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<?xml-stylesheet type="text/xsl" media="screen" href="/~d/styles/rss1frenchfull.xsl"?><?xml-stylesheet type="text/css" media="screen" href="http://feeds.feedburner.com/~d/styles/itemcontent.css"?><rdf:RDF xmlns:rdf="http://www.w3.org/1999/02/22-rdf-syntax-ns#" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns="http://purl.org/rss/1.0/" xmlns:feedburner="http://rssnamespace.org/feedburner/ext/1.0"><channel rdf:about="http://lafeuille.blog.lemonde.fr"><title>LaFeuille</title><link>http://lafeuille.blog.lemonde.fr</link><atom10:link xmlns:atom10="http://www.w3.org/2005/Atom" rel="self" type="application/rdf+xml" href="http://feeds.feedburner.com/lafeuillerss" /><description>L'édition à l'heure de l'innovation</description><dc:language>en</dc:language><dc:date>2012-01-31T14:06:25-08:00</dc:date><sy:updatePeriod xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/">hourly</sy:updatePeriod><sy:updateFrequency xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/">1</sy:updateFrequency><atom10:link xmlns:atom10="http://www.w3.org/2005/Atom" rel="self" type="application/rss+xml" href="http://feeds.feedburner.com/lafeuillerss" /><feedburner:info uri="lafeuillerss" /><atom10:link xmlns:atom10="http://www.w3.org/2005/Atom" rel="hub" href="http://pubsubhubbub.appspot.com/" /><items><rdf:Seq><rdf:li rdf:resource="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/?p=4439" /><rdf:li rdf:resource="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/?p=4370" /><rdf:li rdf:resource="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/?p=4359" /><rdf:li rdf:resource="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/?p=4346" /><rdf:li rdf:resource="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/?p=4337" /><rdf:li rdf:resource="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/?p=4319" /><rdf:li rdf:resource="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/?p=4306" /><rdf:li rdf:resource="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/?p=4297" /><rdf:li rdf:resource="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/?p=4287" /><rdf:li rdf:resource="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/?p=4283" /></rdf:Seq></items><cc:license xmlns:cc="http://web.resource.org/cc/" cc:license="http://creativecommons.org/licenses/by-nc/2.0/" /><image rdf:resource="http://creativecommons.org/images/public/somerights20.gif" /><feedburner:emailServiceId>lafeuillerss</feedburner:emailServiceId><feedburner:feedburnerHostname>http://feedburner.google.com</feedburner:feedburnerHostname><feedburner:feedFlare href="http://www.bloglines.com/sub/http://feeds.feedburner.com/lafeuillerss" src="http://www.bloglines.com/images/sub_modern11.gif">Subscribe with Bloglines</feedburner:feedFlare><feedburner:feedFlare href="http://www.netvibes.com/subscribe.php?url=http%3A%2F%2Ffeeds.feedburner.com%2Flafeuillerss" src="http://www.netvibes.com/img/add2netvibes.gif">Subscribe with Netvibes</feedburner:feedFlare><feedburner:feedFlare href="http://fusion.google.com/add?feedurl=http%3A%2F%2Ffeeds.feedburner.com%2Flafeuillerss" src="http://buttons.googlesyndication.com/fusion/add.gif">Subscribe with Google</feedburner:feedFlare><feedburner:feedFlare href="http://add.my.yahoo.com/content?lg=fr&amp;url=http%3A%2F%2Ffeeds.feedburner.com%2Flafeuillerss" src="http://us.i1.yimg.com/us.yimg.com/i/us/my/bn/intatm_fr_1.gif">Subscribe with Mon Yahoo!</feedburner:feedFlare></channel><item rdf:about="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/?p=4439"><title>Humanités numériques : so what ?</title><link>http://feedproxy.google.com/~r/lafeuillerss/~3/1X0R3WCWfvU/</link><dc:subject>digital humanities</dc:subject><dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator><dc:date>2012-01-31T14:06:25-08:00</dc:date><content:encoded xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"><![CDATA[<p><a href="http://www.theoreti.ca/?p=4187">Geoffrey Rockwell</a> s'énervait récemment contre les critiques - un peu convenues - de <a href="http://opinionator.blogs.nytimes.com/2012/01/09/the-digital-humanities-and-the-transcending-of-mortality/">Stanley Fish</a> ou - très féroces - de <a href="http://www.timeshighereducation.co.uk/story.asp?storycode=418343">Matthew Reisz</a> à l'encontre des Humanités numériques. Les deux universitaires adressent la même critique récurrente aux Humanités numériques (<a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/2010/07/22/quapportent-les-digital-humanities/">là même que je faisais moi-même</a>) : elles doivent faire la démonstration de l'importance de leur contribution... Mais les universitaires installés qui mènent cette critique ne tiennent-ils pas un discours mortifère sur l'utilité des contributions aux sciences humaines ?, s'interroge Rockwell. Sur ce principe, on pourrait tout à fait demander à quoi sert l'astronomie... Ou demander des comptes à la recherche contre le cancer... </p>
<p>En fait, estime Rockwell, <i>"maintenant que mêmes les chercheurs les moins au fait des humanités numériques ont noté qu'il y avait beaucoup d'activité dans ce domaine, ils se précipitent pour le juger"</i>. Et pour le juger, ils doivent réifier le sujet et introduire une métrique permettant de le mesurer. Et ces métriques ne peuvent être que des qualités génériques comme le sens, l'importance, l'utilité, la liberté, etc. Reisz veut savoir si les outils numériques ont permis d'explorer de nouvelles idées... ou s'ils sont seulement une forme d'asservissement des chercheurs à la mode du numérique (voir <a href="http://www.philosophi.ca/pmwiki.php/Main/RespondingToSurfdom">la belle réponse de Rockwell</a>). Fish, lui, s'inquiète de la volonté "révolutionnaire" des activistes des Humanités numériques, qui s'opposent aux structures de publication académiques ou aux champs disciplinaires...  </p>
<p>Pourtant, estime Rockwell, nous sommes contraints de prendre leurs questions aux sérieux, même si pour cela, il est nécessaire de les déplacer, à défaut de pouvoir vraiment y répondre. </p>
<p>Qu'est-ce que les humanités numériques et comment peuvent-elles nous aider à penser ?<br />
Reisz et Fish passent bien vite sur un champ de recherche qui a presque 50 ans, estime Rockwell. Pour Reisz, les humanités numériques se résument à la numérisation du contenu et pour Fish, elles sont une théorie libératoire, une manière pour une nouvelle génération d'universitaire de prendre le pouvoir. C'est aller un peu vite et ne pas se plonger dans les études elles-mêmes (visiblement Fish s'est servi du livre de Kathleen Fitzpatrick <i><a href="http://nyupress.org/books/book-details.aspx?bookId=5008">Planned Obsolescence: Publishing, Technology, and the Future of the Academy</a></i> -<a href="http://mediacommons.futureofthebook.org/mcpress/plannedobsolescence/">qui est complètement disponible en ligne</a>- pour rédiger ses billets, sans même avoir vraiment regardé ou utilisé certains des contenus produits par les humanités numériques). "On n'apprend pas à nager avec un livre", lui rétorque Rockwell. Néanmoins, concède-t-il, cela doit nous apprendre à mieux expliquer à quoi les humanités numériques servent. </p>
<p>Et Rockwell de pointer un essai signé Bruno Latour et Adam Lowe intitulé "La migration de l'aura ou comment explorer un original par le biais de ses facsimilés" (<a href="http://www.bruno-latour.fr/node/151">disponible en français sur l'excellent site de Bruno Latour</a>) qui agrémente un recueil qui semble passionnant sur le sujet : <i><a href="http://press.uchicago.edu/ucp/books/book/chicago/S/bo6027946.html">Switching Codes : Thinking Through Digital Technology in the Humanities and the Arts</a></i> qui vient de paraître aux presses de l'université de Chicago. Cet essai prend le prétexte d'une reproduction numérique des Noces de Cana de Véronèse et de la restauration des ambassadeurs de Holbein pour discuter de la manière dont la restauration et la reproduction interviennent dans la carrière d'une oeuvre d'art. Pour Latour et Lowe, tout est manière d'interprétation. Même le maintien de l'original dans un musée ou une archive est un acte d'interprétation. Ce qui importe, en fait, c'est la qualité de l'intervention, plus que le type d'intervention. Les interventions possibles par des méthodes numériques comme la reproduction à l'échelle des Noces de Cana sont un continuum de moyens par lesquels nous essayons de réinventer notre culture.</p>
<p><a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/800px-Paolo_Veronese_The_Wedding_at_Cana.jpg"><img src="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/800px-Paolo_Veronese_The_Wedding_at_Cana.jpg" alt="" title="800px-Paolo_Veronese,_The_Wedding_at_Cana" width="540" /></a><br />
<i>Image : les Noces de Cana de Véronèse. Mais quelles noces voyons-nous ?</i></p>
<p>Jérôme McGann et Lisa Samuels faisaient une remarque similaire dans "<a href="http://www2.iath.virginia.edu/jjm2f/old/deform.html">Déformation et interprétation</a>" : tous les mouvements interprétatifs sont déformants. Ils changent le flux de l'interprétation. <i>"Personne ne souhaite que les humanités n'aient pas d'effets (ou, s'ils n'ont pas d'effets alors nous ne le noterons pas). Les humanités numériques apportent une gamme chaotique de jouets, d'outils, de pratiques, de méthodes, d'idées, de jargons et de projets dans les sciences humaines non pas comme le ferait une autre théorie qui viserait à résumer le monde depuis un fauteuil, mais comme un moyen d'étendre les sciences humaines à travers des expériences numériques et de parler de ces expériences. (...) Les humanités numériques souhaitent étendre la boîte à outils à disposition de ceux qui ont soin d'intervenir, d'enseigner aux gens comment utiliser ces nouveaux outils et à soutenir un contexte pour parler de leur utilisation."</i></p>
<p>Même si les Humanités numériques n'étaient que cela, un moyen de faire vivre notre culture, elles ne seraient déjà pas inutiles, tant s'en faut. </p>
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</div><img src="http://feeds.feedburner.com/~r/lafeuillerss/~4/1X0R3WCWfvU" height="1" width="1"/>]]></content:encoded><description>Geoffrey Rockwell s'énervait récemment contre les critiques - un peu convenues - de Stanley Fish ou - très féroces - de Matthew Reisz à l'encontre des Humanités numériques. Les deux universitaires adressent la même critique récurrente aux Humanités numériques (là &amp;#8230; &lt;a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/2012/01/31/humanites-numeriques-so-what/"&gt;Continuer la lecture &lt;span class="meta-nav"&gt;&amp;#8594;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;</description><wfw:commentRss xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/">http://lafeuille.blog.lemonde.fr/2012/01/31/humanites-numeriques-so-what/feed/</wfw:commentRss><slash:comments xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/">4</slash:comments><mia:nbComments xmlns:mia="http://www.lemonde.fr/ns/mia/elements/1.1/" with="4439" nb="4" /><feedburner:origLink>http://lafeuille.blog.lemonde.fr/2012/01/31/humanites-numeriques-so-what/#xtor=RSS-32280322</feedburner:origLink></item><item rdf:about="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/?p=4370"><title>Usages des liseuses : finalement, on utilise peu toutes leurs fonctionnalités</title><link>http://feedproxy.google.com/~r/lafeuillerss/~3/2cFyHlWNVvE/</link><dc:subject>liseuse</dc:subject><dc:subject>métriques</dc:subject><dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator><dc:date>2012-01-19T14:13:36-08:00</dc:date><content:encoded xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"><![CDATA[<p>En octobre, je vous avais proposé <a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/2011/10/04/sondage-comment-utilisez-vous-votre-liseuse/">un petit sondage</a> (<a href="http://www.ebouquin.fr/2011/10/10/sondage-comment-utilisez-vous-votre-reader/">disponible également sur eBouquin</a>) dédié aux utilisateurs de liseuses. Pris par d'autres choses, j'avais oublié de vous faire part des résultats (et surtout de prendre le temps d'essayer de les mettre en perspective). Voici donc une rapide analyse des 518 réponses collectées.</p>
<p>Ce que j'en retiens pour ma part. C'est qu'il y a des fonctionnalités qui finalement marchent assez mal sur les liseuses. Elles apparaissent très bien, car les utilisateurs montrent assez vite qu'ils ne les utilisent finalement pas ou très peu. Est-ce lié à un défaut de conception ? Peut-on les améliorer et améliorer leur taux d'utilisation ? Ou n'ont-elles finalement aucun intérêt ?... Il est plus difficile de trancher, car il y a toujours une grande variété d'utilisateurs : il n'y a pas de modèle unique de lecteur, comme l'explique très bien <a href="http://nearfuturelaboratory.com/pasta-and-vinegar/">Nicolas Nova</a> dans son livre sur <em><a href="http://www.fypeditions.com/les-flops-technologiques-comprendre-les-echecs-pour-innover-nicolas-nova">Les flops technologiques</a></em>.</p>
<p>L'autre chose que je retiens c'est que je devrais vous proposer des sondages de ce type plus souvent...</p>
<p><a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el01.png"><img title="Graphique 01" src="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el01.png" alt="Graphique 01" width="540" height="189" /></a>.</p>
<p><a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el02.png"><img title="Graphique 02" src="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el02.png" alt="Graphique 02" width="540" height="204" /></a></p>
<p>60% des répondants au sondage déclarent avoir une liseuse depuis 6 mois à 2 ans et tout autant déclare s'en servir plusieurs fois par jours ou tous les jours. Ce qui signifie qu'une large part des répondants sont des utilisateurs assidus de l'appareil. Tant mieux, c'est justement le public que nous voulions voir s'exprimer.</p>
<p><a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el03.png"><img title="Graphique 03" src="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el03.png" alt="Graphique 03" width="540" height="140" /></a></p>
<p><a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el04.png"><img title="Graphique 04" src="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el04.png" alt="Graphique 04" width="540" height="198" /></a></p>
<p><a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el05.png"><img class="alignnone size-full wp-image-4375" title="Graphique 05" src="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el05.png" alt="Graphique 05" width="540" height="173" /></a></p>
<p><a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el11.png"><img class="alignnone size-full wp-image-4384" title="Graphique 11" src="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el11.png" alt="Graphique 11" width="540" height="152" /></a></p>
<p>Pour l'essentiel, ce sont des gens qui connaissent bien leur appareil et qui l'exploitent totalement. 59 % disposent d'une centaine et plus de documents à l'intérieur de leurs liseuses. Et ils sont très nombreux à savoir que leur appareil est loin d'être rempli. Les utilisateurs ont majoritairement compris l'inutilité de le vider et, pour faire face à l'afflux de documents et de livres, l'utilité de l'organiser. Ce qui montre bien l'importance des fonctionnalités d'organisation des contenus, qui sont pourtant souvent pauvres (ou très fastidieux) dans les liseuses. Il y a là une adresse importante à faire aux constructeurs : offrez-nous des modalités d'organisation digne de ce nom !</p>
<p><a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el06.png"><img class="alignnone size-full wp-image-4376" title="Graphique 06" src="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el06.png" alt="Graphique 06" width="540" height="142" /></a></p>
<p><a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el07.png"><img class="alignnone size-full wp-image-4377" title="Graphique 07" src="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el07.png" alt="Graphique 07" width="540" height="222" /></a></p>
<p>Le livre demeure le contenu prééminent des liseuses, même si on commence à voir poindre d'autres types d'usages. 15 % reconnaissent l'utiliser pour y lire des articles ou des documents non édités. On voit poindre quelques usages étonnants de gens qui remplissent principalement leur liseuse de documents non édités ou d'articles. Plusieurs répondants signalent ainsi qu'il utilisent pleinement leurs liseuses pour des travaux d'édition.</p>
<p><a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el08.png"><img class="alignnone size-full wp-image-4378" title="Graphique 08" src="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el08.png" alt="Graphique 08" width="540" height="395" /></a></p>
<p>Moins de 10 % des contenus qui se trouvent dans leurs liseuses ont été achetés affirment plus de 50 % des répondants ! Seulement 5 % des répondants affirment avoir acheté 90 à 100 % des contenus qui la composent. Ce n'est pas une surprise. <a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/2011/05/06/pour-une-anthropologie-de-la-lecture/">Comme dans le monde du livre papier</a>, nos manières de nous procurer des livres ne passent pas nécessairement par l'achat, tant s'en faut. Pas plus que nous n'achetons toute la musique de nos iPod. Le volume d'achat semble demeurer faible - certainement tout comme dans le monde réel. Faut-il le rappeler, bien souvent les plus gros acheteurs de livres sont ceux qui en empruntent et s'en voient offrir le plus. Visiblement, cette boulimie et cette diversité des sources d'approvisionnement se retrouvent également dans le numérique. On a tendance à croire que le numérique favorise le piratage et la gratuité, mais c'est certainement parce qu'on mesure très mal la diversité de nos pratiques réelles, qui sont loin d'être circonscrites par nos achats. Faciliter le transfert d'autres types de contenus et ne pas les limiter aux magasins des constructeurs semble donc important pour les utilisateurs de liseuses.</p>
<p><a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el09.png"><img class="alignnone size-full wp-image-4380" title="Graphique 09" src="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el09.png" alt="Graphique 09" width="540" height="226" /></a></p>
<p>Ce qui me frappe le plus ici, c'est que la part du domaine public est assez répartie finalement. Comme si on trouvait un peu tous les profils de lecteurs.</p>
<p><a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el10.png"><img class="alignnone size-full wp-image-4381" title="Graphique 10" src="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el10.png" alt="Graphique 10" width="540" height="174" /></a></p>
<p>Le lecteur sur liseuse demeure majoritairement peu polyglotte. Peut-être faut-il corréler cela aux tranches d'âges répondantes ? En même temps, 73 % des répondants ont des contenus dans une autre langue que le français dans leur liseuse, alors qu'il n'est pas sûr que nous ayons un volume équivalent de livres en langue étrangère dans nos bibliothèques physiques. J'ai tendance à croire qu'il y a là une réelle esquisse de modification des comportements de lecture... Mais cela mériterait d'être creusé plus avant !</p>
<p><a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el12.png"><img class="alignnone size-full wp-image-4392" title="Graphique 12" src="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el12.png" alt="Graphique 12" width="540" height="339" /></a></p>
<p><a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el13.png"><img class="alignnone size-full wp-image-4393" title="Graphique 13" src="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el13.png" alt="Graphique 13" width="540" height="161" /></a></p>
<p>Si la liseuse est remplie, si elle est active (on l'utilise tous les jours), si on y lit plutôt plusieurs documents en même temps, elle est aussi, à l'image de sa bibliothèque, une promesse de lecture. Les gros lecteurs qui se retrouvent ont majoritairement plusieurs documents en cours de lecture (ce qui pose d'ailleurs des problèmes de design spécifiques, peu observés par les concepteurs de matériel : il est rarement simple de retrouver facilement les documents en cours de lecture). La liseuse est une promesse qui capitalise pour une part ce qu'on a lu, mais qui offre aussi la promesse d'autres lectures. On a lu entre 10 à 20 % de son contenu toujours en expansion...</p>
<p><a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el14.png"><img class="alignnone size-full wp-image-4394" title="Graphique 14" src="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el14.png" alt="Graphique 14" width="540" height="106" /></a></p>
<p>Toutes les liseuses ne se jailbreakent pas, à moins que les utilisateurs avancés ne soient pas si geeks que ça... Cela montre plutôt un respect du matériel originel ou une complexité qui éloigne beaucoup d'utilisateurs : ceux-ci ont surtout des usages basiques et simples de la liseuse.</p>
<p><a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el15.png"><img class="alignnone size-full wp-image-4395" title="Graphique 15" src="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el15.png" alt="Graphique 15" width="540" height="127" /></a></p>
<p>Malgré que plusieurs modèles permettent de surfer sur l'internet, on voit bien que la liseuse n'est pas vraiment taillée pour cela. La tendance est assez négative. 70 % des utilisateurs n'utilisent pas leur liseuse pour aller sur le net. 93 % n'y vont jamais ou rarement. La liseuse ne permet qu'un surf d'appoint, très aléatoire, finalement assez encombrant. Il est certes possible, mais l'appareil n'est pas fait pour cela ou ne le permet pas facilement.</p>
<p>A mon avis, il y a là un enseignement fort pour nous aider à la conception de livres. Ce ne sont peut-être finalement pas les liens extérieurs qui intéressent les lecteurs dans les livres.</p>
<p><a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el16.png"><img class="alignnone size-full wp-image-4396" title="Graphique 16" src="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el16.png" alt="Graphique 16" width="540" height="128" /></a></p>
<p>Le dialogue entre nos machines n'est pas si simple. On voit plutôt ici deux populations différentes s'affronter : ceux qui utilisent des fonctionnalités avancées et les autres, ceux qui sont passés maîtres dans la fluidité entre leurs différents matériels et ceux qui ne le sont pas.</p>
<p><a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el17.png"><img class="alignnone size-full wp-image-4397" title="Graphique 17" src="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el17.png" alt="Graphique 17" width="540" height="170" /></a></p>
<p>Là encore, on a également une coupure assez radicale entre ceux qui utilisent la librairie intégrée et ceux qui ne l'utilisent pas, montrant là encore deux types d'utilisateurs différents. Cela signifie que les constructeurs doivent faire un effort pour adresser ceux qui n'utilisent pas leur librairie et peut-être ne la connaissent pas.</p>
<p><a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el18.png"><img class="alignnone size-full wp-image-4402" title="Graphique 18" src="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el18.png" alt="Graphique 18" width="540" height="146" /></a></p>
<p>Cette question avait pour but d'essayer de mesurer si le public d'un constructeur était captif. En regardant rapidement le détail des réponses, on se rend compte qu'aucun constructeur n'a un taux particulièrement plus élevé que l'autre de Non. A priori, aucun utilisateur ne semble donc souffrir d'enfermement dans un écosystème... </p>
<p><a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el19.png"><img class="alignnone size-full wp-image-4403" title="Graphique 19" src="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el19.png" alt="Graphique 19" width="540" height="149" /></a></p>
<p>Si l'on en croit le <a href="http://www.bisg.org">Book Industry Study Group</a> Américain, l'achat direct via sa liseuse ou sa tablette ou son mobile est un signe d'autonomie de l'utilisateur (pas si sûr, on peut aussi le lire comme un signe d'inféodation à son constructeur). L'utilisateur français semble plus indépendant. Acheter depuis son ordinateur permet de varier les magasins et les formats (voir des les "adapter" à sa liseuse). Mais c'est peut-être aller un peu loin dans l'interprétation. Cela montre peut-être plutôt que les fonctionnalités d'achats depuis la liseuse sont loin d'être optimales là encore. Si la liseuse est un bon outil de lecture, elle demeure nulle pour à peu près tout le reste !</p>
<p><a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el20.png"><img class="alignnone size-full wp-image-4404" title="Graphique 20" src="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el20.png" alt="Graphique 20" width="540" height="126" /></a></p>
<p>Voici encore une question imprécise, car on ne comprend pas pourquoi on obtient une répartition assez homogène entre utilisateurs (même si la non-utilisation est un peu plus forte). Problème d'ergonomie ? Qualité insuffisante des dictionnaires ? Inutilité ?... Fonctionnalité trop avancée ? J'ai tendance à penser que cette fonctionnalité est bien souvent finalement mal conçue et le maniement du dictionnaire depuis une liseuse demeure souvent compliqué (et plus encore d'en changer ou de passer d'un dictionnaire à un autre selon la langue de votre livre ou son niveau grammatical...). Cela mériterait un questionnaire en soi ! Mais on à là encore une fonction que beaucoup de constructeurs mettent en avant, alors que finalement elle s'avère assez peu opératoire.</p>
<p><a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el21.png"><img class="alignnone size-full wp-image-4405" title="Graphique 21" src="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el21.png" alt="Graphique 21" width="540" height="124" /></a></p>
<p>La non-utilisation du moteur de recherche est plus flagrante encore que le dictionnaire. Alors que c'est un argument de poids souvent (comme le dico), la fonctionnalité est finalement assez peu appropriée. Encore une fois, la liseuse n'est pas optimisée pour cet usage. Bien souvent, l'utilisation du moteur de recherche est fastidieuse là encore.</p>
<p><a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el22.png"><img class="alignnone size-full wp-image-4406" title="Graphique 22" src="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el22.png" alt="Graphique 22" width="540" height="192" /></a></p>
<p>Pas de surprise particulière. On voit bien la prédominance de la fiction caractéristique des liseuses <a href="http://radar.oreilly.com/2012/01/bisg-data-readers-embracing-ereading-angela-bole-toc.html">qu'évoquait Angela Bole, directrice adjointe du BISG, pour O'Reilly Radar</a>.</p>
<p><a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el23.png"><img class="alignnone size-full wp-image-4407" title="Graphique 23" src="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el23.png" alt="Graphique 23" width="540" height="197" /></a></p>
<p>La liseuse est un objet très personnel, bien plus qu'un livre. On a du mal à la prêter (notamment parce que quand on l'a prête on n'en dispose plus). Et si on la prête, cela ne sort pas vraiment du cercle familial.</p>
<p><a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el24.png"><img class="alignnone size-full wp-image-4408" title="Graphique 24" src="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el24.png" alt="Graphique 24" width="540" height="179" /></a></p>
<p>L'annotation là encore montre ses limites sur liseuse. 60 % des gens l'utilisent rarement voir jamais. Est-ce parce qu'on n'en a pas l'utilité ou parce que, là encore, la liseuse s'y prête assez peu ? Quand je pense qu'il y en a qui bâtissent leurs modèles économiques sur le partage d'annotation...</p>
<p><a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el25.png"><img class="alignnone size-full wp-image-4409" title="Graphique 25" src="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el25.png" alt="Graphique 25" width="540" height="147" /></a></p>
<p><a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el26.png"><img class="alignnone size-full wp-image-4412" title="Graphique 26" src="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el26.png" alt="Graphique 26" width="540" height="110" /></a></p>
<p><a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el36.png"><img class="alignnone size-full wp-image-4422" title="Graphique 36" src="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el36.png" alt="Graphique 36" width="540" height="155" /></a></p>
<p>Voilà un retour assez équilibré (enfin pas tant que ça puisque peu d'utilisateurs de liseuses déclarent lire moins avec leur appareil). Il y a un léger avantage pour le sentiment de lire plus avec l'appareil qu'avant son utilisation, ou que cette forme de lecture aide à la concentration... Mais le sentiment général montre que les utilisateurs n'éprouvent pas de différence notable entre leurs modes de lectures papier et leur mode de lecture électronique. Assez logiquement, les ayatollahs de la liseuse, ceux qui auraient abandonné toute lecture papier, sont finalement peu nombreux.</p>
<p><a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el27.png"><img class="alignnone size-full wp-image-4413" title="Graphique 27" src="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el27.png" alt="Graphique 27" width="540" height="183" /></a></p>
<p><a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el28.png"><img class="alignnone size-full wp-image-4414" title="Graphique 28" src="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el28.png" alt="Graphique 28" width="540" height="175" /></a></p>
<p><a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el29.png"><img class="alignnone size-full wp-image-4415" title="Graphique 29" src="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el29.png" alt="Graphique 29" width="540" height="181" /></a></p>
<p><a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el30.png"><img class="alignnone size-full wp-image-4416" title="Graphique 30" src="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el30.png" alt="Graphique 30" width="540" height="175" /></a></p>
<p><a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el31.png"><img class="alignnone size-full wp-image-4417" title="Graphique 31" src="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el31.png" alt="Graphique 31" width="540" height="179" /></a></p>
<p><a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el32.png"><img class="alignnone size-full wp-image-4418" title="Graphique 32" src="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el32.png" alt="Graphique 32" width="540" height="174" /></a></p>
<p><a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el33.png"><img class="alignnone size-full wp-image-4419" title="Graphique 33" src="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el33.png" alt="Graphique 33" width="540" height="173" /></a></p>
<p><a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el34.png"><img class="alignnone size-full wp-image-4420" title="Graphique 34" src="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el34.png" alt="Graphique 34" width="540" height="171" /></a></p>
<p>La mobilité, le confort de lecture et la capacité de mémoire semblent des éléments différenciant pour les e-lecteurs. Largement devant la déconnexion, le partage ou l'autre mode d'accès aux contenus électroniques, qui sont jugés de manière plus neutre. Pour ma part, j'aurais répondu exactement le contraire. Ce qui me plait le plus dans cet outil, c'est la façon dont il permet un autre mode d'accès aux contenus électronique, me permettant de les emporter, de les lire hors connexion. La relative déconnexion de l'appareil est au final, il me semble, <a href="http://www.slate.fr/story/48773/deconnecter-internet-addiction">un vrai luxe</a>. Il implique une autre temporalité dans l'accès aux contenus numériques. Mais ce n'est visiblement pas ce qui enthousiasme le plus les utilisateurs.</p>
<p><a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el35.png"><img class="alignnone size-full wp-image-4421" title="Graphique 35" src="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el35.png" alt="Graphique 35" width="540" height="242" /></a></p>
<p>Dans les fonctions manquantes, si la couleur ou les contenus sont assez attendus, la fluidité de la machine est encore pointée comme l'un des points noirs de ces appareils, ainsi que le repérage spatial.</p>
<p><a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el37.png"><img class="alignnone size-full wp-image-4423" title="Graphique 37" src="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el37.png" alt="Graphique 37" width="540" height="105" /></a></p>
<p><a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el38.png"><img class="alignnone size-full wp-image-4424" title="Graphique 38" src="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el38.png" alt="Graphique 38" width="540" height="172" /></a></p>
<p><a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el39.png"><img class="alignnone size-full wp-image-4425" title="Graphique 39" src="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el39.png" alt="Graphique 39" width="540" height="148" /></a></p>
<p><a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el40.png"><img class="alignnone size-full wp-image-4426" title="Graphique 40" src="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el40.png" alt="Graphique 40" width="540" height="157" /></a></p>
<p>Quand on observe le profil des répondants on se rend compte qu'ils sont majoritairement des hommes entre 20 et 40 ans avec des revenus moyens, mais qui sont très majoritairement des gros voir des très gros lecteurs. Un profil qui ne correspond pas forcément au profil de l'utilisateur moyen de liseuse (normalement plus âgé et plus féminin chez les Américains), mais c'est certainement plus lié à l'échantillonnage des lecteurs de laFeuille qu'un reflet fidèle de l'ensemble de ceux qui ont adopté une liseuse.</p>
<p><a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el41.png"><img class="alignnone size-full wp-image-4427" title="Graphique 41" src="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/el41.png" alt="Graphique 41" width="479" height="324" /></a></p>
<p>Quant aux appareils déclarés : 30,4 % ont opté pour une liseuse de Sony, 28,1% pour un lecteur d'Amazon et 16,3 % pour une liseuse de Bookeen. Seulement 5 % des répondants ont reconnu avoir plusieurs appareils. Et 2 % ont triché puisqu'ils ont renseignés lire depuis une tablette plutôt qu'une liseuse.</p>
<p><em>Précision : Loin de moi de voir une quelconque valeur scientifique dans ce petit sondage, je n'en aurais pas la prétention. L'idée était juste d'essayer d'éclaircir quelques points sur comment nous utilisons nos appareils de lecture - et les réponses ne les ont pas toujours éclairci ! Vous aurez constaté également que j'ai fait l'erreur de permettre aux répondants de pouvoir cocher plusieurs cases ce qui a généré des résultats qui ne font pas des pourcentages stricts. Mea Culpa, je ne suis décidément pas un datajournalist ! Je n'ai pas fait de calculs d'apothicaires pour les rétablir. Je les ai utilisés tels quels, en voyant bien que l'idée était de se donner des ordres de grandeur, plutôt que d'affirmer des vérités exactes. On doit certainement pouvoir faire d'autres choses avec ces quelques chiffres. Si cela intéresse quelqu'un, les données peuvent être accessibles sur simple demande.</em></p>
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</div><img src="http://feeds.feedburner.com/~r/lafeuillerss/~4/2cFyHlWNVvE" height="1" width="1"/>]]></content:encoded><description>En octobre, je vous avais proposé un petit sondage (disponible également sur eBouquin) dédié aux utilisateurs de liseuses. Pris par d'autres choses, j'avais oublié de vous faire part des résultats (et surtout de prendre le temps d'essayer de les mettre &amp;#8230; &lt;a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/2012/01/19/usages-des-liseuses-2/"&gt;Continuer la lecture &lt;span class="meta-nav"&gt;&amp;#8594;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;</description><wfw:commentRss xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/">http://lafeuille.blog.lemonde.fr/2012/01/19/usages-des-liseuses-2/feed/</wfw:commentRss><slash:comments xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/">34</slash:comments><mia:nbComments xmlns:mia="http://www.lemonde.fr/ns/mia/elements/1.1/" with="4370" nb="34" /><feedburner:origLink>http://lafeuille.blog.lemonde.fr/2012/01/19/usages-des-liseuses-2/#xtor=RSS-32280322</feedburner:origLink></item><item rdf:about="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/?p=4359"><title>L’évolution des pratiques de lecture à l’aune des dynamiques générationnelles et des pesanteurs sociales</title><link>http://feedproxy.google.com/~r/lafeuillerss/~3/WQj_alLhp8M/</link><dc:subject>lecture</dc:subject><dc:subject>mutations</dc:subject><dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator><dc:date>2012-01-11T13:23:40-08:00</dc:date><content:encoded xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"><![CDATA[<p>L'étude d'Olivier Donnat du <a href="http://www.culturecommunication.gouv.fr/Politiques-ministerielles/Etudes-et-statistiques">Département des études statistiques</a> (DEPS) du ministère de la Culture, <i><a href="http://www.pratiquesculturelles.culture.gouv.fr/">Les pratiques culturelles des Français à l'ère numérique</a></i> (2009) est une référence incontournable pour qui s'intéresse à l'évolution des pratiques culturelles. Elle vient de se voir augmentée <a href="http://www.culturecommunication.gouv.fr/Politiques-ministerielles/Etudes-et-statistiques/Articles/Pratiques-culturelles-1973-2008">de plusieurs pages d'études complémentaires</a> la mettant en perspective sur la longue durée via une analyse générationnelle (que le DEPS avait déjà esquissé avec le <a href="http://www.bipe.fr">BIPE</a> en 2007 dans <a href="http://www.culturecommunication.gouv.fr/Politiques-ministerielles/Etudes-et-statistiques/Revues/CP-2007-3-juin-2007/%28language%29/fre-FR">cette étude</a>, <a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/2004/03/17/pratiques-culturelles-g%EF%BF%BDn%EF%BF%BDrationnelles/">voir mon commentaire</a>). Une étude qui ne propose aucun scoop, mais qui approfondit nos connaissances de l'évolution des pratiques de lecture.  </p>
<p>Si on regarde la question de la lecture, l'étude sur 35 ans, montre plusieurs choses.</p>
<p>Tout d'abord que c'est le volume de lecture qui diminue tendanciellement, plus que la proportion de non-lecteurs. <i>"La proportion des forts lecteurs a régulièrement fléchi et, si la proportion de Français à n’avoir lu aucun livre en dehors de toute contrainte scolaire ou professionnelle est la même qu’au début des années 1970, les lecteurs de 2008 lisent en moyenne cinq livres de moins par an que leurs homologues de 1973."</i> Une perspective qui demeure plus optimiste que <a href="http://www.centrenationaldulivre.fr/IMG/pdf/Chiffres-cles_2009-2010.pdf">les chiffres clés du CNC</a>, montrant que la part des Français qui n'achètent pas de livres est de 48 %, soit presque un français sur deux (mais lire et acheter sont deux "pratiques" distinctes). Dans l'étude d'Olivier Donnat, 70 % des répondants depuis 1973 estiment lire au moins un livre par an. </p>
<blockquote><p>"Dans le cas des livres, le fait que la proportion de lecteurs au sein de la population française n’ait pas augmenté depuis le début des années 1970 est en soi surprenant, compte tenu de l’augmentation générale du niveau de diplôme", estime Olivier Donnat - rappelons que la part des bacheliers et des diplômés de l’enseignement supérieur dans la population française est passée de 14% en 1973 à 31% en 2008. "Cela signifie qu’en réalité, l’intérêt des Français pour le monde des livres est aujourd’hui, pour un niveau de diplôme donné - , nettement inférieur à ce qu’il était trente-cinq ans auparavant et, surtout, cela masque le recul de la quantité de livres lus dans le cadre du temps libre. Il serait toutefois bien imprudent de conclure, sur la base de ce seul constat, que les Français lisent moins, et ce, au moins pour deux raisons : la lecture liée à l’enseignement ou à l’activité professionnelle a probablement gagné du terrain et, surtout, les actes de lecture sur écran se sont multipliés, notamment au cours de la dernière décennie ; de plus, il est probable que ce recul renvoie au moins autant à des mutations d’ordre symbolique qu’à une évolution effective des comportements de lecture : si la lecture de livres a subi ces dernières décennies la concurrence des nombreuses activités de loisir liées à la culture d’écran (télévision, jeux vidéo, ordinateur), elle a aussi perdu une partie de son pouvoir symbolique auprès des jeunes générations, notamment de sexe masculin, qui ont aujourd’hui tendance à moins surestimer leurs pratiques de lecture que leurs parents au même âge, voire même à les sous-estimer en en oubliant certaines."</p>
</blockquote>
<p><a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/lectureoccasionnellegenerationelle.png"><img src="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/lectureoccasionnellegenerationelle.png" alt="" title="lectureoccasionnellegenerationelle" width="540" height="431" class="alignright size-full wp-image-4360" /></a></p>
<p><a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/lectureregulieresexeetgeneration.png"><img src="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/lectureregulieresexeetgeneration.png" alt="" title="lectureregulieresexeetgeneration" width="540" height="433" class="alignright size-full wp-image-4361" /></a></p>
<p>Olivier Donnat pointe le phénomène bien connu de féminisation du lectorat, qui compte, depuis les années 80 plus de femmes que d'hommes, tant chez les petits lecteurs que chez les moyens ou forts lecteurs (plus de 20 livres par an). <i>"Le décrochage du monde du livre est un phénomène majoritairement masculin"</i>, rappelle le chercheur. </p>
<p>Quand on observe avec attention les graphiques produits par le DEPS, on se rend compte que la classe d'âge des 15-24 ans demeure celle où les lecteurs de livres sont proportionnellement les plus nombreux, tant dans les années 70 qu'aujourd'hui. La lecture demeure indiscutablement associée à une activité d'apprentissage. Mais les seniors comptent désormais autant de forts lecteurs que les 15-24 ans (ce qui n'était pas le cas dans les années 70). <i>"Il apparaît donc que la lecture de livres (notamment régulière) a connu un profond changement de statut sur les critères du sexe et de l’âge : elle s’est progressivement féminisée tout en perdant le lien privilégié qu’elle entretenait<br />
avec la jeunesse."</i> </p>
<p>Pour les forts lecteurs (plus de 20 livres par an qu'Olivier Donnat qualifie de "lecture régulière" par rapport à la lecture occasionnelle désignant ceux qui lisent un livre par an), chaque nouvelle génération est arrivée à l'âge adulte avec une proportion de forts lecteurs inférieure à la précédente. <i>"La lecture de livres, activité chronophage qui appelle le temps long, subit une érosion au fil de l’avancée en âge plus forte que celle des journaux et, dans le cas de la lecture régulière, la pente est particulièrement accentuée dans la première partie de la vie, au moment où les pressions sur le temps disponible sont les plus fortes."</i> Alors que la jeunesse (15-24 ans) est le moment où la lecture est la plus forte, proportionnellement, elle est aussi, une période où, elle se dégrade particulièrement. </p>
<p>Les écarts liés aux critères de diplôme, de milieu social ou de lieu de résidence, quant à eux, ont peu évolué en 35 ans, souligne le chercheur. "La baisse de la lecture régulière de livres a touché toutes les catégories de population sans exception, milieux diplômés compris" même si ceux-ci ont un peu mieux résisté que la moyenne : <i>"être un fort lecteur de livres est certes moins fréquent, mais cela demeure néanmoins une des propriétés relatives de leur univers culturel. (...) Les cadres supérieurs comptent toujours proportionnellement environ trois fois plus de forts lecteurs que les ouvriers."</i> Comme le disait Olivier Donnat <a href="http://abonnes.lemonde.fr/culture/article/2012/01/07/ces-pratiques-avaient-deja-evolue-avant-l-arrivee-d-internet_1627069_3246.html">dans une interview du Monde</a> à l'occasion de cette mise à jour : <i>"En trente-cinq ans, il n'y a guère eu de rattrapage entre les pratiques culturelles des ouvriers et celles des catégories supérieures".</i></p>
<p><a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/lecturedelivreselonlesexeetlacspgroslecteurs.png"><img src="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/lecturedelivreselonlesexeetlacspgroslecteurs.png" alt="" title="lecturedelivreselonlesexeetlacspgroslecteurs" width="540" height="305" class="alignright size-full wp-image-4362" /></a></p>
<p><a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/lecturedelivreselonlesexeetlacsp.png"><img src="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2012/01/lecturedelivreselonlesexeetlacsp.png" alt="" title="lecturedelivreselonlesexeetlacsp" width="540" height="293" class="alignright size-full wp-image-4363" /></a></p>
<p>Bien sûr, l'enquête transversale d'Olivier Donnat ne s'arrête pas à la lecture et couvre toute la gamme des pratiques culturelles. Le chercheur est d'ailleurs loin d'être pessimiste. Il constate qu'il n'y a pas eu <i>"à proprement parler, de rattrapage des milieux sociaux les moins investis dans la vie culturelle"</i> en ce qui concerne la plupart des pratiques culturelles (les cadres supérieurs sont toujours en têtes dans la plupart des pratiques culturelles, devant les cadres moyens, les employés, les artisans et commerçant et devant les agriculteurs et ouvriers, toujours en retrait). </p>
<blockquote><p>"Aujourd’hui comme hier, participer à la vie culturelle de manière à la fois régulière et diversifiée demeure une propriété très inégalement répartie dans la société française, car cela exige le cumul d’un maximum d’atouts (niveau de diplôme et de revenus élevé, proximité de l’offre culturelle, familiarité précoce avec le monde de l’art, mode de loisirs tournés vers l’extérieur du domicile et la sociabilité amicale, etc.) qui se retrouvent en priorité au sein des cadres et professions intellectuelles supérieures. Mais l'étude, précise-t-il ne tient pas compte "ni de l’augmentation quantitative de la population française au cours de la période étudiée ni des transformations de la structure sociale, dont les effets sont pourtant bien réels tant sur le volume des pratiquants que sur leur profil. Constater par exemple, comme nous l’avons fait, que les écarts entre les cadres supérieurs et les ouvriers sont restés globalement stables établit un fait majeur qu’aucun débat sur la démocratisation culturelle ne peut écarter, mais il convient de ne pas oublier que la part des premiers dans la société française a doublé depuis le début des années 1970 pendant que celle des seconds déclinait." Les cadres supérieurs représentaient 23 % du total des personnes enquêtées en 2008 contre 13% trente-cinq ans plus tôt. Pour autant, si la proportion des diplômés a progressé d'enquête en enquête, ces "générations ayant accédé au bac et à l’enseignement supérieur à l’heure de la massification scolaire se sont approprié de manière sélective les pratiques culturelles des « héritiers » du début des années 1970."</p>
</blockquote>
<p>Les progrès de la scolarisation sur la participation à la vie culturelle ont été globalement positifs conclut le chercheur, mais de manière irrégulière selon les pratiques : beaucoup moins pour la lecture de livres et d'imprimés (journaux) que dans toutes les autres pratiques culturelles. </p>
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<a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/lafeuillerss?a=WQj_alLhp8M:9szHWx8xL88:yIl2AUoC8zA"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/lafeuillerss?d=yIl2AUoC8zA" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/lafeuillerss?a=WQj_alLhp8M:9szHWx8xL88:dnMXMwOfBR0"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/lafeuillerss?d=dnMXMwOfBR0" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/lafeuillerss?a=WQj_alLhp8M:9szHWx8xL88:D7DqB2pKExk"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/lafeuillerss?i=WQj_alLhp8M:9szHWx8xL88:D7DqB2pKExk" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/lafeuillerss?a=WQj_alLhp8M:9szHWx8xL88:V_sGLiPBpWU"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/lafeuillerss?i=WQj_alLhp8M:9szHWx8xL88:V_sGLiPBpWU" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/lafeuillerss?a=WQj_alLhp8M:9szHWx8xL88:F7zBnMyn0Lo"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/lafeuillerss?i=WQj_alLhp8M:9szHWx8xL88:F7zBnMyn0Lo" border="0"></img></a>
</div><img src="http://feeds.feedburner.com/~r/lafeuillerss/~4/WQj_alLhp8M" height="1" width="1"/>]]></content:encoded><description>L'étude d'Olivier Donnat du Département des études statistiques (DEPS) du ministère de la Culture, Les pratiques culturelles des Français à l'ère numérique (2009) est une référence incontournable pour qui s'intéresse à l'évolution des pratiques culturelles. Elle vient de se voir &amp;#8230; &lt;a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/2012/01/11/levolution-des-pratiques-de-lecture-a-laune-des-dynamiques-generationnelles-et-des-pesanteurs-sociales/"&gt;Continuer la lecture &lt;span class="meta-nav"&gt;&amp;#8594;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;</description><wfw:commentRss xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/">http://lafeuille.blog.lemonde.fr/2012/01/11/levolution-des-pratiques-de-lecture-a-laune-des-dynamiques-generationnelles-et-des-pesanteurs-sociales/feed/</wfw:commentRss><slash:comments xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/">4</slash:comments><mia:nbComments xmlns:mia="http://www.lemonde.fr/ns/mia/elements/1.1/" with="4359" nb="4" /><feedburner:origLink>http://lafeuille.blog.lemonde.fr/2012/01/11/levolution-des-pratiques-de-lecture-a-laune-des-dynamiques-generationnelles-et-des-pesanteurs-sociales/#xtor=RSS-32280322</feedburner:origLink></item><item rdf:about="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/?p=4346"><title>Les livres de mes amis sont miens : Homophilie et proximité dans les réseaux sociaux de lecteurs</title><link>http://feedproxy.google.com/~r/lafeuillerss/~3/N46rzOGyx2w/</link><dc:subject>moteur de recommandation</dc:subject><dc:subject>sites sociaux de lecteurs</dc:subject><dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator><dc:date>2011-12-29T07:04:29-08:00</dc:date><content:encoded xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"><![CDATA[<p>A l'occasion du <a href="http://www.ixxi.fr/?p=861&#038;lang=fr">colloque sur les réseaux sociaux de la structure à la politique</a>, qui se tenait les 12 et 13 décembre 2011 à Lyon, sous l'égide de l'<a href="http://www.ixxi.fr">Institut rhône-alpin des systèmes complexes</a>, j'ai eu l'occasion d'écouter <a href="http://www.cpt.univ-mrs.fr/~barrat/">Alain Barrat</a>, chercheur au <a href="http://www.cpt.univ-mrs.fr/">Centre de physique théorique</a> de Marseille. Alain Barrat et ses collègues ont commis une intéressante étude sur aNobii, le réseau social de lecture, intitulée <a href="http://www.cpt.univ-mrs.fr/~barrat/4211a249.pdf">"La création de liens et l'alignement de profils dans le réseau social aNobii" (.pdf)</A</p>
<p><a href="http://pilesofprint.blogspot.com/2011/11/friends-names-books-fun.html"><img src="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2011/12/Twins-reading.jpg" alt="" title="Twins reading" width="540" /></a><br />
<i>Image : <a href="http://pilesofprint.blogspot.com/2011/11/friends-names-books-fun.html">A la bibliothèque scolaire du Kent</a>, deux amies qui portent le même nom ont choisi d'emprunter les mêmes livres. Un peu comme nous dans les réseaux sociaux de lecture.</i> </p>
<p><a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2011/12/Anobii-2.0-logo-300x115.jpg"><img src="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2011/12/Anobii-2.0-logo-300x115.jpg" alt="" title="Anobii-2.0-logo-300x115" width="300" height="115" class="alignright size-full wp-image-4349" /></a>Pour Alain Barrat, les réseaux sociaux en ligne constituent un laboratoire très intéressant qui procure aux chercheurs de nouvelles données pour faire des études à grande échelle, mais également pour faire des études sur l'évolution temporelle dans ces réseaux, ce qui est souvent plus difficile dans le réel. Alain Barrat s'est ainsi intéressé à <a href="http://anobii.com/">aNobii</a>, un site social de lecture, un réseau très spécialisé autour de la lecture (<a href="http://www.sobookonline.fr/livre-enrichi-social-interactif/livre-social/le-reseau-de-lecteurs-anobii-lance-un-nouveau-site/">qui vient de lancer une toute nouvelle version de son site rappelle Marc Jahjah</a>). Comme dans la plupart des réseaux sociaux, chaque utilisateur a un profil qu'il met en relation avec d'autres utilisateurs, chaque profil étant constitué des listes de livres lus. aNobii a une taille assez raisonnable de 100 à 150 000 utilisateurs, avec une activité assez hétérogène. Mais ce niveau d'activité est fortement corrélé, explique Alain Barrat : plus quelqu'un va exposer de livres, plus il va participer à des groupes de discussions, plus il va étiqueter des livres et plus son réseau social va se développer. Et le chercheur de mettre en avant un phénomène assez naturel : plus quelqu'un est actif, plus ses voisins le sont. Dans les réseaux sociaux en ligne comme hors ligne, les gens les plus actifs ont tendance à se rassembler entre eux. </p>
<p>Le chercheur est allé plus loin, il a cherché à savoir s'il y avait un alignement des utilisateurs. D'un point de vue global, deux utilisateurs pris au hasard ont peu de choses en commun. Mais plus ont prend des utilisateurs voisins, plus il y a une tendance à l'alignement, c'est-à-dire à avoir des livres en commun. Comme sur les autres réseaux sociaux, aNobii n'échappe pas aux effets d'homophilie : des utilisateurs à faible distance sur le réseau (ami d'amis) ont tendance à avoir des profils plus semblables que des utilisateurs plus éloignés. C'est-à-dire, <a href="http://www.internetactu.net/2010/01/06/danah-boyd-ce-quimplique-de-vivre-dans-un-monde-de-flux/">comme l'exprime danah boyd</a>, les gens ont tendance à se connecter à qui leurs ressemblent et cela semble également vrai dans le cas des réseaux sociaux de lecteurs. Nous avons tendance à nous rapprocher des lecteurs qui nous ressemblent, à chercher des lectures qui ressemblent à celles que nous avons déjà faites. Et les moteurs de recommandations, qui suivent les lectures qu'on accumule, tendent à favoriser cela.</p>
<p>Bien sûr, l'intérêt était d'essayer de comprendre d'où vient cette homophilie. Avons-nous tendance à créer des liens vers des gens dont les bibliothèques sont proches de nous ? Où avons-nous tendance à devenir plus semblables après nous être connectés à d'autres lecteurs ? D'où l'idée d'analyser dans la dynamique l'activité du réseau pour regarder comment les profils évoluaient dans le temps. Et Alain Barrat de constater un mécanisme "d'attachement préférentiel". L'essentiel des nouveaux liens se fait entre utilisateurs qui étaient socialement peu éloignés et avec des profils de lecture assez semblables. En fait, on choisit de devenir amis avec ceux qui nous ressemblent le plus. Une fois la relation faite d'ailleurs, la similarité a tendance à augmenter. C'est-à-dire qu'on a tendance à entrer en relation avec des gens qui ont des lectures proches des nôtres et on a tendance à favoriser cette relation en lisant des livres qui permettent de nous rapprocher d'eux. Nous avons donc tendance à sélectionner nos voisins à chercher à nous aligner à eux. </p>
<p>Alain Barrat a mis en avant d'autres formes du phénomène d'influence. La probabilité que je me mette à lire un livre croit en fonction du nombre de voisins qui ont lu ce livre. Si nombre de vos amis ont lus <a href="http://www.publie.net/fr/ebook/9782814504264/a-l-est-de-minuit"><i>A l'Est de minuit</i> de Philippe Porée-Kurrer</a>, il y a de grandes chances que vous soyez amené à le lire. Le bouche-à-oreille se poursuit donc jusqu'aux réseaux sociaux numériques. </p>
<p>La création d'un lien social "littéraire" est donc fortement tirée par l'homophilie et la proximité. Les utilisateurs recherchent des amis avec des goûts similaires et une fois qu'ils sont liés, une influence claire réciproque conduit à une forte tendance à l'alignement de profil. La faible utilisation des tags n'a pas permis d'observer si l'étiquetage suit la même logique, précise l'étude, mais on pourrait facilement le supposer. Enfin, il faudrait observer si la tendance à l'alignement de profil reste stable au fil du temps ou si elle évolue... Ce sera peut-être l'objet d'une autre étude. </p>
<p>A regarder le fonctionnement des réseaux de blogueurs littéraires, d'une manière empirique, on constate pourtant bien le même phénomène. Les blogueuses du livre s'assemblent par affinités, se croisent autour d'un livre puis de plus en plus de livres. Qui se ressemble s'assemble et les lectures se croisent en même temps que les affinités. <a href="http://www.librarything.fr/catalog/clayssen&#038;compare=hubertguillaud">Mes affinités avec Virginie Clayssen</a> sur Librarything par exemple sont autant une résultante de nos affinités qu'une conséquence de celles-ci. La réponse à la question <a href="http://www.archicampus.net/wordpress/?p=1273#comments">Qu'est-ce que je peux lire ?</a> que posait Virginie à ceux qui la suivent aura justement de la pertinence du fait des affinités qui nous lient à ceux qui nous lisent et nous lient. </p>
<p>Des constats assez convenus pour qui fréquente les modalités des moteurs de recommandations sociaux. Cela explique bien toute la force du premier moteur de recommandation d'Amazon : "ceux qui ont acheté ce livre ont également acheté". Le partage d'un titre en commun nous encourage à regarder les autres titres que nous aurions en commun. On pourrait croire bien sûr que c'est également un effet de ces outils qui tendent à nous montrer les profils similaires aux nôtres avant que de nous montrer les profils dissemblables. Mais comme le montre bien l'étude, les profils trop dissemblables ne nous intéressent pas. Si je lis des uniquement des polars, des profils de gens qui ne liraient que des essais de physique m'intéressent peu. </p>
<p>On pourrait bien sûr s'étonner de cette homophilie littéraire, alors qu'elle semble en même temps assez naturelle. Nous avons du mal à prendre des chemins de traverse qui nous conduisent au-delà des livres que nous lisons. Pire, les livres que nous choisissons semblent nous conduire toujours plus avant vers d'autres livres, proches les uns des autres. Il faudrait regarder si un site comme <a href="https://www.smalldemons.com/">Small Demon</a> ou si <a href="http://www.culturewok.com/">CultureWok</a>, <a href="http://whichbook.net/">WichBook</a> ou <a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/2011/09/08/booklamp-est-il-lavenir-de-la-recommandation/">BookLamp</a> (qui sont des moteurs d'analyses différents des livres qui puisent dans leurs contenus mêmes d'autres formes de ressemblances) ou les références citationnelles des livres entre eux (qui nous amènent à lire des livres que des livres que nous avons déjà lu citent), nous conduisent vers ces mêmes chemins ou nous en éloignent. Quels moteurs de recommandations sont capables de nous conduire vers des choses plus éloignées de nous ? Nous sommes toujours à la recherche des disséminateurs, <a href="http://www.internetactu.net/2007/01/12/des-agregateurs-aux-disseminateurs/">ces outils qui nous aideront à prendre des chemins de traverse</a>...</p>
<p>Comme le disait avec intelligence Eli Pariser dans son excellent livre <i>The Filter Bubble</i>, <a href="http://www.framablog.org/index.php/post/2011/12/15/facebook-google-malbouffe-information">la pertinence et la proximité ne peuvent pas être les seules fonctions des bulles informationnelles dans lesquelles nous sommes enfermés</a>. Le problème demeure qu'on ne voit pas ce qui s'en trouve rejeté !</p>
<blockquote><p>"Pariser qui se décrit politiquement comme progressiste, racontait à la conférence annuelle TED qu'il avait toujours fait attention à prendre comme amis sur Facebook aussi bien des libéraux que des conservateurs, afin de garder un œil sur les discussions de chaque groupe. Pourtant il constata qu'avec le temps d'étranges choses se produisaient : ses amis conservateurs sur Facebook avaient disparus de son flux d'information. Il réalisa que l'algorithme de Facebook les en avait retirés au motif que Pariser cliquait plus souvent sur les liens de ses amis libéraux que sur ceux de ses amis conservateurs.</p>
<p>Google est également coupable de truquer les résultats affichés en fonction des actions passées de l'internaute. Pariser souligne combien, lors d'une même recherche sur Google, deux utilisateurs peuvent recevoir des résultats complètement différents compte tenu du fait que le moteur de recherche utilise 57 indicateurs propres à l'utilisateur pour modifier et adapter les résultats. « Il n'y a plus de Google générique » relève Pariser.</p>
<p>« Ceci nous conduit très rapidement vers un monde dans lequel Internet nous montre ce qu'il pense que nous voulons voir, mais pas nécessairement ce que nous avons besoin de voir » déclare Pariser au sujet des modifications opérées par la voie des algorithmes.</p>
<p>À cause des algorithmes qui déterminent ce que nous voyons en ligne d'après nos habitudes de navigation, de lecture et les liens sur lesquels nous cliquons, nous risquons d'être confrontés à moins de points de vue, d'être exposé à un champ plus réduit d'opinions et de contenus, ajoute Pariser.</p>
<p>« Si vous prenez tous ces filtres ensemble, si vous prenez tous ces algorithmes, vous obtenez ce que j'appelle une bulle de filtres. Votre bulle de filtres est votre univers d'information unique et personnel dans lequel vous vivez en ligne » déclare t-il. « Ce qui est dans votre bulle de filtres dépend de qui vous êtes et de que vous faites, mais le truc c'est que vous ne décidez pas ce qui entre dedans... Et plus important, vous ne voyez pas ce qui, en fait, s'en trouve rejeté."</p>
</blockquote>
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<a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/lafeuillerss?a=N46rzOGyx2w:Lm02jBGMQTA:yIl2AUoC8zA"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/lafeuillerss?d=yIl2AUoC8zA" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/lafeuillerss?a=N46rzOGyx2w:Lm02jBGMQTA:dnMXMwOfBR0"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/lafeuillerss?d=dnMXMwOfBR0" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/lafeuillerss?a=N46rzOGyx2w:Lm02jBGMQTA:D7DqB2pKExk"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/lafeuillerss?i=N46rzOGyx2w:Lm02jBGMQTA:D7DqB2pKExk" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/lafeuillerss?a=N46rzOGyx2w:Lm02jBGMQTA:V_sGLiPBpWU"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/lafeuillerss?i=N46rzOGyx2w:Lm02jBGMQTA:V_sGLiPBpWU" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/lafeuillerss?a=N46rzOGyx2w:Lm02jBGMQTA:F7zBnMyn0Lo"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/lafeuillerss?i=N46rzOGyx2w:Lm02jBGMQTA:F7zBnMyn0Lo" border="0"></img></a>
</div><img src="http://feeds.feedburner.com/~r/lafeuillerss/~4/N46rzOGyx2w" height="1" width="1"/>]]></content:encoded><description>A l'occasion du colloque sur les réseaux sociaux de la structure à la politique, qui se tenait les 12 et 13 décembre 2011 à Lyon, sous l'égide de l'Institut rhône-alpin des systèmes complexes, j'ai eu l'occasion d'écouter Alain Barrat, chercheur &amp;#8230; &lt;a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/2011/12/29/homophilie-et-proximite-dans-les-reseaux-sociaux-de-lecteurs/"&gt;Continuer la lecture &lt;span class="meta-nav"&gt;&amp;#8594;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;</description><wfw:commentRss xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/">http://lafeuille.blog.lemonde.fr/2011/12/29/homophilie-et-proximite-dans-les-reseaux-sociaux-de-lecteurs/feed/</wfw:commentRss><slash:comments xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/">4</slash:comments><mia:nbComments xmlns:mia="http://www.lemonde.fr/ns/mia/elements/1.1/" with="4346" nb="4" /><feedburner:origLink>http://lafeuille.blog.lemonde.fr/2011/12/29/homophilie-et-proximite-dans-les-reseaux-sociaux-de-lecteurs/#xtor=RSS-32280322</feedburner:origLink></item><item rdf:about="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/?p=4337"><title>2012 : la qualité d’abord</title><link>http://feedproxy.google.com/~r/lafeuillerss/~3/zF7hCoXED7c/</link><dc:subject>édition électronique</dc:subject><dc:subject>interface</dc:subject><dc:subject>multimédia</dc:subject><dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator><dc:date>2011-12-28T06:03:40-08:00</dc:date><content:encoded xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"><![CDATA[<p>Le <a href="http://www.dclab.com">Data Conversion Laboratory</a> est une société commerciale américaine spécialisée dans la numérisation qui travaille notamment pour de nombreux éditeurs américains. Cette société vient de rendre public un intéressant sondage réalisé auprès de 411 éditeurs américains (voir <a href="http://www.dclab.com/press/press_20111227_dcl_digital_publishing_survey.asp">le communiqué de presse</a> et <a href="http://www.dclab.com/resources/dcl_digital_publishing_survey_2011.pdf">le détail d'une partie des réponses (.pdf)</a>). 70 % des éditeurs estiment que la qualité est la chose la plus importante à laquelle ils doivent veiller. Il y a 18 mois, explique Mark Gross, président de DCL, la plupart des éditeurs s'intéressaient seulement à recueillir de l'information sur les plateformes de publication électronique. Aujourd'hui, ils s'intéressent avant tout à la qualité, ce qui montre qu'un nouveau seuil de compréhension et d'adaptation est franchi. <i>"L'industrie du livre est en train de réaliser que les consommateurs ne toléreront plus les problèmes typographiques dans des livres électroniques à 15 dollars."</i></p>
<p>Autre information intéressante. 64 % des éditeurs affirment être intéressés à publier de la non-fiction et des contenus techniques. Un résultat que le DCL estime comme un signe vers une nouvelle orientation du marché du livre électronique. Après s'être concentré sur le roman et les gros lecteurs, à mesure que le nombre de possesseurs de tablettes et de liseuses s'étend, le marché va avoir tendance à servir d'autres usagers, et peut-être va-t-il se mettre à développer des contenus et des applications tournées vers le business et la technique. </p>
<p><i>"Le sondage confirme ce que nous entendons des éditeurs, qu'une fois le push initial vers le numérique atteint un seuil suffisamment important, on commence à voir un besoin d'améliorer le contrôle qualité et la gestion des flux"</i>, explique Bill Trippe analyste chez Outsell. <i>"Les produits numériques sont en train de devenir le sang des éditeurs et les consommateurs attendent une expérience optimale."</i></p>
<p>Reste que seulement 43% des éditeurs estiment que la compatibilité avec tous les appareils de lecture est essentielle : un chiffre encore un peu faible qui montre qu'ils n'ont peut-être pas encore pleinement compris l'importance d'être présent partout plutôt que dans l'un des catalogues existants. Et de savoir moduler les contenus selon les appareils. Les livres applicatifs pensés pour l'iPad sont rarement disponibles dans d'autres formats : applications pour iPhone, applications Androïd, mais également formats ePub pour liseuses (dégradés, mais à prix réduit)... Il est pourtant essentiel de ne pas oublier que le marché ne peut se réduire à une seule plateforme ou à un seul format. Un peu comme si on ne pouvait pas imaginer faire des livres de poche depuis des beaux livres - oups, ça doit encore en choquer certains.</p>
<p>Mais le plus réjouissant qui s'annonce, reste et demeure l'innovation, comme le soulignait avec raison le <a href="http://www.guardian.co.uk/books/2011/dec/18/book-publishing-digital-radical-pioneers"><i>Guardian</i></a>. William Skidelsky distingue ainsi 4 entreprises, toutes intéressantes : </p>
<ul>
<li><a href="http://unbound.co.uk/">Unbound</a>, un <a href="http://www.mymajorcompanybooks.com/">MyMajorCompany du livre</a> plutôt réussi, qui propose aux internautes de venir financer des livres avant qu'ils ne soient écrits.</li>
<li><a href="http://mhpbooks.com/">Melville House</a> a lancé cet été les <a href="http://mhpbooks.com/about/hybrid-books/?id=613">livres hybrides</a>, des petits classiques au format papier ou électroniques, augmenté d'un volumineux appareil complémentaire et critique.</li>
<li><a href="http://www.boxfiction.com/EXP/">BoxFiction</a> propose de redonner le goût de lire à ceux qui ont basculé sur la télévision, en proposant de très courtes nouvelles, sous forme de miniséries additionnelles à des séries télés. </li>
<li><a href="http://www.penguin.co.uk/static/cs/uk/0/pubsetpages/penguin_shorts/index.html">Penguin Shorts</a> est une nouvelle collection uniquement numérique lancée par Penguin de courtes nouvelles vendues qui collent à l'actualité au prix d'un café. Pour Venetia Butterfield, directeur éditorial et fondateur de la série, conclut en rappelant : <i>"Tout ce qu'on peut faire en tant qu'éditeur est de répondre à ce que le marché veut. Ce que la technologie nous permet de faire c'est de garder un esprit ouvert..."</i></li>
</ul>
<p><a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2011/12/hommevolcan1.png"><img src="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2011/12/hommevolcan1.png" alt="" title="hommevolcan1" width="640" height="333" class="alignright size-full wp-image-4342" /></a></p>
<p>On pourrait distinguer bien d'autres produits intéressants, notamment bien sûr des titres de livres applicatifs comme <i>The Survivors</i> d'Amanda Havard <a href="http://www.archicampus.net/wordpress/?p=1262">qu'évoquait récemment Virginie Clayssen</a>, <i>L'Homme volcan</i> de Mathias Malzieu <a href="http://www.ebouquin.fr/2011/12/21/lhomme-volcan-sobriete-et-poesie-au-service-de-la-lecture/">qu'évoquait Clément Monjou</a> ou encore <i>Les fantastiques livres volants de Morris Lessmore</i> des <a href="http://www.moonbotstudios.com/">studios Moonbot</a> qu'évoquait <a href="http://www.sobookonline.fr/livre-enrichi-social-interactif/un-ancien-de-pixar-se-met-au-livre-enrichi/">Marc Jajah</a> ou la <a href="http://www.souris-grise.com/article-le-coup-de-maitre-de-morris-lessmore-84974741.html">Souris Grise</A>... Il y en aurait beaucoup d'autres. Il est juste dommage que les échos ne dépassent pas le plus souvent <a href="http://www.walrus-books.com/2011/11/freemium">le cercle des initiés</a>.</p>
<p>Reste à savoir, sur le fond, comme le dit très bien Virginie Clayssen ou Clément Monjou, à partir de quand ces nouvelles formes de livres interactifs sont-ils plus amusants à réaliser qu'à utiliser. Ou encore, comme le précise <a href="http://jiminypanoz.com/2011/12/16/app-livre-la-bombe-a-retardement/">Jiminy Panoz</a>, lesquels en sont vraiment. Car beaucoup de titres vendus comme livres applicatifs n'en sont pas vraiment... On propose encore trop souvent des applications dédiées au mépris de la compatibilité. </p>
<p>Mais cela devrait certainement changer dès 2012, espérons-le. En invitant iTunes à faire le ménage dans ses applications, comme le lui conseille Jiminy Panoz (peu d'espoirs). Mais surtout via l'essor de nouveaux formats comme l'HTML5 ou l'ePUB 3 qui vont permettre de rendre le livre électronique toujours plus enrichi <a href="http://www.interfacesriches.fr/2011/07/06/avec-epub3-les-ebooks-enrichis-sont-une-realite/">comme l'expliquait Frédéric Cavazza</a>, tout en étant - dans un monde idéal - compatible pour de plus en plus de supports (ce qui n'est hélas pas encore vraiment le cas <a href="http://lecteursencolere.com/2011/06/19/le-futur-ou-pas/">comme l'explique Lecteurs en colère</a>). Des standards techniques qui devraient permettre de faciliter l'innovation technologique autour de la réinvention de la forme des livres... (<a href="http://www.ebouquin.fr/2011/06/16/walrus-ebooks-de-lepub-3-au-coeur-dibooks/">à l'image du Kadath du Studio Walrus</a> dont on attend toujours la sortie). Pour autant qu'on ne pense pas que cette réinvention se limite à une pyrotechnie multimédia. Or, c'est bien souvent celle-ci que l'on cherche et dont l'on parle, au risque d'oublier que la lecture c'est d'abord de la lecture et que le plaisir du texte doit rester à nul autre pareil. </p>
<p>Assurément, demain plus qu'aujourd'hui, c'est encore la qualité qui va primer. Tant mieux !</p>
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</div><img src="http://feeds.feedburner.com/~r/lafeuillerss/~4/zF7hCoXED7c" height="1" width="1"/>]]></content:encoded><description>Le Data Conversion Laboratory est une société commerciale américaine spécialisée dans la numérisation qui travaille notamment pour de nombreux éditeurs américains. Cette société vient de rendre public un intéressant sondage réalisé auprès de 411 éditeurs américains (voir le communiqué de &amp;#8230; &lt;a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/2011/12/28/2012-la-qualite-dabord/"&gt;Continuer la lecture &lt;span class="meta-nav"&gt;&amp;#8594;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;</description><wfw:commentRss xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/">http://lafeuille.blog.lemonde.fr/2011/12/28/2012-la-qualite-dabord/feed/</wfw:commentRss><slash:comments xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/">2</slash:comments><mia:nbComments xmlns:mia="http://www.lemonde.fr/ns/mia/elements/1.1/" with="4337" nb="2" /><feedburner:origLink>http://lafeuille.blog.lemonde.fr/2011/12/28/2012-la-qualite-dabord/#xtor=RSS-32280322</feedburner:origLink></item><item rdf:about="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/?p=4319"><title>Comment écrirons-nous demain ?</title><link>http://feedproxy.google.com/~r/lafeuillerss/~3/6fvndjlFzsI/</link><dc:subject>auteur</dc:subject><dc:subject>écrire</dc:subject><dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator><dc:date>2011-12-01T09:50:48-08:00</dc:date><content:encoded xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"><![CDATA[<p>L'avenir de l'écriture est souvent dépeint de manière aussi sombre que celui de la lecture. L'éditorialiste <a href="http://www.annetrubek.com/">Anne Trubek</a> pronostiquait il y a quelque temps, pour <i>Miller-McCune</i> <a href="http://www.miller-mccune.com/culture-society/handwriting-is-history-6540/">la fin de l'écriture manuelle</a>, malgré tous ses avantages cognitifs, puisqu'elle permet de mêler le geste à la pensée... Avouant que nous ne l'utiliserons peut-être que pour l'apprendre avant de la désapprendre.</p>
<p>L'écriture se transforme par l'utilisation de nos claviers, de nos dalles tactiles et de nos logiciels, comme l'explique très bien <a href="http://www.tierslivre.net">François Bon</a> dans <i><a href="http://www.publie.net/fr/ebook/9782814504103/apr%C3%A8s-le-livre">Après le livre</a></i>. Comment les nouvelles technologies impactent ce que produisent les auteurs et ce que produisent les machines (pour autant que les deux parviennent à travailler de concert) ? Et comment à l'avenir nos modes d'écritures vont être bouleversés par des machines toujours plus intégrées ?</p>
<p>Microsoft Research et le Royal College of Arts (RCA) de Londres ont produit cet été une autre approche de cet avenir en invitant plusieurs artistes à donner leur vision de l'avenir de l'écriture. Comment l'auteur va-t-il être appelé à se transformer avec l'arrivée de nouvelles pratiques et de nouvelles technologies ? <a href="http://research.microsoft.com/en-us/projects/thefutureofwriting/">L'avenir de l'écriture</a> consiste en 5 explorations artistiques conduites sous la direction d'Anthony Dunne à la tête des programmes de <a href="http://www.di.research.rca.ac.uk/content/home">design d'interaction</a> du RCA et de Richard Banks, Alex Taylor et Tim Regan du groupe de recherche sur les <a href="http://research.microsoft.com/en-us/groups/sds/">systèmes socionumériques</a> de Microsoft Research à Cambridge. Ces explorations ont pour objet de stimuler la discussion et le débat autour de l'évolution de nos outils de lecture et d'écriture. </p>
<p>Les projets sont surtout disponibles <a href="http://research.microsoft.com/pubs/156620/Future%20of%20Writing%20-%20RCA.pdf">sous forme de .pdf</a> - ce qui n'est peut-être pas techniquement la meilleure façon de répondre à la question.</p>
<p><strong>L'intelligence artificielle peut-elle aider à créer des histoires ?</strong><br />
<a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2011/12/infiniteadventure01.jpg"><img src="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2011/12/infiniteadventure01.jpg" alt="" title="infiniteadventure01" width="300" height="222" hspace="6" vspace="6" align="right" /></a>Le premier projet, <a href="http://www.davidbenque.com/projects/the-infinite-adventure-machine">la machine d'aventures infinies</a> (<i>The Infinite Adventure Machine</i>, TIAM) de <a href="http://www.davidbenque.com/">David Benqué</a> (<a href="http://airpump.davidbenque.com">blog</a>) est un programme qui génère des contes de fées. Basé sur le travail de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Vladimir_Propp">Vladimir Propp</a>, qui a réduit la structure des contes traditionnels russes à 31 fonctions, le programme interroge les limites et les implications d'appliquer la programmation à la narration. Ici, le programme est incapable de livrer une histoire terminée : il ne délivre qu'un synopsis brut et des illustrations avec lesquelles les utilisateurs sont invités à improviser pour combler les lacunes de la technologie par leur imagination (<a href="http://vimeo.com/27462214">vidéo</a>). <a href="http://www.we-make-money-not-art.com/archives/2011/09/the-infinite-adventure-machine.php">Comme le souligne très justement Régine Debatty</a> : la machine d'aventures infinies est l'une des premières oeuvres où l'intelligence artificielle collabore avec l'intelligence humaine tout en libérant l'imagination et la créativité des enfants.</p>
<p><iframe src="http://player.vimeo.com/video/27462214?title=0&amp;byline=0&amp;portrait=0" width="500" height="281" frameborder="0" webkitAllowFullScreen mozallowfullscreen allowFullScreen></iframe></p>
<p><a href="http://vimeo.com/27462214">The Infinite Adventure Machine (prototype 01)</a> from <a href="http://vimeo.com/user885542">David Benqué</a> on <a href="http://vimeo.com">Vimeo</a>.</p>
<p>Comme le confie David Benqué : l'avenir de la créativité pourrait demain plus reposer sur la création d'un système, un monde, dans lequel les "lecteurs" sont immergés et qu'ils explorent en fonction des règles que vous avez définies. Les aspects mystérieux et poétiques du récit, ce qui les rend si utiles pour nous, échappent à la programmation. Ainsi, même si les travaux de Propp sont fascinants, je voulais que les gens à s'interrogent sur ce que signifie la réduction des histoires à un système. </p>
<p>Le projet de David Benqué était présenté à l'exposition <a href="http://glitchfiction.com/project/celebrating_mutation">Glitch Fiction</a> du Paris Design Week de septembre 2011. </p>
<p><strong>Déchiffrer les histoires pour déchiffrer la société</strong><br />
Est-il possible de transposer des idées provenant d'histoires et de films cultes dans des applications réelles pour qu'elles bénéficient à tous ? Derrière cette idée qui peut sembler stupide, <a href="http://www.dashndem.com/Home.html">Dash Macdonald et Demitrios Kargotis</a> cherchent à souligner combien les histoires d'aujourd'hui, popularisées par les livres, les jeux et le cinéma, sont devenues bien plus qu'un divertissement, elles nous inspirent et nous obligent. Peut-on imaginer des applications nous aidant à nous identifier à ces personnages pour tirer leçons de leurs expériences ? </p>
<p>Bien sûr, <i>Happily Ever After in the Big Society</i>, le projet des deux artistes, est un projet critique. Critique de la Big Society de David Cameron comme de l'hyperculture de masse hollywoodienne, celle qui se termine toujours bien, qui promeut sempiternellement les mêmes valeurs de société... tant et si bien que nous finissons certainement par nous y conformer. <a href="http://www.dashndem.com/The_Future_of_Writing_files/Training%20Script%20-%20Happily%20Ever%20After%20in%20the%20Big%20Society.pdf">Le script des deux auteurs autour de l'analyse de Blanche-Neige</a> est d'ailleurs un exercice plutôt savoureux qui s'amuse à regarder le conte par ses enjeux de société : comment Blanche-Neige, mise en péril dans sa famille dysfonctionnelle est conduite à l'itinérance et à devenir une sans-abri abandonnée par le système, avant d'arriver à dépasser ses points faibles en identifiant les compétences capables d'aider d'autres personnes en difficulté sociale (les 7 nains...). </p>
<p><strong>Augmenter notre dialogue intérieur</strong><br />
<a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2011/12/cogitos02.jpg"><img src="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2011/12/cogitos02.jpg" alt="" title="cogitos02" width="300" height="234" hspace="6" vspace="6" align="left" /></a><a href="http://www.thoughtsyoumayhave.com/">Koby Barhad</a> propose lui d'essayer de mettre à jour notre soliloque, notre dialogue intérieur. Dans How do I know what I think until I see what I say ? (Comment pourrais-je savoir ce que je pense tant que je ne vois pas ce que je dis ?), l'artiste a mis au point un traitement de texte unique basé sur des technologies émergentes de prédiction de texte. L'idée ici est d'amener l'utilisateur à générer un flux de pensées, de confessions, qu'il adresse à lui-même et uniquement à lui-même. L'idée va d'ailleurs plus loin, puisqu'il est possible d'ouvrir un espace social (mais complètement privatif) où les utilisateurs peuvent gérer des flux de pensées adressés à des proches ou plutôt à leurs avatars. <a href="http://www.thoughtsyoumayhave.com/assets/pages/cogitos.html">Cogitos</a> (voir la vidéo), du nom de cet espace, est un réseau social de la pensée virtuelle, qui nous confronte à ce que nous pensons vraiment et pas nécessairement à ce que nous disons aux autres, via les réseaux sociaux.</p>
<p>En cela, il paraît l'exact contraire de Facebook. Cogitos est le lieu de l'intimité, du repli sur soi, du dialogue intérieur et personnel, alors que Facebook (et encore plus avec la fonctionnalité de "partage sans friction" <a href="http://www.readwriteweb.com/archives/frictionless_sharing_pros_cons.php">qui s'annonce</a>) est le lieu de l'ultrasociabilité, et ce, encore plus quand votre profil va partager automatiquement ce que vous écoutez, lisez ou regardez. Alors que jusqu'à présent il fallait faire appel à un processus manuel pour ce faire (appuyer sur un bouton Like, Share ou autre), à l'avenir, la publication sera automatique. Une automatisation de nos décisions qui n'est d'ailleurs pas sans poser débat : allons-nous vers une surveillance silencieuse totale, <a href="http://adrianshort.co.uk/2011/09/25/its-the-end-of-the-web-as-we-know-it/">comme s'en alarme Adrian Short</a> ?  <a href="http://news.cnet.com/8301-31322_3-57324406-256/how-facebook-is-ruining-sharing/ ">Est-ce la fin du partage</a> ? Ou allons-nous vers un monde de services toujours un peu plus à votre service ? Pour Adam Daugelli, <a href="http://www.lifeinbeta.org/2011/10/the-difference-between-broadcasting-and-tracking-or-what-facebook-still-hasnt-learned-about-personal-data/">Facebook n'a toujours pas compris la différence entre la surveillance et la diffusion</a>... </p>
<p><strong>Développer de nouveaux signes et symboles</strong><br />
<a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2011/12/punctuat02.jpg"><img src="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2011/12/punctuat02.jpg" alt="" title="punctuat02" width="300" height="251" hspace="6" vspace="6" align="right" /></a>Notre espace typographique est-il suffisant face aux technologies qui viennent ? On a vu, via Twitter ou via les Smileys par exemple, qu'on a su lui donner des dimensions qui n'existaient pas auparavant, en utilisant autrement les signes de ponctuation, en leur donnant de nouvelles fonctions, pour certaines codées dans la machine.<br />
<a href="http://punctu.at/">Ponctuation</a> de <a href="http://portfolio.myers.fr/home">Nicolas Myers</a> est un outil pour créer, combiner et partager de nouveaux symboles et marques de ponctuations. En utilisant des formes typographiques existantes, le projet explore comment les symboles personnels peuvent enrichir et modifier le sens d'un texte. </p>
<p><strong>S'écrire soi-même</strong><br />
 “L’avenir de l’écriture est-il de tout écrire de soi ? Sera-t-il de lire les données de nos propres autobiographies ?” C’est la question que posent <a href="http://pohflepp.plugimi.com/">Sasha Pohflepp</a> et <a href="http://www.woebken.net/">Chris Woebken</a> dans "le futur de toute chose". Nous sommes la dernière génération dont la vie n'aura pas été totalement enregistrée. Désormais, les machines vont créer de nous un récit continu, parfois très intime, très personnel, jusqu'au dialogue des capteurs avec nos données vitales. Les technologies personnelles surveillent déjà le moindre de nos mouvements. Notre mémoire sélective est un concept biologique dont les bases de données ne souffrent pas, expliquent les artistes. L'avenir de l'écriture repose-t-il dans nos propres autobiographies qui seront rédigées par des fantômes machiniques ? Serons-nous conscients d'être les protagonistes d'une narration continue ? </p>
<p>Un peu à la manière de ce qu'explique l'artiste américaine <a href="http://www.lauriefrick.com/">Laurie Frick</a> de son travail à partir de données personnelles (voir <a href="http://www.internetactu.net/2011/12/01/quantified-self-13-mettre-linformatique-au-service-du-corps/">L'art de la mesure</a>) : serons-nous obnubilés par notre propre écriture de soi ? Nous voulons des machines qui se souviennent de là où nous n'étions pas, expliquent les auteurs. Nous voulons des machines qui puissent lire notre futur comme quand nous tapons les premières lettres d'un mot dans Google. Peut-être même voulons-nous des machines qui écrivent à notre place les phrases que les autres cherchent pour nous... </p>
<p>Bien sûr, ces propositions artistiques ne sont que des formes d'excursions dans ce que pourrait être l'avenir de l'écriture. Mais elles posent quelques questions fortes sur comment le numérique recompose notre matériel en tant qu'auteur qu'écrivain. Et ce n'est pas fini !</p>
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<a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/lafeuillerss?a=6fvndjlFzsI:1gnZwZ_ysE0:yIl2AUoC8zA"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/lafeuillerss?d=yIl2AUoC8zA" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/lafeuillerss?a=6fvndjlFzsI:1gnZwZ_ysE0:dnMXMwOfBR0"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/lafeuillerss?d=dnMXMwOfBR0" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/lafeuillerss?a=6fvndjlFzsI:1gnZwZ_ysE0:D7DqB2pKExk"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/lafeuillerss?i=6fvndjlFzsI:1gnZwZ_ysE0:D7DqB2pKExk" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/lafeuillerss?a=6fvndjlFzsI:1gnZwZ_ysE0:V_sGLiPBpWU"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/lafeuillerss?i=6fvndjlFzsI:1gnZwZ_ysE0:V_sGLiPBpWU" border="0"></img></a> <a href="http://feeds.feedburner.com/~ff/lafeuillerss?a=6fvndjlFzsI:1gnZwZ_ysE0:F7zBnMyn0Lo"><img src="http://feeds.feedburner.com/~ff/lafeuillerss?i=6fvndjlFzsI:1gnZwZ_ysE0:F7zBnMyn0Lo" border="0"></img></a>
</div><img src="http://feeds.feedburner.com/~r/lafeuillerss/~4/6fvndjlFzsI" height="1" width="1"/>]]></content:encoded><description>L'avenir de l'écriture est souvent dépeint de manière aussi sombre que celui de la lecture. L'éditorialiste Anne Trubek pronostiquait il y a quelque temps, pour Miller-McCune la fin de l'écriture manuelle, malgré tous ses avantages cognitifs, puisqu'elle permet de mêler &amp;#8230; &lt;a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/2011/12/01/comment-ecrirons-nous-demain/"&gt;Continuer la lecture &lt;span class="meta-nav"&gt;&amp;#8594;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;</description><wfw:commentRss xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/">http://lafeuille.blog.lemonde.fr/2011/12/01/comment-ecrirons-nous-demain/feed/</wfw:commentRss><slash:comments xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/">24</slash:comments><mia:nbComments xmlns:mia="http://www.lemonde.fr/ns/mia/elements/1.1/" with="4319" nb="24" /><feedburner:origLink>http://lafeuille.blog.lemonde.fr/2011/12/01/comment-ecrirons-nous-demain/#xtor=RSS-32280322</feedburner:origLink></item><item rdf:about="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/?p=4306"><title>La fin de la librairie (2e partie) : Pourquoi nous sommes-nous détournés des librairies ?</title><link>http://feedproxy.google.com/~r/lafeuillerss/~3/1DtNJ_lwuIE/</link><dc:subject>librairie</dc:subject><dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator><dc:date>2011-11-18T12:46:52-08:00</dc:date><content:encoded xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"><![CDATA[<p><a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/2011/10/28/la-fin-de-la-librairie-1ere-partie-ce-nest-pas-linternet-qui-a-tue-la-librairie/">On a esquissé dans la première partie</a>, l'influence des pratiques commerciales sur la décomposition du tissu des librairies pour rappeler que la crise actuelle de la librairie n'était pas due à l'internet, mais plutôt aux conditions commerciales imposées par la distribution, qui impose aux petits magasins de proximités que forment le coeur de la librairie, des conditions commerciales de plus en plus semblables à celles qu'elle accorde aux grandes surfaces (GS) et aux grandes surfaces spécialisées (GSS). La librairie est le commerce de détail qui a la marge la plus faible : on comprend que ce soit pour beaucoup d'entre eux, intenables. </p>
<p><a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2011/11/librairierossignol.png"><img src="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2011/11/librairierossignol.png" alt="" title="librairierossignol" width="540" height="361" class="alignright size-full wp-image-4310" /></a><br />
<i>Image : Une vieille enseigne de librairie à Paris photographiée par <a href="http://www.flickr.com/photos/essgee/3148294920/">par Sean Ganann</a>.</i></p>
<p>Il y a une seconde raison à observer pour comprendre le malaise de la librairie. Cette raison repose dans les transformations de nos pratiques culturelles. Qu'on s'en désole ou qu'on s'en félicite, nos modalités de consommation, à l'heure de l'hyperconsommation que décrit très bien Gilles Lipovetsky dans <i>Le bonheur paradoxal</i>, me semblent également à prendre en cause. Nous n'avons plus le même rapport à la culture, à l'écrit, qu'il y a 30 ans, date de l'instauration de la loi sur le prix unique du livre. Le livre est devenu un produit de l'industrie culturelle comme les autres, que nous ne consommons plus de manière isolée - pour ceux qui le consomment encore. </p>
<p>S'il reste encore des gens qui ont la culture de l'imprimé et uniquement de l'imprimé, les plus gros lecteurs sont devenus des gens aux pratiques culturelles multiples, qui ont intégré les écrans dans leurs modes de consommation culturelle. Pas les libraires.</p>
<h2>La montée du consommateur occasionnel</h2>
<p>On n'a jamais vendu autant de livres annuellement, mais nos modes de consommation ont changé en 20 ans. Tout d'abord, si nous sommes plus nombreux, nous achetons globalement moins de livres chacun. La part des Français qui n'achètent pas de livres est de 48 %  (<a href="http://www.centrenationaldulivre.fr/IMG/pdf/Chiffres-cles_2009-2010.pdf">source CNC .pdf</a>). Un Français sur deux n'en achète jamais ! <a href="http://www2.culture.gouv.fr/culture/deps/2008/pdf/Cprospective07_3.pdf">Générationnellement, la lecture est en recul (.pdf)</a>. Une partie de la population a décroché du monde du livre et ne reviendra pas à la lecture, sans une politique culturelle d'ampleur, visant à aller chercher les non-lecteurs là où ils se trouvent... </p>
<p>Parmi ceux qui achètent encore des livres, en 2009, 25 % ont acheté entre 1 à 4 livres, 15 % ont acheté 5 à 11 livres. 10 % ont acheté plus de 12 livres. </p>
<p><a href="http://www.syndicat-librairie.fr/fr/chiffres_cles">Le Syndicat de la librairie rappelle pourtant</a> que la proportion des gros acheteurs de livres (10 livres par an et plus) - qui représente à eux seuls 60 % des achats ! - demeure assez stable depuis 20 ans (alors que la part des gros lecteurs, elle, a eu tendance à baisser). Cela signifie que ceux qui demeurent des gros lecteurs demeurent avant tout des gros acheteurs. </p>
<p>Les lecteurs occasionnels se sont réduits et ont tendance à acheter moins. Le fait qu'ils aient tendance à moins acheter les détourne de la librairie, car en ne vendant que du livre, la librairie s'adresse essentiellement au gros acheteur. Le client occasionnel a tendance à acheter son produit culturel en passant, en achetant soit un autre produit culturel (dans les GSS) soit toute autre chose (dans les GS). Mais il franchit de moins en moins la porte de la librairie. Le livre n'est pas sa motivation d'achat premier. Il le fait au détour d'autre chose, comme le montre bien la forte progression des ventes de livres dans les lieux de transits (gare et aéroports). </p>
<p>Le profil des personnes qui achètent des livres régulièrement n'a guère évolué en 10 ans : les femmes sont plus nombreuses que les hommes et la propension à acheter dépend toujours autant du niveau de diplôme et du milieu social. Pourtant, comme le montre Olivier Donnat dans sa remarquable <i>Enquête sur les pratiques culturelles des Français à l'ère numérique</i>, parmi ceux qui lisent le plus, il y a désormais deux profils de lecteurs. Ceux dont l'imprimé est et demeure le média central, mais aussi ceux qui cumulent les modes d'accès à la culture. Si ceux dont l'imprimé est et demeure le média central se sentent à l'aise entourés de livres, les autres forts consommateurs de livres ne consomment pas que ce produit culturel. Ils ont besoin/envie de diversité : ils consomment également du film, de la musique, des jeux vidéos... Et puis bien sûr de la technologie. Car si nos dépenses culturelles traditionnelles dans le domaine du livre sont restées assez stables, elles sont concurrencées directement par les dépenses d'écran, <a href="http://www2.culture.gouv.fr/culture/deps/2008/CE-2011-3-site.pdf ">souligne la dernière étude (.pdf)</a> du Département des études, de la prospective et des statistiques du ministère de la Culture. Or ces acheteurs de livres là (qui n'achètent pas que des livres) sont un peu désappointés en librairie, puisqu'ils n'y trouvent rien d'autre que du papier. </p>
<p>Pour le dire autrement, alors que les bibliothèques sont devenues des médiathèques pour répondre à la diversification des publics, de l'offre et des demandes, les librairies, elles, sont restées des librairies.</p>
<h2>Hyperconsommation : le dictat du choix et de la diversité</h2>
<blockquote><p>À force de culpabiliser les lecteurs, le libraire du coin les a envoyés d’abord à la FNAC puis dans les grandes surfaces et enfin sur Internet – chez Amazone et Apple notamment- ou personne ne les juge puisqu’il n’y a pas de personnel pour les juger.<br />
Thomas <a href="http://www.lalettredulibraire.com/index.php?post%2F2011%2F11%2F17%2FLa-fin-des-librairies-selon-T%C3%A9l%C3%A9rama">"La fin de la librairie selon Télérama"</a> in La lettre du libraire</p>
</blockquote>
<p>Les transformations des pratiques d'achats des lecteurs, qui nous conduisent à privilégier l'achat sur l'internet et dans les temples de la culture ou de l'inculture que sont les GS et les GSS, me semblent essentielles pour comprendre ce qui nous a détournés (et continue de nous détourner de la librairie).</p>
<p>Assurément, puisque les librairies qui se maintiennent le mieux dans la crise, sont souvent les plus grosses, <a href="http://www.ddm.gouv.fr/article.php3?id_article=1679">comme le souligne l'étude Xerfi</a>, c'est que le choix et la diversité sont devenues des valeurs primordiales pour les hyperconsommateurs que nous sommes devenus. Nous avons l'impression (fausse, <a href="http://www.lemotif.fr/fr/etudes-et-analyses/etudes-du-motif/qui-vend-quoi-/#para_l-espace-de-liberte-que-constitue-la-librairie-est-il-encore-vivant-">comme le rappelle l'étude du Motif</a>) que nous avons moins de choix dans une librairie que dans une GS ou une GSS - et ce alors que nous achetons moins de titres chacun puisque la part des gros acheteurs chute. </p>
<p><a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2011/11/wiatingforpoetry.png"><img src="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2011/11/wiatingforpoetry.png" alt="" title="wiatingforpoetry" width="540" height="407" class="alignright size-full wp-image-4311" /></a><br />
<i>Image : Nous attendons la poésie, <a href="http://www.flickr.com/photos/brewbooks/2588687621/">par J. Brew</a>.</i></p>
<p>En fait, nous sommes de plus en plus à la recherche d'une diversité (un livre spécialisé et une nouveauté, une nouveauté et un livre de fond, ou un livre et un jeu ou un album de BD et un film...) que les grandes surfaces culturelles ou l'internet semblent pouvoir mieux nous apporter. Les grosses librairies (qui offrent le plus large choix) et les librairies spécialisées (qui offrent une complétude spécialisée, un choix et une diversité relative) tirent ainsi mieux leur épingle du jeu que les librairies généralistes. Nous nous sommes habitués aux linéaires sans fins présentant des centaines de références d'un même produit. Nous nous sommes habitués à la profusion. La librairie subit (peut-être d'une manière un peu plus marquée ou forte) le même déclin que les autres petits commerces de proximité et en partie pour les mêmes raisons. </p>
<h2>L'illusion de la proximité et du conseil</h2>
<blockquote><p>"Oui, l'accueil n'est réellement pas le point fort du commerce français. Tout le monde a pu en juger par lui-même. Internet lui est discret, on n'est pas vu, pas jugé, et en guise d'aide on se laisse conseiller par l'algorithme qui vous "calcule" votre besoin".<br />
"Pourtant, il y a une chose que l'internet n'offre pas : c'est le contact humain".<br />
Vincent Demulière (<a href="http://lalibrairieestmortevivela.blogspot.com/">blog</a>), <i><a href="http://comprendrelelivrenumerique.com/category/comprendre-le-livre-numerique/inventer-ensemble-la-librairie-de-demain/">Inventer ensemble la librairie de demain</a></i>, Numerik'livre 2011. </p>
</blockquote>
<p>Le développement de l'internet, des GS et GSS, le succès des plus grosses librairies sur les plus petites, montre bien que la proximité physique et le conseil, les deux vertus de la librairie ne sont plus de mises. Pire, elles me semblent être devenues des lapalissades, des mantras qu'assènent les libraires pour se convaincre de leur utilité. </p>
<p>Tout d'abord, contrairement à ce que pensent bien des libraires, ils n'ont pas le monopole du contact humain. Tant s'en faut. Pire, je pense qu'internet offre bien plus de contact humain, de richesse et de diversité d'interaction qu'un échange physique avec un libraire, quoiqu'ils s'en désolent. </p>
<blockquote><p>“La critique facile voudrait qu’il n’y ait qu’un lieu où quelque chose d’humain advient : la rencontre physique. Tout ce qui serait à distance, tout ce qui passerait par la technologie ou l’imagination serait “moins humain”… Mais dès que l’on aborde les pratiques numériques, on remet en place ces idées. Les gens sont derrière les écrans ! On a une représentation fausse des pratiques sociales. Relisons l’étude d’Olivier Donnat sur les Pratiques culturelles des Français à l’ère numérique : à l’inverse de la télévision, plus vous êtes devant un écran d’ordinateur, plus vous avez une vie sociale intense. Les bons blogueurs ont des vies sociales denses.”<br />
Dominique Cardon, cité par moi-même dans <a href="http://www.internetactu.net/2011/11/17/refaire-societe-quels-nouveaux-lieux-de-convivialite/">Quels nouveaux lieux de convivialité ?</a>.</p>
</blockquote>
<p>En tout cas, le succès de l'internet, de la GS et de la GSS : qui ne sont pas connu pour leurs qualités de conseil, montre, bien assurément, que ce n'est pas ce que cherchent les lecteurs, et surtout les lecteurs occasionnels. Visiblement, le confort de l'algorithme et de la sérendipité leur suffit largement ! </p>
<p>Si l'on en croit un sondage de novembre 2005 Ipsos/Livre-Hebdo, 59 % des lecteurs ne savent pas ce qu'ils vont acheter en entrant dans un point de vente. Ce qui va compter dans leur décision, c'est le résumé et la couverture du livre (pour 45 %), loin devant le conseil du libraire (13 % seulement). Le lecteur occasionnel est devenu autonome. Il a largement le choix dans ce qu'il veut lire et il est peu probable que l'élitisme de la librairie, dont se moque avec raison Vincent Demulière dans son livre, se retrouve en adéquation avec ce type de lecteur. Le conseil des moteurs de recommandations, aussi imparfait soit-il, est parfois bien plus riche que le regard condescendant d'un libraire ou son conseil qui tombe à côté. </p>
<p>Quant à la proximité géographique, physique, la disparition de nombreuses autres formes de commerces de proximité, montre bien que l'argument ne se suffit pas non plus à lui-même. La complexité des mobilités et des parcours d'achats, rendent peut-être aujourd'hui plus facile, pour des consommateurs occasionnels, un achat groupé avec d'autres achats ou une commande sur l'internet, que de passer à la librairie du bas de la rue, sachant par avance qu'il faudra peut-être y retourner pour avoir ce que l'on y cherchait. Même s'il est en bas de chez nous, le libraire n'est plus dans l'environnement commercial immédiat des gens. </p>
<p>Face aux transformations des modalités commerciales et des comportements d'achats des clients, la librairie s'est crue protégée derrière le prix unique du livre qui a fait croire aux libraires qu'ils ne risquaient pas d'agression du monde extérieur et notamment du marketing. C'est de l'intérieur qu'ils ont été rongés. Non seulement par le capitalisme d'innovation <a href="http://www.internetactu.net/2011/11/14/que-nous-faut-il-pour-refaire-societe/">qu'évoque Pierre Rosanvallon</a> mais également par la transformation profonde de nos modes de consommation.</p>
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</div><img src="http://feeds.feedburner.com/~r/lafeuillerss/~4/1DtNJ_lwuIE" height="1" width="1"/>]]></content:encoded><description>On a esquissé dans la première partie, l'influence des pratiques commerciales sur la décomposition du tissu des librairies pour rappeler que la crise actuelle de la librairie n'était pas due à l'internet, mais plutôt aux conditions commerciales imposées par la &amp;#8230; &lt;a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/2011/11/18/la-fin-de-la-librairie-2e-partie-pourquoi-nous-sommes-nous-detournes-des-librairies/"&gt;Continuer la lecture &lt;span class="meta-nav"&gt;&amp;#8594;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;</description><wfw:commentRss xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/">http://lafeuille.blog.lemonde.fr/2011/11/18/la-fin-de-la-librairie-2e-partie-pourquoi-nous-sommes-nous-detournes-des-librairies/feed/</wfw:commentRss><slash:comments xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/">41</slash:comments><mia:nbComments xmlns:mia="http://www.lemonde.fr/ns/mia/elements/1.1/" with="4306" nb="41" /><feedburner:origLink>http://lafeuille.blog.lemonde.fr/2011/11/18/la-fin-de-la-librairie-2e-partie-pourquoi-nous-sommes-nous-detournes-des-librairies/#xtor=RSS-32280322</feedburner:origLink></item><item rdf:about="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/?p=4297"><title>Amazon : l’industrialisation de la fidélisation</title><link>http://feedproxy.google.com/~r/lafeuillerss/~3/CViR4YWertk/</link><dc:subject>Amazon</dc:subject><dc:subject>marketing</dc:subject><dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator><dc:date>2011-11-08T05:32:46-08:00</dc:date><content:encoded xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"><![CDATA[<p>Amazon vient de lancer un service de prêt de livres numériques baptisé : <a href="http://www.amazon.com/gp/feature.html/?docId=1000739811">Kindle Lending Library</a>. Le système est assez simple : les propriétaires de Kindle pourront accéder à une bibliothèque de prêt de livres, leur permettant d'emprunter gratuitement un titre à la fois et par mois (voir <a href="http://www.ebouquin.fr/2011/11/04/amazon-ouvre-son-service-de-streaming-debooks-aux-etats-unis/">les explications détaillées d'eBouquin.fr</a>). On est loin de la réinvention de la bibliothèque, <a href="http://www.ecrans.fr/Et-Amazon-reinventa-la,13477.html">comme le suggérait Ecrans.fr</a> (quelle horreur, une bibliothèque qui ne vous permettrait d'accéder qu'à un titre à la fois et par mois !) ou même de la préfiguration d'un Spotify du livre (une offre d'abonnement illimité à des contenus textuels, comme le propose Spotify pour la musique ou Netflix pour la vidéo). L'offre d'Amazon doit se comprendre pour ce qu'elle est : une simple offre commerciale de plus, mais dans un écosystème commercial conçu pour nous retenir et nous faire dépenser toujours un peu plus d'argent, sans nous le faire sentir. </p>
<p><a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2011/11/kindlelending-how-to-borrow.jpeg"><img src="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2011/11/kindlelending-how-to-borrow.jpeg" alt="" title="kindlelending-how-to-borrow" width="451" height="305" hspace="6" vspace="6" align="right" /></a><br />
<i>Image : la fonction d'emprunt gratuit de livre dans le Kindle d'Amazon.</i></p>
<h2>Le succès du programme premium</h2>
<p>Le Kindle Lending Library n'est pas sans défaut. Comme le signale encore eBouquin.fr, "les limitations du service reflètent les difficultés rencontrées par Amazon dans ses négociations avec les maisons d’édition". En effet, rapporte le <a href="http://online.wsj.com/article/SB10001424052970204621904577014273003626952.html"><i>Wall Street Journal</i></a> :  aucun des 6 grands éditeurs américains ne participe à ce programme limité à 5000 titres du Kindle Store. </p>
<p>Disponible uniquement aux Etats-Unis (pour le moment), le service a une autre limitation : il est réservé aux clients d'Amazon qui ont souscrits au service premium : <a href="http://www.amazon.fr/gp/subs/primeclub/signup/main.html?tag=googhydr0a8-21&#038;hvadid=8339730499&#038;ref=pd_sl_4nj5jxacx_b">le service Prime</a>. Le service Prime est un programme d'adhésion et de fidélisation qui consiste en un abonnement annuel de 49 euros (79 $ aux États-Unis) qui offre la livraison gratuite, rapide et à volonté pour toutes les commandes passées depuis le site quel que soit leur montant. Créé en 2005, le programme est disponible en France, Allemagne, Grande-Bretagne, Japon et bien sûr Etats-Unis. Bien qu'il ne ressemble qu'à un programme d'expédition, celui-ci a pour effet de démultiplier l'achat sur le site, explique <a href="http://www.practicalecommerce.com/articles/3043-Amazon-Prime-5-Million-Members-20-Percent-Growth">Practical eCommerce</a>. </p>
<p>Eugene Munster, analyste à la banque Piper Jaffray, a réalisé l'année dernière une étude du programme Prime. En 2009, Amazon avait 2 millions de membres premium. En 2011, il en totalisait 5 millions, pour 121 millions de clients. Cela ne représente certes que 4 % de ses clients, mais le programme premium croit à belle allure : 20 % par an ! </p>
<p>Autant dire que le programme est un réel succès marketing : le volume de commande des clients premium augmente singulièrement de 400 à 900 dollars dès leur première année de fidélisation. Pour chaque million de membres premium, les revenus d'Amazon augmentent de 1,5%. Les membres Premium dépensent 130 % de plus que les clients réguliers d'Amazon.  92 % des membres premium pensent renouveler leur adhésion. </p>
<p>Selon un autre analyste, John Aiken, d'ITV Investment Research, 10 % des acheteurs actifs d'Amazon (ceux qui effectuent un achat dans les 12 derniers mois) sont membres premiums. D'autres analystes estiment que le programme Premium a permis à Amazon de voir ses ventes grimper de 30 % malgré la récession en 2009, alors que les ventes de la concurrence reculaient dans la même période. </p>
<p>Autre information intéressante. Tous les membres premiums ne payent pas leur adhésion. Amazon offre le service aux étudiants pour une durée de 6 mois, ainsi qu'aux jeunes parents, clients privilégiés s'il en est qui ont tout à s'équiper ! Quant au montant de l'adhésion, la petite histoire veut qu'il ait été fixé à la volée, comme un prix psychologique, plutôt qu'à la suite d'une longue étude de marché.</p>
<h2>Prime : un programme rentable, mais coûteux</h2>
<p>Bien sûr cette offre a des effets sur l'évolution des coûts d'expédition d'Amazon et donc sur ses résultats. En 2005, les frais d'expéditions représentaient 2,8 % des revenus nets d'Amazon. En 2001, ils représentent 4,8 %. La marge d'Amazon est passée de 5 % en 2005 à 4,1% en 2010. Par rapport au volume des ventes, les frais d'expéditions n'ont bien sûr cessé d'augmenter passant de 3,9 % au premier trimestre 2009 à 4,9 % au deuxième trimestre 2011 (à mesure de l'augmentation des volumes de commandes). </p>
<p><a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2011/11/amazoncoutexpedition.png"><img src="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2011/11/amazoncoutexpedition.png" alt="" title="amazoncoutexpedition" width="497" height="208" class="alignright size-full wp-image-4302" /></a><br />
<i>Image : le coût des expéditions chez Amazon rapporté aux ventes.</i></p>
<p>Avec des marges en baisse et des frais d'expédition en hausse, on devine que la question des expéditions est épineuse chez Amazon. Dans son bilan financier de juin 2011, Amazon affirmait vouloir réduire ses coûts d'expédition par l'augmentation des volumes de vente. Et pour cela, Amazon a besoin de plus de clients Premium ! Et ce d'autant plus si les clients de cette offre ont des avantages sur des produits qui ne nécessitent pas d'expédition !</p>
<p>C'est ainsi qu'en février 2011, <a href="http://www.zdnet.fr/actualites/amazon-offre-du-streaming-video-illimite-a-ses-clients-premium-39758470.htm">Amazon a proposé une offre d'abonnement gratuite</a> aux membres du service premium, à son service <a href="http://www.amazon.com/Instant-Video/b/ref=topnav_storetab_mov_aiv?ie=UTF8&#038;node=2858778011">Amazon Instant Video</a>, un service de téléchargement de films et d'émissions Télé. Comme l'explique très bien Practical E-Commerce, le but du couplage d'offres numériques à l'abonnement premium est d'attirer des clients à cette forme de fidélisation tout en leur faisant privilégier des contenus numériques qui ne pèsent pas sur le montant des expéditions.<br />
On comprend mieux ainsi, comment Amazon peut se permettre d'offrir des livres gratuitement, <a href="http://www.technologyreview.com/blog/mimssbits/27313/?p1=blogs">comme l'explique Christopher Mims pour la <i>Technology Review</i></a> : Amazon fait tant d'argent avec son programme premium, que les médias numériques sont devenus la perte la plus adaptée à celui-ci, puisqu'elles ne grèvent pas le montant des expéditions. </p>
<h2>Prime : la fin du modèle ?</h2>
<p>Amazon Prime est le programme de fidélisation e-commerce le plus ingénieux et efficace qui soit, puisqu'il convertit des acheteurs réguliers en clients fidèles, et ce, en leur proposant un produit supplémentaire. <a href="http://www.businessweek.com/magazine/content/10_49/b4206039292096.htm"><i>Bloomberg Business Week</i></a> signalait l'année dernière que toutes les grandes chaines de cybermarchands se mettent à le copier. 20 grandes enseignes en ligne et physiques ont lancé un programme d'expédition gratuit (mais seulement sur 2 jours), <a href="http://www.shoprunner.com/">ShopRunner</a>. Désormais, les grandes enseignes américaines comme Wall-Mart, Best Buy, Target et J.C. Penney se sont lancés dans des offres premium garantissant l'expédition gratuite. Gene Munster estime que les gens vont désormais réfléchir à deux fois avant de souscrire une offre parmi d'autres. Le taux de conversion du programme premium d'Amazon risque donc de diminuer dans les mois à venir, sous l'effet de la concurrence... D'où une démultiplication des annonces pour le promouvoir, même auprès d'acheteurs numériques qui n'ont pas besoin du programme premium pour consommer. </p>
<p>Essoufflement du modèle ? Peut-être. Changement de modèle à terme ? Certainement. </p>
<p>Bien sûr, reste à savoir si Amazon Prime est une bonne affaire et vaut réellement son écot (alors qu'Amazon offre la livraison gratuite si vous faites plus de 25 $ de commande en une seule fois aux Etats-Unis, et sans minimum d'achat pour certains produits - dont le livre - en France). <i>"Je ne pense pas que ce soit une bonne affaire"</i>, estime <a href="http://www.kityarrow.com/">Kit Yarrow</a>, professeur de psychologie et de marketing à l'université Golden Gate. Ce à quoi les gens souscrivent, c'est à une gratification immédiaten, explique la spécialiste du marketing. Où, comme le dit encore <a href="http://moneyland.time.com/2010/12/01/how-amazon-gets-you-to-stop-shopping-anywhere-else/"><i>Le Time</i></a>, cela n'a pas de sens de payer pour obtenir l'expédition gratuite. Sauf à considérer que le service premium encourage l'achat impulsif et irréfléchi... </p>
<p>Et c'est bien là la force du marketing d'Amazon : Amazon est une machine marketing pour développer l'achat d'impulsion, qui est d'autant plus important si produits sont loin du client final, ce qui est le cas dans les vitrines en ligne. Le programme Prime, comme la gamme des Kindle et l'offensive marketing du Kindle Store (prix d'appels bas) sont des machines impulsives. Le magasin intégré des Kindle qui permet de s'y connecter de partout, en étant certainement le fer de lance : le dernier (en date) et le premier (en valeur).</p>
<div style="width:425px" id="__ss_7949350"> <strong style="display:block;margin:12px 0 4px"><a href="http://www.slideshare.net/faberNovel/amazoncom-lempire-cach" title="Amazon.com : l&#39;Empire caché" target="_blank">Amazon.com : l&#39;Empire caché</a></strong> <iframe src="http://www.slideshare.net/slideshow/embed_code/7949350" width="425" height="355" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<div style="padding:5px 0 12px"> View more presentations from <a href="http://www.slideshare.net/faberNovel" target="_blank">faberNovel</a> </div>
</p>
</div>
<p><i>Diaporama : L'Empire caché d'Amazon, excellente étude sur l'ogre du commerce électronique réalisée par FaberNovel.</i> </p>
<p>Pour comprendre <i><a href="http://www.slideshare.net/faberNovel/amazoncom-lempire-cach">l'empire caché d'Amazon</a></i>, il faut prendre la mesure qu'Amazon est une industrie, dans l'acception la plus capitaliste du terme. <a href="http://www.mcall.com/news/local/mc-allentown-amazon-complaints-20110917,0,7937001,full.story">Il suffit pourtant de se rendre dans ses entrepôts pour s'en rendre compte</a>, relève <a href="http://www.article11.info/spip/Fetichisme-de-la-marchandise"><i>Article XI</i></a> : </p>
<blockquote><p>"Le tableau est sombre : extrême précarité du travail, climat de chantage permanent et absence de droits, rythmes inhumains, avec vitesse redoublée d’un jour à l’autre (de 250 à 500 colis par jour, sans préavis), par une température qui dépasse les 40° et en une occasion au moins, a atteint les 45°, mesures disciplinaires aux dépens de ceux qui ralentissent le rythme ou, simplement, s’évanouissent (un rapport du 2 juin dernier évoque le chiffre de 15 travailleurs évanouis sous l’effet de la chaleur), licenciements « exemplaires » instantanés, le réprouvé étant raccompagné à la porte sous les yeux de ses collègues. Et ce n’est pas tout. Lisez-la tout entière, l’enquête. Elle en vaut la peine. La phrase-clé est prononcée par un ex-magasinier : « They’re killing people mentally and physically."</p>
</blockquote>
<p>Mais ce n'est pas qu'une industrie qui repose sur l'exploitation de la force de travail. C'est aussi une industrie du marketing, qui repose sur l'exploitation de tous nos biais cognitifs pour favoriser la commercialisation de ses produits. </p>
<p>Reste que c'est seulement en comprenant en profondeur son fonctionnement qu'on saura trouver des parades et développer des offres alternatives à l'omnipotence d'Amazon comme des autres grandes industries de l'internet. </p>
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</div><img src="http://feeds.feedburner.com/~r/lafeuillerss/~4/CViR4YWertk" height="1" width="1"/>]]></content:encoded><description>Amazon vient de lancer un service de prêt de livres numériques baptisé : Kindle Lending Library. Le système est assez simple : les propriétaires de Kindle pourront accéder à une bibliothèque de prêt de livres, leur permettant d'emprunter gratuitement un &amp;#8230; &lt;a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/2011/11/08/amazon-lindustrialisation-de-la-fidelisation/"&gt;Continuer la lecture &lt;span class="meta-nav"&gt;&amp;#8594;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;</description><wfw:commentRss xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/">http://lafeuille.blog.lemonde.fr/2011/11/08/amazon-lindustrialisation-de-la-fidelisation/feed/</wfw:commentRss><slash:comments xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/">22</slash:comments><mia:nbComments xmlns:mia="http://www.lemonde.fr/ns/mia/elements/1.1/" with="4297" nb="22" /><feedburner:origLink>http://lafeuille.blog.lemonde.fr/2011/11/08/amazon-lindustrialisation-de-la-fidelisation/#xtor=RSS-32280322</feedburner:origLink></item><item rdf:about="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/?p=4287"><title>La fin de la librairie (1ère partie) : Ce n’est pas l’internet qui a tué la librairie</title><link>http://feedproxy.google.com/~r/lafeuillerss/~3/gGRNrNDm8gU/</link><dc:subject>librairie</dc:subject><dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator><dc:date>2011-10-28T08:24:09-07:00</dc:date><content:encoded xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"><![CDATA[<blockquote><p>"C'est la question du bouc-émissaire, qui est le piège !" - <a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2658">François Bon - "À cause de mecs comme toi"</a></p>
</blockquote>
<h2>Une économie trop fragile</h2>
<p>Voilà longtemps que la situation économique de la librairie est fragile (<a href="http://www.centrenationaldulivre.fr/IMG/pdf/Resume_Etude_Librairie_SLF-SNE-MCC_def_070330.pdf">voir l'enquête 2007 sur la situation économique de la librairie indépendante .pdf</a>). La rentabilité de la librairie physique est l'une des plus faibles de l'ensemble des commerces de détail (1,4 % du CA en moyenne). Le chiffre d’affaires des librairies indépendantes  a reculé de 5,4% entre 2003 et 2010 avec un net décrochage au cours des deux derniers exercices (-2,5% en 2009 et -3,0% en 2010) lié en partie à un décrochage de la consommation de livre (un décrochage conjoncturel, mais également "structurel", estime le Département des études, de la prospective et de la statistique du ministère de la Culture <a href="http://www2.culture.gouv.fr/culture/deps/2008/CE-2011-3-site.pdf">dans sa dernière étude (.pdf)</a>), à la pression des coûts des loyers en centre-ville et des transports (pesant sur l'acheminement et le retour des livres). </p>
<p><a href="http://www.ddm.gouv.fr/article.php3?id_article=1679">Une étude</a> publiée en mai 2011, juste avant les <a href="http://www.lesrencontresnationalesdelalibrairie.fr/">Rencontres nationales de la librairie</a> réalisée pour le Syndicat de la librairie française par le cabinet d'étude <a href="http://www.xerfi.fr/">Xerfi</a> pointe du doigt deux principales raisons :  </p>
<ul>
<li>la poussée d'internet et la commande de livre physique en ligne (qui en une dizaine d'années est parvenue à représenter 11 % du marché) qui échappe presque totalement à la librairie traditionnelle ;</li>
<li>le développement des achats dans la grande distribution et les enseignes spécialisées (qui représentent chacune 20 et 21 % du marché du livre en valeur, soit 4 fois le chiffre d'affaires de la vente physique de livre via l'internet, alors qu'en 1999, elles ne représentaient que 16 et 15 %).</li>
</ul>
<p><a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2011/10/lieudachatdulivre.png"><img src="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/files/2011/10/lieudachatdulivre.png" alt="" title="lieudachatdulivre" width="250" class="alignright size-full wp-image-4289" /></a>Quand on observe <a href="http://www2.culture.gouv.fr/culture/deps/chiffres-cles2010/11-livres-2010.pdf">les chiffres clés du secteur du livre 2010 (.pdf)</a>, édités par le Département des études, de la prospective et des statistiques du ministère de la Culture, on constate que la librairie n'est plus le <a href="http://passouline.blog.lemonde.fr/2011/10/02/une-librairie-est-elle-encore-un-lieu-unique/">"Lieu unique du livre"</a>, tant s'en faut : celle qui réalisait 21 % des ventes du livre en 1999, n'en réalise plus que 18 %. Le phénomène n'est pas nouveau. Il y a 10 ans, la librairie n'était déjà plus le lieu unique du livre. La grande surface et la grande surface spécialisée l'avaient déjà largement remplacée !</p>
<h2>Nos modes de consommation du livre ont changé</h2>
<p>La grande surface (GS) est devenue le temple du produit culturel de masse, du livre industriel avec son circuit de diffusion qui semble devenir toujours plus court. La grande surface spécialisée (GSS) est devenue le temple des industries culturelles, qui répond à l'extrême sélectivité marketing et commerciale de la grande surface par la profusion et la diversité de l'offre culturelle proposée. On le constate d'ailleurs dans l'étude Xerfi. Les librairies qui résistent le mieux sont les plus grandes (celles qui réalisent plus d'1 M€ de CA : elles sont les seules qui ont un chiffre d'affaires qui a progressé) et les librairies labélisées <a href="http://www.centrenationaldulivre.fr/?-Le-label-Librairie-Independante-de-">librairies indépendantes de références</a> (qui ont reçu des aides les exonérant par exemple de la taxe professionnelle - devenue la contribution économique territoriale). </p>
<p>Ce que montrent ces études, c'est qu'en 10 ans, nos modes de consommation du livre ont changé à mesure que notre rapport à la culture a changé. </p>
<p>Les lecteurs sont désormais à la recherche d'un vaste choix qui puisse réponde à leurs différents niveaux d'exigences culturels. Le succès des GSS (Fnac, Cultura, Virgin...) montre bien cela : nous voulons pouvoir trouver à la fois un titre précis et spécialisé et un succès commercial : nous voulons à la fois acheter un livre et un autre produit culturel. Le succès de la grande surface illustre, lui, plutôt la transformation de l'industrie du livre en quelques années, devenue une véritable industrie culturelle, comme le prophétisait André Schiffrin notamment dans <i>L'édition sans éditeurs</i>. La petite librairie ne correspond plus à nos modes de consommation de la culture ni à la manière dont celle-ci est en grande partie produite. On peut s'en désoler, bien sûr, <a href="http://www.lemotif.fr/fr/etudes-et-analyses/etudes-du-motif/qui-vend-quoi-/#para_l-espace-de-liberte-que-constitue-la-librairie-est-il-encore-vivant-">comme le souligne le Motif</a>, mais cela ne suffira pas. </p>
<blockquote><p>"Si les GSS offrent apparemment plus de références que les librairies de proximité, la diversité globale y est moins importante que dans l’ensemble des librairies" - LeMotif - <a href="http://www.lemotif.fr/fr/etudes-et-analyses/etudes-du-motif/qui-vend-quoi-/#para_l-espace-de-liberte-que-constitue-la-librairie-est-il-encore-vivant-">"Qui vend quoi ?"</a></p>
</blockquote>
<p>Le prix unique du livre papier instauré en 1981 l'a longuement protégé, mais n'a pas suffi à contrer la transformation des industries culturelles. On a tout tenté pour faire que le livre ne devienne pas un produit comme les autres, mais il l'est devenu. Ce n'est pas que les mesures de protection étaient mauvaises, mais elles n'étaient pas adaptées aux changements qui ont eut court dans les pratiques commerciales et les pratiques de lectures.</p>
<p>Dans ce contexte, comme le souligne l'étude Xerfi : <i>"l’érosion du tissu de librairies va continuer à s’accélérer"</i>. </p>
<h2>C'est l'office qui a tué la librairie</h2>
<blockquote><p>"Bon, on sort le tome 20 de XIII, faut que tu fasses un effort dessus, je t’en propose un box de 100...<br />
- Ben non, j’en vends 60 en 6 mois (je vous épargne les négociations).<br />
- Non, mais on va faire plein de pub sur facebook, regarde le plan média, vraiment j’insiste, c’est un enjeu pour tout le monde. En plus, c’est un tome qui se lit indépendamment, ça pourra faire du recrutement sur la série.<br />
- Sur une série qui n’a que 7 bons albums sur 19 ? Nan j’ai pas l’intention de remettre une couche sur XIII.<br />
- Bon d’accord j’insiste pas. Un box à 70 alors ?<br />
- …<br />
- Sinon y’a le nouveau Aigles de Rome. Tu vois, t’en vends que 30, c’est pas normal par rapport à tes autres ventes. Je t’en propose 40.<br />
- Ben oui, mais je trouve ça pas bien écrit et vulgaire, du coup je le conseille pas, ça se vend tout seul.<br />
- Eh bien si tu la conseillais, t’en vendrais deux fois plus.<br />
- Certes…<br />
Ils en sont donc encore à une logique de prise de place sur les étagères pour être sûrs d’être ceux qui feront pipi le plus loin et ceux qui se retrouveront tout en haut de la liste de Gilles Ratier."</p>
<p>Le libraire qui se cache pour mourir - <a href="http://www.leslibrairessecachentpourmourir.com/article-quand-on-pisse-contre-un-mur-ca-eclabousse-tout-le-monde-85311598.html">"Quand on pisse contre un mur ça éclabousse tout le monde"</a></p>
</blockquote>
<p>Cet exemple - même si ici on parle de BD -, illustre bien à mon avis ce qui s'est transformé ces dernières années. La pression commerciale de l'office, la surproduction qui pousse à vendre (et donc à acheter pour le libraire) alors que dans le même temps, le client déboussolé par l'offre pléthorique, a abandonné la librairie traditionnelle, pour se rendre dans les nouveaux lieux que sont les commerces en ligne et les temples culturels. Alors que la concurrence des industries culturelles s'est accrue, le prix du livre n'a pas baissé. Au contraire, la mévente (liées à la surproduction et aux changements de pratiques) a eu tendance à lui conserver un prix fort (contrairement au jeu vidéo, à la musique ou au film, <a href="http://www.syndicat-librairie.fr/fr/1982_2008_27_ans_d_evolution_du_marche_du_livre">le prix du livre est resté sensiblement stable</a> (sauf pour le poche), il a suivi "l’évolution de l’indice général des prix à la consommation" <a href="http://www.centrenationaldulivre.fr/?Libraires-le-prix-du-livre-en">comme le dit joliment le Centre national du Livre</a>). Depuis 30 ans, la part de gros lecteurs (qui étaient les premiers clients de la librairie traditionnelle) n'a cessé de diminuer, alors que la production a continué à exploser (la production de livres a augmenté de 175 % entre 1970 et 2007 pour atteindre quelque 70 000 titres chaque année).</p>
<blockquote><p>"Ils produisent beaucoup trop ! On en est à 70 000 titres publiés par an. L'embarras du choix tue le choix. Si je me laissais aller, je changerais chaque semaine tout l'éventail des livres de ma librairie, il n'y a pas meilleure manière de faire peur aux clients. On inonde le marché, on ne sait même plus pourquoi. A la rentrée littéraire de septembre, vous ne croyez pas que 200 nouveautés (sur les 700 publiés) suffiraient ?"</p>
<p>Emmanuel Delhomme, libraire et auteur d'<i>Un libraire en colère</i> - <a href="http://www.lexpress.fr/culture/livre/je-suis-devenu-une-sorte-de-verrue-dans-le-quartier_1004185.html">"Je suis devenu une sorte de verrue dans le quartier"</a></p>
</blockquote>
<p>Quand on lit avec attention les conclusions de l'étude Xerfi, on constate ainsi que le fonds qui était la spécialité de la librairie, n'est désormais plus son apanage. Le fonds et les livres à faible rotation ont désormais tendance à se vendre sur l'internet : ce qui constituait "l'âme" de la librairie indépendante a disparu. Et la raison, là encore, est à chercher dans les évolutions commerciales, comme l'exprime très bien Vincent Demulière (<a href="http://lalibrairieestmortevivela.blogspot.com/">blog</a>) : </p>
<blockquote><p>"On sait qu'une librairie doit vendre au moins trois fois par an le même livre pour justifier la place de ce dernier sur une étagère. C'est le coût de location dans un rayon, la rotation."</p>
<p>Vincent Démulière, <i>Inventer ensemble la librairie de demain</i></p>
</blockquote>
<p>Ce sont bien les nouvelles conditions commerciales qui deviennent insupportables pour les libraires, <a href="http://www.la-croix.com/Culture-Loisirs/Culture/Livres/La-librairie-independante-souffre-et-s-alarme-_EG_-2011-09-28-716990">comme l'analyse brillamment cet article de Sabine Audrerie pour <i>La Croix</i></a> et comme l'exprime Damien Besançon, libraire à La Cédille à Paris : <i>"l’édition a un fonctionnement de marché de masse, alors que le livre n’est pas un objet de consommation de masse."</i></p>
<p>Les principales raisons sont à trouver dans les conditions de commercialisation du livre, qui se sont mises à développer la même pression commerciale sur un libraire que sur une grande surface spécialisée. <a href="http://www.ccfi.asso.fr/blog/2011/09/la-librairie-en-danger-2/">Comme s'en faisait l'écho Olivier Bétourné, président du Seuil en septembre</a> suite aux Rencontres nationales de la librairie de juin : ce sont les conditions commerciales proposées aux libraires qui sont en grande partie responsables de la situation. Le PDG du Seuil s'est ainsi déclaré ouvert à une discussion sur les conditions commerciales proposées aux libraires. <a href="http://www.syndicat-librairie.fr/fr/le_slf_salue_l_intiative_de_l_ecole_des_loisirs_de_porter_sa_remise_de_base_a_37_">L'Ecole des Loisirs a décidé dès juin d'augmenter les conditions commerciales proposées aux libraires</a>. Depuis, d'autres éditeurs et diffuseurs semblent suivre le mouvement. Pas tous. </p>
<blockquote><p>"François Reynaud, de <a href="http://librairielescordeliers.hautetfort.com/">la librairie des Cordeliers à Romans-sur-Isère</a>, se félicite de bons résultats liés à un dynamisme d’animations, mais reste inquiet. Il s’est battu récemment contre les remises basses du géant Hachette avec l’idée de la « grève du lire » des parutions du groupe : présents dans sa librairie, mais pas soutenus. </p>
<p>Effet immédiat, Hachette a augmenté sa remise de 2 %. "Même à 35,5 %, cela reste une de nos plus mauvaises marges, contre 38 % chez Gallimard ou 37 % chez Volumen/Seuil. Hachette représentant 40 à 50 % du volume de nos ventes."" </p>
<p><a href="La librairie indépendante souffre et s’alarme">"La librairie indépendante souffre et s'alarme"</a></p>
</blockquote>
<p>Dans ce contexte, le développement du numérique risque bien de fragiliser un peu plus cet équilibre qui est déjà en passe de se rompre. La bascule de certains clients - et notamment de gros clients (car la bascule vers le livre numérique concerne bien souvent de gros lecteurs plutôt que de petits lecteurs), donc des clients réguliers de la librairie - peut suffire à faire disparaître le fragile équilibre de l'économie de la librairie indépendante. Il suffit de quelques ventes en moins pour que le bilan qui n'est déjà plus à l'équilibre, bascule complètement. </p>
<p>Derrière ce constat, ce qu'il faut comprendre c'est que les libraires (et les éditeurs) n'ont cessé d'apporter de mauvaises réponses à la transformation des pratiques de lecture, qu'ils ont accentuée par l'industrialisation à tout crin. C'est en essayant de s'adapter à leur évolution que la librairie pourra apporter une solution à son problème, pas en essayant de restaurer un "ordre ancien" de la lecture qui n'existe plus. </p>
<p>Bien sûr, l'internet a également joué un rôle dans la disparition de la librairie. La progression de la vente de livre sur l'internet en une dizaine d'années a pour l'essentiel échappé aux libraires indépendants. Amazon a tué la librairie, <a href="http://www.liberation.fr/culture/01012359438-amazon-m-a-tuer">comme le clamait Vincent Monadé, directeur du Motif dans une récente tribune</a>. Mais il n'est pas le seul : en 10 ans, internet s'est accaparé 10 % du marché, autant que les GS et GSS. Et pour ma part, je ne suis pas persuadé que l'internet soit la raison principale de cette désaffection, même si le fait que les libraires aient tardé à apporter une réponse n'a pas aidé (et que ces réponses soient en grande partie inappropriées, nous y reviendrons également). La principale raison tient certainement de la transformation des pratiques commerciales, nous l'avons vu, mais également des pratiques culturelles. C'est ce que nous tenterons de regarder dans la seconde partie de ce dossier (qui s'annonce long).</p>
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</div><img src="http://feeds.feedburner.com/~r/lafeuillerss/~4/gGRNrNDm8gU" height="1" width="1"/>]]></content:encoded><description>"C'est la question du bouc-émissaire, qui est le piège !" - François Bon - "À cause de mecs comme toi" Une économie trop fragile Voilà longtemps que la situation économique de la librairie est fragile (voir l'enquête 2007 sur la &amp;#8230; &lt;a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/2011/10/28/la-fin-de-la-librairie-1ere-partie-ce-nest-pas-linternet-qui-a-tue-la-librairie/"&gt;Continuer la lecture &lt;span class="meta-nav"&gt;&amp;#8594;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;</description><wfw:commentRss xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/">http://lafeuille.blog.lemonde.fr/2011/10/28/la-fin-de-la-librairie-1ere-partie-ce-nest-pas-linternet-qui-a-tue-la-librairie/feed/</wfw:commentRss><slash:comments xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/">101</slash:comments><mia:nbComments xmlns:mia="http://www.lemonde.fr/ns/mia/elements/1.1/" with="4287" nb="101" /><feedburner:origLink>http://lafeuille.blog.lemonde.fr/2011/10/28/la-fin-de-la-librairie-1ere-partie-ce-nest-pas-linternet-qui-a-tue-la-librairie/#xtor=RSS-32280322</feedburner:origLink></item><item rdf:about="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/?p=4283"><title>Le lire et l’écrire : clôture, glissement et déconnexion</title><link>http://feedproxy.google.com/~r/lafeuillerss/~3/22Wyikzmvk4/</link><dc:subject>En liberté</dc:subject><dc:creator>Hubert Guillaud</dc:creator><dc:date>2011-10-14T16:56:01-07:00</dc:date><content:encoded xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"><![CDATA[<p>Dans l'analyse que dresse François Bon des prothèses de l'écrivain (pour reprendre le terme de <a href="http://sebastienrongier.net/">Sébastien Rongier</a>) dans <i><a href="http://www.publie.net/fr/ebook/9782814504103/apr%C3%A8s-le-livre">Après le livre</a></i>, comme <a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2680">celles qu'il exprimait à la rencontre</a> <a href="http://remue.net/">Remue.net</a> qui avait lieu ce soir au Centre Cerise à Paris, j'y vois un écho à celles qui saisit le lecteur à l'heure de la lecture numérique. La description des interfaces et rituelles avec lesquels <a href="http://www.tierslivre.net/">François</a>, <a href="http://www.arnaudmaisetti.net/spip/">Arnaud</a> ou <a href="http://www.la-grange.net/">Karl</a> (ou moi-même) écrivons, nos manières de gérer connexions et déconnexions pour écrire (se réfugier dans un café pour Karl tout en emmenant ses signets pour écrire, se déconnecter pour Arnaud pour se ramasser sur l'écriture dans une spirale close où l'oeuvre se répond à elle-même, ouvrir Pages pour François ou Wordpad pour moi) fait écho aux multiples manières de lire le numérique que nous avons tenté d'exprimer. </p>
<p>La lecture est peuplée des mêmes rituels. Les liseuses permettent une relative déconnexion pour s'abstraire du flux des sollicitations (tout en permettant, si le besoin s'en ressent, la connexion). Pour d'autres, comme François, la lecture a besoin d'être augmentée, hyperliée, par l'iPhone qu'il glisse entre les pages des livres, comme une loupe pour mieux entendre les mots, pour avoir à sa disposition le matériel (dictionnaires, fonctionnalités de recherche...) nécessaire à ses lectures. Pour Karl, c'est la possibilité de pouvoir entrer autrement dans les livres comme le permet le moteur de recherche de Calibre et de pouvoir faire glisser les contenus de la lecture à l'écriture. </p>
<p>Pour tous, le numérique semble permettre une fluidité entre les deux activités, comme s'il permettait de faire enfin se rejoindre le lire et l'écrire. Comme si les deux activités ne pouvaient plus aller l'une sans l'autre. Le numérique permet cela justement. Il fait s'écouler l'un dans l'autre, l'un avec l'autre. Il permet de faire glisser ses lectures dans l'écriture et inversement, d'une manière plus "naturelle", plus "fluide" que ne le fait le papier. La copie, l'intégration, la citation hypertextuelle, la mémorisation, le stockage, la conservation, la référence... a glissé dans nos machines. La machine à écrire et la machine à lire se sont rejointes, ont fusionné, même si elles se démultiplient en autant d'outils que de pratiques. <a href="http://www.la-grange.net/">La Grange</a>, <a href="http://www.tierslivre.net/">Le Tiers-Livre</a> ou <a href="http://www.arnaudmaisetti.net/spip/">les Carnets</a> sont à la fois le matériel de l'oeuvre et l'oeuvre elle-même. </p>
<p>Le livre n'est plus (pour autant qu'il l'ait été) un objet clos. Par l'hyperlien, il est devenu le socle même de l'écriture, de la pensée. Nous sommes bien <i>Après le livre</i>, là où le numérique nous conduit. Nous avons toujours <i>besoin du livre</i>, du texte, même si celui-ci n'a plus de papier, n'a plus de forme, n'a plus de durée... Il lui reste sa densité. Qu'elle soit faite de sa propre clôture ou de son épanchement en une pieuvre de liens. L'important demeure l'assemblement qu'il produit en nous. </p>
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