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	<title>LE GROGSTORE</title>
	
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	<description>Le blog musical qui ne sait pas si le blanchissement d'argent existe</description>
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		<title>GROG EN VRAI – BLIND DIGITAL CITIZEN #2 – Reykjavik 402</title>
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		<pubDate>Thu, 16 May 2013 16:51:59 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[LE GROGSTORE // GROG EN VRAI &#8211; BLIND DIGITAL CITIZEN #2 &#8211; Reykjavik 402 Deuxième extrait du GROG EN VRAI consacrer aux stupéfiants BLIND DIGITAL CITIZEN. Rappel des faits : alors que l’humeur est à la promotion de l’artisanat français, tout naturellement, le Grogstore s’est concentré sur ce que nous appellerons fièrement le « redressement musical ». [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><iframe src="http://player.vimeo.com/video/66178922" height="281" width="500" allowfullscreen="" frameborder="0"></iframe></p>
<p><a href="http://vimeo.com/66178922">LE GROGSTORE // GROG EN VRAI &#8211; BLIND DIGITAL CITIZEN #2 &#8211; Reykjavik 402</a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Deuxième extrait du GROG EN VRAI consacrer aux stupéfiants BLIND DIGITAL CITIZEN. </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-3659"></span></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Rappel des faits : alors que l’humeur est à la promotion de l’artisanat français, tout naturellement, le Grogstore s’est concentré sur ce que nous appellerons fièrement le « redressement musical ». Voici un premier exemple de jeunes groupes français talentueux avec la mystérieuse entité Blind Digital Citizen. Ces derniers nous intriguent dès la parution de <i>Strauss</i>, premier EP édité au sein de la collection « Podium » du label Third Side Records, maison fourre-tout pour toute production française déviante non-signée sur un quelconque label (La Femme y est passée aussi). Difficile à définir cet objet sonore unique, entre électro tordue, embardées abrasives toutes guitares dehors et paroles cryptiques rappelant la période spoken-word du Bashung de <i>L’Imprudence</i>, ou scandé (période <i>Play Blessure</i>). Bref, il fallait que nous croisions leur route. A l’image de Fauve ou La Femme, ces derniers sont une sorte de collectif porté par l’anonymat de ses membres, s’effaçant derrière un projet global, tant visuel que sonore. Les Blind Digital Citizen sont un peu les nouveaux francs-maçons, avec leur propre imagerie, leur propre langage esthétique. Ici, on ne cherche pas forcément la chanson, mais la création de paysages soniques. Filmés au détour d’une soirée organisée par le Point Ephémère, lors d’un plateau de quatre groupes à la qualité fluctuante, Blind Digital Citizen ont imposé un voyage cosmique de 45 minutes, avec projections vidéos et jeux de lumière sophistiqué, le tout enrobé d’un son massif et maîtrisé. Un véritable spectacle dont le GROG EN VRAI vous propose deux extraits. Voici donc le second, <strong>«</strong> Reykjavik 402 <strong>»</strong>, obscur voyage sur un bateau non moins énigmatique. On offre un deuxième bisou à la  personne qui comprendra ce que ça raconte. </strong></p>
<p style="text-align: justify;">TOUT SUR BLIND DIGITAL CITIZEN !</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://jwc-photos.com/legrogstore/?p=3626">Mais y a pas grand chose du coup, à part la vidéo de <em>« Ferme les yeux »</em>.</a></p>
<div style="text-align: justify;"><strong> </strong></div>
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		<title>GROGALAMODE #62 : L’AVENTURE DES SHEEPDOGS</title>
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		<pubDate>Wed, 08 May 2013 13:22:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>GROG</dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_3622" class="wp-caption aligncenter" style="width: 508px"><a href="http://jwc-photos.com/legrogstore/wp-content/uploads/2013/05/The_Sheepdogs_final_2_web.jpg"><img class=" wp-image-3622 " alt="" src="http://jwc-photos.com/legrogstore/wp-content/uploads/2013/05/The_Sheepdogs_final_2_web.jpg" width="498" height="179" /></a><p class="wp-caption-text">The Sheepdogs<br />© www.bertrandnoel.com</p></div>
<p style="text-align: justify;"><b>Un mouton à 5 pattes, si on s’en tient à une définition étymologique de l’expression, désigne quelque chose d’incroyable, d’extraordinaire et, par voix de conséquence, d&rsquo;introuvable. Une licorne plus touffue, en somme. Ou un bison blanc. Enfin bref, pour ainsi dire, avec « sheepdogs », cette bande de barbus venue du fin fond du Canada a eu le nez fin en s’attribuant un tel patronyme, bien que nul ne pouvait prédire la destinée de ces joyeux drilles. Sortis du bois par le mythique magazine américain <i>Rolling Stone</i> sans « s », les Sheepdogs sont ni plus ni moins le premier groupe non-signé sur un quelconque label à avoir eu la primeur d’en faire la couverture. Effet bœuf instantané, ils ont bénéficié d’une exposition considérable pour un groupe canadien dans la patrie de l’Oncle Tom. Et forcément, nous n’en savions absolument rien de ce côté-ci de l’Atlantique. La preuve lors d’un passage à la Flèche d’Or dans l’anonymat le plus complet en avril dernier. Chantre du storytelling calibré, la presse spécialisée outre-Atlantique n’a pas attendu <i>Le Grand Journal</i> pour émoustiller nos esgourdes en quête de sensations fortes. Des plaines du Saskatchewan aux feux de la rampe, <i>« il y avait une histoire à raconter »</i>, comme dirait l’autre. Ou comment ces <i>« Jacks of all trades »</i> de formation en sont venus à cristalliser nos passions pour la gloire des hommes de rien, des gens simples prouvant que la méritocratie à encore de beaux jours devant elle. Si vous n’avez pas encore décroché de votre écran pour télécharger le nouvel épisode de <i>Game Of Thrones</i>, l’histoire qui va suivre ne manquera pas d’aiguiser votre soif d’exotisme, ainsi que votre appétit pour le romanesque rural en ces temps de décrépitude morale. Il était une fois les Sheepdogs.</b></p>
<p style="text-align: justify;"><b><span id="more-3616"></span></b></p>
<p style="text-align: justify;"><b>D’abord, la légende. </b></p>
<p style="text-align: justify;">Imaginez le Grog, tout feu, tout flamme, lorsqu’il apprend qu’un groupe de rock canadien (mais là n’est pas le problème) devient le premier groupe indépendant, autoproduit, auto tout, à faire la couverture de <i>Rolling Stone </i>(édition américaine). D’autant plus qu’on nous parle de rock’n’roll boogie, un poil psychédélique, plein de groove sudiste, entre <b>Creedence Clearwater Revival</b> et <b>Crosby, Stills &amp; Nash</b> pour le chant. Impossible. On croit rêver. Forcément, curieux tout plein, notre blogueur se précipite de bon cœur à la découverte des <b>Sheepdogs</b>, trouant son porte-monnaie pour acquérir leur troisième alboum, <i>Learn &amp; Burn</i>, en import évidemment. La première écoute est rude pour les cages à miel. L’enregistrement est aride, compressé comme un vieux vinyle de <i>Cosmo’s Factory</i>, probablement enregistré dans la cabane au fond du jardin (les oreilles pointues décèleront facilement quelques petites approximations soniques). On se dit qu’on a fait l’achat d’une longue démo et on a mal à ses 29€. Puis on réécoute, pour justifier son découvert et le bon goût de son disquaire.</p>
<div id="attachment_3631" class="wp-caption aligncenter" style="width: 514px"><a href="http://jwc-photos.com/legrogstore/wp-content/uploads/2013/05/sheepdogs_learnandburndlx.jpg"><img class="wp-image-3631 " alt="" src="http://jwc-photos.com/legrogstore/wp-content/uploads/2013/05/sheepdogs_learnandburndlx.jpg" width="504" height="455" /></a><p class="wp-caption-text">The Sheepdogs &#8211; Learn &amp; Burn (2010)</p></div>
<p style="text-align: justify;">Foutraques à souhait, les Sheepdogs vont partout, pratiquant un rock’n’roll millésimé et souple, propre à tous les jams-bands qui se respectent (chez eux, une chanson peut durer autant 3 minutes que 15). Gourmands de musique, ultra-référencés, se croisent chez eux, pêle-mêle, le <b>Santana</b> psyché des débuts, la virtuosité du <b>Allman Brothers Band</b> et une écriture pop aux arrangements inventifs. Rien de neuf me direz-vous, surtout si on est fan de Björk. Seulement, outre une musicalité inouïe et une dextérité enthousiasmante en live, le machin en plus qui distingue les Sheepdogs se trouve dans les harmonies vocales. Et là, tout le monde s’y met. Rare, aujourd’hui, un groupe capable de balancer de front une telle richesse venue de leurs glottes, apportant une vraie vie, une véritable chaleur auditive. Et surtout, rare, aujourd’hui, d’écouter un groupe qui chante réellement juste, et en chœur : dans le genre, il faut impérativement écouter <i>« Learn &amp; burn »</i>. Personne ne s’y est trompé, même pas <b>Caleb Followill</b>, leader des <b>Kings Of Leon</b>, groupe au même background bouseux, pour qui les canadiens ont effectué quelques premières parties : <i>« Ils ont un son intemporel, et tu peux entendre leurs influences de chanson en chanson. Il me tarde de pouvoir écouter ces harmonies en concert »</i>, a-t-il déclaré peu avant de les avoir en chauffeurs de salles. Un titre synthétise le son de nos héros, <i>« I Don’t Know »</i>, ritournelle rustique au refrain entêtant et à la rythmique insistante…</p>
<p><object width="560" height="315" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/cpw_zFcGTs4?version=3&amp;hl=fr_FR&amp;rel=0" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="560" height="315" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/cpw_zFcGTs4?version=3&amp;hl=fr_FR&amp;rel=0" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object><br />
<object width="560" height="315" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/h_5q0n2mDR8?version=3&amp;hl=fr_FR&amp;rel=0" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="560" height="315" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/h_5q0n2mDR8?version=3&amp;hl=fr_FR&amp;rel=0" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object></p>
<p style="text-align: justify;"><b>Choose the cover</b></p>
<p style="text-align: justify;">Derrière la légende de <i>« ce groupe venu de nulle part qui a conquis l’Amérique »,</i> il y a un concours. <i>« Queua ??? »</i>, pourrions-nous nous écrier, <i>« Un concours pour faire la couverture d’un magazine ? C’est The Voice ce truc ? C’est comme Black Rain ce groupe ou quoi ??? »</i>. Ainsi, pour nous français, grands amateurs de la loose magnifique, des Daniel Darc incompris, des Sixto Rodriguez qui méritaient mieux ou des Pete Doherty lumineux sous la crasse, nous sommes naturellement frileux face aux jeux des médias. Trop de « quadricolor », de Jenifer, de Nolwen Leroy. Pourtant, derrière notre légitime suspicion, la reconnaissance autant public que critique des Sheepdogs s’avère être la récompense concrète et méritée d’un groupe qui ne tombe pas du ciel.<i></i></p>
<div id="attachment_3633" class="wp-caption aligncenter" style="width: 490px"><a href="http://jwc-photos.com/legrogstore/wp-content/uploads/2013/05/3_nb_web_2.jpg"><img class=" wp-image-3633   " alt="The Sheepdogs // Ewan Currie ©www.bertrandnoel.com" src="http://jwc-photos.com/legrogstore/wp-content/uploads/2013/05/3_nb_web_2.jpg" width="480" height="672" /></a><p class="wp-caption-text">The Sheepdogs // Ewan Currie<br />©www.bertrandnoel.com</p></div>
<p style="text-align: justify;"><i> </i></p>
<p style="text-align: justify;"><i>« Even the losers, get lucky sometimes »</i> scandaient <b>Tom Petty</b> et ses Heartbreakers en 1980. Parangon de la mythologie colle-bleue, cette maxime mainte fois développée par tant de musiciens américains au fil des ans n’a pas été oublié par <i>Rolling Stone</i> lorsqu’il lance son concours <i>« Choose the cover »</i> en 2011. Défenseur depuis sa création du genre dit « classic rock », une americana tonique au storytelling populo et fédérateur, des Allman Brothers à <b>Bruce Springsteen</b>, en passant par <b>John Mellencamp</b> ou encore <b>Bob Seger</b>, la revue se met en tête de donner sa chance à un groupe totalement inconnu. Derrière une évidente bonne foi pour dénicher du sang neuf, avec le recul, on soupçonne tout de même un coup marketing judicieux d’un journal accusant le coup des baisses de vente dues à l’expansion du oueb, comme ses collègues de la presse musicale. Un groupe tout frais serait donc la matière idéale pour prendre sa mythologie à son compte et construire héroïquement une carrière, le journal en rôle de big-bang.</p>
<p><object width="560" height="315" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/cDUmoxAGlXQ?hl=fr_FR&amp;version=3&amp;rel=0" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="560" height="315" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/cDUmoxAGlXQ?hl=fr_FR&amp;version=3&amp;rel=0" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object></p>
<p style="text-align: justify;">Le principe de cette compétition est simple comme bonjour. Après une sélection de 16 artistes non-signés, choix laissé au bon goût des journalistes de <i>Rolling Stone</i>, et des passages télévisés sur une chaine nationale pour chacun d’eux (<i>Late Night with Jimmy Fallon</i> sur NBC), les internautes et spectateurs départagent les compétiteurs jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’un. Prix à la clé : la couverture de <i>Rolling Stone</i> et un contrat avec une maison de disque, pas n’importe laquelle, Atlantics Records*. Finalement, une version acceptable et crédible des télé-crochets dont nous sommes friands par ici. Avec un tel postulat, sûr qu’ils allaient dégoter autre chose que Julien Doré ou Christophe Willem. Et c’est ainsi que sont apparus les Sheepdogs. Montés en épingle par le magazine, et plus précisément sous la plume d’Austin Scaggz (fils de Boz**), nos canadiens possèdent, sans s’en rendre compte, tous les atouts pour devenir des working-class heroes en puissance.</p>
<div id="attachment_3621" class="wp-caption aligncenter" style="width: 490px"><a href="http://jwc-photos.com/legrogstore/wp-content/uploads/2013/05/B003633_nb_web_2.jpg"><img class=" wp-image-3621 " alt="The Sheepdogs // Sam Corbett ©www.bertrandnoel.com" src="http://jwc-photos.com/legrogstore/wp-content/uploads/2013/05/B003633_nb_web_2.jpg" width="480" height="672" /></a><p class="wp-caption-text">The Sheepdogs // Sam Corbett<br />©www.bertrandnoel.com</p></div>
<p style="text-align: justify;">Formé en 2006 à Saskatoon, ville plantée au beau milieu du Saskatchewan, province centrale du Canada, les Sheepdogs se composent d’<b>Ewan Currie</b>, géant barbu et tête pensante à la voix puissante, <b>Leot Hanson</b>, pois sauteur à la guitare lead, <b>Ryan Gullen</b>, grande tige affable à la basse mélodique, et <b>Sam Corbett</b>, batteur économe à rouflaquette. A eux quatre, ils accumulent un taux de pilosité paillarde à faire rougir les candidats de <i>L’Amour est dans le pré</i>. Ils admettent volontiers venir du trou du cul de leur pays, élément exaltant un peu plus la fascination de <i>Rolling Stone</i>. De part leurs origines et leur style, plus roots tu meurs, difficile pour nos héros de se rattacher à une pseudo scène, contrairement à ce qui peut s’entendre à Montréal, par exemple, plus foncièrement « indie » dans la forme, avec l’influence du label post-rock Constellation. Voyons les choses en face, si on l’apprécie grandement, le classic rock, autant que le hard rock, est devenu un genre tombé en désuétude. Pourtant, il reste toujours un bon vecteur festif dans un pub ou un resto-route. Chose curieuse pour nos oreilles innocentes, pourtant abreuvées ces dernières années de Kings Of Leon, <b>Alabama Shakes</b> ou <b>Black Keys</b>, ce rock’n’roll échappé des disques de nos parents semble peu pratiqué au Canada, ce qui expliquerait leur singularité. C’est Sam, le fameux batteur, qui nous l’a confié : <i>« en fait, il n’y a pas tellement de groupes dans le style « classic rock » au Canada, et aux Etats-Unis. Je crois que ce qui nous différencie des autres groupes, c’est notre travail sur les harmonies vocales, on chante tous ensembles. Tout ça combiné avec des harmonies de guitares. On aime prendre des éléments de plusieurs groupes qu’on aime, et pas une seule référence. (…) On ne cherche pas à être les Rolling Stones, on dit plutôt : « on aime CA chez les Rolling Stones, ou ce truc chez les Beatles, ou un autre des Doors », et on mélange tout ça »</i>. A la première écoute, on est certain que les Sheepdogs n’ont pas inventé le fil à couper le beurre.</p>
<div id="attachment_3619" class="wp-caption aligncenter" style="width: 490px"><a href="http://jwc-photos.com/legrogstore/wp-content/uploads/2013/05/B003562_nb_web_2.jpg"><img class="wp-image-3619 " alt="" src="http://jwc-photos.com/legrogstore/wp-content/uploads/2013/05/B003562_nb_web_2.jpg" width="480" height="672" /></a><p class="wp-caption-text">The Sheepdogs // Ryan Gullen<br />©www.bertrandnoel.com</p></div>
<p style="text-align: justify;">Mangeant l’asphalte chaque week-end pour des plans concerts galères, la carrière de nos quatre chiens de berger s’est faite comme la construction de Rome : pas en un jour. Leur parcours ressemble en tout point à celui de n’importe quel musicien baroudeur qui n’en veut, aux ambitions larges mais humbles. En totale autonomie, débrouillards, sans le moindre sous, ils se sont attelés à tout faire eux-mêmes : site oueb, visuels, enregistrements, disques, tournées, financés par l’argent récolté de boulots à la petite semaine. Si Sam vendait des chaussures, Ryan s’occupait d’handicapés, pendant qu’Ewan faisait le serveur et Leot construisait des maisons : <i>« c’était des boulots que l’on pouvait quitter pour partir en tournée, pour les reprendre en rentrant. Il fallait qu’on ait des boulots qui nous permettent de faire ça. C’était un moyen pour nous de combler le temps en gagnant un peu d’argent, ce que la musique ne nous permettait pas à l’époque »</i>. Des emplois qu’ils occupaient encore après le concours. Ainsi, depuis 2006, en sortant trois disques de qualités par leur propre moyen, les Sheepdogs finissent par acquérir une petite renommée dans le circuit canadien, avec l’aide, notamment, de la presse internet. Alors que <i>Rolling Stone</i> les sélectionne via une démo envoyée par leur manager à la rédaction, des pourparlers étaient déjà en route avec des labels, nos quatre bourlingueurs matures pour la signature. La consécration vient même quelques temps après leur victoire au concours de <i>Rolling Stone</i>, leur EP <i>Five Easy Pieces</i> entrant dans le top 10 des charts canadiens, directement en première place, détrônant Adele au passage. Un exploit.</p>
<p><object width="560" height="315" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/7jKyJdpLIio?hl=fr_FR&amp;version=3&amp;rel=0" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="560" height="315" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/7jKyJdpLIio?hl=fr_FR&amp;version=3&amp;rel=0" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object></p>
<p style="text-align: justify;"><i>« J’ai vu des potes du lycée se trouver du boulot et se marier, et devenir adulte, pendant que je poursuis encore mon rêve d’artiste où je n’ai pas une tune, pas d’épargnes, de baraques, juste une voiture de merde que je n’arrive même pas à rembourser » (Ewan en août 2011, juste après avoir remporté le concours). </i>Quand le concours de <i>Rolling Stone </i>se présente à eux, les Sheepdogs sont prêts. Après tant d’années à crapahuter sur les routes, l’âge vient où on ressemble de plus en plus aux tristes bougres d’<b>Anvil</b> qu’à des rockstars pleines de sèves. Lorsqu’on leur demande si toutes les opportunités sont bonnes à prendre, la réponse ne se fait pas attendre : <i>« Oui. Je veux dire, dès qu’on a remporté ce concours, l’été qui a suivi, jusqu’à aujourd’hui, on a travaillé non-stop. On faisait trois concerts par week-end, et la semaine, on retournait à New-York pour s’occuper des suites du concours. On a travaillé tout le reste de l’année, cinq mois d’affiler. Et puis après, on a enchainé sur l’enregistrement de l’album (janvier 2012). On a le sentiment de travailler dur, et qu’on n’a pas juste gagné le droit d’être un groupe célèbre avec ce concours. On doit toujours repousser nos limites et saisir toutes les opportunités qui se présentent. Etre un groupe canadien et être sur un gros label américain, ça aide à faire écouter ta musique à plus de monde. Avant ça, on n’avait jamais eu de label auparavant, on a toujours été indépendant. Ca a été l’opportunité de travailler avec d’autres personnes pour promouvoir notre musique. C’est pour ça qu’on continue. Encore une fois, c’est une chance pour un groupe canadien aux Etats-Unis »</i>.</p>
<div id="attachment_3634" class="wp-caption aligncenter" style="width: 490px"><a href="http://jwc-photos.com/legrogstore/wp-content/uploads/2013/05/4_nb_web_2.jpg"><img class=" wp-image-3634 " alt="The Sheepdogs // Leot Hanson ©www.bertrandnoel.com" src="http://jwc-photos.com/legrogstore/wp-content/uploads/2013/05/4_nb_web_2.jpg" width="480" height="672" /></a><p class="wp-caption-text">The Sheepdogs // Leot Hanson<br />©www.bertrandnoel.com</p></div>
<p style="text-align: justify;"><b><i>The Sheepdogs</i></b></p>
<div id="attachment_3635" class="wp-caption aligncenter" style="width: 520px"><a href="http://jwc-photos.com/legrogstore/wp-content/uploads/2013/05/THE-SHEEPDOGS-album-cover-art.jpg"><img class=" wp-image-3635 " alt="" src="http://jwc-photos.com/legrogstore/wp-content/uploads/2013/05/THE-SHEEPDOGS-album-cover-art.jpg" width="510" height="510" /></a><p class="wp-caption-text">The Sheepdogs (2012/ Atlantics Records)</p></div>
<p style="text-align: justify;">Fin 2012, déboule <i>The Sheepdogs</i>, quatrième alboum éponyme, premier sur une major, (Atlantics Records donc), où le propos se resserre, plus radiophonique, plus recentré sur des pastilles rocks puissantes. Ce qu’ils perdent en folie, ils le gagnent en efficacité.</p>
<p style="text-align: justify;">Certains titres, très compacts, sans chichi ni détour psychédélique (à part la jam <i>« Javelina ! »</i>, dans le versant jazz du Allman Brothers Band), sonnent même comme les Black Keys, avec des vrais musiciens en plus (<i>« Feeling Good</i> <i>»</i> et sa rythmique glam, <i>« The Way it is »</i> puissante comme une boule flipper, <i>« While we’re young »</i>, <i>« Fever Dog »</i>, <i>« Alright OK »</i>, d’officiels prétendants aux tubes, en vain). Ah, tiens, sur la pochette, c’est marqué <i>« produced by <b>Patrick Carney </b>»</i>, le batteur de. Ce dernier, outre son activité derrière les fûts, a co-produit avec <b>Dan Auerbach</b> les premiers disques des Black Keys, groupe au parcours similaire de notre quatuor du moment, s’occupant d’autres groupes depuis bien longtemps (le projet hip-hop Blakroc, ou le groupe Drummer). Quand on travaille en autarcie depuis si longtemps, l’arrivée d’un regard extérieur sur leur art en aurait rendu frileux plus d’un : <i>« C’était un peu bizarre pour nous au début, mais vu qu’il est également musicien, il sait ce que ça fait de laisser quelqu’un interagir avec ta musique, il nous a bien facilité la tâche. On aurait travaillé encore par nous-même, nous aurions produit quelque chose de similaire. C’était définitivement une nouvelle expérience pour nous. On a eu parfois du mal à nous laisser aller, on avait envie d’essayer quelques choses de nouveau tout en ayant une idée précise de ce que nous voulions. Ca a été dur au début mais travailler avec quelqu’un qui est musicien et qui respecte notre musique, pas juste l’ingénieur du son lambda ou un producteur star, nous a mis à l’aise »</i>. Qu’on ne sous-entende pas « c’était mieux avant ». Au contraire, la puissance de frappe des Sheepdogs est unique de nos jours, et la richesse mélodique et harmonique est toujours présente, s’affirmant sur chaque titre, tous indispensables.<i> </i>Le novice en matière de Sheepdogs n’y écoutera que du feu par rapport à leurs précédentes réalisations, tant la production de Carney laisse la part belle à l’énergie organique et live du groupe : <i>« Ce qu’il nous a dit, c’est d’élaguer les compositions au maximum pour n’en retenir que la substantifique moelle, d’être attentif aux structures. On a tendance à étirer les chansons, à partir en jam, et son travail a été de resserrer tout ça et d’en faire des morceaux rock’n’roll solides. Une fois cette première étape franchie, on y ajoutait d’autres parties, en apportant des idées d’arrangements, de sons. Ca a été ça, son grand apport : comment resserrer nos chansons alors que, par le passé, elles naissaient de longues jams, en concert, et on fonçait en studio pour les recréer. »</i></p>
<p><object width="560" height="315" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/uSMN1ugJAos?version=3&amp;hl=fr_FR&amp;rel=0" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="560" height="315" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/uSMN1ugJAos?version=3&amp;hl=fr_FR&amp;rel=0" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object><br />
<object width="560" height="315" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/rmG1Qjs7FpE?hl=fr_FR&amp;version=3&amp;rel=0" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="560" height="315" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/rmG1Qjs7FpE?hl=fr_FR&amp;version=3&amp;rel=0" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object></p>
<p style="text-align: justify;">Et Dieu sait que ce disque est attendu après le carton du concours. Fait incroyable pour mesurer l’impact des canadiens outre-Atlantique des deux côtés du Lac Supérieur, pas moins de deux documentaires, longs formats, ont été tourné, finissant de parfaire la légende des Sheepdogs : <i>« le premier est centré sur le concours de Rolling Stone, d’où on est parti jusqu’à la couverture. Et le second, réalisé par un autre personne, c’est la suite en fait : après la couverture, la fabrication de l’album et le succès qui en a découlé. Le concours a permis de nous faire connaître aux Etats-Unis, ce qui est très très difficile pour un groupe canadien là-bas, parce qu’il y a pléthore de groupes qui se bagarrent déjà sur place. Ca nous a permis de faire sortir notre nom du lot, et maintenant, à nous de tirer parti de cet éclairage en tournant en maximum pour promouvoir l’album. En meilleur et plus connu qu’on ne l’a jamais été, mais la route est longue »</i>.</p>
<p><iframe src="http://www.youtube.com/embed/4hwXOUCgEr4?rel=0" height="315" width="560" allowfullscreen="" frameborder="0"></iframe><br />
<!-- This version of the embed code is no longer supported. Learn more: https://vimeo.com/help/faq/embedding --> <object width="500" height="281" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowfullscreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://vimeo.com/moogaloop.swf?clip_id=64002098&amp;force_embed=1&amp;server=vimeo.com&amp;show_title=1&amp;show_byline=1&amp;show_portrait=1&amp;color=00adef&amp;fullscreen=1&amp;autoplay=0&amp;loop=0" /><embed width="500" height="281" type="application/x-shockwave-flash" src="http://vimeo.com/moogaloop.swf?clip_id=64002098&amp;force_embed=1&amp;server=vimeo.com&amp;show_title=1&amp;show_byline=1&amp;show_portrait=1&amp;color=00adef&amp;fullscreen=1&amp;autoplay=0&amp;loop=0" allowfullscreen="true" allowscriptaccess="always" /></object></p>
<p><a href="http://vimeo.com/64002098">Beware Of The Dogs &laquo;&nbsp;TRAILER&nbsp;&raquo;</a></p>
<p style="text-align: justify;">Alors que nous les observons d’un regard européen rêveur face à tous ces éléments de gloire, les Sheepdogs ne se déparent jamais de leur point de vue de canadiens : <i>« On essaie encore de se faire un nom aux States, plus ou moins. Au Canada, ça marche fort, mais les Etats-Unis, c’est un peu comme ici </i>(la France)<i>. On part de zéro et on essaie d’attirer le plus de monde possible à nos concerts »</i>. Lucides, ils savent que le concours de <i>Rolling Stone</i> n’est pas une fin en soi : <i>« Nous, le rock’n’roll qu’on aime jouer, c’est majoritairement un type de rock’n’roll blanc, pas nécessairement moderne. On a une sensibilité plutôt rétro. C’est en grande partie pourquoi les gens nous apprécient, c’est parce qu’on a un son à l’ancienne. On se rapproche des groupes que le magazine Rolling Stone défendait à l’origine. On revisite une musique qui n’est pas forcément un rock grand public »</i>. Et durant notre entretien, et même dans la plupart de ceux que nous avons pu lire durant notre recherche, un mot revient sans cesse dans la bouche de n’importe quel membre du groupe : l’attention, le besoin d’attention. Serait-ce la chose la plus importante pour un groupe de musique ? <i>« Je crois que quand tu es dans un groupe et que tu fais de la musique, c’est pour pouvoir la partager avec d’autres, c’est pas uniquement pour toi. Plus tu as d’auditeurs, mieux c’est. C’est normal de vouloir que les gens soient attentifs à ton art. Autant on fait une musique que nous on aime, autant on la fait pour qu’elle soit partagée. En cela, oui, l’attention est la chose la plus importante qui soit. »</i></p>
<p><object width="560" height="315" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/qKzDRB3N2ck?hl=fr_FR&amp;version=3&amp;rel=0" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="560" height="315" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/qKzDRB3N2ck?hl=fr_FR&amp;version=3&amp;rel=0" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object></p>
<p style="text-align: justify;">Cette attention, ils ont travaillé pour l’obtenir. On espère qu’il ne s’agit que d’une question de temps pour que le monde civilisé dans sa globalité ne la leur accorde avant que le succès massif ne leur coupe les barbes et les envoie en salle de musculation. Ils seront la bande-son de publicités futures, on les entendra dans des séries télévisées, dans <em>Guitar Hero 32</em> et <em>GTA 12</em>. Qu’ils fassent ce qu’ils veulent mais qu’on leur laisse le temps de nous envahir sans qu’ils ne sacrifient à leurs idéaux : ceux de leur laisser faire le plus de concerts possibles, le plus d’albums possibles. Bref, qu’ils puissent vivre <i>« a good simple life of musicians »</i>.</p>
<p><object width="560" height="315" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/YooGb8JR_bc?version=3&amp;hl=fr_FR&amp;rel=0" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="560" height="315" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/YooGb8JR_bc?version=3&amp;hl=fr_FR&amp;rel=0" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object></p>
<h2 style="text-align: justify;"><em>THE SHEEPDOGS – WARNER BROS RECORDS/ ATLANTICS RECORDS</em></h2>
<p>NB : la plupart des citations proviennent de l&rsquo;interview réalisée le 16 avril 2013 à la Flèche d&rsquo;Or avec Ryan Gullen et Sam Corbett, quelques heures avant un concert épique. Merci à David Bathiard, toujours indispensable interprète, et Karine Sancho de chez Warner France.</p>
<h6 style="text-align: justify;">*Giron ancestral de la soul avec Aretha Franklin et Ray Charles, du jazz, ou encore de Led Zeppelin pour l’artillerie lourde.</h6>
<h6 style="text-align: justify;">**Mais si, vous connaissez son tube disco-soul <i>« Lowdown »</i>.</h6>
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		<title>GROG EN VRAI – BLIND DIGITAL CITIZEN #1 – Ferme les yeux</title>
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		<pubDate>Wed, 08 May 2013 08:58:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>GROG</dc:creator>
				<category><![CDATA[GROGENVRAI]]></category>
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		<description><![CDATA[LE GROGSTORE // GROG EN VRAI &#8211; BLIND DIGITAL CITIZEN #1 &#8211; Ferme les yeux Le GROG EN VRAI revient pour célébrer l’armistice ! Alors que l’humeur est à la promotion de l’artisanat français, tout naturellement, le Grogstore s’est concentré sur ce que nous appellerons fièrement le « redressement musical ». Voici un premier exemple de jeunes groupes [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><iframe src="http://player.vimeo.com/video/65645589" height="281" width="500" allowfullscreen="" frameborder="0"></iframe></p>
<p><a href="http://vimeo.com/65645589">LE GROGSTORE // GROG EN VRAI &#8211; BLIND DIGITAL CITIZEN #1 &#8211; Ferme les yeux</a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le GROG EN VRAI revient pour célébrer l’armistice ! Alors que l’humeur est à la promotion de l’artisanat français, tout naturellement, le Grogstore s’est concentré sur ce que nous appellerons fièrement le « redressement musical ». Voici un premier exemple de jeunes groupes français talentueux avec la mystérieuse entité Blind Digital Citizen. Ces derniers nous intriguent dès la parution de <i>Strauss</i>, premier EP édité au sein de la collection « Podium » du label Third Side Records, maison fourre-tout pour toute production française déviante non-signée sur un quelconque label (La Femme y est passée aussi). Difficile à définir cet objet sonore unique, entre électro tordue, embardées abrasives toutes guitares dehors et paroles cryptiques rappelant la période spoken-word du Bashung de <i>L’Imprudence</i>, ou scandé (période <i>Play Blessure</i>). Bref, il fallait que nous croisions leur route. A l’image de Fauve ou La Femme, ces derniers sont une sorte de collectif porté par l’anonymat de ses membres, s’effaçant derrière un projet global, tant visuel que sonore. Les Blind Digital Citizen sont un peu les nouveaux francs-maçons, avec leur propre imagerie, leur propre langage esthétique. Ici, on ne cherche pas forcément la chanson, mais la création de paysages soniques. Filmés au détour d’une soirée organisée par le Point Ephémère, lors d’un plateau de quatre groupes à la qualité fluctuante, Blind Digital Citizen ont imposé un voyage cosmique de 45 minutes, avec projections vidéos et jeux de lumière sophistiqué, le tout enrobé d’un son massif et maîtrisé. Un véritable spectacle dont le GROG EN VRAI vous propose deux extraits. Voici le premier, <strong>«</strong> Ferme les yeux <strong>»</strong>, long trip technoïde hypnotique. On offre un bisou à la première personne qui comprendra ce que ça raconte. </strong></p>
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		<title>LE GROGSTORE DEVOILE SON PATRIMOINE</title>
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		<pubDate>Mon, 15 Apr 2013 13:25:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>GROG</dc:creator>
				<category><![CDATA[EDITO]]></category>
		<category><![CDATA[déclaration de patrimoine]]></category>
		<category><![CDATA[édito]]></category>
		<category><![CDATA[Grog]]></category>

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		<description><![CDATA[Grogueurs, grogueuses, Ca biche ? A cette heure avancée de la journée, profitant du retour du beau temps, le Grog dévoile son patrimoine, dans une logique citoyenne consistant à répondre au besoin de transparence nécessaire en ces temps troublés. Donc, voici la liste de ce que le Grogstore renferme, nous tâcherons d’être le plus complet possible : [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://jwc-photos.com/legrogstore/wp-content/uploads/2013/04/depeche_grog_v1_01_-_Jeremie_Wach-Chastel.jpg"><img class=" wp-image-3604 aligncenter" alt="Depeche Grog " src="http://jwc-photos.com/legrogstore/wp-content/uploads/2013/04/depeche_grog_v1_01_-_Jeremie_Wach-Chastel.jpg" width="504" height="502" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Grogueurs, grogueuses,</p>
<p style="text-align: justify;">Ca biche ? A cette heure avancée de la journée, profitant du retour du beau temps, le Grog dévoile son patrimoine, dans une logique citoyenne consistant à répondre au besoin de transparence nécessaire en ces temps troublés.</p>
<p style="text-align: justify;">Donc, voici la liste de ce que le Grogstore renferme, nous tâcherons d’être le plus complet possible :</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">-      Un logement de type studio, 19,5 m2 de superficie à Place d’Italie, pour un loyer de 550€, charges non comprises, tout électrique, mal isolé (on a froid et on peut entendre certaines activités extra-professionnelles de sa voisine par après-midi calme). Situé au dessus des fourneaux d&rsquo;une excellente boulangerie avenue des Gobelins. Vue imprenable sur les voisins d&rsquo;en face.</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">-       Un lave-linge Proline Logic blanc (encore aucune inondations, croisons les doigts).</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">-       Un lit mezzanine avec matelas récupéré sur un vieux clic-clac, responsable de douleurs permanentes au dos.</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">-       Un canapé en bois, responsable de douleurs récurrentes aux lombaires.</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">-       Un téléviseur TOSHIBA à tube cathodique, uniquement en péritel.</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">-       Un meuble en bois avec deux traces laissées par un mug à café brûlant.</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">-       Un mug à café avec mon prénom dessus (mon prénom n’est pas vraiment « Grog », hein).</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">-       Deux rideaux marrons.</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">-       Deux serres-rideaux (c’est ça le terme ?) en forme de soleil, écru.</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">-       Une tringle en bois.</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">-       Un store bon marché (trop) en plastique, cassé.</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">-       Une planche à repasser décousue aux motifs fleuris.</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">-       Un étendoir blanc (mais pliable), avec des bouts en plastique bleu.</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">-       Une ventouse (en fait deux, j’en ai retrouvé une laissée par l’ancien locataire, au fond d’un placard, le seul de l’appartement d’ailleurs, trois ans après).</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">-       Un coupe-ongle.</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">-       Une lampe IKEA, la grande tige avec la boule en toile au bout, trop haute par rapport au plafond, déchiquetée.</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">-       Une photo de Ringo Starr extrait de l’édition vinyle de l’<i>Alboum Blanc</i>, celle où il te regarde droit dans les yeux derrière ses mèches de cheveux.</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">-       Un Iphone 4 blanc dans son étui de cuir pour faire plus viril.</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">-       Une trousse Dr Martens (mais que fait-elle là celle-là ?).</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">-       Une paire de bottines en vachette (60€ chez GEMO), en réparation chez le cordonnier.</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">-       Une 106 Colorline essence, blanche, de 1997, plus de 120 000 km (bientôt le contrôle technique et je dois changer la courroie de distribution). On l’appelle « la Grogmobile » dans le milieu.</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">-       Un Imac acheté en 2009, Mac OS X version 10.5.8, 2,4 GHz Intel Core 2 Duo, 6 Go de RAM. Il s’appelle BOB et ses périphériques FireWire sont défaillants.</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">-       Une imprimante CANON noire, gourmande en encre.</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">-       5 disques durs externes, de toute forme,  de toute taille, de tout poids, de tout port.</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">-       Un tourne-disque Technic.</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">-       Un amplificateur Cambridge.</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">-       Deux lecteurs DVD, dont un sert à écouter les Cds (bientôt à mettre à la poubelle).</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">-       Une photo de plateau noir et blanc de <i>L’Aigle des Mers</i> de Michael Curtiz (grand film).</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">-       Un poster <i>Born To Run</i> de Bruce Springsteen (obligatoire).</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">-       Une affiche d’<i>Il était une fois l’Ouest</i> (idem).</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">-       Une armoire IKEA noire à laquelle il manque une porte (ne jamais utiliser ce genre de meuble pour un tournage, ça se démonte facilement, mais pour le remonter, c’est une autre histoire).</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">-       Un radioréveil explosé (mais qui fait encore son office).</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">-       L’intégrale <i>Gil Jourdan</i>.</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">-       L’intégrale des <i>Aventures de Spirou et Fantasio</i> (dont une édition collector de <i>QRN sur Bretzelburg</i>).</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">-       Un peu plus de 2000 Compact Discs (peut-être plus, peut-être moins), dont deux albums d’Alizée, 27 de Johnny Hallyday, un triple Best-Of de Dick Rivers mais aucun de Metronomy et d’Alt-J.</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">-       Une centaine de vinyles (peut-être plus, peut-être moins).</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">-       Un peu plus de 1000 dévédés (peut-être plus, peut-être moins).</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">-       Un peu plus de 200 livres (vous avez compris le principe), dont l’intégrale John Dickson Carr, éditions du Masque (il me manque les tomes 2 et 3, et beaucoup d’autres). Je n’ai pas encore tout lu.</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">-       12 étagères (Papa, je vais en avoir d’une nouvelle, je pense).</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">-       Un chapeau de paille.</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">-       Une sacoche Eastpack noire, dont la sangle en plastique lâche à partir d’une certaine charge.</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">-       Des lunettes de vue rayées (les verres, pas la monture).</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">-       Des cheveux (très courts en ce moment).</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">-       Mais d’où sort ce stylo Donald ?</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">-       1500 cartes de visite du GROGSTORE.</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">-       Un téléphone, qui ne sert qu’à ça.</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">-       Une lampe de chevet avec de la pellicule autour.</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">-       Un blouson en cuir auquel on peut enlever la capuche. Je ne remercierai jamais assez l’abruti qui m’a mis des marques de Gaffer dans le dos. Les poches intérieures sont trouées.</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">-       Deux pyjamas (un gris, un bleu foncé).</p>
<p style="text-align: justify;">En espérant que cet acte civique fasse des émules,</p>
<p style="text-align: justify;">Bien à vous,</p>
<p style="text-align: justify;">GROG</p>
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		<title>LES AVENTURES DE GROG : The Besnard Lakes, de l’espoir dans les ténèbres</title>
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		<pubDate>Tue, 02 Apr 2013 11:41:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>GROG</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Until in Excess Imperceptible UFO]]></category>

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		<description><![CDATA[Ce n’est plus un secret pour personne, le patrimoine musical canadien ne se résume pas qu’à Mylène Farmer, Roch Voisine, Garou et Fabienne Thibeault. Si, auparavant, les plus acharnés ne manquaient aucune sortie du label Constellation (le post-rock, c’est trippant !), avouons que c’est surtout grâce à Arcade Fire que le chaland s’est rappelé qu’il y [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_3591" class="wp-caption aligncenter" style="width: 505px"><img class=" wp-image-3591 " title="The Besnard Lake // Olga Goreas &amp; Jace Lasek" alt="The Besnard Lake // Olga Goreas &amp; Jace Lasek" src="http://jwc-photos.com/legrogstore/wp-content/uploads/2013/04/BesnardLakes-3041w.jpg" width="495" height="744" /><p class="wp-caption-text">The Besnard Lake // Olga Goreas &amp; Jace Lasek<br />© Caroline Pochoy</p></div>
<p style="text-align: justify;"><b>Ce n’est plus un secret pour personne, le patrimoine musical canadien ne se résume pas qu’à Mylène Farmer, Roch Voisine, Garou et Fabienne Thibeault. Si, auparavant, les plus acharnés ne manquaient aucune sortie du label Constellation (le post-rock, c’est trippant !), avouons que c’est surtout grâce à Arcade Fire que le chaland s’est rappelé qu’il y avait les canadiens étaient capable de pondre une musique audible. Dans une même l’esthétique sonique maousse (on fait comme si on enregistrait dans une cathédrale), The Besnard Lakes est une formation du cru les plus enthousiasmantes, déployant un space-rock qui doit autant à My Bloody Valentine qu’à Supertramp. Après un deuxième alboum essentiel, <i>The Besnard Lakes are the Roaring Night</i>, brisant les canons du post-rock (ça monte, puis ça descend, puis ça remonte, sur un tapis de guitares bruyantes)</b> <b>par la sophistication des harmonies vocales et un vrai sens de la structure pop au-delà de cinq minutes, le groupe mené par le couple Jace Lasek et Olga Goreas sort un troisième opus en ce début de mois, <i>Until in Excess, Imperceptible UFO</i>. Les mêmes, mais différents.<span id="more-3589"></span> </b></p>
<p style="text-align: justify;"><b> </b></p>
<p style="text-align: justify;">Loin des furieuses embardées guitaristiques auxquelles nous avions été habituées sur leurs précédentes livraisons, les montréalais calment le jeu avec <i>Until in Excess, Imperceptible UFO</i>, plus opaque, cotonneux, à l’image de cette pochette impressionniste aux douces effluves bleutées. Les amateurs de post-rock râleront, ne retrouvant plus ces artilleurs faisant feu de tout bois sur <i>The Besnard Lakes are the Roaring Night</i>. Toujours capables de faire le pont entre les structures abrasives du genre et la pop baroque par leurs arrangements fouillées, ce nouvel album dégage une sensation de sérénité, une œuvre qui, à l’instar de <b>Black Rebel Motorcycle Club</b> quelques jours auparavant, puise sa lumière dans l’expérience du deuil. Après avoir délibérément chantés les thèmes sombres de la vie, voici comment l’espoir ressort des ténèbres lorsqu’ils s’y retrouvent réellement confrontés.</p>
<p style="text-align: justify;"><b>GROG : Sur vos premiers albums, vous étiez <i>« The Dark Horse »</i> puis <i>« The Roaring Night »</i>. Et maintenant, qu’est-ce que vous êtes ? Des martiens ? </b></p>
<p style="text-align: justify;">JACE <i>(rires)</i> : A chaque titre d’album, un élément se rapporte à notre batteur Kevin, à qui il arrive toujours quelque chose d’incroyable, comme dans <i>Spinal Tap</i> <i>(rires)</i>. Quand on a fait la pochette pour <i>« Dark Horse »</i>, il a pris feu par accident. Pour <i>« The Roaring Night »</i>, ce n’était pas lié à lui, mais il y a eu un truc aussi. Une fois que la pochette a été faite, Olga a eu une sorte de vision, elle a rêvé d’un lac, une mare d’huile, la veille de la catastrophe dans le Golfe du Mexique (explosion de la plate-forme pétrolière Total).</p>
<p style="text-align: justify;">OLGA : On avait prédit le futur.</p>
<p style="text-align: justify;">JACE : Et pour celui-ci, le disque était fini, la pochette terminée, le titre trouvé, etc… Et il y a quinze jours, Kevin m’appelle et me dit : <i>« tu vas pas me croire, j’étais en train de fumer une cigarette devant chez moi, et je viens de voir passer un OVNI, quatre globes lumineux dans le ciel »</i> <i>(rires)</i>. Moi, je lui demande s’il est défoncé, et lui me dit <i>« non, pas du tout ! Je fumais juste une cigarette, c’était la fin de journée… »</i>.</p>
<p style="text-align: justify;"><b>Sérieux ?</b></p>
<p style="text-align: justify;">JACE : Mais oui ! Carrément ! Je l’ai même posté sur facebook ! Je savais très bien que personne n’allait me croire, que c’était le truc de promo le plus stupide de la Terre. Mais je m’en fous, je devais le dire. Kevin ne voulait pas que j’en parle, il avait peur que tout le monde le prenne pour un fou. Je lui ai dit : <i>« de toute façon, tout le monde sait que tu es taré »</i>.</p>
<p style="text-align: justify;"><b><i>« Besnard Lakes »</i></b><b> fait référence à des lacs au Canada, où vous aviez une histoire particulière avec eux (leur nuit de noces), et je me demandais, à tout hasard, par rapport à l’esthétique de vos pochettes, s’il n’y aurait pas aussi une référence picturale, avec le peintre Albert Besnard ?</b></p>
<p style="text-align: justify;">JACE : Non, pas vraiment. Pour <i>Roaring Night</i>, j’avais une idée… Y a pas de références précises, mais ces peintures historiques qui reconstituaient des grandes scènes de bataille. Ce n’était pas dans un but artistique mais historique, pour que les gens se souviennent. C’était avant la photographie. C’est à ce moment-là qu’on a contacté Corri-Lynn Tetz pour créer l’artwork de <i>Roaring Night</i>. Je voulais que ça évoque cette période, vers la fin du 17<sup>ème</sup> siècle, avant que la photographie devienne le médium de documentation visuel par excellence. Il y avait ces scènes de batailles gigantesques et à la fois grotesques, ce sont comme des portraits, une représentation visuelle d’un moment précis. C’était donc l’idée. Pour <i>Until in Excess, Imperceptible UFO</i>, je lui ai dit… Chez nous, on a une photo d’une voiture et une chaise vide… Avec ce sentiment qu’elle avait été occupé par quelqu’un. Comme s’il était arrivé quelque chose à la personne qui était à cette place, qu’il y avait une raison que cette chaise soit là… On lui a donné cette idée de la chaise, mais on voulait également que la pochette soit dans la continuité de <i>Roaring Night</i>. On voit l’antenne radio, la ville en flamme, qui ne l’est plus à présent. On pourrait presque une sorte de carte médiévale <i>(rires)</i>. La rivière que l’on voit sur le nouvel album mène à l’océan de <i>The Roaring Night</i>… Et puis <i>Dark Horses</i>… C’est ce que vous voulez <i>(rires)</i>. Pour nous, créativement, c’est important de créer quelque chose de cohérent, de faire des références qui permettent de conclure un cycle pour pouvoir avancer naturellement vers quelque chose d’autre.</p>
<p style="text-align: justify;"><b>On retrouve les mêmes éléments caractéristiques de votre son d’album en album. Pour ce 4ème disque, quelle variation avez-vous en donner ?</b></p>
<p style="text-align: justify;">JACE : Les changements viennent souvent de ce que l’on a à disposition dans le studio quand on s’apprête à enregistrer. Par exemple, j’ai ce nouvel instrument, comme un thérémine, mais plat, ça s’appelle un therevox. Donc on a essayé de s’en servir, plus que ce qu’on en entend sur le disque. Ca sonnait souvent comme un chat crevé au final parce que j’étais encore en train d’apprendre à m’en servir. Mais je ne crois pas qu’on a cherché consciemment à changer de son. On ne conceptualise jamais notre musique. Par contre, on a toujours une idée de l’instrumentation que l’on voudrait avoir sur le disque. On a les pinceaux et notre palette, et on balance de la merde sur la toile en espérant que ça devienne quelque chose de bien <i>(rires)</i>.</p>
<div id="attachment_3593" class="wp-caption aligncenter" style="width: 505px"><a href="http://jwc-photos.com/legrogstore/wp-content/uploads/2013/04/BesnardLakes-3058w.jpg"><img class=" wp-image-3593 " title="The Besnard Lakes // Olga Goeras" alt="The Besnard Lakes // Olga Goeras" src="http://jwc-photos.com/legrogstore/wp-content/uploads/2013/04/BesnardLakes-3058w.jpg" width="495" height="744" /></a><p class="wp-caption-text">The Besnard Lakes // Olga Goeras<br />© Caroline Pochoy</p></div>
<p style="text-align: justify;"><b>Arrêtez moi si je me trompe, il m’a semblé que <i>Until in Excess, Imperceptible UFO</i> avait une intention d’être un peu moins rock que <i>…are the roaring night</i>, que s’était plus aéré au niveau du spectre sonore, que les chansons étaient moins basées sur des riffs de guitare. Et aussi au niveau des voix. Elles sont moins noyées dans le côté harmonique, le chant lead est beaucoup plus devant. Etait-ce une intention d’être plus affirmée là-dessus ?</b></p>
<p style="text-align: justify;"><b> </b></p>
<p style="text-align: justify;">JACE : Oui, on nous l’a dit, que c’était moins « in your face » au niveau des guitares…</p>
<p style="text-align: justify;">OLGA : Beaucoup de gens ont évoqué une certaine légèreté par rapport au précédent, plus lourd. Même en ce qui concerne les paroles. On travaillait sur 4-5 titres jusqu’à ce qu’on se retrouve bloqué. Donc, ça nous a pris plus de temps pour le finir. On a eu une percée à un moment donné qui a permis de continuer plus spontanément, les idées ont commencé à tomber. Et puis, mon père venait de décéder. A la suite de ça, on a du retourner au studio, et forcément, j’étais émotionnellement détruite, mais ça m’a apporté aussi une sorte de clarté, j’absorbais les choses. Ca correspondait au moment où Jace travaillait sur la chanson intitulée <i>« The Specter »</i>. J’étais assise au fond du studio, et j’ai entendu les percussions se mettre en place, et, ces sons mêlés à la mort de mon père, ça a débloqué quelque chose en moi. Thématiquement, d’un coup, les chansons sont devenues cohérentes.</p>
<p style="text-align: justify;">JACE : Je ne sais pas comment l’album a fini par sonner plus lumineux. Je crois qu’on cherche surtout à construire les chansons avec ce dont elles ont besoin, si y a besoin d’une guitare heavy, etc… Je pense par exemple à <i>« And Her Eyes Were Painted Gold »</i>. On a toujours pensé à faire des chansons qui commencent calmement pour ensuite exploser. Alors pourquoi ne pas en faire une qui commence de façon planante puis aller décrescendo. De partir de quelque chose d’assez fort pour aller vers quelque chose de plus calme, et ça on l’avait jamais fait. On essayait de détourner nos habitudes, sans trop s’éloigner de ce que nous sommes, juste expérimenter avec ce qu’on est capable de faire, tout en ayant toujours la puissance et la présence qu’on veut apporter à chaque fois, sans utiliser les canons habituels. C’est souvent plus facile de faire une grosse chanson épique avec un gros son de guitare. Mais on essaie de recréer ça, sans forcément cette guitare, par des moyens détournés. C’est comme essayer de faire rentrer des pièces différentes dans un même puzzle.</p>
<p style="text-align: justify;"><b>On sent qu’il y a vraiment une recherche harmonique et mélodique, que les chansons sont toujours très ouvragées mais avec cette manière d’éviter que ça parte dans tous les sens, de contrôler l’émotion, je me demande si vous ne désamorcez pas l’écriture de vos chansons, pour partir vers d’autres directions, retenir la tension sans jamais la laisser exploser ? D’ailleurs peut-on parler de « chansons » quand on parle de Besnard Lakes ?</b></p>
<p style="text-align: justify;"><b> </b></p>
<p style="text-align: justify;">JACE : C’est une bonne question… Je crois que ça change l’idée de la structure. Pour <i>« And Her Eyes Were Painted Gold »</i>, on savait qu’on ne voulait pas un crescendo. On ne pouvait pas utiliser les trucs habituels, donc il s’agissait de changer la structure, la durée. On peut vouloir raccourcir ou garder la même longueur mais l’utiliser différemment. Dans ce sens, on a commencé par une guitare qui va decrescendo, puis on a demandé à Spencer de jouer du vibraphone et des marimbas, puis on a rajouté de la harpe et des cordes dans cette partie pour créer une tension de manière acoustique, ce que nous n’avions jamais essayé auparavant (il n’y a pas beaucoup de guitares acoustiques sur nos albums).</p>
<p style="text-align: justify;"><b>Y-a-t-il une cohérence thématique plus forte sur cet album, que sur les précédents ?</b></p>
<p style="text-align: justify;">JACE : Mes paroles, c’est toujours les mêmes conneries. Olga a toujours des choses plus intéressantes à dire. Elle s’inspire souvent de la vie réelle, et suite au décès de son père, beaucoup de choses se sont passés durant cette période. Donc elle a beaucoup écrit là-dessus.</p>
<p style="text-align: justify;">OLGA : La première chanson <i>« 46 Satires »</i> résume toute mon expérience de cette époque, sur la réflexion de la vie et la mort se côtoyant. Sur le coup, je l’avais bien pris, je me disais qu’il était dans un monde meilleur, tant mieux pour lui. Et avec le temps qui passe, je me suis rendu compte que ça s’est aggravé et ça fait parti du deuil. <em>« 46 Satires »</em>, c’est moi qui fait la paix avec la mort de mon père. Dans les mêmes répercutions, <i>« People of the Sticks »</i> est une évocation de ma jeunesse. Je suis quelqu’un de très nostalgique, mon adolescence a été très heureuse. J’ai repensé à ma jeunesse, quand mon père était là, à mon adolescence… La perte de l’être cher est énormément abordée dans ce que je chante sur l’album. Plus encore que sur l’album précédent. Encore maintenant, je suis bouleversé…</p>
<div id="attachment_3592" class="wp-caption aligncenter" style="width: 505px"><a href="http://jwc-photos.com/legrogstore/wp-content/uploads/2013/04/BesnardLakes-3043w.jpg"><img class=" wp-image-3592  " title="The Besnard Lakes // Olga Goeras &amp; Jace Lazek" alt="The Besnard Lakes // Olga Goeras &amp; Jace Lazek" src="http://jwc-photos.com/legrogstore/wp-content/uploads/2013/04/BesnardLakes-3043w.jpg" width="495" height="744" /></a><p class="wp-caption-text">The Besnard Lakes // Olga Goeras &amp; Jace Lasek<br />© Caroline Pochoy</p></div>
<p style="text-align: justify;"><b>Peut-on dire que <i>Until in Excess, Imperceptible UFO</i> est un album sur la réminiscence ?</b></p>
<p style="text-align: justify;"><b> </b></p>
<p style="text-align: justify;">JACE : Sur nos précédents albums, on a beaucoup exprimé une forme de désespoir, l’idée d’une perte irrémédiable, des thèmes très sombres. Mais maintenant qu’il nous est arrivé un événement vraiment dramatique dans nos vies, cet album exprime, bizarrement, une forme d’espoir, mais ça reste toujours sombre. Sur les précédents, c’était le cercle infernal de désespoir, de tristesse, et là, il y a un espoir dans les ténèbres.</p>
<p style="text-align: justify;">OLGA : Tu peux en parler là-dessus tout le temps que tu veux, mais le moment où quelque chose de vraiment sombre t’arrive, ça paraît pire que ce que tu imaginais. Il faut que quelque chose dans ta vie se produise pour que tu avances.</p>
<p style="text-align: justify;"><b>Bon, on va finir sur un aspect beaucoup plus cartésien et pragmatique de votre musique. Ce qui revient souvent avec Besnard Lakes, c’est qu’on parle de groupe, de familles, avec tout un tas de collaboration extérieure, ce qui fait que l’on vous a souvent assimilé en tête du renouveau de la scène musicale canadienne, via les artistes que vous accueillez dans votre studio (Patrick Watson, Young Galaxy, Wolf Parade). Si le terme de « scène » est souvent un délire journalistique, peut-on parler d’identité musicale canadienne, quelque soit anglophone ou francophone (Karkwa, Marie-Pierre Arthur…) ?</b></p>
<p style="text-align: justify;">JACE : On nous a beaucoup posé de questions sur la scène de Montréal en particulier, de la même façon qu’il y a eu le grunge à Seattle ou le punk à New York. Le fil conducteur des groupes à Montréal peut être l’expérimentation, dans le type d’instruments utilisés, les idées d’arrangements. Y a beaucoup de groupes là-bas qui ont envie de faire quelque chose de différents, qui ont envie de se distinguer : jouer de la batterie debout, utiliser des kits de batterie non conventionnels, ne pas avoir de bassiste, etc&#8230; Nous, on reste assez traditionnel dans notre configuration mais nos idées d’arrangements tendent à faire une musique qui sort du cadre traditionnel. Ca, ça concerne Montréal uniquement. Le Canada, c’est vraiment énorme. Pour nous, être influencé par un groupe de Toronto, c’est comme être influencé par un groupe allemand. Chaque ville possède une scène particulière, il n’y a pas vraiment de quoi définir un « son » canadien. Je produis énormément de groupes à Montréal et j’essaie toujours de les pousser dans cet esprit d’expérimentation, tout en gardant l’intérêt du public.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><a href="http://jwc-photos.com/legrogstore/wp-content/uploads/2013/04/BesnardLakes-3076w.jpg"><img class=" wp-image-3594 " title="The Besnard Lakes // Olga Goeras &amp; Jace Lasek" alt="The Besnard Lakes // Olga Goeras &amp; Jace Lasek" src="http://jwc-photos.com/legrogstore/wp-content/uploads/2013/04/BesnardLakes-3076w.jpg" width="540" height="540" /></a></h3>
<h3 style="text-align: justify;"><em>The Besnard Lakes - Until in Excess, Imperceptible UFO (Jagjaguwar/ Secretly Canadians)</em></h3>
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		<title>LES AVENTURES DE GROG : Black Rebel Motorcycle Club : « La première chose à comprendre, c’est que tu n’es pas spécial »</title>
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		<pubDate>Thu, 21 Mar 2013 17:42:51 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Black Rebel Motorcycle Club Photo : Bertrand Noël (www.bertrandnoel.com) Aborder Black Rebel Motorcycle Club n’est pas anodin dans les pages du GROGSTORE. Difficile même de ne pas le faire en gardant une distance respectable, tant ils comptent dans le panthéon personnel de votre serviteur, pierre fondateur de sa fascination pour l’Americana. Pourtant, en 2013, tout [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<dl class="wp-caption aligncenter" id="attachment_3567" style="width: 520px;">
<dt class="wp-caption-dt" style="display: inline !important;"><a href="http://jwc-photos.com/legrogstore/wp-content/uploads/2013/03/Tryptique_BRMC_2_web-1.jpg"><img class=" wp-image-3567    " title="Black Rebel Motorcycle Club" alt="" src="http://jwc-photos.com/legrogstore/wp-content/uploads/2013/03/Tryptique_BRMC_2_web-1.jpg" width="510" height="339" /></a></dt>
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<dl class="wp-caption aligncenter" id="attachment_3567" style="width: 1034px;">
<dd class="wp-caption-dd">Black Rebel Motorcycle Club</dd>
<dd class="wp-caption-dd">Photo : Bertrand Noël (www.bertrandnoel.com)</dd>
</dl>
<p style="text-align: justify;"><b>Aborder Black Rebel Motorcycle Club n’est pas anodin dans les pages du GROGSTORE. Difficile même de ne pas le faire en gardant une distance respectable, tant ils comptent dans le panthéon personnel de votre serviteur, pierre fondateur de sa fascination pour l’Americana. Pourtant, en 2013, tout comme d’illustres et discrets seconds couteaux, mais néanmoins de talentueux besogneux, tels que Teenage Fan Club, le trio californien continue d’enregistrer de bons disques, de tracer son sillon dans la plus totale indépendance, sans embêter qui que se soit. Ainsi, si BRMC sort un nouvel alboum, <i>Specter at the feast</i>, ça ne semble plus passionner grand monde, trop occupé à pleurer la mort de Daniel Darc (qui ?). Comme si ça ne suffisait pas de déprimer pour un oui ou pour un non (la crise, le cheval, tout ça…), le Grog monte au front et rencontre ses héros, prêt à empaler le moindre de fan de Taxi Girl qui croiserait sa route (on appelle ça un « critique musical français » dans le langage courant).<span id="more-3573"></span> </b></p>
<p style="text-align: justify;">Méfiez-vous des slogans tombant à bras raccourcis sur <b>Black Rebel Motorcycle Club</b> : ces gens-là ne font pas du rock’n’roll. Derrière les blousons en cuir, les jeans troués, les poses lascives devant les objectifs, nos héros sont de grands intellos. On ne blâmera pas ceux qui n’y ont vu que le premier degré. Les gars de Frisco l’avaient pourtant scandé dès leur début : <i>« Whatever happened to my rock’n’roll ? »</i>, sans que personne ne fasse le rapprochement. Au cours de deux premiers albums anarchiques à souhait, ils ne s’étaient pas privés de traiter durement leur génération (s’incluant eux-mêmes dedans) : scrutateurs d’une jeunesse apathique et abusant de substances dans le premier essai éponyme, avant de la prendre franchement à parti dans <i>Take Them, On Your Own</i>, faisant feu de tout bois avec une poignée de chansons d’une âpreté incroyable (<i>« Stop »</i>,<i> « Six Barrel Shotgun »</i>, <i>« Generation »</i>, <i>« US Government »</i>, <i>« Rise or fall »</i>). Le climax de cette démarche survient juste après avec <i>Howl </i>(2005), titre chipé à <b>Allen Ginsberg</b> et son poème fondateur de la Beat Generation. En rendant hommage à leur culture musicale et littéraire, tout en dénudant leur songwriting de quelques décibels, BRMC y frappe de plein fouet leurs congénères empêtrés par l’administration Bush et la guerre en Afghanistan, dressant un lien entre passé et présent, entre 1956 et 2005. Si <i>Baby 81</i> (2007) et <i>Beat the Devil’s Tattoo</i> (2010) marquent une certaine perte de repères thématiques, avec quelques égarements musicaux, malgré la présence de très belles compositions, les revoilà avec un sixième alboum dense, d’une grande portée spirituelle.</p>
<p style="text-align: justify;">La source créative initiale de ce dernier opus est le deuil de la mort du père de <b>Robert Levon Been</b>, <b>Michael Been</b> (ex-leader de <b>The Call</b>), véritable membre du groupe à part entière, et du processus intérieur pour surmonter cette perte. Loin d’être un recueil morbide, <i>Specter at the Feast</i> tend vers la lumière en rendant le propos universel. Conçus à la façon d’un livre, chaque chanson étant un chapitre, ce nouvel alboum s’inscrit en nouveau pan de leur lecture d’une Amérique pachydermique, bruyante et schizophrène, leurs prestations scéniques comme autant de performances nihilistes sur fond d’americana gothique. Tel a été le cas lors de leurs deux concerts triomphaux au Trianon, fameux théâtre en son temps justement, où Grog a rencontré Robert, affable as de la basse en rase-motte sur la fosse, et lettré personnage. <b></b></p>
<div id="attachment_3566" class="wp-caption aligncenter" style="width: 520px"><a href="http://jwc-photos.com/legrogstore/wp-content/uploads/2013/03/B002770_nb_web.jpg"><img class="wp-image-3566 " alt="" src="http://jwc-photos.com/legrogstore/wp-content/uploads/2013/03/B002770_nb_web.jpg" width="510" height="510" /></a><p class="wp-caption-text">B.R.M.C.// Robert Levon Been<br />Photo : Bertrand Noël (www.bertrandnoel.com)</p></div>
<p style="text-align: justify;"><b><i>GROG </i></b><b>: Ce n’est plus un secret pour nos auditeurs, la pochette de <i>Specter at the feast</i> est un détournement d’une édition d’école de Macbeth, en référence à la standardisation des couvertures ne reflétant pas le contenu des livres qu’on étudiait à l’école. Ca reprend un peu, dans votre manière d’utiliser cela pour votre pochette, l’adage : <i>« on ne juge pas un livre par sa couverture »</i>. </b></p>
<p style="text-align: justify;"><i>ROBERT :</i> J’ai toujours trouvé étrange le décalage qu’il pouvait y avoir entre ces œuvres, qui sont considérées comme des classiques, et leurs couvertures, qui sont complètement anodines. Ca pourrait être le genre de bouquins sur lesquels tu ne regardes pas à deux fois, qui ferait un bon dessous de plat. C’est le genre de livres, tu vois, qu’ils n’essaient même pas de vendre. Personne ne tente de créer quelque chose de différent, il ne s’agit que du contenu. C’est quelque chose d’intriguant. Ce packaging, c’est une manière de diffuser le titre de l’album… Hum, je ne devrais pas utiliser le mot <i>« diffuser »</i>… Quand tu réfléchis à une pochette, tu crées toujours des images dans ta tête. Pour <i>Specter at the feast</i>, on arrivait toujours à un style d’image qu’on ne voulait pas donner, trop explicites par rapport à son contenu. Donc, cette pochette servait parfaitement à prendre plus de distance, pour laisser le lecteur… L’auditeur, pardon <i>(rires)</i>, se l’approprier. Et c’est pour ça que ces couvertures standardisées existent au départ.</p>
<p style="text-align: justify;"><b>En reprenant cette idée, une couverture abstraite pour provoquer l’imagination de l’auditeur, est-ce que vous nous questionnez, nous qui, en découvrant ce disque, allons nous peut-être nous rendre compte que BRMC n’est plus ce que l’on croit ?  </b></p>
<p style="text-align: justify;">Nous ne sommes plus le groupe que nous étions avant. C’est le premier album où nous sommes parti d’une page blanche. Pour tous les autres disques que nous avons réalisés par le passé, il y avait des morceaux des sessions qui débordaient sur le suivant comme, par exemple, <i>Howl</i>. Sur les sessions de celui-ci, il y avait deux chansons, « <i>Took at a loan »</i> et <i>« 666 Conducer »</i>, qui ont été enregistré au même moment, mais qui ne correspondaient pas à l’album que nous cherchions à créer. Finalement, ces deux-là sont devenus le patron du suivant, <i>Baby 81</i>. Et chacun de nos disques a débuté comme ça. Il y avait ce débordement qui donnait la marche à suivre pour le prochain. <i>Specter at the feast</i> est le premier où on a fait table rase du passé. On avait besoin de se purifier, de recommencer à zéro. Il y a eu un changement en nous, et il fallait qu’on l’identifie, d’y faire face sans en avoir peur, de laisser venir les choses d’elles-mêmes. Et ça nous a pris presque deux ans et demi. J’espère que cet album reflète honnêtement cette démarche. Le packaging n’est pas lié au contenu. Les chansons, j’espère, ont assez de sens pour se suffire d’elles-mêmes, sans plus d’explications, même par moi maintenant <i>(rires)</i>.</p>
<p style="text-align: justify;"><b>Justement en parlant sens, du contenu, vous avez récemment affirmé que, sur celui-ci,  vous avez vraiment voulu créer un album au sens propre du terme, avec un vrai lien entre les chansons, et ça s’entend, et que c’était bien plus aboutie que vos précédents enregistrements, sur ce point-là. Comment ce disque est devenu plus homogène, plus lié que les précédents ? Qu’est-ce qui peut le démarquer, dans sa forme d’écriture, dans ce qu’il raconte ?</b></p>
<p style="text-align: justify;">On assiste un peu à la mort de l’album de nos jours et plus personne, du moins aux Etats-Unis, n’apprécie ce format. Tout le monde télécharge du mp3. Et je le comprends parce qu’il y a beaucoup de remplissages sur pas mal d’albums, beaucoup de gras qui pourraient être dispensable. Je comprends qu’on ait envie d’économiser son argent quelque part <i>(rires)</i>. Et pourquoi pas dans la musique. C’est une forme d’art en voie de disparition, mais faire un bon album, ce n’est pas juste écrire un paquet de bonnes chansons. Il faut qu’elles aient un lien entre elles et qu’on comprenne cette relation. Ca demande plus de concentration, de sensibilité, pour comprendre la manière dont elles fonctionnent entre elles. Et la plupart du temps, t’as du bol si tu arrives à écrire cinq chansons qui ne craignent pas <i>(rires)</i>. Sans parler d’en faire douze qui soient cohérentes. J’ai toujours été fan d’albums de, je ne sais pas, <b>Spiritualized</b>, <b>The Verve</b>, <b>Pink Floyd</b> ou de trucs expérimentaux. Ou pas forcément expérimentaux, mais où on peut y entendre un langage propre sur toute la durée. C’est une forme d’art, et je ne suis pas sûr si nous sommes capables de perpétuer cela… C’est dur parce que tu ne veux pas trop conceptualiser et sacrifier les chansons pour le concept. Tu peux être tenté de vouloir transformer une bonne idée pour l’intégrer à un concept, mais on s’en fout, l’important, c’est que la chanson tienne debout toute seule. Si c’est pas le cas, quoiqu’il arrive, ton ensemble s’écroulera. Il faut toujours que ça soit ce qui prime… Je suis désolé, c’est beaucoup de détails, mais c’est important. Il y a un esprit et si tu arrives à garder cet esprit sur la moitié de l’album, c’est déjà vachement bien. Nous, on espère y arriver sur la longueur. Mais, c’est subjectif <i>(rires, puis réfléchit)</i>. En fait, c’est plus simple que ça. C’est simplement ouvrir une porte aux gens qui voudront vivre l’album de cette manière. Et la musique, c’est souvent ça, laisser la porte ouverte, par les paroles, par le son, en créant un voyage du début à la fin. C’est vraiment ouvrir une porte aux gens pour les laisser entrer. On n’avait pas forcément ouvert cette porte auparavant.</p>
<p style="text-align: justify;"><b>A quel moment on arrive à ce niveau de désinhibition où on laisse ouvrir cette porte ? </b></p>
<p style="text-align: justify;">La porte est coincée de toute façon <i>(rires)</i>. Donc, il faut trouver les bons outils. Des fois, il faut une clé, mais elle ne marche pas tout le temps non plus. Parfois, il faut l’enfoncer à coups de pied ou de poings, ou avec une hache. Des fois, il faut la charmer avec des mots doux.</p>
<p style="text-align: justify;"><b>Et vous n’avez pas peur qu’elle se referme ?</b></p>
<p style="text-align: justify;">Une fois qu’elle est ouverte, il y a d’autres portes à ouvrir.</p>
<div id="attachment_3564" class="wp-caption aligncenter" style="width: 520px"><a href="http://jwc-photos.com/legrogstore/wp-content/uploads/2013/03/B002686_3_nb_web.jpg"><img class="wp-image-3564 " title="B.R.M.C.// Peter Hayes Photo : Bertrand Noel" alt="B.R.M.C.// Peter Hayes Photo : Bertrand Noel" src="http://jwc-photos.com/legrogstore/wp-content/uploads/2013/03/B002686_3_nb_web.jpg" width="510" height="510" /></a><p class="wp-caption-text">B.R.M.C.// Peter Hayes<br />Photo : Bertrand Noël (www.bertrandnoel.com)</p></div>
<p><b>Comment ces changements se sont concrétisés musicalement parlant ? Quand on écoute un album de BRMC, on sait qu’on ne va pas écouter un groupe de polka. Quels sont les nouveaux territoires, les nouvelles sensations qui se sont dévoilées en remplissant cette page blanche ?</b></p>
<p style="text-align: justify;">Je me souviens très clairement quand Nick (Jago) a quitté le groupe, avant qu’on n’enregistre <i>Beat The Devil’s Tattoo</i>. On a envisagé de changer le nom du groupe à l’arrivée de Leah à la batterie. Il faut respecter le passé et reconnaître qu’on évolue. Mais quoiqu’il arrive, quand on joue ensemble, ça sonne comme nous <i>(rires)</i>. Donc, on s’est dit que si on sortait un album sous un autre nom, les gens se diraient qu’on copie le son de BRMC. Il y a clairement une patte dont on ne peut pas se détacher et, en même temps, il nous reste encore beaucoup de territoires à explorer. Cet album, c’est une bonne preuve pour moi car c’est ce que je me demandais : est-ce qu’on a encore des choses à dire ? En 2010, on a fait une pause. On a voulu attendre d’avoir quelques choses d’authentique à offrir. On en avait besoin pour nous-même, en premier lieu, sans se soucier du public. Ca, on s’en fiche, en tout cas, moi, je m’en fiche <i>(rires)</i>. Il faut d’abord que nous croyons qu’il y a encore des chansons, qu’on a quelque chose de vrai à donner. Cet album nous semble plus honnête que d’autres qu’on a pu faire. C’est pas tellement qu’on a changé, c’est qu’on est plus nous-même.</p>
<p style="text-align: justify;"><b>« Mature » ?</b></p>
<p style="text-align: justify;">Je n’irais pas jusque là <i>(rires)</i>.</p>
<p style="text-align: justify;"><b>Vous avez évoqué l’arrivée de Leah Shapiro dans le groupe. De mon point de vue, avec <i>Specter at the feast</i>, je trouve que, sur ce disque, elle a trouvé sa place, son style, son apport musical a clairement beaucoup plus influencé la dynamique des morceaux. La place de la batterie me semble beaucoup plus centrale et crée une vraie architecture pour les morceaux. J’ai l’impression, que si ce disque est vraiment abouti, c’est grâce à elle ou en partie grâce à elle.</b></p>
<p style="text-align: justify;"><i>(sourire entendu)</i> Tu es la seule personne à parler de ça après 60 putains d’interviews. Oui, c’est vrai. <i>« Funny Games »</i> a commencé par la partie de batterie. <i>« Lullaby »</i> serait un peu chiante sans la partie de batterie. Je n’avais pas l’intention de finir la chanson jusqu’à ce que j’entende son rythme.</p>
<p style="text-align: justify;"><b>Sur <i>« Rival »</i>, c’est un riff de batterie.</b></p>
<p style="text-align: justify;">Oui, sur <i>« Rival »</i>, c’est comme une marche militaire… Elle a été importante pour nous. Peter (Hayes) et moi, on n’a pas besoin de communiquer avec des mots pour faire de la musique. Quand on joue, c’est comme une deuxième langue. On sait quand on veut faire monter la tension ou calmer le jeu, quand on veut créer un certain climat. Et c’est impossible de l’apprendre à quelqu’un d’autre. C’était notre plus grande peur avec Leah quand elle a rejoins le groupe. On a retenu notre souffle jusqu’à ce qu’arrive le jour où nous avons joué tous ensembles dans une même pièce. Et si elle n’avait pas pigé le truc dès le départ, on n’aurait pas su le lui expliquer. On l’aurait viré <i>(rires)</i>. Elle a un don incroyable pour écouter et savoir où se placer naturellement. Je pense que <i>Beat The Devil’s Tattoo</i> était son tour de chauffe, elle n’était pas l’aise pour mener les chansons. Et ce coup-ci, elle en mène la plupart. Elle a été très inspirante pour donner vie à certaines d’entre-elles. Car, c’est vrai, sur <i>« Sell it »</i>, ça a commencé sur une riff de guitare, mais elle en avait rien à foutre, elle a commencé à placer son propre groove, ça nous a réveillé. <i>« Hate the taste »</i> possède un rythme très intéressant aussi. <i>« Fire Walker »</i> semble très simple mais est plus complexe qu’elle n’en a l’air. Ca me surprend que ça ne marque pas plus de personnes. Pour moi, cette place que Leah s’est créée d’elle-même, c’est la chose la plus évidente sur cet album. Elle est incroyablement inventive et je n’ai pas entendu beaucoup de batteurs comme elle, avec cette dynamique très droite qui sait mettre la bonne chose au bon endroit. Ce n’est pas un truc solo, il s’agit de savoir se mettre de côté, au service de la chanson. C’est un don.</p>
<div id="attachment_3565" class="wp-caption aligncenter" style="width: 520px"><a href="http://jwc-photos.com/legrogstore/wp-content/uploads/2013/03/B002702_nb_web.jpg"><img class="wp-image-3565 " title="B.R.M.C.// Leah Shapiro" alt="B.R.M.C.// Leah Shapiro" src="http://jwc-photos.com/legrogstore/wp-content/uploads/2013/03/B002702_nb_web.jpg" width="510" height="510" /></a><p class="wp-caption-text">B.R.M.C.// Leah Shapiro<br />Photo : Bertrand Noël (www.bertrandnoel.com)</p></div>
<p style="text-align: justify;"><b>On ne va pas revenir dessus, on sait que le moteur créateur de l’album s’est le deuil et la réutilisation de cette émotion, de cet état pour créer une œuvre lumineuse. Je me suis posé cette question, vous le prenez comme vous voulez : à quel point un artiste, un musicien, doit-il utiliser sa propre émotion pour créer ? Quelle est la frontière entre l’honnêteté et l’impudeur ? La vérité et la complaisance ? En somme, un musicien doit-il être son propre vampire ? Vous avez deux minutes pour répondre.</b></p>
<p style="text-align: justify;">Ah putain de merde… La première chose à comprendre, c’est que tu n’es pas spécial. Ta manière d’appréhender la vie, les évènements que tu vas traverser, auront déjà été vécu, et seront vécu par des milliers de personnes. Les peines que tu ressens, les joies que tu ressens… <i>(pause)</i> En fait, on parle de ce qui relie chacun de nous à l’autre. Une fois que tous les détails s’effacent, l’émotion que nous ressentons est universelle. C’est très difficile… Il y a des émotions sur cet album qui ne sont pas que personnelles. C’est comme un lieu sacré, dont tu n’aimes pas trop parler mais que tu respectes. Ce sont des lieux dans lesquels tu dois t’aventurer pour partager quelque chose de plus authentique : la peine autant que la joie. A travers l’expérience de la perte de l’être cher, on essaie de mélanger ces deux extrêmes… Il y a eu des moments où on s’est demandé si on ne devait pas se censurer nous-mêmes. On a hésité à garder les morceaux les plus glauques, <i>« Rival »</i> et <i>« Teenage Disease »</i>, pour les mettre de côté pour un autre disque. On avait aussi peur des morceaux plus intimes, pour s’en tenir à un disque rock, ce que tout le monde attend de nous <i>(sourire narquois)</i>. Mon espoir est que les gens comprendront qu’on essaie de parler autant de la mort, du deuil, que de la vie, de choses lumineuses qui la compose, sur un même pied d’égalité, et l’admettre… C’est la seule façon de les aborder avec sincérité.</p>
<h4 style="text-align: justify;"><em>Black Rebel Motorcycle Club &#8211; Specter at the feast (Abstract Dragon/ Cooperative Music)</em></h4>
<p><object width="420" height="315" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/OfbxNAZQg-g?version=3&amp;hl=fr_FR&amp;rel=0" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="420" height="315" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/OfbxNAZQg-g?version=3&amp;hl=fr_FR&amp;rel=0" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object><br />
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		<title>SAISON 3</title>
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		<pubDate>Mon, 04 Mar 2013 15:46:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>GROG</dc:creator>
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		<category><![CDATA[david bowie]]></category>
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		<description><![CDATA[Grogueurs, grogueuses, Depuis combien de temps n’aviez-vous pas entendu ces deux mots résonner du fond de vos tablettes ? Oh, ne dites rien, cela fait bien trop longtemps. A l’heure où l’industrie musicale accentue son effondrement au diapason de la crise globale, certains d’entrevous (les meilleurs) se disent : « mais où est donc passé Grog ? », « but where [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://jwc-photos.com/legrogstore/wp-content/uploads/2013/03/2013-02_grog_of_thrones_web_04_-_Jeremie_Wach-Chastel-1.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-3555" alt="GROG OF THRONES - SAISON 3" src="http://jwc-photos.com/legrogstore/wp-content/uploads/2013/03/2013-02_grog_of_thrones_web_04_-_Jeremie_Wach-Chastel-1.jpg" width="510" height="831" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Grogueurs, grogueuses,</p>
<p style="text-align: justify;">Depuis combien de temps n’aviez-vous pas entendu ces deux mots résonner du fond de vos tablettes ? Oh, ne dites rien, cela fait bien trop longtemps. A l’heure où l’industrie musicale accentue son effondrement au diapason de la crise globale, certains d’entrevous (les meilleurs) se disent : <i>« mais où est donc passé Grog ? »</i>, <i>« but where is Gwog ?? »</i>, <i>« donde </i><i>está Grrog ??? »</i>, <i>« reviens Grog ! J’ai les mêmes à la maison ! »</i>. Scotland Yard, Interpopol, même l’agence Duluc se sont mis sur le coup, parcourant les quatre coins du monde à la recherche du blogueur au grand cœur, des bidonvilles de Jakarta au grotte du Yéti dans les contreforts du Tibet, en passant par le Creusot.</p>
<p style="text-align: justify;">A-t-il passé ces derniers mois sur un îlot du Pacifique, se ressourçant les esgourdes auprès de vahinés tentatrices, loin des turpitudes du monde occidentale (même si l’allocation chômage ne lui permet pas encore cela) ? A-t-il arpenté la campagne française en bus afin d’aller au contact de la populace, de sonder les grogueurs et grogueuses de tout chemin en vue d’un come-back sur la scène politique en 2017 ? S’est-il réfugié à Honfleur pour écrire ses mémoires avec trois bouteilles d’absinthe ou bien a-t-il été victime d’un kidnapping intergalactique ? Que nenni ! Si aucune de ces probabilités n’est écarté, rassurez-vous, le Grog est de retour pour une saison 3. Le cheveu toujours aussi fin, au diapason de ses goûts musicaux, notre héros persévère une fois plus dans son apologie de l’art mineure et compte bien vous passionner pour des artistes aussi peu hype que possible, toujours prêt à faire fuir les étudiants en architecture et autres community managers.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Bien à vous,</p>
<p style="text-align: justify;">GROG</p>
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		<title>GROGALAMODE #61 : JIM JAMES – REGIONS OF LIGHT AND SOUND OF GOD</title>
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		<pubDate>Wed, 27 Feb 2013 15:07:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>GROG</dc:creator>
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		<category><![CDATA[soul]]></category>

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		<description><![CDATA[Non mais vous vous attendiez à quoi ? Que, pour son retour, le Grog vous parle de zouk ou de reggaeton ? Qu’il se soit mis à la zumba afin de muscler ses lombaires ? Que votre joie demeure, chers grogueurs et chères grogueuses ! Toujours dans cet esprit de négation de la masse populaire, le Grog fait table [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h6 style="text-align: justify;"><em><b><a href="http://jwc-photos.com/legrogstore/?attachment_id=3539" rel="attachment wp-att-3539"><img class="aligncenter size-full wp-image-3539" alt="Jimes James" src="http://jwc-photos.com/legrogstore/wp-content/uploads/2013/02/jimjames-1359152539.jpg" width="508" height="503" /></a></b></em></h6>
<p style="text-align: justify;"><b>Non mais vous vous attendiez à quoi ? Que, pour son retour, le Grog vous parle de zouk ou de reggaeton ? Qu’il se soit mis à la zumba afin de muscler ses lombaires ? Que votre joie demeure, chers grogueurs et chères grogueuses ! Toujours dans cet esprit de négation de la masse populaire, le Grog fait table rase du présent avec l’album de Jim James, <i>Regions of Light and Sound of God</i>. Ou comment un barbu grassouillet, leader d’un des groupes de rock les plus vendeurs des États-Unis, My Morning Jacket, dont tout le monde se fiche au pays de François Feldman, réussit à livrer l’un des plus beau disque de soul blanche de notre époque moderne. Bref, en 2013, le Grogstore sera comme en 2011.<span id="more-3537"></span></b></p>
<p style="text-align: justify;">Certains d’entrevous haussent les sourcils et se grattent le nez : qui est donc cet individu capillairement touffu qui ne semble pas avoir de nom de famille ? Comme dit plus haut, depuis 1998, <b>Jim James</b> (aka James Olliges) est la tête pensante du groupe à géométrie variable, <b>My Morning Jacket</b>. Bien moins connu dans nos contrées que, au hasard, <b>Kings Of Leon</b>, MMJ fait parti des gros vendeurs de disques outre-Atlantique, notamment prisés pour leurs performances live. Intrinsèquement, leur parcours s’apparente à celui de <b>Wilco</b> ou <b>American Music Club </b>pour la similitude de leur mutation. De prime abord, nous avons à faire avec une bande de barbus ouvrageant une country-rock rustaude aux accents sudistes, dans la droite lignée de l’Americana alternative des années 90 (de <i>The Tennessee Fire </i>à <i>It Still Moves</i>) avant d’y injecter des touches de psychédélisme, porte d’entrée vers un éclectisme musical goulu, de grands espaces soniques menés par la voix rêveuse de son leader, Jim James.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://jwc-photos.com/legrogstore/?attachment_id=3540" rel="attachment wp-att-3540"><img class="aligncenter size-full wp-image-3540" alt="My Morning Jacket" src="http://jwc-photos.com/legrogstore/wp-content/uploads/2013/02/sh-my-morning-jacket.jpg" width="499" height="264" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Nos camarades prennent la tangente en 2005 avec <i>Z</i>, chef d’œuvre où le divin organe du chanteur déploie toute sa palette de raffinements, les autres membres au diapason, s’extirpant du carcan roots dans lequel ils se sont fait connaître. Huit ans, après les premières mesures de <i>« Wordless Chorus »</i> donnent toujours autant le frisson, <i>« Off The Record »</i> constitue l’un des rares essais acceptables de reggae fomenté par des blancs-becs, <i>« Dondante »</i> et son final explosif sonne encore comme une avalanche en plein été et <i>« Gideon »</i> reste la meilleure alternative à <b>Coldplay</b> en matière de lyrisme pop. Concis, lumineux, <i>Z </i>demeure un des très très grands disques pop oubliés des bilans sur les années 2000. Par la suite, cette ouverture s’est révélée être un péché de gourmandise, ses suites, <i>Evil Urge</i> et <i>Circuital</i>, s’égarant en de trop diverses contrées, de chansons trop longues, rendant leur affaire incohérente, bien que gagnant les terrains du mainstream (y a pas de mal). D’artistes touche à tout, My Morning Jacket a semblé se muer en mastodonte prog, étirant complaisamment leur maestria. Bref, le groupe nous avait perdu, réussissant avec moins de cohésion le tournant « expérimental »  réalisé par Wilco dans son complet reformatage des années 2000. Si <i>Z</i> égalait <i>Summerteeth</i>, <i>Evil Urge</i> et <i>Circuital</i> ne proposaient rien d’aussi puissant et d’aussi aventureux que les radicaux <i>Yankee Hotel Foxtrot</i> ou <i>A Ghost Is Born</i>.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://jwc-photos.com/legrogstore/?attachment_id=3541" rel="attachment wp-att-3541"><img class="aligncenter size-full wp-image-3541" alt="Jim James, CD of the week" src="http://jwc-photos.com/legrogstore/wp-content/uploads/2013/02/Jim-James-CD-of-the-week-010.jpg" width="460" height="276" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Alors qu’on n’attendait rien d’un disque solo de son chanteur*, il faut bien avouer qu’on s’est fait avoir. Evoquons brièvement le concept un brin fumeux qui entoure <i>Regions of Light and Sound of God</i>. Derrière son titre, ce recueil de chansons s’articule autour de l’ouvrage de <b>Lynd Ward</b>, <i>God’s Man</i>, réputé comme le premier roman graphique (1929). Découpé en 5 tomes, on y suit les tribulations d’un peintre se voyant doté d’un pinceau magique, chacune de ses toiles devenant un chef d’œuvre grâce à celui-ci. Au-delà des atours faustiens de cette trame, <i>God’s Man</i> est une exploration des techniques narratives du roman en gravure sur bois, dont l’approche esthétique rappelle autant l’Art déco en vogue à la fin des années 20 que de l’Expressionisme allemand (Jim James évoque notamment le <i>Metropolis</i> de <b>Fritz Lang</b> dans sa perception de l’œuvre). Scotché par l’univers du monsieur, découvert lors d’une longue période de convalescence, les chansons naissent peu à peu dans la caboche de Jim James. Cependant, bien plus que par sa profondeur thématique, l’intérêt majeur de <i>Regions of Light and Sound of God</i> est avant tout esthétique, entrechoquant foultitudes de sons, d’instruments, d’idées harmoniques, sans jamais se départir d’une écriture mélodique limpide. Moderne, sans jamais être passéiste, l’album concrétise parfaitement l’approche recherché par son auteur : <i>« faire un disque qui sonnerait futuriste mais à l’ancienne »</i>.</p>
<p style="text-align: center;"> <a href="http://jwc-photos.com/legrogstore/?attachment_id=3547" rel="attachment wp-att-3547"><img class="size-full wp-image-3547 aligncenter" alt="Lynd Ward - God's Man2" src="http://jwc-photos.com/legrogstore/wp-content/uploads/2013/02/godsman4.gif" width="295" height="286" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Dans la confection d’une œuvre art-déco, ou rétro-futuriste, les références s’entrecroisent, s’accumulent, se répondent. Jim James démultiplie les ambiances et les sons, en simplifiant chaque usage afin de laisser la place à une nouvelle couche. On entend cela sur l’ouverture jazzy <i>« State of the Art (A.E.I.O.U) »</i> virant funk. Structuré autour de deux notes de piano chipées à Traffic (<i>« </i><i>Low Spark of High Heeled Boys »</i>), ces dernières sont répétées à foison, déroulant la basse puis la batterie, déviant vers un groove maousse, le grain onctueux de Jim James toujours comme une ancre. <i>« Know ‘Til Now »</i> enfonce le clou, avec sa rythmique syncopée, un groove désabusé échappé des effluves d’un bastringue cradingue du 3<sup>ème</sup> Millénaire, avant son final jazz cramoisi où le clavier distordu cherche à sonner comme un saxophone.</p>
<p style="text-align: justify;">A certain endroit, on croirait entendre <b>John Lennon</b> suant sur les velours d’<b>Al Green</b>. Dans un monde parfait, <i>« Actress »</i> serait un tube, le slow tuant qu’on passerait dans chaque boum, le ¼ d’heure où les mains se frôlent, les lèvres se touchent et les bassins se collent. Cette guitare pincée, ce déluge de cordes romantiques et cette basse onctueuse et chaloupée, et ce refrain à gorge déployé <i>(soupir)</i>. La réminiscence du timbre du petit bourgeois de Liverpool s’échappe à plusieurs reprises. Il y a <i>« Dear One »</i> et sa cascade de piano, une répétition qui n’est sans rappelé certaines expérimentations de Philip Glass, et ses cuivres factifs (sont-ce des guitares ? est-ce un saxophone trituré ?). Toujours plus loin, l’introduction élégiaque d’<i>« Of the Mother Again »</i> ferait croire à un inédit repêché d’une session d’<i>Imagine</i> avec sa production cotonneuse, l’acoustique <i>« A New Life »</i> et ses harmonies en pièce montée ou, le plus flagrant, dans le final <i>« Gods Love to Deliver »</i>, atteignant les sommets d’apprêté de l’ex-Beatles, sur <i>Plastic Ono Band. </i></p>
<p style="text-align: justify;"><i>Regions of Light and Sound of God</i> se charpente comme un vieux film, chaque chanson comme une nouvelle bobine à peine restaurée. Ça craque, ça saute, les neufs compositions embaumées d’une patine intemporelle, carambolage passionnant entre les époques menées par une voix divine. Par la force de sa glotte, Jim James arrache le cœur.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>JIM JAMES – REGIONS OF LIGHT AND SOUND OF GOD (ATO RECORDS)</em></p>
<h6 style="text-align: justify;"><em>*déjà auteur d’une escapade dans le supergroupe folk, Monsters of Folk en 2009 avec des membres de <b>Bright Eyes</b> et <b>She &amp; Him</b></em></h6>
<p><iframe src="http://www.youtube.com/embed/lOsKdtADcb8" height="315" width="560" allowfullscreen="" frameborder="0"></iframe><br />
<iframe src="http://www.youtube.com/embed/IDRALrVXJ_s" height="315" width="560" allowfullscreen="" frameborder="0"></iframe><br />
<iframe src="http://www.youtube.com/embed/Lks67i3y0hE" height="315" width="420" allowfullscreen="" frameborder="0"></iframe></p>
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		<title>GROG EN VRAI – BLACK MINOU #3 – Boogie with you</title>
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		<pubDate>Mon, 01 Oct 2012 12:20:36 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[black minou]]></category>
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		<category><![CDATA[bus palladium]]></category>
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		<description><![CDATA[Histoire d&#8217;achever le Bus Palladium en beauté, en voici la conclusion épique avec « Boogie with you », morceau le plus réussi du répertoire original de Black Minou. Comme son nom l&#8217;indique, ce boogie terrifiant et primal emporte tout sur son passage, poisseux et bordélique à souhait. Ce soir-là, le quatuor a livré une version [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><iframe src="http://player.vimeo.com/video/50122216" frameborder="0" width="510" height="287"></iframe></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Histoire d&rsquo;achever le Bus Palladium en beauté, en voici la conclusion épique avec <em>« Boogie with you »</em>, morceau le plus réussi du répertoire original de Black Minou. Comme son nom l&rsquo;indique, ce boogie terrifiant et primal emporte tout sur son passage, poisseux et bordélique à souhait. Ce soir-là, le quatuor a livré une version anthologique. La voici brute de pomme.<span id="more-3522"></span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>TOUT SUR BLACK MINOU !</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://jwc-photos.com/legrogstore/?p=3499">- L&rsquo;enchainement <em>« Voodoo Love »</em> et <em>« Daft Punk is playing at my house »</em> au Bus Palladium, on y est bien mieux qu&rsquo;à Benghazi !</a><a href="http://jwc-photos.com/legrogstore/?p=3499"><strong><br />
</strong></a><a href="http://jwc-photos.com/legrogstore/?p=3512"><strong></strong><strong> </strong>- Un </a><a href="http://jwc-photos.com/legrogstore/?p=3499"><em>« Nutbush City Limits »</em></a><a href="http://jwc-photos.com/legrogstore/?p=3512"> des familles à mettre en surchauffe les hauts fourneaux !</a></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://jwc-photos.com/legrogstore/wp-content/uploads/2012/10/Black_Minou_Grostore_-_02_-_Jeremie_Wach-Chastel.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-3523" title="Black Minou au Bus Palladium © Jeremie Wach-Chastel" src="http://jwc-photos.com/legrogstore/wp-content/uploads/2012/10/Black_Minou_Grostore_-_02_-_Jeremie_Wach-Chastel.jpg" alt="" width="510" height="339" /></a></p>
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		<title>GROG EN VRAI – BLACK MINOU #2 – Nutbush City Limits (feat. Yan Gorodetzky)</title>
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		<pubDate>Thu, 20 Sep 2012 09:49:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>GROG</dc:creator>
				<category><![CDATA[GROGENVRAI]]></category>

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		<description><![CDATA[Du lourd pour le deuxième BLACK MINOU de la semaine, avec un des incontournables de leurs sets : « Nutbush City Limits » d&#8217;Ike &#38; Tina Turner, via la mythique version de Bob Seger créée sur l&#8217;album Beautiful Loser, mais surtout le Live Bullet de 1975. Au fil des concerts de la fratrie Poupaud, on [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><iframe src="http://player.vimeo.com/video/49788400" frameborder="0" width="510" height="287"></iframe></p>
<p><strong>Du lourd pour le deuxième BLACK MINOU de la semaine, avec un des incontournables de leurs sets : <em>« Nutbush City Limits »</em> d&rsquo;Ike &amp; Tina Turner, via la mythique version de Bob Seger créée sur l&rsquo;album <em>Beautiful Loser</em>, mais surtout le <em>Live Bullet</em> de 1975. Au fil des concerts de la fratrie Poupaud, on sait que cette chanson est toujours le prétexte d&rsquo;enclencher le mode bûcheron, de réveiller l&rsquo;auditoire d&rsquo;un bon coup de pied au derrière (tel que l&rsquo;on peut le découvrir en préambule à cette vidéo). Ce soir-là, Black Minou est renforcé par Yan Gorodetzky du groupe Gush, venu prêté main forte le temps d&rsquo;une interprétation marteau-pilon et de saillies guitaristiques en barbelé.<span id="more-3512"></span>TOUT BLACK MINOU !</strong></p>
<p><a href="http://jwc-photos.com/legrogstore/?p=3499">- L&rsquo;enchainement <em>« Voodoo Love »</em> et <em>« Daft Punk is playing at my house »</em> au Bus Palladium, on y est bien mieux qu&rsquo;à Benghazi !<strong><br />
</strong></a></p>
<p><a href="http://jwc-photos.com/legrogstore/wp-content/uploads/2012/09/Black_Minou_Grostore_-_05_-_Jeremie_Wach-Chastel.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-3517" title="Black Minou au Bus Palladium 2 - Le Grogstore © Jeremie Wach-Chastel" src="http://jwc-photos.com/legrogstore/wp-content/uploads/2012/09/Black_Minou_Grostore_-_05_-_Jeremie_Wach-Chastel.jpg" alt="" width="510" height="764" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><br />
</strong></p>
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