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    <title>L'autre façon de faire les bébés</title>
    
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    <subtitle>ou comment nous avons fait nos bébés... par fécondation in vitro</subtitle>
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        <title>Reconstruction</title>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p>Cela faisait des mois que je n'avais pas planché sur mon blog... Le manque de temps, la fatigue, le bonheur de profiter de ma nouvelle configuration familiale font que j'avais laissé tout ça de côté. Et puis je n'avais plus grand-chose à dire et plus envie de penser à la FIV. Que dire de plus que j'étais heureuse et enfin rassurée ?</p>

<p>Et puis hier, j'ai atterri sur mon blog suite à un gentil commentaire de la communauté bloggueuse. Et je me suis mise à relire ce que j'avais écrit durant ces mois de galère. Je n'ai pas pu retenir mes larmes, j'ai été submergée par l'émotion. Le fait de redécouvrir mes sentiments du moment, de replonger dans tout ça m'a un peu ébranlée. Une sorte de flash-back sur des choses bien vite oubliées, ou volontairement oubliées, qui font de nouveau mal quand on y pense.</p>

<p>J'ai écrit plusieurs fois que même lorsque les FIV ont marché et que l'on a eu un ou plusieurs enfants par PMA, on n'oublie pas ce qu'on a enduré. Je le pense toujours, 6 mois après mon deuxième accouchement.<br />Mais en même temps, il faut arriver à oublier, se forcer à laisser tout cela derrière soi une fois que c'est fini.<br />J'ai passé ces derniers mois à profiter de mon bonheur évidemment. Mais en parallèle, j'ai dû mener un vrai travail de reconstruction, qui n'est d'ailleurs pas terminé. Après des années quasiment dédiées au "projet bébé", où je n'ai vécu (je devrais même dire où notre couple n'a vécu) qu'au rythme des protocoles de FIV, des calendriers, des attentes, des angoisses, j'ai ressenti une réelle sensation de vide.<br />Maintenant que la FIV est derrière nous (car même si nous décidons d'avoir un 3ème enfant, il nous reste 13 embryons congelés donc ce sera moins lourd), j'ai besoin de me recentrer sur moi-même, voire même de me redéfinir.</p>

<p>Pendant les FIV, j'avais tendance à tout organiser, à tout penser en fonction de la PMA. Je ne vivais que pour ça, que par ça, on peut presque dire que je ne me définissais que par mon parcours de PMA.<br />- "Tu fais quoi, toi dans la vie ?"<br />- "Ben, des FIV... tu vois, je fais des bébés avec des piqûres et des éprouvettes et des prises de sang"<br />Un vrai projet en soi, qui a monopolisé tellement d'énergie de ma part et de la part de notre couple !<br />La naissance de Solveig a clôturé concrètement et symboliquement ce projet, au moins temporairement (jusqu'au prochain bébé si nous décidons d'en avoir un autre). Et comme après tout projet qui s'achève, on se sent un peu démuni.</p>

<p>Tout d'un coup, il faut trouver de nouveaux repères, de nouveaux centres d'intérêt et se projeter dans de nouvelles aventures. Bref, il faut trouver de nouveaux projets, surtout pour les gens comme moi qui ont besoin d'avoir des objectifs et des points de repère pour se sentir bien.</p>

<p>C'est pour cette raison que j'ai pris la décision de reprendre une activité professionnelle. Je suis en pleine reconstruction personnelle, sociale et professionnelle, et ça fait du bien ! J'ai décidé de reprendre le chemin du travail et je trouve cela très motivant. Il reste encore beaucoup de questions sur ce que j'ai envie de faire, dans quelles conditions, et sous quelle forme mais il est clair que j'ai besoin de consacrer du temps à mes projets et mes envies. Et en même temps à ma famille bien sûr ! Reprendre une activité professionnelle, une vie sociale ça oui, mais pas sans continuer à consacrer du temps à mes enfants et mon mari... Je n'ai pas autant galéré pour me dire que maintenant que ces "bébés miracles" sont là, je peux reprendre une petite vie centrée sur mon nombril, ma carrière à fond les ballons et qu'ils se contenteront d'une bise sur le front pendant leur sommeil quand je rentrerai du boulot après 21h00...</p>

<p>C'est donc un nouveau challenge : inventer et mettre en place une configuration qui me permette de travailler avec enthousiasme et efficacité, tout en m'occupant de ma famille !</p>

<p>Trouver l'équilibre entre épanouissement personnel et professionnel, voilà un projet qui va m'occuper pour quelques décennies.</p></div>
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        <title>Je me présente, je m'appelle Solveig</title>
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        <published>2007-10-01T13:45:23+02:00</published>
        <updated>2007-10-01T13:45:23+02:00</updated>
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        <title>Solveig</title>
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        <published>2007-04-18T15:32:19+02:00</published>
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        <summary>Eh bien ça y est ! La petite Solveig est née le 6 avril 2007, à 2 semaines du terme. Elle pesait 3,5 kg pour 51 cm, et se porte comme un charme. Après une FIV-ICSI, une grossesse difficile avec...</summary>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p>Eh bien ça y est !<br />La petite Solveig est née le 6 avril 2007, à 2 semaines du terme. Elle pesait 3,5 kg pour 51 cm, et se porte comme un charme.</p>

<p>Après une FIV-ICSI, une grossesse difficile avec menace d'accouchement prématuré, un accouchement particulièrement pénible, quel soulagement et quelle plénitude !</p>

<p>La vie à 4 s'organise, dans la fatigue bien sûr, mais surtout dans un bonheur immense dont nous profitons en famille.</p></div>
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        <title>Un double miracle</title>
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        <published>2007-02-27T09:52:13+01:00</published>
        <updated>2007-02-27T09:52:13+01:00</updated>
        <summary>En octobre 2006, une petite fille est née aux Etats-Unis à 21 semaines de grossesse et 6 jours, et elle a été sauvée ! Un véritable miracle... C'est un record mondial, puisqu'elle ne pesait que 284 grammes à sa naissance...</summary>
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&lt;div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"&gt;&lt;p&gt;En octobre 2006, une petite fille est née aux Etats-Unis à 21 semaines de grossesse et 6 jours, et elle a été sauvée ! Un véritable miracle...&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;C'est un record mondial, puisqu'elle ne pesait que 284 grammes à sa naissance ; jusqu'à maintenant, on considérait que les très grands prématurés de moins de 400 grammes n'avaient aucune chance de survie, et aucun ne s'en était sorti à moins de 23 semaines de grossesse.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Il se trouve que cette petite fille est doublement un bébé miracle : d'abord parce qu'elle a été conçue par fécondation in vitro, et chaque FIV réussie relève du miracle pour les parents. Ensuite parce que la gestation dans le ventre maternel n'a jamais été aussi courte.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Si on y regarde de plus près, on se rend compte qu'elle a vraiment passé peu de temps dans l'utérus.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Une grossesse normale dure 39 semaines.&lt;br /&gt;Dans le cas d'une FIV, les embryons sont transférés&amp;nbsp; 2 jours après la fécondation, voire un peu plus (jusqu'à 5 ou 6 jours dans le cas de la culture prolongée).&lt;br /&gt;En réalité, ce bébé n'a donc pas passé 21 semaines + 6 jours dans le ventre de se mère, mais plutôt 21 semaines + 4 jours, voire un peu moins si le transfert d'embryon avait eu lieu à plus de 48 heures.&lt;br /&gt;C'est absolument incroyable ! Sur 39 semaines de grossesse, soient 273 jours en moyenne, elle a passé :&lt;br /&gt;- d'abord 2 jours à l'extérieur de l'utérus, dans un milieu de culture propice à la fécondation in vitro et aux premières étapes de division cellulaire&lt;br /&gt;- seulement 151 jours dans l'utérus&lt;br /&gt;- le reste de la gestation théorique, soient 120 jours, de nouveau en dehors de l'utérus, en incubateur&lt;br /&gt;Sa mère ne l'a portée qu'environ 5 mois !&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Personnellement, je trouve cela absolument hallucinant.&lt;br /&gt;Mais ne serait-ce pas juste une étape (certes de taille) dans un processus qui aboutira à des gestations entières hors du ventre maternel ? Sans doute parviendra-t-on un jour à faire en sorte que toute la gestation puisse avoir lieu dans un milieu de gestation adapté, qui remplacera entièrement l'utérus maternel. Je ne sais pas quand ça arrivera, mais je suis convaincue que ça sera possible.&lt;br /&gt;Ca servira évidemment à contourner des problèmes médicaux quand la gestation in utero sera compromise ou impossible. Mais est-ce que certaines femmes, si on leur en laisse la possibilité, ne seront pas tentées d'avoir recours à une gestation entièrement in vitro, pour ne pas avoir à subir les contraintes et les désagréments de la grossesse ?&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La question reste ouverte... Pour l'instant c'est de la science fiction, mais pour combien de temps ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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        <title>Enfants PMA : plus ou moins stressés ?</title>
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        <published>2007-02-21T23:12:57+01:00</published>
        <updated>2007-02-21T23:12:57+01:00</updated>
        <summary>D. Sicard, président du Comité consultatif national d'éthique (CCNE), s'est récemment plusieurs fois inquiété sur le dépistage prénatal (DPN) et les dérives eugénistes que peut engendrer cette technique. Il met en lumière le fait que cela donne aux parents le...</summary>
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&lt;div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"&gt;&lt;p&gt;D. Sicard, président du Comité consultatif national d'éthique (CCNE), s'est récemment plusieurs fois &lt;a href="http://www.genethique.org/revues/revues/2007/fevrier/20070205.3.asp"&gt;inquiété&lt;/a&gt; sur le dépistage prénatal (DPN) et les dérives &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Eug%C3%A9nisme"&gt;eugénistes&lt;/a&gt; que peut engendrer cette technique.&lt;br /&gt;Il met en lumière le fait que cela donne aux parents le droit de &lt;em&gt;choisir&lt;/em&gt; l'enfant parfait, en &lt;em&gt;se débarrassant&lt;/em&gt; de tous ceux qui ne répondent pas à leurs attentes. Il inclut dans les techniques risquant de dévier peu à peu vers l'eugénisme l'actuel recours quasi-systématique au dépistage de la trisomie 21.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;L'une de ses &lt;a href="http://www.genethique.org/revues/revues/2007/fevrier/20070213.2.asp"&gt;réflexions&lt;/a&gt; sur le sujet m'a particulièrement interpellée. Il confie : &amp;quot;Je me pose (...) la question - peut-être une question qui n'a pas de sens ? - de savoir si un embryon ou un fœtus qui se sent sans arrêt sur un siège éjectable en fonction de ce que va dire l'échographie, en fonction de ce que vont dire les examens, ne serait pas en train de construire une humanité future extrêmement angoissée&amp;quot;.&lt;br /&gt;Ainsi, il envisage que les enfants sans cesse soumis à une &amp;quot;évaluation&amp;quot; médicale prénatale gardent une &amp;quot;mémoire&amp;quot; de l'inquiétude des parents, comme s'ils pouvaient se souvenir qu'une épée de Damoclès a pesé sur leur devenir avant même d'être nés. Je trouve cette idée intéressante, même si je ne la partage pas.&lt;br /&gt;La tendance actuelle à vouloir absolument dépister au plus tôt et écarter les enfants atteints de certaines pathologies pourrait-elle peu à peu inscrire dans les gênes humains une forme d'inquiétude chronique ou d'anxiété issue du fait qu'ils ont su, avant même d'être nés, que l'on doutait d'eux ?&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;En tant que maman et future maman de 2 enfants ICSI (conçus par fécondation in vitro avec injection intra-cytoplasmique), j'ai déjà raconté à quel point ces grossesses issues de PMA (procréation médicalement assitée), que les médecins appellent parfois des &lt;a href="http://lautrefacon.typepad.com/lautrefacondefairelesbb/2006/09/les_grossesses_.html"&gt;&lt;em&gt;grossesses précieuses&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;, peuvent être stressantes et anxiogènes.&lt;br /&gt;Les futures &lt;em&gt;mamans PMA&lt;/em&gt; sont souvent plus inquiètes que les futures &lt;em&gt;mamans couettes&lt;/em&gt;. Et pour cause : elles ont tellement ramé pour en arriver là ! Le parcours douloureux de la PMA&amp;nbsp; laisse des traces qui ne s'effacent pas si facilement à l'annonce de la grossesse. J'ai personnellement connu peu de répit durant mes deux grossesses ; entre les problèmes médicaux (col hémorragique, décollement placentaire, menace d'accouchement prématuré, etc...), la peur de perdre le bébé, les angoisses liées aux risques de trisomie, de malformations (liées ou non à l'ICSI), j'ai passé mon temps à flipper en étant enceinte.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Cela veut-il dire que mes enfants sont ou seront de grands angoissés ???&lt;br /&gt;En ai-je fait, avant même de les mettre au monde, de futurs stressés ? J'espère que la réponse est non.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le professeur Susan Golombok, directrice du City University Family and Child Psychology Research Centre de Londres a réalisé sur plusieurs années une étude sur le développement psychologique des enfants nés de PMA mais aussi des enfants adoptés ou conçus avec du sperme de donneur ; elle a étudié leur développement durant l'enfance puis l'adolescence.&lt;br /&gt;Les &lt;a href="http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=200001&amp;amp;sid=743933&amp;amp;cKey=994184220000"&gt;résultats de l'étude&lt;/a&gt; montrent que ces enfants sont aussi équilibrés que leurs petits camarades conçus naturellement.&lt;br /&gt;Est-ce qu'ils sont plus stressés que la moyenne du fait de la technique qui a été utilisée pour les concevoir, ou du fait de l'anxiété de leur parents pendant ces grossesses si longtemps désirées ? Rien de tel n'a été mis en évidence. Bien au contraire : ces enfants ont été tellement souhaités qu'ils sont souvent très choyés, et grandissent au sein de familles unies et harmonieuses, et rien ne montre que leur histoire prénatale n'ait laissé de trace sur leur psychologie...&lt;br /&gt;Le professeur souligne même que s'il existe des différences avec l'équilibre des enfants conçus naturellement, elles sont plutôt positives. Ainsi, les épreuves liées au parcours de PMA marqueraient certes les parents, mais pas forcément les enfants, ou du moins, pas de manière négative.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Comme quoi, il semble que l'inquiétude et l'angoisse ne prennent pas le pas sur tout l'amour et l'attention dont sont entourés ces enfants PMA !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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        <title>Les embryons jetables !</title>
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        <published>2007-02-09T22:52:45+01:00</published>
        <updated>2007-02-09T22:52:45+01:00</updated>
        <summary>C'est sûr, on a la chance d'avoir eu beaucoup d'embryons lors de notre 2ème FIV, et d'obtenir une grossesse avec le 1er embryon transféré ! Du coup, il nous en reste 13 au congélateur, ce qui est énorme quand on...</summary>
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            <name>Christine Choquel</name>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p>C'est sûr, on a la chance d'avoir eu beaucoup d'embryons lors de notre 2ème FIV, et d'obtenir une grossesse avec le 1er embryon transféré !<br />Du coup, il nous en reste 13 au congélateur, ce qui est énorme quand on sait qu'on a déjà un enfant et bientôt un 2ème.</p>

<p>Mais bon, ça n'a pas été simple de les fabriquer, et ça n'était pas par plaisir. Ils sont précieux, justement parce ça a été très éprouvant de les obtenir et qu'il est rare d'en avoir autant. On peut même dire que c'est au prix de ma santé qu'on en a obtenu autant puisque lors de la ponction, j'ai fait une hyperstimulation ovarienne grave. C'est une complication sérieuse, et ça a été très pénible.<br />Et puis ils sont précieux aussi et surtout parce que ce sont potentiellement nos enfants, pour peu qu'on les transfère dans mon utérus un jour et qu'une grossesse débute... Chacun de ces embryons pourrait être un jour notre enfant.</p>



<p>Personnellement, je ne suis donc pas du tout indifférente à ces tout petits embryons de 2 jours. Sans y être attachée affectivement, je les considère comme quelque chose qui a une valeur inestimable pour nous : la possibilité d'avoir d'autres enfants.<br /><br />Il y a quelques mois, nous attendions les résultats du test HT21 pour ma grossesse actuelle : cela permet d'évaluer, à partir d'une prise de sang maternelle et d'autres facteurs (clarté nucale du foetus, âge maternel...), un risque que le foetus soit atteint de trisomie 21. Le résultat est exprimé sous forme de risque 1/X ; si ce risque est supérieur à 1/250, une amnioscentèse est pratiquée afin de réaliser un caryotype du foetus et de confirmer ou d'infirmer la trisomie 21. En cas de trisomie 21, le couple peut prendre la décision d'une interruption médicale de grossesse (IMG).<br />Quelles que soient les circonstances et les croyances du couple, je suis convaincue que la décision d'une IMG est forcément très difficile à prendre, même si l'on pense que c'est la meilleure solution. C'est évidemment un événement très traumatisant qui n'a rien d'anodin, cela doit être une véritable épreuve et je n'ose imaginer les difficultés que l'on doit éprouver à prendre la décision et à vivre cette expérience. Que l'on ait des embryons en stock ou pas !</p>

<p>Et pourtant, à la veille du résultat du test HT21, quelqu'un de ma famille m'a dit texto : "Ben s'il est trisomique, c'est pas grave, tu tires la chasse et tu mets un autre embryon !"<br />Incroyable non ? Comment peut-on décrire une situation aussi délicate et douloureuse (même si elle n'est qu'hypothétique) avec une image aussi violente ? Comment peut-on croire que c'est si simple, si évident, si anodin ? Comme si c'était un non-événement.<br />Ce n'est pas parce qu'on a beaucoup d'embryons en stock que la décision est plus facile à prendre. Cette réflexion m'a donné l'impression qu'on parlait de nos embryons comme d'un consommable quelconque : le concept des embryons jetables ! Il n'y a qu'à taper dans le stock au congélateur... Quelle horreur !</p>

<p>J'ai été très choquée par cette remarque, qui, dans le contexte d'une FIV (fécondation in vitro), m'a paru particulièrement blessante, même si elle est de toutes façons, et hors de tout contexte, absolument consternante.<br />Utiliser un stock d'embryons congelés à chaque nouveau transfert d'embryon congelé (TEC) lorsque le TEC précédent a échoué, c'est bien ce que l'on fait dans un protocole de FIV. Dans ce cas, c'est la nature qui décide : les embryons s'accrochent ou ne s'accrochent pas, comme en fécondation naturelle d'ailleurs. Mais considérer que si un embryon ne nous convient pas, il <em>suffit</em> d'interrompre la grossesse et de recommencer avec un autre, c'est totalement une autre démarche !<br />Certes c'est ce que nous envisagerions si une grave anomalie était détectée en cours de grossesse, mais pas sans état d'âme, pas sans traumatisme, pas sans un abattement total de devoir prendre une décision aussi difficile. Et pas non plus sans la peur et la douleur de devoir tout recommencer pour une nouvelle grossesse.</p>

<p>Non, <strong>ces embryons ne sont pas jetables</strong>, et ils le sont encore moins à mes yeux une fois qu'ils se sont accrochés et qu'une grossesse a débuté.</p></div>
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        <title>A chacun sa méthode</title>
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        <published>2007-02-05T16:02:10+01:00</published>
        <updated>2007-02-05T16:02:10+01:00</updated>
        <summary>Evidemment, la seule vraie motivation pour endurer un parcours de PMA (procréation médicalement assistée), c'est l'envie d'avoir un enfant. Mais au-delà de ça, comment fait-on pour tenir le coup, pour encaisser les échecs, les mauvaises nouvelles, les déceptions, et pourtant...</summary>
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            <name>Christine Choquel</name>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p>Evidemment, la seule vraie motivation pour endurer un parcours de PMA (procréation médicalement assistée), c'est l'envie d'avoir un enfant.<br />Mais au-delà de ça, comment fait-on pour tenir le coup, pour encaisser les échecs, les mauvaises nouvelles, les déceptions, et pourtant trouver la force de continuer et y croire encore ?</p>

<p>J'imagine que les réponses sont très personnelles, et différentes d'un couple à l'autre.<br />Chacun puise dans ses propres ressources l'énergie nécessaire pour aller de l'avant.</p>

<p>Je l'ai déjà dit, la présence de Louis a été un soutien incroyable et m'a permis de m'accrocher. Notre intimité, notre amour et notre confiance commune ont permis à notre couple de traverser la FIV (fécondation in vitro) sans voler en éclat.</p>

<p>Mais en ce qui me concerne, le refus de l'échec a sans doute aussi été déterminant : je ne supporte pas l'échec et je déteste baisser les bras. Ca m'a aidé à ne pas laisser tomber même quand nous nagions en pleine déception.<br />Abandonner, moi ? Jamais... Me battre, ça oui, je voulais bien, mais jeter l'éponge, certainement pas. Ca n'était tout de même pas quelques piqûres, quelques échographies et de nombreuses crises de larmes qui allaient me décourager.<br />Toujours cette envie de bien faire avec une pointe d'esprit de compétition. Je pense que je me suis dit : "Je ne vais quand même pas échouer alors que d'autres y arrivent !".</p>

<p>Et pour être franche, j'avais bien l'intention d'y arriver, et si possible d'y arriver avec les honneurs. Y arriver vite, y arriver bien, je ne sais pas trop comment formuler ça...<br />Bien s'en sortir dans un parcours de FIV, qu'est-ce que ça veut dire exactement ? Pas grand-chose en fait, mais pour moi, il fallait essayer de tout faire parfaitement, d'être exemplaire.<br />C'est sans doute idiot, mais je n'ai pas pu m'empêcher de vivre l'expérience de la PMA comme une occasion de me surpasser. Comme si j'avais quelque chose à prouver, à moi, et aux autres.<br />Je sais, vous vous dites que c'est nul cette notion d'excellence appliquée à la FIV, mais c'est un moteur comme un autre... Quel intérêt de se gargariser d'un nombre d'ovocytes ou d'embryons ? Aucun intérêt, parce que l'important, c'est que ça marche ; l'important, c'est quand le bébé est enfin là...<br />C'est avant tout une aventure personnelle, où seul le résultat compte : un bébé ! </p>

<p>Mais pour moi, l'émulation et l'envie d'être au top ont eu au moins un intérêt : m'aider à tenir le coup ! Chacun puise sa force là où il peut...</p>

<p>Et on a eu de la chance : pour nous, ça a marché assez vite, et sans trop de difficultés. Et le résultat est à la hauteur de nos espérances : un petit garçon adorable, et une petite soeur sur le point de le rejoindre. Alors forcément, je trouve qu'on s'en est très bien sorti.</p></div>
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        <title>Triplés : une BD sur la FIV</title>
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        <published>2007-02-04T16:40:23+01:00</published>
        <updated>2007-02-04T16:40:23+01:00</updated>
        <summary>Triplés, c'est une manière originale d'aborder et de dédramatiser le sujet délicat de la FIV, dans une BD en ligne bourrée d'humour... Jetez-y un oeil, ça vaut le détour ! Très rafraîchissant de (re)découvrir des thèmes déjà abordés sous l'angle...</summary>
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            <name>Christine Choquel</name>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p><a href="http://triples.over-blog.com/">Triplés</a>, c'est une manière originale d'aborder et de dédramatiser le sujet délicat de la FIV, dans une BD en ligne bourrée d'humour...</p>

<p>Jetez-y un oeil, ça vaut le détour !</p>

<p>Très rafraîchissant de (re)découvrir des thèmes déjà abordés sous l'angle nouveau de la mise en situation.</p></div>
</content>


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        <title>Pour eux aussi, c'est dur</title>
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        <published>2007-01-30T19:51:40+01:00</published>
        <updated>2007-01-30T19:51:40+01:00</updated>
        <summary>Comment nos conjoints vivent-ils tout ça ? En PMA (procréation médicalement assistée), on parle beaucoup des femmes... Et pour cause : c'est tout de même à elles d'encaisser les traitements, les contraintes, et c'est dans leurs entrailles qu'au bout du...</summary>
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&lt;div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"&gt;&lt;p&gt;Comment nos conjoints vivent-ils tout ça ?&lt;br /&gt;En PMA (procréation médicalement assistée), on parle beaucoup des femmes... Et pour cause : c'est tout de même à elles d'encaisser les traitements, les contraintes, et c'est dans leurs entrailles qu'au bout du compte, ça marche ou ça ne marche pas. Les femmes sont donc au premier plan de toutes les réflexions concernant les les difficultés morales et physiques mises en jeu dans cette aventure.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Et pourtant, on est bien deux à le désirer cet enfant... On est deux à galérer, deux à souffrir en cas d'échec, et bien sûr deux à exulter en cas de succès ! &lt;br /&gt;Nos maris, copains, conjoints, on les appelle comme on veut, sont dans le même bateau que nous et vivent la même expérience, même si indéniablement, ils la vivent différemment. Certes les hommes ne subissent pas la lourdeur des traitements hormonaux, ils ne vivent pas les échecs ou les succès &amp;quot;dans leur chair&amp;quot; comme c'est le cas pour nous.&lt;br /&gt;Mais est-ce plus facile pour autant ?&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Je n'en suis pas sûre... Ils souffrent à mon avis de leur impuissance à résoudre le problème et à le rendre moins éprouvant pour nous. Un mari attentionné aimerait pouvoir tout épargner à sa femme. Or dans le cas de la FIV (fécondation in vitro), les hommes ne peuvent pas se substituer aux femmes en encaissant les traitements à leur place, bref, en leur disant : &amp;quot;laisse, je m'en charge !&amp;quot;.&lt;br /&gt;Ils peuvent nous soutenir, nous épauler, être forts pour nous aider à ne pas nous effondrer - et ils le font bien - mais j'ai l'impression que c'est frustrant pour eux. Peut-être d'autant plus que nous pendant ce temps, nous sommes centrées sur notre nombril auréolé de traces de piqûres, sur nos angoisses, nos sautes d'humeur, nos symptômes (ou nos absences de symptômes) et nous avons peut-être parfois tendance à oublier que &lt;strong&gt;pour eux aussi, c'est dur&lt;/strong&gt;. Ils encaissent nos crises de larmes et nos doutes, qui viennent s'ajouter aux leurs, et ils restent forts pour nous guider. Pas évident pour eux, je pense.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Et quand l'origine de la stérilité est masculine, c'est sans doute encore plus compliqué : ils ont l'impression de nous &amp;quot;imposer la FIV&amp;quot; et toutes les épreuves qui l'accompagnent sans pouvoir nous aider à la supporter physiquement. Ca doit être dur pour eux de nous voient souffrir physiquement. J'imagine qu'ils ont peur que nous ne leur en voulions, peur pour notre santé, peur de ne jamais avoir d'enfant, peur pour leur couple, peur tout court, comme nous... même s'ils le disent peut-être moins.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Non, ça n'est pas facile non plus pour les hommes. Ils jouent un rôle clé dans la manière dont nous, les femmes, pouvons vivre notre parcours de PMA, mais n'oublions pas nous aussi de les soutenir, car ils en ont besoin ! Ne les laissons pas sur le carreau&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Je n'aurais jamais tenu le coup si Louis n'avait pas été là à chaque pas, pour m'aider à me relever quand je trébuchais, m'épauler, m'aider à y croire sans baisser les bras. Lui ai-je quant à moi apporté tout le soutien dont il a pu avoir besoin ? Je me le demande...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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        <title>Les mots justes</title>
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        <published>2007-01-27T22:37:22+01:00</published>
        <updated>2007-01-27T22:37:22+01:00</updated>
        <summary>Comment parler à quelqu'un qui fait une fécondation in vitro (FIV) ? Comment lui apporter du soutien, sans être lourd, sans le blesser, sans commettre de gaffe ? Les femmes qui font des FIV sont souvent très émotives, pour plusieurs...</summary>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p>Comment parler à quelqu'un qui fait une fécondation in vitro (FIV) ? Comment lui apporter du soutien, sans être lourd, sans le blesser, sans commettre de gaffe ?</p>

<p>Les femmes qui font des FIV sont souvent très émotives, pour plusieurs raisons. Parce que l'envie d'avoir un enfant est viscérale, et que contrariée, elle en devient douloureuse, elle peut rendre intolérante. Mais aussi parce que les traitements hormonaux lourds sont responsables d'une émotivité et d'une irritabilité inhabituelles. Alors quand on fait une FIV, parfois, on réagit mal à des remarques anodines car on est à fleur de peau. Et pourtant, on a terriblement besoin d'être épaulée et soutenue.</p>

<p>J'ai actuellement plusieurs copines de galère et une personne très proche en plein protocole de PMA (procréation médicalement assistée). Les unes viennent de connaître un résultat négatif à leur tentative, d'autres attendent leur prise de sang dans quelques jours et sont plongées dans cette période horrible où se mêlent espoir et peur d'y croire.<br />On pourrait croire qu'étant passée par là, je sais mieux que quiconque comment leur parler et quoi leur dire. Eh bien... je me sens bien désarmée face à leur détresse.</p>

<p>Bien sûr, je sais qu'il y a des mots à éviter, des choses à ne pas dire, mais de là à savoir comment les aider ! Faut-il leur parler de ce qu'elles traversent pour qu'elles sachent qu'on pense à elles, ou au contraire leur changer les idées sans s'appesantir sur la FIV ? Ce qui est difficile pour moi, c'est que j'ai toujours peur d'avoir l'air de "la ramener" avec mes conseils ou mes réflexions... J'ai peur qu'elles ne se disent : "Facile de parler comme ça quand on a déjà un enfant et un autre en route !". Comme si je ne faisais plus partie de leur communauté, comme si j'étais "passée de l'autre côté" en accédant à la maternité. J'imagine que mon côté "ancien combattant" peut leur être pesant. J'essaye de mettre à profit mon expérience pour les aider, pour leur apporter le soutien dont je n'ai pas bénéficié pendant ma 1ère FIV, car je ne connaissais personne dans le même cas que moi. C'est plus facile de relativiser quand la FIV a fini par marcher mais on risque vite de passer pour "Madame-je-sais-tout".</p>

<p>Une chose est sûre : même quand on l'a eu ce bébé, on n'oublie pas par quoi on est passé. Un parcours de PMA peut se terminer par un happy-end, ça n'en reste pas moins un parcours du combattant. Jusqu'à ce que ça marche (j'ai presque envie de dire : jusqu'à ce que le bébé soit né), on galère, on souffre et on flippe. On n'échappe pas aux épisodes pénibles, aux mauvaises nouvelles, aux claques en tout genre. Et on s'en souvient.</p>

<p>Alors quand je vois ou lis mes copines qui traversent ces épreuves, je suis profondément émue et touchée. Leurs angoisses me sont familières, aucune de leurs difficultés ne me laisse indifférente.</p>

<p>J'aimerais tellement les apaiser et pourtant, comment trouver les mots justes ?</p></div>
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