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        <title>Travailler sur soi : pourquoi ? Comment ?</title>
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        <published>2010-12-10T06:54:56+01:00</published>
        <updated>2010-12-10T06:54:03+01:00</updated>
        <summary>Depuis que l'humanité existe, travailler sur soi est notre principale activité. Nous pensons faire tant d'autres choses... et le terme même de "travail sur soi" questionne.

Pourquoi, comment travailler sur soi ?

Quel rapport avec la psychanalyse ?

Vous lisez cette page. Mille activités inconscientes vous mobilisent. Vous respirez. En prendre conscience modifie votre respiration. Des idées, des sentiments, des souvenirs, une partie de vous se met en mouvement dans votre psychisme. Vous seul ressentez ce que vous ressentez en ce moment, quelque partielle qu'en soit votre conscience.

Vous préparez votre repas, vous conduisez votre voiture, vous embrassez un ami rencontré au café... votre identité intérieure foisonne de ce qui vous anime et que vous seriez bien en peine de nommer.

La conscience n'est pas comme le lait dans la porte du frigo. Personne ne peut ouvrir la porte et goûter le lait. Vous-même, quelle conscience avez-vous vraiment de votre identité ? A deux, ça se complique. Je ne saurai jamais ce que cela fait d'être vous. Vous ne saurez jamais ce que ça fait d'être moi. Que faisons-nous d'autre qu'essayer ?

De tous temps, hommes et femmes se sont mis en tête -c'est le cas de le dire- de travailler sur eux. Nous travaillons déjà beaucoup à changer le monde, pourquoi faire évoluer la personne que nous sommes ?



Parce que travailler sur soi est aussi vital que respirer.



Sylvie, 46 ans, est mariée et mère de trois enfants. Elle a perdu sa mère il y a un an. Elle se sent différente depuis quelques mois. Son couple la questionne, ses enfants la fatiguent, le rapport à son corps évolue. C'est comme si tout ce qui fondait sa joie de vivre s'effritait. Bernard, 40 ans, célibataire, voit le temps passer, ses copains se marier et pouponner, alors qu'il ne construit rien dans la durée. Ce qui le faisait rire il y a peu l'inquiète, sans parler de son rapport à la cocaïne qui l'interroge. Didier, 55 ans, repart à zéro : nouveau métier, nouvelle femme, nouvelle vie. Il affronte pour la première fois avec cette intensité d'interminables nuits à chercher le sommeil.

Croyez-vous que Sylvie, Bernard, Didier puissent décréter que "ça passera" et laisser leur bonheur de vivre, d'aimer, de travailler, glisser entre leurs doigts ?

Vivre heureux, aimer ses proches, travailler sans s'user, c'est un équilibre aussi subtil qu'inexpliqué. Tout signal faible est à prendre au sérieux, d'autant plus que la recherche d'une solution rapide aggrave la situation. Sylvie va trouver un ami d'enfance et fonder ses espoirs sur une nouvelle relation en marge de son couple. Bernard va passer à deux grammes de cocaïne et se dire que jusque là tout va bien. Didier va se jeter dans son travail pour tout oublier.

Sylvie sortira abîmée de sa dernière illusion, Bernard détruira sa plasticité cérébrale et Didier creusera le trou de sa future dépression. Rester dans sa zone de confort prépare des lendemains plus chargés. Le seul avantage des solutions clés en main est de nous mener plus vite au pied du mur.

Savez-vous ce qui survient quand les équilibres internes rompent et que les efforts à engager pour retrouver la sérénité sont cent fois plus conséquents ? Observez le feu : un seau d'eau suffit au tout début, puis c'est une citerne, et quand tout diverge il n'y a plus qu'à attendre que l'incendie épuise le combustible à sa portée. Qui souhaite devenir le combustible de ce qu'il a traité à la légère ? Pour être précis, un autre scénario peut se développer, la mort psychique. Je parie que vous préfèrerez l'incendie.



Le travail sur soi serait donc une façon de soigner les désordres psychiques ?



Oui et non. Oui, face au tableau clinique d'une décompensation. Quand la santé est altérée et la vie bouleversée, l'association du travail sur soi et d'un traitement médical s'impose. Ce sont les cas les plus rares car le travail sur soi est préventif, pour garder santé et joie de vivre. Il fait partie de l'hygiène de vie, au même titre que l'alimentation saine, l'exercice physique ou le choix de rapports humains et d'activités qui nous conviennent. Il entraîne notre psychisme, à l'image du corps, à conserver sa souplesse et son adaptabilité face à l'imprévu.



D'accord pour travailler sur soi, mais comment faire ? Le plus simple serait peut-être de s'en remettre aux bons conseils d'un tiers ? Attachez votre ceinture.



Votre voiture fait un drôle de bruit. Votre garagiste ouvre le capot, tend l'oreille. Ca y est, il sait. Il a vu ça cent fois. Vous avez de la chance (?), vendredi ce sera réglé. Un problème, c'est l'écart entre deux réalités observées, en tous points identiques, à un détail près : l'une est satisfaisante, l'autre pas. C'est au petit matin la différence entre la Twingo de votre voisin qui démarre au quart de tour et la vôtre, même année, même kilométrage, à ceci près qu'elle refuse de démarrer. Elle ne peut pas le faire exprès, la Twingo. C'est un mécanisme complexe, certes, mais déchiffrable, donc réparable, par tout spécialiste plus malin qu'un tas de ferraille.

Pour modifier un système quel qu'il soit, il faut en savoir plus que lui, et se forger sa propre image de comment ce système fonctionne. Tout n'est qu'affaire de volonté. Voilà pour les systèmes inanimés. Et l'homme, comment intervenir sur lui ? Qui peut se dire plus complexe que l'homme ? La femme ?

Vous pourrez lire toute la littérature depuis Hippocrate, éplucher toutes les publications scientifiques depuis un siècle, je vous mets au défi de m'expliquer comment fonctionne votre psychisme. Sans parler du mien. Comment voulez-vous qu'un psychisme humain fasse le tour d'un psychisme humain ? Autant demander à votre Twingo de réparer sa voisine de parking.



Et vous vous en remettriez aux conseils d'un tiers pour vous changer en profondeur ? J'ai une bonne et une mauvaise nouvelle pour vous.



On commence par la bonne ? Vous descendez des hommes et des femmes préhistoriques qui n'ont jamais, je dis bien JAMAIS, suivi le moindre conseil. Ceux qui appliquaient de temps à autre un conseil avisé n'ont pas eu le temps de se reproduire. Ils sont tombés sous les coups de leurs nouveaux amis. Les costauds, vos ancêtres à vous, résistaient à tout. Rien de ce qui bougeait autour d'eux ne les faisaient changer d'avis, rien n'entamait leur moral. Un coup de massue, et hop, ça repartait. Entre deux coups de massue, ils se reproduisaient, beaucoup plus que leurs rivaux moins résilients.

Observez de près le dernier conseil que vous croyez avoir appliqué. Tout conseil provoque le réflexe inverse. Ce vestige de notre instinct de conservation crée bien des malentendus.

Au fond de vous, comme vos ancêtres, vous êtes étanche à la volonté de qui que ce soit ainsi qu'à tout bouleversement de votre environnement. La flamme bien cachée dans les replis de votre âme, celle qui fait que c'est vous, oui, vous qui me lisez, pas l'autre, cette flamme résiste à tout. C'est ce qui nous permet de survivre et de retrouver notre équilibre dans les pires conditions.

La mauvaise nouvelle, c'est que vous allez devoir oublier la solution facile de vous en remettre aux conseils de qui que ce soit. C'est l'histoire du fumeur : plus son entourage lui demande d'arrêter, plus sa barque déjà bien chargée tangue, moins elle est manœuvrable, et moins il a le choix. Il finira par fumer davantage pour supporter les proches qui lui disent d'arrêter. Cela sans parler du fait établi que le fumeur doit d'abord chercher d'autres modes de gestion de son surplus d'énergie.

Vous ne pouvez pas davantage compter sur un acte positif ou une modification de votre environnement pour vous faire bouger dans votre for intérieur. Nos représentations intérieures comptent beaucoup plus que la réalité extérieure. Elles sont conçues pour rester stables face à tout changement du dehors. Si une certaine marque de voiture apportait la joie, ça se saurait. Le travail sur soi est une activité intime et déconnectée de toute influence ou changement extérieur. Tant mieux, car un monde où ceci ne se vérifierait pas génèrerait une insécurité invivable.



Si l'extérieur ne peut pas vous changer, vous allez peut-être croire qu'après tout ce n'est pas si compliqué de réfléchir sur vous et de choisir les résolutions appropriées.



Une résolution n'est jamais qu'un conseil qu'on se donne à soi-même. Franchement, quand avez-vous observé que cela marchait ? Non seulement nous sommes au fond de nous étanches aux conseils externes, mais toute résolution que nous prenons est une façon plus ou moins consciente de ne rien changer.

Didier est toujours débordé, son agenda est impossible. Il décide de prioriser ses tâches, de s'accorder du temps non affecté, d'arrêter de reporter sans fin ce qui l'ennuie, enfin tout ce qu'il va pouvoir conclure d'une analyse rationnelle de son "problème" de gestion de son temps.

Nous l'avons tous vécu, cette démarche ne fonctionne quasiment jamais. Pourquoi ? Parce qu'il n'y a en l'espèce ni "problème", ni (ré)solution.

La façon dont Didier vit son emploi du temps est un équilibre qui résulte de multiples facteurs, pour certains liés à son contexte, pour d'autres liés à son identité. Pour simplifier, supposons le contexte constant. Il reste les facteurs liés à l'homme et au professionnel qu'est Didier. Tant que ces caractéristiques intimes n'évolueront pas, les mêmes causes produiront les mêmes effets. Ce n'est pas un problème, c'est l'expression de la personne qu'est Didier dans l'environnement qu'il a choisi. S'en plaindre, raisonner, décider de changer est une façon de réagir et -une fois encore- de préserver un certain confort, surement pas un moyen d'avancer.

Chacun sent qu'il est plus rapide de changer de contexte que de se changer soi-même. C'est ce que font beaucoup de professionnels qui changent d'entreprise ou d'hommes et de femmes qui changent de partenaire. Un détail les rattrape : nous choisissons beaucoup plus nos contextes que nous ne voulons bien l'admettre. Il est courant de croire changer son contexte sans en fait le modifier pour ce qui compte vraiment. De fait, le changement observé ne joue qu'en surface, et bientôt les mêmes comportements reviennent à la charge.



Travailler sur soi, ce n'est donc ni agir de l'extérieur, ni faire son auto-critique pour décider de changer. Si rien d'extérieur ne peut faire le chemin à notre place, comment procéder ?



L'essentiel du travail sur soi se déroule de façon peu ou pas consciente. Après la perte d'un proche, par exemple, un travail de deuil nous mobilise. La partie dont nous avons conscience est ce que nous ressentons : peine, colère, peur, voire désespoir. Au fil des mois, alors que rien ne semble avoir changé en nous, nos sensations évoluent. Notre travail de deuil réorganise nos représentations intimes de la personne perdue, des moments passés avec elle et de la substance de ce qui nous relie à elle. Un an après le décès de sa mère, Sylvie s'est construite une nouvelle image intérieure de la femme qu'elle est, de et après sa mère, sur la base d'une relecture de sa vie avec elle.

Pour proposer une image, comparons notre psychisme à une très vaste maison, avec de grandes et de petites pièces, de larges couloirs, d'étroits corridors, des escaliers, des recoins et plein de surfaces plus ou moins habitées. Notre travail sur nous consisterait à nous intéresser à une aile de cette maison, à y découvrir un relatif désordre et à donner une nouvelle vie à cet espace en rangeant, aménageant, décorant à notre goût.

Ce que Sylvie a fait dans son travail de deuil, c'est rénover la grande pièce poussiéreuse de son lien à sa mère. En entrant, elle a trouvé la haute armoire normande de la relation de sa mère à son grand-père, posée devant la fenêtre à une place manifestement inconfortable. Elle a découvert à quel point l'ancienne souffrance de sa mère l'encombrait, elle, à son tour. Nous ne pouvons rien jeter en nous, tout se conserve. Nous avons en revanche toute liberté pour inspecter, alléger et revisiter ce qui limite notre bonheur. Cela s'appelle élaborer notre identité sur la base de notre héritage familial et de tout ce que nous avons vécu et emmagasiné en nous.

Ce travail sur soi se pratique inconsciemment chaque nuit au fil de nos rêves, dont une infime partie émerge à notre entendement. Il est si vital qu'on peut tuer quelqu'un juste en l'empêchant de rêver. Pour prendre une autre image, travailler sur soi ce serait redisposer les pièces de l'immense puzzle de la personne que nous sommes pour vivre plus en harmonie, plus libre et plus heureux. C'est dans l'état du rêveur, alors que nous ne sommes plus dupes de nos anciens compromis, que nous prenons de nouvelles libertés pour réarranger nos pièces en sortant de nos limites.



Peut-être désirez-vous travailler plus en conscience sur vous pour accélérer et intensifier votre évolution. De nombreuses instances de travail sur vous sont à votre disposition. En voici trois, par ordre croissant d'intensité, donc de risque et d'inconfort : le travail, l'attention et la psychanalyse.



1- Travailler, c'est nous frotter à la réalité, investir notre désir et notre énergie à produire un résultat séparable de nous. Il peut s'agir d'un travail au sens professionnel, ou de multiples autres travaux : pratiquer un sport, planifier des vacances, préparer le repas, réparer la machine à laver. Si le travail n'était que l'application d'une procédure stricte et sans imprévu, cela nous fatiguerait mais ne nous ferait pas travailler sur nous. De fait, rien ne se passe jamais comme nous nous y attendons. Notre corps réagit de façon inattendue, le site Internet consulté recommande un nouvel hôtel, nous changeons le menu prévu en inspectant le réfrigérateur, la pièce de rechange livrée correspond à un autre modèle de machine à laver. C'est parfois ce qui nous amuse ou nous contrarie, c'est toujours ce qui nous fait travailler sur nous.

Le travail productif se fonde sur nos représentations de la réalité extérieure. L'imprévu nous conduit à louer ou critiquer les facteurs externes, puis à remettre en question nos croyances, notre place dans le système, la façon dont nous jouons de notre identité pour produire le résultat désiré. Nos cartes de référence intimes s'en trouvent modifiées.

Tout travail comprend une dose plus ou moins forte de travail sur soi. C'est heureux, sinon travailler se résumerait à s'user en échange d'un résultat, ce qui, convenons-en, serait inquiétant, quelle que soit la valeur de ce résultat.



2- Je citerai l'attention comme seconde instance de travail sur soi. Lorsque vous êtes venu au monde, c'est au travers de l'attention que vous avez portée à vos proches, et de l'attention sincère qu'ils ont eue en retour pour vous, que vous avez grandi. L'attention totale, bienveillante et désintéressée à et de l'autre est très précieuse. Elle suppose l'absence de projets, d'enjeux de pouvoir ou de rapports de force. En milieu professionnel par exemple, le coaching peut quand il est bien pratiqué procurer cette qualité d'attention. L'attention est depuis toujours une clé de notre travail sur nous. Ce que je perçois de ce que l'autre perçoit de moi me conduit à regarder sous un nouveau point de vue la personne que je crois être.

Pour reprendre l'image de notre maison, chacun sait qu'il est plus facile de décider ce que l'on va réaménager dans une demeure avec le concours du regard neuf d'un nouvel invité. Ce à quoi nous nous étions habitués depuis longtemps, ce papier peint décollé, cette marche fendue, va saisir son regard, donc le nôtre.

L'attention exclut tout jugement, tout projet, toute séduction. Elle consiste à regarder ensemble, à accepter de recevoir et de donner sans autre objectif que de produire un niveau plus élevé de lien.

Reprenons l'exemple de Sylvie. Sa copine de lycée Claire lui ressemblait en tous points à 20 ans. Même caractère, même physique. Elles se sont mariées la même année avec des hommes très semblables, de vrais couples jumeaux. Elles ont eu leurs trois enfants aux mêmes âges. Pour couronner le tout, elles exercent le même métier dans des compagnies comparables. Claire se présente à l'opposé de Sylvie, resplendissante, sereine, avec ses soucis comme tout le monde, mais libre dans sa tête, en harmonie avec sa vie. Qu'est-ce qui distingue Sylvie de Claire ? La chance ? Peut-être, mais que s'est-il passé de si différent dans leurs vies pour expliquer un tel écart 26 ans plus tard ?

La différence est à chercher dans leurs relations intimes. Sylvie et son mari ont vécu une passion initiale. Chacun a cru trouver en l'autre les réponses à ses intimes interrogations, et cet espoir a finit par être déçu. Ils se sont ensuite installés dans une association de moyens où l'attention véritable à chacun s'est évanouie. Sylvie ne se sent pas si aimée que cela, et n'aime pas tant son homme non plus. Leur communication est pauvre, leurs comportements dictés par la quête de leurs plaisirs plus ou moins disjoints. Claire et son mari, à l'inverse, ont très tôt travaillé sur leur lien de couple. Travaillant et questionnant leur relation, chacun a travaillé son identité sans attendre la solution de l'autre. Et chacun a changé, mûri, exploré son âme sous le regard bienveillant de son conjoint. Oh, bien sûr, ce ne sont pas des saints, ils sont loin d'être parfaits. Chacun a fait des erreurs et en a assumé sa part. Le travail intime de chacun sous l'attention de l'autre a produit ses fruits.

L'échange attentionné, sans autre objectif que de communiquer et mettre en perspective ce que chacun ressent sous le regard de l'autre, complète et amplifie depuis toujours les apports des rêves et du travail quotidien.



3- Je citerai enfin la psychanalyse. Une pratique vivante, qui nous a gratifiés ces 20 dernières années d'avancées et de résultats incomparables. Ce que le grand public comprend de la psychanalyse n'a rien à voir avec ce qu'elle est.

Pour beaucoup, consulter un psychanalyste c'est s'allonger et parler à quelqu'un de silencieux et d'invisible. La psychanalyse serait une sorte d'enquête sans fin débouchant sur je ne sais quelles "prises de conscience" expliquant la personne qu'on est sur la base d'évènements jusqu'alors oubliés. Plus étonnant encore, la psychanalyse serait réservée aux fous, comme si il était encore temps pour eux de travailler sur eux.

Le cadre de travail analytique permet à chacun de refaire le chemin de la formation de son identité pour créer ses nouveaux équilibres plus libres, plus heureux, plus sûrs. Si la conscience est cette flamme dans les replis de votre âme, il a bien fallu qu'un jour quelqu'un vous aide à l'allumer. L'analyse vous offre une nouvelle chance de l'allumer vous-même, cette fois en pleine conscience.

La psychanalyse remet en scène de façon productive nos émotions, nos pulsions, le rapport à notre corps, le rapport à notre réalité, tout ce qui nous identifie. En analyse, aucune question n'appelle de réponse car répondre c'est s’arrêter de questionner. Aucune action n'est visée car agir c'est s'agiter pour éviter de chercher qui l'on veut être. Le dialogue avec l'analyste nous replace -en totale sécurité- au coeur de la relation la plus intense et la plus productive à l'autre qui nous a permis de forger notre individualité face au monde.

L'élaboration au travers des associations libres et des interprétations du praticien est au coeur de la démarche analytique. Bien plus productive que la seule attention bienveillante, elle nous conduit à délier puis relier autrement les matériaux de notre psychisme pour (re)trouver la profondeur et la liberté dont d'anciens équilibres -à l'époque appropriés- nous avaient privé.

Le travail commence en face à face et peut dans certains cas prévoir des tranches en position allongée. La parole du psychanalyste aguerri rythme et nourrit le silence. Se taire est l'option prudente des débutants. La durée des sessions a changé : les 55 minutes de Freud puis les 20 minutes de Lacan ont fait place à 1h30, puis 2h. Ce qu'il se passe pendant la seconde heure n'a rien à voir avec la première.

Quant à la fréquence des sessions, nous sommes de nos jours loin des 3 ou 4 fois par semaine des textes classiques. Seule importe la focalisation, qui permet à l'analysant de garder le fil de tout ce qu'il vit d'une session à la suivante pour entretenir l'intensité productive de son travail intérieur.

Prenons par exemple le rythme d'une ou deux sessions de deux heures par mois. Cette fréquence garantit de disposer d'un matériau riche et élaboré dans l'inter-session. L'analyse passe ainsi à la vitesse supérieure. Les thèmes aujourd'hui travaillés n'ont plus grand chose à voir avec les bonnes vieilles névroses de transfert de nos aînés et nous imposent de faire converger toutes les ressources de l'analysant vers des sessions plus productives qu'autrefois.

Combien de temps dure une analyse ? Une tranche est un chemin à deux de quelques mois à plusieurs années. L'analysant continue ensuite à pratiquer un travail inconscient beaucoup plus riche qu'avant. Je dis parfois qu'on entre en analyse, on n'en sort pas : cela devient une seconde nature.



La psychanalyse fonctionne parce que nous avons déjà l'essentiel : notre mobilité psychique qui s'accélère chaque nuit pour produire notre premier travail inconscient de reconfiguration interne. Et elle s'appuie sur la richesse d'un siècle de pratique, avec son lot de succès et d'erreurs qui forment un corpus d'une profondeur sans équivalent dans les sciences humaines.

André Green avait coutume de dire que personne ne pourrait jamais savoir ce qui se passe dans une séance d'analyse. Aucune description ne peut donner une idée de ce qui s'y joue. C'est un cheminement à deux, puisque tout ce que nous faisons d'important sur cette terre nous le faisons à deux. C'est ce deux si particulier de l'analyse qui permet d'être à la fois seul et accompagné, unique et si proche de l'autre.

Rien de mystérieux à cela. Tout parent observe que son enfant se développe et grandit dans le mystère infini de la relation duelle. Éduquer, analyser, impossibles métiers et si nécessaires.

Chaque chemin de travail sur soi reste unique. Depuis quand votre chemin vous attend-il ? Venez en parler si le coeur vous en dit !</summary>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p style="text-align: justify;"><strong><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 11pt;"> <a href="http://jlrichard.typepad.com/.a/6a00d834524f8d69e20147e01f7eb0970b-pi" style="float: left;"><img alt="GettyImages_89798645_24nov2010" class="asset  asset-image at-xid-6a00d834524f8d69e20147e01f7eb0970b" src="http://jlrichard.typepad.com/.a/6a00d834524f8d69e20147e01f7eb0970b-120wi" style="margin: 0px 5px 5px 0px;" title="GettyImages_89798645_24nov2010" /></a> Depuis que l'humanité existe, travailler sur soi est sa principale activité. Nous pensons faire tant d'autres choses... et le terme même de "travail sur soi" questionne.</span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;"><strong>Pourquoi, comment travailler sur soi ?</strong></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;"><strong>Quel rapport avec la psychanalyse ?</strong></span></span></p>
<p><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 11pt;"> </span></p>


<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 11pt;">Vous lisez cette page. Mille activités inconscientes vous mobilisent. Vous respirez. En prendre conscience modifie votre respiration. Des idées, des sentiments, des souvenirs, une partie de vous se met en mouvement dans votre psychisme. Vous seul ressentez ce que vous ressentez en ce moment, quelque partielle qu'en soit votre conscience.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 11pt;">Vous préparez votre repas, vous conduisez votre voiture, vous embrassez un ami rencontré au café... votre identité intérieure foisonne de ce qui vous anime et que vous seriez bien en peine de nommer.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 15px;">La conscience n'est pas comme le lait dans la porte du frigo. Personne ne peut ouvrir la porte et goûter le lait. Vous-même, quelle conscience avez-vous <em>vraiment</em> de votre <em>identité</em> ? A deux, ça se complique. Je ne saurai jamais ce que cela fait d'être vous. Vous ne saurez jamais ce que ça fait d'être moi. Que faisons-nous d'autre qu'essayer ?</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 11pt;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 11pt;">De tous temps, hommes et femmes se sont mis en tête -c'est le cas de le dire- de travailler sur eux. Nous travaillons déjà beaucoup à changer le monde, </span><span style="font-size: 15px;">pourquoi </span><span style="font-size: 11pt;">faire évoluer la personne que nous sommes ?</span></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 11pt;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 11pt;"><br /></span></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><em><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 11pt;">Parce que travailler sur soi est aussi vital que respirer.</span></em></p>
<p style="text-align: justify;"><em><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 11pt;"><br /></span></em></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 11pt;">Sylvie, 46 ans, est mariée et mère de trois enfants. Elle a perdu sa mère il y a un an. Elle se sent différente depuis quelques mois. Son couple la préoccupe, ses enfants la fatiguent, le rapport à son corps évolue. C'est comme si tout ce qui fondait sa joie de vivre s'effritait. Bernard, 40 ans, célibataire, voit le temps passer, ses copains se marier et pouponner, alors qu'il ne construit rien dans la durée. Ce qui le faisait rire il y a peu l'inquiète, sans parler de son rapport à la cocaïne qui l'interroge. Didier, 55 ans, repart à zéro : nouveau métier, nouvelle femme, nouvelle vie. Il affronte pour la première fois avec cette intensité d'interminables nuits à chercher le sommeil.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 11pt;">Croyez-vous que Sylvie, Bernard, Didier puissent décréter que "ça passera" et laisser leur bonheur de vivre, d'aimer, de travailler, glisser entre leurs doigts ?</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;">Vivre heureux, aimer ses proches, travailler sans s'user, c'est un équilibre aussi subtil qu'inexpliqué. Tout signal faible est à prendre au sérieux, d'autant plus que les réponses rapides aggravent la situation. Sylvie va revoir un ami d'enfance et fonder ses espoirs sur une nouvelle relation en marge de son couple. Bernard va passer à trois grammes de cocaïne et se dire que jusque-là tout va bien. Didier va se jeter dans son travail pour tout oublier.</span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;">Sylvie sortira abîmée de sa dernière illusion, Bernard détruira sa plasticité cérébrale et Didier creusera le trou de sa future dépression. </span></span><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 15px;">Rester dans sa zone de confort prépare des lendemains plus chargés. Le seul avantage des solutions clés en main est de nous mener plus vite au pied du mur.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 11pt;">Savez-vous ce qui survient quand les équilibres internes rompent et que les efforts à engager pour retrouver la sérénité sont cent fois plus conséquents ? Observez le feu : un seau d'eau suffit au tout début, puis c'est une citerne, et quand tout diverge il n'y a plus qu'à attendre que l'incendie épuise le combustible à sa portée. Qui souhaite devenir le combustible de ce qu'il a traité à la légère ? Pour être précis, un autre scénario peut se développer, la mort psychique. Je parie que vous préfèrerez l'incendie.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 11pt;"><br /></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 11pt;">Le travail sur soi serait donc une façon de soigner les désordres psychiques ?</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 11pt;"><br /></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 11pt;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 11pt;">Oui et non. Oui, face au tableau clinique d'une décompensation. Quand la santé est altérée et la vie bouleversée, l'association du travail sur soi et d'un traitement médical s'impose. Ce sont les cas les plus rares car le travail sur soi est préventif, pour garder santé et joie de vivre. Il fait partie de l'hygiène de vie, au même titre que l'alimentation saine, l'exercice physique ou le choix de rapports humains et d'activités qui nous conviennent. <em>Il </em></span><em><span style="font-size: 15px;">entraîne</span><span style="font-size: 11pt;"> notre psychisme, à l'image du corps, à conserver sa souplesse et son adaptabilité face à l'imprévu.</span></em></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 11pt;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 11pt;"><br /></span></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 11pt;">D'accord pour travailler sur soi, mais comment faire ? </span><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 11pt;">Le plus simple serait peut-être de s'en remettre aux bons conseils d'un tiers ?</span><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 15px;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;"> Attachez votre ceinture.</span></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 15px;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;"><br /></span></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 11pt;">Votre voiture fait un drôle de bruit. Votre garagiste ouvre le capot, tend l'oreille. Ca y est, il sait. Il a vu ça cent fois. Vous avez de la chance (?), vendredi ce sera réglé. </span><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 15px;">Un problème, c'est l'écart entre deux réalités observées, en tous points identiques, à un détail près : l'une est satisfaisante, l'autre pas. C'est au petit matin la différence entre la Twingo de votre voisin qui démarre au quart de tour et la vôtre, même année, même kilométrage, à ceci près qu'elle refuse de démarrer. Elle ne peut pas le faire exprès, la Twingo. C'est un mécanisme complexe, certes, mais déchiffrable, donc réparable, par tout spécialiste plus malin qu'un tas de ferraille.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 11pt;">Pour modifier un système quel qu'il soit, il faut en savoir plus que lui, et se forger sa propre image de comment ce système fonctionne. Tout n'est qu'affaire de volonté. </span><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 15px;">Voilà pour les systèmes inanimés. Et l'homme, comment intervenir sur lui ? Qui peut se dire plus complexe que l'homme ? La femme ???</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 11pt;">Vous pourrez lire toute la littérature depuis Hippocrate, éplucher toutes les publications scientifiques depuis un siècle, je vous mets au défi de m'expliquer comment fonctionne votre psychisme. Sans parler du mien. <em>Comment voulez-vous qu'un psychisme humain fasse le tour d'un psychisme humain ?</em> Autant demander à votre Twingo de réparer sa voisine de parking.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 11pt;"><br /></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 11pt;">Et vous vous en remettriez aux conseils d'un tiers pour vous <em>changer en profondeur</em> ? </span><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 15px;">J'ai une bonne et une mauvaise nouvelle pour vous.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 15px;"><br /></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 15px;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;">On commence par la bonne ? Vous descendez des hommes et des femmes préhistoriques qui n'ont jamais, je dis bien JAMAIS, suivi le moindre conseil. Ceux qui appliquaient de temps à autre un conseil avisé n'ont pas eu le temps de se reproduire. Ils sont tombés sous les coups de leurs nouveaux amis. Les costauds, vos ancêtres à vous, résistaient à tout. Rien de ce qui bougeait autour d'eux ne les faisait changer d'avis, rien n'entamait leur moral. Un coup de massue, et hop, ça repartait. Entre deux coups de massue, ils se reproduisaient, beaucoup plus que leurs rivaux moins <em>résilients</em>.</span></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 15px;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;">Observez de près le dernier conseil que vous croyez avoir appliqué. Tout conseil provoque le réflexe inverse. Ce vestige de notre instinct de conservation crée bien des malentendus.</span></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 15px;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;">Au fond de vous, comme vos ancêtres, vous êtes étanche à la volonté de qui que ce soit ainsi qu'à tout bouleversement de votre environnement. La flamme bien cachée dans les replis de votre âme, celle qui fait que c'est vous, oui, vous qui me lisez, pas l'autre, cette flamme résiste à tout. C'est ce qui nous permet de survivre et de retrouver notre équilibre dans les pires conditions.</span></span></span></span></span></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 15px;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;">La mauvaise nouvelle, c'est que vous allez devoir oublier l'option facile de vous en remettre aux conseils de qui que ce soit. C'est l'histoire du fumeur : plus son entourage lui demande d'arrêter, plus sa barque déjà bien chargée tangue, moins elle est manœuvrable, et moins il a le choix. Il finira par fumer davantage pour supporter ses proches qui lui disent d'arrêter. Cela sans parler du fait établi que le fumeur doit avant tout construire d'autres modes de gestion de son énergie.</span></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 15px;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;">Vous ne pouvez pas davantage compter sur un acte positif ou une modification de votre environnement pour vous faire bouger dans votre for intérieur. Nos représentations intérieures comptent beaucoup plus que la réalité extérieure. Elles sont conçues pour rester stables face à tout changement du dehors. Si une certaine marque de voiture apportait la joie, ça se saurait. </span></span></span><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 15px;">Le travail sur soi est une activité intime et déconnectée de toute influence ou changement extérieur. Tant mieux, car un monde où ceci ne se vérifierait pas génèrerait une insécurité invivable.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 15px;"><br /></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 15px;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;">Si l'extérieur ne peut pas vous changer, vous allez peut-être croire qu'après tout ce n'est pas si compliqué de réfléchir sur vous et de choisir les résolutions appropriées.</span></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 15px;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;"><br /></span></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 15px;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;">Une résolution n'est jamais qu'un conseil qu'on se donne à soi-même. Franchement, quand avez-vous observé que cela marchait ? Non seulement nous sommes au fond de nous étanches aux conseils externes, mais <em>toute résolution que nous prenons est une façon plus ou moins consciente de ne rien changer</em>.</span></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 15px;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;">Didier est toujours débordé, son agenda est impossible. Il décide de prioriser ses tâches, de s'accorder du temps non affecté, d'arrêter de reporter sans fin ce qui l'ennuie, enfin tout ce qu'il va pouvoir conclure d'une analyse rationnelle de son "problème" de gestion de son temps.</span></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 15px;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;">Nous l'avons tous vécu, cette démarche ne fonctionne quasiment jamais. Pourquoi ? </span></span></span><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 15px;">Parce qu'il n'y a en l'espèce ni "problème", ni (ré)solution.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 15px;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;">La façon dont Didier vit son emploi du temps est un équilibre qui résulte de multiples facteurs, pour certains liés à son contexte, pour d'autres liés à son identité. Pour simplifier, supposons le contexte constant. Il reste les facteurs liés à l'homme et au professionnel qu'est Didier. Tant que ces caractéristiques intimes n'évolueront pas, les mêmes causes produiront les mêmes effets. Ce n'est pas un problème, c'est l'expression de la personne qu'est Didier dans l'environnement qu'il a choisi. S'en plaindre, raisonner, décider de changer est une façon de réagir et -une fois encore- de préserver un confort historique, surement pas un moyen d'avancer.</span></span></span></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 15px;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;">Chacun sent qu'il est plus rapide de changer de contexte que de se changer soi-même. C'est ce que font beaucoup de professionnels qui changent d'entreprise ou d'hommes et de femmes qui changent de partenaire. Un détail les rattrape : nous choisissons beaucoup plus nos contextes que nous ne le croyons. Il est courant de changer son contexte sans en fait le modifier pour ce qui compte vraiment. De fait, le changement observé ne joue qu'en surface, et les mêmes comportements reviennent à la charge.</span></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 15px;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;"><br /></span></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><em><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 15px;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;">Travailler sur soi, ce n'est donc ni agir de l'extérieur, ni faire son auto-critique pour décider de changer. S</span></span></span><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 15px;">i rien d'extérieur ne peut faire le chemin à notre place, comment procéder ?</span></em></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 15px;"><br /></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 15px;">L'essentiel du travail sur soi se déroule de façon peu ou pas consciente. Après la perte d'un proche, par exemple, un travail de deuil nous mobilise. La partie dont nous avons conscience est ce que nous ressentons : peine, colère, peur, voire désespoir. Au fil des mois, alors que rien ne semble avoir changé en nous, nos sensations évoluent. Notre travail de deuil réorganise nos représentations intimes de la personne perdue, des moments passés avec elle et de la substance de ce qui nous relie à elle. Un an après le décès de sa mère, Sylvie s'est construite une nouvelle <em>image intérieure</em> de la femme qu'elle est, de et après sa mère, sur la base d'une relecture de sa vie avec elle.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 15px;">Pour proposer une image, comparons notre psychisme à une très vaste maison, avec de grandes et de petites pièces, de larges couloirs, d'étroits corridors, des escaliers, des recoins et plein de surfaces plus ou moins habitées. Notre travail sur nous consisterait à nous intéresser à une aile de cette maison, à y découvrir un relatif désordre et à donner une nouvelle vie à cet espace en rangeant, aménageant, décorant à notre goût.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 15px;">Ce que Sylvie a fait dans son travail de deuil, c'est rénover la grande pièce poussiéreuse de son lien à sa mère. En entrant, elle a trouvé la haute armoire normande de la relation de sa mère à son grand-père, posée devant la fenêtre à une place manifestement inconfortable. Elle a découvert à quel point l'ancienne souffrance de sa mère l'encombrait, elle, à son tour. Nous ne pouvons rien jeter en nous, tout se conserve. Nous avons en revanche toute liberté pour inspecter, alléger et revisiter ce qui limite notre bonheur. Cela s'appelle <em>élaborer notre identité sur la base de notre héritage familial et de tout ce que nous avons vécu et emmagasiné en nous.</em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 15px;">Ce travail sur soi se pratique inconsciemment chaque nuit au fil de nos rêves, dont une infime partie émerge à notre entendement. Il est si vital qu'on peut tuer quelqu'un juste en l'empêchant de rêver. Pour prendre une autre image, travailler sur soi ce serait redisposer les pièces de l'immense puzzle de la personne que nous sommes pour vivre plus en harmonie, plus libre et plus heureux. C'est dans l'état du rêveur, alors que nous ne sommes plus dupes de nos anciens compromis, que nous prenons de nouvelles libertés pour réarranger nos pièces en sortant de nos limites.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 15px;"><br /></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 15px;">Peut-être désirez-vous travailler plus en conscience sur vous pour accélérer et intensifier votre évolution. D</span><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 15px;">e nombreuses instances de travail sur vous sont à votre disposition. En voici trois, par ordre croissant d'intensité, donc de risque et d'inconfort : le travail, l'attention et la psychanalyse.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;"><br /></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;">1- Travailler, c'est nous frotter à la réalité, investir notre désir et notre énergie à produire un résultat séparable de nous. Il peut s'agir d'un travail au sens professionnel, ou de multiples autres travaux : pratiquer un sport, planifier des vacances, préparer le repas, réparer la machine à laver. Si le travail n'était que l'application d'une procédure stricte et sans imprévu, cela nous fatiguerait mais ne nous ferait pas travailler sur nous. De fait, rien ne se passe jamais comme nous nous y attendons. Notre corps réagit de façon inattendue, le site Internet consulté recommande un nouvel hôtel, nous changeons le menu prévu en inspectant le réfrigérateur, la pièce de rechange livrée correspond à un autre modèle de machine à laver. C'est parfois ce qui nous amuse ou nous contrarie, c'est toujours ce qui nous fait travailler sur nous.</span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;">Le travail productif se fonde sur nos représentations de la réalité extérieure. L'imprévu nous conduit à louer ou critiquer les facteurs externes, puis à remettre en question nos croyances, notre place dans le système, la façon dont nous jouons de notre identité pour produire le résultat désiré. <em>Nos cartes de référence intimes s'en trouvent modifiées.</em></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;">Tout travail comprend une dose plus ou moins forte de travail sur soi. C'est heureux, sinon travailler se résumerait à <em>s'user en échange d'un résultat</em>, ce qui, convenons-en, serait inquiétant, quelle que soit la valeur de ce résultat.</span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;"><br /></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;">2- Je citerai l'attention comme seconde instance de travail sur soi. Lorsque vous êtes venu au monde, c'est au travers de l'attention que vous avez portée à vos proches, et de l'attention sincère qu'ils ont eue en retour pour vous, que vous avez grandi. L'attention totale, bienveillante et désintéressée à et de l'autre est très précieuse. Elle suppose l'absence de projets, d'enjeux de pouvoir ou de rapports de force. En milieu professionnel par exemple, le coaching peut quand il est bien pratiqué procurer cette qualité d'attention. L'attention est depuis toujours une clé de notre travail sur nous. <em>Ce que je perçois de ce que l'autre perçoit de moi me conduit à regarder sous un nouveau point de vue la personne que je crois être</em>.</span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;">Pour reprendre l'image de notre maison, chacun sait qu'il est plus facile de décider ce que l'on va réaménager dans une demeure avec le concours du regard neuf d'un nouvel invité. Ce à quoi nous nous étions habitués depuis longtemps, ce papier peint décollé, cette marche fendue, va saisir son regard, et le nôtre avec.</span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;"><em>L'attention exclut tout jugement, tout projet, toute séduction.</em> Elle consiste à regarder ensemble, à accepter de recevoir et de donner sans autre objectif que de produire un niveau plus élevé de lien.</span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;">Reprenons l'exemple de Sylvie. Sa copine de lycée Claire lui ressemblait en tous points à 20 ans. Même caractère, même physique. Elles se sont mariées la même année avec des hommes très semblables, de vrais couples jumeaux. Elles ont eu leurs trois enfants aux mêmes âges. Pour couronner le tout, elles exercent le même métier dans des compagnies comparables. Claire se présente à l'opposé de Sylvie, resplendissante, sereine, avec ses soucis comme tout le monde, mais libre dans sa tête, en harmonie avec sa vie. </span></span></span></span><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 15px;">Qu'est-ce qui distingue Sylvie de Claire ? La chance ? Peut-être, mais que s'est-il passé de si différent dans leurs vies pour expliquer un tel écart 26 ans plus tard ?</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;">La différence est à chercher dans leurs relations intimes. Sylvie et son mari ont vécu une passion initiale. Chacun a cru trouver en l'autre les réponses à ses intimes interrogations, et cet espoir a finit par être déçu. Ils se sont ensuite installés dans une association de moyens où l'attention véritable à chacun s'est évanouie. Sylvie ne se sent pas si aimée que cela, et n'aime pas tant son homme non plus. Leur communication est pauvre, leurs comportements dictés par la quête de leurs plaisirs plus ou moins disjoints. </span></span></span></span><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 15px;">Claire et son mari, à l'inverse, ont très tôt travaillé sur leur lien de couple. Travaillant et questionnant leur relation, chacun a travaillé son identité sans attendre la solution de l'autre. Et chacun a changé, mûri, exploré son âme sous le regard bienveillant de son conjoint. Oh, bien sûr, ce ne sont pas des saints. Chacun a fait des erreurs et en a assumé sa part. <em>Le travail intime de chacun sous l'attention de l'autre a produit ses fruits</em>.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;">L'échange attentionné, sans autre objectif que de communiquer et mettre en perspective ce que chacun ressent sous le regard de l'autre, complète et amplifie depuis toujours les apports des rêves et du travail quotidien.</span></span></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;"><br /></span></span></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 15px;">3- Je citerai enfin la psychanalyse. U</span><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 15px;">ne pratique vivante, qui nous a gratifiés ces 20 dernières années d'avancées et de résultats incomparables. C</span><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 15px;">e que le public comprend de la psychanalyse n'a rien à voir avec ce qu'elle est.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 15px;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;">Pour beaucoup, consulter un psychanalyste c'est s'allonger et parler à quelqu'un de silencieux et d'invisible. La psychanalyse serait une sorte d'enquête sans fin débouchant sur je ne sais quelles "prises de conscience" expliquant la personne qu'on est sur la base d'évènements jusqu'alors oubliés. Plus étonnant encore, la psychanalyse serait réservée aux fous.</span></span></span></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 15px;">Le cadre de travail analytique permet à chacun de refaire le chemin de la formation de son identité pour créer ses nouveaux équilibres plus libres, plus heureux, plus sûrs. </span><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 15px;">Si la conscience est cette flamme dans les replis de votre âme, il a bien fallu qu'un jour quelqu'un vous aide à l'allumer. <em>L'analyse vous offre une nouvelle chance de l'allumer vous-même, cette fois en pleine conscience.</em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;">La psychanalyse remet en scène de façon productive nos émotions, nos pulsions, le rapport à notre corps, le rapport à notre réalité, tout ce qui nous identifie. En analyse, aucune question n'appelle de réponse car répondre c'est s’arrêter de questionner. Aucune action n'est visée car agir c'est s'agiter pour éviter de chercher qui l'on veut être. </span></span></span></span><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 15px;">Le dialogue avec l'analyste nous replace -en totale sécurité- au coeur de la relation la plus intense et la plus productive à l'autre qui nous a permis de forger notre individualité face au monde. La psychanalyse est, en ce sens, un <em>complément d'éducation</em>.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 15px;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;">L'</span></span><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;"><em>élaboration</em> au travers des <em>associations libres</em> et des <em>interprétations</em> du praticien </span></span><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;">est au coeur de la démarche analytique. Bien plus productive que la seule attention bienveillante, elle nous conduit à </span></span><em style="font-family: verdana, geneva; font-size: 15px;">délier</em><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;"> puis </span></span><em style="font-family: verdana, geneva; font-size: 15px;">relier autrement</em><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;"> les matériaux de notre psychisme pour (re)trouver la profondeur et la liberté dont d'anciens équilibres -à l'époque appropriés- nous avaient privé.</span></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;">Le travail commence en face à face et peut dans certains cas prévoir des tranches en position allongée. La parole du psychanalyste aguerri rythme et nourrit le silence. Se taire est l'option prudente des débutants. </span></span></span></span></span></span><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 15px;">La durée des sessions a changé : les 55 minutes de Freud puis les 20 minutes de Lacan ont fait place à 1h30, puis 2h. Ce qu'il se passe pendant la seconde heure n'a rien à voir avec la première.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;">Quant à la fréquence des sessions, nous sommes de nos jours loin des 3 ou 4 fois par semaine des textes classiques. Seule importe la <em>focalisation</em>, qui permet à l'analysant de garder le fil de tout ce qu'il vit d'une session à la suivante pour entretenir l'intensité productive de son travail intérieur.</span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;">Prenons par exemple le rythme d'une ou deux sessions de deux heures par mois. Cette fréquence garantit de disposer d'un matériau riche et élaboré dans l'inter-session. L'analyse passe ainsi à la vitesse supérieure. Les thèmes aujourd'hui travaillés n'ont plus grand chose à voir avec les bonnes vieilles névroses de transfert de nos aînés et nous imposent de faire converger toutes les ressources de l'analysant vers des sessions plus productives qu'autrefois.</span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;">Combien de temps dure une analyse ? Une tranche est un chemin à deux de quelques mois à plusieurs années. L'analysant continue ensuite à pratiquer un travail inconscient beaucoup plus riche qu'avant. Je dis parfois qu'<em>on entre en analyse, on n'en sort pas</em> : cela devient une seconde nature.</span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;"><br /></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;">La psychanalyse fonctionne parce qu'elle s'appuie sur ce que nous avons déjà : notre mobilité psychique qui s'accélère chaque nuit pour produire notre premier travail inconscient de reconfiguration interne. Elle se fonde sur la richesse d'un siècle de pratique, avec son lot de succès et d'erreurs qui forment un corpus sans équivalent dans les sciences humaines.</span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;">André Green avait coutume de dire que personne ne pourrait jamais savoir ce qui se passe dans une séance d'analyse. Aucune description ne peut donner une idée de ce qui s'y joue. C'est un cheminement à deux, puisque <em>tout ce que nous faisons d'important sur cette terre nous le faisons à deux</em>. C'est ce deux si particulier de l'analyse qui permet d'être à la fois seul et accompagné, unique et si proche de l'autre.</span></span></span></span></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;">Rien de mystérieux à cela. Tout parent observe que son enfant se développe et grandit dans le mystère infini de la relation duelle. <em>Éduquer, analyser, impossibles métiers et si nécessaires.</em></span></span></span></span></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;"><em><br /></em></span></span></span></span></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;">Il y aurait tant à dire sur le travail sur soi qu'aucune vie n'y suffirait. Permettez-moi de partager avec vous la découverte qui m'a le plus interrogé au fil des années de travail avec mes clients et analysants.</span></span></span></span></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;">Plus vous travaillerez sur vous, de quelque manière que ce soit, et plus vous percevrez l'immensité du travail qu'il vous restera à accomplir. Le travail sur soi n'est pas une tâche avec un début, un milieu et une fin. C'est un parcours qui ouvre sur des paysages insoupçonnés. Plus vous marchez, plus votre regard porte loin, et plus vous découvrez qu'il vous reste encore bien davantage à travailler que vous ne l'auriez imaginé. C'est peut-être la manifestation la plus accessible sur cette terre de l'infini.</span></span></span></span></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;"><br /></span></span></span></span></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;">Chaque chemin de travail sur soi reste unique. Depuis quand votre chemin vous attend-il ? Venez en parler si le coeur vous en dit !</span></span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><em><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;">Jean-Louis Richard reçoit à Toulouse, à deux pas du Capitole, à Paris et à Lisle-sur-Tarn.</span></span></em></p>
<p style="text-align: justify;"><em><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: medium;"><span style="font-size: 15px;">RV au 09 52 06 07 65 / 06 07 49 65 65</span></span></em></p></div>
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        <title>Comment développer le bien-être au travail ?</title>
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        <published>2010-09-21T16:34:48+02:00</published>
        <updated>2010-09-21T16:31:21+02:00</updated>
        <summary>Les débats sur les retraites ont remis la pénibilité à l'ordre du jour.

Si certains métiers s'avèrent plus pénibles que d’autres, tous les salariés peuvent affirmer que leur propre travail est pénible, au moins par moments.

La question de management d'Eric Albert, président de l'Ifas.

Certes, la finalité première du travail est de tendre vers une efficacité maximale. Pour autant, la plupart des observateurs considèrent que la performance, pour être durable, nécessite une certaine dose, si ce n’est de bonheur, du moins de satisfaction et de bien être.

Tournons-nous donc vers les économistes du bonheur puis vers les psychologues.

Les premiers semblent unanimes pour constater que la qualité de la vie sociale favorise davantage le bien être collectif que l’élévation du revenu. Je vois d’ici les conclusions hâtives que l’employeur pourrait tirer d’un tel constat ! Là n’est évidemment pas mon propos. Les seconds, eux, montrent l’importance du soutien social pour l’équilibre de l'individu et sa capacité à gérer le stress. Le bonheur passe donc par les autres, par le sentiment d'appartenance à une équipe, par la convivialité.

Tout cela s’élabore, se construit, s’entretient par le manager avant tout. C’est d’abord un style personnel qui vise à ne pas montrer de préférence pour les uns aux dépens des autres. C’est ensuite une attention à ne pas sur-valoriser la performance individuelle par rapport à la performance collective. Enfin, c'est l’organisation de plages de convivialité, dont la finalité est purement destinée à favoriser et améliorer la qualité des relations entre les membres d'une équipe.

Si nombre de managers se disent convaincus de l’utilité d’une telle démarche, sa mise en œuvre se heurte toujours à l’arbitrage entre l’urgence d’une tâche opérationnelle et le temps consacré à labourer ou à cultiver ce qui trouve son utilité de façon décalée. C’est pourquoi il importe de ritualiser des temps de pause collective (comme les vacances) qui contrebalancent la frénésie du court terme.  On nous rappelle chaque jour qu’il va falloir « durer » au travail. Donnons-nous les moyens de le rendre plus plaisant et probablement plus efficace.



Eric Albert (ea@ifas.net) est Président de l'Ifas.

(cette chronique a été publiée dans Les Echos du mardi 21 septembre 2010)

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        <author>
            <name>jlrichard</name>
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&lt;div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"&gt;&lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-weight: normal; "&gt;
&lt;a href="http://jlrichard.typepad.com/.a/6a00d834524f8d69e20133f46d113e970b-pi" style="float: left;"&gt;&lt;img alt="EricAlbert" class="asset asset-image at-xid-6a00d834524f8d69e20133f46d113e970b " src="http://jlrichard.typepad.com/.a/6a00d834524f8d69e20133f46d113e970b-120wi" style="margin: 0px 5px 5px 0px;" title="EricAlbert" /&gt;&lt;/a&gt; &amp;#0160;&lt;/span&gt;Les débats sur les retraites ont remis la pénibilité à l&amp;#39;ordre du jour.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;strong&gt;Si certains métiers s&amp;#39;avèrent plus pénibles que
d’autres, tous les salariés peuvent affirmer que leur propre travail est pénible, au moins par
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performance, pour être durable, nécessite une certaine dose, si ce n’est de
bonheur, du moins de satisfaction et de bien-être.&amp;#0160;&lt;/span&gt;&lt;span style="line-height: 17px; font-size: 14px; "&gt;Tournons-nous donc vers les économistes du bonheur puis vers les psychologues.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="line-height: 17px; font-size: 14px; "&gt;Les premiers semblent unanimes pour constater que la qualité de la vie sociale favorise davantage le bien-être collectif que
l’élévation du revenu. Je vois d’ici les conclusions hâtives que l’employeur
pourrait tirer d’un tel constat ! Là n’est évidemment pas mon propos. Les
seconds, eux, montrent l’importance du soutien social pour l’équilibre de l&amp;#39;individu
et sa capacité à gérer le stress. Le bonheur passe donc
par les autres, par le sentiment d&amp;#39;appartenance à une équipe, par la convivialité.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="line-height: 17px; font-size: 14px; "&gt;Tout cela s’élabore, se construit, s’entretient par le
manager avant tout. C’est d’abord un style personnel qui vise à ne pas montrer
de préférence pour les uns aux dépens des autres. C’est ensuite une attention à
ne pas sur-valoriser la performance individuelle par rapport à la performance collective. Enfin, c&amp;#39;est l’organisation de plages de convivialité, dont la finalité est
purement destinée à favoriser et améliorer la qualité des relations entre les
membres d&amp;#39;une équipe.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="line-height: 17px; font-size: 14px; "&gt;Si nombre de managers se disent convaincus de l’utilité
d’une telle démarche, sa mise en œuvre se heurte toujours à l’arbitrage
entre l’urgence d’une tâche opérationnelle et le temps consacré à
labourer ou à cultiver ce qui trouve son utilité de façon décalée. C’est pourquoi
il importe de ritualiser des temps de pause collective (comme les vacances) qui
contrebalancent la frénésie du court terme.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="line-height: 17px; font-size: 14px; "&gt;On nous rappelle chaque jour qu’il va
falloir «&amp;#0160;durer&amp;#0160;» au travail. Donnons-nous les moyens de le rendre plus
plaisant et probablement plus efficace.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="line-height: 17px; font-size: 14px; "&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style="font-size: 14px; "&gt;&lt;span style="line-height: 15px; font-size: small; "&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size: 14px; font-family: Arial; "&gt;&lt;span style="font-size: 14px; font-family: Arial; "&gt;Eric Albert (ea@ifas.net) est Président de l&amp;#39;Ifas.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify; "&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size: 14px; font-family: Arial; "&gt;&lt;span style="font-size: 14px; font-family: Arial; "&gt;(cet article a été publié dans Les Echos du mardi 21 septembre 2010)&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;

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        <title>Sophie crève le plafond de verre</title>
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        <published>2010-08-31T10:57:57+02:00</published>
        <updated>2010-08-31T10:57:57+02:00</updated>
        <summary> Valérie frissonnait au fond d'un fauteuil habitué à deux fois son poids.

- Bonjour Valérie, vous avez froid ?

- Clim' de président, m'y ferai jamais. Bonjour Sophie !

- Qu'attendez-vous de notre entretien ?

- Crever le plafond de verre, c'est dans tes cordes ?

(Résumé des 18 épisodes précédents : la petite Sophie poursuit son travail dans le monde de l'entreprise... Toute ressemblance avec des personnages réels est fortuite. Ses aventures complètes vous attendent ici)

- Voulez-vous dire : crever votre plafond ?

- Joue pas avec moi Sophie ! Tu m'as comprise. Je veux en finir avec cette glu qui m'oblige à en faire dix fois plus que mes collègues masculins.

- Que dois-je savoir de votre histoire pour travailler cela avec vous ?

- 39 ans, Sup de Co, 6 ans chez Koréame, 5 ans chez Paulson &amp; Blackson, et presque autant chez Green Flouze, d'abord au marketing puis dans mon poste actuel de Customer Logistics Media Partner.

- Que du beau linge ! Je vous croyais collaboratrice de Jean-Benoît chez Swen Games ?

- Jean-Benoît et mon big boss de Green adhèrent au FTSE 100 Cross-Company Mentoring Programme (voir cet article de Peninah Thomson). Il s'agit d'accélérer le développement des femmes à haut potentiel en demandant à chaque patron de s'occuper d'une cadre d'un autre groupe. C'est ainsi que Jean-Benoît est devenu mon mentor.

- Que le grand Cric me croque ! Jean-Benoît vous coache ?

- Tu le connais, il n'y va pas par quatre chemins. Il a conclu au second rendez-vous que j'avais toutes mes chances à condition de travailler sur moi. Voilà pourquoi il nous a prêté son bureau.

- Dès qu'il s'agit de déléguer, il est costaud le Jean-Benoît. Si tout se passait comme vous le souhaitez, qu'est-ce qui changerait dans votre vie professionnelle ?

- J'aurais ma promotion au poste de Sales Supply Chain Associate qui m'a filé sous le nez en juin au profit de mon glandu de collègue masculin qui a deux ans d'ancienneté de moins et dont le principal fait d'armes consiste à traîner dans les couloirs de direction à l'heure où sa femme torche ses gosses.

- Une phrase de 60 mots a quelque chose à cacher.

- J'veux plus être CLMP, j'veux devenir SSCA. C'est mieux ?

- Lorsque vous serez passée comme vous dites de "Comment Louper Mon Poste" à "Super Sonique Chérie Adulée", qu'est ce que vous observerez dans votre vie de tous les jours ?

- Je serai reconnue à ma juste valeur et j'aurai les mêmes chances que mes collègues masculins.

- Vous avez si peu d'ambition ?

- On voit que c'est pas toi qui regarde passer les trains derrière la pile de boulot.

- Et pendant que vous chantez votre refrain, vous n'avez aucune idée de quelle professionnelle vous êtes. En quoi consiste votre travail actuel ?

- Je reçois les requêtes commerciales des Sales Executive Market Leaders, les SEML si tu veux, et je m'assure que la mise à jour des Product &amp; Production Forecasts permet d'optimiser le running EBITDA de ma zone. Pour cela, il me faut coordonner l'action des INTP (Iterative Network Transformation Process) en vue de consolider l'agrégation des écarts au budget sur chaque ligne de produit. Au passage, je suis en charge sur le plan fonctionnel de la pré-réunion hebdomadaire de validation des...

- Halte-là Valérie, à part INTP, sans doute votre type Myers Briggs mais c'est hors-sujet, j'ai rien capté. Votre système est verrouillé, on va s'y prendre autrement. Dans votre job actuel, est-ce que vous vendez, concevez, achetez, produisez, gérez... quel est votre métier ?

- Mon métier ? Pas la moindre idée. Je fais mille choses à la fois. Je reçois deux cents mails par jour et je réponds à plus de la moitié. Je crée ou je mets à jour des tableurs, des notes et des présentations. Je participe à des réunions en lisant mes mails sur mon Blackady. J'appelle à toute heure des collègues aux quatre coins du monde. Depuis que j'ai arrêté de fumer, je ne sors plus du building. Une vraie vie de dingue.

- Qu'est-ce que ce serait, travailler, je veux dire vraiment ?

- Mais Sophie, je travaille, et d'arrache-pied, même !

- C'est bien votre souci, d'arrache-pied. Travailler, c'est se confronter à la réalité à partir d'une place bien définie en élaborant une pratique personnelle. C'est transformer son énergie en résultat pour donner un peu de soi et enrichir le lien à l'autre. Il ne suffit pas de se fatiguer pour travailler, c'est tout le contraire. Le véritable travail ne consume pas, il construit. En Occident, 80% des professionnels ont perdu leur position productive et s'agitent au service de leurs pulsions. Quand vous êtes-vous énervée pour la dernière fois dans votre job ?

- Pas plus tard que ce matin. Je devais terminer les mises à jour pour la réunion budget et je me suis aperçue au dernier moment que mon collègue australien ne m'avait rien envoyé. Ca m'a mise en boule.

- Vous êtes restée coincée dans vos propres contraintes au lieu de les travailler. Comment cela devrait-il se passer autrement si vous commenciez à travailler ?

- Tu forces le trait Sophie, mais essayons. Si je reprends ta définition, c'est vrai que la façon dont j'ai accepté de rassembler les mises à jour pour cette réunion ne ressemble en rien à un travail. Mon patron m'a appelée, j'ai pris cette tâche en plus du reste comme si je cherchais un passe-temps. Puis je me suis contentée de surnager comme une automate dans un délai intenable sans y mettre du mien. Maintenant que j'y repense, j'aurais pu proposer une façon différente d'aboutir à un meilleur résultat sans avoir à courir après tout le monde. Et me mettre en boule pour cette broutille, c'était peut-être éviter de travailler le lien avec mon collègue ?

- Il faut bien que votre énergie serve à quelque chose. Si vous ne produisez pas, elle se retourne vers vous. A défaut de laisser votre empreinte unique sur la réalité et sur vos liens aux autres, vous pouvez choisir de vous consommer d'une façon inimitable. A quoi ressemblerait une Valérie qui s'offrirait la liberté de travailler ?

- C'est curieux, je pense à une scène qui n'a rien à voir ?

- Laissez-vous porter, votre inconscient désire coopérer.

- Je revois ma tante Claire dans sa cuisine il y a 30 ans. Elle, je peux t'affirmer qu'elle travaillait.

- Quelle était sa place ?

- Elle était la maîtresse de maison et recevait toute sa famille l'été. Chacun mettait la main à la pâte pour des tables de dix, vingt, parfois trente convives.

- Quel était son travail ?

- Elle se réservait la confection de ses fameuses tartes. En entrée, en plat comme en dessert, tout le monde en raffolait.

- Que mettait-elle d'elle-même dans sa production ?

- De l'amour, de l'énergie, ses recettes toujours renouvelées. Lorsque quelque chose lui manquait, elle innovait selon son humeur, et toujours avec bonheur.

- La tarte Tatin est bien née d'une erreur. Est-ce qu'elle se fatiguait ?

- Elle s'activait avec conscience une partie de la matinée, mais quand ses tartes cuisaient, il ne fallait plus rien lui demander. Elle était "off", personne ne la dérangeait.

- Qu'est-ce que Claire vous apporte en ce moment ?

- Elle s'était promue toute seule de VPKB à MTSU.

- ???

- Ben oui, de "Vous Pensez Ka Bouffer" à "Mes Tartes Sont Uniques".

- C'était un travailleuse, en effet. Elle avait su construire autour d'elle le système lui permettant de produire à sa main.

- Mais c'est un travail domestique, non rémunéré, ça n'a rien à voir avec le travail professionnel ???

- Vous rémunérez votre collègue australien pour vous envoyer ses données ? Une entreprise a en commun avec une famille que les échanges y sont non monétaires. Chacun donne, chacun reçoit, la confiance vaut monnaie. Quand vous recevez le fruit du travail de votre collègue, quand en retour vous vous activez pour lui, c'est le lien entre vous deux qui s'enrichit, et l'entreprise avec. Claire avait une identité de travailleuse bien définie dans sa famille : sans elle, les repas auraient été tout autres. Quant à vous, quelle est votre identité professionnelle au sein de Green Flouze ?

- Qu'appelles-tu mon identité professionnelle ?

- Ce serait la différence observable entre Green avec vous et Green si vous n'aviez jamais existé. C'est la conséquence pour Green de votre existence, avant de questionner votre fonction ou vos résultats.

- Je vois ce que tu veux dire. Le fait que j'existe modifie les liens autour de moi, fait bouger certains de mes collègues, en questionne d'autres. Le fait que je sois présente dans une réunion en modifie le cours, que j'intervienne ou pas.

- Et c'est vous qui déciderez tôt ou tard de ce que vous ferez, à quelle place, avec qui et pour qui, donc de l'expression dans les faits de votre identité professionnelle.

- Mon poste actuel traduit davantage l'identité professionnelle de ceux qui m'y ont nommée que la mienne. J'ai rejoint Green parce que je partageais ses valeurs, et c'est vrai que mon identité professionnelle ce serait de parvenir à y articuler ma touche à moi. Comment faire pour y arriver ?

- Travailler, comme vous le faites en ce moment. Travailler sur vous pour travailler vraiment dans votre entreprise et donner un peu de vous au lieu de passer le temps à voguer au rythme de vos émotions et des projets des autres. Qu'est-ce que cela va révéler de votre puissance unique de la femme que vous êtes ?

- De ma puissance de femme ? Comme tu y vas ! Le fait que je sois femme est-il si central ?

- C'est vous qui avez commencé en me parlant du plafond de verre. Disons que nul ne peut l'oublier. Où est passée votre question sur cette promotion piquée par un collègue nul ?

- Nul, quand même pas. Différent de moi, sans doute, mais ce n'est pas le sujet. Je me rends compte que j'évitais la question centrale. Me mettre en jeu pour imprimer un peu de moi au sein d'une entreprise que j'aime et où des tas de gens m'apprécient, voilà mon projet. Moi qui envisageais de partir, j'avoue que c'est chez Green Flouze que j'ai le plus d'atouts.

- Où que vous soyez, vous aurez le même travail à faire sur vous pour élaborer votre identité professionnelle. Puisque vous ne voulez plus parler de plafond de verre, j'y reviens. Qui a créé cette expression ?

- Un homme, sans doute, pour justifier sa difficulté à intégrer des femmes au plus haut niveau de son entreprise. Peut-être pour répondre à une crainte que partagent beaucoup d'hommes.

- De quel plafond de verre souffriraient ces hommes ?

- Sophie, c'est trop facile de taper sur les hommes. Ils sont tous différents, on ne peut pas généraliser !

- A un détail près, qui concerne la production la plus précieuse de toute l'humanité.

Valérie resta silencieuse quelques instants. Les hommes seraient-ils devenus productifs pour oublier qu'aucun nouveau-né ne sortirait jamais de leur ventre ?

- En attendant, Sophie, nous les aimons comme maris et comme pères de nos enfants, pas vrai ?

- Et comme professionnels aussi, car que serait une entreprise où un seul sexe serait présent ?

- Ce serait l'enfer. J'ai remarqué à ce sujet que les liens de travail homme-femme sont les plus productifs à condition de les travailler.

- C'est à votre génération d'en faire la preuve Valérie, vous avez du pain sur la planche.

- Jean-Benoît m'avait prévenue, travailler avec toi c'est décoiffant.

- Ce n'est qu'un lien productif Valérie, comme tout lien à l'autre peut l'être. Imaginez ce que serait une entreprise où les liens seraient tous aussi riches.

- Merci Sophie, refaire le monde attendra. Je vais d'abord m'occuper de moi. Pas mal finalement ce bureau présidentiel, je m'habitue. Que fait ce vieil ours en peluche tout râpé dans la bibliothèque ?

- Avant d'être président, Jean-Benoît aussi est un homme, il a donc été un enfant et il prétend que cet ours l'inspire.

- Et lui rappelle où s'enracinent ses pulsions, je tiens un bon sujet pour ma prochaine séance avec mon coach, merci Sophie !</summary>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p><strong><span style="font-weight: normal; ">
<a href="http://jlrichard.typepad.com/.a/6a00d834524f8d69e201348685ce65970c-pi" style="float: left;"><img alt="PlafondVerreVerticalGettyImages_84906005" class="asset asset-image at-xid-6a00d834524f8d69e201348685ce65970c " src="http://jlrichard.typepad.com/.a/6a00d834524f8d69e201348685ce65970c-120wi" style="margin: 0px 5px 5px 0px;" title="PlafondVerreVerticalGettyImages_84906005" /></a></span></strong></p><strong><p style="text-align: left;"><strong><span style="font-weight: normal; "> </span>Valérie frissonnait au fond d'un fauteuil habitué à deux fois son poids.</strong></p></strong><p /><p style="text-align: left;"><strong>- Bonjour Valérie, vous avez froid ?</strong></p><p style="text-align: left;"><strong>- Clim' de président, m'y ferai jamais. Bonjour Sophie !</strong></p><p style="text-align: left;"><strong>- Qu'attendez-vous de notre entretien ?</strong></p><p style="text-align: left;"><strong>- Crever le plafond de verre, c'est dans tes cordes ?</strong></p><p><strong>
</strong></p><br /><br /><p style="text-align: justify;"><span style="line-height: 17px; font-size: 14px; "><strong><span style="font-family: Arial; font-weight: normal; font-size: 13px; "><strong>(Résumé des 18 épisodes précédents : la petite Sophie poursuit son travail dans le monde de l'entreprise... Toute ressemblance avec des personnages réels est fortuite. Ses aventures complètes vous attendent </strong><a href="http://jlrichard.typepad.com/questionsdedirigeant/sophie/" style="color: blue; text-decoration: underline; cursor: pointer; " target="_blank"><strong>ici</strong></a><strong>)</strong></span></strong></span></p><span style="font-weight: normal;"><p style="text-align: justify;">- Voulez-vous dire : crever <em>votre</em> plafond ?</p><p style="text-align: justify;" /><p style="text-align: justify;">- Joue pas avec moi Sophie ! Tu m'as comprise. Je veux en finir avec cette glu qui m'oblige à en faire dix fois plus que mes collègues masculins.</p><p style="text-align: justify;" /><p style="text-align: justify;">- Que dois-je savoir de votre histoire pour travailler cela avec vous ?</p><p style="text-align: justify;" /><p style="text-align: justify;">- 39 ans, Sup de Co, 6 ans chez Koréame, 5 ans chez Paulson &amp; Blackson, et presque autant chez Green Flouze, d'abord au marketing puis dans mon poste actuel de Customer Logistics Media Partner.</p><p style="text-align: justify;" /><p style="text-align: justify;">- Que du beau linge ! Je vous croyais collaboratrice de Jean-Benoît chez Swen Games ?</p><p style="text-align: justify;" /><p style="text-align: justify;">- Jean-Benoît et mon big boss de Green adhèrent au FTSE 100 Cross-Company Mentoring Programme (voir <a href="https://docs.google.com/fileview?id=0B94_vk7j6y_sNDZjYjU2MzUtNmRhOC00ZmMyLWJkMzYtYzY4YTRjYjNiYTZj&amp;hl=en&amp;authkey=CKmF3KAD" target="_blank" title="FTSE 100 Cross-Company Mentoring Programme">cet article de Peninah Thomson</a>). Il s'agit d'accélérer le développement des femmes à haut potentiel en demandant à chaque patron de s'occuper d'une cadre d'un autre groupe. C'est ainsi que Jean-Benoît est devenu mon mentor.</p><p style="text-align: justify;" /><p style="text-align: justify;">- Que le grand Cric me croque ! Jean-Benoît vous coache ?</p><p style="text-align: justify;" /><p style="text-align: justify;">- Tu le connais, il n'y va pas par quatre chemins. Il a conclu au second rendez-vous que j'avais toutes mes chances à condition de travailler sur moi. Voilà pourquoi il nous a prêté son bureau.</p><p style="text-align: justify;" /><p style="text-align: justify;">- Dès qu'il s'agit de déléguer, il est costaud le Jean-Benoît. Si tout se passait comme vous le souhaitez, qu'est-ce qui changerait dans votre vie professionnelle ?</p><p style="text-align: justify;" /><p style="text-align: justify;">- J'aurais ma promotion au poste de Sales Supply Chain Associate qui m'a filé sous le nez en juin au profit de mon glandu de collègue masculin qui a deux ans d'ancienneté de moins et dont le principal fait d'armes consiste à traîner dans les couloirs de direction à l'heure où sa femme torche ses gosses.</p></span><p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: normal;">- Une phrase de 60 mots a quelque chose à cacher.</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: normal;">- J'veux plus être CLMP, j'veux devenir SSCA. C'est mieux ?</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: normal;">- Lorsque vous serez passée comme vous dites de "Comment Louper Mon Poste" à "Super Sonique Chérie Adulée", qu'est ce que vous observerez dans votre vie de tous les jours ?</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: normal;">- Je serai reconnue à ma juste valeur et j'aurai les mêmes chances que mes collègues masculins.</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: normal;">- Vous avez si peu d'ambition ?</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: normal;">- On voit que c'est pas toi qui regarde passer les trains derrière la pile de boulot.</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: normal;">- Et pendant que vous chantez votre refrain, vous n'avez aucune idée de quelle professionnelle vous êtes. En quoi consiste votre travail actuel ?</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: normal;">- Je reçois les requêtes commerciales des Sales Executive Market Leaders, les SEML si tu veux, et je m'assure que la mise à jour des Product &amp; Production Forecasts permet d'optimiser le running EBITDA de ma zone. Pour cela, il me faut coordonner l'action des INTP (Iterative Network Transformation Process) en vue de consolider l'agrégation des écarts au budget sur chaque ligne de produit. Au passage, je suis en charge sur le plan fonctionnel de la pré-réunion hebdomadaire de validation des...</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: normal;">- Halte-là Valérie, à part INTP, sans doute votre type Myers Briggs mais c'est hors-sujet, j'ai rien capté. Votre système est verrouillé, on va s'y prendre autrement. Dans votre job actuel, est-ce que vous vendez, concevez, achetez, produisez, gérez... quel est votre métier ?</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: normal;">- Mon métier ? Pas la moindre idée. Je fais mille choses à la fois. Je reçois deux cents mails par jour et je réponds à plus de la moitié. Je crée ou je mets à jour des tableurs, des notes et des présentations. Je participe à des réunions en lisant mes mails sur mon Blackady. J'appelle à toute heure des collègues aux quatre coins du monde. Depuis que j'ai arrêté de fumer, je ne sors plus du building. Une vraie vie de dingue.</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: normal;">- Qu'est-ce que ce serait, travailler, je veux dire <em>vraiment</em> ?</span></p><p style="text-align: justify;">- Mais Sophie, je travaille, et d'arrache-pied, même !</p><p style="text-align: justify;">- C'est bien votre souci, d'arrache-pied. Travailler, c'est se confronter à la réalité à partir d'une place bien définie en élaborant une pratique personnelle. C'est transformer son énergie en résultat pour donner un peu de soi et enrichir le lien à l'autre. Il ne suffit pas de se fatiguer pour travailler, c'est tout le contraire. Le véritable travail ne consume pas, il construit. En Occident, 80% des professionnels ont perdu leur <em>position productive</em> et s'agitent au service de leurs pulsions. Quand vous êtes-vous énervée pour la dernière fois dans votre job ?</p><p style="text-align: justify;">- Pas plus tard que ce matin. Je devais terminer les mises à jour pour la réunion budget et je me suis aperçue au dernier moment que mon collègue australien ne m'avait rien envoyé. Ca m'a mise en boule.</p><p style="text-align: justify;">- Vous êtes restée coincée dans vos propres contraintes au lieu de les travailler. Comment cela devrait-il se passer autrement si vous <em>commenciez</em> à travailler ?</p><p style="text-align: justify;">- Tu forces le trait Sophie, mais essayons. Si je reprends ta définition, c'est vrai que la façon dont j'ai accepté de rassembler les mises à jour pour cette réunion ne ressemble en rien à un travail. Mon patron m'a appelée, j'ai pris cette tâche en plus du reste comme si je cherchais un passe-temps. Puis je me suis contentée de surnager comme une automate dans un délai intenable sans y mettre du mien. Maintenant que j'y repense, j'aurais pu proposer une façon différente d'aboutir à un meilleur résultat sans avoir à courir après tout le monde. Et me mettre en boule pour cette broutille, c'était peut-être éviter de travailler le lien avec mon collègue ?</p><p style="text-align: justify;">- Il faut bien que votre énergie serve à quelque chose. Si vous ne produisez pas, elle se retourne vers vous. A défaut de laisser votre empreinte unique sur la réalité et sur vos liens aux autres, vous pouvez choisir de vous consommer d'une façon inimitable. A quoi ressemblerait une Valérie qui s'offrirait la liberté de travailler ?</p><p style="text-align: justify;">- C'est curieux, je pense à une scène qui n'a rien à voir ?</p><p style="text-align: justify;">- Laissez-vous porter, votre inconscient désire coopérer.</p><p style="text-align: justify;">- Je revois ma tante Claire dans sa cuisine il y a 30 ans. Elle, je peux t'affirmer qu'elle travaillait.</p><p style="text-align: justify;">- Quelle était sa place ?</p><p style="text-align: justify;">- Elle était la maîtresse de maison et recevait toute sa famille l'été. Chacun mettait la main à la pâte pour des tables de dix, vingt, parfois trente convives.</p><p style="text-align: justify;">- Quel était son travail ?</p><p style="text-align: justify;">- Elle se réservait la confection de ses fameuses tartes. En entrée, en plat comme en dessert, tout le monde en raffolait.</p><p style="text-align: justify;">- Que mettait-elle d'elle-même dans sa production ?</p><p style="text-align: justify;">- De l'amour, de l'énergie, ses recettes toujours renouvelées. Lorsque quelque chose lui manquait, elle innovait selon son humeur, et toujours avec bonheur.</p><p style="text-align: justify;">- La tarte Tatin est bien née d'une erreur. Est-ce qu'elle se fatiguait ?</p><p style="text-align: justify;">- Elle s'activait avec conscience une partie de la matinée, mais quand ses tartes cuisaient, il ne fallait plus rien lui demander. Elle était "off", personne ne la dérangeait.</p><p style="text-align: justify;">- Qu'est-ce que Claire vous apporte en ce moment ?</p><p style="text-align: justify;">- Elle s'était promue toute seule de VPKB à MTSU.</p><p style="text-align: justify;">- ???</p><p style="text-align: justify;">- Ben oui, de "Vous Pensez Ka Bouffer" à "Mes Tartes Sont Uniques".</p><p style="text-align: justify;">- C'était un travailleuse, en effet. Elle avait su construire autour d'elle le système lui permettant de produire à sa main.</p><p style="text-align: justify;">- Mais c'est un travail domestique, non rémunéré, ça n'a rien à voir avec le travail professionnel ???</p><p style="text-align: justify;">- Vous rémunérez votre collègue australien pour vous envoyer ses données ? Une entreprise a en commun avec une famille que les échanges y sont non monétaires. Chacun donne, chacun reçoit, la confiance vaut monnaie. Quand vous recevez le fruit du travail de votre collègue, quand en retour vous vous activez pour lui, c'est le lien entre vous deux qui s'enrichit, et l'entreprise avec. Claire avait une identité de travailleuse bien définie dans sa famille : sans elle, les repas auraient été tout autres. Quant à vous, quelle est votre identité professionnelle au sein de Green Flouze ?</p><p style="text-align: justify;">- Qu'appelles-tu mon identité professionnelle ?</p><p style="text-align: justify;">- Ce serait la différence observable entre Green avec vous et Green si vous n'aviez jamais existé. C'est la conséquence pour Green de votre existence, avant de questionner votre fonction ou vos résultats.</p><p style="text-align: justify;">- Je vois ce que tu veux dire. Le fait que j'existe modifie les liens autour de moi, fait bouger certains de mes collègues, en questionne d'autres. Le fait que je sois présente dans une réunion en modifie le cours, que j'intervienne ou pas.</p><p style="text-align: justify;">- Et c'est vous qui déciderez tôt ou tard de ce que vous ferez, à quelle place, avec qui et pour qui, donc de l'expression dans les faits de votre identité professionnelle.</p><p style="text-align: justify;">- Mon poste actuel traduit davantage l'identité professionnelle de ceux qui m'y ont nommée que la mienne. J'ai rejoint Green parce que je partageais ses valeurs, et c'est vrai que mon identité professionnelle ce serait de parvenir à y articuler ma touche à moi. Comment faire pour y arriver ?</p><p style="text-align: justify;">- Travailler, comme vous le faites en ce moment. Travailler sur vous pour travailler vraiment dans votre entreprise et donner un peu de vous au lieu de passer le temps à voguer au rythme de vos émotions et des projets des autres. Qu'est-ce que cela va révéler de votre puissance unique de la femme que vous êtes ?</p><p style="text-align: justify;">- De ma puissance de femme ? Comme tu y vas ! Le fait que je sois femme est-il si central ?</p><p style="text-align: justify;">- C'est vous qui avez commencé en me parlant du plafond de verre. Disons que nul ne peut l'oublier. Où est passée votre question sur cette promotion piquée par un collègue nul ?</p><p style="text-align: justify;">- Nul, quand même pas. Différent de moi, sans doute, mais ce n'est pas le sujet. Je me rends compte que j'évitais la question centrale. Me mettre en jeu pour imprimer un peu de moi au sein d'une entreprise que j'aime et où des tas de gens m'apprécient, voilà mon projet. Moi qui envisageais de partir, j'avoue que c'est chez Green Flouze que j'ai le plus d'atouts.</p><p style="text-align: justify;">- Où que vous soyez, vous aurez le même travail à faire sur vous pour élaborer votre identité professionnelle. Puisque vous ne voulez plus parler de plafond de verre, j'y reviens. Qui a créé cette expression ?</p><p style="text-align: justify;">- Un homme, sans doute, pour justifier sa difficulté à intégrer des femmes au plus haut niveau de son entreprise. Peut-être pour répondre à une crainte que partagent beaucoup d'hommes.</p><p style="text-align: justify;">- De quel plafond de verre souffriraient ces hommes ?</p><p style="text-align: justify;">- Sophie, c'est trop facile de taper sur les hommes. Ils sont tous différents, on ne peut pas généraliser !</p><p style="text-align: justify;">- A un détail près, qui concerne la production la plus précieuse de toute l'humanité.</p><p style="text-align: justify;">Valérie resta silencieuse quelques instants. Les hommes seraient-ils devenus productifs pour oublier qu'aucun nouveau-né ne sortirait jamais de leur ventre ?</p><p style="text-align: justify;">- En attendant, Sophie, nous les aimons comme maris et comme pères de nos enfants, pas vrai ?</p><p style="text-align: justify;">- Et comme professionnels aussi, car que serait une entreprise où un seul sexe serait présent ?</p><p style="text-align: justify;">- Ce serait l'enfer. J'ai remarqué à ce sujet que les liens de travail homme-femme sont les plus productifs à condition de les travailler.</p><p style="text-align: justify;">- C'est à votre génération d'en faire la preuve Valérie, vous avez du pain sur la planche.</p><p style="text-align: justify;">- Jean-Benoît m'avait prévenue, travailler avec toi c'est décoiffant.</p><p style="text-align: justify;">- Ce n'est qu'un lien productif Valérie, comme tout lien à l'autre peut l'être. Imaginez ce que serait une entreprise où les liens seraient tous aussi riches.</p><p style="text-align: justify;">- Merci Sophie, refaire le monde attendra. Je vais d'abord m'occuper de moi. Pas mal finalement ce bureau présidentiel, je m'habitue. Que fait ce vieil ours en peluche tout râpé dans la bibliothèque ?</p><p style="text-align: justify;">- Avant d'être président, Jean-Benoît aussi est un homme, il a donc été un enfant et il prétend que cet ours l'inspire.</p><p style="text-align: justify;">- Et lui rappelle où s'enracinent ses pulsions, je tiens un bon sujet pour ma prochaine séance avec mon coach, merci Sophie !</p></div>
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        <title>Sophie n'ISF</title>
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        <published>2010-06-17T22:43:39+02:00</published>
        <updated>2010-06-17T22:25:11+02:00</updated>
        <summary>Jean-Benoît tirait la langue sur une litanie de formulaires verdâtres. Sophie n'en revenait pas.

- Saperlipopette ! Vous avez demandé la nationalité moldave ?

- Bonjour Sophie. Non, tu vois, c'est mon ISF et je suis à la bourre, c'est pour avant-hier.

- C'est marrant de vous voir travailler, personne ne peut remplir ces papiers pour vous ?

- C'est perso, je fais la liste de tout ce que je possède.

- Je le vois bien que c'est un travail de comptable, vous les avez tous licenciés ?



(Résumé des 17 épisodes précédents : la petite Sophie poursuit sa découverte du monde de l'entreprise... Toute ressemblance avec des personnages réels est fortuite. Ses aventures complètes vous attendent ici)

Expliquer l'ISF à une fillette de neuf ans, ça serait pas pire que de le payer. Jean-Benoît décida de s'accorder une pause.

- Tu vois, là, je viens de faire le total de ce que j'ai en banque, de mes sous, si tu veux.

- Voyons, Valeur déclarée Liquidités dix-huit mille, non, cent quatre-vingt mille, ah, flute, y a trop de chiffres, un million huit cents...

- Bon, on va pas passer Noël là-dessus, presque deux millions.

- Deux millions de Neuros ? Mais ça fait tout plein de flouze, pas vrai ?

- Et encore, le principal est dans les deux colonnes d'à côté, Droits sociaux et Autres droits sociaux et valeurs mobilières. J'ai tout rempli, yapuka faire la somme et multiplier par des pourcentages pour préparer mon chèque au Trésor Public.

- Tout ce que vous avez y est ?

- Joker Sophie, cette question ne regarde que mes avocats et moi.

- Ce serait pas plus simple de rien avoir ?

- D'après mes avocats, faut ménager... mais j'ai peut-être mal compris ta question ?

- Je voulais dire, ce serait plus simple si vous aviez rien, comme ça vous auriez plus à employer des avocats pour faire quand même un tas de papiers et payer plein de sous pour rien ?

- Avec le mal que je me donne pour posséder tout ça, tu oses me proposer de m'en séparer ? Tu es tombée sur la tête ?

- En plus, vous vous donnez du mal pour avoir un tas de trucs qui vous apportent que des soucis ? Vous filez tout le paquet à une fondation et le tour est joué ! Pourquoi vous compliquer la vie ?

- Mais, parce que... parce que...

Sophie attendait en fixant Jean-Benoît de ses grands yeux bleus. Que dire à une enfant ? Il resta silencieux quelques secondes avant de reprendre d'une voix assourdie.

- Parce que, tous ces trucs, comme tu dis, m'apportent du plaisir.

- Vous êtes trop marrant quand vous ne croyez pas ce que vous dites. Vous voulez que je sorte cinq minutes pour passer un coup de fil à vos avocats ?

- Tu ne me crois pas quand je dis que ça me fait plaisir de posséder tout ça ?

- C'est vous qui n'y croyez pas. Qu'est-ce que le plaisir pour vous ?

Jean-Benoît marqua le coup. La gamine voyait juste. Bien sûr, ses plaisirs d'homme n'avaient rien à voir avec toutes ces possessions. Encore heureux.

- C'est pas faux ce que tu me dis Sophie. Voyons voyons... si je prends mon Annexe S2, de quoi pourrais-je me passer et être aussi heureux ? Ca, non, ça me sert à rien, ça, c'est que du souci, ça, bof, toute cette page c'est la fortune de ma femme, pas touche, ça, ça  et ça c'est géré par des professionnels qui me rendent compte une fois par an, c'est à eux plus qu'à moi.

- Vous voyez ? Qu'est-ce qui vous importe vraiment ?

- Ma maison en Bretagne, un peu d'argent en cas de besoin, ben dis-donc, je ne paierais aucun ISF avec ça !

- Et en imaginant que votre femme en fasse autant ?

- Tu lui en parleras Sophie, je ne sais pas jusqu'où va son sens de l'humour patrimonial.

- Vous ne savez pas ce qu'en pense votre femme ? Vous passez tellement de temps dans vos papiers ?

Quinze ans plus tôt, il aurait su. Florence était peu impressionnée par l'argent. Bon serviteur, mauvais maître, aimait-elle à dire. Ses valeurs étaient autres. Mais aujourd'hui, après avoir hérité avec sa soeur de la fortune et du château des Bourlesach ? Comment pouvait-il s'intéresser à tout et ignorer la position de son épouse ?

- OK Sophie. Voilà qui m'ouvre les yeux sur la façon dont je néglige ma famille.

- Vous connaissez l'histoire du psychologue martien ?

- Raconte ?

- C'est un psy martien, il débarque pour vous étudier. Faut que vous sachiez que, sur Mars, c'est une civilisation d'un niveau beaucoup plus avancé que la nôtre.

- C'est pas difficile, note bien.

- Donc ce psy hors normes, ah oui, j'allais oublier, il est tout petit, il tient dans votre poche.

- C'est la solution qu'ils ont trouvée pour loger tout le monde ?

- Toujours est-il qu'il va se cacher dans votre poche, vous suivre partout, jour et nuit, vous observer, vous écouter, tout noter, consulter ses bases de données, bref auditer votre personnalité.

- Il va vraiment me suivre partout partout ?

- Partout partout.

- J'espère qu'il est discret, parce que mes associés chinois n'ont aucun humour. Et alors ?

- 72 heures plus tard, il se plante devant vous et vous annonce qu'il a terminé ses calculs et qu'il connait enfin votre nature profonde. Au fait, vous tenez vraiment à savoir ?

- Un peu mon neveu !

- Il vous fixe de ses yeux rouges et déclare d'une voix sidérale : "Vous-êtes-z-un-automate-fin-de-l'audit-vous avez droit-t-à-une-phrase-en-réponse".

- Comment ça je "suis-z-un automate" ? De quel droit ?

- C'est vous qui devez le savoir. Il vous a bien observé, et croyez-moi, pas seulement tout à l'heure quand vous remplissiez votre ISF comme si c'était celui d'un inconnu. Qu'avez-vous à lui répondre ?

Jean-Benoît était dans les cordes. Ce psy martien pouvait fort bien ne rien sentir, en trois jours, de l'homme qu'il était. Quoi d'étonnant ? Il n'avait observé qu'un courant d'air, réagissant... oui, en automate sophistiqué.

- C'est pas une femme, au moins, ton minus ?

- Sur Mars, ça fait 25 000 ans qu'il n'y a plus de différence sexuelle. Ils se reproduisent par clonage.

- Charmant. Combien il fait de haut, tu m'as dit ?

- La moitié de votre Iphone, cinq ou six centimètres.

- Mais je l'explose, moi, le gnome, je le dynamite ! Aux quatre coins de la pièce qu'on va le retrouver, le puzzle du troisième type ! Parce que c'est pas un psy-crobe qui va faire la loi, non mais sans blague !

Jean-Benoît venait d'écraser son poing sur le bureau avec une telle violence que tout vibrait dans la pièce. Le téléphone sonna. C'était la grande Sophie, son assistante.

- "Merci, tout va bien."

Jean-Benoît était détendu. Pour une fois, son vrai sourire éclairait son visage.

- Vous reprenez vie Jean-Benoît, je vais prendre congé.

- Qu'est-ce que tu m'as fait Sophie ? Je me sens en pleine forme !

- Vous avez travaillé sur vous. Ca vous réussit.

- Travaillé sur moi ? En tous cas, plus comme un robot.

Sophie disparut. Jean-Benoît avait encore deux rendez-vous. Il chargea son assistante d'en faire profiter un collaborateur qui n'avait pas encore travaillé sur lui.

Ah, oui, l'ISF, plus qu'une page et la douloureuse. A creuser, cette idée de fondation. Il était temps qu'il s'occupe de ses vraies valeurs. Il composa le numéro de son domicile.

Chérie, oui, c'est moi. Non, je ne suis pas malade, pourquoi ? Il est 17h, je sais. Tu as prévu quoi pour ce soir ? Rien ? On passe la soirée tous les deux, je serai là dans une demi-heure.

Le psy portable, ou ce qu'il en restait, allait avoir du boulot.</summary>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; "><strong><span style="font-weight: normal; line-height: 15px; font-size: small; ">
<a href="http://jlrichard.typepad.com/.a/6a00d834524f8d69e201348487f928970c-pi" style="float: left;"><img alt="IMG_5545" class="asset asset-image at-xid-6a00d834524f8d69e201348487f928970c " src="http://jlrichard.typepad.com/.a/6a00d834524f8d69e201348487f928970c-120wi" style="margin: 0px 5px 5px 0px;" /></a>  </span>Jean-Benoît tirait la langue sur une litanie de formulaires verdâtres. Sophie n'en revenait pas.</strong></span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; "><strong>- Saperlipopette ! Vous avez demandé la nationalité moldave ?</strong></span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; "><strong>- Bonjour Sophie. Non, tu vois, c'est mon ISF et je suis à la bourre, c'est pour avant-hier.</strong></span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; "><strong>- C'est marrant de vous voir travailler, personne ne peut remplir ces papiers pour vous ?</strong></span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; "><strong>- C'est perso, je fais la liste de tout ce que je possède.</strong></span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; "><strong>- Je le vois bien que c'est un travail de comptable, vous les avez tous licenciés ?</strong></span></p><p><span style="font-size: 14px; ">
</span></p><p><span style="font-size: 14px; "><span style="line-height: 15px; font-size: small; " /></span></p><p style="text-align: justify; "><span style="font-size: 14px; "><span style="line-height: 15px; font-size: small; "><span style="font-size: 14px; "><span style="font-size: 14px; "><strong><span style="font-family: Arial; font-weight: normal; font-size: 13px; "><strong>(Résumé des 17 épisodes précédents : la petite Sophie poursuit sa découverte du monde de l'entreprise... Toute ressemblance avec des personnages réels est fortuite. Ses aventures complètes vous attendent </strong><a href="http://jlrichard.typepad.com/questionsdedirigeant/sophie/" style="color: blue; text-decoration: underline; cursor: pointer; " target="_blank"><strong>ici</strong></a><strong>)</strong></span></strong></span></span></span></span></p><p /><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; ">Expliquer l'ISF à une fillette de neuf ans, ça serait pas pire que de le payer. Jean-Benoît décida de s'accorder une pause.</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; ">- Tu vois, là, je viens de faire le total de ce que j'ai en banque, de mes sous, si tu veux.</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; ">- Voyons, Valeur déclarée Liquidités dix-huit mille, non, cent quatre-vingt mille, ah, flute, y a trop de chiffres, un million huit cents...</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; ">- Bon, on va pas passer Noël là-dessus, presque deux millions.</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; ">- Deux millions de Neuros ? Mais ça fait tout plein de flouze, pas vrai ?</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; ">- Et encore, le principal est dans les deux colonnes d'à côté, Droits sociaux et Autres droits sociaux et valeurs mobilières. J'ai tout rempli, yapuka faire la somme et multiplier par des pourcentages pour préparer mon chèque au Trésor Public.</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; ">- Tout ce que vous avez y est ?</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; ">- Joker Sophie, cette question ne regarde que mes avocats et moi.</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; ">- Ce serait pas plus simple de rien avoir ?</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; ">- D'après mes avocats, faut ménager... mais j'ai peut-être mal compris ta question ?</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; ">- Je voulais dire, ce serait plus simple si vous aviez rien, comme ça vous auriez plus à employer des avocats pour faire quand même un tas de papiers et payer plein de sous ?</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; ">- Avec le mal que je me donne pour posséder tout ça, tu oses me proposer de m'en séparer ? Tu es tombée sur la tête ?</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; ">- En plus, vous vous donnez du mal pour avoir un tas de trucs qui vous apportent que des soucis ? Vous filez tout le paquet à une fondation et le tour est joué ! Pourquoi vous compliquer la vie ?</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; ">- Mais, parce que... parce que...</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; ">Sophie attendait en fixant Jean-Benoît de ses grands yeux bleus. Que dire à une enfant ? Il resta silencieux quelques secondes avant de reprendre d'une voix assourdie.</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; ">- Parce que, tous ces trucs, comme tu dis, m'apportent du plaisir.</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; ">- Vous êtes trop marrant quand vous ne croyez pas ce que vous dites. Vous voulez que je sorte cinq minutes pour passer un coup de fil à vos avocats ?</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; ">- Tu ne crois pas que ça me fait plaisir de posséder tout ça ?</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; ">- C'est vous qui n'y croyez pas. Qu'est-ce que le plaisir pour vous ?</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; ">Jean-Benoît marqua le coup. La gamine voyait juste. Bien sûr, ses plaisirs d'homme n'avaient rien à voir avec toutes ces possessions. Encore heureux.</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; ">- C'est pas faux ce que tu me dis Sophie. Voyons voyons... si je prends mon Annexe S2, de quoi pourrais-je me passer et être aussi heureux ? Ca, non, ça me sert à rien, ça, c'est que du souci, ça, bof, toute cette page c'est la fortune de ma femme, pas touche, ça, ça et ça c'est géré par des professionnels qui me rendent compte une fois par an, c'est à eux plus qu'à moi.</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; ">- Vous voyez ! Qu'est-ce qui vous importe vraiment ?</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; ">- Ma maison en Bretagne, un peu d'argent en cas de besoin, ben dis-donc, je ne paierais aucun ISF avec ça !</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; ">- Et en imaginant que votre femme en fasse autant ?</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; ">- Tu lui en parleras Sophie, je ne sais pas jusqu'où va son sens de l'humour patrimonial.</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; ">- Vous ne savez pas ce qu'en pense votre femme ? Vous passez tellement de temps dans vos papiers ?</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; ">Quinze ans plus tôt, il aurait su. Florence était peu impressionnée par l'argent. Bon serviteur, mauvais maître, aimait-elle à dire. Ses valeurs étaient autres. Mais aujourd'hui, après avoir hérité avec sa soeur de la fortune et du château des Bourlezach ? Comment pouvait-il s'intéresser à tout et ignorer la position de son épouse ?</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; " /><span style="line-height: 17px; font-size: 14px; ">- OK Sophie. Voilà qui m'ouvre les yeux sur la façon dont je néglige ma famille.</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; ">- Vous connaissez l'histoire du psychologue martien ?</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; ">- Raconte ?</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; ">- C'est un psy martien, il débarque pour vous étudier. Faut que vous sachiez que, sur Mars, c'est une civilisation d'un niveau beaucoup plus avancé que la nôtre.</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; ">- C'est pas difficile, note bien.</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; ">- Donc ce psy hors normes, ah oui, j'allais oublier, il est tout petit, il tient dans votre poche.</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; ">- C'est la solution qu'ils ont trouvée pour loger tout le monde ?</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; ">- Toujours est-il qu'il va se cacher dans votre poche, vous suivre partout, jour et nuit, vous observer, vous écouter, tout noter, consulter ses bases de données, bref auditer votre personnalité.</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; ">- Il va vraiment me suivre partout partout ?</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; ">- Partout partout.</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; ">- J'espère qu'il est discret, parce que mes associés chinois n'ont aucun humour. Et alors ?</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; ">- 72 heures plus tard, il se plante devant vous et vous annonce qu'il a terminé ses calculs et qu'il connait enfin votre nature profonde. Au fait, vous tenez vraiment à savoir ?</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; ">- Un peu mon neveu !</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; ">- Il vous fixe de ses yeux rouges et déclare d'une voix sidérale : "Vous-êtes-z-un-automate-fin-de-l'audit-vous avez droit-t-à-une-phrase-en-réponse".</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; ">- Comment ça je "suis-z-un automate" ? De quel droit ?</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; ">- C'est vous qui devez le savoir. Il vous a bien observé, et croyez-moi, pas seulement tout à l'heure quand vous remplissiez votre ISF comme si c'était celui d'un inconnu. Qu'avez-vous à lui répondre ?</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; ">Jean-Benoît était dans les cordes. Ce psy martien pouvait fort bien ne rien sentir, en trois jours, de l'homme qu'il était. Quoi d'étonnant ? Il n'avait observé qu'un courant d'air, réagissant... oui, en automate sophistiqué.</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; ">- C'est pas une femme, au moins, ton minus ?</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; ">- Sur Mars, ça fait 25 000 ans qu'il n'y a plus de différence sexuelle. Ils se reproduisent par clonage.</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; ">- Charmant. Combien il fait de haut, tu m'as dit ?</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; ">- La moitié de votre Iphone, cinq ou six centimètres.</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; ">- Mais je l'explose, moi, le gnome, je le dynamite ! Aux quatre coins de la pièce qu'on va le retrouver, le puzzle du troisième type ! Parce que c'est pas un psy-crobe qui va faire la loi, non mais sans blague !</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; ">Jean-Benoît venait d'écraser son poing sur le bureau avec une telle violence que tout vibrait dans la pièce. Le téléphone sonna. C'était la grande Sophie, son assistante.</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; ">- "Merci, tout va bien."</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; ">Jean-Benoît était détendu. Pour une fois, son vrai sourire éclairait son visage.</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; ">- Vous reprenez vie Jean-Benoît, je vais prendre congé.</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; ">- Qu'est-ce que tu m'as fait Sophie ? Je me sens en pleine forme !</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; ">- Vous avez travaillé sur vous. Ca vous réussit.</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; ">- Travaillé sur moi ? En tous cas, plus comme un robot.</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; ">Sophie disparut. Jean-Benoît avait encore deux rendez-vous. Il chargea son assistante d'en faire profiter un collaborateur qui n'avait pas encore travaillé sur lui.</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; ">Ah, oui, l'ISF, plus qu'une page et la douloureuse. A creuser, cette idée de fondation. Il était temps qu'il s'occupe de ses vraies valeurs. Il composa le numéro de son domicile.</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; ">- Chérie, oui, c'est moi. Non, je ne suis pas malade, pourquoi ? Il est 17h, je sais. Tu as prévu quoi pour ce soir ? On passe la soirée tous les deux, je serai là dans une demi-heure.</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; ">Le psy portable, ou ce qu'il en restait, allait avoir du boulot.</span></p></div>
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        <title>Que faire du maillon faible ?</title>
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        <published>2010-05-15T14:44:34+02:00</published>
        <updated>2010-05-15T14:44:34+02:00</updated>
        <summary>La situation de la Grèce, qui préoccupe ses partenaires européens, nous renvoie à une situation qui résonne dans la vie de l’entreprise : on réalise que l’un des maillons de la chaîne de production de valeur est défaillant et menace les résultats de l’ensemble.

Le point de vue d'Eric Albert, président de l'Ifas.

La réaction des différents pays reflète ce que l’on peut rencontrer dans ce type de situations. D’un coté, le fort, dont la tentation est de pousser à l’exclusion, de l’autre, ceux qui savent qu’ils pourraient être dans la même situation que celui qui a été désigné et qui se gardent de tout commentaire. Enfin, ceux qui parlent beaucoup, disent ce qu’il faut faire et tardent à agir.

Notons que la Grèce a pu masquer, pour un temps, ses défaillances grâce à une banque américaine qui prône l’excellence à tous les niveaux et se fait une règle d’éliminer tout collaborateur défaillant. Il n'est d'ailleurs pas tout à fait sûr que cet élitisme poussé à l’extrême ne la conduise pas à chuter à son tour, mais c’est une autre histoire.

La question managériale posée par la situation de la Grèce est celle de l’attitude à adopter face aux difficultés majeures d’un collaborateur ou d’une équipe.

La première réaction est souvent influencée par la colère et l’incompréhension : comment les personnes en cause peuvent-elles être aussi irresponsables et peu professionnelles ? On pense spontanément sanction et éviction des "coupables". Si dans le cas de fautes graves cela peut s’avérer indispensable, cette première réaction émotionnelle n’est souvent pas la bonne. Elle crée une règle implicite de la sanction systématique face à l’erreur. Souvent, en marquant les esprits par son caractère brutal et sans nuance, elle reste dans l’imaginaire collectif pendant des années comme la menace qui pèse sur celui qui a failli.

Les effets induits sont connus, dissimulation des erreurs et recherche autour de soi de qui pourrait être désigné comme "plus mauvais".

Quel que soit le "moule" dans lequel on s'efforce de faire entrer les collaborateurs, la population d'une entreprise est plus ou moins le reflet de la société dans laquelle elle évolue. Si les managers aiment se concentrer sur la partie la plus performante et développer les hauts potentiels, ce sont les moins performants qui donnent le tempo de l’ensemble.

C’est pourquoi, c’est vers ceux qui ont le plus de difficultés que doivent se porter principalement l’attention et des efforts des managers. Lorsque ce n'est pas le cas, ils prennent le risque d’une entreprise à deux vitesses. Irrémédiablement, le fossé se creuse entre ceux qui, considérés comme performants, sont auréolés de toute la gloire et des récompenses, et les autres, auxquels on se contente de dire qu’ils n’ont qu’à faire comme ceux qu’ils envient. C’est parce qu’une cordée d’alpinistes progresse au rythme du plus lent que les attentions doivent se porter vers lui.

La cohésion de l’entreprise repose en grande partie sur cette capacité à accompagner ceux qui sont le plus en difficulté. Nous avons tous notre Grèce; à nous de faire en sorte qu’elle ne nous fasse pas couler. 


Eric Albert (ea@ifas.net) est Président de l'Ifas.

(cette chronique a été publiée dans Les Echos du mardi 11 mai 2010)</summary>
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<a href="http://jlrichard.typepad.com/.a/6a00d834524f8d69e2013480e1ab11970c-pi" style="float: left;"><img alt="GettyImages_fop012" class="asset asset-image at-xid-6a00d834524f8d69e2013480e1ab11970c " src="http://jlrichard.typepad.com/.a/6a00d834524f8d69e2013480e1ab11970c-120wi" style="margin: 0px 5px 5px 0px;" /></a> La situation de la Grèce, qui préoccupe ses partenaires européens, nous renvoie à une situation qui résonne dans la vie de l’entreprise : on réalise que l’un des maillons de la chaîne de production de valeur est défaillant et menace les résultats de l’ensemble.</span></strong></p><p style="text-align: justify;"><strong><span style="font-size: 14px;"><br /></span></strong></p><p>
</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px;"><span style="font-family: Arial; "><em>Le point de vue d'Eric Albert, président de l'Ifas.</em></span></span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px;"><span style="font-family: Arial; "><em /></span>La réaction des différents pays reflète ce que l’on peut rencontrer dans ce type de situations. </span><span style="line-height: 17px; font-size: 14px; ">D’un coté, le fort, dont la tentation est de pousser à l’exclusion, de l’autre, ceux qui savent qu’ils pourraient être dans la même situation que celui qui a été désigné et qui se gardent de tout commentaire. Enfin, ceux qui parlent beaucoup, disent ce qu’il faut faire et tardent à agir.</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px;">Notons que la Grèce a pu masquer, pour un temps, ses défaillances grâce à une banque américaine qui prône l’excellence à tous les niveaux et se fait une règle d’éliminer tout collaborateur défaillant. Il n'est d'ailleurs pas tout à fait sûr que cet élitisme poussé à l’extrême ne la conduise pas à chuter à son tour, mais c’est une autre histoire.</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px;">La question managériale posée par la situation de la Grèce est celle de l’attitude à adopter face aux difficultés majeures d’un collaborateur ou d’une équipe.</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px;">La première réaction est souvent influencée par la colère et l’incompréhension : comment les personnes en cause peuvent-elles être aussi irresponsables et peu professionnelles ? On pense spontanément sanction et éviction des "coupables". Si dans le cas de fautes graves cela peut s’avérer indispensable, cette première réaction émotionnelle n’est souvent pas la bonne. Elle crée une règle implicite de la sanction systématique face à l’erreur. Souvent, en marquant les esprits par son caractère brutal et sans nuance, elle reste dans l’imaginaire collectif pendant des années comme la menace qui pèse sur celui qui a failli.</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px;">Les effets induits sont connus, dissimulation des erreurs et recherche autour de soi de qui pourrait être désigné comme "plus mauvais".</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px;" /><span style="font-size: 14px;" /><span style="font-size: 14px;">Quel que soit le "moule" dans lequel on s'efforce de faire entrer les collaborateurs, la population d'une entreprise est plus ou moins le reflet de la société dans laquelle elle évolue. Si les managers aiment se concentrer sur la partie la plus performante et développer les hauts potentiels, ce sont les moins performants qui donnent le tempo de l’ensemble.</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px;">C’est pourquoi, c’est vers ceux qui ont le plus de difficultés que doivent se porter principalement l’attention et des efforts des managers. Lorsque ce n'est pas le cas, ils prennent le risque d’une entreprise à deux vitesses. Irrémédiablement, le fossé se creuse entre ceux qui, considérés comme performants, sont auréolés de toute la gloire et des récompenses, et les autres, auxquels on se contente de dire qu’ils n’ont qu’à faire comme ceux qu’ils envient. </span><span style="line-height: 17px; font-size: 14px; ">C’est parce qu’une cordée d’alpinistes progresse au rythme du plus lent que les attentions doivent se porter vers lui.</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px;">La cohésion de l’entreprise repose en grande partie sur cette capacité à accompagner ceux qui sont le plus en difficulté. Nous avons tous notre Grèce; à nous de faire en sorte qu’elle ne nous fasse pas couler. </span><span style="font-size: 14px;" /><span style="font-size: 14px;" /><span style="font-size: 14px;" /></p><p style="text-align: justify;" /><p><span style="font-size: 14px; "><span style="line-height: 15px; font-size: small; "><strong><span style="font-size: 14px; font-family: Arial; "><span style="font-size: 14px; font-family: Arial; "><br />Eric Albert (ea@ifas.net) est Président de l'Ifas.<br /></span></span></strong></span></span></p><p style="text-align: justify; "><em><span style="font-size: 14px; font-family: Arial; "><span style="font-size: 14px; font-family: Arial; ">(cette chronique a été publiée dans Les Echos du mardi 11 mai 2010)</span></span></em></p><p /></div>
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        <title>Sophie a le temps</title>
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        <published>2010-03-29T09:54:56+02:00</published>
        <updated>2010-03-29T09:54:56+02:00</updated>
        <summary>  "Waouh..." Sauf à l'Elysée (voir ici), Sophie n'avait jamais vu un aussi chouette bureau. Georges lui tendit une main comme une feuille de bananier.

- Bienvenue ma grande, Sylvain m'a promis que tu faisais des miracles.

- Ah, Sylvain, c'est lui qui a tout fait (voir là). Quel est votre sujet ?

- Tu sais que je préside Pathor, le leader mondial des photons inversés.

- A quoi ça sert, un "faux thon à verser" ?

- Ca fait vivre mes 32 000 collaborateurs. Mon sujet, c'est que je galope sans arrêt, tel le rat dans sa cage. A 49 ans, j'ai décidé de m'occuper de ça avant que ça s'occupe de moi.

(Résumé des 16 épisodes précédents : la petite Sophie poursuit sa découverte du monde de l'entreprise... Toute ressemblance avec des personnages réels est fortuite. Ses aventures complètes vous attendent ici)

- Vous n'avez Pathor.

Georges suivait le fil de ses pensées.

- Combien de temps te faut-il pour me sortir de là ?

- Ca commence bien. Vous avez un bon fournisseur de chocolats ?

Il lui tendit une boîte à la mesure de la feuille de bananier.

- Tu m'excuseras de ne pas t'accompagner, mon cardiologue m'a interdit le sucre.

Sophie ne se fit pas prier. Georges avait un goût très sûr pour quelqu'un au régime.

- Mmmh, sublime, vous perdez quelque chose. Moi, si on m'interdisait le chocolat, le temps me paraîtrait interminable. A part vous mettre aux sucrettes, que dit votre médecin ?

- Qu'avec quelques clients comme moi il va se payer le 4x4 de ses rêves. En sortant de son cabinet, j'ai songé à militer écolo.

- Depuis quand êtes-vous fâché avec le temps ?

- Depuis tout le temps. Gamin, je courais pour attraper le car scolaire. A l'armée, on me surnommait Speedy Gonzales. Mon voyage de noces a duré 3 jours. Je suis un courant d'air en cravate. Où est passée la touche Pause ?

- Vous savez, le temps, c'est comme l'argent. Bon serviteur, mauvais maître. Quel serait votre pire cauchemar ?

- Voyons... ça pourrait ressembler à ça : j'installe une douche et un lit de camp dans mon bureau, je travaille nuit et jour face à ma montagne de choses à faire. Trois semaines plus tard je rentre chez moi, ma valise est sur le palier.

- Que venez-vous de faire pour vous rapprocher de ce cauchemar ?

- Moi ? Rien, voyons ! Enfin, si, en y repensant, je viens d'ajouter mon quinzième collaborateur en direct. Mais je n'avais pas le choix.

- Ni le temps. Et vous croyez que je vais gober l'excuse de "pas le choix" venant d'un professionnel de votre envergure ?

- Je la gobe bien, moi.

- Vous, ça fait longtemps que vous avez décidé de ne pas voir, moi ça fait cinq minutes que ça me crève les yeux.

Sophie reprit un chocolat et décida de s'en occuper à fond. Georges cherchait.

- Oui, bon, peut-être que c'est en partie moi qui creuse mon trou. Comment puis-je le reboucher, maintenant que je suis décidé à changer ?

- Oubliez votre histoire de rat piégé par le temps. C'est quoi votre travail pour Pathor ?

- Je dois m'occuper de nos actionnaires, de nos grandes et petites décisions, de mes collaborateurs, faire bouger ce qui résiste, freiner ce qui va trop vite, enfin tout ce que fait un patron.

- N'importe qui à votre place en dirait autant. Cela ne me définit en rien votre identité professionnelle, ce que VOUS, vous apportez d'UNIQUE à Pathor.

- Tu veux dire, si je n'existais pas, en quoi Pathor, dirigé par un autre, serait différent ?

Sophie venait de découvrir les subtilités d'un chocolat noir à la pâte d'amande et avançait sur ce second projet. Georges était perplexe.

- C'est difficile de te répondre. J'allais te dire, avec un autre, Pathor aurait un tout autre visage. Sans moi peut-être, Pathor ne mettrait pas la main sur son rival canadien Touffeau &amp; Co. Mais c'est plus compliqué que ça. Mes collaborateurs sont de très haut vol. Ce que vise Pathor, nous l'avons décidé ensemble et ils sont capables de le réaliser sans moi. Pour un autre patron, ils exploreraient de nouvelles voies et peut-être même que cela les mènerait plus vite au but. Plus j'y pense, moins je sais ce que je désire apporter d'unique à Pathor.

- Tant que vous ne saurez pas ce que vous désirez, vous ne l'obtiendrez que par hasard. Au surplus, vous pensez trop. Quel était votre premier poste de PDG ?

- Il y a quinze ans, chez Swen Corp (voir cet article), je dirigeais une filiale à Prague. 3000 personnes et des pertes, j'en ai bavé trois ans pour reconstruire tout ça.

- Avec tout ce que vous avez travaillé sur vous depuis quinze ans, comment ça se passerait si vous deviez reprendre une telle responsabilité ?

- A l'époque je m'agitais comme un fou, je me demandais si j'étais bien à ma place. Si c'était à refaire, je serais serein. J'aurais confiance en ma puissance de leader. Je ne perdrais plus de temps à me rassurer et je me concentrerais sur l'essentiel. Mais dis-moi, Sophie, tu veux dire que je devrais revenir à un job de patron débutant pour sortir de ma cage ?

- Vous en savez assez Georges. Vous me semblez mûr pour arrêter de vous mentir à vous-même. Restez vigilant sur votre identité professionnelle et sur l'image que vous vous faites de votre place et de votre puissance de dirigeant. Cela peut prendre un peu de temps pour vous mettre au clair entre vous et vous, mais ce temps-là construira votre liberté au lieu de vous enfermer.

Sophie disparut avec un sourire qui remplit Georges de bonheur. Quoi de plus beau que le sourire d'une enfant ? Quand avait-il passé du temps à jouir ainsi de ce qu'il aimait ? De quelle liberté parlait Sophie ?

Il lui revint une citation de son cours de philo : "Les libertés nous possèdent, la liberté d'aimer nous fait grandir".

Qu'avait-il fait de sa liberté d'homme ? Comment avait-il pu oublier de travailler ce qu'il voulait imprimer de lui sur Pathor ? Pourquoi se voyait-il encore comme le dirigeant débordé qu'il avait été à 35 ans ? Quel face à face évitait-il avec ses désirs ?

Ce soir-là, Georges ne parla à personne de son entrevue avec Sophie. Il prit rendez-vous avec lui-même. Il était temps.
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p style="text-align: justify;"><span style="line-height: 17px; font-size: 14px; "><strong><span style="font-size: 14px; "><span style="font-size: 14px; "><span style="font-weight: normal; line-height: 15px; font-size: small; "><a href="http://jlrichard.typepad.com/.a/6a00d834524f8d69e20133ec4750ee970b-pi" style="float: left;"><img alt="IMG_3969moyen" class="asset asset-image at-xid-6a00d834524f8d69e20133ec4750ee970b " src="http://jlrichard.typepad.com/.a/6a00d834524f8d69e20133ec4750ee970b-120wi" style="margin: 0px 5px 5px 0px;" /></a>  </span>"Waouh..." Sauf à l'Elysée (voir </span></span><a href="http://jlrichard.typepad.com/questionsdedirigeant/2008/09/sophie-coache-l.html" target="_blank"><span style="font-size: 14px; "><span style="font-size: 14px; ">ici</span></span></a><span style="font-size: 14px; "><span style="font-size: 14px; ">), Sophie n'avait jamais vu un aussi chouette bureau. Georges lui tendit une main comme une feuille de bananier.</span></span></strong></span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; "><span style="font-size: 14px; "><span style="font-size: 14px; "><strong>- Bienvenue ma grande, Sylvain m'a promis que tu faisais des miracles.</strong></span></span></span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; "><span style="font-size: 14px; "><span style="font-size: 14px; "><strong>- Ah, Sylvain, c'est lui qui a tout fait (voir </strong></span></span><span style="line-height: 15px; font-size: small; "><a href="http://jlrichard.typepad.com/questionsdedirigeant/2008/02/sophie-a-un-bou.html" target="_blank"><span style="font-size: 14px; "><span style="font-size: 14px; "><strong>là</strong></span></span></a><span style="font-size: 14px; "><span style="font-size: 14px; "><strong>). Quel est votre sujet ?</strong></span></span></span></span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; "><span style="line-height: 15px; font-size: small; "><span style="font-size: 14px; "><span style="font-size: 14px; "><strong>- Tu sais que je préside Pathor, le leader mondial des photons inversés.</strong></span></span></span></span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; "><span style="line-height: 15px; font-size: small; "><span style="font-size: 14px; "><span style="font-size: 14px; "><strong>- A quoi ça sert, un "faux thon à verser" ?</strong></span></span></span></span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; "><span style="line-height: 15px; font-size: small; "><span style="font-size: 14px; "><span style="font-size: 14px; "><strong>- Ca fait vivre mes 32 000 collaborateurs. Mon sujet, c'est que je galope sans arrêt, tel le rat dans sa cage. A 49 ans, j'ai décidé de m'occuper de ça avant que ça s'occupe de moi.</strong></span></span></span></span></p><p><span style="font-size: 14px; "><span style="line-height: 15px; font-size: small; "><span style="font-size: 14px; "><span style="font-size: 14px; "><strong>
</strong></span></span></span></span></p><p style="text-align: justify;" /><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; "><span style="line-height: 15px; font-size: small; "><span style="font-size: 14px; "><span style="font-size: 14px; "><strong><span style="font-family: Arial; font-weight: normal; font-size: 13px; "><strong>(Résumé des 16 épisodes précédents : la petite Sophie poursuit sa découverte du monde de l'entreprise... Toute ressemblance avec des personnages réels est fortuite. Ses aventures complètes vous attendent </strong><a href="http://jlrichard.typepad.com/questionsdedirigeant/sophie/" style="text-decoration: underline; color: blue; cursor: pointer; " target="_blank"><strong>ici</strong></a><strong>)</strong></span><br /></strong></span></span></span></span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; "><span style="line-height: 15px; font-size: small; "><span style="font-size: 14px; "><span style="font-size: 14px; "><strong><span style="font-family: Arial; font-weight: normal; font-size: 13px; "><strong><br /></strong></span></strong></span></span></span></span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; "><span style="font-size: 13px; "><span style="font-size: 14px; ">- Vous n'avez Pathor.</span></span></span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; "><span style="line-height: 15px; font-size: small; "><span style="font-size: 14px; "><span style="font-size: 14px; "><span style="font-size: 13px; "><span style="font-size: 14px; ">Georges suivait le fil de ses pensées.</span></span></span></span></span></span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; "><span style="line-height: 15px; font-size: small; "><span style="font-size: 14px; "><span style="font-size: 14px; "><span style="font-size: 13px; "><span style="font-size: 14px; ">- Combien de temps te faut-il pour me sortir de là ?</span></span></span></span></span></span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; "><span style="line-height: 15px; font-size: small; "><span style="font-size: 14px; "><span style="font-size: 14px; "><span style="font-size: 13px; "><span style="font-size: 14px; ">- Ca commence bien. Vous avez un bon fournisseur de chocolats ?</span></span></span></span></span></span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; "><span style="line-height: 15px; font-size: small; "><span style="font-size: 14px; "><span style="font-size: 14px; "><span style="font-size: 13px; "><span style="font-size: 14px; ">Il lui tendit une boîte à la mesure de la feuille de bananier.</span></span></span></span></span></span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; "><span style="line-height: 15px; font-size: small; "><span style="font-size: 14px; "><span style="font-size: 14px; "><span style="font-size: 13px; "><span style="font-size: 14px; ">- Tu m'excuseras de ne pas t'accompagner, mon cardiologue m'a interdit le sucre.</span></span></span></span></span></span></p><p style="text-align: justify;"><font size="4"><span style="font-size: 14px;"><span style="font-size: 13px; "><span style="font-size: 14px; ">Sophie ne se fit pas prier. Georges avait un goût très sûr pour quelqu'un au régime.</span></span></span></font></p><p style="text-align: justify;"><font size="4"><span style="font-size: 14px;"><span style="font-size: 13px; "><span style="font-size: 14px; ">- Mmmh, sublime, vous perdez quelque chose. Moi, si on m'interdisait le chocolat, le temps me paraîtrait interminable. A part vous mettre aux sucrettes, que dit votre médecin ?</span></span></span></font></p><p style="text-align: justify;"><font size="4"><span style="font-size: 14px;"><span style="font-size: 13px; "><span style="font-size: 14px; ">- Qu'avec quelques clients comme moi il va se payer le 4x4 de ses rêves. En sortant de son cabinet, j'ai songé à militer écolo.</span></span></span></font></p><p style="text-align: justify;"><font size="4"><span style="font-size: 14px;"><span style="font-size: 13px; "><span style="font-size: 14px; ">- Depuis quand êtes-vous fâché avec le temps ?</span></span></span></font></p><p style="text-align: justify;"><font size="4"><span style="font-size: 14px;"><span style="font-size: 13px; "><span style="font-size: 14px; ">- Depuis tout le temps. Gamin, je courais pour attraper le car scolaire. A l'armée, on me surnommait Speedy Gonzales. Mon voyage de noces a duré 3 jours. Je suis un courant d'air en cravate. Où est passée la touche Pause ?</span></span></span></font></p><p style="text-align: justify;"><font size="4"><span style="font-size: 14px;"><span style="font-size: 13px; "><span style="font-size: 14px; ">- Vous savez, le temps, c'est comme l'argent. Bon serviteur, mauvais maître. Quel serait votre pire cauchemar ?</span></span></span></font></p><p style="text-align: justify;"><font size="4"><span style="font-size: 14px;"><span style="font-size: 13px; "><span style="font-size: 14px; ">- Voyons... ça pourrait ressembler à ça : j'installe une douche et un lit de camp dans mon bureau, je travaille nuit et jour face à ma montagne de choses à faire. Trois semaines plus tard je rentre chez moi, ma valise est sur le palier.</span></span></span></font></p><p style="text-align: justify;"><font size="4"><span style="font-size: 14px;"><span style="font-size: 13px; "><span style="font-size: 14px; ">- Que venez-vous de faire pour vous rapprocher de ce cauchemar ?</span></span></span></font></p><p style="text-align: justify;"><font size="4"><span style="font-size: 14px;"><span style="font-size: 13px; "><span style="font-size: 14px; ">- Moi ? Rien, voyons ! Enfin, si, en y repensant, je viens d'ajouter mon quinzième collaborateur en direct. Mais je n'avais pas le choix.</span></span></span></font></p><p style="text-align: justify;"><font size="4"><span style="font-size: 14px;"><span style="font-size: 13px; "><span style="font-size: 14px; ">- Ni le temps. Et vous croyez que je vais gober l'excuse de "pas le choix" venant d'un professionnel de votre envergure ?</span></span></span></font></p><p style="text-align: justify;"><font size="4"><span style="font-size: 14px;"><span style="font-size: 13px; "><span style="font-size: 14px; ">- Je la gobe bien, moi.</span></span></span></font></p><p style="text-align: justify;"><font size="4"><span style="font-size: 14px;"><span style="font-size: 13px; "><span style="font-size: 14px; ">- Vous, ça fait longtemps que vous avez décidé de ne pas voir, moi ça fait cinq minutes que ça me crève les yeux.</span></span></span></font></p><p style="text-align: justify;"><font size="4"><span style="font-size: 14px;"><span style="font-size: 13px; "><span style="font-size: 14px; ">Sophie reprit un chocolat et décida de s'en occuper à fond. Georges cherchait.</span></span></span></font></p><p style="text-align: justify;"><font size="4"><span style="font-size: 14px;"><span style="font-size: 13px; "><span style="font-size: 14px; ">- Oui, bon, peut-être que c'est en partie moi qui creuse mon trou. Comment puis-je le reboucher, maintenant que je suis décidé à changer ?</span></span></span></font></p><p style="text-align: justify;"><font size="4"><span style="font-size: 14px;"><span style="font-size: 13px; "><span style="font-size: 14px; ">- Oubliez votre histoire de rat piégé par le temps. C'est quoi votre travail pour Pathor ?</span></span></span></font></p><p style="text-align: justify;"><font size="4"><span style="font-size: 14px;"><span style="font-size: 13px; "><span style="font-size: 14px; ">- Je dois m'occuper de nos actionnaires, de nos grandes et petites décisions, de mes collaborateurs, faire bouger ce qui résiste, freiner ce qui va trop vite, enfin tout ce que fait un patron.</span></span></span></font></p><p style="text-align: justify;"><font size="4"><span style="font-size: 14px;"><span style="font-size: 13px; "><span style="font-size: 14px; ">- N'importe qui à votre place en dirait autant. Cela ne me définit en rien votre identité professionnelle, ce que VOUS, vous apportez d'UNIQUE à Pathor.</span></span></span></font></p><p style="text-align: justify;"><font size="4"><span style="font-size: 14px;"><span style="font-size: 13px; "><span style="font-size: 14px; ">- Tu veux dire, si je n'existais pas, en quoi Pathor, dirigé par un autre, serait différent ?</span></span></span></font></p><p style="text-align: justify;"><font size="4"><span style="font-size: 14px; line-height: 17px;"><span style="font-size: 13px; "><span style="font-size: 14px; ">Sophie venait de découvrir les subtilités d'un chocolat noir à la pâte d'amande et avançait sur ce second projet. Georges était perplexe.</span></span></span></font></p><p style="text-align: justify;"><font size="4"><span style="font-size: 14px; line-height: 17px;"><span style="font-size: 13px; "><span style="font-size: 14px; ">- C'est difficile de te répondre. J'allais te dire, avec un autre, Pathor aurait un tout autre visage. Sans moi peut-être, Pathor ne mettrait pas la main sur son rival canadien Touffeau &amp; Co. Mais c'est plus compliqué que ça. Mes collaborateurs sont de très haut vol. Ce que vise Pathor, nous l'avons décidé ensemble et ils sont capables de le réaliser sans moi. Pour un autre patron, ils exploreraient de nouvelles voies et peut-être même que cela les mènerait plus vite au but. Plus j'y pense, moins je sais ce que je désire apporter d'unique à Pathor.</span></span></span></font></p><p style="text-align: justify;"><font size="4"><span style="font-size: 14px; line-height: 17px;"><span style="font-size: 13px; "><span style="font-size: 14px; ">- Tant que vous ne saurez pas ce que vous désirez, vous ne l'obtiendrez que par hasard. Au surplus, vous pensez trop. Quel était votre premier poste de PDG ?</span></span></span></font></p><p style="text-align: justify;"><font size="4"><span style="font-size: 14px; line-height: 17px;"><span style="font-size: 13px; "><span style="font-size: 14px; ">- Il y a</span></span><span style="font-size: 14px; "><span style="font-size: 13px; "><span style="font-size: 14px; "> quinze ans, chez Swen Corp (voir </span></span></span><span style="line-height: 15px; font-size: small; "><span style="font-size: 15px; "><a href="http://jlrichard.typepad.com/questionsdedirigeant/2009/11/le-secret-de-ron-swen.html" target="_blank"><span style="font-size: 13px; "><span style="font-size: 14px; ">cet article</span></span></a><span style="font-size: 13px; "><span style="font-size: 14px; ">), </span></span></span><span style="font-size: 15px; "><span style="font-size: 13px; "><span style="font-size: 14px; ">je dirigeais une filiale à Prague. 3000 personnes et des pertes, j'en ai bavé trois ans pour reconstruire tout ça.</span></span></span></span></span></font></p><p style="text-align: justify;"><font size="4"><span style="font-size: 14px; line-height: 17px;"><span style="line-height: 15px; font-size: small; "><span style="font-size: 15px; "><span style="font-size: 13px; "><span style="font-size: 14px; ">- Avec tout ce que vous avez travaillé sur vous depuis quinze ans, comment ça se passerait si vous deviez reprendre un tel poste ?</span></span></span></span></span></font></p><p style="text-align: justify;"><font size="4"><span style="font-size: 14px; line-height: 17px;"><span style="line-height: 15px; font-size: small; "><span style="font-size: 15px; "><span style="font-size: 13px; "><span style="font-size: 14px; ">- A l'époque je m'agitais comme un fou, je me demandais si j'étais bien à ma place. Si c'était à refaire, je serais serein. J'aurais confiance en ma puissance de leader. Je ne perdrais plus de temps à me rassurer et je me concentrerais sur l'essentiel. Mais dis-moi, Sophie, tu veux dire que je devrais revenir à un job de patron débutant pour sortir de ma cage ?</span></span></span></span></span></font></p><p style="text-align: justify;"><font size="4"><span style="font-size: 14px; line-height: 17px;"><span style="line-height: 15px; font-size: small; "><span style="font-size: 15px; "><span style="font-size: 13px; "><span style="font-size: 14px; ">- Vous en savez assez Georges. Vous me semblez mûr pour arrêter de vous mentir à vous-même. Restez vigilant sur votre identité professionnelle et sur l'image que vous vous faites de votre place et de votre puissance de dirigeant. Cela peut prendre un peu de temps pour vous mettre au clair entre vous et vous, mais ce temps-là construira votre liberté au lieu de vous enfermer.</span></span></span></span></span></font></p><p style="text-align: justify;"><font size="4"><span style="font-size: 14px; line-height: 17px;"><span style="line-height: 15px; font-size: small; "><span style="font-size: 15px; "><span style="font-size: 13px; "><span style="font-size: 14px; ">Sophie disparut avec un sourire qui remplit Georges de bonheur. Quoi de plus beau que le sourire d'une enfant ? Quand avait-il passé du temps à jouir ainsi de ce qu'il aimait ? De quelle liberté parlait Sophie ?</span></span></span></span></span></font></p><p style="text-align: justify;"><font size="4"><span style="font-size: 14px; line-height: 17px;"><span style="line-height: 15px; font-size: small; "><span style="font-size: 15px; "><span style="font-size: 13px; "><span style="font-size: 14px; ">Il lui revint une citation de son cours de philo : "Les libertés nous possèdent, la liberté d'aimer nous fait grandir".</span></span></span></span></span></font></p><p style="text-align: justify;"><font size="4"><span style="font-size: 14px; line-height: 17px;"><span style="line-height: 15px; font-size: small; "><span style="font-size: 15px; "><span style="font-size: 13px; "><span style="font-size: 14px; ">Qu'avait-il fait de sa liberté d'homme ? Comment avait-il pu oublier de travailler ce qu'il voulait imprimer de lui sur Pathor ? Pourquoi se voyait-il encore comme le dirigeant débordé qu'il avait été à 35 ans ? Quel face à face évitait-il avec ses désirs ?</span></span></span></span></span></font></p><p style="text-align: justify;"><font size="4"><span style="font-size: 14px; line-height: 17px;"><span style="line-height: 15px; font-size: small; "><span style="font-size: 15px; "><span style="font-size: 13px; "><span style="font-size: 14px; ">Ce soir-là, Georges ne parla à personne de son entrevue avec Sophie. Il prit rendez-vous avec lui-même. Il était temps.</span></span></span></span></span></font></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; "><span style="line-height: 15px; font-size: small; "><span style="font-size: 14px; "><span style="font-size: 14px; "><strong><br /></strong></span></span></span></span></p></div>
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        <title>Pourquoi faut-il pousser ses collaborateurs à exprimer leurs demandes ?</title>
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        <published>2010-02-19T18:03:40+01:00</published>
        <updated>2010-02-20T14:06:03+01:00</updated>
        <summary>Pourquoi faut-il pousser ses collaborateurs à exprimer leurs demandes ? 
Il y a deux types de collaborateurs. Ceux qui demandent en permanence et semble des perpétuels insatisfaits et ceux qui ne demandent jamais rien : les bons collaborateurs. 
Arrêtons nous sur ces derniers et faisons l’hypothèse raisonnable que s’ils de ne demandent rien ce n’est pas qu’ils n’ont rien à demander. Souvent, ils ont intégré que : « ça ne sert à rien de demander ». Les contraintes sont tellement intégrées par les acteurs que l’on renonce à demander à la hiérarchie de l’aide, des ressources ou simplement des requêtes personnelles. « On n’a pas le choix », est une vision bien intégrée.  
Le mécanisme de renoncement à la demande est en général lié à une anticipation : on n’exprime pas son point de vue car on suppose -à tort ou à raison- que l’on n’obtiendra pas ce que l’on attend. Chacun s’est approprié la nécessité de réduire les coûts et se met sous contrainte. Cette contrainte est soit répercutée sur les équipes, soit absorbée par le manager.  
Renoncer à demander a des conséquences de plusieurs ordres.
Le premier concerne les limites que l’on se donne. En ne demandant pas, on entretient la perception que tant que « ça tient », on peut continuer. Chacun fournit de plus en plus d’efforts, sans réellement en mesurer les effets. Plus il fait des efforts, plus cela lui semble logique d’en demander à son entourage. Tout le monde fonctionne ainsi à la limite de ses capacités avec un risque d’épuisement. Epuisement qui explique en grande partie cette impatience à vouloir sortir le plus tôt possible du système, d’où cette appétence pour la retraite anticipée ou le rêve rarement accompli de longues vacances au milieu de l’hiver.  
Ne pas demander a comme autre conséquence de dégrader la relation. On ressent un besoin, une difficulté que l’on ne partage pas. Une forme de non-dit apparaît donc dans la relation. D’un côté on peut laisser penser à l’autre que tout va bien. De l’autre, moins on s’exprime, plus on alimente un mécanisme psychologique qui projette sur l’autre des intentions. La relation finit ainsi par se fausser.  A force d’accumulation de non-dits, vient le moment où l’expression va se faire de façon agressive, et donc souvent irrecevable. 
Enfin, à ne pas demander, on génère un décalage en soi-même : entre ce que l’on dit et fait d’une part et ce que l’on pense et ressent d’autre part. Ce décalage est générateur de tension psychologique et de stress. A l’inverse, exprimer son besoin, le partager permet de réguler ses émotions et de se mettre en accord avec soi-même.  
Certes, me direz-vous, mais que faire de toutes ces demandes ? S’il est difficile d’accepter voire de provoquer les demandes, c’est à la perspective d’avoir  à refuser. On accepte volontiers que la demande puisse être libératrice pour l’autre, mais on voit souvent le refus comme embarrassant pour soi. Et dans la balance, la tentation de rester sur le statut quo du non dit a souvent plus de poids. 
Comme toujours, lorsqu’on est manager, c’est son propre comportement qu’il faut interroger et tenter de faire évoluer. Evidemment cela suppose quelques efforts mais quelle satisfaction de voir l’effet produit… sur les autres ! 
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            <name>jlrichard</name>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p><span style="font-size: 14px; "><strong><span style="font-weight: normal; line-height: 15px; font-size: small; "><a href="http://jlrichard.typepad.com/.a/6a00d834524f8d69e201310f1e027a970c-pi" style="float: left;"><img alt="GettyImages_85406404" class="asset asset-image at-xid-6a00d834524f8d69e201310f1e027a970c " src="http://jlrichard.typepad.com/.a/6a00d834524f8d69e201310f1e027a970c-120wi" style="margin: 0px 5px 5px 0px;" /></a></span><span style="color: #000000; "><span style="color: #000000; "><span style="color: #111111; ">Il y a deux types de collaborateurs.</span></span></span></strong></span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; "><strong><span style="color: #000000; "><span style="color: #111111; ">Ceux qui demandent en permanence et semblent de perpétuels insatisfaits et ceux qui ne demandent jamais rien : les bons collaborateurs.</span></span></strong></span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; "><strong><span style="color: #000000; "><span style="color: #111111; ">Arrêtons-nous sur ces derniers et faisons l'hypothèse que s'ils ne demandent rien, ce n'est pas qu'ils n'ont rien à demander.</span></span></strong></span></p><p><span style="font-size: 14px; "><strong><br /></strong></span></p><p><font size="4"><span style="font-size: 14px; line-height: 17px;"><strong><br /></strong></span></font></p><p /><p><span style="font-size: 14px; "><span style="font-family: Arial; "><em>Le point de vue d'Eric Albert, président de l'Ifas.</em></span><br /></span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; ">Souvent, ils ont intégré que « ça ne sert à rien de demander » et renoncent à demander à la hiérarchie de l’aide, des ressources ou simplement des requêtes personnelles. « On n’a pas le choix » est une vision répandue.</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; ">Ce mécanisme de renoncement est en général lié à une anticipation : on n’exprime pas son point de vue car on suppose -à tort ou à raison- que l’on n’obtiendra pas ce qu’on attend. Chacun s’est approprié la nécessité de réduire les coûts et s'est mis sous contrainte. Cette contrainte est soit répercutée sur les équipes, soit absorbée par le manager.  </span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; ">Or renoncer à demander a plusieurs conséquences.</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; ">La première concerne les limites que l’on se donne. En ne demandant pas, on entretient la perception que tant que « ça tient », on peut continuer. Chacun fournit de plus en plus d’efforts, sans réellement en mesurer les effets. Plus il fait des efforts, plus cela lui semble logique d’en demander à son entourage. Tout le monde fonctionne ainsi, à la limite de ses capacités, avec un risque d’épuisement. Epuisement qui explique en grande partie cette impatience à vouloir sortir le plus tôt possible du système, d’où cette appétence pour la retraite anticipée ou le rêve rarement accompli de longues vacances au milieu de l’hiver.  </span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; ">Ne pas demander a comme autre conséquence de dégrader la relation. On ressent un besoin, une difficulté que l’on ne partage pas. Une forme de non-dit s'installe. D’un côté, on peut laisser penser à l’autre que tout va bien. De l’autre, moins on s’exprime, plus on alimente un mécanisme psychologique qui projette sur l’autre des intentions. La relation finit ainsi par se fausser.  A force d’accumulation de non-dits, vient le moment où l’expression va se faire de façon agressive, et donc souvent irrecevable. </span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; ">Enfin, à ne pas demander, on génère un décalage en soi-même : entre ce que l’on dit et fait d’une part et ce que l’on pense et ressent d’autre part. Ce décalage est générateur de tension psychologique et de stress. A l’inverse, exprimer son besoin, le partager permet de réguler ses émotions et de se mettre en accord avec soi-même.  </span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; ">Certes, me direz-vous, mais que faire de toutes ces demandes ? S’il est difficile d’accepter, voire de provoquer les demandes, c’est à la perspective d’avoir  à refuser. On accepte volontiers que la demande puisse être libératrice pour l’autre, mais on voit souvent le refus comme embarrassant pour soi. Et dans la balance, la tentation de rester sur le statu quo du non-dit a souvent plus de poids. </span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; ">Comme toujours, lorsqu’on est manager, c’est son propre comportement qu’il faut interroger et tenter de faire évoluer. Evidemment cela suppose quelques efforts mais quelle satisfaction de voir l’effet produit… sur les autres !</span></p><p><span style="font-size: 14px; "><br /></span></p><p><span style="font-size: 14px; "><span style="line-height: 15px; font-size: small; "><strong><span style="font-size: 14px; font-family: Arial; "><span style="font-size: 14px; font-family: Arial; ">Eric Albert (ea@ifas.net) est Président de l'Ifas.<br /></span></span></strong></span></span></p><p style="text-align: justify; "><em><span style="font-size: 14px; font-family: Arial; "><span style="font-size: 14px; font-family: Arial; ">(cette chronique a été publiée dans Les Echos du mardi 9 février 2010)</span></span></em></p><p /></div>
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        <title>Quel puits serez-vous ?</title>
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        <published>2010-01-01T18:23:51+01:00</published>
        <updated>2011-10-24T19:21:00+02:00</updated>
        <summary>Il était une fois une ville habitée par des puits.

Des puits vivants, que seuls distinguaient leur emplacement et leur margelle.

Certains étaient magnifiques, avec des margelles en marbre incrusté de métaux précieux. Il y avait d'humbles puits, de briques et de bois. Quelques autres étaient de pauvres trous pelés qui s'ouvraient dans la terre.

(Ce conte, transmis par tradition orale, symbolise la chaîne de sagesse qui relie les hommes à travers les générations. Il me semble qu'il ouvre 2010 de belle manière. Jorge Bucay l'a reçu de l'abbé créole Mamerto Menapace, dans l'excellent ouvrage traduit par Nelly Lhermillier que vous trouverez ici)

La communication entre les habitants se faisait de margelle à margelle, de sorte que les nouvelles se répandaient rapidement d'un bout à l'autre de la ville.

Un jour arriva dans la cité une "mode" qui avait certainement vu le jour dans une localité humaine.

D'après ce nouveau concept, tout être vivant qui se respectait devait soigner beaucoup plus l'intérieur que l'extérieur. L'important n'était plus l'apparence, mais le contenu.

C'est ainsi que les puits décidèrent de se remplir d'objets.

Certains se remplissaient de bijoux, de pièces d'or et de pierres précieuses. D'autres, plus pratiques, d'appareils électroménagers ou électroniques. Quelques-uns, portés sur l'art, se remplirent de peintures, d'instruments de musique et de sculptures. Les intellectuels se remplirent de livres, de manifestes idéologiques ou de revues spécialisées.

Le temps passa.

La plupart des puits se remplirent à tel point qu'ils ne purent plus rien absorber. Beaucoup se résignèrent tandis que d'autres pensèrent qu'ils devaient continuer à faire entrer des objets dans leur intérieur.

L'un d'eux eut l'idée, au lieu de serrer son contenu, d'augmenter sa capacité en s'élargissant.

Il ne se passa pas longtemps avant que l'idée ne fût imitée. Les puits dépensaient toute leur énergie à s'élargir pour créer en eux plus d'espace. Un puits, petit et éloigné du centre de la ville, vit ses camarades grossir démesurément. Il pensa que, s'ils continuaient à s'enfler de la sorte, leurs bords allaient bientôt se confondre et chacun perdrait son identité.

C'est peut-être à partir de là que lui vint l'idée qu'une autre manière d'augmenter sa capacité était de grandir non pas en largeur, mais en hauteur. Devenir plus profond, pas plus étendu. Très vite, il se rendit compte que tout ce qu'il avait à l'intérieur l'empêchait de s'approfondir. S'il voulait réussir, il devait renoncer à son contenu.

Au début, il eu peur du vide. Puis, lorsqu'il sentit qu'il n'avait pas d'autre possibilité, c'est ce qu'il fit.

Vidé de ses possessions, il devint de plus en plus profond, tandis que d'autres s'emparaient des objets dont il s'allégeait.

Un jour, le puits qui grandissait de l'intérieur eut une grande surprise : tout au fond, il découvrit de l'eau !

Jamais aucun puits n'avait jusqu'alors trouvé d'eau.

Surmontant sa surprise, le puits se mit à jouer, humidifiant ses murs, éclaboussant ses bords et, enfin, sortant de l'eau à l'extérieur.

La ville n'avait jamais été arrosée que par la pluie, qui était rare. C'est ainsi que la terre qui bordait le puits, revivifiée par l'eau, s'éveilla peu à peu.

Les graines de ses entrailles jaillirent sous forme d'herbes, de trèfles, de fleurs et de petites pousses chétives qui devinrent des arbres.

La vie explosa de couleurs autour du puits éloigné, qu'on appela désormais "le Verger".

Tous lui demandaient comment il avait obtenu ce miracle.

"Il n'y a aucun miracle, répondait le Verger. Il vous faut chercher à l'intérieur, tout au fond."

Beaucoup voulurent suivre son exemple, mais abandonnèrent lorsqu'ils s'aperçurent que, pour gagner en profondeur, ils devaient d'abord se vider. Ils continuèrent à s'élargir davantage chaque jour pour se remplir d'un peu plus d'objets.

A l'autre bout de la ville, un autre puits décida à son tour de courir le risque de se vider.
Et lui aussi s'approfondit. Et l'eau arriva. Et il aspergea aussi l'extérieur, créant une deuxième oasis de verdure dans la ville.

"Que feras-tu lorsqu'il n'y aura plus d'eau ?" lui demandaient ses voisins.

"Je ne sais pas ce qui se passera, répondait-il. Mais, pour l'instant, plus je tire d'eau, plus il en vient."

Quelques mois passèrent avant la grande découverte.Un jour, presque par hasard, les deux puits constatèrent que l'eau qu'ils avaient trouvée au fond d'eux était la même. Que la même rivière souterraine qui passait par l'un inondait le fond de l'autre.

Ils se rendirent compte qu'une nouvelle vie s'ouvrait pour eux.

Non seulement ils pouvaient communiquer de margelle à margelle, superficiellement, comme tous les autres, mais leur recherche leur avait offert un nouveau point de contact : la communication profonde que seuls obtiennent entre eux ceux qui ont le courage de se vider de leur contenu pour chercher tout au fond de leur être ce qu'ils ont à donner.


La légende dit que le premier puits était "une" puits. Que le deuxième était "un". C'est ainsi, croient les anciens, que la première femme et le premier homme-ressource ont découvert au plus profond de leur être l'amour qu'ils ont partagé, le reste de leurs jours, avec leurs semblables.

Bonne année 2010 à toutes et à tous !</summary>
        <author>
            <name>jlrichard</name>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p style="text-align: justify;"><strong><span style="font-size: 14px;"><a href="http://jlrichard.typepad.com/.a/6a00d834524f8d69e20120a78a772a970b-pi" style="float: left;"><img alt="PuitsBlog" class="asset asset-image at-xid-6a00d834524f8d69e20120a78a772a970b " src="http://jlrichard.typepad.com/.a/6a00d834524f8d69e20120a78a772a970b-120wi" style="margin: 0px 5px 5px 0px;" /></a> Il était une fois une ville habitée par des puits.</span><span style="font-size: 14px;"><br /></span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="font-size: 14px;">Des puits vivants, que seuls distinguaient leur emplacement et leur margelle.</span><span style="font-size: 14px;"><br /></span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="font-size: 14px;">Certains resplendissaient de marbre et de métaux précieux. Il y avait d'humbles puits, de briques et de bois. D'autres s'ouvraient en terre comme de pauvres trous pelés.</span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>


<p style="text-align: justify;"><em><strong><span style="font-size: 14px;">(Ce conte, transmis par tradition orale, symbolise la chaîne de sagesse qui relie les hommes à travers les générations. Puisque diriger c'est aussi se reconnaître en charge d'âmes, il me semble qu'il ouvre cette nouvelle année de belle manière. </span><span style="font-size: 14px;">Jorge Bucay l'a reçu de l'abbé créole Mamerto Menapace</span><span style="font-size: 14px;">, dans l'excellent ouvrage traduit par Nelly Lhermillier que vous trouverez </span><span style="font-size: 14px;"><a href="http://www.amazon.fr/Je-suis-aujourdhui-lever-jour/dp/2266158651/ref=sr_1_2?ie=UTF8&amp;s=books&amp;qid=1261311609&amp;sr=1-2" target="_blank">ici</a>) </span></strong></em><strong><span style="font-size: 14px;"> </span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px;">La communication entre les habitants se faisait de margelle à margelle, de sorte que les nouvelles se répandaient rapidement d'un bout à l'autre de la ville.<br /></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px;">Un jour arriva dans la cité une "mode" qui avait vu le jour dans une localité humaine.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px;">D'après ce nouveau concept, tout être vivant qui se respectait devait soigner beaucoup plus l'intérieur que l'extérieur. L'important n'était plus l'apparence, mais le contenu.<br /></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px;">C'est ainsi que les puits décidèrent de se remplir d'objets.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px;">Certains se remplissaient de bijoux, de pièces d'or et de pierres précieuses. D'autres, plus pratiques, d'appareils électroménagers ou électroniques. Quelques-uns, portés sur l'art, choisirent des peintures, des instruments de musique et des sculptures.</span><span style="font-size: 14px;"> Les intellectuels accumulèrent des livres, des manifestes idéologiques ou des revues spécialisées.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px;">Le temps passa.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px;">La plupart des puits se remplirent à tel point qu'ils ne purent plus rien absorber. Beaucoup se résignèrent tandis que d'autres pensèrent qu'ils devaient continuer à faire entrer des objets dans leur intérieur.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px;">L'un d'eux eut l'idée, au lieu de serrer son contenu, d'augmenter sa capacité en s'élargissant.</span><span style="font-size: 14px;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px;">Il ne se passa pas</span><span style="font-size: 14px;"> longtemps avant que l'idée ne fût imitée. Les puits dépensaient toute leur énergie à s'élargir pour créer en eux plus d'espace. Un puits, petit et éloigné du centre de la ville, vit ses camarades grossir démesurément. Il pensa que, s'ils continuaient à s'enfler de la sorte, leurs bords allaient bientôt se confondre et chacun perdrait son identité.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px;">C'est</span><span style="font-size: 14px;"> peut-être à partir de là que lui vint l'idée qu'une autre manière d'augmenter sa capacité était de grandir non pas en largeur, mais en hauteur.</span><span style="font-size: 14px;"> Devenir plus profond, pas plus </span><span style="font-size: 14px;">étendu. Très vite, il se rendit compte que tout ce qu'il avait à l'intérieur l'empêchait de grandir. S'il voulait réussir, il devait renoncer à son contenu.<br /></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px;">Au début, il eu peur du vide. Puis, lorsqu'il sentit qu'il n'avait pas d'autre possibilité, c'est ce qu'il fit.<br /></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px;">Vidé de ses possessions, il devint de plus en plus profond, tandis que d'autres s'emparaient des objets dont il s'allégeait.<br /></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px;">Un jour, le puits qui grandissait de l'intérieur eut une grande surprise : tout au fond, il découvrit de l'eau !</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px;">Jamais aucun puits n'avait jusqu'alors trouvé d'eau.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px;">Surmontant sa surprise, le puits se mit à jouer, humidifiant ses murs, éclaboussant ses bords et sortant enfin de l'eau à l'extérieur.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px;">La ville n'avait jamais été arrosée que par la pluie, qui était rare. C'est ainsi que la terre qui bordait le puits, revivifiée par l'eau, s'éveilla peu à peu.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px;">Les graines de ses entrailles jaillirent sous forme d'herbes, de trèfles, de fleurs et de petites pousses chétives qui devinrent des arbres.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px;">La vie explosa de couleurs autour du puits éloigné, qu'on appela désormais "le Verger".</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px;">Tous lui demandaient comment il avait obtenu ce miracle.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px;"><span style="font-size: 14px;"> </span></span><span style="font-size: 14px;"><span style="font-size: 14px;">"Il n'y a aucun miracle, répondait le Verger. Il vous faut chercher à l'intérieur, tout au fond."</span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px;"><span style="font-size: 14px;">Beaucoup voulurent suivre son exemple, mais abandonnè</span></span><span style="font-size: 14px;" /><span style="font-size: 14px;"><span style="font-size: 14px;">rent lorsqu'ils s'aperçurent que, pour gagner en profondeur, ils devaient d'abord se vider. Ils continuèrent à s'élargir un peu plus chaque jour pour se remplir davantage d'objets.</span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px;" /><span style="font-size: 14px;">A l'autre bout de la ville, un autre puits décida à son tour de courir le risque de se vider.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px;"><span style="font-size: 14px;">Et lui aussi s'approfondit. Et l'eau arriva. Et il aspergea aussi l'extérieur, créant une deuxième oasis de verdure dans la ville.</span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px;"><span style="font-size: 14px;">"Que feras-tu lorsqu'il n'y aura plus d'eau ?" lui demandaient ses voisins.</span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px;"><span style="font-size: 14px;">"Je ne sais pas ce qui se passera, répondait-il. Mais, pour l'instant, plus je tire d'eau, plus il en vient."</span><br /></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px;"><span style="font-size: 14px;">Quelques mois passèrent avant la grande découverte.</span></span><span style="font-size: 15px;"><span style="font-size: 15px;"><span style="font-size: 14px;"><span style="font-size: 14px;">Un jour, </span>les deux puits constatèrent que l'eau qu'ils avaient trouvée au fond d'eux était la même. Que la même rivière souterraine qui passait par l'un inondait le fond de l'autre.</span></span><span style="font-size: 15px;" /></span></p>
<p><span style="font-size: 14px;"><span style="font-size: 15px;"><span style="font-size: 15px;"><span style="font-size: 14px;">Ils se rendirent compte qu'une nouvelle vie s'ouvrait pour eux.</span><br /></span></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 15px;" /><span style="font-size: 15px;">Non seulement ils pouvaient communiquer de margelle à margelle, superficiellement, comme tous les autres, mais leur recherche leur avait offert un nouveau point de contact : la communication profonde qu'obtiennent entre eux ceux qui ont le courage de se vider de leur contenu pour chercher tout au fond de leur être ce qu'ils ont à donner.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 15px;"><br /></span></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="font-size: 15px;"><em>La légende dit que le premier puits était "une" puits. Que le deuxième était "un". <br /></em></span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="font-size: 15px;"><em>C'est ainsi, croient les anciens, que la première femme et le premier homme-ressource ont découvert au plus profond de leur être l'amour qu'ils ont partagé, le reste de leurs jours, avec leurs semblables, rompant la chaîne des violences et de l'oubli de soi.<br /></em></span></strong></p>
<p style="font-size: 14px; text-align: justify;"><span style="font-size: 15px;"><strong><em>Bonne année à toutes et à tous !</em></strong><br /></span></p>
<p><span style="font-size: 15px;"><span style="font-size: 14px;" /></span></p></div>
</content>



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        <title>Le secret de Ron Swen</title>
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        <published>2009-11-26T15:49:59+01:00</published>
        <updated>2009-11-26T15:43:29+01:00</updated>
        <summary>Le tout Paris du pouvoir était suspendu au discours de remerciement de Ron Swen.

Le fondateur de Swen Corp jubilait. 45 ans de labeur, 160 000 collaborateurs dans 37 pays, son parcours était un exemple pour les patrons qui avaient répondu à son ultime invitation.

Il hésita un instant. Oui ? Non ? Trop tard pour lancer une pièce. Sa voix décida pour lui.

- J'ai décidé mes amis de vous faire un dernier cadeau. Voulez-vous connaître le secret de ma réussite ?

L'assistance retenait son souffle. Beaucoup, ce soir-là, auraient vendu leurs parents pour un tel secret. Le vieux Ron plaisantait-il ?

- Vous avez été nombreux, ici, à louer ma capacité à décider juste et bien. Chacun a son explication : mon courage, ma vision, mes réseaux ? Rien de ce que vous avez supposé. Depuis 45 ans, je m'en tiens au secret de réussite que m'a confié mon grand-père Nathan Swen. Quelqu'un pourrait-il me confier une pièce de monnaie ?

Un murmure parcouru la salle. Le ton grave de Ron excluait la plaisanterie. Vladimir Pavelic, le maître du gaz européen, s'avança.

- Tiens mon cher Ron, voici ma pièce fétiche de 5 roubles or du siècle de ton grand-père.

Ron prit la précieuse relique.

- Face à chacune de mes décisions, j'ai d'abord cherché l'évidence. Elle s'imposait souvent, de sorte que je n'avais pas le sentiment de vraiment décider. Mais chaque fois que l'évidence m'échappait et que mon avenir dépendait d'un difficile choix, je m'en suis remis à ceci.

La pièce vola. Ron plaqua l'effigie de l'empereur Nicolas II sur le dos de sa main.

- Oui, mes amis, pile ou face. Et je peux vous le dire, je m'y suis chaque fois tenu, je n'ai jamais dérogé à ma règle.

Les patrons du tout Paris étaient interdits. Chacun épiait la réaction de ses pairs. Comment accueillir un tel secret ? Le propriétaire des 5 roubles or, qui tenait à son bien, se crut obligé de rompre le silence.

- OK Ron, chapeau bas. Laisse-moi te poser une question d'homme à homme. Lorsqu'en 1965 tu as choisi, contre toute attente, de soutenir mon projet de gazoduc contre le monopole de l'époque que nous avons racheté, toi et moi, dix ans plus tard, ne me dis pas que tu as joué ma vie à pile ou face ?

Vladimir ne plaisantait pas. Il était à l'époque en très mauvaise posture, et, dans ce milieu, la vie d'un homme était une formalité.

Ron le regarda dans les yeux avec affection.

- Crois-tu vraiment Vladimir que, si j'avais décidé en homme sensé, tu serais encore en vie devant moi ?

Un brouhaha salua la démonstration. Vladimir était sidéré. Ainsi Ron disait vrai. Il tranchait ses dilemmes à pile ou face depuis 45 ans.

Ron Swen rendit sa pièce à Vladimir.

- Nous pouvons tous les deux célébrer notre chance.

Il se tourna une dernière fois vers ses amis.

- Je pourrais vous donner mille raisons qui font de mon secret le meilleur instrument de décision qu'un homme puisse souhaiter. Je préfère vous laisser chercher. Faites votre examen de conscience. Voyez ce qui vous a guidé chaque fois que vous avez fait de difficiles choix. Pesez bien ce qui était connu de vous et ce qui vous échappait. Ressentez quelles émotions vous agitaient. Demandez-vous qui tient les ficelles de la marionnette que vous êtes dans un système qui vous dépasse. Vous verrez quelle folie ce serait de prétendre décider plus juste, une vie durant, que la pièce qui attend au fond de votre poche.

Ce soir-là, le son des coupes de cristal fut plus feutré qu'à l'accoutumée. Quelques heures plus tard, le tout Paris de la puissance et de la gloire chercha longtemps le sommeil.

Qu'en pense votre grand-père ?</summary>
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            <name>jlrichard</name>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px;"><span style="font-size: 14px;"><strong><span style="font-size: 14px;"><a href="http://jlrichard.typepad.com/.a/6a00d834524f8d69e2012875df375d970c-pi" style="float: left;"><img alt="GettyImages_81267109-1" class="asset asset-image at-xid-6a00d834524f8d69e2012875df375d970c " src="http://jlrichard.typepad.com/.a/6a00d834524f8d69e2012875df375d970c-120wi" style="margin: 0px 5px 5px 0px;" /></a> Le tout Paris du pouvoir était suspendu au discours de remerciement de Ron Swen.</span></strong></span></span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px;"><span style="font-size: 14px;"><strong><span style="font-size: 14px;">Le fondateur de Swen Corp jubilait. 45 ans de labeur, 160 000 collaborateurs dans 37 pays, son parcours était un exemple pour les patrons qui avaient répondu à son ultime invitation.</span></strong></span></span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px;"><span style="font-size: 14px;"><strong><span style="font-size: 14px;">Il hésita un instant. Oui ? Non ? Trop tard pour lancer une pièce. Sa voix décida pour lui.</span></strong></span></span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px;"><span style="font-size: 14px;"><strong><span style="font-size: 14px;">- J'ai décidé mes amis de vous faire un dernier cadeau. Voulez-vous connaître le secret de ma réussite ?</span></strong></span></span></p><p /><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px;">L'assistance retenait son souffle. Beaucoup, ce soir-là, auraient vendu leurs parents pour un tel secret. Le vieux Ron plaisantait-il ?</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px;">- Vous avez été nombreux, ici, à louer ma capacité à décider juste et bien. Chacun y est allé de son explication : mon courage, mon bon sens, ma vision, mes réseaux ? Rien de ce que vous avez supposé. Depuis 45 ans, je m'en tiens au secret de réussite que m'a confié mon grand-père Nathan Swen. Quelqu'un pourrait-il me confier une pièce de monnaie ?</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px;">Un murmure parcouru la salle. Le ton grave de Ron excluait la plaisanterie. Vladimir Pavelic, le maître du gaz européen, s'avança.</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px;">- Tiens mon cher Ron, voici ma pièce fétiche de 5 roubles or du siècle de ton grand-père.</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px;">Ron prit la précieuse relique.</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px;">- Face à chacune de mes décisions, j'ai d'abord cherché l'évidence. Elle s'imposait souvent, de sorte que je n'avais pas le sentiment de vraiment décider. Mais chaque fois que l'évidence m'échappait et que mon avenir dépendait d'un difficile choix, je m'en suis remis à ceci.</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px;">La pièce vola. Ron plaqua le profil de l'empereur Nicolas II sur le dos de sa main.</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px;">- Oui, mes amis, pile ou face. Et je peux vous le dire, je m'y suis chaque fois tenu, je n'ai jamais dérogé à ma règle.</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px;">Les patrons du tout Paris étaient interdits. Chacun épiait la réaction de ses pairs. Comment accueillir un tel secret ? Le propriétaire des 5 roubles or, qui tenait à son bien, se crut obligé de rompre le silence.</span></p><p style="text-align: justify;"><font size="4"><span style="font-size: 14px; line-height: 17px;">- OK Ron, chapeau. Laisse-moi te poser une question d'homme à homme. Lorsqu'en 1965 tu as choisi, contre toute attente, de soutenir mon projet de gazoduc contre le monopole de l'époque que nous avons racheté, toi et moi, dix ans plus tard, ne me dis pas que tu as joué ma vie à pile ou face ?</span></font></p><p style="text-align: justify;"><font size="4"><span style="font-size: 14px; line-height: 17px;">Vladimir ne plaisantait pas. Il était à l'époque en très mauvaise posture, et, dans ce milieu, la vie d'un homme était une formalité.</span></font></p><p style="text-align: justify;"><font size="4"><span style="font-size: 14px; line-height: 17px;">Ron le fixa dans les yeux avec affection.</span></font></p><p style="text-align: justify;"><font size="4"><span style="font-size: 14px; line-height: 17px;">- Crois-tu vraiment Vladimir que, si j'avais décidé en homme sensé, tu serais encore en vie devant moi ?</span></font></p><p style="text-align: justify;"><font size="4"><span style="font-size: 14px; line-height: 17px;">Un brouhaha salua la démonstration. Vladimir était sidéré. Ainsi Ron disait vrai. Il tranchait ses dilemmes à pile ou face depuis 45 ans.</span></font></p><p style="text-align: justify;"><font size="4"><span style="font-size: 14px; line-height: 17px;">Ron Swen rendit sa pièce à Vladimir.</span></font></p><p style="text-align: justify;"><font size="4"><span style="font-size: 14px; line-height: 17px;">- Nous pouvons tous les deux célébrer notre chance.</span></font></p><p style="text-align: justify;"><font size="4"><span style="font-size: 14px; line-height: 17px;">Il se tourna une dernière fois vers ses amis.</span></font></p><p style="text-align: justify;"><font size="4"><span style="font-size: 14px; line-height: 17px;">- Je pourrais vous donner mille raisons qui font de mon secret le meilleur instrument de décision qu'un homme puisse souhaiter. Je préfère vous laisser chercher. Faites votre examen de conscience. Voyez ce qui vous a guidé chaque fois que vous avez fait de difficiles choix. Pesez bien ce qui était connu de vous et ce qui vous échappait. Ressentez quelles émotions vous agitaient. Demandez-vous à quoi tiennent les ficelles de la marionnette que vous êtes dans un système qui vous dépasse. Vous verrez quelle folie ce serait de prétendre décider plus juste, une vie durant, que la pièce qui attend au fond de votre poche.</span></font></p><p style="text-align: justify;"><font size="4"><span style="font-size: 14px; line-height: 17px;">Ce soir-là, le son des coupes de cristal fut plus feutré qu'à l'accoutumée. On n'entendit personne se vanter de ses exploits. L'attention que chacun portait aux propos de ses interlocuteurs était plus vive que jamais.<br /></span></font></p><p style="text-align: justify;"><font size="4"><span style="font-size: 14px; line-height: 17px;">Quelques heures plus tard, le tout Paris de la puissance et de la gloire chercha longtemps le sommeil.</span></font></p><p style="text-align: justify;"><font size="4"><span style="font-size: 14px; line-height: 17px;">Qu'en pense votre grand-père ?</span></font></p><p /></div>
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        <title>Quelle marge de manoeuvre pour le manager sous pression ?</title>
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        <published>2009-10-20T20:00:00+02:00</published>
        <updated>2010-02-19T16:15:22+01:00</updated>
        <summary>Quelle marge de manœuvre pour le manager sous-pression? 

Le moins que l’on puisse dire est que la pression ne diminue pas. Elle a même considérablement augmenté ces derniers mois avec la crise et rien ne nous permet de dire qu’elle va baisser dans les semaines à venir. Ces circonstances placent le manager dans une apparente double contrainte : agir vite et retrouver de la marge de manœuvre. Comment en ayant à décider rapidement peut-il en même temps trouver de nouvelles solutions, prendre du recul par rapport à la situation ? La question n’est pas tant le rythme de la décision ou de l’action. En effet, ne confondons pas rapidité et précipitation. On peut agir vite en prenant le temps de réfléchir. La difficulté majeure est liée à l’émotion produite par la situation. Plus nous sommes sous pression, plus nous avons d’émotions, plus nos automatismes se renforcent. Autrement dit, une forte charge émotionnelle tend à nous aiguiller sur nos tendances profondes plutôt qu’à nous ouvrir à de nouvelles solutions. Celui qui a tendance à éviter le risque réagira de façon réflexe pour se couvrir, celui qui a besoin de contrôler va reprendre les rênes en main de façon encore un peu plus serrée. La plupart du temps nous ne nous rendons pas compte que nous agissons en fonction de nos automatismes. Nous construisons un discours rationnel qui justifie nos façons d’agir. Ce discours a comme fonction principale de nous convaincre nous-mêmes de la justesse de ce que nous faisons ce qui renforce encore nos automatismes. 
Ces automatismes ne sont pas dénués d’efficacité. On les a choisit parce qu’ils permettaient de répondre de façon appropriée à différentes situations. Leur limite est que l’automatisme enferme plutôt que d’ouvrir sur la spécificité de la situation. Autrement dit nous trouvons immédiatement des similitudes entre la situation actuelle et ce qui est déjà connu mais nous ne voyons pas les différences. Or c’est justement ces différences qui doivent nous conduire ouvrir à de nouvelles solutions et de nouvelles manières d’agir. 
Rappelons que l’une des valeurs ajoutées première du manager est de trouver de la marge de manœuvre dans un contexte de contraintes. Il ne peut la trouver qu’en envisageant de faire autrement que ce qu’il a fait jusqu’à présent. La prise de recul est donc d’abord vis à vis de soi-même. Identifier son propre filtre émotionnel et comprendre en quoi il nous pousse dans nos « tendances naturelles », est essentiel pour pouvoir les dépasser et ne pas fonctionner en automatique. Outre cette vigilance sur soi, c’est sur les autres que l’on peut compter pour mieux manager sous la pression. Avant de prendre ses décisions, il faut les encourager à trouver des arguments qui iraient à l’encontre de ce vers quoi l’on tend. La pression est l’occasion de tester et d’améliorer notre souplesse tel le roseau de La Fontaine. 



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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 13px; font-family: Arial;" /><strong><span style="font-size: 14px; font-family: Arial;"><span style="font-size: 14px;"><span style="font-size: 15px;" /></span></span></strong><strong><span style="font-size: 14px;"><a href="http://jlrichard.typepad.com/.a/6a00d834524f8d69e20120a65a5f15970c-pi" style="float: left;"><img alt="EricAlbert" class="asset asset-image at-xid-6a00d834524f8d69e20120a65a5f15970c " src="http://jlrichard.typepad.com/.a/6a00d834524f8d69e20120a65a5f15970c-120wi" style="margin: 0px 5px 5px 0px;" /></a> Le moins que l’on puisse dire est que la pression ne diminue pas.</span></strong></p><p style="text-align: justify;"><strong><span style="font-size: 14px;">Elle a même considérablement augmenté, ces derniers mois, avec la crise et rien ne nous permet de dire qu’elle va baisser dans les semaines à venir.</span></strong></p><p style="text-align: justify;"><strong><span style="font-size: 14px;">Ces circonstances placent le manager dans une apparente double contrainte : agir vite et retrouver de la marge de manœuvre.</span></strong></p><p><strong><span style="font-size: 14px; font-family: Arial;"><span style="font-size: 14px;"><span style="font-size: 15px;" /></span></span></strong><span style="font-size: 13px;" /></p><span style="font-size: 14px;"><strong><span style="font-size: 14px;" /></strong></span><span style="font-size: 14px;">
</span>
<p><span style="font-size: 13px; font-family: Arial;" /><span style="font-size: 14px; font-family: Arial;"><em>Le point de vue d'Eric Albert, président de l'Ifas.<br /></em></span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px;"><span style="font-size: 14px;"><span style="font-size: 13px;"><span style="font-size: 14px;">Comment, en ayant à décider rapidement, peut-il en même temps trouver de nouvelles solutions et prendre du recul par rapport à la situation ? La question n’est pas tant le rythme de la décision ou de l’action. En effet, ne confondons pas rapidité et précipitation. On peut agir vite en prenant le temps de réfléchir. La difficulté majeure est liée à l’émotion produite par la situation. Plus nous sommes sous pression, plus nous avons d’émotions, plus nos automatismes se renforcent. <br /></span></span></span></span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px;"><span style="font-size: 14px;"><span style="font-size: 13px;"><span style="font-size: 14px;">Autrement dit, une forte charge émotionnelle tend à nous aiguiller sur nos tendances profondes plutôt qu’à nous ouvrir à de nouvelles solutions. Celui qui a tendance à éviter le risque réagira de façon réflexe pour se couvrir, celui qui a besoin de contrôler va reprendre les rênes en main de façon encore un peu plus serrée. La plupart du temps nous ne nous rendons pas compte que nous agissons en fonction de nos automatismes.</span></span></span></span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px;"><span style="font-size: 14px;"><span style="font-size: 13px;"><span style="font-size: 14px;">Nous construisons un discours rationnel qui justifie nos façons d’agir. Ce discours a comme fonction principale de nous convaincre nous-mêmes de la justesse de ce que nous faisons. Ce qui renforce encore nos automatismes.</span></span></span></span><span style="font-size: 14px;"> Ces automatismes ne sont pas dénués d’efficacité. On les a choisis parce qu’ils permettaient de répondre de façon appropriée à différentes situations. Leur limite est que l’automatisme enferme plutôt que d’ouvrir sur la spécificité de la situation.</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px;">Autrement dit, nous trouvons immédiatement des similitudes entre la situation actuelle et ce qui est déjà connu, mais nous ne voyons pas les différences. Or, c’est justement ces différences qui doivent nous conduire à nous ouvrir à de nouvelles solutions et de nouvelles manières d’agir. </span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px;"><span style="font-size: 14px;"><span style="font-size: 13px;"><span style="font-size: 14px;">Rappelons que l’une des valeurs ajoutées premières du manager est de trouver de la marge de manœuvre dans un contexte de contraintes. Il ne peut la trouver qu’en envisageant de faire autrement que ce qu’il a fait jusqu’à présent. La prise de recul est donc d’abord vis-à-vis de soi-même. Identifier son propre filtre émotionnel et comprendre en quoi il nous pousse dans nos « tendances naturelles » est essentiel pour pouvoir les dépasser et ne pas fonctionner en automatique.</span></span></span></span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px;"><span style="font-size: 14px;"><span style="font-size: 13px;"><span style="font-size: 14px;">Outre cette vigilance sur soi, c’est sur les autres que l’on peut compter pour mieux manager sous la pression. Avant de prendre ses décisions, il faut les encourager à trouver des arguments qui iraient à l’encontre de ce vers quoi l’on tend. La pression est l’occasion de tester et d’améliorer notre souplesse tel le roseau de La Fontaine</span></span></span></span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px;"><span style="font-size: 14px;"><span style="font-size: 13px;"><span style="font-size: 14px;"><br /> </span></span></span></span></p><span style="font-size: 14px;"><span style="font-size: 14px;"><span style="font-size: 13px;"><span style="font-size: 14px;" /></span></span></span><strong><span style="font-size: 14px; font-family: Arial;"><span style="font-size: 14px; font-family: Arial;">Eric Albert (ea@ifas.net) est Président de l'Ifas.<br /></span></span></strong><p style="text-align: justify;"><em><span style="font-size: 14px; font-family: Arial;"><span style="font-size: 14px; font-family: Arial;">(cet article a été publié dans Les Echos du mardi 20 octobre 2009)</span></span></em></p></div>
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        <title>Sophie découvre l'usure</title>
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        <published>2009-10-07T14:29:23+02:00</published>
        <updated>2010-03-28T13:18:06+02:00</updated>
        <summary>L'huissier regretta son amabilité pour le Yogi qui venait de sortir. Le maître des lieux était allongé sur la moquette et respirait faiblement.

- Bonjour Monsieur le Président !

Rouge de confusion, l'homme se redressa.

- Euh, bonjour, oui, je ne t'ai pas entendue entrer. Tu es Sophie ?

- Que puis-je faire pour vous ?

(Résumé des 14 épisodes précédents : la jeune Sophie poursuit sa découverte du monde de l'entreprise... Ses aventures vous attendent ici)

- Tu dois t'en douter ?

- Aucune idée. Jean-Benoît m'a dit qu'un de ses vieux amis avait besoin d'un coup de main, j'ai rangé ma trousse et me voici.

- Bon, au moins tu n'as pas été polluée par le battage médiatique. Voilà ce qui se passe. Tu sais que je suis le président de Shtonc.

- Oui, vous faites dans les nouvelles technologies je crois.

- J'aimerais bien, mais c'est pas le sujet. Figure-toi qu'un certain nombre de mes collaborateurs ont eu la très mauvaise idée de se suicider.

- Tous ensemble ?

- Non, un par un, c'est déjà suffisant. Il parait que je ne dois pas le dire, mais ils sont un ou deux sur 100000 par mois à en venir à cette douloureuse extrémité, c'est pile poil la statistique moyenne en France.

- En quoi cela vous concerne-t-il ?

Le président poussa un soupir de soulagement. Le bon sens d'une gamine, voilà ce qui faisait défaut dans cette société de zombies.

- Je suis heureux de t'entendre poser la question. C'est bien ce que j'ai demandé quand on m'en a parlé. Tu ne peux imaginer la horde de gens irréprochables qui me sont tombés dessus : les syndicats, les journalistes, les ministres, mon charcutier, ma femme...

- Votre femme, ça, c'est sérieux.

- En attendant, c'est les autres qui sont lourds. Ce qu'ils disent, c'est que ces suicides sont le cri de souffrance des salariés de Shtonk que leur hiérarchie refuse d'entendre.

- Et pour le reste de la population, les mêmes suicides exprimeraient quoi ?

- Je ne te le fais pas dire : quand c'est pas chez Shtonk, le suicide est une souffrance personnelle, et quand c'est ici, c'est pour ma pomme. Tu crois que tu peux me tirer de là ?

- Faut voir, vous connaissez mes tarifs ?

Le président sortit une énorme boîte de chocolats.

- C'est du Fauchon, à deux pas d'ici, les meilleurs.

Sophie goûta et s'extasia.

- Un homme qui achète d'aussi bons chocolats ne peut pas être tout à fait perdu. Allons-y !

- J'ai déjà consulté les meilleurs experts de Paris, veux-tu savoir ce que j'en ai retiré ?

- Pourquoi pas, ça me donnera le temps de savourer. Se sont pas moqué de vous, chez Fauchon.

- Quinze RV, douze réunions avec les plus grands noms de la sociologie, des ressources humaines et de la psychiatrie. Rien, Sophie, rien. Peau de zébu. Du vent.

- Qu'en attendiez-vous ?

- Euh, je sais pas ?

- Si vous n'en attendiez rien, le contrat est rempli. Supposons que tout se passe au mieux, vous faites face à cette situation mieux qu'aucun autre patron, tout roule, décrivez-moi la situation qui en résulte.

- Voyons, si tout se passe au mieux, j'ai honte de le dire, mais il y aura toujours des suicides chez Shtonk pour d'obscures raisons. Par contre, plus personne ne dénoncera les conditions de travail dans l'entreprise, en commençant par les malheureux qui se suppriment.

- Si tout se passe au mieux, qu'est ce qui aura changé dans ce que vous ressentez ?

- Je n'aurai plus cette trouille d'aller travailler le matin. Je suis fatigué. J'ai peur que tout ça me nuise.

- Qu'est-ce qui s'amenuise ?

- Mais Sophie, c'est moi qui m'amenuise ! Regarde-moi. Je suis vouté, plié en deux, recroquevillé, je ne suis plus que l'ombre de moi-même. J'ai perdu 3 kg en 3 semaines. Au rythme actuel, dans 87 semaines, je ne serai plus de ce monde.

- Ca nous laisse un peu de temps. Qu'y a-t-il de commun entre ce que vous ressentez et ce que ressent l'un de vos collaborateurs qui se plaint de ses conditions de travail ?

- Je reconnais que j'ai la meilleure place, mais ce qui me vient c'est que, moi comme lui, nous nous usons à notre tâche. Nous donnons tout pour travailler, jusqu'à notre santé. La performance de Shtonk dans ce monde impitoyable est à ce prix.

- Pourquoi serait-il équitable de consommer son corps pour vivre ?

- Euh, c'est ce que tout le monde fait, plus ou moins ?

- Dans ce cas, vous approuvez qu'un homme en bonne santé puisse vendre un de ses reins pour nourrir sa famille ?

- Ca n'a rien à voir. Dans un cas, cet homme se mutile moyennant finances, c'est abject. Chez Shtonk, nous travaillons très dur, nous nous donnons corps et âme, pour, euh, pour... pour être payé aussi je te le concède...

- Comment tout cela pourrait-il se passer autrement ?

- Avec la crise, Sophie, il n'y a pas d'autre solution !

- Pourquoi le travail userait-il ?

- Mais le travail a toujours usé ! Tripalium, torture, le travail est souffrance ! Labeur, usure et sacrifice des corps !

- Le sportif qui s'entraine, il souffre aussi. D'après vous, il s'use ou il se fortifie ?

- C'est pas comparable. Travailler, c'est se consumer au boulot, je ne vois pas d'autre possibilité. C'est bien pour me préserver que j'ai tout fait pour grimper tout en haut de l'échelle.

- Vous avez réussi ?

- Je me suis aperçu trop tard que plus je montais, moins je vivais. Mais où est le rapport avec mes désespérés du boulot?

- C'est à vous de le trouver.

- Peut-être que si le travail chez Shtonk était moins usant on ne monterait pas en épingle ces suicides, en effet. Mais c'est impossible, l'avenir de Shtonk est à ce prix.

- C'est une obsession. Avez-vous un jour rencontré quelqu'un qui se fortifiait en travaillant ?

- Oui, bien sûr. Je me souviens de ce cordonnier chez qui ma mère m'emmenait dans les années 50. Son échoppe sentait l'huile et la sueur. Ma mère me déchaussait, puis nous le regardions oeuvrer. Après quelques minutes il nous tendait le fruit de son labeur avec un sourire qui en disait long. Son travail, il en était fier, il s'en nourrissait, dans tous les ses du terme. Nous étions tous les trois ravis.

- Qui correspondrait à ce cordonnier, chez Shtonk ?

- Plus personne. Nous nous agitons dans le virtuel pour un client que plus personne ne connait, et aucun de nous ne livre son travail avec la pointe de fierté de mon cordonnier.

- Votre salarié de base, pour qui travaille-t-il ?

- Pour son hiérarchique.

- Et qu'est-ce qui pourrait se passer, entre eux deux, qui rendrait leur travail fortifiant ?

- Un peu de ce qui se passait entre ma mère et le cordonnier ? Une vraie relation, de l'écoute, de la reconnaissance de chacun par l'autre, mais comment veux-tu qu'on trouve le temps Sophie ?

- Vous voulez dire un peu d'amour ?

- Fadaises Sophie ! L'amour et le travail n'ont rien, mais alors rien à voir.

- Vous débarquez sur une ile déserte, seulement vous et une femme que vous n'avez jamais rencontrée auparavant. Vous travaillez des semaines à vous construire votre vie commune : un abri, de quoi boire, de quoi manger, de quoi vous défendre, des signaux visibles de la mer... cela vous prend tout votre temps, vous y mettez tout votre coeur, chacun avec ses moyens, sa force ou son ingéniosité.

- Où veux-tu en venir ?

- Au terme du premier mois vous pouvez enfin vous reposer, fiers de votre oeuvre commune. C'est votre première soirée paisible, la lune est pleine, vous êtes heureux de jouir du fruit de votre travail. Que va-t-il se passer, cette nuit, entre vous deux ?

- Je te vois venir, nous allons commencer à nous aimer ?

- Commencer ? Parce qu'un mois de labeur à deux sur une ile déserte, ce n'est pas s'aimer depuis déjà plusieurs semaines ?

Le président de Shtonc resta pensif. Se pourrait-il que...

- Ton histoire d'usure, ce serait comme le crédit ? On pourrait prêter la bonne somme au bon taux pour aider l'autre à construire, ou prêter trop et à taux usuraire sans s'inquiéter de le faire couler ?

- Pourquoi pas ? Je suppose que, quoi qu'on fasse à deux, c'est l'intention qui donne le ton.

- Tu voudrais me faire dire qu'il suffirait de travailler en aimant l'autre pour que le travail n'use plus, et même pour qu'il rende chacun plus fort et plus heureux ?

- Travailler, c'est mettre son corps en jeu, et si chacun respecte le corps de l'autre, le ressortir grandi.

- Mes suicidés obéiraient-ils à cette injonction de Shtonk de nier leur corps de travailleur ?

- Je crois que vous en savez assez, je vais vous laisser.

- Reste un peu, Sophie, ça commence à me questionner tout ça. En t'écoutant, je crois bien n'avoir jamais travaillé avec amour, ça se soigne ?

- Vous travaillez bien pour nourrir votre famille, c'est pas de l'amour, ça ?

- Euh, ton histoire d'ile déserte, Sophie, tu crois que...

- Votre ile est ici, c'est chez vous Shtonc, tout reste à faire, bon courage !

Le président resta seul. Il se sentait soulagé. Pour la première fois de sa vie, il se surpris à imaginer que travailler était peut-être un acte sacré, tout comme aimer. Un lien constructeur à l'autre.

L'ile déserte était là. D'abord assurer l'abri. Il était temps qu'il répare son toit, la maison en valait la peine. Il appela son assistante.

- Hélène, libérez tout mon agenda de ce qui peut attendre. Prenez-moi des rendez-vous en tête-à-tête avec nos 20 plus hauts cadres et avec 30 collaborateurs pris au hasard sur le terrain. Oui, en tête-à-tête, j'ai besoin de sentir avec qui je travaille dans cette baraque.

Le sourire radieux d'Hélène fut, ce soir là, la récompense de son travail.</summary>
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            <name>jlrichard</name>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p><a href="http://jlrichard.typepad.com/.a/6a00d834524f8d69e20120a5c39bba970b-pi" style="float: left;"><img alt="UsureSophie" class="asset asset-image at-xid-6a00d834524f8d69e20120a5c39bba970b " src="http://jlrichard.typepad.com/.a/6a00d834524f8d69e20120a5c39bba970b-120wi" style="margin: 0px 5px 5px 0px;" /></a> <strong><p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: normal; "><strong><span style="font-size: 14px;"><span style="font-size: 14px;">L'huissier regretta son amabilité pour le Yogi qui venait de sortir. Le maître des lieux était allongé sur la moquette et respirait faiblement.</span></span></strong></span><br /></p></strong></p><p style="text-align: justify;"><strong><span style="font-size: 14px;"><span style="font-size: 14px;">- Bonjour Monsieur le Président !</span></span></strong></p><p style="text-align: justify;"><strong><span style="font-size: 14px;"><span style="font-size: 14px;" /><span style="font-size: 14px;">Rouge de confusion, l'homme se redressa.</span><span style="font-size: 14px;"><br /></span></span></strong></p><p style="text-align: justify;"><strong><span style="font-size: 14px;"><span style="font-size: 14px;">- Euh, bonjour, oui, je ne t'ai pas entendue entrer. Tu es Sophie ?</span></span></strong></p><p style="text-align: justify;"><strong><span style="font-size: 14px;"><span style="font-size: 14px;">- Que puis-je faire pour vous ?</span></span></strong></p><p /><p>
</p>
<p style="font-family: Arial;"><span style="word-spacing: 0px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;"><strong>(Résumé
des
15 épisodes précédents : la jeune Sophie poursuit sa découverte du monde de l'entreprise... Ses aventures vous
attendent<span class="Apple-converted-space"> </span></strong><a href="http://jlrichard.typepad.com/questionsdedirigeant/sophie/" style="cursor: pointer; color: blue; text-decoration: underline;" target="_blank"><strong>ici</strong></a><strong>)</strong></span></p><p style="text-align: justify;">- Tu dois t'en douter ?</p><p style="text-align: justify;">- Aucune idée. Jean-Benoît m'a dit qu'un de ses vieux amis avait besoin d'un coup de main, j'ai rangé ma trousse et me voici.</p><p style="text-align: justify;">- Bon, au moins tu n'as pas été polluée par le battage médiatique. Voilà ce qui se passe. Tu sais que je suis le président de Shtonc.</p><p style="text-align: justify;">- Oui, vous faites dans les nouvelles technologies je crois.</p><p style="text-align: justify;">- J'aimerais bien, mais c'est pas le sujet. Figure-toi qu'un certain nombre de mes collaborateurs ont eu la très mauvaise idée de se suicider.</p><p style="text-align: justify;">- Tous ensemble ?</p><p style="text-align: justify;">- Non, un par un, c'est déjà suffisant. Il parait que je ne dois pas le dire, mais ils sont un ou deux sur 100000 par mois à en venir à cette douloureuse extrémité, c'est pile poil la statistique moyenne en France.</p><p style="text-align: justify;">- En quoi cela vous concerne-t-il ?</p><p style="text-align: justify;">Le président poussa un soupir de soulagement. Le bon sens d'une gamine, voilà ce qui faisait défaut dans cette société de zombies.</p><p style="text-align: justify;">- Je suis heureux de t'entendre poser la question. C'est bien ce que j'ai demandé quand on m'en a parlé. Tu ne peux imaginer la horde de gens irréprochables qui me sont tombés dessus : les syndicats, les journalistes, les ministres, mon charcutier, ma femme...</p><p style="text-align: justify;">- Votre femme, ça, c'est sérieux.</p><p style="text-align: justify;">- En attendant, c'est les autres qui sont lourds. Ce qu'ils disent, c'est que ces suicides sont le cri de souffrance des salariés de Shtonk que leur hiérarchie refuse d'entendre.</p><p style="text-align: justify;">- Et pour le reste de la population, les mêmes suicides exprimeraient quoi ?</p><p style="text-align: justify;">- Je ne te le fais pas dire : quand c'est pas chez Shtonk, le suicide est une souffrance personnelle, et quand c'est ici, c'est pour ma pomme. Tu crois que tu peux me tirer de là ?</p><p style="text-align: justify;">- Faut voir, vous connaissez mes tarifs ?</p><p style="text-align: justify;">Le président sortit une énorme boîte de chocolats.</p><p style="text-align: justify;">- C'est du Fauchon, à deux pas d'ici, les meilleurs.</p><p style="text-align: justify;">Sophie goûta et s'extasia.</p><p style="text-align: justify;">- Un homme qui achète d'aussi bons chocolats ne peut pas être tout à fait perdu. Allons-y !</p><p style="text-align: justify;">- J'ai déjà consulté les meilleurs experts de Paris, veux-tu savoir ce que j'en ai tiré ?</p><p style="text-align: justify;">- Pourquoi pas, ça me donnera le temps de savourer. Se sont pas moqués de vous, chez Fauchon.</p><p style="text-align: justify;">- Quinze RV, douze réunions avec les plus grands noms de la sociologie, des ressources humaines et de la psychiatrie. Rien, Sophie, rien. Peau de zébu. Du vent.</p><p style="text-align: justify;">- Qu'en attendiez-vous ?</p><p style="text-align: justify;">- Euh, je sais pas ?</p><p style="text-align: justify;">- Si vous n'en attendiez rien, le contrat est rempli. Supposons que tout se passe au mieux, vous faites face à cette situation mieux qu'aucun autre patron, tout roule, décrivez-moi la situation qui en résulte.</p><p style="text-align: justify;">- Voyons, si tout se passe au mieux, j'ai honte de le dire, mais il y aura toujours des suicides chez Shtonk pour d'obscures raisons. Par contre, plus personne ne dénoncera les conditions de travail dans l'entreprise, en commençant par les malheureux qui se suppriment.</p><p style="text-align: justify;">- Si tout se passe au mieux, qu'est ce qui aura changé dans ce que vous ressentez ?</p><p style="text-align: justify;">- Je n'aurai plus cette trouille d'aller travailler le matin. Je suis fatigué. J'ai peur que tout ça me nuise.</p><p style="text-align: justify;">- Qu'est-ce qui s'amenuise ?</p><p style="text-align: justify;">- Mais Sophie, c'est moi qui m'amenuise ! Regarde-moi. Je suis vouté, plié en deux, recroquevillé, je ne suis plus que l'ombre de moi-même. J'ai perdu 3 kg en 3 semaines. Au rythme actuel, dans 87 semaines, je ne serai plus de ce monde.</p><p style="text-align: justify;">- Ca nous laisse un peu de temps. Qu'y a-t-il de commun entre ce que vous ressentez et ce que ressent l'un de vos collaborateurs qui se plaint de ses conditions de travail ?</p><p style="text-align: justify;">- Je reconnais que j'ai la meilleure place, mais ce qui me vient c'est que, moi comme lui, nous nous usons à notre tâche. Nous donnons tout pour travailler, jusqu'à notre santé. La performance de Shtonk dans ce monde impitoyable est à ce prix.</p><p style="text-align: justify;">- Pourquoi serait-il équitable de consommer son corps pour vivre ?</p><p style="text-align: justify;">- Euh, c'est ce que tout le monde fait, plus ou moins ?</p><p style="text-align: justify;">- Dans ce cas, vous approuvez qu'un homme en bonne santé puisse vendre un de ses reins pour nourrir sa famille ?</p><p style="text-align: justify;">- Ca n'a rien à voir. Dans un cas, cet homme se mutile moyennant finances, c'est abject. Chez Shtonk, nous travaillons très dur, nous nous donnons corps et âme, pour, euh, pour... pour être payé aussi je te le concède...</p><p style="text-align: justify;">- Comment tout cela pourrait-il se passer autrement ?</p><p style="text-align: justify;">- Avec la crise, Sophie, il n'y a pas d'autre solution !</p><p style="text-align: justify;">- Pourquoi le travail userait-il ?</p><p style="text-align: justify;">- Mais le travail a toujours usé ! Tripalium, torture, le travail est souffrance ! Labeur, usure et sacrifice des corps !</p><p style="text-align: justify;">- Le sportif qui s'entraine, il souffre aussi. D'après vous, il s'use ou il se fortifie ?</p><p style="text-align: justify;">- C'est pas comparable. Travailler, c'est se consumer au boulot, je ne vois pas d'autre possibilité. C'est bien pour me préserver que j'ai tout fait pour grimper tout en haut de l'échelle.</p><p style="text-align: justify;">- Vous avez réussi ?</p><p style="text-align: justify;">- Je me suis aperçu trop tard que plus je montais, moins je vivais. Mais où est le rapport avec mes désespérés du boulot?</p><p style="text-align: justify;">- C'est à vous de le trouver.</p><p style="text-align: justify;">- Peut-être que si le travail chez Shtonk était moins usant on ne monterait pas en épingle ces suicides, en effet. Mais c'est impossible, l'avenir de Shtonk est à ce prix.</p><p style="text-align: justify;">- C'est une obsession. Avez-vous un jour rencontré quelqu'un qui se fortifiait en travaillant ?</p><p style="text-align: justify;">- Oui, bien sûr. Je me souviens de ce cordonnier chez qui ma mère m'emmenait dans les années 50. Son échoppe sentait l'huile et la sueur. Ma mère me déchaussait, puis nous le regardions oeuvrer. Après quelques minutes il nous tendait le fruit de son labeur avec un sourire qui en disait long. Son travail, il en était fier, il s'en nourrissait, dans tous les sens du terme. Nous étions tous les trois ravis.</p><p style="text-align: justify;">- Qui correspondrait à ce cordonnier, chez Shtonk ?</p><p style="text-align: justify;">- Plus personne. Nous nous agitons dans le virtuel pour un client que plus personne ne connait, et aucun de nous ne livre son travail avec la pointe de fierté de mon cordonnier.</p><p style="text-align: justify;">- Votre salarié de base, pour qui travaille-t-il ?</p><p style="text-align: justify;">- Pour son hiérarchique.</p><p style="text-align: justify;">- Et qu'est-ce qui pourrait se passer, entre eux deux, qui rendrait leur travail fortifiant ?</p><p style="text-align: justify;">- Un peu de ce qui se passait entre ma mère et le cordonnier ? Une vraie relation, de l'écoute, de la reconnaissance de chacun par l'autre, mais comment veux-tu qu'on trouve le temps Sophie ?</p><p style="text-align: justify;">- Vous voulez dire un peu d'amour ?</p><p style="text-align: justify;">- Fadaises Sophie ! L'amour et le travail n'ont rien, mais alors rien à voir.</p><p style="text-align: justify;">- Vous débarquez sur une ile déserte, seulement vous et une femme que vous n'avez jamais rencontrée auparavant. Vous travaillez des semaines à vous construire votre vie commune : un abri, de quoi boire, de quoi manger, de quoi vous défendre, des signaux visibles de la mer... cela vous prend tout votre temps, vous y mettez tout votre coeur, chacun avec ses moyens, sa force ou son ingéniosité.</p><p style="text-align: justify;">- Où veux-tu en venir ?</p><p style="text-align: justify;">- Au terme du premier mois vous pouvez enfin vous reposer, fiers de votre oeuvre commune. C'est votre première soirée paisible, la lune est pleine, vous êtes heureux de jouir du fruit de votre travail. Que va-t-il se passer, cette nuit, entre vous deux ?</p><p style="text-align: justify;">- Je te vois venir, nous allons commencer à nous aimer ?</p><p style="text-align: justify;">- Commencer ? Parce qu'un mois de labeur à deux sur une ile déserte, ce n'est pas s'aimer depuis déjà plusieurs semaines ?</p><p style="text-align: justify;">Le président de Shtonc resta pensif. Se pourrait-il que...</p><p style="text-align: justify;">- Ton histoire d'usure, ce serait comme le crédit ? On pourrait prêter la bonne somme au bon taux pour aider l'autre à construire, ou prêter trop et à taux usuraire sans s'inquiéter de le faire couler ?</p><p style="text-align: justify;">- Pourquoi pas ? Je suppose que, quoi qu'on fasse à deux, c'est l'intention qui donne le ton.</p><p style="text-align: justify;">- Tu voudrais me faire dire qu'il suffirait de travailler en aimant l'autre pour que le travail n'use plus, et même pour qu'il rende chacun plus fort et plus heureux ?</p><p style="text-align: justify;">- Travailler, c'est mettre son corps en jeu, et si chacun respecte le corps de l'autre, le ressortir grandi.</p><p style="text-align: justify;">- Mes suicidés obéiraient-ils à cette injonction de Shtonk de nier leur corps de travailleur ?</p><p style="text-align: justify;">- Je crois que vous en savez assez, je vais vous laisser.</p><p style="text-align: justify;">- Reste un peu, Sophie, ça commence à me questionner tout ça. En t'écoutant, je crois bien n'avoir jamais travaillé avec amour, ça se soigne ?</p><p style="text-align: justify;">- Vous travaillez bien pour nourrir votre famille, c'est pas de l'amour, ça ?</p><p style="text-align: justify;">- Euh, ton histoire d'ile déserte, Sophie, tu crois que...</p><p style="text-align: justify;">- Votre ile est ici, c'est chez vous Shtonc, tout reste à faire, bon courage !</p><p style="text-align: justify;">Le président resta seul. Il se sentait soulagé. Pour la première fois de sa vie, il se surpris à imaginer que travailler était peut-être un acte sacré, tout comme aimer. Un lien constructeur à l'autre.</p><p style="text-align: justify;">L'ile déserte était là. D'abord assurer l'abri. Il était temps qu'il répare son toit, la maison en valait la peine. Il appela son assistante.</p><p style="text-align: justify;">- Hélène, libérez tout mon agenda de ce qui peut attendre. Prenez-moi des rendez-vous en tête-à-tête avec nos 20 plus hauts cadres et avec 30 collaborateurs pris au hasard sur le terrain. Oui, en tête-à-tête, j'ai besoin de sentir avec qui je travaille dans cette baraque.</p><p style="text-align: justify;">Le sourire radieux d'Hélène fut, ce soir là, la récompense de son travail.</p></div>
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        <title>Bonus, la fable du talent et la réalité de la névrose</title>
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        <published>2009-10-03T12:53:10+02:00</published>
        <updated>2009-10-03T12:20:56+02:00</updated>
        <summary>Bonus, la fable du talent et la réalité de la névrose

Les bonus dans la finance servent-ils effectivement à « attirer et retenir les meilleurs talents » ? Une baisse des rémunérations entraînerait-elle une irrémédiable fuite des cerveaux ? L’argent est-il le garant de la compétence ? Ces affirmations péremptoires ne résistent pas à l’analyse. Tout d’abord, comment affirmer que des bonus plus élevés garantissent un plus haut niveau de professionnalisme, alors qu’il suffit d’observer que ce sont les banquiers supposés les plus talentueux – en tous cas ceux qui gagnaient le plus – qui ont majoritairement contribué à l’effondrement du système financier ? Les traders de Lehman Brothers comptaient parmi les stars de leur profession.
L’observation des choix de carrière à la sortie des grandes écoles constitue un deuxième contre argument. En effet, les jeunes diplômés qui s’orientent vers les métiers de la finance de marché ne sont pas nécessairement les meilleurs, mais plutôt ceux qui tiennent absolument à démontrer qu’ils le sont (ce qui, le plus souvent, est le signe qu’ils ne le sont justement pas). Plus touchés que leurs camarades de promotion par le syndrome du bon élève, ils cherchent absolument à montrer de quoi ils sont capables et voient les bonus comme autant de bonnes notes leur permettant de se classer au sein d’une vaste hiérarchie internationale.
En fait, les bonus procèdent d’un mode pervers de gestion des ressources humaines – que les banques savent parfaitement utiliser – qui consiste à sélectionner un profil particulier d’individus, ceux qui présentent un mélange détonnant de complexe de supériorité et de besoin de reconnaissance, que l’on place dans une situation où ils doivent constamment faire leurs preuves.
Pour un trader, le plus important n’est pas le montant absolu de sa rémunération, mais son montant relatif. Il veut avant tout gagner plus que les autres, ce qui le rassure sur sa propre valeur (le raisonnement est d’ailleurs le même pour tous ceux dont la rémunération est publique, grands patrons ou sportifs de haut niveau). Or, les psychologues ont démontré que l’on n’accroît pas la motivation d’un individu par le montant absolu de sa rétribution, mais plutôt par l’augmentation qu’on lui promet ou par le différentiel avec ce que gagnent ses pairs. Non seulement celui qui gagne 20 000 euros par mois n’est pas plus motivé que celui qui gagne 5 000, mais plus le montant est élevé, plus l’intérêt pour la tâche s’émousse (il est remplacé par l’intérêt pour la récompense) et plus la responsabilisation s’étiole (l’implication s’efface devant la compétition). Une expérience fameuse dans les business schools américaines consiste à demander à de jeunes diplômés s’ils préfèrent gagner 50 000 là où tous leurs camarades de promotion gagneront 40 000, ou bien 90 000 si tous les autres gagnent 100 000. Ils préfèrent majoritairement la première solution.
Parions que si toutes les rémunérations des traders étaient brutalement divisées par dix, cela ne changerait pas grand-chose à leur motivation, ni à leur performance, à condition de maintenir entre eux suffisamment de différences pour alimenter leur course éperdue à la reconnaissance. Ce n’est donc certainement pas un plafonnement des bonus qu’il faut décréter, car cela écraserait les écarts. Le plus subtil serait peut-être de maintenir les rémunérations actuelles – aussi délirantes soient-elles – mais de les taxer à 90 %. Les traders pourraient ainsi continuer à alimenter la névrose qui les stimule, mais le coût pour la collectivité serait dix fois moindre.

Frédéric Fréry (frery@escpeurope.eu) est Professeur à ESCP Europe, campus de Paris.
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p><strong><span style="font-size: 14px;"><a href="http://jlrichard.typepad.com/.a/6a00d834524f8d69e20120a60f2fc4970c-pi" style="float: left;"><img alt="Frédéric Fréryajuste" class="asset asset-image at-xid-6a00d834524f8d69e20120a60f2fc4970c " src="http://jlrichard.typepad.com/.a/6a00d834524f8d69e20120a60f2fc4970c-120wi" style="margin: 0px 5px 5px 0px;" /></a> Les bonus dans la finance servent-ils effectivement à « attirer et retenir les meilleurs talents » ?</span></strong></p><span style="font-size: 14px;"><strong /></span><p><span style="font-size: 14px;"><strong>Une baisse des rémunérations entraînerait-elle une irrémédiable fuite des cerveaux ?</strong></span><span style="font-size: 14px;" /></p><p><span style="font-size: 14px;" /></p><span style="font-size: 14px;"><strong>L’argent est-il le garant de la compétence ?</strong></span><p /><p /><p /><p><strong><br /></strong></p><p /><p /><p /><p /><p /><p /><p /><p /><p>
</p>
<span style="font-size: 14px; font-family: Arial;"><em>Le point de vue de Frédéric Fréry, Professeur à ESCP Europe.</em></span><p><span style="font-size: 14px; font-family: Arial;">Ces affirmations péremptoires ne résistent pas à l’analyse.</span><span style="font-size: 14px; font-family: Arial;"><br /></span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; font-family: Arial;">Tout d’abord, comment affirmer que des bonus plus élevés garantissent un plus haut niveau de professionnalisme, alors qu’il suffit d’observer que ce sont les banquiers supposés les plus talentueux – en tous cas ceux qui gagnaient le plus – qui ont majoritairement contribué à l’effondrement du système financier ? Les traders de Lehman Brothers comptaient parmi les stars de leur profession.</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; font-family: Arial;">L’observation des choix de carrière à la sortie des grandes écoles constitue un deuxième contre-argument. En effet, les jeunes diplômés qui s’orientent vers les métiers de la finance de marché ne sont pas nécessairement les meilleurs, mais plutôt ceux qui tiennent absolument à démontrer qu’ils le sont (ce qui, le plus souvent, est le signe qu’ils ne le sont justement pas). Plus touchés que leurs camarades de promotion par le syndrome du bon élève, ils cherchent absolument à montrer de quoi ils sont capables et voient les bonus comme autant de bonnes notes leur permettant de se classer au sein d’une vaste hiérarchie internationale.</span><span style="font-size: 14px; font-family: Arial;"><br /></span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; font-family: Arial;">En fait, les bonus procèdent d’un mode pervers de gestion des ressources humaines – que les banques savent parfaitement utiliser – qui consiste à sélectionner un profil particulier d’individus, ceux qui présentent un mélange détonant de complexe de supériorité et de besoin de reconnaissance, que l’on place dans une situation où ils doivent constamment faire leurs preuves.</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; font-family: Arial;">Pour un trader, le plus important n’est pas le montant absolu de sa rémunération, mais son montant relatif. Il veut avant tout gagner plus que les autres, ce qui le rassure sur sa propre valeur (le raisonnement est d’ailleurs le même pour tous ceux dont la rémunération est publique, grands patrons ou sportifs de haut niveau). Or, les psychologues ont démontré que l’on n’accroît pas la motivation d’un individu par le montant absolu de sa rétribution, mais plutôt par l’augmentation qu’on lui promet ou par le différentiel avec ce que gagnent ses pairs.</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; font-family: Arial;" /><span style="font-size: 14px; font-family: Arial;">Non seulement celui qui gagne 20 000 euros par mois n’est pas plus motivé que celui qui gagne 5 000, mais plus le montant est élevé, plus l’intérêt pour la tâche s’émousse (il est remplacé par l’intérêt pour la récompense) et plus la responsabilisation s’étiole (l’implication s’efface devant la compétition).</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; font-family: Arial;">Une expérience fameuse dans les "business schools" américaines consiste à demander à de jeunes diplômés s’ils préfèrent gagner 50 000 là où tous leurs camarades de promotion gagneront 40 000, ou bien 90 000 si tous les autres gagnent 100 000. Ils préfèrent majoritairement la première solution.</span><span style="font-size: 14px; font-family: Arial;"><br /></span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; font-family: Arial;">Parions que si toutes les rémunérations des traders étaient brutalement divisées par dix, cela ne changerait pas grand-chose à leur motivation, ni à leur performance, à condition de maintenir entre eux suffisamment de différences pour alimenter leur course éperdue à la reconnaissance. Ce n’est donc certainement pas un plafonnement des bonus qu’il faut décréter, car cela écraserait les écarts.</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; font-family: Arial;">Le plus subtil serait peut-être de maintenir les rémunérations actuelles – aussi délirantes soient-elles – mais de les taxer à 90 %. Les traders pourraient ainsi continuer à alimenter la névrose qui les stimule, mais le coût pour la collectivité serait dix fois moindre.</span></p><p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 14px; font-family: Arial;" /><strong><span style="font-size: 14px; font-family: Arial;"><span style="font-size: 14px; font-family: Arial;">Frédéric Fréry (frery@escpeurope.eu) est Professeur à ESCP Europe, campus de Paris.</span></span></strong></p><p style="text-align: justify;"><em><span style="font-size: 14px; font-family: Arial;"><span style="font-size: 14px; font-family: Arial;">(cet article a été publié dans Les Echos des vendredi 2 et samedi 3 octobre 2009)</span></span></em></p></div>
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        <title>Au Diable le stress !</title>
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        <published>2009-07-28T15:54:30+02:00</published>
        <updated>2009-07-28T15:51:21+02:00</updated>
        <summary>L'homme tournait le dos à la lumière. Ses yeux scintillaient de l'éclat du diamant noir. Son corps dégageait une étrange énergie.
- Bonjour Sophie.

Sa voix ne ressemblait à rien d'humain.

- C'est quoi, vous ?

- Rien ne presse.

En observant le balancement de son corps, Sophie évalua que son vis-à-vis pesait dix fois plus lourd que ce qu'il paraissait. Au bas mot 800 kilos sans le chargeur. Le poids du bronze. Impossible, à moins que ???

- Je crois que je sais...

- Personne ne doit savoir avant que j'en choisisse l'heure, c'est moi qui...

Sophie le coupa d'un beau sourire.

- .. comment puis-je vous être utile, Mister Diable ?

(Résumé des 14 épisodes précédents : la jeune Sophie accompagne le patron de Swen Games, Jean-Benoît, qui a organisé une session de coaching au bénéfice d'un directeur hors du commun... Les aventures de Sophie vous attendent ici)

Il y avait bien cinq siècles que le Diable ne s'était pas retrouvé dans les cordes. La gamine était à la hauteur de sa réputation.

- Tu commences à me plaire Sophie. 1-0 pour toi. Que t'a dit Jean-Benoît ?

- Il croit que vous êtes son directeur du développement. Il m'a dit que vous souhaitiez bénéficier d'un coaching. J'ai déjà les chocolats. Vous voulez les partager avec moi ?

- Oui, mais non. Je surveille ma ligne avant le mois d'août.

- Comment faites-vous pour peser si lourd ?

- Saleté de normes infernales. Depuis qu'ils nous ont ajouté leurs deux convertisseurs à venturi et tous ces inverseurs inertiels, on n'arrive plus a sortir en-dessous de 800, 850 avec les pleins pour la semaine. Je crame deux paires de chaussures par mois, heureusement que l'enfer a son compte chez Weston.

- Je vais savourer vos chocolats toute seule. Je vous écoute.

- Tu l'as compris Sophie, cette fonction de directeur du développement pour Swen Games est une couverture.

- C'est bien imité. Je pensais que les démons pouvaient se passer de travailler ?

- Notre vrai travail est de détourner les humains de leur chemin. Avec les religions qui pullulent, c'est du boulot. Nous avons revu nos méthodes et nous occupons maintenant le terrain de l'entreprise. Plus loin des lieux de culte, plus près du consommateur final. En plus, c'est là qu'on est le moins repérable. Bien sûr, nous choisissons nos postes avec soin.

- Directeur du développement, par exemple.

- Je ne te le fais pas dire : au coeur des décisions, de l'ascendant sur ces pitoyables créatures, du choix et de la qualité de victimes, peu de responsabilités.

- Vous n'avez pas été formé à exercer des responsabilités ?

- L'esprit des ténèbres ne peut répondre de ses actes devant quoi que ce soit. Alors tu imagines, devant d'infimes sujets ! Nous autres démons sommes préparés à éluder les conséquences de nos décisions. En tant que directeur du développement, c'est facile : tout ce qui va bien, c'est grâce à moi, le reste c'est la faute aux autres. Note bien que j'ai l'embarras du choix. Ces négligeables mortels se bousculent au portillon pour assumer, comme ils disent.

- Cette grosse ficelle marche ?

- Avant l'arrivée de Jean-Benoît, ça le faisait. Depuis quelque temps, ça se gâte. C'est là que tu interviens.

- Qu'attendez-vous de moi ?

- Je veux me débarrasser de mon stress.

- Diable ! Racontez-moi ça.

- C'est devenu inhumain, si je puis dire. C'est déjà pas un boulot facile, si en plus faut souffrir, je raccroche les cornes.

- Comment ce stress vous est-il apparu ?

- Insidieusement. Jean-Benoît m'a donné davantage d'objectifs et de moyens. J'ai aujourd'hui quinze collaborateurs, une douzaine de projets sur le feu, plusieurs grosses négociations en cours, des réunions à n'en plus finir. J'arrive avant 8h, je pars après 20h, je passe ma soirée au clavier. La nuit je rumine, je dors mal, je me réveille épuisé.

- Mettez-moi ça en scène.

- Réunion ce matin avec mon équipe. Ambiance détestable. Tout va mal. Rien de ce que j'ai demandé n'est fait comme je le veux. J'étais explosé, j'avais dormi trois heures. J'en suis ressorti avec la nausée, pour me faire remonter les bretelles par ton Jean-Benoît préféré, à qui je ne peux pas reprocher de faire son travail.

- Vous ne pouvez pas régler tout ça avec je ne sais quelle incantation ou bouillon cube de scorpion bien à vous ?

- Tu me prends pour une sorcière sur son balai ? La magie n'a jamais remplacé le travail. On n'est plus au Moyen Âge, nous avons des procédures strictes à respecter. Je dois m'en tirer comme un humain.

- Qu'avez-vous entrepris pour régler ce stress ?

- J'ai vu mon médecin qui m'a prescrit des pilules. Ca rend aussi stupide que le whisky, sans le plaisir.

- J'ai observé ça sur mon père, en effet. A part ça ?

- J'en ai parlé à un collègue Diable plus expérimenté, il m'a donné des conseils. Je les ai suivis une journée, puis c'est reparti de plus belle.

- Vous avez songé à changer de travail ?

- Avec mon âge terrestre, c'est un coup à me retrouver au pôle emploi. C'est pas en restant en peignoir devant ma télé que je vais remplir mes quotas de damnés, moi. Directeur du développement, pléthore d'imbéciles y arrivent, c'est pas la conquête spatiale ! Je dois pouvoir y arriver sans stress superflu, y a pas de raison. Comment vas-tu t'y prendre pour me tirer de là ?

- J'hésite, vous êtes quand même le Diable...

- Crois-tu que le bien existe sans le mal ?

- C'est pas une raison pour lui savonner la planche.

- Pourquoi n'aurais-je pas le droit de remplir mon rôle en y trouvant mon équilibre ? Moi aussi j'ai un coeur, je souffre comme tout le monde, je fais de mon mieux. Aujourd'hui c'est à toi, Sophie, que je demande de l'aide.

Sophie se dit qu'elle ne pouvait juger personne. Vu de près, ce Diable n'était pas si mauvais.

- Vous me semblez en effet désireux de travailler sur vous. L'objectif est bien de réussir comme directeur du développement en pesant moins sur votre équilibre ? Je ne veux pas que cela profite à votre boulot de Diable, c'est contraire à mon code éthique (NDLR : ce code est téléchargeable là).

- Tu as ma parole infernale.

- Bon, allons-y.

- Je suppose que tu vas me demander de remplir un questionnaire de personnalité et de faire avec toi un bilan de mon emploi du temps pour chercher ce qui cloche ?

- Vous n'avez pas envie de travailler avec moi ?

Le Diable se dit que, coach, ça semblait encore plus tordu que directeur du développement.

- OK, pardon, c'est plus fort que moi, faut toujours que je mette mon grain de poivre.

- Comment faites-vous avec vos collaborateurs ?

- Simple. J'ai un cahier, je note tout ce que je leur demande de faire, les objectifs, les délais. Avec ça je peux relancer.

- Où avez-vous attrapé ce procédé hilarant ?

- Mon premier patron faisait ça.

- Et ça lui a réussi ?

- Peux pas dire. Il s'est tué au volant de sa Quattroporte, son âme m'a d'ailleurs échappé de justesse.

Sophie soupira.

- Faites-moi la grâce d'oublier vos autres activités.

- D'accord Sophie, pas la peine d'utiliser des gros mots.

- Quel plaisir prenez-vous à travailler ?

- A part quand ça s'arrête, pas grand-chose. Mon stress, c'est de la souffrance.

- Si la souffrance et le plaisir étaient les deux faces de la même émotion, qu'est-ce que ce serait ?

Le Diable resta silencieux. Il comprit que Sophie n'attendait pas de lui les réponses intelligentes qui l'enfermaient dans son système.

- Ce serait comme si je me retrouvais enfin seul. Aucun lien. Plus que moi. Un bonheur coupé du monde extérieur.

- Si tout cela était réglé comme vous le désirez, qu'est-ce qu'un observateur extérieur noterait dans votre vie de tous les jours ?

- J'imagine qu'il me verrait à ma place professionnelle, libre d'agir avec mes collaborateurs et collègues, éprouvant une joie nouvelle d'agir avec l'autre délivré de tout ce poids.

- Quelle illustration concrète pouvez-vous me proposer ?

- Avec mon responsable des acquisitions je formerais un couple de travail harmonieux. Ce ne serait plus ces réunions sans fin où tout s'embourbe. Il ne se plaindrait plus et je ne le relancerais plus sans fin. Nous produirions ensemble davantage et mieux que chacun de son côté.

- Comment s'appelle votre collaborateur ?

- Olivier. 35 ans, un beau parcours, c'est moi qui l'ai recruté.

- Que ressentez-vous pour lui ?

- Je l'aime bien. Il me rappelle mes jeunes années, avec son côté naïf et généreux. Il me doit beaucoup dans sa promotion, faudrait que je rentabilise.

- Qu'est-ce qu'Olivier ferait pour vous contre ses intérêts ?

- Drôle de question. Je suppose qu'il travaille par intérêt, pourquoi en serait-il autrement ?

- Comment répondez-vous à ma question ?

- Olivier ne ferait rien pour moi contre son intérêt.

- Et vous, que feriez-vous pour lui contre votre intérêt ?

- Ben, rien non plus. Où veux-tu en venir ?

- Au pacte entre vous. Il est mince.

- Eh eh, tu voudrais qu'Olivier passe un pacte avec le Diable ?

Sophie le fixait sans rien répondre. Le Diable réalisa sa boulette.

- Ok, plus de diableries, promis. Je me concentre sur mon boulot de directeur du développement.

- Si tout était possible entre Olivier et vous, que pourrait-il se passer d'inattendu ?

- Peut-être pourrions-nous travailler plus en confiance, sans poursuivre d'intérêts précis, juste pour le plaisir de co-produire à deux. Mais quel rapport avec mon stress ? Olivier à côté de ça, c'est un détail ?

- Le Diable est dans le détail. Qu'en faites-vous ?

- A y regarder de plus près, soit je suis seul, soit en réunion, soit à deux. Et quand je me stresse seul ou en réunion, c'est pour tenter de rattraper ce que je n'ai pas réussi à créer à deux. Au fond c'est mon lien à l'autre qui produit. J'ai un fil à tirer.

- Comment ce fil pourrait-il changer votre liberté ?

- Ma liberté, c'est bien le souci. J'ai parfois le sentiment de m'enfermer dans mes anciens comportements. Face à toi, je me sens plus libre que jamais d'être moi-même. Crois-tu que cela suffise à me sortir de mon stress ?

Sophie bailla.

- Il se fait tard, Mister Diable. Je crois que vous avez assez travaillé pour aujourd'hui. Vous allez laisser tout ça infuser, et rester vigilant à tout ce que vous ressentirez de neuf autour de votre ancien stress.

- Mais Sophie, de quel travail parlons-nous ? Tu ne m'as ni conseillé, ni formé, tu n'as rien fait ?

- Si marcher à votre côté avec affection et vous écouter sans vous juger ce n'est rien, c'est vrai que je n'ai rien fait.

Le Diable rougit. Les vertus théologales n'étaient pas sa tasse de thé. Sophie avait-elle tout simplement fait preuve de charité pour un pauvre Diable ?

- Je sens que ton accueil m'a fait du bien. Je crains néanmoins que cela me gêne aux entournures dans mon premier métier.

- J'ai bien essayé de vous prévenir. C'est vous qui l'avez dit : vous avez un coeur, et comme tout le monde le droit de travailler à être vous-même. Tout dépend de ce que vous êtes prêt à lâcher pour mûrir.

- Je peux t'envoyer mon patron en coaching ?

- Celui de Swen Games, c'est fait. Pour l'autre, mon agenda est très chargé. Occupez-vous déjà de vous, le reste viendra en prime.

- Merci Sophie, je me sens plus léger !

Sophie scruta l'énergie qu'irradiait son compagnon. Il disait vrai. Un inverseur inertiel déréglé, à coup sûr. Personne n'allait la croire, à l'école.</summary>
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            <name>jlrichard</name>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p><strong><span style="font-weight: normal;"><a href="http://jlrichard.typepad.com/.a/6a00d834524f8d69e20115721603d8970b-pi" style="float: left;"><img alt="GettyImages_200474561-001" class="at-xid-6a00d834524f8d69e20115721603d8970b " src="http://jlrichard.typepad.com/.a/6a00d834524f8d69e20115721603d8970b-120wi" style="margin: 0px 5px 5px 0px;" /></a> </span>L'homme tournait le dos à la lumière. Ses yeux scintillaient de l'éclat du diamant noir. Son corps dégageait une étrange énergie.</strong></p><div><strong>- Bonjour Sophie.</strong></div><div><strong><br /></strong></div><div><strong>Sa voix ne ressemblait à rien d'humain.</strong></div><div><strong><br /></strong></div><div><strong>- C'est quoi, vous ?</strong></div><div><strong><br /></strong></div><div><strong>- Rien ne presse.</strong></div><div><strong><br /></strong></div><div><strong>En observant le balancement de son corps, Sophie évalua que son vis-à-vis pesait dix fois plus lourd que ce qu'il paraissait. Au bas mot 800 kilos sans le chargeur. Le poids du bronze. Impossible, à moins que ???<br /></strong></div><div><strong><br /></strong></div><div><strong>- Je crois que je sais...</strong></div><div><strong><br /></strong></div><div><strong>- Personne ne doit savoir avant que j'en choisisse l'heure, c'est moi qui...<br /><br />Sophie le coupa d'un beau sourire.<br /></strong></div><div><strong><br /></strong></div><div><strong>- .. comment puis-je vous être utile, Mister Diable ?</strong><span style="font-weight: bold;"><br /></span>
</div>
<p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;"><strong>(Résumé
des 14 épisodes précédents : la jeune Sophie accompagne le patron
de Swen Games, Jean-Benoît, qui a organisé une session de coaching au bénéfice d'un directeur hors du commun... Les aventures de Sophie vous attendent<span class="Apple-converted-space"> </span></strong><a href="http://jlrichard.typepad.com/questionsdedirigeant/sophie/" style="cursor: pointer; color: blue; text-decoration: underline;" target="_blank"><strong>ici</strong></a><strong>)<br /><br /></strong>Il y avait bien cinq siècles que le Diable ne s'était pas retrouvé dans les cordes. La gamine était à la hauteur de sa réputation.<br /><br />- Tu commences à me plaire Sophie. 1-0 pour toi. Que t'a dit Jean-Benoît ?<br /><br />- Il croit que vous êtes son directeur du développement. Il m'a dit que vous souhaitiez bénéficier d'un coaching. J'ai déjà les chocolats. Vous voulez les partager avec moi ?<br /><br />- Oui, mais non. Je surveille ma ligne avant le mois d'août.</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- Comment faites-vous pour peser si lourd ?</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- Saleté de normes infernales. Depuis qu'ils nous ont ajouté leurs deux convertisseurs à venturi et tous ces inverseurs inertiels, on n'arrive plus a sortir en-dessous de 800, 850 avec les pleins pour la semaine. Je crame deux paires de chaussures par mois, heureusement que l'enfer a son compte chez Weston.</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- Je vais savourer vos chocolats toute seule. Je vous écoute.<br /><br />- Tu l'as compris Sophie, cette fonction de directeur du développement pour Swen Games est une couverture.<br /><br />- C'est bien imité. Je pensais que les démons pouvaient se passer de travailler ?</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- Notre vrai travail est de détourner les humains de leur chemin. Avec les religions qui pullulent, c'est du boulot. Nous avons revu nos méthodes et nous occupons maintenant le terrain de l'entreprise. Plus loin des lieux de culte, plus près du consommateur final. En plus, c'est là qu'on est le moins repérable. Bien sûr, nous choisissons nos postes avec soin.<br /><br />- Directeur du développement, par exemple.</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- Je ne te le fais pas dire : au coeur des décisions, de l'ascendant sur ces pitoyables créatures, du choix et de la qualité de victimes, peu de responsabilités.</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- Vous n'avez pas été formé à exercer des responsabilités ?</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- L'esprit des ténèbres ne peut répondre de ses actes devant quoi que ce soit. Alors tu imagines, devant d'infimes sujets ! Nous autres démons sommes préparés à éluder les conséquences de nos décisions. En tant que directeur du développement, c'est facile : tout ce qui va bien, c'est grâce à moi, le reste c'est la faute aux autres. Note bien que j'ai l'embarras du choix. Ces négligeables mortels se bousculent au portillon pour assumer, comme ils disent.</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- Cette grosse ficelle marche ?</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- Avant l'arrivée de Jean-Benoît, ça le faisait. Depuis quelque temps, ça se gâte. C'est là que tu interviens.</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- Qu'attendez-vous de moi ?</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- Je veux me débarrasser de mon stress.</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- Diable ! Racontez-moi ça.</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- C'est devenu inhumain, si je puis dire. C'est déjà pas un boulot facile, si en plus faut souffrir, je raccroche les cornes.</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- Comment ce stress vous est-il apparu ?</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- Insidieusement. Jean-Benoît m'a donné davantage d'objectifs et de moyens. J'ai aujourd'hui quinze collaborateurs, une douzaine de projets sur le feu, plusieurs grosses négociations en cours, des réunions à n'en plus finir. J'arrive avant 8h, je pars après 20h, je passe ma soirée au clavier. La nuit je rumine, je dors mal, je me réveille épuisé.</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- Mettez-moi ça en scène.</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- Réunion ce matin avec mon équipe. Ambiance détestable. Tout va mal. Rien de ce que j'ai demandé n'est fait comme je le veux. J'étais explosé, j'avais dormi trois heures. J'en suis ressorti avec la nausée, pour me faire remonter les bretelles par ton Jean-Benoît préféré, à qui je ne peux pas reprocher de faire son travail.</span></p><p>- Vous ne pouvez pas régler tout ça avec je ne sais quelle incantation ou bouillon cube de scorpion bien à vous ?</p><p>- Tu me prends pour une sorcière sur son balai ? La magie n'a jamais remplacé le travail. On n'est plus au Moyen Âge, nous avons des procédures strictes à respecter. Je dois m'en tirer comme un humain.</p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- Qu'avez-vous entrepris pour régler ce stress ?</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- J'ai vu mon médecin qui m'a prescrit des pilules. Ca rend aussi stupide que le whisky, sans le plaisir.</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- J'ai observé ça sur mon père, en effet. A part ça ?</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- J'en ai parlé à un collègue Diable plus expérimenté, il m'a donné des conseils. Je les ai suivis une journée, puis c'est reparti de plus belle.</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- Vous avez songé à changer de travail ?</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- Avec mon âge terrestre, c'est un coup à me retrouver au pôle emploi. C'est pas en restant en peignoir devant ma télé que je vais remplir mes quotas de damnés, moi. Directeur du développement, pléthore d'imbéciles y arrivent, c'est pas la conquête spatiale ! Je dois pouvoir y arriver sans stress superflu, y a pas de raison. Comment vas-tu t'y prendre pour me tirer de là ?</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- J'hésite, vous êtes quand même le Diable...</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- Crois-tu que le bien existe sans le mal ?</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- C'est pas une raison pour lui savonner la planche.<br /></span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- Pourquoi n'aurais-je pas le droit de remplir mon rôle en y trouvant mon équilibre ? Moi aussi j'ai un coeur, je souffre comme tout le monde, je fais de mon mieux. Aujourd'hui c'est à toi, Sophie, que je demande de l'aide.</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">Sophie se dit qu'elle ne pouvait juger personne. Vu de près, ce Diable n'était pas si mauvais.</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- Vous me semblez en effet désireux de travailler sur vous. L'objectif est bien de réussir comme directeur du développement en pesant moins sur votre équilibre ? Je ne veux pas que cela profite à votre boulot de Diable, c'est contraire à mon code éthique (NDLR : ce code est téléchargeable <a href="http://www.emccouncil.org/fileadmin/documents/countries/eu/EMCC_Code_of_Ethics.pdf" target="_blank">là</a><strong><span style="font-weight: normal;">).</span></strong></span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- Tu as ma parole infernale.</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- Bon, allons-y.</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- Je suppose que tu vas me demander de remplir un questionnaire de personnalité puis d'établir un bilan de mon emploi du temps pour chercher ce qui cloche ?</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- Vous n'avez pas envie de travailler avec moi ?</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">Le Diable se dit que, coach, ça semblait encore plus tordu que directeur du développement.</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- OK, pardon, c'est plus fort que moi, faut toujours que je mette mon grain de poivre.</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- Comment faites-vous avec vos collaborateurs ?</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- Simple. J'ai un cahier, je note tout ce que je leur demande de faire, les objectifs, les délais. Avec ça je peux relancer.</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- Où avez-vous attrapé ce procédé hilarant ?<br /></span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- Mon premier patron faisait ça.</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- Et ça lui a réussi ?</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- Peux pas dire. Il s'est tué au volant de sa Quattroporte, son âme m'a d'ailleurs échappé de justesse.</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">Sophie soupira.</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- Faites-moi la grâce d'oublier vos autres activités.</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- D'accord Sophie, pas la peine d'utiliser des gros mots.</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- Quel plaisir prenez-vous à travailler ?</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- A part quand ça s'arrête, pas grand-chose. Mon stress, c'est de la souffrance.</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- Si la souffrance et le plaisir étaient les deux faces de la même émotion, qu'est-ce que ce serait ?</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">Le Diable resta silencieux. Il comprit que Sophie n'attendait pas de lui les réponses intelligentes qui l'enfermaient dans son système.</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- Ce serait comme si je me retrouvais enfin seul. Aucun lien. Plus que moi. Un bonheur coupé du monde extérieur.</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- Si tout cela était réglé comme vous le désirez, qu'est-ce qu'un observateur extérieur noterait dans votre vie de tous les jours ?</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- J'imagine qu'il me verrait à ma place professionnelle, libre d'agir avec mes collaborateurs et collègues, éprouvant une joie nouvelle d'agir avec l'autre délivré de tout ce poids.</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- Quelle illustration concrète pouvez-vous me proposer ?</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- Avec mon responsable des acquisitions je formerais un couple de travail harmonieux. Ce ne serait plus ces réunions sans fin où tout s'embourbe. Il ne se plaindrait plus et je ne le relancerais plus sans fin. Nous produirions ensemble davantage et mieux que chacun de son côté.</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- Comment s'appelle votre collaborateur ?</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- Olivier. 35 ans, un beau parcours, c'est moi qui l'ai recruté.</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- Que ressentez-vous pour lui ?</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- Je l'aime bien. Il me rappelle mes jeunes années, avec son côté naïf et généreux. Il me doit beaucoup dans sa promotion, faudrait que je rentabilise.</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- Qu'est-ce qu'Olivier ferait pour vous contre ses intérêts ?</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;"><strong>- </strong></span><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">Drôle de question. Je suppose qu'il travaille par intérêt, pourquoi en serait-il autrement ?</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- Comment répondez-vous à ma question ?</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- Olivier ne ferait rien pour moi contre son intérêt.</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- Et vous, que feriez-vous pour lui contre votre intérêt ?</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- Ben, rien non plus. Où veux-tu en venir ?</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- Au pacte entre vous. Il est mince.</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- Eh eh, tu voudrais qu'Olivier passe un pacte avec le Diable ?</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">Sophie le fixait sans rien répondre. </span><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">Le Diable réalisa sa boulette. </span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- Ok, plus de diableries, promis. Je me concentre sur mon boulot de directeur du développement.</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- Si tout était possible entre Olivier et vous, que pourrait-il se passer d'inattendu ?</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- Peut-être pourrions-nous travailler plus en confiance, sans poursuivre d'intérêts précis, juste pour le plaisir de co-produire à deux. Mais quel rapport avec mon stress ? Olivier à côté de ça, c'est un détail ?<br /></span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- Le Diable est dans le détail. Qu'en faites-vous ?</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- A y regarder de plus près, soit je suis seul, soit en réunion, soit à deux. Et quand je me stresse seul ou en réunion, c'est pour tenter de rattraper ce que je n'ai pas réussi à créer à deux. Au fond c'est mon lien à l'autre qui produit. J'ai un fil à tirer.</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- Comment ce fil pourrait-il changer votre liberté ?</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- Ma liberté, c'est bien le souci. J'ai parfois le sentiment de m'enfermer dans mes anciens comportements. Face à toi, je me sens plus libre que jamais d'être moi-même. Crois-tu que cela suffise à me sortir de mon stress ?<br /></span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">Sophie bailla.</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- Il se fait tard, Mister Diable. Je crois que vous avez assez travaillé pour aujourd'hui. Vous allez laisser tout ça infuser, et rester vigilant à tout ce que vous ressentirez de neuf autour de votre ancien stress.</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- Mais Sophie, de quel travail parlons-nous ? Tu ne m'as ni conseillé, ni formé, tu n'as rien fait ?</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- Si marcher à votre côté avec affection et vous écouter sans vous juger ce n'est rien, c'est vrai que je n'ai rien fait.</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">Le Diable rougit. Les vertus théologales n'étaient pas sa tasse de thé. Sophie avait-elle tout simplement fait preuve de charité pour un pauvre Diable ?</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- Je sens que ton accueil m'a fait du bien. Je crains néanmoins que cela me gêne aux entournures dans mon premier métier.</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- J'ai bien essayé de vous prévenir. C'est vous qui l'avez dit : vous avez un coeur, et comme tout le monde le droit de travailler à être vous-même. Tout dépend de ce que vous êtes prêt à lâcher pour mûrir.<br /></span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- Symbolos, Diabolos, je dois pouvoir joindre ces deux bouts. Puis-je t'envoyer mon patron en coaching ?</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- Celui de Swen Games, c'est fait. Pour l'autre, mon agenda est très chargé. Occupez-vous déjà de vous, le reste viendra en prime.</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- Merci Sophie, je me sens plus léger !</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">Sophie scruta l'énergie qu'irradiait son compagnon. Il disait vrai. Un inverseur inertiel déréglé, à coup sûr. Personne n'allait la croire, à l'école.<br /></span></p></div>
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        <title>Vos objectifs... quels objectifs ?</title>
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        <published>2009-04-09T10:27:51+02:00</published>
        <updated>2009-04-09T10:21:40+02:00</updated>
        <summary>- Après cette crise, Sophie, rien ne sera comme avant !

- Swen Games va s'en sortir plus fort que ses concurrents ?

- Oui, si mes équipes atteignent leurs objectifs.

- Vous avez tout changé sauf votre gestion par objectifs ?

- Personne ne s'en plaint, ça fonctionne.

- Tant mieux.

- Un instant, Sophie, pourquoi cette question sur ma gestion par objectifs ?

(Résumé des 13 épisodes précédents : la jeune Sophie accompagne le patron de Swen Games, Jean-Benoît, qui entend sortir plus vite et plus fort de la crise... Les aventures de Sophie vous attendent ici)

- Vous changez tout sauf votre gestion par objectifs, puis vous me dites que tout en dépend. Quelle est votre position ?

- Je pourrais te répondre que je ne suis pas à une contradiction près. Mais en ce moment, l'enfer est dans le détail. Veux-tu m'aider à creuser cela ?

- Converti en chocolats, le travail sur les objectifs c'est du haut de gamme, vous savez...

Jean-Benoît avait prévu la rapacité de sa coach.

- Joyeuses Pâques Sophie ! La Poule n' Fish de chez Hévin, tu vas te régaler !

Tête de poule et queue de poisson, la créature était en effet conciliante. Sophie piocha un oeuf dans la hotte cubique.

- Mmmh, très bon choix. A quand remonte cette histoire de gestion par objectifs ?

- J'ai toujours géré par objectifs.

- C'est votre premier patron, le vieux Swen, qui vous l'a appris ?

- Oui et non. Oui, il ne rigolait pas sur les résultats. Non, il ne prenait pas la gestion par objectifs au sérieux.

- Si cela ne vient pas de lui, alors ça vous vient d'où ?

- Si je me souviens bien, j'ai commencé lorsque j'ai eu ma première grosse responsabilité, j'avais hérité d'une zone complexe, j'avais 30 ans, j'étais perdu.

- Et vous avez inventé cette gestion par objectifs pour ne pas couler, c'est ça ?

- Si tu veux, mais je n'ai rien inventé, tout le monde en fait autant.

- Vous pouvez me donner un exemple ?

- Prends Sébastien, mon patron Australie. Je le vois tous les deux mois. Il a une batterie d'une centaine d'objectifs sur lesquels j'ai un rapport mensuel annoté par mon contrôleur de gestion.

- Je suis perdue Jean-Benoît. Un exemple !

Jean-Benoît pianota sur son PC. Le sommaire du rapport de l'Australie s'afficha.

- Les objectifs de Sébastien, ce sont ses ventes, ses marges, son résultat, sa génération de cash, ses investissements, son taux de renouvellement de clientèle, sa fidélisation, son climat social et ses frais fixes avec l'avancement des projets d'économie. Tout ça se décline sur cinq zones, trois marchés et quand c'est possible par grands comptes.

- Pourquoi dites-vous "les objectifs de Sébastien" ?

- Ah, tu ne vas pas jouer sur les mots, Sophie. Ce sont les objectifs sur lesquels je juge la performance de Sébastien, voilà. Si il a d'autres objectifs en tête, peu importe pourvu qu'il atteigne déjà ceux-là, c'est clair pour toi ?

- Que faites-vous ensemble tous les deux mois ?

- Nous revoyons tout cela. Je l'écoute me raconter ses problèmes, je m'efforce de ne pas faire son travail à sa place, je remets la pression, et... euh... deux heures, ça passe très vite avec 20 pages de tableaux de chiffres.

- Qu'est-ce qui est essentiel et qui ne figure pas dans ces 20 pages ?

- J'ai l'embarras du choix. Nos priorités, à Sébastien et moi, l'histoire de notre lien, la confiance entre nous, nos vraies intentions dans ce business...

- Quelle empreinte pourrait laisser Sébastien sur Swen Games Australie, qu'aucun autre dirigeant ne laisserait ?

Jean-Benoît resta pensif. C'était peut-être le seul objectif, laisser une trace d'homme, gérer l'héritage et transmettre une filiale plus forte au successeur. Mais laquelle ? Il n'avait jamais échangé sur cela avec Sébastien.

- Joker Sophie, j'ai besoin de retravailler cela.

- De quoi ne parlez-vous jamais tous les deux ?

- Nous n'avons jamais parlé de son avenir. Sa position si il rentre d'Australie est loin d'être claire, et sa femme regrette Paris. Et puis son dernier enfant est handicapé, nous en avons parlé une seule fois.

- Si Sébastien avait cet entretien de deux heures pour faire le point de son activité avec un de vos collaborateurs avant de vous voir, que feriez-vous tous les deux ?

- Franchement, je gagnerais du temps. Je me contenterais d'un bref compte-rendu et je pourrais me consacrer à d'autres priorités.

- En somme, votre gestion par objectifs consiste à piquer le travail de votre contrôleur de gestion pour éviter les sujets difficiles avec Sébastien.

- C'est caricatural, mais il y a du vrai.

- Et quels sont les objectifs de Sébastien, les vrais ?

- Je n'en sais rien, je suppose qu'il aimerait rentrer sur Paris, mais je n'ai rien pour lui. Je crois aussi qu'il a d'autres préoccupations que son boulot dans la vie, en ce moment ça vaut mieux.

- Si l'Australie devenait d'un instant à l'autre votre première priorité à tous les deux, comment feriez-vous évoluer votre relation de travail avec Sébastien ?

- Je passerais une semaine entière avec lui. Je jetterais tous ces rapports et ces budgets. Nous reprendrions ensemble à zéro la stratégie, l'organisation, les alliances et les politiques tarifaires. Nous verrions en tête-à-tête chaque responsable clé de l'Australie, puis nous les réunirions tous en séminaire. Où veux-tu en venir ?

- Votre dialogue de complaisance sur les-objectifs-qui-n'en-sont-pas, c'est donc seulement si vous avez les moyens de négliger l'Australie et Sébastien ?

- Va pour l'Australie, c'est un mauvais exemple. Tu ne vas pas me prétendre que je peux me passer de ces tableaux d'objectifs ?

- Pour l'instant, c'est vous qui m'expliquez que votre vrai boulot n'a pas grand-chose à voir avec.

- Tu veux dire que ma gestion par objectifs m'apporte le confort d'une relation distante ?

- La relation que vous souhaitiez quand vous étiez un jeune dirigeant perdu ? La mise au frigo des émotions ? Et vous-même, Jean-Benoît, citez-moi quelque chose qui vous tient à coeur dans votre vie ?

- Je suppose que tu veux dire hors boulot... L'éducation de ma fille aînée, nous en parlons beaucoup avec Florence. Julie va avoir 15 ans. Je ne comprends rien à la femme qu'elle devient.

- Et sur quelle batterie d'objectifs structurez-vous le dialogue avec votre femme pour mener à bien ce projet qui vous tient tant à coeur ?

Jean-Benoît accusa le coup. Sa femme et lui avaient des intentions, des peurs, des espoirs, des envies, de la fierté lorsqu'ils avançaient. Ils s'efforçaient d'assumer leur responsabilité de parents face à une adolescente armée d'un marteau-piqueur. L'objectif était de tenir, mais ça ne leur disait pas quoi faire et ça se déclinait encore moins en sous-objectifs.

- Bon, si je comprends bien, mes objectifs, c'est bon pour occuper mes contrôleurs de gestion ? Et, moi, j'ai d'autres échanges que ceux du jeune dirigeant perdu d'autrefois à développer ?

- Vous disiez vous-même tout à l'heure qu'en ce moment vous deviez tout réinventer, c'est l'occasion de commencer par vous ?

- Il y a du boulot, Sophie. Je compte sur ta discrétion, comme d'habitude ?

- Comme d'habitude, Jean-Benoît. Ah, et pour Julie...

- Nooon ! Ne me donne pas de conseils pour Julie ! Je viens de me rajouter Sébastien et l'Australie. Julie, je vais y arriver, c'est plus facile car je n'ai pas droit à l'erreur.

- Oui, et vous y consacrez sans le savoir 80% de votre énergie... je voulais vous dire, pour progresser dans votre relation au féminin, vous pourriez commencer par les futures femmes dirigeantes de Swen Games ?

- Très drôle Sophie, justement j'avais du temps libre... nous en reparlerons !</summary>
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            <name>jlrichard</name>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p><strong><a href="http://jlrichard.typepad.com/.a/6a00d834524f8d69e201156f0f006a970c-pi" style="float: left;"><img alt="BlogObjectifsGetty_72050461" class="at-xid-6a00d834524f8d69e201156f0f006a970c " src="http://jlrichard.typepad.com/.a/6a00d834524f8d69e201156f0f006a970c-120wi" style="margin: 0px 5px 5px 0px;" /></a>
 - Après cette crise, Sophie, rien ne sera comme avant !</strong></p><p><strong>- Swen Games va s'en sortir plus fort que ses concurrents ?</strong></p><p><strong>- Oui, si mes équipes atteignent leurs objectifs.</strong></p><p><strong>- Vous avez tout changé sauf votre gestion par objectifs ?</strong></p><p><strong>- Personne ne s'en plaint, ça fonctionne.</strong></p><p><strong>- Tant mieux.</strong></p><p><strong>- Un instant, Sophie, pourquoi cette question sur ma gestion par objectifs ?</strong></p><p /><p><strong><br /></strong></p><p>
</p>
<p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;"><strong>(Résumé
des 13 épisodes précédents : la jeune Sophie accompagne le patron
de Swen Games, Jean-Benoît, qui entend sortir plus vite et plus fort de la crise... Les aventures de Sophie vous attendent<span class="Apple-converted-space"> </span></strong><a href="http://jlrichard.typepad.com/questionsdedirigeant/sophie/" style="cursor: pointer; color: blue; text-decoration: underline;" target="_blank"><strong>ici</strong></a><strong>)</strong></span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- Vous changez tout sauf votre gestion par objectifs, puis vous me dites que tout en dépend. Quelle est votre position ?<br /></span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- Je pourrais te répondre que je ne suis pas à une contradiction près. Mais en ce moment, l'enfer est dans le détail. Veux-tu m'aider à creuser cela ?</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">-<span style="font-weight: bold;"> <strong><span style="font-weight: normal;">Converti en chocolats, le travail sur les objectifs c'est du haut de gamme, vous savez...</span></strong></span></span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;"><strong><span><span style="font-weight: normal;">Jean-Benoît avait prévu la rapacité de sa coach.</span></span></strong><strong><br /></strong></span></p><p>- Joyeuses Pâques Sophie ! La Poule n' Fish de chez Hévin, tu vas te régaler !</p><p>Tête de poule et queue de poisson, la créature était en effet conciliante. Sophie piocha un oeuf dans la hotte cubique.</p><p>- Mmmh, très bon choix. A quand remonte cette histoire de gestion par objectifs ?</p><p>- J'ai toujours géré par objectifs.</p><p>- C'est votre premier patron, le vieux Swen, qui vous l'a appris ?</p><p>- Oui et non. Oui, il ne rigolait pas sur les résultats. Non, il ne prenait pas la gestion par objectifs au sérieux.</p><p>- Si cela ne vient pas de lui, alors ça vous vient d'où ?</p><p>- Si je me souviens bien, j'ai commencé lorsque j'ai eu ma première grosse responsabilité, j'avais hérité d'une zone complexe, j'avais 30 ans, j'étais perdu.</p><p>- Et vous avez inventé cette gestion par objectifs pour ne pas couler, c'est ça ?</p><p>- Si tu veux, mais je n'ai rien inventé, tout le monde en fait autant.</p><p>- Vous pouvez me donner un exemple ?</p><p>- Prends Sébastien, mon patron Australie. Je le vois tous les deux mois. Il a une batterie d'une centaine d'objectifs sur lesquels j'ai un rapport mensuel annoté par mon contrôleur de gestion.</p><p>- Je suis perdue Jean-Benoît. Un exemple !</p><p>Jean-Benoît pianota sur son PC. Le sommaire du rapport de l'Australie s'afficha.</p><p>- Les objectifs de Sébastien, ce sont ses ventes, ses marges, son résultat, sa génération de cash, ses investissements, son taux de renouvellement de clientèle, sa fidélisation, son climat social et ses frais fixes avec l'avancement des projets d'économie. Tout ça se décline sur les régions, les lignes de produit et les grands comptes.</p><p>- Pourquoi dites-vous "les objectifs de Sébastien" ?</p><p>- Ah, tu ne vas pas jouer sur les mots, Sophie. Ce sont les objectifs sur lesquels je juge la performance de Sébastien, voilà. Si il a d'autres objectifs en tête, peu importe pourvu qu'il atteigne déjà ceux-là, c'est clair pour toi ?</p><p>- Que faites-vous ensemble tous les deux mois ?</p><p>- Nous revoyons tout cela. Je l'écoute me raconter ses problèmes, je m'efforce de ne pas faire son travail à sa place, je remets la pression, et... euh... deux heures, ça passe très vite avec 20 pages de tableaux de chiffres.</p><p>- Qu'est-ce qui est essentiel et qui ne figure pas dans ces 20 pages ?</p><p>- J'ai l'embarras du choix. Nos priorités, à Sébastien et moi, l'histoire de notre lien, la confiance entre nous, nos vraies intentions dans ce business...</p><p>- Quelle empreinte pourrait laisser Sébastien sur Swen Games Australie, qu'aucun autre dirigeant ne laisserait ?</p><p>Jean-Benoît resta pensif. C'était peut-être le seul objectif, laisser une trace d'homme, gérer l'héritage et transmettre une filiale plus forte au successeur. Mais laquelle ? Il n'avait jamais échangé sur cela avec Sébastien.</p><p>- Joker Sophie, j'ai besoin de retravailler cela.</p><p>- De quoi ne parlez-vous jamais tous les deux ?</p><p>- Nous n'avons jamais parlé de son avenir. Sa position si il rentre d'Australie est loin d'être claire, et sa femme regrette Paris. Et puis son dernier enfant est handicapé, nous en avons parlé une seule fois.</p><p>- Si Sébastien avait cet entretien de deux heures pour faire le point de son activité avec un de vos collaborateurs avant de vous voir, que feriez-vous tous les deux ?</p><p>- Franchement, je gagnerais du temps. Je me contenterais d'un bref compte-rendu et je pourrais me consacrer à d'autres priorités.</p><p>- En somme, votre gestion par objectifs consiste à piquer le travail de votre contrôleur de gestion pour éviter les sujets difficiles avec Sébastien.</p><p>- C'est caricatural, mais il y a du vrai.</p><p>- Et quels sont les objectifs de Sébastien, les vrais ?</p><p>- Je n'en sais rien, je suppose qu'il aimerait rentrer sur Paris, mais je n'ai rien pour lui. Je crois aussi qu'il a d'autres préoccupations que son boulot dans la vie, en ce moment ça vaut mieux.</p><p>- Si l'Australie devenait d'un instant à l'autre votre première priorité à tous les deux, comment feriez-vous évoluer votre relation de travail avec Sébastien ?</p><p>- Je passerais une semaine entière avec lui. Je jetterais tous ces rapports et ces budgets. Nous reprendrions ensemble à zéro la stratégie, l'organisation, les alliances et les politiques tarifaires. Nous verrions en tête-à-tête chaque responsable clé, puis nous les réunirions tous en séminaire. Où veux-tu en venir ?</p><p>- Votre dialogue de complaisance sur les-objectifs-qui-n'en-sont-pas, c'est donc seulement si vous avez les moyens de négliger l'Australie et Sébastien ?</p><p>- Va pour l'Australie, c'est un mauvais exemple. Tu ne vas pas me prétendre que je peux me passer de ces tableaux d'objectifs ?</p><p>- Pour l'instant, c'est vous qui m'expliquez que votre vrai boulot n'a pas grand-chose à voir avec.</p><p>- Tu veux dire que ma gestion par objectifs m'apporte le confort d'une relation distante ?</p><p>- La relation que vous souhaitiez quand vous étiez un jeune dirigeant perdu ? La mise au frigo des émotions ? Et vous-même, Jean-Benoît, citez-moi quelque chose qui vous tient à coeur dans votre vie ?</p><p>- L'éducation de ma fille aînée, nous en parlons beaucoup avec Florence. Julie va avoir 15 ans. Je ne comprends rien à la femme qu'elle devient.</p><p>- Et sur quelle batterie d'objectifs structurez-vous le dialogue avec votre femme pour mener à bien ce projet qui vous tient tant à coeur ?</p><p>Jean-Benoît accusa le coup. Sa femme et lui avaient des intentions, des peurs, des espoirs, des envies, de la fierté lorsqu'ils avançaient. Ils s'efforçaient d'assumer leur responsabilité de parents face à une adolescente armée d'un marteau-piqueur. L'objectif était de tenir, mais ça ne leur disait pas quoi faire et ça se déclinait encore moins en sous-objectifs.</p><p>- Bon, si je comprends bien, mes objectifs, c'est bon pour occuper mes contrôleurs de gestion ? Et, moi, j'ai d'autres échanges que ceux du jeune dirigeant perdu d'autrefois à développer ?</p><p>- Vous disiez vous-même tout à l'heure qu'en ce moment vous deviez tout réinventer, c'est l'occasion de commencer par vous ?</p><p>- Il y a du boulot, Sophie. Je compte sur ta discrétion, comme d'habitude ?</p><p>- Comme d'habitude, Jean-Benoît. Ah, et pour Julie...</p><p>- Nooon ! Ne me donne pas de conseils pour Julie ! Je viens de me rajouter Sébastien et l'Australie. Julie, je vais y arriver, c'est plus facile car je n'ai pas droit à l'erreur.</p><p>- Oui, et vous y consacrez sans le savoir 80% de votre énergie... je voulais vous dire, pour progresser dans votre relation au féminin, vous pourriez commencer par les futures femmes dirigeantes de Swen Games ?</p><p>- Très drôle Sophie, justement j'avais du temps libre... nous en reparlerons !</p></div>
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        <title>Sophie découvre le prix des chocolats</title>
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        <published>2009-02-17T20:18:34+01:00</published>
        <updated>2009-10-03T13:08:54+02:00</updated>
        <summary> - Ah te voilà Sophie, tu tombes bien ! Mon DRH me prend la tête avec les salaires, si tu savais !

- Bonjour Jean-Benoît, c'est quoi un "Dé-èrre-hache" ?

- Ben, comme tu vois, c'est quelqu'un qui erre dans les couloirs un dé dans une main, une hache dans l'autre. Sérieusement, il s'assure que chacun chez Swen Games est payé à sa juste valeur.

- Ca alors, j'aurais jamais imaginé que vous laissiez qui que ce soit faire un truc si important... vous m'impressionnez Jean-Benoît, vous êtes devenu un si grand patron ???


(Résumé des épisodes précédents : la petite Sophie accompagne le grand patron de Swen Games, Jean-Benoît, qui va bientôt découvrir le prix des chocolats... Les aventures de Sophie vous attendent ici)

Jean-Benoît baissa le regard. etait-ce une si bonne idée de parler salaires avec la jeune Sophie ? Oh, et puis de toutes façons, la connaissant, il en avait déjà trop dit ou pas assez. Suffisait de bien cadrer le topo.

- Bon, c'est simple. J'ai fait mes calculs, je peux augmenter les salaires de 2% en moyenne pour 2009, et ils me font une pendule pour avoir 4%. Veulent la peau de la boîte, et la mienne avec. Mais ils ne m'auront pas, je te le dis.

- Oui, et alors ?

- Alors ? Eh bien alors, je ne sais pas, moi ! Que veux-tu que j'y fasse si ils ne peuvent pas comprendre !

- Vous voulez qu'on parle d'eux ou de vous ?

Jean-Benoît connaissait la règle : travailler sur lui avant de se faire des noeuds à la place des autres. Il tendit une main pesante vers la boîte rituelle de chocolats et la tendit à sa jeune coach.

- Tiens, sers-toi. Comment les trouves-tu ?

- Mmh, vous vous êtes encore surpassé Jean-Benoît, ils sont dé-li-cieux !

- En effet, note bien, ils peuvent, à 100 € le kilo...

- 100 €, moi, ça ne me dit rien, faut combien de temps pour gagner 100 € ?

- Dans un pays très pauvre, faut un an de travail. En France, il y a des gens qui vivent une semaine avec ça, et chez Swen Games, mon salarié le moins payé doit gagner 100 € en deux jours ouvrés, 1000 € par mois si tu préfères.

- Mazette ! Comment osent-ils se plaindre avec des salaires si impressionnants !

- Euh, oui, enfin, bon, c'est toute une histoire, et puis, tu vois, moi, je suis un patron soucieux du bien-être de ses employés. Voilà voilà. Tu as peut-être des devoirs qui t'attendent à la maison ?

Jean-Benoît se dit à cet instant qu'il avait marché sur un piège à ours. Il pâlit à l'instant précis où Sophie posa la question qu'il sentait venir depuis quelques instants.

- Et avec 100 €, je peux me payer une partie de Scrabble avec vous ? Tiens, depuis que nous discutons tous les deux, combien avez-vous coûté à Swen Games, histoire de m'impressionner ?

- Depuis que nous discutons ? Tu veux dire, depuis un quart d'heure ?

- Puisque vous le dites, oui, je connais vos capacités en calcul mental, ça devrait vous prendre un chocolat de calculer ça, du coup j'en reprends un, ils sont tellement bons.

Jean-Benoît épongea son front. Lui qui ne transpirait jamais, il se sentait dans un sauna. Mais comment échapper au piège qu'il s'était lui-même tendu ?

- OK, donc dans une année je travaille 2000 heures, si je prends mon salaire de 2 millions, plus mes stock-options à prix cassé, disons autant, ça fait 4 millions divisés par 2000, 2000 € l'heure, donc, depuis un quart d'heure, j'ai gagné cinq boîtes.

- Pas mal, dites-donc ! En clair, vous gagnez en une demi-heure ce que certains de vos salariés gagnent en un mois, c'est ça ?

- Euh, dit comme ça, oui, mais ça se justifie, tu peux en être certaine.

Sophie dépliait avec attention un marron glacé que le chocolatier avait glissé par malice dans la boîte.

Jean-Benoît commençait à trouver le temps long. Mais il connaissait Sophie, il fallait qu'il sorte par le haut de cet entretien.

- Ce salaire, qui peut sembler important, se comprend quand on considère le risque que je prends et le profit que je fais gagner par Swen Games.

- Moi, vous savez, tout ça c'est de l'hébreu. Puique ça semble vous tracasser, expliquez-moi à tout hasard ce que vous entendez par là ?

- Eh bien, le risque, c'est que je peux être licencié à tout moment si mes performances sont insuffisantes.

- Oui, et dans ce cas, vous n'aurez plus de quoi vivre.

- Euh, pas tout à fait. Autrefois, les dirigeants étaient virés ad nutum, d'un hochement de tête de leurs administrateurs. Ils partaient sans rien, sur l'heure. Depuis une vingtaine d'années, nous avons amélioré cela. Pour ma part, j'ai un contrat de travail qui me donne droit à des indemnités et si je devais partir ce serait avec deux ans de salaire.

- Bien, alors, où est le risque ? Arrive-t-il qu'un homme comme vous reste deux ans sans travailler ?

- Non, je n'ai jamais vu cela autour de moi. Tu as raison, le risque est faible. Reste tout ce que je fais gagner à Swen Games. J'estime qu'un autre dirigeant ferait au bas mot 100 millions de moins de profit, alors tu vois, mon salaire, à côté, c'est peu de chose.

- L'autre dirigeant qui ferait 100 millions de moins de profit, ça mettrait Swen Games en danger ?

- Non, nous avons les reins solides.

- Alors, que savez-vous de ce que ça apporterait de mieux pour l'entreprise, ses clients et ses salariés, si cet autre patron faisait moins de profit et plus d'autre chose ?

Jean-Benoît se renversa sur son fauteuil. La petite avait raison sur un point : personne ne pouvait réduire les objectifs de Swen Games à un profit. Il en fallait pour garder de la liberté d'action, mais sur le long terme l'histoire retiendrait la façon dont le groupe aurait transformé son métier et rendu un peu plus heureux ses clients, ses fournisseurs et... ses salariés.

- Bon, d'accord, mon salaire n'est sans doute lié ni aux risques que je prends ni au profit que je génère. Je vais te dire, Sophie, mon salaire, c'est ce que j'en ai décidé. J'ai fixé son montant, mes actionnaires l'ont approuvé, et tout le monde est content.

- Et vos salariés, qu'en pensent-ils ?

- Je ne sais pas ce qu'ils pensent de mon salaire, ils me parlent surtout du leur.

- Les gens sont d'un égoïsme... Si ça se trouve, ils aimeraient, comme vous, fixer leur salaire ?

- Peut-être, mais c'est moi le patron. Je reconnais que ça peut leur donner des idées.

- J'y pense, pour votre salaire, est-ce qu'on trouve facilement des remplaçants prêts à faire votre travail ?

- A 4 millions d'euros, oui, ça se trouve assez facilement, même si je considère que je suis excellent, on doit pouvoir trouver pas mal de bons patrons pour ce prix.

- Donc si le marché était équilibré votre salaire devrait baisser ?

- "Si le marché était équilibré", mais c'est pas un marché Sophie, c'est un rapport de force. J'ai décidé que ce serait tant, et c'est tant, et ceux qui sont pas contents n'ont qu'à aller défiler avec leurs banderoles, mais ailleurs que sous mes fenêtres.

- Oui, c'est un rapport de force, en effet. D'après vous, comment cela affecte-t-il les prises de tête de votre "Dé-erre-hache" sur les salaires ?

- Peut-être que ça tourne au rapport de forces aussi. Mais qu'est-ce que j'y peux, moi ?

- Combien gagnaient les patrons les plus remarquables que vous avez rencontrés ?

- Le meilleur, c'était le vieux Swen. Il menait une vie de moine. Je crois bien qu'il gagnait dans les 100 000 euros, une boîte de chocolats à l'heure. En plus il n'aimait pas les sucreries, il était taillé dans un manche de pioche.

- Comment se fait-il que, lui, il ne faisait pas usage de son "rapport-de-force" à lui pour gagner davantage ?

- Mais Sophie, tout simplement parce qu'il n'en avait nul besoin ! Il considérait ce salaire comme largement suffisant pour le désintéresser de tout souci matériel, et sa vie était consacrée à son entreprise. Il nous a tous formés.

- Vu sous cet angle, comment devrait évoluer le salaire d'un dirigeant à mesure qu'il devient plus dévoué à sa mission ?

- C'est clair, il faut moins d'argent pour désintéresser un grand dirigeant et lui permettre de se donner tout entier à son travail. C'est curieux, ça signifie que les salaires des dirigeants devraient baisser à mesure qu'ils deviennent plus mûrs. Remarque, je connais quelques mercenaires qui réclament des sommes astronomiques juste parce qu'ils ne savent pas se diriger eux-mêmes.

- Que faites-vous de tout cela dans le contexte qui vous préoccupe en ce moment ?

Jean-Benoît resta pensif. Certes, si il était au niveau de maturité du vieux Swen, il pourrait diviser son salaire par 10 et vivre très confortablement. La différence serait négligeable sur les comptes de l'entreprise, mais sur les consciences ? Comment diriger en restant en accord avec ses intimes convictions ?

- Tu sais Sophie que, depuis que nous discutons, j'ai gagné vingt boîtes de chocolat !

- Ou si vous préférez, de quoi faire vivre tout un village pendant un an dans certains pays. Or vous n'avez pas même pu en finir une seule. Et qu'est-ce que vous avez gagné d'autre ?

- Le plaisir de découvrir que j'ai des valeurs dont je suis fier, qui n'ont rien à voir avec le prix des chocolats. Bon serviteur, mauvais maître, l'argent !

- Si c'est vous qui le dites... gardez-en assez pour mes chocolats. A bientôt Jean-Benoît, bien le bonjour à votre "Dé-erre-hache" !
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p><a href="http://jlrichard.typepad.com/.shared/image.html?/photos/uncategorized/2008/10/22/img_2924.jpg" onclick="window.open(this.href, '_blank', 'width=800,height=1039,scrollbars=no,resizable=no,toolbar=no,directories=no,location=no,menubar=no,status=no,left=0,top=0'); return false"><img alt="Img_2924" border="0" height="129" src="http://jlrichard.typepad.com/questionsdedirigeant/images/2008/10/22/img_2924.jpg" style="margin: 0px 5px 5px 0px; float: left;" title="Img_2924" width="100" /></a> <strong>- Ah te voilà Sophie, tu tombes bien ! Mon DRH me prend la tête avec les salaires !</strong></p>
<p><strong>- Bonjour Jean-Benoît, c'est quoi un "Dé-erre-hache" ?</strong></p>
<p><strong>- Ben, comme tu vois, c'est quelqu'un qui erre dans les couloirs un dé dans une main, une hache dans l'autre. Sérieusement, il s'assure que chacun chez Swen Games est payé à sa juste valeur.</strong></p>
<p><strong>- Ca alors, j'aurais jamais cru que vous laissiez qui que ce soit faire un truc si important. Vous m'impressionnez, vous êtes devenu un si grand patron ???</strong></p>
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<p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; -x-system-font: none; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;"><strong>(Résumé des épisodes précédents : la petite Sophie accompagne le grand patron de Swen Games, Jean-Benoît, qui va bientôt découvrir le prix des chocolats... Les aventures de Sophie vous attendent<span class="Apple-converted-space"> </span></strong><a href="http://jlrichard.typepad.com/questionsdedirigeant/sophie/" style="cursor: pointer; color: blue; text-decoration: underline;" target="_blank"><strong>ici</strong></a><strong>)</strong></span></p>
<p>Jean-Benoît baissa le regard. Etait-ce une si bonne idée de parler salaires avec la jeune Sophie ? Oh, et puis de toutes façons, la connaissant, il en avait déjà trop dit ou pas assez. Suffisait de bien cadrer le topo.</p>
<p>- Bon, c'est simple. J'ai fait mes calculs, je peux augmenter les salaires de 2% en moyenne pour 2009, et ils me font une pendule pour avoir 4%. Veulent la peau de la boîte, et la mienne avec. Mais ils ne m'auront pas, je te le dis.</p>
<p>- Oui, et alors ?</p>
<p>- Alors ? Eh bien alors, je ne sais pas, moi ! Que veux-tu que j'y fasse si ils ne veulent rien comprendre !</p>
<p>- Vous voulez qu'on parle d'eux ou de vous ?</p>
<p>Jean-Benoît connaissait la règle : travailler sur lui avant de se faire des noeuds à la place des autres. Il tendit une main pesante vers la boîte rituelle de chocolats et la tendit à sa jeune coach.</p>
<p>- Tiens, sers-toi. Comment les trouves-tu ?</p>
<p>- Mmh, vous vous êtes encore surpassé Jean-Benoît, ils sont dé-li-cieux !</p>
<p>- Ils peuvent, à 100 € le kilo...</p>
<p>- 100 €, moi, ça ne me dit rien, faut combien de temps pour gagner 100 € ?</p>
<p>- Dans un pays très pauvre, un an de travail. En France, il y a des gens qui vivent une semaine avec ça, et chez Swen Games, mon salarié le moins payé doit gagner 100 € en deux jours ouvrés, 1000 € par mois si tu préfères.</p>
<p>- Mazette ! Comment osent-ils se plaindre avec des salaires si impressionnants !</p>
<p>- Euh, oui, enfin, bon, c'est toute une histoire, et puis, tu vois, moi, je suis un patron soucieux du bien-être de ses employés. Voili voilà. Tu as peut-être des devoirs qui t'attendent à la maison ?</p>
<p>Jean-Benoît se dit à cet instant qu'il avait marché sur un piège à ours. Il pâlit à l'instant précis où Sophie posa la question qu'il sentait venir depuis quelques instants.</p>
<p>- Et avec 100 €, je peux me payer une partie de Scrabble avec vous ? Tiens, depuis que nous discutons tous les deux, combien avez-vous gagné, histoire de m'impressionner ?</p>
<p>- Depuis que nous discutons ? Tu veux dire, depuis un quart d'heure ?</p>
<p>- Puisque vous le dites, oui. Je connais vos capacités en calcul mental, ça devrait vous prendre un chocolat de calculer ça. Du coup j'en reprends un, ils sont tellement bons.</p>
<p>Jean-Benoît épongea son front. Lui qui ne transpirait jamais, il se serait cru dans un sauna. Mais comment échapper au piège qu'il s'était lui-même tendu ?</p>
<p>- OK, dans une année je travaille 2000 heures. Je prends mon salaire de 2 millions, plus mes stock-options à prix cassé, disons autant, ça fait 4 millions divisés par 2000, 2000 € l'heure. Donc, depuis un quart d'heure, j'ai gagné cinq boîtes.</p>
<p>- Pas mal ! Vous gagnez en une demi-heure ce que certains de vos salariés gagnent en un mois ?</p>
<p>- Euh, dit comme ça, oui. Mais ça se justifie, tu peux en être certaine.</p><p>- Quand ils s'achètent des chocolats, ils les payent aussi 100 € ?</p><p>- Non, eux ils trouvent les chocolats à 10 € le kilo excellents, et sans doute aussi qu'ils en mangent moins, comme ça, tu vois, ils ont de quoi vivre.</p><p>- Comment faites-vous pour digérer vingt fois plus de chocolats dix fois plus coûteux que vos collaborateurs payés deux cents fois moins que vous ?</p>
<p>Sophie dépliait avec attention un marron glacé que le chocolatier avait glissé par malice dans la boîte.</p>
<p>Jean-Benoît commençait à trouver le temps long. Il connaissait Sophie, il fallait qu'il sorte par le haut de cet entretien.</p>
<p>- Ce salaire, qui peut sembler important, se comprend quand on considère le risque que je prends et le profit que je fais gagner à Swen Games.</p>
<p>- Moi, vous savez, tout ça c'est de l'hébreu. Puisque ça semble vous tracasser, expliquez-moi ce que vous entendez par là ?</p>
<p>- Eh bien, le risque, c'est que je peux être licencié à tout moment si mes performances sont insuffisantes.</p>
<p>- Oui, et dans ce cas, vous devrez habituer votre estomac aux chocolats à 10 € le kilo.</p>
<p>- Pas tout à fait. Autrefois, les dirigeants étaient virés ad nutum, d'un simple hochement de tête. Ils partaient sans rien, sur l'heure. Depuis une vingtaine d'années, nous avons amélioré cela. Pour ma part, j'ai un contrat de travail qui me donne droit à des indemnités et si je devais partir ce serait avec deux ans de salaire.</p>
<p>- Où est le risque ? Arrive-t-il qu'un homme comme vous reste deux ans sans travailler ?</p>
<p>- Non, je n'ai jamais vu cela autour de moi. Tu as raison, le risque est faible. Reste tout ce que je fais gagner à Swen Games. J'estime qu'un autre dirigeant ferait au bas mot 100 millions de moins de profit, alors tu vois, mon salaire, à côté, c'est peu.</p>
<p>- L'autre dirigeant qui ferait 100 millions de moins de profit, ça mettrait Swen Games en danger ?</p>
<p>- Non, nous avons les reins solides.</p>
<p>- Alors, que savez-vous de ce que ça apporterait de mieux pour l'entreprise, ses clients et ses salariés, si cet autre patron faisait moins de profit et plus d'autre chose ?</p>
<p>Jean-Benoît se renversa sur son fauteuil. La petite avait raison sur un point : personne ne pouvait réduire les objectifs de Swen Games à un profit. Il en fallait pour garder de la liberté d'action, mais sur le long terme l'histoire retiendrait la façon dont le groupe aurait transformé son métier et rendu un peu plus heureux ses clients, ses fournisseurs et... ses salariés. Honnêtement, rien de mesurable à court terme.</p>
<p>- Bon, d'accord, mon salaire n'est sans doute lié ni aux risques que je prends ni au profit que je génère. Je vais te dire, Sophie, mon salaire, c'est ce que j'en ai décidé. J'ai fixé son montant, mes administrateurs l'ont approuvé, et hop, tout le monde est content.</p>
<p>- Et vos salariés, qu'en pensent-ils ?</p>
<p>- Je ne sais pas ce qu'ils pensent de mon salaire, ils me parlent surtout du leur.</p>
<p>- Les gens sont d'un égoïsme... Si ça se trouve, ils aimeraient, comme vous, fixer leur salaire ?</p>
<p>- Peut-être, mais pas chez moi. Maintenant, je reconnais que ça peut leur donner des idées.</p>
<p>- J'y pense, pour votre salaire, est-ce qu'on trouve facilement des remplaçants prêts à faire votre travail ?</p>
<p>- A 4 millions d'euros, oui, ça se trouve, même si je considère que je suis excellent, on doit pouvoir trouver pas mal de bons patrons pour ce prix.</p>
<p>- Donc si le marché était équilibré votre salaire devrait baisser ?</p>
<p>- "Si le marché était équilibré", mais c'est pas un marché Sophie, c'est un rap-port-de-force. J'ai décidé que ce serait tant, et c'est tant, et ceux qui sont pas contents n'ont qu'à aller défiler avec leurs banderoles, mais ailleurs que sous mes fenêtres.</p>
<p>- C'est un rapport de force, en effet. D'après vous, comment cela affecte-t-il les prises de tête de votre "Dé-erre-hache" sur ces formalités de salaires ?</p>
<p>- Peut-être que ça tourne au rapport de forces aussi. Mais qu'est-ce que j'y peux, moi ?</p><p>- Oui, au fait, pourquoi vous faut-il autant de chocolats aussi chers ?</p><p>- Euh, tu sais, on s'habitue vite, dans ce sens là, je ne suis pas le seul dans ce cas.</p>
<p>- Combien gagnaient les patrons les plus remarquables que vous avez rencontrés ?</p>
<p>- Le meilleur, c'était le vieux Swen. Il menait une vie de moine. Je crois bien qu'il gagnait dans les 100 000 euros, une moitié de boîte de chocolats à l'heure. En plus il n'aimait pas les sucreries, il était taillé dans un manche de pioche.</p>
<p>- Et pourquoi il ne faisait pas usage de son "rapport-de-force" à lui pour gagner davantage ?</p>
<p>- Mais Sophie, tout simplement parce qu'il n'en avait nul besoin ! Il considérait ce salaire comme largement suffisant pour le désintéresser de tout souci personnel, et sa vie était consacrée à son entreprise. Il nous a tous formés à faire passer l'entreprise avant nous.</p>
<p>- Vu sous cet angle, comment devrait évoluer le salaire d'un dirigeant à mesure qu'il devient plus compétent et dévoué à sa mission ?</p>
<p>- C'est clair, il faut moins d'argent pour désintéresser un grand dirigeant et lui permettre de se donner tout entier à son travail. C'est curieux, ça signifie que les salaires des dirigeants devraient baisser à mesure qu'ils deviennent plus mûrs. Remarque, je connais quelques mercenaires qui réclament des sommes astronomiques juste parce qu'ils ne savent pas se diriger eux-mêmes.</p>
<p>- Que faites-vous de tout cela dans le contexte qui vous préoccupe en ce moment ?</p>
<p>Jean-Benoît resta pensif. Certes, si il était au niveau de maturité du vieux Swen, il pourrait diviser son salaire par 10 et vivre encore très confortablement. La différence serait négligeable sur les comptes de l'entreprise, mais sur les consciences ? Comment diriger en restant en accord avec ses intimes convictions ?</p>
<p>- Tu sais Sophie que, depuis que nous discutons, j'ai gagné vingt boîtes de chocolat !</p>
<p>- Ou si vous préférez, de quoi faire vivre tout un village pendant un an dans certains pays. Or vous n'avez pas même pu en finir une seule. Et qu'est-ce que vous avez gagné d'autre ?</p>
<p>- Le plaisir de découvrir que j'ai des valeurs dont je suis fier, qui n'ont rien à voir avec le prix des chocolats. Bon serviteur, mauvais maître, l'argent !</p>
<p>- Si c'est vous qui le dites... gardez-en assez pour mes chocolats. A bientôt Jean-Benoît, bien le bonjour à votre "Dé-erre-hache" !</p></div>
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        <title>Sophie travaille la crise</title>
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        <published>2009-02-02T16:07:17+01:00</published>
        <updated>2009-10-03T13:09:56+02:00</updated>
        <summary>- Vivement 2010 Sophie ! Je te le dis, 2009 c'est la crise, c'est pourri de chez pourri !

- Bonjour Jean-Benoît, que vous arrive-t-il ?

- Demande à mes magasiniers de l'entrepôt de Massy, ce qui leur arrive ! M'ont collé une grève, juste au moment où je dois réceptionner mes importations chinoises, ils sont fous !

- Ou bien renseignés ?

- Si ils me cherchent, ils vont me trouver. Ils croient qu'avec la crise j'ai du gras ? Ils ont toujours leur job et leur salaire, ils veulent quoi d'autre ?

- Et vous, vous voulez quoi ?


(Résumé des épisodes précédents : la petite Sophie accompagne le patron de Swen Games, Jean-Benoît, qui découvre ce que la crise de 2009 peut lui apprendre. Les aventures de Sophie vous attendent ici) 

- Moi, je veux qu'ils me foutent la paix.

- Et vous ressentez quoi, en ce moment ?

- Je suis en colère, une grève, chez moi ! Alors qu'il n'y a pas de patron plus social que moi, si j'étais encore à la fac je voterais Besancenot !

- Vous souhaitez travailler, ou on continue à plaisanter ? C'est l'heure de mon quatre heures...

Jean-Benoît ouvrit la boîte de chocolats qu'il gardait pour ces occasions. Sophie n'était pas chère, un chocolat aux 3 à 5 minutes, selon leur qualité. Et ceux-ci venaient de son meilleur fournisseur.

- Mmm, délicieuses vos truffes ! Revenons à ce que vous considérez comme votre problème.

- J'ai la crise de 29 et des magasiniers de mes deux sur le dos, à part ça, tout baigne.

- Vous souhaitez travaillez sur quoi ?

- J'ai un dîner, on va se faire la main sur mes magasiniers.

- Quel est votre objectif ?

- Je viens de te le dire, qu'ils se taisent et qu'ils retournent à leur taf, je ne leur ai rien demandé, moi.

- Qu'attendez-vous d'eux dans le contexte économique actuel ?

- Euh, c'est délicat. Je n'ai jamais voulu d'un entrepôt, moi. J'en ai hérité quand nous avons racheté Store Stars. Et pour tout te dire, il me semble qu'une étude en cours de la logistique européenne envisage de le fermer.

- Comment participent-ils à cette décision ?

- Si on devait demander leur avis à tous ceux qu'on envisage de dégager, surtout en ce moment !

- Oubliez cette étude, que vous dit votre intime conviction ? Comment ces magasiniers pourraient-ils vous aider en 2009 ?

- Ah, mais ça me gonfle grave tout ce foin pour quelques dizaines de gus ! Moi, les magasiniers, je veux pas en entendre parler ! Qu'ils déchargent mes conteneurs chinois et qu'ils disparaissent !

Sophie choisissait avec soin sa prochaine truffe. Jean-Benoît reprenait ses esprits, encore étonné de son coup de colère.

- Bon, on en est où, Sophie ?

- Vous venez de nous donner un échantillon des pulsions qui agitent en ce moment vos magasiniers.

- Euh, tu peux préciser ?

- Chacun a ses pulsions, c'est humain. Vous, et vos gus, comme vous les appelez. Comme vous êtes le patron, ce sont vos pulsions qui donnent le ton. Pas étonnant qu'une grève dure se dessine.

- Peut-être, mais je vais pas me changer. Je fais quoi, de ça ?

- Comment s'appelle le syndicaliste local ?

- Robert, un gars pas mal, un bon pro, pas le genre excité pourtant.

- Va pour Robert. Imaginez Robert rentrant chez lui.

- Jusque là, ça va.

- Il pose son blouson, enfile ses pantoufles, embrasse sa femme.

- Oui, et il lui demande qu'est-ce qu'on mange ce soir.

- En effet, vous ne changez pas. Sa femme, justement, a décidé de procéder à un petit audit. Elle lui demande quel est le rôle de son entrepôt dans la stratégie de Swen Games, comment cela devrait évoluer pour répondre à la crise et qu'est-ce que lui, son homme, compte faire.

- Il répond qu'il n'en a aucune idée, ses patrons non plus, et que d'ailleurs dans cette boîte de m... c'est chacun pour soi, personne ne lui demande son avis. Il ajoute qu'il n'a plus confiance dans ses responsables, et qu'eux-mêmes ne songent qu'à sauver les meubles.

- Bravo, on s'y croirait. Une bonne grève dure, voilà qui va recréer des liens forts entre tous ces professionnels qui ne demandent qu'à mobiliser leurs énergies pour quelqu'un et quelque chose... Ca vous suffit, pour aujourd'hui ?

- Oui, j'ai contribué à créer ce dont je me plains. Comment faire pour redresser la situation ?

- Vous savez, Jean-Benoît, moi, vos histoires de logistique et de sous, je n'y comprends rien. La seule certitude que j'ai, c'est qu'en devenant conscient de ce qui se passe en vous et chez vous, vous trouverez.

- Tu crois que ça peut marcher aussi pour faire face à la crise ?

- Si il est question d'objectifs, de pulsions et le liens de confiance, pourquoi pas ?

- OK Sophie, prends le reste de la boîte, ce soir je ne réponds pas de mes envies de chocolat.

- Un vieux manque affectif ?

- On en parlera une autre fois, si je veux !

- Si vous pouvez, Jean-Benoît, si vous pouvez...
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p><a href="http://jlrichard.typepad.com/.shared/image.html?/photos/uncategorized/2008/10/22/img_2971.jpg" onclick="window.open(this.href, '_blank', 'width=800,height=1017,scrollbars=no,resizable=no,toolbar=no,directories=no,location=no,menubar=no,status=no,left=0,top=0'); return false"><strong><img alt="Img_2971" border="0" height="127" src="http://jlrichard.typepad.com/questionsdedirigeant/images/2008/10/22/img_2971.jpg" style="margin: 0px 5px 5px 0px; float: left;" title="Img_2971" width="100" /></strong></a><strong>- Vivement 2010 Sophie ! Je te le dis, 2009 c'est la crise, c'est pourri de chez pourri !</strong></p>
<p><strong>- Bonjour Jean-Benoît, que vous arrive-t-il ?</strong></p>
<p><strong>- Demande à mes magasiniers de l'entrepôt de Massy, ce qui leur arrive ! M'ont collé une grève, juste au moment où je dois réceptionner mes importations chinoises, ils sont fous !</strong></p>
<p><strong>- Ou peut-être bien renseignés ?</strong></p>
<p><strong>- Si ils me cherchent, ils vont me trouver. Ils croient qu'avec la crise j'ai du gras ? Ils ont toujours leur job et leur salaire, ils veulent quoi d'autre ?</strong></p>
<p><strong>- Et vous, vous voulez quoi ?</strong></p>
<p><strong /></p>

<p><strong>(Résumé des épisodes précédents : la petite Sophie accompagne le patron de Swen Games, Jean-Benoît, qui découvre ce que la crise de 2009 peut lui apprendre. Les aventures de Sophie vous attendent </strong><a href="http://jlrichard.typepad.com/questionsdedirigeant/sophie/" target="_blank"><strong>ici</strong></a><strong>) </strong></p>
<p>- Moi, je veux qu'ils me foutent la paix.</p>
<p>- Et vous ressentez quoi, en ce moment ?</p>
<p>- Je suis en colère, une grève, chez moi ! Alors qu'il n'y a pas de patron plus social que moi, si j'étais encore à la fac je voterais Besancenot !</p>
<p>- Vous souhaitez travailler, ou on continue à plaisanter ? C'est l'heure de mon quatre heures...</p>
<p>Jean-Benoît ouvrit la boîte de chocolats qu'il gardait pour ces occasions. Sophie n'était pas chère, un chocolat aux 3 à 5 minutes, selon leur qualité. Et ceux-ci venaient de son meilleur fournisseur.</p>
<p>- Mmm, délicieuses vos truffes ! Revenons à ce que vous considérez comme votre problème.</p>
<p>- J'ai la crise de 29 et ces magasiniers de mes deux sur le haricot, à part ça tout baigne.</p>
<p>- Vous souhaitez travaillez sur quoi ?</p>
<p>- J'ai un dîner, on va prendre mes magasiniers.</p>
<p>- Quel est votre objectif ?</p>
<p>- Je viens de te le dire, qu'ils se taisent et qu'ils retournent à leur taf, je ne leur ai rien demandé, moi.</p>
<p>- Qu'attendez-vous d'eux dans le contexte économique actuel ?</p>
<p>- Euh, c'est délicat. Je n'ai jamais voulu d'un entrepôt, moi. J'en ai hérité quand nous avons racheté Store Stars. Et pour tout te dire, l'étude en cours de la logistique européenne envisage de le fermer.</p>
<p>- Comment participent-ils à cette décision ?</p>
<p>- Si on devait demander leur avis à tous ceux qu'on envisage de dégager, surtout en ce moment !</p>
<p>- Oubliez cette étude, que vous dit votre intime conviction ? Comment ces magasiniers pourraient-ils vous aider en 2009 ?</p>
<p>- Ah, mais ça me gonfle grave tout ce foin pour quelques dizaines de gus ! Moi, les magasiniers, je veux pas en entendre parler ! Rien que de m'en parler, de cet entrepôt, ça me fout en boule ! Qu'ils déchargent mes conteneurs chinois et qu'ils disparaissent !</p>
<p>Sophie choisissait avec soin sa prochaine truffe. Jean-Benoît reprenait ses esprits, encore étonné de sa réaction.</p>
<p>- Bon, on en est où, Sophie ?</p>
<p>- Vous venez de nous donner un échantillon des pulsions qui agitent en ce moment vos magasiniers.</p>
<p>- Euh, tu peux préciser ?</p>
<p>- Chacun a ses pulsions, c'est humain. Vous, et vos gus, comme vous les appelez. Comme vous êtes le patron, ce sont vos pulsions qui donnent le ton. Pas étonnant qu'une grève dure se dessine.</p>
<p>- Peut-être, mais je vais pas me changer. Je fais quoi, de ça ?</p>
<p>- Comment s'appelle le syndicaliste local ?</p>
<p>- Robert, un gars pas mal, un bon pro, pas le genre excité pourtant.</p>
<p>- Va pour Robert. Imaginez Robert rentrant chez lui.</p>
<p>- Jusque là, ça va.</p>
<p>- Il pose son blouson, enfile ses pantoufles, embrasse sa femme.</p>
<p>- Oui, et il lui demande qu'est-ce qu'on mange ce soir.</p>
<p>- En effet, vous ne changez pas. Sa femme, justement, a décidé de procéder à un petit audit. Elle lui demande quel est le rôle de son entrepôt dans la stratégie de Swen Games, comment cela devrait évoluer pour répondre à la crise et qu'est-ce que lui, son homme, compte faire.</p>
<p>- Il répond qu'il n'en a aucune idée, ses patrons non plus, et que d'ailleurs dans cette boîte de m... c'est chacun pour soi, personne ne lui demande son avis. Il ajoute qu'il n'a plus confiance dans ses responsables, et qu'eux-mêmes ne songent qu'à sauver les meubles.</p>
<p>- Bravo, on s'y croirait. Une bonne grève dure, voilà qui va recréer des liens forts entre tous ces professionnels qui ne demandent qu'à mobiliser leurs énergies <em>pour quelqu'un et quelque chose</em>... Ca vous suffit, pour aujourd'hui ?</p>
<p>- Oui, j'ai contribué à créer ce dont je me plains. Comment faire pour redresser la situation ?</p>
<p>- Vous savez, Jean-Benoît, moi, vos histoires de logistique et de sous, je n'y comprends rien. La seule certitude que j'ai, c'est qu'en devenant conscient de ce qui se passe en vous et autour de vous, vous trouverez.</p>
<p>- Tu crois que ça peut marcher aussi pour faire face à la crise ?</p>
<p>- Si il est question d'objectifs, de pulsions et de liens de confiance, pourquoi pas ? Ah, regardez aussi du côté de l'équité, ça sera pas du luxe.</p>
<p>- OK Sophie, prends le reste de la boîte, ce soir je ne réponds pas de mes envies de chocolat.</p>
<p>- Un vieux manque affectif ?</p>
<p>- On en parlera une autre fois, si je veux !</p>
<p>- Si vous pouvez, Jean-Benoît, si vous pouvez...</p></div>
</content>



    </entry>
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        <title>Sophie... Voeux !</title>
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        <published>2009-01-10T13:41:38+01:00</published>
        <updated>2009-01-10T13:41:38+01:00</updated>
        <summary>- Bonne année Sophie !

Jean-Benoît était rassuré de retrouver "sa" Sophie. Elle avait un peu grandi.

- Voeux !

- Comment ça, "voeux" ?

- Tous mes meilleurs voeux Jean-Benoît pour une belle et heureuse année 2009, sans les mots qui tombent sous le sens, y reste voeux !

- Ca promet ! Tu vas être encore plus chi.. euh, vigilante qu'en 2008 ?

- Vous m'avez fait venir pour échanger des banalités ?

(Résumé des épisodes précédents : la petite Sophie coache Jean-Benoît, le brillant président de Swen Games. Les précédents épisodes des aventures de Sophie sont ici.)

- J'aurais préféré. Quelque chose m'échappe en ce moment, je ne sais pas quoi.

- Rassurez-moi, vous avez toujours la main sur les chocolats ?

- Ah oui, ça, c'est sous contrôle, les voici, sers-toi. Swen Games aussi est sous contrôle, c'est bien moi le patron, c'est pas le problème.

- Je suis certaine du contraire, mais restons sur votre demande.

- Qu'est-ce qui te permet de prétendre que je n'aurais pas la main chez moi ?

- D'abord, ici, c'est pas chez vous. Ensuite, je ne prétends rien, j'observe. Vous me dites que quelque chose vous échappe, et dans la phrase suivante vous associez le contrôle de votre entreprise à un problème.

- Justement, j'ai dit que c'était PAS le problème, tu veux la traduction en tatare-mandchou ?

- Restez sourd aux formes négatives, vous commencerez à écouter.

- Tiens, mes publicistes en disent autant.

- No comment.

- Oh, et puis tant pis ! J'hésitais à t'en parler, mais puisque c'est toi qui met le sujet sur la table...

- C'est un plaisir de travailler avec vous, Jean-Benoît.

- Epargne-moi ton humour. En ce moment, je me pose des questions sur la façon dont je dirige Swen Games.

- Quand vous aurez répondu à ces questions, que se passera-t-il de différent ?

- Une seconde, Sophie, j'ai pas attaché ma ceinture, tu peux démarrer plus doucement ?

Sophie concentrait toute son attention sur un emballage de chocolat qu'elle lissait avec soin.

Jean-Benoît savait qu'il était vain de faire préciser les questions de Sophie. Le jeu consistait à répondre ce qui lui passait par la tête.

- Cette nuit, j'ai rêvé que je réunissais tous mes collaborateurs dans une grande clairière, dans la forêt, puis que je partais. Malgré mes efforts je n'arrivais pas à courir, mes jambes pesaient une tonne.

- Vous élaborez votre leadership de Swen Games. Qu'est-ce qui est différent ?

- Je suis de plus en plus débordé, je n'ai plus le temps de me poser, comme si je chevauchais un cheval fou.

- A quoi ça se voit, que vous présidez Swen Games ?

- Ca se voit tout le temps. Tiens, à l'instant, j'ai réuni mes responsables de zones et nous avons revu à la baisse les investissements 2009.

- Pouvaient pas le faire eux-mêmes ?

- Je ne me suis pas posé la question. Ils sont venus avec du pipi de chat, je leur ai passé un savon, j'ai tout recadré. Sont repartis à leurs chères études.

- C'est la bande qui a envahi l'ascenseur quand j'en sortais ?

- Peut-être, ils accusaient le coup ?

- Ils étaient hilares. L'un d'eux disait que tout s'était passé comme prévu. Vous pensez vraiment diriger quoi que ce soit en faisant votre numéro ?

- Ils oseraient ?

- Au pire, ils se sont adaptés à vous. Si tout était possible, comment aimeriez-vous diriger SG ?

- J'aimerais que ça tourne sans moi. Mais si je n'apportais plus rien, ça n'irait pas. J'ai besoin de m'agiter et de m'assurer que tout tourne comme je l'entends.

- Vous semblez en transition vers une nouvelle forme de leadership qui vous encombre. Qu'est-ce qui irait dans le bon sens, en ce moment ?

- Avec Jean-Pierre, mon nouveau patron Asie, ça roule. Il délivre les résultats, je reste à ma place. Il est un peu plus jeune que moi, mais il a eu la chance d'être autrefois formé par le vieux Swen.

- Il était là tout à l'heure ?

- Non, il est en congés. Son budget 2009 est déjà nickel. C'est vrai qu'avec lui je ne fais pas mon numéro, il devance mes questions. Le problème, c'est les autres.

- Non, le problème, c'est vous, c'est sur vous que vous avez de l'impact. Si tous vos collaborateurs se comportaient comme Jean-Pierre, qu'est-ce qui vous dérangerait ?

- Euh, rien, ça te va, comme réponse ?

- A votre avis ?

- Bon, d'accord, j'aurais sans doute un peu peur de ne plus rien faire. Mais je trouverais. Swen Games a encore beaucoup à faire pour transformer son métier. So what ?

- Vous désirez diriger votre groupe en cadrant le travail de vos collaborateurs, plus qu'en les contrôlant, correct ?

- Oui, j'aimerais être le contenant, plus le contenu, la peau externe de l'entreprise si tu veux, pas l'intérieur. J'y tends plus ou moins, mais mes collaborateurs se sont adaptés à mon ancien style.

- Occupez-vous de vous, ils bougeront à leur tour. Vous avez beaucoup de collaborateurs, mais chacun d'eux n'a que vous comme patron et c'est à eux que revient la gestion du lien vers vous. Que pourriez-vous faire d'inattendu dans les prochains jours ?

- Je pourrais commencer par ne pas écrire la note que je leur ai promise tout à l'heure... et leur demander de faire leur travail. Je vais les appeler un par un pour recadrer le tout. Je vois aussi dans mon agenda quelques réunions auxquelles je ferais mieux de ne pas aller.

- En ce moment, vous faites juste marcher votre intelligence, j'aimerais entendre votre coeur et votre imagination... que pourriez-vous envisager de vraiment osé ?

- Tu veux dire, sans parler faisabilité ? Oh, je pourrais réorganiser ma première ligne, tiens je pourrais aussi relocaliser le siège de Swen Games à San Francisco, depuis le temps que c'est notre premier marché... je pourrais aussi... OK, je vois ce qui se passe, je vais prendre du temps pour revisiter tout cela.

- Vous n'êtes pas près de vous ennuyer. Vous avez tout ce qu'il vous faut dans votre vaste magasin personnel, vous avez juste à piocher dedans. Vous êtes allé chez le coiffeur récemment ?

- Oui, avant-hier, pourquoi ?

- Vous avez fait quoi en attendant ?

- Comme d'hab, j'ai lu mes mails sur mon téléphone, puis j'ai feuilleté une revue automobile.

- Vous pourriez faire quoi d'autre de votre temps pour vous ?

- Tu veux dire que je pourrais travailler sur moi au lieu de tuer le temps ? Pas d'accord, Sophie, si je fais tout seul ce que nous faisons ensemble, tu vas en profiter pour ne plus venir.

- C'est vous qui en déciderez. Mais d'après mon expérience, plus vous travaillerez sur vous, plus il vous en restera à travailler.

- Ce qui veut dire ?

- Une autre façon de le dire, c'est que plus vous serez performant, et plus vous aurez encore de quoi progresser.

- Comme si il n'existait aucune limite ?

- Dans votre performance professionnelle, aucune, ça se saurait. Je ne parle pas de votre vie personnelle, là c'est un autre jeu.

- Tout cela me dépasse un peu, ça va suffir pour aujourd'hui. Merci Sophie de m'avoir aidé à décoder tout ça.

- Au revoir Jean-Benoît, et encore très bonne année 2009 !

- Bonne année Sophie. Voeux !</summary>
        <author>
            <name>jlrichard</name>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p style="color: #c00000;"> <img alt="Img_2920" border="0" height="129" src="http://jlrichard.typepad.com/questionsdedirigeant/images/2008/10/22/img_2920.jpg" style="margin: 0px 5px 5px 0px; float: left;" title="Img_2920" width="100" /> <span style="color: #000000; font-family: Trebuchet MS;"><span style="color: #000000;"><strong>- Bonne année Sophie !</strong><br /></span></span></p><p><strong>Jean-Benoît était rassuré de retrouver "sa" Sophie. Elle avait un peu grandi.<br /></strong></p><p><strong>- Voeux !</strong></p><p><strong>- Comment ça, "voeux" ?</strong></p><p><strong>- Tous mes meilleurs voeux Jean-Benoît pour une belle et heureuse année 2009, sans les mots qui tombent sous le sens, y reste voeux !</strong></p><p><strong>- Ca promet ! Tu vas être encore plus chi.. euh, vigilante qu'en 2008 ?</strong></p><p><strong>- Vous m'avez fait venir pour échanger des banalités ?<br /></strong></p><p>
</p>
<p>
</p><p>
<em><strong>(Résumé des épisodes précédents : la petite Sophie coache Jean-Benoît, le brillant président de Swen Games. Les précédents épisodes des aventures de Sophie sont <a href="http://jlrichard.typepad.com/questionsdedirigeant/sophie/" target="_blank">ici</a>.)</strong></em></p><p>- J'aurais préféré. Quelque chose m'échappe en ce moment, je ne sais pas quoi.</p><p>- Rassurez-moi, vous avez toujours la main sur les chocolats ?</p><p>- Ah oui, ça, c'est sous contrôle, les voici, sers-toi. Swen Games aussi est sous contrôle, c'est bien moi le patron, c'est pas le problème.</p><p>- Je suis certaine du contraire, mais restons sur votre demande.</p><p>- Qu'est-ce qui te permet de prétendre que je n'aurais pas la main chez moi ?</p><p>- D'abord, ici, c'est pas chez vous. Ensuite, je ne prétends rien, j'observe. Vous me dites que quelque chose vous échappe, et dans la phrase suivante vous associez le contrôle de votre entreprise à un problème.</p><p>- Justement, j'ai dit que c'était PAS le problème, tu veux la traduction en tatare-mandchou ?</p><p>- Restez sourd aux formes négatives, vous commencerez à écouter.</p><p>- Tiens, mes publicistes en disent autant.</p><p>- No comment.</p><p>- Oh, et puis tant pis ! J'hésitais à t'en parler, mais puisque c'est toi qui met le sujet sur la table...</p><p>- C'est un plaisir de travailler avec vous, Jean-Benoît.</p><p>- Epargne-moi ton humour. En ce moment, je me pose des questions sur la façon dont je dirige Swen Games.</p><p>- Quand vous aurez répondu à ces questions, que se passera-t-il de différent ?</p><p>- Une seconde, Sophie, j'ai pas attaché ma ceinture, tu peux démarrer plus doucement ?</p><p>Sophie concentrait toute son attention sur un emballage de chocolat qu'elle lissait avec soin.</p><p>Jean-Benoît savait qu'il était vain de faire préciser les questions de Sophie. Le jeu consistait à répondre ce qui lui passait par la tête.</p><p>- Cette nuit, j'ai rêvé que je réunissais tous mes collaborateurs dans une grande clairière, dans la forêt, puis que je partais. Malgré mes efforts je n'arrivais pas à courir, mes jambes pesaient une tonne.</p><p>- Vous élaborez votre leadership de Swen Games. Qu'est-ce qui est différent ?</p><p>- Je suis de plus en plus débordé, je n'ai plus le temps de me poser, comme si je chevauchais un cheval fou.</p><p>- A quoi ça se voit, que vous présidez Swen Games ?</p><p>- Ca se voit tout le temps. Tiens, à l'instant, j'ai réuni mes responsables de zones et nous avons revu à la baisse les investissements 2009.</p><p>- Pouvaient pas le faire eux-mêmes ?</p><p>- Je ne me suis pas posé la question. Ils sont venus avec du pipi de chat, je leur ai passé un savon, j'ai tout recadré. Sont repartis à leurs chères études.</p><p>- C'est la bande qui a envahi l'ascenseur quand j'en sortais ?</p><p>- Peut-être, ils accusaient le coup ?</p><p>- Ils étaient hilares. L'un d'eux disait que tout s'était passé comme prévu. Vous pensez vraiment diriger quoi que ce soit en faisant votre numéro ?</p><p>- Ils oseraient ?</p><p>- Au pire, ils se sont adaptés à vous. Si tout était possible, comment aimeriez-vous diriger SG ?</p><p>- J'aimerais que ça tourne sans moi. Mais si je n'apportais plus rien, ça n'irait pas. J'ai besoin de m'agiter et de m'assurer que tout tourne comme je l'entends.</p><p>- Vous semblez en transition vers une nouvelle forme de leadership qui vous encombre. Qu'est-ce qui irait dans le bon sens, en ce moment ?</p><p>- Avec Jean-Pierre, mon nouveau patron Asie, ça roule. Il délivre les résultats, je reste à ma place. Il est un peu plus jeune que moi, mais il a eu la chance d'être autrefois formé par le vieux Swen.</p><p>- Il était là tout à l'heure ?</p><p>- Non, il est en congés. Son budget 2009 est déjà nickel. C'est vrai qu'avec lui je ne fais pas mon numéro, il devance mes questions. Le problème, c'est les autres.</p><p>- Non, le problème, c'est vous, c'est sur vous que vous avez de l'impact. Si tous vos collaborateurs se comportaient comme Jean-Pierre, qu'est-ce qui vous dérangerait ?</p><p>- Euh, rien, ça te va, comme réponse ?</p><p>- A votre avis ?</p><p>- Bon, d'accord, j'aurais sans doute un peu peur de ne plus rien faire. Mais je trouverais. Swen Games a encore beaucoup à faire pour transformer son métier. So what ?</p><p>- Vous désirez diriger votre groupe en cadrant le travail de vos collaborateurs, plus qu'en les contrôlant, correct ?</p><p>- Oui, j'aimerais être le contenant, plus le contenu, la peau externe de l'entreprise si tu veux, pas l'intérieur. J'y tends plus ou moins, mais mes collaborateurs se sont adaptés à mon ancien style.</p><p>- Occupez-vous de vous, ils bougeront à leur tour. Chacun de vos collaborateurs n'a que vous comme patron, c'est à eux que revient la gestion du lien vers vous. Que pourriez-vous faire d'inattendu dans les prochains jours ?</p><p>- Je pourrais commencer par ne pas écrire la note que je leur ai promise tout à l'heure... et leur demander de faire leur travail. Je vais les appeler un par un pour recadrer le tout. Je vois aussi dans mon agenda quelques réunions auxquelles je ferais mieux de ne pas aller.</p><p>- En ce moment, vous faites juste marcher votre intelligence, j'aimerais entendre votre coeur et votre imagination... que pourriez-vous envisager de vraiment osé ?</p><p>- Tu veux dire, sans parler faisabilité ? Oh, je pourrais réorganiser ma première ligne, tiens je pourrais aussi relocaliser le siège de Swen Games à San Francisco, depuis le temps que c'est notre premier marché... je pourrais aussi... OK, je vois ce qui se passe, je vais prendre du temps pour revisiter tout cela.</p><p>- Vous n'êtes pas près de vous ennuyer. Vous avez tout ce qu'il vous faut dans votre vaste magasin personnel, vous avez juste à piocher dedans. Vous êtes allé chez le coiffeur récemment ?</p><p>- Oui, avant-hier, pourquoi ?</p><p>- Vous avez fait quoi en attendant ?</p><p>- Comme d'hab, j'ai lu mes mails sur mon téléphone, puis j'ai feuilleté une revue automobile.</p><p>- Vous pourriez faire quoi d'autre de votre temps pour vous ?</p><p>- Tu veux dire que je pourrais travailler sur moi au lieu de tuer le temps ? Pas d'accord, Sophie, si je fais tout seul ce que nous faisons ensemble, tu vas en profiter pour ne plus venir.</p><p>- C'est vous qui en déciderez. Mais d'après mon expérience, plus vous travaillerez sur vous, plus il vous en restera à travailler.</p><p>- Ce qui veut dire ?</p><p>- Une autre façon de le dire, c'est que plus vous serez performant, et plus vous aurez encore de quoi progresser.</p><p>- Comme si il n'existait aucune limite ?</p><p>- Dans votre performance professionnelle, aucune, ça se saurait. Je ne parle pas de votre vie personnelle, là c'est un autre jeu.</p><p>- Tout cela me dépasse un peu, ça va suffir pour aujourd'hui. Merci Sophie de m'avoir aidé à décoder tout ça.</p><p>- Au revoir Jean-Benoît, et encore très bonne année 2009 !</p><p>- Bonne année Sophie. Voeux !</p></div>
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        <title>Sophie se met au coaching interne</title>
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        <published>2008-10-12T17:37:15+02:00</published>
        <updated>2009-02-23T22:56:56+01:00</updated>
        <summary>- Bonjour Sophie, je suis Damien, le coach interne de Swen Games.

Sophie était agréablement surprise. Jean-Benoît lui avait dressé un portrait mitigé de son "coach terne". Sa voix sonnait très jeune pour un homme de son âge et il était habillé avec recherche.

- Sophie, je voudrais que tu m'expliques comment tu as réussi à coacher notre patron. Il ne jure que par toi, alors que je fais ce métier depuis quatre ans en interne.

- Quand je vous aurai expliqué, vous en ferez quoi ?

Damien se dit qu'avouer qu'il souhaitait remplacer Sophie comme coach de son patron n'allait pas le faire.

- Eh bien, quand je serai un aussi bon coach que toi, j'aurai enfin accès aux cadres dirigeants de Swen Games.

- C'est quoi pour vous, "avoir accès" aux cadres dirigeants de Swen Games ?

- J'aimerais enfin coacher les cadres de haut niveau qui ne veulent pas de mes services.

Sophie se dit que ça n'allait pas être du tout cuit. Quelle idée de vouloir coacher des gens qui s'en passaient ?

- Jean-Benoît vous a communiqué mes conditions, je suppose ?

- Toi au moins l'argent ne t'a pas polluée, une boîte de chocolat te suffit. Moi, vois-tu, je ne demande rien, c'est encore moins cher.

Sophie se demandait comment un homme aussi bien habillé pouvait travailler pour rien, lorsque Fabien dévoila dans un geste théâtral une boîte de mignonnettes 4 saisons Côte d'Or. Saperlipopette, un radin ! Pour 100g de friandises, il aurait droit au quart d'heure syndical. D'un geste preste, elle rangea la boîte dans son cartable, manquerait plus qu'il se serve !

- Racontez-moi ce que vous faites, et comment ça a commencé.

- J'ai mené une brillante carrière de cadre chez Swen Games, jusqu'à 40 ans. Je peux tout dire, cela restera entre nous ?

- Pour sûr, confrère.

- J'ai eu des difficultés dans mon premier gros poste de management. Entre mon supérieur et moi, ça n'a pas fonctionné. Et entre moi et mes collaborateurs c'est parti en vrille. J'ai demandé un coaching, personne n'y connaissait rien à l'époque.

- Drôle d'idée, à quoi sert un coaching quand la performance n'est pas au rendez-vous ?

- Euh, justement, je voulais que mon coaching m'aide à régler mes problèmes.

Sophie se dit qu'en un quart d'heure elle n'avait pas le temps de tout reprendre.

- Que s'est-il passé avec votre coach ?

- Ca a été la révélation. Un grand homme. J'ai tout de suite compris que j'étais fait pour lui et pour ce métier. J'ai obtenu un congé formation, un an plus tard j'étais de retour avec mon diplôme de master coach.

- Mazette, master et coach, qu'est-ce qu'ils vont pas inventer... so what ?

- J'ai démarré tout doucement, mais maintenant je vois une cinquantaine de cadres par an.

- Eh ben, ça en fait un paquet ! Jean-Benoît m'a pourtant dit qu'il ne connaissait aucun de vos coachés ?

- C'est qu'ils ne sont pas à très haut niveau, et la plupart ne se vantent pas d'avoir été coachés pour régler leurs problèmes.

- Vous travaillez sur quelle durée avec eux, et pour quels résultats ?

- Je fais une dizaine de sessions d'une heure et demie en cinq ou six mois. Grâce à ma large expérience je vais très vite.

- Ils sont souvent promus ?

- Non, mais si tu veux parler des résultats, je n'ai jamais eu de plainte. Tous mes coachés étaient satisfaits en terminant leur coaching.

- Je les comprends. Depuis quatre ans, ça vous fait combien d'anciens coachés dans le groupe ?

- Près d'une centaine, plus ceux qui sont partis depuis.

- Ceux qui ont survécu ont bien quelques centaines de collaborateurs ? Vous devez crouler sous leurs demandes ?

- J'évite de coacher le collaborateur d'un ancien coaché, ce n'est pas éthique.

- Pas quoi ?

- C'est comme ça, il ne faut pas coacher des gens en relation hiérarchique.

- Comment trouvez-vous vos cinquante nouveaux clients chaque année ?

- Facile, je suis bien avec le service RH qui épluche les entretiens annuels. Je repère les cadres qui ont besoin d'un coaching, puis je demande à leurs patrons de me les envoyer.

- Dois-je comprendre que le coaché n'a pas le choix entre vous et un autre coach ?

- Ne me parle pas des coaches externes ! Non seulement ils coûtent très cher à l'heure, mais en plus certains prétendent qu'il faut un an pour obtenir les résultats. Ils demandent plusieurs mois de mon salaire, tu te rends compte ?

- Quelle outrecuidance. On se demande qui peut acheter. Vous savez quoi ? Vous allez continuer ainsi, tout cela me semble une solide position d'équilibre.

- Ah, mais je veux évoluer, moi ! J'aimerais coacher les dirigeants de Swen Games.

- Pourquoi ?

- Pour éviter qu'ils fassent appel dans mon dos à de dispendieux coaches externes.

- Et alors, en quoi cela vous dérangerait-il ?

- Le coaching chez Swen Games, c'est moi.

- J'ai du mal à vous suivre. Vous me semblez en plein possession de vos moyens. Vous n'allez pas me faire croire que votre objectif professionnel est d'empêcher la profession de challenger vos pratiques ? Comment pourriez-vous devenir meilleur coach ?

- Je continue à me former auprès de mon Maître. Juste pour le plaisir car je suis certifié.

Sophie consulta l'heure sur la précieuse montre de plongée de Damien. Plus que cinq minutes. Il était urgent qu'elle mérite son rationnement de chocolats.

- Résumons. Après un échec professionnel, vous avez été formé au coaching lorsque personne n'y connaissait rien. Vous vous êtes constitué une petite rente que vous entendez bien défendre de toute pratique concurrentielle. Swen Games n'a rien à y perdre puisque vous êtes un très bon coach. Dans ce contexte, vous aimeriez évoluer, sans bien savoir pourquoi. Correct ?

- Oui, ce qui me dérange c'est de ne pas être reconnu comme un excellent coach par les dirigeants de mon propre groupe.

- Ni par les autres non plus, d'ailleurs. Qu'est-ce que ça changerait, pour vous, d'être reconnu par tout le monde comme un excellent coach ?

- Tout serait différent. J'aurais confiance en moi, je coacherais des cadres de plus haut niveau qui me choisiraient librement, sur des durées plus longues avec des résultats vraiments indiscutables...

- Certes, et que pourriez-vous alors faire d'inattendu ?

- Je pourrais quitter Swen Games pour travailler en libéral.

- Si vous aviez cinq minutes devant vous pour décider de prendre cette option, ou de l'écarter pour toujours, que feriez-vous ?

- Je serais bien embêté. Je voudrais bien coacher à mon compte, mais mon Maître me le déconseille.

- Tiens, le revoilà. Entre vous et vous, quel est votre désir ?

- OK, tu as mérité tes chocolats Sophie.

- Bon, dans ce cas, je vais vous laisser, ravie de vous avoir connu.

- Attends Sophie, tu ne m'as pas encore expliqué...

Sophie avait disparu dans un léger tourbillon. Avait-elle même existé ?

Damien se sentait léger. Son but professionnel ne faisait plus de doute, tout restait à faire. Il pris son téléphone et composa le numéro d'un de ces avides coaches externes. Ils avaient du grain à moudre.</summary>
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            <name>jlrichard</name>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p><a href="http://jlrichard.typepad.com/.shared/image.html?/photos/uncategorized/2008/10/11/img_3020.jpg" onclick="window.open(this.href, '_blank', 'width=800,height=1096,scrollbars=no,resizable=no,toolbar=no,directories=no,location=no,menubar=no,status=no,left=0,top=0'); return false"><img width="100" height="137" border="0" alt="Img_3020" title="Img_3020" src="http://jlrichard.typepad.com/questionsdedirigeant/images/2008/10/11/img_3020.jpg" style="margin: 0px 5px 5px 0px; float: left;" /></a><strong>- Bonjour Sophie, je suis Damien, le coach interne de Swen Games.</strong></p>

<p><strong>Sophie était agréablement surprise. Jean-Benoît lui avait dressé un portrait mitigé de son "coach terne". Ses mains étaient fines, sa voix sonnait jeune pour un homme mûr et il était habillé avec recherche.</strong></p>

<p><strong>- Sophie, je voudrais que tu m'expliques comment tu as réussi à coacher notre patron. Il ne jure que par toi, alors que je fais ce métier depuis quatre ans en interne.</strong></p>

<p><strong>- Quand je vous aurai expliqué, vous en ferez quoi ?</strong></p>

<p><strong>Damien se dit qu'avouer qu'il souhaitait l'évincer comme coach du grand patron n'allait pas le faire.</strong></p>

<p><strong>- Eh bien, quand je serai un aussi bon coach que toi, j'aurai enfin accès aux cadres dirigeants de Swen Games.</strong></p><p><strong><em>(<u>Résumé des épisodes précédents</u> : Sophie est devenue, pour une raison encore inconnue, le coach de Jean-Benoît, le président de Swen Games</em><em>. Elle découvre Damien, son talentueux coach interne. Toute ressemblance avec qui que ce soit est comme toujours fortuite. Les précédents épisodes des aventures de Sophie sont </em><a href="http://jlrichard.typepad.com/questionsdedirigeant/sophie/index.html"><em>ici.</em></a><em>)</em></strong></p>

<p>- C'est quoi pour vous, "avoir accès" aux cadres dirigeants de Swen Games ?</p>

<p>- J'aimerais coacher les cadres de haut niveau qui ne veulent pas de mes services.</p>

<p>Sophie se dit que ça n'allait pas être du tout cuit. Quelle idée de vouloir coacher des gens qui s'en passaient ? </p>

<p>- Jean-Benoît vous a communiqué mes conditions, je suppose ?</p>

<p>- Toi au moins l'argent ne t'a pas polluée, une boîte de chocolat te suffit. Moi, vois-tu, je ne demande rien, c'est encore moins cher.</p>

<p>Sophie se demandait comment un homme aussi bien habillé pouvait travailler pour rien, lorsque Damien dévoila dans un geste théâtral une minuscule boîte de mignonnettes Côte d'Or.</p>

<p>Saperlipopette, un radin ! Pour 80g de friandises, il aurait droit au quart d'heure syndical. D'un geste preste, elle rangea ses émoluments dans son cartable, manquerait plus qu'il se serve !</p>

<p>- Racontez-moi ce que vous faites, comment ça a commencé.</p>

<p>- Après mes études d'ingénieur, j'ai mené une brillante carrière chez Swen Games, jusqu'à 40 ans. Je peux tout te dire, cela restera entre nous ?</p>

<p>- Pour sûr, confrère.</p>

<p>- J'ai eu des difficultés dans mon premier gros poste de management. Entre mon supérieur et moi, ça n'a pas fonctionné. Et entre moi et mes collaborateurs c'est parti en vrille. J'ai demandé un coaching, personne n'y connaissait rien à l'époque.</p>

<p>- Drôle d'idée, à quoi sert un coaching quand la performance n'est pas au rendez-vous ?</p>

<p>- Euh, justement, je voulais que mon coaching m'aide à régler mes problèmes.</p>

<p>Sophie se dit qu'en un quart d'heure elle n'avait pas le temps de reprendre les bases du management.</p>

<p>- Que s'est-il passé avec votre coach ?</p>

<p>- La révélation. Un grand homme. Mon Maître. J'ai tout de suite compris que j'étais fait pour lui et pour ce métier. J'ai obtenu un congé formation, deux ans plus tard j'étais de retour avec mon diplôme de master coach.</p>

<p>- Mazette, master et coach, qu'est-ce qu'ils vont pas inventer... so what ?</p>

<p>- J'ai démarré tout doucement, mais maintenant j'en suis à une cinquantaine de cadres par an.</p>

<p>- Eh ben, ça en fait un paquet ! Jean-Benoît m'a pourtant dit qu'il ne connaissait aucun de vos coachés ?</p>

<p>- C'est qu'ils ne sont pas à très haut niveau, et la plupart ne se vantent pas d'avoir été coachés pour essayer de régler leurs problèmes.</p>

<p>- Vous travaillez sur quelle durée avec eux, et pour quels résultats ?</p>

<p>- Je fais une dizaine de sessions d'une heure et demie en cinq ou six mois. Grâce à mon expérience, je vais très vite.</p>

<p>- Ils sont souvent promus ?</p>

<p>- Non, mais si tu veux parler résultats, je n'ai jamais eu de plainte. Tous mes coachés étaient satisfaits en terminant leur coaching.</p>

<p>- Je les comprends. Depuis quatre ans, ça vous fait combien d'anciens coachés chez Swen Games ?</p>

<p>- Près d'une centaine, plus ceux qui sont partis depuis.</p>

<p>- Ceux qui ont survécu ont sans doute des centaines de collaborateurs ? Vous devez crouler sous les demandes ?</p>

<p>- J'évite de coacher le collaborateur d'un ancien coaché, ce n'est pas déontologique.</p>

<p>- Pas des quoi ?</p>

<p>- C'est comme ça, il ne faut pas coacher des gens en relation hiérarchique.</p>

<p>Sophie se dit qu'il valait mieux respecter les étranges coutumes des Kotchainthernes.</p>

<p>- Comment trouvez-vous vos cinquante nouveaux clients chaque année ?</p>

<p>- Facile, je suis bien avec le service RH qui épluche les entretiens annuels. Je repère les cadres qui ont besoin d'un coaching, puis je demande à leurs patrons de me les envoyer.</p>

<p>- Dois-je comprendre que le coaché n'a pas le choix entre vous et un autre coach ?</p>

<p>- Ne me parle pas des coaches externes ! Non seulement ils prennent trop cher à l'heure, mais en plus ils prétendent qu'il faut du temps pour obtenir les résultats. Un programme d'un an vaut plusieurs mois de mon salaire, tu te rends compte ?</p>

<p>- Fi donc, quelle outrecuidance. On se demande qui peut acheter. Vous savez quoi ? Vous allez continuer ainsi, tout cela me semble une solide position d'équilibre.

</p>

<p>- Ah, mais je veux évoluer, moi ! J'aimerais coacher les cadres dirigeants de Swen Games.</p>

<p>- Pourquoi ?</p>

<p>- Pour éviter qu'ils fassent appel dans mon dos à de dispendieux coaches externes.</p>

<p>- En quoi cela vous dérange-t-il ?</p>

<p>- Le coaching chez Swen Games, c'est moi.</p>

<p>- Vous m'étonnez. Vous me semblez en pleine possession de vos moyens, sans handicap particulier. Et vous voudriez me faire croire que votre objectif serait d'empêcher votre profession de vous aider à améliorer vos pratiques ? Comment comptez-vous devenir meilleur coach ?</p>

<p>- Je continue à me former auprès de mon Maître. Juste pour le plaisir car je suis certifié.</p>

<p>Sophie consulta l'heure sur la précieuse montre de plongée de Damien. Plus que cinq minutes. Il était urgent qu'elle mérite son rationnement de chocolats. Après tout, Damien avait son rôle dans la chaîne alimentaire.</p>

<p>- Résumons. Après un échec professionnel, vous avez été formé au coaching lorsque personne n'y connaissait rien. Vous vous êtes constitué une rente que vous entendez bien défendre contre toute pratique concurrentielle. Swen Games y gagne puisque vous êtes certifié. Dans ce contexte, vous aimeriez évoluer, sans bien savoir pourquoi. Correct ?</p>

<p>- Je crois que j'aimerais évoluer pour être reconnu comme un excellent coach par les dirigeants de mon propre groupe.</p>

<p>- Qu'est-ce que ça changerait, pour vous, d'être reconnu par tout le monde comme un vrai coach ?</p>

<p>- Tout serait différent. J'aurais confiance en moi, je coacherais des cadres de plus haut niveau qui me choisiraient librement, sur des durées plus longues et avec des résultats vraiment indiscutables...</p>

<p>- Vous parlez comme un coach dispendieux. Comment l'homme que vous êtes pourrait-il donner du souffle à votre travail de coach ?</p>

<p>- L'homme que je suis ? Je me pose tant de questions en ce moment... tu crois que c'est lié ?</p>

<p>- Si vous écoutiez le Damien, le vrai qui est devant moi, que pourriez-vous faire aujourd'hui d'inattendu ?</p>

<p>- Peut-être que je pourrais trouver un accord avec Swen Games pour m'installer en libéral.</p>

<p>- Si vous aviez cinq minutes pour décider de prendre cette option, ou de l'écarter pour toujours, que feriez-vous ?</p>

<p>- Je serais bien embêté. Je voudrais bien prendre mon indépendance, mais le Maître me le déconseille.</p>

<p>- Tiens, le revoilà, Mister "Mettre Coach". Juste entre vous et vous, quel est votre désir d'homme ?</p>

<p>Damien resta silencieux. Il se redressa en souriant.</p>

<p>- OK, tu as mérité tes chocolats Sophie.</p>

<p>- Bon, dans ce cas, je vais vous laisser, ravie de vous avoir connu.</p>

<p>- Attends Sophie, tu ne m'as pas encore expliqué...</p>

<p>Sophie avait disparu dans un léger tourbillon. Avait-elle jamais existé ?</p>

<p>Damien se sentait léger. Son but professionnel ne faisait plus de doute, tout restait à faire.</p>

<p>Il prit son téléphone et composa le numéro d'un de ces coaches qui faisaient le siège de son bureau. Il était grand temps de changer de superviseur. Ils avaient du grain à moudre, tous les deux.</p></div>
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        <title>Sophie respecte le Président</title>
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        <published>2008-09-15T09:50:11+02:00</published>
        <updated>2009-10-03T13:11:40+02:00</updated>
        <summary>- Ah Sophie ! Quel homme ce Benoît XVI ! Comment fait-il ?
- C'est sa dimension spirituelle qui vous impressionne ?
- Non, il est moins marrant qu'on le dit. Ce qui me scotche, c'est le respect qu'il suscite. Un type intelligent, d'accord, un Chef d'Etat, admettons, mais bon... élu par des gars qu'il avait patiemment fait nommer, ni chômage ni crise ni déficits publics à se coltiner. Et pourtant tu aurais vu le regard de Carla...
- Vous voudriez que le Pape en impose avec une Patek Philippe au poignet ?
- C'est ça, paye-toi ma tête, toi aussi.
- Voulez-vous travaillez cela ?
- Cela quoi ?
- Votre peur bleue de ne pas mériter le respect ?
- Je veux bien Sophie, mais c'est pas une peur, c'est un fait. Regarde comme je suis insulté. Personne n'a jamais traité un président avant moi de Nabominable. Comment changer ça ?

- Comment pourriez-vous vous en passer ?

- Je ne te suis pas. Je te dis que je donnerais n'importe quoi pour que ça cesse.

- Au fait, ça serait pas un temps à chocolats ?

Le Président actionna un bip dans dans sa poche. Trois gardes du corps surgirent. La vue de la petite leur soutira un sourire forcé.

- Demandez à Vaussion la boîte convenue, laissez-nous seuls.

Ces nouvelles ganaches étaient encore plus sophistiquées que les premières. Où allaient-ils chercher tout ça ? La crise n'avait pas ses entrées au Palais. Sophie admirait la gloutonnerie de son client qui poussait chaque bonbon avec le suivant. Tout ça pour s'essouffler avec sa coach de sport...

- Bon, on travaille ? Vous avez fait quoi, jusqu'à maintenant, pour avancer sur cet objectif ?

- J'en ai parlé, attends... à un psy, non, à deux psys, et à un bon copain, et aussi à Carla.

- So what ?

- Tu connais les psys, si ils étaient sains d'esprit, ça se saurait. Le premier m'a dit que mon père avait manqué de respect à toute ma famille, et que je continuais à provoquer ça pour le séduire. L'autre a employé des termes à lui, ça avait l'air grave, j'ai rien compris. Carla prétend que ça me plait d'être maltraité. Mon copain pense que je suis respecté mais trop sensible aux débordements que provoque ma position. Avec ça j'en suis au même point.

- C'est encore votre femme la plus fine. Mais prendre conscience ne suffit pas.

- Ah non, pas du tout, ça ne me plait pas d'être insulté par tous ces connards qui ne me craignent pas.

- Qu'est-ce qui devrait vous rendre respectable à leurs yeux ?

- Je te vois venir, j'y ai pensé. Oui, bien sûr, ma réussite, ma femme, mon pouvoir, mes montres de luxe, pour te faire plaisir, tout ça c'est l'extérieur. Au fond de moi, c'est une autre affaire. J'ai eu 53 ans pour méditer là-dessus. D'accord, je ne suis pas grand-chose, mais c'est le lot de chacun de nous, et il me semble avoir pris un peu de recul sur tout cela. J'ai aussi droit au respect que mérite tout homme !

- Alors prenons-le par l'autre bout. Quel serait le contraire de respecter ?

- Ce qui me vient à l'esprit c'est respecter une femme, l'inverse serait de coucher avec elle.

- Ou simplement la toucher, n'est-ce pas ? Au fait, qu'est-ce que vous faites quand vous touchez presque tous les hommes que vous rencontrez ?

- Euh, pas les trop grands, mais, oui, un paquet. Tiens, même le Pape, je ne m'en suis pas privé, pourtant c'est pas un méridional. Qu'est-ce que tu veux dire, qu'à force de toucher tout le monde personne ne peut plus me respecter ?

- Qu'est-ce que ça dit en vous ?

- Que, oui, j'aime bien les rapports et les contacts aux hommes, j'aime aussi m'entourer de femmes mais rien ne vaut une bonne bourrade virile. Tu vas me ressortir le contact que mon père m'a refusé ? Je connais tous ces refrains psys, ça mène à rien Sophie.

- Sans réfléchir, en quoi vous sentez-vous un père ?

- Sans réfléchir, je ne me sens pas père du tout. J'ai trois fils, mais je me sens comme eux, un grand garçon, pas un père. Attention, je suis le Président, donc le père de tous les français aussi.

- Que faites-vous de mon regard sur vous en ce moment ?

- Toi, tu me respectes, ça me fait du bien. Et je sais que ce n'est pas lié à mes exploits de Président ou de beau parleur. Devant toi, je ne crains aucune marque d'irrespect, c'est leur problème si ils ne peuvent pas respecter leur Président.

- Je ne vais pas vous laisser conclure, mieux vaut que ça reste en travail. Je vous dis à la prochaine fois ?

- J'ai des devoirs à la maison, entretemps ?

- Comme d'hab, restez vigilant, écoutez ce que vous ressentez, tout se passe chez vous.

Le Président resta songeur. Comment des entretiens aussi courts pouvaient-ils le faire évoluer ?

"Une de plus, en tous cas, que je ne prêterai pas à Fillon, elle serait capable de le rendre attirant ! Manquerait plus que ça."
</summary>
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            <name>jlrichard</name>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p><strong><a href="http://jlrichard.typepad.com/.shared/image.html?/photos/uncategorized/2008/09/13/sophieimg_2972.jpg" onclick="window.open(this.href, '_blank', 'width=800,height=1117,scrollbars=no,resizable=no,toolbar=no,directories=no,location=no,menubar=no,status=no,left=0,top=0'); return false"><img alt="Sophieimg_2972" border="0" height="139" src="http://jlrichard.typepad.com/questionsdedirigeant/images/2008/09/13/sophieimg_2972.jpg" style="margin: 0px 5px 5px 0px; float: left;" title="Sophieimg_2972" width="100" /></a>
- Ah Sophie ! Il émane de cet homme quelque chose de magique !<br />- C'est sa dimension spirituelle qui vous impressionne ?<br />- Non, il est pas si marrant. Ce qui me scotche, c'est le respect qu'il suscite. Un type intelligent, d'accord, un Chef d'Etat, admettons, mais bon... élu par des gars qu'il avait patiemment fait nommer, ni chômage ni crise ni déficits publics à se coltiner. Tu aurais vu le regard de Carla...<br />- Vous voudriez que le Pape en impose avec une Patek Philippe ?<br />- C'est ça, paye-toi ma tête, toi aussi.<br />- Voulez-vous travaillez cela ?<br />- Cela quoi ?<br />- Votre peur bleue de ne pas mériter le respect ?</strong></p><p><strong><em>(<span style="text-decoration: underline;">Résumé des épisodes précédents</span> : Sophie poursuit son activité de coach</em><em> auprès de l'hôte de l'Elysée. Toute ressemblance entre les structures psychiques
illustrées dans cet article et une quelconque réalité serait fortuite. Cette scène
est tout aussi fictive que les huit premiers épisodes des Aventures de Sophie disponibles </em><a href="http://jlrichard.typepad.com/questionsdedirigeant/sophie/index.html"><em>ici.</em></a><em>)</em></strong></p>

<p>- Je veux bien Sophie, mais c'est pas une peur, c'est un fait. Regarde comme je suis insulté. Personne n'a jamais traité un président avant moi de Nabominable. Comment changer ça ?</p>

<p>- Comment pourriez-vous vous en passer ?</p>

<p>- Je ne te suis pas. Je te dis que je donnerais n'importe quoi pour que ça cesse.</p>

<p>- Au fait, ça serait pas un temps à chocolats ?</p>



<p>Le Président actionna un bip dans dans sa poche. Trois gardes du corps surgirent. La vue de la petite leur arracha un projet de sourire.</p>

<p>- Demandez à Vaussion la boîte convenue, laissez-nous seuls.</p>

<p>Ces nouvelles ganaches étaient encore plus sophistiquées que les premières. Où allaient-ils chercher tout ça ? La crise n'avait pas ses entrées au Palais. Sophie admirait la gloutonnerie de son client qui poussait chaque bonbon avec le suivant. Tout ça pour s'essouffler avec sa coach de sport...</p>

<p>- Bon, on travaille ? Vous avez fait quoi, jusqu'à maintenant, pour avancer sur cet objectif ?</p>

<p>- J'en ai parlé, attends... à un psy, non, à deux psys, et à un bon copain. Et à ma femme aussi.</p>

<p>- So what ?</p>

<p>- Tu connais les psys, si ils étaient sains d'esprit, ça se saurait. Le premier m'a dit que mon père avait manqué de respect à toute ma famille, et que je continuais à provoquer ça pour le séduire. L'autre a employé des termes à lui, ça avait l'air grave, j'ai rien compris. Carla prétend que ça me plait d'être maltraité. Mon copain pense que je suis respecté mais trop sensible aux débordements que provoque ma position. Avec ça j'en suis au même point.</p>

<p>- C'est encore votre femme la plus fine. Mais prendre conscience ne suffit pas.</p>

<p>- Ah non, pas du tout, ça ne me plait pas d'être insulté par tous ces connards qui ne me craignent pas.</p>

<p>- Qu'est-ce qui devrait vous rendre respectable à leurs yeux ?</p>

<p>- Je te vois venir, j'y ai pensé. Oui, bien sûr, ma réussite, ma femme, mon pouvoir, mes montres de luxe, pour te faire plaisir, tout ça c'est l'extérieur. Au fond de moi, c'est une autre affaire. J'ai eu 53 ans pour méditer là-dessus. D'accord, je ne suis pas grand-chose, mais c'est le lot de chacun de nous, et il me semble avoir pris un peu de recul sur tout cela. J'ai aussi droit au respect que mérite tout homme !</p>

<p>- Alors prenons-le par l'autre bout. Quel serait le contraire de respecter ?</p>

<p>- Ce qui me vient à l'esprit c'est respecter une femme, l'inverse serait de coucher avec elle.</p>

<p>- Ou simplement la toucher, n'est-ce pas ? Au fait, qu'est-ce que vous faites quand vous touchez presque tous les hommes que vous rencontrez ?</p>

<p>- Euh, pas les trop grands, mais, oui, un paquet. Tiens, même le Pape, je ne m'en suis pas privé, pourtant c'est pas un méridional. Qu'est-ce que tu veux dire, qu'à force de toucher tout le monde personne ne peut plus me respecter ?</p>

<p>- Qu'est-ce que ça dit en vous ?</p>

<p>- Que, oui, j'aime bien les rapports et les contacts aux hommes, j'aime aussi m'entourer de femmes mais rien ne vaut une bonne bourrade virile. Tu vas me ressortir le contact que mon père m'a refusé ? Je connais tous ces refrains psys, ça mène à rien Sophie.</p>

<p>- Sans réfléchir, en quoi vous sentez-vous un père ?</p>

<p>- Sans réfléchir, je ne me sens pas père du tout. J'ai trois fils, mais je me sens comme eux, un grand garçon, pas un père. Attention, je suis le Président, donc le père de tous les français aussi.</p>

<p>- Que faites-vous de mon regard sur vous en ce moment ?</p>

<p>- Toi, tu me respectes, ça me fait du bien. Et je sais que ce n'est pas lié à mes exploits de Président ou de beau parleur. Devant toi, je ne crains aucune marque d'irrespect, c'est leur problème si ils ne peuvent pas respecter leur Président.</p>

<p>- Je ne vais pas vous laisser conclure, mieux vaut que ça reste en travail. Je vous dis à la prochaine fois ?</p>

<p>- J'ai des devoirs à la maison, entretemps ?</p>

<p>- Comme d'hab, restez vigilant, écoutez ce que vous ressentez, tout se passe dans vous.</p>

<p>Le Président resta songeur. Comment des entretiens aussi courts pouvaient-ils le faire évoluer ?</p>

<p>"Une de plus, en tous cas, que je ne prêterai pas à Fillon, elle serait capable de le rendre attirant ! Manquerait plus que ça."</p></div>
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        <title>Sophie coache le Président</title>
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        <published>2008-09-08T08:31:33+02:00</published>
        <updated>2009-10-03T13:12:10+02:00</updated>
        <summary>- Ainsi c'est toi, Sophie ? Je te croyais plus grande...

Sophie pensait la même chose de son nouvel ami. Il la coupa alors qu'elle prenait son inspiration pour lui lancer une vacherie compatible avec le protocole.

- Sais-tu pourquoi tu es là ?

Cette fois, elle le fixa droit dans les yeux sans chercher à répondre. Il détourna son regard vers les jardins de l'Elysée qui prenaient leurs habits d'automne.

- Bon, après tout, c'est moi qui t'ai fait venir. Jean-Benoît me dit que tu fais des miracles. Je ne veux plus entendre parler des psys et autres charlatans. Je ne suis pas très heureux, mais je m'y suis habitué. Ce que je voudrais, c'est réussir mon job, et il parait que ça, c'est ton affaire ?

(Résumé des épisodes précédents : Sophie poursuit son activité de coach. Après le président de Swen Games, elle est sollicitée par un cas d'anthologie. Toute ressemblance entre les mécanismes psychiques illustrés dans cet article et la réalité serait fortuite. Cette scène est tout aussi fictive que les sept premiers épisodes disponibles ici.)

Sophie se dit qu'avec un pareil loustic il fallait régler les formalités d'entrée de jeu.

- Jean-Benoît vous a-t-il aussi parlé de mes chocolats ?

Le Président tendit la main vers vers un guéridon sur sa gauche. Un carton à chapeau tendu de velours festonné allait bientôt être fixé sur son utilité.

- C'est pour toi, tu ne vas pas être déçue, Vaussion connait son métier.

Sophie croqua dans la ganache décorée d'une feuille d'or. Meilleure que toutes celles qu'elle avait goûtées jusque là. Le Président en profita à son tour.

La magie du chocolat opérait. Sophie savourait chaque bouchée, et son vis-à-vis semblait rassuré d'engloutir truffe sur truffe. A ce rythme, aucune boîte ne pouvait survivre. Il était urgent de se mettre au travail.

- Quels résultats souhaitez-vous obtenir ?

- Je te l'ai dit, je veux réussir mon job.

- Supposons que vous réussissiez, au sens où vous l'entendez, quels faits seront observables ?

- Mon programme électoral, ça t'irait ?

- C'est le lancement de votre job, ça, pas son résultat.

- Et alors ? C'est interdit de tenir ses promesses ? C'est quand même extraordinaire !

- Vous jouez au naïf, on va être deux. Ce programme traduisait votre volonté de vous présenter, sans préjuger de l'action du Chef d'Etat. Pourquoi le travail du Président serait-il d'exécuter un contrat ?

- Quand même, tu y vas fort, Sophie. J'ai promis un tas de choses pour me faire élire, je dois bien tenter de les réaliser.

- Si vous réalisiez toutes vos promesses en trois ans, que feriez-vous les deux ans restants ?

- Je ferais mon travail, celui que le pays m'a confié.

- On avance. En quoi consiste ce travail que vous avez à coeur de réussir ?

Sophie laissa le silence s'installer. Ces chocolats valaient le détour. Le Président calait sur sa première douzaine.

- Bon, je vais le prendre autrement. Je suis entouré de Tamalou et de Jébobola. Mon travail, c'est de repérer leurs conneries plus vite que la presse, pour leur dire quoi faire. Après, je leur tape dessus jusqu'à ce qu'ils fassent ce que je veux. C'est plus clair ainsi ?

- Voyons ça. Qui a nommé les Tamalou et les Jébobola à leurs postes ?

- Euh... c'est moi qui décide tout, ça te dérange ?

- Votre travail consisterait-il à nommer des incapables puis à les éliminer en vous plaignant de l'insuffisance de leurs résultats ?

- Eliminer, éliminer, c'est curieux ce mot. Il me replonge dans une vieille sensation de danger imminent. Soit l'autre m'élimine, soit je l'élimine. Oui, voilà mon objectif : j'aimerais travailler sans que cette vieille peur me casse les pieds. Je rêve d'avoir, comme tout le monde, des rapports sereins avec mes Jébobola et tous mes autres vis-à-vis.

- Creusons cela. Nous sommes un an plus tard, à l'automne 2009, et vous travaillez en paix avec tout le monde. Qu'est-ce qui s'observe de neuf, qui ne se produisait pas avant ?

- Avec mes équipes, je parle moins, j'écoute sans avoir envie de les couper tout le temps. Je ne m'agite plus sur leur dos comme un pantin, c'est eux qui s'agitent autour de moi. Ce n'est plus moi qui fait tout, je tiens ma place de Président sans en faire des tonnes. J'ai perdu ce besoin de mentir, trahir, éliminer pour survivre et je ne me retrouve plus seul le soir les yeux ronds face à mes angoisses.

- Pour le dire autrement, vous vous passez enfin d'une très ancienne solution mise en place face à l'Autre. Face à qui, sans réfléchir ?

- Je pense à mon père, mais c'est ridicule. Je suis Président, il n'est plus rien comparé à moi, pourquoi aurais-je peur de lui ?

- Vous l'avez dit, c'est une vieille sensation. Comment votre père vous a-t-il reconnu en homme ?

- Moi, en homme, jamais. Encore aujourd'hui, il peut bien se répandre en flatteries sur mon compte, c'est pour se faire mousser. A ses yeux je suis un nul, un morveux.

- Où est passé le plaisir que vous avez pris à être ainsi humilié par votre père ?

- Le plaisir ? De quoi parles-tu, je ne sais pas ce que c'est le plaisir. Je connais la peur, l'urgence, l'envie, la honte... mais le plaisir, j'ai pas ça en rayon.

- Allons donc, et votre plaisir à tomber dans les chocolats...

- A la vitesse où je les avale ? Le vrai plaisir je ne sais pas ce que c'est. Même mon père ne pourrait plus me l'apporter.

- Face à vos collaborateurs, que ressentez-vous lorsque vous restez silencieux ?

- C'est rare, mais ça m'est arrivé hier. J'étais sous le charme d'un jeune chargé de missions qui s'exprimait avec aisance. Il me semblait avoir déjà vécu cette situation, c'était très inconfortable.

- Reprenons votre vieille sensation de danger imminent. Imaginez que vous en faites une pièce de théâtre. Vous êtes le régisseur, l'auteur, le metteur en scène. Je suis votre seul public. Racontez-moi ce que je vois.

- Je vois la fin de Don Juan, quand ça commence à sentir le roussi. Voilà une belle vie, Don Juan. Séduire des milliers de femmes et les trahir toutes. Au fond, je ne sais faire que cela, séduire.

- Face à l'autre homme, quel serait votre pire cauchemar ?

- Joker Sophie. Tu va trop loin. Tu me mets mal à l'aise avec tes questions. Il y a sans doute des zones d'ombre que je ne veux pas voir, laisse-les où elles sont.

- Comment rapprochez-vous ce que nous sommes en train de travailler de votre besoin de mentir ?

- Mon père mentait à tout le monde. J'en fais autant, mieux même. Ainsi je ne crains personne, mais je suis seul.

- Et moi, vous me rangez où ?

- Toi ? Tu es la seule personne avec qui je peux être moi-même. Ca me fait du bien de te parler. Comment vas-tu me débarrasser de ce poids sur mon travail ?

- C'est en cours, moi je ne fais rien, vous commencez à bouger. Je vais vous laisser. Dans un mois, même jour, même heure ?

- Mais Sophie, nous n'avons rien terminé, que vais-je faire de tout cela ?

- Justement, laissez mijoter, soyez vigilant, vous ne soupçonnez pas tout ce qui se travaille en vous. Dans quelques mois tout ceci sera en ordre. Vous me faites confiance ?

- J'ai le choix ? Bon, d'accord pour le mois prochain, je me sens mieux de toutes façons.

Sophie disparut avec son carton à chapeau sous le bras. Les consignes avaient été données, une porte dérobée la rendrait à la vie civile. Le Président sonna. Un pingouin galonné aboya.

- Monsieur le Président ?

- Que personne ne me dérange, merci.

Ce soir-là fut le premier d'une nouvelle vie.</summary>
        <author>
            <name>jlrichard</name>
        </author>
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<p><strong>Sophie pensait la même chose de son nouvel ami. Il la coupa alors qu'elle prenait son inspiration pour lui lancer une vacherie compatible avec le protocole.</strong></p>

<p><strong>- Sais-tu pourquoi tu es là ?</strong></p>

<p><strong>Cette fois, elle le fixa droit dans les yeux sans chercher à répondre. Il détourna son regard vers les jardins de l'Elysée qui prenaient leurs habits d'automne.</strong></p>

<p><strong>- Bon, après tout, c'est moi qui t'ai fait venir. Jean-Benoît me dit que tu fais des miracles. Je ne veux plus entendre parler des psys et autres charlatans. Je ne suis pas très heureux, mais je m'y suis habitué. Ce que je voudrais, c'est réussir mon job, et il parait que ça, c'est ton affaire ?<br /></strong></p><p><strong><em>(<u>Résumé des épisodes précédents</u> : Sophie poursuit son activité de coach</em><em>. Après le président de Swen Games, elle est sollicitée par un cas d'anthologie. Toute ressemblance entre les mécanismes psychiques illustrés dans cet article et la réalité serait fortuite. Cette scène est tout aussi fictive que les sept premiers épisodes disponibles </em><a href="http://jlrichard.typepad.com/questionsdedirigeant/sophie/index.html"><em>ici.</em></a><em>)</em></strong></p>

<p>Sophie se dit qu'avec un pareil loustic il fallait régler les formalités d'entrée de jeu.</p>

<p>- Jean-Benoît vous a-t-il aussi parlé de mes chocolats ?</p>

<p>Le Président tendit la main vers un guéridon sur sa gauche. Un carton à chapeau tendu de velours festonné allait bientôt être fixé sur son utilité.</p>

<p>- C'est pour toi, tu ne vas pas être déçue, Vaussion connait son métier.</p>

<p>Sophie croqua dans la ganache décorée d'une feuille d'or. Meilleure que toutes celles qu'elle avait goûtées jusque là. Le Président en profita à son tour.</p>

<p>La magie du chocolat opérait. Sophie savourait chaque bouchée, et son interlocuteur semblait rassuré d'engloutir truffe sur truffe. A ce rythme, aucune boîte ne pouvait survivre. Il était urgent de se mettre au travail.</p>

<p>- Quels résultats souhaitez-vous obtenir ?</p>

<p>- Je te l'ai dit, je veux réussir mon job.</p>

<p>- Supposons que vous réussissiez, au sens où vous l'entendez, quels faits seront observables ?</p>

<p>- Mon programme électoral, ça t'irait ?</p>

<p>- C'est le lancement de votre job, ça, pas son résultat.</p>

<p>- Et alors ? C'est interdit de tenir ses promesses ? C'est quand même extraordinaire !</p>

<p>- Vous jouez au naïf, on va être deux. Ce programme traduisait votre volonté de vous présenter, sans préjuger de l'action du Chef d'Etat. Pourquoi le travail du Président serait-il d'exécuter un contrat ?</p>

<p>- Quand même, tu y vas fort, Sophie. J'ai promis un tas de choses pour me faire élire, je dois bien tenter de les réaliser.</p>

<p>- Si vous réalisiez toutes vos promesses en trois ans, que feriez-vous les deux ans restants ?</p>

<p>- Je ferais mon travail, celui que le pays m'a confié.</p>

<p>- On avance. En quoi consiste ce travail que vous avez à coeur de réussir ?</p>



<p>Sophie laissa le silence s'installer. Ces chocolats valaient le détour. Le Président calait sur sa première douzaine.</p>

<p>- Bon, je vais le prendre autrement. Je suis entouré de Tamalou et de Jébobola. Mon travail, c'est de repérer leurs conneries plus vite que la presse, pour leur dire quoi faire. Après, je leur tape dessus jusqu'à ce qu'ils fassent ce que je veux. C'est plus clair ainsi ?</p>

<p>- Voyons ça. Qui a nommé les Tamalou et les Jébobola à leurs postes ?</p>

<p>- Euh... c'est moi qui décide tout, ça te dérange ?</p>

<p>- Votre travail consisterait-il à nommer des incapables puis à les éliminer en vous plaignant de l'insuffisance de leurs résultats ?</p>

<p>- Eliminer, éliminer, c'est curieux ce mot. Il me replonge dans une vieille sensation de danger imminent. Soit l'autre m'élimine, soit je l'élimine. Oui, voilà mon objectif : j'aimerais travailler sans que cette vieille peur me casse les pieds. Je rêve d'avoir, comme tout le monde, des rapports sereins avec mes Jébobola et tous mes autres vis-à-vis.</p>

<p>- Creusons cela. Nous sommes un an plus tard, à l'automne 2009, et vous travaillez en paix avec tout le monde. Qu'est-ce qui s'observe de neuf, qui ne se produisait pas avant ?</p>

<p>- Avec mes équipes, je parle moins, j'écoute sans avoir envie de les couper tout le temps. Je ne m'agite plus sur leur dos comme un pantin, c'est eux qui s'agitent autour de moi. Ce n'est plus moi qui fait tout, je tiens ma place de Président sans en faire des tonnes. J'ai perdu ce besoin de mentir, trahir, éliminer pour survivre et je ne me retrouve plus seul le soir les yeux ronds face à mes angoisses.</p>

<p>- Pour le dire autrement, vous vous passez enfin d'une très ancienne solution mise en place face à l'Autre. Face à qui, sans réfléchir ?</p>

<p>- Je pense à mon père, mais c'est ridicule. Je suis Président, il n'est plus rien comparé à moi, pourquoi aurais-je peur de lui ?</p>

<p>- Vous l'avez dit, c'est une vieille sensation. Comment votre père vous a-t-il reconnu en homme ?</p>

<p>- Moi, en homme, jamais. Encore aujourd'hui, il peut bien se répandre en flatteries sur mon compte, c'est pour se faire mousser. A ses yeux je suis un nul, un morveux.</p>

<p>- Où est passé le plaisir que vous avez pris à être ainsi humilié par votre père ?</p>

<p>- Le plaisir ? De quoi parles-tu, je ne sais pas ce que c'est le plaisir. Je connais la peur, l'urgence, l'envie, la honte... mais le plaisir, j'ai pas ça en rayon.</p>

<p>- Allons donc, et votre plaisir à tomber dans les chocolats...</p>

<p>- A la vitesse où je les avale ? Le vrai plaisir je ne sais pas ce que c'est. Même mon père ne pourrait plus me l'apporter.</p>

<p>- Face à vos collaborateurs, que ressentez-vous lorsque vous restez silencieux ?</p>

<p>- C'est rare, mais ça m'est arrivé hier. J'étais sous le charme d'un jeune chargé de missions qui s'exprimait avec aisance. Il me semblait avoir déjà vécu cette situation, c'était très inconfortable.</p>

<p>- Reprenons votre vieille sensation de danger imminent. Imaginez que vous en faites une pièce de théâtre. Vous êtes le régisseur, l'auteur, le metteur en scène. Je suis votre seul public. Racontez-moi ce que je vois.</p>

<p>- Je vois la fin de Don Juan, quand ça commence à sentir le roussi. Voilà une belle vie, Don Juan. Séduire des milliers de gens et tous les trahir. Je ne suis bon qu'à ça, séduire.</p>

<p>- Face à l'autre homme, quel serait votre pire cauchemar ?</p>

<p>- Joker Sophie. Tu va trop loin. Tu me mets mal à l'aise avec tes questions. Il y a sans doute des zones d'ombre que je ne veux pas voir, laisse-les où elles sont.</p>

<p>- Comment rapprochez-vous ce que nous sommes en train de travailler de votre besoin de mentir ?</p>

<p>- Mon père mentait à tout le monde. J'en fais autant, mieux même. Ainsi je ne crains personne, mais je suis seul.</p>

<p>- Et moi, vous me rangez où ?</p>

<p>- Toi ? Tu es la seule personne avec qui je peux être moi-même. Ca me fait du bien de te parler. Comment vas-tu me débarrasser de ce poids sur mon travail ?</p>

<p>- Face à moi, vous ne l'avez déjà plus. Vous commencez à bouger. Je vais vous laisser. Dans un mois, même jour, même heure ?</p>

<p>- Mais Sophie, nous n'avons rien terminé, que vais-je faire de tout cela ?</p>

<p>- Justement, laissez mijoter, soyez vigilant, vous ne soupçonnez pas ce qui travaille en vous. Bientôt tout ceci sera en ordre. Vous me faites confiance ?</p>

<p>- J'ai le choix ? Bon, d'accord pour le mois prochain, je me sens mieux de toutes façons.</p>

<p>Sophie disparut avec son carton à chapeau sous le bras. Les consignes avaient été données, une porte dérobée la rendrait à la vie civile. Le Président sonna. Un pingouin galonné aboya.</p>

<p>- Monsieur le Président ?</p>

<p>- Que personne ne me dérange, merci.</p>

<p>Ce soir-là fut le premier d'une nouvelle vie.</p></div>
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        <title>Croyant ou athée ? Faites le test !</title>
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        <published>2008-08-26T17:32:00+02:00</published>
        <updated>2009-10-03T13:12:32+02:00</updated>
        <summary>Quelles sont vos intimes convictions ? Voulez-vous tenter le test de Newcomb ?

Vous faites face à un Etre qui, dans le passé, a toujours prédit vos choix avec justesse, sans jamais émettre de prévision incorrecte. Vous savez en outre que, dans la situation qu'il va vous proposer, il a démontré sa faculté à prévoir les choix d'autres personnes semblables à vous-même avec une précision presque absolue.

Peu importe d'où vient cet Etre, il est là, devant vous, et s'apprête à vous poser une seule question. Prêt ? Ecoutons-le...

L'Etre vous présente deux boîtes fermées. Il vous explique que la boîte A contient mille dollars. La boîte B, d'après lui, contient soit un million de dollars, soit rien du tout.

Vous ne jouez qu'une fois, et vous devez choisir : soit vous prenez tout ce qui se trouve dans les deux boîtes, soit vous prenez le contenu de la seule boîte B.

Jusque là, tout parait simple, trop simple. Il y a un petit détail : l'Etre, avant de jouer, a fait sa propre prévision du choix que vous alliez faire. Cette prévision a fixé le montant qu'il a placé à l'intérieur de la boîte B.

Lorsque l'Etre prévoit que son interlocuteur va prendre le contenu des deux boîtes, il laisse la boîte B vide. Le joueur repart donc avec les mille dollars de la boîte A. Lorsqu'au contraire il estime que le choix de son vis-à-vis va se porter sur la seule boîte B, il y place un million de dollars. L'Etre a tout arrangé avant de jouer et de poser les boîtes fermées face à vous. Il n'y touchera plus, c'est à vous de choisir.

Cette situation fictive a été inventée en 1960 par le physicien William Newcomb, et Nicolas Eber en propose une discussion scientifique impeccable ici .

La plupart des joueurs choisissent rapidement une des deux options, et sont très étonnés que d'autres puissent être de l'avis opposé. Aucune solution ne peut faire l'unanimité. Essayez, vous m'en direz des nouvelles.

Choisir les deux boîtes semble rationnel : c'est toujours mieux de repartir avec les mille dollars de la boîte A en prime. Mais si vous acceptez la quasi-infaillibilité des prévisions de l'Etre, le choix de la seule boîte B, garnie du million de dollars, s'impose.

Personne n'a mieux résumé que Paul Watzlawick l'enseignement de ce test :

"Nous avons vu qu'il est de la plus grande importance de savoir si notre réalité a ou non un ordre, et qu'il y a trois réponses possibles :

1. Elle n'a aucun ordre; auquel cas la réalité est, dans la même mesure, confusion et chaos, la vie étant quant à elle un cauchemar psychotique.

2. Nous compensons notre état existentiel de désinformation en inventant un ordre, oublions que nous l'avons inventé, et l'éprouvons comme quelque chose qui se trouve "là autour" et que nous appelons réalité.

3. Il y a un ordre, qui est la créature de quelque Etre supérieur dont nous dépendons, quoiqu'il soit lui-même tout à fait indépendant de nous. La communication avec cet Etre devient donc pour l'homme le but le plus important."

(Extrait de Paul Watzlawick, La réalité de la réalité, Paris, Editions du Seuil, 1978, traduction d'Edgar Roskis)

Admettons que la première réponse, plus fréquente qu'on l'imagine, soit délicate à exprimer.

La seconde réponse est celle des partisans du libre-arbitre, qui s'appuient sur l'indépendance de leurs choix et la maîtrise de leur destin. Je suis seul maître à bord face aux deux boîtes. Quoi qu'en pense l'Etre, je prends tout. Athées ou autres non croyants, environ 30% des joueurs.

La troisième réponse appartient à ceux qui estiment jouer au sein d'un système de causalités qui leur échappe et détermine leurs choix apparents. L'Etre, une fois de plus, a correctement prédit mon comportement, mieux vaut choisir le million de dollars de la seule boîte B. Croyants en une religion ou en d'autres systèmes au-delà de leur entendement, 70% des joueurs.

Bien sûr, c'est trop simple pour marcher à tous les coups. Et si ce n'était que le début de votre recherche sur votre propre représentation de la réalité ?</summary>
        <author>
            <name>jlrichard</name>
        </author>
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Quelles sont vos intimes convictions ?</strong></p>

<p><strong>Voulez-vous tenter le test de Newcomb ?<br /><br />Vous faites face à un Etre qui, dans le passé, a toujours prédit vos choix avec justesse, sans jamais émettre de prévision incorrecte.</strong></p>

<p><strong>Vous savez en outre que, dans la situation qu'il va vous proposer, il a démontré sa faculté à prévoir les choix d'autres personnes semblables à vous-même avec une précision <em>presque</em> absolue.</strong></p>

<p><strong>Peu importe d'où vient cet Etre, il est là, devant vous, et s'apprête à vous poser une seule question. Prêt ? Ecoutons-le...<br /></strong></p><p>L'Etre vous présente deux boîtes fermées. Il vous explique que la boîte A contient mille dollars. La boîte B, d'après lui, contient soit un million de dollars, soit rien du tout.</p>

<p>Vous ne jouez qu'une fois, et vous devez choisir : soit vous prenez tout ce qui se trouve dans les deux boîtes, soit vous prenez le contenu de la seule boîte B.</p>

<p>Jusque là, tout parait simple, trop simple. Il y a un petit détail : l'Etre, avant de jouer, a fait sa propre prévision du choix que vous alliez faire. Cette prévision a fixé le montant qu'il a placé à l'intérieur de la boîte B.</p>

<p>Lorsque l'Etre prévoit que son interlocuteur va prendre le contenu des deux boîtes, il laisse la boîte B vide. Le joueur repart donc avec les mille dollars de la boîte A. Lorsqu'au contraire il estime que le choix de son vis-à-vis va se porter sur la seule boîte B, il y place un million de dollars. L'Etre a tout arrangé avant de jouer et de poser les boîtes fermées face à vous. Il n'y touchera plus, c'est à vous de choisir.</p>

<p>Cette situation fictive a été inventée en 1960 par le physicien William Newcomb, et Nicolas Eber en propose une discussion scientifique impeccable <a href="http://www.dma.ens.fr/culturemath/materiaux/Eber/newcomb.htm">ici</a> .</p>

<p>La plupart des joueurs choisissent rapidement une des deux options, et sont très étonnés que d'autres puissent être de l'avis opposé. Aucune solution ne peut faire l'unanimité. Essayez, vous m'en direz des nouvelles.</p>

<p>Choisir les deux boîtes semble rationnel : c'est toujours mieux de repartir avec les mille dollars de la boîte A en prime. Mais si vous acceptez la quasi-infaillibilité des prévisions de l'Etre, le choix de la seule boîte B, garnie du million de dollars, s'impose.</p>

<p>Personne n'a mieux résumé que Paul Watzlawick l'enseignement de ce test :</p>

<p>"Nous avons vu qu'il est de la plus grande importance de savoir si notre réalité a ou non un ordre, et qu'il y a trois réponses possibles :</p>

<p>1. Elle n'a aucun ordre; auquel cas la réalité est, dans la même mesure, <em>confusion</em> et chaos, la vie étant quant à elle un cauchemar psychotique.</p>

<p>2. Nous compensons notre état existentiel de <em>désinformation</em> en inventant un ordre, oublions que nous l'avons inventé, et l'éprouvons comme quelque chose qui se trouve "là autour" et que nous appelons réalité.</p>

<p>3. Il y a un ordre, qui est la créature de quelque Etre supérieur dont nous dépendons, quoiqu'il soit lui-même tout à fait indépendant de nous. La <em>communication</em> avec cet Etre devient donc pour l'homme le but le plus important."</p>



<p>(Extrait de Paul Watzlawick, La réalité de la réalité, Paris, Editions du Seuil, 1978, traduction d'Edgar Roskis)</p>

<p>Admettons que la première réponse, plus fréquente qu'on l'imagine, soit délicate à exprimer.</p>

<p>La seconde réponse est celle des partisans du libre-arbitre, qui s'appuient sur l'indépendance de leurs choix et la maîtrise de leur destin. Je suis seul maître à bord face aux deux boîtes. Quoi qu'en pense l'Etre, je prends tout. Athées ou autres non croyants, environ 30% des joueurs.</p>

<p>La troisième réponse appartient à ceux qui estiment jouer au sein d'un système de causalités qui leur échappe et détermine leurs choix apparents. L'Etre, une fois de plus, a correctement prédit mon comportement, mieux vaut choisir le million de dollars de la seule boîte B. Croyants en une religion ou en d'autres systèmes au-delà de leur entendement, 70% des joueurs.</p>

<p>Bien sûr, c'est trop simple pour marcher à tous les coups. Et si ce n'était que le début de votre recherche sur <em>votre propre représentation</em> <em>de la réalité</em> ?</p></div>
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        <title>Living with happenchance as a leader ?</title>
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        <published>2008-06-11T14:59:16+02:00</published>
        <updated>2008-06-11T14:59:16+02:00</updated>
        <summary>How do we live with happenchance ? We want life to be ordered and fair. We plan hard but life is never predictable. Random events throw us off course. How can we use happenchance to advantage and not be thrown or destroyed by it ?
Successful leaders see happenchance as a releaser of enregy and not an unpredictable evil, says Peter Shaw.
Young leaders may start off with similar backgrounds and skills.  Happenchance will take them in different directions: a key learning is how they respond to happenchance.  The strongest swimmer will develop the capacity to go with the flow, stand up to the waves, avoid drowning, recognise the ebbs and flows, come up for air or, move to a different bay.

These capabilities apply to the aspirant leader just as readily as to the swimmer.


Go With the Flow

Going with the flow means the swimmer reaches their destination more quickly than their own arms will take them.  It means having a clear line of sight and modifying the trajectory to take account of the prevailing current.  It is recognising that sometimes you are in the right place at the right time and taking full advantage of those situations to allow your confidence to take you forward to the next place.

When you have champions it is aligning yourself with those champions and “following in their slipstream”.  Success when going with the flow is not about complacency, but investing in networks, colleagues and supporters so that a bank of goodwill is built up for the future.   Going with the flow is about being optimistic and seeing change as an opportunity and not a threat.  It might mean making your own luck by having the confidence to see positive opportunities where the water flows strongly in one direction.  It also means bringing a generosity of spirit and not trumpeting your own good fortune.

•	keep your champions
•	be at the right place at the right time
•	go with the opportunities
•	invest in supporters


Stand Up to the Waves

Sometimes it is just hard graft for the swimmer as they swim against the tide.  It is no fun and requires dogged endurance.  

Standing up to the waves is part of coping with happenchance.  There can be wave after wave of problem or criticism which appears relentless.  Part of coping comes from believing that the storm will not be for ever.  It is accepting that there will be a succession of pounding waves with repeated blows to the chest .  It may mean “rolling with the punches” for a while and drawing on stores of resilience.  

•	believe the storm will pass
•	hold on to your own self belief
•	accept that blows will keep coming for a while
•	be thankful for the resilience you have

Avoid Drowning

A wise swimmer will keep up a pattern of breathing and avoid unnecessary risks.  It is about not going out of your depth and having trusted friends along with you who will spot the signals if you begin to get out of control.  Avoiding drowning is about holding on to your values and the rhythms of life that keep you going.  It is about not being panicked even though the waves are getting stronger.  Success is about holding on to your strengths and using them in a focused way.  

•	be ready to cope with random events
•	be supported by trusted others
•	seek coaching so you are kept sharp and efficient
•	keep the rhythms of life that are most important to you


Recognise the Ebbs and Flows

The good swimmer will know about the ebbs and flows of the tide and will take account of the currents as they plan their swim.  Success as a leader is often about recognising the ebbs and flows.  Sometimes we are in the wrong place at the wrong time: success then is recognising that reality and moving on.  An individual can be hugely successful one year and be regarded as a failure the next year: they are same person bringing the same attributes, but fashions or moods change and reputations can rapidly fade.

Recognising the ebbs and flows is about accepting that life is not fair: you may have striven hard to reach one objective, but as you get close to that goal the wind has changed and you are on the wrong pathway.  Moving on involves accepting that you need to make a new start.  It is believing that even when the tide is against you, it will turn.  It is believing that cycles can be broken and all of a sudden there can be a breakthrough.

•	don’t believe that life will always be fair
•	accept that there will be moments when you will be in the wrong place at the wrong time 
•	be prepared to see failure as the start of the tide turning
•	accept that there can be new life when the tide turns


Come Up For Air

However strong the lungs,  an experienced swimmer needs to come up for air on a regular basis.  Sometimes we think that success in dealing with happenchance is about keeping our head down and using all our energy to keep on a pre-determined trajectory.  But breathing fresh air is crucial.  We need to be taking in new sources of energy and developing that lung power.  Training and development in both technical skills and in how to keep ourselves focused is central to success.  It is about persistence and continually seeking that necessary intake of oxygen.

•	accept that you need to continually come up for air
•	draw inspiration from living in parallel worlds so energy in one area can permeate other areas of life
•	keep embedding new learning
•	use a coach or mentor to help you keep a rhythm of breathing



Move to a Different Bay

Even the strongest swimmer may decide the time has come to move to a different bay.  The pounding of the waves and the strength of the tides may be a source of exhilaration or exhaustion: switching to a new place can be a recognition of reality and not a sign of weakness.

When external events have begun to erode a leader’s energy or credibility it may be right to say “enough is enough”.  Where relationships are broken it might not be worth the investment to repair them.  Sometimes it is accepting the reality that happenchance has dealt heavy blows.  It is time to reinvent yourself, to seek new sources of energy and to deploy your strengths in a new way in a new place, while being true to the values that are most important to you.  So often the result is the release of new vitality as the harshness of past waves are put behind you.  You walk tall again and the current begins to flow in your direction.  

•	be ready to move on
•	believe that however sapped you are that there can be new energy
•	allow yourself to be curious about what swimming in a new bay will be like
•	believe that consistency with your values will enable you to cope with major change


Happenchance: Friend or Foe

Allow yourself to see happenchance as sometimes the best of friends and on other occasions the worse of foes.  Don’t become too enchanted by the apparent warmth of friendship from happenchance, or too entrapped by the gloom that happenchance can bring.  Success comes through understanding happenchance for what it is, keeping a healthy detachment and knowing what values are most important to you.

Peter Shaw



Biography

Peter Shaw CB is a founding partner at Praesta Partners, a specialist coaching organisation and has held three Director General posts in Government.  He has written a sequence of influential leadership books including, “The Four Vs of Leadership: vision, values, value-added and vitality”, “Finding Your Future: the second time around”, and “Business Coaching: achieving practical results through effective engagement” (co-authored with Robin Linnecar).

Email: peter.shaw@praesta.com
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            <name>jlrichard</name>
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&lt;div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"&gt;&lt;p&gt;&lt;a onclick="window.open(this.href, '_blank', 'width=195,height=200,scrollbars=no,resizable=no,toolbar=no,directories=no,location=no,menubar=no,status=no,left=0,top=0'); return false" href="http://jlrichard.typepad.com/.shared/image.html?/photos/uncategorized/2008/06/10/p_shaw.jpg"&gt;&lt;strong&gt;&lt;img title="P_shaw" height="102" alt="P_shaw" src="http://jlrichard.typepad.com/questionsdedirigeant/images/2008/06/10/p_shaw.jpg" width="100" border="0" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 5px 5px 0px" /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;strong&gt;How do we live with happenchance ? We want life to be ordered and fair. We plan hard but life is never predictable. Random events throw us off course. How can we use happenchance to advantage and not be thrown or destroyed by it ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Successful leaders see happenchance as a releaser of energy and not an unpredictable evil, says Peter Shaw.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;Young leaders may start off with similar backgrounds and skills.&amp;nbsp; Happenchance will take them in different directions. A key learning is how they respond to happenchance.&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;The strongest swimmer will develop the capacity to go with the flow, stand up to the waves, avoid drowning, recognise the ebbs and flows, come up for air or, move to a different bay.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;These capabilities apply to the aspirant leader just as readily as to the swimmer.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

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&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;Go with the flow&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

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&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;Going with the flow means the swimmer reaches their destination more quickly than their own arms will take them.&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;It means having a clear line of sight and modifying the trajectory to take account of the prevailing current.&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;It is recognising that sometimes you are in the right place at the right time and taking full advantage of those situations to allow your confidence to take you forward to the next place.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

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&lt;p&gt;&lt;table class="MsoTableGrid" cellspacing="0" cellpadding="0" border="1" style="BORDER-RIGHT: medium none; BORDER-TOP: medium none; BORDER-LEFT: medium none; BORDER-BOTTOM: medium none; BORDER-COLLAPSE: collapse; mso-border-alt: solid windowtext .5pt; mso-yfti-tbllook: 480; mso-padding-alt: 0cm 5.4pt 0cm 5.4pt"&gt;&lt;tbody&gt;&lt;tr style="mso-yfti-irow: 0; mso-yfti-firstrow: yes"&gt;&lt;td valign="top" width="314" style="BORDER-RIGHT: windowtext 1pt solid; PADDING-RIGHT: 5.4pt; BORDER-TOP: windowtext 1pt solid; PADDING-LEFT: 5.4pt; PADDING-BOTTOM: 0cm; BORDER-LEFT: windowtext 1pt solid; WIDTH: 235.4pt; PADDING-TOP: 0cm; BORDER-BOTTOM: #d4d0c8; BACKGROUND-COLOR: transparent; mso-border-top-alt: solid windowtext .5pt; mso-border-left-alt: solid windowtext .5pt; mso-border-right-alt: solid windowtext .5pt"&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 21.25pt; TEXT-INDENT: -21.25pt; LINE-HEIGHT: 150%; mso-list: l3 level1 lfo5; tab-stops: list 21.25pt"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: Symbol; mso-bidi-font-family: Symbol; mso-fareast-font-family: Symbol"&gt;&lt;span style="mso-list: Ignore"&gt;·&lt;span style="FONT: 7pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;"&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;keep your champions&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;

&lt;tr style="mso-yfti-irow: 1"&gt;&lt;td valign="top" width="314" style="BORDER-RIGHT: windowtext 1pt solid; PADDING-RIGHT: 5.4pt; BORDER-TOP: #d4d0c8; PADDING-LEFT: 5.4pt; PADDING-BOTTOM: 0cm; BORDER-LEFT: windowtext 1pt solid; WIDTH: 235.4pt; PADDING-TOP: 0cm; BORDER-BOTTOM: #d4d0c8; BACKGROUND-COLOR: transparent; mso-border-left-alt: solid windowtext .5pt; mso-border-right-alt: solid windowtext .5pt"&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 21.25pt; TEXT-INDENT: -21.25pt; LINE-HEIGHT: 150%; mso-list: l3 level1 lfo5; tab-stops: list 21.25pt"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: Symbol; mso-bidi-font-family: Symbol; mso-fareast-font-family: Symbol"&gt;&lt;span style="mso-list: Ignore"&gt;·&lt;span style="FONT: 7pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;"&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;be at the right place at the right time&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;

&lt;tr style="mso-yfti-irow: 2"&gt;&lt;td valign="top" width="314" style="BORDER-RIGHT: windowtext 1pt solid; PADDING-RIGHT: 5.4pt; BORDER-TOP: #d4d0c8; PADDING-LEFT: 5.4pt; PADDING-BOTTOM: 0cm; BORDER-LEFT: windowtext 1pt solid; WIDTH: 235.4pt; PADDING-TOP: 0cm; BORDER-BOTTOM: #d4d0c8; BACKGROUND-COLOR: transparent; mso-border-left-alt: solid windowtext .5pt; mso-border-right-alt: solid windowtext .5pt"&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 21.25pt; TEXT-INDENT: -21.25pt; LINE-HEIGHT: 150%; mso-list: l3 level1 lfo5; tab-stops: list 21.25pt"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: Symbol; mso-bidi-font-family: Symbol; mso-fareast-font-family: Symbol"&gt;&lt;span style="mso-list: Ignore"&gt;·&lt;span style="FONT: 7pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;"&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;go with the opportunities&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;

&lt;tr style="mso-yfti-irow: 3; mso-yfti-lastrow: yes"&gt;&lt;td valign="top" width="314" style="BORDER-RIGHT: windowtext 1pt solid; PADDING-RIGHT: 5.4pt; BORDER-TOP: #d4d0c8; PADDING-LEFT: 5.4pt; PADDING-BOTTOM: 0cm; BORDER-LEFT: windowtext 1pt solid; WIDTH: 235.4pt; PADDING-TOP: 0cm; BORDER-BOTTOM: windowtext 1pt solid; BACKGROUND-COLOR: transparent; mso-border-left-alt: solid windowtext .5pt; mso-border-right-alt: solid windowtext .5pt; mso-border-bottom-alt: solid windowtext .5pt"&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 21.25pt; TEXT-INDENT: -21.25pt; LINE-HEIGHT: 150%; mso-list: l3 level1 lfo5; tab-stops: list 21.25pt"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: Symbol; mso-bidi-font-family: Symbol; mso-fareast-font-family: Symbol"&gt;&lt;span style="mso-list: Ignore"&gt;·&lt;span style="FONT: 7pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;"&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;invest in supporters&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

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&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

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&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;table class="MsoTableGrid" cellspacing="0" cellpadding="0" border="1" style="BORDER-RIGHT: medium none; BORDER-TOP: medium none; BORDER-LEFT: medium none; BORDER-BOTTOM: medium none; BORDER-COLLAPSE: collapse; mso-border-alt: solid windowtext .5pt; mso-yfti-tbllook: 480; mso-padding-alt: 0cm 5.4pt 0cm 5.4pt"&gt;&lt;tbody&gt;&lt;tr style="mso-yfti-irow: 0; mso-yfti-firstrow: yes"&gt;&lt;td valign="top" width="367" style="BORDER-RIGHT: windowtext 1pt solid; PADDING-RIGHT: 5.4pt; BORDER-TOP: windowtext 1pt solid; PADDING-LEFT: 5.4pt; PADDING-BOTTOM: 0cm; BORDER-LEFT: windowtext 1pt solid; WIDTH: 275.4pt; PADDING-TOP: 0cm; BORDER-BOTTOM: #d4d0c8; BACKGROUND-COLOR: transparent; mso-border-top-alt: solid windowtext .5pt; mso-border-left-alt: solid windowtext .5pt; mso-border-right-alt: solid windowtext .5pt"&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 21.25pt; TEXT-INDENT: -21.25pt; LINE-HEIGHT: 150%; mso-list: l2 level1 lfo6; tab-stops: list 21.25pt"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: Symbol; mso-bidi-font-family: Symbol; mso-fareast-font-family: Symbol"&gt;&lt;span style="mso-list: Ignore"&gt;·&lt;span style="FONT: 7pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;"&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;believe the storm will pass&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;

&lt;tr style="mso-yfti-irow: 1"&gt;&lt;td valign="top" width="367" style="BORDER-RIGHT: windowtext 1pt solid; PADDING-RIGHT: 5.4pt; BORDER-TOP: #d4d0c8; PADDING-LEFT: 5.4pt; PADDING-BOTTOM: 0cm; BORDER-LEFT: windowtext 1pt solid; WIDTH: 275.4pt; PADDING-TOP: 0cm; BORDER-BOTTOM: #d4d0c8; BACKGROUND-COLOR: transparent; mso-border-left-alt: solid windowtext .5pt; mso-border-right-alt: solid windowtext .5pt"&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 21.25pt; TEXT-INDENT: -21.25pt; LINE-HEIGHT: 150%; mso-list: l2 level1 lfo6; tab-stops: list 21.25pt"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: Symbol; mso-bidi-font-family: Symbol; mso-fareast-font-family: Symbol"&gt;&lt;span style="mso-list: Ignore"&gt;·&lt;span style="FONT: 7pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;"&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;hold on to your own self belief&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;

&lt;tr style="mso-yfti-irow: 2"&gt;&lt;td valign="top" width="367" style="BORDER-RIGHT: windowtext 1pt solid; PADDING-RIGHT: 5.4pt; BORDER-TOP: #d4d0c8; PADDING-LEFT: 5.4pt; PADDING-BOTTOM: 0cm; BORDER-LEFT: windowtext 1pt solid; WIDTH: 275.4pt; PADDING-TOP: 0cm; BORDER-BOTTOM: #d4d0c8; BACKGROUND-COLOR: transparent; mso-border-left-alt: solid windowtext .5pt; mso-border-right-alt: solid windowtext .5pt"&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 21.25pt; TEXT-INDENT: -21.25pt; LINE-HEIGHT: 150%; mso-list: l2 level1 lfo6; tab-stops: list 21.25pt"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: Symbol; mso-bidi-font-family: Symbol; mso-fareast-font-family: Symbol"&gt;&lt;span style="mso-list: Ignore"&gt;·&lt;span style="FONT: 7pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;"&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;accept that blows will keep coming for a while&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;

&lt;tr style="mso-yfti-irow: 3; mso-yfti-lastrow: yes"&gt;&lt;td valign="top" width="367" style="BORDER-RIGHT: windowtext 1pt solid; PADDING-RIGHT: 5.4pt; BORDER-TOP: #d4d0c8; PADDING-LEFT: 5.4pt; PADDING-BOTTOM: 0cm; BORDER-LEFT: windowtext 1pt solid; WIDTH: 275.4pt; PADDING-TOP: 0cm; BORDER-BOTTOM: windowtext 1pt solid; BACKGROUND-COLOR: transparent; mso-border-left-alt: solid windowtext .5pt; mso-border-right-alt: solid windowtext .5pt; mso-border-bottom-alt: solid windowtext .5pt"&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 21.25pt; TEXT-INDENT: -21.25pt; LINE-HEIGHT: 150%; mso-list: l2 level1 lfo6; tab-stops: list 21.25pt"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: Symbol; mso-bidi-font-family: Symbol; mso-fareast-font-family: Symbol"&gt;&lt;span style="mso-list: Ignore"&gt;·&lt;span style="FONT: 7pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;"&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;be thankful for the resilience you have&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;Avoid drowning&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;A wise swimmer will keep up a pattern of breathing and avoid unnecessary risks.&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;It is about not going out of your depth and having trusted friends along with you who will spot the signals if you begin to get out of control.&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;Avoiding drowning is about holding on to your values and the rhythms of life that keep you going.&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;It is about not being panicked even though the waves are getting stronger.&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;Success is about holding on to your strengths and using them in a focused way.&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;table class="MsoTableGrid" cellspacing="0" cellpadding="0" border="1" style="BORDER-RIGHT: medium none; BORDER-TOP: medium none; BORDER-LEFT: medium none; BORDER-BOTTOM: medium none; BORDER-COLLAPSE: collapse; mso-border-alt: solid windowtext .5pt; mso-yfti-tbllook: 480; mso-padding-alt: 0cm 5.4pt 0cm 5.4pt; mso-border-insideh: .5pt solid windowtext; mso-border-insidev: .5pt solid windowtext"&gt;&lt;tbody&gt;&lt;tr style="mso-yfti-irow: 0; mso-yfti-firstrow: yes; mso-yfti-lastrow: yes"&gt;&lt;td valign="top" width="461" style="BORDER-RIGHT: windowtext 1pt solid; PADDING-RIGHT: 5.4pt; BORDER-TOP: windowtext 1pt solid; PADDING-LEFT: 5.4pt; PADDING-BOTTOM: 0cm; BORDER-LEFT: windowtext 1pt solid; WIDTH: 345.4pt; PADDING-TOP: 0cm; BORDER-BOTTOM: windowtext 1pt solid; BACKGROUND-COLOR: transparent; mso-border-alt: solid windowtext .5pt"&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 21.25pt; TEXT-INDENT: -21.25pt; LINE-HEIGHT: 150%; mso-list: l1 level1 lfo1; tab-stops: list 21.25pt"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: Symbol; mso-bidi-font-family: Symbol; mso-fareast-font-family: Symbol"&gt;&lt;span style="mso-list: Ignore"&gt;·&lt;span style="FONT: 7pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;"&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;be ready to cope with random events&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 21.25pt; TEXT-INDENT: -21.25pt; LINE-HEIGHT: 150%; mso-list: l1 level1 lfo1; tab-stops: list 21.25pt"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: Symbol; mso-bidi-font-family: Symbol; mso-fareast-font-family: Symbol"&gt;&lt;span style="mso-list: Ignore"&gt;·&lt;span style="FONT: 7pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;"&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;be supported by trusted others&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 21.25pt; TEXT-INDENT: -21.25pt; LINE-HEIGHT: 150%; mso-list: l1 level1 lfo1; tab-stops: list 21.25pt"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: Symbol; mso-bidi-font-family: Symbol; mso-fareast-font-family: Symbol"&gt;&lt;span style="mso-list: Ignore"&gt;·&lt;span style="FONT: 7pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;"&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;seek coaching so you are kept sharp and efficient&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 21.25pt; TEXT-INDENT: -21.25pt; LINE-HEIGHT: 150%; mso-list: l1 level1 lfo1; tab-stops: list 21.25pt"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: Symbol; mso-bidi-font-family: Symbol; mso-fareast-font-family: Symbol"&gt;&lt;span style="mso-list: Ignore"&gt;·&lt;span style="FONT: 7pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;"&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;keep the rhythms of life that are most important to you&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;Recognise the ebbs and flows&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;The good swimmer will know about the ebbs and flows of the tide and will take account of the currents as they plan their swim.&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;Success as a leader is often about recognising the ebbs and flows.&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;Sometimes we are in the wrong place at the wrong time: success then is recognising that reality and moving on.&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;An individual can be hugely successful one year and be regarded as a failure the next year: they are same person bringing the same attributes, but fashions or moods change and reputations can rapidly fade.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;Recognising the ebbs and flows is about accepting that life is not fair: you may have striven hard to reach one objective, but as you get close to that goal the wind has changed and you are on the wrong pathway.&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;Moving on involves accepting that you need to make a new start.&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;It is believing that even when the tide is against you, it will turn.&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;It is believing that cycles can be broken and all of a sudden there can be a breakthrough.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;table class="MsoTableGrid" cellspacing="0" cellpadding="0" border="1" style="BORDER-RIGHT: medium none; BORDER-TOP: medium none; BORDER-LEFT: medium none; BORDER-BOTTOM: medium none; BORDER-COLLAPSE: collapse; mso-border-alt: solid windowtext .5pt; mso-yfti-tbllook: 480; mso-padding-alt: 0cm 5.4pt 0cm 5.4pt; mso-border-insideh: .5pt solid windowtext; mso-border-insidev: .5pt solid windowtext"&gt;&lt;tbody&gt;&lt;tr style="mso-yfti-irow: 0; mso-yfti-firstrow: yes; mso-yfti-lastrow: yes"&gt;&lt;td valign="top" width="581" style="BORDER-RIGHT: windowtext 1pt solid; PADDING-RIGHT: 5.4pt; BORDER-TOP: windowtext 1pt solid; PADDING-LEFT: 5.4pt; PADDING-BOTTOM: 0cm; BORDER-LEFT: windowtext 1pt solid; WIDTH: 435.4pt; PADDING-TOP: 0cm; BORDER-BOTTOM: windowtext 1pt solid; BACKGROUND-COLOR: transparent; mso-border-alt: solid windowtext .5pt"&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 21.25pt; TEXT-INDENT: -21.25pt; LINE-HEIGHT: 150%; mso-list: l0 level1 lfo2; tab-stops: list 21.25pt"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: Symbol; mso-bidi-font-family: Symbol; mso-fareast-font-family: Symbol"&gt;&lt;span style="mso-list: Ignore"&gt;·&lt;span style="FONT: 7pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;"&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;don’t believe that life will always be fair&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 21.25pt; TEXT-INDENT: -21.25pt; LINE-HEIGHT: 150%; mso-list: l0 level1 lfo2; tab-stops: list 21.25pt"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: Symbol; mso-bidi-font-family: Symbol; mso-fareast-font-family: Symbol"&gt;&lt;span style="mso-list: Ignore"&gt;·&lt;span style="FONT: 7pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;"&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;accept that there will be moments when you will be in the wrong place at the wrong time &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 21.25pt; TEXT-INDENT: -21.25pt; LINE-HEIGHT: 150%; mso-list: l0 level1 lfo2; tab-stops: list 21.25pt"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: Symbol; mso-bidi-font-family: Symbol; mso-fareast-font-family: Symbol"&gt;&lt;span style="mso-list: Ignore"&gt;·&lt;span style="FONT: 7pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;"&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;be prepared to see failure as the start of the tide turning&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 21.25pt; TEXT-INDENT: -21.25pt; LINE-HEIGHT: 150%; mso-list: l0 level1 lfo2; tab-stops: list 21.25pt"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: Symbol; mso-bidi-font-family: Symbol; mso-fareast-font-family: Symbol"&gt;&lt;span style="mso-list: Ignore"&gt;·&lt;span style="FONT: 7pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;"&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;accept that there can be new life when the tide turns&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;Come up for air&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;However strong the lungs,&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;an experienced swimmer needs to come up for air on a regular basis.&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;Sometimes we think that success in dealing with happenchance is about keeping our head down and using all our energy to keep on a pre-determined trajectory.&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;But breathing fresh air is crucial. We need to be taking in new sources of energy and developing that lung power.&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;Training and development in both technical skills and in how to keep ourselves focused is central to success.&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;It is about persistence and continually seeking that necessary intake of oxygen.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;table class="MsoTableGrid" cellspacing="0" cellpadding="0" border="1" style="BORDER-RIGHT: medium none; BORDER-TOP: medium none; BORDER-LEFT: medium none; BORDER-BOTTOM: medium none; BORDER-COLLAPSE: collapse; mso-border-alt: solid windowtext .5pt; mso-yfti-tbllook: 480; mso-padding-alt: 0cm 5.4pt 0cm 5.4pt; mso-border-insideh: .5pt solid windowtext; mso-border-insidev: .5pt solid windowtext"&gt;&lt;tbody&gt;&lt;tr style="mso-yfti-irow: 0; mso-yfti-firstrow: yes; mso-yfti-lastrow: yes"&gt;&lt;td valign="top" width="591" style="BORDER-RIGHT: windowtext 1pt solid; PADDING-RIGHT: 5.4pt; BORDER-TOP: windowtext 1pt solid; PADDING-LEFT: 5.4pt; PADDING-BOTTOM: 0cm; BORDER-LEFT: windowtext 1pt solid; WIDTH: 443.1pt; PADDING-TOP: 0cm; BORDER-BOTTOM: windowtext 1pt solid; BACKGROUND-COLOR: transparent; mso-border-alt: solid windowtext .5pt"&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 21.25pt; TEXT-INDENT: -21.25pt; LINE-HEIGHT: 150%; mso-list: l4 level1 lfo3; tab-stops: list 21.25pt"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: Symbol; mso-bidi-font-family: Symbol; mso-fareast-font-family: Symbol"&gt;&lt;span style="mso-list: Ignore"&gt;·&lt;span style="FONT: 7pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;"&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;accept that you need to continually come up for air&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 21.25pt; TEXT-INDENT: -21.25pt; LINE-HEIGHT: 150%; mso-list: l4 level1 lfo3; tab-stops: list 21.25pt"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: Symbol; mso-bidi-font-family: Symbol; mso-fareast-font-family: Symbol"&gt;&lt;span style="mso-list: Ignore"&gt;·&lt;span style="FONT: 7pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;"&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;draw inspiration from living in parallel worlds so energy in one area can permeate other areas of life&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 21.25pt; TEXT-INDENT: -21.25pt; LINE-HEIGHT: 150%; mso-list: l4 level1 lfo3; tab-stops: list 21.25pt"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: Symbol; mso-bidi-font-family: Symbol; mso-fareast-font-family: Symbol"&gt;&lt;span style="mso-list: Ignore"&gt;·&lt;span style="FONT: 7pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;"&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;keep embedding new learning&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 21.25pt; TEXT-INDENT: -21.25pt; LINE-HEIGHT: 150%; mso-list: l4 level1 lfo3; tab-stops: list 21.25pt"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: Symbol; mso-bidi-font-family: Symbol; mso-fareast-font-family: Symbol"&gt;&lt;span style="mso-list: Ignore"&gt;·&lt;span style="FONT: 7pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;"&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;use a coach or mentor to help you keep a rhythm of breathing&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;Move to a different bay&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;Even the strongest swimmer may decide the time has come to move to a different bay.&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;The pounding of the waves and the strength of the tides may be a source of exhilaration or exhaustion: switching to a new place can be a recognition of reality and not a sign of weakness.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;When external events have begun to erode a leader’s energy or credibility it may be right to say “enough is enough”.&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;Where relationships are broken it might not be worth the investment to repair them.&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;Sometimes it is accepting the reality that happenchance has dealt heavy blows.&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;It is time to reinvent yourself, to seek new sources of energy and to deploy your strengths in a new way in a new place, while being true to the values that are most important to you.&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;So often the result is the release of new vitality as the harshness of past waves are put behind you.&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;You walk tall again and the current begins to flow in your direction.&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;table class="MsoTableGrid" cellspacing="0" cellpadding="0" border="1" style="BORDER-RIGHT: medium none; BORDER-TOP: medium none; BORDER-LEFT: medium none; BORDER-BOTTOM: medium none; BORDER-COLLAPSE: collapse; mso-border-alt: solid windowtext .5pt; mso-yfti-tbllook: 480; mso-padding-alt: 0cm 5.4pt 0cm 5.4pt; mso-border-insideh: .5pt solid windowtext; mso-border-insidev: .5pt solid windowtext"&gt;&lt;tbody&gt;&lt;tr style="mso-yfti-irow: 0; mso-yfti-firstrow: yes; mso-yfti-lastrow: yes"&gt;&lt;td valign="top" width="591" style="BORDER-RIGHT: windowtext 1pt solid; PADDING-RIGHT: 5.4pt; BORDER-TOP: windowtext 1pt solid; PADDING-LEFT: 5.4pt; PADDING-BOTTOM: 0cm; BORDER-LEFT: windowtext 1pt solid; WIDTH: 443.1pt; PADDING-TOP: 0cm; BORDER-BOTTOM: windowtext 1pt solid; BACKGROUND-COLOR: transparent; mso-border-alt: solid windowtext .5pt"&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 21.25pt; TEXT-INDENT: -21.25pt; LINE-HEIGHT: 150%; mso-list: l5 level1 lfo4; tab-stops: list 21.25pt"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: Symbol; mso-bidi-font-family: Symbol; mso-fareast-font-family: Symbol"&gt;&lt;span style="mso-list: Ignore"&gt;·&lt;span style="FONT: 7pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;"&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;be ready to move on&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 21.25pt; TEXT-INDENT: -21.25pt; LINE-HEIGHT: 150%; mso-list: l5 level1 lfo4; tab-stops: list 21.25pt"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: Symbol; mso-bidi-font-family: Symbol; mso-fareast-font-family: Symbol"&gt;&lt;span style="mso-list: Ignore"&gt;·&lt;span style="FONT: 7pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;"&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;believe that however sapped you are that there can be new energy&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 21.25pt; TEXT-INDENT: -21.25pt; LINE-HEIGHT: 150%; mso-list: l5 level1 lfo4; tab-stops: list 21.25pt"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: Symbol; mso-bidi-font-family: Symbol; mso-fareast-font-family: Symbol"&gt;&lt;span style="mso-list: Ignore"&gt;·&lt;span style="FONT: 7pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;"&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;allow yourself to be curious about what swimming in a new bay will be like&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 21.25pt; TEXT-INDENT: -21.25pt; LINE-HEIGHT: 150%; mso-list: l5 level1 lfo4; tab-stops: list 21.25pt"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: Symbol; mso-bidi-font-family: Symbol; mso-fareast-font-family: Symbol"&gt;&lt;span style="mso-list: Ignore"&gt;·&lt;span style="FONT: 7pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;"&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;believe that consistency with your values will enable you to cope with major change&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;Happenchance: friend or foe&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;Allow yourself to see happenchance as sometimes the best of friends and on other occasions the worse of foes.&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;Don’t become too enchanted by the apparent warmth of friendship from happenchance, or too entrapped by the gloom that happenchance can bring.&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;Success comes through understanding happenchance for what it is, keeping a healthy detachment and knowing what values are most important to you.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;u&gt;&lt;/u&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;u&gt;&lt;/u&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-SIZE: 10pt; LINE-HEIGHT: 150%; FONT-FAMILY: 'Trebuchet MS'; mso-bidi-font-family: Arial"&gt;This article was printed in Public Service Magazine, April 2008.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;Peter Shaw CB is a founding partner at Praesta Partners, a specialist coaching organisation and has held three Director General posts in Government.&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;He has written a sequence of influential leadership books including, “The Four Vs of Leadership: vision, values, value-added and vitality”, “Finding Your Future: the second time around”, and “Business Coaching: achieving practical results through effective engagement” (co-authored with Robin Linnecar).&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;Email: &lt;a href="mailto:peter.shaw@praesta.com"&gt;peter.shaw@praesta.com&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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        <title>Serez-vous un directeur financier hors normes ?</title>
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        <published>2008-05-08T16:03:27+02:00</published>
        <updated>2008-05-08T16:03:27+02:00</updated>
        <summary>Jacques avait entendu parler de ce mystérieux colis que recevait chaque nouveau directeur financier. L'envoi provenait du bureau du président. Il déchira l'emballage. Une matriochka de bois coloré le dévisageait. Il l'ouvrit par le milieu. Une seconde poupée gigogne apparut, puis une troisième.

Jacques songeait à une mauvaise blague lorsqu'une lettre glissa de la dernière poupée. Quelques lignes de la main du patron : "Félicitations Jacques. Tu as fait une partie du chemin. Ce qu'il te reste à parcourir est bien plus difficile. Que la plus haute de ces poupées te rappelle à l'exigence de loyauté qu'impose ta connaissance de nos secrets. Que la seconde t'inspire ta place : numéro 2, soutien en toutes circonstances du patron de ta filiale. Que ton humilité soit à l'image de la plus petite. Tu es un parmi tous et ton devoir est de former des collaborateurs plus grands que toi. Tu es l'âme de notre groupe."

Les directeurs financiers qui excellent en 2008 sont-ils si différents ?

Les champions se lèvent à la même heure

Parmi des milliers de bons directeurs financiers, quelques-uns se détachent par leurs performances hors normes. Qu'est-ce qui différencie ces champions ? Ce ne sont pas leurs qualités objectives. Les directeurs financiers les plus performants sont très qualifiés. Leurs compétences sont bâties sur de solides pratiques. Leur intelligence est brillante. Ils travaillent dur et sont engagés à 100% au service de leur compagnie. Ils sont équivalents sur tous ces critères aux bons directeurs financiers.

Un directeur financier qui fait déjà bien son métier n'a aucune chance de devenir un champion en s'engageant plus, en élargissant ses compétences ou en travaillant davantage.

Comment se comporte le directeur financier "ressource" ?

Les directeurs financiers hors normes savent qu'en tant que n°2 de leur société ils assument de grandes responsabilités, et ils sont conscients de les assumer très différemment de leur patron direct.

Le directeur financier d'exception ne se contente pas de bien servir son N+1 et de bien manager ses troupes. Il a le privilège d'établir avec chacun des autres cadres dirigeants de son entité des liens très productifs : les rapports de pouvoir s'y estompent, au profit d'un échange ouvert dans l'intérêt commun. Très peu de directeurs financiers vivent ces rapports avec le dosage d'engagement, d'humanité et de recul approprié.

C'est aussi dans la gestion des secrets et des non-dits que se distinguent les meilleurs : à eux, tout peut être confié, y compris l'inconcevable. Leur capacité à porter le poids de ce qui fait l'épaisseur et la richesse de leur entreprise est forgée au fil de leur expérience. C'est en ce sens qu'un grand directeur financier est, plus que son n°1, l'âme de l'entreprise.

Les champions sont enfin plus tournés vers le collectif que vers eux-mêmes. Ils sont peu sensibles à la recherche de leurs propres intérêts et leur fonction n'est pas leur instrument de pouvoir. Ils visent rarement la position de n°1, ce qui peut les y préparer. Ils ont à coeur de faire grandir leurs collègues et collaborateurs et trouvent leur plaisir dans la réussite collective.

Le terme de directeur financier "ressource" peut être employé pour caractériser ce comportement de dirigeant responsable, et aussi d'homme ou de femme d'écoute et de solidarité, hors de la course au pouvoir et aux intérêts particuliers.

Les entreprises dotées d'une telle clé de voute se repèrent aisément, tant leurs performances en sont facilitées.

Charger la barque n'avance à rien

Comment devenir directeur financier "ressource" ?

Puisque la différence tient, à compétences égales, aux comportements et à la manière d'être, on pourrait croire qu'il suffit de s'analyser puis de décider d'axes de progrès. L'expérience montre qu'il ne faut pas attendre grand-chose de cette démarche. Les comportements au travail sont le résultat d'équilibres personnels profonds et anciens. Il est heureux que ces équilibres soient étanches aux recommandations extérieures et aux bonnes résolutions.

Par exemple, lorsqu'un directeur financier est limité dans la richesse de ses rapports avec ses collègues, et tenté de se défendre derrière une image dure, le lui dire et lui demander de "changer" sa façon d'être va charger sa barque qui était déjà peu manoeuvrable, et l'enfermer un peu plus dans la répétition.

Toute personne soumise à une tension ou une contrainte extérieure cherche d'abord à s'en protéger pour ne rien changer. Si cette tension persiste ou s'accroît, la défense augmente, jusqu'à paralyser les mécanismes internes d'apprentissage et d'évolution. C'est la crampe du sportif, appliquée au psychisme.

Cela explique qu'en situation exigeante, nous nous cantonnions à un plus petit nombre de comportements anciens et bien maîtrisés, au lieu d'explorer de nouvelles options. C'est d'autant plus dommage que, contrairement à un préjugé courant, ce sont les cadres les plus performants qui ont le plus de potentiel de progrès à exploiter. S'ils sont performants, c'est qu'ils ont déjà commencé à mobiliser les ressources illimitées de leur personnalité, au lieu de se contenter de leurs compétences. Il leur suffit de passer les seuils suivants pour continuer sur cette voie.

Si conseiller ou contraindre aboutit à l'effet inverse, que font les directeurs financiers qui se détachent du lot ?

Travailler sur soi permet de se transformer

Nous passons tous par des étapes d'évolution, au cours desquelles nous revisitons, dans le secret de notre intimité, nos façons de ressentir et d'agir.

C'est de cela qu'il s'agit, appliqué à la sphère professionnelle.

Les meilleurs directeurs financiers ont travaillé sur eux-mêmes pour se transformer face à leurs enjeux professionnels. Parfois sans s'en apercevoir, en mûrissant au fil des années et, de nos jours dans un tiers des cas, en prenant en main leur développement avec un coach professionnel.

La relation au coach apporte le lieu de travail confidentiel et le lien de confiance qui permettent au dirigeant déjà bon de s'interroger pour travailler différemment. Le coaching de performance se pratique sur une durée de six, neuf ou douze mois. Les objectifs et les coûts sont fixés dans le cadre d'un contrat tripartite avec l'entreprise cliente.

Le ou la bénéficiaire du coaching dispose d'une accès illimité à son coach, par sessions de travail d'une heure et demie à deux heures, planifiées à son choix, en moyenne toutes les deux semaines. Peu importe la fréquence, pourvu qu'elle soit choisie, puisque c'est la focalisation du travail sur soi du cadre qui, d'une session à la suivante, agit.

L'entreprise cliente gagne sur deux tableaux : elle obtient les résultats visés et elle économise les conséquences des erreurs qui auraient fait évoluer la personnalité de son directeur financier.

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            <name>jlrichard</name>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p><strong><a onclick="window.open(this.href, '_blank', 'width=338,height=506,scrollbars=no,resizable=no,toolbar=no,directories=no,location=no,menubar=no,status=no,left=0,top=0'); return false" href="http://jlrichard.typepad.com/.shared/image.html?/photos/uncategorized/2008/05/08/dfihorsnormes77061081.jpg"><img title="Dfihorsnormes77061081" height="149" alt="Dfihorsnormes77061081" src="http://jlrichard.typepad.com/questionsdedirigeant/images/2008/05/08/dfihorsnormes77061081.jpg" width="100" border="0" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 5px 5px 0px" /></a>Jacques avait entendu parler de ce mystérieux colis que recevait chaque nouveau directeur financier. L'envoi provenait du bureau du président. Il déchira l'emballage. Une matriochka de bois coloré le dévisageait. Il l'ouvrit par le milieu. Une seconde poupée gigogne apparut, puis une troisième.</strong></p>

<p><strong>Jacques songeait à une mauvaise blague lorsqu'une lettre glissa de la dernière poupée. Quelques lignes de la main du patron : "Félicitations Jacques. Tu as fait une partie du chemin. Ce qu'il te reste à parcourir est bien plus difficile. Que la plus haute de ces poupées te rappelle à l'exigence de loyauté qu'impose ta connaissance de nos secrets. Que la seconde t'inspire ta place : numéro 2, soutien en toutes circonstances du patron de ta filiale. Que ton humilité soit à l'image de la plus petite. Tu es un parmi tous et ton devoir est de former des collaborateurs plus grands que toi. Tu es l'âme de notre groupe."</strong></p>

<p><strong>Les directeurs financiers qui excellent en 2008 sont-ils si différents ?</strong></p><p><em>(Cet article publié en avril 2008 est reproduit avec l'autorisation de la revue Echanges de la DFCG. Cliquer <a href="http://www.dfcg.com/desktopdefault.aspx?tabid=59&amp;num_edition=253">ici</a> pour consulter ce numéro consacré à l'éthique du manager financier et télécharger l'article d'origine avec ses deux annexes)</em></p>

<p><strong>Les champions se lèvent à la même heure</strong></p>

<p>Parmi des milliers de bons directeurs financiers, quelques-uns se détachent par leurs performances hors normes. Qu'est-ce qui différencie ces champions ? Ce ne sont pas leurs qualités objectives. Les directeurs financiers les plus performants sont très qualifiés. Leurs compétences sont bâties sur de solides pratiques. Leur intelligence est brillante. Ils travaillent dur et sont engagés à 100% au service de leur compagnie. Ils sont équivalents sur tous ces critères aux bons directeurs financiers.</p>

<p>Un directeur financier qui fait déjà bien son métier n'a aucune chance de devenir un champion en s'engageant plus, en élargissant ses compétences ou en travaillant davantage.</p>

<p><strong>Comment se comporte le directeur financier "ressource" ?</strong></p>

<p>Les directeurs financiers hors normes savent qu'en tant que n°2 de leur société ils assument de grandes responsabilités, et ils sont conscients de les assumer très différemment de leur patron direct.</p>

<p>Le directeur financier d'exception ne se contente pas de bien servir son N+1 et de bien manager ses troupes. Il a le privilège d'établir avec chacun des autres cadres dirigeants de son entité des liens très productifs : les rapports de pouvoir s'y estompent, au profit d'un échange ouvert dans l'intérêt commun. Très peu de directeurs financiers vivent ces rapports avec le dosage d'engagement, d'humanité et de recul approprié.</p>

<p>C'est aussi dans la gestion des secrets et des non-dits que se distinguent les meilleurs : à eux, tout peut être confié, y compris l'inconcevable. Leur capacité à porter le poids de ce qui fait l'épaisseur et la richesse de leur entreprise est forgée au fil de leur expérience. <em>C'est en ce sens qu'un grand directeur financier est, plus que son n°1, l'âme de l'entreprise.</em></p>

<p>Les champions sont enfin plus tournés vers le collectif que vers eux-mêmes. Ils sont peu sensibles à la recherche de leurs propres intérêts et leur fonction n'est pas leur instrument de pouvoir. Ils visent rarement la position de n°1, ce qui peut les y préparer. Ils ont à coeur de faire grandir leurs collègues et collaborateurs et trouvent leur plaisir dans la réussite collective.</p>

<p>Le terme de directeur financier "ressource" peut être employé pour caractériser ce comportement de dirigeant responsable, et aussi d'homme ou de femme d'écoute et de solidarité, hors de la course au pouvoir et aux intérêts particuliers.</p>

<p>Les entreprises dotées d'une telle clé de voute se repèrent aisément, tant leurs performances en sont facilitées.</p>

<p><strong>Charger la barque n'avance à rien</strong></p>

<p>Comment devenir directeur financier "ressource" ?</p>

<p>Puisque la différence tient, à compétences égales, aux comportements et à la manière d'être, on pourrait croire qu'il suffit de s'analyser puis de décider d'axes de progrès. L'expérience montre qu'il ne faut pas attendre grand-chose de cette démarche. Les comportements au travail sont le résultat d'équilibres personnels profonds et anciens. Il est heureux que ces équilibres soient étanches aux recommandations extérieures et aux bonnes résolutions.</p>

<p>Par exemple, lorsqu'un directeur financier est limité dans la richesse de ses rapports avec ses collègues, et tenté de se défendre derrière une image dure, le lui dire et lui demander de "changer" sa façon d'être va charger sa barque qui était déjà peu manoeuvrable, et l'enfermer un peu plus dans la répétition.</p>

<p>Toute personne soumise à une tension ou une contrainte extérieure cherche d'abord à s'en protéger pour ne rien changer. Si cette tension persiste ou s'accroît, la défense augmente, jusqu'à paralyser les mécanismes internes d'apprentissage et d'évolution. C'est la crampe du sportif, appliquée au psychisme.</p>

<p>Cela explique qu'en situation exigeante nous nous cantonnions à un plus petit nombre de comportements anciens et bien maîtrisés, au lieu d'explorer de nouvelles options. C'est d'autant plus dommage que, contrairement à un préjugé courant, ce sont les cadres les plus performants qui ont le plus de potentiel de progrès à exploiter. S'ils sont performants, c'est qu'ils ont déjà commencé à mobiliser les ressources illimitées de leur personnalité, au lieu de se contenter de leurs compétences. Il leur suffit de passer les seuils suivants pour continuer sur cette voie.</p>

<p>Si conseiller ou contraindre aboutit à l'effet inverse, que font les directeurs financiers qui se détachent du lot ?</p>

<p><strong>Travailler sur soi permet de se transformer</strong></p>

<p>Nous passons tous par des étapes d'évolution au cours desquelles nous revisitons, dans le secret de notre intimité, nos façons de ressentir et d'agir.</p>

<p>C'est de cela qu'il s'agit, appliqué à la sphère professionnelle.</p>

<p>Les meilleurs directeurs financiers ont travaillé sur eux-mêmes pour se transformer face à leurs enjeux professionnels. Parfois sans s'en apercevoir, en mûrissant au fil des années et, de nos jours dans un tiers des cas, en prenant en main leur développement avec un coach professionnel.</p>

<p>La relation au coach apporte le lieu de travail confidentiel et le lien de confiance qui permettent au dirigeant déjà bon de s'interroger pour travailler différemment. Le coaching de performance se pratique sur une durée de six, neuf ou douze mois. Les objectifs et les coûts sont fixés dans le cadre d'un contrat tripartite avec l'entreprise cliente.</p>

<p>Le ou la bénéficiaire du coaching dispose d'une accès illimité à son coach, par sessions de travail d'une heure et demie à deux heures, planifiées à son choix, en moyenne toutes les deux semaines. Peu importe la fréquence, pourvu qu'elle soit choisie, puisque c'est la focalisation du travail sur soi du cadre qui, d'une session à la suivante, agit.</p>

<p>L'entreprise cliente gagne sur deux tableaux : elle obtient les résultats visés et elle économise les conséquences des erreurs qui auraient fait évoluer la personnalité de son directeur financier.</p></div>
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        <title>Jean-Benoît grandit</title>
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        <published>2008-03-31T10:32:15+02:00</published>
        <updated>2008-03-31T10:32:15+02:00</updated>
        <summary>Quelle journée Sophie, si mon copain Georges ne m'avait pas soutenu, à l'heure qu'il est j'étais viré, explosé, dispersé ! Du Président de Swen Games, il restait juste de quoi remplir un sac Tati !

- Vous avez eu chaud aux plumes... comment comptez-vous réagir ?

- Comme d'hab, tout le monde sur le pont, revue d'objectifs, plans d'actions pour avant-hier, ça tu peux me faire confiance, je maîtrise !

Sophie reprit un chocolat. Jean-Benoît commençait à se calmer. Le silence donnait de l'épaisseur au Conseil qui avait failli lui coûter son siège une heure plus tôt.

- C'est tout ce que vous faites d'être passé si près de la porte ?

- Que veux-tu dire Sophie ?

- Vous semblez vouloir oublier très vite cet épisode douloureux, et retourner à l'équilibre précédent.

- Tu ne vas pas m'apprendre mon métier, tout de même !

- Moi, ce que je vous propose de travailler, c'est comment votre métier et l'homme que vous êtes se conjuguent. Alors que l'homme est blessé, le patron se replie sur ses vieilles habitudes. Que craignez-vous ?

- Et en quoi mes VIEILLES habitudes, comme tu dis, seraient une mauvaise option ?

- Ca, je n'en sais rien, chacun son métier. C'est juste étonnant que vous ressortiez vos ficelles d'objectifs et de plans d'actions après des émotions aussi fortes. Pourquoi faire comme si rien de nouveau ne s'était passé ?

- Non, non et non, je ne te suis pas. J'ai senti le vent du boulet, je m'en vais te les remettre grave au boulot, tous mes pingouins bien au chaud dans leur bureaux de sénateurs. Ca va pédaler vite et fort. Tout ça ne sera bientôt plus qu'un mauvais souvenir.

- C'est bien ce que je dis. La prochaine fois, vous aimeriez que votre Conseil vous cause au lance-roquettes ?

- Ah, mais tu commences à me courir Sophie, avec tes funestes prédictions, et que proposes-tu ?

- De travailler tout cela pour élargir votre espace de manoeuvre. Mais si vous préférez rester cramponné à votre espoir de lendemains plus faciles, moi, ça me convient aussi. Tant que vous avez de quoi payer les chocolats...

Sophie déballait avec précaution un de ses chocolats préférés. Jean-Benoît n'avait plus faim.

- Bon, essayons, après tout, je n'ai pas grand-chose à perdre. Je suis très en colère, c'est vrai. Si mes gars avaient atteint leurs objectifs, je n'en serais pas là.

- Pourquoi devaient-ils atteindre vos objectifs ?

- La bonne blague, parce que je les paye pour ça, tiens !

- Moui, donc, si vous leur fixez pour objectif d'aller sur la Lune, votre prochaine conférence de presse va se passer en direct de la Mer de la Tranquillité...

- Ah non, ils sont déjà pas violents, ils seraient capables de s'y plaire. Tu as quelque chose contre ma gestion par objectifs ?

- Et vous, que faites-vous des objectifs que vous fixe le Conseil ?

- Ah, mais ça n'a rien à voir. Les objectifs du Conseil n'engagent que le Conseil. Je les écoute, puis je fais comme je l'entends. C'est quand même pas le Conseil qui va faire la Loi. Ou alors, qu'ils prennent ma place ?

- C'est un peu ce que je pressentais. En quoi c'est différent entre vous et vos collaborateurs ?

- Euh, j'imaginais avoir un peu plus de poids sur mes gars ?

- Comment pourraient-ils avoir aussi peu de poids que vous vous le représentez ?

- Quand même, qui est-ce qui commande ici ?

- C'est vous, mais seuls les liens entre vous et vos troupes travaillent. Croire que vous avez de l'impact sur des marionnettes, c'est nier leur différence qui est votre seul espoir. Que se passerait-il si d'une minute à l'autre tous les objectifs étaient oubliés ?

- Ca serait sans doute notre plus belle chance de succès. Bon, d'accord, les objectifs, c'est une danse rituelle, le vrai travail est plus subtil. N'empêche, va falloir que j'arrache ce lupanar de sa moquette pure laine, et vite, si je veux survivre à cette mauvaise passe.

- Que faites-vous du seul élément nouveau dont vous disposez dans ce contexte ?

- Explique-toi ?

- Vous avez une idée ?

- Je commence, moi aussi, à connaître tes ficelles. Ce qui est nouveau, et ça n'a pas une heure, c'est ma colère.

- A quoi ferait-elle écho dans l'homme que vous êtes ?

- Elle me fait associer à une colère d'enfant. Je refusais de manger, ma mère m'avait enfermé dans la chambre. Je tapais de toutes mes forces des poings et des pieds sur la porte. J'étais certain qu'elle allait céder, comme toujours.

- Et plus vous espériez qu'elle cède, plus votre angoisse vous commandait de taper fort.

- J'ai pas tout suivi, tu m'expliqueras. Toujours est-il que, ce soir là, la porte s'ouvre brusquement. Je me précipite...

- ... et vous vous écrasez dans le mur de votre père dressé devant vous.

- Ca alors, comment le sais-tu ?

- Si, ce soir-là, votre mère avait cédé, vous ne seriez pas en train de m'en parler.

- J'ai senti le sol se dérober sous mes pieds et j'ai pris une dérouillée d'anthologie... je plaisantais mon père là-dessus pour ses 75 ans la semaine dernière, il prétendait ne plus s'en souvenir.

- Votre colère actuelle, ce serait celle du gamin turbulent, ou celle de votre père ce soir-là ?

- Celle de mon père. Une belle colère d'homme, j'ai mis des années à mesurer tout l'amour paternel qu'il y avait mis. Le père, maintenant, c'est moi. Je fais quoi, de tout ça, pour Swen Games ?

- A votre avis ? Je note au passage que votre paternel, il ne se cachait pas derrière des objectifs et des plans d'actions...

- C'est vrai qu'avec mes troupes je reste plutôt froid...

- Et vous l'exprimez comment, votre amour pour eux ?

- Mon amour pour eux, comme tu y vas !

- Pourquoi, vous croyez qu'on peut travailler pour quelqu'un sans l'aimer, d'une certaine façon ?

- Euh, dit comme ça, bien sûr, disons qu'il y a entre eux et moi une belle complicité.

- Appelez-ça comme vous voulez, vous ne me ferez pas croire que vous travaillez juste pour un salaire et en laissant vos tripes d'homme à la maison. La question qui se pose à vous, en ce moment, c'est comment vous allez écouter vos désirs et ceux de vos collaborateurs pour rendre cette complicité plus productive.

- Aïe, ça se corse, les désirs, c'est pas facile à gérer, tu aurais un plan B ?

- Vous en venez. Quel âge vous sentez-vous ?

- Tu le sais Sophie, j'ai 44 ans.

- Je veux dire, au fond de vous, c'est quoi votre âge ?

- Quand je suis en colère comme tout à l'heure, ce serait mes 6 ans de la raclée que je t'ai racontée.

- Pas facile de grandir, pas vrai, Jean-Benoît ?

- En même temps, parfois, devant toi, j'aimerais bien avoir 9 ans et t'emmener boire un chocolat chaud.

Sophie rougit. Il se faisait tard.

- Profitez pas de ma faiblesse, j'ai tout ce qu'il faut à l'école. Que faites-vous, en ce moment, de ce que nous venons de travailler ?

- Voyons, en vrac : j'ai mon Conseil sur le dos, et je dois trouver les moyens de redresser la situation. Si j'écoute ce qui se passe en moi, ma colère ouvre la porte à tout ce qui me fait agir, mes désirs, mes liens à mes collaborateurs, et me met face à ma responsabilité d'homme de 44 ans. Si j'admets que les hommes et les femmes qui m'entourent sont aussi profonds que moi, je ne peux compter que sur le mystère de nos relations pour redresser la barre. En même temps, c'est plus risqué de ressentir tout cela, imagine que j'échoue...

- Pour réussir, il vous faut sans doute au moins la force d'échouer, peut-être même un peu plus. Le plan B était moins engageant. Que pourrait-il se passer au pire ?

- Au pire, je m'en sortirais, et je pourrais me regarder en face car j'aurais mis toutes mes forces en jeu, en acceptant le risque maximal pour ma confiance en moi.

- Est-ce que vous prenez plaisir à envisager ces nouvelles options ?

- Un peu, je me sens moins coincé dans une situation de crise, mon Conseil m'a rendu un grand service.

- Comme votre père 38 ans auparavant ?

- Encore un chocolat, Sophie ?

Le téléphone sonna. La grande Sophie faisait patienter le Directeur Asie, accompagné d'un hôte de marque.

- Mince, déjà 18h, c'est que j'ai un accord commercial à négocier, moi. La soirée s'annonce longue.

- Je ne vous demande pas où tout cela va finir, mais j'imagine que vous n'allez pas les emmener boire un chocolat chaud.

Cette fois, ce fut le tour de Jean-Benoît de rougir un instant. Les petites filles n'étaient plus ce qu'elle étaient, ou bien avait-elle lancé cela par hasard ?

Sophie se dirigeait vers la porte, bien décidée à savourer la mine ahurie des visiteurs qui s'attendaient à tout, sauf à ça.

Elle fut servie. Jean-Benoît, royal, l'embrassa en la quittant sous le regard sidéré de l'assistance. Pas de doute, le gorille sortait de sa cage. Les pingouins allaient déchirer la moquette.

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<p><strong>- Vous avez eu chaud aux plumes... c</strong><strong>omment comptez-vous réagir ?</strong></p>

<p><strong>- Comme d'hab, tout le monde sur le pont, revue d'objectifs, plans d'actions pour avant-hier, ça tu peux me faire confiance, je maîtrise !</strong></p>

<p><strong>Sophie reprit un chocolat. Jean-Benoît commençait à se calmer. Le silence donnait de l'épaisseur au Conseil qui avait failli lui coûter son siège une heure plus tôt.</strong></p>

<p><strong>- C'est tout ce que ça vous fait d'être passé au ras de la porte ?</strong></p><p><strong><em>(<u>Résumé des épisodes précédents</u> : Sophie s'est incrustée, pour une raison encore inconnue, dans le bureau présidentiel de Jean-Benoît, au sommet de la tour Swen Games. Leurs dernières rencontres ont peu à peu conduit Jean-Benoît à travailler sur lui-même. Cette fois, son poste de président est menacé</em><em>. Les
