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  <title>Where is Ploum?</title>
  <link>http://ploum.net/</link>
  
  <description>Le blog de Lionel Dricot</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Mon, 28 May 2012 07:38:10 +0200</pubDate>
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    <title>Le 23 mai</title>
    <link>http://ploum.net/post/le-23-mai</link>
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    <pubDate>Tue, 22 May 2012 01:31:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Ploum</dc:creator>
        <category>pirate</category><category>planetlibre</category><category>plume</category>    
    <description>&lt;p&gt;Au pied du mur, entre deux traces de salpêtre, je descelle une brique. Alors que je dégage une boîte emballée dans un tissu huilé, les murs de la cave me renvoie l'écho sordide de ma respiration haletante.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src="http://ploum.net/images/basement.jpg" alt="Une cave" style="display:block; margin:0 auto;" /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Comment en est-on arrivé là ? Le monde progressiste me semble si lointain, vaporeux, oublié. Or, si nous sommes bien le 22 mai 2022, c'était il y a dix ans seulement. Mais comment être sûr&amp;nbsp;? Étant un hors-la-loi, un dangereux pirate, j'ai été forcé de couper tout appareil électronique pouvant me dénoncer sur le réseau. Suite à l'analyse de &lt;a href="http://www.facebook.com/zeploum"&gt;mon profil Facebook&lt;/a&gt;, que je n'ai effacé qu'en 2015, les milices privées savent que je suis dangereux. Je n'ai, pour seul repère, que cette antique horloge. J'écris et je communique avec du papier de récupération et des crayons achetés au marché noir.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le monde de 2012 n'était pas parfait, j'en conviens. Il y avait des récessions, des régressions. Mais, cahin-caha, l'humanité progressait depuis deux siècles.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Je m'en souviens. À l'époque, on commençait seulement à se rendre compte que le pouvoir dit «&amp;nbsp;démocratique&amp;nbsp;» avait changé de main et était devenu financier. Des nouvelles lois ont fait leur apparition, bafouant les droits les plus élémentaires de l'homme sous prétexte de préserver des intérêts économiques. Au départ, cela semblait anecdotique, une histoire à propos de producteurs de musiques qui ne voulaient pas voir leur affaire contournée par les utilisateurs du réseau.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Inconscients de la gravité réelle du problème, nous avons laissé filer notre seule planche de salut: la démocratie. En Europe, cet abandon s'est formellement fait le 23 mai 2012. À cette date, restée gravée en lettre de feu dans ma mémoire, la France a fait voter &lt;a href="http://www.numerama.com/magazine/22666-le-parti-pirate-prive-du-droit-de-controler-le-scrutin-pour-700-000-electeurs.html"&gt;700.000 électeurs par internet&lt;/a&gt;, utilisant un système fermé, non sécurisé et appartenant à une entreprise privée.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;À l'époque, ceux qu'on appelait déjà des pirates ont &lt;a href="http://pmartingomez2012.wordpress.com/2012/05/21/opacite-du-vote-internet-legislatives/"&gt;tenté d'alerter l'opinion&lt;/a&gt;, de s'opposer. Mais personne ne les a vraiment compris. D'ailleurs, il y avait bien plus important, il y a avait une crise, il y avait la précarité de l'emploi. Personne ne voulait s'occuper de ces futilités.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La minorité touchée par le discours des pirates répondait invariablement que, honnêtement, dans notre société, il n'y aurait jamais de triche, qu'il ne fallait pas être paranoïaque, qu'une réelle dérive était impensable.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Comme le vote s'est globalement bien déroulé, le principe a été étendu. La légende veut que, pour rigoler, la société en charge du comptage des votes aie retiré cette année là un pourcentage du nombre de voix donné aux pirates. Ceux-ci ne comptaient de toute façon pas, il s'agissait uniquement d'une blague de potache. De toutes façons, il est impossible de savoir si ce n'est qu'un simple racontar.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Graduellement, pourcentage après pourcentage, élection après élection, les sociétés ont découvert qu'elles pouvaient préserver leurs intérêts autrement qu'en finançant des coûteuses campagnes.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il n'y a eu ni tyran ni dictateur démoniaque. Aucune révolte, aucune effusion de sang. Simplement, le système s'est installé. Quelques actionnaires prennent des décisions, des employés les exécutent. Personne n'a jamais eu l'impression de corrompre la démocratie.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;D'ailleurs, il n'y a jamais eu besoin de forcer beaucoup. Pour élire un obscur candidat, la recette est simple. Commandez à un institut que vous dirigez un sondage annonçant la percée spectaculaire de votre poulain. Faites publier ce sondage dans toute la presse que vous contrôlez. Les humains ayant une tendance naturelle à suivre les gagnants, votre candidat fera réellement un pourcentage de voix non-négligeable. Le vote électronique achève le travail.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Depuis l'aube de la démocratie, il est de tradition de considérer les élus comme des pourris, des corrompus. Mais l'histoire a révélé que ce n'était pas vrai. Ils étaient juste complètement dépassés par la technologie. Aucun n'a pu en saisir l'importance cruciale. Aveuglés par leur impression de pouvoir, par le lobbying sonnant et trébuchant des grands acteurs économiques, ils ont eux-mêmes creusé leur tombe, emportant la population avec eux.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;En 2022, les politiques ne sont que des pâles marionnettes fantomatiques dont plus personne ne prend la peine de cacher les ficelles.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il ne reste donc plus que nous, les citoyens, forcés de mendier un travail à ceux qui ont aujourd'hui le véritable pouvoir, forcés d'accepter des restrictions sans cesse croissantes sur nos libertés.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mais au fond, quelle liberté nous reste-t-il, me demandé-je en sortant de &lt;a href="http://www.framablog.org/index.php/post/2011/12/18/prendre-armes-falkvinge"&gt;la boîte&lt;/a&gt; un fusil et ses munitions.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Cela ne pouvait pas arriver. Pas dans notre société. Nous étions libres. Se battre pour défendre notre vie privée nous semblait absurde si nous n'avions rien à cacher. Et puis, si le vote électronique était un &lt;a href="http://ploum.net/post/157-pour-ou-contre-le-vote-electronique"&gt;tel problème&lt;/a&gt;, il se serait bien trouvé des gens importants pour faire un scandale. Ce n'était pas possible que ce fût si dangereux, il était impensable que des gens trichent à ce point.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Tandis que j'introduis les munitions dans l'arme, une larme perle au coin de la paupière de mon seul œil valide. Demain, nous serons le 23 mai.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Comment en est-on arrivé là&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Photo par &lt;a href="http://www.flickr.com/photos/10614970@N07/5571723483"&gt;howzey&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://flattr.com/submit/auto?user_id=ploum&amp;url=http://ploum.net/post/le-23-mai&amp;title=Le 23 mai&amp;tags=plume&amp;category=text"&gt;&lt;img src="https://api.flattr.com/button/flattr-badge-large.png"alt="Flattr our API Documentation" /&gt;&lt;/a&gt;
</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Les Non-humains, tome 2 - Liberté et brosses à dent</title>
    <link>http://ploum.net/post/nons-humains-tome2</link>
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    <pubDate>Mon, 30 Jan 2012 11:18:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Ploum</dc:creator>
        <category>bépo</category><category>drm</category><category>planetlibre</category><category>plume</category><category>übergeek</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;img src="http://ploum.net/images/brosse_a_dent.jpg" alt="Brosse à dent" style="float:right; margin: 0 0 1em 1em;" /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il y a près de trois ans, je vous présentais Lilo et Vista, un chargeur de bottes et une jeune femme issue de la frange dominante de la société. Si vous n'étiez pas encore sur ce blog, je vous invite à &lt;a href="http://ploum.net/post/212-les-nons-humains"&gt;lire leurs aventures&lt;/a&gt; avant de continuer dans ce billet.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;À l'époque, vous aviez été nombreux (si, si, trois personnes c'est nombreux) à réclamer une suite. Hélas, c'est une éventualité que je n'avais pas envisagée et j'avais préféré laisser Lilo et Vista à leur intimité.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je n'ai jamais eu l'idée ni l'envie d'écrire une suite. Mais il y a une semaine, alors que j'observais les réactions &lt;a href="http://ploum.net/post/je-suis-un-pirate"&gt;à mon billet sur le piratage&lt;/a&gt;, Lilo est soudainement réapparu.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;— Ploum !&lt;br /&gt;
— Lilo&amp;nbsp;! Et bien ça fait un bail. Comment va Vista ?&lt;br /&gt;
— Écoute Ploum, Il faut absolument que je te parle. Je pense que ce qui se passe chez nous est vraiment important. Raconte-le !&lt;br /&gt;
— Tu sais, je n'ai jamais envisagé de continuer à raconter ta vie. Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée. Les lecteurs risquent d'être déçus. Il n'y aura plus l'effet de surprise, la fraîcheur initiale. Écrire une nouvelle originale demande une idée, et j'en regorge. Écrire une suite demande du talent, c'est plus difficile.&lt;br /&gt;
Faisant fi de mes arguments, Lilo s'assis dans le canapé face à mon bureau.&lt;br /&gt;
— Tiens, tu as un nouveau clavier ?&lt;br /&gt;
— Euh… ah oui&amp;nbsp;! Quand on s'est rencontré, je ne le savais pas encore mais c'était le tout dernier texte que j'écrivais en Azerty. Je tape uniquement en &lt;a href="http://ploum.net/post/216-le-bepo-sur-le-bout-des-doigts"&gt;Bépo&lt;/a&gt; à présent.&lt;br /&gt;
— Et bien prends ton Bépo, je te raconte. Tout a commencé avec une brosse à dent…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lilo ne m'ayant pas laissé le choix, j'espère que vous ne me tiendrez pas rigueur pour cette suite impromptue.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;a href="http://ploum.net/images/textes/nonhumains2.pdf"&gt;&lt;img src="http://ploum.net/images/icones/pdf2.png" alt="PDF" style="float:left; margin: 0 1em 1em 0;" /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;a href="http://ploum.net/images/textes/nonhumains2.pdf"&gt;Les Non-humains (PDF)&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href="http://ploum.net/images/textes/nonhumains2.odt"&gt;Les Non-humains (OpenDocument)&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Image de &lt;a href="http://www.flickr.com/photos/jeremybrooks/4149617602/"&gt;Jeremy Brooks&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://flattr.com/submit/auto?user_id=ploum&amp;url=http://ploum.net/post/nons-humains-tome2&amp;title=Les Non-humains, tome 2 - Liberté et brosses à dent&amp;tags=plume&amp;category=text"&gt;&lt;img src="https://api.flattr.com/button/flattr-badge-large.png"alt="Flattr our API Documentation" /&gt;&lt;/a&gt;
</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Le Platerrisme</title>
    <link>http://ploum.net/post/le-platerrisme</link>
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    <pubDate>Fri, 13 Jan 2012 21:05:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Ploum</dc:creator>
        <category>albedo</category><category>apnée</category><category>atheism</category><category>plume</category>    
    <description>&lt;p&gt;Il était une fois, un homme qui n'était ni vraiment bête, ni complètement intelligent. Comme il n'était pas tout à fait bête, il se refusait de croire ce qui n'était pas logique à ses yeux. Et comme il n'était pas très intelligent, il ne croyait pas grand chose.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;À cette époque, on disait beaucoup que la terre était ronde. Notre homme n'étant pas complètement bête, il se posa beaucoup de questions, comme: « Si la terre est ronde, ceux qui sont en bas ne devraient-ils pas tomber ?&amp;nbsp;» ou « Au fur et à mesure que je m'éloigne d'ici, ne devrais-je pas me mettre à glisser comme sur une pente de plus en plus forte ? ».&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Afin de se convaincre, il mesura son jardin très précisément, à la recherche de la moindre courbure. N'en trouvant point, il déduisit fort logiquement qu'il avait été trompé, que la terre était plate.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il n'était pas très malin mais comme les gens autour de lui l'étaient encore moins, on tomba d'accord avec lui.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Encouragé, il écrivit un livre qui expliquait Ô combien la terre était plate et que comme elle était plate, Ô combien il était important de bien vivre pour éviter qu'un côté soit plus lourd que l'autre et que le monde se mette à pencher.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Des savants vinrent débattre avec lui et exposèrent, avec beaucoup d'équations et un amphigourique vocabulaire, que la terre était une sphère géodésique. Comme c'était compliqué, on décida qu'ils avaient tort.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Notre homme, élevé au rang de prophète, mourut et on le pleura beaucoup. Puis on s'arrêta de pleurer et on continua à enseigner son Livre aux enfants.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les enfants, ça pose des questions compliquées. En leur disant que tout ce qui était important à savoir était dans le Livre, on s'assura d'éviter d'embarrassantes situations. Comme le Livre était simple à comprendre, tout le monde était content.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Un jour, un enfant devenu adulte embarqua dans un avion abandonné par les savants. Il monta si haut qu'il dépassa le ciel.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Lorsqu'il revint, il expliqua à la foule rassemblée qu'il avait vu la terre de plus haut que n'importe quel homme et que, contrairement à ce que disait le livre, la terre était ronde ! Il en avait même fait le tour.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La foule commença par le traiter de menteur, l'accusa de ne pas avoir été capable de monter si haut et d'affabuler pour se justifier. Voulait-il que les gens se mettent à mal vivre&amp;nbsp;? On le frappa, le déchira, le lyncha, le démantibula et on accrocha ses membres à un poteau pour montrer à quel point on n'aimait pas les menteurs. Car le Livre l'affirmait: mentir pouvait déséquilibrer la Terre&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Un second enfant, également devenu adulte mais un peu plus tard, fut lui aussi curieux de faire fonctionner cette étrange machine abandonnée. Il monta encore plus haut que le premier enfant et fit deux tours de la planète.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;En redescendant, la mésaventure de son prédécesseur lui revint à l'esprit. Devant la foule réunie, il déclara en balbutiant qu'il était monté très haut et que, en effet, la Terre était plate, vraiment très très plate, et qu'il fallait la maintenir en équilibre.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;C'était la preuve que les gens attendaient. De foi, la croyance devenait un fait scientifique. On le porta en triomphe, lui offrit du vin et des mets délicats tandis qu'on glorifiait le génie visionnaire de l'auteur du Livre qui, avec les moyens du bord dans son petit jardin, avait réussi à percevoir la Vérité.&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://flattr.com/submit/auto?user_id=ploum&amp;url=http://ploum.net/post/le-platerrisme&amp;title=Le Platerrisme&amp;tags=plume&amp;category=text"&gt;&lt;img src="https://api.flattr.com/button/flattr-badge-large.png"alt="Flattr our API Documentation" /&gt;&lt;/a&gt;
</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Newël dans la ceinture d'astéroïdes</title>
    <link>http://ploum.net/post/newel-dans-la-ceinture-d-asteroides</link>
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    <pubDate>Mon, 02 Jan 2012 22:47:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Ploum</dc:creator>
        <category>noel</category><category>plume</category><category>spatial</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;Amis lecteurs,&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Chaque année, pour vous remercier de votre fidélité, je tente d'écrire un petit &lt;a href="http://ploum.net/tag/noel"&gt;conte de Noël original&lt;/a&gt;. Cette année, comme l'année passée, j'ai failli à la tradition. Je vous invite donc à relire ceux des autres années. Cependant, il y a quelques jours, j'ai découvert avec étonnement une enveloppe au pied du sapin depuis longtemps dénudé de ses cadeaux et d'une partie de ses épines.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;L'enveloppe, dans une matière plus proche du plastique que du papier, contenait une lettre que je déchiffrai avec quelque peine. Le contenu en est incroyable. Je pense ne pas être le seul à avoir trouvé cette lettre mais, pour ceux qui ne l'ont pas eue, voici une transcription aussi fidèle que possible :&lt;/em&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Les nuages de neige carbonique obscurcissaient les hublots de notre petit vaisseau familial. Mon père ronchonnait et s'énervait.&lt;br /&gt;
— Nom d'un satellite, pas moyen de trouver une place de parking. L'année prochaine je m'y prendrai plus tôt.&lt;br /&gt;
— Tu sais papa, dis-je, on n'était pas obligé de venir.&lt;br /&gt;
— Bien sûr que si, c'est Newël et je n'avais pas encore de cadeau pour toi. Tu vas m'aider à choisir.&lt;br /&gt;
— Est-ce vraiment indispensable&amp;nbsp;? Je suis grand maintenant. Le cadeau qu'on choisit et qui disparait le soir de Newël, mangé par l'ogre Jésus, je n'y crois plus. Je sais bien que c'est Maman et toi qui l'escamotez.&lt;br /&gt;
— Là, une place&amp;nbsp;! Vite avant qu'on nous la prenne. Enfile ton scaphandre et trouve moi le sas d'entrée le plus proche.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Creusé dans l'astéroïde, surchauffé, le centre commercial regorgeait de silhouettes en scaphandre léger ouvert, étranges diptères flottants d'un couloir à l'autre, les bras surchargés de paquets. Une musique entêtante baignait la foule entre deux réclames auditives. De temps à autre, deux scaphandres se téléscopaient et, dans un concert de jurons, les paquets se dispersaient au gré de l'air conditionné.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mon père interpella un agent de renseignement.&lt;br /&gt;
— Pardon Madame, le couloir des jeux vidéos s'il vous plaît ?&lt;br /&gt;
— Deuxième à gauche, première en haut, première en bas, répondit-elle. &lt;br /&gt;
— Bien le merci.&lt;br /&gt;
— Avec plaisir, un joyeux Newël Monsieur.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il s'élança immédiatement dans la direction indiquée. Je suivais en trainant la patte.&lt;br /&gt;
— Papa, ce n'est pas indispensable de fêter Newël. Ce n'est qu'une tradition !&lt;br /&gt;
— C'est surtout la date de naissance d'un grand homme: Isaac Newton, qui a donné son nom à cette fête. Ce n'est pas un hasard si sa naissance représente l'an zéro de notre civilisation. Sans lui, nous serions sans doute encore sur Terre.&lt;br /&gt;
— D'accord, d'accord. Je ne conteste pas l'importance de Newton. Mais pourquoi perdre son temps à acheter des cadeaux qui ne serviront de toute façon à rien.&lt;br /&gt;
— Comment ça, à rien&amp;nbsp;? Espèce de petit égoïste&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La virulente réaction de mon père m'étonna. Distraits, nous faillîmes emboutir un couple de scaphandres qui nous jetèrent des regards courroucés.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;— Et bien, fis-je d'un ton peu assuré, on ne les voit jamais ces cadeaux. L'ogre Jésus qui vient les manger pendant la nuit, ce n'est plus très crédible comme fable.&lt;br /&gt;
— Je ne t'ai donc jamais expliqué&amp;nbsp;? &lt;br /&gt;
— Expliqué quoi ?&lt;br /&gt;
— Toute l'humanité n'a pas eu la chance de partir comme nous, les Newtoniens, vers les étoiles. Il reste à peu près autant de Terriens qui ignorent notre existence. Nous avons préféré disparaître devant leur agressivité et l'hystérie que nos apparitions provoquaient.  Cependant, en gage de bonne volonté, chaque année, chaque enfant Newtonien envoie un cadeau à un enfant Terrien de son âge. Nos psychologues ont en effet démontré qu'une enfance heureuse diminue l'agressivité à l'âge adulte. En leur offrant un peu de rêve, nous espérons pouvoir un jour reprendre contact avec eux, les faire progresser.&lt;br /&gt;
— C'est donc pour cela que tu me faisais choisir un cadeau chaque année ?&lt;br /&gt;
— Bien entendu. Comme les enfants en bas-âge ont du mal à comprendre, on leur fait croire qu'un ogre mange leur cadeau le soir de Newël. C'est logiquement au père de l'enfant d'aller porter le cadeau sur Terre.&lt;br /&gt;
— Mais si les Terriens ignorent notre existence, comment leur donner ces cadeaux ?&lt;br /&gt;
— Les adultes Terriens doivent continuer à ignorer notre existence. Mais les enfants ne sont pas dupes, eux. Ils nous attendent et nous reconnaissent. Ils nous appelle « Père Newël ».&lt;br /&gt;
— Mais ils doivent bien le dire aux adultes !&lt;br /&gt;
— Les Terriens ne croient ni les enfants ni les rêves. Cela facilite notre travail. Bon, que veux-tu offrir cette année&amp;nbsp;? Il y a un grand choix de jeux.&lt;br /&gt;
— Non Papa, cette année, je veux offrir un peu de rêve. Je vais offrir notre histoire à tous les deux. Et je vais l'offrir au plus grand nombre de Terriens possible !&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mon père parut étonné et se gratta le menton.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;— Ce n'est pas très courant. Après tout, pourquoi pas&amp;nbsp;? Mais il ne faut pas trainer, le réveillon de Newël est ce soir !&lt;br /&gt;
— Tant pis, ils le recevront un peu plus tard que d'habitude. Rentrons, j'ai hâte de mettre tout cela sur papier. À tous ceux qui me liront, je souhaiterai de tout cœur qu'ils aient passé un joyeux Newël, en m'excusant pour le retard.&lt;br /&gt;
— Je suis sûr qu'ils te pardonneront. Comment comptes-tu intituler ton histoire ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je réfléchis un instant.&lt;br /&gt;
— Que penses-tu de «&amp;nbsp;Newël dans la ceinture d'astéroïdes&amp;nbsp;» ?&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://flattr.com/submit/auto?user_id=ploum&amp;url=http://ploum.net/post/newel-dans-la-ceinture-d-asteroides&amp;title=Newël dans la ceinture d'astéroïdes&amp;tags=plume&amp;category=text"&gt;&lt;img src="https://api.flattr.com/button/flattr-badge-large.png"alt="Flattr our API Documentation" /&gt;&lt;/a&gt;
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      </item>
    
  <item>
    <title>J'irai pisser sur votre moquette</title>
    <link>http://ploum.net/post/j-irai-pisser-sur-votre-moquette</link>
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    <pubDate>Fri, 28 Oct 2011 18:59:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Ploum</dc:creator>
        <category>plume</category>    
    <description>&lt;p&gt;Si vous deviez me décrire en deux mots, nul doute que fourbe et profiteur vous viendraient spontanément à la bouche. Paresseux, parasite et inutile suivraient de près. Et j'en suis fier. J'en ai même fait mon mode de vie.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ma technique est simple mais éprouvée. Je croise un inconnu dans la rue à l'air affable. Tenez, prenez ce jeune homme à l'allure dynamique. Il s'appelle Jean, c'est ma prochaine victime. Il ne se doute encore de rien mais j'irai dormir dans le lit de sa femme tout en vidant son frigo.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Au premier abord, je fais le numéro du sympa-sociable, les circonstances m'ont conduit dans la rue, où j'ère sans but précis, mais je ne me plains pas, je ne quémande rien, au contraire, je refuse tout geste de pitié trop ostentatoire. J'ai ma fierté.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Lorsque Jean se propose de m'emmener manger à la maison, juste pour la soirée, je fais d'abord mine de ne pas être intéressé. Mais mes yeux acquiescent et Jean, en rigolant, insiste, me forçant presqu'à le suivre. Inutile de vous dire que c'est ce que j'attendais mais la victime doit croire qu'elle a l'initiative, c'est primordial.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Martine, la femme de Jean, n'est que moyennement contente de cet imprévu. Qu'à cela ne tienne, je fais mon charmeur, je séduis tout en ayant l'air de ne pas vouloir déranger. Je fais également un peu le pitre pour la dérider.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Et ça marche. Avant la fin de la soirée, elle discutera avec moi plus qu'avec Jean lui-même, ce dernier étant parfaitement inconscient du destin de proie que je lui réserve. De manière indirecte, je fais comprendre que je n'ai nul part où aller. Jean et Martine n'ont pas le cœur de me renvoyer seul dans le froid de la nuit. Ils se proposent donc de m'héberger, juste pour une nuit. Tandis que je m'installe confortablement sur le sofa, j'entends Martine descendre l'escalier. Elle est en déshabillé, prête à aller au lit.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;— « Bonne nuit ! » me lance-t-elle avec un sourire innocent avant de remonter dare-dare dans sa chambre.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je ricane. Je n'ai même pas eu besoin de répondre. Une seule soirée me suffit. Homme ou femme, nul ne me résiste. Je suis comme ça moi.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Bien entendu, le «&amp;nbsp;seulement pour une nuit&amp;nbsp;» se prolongera. Je commencerai doucement à faire comprendre mes goûts précis, envoyant Jean au supermarché afin de m'acheter ce que je souhaite. Lorsqu'elle rentre du travail, Martine a à peine un regard pour Jean. Elle se rue à l'intérieur pour voir comment je vais. Pendant ce temps-là, je me prélasse sur le canapé, je me balade un peu. Avec mon air faussement négligent, j'ai pris soin de casser quelques bibelots auxquels ils tenaient beaucoup, par pure cruauté.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Lorsque Jean partit quelques jours dans sa famille à l'étranger, je n'hésitai pas: je me glissai une nuit dans le lit de Martine, sans même lui demander, sans même m'annoncer. Elle prit un air faussement surpris mais je sais qu'elle n'attendait que cela. Elles sont toutes les mêmes. Jean nous a surpris en rentrant plus tôt. Cela ne lui a pas plu. Il m'a dit qu'il m'avait sorti de la rue, qu'il n'acceptait pas cela.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Par méchanceté, j'ai répondu en déféquant sur la moquette du salon. Il a pu tout nettoyer. Il n'était vraiment pas content mais Martine a fini par le convaincre de me garder et d'exercer le moindre de mes désirs.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il faut dire qu'ils sont vraiment bien mes deux esclaves. Je dors dans leur lit, ils me nourrissent, nettoient sans que je n'aie besoin de faire attention à rien. Quoi que je fasse, ils me regardent avec un air attendri et me trouvent adorable. Même au milieu de la nuit, il suffit que je me mette à miauler pour qu'ils s'enquièrent immédiatement de mes besoins.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Des esclaves aussi dociles, c'est rare. Je vais les garder encore quelques temps.&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://flattr.com/submit/auto?user_id=ploum&amp;url=http://ploum.net/post/j-irai-pisser-sur-votre-moquette&amp;title=J'irai pisser sur votre moquette&amp;tags=plume&amp;category=text"&gt;&lt;img src="https://api.flattr.com/button/flattr-badge-large.png"alt="Flattr our API Documentation" /&gt;&lt;/a&gt;
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  <item>
    <title>Meurtre dans la nuit</title>
    <link>http://ploum.net/post/meurtre-dans-la-nuit</link>
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    <pubDate>Tue, 12 Jul 2011 22:03:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Ploum</dc:creator>
        <category>Plume</category>
        <category>plume</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Lentement, je sens l'adrénaline refluer, mes muscles se détendre. Tout en contemplant le sang qui s'étale sur le mur, mon visage se crispe en un rictus nerveux. J'ai vaincu. J'ai tué.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;J'admire mon œuvre. Le cadavre affreusement mutilé gît à mes pieds. Certains membres ont même été arrachés, l'abdomen semble avoir explosé, répandant viscères et fluides.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Naïvement, on pourrait croire que j'éprouverais du remords ou du dégoût. Au contraire, la mort fascine, captive. Je ne peux détacher les yeux de ce corps qui, il y a quelques secondes à peine, abritait la vie. J'exulte, je jouis de ces répugnants instants où le sang de ma victime se mélange au mien dans le creux de ma main.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;M'arrachant à la jouissive contemplation, je tente de me reprendre. Il faut nettoyer tout cela. Faire disparaître les traces. Regagner innocemment mon lit. Mais rien ne peut effacer cette satisfaction sadique qui orne le coin de mes lèvres, cette saveur d'une aube triomphante après une longue nuit de lutte acharnée.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le voilà mort, enfin&amp;nbsp;! Écrasé, atomisé. Saleté de moustique !&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://flattr.com/submit/auto?user_id=ploum&amp;url=http://ploum.net/post/meurtre-dans-la-nuit&amp;title=Meurtre dans la nuit&amp;tags=plume&amp;category=text"&gt;&lt;img src="https://api.flattr.com/button/flattr-badge-large.png"alt="Flattr our API Documentation" /&gt;&lt;/a&gt;
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      </item>
    
  <item>
    <title>Un effroyable solstice</title>
    <link>http://ploum.net/post/229-un-effroyable-solstice</link>
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    <pubDate>Thu, 31 Dec 2009 00:12:01 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Ploum</dc:creator>
        <category>Plume</category>
        <category>noel</category><category>plume</category>    
    <description>&lt;p&gt;Les toits recouverts de neige font doucement miroiter le reflet des étoiles de ce transparent ciel hivernal. De chaque cheminée s'échappe un fin fumet de dinde farcie ou de filet végétarien de soja bio. Les lumières à faible consommation d'énergie clignotent aux fenêtres. Engoncé dans son blanc manteau de calme et de solitude, le petit village d'Innsbrick s'apprête à fêter &lt;a href="http://ploum.net/post/200-joyeux-noel-2142"&gt;la naissance du sauveur&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Suivant la coutume locale, chaque habitant a déposé sur la place du village une feuille de houx sur laquelle est inscrite une bonne résolution ou un vœu pour la nouvelle année.  Exception faite du vieux prêtre défroqué qui, comme chaque année, ronchonne « Tant que le diable hantera nos contrées, toutes ces bonnes résolutions ne seront que de la farce ».&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src="http://ploum.net/images/ctulhusolstice.jpg" alt="couronne de solstice" style="display:block; margin:0 auto;" /&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Un peu à l'écart, séparée des autres demeures par un bouquet d'arbre, la maison du berger résonne d'un chant mélodieux.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;— Que ta voix est belle, ma fille, murmure le vieillard, une larme à l'œil.&lt;br /&gt;
— Que tes lèvres sont appétissantes, ma mie, soupire un jeune homme assis à la même table.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La jeune femme éclate d'un rire cristallin.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;— Je suis heureuse d'être avec vous, mon père et mon mari. Quel plaisir d'être avec vous au chaud en ce merveilleux soir de Noël !&lt;br /&gt;
— Moi aussi, mon amour, je suis heureux. Et quel est ce bon fumet qui titille mes narines ?&lt;br /&gt;
— La dinde, la farce ainsi que toutes nos bonnes résolutions mon mari adoré&amp;nbsp;! Mais avant de nous mettre à table, je dois aller chercher une surprise pour vous deux à la grange.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Elle sort dans la neige et, la porte se refermant, le vieux berger marmonne :&lt;br /&gt;
— C'est un vrai bonheur de vous voir ainsi tous les deux pétris d'amour et plein de bonne volonté.&lt;br /&gt;
— J'aime votre fille, c'est le rayon de soleil de ma vie !&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;br /&gt;***&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dans les yeux de la jeune bergère, les étoiles se reflètent. Le froid piquant lui semble doux et apaisant. Ses pas crissent dans la neige.&lt;br /&gt;
— Quel merveilleux Noël, pense-t-elle.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Soudain, une ombre voile briêvement les étoiles. Leur éclat se fait plus dur, agressif, violent. Un bruit. Un murmure. Un frôlement. La bergère se retourne. La chaleur accueillante du logis paraît à présent si lointaine. Seuls les arbres noirs et décharnés se dressent autour d'elle. Au loin, un loup hurle.&lt;br /&gt;
— Il y a quelqu'un ?&lt;br /&gt;
Sa respiration se fait haletante, oppressée. Elle tente de faire demi-tour mais les arbres semblent la cerner.&lt;br /&gt;
— Au sec…&lt;br /&gt;
Un long tentacule gluant lui étreint la gorge et se pose sur sa bouche. Son cœur s'arrête un instant de battre. En face d'elle se dresse l'Innommable, Celui Qui Est Appelé Par Nos Cauchemars. Des milliers d'excroissances jaillissent dans toutes les directions. Six yeux brillants la fixent tandis que des griffes acérées mordent sa chair.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dans un sursaut de courage et de volonté, la jeune femme se dégage le visage. Soudain, par delà la hideuse apparition, elle perçoit l'être.&lt;br /&gt;
— Pauvre monstre injustement rejeté depuis des années à cause de ton apparence, lance-t-elle à brûle-pourpoint.&lt;br /&gt;
L'étreinte se fait moins oppressante, les tentacules se relâchent.&lt;br /&gt;
— Pour toi aussi c'est Noël. Monstre, tu mérites notre amour comme chacun. Je te souhaite un joyeux Noël.&lt;br /&gt;
Un tentacule approche brusquement de la captive un buisson de houx. Reconnaissant les inscriptions, elle s'écrie&amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
— Des bonnes intentions&amp;nbsp;!  Comme c'est charmant. Ainsi, tu souhaites me montrer toi aussi tes bonnes intentions&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src="http://ploum.net/images/cthulhu2.jpg" alt="Ctulhu" style="float:right; margin: 0 0 1em 1em;" /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;br /&gt;***&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dans les profondeurs de la forêt, une caverne retentit de bruits rauques et ignobles. La peur et l'effroi suintent du roc comme d'une éponge imbibée. Un feu infernal crépite.&lt;br /&gt;
— Mon effroyable épouse, tes tentacules gluants et ignobles me font gémir d'envie.&lt;br /&gt;
— Ft'aghn&amp;nbsp;!  Avant de penser à la bagatelle, as-tu été chercher notre festin de solstice.&lt;br /&gt;
— Bien sûr ma Hideuse. J'ai ramené une petite dinde pétrie d'amour que je vais farcir de bonnes intentions.&lt;br /&gt;
Un long tentacule commence à enfourner les branches de houx. La victime hurle, ses cordes vocales se brisent en un bruit sec.&lt;br /&gt;
— Quelle voix claire et douce&amp;nbsp;!  Ses cris sont de &lt;a href="http://www.cthulhulives.org/Solstice/"&gt;douloureux chants de solstice&lt;/a&gt; comme je les aime.&lt;br /&gt;
— Je te souhaite un &lt;a href="http://ploum.net/post/86-le-repas-de-noel-en-famille"&gt;effroyable solstice&lt;/a&gt; ma Hideuse.&lt;br /&gt;
— Mon Ignoble&amp;nbsp;!  Découpe moi une cuisse, j'adore la dinde farcie…&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://flattr.com/submit/auto?user_id=ploum&amp;url=http://ploum.net/post/229-un-effroyable-solstice&amp;title=Un effroyable solstice&amp;tags=plume&amp;category=text"&gt;&lt;img src="https://api.flattr.com/button/flattr-badge-large.png"alt="Flattr our API Documentation" /&gt;&lt;/a&gt;
</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>17,1 mètres</title>
    <link>http://ploum.net/post/218-171-metres</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:7dae0882ca722fd093a2eca175267ce5</guid>
    <pubDate>Tue, 28 Jul 2009 01:09:20 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Ploum</dc:creator>
        <category>Mon nombril</category>
        <category>apnée</category><category>mon_nombril</category><category>plume</category>    
    <description>&lt;p&gt;Mon corps flotte paisiblement à la surface de l'eau, je ferme les yeux et expire doucement. Profondément. Le soleil me caresse le visage. Inspiration. Une voix :&lt;br /&gt;
— J'y vais après toi&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Expiration. J'acquiesce du menton. J'ouvre les yeux, je regarde une dernière fois le ciel bleu. Inspiration. La dernière avant longtemps, très longtemps. Inspiration. Encore une goulée d'air. Je me concentre sur la bouée. Encore une bouffée, inspiration, inspiration, inspiration…&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ma tête a plongé, je tends me jambes. Je sens mes palmes battre l'air vainement, j'aurais dû me lester un peu plus. Je brasse, une fois, deux fois, je suis dans l'eau, je commence à descendre.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;À quelques centimètres de mon nez, un câble tendu défile doucement. Je force mes jambes à faire des mouvements amples et souples. À chaque palmage, je souffle pour décompresser. Mes oreilles répondent bien, cela me soulage, c'était ma plus grosse inquiétude. L'eau brunâtre rend le câble flou mais lumineux, presque irréel. Je suis fasciné par chaque aspérité, chaque détail du filin d'acier. Combien ai-je descendu&amp;nbsp;? 3 mètres&amp;nbsp;? 5 ? 8&amp;nbsp;? 100&amp;nbsp;? Aucune idée. Cela fait une éternité mais une seconde à peine que je suis dans l'eau. L'air n'est déjà plus qu'un lointain souvenir. Ne devrais-je pas faire demi-tour&amp;nbsp;? Les premiers signaux d'hypoxie s'emparent de mon cerveau, je déglutis. Et doucement, le câble poursuit son ascension, chaque centimètre attirant mon regard avant de disparaître. Mon masque commence à m'écraser le visage, mes yeux tentent de sortir de leurs orbites. Je souffle un fifrelin d'air par les narines pour égaliser.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;À toute vitesse, je vois passer trois formes encombrées comme des chevaliers en armure. Trois monticules bouillonnants de matériel sophistiqué d'où dépassent deux petits bras, deux misérables palmes rabougries et quelques faisceaux de tubes et de faibles lumières clignotantes. Je les ai à peine entrevus, je me sens léger, libre. Je vole.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Soudain, je vois le câble s'enfoncer dans un nuage sombre. En quelques centimètres, l'eau brunâtre devient noire comme de l'encre. Sans que je n'aie le temps de réagir, je suis englouti, avalé. Avec l'obscurité, mon corps se relâche soudain. Respirer&amp;nbsp;? Pour quoi faire. Je continue de suivre le câble que j'entra-perçois toujours dans la pénombre. Je suis bien, je descends.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Du coin de l'œil, un mouvement me fait sursauter. Le fond dégringole vers moi à toute allure. Déjà&amp;nbsp;? Il n'est plus qu'à 50 centimètres de mon visage. Je le frôle de la main et me redresse. Compenser et égaliser le masque se révèle étonnamment difficile, comme si j'avais les poumons vides alors que je n'ai rien expiré depuis le début de la descente. Sur ma droite se dessine la masse du vieil autobus englouti. Une fois les yeux habitué, je déchiffre l'inscription "De Lĳn". Depuis qu'on a dit aux flamands que, au fond, ils n'étaient pas si bêtes, il semblerait qu'ils s'y rendent par autobus entier. Au moins ils ne sont pas en grêve, eux&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La porte est ouverte mais je ne rentre pas, je n'ai pas mon ticket. De la main, j'agrippe alors le marche-pied et me tire vers le bas.Je pose mon profondimètre sur le sol. 17,1 mètres. Bon, je ne suis pas &lt;a href="http://agua.skynetblogs.be/post/6948729/177-william-trubridge-en-video"&gt;William Trubridge&lt;/a&gt; mais pour une première fois, ce n'est pas si mal !&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je constate que ma ceinture de plomb pend lamentablement sur mes hanches. J'ai vachement maigri, pas le moindre petit bedon qui dépasse, j'en connais une qui apprécierait. Merci la pression&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;C'est mignon tout plein ici, mais il est temps de remonter. Je tourne la tête&amp;nbsp;: pas de câble&amp;nbsp;! C'est ennuyeux. Je n'ai pourtant pas parcouru plus de deux mètres à l'horizontale. Tout au fond de moi, une partie hystérique de mon cerveau hurle «&amp;nbsp;On ne va jamais y arriver sans le câble, tu ne le retrouveras jamais&amp;nbsp;! Respirer, ça te dit quelque chose&amp;nbsp;? ». Sans y faire attention, je rebrousse calmement chemin. Voilà le câble, pas besoin de s'énerver&amp;nbsp;! Si je n'avais pas eu le nez dessus, je l'aurais sans doute manqué.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Au revoir le fond, je te quitte mais je reviendrai, ne t'inquiète pas&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je me force à me détendre, je m'étend, les bras au-dessus de ma tête. Je regarde le câble. Un coup de palme, deux coups de palmes. Le câble recommence à défiler, m'hypnotise. Mais à chaque mètre, l'oxygène quitte un peu plus mon sang pour retourner dans les poumons d'où la pression l'avait chassée. Contraction. Envie de respirer. Regarder le câble, le câble. J'ai l'impression d'être une bulle qui gonfle, je suis irrémédiablement attiré par la surface. Ma trop grande flottabilité me permet d'arrêter le palmage, je me laisse aller. Autour de mes bras tendus et de mon crâne, le fluide s'écoule de plus en plus vite. Respirer. Respirer. Ne pas regarder en haut, se concentrer sur le câble. Respirer. Repenser à la plongée, au fond, à l'obscurité. Un sourire envahit mes lèvres. Respirer. De la lumière, des reflets. Salut Soleil, ça fait un bail&amp;nbsp;! Je suis une bulle, une balle, une fusée&lt;sup&gt;[&lt;a href="http://ploum.net/post/218-171-metres#pnote-218-1" id="rev-pnote-218-1"&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;, je remonte vers toi comme un missile.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Flatch&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Emporté par la vitesse, j'émerge jusqu'au nombril. Je vole. Expiration. Je retombe. Inspiration brêve. Expiration. Inspiration brêve. Pas d'essoufflement notable, c'est bon signe. L'air frais me semble le met le plus exquis, un fin plaisir de gourmet. Je souris, je suis heureux. J'inspire. On dirait que j'ai gardé avec moi un peu de l'euphorie de ce fond sombre et glauque.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;— Alors, ça te plaît ?&lt;br /&gt;
— À fond&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mon chronomètre n'indique que 47 secondes minuscules secondes mais je sais que mon voyage a duré toute une vie, que là-bas, dans la lumière obscure, on apprend à voler.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class="footnotes"&gt;&lt;h4&gt;Notes&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href="http://ploum.net/post/218-171-metres#rev-pnote-218-1" id="pnote-218-1"&gt;1&lt;/a&gt;] No, it's bicycle repair man !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
&lt;br /&gt;&lt;a href="https://flattr.com/submit/auto?user_id=ploum&amp;url=http://ploum.net/post/218-171-metres&amp;title=17,1 mètres&amp;tags=plume&amp;category=text"&gt;&lt;img src="https://api.flattr.com/button/flattr-badge-large.png"alt="Flattr our API Documentation" /&gt;&lt;/a&gt;
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      </item>
    
  <item>
    <title>Le combat quotidien</title>
    <link>http://ploum.net/post/217-le-combat-quotidien</link>
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    <pubDate>Mon, 13 Jul 2009 22:28:50 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Ploum</dc:creator>
        <category>Plume</category>
        <category>plume</category>    
    <description>&lt;p&gt;Noir ! Au loin, une faible lueur semble briller. Loin, tellement loin. À des années lumières. Je tente vainement de tendre mon bras mais l'étau se ressert autour de moi. Ma respiration s'accélère, tout mon être est emprisonné dans de reptiliens anneaux sauvages qui m'enserrent, me compressent.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;— Rhaaaa&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je pousse un râle de violent désespoir, je me débat et finit m'affaisser, vaincu, replongeant dans les ténèbres apaisantes de l'oubli. Mon corps, paralysé, m'abandonne. Je flotte.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;— Laisse toi aller&amp;nbsp;! Semble me murmurer une voix. Laisse toi aller juste quelques minutes. Ta lutte t'a épuisé, respire doucement, de plus en plus doucement…&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Une douce chaleur me pénètre, la lueur s'éloigne, je me sens si bien, je m'enfonce…&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;— Nooooooon&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;D'un effort surhumain, j'ai bondit. D'une contorsion violente, je délivre mes bras et arrache en hurlant mon indomptable couette sauvage. Mes tempes bourdonnent, mes paupières papillonnent.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;— Merde, je me suis rendormi, déjà huit heures&amp;nbsp;! Allez, un bonne tasse de café bien fort et zou…&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Blottie dans un coin, humiliée mais pas encore vaincue, je sens peser sur moi la présence de la couette. Je la perçois. Je l'entends :&lt;br /&gt;
— Prends moi dans tes bras, juste quelques minutes. Pose ton visage contre moi. Quelques secondes seulement… Nous étions si bien tous les deux.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Une pointe de sueur perle sur mon front. Je me concentre, je dois résister jusque ce soir. Mon esprit dérive déjà. Résister. L'adrénaline&amp;nbsp;! Voilà la solution, l'adrénaline&amp;nbsp;! Je tourne la tête vers le réveil.&lt;br /&gt;
— Par toutes les galaxies, 8h27 ! Aaaaah&amp;nbsp;! Nom d'une pipe en écume !&lt;br /&gt;
— T'as le temps, tu dois pas être au boulot avant 8h30 me souffle la couette mais je ne l'écoute déjà plus. J'ai vaincu&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La brosse à dent dans une main, je saute un pied dans la (mauvaise) jambe du pantalon, l'autre dans une chaussette dépareillée tout en procédant à l'incantation de victoire rituelle :&lt;br /&gt;
— Une bonne tasse de café bien fort et zou…&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://flattr.com/submit/auto?user_id=ploum&amp;url=http://ploum.net/post/217-le-combat-quotidien&amp;title=Le combat quotidien&amp;tags=plume&amp;category=text"&gt;&lt;img src="https://api.flattr.com/button/flattr-badge-large.png"alt="Flattr our API Documentation" /&gt;&lt;/a&gt;
</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Le piratage</title>
    <link>http://ploum.net/post/213-le-piratage</link>
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    <pubDate>Sun, 07 Jun 2009 00:48:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Ploum</dc:creator>
        <category>Mon nombril</category>
        <category>buzz</category><category>drm</category><category>planetlibre</category><category>plume</category>    
    <description>&lt;p&gt;L'autre jour à l'école, on a fait un spectacle pour les parents, un vrai avec une scène et des projecteurs. On était tous habillés avec des lunettes de soleil, des vestes en cuir et on criait « Allumer le feu ! » très fort, c'était terrible. Maixent avait une guitare électrique en plastique et Eudes tapait sur une batterie. Et vous ne devinerez jamais qui la maîtresse avait choisi pour faire le chanteur&amp;nbsp;! C'est moi&amp;nbsp;! J'avais un micro en plastique et je levais mes lunettes pour regarder le public. C'était très chouette, on s'amusait bien. Nos parents ont été drôlement impressionnés même que Maman a dit qu'elle n'imaginait pas que nous puissions faire autant de bruit.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Papa il m'a caressé les cheveux avec un grand sourire en faisant « Hé&amp;nbsp;! Hé ! » et il m'a dit qu'il avait été chanteur dans un groupe et qu'ils auraient certainement sorti un tas d'albums s'il ne s'était pas marié, ce qui m'a étonné parce que je savais qu'il avait failli être international de football mais chanteur, ça c'était nouveau; il est terrible mon papa.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Et puis, le lendemain, le directeur est entré dans la classe.&lt;br /&gt;
— Debout&amp;nbsp;! a dit la maîtresse.&lt;br /&gt;
— Assis&amp;nbsp;! a dit le directeur.&lt;br /&gt;
Puis il a dit quelque chose à l'oreille de la maîtresse qui a fait les mêmes yeux que Clotaire quand il est envoyé au tableau.&lt;br /&gt;
— Mes chers enfants, a dit le directeur. Nous avons reçu une lettre signalant que nous avons utilisé lors de notre fête une composition musicale sans l'accord des ayant droits. À titre exceptionnel, aucune mesure ne sera engagée contre l'école mais vous aurez demain la visite d'un expert qui vous fera une séance d'information sur le piratage.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Nous on n'a pas vraiment compris ce qu'il voulait dire mais on n'a pas osé demander car on a bien vu à la tête de la maîtresse que ce n'était pas le moment de faire le mariole et puis la cloche a sonné la fin de la classe.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le lendemain, on est tous arrivés tout excités à l'idée d'avoir une formation au piratage. Moi j'aime bien les pirates. Jeudi dernier j'ai vu un film de pirates terrible où le gentil pirate doit travailler sur le bateau du mauvais pirate avec des tas de pirates qui font «&amp;nbsp;Et une bouteille de rhum&amp;nbsp;! » et «&amp;nbsp;À l'abordage moussaillon ! » puis il s'enfuit en libérant sa fiancée et le perroquet qui était sur l'épaule du méchant. Ils trouvent le trésor et le méchant les retrouve dans la caverne juste quand ils vont sortir et ils se battent pendant que la grotte s'écroule. Terrible.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Geoffroy, qui a un papa très riche qui lui achète tout ce qu'il veut, était venu habillé en pirate avec un bandeau sur l'œil comme le mauvais dans le film de jeudi dernier et un sabre en plastique. Le bouillon a sonné la cloche et on s'est mis en rang pour rentrer en classe.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dans la classe, la maîtresse nous attendait avec la même tête que Clotaire les jours de composition de grammaire et un gros monsieur habillé tout de noir qui souriait très fort. Elle a tapé avec sa règle sur le bureau et elle a dit :&lt;br /&gt;
— Je suis très contente d'accueillir Maître Brouzouf, de l'industrie musicale, qui va vous parler du piratage.&lt;br /&gt;
Moi ça m'a étonné qu'elle dise ça parce qu'elle n'avait pas l'air contente du tout la maîtresse et elle ne nous a pas dit d'être sages comme elle fait toujours quand l'inspecteur vient en classe alors qu'on est de toutes façons plutôt sages. Et puis le monsieur il n'avait pas vraiment l'air d'un pirate mais Rufus a dit que si ça se trouvait, il était déguisé pour pas se faire repérer et que les méchants ça se déguise souvent pour tromper le bon mais que le bon le démasque en disant « C'était donc toi vil faquin ! ».&lt;br /&gt;
— Merci, a dit le gros monsieur. Mes chers enfants, vous appréciez certainement la musique, tout comme moi. Cependant, faire de la musique est un gros travail et il est normal qu'un musicien soit payé pour son travail. En utilisant de la musique sans payer, vous empêchez l'artiste de subvenir à ses besoins. C'est ce que vous avez fait lors de votre fête avec la complicité de votre enseignante au détriment d'un grand nom de notre patrimoine culturel.&lt;br /&gt;
La maîtresse est devenue toute rouge.&lt;br /&gt;
— Si vous téléchargez de la musique sur Internet, a continué le monsieur, vos chanteurs préférés n'auront bientôt plus de sous.&lt;br /&gt;
Moi j'ai été drôlement surpris parce que je ne savais pas que les chanteurs ils devaient payer pour qu'on puisse télécharger de la musique sur Internet.&lt;br /&gt;
— Est-ce qu'il y en a parmi vous qui savent comment télécharger ?&lt;br /&gt;
Moi j'ai dis que oui et que c'est mon papa qui m'avait appris quand on a reçu l'ordinateur, enfin pas tout de suite parce qu'il a d'abord fallu que papa comprenne comment il fonctionnait l'ordinateur parce qu'ils avaient tout changé au magasin et que mon papa était pourtant expert mais pas sur ce modèle là.&lt;br /&gt;
Le monsieur, ça n'a pas eu l'air de lui plaire qu'on ait changé l'ordinateur au magasin. Ses sourcils ont fait des drôles de mouvements et il a dit tout bas :&lt;br /&gt;
— Même les parents&amp;nbsp;! Mon dieu !&lt;br /&gt;
Et puis il m'a demandé comment je faisais et je lui ai dit que quand je reçois un email d'un copain, je clique sur « Télécharger la pièce-jointe » et, bing ! j'ai la photo rigolote sur mon bureau et je peux l'envoyer à d'autres copains et que s'il voulait que je lui apprenne à télécharger de la musique, il n'avait qu'à m'en envoyer par mail et je lui montrerai le coup du bing&amp;nbsp;! sur le bureau.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le monsieur m'a regardé avec des gros yeux et il a dit que, en téléchargeant, les artistes finiraient à la rue.&lt;br /&gt;
— C'est pas grave, a dit Eudes, l'autre jour près de chez ma tante Claire, j'ai vu un musicien qui était dans la rue. Et les gens lui jetaient des tas de sous.&lt;br /&gt;
— Et puis, a dit Geoffroy, qui habite une grande maison, si un artiste n'a plus de sous, il pourra toujours venir chez moi.&lt;br /&gt;
— Sans blague, a dit Eudes, tu crois vraiment que Johnny viendrait chez toi&amp;nbsp;? &lt;br /&gt;
— Parfaitement, a dit Geoffroy.&lt;br /&gt;
— Plutôt loger sous un pont, a dit Eudes, et bing ! il lui a donné un coup de poing sur le nez.&lt;br /&gt;
Agnan, c'est le chouchou de la maîtresse et on l'aime pas trop mais on ne peut pas taper dessus à cause de ses lunettes, il a dit qu'il avait calculé que Johnny avait encore de l'argent pour 12 737 années et que la question ne se posait donc pas. Il est fou Agnan.&lt;br /&gt;
— On ne t'a pas sonné sale chouchou, il a dit Eudes en menaçant de lui donner un coup de poing sur le nez.&lt;br /&gt;
— Mes lunettes, j'ai des lunettes, a hurlé Agnan en se roulant par terre et en pleurant.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La maîtresse a envoyé Eudes et Geoffroy au piquet, elle a mouché Agnan et Maixent a demandé au monsieur qui ne disait plus rien et qui avait l'air un peu surpris s'il savait pourquoi il ne pouvait pas lire le CD qu'il avait acheté avec les sous qu'il avait reçus la semaine dernière pour avoir fait septième à la composition d'arithmétique.
Le monsieur a dit que c'était certainement que le CD avait une protection pour empêcher le téléchargement et Maixent lui a dit qu'il ne voulait rien télécharger du tout, qu'il voulait juste écouter le CD qu'il avait acheté et que, sans blague, si il avait su il n'aurait rien acheté du tout, c'est vrai quoi.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Rufus a dit au monsieur qu'il était un peu bête, que s'il avait voulu empêcher les téléchargements, il fallait mettre un verrou sur les téléchargements, pas sur le CD.&lt;br /&gt;
— C'est vrai, a dit Alceste, un gros copain qui mange tout le temps. Ma maman a mis un cadenas sur l'armoire à confitures à la maison. Si elle l'avait mise sur la remise du jardin, j'aurais pu continuer à avoir de la confiture. Vous êtes un peu bête quand même.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le monsieur, ça ne lui a pas plu du tout l'idée de la maman d'Alceste. Il est devenu tout rouge et ses narines se sont agitées drôlement vite. Il nous a expliqué que lui-même travaillait dans la musique et qu'il voyait bien que si nous continuions à ne pas payer, les artistes arrêteraient de faire de la musique, que tout le monde serait très triste et que lui-même perdrait son travail.
Joachim a levé le doigt et il a demandé au monsieur ce qu'il faisait comme musique. Le monsieur a répondu qu'il ne faisait plus de musique mais qu'il avait joué un peu de l'accordéon dans son jeune temps sur quoi Joachim a répondu que c'était normal qu'il ne touche plus de sous s'il ne jouait plus de musique et qu'il ne voyait pas en quoi c'était de sa faute si le monsieur perdait son travail. Alceste a ajouté qu'il ne devrait s'en prendre qu'à lui-même si ses confitures disparaissaient.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le monsieur a regardé la maîtresse, il a dit que nous étions une graine de potence, que nous finirions au bagne et il est parti en claquant la porte.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La maîtresse a poussé un long soupir et on s'est tous tenus drôlement calmes en se disant qu'on avait peut-être un peu fait les guignols et qu'elle nous mettrait en retenue jeudi. Au lieu de ça, elle nous a regardés avec un grand sourire et elle a rigolé en nous appelant ses petites graines de potence. La maîtresse, c'est la plus gentille du monde.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Parce que, c'est vrai, il faut reconnaître qu'on n'a pas été très très sages. On n'a fait que parler de musique et confitures et le monsieur, finalement, il n'aura pas eu le temps de nous parler des pirates et des bateaux et des trésors. Heureusement, hier, le facteur a amené un paquet pour moi. C'était un cadeau de Mémé, vous ne devinerez jamais quoi ! Un livre avec des tas de pirates qui crient «&amp;nbsp;Et une bouteille de rhum ! » et des trésors. Elle est très chouette ma mémé.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Ce texte, rédigé en &lt;a href="http://bepo.fr/"&gt;bépo&lt;/a&gt; avec &lt;a href="http://pyroom.org/"&gt;pyroom&lt;/a&gt;, est un honteux piratage sous licence CC By de &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Petit_Nicolas"&gt;l'œuvre&lt;/a&gt; de deux de mes héros, Sempé et Goscinny, a qui je dédie ce texte et une grande part de mon imaginaire.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;a href="http://ploum.net/public/textes/le_piratage.pdf"&gt;&lt;img src="http://ploum.net/images/icones/pdf2.png" alt="PDF" style="float:left; margin: 0 1em 1em 0;" /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;a href="http://ploum.net/public/textes/le_piratage.pdf"&gt;Le piratage (PDF)&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href="http://ploum.net/public/textes/le_piratage_folder.pdf"&gt;Le piratage (PDF, livret pliable)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://flattr.com/submit/auto?user_id=ploum&amp;url=http://ploum.net/post/213-le-piratage&amp;title=Le piratage&amp;tags=plume&amp;category=text"&gt;&lt;img src="https://api.flattr.com/button/flattr-badge-large.png"alt="Flattr our API Documentation" /&gt;&lt;/a&gt;
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