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	<title>Petit Seigneur</title>
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	<description>La suite du roman</description>
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		<title>Pour Idlib</title>
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		<pubDate>Thu, 06 Sep 2018 17:01:22 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[La chute, l’une après l’autre, des villes syriennes qui ont incarné la révolution et l’espoir de liberté pendant tant de mois, après plus de quarante années d’une dictature implacable, est douloureuse pour tous ceux qui ont partagé l’élan du peuple syrien. Alep, la Ghouta, Deraa et à présent Idlib, autant d’endroits que, contrairement à beaucoup [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">La chute, l’une après l’autre, des villes syriennes qui ont incarné la révolution et l’espoir de liberté pendant tant de mois, après plus de quarante années d’une dictature implacable, est douloureuse pour tous ceux qui ont partagé l’élan du peuple syrien. Alep, la Ghouta, Deraa et à présent Idlib, autant d’endroits que, contrairement à beaucoup de mes compatriotes français, j’ai connus. Les Damascènes s’amusaient que mon mari et moi ayons aussi pu nous rendre à Deir-ez-Zor et plus encore à Raqqa – au nom si difficile à prononcer pour moi à cause de son double <em>qāf</em> – car eux, n’y avaient jamais mis les pieds. Ils se demandaient probablement ce qu’un diplomate et sa femme pouvaient bien trouver à y faire, ignorant qu’un jour viendrait où cette cité perdue sur les bords de l’Euphrate deviendrait la capitale de l’enfer pour ses habitants.</p>
<p style="text-align: justify;">L’enfer, il est vrai, semble avoir élu domicile en Syrie, dans cette contrée si ancienne où se sont mélangées l’Europe et l’Asie, dans cette population si policée et hospitalière, comme pour les punir de maux terribles qu’elles n’ont pourtant pas commis. L’enfer sur lequel règne aujourd’hui un trio diabolique – Assad et ses parrains russe et iraniens – décidé, s’il le faut, à tout détruire et à exterminer pour remettre la main sur Idlib et sa région, qui m’avaient paru, lorsque je les découvris à l’automne 2006, tout droit sortis du paradis, ou du moins de ma vision de celui-ci.<span id="more-1237"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Je m’y étais rendue, depuis Alep, avec un détour par Saint Siméon, avec deux amies françaises et une amie syrienne qui nous servait de guide. Nous y étions parvenues, après avoir longé d’interminables étendues d’oliviers dont les feuilles argentées clignotaient dans la lumière encore vive de l’automne. De l’autre côté, m’avait-on dit, commençait la Turquie, dont beaucoup aujourd’hui attendent leur unique salut. Idlib à l’heure du déjeuner m’avait paru une bourgade tranquille où chacun s’employait à ses affaires sans se préoccuper de l’avenir. Sans doute parce qu’il était dans les mains de Dieu.</p>
<p style="text-align: justify;">D’Idlib, nous avions gagné Sergilla où j’eus l’une des émotions les plus intenses de ma vie, qui contribua sans doute à mon attachement à la Syrie. Si cette terre pouvait susciter de tels paysages, où les traces laissées par l’histoire se fondent harmonieusement à la nature, elle ne pouvait qu’être chérie et préservée.</p>
<p style="text-align: justify;">Sans doute, le trio infernal, qui a massé ses troupes et positionné ses navires pour mieux faire tomber un déluge de feu sur cette région, n’a-t-il jamais marché dans les rues d’Idlib, ou sur les collines, si vertes passées la première pluie, qui bordent Sergilla ; sans doute n’a-t-il jamais visité Maraat al Nauman, patrie du grand poète al-Maari, et son merveilleux musée de mosaïques. Ou, tout simplement, est-il incapable de ces sentiments humains, universels, qui s’appellent l’amour et le respect.</p>
<p style="text-align: justify;">Par ailleurs, est-ce bien raisonnable de sa part de vouloir liquider les djihadistes qu’il a pris soin depuis la chute d’Alep de masser dans la région d’Idlib &#8211; comme Hafez al-Assad, en 1982, avait regroupé les Frères musulmans à Hama pour mieux les massacrer &#8211; en tuant des milliers de civils, dont de très nombreux enfants ? N’est-ce pas le meilleur moyen d’entretenir le terrorisme que les Russes font mine de vouloir éradiquer ?</p>
<p style="text-align: justify;">Au moment où tant de vies, tant de beauté risquent de disparaître à jamais pour mieux asseoir le tyran de la Syrie sur son trône,  mon cœur est à Idlib, dans le massif calcaire que l’on voudrait éclabousser de sang pour y noyer les derniers éclats de la révolution syrienne. Mais l’esprit de celle-ci flottera durablement au-dessus de cette terre immortelle, ne nous y trompons pas.</p>
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		<title>« Beautiful little babies »</title>
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		<pubDate>Sat, 08 Apr 2017 14:13:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[hausser]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Opinions]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans la nuit du 6 au 7 avril 2017, les Etats-Unis ont lancé 59 missiles Tomahawk contre la base syrienne de Shayrat d’où étaient partis les avions qui ont bombardé Khan Cheikhoun le 4 avril avec des armes chimiques, dont du gaz sarin, selon les premières conclusions des experts. Le Pentagone soupçonne même que des [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Dans la nuit du 6 au 7 avril 2017, les Etats-Unis ont lancé 59 missiles Tomahawk contre la base syrienne de Shayrat d’où étaient partis les avions qui ont bombardé Khan Cheikhoun le 4 avril avec des armes chimiques, dont du gaz sarin, selon les premières conclusions des experts. <a href="http://www.leparisien.fr/international/ce-que-l-on-sait-des-frappes-americaines-en-syrie-07-04-2017-6832887.php">Le Pentagone soupçonne même que des armes chimiques étaient stockées sur cette base </a>. Il soupçonne les Russes, qui ont une présence sur cette base et qui avaient été prévenus de l’imminence des frappes, de n’avoir pu l’ignorer.</p>
<p style="text-align: justify;">Sans doute n’a-t-on pas fini de s’interroger sur les causes de ce revirement politique des Etats-Unis. Même si Donald Trump n’a cessé de dire que l’Amérique qu’Obama lui avait laissée était « <em>a mess</em> », il semblait décidé à ne pas agir davantage que lui contre le régime Assad. Son Secrétaire d’Etat, Rex Tillerson, et son ambassadrice à l’ONU, Nikki Haley, avaient tous deux tenu des propos sans ambiguïté la semaine dernière sur le fait que l’administration Trump était prête à s’accommoder d’Assad, la priorité étant la lutte contre l’Etat islamique. Pour Rex Tillerson, c’étaient aux Syriens de trancher le sort d’Assad. Ce qui revenait à dire que les Etats-Unis ne réclamaient plus son départ. Que Bachar al-Assad ait interprété ses propos comme un nouveau signal d’impunité ne fait aucun doute. Mais pourquoi soudain, Donald Trump a-t-il trouvé intolérable ces attaques chimiques ?<span id="more-1227"></span></p>
<p>On multipliera sans doute les réponses – l’usage du gaz sarin comme en 2013 est sans doute un élément de réponse. Je crois que la réponse est aussi à rechercher dans la psychologie et les habitudes de Donald Trump.</p>
<p>On le sait, il s’informe essentiellement en regardant la télévision, c’est-à-dire en absorbant des images. Celles qui ont été montrées à la suite de l’attaque aérienne du 4 avril sur Khan Cheikhoun étaient, c’est vrai, insoutenables. Mais pas plus que celles du 21 août 2013 ou tant d’autres depuis six ans. Celles-ci ont ému Donald Trump. Il faut <a href="https://www.youtube.com/watch?v=eSUnDZjOVMI">écouter attentivement sa conférence de presse commune avec le roi de Jordanie</a> le 4 mai 2017 dans le « <em>rose garden</em> » de la Maison Blanche. Il s’y montre horrifié que le régime ait tué des « gens innocents, dont des femmes, de petits enfants, même de beaux petits bébés ». En réponse à une question d’une journaliste, il dit trois fois le mot <em>babies</em> «<em> Babies, babies, little babies</em> ». Cet homme égocentrique, qui nous est jusqu’ici apparu comme plutôt dépourvu d’empathie, réagit à la vue de bébés s’étouffant, de bébés morts, de bébés gazés.</p>
<p>Pendant la campagne électorale, Vladimir Poutine avait avec mépris qualifié Hillary Clinton de « grand-mère » lui recommandant de s’occuper de ses petits-enfants au lieu de briguer la présidence. C’était oublier que Donald Trump a lui aussi des petits-enfants, dont un né pendant sa campagne électorale. Il s’est récemment laissé photographier tenant par la main deux d&rsquo;entre eux  avant d’aller prendre avec eux un hélicoptère. Donald Trump est un grand-père et M. Poutine va peut-être payer le fait de l’avoir négligé.</p>
<p>On s’interroge beaucoup aujourd’hui : Donald Trump en restera-t-il là ? Ira-t-il plus loin ? Jeudi, le Secrétaire d’Etat a déclaré « <em><a href="http://www.presstv.ir/Detail/2017/04/06/517014/Steps-are-underway-to-remove-Assad-Tillerson">Steps are under way to remove Assad</a></em> » . S’adressant à la Russie, il a ajouté : « <a href="https://townhall.com/tipsheet/justinholcomb/2017/04/06/rex-tillerson-russia-needs-to-think-about-their-support-to-assad-n2309737"><em>Russia needs to rethink their support of Assad</em></a>. Ce sont des paroles fortes, inattendues de la part d’une administration soupçonnée de collusion avec Moscou.</p>
<p>Je risquerais une prévision, fondée là encore sur le caractère de M. Trump et ce qu’il nous en a montré. Ses frappes lui ont valu beaucoup d’applaudissements chez les Républicains – les deux rebelles, John McCain et Lindsey Graham, ne lui ont pas ménagé les éloges -, mais aussi chez certains démocrates – Hillary Clinton elle-même  (opposée à l’inaction d’Obama en Syrie, mais qui a toutes les raisons d’en vouloir à Donald Trump) a fait part de son approbation -, chez ses alliés jusque-là si mal traités – M. Hollande, Mme Merkel, le Foreign Office ont soutenu. Lui, qui depuis son inauguration, est considéré comme <em>unpresidential</em>, trouve soudain l’approbation dont son ego a tant besoin. On ne peut exclure qu’il en conclue que son action en Syrie doit être poursuivie pour que le concert de louanges cher à ses oreilles se perpétue.</p>
<p>L’imprévisibilité bien connue de Donald Trump peut, bien sûr, lui faire faire un nouveau virage à 90°. Attendons de voir si Vladimir Poutine saura parler à l’ego de M. Trump pour le réconcilier avec la politique syrienne de la Russie.</p>
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		<title>Seconde Lettre de Bachar al-Assad à son père</title>
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		<pubDate>Sun, 27 Dec 2015 11:01:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[hausser]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Fables]]></category>

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		<description><![CDATA[Cher Papa, Je n’ai pas répondu à ta dernière lettre, extrêmement blessante. D’autant que, lorsque je l’ai reçue, les choses, effectivement, n’allaient pas si bien pour moi. Mais deux ans ont passé et, contrairement à ce que tu pouvais redouter, je suis toujours là. Je sais que tu vas me dire que je règne sur [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Cher Papa,</p>
<p>Je n’ai pas répondu à ta dernière lettre, extrêmement blessante. D’autant que, lorsque je l’ai reçue, les choses, effectivement, n’allaient pas si bien pour moi. Mais deux ans ont passé et, contrairement à ce que tu pouvais redouter, je suis toujours là.</p>
<p>Je sais que tu vas me dire que je règne sur un pays en lambeaux, que notre armée n’est plus ce que tu en avais fait et que j’ai bien du mal à recruter de nouveaux soldats. A croire que, soudain, le pays s’est vidé de ses jeunes hommes. Mais ne t’attache pas à ces détails : on ne peut plus gouverner la Syrie comme à ton époque. Considère plutôt le tour de force que constitue mon maintien au pouvoir dans des conditions très difficiles.</p>
<p>Pour commencer, de moins en moins de voix s’élèvent dans le monde pour réclamer mon départ. Ceux qui craignent de se déjuger se bornent à dire que je dois rester au moins temporairement afin d’assurer la pérennité des institutions (comme si toi et moi ne les avions pas perverties depuis plus de quarante ans !). Beaucoup n’hésitent pas à dire que, certes, j’ai du sang sur les mains, mais que je suis aujourd’hui un moindre mal et qu’il est donc impératif de me maintenir au pouvoir.<span id="more-1222"></span></p>
<p>Il faut dire que mon plan consistant à favoriser et à amplifier la menace islamo-terroriste, parfaitement incarnée par l’Etat Islamique aujourd’hui, a marché comme sur des roulettes. Le coup de génie a été la prise de Palmyre par ce groupe. Le dynamitage de deux temples, la décapitation de l’ancien directeur des antiquités de la ville ont déchaîné les passions dans le monde. Ajoute à cela les attentats de Paris organisés à l’instigation de l’EI. La confusion, déjà grande, a achevé de s’emparer des esprits, y compris de ceux qui se piquent de rationalisme. N’étais-je pas une pièce maîtresse dans la lutte contre le terrorisme ? Comme tu le répétais de ton vivant, les Occidentaux ont la mémoire courte, ils ont oublié que je suis largement à l’origine du mal.</p>
<p>Histoire de les effrayer encore un peu, j’avais, cet été, distribué des passeports aux Syriens qui en faisaient la demande et, par mes bombardements aveugles, précipité de nouvelles vagues de réfugiés vers l’Europe. (Imagine-toi qu’en plus, nombre de médias occidentaux et les opinions publiques croient que ces masses syriennes fuient l’EI et non ma terreur !) Je fais d’une pierre deux coups – là encore, comme tu me l’as toujours enseigné (la beauté de la ruse !) – je me débarrasse de bouches inutiles, généralement hostiles, et j’engorge l’Europe qui n’est pas prête à absorber un million de réfugiés. Ce qui devait arriver s’est produit : panique, hostilité, slogans antimusulmans, montée des partis extrémistes en Europe. Bref, encore une louche de confusion versée sur les esprits occidentaux.</p>
<p>A l’intérieur du pays, malgré leurs pertes considérables, y compris de leurs plus hauts gradés, les Iraniens et leurs supplétifs du Hezbollah sont toujours là. Ils ont investi trop d’argent et trop d’hommes sur moi pour s’en aller en risquant de tout perdre. Surtout maintenant que la concurrence russe est elle aussi dans la place.</p>
<p>Car j’avoue que les Iraniens m’ont un peu déçu : j’attendais davantage de victoires de leur part. C’est parce que je perdais du terrain, malgré les milices chiites, que j’ai réussi à convaincre les Russes de s’en mêler. Par chance, Poutine, qui a des ennuis avec les Occidentaux à cause de sa politique ukrainienne, voulait leur montrer qu’il fallait de nouveau compter avec la Russie au Proche-Orient. Il a fait semblant de me convoquer au Kremlin, comme pour me sermonner. En réalité, nous nous sommes mis d’accord pour que les Russes interviennent en Syrie. Et ils n’y vont pas de main morte, il faut le reconnaître. Comme moi, ils ne font pas de quartier quand ils bombardent les populations civiles, avec, c’est vrai, un matériel plus sophistiqué que mes barils explosifs. Et ils font mieux que moi, je dois l’avouer, car ils sont en train de trucider les groupes rebelles que les Occidentaux qualifient de modérés, même s’ils comptent dans leurs rangs des islamistes enragés. Pour Noël, Poutine s’est ainsi offert la tête de Zahran Alloush qui, depuis des mois, se croyait tout permis dans la Ghouta.</p>
<p>L’intervention des Russes a piqué les Américains qui ont décidé d’agir, ou plutôt de feindre d’agir. Ils ont commencé par convoquer une rencontre à Vienne où ils ont invité – imagine un peu ! – les Iraniens et les ont obligés à discuter avec les Saoudiens. Nous n’étions pas de la partie, mais les rebelles non plus.</p>
<p>Leur tour est venu peu après à Riyad, où toutes les factions politique et militaires de l’opposition (moins Daech et Jabhat al-Nusra) ont réussi, par je ne sais quel tour de passe-passe, à s’entendre. J’étais un peu inquiet de ce résultat, mais Moallem – oui, il est toujours là – m’a assuré que c’était une union de circonstance, donc temporaire. Il parie que très vite, les egos et les agendas, radicalement différents, vont reprendre le dessus.</p>
<p>Dans la foulée, Américains, Russes et ces Français, dont la position est de moins en moins claire (même moi, je ne sais plus s’ils sont toujours contre moi), ont fait voter au Conseil de Sécurité une résolution en trompe-l’œil. Elle donne aux opinions publiques le sentiment que la communauté internationale est enfin décidée à agir. En réalité, rien n’est joué.</p>
<p>Pour une raison toute simple, qui te montre, cher Papa, la place centrale qui est aujourd’hui la mienne : personne n’a osé aborder la question essentielle, celle qui conditionne la poursuite de la guerre ou la conclusion de la paix, celle qui détermine l’avenir de la Syrie : MOI.</p>
<p>Ce brave Ban Ki-Moon s’est révélé une fois de plus, à son insu bien sûr, un bon allié en déclarant qu’il était inacceptable que la crise syrienne et la solution à cette crise dépende du sort d’un seul homme. Ce qui signifiait qu’il ne fallait pas toucher à mon statut. Voilà ce qui arrive quand on mêle la morale à la politique (« inacceptable » !!!) et qu’on cherche une solution abstraite sans prise sur la réalité. Tout le monde s’étant entendu pour ne pas évoquer la question qui fâche, il était facile de parvenir à l’unanimité.</p>
<p>Sur le fond, ce texte ne résout rien. Comment pourrons-nous discuter de transition avec les rebelles si nous ne sommes pas d’accord sur le point essentiel ? Les rebelles soupçonnent déjà, non sans raison, que c’est un nouveau subterfuge pour me maintenir au pouvoir.</p>
<p>Tout est à l’avenant. Le cessez-le-feu, par la force des choses, ne concerne pas l’Etat Islamique, il me sera facile de faire repartir les hostilités quand j’en aurai besoin sans donner l’impression que je sabote le cessez-le-feu. Prends encore les élections censées se tenir dans 18 mois. Comme plus de la moitié des Syriens sont soit hors de la Syrie, soit déplacés dans le pays, je pourrai sans difficulté faire voter comme je l’entends ceux qui sont encore en place. Si l’on organise des élections à l’extérieur, je contesterai évidemment le résultat et il ne fait pas de doute que les Russes abonderont dans mon sens.</p>
<p>Bref, cher Papa, n’écoute pas les rumeurs qui remontent jusqu’à toi. <em>So far so good</em>, comme dit Asma.</p>
<p>Ton fils qui ne t’en veut pas malgré tes paroles cruelles</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Pour lire toute la correspondance entre le père et le fils :</p>
<p><a href="http://petitseigneur.com/lettre-de-bachar-al-assad-a-son-pere/">Lettre de Bachar al-Assad à son père </a></p>
<p><a href="http://petitseigneur.com/reponse-de-son-pere-a-bachar-al-assad/">Réponse de son père à Bachar al-Assad </a></p>
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		<title>De quelques pseudo-vérités sur la Syrie</title>
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		<pubDate>Sat, 12 Sep 2015 15:50:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>

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		<description><![CDATA[Depuis le début de la révolution syrienne en mars 2011, nous avons entendu toutes sortes de déclarations tonitruantes. Il était inutile de soutenir l’opposition descendue dans la rue, selon les optimistes car Assad tomberait tout seul. Il ne fallait surtout pas soutenir cette opposition modérée car nous risquions d’être englués en Syrie, selon les « [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis le début de la révolution syrienne en mars 2011, nous avons entendu toutes sortes de déclarations tonitruantes. Il était inutile de soutenir l’opposition descendue dans la rue, selon les optimistes car Assad tomberait tout seul. Il ne fallait surtout pas soutenir cette opposition modérée car nous risquions d’être englués en Syrie, selon les « réalistes ». Inutile de faire la liste de toutes les erreurs assénées depuis quatre ans et demi et que démentent aujourd’hui les faits : non seulement Assad s’agrippe toujours au pouvoir, mais l’Etat islamique a fait son apparition, aggravant encore le problème syrien. Nous qui ne voulions pas d’une guerre qui n’était pas la nôtre, devons aujourd’hui faire face à un flux massif de réfugiés. Bien que la réalité se soit chargée de donner tort aux partisans de l’inaction, on continue à entendre et à lire, dans les médias et chez les hommes politiques, un grand nombre de pseudo-vérités sur la Syrie. En dresser la liste nécessiterait de nombreuses pages. On se bornera ici à en évoquer quatre.</p>
<p><strong>1. Il n’y a pas de solution militaire en Syrie</strong><br />
Ce mantra, lancé par Obama, pour justifier son refus de toute action contre le régime Assad a été unanimement repris. La conclusion pourrait être « il n’y a aucune solution possible en Syrie ». Mais sans doute est-elle trop désespérante. Aussi, lui préfère-t-on l’idée que « seule une solution politique règlera le conflit en Syrie ».<br />
On ne voit pas très bien comment il pourrait y en avoir une, dans la mesure où tant le régime que l’Iran et la Russie sont figés sur leur position qui tient en quelques mots : « Assad fait partie de la solution ». On a pu croire il y a quelques mois que, lassée d’Assad, la Russie allait le lâcher, mais ce discours visait manifestement à affermir l’emprise russe sur Assad et non à rejoindre le camp opposé. Quant à l’Iran, renforcé par l’accord nucléaire (conclu sans la moindre contrepartie en Syrie) et qui doit faire avaler cette pilule amère aux faucons, il semble loin d’abandonner Assad.<br />
Dès lors que l’on tient à une solution politique, il faut que les Occidentaux, la Turquie et les pays du Golfe cèdent sur l’idée qu’il faut écarter Assad du pouvoir. Ce groupe se réfugie dans l’idée qu’il faut une « transition » pendant laquelle Assad restera, mais sera « marginalisé ».<br />
Pendant ce temps, les combats continuent. L’armée syrienne semble au bord de l’effondrement et ne tient que grâce au soutien iranien et russe (affiché ouvertement depuis quelques jours). Jamais le régime, qui peine à recruter des conscrits, même dans la communauté alaouite, n’a jamais été aussi faible. Bref, tout donne à penser que la solution sera militaire et se conclura par la partition de la Syrie.</p>
<p><strong>2. La Syrie doit être considérée comme un enjeu du contre-terrorisme</strong><br />
C’est-à-dire, l’ennemi majeur n’est pas Assad, mais l’Etat islamique (EI). Ce raisonnement, qui repose sur le découplage régime – EI, est particulièrement erroné. Il faut cesser de répéter qu’Assad est un moindre mal face à Daech. Non, Assad est l’origine du mal, certainement pas un moindre mal. Si la Syrie n’est qu’un enjeu du contre-terrorisme, alors Assad est le terroriste en chef.<br />
Je ne reprendrai pas les faits bien connus et qu’avait dénoncés dès 2011, Wladimir Glassman/Ignace Leverrier (qui n’a jamais appartenu aux tenants des fausses vérités et, jusqu’à sa mort, a annoncé et dénoncé ce que nous vivons aujourd’hui) : libération des islamistes par Assad, exemples de collusion entre le régime et l’EI (le plus frappant étant que le régime, si empressé à bombarder son peuple, s’est bien gardé de bombarder les colonnes de Daech marchant en plein désert vers Palmyre, constituant une cible immanquable)…<br />
Chaque bombardement aux barils explosifs, spécialité du régime, contre la population, est, <a href="https://foreignpolicy.com/2015/09/09/obama-open-your-eyes-syria-refugees-assad-europe/?utm_source=Sailthru&amp;utm_medium=email&amp;utm_campaign=New%20Campaign&amp;utm_term=Flashpoints">comme l’écrit si justement Frederic Hof</a>, « <em>a victory for the caliph and a gift from his best friend, Bashar al-Assad</em> »<br />
En un mot, on n’« éradiquera » pas l’EI sans se débarrasser d’abord, ou au moins simultanément, d’Assad.</p>
<p><strong>3. Les réfugiés syriens qui affluent en Europe fuient Daech</strong><br />
Nouveau mantra, repris en chœur par les médias et la plupart des hommes politiques et, bien sûr, par Vladimir Poutine. Or les statistiques montrent à quel point c’est faux. Certes, et on les comprend, de nombreux Syriens fuient les zones occupées par l’EI. Mais ils sont incommensurablement plus nombreux à fuir les bombardements du régime ou, pour les jeunes Alaouites, à fuir aujourd’hui la conscription. En outre, les Syriens n’ont pas attendu la constitution de Daech pour quitter leur pays ou pour errer en Syrie à la recherche d’un refuge après la destruction de leur maison. Là encore les statistiques sont incontestables.<br />
Il est faux de croire qu’une intensification de la lutte contre l’EI est une réponse à la crise des réfugiés. Même si la coalition internationale « éradiquait » Daech, les réfugiés syriens seraient fort peu nombreux à rentrer chez eux aussi longtemps qu’ils resteraient sous la menace d’Assad.</p>
<p><strong>4. Il faut maintenir Assad au pouvoir pour préserver les institutions syriennes</strong><br />
C’est en invoquant cet argument que les Américains et d’autres occidentaux, retiennent les groupes rebelles du sud de remonter vers le nord pour tenter de prendre Damas. Cette idée, probablement soufflée par les Russes et les Iraniens, ne peut que porter dans des pays occidentaux, fiers de leurs solides institutions.<br />
Tout donne pourtant à penser qu’Assad a totalement perverti les institutions syriennes, que son régime et son clan les ont en quelque sorte phagocytées. (L’armée syrienne en est un excellent exemple puisqu’elle défend non la patrie, mais un régime, et a, pour cette raison, tiré sur les manifestants au commencement de la révolution).<br />
Il est temps de comprendre que, si l’on veut sauver ce qu’il reste des institutions syriennes, il faut précisément détruire les métastases que sont depuis longtemps, mais plus encore depuis mars 2011, Assad et son régime.</p>
<p>Le peuple syrien a suffisamment souffert depuis le 15 mars 2011 pour qu’on ne lui fasse pas de surcroît l’injure de décréter comme vrai ce qui est au mieux une caricature de la réalité et au pire un tissu de mensonges destiné aux opinions publiques occidentales.</p>
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		<title>Comment enterrer la Syrie</title>
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		<pubDate>Fri, 23 Jan 2015 15:45:36 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Pour éviter de créer un vide à Damas &#8211; où l’Etat islamique et son calife se seraient immanquablement engouffrés, afin de proclamer le retour des Omeyyades et attirer ainsi encore plus de combattants étrangers -, la communauté internationale, les Etats-Unis, la Russie, l’Iran et un certain nombre de pays européens avaient, on s’en souvient, décidé [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Pour éviter de créer un vide à Damas &#8211; où l’Etat islamique et son calife se seraient immanquablement engouffrés, afin de proclamer le retour des Omeyyades et attirer ainsi encore plus de combattants étrangers -, la communauté internationale, les Etats-Unis, la Russie, l’Iran et un certain nombre de pays européens avaient, on s’en souvient, décidé d’instaurer un lent processus de transition en Syrie.</p>
<p>Bachar al-Assad demeurerait au pouvoir tant que l’Etat islamique n’aurait pas été vaincu. On lui avait fait promettre qu’il cesserait de bombarder les zones tenues par les rebelles non ralliés à l’Etat islamique, respecterait les droits de l’opposition, libèrerait les prisonniers politiques, organiserait des élections libres, etc. Inutile de reprendre ce long catalogue. (La France avait refusé d’apporter son soutien à ce processus en invoquant le fait que la liberté d’expression, et notamment la vente libre de <em>Charlie Hebdo</em>, ne faisait pas partie des conditions posées par la communauté internationale. Mais des raisons plus profondes l’avaient maintenue hors de ce processus.)<span id="more-1208"></span></p>
<p>Assad avait ratifié toutes ces conditions après avoir, il est vrai, tenté d’élever toutes sortes d’objections par la voix de Walid Moallem, qui, depuis son opération au Liban, ressemblait plus à un mort-vivant qu’au Bibendum de jadis. Après que Kerry eut discrètement rencontré Mohammad Jarif Zarif dans une capitale européenne, le général Qassem Suleimani avait fait comprendre à Assad qu’il n’y avait rien à négocier. Moallem avait ravalé ses discours et signé le Pacte International de Transition Syrienne (PITS).</p>
<p>Etrangement, rien n’avait vraiment changé en Syrie. Les bombardements n’avaient pas cessé sur les zones rebelles, que le Régime Prolongé (RP) assimilait aux terroristes, poussant toujours plus de civils – les rares survivants du moins – à fuir soit vers le territoire du calife, soit vers celui du Président Syrien Prolongé par Décision Internationale (PSPDI), les pays voisins ayant définitivement fermé leurs frontières.</p>
<p>Aucun prisonnier n’avait été libéré, Moallem ayant annoncé que, les détenus politiques avaient tous préféré se suicider en apprenant la signature du PITS. Inutile, avait ajouté le Mort-Vivant, d’envoyer une commission d’enquête internationale : elle n’était pas prévue par le PITS. L’Iran l’avait soutenu d’une formule restée célèbre : « Tout le PITS, mais rien que le PITS ».</p>
<p>Le RP n’avait pas eu à respecter les droits de l’opposition, celle-ci n’ayant pas daigné rentrer à Damas et ayant refusé de s’associer au PITS. Seuls quelques opportunistes, lassés des hôtels turcs, s’étaient laissés convaincre de devenir qui secrétaire d’Etat au tourisme (il y avait, c’est vrai, du travail pour préparer le retour des touristes), qui Directeur de l’Agence Syrienne de Recyclage des Shabbiha (ASRS), etc, etc. (Les opportunistes étaient finalement moins nombreux que ne l’espérait le RP.)</p>
<p>Quant aux élections, elles avaient été bien sûr organisées. A la glorieuse manière habituelle.</p>
<p>Le PITS prévoyait que, chaque année, les parrains du Pacte se retrouveraient pour décider si l’on passait à l’étape suivante, celle du départ du PSPDI. Les <em>benchmarks </em>étaient non seulement le respect des conditions posées par le PITS, mais surtout la disparition de la menace de l’Etat Islamique. Très curieusement, le califat, pourtant périodiquement bombardé par la coalition dirigée par les Américains et par le RP le jour faste de l’anniversaire de Bachar al-Assad qui, comme chacun sait tombe le 11 septembre, se maintenait en place et continuait à aimanter la jeunesse radicalisée. C’est pourquoi, malgré les protestations de quelques pays, comme la France – mais qui n’était pas partie au PITS – invoquant le non-respect des conditions politiques par le RP, le PSPDI était systématiquement prolongé depuis des années.</p>
<p>Au bout de six ans, Russes et Iraniens obtinrent que cette réunion de prolongation n’ait plus lieu que de temps à autre. Elle finit insensiblement par ne plus se tenir qu’une fois tous les cinq-six ans. Avant de ne plus du tout avoir lieu. L’opinion publique avait oublié la Syrie et ses trop nombreux morts : le but poursuivi était atteint.</p>
<p>Bachar al-Assad décida alors d’abandonner ce titre de PSPDI, auquel il n’avait consenti que parce que le général Qassem Suleimani l’avait menacé (entre-temps, les Israéliens avaient, sans bien sûr le reconnaitre publiquement, assassiné l’omniprésent général iranien). Assad prit alors le titre de Président Eternel (PE). Comme Hafez, son père. Comme Hafez, son fils, le ferait d’ici peu.</p>
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		<title>Après les attentats de Paris, ne révisons pas notre politique syrienne</title>
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		<pubDate>Sat, 10 Jan 2015 11:42:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[hausser]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>

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		<description><![CDATA[Tout en condamnant l’attentat contre Charlie Hebdo, un porte-parole du ministère syrien des affaires étrangères  a souligné que cet attentat démontrait le danger du « terrorisme takfiriste » et la nécessité de « corriger » les politiques européennes de « soutien au terrorisme ». Nul doute, en dépit de ses condoléances, que le régime syrien éprouve une Schadenfreude devant ce qui [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Tout en condamnant l’attentat contre <em>Charlie Hebdo</em>, un porte-parole du ministère syrien des affaires étrangères  a souligné que cet attentat démontrait le danger du « terrorisme takfiriste » et la nécessité de « corriger » les politiques européennes de « soutien au terrorisme ».</p>
<p>Nul doute, en dépit de ses condoléances, que le régime syrien éprouve une <em>Schadenfreude</em> devant ce qui vient de se passer à Paris. Depuis les premiers jours de la révolution syrienne, il a en effet travesti ses opposants en terroristes salafistes et, pour mieux faire prendre la sauce de sa prophétie auto-réalisatrice, libéré de ses prisons, notamment celle de Sednaya, les principaux jihadistes arrêtés par ses services (qui avaient auparavant facilité leur passage en Iraq pour contrer les Américains). Les principaux dirigeants de Da’esh sont directement issus de cette mouvance et selon certains spécialistes, sont toujours manipulés par les services sécuritaires syriens. A Genève II, l’unique message de Walid Moallem a consisté à marteler que le régime Assad était le seul rempart contre le terrorisme dans la région et devait en conséquence être soutenu.<span id="more-1202"></span></p>
<p>Malgré l’émotion et l’horreur que nous ressentons tous depuis ce 7 janvier, ne tombons pas dans le piège de ceux qui depuis quelques mois appellent à pactiser plus ou moins ouvertement avec le régime Assad. Nous commettrions une faute morale et une grave erreur politique en coopérant avec lui contre le terrorisme.</p>
<p>A supposer qu’on ait le cœur à négocier avec un régime criminel, qui depuis mars 2011, massacre son peuple sans scrupules et par tous les moyens imaginables, encore faudrait-il que ce régime ait la moindre chance de gagner le combat contre le terrorisme. Or la leçon de ces derniers mois, est que l’armée syrienne et ses supplétifs marquent le pas un peu partout, quand ils ne sont pas expulsés de leurs bases. Les autorités syriennes ont de plus en plus de mal à lever des hommes, en particulier dans la communauté d’Assad, lasse de voir ses fils transformés en chair à canon. Comment, dans ces conditions, ce régime serait-il matériellement en mesure d’abattre ce qu’il a si largement contribué à créer ?</p>
<p>Par ailleurs, quelle confiance pourrions-nous avoir en un régime qui a prouvé à maintes reprises sa duplicité et dont l’unique motivation est d’assurer sa survie ? Il se hâterait de nous trahir si tel était son intérêt et nul doute qu’il considèrera que son intérêt est de nous trahir.</p>
<p>Le manche de la cuiller ne sera jamais assez long pour négocier avec ce régime infernal. C’est pourquoi il est essentiel que la France persiste dans sa politique actuelle et accroisse son soutien à l’opposition syrienne modérée, principal rempart contre le terrorisme.</p>
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		<title>La responsabilité sélective de protéger</title>
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		<pubDate>Fri, 08 Aug 2014 16:29:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[hausser]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[En déclarant le 7 août que les Etats-Unis interviendraient – mais pas au sol – en Iraq pour empêcher l’Etat islamique de prendre Erbil aux Kurdes et pour protéger les chrétiens et les Yazidis iraquiens, M. Obama a inventé la responsabilité sélective de protéger. C’est, toutes proportions gardées, ce que viennent aussi de faire les [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>En déclarant le 7 août que les Etats-Unis interviendraient – mais pas au sol – en Iraq pour empêcher l’Etat islamique de prendre Erbil aux Kurdes et pour protéger les chrétiens et les Yazidis iraquiens, M. Obama a inventé la responsabilité sélective de protéger. C’est, toutes proportions gardées, ce que viennent aussi de faire les autorités françaises en promettant leur aide aux Kurdes et en délivrant aux chrétiens iraquiens des visas d’asile, selon une procédure rarement utilisée.</p>
<p>Selon que vous serez Iraquien ou Syrien ou encore Palestinien, que vous serez chrétien, yazidi ou bien musulman, vous ne serez pas traité de la même manière. Les premiers auront droit à la protection de la communauté internationale, pas les seconds. Or aucune des résolutions des Nations Unies créant ou appliquant la responsabilité de protéger n’a jamais introduit une telle distinction, se bornant à parler de « population civile » par opposition à l’armée ou aux milices armées.<span id="more-1195"></span></p>
<p>Cette sélectivité n’est conforme ni aux valeurs universelles du christianisme, dont se réclame le monde occidental, ni au droit international qui prône « le respect des droits de l&rsquo;homme et des libertés fondamentales pour tous, sans distinctions de race, de sexe, de langue ou de religion » (Chapitre I de la Charte des Nations Unies).</p>
<p>La décision de M. Obama rappelle fâcheusement l’expédition européenne au Liban en 1860, où cette première manifestation du droit d’ingérence avait pour objet de sauver les chrétiens qui étaient indubitablement en danger. Serions-nous intervenus s’il s’était agi d’empêcher le massacre de populations musulmanes ? Vraisemblablement pas. Mais nous ne sommes plus en 1860, à moins que&#8230;</p>
<p>En Syrie, faut-il le rappeler, la population est massacrée depuis plus de trois ans, à la fois par le régime Assad et par l’Etat Islamique. Chaque fois que l’émotion internationale a paru sur le point de contraindre sinon la communauté internationale &#8211; immobilisée par les vetos russo-chinois et préférant la légalité internationale à la défense de l’humanité – mais quelques Etats (USA, France&#8230;) à agir, ceux-ci ont manœuvré pour se dispenser de toute action.</p>
<p>Nul doute que les chrétiens et les yazidis iraquiens soient en danger, mais le sont-ils davantage que les Syriens toutes confessions confondues ? L’Etat Islamique a certes fait main basse sur la province de Ninive et imposé à ses habitants sa lecture de la sharia. Mais n’est-ce pas le cas aussi dans les gouvernorats de Raqqa et de Deir ez-Zor ? L’idée qu’il existe au sein de l’humanité des catégories méritant davantage protection et aide, au détriment de celles se trouvant exactement dans la même situation que les premières n’est pas conforme à l’égalité entre les êtres humains. Introduire une telle distinction est moralement et humainement indigne. Mais sur le plan politique et stratégique, le cynisme est lui aussi à courte vue : l’attitude discriminatoire d’Obama ne peut qu’encourager les clivages confessionnels de tous ordres et faire le jeu des extrémistes.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Réponse de son père à Bachar al-Assad</title>
		<link>http://petitseigneur.com/reponse-de-son-pere-a-bachar-al-assad/</link>
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		<pubDate>Sat, 11 Jan 2014 11:30:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[hausser]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Fables]]></category>

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		<description><![CDATA[Mon pauvre Bachar, Je n’ai pas répondu sur le champ à tes vantardises de mai dernier pour te donner une chance de t’amender. Peine perdue ! Tu as continué à me singer au lieu de réfléchir. A ton âge, tu n’as pas encore compris qu’on ne dirige pas un pays en ressortant de vieilles recettes sous [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Mon pauvre Bachar,</p>
<p>Je n’ai pas répondu sur le champ à tes vantardises de mai dernier pour te donner une chance de t’amender. Peine perdue ! Tu as continué à me singer au lieu de réfléchir. A ton âge, tu n’as pas encore compris qu’on ne dirige pas un pays en ressortant de vieilles recettes sous prétexte qu’elles ont marché trente ans plus tôt.</p>
<p>Je sais que tu as comparé l’entreprise dans laquelle tu t’es lancé depuis 3 ans à l’éradication des Frères Musulmans syriens que j’ai accomplie en son temps. Permets-moi de te dire que la comparaison n’est pas à ton avantage. Certes, ma main n’a pas tremblé au moment d’anéantir des dizaines de milliers de vies. Mais il s’agissait d’une action chirurgicale et non d’un carnage. C’était une opération ciblée, limitée dans le temps, menée à huis clos, avec une parfaite adéquation entre les moyens et le but. Gaspiller des scuds contre l’ensemble de la population civile ou la soumettre à des bombardements chimiques est une pure et coûteuse extravagance.</p>
<p>Je sais que tu es persuadé d’avoir, grâce à ces armes chimiques, réalisé un très beau coup te permettant de sortir par le haut de la crise que tu as déclenchée et d’être relégitimé aux yeux de la communauté internationale. Bref, tu te juges machiavélique et à la hauteur de ton cher papa. Eh bien, tu te trompes.<span id="more-1188"></span></p>
<p>Premièrement, mon souci a toujours été de garantir la souveraineté et l’indépendance de notre pays. Certes, je me suis allié aux Russes contre les Américains, mais c’était une époque bipolaire où il convenait de choisir son camp. Dans un monde multipolaire, tu as, toi, permis aux Russes de rétablir leur position dans la région. Maintenant qu’ils sont dans la place et vu ton état, tu ne pourras plus t’en libérer.</p>
<p>C’est encore plus vrai de tes relations avec l’Iran. J’avais conclu une alliance avec ce pays, mais le rapport de force était en ma faveur. De même n’ai-je contribué à la création du Hezbollah que pour disposer d’un outil facilitant nos opérations au Liban. Avec toi, le rapport avec les Iraniens et le Hezbollah s’est clairement inversé. C’est eux, désormais, qui te dictent ta conduite et t’utilisent. Peut-être te crois-tu assez fort pour pouvoir, une fois la révolution syrienne écrasée, les bouter hors de Syrie. Il n’en sera rien. Tu resteras prisonnier des multiples liens que tu as créés et tu finiras par te prendre les pieds dedans.</p>
<p>Enfin, des milliers de combattants étrangers se battent désormais avec ISIS et d’autres. Tu te sens sûr de toi parce qu’ayant sorti de nos geôles les salafistes les plus dangereux, tu as conclu une alliance de fait avec ces jihaddistes contre les révolutionnaires modérés. Tu es fier de toi parce que la présence de ces combattants et d’al-Qaïda sur notre territoire te fait de plus en plus paraître comme un moindre mal aux yeux des Occidentaux – qui, je te l’accorde, ne demandent qu’à s’aveugler. Tu es persuadé que l’idée s’imposera qu’il vaut mieux te garder à la tête de l’Etat. Et, qui sait si, en effet, les Occidentaux ne finiront pas par intervenir en Syrie, mais à ton côté, pour en chasser al Qaïda. Cependant, ne crois pas que ces fous de Dieu s’en iront poliment le jour où tu leur signifieras qu’ils doivent aller jouer ailleurs. Par ailleurs, comme le montrent les derniers événements, les révolutionnaires de tous acabits pourraient bien mener eux-mêmes cette opération de nettoyage anti-al-Qaïda, s’attirant ainsi la reconnaissance occidentale et rendant inutile ton maintien au pouvoir. On peut craindre qu’un rapprochement russo-irano-américain au nom de la lutte contre le terrorisme ne se fasse à ton détriment.</p>
<p>Pour résumer ce point, tu as bafoué la souveraineté de la Syrie en la livrant aux Russes, aux Iraniens, à Nasrallah et à al-Qaïda pour un résultat incertain. Comment as-tu pu croire que j’approuverais ta stratégie ?</p>
<p>Deuxièmement, j’avais doté notre pays d’un arsenal moderne, là encore pour garantir sa souveraineté. Tu as sottement décidé d’employer nos armes chimiques contre la population, alors que tu disposais d’armes moins sophistiquées et plus acceptables par la communauté internationale pour réprimer cette révolution (par exemple ce que tu fais aujourd’hui avec nos barils de TNT). En renonçant à nos stocks chimiques, à la demande des Russes et non de ton propre chef – je ne doute pas cependant que tu n’as pas commis la folie de tout livrer – tu crois pouvoir  prolonger l’emprise de notre famille sur le pays. Reste que la Syrie est aujourd’hui désarmée, ce qui est l’exact contraire de ma politique.</p>
<p>Je vois bien également que, malgré tes amis du Hezbollah et les milices chiites, en partie étrangères (là encore !), qui l’assistent, notre armée ne parvient pas à récupérer durablement le terrain conquis par les rebelles. En outre, dans les régions sous leur contrôle, l’autorité est assurée par de petits chefs faciles à corrompre et non par les services de l’Etat. Tu n’as même pas été capable de préserver l’ordre à Qardaha, comment empêcheras-tu notre pays de sombrer dans l’anarchie ?</p>
<p>Troisièmement, tu détruis systématiquement la Syrie depuis trois ans : villes rasées, population massacrée – y compris les enfants –, déplacée ou réfugiée hors des frontières, champs ravagés, centrales électriques &#8211; déjà mal en point &#8211; dévastées, usines marchant au ralenti, quand elles n’ont pas été détruites. Tu viens en outre de concéder aux Russes l’exploitation de notre gaz offshore, à des conditions que j’imagine léonines. Je sais bien que Rami et toi détournez l’aide qui parvient en Syrie et qu’à la moindre levée des sanctions pour raisons humanitaire, vous récupérez tout l’argent possible pour payer tes supplétifs et regarnir vos comptes en banque. Mais as-tu conscience que, vu l’état de la Syrie, il n’y aura bientôt <strong>plus rien</strong> à piller dans le pays ?</p>
<p>Il est temps que tu cesses de te réclamer de moi. C’est injurieux pour ma mémoire. Car, à la différence de toi, je n’ai commis qu’une seule erreur politique : te choisir pour successeur.</p>
<p>Ton père désabusé et préoccupé</p>
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<p>&nbsp;</p>
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		<title>Pourquoi des frappes ciblées contre le régime syrien ne seraient pas illégales</title>
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		<pubDate>Thu, 05 Sep 2013 18:57:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[hausser]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#160; Dans son chapitre VII, la Charte des Nations Unies a posé le droit commun en matière de recours à la force en cas de « menace contre la paix, de rupture de la paix et d’acte d’agression ». Soixante ans de pratique, plus ou moins efficace, ont consacré l’idée que le recours à la force contre [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p>Dans son chapitre VII, la Charte des Nations Unies a posé le droit commun en matière de recours à la force en cas de « menace contre la paix, de rupture de la paix et d’acte d’agression ». Soixante ans de pratique, plus ou moins efficace, ont consacré l’idée que le recours à la force contre un Etat n’est légitime qu’à la condition d’avoir été approuvé par le conseil de sécurité.</p>
<p>Le droit interne de tous les pays admet l’idée de circonstances exceptionnelles. Elle n’est pas clairement établie en droit international pour d’évidentes raisons. La situation que connaît la Syrie depuis deux ans et demi – plus de 110.000 morts, le tiers de la population déplacée, plus de 1.000 morts causés le 21 août dernier par des attaques chimiques, un chef d’Etat ayant déclaré publiquement que la solution n’était pas politique, mais militaire – invite à se demander si l’on ne se trouve pas dans une situation exceptionnelle, justifiant donc une dérogation au droit commun.</p>
<p>Les frappes militaires envisagées par les Etats-Unis et la France contre le régime syrien ne pourront être autorisées par le conseil de sécurité en raison des vetos russe et chinois. Depuis deux ans et demi, ces deux pays n’ont en effet cessé de s’opposer à toute tentative de condamnation du régime.</p>
<p>Seraient-elles pour autant illégales, compte tenu d’une part, des atrocités exceptionnelles commises sous les yeux du monde par le pouvoir syrien, et d’autre part, de l’existence de normes ou de concepts juridiques de nature à les justifier ?<span id="more-1111"></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>1. Les attaques chimiques du 21 août dernier – qui n’étaient que la répétition à une plus vaste échelle d’attaques menées les mois précédents – violent ouvertement<a href="http://www.icrc.org/applic/ihl/dih.nsf/Treaty.xsp?action=openDocument&amp;documentId=41CC1F7F8EB87F76C12563140043A65E" target="_blank"> le Protocole du 17 juin 1925</a>, ratifié par la Syrie le 17 décembre 1968, qui prohibe l’emploi de « gaz asphyxiants, toxiques ou similaires ».</p>
<p>Certes, ce texte prohibe l’emploi « à la guerre » des armes chimiques et le régime Assad, toujours prêt à pinailler, pourra faire valoir que cette disposition ne s’applique qu’en cas de conflit international (par ex. l’emploi de gaz par l’Irak contre l’Iran dans les années 1980). Cependant, la guerre étant une situation exceptionnelle, on peut à bon droit soutenir que ce qui est prohibé en temps de guerre l’est <em>a fortiori</em> dans un conflit armé non international.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>2. D’autant que non seulement les attaques chimiques du régime, mais l’ensemble de la répression qu’il mène sur son peuple depuis mars 2011 viole le droit humanitaire organisant la protection des populations civiles, tel qu’il ressort notamment du <a href="http://www.icrc.org/applic/ihl/dih.nsf/Treaty.xsp?documentId=6A490AB5993C1504C12563140043ACE7&amp;action=openDocument" target="_blank">Protocole II du 8 juin 1979</a> aux conventions de Genève du 12 août 1949, relatif aux victimes des conflits armés non internationaux (<a href="http://www.icrc.org/applic/ihl/dih.nsf/Article.xsp?action=openDocument&amp;documentId=7CA38DA162799D3BC12563BD002C3092" target="_blank">Préambule </a>et <a href="http://www.icrc.org/applic/ihl/dih.nsf/Article.xsp?action=openDocument&amp;documentId=1CC33D9828A21EEAC12563BD002C3254" target="_blank">art. 13, al. 2</a>), mais aussi du <a href="http://www.icrc.org/applic/ihl/dih.nsf/Treaty.xsp?documentId=CBEC955A2CE7E0D4C12563140043ACA5&amp;action=openDocument" target="_blank">Protocole I </a>à ces mêmes conventions (<a href="http://www.icrc.org/applic/ihl/dih.nsf/Article.xsp?action=openDocument&amp;documentId=150CF363CA4FF48CC12563BD002C1D89" target="_blank">Préambule</a>, <a href="http://www.icrc.org/applic/ihl/dih.nsf/Article.xsp?action=openDocument&amp;documentId=36CC2EA9C349B1D5C12563BD002C2463" target="_blank">art. 48</a>, <a href="http://www.icrc.org/applic/ihl/dih.nsf/Article.xsp?action=openDocument&amp;documentId=1C05636226FBEE14C12563BD002C24B0" target="_blank">art. 51, al. 2 et 4</a>) et enfin du<a href="http://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/20002381/index.html" target="_blank"> Statut de Rome de la Cour Pénale Internationale</a> (art. 7, al. 1 et 2, art. 8, al.c et e).</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>3. Quoique décriée aujourd’hui après son application à la Lybie, la <a href="http://petitseigneur.com/une-action-militaire-limitee-et-justifiee-en-droit-devient-urgente-en-syrie/" target="_blank">Responsabilité de Protéger</a> (R2P) est aussi de nature à légitimer des frappes contre le régime syrien.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>4. Dans la mesure où Barack Obama et François Hollande ont décidé que l’objectif de ces frappes était non de renverser le régime (ce que je déplore à titre personnel, mais qui se comprend politiquement, diplomatiquement et juridiquement), ces frappes auront un caractère limité. Leur but étant d’amener le régime Assad à renoncer à l’option militaire au profit de la négociation politique, elles s’inscrivent davantage dans l’esprit de la Charte des Nations Unies que la guerre en Irak menée en 2003 par George Bush, dont le but avoué était un <em>regime change</em>.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>5. D’autant que c’est à bon droit que l’on pourrait plaider dans cette affaire la légitime défense. En effet si l’attaque chimique du 21 août ne suscite aucune réponse de la part du monde occidental, la menace que fait peser le régime syrien non seulement sur sa population, mais aussi sur l’ensemble de la région et, à terme, sur nos intérêts va s’aggraver.</p>
<p>En l’absence de sanction ou de représailles contre le crime du 21 août et, plus généralement, contre l’ensemble de la répression menée depuis deux ans et demi, le régime se verra implicitement conforté dans sa volonté de « liquider » ses opposants (cf. son interview dans <em>Le Figaro</em> du 2 septembre), mais aussi de poursuivre son action vers le Liban, au profit de ses alliés iraniens et du Hezbollah, voire vers la Jordanie et la Turquie.</p>
<p>Comme il ne récupèrera pas les territoires enlevés notamment par les plus extrémistes des rebelles – ceux qu’il a sciemment sortis de prison pour semer confusion et chaos en Syrie et dans les esprits occidentaux – ceux-ci agiront sans le moindre contrôle et constitueront une menace pour le monde occidental.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>6. La politique horrible du régime Assad a contraint 2 millions de Syriens à se réfugier dans des pays voisins. Si ces réfugiés sont d&rsquo;abord des victimes, la présence d&rsquo;autant de malheureux dans des pays, qui n’ont pas nécessairement les moyens de les héberger dans de bonnes conditions, n&rsquo;en représente pas moins une menace potentielle pour la paix et la sécurité régionale.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Il est certain que le brasier syrien constitue une situation que le droit international public a négligé de prévoir. Sans doute faudra-t-il y remédier. En attendant cet ajout, qui ne peut se faire dans l’urgence, il existe des instruments juridiques sur lesquels s&rsquo;appuyer pour contrer le sentiment d’impunité du régime Assad. Tous ceux qui invoquent l’absence de mandat de l’ONU pour refuser les frappes devraient réfléchir en termes de hiérarchie des valeurs : la protection de populations qui se font massacrer depuis mars 2011 n’est-elle pas aussi importante que le respect des mécanismes de recours à la force ?</p>
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		<title>L’ASSADISATION DES ESPRITS</title>
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		<pubDate>Sat, 17 Aug 2013 09:56:28 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Bachar al-Assad dispose d’un étrange pouvoir sur les esprits occidentaux. Il avait jadis réussi à leur faire croire qu’ayant été « occidentalisé » par un séjour au Royaume Uni – pourtant fort bref, ce que personne ne prit alors la peine de vérifier -, il était un dirigeant réformiste, bridé dans son désir de modernisation de la [&#8230;]]]></description>
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<p>Bachar al-Assad dispose d’un étrange pouvoir sur les esprits occidentaux.</p>
<p>Il avait jadis réussi à leur faire croire qu’ayant été « occidentalisé » par un séjour au Royaume Uni – pourtant fort bref, ce que personne ne prit alors la peine de vérifier -, il était un dirigeant réformiste, bridé dans son désir de modernisation de la Syrie par la vieille garde de son père ou les archaïques pesanteurs de son pays.</p>
<p>Lorsque la révolution syrienne éclata en mars 2011, Assad déclara que ce n’était pas une révolution car son peuple l’aimait et ne pouvait pas songer à se soulever contre lui. Il s’agissait d’une action de déstabilisation menée par des groupes salafistes, sans doute pilotés par al-Qaïda, et/ou un complot des suspects habituels (Israël, Etats-Unis) ; leur objectif était de déclencher une guerre sectaire et de propager le terrorisme. Même s’il se trouva parmi les Occidentaux quelques personnes ou groupes pour le croire, l’opinion générale était alors que la Syrie connaissait une révolution politique, pacifique de surcroît. (Sans doute le serait-elle restée si le monde occidental l’avait soutenue autrement qu’en bonnes paroles.)<span id="more-1104"></span></p>
<p>Deux ans et demi plus tard, après une hécatombe qui n’a pas réussi à suffisamment émouvoir la communauté internationale pour qu’elle se décide à agir, Assad a réussi non seulement à se maintenir au pouvoir, mais aussi à jeter le discrédit sur les rebelles. Ayant été contraints de prendre les armes, ils sont désormais soupçonnés d’être tout aussi violents que l’armée loyaliste et les shabbiha ; la moindre de leurs exactions fait aussitôt le tour de la planète, sans doute grâce à des communicants rémunérés par Assad. Pire, en libérant des islamistes, que le régime se targuait d’avoir arrêtés, et en les jetant dans la mêlée, Assad a convaincu le monde &#8211; qui ne demandait, il est vrai, qu’à être persuadé – que, comme il l’avait dit d’emblée, cette révolution était bien menée par des islamistes, prêts à massacrer les minorités religieuses et à imposer la charia. (Sous-entendu : lui seul était encore en mesure d’empêcher la Syrie de devenir le nouveau sanctuaire d’al-Qaïda.)</p>
<p>L’assadisation des esprits procède en jouant sur les peurs et la crédulité du monde occidental et en exploitant la complexité de la société syrienne. L’objectif du régime est de susciter une telle confusion mentale que même les plus fervents partisans de la démocratie en viennent à penser que tout est trop compliqué pour être abandonné à l’aléa d’élections et que, selon la formule prêtée à Israël, mieux vaut un diable qu’on connaît. Nul doute que les derniers événements en Egypte vont servir sa démonstration.</p>
<p>L’assadisation des esprits a abouti à une forme aiguë de décervelage du monde occidental. Pétrifié par le blocage de toute solution juridique internationale, organisé par Assad et son allié russe, l’Occident a non seulement renoncé à défendre ses valeurs – celles de la première révolution syrienne – et les droits de l’homme, se bornant à compter – mal – le nombre de victimes, mais encore il s’avère incapable de prendre la mesure du danger que fait courir le brasier syrien à l’ensemble du Proche Orient et donc, à terme, à ses propres intérêts.</p>
<p>Non, contrairement à ce qu’on entend ou qu’on lit depuis quelques mois, Assad n’a pas gagné sur le terrain. Il a définitivement perdu une bonne partie du pays sur lequel il régnait au début de la révolution. C’est dans les esprits qu’il a gagné. Ou, plus exactement, dans les nôtres.</p>
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