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    <title>Nouvelle-Europe.eu - L'Europe au sens large !</title>
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    <title>Autour de la table européenne avec Luuk van Middelaar</title>
    <link>http://feedproxy.google.com/~r/Nouvelle-europe/~3/Eg6-_w87ysk/autour-de-la-table-europeenne-avec-luuk-van-middelaar</link>
    <description>&lt;!--paging_filter--&gt;&lt;p class="accroche"&gt;&lt;em&gt;Le passage &amp;agrave; l&amp;rsquo;Europe&lt;/em&gt; de Luuk van Middelaar est l&amp;rsquo;un de ces livres qui permet de prendre du recul dans un d&amp;eacute;bat qui se renouvelle &amp;agrave; l&amp;#39;occasion de chaque sommet europ&amp;eacute;en, qui a maintenant lieu presque chaque mois. &amp;Agrave; l&amp;rsquo;obsession du pr&amp;eacute;sent, et d&amp;rsquo;un futur proche toujours pr&amp;eacute;sent&amp;eacute; comme mena&amp;ccedil;ant, il r&amp;eacute;pond par une analyse &amp;agrave; la fois historique, philosophique et sociologique des soixante derni&amp;egrave;res ann&amp;eacute;es de construction europ&amp;eacute;enne. Et c&amp;rsquo;est probablement le grand m&amp;eacute;rite de ce livre qui, par ailleurs, est consacr&amp;eacute; &amp;agrave; une institution de plus en plus centrale et n&amp;eacute;anmoins m&amp;eacute;connue qu&amp;rsquo;est le Conseil europ&amp;eacute;en, compos&amp;eacute; des Chefs d&amp;rsquo;Etat et de gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Analyse historique du r&amp;ocirc;le des Etats dans la construction europ&amp;eacute;enne, le livre repose sur l&amp;rsquo;id&amp;eacute;e qu&amp;rsquo;une sph&amp;egrave;re des Etats membres serait en cours de formation et occuperait l&amp;rsquo;espace existant entre la sph&amp;egrave;re communautaire (comprenant les institutions europ&amp;eacute;ennes) et la sph&amp;egrave;re des Etats europ&amp;eacute;ens (dont tous ne sont pas membres de l&amp;rsquo;UE). &amp;laquo;&amp;nbsp;&lt;em&gt;Ici, le mouvement na&amp;icirc;t (comme dans la sph&amp;egrave;re externe) de la recherche par chaque Etat de son int&amp;eacute;r&amp;ecirc;t particulier, mais aussi (l&amp;agrave; r&amp;eacute;side la surprise) d&amp;rsquo;une conscience croissante d&amp;rsquo;un int&amp;eacute;r&amp;ecirc;t commun.&lt;/em&gt;&amp;nbsp;&amp;raquo; L&amp;rsquo;analyse historique de l&amp;rsquo;auteur tente de montrer que d&amp;egrave;s les moments fondateurs, les Ministres europ&amp;eacute;ens agirent ensemble &amp;laquo;&amp;nbsp;&lt;em&gt;en tant que club&lt;/em&gt;&amp;nbsp;&amp;raquo; en dehors des comp&amp;eacute;tences limit&amp;eacute;es des trait&amp;eacute;s initiaux. &amp;Agrave; travers plusieurs crises, Luuk van Middelaar d&amp;eacute;montre combien cette dynamique de club a engendr&amp;eacute; un mouvement dont les Etats ne peuvent plus se d&amp;eacute;partir, mouvement qui est tant une opportunit&amp;eacute; qu&amp;rsquo;une contrainte puisque les Etats membres sont en quelques sortes condamn&amp;eacute;s les uns aux autres. L&amp;rsquo;auteur revient ainsi sur plusieurs moments symptomatiques du &amp;laquo;&amp;nbsp;passage &amp;agrave; l&amp;rsquo;Europe&amp;nbsp;&amp;raquo;, crise de la chaise vide ou Convention pour l&amp;rsquo;avenir de l&amp;rsquo;Europe en s&amp;rsquo;appuyant sur un vaste renfort de d&amp;eacute;tails historiques souvent peu mis en avant par les manuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Analyse sociologique, l&amp;rsquo;ouvrage de Luuk van Middelaar tente de saisir les m&amp;eacute;canismes de l&amp;rsquo;action europ&amp;eacute;enne des Etats membres. Il se situe de ce point de vue entre les th&amp;eacute;ories d&amp;rsquo;Andrew Moravcsik sur l&amp;rsquo;analyse lib&amp;eacute;rale de la construction europ&amp;eacute;enne comme n&amp;eacute;gociation perp&amp;eacute;tuelle entre int&amp;eacute;r&amp;ecirc;ts contradictoires entre les Etats et dans les Etats, et les th&amp;eacute;ories de la socialisation, puisque finalement les Chefs d&amp;rsquo;Etat et de gouvernement se rencontrent r&amp;eacute;guli&amp;egrave;rement et ne peuvent &amp;eacute;chapper &amp;agrave; des logiques relationnelles. Or, comme le remarque Luuk van Middelaar, le Conseil europ&amp;eacute;en est &amp;agrave; la fois l&amp;rsquo;institution qui a gagn&amp;eacute; le plus de pouvoir depuis 1974 et en m&amp;ecirc;me temps, la moins &amp;eacute;tudi&amp;eacute;e par les historiens et les politologues. L&amp;rsquo;auteur est bien plac&amp;eacute;, probablement mieux que les chercheurs en science politique, pour d&amp;eacute;celer ses logiques puisqu&amp;rsquo;il &amp;eacute;crit les discours d&amp;rsquo;Herman van Rompuy, le Pr&amp;eacute;sident du Conseil europ&amp;eacute;en et qu&amp;rsquo;il en arpente donc les couloirs depuis deux ans et demi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Le passage &amp;agrave; l&amp;rsquo;Europe&lt;/em&gt; est enfin une porte ouverte &amp;agrave; la r&amp;eacute;flexion philosophique sur l&amp;rsquo;int&amp;eacute;gration europ&amp;eacute;enne, domaine parfois trop ignor&amp;eacute; de ceux qui consacrent leurs recherches &amp;agrave; la question europ&amp;eacute;enne. L&amp;rsquo;ouvrage se termine en effet par une analyse des diff&amp;eacute;rents chemins qui s&amp;rsquo;ouvrent aujourd&amp;rsquo;hui devant nous en termes de l&amp;eacute;gitimations du projet europ&amp;eacute;en. L&amp;eacute;gitimation allemande par le &amp;laquo;&amp;nbsp;peuple europ&amp;eacute;en en construction&amp;nbsp;&amp;raquo;, l&amp;eacute;gitimation romaine par l&amp;rsquo;action, l&amp;eacute;gitimation grecque par l&amp;rsquo;appel &amp;agrave; un peuple politique apparaissent comme autant de modes de rapports au projet europ&amp;eacute;en entre lesquels les instances europ&amp;eacute;ennes ont h&amp;eacute;sit&amp;eacute;, et h&amp;eacute;sitent encore, depuis les ann&amp;eacute;es 1980.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livre de Luuk van Middelaar est sous-titr&amp;eacute;, &amp;laquo;&amp;nbsp;l&amp;rsquo;histoire d&amp;rsquo;un commencement&amp;nbsp;&amp;raquo; et le lecteur peut esp&amp;eacute;rer que ce soit aussi le commencement d&amp;rsquo;une r&amp;eacute;flexion qui prenne &amp;agrave; bras le corps les trois dimensions historique, sociologique et philosophique de la dynamique europ&amp;eacute;enne. Les pistes restent en effet largement ouvertes et la lecture peut cr&amp;eacute;er aussi, au-del&amp;agrave; d&amp;rsquo;une envie de d&amp;eacute;bat, un sentiment de l&amp;eacute;g&amp;egrave;re frustration. En effet, si le Conseil europ&amp;eacute;en appara&amp;icirc;t aujourd&amp;rsquo;hui comme l&amp;rsquo;instance la plus puissante du syst&amp;egrave;me europ&amp;eacute;en, on peut se demander si ce retour &amp;agrave; un &amp;laquo;&amp;nbsp;Concert europ&amp;eacute;en organis&amp;eacute;&amp;nbsp;&amp;raquo; est une bonne chose pour le projet europ&amp;eacute;en. Un simple regard architectural permet de dire qu&amp;rsquo;une fois que le Conseil europ&amp;eacute;en aura son propre b&amp;acirc;timent sur le rond-point Schuman &amp;agrave; Bruxelles, deux b&amp;acirc;timents incarneront le pouvoir des Etats face &amp;agrave; une Commission et &amp;agrave; un Parlement, ce qui incarne bien la tendance aujourd&amp;rsquo;hui &amp;agrave; l&amp;rsquo;&amp;oelig;uvre. Si la perspective de l&amp;rsquo;ouvrage est celle du temps long, on peut alors poser la question de la capacit&amp;eacute; d&amp;rsquo;un tel syst&amp;egrave;me &amp;agrave; concevoir et &amp;agrave; mettre en &amp;oelig;uvre un projet europ&amp;eacute;en visionnaire et ambitieux, au risque d&amp;rsquo;&amp;ecirc;tre toujours rapport&amp;eacute; &amp;agrave; des &amp;laquo;&amp;nbsp;petits compromis entre amis&amp;nbsp;&amp;raquo;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moins deux questions fondamentales se posent en lisant le livre&amp;nbsp;: celle de la finalit&amp;eacute; et celle des limites. On comprend en lisant &lt;em&gt;Le passage &amp;agrave; l&amp;rsquo;Europe&lt;/em&gt; qu&amp;rsquo;il y a une sorte de logique derri&amp;egrave;re ce passage. Comme disait Raymond Aron, &amp;laquo;&amp;nbsp;les hommes font l&amp;rsquo;histoire, mais ils ne savent pas l&amp;rsquo;histoire qu&amp;rsquo;ils font&amp;nbsp;&amp;raquo; et c&amp;rsquo;est ce questionnement philosophique qu&amp;rsquo;on peut vouloir approfondir. Ce &amp;laquo;&amp;nbsp;passage&amp;nbsp;&amp;raquo; est-il un passage vers un &amp;laquo;&amp;nbsp;progr&amp;egrave;s&amp;nbsp;&amp;raquo;&amp;nbsp;? Est-il un passage vers une forme d&amp;rsquo;organisation post-nationale ou le &amp;laquo;&amp;nbsp;saut&amp;nbsp;&amp;raquo; rat&amp;eacute; du trait&amp;eacute; constitutionnel le laisse-t-il quelque part sur le gu&amp;eacute;, dans une situation ind&amp;eacute;finie alors que le courant de l&amp;rsquo;histoire se fait plus fort&amp;nbsp;? Le texte &amp;eacute;voque la dialectique de la r&amp;egrave;gle et du mouvement qui explique en partie le passage europ&amp;eacute;en par une succession de transgressions &amp;ndash; souvent fran&amp;ccedil;aises &amp;ndash; et d&amp;rsquo;&amp;eacute;tablissement de r&amp;egrave;gles &amp;ndash; souvent allemandes. C&amp;rsquo;est toute la question du d&amp;eacute;passement de cette dialectique qui reste ouverte &amp;agrave; la lecture de l&amp;rsquo;analyse de Luuk van Middelaar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livre pose aussi clairement la question de la fronti&amp;egrave;re, qui est aujourd&amp;rsquo;hui au c&amp;oelig;ur du d&amp;eacute;bat politique dans des pays comme les Pays-Bas ou la France. Et ici, c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;id&amp;eacute;e d&amp;rsquo;un choix politique qui est mis en avant. Tous les arguments peuvent &amp;ecirc;tre utilis&amp;eacute;s pour ou contre les &amp;eacute;largissements futurs, mais en dernier ressort, c&amp;rsquo;est bien face &amp;agrave; une question de choix politique que sont confront&amp;eacute;s les Europ&amp;eacute;ens. Pour reprendre la formulation de l&amp;rsquo;auteur, &amp;laquo;&amp;nbsp;&lt;em&gt;c&amp;rsquo;est la politique qui tranche les cas douteux&lt;/em&gt;&amp;nbsp;&amp;raquo;. Mais alors se pose la question des modalit&amp;eacute;s de ce choix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu&amp;rsquo;importent les r&amp;eacute;ponses que l&amp;rsquo;on peut donner &amp;agrave; ces questions, le livre a le m&amp;eacute;rite de lancer un d&amp;eacute;bat inform&amp;eacute; dans des termes simples &amp;ndash; puisqu&amp;rsquo;il refuse tous les acronymes de la novlangue europ&amp;eacute;enne &amp;ndash; et de le faire dans une d&amp;eacute;marche acad&amp;eacute;mique qui peut m&amp;eacute;langer diff&amp;eacute;rentes approches disciplinaires et qui apporte un vent rafra&amp;icirc;chissant dans un climat de morosit&amp;eacute; europ&amp;eacute;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p class="aller-plus-loin"&gt;Pour aller plus loin&lt;/p&gt;
&lt;p class="bleu"&gt;A lire&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;
		Middelaar, Luuk van. Le passage &amp;agrave; l&amp;rsquo;Europe  : histoire d&amp;rsquo;un commencement. Traduit par Daniel Cunin et Olivier Vanwersch-Cot. 1 vol. Paris: Gallimard, 2012.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;div class="csl-bib-body"&gt;
	&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Illustration : LEOL30. &lt;a href="http://www.flickr.com/photos/lwr/8302872/."&gt;zest table and chairs&lt;/a&gt;, avril 1, 2005.&lt;/p&gt;
&lt;div class="csl-bib-body"&gt;
	&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;img src="http://feeds.feedburner.com/~r/Nouvelle-europe/~4/Eg6-_w87ysk" height="1" width="1"/&gt;</description>
     <comments>http://www.nouvelle-europe.eu/autour-de-la-table-europeenne-avec-luuk-van-middelaar#comments</comments>
 <category domain="http://www.nouvelle-europe.eu/tags/institutions-europeennes">Institutions européennes</category>
 <category domain="http://www.nouvelle-europe.eu/redaction-bruxelles">Rédaction Bruxelles</category>
 <category domain="http://www.nouvelle-europe.eu/opinions/reverse-shot">Reverse shot</category>
 <category domain="http://www.nouvelle-europe.eu/opinions-0">Opinions</category>
 <pubDate>Tue, 15 May 2012 22:00:00 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Philippe Perchoc</dc:creator>
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    <title>Réformer Schengen : l’impossible politique de la chaise vide</title>
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    <description>&lt;!--paging_filter--&gt;&lt;p class="accroche"&gt;Au coeur de l&amp;#39;Europe selon Nicolas Sarkozy, il y a le probl&amp;egrave;me Schengen. Accus&amp;eacute; de dyfonctionnement face &amp;agrave; l&amp;#39;immigration ill&amp;eacute;gale, responsable de l&amp;#39;&amp;quot;Europe passoire&amp;quot;, l&amp;#39;espace de libre circulation devrait &amp;ecirc;tre r&amp;eacute;form&amp;eacute; sous impulsion fran&amp;ccedil;aise ; autrement, Paris suspendrait sa participation. Retour &amp;agrave; la politique de la chaise vide du pr&amp;eacute;sident De Gaulle ?&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 11 mars au &lt;a href="http://www.youtube.com/watch?v=hX3tnRkEGvo"&gt;meeting de l&amp;#39;UMP &amp;agrave; Villepinte&lt;/a&gt;, le pr&amp;eacute;sident Nicolas Sarkozy d&amp;eacute;clarait au cours d&amp;rsquo;un long discours offensif sur l&amp;rsquo;Europe&amp;nbsp;: &amp;laquo; &lt;em&gt;Il faut pouvoir sanctionner, suspendre ou exclure de Schengen un&amp;nbsp;&lt;/em&gt;&lt;em&gt;&amp;Eacute;&lt;/em&gt;&lt;em&gt;tat d&amp;eacute;faillant. Si je devais constater que dans les douze mois qui viennent il n&amp;#39;y avait aucun progr&amp;egrave;s s&amp;eacute;rieux dans cette direction, alors la France suspendrait sa participation aux accords de Schengen jusqu&amp;#39;&amp;agrave; ce que les n&amp;eacute;gociations aient abouti.&lt;/em&gt;&amp;nbsp;&amp;raquo; Plus que le th&amp;egrave;me du contr&amp;ocirc;le de l&amp;rsquo;immigration, c&amp;rsquo;est donc une m&amp;eacute;thode unilat&amp;eacute;rale coupl&amp;eacute;e &amp;agrave; une vision de l&amp;rsquo;Europe intergouvernementale qui nous sont pr&amp;eacute;sent&amp;eacute;es comme moteur des avanc&amp;eacute;es europ&amp;eacute;ennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Berlin a affich&amp;eacute; son soutien au projet dans une lettre du 19 avril, r&amp;eacute;dig&amp;eacute;e avec Paris, &amp;agrave; la pr&amp;eacute;sidence danoise de l&amp;rsquo;UE. Par la suite, &amp;nbsp;la r&amp;eacute;forme a &amp;eacute;t&amp;eacute; discut&amp;eacute;e au Conseil des ministres de l&amp;rsquo;Int&amp;eacute;rieur le 26 avril, le ministre fran&amp;ccedil;ais Claude Gu&amp;eacute;ant pressant ses partenaires &amp;agrave; trouver un accord. La r&amp;eacute;forme consiste &amp;agrave; sensiblement d&amp;eacute;cro&amp;icirc;tre l&amp;rsquo;influence de la Commission dans la gestion de l&amp;rsquo;espace Schengen (elle n&amp;rsquo;aurait plus qu&amp;rsquo;une fonction consultative) et &amp;agrave; renforcer la possibilit&amp;eacute; pour les &amp;Eacute;tats de r&amp;eacute;introduire des contr&amp;ocirc;les aux fronti&amp;egrave;res sans consultation. Le gouvernement fran&amp;ccedil;ais esp&amp;egrave;re parvenir &amp;agrave; un accord d&amp;#39;ici la fin de la pr&amp;eacute;sidence danoise (le 30 juin 2012).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Fran&amp;ccedil;ois Hollande remplace Nicolas Sarkozy &amp;agrave; l&amp;#39;&amp;Eacute;lys&amp;eacute;e, le projet semble compromis : le candidat socialiste ne le soutient pas dans son programme. Mais comment le pr&amp;eacute;sident sortant r&amp;eacute;&amp;eacute;lu mettrait-il &amp;agrave; ex&amp;eacute;cution une r&amp;eacute;forme de Schengen &amp;agrave; marche forc&amp;eacute;e ?&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;
	&lt;strong&gt;Schengen, qu&amp;#39;est-ce que c&amp;#39;est ?&lt;/strong&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Schengen, aujourd&amp;#39;hui, ce sont 24&amp;nbsp;&amp;Eacute;tats participants : 22 &amp;Eacute;tats de l&amp;#39;Union europ&amp;eacute;enne (l&amp;#39;Irlande et la Grande-Bretagne ne participent qu&amp;#39;&amp;agrave; une partie des dispositions Schengen ; la Bulgarie, la Roumanie et Chypre ne sont pas parties prenantes), et 4 pays tiers - la Suisse et le Liechtenstein (membres); la Norv&amp;egrave;ge et l&amp;#39;Islande (associ&amp;eacute;s). &amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Schengen, depuis 1995&lt;a href="#_ftn1" name="_ftnref1" title=""&gt;[1]&lt;/a&gt;, c&amp;#39;est un espace o&amp;ugrave; les personnes peuvent circuler librement, qu&amp;#39;elles soient ressortissantes de l&amp;#39;UE ou de pays tiers. L&amp;#39;absence de contr&amp;ocirc;les aux fronti&amp;egrave;res int&amp;eacute;rieures signifie, en contrepartie, que les&amp;nbsp;&amp;Eacute;tats membres concern&amp;eacute;s surveillent et g&amp;egrave;rent leurs fronti&amp;egrave;res ext&amp;eacute;rieures. Le r&amp;eacute;tablissement des fronti&amp;egrave;res nationales reste possible pour un&amp;nbsp;&amp;Eacute;tat de la zone, mais seulement en cas de menace pour l&amp;#39;ordre public ou &amp;agrave; la s&amp;eacute;curit&amp;eacute; nationale, et apr&amp;egrave;s consultation des autres&amp;nbsp;&amp;Eacute;tats membres de Schengen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment se gouverne Schengen ? Actuellement, la prise de d&amp;eacute;cision pour adopter une nouvelle l&amp;eacute;gislation se fait sur un mode communautaire pour l&amp;#39;essentiel. La Commission europ&amp;eacute;enne a le monopole du pouvoir d&amp;#39;initiative, le Conseil des ministres d&amp;eacute;cide &amp;agrave; la majorit&amp;eacute; qualifi&amp;eacute;e et la proc&amp;eacute;dure l&amp;eacute;gislative en mati&amp;egrave;re de visa, asile et immigration est la cod&amp;eacute;cision (Parlement europ&amp;eacute;en et Conseil des ministres sont co-l&amp;eacute;gislateurs).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais des modifications majeures se pr&amp;eacute;parent. Face aux flux migratoires issus des r&amp;eacute;volutions arabes au printemps 2011, la France et l&amp;#39;Italie ont pouss&amp;eacute; &amp;agrave; une r&amp;eacute;vision de l&amp;#39;espace Schengen apr&amp;egrave;s s&amp;#39;&amp;ecirc;tre disput&amp;eacute;es sur la gestion de l&amp;#39;immigration : Rome avait d&amp;eacute;livr&amp;eacute; &amp;agrave; une population de migrants principalement tunisiens des permis de s&amp;eacute;jour de 6 mois, ce qui leur donnait acc&amp;egrave;s &amp;agrave; l&amp;#39;espace Schengen ; la France r&amp;eacute;pondit par le refoulement des migrants &amp;agrave; sa fronti&amp;egrave;re (l&amp;#39;arr&amp;ecirc;t du convoi de Vintimille le 17 avril eut un retentissement particulier).&amp;nbsp;Depuis, la question de la gestion de cet espace sans fronti&amp;egrave;res int&amp;eacute;rieures (en principe) est sur la table.&amp;nbsp;L&amp;#39;Italie fait partie implicitement de ces&amp;nbsp;&amp;laquo; &lt;em&gt;&amp;Eacute;tats d&amp;eacute;faillants&lt;/em&gt;&amp;nbsp;&amp;raquo; que d&amp;eacute;nonce le discours de Villepinte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Commission a propos&amp;eacute;, le 16 septembre dernier, &lt;a href="http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=IP/11/1036&amp;amp;format=HTML&amp;amp;aged=0&amp;amp;language=FR&amp;amp;guiLanguage=en"&gt;une r&amp;eacute;forme de Schengen&lt;/a&gt;, qui renforcerait le r&amp;ocirc;le de l&amp;#39;Union europ&amp;eacute;enne dans la gestion et le processus d&amp;eacute;cisionnel de l&amp;#39;espace Schengen (notamment pour les d&amp;eacute;cisions de r&amp;eacute;tablissement des fronti&amp;egrave;res). Cette proposition est toujours actuellement examin&amp;eacute;e par le Conseil et le Parlement dans le cadre de la proc&amp;eacute;dure l&amp;eacute;gislative de cod&amp;eacute;cision.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;
	&lt;strong&gt;De 1966 &amp;agrave; 2012&amp;nbsp;: la politique de la chaise vide d&amp;eacute;su&amp;egrave;te&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le coup de force brandi par le pr&amp;eacute;sident Nicolas Sarkozy &amp;ndash; une suspension de la participation de la France &amp;agrave; l&amp;rsquo;espace Schengen si le projet de r&amp;eacute;forme de Paris n&amp;rsquo;avan&amp;ccedil;ait pas &amp;ndash; se r&amp;eacute;f&amp;egrave;re implicitement &amp;agrave; &amp;laquo;&amp;nbsp;la politique de la chaise vide&amp;nbsp;&amp;raquo; du g&amp;eacute;n&amp;eacute;ral De Gaulle. Quelques jours apr&amp;egrave;s son offensive oratoire &amp;agrave; Villepinte, Sarkozy d&amp;eacute;clarait sur la cha&amp;icirc;ne Canal +&amp;nbsp;le 16 mars : &amp;laquo;&amp;nbsp;&lt;em&gt;Si De Gaulle n&amp;rsquo;avait pas pratiqu&amp;eacute; la politique de la chaise vide, nous n&amp;rsquo;aurions pas de politique agricole commune&lt;/em&gt;&amp;nbsp;&amp;raquo;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De quoi s&amp;rsquo;agit-il&amp;nbsp;? D&amp;rsquo;une strat&amp;eacute;gie de blocage engag&amp;eacute;e par la France pendant 6 mois, du 30 juin 1965 au 30 janvier 1966. Le contexte&amp;nbsp;: Paris refusait non seulement la r&amp;eacute;vision du financement de la politique agricole commune, mais surtout l&amp;rsquo;&amp;eacute;volution de la prise de d&amp;eacute;cision communautaire de l&amp;rsquo;unanimit&amp;eacute; &amp;agrave; la majorit&amp;eacute; qualifi&amp;eacute;e (contraire &amp;agrave; l&amp;rsquo;Europe intergouvernementale telle que la souhaitait De Gaulle). Le principe&amp;nbsp;: mettre &amp;laquo;&amp;nbsp;en gr&amp;egrave;ve&amp;nbsp;&amp;raquo; les institutions communautaires en suspendant la participation de la France au Conseil des ministres, organe de d&amp;eacute;cision incontournable dans le processus l&amp;eacute;gislatif de Bruxelles. Ce blocage politique trouva son issue en janvier 1966 dans le Compromis de Luxembourg entre les &amp;Eacute;tats membres&amp;nbsp;: en cas de d&amp;eacute;cisions susceptibles d&amp;rsquo;&amp;ecirc;tre prises &amp;agrave; la majorit&amp;eacute; qualifi&amp;eacute;e au Conseil, d&amp;egrave;s lors que &amp;laquo;&amp;nbsp;&lt;em&gt;l&amp;rsquo;int&amp;eacute;r&amp;ecirc;t vital&lt;/em&gt;&amp;nbsp;&amp;raquo; d&amp;rsquo;un ou plusieurs&amp;nbsp;&amp;Eacute;tats &amp;eacute;tait en jeu, on devait passer au vote &amp;agrave; l&amp;rsquo;unanimit&amp;eacute;. La France peut-elle aujourd&amp;rsquo;hui rejouer la m&amp;ecirc;me strat&amp;eacute;gie de retrait pour imposer ses vues aux autres&amp;nbsp;&amp;Eacute;tats membres ?&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette politique ne signifierait pas moins qu&amp;rsquo;une infraction au droit europ&amp;eacute;en. En effet, les &amp;laquo;&amp;nbsp;accords de Schengen&amp;nbsp;&amp;raquo;, intergouvernementaux &amp;agrave; l&amp;rsquo;origine, font aujourd&amp;rsquo;hui font partie de ce droit (sup&amp;eacute;rieur au droit national des &amp;Eacute;tats membres). Un protocole adjoint au trait&amp;eacute; d&amp;rsquo;Amsterdam de 1997 int&amp;egrave;gre le contenu des accords au droit communautaire ; ils en rejoignent donc l&amp;rsquo;acquis. Puis une s&amp;eacute;rie d&amp;rsquo;&amp;eacute;l&amp;eacute;ments fondamentaux de Schengen sont list&amp;eacute;s et associ&amp;eacute;s &amp;agrave; une base juridique (trait&amp;eacute; CE ou trait&amp;eacute; UE) par les d&amp;eacute;cisions du Conseil 1999/435/CE et 1999/436/CE du 20 mai 1999. Les &amp;eacute;l&amp;eacute;ments de Schengen r&amp;eacute;vis&amp;eacute;s et approfondis l&amp;#39;ont &amp;eacute;t&amp;eacute; dans le cadre de la l&amp;eacute;gislation europ&amp;eacute;enne (comme le contr&amp;ocirc;le frontalier avec le &lt;a href="http://europa.eu/legislation_summaries/justice_freedom_security/free_movement_of_persons_asylum_immigration/l14514_fr.htm"&gt;&amp;quot;code fronti&amp;egrave;res Schengen&amp;quot;&lt;/a&gt;). Certes, comme on l&amp;#39;a vu, l&amp;rsquo;espace Schengen comporte une clause de suspension, qui permet de r&amp;eacute;tablir des contr&amp;ocirc;les aux fronti&amp;egrave;res nationales, mais seulement en cas de&amp;nbsp;&amp;laquo;&amp;nbsp;&lt;em&gt;menace grave pour l&amp;rsquo;ordre public ou la s&amp;eacute;curit&amp;eacute; int&amp;eacute;rieure&lt;/em&gt;&amp;nbsp;&amp;raquo;, apr&amp;egrave;s consultation des autres &amp;Eacute;tats membres de l&amp;rsquo;espace et de la Commission, et uniquement durant un nombre limit&amp;eacute; &amp;agrave; 30 jours (articles 23 &amp;agrave; 26 du &lt;a href="http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=CELEX:32006R0562:FR:NOT"&gt;r&amp;egrave;glement CE n&amp;deg; 562/2006 du Parlement europ&amp;eacute;en et du Conseil&lt;/a&gt;). L&amp;rsquo;ensemble de ces r&amp;egrave;gles tombe naturellement dans le champ de la Cour europ&amp;eacute;enne de justice&amp;nbsp;: les violer constitue une infraction au droit europ&amp;eacute;en et expose aux sanctions du juge de Luxembourg.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&amp;rsquo;o&amp;ugrave; les deux solutions que le droit donne &amp;agrave; la France. Soit parvenir &amp;agrave; faire adopter, sans recours &amp;agrave; l&amp;rsquo;absent&amp;eacute;isme politique, son projet de r&amp;eacute;forme &amp;agrave; Bruxelles&amp;nbsp;: c&amp;rsquo;est une option qui implique, comme l&amp;rsquo;a rappel&amp;eacute; la Commissaire aux Affaires int&amp;eacute;rieures Cecilia Malmstr&amp;ouml;m, de r&amp;eacute;viser le trait&amp;eacute; de Lisbonne - donc de re-n&amp;eacute;gocier, puis d&amp;#39;adopter &amp;agrave; l&amp;#39;unanimit&amp;eacute; des 27&amp;nbsp;&amp;Eacute;tats membres un nouveau texte. Qui soutiendra une r&amp;eacute;forme aussi lourde et co&amp;ucirc;teuse&amp;nbsp;? La Belgique et la Su&amp;egrave;de sont franchement oppos&amp;eacute;es. Le ministre des affaires &amp;eacute;trang&amp;egrave;res polonais Radek Sikorski a d&amp;eacute;j&amp;agrave; fait savoir que la Pologne &amp;laquo;&amp;nbsp;&lt;em&gt;n&amp;rsquo;admettrait pas de revenir sur cet acquis&lt;/em&gt;&amp;nbsp;&amp;raquo;, &amp;eacute;voquant la suppression des fronti&amp;egrave;res entre la Pologne et l&amp;rsquo;Allemagne comme un &amp;laquo;&amp;nbsp;&lt;em&gt;&amp;eacute;v&amp;egrave;nement g&amp;eacute;n&amp;eacute;rationnel&amp;nbsp;&lt;/em&gt;&amp;raquo;. Toutes ces voix sont autant de vetos potentiels &amp;agrave; une r&amp;eacute;forme radicale de l&amp;#39;espace Schengen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soit la &amp;laquo;&amp;nbsp;chaise vide&amp;nbsp;&amp;raquo;, la seconde option&amp;nbsp;: violer le droit europ&amp;eacute;en en suspendant sa participation &amp;agrave; l&amp;rsquo;espace Schengen en l&amp;rsquo;absence de base juridique suffisante (la fameuse clause de suspension en cas de situation exceptionnelle). Or, pareille violation des trait&amp;eacute;s en vigueur (outre un effet politiquement calamiteux) serait d&amp;eacute;finitivement en contradiction avec le discours d&amp;rsquo;un pr&amp;eacute;sident qui attaque le &amp;quot;manque d&amp;rsquo;esprit europ&amp;eacute;en&amp;quot; du projet socialiste de ren&amp;eacute;gocier le Trait&amp;eacute; budg&amp;eacute;taire sign&amp;eacute; en mars 2012 (un trait&amp;eacute; qui lui n&amp;#39;est toujours pas &lt;em&gt;ratifi&amp;eacute;&lt;/em&gt;, donc pas encore en vigueur...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;div&gt;
	&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;h3 class="rouge"&gt;
	Imaginer une France sans Schengen&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais pour bien voir toutes les cons&amp;eacute;quences d&amp;#39;un retrait (m&amp;ecirc;me temporaire) de Schengen, imaginons un instant que la France suspende effectivement sa participation. Qu&amp;rsquo;est-ce que cela impliquerait pour les citoyens fran&amp;ccedil;ais ? En premier lieu, la perte d&amp;rsquo;un acquis de la construction europ&amp;eacute;enne tangible et peu remis en cause : la possibilit&amp;eacute; de franchir les fronti&amp;egrave;res sans passer par des contr&amp;ocirc;les. La France sans Schengen, c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;obligation de pr&amp;eacute;senter un passeport et de se procurer des visas pour aller en Belgique, en Allemagne, en Gr&amp;egrave;ce ou en Pologne &amp;ndash; quand aujourd&amp;rsquo;hui, on prend des vols ou des trains comme s&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;agissait de&amp;nbsp; lignes int&amp;eacute;rieures &amp;agrave; travers toute l&amp;rsquo;Europe. Les travailleurs transfrontaliers, fran&amp;ccedil;ais ou &amp;eacute;trangers, devraient revenir sur leur situation et leurs projets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&amp;rsquo;autre argument est moins souvent &amp;eacute;voqu&amp;eacute; : le co&amp;ucirc;t d&amp;rsquo;un r&amp;eacute;tablissement des contr&amp;ocirc;les d&amp;rsquo;identit&amp;eacute; aux fronti&amp;egrave;res. Alors qu&amp;rsquo;aujourd&amp;rsquo;hui l&amp;rsquo;espace Schengen a permis de d&amp;eacute;placer une partie importante des contr&amp;ocirc;les vers d&amp;rsquo;autres&amp;nbsp;&amp;Eacute;tats plus expos&amp;eacute;s aux flux migratoires (comme l&amp;rsquo;Espagne ou la Gr&amp;egrave;ce), de mutualiser une base d&amp;#39;informations (le SIS) et des patrouilles de gardes-fronti&amp;egrave;res (FRONTEX), s&amp;rsquo;en retirer impliquerait de remobiliser des effectifs de douaniers et des dispositifs mat&amp;eacute;riels, de gestion des donn&amp;eacute;es : ce qui requiert un financement qu&amp;#39;on imagine consid&amp;eacute;rable. Dans un contexte de crise des finances publiques et de rigueur budg&amp;eacute;taire revendiqu&amp;eacute;e, la mesure peut sembler extravagante, comme l&amp;rsquo;a exprim&amp;eacute; tr&amp;egrave;s t&amp;ocirc;t le candidat centriste Fran&amp;ccedil;ois Bayrou, pr&amp;eacute;sident du MoDem, &lt;a href="http://www.dailymotion.com/video/xpdw8l_sortir-de-schengen-est-un-fantasme-pour-francois-bayrou_news"&gt;interview&amp;eacute; sur Radio France le 11 mars 2012 &lt;/a&gt;: &amp;laquo; &lt;em&gt;Qu&amp;#39;est-ce que &amp;ccedil;a veut dire concr&amp;egrave;tement, sortir de Schengen ? Cela veut dire remettre les barri&amp;egrave;res et les douaniers. [...] Est-ce que vous y croyez ? Est-ce qu&amp;#39;il y a quelqu&amp;#39;un d&amp;#39;assez cens&amp;eacute; dans le pays pour croire qu&amp;#39;on va r&amp;eacute;embaucher des douaniers et reconstruire les postes fronti&amp;egrave;res ?&lt;/em&gt; &amp;raquo;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une conclusion s&amp;rsquo;impose. Les difficult&amp;eacute;s juridiques, politiques et &amp;eacute;conomiques sont telles que la &amp;laquo;&amp;nbsp;politique de la chaise vide&amp;nbsp;&amp;raquo; ne semble pas devoir &amp;ecirc;tre retenue, quel que soit l&amp;rsquo;avenir de la r&amp;eacute;forme voulue par la France d&amp;rsquo;un Nicolas Sarkozy r&amp;eacute;&amp;eacute;lu. Henri Guaino, conseiller sp&amp;eacute;cial et plume de Nicolas Sarkozy, devait d&amp;eacute;dire le discours officiel apr&amp;egrave;s plus d&amp;rsquo;un mois de remous lors d&amp;rsquo;une &amp;eacute;mission It&amp;eacute;l&amp;eacute;/FranceInter/Le Monde le 22 avril&amp;nbsp;: &amp;laquo;&amp;nbsp;&lt;em&gt;la France ne veut pas suspendre Schengen&amp;nbsp;&amp;raquo; mais &amp;laquo;&amp;nbsp;revoir les clauses de sauvegarde dans des situations particuli&amp;egrave;res&lt;/em&gt;&amp;nbsp;&amp;raquo;. Pourtant, le pr&amp;eacute;sident Sarkozy continue de brandir la menance de la chaise vide dans ses discours de campagne.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;
	&lt;strong&gt;Schengen : un pr&amp;eacute;texte de campagne pour Nicolas Sarkozy&lt;/strong&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Plut&amp;ocirc;t qu&amp;#39;une n&amp;eacute;cessit&amp;eacute; europ&amp;eacute;enne, cette id&amp;eacute;e d&amp;#39;une reprise en main par la France de l&amp;#39;espace Schengen n&amp;#39;est-elle pas avant tout un argument &amp;eacute;lectoraliste ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lendemain du premier tour, le &lt;a href="http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/video/2012/04/30/le-clip-de-campagne-du-second-tour-de-nicolas-sarkozy_1693550_1471069.html"&gt;nouveau clip de campagne du pr&amp;eacute;sident sortan&lt;/a&gt;t donnait le ton: &amp;laquo; &lt;em&gt;La v&amp;eacute;rit&amp;eacute;, c&amp;#39;est que l&amp;#39;Europe ne peut plus continuer &amp;agrave; &amp;ecirc;tre une Europe passoire, c&amp;#39;est que l&amp;#39;Europe doit avoir des fronti&amp;egrave;res. Que l&amp;#39;Europe doit vous prot&amp;eacute;ger, que l&amp;#39;Europe doit vous d&amp;eacute;fendre, que l&amp;#39;Europe doit &amp;ecirc;tre au service de notre civilisation et de notre mode de vie. Je l&amp;#39;ai dit, si dans un an les m&amp;eacute;thodes de l&amp;#39;Europe n&amp;#39;ont pas chang&amp;eacute;, je suspendrai l&amp;#39;application de Schengen. Si nous avons d&amp;eacute;cid&amp;eacute; de g&amp;eacute;rer nos fronti&amp;egrave;res ensemble, c&amp;#39;est pour qu&amp;#39;elles soient mieux prot&amp;eacute;g&amp;eacute;es.&lt;/em&gt;&amp;raquo;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Immigration et fronti&amp;egrave;res, les deux messages autour desquels Nicolas Sarkozy a d&amp;eacute;cid&amp;eacute; de centrer sa campagne, les deux messages qu&amp;#39;il souhaite adresser aux Fran&amp;ccedil;ais. Une strat&amp;eacute;gie claire aussi : tenter le tout pour le tout pour attirer l&amp;#39;&amp;eacute;lectorat de Marine Le Pen au premier tour (17,9% des suffrages). Faire de l&amp;#39;immigration un th&amp;egrave;me majeur de campagne, malgr&amp;eacute; la crise : &amp;laquo; &lt;em&gt;En 2012, le sujet majeur, c&amp;#39;est les fronti&amp;egrave;res&amp;nbsp;&lt;/em&gt;&amp;raquo;, avait-il d&amp;eacute;clar&amp;eacute; en meeting &amp;agrave; Toulouse le 29 avril dernier. D&amp;eacute;signer des boucs &amp;eacute;missaires : les &amp;eacute;trangers, et puis l&amp;#39;Europe aussi, sous-entendu les &amp;laquo; &lt;em&gt;technocrates&amp;nbsp;&lt;/em&gt;&amp;raquo;&lt;em&gt;&amp;nbsp;&lt;/em&gt;de la Commission europ&amp;eacute;enne : &amp;laquo; &lt;em&gt;On ne peut pas laisser la gestion des flux migratoires entre les seules mains de technocrates et des tribunaux !&amp;nbsp;&lt;/em&gt;&amp;raquo;&lt;em&gt;,&lt;/em&gt; avait-il scand&amp;eacute; au meeting de Villepinte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une rh&amp;eacute;torique bien connue du Front national. O&amp;ugrave; l&amp;#39;on peut lire, sur un tract de campagne de Marine Le Pen, &amp;laquo; &lt;em&gt;les technocrates de Bruxelles et la grande finance continueront d&amp;rsquo;imposer leur volont&amp;eacute; contre les int&amp;eacute;r&amp;ecirc;ts des peuples&amp;nbsp;&lt;/em&gt;&amp;raquo;. O&amp;ugrave; l&amp;#39;on peut lire, &amp;eacute;galement, dans les propositions de la candidate : &amp;laquo; &lt;em&gt;Remise en cause des accords de Schengen sur la libre circulation des personnes : la France reprendra le contr&amp;ocirc;le de ses fronti&amp;egrave;res.&lt;/em&gt;&amp;raquo;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis est arriv&amp;eacute;e la lettre de Claude Gu&amp;eacute;ant et du ministre de l&amp;#39;Int&amp;eacute;rieur allemand &amp;agrave; leur homologue danois, s&amp;#39;immis&amp;ccedil;ant dans l&amp;#39;entre-deux-tours comme un ultime argument de campagne, mettant s&amp;eacute;rieusement &amp;agrave; mal l&amp;#39;acquis communautaire qu&amp;#39;est l&amp;#39;espace Schengen, en oubliant sa raison d&amp;#39;&amp;ecirc;tre. Selon les deux ministres, les &amp;Eacute;tats membres devraient pouvoir r&amp;eacute;introduire des contr&amp;ocirc;les aux fronti&amp;egrave;res pour une p&amp;eacute;riode de 30 jours renouvelable, si des menaces pour la s&amp;eacute;curit&amp;eacute; et l&amp;#39;ordre public sont constat&amp;eacute;es mais &lt;em&gt;&amp;eacute;galement &lt;/em&gt;en cas de forte pression migratoire. Ce &amp;agrave; quoi a r&amp;eacute;pondu Cecilia Malmstr&amp;ouml;m, sur twitter: &amp;laquo; &lt;em&gt;Schengen est une r&amp;eacute;ussite commune pour d&amp;eacute;fendre la libert&amp;eacute; de mouvement, il n&amp;#39;est pas un outil pour g&amp;eacute;rer les flux migratoires&amp;nbsp;&lt;/em&gt;&amp;raquo;&lt;em&gt;.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces positions ont donc &amp;eacute;t&amp;eacute; d&amp;eacute;battues lors du Conseil des ministres des affaires int&amp;eacute;rieures tr&amp;egrave;s m&amp;eacute;diatis&amp;eacute; &amp;agrave; Luxembourg, le 26 avril dernier. Si M. Gu&amp;eacute;ant a affirm&amp;eacute; que les propositions franco-allemandes avaient &amp;eacute;t&amp;eacute; &amp;laquo; &lt;em&gt;bien accueillies&amp;nbsp;&lt;/em&gt;&amp;raquo;&lt;em&gt;,&lt;/em&gt; recueillant &amp;laquo; &lt;em&gt;un large consensus&amp;nbsp;&lt;/em&gt;&amp;raquo;&lt;em&gt;, &lt;/em&gt;les r&amp;eacute;actions ont &amp;eacute;t&amp;eacute; plut&amp;ocirc;t mitig&amp;eacute;es. Quand certains ne veulent pas faire de Schengen &amp;laquo;&amp;nbsp;&lt;em&gt;l&amp;#39;otage de la campagne &amp;eacute;lectorale &lt;/em&gt;&amp;raquo;&amp;nbsp;(Malmstr&amp;ouml;m), d&amp;#39;autres se sentent &amp;laquo;&amp;nbsp;&lt;em&gt;instrumentalis&amp;eacute;s&amp;nbsp;&lt;/em&gt;&amp;raquo; par la France, comme la ministre belge de l&amp;#39;Int&amp;eacute;rieur Jo&amp;euml;lle Milquet. La Su&amp;egrave;de et la Pologne craignent quant &amp;agrave; elles, avec de telles propositions, des cons&amp;eacute;quences tr&amp;egrave;s n&amp;eacute;gatives &amp;agrave; long terme sur l&amp;#39;espace Schengen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&amp;ecirc;me le ministre de la justice allemande, co-signataire de cette lettre et alli&amp;eacute; de la France, n&amp;#39;a pas appr&amp;eacute;ci&amp;eacute; la publicit&amp;eacute; autour du document : &amp;laquo; &lt;em&gt;J&amp;#39;&amp;eacute;cris des lettres sur des sujets importants pour nous, mais toutes les lettres ne sont pas destin&amp;eacute;es &amp;agrave; &amp;ecirc;tre publi&amp;eacute;es&amp;nbsp;&lt;/em&gt;&amp;raquo;, a-t-il d&amp;eacute;clar&amp;eacute; &amp;agrave; Luxembourg&lt;em&gt;.&lt;/em&gt; Oui, l&amp;#39;Allemagne reste prudente dans cette affaire, comme l&amp;#39;illustre les propos tenus par Georg Streiter, un porte-parole du gouvernement de Angela Merkel, au lendemain du meeting de Villepinte : &amp;laquo;&amp;nbsp;&lt;em&gt;La libre circulation des personnes compte parmi les r&amp;eacute;alisations les plus concr&amp;egrave;tes et les plus importantes de l&amp;#39;int&amp;eacute;gration europ&amp;eacute;enne et constitue une libert&amp;eacute; fondamentale&lt;/em&gt;&amp;nbsp;&amp;raquo;. Mais &amp;laquo;&amp;nbsp;&lt;em&gt;nous ne souhaitons toutefois pas nous exprimer en d&amp;eacute;tail&amp;nbsp;&lt;/em&gt;&amp;raquo; sur ces &amp;laquo;&amp;nbsp;&lt;em&gt;th&amp;egrave;mes de campagne &amp;eacute;lectorale tr&amp;egrave;s sp&amp;eacute;cifiquement fran&amp;ccedil;ais&amp;nbsp;&lt;/em&gt;&amp;raquo;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&amp;eacute;forme de Schengen est aujourd&amp;#39;hui en marche. Le Conseil doit trouver un accord et la d&amp;eacute;cision sera prise de concert avec le Parlement europ&amp;eacute;en.&amp;nbsp; Le 25 avril dernier, la commission des libert&amp;eacute;s civiles du Parlement s&amp;#39;est prononc&amp;eacute;e pour le droit des &amp;Eacute;tats membres d&amp;#39;&amp;eacute;tablir un retour des contr&amp;ocirc;les aux fronti&amp;egrave;res en dernier ressort, pour un maximum de 10 jours et en cas de menace pour leur s&amp;eacute;curit&amp;eacute;. Pour les eurod&amp;eacute;put&amp;eacute;s, les pressions migratoires ne constituent pas une raison valable pour qu&amp;#39;un&amp;nbsp;&amp;Eacute;tat ferme provisoirement ses fronti&amp;egrave;res. Le prochain conseil Justice et Affaires int&amp;eacute;rieures aura lieu les 7 et 8 juin prochains. Peut-&amp;ecirc;tre que la France, d&amp;#39;ici l&amp;agrave;, aura chang&amp;eacute; de ministre de l&amp;#39;Int&amp;eacute;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu&amp;#39;il en soit le d&amp;eacute;bat est d&amp;#39;une importance cruciale pour l&amp;#39;avenir de l&amp;#39;Union europ&amp;eacute;enne et de son droit fondamental qu&amp;#39;est &amp;laquo; &lt;em&gt;la libre circulation des personnes, [...] une formidable libert&amp;eacute; dont on ne dit jamais les avantages par rapport aux inconv&amp;eacute;nients&lt;/em&gt; &amp;raquo; (Jacques Delors).&lt;/p&gt;
&lt;p class="aller-plus-loin"&gt;Pour aller plus loin&lt;/p&gt;
&lt;p class="bleu"&gt;&lt;strong&gt;&amp;Agrave; lire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;
		Trait&amp;eacute; sur le fonctionnement de l&amp;rsquo;Union europ&amp;eacute;enne (TFUE)&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;
		&lt;a href="http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=CELEX:32006R0562:FR:NOT"&gt;&amp;quot;Code fronti&amp;egrave;res Schengen&amp;quot;&lt;/a&gt; : R&amp;egrave;glement n&amp;deg; 562/2006 d Parlement europ&amp;eacute;en et du Conseil du 15 mars 2006 &amp;eacute;tablissant un code communautaire relatif au r&amp;eacute;gime de franchissement des fronti&amp;egrave;res par les personnes&amp;nbsp;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p class="bleu"&gt;Sur Internet&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;
		Synth&amp;egrave;ses de la l&amp;eacute;gislation de l&amp;rsquo;UE, &lt;a href="http://europa.eu/legislation_summaries/justice_freedom_security/free_movement_of_persons_asylum_immigration/l33020_fr.htm"&gt;&amp;laquo;&amp;nbsp;L&amp;rsquo;espace et la coop&amp;eacute;ration Schengen&amp;nbsp;&amp;raquo;&lt;/a&gt;, &lt;em&gt;Europa.eu&amp;nbsp;&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;
		&lt;a href="http://www.vie-publique.fr/decouverte-institutions/union-europeenne/ue-citoyennete/citoyennete-europeenne/qu-est-ce-que-espace-schengen.html"&gt;&lt;strong&gt;&amp;laquo; &lt;/strong&gt;Qu&amp;rsquo;est-ce que l&amp;rsquo;espace Schengen ? &lt;strong&gt;&amp;raquo;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;, &lt;em&gt;Vie-publique.fr&lt;/em&gt;, 12 mars 2012&amp;nbsp;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;
		&lt;a href="http://lemonde.fr/web/recherche_breve/1,13-0,37-1185310,0.html?xtmc=bayrou_schengen&amp;amp;xtcr=3"&gt;&amp;laquo;&amp;nbsp;Pour M. Bayrou, sortir de Schengen est un &amp;laquo; fantasme &amp;raquo;&amp;nbsp;&amp;raquo;&lt;/a&gt;, &lt;em&gt;Le Monde.fr&lt;/em&gt;, 13 mars 2012&amp;nbsp;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;
		&lt;a href="http://fr.reuters.com/article/topNews/idFRPAE82B06U20120312"&gt;&amp;laquo;&amp;nbsp;Des discussions sur Schengen sont en cours, rappelle Bruxelles&amp;nbsp;&amp;raquo;&lt;/a&gt;, &lt;em&gt;Reuters France&lt;/em&gt;, 12 mars 2012&amp;nbsp;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;
		&lt;a href="http://lemonde.fr/europe/article/2011/04/24/paris-ne-veut-pas-suspendre-schengen-mais-revoir-les-clauses-de-sauvegarde_1512330_3214.html?xtmc=guaino_schengen_suspendre&amp;amp;xtcr=1"&gt;&amp;laquo;&amp;nbsp;Paris ne veut pas &amp;quot;suspendre Schengen&amp;quot; mais &amp;quot;revoir les clauses de sauvegarde&amp;quot;&amp;nbsp;&amp;raquo;&lt;/a&gt;, &lt;em&gt;Le Monde.fr&lt;/em&gt;, 24 avril 2012&amp;nbsp;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;
		FORISSIER, C., &lt;a href="http://www.euractiv.fr/schengen-france-campagne-enerve-europeens-article"&gt;&amp;laquo;&amp;nbsp;Schengen : la France en campagne &amp;eacute;nerve les Europ&amp;eacute;ens&amp;nbsp;&amp;raquo;&lt;/a&gt;, &lt;em&gt;Euractiv.fr&lt;/em&gt;, 27 avril 2012&amp;nbsp;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;
		GUEANT, C., FRIEDRICH, H.-P.,&lt;em&gt; &lt;a href="http://www.euractiv.fr/sites/default/files/lettre_friedrich_vf.pdf"&gt;Lettre franco-allemande sur Schengen&lt;/a&gt;&amp;nbsp;&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;
		SARKOZY, N., &lt;a href="http://www.u-m-p.org/sites/default/files/fichiers_joints/articles/11_03_discours_villepinte.pdf"&gt;Discours de Villepinte&lt;/a&gt;, &lt;em&gt;Ump.org&lt;/em&gt;, 11 mars 2012&amp;nbsp;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;
		SMOLAR, P., Entretien avec Radek Sikorski : &amp;laquo; &lt;em&gt;La Pologne n&amp;#39;acceptera pas de revenir sur l&amp;#39;acquis de Schengen&lt;/em&gt; &amp;raquo;, &lt;em&gt;Le Monde.fr&lt;/em&gt;, 22 mars 2012&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;div&gt;
	&lt;br clear="all" /&gt;
&lt;div id="ftn1"&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href="#_ftnref1" name="_ftn1" title=""&gt;[1]&lt;/a&gt; L&amp;#39;accord de Schengen fut sign&amp;eacute; le 14 juin 1985. Sa convention d&amp;#39;application, sign&amp;eacute;e le 19 juin 1990, est entr&amp;eacute;e en vigueur le 26 mars 1995.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Source : Meeting de Nicolas Sarkozy &amp;agrave; Lyon (17 mars 2012), par UMP Photos, sur &lt;a href="http://www.flickr.com/photos/ump-photos/6844153118/sizes/z/in/photostream/"&gt;flickr&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;img src="http://feeds.feedburner.com/~r/Nouvelle-europe/~4/EntQ9p8gnno" height="1" width="1"/&gt;</description>
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 <category domain="http://www.nouvelle-europe.eu/redaction-bruxelles">Rédaction Bruxelles</category>
 <category domain="http://www.nouvelle-europe.eu/tags/schengen">Schengen</category>
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 <pubDate>Fri, 04 May 2012 17:30:23 +0000</pubDate>
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    <title>L’Allemagne : un pays où les pauvres meurent de plus en plus jeunes</title>
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    <description>&lt;!--paging_filter--&gt;&lt;p class="accroche"&gt;A entendre de nombreux hommes politiques ou &amp;eacute;conomistes m&amp;eacute;diatiques, l&amp;rsquo;Allemagne repr&amp;eacute;senterait, gr&amp;acirc;ce &amp;agrave; son syst&amp;egrave;me &amp;eacute;conomique et social et &amp;agrave; ses &amp;eacute;volutions de la derni&amp;egrave;re d&amp;eacute;cennie, un mod&amp;egrave;le que les autres Europ&amp;eacute;ens seraient bien inspir&amp;eacute;s d&amp;rsquo;imiter. Retour rapide sur un pays o&amp;ugrave; malgr&amp;eacute; les b&amp;eacute;n&amp;eacute;fices record des constructeurs automobiles et le boom des exportations, l&amp;rsquo;esp&amp;eacute;rance de vie des pauvres diminue.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;
	Un r&amp;ecirc;ve macro&amp;eacute;conomique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Principale &amp;eacute;conomie europ&amp;eacute;enne, premier exportateur du continent, lieu d&amp;rsquo;entreprises et de marques de niveau mondial et de milliers de petites et moyennes entreprises innovantes, grand b&amp;eacute;n&amp;eacute;ficiaire de l&amp;rsquo;&amp;eacute;largissement de l&amp;rsquo;Union europ&amp;eacute;enne (UE) apr&amp;egrave;s avoir r&amp;eacute;ussi &amp;agrave; absorber la d&amp;eacute;funte R&amp;eacute;publique D&amp;eacute;mocratique Allemande (RDA), pays avec un taux de ch&amp;ocirc;mage autour de 7 % malgr&amp;eacute; la crise, dot&amp;eacute; d&amp;rsquo;une situation sociale stable, d&amp;rsquo;un environnement pr&amp;eacute;serv&amp;eacute; et d&amp;rsquo;un syst&amp;egrave;me &amp;eacute;ducatif de qualit&amp;eacute;&amp;hellip;&amp;nbsp;: tout semble idyllique au pays d&amp;rsquo;Angela Merkel. A tel point que le pr&amp;eacute;sident fran&amp;ccedil;ais sortant et d&amp;rsquo;autres acteurs du jeu politique et &amp;eacute;conomique national et europ&amp;eacute;en le citent en exemple de mani&amp;egrave;re r&amp;eacute;currente, mettant notamment en avant le courage de Gerhard Schr&amp;ouml;der, l&amp;rsquo;ancien chancelier social-d&amp;eacute;mocrate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous la houlette du chancelier Schr&amp;ouml;der ont en effet &amp;eacute;t&amp;eacute; mises en place les lois Hartz, du nom de l&amp;rsquo;ancien directeur du personnel de Volkswagen. Au nombre de quatre, ces lois, r&amp;eacute;alis&amp;eacute;es pour adapter l&amp;rsquo;Allemagne &amp;agrave; la comp&amp;eacute;tition industrielle mondiale et au d&amp;eacute;veloppement des activit&amp;eacute;s de services, ont largement modifi&amp;eacute; le droit du travail et tout ce qui a trait &amp;agrave; l&amp;rsquo;activit&amp;eacute; et &amp;agrave; la non-activit&amp;eacute; des personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces r&amp;eacute;formes ont abouti &amp;agrave; une plus grande comp&amp;eacute;titivit&amp;eacute; pour les produits allemands, notamment en comparaison des produits r&amp;eacute;alis&amp;eacute;s chez les voisins fran&amp;ccedil;ais ou italiens. Cela, conjugu&amp;eacute; &amp;agrave; un vrai effort dans l&amp;rsquo;innovation, &amp;agrave; la d&amp;eacute;localisation de beaucoup d&amp;rsquo;activit&amp;eacute;s peu rentables chez ses voisins d&amp;rsquo;Europe centrale et &amp;agrave; une orientation des exportations non seulement vers les pays de l&amp;rsquo;UE mais aussi vers les BRIC (Br&amp;eacute;sil, Russie, Inde, Chine), a eu pour cons&amp;eacute;quence une augmentation rapide des exportations en quelques ann&amp;eacute;es. Hors UE, les exportations allemandes ont bondi de pr&amp;egrave;s de 7 % en 10 ans, alors que les exportations fran&amp;ccedil;aises ont dans le m&amp;ecirc;me temps chut&amp;eacute; de pr&amp;egrave;s de 22 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&amp;eacute;anmoins, ces succ&amp;egrave;s macro&amp;eacute;conomiques majeurs dont les grands groupes industriels allemands sont les principaux b&amp;eacute;n&amp;eacute;ficiaires et qui permettent &amp;agrave; l&amp;rsquo;Allemagne de peser sur l&amp;rsquo;&amp;eacute;conomie des 26 autres Etats membres de l&amp;rsquo;UE et d&amp;rsquo;autres pays europ&amp;eacute;ens non-membres (Suisse, Balkans occidentaux&amp;hellip;) se sont r&amp;eacute;alis&amp;eacute;s au prix d&amp;rsquo;une stagnation ou d&amp;rsquo;une diminution des salaires les plus bas et des prestations sociales, donc d&amp;rsquo;une pr&amp;eacute;carit&amp;eacute; accrue.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;
	Une pr&amp;eacute;carit&amp;eacute; en explosion&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ont notamment &amp;eacute;t&amp;eacute; introduits par les lois Hartz les &lt;em&gt;minijobs&lt;/em&gt; pay&amp;eacute;s 400 euros par mois avec exon&amp;eacute;ration de charges pour les employeurs, les &lt;em&gt;midijobs&lt;/em&gt; pay&amp;eacute;s entre 400 et 800 euros par mois, une baisse radicale des allocations ch&amp;ocirc;mage pour les ch&amp;ocirc;meurs de longue dur&amp;eacute;e (plus d&amp;rsquo;un an) et m&amp;ecirc;me des &lt;em&gt;jobs&lt;/em&gt; &amp;agrave; un euro de l&amp;rsquo;heure. De mani&amp;egrave;re g&amp;eacute;n&amp;eacute;rale, les postes moins r&amp;eacute;mun&amp;eacute;r&amp;eacute;s que stipul&amp;eacute; dans les conventions collectives en vigueur dans chaque branche ont prolif&amp;eacute;r&amp;eacute;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cons&amp;eacute;quences de ces mesures mises en place entre 2003 et 2005 commencent &amp;agrave; se faire sentir, et elles s&amp;rsquo;av&amp;egrave;rent d&amp;eacute;sastreuses pour les personnes se trouvant en bas de l&amp;rsquo;&amp;eacute;chelle sociale. Alors que le taux de ch&amp;ocirc;mage, notamment le ch&amp;ocirc;mage des moins de 25 ans (8,5 %), est tr&amp;egrave;s bas et incomparable avec les taux de la majorit&amp;eacute; des pays europ&amp;eacute;ens, les plus expos&amp;eacute;s &amp;agrave; la pr&amp;eacute;carit&amp;eacute; et &amp;agrave; la pauvret&amp;eacute; ont vu leur situation se d&amp;eacute;t&amp;eacute;riorer. En effet, le d&amp;eacute;veloppement de l&amp;rsquo;int&amp;eacute;rim et des CDD et la multiplication des &lt;em&gt;jobs&lt;/em&gt; mal pay&amp;eacute;s, parfois en comp&amp;eacute;tition avec les allocations sociales ou en compl&amp;eacute;ment de maigres retraites, souvent &amp;agrave; temps partiel non choisi, ont creus&amp;eacute; de mani&amp;egrave;re in&amp;eacute;dite les in&amp;eacute;galit&amp;eacute;s sociales et ont d&amp;eacute;velopp&amp;eacute; la pr&amp;eacute;carit&amp;eacute; &amp;agrave; des niveaux jamais atteints depuis des d&amp;eacute;cennies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&amp;eacute; des prix (nourriture, logement, transports&amp;hellip;) souvent abordables (en particulier &amp;agrave; Berlin) et qui permettent de limiter la grande pr&amp;eacute;carit&amp;eacute;, le nombre de travailleurs pauvres&amp;nbsp;en Allemagne a augment&amp;eacute; entre 2005 et 2010 de 50 %, contre une augmentation de 8 % en France et alors que la R&amp;eacute;publique tch&amp;egrave;que, voisin imm&amp;eacute;diat de l&amp;#39;Allemagne, est le seul pays de l&amp;#39;UE avec moins de 10 % de pauvres apr&amp;egrave;s transferts sociaux (touchant moins de 60% du revenu m&amp;eacute;dian dans chaque pays, donn&amp;eacute;es 2010). L&amp;rsquo;absence de salaire minimum et la nature des lois Hartz a donc eu pour cons&amp;eacute;quence de tirer les salaires vers le bas. Le prix d&amp;rsquo;un gain de comp&amp;eacute;titivit&amp;eacute; est donc le basculement dans la pauvret&amp;eacute; d&amp;rsquo;une partie de la population, ce qui &amp;eacute;tait, &amp;eacute;tant donn&amp;eacute;e la nature des lois Hartz, largement pr&amp;eacute;visible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre cons&amp;eacute;quence n&amp;eacute;gative des &amp;eacute;volutions de la derni&amp;egrave;re d&amp;eacute;cennie en Allemagne concerne la sant&amp;eacute;. Moins pr&amp;eacute;visible, celle-ci pourrait sans doute s&amp;rsquo;av&amp;eacute;rer &amp;agrave; terme tr&amp;egrave;s destructrice.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;
	Une sant&amp;eacute; d&amp;eacute;clinante&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L&amp;rsquo;esp&amp;eacute;rance de vie allemande, qui n&amp;rsquo;a certes jamais &amp;eacute;t&amp;eacute; la plus &amp;eacute;lev&amp;eacute;e d&amp;rsquo;Europe, est elle aussi sujet d&amp;rsquo;inqui&amp;eacute;tude. En effet, l&amp;rsquo;esp&amp;eacute;rance de vie des Allemands les plus pauvres, c&amp;rsquo;est-&amp;agrave;-dire ceux touchant moins de 75 % du revenu moyen, a diminu&amp;eacute; de 2 ans (de 77,5 ans &amp;agrave; 75,5 ans) entre 2001 et 2010. En ex-RDA, pour la m&amp;ecirc;me cat&amp;eacute;gorie de population et pour la m&amp;ecirc;me p&amp;eacute;riode, cette esp&amp;eacute;rance de vie a diminu&amp;eacute; de 3,8 ans (de 77,9 ans &amp;agrave; 74,1 ans). Conjugu&amp;eacute;es &amp;agrave; une hausse de l&amp;rsquo;&amp;acirc;ge de d&amp;eacute;part en retraite, ces tendances, si elles se confirment, am&amp;egrave;neront les Allemands les moins fortun&amp;eacute;s &amp;agrave; b&amp;eacute;n&amp;eacute;ficier d&amp;rsquo;une retraite tr&amp;egrave;s courte voire inexistante, ce qui constitue une r&amp;eacute;gression sans pr&amp;eacute;c&amp;eacute;dent dans un pays europ&amp;eacute;en tr&amp;egrave;s riche et tr&amp;egrave;s industrialis&amp;eacute;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, le reste de la population, s&amp;rsquo;il vit plus longtemps, ne vit parfois pas mieux. Au contraire. Les chiffres concernant le &amp;laquo;&amp;nbsp;&lt;em&gt;burn-out&lt;/em&gt;&amp;nbsp;&amp;raquo; (&amp;eacute;puisement professionnel) r&amp;eacute;v&amp;eacute;l&amp;eacute;s r&amp;eacute;cemment montrent que celui-ci touche 9 millions de personnes. De m&amp;ecirc;me, entre 2007 et 2011, les arr&amp;ecirc;ts maladie d&amp;ucirc;s au stress&amp;nbsp;ont augment&amp;eacute; de 33 % et les ordonnances pour antid&amp;eacute;presseurs de 41 %. Il y aurait actuellement en Allemagne un salari&amp;eacute; d&amp;eacute;pressif sur cinq, et les cadres se trouvent en premi&amp;egrave;re ligne. La productivit&amp;eacute; allemande accrue exige une pression que beaucoup ne peuvent supporter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en r&amp;eacute;sulte de r&amp;eacute;centes mesures, certes symboliques, mais tr&amp;egrave;s r&amp;eacute;v&amp;eacute;latrices. Ce n&amp;rsquo;est en effet sans doute pas un hasard si l&amp;rsquo;une des premi&amp;egrave;res r&amp;eacute;glementations &amp;agrave; grande &amp;eacute;chelle des utilisations de &lt;em&gt;BlackBerry&lt;/em&gt; en dehors des horaires de travail a d&amp;eacute;but&amp;eacute; fin 2011 chez Volkswagen.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;
	Une d&amp;eacute;mographie dangereuse&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En plus de voir la sant&amp;eacute; d&amp;rsquo;une partie non n&amp;eacute;gligeable de sa population d&amp;eacute;cliner, l&amp;rsquo;Allemagne voit en outre sa population diminuer et vieillir rapidement. Selon l&amp;rsquo;Office f&amp;eacute;d&amp;eacute;ral des statistiques, le pays devrait voir sa population passer de 82 &amp;agrave; 65 millions d&amp;rsquo;habitants d&amp;rsquo;ici 2060. De plus, rien qu&amp;rsquo;en 2030, le pays comptera 6 millions de plus de 65 ans en plus. Une situation intenable &amp;agrave; terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que faire&amp;nbsp;? Relancer la natalit&amp;eacute; s&amp;rsquo;av&amp;egrave;re impossible depuis plusieurs ann&amp;eacute;es&amp;nbsp;: les infrastructures d&amp;rsquo;accueil sont insuffisantes &amp;agrave; l&amp;rsquo;Ouest et la pr&amp;eacute;carit&amp;eacute; ne favorise pas la mise au monde d&amp;rsquo;enfants, notamment en ex-RDA. Attirer des migrants&amp;nbsp;? L&amp;rsquo;Allemagne s&amp;rsquo;y emploie, mais avec un succ&amp;egrave;s tr&amp;egrave;s relatif. Car malgr&amp;eacute; ses atouts, le pays n&amp;rsquo;attire que tr&amp;egrave;s moyennement&amp;hellip;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors qu&amp;rsquo;elle est, d&amp;rsquo;un point de vue macro&amp;eacute;conomique, le moteur de l&amp;rsquo;Europe, l&amp;rsquo;Allemagne peine &amp;agrave; attirer les travailleurs de ses voisins europ&amp;eacute;ens confront&amp;eacute;s &amp;agrave; des taux de ch&amp;ocirc;mage &amp;eacute;lev&amp;eacute;s. M&amp;ecirc;me si ces derniers mois, un flux en provenance d&amp;rsquo;Espagne ou du Portugal semble exister, Baltes et Polonais ont par exemple depuis des ann&amp;eacute;es davantage privil&amp;eacute;gi&amp;eacute; l&amp;rsquo;Irlande, le Royaume-Uni et la Scandinavie. En outre, l&amp;rsquo;augmentation de l&amp;rsquo;immigration extra-europ&amp;eacute;enne et/ou musulmane a d&amp;eacute;clench&amp;eacute; de nombreux d&amp;eacute;bats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faisant notamment r&amp;eacute;f&amp;eacute;rence de mani&amp;egrave;re n&amp;eacute;gative &amp;agrave; l&amp;rsquo;immigration turque, l&amp;rsquo;ouvrage de Thilo Sarrazin, &lt;em&gt;L&amp;rsquo;Allemagne court &amp;agrave; sa perte&lt;/em&gt;, a d&amp;eacute;clench&amp;eacute; une vive pol&amp;eacute;mique quant &amp;agrave; la nature de la soci&amp;eacute;t&amp;eacute; allemande et &amp;agrave; sa composition. R&amp;eacute;futant les mots de Thilo Sarrazin, mais d&amp;eacute;clarant &amp;eacute;galement l&amp;rsquo;&amp;eacute;chec du &lt;em&gt;Multikulti&lt;/em&gt; &amp;agrave; l&amp;rsquo;allemande, Angela Merkel met le doigt sur un probl&amp;egrave;me r&amp;eacute;el, sans pour autant proposer de solution &amp;agrave; long terme pour l&amp;rsquo;&amp;eacute;quilibre d&amp;eacute;mographique allemand et pour la coh&amp;eacute;sion d&amp;rsquo;une soci&amp;eacute;t&amp;eacute; &amp;agrave; propos de laquelle le faible nombre de mariages mixtes et le record de ventes du livre de Thilo Sarrazin (meilleure vente de la d&amp;eacute;cennie) fournissent des &amp;eacute;clairages importants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, la position de la chanceli&amp;egrave;re allemande, des milieux &amp;eacute;conomiques d&amp;rsquo;outre-Rhin ou des simples citoyens n&amp;rsquo;aide pas &amp;agrave; la popularit&amp;eacute; de l&amp;rsquo;Allemagne. En 2012, &amp;agrave; Ath&amp;egrave;nes, des manifestants br&amp;ucirc;lent des drapeaux allemands, voire des drapeaux du Troisi&amp;egrave;me Reich, et les commentaires lus &amp;ccedil;a et l&amp;agrave; sur des forums Internet en Europe du Sud, voire de l&amp;rsquo;Est, donne une id&amp;eacute;e de l&amp;rsquo;impopularit&amp;eacute; de l&amp;rsquo;Allemagne ailleurs en Europe.. Pas s&amp;ucirc;r que l&amp;rsquo;attitude de Berlin donne envie &amp;agrave; un jeune Grec, m&amp;ecirc;me pauvre et ch&amp;ocirc;meur, de s&amp;rsquo;exiler en Bavi&amp;egrave;re ou sur les bords de la Weser. A-t-il tort&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;
	Vers un reniement de la r&amp;eacute;unification&amp;nbsp;?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L&amp;rsquo;Allemagne de la r&amp;eacute;unification et des ann&amp;eacute;es qui l&amp;rsquo;ont suivie a semble-t-il &amp;eacute;t&amp;eacute; le lieu d&amp;rsquo;un compromis entre d&amp;eacute;veloppement &amp;eacute;conomique et douceur de vivre. Certes, le passage &amp;agrave; l&amp;rsquo;&amp;eacute;conomie de march&amp;eacute; s&amp;rsquo;&amp;eacute;tait av&amp;eacute;r&amp;eacute; douloureux pour nombre d&amp;rsquo;habitants de l&amp;rsquo;ex-RDA, mais les libert&amp;eacute;s nouvelles avaient accompagn&amp;eacute; ce processus. De plus, le d&amp;eacute;veloppement d&amp;rsquo;une certaine douceur de vivre associ&amp;eacute;e &amp;agrave; la protection de l&amp;rsquo;environnement et la r&amp;eacute;surrection de Berlin, ville du fameux &amp;laquo;&amp;nbsp;&lt;em&gt;travailler moins pour gagner moins et vivre mieux&amp;nbsp;&lt;/em&gt;&amp;raquo; ont permis &amp;agrave; l&amp;rsquo;Allemagne de retrouver une grande confiance en elle et de se vendre &amp;agrave; l&amp;rsquo;&amp;eacute;tranger. Mais pendant le m&amp;ecirc;me temps, certaines des bases de ce renouveau allemand &amp;eacute;taient attaqu&amp;eacute;es comme l&amp;rsquo;illustrent deux exemples embl&amp;eacute;matiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le Berlin, doux, celui du slogan &amp;laquo;&lt;em&gt;&amp;nbsp;travailler moins pour gagner moins et vivre mieux&amp;nbsp;&lt;/em&gt;&amp;raquo; dans une ville &amp;agrave; faible densit&amp;eacute;, change et va changer. Malgr&amp;eacute; l&amp;rsquo;opposition de certains de ses habitants &amp;agrave; la touristification en cours et aux cort&amp;egrave;ges d&amp;rsquo;augmentation de prix, de changements de magasins et de remplacement de populations qui l&amp;rsquo;accompagnent, celle-ci est en marche. Elle s&amp;rsquo;inscrit dans une logique de comp&amp;eacute;tition mondiale dans laquelle l&amp;rsquo;Allemagne semble vouloir co&amp;ucirc;te que co&amp;ucirc;te sa place. Avec son nouvel a&amp;eacute;roport international et sa gentrification &amp;agrave; la mode parisienne, Berlin sera une capitale mondiale qui pourra longtemps surfer sur sa r&amp;eacute;putation des ann&amp;eacute;es post-r&amp;eacute;unification et sera sans doute pris&amp;eacute;e par une certaine &amp;eacute;lite, mais coup&amp;eacute;e d&amp;rsquo;une base ouvri&amp;egrave;re, &amp;eacute;tudiante, est-europ&amp;eacute;enne, turque&amp;hellip; qui a contribu&amp;eacute; au foisonnement humain et culturel des ann&amp;eacute;es 1990 et 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation de Stuttgart, ville de Mercedes-Benz, est &amp;eacute;galement embl&amp;eacute;matique. La ville a &amp;eacute;t&amp;eacute; pendant de longs mois le lieu d&amp;rsquo;une contestation dure au projet de gare Stuttgart 21. Tr&amp;egrave;s co&amp;ucirc;teux et destructeur d&amp;rsquo;un point de vue environnemental selon ses opposants, celui-ci a finalement &amp;eacute;t&amp;eacute; largement valid&amp;eacute; par r&amp;eacute;f&amp;eacute;rendum par les habitants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&amp;rsquo;Allemagne de la r&amp;eacute;unification avait privil&amp;eacute;gi&amp;eacute; la coh&amp;eacute;sion et l&amp;rsquo;&amp;eacute;quilibre&amp;nbsp;: int&amp;eacute;gration des r&amp;eacute;gions orientales, r&amp;eacute;sorption des disparit&amp;eacute;s r&amp;eacute;gionales, &amp;eacute;quit&amp;eacute; sociale, protection de l&amp;rsquo;environnement&amp;hellip; Aujourd&amp;rsquo;hui, les priorit&amp;eacute;s de l&amp;rsquo;Etat semblent diff&amp;eacute;rentes, avec une volont&amp;eacute; de grandeur affirm&amp;eacute;e, m&amp;ecirc;me au prix d&amp;rsquo;un &amp;eacute;tirement de la soci&amp;eacute;t&amp;eacute; et d&amp;rsquo;un raidissement des relations avec les Etats voisins. Si l&amp;rsquo;Allemagne est un mod&amp;egrave;le, celui issu de la r&amp;eacute;unification est sans doute en train de se transformer en un autre, que les r&amp;eacute;formes du chancelier Schr&amp;ouml;der ont pr&amp;eacute;par&amp;eacute; et que les grands groupes du pays en accord avec les deux grands partis ont l&amp;rsquo;intention de d&amp;eacute;velopper, d&amp;rsquo;autant plus qu&amp;rsquo;aucune contestation int&amp;eacute;rieure s&amp;eacute;rieuse n&amp;rsquo;existe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&amp;ecirc;me sous le seuil de pauvret&amp;eacute;, les nouveaux pauvres d&amp;rsquo;outre-Rhin semblent encore se raccrocher aux libert&amp;eacute;s dont ils jouissent et que nombreuses personnes leur envient en Europe&amp;nbsp;: autoroutes gratuites et souvent sans limitation de vitesse, nombreux caf&amp;eacute;s bon march&amp;eacute; et acceptant les fumeurs, tol&amp;eacute;rance et ouverture sur les questions sexuelles,&amp;nbsp;en particulier l&amp;rsquo;&amp;eacute;ducation sexuelle et la prostitution, transport ferroviaire bon march&amp;eacute;, manifestations sportives &amp;agrave; des tarifs abordables&amp;hellip; Est-il cynique de penser que ces &amp;eacute;l&amp;eacute;ments, inconnus &amp;agrave; cette &amp;eacute;chelle en Espagne, en Gr&amp;egrave;ce ou en Roumanie, permettent de limiter les contestations des ouvriers et employ&amp;eacute;s d&amp;eacute;class&amp;eacute;s&amp;nbsp;et pr&amp;eacute;caris&amp;eacute;s&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class="aller-plus-loin"&gt;Pour aller plus loin&lt;/p&gt;
&lt;p class="bleu"&gt;Sur Nouvelle Europe&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;
		Dossier de mai 2012 : &lt;a href="http://www.nouvelle-europe.eu/dossier/rigueur-et-pauvrete-en-europe"&gt;Rigueur et pauvret&amp;eacute; en Europe&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p class="bleu"&gt;A lire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Sur internet &lt;/em&gt;:&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;
		&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9formes_Hartz"&gt;Lois Hartz&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;
		Article de &lt;em&gt;L&amp;rsquo;Humanit&amp;eacute;&lt;/em&gt; sur la &lt;a href="http://www.humanite.fr/monde/allemagne-le-modele-qui-reduit-l%E2%80%99esperance-de-vie-485779"&gt;r&amp;eacute;duction de l&amp;rsquo;esp&amp;eacute;rance de vie&lt;/a&gt; en Allemagne pour les plus pauvres&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;
		Article du &lt;em&gt;Figaro&lt;/em&gt; sur le &lt;a href="http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2012/02/07/20002-20120207ARTFIG00520-le-burn-out-contrepartie-du-succes-economique-allemand.php"&gt;d&amp;eacute;veloppement du &lt;em&gt;burn-out&lt;/em&gt; et de la d&amp;eacute;pression&lt;/a&gt; chez les salari&amp;eacute;s allemands&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;
		Article du &lt;em&gt;Figaro&lt;/em&gt; sur l&amp;#39;&lt;a href="http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2011/11/22/04016-20111122ARTFIG00776-l-allemagne-un-modele-imparfait.php"&gt;imperfection du mod&amp;egrave;le allemand&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;
		Article du &lt;em&gt;Figaro&lt;/em&gt; sur la &lt;a href="http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2011/11/14/04016-20111114ARTFIG00566-l-allemagne-reflechit-a-des-salaires-minimum.php"&gt;r&amp;eacute;flexion autour d&amp;#39;un salaire minimum en Allemagne&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;
		Article de Deutsche Welle sur la &lt;a href="http://www.dw.de/dw/article/0,,4025711,00.html"&gt;prise de m&amp;eacute;dicaments et de produits dopants par les cadres&lt;/a&gt; en Allemagne&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;
		Articles des &lt;em&gt;Echos&lt;/em&gt; sur la &lt;a href="http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/tech-medias/actu/0201810572485-volkswagen-reglemente-l-utilisation-des-blackberry-de-ses-managers-hors-du-lieu-de-travail-268842.php"&gt;r&amp;eacute;glementation de l&amp;rsquo;utilisation des &lt;em&gt;BlackBerry&lt;/em&gt; chez Volkswagen&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;
		Article de Rue 89 sur le &lt;a href="http://www.rue89.com/2011/05/08/nein-danke-berlin-veut-fermer-ses-portes-aux-touristes-202615"&gt;ras-le-bol d&amp;rsquo;une partie des Berlinois face au tourisme de masse&amp;nbsp;des jeunes Europ&amp;eacute;ens&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;
		Article de Rue 89 sur la &lt;a href="http://www.rue89.com/2010/10/17/le-multiculturel-a-echoue-ce-debat-allemand-que-merkel-agite-171691"&gt;pol&amp;eacute;mique autour du &lt;em&gt;Multikulti&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;
		Article de Causeur sur la &lt;a href="http://www.causeur.fr/angela-pas-angelique,7645"&gt;pol&amp;eacute;mique autour du &lt;em&gt;Multikulti&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;
		Article de Caf&amp;eacute; Babel sur la &lt;a href="http://www.cafebabel.fr/article/2671/une-capitale-ou-il-ne-fait-pas-bon-grandir.html"&gt;pauvret&amp;eacute; infantile &amp;agrave; Berlin&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;
		Article de MyEurop.info sur les &lt;a href="http://fr.myeurop.info/2011/10/06/ces-retraites-allemands-obliges-de-retourner-au-travail-3501"&gt;retrait&amp;eacute;s allemands oblig&amp;eacute;s de retravailler&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;
		Article de MyEurop.info sur les &lt;a href="http://fr.myeurop.info/2011/10/05/la-competitivite-allemande-20-de-travailleurs-pauvres-3490"&gt;20 % de travailleurs pauvres en Allemagne&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;
		Article de MyEurop.info sur le &lt;a href="http://fr.myeurop.info/2011/10/04/chomage-la-face-cachee-du-miracle-economique-allemand-3478"&gt;ch&amp;ocirc;mage et la pr&amp;eacute;carit&amp;eacute; en Allemagne&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;
		Article de MyEurop.info sur la &lt;a href="http://fr.myeurop.info/2011/10/07/l-allemagne-prend-un-sacre-coup-de-vieux-3502"&gt;d&amp;eacute;mographie allemande&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;
		Article de MyEurop.info sur la &lt;a href="http://fr.myeurop.info/2011/10/10/l-allemagne-tente-sans-succes-d-attirer-les-ingenieurs-etrangers-3530"&gt;difficult&amp;eacute; de l&amp;rsquo;Allemagne &amp;agrave; attirer des &amp;eacute;trangers&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;
		Article du &lt;em&gt;Frankfurter Allgemeine Zeitung&lt;/em&gt; avec en une un &lt;a href="http://www.faz.net/aktuell/politik/europaeische-union/weitere-europaeische-finanzhilfen-ein-entscheidender-moment-fuer-griechenland-11641395.html"&gt;drapeau allemand br&amp;ucirc;l&amp;eacute; en Gr&amp;egrave;ce&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p class="bleu"&gt;A voir&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;
		Galerie photo de Rue 89 sur l&amp;rsquo;&lt;a href="http://www.rue89.com/planete89/2011/04/22/a-stuttgart-on-pense-que-le-progres-ne-fait-plus-le-bonheur-200746"&gt;opposition au chantier de nouvelle gare Stuttgart 21&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;
		Galerie photo sur la &lt;a href="http://www.flickr.com/photos/61166263@N07/with/5574737844/"&gt;pauvret&amp;eacute; &amp;agrave; Berlin&lt;/a&gt; sur Flickr&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;
		Comparatif sur la &lt;a href="http://www.touteleurope.eu/fr/actions/social/les-europeens-au-quotidien/presentation/comparatif-la-pauvrete-en-europe.html"&gt;pauvret&amp;eacute; en Europe&lt;/a&gt; sur Toute l&amp;#39;Europe&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;
		&lt;a href="http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2012/02/07/20002-20120207ARTFIG00331-france-allemagne-le-face-a-face-en-chiffres.php"&gt;Infographies comparatives&lt;/a&gt; du &lt;em&gt;Figaro&lt;/em&gt; sur les dynamiques &amp;eacute;conomiques et sociales en France et en Allemagne&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Sources photo : &lt;/em&gt;&lt;a href="http://www.flickr.com/photos/tonkinnguyen/3096487222/"&gt;Mendiant &amp;agrave; Erfurt, &amp;copy; N.H.D / Flickr / Creative Commons &lt;/a&gt;; &lt;a href="http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Logo_minijobrente.jpg"&gt;Logo des minijobs, Wikipedia commons&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;img src="http://feeds.feedburner.com/~r/Nouvelle-europe/~4/skKU9xncQbM" height="1" width="1"/&gt;</description>
     <comments>http://www.nouvelle-europe.eu/l-allemagne-un-pays-o-les-pauvres-meurent-de-plus-en-plus-jeunes#comments</comments>
 <category domain="http://www.nouvelle-europe.eu/tags/allemagne">Allemagne</category>
 <category domain="http://www.nouvelle-europe.eu/tags/pauvrete">Pauvreté</category>
 <category domain="http://www.nouvelle-europe.eu/redaction-paris">Rédaction Paris</category>
 <category domain="http://www.nouvelle-europe.eu/geographie/europe-centrale">Europe centrale</category>
 <category domain="http://www.nouvelle-europe.eu/geographie">Géographie</category>
 <pubDate>Wed, 02 May 2012 08:00:00 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Antoine Lanthony</dc:creator>
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    <title>Austérité et rigueur : le peuple dit non !</title>
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    <description>&lt;!--paging_filter--&gt;&lt;p class="accroche"&gt;&amp;laquo; &lt;em&gt;La rigueur, c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;aust&amp;eacute;rit&amp;eacute; plus l&amp;rsquo;espoir&lt;/em&gt; &amp;raquo;. Pas certain que la population roumaine partage l&amp;rsquo;avis de l&amp;rsquo;ancien Premier ministre fran&amp;ccedil;ais, Pierre Mauroy. Le 6 f&amp;eacute;vrier 2012, le chef du gouvernement conservateur roumain, Emil Boc (membre du Parti d&amp;eacute;mocrate lib&amp;eacute;ral, affili&amp;eacute; au PPE), annon&amp;ccedil;ait sa d&amp;eacute;mission. Ce dernier avait fait adopter des mesures d&amp;rsquo;aust&amp;eacute;rit&amp;eacute; depuis l&amp;rsquo;&amp;eacute;t&amp;eacute; 2010 afin de redresser les finances du pays et &amp;laquo;&amp;nbsp;&lt;em&gt;faire de l&amp;rsquo;&amp;eacute;conomie roumaine un exemple dans l&amp;rsquo;Union europ&amp;eacute;enne&lt;/em&gt; &amp;raquo;.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;
	La chute de gouvernement : exercice national ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En r&amp;eacute;action &amp;agrave; l&amp;rsquo;adoption d&amp;rsquo;un plan draconien en 2010, l&amp;rsquo;opposition du Parlement et l&amp;rsquo;opinion publique commenc&amp;egrave;rent &amp;agrave; se mobiliser. L&amp;rsquo;acm&amp;eacute; de la manifestation eut lieu en ce d&amp;eacute;but d&amp;rsquo;ann&amp;eacute;e, malgr&amp;eacute; le froid sib&amp;eacute;rien qui s&amp;rsquo;&amp;eacute;tait abattu sur toute l&amp;rsquo;Europe avec des temp&amp;eacute;ratures atteignant les &amp;ndash; 24&amp;deg; certains jours de protestations &amp;agrave; Bucarest, pour d&amp;eacute;fier le plan d&amp;rsquo;aust&amp;eacute;rit&amp;eacute;. Le 6 f&amp;eacute;vrier dernier, le tr&amp;egrave;s controvers&amp;eacute; Pr&amp;eacute;sident roumain Traian Băsescu (ind&amp;eacute;pendant) avait pr&amp;eacute;sent&amp;eacute; Mihai Răzvan Ungureanu (PDL) au Parlement, selon l&amp;rsquo;article 103 de la Constitution roumaine. Il avait &amp;eacute;t&amp;eacute; investi par le Parlement en attendant les prochaines &amp;eacute;lections l&amp;eacute;gislatives. Une nomination qui avait fait d&amp;eacute;bat, car le nouveau chef du gouvernement poss&amp;eacute;dait le profil d&amp;rsquo;un bureaucrate, &amp;agrave; l&amp;rsquo;image de Mario Monti ou de Louk&amp;aacute;s Papad&amp;iacute;mos. Il n&amp;#39;est finalement rest&amp;eacute; que trois mois: le 27 avril une motion de censure d&amp;eacute;pos&amp;eacute;e par l&amp;rsquo;opposition social-d&amp;eacute;mocrate a renvers&amp;eacute; le gouvernement. A trois mois des &amp;eacute;lections l&amp;eacute;gislatives, c&amp;rsquo;est d&amp;eacute;sormais le chef de l&amp;rsquo;opposition (qui n&amp;rsquo;en n&amp;rsquo;est plus une), Victor Ponta, qui prend la t&amp;ecirc;te du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;
	R&amp;eacute;cession en Roumanie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le plan de rigueur en Roumanie r&amp;eacute;sulte de deux ann&amp;eacute;es catastrophiques pour l&amp;rsquo;activit&amp;eacute; &amp;eacute;conomique. L&amp;rsquo;ann&amp;eacute;e la plus marquante reste celle de 2009 o&amp;ugrave; le pays a enregistr&amp;eacute; une r&amp;eacute;cession de 7 points. Il a fallu attendre 2011 pour retrouver la croissance. Avant la crise, le pays fr&amp;ocirc;lait les 7 points de croissance et attirait annuellement 15 milliards d&amp;rsquo;investissements directs &amp;agrave; l&amp;rsquo;&amp;eacute;tranger. Cette contraction de l&amp;rsquo;&amp;eacute;conomie s&amp;rsquo;explique notamment par le retrait des capitaux &amp;eacute;trangers qui provenaient essentiellement d&amp;rsquo;Allemagne (18%), d&amp;rsquo;Italie (13%) et de France (8%). De plus, l&amp;rsquo;ann&amp;eacute;e 2010 a &amp;eacute;t&amp;eacute; marqu&amp;eacute;e par un taux ch&amp;ocirc;mage de 8,36%, qui a doubl&amp;eacute; en un an et par un recul de la production industrielle de plus de 6%. Cette situation s&amp;#39;est conjugu&amp;eacute;e avec une inflation grimpante qui a atteint les 10%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette r&amp;eacute;cession a forc&amp;eacute; les autorit&amp;eacute;s roumaines &amp;agrave; emprunter au Fond mon&amp;eacute;taire international (FMI) un pr&amp;ecirc;t de 20 milliards d&amp;rsquo;euros. Pour b&amp;eacute;n&amp;eacute;ficier de celui-ci, l&amp;rsquo;Etat roumain devait mettre en application de nombreuses mesures de rigueur. Celles-ci ont &amp;eacute;t&amp;eacute; pr&amp;eacute;sent&amp;eacute;es et adopt&amp;eacute;es par la coalition de centre droit dirig&amp;eacute;e par Emil Boc en juin 2010. &amp;nbsp;Elles comportaient :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;-&lt;span class="Apple-tab-span"&gt; &lt;/span&gt;Une r&amp;eacute;duction de 15% des retraites&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;-&lt;span class="Apple-tab-span"&gt; &lt;/span&gt;Une baisse du salaire des fonctionnaires de 25%&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;-&lt;span class="Apple-tab-span"&gt; &lt;/span&gt; Un nouvel ajustement des allocations ch&amp;ocirc;mage et familiales qui devaient baisser de 15%&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;-&lt;span class="Apple-tab-span"&gt; &lt;/span&gt;Une augmentation de la TVA, passant de 19 % &amp;agrave; 24 %&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;-&lt;span class="Apple-tab-span"&gt; &lt;/span&gt;Une baisse de 15% des aides vers&amp;eacute;es aux handicap&amp;eacute;s, aux anciens r&amp;eacute;volutionnaires, aux v&amp;eacute;t&amp;eacute;rans et aux veuves de guerre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;-&lt;span class="Apple-tab-span"&gt; &lt;/span&gt;L&amp;rsquo;introduction d&amp;rsquo;une taxe sur les tickets restaurants et sur les droits d&amp;rsquo;auteurs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;-&lt;span class="Apple-tab-span"&gt; &lt;/span&gt;Une augmentation de 16% des taxes sur les transactions boursi&amp;egrave;res&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;-&lt;span class="Apple-tab-span"&gt; &lt;/span&gt;Le licenciement de 70.000 fonctionnaires avant la fin 2010&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des mesures qui touchent l&amp;rsquo;ensemble de la population : retrait&amp;eacute;s, pr&amp;eacute;caires, fonctionnaires, monde financier, consommateurs, etc... La Roumanie compte 21,5 millions d&amp;rsquo;habitants dont 25% qui vit sous le seuil de pauvret&amp;eacute; et 4,69 millions de retrait&amp;eacute;s. &amp;nbsp;Ainsi, les dispositions &amp;eacute;labor&amp;eacute;es par le FMI et le gouvernement d&amp;#39;Emil Boc suscitent de vives oppositions. D&amp;egrave;s juin 2011, l&amp;rsquo;opposition social-d&amp;eacute;mocrate a tent&amp;eacute; de renverser le gouvernement en proposant une motion de censure d&amp;eacute;non&amp;ccedil;ant un &amp;laquo; g&amp;eacute;nocide social &amp;raquo;. Elle a &amp;eacute;t&amp;eacute; rejet&amp;eacute;e de 8 voix en juin 2011.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;
	Mobilisation de la population et chute du gouvernement&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Suite &amp;agrave; l&amp;rsquo;annonce de ces mesures d&amp;rsquo;asut&amp;eacute;rit&amp;eacute;, les mobilisations se multipli&amp;egrave;rent au sein de l&amp;rsquo;opinion publique, avec l&amp;rsquo;apparition d&amp;rsquo;un mouvement des &amp;laquo; Indign&amp;eacute;s &amp;raquo; au sein du pays. Ceux-ci occup&amp;egrave;rent la place de l&amp;rsquo;Universit&amp;eacute; de Bucarest au d&amp;eacute;but de l&amp;rsquo;ann&amp;eacute;e 2012. Une r&amp;eacute;elle opportunit&amp;eacute; pour l&amp;rsquo;opposition, qui souhaitait au plus t&amp;ocirc;t organiser des l&amp;eacute;gislatives anticip&amp;eacute;es, les prochaines &amp;eacute;lections auraient eu &amp;nbsp;lieu en 2013. Cependant, le Parti Social D&amp;eacute;mocrate (PSD) et le Parti National Lib&amp;eacute;ral (PNL) n&amp;rsquo;&amp;eacute;taient pas d&amp;rsquo;accord sur les mesures &amp;agrave; adopter. Le PSD avait propos&amp;eacute; une gr&amp;egrave;ve parlementaire des d&amp;eacute;put&amp;eacute;s de l&amp;rsquo;USL tandis qu&amp;rsquo;au PNL, on envisageait la d&amp;eacute;mission de tous les d&amp;eacute;put&amp;eacute;s de l&amp;rsquo;opposition.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces tractations politiques n&amp;#39;ont pas atteint les &amp;laquo; Indign&amp;eacute;s &amp;raquo; de Bucarest. Ceux-ci ont r&amp;eacute;uni hebdomadairement de grandes manifestations au mois de janvier 2012. Le v&amp;eacute;ritable ras-le-bol de la population eu lieu en d&amp;eacute;cembre 2011, lorsque le Pr&amp;eacute;sident roumain souhaita privatiser le syst&amp;egrave;me de sant&amp;eacute; publique roumain. Suite aux nombreuses pressions provenant de la rue, des m&amp;eacute;dias, de l&amp;rsquo;opposition, la coalition gouvernementale commen&amp;ccedil;a &amp;agrave; s&amp;rsquo;effriter et &amp;agrave; s&amp;rsquo;effondrer. Les ministres des Affaires &amp;eacute;trang&amp;egrave;res et de l&amp;rsquo;Int&amp;eacute;rieur durent d&amp;eacute;missionner.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, au Parlement, l&amp;rsquo;opposition &amp;eacute;tait encore divis&amp;eacute;e sur la position &amp;agrave; adopter. Celle-ci regroupe des communistes, des sociaux-d&amp;eacute;mocrates et des nationalistes. C&amp;#39;est seulement le 1er f&amp;eacute;vrier 2012 que ceux-ci trouvent un accord. Tous les d&amp;eacute;put&amp;eacute;s des trois partis d&amp;rsquo;opposition d&amp;eacute;cid&amp;egrave;rent d&amp;rsquo;engager une gr&amp;egrave;ve parlementaire jusqu&amp;rsquo;aux prochaines &amp;eacute;lections. Ce coup de force oblige Emil Boc &amp;agrave; pr&amp;eacute;senter sa d&amp;eacute;mission le 6 f&amp;eacute;vrier.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le nouveau Premier ministre Mihai Răzvan Ungureanu remporte, le 9 f&amp;eacute;vrier, le vote de confiance au Parlement de Roumanie, par 237 voix contre 2, l&amp;#39;opposition n&amp;#39;ayant pas pris part au vote, estimant que celui-ci reste aux ordres du Pr&amp;eacute;sident roumain et continuera d&amp;rsquo;appliquer des mesures d&amp;rsquo;aust&amp;eacute;rit&amp;eacute;. Il pr&amp;eacute;sente un discours de politique g&amp;eacute;n&amp;eacute;rale o&amp;ugrave; il indique sa volont&amp;eacute; d&amp;#39;adopter l&amp;#39;euro en 2015, de rentrer dans l&amp;rsquo;espace Schengen, de lutter contre la corruption et annonce &amp;eacute;galement la hausse du traitement des fonctionnaires, r&amp;eacute;duit de 25 %. L&amp;rsquo;opinion publique commence &amp;agrave; souffler en attendant les l&amp;eacute;gislatives qui auront lieu en novembre 2012. Ce discours ne convainc pas l&amp;rsquo;opposition au Parlement qui le renverse le 27 avril 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contexte politique est tr&amp;egrave;s tendu dans le pays. Les nouvelles &amp;eacute;lections risquent d&amp;rsquo;&amp;ecirc;tre un vote sanction contre l&amp;rsquo;actuel Pr&amp;eacute;sident. De plus, un nouveau d&amp;eacute;bat voit le jour au sein du gouvernement suite &amp;agrave; une d&amp;eacute;claration du Pr&amp;eacute;sident Traian Băsescu au mois d&amp;rsquo;avril. &amp;laquo; &lt;em&gt;Le pays doit s&amp;rsquo;extraire de sa d&amp;eacute;pendance &amp;eacute;nerg&amp;eacute;tique vis-&amp;agrave;-vis de la Russie&lt;/em&gt; &amp;raquo; : &amp;agrave; l&amp;rsquo;instar de son voisin bulgare, qui avait adopt&amp;eacute; l&amp;rsquo;interdiction de l&amp;rsquo;exploitation des gaz de schistes le 16 janvier dernier, la Roumanie souhaite ouvrir l&amp;rsquo;exploitation des gaz de schistes dans la r&amp;eacute;gion de la Dobroudja. Le Pr&amp;eacute;sident souhaite d&amp;eacute;sengager la Roumanie de sa d&amp;eacute;pendance &amp;eacute;nerg&amp;eacute;tique envers la Russie et all&amp;eacute;ger sa balance commerciale (fortement d&amp;eacute;ficitaire), une proposition qui d&amp;eacute;plait, de nouveau, &amp;agrave; la population.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;div&gt;
	&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
&lt;p class="aller-plus-loin"&gt;Aller plus loin&lt;/p&gt;
&lt;p class="bleu"&gt;Sur Nouvelle Europe&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;
		Dossier de mai 2012 : &lt;a href="http://www.nouvelle-europe.eu/dossier/rigueur-et-pauvrete-en-europe"&gt;Rigueur et pauvret&amp;eacute; en Europe&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p class="bleu"&gt;A lire&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Ouvrages &lt;/em&gt;:&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;
		D&amp;Eacute;RENS J.-A., &lt;em&gt;Comprendre les Balkans&lt;/em&gt;, Non Lieu, Paris, 2007&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Sur internet&lt;/em&gt; :&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;
		&lt;a href="https://www.cia.gov/library/publications/the-world-factbook/geos/ro.html"&gt;CIA : the World facebook &amp;nbsp;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;
		&lt;a href="http://balkans.courriers.info/spip.php?page=dossier&amp;amp;id_article=15246"&gt;Dossier du Courrier des Balkans &amp;quot;Aust&amp;eacute;rit&amp;eacute; en Roumanie : la population manifeste son ras-le-bol&amp;quot;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;
		&lt;a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20120209.AFP7087/le-nouveau-gouvernement-roumain-obtient-la-confiance-au-parlement.html"&gt;Nouvel Observateur, &amp;quot;Le nouveau gouvernement roumain obtient la confiance au Parlement&amp;quot;&amp;nbsp;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;
		&lt;a href="http://www.cdep.ro/pls/dic/site.page?id=372&amp;amp;idl=3"&gt;Constitution roumaine de 1991&amp;nbsp;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Source photo&lt;/em&gt; : Romanian flag sur &lt;a href="http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Romanian_flag_in_Ieud.jpg"&gt;Wikimedia commons&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;img src="http://feeds.feedburner.com/~r/Nouvelle-europe/~4/quGUTNRG6Cw" height="1" width="1"/&gt;</description>
     <comments>http://www.nouvelle-europe.eu/austerite-et-rigueur-le-peuple-dit-non#comments</comments>
 <category domain="http://www.nouvelle-europe.eu/tags/balkans-0">Balkans</category>
 <category domain="http://www.nouvelle-europe.eu/tags/crise-economique">Crise économique</category>
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 <category domain="http://www.nouvelle-europe.eu/redaction-paris">Rédaction Paris</category>
 <category domain="http://www.nouvelle-europe.eu/geographie/balkans">Balkans</category>
 <category domain="http://www.nouvelle-europe.eu/geographie">Géographie</category>
 <pubDate>Wed, 02 May 2012 08:00:00 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Jean-Baptiste Kastel</dc:creator>
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  <item>
    <title>La Grèce et ses six défauts</title>
    <link>http://feedproxy.google.com/~r/Nouvelle-europe/~3/cGsb-9VFKrw/la-grece-et-ses-six-defauts</link>
    <description>&lt;!--paging_filter--&gt;&lt;p class="accroche"&gt;&amp;laquo;&amp;nbsp;La Gr&amp;egrave;ce est le seul exemple connu d&amp;rsquo;un pays vivant en pleine banqueroute depuis le jour de sa naissance.[&amp;hellip;] la Gr&amp;egrave;ce a v&amp;eacute;cu plus de vingt ans en paix avec la banqueroute. Tous les budgets, depuis le premier jusqu&amp;rsquo;au dernier, sont en d&amp;eacute;ficit.&amp;nbsp;[&amp;hellip;]&lt;/p&gt;
&lt;p class="accroche"&gt;Il a fallu que les puissances protectrices de la Gr&amp;egrave;ce garantissent sa solvabilit&amp;eacute; pour qu&amp;rsquo;elle n&amp;eacute;goci&amp;acirc;t un emprunt &amp;agrave; l&amp;rsquo;ext&amp;eacute;rieur. Les ressources fournies par cet emprunt ont &amp;eacute;t&amp;eacute; gaspill&amp;eacute;es par le gouvernement sans aucun fruit pour le pays&amp;nbsp;; et, une fois l&amp;rsquo;argent d&amp;eacute;pens&amp;eacute;, il a fallu que les garants, par pure bienveillance, en servissent les int&amp;eacute;r&amp;ecirc;ts&amp;nbsp;: la Gr&amp;egrave;ce ne pouvait point les payer. Aujourd&amp;rsquo;hui, elle renonce &amp;agrave; l&amp;rsquo;esp&amp;eacute;rance de s&amp;rsquo;acquitter jamais.&amp;nbsp;&amp;raquo;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extrait d&amp;rsquo;une tribune sur le dernier plan de sauvetage grec&amp;nbsp;? Non. Le dernier dossier de l&amp;rsquo;hebdomadaire &lt;em&gt;The Economist&lt;/em&gt;&amp;nbsp;? Non plus. Un extrait d&amp;rsquo;un rapport de la Commission&amp;nbsp;? D&amp;eacute;cidemment vous n&amp;rsquo;y &amp;ecirc;tes pas. Vous venez de lire le d&amp;eacute;but du septi&amp;egrave;me chapitre de la &lt;em&gt;Gr&amp;egrave;ce Contemporaine&lt;/em&gt; r&amp;eacute;dig&amp;eacute;e par Edmond About en&amp;hellip; 1854.&lt;/p&gt;
&lt;p align="center"&gt;~&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que l&amp;rsquo;Europe enti&amp;egrave;re semble fouiller parmi les mythes et l&amp;eacute;gendes de la Gr&amp;egrave;ce antique pour comprendre la situation actuelle, c&amp;rsquo;est vers la Gr&amp;egrave;ce moderne qu&amp;rsquo;il faut se tourner pour trouver des r&amp;eacute;ponses. Le livre d&amp;rsquo;Edmond About (1828-1885), journaliste et &amp;eacute;crivain membre de l&amp;rsquo;Acad&amp;eacute;mie fran&amp;ccedil;aise, est &amp;eacute;difiant par la similarit&amp;eacute; entre la situation d&amp;rsquo;il y a cent soixante ans et la situation avec laquelle l&amp;rsquo;Union europ&amp;eacute;enne se trouve confront&amp;eacute;e aujourd&amp;rsquo;hui. Toutefois, l&amp;agrave; ne sont pas les seules ressemblances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Gr&amp;egrave;ce moderne semble &amp;ecirc;tre atteinte d&amp;rsquo;une pathologie grave&amp;nbsp;: l&amp;rsquo;insolvabilit&amp;eacute; chronique. Avec les grandes puissances europ&amp;eacute;ennes &amp;agrave; son chevet, la Gr&amp;egrave;ce a sombr&amp;eacute; dans la d&amp;eacute;pense et la d&amp;eacute;pendance plusieurs fois d&amp;eacute;j&amp;agrave;&amp;nbsp;: en 1826, 1843, 1860, 1893, 1932 et enfin, 2012. La Gr&amp;egrave;ce pr&amp;eacute;sente les m&amp;ecirc;mes sympt&amp;ocirc;mes&amp;nbsp;&amp;agrave; travers les si&amp;egrave;cles: une absence totale de confiance en l&amp;rsquo;Etat, l&amp;rsquo;incapacit&amp;eacute; &amp;agrave; lever des imp&amp;ocirc;ts, des classes politiques corrompues se servant de l&amp;rsquo;argent public, des professions lib&amp;eacute;rales et eccl&amp;eacute;siastiques qui ne sont jamais inqui&amp;eacute;t&amp;eacute;es, un client&amp;eacute;lisme g&amp;eacute;n&amp;eacute;ralis&amp;eacute; et le tout sur une population moyenne pauvre qui n&amp;rsquo;a profit&amp;eacute; que tr&amp;egrave;s marginalement du syst&amp;egrave;me.&lt;/p&gt;
&lt;p align="center"&gt;&lt;img alt="" src="https://mail-attachment.googleusercontent.com/attachment/u/1/?ui=2&amp;amp;ik=2195fb3d90&amp;amp;view=att&amp;amp;th=136ef38790bfb413&amp;amp;attid=0.1&amp;amp;disp=inline&amp;amp;realattid=f_h1hyf6l70&amp;amp;safe=1&amp;amp;zw&amp;amp;saduie=AG9B_P9M1FMEDrN4vap87qNUQOl_&amp;amp;sadet=1335453345762&amp;amp;sads=8HpZzIknh2HZYkxbSgYPaCm8LXs" /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour sa d&amp;eacute;fense, il faut tout de m&amp;ecirc;me remarquer que les trois derni&amp;egrave;res faillites ont eu lieu lors de contractions &amp;eacute;conomiques&amp;nbsp;: la longue d&amp;eacute;pression de 1873 &amp;agrave; 1896, la crise &amp;eacute;conomique de 1929 &amp;agrave; 1932 (o&amp;ugrave; d&amp;rsquo;autres pays europ&amp;eacute;ens ont fait faillite comme la Bulgarie, l&amp;rsquo;Autriche et bien s&amp;ucirc;r l&amp;rsquo;Allemagne) et enfin la crise &amp;eacute;conomique actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, chacune d&amp;rsquo;entre elles a &amp;eacute;t&amp;eacute; suivie d&amp;rsquo;intenses phases de redressement et d&amp;rsquo;ing&amp;eacute;rence&amp;nbsp;: de 1897 &amp;agrave; 1936, la Gr&amp;egrave;ce se retrouve sous tutelle de la Commission Financi&amp;egrave;re Internationale o&amp;ugrave; ses principaux cr&amp;eacute;anciers, la Grande-Bretagne, la France et l&amp;rsquo;Allemagne, contr&amp;ocirc;lent les finances grecques depuis Ath&amp;egrave;nes. Le choc pour la population est dur&amp;nbsp;: plus de 10% de celle-ci &amp;eacute;migrent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les comptes s&amp;rsquo;assainissent et que l&amp;rsquo;Etat se modernise, les efforts de la Gr&amp;egrave;ce se retrouvent plusieurs fois mis &amp;agrave; mal par ses ambitions d&amp;rsquo;expansion (Guerre balkaniques 1912/13, Guerre contre la Turquie 1922/23) mais aussi par &amp;nbsp;les dictatures, l&amp;rsquo;occupation et la guerre civile dont elle a &amp;eacute;t&amp;eacute; victime (Dictature Metax&amp;aacute;s de 1936-1940, Occupation 1940-1945, Guerre civile 1946-149 et la dictature des Colonels 1969-1974). La tentation communiste aussi poussera l&amp;rsquo;Etat grec &amp;agrave; grossir goul&amp;ucirc;ment sans pour autant s&amp;rsquo;occuper de domaines vitaux comme la modernisation de l&amp;rsquo;&amp;eacute;ducation, de la sant&amp;eacute; ou des infrastructures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, ce qui semble le plus cyclique et le plus alarmant, ce sont les intenses phases d&amp;rsquo;aust&amp;eacute;rit&amp;eacute; et de pauvret&amp;eacute; que subit la population pour redresser le pays des erreurs qu&amp;rsquo;ont commises ses classes dirigeantes, de droite comme de gauche. Cela va faire quatre ans que la Gr&amp;egrave;ce est en r&amp;eacute;cession &amp;eacute;conomique et que celle-ci s&amp;rsquo;aggrave. 20% de la population vit en-dessous du seuil de pauvret&amp;eacute; et 17% de la population active est actuellement &amp;agrave; la recherche d&amp;rsquo;emploi, du moins pour ceux qui se d&amp;eacute;clarent. L&amp;rsquo;importance de la diaspora grecque &amp;agrave; travers le monde n&amp;rsquo;est que l&amp;rsquo;ultime preuve du sentiment d&amp;eacute;sabus&amp;eacute; de la population grecque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Augmenter les imp&amp;ocirc;ts et la TVA tout en diminuant les salaires ne servira &amp;agrave; rien sauf &amp;agrave; aggraver la r&amp;eacute;cession si la Gr&amp;egrave;ce et l&amp;rsquo;Europe n&amp;rsquo;apportent pas des solutions convaincantes aux v&amp;eacute;ritables probl&amp;egrave;mes structurels du pays. La fin de l&amp;rsquo;exon&amp;eacute;ration des armateurs et de l&amp;rsquo;Eglise orthodoxe, la privatisation des agences publiques, la lutte contre la corruption et le client&amp;eacute;lisme au sein de l&amp;rsquo;administration et des classes dirigeants, une politique active et efficace contre l&amp;rsquo;&amp;eacute;vasion fiscale, la modernisation des services de sant&amp;eacute; et de l&amp;rsquo;&amp;eacute;ducation devraient &amp;ecirc;tre les premi&amp;egrave;res des priorit&amp;eacute;s. Il faut avant tout aider la Gr&amp;egrave;ce &amp;agrave; ne pas retourner vers ses vieux d&amp;eacute;mons.&lt;/p&gt;
&lt;p class="aller-plus-loin"&gt;&lt;strong&gt;Pour aller plus loin&lt;/strong&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class="bleu"&gt;Sur Nouvelle Europe:&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;
		Dossier de mai 2012: &lt;a href="http://www.nouvelle-europe.eu/dossier/rigueur-et-pauvrete-en-europe"&gt;Rigueur et pauvret&amp;eacute; en Europe&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p class="bleu"&gt;&amp;Agrave;&amp;nbsp;lire:&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;
		Edmond About, &lt;a href="http://fr.wikisource.org/wiki/La_Gr%C3%A8ce_contemporaine"&gt;&lt;em&gt;La Gr&amp;egrave;ce contemporaine&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;, 1854&amp;nbsp;:&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;
		Nicolas Bloudanis, &lt;em&gt;Faillites grecques&amp;nbsp;: une fatalit&amp;eacute; historique&lt;/em&gt;&amp;nbsp;? , 2011&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p class="bleu"&gt;Sur Internet:&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;
		&lt;a href="http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2011/10/gr%C3%A8ce-la-dette-une-affaire-detat.html"&gt;Entretien de Nicolas Bloudanis&lt;/a&gt; donn&amp;eacute; &amp;agrave; Jean Quatremer, journaliste &amp;agrave; &lt;em&gt;Lib&amp;eacute;ration&lt;/em&gt;&amp;nbsp;:&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;
		&lt;a href="http://www.bestseller-consulting.com/nicolas-bloudanis-auteur-best-seller-consulting-interviewe-sur-france-24-pour-la-promotion-de-son-li-ns-18.html"&gt;Interview de Nicolas Bloudanis &lt;/a&gt;sur France 24&amp;nbsp;:&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Source photo: &lt;/em&gt;&amp;nbsp;Coupe &amp;agrave; figures rouges d&amp;#39;Euphronio (500 av. JC) sur &lt;a href="http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Euphronios_0008.jpg"&gt;Wikimedia commons&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;img src="http://feeds.feedburner.com/~r/Nouvelle-europe/~4/cGsb-9VFKrw" height="1" width="1"/&gt;</description>
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 <pubDate>Wed, 02 May 2012 08:00:00 +0000</pubDate>
 <dc:creator>Claire Bravard</dc:creator>
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