premiere_neige.jpg" rel="lightbox"><img class="aligncenter size-full wp-image-484" title="premiere_neige" src="http://www.kartoffelkaefig.net/wp-content/uploads/2009/12/premiere_neige.jpg" alt="" width="600" height="400" /></a></p>
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		<title>Bruce Willis, pigiste à « Libération »</title>
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		<pubDate>Mon, 07 Dec 2009 22:26:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Loïc</dc:creator>
				<category><![CDATA[Journaux]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Écologie]]></category>

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		<description><![CDATA[«&#160;Aujourd’hui, 56 journaux dans 44 pays font un geste sans précédent&#160;: parler d’une seule voix par le biais d’un éditorial commun&#160;», annonce Libération en une de son numéro du lundi 7 décembre 2009, au bas d’une photo représentant une jeune fille, de dos et portant robe légère, pieds nus sur la banquise — j’ai un peu [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>«&#160;<em>Aujourd’hui, 56 journaux dans 44 pays font un geste sans précédent&#160;: parler d’une seule voix par le biais d’un éditorial commun</em>&#160;», annonce <em>Libération</em> en une de son numéro du lundi 7 décembre 2009, au bas d’une photo représentant une jeune fille, de dos et portant robe légère, pieds nus sur la banquise — j’ai un peu de mal à y voir une allégorie du réchauffement de la planète ou du «&#160;Climat d’urgence&#160;», grand titre qui barre la page, mais ne chipotons pas. Pas tout de suite.</p>
<p><span id="more-455"></span>Repenchons-nous sur <a title="« Notre génération face au jugement de l’histoire »" href="http://www.liberation.fr/terre/0101607097-notre-generation-face-au-jugement-de-l-histoire" target="_blank">le texte</a>. <em>Libération</em> a l’air heureux de nous informer que, comme Radio-France redécouvrant <a title="« Le vent du changement », ici même" href="http://www.kartoffelkaefig.net/2009/11/09/le-vent-du-changement/" target="_blank">les joies de la pensée unique</a> en diffusant <a title="« Le jour où Radio France a colonisé Berlin », Le Plan B" href="http://leplanb.org/Le-jour-ou-Radio-France-a-colonise.html" target="_blank">le même programme</a> sur toutes ses stations le jour des <a title="« BHL, Bernard Guetta et Nicolas Demorand sous le mur de Berlin », Mathias Reymond, Acrimed" href="http://www.acrimed.org/article3253.html" target="_blank">vingt ans de la chute du Mur</a>, la presse écrite sait elle aussi parler d’une seule voix. Pour de bonnes raisons, encore plus louables que la célébration de la fin du communisme. Deuxième phrase de l’édito «&#160;<em>sans précédent</em>&#160;»&#160;: «&#160;<em>Nous le faisons parce que l’humanité se trouve confrontée à une situation d’extrême urgence.</em>&#160;» Toute l’humanité, cela inclut la presse, qui doit trouver une manière vendeuse d’annoncer l’ouvrerture de COP15, la quinzième Conférence des parties signataires de la Convention-cadre des Nations Unies sur le changement climatique (CCNUCC, mise au point à Rio en 1992), autrement dit le sommet de Copenhague, autrement dit la dernière chance de sauver le monde avant le «&#160;<em>chaos climatique</em>&#160;» (l’expression est du profond Jean-Louis Borloo, ministre du Grenelle de la vaseline, ce même 7 décembre sur France-Inter).</p>
<p>Bref, l’heure est grave. Au cas où votre bibliothèque ne compterait que les œuvres complètes de Claude Allègre, <em>Libération</em> et ses 55 collègues du monde entier vous explique où est le problème. Troisième phrase&#160;: «&#160;<em>À moins d’unir nos efforts pour prendre des mesures décisives, le changement climatique va ravager notre planète et, ce faisant, perturber fortement notre prospérité et notre sécurité.</em>&#160;» Vous avez bien lu&#160;? C’est beau, hein&#160;? Je passe sur le début de la phrase, mais relisez ça&#160;: «&#160;<em>le changement climatique va ravager notre planète et, ce faisant, perturber fortement notre prospérité et notre sécurité.</em>&#160;» Encore une fois&#160;: <em>«&#160;perturber fortement notre prospérité et notre sécurité.</em>&#160;» Les gros mots sont lâchés&#160;! Pour quoi va-t-il falloir se battre, à Copenhague&#160;? La «&#160;<em>prospérité</em>&#160;» et la «&#160;<em>sécurité</em>&#160;». Et la «&#160;<em>prospérité</em>&#160;» et la «&#160;<em>sécurité</em>&#160;» de qui, je vous prie&#160;? La nôtre, évidemment. Celle des petits Blancs embourgeoisés des quartiers nord de la planète. Comment ça, j’exagère&#160;? Ce «&#160;<em>notre</em>&#160;» est celui du monde entier, voyons&#160;! Puisque ce sont «&#160;<em>56 journaux dans 44 pays</em>&#160;» qui le disent.</p>
<p>Rien ne permet pourtant d’en être sûr… <em>Libération</em> ne publie pas, ni dans ses colonnes ni sur son site internet, la liste des 56 titres en question. Ne dit pas d’où vient cette idée de génie et à qui il faut en attribuer la paternité — ce qui signifie donc qu’elle ne vient pas du journal-de-Jean-Paul-Sartre, la mention «&#160;<em>Traduit de l’anglais par Edith Ochs</em>&#160;» nous le confirmant. En cherchant un peu (pas beaucoup, mais ailleurs), on découvre vite que c’est <em>The Guardian</em> qui est à l’origine de ce joli coup médiatique. Qu’effectivement, des journaux d’<a href="http://www.guardian.co.uk/environment/2009/dec/06/papers-copenhagen-leader" target="_blank">un peu partout</a> ont adhéré au projet&#160;: d’Europe, d’Amérique du nord et du sud, d’Asie et même d’Afrique. Mais pas d’Océanie. Pas du Japon. Deux seulement aux États-Unis, et pas les plus importants. En Afrique, uniquement des journaux anglophones, quand le <em>Guardian</em> est fier d’annoncer que l’appel a été publié en une vingtaine de langues.</p>
<p>Et qui l’a écrit, ce texte dont le titre français est «&#160;<em>Notre génération face au jugement de l’histoir</em>e&#160;»&#160;? Le <em>Guardian</em> lui-même, ayant pris conseil auprès d’experts divers, et des vingt journaux les plus prompts à répondre à l’invitation. <a href="http://www.guardian.co.uk/environment/2009/dec/06/climate-change-leader-editorial" target="_blank">Ian Katz raconte</a> que l’accord obtenu d’un titre indien et d’un chinois a permis de lancer la machine, qu’il a été facile de convaincre les collègues européens et qu’ensuite, les bonnes nouvelles arrivaient chaque jour du monde entier. Quant à la rédaction elle-même, elle a tenu compte des exigences de la Pologne, de l’Inde et de la Chine. Apparemment, les titres africains n’ont rien demandé. Et les autres n’ont pas moufté non plus. Car au-delà de l’affirmation que «&#160;<em>si nous</em> [les journaux], <em>avec nos optiques nationales et politiques si différentes, pouvons nous mettre d’accord sur ce qui doit être fait, nos dirigeants devraient pouvoir en faire autant</em>&#160;», on peut vraiment se demander en quoi ce projet est porteur d’une quelconque alternative longuement mûrie au système en place.</p>
<p>Car enfin, que propose cet éditorial-qui-n’avait-encore-jamais-été-fait&#160;? Que l’Amérique sauve le monde. Rien que ça. L’Amérique, avec ses qualités et ses défauts&#160;: «&#160;<em>Peu de gens croient que Copenhague soit en mesure d’aboutir à un traité totalement finalisé&#160;; les véritables progrès en ce sens n’ont pu commencer qu’avec l’arrivée du président Obama à la Maison Blanche et le renversement de tendance après des années d’obstruction de la part des Etats Unis. Aujourd’hui encore, le monde se trouve à la merci de la politique intérieure américaine, car le Président ne peut pas totalement s’engager dans l’action nécessaire tant que le Congrès américain ne l’a pas fait.</em>&#160;» La qualité de l’Amérique, c’est Obama (air connu). Ses défauts, ce sont ses représentants élus par le peuple (dans le système américain pas très démocratique, mais tout de même élus). On se croirait dans un bon film d’action, quand le héros vengeur, représentant de l’ordre aux méthodes musclées, n’hésite pas à franchir les feux rouges et les lignes jaunes de la déontologie pour aller casser la baraque sans attendre que les décisions se prennent par le canal légitime. Obama, c’est Bruce Willis. Le gars qui surnage dans le bordel ambiant, qui clopine un peu parce qu’il a pris une bastos dans le buffet, mais qui, grâce à son sens de la repartie, à son œil de lynx, ses ruses de Sioux et son crochet bien balancé, est capable de réduire à néant tous les méchants du monde pour protéger «&#160;<em>notre prospérité et notre sécurité </em>».</p>
<p>Bien sûr, Obama ne va pas, avoir lu <em>Libé</em>, tomber la veste et péter la gueule à l’industrie, aux transports, à l’agroalimentaire et à la finance mondiale. Par contre, Obama va parler. Un beau discours historique qui comblera d’aise nos journaux du monde. Et Copenhague se mettra d’accord pour «&#160;<em>limiter les hausses de température à 2&#160;°C</em>.&#160;» À quelle échéance&#160;? le texte ne donne pas de date… Comment&#160;? «&#160;<em>La justice sociale exige que le monde industrialisé racle ses fonds de poche</em>.&#160;» Ben oui, on a filé tout le pognon aux banques l’an dernier, alors maintenant, nous les riches, on n’a plus grand-chose et les caisses sont vides (re-air connu). Mais ne vous inquiétez pas&#160;: ça va suffire. Les pauvres vont un peu morfler, ils ont l’habitude, et la douce chaleur de la solidarité mondiale les aidera à passer l’hiver en attendant que le réchauffement fasse effet. «&#160;<em>Le passage à une société à faible émission de carbone porte en elle la perspective de plus d’espoirs que de sacrifices. Déjà, certains pays ont reconnu que cette transformation peut apporter la croissance</em>.&#160;» Il aura fallu attendre quasiment la fin du texte, mais on y est&#160;: la croissance. Verte, évidemment. Tout ça pour ça. Borloo disait la même chose, ce 7 décembre sur France Inter&#160;: un beau discours de façade sur la nécessité de changer nos comportements en profondeur, et au final la tarte à la crème de la croissance verte, qui nous promet de nouveaux déboires environnementaux encore plus catastrophiques, car on n’aura rien réglé et on aura ajouté la prolifération nucléaire, les nanoparticules et les nécrocarburants à l’addition. Comme dans un bon vieux Bruce Willis&#160;: à la fin, le méchant est défait, mais pas éliminé. Il revient dans l’épisode suivant en démolissant encore plus de bagnoles et de buildings. Le héros a de plus en plus de mal à battre le méchant, mais il y parvient. Jusqu’au jour où Bruce Willis prend sa retraite. Où Borloo perd son maroquin. Où Obama n’est pas réélu. Mais rassurez-vous&#160;: ce jour-là, il y aura bien «&#160;<em>56 journaux dans 44 pays</em>&#160;» pour nous expliquer comment sortir de ce merdier.</p>
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		<title>Le monde à l’envers</title>
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		<pubDate>Thu, 03 Dec 2009 15:12:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Loïc</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Aujourd’hui, les policiers manifestent pour la défense de l’emploi et du service public, grandement mis en danger par les coupes budgétaires de l’État et la Révision générale des politiques publiques (RGPP). Est-ce que nous devons, citoyens, étudiants, postiers, parents d’élèves (etc.), aller à leur rencontre, casqués-bottés, les empêcher d’exprimer leurs revendications, leur mettre un coup [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Aujourd’hui, les policiers manifestent pour la défense de l’emploi et du service public, grandement mis en danger par les coupes budgétaires de l’État et la Révision générale des politiques publiques (RGPP). Est-ce que nous devons, citoyens, étudiants, postiers, parents d’élèves (etc.), aller à leur rencontre, casqués-bottés, les empêcher d’exprimer leurs revendications, leur mettre un coup de matraque sur le pif pour le dérangement et enfermer les plus bronzés dans une cave pendant quarante-huit heures&#160;?</p>
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		<title>Quand le ciel nous tombera sur la tête</title>
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		<pubDate>Tue, 01 Dec 2009 17:34:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Loïc</dc:creator>
				<category><![CDATA[Le Petit Journal]]></category>

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		<description><![CDATA[Ah, le Grand collisionneur de hadrons… sujet de quelques discussions amusées avec Ptit Jules, l’an passé, au moment de son lancement. La perspective qu’un bête tuyau (certes ultra perfectionné) dans lequel on fait circuler des particules puisse créer un trou noir qui, un matin, sans que personne n’ait le temps de s’en rendre compte, nous [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ah, le Grand collisionneur de hadrons… sujet de quelques discussions amusées avec Ptit Jules, l’an passé, au moment de son lancement. La perspective qu’un bête tuyau (certes ultra perfectionné) dans lequel on fait circuler des particules puisse créer un trou noir qui, un matin, sans que personne n’ait le temps de s’en rendre compte, nous ferait disparaître dans un repli de l’espace-temps, était assez marrante. Un pied de nez&#160;: c’est comme ça que se terminent pas mal des histoires de Philip K. Dick, auquel ce genre de perspectives fait penser. Et puis non, ce ne fut pas la fin du monde, mais une panne — des soudures de qualité insuffisante dans le tuyau. Aujourd’hui, le LHC (nom anglais du tuyau), <a href="http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2009/11/au-cern-le-lhc-bat-le-tevatron-avec-118-tev.html">redémarre tout doucement</a>. Mais c’est Ptit Jules qui est <a title="« On n’est pas là pour se faire engueuler » — Jules aimait aussi Vian" href="http://www.kartoffelkaefig.net/2009/06/29/on-nest-pas-la-pour-se-faire-engueuler/" target="_blank">parti tout d’un coup</a>, au mois de juin. Un pied de nez. Pas drôle, celui-là. Heureusement qu’il reste l’amitié, et les <a href="http://julien.lepti.net">souvenirs</a>.</p>
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		<title>Horizons nouveaux</title>
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		<comments>http://www.kartoffelkaefig.net/2009/11/26/horizons-nouveaux/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 26 Nov 2009 21:04:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Loïc</dc:creator>
				<category><![CDATA[Glob glob]]></category>

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		<description><![CDATA[Contrairement à ce que dit la chanson, nous atteignons aujourd’hui un nouvel horizon. Oh, modeste. Mais tout de même, cela faisait tellement longtemps que j’en avais marre, de la mise en page par défaut de WordPress, le moteur qui propulse kartoffelkäfig, que je suis bien content d’en changer et de le fêter un peu. Youpi.
Alors [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Contrairement à ce que dit la <a title="« L’Horizon », par Dominique A" href="http://www.deezer.com/listen-3769987" target="_blank">chanson</a>, nous atteignons aujourd’hui un nouvel horizon. Oh, modeste. Mais tout de même, cela faisait tellement longtemps que j’en avais marre, de la mise en page par défaut de WordPress, le moteur qui propulse kartoffelkäfig, que je suis bien content d’en changer et de le fêter un peu. Youpi.</p>
<p>Alors voilà, l’horizon atteint aujourd’hui se nomme <a href="http://www.bendler.tv/?p=525" target="_blank">Aether</a>. Je l’ai un peu modifié (tous les détails sont dans la page <em><a href="http://www.kartoffelkaefig.net/qui-ca/" target="_blank">À propos</a></em>). Je suis particulièrement heureux d’avoir équipé kartoffelkäfig de belles polices de caractères, qui s’affichent automatiquement sur ton écran, grâce à la magie du web (à ce propos, tous les détails sont dans la page <em><a href="../qui-ca/" target="_blank">À propos</a></em>) et de ses libres artisans. Pour les polices, c’est <a href="http://linuxlibertine.sourceforge.net/" target="_blank">Philip Poll</a> qu’il faut remercier, et elles s’appellent Linux Libertine (pour le texte, avec sa variante italique — un vrai ital fait à la main, pas un faux penché par la machine) et Linux Biolinum (pour les titres). Car oui, depuis pas si longtemps que ça (ce qui fait carrément de moi un presque pionnier de l’internet typographique, n’ayons pas peur des gros mots), on peut faire afficher les polices qu’on veut chez tout le monde et quelque soit le navigateur (ou presque&#160;: il y a un lien dans la page <em><a href="../qui-ca/" target="_blank">À propos</a></em> où on voit bien que Microsoft ne joue pas totalement le jeu, mais ça se contourne à défaut d’être simple…). Le principe&#160;: la police est placée sur le serveur, et toi, aimable lecteur, s’il devait advenir que tu ne la possédasses pas déjà sur ton nordinateur personnel, tu la télécharges en même temps que les autres éléments de la page, ce qui occasionne parfois un réaffichage du texte mais globalement c’est rapide. Et alors, shazam et woupshébam, ça nous change des sempiternelles Times, Arial et Georgia qui sont, à la longue, un peu fatigantes. Vive la biodiversité typographique&#160;!</p>
<p>À part ça et sinon, tout le glob sera bientôt aux meilleurs standards ortho-typo, grâce à une chouette extension (<a href="http://michelf.com/projects/php-smartypants/" target="_blank">SmartyPants Typographer</a>, mais les détails sont dans la page <em><a href="../qui-ca/" target="_blank">À propos</a></em>) qui met les <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Espace_ins%C3%A9cable" target="_blank">espaces insécables</a> où il faut devant les deux-points et autres points d’interexclamation. Il suffit juste que je reprenne tous les vieux articles où j’avais éliminé ces espaces pour cause de retours à la ligne un temps pestifs (car il n’y a rien de pire que de retrouver un guillemet fermant tout seul en début de ligne, bêrk), et ça va être terrible.</p>
<p>Et puis il reste encore quelques détails de couleur et d’affichage à corriger (la date dans les billets seuls, l’affichage des catégories à la fin des billets, le pied de page à améliorer). Mais là, le premier pas est un tel changement que je renonce à attendre que tout soit parfait pour qu’on en profite&#160;: la vie est courte et mes phrases sont longues, jouissons de l’une et éventuellement des autres tant qu’on ne tombe pas de sommeil et qu’il nous reste quelques synapses fonctionnelles. Youpi.</p>
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		<title>Le vent du changement</title>
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		<pubDate>Sun, 08 Nov 2009 23:01:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Loïc</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[On a les anniversaires qu’on peut&#160;: il y a dix ans, pour les dix ans de la chute du Mur, j’étais à Berlin. Grande fête commémorative devant la porte de Brandebourg, qui vingt-huit ans durant eut vue sur le Mur, avant de retrouver sa perspective sur le Tiergarten et la Siegessaüle. C’est la première fois [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>On a les anniversaires qu’on peut&#160;: il y a dix ans, pour les dix ans de la chute du Mur, j’étais à Berlin. Grande fête commémorative devant la porte de Brandebourg, qui vingt-huit ans durant eut vue sur le Mur, avant de retrouver sa perspective sur le Tiergarten et la Siegessaüle. C’est la première fois — et sans doute la dernière —, que j’ai vu sur scène le plus célèbre groupe de rock allemand, j’ai nommé Scorpions. J’ai compris une chose ce jour-là&#160;: leur mielleuse chanson <em>Wind of change</em> parle de la chute du Mur&#160;! Curieusement, je me souviens moins de Mstislav Rostropovitch et de la centaine de violoncellistes avec laquelle il avait joué — j’aurais préféré le voir le 11 novembre 1989, seul sur une chaise, jouant du Bach au milieu des marteaux qui achevaient le mur de la honte, mais bon, hein, on peut pas être partout.</p>
<p>Étudiant Erasmus, j’ai passé une année merveilleuse dans un Berlin en pleins travaux, comme ma vie de l’époque. Touriste quelques semaines, je me suis rapidement senti berlinois — dès que j’ai commencé à traîner, puis à habiter, avec des Allemand(e)s, dont aucun n’était pourtant originaire de la ville redevenue capitale. Chaque jour ou presque pendant un an, pour me rendre de Neukölln, le quartier turc où je vivais avec Anna Lisa, Christiana, Clemens et Kirsten, jusqu’à la Humboldt Universität où j’étudiais, je passais en vélo et à toute vitesse le fameux Checkpoint Charlie. Juste avant, j’avais longé les immeubles des éditions de l’infâme Axel Springer, puis salué le siège de la <a href="http://www.taz.de/" target="_blank"><em>Tageszeitung</em></a>, notre canard préféré, qui, si l’on veut, réalise depuis 1979 le projet que <em>Libération</em> a abandonné depuis longtemps. Il faisait bon vivre à Berlin — il fait toujours bon, d’ailleurs, même si la privatisation des espaces publics fait chaque jour des progrès. Essayez de trouver un banc pour vous reposer dans la Friedrichstrasse&#160;! Admirez le spectaculaire embourgeoisement de la Potsdamer Platz, no man’s land devenu Veau d’or de la nouvelle économie&#160;! Évitez de regarder les écoles qui se plaignent du manque de moyens et l’affichent par de grandes banderoles sur leurs grilles…</p>
<p>La chute du Mur de Berlin, c’est la liberté retrouvée. Mais pas n’importe quelle liberté&#160;: celle des renards de la finance, libres dans le poulailler de la société libre. Allez, pour se guérir un peu de l’inanité des commémorations en cours et à venir aujourd’hui, qui passeront vite sur le différentiel de salaires et de chômage entre l’est et l’ouest de l’Allemagne, mais contribueront à nier le passé de millions de personnes qui n’étaient ni des esclaves ni tous des salauds, et qui méritent certes de la compréhension, mais pas la commisération des riches, et qui ne diront mot des autres murs que nos belles démocraties continuent de construire (concrètement, entre le Mexique et les États-Unis), de soutenir (concrètement toujours, en Israël-Palestine) ou d’entretenir (symboliquement, commercialement, juridiquement, policièrement, entre le nord et le sud), deux petits conseils d’entretien du cerveau&#160;:</p>
<ul>
<li>le dernier <a href="http://www.politis.fr/Vingt-ans-apres,8505.html" target="_blank">édito</a> de Denis Sieffert dans <em>Politis</em> (que l’on pourra compléter par le <a href="http://www.politis.fr/Mur-de-Berlin-vingt-ans-apres,7735.html" target="_blank">dossier du journal</a> paru cet été sur le Mur vingt ans après)</li>
<li>les deux émissions de Zoé Varier consacrées à la ville utopique d’Heisenhüttenstadt (la <a href="http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/nousautres/index.php?id=84730" target="_blank">première</a>, la <a href="http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/nousautres/index.php?id=84774" target="_blank">seconde</a>).</li>
</ul>
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		<title>Home, sweet home</title>
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		<pubDate>Sat, 07 Nov 2009 13:43:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Loïc</dc:creator>
				<category><![CDATA[De-ci de-là]]></category>
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		<description><![CDATA[Il est une heure, une heure et demie. Nous sommes assis au Fût chantant, notre lieu de débauche préféré, et Gaspard passe de bras en bras pendant que nous descendons tranquillement nos planches du marché — comté, saucisson et rillettes avec un verre de rouge pour moi&#160;; comté et tome avec un thé pour Céline. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il est une heure, une heure et demie. Nous sommes assis au Fût chantant, notre lieu de débauche préféré, et Gaspard passe de bras en bras pendant que nous descendons tranquillement nos planches du marché — comté, saucisson et rillettes avec un verre de rouge pour moi&#160;; comté et tome avec un thé pour Céline. Arrive un type, belle voix grave un peu rocailleuse, qui, telle une fée du blues délaissant un instant son micro, se penche sur Gaspard, l’observe un moment en souriant et lui dit&#160;: «&#160;<em>You’re beautiful, you know?</em>&#160;» Anne-Laure, qui est en train de jouer avec lui et le hochet qu’elle vient de lui offrir, lui indique les heureux parents. Le type nous demande son prénom, trouve que c’est typiquement danois (?), puis s’écrie, avant de disparaître&#160;: «&#160;<em>Go home and make another one!</em>&#160;» C’est bien noté, on y réfléchit…</p>
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		<title>Étranges lucarnes</title>
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		<pubDate>Tue, 27 Oct 2009 19:39:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Loïc</dc:creator>
				<category><![CDATA[De-ci de-là]]></category>
		<category><![CDATA[Transports]]></category>

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		<description><![CDATA[Sur le trajet du bus qui, le mardi, me conduit au métro, il y a une maison de retraite. Je sais qu’elle est là, mais je ne la remarque en général pas — soit que je termine ma nuit, soit que je lise. Ce matin, ne dormant ni ne lisant, mon regard est entré par [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Sur le trajet du bus qui, le mardi, me conduit au métro, il y a une maison de retraite. Je sais qu’elle est là, mais je ne la remarque en général pas — soit que je termine ma nuit, soit que je lise. Ce matin, ne dormant ni ne lisant, mon regard est entré par ses fenêtres. Au rez-de-chaussée, il y a un genre de salon avec une grande baie vitrée donnant sur la rue. Vers dix heures, quand je suis passé, on y apercevait cinq ou six personnes confortablement calées dans des fauteuils. Je crois avoir également vu un fauteuil roulant, et peut-être d’autres résidents étaient-ils assis au fond de la pièce, où je ne pouvais les voir. Ce qui est certain, c’est qu’ils ne m’ont pas vu, pas plus que le bus qui me transportait, ni que le reste de la circulation automobile ou même des piétons qui frôlaient leur vitrine. Car ce n’est pas dehors que nos braves vieux sont invités à regarder&#160;: devant la vitre est installé un gigantesque téléviseur, dont les deux dimensions remplacent avantageusement les trois dimensions du monde extérieur. Un écran, c’est quelque chose sur lequel on projette des images, animées ou non&#160;: quelque chose que l’on regarde. Un écran, c’est aussi quelque chose que l’on place entre vous et une quelconque réalité dont on estime qu’elle doit rester dissimulée.</p>
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		<title>Le monde (occidental) se divise en deux catégories (de démocrates)</title>
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		<pubDate>Sat, 03 Oct 2009 22:51:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Loïc</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Les nonistes sont un sous-peuple à part, constitué d’individus égarés constamment submergés par leurs (res)sentiments irrationnels. Bêlant, grognant, ils votent non, en 2005 (en France et aux Pays-Bas) et en 2008 (en Irlande). Surprise&#160;: ils sont plus nombreux que prévu et leur camp l’emporte. Ça n&#8217;est pas très raisonnable&#160;: par leur faute, l’Europe est au [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les <strong>nonistes</strong> sont un sous-peuple à part, constitué d’individus égarés constamment submergés par leurs (res)sentiments irrationnels. Bêlant, grognant, ils votent non, en 2005 (en France et aux Pays-Bas) et en 2008 (en Irlande). Surprise&#160;: ils sont plus nombreux que prévu et leur camp l’emporte. Ça n&#8217;est pas très raisonnable&#160;: par leur faute, l’Europe est au point mort — pour ne pas dire prise en otage. Ils revoteront, car c&#8217;est ça, la démocratie.</p>
<p>Les <strong>ouistes</strong>, hautement rationnels et dépourvus de (res)sentiments, aiment et chérissent l’Europe et savent ce dont elle a véritablement besoin. Injustement vaincus par la traîtrise d&#8217;une horde de nonistes cachés derrière le rideau, on leur accorde le bon droit d’organiser de nouveaux scrutins. En France et aux Pays-Bas, en 2008, les parlements se chargent de représenter les peuples, au cas où ceux-ci ne voudraient pas changer d’avis. En Irlande, par où la crise économique est passée, on peut faire confiance à un électorat plongé dans le désarroi, que de sonnantes promesses devraient convaincre. Et ça marche&#160;: les ouistes gagnent, car ils ont raison. Justice étant enfin rendue, plus besoin de revoter&#160;: c’est beau, la démocratie.</p>
<ul>
<li><em>NB&#160;: ce billet est issu d’un commentaire initialement posté sur le <a href="http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2009/10/irlande-6713-pour-le-oui-%C3%A0-lisbonne.html" target="_blank">blog de Jean Quatremer</a>, fameux démocrate dont on appréciera, dans ses réponses (et notamment la «&#160;mise à jour&#160;» du 4 novembre) la haute estime dans laquelle il tient ses adversaires.</em></li>
</ul>
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		<title>Désirs d’avenir</title>
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		<pubDate>Wed, 23 Sep 2009 16:10:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Loïc</dc:creator>
				<category><![CDATA[De-ci de-là]]></category>
		<category><![CDATA[Le Petit Journal]]></category>

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		<description><![CDATA[Si tout se joue dans la première minute, Gaspard aura de beaux yeux bien ouverts, et des cheveux.
Si tout se joue dans la première heure, Gaspard lèvera haut le poing. Sans éclats de voix, mais avec détermination&#160;: ne rien lâcher.
Si tout se joue dans le premier jour, Gaspard ne manquera jamais un repas.
Si tout se [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Si tout se joue dans la première minute, Gaspard aura de beaux yeux bien ouverts, et des cheveux.</p>
<p>Si tout se joue dans la première heure, Gaspard lèvera haut le poing. Sans éclats de voix, mais avec détermination&#160;: ne rien lâcher.</p>
<p>Si tout se joue dans le premier jour, Gaspard ne manquera jamais un repas.</p>
<p>Si tout se joue dans la première semaine, Gaspard sera agité, et donnera quelques sueurs froides à ses parents.</p>
<p>Si tout se joue dans le premier mois, Gaspard sera chanteur de métal (vu les bruits qu’il fait la nuit), ou sumo (vu le poids qu’il prend).</p>
<p>De nos rêves et de nos angoisses, que restera-t-il&#160;? La vie qu’il saura se construire, le soutien que nous pourrons lui apporter. À part de l’amour et un peu d’eau fraîche, on n’est pas sûr de pouvoir donner grand-chose. Et c’est bien, que cela nous échappe.</p>
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		<item>
		<title>Ne me demandez pas ce qui s’est passé dans le monde dimanche 23 août</title>
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		<comments>http://www.kartoffelkaefig.net/2009/08/24/ne-me-demandez-pas-ce-qui-sest-passe-dans-le-monde-dimanche-23-aout/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 24 Aug 2009 20:13:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Loïc</dc:creator>
				<category><![CDATA[De-ci de-là]]></category>
		<category><![CDATA[Le Petit Journal]]></category>

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		<description><![CDATA[À partir de sept heures du matin, Céline a des contractions environ toutes les vingt minutes.
À partir de neuf heures, toutes les dix minutes.
Puis 10h08, 10h18, 10h28, 10h38, 10h49, 10h57, 11h10, 11h18, 11h25, 11h33, 11h42, 11h50, 12h.
Au téléphone, la sage-femme de garde demande si Céline arrive à gérer les contractions, la réponse est oui. Alors [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>À partir de sept heures du matin, Céline a des contractions environ toutes les vingt minutes.</p>
<p>À partir de neuf heures, toutes les dix minutes.</p>
<p>Puis 10h08, 10h18, 10h28, 10h38, 10h49, 10h57, 11h10, 11h18, 11h25, 11h33, 11h42, 11h50, 12h.</p>
<p>Au téléphone, la sage-femme de garde demande si Céline arrive à gérer les contractions, la réponse est oui. Alors restez autant que possible à la maison, et venez quand vous le sentirez. Nous déclinons l’invitation à manger de Marich pour le midi — elle passe tout de même avec Cyril nous apporter un petit poste pour écouter des CD à la maternité.</p>
<p>12h19, 12h30, 12h36, 12h43, 12h50.</p>
<p>Bain chaud, soulagement temporaire des douleurs. À 13h10, dans le bain, rupture de la poche des eaux. La force des contractions s’intensifie. À partir de celle de 13h29, elles sont vraiment douloureuses. À 14h03, nous fermons la porte de l’appartement. Une contraction cloue Céline en haut de l’escalier, une autre la saisit pendant le trajet en voiture, deux encore dans les couloirs de la maternité.</p>
<p>Après les vérifications d’usage, installation sur la table d’accouchement sans passer par la salle de travail à 14h41, col ouvert à cinq, six centimètres. Il faut souffler pendant les contractions de plus en plus violentes, et reprendre son souffle pendant les accalmies  de plus en plus courtes. Les conseils de Kristel, la sage-femme qui nous a préparés, nous permettent de trouver la position qui soulage Céline au mieux&#160;: assise au bout de la table, penchée en avant et les bras tendus autour de mon cou. Repos dans les coussins. Pendant ce temps et jusqu’au bout, <em>Good Arrows </em>de Tunng tourne en boucle sur le petit poste rouge de Marich.</p>
<p>À 17h20, le col est ouvert à neuf centimètres. Cette fois il faut pousser. Pas de péridurale&#160;: ça fait (très) mal, mais <em>dixit</em> l’intéressée après coup, c’est supportable — après coup. À 18h, on fait venir le gynéco de garde pour envisager la pose d’une ventouse. C’est elle qui aide Gaspard à émettre son premier grognement (contrairement à sa mère, il ne crie pas) à 18h10. Il a des cheveux et les yeux grand ouverts.</p>
<p>Pour vérifications internes et suture de l’épisiotomie, on endort Céline vers 18h30. Gaspard et moi passons l’heure suivante, seuls, lui nu, moi non, sous une lampe qui chauffe l’air à trente-huit degrés. Il lève déjà le poing bien haut et n’a pas une heure quand je prends cette photo&#160;:</p>
<p><a title="Gaspard, yeux ouverts, poing levé" rel="lightbox" href="http://www.kartoffelkaefig.net/Images/gaspard_une_heure_750.jpg"><img src="http://www.kartoffelkaefig.net/Images/gaspard_une_heure_450.jpg" alt="Gaspard, yeux ouverts, poing levé" width="450" height="386" /></a></p>
<p>On passe le temps en discutant — surtout moi. Vers 19h30, j’en suis à lui raconter comment Céline et moi nous sommes rencontrés, un jour de juin 2002, quand on nous annonce que nous pouvons aller la retrouver. Elle est bardée de fils multicolores, un peu dans les vapes mais souriante de béatitude. On nous laisse un moment avec les bips des machines. Je remets le disque, toujours le même, et Gaspard s’engage dans sa première têtée avant de s’endormir.</p>
<p>À 21h, nous prenons nos quartiers dans la chambre 164 du Pavillon de la femme et de l’enfant, hôpital de Saint-Brieuc, service public, France. Derniers mots échangés avec Virginie, la sage-femme, et Anita, l’aide soignante qui nous ont aidés pendant cet après-midi. Remerciements fatigués mais heureux. Bal de l’équipe de nuit, soins et conseils, repas pour Céline — ces viandes en sauce insipides, c’est le côté obscur du service public, mais je ne suis pas sûr qu’ils fassent mieux dans le privé. Coups de téléphone. Il est 23h30 passées quand je laisse Céline et Gaspard pour la nuit.</p>
<p>Minuit&#160;: je gare la voiture et j’entends Jean-Marc présenter les programmes de la nuit sur France-Inter. J’ai bien envie de l’appeler — ça fait deux mois que je lui ai promis de le rappeler la semaine prochaine, mais pas le courage. Pain pâté, crêpe chocolat, carte mémoire.</p>
<p>À 1h30, le mail alertant tous les pingouins d’ma galaxie part dans l’ether. Premières réponses&#160;: Jiess à 1h33, Ulf à 1h53. Puis Léonie à 4h51 (pas de mérite, elle est au Mexique), Élise à 5h10, Jean-Marc à 5h21, Aline à 7h50, Jean-Louis à 8h20… merci à toutes les fées, virtuelles ou non, qui viennent se pencher sur ton berceau, et longue vie à toi, Gaspard.</p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Tectonique des plaques</title>
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		<pubDate>Wed, 29 Jul 2009 23:34:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Loïc</dc:creator>
				<category><![CDATA[De-ci de-là]]></category>
		<category><![CDATA[Le Petit Journal]]></category>
		<category><![CDATA[Maison sucrée maison]]></category>
		<category><![CDATA[Thèse]]></category>

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		<description><![CDATA[«&#160;Tu ne ferais pas mieux de bosser ta thèse&#160;?&#160;», me demandent sans cesse ma conscience et ma mère, qui s’abreuvent à la même source de sagesse bienveillante (au début) et agaçante (à partir de la deux cent millionième répétition, peut-être un peu avant). Ben oui, mais je ne fais que ça. Ou presque.
Parce qu’il y [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>«&#160;<em>Tu ne ferais pas mieux de bosser ta thèse&#160;?</em>&#160;», me demandent sans cesse ma conscience et ma mère, qui s’abreuvent à la même source de sagesse bienveillante (au début) et agaçante (à partir de la deux cent millionième répétition, peut-être un peu avant). Ben oui, mais je ne fais que ça. Ou presque.<br />
<span id="more-385"></span>Parce qu’il y a quand même le bébé qui arrive, et qu’il faut se préparer. Même si nous utiliserons une écharpe de portage, il nous faut une poussette, et si possible pas de la merde qui pète au bout de six mois après avoir donné à son passager l’impression de transporter un marteau piqueur en marche au moindre pavé. Et Saint-Brieuc, c’est plein de pavés. Et il nous faut un siège auto, et si possible pas de la merde car nous avons prévu de tenir à notre bébé, il paraît que cela se fait chez les gens bien élevés. Et nous sommes bien élevés, tenez-vous le pour dit. Et donc ça prend du temps, de choisir une bonne poussette. Genre visiter tous les magasins de la zone commerciale avant de se rendre compte qu’il y en a au bout de la rue et que c’est celle-là qu’il nous faut — la seule poussette disponible dans le coin dans laquelle on peut mettre un nouveau-né, ce qui va nous économiser l’achat d’un cosy, cher et qui ne s’utilise pas longtemps, sans compter qu’il alourdirait considérablement le véhicule. Et ça prend du temps, de choisir un bon siège auto. Genre aller sur internet, fouiller les sites fiables&#160;: <em>60 millions</em> et <em>Que choisir</em>, tiens, le second a fait un dossier sièges auto l’an passé. Comme je dois bosser ma thèse, c’est Céline qui se tape les bibliothèques de Saint-Brieuc jusqu’à dégotter le fameux numéro, puis se rend compte que celui qui est actuellement en kiosques, en bas de l’immeuble, contient une actualisation dudit dossier avec des nouveaux tests. Banco. Le siège rêvé est disponible à Lannion, youpi, il n’y a qu’à aller le chercher.</p>
<p>Et puis, et puis… il lui faut une chambre, au bébé. Alors on joue au taquin avec les pièces de l’appartement&#160;: le bébé ira dans notre chambre. Nous irons dans mon bureau. Et mon bureau ira… merde, il manque une pièce&#160;! Heureusement, le salon est grand, puisque le propriétaire précédent avait abattu une cloison pour lui adjoindre une chambre. Enlevons-lui donc un peu de sa surface, il restera grand, et installons mon bureau derrière une nouvelle cloison. On en profite pour bien l’isoler phoniquement, pour isoler thermiquement notre future chambre qui a un mur au nord non mitoyen, pour améliorer l’installation électrique et faire disparaître dans les murs les câbles que j’ai tirés pour supprimer le wi-fi. Ça tombe bien, mon père vient de prendre sa retraite, celui de Céline l’a précédé il y a quelques années. À deux, ils vont faire une équipe d’enfer. Bon, d’accord, il faut préparer le chantier, et concevoir la partie électricité-réseau (c’est mon truc) et réaliser tout ce qui doit se faire à deux en ce domaine (mon père et moi, équipe rodée). Ça prend un peu de temps.</p>
<p>Surtout que dans le bâtiment en général, et dans la rénovation en particulier, et dans la modification d’installation électrique en très particulier, on n’est jamais au bout de ses surprises. On croit pouvoir passer là, et puis non. On réfléchit au contournement des difficultés et à la rationalisation des cheminements de gaines. Ça prend du temps. On fait des trous (enfin, là, c’est mon père qui s’y colle, il est très fort pour faire des trous juste ce qu’il faut là où il faut, même si des fois c’est un peu plus gros que prévu, mais c’est normal, c’est de la brique, ça casse, et ça se rebouche). On passe les gaines. Dans les gaines, on passe les fils. Ça peut prendre du temps. Plus tard, vers la fin, j’installerai tous les appareils, interrupteurs, prises et autres joyeusetés. Ajuster, dénuder, connecter, tester, ça prendra du temps. Nous n’en sommes pas là.</p>
<p>Hier, moment d’anthologie qui constitue certainement un de nos sommets. Une gaine de dix-huit mètres et quelques brouettes à tirer entre deux interrupteurs distants, à vol de chat (pas d’oiseau dans notre appartement), de moins de cinq mètres. Soit un nombre (un peu trop) important d’angles droits à négocier pour passer notamment au cœur de la nouvelle cloison. Courage, respire&#160;: la gaine passe sans trop de difficultés. Au tour des fils, six — car on relie deux va-et-vient. C’est beaucoup, mais la gaine est étudiée pour. Oui, mais il y a les angles droits. Courage, respire, tire d’un côté, pousse de l’autre. Le tire-fils casse en route, impossible de le récupérer, c’est la merde. On va enfin pouvoir se servir de l’aiguille tire-fils achetée il y a des années et capable de remonter le courant sur vingt mètres. Tire, pousse, tire, pousse&#160;: l’aiguille bloque, ne veut pas aller au bout, puis finit par passer, aidée par ce qui reste de tire-fils. Refaire l’épissure, retirer les fils désormais attachés à la queue de l’aiguille. Tire, pousse&#160;: ça passe, ça passe, ça coince un peu, ça repasse, ça recoince… et ça lâche d’un coup sec. Aiguille cassée&#160;? Impossible&#160;! Mais la tête de l’aiguille, son chas pour ainsi dire, qui se visse à son extrêmité, s’est dévissée… on enrage, on n’arrive plus à repousser l’aiguille, désormais sans tête, dans la gaine.</p>
<p>Secouer, pousser, tenter d’aller la chercher avec un fil de fer&#160;: rien n’y fait, et il ne reste qu’un mètre ou deux à passer. On coince au bout de la cloison, au niveau de la porte qu’on a mise en place le matin même. Après une demi-heure (plus&#160;? peut-être) de ce régime, il faut se résoudre à démonter la porte, défaire les deux derniers mètres de la gaine et s’offrir une arrivée en pente douce. L’aiguille repasse. Re-re-épissure. Coup de clé pour bien en serrer le chas. Tire, pousse, tire, pousse&#160;: ça passe&#160;! Il est dix-sept heures, notre boulot du matin est terminé. Pause. Que faire&#160;? Seule solution à la frustration&#160;: l’action. On fonce, on tire, on pousse, et on passe toutes les gaines et tous les fils prévus dans cet après-midi-là. Et on profite de l’exceptionnelle luminosité de cet appartement, qui nous permet de bosser jusqu’à 22 heures sans la moindre ampoule. Fin des opérations, satisfaction. Malgré le temps passé, contents du boulot réalisé. Une journée de merde qui se transforme en bonne journée par la grâce d’intenses heures supplémentaires et d’une assiette de spaghettis du midi réchauffée à la va-vite, ça fait toujours plaisir. Ça prend du temps, et ça n’apporte rien à ma thèse. Mais au moins, quand je m’y remettrai, j’aurai de l’électricité dans mon bureau. Même&#160;: j’aurai un bureau. Et aussi un bébé qui m’empêchera de travailler. D’où l’importance de l’isolation phonique. Dans le bâtiment, la clé, c’est l’anticipation.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Chassé-croisé, ou l’été dont vous êtes le héros</title>
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		<pubDate>Mon, 27 Jul 2009 19:22:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Loïc</dc:creator>
				<category><![CDATA[De-ci de-là]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[C’est l’heure de dire au revoir aux juillettistes et d’accueillir les aoûtiens&#160;: les grognements contre le (mauvais) temps qu’il fait et les touristes qui désertent les plages, qui commençaient à s’user, vont pouvoir resservir et sembler tout neufs. Dans les supermarchés, barbecues et mobilier de jardin ne vont pas tarder à être remplacés par les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>C’est l’heure de dire au revoir aux juillettistes et d’accueillir les aoûtiens&#160;: les grognements contre le (mauvais) temps qu’il fait et les touristes qui désertent les plages, qui commençaient à s’user, vont pouvoir resservir et sembler tout neufs. Dans les supermarchés, barbecues et mobilier de jardin ne vont pas tarder à être remplacés par les articles de rentrée, trousses <em>Harry Potter</em>, classeurs <em>Twilight</em> et autres accessoires très chers portant marque tendance. Pendant que le gouvernement s’apprête à faire passer <a href="http://universitesenlutte.wordpress.com/2009/07/12/ensemble-a-la-rentree-nous-continuerons-la-resistance-communique-de-la-cnu/" target="_blank">quelques lois scélérates</a> en profitant des vacances de l’opinion, l’université prépare elle aussi sa rentrée.</p>
<p>Pour ce faire, deux options, deux messages, deux programmes. Lequel choisis-tu&#160;?</p>
<ul>
<li>Tu penses que l’éducation, comme la santé, la culture et quelques autres broutilles, sont des droits fondamentaux. Tu as signé l’<a href="http://www.appeldesappels.org/spip.php?article1" target="_blank">Appel des appels</a>, ce qui prouve que tu as du temps à perdre pour lire des articles politiques. Rendez-vous page 1789, avec la lecture de <a href="http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article2830" target="_blank">ce communiqué</a> de Sauvons l’université. Tu pourras par exemple réfléchir à ce passage&#160;: «&#160;<em>L’université doit permettre un accès encore élargi de groupes sociaux nouveaux à l’enseignement supérieur, et accomplir par là les promesses de sa démocratisation inachevée. Cela passe, entre autres, par le développement de pratiques démocratiques dans les relations entre ses acteurs et par un engagement à repenser collectivement la production et la transmission du savoir et des connaissances dans la société. </em>»</li>
<li>Tu adores télécharger de nouvelles sonneries de portable. Ta peau est aussi bronzée par les UV que ton cerveau est grillé par les micro-ondes. Tu n’as pas le temps de te prendre la tête avec des idées tristes car la vie est <em>fun</em>, mec, et il faut en profiter un max. Rendez-vous page 1940 avec cette pube pour l’offre <a href="http://apple.fr/backtoschool"><em>back to school</em></a> d’Apple, trouvée dans un mange-vite de Saint-Brieuc. Tu apprécieras en particulier ces extraits&#160;: «&#160;<em>Achetez un Mac pour vos études et repartez avec un iPod touch. Un très bon retour sur investissement. […] Après tout, être étudiant n’est-ce pas apprendre à saisir chaque opportunité&#160;?</em>&#160;»<sup>[1]</sup></li>
</ul>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_376" class="footnote">Mise à jour du 29 juillet&#160;: la carte postale sur laquelle figure cette pube d’Apple pourra également t’intéresser si c’est l’analyse de l’image qui te botte, et pas seulement celle du texte. De l’arrière-plan au premier plan, on voit&#160;: un tableau noir (en fait vert) couvert de formules mathématiques diverses (ça, c’est le savoir), le visage d’une jeune fille belle à croquer (Apple), qui présente, bras ouverts (important, coco, l’ouverture, dans le monde mondialisé), un portable Mac lui aussi ouvert (sinon ça n’a pas d’intérêt, là c’est du bon sens) sur lequel est posé un iPod touch. Et sur l’écran dudit iPod touch, que voit-on&#160;? un plateau de Monopoly. Être étudiant, n’est-ce pas, c’est «&#160;<em>apprendre à saisir chaque opportunité </em>».</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Détournement d’histoire</title>
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		<pubDate>Tue, 14 Jul 2009 21:50:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Loïc</dc:creator>
				<category><![CDATA[Compète]]></category>
		<category><![CDATA[De-ci de-là]]></category>
		<category><![CDATA[Demain(s)]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Peut-être se souviendra-t-on un jour que le 14 juillet n’est pas l’anniversaire d’un quelconque serment d’allégeance à un pouvoir militaire, mais que c’est au contraire le jour où l’on fête une révolution. Que, pas plus qu’un autre jour d’ailleurs, ce n’est définitivement pas le moment d’y étaler les preuves viriles d’une puissance aussi meurtrière qu’inutile. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Peut-être se souviendra-t-on un jour que le 14 juillet n’est pas l’anniversaire d’un quelconque serment d’allégeance à un pouvoir militaire, mais que c’est au contraire le jour où l’on fête une révolution. Que, pas plus qu’un autre jour d’ailleurs, ce n’est définitivement pas le moment d’y étaler les preuves viriles d’une puissance aussi meurtrière qu’inutile. Plutôt que de bander ses biceps et bomber le torse au nom d’une fierté patriotique dont le principe d’exclusion de tous les pas-de-chez-nous n’a jamais conduit qu’à allonger la longue liste des glorieux massacres qui jalonnent notre grande histoire, il s’agirait de penser un monde fraternel. Pas seulement solidaire d’un pré-retraité de la chanson, évadé fiscal récidiviste, mais de tous les habitants, sans exclusive, de notre petite planète. Ouh là là, ça fait mal au crâne, ça. Allez, un petit feu d’artifice et au lit.</p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>On n’est pas là pour se faire engueuler</title>
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		<pubDate>Sun, 28 Jun 2009 23:11:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Loïc</dc:creator>
				<category><![CDATA[Le Petit Journal]]></category>

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		<description><![CDATA[Martin a rencontré Julien dans le train. Nous étions alors étudiants à Besançon, à une petite heure de chemin de fer d’Héricourt. L’histoire commence lors d’un voyage retour. Martin est assis à côté de son étui de guitare, le casque du walkman vissé sur les oreilles. En face de lui, un type du même âge [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Martin a rencontré Julien dans le train. Nous étions alors étudiants à Besançon, à une petite heure de chemin de fer d’Héricourt. L’histoire commence lors d’un voyage retour. Martin est assis à côté de son étui de guitare, le casque du walkman vissé sur les oreilles. En face de lui, un type du même âge ou peu s’en faut, assis à côté de son étui de basse, le casque du walkman vissé sur les oreilles. Fatalement, ils finissent par entamer la conversation. Découvrent, étonnés, qu’ils écoutent présentement le même album, <em>Blood Sugar Sex Magik</em> des Red Hot Chili Peppers<sup>[1]</sup> — le genre d’album à partir duquel, question guitare et basse, on peut causer longtemps.</p>
<p style="text-align: justify;">
<div class="mceTemp mceIEcenter">
<dl id="attachment_341" class="wp-caption aligncenter" style="width: 460px;">
<dt class="wp-caption-dt"><img class="size-full wp-image-341" title="julien-2002-2003-nouvel-an-1" src="http://www.kartoffelkaefig.net/wp-content/uploads/2009/06/julien-2002-2003-nouvel-an-1.jpg" alt="Julien Mourey, 1975-2004" width="450" height="130" /></dt>
</dl>
</div>
<p style="text-align: center;"><em>Julien Mourey, 1975-2009</em></p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-303"></span>À l’époque, Martin et moi formions le restant d’un groupe qui avait beaucoup répété, un tout petit peu joué en public, épuisé tous les copains musiciens disponibles, puis végété un moment en duo. Nous avions un nom qui déchire, Spuds’r Ace («&#160;<em>les patates sont excellentes</em>&#160;»), un super local de répèt’ chez mes parents, le Cactus Blockhaus, quelques compos et quelques supporters-compagnons de route&#160;: mon frère Thomas et son acolyte Fish Tupudéhièp, Gator l’indie-folkeux-bruitiste, Mitch le buveur de bières, Galak le duke de la flûte à bec, Ulf qui n’a jamais réussi à terminer proprement la descente d’orgue de l’intro de <em>Riders on the storm</em><sup>[2]</sup>, Ruhruh et ses vahinés, Le Gros et son ballon rond, et les petites fées qui nous inspiraient. La musique, ça avait commencé au collège&#160;: Lolo (c’est moi) joue de la batterie, Ulf du piano, donc Bart (c’est Martin) va jouer de la basse, Ruhruh et Thomas (un autre, qui nous fit découvrir les Béru et Public Enemy avant de partir en école de commerce…) de la guitare, et on va monter un groupe. On l’a fait. On s’est bien marré. Et puis, vers la fin du lycée, on a fini par se retrouver tous les deux, Martin et moi, à vouloir composer, pousser l’aventure et faire vraiment <em>notre truc</em>. Au bout d’un moment, Martin s’est mis à la guitare. Puis, je ne sais plus trop quand au cours de notre première année de fac, dans ce fameux train qui le ramenait de Besançon, il a rencontré Julien. Les événements se sont enchaînés rapidement, et nos souvenirs en sont flous. Ce dont Martin se rappelle bien, c’est, passant peu après à l’appart’ de Julien, que l’autre lui avait montré des trucs des Red Hot à la basse, et que ça l’avait convaincu de continuer… la guitare.</p>
<p style="text-align: justify;">Julien est devenu le bassiste de Spuds’r Ace, et nous nous sommes retrouvés à répéter comme si nous nous étions toujours connus. Ce n’est pas pour rien qu’après Spuds’r Ace, je n’ai jamais vraiment cherché à remonter un groupe&#160;: je savais que ce que j’avais vécu avec ces deux lascars, je ne le retrouverais probablement pas ailleurs. Il y avait dans notre relation une forme d’évidence, de naturelle fraternité qui nous permettait de jouer des heures durant le même bout de morceau pour essayer de l’améliorer, sans que jamais l’ennui ne s’installe. Et c’est là l’ironie de l’histoire&#160;: en deux ans et demi d’existence sous cette forme, Spuds’r Ace n’a pas donné quinze concerts. Mais, chaque samedi après-midi, nous nous retrouvions au Cactus Blockhaus pour répéter. De la même façon que les années collège et lycée ont consumé nos samedis en d’intenses campagnes de jeux de rôles, nos années fac ont été consacrées à la musique. Des dizaines d’heures à peaufiner des titres que tous les potes connaissaient par cœur. Dans ces heures, pas mal de pauses à rouler des pétards et boire du Perrier et des bières sur la «&#160;mezzanine&#160;» attenante au Cactus Blockhaus. À déconner, beaucoup. À se parler de choses sérieuses, peu. J’ai la chance d’avoir beaucoup d’amis d’enfance — j’ai connu Yves (c’est Galak) à la maternelle, Martin au centre aéré l’été entre le CM1 et le CM2, la plupart des autres en sixième ou en cinquième. Pendant longtemps, nous avons été essentiellement des camarades. Proches, soudés, rigolards, mais taiseux de nous-mêmes. Il a fallu que nous nous séparions, que nous arrivions à la fac  voire que nous la dépassions un peu, pour que nous devenions des intimes qui n’ont plus peur de se causer<sup>[3]</sup>.</p>
<p style="text-align: justify;">Que savais-je alors de Julien&#160;? Son surnom, évidemment&#160;: troisième Julien du groupe, après Ruhruh et Le Gros <em>aka</em> Bourrin, il était P’tit Jules — plus tard, il serait également Uj, J1 et Jeiwahn. Son jeu phénoménal de basse, bien sûr&#160;: grand slappeur, grand improvisateur, petit homme trapu et funky en diable. Son amour des oiseaux, transmis par un oncle ornithologue, qui faisait de lui un arpenteur enthousiaste des sous-bois. Son humour noir et cinglant. Sa liaison, pas encore si intense ou alors ça m’échappait, avec la boisson. Et le plaisir de faire de la musique et de passer des soirées avec lui. Plaisir partagé par les amis que nous lui avions fait rencontrer, et ceux qu’ils nous avait fait rencontrer. Musique également partagée, notamment avec Los Péravos, l’autre groupe-de-répétitions qu’il avait monté à Besançon avec Tony, Stan, Fred et Evi. Et puis les abus, parfois&#160;: vraiment soûl, Julien devenait insupportable. La «&#160;logique&#160;» de l’ivrogne tourne sur elle-même. Dans ces moments-là, son désespoir s’alimentait à sa logorrhée, gonflant à mesure qu’il se répétait, se contredisait, se répétait encore. Difficile de mettre un ami dehors, plus difficile encore d’apprendre qu’il a pris un gnon parce que ce soir-là, ce n’était pas chez vous mais au bistrot qu’il avait passé les bornes. Il faut vraiment aimer quelqu’un pour ne pas craquer en l’entendant se traiter et vous traiter alternativement de merde, puis de génie, puis de merde, puis de génie, en roue libre pendant des heures — et encore, l’aimer ne suffit pas toujours.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-344" title="julien-2003-2004-nouvel-an" src="http://www.kartoffelkaefig.net/wp-content/uploads/2009/06/julien-2003-2004-nouvel-an.jpg" alt="julien-2003-2004-nouvel-an" width="450" height="298" /></p>
<p style="text-align: justify;">Oui, cela arrivait. Non, pas si souvent. Et non, ce n’était pas le trait dominant du personnage. Pas quand on le découvrait, moins encore quand on se liait à lui et apprenait à le connaître mieux. Julien était rongé par un profond désespoir, il était désespéré en ce qu’il était sans espoir, ni pour ce «&#160;<em>monde de merde </em>»<sup>[4]</sup> dans lequel nous nous efforçons de vivre et y parvenons plus ou moins bien, ni pour lui-même. Julien était sans concession, certainement trop dur à son propre encontre, se pensait seul et ne méritant pas mieux. Seul, il l’était dans le sens de célibataire&#160;; mais le nombre de ses amis montre bien qu’il était loin d’être solitaire. Face à tout cela, l’alcool était un exutoire, ou un refuge, ou les deux&#160;; c’était surtout ce dont il ne pouvait se passer, et  qui le détruisait à petit feu. Tous ceux qui l’ont connu doivent avoir des anecdotes à raconter — l’abus d’alcool a des conséquences parfois drôles (pisser au milieu du salon de Cyril en pensant être déjà arrivé aux toilettes), souvent pathétiques (vomir sur son volant en rentrant chez soi en voiture). Ça ne l’empêchait pas d’avoir un humour féroce, d’être attentif à ses amis et à sa famille, d’aimer la discussion et la polémique, et les cocktails culturels  à base d’oiseaux, de Nietzsche, de Tricky, de Desproges et de Monsieur Manatane, de Boris Vian et de <em>Pic-Pic André</em>. Un mec bien.</p>
<p style="text-align: justify;">Les années passant, la fraternité musicale s’est muée en une solide amitié, dont les ressorts se sont tendus à mesure que la distance nous séparant augmentait. Évidemment, l’aventure Spuds’r Ace a fini par prendre fin&#160;: je quittais Échenans-sous-Mont-Vaudois et son Cactus Blockhaus pour aller jouer du tambour sous les drapeaux (expérience heureusement interrompue par un salvateur classement P4) avant de continuer mes études à Rennes&#160;; Martin quittait Chagey pour reprendre les siennes à Leeds, Royaume-Uni. Nous ne nous sommes cependant pas séparés comme ça. Il fallait laisser une trace, pour nous et les supporters-compagnons de route. Quinze jours, à l’été 1997, pendant lesquels nous avons enregistré, mixé et gravé notre répertoire d’abord sur bande magnétique, puis sur un CD royalement édité à neuf exemplaires<sup>[5]</sup>. Nous ne remercierons jamais assez les gens d’In Ouïe Music, qui nous avaient prêté micros et table de mixage, et jamais trop le type dont j’ai oublié le nom qui nous avait d’abord prêté son huit-pistes à cassette avant de se dire qu’il préférait le louer.</p>
<p style="text-align: justify;">Quinze jours intensifs&#160;: plusieurs prises de chaque chanson&#160;; certains titres enregistrés séparément  comme font les pros&#160;; des paroles à finir à l’arrache car Martin chantait certains couplets en yaourt depuis si longtemps qu’on ne savait même plus qu’il nous manquait tant de texte que ça&#160;; la galère pour faire refaire deux fois de suite la même chose à Julien&#160;; mon énervement de les voir arriver tard l’après-midi, et me dire qu’on ne finirait jamais à temps, et mon mix de <em>Secure</em> où, après des heures de prise de tête solitaire, je ne me suis même pas rendu compte que j’avais coupé la guitare dans les couplets&#160;; la magie de la création de <em>Polly put the kettle on,</em> composée et enregistrée en moins de deux heures&#160;; le double solo de guitare de <em>Mind-cracker</em>&#160;; les rallonges de jack pour pouvoir enregistrer le lavabo se vidant à la fin de <em>Plug-hole man</em>, et le chronomètre pour actionner la bonde au bon moment car nous n’avions pas de retour casque si loin de la table&#160;; la quintessence de Spuds’r Ace réunie dans l’ébouriffé <em>Nimp</em>&#160;; l’aide précieuse de Thomas, autant producteur que collaborateur&#160;; la guitare de Gator et la participation involontaire d’Ulf. Et le clou du spectacle&#160;: samedi 30 août 1997, notre concert d’adieu au temple d’Échenans, réquisitionné par mon grand-père, ancien maire de la commune, pour une soirée au profit de SOS Suicide-Phénix (joli paradoxe pour un concert d’auto-dissolution), une association d’écoutants téléphoniques dont il était alors membre. Bondé, le temple. Plein à craquer de protestants et de rockeurs. Une acoustique pas vraiment appropriée à notre musique, qui m’avait conduit à recouvrir la batterie d’un drap pour limiter la résonance, et, pour ne pas dépareiller, à jouer costumé en fantôme. Mais un bon concert (au moins dans nos mémoires), qui commençait, comme il se doit, par les grenouilles de <em>Strange Words</em>, balancées du balcon par Thomas.</p>
<p style="text-align: center;"><a title="Spuds’r Ace" rel="lightbox" href="http://www.kartoffelkaefig.net/wp-content/uploads/2009/06/julien-1997_08_30-temple-echenans.jpg"><img class="aligncenter" src="http://www.kartoffelkaefig.net/wp-content/uploads/2009/06/julien-1997_08_30-temple-echenans.jpg" alt="Spuds’r Ace" width="450" height="306" /></a></p>
<p style="text-align: center;"><em>Spuds’r Ace’s “Patatoïdal Delirium Last Concerto”, le 30 août 1997 au temple d’Échenans-sous-Mont-Vaudois (70) </em></p>
<p style="text-align: justify;">Après cela, l’éparpillement. Chacun dans sa province. Ou plutôt, Martin et moi partis, Julien resté entre Raynans et Besançon où ses études se poursuivaient. Après un saut en Angleterre et un autre en Suisse, il décroche sans souci un DEA de chimie — bien que ne mettant jamais énormément d’énergie à assister aux cours, Julien a toujours eu ses exams sans problème&#160;: ce type était une éponge, capable d’assimiler des règles de grammaire (un jeu entre nous), des citations et des concepts du moment que ça lui plaisait (ou qu’il en avait besoin la veille d’un partiel). Il disait qu’il était un branleur pour ne pas avoir à renconnaître qu’il était doué pour ce genre de choses.</p>
<p style="text-align: justify;">Problème tout de même&#160;: va trouver du boulot dans la chimie quand t’aimes pas ça. Ni lui ni personne ne l’aurait vu dans un laboratoire pharmaceutique ou chez Total en train d’améliorer notre essence, faut quand même pas déconner. La recherche n’avait pas l’air de l’attirer plus que ça non plus — trop de contraintes, peut-être, ou pas envie de faire une thèse. Alors Julien a trouvé du boulot… dans l’informatique. Au Cnasea, ce grand centre de paiements dont j’ai alors découvert l’existence, et qui gère et redistribue les sous de la Politique agricole commune et de diverses prestations sociales. Concevoir des applications destinées à appliquer certaines des décisions iniques du gouvernement n’allait d’ailleurs pas sans le faire grincer des dents.</p>
<p style="text-align: justify;">Le Cnasea, au moment où Julien a été embauché (2001), était encore à Paris. Ce sont probablement ses années les plus noires — en tout cas dans la perception que j’en ai eu. Un appartement parcouru par les cafards, un désespoir qui glissait sûrement vers la dépression, une consommation d’alcool qui augmentait, une histoire d’amour qui tournait vinaigre et qui l’obsédait. Nous nous voyions moins à cette époque&#160;: j’avais trouvé un poste de journaliste à Saint-Brieuc et je bossais comme un fou, les occasions de monter à Paris se faisaient rares. Longues conversations téléphoniques cependant, où l’alcool et les moyens de peut-être s’en sortir commençaient à trouver leur place. Quand j’ai appris que le Cnasea devait être délocalisé à Limoges pour l’été 2003, j’ai accueilli la nouvelle comme une libération, certain que Julien avait besoin de changer d’air, donc de ville.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais tout n’est pas si facile, et changer de décor ne suffit pas nécessairement à transformer son intérieur. Pourtant, je crois qu’on peut dire que Julien allait tendanciellement mieux. Il n’aimait pas Limoges, c’est certain. Parlait souvent de revenir en Franche-Comté. Mais il voyait un psy, se rendait compte des dégâts que l’alcool commençait à causer à son organisme sans parvenir encore à freiner vraiment sa consommation. Il avait repris le foot avec les collègues du Cnasea et, quand il s’est déchiré les ligaments croisés antérieurs, il a commencé d’autres activités&#160;: le chinois, et surtout le théâtre, qui lui avait apporté une vitalité nouvelle. Il s’était engagé à la CGT, poussé par Sylvie et Guillaume, prenait son rôle de représentant très à cœur (donc sans ménager sa direction ni ses collègues), alternant entre l’envie de foutre le feu aux fonctionnements libéralo-bureaucratiques et celle de faire de la pédagogie, de convaincre les moutons de ne plus se laisser tondre.</p>
<p style="text-align: justify;">Je me relis, je me trouve long, trop long, et lancé dans une fuite en avant dans les derniers paragraphes, comme s’il me fallait conjurer le sort en me persuadant qu’il allait mieux ces derniers temps. Pourtant, je crois bien que c’était le cas. Julien avait des hauts et des bas, et téléphonait en général quand il était dans un bas. Mais à chaque fois que nous nous sommes revus, le côté obscur était éclipsé&#160;: à Paimpol avec tout le monde il y a quelques années, pour notre fête des trente ans en 2006, à Limoges avec Martin en 2006 aussi, à Art Rock et à l’anniversaire de Marich l’an passé, ce printemps à Limoges avec Céline, Marich et Sylvia, et dans d’autres occasions encore.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors, fuite en avant de ma part&#160;? Volonté de me réfugier dans les bons souvenirs&#160;? Je ne pense pas. Mais je tiens à écrire, et dans la mesure de l’impossible à montrer, si tant est que certains se posent encore des questions, que Julien ne s’est pas suicidé. Il est mort connement, tragiquement comme nous l’avons fait imprimer dans le journal, brutalement c’est sûr. Il aurait pu se tuer cent fois en voiture il y a dix ans, il aurait pu crever d’une cirrhose dans les années qui viennent et ça lui pendait au foie et ça n’aurait pas été joli-joli, il aurait pu, il aurait pu… ça ne sert à rien de faire des hypothèses. Dans la nuit du 2 au 3 juin 2009, Julien Mourey, né le 11 février 1975 à Montbéliard, est tombé par la fenêtre de son appartement de Limoges en essayant de fermer ses volets. Évidemment, quand tu apprends ça la nuit suivante, l’idée du suicide te traverse. Mais elle ne s’imprime pas. D’abord parce que ça n’en est pas un, qu’il n’y a pas de doute et que ce genre d’accident à la con n’est pas rare, et que la douleur de la perte d’un ami si proche ne connaît de toute façon pas la différence entre les causes de cette perte. Ensuite parce que je n’y crois pas. Ça, évidemment, c’est subjectif, mais je pense que nous sommes un paquet à en être persuadés et à en avoir reçu des preuves de sa part&#160;: Julien détestait ce monde de merde, mais il aimait la vie.</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><em>NB&#160;: Martin a mis en place <a href="http://julien.lepti.net" target="_blank">un site</a> où l’on retrouve les dernières chansons qu’il a composées à Limoges, des photos ainsi que les textes que son oncle Marc et moi avons dits à l’église lors de son enterrement.</em></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_303" class="footnote">C’est du moins ce que dit la légende — pour les Red Hot on est sûr, pour l’album je donne pas ma main à couper.</li><li id="footnote_1_303" class="footnote">Que c’est dur de réduire ses amis à ce genre de sentence… mais c’est pour rire&#160;: à l’époque où Ulf se galérait sur cette intro, époque qui précède de bien quatre ans celle que je raconte ici, je comptais les mesures dans <em>Light my fire</em>, et c’est pas glorieux non plus…</li><li id="footnote_2_303" class="footnote">Sous un autre toit, celui de Ruhruh, les retrouvailles hebdomadaires dites «&#160;Vendredi soir-pétard-guitare&#160;» et leurs longues discussions ont compté dans cette évolution de nos relations.</li><li id="footnote_3_303" class="footnote">Voir <em>La Classe américaine</em>, hilarante pantalonnade qui faisait partie de ses références quotidiennes.</li><li id="footnote_4_303" class="footnote">Note aux adolescents&#160;: les graveurs CD étaient alors loin de courir les rues, et il fut assez rocambolesque d’obtenir ces neuf-là.</li></ol>]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Paris, me voici !</title>
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		<pubDate>Wed, 17 Jun 2009 08:35:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Loïc</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Merci, Philippe Val, «&#160;refondateur&#160;» de Charlie Hebdo, de m’avoir donné envie de lire, à travers ton éditorial du 19 novembre 1997[1], le petit livre «&#160;imparable&#160;» publié par Serge Halimi aux éditions Liber-Raisons d’agir — une maison fort recommandable fondée par Pierre Bourdieu —, et intitulé  Les Nouveaux chiens de garde. Cet ouvrage, comme tu le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Merci, Philippe Val, «&#160;refondateur&#160;» de <em>Charlie Hebdo</em>, de m’avoir donné envie de lire, à travers ton éditorial du 19 novembre 1997<sup>[1]</sup>, le petit livre «&#160;<em>imparable</em>&#160;» publié par Serge Halimi aux éditions Liber-Raisons d’agir — une maison fort recommandable fondée par Pierre Bourdieu —, et intitulé  <em>Les Nouveaux chiens de garde</em>. Cet ouvrage, comme tu le disais si bien à l’époque, «&#160;<em>contribue à la dissection savante du monstre médiatique</em>&#160;»&#160;: il dénonce, de manière fort détaillée et documentée, ce monde de coquins endogames qui phagocytent les médias français à coups de lèche-bottisme et de renvois d’ascenseur éhontés&#160;; monde auquel tu as depuis maintes fois fait allégeance et qui vient de te récompenser de ces dix années d’efforts insensés pour pénétrer enfin le cénacle de la bien-pensance parisocrate en t’offrant le beau, profond et moelleux fauteuil de directeur de France-Inter. Merci Philippe. Merci du fond du cœur.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_284" class="footnote">L’éditorial était titré «&#160;Les Perroquets du pouvoir&#160;», on peut le <a title="« Les Perroquets du pouvoir », Philippe Val, Charlie Hebdo du 19 novembre 1997" href="http://www.acrimed.org/IMG/rtf/Val_aime_Halimi_1997.rtf" target="_blank">télécharger</a> sur le site d’Acrimed.</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Émission spéciale</title>
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		<pubDate>Mon, 01 Jun 2009 18:27:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Loïc</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Transports]]></category>
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		<description><![CDATA[Un avion disparaît&#160;: dramatique, évidemment. 228 disparus d’un coup, c’est pas rien (dont 61 Français, c’est énorme). Ce que l’on sait du pourquoi et du comment, par contre, c’est bien&#160;: rien. Mais ça n’empêche pas France Info de déclencher le plan Orsec et de passer au régime «&#160;édition spéciale&#160;». Pour nous répéter, encore plus souvent [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Un avion disparaît&#160;: dramatique, évidemment. 228 disparus d’un coup, c’est pas rien (dont 61 Français, c’est énorme). Ce que l’on sait du pourquoi et du comment, par contre, c’est bien&#160;: rien. Mais ça n’empêche pas <em>France Info</em> de déclencher le plan Orsec et de passer au régime «&#160;édition spéciale&#160;». Pour nous répéter, encore plus souvent que d’habitude, qu’on ne sait rien, mais qu’on s’en préoccupe, et qu’on échafaude des hypothèses. C’est pas grave si on se trompe&#160;: on est en édition spéciale, on peut rectifier au fil de l’eau, c’est beau le direct.</p>
<p style="text-align: justify;">La radio (et la télé, et internet) a cette capacité extraordinaire à bousculer les programmes ou les sommaires de façon instantanée, dès qu’un événement est suffisamment frappant pour donner lieu à un torrent émotionnel propre à assouvir la supposée avidité du public en matière, justement, émotionnelle. Les faits n’ont pas grand-chose à voir là-dedans, puisqu’ils tiennent à chaque fois en peu de mots autour desquels tout bon journaliste doit être capable de broder pendant des heures et d’appeler à la rescousse du droit de savoir les experts les plus qualifiés en plans sur la comète.</p>
<p style="text-align: justify;">D’un autre côté, il y a des tas de sujets, sur lesquels il existe pléthore de faits rarement évoqués par les médias, qui feraient de très bonnes émissions spéciales. Les <a title="Paradis fiscaux et judiciaires" href="http://www.paradisfj.info/" target="_blank">paradis fiscaux</a>, les <a title="« L’Affaire des affaires », de Denis Robert, Yan Lindingre et Laurent Astier, pour s’y mettre" href="http://www.dargaud.com/l-affaire-des-affaires/home.html" target="_blank">chambres de compensation financière</a>, la <a title="Association Négawatt" href="http://www.negawatt.org/" target="_blank">sobriété énergétique</a>, la <a title="sur Wikipédia" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9croissance_soutenable" target="_blank">décroissance</a>, les <a title="« Petit guide pour comprendre les migrations internationales » de la Cimade, à diffuser" href="http://www.cimade.org/boutique/36-Petit-Guide-pour-comprendre-les-migrations-internationales--LOT-de-50----nouveau--" target="_blank">migrations internationales</a>… Ah oui, coco, c’est intéressant, je dis pas, mais l’auditeur, il a pas fait polytechnique, l’auditeur, il veut pas se prendre le chou avec des rêveries d’intellos post-baba. L’auditeur veut de l’émotion, coco. Or la réflexion tue l’émotion. C’est pas que je veux pas… mais l’auditeur ne comprendrait pas, tu comprends&#160;?</p>
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		<title>« Terra eco » lave plus vert</title>
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		<pubDate>Fri, 24 Apr 2009 16:24:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Loïc</dc:creator>
				<category><![CDATA[Journaux]]></category>
		<category><![CDATA[La Réunion]]></category>
		<category><![CDATA[Manger]]></category>
		<category><![CDATA[Photo]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Écologie]]></category>

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		<description><![CDATA[Après plusieurs années de présence sur internet et de diffusion uniquement par abonnement, Terra eco est disponible en kiosques. C’est un mensuel, dont le premier numéro sort en ce mois de mars. Le journal est sous-titré «Le magazine du développement durable», ce qui ne me plaît qu’à moitié tellement ça ne veut rien dire, mais [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Après plusieurs années de présence sur internet et de diffusion uniquement par abonnement, <a href="http://www.terra-economica.info" target="_blank"><em>Terra eco</em></a> est disponible en kiosques. C’est un mensuel, dont le premier numéro sort en ce mois de mars. Le journal est sous-titré «<em>Le magazine du développement durable</em>», ce qui ne me plaît qu’à moitié tellement ça ne veut rien dire, mais ça ne va quand même pas m’empêcher de l’acheter et de le lire attentivement. Je ne sais pas comment vous découvrez un nouveau journal&#160;: personnellement, je feuillette, je grapille deux, trois indices visuels et quelques titres par-ci par-là, puis je lis. Le feuilletage est un peu décevant, la maquette est sans originalité et les illustrations ont l’air très plates à première vue<sup>[1]</sup>. Mais l’essentiel, évidemment, est dans une lecture attentive. Et comme le sujet m’intéresse, que je trouve indispensable qu’il existe des magazines grand public consacrés à la défense de l’environnement, j’ai tout lu, de la première à la dernière ligne. Ça n’est rien de dire que ma déception a été grande. <span id="more-245"></span></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La rhétorique «développement durable»</strong></p>
<div class="mceTemp mceIEcenter" style="text-align: center;">
<dl id="attachment_271" class="wp-caption aligncenter" style="width: 330px;">
<dt class="wp-caption-dt"><img class="size-full wp-image-271" title="terra_eco-1" src="http://www.kartoffelkaefig.net/wp-content/uploads/2009/03/terra_eco-1.gif" alt="Terra eco, couverture du numéro 1 (mars 2009)" width="320" height="446" /></dt>
<dd class="wp-caption-dd">Terra eco, couverture du numéro 1 (mars 2009)</dd>
</dl>
</div>
<p style="text-align: justify;">Commençons par l’édito. Quoi de plus important que l’éditorial d’un nouveau journal&#160;?<sup>[2]</sup> Walter Bouvais, le directeur de la publication, explique: <em>«La planète est toute cabossée, mais ne cédons pas à la tentation du pire»</em>. La crise peut même être l’occasion <em>«de marquer une pause et de réfléchir enfin à ce monde nouveau auquel beaucoup d’entre nous aspirons.»</em> Quel monde&#160;? Une <em>«civilisation plus verte, plus juste, plus prospère et furieusement moderne»</em>, qui est <em>«à portée de main»</em>. Aïe. Pourquoi donc faudrait-il être <em>«furieusement moderne»</em>? Il y a deux siècles que ça dure, et ça nous conduit dans le mur, la modernité «furieuse»<sup>[3]</sup>. Suit une ode à ces <em>«personnes modernes et ordinaires, que des savants</em><em> nomment, selon les cas, “écocitoyens”, “créatifs culturels” ou “entrepreneurs sociaux”»</em>, qui affrontent <em>«les défis écologiques, sociaux et économiques du développement durable»</em> et dont <em>«le seul risque est de réussir»</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">Tout ce discours managérial pour en arriver au cœur (de cible) de cet éditorial&#160;: <em>«</em>Terra eco<em> est un magazine indépendant, fondé par des journalistes professionnels, qui ose dire les faits tels qu’ils sont et poser les questions qui fâchent. Mais </em>Terra eco<em> privilégie toujours la recherche de solutions viables, le dialogue et l’humour, plutôt que la stigmatisation stérile. Notre ligne directrice est tracée: nous ne nous sentons pas coupables de vivre comme on nous l’a appris, mais nous avons le devoir et le pouvoir de changer le monde, maintenant et pour ceux qui viennent.»</em> Nous voilà donc en plein dans ce que je craignais: la rhétorique «développement durable», qui promet de changer le monde sans jamais s’attaquer aux problèmes de fond. Ça m’embête de tomber dans le procès d’intention dès l’édito d’un projet qui a <em>a priori</em> ma bienveillance et mon soutien, mais soit Walter Bouvais est particulièrement maladroit et se laisse déborder par l’enthousiasme du lancement et un discours qu’il estime porteur — ce que j’ai du mal à croire tant ce journal a été longuement (5 ans!) et mûrement réfléchi); soit il est <em>vraiment</em> adepte de ce discours de faux-semblants — ce qui se confirmera dans la suite de la lecture. Car enfin, des expressions comme le refus de la <em>«stigmatisation stérile»</em> (comprenez de l’écologie politique véritablement de gauche) et cette idiote idée de ne pas se sentir coupable de la façon dont on a été élevé relèvent de la mécanique néolibérale la plus habituelle, ce que confirme l’appel aux <em>«créatifs culturels»</em>, aux <em>«entrepreneurs sociaux»</em> et à la modernité furieuse.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Pétrole ou agrocarburants? Le futur selon <em>Terra eco</em></strong> Bref, c’est dans la circonspection que j’attaque la lecture des articles proprement dits. Il y en a un qui m’intéresse particulièrement: le dossier de une, intitulé <em>«Mais où est passée la voiture verte?»</em> Voilà un sujet idéal pour savoir si <em>Terra eco</em> fait du <em>greenwashing</em>, c’est-à-dire repeint en vert quelques arpents de la prairie libérale pour lui décerner un label bio, ou si au contraire le magazine développe un discours écologique argumenté et remettant en question certaines des «certitudes» couramment admises, du genre: <em>«Tout le monde a besoin d’une voiture»</em>. Et paf, dans le panneau. Le dossier tout entier ne pose finalement qu’une question, à laquelle il ne répond d’ailleurs pas puisqu’elle n’a ni sens (dans l’absolu) ni réponse (aujourd’hui): quel carburant après le pétrole? La place de la voiture dans notre société, les moyens de s’en passer, les transports en commun, l’urbanisme à interroger, rien de tout cela n’est abordé. Seules comptent des «solutions» furieusement modernes comme les agrocarburants, l’installation de stations de recharge électrique et autres fanstasmes technicistes dignes des délires futuristes à la <em>Sciences et Vie</em>. Il y a bien un paragraphe dans un encadré, qui dit qu’on émet moins de CO2 à vélo qu’en voiture, et un entretien croisé entre Pascal Hénault, directeur de la recherche et de l’innovation de PSA Peugeot-Citroën, et Jean-Stéphane Devisse, responsable «changement climatique» au WWF, dans lequel ce dernier déclare: <em>«Une auto, c’est une tonne de ferraille pour 100 kilos d’homme! C’est une contre-performance absolue. Il est temps que les gens sortent leur calculatrice et adoptent l’auto-partage.»</em><sup>[4]</sup> Mais c’est tout, et c’est bien peu. On est effectivement loin de la <em>«stigmatisation stérile»</em>, puisqu’on ne remet rien en question. Le problème, c’est qu’on est à fond dans l’accompagnement stérile des dérives d’aujourd’hui. La moralisation du capitalisme, comme dirait l’autre.</p>
<p style="text-align: justify;">Et c’est comme ça à chaque page. Exemple: une <em>«enquête»</em> évidemment <em>«exclusive»</em>, qui a mobilisé pas moins de quatre journalistes à Paris, Vejer de la Frontera (Espagne), Berlin et Londres, pour nous révéler que de Gordon Brown, Angela Merkel, Nicolas Sarkozy et José Luis Zapatero, c’est le premier qui émet le plus de CO2 pour ses déplacements et le dernier qui en produit le moins. Waouh, ça c’est du journalisme! Qu’est-ce que ça m’apprend sur la façon dont je vais pouvoir changer le monde? Rien. On ne va pas aller jusqu’à dire que le modèle d’avion utilisé par untel ou unetelle nous est totalement indifférent. Mais en l’espèce, il me semble que leur politique environnementale aura plus d’impact sur le futur de la planète (souvenez-vous: c’est de cela qu’il s’agit) que leur choix de véhicule, et que si l’un des deux aspects est effectivement lié à l’autre, c’est le bien le deuxième qui dépend du premier. Partant de là, c’est le premier qui m’intéresse.</p>
<p style="text-align: justify;">Autre exemple: un comparatif (rubrique <em>«le casse-tête»</em>) entre lingettes et nettoyant liquide. Lequel est le plus écologique? Ni l’un ni l’autre, mon général. Les deux arrivent à égalité, et pour cause: les données sont issues d’une <em>«étude comparative des cycles de vie des deux produits réalisée, en 2004, par Ecobilan pour l’Association française des industries de la détergence (Afise).»</em> Ils ne savent pas cela, nos journalistes professionnels, que des recherches financées par des industriels ont bien peu de chances de conclure à l’inanité de leur production? Ici, une enquête exclusive (et indépendante, puisque <em>Terra eco</em> affirme l’être) n’aurait pas fait de mal et aurait pu prendre en compte tous les paramètres, et tous les détergents (les lessives écologiques absentes du comparatif, et les solutions alternatives comme les noix de lavage).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>«S’il n’y a pas de solution, c’est qu’il n’y a pas de problème» (les Shadoks)</strong> Tout dans ce premier numéro de <em>Terra eco</em> n’est bien évidemment pas à jeter (la revue des indicateurs de «richesse» alternatifs au Produit intérieur brut est bien faite, le papier qui démonte une pube de MacDo aussi). Mais plusieurs choses me dérangent. D’abord, je n’ai rien appris de nouveau en lisant les 84 pages de ce mensuel. Rien n’est venu titiller ma réflexion en m’apportant des éléments que je ne savais ou ne soupçonnais déjà. Et je ne suis pas un expert en matière d’environnement. Je suis un citoyen concerné et engagé, membre du réseau <a href="http://www.sortirdunucleaire.org/" target="_blank">Sortir du nucléaire</a>, sympathisant de l’<a href="http://www.allianceanticorrida.fr/" target="_blank">Alliance Anticorrida</a> et de <a href="http://www.l214.com/" target="_blank">L214</a>, et lecteur assidu de <a href="http://www.politis.fr/" target="_blank"><em>Politis</em></a>, de <a href="http://www.la-maison-ecologique.com/" target="_blank"><em>La Maison Écologique</em></a> et de <em><a title="Le journal le plus lu dans les terriers" href="http://www.lahulotte.fr/" target="_blank">La Hulotte</a>. </em>Je suis aussi abonné à <a href="http://www.ecologiste.org/" target="_blank"><em>L’Écologiste</em></a>, mais le lis rarement en entier par manque de temps. C’est la même raison qui ne m’a fait acheter que deux ou trois numéros de <a href="http://www.larevuedurable.com/" target="_blank"><em>La Revue Durable</em></a> il y a trois ans — un excellent magazine vers lequel la lecture de <em>Terra eco</em> me donne envie de revenir! Ajoutons, pour être complet, un abonnement à <a title="RP n’a pas de site, mais un blog affilié" href="http://www.photofloue.net/index.php" target="_blank"><em>Réponses Photo</em></a> — rien à voir avec l’environnement, mais un journal de grande qualité, qui sait mêler approches techniques et esthétiques, avec du fond et une réflexion sur l’évolution du métier et de l’art photographiques, ce que bien peu de revues spécialisées parviennent à faire (je cherche toujours un <em>Réponses Photo</em> de la BD, et un de la musique).</p>
<p style="text-align: justify;">Mais au-delà de ces considérations, c’est le fond du discours qui me dérange. <em>Terra eco</em> suit la mode du développement durable et base toutes ses analyses sur un amalgame dangereux: tout est toujours mesuré à l’aune de son équivalent rejet de CO2 dans l’atmosphère. Le réchauffement climatique est certes un problème, mais il n’est pas <em>le</em> problème, et quand bien même le serait-il, il est loin de se limiter aux rejets de CO2. Le réchauffement climatique est plutôt un des symptômes du problème qu’est la société dans laquelle nous vivons, son organisation, ses inégalités, ses rapports de production (pour parler en termes pas modernes, mais furieusement analytiques). Ce que j’attends d’un magazine grand public consacré à l’environnement et à l’écologie, c’est une interrogation de la société elle-même, et des pistes de réflexions et des solutions concrètes qui ne soient pas cosmétiques. Le premier numéro de <em>Terra eco</em>, en tournant le dos à ces questions, s’enferme dans une posture qui n’est rien d’autre que du <em>greenwashing</em>: surtout ne pas déranger l’ordre établi, être tendance, croire et faire croire que la technique seule peut résoudre des problèmes sociaux et politiques.</p>
<p style="padding-left: 30px; text-align: justify;"><em>Note: l’essentiel des notes destinées à la rédaction de ce billet a été pris le 15 mars, la rédaction en a été achevée le 24 avril, sans avoir lu le second numéro de </em>Terra eco<em>.</em></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_245" class="footnote">à deuxième vue aussi — à part le sujet sur la campagne <em>Catch of the day</em> de la Surfrider Foundation, qui reprend les excellents visuels de l’association, les photos et illustrations sont pauvres et sans intérêt</li><li id="footnote_1_245" class="footnote">À ce propos, il faudra un jour que je me cogne la recopie de l’éditorial du premier numéro de <em>La Gueule Ouverte</em> — novembre 1972 — qui est un modèle d’engagement et de lucidité.</li><li id="footnote_2_245" class="footnote">Je n’ai rien contre la modernité et j’ai un abonnement ADSL. Mais la modernité pour la modernité, c’est quand même l’étendard du capitalisme surconsommateur.</li><li id="footnote_3_245" class="footnote">Je conseille le visionnage de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/L%27An_01" target="_blank"><em>L’An 01</em></a>, de Gébé et Jacques Doillon, avec une très belle scène de démontage d’une auto concluant à l’imbécillité de cette solution pour le transport quotidien. Disponible en DVD chez <a href="http://dvd.mk2.com/index.php?recstr=an+01&amp;page=recherche&amp;mode=simple&amp;go=GO" target="_blank">MK2</a></li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Que fait la police ?</title>
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		<pubDate>Wed, 22 Apr 2009 14:50:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Loïc</dc:creator>
				<category><![CDATA[De-ci de-là]]></category>
		<category><![CDATA[Demain(s)]]></category>
		<category><![CDATA[Le Petit Journal]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Demain midi, il y aura un mois que la Ronde infinie des obstinés tourne jour et nuit en place de Grève (l’ancien nom de la place de l’Hôtel de ville de Paris), on peut d’ailleurs la voir en presque direct ici.
Il y a parfois 10 personnes, parfois 30, parfois 50 et bien plus à certains [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Demain midi, il y aura un mois que la <a href="http://rondeinfinie.canalblog.com/" target="_blank">Ronde infinie des obstinés</a> tourne jour et nuit en place de Grève (l’ancien nom de la place de l’Hôtel de ville de Paris), on peut d’ailleurs la voir en presque direct <a title="sur la webcam qui filme l’hôtel de ville" href="http://paris.webcam.en-ville.orange.fr/ville/paris/hotel-de-ville-2094.html" target="_blank">ici</a>.<br />
Il y a parfois 10 personnes, parfois 30, parfois 50 et bien plus à certains moments, qui tournent pour dire leur détermination contre la destruction du service public de l’enseignement (et pas uniquement supérieur) et de la recherche.</p>
<p>Hier, des salariés de Continental saccageaient une partie de la sous-préfecture de Compiègne: quand les décisions des «décideurs» sont iniques, et que la justice leur donne raison, comment croire encore à l’action de l’État&#160;?</p>
<p>Aujourd’hui, la liste est longue des revendications et mobilisations qui secouent le pays, des plus bon enfant aux plus désespérées. En face, on a le choix entre l’écran de fumée de la désinformation gouvernementale (et médiatique) et une violence policière qui vient s’ajouter à une insupportable violence sociale.</p>
<p>Et malgré tout ça, le printemps s’installe tranquillement, les magnolias sont en fleurs, le ventre de Céline s’arrondit de jour en jour, de plus en plus lourd d’une promesse qui n’incite pas à la résignation, mais donne au contraire l’envie de se battre pour un autre monde. La police n’a encore rien trouvé contre ça. À quand la détention provisoire du pollen et des spermatozoïdes&#160;?</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Ce n’est qu’un début, continuons le combat</title>
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		<pubDate>Mon, 23 Feb 2009 09:00:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Loïc</dc:creator>
				<category><![CDATA[De-ci de-là]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Transports]]></category>

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		<description><![CDATA[«&#160;Ras le bol de cette fac de communistes de merde&#160;! » J’étais en train de m’endormir, dans le métro qui me conduit à Paris 8 et à ma troisième semaine de grève, mais revoilà mes sens en éveil. C’est une étudiante, l’air bobo, qui doit être dans le département arts pour frimer avec ses ongles [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>«&#160;<em>Ras le bol de cette fac de communistes de merde&#160;! </em>» J’étais en train de m’endormir, dans le métro qui me conduit à Paris 8 et à ma troisième semaine de grève, mais revoilà mes sens en éveil. C’est une étudiante, l’air bobo, qui doit être dans le département arts pour frimer avec ses ongles peints en noir, mais qui ne s’est pas encore rendu compte que son truc, c’est la com’. Elle raconte à un ami son week-end, fait de soirées pseudo-culturelles où l’on rencontre des gens qui ont plein d’argent (le pédégé de je sais pas quelle startup à millions, entre autres) et qui se terminent on ne sait pas trop comment, mais il y a des allusions sexuelles dans son discours. Tout cela est tellement plus excitant que de se battre pour des idéaux et le bien public. Pourquoi se soucier de l’avenir quand on est jeune et qu’on (s’imagine qu’on) peut se taper des riches?</p>
]]></content:encoded>
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		<title>L’éclipse</title>
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		<pubDate>Fri, 20 Feb 2009 09:32:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Loïc</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chiffres]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Les populations légales millésimées 2006 sont entrées en vigueur le 1er janvier 2009.
Ça vous fait quoi de savoir que vous avez été une population illégale pendant trois ans&#160;? Vous vous verriez sans-papier&#160;?
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les <a href="http://www.insee.fr/fr/ppp/bases-de-donnees/recensement/populations-legales/" target="_blank">populations légales millésimées 2006</a> sont entrées en vigueur le 1er janvier 2009.</p>
<p>Ça vous fait quoi de savoir que vous avez été une population illégale pendant trois ans&#160;? Vous vous verriez sans-papier&#160;?</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Le début du commencement</title>
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		<pubDate>Mon, 16 Feb 2009 06:11:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Loïc</dc:creator>
				<category><![CDATA[Demain(s)]]></category>

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		<description><![CDATA[Quand ça commence, nous on le sait. Et même très précisément, le jour et l’heure[1]. Quand ça commence pour les autres, la famille, les amis, c’est plus compliqué&#160;: ne pas dire tant que les premiers dangers ne sont pas écartés (pas de fausse joie ni de torrents de compassion en cas de problème), et ne [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Quand ça commence, nous on le sait. Et même très précisément, le jour et l’heure<sup>[1]</sup>. Quand ça commence pour les autres, la famille, les amis, c’est plus compliqué&#160;: ne pas dire tant que les premiers dangers ne sont pas écartés (pas de fausse joie ni de torrents de compassion en cas de problème), et ne pas attendre trop longtemps non plus… on ne tiendra jamais&#160;!</p>
<p>Le délai qu’on s’était fixé expire aujourd’hui, jour de la première échographie. Le bébé est bien accroché, tout semble normal, bref on peut le dire&#160;: Céline est enceinte, nous attendons un enfant&#160;! Évidemment, il y a des petits chanceux qui le savent déjà depuis un petit moment&#160;: les parents et frère et sœur informés à Noël, la collègue de bureau de Céline qui a elle aussi suivi les tribulations de l’induction d’ovulation<sup>[2]</sup> et ses copines qui se demandent pourquoi elle ne va plus à la gym le lundi. Pour les autres, tout commence aujourd’hui. Heureux de vous le faire partager.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_238" class="footnote">je parle du processus biologique, qu’on ne vienne pas me faire chier avec des histoires d’à partir de quand c’est un être humain et de quand c’est qu’il a une conscience, terrain puant des anti-avortement que je vomis, sinon je me fâche</li><li id="footnote_1_238" class="footnote">hé oui, nous sommes un couple moderne&#160;: pas d’infertilité, mais pas de facilité non plus, des spermatozoïdes pas foudres de guerre qu’il faut aider à trouver leur chemin et un an et demi de patience</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Revue de presse</title>
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		<comments>http://www.kartoffelkaefig.net/2009/02/06/revue-de-presse/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 06 Feb 2009 11:34:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Loïc</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Tévé]]></category>

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		<description><![CDATA[Hier soir, l’omniprésident a parlé à la tévé. Je n’ai pas regardé, mais, ce matin, j’ai acheté les journaux. J’y relève les deux citations suivantes.
Dans Le Figaro, on apprend que l’hyperchef a réaffirmé son refus de revenir sur ce «principe» de ne remplacer qu’un fonctionnaire sur deux qui part en retraite, déclarant qu’embaucher un fonctionnaire, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Hier soir, l’omniprésident a parlé à la tévé. Je n’ai pas regardé, mais, ce matin, j’ai acheté les journaux. J’y relève les deux citations suivantes.</p>
<p>Dans <em>Le Figaro</em>, on apprend que l’hyperchef a réaffirmé son refus de revenir sur ce «principe» de ne remplacer qu’un fonctionnaire sur deux qui part en retraite, déclarant qu’embaucher un fonctionnaire, c’est «<em>une dépense de fonctionnement récurrente, pas une dépense d&#8217;investissement.</em>»</p>
<p>Dans <em>Libération</em> (ou plutôt sur son site), le commandeur des croyants et détaillants en Rolex déclare, sûr de lui, que les réformes en cours sont maintenues. «<em>Si on doit arrêter, comme cela s’est si souvent fait dans le passé, chaque réforme quand il y a une manifestation, alors mieux vaut ne faire aucune réforme. Et comme cela on est tranquille.</em>»</p>
<p>Commentaire des fonctionnaires-qui-grèvent-le-budget-de-l’État sans plus avoir les moyens d’accomplir leurs missions à cause des «réformes»: «<em>Chiche!</em>»</p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Temps héroïques et autres futilités</title>
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		<comments>http://www.kartoffelkaefig.net/2009/01/30/temps-heroiques/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 30 Jan 2009 22:50:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Loïc</dc:creator>
				<category><![CDATA[De-ci de-là]]></category>
		<category><![CDATA[Mots]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[L’an passé, la grève des scénaristes d’Hollywood avait permis de prouver que… les scénaristes sont nécessaires. On remarquera d’ailleurs que les esprits les plus enclins à serrer les cordons des bourses du peuple et à lâcher la bride sur le cou des banquiers ont souvent besoin de ce genre de rappel au désordre pour feindre [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L’an passé, la <a title="« Où est passé mon texte ? », billet du 13 février 2008" href="http://www.kartoffelkaefig.net/2008/02/13/ou-est-passe-mon-texte/" target="_blank">grève des scénaristes d’Hollywood</a> avait permis de prouver que… les scénaristes sont nécessaires. On remarquera d’ailleurs que les esprits les plus enclins à serrer les cordons des bourses du peuple et à lâcher la bride sur le cou des banquiers ont souvent besoin de ce genre de rappel au désordre pour feindre redécouvrir l’utilité sociale de certaines catégories.<br />
<span id="more-218"></span></p>
<p>Mais parfois, ça ne marche pas, et personne ne se rend compte d’un fait qui devrait éclater au visage. Venons-en au fait&#160;: il ne vous a pas échappé que de nombreux grévistes et d’encore plus nombreux manifestants avaient égayé, hier, les rues de notre beau pays, d’ordinaire engrisées par la dictature automobile. Ça, ça s’est vu, n’en déplaise à notre bien-aimé omniprésident, et c’est tant mieux. Ça a même continué à se voir ce matin, puisque pas un quotidien national dans les kiosques, et c’est là que je veux en venir. À l’heure d’internet, pas de journal ne veut pas dire pas d’article&#160;: grèves et manifs sont traitées par nos quotidiens, mais uniquement en ligne. Je passe sur <em>Le Figaro</em>, qui met à disposition gratuitement l’édition du jour en PDF, histoire de montrer que le journal était prêt à paraître, et que s’il n’est pas arrivé jusqu’à nous, c’est que ces tâcherons des imprimeries, ou pire, ces dinosaures des NMPP, en ont empêché qui la fabrication ou la distribution.</p>
<p>Arrêtons-nous plutôt sur d’autres titres&#160;: <em>Le Monde</em>, <em>Libération</em>, <em>L’Humanité</em>. Longs articles (bien plus longs pour certains que ceux que l’on eût trouvé sur le papier), chiffres, infographies, tout y est. On remarque même qu’on y fait plus usage des possibilités du réseau qu’à l’accoutumée&#160;: dans l’article «&#160;<a title="« Mobilisation massive contre le gouvernement » LeMonde.fr, 29 janvier 2009" href="http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/01/29/mobilisation-massive-contre-le-gouvernement_1148285_3224.html" target="_blank">Mobilisation massive contre le gouvernement</a>&#160;» du <em>Monde</em>, pas moins de cinq liens, ce qui n’arrive jamais&#160;!</p>
<p>Mais alors que manque-t-il que tu juges d’une certaine utilité sociale&#160;? Il manque les accords, la grammaire et, parfois, le style. Le papier cité du <em>Monde</em>, qui est un mix de dépêches de l’AFP et de Reuters, tient la route jusqu’au dernier paragraphe, où il déraille en annonçant que «&#160;<em>l’opposition a elle aussi donné de la voie</em>&#160;», sans savoir si le message était arrivé à destination. <em>L’Huma</em><sup>[1]</sup> s’empêtre dans un style lourdaud plein de répétitions (voir notamment le chapô) et conclut héroïquement en annonçant que les «&#160;<em>huits</em>&#160;» syndicats qui appelaient à cette journée n’en resteront pas là et iront se payer un <em>Bescherelle</em>.</p>
<p>La palme revient cependant à <em>Libé</em><sup>[2]</sup>. On pardonne le titre, «&#160;Rêve générale dans les cortèges&#160;», puisqu’il est piqué à un des slogans les plus répandus à Paris — mais on aurait quand même bien aimé savoir pourquoi on ne l’écrit pas «&#160;<em>rêve général</em>&#160;», qui fait à mon avis le même effet. Mais alors le texte&#160;! «&#160;<em>quelques soient les banderoles</em>&#160;», «&#160;<em>assurent la sydicats</em>&#160;» en cœur avec «&#160;<em>lesecrétaire général</em>&#160;», les barbarismes ne passeront pas&#160;!</p>
<p>Oh oui, je sais, tout cela est bien insignifiant eu égard à la cause qui nous anime. N’empêche que la corporation des secrétaires de rédaction et autres correcteurs a déjà bien souffert ces quinze dernières années. Mais voilà une grève qui nous montre qu’elle existe toujours et qu’elle sert à quelque chose — elle n’est peut-être pas aussi indispensable que l’école ou l’hôpital <em>publics</em> à première vue, mais qui oserait dire que la presse et la culture ne sont pas d’une importance cruciale&#160;? À part un président qui a dit la même chose de l’environnement et vient d’annoncer la construction de nouveaux réacteurs nucléaires, je ne vois pas.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_218" class="footnote">Yves Housson, «&#160;<a href="http://www.humanite.fr/Jeudi-jour-de-lutte" target="_blank">Deux millions et demi de manifestants dans la rue&#160;: historique&#160;! </a>&#160;», <em>humanite.fr</em>, 29 janvier 2009.</li><li id="footnote_1_218" class="footnote">François Wenz-Dumas, «&#160;<a href="http://www.liberation.fr/politiques/0101315727-reve-generale-dans-les-corteges" target="_blank">Rêve générale dans les cortèges</a>&#160;», <em>liberation.fr</em>, 29 janvier 2009.</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Le choc des cultures</title>
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		<comments>http://www.kartoffelkaefig.net/2009/01/23/le-choc-des-cultures/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 23 Jan 2009 09:26:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Loïc</dc:creator>
				<category><![CDATA[Rue piétonne]]></category>

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		<description><![CDATA[Beaucoup de vent dans la rue piétonne ce matin encore. Les militants de Lutte ouvrière qui sont en train d’installer leur petit chapiteau peinent à y fixer un drapeau à chaque coin. Mais une fois que ça tient — et si tout le toutim ne vient pas à s’envoler —, les oriflammes rougeoyants flottent fièrement [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Beaucoup de vent dans la rue piétonne ce matin encore. Les militants de Lutte ouvrière qui sont en train d’installer leur petit chapiteau peinent à y fixer un drapeau à chaque coin. Mais une fois que ça tient — et si tout le toutim ne vient pas à s’envoler —, les oriflammes rougeoyants flottent fièrement dans la tempête néolibérale. En passant (ou plutôt, en regardant, de ma fenêtre), je me demande d’ailleurs pourquoi ils ont choisi aujourd’hui, un vendredi, qui n’est quand même pas le jour où la rue est la plus fréquentée.</p>
<p>Pourtant, ils ne vont pas s’ennuyer. Car au moment où je me penchais pour observer l’arrimage des drapeaux, de la musique jaillissait d’une sono installée devant les magasins situés juste en face du chapiteau. C’est funky, c’est les soldes. Mieux&#160;: une liquidation. Sporlux, Le Club et Lacoste, qui appartiennent tous au même propriétaire, liquident avant travaux. Cinquante mètres de vitrines de fringues «&#160;<em>jusqu’à moins 50% selon affichage</em>&#160;». Ce qu’ils ont aujourd’hui manifestement décidé de faire savoir, puisqu’à côté de la sono, qui aperçoit-on&#160;? Éric (si je me souviens bien de son prénom, lointain souvenir d’un portrait réalisé par Fany, je crois, dans <em>Le Penthièvre</em>), l’animateur en titre de toutes les animations commerciales du pays de Saint-Brieuc.</p>
<p>Les paris sont ouverts&#160;: qui, des rouges de LO ou des bleus du commerce, va l’emporter aujourd’hui&#160;? Comment ça, les dés sont pipés&#160;?</p>
<p><em>[MàJ le 6 mai 2009] Commentaires fermés pour ce billet suite à l’afflux de spam (plus de 1000 depuis la publication&#160;!)</em></p>
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