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	<title>Chinese book reviews</title>
	
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		<title>Shirley Geok-Lin Lim: de Malaisie en Californie.</title>
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		<pubDate>Mon, 21 May 2012 12:26:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bertrand Mialaret</dc:creator>
				<category><![CDATA[Headline]]></category>
		<category><![CDATA[Romans]]></category>
		<category><![CDATA[Shirley Geok-Lin Lim]]></category>

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		<description><![CDATA[<p><a rel="attachment wp-att-3283" href="http://mychinesebooks.com/frshirley-geoklin-lim-de-malaisie-en-californie/shirley-geok-lin-lim/"><img class="alignleft size-full wp-image-3283" title="shirley geok-Lin Lim" src="http://mychinesebooks.com/wp-content/uploads/2012/05/shirley-geok-Lin-Lim.jpg" alt="" width="150" height="202" /></a>Shirley Geok-Lin Lim est écrivain, poète et universitaire, très connue aux Etats Unis, ignorée en France où pas une ligne n’est traduite. C’est pourtant une personnalité de premier plan et un écrivain de talent que l’on peut découvrir en lisant ses mémoires, probablement son meilleur roman « Among the white moon faces »(1)./</p>
<p><strong>1/ Malacca, la belle endormie :</strong></p>
<p>Née à Malacca en 1944,une <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Malacca">ville magnifique</a> située à 150 kilomètres au sud de Kuala Lumpur, où se&#8230; <a href="http://mychinesebooks.com/frshirley-geoklin-lim-de-malaisie-en-californie/" class="read_more">Lire la suite</a></p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a rel="attachment wp-att-3283" href="http://mychinesebooks.com/frshirley-geoklin-lim-de-malaisie-en-californie/shirley-geok-lin-lim/"><img class="alignleft size-full wp-image-3283" title="shirley geok-Lin Lim" src="http://mychinesebooks.com/wp-content/uploads/2012/05/shirley-geok-Lin-Lim.jpg" alt="" width="150" height="202" /></a>Shirley Geok-Lin Lim est écrivain, poète et universitaire, très connue aux Etats Unis, ignorée en France où pas une ligne n’est traduite. C’est pourtant une personnalité de premier plan et un écrivain de talent que l’on peut découvrir en lisant ses mémoires, probablement son meilleur roman « Among the white moon faces »(1)./</p>
<p><strong>1/ Malacca, la belle endormie :</strong></p>
<p>Née à Malacca en 1944,une <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Malacca">ville magnifique</a> située à 150 kilomètres au sud de Kuala Lumpur, où se sont mêlées les influences successives: malaises puis chinoises dès le 15eme siècle, portugaise puis hollandaise, enfin britannique au début du 19 ème siècle.</p>
<p>Son grand père, hokkien, vient de la province chinoise du Fujian ; on ne peut pas entrer dans le détail de l’histoire passionnante des Chinois en Malaisie, mais il convient de préciser que son père est le seul de ses six frères à avoir épousé une femme <a href="http://www.rue89.com/chinatown/2010/10/10/baba-bling-au-quai-branly-la-civilisation-dun-metissage-reussi-170265">peranakan</a>, une « métisse » de malais et de chinois.</p>
<p>Shirley (un prénom donné par son père admirateur de l’actrice Shirley Temple),Geok (jade en dialecte hokkien) Lin  de la famille Lim ; son nom résume la complexité des influences et des origines. Elle parle peu hokkien et n’écrit pas le mandarin, elle échange en malais avec sa mère et son père ne s’adresse qu’en anglais à ses enfants, irrité d’avoir été méprisé par sa famille pour une femme peranakan qui n’a plus de culture chinoise.</p>
<p><a rel="attachment wp-att-3288" href="http://mychinesebooks.com/frshirley-geoklin-lim-de-malaisie-en-californie/malayparanakan/"><img class="alignleft size-medium wp-image-3288" title="malayparanakan" src="http://mychinesebooks.com/wp-content/uploads/2012/05/malayparanakan-231x300.jpg" alt="" width="231" height="300" /></a>Elle est baptisée, suit l’école des sœurs, une école coloniale britannique. L’anglais construit sa personnalité et lui fournit la possibilité d’échapper à une société conservatrice et répressive vis à vis des femmes.</p>
<p>Cette éducation coloniale est bien acceptée par les Chinois qui, historiquement sont façonnés par le système impérial des examens ; c’est aussi un moyen de se distinguer des Malais et d’accroître leur influence politique et économique dans le pays. Mais comme dit Lim, «cette éducation coloniale ne produit pas des leaders mais des intermédiaires, elle enseigne l’approbation et non la dissidence et elle échoue à préparer des populations diverses à une forme démocratique de gouvernement».</p>
<p>Le commerce de chaussures de son père périclite, sa mère abandonne ses cinq enfants et son père se met à vivre avec Peng, la fille de leur servante avec qui Shirley n’aura que peu de rapports. La pauvreté et la faim vont durer plusieurs années. Son père va alors jouer un rôle d’écrivain public préparant les dossiers des Chinois qui demandent leur nationalité malaisienne.</p>
<p><strong>2/ La Malaisie, une société multiraciale?</strong></p>
<p>En 1957, la Fédération de Malaisie devient indépendante. Les tensions entre communautés surviennent rapidement; seuls les Malais s’étaient vu attribuer la citoyenneté du pays par les autorités britanniques méfiantes vis à vis des Chinois qu’elles considéraient souvent comme des immigrants temporaires.</p>
<p>Les préjugés raciaux sont forts: les Malais vis à vis des Chinois et réciproquement, Malais et Chinois contre les Eurasiens et les Tamils. Les mariages mixtes sont peu fréquents avec les Malais car la conversion à l’Islam est obligatoire. La Malaisie et Singapour (en majorité chinoise) se séparent alors en 1965.</p>
<p>A l’université , à Kuala Lumpur, elle veut croire à une Malaisie indépendante, intégrée et multi raciale. La prééminence de la langue nationale, le malais, s’établit peu à peu et ses amis comprennent mal son amour <a rel="attachment wp-att-3296" href="http://mychinesebooks.com/frshirley-geoklin-lim-de-malaisie-en-californie/baba_house-malacca/"><img class="alignleft size-full wp-image-3296" title="Baba_house Malacca." src="http://mychinesebooks.com/wp-content/uploads/2012/05/Baba_house-Malacca..jpg" alt="" width="220" height="165" /></a>pour la langue et la littérature anglaise.</p>
<p>Le débat sur les «droits spéciaux» des Malais se durcit pour aboutir aux émeutes anti-chinoises du <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/13_May_incident">13 mai 1969</a> avec plusieurs centaines de morts. La position est claire: le leadership politique aux Malais, des mesures de discrimination positive sur le plan économique en faveur des Malais en vue de corriger la suprématie économique écrasante des Chinois et des étrangers.</p>
<p>C’est pour elle la fin d’un rêve et son départ pour les Etats Unis lui montrera une autre approche de la politique et de l’identité civique: ce qui n’était pas possible dans une société stratifiée comme la Malaisie, permet aux Etats Unis de construire des identités civiques et sociales.</p>
<p><strong>3/ Aux Etats Unis, une intégration professionnelle et sociale difficile:</strong></p>
<p>Un doctorat à l’université Brandeis puis une activité d’enseignement en littérature dans des collèges de la banlieue de New York. Son père meurt, elle finance les études de ses frères et des enfants de Peng. Elle rencontre Charles, un juif américain de New York qu’elle épouse. Son insertion professionnelle n’est pas aisée avec des élèves peu motivés et des collègues peu habitués à côtoyer une femme et une asiatique.</p>
<p><a rel="attachment wp-att-3299" href="http://mychinesebooks.com/frshirley-geoklin-lim-de-malaisie-en-californie/shirley-geok-lin-lim-2/"><img class="alignleft size-medium wp-image-3299" title="Shirley Geok-Lin Lim (2)" src="http://mychinesebooks.com/wp-content/uploads/2012/05/Shirley-Geok-Lin-Lim-2-199x300.jpg" alt="" width="199" height="300" /></a>Elle développe des positions féministes en réaction à l’attitude de ses collègues masculins alors que jusqu’alors, elle avait largement privilégié la compagnie des hommes.</p>
<p>Elle publie en 1980 un premier recueil de poèmes qui obtient le prix du Commonwealth attribué pour la première fois à une femme et à une asiatique. Venant d’accoucher de son fils, elle ne peut se rendre à Londres pour recevoir le prix. Elle devient aussi citoyen américain.</p>
<p>D’autres recueils suivront ainsi que des nouvelles. Elle fait connaître les œuvres des écrivains sino-américains par des travaux universitaires et des anthologies (2). Elle enseigne quelques semestres à Singapour où elle reprend contact avec sa mère qui meurt en 1984.</p>
<p>Elle est nommée en 1990 à l’université de Santa Barbara et vivra dorénavant en Californie. «Among the white moon faces» reçoit en 1996 le «American Book Award», un prix tout à fait justifié pour un livre précis, honnête, qui montre une profonde réflexion sur les phénomènes des sociétés multiculturelles et sur l’insertion sociale en tant qu’enseignante et en tant que femme. Ce livre n’est jamais pesant , il est drôle, plein d’humour et permet de découvrir les charmes, les beautés et les difficultés de la Malaisie.</p>
<p><strong>4/ Des missions à Singapour et à Hong Kong.</strong></p>
<p>Elle sera professeur pendant près d’un an à Singapour, ce qui ne sera pas oublié dans son roman « Joss and Gold » (3), un livre intéressant, une vision décapante de la femme américaine du héros Chester et de la vie des femmes à Singapour.</p>
<p>Li An, une Chinoise de Malaisie, mal mariée, partage le lit de Chester, un jeune Américain des Peace Corps, une nuit pendant les émeutes de 1969. La naissance d’une petite fille provoque le divorce. Chester, marié aux <a rel="attachment wp-att-3302" href="http://mychinesebooks.com/frshirley-geoklin-lim-de-malaisie-en-californie/joss-and-gold2/"><img class="alignleft size-full wp-image-3302" title="Joss and Gold(2)" src="http://mychinesebooks.com/wp-content/uploads/2012/05/Joss-and-Gold2.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a>Etats Unis à une femme qui refuse d’avoir des enfants et lui impose sa carrière et une vasectomie, va apprendre dix ans plus tard qu’il est père. Il contacte à Singapour Li An, devenue une femme d’affaires indépendante, qui élève sa fille avec quelques difficultés du fait des préjugés contre les mères célibataires et les sang mêlés.</p>
<p>La pression sociale de Singapour, la nécessité de ne jamais perdre la face et de montrer en permanence sa surface sociale, sont bien décrites même si le roman manque parfois de ressort dramatique.</p>
<p>Je suis moins convaincu par les recueils de nouvelles comme « Two Dreams », qui reprennent souvent des épisodes inspirés de sa vie en Malaisie mais qui recherchent des chutes spectaculaires, des dénouements imprévus et parfois artificiels pour certains de ces textes .</p>
<p>Il faut enfin souligner l’importance de son rôle de professeur, passionnée par son travail et ses élèves, convaincue du rôle qu’elle peut jouer à Singapour et surtout à Hong Kong comme le montre un <a href="http://intersections.anu.edu.au/issue4/lim_fox_interview.html">excellent interview </a>de septembre 2000.</p>
<p>Bertrand Mialaret</p>
<p>(1)   «Among the white moon faces», The Feminist Press, New York 1996, 230 pages.</p>
<p>(2)    “Asian American literature, an anthology”, NTC PublishingGroup 2000, 560 pages.</p>
<p>(3)   “Joss and Gold”, The Feminist Press. New York 2001, 270 pages.</p>
<p>(4)    “Two Dreams”, The Feminist Press. New York 1997, 220 pages.</p>
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		<title>Lire des romans chinois en Occident.</title>
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		<pubDate>Tue, 08 May 2012 17:28:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bertrand Mialaret</dc:creator>
				<category><![CDATA[Edition]]></category>
		<category><![CDATA[Headline]]></category>
		<category><![CDATA[Chinese Cross Currents]]></category>

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		<description><![CDATA[<p><a rel="attachment wp-att-3269" href="http://mychinesebooks.com/frlire-des-romans-chinois-en-occident/img-7/"><img class="alignleft size-medium wp-image-3269" title="IMG" src="http://mychinesebooks.com/wp-content/uploads/2012/05/IMG-212x300.jpg" alt="" width="212" height="300" /></a>L’Institut Ricci de Macau m’a demandé il y a quelques mois de préparer un article sur la littérature chinoise contemporaine et l’Occident. Ce texte vient de paraître en anglais et en chinois dans le numéro d’avril de la revue « Chinese Cross Currents ». Cette revue a <a href="http://www.riccimac.org/ccc/eng/ccc92/artsandletters/article2.htm">mis en ligne plus d’un tiers de l’article </a>qui a été écrit après une dizaine d’interviews avec des éditeurs et traducteurs en Angleterre, en France et aux Etats Unis.&#8230; <a href="http://mychinesebooks.com/frlire-des-romans-chinois-en-occident/" class="read_more">Lire la suite</a></p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a rel="attachment wp-att-3269" href="http://mychinesebooks.com/frlire-des-romans-chinois-en-occident/img-7/"><img class="alignleft size-medium wp-image-3269" title="IMG" src="http://mychinesebooks.com/wp-content/uploads/2012/05/IMG-212x300.jpg" alt="" width="212" height="300" /></a>L’Institut Ricci de Macau m’a demandé il y a quelques mois de préparer un article sur la littérature chinoise contemporaine et l’Occident. Ce texte vient de paraître en anglais et en chinois dans le numéro d’avril de la revue « Chinese Cross Currents ». Cette revue a <a href="http://www.riccimac.org/ccc/eng/ccc92/artsandletters/article2.htm">mis en ligne plus d’un tiers de l’article </a>qui a été écrit après une dizaine d’interviews avec des éditeurs et traducteurs en Angleterre, en France et aux Etats Unis.</p>
<p>On se bornera à un rapide résumé en souhaitant qu’un débat s’engage avec les lecteurs de la revue.</p>
<p>La littérature chinoise fait partie de la politique de « soft power » du gouvernement chinois qui a pris nombre de mesures pour développer les exportations de livres et de droits tout en favorisant les traductions qui ne représentent aux USA et en Angleterre qu’environ 1% des publications en littérature (toutes origines).</p>
<p>Le style des romans chinois n’est pas toujours adapté au goût du public occidental et beaucoup d’éditeurs, pour diverses raisons, sont persuadés que les traductions ne se vendent pas et choisissent le plus souvent des livres traitant toujours des mêmes thèmes et « adaptent » au goût supposé du lecteur.</p>
<p>Les éditions des grandes universités aux USA sont quasiment les seules qui essaient des publications de qualité pour se constituer un catalogue. Des fondations privées et publiques tentent également de développer les traductions en les subventionnant.</p>
<p>La situation en France est plus favorable: les traductions représentent un quart des publications en littérature. La loi sur le prix fixe du livre a permis le maintien d’un réseau de libraires indépendants et des éditeurs spécialisés (P. Picquier, Bleu de Chine…) tout comme certains grand éditeurs (Le Seuil, Actes Sud) publient des traductions de qualité.</p>
<p>Néanmoins la plupart des auteurs publiés ont dépassé la cinquantaine et peu de jeunes écrivains sont disponibles; certains sont pourtant d’un grand intérêt (Han Han , Murong Xuecun…) mais sont souvent lus pour leurs témoignages sociologiques ou politiques plus que pour leurs qualités littéraires.</p>
<p>La littérature sur internet peut changer profondément cette situation car les lecteurs et les écrivains sont en nombre considérable. Les nouveaux groupes de média tels Shanda, le développement des Ereaders et des publications digitales vont affecter la diffusion de la littérature chinoise à l’étranger.</p>
<p>Bertrand Mialaret</p>
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		<title>Qui traduit et publie de la littérature chinoise en français?</title>
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		<pubDate>Tue, 08 May 2012 07:32:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bertrand Mialaret</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Headline]]></category>
		<category><![CDATA[Paper Republic]]></category>

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		<description><![CDATA[<p><a rel="attachment wp-att-3249" href="http://mychinesebooks.com/frqui-traduit-publie-de-la-littrature-chinoise-en-franais/indexchuo/"><img class="alignleft size-full wp-image-3249" title="IndexChuo" src="http://mychinesebooks.com/wp-content/uploads/2012/05/IndexChuo.png" alt="" width="100" height="100" /></a>Le site http://paper-republic.org/ joue un rôle important pour faire connaître la littérature chinoise à l’étranger et inciter les éditeurs à développer leur catalogue. Le site a été fondé par un groupe de traducteurs anglophones bien connus et dont certains vivent en Chine.</p>
<p><strong>1/ « Paper-Republic » et la littérature chinoise en français :</strong></p>
<p>Le site, animé ces derniers mois par Helen Wang, a été très actif avec le salon du livre à Londres où la Chine était l’invité&#8230; <a href="http://mychinesebooks.com/frqui-traduit-publie-de-la-littrature-chinoise-en-franais/" class="read_more">Lire la suite</a></p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a rel="attachment wp-att-3249" href="http://mychinesebooks.com/frqui-traduit-publie-de-la-littrature-chinoise-en-franais/indexchuo/"><img class="alignleft size-full wp-image-3249" title="IndexChuo" src="http://mychinesebooks.com/wp-content/uploads/2012/05/IndexChuo.png" alt="" width="100" height="100" /></a>Le site http://paper-republic.org/ joue un rôle important pour faire connaître la littérature chinoise à l’étranger et inciter les éditeurs à développer leur catalogue. Le site a été fondé par un groupe de traducteurs anglophones bien connus et dont certains vivent en Chine.</p>
<p><strong>1/ « Paper-Republic » et la littérature chinoise en français :</strong></p>
<p>Le site, animé ces derniers mois par Helen Wang, a été très actif avec le salon du livre à Londres où la Chine était l’invité d’honneur. Helen Wang est traductrice mais aussi conservatrice du British Museum (pour les monnaies et médailles). Elle a publié des ouvrages sur les monnaies chinoises et sur Aurel Stein. Elle vient de diriger « The music of Ink », un ouvrage sur un événement du musée en juin 2005, réunissant artistes et poètes chinois et anglais qui ont travaillé et créé ensemble (textes, peinture, calligraphie, musique…)(1)</p>
<p>Helen Wang voulait introduire dans le site Paper-Republic une documentation sur les éditeurs et traducteurs en France, ce qui lui semblait utile compte tenu d’un volume de traductions plus important que dans le monde anglophone et d’une qualité reconnue des traductions.</p>
<p>Elle commença les recherches, je les ai développées et publié les listes que l’on trouvera dans la rubrique « <a href="http://paper-republic.org/resources/trans/">Resources for translators</a> » sur le site : il s’agit des traducteurs de littérature contemporaine; je m’excuse par avance pour les omissions et les erreurs.</p>
<p><strong>2/ « Pathlight », « Peregrine » et « Chutzpah », de nouvelles revues littéraires :</strong></p>
<p>Il faut aussi signaler que certains traducteurs de Paper Republic ont participé à la fondation de la revue littéraire en anglais « Pathlight » (2). Cette revue , qui a obtenu un financement officiel chinois, est publiée par l’Union des Ecrivains et Paper Republic. Le premier numéro, disponible en version papier n’a, semble t-il, pas totalement convaincu: un ton trop officiel. Le deuxième, sorti pour le salon du livre à Londres et disponible sur e-reader semble beaucoup plus intéressant avec des textes d’auteurs reconnus.</p>
<p>« Chutzpah » est très différent; cette revue, dont le titre est un mot yiddish signifiant «impertinence», est publiée par un groupe privé de média avec comme rédacteur en chef Ou Ning, un «entrepreneur culturel» qui a touché à beaucoup de formes d’art. Certains textes sont traduits en anglais et édités à part sur internet sous le titre « Peregrine ».</p>
<p>Un contenu très varié: de jeunes auteurs qui ne sont pas publiés ailleurs; les romanciers taiwanais et les écrivains émigrés (comme Ha Jin ou Yiyun Li ) sont aussi présents, ce qui est exceptionnel en Chine…</p>
<p>Bertrand Mialaret</p>
<p>(1)   « The music of ink at the British Museum », edited by Helen Wang. Saffron books, 2012.</p>
<p>(2)   “The key to China” par Julia Lovell  <a href="http://www.prospectmagazine.co.uk/2012/02/the-key-to-china-literary-magazines">www.prospectmagazine.co.uk/2012/02/the-key-to-china-literary-magazines</a></p>
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		<title>Yang Xianhui et Wang Bing: donner la parole aux survivants des camps.</title>
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		<pubDate>Sun, 18 Mar 2012 18:21:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bertrand Mialaret</dc:creator>
				<category><![CDATA[Headline]]></category>
		<category><![CDATA[Nouvelles]]></category>
		<category><![CDATA[Yang Xianhui]]></category>

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		<description><![CDATA[<p><a rel="attachment wp-att-3193" href="http://mychinesebooks.com/fryang-xianhui-wang-bing-donner-la-parole-aux-survivants-des-camps/yang_xianhui/"><img class="alignleft size-medium wp-image-3193" title="Yang_Xianhui" src="http://mychinesebooks.com/wp-content/uploads/2012/03/Yang_Xianhui-300x227.jpg" alt="" width="300" height="227" /></a>Deux films de <a href="http://www.iletaitunefoislecinema.com/entretien/5210/rencontre-avec-wang-bing">Wang Bing</a> viennent de sortir: « Fengming, chronique d’une femme chinoise », un documentaire étonnant de trois heures où une communiste convaincue raconte sa vie et la mort de son mari dans un camp; un ton détaché, maîtrisé mais où perce l’amour et l’humanité. « Le Fossé » est un film de fiction qui traite d’un camp de « rééducation par le travail » et de la famine de 1960. Ces deux films sont directement inspirés d’un&#8230; <a href="http://mychinesebooks.com/fryang-xianhui-wang-bing-donner-la-parole-aux-survivants-des-camps/" class="read_more">Lire la suite</a></p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a rel="attachment wp-att-3193" href="http://mychinesebooks.com/fryang-xianhui-wang-bing-donner-la-parole-aux-survivants-des-camps/yang_xianhui/"><img class="alignleft size-medium wp-image-3193" title="Yang_Xianhui" src="http://mychinesebooks.com/wp-content/uploads/2012/03/Yang_Xianhui-300x227.jpg" alt="" width="300" height="227" /></a>Deux films de <a href="http://www.iletaitunefoislecinema.com/entretien/5210/rencontre-avec-wang-bing">Wang Bing</a> viennent de sortir: « Fengming, chronique d’une femme chinoise », un documentaire étonnant de trois heures où une communiste convaincue raconte sa vie et la mort de son mari dans un camp; un ton détaché, maîtrisé mais où perce l’amour et l’humanité. « Le Fossé » est un film de fiction qui traite d’un camp de « rééducation par le travail » et de la famine de 1960. Ces deux films sont directement inspirés d’un recueil de nouvelles de Yang Xianhui.</p>
<p><strong>1- </strong><strong>Des récits de survivants baptisés « fiction » :</strong></p>
<p>Yang Xianhui est né en 1946 dans le Gansu, il finit des études secondaires à Lanzhou et en 1965 est envoyé « à la campagne » dans une ferme du désert de Gobi. C’est là qu’il rencontre d’anciens « droitiers » et qu’il entend pour la première fois le nom du camp de Jiabiangou. Il reste seize ans dans cette ferme, jusqu’en 1981, comme paysan puis vendeur au magasin de la ferme, comptable puis enseignant.</p>
<p>Il commence à écrire, publie quelques nouvelles et va vivre à Tianjin, où il réside encore aujourd’hui et devient « écrivain professionnel ». En 1997, il visite Jiabiangou; il ne reste quasiment rien. On lui refuse l’accès aux archives provinciales mais il apprend que c’est seulement en 1987, à la suite des protestations des paysans que les ossements ont été totalement enterrés !</p>
<p>Pendant cinq ans, il va retrouver une centaine de survivants et parvient à les faire parler. En 2000, il publie dans la revue « Littérature de Shanghai » la nouvelle « Une femme de Shanghai » qui crée un choc dans l’opinion , puis onze nouvelles. En <a rel="attachment wp-att-3196" href="http://mychinesebooks.com/fryang-xianhui-wang-bing-donner-la-parole-aux-survivants-des-camps/jiabiangou/"><img class="alignleft size-full wp-image-3196" title="Jiabiangou" src="http://mychinesebooks.com/wp-content/uploads/2012/03/Jiabiangou.jpg" alt="" width="215" height="295" /></a>2003, un recueil « Adieu à Jiabiangou » est publié. Les nouvelles ont reçu de nombreux prix et suscité beaucoup d’intérêt particulièrement dans le Gansu.</p>
<p>Il s’agit officiellement de fiction alors que ces textes sont de la « littérature de reportage » souvent proches des interviews. Le traducteur, Wen Huang, journaliste vivant à Chicago, a été subventionné par le PEN Center et a travaillé avec l’auteur pour « adapter » dix neuf nouvelles qui seront publiées en anglais en 2009 (1). Ce texte a ensuite été traduit en français et publié chez Balland en juin 2010 (2). On notera les trois couvertures de ce même livre : la chinoise avec l’entrée d’un dortoir souterrain, l’américaine pour faire vendre, la française, peu adaptée…</p>
<p><strong>2- Littérature et témoignages sur les camps :</strong></p>
<p>La littérature sur les camps de travail est importante et a permis de faire connaître au monde un phénomène d’une ampleur considérable que la jeune génération chinoise ne connaît pas ou ne veut pas connaître.</p>
<p>La qualité littéraire est très variable. Des œuvres de grand écrivain comme Zhang Xianliang (3) ; des témoignages comme celui de Jean Pasqualini, fils d’un père corse et d’une mère chinoise, qui passa sept ans dans un camp et fut libéré en 1964 à la suite de la reconnaissance diplomatique de la Chine par la France (4).</p>
<p>Il convient de distinguer le « Lao Jiao », l’éducation par le travail, pour des gens qui ont commis des erreurs plutôt que des « crimes » (ce qui était le cas de la majorité des « droitiers ») et le « Lao Gai », réforme par le travail. En théorie, le « Lao Jiao » dure trois ans et les droits civiques sont conservés pendant le séjour au camp.</p>
<p>Il ne faut pas non plus confondre ces camps avec les fermes/camps organisés dans le Xinjiang par l’Armée de libération populaire (Corps de Production et de Construction du Xinjiang). Cette organisation, considérable, connue sous le nom de Bingtuan, dirigée directement de Pékin, a constitué la suite du système traditionnel du « tuntian » qui consiste à installer dans les zones frontalières des unités militaires qui doivent s’y implanter, cultiver et <a rel="attachment wp-att-3199" href="http://mychinesebooks.com/fryang-xianhui-wang-bing-donner-la-parole-aux-survivants-des-camps/woman-from-shanghai/"><img class="alignleft size-full wp-image-3199" title="Woman from Shanghai" src="http://mychinesebooks.com/wp-content/uploads/2012/03/Woman-from-Shanghai.jpg" alt="" width="160" height="242" /></a>acquérir leur autonomie de subsistance.</p>
<p>Concernant le « Lao Gai », on pourra lire avec intérêt les livres de Harry Wu, qui séjourna 19 ans dans divers camp^s (5) et qui, aujourd’hui aux Etats Unis, anime la « Laogai Research Foundation » et a crée le musée Laogai à Washington (http://laogaimuseum.org ) .</p>
<p><strong>3- </strong><strong>Les Cent Fleurs, les droitiers et le Grand Bond en Avant :</strong></p>
<p>En 1957, après une année de malaise social et le VIIIeme congrès du Parti Communiste qui montre une direction divisée, il s’agit de rectifier le style de travail par la critique mutuelle. Le slogan « que cent fleurs s’épanouissent » et la libéralisation temporaire de la presse conduisent en mai-juin 1957 à une explosion de critiques. Le pouvoir se croit menacé et réagit vite et vigoureusement. La campagne « anti-droitière » envoie environ 500 000 droitiers dans des camps de rééducation par le travail par simple décision administrative et sans condamnation par la justice.</p>
<p>Les professions juridiques, les milieux universitaires, les fonctionnaires sont particulièrement visés comme le seront nombre d’écrivains et notamment Ding Ling.</p>
<p>En 1958, c’est le « Grand Bond en Avant », une mobilisation politique sans aucun rapport avec la réalité économique qui se termine par un effondrement économique aggravé par la fin de l’aide soviétique et par des calamités naturelles.</p>
<p><a rel="attachment wp-att-3202" href="http://mychinesebooks.com/fryang-xianhui-wang-bing-donner-la-parole-aux-survivants-des-camps/yang-xianhui/"><img class="alignleft size-full wp-image-3202" title="Yang Xianhui" src="http://mychinesebooks.com/wp-content/uploads/2012/03/Yang-Xianhui.jpg" alt="" width="177" height="285" /></a>La famine des années 1960-1962 entraîne autour de 30 millions de morts (6) et un déficit de naissances au moins équivalent. C’est dans ce contexte que se déroule la vie et la mort au camp de Jiabiangou au nord du Gansu, en bordure du désert de Gobi, qui compta jusqu&#8217;à trois mille prisonniers. Fin 1960, quand le camp fut fermé à la demande des autorités centrales, il restait à peine 500 survivants (qui furent renvoyés chez eux) et un médecin qui s’occupa des archives pour déclarer les maladies dont seraient morts les prisonniers victimes de la faim.</p>
<p><strong>4- </strong><strong>La force et l’horreur du « Fossé », un film interdit en Chine :</strong></p>
<p>Le « Fossé » est le premier film de fiction de <a href="http://www.iletaitunefoislecinema.com/entretien/5210/rencontre-avec-wang-bing">Wang Bing</a>, connu pour son monumental documentaire sur la mort d’une ville industrielle du nord-est de la Chine (« A l’Ouest des rails »).</p>
<p>Le tournage de ce film, préparé par des rencontres avec les survivants, a été totalement clandestin autour du camp de Mingshui où des prisonniers de Jiabiangou avaient été transférés. Les prisonniers qui vivaient dans des dortoirs souterrains, de type troglodyte, creusaient un fossé qui devait permettre l’irrigation ultérieure de la région.</p>
<p>Un paysage plat et désertique, le vent, le froid, la faim, les cadavres qu’il faut recouvrir de sable tous les matins. Le seul objectif est de survivre, par TOUS les moyens…</p>
<p>La photographie est sublime et la musique très réussie mais le film dans sa force et sa crudité, n’a pas la complexité des nouvelles. L’épisode de la visite au camp de « La femme de Shanghai », l’une des nouvelles les plus émouvantes est un épisode décevant qui s’intègre mal dans le film.</p>
<p>Mais c’est un <a href="http://www.rue89.com/rue89-culture/2012/03/07/avec-fengming-et-le-fosse-wang-bing-filme-lhistoire-occultee-229981">film courageux</a>, qui fera date et qui, je l’espère, conduira à lire un recueil de nouvelles de très grande qualité.</p>
<p>Bertrand Mialaret</p>
<p>(1)   Yang Xianhui, « Woman from Shanghai, tales of survival from a chinese labor camp”. Pantheon Books 2009, 300 pages.</p>
<p>(2)   Yang Xianhui, “Le chant des martyrs, dans les camps de la mort de la Chine de Mao”, traduit de l’anglais par Patricia Barbe-Girault, Balland, juin 2010.</p>
<p>(3)   Deux livres de Zhang Xianliang ont été réédités chez Belfond: « La mort est une habitude » , « La moitié de l’homme c’est la femme » .</p>
<p>Zhang Xianliang a passé vingt ans dans divers camps ou prisons ;  le journal de cette période a été publié en langue anglaise « Grass Soup », Minerva UK, 1994.</p>
<p>(4)   Jean Pasqualini, « Prisonnier de Mao », Gallimard 1995.</p>
<p>(5)   Harry Wu, « Vents Amers », Bleu de Chine, 1995 et « Retour au Laogai », Belfond 1996.</p>
<p>Frank Dikotter, « Mao’s great famine », Bloomberg 2010, 420 pages</p>
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		<title>Anne Cheng: Confucius réinventé, un produit d’exportation chinois.</title>
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		<pubDate>Fri, 16 Mar 2012 15:06:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bertrand Mialaret</dc:creator>
				<category><![CDATA[FeaturedRue89]]></category>
		<category><![CDATA[Headline]]></category>
		<category><![CDATA[Rue89]]></category>
		<category><![CDATA[Anne Cheng]]></category>

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		<description><![CDATA[<p><a rel="attachment wp-att-3182" href="http://mychinesebooks.com/franne-cheng-confucius-rinvent-produit-dexportation-chinois/220px-anne_cheng_2008/"><img class="alignleft size-full wp-image-3182" title="220px-Anne_Cheng_2008" src="http://mychinesebooks.com/wp-content/uploads/2012/03/220px-Anne_Cheng_2008.jpg" alt="" width="220" height="216" /></a>Depuis 2008, <a href="http://www.college-de-france.fr/site/anne-cheng/index.htm" target="_blank">Anne Cheng</a>, ancienne élève de l&#8217;Ecole normale supérieure, effectue <a href="http://www.rue89.com/chinatown/2008/12/14/la-pensee-chinoise-entre-au-college-de-france">au Collège de France</a> ses travaux de recherche et d&#8217;enseignement sur l&#8217;histoire intellectuelle de la Chine, après les avoir menés dans le cadre du CNRS puis de l&#8217;Institut National des Langues et Civilisations Orientales (INALCO).</p>
<p>Sa traduction des « Entretiens » de Confucius et son « Histoire de la pensée chinoise » sont devenus des classiques.</p>
<p>Elle a bien voulu nous parler de l&#8217;actualité de Confucius tant&#8230; <a href="http://mychinesebooks.com/franne-cheng-confucius-rinvent-produit-dexportation-chinois/" class="read_more">Lire la suite</a></p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a rel="attachment wp-att-3182" href="http://mychinesebooks.com/franne-cheng-confucius-rinvent-produit-dexportation-chinois/220px-anne_cheng_2008/"><img class="alignleft size-full wp-image-3182" title="220px-Anne_Cheng_2008" src="http://mychinesebooks.com/wp-content/uploads/2012/03/220px-Anne_Cheng_2008.jpg" alt="" width="220" height="216" /></a>Depuis 2008, <a href="http://www.college-de-france.fr/site/anne-cheng/index.htm" target="_blank">Anne Cheng</a>, ancienne élève de l&#8217;Ecole normale supérieure, effectue <a href="http://www.rue89.com/chinatown/2008/12/14/la-pensee-chinoise-entre-au-college-de-france">au Collège de France</a> ses travaux de recherche et d&#8217;enseignement sur l&#8217;histoire intellectuelle de la Chine, après les avoir menés dans le cadre du CNRS puis de l&#8217;Institut National des Langues et Civilisations Orientales (INALCO).</p>
<p>Sa traduction des « Entretiens » de Confucius et son « Histoire de la pensée chinoise » sont devenus des classiques.</p>
<p>Elle a bien voulu nous parler de l&#8217;actualité de Confucius tant dans le monde chinois qu&#8217;en Occident et en France. <a href="http://www.rue89.com/rue89-culture/2012/03/11/anne-cheng-confucius-reinvente-un-produit-dexportation-chinois-229916">Lire la suite sur Rue89.</a></p>
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		<title>Shi Zhecun, modernisme et continuité à Shanghai.</title>
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		<pubDate>Mon, 05 Mar 2012 10:35:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bertrand Mialaret</dc:creator>
				<category><![CDATA[Headline]]></category>
		<category><![CDATA[Nouvelles]]></category>
		<category><![CDATA[Shi Zhecun]]></category>

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		<description><![CDATA[<h1><span style="font-weight: normal;"><span style="font-size: medium;"><a rel="attachment wp-att-3146" href="http://mychinesebooks.com/frshi-zhecun-modernisme-continuit-shanghai-3/shi-zhecun-2/"><img class="alignleft size-full wp-image-3146" title="Shi Zhecun (2)" src="http://mychinesebooks.com/wp-content/uploads/2012/03/Shi-Zhecun-2.jpg" alt="" width="160" height="220" /></a>La collection  Bleu de Chine  a  édité  plusieurs  ouvrages  de  bonne  qualité  sur  la  littérature  des  années  1930  et  notamment  un  excellent  recueil  de  textes  et  de  dessins  de  Feng  Zikai (1).</span></span></h1>
<p>Les nouvelles et la « prose de circonstance » de Shi Zhecun (2), publiées il y a quelques mois dans une traduction de Marie Laureillard et Gilles Cabrero, permettent de découvrir un auteur un peu oublié et dont on ne connaissait que deux nouvelles traduites&#8230; <a href="http://mychinesebooks.com/frshi-zhecun-modernisme-continuit-shanghai-3/" class="read_more">Lire la suite</a></p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h1><span style="font-weight: normal;"><span style="font-size: medium;"><a rel="attachment wp-att-3146" href="http://mychinesebooks.com/frshi-zhecun-modernisme-continuit-shanghai-3/shi-zhecun-2/"><img class="alignleft size-full wp-image-3146" title="Shi Zhecun (2)" src="http://mychinesebooks.com/wp-content/uploads/2012/03/Shi-Zhecun-2.jpg" alt="" width="160" height="220" /></a>La collection  Bleu de Chine  a  édité  plusieurs  ouvrages  de  bonne  qualité  sur  la  littérature  des  années  1930  et  notamment  un  excellent  recueil  de  textes  et  de  dessins  de  Feng  Zikai (1).</span></span></h1>
<p>Les nouvelles et la « prose de circonstance » de Shi Zhecun (2), publiées il y a quelques mois dans une traduction de Marie Laureillard et Gilles Cabrero, permettent de découvrir un auteur un peu oublié et dont on ne connaissait que deux nouvelles traduites dans l’excellent recueil « Le fox-trot de Shanghai »(3) par Isabelle Rabut et Angel Pino.</p>
<p><strong>1- </strong><strong>Toujours en mouvement…</strong></p>
<p>Shi Zhecun (1905-2003) naît à Suzhou mais il passe sa jeunesse à Songjiang dans le Zhejiang avec un père enseignant. Il s’intéresse à la poésie et commence très tôt à publier. Il étudie l’anglais à Shanghai et un peu de français à l’université Aurore, fondée par des jésuites français en 1903 et où il rencontre plusieurs écrivains avec lesquels il créera la revue Xiandai.</p>
<p>Enseignant, traducteur, animateur de revues, ses nouvelles commencent à être connues mais c’est la revue Xiandai, qu’il dirigea de mai 1932 à mai 1935, qui le rendra célèbre.</p>
<p>Cette revue Xiandai, « Les contemporains », est un mensuel littéraire qui tirait à 5000 exemplaires et qui a publié une centaine de traductions de littérature étrangère (essentiellement américaine et japonaise). La revue fit connaître les techniques nouvelles de la littérature contemporaine et de ce fait eut une influence certaine sur la littérature chinoise comme l’explique Zhang Yinde (4).</p>
<p>Plusieurs écrivains de ce groupe sont des personnages assez étonnants: Liu Na’ou, taiwanais de mère japonaise, éduqué au Japon puis étudiant à l’Aurore; il meurt assassiné à 39 ans du fait probablement de ses liens avec le gouvernement pro japonais de Wang Jingwei, établi à Nankin. On pourra lire un de ses textes dans le recueil publié par Isabelle Rabut et Angel Pino (3).</p>
<p>Il en est de même pour Mu Shiying (1912-1940), protégé par Shi Zhecun et qui finit assassiné pour les mêmes raisons que son ami Liu Na’ou. On peut également lire une de ses nouvelles dans l’excellent « Shanghai » (5), dirigé par Nicolas Idier.</p>
<p>2-     <strong>La querelle Pékin/ Shanghai :</strong></p>
<p><a rel="attachment wp-att-3150" href="http://mychinesebooks.com/frshi-zhecun-modernisme-continuit-shanghai-3/rabut-pino/"><img class="alignleft size-full wp-image-3150" title="Rabut-Pino" src="http://mychinesebooks.com/wp-content/uploads/2012/03/Rabut-Pino.jpg" alt="" width="193" height="298" /></a>La querelle donne une animation particulière à l’activité littéraire. On sait la différence fondamentale entre les deux villes, leur histoire, leur position politique et économique, leurs traditions et leur culture…</p>
<p>C’est Shen Congwen, un Tujia du Hunan, « assimilé » pékinois qui critique l’appât du gain, le dilettantisme des écrivains de Shanghai qui flattent les instincts les moins nobles de leurs lecteurs. Finalement, Lu Xun renvoie les deux camps dos à dos en soulignant l’antagonisme traditionnel entre commerçants et fonctionnaires mais aussi leur rejet commun de l’engagement politique.</p>
<p>Cette littérature de Shanghai est une littérature urbaine par ses sujets, sa mentalité, son style mais comme dit Isabelle Rabut (4) : « La littérature « canards mandarins et papillons » a reconquis l’estime des historiens de la littérature…Les petits essais en prose (xiaopin) sur les divers aspects de la vie quotidienne…bénéficient aussi de cette révision du jugement » (p.38).</p>
<p>Plusieurs professeurs américains (Patrick Hanan, William A. Lyell, Leo Ou-Fan Lee…) ont aussi relancé l’intérêt pour la littérature de Shanghai en montrant la variété des genres et des strates allant du plus populaire au plus moderniste/ élitiste.</p>
<p><strong>3- </strong><strong>Les nouvelles de Shi Zhecun (1)</strong></p>
<p>Une bonne définition de l’auteur est donnée par Wu Fuhui (4) « Shi Zhecun est un maître du roman psychanalytique influencé directement par les théories de Freud. En évoquant de l’intérieur la vie de ses personnages (en particulier les femmes), il dépeint la nature humaine et l’amour…(il) a une double personnalité citadine et rurale …Ses œuvres les plus remarquables sont bâties sur le « heurt culturel » qui se produit lorsque la campagne rencontre la métropole. »(p.235)</p>
<p>Neuf recueils de nouvelles, soit près de 70, paraîtront entre 1923 et 1937. L’auteur introduit nombre de techniques littéraires, mais sans rupture; il reste attaché à la tradition et son style tout comme la composition des nouvelles sont particulièrement soignés.</p>
<p><a rel="attachment wp-att-3153" href="http://mychinesebooks.com/frshi-zhecun-modernisme-continuit-shanghai-3/9782221110966-3/"><img class="alignleft size-full wp-image-3153" title="9782221110966" src="http://mychinesebooks.com/wp-content/uploads/2012/03/9782221110966.gif" alt="" width="110" height="166" /></a>Les thèmes sont variés: les premiers émois amoureux; une jeune veuve tente de séduire un adolescent; un poète impécunieux et un peu fou. Un voyageur rencontre une jolie femme qui se révèle être un dangereux trafiquant… Dans un cinéma, une femme émancipée et un mouchoir qui deviendra un souvenir d’un fantasme érotique. Une femme démon trouble l’esprit d’un ami; l’angoisse dans une auberge… Une longue nouvelle de soixante pages (« L’amour de Shi Xiu ») est un pastiche, à mon sens décevant, de quelques chapitres du roman classique « Au bord de l’eau ». D’autres tentatives sont également peu heureuses: une danseuse au téléphone et l’on n’entend pas les réponses de son interlocuteur…</p>
<p>Par contre, comment ne pas être séduit par « Crépuscule à la saison des pluies » : un homme marié revenant de son travail, protégé par un parapluie lors d’un gros orage, rencontre une jolie femme qui descend d’un autobus; il hésite, lui offre de l’accompagner, la pluie s’arrête, elle s’en va…</p>
<p>Deux textes intéressants sont également publiés: un essai écrit après la mort de Shen Congwen (1988) et un texte volontairement très « littéraire », « Le Goût de la pluie » (1937), brillant mais un peu décevant.</p>
<p><strong>4- </strong><strong>Une longue vie sans littérature :</strong></p>
<p><a rel="attachment wp-att-3159" href="http://mychinesebooks.com/frshi-zhecun-modernisme-continuit-shanghai-3/01069747903-3/"><img class="alignleft size-full wp-image-3159" title="01069747903" src="http://mychinesebooks.com/wp-content/uploads/2012/03/010697479032.gif" alt="" width="81" height="119" /></a>La guerre sino-japonaise de 1937 le voit partir au Yunnan. Il commence une carrière universitaire, arrête d’écrire des nouvelles. Il revient à Shanghai en 1947 et se consacre à des recherches sur les livres anciens et l’épigraphie. Il rédige plusieurs volumes d’essais et, après la Révolution Culturelle, entreprend la rédaction de ses mémoires… On ne compte plus les créateurs foudroyés par les guerres ou les turbulences politiques…</p>
<p>Bertrand Mialaret</p>
<p>(1)   Feng Zikai, « Couleur de nuages », textes traduits et présentés par Marie Laureillard. Bleu de Chine Gallimard 2010, 205 pages,22 euros.</p>
<p>(2)    Shi Zhecun, « Le goût de la pluie » ; 14 nouvelles et deux « textes de circonstance », traduits et annotés par Marie Laureillard et Gilles Cabrero. Bleu de Chine Gallimard 2011, 340 pages,  24,50 euros.</p>
<p>(3)    « Le fox-trot de Shanghai », nouvelles d’écrivains shanghaïens et de conteurs pékinois des années trente, traduites et présentées par Isabelle Rabut et Angel Pino. Albin Michel 1996, 360 pages.</p>
<p>(4)    « Pékin Shanghai, tradition et modernité dans la littérature chinoise des années trente » sous la direction d’Isabelle Rabut et Angel Pino. Bleu de Chine 2000 , 320 pages . Cet ouvrage contient de nombreux articles sur la querelle Ecole de Pékin/ Ecole de Shanghai (Jinpai/Haipai).</p>
<p>(5)    « Shanghai, histoire, promenades, anthologies et dictionnaires » dirigé par Nicolas Idier . Robert Laffont, 1470 pages, 2010, 33 euros.</p>
<p><strong> </strong></p>
<div align="right" style="float: right; padding: 5px 0px 0px 5px;"><a name="fb_share" type="box_count" share_url="http://mychinesebooks.com/frshi-zhecun-modernisme-continuit-shanghai-3/"></a></div><fb:share-button href="http://mychinesebooks.com/frshi-zhecun-modernisme-continuit-shanghai-3/" type="box_count"></fb:share-button><img src="http://feeds.feedburner.com/~r/mychinesebooks/~4/yPziO1H6_fI" height="1" width="1"/>]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Wuhe nous présente « Les Survivants » d’un drame de la colonisation.</title>
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		<comments>http://mychinesebooks.com/frwuhe-nous-prsente-les-survivants-dun-drame-de-la-colonisation/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 12 Feb 2012 12:03:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bertrand Mialaret</dc:creator>
				<category><![CDATA[Headline]]></category>
		<category><![CDATA[Romans]]></category>
		<category><![CDATA[Wuhe]]></category>

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		<description><![CDATA[<p><a rel="attachment wp-att-3091" href="http://mychinesebooks.com/frwuhe-nous-prsente-les-survivants-dun-drame-de-la-colonisation/images-3/"><img class="alignleft size-full wp-image-3091" title="images" src="http://mychinesebooks.com/wp-content/uploads/2012/02/images.jpg" alt="" width="174" height="289" /></a>Quand un livre vous est recommandé par des lecteurs de Rue89, la traductrice française, Emmanuelle Péchenart, les éditeurs d’Actes Sud, Isabelle Rabut et Angel Pino, le traducteur américain, Michael Berry et qu’en plus, un film à succès «<a href="http://www.chinesemovies.com.fr/films_Wei_Tesheng_Seediq_Bale.htm"> Seediq Bale</a> » en a été tiré, on s’inquiète, on craint d’être déçu; a tort, « Les Survivants » est un livre magnifique…</p>
<p><strong>1- </strong><strong>Quelques repères :</strong></p>
<p>Les aborigènes de Taiwan, les premiers occupants de l’île, représentent moins de&#8230; <a href="http://mychinesebooks.com/frwuhe-nous-prsente-les-survivants-dun-drame-de-la-colonisation/" class="read_more">Lire la suite</a></p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a rel="attachment wp-att-3091" href="http://mychinesebooks.com/frwuhe-nous-prsente-les-survivants-dun-drame-de-la-colonisation/images-3/"><img class="alignleft size-full wp-image-3091" title="images" src="http://mychinesebooks.com/wp-content/uploads/2012/02/images.jpg" alt="" width="174" height="289" /></a>Quand un livre vous est recommandé par des lecteurs de Rue89, la traductrice française, Emmanuelle Péchenart, les éditeurs d’Actes Sud, Isabelle Rabut et Angel Pino, le traducteur américain, Michael Berry et qu’en plus, un film à succès «<a href="http://www.chinesemovies.com.fr/films_Wei_Tesheng_Seediq_Bale.htm"> Seediq Bale</a> » en a été tiré, on s’inquiète, on craint d’être déçu; a tort, « Les Survivants » est un livre magnifique…</p>
<p><strong>1- </strong><strong>Quelques repères :</strong></p>
<p>Les aborigènes de Taiwan, les premiers occupants de l’île, représentent moins de 500 000 personnes soit 2% de la population. On distingue 14 groupes dont les Sedeq que l’on vient « administrativement » de séparer des Atayal, entité de 80 000 personnes du Nord Est de l’île dont ils faisaient auparavant partie. Ce sont ces tribus qui sont au cœur du roman de Wuhe (1) et qui subissent l’histoire de Taiwan.</p>
<p>Les Hollandais, qui occupent le sud de l’île pendant quarante ans, sont chassés en 1662 lorsque Koxinga, fidèle aux Ming et fuyant les Mandchous, se réfugie à Taiwan. En 1683, l’île passe sous administration de la province du Fujian et l’émigration chinoise s’accélère (3 millions en 1860), contraignant les aborigènes à se réfugier dans les zones montagneuses .</p>
<p>Après la défaite chinoise, le traité de Shimonoseki en 1895, cède l’île au Japon jusqu’en 1945. Une politique d’assimilation est engagée, la langue japonaise est imposée, les tatouages traditionnels et les ablations dentaires sont interdits. En 1926, les Atayals rendent 1300 fusils, « l’arme étant le bien le plus précieux du chasseur » (p.90) mais les crânes, « objets sacrificiels » sont conservés.</p>
<p>En octobre 1930, un incident entre le fils de Mona Rudao, chef d’une tribu Sedeq et un policier japonais, conduisit à l’élimination par « fauchage » des têtes de 130 Japonais qui assistaient à une manifestation sportive à Musha. La réplique massive des Japonais avec des armes modernes, entraîna des suicides en masse de Sedeq. En avril 1931, les aborigènes d’une autre tribu Sedeq, les Tuuda, à l’instigation des Japonais, « fauchèrent » une centaine de corps !</p>
<p>Les survivants furent déportés au village de « l’île entre deux eaux ».Et c’est là que Wuhe va séjourner en 1997 et 1998 pour enquêter sur les « Evènements de Musha ».</p>
<p><strong>2- </strong><strong>Un écrivain important :</strong></p>
<p><a rel="attachment wp-att-3094" href="http://mychinesebooks.com/frwuhe-nous-prsente-les-survivants-dun-drame-de-la-colonisation/wuhe/"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-3094" title="Wuhe" src="http://mychinesebooks.com/wp-content/uploads/2012/02/Wuhe-121x150.jpg" alt="" width="121" height="150" /></a>Wuhe est le nom de plume (« la grue qui danse ») de Chen Guosheng, né en 1951 et diplômé de l’université Chenggong de Tainan. Il publie des nouvelles de 1974 à 1979, puis pendant treize ans mène une vie de reclus et prétend essayer de comprendre Taiwan et sa culture. En 1999, la publication des « Survivants », rapidement couvert de prix littéraires, est considéré comme un événement. Il en est de même pour le film « Seediq Bale » que le réalisateur Wei Tesheng a tiré du roman, le film le plus cher de l’histoire du cinéma taiwanais, projeté il y a quelques mois à Venise.</p>
<p>Un écrivain important mais dont un seul ouvrage est traduit comme nous l’indique le livre sur « La littérature taiwanaise. Etat des recherches et réception à l’étranger » (2), une somme éditée par Angel Pino et Isabelle Rabut.</p>
<p>Cependant, le roman a été analysé de manière approfondie par David Der-Wei Wang (3) et par Michael Berry (4) qui par ailleurs est en train de traduire le roman en anglais.</p>
<p><strong>3- </strong><strong>Flux de conscience et mélange des genres :</strong></p>
<p>Ce roman de 270 pages ne comprend qu’un seul paragraphe et quasiment pas de ponctuation. Cette présentation des flux de conscience peut dérouter de prime abord mais il convient de ne pas se laisser impressionner d’autant que les transitions sont habiles et que la traduction, très fluide, se lit agréablement. L’auteur nous force à être proche de lui, de son cheminement intellectuel ou sensible .</p>
<p>Pas d’ « histoire », une suite de sketches, d’interviews, d’anecdotes, de reportages, de notations ethnographiques. Un ensemble de rencontres: Bakou et Danafu, les Sedeq diplômés, le pasteur, une nonne, le Vagabond, le frère de la Fille et tant d’autres; un vieux Tuuda, « faucheur » de têtes, Shabo qui a travaillé pour l’armée japonaise.</p>
<p>L’auteur dialogue avec lui-même, essaie de comprendre ce qui s’est réellement passé, ce qu’on lui cache, ce qui a été oublié; un grand effort d’empathie vis à vis des survivants.</p>
<p>Le héros du livre, comme Wuhe, est un personnage quelque peu traumatisé et l’enquête sur les « évènements de Musha » est aussi un moyen d’apprécier ce qui lui arrive, ce qui lui est arrivé.</p>
<p><a rel="attachment wp-att-3111" href="http://mychinesebooks.com/frwuhe-nous-prsente-les-survivants-dun-drame-de-la-colonisation/mona-rudao/"><img class="alignleft size-medium wp-image-3111" title="Mona Rudao" src="http://mychinesebooks.com/wp-content/uploads/2012/02/Mona-Rudao-193x300.jpg" alt="" width="193" height="300" /></a>On pense à certaines techniques romanesques de « La montagne de l’âme » du prix Nobel <a href="http://mychinesebooks.com/engao-xiingjiannobel-prize-pen-brushfrle-nobel-de-litterature-gao-xingjian-de-la-plume-la-brosse/">Gao Xingjian</a>, mais aussi à leur recherche commune des racines primitives, Miaos d’un côté, Sedeq et Atayal de l’autre.</p>
<p>David Der-Wei Wang rapproche Wuhe et le grand écrivain <a href="http://mychinesebooks.com/enshen-congwen-rediscover-favoritesfrshen-congwen-grand-crivain-redcouvrir/">Shen Congwen</a> en soulignant que tous deux essaient de lier culture aborigène et culture Han, mais pour préciser aussitôt que « Shen Congwen draws the power of his writing from an « imaginary nostalgia »…by contrast, Wuhe comes across as a practitionner of literary melancholia »(p.36) Mais il est vrai qu’on peut rapprocher les exécutions dans « Le petit soldat du Hunan » (5) du « fauchage » des têtes.</p>
<p>La Fille est un personnage important; revenue au village après un mariage raté avec un Atayal et l’abandon de ses enfants. Après un passage en ville dans un bordel, le village la protège du proxénète revenu la chercher, mais elle sera « au service » des hommes du village.</p>
<p>Elle remontera la rivière avec l’auteur à la recherche des territoires des ancêtres, ce sera le dernier épisode de la quête du roman.</p>
<p><strong>4- </strong><strong>Le « fauchage» des têtes, est-il  un acte de résistance ?</strong></p>
<p><a rel="attachment wp-att-3100" href="http://mychinesebooks.com/frwuhe-nous-prsente-les-survivants-dun-drame-de-la-colonisation/abirigenes-de-taiwan/"><img class="alignleft size-full wp-image-3100" title="Abirigènes de Taiwan" src="http://mychinesebooks.com/wp-content/uploads/2012/02/Abirigènes-de-Taiwan.png" alt="" width="250" height="380" /></a>Pour le Guomintang puis pour certains commentateurs Han, les « évènements de Musha » sont un acte de résistance face à l’occupation japonaise. Et Mona Rudao doit être honoré comme un héros. Des pièces de monnaie sont frappées en 2001 à son effigie; après une stèle puis une statue, c’est en 2001 un musée commémoratif à Chuanzhongdao, et même en 2005 une glorification par… un groupe de hard rock qui fera une tournée aux Etats Unis !</p>
<p>La réalité est moins simple. Le vieux Tuuda, tatoué, « dit que ce que l’on ressent dans les fauchages, c’est un plaisir qui n’a pas son pareil, inexprimable…» (p.165). Cependant avec cette pratique du « fauchage », les individus sont privés à jamais de leur autonomie, l’existence humaine se déroule à jamais dans la perspective d’être tué ou de tuer autrui, dans le long fleuve de l’histoire, l’existence se passe dans la terreur, dans la perspective imminente de se faire massacrer qui fait qu’on massacre autrui » (p.238)</p>
<p>Les « évènements de Musha » sont-ils un simple « fauchage » traditionnel, à grande échelle; c’est possible car il n’y avait pas de résistance anti-japonaise depuis plus de dix ans, mais cette constatation n’est pas politiquement correcte !</p>
<p>Les « évènements » sont-ils aussi pour les Sedeq un acte de « dignité », dignité dans le fauchage et les suicides qui suivirent.</p>
<p><a rel="attachment wp-att-3097" href="http://mychinesebooks.com/frwuhe-nous-prsente-les-survivants-dun-drame-de-la-colonisation/atayal/"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-3097" title="Atayal" src="http://mychinesebooks.com/wp-content/uploads/2012/02/Atayal-107x150.jpg" alt="" width="107" height="150" /></a>Ce qui est certain, c’est que la vie des « Survivants » fut une existence de souffrance et de honte; une autodestruction par l’alcoolisme qui est une manière de rejeter l’assimilation. Il en est de même pour la prostitution des femmes en ville ;</p>
<p>Il est clair que les mêmes causes produisent les mêmes effets qui sont soulignés par l’intérêt récent pour les civilisations aborigènes qu’il s’agisse de l’Australie avec les luttes pour les terres et les spéculations sur l’art « primitif » ou de la Nouvelle Zélande, comme a pu le montrer l’exposition récente « Maori » au musée du Quai Branly à Paris.</p>
<p>Bertrand Mialaret</p>
<p>(1)   Wuhe, « Les Survivants », roman traduit par Esther Lin-Rosolato et Emmanuelle Péchenard. Préface et notes par Angel Pino et Isabelle Rabut. Actes Sud 2011, 295 pages, 23 euros.</p>
<p>(2)   « La littérature taiwanaise. Etat des recherches et réception à l’étranger », textes édités par Angel Pino et Isabelle Rabut. Editions You Feng 2011, 680 pages, 30 euros.</p>
<p>(3)    “A history of pain: Trauma in modern Chinese literature and film”, Michael Berry, Columbia University Press, New York, 2008.</p>
<p>(4)    “The monster that is history”, David Der-Wei Wang. University of California , 2004.</p>
<p>(5)    “ Le petit soldat du Hunan”, Shen Congwen, traduit par Isabelle Rabut. Albin Michel,      1992.</p>
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		<item>
		<title>L’écrivain Su Tong règle ses comptes avec le peuple des « berges »</title>
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		<comments>http://mychinesebooks.com/frlcrivain-su-tong-rgle-ses-comptes-avec-le-peuple-des-berges/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 28 Jan 2012 10:46:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bertrand Mialaret</dc:creator>
				<category><![CDATA[FeaturedRue89]]></category>
		<category><![CDATA[Romans]]></category>
		<category><![CDATA[Rue89]]></category>
		<category><![CDATA[Su Tong]]></category>

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		<description><![CDATA[<p><a rel="attachment wp-att-3068" href="http://mychinesebooks.com/frlcrivain-su-tong-rgle-ses-comptes-avec-le-peuple-des-berges/auteur_1141313855_1-4/"><img class="alignleft size-full wp-image-3068" title="auteur_1141313855_1" src="http://mychinesebooks.com/wp-content/uploads/2012/01/auteur_1141313855_1.jpg" alt="" width="180" height="240" /></a>Le romancier chinois Su Tong est l&#8217;un des favoris du public, tant en Chine qu&#8217;en Occident depuis le succès du film « <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89pouses_et_concubines_%28film%29" target="_blank">Epouses et Concubines</a> » (1991), tiré de l&#8217;un de ses romans.</p>
<p>Neuf livres traduits en Français et un succès reconnu par le prix Man Asie en 2009 pour « La Berge », un bon roman qui vient d&#8217;être traduit par François Sastourné.</p>
<p>Les multiples talents de l&#8217;auteur sont également illustrés par « A Bicyclette », un&#8230; <a href="http://mychinesebooks.com/frlcrivain-su-tong-rgle-ses-comptes-avec-le-peuple-des-berges/" class="read_more">Lire la suite</a></p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a rel="attachment wp-att-3068" href="http://mychinesebooks.com/frlcrivain-su-tong-rgle-ses-comptes-avec-le-peuple-des-berges/auteur_1141313855_1-4/"><img class="alignleft size-full wp-image-3068" title="auteur_1141313855_1" src="http://mychinesebooks.com/wp-content/uploads/2012/01/auteur_1141313855_1.jpg" alt="" width="180" height="240" /></a>Le romancier chinois Su Tong est l&#8217;un des favoris du public, tant en Chine qu&#8217;en Occident depuis le succès du film « <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89pouses_et_concubines_%28film%29" target="_blank">Epouses et Concubines</a> » (1991), tiré de l&#8217;un de ses romans.</p>
<p>Neuf livres traduits en Français et un succès reconnu par le prix Man Asie en 2009 pour « La Berge », un bon roman qui vient d&#8217;être traduit par François Sastourné.</p>
<p>Les multiples talents de l&#8217;auteur sont également illustrés par « A Bicyclette », un recueil de nouvelles publié il y a quelques mois.<a href="http://www.rue89.com/rue89-culture/2012/01/24/le-romancier-chinois-su-tong-regle-ses-comptes-avec-le-peuple-des-berges">Lire la suite sur Rue89.</a></p>
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		<item>
		<title>L’internet est-il l’avenir de la littérature?</title>
		<link>http://feedproxy.google.com/~r/mychinesebooks/~3/F60nWPxwyec/</link>
		<comments>http://mychinesebooks.com/frlinternet-estil-lavenir-de-la-littrature/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 20 Dec 2011 21:39:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bertrand Mialaret</dc:creator>
				<category><![CDATA[Edition]]></category>
		<category><![CDATA[Headline]]></category>
		<category><![CDATA[littérature sur internet]]></category>

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		<description><![CDATA[<p><a rel="attachment wp-att-3042" href="http://mychinesebooks.com/frlinternet-estil-lavenir-de-la-littrature/internet/"><img class="alignleft size-full wp-image-3042" title="internet" src="http://mychinesebooks.com/wp-content/uploads/2011/12/internet.jpg" alt="" width="259" height="194" /></a>La Chine est maintenant le N°1 mondial tant pour le nombre d’internautes que pour l’utilisation de téléphones portables. Un tel environnement a permis un développement extrêmement rapide de la littérature sur internet. La création littéraire, le rôle des maisons d’édition, les rapports entre la littérature et les autres médias, tout cela en est bouleversé…</p>
<p><strong>1- </strong><strong>La Chine brûle les étapes :</strong></p>
<p>La Chine, avec ses 460 millions d’internautes, a dépassé les Etats Unis; ils sont jeunes,&#8230; <a href="http://mychinesebooks.com/frlinternet-estil-lavenir-de-la-littrature/" class="read_more">Lire la suite</a></p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a rel="attachment wp-att-3042" href="http://mychinesebooks.com/frlinternet-estil-lavenir-de-la-littrature/internet/"><img class="alignleft size-full wp-image-3042" title="internet" src="http://mychinesebooks.com/wp-content/uploads/2011/12/internet.jpg" alt="" width="259" height="194" /></a>La Chine est maintenant le N°1 mondial tant pour le nombre d’internautes que pour l’utilisation de téléphones portables. Un tel environnement a permis un développement extrêmement rapide de la littérature sur internet. La création littéraire, le rôle des maisons d’édition, les rapports entre la littérature et les autres médias, tout cela en est bouleversé…</p>
<p><strong>1- </strong><strong>La Chine brûle les étapes :</strong></p>
<p>La Chine, avec ses 460 millions d’internautes, a dépassé les Etats Unis; ils sont jeunes, ils se connectent longtemps et n’ont aucune réticence à lire des livres sur écran. Les téléphones portables (780 millions) sont utilisés sur le net et la lecture de livres sur portable est un marché en pleine évolution même si l’on est loin de la situation du Japon.</p>
<p>Près de 30 millions de blogs; il faut remarquer que leur développement a accompagné celui de la création littéraire sur internet mais ne l’a pas provoqué. Quant à l’environnement économique, il n’est pas, comme en Europe, dominé par les firmes américaines: les Google, Yahoo, Amazon, Ebay, ne sont pas leaders en Chine.</p>
<p>Enfin, l’industrie du livre électronique connaît une croissance accélérée. Les fonds de bibliothèque sont largement numérisés (et non par Google !) et 40% des éditeurs publient simultanément un texte sur les supports papier et électronique. La piraterie est importante et freine le développement du marché mais la tradition était déjà bien ancrée avec le support papier !</p>
<p><a rel="attachment wp-att-3046" href="http://mychinesebooks.com/frlinternet-estil-lavenir-de-la-littrature/201008030940383780-2/"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-3046" title="201008030940383780" src="http://mychinesebooks.com/wp-content/uploads/2011/12/2010080309403837801-150x127.jpg" alt="" width="150" height="127" /></a>Le marché du lecteur (E reader) est limité (300 000 pièces au  troisième trimestre 2011, ce qui est faible par rapport aux ventes du Kindle (Amazon) aux US. Les deux leaders du marché chinois: Hanvon (60%) et Shanda qui a lancé son propre lecteur (Bambook) pour 20%. La concurrence vient des tablettes, des petits portables et surtout de la lecture sur téléphone. L’entrée de Dang Dang sur le marché devrait développer la vente des lecteurs.</p>
<p><strong>2- </strong><strong>Littérature sur internet, un exemple à suivre ? </strong></p>
<p>La littérature sur internet  est née et s’est développée en dehors de l’édition.</p>
<p>Les premiers sites internet littéraires datent de 1995. En 1997 est lancé à Shanghaï Rongshuxia.com qui va devenir pour un temps l’animateur majeur. A partir de l’an 2000, c’est l’explosion; deux groupes principaux de lecteurs/contributeurs: les moins de vingt ans et les retraités. Entre ces deux groupes d’âge, on n’a guère le temps de lire et d’écrire !</p>
<p>Les volumes défient l’imagination. Le groupe Shanda qui a racheté les sites principaux (Qidian, le plus connu, Jinjiang et Hongxiu.com), totalise 70 millions de visiteurs unique par mois; un volume de 300 millions de pages par jour. Le site de Qidian est l’un des 30 sites les plus visités en Chine.</p>
<p>Il s’agit de textes de divertissement; les modes se succèdent: les romans sentimentaux ont toujours la cote surtout du côté féminin; récemment les arts martiaux (wuxia) sont un peu en perte de vitesse; par contre les romans fantastiques sur le thème des profanateurs de tombes ou des fantômes et autres vampires  bénéficient de la popularité des romans type « Harry Potter ».</p>
<p>Par exemple, « Une bougie dans la tombe » de Zhang Muye, un roman fantastique écrit en un an, pendant ses loisirs, par un cadre financier générera six millions de contacts.</p>
<p>L’édition, de plus, limite ses risques : le succès sur internet se confirme, 600 000 exemplaires du livre ont été vendus et un film a suivi. Le site Qidian a publié 500 titres pour un total de 30 millions d’exemplaires.</p>
<p><strong>3- Concurrence et « star system ».</strong></p>
<p><a rel="attachment wp-att-3047" href="http://mychinesebooks.com/frlinternet-estil-lavenir-de-la-littrature/b8ac6f27aafb0d9e08c30b-2/"><img class="alignleft size-medium wp-image-3047" title="b8ac6f27aafb0d9e08c30b" src="http://mychinesebooks.com/wp-content/uploads/2011/12/b8ac6f27aafb0d9e08c30b-256x300.jpg" alt="" width="256" height="300" /></a>La concurrence est sévère, les managers et les auteurs changent facilement de site. Lu Jinbo, un auteur sur le net, devient une vedette du marketing des sites littéraires et édite des écrivains aussi célèbres que Han Han et Wang Shuo.</p>
<p>Les portails généralistes comme Sina ou Sohu sont maintenant des concurrents des sites littéraires, non seulement parce qu’ils vendent des Ebooks en ligne mais surtout avec le développement de leurs propres auteurs sous contrat.</p>
<p>La difficulté majeure est de fidéliser les lecteurs; les positions ne sont jamais acquises. Il faut donc créer l’événement. L’attribution en 2002 du prix littéraire Lao She à Ning Ken, un auteur publié uniquement sur le net, a marqué les esprits.</p>
<p>Une nouvelle génération d’auteurs est née avec le web, ils sont  jeunes et très soucieux de leur « look », ils occupent souvent les colonnes de la presse « people » par leurs aventures sentimentales ou leur mode de vie (Han Han est aussi pilote de course !)</p>
<p>4<strong>-  Les entreprises multimédia, une chance pour la littérature ?</strong></p>
<p>Le succès repose d’abord sur les membres, contributeurs et lecteurs. Le contributeur propose un texte qui, sélectionné, peut être mis en ligne. Certains auteurs sont sous contrat ( 4 000 chez Qidian). La première moitié de l’oeuvre  peut être lue gratuitement, puis c’est 3 yuans pour 100 000 caractères (un montant très faible pour tenter de lutter contre la piraterie); ce revenu est partagé 50/50 entre le site et  l’auteur. Les auteurs sont ainsi fidélisés mais aussi incités à augmenter la pagination ce qui n’est pas toujours une garantie de qualité.</p>
<p>Qidian a 150 000 contributeurs mais certains auteurs sont des forçats de la plume : Zu Hongzhi est un étudiant de 22 ans qui a abandonné l’Université de Suzhou et dont le pseudo est « j’aime manger des tomates » ! Comme dix autres auteurs, il gagne plus de 100 000 euros par an, mais a dû produire 10 millions de mots de romans d’arts martiaux dans les quatre dernières années !</p>
<p>Mais pour l’auteur sous contrat chez Qidian, l’objectif est certes d’avoir des lecteurs mais non plus d’être publié sous forme de livre et c’est là un changement fondamental. De plus avec internet, ce n’est pas une élite mais le plus grand nombre qui décide de la qualité d’une œuvre.</p>
<p>Les sites littéraires sur internet ont développé de nombreux services pour leurs membres, souvent en partenariat avec des tiers. D’autres médias ont été intégrés: stations de radio, négociation de droits pour les adaptations TV et cinéma et surtout pour les jeux vidéo.</p>
<p>75% du chiffre d’affaires (environ 280 millions de $) de la maison mère de Qidian (la société chinoise Shanda Interactive Entertainment, cotée en bourse aux Etats Unis ) provient des jeux vidéo et surtout de la popularité des jeux de rôle en réseau. Cela risque d’accentuer l’évolution de Qidian vers des œuvres de fantastique et de « fantasy » qui peuvent être à l’origine de nouveaux jeux vidéo.</p>
<p>Néanmoins des efforts sont faits pour améliorer la qualité des contributions: Qidian a financé la formation de 1 000 contributeurs par des stages de création littéraire avec l’Académie des Sciences Sociales de Shanghaï.</p>
<p>Certains pensent que ces sites littéraires sont des espaces de liberté. On peut en douter quand on voit la censure intervenir et surtout l’autocensure vis à vis des thèmes intouchables. Il convient de divertir et de ne pas poser ou se poser trop de questions; pas de violence excessive, de pornographie ou de « tendance politique négative » .</p>
<p>C’est pourquoi certains (Mo Yan, Wang Anyi), célèbres bien avant le web, pensent qu’il ne s’agit que d’une mode mais qu’il y a un risque que la littérature, qui a survécu avec peine à un pouvoir maoïste, puisse souffrir de ces évolutions. D’autres sont <a rel="attachment wp-att-3050" href="http://mychinesebooks.com/frlinternet-estil-lavenir-de-la-littrature/yu-hua-2-3/"><img class="alignleft size-full wp-image-3050" title="yu hua 2" src="http://mychinesebooks.com/wp-content/uploads/2011/12/yu-hua-2.jpg" alt="" width="128" height="96" /></a>plus nuancés: Yu Hua a accepté que plusieurs chapitres de « Brothers » soient accessibles gratuitement et vient de publier une sélection des articles de son propre blog uniquement sous forme digitale. Shanda a déjà recruté comme consultant Wang Meng, l’ancien ministre de la Culture qui dirigeait la délégation chinoise au Salon du livre de Francfort.</p>
<p>Bertrand Mialaret</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<div align="right" style="float: right; padding: 5px 0px 0px 5px;"><a name="fb_share" type="box_count" share_url="http://mychinesebooks.com/frlinternet-estil-lavenir-de-la-littrature/"></a></div><fb:share-button href="http://mychinesebooks.com/frlinternet-estil-lavenir-de-la-littrature/" type="box_count"></fb:share-button><img src="http://feeds.feedburner.com/~r/mychinesebooks/~4/F60nWPxwyec" height="1" width="1"/>]]></content:encoded>
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		<title>Anne Sastourné: du texte au livre…</title>
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		<pubDate>Thu, 08 Dec 2011 09:13:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bertrand Mialaret</dc:creator>
				<category><![CDATA[Edition]]></category>
		<category><![CDATA[Headline]]></category>
		<category><![CDATA[Anne Sastourné]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Anne Sastourné est éditrice aux Éditions du Seuil, chargée du secteur Extrême Orient, elle a bien voulu répondre à nos questions.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Peut-on parler d’une ligne éditoriale ?</strong></p>
<p>Au Seuil, ce qui compte, c’est une qualité littéraire et un certain niveau intellectuel; c’est une ligne d’ouverture.</p>
<p>Ce secteur Extrême Orient a été construit par mon prédécesseur, Vincent Bardet, et j’ai pris le relais il y a une dizaine d’années. J’ai trois casquettes: je suis secrétaire&#8230; <a href="http://mychinesebooks.com/franne-sastourn-du-texte-au-livre/" class="read_more">Lire la suite</a></p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Anne Sastourné est éditrice aux Éditions du Seuil, chargée du secteur Extrême Orient, elle a bien voulu répondre à nos questions.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Peut-on parler d’une ligne éditoriale ?</strong></p>
<p>Au Seuil, ce qui compte, c’est une qualité littéraire et un certain niveau intellectuel; c’est une ligne d’ouverture.</p>
<p>Ce secteur Extrême Orient a été construit par mon prédécesseur, Vincent Bardet, et j’ai pris le relais il y a une dizaine d’années. J’ai trois casquettes: je suis secrétaire de rédaction de la revue « Pouvoirs » qui traite de droit constitutionnel, je suis éditrice de « documents » et du secteur linguistique d’Extrême Orient. Je publie une quinzaine de livres par an.</p>
<p><a rel="attachment wp-att-3024" href="http://mychinesebooks.com/franne-sastourn-du-texte-au-livre/moyan-6/"><img class="alignleft size-full wp-image-3024" title="MoYan" src="http://mychinesebooks.com/wp-content/uploads/2011/12/MoYan1.jpg" alt="" width="200" height="300" /></a>Dans la maison, tout repose sur la confiance en nos choix éditoriaux; est ce qu’un livre nous plait, est la première question…Mon propre travail est compliqué par le fait que je ne lis pas les langues d’origine; la prochaine génération d’éditeurs sera en mesure, je l’espère, de lire directement en chinois ou en japonais…</p>
<p>Nous n’excluons aucun thème a priori, même si je n’édite pas volontiers de romans historiques surtout sur la période ancienne, par exemple.</p>
<p>Nous faisons des paris sur de jeunes auteurs, comme par exemple Liu Sola, mais ce n’est pas toujours couronné de succès. Cependant une maison de notre groupe « Les Editions de l’Olivier » a pu faire connaître plusieurs jeunes auteurs chinois.</p>
<p><a rel="attachment wp-att-3017" href="http://mychinesebooks.com/franne-sastourn-du-texte-au-livre/gaoxinjiang-photo-b-mialaret-7/"><img class="alignleft size-full wp-image-3017" title="GaoXinjiang (photo B. Mialaret)" src="http://mychinesebooks.com/wp-content/uploads/2011/12/GaoXinjiang-photo-B.-Mialaret.jpg" alt="" width="200" height="266" /></a>Les prix littéraires attribués en Asie ne jouent pas de rôle dans notre choix car ils sont inconnus du public français. Le Seuil publie de nombreux prix Nobel; et bien sûr on pourrait rêver à un Nobel pour Mo Yan après celui de Gao Xingjian. Cela étant à présent Mo Yan fait partie du fonds et ses livres se vendent bien quoi qu’il en soit.</p>
<p><strong>Y a-t-il un support des autorités françaises ?</strong></p>
<p>Le Centre National du Livre (CNL) joue un rôle très important puisqu’il prend en charge 60% du coût de la traduction. C’est essentiel. Pour obtenir cette aide, il faut constituer un dossier qui peut être refusé quand leur budget est trop limité ou que la commission juge la traduction de qualité insuffisante.</p>
<p>Avec l’aide du CNL, on peut équilibrer avec un tirage de 3 000 ex, sans cette aide, il faut au moins le double. Or pour un auteur peu connu, un tirage de 2 500 n’est pas un échec. Pour Mo Yan, c’est nettement plus et son roman qui s’est le mieux vendu est <em>Beaux Seins, Belles fesses</em>… très probablement à cause du titre !</p>
<p><strong>Avez-vous des agents en Chine ?</strong></p>
<p>En Chine, il y a encore relativement peu d’agents et pas toujours très professionnels; aucun n’a pris contact pour des romans à ce jour, par contre des agents européens sont venus me proposer des essais déjà traduits en anglais…</p>
<p>Dans certains cas et surtout pour des auteurs qui n’ont pas d’agent, j’obtiens les droits européens, mais rarement les droits américains ou japonais. Avoir les droits européens peut être intéressant quand le livre marche bien.</p>
<p>Je sélectionne les ouvrages avec l’aide de mon réseau personnel et des traducteurs; comme je ne publie que quatre ou cinq romans asiatiques par an, je n’ai pas vraiment besoin d’une personne qui se rendrait régulièrement en Chine, en Corée ou au Japon pour mon compte.</p>
<p><strong>Comment sont choisis les traducteurs ?</strong></p>
<p>L’idéal c’est de choisir le traducteur en fonction de l’auteur et d’attendre que le traducteur soit disponible pour lui confier le livre; en pratique, pour le chinois, il y a encore trop peu de traducteurs d’expérience et ils sont très occupés. Pour Mo Yan, nous avons pu traduire régulièrement en alternant le travail de Noël et Liliane Dutrait et de Chantal Chen-Andro, traducteurs de grande qualité et qui connaissent bien l’auteur et son oeuvre.</p>
<p><a rel="attachment wp-att-3036" href="http://mychinesebooks.com/franne-sastourn-du-texte-au-livre/ldnd-2/"><img class="alignleft size-medium wp-image-3036" title="LDND" src="http://mychinesebooks.com/wp-content/uploads/2011/12/LDND-300x192.jpg" alt="" width="300" height="192" /></a>N’ayant pas d’agent, je maîtrise mieux les  délais de traduction; les agents, eux, exigent des  délais de publication généralement trop courts, ils ne tiennent compte que du temps de traduction et pas du travail éditorial. Et en France, les  rythmes de publication sont très marqués; il n’est pas question de publier un grand roman à Noël ou pendant l’été; c’est soit au début de l’année, soit à la rentrée littéraire…</p>
<p>Pour les traducteurs des langues asiatiques, le prix à la page va de 22 à 25 euros à peu près pour une page en Français de 1500 signes. Il y a toujours également un contrat de droit de traduction de 2%.</p>
<p>Peut-on critiquer le travail d’édition « sauvage » des traducteurs/éditeurs américains ?</p>
<p>Cela s’est fait aussi en France lors des premières traductions de romans chinois où l’on pensait que c’était trop difficile pour le public. Ce n’est plus le cas, le public s’est formé et préfère lire un texte qui rende compte aussi précisément que possible de la langue et de l’esprit de l’original.</p>
<p>Les Américains sont ainsi souvent quelques années en arrière par rapport à nous: ils considèrent encore que leur public n’est pas apte à recevoir un texte tel qu’il est, donc ils adaptent. Les agents font aussi ce travail de coupe et d’adaptation, ils doivent le faire pour vendre le livre aux éditeurs américains.</p>
<p>Dans la version originale, le travail d’édition au sens où nous l’entendons n’a généralement pas été fait en Chine; le traducteur et l’éditeur, en accord avec l’auteur, font une partie de ce travail.</p>
<p>Cela intervient régulièrement pour les essais, mais cela se produit aussi très souvent pour les romans. On essaie d’avoir le meilleur texte possible mais il n’est pas question d’une « adaptation » pour le public français.</p>
<p>Les notes sont rédigées par les traducteurs en fonction du texte et éventuellement de demandes spécifiques de l’éditeur.</p>
<p>Les lecteurs français à la différence du public américain, ne demandent pas obligatoirement de l’action et des personnages bien définis. Ce qui peut sembler difficile c’est l’aspect contradictoire et paradoxal d’un texte ou d’une intrigue; la complexité en Asie est mieux assumée, elle n’est pas explicitée, elle est beaucoup plus naturelle. Mais les lecteurs ne rechignent pas – de moins en moins.</p>
<p><strong>Les couvertures jouent un rôle important !</strong></p>
<p>La couverture de « Grenouilles » de Mo Yan est à mon avis très réussie, elle est peut-être un peu moins accrocheuse que celle de « La dure loi du Karma » mais elle est intrigante. L’âne de « La dure loi.. » est un vrai âne et non un jouet  et il faut savoir qu’il y a des gens qui ne supportent pas les animaux, c’est étonnant mais très marqué, c’est pourquoi vous verrez peu d’animaux en couverture.</p>
<p><a rel="attachment wp-att-3020" href="http://mychinesebooks.com/franne-sastourn-du-texte-au-livre/attachment/9782021024005/"><img class="alignleft size-full wp-image-3020" title="9782021024005" src="http://mychinesebooks.com/wp-content/uploads/2011/12/9782021024005.gif" alt="" width="110" height="167" /></a>La couverture est spécifique à chaque livre et à un pays; nous avons d’excellents maquettiste et nous y passons beaucoup de temps car c’est important. Les couvertures américaines ou japonaises ou chinoises sont très différentes des nôtres et ne « passeraient » pas en France. Parfois on a du mal à expliquer cette diversité à des auteurs chinois qui sont, de plus, anxieux de ne pas voir apparaître d’éléments politiques, symboles ou autres, en couverture.</p>
<h1><span style="font-size: medium;">Votre  métier  et  celui  de vos  collègues  en  France  et  à  l’étranger…</span></h1>
<p>Avec les collègues français, il difficile de comparer; certains font beaucoup d’achats de droits, de négociations, et peu de travail sur le texte, d’autres ne font que la partie littéraire, d’autres encore se concentrent sur le  marketing – chaque éditeur a sa patte et ses priorités.</p>
<p>Au Seuil, nous essayons de faire passer d’abord la qualité de la traduction mais nous consacrons beaucoup d’efforts à la commercialisation, à la vente à court terme, même si la constitution d’un fonds solide et qui va durer longtemps est pour nous très importante.</p>
<p>L’autre grande différence entre l’étranger et la France, comme je l’ai dit, est l’intervention des agents. Avec le Japon c’est fait, les agents sont là depuis longtemps, sur le modèle américain. Je souhaite qu’il y ait des agents qui se mettent en place avec la Chine, même si la prospection directe est pour nous plus intéressante et correspond mieux à nos habitudes de relations avec nos auteurs (les auteurs français n’ayant que rarement des agents, le contact auteur-éditeur est essentiel et très riche). Il faudrait davantage d’agents chinois, qui aiment et connaissent bien leur littérature ainsi que celle des pays auxquels ils s’adressent; actuellement ce sont surtout des anglophones.</p>
<p>La littérature asiatique, et notamment chinoise, est beaucoup plus développée en France qu’aux Etats Unis. Philippe Picquier a ouvert une porte, il faut que les grands éditeurs prennent conscience de la qualité et de l’importance de ce domaine. Très peu d’éditeurs ont une ouverture sur l’Asie, et il y a et aura beaucoup à faire. De jeunes éditeurs connaissant bien l’Asie devraient apparaître peu à peu: cela me semble inévitable et très souhaitable.</p>
<p>Ce secteur se développera nécessairement du fait du poids économique de l’Asie et de l’importance de l’édition et de l’industrie du livre en Chine.</p>
<p>Bertrand Mialaret</p>
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