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    <title><![CDATA[Le BLOG &agrave; RYTHME . . . [ L-che.net ]]]></title>
    <link>http://www.l-che.net/</link>
    <description>Le blog à rythme raconte nos modernes semblances, nos sensibles différences, nos errances.</description>

        <language>fr</language>
    
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        <url>http://accel5.fdata.over-blog.com/0/04/35/38/avatar.jpg</url>
        <title><![CDATA[Le BLOG &agrave; RYTHME . . . [ L-che.net ]]]></title>
        <link>http://www.l-che.net/</link>
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    <pubDate>Wed, 08 Oct 2008 18:26:44 +0200</pubDate>    <lastBuildDate>Wed, 08 Oct 2008 18:26:44 +0200</lastBuildDate>    <generator>Over-blog.com RSS 2.0 Engine</generator>    <copyright>Copyright 2008, LChe LoToLa</copyright>            <category>societe</category>    <docs>http://www.rssboard.org/rss-specification/</docs>                        
      <media:copyright>Copyright 2008, LChe LoToLa</media:copyright><media:keywords>Blog,Rythme,Philosophie,Poésie,Français,Point,de,vue,Opinion</media:keywords><media:category scheme="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd">Arts &amp; Entertainment/Poetry</media:category><itunes:owner><itunes:email>post@l-che.net</itunes:email><itunes:name>LChe</itunes:name></itunes:owner><itunes:author>LChe</itunes:author><itunes:explicit>no</itunes:explicit><itunes:keywords>Blog,Rythme,Philosophie,Poésie,Français,Point,de,vue,Opinion</itunes:keywords><itunes:subtitle>Le Blog à Rythme évoque nos modernes semblances, nos sensibles différences, nos errances</itunes:subtitle><itunes:summary>Le Blog à Rythme évoque nos modernes semblances, nos sensibles différences, nos errances</itunes:summary><itunes:category text="Arts &amp; Entertainment"><itunes:category text="Poetry" /></itunes:category><atom10:link xmlns:atom10="http://www.w3.org/2005/Atom" rel="self" href="http://feeds.feedburner.com/Lche" type="application/rss+xml" /><feedburner:browserFriendly>This is an XML content feed. It is intended to be viewed in a newsreader or syndicated to another site, subject to copyright and fair use.</feedburner:browserFriendly><item>
        <title><![CDATA[Fils tordus]]></title>
        <link>http://www.l-che.net/article-23512345.html</link>        <description><![CDATA[<span style="color: #888888;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="color: #333399;"><span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><br></span></span></span></span>
  <div style="text-align: justify;">
    <br>
    <span style="color: #888888;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="color: #333399;"><span style="font-family: trebuchet ms,geneva;">Je suis né dans un pays qui alors était la France, la
    France qu'ailleurs les Alliés libéraient du joug nazi.</span></span></span></span><br>
    <br>
    <span style="color: #888888;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="color: #333399;"><span style="font-family: trebuchet ms,geneva;">Mes parents ont quitté le grenier que constituait
    l'Algérie, ont divorcé (c'était rare et scandaleux à l'époque) et j'ai grandi dans un quartier pauvre d'une ville d'Alsace, une Alsace qu'aujourd'hui encore quelque imbécile croit
    allemande.</span></span></span></span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="color: #888888;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="color: #333399;"><span style="font-family: trebuchet ms,geneva;">Comme j'étais vif, j'ai trouvé une place de commis à 14
    ans.</span></span></span></span><br>
    <span style="color: #888888;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="color: #333399;"><span style="font-family: trebuchet ms,geneva;">Comme j'avais un corps aussi bien fait que ma tête, je
    me suis fait une place auprès des hommes qui y travaillaient et auprès des femmes qui s'ennuyaient en les attendant.</span></span></span></span><br>
    <br>
    <span style="color: #888888;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="color: #333399;"><span style="font-family: trebuchet ms,geneva;">La centaine de francs que je gagnais servaient à garnir
    la table de mes frères et de ma mère qui ne m'aimait pas. Quelques années de servitude plus tard, le mariage m'offrit le moyen de les laisser à leur sort.</span></span></span></span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="color: #888888;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="color: #333399;"><span style="font-family: trebuchet ms,geneva;">Je me libérais d'eux en épousant une charmante jeune
    fille que sa famille aimait mais qui ne pouvait choisir sa vie - comme c'était normal alors. Nous nous retrouvâmes bâteaux ivres et nous laissèrent nos foyers à leur maigres braises.<br>
    <br>
    En mai 68, nous abandonnâmes la faculté pour rejoindre le Sud.<br>
    La pénurie d'essence se traduisit par une grossesse involontaire.<br>
    Notre fils naquit peu après nos diplômes, finalement obtenus.</span></span></span></span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="color: #888888;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="color: #333399;"><span style="font-family: trebuchet ms,geneva;">Comme j'étais vif, je devins le meilleur employé de ma
    société.<br>
    Comme j'avais un corps aussi bien fait que ma tête,</span></span></span></span> <span style="color: #888888;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="color: #333399;"><span style=
    "font-family: trebuchet ms,geneva;">je contribuai à la libération des femmes : tandis que la mienne s'entichait de notre rejeton, je donnais et redonnais aux autres femmes le sens du plaisir.<br>
    <br>
    Je me hissais sur leurs formes comme je gravissais les échelons dans la société qui m'avait vu entrer commis et qui maintenant me nommait directeur.<br>
    <br>
    J'avais une 504 blanche qu'on appelait <em>le sucre</em>.<br>
    <br>
    <br>
    Mon épouse n'était pas heureuse, elle tomba malade.<br>
    Elle disait que l'enfant était triste et cela lui donna la force de me quitter.<br>
    <br>
    Tant pis pour elle.<br>
    <br>
    <br>
    Je me réfugiai dans le travail et dans l'orgasme, toujours plus à ma portée.<br>
    <br>
    <br>
    J'en ai eu, des femmes...<br>
    <br>
    <br>
    Mon statut d'homme libre et entreprenant les attiraient.<br>
    Ma cour les comblaient ; elles comblaient mes nuits.<br>
    <br>
    Un jour, je montrai à mon fils une boîte à chaussure dans laquelle j'avais conservé la photo de quelques-unes d'entre elles. Il sembla impressionné.<br>
    <br>
    J'étais... comment dire... fier d'avoir un fils ?<br>
    <br>
    <br>
    Je ne le voyais pas souvent -sa mère était maladivement méfiante à mon égard et sans doute le croyait-elle en danger quand elle me le confiait.<br>
    <br>
    Cela n'arrivait pas souvent.<br>
    <br>
    <br>
    Je m'en accommodais.<br>
    <br>
    <br>
    Ma position sociale atteignit son sommet.</span></span></span></span> <span style="color: #888888;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="color: #333399;"><span style=
    "font-family: trebuchet ms,geneva;"><br>
    <br></span></span></span></span> <span style="color: #888888;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="color: #333399;"><span style="font-family: trebuchet ms,geneva;">Je dominais tellement
    mon sujet que j</span></span></span></span><span style="color: #888888;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="color: #333399;"><span style="font-family: trebuchet ms,geneva;">'aimais
    plusieurs femmes chaque semaine : l'une pour son corps, une seconde pour son intelligence, une troisième pour sa sensibilité, une quatrième pour sa folie, et une cinquième pour son
    imprévisibilité, <em>etcaetera</em>.<br>
    <br>
    Le week-end, je me laissais libre d'en rencontrer d'autres.<br>
    <br>
    <br>
    Mon fils grandissait et me semblait fragile. Je voulais l'aider, lui donner des conseils mais l'adolescence moderne empêche toute transmission venant d'en haut. Il apprendrait -j'avais bien
    appris, moi.</span></span></span></span><br>
    <br>
    <span style="color: #888888;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="color: #333399;"><span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><br>
    Les années volaient comme mes cheveux mais les femmes avaient toujours le même âge, elles restaient belles et désirables.<br>
    <br>
    Mon fils devint un jeune homme et je le fis entrer dans ma société.<br>
    J'étais content de moi.&nbsp; Lui me remercia à peine !<br>
    <br>
    <br>
    La famille est un poison.<br>
    <br>
    A l'époque également, je voulus me rapprocher de mes frères que je n'avais vus adultes. Ils posèrent une condition : qu'avant je revois notre mère. Lorsque je l'appelai, elle me répondit
    <em>texto</em> -alors que quarante ans étaient passés : "Ah, je me souviens de vous. J'ai beaucoup souffert lorsque vous êtes né".<br>
    <br>
    <br>
    <br>
    Les années 90 ont changé la donne. Je compris que l'heure était venue de quitter cette entreprise qui m'avait fait passer de tout en bas à tout en haut. J'y laissais mon descendant -quel
    symbole.<br>
    <br>
    L'ingrat.<br>
    <br>
    Lorsqu'il se maria, je voulus le prévenir : pourquoi s'enchaîner ?<br>
    Il ne supporta pas mon avis.<br>
    <br>
    Il a fait son expérience, cela n'a pas duré.<br>
    Pour la suivante, il dût se méfier : il ne me la présenta jamais.<br>
    Et il coupa les ponts.<br>
    <br>
    Je décidai de le laisser suivre son chemin.<br>
    <br>
    <br>
    C'est comme ça.<br>
    <br>
    <br>
    Il m'a écrit, il y a quelques années, pour m'annoncer que je suis grand-père.<br>
    <br>
    Grand-père !<br>
    Moi ? ! ?<br>
    <br>
    Quelle horreur.<br>
    <br>
    <br>
    <br>
    Voilà tout.<br>
    <br>
    <br>
    <br>
    Je ne le vois plus depuis 12 ans déjà.<br></span></span></span></span><span style="color: #888888;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="color: #333399;"><span style=
    "font-family: trebuchet ms,geneva;"><br>
    <br>
    Il est devenu fier.<br>
    <br>
    Un peu comme moi au bout du compte.</span></span></span></span><br>
    <span style="color: #888888;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="color: #333399;"><span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><br>
    <br>
    <br>
    L'autre jour -samedi, c'était mon anniversaire.<br>
    <br>
    <br>
    C'est curieux : pour la première fois, j'aurais aimé qu'il m'appelle.<br></span></span></span></span><br>
    <br>
    <br>
    <br>
    <br>
    <br>
  </div>
  <div style="text-align: center;">
    <div>
      <object height="20" width="200" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000">
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    </div>
  </div>
  <div style="text-align: center;">
    <span style="color: #c0c0c0;"><span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-size: 8pt;">Daniel Balavoine - Le
    chanteur</span></span></span></span><br>
  </div><span style="color: #888888;"><br></span><br>
  <hr style="width: 100%; height: 2px; text-align: right;">
  <div style="text-align: right;">
    <span style="font-size: 8pt;"><span style="font-family: Verdana;"><span style="font-weight: bold;">&nbsp;lire également</span></span><br></span> <span style="font-size: 8pt;"><a href=
    "http://www.l-che.net/article-23417688.html"></a></span><a href="http://www.l-che.net/article-23417688.html"><span style="font-size: 8pt;"><span style=
    "font-family: arial,helvetica,sans-serif;">Repère amer</span></span><br></a><br>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Tue, 07 Oct 2008 20:10:00 +0200</pubDate>        <guid>http://www.l-che.net/article-23512345.html</guid>
                <category>Fil au-delà</category>        <comments>http://www.l-che.net/article-23512345-6.html</comments>                    <author>post@l-che.net (LChe)</author><enclosure url="http://www.over-blog.com/_dewplayer.swf?son=http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/04/35/38/Daniel-Balavoine---Le-chanteur.mp3" length="4031" type="application/x-shockwave-flash" /><media:content url="http://www.over-blog.com/_dewplayer.swf?son=http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/04/35/38/Daniel-Balavoine---Le-chanteur.mp3" fileSize="4031" type="application/x-shockwave-flash" /><itunes:explicit>no</itunes:explicit><itunes:subtitle> Je suis né dans un pays qui alors était la France, la France qu'ailleurs les Alliés libéraient du joug nazi. Mes parents ont quitté le grenier que constituait l'Algérie, ont divorcé (c'était rare et scandaleux à l'époque) et j'ai grandi dans un quartier </itunes:subtitle><itunes:author>LChe</itunes:author><itunes:summary> Je suis né dans un pays qui alors était la France, la France qu'ailleurs les Alliés libéraient du joug nazi. Mes parents ont quitté le grenier que constituait l'Algérie, ont divorcé (c'était rare et scandaleux à l'époque) et j'ai grandi dans un quartier pauvre d'une ville d'Alsace, une Alsace qu'aujourd'hui encore quelque imbécile croit allemande. Comme j'étais vif, j'ai trouvé une place de commis à 14 ans. Comme j'avais un corps aussi bien fait que ma tête, je me suis fait une place auprès des hommes qui y travaillaient et auprès des femmes qui s'ennuyaient en les attendant. La centaine de francs que je gagnais servaient à garnir la table de mes frères et de ma mère qui ne m'aimait pas. Quelques années de servitude plus tard, le mariage m'offrit le moyen de les laisser à leur sort. Je me libérais d'eux en épousant une charmante jeune fille que sa famille aimait mais qui ne pouvait choisir sa vie - comme c'était normal alors. Nous nous retrouvâmes bâteaux ivres et nous laissèrent nos foyers à leur maigres braises. En mai 68, nous abandonnâmes la faculté pour rejoindre le Sud. La pénurie d'essence se traduisit par une grossesse involontaire. Notre fils naquit peu après nos diplômes, finalement obtenus. Comme j'étais vif, je devins le meilleur employé de ma société. Comme j'avais un corps aussi bien fait que ma tête, je contribuai à la libération des femmes : tandis que la mienne s'entichait de notre rejeton, je donnais et redonnais aux autres femmes le sens du plaisir. Je me hissais sur leurs formes comme je gravissais les échelons dans la société qui m'avait vu entrer commis et qui maintenant me nommait directeur. J'avais une 504 blanche qu'on appelait le sucre. Mon épouse n'était pas heureuse, elle tomba malade. Elle disait que l'enfant était triste et cela lui donna la force de me quitter. Tant pis pour elle. Je me réfugiai dans le travail et dans l'orgasme, toujours plus à ma portée. J'en ai eu, des femmes... Mon statut d'homme libre et entreprenant les attiraient. Ma cour les comblaient ; elles comblaient mes nuits. Un jour, je montrai à mon fils une boîte à chaussure dans laquelle j'avais conservé la photo de quelques-unes d'entre elles. Il sembla impressionné. J'étais... comment dire... fier d'avoir un fils ? Je ne le voyais pas souvent -sa mère était maladivement méfiante à mon égard et sans doute le croyait-elle en danger quand elle me le confiait. Cela n'arrivait pas souvent. Je m'en accommodais. Ma position sociale atteignit son sommet. Je dominais tellement mon sujet que j'aimais plusieurs femmes chaque semaine : l'une pour son corps, une seconde pour son intelligence, une troisième pour sa sensibilité, une quatrième pour sa folie, et une cinquième pour son imprévisibilité, etcaetera. Le week-end, je me laissais libre d'en rencontrer d'autres. Mon fils grandissait et me semblait fragile. Je voulais l'aider, lui donner des conseils mais l'adolescence moderne empêche toute transmission venant d'en haut. Il apprendrait -j'avais bien appris, moi. Les années volaient comme mes cheveux mais les femmes avaient toujours le même âge, elles restaient belles et désirables. Mon fils devint un jeune homme et je le fis entrer dans ma société. J'étais content de moi.&amp;nbsp; Lui me remercia à peine ! La famille est un poison. A l'époque également, je voulus me rapprocher de mes frères que je n'avais vus adultes. Ils posèrent une condition : qu'avant je revois notre mère. Lorsque je l'appelai, elle me répondit texto -alors que quarante ans étaient passés : "Ah, je me souviens de vous. J'ai beaucoup souffert lorsque vous êtes né". Les années 90 ont changé la donne. Je compris que l'heure était venue de quitter cette entreprise qui m'avait fait passer de tout en bas à tout en haut. J'y laissais mon descendant -quel symbole. L'ingrat. Lorsqu'il se maria, je voulus le prévenir : pourquoi s'enchaîner ? Il ne supporta pas mon avis. Il a fait son expérience, cela n'a pas duré. Pour la suivante, il dût se méfier : il ne me la présenta jamai</itunes:summary><itunes:keywords>Blog,Rythme,Philosophie,Poésie,Français,Point,de,vue,Opinion</itunes:keywords></item>
      <item>
        <title><![CDATA[Repère amer]]></title>
        <link>http://www.l-che.net/article-23417688.html</link>        <description><![CDATA[<div style="text-align: justify;">
    <br>
    <br>
  </div><span style="color: #333399;"><span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">Aujourd'hui 4 octobre, mon papa a 64 ans.<br>
  <br>
  <br>
  Je ne l'ai pas vu depuis 12 ans.<br>
  <br>
  <br>
  <br>
  Je pense souvent à lui.<br>
  Je ne suis cependant pas soucieux de savoir s'il pense à moi.<br>
  <br>
  Peut-être quand même ?<br>
  <br>
  <br>
  Ce qu'il y a de bien quand on ne voit plus son père, c'est qu'il ne vieillit pas.<br>
  <br>
  <br>
  Bien sûr, j'aimerais que mon fils le connaisse.<br>
  Mais tout compte fait, il vaut mieux que nous nous en passions.<br>
  <br>
  Je n'ai pas de jugement sur cette histoire.<br>
  <br>
  Mon histoire.<br>
  <br>
  <br>
  Notre histoire.<br>
  <br>
  <br>
  C'est difficile, parfois, d'être un vrai papa et d'avoir son propre papa qui vous manque.<br>
  Qui vous manque alors qu'il est vivant, j'entends.<br>
  <br>
  Quoi que.<br>
  <br>
  Il y a peu, pour la première fois, j'ai pensé que peut-être il était mort, depuis ce temps.<br>
  <br></span></span></span> <span style="color: #333399;"><span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">Je l'ai cherché sur Internet et malheureusement, alors qu'il
  pourrait y en avoir, je n'ai trouvé aucun indice rassurant.<br>
  <br></span></span></span> <span style="color: #333399;"><span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;"><br>
  Ma première pensée a été d'être triste pour lui.<br>
  Ma seconde pensée à été pour tous mes amis qui ont perdu le leur et qui ont des regrets. Je me suis dit : ce gâchis, il est beaucoup plus de ma faute : eux, ils ont subi la disparition. Je les ai
  vus en pleurer, je mesure ce que c'est. C'est irréversible.<br>
  <br>
  <br>
  En fait, je me suis rendu compte que ma tristesse était celle d'un père et non celle d'un fils.<br>
  <br>
  Alors je me suis souvenu pourquoi nous ne nous voyons plus.<br>
  <br>
  <br>
  <br></span></span></span>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="color: #333399;"><span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">Ce qu'il y a de bizarre, quand on perd son père, c'est qu'on perd ses
    repères.</span></span></span><br>
    <span style="color: #333399;"><span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;"><br>
    Comme ça, sans réfléchir, on aurait envie de s'en foutre de tout.<br>
    Comme si de toute façon, hein, il n'y avait plus personne pour apprécier ni juger son propre parcours : petit, miniscule, infime cheminement dans l'Univers -si complexe à appréhender.<br>
    <br>
    <br></span></span></span> <span style="color: #333399;"><span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">Ce qu'il y a de bizarre, quand on perd son père, c'est qu'on
    perd ses repères.</span></span></span><br>
    <span style="color: #333399;"><span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;"><br>
    On est pris à la gorge par la liberté de celui qui a compris qu'il va mourir.</span></span></span><br>
  </div><span style="color: #333399;"><span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">Ivresse et désespoir concomitant.<br>
  <br>
  Les parents sont une drogue.<br>
  <br>
  <br>
  <br></span></span></span> <span style="color: #333399;"><span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">Aujourd'hui, j'aurais bien souhaité un bon anniversaire à mon
  père.<br>
  <br>
  <br>
  Il a peut-être 64 ans.<br>
  <br>
  <br>
  <br></span></span></span>
  <div style="text-align: center;">
    <br>
  </div>
  <center>
    <div>
      <div>
        <div>
          <div>
            <div>
              <div>
                <div>
                  <span style="color: #333399;"><object height="20" width="200" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0" classid=
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                </div>
              </div>
            </div>
          </div>
        </div>
      </div>
    </div><span style="color: #c0c0c0;"><span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-size: 8pt;">Daniel Balavoine - Mon fils, ma
    bataille</span></span></span></span><br>
    <br>
    <br>
    <br>
    <hr style="width: 100%; height: 2px; text-align: right;">
    <div style="text-align: right;">
      <span style="font-size: 8pt;"><span style="font-family: verdana,geneva;"><span style="font-weight: bold;">&nbsp;lire également</span></span><br></span> <span style="font-size: 8pt;"><a href=
      "http://www.l-che.net/10-categorie-75537.html"></a></span><a href="http://www.l-che.net/article-23512345.html"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><span style=
      "font-size: 8pt;">Fils tordus</span></span></a><br>
    </div>
  </center>]]></description>
        <pubDate>Sat, 04 Oct 2008 21:03:00 +0200</pubDate>        <guid>http://www.l-che.net/article-23417688.html</guid>
                <category>Fil au-delà</category>        <comments>http://www.l-che.net/article-23417688-6.html</comments>                    <author>post@l-che.net (LChe)</author><enclosure url="http://www.over-blog.com/_dewplayer.swf?son=http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/04/35/38/Daniel-Balavoine---Mon-fils--ma-bataille.mp3" length="4031" type="application/x-shockwave-flash" /><media:content url="http://www.over-blog.com/_dewplayer.swf?son=http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/04/35/38/Daniel-Balavoine---Mon-fils--ma-bataille.mp3" fileSize="4031" type="application/x-shockwave-flash" /><itunes:explicit>no</itunes:explicit><itunes:subtitle> Aujourd'hui 4 octobre, mon papa a 64 ans. Je ne l'ai pas vu depuis 12 ans. Je pense souvent à lui. Je ne suis cependant pas soucieux de savoir s'il pense à moi. Peut-être quand même ? Ce qu'il y a de bien quand on ne voit plus son père, c'est qu'il ne vi</itunes:subtitle><itunes:author>LChe</itunes:author><itunes:summary> Aujourd'hui 4 octobre, mon papa a 64 ans. Je ne l'ai pas vu depuis 12 ans. Je pense souvent à lui. Je ne suis cependant pas soucieux de savoir s'il pense à moi. Peut-être quand même ? Ce qu'il y a de bien quand on ne voit plus son père, c'est qu'il ne vieillit pas. Bien sûr, j'aimerais que mon fils le connaisse. Mais tout compte fait, il vaut mieux que nous nous en passions. Je n'ai pas de jugement sur cette histoire. Mon histoire. Notre histoire. C'est difficile, parfois, d'être un vrai papa et d'avoir son propre papa qui vous manque. Qui vous manque alors qu'il est vivant, j'entends. Quoi que. Il y a peu, pour la première fois, j'ai pensé que peut-être il était mort, depuis ce temps. Je l'ai cherché sur Internet et malheureusement, alors qu'il pourrait y en avoir, je n'ai trouvé aucun indice rassurant. Ma première pensée a été d'être triste pour lui. Ma seconde pensée à été pour tous mes amis qui ont perdu le leur et qui ont des regrets. Je me suis dit : ce gâchis, il est beaucoup plus de ma faute : eux, ils ont subi la disparition. Je les ai vus en pleurer, je mesure ce que c'est. C'est irréversible. En fait, je me suis rendu compte que ma tristesse était celle d'un père et non celle d'un fils. Alors je me suis souvenu pourquoi nous ne nous voyons plus. Ce qu'il y a de bizarre, quand on perd son père, c'est qu'on perd ses repères. Comme ça, sans réfléchir, on aurait envie de s'en foutre de tout. Comme si de toute façon, hein, il n'y avait plus personne pour apprécier ni juger son propre parcours : petit, miniscule, infime cheminement dans l'Univers -si complexe à appréhender. Ce qu'il y a de bizarre, quand on perd son père, c'est qu'on perd ses repères. On est pris à la gorge par la liberté de celui qui a compris qu'il va mourir. Ivresse et désespoir concomitant. Les parents sont une drogue. Aujourd'hui, j'aurais bien souhaité un bon anniversaire à mon père. Il a peut-être 64 ans. Daniel Balavoine - Mon fils, ma bataille &amp;nbsp;lire également Fils tordus </itunes:summary><itunes:keywords>Blog,Rythme,Philosophie,Poésie,Français,Point,de,vue,Opinion</itunes:keywords></item>
      <item>
        <title><![CDATA[3 et 4 en font 2]]></title>
        <link>http://www.l-che.net/article-23390759.html</link>        <description><![CDATA[<div style="text-align: center;">
    <a href="http://www.nice-monaco-lacoursedusoleil.com/index.htm"><br></a>
  </div>
  <div style="text-align: center;">
    <img src="http://idata.over-blog.com/0/04/35/38/ii/BB-3-et-4-2008.jpg" alt="Les Boucles Berluganes, Beaulieu-sur-Mer, 28 septembre 2008" title=
    "Les Boucles Berluganes, Beaulieu-sur-Mer, 28 septembre 2008" class="CtreTexte" style="border: 0px solid #000; margin: 0px auto" width="500" height="334"><span style=
    "font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 8pt;">L'un d'eux est trois et <a href="http://ambitionpassion.canalblog.com/archives/2008/09/29/10674064.html">l'autre</a>,
    quatre<br></span></span><br>
  </div>
  <blockquote>
    <div style="text-align: justify;">
      <span style="color: #3366ff;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: Verdana;">Les <b>Boucles Berluganes</b>, ce sont deux tours d'environ 7 kilomètres chacun <em>autour</em>
      et <em>dans</em> <b>Beaulieu-sur-Mer</b>. Le spectacle est à <em>l'intérieur</em> à l'occasion de la longue côte qu'il faut gravir au début (la montée du Cimetière...) sur environ 1,5 km et
      <em>à l'extérieur</em> pour les 2 km de descente qui suit -des abords de la Moyenne Corniche pour rejoindre le niveau de la mer : la Belle Bleue, les pins calédoniens, la presqu'île de
      Saint-Jean-Cap-Ferrat... <em>Paix dans la beauté</em>, comme le veut la devise locale.</span></span></span><br>
    </div>
  </blockquote>
  <div style="text-align: left;">
    &nbsp;
  </div>
  <div style="text-align: center;">
    <span style="font-family: Verdana; color: #ffffff; font-size: 8pt;"><a href="http://www.beaulieusurmer.fr/rubriques/vivre/histoire/"><img src=
    "http://idata.over-blog.com/0/04/35/38/ii/pax-in-pulchritudine.jpg" alt="Blason de Beaulieu-sur-Mer (06)" title="Blason de Beaulieu-sur-Mer (06)" class="CtreTexte" style=
    "border: 0px solid #000000; margin: 0px auto;" width="175" height="250"></a>résultat classement resultat Nice Monaco</span>
  </div>
  <div style="text-align: right;">
    <br>
    <br>
  </div>
  <hr style="width: 100%; height: 2px; text-align: right;">
  <div style="text-align: right;">
    <span style="font-size: 8pt;"><span style="font-family: Verdana;"><span style="font-weight: bold;">&nbsp;lire également</span></span></span><br>
    <span style="font-size: 8pt;"><span style="font-family: Verdana;"><span style="font-family: Arial;"><span style="font-family: Arial; color: #333399;"><a href=
    "http://www.l-che.net/10-categorie-75537.html">(416)</a></span></span></span><br>
    <span style="font-family: Verdana;"><span style="font-family: Arial;"><span style="font-family: Arial; color: #333399;"><a href=
    "http://www.l-che.net/article-6500957.html">(2086)</a></span></span></span><br>
    <span style="font-family: Verdana;"><span style="font-family: Arial;"><span style="font-family: Arial; color: #333399;"><a href="http://www.l-che.net/article-10390328.html">Jog et
    Blog</a><br></span></span></span> <span style="font-family: Verdana;"><span style="font-family: Arial;"><a href="http://www.l-che.net/article-11105277.html">La Nocturne du
    Hans</a></span></span><br>
    <a style="font-family: Arial;" href="http://www.l-che.net/article-3026753.html"><span style="color: #333399;"><span style="font-family: Arial;">la course contre le temps</span></span></a><br>
    <span style="font-family: Arial;"><a href="http://www.l-che.net/article-13232787.html">La Course du Soleil (256)</a></span></span><br>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Fri, 03 Oct 2008 21:31:00 +0200</pubDate>        <guid>http://www.l-che.net/article-23390759.html</guid>
                <category>Perceault et Lanceval</category>        <comments>http://www.l-che.net/article-23390759-6.html</comments>                    <author>post@l-che.net (LChe)</author></item>
      <item>
        <title><![CDATA[L'avocat de conscience]]></title>
        <link>http://www.l-che.net/article-23140375.html</link>        <description><![CDATA[<span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-size: 14pt;"><b>Procès d’assise. La défense décodée.</b></span><br>
  <em>de <b>Pascale Robert-Diard</b> dans le <a href="http://www.lemonde.fr/le-monde-2/article/2008/09/19/proces-d-assises-la-defense-decodee_1096974_1004868.html">Monde 2</a></em><br>
  <br></span></span>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">« Une table, un épais dossier sur la table, deux hommes face à face. Dans le dossier, un mort. D'un côté de la
    table, l'accusé. De l'autre, son avocat. Sur la table, il y a aussi un code pénal. Article 221-1 : "Le fait de donner volontairement la mort à autrui constitue un meurtre. Il est puni de trente
    ans de réclusion criminelle". Ils sont donc cinq : un mort, un accusé, un dossier, un avocat et le code pénal.</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;"><br>
    On est dans le cabinet de l'avocat, quelques jours avant la comparution devant la cour d'assises. Dans l'arrière-cour, les coulisses, la cuisine, pourrait-on dire. Dans l'atelier serait plus
    juste. Ici, on façonne sur mesure de la défense pénale.</span></span><br>
    <br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">Ça a commencé par un long regard de l'avocat sur son client, de haut en bas, de bas en haut. Sévère, le
    regard.</span></span><br>
    <br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">"Je vais vous faire un compliment qui est une critique en même temps. Je vous trouve bien, là. Vous êtes beau,
    bronzé. Vous êtes trop beau, trop bronzé pour une comparution devant la cour d'assises.</span></span><br>
    <br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">– Vous savez bien que je travaille au grand air, moi !</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">– Oui, mais vous comparaissez pour un crime. Il y a, en face de vous, une famille qui a perdu un fils. Votre mine,
    là, ça peut donner un sentiment désagréable. Il faudrait retomber dans une attitude…</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">– Je vois. La première fois, ça m'a porté préjudice. Surtout ma tenue vestimentaire. Dans le journal, ils étaient
    même allés jusqu'à décrire mon costume.</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">– L'important, c'est d'être vous-même. Si vous êtes bien dans un costume, vous mettez un costume. Mais pas un
    tee-shirt comme ça. C'est trop sport, trop gai, vous comprenez ?</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">– Bon, d'accord. "</span></span><br>
    <b><br>
    <br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">"LE CON, IL S'EST TUÉ !"</span></span></b><br>
    <br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">C'était il y a six ans. Ce dimanche-là, V. L. a invité S. B. à prendre l'apéritif chez lui. Il venait d'emménager
    dans un nouvel appartement avec sa compagne et sa petite fille. Les deux amis s'étaient rencontrés l'après-midi, dans les rues de la ville. Ils ont partagé un premier verre, dans un café. Puis un
    deuxième et un troisième. Ils sont ensuite partis ensemble faire quelques courses pour l'apéro. Du whisky, entre autres. Des copains les ont rejoints à la maison et ils ont continué à boire.
    Beaucoup. Trop. Entre V. L. et S. B., le ton est monté. Pour une mauvaise blague. Pour un regard appuyé de l'un sur la femme de l'autre. Pour un sourire qui raille. Pour une allusion qui blesse.
    Au bout d'un moment, les autres sont partis. Sauf un, qui s'est replié dans la cuisine, avec la compagne de V. L., qui commençait à en avoir marre de ce genre de soirée. Dans le salon, il ne
    restait plus que V. L. et S. B. qui s'insultaient. Un coup de feu a éclaté. V. L. s'est précipité dans la cuisine, du sang et des éclats de cervelle sur le visage. Il a crié : " Putain, le con,
    il s'est tué ! " Par terre, dans le salon, S. B. n'avait plus rien au-dessus des yeux. Les pompiers sont arrivés. Puis les policiers.</span></span><br>
    <br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">Après quatorze mois de détention provisoire, V. L. a comparu, libre, devant une première cour d'assises. Pendant
    trois jours, il a répété que S. B. s'était suicidé. Son avocat a plaidé le doute, donc l'acquittement. V. L. a été condamné à dix ans de prison pour " coups mortels ". Et il a été aussitôt
    incarcéré. V. L. a fait appel. Il a décidé de changer d'avocat et il a demandé à Me Grégoire Lafarge, avocat au barreau de Paris, de le défendre. Après cinq mois et demi de détention, celui-ci a
    obtenu la remise en liberté de son client, sous contrôle judiciaire. Une petite année s'est écoulée et la date du procès en appel a enfin été fixée. Ce rendez-vous est destiné à passer une
    dernière fois tout le dossier en revue.</span></span><br>
    <br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">" Bon, on s'y colle ?</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">– On s'y colle. "</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;"><br>
    Grégoire Lafarge ouvre une première chemise. Elle contient l'expertise psychologique de l'accusé. Il en a surligné de larges extraits.</span></span><br>
    <br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">"On va commencer par là. Vous vous souvenez de votre principal handicap ?</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">– Heu, ma… façon d'être ?</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">– Oui. La première fois, vous êtes mal passé. On dit que vous souriez de manière inappropriée, que vos réponses sont
    brutales et que vous avez tendance à beaucoup parler d'argent. Quand on plaide coupable, tout est plus facile. Mais quand on plaide non coupable, c'est autre chose. Vous allez être interrogé sur
    des tas de choses : l'alcool, la violence, vos déclarations en garde à vue… Tout cela est fait pour créer un contexte. Alors, sur tout ce qui est mauvais dans le dossier, il va falloir lâcher du
    lest. Vous serez d'autant plus crédible sur l'essentiel que vous aurez cédé du terrain sur ce qui ne l'est pas, d'accord ? Il faut que ça glisse, que le président, l'avocat général glissent sur
    vous. Ce n'est pas de ça que vous êtes accusé. L'alcool, la violence, tout ça, ça ne fait pas de vous un meurtrier. "</span></span><br>
    <br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">Me Lafarge lit à voix haute des extraits de l'expertise. Elle évoque un accusé " narcissique ", faisant preuve d'une
    " absence totale de compassion " pour la victime.</span></span><br>
    <br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">"Bon alors, devant la cour, le frimeur qui la ramène avec sa Mercedes classe A et son fric, il faut oublier. Et
    puis, il va falloir réfléchir à dire deux ou trois choses sur S. B.</span></span><br>
    <br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">– Oui, c'est vrai, il est mort. C'est con.</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">– C'est con, ça ne suffit pas. Il faut que vous montriez, six ans après les faits, ce que vous
    ressentez.</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">– De la compassion, quoi… – C'est l'idée, mais il faut le dire avec vos mots. Vous vous en sentez capable ? – Je
    vais essayer. C'est vrai que mourir à cet âge-là, c'est pas possible. C'est pas normal.</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">– C'est important que vous le disiez.</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">– Je comprends. Mais vous savez, quand même, lui, c'était vraiment un prov… – Stop. Il est mort. Compris ? " Me
    Lafarge reprend sa lecture, griffonne quelques mots en marge.</span></span><br>
    <br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">"Bon, tout ce que je vois là-dedans, moi, c'est qu'au fond, avec votre sale caractère, votre petit côté qui la
    ramène tout le temps, en fait vous êtes une grande gueule. Oui, une grande gueule, c'est tout.</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">– C'est pas faux. Mais il faut que vous compreniez bien que moi, j'ai bossé toute ma vie, depuis l'âge de 12 ans.
    Tout ce que j'ai, c'est mon travail qui me l'a donné. Alors les autres, je les emmerde. Si je veux rouler en Mercedes, je roule en Mercedes. Des vacances, j'en ai pris qu'une fois dans ma vie.
    Enfin non – il sourit – avec la prison, ça fait deux !"</span></span><br>
    <br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">Le visage de l'avocat se rembrunit.</span></span><br>
    <br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">" Ce genre de mauvaise blague, vous ne me le refaites pas. Passons. On va parler de votre jalousie parce que là, si
    je suis l'avocat général…</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">– C'est le même que la première fois ?</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">– C'est le même. " Un profond soupir.</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;"><br>
    "Parce que lui, hein, il est dur, vous savez. Il a demandé quinze ans.</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">– Je sais. Et il n'aura sûrement pas changé d'avis. Donc, je suis l'avocat général et je vous le fais en cinq
    minutes : vous avez bu, vous êtes violent, impulsif, vous êtes jaloux, il y a une arme dans votre salon, vous avez déjà mis un coup de poing dans la porte, donc, c'est vous qui avez tiré. Alors,
    là-dessus, répondez-moi.</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">– C'est pas moi qui ai tiré.</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">– Il va falloir en dire un peu plus… – Ben, je vous dis que j'ai fait vingt mois de placard pour rien ! – D'accord.
    Vous êtes innocent, c'est votre logique et ce que vous venez de me dire, vous allez le dire à la cour. Je vais me battre comme un chien pour vous faire acquitter. Mais mon devoir, c'est aussi de
    prévoir le cas où vous ne le seriez pas. Alors, il faut que j'envisage ce qui peut vous coûter le moins cher.</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">– Je comprends.</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">– Je vais être un peu plus précis, V. Vous avez dit : Putain, le con, il s'est tué. Et ça, ça bloque votre défense.
    Parce que ça veut dire que S. B. s'est suicidé. Le problème, V., c'est que avec les expertises, la thèse du suicide, elle ne tient pas. Il va falloir trouver une autre formulation, proposer des
    hypothèses. Parce que plus il y a d'hypothèses, plus il y a de doute. " Grégoire Lafarge fait retomber ses lunettes du mitan du front au bout de son nez. Avec le doigt, il pointe une page du
    dossier signalée d'un Post-it rose avec deux petits signes " ++ " à l'encre noire.</span></span><br>
    <br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">" Je vais vous lire une de vos premières déclarations, à la psychologue justement. Vous parlez des faits. Vous dites
    : Un suicide, oui, mais un accident, c'est fort probable. Vous voyez, dès le départ, vous évoquez l'accident. C'est important. Alors, il faut que les jurés comprennent bien que votre phrase :
    Putain, le con, il s'est tué , ça ne veut pas forcément dire qu'il s'est suicidé. Ça peut dire aussi que ce n'est pas vous qui avez appuyé sur la gâchette, mais lui. Ça s'appelle un tir
    accidentel. On y reviendra. On continue ?</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">– On continue. "</span></span><br>
    <br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">Une autre chemise, des sous-dossiers. Sur chacun d'entre eux, les noms des témoins entendus pendant l'enquête. Me
    Lafarge lit la déposition d'un ami de son client. Il évoque son courage et sa force de travail, raconte le garçon chaleureux, toujours prêt à dépanner. "Celui-là, on va le faire citer." Il tourne
    la page du procès-verbal. Lit : "L'argent lui est monté à la tête."</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">"Non, finalement, on va s'en passer."</span></span><br>
    <br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">Un autre dossier, au nom d'une ex-compagne de l'accusé. Son témoignage est franchement hostile. Elle raconte des
    scènes de violence. V. L. écoute la lecture que lui en fait Grégoire Lafarge. "Oh, la salope…", souffle-t-il. Un regard noir de l'avocat le coupe net.</span></span><br>
    <br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">"Celle-ci, on n'y coupe pas et vous allez passer un sale quart d'heure. L'avocat général va la bichonner. Et vous
    allez devoir répondre.</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">– Elle était toujours en train de me chercher, moi je répondais, c'est tout. Entre nous, c'était comme
    ça…</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">– Comme ça , ça veut dire quoi ? – Ben, c'était… c'était l'amour vache.</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">– Ah, parfait. Ça, c'est vraiment un mot parfait. Vous le répétez devant la cour, d'accord ?"</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">Nouvelle chemise. En lettres noires. Elle contient les premières déclarations de V. L. en garde à vue. Il y
    expliquait que l'arme n'était pas la sienne. Qu'il ne savait pas comment elle était arrivée chez lui. Après, il a affirmé que S. B. était venu avec. Il avait fallu attendre le deuxième
    interrogatoire pour qu'il reconnût que c'était un fusil de chasse qui lui appartenait et qu'il avait acheté un an plus tôt.</span></span><br>
    <br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">"Ces mensonges, évidemment, ce n'est pas bon. Il va falloir les expliquer devant la cour. Mais il ne faut pas qu'on
    y passe plus de trois minutes. Alors, allez-y !"</span></span><br>
    <br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">V. L. bafouille : "Ben, c'est que, ayant assisté à… et ayant vu…</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">– Stop. Là, vous me faites des phrases. Je veux vos mots. Alors, pourquoi avez-vous menti ?</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">– Parce que j'avais peur…</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">– Peur de quoi ?</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">– Ben, peur qu'on pense que c'était moi, tiens !</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">– Eh bien, voilà ! Il faut le dire : vous avez menti parce que vous aviez peur.</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">– Et ça, c'est vrai, en plus.</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">– Pourquoi en plus ? Le reste, ça ne l'est pas ?</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">– Euh…</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">– V., vous vous rendez compte de l'effet de ce genre de phrases sur une cour d'assises ?"</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;"><br>
    Il tourne la page. Fronce les sourcils. "Celle-ci, elle va nous faire mal." Il lit : "Ça se fait pas de se suicider chez les autres. Et il a foutu mon salon en l'air. Il y en avait pour cinq
    plaques."</span></span><br>
    <br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">V. L. fait la grimace. "C'est sûr que cette phrase-là, elle fait mal. Franchement, quand je l'entends, j'ai honte.
    Mais j'avais tellement la rage…</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">– Il suffit de le dire. Sur tout ce qui est mauvais, on baisse la tête et on passe à autre chose. Je continue. Je
    suis l'avocat général, je vous demande : Pourquoi avez-vous acheté une arme ?</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">– Parce que j'aime les armes.</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">– Non. Parce que vous aimez le tir. D'ailleurs, vous avez fait du tir sportif, en club. On continue. Pourquoi
    aimez-vous le tir ? – Pour la précision et la beauté du geste. " Grégoire Lafarge hoche la tête.</span></span><br>
    <br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">« Dans une affaire où l'on vous reproche d'avoir tiré à bout portant et en pleine tête, il vaudrait mieux éviter ces
    mots-là. Bon, je vais vous tendre un piège. Je suis toujours l'avocat général : Monsieur L., vous n'avez jamais tiré avec cette arme, avant les faits ? – Je n'ai jamais tiré avec cette arme tout
    court.</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">– Excellent !</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">– Au premier procès, il a essayé de me la faire, celle-là ! Mais je l'avais vu venir."</span></span><br>
    <br>
    <br>
    <b><span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">UNE VRAIE FRIANDISE D'AVOCAT</span></span></b><br>
    <br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">On en arrive à ce qui constitue le cœur du dossier d'instruction. Des dizaines d'expertises et de contre-expertises
    médico-légales et balistiques qui remplissent des centaines de pages.</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;"><br>
    Ces experts, ils me sidèrent, dit V. Vous avez vu, il n'y en a pas un qui dit la même chose !</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">– J'ai vu. Mais en même temps, toutes ces contradictions, c'est plutôt une chance dans votre dossier. On va
    commencer par le plus facile : l'expertise du fusil."</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;"><br>
    C'était la première chose que le juge avait demandée aux policiers. Les résultats avaient mis bizarrement du temps à arriver. Pas la moindre empreinte de V. L. dessus. Pas la moindre de S. B.,
    non plus. Mais une autre, non identifiée. Il avait fallu que le juge exige des précisions pour que le chef d'enquête admette que c'était celle d'un de ses hommes. L'arme avait été ramassée à
    terre, manipulée, sécurisée et transportée à mains nues par les policiers. Une vraie friandise d'avocat.</span></span><br>
    <br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">Me Lafarge fait mine de se saisir d'un fusil. L'ouvre, le casse, le charge avec une cartouche, puis une deuxième, le
    referme, l'arme et appuie sur une gâchette imaginaire. "On vous accuse de tout ça et on ne retrouve pas une seule de vos empreintes ! Je vais faire ça devant les jurés. Moi, hein, pas vous. Vous,
    même si le président vous le demande, vous ne touchez pas le fusil. Parce que vous m'avez toujours dit que vous ne l'avez pas touché. Bon, mais on en conclut quoi, puisqu'il n'y a pas celles de
    S. B., non plus ? On en conclut qu'en maniant l'arme, les policiers se sont privés d'une preuve et vous ont privé de votre innocence. Et je dois le dire comme ça aux jurés."</span></span><br>
    <br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">Il se rassoit, griffonne : "V. L. privé de son innocence." Avec son client, Grégoire Lafarge va reprendre une à une
    chaque expertise : ADN, résidus de tir, course des projectiles, tracé des projections de "matières humaines". Il mesure, vérifie, recalcule, s'emmêle parfois, recommence, dessine un plan. Son
    stylo devient buffet. Sa gomme est table du salon, le paquet de cigarettes, canapé et le briquet, victime. L'agrafeuse se fait fusil. Il répète en les décomposant les conclusions de l'expert : "
    Un tir de droite à gauche, de bas vers le haut, d'avant en arrière." Quelques centimètres en plus ou en moins entre deux expertises, deux relevés d'impacts de plombs pas tout à fait concordants,
    une " certitude " chez un expert qui devient une " probabilité " chez un autre, rien n'est à négliger.</span></span><br>
    <br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">" On peut gagner un dossier sur des détails comme ceux-là.</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">– Les experts, je suis sûr que vous allez les tuer…</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">– Euh ! Le mot n'est pas vraiment approprié.</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">– Je veux dire, les casser. Putain, je vois bien que je passe —vraiment pour un cancre ! "</span></span><br>
    <br>
    <b><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">PETIT COURS DE DROIT</span></span></b><br>
    <br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">Pause déjeuner. V. L. se détend, raconte des blagues. Doucement, Grégoire Lafarge l'interrompt.</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">"A la cour d'assises, V., tout compte. Ce qui se passe à l'audience et ce qui se passe hors audience. Vous
    comparaissez libre. A chaque suspension, vous allez sortir fumer une cigarette. L'avocate de S. B., ou sa sœur ou son père, ou l'avocat général feront peut-être pareil. Ils ne doivent pas vous
    voir arrogant ou en train de rire. A l'heure du déjeuner, dans les rues, il y aura aussi les jurés. Ce n'est pas bien grand, comme ville. Rappelez-vous : tout compte. C'est un combat, la cour
    d'assises. Il ne faut leur faire aucun cadeau. Ils ont tellement plus de moyens que nous. Il ne faut céder sur rien. Sur rien."</span></span><br>
    <br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">Retour à l'atelier. Grégoire Lafarge a ouvert son code pénal. Petit cours de droit. V. L. est poursuivi pour
    homicide volontaire. Il a été condamné pour " coups mortels ".</span></span><br>
    <br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">"C'est une aberration juridique. Cela signifie que vous avez volontairement donné un coup de fusil mais
    involontairement donné la mort. Ça ne tient pas. Ça veut dire que les —premiers juges étaient mal à l'aise face à votre dossier. Maintenant, V., il faut qu'on examine ensemble une autre
    possi—bilité. Les expertises excluent le suicide mais elles ne sont pas incompatibles avec une bagarre, entre vous deux, autour de l'arme. Toutes les expertises y ramènent."</span></span><br>
    <br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">Il feuillette son code pénal. Article 221-6 : " Le fait de causer (…) par maladresse, imprudence, inattention,
    négligence ou manquement à une obligation de sécurité ou de prudence (…) la mort d'autrui constitue un homicide involontaire… " " C'est trois ans. Ou cinq, en cas d'imprudence absolue,
    c'est-à-dire si vous avez involontairement tiré avec une arme que vous avez chargée, par exemple. Et je vous rappelle, V., que vous êtes renvoyé pour meurtre. Et meurtre, c'est trente ans. Pas
    quinze, pas dix, pas cinq, trente. Il faut bien avoir ça dans la tête : le risque, c'est trente ans."</span></span><br>
    <br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">V. L. reste silencieux, le visage fermé. L'avocat avance à petits pas vers la thèse de l'homicide involontaire.
    "C'est la question la plus difficile que nous avons à nous poser, mais nous ne pouvons pas ne pas nous la poser. Parce que, pour que cette cour juge qu'elle n'a pas les moyens de vous condamner,
    sur la base de ce dossier, il faut qu'elle soit composée de gens remarquables. Des juges, des jurés qui oseront dire à la famille de S. B. qu'ils ne savent pas comment leur frère ou leur fils est
    mort. Et j'insiste : les expertises excluent le suicide mais elles ne sont pas incompatibles avec une bagarre autour de l'arme qui dégénère. Et on ne sait pas qui tire. Voilà, V., j'ai un
    problème de conscience : est-ce que je ne dois pas proposer au président cette lecture de l'homicide involontaire ? La justice idéale, c'est : quand on a un doute, on acquitte. Mais la justice
    réelle, c'est rarement la justice idéale, V. On condamne même quand on doute. Vous comprenez ?</span></span><br>
    <br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">– Je comprends. Mais moi, ma version, c'est que…</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">– Stop ! Vous, vous n'avez pas de version . Parce que dans ce mot-là, tout le monde entend mensonge . Il y a comme
    ça quelques mots que, vous, vous n'avez pas le droit de prononcer. Version en fait partie. L'accusation peut avoir une version. Vous, vous n'avez que des déclarations.</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">&nbsp;Eh, j'suis mécano, moi. Pas polytechnicien ! Et mon CAP, je l'ai raté. " Grégoire Lafarge lui sourit. "
    Celle-ci, ce serait vraiment bien de la ressortir au bon moment. C'est vous, ça. Pensez-y.</span></span><br>
    <br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">– N'empêche que j'ai pas tiré. " L'avocat vient se mettre juste en face de son client.</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">"Il nous reste une dernière chose à faire. Je suis le président et je vais vous faire un interrogatoire sur les
    faits. Ce sera le moment le plus dur, pour vous. C'est là qu'il faut convaincre. Il y a deux règles : si vous n'en dites pas assez, le président va vous en vouloir. Si vous en dites trop, vous
    prenez le risque de vous perdre. Encore une chose, pensez à dire Monsieur le président , de temps en temps."</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">Questions. Réponses. Plus l'interrogatoire approche du moment où le coup de feu est parti, moins V. L. est
    convaincant. " Je n'ai pas le souvenir… Je ne me souviens pas précisément ", répète-t-il.</span></span><br>
    <br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">Grégoire Lafarge insiste. "Le je m'en souviens pas , vous y avez droit une à deux fois. Maximum." V. L. marche dans
    le bureau, tire sur sa blonde. "J'aime pas ça. J'aime pas ça. D'en parler, vraiment, ça me fait suer.</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">– Le président ne va pas vous lâcher comme ça."</span></span><br>
    <br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">Grégoire Lafarge reprend les questions. "V., vous me dites que vous n'avez pas tenu cette arme et que vous n'avez
    pas tiré. Alors, je veux l'entendre, une fois, deux fois, trois fois, que ce soir-là, vous n'avez pas tué S. B.</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">– Monsieur le président, je n'ai pas tué S. B.</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">– Bon. On va s'arrêter là."</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;"><br>
    Il est tard, ce vendredi. Le cendrier déborde. Rendez-vous est pris lundi matin, à 8 h 45, au pied des marches du palais de justice.</span></span><br>
    <br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">" Et pendant quatre jours, on se tient impeccable.</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">– On va tâcher.</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">– C'est pas on va tâcher , V., c'est on va tout court."</span></span><br>
    <b><br>
    <br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">QUARANTE HEURES DE DÉBATS</span></span></b><br>
    <br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">Ça a duré quatre jours. Près de quarante heures de débats. Un dossier qui accuse, comme une lame de fond. Au premier
    rang du public, face aux jurés, une famille endeuillée par la perte d'un fils, d'un frère ou d'un compagnon, blottie dans son chagrin. Sur le côté, le cabanon de planches de la défense. Dedans,
    V. L., qui n'est plus le même homme. Il est juste l'accusé du meurtre d'un autre. Devant lui, Me Lafarge tient, seul, contre la houle. Revisse, rafistole, colmate, consolide ce que chaque vague
    d'interrogatoires menace. Certaines sont plus dangereuses que d'autres. L'interrogatoire de personnalité se passe sans trop d'encombres. V. L. fait ce qu'il peut pour retenir les conseils de son
    avocat.</span></span><br>
    <br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">"Oui, monsieur le président. (…) C'est une erreur, monsieur le président. (…) C'est vrai qu'il m'arrive de boire.
    (…) Je suis une grande gueule, monsieur le président." La nuque appuyée contre le bois du box, Me Lafarge l'encourage. " Doucement, doucement. " Ou encore, sur une question insistante du
    président, on l'entend murmurer : "Laissez tomber, V., restez calme."</span></span><br>
    <br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">Défilent les témoins, la mère de V. L., voix plaintive, "licenciée Moulinex", comme elle se présente. Le père, tout
    d'un bloc, "mon fils, je lui ai donné une éducation absolument parfaite", l'ex-petite amie, cruelle. Passent encore le psychiatre, la psychologue, et tremble le cabanon. Arrive à la barre la
    famille de la victime.</span></span><br>
    <br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">Au déjeuner, Grégoire Lafarge avait prévenu : "Vous allez en prendre plein la gueule. Vous ne répondez pas, vous ne
    bougez pas, compris ?</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">– Compris."</span></span><br>
    <br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">Un père, une mère, une sœur, un frère parlent de celui qui n'est plus, les larmes affluent, une évidence s'impose
    dont le président s'empresse de prendre acte : "S. B. ne semble présenter aucun caractère suicidaire."</span></span><br>
    <br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">V. L. tente de s'expliquer. "J'ai dit que S. B. s'était suicidé mais je ne voulais pas forcément dire suicide.
    J'suis pas polytechnicien, moi, j'ai raté le CAP.</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">– Oui. Enfin, suicide, c'est un mot dont chacun connaît le sens… même sans CAP ", observe sèchement le président V.
    L. dévisse. " Je ne dis pas que je n'ai pas dit que c'était un suicide… Je dis que c'est peut-être un suicide accidentel…"</span></span><br>
    <br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">Le président, en détachant chacun des mots. "Un suicide accidentel, dites-vous, bon…"</span></span><br>
    <br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">Des points de suspension dans la voix, haussement d'épaules, petite moue. Grégoire Lafarge attend le reflux. Le
    soir, il confie : "Il faut faire le roseau, plier, plier, mais ne jamais rompre." La vague suivante est terrible. A peine l'audience du matin reprise, le président a choisi de faire circuler les
    albums des clichés pris sur les lieux, le soir de la mort de S. B. "Je vous préviens, mesdames et messieurs les jurés, que ce sont des photos difficiles à regarder ", a-t-il
    dit.</span></span><br>
    <br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">Dans la salle, on n'entend plus que le froissement des pages qui se tournent. Des femmes jurées cèlent leur émotion
    en détournant le visage. Un hoquet de chagrin saisit la mère de la victime et déchire le silence. Dans le cabanon, on rentre la tête dans les épaules.</span></span><br>
    <br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">Passent les enquêteurs. Puis les experts. Le fusil, qui fait partie des scellés, circule de main en main. Les jurés
    femmes décrochent un peu sur les explications des balisticiens. Les jurés hommes n'en perdent pas une miette et s'aventurent à poser des questions. Sous le regard lourd de la famille de la
    victime, Me Lafarge presse policiers et experts, les pousse, soulève ici une contradiction, là, une erreur. Il s'anime, se bat sur chaque conclusion, dérange leurs certitudes, instille le doute.
    Les Post-it " ++ " collés sur les cotes du dossier sont utilisés l'un après l'autre. Il avance pas à pas vers la thèse de la bagarre entre les deux hommes et du tir accidentel.</span></span><br>
    <br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">L'expert en balistique se rebiffe. " A partir du moment où on a un fusil sur la tempe – il mime le geste, avec
    l'arme – et qu'on est dans cette position-là pour appuyer sur la gâchette, il devient difficile de parler d'accident. " Me Lafarge vacille. Le président s'engouffre.</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">"Vous écartez donc, monsieur l'expert, la thèse du suicide accidentel ?</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">Tout à fait.</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">– Bien, je vous remercie. " Le cabanon de la défense a pauvre allure. A la suspension d'audience, Grégoire Lafarge
    prend son client par les épaules.</span></span><br>
    <br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">" V., ça tourne au danger, là. On va aborder cet après-midi la partie la plus difficile, l'interrogatoire sur les
    faits. Je vous rappelle ce que je vous ai dit. L'homicide involontaire, c'est cinq ans. Si vous voulez changer de position, vous pouvez le faire jusqu'au dernier moment. Moi, je
    m'adapte.</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">– Vous faites au mieux, maître. Si vous pensez qu'il y a une porte de sortie, vous la prenez. Mais je vous répète,
    j'ai pas tiré sur S. B., j'ai pas tiré. " La vague se dresse, menaçante. Comment, dans le huis clos d'une soirée arrosée, entre deux hommes ivres dans le salon, l'un ayant humilié l'autre, un
    coup de feu mortel est-il parti ? Tous les témoins de la soirée disent la rage de V. L., le flegme goguenard de S. B., les insultes qui volent, un premier coup de poing donné dans la porte par V.
    L., des verres et des bouteilles qui se brisent, l'ordre donné par V. L. à S. B. de quitter son domicile, la peur qui saisit les autres invités devant la violence qui monte et la voix de S. B.
    qui crie : " T'as pas les couilles ! "</span></span><br>
    <br>
    <br>
    <b><span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">LE PIÈGE</span></span></b><br>
    <br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">Le président se tourne vers V. L. " Monsieur, vous vous levez s'il vous plaît. Racontez-nous cette soirée depuis le
    début. " V. L. hésite, bute sur les mots.</span></span><br>
    <br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">" Cessez de réfléchir ", intime le président Grégoire Lafarge se lève d'un bond. " Je ne peux pas vous laisser dire
    cela. C'est inacceptable. " Le président bat en retraite. Puis revient à la charge. Fait les questions, les réponses et les commentaires qui vont avec. " Tout ce que je dis est objectif, n'est-ce
    pas… Tout cela relève du dossier… Mes questions peuvent vous déplaire, mais c'est comme ça… Je suis impartial. " Dans le cabanon, V. L. bout. " Doucement ", souffle Me Lafarge.</span></span><br>
    <br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">Nouvelle suspension d'audience et nouveau tête-à-tête entre l'avocat et son client.</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">" Il n'est jamais trop tard, V. C'est vous qui décidez.</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">– Si je…</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">– Le président vous reposera des questions. Il faudra tout dire, tout.</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">– Bon, bon. "</span></span><br>
    <br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">L'interrogatoire reprend. Plus on approche du récit des faits, plus la voix de V. L. faiblit. Il
    s'échappe.</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">" C'est loin monsieur le président, je ne me souviens plus précisément…</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">– Un homme est mort, il va falloir faire quelques efforts de mémoire. Chacun fait comme il veut, hein ? Mais, bon,
    vous utilisez un peu trop souvent le peut-être et le je ne m'en souviens pas . Je dis cela en toute objectivité, pour votre bien. Je n'en tire aucune conclusion, bien sûr… Donc, je vous repose la
    question : avez-vous tenu le fusil en main ?</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">– Non. " Me Lafarge triture la branche de ses lunettes et serre les dents. Le président poursuit.</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">" Pour qu'il n'y ait pas d'ambiguïté dans l'esprit de mesdames et messieurs les jurés, je résume : si vous n'avez
    pas tenu le fusil, cela exclut la thèse d'une bagarre entre vous deux qui aurait dégénéré ? "</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;"><br>
    V. L. comprend le piège, mais trop tard. " Euh…</span></span><br>
    <br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">– Vous venez de me dire que vous n'avez jamais eu le fusil en main. C'est bien cela ?</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">– Mmoui, monsieur le président, mais…</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">– Mais quoi ? Vous l'avez tenu ou non ? " Un souffle dans le micro. " Non. "</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;"><br>
    Il ne reste plus que quelques heures. L'avocat général va requérir et ensuite viendra le tour de Grégoire Lafarge de plaider. Sans surprise, le représentant de l'accusation demande quinze ans de
    réclusion criminelle.</span></span><br>
    <br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">Lorsque Me Lafarge se lève, les parents de la victime quittent ostensiblement la salle d'audience. Il s'avance
    devant la cour et les jurés, plonge ses yeux dans les leurs, sa voix se cherche un peu, puis se pose et enfle. Peu à peu, elle dompte le silence. Du dossier, il reprend chaque faille, chaque
    approximation, chaque contradiction. Il fait naître des sourires bienveillants sur les visages des jurés lorsqu'il mime les incohérences des " génies de l'expertise ", il s'efforce de les
    entraîner un à un derrière lui sur le chemin du doute. " Les erreurs judiciaires sont toujours la suite des erreurs policières ", martèle-t-il.</span></span><br>
    <br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">L'attention baisse, il le sent, interpelle les jurés, les capte à nouveau, reprend sa route en veillant toujours
    qu'ils le suivent, s'acharnant à effacer de leur mémoire les phrases de l'avocat général pour y planter les siennes.</span></span><br>
    <br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">" On a privé V. L. de prouver son innocence. Mais il y a plus grave. Ce dossier bâclé a privé chacun d'entre vous,
    mesdames et messieurs les jurés, des moyens de découvrir la vérité. C'est pour cela que je plaide l'acquittement de V. L. Voilà, normalement, je devrais m'arrêter là. " Un silence. Me Lafarge
    regarde les jurés un à un.</span></span><br>
    <br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">" Mais ce jeune homme m'a confié une partie de sa vie. Il m'a fait confiance. Et on ne joue pas avec le destin d'un
    homme à pile ou face. Alors, je ne me sens pas le droit de m'arrêter là. Ce soir-là, on a deux gosses ivres morts face à face. Les deux mêmes. Deux grands ego de mecs, deux violents. Et entre ces
    deux-là, dans cette situation-là, il peut se passer n'importe quoi. " Il tonne. " Alors, à cette seconde-là, entre ces deux coqs qui se provoquent de façon stupide, qui des deux a les couilles ?
    Et pour faire quoi ? A qui ? Ce face-à-face morbide, on ne sait pas comment il commence, comment il finit. Je ne le sais pas. VOUS ne le savez pas. Je devais vous le dire. Désormais, je remets
    entre vos mains la vie de ce jeune homme. "</span></span><br>
    <br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">Quand Me Lafarge rejoint son banc, le regard des jurés reste aimanté à sa robe. Il est vidé. Du box, la main de V.
    L. se glisse sur son épaule. Pour la première fois depuis quatre jours de procès, il pleure. Pour la première fois aussi, il se tourne vers la famille de S. B.</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">" Tout ça, ça aurait jamais dû arriver… Pardon. Pardon. "</span></span><br>
    <br>
    <br>
    <b><span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">LES YEUX BAISSÉS</span></span></b><br>
    <br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">Il était tard, ce jeudi, lorsque la sonnette grêle qui annonce l'entrée de la cour et des jurés a retenti dans la
    salle d'assises. Deux heures de délibéré avaient passé pendant lesquelles ils avaient décidé " dans leur intime conviction " si oui ou non, V. L. s'était rendu coupable d'homicide volontaire sur
    S. B.</span></span><br>
    <br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">Lorsqu'ils sont entrés, Me Lafarge les a dévisagés. Il a particulièrement quêté le regard de deux femmes jurés à
    l'instant où elles regagnaient leur fauteuil. Elles étaient, comment dire ?, elles étaient les siennes. Ses témoins, ses émissaires. C'est quelque chose qui ne s'explique pas vraiment, mais qui
    se sent. Elles ont gardé les yeux baissés. Il a compris.</span></span><br>
    <br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">Le président a demandé à V. L. de se lever.</span></span><br>
    <br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">" A la question, L'accusé V. L. est-il coupable d'avoir volontairement exercé des violences sur la personne de S. B.
    ? , la cour et les jurés, à la majorité de dix voix au moins, ont répondu oui. A la question L'accusé V. L. avait-il l'intention de donner la mort à S. B. ? , la cour et les jurés, à la majorité
    d'au moins dix voix, ont répondu oui. " Un temps.</span></span><br>
    <br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">" La cour condamne l'accusé à la peine de douze ans de réclusion criminelle et décerne contre lui un mandat de
    dépôt. " Dehors, un bruit de moteur. Un fourgon de police se met en place devant une sortie latérale. Dedans, un cliquetis. Les menottes auxquelles V. présente ses poignets.</span></span><br>
    <br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">Grégoire Lafarge l'entoure de ses bras.</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">" Vous viendrez me voir en prison ?</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">– Oui, V., dès demain.</span></span><br>
    <span style="font-family: trebuchet ms,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">– Vous savez, maître, si on s'était pas rencontré dans ces —circonstances-là, vous et moi ça aurait été comme ça,
    dit-il en levant le pouce</span></span>. »<br>
    <br>
    <br>
    <div style="text-align: right;">
      <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><span style="font-size: 8pt;">(<a href=
      "http://www.lemonde.fr/le-monde-2/article/2008/09/19/proces-d-assises-la-defense-decodee_1096974_1004868.html">source</a>)</span></span><br>
    </div><br>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Thu, 25 Sep 2008 20:26:00 +0200</pubDate>        <guid>http://www.l-che.net/article-23140375.html</guid>
                <category>Post hérité</category>        <comments>http://www.l-che.net/article-23140375-6.html</comments>                    <author>post@l-che.net (LChe)</author></item>
      <item>
        <title><![CDATA[40ème degré à sec]]></title>
        <link>http://www.l-che.net/article-22981251.html</link>        <description><![CDATA[<br>
  <br>
  <br>
  <div style="text-align: center;">
    <div>
      <object height="350" width="425" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000">
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      </object>
    </div><span style="color: #666699; font-family: trebuchet ms; font-size: 8pt;"><br>
    Les clichés lavent plus blanc (42')<br></span><br>
    <br>
    <br>
  </div>
  <div style="text-align: center;">
    <div>
      <object height="350" width="425" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000">
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      </object>
    </div><span style="color: #666699; font-family: trebuchet ms; font-size: 8pt;"><br>
    Les clichés lavent encore plus blanc (48')</span>
  </div><br>
  <br>
  <br>
  <br>]]></description>
        <pubDate>Sat, 20 Sep 2008 16:40:00 +0200</pubDate>        <guid>http://www.l-che.net/article-22981251.html</guid>
                <category>Post hérité</category>        <comments>http://www.l-che.net/article-22981251-6.html</comments>                    <author>post@l-che.net (LChe)</author><enclosure url="http://www.youtube.com/v/NE9-PNW-sGY" length="882" type="application/x-shockwave-flash" /><media:content url="http://www.youtube.com/v/NE9-PNW-sGY" fileSize="882" type="application/x-shockwave-flash" /><itunes:explicit>no</itunes:explicit><itunes:subtitle> Les clichés lavent plus blanc (42') Les clichés lavent encore plus blanc (48') </itunes:subtitle><itunes:author>LChe</itunes:author><itunes:summary> Les clichés lavent plus blanc (42') Les clichés lavent encore plus blanc (48') </itunes:summary><itunes:keywords>Blog,Rythme,Philosophie,Poésie,Français,Point,de,vue,Opinion</itunes:keywords></item>
      <item>
        <title><![CDATA[Que faire des estomacs quand ils savent marcher ?]]></title>
        <link>http://www.l-che.net/article-22839377.html</link>        <description><![CDATA[<div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: trebuchet ms; font-size: 10pt;"><br>
    « <span style="font-family: courier new;">Est-ce qu’il est vraiment logique, alors que nous sommes si soucieux de la bonne utilisation des crédits délégués par l’Etat, que nous fassions passer
    des concours bac +5 à des personnes dont la fonction va être essentiellement de faire faire des siestes à des enfants ou de leur changer les couches ?</span> »</span> <span style=
    "font-family: trebuchet ms;"><br>
    <br>
    <br></span>
    <div>
      <div style="text-align: center;">
        <span style="font-family: trebuchet ms;"><object height="339" width="420" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0" classid=
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        </object><br></span>
      </div><b><a href="http://www.dailymotion.com/swf/k1p3W5LRnHWIpQLFG3"></a></b>
      <div style="text-align: center;">
        <span style="color: #000080;">Xavier Darcos, ministre de l'Education nationale,<br>
        entendu par la commission des Finances du Sénat le 3 juillet dernier</span> <span style="color: #808080;"><br>
        (1'35'')</span><br>
      </div>
    </div><span style="font-family: trebuchet ms;"><br>
    <br></span>
    <div style="text-align: right;">
      <span style="font-family: trebuchet ms; font-size: 8pt;">Source :</span> <a href="http://www.rue89.com/2008/09/15/darcos-les-profs-de-maternelle-ne-changent-que-les-couches"><span style=
      "font-family: trebuchet ms; font-size: 8pt;">Rue89</span></a><br>
      <br>
      <br>
      <br>
    </div>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Mon, 15 Sep 2008 20:58:00 +0200</pubDate>        <guid>http://www.l-che.net/article-22839377.html</guid>
                <category>La faute aux contrastes</category>        <comments>http://www.l-che.net/article-22839377-6.html</comments>                    <author>post@l-che.net (LChe)</author><enclosure url="http://www.dailymotion.com/swf/k1p3W5LRnHWIpQLFG3" length="-1" type="application/x-shockwave-flash" /><media:content url="http://www.dailymotion.com/swf/k1p3W5LRnHWIpQLFG3" type="application/x-shockwave-flash" /><itunes:explicit>no</itunes:explicit><itunes:subtitle> « Est-ce qu’il est vraiment logique, alors que nous sommes si soucieux de la bonne utilisation des crédits délégués par l’Etat, que nous fassions passer des concours bac +5 à des personnes dont la fonction va être essentiellement de faire faire des siest</itunes:subtitle><itunes:author>LChe</itunes:author><itunes:summary> « Est-ce qu’il est vraiment logique, alors que nous sommes si soucieux de la bonne utilisation des crédits délégués par l’Etat, que nous fassions passer des concours bac +5 à des personnes dont la fonction va être essentiellement de faire faire des siestes à des enfants ou de leur changer les couches ? » Xavier Darcos, ministre de l'Education nationale, entendu par la commission des Finances du Sénat le 3 juillet dernier (1'35'') Source : Rue89 </itunes:summary><itunes:keywords>Blog,Rythme,Philosophie,Poésie,Français,Point,de,vue,Opinion</itunes:keywords></item>
      <item>
        <title><![CDATA[La trilogie de l'oxymore]]></title>
        <link>http://www.l-che.net/article-22522007.html</link>        <description><![CDATA[<br>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="color: #000080; font-family: trebuchet ms; font-size: 10pt;">A table, à l'improviste, entre deux discussions beaucoup plus importantes</span> -<span style=
    "color: #000080; font-family: trebuchet ms; font-size: 10pt;">le choix du chat et la citation japonaise sur laquelle porte le devoir du soir en ce second jour de CE2, le fils a demandé à son père
    :<br>
    <span style="color: #666699;"><br>
    &nbsp;</span><span style="color: #666699; font-family: verdana;">&nbsp; - et pourquoi ton père et ta mère ils se sont séparés ?</span><br>
    <br>
    <br></span>
    <div style="text-align: center;">
      <img src="http://idata.over-blog.com/0/04/35/38/ii/caperi.jpg" alt="câpres" title="câpres en bocal" class="CtreTexte" style=" border: 0px solid #000; margin: 0px auto" width="500" height="333">
    </div><br>
    <span style="color: #000080; font-family: trebuchet ms; font-size: 10pt;"><br>
    <br>
    C'était il y a 35 ans et je n'en parle jamais.<br>
    <br>
    En 8 ans ensemble, j'ai très rarement mentionné mon père - son grand'père.<br>
    Je ne le vois plus depuis bien avant que naisse son petit-fils. Je l'ai informé de sa postérité par courrier. Il m'a répondu en citant de devoirs qui m'incombaient alors : je ne l'ai en rien
    reconnu.<br>
    <br>
    Si je n'ai que rarement mentionné mon père à mon fils, c'est qu'il n'y pas grand'chose à lui en dire. Je veux dire : des choses qui le regardent.<br>
    <br>
    J'ai intacte l'image de mon parent co-fondateur, j'éprouve les sentiments d'un enfant pour un de ses créateurs.<br>
    <br>
    Un peu comme l'herbe qui considère la voûte étoilée.<br>
    Sauf que terre à terre lui importent plus les soleils des jours.<br>
    <br>
    <br>
    Lorsque j'en ai parlé depuis qu'on est trois, j'ai tenté de ne pas mettre de pathos sur cette incroyable amnésie de fait. Je n'ai souhaité ni l'occulter, ni lui donner plus d'importance qu'elle
    n'a.<br>
    <br>
    Qu'elle n'a aujourd'hui dans la droite ligne d'hiers.<br>
    <br>
    <br>
    De mon père que je n'ai pas vu depuis des lustres reste pourtant entière la place. Une place nette, peut-être une place vide mais une place. Un grenier sans malice, des combles dans lesquelles
    les questions que j'avais envie de poser résonnent depuis et pour toujours.<br>
    <br>
    <br>
    C'était l'avant-dernière fois qu'on s'est vus.<br>
    Je lui avais enfin posé une de ces questions que j'avais envie de poser.<br>
    <br>
    Et cette grande aura s'était mise à sangloter.<br>
    <br>
    Et spontanément, je l'avais pris dans mes bras.<br>
    <br>
    <br>
    L'instinct paternel,<br>
    oxymore et résurrection.<br>
    <br>
    <br></span> <span style="color: #000080; font-family: trebuchet ms; font-size: 10pt;">A table, à l'improviste, entre deux discussions beaucoup plus importantes -le chat sera noir et les devoirs
    accomplis, mon fils m'a ainsi demandé :</span><br>
    <span style="color: #000080; font-family: trebuchet ms; font-size: 10pt;"><br></span><span style="color: #000080; font-family: trebuchet ms; font-size: 10pt;"><span style=
    "color: #666699;">&nbsp;</span><span style="color: #666699; font-family: verdana;">&nbsp; - et pourquoi ton père et ta mère ils se sont séparés ?</span><br>
    <br>
    <br>
    Comment formuler la réponse à un enfant ?<br>
    <br>
    <br>
    Et qui doit le formuler ?<br>
    <br>
    L'enfant que j'étais a des réponses que le mien aujourd'hui ne pourrait absolument pas comprendre. Ce serait comme devoir résumer une pièce de théâtre à quelqu'un qui vient d'apprendre à
    lire.<br>
    <br>
    L'adulte que je suis a donc dit :<br>
    <br>
    <span style="color: #666699;">&nbsp;&nbsp;</span> <span style="color: #666699; font-family: verdana;">- ma maman et mon papa n'étaient pas heureux ensemble. Mon père était très actif, très
    déterminé, voulait toujours faire quelque chose et tout le monde devait le faire. Mais ma mère, elle, n'avait pas envie des mêmes choses. Or à l'époque, les hommes étaient plus autoritaires, ils
    pouvaient décider beaucoup plus de choses, même quand ce n'était pas juste. C'était comme ça, à l'époque, et c'était comme ça pour tout le monde. Alors comme ma maman n'arrivait pas à être
    heureuse et aussi parce qu'elle n'arrivait pas s'occuper de moi aussi bien qu'elle le voulait, ils ont décidé de se quitter.</span><br>
    <br>
    Tout simplement.<br>
    <br>
    <br>
    Artéfact réflexe,</span> <span style="color: #000080; font-family: trebuchet ms; font-size: 10pt;">j'ai rajouté</span> <span style=
    "color: #000080; font-family: trebuchet ms; font-size: 10pt;">:<br>
    <br>
    <span style="color: #666699; font-family: verdana;">&nbsp;&nbsp; - Je n'ai pas été malheureux qu'ils se séparent. En fait, c'était plutôt comme si&nbsp; disparaissait de ma vie de tous les jours
    un adulte qui m'apportait plus de contraintes que de bonheurs.</span><br>
    <br>
    Je me suis étonné d'entendre cette dernière phrase.<br>
    <br>
    Distillé voilà sans doute la crème de mon chagrin.<br>
    <br>
    <br></span> <img src="http://idata.over-blog.com/0/04/35/38/ii/fiore-di-capero.jpg" alt="fleur de câpre" title="fleur du caprier" class="CtreTexte" style=
    "border: 0px solid #000000; margin: 0px auto;" width="500" height="375"><span style="color: #000080; font-family: trebuchet ms; font-size: 10pt;"><br>
    <br>
    <br>
    Mon fils a enchaîné :<br>
    <span style="font-family: verdana;"><br>
    &nbsp;<span style="color: #666699;">&nbsp; - je n'aime pas ça</span></span><br>
    <br>
    <br>
    Je l'ai regardé : il considérait un câpre qu'il venait de trouver dans ses pâtes.<br>
    <br>
    <br>
    Moi, j'aime beaucoup les câpres.<br></span><br>
    <br>
    <br>
    <br>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Thu, 04 Sep 2008 21:12:00 +0200</pubDate>        <guid>http://www.l-che.net/article-22522007.html</guid>
                <category>Perceault et Lanceval</category>        <comments>http://www.l-che.net/article-22522007-6.html</comments>                    <author>post@l-che.net (LChe)</author></item>
      <item>
        <title><![CDATA[Anti-flirt]]></title>
        <link>http://www.l-che.net/article-22199747.html</link>        <description><![CDATA[<br>
  <br>
  <img src="http://idata.over-blog.com/0/04/35/38/ii/antiflirt2.jpg" alt="Anti-flirt" class="GcheTexte" style="border: 10px solid #fffff; margin: 0px 0px;" height="430" width="300"><br>
  <span style="color: #000080; font-family: trebuchet ms; font-size: 10pt;">La campagne, en 2008, c'est une campagne de pub.<br>
  <br>
  Actuellement à l'affiche, l'ultime déclinaison de la charte communicative d'une franchise, un modèle économique - comme un <em>projet de baise</em> <sup>(1)</sup>- au sommet de son
  <em>art-<span style="font-size: 8pt;">gens</span></em>.<br>
  <br>
  <br>
  Le principe est simple : le choc des photos, le peu de mots. Le nom de la marque pour seul message. Le sous-titre ? C'est l'adresse web, éponyme.<br>
  <br>
  <br>
  Interpellé ainsi quand on est déconnecté !<br>
  <br>
  <br>
  L'image ne colle pas avec les 2 mots.<br>
  Hésitation des hémisphères : attention.<br>
  <br>
  <br>
  Une femme plus dénudée qu'habillée : il ne s'agit pas d'une publicité pour un produit laitier mais pour des vêtements. Logique d'au-jouir dû.<br>
  <br>
  Ah.<br>
  <br>
  <br></span> <img src="http://idata.over-blog.com/0/04/35/38/ii/antiflirt3.jpg" alt="Anti-flirt" class="DrteTexte" style=" border: 10px solid #fffff; margin: 0px 0px;" height="225" width=
  "300"><span style="color: #000080; font-family: trebuchet ms; font-size: 10pt;">Mettons de côté la possibilité que je sois un enfant, un vieillard, une orthodoxe.<br>
  <br>
  <br>
  Mais la fille, là, force m'est de comprendre qu'elle n'est pas provocante spécialement pour moi qui regarde ; elle est comme ça, c'est tout.<br>
  <br>
  <br>
  Et voilà que j'accède à l'intimité de cette fille, là, qui porte un désir qui ne me concerne absolument pas.<br>
  <span style="color: #000080;"><br>
  <br>
  <br>
  <br></span></span> <img src="http://idata.over-blog.com/0/04/35/38/ii/antiflirt1.jpg" alt="Anti-flirt" class="GcheTexte" style=" border: 10px solid #fffff; margin: 0px 0px;" height="225" width=
  "300"><span style="color: #000080; font-family: trebuchet ms; font-size: 10pt;">Je suis mal à l'aise.<br>
  <br></span>
  <div style="text-align: left;">
    <span style="color: #000080; font-family: trebuchet ms; font-size: 10pt;">Anti-flirt, c'est le rire bruyant de ce que je n'aime pas dans notre société :</span> <span style=
    "color: #000080; font-family: trebuchet ms; font-size: 10pt;">la contribution de chacun au voyeurisme.</span><br>
  </div><span style="color: #000080; font-family: trebuchet ms; font-size: 10pt;"><br>
  Tacite contribution pour mater : « la fermer »<br>
  <br>
  L'inaccessible n'étant plus suffisant, il faut désormais rester interdit ?<br>
  <br>
  Une entreprise peut aujourd'hui balancer <em>stricto sensu</em></span> <span style="color: #000080; font-family: trebuchet ms; font-size: 10pt;">cette graine de stérilité dans la foule alors qu'un
  anonyme reprenant sans autorisation les photographies risque des poursuites.<br>
  <br></span> <img src="http://idata.over-blog.com/0/04/35/38/ii/antiflirt4.jpg" class="DrteTexte" style=" border: 0px solid #000; margin: 0px 0px;" height="269" width="300"><br>
  <span style="color: #000080; font-family: trebuchet ms; font-size: 10pt;"><em>A</em><em>nti-flirt</em>, un nom pour la mécanique du cynisme libéral.<br>
  <br>
  J'achète des clopes ? Fumer tue.<br>
  Je bois ? L'abus d'alcool est dangereux.<br>
  Je mange mal ? Il faut 5 fruits et légumes par jour.<br>
  Travailler plus ? Gagner moins.<br>
  <br>
  <br></span> <span style="color: #000080; font-family: trebuchet ms; font-size: 10pt;">Votre attention : dangers.<br>
  <br>
  <br>
  <em>Soyons désinvoltes, n'ayons l'air de rien</em></span> <span style="font-size: 8pt;"><sup><span style="color: #000080; font-family: trebuchet ms;">(2)</span></sup></span> <span style=
  "color: #000080; font-family: trebuchet ms; font-size: 10pt;">n'est résolument plus d'actualité.</span><br>
  <span style="color: #000080; font-family: trebuchet ms; font-size: 10pt;"><br>
  <br>
  <br>
  <br>
  <br>
  <br></span><br>
  <br>
  <table style="height: 943px;" border="0" width="600">
    <tbody style="text-align: left;">
      <tr style="text-align: left;">
        <td style="text-align: left;">
          <span style="color: #000080; font-family: trebuchet ms; font-size: 10pt;"><sup>(1)</sup></span><br>
          <span style="color: #000080; font-family: trebuchet ms; font-size: 10pt;"><br></span><span style="color: #333333; font-family: verdana; font-size: 8pt;"><b>Après d'âpres hostilités</b><br>
          <em>Alain Bashung, Chatterton (1994)</em><br></span>
          <div style="text-align: center;">
            <br>
          </div><span style="color: #333333; font-family: verdana; font-size: 8pt;">Tu me prenais la main et tu m'emmenais<br>
          Sur le mont Valérien me faire voir<br>
          Les galaxies<br>
          Me faire écouter<br>
          Les comètes<br>
          <br>
          Tu me disais<br>
          Préconisais<br>
          Des caresses volubiles<br>
          C'était quand je voulais<br>
          Où je voulais<br>
          Je n'étais plus ta risée<br>
          <br>
          Après d'âpres hostilités<br>
          Tu m'arrivais comme un torrent<br>
          Dans l'estuaire<br>
          Tu me disais<br>
          C'est des ragots<br>
          Du fiel<br>
          Le venin d'un ver de terre<br>
          <br>
          J'irai en découdre<br>
          Avec ce tissu de mensonges<br>
          Abattons la cloison<br>
          Arrachons les plinthes<br>
          La citadelle<br>
          Au créneau<br>
          <br>
          A l'assaut de l'euphorie<br>
          C'est pas le fruit d'une mûre réflexion<br>
          Mais plutôt une pulsion<br>
          Sans nom sans définition<br>
          Mon unique solution<br>
          Pure laine coton<br>
          C'est pas le fruit<br>
          C'est pas la saison<br>
          C'est pas la raison<br>
          <br>
          Après d'âpres hostilités<br>
          Tu me prenais la main et ça tournait<br>
          Tu me disais<br>
          C'est la faute au cerveau<br>
          Ces faux départs<br>
          Drapés dignes<br>
          Reprenons les grandes manoeuvres<br>
          La tenue léopard<br>
          <br>
          Je ne suis là que pour toi<br>
          Je ne suis là que pour toi<br>
          J'ai fait un songe<br>
          Une hypothèse<br>
          Un projet de baise<br>
          C'est pas le fruit d'une mûre réflexion<br>
          Mais plutôt une pulsion<br>
          Sans nom sans définition<br>
          Mon unique solution<br>
          Pure laine coton<br>
          C'est pas le fruit<br>
          C'est pas la saison<br>
          C'est pas la raison<br>
          <br>
          <br>
          <br>
          <br>
          <br>
          <br>
          <br>
          <br>
          <br>
          <br>
          <br>
          <br>
          <br></span>
        </td>
        <td style="text-align: left;">
          <div style="text-align: left;">
            <span style="color: #000080; font-family: trebuchet ms; font-size: 10pt;"><sup>(2)</sup></span><br>
          </div><span style="color: #000080; font-family: trebuchet ms; font-size: 10pt;"><br></span><span style="color: #333333; font-family: verdana; font-size: 8pt;"><b>Tostaky</b><br>
          <em>Noir désir, Tostaky (1992)<br></em><br>
          N</span><span style="color: #333333; font-family: verdana; font-size: 8pt;">ous survolons des villes<br>
          (des) autoroutes en friche<br>
          diagonales perdues<br>
          et des droites au hasard<br></span>
          <div>
            <span style="color: #333333; font-family: verdana; font-size: 8pt;">des femmes sans visage</span><br>
          </div><span style="color: #333333; font-family: verdana; font-size: 8pt;">à l'atterissage<br>
          soyons désinvoltes<br>
          n'ayons l'air de rien<br>
          <br>
          para la queja mexica<br>
          este sueno de america<br>
          celebremos la aluna<br>
          de siempre, ahorita<br>
          <br>
          et les branleurs trainent<br>
          dans la rue<br>
          et ils envoient ca aux étoiles<br>
          perdues<br>
          encore combien à attendre<br>
          combien à attendre<br>
          combien à attendre<br>
          encore combien à attendre<br>
          encore combien à attendre<br>
          <br>
          Tostaky<br>
          <br>
          le fond du continent<br>
          l'or du nouveau monde<br>
          pyramides jetables<br>
          hommes d'affaires impeccables<br>
          quand la pluie de sagesse<br>
          pourrit sur les trottoirs<br>
          notre mère la terre<br>
          étonne moi<br>
          <br>
          para la queja mexica<br>
          este sueno de america<br>
          celebremos la aluna<br>
          de siempre, ahorita<br>
          <br>
          pendre les fantomes<br>
          cortez<br>
          et pourrir à l'ombre<br>
          cortez<br>
          de l'Amérique vendue<br>
          à des girophares crus<br>
          pour des nouveaux faisceaux<br>
          pour des nouveaux soleils<br>
          pour des nouveaux rayons<br>
          pour des nouveaux soleils<br>
          <br>
          aqui para nosotros<br>
          aqui para nosotros<br>
          aqui para nosotros<br>
          aqui para nosotros etc.<br>
          <br>
          Tostaky<br>
          <br>
          bien recu<br>
          tous les messages<br>
          ils disent qu'ils ont compris<br>
          qu'il n'y a plus le choix<br>
          que l'esprit qui souffle<br>
          guidera leurs pas<br>
          qu'arrivent les derniers temps ou<br>
          nous pourrons parler<br>
          alors soyons désinvoltes<br>
          n'ayons l'air de rien<br>
          soyons désinvoltes<br>
          n'ayons l'air de rien<br>
          soyons désinvoltes<br>
          n'ayons l'air de rien<br>
          soyons désinvoltes<br>
          n'ayons l'air de rien</span>
        </td>
      </tr>
    </tbody>
  </table><br>
  <br>]]></description>
        <pubDate>Sun, 24 Aug 2008 14:35:00 +0200</pubDate>        <guid>http://www.l-che.net/article-22199747.html</guid>
                <category>Dessine-moi un mouton</category>        <comments>http://www.l-che.net/article-22199747-6.html</comments>                    <author>post@l-che.net (LChe)</author></item>
      <item>
        <title><![CDATA[Débats d'obus]]></title>
        <link>http://www.l-che.net/article-22139951.html</link>        <description><![CDATA[<br>
  <div>
    <span style="color: #333333; font-family: courier new; font-size: 10pt;">« Je viens de regarder l’hommage rendu à nos gosses.</span><span style=
    "color: #333333; font-family: courier new;"><br></span> <span style="color: #333333; font-family: courier new; font-size: 10pt;">Ils étaient 10 dont plusieurs avaient à peine 20
    ans</span><span style="color: #333333; font-family: courier new;"><br></span> <span style="color: #333333; font-family: courier new; font-size: 10pt;">Au moment de leur mort, ils
    étaient</span><span style="color: #333333; font-family: courier new;"><br></span> <span style="color: #333333; font-family: courier new; font-size: 10pt;">6 soldats de premières
    classes</span><span style="color: #333333; font-family: courier new;"><br></span> <span style="color: #333333; font-family: courier new; font-size: 10pt;">3 caporaux</span><span style=
    "color: #333333; font-family: courier new;"><br></span> <span style="color: #333333; font-family: courier new; font-size: 10pt;">Un sergent de 40 ans</span><span style=
    "color: #333333; font-family: courier new;"><br></span> <span style="color: #333333; font-family: courier new; font-size: 10pt;">Je me pose une question pourquoi que des jeunes recrues
    ?</span><span style="color: #333333; font-family: courier new;"><br></span> <span style="color: #333333; font-family: courier new; font-size: 10pt;">On envoie au sommet d’un col, sur un secteur
    non sécurisée, dans une région dont on vient prendre le commandement et dans laquelle nos soldats ont une faible connaissance du terrain, des jeunes soldats sans expérience. Certain d’entre eux
    étaient arrivés en juillet !!</span><span style="color: #333333; font-family: courier new;"><br></span> <span style="color: #333333; font-family: courier new; font-size: 10pt;">Pour avoir eu une
    petite formation militaire, on n’envoie pas des bleus en reconnaissance au sommet d’un col dans de telles zones, sans un appui feu et une couverture aérienne.</span><span style=
    "color: #333333; font-family: courier new;"><br></span> <span style="color: #333333; font-family: courier new; font-size: 10pt;">Où étaient les cadres, 10 morts et pas un seul sergent chef
    adjudant ou lieutenant tombés.</span><span style="color: #333333; font-family: courier new;"><br></span> <span style="color: #333333; font-family: courier new; font-size: 10pt;">Deux explications
    ; soit ils étaient absents, soit parce qu’ils avaient plus d’expérience ils n’ont pas fait d’erreur techniques au combat.</span><span style="color: #333333; font-family: courier new;"><br></span>
    <span style="color: #333333; font-family: courier new; font-size: 10pt;">Dans le premier cas, c’est une erreur grave de la chaine du commandement, dans le deuxième cas, nos cadres militaires
    relèvent plus de l’incompétence et de la bêtise.</span><span style="color: #333333; font-family: courier new;"><br></span> <span style=
    "color: #333333; font-family: courier new; font-size: 10pt;">Nos soldats sont restés quatre heures sans renforts, 4 heures sous le feu, avec des munitions limitées, quatre heure en étant bloqués,
    avec les ennemis plus nombreux et plus aguerris. Ce que ces quatre heures ont du leur paraître longues à ces gosses coincées là haut.</span><span style=
    "color: #333333; font-family: courier new;"><br></span> <span style="color: #333333; font-family: courier new; font-size: 10pt;">Que faisaient nos généraux et bien nos galonnés de généraux n’ont
    pas mis en réserve une force d’action rapide “au cas ou”, De plus cette route et ce col ne représentent pas un objectif stratégique essentiel car d’autres routes moins dangereuses peuvent relier
    les deux vallées.</span><span style="color: #333333; font-family: courier new;"><br></span> <span style="color: #333333; font-family: courier new; font-size: 10pt;">Décidément les généraux et
    autres officiers supérieurs ne susciteront chez moi que dégout lorsqu’ils ont cette arrogance de grands aristocrates ou bourgeois. Résultats, 10 soldats sont morts et 21 ont été blessés pour rien
    et par l’incompétence de nos officiers. »<br>
    <br></span>
    <div>
      <span style="color: #333333; font-family: courier new; font-size: 8pt;"><span style="font-family: trebuchet ms;">commentaire de Fabrice sur le <a href=
      "http://blogajef.blog.lemonde.fr/2008/08/21/afghanistan/#comments">Blog à Jef</a> à propos de la mort des 10 soldats français en Afghanistan<br>
      <br>
      <br>
      <br>
      <br>
      <br></span></span>
      <div>
        <br>
        <br>
        <div style="text-align: center;">
          <span style="font-size: 36pt;"><b><span style="color: #0000ff; background-color: #ffffff; font-family: courier new;"><span style=
          "font-family: trebuchet ms;">VERSUS</span></span></b></span><br>
        </div><br>
        <br>
        <br>
        <br>
        <br>
        <br>
        <br>
        <div style="text-align: center;">
          <a href="http://www.teamhoyt.com/"><img  src="http://idata.over-blog.com/0/04/35/38/ii/Team-Hoyt.gif" class="CtreTexte" height="113" width=
          "480"></a><span style="font-family: verdana; font-size: 12pt;"><br>
          <b>Our Racing History 1979 - January 31, 2008</b><br></span>
        </div>
        <h2 style="text-align: center;">
          <span style="font-family: verdana; font-size: 8pt;">updated January 31, 2008</span>
        </h2>
        <table style="text-align: left;" border="0" cellspacing="0" cellpadding="3">
          <tbody style="text-align: left;">
            <tr style="text-align: left;">
              <td style="text-align: left;">
                <!--#include virtual="/bin/hoyt_images.pl"--><span style="font-family: verdana;"><br></span>
              </td>
            </tr>
          </tbody>
        </table>
        <table border="0" width="75%">
          <tbody style="text-align: left;">
            <tr style="text-align: left;">
              <td style="text-align: left;">
                <p style="text-align: center;">
                  <span style="font-family: verdana; font-size: 8pt;"><b>Total Events</b><br></span>
                </p>
                <ul>
                  <li>
                    <span style="font-family: verdana; font-size: 8pt;">224 Triathlons, 6 Ironman distances, 5 Half Ironman</span>
                  </li>
                  <li>
                    <span style="font-family: verdana; font-size: 8pt;">20 Duathlons</span>
                  </li>
                  <li>
                    <span style="font-family: verdana; font-size: 8pt;">65 Marathons, 25 Boston Marathons</span>
                  </li>
                  <li>
                    <span style="font-family: verdana; font-size: 8pt;">8 18.6 Milers</span>
                  </li>
                  <li>
                    <span style="font-family: verdana; font-size: 8pt;">81 Half Marathons</span>
                  </li>
                  <li>
                    <span style="font-family: verdana; font-size: 8pt;">1 20K</span>
                  </li>
                  <li>
                    <span style="font-family: verdana; font-size: 8pt;">35 10 Milers</span>
                  </li>
                  <li>
                    <span style="font-family: verdana; font-size: 8pt;">29 Falmouth 7.1 milers, 1 Falmouth in the Fall Event</span>
                  </li>
                  <li>
                    <span style="font-family: verdana; font-size: 8pt;">8 15K</span>
                  </li>
                  <li>
                    <span style="font-family: verdana; font-size: 8pt;">208 10K</span>
                  </li>
                  <li>
                    <span style="font-family: verdana; font-size: 8pt;">147 5 Milers</span>
                  </li>
                  <li>
                    <span style="font-family: verdana; font-size: 8pt;">4 8K</span>
                  </li>
                  <li>
                    <span style="font-family: verdana; font-size: 8pt;">17 4 Milers</span>
                  </li>
                  <li>
                    <span style="font-family: verdana; font-size: 8pt;">101 5K</span>
                  </li>
                  <li>
                    <span style="font-family: verdana; font-size: 8pt;">7 20 Milers</span>
                  </li>
                  <li>
                    <span style="font-family: verdana; font-size: 8pt;">2 11K</span>
                  </li>
                  <li>
                    <span style="font-family: verdana; font-size: 8pt;">1 7K</span>
                  </li>
                </ul>
                <p style="text-align: center;">
                  <span style="font-family: verdana; font-size: 8pt;"><b>Total 958 events</b></span>
                </p>
              </td>
              <td style="text-align: left;" valign="top">
                <div style="text-align: center;">
                  <span style="font-family: verdana; font-size: 8pt;"><b>Personal Bests</b></span><br>
                </div>
                <p>
                  &nbsp;
                </p>
                <ul>
                  <li>
                    <span style="font-family: verdana; font-size: 8pt;">2:40:47 Marathon</span>
                  </li>
                  <li>
                    <span style="font-family: verdana; font-size: 8pt;">56:21 15K</span>
                  </li>
                  <li>
                    <span style="font-family: verdana; font-size: 8pt;">1:21:12 Half Marathon</span>
                  </li>
                  <li>
                    <span style="font-family: verdana; font-size: 8pt;">40:27 7.1 Miler</span>
                  </li>
                  <li>
                    <span style="font-family: verdana; font-size: 8pt;">13:43:37 Ironman Triathlon</span>
                  </li>
                  <li>
                    <span style="font-family: verdana; font-size: 8pt;">35:48 10K</span>
                  </li>
                  <li>
                    <span style="font-family: verdana; font-size: 8pt;">2:01:54 18.6 miler</span>
                  </li>
                  <li>
                    <span style="font-family: verdana; font-size: 8pt;">27:17 5 miler</span>
                  </li>
                  <li>
                    <span style="font-family: verdana; font-size: 8pt;">59:01 10 miler</span>
                  </li>
                  <li>
                    <span style="font-family: verdana; font-size: 8pt;">17:40 5K</span>
                  </li>
                  <li>
                    <span style="font-family: verdana; font-size: 8pt;">2:10:45 20 miler</span>
                  </li>
                </ul>
              </td>
            </tr>
          </tbody>
        </table>
        <p>
          <span style="font-family: verdana; font-size: 10pt;">Biked and ran across the USA in 1992-3,735 miles in 45 consecutive days<br>
          Biked the states of Connecticut,Rhode Island, Massachussets,with "Axa World Ride '95"<br>
          Biked from Pittsburgh,PA to Washington DC with "Axa World Ride 95 "</span>
        </p>
        <div style="text-align: right;">
          <span style="font-family: trebuchet ms; font-size: 8pt;">(</span><span style="font-size: 8pt;"><a href="http://www.teamhoyt.com/races.shtml">source</a></span><span style=
          "font-family: trebuchet ms; font-size: 8pt;">)</span><br>
        </div><br>
        <br>
        <div style="text-align: center;">
          <br>
        </div>
      </div>
      <div style="text-align: center;">
        <object height="344" width="425" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000">
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        <span style="font-family: trebuchet ms; font-size: 8pt;"><br>
        "Can", hommage à l'incroyable histoire des Hoyt, père et fils<br>
        &nbsp;<br></span><br>
      </div>
    </div>&nbsp;<br>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Thu, 21 Aug 2008 21:28:00 +0200</pubDate>        <guid>http://www.l-che.net/article-22139951.html</guid>
                <category>La faute aux contrastes</category>        <comments>http://www.l-che.net/article-22139951-6.html</comments>                    <author>post@l-che.net (LChe)</author><enclosure url="http://www.youtube.com/v/GRHxHapwirw&amp;amp;hl=en&amp;amp;fs=1" length="882" type="application/x-shockwave-flash" /><media:content url="http://www.youtube.com/v/GRHxHapwirw&amp;amp;hl=en&amp;amp;fs=1" fileSize="882" type="application/x-shockwave-flash" /><itunes:explicit>no</itunes:explicit><itunes:subtitle> « Je viens de regarder l’hommage rendu à nos gosses. Ils étaient 10 dont plusieurs avaient à peine 20 ans Au moment de leur mort, ils étaient 6 soldats de premières classes 3 caporaux Un sergent de 40 ans Je me pose une question pourquoi que des jeunes r</itunes:subtitle><itunes:author>LChe</itunes:author><itunes:summary> « Je viens de regarder l’hommage rendu à nos gosses. Ils étaient 10 dont plusieurs avaient à peine 20 ans Au moment de leur mort, ils étaient 6 soldats de premières classes 3 caporaux Un sergent de 40 ans Je me pose une question pourquoi que des jeunes recrues ? On envoie au sommet d’un col, sur un secteur non sécurisée, dans une région dont on vient prendre le commandement et dans laquelle nos soldats ont une faible connaissance du terrain, des jeunes soldats sans expérience. Certain d’entre eux étaient arrivés en juillet !! Pour avoir eu une petite formation militaire, on n’envoie pas des bleus en reconnaissance au sommet d’un col dans de telles zones, sans un appui feu et une couverture aérienne. Où étaient les cadres, 10 morts et pas un seul sergent chef adjudant ou lieutenant tombés. Deux explications ; soit ils étaient absents, soit parce qu’ils avaient plus d’expérience ils n’ont pas fait d’erreur techniques au combat. Dans le premier cas, c’est une erreur grave de la chaine du commandement, dans le deuxième cas, nos cadres militaires relèvent plus de l’incompétence et de la bêtise. Nos soldats sont restés quatre heures sans renforts, 4 heures sous le feu, avec des munitions limitées, quatre heure en étant bloqués, avec les ennemis plus nombreux et plus aguerris. Ce que ces quatre heures ont du leur paraître longues à ces gosses coincées là haut. Que faisaient nos généraux et bien nos galonnés de généraux n’ont pas mis en réserve une force d’action rapide “au cas ou”, De plus cette route et ce col ne représentent pas un objectif stratégique essentiel car d’autres routes moins dangereuses peuvent relier les deux vallées. Décidément les généraux et autres officiers supérieurs ne susciteront chez moi que dégout lorsqu’ils ont cette arrogance de grands aristocrates ou bourgeois. Résultats, 10 soldats sont morts et 21 ont été blessés pour rien et par l’incompétence de nos officiers. » commentaire de Fabrice sur le Blog à Jef à propos de la mort des 10 soldats français en Afghanistan VERSUS Our Racing History 1979 - January 31, 2008 updated January 31, 2008 Total Events 224 Triathlons, 6 Ironman distances, 5 Half Ironman 20 Duathlons 65 Marathons, 25 Boston Marathons 8 18.6 Milers 81 Half Marathons 1 20K 35 10 Milers 29 Falmouth 7.1 milers, 1 Falmouth in the Fall Event 8 15K 208 10K 147 5 Milers 4 8K 17 4 Milers 101 5K 7 20 Milers 2 11K 1 7K Total 958 events Personal Bests &amp;nbsp; 2:40:47 Marathon 56:21 15K 1:21:12 Half Marathon 40:27 7.1 Miler 13:43:37 Ironman Triathlon 35:48 10K 2:01:54 18.6 miler 27:17 5 miler 59:01 10 miler 17:40 5K 2:10:45 20 miler Biked and ran across the USA in 1992-3,735 miles in 45 consecutive days Biked the states of Connecticut,Rhode Island, Massachussets,with "Axa World Ride '95" Biked from Pittsburgh,PA to Washington DC with "Axa World Ride 95 " (source) "Can", hommage à l'incroyable histoire des Hoyt, père et fils &amp;nbsp; &amp;nbsp; </itunes:summary><itunes:keywords>Blog,Rythme,Philosophie,Poésie,Français,Point,de,vue,Opinion</itunes:keywords></item>
      <item>
        <title><![CDATA[Aux pieds de l'enfant (au loin)]]></title>
        <link>http://www.l-che.net/article-21985919.html</link>        <description><![CDATA[<br>
  <br>
  <div style="text-align: center;">
    <a href="http://idata.over-blog.com/0/04/35/38/ii/Tuffo_Stromboli.jpg"><img src="http://idata.over-blog.com/0/04/35/38/ii/Tuffo_Stromboli_m.jpg" alt="Au loin, le Stromboli" class="CtreTexte"
    style="border: 0px solid #000000; margin: 0px auto;" height="442" width="600"></a><span style="font-size: 8pt;"><br>
    <span style="color: #33cccc;"><span style="font-family: trebuchet ms; color: #0000ff;">P</span><span style="font-family: trebuchet ms;"><span style="color: #0000ff;">lage de Malfa, sur
    Salina,</span><br>
    <span style="color: #3366ff;">une des 7 perles de l'archipel dont l'île la plus connue est le Stromboli</span><br>
    <span style="color: #666699;">aux pieds de l'enfant, au loin.</span></span></span></span><br>
  </div><br>]]></description>
        <pubDate>Fri, 15 Aug 2008 15:00:00 +0200</pubDate>        <guid>http://www.l-che.net/article-21985919.html</guid>
                <category>Perceault et Lanceval</category>        <comments>http://www.l-che.net/article-21985919-6.html</comments>                    <author>post@l-che.net (LChe)</author></item>
  
 <media:credit role="author">LChe</media:credit><media:rating>nonadult</media:rating></channel>
<!-- fin generee par le response -->
</rss>
