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    <title>Le blog d'Alain Mabanckou</title>
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    <dc:language>fr</dc:language>
    <dc:creator>amabanck@yahoo.com</dc:creator>
    <dc:rights>Copyright 2009</dc:rights>
    <dc:date>2009-11-04T12:20:00+01:00</dc:date>
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      <title>Dany Laferrière remporte le prix Médicis 2009</title>
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      <description>Dany Laferrière  a été couronné par le prix Médicis à ma plus grande joie – et, je suppose, celle des nos amis qui fréquentent ce village. Un grand écrivain vient d’être salué… 


Je me souviens encore de ces instants où, dans son appartement, à Montréal,  Dany me lisait quelques passages de L&#x2019;Enigme du retour (Ed.Grasset, en France, et Ed. Boréal au Québec). Je ne pouvais plus l’arrêter. Il considérait presque ce livre comme celui qui était né de la somme des précédents. Il l’écrivait par bribes, sur des bouts de papier, à la main. Je l’ai surpris ainsi à Port-au-Prince, à Saint-Malo, dans un café à Paris. Une frénésie que je comprenais bien car il ouvrait des pages jaunies de sa jeunesse. On ne sort jamais &#x201c;indemne&#x201d; lorsqu&#x2019;on entre dans le vestiaire de son enfance. La forme tentaculaire et éclatée du livre est à la mesure de cet objet littéraire non identifié. A Montréal le livre est dans les dix meilleures ventes. La France devrait normalement suivre dans les jours à venir. 


Au début du mois de septembre, dans une chronique publiée dans les colonnes du Figaro Littéraire, j’expliquais combien ce livre était une grande entreprise littéraire : (http://www.lefigaro.fr/livres/2009/09/10/03005-20090910ARTFIG00405-retour-d-exil-.php)


En pensant aux distinctions littéraires à venir je me disais : « Bouder un roman aussi fort, aussi dense, aussi original et au-dessus de la production littéraire de cette rentrée 2009 serait une des plus graves infractions commises contre la littérature ». L’infraction n’a pas été commise…

La crainte était alors qu’on interprétât mon admiration très ouverte comme « une solidarité amicale » - Laferrière étant mon ami le plus proche.&amp;nbsp; Pourquoi nourrir des scrupules devant un texte exceptionnel, de surcroit écrit par un ami ?


Alors, à Dany qui lit ces lignes je dis : « Ne bouge pas de Paris, je prends l’avion ce soir pour fêter cet événement dans notre coin habituel – le champagne est garanti ! »…  


Photo ( avec Laferrière dans le TGV, en 2007)</description> 
      <dc:subject>Événements</dc:subject>
      <dc:date>2009-11-04T11:20:00+01:00</dc:date>
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    <item>
      <title>Le Nobel de la paix d&#x2019;Obama.&amp;nbsp; Analyses du journaliste et intellectuel Christian Eboulé</title>
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      <description>Tandis que certains applaudissaient à tout rompre, d’autres, notamment au sein des milieux les plus conservateurs des Etats-Unis et d’ailleurs, maudissaient sans doute tous les Dieux possibles et imaginables. Pour ces derniers, Barack Obama, prix Nobel de la paix, c’était probablement un mauvais coup du sort ; ou une de ces conjurations, ourdie par tous ces « imbéciles », et ils sont nombreux, qui n’ont toujours pas compris qu’Obama est au mieux un usurpateur, un mystificateur, qui ne devrait pas tarder à tomber le masque. 


Par quel gri-gri avait-il donc pu obtenir une telle distinction ? Alors qu’il continuait de se prendre les pieds dans le tapis de son projet de réforme de la santé, et que, le CIO venait de lui infliger un sérieux revers, en préférant Rio à sa belle ville de Chicago, pour l’organisation des Jeux olympiques d’été de 2016. Pour tous ces contempteurs, c’était à ne rien y comprendre.


Hélas, pour ces esprits chagrins, il est à craindre que les obstacles à la compréhension d’un tel fait social, ne se situent bien au-delà de leurs volontés, contrairement à ce que pensait Pierre Bourdieu. Car en effet, l’essentiel de ce qui fonde cette surdité, doublée d’une grave cécité, c’est notamment l’impossibilité ontologique de vivre avec soi-même, et donc de pouvoir ne serait-ce qu’envisager ce que peut être l’altérité. Ce qui, à bien des égards, constitue d’abord une chance, avant que d’être un mérite quelconque. 


D’ailleurs, lorsque j’ai appris que le prix Nobel de la paix avait été attribué à Barack Obama, j’ai immédiatement repensé à l’une des convictions que je m’étais forgées au soir de son élection, à savoir que cet homme s’était déjà hissé non loin de quelques-uns des phares de l’humanité ; et quoi qu’il advienne désormais, il incarnera à jamais, une page importante de l’histoire. Effectivement, au-delà de l’écume euphorisante liée à l’obamania, encore prégnante dans bien des milieux, une évidence s’impose : désormais, Barack Obama marche sur les traces de Nelson Mandela, et, il nous fait inévitablement penser à Martin Luther King, voire, au Mahatma Gandhi. 


La seule interrogation, à cet aune, étant de savoir s’il parviendra à se hisser au niveau de ces illustres prédécesseurs, ou si, à plus de vingt siècles de distance, et surtout, à l’épreuve de l’exercice du pouvoir, il arrivera à faire aussi bien que l’empereur romain Marc Aurèle, « l’un des rares humains à avoir détenu pouvoir temporel et sagesse innée ».


Barack Obama au pied du mur


En lui attribuant cette prestigieuse distinction, le comité Nobel conforte ma conviction ; mais surtout, il met Barack Obama au pied du mur, et lui « impose » par la même occasion, un devoir d’exemplarité. Une exemplarité qui va bien au-delà du temps de ses fonctions présidentielles, et qu’il devra cultiver tout au long de sa vie, afin de mieux exercer ce que le philosophe Alexandre Jollien appelle très justement « Le métier d’homme ». 


Et de ce point de vue, Nelson Mandela incarne, à mes yeux, un modèle quasiment indépassable. S’adressant à lui, Thabo Mbeki a écrit : « Après un long chemin, nous sommes arrivés au point de départ d’un nouveau voyage. Nous t’avons, toi Madiba, comme l’étoile la plus proche et la plus brillante pour nous guider. Nous ne pouvons pas nous perdre ». 

Malheureusement, Thabo Mbeki ne s’est pas appliqué à lui-même, cette injonction qu’il avait si justement énoncée. Cette dernière résonne aujourd’hui comme une sentence, que Barack Obama pourrait très bien reprendre à son compte. La teneur de la courte allocution qu’il a prononcée devant la Maison Blanche, quelques heures après cette décoration, ne permet pas vraiment d’en douter.


Pourtant, dans l’avalanche de réactions qui a suivi l’attribution de ce prix, j’ai perçu beaucoup d’incompréhension, ou plutôt, une grande difficulté pour certains, à mettre en œuvre ce que Edgard Morin appelle la pensée complexe. L’objectif étant bien sûr de « dissoudre » les interrogations, les incertitudes et les ambiguïtés qui pourraient entourer cette « nobelisation ». A travers des perceptions réductrices et simplificatrices, qui se veulent pourtant rationnelles, beaucoup jugent cette distinction prématurée, voire injustifiée, car les Etats-Unis sont notamment à l’origine de nombreux conflits dans le monde. Des faits avérés certes, aux conséquences souvent considérables, et qui sont pour la plupart condamnables à tout point de vue. 


Mais gardons nous malgré tout ce ces visions qui font fi de la complexité. Et c’est à juste titre qu’Edgard Morin nous met en garde contre les pathologies de la pensée. Il écrit à ce propos que : « La pathologie de la raison est la rationalisation qui enferme le réel dans un système d’idées cohérent mais partiel et unilatéral, et qui ne sait ni qu’une partie du réel est irrationalisable, ni que la rationalité a pour mission de dialoguer avec l’irrationalisable ».


Autrement dit, lorsqu’on en a la possibilité, il est utile, et même salutaire, de travailler à ne pas se laisser aveugler par la complexité du réel. Or, Barack Obama incarne cette complexité. D’où la difficulté, pour certains, à comprendre son surgissement et les conséquences qui en découlent. Et ceux qui lui contestent aujourd’hui cette distinction, sont aussi parfois ceux qui doutent encore qu’il soit déjà rentré au Panthéon de l’humanité. Pour étayer leur argumentation, ils mettent en avant les difficultés actuelles d’Obama en matière de politique intérieure, ses initiatives inabouties pour la paix au Proche-Orient, la poursuite des conflits irakiens et afghans… 


D’ailleurs, de la même manière, l’on ne peut pas se contenter, à l’inverse, d’évoquer ses succès, son « génie » dans la mobilisation des symboles, sa lutte contre la prolifération nucléaire, sa main tendue aux musulmans, à l’Iran, à la Russie… pour justifier son mérite réel ou supposé. Ces positionnements manichéens font oublier les mots de Pascal sur ce en quoi consiste la grandeur de certains hommes, et l’exemple qu’ils nous donnent : « On tient à eux par le bout par lequel ils tiennent au peuple ;(…) Ils ne sont pas suspendus en l’air, tout abstraits de notre société. Non, non ; s’ils sont plus grands que nous, c’est qu’ils ont la tête plus élevée ; mais ils ont les pieds aussi bas que les nôtres. Ils y sont tous à même niveau, et s’appuient sur la même terre ; et, par cette extrémité, ils sont aussi abaissés que nous, que les plus petits, que les bêtes ».


Christian Eboulé


( Titre original de l&#x2019;article : Aux grands hommes l&#x2019;Humanité reconnaissante)</description> 
      <dc:subject>Général</dc:subject>
      <dc:date>2009-10-25T23:46:00+01:00</dc:date>
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    <item>
      <title>Un Rwandais proche des génocidaires de 1994 exerçait tranquillement la médecine en France&#x2026;</title>
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      <description>Comment se fait-il qu’on ait pu recruter en France un médecin dont le nom figure en &#x201c;notice rouge&#x201d; – catégorie de gravité la plus élevée dans la grille d&#x2019;Interpol – sans au préalable procéder à des vérifications ? On apprend dans Le Monde que c’est une patiente qui a «ouvert l’information », et de la manière la plus inattendue :


« C&#x2019;est la faute à Google et à Interpol. Mais c&#x2019;est surtout sa faute à lui. Si, début octobre, le docteur Eugène Rwamucyo, médecin du travail à l&#x2019;hôpital de Maubeuge (Nord), n&#x2019;avait pas fait une remarque désobligeante à une de ses patientes (infirmière) à propos de son embonpoint, sans doute ne se serait-il rien passé. &#x201c;Ce qu&#x2019;il m&#x2019;a dit m&#x2019;a tellement perturbée ! Le soir, j&#x2019;ai demandé à mon mari d&#x2019;aller sur Internet pour voir s&#x2019;il n&#x2019;y avait pas des trucs sur lui&#x201d;, raconte Claire (prénom d&#x2019;emprunt). En fait de &#x201c;trucs&#x201d;, l&#x2019;infirmière est servie. &#x201c;Jamais je n&#x2019;aurais cru tomber sur une histoire pareille&#x201d;, s&#x2019;étonne encore la jeune femme, qui, dès le lendemain, alerte des syndicalistes de l&#x2019;hôpital. Lesquels préviennent le commissariat de police et, finalement, la presse. »


Dans le même article le médecin Eugène Rwamucyo, intellectuel hutu, natif du nord du Rwanda nie « avoir tué » mais semble reconnaître sa proximité avec les intellectuels hutu et autres organisateurs du génocide contre les tutsi. Il préfère d’ailleurs évoquer indirectement le « double génocide » ou « l’auto-génocide », arguments souvent ressassés par les négationnistes du génocide : les Tutsi, victimes des massacres planifiés par les hutu, auraient, eux aussi, organisé et exécuté un génocide contre ces derniers.&amp;nbsp; Mieux encore : ce sont les Tutsi eux-mêmes, par le biais du FPR (Front patriotique rwandais dirigé par Paul Kagamé l’actuel président rwandais) qui aurait planifié le génocide de leurs propres « frères » tutsi. Bref, un charabia déjà entendu et qui aura du mal à passer. 


Pour l’heure le médecin est suspendu à titre « conservatoire » en attendant que la justice – qui n’est pas tenue quant à une demande de renseignements d’Interpol – regarde de plus près le dossier de cet homme. D’après Aucun témoin ne doit survivre, ouvrage publié par la Fédération internationale des droits de l&#x2019;homme (FIDH) et Human Rights Watch (Karthala, 1999) le médecin qui exerçait alors dans son pays avait prôné &#x201d;une plus grande intervention de l&#x2019;Etat&#x201d;  et avait exhorté ses compatriotes &#x201c;à comprendre qu&#x2019;ils devaient &#x201d;travailler &#x201d;pour gagner la guerre&#x201d;. Faut-il rappeler  que « travailler » signifie « génocider », « machetter » etc. ?&amp;nbsp; Plus de quinze ans plus tard le médecin dit assumer ce qu’il avait dit…


Source :


http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/10/16/recherche-dans-le-cadre-du-genocide-rwandais-le-medecin-pratiquait-toujours_1254791_3224.html</description> 
      <dc:subject>Événements</dc:subject>
      <dc:date>2009-10-18T11:20:00+01:00</dc:date>
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    <item>
      <title>Didier Jacob du &#x201c;Nouvel Obs&#x201d; évoque notre article paru dans &#x201c;Le Monde&#x201d; (M)</title>
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      <description>A la recherche du livre magique : Mabanckou, Sabato, Pamuk&#x2026;  par Didier Jacob


Il y a des livres qui suscitent, Alain Mabanckou nous le rappelait très bien, il y a quelques jours, dans un supplément du Monde, des passions aveugles, et qui exercent auprès du lecteur une attraction presque magnétique, comme irrésistible. Nous cherchons tous (certains parmi nous l&#x2019;ont déjà trouvé, d&#x2019;autres se demandent si un tel livre existe) le livre magique, le livre qui aura le pouvoir de changer durablement nos existences, qui nous fait peur parce qu&#x2019;il peut tout faire vaciller, certitudes, habitudes, confort de vie et de pensée.


«Le livre fétiche», écrit Mabanckou, «est celui qui nous habite en permanence. Pour un écrivain, c&#x2019;est celui qu&#x2019;il aurait aimé écrire - ou celui qui aura déclenché en lui la fièvre de l&#x2019;écriture au point qu&#x2019;il lui faudra un jour ou l&#x2019;autre écrire contre cette œuvre avec la conscience qu&#x2019;il perdra le combat.» Cette œuvre, pour Mabanckou, c&#x2019;est «Le Tunnel» du grand romancier argentin Ernesto Sabato (photo). 


Je me souviens l&#x2019;avoir lu, il y a longtemps, mais il m&#x2019;avait fait une impression moindre qu&#x2019;un autre livre de Sabato, véritablement stupéfiant, «Alejandra». Le plus grand livre (Gombrowicz avait écrit la préface) qu&#x2019;on ait écrit, je crois, sur le monde des aveugles. A la différence de Mabanckou, je pense qu&#x2019;il y a plusieurs degrés dans la fascination qu&#x2019;un livre peut exercer. 


Première catégorie: les livres qui vous marquent, simplement. Les livres dont vous savez, quand vous les lisez, que vous ne les oublierez pas. J&#x2019;ai beaucoup lu Flaubert, ou Faulkner (rien d&#x2019;extraordinaire dans ce choix), et je suis sûr que, si je les relisais, ils me terrasseraient encore. J&#x2019;ai été complètement habité par Joyce et son «Ulysse», mais si j&#x2019;en garde un souvenir ému, je n&#x2019;en parlerais cependant pas comme d&#x2019;un livre magique.


Deuxième catégorie (nous nous rapprochons du stade véritablement suprême): les livres qui ont compté à un moment-clé de votre vie. Curieusement, ce sont des livres qui sont parfois moins aboutis, sur le plan littéraire, que ceux de la première, mais leur résonance, en vous, a été plus grande, simplement parce que c&#x2019;était le bon moment. En ce qui me concerne, c&#x2019;est «Le Tambour», de Günter Grass, qui a joué le rôle de massue. Je ne sais à vrai dire pas pourquoi, et le fait est que je me souviens très mal du livre. Mais je me souviens parfaitement, en revanche, qu&#x2019;après en avoir terminé la lecture, la question de la littérature s&#x2019;est posée à moi différemment.


La troisième catégorie est la plus mystérieuse - celle des livres magiques. Comme dit très bien Mabanckou, elle ne contient jamais plusieurs livres, mais un seul, à supposer que vous ayez un jour la chance de l&#x2019;avoir entre vos mains. « C&#x2019;est LE livre, on le relit sans cesse, avec toujours cette impression de le redécouvrir, de n&#x2019;avoir pas alors saisi tel passage ou telle image au cours des lectures précédentes. Une fois refermé, au moment de nous endormir, ses pages discutent entre elles dans le «secret des grandes communications, dirait Césaire. C&#x2019;est alors que les virgules se métamorphosent en points d&#x2019;interrogation tandis que les points de suspension deviennent prolixes, débordent les blancs entre les paragraphes et investissent toutes les marges. Peu de livres atteignent cette dimension mystique, et très vite certains d&#x2019;entre eux s&#x2019;érigent en «livres cultes» («L&#x2019;Attrape-Cœurs» de Salinger par exemple).»


Mabanckou raconte très bien avoir été habité par le texte de Sabato, texte qui lui avait été recommandé par un ami d&#x2019;enfance, lequel «rêvait de devenir un «écrivain majeur», mais qui répétait à longueur de journée que Sabato l&#x2019;impressionnait, que cet Argentin avait ruiné ses chances de marquer l&#x2019;Histoire littéraire.» Au point que cet ami en était arrivé à nourrir, dit Mabanckou, une sorte de rancœur à l&#x2019;endroit de Sabato, concluant de manière aussi désespérée qu&#x2019;expéditive son intérêt pour cette oeuvre: «Les vrais écrivains sont ceux qui aiment la peinture. Il n&#x2019;y a pas de grande histoire sans la peinture. Sabato l&#x2019;avait aussi compris. Moi, je ne suis pas peintre, c&#x2019;est donc foutu. Tu peux garder le livre, je te l&#x2019;offre.» C&#x2019;est ainsi que Mabanckou devint à son tour, en quelque sorte, la victime de ce livre qui allait, pendant des jours, l&#x2019;obséder jusqu&#x2019;à lui en faire perdre le sommeil: «Je ne pouvais plus dormir. Oui, quelque chose d&#x2019;étrange se tramait entre ces pages.»


J&#x2019;ai eu, moi aussi, il y a quelques années, un livre magique entre les mains, un roman dont le sujet était justement la quête du livre magique. Il s&#x2019;agit d&#x2019;un roman de Orhan Pamuk intitulé «La vie nouvelle». Ce n&#x2019;était pas seulement une merveille, c&#x2019;était quelque chose d&#x2019;autre : on finissait par croire que ce que Pamuk racontait, cette existence d&#x2019;un livre qui changeait effectivement la vie, n&#x2019;avait pas seulement cours dans le rêve du romancier, mais que la chose, dans la vraie vie, était possible. Et que c&#x2019;est le roman de Pamuk lui-même qui allait tout bouleverser. 


Je me souviens que Pamuk m&#x2019;avait dit, quand je lui avais demandé si une adaptation cinématographique était en cours, que Costa-Gavras  s&#x2019;y intéressait. Je ne sais ce que le projet est devenu. Quoi qu&#x2019;il en soit, chacun peut rêver de dénicher un jour, édition de luxe ou vieux poche tout usé, un pareil livre. Mais c&#x2019;est aussi de chercher qui donne à la quête, même infructueuse, tout son sens.


Didier Jacob


Source :&amp;nbsp; Nouvel Observateur : http://didier-jacob.blogs.nouvelobs.com/archive/2009/10/12/a-la-recherche-du-livre-magique-mabanckou-sabato-pamuk.html )</description> 
      <dc:subject>Général</dc:subject>
      <dc:date>2009-10-12T15:11:00+01:00</dc:date>
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    <item>
      <title>Quand Jean Reno remplace Julien Courbet… pour le plaisir des Anglophones</title>
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      <description>Il est parfois curieux de voir comment certains films français sont sous-titrés en anglais pour le public américain – ou anglophone en général. Certes beaucoup de ces films ne traverseront que rarement les frontières de la Gaule et on ne les verra jamais dans les salles américaines. Le sous-titrage consiste alors à dénicher ce qui pourrait parler le mieux au public qui n’est pas accoutumé à cette cuisine &#x201c;franco-française&#x201d; ou à cet humour qui met en scène des personnages publics français que l’Amérique entière ignore.

 

Quelques exemples ? Si vous prenez un vol Air-France Paris-Etats-Unis ces derniers temps vous tomberez certainement sur le film français « Incognito » réalisé par Eric Lavaine, avec Bénabar, Franck Dubosc, Jocelyn Quivrin. Dans ce long métrage lorsque les personnages évoquent Julien Courbet – animateur à la télé française –, le sous-titrage en anglais le remplace par un nom plus évocateur  pour les Américains : Jean Reno ! Et voilà donc l’animateur télé supplanté par un acteur plus connu dans le monde anglophone. Même chose lorsqu’on évoque le nom d’un écrivain qui n’est connu que dans la Gaule – je ne le cite pas –, le sous-titrage le remplace immédiatement par Proust ! Et, lors qu’on évoque le film Le père Noel est une ordure (ou La Grande Vadrouille, si me souvenirs sont bons), le sous-titrage anglais le remplace par… Stars Wars, la Guerre des  Etoiles ! 


A ce train-là on finira un jour ou l’autre par remplacer la France par un des Etats de l’Amérique. De fois que certains anglophones ignoreraient l’existence de ce pays. En réalité ces petits remaniements posent la grande question de l’exportation de la création : certaines œuvres ne peuvent pas traverser les rives de la Seine. Il ne s’agit pas de blâmer une œuvre qui parle de la France mais celle qui s’accommode de l’instant passager, de figures évanescentes. Quid d’un roman qui aurait alors parlé d’Antoine Waechter (le Vert) ou de Jordi (le gamin alors célèbre avant six ans mais aujourd’hui « disparu ») ?&amp;nbsp; De telles œuvres, si elles ne contiennent pas une dose d&#x2019;orinalité élevée finissent par disparaître. Pour le bien être de la création, heureusement…</description> 
      <dc:subject>Général</dc:subject>
      <dc:date>2009-10-06T06:47:00+01:00</dc:date>
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    <item>
      <title>L’Europe doit payer 7. 770 milliards aux Africains !!!</title>
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      <description>Devant la tribune des Nations Unies,  Kadhafi le « Guide » aura donc savouré cette semaine pendant plus d’une heure et demie sa joie de gueuler à la face du monde sa rage contre l’Occident, en particulier l’Europe qu’il a accusée d’avoir couvé l’antisémitisme, inventé les fours crématoires etc. L’Afrique n’y est pour rien puisque les Arabes et les Juifs sont des « cousins »&#x2026; 


Le temps imparti à chaque leader devant cette tribune internationale ne devait pas dépasser les 15 minutes. Kadhafi  - qui n’avait pas eu cette opportunité de prise de parole depuis quarante ans - aura volé la vedette en se faisant attendre et en parlant plus que tous les autres sous prétexte que Barack Obama s’était exprimé pendant au moins quarante minutes. Ce même Barack Obama qu’il a appelé « mon fils »…


Le plus surprenant fut sa requête pour le paiement de la « dette coloniale ». De quoi donner des idées à certains qui ont toujours le regard braqué vers le passé. En « comptable » averti, notre Kadhafi a même chiffré ce que l’Occident devrait payer aux anciens pays colonisés : 7. 770 milliards de dollars !  

C’est sans doute cela qu’on appelle un chiffre rond. Le &#x201c;Guide&#x201d; n’a pas dit si cette somme devrait être payée par carte bleue, en espèces ou être virée dans son compte bancaire pour qu’il la redistribue aux anciens territoires spoliés. Mais la menace de Kadhafi est claire, l’Occident n’a qu’à bien se tenir : 


&#x201c;Les Africains vont réclamer cela, et si vous ne le leur donnez pas ce montant de 7. 770 milliards, les Africains iront là où vous avez pris ces milliards&#x201d;. 


Bigre, pourquoi les Africains ne sont-ils pas allés chercher ces milliards jusqu’à présent puisque, vraisemblablement, ils savent là où les « autres » les avaient pris ?


Bref, on attend avec impatience cette somme que notre comptable libyen a calculée au centime près pour notre bonheur. Et peut-être que les problèmes de l’Afrique seront enfin résolus. Après on verra s’il faudra aussi réclamer aux dictateurs africains de rembourser les milliards qu’ils ont spoliés au détriment des populations africaines qui vivent dans la misère&#x2026;</description> 
      <dc:subject>Général</dc:subject>
      <dc:date>2009-09-25T03:23:01+01:00</dc:date>
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    <item>
      <title>Il y a vingt ans que disparaissait Franco Luambo Makiadi</title>
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      <description>Dans quelques semaines, plus exactement le 12 octobre, cela fera vingt ans que Luambo Makiadi – alias Franco – aura disparu. Devançons le silence dont fait preuve le milieu musical congolais concernant ce grand artiste qui aura révolutionné la rumba congolaise. Né le 6 juillet 1938 à Sona-Bata (RDC), Franco est mort le 12 octobre 1989 à Bruxelles. 


Grand patron du célèbre groupe TP OK Jazz, il est indibutable que son influence demeure manifeste dans la création musicale africaine contemporaine – y compris chez des jeunes artistes congolais en vogue actuellement comme Fally Ipupa ou Ferré Gola, voire chez les confirmés tels Koffi Olomidé et Papa Wemba. Ces derniers n’ont pas oublié l’œil caustique du maitre Franco sur la société congolaise. 


Quatre ans avant sa mort Franco a signé ce qui peut être considéré comme son chef-d’œuvre : la chanson Mario qui met en scène un gigolo (Mario). Celui-ci sévit chez les femmes âgées où le pain et le gite sont garantis – y compris la Mercedes. Pourquoi alors travailler ? Dans une autre chanson – la Réponse de Mario -, notre gigolo en a marre et décide de rendre tout ce que « la vieille » lui a offert…  


Mario ? Chanson reprise un peu partout dans le monde. Franco eut des déboires avec le maréchal Mobutu, encore que notre chanteur n’hésita pas à consacrer quelques titres à la gloire de ce dictateur&#x2026; 


Les dernières années de Franco sont marquées par « une maladie grave ». Celui qui « pesait lourd » était devenu très maigre avec de grosses lunettes noires. L’épuisement était tel qu’on dut l’arrêter au milieu d’un concert – le dernier – vingt jours avant sa mort. On peut d&#x2019;ailleurs entendre ce dernier concert ici, avec un Franco plus que souffrant sur les photos en noir et blanc, et une interview à la fin du document  : 


http://www.youtube.com/watch?v=P5jY7KzP8Co&amp;amp;feature=sub


Ayant sorti une chanson intitulée « Attention na Sida » (Attention au Sida), les rumeurs ne tardèrent pas concernant la mort du Grand Maitre. Sa musique est là, plus belle que l’oxygène, comme dirait le poète…</description> 
      <dc:subject>Général</dc:subject>
      <dc:date>2009-09-24T03:59:00+01:00</dc:date>
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    <item>
      <title>Une vie de passage et passages d’une vie, par Chistian EBOULE</title>
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      <description>Le propre des communautés humaines est qu’elles constituent des sociétés organisées dans leur quasi-totalité. Ainsi, la plupart des événements importants qui rythment notre quotidien d’être humain, appartiennent à des traditions, avec des niveaux de sacralité et de ritualisation, qui varient d’un endroit à l’autre. 


En Afrique subsaharienne, malgré la relative pénétration des différents éléments de la modernité occidentale, certaines traditions restent très prégnantes et, parfois, cohabitent tant bien que mal, avec un environnement souvent dominé par les apports des trois grands monothéismes. Au sein de certaines populations, c’est dès la naissance, que le petit enfant rentre dans un processus initiatique, qui rythmera ensuite toute sa vie. 


Ainsi, chez les Himba de Namibie, un bébé n’est jamais laissé seul. C’est une manière de le protéger des esprits malveillants. Quant aux Wodaabe du Niger, ils ne donnent pas de nom à l’enfant, avant l’âge de douze ans, pour le protéger de l’esprit de la mort, qui pourrait le reconnaître. Et chez les Massaï, les anciens du village choisissent un nom pour le bébé, au cours d’une cérémonie officielle, immédiatement après sa naissance.


Pour rentrer ensuite dans l’âge adulte, les jeunes enfants peuvent être soumis à des rites d’initiation, dont la nature varie en fonction des populations. Il s’agit très souvent, de cérémonies organisées par des anciens ou des sages et, qui comprennent presque toujours, un isolement des jeunes répartis par sexe. Cette période d’apprentissage se déroule dans un endroit particulier, qui peut être une forêt sacrée par exemple, ou encore, une maison destinée exclusivement à des cérémonies rituelles. Le passage de la vie d’enfant à celle de jeune adulte, s’effectue alors au terme d’une période d’instruction très précise, qui comporte parfois une série d’épreuves. 


Chez les Bassari du Sud du Sénégal, cette initiation a lieu dans la forêt sacrée, entre la quinzième et la vingtième année et, elle s’étend sur plusieurs mois. Au moment où ils sortent de la forêt, les jeunes bassari doivent se comporter comme des nourrissons. Ils sont donc pris en charge par des gardiens, qui les portent, les nourrissent, leur donnent le bain… Il s’agit là d’une régression, qui est le symbole d’un retour à la pureté originelle, afin de les aider à renaître à la vie adulte. 


Chez les Krobo et les Shaï de l’Est du Ghana, les rites d’initiation des jeunes filles, célèbrent la féminité et la fertilité. Ces dernières sont isolées pendant trois semaines, au cours desquelles, elles vont apprendre les attitudes, les tâches, voire les secrets de la vie des femmes adultes. Il s’agit par exemple, des soins de toilette et de beauté, de la conduite féminine, des travaux domestiques, ou encore des arts de la danse et de la musique. 


Par la suite, selon le sexe, certains événements vont marquer la vie de nos jeunes adultes. Ainsi en est-il par exemple, du passage du statut de guerrier - « Eunoto » -,  à celui d’ancien, chez les Massaï du Kenya et de Tanzanie. Celui-ci se fait au cours d’un rituel, qui est organisé tous les sept ans, dans un lieu choisi par l’un des hommes les plus vénérés de la tribu - « Le laibon ». Les guerriers chargés de la protection des troupeaux, passent ainsi de l’insouciance de la jeunesse, aux responsabilités de l’âge adulte, dont le mariage constitue le point culminant. 


Pour commencer, les mères des guerriers choisissent un endroit où elles construisent un cercle cérémoniel, composé de 49 huttes appelées « Manyatta », et une grande maison rituelle qu’on nomme « l’Osingira ». C’est là que vont se dérouler l’essentiel des rites de transformation, auxquels vont être soumis les jeunes guerriers. Ce type d’initiation vaut pour n’importe quelle classe sociale. Au Niger, le festival de Sallah à Katsina, dans le centre du pays, a pour principal objet d’attester de la puissance et de l’autorité du chef. Ici, le chef foulani, que l’Islam permet d’appeler émir, apparaît à cheval avec sa suite d’aristocrates, pour défiler devant les habitants de la ville. Ils vont ainsi de la mosquée au Palais royal, deux endroits historiques, qui symbolisent respectivement, le sacré et le profane. Cette double symbolique est à mettre en regard avec le rôle de l’émir, qui est à la fois chef religieux et chef politique. 


Ces passages de vie illustrent bien différentes formes d’universalité, dont la mort et sa rituelisation, constituent probablement l’un des parangons. Pour les Dogon du Mali par exemple, tous les objets et tous les êtres vivants ont une âme.Et quand un être humain meurt, son esprit quitte son corps et menace l’ordre du monde. Pour retrouver un certain équilibre, il est alors indispensable de procéder à un ensemble de rites funéraires. 


Au Cameroun, dans de nombreuses régions, la mort d’un chef ou d’un roi, est souvent suivie d’un ensemble de rites, qui ne sont connus que des seuls initiés. Mais pour les jeunes adultes notamment, c’est aussi parfois, l’occasion de « passages », qui sont bien souvent de véritables parcours initiatiques.


Christian Eboulé


Photo © Patrick Fabre, Sacre du printemps.</description> 
      <dc:subject>Général</dc:subject>
      <dc:date>2009-09-22T12:58:00+01:00</dc:date>
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    <item>
      <title>Prix littéraires 2009 : le premier tour est-il une figuration ???</title>
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      <description>La rentrée littéraire de septembre est sans doute la période la plus « douloureuse » pour les écrivains. Les livres sont « pesés » en quelques semaines, et les tonnes de papier vont subir des coupes jusqu’à ce que les membres des grands prix (Goncourt, Renaudot, Fémina, Medicis) viennent donner un verdict qui, de toute façon, ne fera pas l’unanimité. Tel est le cas cette année avec les listes que vous avez sans doute découvertes dans la presse. 


Ainsi au Goncourt on prédit déjà la victoire de Marie Ndiaye (Trois femmes puissantes, ed. Gallimard) dont le livre est le plus recensé de la production de cet automne. David Foenkinos, avec La délicatesse (ed. Gallimard ) est le seul écrivain à figurer sur toutes les quatre grandes listes. Enfin, le roman que nous soutenons depuis un moment, L’Enigme du retour de Dany Laferrière, n’est pas mal placé, il sélectionné au prix Femina, au prix Medicis, au prix France-Culture/Télérama et au prix Wepler.


Nous regrettons l’absence de certains livres qui auraient mérité un sort plus juste. C’est le cas des romans d’Abdourahman Waberi (Passage de larmes, éd. Lattès), de Léonora Miano (Les aubes écarlates, éd. Plon) – son roman est en lice toutefois pour le prix RFO 2009 -, d’Anouar Benmalek (Rapt, éd. Fayard). l’excellent  L’homme qui ne savait pas dire non de Serge Joncour (éd. Flammarion) ou encore Nord absolu de Fabrice Lardreau (éd. Belfond).

 

Les premières listes de ces prix sont en général un petit tour de piste, et certains observateurs n’hésitent pas à les minimiser au point de dresser une liste des prochains ejectés.&amp;nbsp; Qui sont ces futurs éjectés ? Pierre Assouline prédit par exemple que pour le Goncourt c’est « ce qui pourrait être le cas des romans de Edem Awumey, Yannick Haenel, David Foenkinos, Justine Lévy, Serge Mestre et des mémoires de guerre de Daniel Cordier qui doit être bien étonné de se retrouver ainsi enrôlé parmi les auteurs de fiction (de quoi encolérer Claude Lanzmann !). Rendez-vous le 6 octobre pour le déjeuner de vissage des boulons.” ( http://passouline.blog.lemonde.fr/2009/09/15/goncourt-la-premiere-selection/ )

Certains livres, d&#x2019;après lui, ne figureraient sur les listes que pour faire plaisir à tels éditeurs ou tels écrivains !!! 


Et on commence à s&#x2019;interroger sur le sens véritable de la littérature. Pourquoi pourvoir des places aux livres qui ne les méritent pas alors que d&#x2019;autres oeuvres, plus fortes, subissent les conséquences de ce marchandage ?</description> 
      <dc:subject>Événements</dc:subject>
      <dc:date>2009-09-18T08:20:00+01:00</dc:date>
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    <item>
      <title>Dany Laferrière selectionné au Prix Femina, Prix Médicis, Prix Télarama/France Culture, Prix Wepler</title>
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      <description>À l&#x2019;annonce de la mort de son père, le narrateur quitte Montréal pour retourner dans son île natale, Haïti.


«La nouvelle coupe la nuit en deux.


L&#x2019;appel téléphonique fatal


que tout homme d&#x2019;âge mûr


reçoit un jour.


Mon père vient de mourir.»


Windsor Laferrière est ce père que Dany Laferrière n&#x2019;a vu que sur une photo. Un père poussé à l&#x2019;exil par Papa Doc et retranché depuis une cinquantaine d&#x2019;années dans un minuscule appartement de New York avec pour seul bien une petite mallette déposée dans une banque et dont il garde précieusement le secret du contenu.


Le fils Laferrière se rend aux funérailles à New York avant de &#x201c;ramener&#x201d; le corps en Haïti pour l&#x2019;enterrement. Ce voyage commence par le nord pour finir au sud, le contraire de l&#x2019;exil connu par le père et que connaîtra plus tard le fils. Le parcours du fils est en effet semblable à celui du père : contraint à l&#x2019;exil lui aussi, Dany Laferrière a quitté Haïti, mais sous le régime de Bébé Doc, fils de Papa Doc. Une espèce « d&#x2019;énigme du retour » des choses : les pères s&#x2019;affrontent entre eux, les fils poursuivent ce duel sans merci. D&#x2019;un côté, le clan du dictateur qui estimait à lui seul écrire l&#x2019;histoire de la première république noire ; de l&#x2019;autre côté, Windsor, opposant politique qui est convaincu que c&#x2019;est au peuple d&#x2019;écrire l&#x2019;histoire d&#x2019;une nation. 


Lorsque, menacé, il quitte Haïti pour Montréal, Dany Laferrière n&#x2019;a que vingt-trois ans et ignore qu&#x2019;il vivra un long exil de plus d&#x2019;une trentaine d&#x2019;années dans ce nord où le froid reproche souvent aux gens du sud leur habitude du soleil. Sa baignoire va devenir son espace secret, la géographie de son Haïti. Le jeune journaliste devient un écrivain, publie Comment faire l&#x2019;amour avec un nègre sans se fatiguer, roman qui lui assure une renommée internationale. Le père l&#x2019;observe à distance, refuse même d&#x2019;ouvrir la porte un jour où son fils débarque à New York. Il est loin de se douter que Dany Laferrière ne gardera de lui que l&#x2019;image d&#x2019;un homme immobile…


Trente-trois ans plus tard, le fils est finalement de retour en Haïti avec le corps du père. Depuis la fenêtre de sa chambre d&#x2019;hôtel, il constate que son pays natal lui est désormais étranger. Au pays, certains artistes peignent des fruits mûrs et juteux. Parce que personne n&#x2019;achèterait un tableau qui représente la réalité dans toute sa sécheresse. L&#x2019;ombre de la grand-mère plane dans le cimetière. La mère est là. Mais c&#x2019;est son neveu que Laferrière choisit comme « guide », un neveu qui s&#x2019;appelle aussi Dany Laferrière et qui rêve de devenir écrivain ! C&#x2019;est une autre patrie qu&#x2019;il fait découvrir à son oncle.


L&#x2019;Énigme du retour devient alors le livre de la renaissance qui fait écho à L&#x2019;Énigme de l&#x2019;arrivée du romancier V.S. Naipaul et du peintre Giorgio De Chirico. On rencontrera Aimé Césaire de bout en bout. Un père adoptif en quelque sorte. La densité de ce roman écrit dans une forme très originale et hardie montre à quel point cette grande entreprise littéraire vient conforter une œuvre déjà importante d&#x2019;un auteur qui a placé la question du temps et de l&#x2019;espace au cœur de ses préoccupations dès sa première publication…


A. Mabanckou, Le Figaro, 10 septembre  2009


L&#x2019;Énigme du retour de Dany Laferrière, Editions Grasset, 302 p., 18 €.</description> 
      <dc:subject>Général</dc:subject>
      <dc:date>2009-09-11T06:39:01+01:00</dc:date>
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