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    <title>Questions de dirigeant</title>
    
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    <subtitle>Coaching de réussite : cadre, dirigeant... accélérez votre succès !</subtitle>
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        <title>Vos objectifs... quels objectifs ?</title>
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        <published>2009-04-09T10:27:51+02:00</published>
        <updated>2009-04-09T10:21:40+02:00</updated>
        <summary>- Après cette crise, Sophie, rien ne sera comme avant !

- Swen Games va s'en sortir plus fort que ses concurrents ?

- Oui, si mes équipes atteignent leurs objectifs.

- Vous avez tout changé sauf votre gestion par objectifs ?

- Personne ne s'en plaint, ça fonctionne.

- Tant mieux.

- Un instant, Sophie, pourquoi cette question sur ma gestion par objectifs ?

(Résumé des 13 épisodes précédents : la jeune Sophie accompagne le patron de Swen Games, Jean-Benoît, qui entend sortir plus vite et plus fort de la crise... Les aventures de Sophie vous attendent ici)

- Vous changez tout sauf votre gestion par objectifs, puis vous me dites que tout en dépend. Quelle est votre position ?

- Je pourrais te répondre que je ne suis pas à une contradiction près. Mais en ce moment, l'enfer est dans le détail. Veux-tu m'aider à creuser cela ?

- Converti en chocolats, le travail sur les objectifs c'est du haut de gamme, vous savez...

Jean-Benoît avait prévu la rapacité de sa coach.

- Joyeuses Pâques Sophie ! La Poule n' Fish de chez Hévin, tu vas te régaler !

Tête de poule et queue de poisson, la créature était en effet conciliante. Sophie piocha un oeuf dans la hotte cubique.

- Mmmh, très bon choix. A quand remonte cette histoire de gestion par objectifs ?

- J'ai toujours géré par objectifs.

- C'est votre premier patron, le vieux Swen, qui vous l'a appris ?

- Oui et non. Oui, il ne rigolait pas sur les résultats. Non, il ne prenait pas la gestion par objectifs au sérieux.

- Si cela ne vient pas de lui, alors ça vous vient d'où ?

- Si je me souviens bien, j'ai commencé lorsque j'ai eu ma première grosse responsabilité, j'avais hérité d'une zone complexe, j'avais 30 ans, j'étais perdu.

- Et vous avez inventé cette gestion par objectifs pour ne pas couler, c'est ça ?

- Si tu veux, mais je n'ai rien inventé, tout le monde en fait autant.

- Vous pouvez me donner un exemple ?

- Prends Sébastien, mon patron Australie. Je le vois tous les deux mois. Il a une batterie d'une centaine d'objectifs sur lesquels j'ai un rapport mensuel annoté par mon contrôleur de gestion.

- Je suis perdue Jean-Benoît. Un exemple !

Jean-Benoît pianota sur son PC. Le sommaire du rapport de l'Australie s'afficha.

- Les objectifs de Sébastien, ce sont ses ventes, ses marges, son résultat, sa génération de cash, ses investissements, son taux de renouvellement de clientèle, sa fidélisation, son climat social et ses frais fixes avec l'avancement des projets d'économie. Tout ça se décline sur cinq zones, trois marchés et quand c'est possible par grands comptes.

- Pourquoi dites-vous "les objectifs de Sébastien" ?

- Ah, tu ne vas pas jouer sur les mots, Sophie. Ce sont les objectifs sur lesquels je juge la performance de Sébastien, voilà. Si il a d'autres objectifs en tête, peu importe pourvu qu'il atteigne déjà ceux-là, c'est clair pour toi ?

- Que faites-vous ensemble tous les deux mois ?

- Nous revoyons tout cela. Je l'écoute me raconter ses problèmes, je m'efforce de ne pas faire son travail à sa place, je remets la pression, et... euh... deux heures, ça passe très vite avec 20 pages de tableaux de chiffres.

- Qu'est-ce qui est essentiel et qui ne figure pas dans ces 20 pages ?

- J'ai l'embarras du choix. Nos priorités, à Sébastien et moi, l'histoire de notre lien, la confiance entre nous, nos vraies intentions dans ce business...

- Quelle empreinte pourrait laisser Sébastien sur Swen Games Australie, qu'aucun autre dirigeant ne laisserait ?

Jean-Benoît resta pensif. C'était peut-être le seul objectif, laisser une trace d'homme, gérer l'héritage et transmettre une filiale plus forte au successeur. Mais laquelle ? Il n'avait jamais échangé sur cela avec Sébastien.

- Joker Sophie, j'ai besoin de retravailler cela.

- De quoi ne parlez-vous jamais tous les deux ?

- Nous n'avons jamais parlé de son avenir. Sa position si il rentre d'Australie est loin d'être claire, et sa femme regrette Paris. Et puis son dernier enfant est handicapé, nous en avons parlé une seule fois.

- Si Sébastien avait cet entretien de deux heures pour faire le point de son activité avec un de vos collaborateurs avant de vous voir, que feriez-vous tous les deux ?

- Franchement, je gagnerais du temps. Je me contenterais d'un bref compte-rendu et je pourrais me consacrer à d'autres priorités.

- En somme, votre gestion par objectifs consiste à piquer le travail de votre contrôleur de gestion pour éviter les sujets difficiles avec Sébastien.

- C'est caricatural, mais il y a du vrai.

- Et quels sont les objectifs de Sébastien, les vrais ?

- Je n'en sais rien, je suppose qu'il aimerait rentrer sur Paris, mais je n'ai rien pour lui. Je crois aussi qu'il a d'autres préoccupations que son boulot dans la vie, en ce moment ça vaut mieux.

- Si l'Australie devenait d'un instant à l'autre votre première priorité à tous les deux, comment feriez-vous évoluer votre relation de travail avec Sébastien ?

- Je passerais une semaine entière avec lui. Je jetterais tous ces rapports et ces budgets. Nous reprendrions ensemble à zéro la stratégie, l'organisation, les alliances et les politiques tarifaires. Nous verrions en tête-à-tête chaque responsable clé de l'Australie, puis nous les réunirions tous en séminaire. Où veux-tu en venir ?

- Votre dialogue de complaisance sur les-objectifs-qui-n'en-sont-pas, c'est donc seulement si vous avez les moyens de négliger l'Australie et Sébastien ?

- Va pour l'Australie, c'est un mauvais exemple. Tu ne vas pas me prétendre que je peux me passer de ces tableaux d'objectifs ?

- Pour l'instant, c'est vous qui m'expliquez que votre vrai boulot n'a pas grand-chose à voir avec.

- Tu veux dire que ma gestion par objectifs m'apporte le confort d'une relation distante ?

- La relation que vous souhaitiez quand vous étiez un jeune dirigeant perdu ? La mise au frigo des émotions ? Et vous-même, Jean-Benoît, citez-moi quelque chose qui vous tient à coeur dans votre vie ?

- Je suppose que tu veux dire hors boulot... L'éducation de ma fille aînée, nous en parlons beaucoup avec Florence. Julie va avoir 15 ans. Je ne comprends rien à la femme qu'elle devient.

- Et sur quelle batterie d'objectifs structurez-vous le dialogue avec votre femme pour mener à bien ce projet qui vous tient tant à coeur ?

Jean-Benoît accusa le coup. Sa femme et lui avaient des intentions, des peurs, des espoirs, des envies, de la fierté lorsqu'ils avançaient. Ils s'efforçaient d'assumer leur responsabilité de parents face à une adolescente armée d'un marteau-piqueur. L'objectif était de tenir, mais ça ne leur disait pas quoi faire et ça se déclinait encore moins en sous-objectifs.

- Bon, si je comprends bien, mes objectifs, c'est bon pour occuper mes contrôleurs de gestion ? Et, moi, j'ai d'autres échanges que ceux du jeune dirigeant perdu d'autrefois à développer ?

- Vous disiez vous-même tout à l'heure qu'en ce moment vous deviez tout réinventer, c'est l'occasion de commencer par vous ?

- Il y a du boulot, Sophie. Je compte sur ta discrétion, comme d'habitude ?

- Comme d'habitude, Jean-Benoît. Ah, et pour Julie...

- Nooon ! Ne me donne pas de conseils pour Julie ! Je viens de me rajouter Sébastien et l'Australie. Julie, je vais y arriver, c'est plus facile car je n'ai pas droit à l'erreur.

- Oui, et vous y consacrez sans le savoir 80% de votre énergie... je voulais vous dire, pour progresser dans votre relation au féminin, vous pourriez commencer par les futures femmes dirigeantes de Swen Games ?

- Très drôle Sophie, justement j'avais du temps libre... nous en reparlerons !</summary>
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            <name>jlrichard</name>
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 - Après cette crise, Sophie, rien ne sera comme avant !</strong></p><p><strong>- Swen Games va s'en sortir plus fort que ses concurrents ?</strong></p><p><strong>- Oui, si mes équipes atteignent leurs objectifs.</strong></p><p><strong>- Vous avez tout changé sauf votre gestion par objectifs ?</strong></p><p><strong>- Personne ne s'en plaint, ça fonctionne.</strong></p><p><strong>- Tant mieux.</strong></p><p><strong>- Un instant, Sophie, pourquoi cette question sur ma gestion par objectifs ?</strong></p><p /><p><strong><br /></strong></p><p>
</p>
<p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;"><strong>(Résumé
des 13 épisodes précédents : la jeune Sophie accompagne le patron
de Swen Games, Jean-Benoît, qui entend sortir plus vite et plus fort de la crise... Les aventures de Sophie vous attendent<span class="Apple-converted-space"> </span></strong><a href="http://jlrichard.typepad.com/questionsdedirigeant/sophie/" style="cursor: pointer; color: blue; text-decoration: underline;" target="_blank"><strong>ici</strong></a><strong>)</strong></span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- Vous changez tout sauf votre gestion par objectifs, puis vous me dites que tout en dépend. Quelle est votre position ?<br /></span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">- Je pourrais te répondre que je ne suis pas à une contradiction près. Mais en ce moment, l'enfer est dans le détail. Veux-tu m'aider à creuser cela ?</span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;">-<span style="font-weight: bold;"> <strong><span style="font-weight: normal;">Converti en chocolats, le travail sur les objectifs c'est du haut de gamme, vous savez...</span></strong></span></span></p><p><span style="word-spacing: 0px; font-family: 'Trebuchet MS'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 13px; line-height: 15px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; text-transform: none; color: #000000; text-indent: 0px; white-space: normal; letter-spacing: normal; border-collapse: separate; orphans: 2; widows: 2;"><strong><span><span style="font-weight: normal;">Jean-Benoît avait prévu la rapacité de sa coach.</span></span></strong><strong><br /></strong></span></p><p>- Joyeuses Pâques Sophie ! La Poule n' Fish de chez Hévin, tu vas te régaler !</p><p>Tête de poule et queue de poisson, la créature était en effet conciliante. Sophie piocha un oeuf dans la hotte cubique.</p><p>- Mmmh, très bon choix. A quand remonte cette histoire de gestion par objectifs ?</p><p>- J'ai toujours géré par objectifs.</p><p>- C'est votre premier patron, le vieux Swen, qui vous l'a appris ?</p><p>- Oui et non. Oui, il ne rigolait pas sur les résultats. Non, il ne prenait pas la gestion par objectifs au sérieux.</p><p>- Si cela ne vient pas de lui, alors ça vous vient d'où ?</p><p>- Si je me souviens bien, j'ai commencé lorsque j'ai eu ma première grosse responsabilité, j'avais hérité d'une zone complexe, j'avais 30 ans, j'étais perdu.</p><p>- Et vous avez inventé cette gestion par objectifs pour ne pas couler, c'est ça ?</p><p>- Si tu veux, mais je n'ai rien inventé, tout le monde en fait autant.</p><p>- Vous pouvez me donner un exemple ?</p><p>- Prends Sébastien, mon patron Australie. Je le vois tous les deux mois. Il a une batterie d'une centaine d'objectifs sur lesquels j'ai un rapport mensuel annoté par mon contrôleur de gestion.</p><p>- Je suis perdue Jean-Benoît. Un exemple !</p><p>Jean-Benoît pianota sur son PC. Le sommaire du rapport de l'Australie s'afficha.</p><p>- Les objectifs de Sébastien, ce sont ses ventes, ses marges, son résultat, sa génération de cash, ses investissements, son taux de renouvellement de clientèle, sa fidélisation, son climat social et ses frais fixes avec l'avancement des projets d'économie. Tout ça se décline sur les régions, les lignes de produit et les grands comptes.</p><p>- Pourquoi dites-vous "les objectifs de Sébastien" ?</p><p>- Ah, tu ne vas pas jouer sur les mots, Sophie. Ce sont les objectifs sur lesquels je juge la performance de Sébastien, voilà. Si il a d'autres objectifs en tête, peu importe pourvu qu'il atteigne déjà ceux-là, c'est clair pour toi ?</p><p>- Que faites-vous ensemble tous les deux mois ?</p><p>- Nous revoyons tout cela. Je l'écoute me raconter ses problèmes, je m'efforce de ne pas faire son travail à sa place, je remets la pression, et... euh... deux heures, ça passe très vite avec 20 pages de tableaux de chiffres.</p><p>- Qu'est-ce qui est essentiel et qui ne figure pas dans ces 20 pages ?</p><p>- J'ai l'embarras du choix. Nos priorités, à Sébastien et moi, l'histoire de notre lien, la confiance entre nous, nos vraies intentions dans ce business...</p><p>- Quelle empreinte pourrait laisser Sébastien sur Swen Games Australie, qu'aucun autre dirigeant ne laisserait ?</p><p>Jean-Benoît resta pensif. C'était peut-être le seul objectif, laisser une trace d'homme, gérer l'héritage et transmettre une filiale plus forte au successeur. Mais laquelle ? Il n'avait jamais échangé sur cela avec Sébastien.</p><p>- Joker Sophie, j'ai besoin de retravailler cela.</p><p>- De quoi ne parlez-vous jamais tous les deux ?</p><p>- Nous n'avons jamais parlé de son avenir. Sa position si il rentre d'Australie est loin d'être claire, et sa femme regrette Paris. Et puis son dernier enfant est handicapé, nous en avons parlé une seule fois.</p><p>- Si Sébastien avait cet entretien de deux heures pour faire le point de son activité avec un de vos collaborateurs avant de vous voir, que feriez-vous tous les deux ?</p><p>- Franchement, je gagnerais du temps. Je me contenterais d'un bref compte-rendu et je pourrais me consacrer à d'autres priorités.</p><p>- En somme, votre gestion par objectifs consiste à piquer le travail de votre contrôleur de gestion pour éviter les sujets difficiles avec Sébastien.</p><p>- C'est caricatural, mais il y a du vrai.</p><p>- Et quels sont les objectifs de Sébastien, les vrais ?</p><p>- Je n'en sais rien, je suppose qu'il aimerait rentrer sur Paris, mais je n'ai rien pour lui. Je crois aussi qu'il a d'autres préoccupations que son boulot dans la vie, en ce moment ça vaut mieux.</p><p>- Si l'Australie devenait d'un instant à l'autre votre première priorité à tous les deux, comment feriez-vous évoluer votre relation de travail avec Sébastien ?</p><p>- Je passerais une semaine entière avec lui. Je jetterais tous ces rapports et ces budgets. Nous reprendrions ensemble à zéro la stratégie, l'organisation, les alliances et les politiques tarifaires. Nous verrions en tête-à-tête chaque responsable clé, puis nous les réunirions tous en séminaire. Où veux-tu en venir ?</p><p>- Votre dialogue de complaisance sur les-objectifs-qui-n'en-sont-pas, c'est donc seulement si vous avez les moyens de négliger l'Australie et Sébastien ?</p><p>- Va pour l'Australie, c'est un mauvais exemple. Tu ne vas pas me prétendre que je peux me passer de ces tableaux d'objectifs ?</p><p>- Pour l'instant, c'est vous qui m'expliquez que votre vrai boulot n'a pas grand-chose à voir avec.</p><p>- Tu veux dire que ma gestion par objectifs m'apporte le confort d'une relation distante ?</p><p>- La relation que vous souhaitiez quand vous étiez un jeune dirigeant perdu ? La mise au frigo des émotions ? Et vous-même, Jean-Benoît, citez-moi quelque chose qui vous tient à coeur dans votre vie ?</p><p>- L'éducation de ma fille aînée, nous en parlons beaucoup avec Florence. Julie va avoir 15 ans. Je ne comprends rien à la femme qu'elle devient.</p><p>- Et sur quelle batterie d'objectifs structurez-vous le dialogue avec votre femme pour mener à bien ce projet qui vous tient tant à coeur ?</p><p>Jean-Benoît accusa le coup. Sa femme et lui avaient des intentions, des peurs, des espoirs, des envies, de la fierté lorsqu'ils avançaient. Ils s'efforçaient d'assumer leur responsabilité de parents face à une adolescente armée d'un marteau-piqueur. L'objectif était de tenir, mais ça ne leur disait pas quoi faire et ça se déclinait encore moins en sous-objectifs.</p><p>- Bon, si je comprends bien, mes objectifs, c'est bon pour occuper mes contrôleurs de gestion ? Et, moi, j'ai d'autres échanges que ceux du jeune dirigeant perdu d'autrefois à développer ?</p><p>- Vous disiez vous-même tout à l'heure qu'en ce moment vous deviez tout réinventer, c'est l'occasion de commencer par vous ?</p><p>- Il y a du boulot, Sophie. Je compte sur ta discrétion, comme d'habitude ?</p><p>- Comme d'habitude, Jean-Benoît. Ah, et pour Julie...</p><p>- Nooon ! Ne me donne pas de conseils pour Julie ! Je viens de me rajouter Sébastien et l'Australie. Julie, je vais y arriver, c'est plus facile car je n'ai pas droit à l'erreur.</p><p>- Oui, et vous y consacrez sans le savoir 80% de votre énergie... je voulais vous dire, pour progresser dans votre relation au féminin, vous pourriez commencer par les futures femmes dirigeantes de Swen Games ?</p><p>- Très drôle Sophie, justement j'avais du temps libre... nous en reparlerons !</p></div>
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        <title>Sophie découvre le prix des chocolats</title>
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        <published>2009-02-17T20:18:34+01:00</published>
        <updated>2009-02-18T19:04:04+01:00</updated>
        <summary> - Ah te voilà Sophie, tu tombes bien ! Mon DRH me prend la tête avec les salaires, si tu savais !

- Bonjour Jean-Benoît, c'est quoi un "Dé-èrre-hache" ?

- Ben, comme tu vois, c'est quelqu'un qui erre dans les couloirs un dé dans une main, une hache dans l'autre. Sérieusement, il s'assure que chacun chez Swen Games est payé à sa juste valeur.

- Ca alors, j'aurais jamais imaginé que vous laissiez qui que ce soit faire un truc si important... vous m'impressionnez Jean-Benoît, vous êtes devenu un si grand patron ???


(Résumé des épisodes précédents : la petite Sophie accompagne le grand patron de Swen Games, Jean-Benoît, qui va bientôt découvrir le prix des chocolats... Les aventures de Sophie vous attendent ici)

Jean-Benoît baissa le regard. etait-ce une si bonne idée de parler salaires avec la jeune Sophie ? Oh, et puis de toutes façons, la connaissant, il en avait déjà trop dit ou pas assez. Suffisait de bien cadrer le topo.

- Bon, c'est simple. J'ai fait mes calculs, je peux augmenter les salaires de 2% en moyenne pour 2009, et ils me font une pendule pour avoir 4%. Veulent la peau de la boîte, et la mienne avec. Mais ils ne m'auront pas, je te le dis.

- Oui, et alors ?

- Alors ? Eh bien alors, je ne sais pas, moi ! Que veux-tu que j'y fasse si ils ne peuvent pas comprendre !

- Vous voulez qu'on parle d'eux ou de vous ?

Jean-Benoît connaissait la règle : travailler sur lui avant de se faire des noeuds à la place des autres. Il tendit une main pesante vers la boîte rituelle de chocolats et la tendit à sa jeune coach.

- Tiens, sers-toi. Comment les trouves-tu ?

- Mmh, vous vous êtes encore surpassé Jean-Benoît, ils sont dé-li-cieux !

- En effet, note bien, ils peuvent, à 100 € le kilo...

- 100 €, moi, ça ne me dit rien, faut combien de temps pour gagner 100 € ?

- Dans un pays très pauvre, faut un an de travail. En France, il y a des gens qui vivent une semaine avec ça, et chez Swen Games, mon salarié le moins payé doit gagner 100 € en deux jours ouvrés, 1000 € par mois si tu préfères.

- Mazette ! Comment osent-ils se plaindre avec des salaires si impressionnants !

- Euh, oui, enfin, bon, c'est toute une histoire, et puis, tu vois, moi, je suis un patron soucieux du bien-être de ses employés. Voilà voilà. Tu as peut-être des devoirs qui t'attendent à la maison ?

Jean-Benoît se dit à cet instant qu'il avait marché sur un piège à ours. Il pâlit à l'instant précis où Sophie posa la question qu'il sentait venir depuis quelques instants.

- Et avec 100 €, je peux me payer une partie de Scrabble avec vous ? Tiens, depuis que nous discutons tous les deux, combien avez-vous coûté à Swen Games, histoire de m'impressionner ?

- Depuis que nous discutons ? Tu veux dire, depuis un quart d'heure ?

- Puisque vous le dites, oui, je connais vos capacités en calcul mental, ça devrait vous prendre un chocolat de calculer ça, du coup j'en reprends un, ils sont tellement bons.

Jean-Benoît épongea son front. Lui qui ne transpirait jamais, il se sentait dans un sauna. Mais comment échapper au piège qu'il s'était lui-même tendu ?

- OK, donc dans une année je travaille 2000 heures, si je prends mon salaire de 2 millions, plus mes stock-options à prix cassé, disons autant, ça fait 4 millions divisés par 2000, 2000 € l'heure, donc, depuis un quart d'heure, j'ai gagné cinq boîtes.

- Pas mal, dites-donc ! En clair, vous gagnez en une demi-heure ce que certains de vos salariés gagnent en un mois, c'est ça ?

- Euh, dit comme ça, oui, mais ça se justifie, tu peux en être certaine.

Sophie dépliait avec attention un marron glacé que le chocolatier avait glissé par malice dans la boîte.

Jean-Benoît commençait à trouver le temps long. Mais il connaissait Sophie, il fallait qu'il sorte par le haut de cet entretien.

- Ce salaire, qui peut sembler important, se comprend quand on considère le risque que je prends et le profit que je fais gagner par Swen Games.

- Moi, vous savez, tout ça c'est de l'hébreu. Puique ça semble vous tracasser, expliquez-moi à tout hasard ce que vous entendez par là ?

- Eh bien, le risque, c'est que je peux être licencié à tout moment si mes performances sont insuffisantes.

- Oui, et dans ce cas, vous n'aurez plus de quoi vivre.

- Euh, pas tout à fait. Autrefois, les dirigeants étaient virés ad nutum, d'un hochement de tête de leurs administrateurs. Ils partaient sans rien, sur l'heure. Depuis une vingtaine d'années, nous avons amélioré cela. Pour ma part, j'ai un contrat de travail qui me donne droit à des indemnités et si je devais partir ce serait avec deux ans de salaire.

- Bien, alors, où est le risque ? Arrive-t-il qu'un homme comme vous reste deux ans sans travailler ?

- Non, je n'ai jamais vu cela autour de moi. Tu as raison, le risque est faible. Reste tout ce que je fais gagner à Swen Games. J'estime qu'un autre dirigeant ferait au bas mot 100 millions de moins de profit, alors tu vois, mon salaire, à côté, c'est peu de chose.

- L'autre dirigeant qui ferait 100 millions de moins de profit, ça mettrait Swen Games en danger ?

- Non, nous avons les reins solides.

- Alors, que savez-vous de ce que ça apporterait de mieux pour l'entreprise, ses clients et ses salariés, si cet autre patron faisait moins de profit et plus d'autre chose ?

Jean-Benoît se renversa sur son fauteuil. La petite avait raison sur un point : personne ne pouvait réduire les objectifs de Swen Games à un profit. Il en fallait pour garder de la liberté d'action, mais sur le long terme l'histoire retiendrait la façon dont le groupe aurait transformé son métier et rendu un peu plus heureux ses clients, ses fournisseurs et... ses salariés.

- Bon, d'accord, mon salaire n'est sans doute lié ni aux risques que je prends ni au profit que je génère. Je vais te dire, Sophie, mon salaire, c'est ce que j'en ai décidé. J'ai fixé son montant, mes actionnaires l'ont approuvé, et tout le monde est content.

- Et vos salariés, qu'en pensent-ils ?

- Je ne sais pas ce qu'ils pensent de mon salaire, ils me parlent surtout du leur.

- Les gens sont d'un égoïsme... Si ça se trouve, ils aimeraient, comme vous, fixer leur salaire ?

- Peut-être, mais c'est moi le patron. Je reconnais que ça peut leur donner des idées.

- J'y pense, pour votre salaire, est-ce qu'on trouve facilement des remplaçants prêts à faire votre travail ?

- A 4 millions d'euros, oui, ça se trouve assez facilement, même si je considère que je suis excellent, on doit pouvoir trouver pas mal de bons patrons pour ce prix.

- Donc si le marché était équilibré votre salaire devrait baisser ?

- "Si le marché était équilibré", mais c'est pas un marché Sophie, c'est un rapport de force. J'ai décidé que ce serait tant, et c'est tant, et ceux qui sont pas contents n'ont qu'à aller défiler avec leurs banderoles, mais ailleurs que sous mes fenêtres.

- Oui, c'est un rapport de force, en effet. D'après vous, comment cela affecte-t-il les prises de tête de votre "Dé-erre-hache" sur les salaires ?

- Peut-être que ça tourne au rapport de forces aussi. Mais qu'est-ce que j'y peux, moi ?

- Combien gagnaient les patrons les plus remarquables que vous avez rencontrés ?

- Le meilleur, c'était le vieux Swen. Il menait une vie de moine. Je crois bien qu'il gagnait dans les 100 000 euros, une boîte de chocolats à l'heure. En plus il n'aimait pas les sucreries, il était taillé dans un manche de pioche.

- Comment se fait-il que, lui, il ne faisait pas usage de son "rapport-de-force" à lui pour gagner davantage ?

- Mais Sophie, tout simplement parce qu'il n'en avait nul besoin ! Il considérait ce salaire comme largement suffisant pour le désintéresser de tout souci matériel, et sa vie était consacrée à son entreprise. Il nous a tous formés.

- Vu sous cet angle, comment devrait évoluer le salaire d'un dirigeant à mesure qu'il devient plus dévoué à sa mission ?

- C'est clair, il faut moins d'argent pour désintéresser un grand dirigeant et lui permettre de se donner tout entier à son travail. C'est curieux, ça signifie que les salaires des dirigeants devraient baisser à mesure qu'ils deviennent plus mûrs. Remarque, je connais quelques mercenaires qui réclament des sommes astronomiques juste parce qu'ils ne savent pas se diriger eux-mêmes.

- Que faites-vous de tout cela dans le contexte qui vous préoccupe en ce moment ?

Jean-Benoît resta pensif. Certes, si il était au niveau de maturité du vieux Swen, il pourrait diviser son salaire par 10 et vivre très confortablement. La différence serait négligeable sur les comptes de l'entreprise, mais sur les consciences ? Comment diriger en restant en accord avec ses intimes convictions ?

- Tu sais Sophie que, depuis que nous discutons, j'ai gagné vingt boîtes de chocolat !

- Ou si vous préférez, de quoi faire vivre tout un village pendant un an dans certains pays. Or vous n'avez pas même pu en finir une seule. Et qu'est-ce que vous avez gagné d'autre ?

- Le plaisir de découvrir que j'ai des valeurs dont je suis fier, qui n'ont rien à voir avec le prix des chocolats. Bon serviteur, mauvais maître, l'argent !

- Si c'est vous qui le dites... gardez-en assez pour mes chocolats. A bientôt Jean-Benoît, bien le bonjour à votre "Dé-erre-hache" !
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            <name>jlrichard</name>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p><a href="http://jlrichard.typepad.com/.shared/image.html?/photos/uncategorized/2008/10/22/img_2924.jpg" onclick="window.open(this.href, '_blank', 'width=800,height=1039,scrollbars=no,resizable=no,toolbar=no,directories=no,location=no,menubar=no,status=no,left=0,top=0'); return false"><img alt="Img_2924" border="0" height="129" src="http://jlrichard.typepad.com/questionsdedirigeant/images/2008/10/22/img_2924.jpg" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 5px 5px 0px" title="Img_2924" width="100" /></a> <strong>- Ah te voilà Sophie, tu tombes bien ! Mon DRH me prend la tête avec les salaires !</strong></p>
<p><strong>- Bonjour Jean-Benoît, c'est quoi un "Dé-erre-hache" ?</strong></p>
<p><strong>- Ben, comme tu vois, c'est quelqu'un qui erre dans les couloirs un dé dans une main, une hache dans l'autre. Sérieusement, il s'assure que chacun chez Swen Games est payé à sa juste valeur.</strong></p>
<p><strong>- Ca alors, j'aurais jamais cru que vous laissiez qui que ce soit faire un truc si important. Vous m'impressionnez, vous êtes devenu un si grand patron ???</strong></p>
<p />

<p><span style="WORD-SPACING: 0px; FONT: 13px/15px 'Trebuchet MS'; TEXT-TRANSFORM: none; COLOR: #000000; TEXT-INDENT: 0px; WHITE-SPACE: normal; LETTER-SPACING: normal; BORDER-COLLAPSE: separate; orphans: 2; widows: 2; -webkit-border-horizontal-spacing: 0px; -webkit-border-vertical-spacing: 0px; -webkit-text-decorations-in-effect: none; -webkit-text-size-adjust: auto; -webkit-text-stroke-width: 0"><strong>(Résumé des épisodes précédents : la petite Sophie accompagne le grand patron de Swen Games, Jean-Benoît, qui va bientôt découvrir le prix des chocolats... Les aventures de Sophie vous attendent<span class="Apple-converted-space"> </span></strong><a href="http://jlrichard.typepad.com/questionsdedirigeant/sophie/" style="CURSOR: pointer; COLOR: blue; TEXT-DECORATION: underline" target="_blank"><strong>ici</strong></a><strong>)</strong></span></p>
<p>Jean-Benoît baissa le regard. Etait-ce une si bonne idée de parler salaires avec la jeune Sophie ? Oh, et puis de toutes façons, la connaissant, il en avait déjà trop dit ou pas assez. Suffisait de bien cadrer le topo.</p>
<p>- Bon, c'est simple. J'ai fait mes calculs, je peux augmenter les salaires de 2% en moyenne pour 2009, et ils me font une pendule pour avoir 4%. Veulent la peau de la boîte, et la mienne avec. Mais ils ne m'auront pas, je te le dis.</p>
<p>- Oui, et alors ?</p>
<p>- Alors ? Eh bien alors, je ne sais pas, moi ! Que veux-tu que j'y fasse si ils ne veulent rien comprendre !</p>
<p>- Vous voulez qu'on parle d'eux ou de vous ?</p>
<p>Jean-Benoît connaissait la règle : travailler sur lui avant de se faire des noeuds à la place des autres. Il tendit une main pesante vers la boîte rituelle de chocolats et la tendit à sa jeune coach.</p>
<p>- Tiens, sers-toi. Comment les trouves-tu ?</p>
<p>- Mmh, vous vous êtes encore surpassé Jean-Benoît, ils sont dé-li-cieux !</p>
<p>- Ils peuvent, à 100 € le kilo...</p>
<p>- 100 €, moi, ça ne me dit rien, faut combien de temps pour gagner 100 € ?</p>
<p>- Dans un pays très pauvre, un an de travail. En France, il y a des gens qui vivent une semaine avec ça, et chez Swen Games, mon salarié le moins payé doit gagner 100 € en deux jours ouvrés, 1000 € par mois si tu préfères.</p>
<p>- Mazette ! Comment osent-ils se plaindre avec des salaires si impressionnants !</p>
<p>- Euh, oui, enfin, bon, c'est toute une histoire, et puis, tu vois, moi, je suis un patron soucieux du bien-être de ses employés. Voili voilà. Tu as peut-être des devoirs qui t'attendent à la maison ?</p>
<p>Jean-Benoît se dit à cet instant qu'il avait marché sur un piège à ours. Il pâlit à l'instant précis où Sophie posa la question qu'il sentait venir depuis quelques instants.</p>
<p>- Et avec 100 €, je peux me payer une partie de Scrabble avec vous ? Tiens, depuis que nous discutons tous les deux, combien avez-vous gagné, histoire de m'impressionner ?</p>
<p>- Depuis que nous discutons ? Tu veux dire, depuis un quart d'heure ?</p>
<p>- Puisque vous le dites, oui. Je connais vos capacités en calcul mental, ça devrait vous prendre un chocolat de calculer ça. Du coup j'en reprends un, ils sont tellement bons.</p>
<p>Jean-Benoît épongea son front. Lui qui ne transpirait jamais, il se serait cru dans un sauna. Mais comment échapper au piège qu'il s'était lui-même tendu ?</p>
<p>- OK, dans une année je travaille 2000 heures. Je prends mon salaire de 2 millions, plus mes stock-options à prix cassé, disons autant, ça fait 4 millions divisés par 2000, 2000 € l'heure. Donc, depuis un quart d'heure, j'ai gagné cinq boîtes.</p>
<p>- Pas mal ! Vous gagnez en une demi-heure ce que certains de vos salariés gagnent en un mois ?</p>
<p>- Euh, dit comme ça, oui. Mais ça se justifie, tu peux en être certaine.</p><p>- Quand ils s'achètent des chocolats, ils les payent aussi 100 € ?</p><p>- Non, eux ils trouvent les chocolats à 10 € le kilo excellents, et sans doute aussi qu'ils en mangent moins, comme ça, tu vois, ils ont de quoi vivre.</p><p>- Comment faites-vous pour digérer vingt fois plus de chocolats dix fois plus coûteux que vos collaborateurs payés deux cents fois moins que vous ?</p>
<p>Sophie dépliait avec attention un marron glacé que le chocolatier avait glissé par malice dans la boîte.</p>
<p>Jean-Benoît commençait à trouver le temps long. Il connaissait Sophie, il fallait qu'il sorte par le haut de cet entretien.</p>
<p>- Ce salaire, qui peut sembler important, se comprend quand on considère le risque que je prends et le profit que je fais gagner à Swen Games.</p>
<p>- Moi, vous savez, tout ça c'est de l'hébreu. Puisque ça semble vous tracasser, expliquez-moi ce que vous entendez par là ?</p>
<p>- Eh bien, le risque, c'est que je peux être licencié à tout moment si mes performances sont insuffisantes.</p>
<p>- Oui, et dans ce cas, vous devrez habituer votre estomac aux chocolats à 10 € le kilo.</p>
<p>- Pas tout à fait. Autrefois, les dirigeants étaient virés ad nutum, d'un simple hochement de tête. Ils partaient sans rien, sur l'heure. Depuis une vingtaine d'années, nous avons amélioré cela. Pour ma part, j'ai un contrat de travail qui me donne droit à des indemnités et si je devais partir ce serait avec deux ans de salaire.</p>
<p>- Où est le risque ? Arrive-t-il qu'un homme comme vous reste deux ans sans travailler ?</p>
<p>- Non, je n'ai jamais vu cela autour de moi. Tu as raison, le risque est faible. Reste tout ce que je fais gagner à Swen Games. J'estime qu'un autre dirigeant ferait au bas mot 100 millions de moins de profit, alors tu vois, mon salaire, à côté, c'est peu.</p>
<p>- L'autre dirigeant qui ferait 100 millions de moins de profit, ça mettrait Swen Games en danger ?</p>
<p>- Non, nous avons les reins solides.</p>
<p>- Alors, que savez-vous de ce que ça apporterait de mieux pour l'entreprise, ses clients et ses salariés, si cet autre patron faisait moins de profit et plus d'autre chose ?</p>
<p>Jean-Benoît se renversa sur son fauteuil. La petite avait raison sur un point : personne ne pouvait réduire les objectifs de Swen Games à un profit. Il en fallait pour garder de la liberté d'action, mais sur le long terme l'histoire retiendrait la façon dont le groupe aurait transformé son métier et rendu un peu plus heureux ses clients, ses fournisseurs et... ses salariés. Honnêtement, rien de mesurable à court terme.</p>
<p>- Bon, d'accord, mon salaire n'est sans doute lié ni aux risques que je prends ni au profit que je génère. Je vais te dire, Sophie, mon salaire, c'est ce que j'en ai décidé. J'ai fixé son montant, mes administrateurs l'ont approuvé, et hop, tout le monde est content.</p>
<p>- Et vos salariés, qu'en pensent-ils ?</p>
<p>- Je ne sais pas ce qu'ils pensent de mon salaire, ils me parlent surtout du leur.</p>
<p>- Les gens sont d'un égoïsme... Si ça se trouve, ils aimeraient, comme vous, fixer leur salaire ?</p>
<p>- Peut-être, mais pas chez moi. Maintenant, je reconnais que ça peut leur donner des idées.</p>
<p>- J'y pense, pour votre salaire, est-ce qu'on trouve facilement des remplaçants prêts à faire votre travail ?</p>
<p>- A 4 millions d'euros, oui, ça se trouve, même si je considère que je suis excellent, on doit pouvoir trouver pas mal de bons patrons pour ce prix.</p>
<p>- Donc si le marché était équilibré votre salaire devrait baisser ?</p>
<p>- "Si le marché était équilibré", mais c'est pas un marché Sophie, c'est un rap-port-de-force. J'ai décidé que ce serait tant, et c'est tant, et ceux qui sont pas contents n'ont qu'à aller défiler avec leurs banderoles, mais ailleurs que sous mes fenêtres.</p>
<p>- C'est un rapport de force, en effet. D'après vous, comment cela affecte-t-il les prises de tête de votre "Dé-erre-hache" sur ces formalités de salaires ?</p>
<p>- Peut-être que ça tourne au rapport de forces aussi. Mais qu'est-ce que j'y peux, moi ?</p><p>- Oui, au fait, pourquoi vous faut-il autant de chocolats aussi chers ?</p><p>- Euh, tu sais, on s'habitue vite, dans ce sens là, je ne suis pas le seul dans ce cas.</p>
<p>- Combien gagnaient les patrons les plus remarquables que vous avez rencontrés ?</p>
<p>- Le meilleur, c'était le vieux Swen. Il menait une vie de moine. Je crois bien qu'il gagnait dans les 100 000 euros, une moitié de boîte de chocolats à l'heure. En plus il n'aimait pas les sucreries, il était taillé dans un manche de pioche.</p>
<p>- Et pourquoi il ne faisait pas usage de son "rapport-de-force" à lui pour gagner davantage ?</p>
<p>- Mais Sophie, tout simplement parce qu'il n'en avait nul besoin ! Il considérait ce salaire comme largement suffisant pour le désintéresser de tout souci personnel, et sa vie était consacrée à son entreprise. Il nous a tous formés à faire passer l'entreprise avant nous.</p>
<p>- Vu sous cet angle, comment devrait évoluer le salaire d'un dirigeant à mesure qu'il devient plus compétent et dévoué à sa mission ?</p>
<p>- C'est clair, il faut moins d'argent pour désintéresser un grand dirigeant et lui permettre de se donner tout entier à son travail. C'est curieux, ça signifie que les salaires des dirigeants devraient baisser à mesure qu'ils deviennent plus mûrs. Remarque, je connais quelques mercenaires qui réclament des sommes astronomiques juste parce qu'ils ne savent pas se diriger eux-mêmes.</p>
<p>- Que faites-vous de tout cela dans le contexte qui vous préoccupe en ce moment ?</p>
<p>Jean-Benoît resta pensif. Certes, si il était au niveau de maturité du vieux Swen, il pourrait diviser son salaire par 10 et vivre encore très confortablement. La différence serait négligeable sur les comptes de l'entreprise, mais sur les consciences ? Comment diriger en restant en accord avec ses intimes convictions ?</p>
<p>- Tu sais Sophie que, depuis que nous discutons, j'ai gagné vingt boîtes de chocolat !</p>
<p>- Ou si vous préférez, de quoi faire vivre tout un village pendant un an dans certains pays. Or vous n'avez pas même pu en finir une seule. Et qu'est-ce que vous avez gagné d'autre ?</p>
<p>- Le plaisir de découvrir que j'ai des valeurs dont je suis fier, qui n'ont rien à voir avec le prix des chocolats. Bon serviteur, mauvais maître, l'argent !</p>
<p>- Si c'est vous qui le dites... gardez-en assez pour mes chocolats. A bientôt Jean-Benoît, bien le bonjour à votre "Dé-erre-hache" !</p></div>
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        <title>Sophie travaille la crise</title>
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        <published>2009-02-02T16:07:17+01:00</published>
        <updated>2009-02-02T16:07:17+01:00</updated>
        <summary>- Vivement 2010 Sophie ! Je te le dis, 2009 c'est la crise, c'est pourri de chez pourri !

- Bonjour Jean-Benoît, que vous arrive-t-il ?

- Demande à mes magasiniers de l'entrepôt de Massy, ce qui leur arrive ! M'ont collé une grève, juste au moment où je dois réceptionner mes importations chinoises, ils sont fous !

- Ou bien renseignés ?

- Si ils me cherchent, ils vont me trouver. Ils croient qu'avec la crise j'ai du gras ? Ils ont toujours leur job et leur salaire, ils veulent quoi d'autre ?

- Et vous, vous voulez quoi ?


(Résumé des épisodes précédents : la petite Sophie accompagne le patron de Swen Games, Jean-Benoît, qui découvre ce que la crise de 2009 peut lui apprendre. Les aventures de Sophie vous attendent ici) 

- Moi, je veux qu'ils me foutent la paix.

- Et vous ressentez quoi, en ce moment ?

- Je suis en colère, une grève, chez moi ! Alors qu'il n'y a pas de patron plus social que moi, si j'étais encore à la fac je voterais Besancenot !

- Vous souhaitez travailler, ou on continue à plaisanter ? C'est l'heure de mon quatre heures...

Jean-Benoît ouvrit la boîte de chocolats qu'il gardait pour ces occasions. Sophie n'était pas chère, un chocolat aux 3 à 5 minutes, selon leur qualité. Et ceux-ci venaient de son meilleur fournisseur.

- Mmm, délicieuses vos truffes ! Revenons à ce que vous considérez comme votre problème.

- J'ai la crise de 29 et des magasiniers de mes deux sur le dos, à part ça, tout baigne.

- Vous souhaitez travaillez sur quoi ?

- J'ai un dîner, on va se faire la main sur mes magasiniers.

- Quel est votre objectif ?

- Je viens de te le dire, qu'ils se taisent et qu'ils retournent à leur taf, je ne leur ai rien demandé, moi.

- Qu'attendez-vous d'eux dans le contexte économique actuel ?

- Euh, c'est délicat. Je n'ai jamais voulu d'un entrepôt, moi. J'en ai hérité quand nous avons racheté Store Stars. Et pour tout te dire, il me semble qu'une étude en cours de la logistique européenne envisage de le fermer.

- Comment participent-ils à cette décision ?

- Si on devait demander leur avis à tous ceux qu'on envisage de dégager, surtout en ce moment !

- Oubliez cette étude, que vous dit votre intime conviction ? Comment ces magasiniers pourraient-ils vous aider en 2009 ?

- Ah, mais ça me gonfle grave tout ce foin pour quelques dizaines de gus ! Moi, les magasiniers, je veux pas en entendre parler ! Qu'ils déchargent mes conteneurs chinois et qu'ils disparaissent !

Sophie choisissait avec soin sa prochaine truffe. Jean-Benoît reprenait ses esprits, encore étonné de son coup de colère.

- Bon, on en est où, Sophie ?

- Vous venez de nous donner un échantillon des pulsions qui agitent en ce moment vos magasiniers.

- Euh, tu peux préciser ?

- Chacun a ses pulsions, c'est humain. Vous, et vos gus, comme vous les appelez. Comme vous êtes le patron, ce sont vos pulsions qui donnent le ton. Pas étonnant qu'une grève dure se dessine.

- Peut-être, mais je vais pas me changer. Je fais quoi, de ça ?

- Comment s'appelle le syndicaliste local ?

- Robert, un gars pas mal, un bon pro, pas le genre excité pourtant.

- Va pour Robert. Imaginez Robert rentrant chez lui.

- Jusque là, ça va.

- Il pose son blouson, enfile ses pantoufles, embrasse sa femme.

- Oui, et il lui demande qu'est-ce qu'on mange ce soir.

- En effet, vous ne changez pas. Sa femme, justement, a décidé de procéder à un petit audit. Elle lui demande quel est le rôle de son entrepôt dans la stratégie de Swen Games, comment cela devrait évoluer pour répondre à la crise et qu'est-ce que lui, son homme, compte faire.

- Il répond qu'il n'en a aucune idée, ses patrons non plus, et que d'ailleurs dans cette boîte de m... c'est chacun pour soi, personne ne lui demande son avis. Il ajoute qu'il n'a plus confiance dans ses responsables, et qu'eux-mêmes ne songent qu'à sauver les meubles.

- Bravo, on s'y croirait. Une bonne grève dure, voilà qui va recréer des liens forts entre tous ces professionnels qui ne demandent qu'à mobiliser leurs énergies pour quelqu'un et quelque chose... Ca vous suffit, pour aujourd'hui ?

- Oui, j'ai contribué à créer ce dont je me plains. Comment faire pour redresser la situation ?

- Vous savez, Jean-Benoît, moi, vos histoires de logistique et de sous, je n'y comprends rien. La seule certitude que j'ai, c'est qu'en devenant conscient de ce qui se passe en vous et chez vous, vous trouverez.

- Tu crois que ça peut marcher aussi pour faire face à la crise ?

- Si il est question d'objectifs, de pulsions et le liens de confiance, pourquoi pas ?

- OK Sophie, prends le reste de la boîte, ce soir je ne réponds pas de mes envies de chocolat.

- Un vieux manque affectif ?

- On en parlera une autre fois, si je veux !

- Si vous pouvez, Jean-Benoît, si vous pouvez...
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            <name>jlrichard</name>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p><a href="http://jlrichard.typepad.com/.shared/image.html?/photos/uncategorized/2008/10/22/img_2971.jpg" onclick="window.open(this.href, '_blank', 'width=800,height=1017,scrollbars=no,resizable=no,toolbar=no,directories=no,location=no,menubar=no,status=no,left=0,top=0'); return false"><strong><img alt="Img_2971" border="0" height="127" src="http://jlrichard.typepad.com/questionsdedirigeant/images/2008/10/22/img_2971.jpg" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 5px 5px 0px" title="Img_2971" width="100" /></strong></a><strong>- Vivement 2010 Sophie ! Je te le dis, 2009 c'est la crise, c'est pourri de chez pourri !</strong></p>
<p><strong>- Bonjour Jean-Benoît, que vous arrive-t-il ?</strong></p>
<p><strong>- Demande à mes magasiniers de l'entrepôt de Massy, ce qui leur arrive ! M'ont collé une grève, juste au moment où je dois réceptionner mes importations chinoises, ils sont fous !</strong></p>
<p><strong>- Ou peut-être bien renseignés ?</strong></p>
<p><strong>- Si ils me cherchent, ils vont me trouver. Ils croient qu'avec la crise j'ai du gras ? Ils ont toujours leur job et leur salaire, ils veulent quoi d'autre ?</strong></p>
<p><strong>- Et vous, vous voulez quoi ?</strong></p>
<p><strong /></p>

<p><strong>(Résumé des épisodes précédents : la petite Sophie accompagne le patron de Swen Games, Jean-Benoît, qui découvre ce que la crise de 2009 peut lui apprendre. Les aventures de Sophie vous attendent </strong><a href="http://jlrichard.typepad.com/questionsdedirigeant/sophie/" target="_blank"><strong>ici</strong></a><strong>) </strong></p>
<p>- Moi, je veux qu'ils me foutent la paix.</p>
<p>- Et vous ressentez quoi, en ce moment ?</p>
<p>- Je suis en colère, une grève, chez moi ! Alors qu'il n'y a pas de patron plus social que moi, si j'étais encore à la fac je voterais Besancenot !</p>
<p>- Vous souhaitez travailler, ou on continue à plaisanter ? C'est l'heure de mon quatre heures...</p>
<p>Jean-Benoît ouvrit la boîte de chocolats qu'il gardait pour ces occasions. Sophie n'était pas chère, un chocolat aux 3 à 5 minutes, selon leur qualité. Et ceux-ci venaient de son meilleur fournisseur.</p>
<p>- Mmm, délicieuses vos truffes ! Revenons à ce que vous considérez comme votre problème.</p>
<p>- J'ai la crise de 29 et ces magasiniers de mes deux sur le haricot, à part ça tout baigne.</p>
<p>- Vous souhaitez travaillez sur quoi ?</p>
<p>- J'ai un dîner, on va prendre mes magasiniers.</p>
<p>- Quel est votre objectif ?</p>
<p>- Je viens de te le dire, qu'ils se taisent et qu'ils retournent à leur taf, je ne leur ai rien demandé, moi.</p>
<p>- Qu'attendez-vous d'eux dans le contexte économique actuel ?</p>
<p>- Euh, c'est délicat. Je n'ai jamais voulu d'un entrepôt, moi. J'en ai hérité quand nous avons racheté Store Stars. Et pour tout te dire, l'étude en cours de la logistique européenne envisage de le fermer.</p>
<p>- Comment participent-ils à cette décision ?</p>
<p>- Si on devait demander leur avis à tous ceux qu'on envisage de dégager, surtout en ce moment !</p>
<p>- Oubliez cette étude, que vous dit votre intime conviction ? Comment ces magasiniers pourraient-ils vous aider en 2009 ?</p>
<p>- Ah, mais ça me gonfle grave tout ce foin pour quelques dizaines de gus ! Moi, les magasiniers, je veux pas en entendre parler ! Rien que de m'en parler, de cet entrepôt, ça me fout en boule ! Qu'ils déchargent mes conteneurs chinois et qu'ils disparaissent !</p>
<p>Sophie choisissait avec soin sa prochaine truffe. Jean-Benoît reprenait ses esprits, encore étonné de sa réaction.</p>
<p>- Bon, on en est où, Sophie ?</p>
<p>- Vous venez de nous donner un échantillon des pulsions qui agitent en ce moment vos magasiniers.</p>
<p>- Euh, tu peux préciser ?</p>
<p>- Chacun a ses pulsions, c'est humain. Vous, et vos gus, comme vous les appelez. Comme vous êtes le patron, ce sont vos pulsions qui donnent le ton. Pas étonnant qu'une grève dure se dessine.</p>
<p>- Peut-être, mais je vais pas me changer. Je fais quoi, de ça ?</p>
<p>- Comment s'appelle le syndicaliste local ?</p>
<p>- Robert, un gars pas mal, un bon pro, pas le genre excité pourtant.</p>
<p>- Va pour Robert. Imaginez Robert rentrant chez lui.</p>
<p>- Jusque là, ça va.</p>
<p>- Il pose son blouson, enfile ses pantoufles, embrasse sa femme.</p>
<p>- Oui, et il lui demande qu'est-ce qu'on mange ce soir.</p>
<p>- En effet, vous ne changez pas. Sa femme, justement, a décidé de procéder à un petit audit. Elle lui demande quel est le rôle de son entrepôt dans la stratégie de Swen Games, comment cela devrait évoluer pour répondre à la crise et qu'est-ce que lui, son homme, compte faire.</p>
<p>- Il répond qu'il n'en a aucune idée, ses patrons non plus, et que d'ailleurs dans cette boîte de m... c'est chacun pour soi, personne ne lui demande son avis. Il ajoute qu'il n'a plus confiance dans ses responsables, et qu'eux-mêmes ne songent qu'à sauver les meubles.</p>
<p>- Bravo, on s'y croirait. Une bonne grève dure, voilà qui va recréer des liens forts entre tous ces professionnels qui ne demandent qu'à mobiliser leurs énergies <em>pour quelqu'un et quelque chose</em>... Ca vous suffit, pour aujourd'hui ?</p>
<p>- Oui, j'ai contribué à créer ce dont je me plains. Comment faire pour redresser la situation ?</p>
<p>- Vous savez, Jean-Benoît, moi, vos histoires de logistique et de sous, je n'y comprends rien. La seule certitude que j'ai, c'est qu'en devenant conscient de ce qui se passe en vous et autour de vous, vous trouverez.</p>
<p>- Tu crois que ça peut marcher aussi pour faire face à la crise ?</p>
<p>- Si il est question d'objectifs, de pulsions et de liens de confiance, pourquoi pas ? Ah, regardez aussi du côté de l'équité, ça sera pas du luxe.</p>
<p>- OK Sophie, prends le reste de la boîte, ce soir je ne réponds pas de mes envies de chocolat.</p>
<p>- Un vieux manque affectif ?</p>
<p>- On en parlera une autre fois, si je veux !</p>
<p>- Si vous pouvez, Jean-Benoît, si vous pouvez...</p></div>
</content>


    </entry>
    <entry>
        <title>Sophie... Voeux !</title>
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        <published>2009-01-10T13:41:38+01:00</published>
        <updated>2009-01-10T13:41:38+01:00</updated>
        <summary>- Bonne année Sophie !

Jean-Benoît était rassuré de retrouver "sa" Sophie. Elle avait un peu grandi.

- Voeux !

- Comment ça, "voeux" ?

- Tous mes meilleurs voeux Jean-Benoît pour une belle et heureuse année 2009, sans les mots qui tombent sous le sens, y reste voeux !

- Ca promet ! Tu vas être encore plus chi.. euh, vigilante qu'en 2008 ?

- Vous m'avez fait venir pour échanger des banalités ?

(Résumé des épisodes précédents : la petite Sophie coache Jean-Benoît, le brillant président de Swen Games. Les précédents épisodes des aventures de Sophie sont ici.)

- J'aurais préféré. Quelque chose m'échappe en ce moment, je ne sais pas quoi.

- Rassurez-moi, vous avez toujours la main sur les chocolats ?

- Ah oui, ça, c'est sous contrôle, les voici, sers-toi. Swen Games aussi est sous contrôle, c'est bien moi le patron, c'est pas le problème.

- Je suis certaine du contraire, mais restons sur votre demande.

- Qu'est-ce qui te permet de prétendre que je n'aurais pas la main chez moi ?

- D'abord, ici, c'est pas chez vous. Ensuite, je ne prétends rien, j'observe. Vous me dites que quelque chose vous échappe, et dans la phrase suivante vous associez le contrôle de votre entreprise à un problème.

- Justement, j'ai dit que c'était PAS le problème, tu veux la traduction en tatare-mandchou ?

- Restez sourd aux formes négatives, vous commencerez à écouter.

- Tiens, mes publicistes en disent autant.

- No comment.

- Oh, et puis tant pis ! J'hésitais à t'en parler, mais puisque c'est toi qui met le sujet sur la table...

- C'est un plaisir de travailler avec vous, Jean-Benoît.

- Epargne-moi ton humour. En ce moment, je me pose des questions sur la façon dont je dirige Swen Games.

- Quand vous aurez répondu à ces questions, que se passera-t-il de différent ?

- Une seconde, Sophie, j'ai pas attaché ma ceinture, tu peux démarrer plus doucement ?

Sophie concentrait toute son attention sur un emballage de chocolat qu'elle lissait avec soin.

Jean-Benoît savait qu'il était vain de faire préciser les questions de Sophie. Le jeu consistait à répondre ce qui lui passait par la tête.

- Cette nuit, j'ai rêvé que je réunissais tous mes collaborateurs dans une grande clairière, dans la forêt, puis que je partais. Malgré mes efforts je n'arrivais pas à courir, mes jambes pesaient une tonne.

- Vous élaborez votre leadership de Swen Games. Qu'est-ce qui est différent ?

- Je suis de plus en plus débordé, je n'ai plus le temps de me poser, comme si je chevauchais un cheval fou.

- A quoi ça se voit, que vous présidez Swen Games ?

- Ca se voit tout le temps. Tiens, à l'instant, j'ai réuni mes responsables de zones et nous avons revu à la baisse les investissements 2009.

- Pouvaient pas le faire eux-mêmes ?

- Je ne me suis pas posé la question. Ils sont venus avec du pipi de chat, je leur ai passé un savon, j'ai tout recadré. Sont repartis à leurs chères études.

- C'est la bande qui a envahi l'ascenseur quand j'en sortais ?

- Peut-être, ils accusaient le coup ?

- Ils étaient hilares. L'un d'eux disait que tout s'était passé comme prévu. Vous pensez vraiment diriger quoi que ce soit en faisant votre numéro ?

- Ils oseraient ?

- Au pire, ils se sont adaptés à vous. Si tout était possible, comment aimeriez-vous diriger SG ?

- J'aimerais que ça tourne sans moi. Mais si je n'apportais plus rien, ça n'irait pas. J'ai besoin de m'agiter et de m'assurer que tout tourne comme je l'entends.

- Vous semblez en transition vers une nouvelle forme de leadership qui vous encombre. Qu'est-ce qui irait dans le bon sens, en ce moment ?

- Avec Jean-Pierre, mon nouveau patron Asie, ça roule. Il délivre les résultats, je reste à ma place. Il est un peu plus jeune que moi, mais il a eu la chance d'être autrefois formé par le vieux Swen.

- Il était là tout à l'heure ?

- Non, il est en congés. Son budget 2009 est déjà nickel. C'est vrai qu'avec lui je ne fais pas mon numéro, il devance mes questions. Le problème, c'est les autres.

- Non, le problème, c'est vous, c'est sur vous que vous avez de l'impact. Si tous vos collaborateurs se comportaient comme Jean-Pierre, qu'est-ce qui vous dérangerait ?

- Euh, rien, ça te va, comme réponse ?

- A votre avis ?

- Bon, d'accord, j'aurais sans doute un peu peur de ne plus rien faire. Mais je trouverais. Swen Games a encore beaucoup à faire pour transformer son métier. So what ?

- Vous désirez diriger votre groupe en cadrant le travail de vos collaborateurs, plus qu'en les contrôlant, correct ?

- Oui, j'aimerais être le contenant, plus le contenu, la peau externe de l'entreprise si tu veux, pas l'intérieur. J'y tends plus ou moins, mais mes collaborateurs se sont adaptés à mon ancien style.

- Occupez-vous de vous, ils bougeront à leur tour. Vous avez beaucoup de collaborateurs, mais chacun d'eux n'a que vous comme patron et c'est à eux que revient la gestion du lien vers vous. Que pourriez-vous faire d'inattendu dans les prochains jours ?

- Je pourrais commencer par ne pas écrire la note que je leur ai promise tout à l'heure... et leur demander de faire leur travail. Je vais les appeler un par un pour recadrer le tout. Je vois aussi dans mon agenda quelques réunions auxquelles je ferais mieux de ne pas aller.

- En ce moment, vous faites juste marcher votre intelligence, j'aimerais entendre votre coeur et votre imagination... que pourriez-vous envisager de vraiment osé ?

- Tu veux dire, sans parler faisabilité ? Oh, je pourrais réorganiser ma première ligne, tiens je pourrais aussi relocaliser le siège de Swen Games à San Francisco, depuis le temps que c'est notre premier marché... je pourrais aussi... OK, je vois ce qui se passe, je vais prendre du temps pour revisiter tout cela.

- Vous n'êtes pas près de vous ennuyer. Vous avez tout ce qu'il vous faut dans votre vaste magasin personnel, vous avez juste à piocher dedans. Vous êtes allé chez le coiffeur récemment ?

- Oui, avant-hier, pourquoi ?

- Vous avez fait quoi en attendant ?

- Comme d'hab, j'ai lu mes mails sur mon téléphone, puis j'ai feuilleté une revue automobile.

- Vous pourriez faire quoi d'autre de votre temps pour vous ?

- Tu veux dire que je pourrais travailler sur moi au lieu de tuer le temps ? Pas d'accord, Sophie, si je fais tout seul ce que nous faisons ensemble, tu vas en profiter pour ne plus venir.

- C'est vous qui en déciderez. Mais d'après mon expérience, plus vous travaillerez sur vous, plus il vous en restera à travailler.

- Ce qui veut dire ?

- Une autre façon de le dire, c'est que plus vous serez performant, et plus vous aurez encore de quoi progresser.

- Comme si il n'existait aucune limite ?

- Dans votre performance professionnelle, aucune, ça se saurait. Je ne parle pas de votre vie personnelle, là c'est un autre jeu.

- Tout cela me dépasse un peu, ça va suffir pour aujourd'hui. Merci Sophie de m'avoir aidé à décoder tout ça.

- Au revoir Jean-Benoît, et encore très bonne année 2009 !

- Bonne année Sophie. Voeux !</summary>
        <author>
            <name>jlrichard</name>
        </author>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p style="color: #c00000;"> <img alt="Img_2920" border="0" height="129" src="http://jlrichard.typepad.com/questionsdedirigeant/images/2008/10/22/img_2920.jpg" style="margin: 0px 5px 5px 0px; float: left;" title="Img_2920" width="100" /> <span style="color: #000000; font-family: Trebuchet MS;"><span style="color: #000000;"><strong>- Bonne année Sophie !</strong><br /></span></span></p><p><strong>Jean-Benoît était rassuré de retrouver "sa" Sophie. Elle avait un peu grandi.<br /></strong></p><p><strong>- Voeux !</strong></p><p><strong>- Comment ça, "voeux" ?</strong></p><p><strong>- Tous mes meilleurs voeux Jean-Benoît pour une belle et heureuse année 2009, sans les mots qui tombent sous le sens, y reste voeux !</strong></p><p><strong>- Ca promet ! Tu vas être encore plus chi.. euh, vigilante qu'en 2008 ?</strong></p><p><strong>- Vous m'avez fait venir pour échanger des banalités ?<br /></strong></p><p>
</p>
<p>
</p><p>
<em><strong>(Résumé des épisodes précédents : la petite Sophie coache Jean-Benoît, le brillant président de Swen Games. Les précédents épisodes des aventures de Sophie sont <a href="http://jlrichard.typepad.com/questionsdedirigeant/sophie/" target="_blank">ici</a>.)</strong></em></p><p>- J'aurais préféré. Quelque chose m'échappe en ce moment, je ne sais pas quoi.</p><p>- Rassurez-moi, vous avez toujours la main sur les chocolats ?</p><p>- Ah oui, ça, c'est sous contrôle, les voici, sers-toi. Swen Games aussi est sous contrôle, c'est bien moi le patron, c'est pas le problème.</p><p>- Je suis certaine du contraire, mais restons sur votre demande.</p><p>- Qu'est-ce qui te permet de prétendre que je n'aurais pas la main chez moi ?</p><p>- D'abord, ici, c'est pas chez vous. Ensuite, je ne prétends rien, j'observe. Vous me dites que quelque chose vous échappe, et dans la phrase suivante vous associez le contrôle de votre entreprise à un problème.</p><p>- Justement, j'ai dit que c'était PAS le problème, tu veux la traduction en tatare-mandchou ?</p><p>- Restez sourd aux formes négatives, vous commencerez à écouter.</p><p>- Tiens, mes publicistes en disent autant.</p><p>- No comment.</p><p>- Oh, et puis tant pis ! J'hésitais à t'en parler, mais puisque c'est toi qui met le sujet sur la table...</p><p>- C'est un plaisir de travailler avec vous, Jean-Benoît.</p><p>- Epargne-moi ton humour. En ce moment, je me pose des questions sur la façon dont je dirige Swen Games.</p><p>- Quand vous aurez répondu à ces questions, que se passera-t-il de différent ?</p><p>- Une seconde, Sophie, j'ai pas attaché ma ceinture, tu peux démarrer plus doucement ?</p><p>Sophie concentrait toute son attention sur un emballage de chocolat qu'elle lissait avec soin.</p><p>Jean-Benoît savait qu'il était vain de faire préciser les questions de Sophie. Le jeu consistait à répondre ce qui lui passait par la tête.</p><p>- Cette nuit, j'ai rêvé que je réunissais tous mes collaborateurs dans une grande clairière, dans la forêt, puis que je partais. Malgré mes efforts je n'arrivais pas à courir, mes jambes pesaient une tonne.</p><p>- Vous élaborez votre leadership de Swen Games. Qu'est-ce qui est différent ?</p><p>- Je suis de plus en plus débordé, je n'ai plus le temps de me poser, comme si je chevauchais un cheval fou.</p><p>- A quoi ça se voit, que vous présidez Swen Games ?</p><p>- Ca se voit tout le temps. Tiens, à l'instant, j'ai réuni mes responsables de zones et nous avons revu à la baisse les investissements 2009.</p><p>- Pouvaient pas le faire eux-mêmes ?</p><p>- Je ne me suis pas posé la question. Ils sont venus avec du pipi de chat, je leur ai passé un savon, j'ai tout recadré. Sont repartis à leurs chères études.</p><p>- C'est la bande qui a envahi l'ascenseur quand j'en sortais ?</p><p>- Peut-être, ils accusaient le coup ?</p><p>- Ils étaient hilares. L'un d'eux disait que tout s'était passé comme prévu. Vous pensez vraiment diriger quoi que ce soit en faisant votre numéro ?</p><p>- Ils oseraient ?</p><p>- Au pire, ils se sont adaptés à vous. Si tout était possible, comment aimeriez-vous diriger SG ?</p><p>- J'aimerais que ça tourne sans moi. Mais si je n'apportais plus rien, ça n'irait pas. J'ai besoin de m'agiter et de m'assurer que tout tourne comme je l'entends.</p><p>- Vous semblez en transition vers une nouvelle forme de leadership qui vous encombre. Qu'est-ce qui irait dans le bon sens, en ce moment ?</p><p>- Avec Jean-Pierre, mon nouveau patron Asie, ça roule. Il délivre les résultats, je reste à ma place. Il est un peu plus jeune que moi, mais il a eu la chance d'être autrefois formé par le vieux Swen.</p><p>- Il était là tout à l'heure ?</p><p>- Non, il est en congés. Son budget 2009 est déjà nickel. C'est vrai qu'avec lui je ne fais pas mon numéro, il devance mes questions. Le problème, c'est les autres.</p><p>- Non, le problème, c'est vous, c'est sur vous que vous avez de l'impact. Si tous vos collaborateurs se comportaient comme Jean-Pierre, qu'est-ce qui vous dérangerait ?</p><p>- Euh, rien, ça te va, comme réponse ?</p><p>- A votre avis ?</p><p>- Bon, d'accord, j'aurais sans doute un peu peur de ne plus rien faire. Mais je trouverais. Swen Games a encore beaucoup à faire pour transformer son métier. So what ?</p><p>- Vous désirez diriger votre groupe en cadrant le travail de vos collaborateurs, plus qu'en les contrôlant, correct ?</p><p>- Oui, j'aimerais être le contenant, plus le contenu, la peau externe de l'entreprise si tu veux, pas l'intérieur. J'y tends plus ou moins, mais mes collaborateurs se sont adaptés à mon ancien style.</p><p>- Occupez-vous de vous, ils bougeront à leur tour. Chacun de vos collaborateurs n'a que vous comme patron, c'est à eux que revient la gestion du lien vers vous. Que pourriez-vous faire d'inattendu dans les prochains jours ?</p><p>- Je pourrais commencer par ne pas écrire la note que je leur ai promise tout à l'heure... et leur demander de faire leur travail. Je vais les appeler un par un pour recadrer le tout. Je vois aussi dans mon agenda quelques réunions auxquelles je ferais mieux de ne pas aller.</p><p>- En ce moment, vous faites juste marcher votre intelligence, j'aimerais entendre votre coeur et votre imagination... que pourriez-vous envisager de vraiment osé ?</p><p>- Tu veux dire, sans parler faisabilité ? Oh, je pourrais réorganiser ma première ligne, tiens je pourrais aussi relocaliser le siège de Swen Games à San Francisco, depuis le temps que c'est notre premier marché... je pourrais aussi... OK, je vois ce qui se passe, je vais prendre du temps pour revisiter tout cela.</p><p>- Vous n'êtes pas près de vous ennuyer. Vous avez tout ce qu'il vous faut dans votre vaste magasin personnel, vous avez juste à piocher dedans. Vous êtes allé chez le coiffeur récemment ?</p><p>- Oui, avant-hier, pourquoi ?</p><p>- Vous avez fait quoi en attendant ?</p><p>- Comme d'hab, j'ai lu mes mails sur mon téléphone, puis j'ai feuilleté une revue automobile.</p><p>- Vous pourriez faire quoi d'autre de votre temps pour vous ?</p><p>- Tu veux dire que je pourrais travailler sur moi au lieu de tuer le temps ? Pas d'accord, Sophie, si je fais tout seul ce que nous faisons ensemble, tu vas en profiter pour ne plus venir.</p><p>- C'est vous qui en déciderez. Mais d'après mon expérience, plus vous travaillerez sur vous, plus il vous en restera à travailler.</p><p>- Ce qui veut dire ?</p><p>- Une autre façon de le dire, c'est que plus vous serez performant, et plus vous aurez encore de quoi progresser.</p><p>- Comme si il n'existait aucune limite ?</p><p>- Dans votre performance professionnelle, aucune, ça se saurait. Je ne parle pas de votre vie personnelle, là c'est un autre jeu.</p><p>- Tout cela me dépasse un peu, ça va suffir pour aujourd'hui. Merci Sophie de m'avoir aidé à décoder tout ça.</p><p>- Au revoir Jean-Benoît, et encore très bonne année 2009 !</p><p>- Bonne année Sophie. Voeux !</p></div>
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        <title>Sophie se met au coaching interne</title>
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        <published>2008-10-12T17:37:15+02:00</published>
        <updated>2009-02-23T22:56:56+01:00</updated>
        <summary>- Bonjour Sophie, je suis Damien, le coach interne de Swen Games.

Sophie était agréablement surprise. Jean-Benoît lui avait dressé un portrait mitigé de son "coach terne". Sa voix sonnait très jeune pour un homme de son âge et il était habillé avec recherche.

- Sophie, je voudrais que tu m'expliques comment tu as réussi à coacher notre patron. Il ne jure que par toi, alors que je fais ce métier depuis quatre ans en interne.

- Quand je vous aurai expliqué, vous en ferez quoi ?

Damien se dit qu'avouer qu'il souhaitait remplacer Sophie comme coach de son patron n'allait pas le faire.

- Eh bien, quand je serai un aussi bon coach que toi, j'aurai enfin accès aux cadres dirigeants de Swen Games.

- C'est quoi pour vous, "avoir accès" aux cadres dirigeants de Swen Games ?

- J'aimerais enfin coacher les cadres de haut niveau qui ne veulent pas de mes services.

Sophie se dit que ça n'allait pas être du tout cuit. Quelle idée de vouloir coacher des gens qui s'en passaient ?

- Jean-Benoît vous a communiqué mes conditions, je suppose ?

- Toi au moins l'argent ne t'a pas polluée, une boîte de chocolat te suffit. Moi, vois-tu, je ne demande rien, c'est encore moins cher.

Sophie se demandait comment un homme aussi bien habillé pouvait travailler pour rien, lorsque Fabien dévoila dans un geste théâtral une boîte de mignonnettes 4 saisons Côte d'Or. Saperlipopette, un radin ! Pour 100g de friandises, il aurait droit au quart d'heure syndical. D'un geste preste, elle rangea la boîte dans son cartable, manquerait plus qu'il se serve !

- Racontez-moi ce que vous faites, et comment ça a commencé.

- J'ai mené une brillante carrière de cadre chez Swen Games, jusqu'à 40 ans. Je peux tout dire, cela restera entre nous ?

- Pour sûr, confrère.

- J'ai eu des difficultés dans mon premier gros poste de management. Entre mon supérieur et moi, ça n'a pas fonctionné. Et entre moi et mes collaborateurs c'est parti en vrille. J'ai demandé un coaching, personne n'y connaissait rien à l'époque.

- Drôle d'idée, à quoi sert un coaching quand la performance n'est pas au rendez-vous ?

- Euh, justement, je voulais que mon coaching m'aide à régler mes problèmes.

Sophie se dit qu'en un quart d'heure elle n'avait pas le temps de tout reprendre.

- Que s'est-il passé avec votre coach ?

- Ca a été la révélation. Un grand homme. J'ai tout de suite compris que j'étais fait pour lui et pour ce métier. J'ai obtenu un congé formation, un an plus tard j'étais de retour avec mon diplôme de master coach.

- Mazette, master et coach, qu'est-ce qu'ils vont pas inventer... so what ?

- J'ai démarré tout doucement, mais maintenant je vois une cinquantaine de cadres par an.

- Eh ben, ça en fait un paquet ! Jean-Benoît m'a pourtant dit qu'il ne connaissait aucun de vos coachés ?

- C'est qu'ils ne sont pas à très haut niveau, et la plupart ne se vantent pas d'avoir été coachés pour régler leurs problèmes.

- Vous travaillez sur quelle durée avec eux, et pour quels résultats ?

- Je fais une dizaine de sessions d'une heure et demie en cinq ou six mois. Grâce à ma large expérience je vais très vite.

- Ils sont souvent promus ?

- Non, mais si tu veux parler des résultats, je n'ai jamais eu de plainte. Tous mes coachés étaient satisfaits en terminant leur coaching.

- Je les comprends. Depuis quatre ans, ça vous fait combien d'anciens coachés dans le groupe ?

- Près d'une centaine, plus ceux qui sont partis depuis.

- Ceux qui ont survécu ont bien quelques centaines de collaborateurs ? Vous devez crouler sous leurs demandes ?

- J'évite de coacher le collaborateur d'un ancien coaché, ce n'est pas éthique.

- Pas quoi ?

- C'est comme ça, il ne faut pas coacher des gens en relation hiérarchique.

- Comment trouvez-vous vos cinquante nouveaux clients chaque année ?

- Facile, je suis bien avec le service RH qui épluche les entretiens annuels. Je repère les cadres qui ont besoin d'un coaching, puis je demande à leurs patrons de me les envoyer.

- Dois-je comprendre que le coaché n'a pas le choix entre vous et un autre coach ?

- Ne me parle pas des coaches externes ! Non seulement ils coûtent très cher à l'heure, mais en plus certains prétendent qu'il faut un an pour obtenir les résultats. Ils demandent plusieurs mois de mon salaire, tu te rends compte ?

- Quelle outrecuidance. On se demande qui peut acheter. Vous savez quoi ? Vous allez continuer ainsi, tout cela me semble une solide position d'équilibre.

- Ah, mais je veux évoluer, moi ! J'aimerais coacher les dirigeants de Swen Games.

- Pourquoi ?

- Pour éviter qu'ils fassent appel dans mon dos à de dispendieux coaches externes.

- Et alors, en quoi cela vous dérangerait-il ?

- Le coaching chez Swen Games, c'est moi.

- J'ai du mal à vous suivre. Vous me semblez en plein possession de vos moyens. Vous n'allez pas me faire croire que votre objectif professionnel est d'empêcher la profession de challenger vos pratiques ? Comment pourriez-vous devenir meilleur coach ?

- Je continue à me former auprès de mon Maître. Juste pour le plaisir car je suis certifié.

Sophie consulta l'heure sur la précieuse montre de plongée de Damien. Plus que cinq minutes. Il était urgent qu'elle mérite son rationnement de chocolats.

- Résumons. Après un échec professionnel, vous avez été formé au coaching lorsque personne n'y connaissait rien. Vous vous êtes constitué une petite rente que vous entendez bien défendre de toute pratique concurrentielle. Swen Games n'a rien à y perdre puisque vous êtes un très bon coach. Dans ce contexte, vous aimeriez évoluer, sans bien savoir pourquoi. Correct ?

- Oui, ce qui me dérange c'est de ne pas être reconnu comme un excellent coach par les dirigeants de mon propre groupe.

- Ni par les autres non plus, d'ailleurs. Qu'est-ce que ça changerait, pour vous, d'être reconnu par tout le monde comme un excellent coach ?

- Tout serait différent. J'aurais confiance en moi, je coacherais des cadres de plus haut niveau qui me choisiraient librement, sur des durées plus longues avec des résultats vraiments indiscutables...

- Certes, et que pourriez-vous alors faire d'inattendu ?

- Je pourrais quitter Swen Games pour travailler en libéral.

- Si vous aviez cinq minutes devant vous pour décider de prendre cette option, ou de l'écarter pour toujours, que feriez-vous ?

- Je serais bien embêté. Je voudrais bien coacher à mon compte, mais mon Maître me le déconseille.

- Tiens, le revoilà. Entre vous et vous, quel est votre désir ?

- OK, tu as mérité tes chocolats Sophie.

- Bon, dans ce cas, je vais vous laisser, ravie de vous avoir connu.

- Attends Sophie, tu ne m'as pas encore expliqué...

Sophie avait disparu dans un léger tourbillon. Avait-elle même existé ?

Damien se sentait léger. Son but professionnel ne faisait plus de doute, tout restait à faire. Il pris son téléphone et composa le numéro d'un de ces avides coaches externes. Ils avaient du grain à moudre.</summary>
        <author>
            <name>jlrichard</name>
        </author>
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<p><strong>Sophie était agréablement surprise. Jean-Benoît lui avait dressé un portrait mitigé de son "coach terne". Ses mains étaient fines, sa voix sonnait jeune pour un homme mûr et il était habillé avec recherche.</strong></p>

<p><strong>- Sophie, je voudrais que tu m'expliques comment tu as réussi à coacher notre patron. Il ne jure que par toi, alors que je fais ce métier depuis quatre ans en interne.</strong></p>

<p><strong>- Quand je vous aurai expliqué, vous en ferez quoi ?</strong></p>

<p><strong>Damien se dit qu'avouer qu'il souhaitait l'évincer comme coach du grand patron n'allait pas le faire.</strong></p>

<p><strong>- Eh bien, quand je serai un aussi bon coach que toi, j'aurai enfin accès aux cadres dirigeants de Swen Games.</strong></p><p><strong><em>(<u>Résumé des épisodes précédents</u> : Sophie est devenue, pour une raison encore inconnue, le coach de Jean-Benoît, le président de Swen Games</em><em>. Elle découvre Damien, son talentueux coach interne. Toute ressemblance avec qui que ce soit est comme toujours fortuite. Les précédents épisodes des aventures de Sophie sont </em><a href="http://jlrichard.typepad.com/questionsdedirigeant/sophie/index.html"><em>ici.</em></a><em>)</em></strong></p>

<p>- C'est quoi pour vous, "avoir accès" aux cadres dirigeants de Swen Games ?</p>

<p>- J'aimerais coacher les cadres de haut niveau qui ne veulent pas de mes services.</p>

<p>Sophie se dit que ça n'allait pas être du tout cuit. Quelle idée de vouloir coacher des gens qui s'en passaient ? </p>

<p>- Jean-Benoît vous a communiqué mes conditions, je suppose ?</p>

<p>- Toi au moins l'argent ne t'a pas polluée, une boîte de chocolat te suffit. Moi, vois-tu, je ne demande rien, c'est encore moins cher.</p>

<p>Sophie se demandait comment un homme aussi bien habillé pouvait travailler pour rien, lorsque Damien dévoila dans un geste théâtral une minuscule boîte de mignonnettes Côte d'Or.</p>

<p>Saperlipopette, un radin ! Pour 80g de friandises, il aurait droit au quart d'heure syndical. D'un geste preste, elle rangea ses émoluments dans son cartable, manquerait plus qu'il se serve !</p>

<p>- Racontez-moi ce que vous faites, comment ça a commencé.</p>

<p>- Après mes études d'ingénieur, j'ai mené une brillante carrière chez Swen Games, jusqu'à 40 ans. Je peux tout te dire, cela restera entre nous ?</p>

<p>- Pour sûr, confrère.</p>

<p>- J'ai eu des difficultés dans mon premier gros poste de management. Entre mon supérieur et moi, ça n'a pas fonctionné. Et entre moi et mes collaborateurs c'est parti en vrille. J'ai demandé un coaching, personne n'y connaissait rien à l'époque.</p>

<p>- Drôle d'idée, à quoi sert un coaching quand la performance n'est pas au rendez-vous ?</p>

<p>- Euh, justement, je voulais que mon coaching m'aide à régler mes problèmes.</p>

<p>Sophie se dit qu'en un quart d'heure elle n'avait pas le temps de reprendre les bases du management.</p>

<p>- Que s'est-il passé avec votre coach ?</p>

<p>- La révélation. Un grand homme. Mon Maître. J'ai tout de suite compris que j'étais fait pour lui et pour ce métier. J'ai obtenu un congé formation, deux ans plus tard j'étais de retour avec mon diplôme de master coach.</p>

<p>- Mazette, master et coach, qu'est-ce qu'ils vont pas inventer... so what ?</p>

<p>- J'ai démarré tout doucement, mais maintenant j'en suis à une cinquantaine de cadres par an.</p>

<p>- Eh ben, ça en fait un paquet ! Jean-Benoît m'a pourtant dit qu'il ne connaissait aucun de vos coachés ?</p>

<p>- C'est qu'ils ne sont pas à très haut niveau, et la plupart ne se vantent pas d'avoir été coachés pour essayer de régler leurs problèmes.</p>

<p>- Vous travaillez sur quelle durée avec eux, et pour quels résultats ?</p>

<p>- Je fais une dizaine de sessions d'une heure et demie en cinq ou six mois. Grâce à mon expérience, je vais très vite.</p>

<p>- Ils sont souvent promus ?</p>

<p>- Non, mais si tu veux parler résultats, je n'ai jamais eu de plainte. Tous mes coachés étaient satisfaits en terminant leur coaching.</p>

<p>- Je les comprends. Depuis quatre ans, ça vous fait combien d'anciens coachés chez Swen Games ?</p>

<p>- Près d'une centaine, plus ceux qui sont partis depuis.</p>

<p>- Ceux qui ont survécu ont sans doute des centaines de collaborateurs ? Vous devez crouler sous les demandes ?</p>

<p>- J'évite de coacher le collaborateur d'un ancien coaché, ce n'est pas déontologique.</p>

<p>- Pas des quoi ?</p>

<p>- C'est comme ça, il ne faut pas coacher des gens en relation hiérarchique.</p>

<p>Sophie se dit qu'il valait mieux respecter les étranges coutumes des Kotchainthernes.</p>

<p>- Comment trouvez-vous vos cinquante nouveaux clients chaque année ?</p>

<p>- Facile, je suis bien avec le service RH qui épluche les entretiens annuels. Je repère les cadres qui ont besoin d'un coaching, puis je demande à leurs patrons de me les envoyer.</p>

<p>- Dois-je comprendre que le coaché n'a pas le choix entre vous et un autre coach ?</p>

<p>- Ne me parle pas des coaches externes ! Non seulement ils prennent trop cher à l'heure, mais en plus ils prétendent qu'il faut du temps pour obtenir les résultats. Un programme d'un an vaut plusieurs mois de mon salaire, tu te rends compte ?</p>

<p>- Fi donc, quelle outrecuidance. On se demande qui peut acheter. Vous savez quoi ? Vous allez continuer ainsi, tout cela me semble une solide position d'équilibre.

</p>

<p>- Ah, mais je veux évoluer, moi ! J'aimerais coacher les cadres dirigeants de Swen Games.</p>

<p>- Pourquoi ?</p>

<p>- Pour éviter qu'ils fassent appel dans mon dos à de dispendieux coaches externes.</p>

<p>- En quoi cela vous dérange-t-il ?</p>

<p>- Le coaching chez Swen Games, c'est moi.</p>

<p>- Vous m'étonnez. Vous me semblez en pleine possession de vos moyens, sans handicap particulier. Et vous voudriez me faire croire que votre objectif serait d'empêcher votre profession de vous aider à améliorer vos pratiques ? Comment comptez-vous devenir meilleur coach ?</p>

<p>- Je continue à me former auprès de mon Maître. Juste pour le plaisir car je suis certifié.</p>

<p>Sophie consulta l'heure sur la précieuse montre de plongée de Damien. Plus que cinq minutes. Il était urgent qu'elle mérite son rationnement de chocolats. Après tout, Damien avait son rôle dans la chaîne alimentaire.</p>

<p>- Résumons. Après un échec professionnel, vous avez été formé au coaching lorsque personne n'y connaissait rien. Vous vous êtes constitué une rente que vous entendez bien défendre contre toute pratique concurrentielle. Swen Games y gagne puisque vous êtes certifié. Dans ce contexte, vous aimeriez évoluer, sans bien savoir pourquoi. Correct ?</p>

<p>- Je crois que j'aimerais évoluer pour être reconnu comme un excellent coach par les dirigeants de mon propre groupe.</p>

<p>- Qu'est-ce que ça changerait, pour vous, d'être reconnu par tout le monde comme un vrai coach ?</p>

<p>- Tout serait différent. J'aurais confiance en moi, je coacherais des cadres de plus haut niveau qui me choisiraient librement, sur des durées plus longues et avec des résultats vraiment indiscutables...</p>

<p>- Vous parlez comme un coach dispendieux. Comment l'homme que vous êtes pourrait-il donner du souffle à votre travail de coach ?</p>

<p>- L'homme que je suis ? Je me pose tant de questions en ce moment... tu crois que c'est lié ?</p>

<p>- Si vous écoutiez le Damien, le vrai qui est devant moi, que pourriez-vous faire aujourd'hui d'inattendu ?</p>

<p>- Peut-être que je pourrais trouver un accord avec Swen Games pour m'installer en libéral.</p>

<p>- Si vous aviez cinq minutes pour décider de prendre cette option, ou de l'écarter pour toujours, que feriez-vous ?</p>

<p>- Je serais bien embêté. Je voudrais bien prendre mon indépendance, mais le Maître me le déconseille.</p>

<p>- Tiens, le revoilà, Mister "Mettre Coach". Juste entre vous et vous, quel est votre désir d'homme ?</p>

<p>Damien resta silencieux. Il se redressa en souriant.</p>

<p>- OK, tu as mérité tes chocolats Sophie.</p>

<p>- Bon, dans ce cas, je vais vous laisser, ravie de vous avoir connu.</p>

<p>- Attends Sophie, tu ne m'as pas encore expliqué...</p>

<p>Sophie avait disparu dans un léger tourbillon. Avait-elle jamais existé ?</p>

<p>Damien se sentait léger. Son but professionnel ne faisait plus de doute, tout restait à faire.</p>

<p>Il prit son téléphone et composa le numéro d'un de ces coaches qui faisaient le siège de son bureau. Il était grand temps de changer de superviseur. Ils avaient du grain à moudre, tous les deux.</p></div>
</content>


    </entry>
    <entry>
        <title>Sophie respecte le Président</title>
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        <published>2008-09-15T09:50:11+02:00</published>
        <updated>2008-09-15T09:50:11+02:00</updated>
        <summary>- Ah Sophie ! Quel homme ce Benoît XVI ! Comment fait-il ?
- C'est sa dimension spirituelle qui vous impressionne ?
- Non, il est moins marrant qu'on le dit. Ce qui me scotche, c'est le respect qu'il suscite. Un type intelligent, d'accord, un Chef d'Etat, admettons, mais bon... élu par des gars qu'il avait patiemment fait nommer, ni chômage ni crise ni déficits publics à se coltiner. Et pourtant tu aurais vu le regard de Carla...
- Vous voudriez que le Pape en impose avec une Patek Philippe au poignet ?
- C'est ça, paye-toi ma tête, toi aussi.
- Voulez-vous travaillez cela ?
- Cela quoi ?
- Votre peur bleue de ne pas mériter le respect ?
- Je veux bien Sophie, mais c'est pas une peur, c'est un fait. Regarde comme je suis insulté. Personne n'a jamais traité un président avant moi de Nabominable. Comment changer ça ?

- Comment pourriez-vous vous en passer ?

- Je ne te suis pas. Je te dis que je donnerais n'importe quoi pour que ça cesse.

- Au fait, ça serait pas un temps à chocolats ?

Le Président actionna un bip dans dans sa poche. Trois gardes du corps surgirent. La vue de la petite leur soutira un sourire forcé.

- Demandez à Vaussion la boîte convenue, laissez-nous seuls.

Ces nouvelles ganaches étaient encore plus sophistiquées que les premières. Où allaient-ils chercher tout ça ? La crise n'avait pas ses entrées au Palais. Sophie admirait la gloutonnerie de son client qui poussait chaque bonbon avec le suivant. Tout ça pour s'essouffler avec sa coach de sport...

- Bon, on travaille ? Vous avez fait quoi, jusqu'à maintenant, pour avancer sur cet objectif ?

- J'en ai parlé, attends... à un psy, non, à deux psys, et à un bon copain, et aussi à Carla.

- So what ?

- Tu connais les psys, si ils étaient sains d'esprit, ça se saurait. Le premier m'a dit que mon père avait manqué de respect à toute ma famille, et que je continuais à provoquer ça pour le séduire. L'autre a employé des termes à lui, ça avait l'air grave, j'ai rien compris. Carla prétend que ça me plait d'être maltraité. Mon copain pense que je suis respecté mais trop sensible aux débordements que provoque ma position. Avec ça j'en suis au même point.

- C'est encore votre femme la plus fine. Mais prendre conscience ne suffit pas.

- Ah non, pas du tout, ça ne me plait pas d'être insulté par tous ces connards qui ne me craignent pas.

- Qu'est-ce qui devrait vous rendre respectable à leurs yeux ?

- Je te vois venir, j'y ai pensé. Oui, bien sûr, ma réussite, ma femme, mon pouvoir, mes montres de luxe, pour te faire plaisir, tout ça c'est l'extérieur. Au fond de moi, c'est une autre affaire. J'ai eu 53 ans pour méditer là-dessus. D'accord, je ne suis pas grand-chose, mais c'est le lot de chacun de nous, et il me semble avoir pris un peu de recul sur tout cela. J'ai aussi droit au respect que mérite tout homme !

- Alors prenons-le par l'autre bout. Quel serait le contraire de respecter ?

- Ce qui me vient à l'esprit c'est respecter une femme, l'inverse serait de coucher avec elle.

- Ou simplement la toucher, n'est-ce pas ? Au fait, qu'est-ce que vous faites quand vous touchez presque tous les hommes que vous rencontrez ?

- Euh, pas les trop grands, mais, oui, un paquet. Tiens, même le Pape, je ne m'en suis pas privé, pourtant c'est pas un méridional. Qu'est-ce que tu veux dire, qu'à force de toucher tout le monde personne ne peut plus me respecter ?

- Qu'est-ce que ça dit en vous ?

- Que, oui, j'aime bien les rapports et les contacts aux hommes, j'aime aussi m'entourer de femmes mais rien ne vaut une bonne bourrade virile. Tu vas me ressortir le contact que mon père m'a refusé ? Je connais tous ces refrains psys, ça mène à rien Sophie.

- Sans réfléchir, en quoi vous sentez-vous un père ?

- Sans réfléchir, je ne me sens pas père du tout. J'ai trois fils, mais je me sens comme eux, un grand garçon, pas un père. Attention, je suis le Président, donc le père de tous les français aussi.

- Que faites-vous de mon regard sur vous en ce moment ?

- Toi, tu me respectes, ça me fait du bien. Et je sais que ce n'est pas lié à mes exploits de Président ou de beau parleur. Devant toi, je ne crains aucune marque d'irrespect, c'est leur problème si ils ne peuvent pas respecter leur Président.

- Je ne vais pas vous laisser conclure, mieux vaut que ça reste en travail. Je vous dis à la prochaine fois ?

- J'ai des devoirs à la maison, entretemps ?

- Comme d'hab, restez vigilant, écoutez ce que vous ressentez, tout se passe chez vous.

Le Président resta songeur. Comment des entretiens aussi courts pouvaient-ils le faire évoluer ?

"Une de plus, en tous cas, que je ne prêterai pas à Fillon, elle serait capable de le rendre attirant ! Manquerait plus que ça."
</summary>
        <author>
            <name>jlrichard</name>
        </author>
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- Ah Sophie ! Il émane de cet homme quelque chose de magique !<br />- C'est sa dimension spirituelle qui vous impressionne ?<br />- Non, il est pas si marrant. Ce qui me scotche, c'est le respect qu'il suscite. Un type intelligent, d'accord, un Chef d'Etat, admettons, mais bon... élu par des gars qu'il avait patiemment fait nommer, ni chômage ni crise ni déficits publics à se coltiner. Tu aurais vu le regard de Carla...<br />- Vous voudriez que le Pape en impose avec une Patek Philippe ?<br />- C'est ça, paye-toi ma tête, toi aussi.<br />- Voulez-vous travaillez cela ?<br />- Cela quoi ?<br />- Votre peur bleue de ne pas mériter le respect ?</strong></p><p><strong><em>(<u>Résumé des épisodes précédents</u> : Sophie poursuit son activité de coach</em><em> auprès de l'hôte de l'Elysée. Toute ressemblance entre les structures psychiques
illustrées dans cet article et une quelconque réalité serait fortuite. Cette scène
est tout aussi fictive que les huit premiers épisodes des Aventures de Sophie disponibles </em><a href="http://jlrichard.typepad.com/questionsdedirigeant/sophie/index.html"><em>ici.</em></a><em>)</em></strong></p>

<p>- Je veux bien Sophie, mais c'est pas une peur, c'est un fait. Regarde comme je suis insulté. Personne n'a jamais traité un président avant moi de Nabominable. Comment changer ça ?</p>

<p>- Comment pourriez-vous vous en passer ?</p>

<p>- Je ne te suis pas. Je te dis que je donnerais n'importe quoi pour que ça cesse.</p>

<p>- Au fait, ça serait pas un temps à chocolats ?</p>



<p>Le Président actionna un bip dans dans sa poche. Trois gardes du corps surgirent. La vue de la petite leur arracha un projet de sourire.</p>

<p>- Demandez à Vaussion la boîte convenue, laissez-nous seuls.</p>

<p>Ces nouvelles ganaches étaient encore plus sophistiquées que les premières. Où allaient-ils chercher tout ça ? La crise n'avait pas ses entrées au Palais. Sophie admirait la gloutonnerie de son client qui poussait chaque bonbon avec le suivant. Tout ça pour s'essouffler avec sa coach de sport...</p>

<p>- Bon, on travaille ? Vous avez fait quoi, jusqu'à maintenant, pour avancer sur cet objectif ?</p>

<p>- J'en ai parlé, attends... à un psy, non, à deux psys, et à un bon copain. Et à ma femme aussi.</p>

<p>- So what ?</p>

<p>- Tu connais les psys, si ils étaient sains d'esprit, ça se saurait. Le premier m'a dit que mon père avait manqué de respect à toute ma famille, et que je continuais à provoquer ça pour le séduire. L'autre a employé des termes à lui, ça avait l'air grave, j'ai rien compris. Carla prétend que ça me plait d'être maltraité. Mon copain pense que je suis respecté mais trop sensible aux débordements que provoque ma position. Avec ça j'en suis au même point.</p>

<p>- C'est encore votre femme la plus fine. Mais prendre conscience ne suffit pas.</p>

<p>- Ah non, pas du tout, ça ne me plait pas d'être insulté par tous ces connards qui ne me craignent pas.</p>

<p>- Qu'est-ce qui devrait vous rendre respectable à leurs yeux ?</p>

<p>- Je te vois venir, j'y ai pensé. Oui, bien sûr, ma réussite, ma femme, mon pouvoir, mes montres de luxe, pour te faire plaisir, tout ça c'est l'extérieur. Au fond de moi, c'est une autre affaire. J'ai eu 53 ans pour méditer là-dessus. D'accord, je ne suis pas grand-chose, mais c'est le lot de chacun de nous, et il me semble avoir pris un peu de recul sur tout cela. J'ai aussi droit au respect que mérite tout homme !</p>

<p>- Alors prenons-le par l'autre bout. Quel serait le contraire de respecter ?</p>

<p>- Ce qui me vient à l'esprit c'est respecter une femme, l'inverse serait de coucher avec elle.</p>

<p>- Ou simplement la toucher, n'est-ce pas ? Au fait, qu'est-ce que vous faites quand vous touchez presque tous les hommes que vous rencontrez ?</p>

<p>- Euh, pas les trop grands, mais, oui, un paquet. Tiens, même le Pape, je ne m'en suis pas privé, pourtant c'est pas un méridional. Qu'est-ce que tu veux dire, qu'à force de toucher tout le monde personne ne peut plus me respecter ?</p>

<p>- Qu'est-ce que ça dit en vous ?</p>

<p>- Que, oui, j'aime bien les rapports et les contacts aux hommes, j'aime aussi m'entourer de femmes mais rien ne vaut une bonne bourrade virile. Tu vas me ressortir le contact que mon père m'a refusé ? Je connais tous ces refrains psys, ça mène à rien Sophie.</p>

<p>- Sans réfléchir, en quoi vous sentez-vous un père ?</p>

<p>- Sans réfléchir, je ne me sens pas père du tout. J'ai trois fils, mais je me sens comme eux, un grand garçon, pas un père. Attention, je suis le Président, donc le père de tous les français aussi.</p>

<p>- Que faites-vous de mon regard sur vous en ce moment ?</p>

<p>- Toi, tu me respectes, ça me fait du bien. Et je sais que ce n'est pas lié à mes exploits de Président ou de beau parleur. Devant toi, je ne crains aucune marque d'irrespect, c'est leur problème si ils ne peuvent pas respecter leur Président.</p>

<p>- Je ne vais pas vous laisser conclure, mieux vaut que ça reste en travail. Je vous dis à la prochaine fois ?</p>

<p>- J'ai des devoirs à la maison, entretemps ?</p>

<p>- Comme d'hab, restez vigilant, écoutez ce que vous ressentez, tout se passe dans vous.</p>

<p>Le Président resta songeur. Comment des entretiens aussi courts pouvaient-ils le faire évoluer ?</p>

<p>"Une de plus, en tous cas, que je ne prêterai pas à Fillon, elle serait capable de le rendre attirant ! Manquerait plus que ça."</p></div>
</content>


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        <title>Sophie coache le Président</title>
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        <published>2008-09-08T08:31:33+02:00</published>
        <updated>2008-09-08T08:31:33+02:00</updated>
        <summary>- Ainsi c'est toi, Sophie ? Je te croyais plus grande...

Sophie pensait la même chose de son nouvel ami. Il la coupa alors qu'elle prenait son inspiration pour lui lancer une vacherie compatible avec le protocole.

- Sais-tu pourquoi tu es là ?

Cette fois, elle le fixa droit dans les yeux sans chercher à répondre. Il détourna son regard vers les jardins de l'Elysée qui prenaient leurs habits d'automne.

- Bon, après tout, c'est moi qui t'ai fait venir. Jean-Benoît me dit que tu fais des miracles. Je ne veux plus entendre parler des psys et autres charlatans. Je ne suis pas très heureux, mais je m'y suis habitué. Ce que je voudrais, c'est réussir mon job, et il parait que ça, c'est ton affaire ?

(Résumé des épisodes précédents : Sophie poursuit son activité de coach. Après le président de Swen Games, elle est sollicitée par un cas d'anthologie. Toute ressemblance entre les mécanismes psychiques illustrés dans cet article et la réalité serait fortuite. Cette scène est tout aussi fictive que les sept premiers épisodes disponibles ici.)

Sophie se dit qu'avec un pareil loustic il fallait régler les formalités d'entrée de jeu.

- Jean-Benoît vous a-t-il aussi parlé de mes chocolats ?

Le Président tendit la main vers vers un guéridon sur sa gauche. Un carton à chapeau tendu de velours festonné allait bientôt être fixé sur son utilité.

- C'est pour toi, tu ne vas pas être déçue, Vaussion connait son métier.

Sophie croqua dans la ganache décorée d'une feuille d'or. Meilleure que toutes celles qu'elle avait goûtées jusque là. Le Président en profita à son tour.

La magie du chocolat opérait. Sophie savourait chaque bouchée, et son vis-à-vis semblait rassuré d'engloutir truffe sur truffe. A ce rythme, aucune boîte ne pouvait survivre. Il était urgent de se mettre au travail.

- Quels résultats souhaitez-vous obtenir ?

- Je te l'ai dit, je veux réussir mon job.

- Supposons que vous réussissiez, au sens où vous l'entendez, quels faits seront observables ?

- Mon programme électoral, ça t'irait ?

- C'est le lancement de votre job, ça, pas son résultat.

- Et alors ? C'est interdit de tenir ses promesses ? C'est quand même extraordinaire !

- Vous jouez au naïf, on va être deux. Ce programme traduisait votre volonté de vous présenter, sans préjuger de l'action du Chef d'Etat. Pourquoi le travail du Président serait-il d'exécuter un contrat ?

- Quand même, tu y vas fort, Sophie. J'ai promis un tas de choses pour me faire élire, je dois bien tenter de les réaliser.

- Si vous réalisiez toutes vos promesses en trois ans, que feriez-vous les deux ans restants ?

- Je ferais mon travail, celui que le pays m'a confié.

- On avance. En quoi consiste ce travail que vous avez à coeur de réussir ?

Sophie laissa le silence s'installer. Ces chocolats valaient le détour. Le Président calait sur sa première douzaine.

- Bon, je vais le prendre autrement. Je suis entouré de Tamalou et de Jébobola. Mon travail, c'est de repérer leurs conneries plus vite que la presse, pour leur dire quoi faire. Après, je leur tape dessus jusqu'à ce qu'ils fassent ce que je veux. C'est plus clair ainsi ?

- Voyons ça. Qui a nommé les Tamalou et les Jébobola à leurs postes ?

- Euh... c'est moi qui décide tout, ça te dérange ?

- Votre travail consisterait-il à nommer des incapables puis à les éliminer en vous plaignant de l'insuffisance de leurs résultats ?

- Eliminer, éliminer, c'est curieux ce mot. Il me replonge dans une vieille sensation de danger imminent. Soit l'autre m'élimine, soit je l'élimine. Oui, voilà mon objectif : j'aimerais travailler sans que cette vieille peur me casse les pieds. Je rêve d'avoir, comme tout le monde, des rapports sereins avec mes Jébobola et tous mes autres vis-à-vis.

- Creusons cela. Nous sommes un an plus tard, à l'automne 2009, et vous travaillez en paix avec tout le monde. Qu'est-ce qui s'observe de neuf, qui ne se produisait pas avant ?

- Avec mes équipes, je parle moins, j'écoute sans avoir envie de les couper tout le temps. Je ne m'agite plus sur leur dos comme un pantin, c'est eux qui s'agitent autour de moi. Ce n'est plus moi qui fait tout, je tiens ma place de Président sans en faire des tonnes. J'ai perdu ce besoin de mentir, trahir, éliminer pour survivre et je ne me retrouve plus seul le soir les yeux ronds face à mes angoisses.

- Pour le dire autrement, vous vous passez enfin d'une très ancienne solution mise en place face à l'Autre. Face à qui, sans réfléchir ?

- Je pense à mon père, mais c'est ridicule. Je suis Président, il n'est plus rien comparé à moi, pourquoi aurais-je peur de lui ?

- Vous l'avez dit, c'est une vieille sensation. Comment votre père vous a-t-il reconnu en homme ?

- Moi, en homme, jamais. Encore aujourd'hui, il peut bien se répandre en flatteries sur mon compte, c'est pour se faire mousser. A ses yeux je suis un nul, un morveux.

- Où est passé le plaisir que vous avez pris à être ainsi humilié par votre père ?

- Le plaisir ? De quoi parles-tu, je ne sais pas ce que c'est le plaisir. Je connais la peur, l'urgence, l'envie, la honte... mais le plaisir, j'ai pas ça en rayon.

- Allons donc, et votre plaisir à tomber dans les chocolats...

- A la vitesse où je les avale ? Le vrai plaisir je ne sais pas ce que c'est. Même mon père ne pourrait plus me l'apporter.

- Face à vos collaborateurs, que ressentez-vous lorsque vous restez silencieux ?

- C'est rare, mais ça m'est arrivé hier. J'étais sous le charme d'un jeune chargé de missions qui s'exprimait avec aisance. Il me semblait avoir déjà vécu cette situation, c'était très inconfortable.

- Reprenons votre vieille sensation de danger imminent. Imaginez que vous en faites une pièce de théâtre. Vous êtes le régisseur, l'auteur, le metteur en scène. Je suis votre seul public. Racontez-moi ce que je vois.

- Je vois la fin de Don Juan, quand ça commence à sentir le roussi. Voilà une belle vie, Don Juan. Séduire des milliers de femmes et les trahir toutes. Au fond, je ne sais faire que cela, séduire.

- Face à l'autre homme, quel serait votre pire cauchemar ?

- Joker Sophie. Tu va trop loin. Tu me mets mal à l'aise avec tes questions. Il y a sans doute des zones d'ombre que je ne veux pas voir, laisse-les où elles sont.

- Comment rapprochez-vous ce que nous sommes en train de travailler de votre besoin de mentir ?

- Mon père mentait à tout le monde. J'en fais autant, mieux même. Ainsi je ne crains personne, mais je suis seul.

- Et moi, vous me rangez où ?

- Toi ? Tu es la seule personne avec qui je peux être moi-même. Ca me fait du bien de te parler. Comment vas-tu me débarrasser de ce poids sur mon travail ?

- C'est en cours, moi je ne fais rien, vous commencez à bouger. Je vais vous laisser. Dans un mois, même jour, même heure ?

- Mais Sophie, nous n'avons rien terminé, que vais-je faire de tout cela ?

- Justement, laissez mijoter, soyez vigilant, vous ne soupçonnez pas tout ce qui se travaille en vous. Dans quelques mois tout ceci sera en ordre. Vous me faites confiance ?

- J'ai le choix ? Bon, d'accord pour le mois prochain, je me sens mieux de toutes façons.

Sophie disparut avec son carton à chapeau sous le bras. Les consignes avaient été données, une porte dérobée la rendrait à la vie civile. Le Président sonna. Un pingouin galonné aboya.

- Monsieur le Président ?

- Que personne ne me dérange, merci.

Ce soir-là fut le premier d'une nouvelle vie.</summary>
        <author>
            <name>jlrichard</name>
        </author>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p><a onclick="window.open(this.href, '_blank', 'width=559,height=721,scrollbars=no,resizable=no,toolbar=no,directories=no,location=no,menubar=no,status=no,left=0,top=0'); return false" href="http://jlrichard.typepad.com/.shared/image.html?/photos/uncategorized/2008/08/24/img_2992.jpg"><img width="100" height="128" border="0" src="http://jlrichard.typepad.com/questionsdedirigeant/images/2008/08/24/img_2992.jpg" title="Img_2992" alt="Img_2992" style="margin: 0px 5px 5px 0px; float: left;" /></a><strong> - Ainsi c'est toi, Sophie ? Je te croyais plus grande...</strong></p>

<p><strong>Sophie pensait la même chose de son nouvel ami. Il la coupa alors qu'elle prenait son inspiration pour lui lancer une vacherie compatible avec le protocole.</strong></p>

<p><strong>- Sais-tu pourquoi tu es là ?</strong></p>

<p><strong>Cette fois, elle le fixa droit dans les yeux sans chercher à répondre. Il détourna son regard vers les jardins de l'Elysée qui prenaient leurs habits d'automne.</strong></p>

<p><strong>- Bon, après tout, c'est moi qui t'ai fait venir. Jean-Benoît me dit que tu fais des miracles. Je ne veux plus entendre parler des psys et autres charlatans. Je ne suis pas très heureux, mais je m'y suis habitué. Ce que je voudrais, c'est réussir mon job, et il parait que ça, c'est ton affaire ?<br /></strong></p><p><strong><em>(<u>Résumé des épisodes précédents</u> : Sophie poursuit son activité de coach</em><em>. Après le président de Swen Games, elle est sollicitée par un cas d'anthologie. Toute ressemblance entre les mécanismes psychiques illustrés dans cet article et la réalité serait fortuite. Cette scène est tout aussi fictive que les sept premiers épisodes disponibles </em><a href="http://jlrichard.typepad.com/questionsdedirigeant/sophie/index.html"><em>ici.</em></a><em>)</em></strong></p>

<p>Sophie se dit qu'avec un pareil loustic il fallait régler les formalités d'entrée de jeu.</p>

<p>- Jean-Benoît vous a-t-il aussi parlé de mes chocolats ?</p>

<p>Le Président tendit la main vers un guéridon sur sa gauche. Un carton à chapeau tendu de velours festonné allait bientôt être fixé sur son utilité.</p>

<p>- C'est pour toi, tu ne vas pas être déçue, Vaussion connait son métier.</p>

<p>Sophie croqua dans la ganache décorée d'une feuille d'or. Meilleure que toutes celles qu'elle avait goûtées jusque là. Le Président en profita à son tour.</p>

<p>La magie du chocolat opérait. Sophie savourait chaque bouchée, et son interlocuteur semblait rassuré d'engloutir truffe sur truffe. A ce rythme, aucune boîte ne pouvait survivre. Il était urgent de se mettre au travail.</p>

<p>- Quels résultats souhaitez-vous obtenir ?</p>

<p>- Je te l'ai dit, je veux réussir mon job.</p>

<p>- Supposons que vous réussissiez, au sens où vous l'entendez, quels faits seront observables ?</p>

<p>- Mon programme électoral, ça t'irait ?</p>

<p>- C'est le lancement de votre job, ça, pas son résultat.</p>

<p>- Et alors ? C'est interdit de tenir ses promesses ? C'est quand même extraordinaire !</p>

<p>- Vous jouez au naïf, on va être deux. Ce programme traduisait votre volonté de vous présenter, sans préjuger de l'action du Chef d'Etat. Pourquoi le travail du Président serait-il d'exécuter un contrat ?</p>

<p>- Quand même, tu y vas fort, Sophie. J'ai promis un tas de choses pour me faire élire, je dois bien tenter de les réaliser.</p>

<p>- Si vous réalisiez toutes vos promesses en trois ans, que feriez-vous les deux ans restants ?</p>

<p>- Je ferais mon travail, celui que le pays m'a confié.</p>

<p>- On avance. En quoi consiste ce travail que vous avez à coeur de réussir ?</p>



<p>Sophie laissa le silence s'installer. Ces chocolats valaient le détour. Le Président calait sur sa première douzaine.</p>

<p>- Bon, je vais le prendre autrement. Je suis entouré de Tamalou et de Jébobola. Mon travail, c'est de repérer leurs conneries plus vite que la presse, pour leur dire quoi faire. Après, je leur tape dessus jusqu'à ce qu'ils fassent ce que je veux. C'est plus clair ainsi ?</p>

<p>- Voyons ça. Qui a nommé les Tamalou et les Jébobola à leurs postes ?</p>

<p>- Euh... c'est moi qui décide tout, ça te dérange ?</p>

<p>- Votre travail consisterait-il à nommer des incapables puis à les éliminer en vous plaignant de l'insuffisance de leurs résultats ?</p>

<p>- Eliminer, éliminer, c'est curieux ce mot. Il me replonge dans une vieille sensation de danger imminent. Soit l'autre m'élimine, soit je l'élimine. Oui, voilà mon objectif : j'aimerais travailler sans que cette vieille peur me casse les pieds. Je rêve d'avoir, comme tout le monde, des rapports sereins avec mes Jébobola et tous mes autres vis-à-vis.</p>

<p>- Creusons cela. Nous sommes un an plus tard, à l'automne 2009, et vous travaillez en paix avec tout le monde. Qu'est-ce qui s'observe de neuf, qui ne se produisait pas avant ?</p>

<p>- Avec mes équipes, je parle moins, j'écoute sans avoir envie de les couper tout le temps. Je ne m'agite plus sur leur dos comme un pantin, c'est eux qui s'agitent autour de moi. Ce n'est plus moi qui fait tout, je tiens ma place de Président sans en faire des tonnes. J'ai perdu ce besoin de mentir, trahir, éliminer pour survivre et je ne me retrouve plus seul le soir les yeux ronds face à mes angoisses.</p>

<p>- Pour le dire autrement, vous vous passez enfin d'une très ancienne solution mise en place face à l'Autre. Face à qui, sans réfléchir ?</p>

<p>- Je pense à mon père, mais c'est ridicule. Je suis Président, il n'est plus rien comparé à moi, pourquoi aurais-je peur de lui ?</p>

<p>- Vous l'avez dit, c'est une vieille sensation. Comment votre père vous a-t-il reconnu en homme ?</p>

<p>- Moi, en homme, jamais. Encore aujourd'hui, il peut bien se répandre en flatteries sur mon compte, c'est pour se faire mousser. A ses yeux je suis un nul, un morveux.</p>

<p>- Où est passé le plaisir que vous avez pris à être ainsi humilié par votre père ?</p>

<p>- Le plaisir ? De quoi parles-tu, je ne sais pas ce que c'est le plaisir. Je connais la peur, l'urgence, l'envie, la honte... mais le plaisir, j'ai pas ça en rayon.</p>

<p>- Allons donc, et votre plaisir à tomber dans les chocolats...</p>

<p>- A la vitesse où je les avale ? Le vrai plaisir je ne sais pas ce que c'est. Même mon père ne pourrait plus me l'apporter.</p>

<p>- Face à vos collaborateurs, que ressentez-vous lorsque vous restez silencieux ?</p>

<p>- C'est rare, mais ça m'est arrivé hier. J'étais sous le charme d'un jeune chargé de missions qui s'exprimait avec aisance. Il me semblait avoir déjà vécu cette situation, c'était très inconfortable.</p>

<p>- Reprenons votre vieille sensation de danger imminent. Imaginez que vous en faites une pièce de théâtre. Vous êtes le régisseur, l'auteur, le metteur en scène. Je suis votre seul public. Racontez-moi ce que je vois.</p>

<p>- Je vois la fin de Don Juan, quand ça commence à sentir le roussi. Voilà une belle vie, Don Juan. Séduire des milliers de gens et tous les trahir. Je ne suis bon qu'à ça, séduire.</p>

<p>- Face à l'autre homme, quel serait votre pire cauchemar ?</p>

<p>- Joker Sophie. Tu va trop loin. Tu me mets mal à l'aise avec tes questions. Il y a sans doute des zones d'ombre que je ne veux pas voir, laisse-les où elles sont.</p>

<p>- Comment rapprochez-vous ce que nous sommes en train de travailler de votre besoin de mentir ?</p>

<p>- Mon père mentait à tout le monde. J'en fais autant, mieux même. Ainsi je ne crains personne, mais je suis seul.</p>

<p>- Et moi, vous me rangez où ?</p>

<p>- Toi ? Tu es la seule personne avec qui je peux être moi-même. Ca me fait du bien de te parler. Comment vas-tu me débarrasser de ce poids sur mon travail ?</p>

<p>- Face à moi, vous ne l'avez déjà plus. Vous commencez à bouger. Je vais vous laisser. Dans un mois, même jour, même heure ?</p>

<p>- Mais Sophie, nous n'avons rien terminé, que vais-je faire de tout cela ?</p>

<p>- Justement, laissez mijoter, soyez vigilant, vous ne soupçonnez pas ce qui travaille en vous. Bientôt tout ceci sera en ordre. Vous me faites confiance ?</p>

<p>- J'ai le choix ? Bon, d'accord pour le mois prochain, je me sens mieux de toutes façons.</p>

<p>Sophie disparut avec son carton à chapeau sous le bras. Les consignes avaient été données, une porte dérobée la rendrait à la vie civile. Le Président sonna. Un pingouin galonné aboya.</p>

<p>- Monsieur le Président ?</p>

<p>- Que personne ne me dérange, merci.</p>

<p>Ce soir-là fut le premier d'une nouvelle vie.</p></div>
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        <title>Croyant ou athée ? Faites le test !</title>
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        <published>2008-08-26T17:32:00+02:00</published>
        <updated>2008-08-26T17:32:00+02:00</updated>
        <summary>Quelles sont vos intimes convictions ? Voulez-vous tenter le test de Newcomb ?

Vous faites face à un Etre qui, dans le passé, a toujours prédit vos choix avec justesse, sans jamais émettre de prévision incorrecte. Vous savez en outre que, dans la situation qu'il va vous proposer, il a démontré sa faculté à prévoir les choix d'autres personnes semblables à vous-même avec une précision presque absolue.

Peu importe d'où vient cet Etre, il est là, devant vous, et s'apprête à vous poser une seule question. Prêt ? Ecoutons-le...

L'Etre vous présente deux boîtes fermées. Il vous explique que la boîte A contient mille dollars. La boîte B, d'après lui, contient soit un million de dollars, soit rien du tout.

Vous ne jouez qu'une fois, et vous devez choisir : soit vous prenez tout ce qui se trouve dans les deux boîtes, soit vous prenez le contenu de la seule boîte B.

Jusque là, tout parait simple, trop simple. Il y a un petit détail : l'Etre, avant de jouer, a fait sa propre prévision du choix que vous alliez faire. Cette prévision a fixé le montant qu'il a placé à l'intérieur de la boîte B.

Lorsque l'Etre prévoit que son interlocuteur va prendre le contenu des deux boîtes, il laisse la boîte B vide. Le joueur repart donc avec les mille dollars de la boîte A. Lorsqu'au contraire il estime que le choix de son vis-à-vis va se porter sur la seule boîte B, il y place un million de dollars. L'Etre a tout arrangé avant de jouer et de poser les boîtes fermées face à vous. Il n'y touchera plus, c'est à vous de choisir.

Cette situation fictive a été inventée en 1960 par le physicien William Newcomb, et Nicolas Eber en propose une discussion scientifique impeccable ici .

La plupart des joueurs choisissent rapidement une des deux options, et sont très étonnés que d'autres puissent être de l'avis opposé. Aucune solution ne peut faire l'unanimité. Essayez, vous m'en direz des nouvelles.

Choisir les deux boîtes semble rationnel : c'est toujours mieux de repartir avec les mille dollars de la boîte A en prime. Mais si vous acceptez la quasi-infaillibilité des prévisions de l'Etre, le choix de la seule boîte B, garnie du million de dollars, s'impose.

Personne n'a mieux résumé que Paul Watzlawick l'enseignement de ce test :

"Nous avons vu qu'il est de la plus grande importance de savoir si notre réalité a ou non un ordre, et qu'il y a trois réponses possibles :

1. Elle n'a aucun ordre; auquel cas la réalité est, dans la même mesure, confusion et chaos, la vie étant quant à elle un cauchemar psychotique.

2. Nous compensons notre état existentiel de désinformation en inventant un ordre, oublions que nous l'avons inventé, et l'éprouvons comme quelque chose qui se trouve "là autour" et que nous appelons réalité.

3. Il y a un ordre, qui est la créature de quelque Etre supérieur dont nous dépendons, quoiqu'il soit lui-même tout à fait indépendant de nous. La communication avec cet Etre devient donc pour l'homme le but le plus important."

(Extrait de Paul Watzlawick, La réalité de la réalité, Paris, Editions du Seuil, 1978, traduction d'Edgar Roskis)

Admettons que la première réponse, plus fréquente qu'on l'imagine, soit délicate à exprimer.

La seconde réponse est celle des partisans du libre-arbitre, qui s'appuient sur l'indépendance de leurs choix et la maîtrise de leur destin. Je suis seul maître à bord face aux deux boîtes. Quoi qu'en pense l'Etre, je prends tout. Athées ou autres non croyants, environ 30% des joueurs.

La troisième réponse appartient à ceux qui estiment jouer au sein d'un système de causalités qui leur échappe et détermine leurs choix apparents. L'Etre, une fois de plus, a correctement prédit mon comportement, mieux vaut choisir le million de dollars de la seule boîte B. Croyants en une religion ou en d'autres systèmes au-delà de leur entendement, 70% des joueurs.

Bien sûr, c'est trop simple pour marcher à tous les coups. Et si ce n'était que le début de votre recherche sur votre propre représentation de la réalité ?</summary>
        <author>
            <name>jlrichard</name>
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Quelles sont vos intimes convictions ?</strong></p>

<p><strong>Voulez-vous tenter le test de Newcomb ?<br /><br />Vous faites face à un Etre qui, dans le passé, a toujours prédit vos choix avec justesse, sans jamais émettre de prévision incorrecte.</strong></p>

<p><strong>Vous savez en outre que, dans la situation qu'il va vous proposer, il a démontré sa faculté à prévoir les choix d'autres personnes semblables à vous-même avec une précision <em>presque</em> absolue.</strong></p>

<p><strong>Peu importe d'où vient cet Etre, il est là, devant vous, et s'apprête à vous poser une seule question. Prêt ? Ecoutons-le...<br /></strong></p><p>L'Etre vous présente deux boîtes fermées. Il vous explique que la boîte A contient mille dollars. La boîte B, d'après lui, contient soit un million de dollars, soit rien du tout.</p>

<p>Vous ne jouez qu'une fois, et vous devez choisir : soit vous prenez tout ce qui se trouve dans les deux boîtes, soit vous prenez le contenu de la seule boîte B.</p>

<p>Jusque là, tout parait simple, trop simple. Il y a un petit détail : l'Etre, avant de jouer, a fait sa propre prévision du choix que vous alliez faire. Cette prévision a fixé le montant qu'il a placé à l'intérieur de la boîte B.</p>

<p>Lorsque l'Etre prévoit que son interlocuteur va prendre le contenu des deux boîtes, il laisse la boîte B vide. Le joueur repart donc avec les mille dollars de la boîte A. Lorsqu'au contraire il estime que le choix de son vis-à-vis va se porter sur la seule boîte B, il y place un million de dollars. L'Etre a tout arrangé avant de jouer et de poser les boîtes fermées face à vous. Il n'y touchera plus, c'est à vous de choisir.</p>

<p>Cette situation fictive a été inventée en 1960 par le physicien William Newcomb, et Nicolas Eber en propose une discussion scientifique impeccable <a href="http://www.dma.ens.fr/culturemath/materiaux/Eber/newcomb.htm">ici</a> .</p>

<p>La plupart des joueurs choisissent rapidement une des deux options, et sont très étonnés que d'autres puissent être de l'avis opposé. Aucune solution ne peut faire l'unanimité. Essayez, vous m'en direz des nouvelles.</p>

<p>Choisir les deux boîtes semble rationnel : c'est toujours mieux de repartir avec les mille dollars de la boîte A en prime. Mais si vous acceptez la quasi-infaillibilité des prévisions de l'Etre, le choix de la seule boîte B, garnie du million de dollars, s'impose.</p>

<p>Personne n'a mieux résumé que Paul Watzlawick l'enseignement de ce test :</p>

<p>"Nous avons vu qu'il est de la plus grande importance de savoir si notre réalité a ou non un ordre, et qu'il y a trois réponses possibles :</p>

<p>1. Elle n'a aucun ordre; auquel cas la réalité est, dans la même mesure, <em>confusion</em> et chaos, la vie étant quant à elle un cauchemar psychotique.</p>

<p>2. Nous compensons notre état existentiel de <em>désinformation</em> en inventant un ordre, oublions que nous l'avons inventé, et l'éprouvons comme quelque chose qui se trouve "là autour" et que nous appelons réalité.</p>

<p>3. Il y a un ordre, qui est la créature de quelque Etre supérieur dont nous dépendons, quoiqu'il soit lui-même tout à fait indépendant de nous. La <em>communication</em> avec cet Etre devient donc pour l'homme le but le plus important."</p>



<p>(Extrait de Paul Watzlawick, La réalité de la réalité, Paris, Editions du Seuil, 1978, traduction d'Edgar Roskis)</p>

<p>Admettons que la première réponse, plus fréquente qu'on l'imagine, soit délicate à exprimer.</p>

<p>La seconde réponse est celle des partisans du libre-arbitre, qui s'appuient sur l'indépendance de leurs choix et la maîtrise de leur destin. Je suis seul maître à bord face aux deux boîtes. Quoi qu'en pense l'Etre, je prends tout. Athées ou autres non croyants, environ 30% des joueurs.</p>

<p>La troisième réponse appartient à ceux qui estiment jouer au sein d'un système de causalités qui leur échappe et détermine leurs choix apparents. L'Etre, une fois de plus, a correctement prédit mon comportement, mieux vaut choisir le million de dollars de la seule boîte B. Croyants en une religion ou en d'autres systèmes au-delà de leur entendement, 70% des joueurs.</p>

<p>Bien sûr, c'est trop simple pour marcher à tous les coups. Et si ce n'était que le début de votre recherche sur <em>votre propre représentation</em> <em>de la réalité</em> ?</p></div>
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        <title>Living with happenchance as a leader ?</title>
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        <published>2008-06-11T14:59:16+02:00</published>
        <updated>2008-06-11T14:59:16+02:00</updated>
        <summary>How do we live with happenchance ? We want life to be ordered and fair. We plan hard but life is never predictable. Random events throw us off course. How can we use happenchance to advantage and not be thrown or destroyed by it ?
Successful leaders see happenchance as a releaser of enregy and not an unpredictable evil, says Peter Shaw.
Young leaders may start off with similar backgrounds and skills.  Happenchance will take them in different directions: a key learning is how they respond to happenchance.  The strongest swimmer will develop the capacity to go with the flow, stand up to the waves, avoid drowning, recognise the ebbs and flows, come up for air or, move to a different bay.

These capabilities apply to the aspirant leader just as readily as to the swimmer.


Go With the Flow

Going with the flow means the swimmer reaches their destination more quickly than their own arms will take them.  It means having a clear line of sight and modifying the trajectory to take account of the prevailing current.  It is recognising that sometimes you are in the right place at the right time and taking full advantage of those situations to allow your confidence to take you forward to the next place.

When you have champions it is aligning yourself with those champions and “following in their slipstream”.  Success when going with the flow is not about complacency, but investing in networks, colleagues and supporters so that a bank of goodwill is built up for the future.   Going with the flow is about being optimistic and seeing change as an opportunity and not a threat.  It might mean making your own luck by having the confidence to see positive opportunities where the water flows strongly in one direction.  It also means bringing a generosity of spirit and not trumpeting your own good fortune.

•	keep your champions
•	be at the right place at the right time
•	go with the opportunities
•	invest in supporters


Stand Up to the Waves

Sometimes it is just hard graft for the swimmer as they swim against the tide.  It is no fun and requires dogged endurance.  

Standing up to the waves is part of coping with happenchance.  There can be wave after wave of problem or criticism which appears relentless.  Part of coping comes from believing that the storm will not be for ever.  It is accepting that there will be a succession of pounding waves with repeated blows to the chest .  It may mean “rolling with the punches” for a while and drawing on stores of resilience.  

•	believe the storm will pass
•	hold on to your own self belief
•	accept that blows will keep coming for a while
•	be thankful for the resilience you have

Avoid Drowning

A wise swimmer will keep up a pattern of breathing and avoid unnecessary risks.  It is about not going out of your depth and having trusted friends along with you who will spot the signals if you begin to get out of control.  Avoiding drowning is about holding on to your values and the rhythms of life that keep you going.  It is about not being panicked even though the waves are getting stronger.  Success is about holding on to your strengths and using them in a focused way.  

•	be ready to cope with random events
•	be supported by trusted others
•	seek coaching so you are kept sharp and efficient
•	keep the rhythms of life that are most important to you


Recognise the Ebbs and Flows

The good swimmer will know about the ebbs and flows of the tide and will take account of the currents as they plan their swim.  Success as a leader is often about recognising the ebbs and flows.  Sometimes we are in the wrong place at the wrong time: success then is recognising that reality and moving on.  An individual can be hugely successful one year and be regarded as a failure the next year: they are same person bringing the same attributes, but fashions or moods change and reputations can rapidly fade.

Recognising the ebbs and flows is about accepting that life is not fair: you may have striven hard to reach one objective, but as you get close to that goal the wind has changed and you are on the wrong pathway.  Moving on involves accepting that you need to make a new start.  It is believing that even when the tide is against you, it will turn.  It is believing that cycles can be broken and all of a sudden there can be a breakthrough.

•	don’t believe that life will always be fair
•	accept that there will be moments when you will be in the wrong place at the wrong time 
•	be prepared to see failure as the start of the tide turning
•	accept that there can be new life when the tide turns


Come Up For Air

However strong the lungs,  an experienced swimmer needs to come up for air on a regular basis.  Sometimes we think that success in dealing with happenchance is about keeping our head down and using all our energy to keep on a pre-determined trajectory.  But breathing fresh air is crucial.  We need to be taking in new sources of energy and developing that lung power.  Training and development in both technical skills and in how to keep ourselves focused is central to success.  It is about persistence and continually seeking that necessary intake of oxygen.

•	accept that you need to continually come up for air
•	draw inspiration from living in parallel worlds so energy in one area can permeate other areas of life
•	keep embedding new learning
•	use a coach or mentor to help you keep a rhythm of breathing



Move to a Different Bay

Even the strongest swimmer may decide the time has come to move to a different bay.  The pounding of the waves and the strength of the tides may be a source of exhilaration or exhaustion: switching to a new place can be a recognition of reality and not a sign of weakness.

When external events have begun to erode a leader’s energy or credibility it may be right to say “enough is enough”.  Where relationships are broken it might not be worth the investment to repair them.  Sometimes it is accepting the reality that happenchance has dealt heavy blows.  It is time to reinvent yourself, to seek new sources of energy and to deploy your strengths in a new way in a new place, while being true to the values that are most important to you.  So often the result is the release of new vitality as the harshness of past waves are put behind you.  You walk tall again and the current begins to flow in your direction.  

•	be ready to move on
•	believe that however sapped you are that there can be new energy
•	allow yourself to be curious about what swimming in a new bay will be like
•	believe that consistency with your values will enable you to cope with major change


Happenchance: Friend or Foe

Allow yourself to see happenchance as sometimes the best of friends and on other occasions the worse of foes.  Don’t become too enchanted by the apparent warmth of friendship from happenchance, or too entrapped by the gloom that happenchance can bring.  Success comes through understanding happenchance for what it is, keeping a healthy detachment and knowing what values are most important to you.

Peter Shaw



Biography

Peter Shaw CB is a founding partner at Praesta Partners, a specialist coaching organisation and has held three Director General posts in Government.  He has written a sequence of influential leadership books including, “The Four Vs of Leadership: vision, values, value-added and vitality”, “Finding Your Future: the second time around”, and “Business Coaching: achieving practical results through effective engagement” (co-authored with Robin Linnecar).

Email: peter.shaw@praesta.com
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&lt;div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"&gt;&lt;p&gt;&lt;a onclick="window.open(this.href, '_blank', 'width=195,height=200,scrollbars=no,resizable=no,toolbar=no,directories=no,location=no,menubar=no,status=no,left=0,top=0'); return false" href="http://jlrichard.typepad.com/.shared/image.html?/photos/uncategorized/2008/06/10/p_shaw.jpg"&gt;&lt;strong&gt;&lt;img title="P_shaw" height="102" alt="P_shaw" src="http://jlrichard.typepad.com/questionsdedirigeant/images/2008/06/10/p_shaw.jpg" width="100" border="0" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 5px 5px 0px" /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;strong&gt;How do we live with happenchance ? We want life to be ordered and fair. We plan hard but life is never predictable. Random events throw us off course. How can we use happenchance to advantage and not be thrown or destroyed by it ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Successful leaders see happenchance as a releaser of energy and not an unpredictable evil, says Peter Shaw.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;Young leaders may start off with similar backgrounds and skills.&amp;nbsp; Happenchance will take them in different directions. A key learning is how they respond to happenchance.&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;The strongest swimmer will develop the capacity to go with the flow, stand up to the waves, avoid drowning, recognise the ebbs and flows, come up for air or, move to a different bay.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;These capabilities apply to the aspirant leader just as readily as to the swimmer.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;Go with the flow&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;Going with the flow means the swimmer reaches their destination more quickly than their own arms will take them.&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;It means having a clear line of sight and modifying the trajectory to take account of the prevailing current.&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;It is recognising that sometimes you are in the right place at the right time and taking full advantage of those situations to allow your confidence to take you forward to the next place.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;When you have champions it is aligning yourself with those champions and “following in their slipstream”.&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;Success when going with the flow is not about complacency, but investing in networks, colleagues and supporters so that a bank of goodwill is built up for the future.&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&lt;/span&gt;Going with the flow is about being optimistic and seeing change as an opportunity and not a threat.&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;It might mean making your own luck by having the confidence to see positive opportunities where the water flows strongly in one direction.&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;It also means bringing a generosity of spirit and not trumpeting your own good fortune.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;table class="MsoTableGrid" cellspacing="0" cellpadding="0" border="1" style="BORDER-RIGHT: medium none; BORDER-TOP: medium none; BORDER-LEFT: medium none; BORDER-BOTTOM: medium none; BORDER-COLLAPSE: collapse; mso-border-alt: solid windowtext .5pt; mso-yfti-tbllook: 480; mso-padding-alt: 0cm 5.4pt 0cm 5.4pt"&gt;&lt;tbody&gt;&lt;tr style="mso-yfti-irow: 0; mso-yfti-firstrow: yes"&gt;&lt;td valign="top" width="314" style="BORDER-RIGHT: windowtext 1pt solid; PADDING-RIGHT: 5.4pt; BORDER-TOP: windowtext 1pt solid; PADDING-LEFT: 5.4pt; PADDING-BOTTOM: 0cm; BORDER-LEFT: windowtext 1pt solid; WIDTH: 235.4pt; PADDING-TOP: 0cm; BORDER-BOTTOM: #d4d0c8; BACKGROUND-COLOR: transparent; mso-border-top-alt: solid windowtext .5pt; mso-border-left-alt: solid windowtext .5pt; mso-border-right-alt: solid windowtext .5pt"&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 21.25pt; TEXT-INDENT: -21.25pt; LINE-HEIGHT: 150%; mso-list: l3 level1 lfo5; tab-stops: list 21.25pt"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: Symbol; mso-bidi-font-family: Symbol; mso-fareast-font-family: Symbol"&gt;&lt;span style="mso-list: Ignore"&gt;·&lt;span style="FONT: 7pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;"&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;keep your champions&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;

&lt;tr style="mso-yfti-irow: 1"&gt;&lt;td valign="top" width="314" style="BORDER-RIGHT: windowtext 1pt solid; PADDING-RIGHT: 5.4pt; BORDER-TOP: #d4d0c8; PADDING-LEFT: 5.4pt; PADDING-BOTTOM: 0cm; BORDER-LEFT: windowtext 1pt solid; WIDTH: 235.4pt; PADDING-TOP: 0cm; BORDER-BOTTOM: #d4d0c8; BACKGROUND-COLOR: transparent; mso-border-left-alt: solid windowtext .5pt; mso-border-right-alt: solid windowtext .5pt"&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 21.25pt; TEXT-INDENT: -21.25pt; LINE-HEIGHT: 150%; mso-list: l3 level1 lfo5; tab-stops: list 21.25pt"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: Symbol; mso-bidi-font-family: Symbol; mso-fareast-font-family: Symbol"&gt;&lt;span style="mso-list: Ignore"&gt;·&lt;span style="FONT: 7pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;"&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;be at the right place at the right time&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;

&lt;tr style="mso-yfti-irow: 2"&gt;&lt;td valign="top" width="314" style="BORDER-RIGHT: windowtext 1pt solid; PADDING-RIGHT: 5.4pt; BORDER-TOP: #d4d0c8; PADDING-LEFT: 5.4pt; PADDING-BOTTOM: 0cm; BORDER-LEFT: windowtext 1pt solid; WIDTH: 235.4pt; PADDING-TOP: 0cm; BORDER-BOTTOM: #d4d0c8; BACKGROUND-COLOR: transparent; mso-border-left-alt: solid windowtext .5pt; mso-border-right-alt: solid windowtext .5pt"&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 21.25pt; TEXT-INDENT: -21.25pt; LINE-HEIGHT: 150%; mso-list: l3 level1 lfo5; tab-stops: list 21.25pt"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: Symbol; mso-bidi-font-family: Symbol; mso-fareast-font-family: Symbol"&gt;&lt;span style="mso-list: Ignore"&gt;·&lt;span style="FONT: 7pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;"&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;go with the opportunities&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;

&lt;tr style="mso-yfti-irow: 3; mso-yfti-lastrow: yes"&gt;&lt;td valign="top" width="314" style="BORDER-RIGHT: windowtext 1pt solid; PADDING-RIGHT: 5.4pt; BORDER-TOP: #d4d0c8; PADDING-LEFT: 5.4pt; PADDING-BOTTOM: 0cm; BORDER-LEFT: windowtext 1pt solid; WIDTH: 235.4pt; PADDING-TOP: 0cm; BORDER-BOTTOM: windowtext 1pt solid; BACKGROUND-COLOR: transparent; mso-border-left-alt: solid windowtext .5pt; mso-border-right-alt: solid windowtext .5pt; mso-border-bottom-alt: solid windowtext .5pt"&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 21.25pt; TEXT-INDENT: -21.25pt; LINE-HEIGHT: 150%; mso-list: l3 level1 lfo5; tab-stops: list 21.25pt"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: Symbol; mso-bidi-font-family: Symbol; mso-fareast-font-family: Symbol"&gt;&lt;span style="mso-list: Ignore"&gt;·&lt;span style="FONT: 7pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;"&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;invest in supporters&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;Stand up to the waves&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;Sometimes it is just hard graft for the swimmer as they swim against the tide.&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;It is no fun and requires dogged endurance.&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;Standing up to the waves is part of coping with happenchance.&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;There can be wave after wave of problem or criticism which appears relentless.&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;Part of coping comes from believing that the storm will not be for ever.&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;It is accepting that there will be a succession of pounding waves with repeated blows to the chest .&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;It may mean “rolling with the punches” for a while and drawing on stores of resilience.&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;table class="MsoTableGrid" cellspacing="0" cellpadding="0" border="1" style="BORDER-RIGHT: medium none; BORDER-TOP: medium none; BORDER-LEFT: medium none; BORDER-BOTTOM: medium none; BORDER-COLLAPSE: collapse; mso-border-alt: solid windowtext .5pt; mso-yfti-tbllook: 480; mso-padding-alt: 0cm 5.4pt 0cm 5.4pt"&gt;&lt;tbody&gt;&lt;tr style="mso-yfti-irow: 0; mso-yfti-firstrow: yes"&gt;&lt;td valign="top" width="367" style="BORDER-RIGHT: windowtext 1pt solid; PADDING-RIGHT: 5.4pt; BORDER-TOP: windowtext 1pt solid; PADDING-LEFT: 5.4pt; PADDING-BOTTOM: 0cm; BORDER-LEFT: windowtext 1pt solid; WIDTH: 275.4pt; PADDING-TOP: 0cm; BORDER-BOTTOM: #d4d0c8; BACKGROUND-COLOR: transparent; mso-border-top-alt: solid windowtext .5pt; mso-border-left-alt: solid windowtext .5pt; mso-border-right-alt: solid windowtext .5pt"&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 21.25pt; TEXT-INDENT: -21.25pt; LINE-HEIGHT: 150%; mso-list: l2 level1 lfo6; tab-stops: list 21.25pt"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: Symbol; mso-bidi-font-family: Symbol; mso-fareast-font-family: Symbol"&gt;&lt;span style="mso-list: Ignore"&gt;·&lt;span style="FONT: 7pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;"&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;believe the storm will pass&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;

&lt;tr style="mso-yfti-irow: 1"&gt;&lt;td valign="top" width="367" style="BORDER-RIGHT: windowtext 1pt solid; PADDING-RIGHT: 5.4pt; BORDER-TOP: #d4d0c8; PADDING-LEFT: 5.4pt; PADDING-BOTTOM: 0cm; BORDER-LEFT: windowtext 1pt solid; WIDTH: 275.4pt; PADDING-TOP: 0cm; BORDER-BOTTOM: #d4d0c8; BACKGROUND-COLOR: transparent; mso-border-left-alt: solid windowtext .5pt; mso-border-right-alt: solid windowtext .5pt"&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 21.25pt; TEXT-INDENT: -21.25pt; LINE-HEIGHT: 150%; mso-list: l2 level1 lfo6; tab-stops: list 21.25pt"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: Symbol; mso-bidi-font-family: Symbol; mso-fareast-font-family: Symbol"&gt;&lt;span style="mso-list: Ignore"&gt;·&lt;span style="FONT: 7pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;"&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;hold on to your own self belief&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;

&lt;tr style="mso-yfti-irow: 2"&gt;&lt;td valign="top" width="367" style="BORDER-RIGHT: windowtext 1pt solid; PADDING-RIGHT: 5.4pt; BORDER-TOP: #d4d0c8; PADDING-LEFT: 5.4pt; PADDING-BOTTOM: 0cm; BORDER-LEFT: windowtext 1pt solid; WIDTH: 275.4pt; PADDING-TOP: 0cm; BORDER-BOTTOM: #d4d0c8; BACKGROUND-COLOR: transparent; mso-border-left-alt: solid windowtext .5pt; mso-border-right-alt: solid windowtext .5pt"&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 21.25pt; TEXT-INDENT: -21.25pt; LINE-HEIGHT: 150%; mso-list: l2 level1 lfo6; tab-stops: list 21.25pt"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: Symbol; mso-bidi-font-family: Symbol; mso-fareast-font-family: Symbol"&gt;&lt;span style="mso-list: Ignore"&gt;·&lt;span style="FONT: 7pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;"&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;accept that blows will keep coming for a while&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;

&lt;tr style="mso-yfti-irow: 3; mso-yfti-lastrow: yes"&gt;&lt;td valign="top" width="367" style="BORDER-RIGHT: windowtext 1pt solid; PADDING-RIGHT: 5.4pt; BORDER-TOP: #d4d0c8; PADDING-LEFT: 5.4pt; PADDING-BOTTOM: 0cm; BORDER-LEFT: windowtext 1pt solid; WIDTH: 275.4pt; PADDING-TOP: 0cm; BORDER-BOTTOM: windowtext 1pt solid; BACKGROUND-COLOR: transparent; mso-border-left-alt: solid windowtext .5pt; mso-border-right-alt: solid windowtext .5pt; mso-border-bottom-alt: solid windowtext .5pt"&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 21.25pt; TEXT-INDENT: -21.25pt; LINE-HEIGHT: 150%; mso-list: l2 level1 lfo6; tab-stops: list 21.25pt"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: Symbol; mso-bidi-font-family: Symbol; mso-fareast-font-family: Symbol"&gt;&lt;span style="mso-list: Ignore"&gt;·&lt;span style="FONT: 7pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;"&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;be thankful for the resilience you have&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;Avoid drowning&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;A wise swimmer will keep up a pattern of breathing and avoid unnecessary risks.&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;It is about not going out of your depth and having trusted friends along with you who will spot the signals if you begin to get out of control.&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;Avoiding drowning is about holding on to your values and the rhythms of life that keep you going.&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;It is about not being panicked even though the waves are getting stronger.&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;Success is about holding on to your strengths and using them in a focused way.&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;table class="MsoTableGrid" cellspacing="0" cellpadding="0" border="1" style="BORDER-RIGHT: medium none; BORDER-TOP: medium none; BORDER-LEFT: medium none; BORDER-BOTTOM: medium none; BORDER-COLLAPSE: collapse; mso-border-alt: solid windowtext .5pt; mso-yfti-tbllook: 480; mso-padding-alt: 0cm 5.4pt 0cm 5.4pt; mso-border-insideh: .5pt solid windowtext; mso-border-insidev: .5pt solid windowtext"&gt;&lt;tbody&gt;&lt;tr style="mso-yfti-irow: 0; mso-yfti-firstrow: yes; mso-yfti-lastrow: yes"&gt;&lt;td valign="top" width="461" style="BORDER-RIGHT: windowtext 1pt solid; PADDING-RIGHT: 5.4pt; BORDER-TOP: windowtext 1pt solid; PADDING-LEFT: 5.4pt; PADDING-BOTTOM: 0cm; BORDER-LEFT: windowtext 1pt solid; WIDTH: 345.4pt; PADDING-TOP: 0cm; BORDER-BOTTOM: windowtext 1pt solid; BACKGROUND-COLOR: transparent; mso-border-alt: solid windowtext .5pt"&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 21.25pt; TEXT-INDENT: -21.25pt; LINE-HEIGHT: 150%; mso-list: l1 level1 lfo1; tab-stops: list 21.25pt"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: Symbol; mso-bidi-font-family: Symbol; mso-fareast-font-family: Symbol"&gt;&lt;span style="mso-list: Ignore"&gt;·&lt;span style="FONT: 7pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;"&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;be ready to cope with random events&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 21.25pt; TEXT-INDENT: -21.25pt; LINE-HEIGHT: 150%; mso-list: l1 level1 lfo1; tab-stops: list 21.25pt"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: Symbol; mso-bidi-font-family: Symbol; mso-fareast-font-family: Symbol"&gt;&lt;span style="mso-list: Ignore"&gt;·&lt;span style="FONT: 7pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;"&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;be supported by trusted others&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 21.25pt; TEXT-INDENT: -21.25pt; LINE-HEIGHT: 150%; mso-list: l1 level1 lfo1; tab-stops: list 21.25pt"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: Symbol; mso-bidi-font-family: Symbol; mso-fareast-font-family: Symbol"&gt;&lt;span style="mso-list: Ignore"&gt;·&lt;span style="FONT: 7pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;"&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;seek coaching so you are kept sharp and efficient&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 21.25pt; TEXT-INDENT: -21.25pt; LINE-HEIGHT: 150%; mso-list: l1 level1 lfo1; tab-stops: list 21.25pt"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: Symbol; mso-bidi-font-family: Symbol; mso-fareast-font-family: Symbol"&gt;&lt;span style="mso-list: Ignore"&gt;·&lt;span style="FONT: 7pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;"&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;keep the rhythms of life that are most important to you&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;Recognise the ebbs and flows&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;The good swimmer will know about the ebbs and flows of the tide and will take account of the currents as they plan their swim.&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;Success as a leader is often about recognising the ebbs and flows.&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;Sometimes we are in the wrong place at the wrong time: success then is recognising that reality and moving on.&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;An individual can be hugely successful one year and be regarded as a failure the next year: they are same person bringing the same attributes, but fashions or moods change and reputations can rapidly fade.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;Recognising the ebbs and flows is about accepting that life is not fair: you may have striven hard to reach one objective, but as you get close to that goal the wind has changed and you are on the wrong pathway.&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;Moving on involves accepting that you need to make a new start.&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;It is believing that even when the tide is against you, it will turn.&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;It is believing that cycles can be broken and all of a sudden there can be a breakthrough.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;table class="MsoTableGrid" cellspacing="0" cellpadding="0" border="1" style="BORDER-RIGHT: medium none; BORDER-TOP: medium none; BORDER-LEFT: medium none; BORDER-BOTTOM: medium none; BORDER-COLLAPSE: collapse; mso-border-alt: solid windowtext .5pt; mso-yfti-tbllook: 480; mso-padding-alt: 0cm 5.4pt 0cm 5.4pt; mso-border-insideh: .5pt solid windowtext; mso-border-insidev: .5pt solid windowtext"&gt;&lt;tbody&gt;&lt;tr style="mso-yfti-irow: 0; mso-yfti-firstrow: yes; mso-yfti-lastrow: yes"&gt;&lt;td valign="top" width="581" style="BORDER-RIGHT: windowtext 1pt solid; PADDING-RIGHT: 5.4pt; BORDER-TOP: windowtext 1pt solid; PADDING-LEFT: 5.4pt; PADDING-BOTTOM: 0cm; BORDER-LEFT: windowtext 1pt solid; WIDTH: 435.4pt; PADDING-TOP: 0cm; BORDER-BOTTOM: windowtext 1pt solid; BACKGROUND-COLOR: transparent; mso-border-alt: solid windowtext .5pt"&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 21.25pt; TEXT-INDENT: -21.25pt; LINE-HEIGHT: 150%; mso-list: l0 level1 lfo2; tab-stops: list 21.25pt"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: Symbol; mso-bidi-font-family: Symbol; mso-fareast-font-family: Symbol"&gt;&lt;span style="mso-list: Ignore"&gt;·&lt;span style="FONT: 7pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;"&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;don’t believe that life will always be fair&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 21.25pt; TEXT-INDENT: -21.25pt; LINE-HEIGHT: 150%; mso-list: l0 level1 lfo2; tab-stops: list 21.25pt"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: Symbol; mso-bidi-font-family: Symbol; mso-fareast-font-family: Symbol"&gt;&lt;span style="mso-list: Ignore"&gt;·&lt;span style="FONT: 7pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;"&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;accept that there will be moments when you will be in the wrong place at the wrong time &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 21.25pt; TEXT-INDENT: -21.25pt; LINE-HEIGHT: 150%; mso-list: l0 level1 lfo2; tab-stops: list 21.25pt"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: Symbol; mso-bidi-font-family: Symbol; mso-fareast-font-family: Symbol"&gt;&lt;span style="mso-list: Ignore"&gt;·&lt;span style="FONT: 7pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;"&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;be prepared to see failure as the start of the tide turning&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 21.25pt; TEXT-INDENT: -21.25pt; LINE-HEIGHT: 150%; mso-list: l0 level1 lfo2; tab-stops: list 21.25pt"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: Symbol; mso-bidi-font-family: Symbol; mso-fareast-font-family: Symbol"&gt;&lt;span style="mso-list: Ignore"&gt;·&lt;span style="FONT: 7pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;"&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;accept that there can be new life when the tide turns&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;Come up for air&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;However strong the lungs,&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;an experienced swimmer needs to come up for air on a regular basis.&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;Sometimes we think that success in dealing with happenchance is about keeping our head down and using all our energy to keep on a pre-determined trajectory.&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;But breathing fresh air is crucial. We need to be taking in new sources of energy and developing that lung power.&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;Training and development in both technical skills and in how to keep ourselves focused is central to success.&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;It is about persistence and continually seeking that necessary intake of oxygen.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;table class="MsoTableGrid" cellspacing="0" cellpadding="0" border="1" style="BORDER-RIGHT: medium none; BORDER-TOP: medium none; BORDER-LEFT: medium none; BORDER-BOTTOM: medium none; BORDER-COLLAPSE: collapse; mso-border-alt: solid windowtext .5pt; mso-yfti-tbllook: 480; mso-padding-alt: 0cm 5.4pt 0cm 5.4pt; mso-border-insideh: .5pt solid windowtext; mso-border-insidev: .5pt solid windowtext"&gt;&lt;tbody&gt;&lt;tr style="mso-yfti-irow: 0; mso-yfti-firstrow: yes; mso-yfti-lastrow: yes"&gt;&lt;td valign="top" width="591" style="BORDER-RIGHT: windowtext 1pt solid; PADDING-RIGHT: 5.4pt; BORDER-TOP: windowtext 1pt solid; PADDING-LEFT: 5.4pt; PADDING-BOTTOM: 0cm; BORDER-LEFT: windowtext 1pt solid; WIDTH: 443.1pt; PADDING-TOP: 0cm; BORDER-BOTTOM: windowtext 1pt solid; BACKGROUND-COLOR: transparent; mso-border-alt: solid windowtext .5pt"&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 21.25pt; TEXT-INDENT: -21.25pt; LINE-HEIGHT: 150%; mso-list: l4 level1 lfo3; tab-stops: list 21.25pt"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: Symbol; mso-bidi-font-family: Symbol; mso-fareast-font-family: Symbol"&gt;&lt;span style="mso-list: Ignore"&gt;·&lt;span style="FONT: 7pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;"&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;accept that you need to continually come up for air&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 21.25pt; TEXT-INDENT: -21.25pt; LINE-HEIGHT: 150%; mso-list: l4 level1 lfo3; tab-stops: list 21.25pt"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: Symbol; mso-bidi-font-family: Symbol; mso-fareast-font-family: Symbol"&gt;&lt;span style="mso-list: Ignore"&gt;·&lt;span style="FONT: 7pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;"&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;draw inspiration from living in parallel worlds so energy in one area can permeate other areas of life&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 21.25pt; TEXT-INDENT: -21.25pt; LINE-HEIGHT: 150%; mso-list: l4 level1 lfo3; tab-stops: list 21.25pt"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: Symbol; mso-bidi-font-family: Symbol; mso-fareast-font-family: Symbol"&gt;&lt;span style="mso-list: Ignore"&gt;·&lt;span style="FONT: 7pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;"&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;keep embedding new learning&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 21.25pt; TEXT-INDENT: -21.25pt; LINE-HEIGHT: 150%; mso-list: l4 level1 lfo3; tab-stops: list 21.25pt"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: Symbol; mso-bidi-font-family: Symbol; mso-fareast-font-family: Symbol"&gt;&lt;span style="mso-list: Ignore"&gt;·&lt;span style="FONT: 7pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;"&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;use a coach or mentor to help you keep a rhythm of breathing&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;Move to a different bay&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;Even the strongest swimmer may decide the time has come to move to a different bay.&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;The pounding of the waves and the strength of the tides may be a source of exhilaration or exhaustion: switching to a new place can be a recognition of reality and not a sign of weakness.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;When external events have begun to erode a leader’s energy or credibility it may be right to say “enough is enough”.&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;Where relationships are broken it might not be worth the investment to repair them.&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;Sometimes it is accepting the reality that happenchance has dealt heavy blows.&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;It is time to reinvent yourself, to seek new sources of energy and to deploy your strengths in a new way in a new place, while being true to the values that are most important to you.&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;So often the result is the release of new vitality as the harshness of past waves are put behind you.&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;You walk tall again and the current begins to flow in your direction.&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;table class="MsoTableGrid" cellspacing="0" cellpadding="0" border="1" style="BORDER-RIGHT: medium none; BORDER-TOP: medium none; BORDER-LEFT: medium none; BORDER-BOTTOM: medium none; BORDER-COLLAPSE: collapse; mso-border-alt: solid windowtext .5pt; mso-yfti-tbllook: 480; mso-padding-alt: 0cm 5.4pt 0cm 5.4pt; mso-border-insideh: .5pt solid windowtext; mso-border-insidev: .5pt solid windowtext"&gt;&lt;tbody&gt;&lt;tr style="mso-yfti-irow: 0; mso-yfti-firstrow: yes; mso-yfti-lastrow: yes"&gt;&lt;td valign="top" width="591" style="BORDER-RIGHT: windowtext 1pt solid; PADDING-RIGHT: 5.4pt; BORDER-TOP: windowtext 1pt solid; PADDING-LEFT: 5.4pt; PADDING-BOTTOM: 0cm; BORDER-LEFT: windowtext 1pt solid; WIDTH: 443.1pt; PADDING-TOP: 0cm; BORDER-BOTTOM: windowtext 1pt solid; BACKGROUND-COLOR: transparent; mso-border-alt: solid windowtext .5pt"&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 21.25pt; TEXT-INDENT: -21.25pt; LINE-HEIGHT: 150%; mso-list: l5 level1 lfo4; tab-stops: list 21.25pt"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: Symbol; mso-bidi-font-family: Symbol; mso-fareast-font-family: Symbol"&gt;&lt;span style="mso-list: Ignore"&gt;·&lt;span style="FONT: 7pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;"&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;be ready to move on&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 21.25pt; TEXT-INDENT: -21.25pt; LINE-HEIGHT: 150%; mso-list: l5 level1 lfo4; tab-stops: list 21.25pt"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: Symbol; mso-bidi-font-family: Symbol; mso-fareast-font-family: Symbol"&gt;&lt;span style="mso-list: Ignore"&gt;·&lt;span style="FONT: 7pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;"&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;believe that however sapped you are that there can be new energy&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 21.25pt; TEXT-INDENT: -21.25pt; LINE-HEIGHT: 150%; mso-list: l5 level1 lfo4; tab-stops: list 21.25pt"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: Symbol; mso-bidi-font-family: Symbol; mso-fareast-font-family: Symbol"&gt;&lt;span style="mso-list: Ignore"&gt;·&lt;span style="FONT: 7pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;"&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;allow yourself to be curious about what swimming in a new bay will be like&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 21.25pt; TEXT-INDENT: -21.25pt; LINE-HEIGHT: 150%; mso-list: l5 level1 lfo4; tab-stops: list 21.25pt"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: Symbol; mso-bidi-font-family: Symbol; mso-fareast-font-family: Symbol"&gt;&lt;span style="mso-list: Ignore"&gt;·&lt;span style="FONT: 7pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;"&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;believe that consistency with your values will enable you to cope with major change&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

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&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;Allow yourself to see happenchance as sometimes the best of friends and on other occasions the worse of foes.&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;Don’t become too enchanted by the apparent warmth of friendship from happenchance, or too entrapped by the gloom that happenchance can bring.&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;Success comes through understanding happenchance for what it is, keeping a healthy detachment and knowing what values are most important to you.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

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&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;u&gt;&lt;/u&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;u&gt;&lt;/u&gt;&lt;/p&gt;

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&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-SIZE: 10pt; LINE-HEIGHT: 150%; FONT-FAMILY: 'Trebuchet MS'; mso-bidi-font-family: Arial"&gt;This article was printed in Public Service Magazine, April 2008.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;Peter Shaw CB is a founding partner at Praesta Partners, a specialist coaching organisation and has held three Director General posts in Government.&lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;He has written a sequence of influential leadership books including, “The Four Vs of Leadership: vision, values, value-added and vitality”, “Finding Your Future: the second time around”, and “Business Coaching: achieving practical results through effective engagement” (co-authored with Robin Linnecar).&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; LINE-HEIGHT: 150%"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt"&gt;&lt;span lang="EN-GB" style="FONT-FAMILY: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;"&gt;Email: &lt;a href="mailto:peter.shaw@praesta.com"&gt;peter.shaw@praesta.com&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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        <title>Serez-vous un directeur financier hors normes ?</title>
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        <published>2008-05-08T16:03:27+02:00</published>
        <updated>2008-05-08T16:03:27+02:00</updated>
        <summary>Jacques avait entendu parler de ce mystérieux colis que recevait chaque nouveau directeur financier. L'envoi provenait du bureau du président. Il déchira l'emballage. Une matriochka de bois coloré le dévisageait. Il l'ouvrit par le milieu. Une seconde poupée gigogne apparut, puis une troisième.

Jacques songeait à une mauvaise blague lorsqu'une lettre glissa de la dernière poupée. Quelques lignes de la main du patron : "Félicitations Jacques. Tu as fait une partie du chemin. Ce qu'il te reste à parcourir est bien plus difficile. Que la plus haute de ces poupées te rappelle à l'exigence de loyauté qu'impose ta connaissance de nos secrets. Que la seconde t'inspire ta place : numéro 2, soutien en toutes circonstances du patron de ta filiale. Que ton humilité soit à l'image de la plus petite. Tu es un parmi tous et ton devoir est de former des collaborateurs plus grands que toi. Tu es l'âme de notre groupe."

Les directeurs financiers qui excellent en 2008 sont-ils si différents ?

Les champions se lèvent à la même heure

Parmi des milliers de bons directeurs financiers, quelques-uns se détachent par leurs performances hors normes. Qu'est-ce qui différencie ces champions ? Ce ne sont pas leurs qualités objectives. Les directeurs financiers les plus performants sont très qualifiés. Leurs compétences sont bâties sur de solides pratiques. Leur intelligence est brillante. Ils travaillent dur et sont engagés à 100% au service de leur compagnie. Ils sont équivalents sur tous ces critères aux bons directeurs financiers.

Un directeur financier qui fait déjà bien son métier n'a aucune chance de devenir un champion en s'engageant plus, en élargissant ses compétences ou en travaillant davantage.

Comment se comporte le directeur financier "ressource" ?

Les directeurs financiers hors normes savent qu'en tant que n°2 de leur société ils assument de grandes responsabilités, et ils sont conscients de les assumer très différemment de leur patron direct.

Le directeur financier d'exception ne se contente pas de bien servir son N+1 et de bien manager ses troupes. Il a le privilège d'établir avec chacun des autres cadres dirigeants de son entité des liens très productifs : les rapports de pouvoir s'y estompent, au profit d'un échange ouvert dans l'intérêt commun. Très peu de directeurs financiers vivent ces rapports avec le dosage d'engagement, d'humanité et de recul approprié.

C'est aussi dans la gestion des secrets et des non-dits que se distinguent les meilleurs : à eux, tout peut être confié, y compris l'inconcevable. Leur capacité à porter le poids de ce qui fait l'épaisseur et la richesse de leur entreprise est forgée au fil de leur expérience. C'est en ce sens qu'un grand directeur financier est, plus que son n°1, l'âme de l'entreprise.

Les champions sont enfin plus tournés vers le collectif que vers eux-mêmes. Ils sont peu sensibles à la recherche de leurs propres intérêts et leur fonction n'est pas leur instrument de pouvoir. Ils visent rarement la position de n°1, ce qui peut les y préparer. Ils ont à coeur de faire grandir leurs collègues et collaborateurs et trouvent leur plaisir dans la réussite collective.

Le terme de directeur financier "ressource" peut être employé pour caractériser ce comportement de dirigeant responsable, et aussi d'homme ou de femme d'écoute et de solidarité, hors de la course au pouvoir et aux intérêts particuliers.

Les entreprises dotées d'une telle clé de voute se repèrent aisément, tant leurs performances en sont facilitées.

Charger la barque n'avance à rien

Comment devenir directeur financier "ressource" ?

Puisque la différence tient, à compétences égales, aux comportements et à la manière d'être, on pourrait croire qu'il suffit de s'analyser puis de décider d'axes de progrès. L'expérience montre qu'il ne faut pas attendre grand-chose de cette démarche. Les comportements au travail sont le résultat d'équilibres personnels profonds et anciens. Il est heureux que ces équilibres soient étanches aux recommandations extérieures et aux bonnes résolutions.

Par exemple, lorsqu'un directeur financier est limité dans la richesse de ses rapports avec ses collègues, et tenté de se défendre derrière une image dure, le lui dire et lui demander de "changer" sa façon d'être va charger sa barque qui était déjà peu manoeuvrable, et l'enfermer un peu plus dans la répétition.

Toute personne soumise à une tension ou une contrainte extérieure cherche d'abord à s'en protéger pour ne rien changer. Si cette tension persiste ou s'accroît, la défense augmente, jusqu'à paralyser les mécanismes internes d'apprentissage et d'évolution. C'est la crampe du sportif, appliquée au psychisme.

Cela explique qu'en situation exigeante, nous nous cantonnions à un plus petit nombre de comportements anciens et bien maîtrisés, au lieu d'explorer de nouvelles options. C'est d'autant plus dommage que, contrairement à un préjugé courant, ce sont les cadres les plus performants qui ont le plus de potentiel de progrès à exploiter. S'ils sont performants, c'est qu'ils ont déjà commencé à mobiliser les ressources illimitées de leur personnalité, au lieu de se contenter de leurs compétences. Il leur suffit de passer les seuils suivants pour continuer sur cette voie.

Si conseiller ou contraindre aboutit à l'effet inverse, que font les directeurs financiers qui se détachent du lot ?

Travailler sur soi permet de se transformer

Nous passons tous par des étapes d'évolution, au cours desquelles nous revisitons, dans le secret de notre intimité, nos façons de ressentir et d'agir.

C'est de cela qu'il s'agit, appliqué à la sphère professionnelle.

Les meilleurs directeurs financiers ont travaillé sur eux-mêmes pour se transformer face à leurs enjeux professionnels. Parfois sans s'en apercevoir, en mûrissant au fil des années et, de nos jours dans un tiers des cas, en prenant en main leur développement avec un coach professionnel.

La relation au coach apporte le lieu de travail confidentiel et le lien de confiance qui permettent au dirigeant déjà bon de s'interroger pour travailler différemment. Le coaching de performance se pratique sur une durée de six, neuf ou douze mois. Les objectifs et les coûts sont fixés dans le cadre d'un contrat tripartite avec l'entreprise cliente.

Le ou la bénéficiaire du coaching dispose d'une accès illimité à son coach, par sessions de travail d'une heure et demie à deux heures, planifiées à son choix, en moyenne toutes les deux semaines. Peu importe la fréquence, pourvu qu'elle soit choisie, puisque c'est la focalisation du travail sur soi du cadre qui, d'une session à la suivante, agit.

L'entreprise cliente gagne sur deux tableaux : elle obtient les résultats visés et elle économise les conséquences des erreurs qui auraient fait évoluer la personnalité de son directeur financier.

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            <name>jlrichard</name>
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<p><strong>Jacques songeait à une mauvaise blague lorsqu'une lettre glissa de la dernière poupée. Quelques lignes de la main du patron : "Félicitations Jacques. Tu as fait une partie du chemin. Ce qu'il te reste à parcourir est bien plus difficile. Que la plus haute de ces poupées te rappelle à l'exigence de loyauté qu'impose ta connaissance de nos secrets. Que la seconde t'inspire ta place : numéro 2, soutien en toutes circonstances du patron de ta filiale. Que ton humilité soit à l'image de la plus petite. Tu es un parmi tous et ton devoir est de former des collaborateurs plus grands que toi. Tu es l'âme de notre groupe."</strong></p>

<p><strong>Les directeurs financiers qui excellent en 2008 sont-ils si différents ?</strong></p><p><em>(Cet article publié en avril 2008 est reproduit avec l'autorisation de la revue Echanges de la DFCG. Cliquer <a href="http://www.dfcg.com/desktopdefault.aspx?tabid=59&amp;num_edition=253">ici</a> pour consulter ce numéro consacré à l'éthique du manager financier et télécharger l'article d'origine avec ses deux annexes)</em></p>

<p><strong>Les champions se lèvent à la même heure</strong></p>

<p>Parmi des milliers de bons directeurs financiers, quelques-uns se détachent par leurs performances hors normes. Qu'est-ce qui différencie ces champions ? Ce ne sont pas leurs qualités objectives. Les directeurs financiers les plus performants sont très qualifiés. Leurs compétences sont bâties sur de solides pratiques. Leur intelligence est brillante. Ils travaillent dur et sont engagés à 100% au service de leur compagnie. Ils sont équivalents sur tous ces critères aux bons directeurs financiers.</p>

<p>Un directeur financier qui fait déjà bien son métier n'a aucune chance de devenir un champion en s'engageant plus, en élargissant ses compétences ou en travaillant davantage.</p>

<p><strong>Comment se comporte le directeur financier "ressource" ?</strong></p>

<p>Les directeurs financiers hors normes savent qu'en tant que n°2 de leur société ils assument de grandes responsabilités, et ils sont conscients de les assumer très différemment de leur patron direct.</p>

<p>Le directeur financier d'exception ne se contente pas de bien servir son N+1 et de bien manager ses troupes. Il a le privilège d'établir avec chacun des autres cadres dirigeants de son entité des liens très productifs : les rapports de pouvoir s'y estompent, au profit d'un échange ouvert dans l'intérêt commun. Très peu de directeurs financiers vivent ces rapports avec le dosage d'engagement, d'humanité et de recul approprié.</p>

<p>C'est aussi dans la gestion des secrets et des non-dits que se distinguent les meilleurs : à eux, tout peut être confié, y compris l'inconcevable. Leur capacité à porter le poids de ce qui fait l'épaisseur et la richesse de leur entreprise est forgée au fil de leur expérience. <em>C'est en ce sens qu'un grand directeur financier est, plus que son n°1, l'âme de l'entreprise.</em></p>

<p>Les champions sont enfin plus tournés vers le collectif que vers eux-mêmes. Ils sont peu sensibles à la recherche de leurs propres intérêts et leur fonction n'est pas leur instrument de pouvoir. Ils visent rarement la position de n°1, ce qui peut les y préparer. Ils ont à coeur de faire grandir leurs collègues et collaborateurs et trouvent leur plaisir dans la réussite collective.</p>

<p>Le terme de directeur financier "ressource" peut être employé pour caractériser ce comportement de dirigeant responsable, et aussi d'homme ou de femme d'écoute et de solidarité, hors de la course au pouvoir et aux intérêts particuliers.</p>

<p>Les entreprises dotées d'une telle clé de voute se repèrent aisément, tant leurs performances en sont facilitées.</p>

<p><strong>Charger la barque n'avance à rien</strong></p>

<p>Comment devenir directeur financier "ressource" ?</p>

<p>Puisque la différence tient, à compétences égales, aux comportements et à la manière d'être, on pourrait croire qu'il suffit de s'analyser puis de décider d'axes de progrès. L'expérience montre qu'il ne faut pas attendre grand-chose de cette démarche. Les comportements au travail sont le résultat d'équilibres personnels profonds et anciens. Il est heureux que ces équilibres soient étanches aux recommandations extérieures et aux bonnes résolutions.</p>

<p>Par exemple, lorsqu'un directeur financier est limité dans la richesse de ses rapports avec ses collègues, et tenté de se défendre derrière une image dure, le lui dire et lui demander de "changer" sa façon d'être va charger sa barque qui était déjà peu manoeuvrable, et l'enfermer un peu plus dans la répétition.</p>

<p>Toute personne soumise à une tension ou une contrainte extérieure cherche d'abord à s'en protéger pour ne rien changer. Si cette tension persiste ou s'accroît, la défense augmente, jusqu'à paralyser les mécanismes internes d'apprentissage et d'évolution. C'est la crampe du sportif, appliquée au psychisme.</p>

<p>Cela explique qu'en situation exigeante nous nous cantonnions à un plus petit nombre de comportements anciens et bien maîtrisés, au lieu d'explorer de nouvelles options. C'est d'autant plus dommage que, contrairement à un préjugé courant, ce sont les cadres les plus performants qui ont le plus de potentiel de progrès à exploiter. S'ils sont performants, c'est qu'ils ont déjà commencé à mobiliser les ressources illimitées de leur personnalité, au lieu de se contenter de leurs compétences. Il leur suffit de passer les seuils suivants pour continuer sur cette voie.</p>

<p>Si conseiller ou contraindre aboutit à l'effet inverse, que font les directeurs financiers qui se détachent du lot ?</p>

<p><strong>Travailler sur soi permet de se transformer</strong></p>

<p>Nous passons tous par des étapes d'évolution au cours desquelles nous revisitons, dans le secret de notre intimité, nos façons de ressentir et d'agir.</p>

<p>C'est de cela qu'il s'agit, appliqué à la sphère professionnelle.</p>

<p>Les meilleurs directeurs financiers ont travaillé sur eux-mêmes pour se transformer face à leurs enjeux professionnels. Parfois sans s'en apercevoir, en mûrissant au fil des années et, de nos jours dans un tiers des cas, en prenant en main leur développement avec un coach professionnel.</p>

<p>La relation au coach apporte le lieu de travail confidentiel et le lien de confiance qui permettent au dirigeant déjà bon de s'interroger pour travailler différemment. Le coaching de performance se pratique sur une durée de six, neuf ou douze mois. Les objectifs et les coûts sont fixés dans le cadre d'un contrat tripartite avec l'entreprise cliente.</p>

<p>Le ou la bénéficiaire du coaching dispose d'une accès illimité à son coach, par sessions de travail d'une heure et demie à deux heures, planifiées à son choix, en moyenne toutes les deux semaines. Peu importe la fréquence, pourvu qu'elle soit choisie, puisque c'est la focalisation du travail sur soi du cadre qui, d'une session à la suivante, agit.</p>

<p>L'entreprise cliente gagne sur deux tableaux : elle obtient les résultats visés et elle économise les conséquences des erreurs qui auraient fait évoluer la personnalité de son directeur financier.</p></div>
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        <title>Jean-Benoît grandit</title>
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        <id>tag:typepad.com,2003:post-47416400</id>
        <published>2008-03-31T10:32:15+02:00</published>
        <updated>2008-03-31T10:32:15+02:00</updated>
        <summary>Quelle journée Sophie, si mon copain Georges ne m'avait pas soutenu, à l'heure qu'il est j'étais viré, explosé, dispersé ! Du Président de Swen Games, il restait juste de quoi remplir un sac Tati !

- Vous avez eu chaud aux plumes... comment comptez-vous réagir ?

- Comme d'hab, tout le monde sur le pont, revue d'objectifs, plans d'actions pour avant-hier, ça tu peux me faire confiance, je maîtrise !

Sophie reprit un chocolat. Jean-Benoît commençait à se calmer. Le silence donnait de l'épaisseur au Conseil qui avait failli lui coûter son siège une heure plus tôt.

- C'est tout ce que vous faites d'être passé si près de la porte ?

- Que veux-tu dire Sophie ?

- Vous semblez vouloir oublier très vite cet épisode douloureux, et retourner à l'équilibre précédent.

- Tu ne vas pas m'apprendre mon métier, tout de même !

- Moi, ce que je vous propose de travailler, c'est comment votre métier et l'homme que vous êtes se conjuguent. Alors que l'homme est blessé, le patron se replie sur ses vieilles habitudes. Que craignez-vous ?

- Et en quoi mes VIEILLES habitudes, comme tu dis, seraient une mauvaise option ?

- Ca, je n'en sais rien, chacun son métier. C'est juste étonnant que vous ressortiez vos ficelles d'objectifs et de plans d'actions après des émotions aussi fortes. Pourquoi faire comme si rien de nouveau ne s'était passé ?

- Non, non et non, je ne te suis pas. J'ai senti le vent du boulet, je m'en vais te les remettre grave au boulot, tous mes pingouins bien au chaud dans leur bureaux de sénateurs. Ca va pédaler vite et fort. Tout ça ne sera bientôt plus qu'un mauvais souvenir.

- C'est bien ce que je dis. La prochaine fois, vous aimeriez que votre Conseil vous cause au lance-roquettes ?

- Ah, mais tu commences à me courir Sophie, avec tes funestes prédictions, et que proposes-tu ?

- De travailler tout cela pour élargir votre espace de manoeuvre. Mais si vous préférez rester cramponné à votre espoir de lendemains plus faciles, moi, ça me convient aussi. Tant que vous avez de quoi payer les chocolats...

Sophie déballait avec précaution un de ses chocolats préférés. Jean-Benoît n'avait plus faim.

- Bon, essayons, après tout, je n'ai pas grand-chose à perdre. Je suis très en colère, c'est vrai. Si mes gars avaient atteint leurs objectifs, je n'en serais pas là.

- Pourquoi devaient-ils atteindre vos objectifs ?

- La bonne blague, parce que je les paye pour ça, tiens !

- Moui, donc, si vous leur fixez pour objectif d'aller sur la Lune, votre prochaine conférence de presse va se passer en direct de la Mer de la Tranquillité...

- Ah non, ils sont déjà pas violents, ils seraient capables de s'y plaire. Tu as quelque chose contre ma gestion par objectifs ?

- Et vous, que faites-vous des objectifs que vous fixe le Conseil ?

- Ah, mais ça n'a rien à voir. Les objectifs du Conseil n'engagent que le Conseil. Je les écoute, puis je fais comme je l'entends. C'est quand même pas le Conseil qui va faire la Loi. Ou alors, qu'ils prennent ma place ?

- C'est un peu ce que je pressentais. En quoi c'est différent entre vous et vos collaborateurs ?

- Euh, j'imaginais avoir un peu plus de poids sur mes gars ?

- Comment pourraient-ils avoir aussi peu de poids que vous vous le représentez ?

- Quand même, qui est-ce qui commande ici ?

- C'est vous, mais seuls les liens entre vous et vos troupes travaillent. Croire que vous avez de l'impact sur des marionnettes, c'est nier leur différence qui est votre seul espoir. Que se passerait-il si d'une minute à l'autre tous les objectifs étaient oubliés ?

- Ca serait sans doute notre plus belle chance de succès. Bon, d'accord, les objectifs, c'est une danse rituelle, le vrai travail est plus subtil. N'empêche, va falloir que j'arrache ce lupanar de sa moquette pure laine, et vite, si je veux survivre à cette mauvaise passe.

- Que faites-vous du seul élément nouveau dont vous disposez dans ce contexte ?

- Explique-toi ?

- Vous avez une idée ?

- Je commence, moi aussi, à connaître tes ficelles. Ce qui est nouveau, et ça n'a pas une heure, c'est ma colère.

- A quoi ferait-elle écho dans l'homme que vous êtes ?

- Elle me fait associer à une colère d'enfant. Je refusais de manger, ma mère m'avait enfermé dans la chambre. Je tapais de toutes mes forces des poings et des pieds sur la porte. J'étais certain qu'elle allait céder, comme toujours.

- Et plus vous espériez qu'elle cède, plus votre angoisse vous commandait de taper fort.

- J'ai pas tout suivi, tu m'expliqueras. Toujours est-il que, ce soir là, la porte s'ouvre brusquement. Je me précipite...

- ... et vous vous écrasez dans le mur de votre père dressé devant vous.

- Ca alors, comment le sais-tu ?

- Si, ce soir-là, votre mère avait cédé, vous ne seriez pas en train de m'en parler.

- J'ai senti le sol se dérober sous mes pieds et j'ai pris une dérouillée d'anthologie... je plaisantais mon père là-dessus pour ses 75 ans la semaine dernière, il prétendait ne plus s'en souvenir.

- Votre colère actuelle, ce serait celle du gamin turbulent, ou celle de votre père ce soir-là ?

- Celle de mon père. Une belle colère d'homme, j'ai mis des années à mesurer tout l'amour paternel qu'il y avait mis. Le père, maintenant, c'est moi. Je fais quoi, de tout ça, pour Swen Games ?

- A votre avis ? Je note au passage que votre paternel, il ne se cachait pas derrière des objectifs et des plans d'actions...

- C'est vrai qu'avec mes troupes je reste plutôt froid...

- Et vous l'exprimez comment, votre amour pour eux ?

- Mon amour pour eux, comme tu y vas !

- Pourquoi, vous croyez qu'on peut travailler pour quelqu'un sans l'aimer, d'une certaine façon ?

- Euh, dit comme ça, bien sûr, disons qu'il y a entre eux et moi une belle complicité.

- Appelez-ça comme vous voulez, vous ne me ferez pas croire que vous travaillez juste pour un salaire et en laissant vos tripes d'homme à la maison. La question qui se pose à vous, en ce moment, c'est comment vous allez écouter vos désirs et ceux de vos collaborateurs pour rendre cette complicité plus productive.

- Aïe, ça se corse, les désirs, c'est pas facile à gérer, tu aurais un plan B ?

- Vous en venez. Quel âge vous sentez-vous ?

- Tu le sais Sophie, j'ai 44 ans.

- Je veux dire, au fond de vous, c'est quoi votre âge ?

- Quand je suis en colère comme tout à l'heure, ce serait mes 6 ans de la raclée que je t'ai racontée.

- Pas facile de grandir, pas vrai, Jean-Benoît ?

- En même temps, parfois, devant toi, j'aimerais bien avoir 9 ans et t'emmener boire un chocolat chaud.

Sophie rougit. Il se faisait tard.

- Profitez pas de ma faiblesse, j'ai tout ce qu'il faut à l'école. Que faites-vous, en ce moment, de ce que nous venons de travailler ?

- Voyons, en vrac : j'ai mon Conseil sur le dos, et je dois trouver les moyens de redresser la situation. Si j'écoute ce qui se passe en moi, ma colère ouvre la porte à tout ce qui me fait agir, mes désirs, mes liens à mes collaborateurs, et me met face à ma responsabilité d'homme de 44 ans. Si j'admets que les hommes et les femmes qui m'entourent sont aussi profonds que moi, je ne peux compter que sur le mystère de nos relations pour redresser la barre. En même temps, c'est plus risqué de ressentir tout cela, imagine que j'échoue...

- Pour réussir, il vous faut sans doute au moins la force d'échouer, peut-être même un peu plus. Le plan B était moins engageant. Que pourrait-il se passer au pire ?

- Au pire, je m'en sortirais, et je pourrais me regarder en face car j'aurais mis toutes mes forces en jeu, en acceptant le risque maximal pour ma confiance en moi.

- Est-ce que vous prenez plaisir à envisager ces nouvelles options ?

- Un peu, je me sens moins coincé dans une situation de crise, mon Conseil m'a rendu un grand service.

- Comme votre père 38 ans auparavant ?

- Encore un chocolat, Sophie ?

Le téléphone sonna. La grande Sophie faisait patienter le Directeur Asie, accompagné d'un hôte de marque.

- Mince, déjà 18h, c'est que j'ai un accord commercial à négocier, moi. La soirée s'annonce longue.

- Je ne vous demande pas où tout cela va finir, mais j'imagine que vous n'allez pas les emmener boire un chocolat chaud.

Cette fois, ce fut le tour de Jean-Benoît de rougir un instant. Les petites filles n'étaient plus ce qu'elle étaient, ou bien avait-elle lancé cela par hasard ?

Sophie se dirigeait vers la porte, bien décidée à savourer la mine ahurie des visiteurs qui s'attendaient à tout, sauf à ça.

Elle fut servie. Jean-Benoît, royal, l'embrassa en la quittant sous le regard sidéré de l'assistance. Pas de doute, le gorille sortait de sa cage. Les pingouins allaient déchirer la moquette.

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            <name>jlrichard</name>
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<p><strong>- Vous avez eu chaud aux plumes... c</strong><strong>omment comptez-vous réagir ?</strong></p>

<p><strong>- Comme d'hab, tout le monde sur le pont, revue d'objectifs, plans d'actions pour avant-hier, ça tu peux me faire confiance, je maîtrise !</strong></p>

<p><strong>Sophie reprit un chocolat. Jean-Benoît commençait à se calmer. Le silence donnait de l'épaisseur au Conseil qui avait failli lui coûter son siège une heure plus tôt.</strong></p>

<p><strong>- C'est tout ce que ça vous fait d'être passé au ras de la porte ?</strong></p><p><strong><em>(<u>Résumé des épisodes précédents</u> : Sophie s'est incrustée, pour une raison encore inconnue, dans le bureau présidentiel de Jean-Benoît, au sommet de la tour Swen Games. Leurs dernières rencontres ont peu à peu conduit Jean-Benoît à travailler sur lui-même. Cette fois, son poste de président est menacé</em><em>. Les six premiers épisodes sont </em><a href="http://jlrichard.typepad.com/questionsdedirigeant/sophie/index.html"><em>ici.</em></a><em>)</em></strong></p>

<p>- Comment ça, tout ce que ça me fait, c'est pas suffisant ?</p>

<p>- Vous semblez vouloir oublier très vite cet épisode douloureux, et retourner à l'équilibre précédent.</p>

<p>- Tu ne vas pas m'apprendre mon métier, Sophie !</p>

<p>- Moi, ce que je vous propose de travailler, c'est comment votre métier et l'homme que vous êtes se conjuguent. Alors que l'homme est blessé, le patron se replie sur ses vieilles habitudes. Que craignez-vous ?</p>

<p>- Et en quoi mes VIEILLES habitudes, comme tu dis, seraient une mauvaise option ?</p>

<p>- Ca, je n'en sais rien, chacun son métier. Pourquoi ressortir vos ficelles d'objectifs et de plans d'actions après des émotions aussi fortes ? Pourquoi faire comme si rien de nouveau ne s'était passé ?</p>

<p>- Non, non et non, je ne te suis pas. J'ai senti le vent du boulet, je m'en vais te les remettre grave au boulot, tous mes pingouins bien au chaud, les deux pieds sur leurs moquettes de sénateurs. Ca va pédaler vite et fort. Tout ça ne sera bientôt plus qu'un mauvais souvenir.</p>

<p>- C'est bien ce que je dis. La prochaine fois, vous aimeriez que votre Conseil vous cause au lance-roquettes ?</p>

<p>- Ah, mais tu commences à me courir Sophie, avec ta quincaillerie, que proposes-tu ?</p>

<p>- De travailler tout cela pour élargir votre espace de manoeuvre. Mais si vous préférez rester cramponné à votre espoir de lendemains plus faciles sans rien changer, moi, ça me convient aussi. Tant que vous avez de quoi payer les chocolats...</p>

<p>Sophie déballait avec précaution un de ses chocolats préférés. Elle lissait le papier doré avant d'entamer la friandise. Jean-Benoît n'avait plus faim.</p>

<p>- Bon, essayons, après tout, je n'ai pas grand-chose à perdre. Je suis très en colère, c'est vrai. Si mes gars avaient atteint leurs objectifs, je n'en serais pas là.</p>

<p>- Pourquoi devaient-ils atteindre vos objectifs ?</p>

<p>- La bonne blague, parce que je les paye pour ça !</p>

<p>- Moui, donc, si vous leur fixez pour objectif d'aller sur la Lune, votre prochaine conférence de presse va se passer en direct de la Mer de la Tranquillité...</p>

<p>- Ah non, ils sont déjà pas violents, ils seraient capables de s'y plaire. Tu as quelque chose contre ma gestion par objectifs ?</p>

<p>- Et vous, que faites-vous des objectifs que vous fixe le Conseil ?</p>

<p>- Ah, mais ça n'a rien à voir. Les objectifs du Conseil n'engagent que le Conseil. Je les écoute, puis je fais comme je l'entends. C'est quand même pas le Conseil qui va faire la Loi. Ou alors, qu'ils prennent ma place ?</p>

<p>- C'est un peu ce que je pressentais. En quoi c'est différent entre vous et vos collaborateurs ?</p>

<p>- Euh, j'imaginais avoir un peu plus de poids sur mes gars ?</p>

<p>- Comment pourraient-ils avoir aussi peu de poids que vous vous le représentez ?</p>

<p>- Quand même, qui est-ce qui commande ici ?</p>

<p>- C'est vous, mais seuls les liens entre vous et vos troupes travaillent. Croire que vous avez de l'impact sur des marionnettes, c'est nier leur différence qui est votre seul espoir. Que se passerait-il si d'une minute à l'autre tous les objectifs étaient oubliés ?</p>

<p>- Ca serait sans doute notre plus belle chance. Bon, d'accord, les objectifs, c'est une danse rituelle, le vrai travail est plus subtil. N'empêche, va falloir que j'arrache ce lupanar à sa moquette pure laine, et vite, si je veux survivre à cette mauvaise passe.</p>

<p>- Que faites-vous du seul élément nouveau dont vous disposez dans ce contexte ?</p>

<p>- Explique-toi ?</p>

<p>- Vous avez une idée ?</p>

<p>- Je commence, moi aussi, à connaître tes ficelles. Ce qui est nouveau, et ça n'a pas une heure, c'est ma colère.</p>

<p>- A quoi ferait-elle écho dans l'homme que vous êtes ?</p>

<p>- Elle me fait associer à une colère d'enfant. Je refusais de manger, ma mère m'avait enfermé dans la chambre. Je tapais des poings et des pieds sur la porte. J'étais certain que ma mère allait céder, comme toujours.</p>

<p>- Et plus vous espériez qu'elle cède, plus votre angoisse vous commandait de taper fort.</p>

<p>- J'ai pas tout suivi, tu m'expliqueras. Toujours est-il que, ce soir là, la porte s'ouvre brusquement. Je me précipite...</p>

<p>- ... et vous vous écrasez dans le mur de votre père dressé devant vous.</p>

<p>- Bon sang, tu y étais ?</p>

<p>- Si, ce soir-là, votre mère avait cédé, vous ne seriez pas en train d'en parler.</p>

<p>- J'ai senti le sol se dérober sous mes pieds et j'ai pris une dérouillée d'anthologie... je plaisantais mon père là-dessus pour ses 75 ans la semaine dernière, il prétendait ne plus s'en souvenir.</p>

<p>- Votre colère actuelle, ce serait celle du gamin turbulent, ou celle de votre père ce soir-là ?</p>

<p>- Tout à l'heure, c'était celle du gamin. En te parlant, c'est celle de mon père. Une belle colère d'homme, j'ai mis des années à mesurer tout l'amour paternel qu'il y avait mis. Le père, maintenant, c'est moi. Je fais quoi, de tout ça, pour Swen Games ?</p>

<p>- A votre avis ? Je note au passage que votre paternel, il ne se cachait pas derrière des objectifs et des plans d'actions...</p>

<p>- C'est vrai qu'avec mes troupes je reste plutôt froid...</p>

<p>- Et vous l'exprimez comment, votre amour pour eux ?</p>

<p>- Mon amour pour eux, hé, ho, tu nous prends pour des tafioles ?</p>

<p>- Parce qu'en plus, vous n'avez pas de femmes au comité de direction ? C'est du propre. Laissons vos fantasmes de côté, vous croyez qu'on peut travailler pour quelqu'un sans l'aimer ?</p>

<p>- Euh, dit comme ça, bien sûr, disons qu'il y a entre certains d'entre eux et moi une belle complicité.</p>

<p>- Appelez-ça comme vous voulez, vous ne me ferez pas croire que vous travaillez juste pour un salaire et en laissant vos tripes d'homme à la maison. La question qui se pose à vous, en ce moment, c'est comment vous allez mettre en jeu vos affects et ceux de vos collaborateurs pour rendre cette complicité d'homme à homme plus productive.</p>

<p>- Aïe, ça se corse, les affects, c'est pas mon truc, tu aurais un plan B ?</p>

<p>- Vous en venez. Quel âge vous sentez-vous ?</p>

<p>- Tu le sais Sophie, j'ai 44 ans.</p>

<p>- Je veux dire, au fond de vous, c'est quoi votre âge ?</p>

<p>- C'est très variable, parfois 30 ans, parfois 17, ou même moins, ça dépend de ce qui remonte.</p>

<p>- Pas simple de trouver la distance à toutes ces émotions qui vous ont construit, pas vrai, Jean-Benoît ?</p>

<p>- En même temps, devant toi, j'aimerais bien avoir 9 ans et t'emmener boire un chocolat chaud.</p>

<p>- Profitez pas de ma faiblesse, j'ai tout ce qu'il faut à l'école. Que faites-vous, en ce moment, de ce que nous venons de travailler ?</p>

<p>- Voyons, en vrac : j'ai mon Conseil sur le dos, et je dois trouver les moyens de redresser la situation. Si j'écoute ce qui se passe en moi, ma colère d'homme mûr ouvre la porte à tout ce qui me fait agir, mes désirs, mes peurs, mes liens à mes collaborateurs, et me met face à ma responsabilité d'homme de 44 ans. Si j'admets que les hommes et les femmes qui m'entourent sont aussi profonds que moi, je ne peux compter que sur le mystère de nos relations pour redresser la barre. En même temps, c'est plus risqué de ressentir tout cela, imagine que j'échoue...</p>

<p>- Pour réussir, il vous faut sans doute au moins la force d'échouer, et peut-être un poil plus. Le plan B était moins engageant. Que pourrait-il se passer au pire ?</p>

<p>- Au pire, je m'en sortirais, et je pourrais me regarder en face car j'y aurais mis toutes mes forces, en acceptant le risque maximal pour ma confiance en moi.</p>

<p>- Est-ce que vous prenez plaisir à envisager ces nouvelles options ?</p>

<p>- Un peu, je me sens moins coincé, mon Conseil m'a rendu un grand service en me montrant à quel point il tenait à moi.</p>

<p>- Comme votre père il y a 38 ans ?</p>

<p>- Un chocolat pour la route, Sophie ?</p>

<p>Le téléphone sonna. La grande Sophie faisait patienter le Directeur Asie, accompagné de trois hôtes de marque, tous déjà très en forme.</p>

<p>- 18h, j'ai un accord commercial à signer, moi. La soirée s'annonce très longue.</p>

<p>- Je ne vous demande pas où tout cela va finir, j'imagine que vous n'allez pas les emmener boire un chocolat chaud ?</p>

<p>Bien vu, se dit Jean-Benoît. Les petites filles n'étaient plus ce qu'elles étaient, ou bien avait-elle lancé cela au hasard ?</p>

<p>Sophie se dirigeait vers la porte, bien décidée à savourer la mine ahurie des visiteurs qui s'attendaient à tout, sauf à son 1m28, talons plats inclus.</p>

<p>Elle fut servie. Jean-Benoît, royal, l'embrassa sur les deux joues sous le regard sidéré de l'assistance. Pas de doute, le gorille sortait de sa cage. Les pingouins allaient chausser leurs baskets.</p>

<p>"Jean-Benoît grandit", songeait Sophie. "Dans quelques mois, il pourra entendre la raison de ma venue, patience..."</p></div>
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        <title>Sophie au casino</title>
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        <published>2008-02-04T15:46:56+01:00</published>
        <updated>2008-02-04T15:46:56+01:00</updated>
        <summary>- Bonjour, Monsieur le Président.

- Sophie, je t'en prie, appelle moi Sylvain. Merci d'être venue, j'ai besoin de parler et Jean-Benoît m'assure que tu es meilleure que les coachs de Praesta que nous offrons à nos collaborateurs.

- Si vous voulez parler, j'ai une demi-heure devant moi. Vous avez prévu les chocolats ?

Sylvain avait été briefé par son ami Jean-Benoît, une grosse boîte de mignonettes attendait sa prédatrice.

- Hmm, pas mauvais tout ça... qu'est-ce que vous souhaitez travailler, Sylvain ?

- Je ne sais pas, Jean-Benoît m'a dit qu'il suffisait de te laisser faire...

- Il vous a bien eu. C'est vous qui travaillez, moi je vous écoute. Après cet entretien, qu'est-ce que vous aimeriez ressentir ?

- Je voudrais me sentir optimiste et plein d'énergie, comme avant.

- Avant quoi ?

- Allons Sophie, tout le monde en parle, un évènement extraordinaire, une très grosse fraude interne, tous nos bénéfices 2007 volatilisés, ma démission refusée, tout ça, quoi.

- Vous savez, moi, au-delà de deux zéros je ne me rends plus compte, alors dix zéros, je n'ai aucune idée.

- Ah, tu vois bien que tu es au courant. Dix milliards, imagine, 6000 euros cash par collaborateur et par mois pendant un an !

- Mince, deux fois plus que la Société Générale ! Ils doivent vous aimer, vos collaborateurs, pour que vous soyez encore là.

- C'est pas eux qui décident, j'ai présenté ma démission à notre Conseil qui l'a refusée.

- Vous devriez chercher pourquoi. Moi, vos petites facéties financières c'est pas mon truc. La machine à remonter le temps non plus. Vous me dites que vous faites face à un gros imprévu ?

- Oui, une catastrophe.

- Vous êtes aussi un très grand président de banque, d'après ce que m'a dit Jean-Benoît ?

- Euh, sans me vanter, je fais partie des meilleurs du monde. Et en cinq langues. On dit que je suis aussi fort que Daniel Bouton, alors que j'ai dix ans de moins.

- Vous êtes deux fois plus fort, si j'ai tout suivi. Où est le problème, c'est votre travail d'atteindre vos objectifs malgré le ciel qui vous tombe sur la tête ?

- Tu as raison, mais là c'est différent. Jusqu'à présent, les difficultés me renforçaient. Cette fois, je me sens démoli, je ne sais plus où j'en suis, je ne dors plus. Ce que j'aimerais, c'est retrouver mon énergie et mon entrain. Tiens, je voudrais m'en sortir aussi bien que Daniel Bouton.

- Bouton, c'est Bouton, vous c'est vous. Ne nous égarons pas. Vous ne savez rien de ce qu'il a ressenti, peut-être qu'il s'est fait coacher. Dix ans de plus, ça peut rendre prévoyant, et ils ont un excellent coach interne, à la SG, ses chocolats sont délicieux. Voulez-vous me résumer les faits qui se sont produits entre "avant" et maintenant ?

- Euh, la version officielle, ou la vérité ?

- A votre avis ? Ne craignez rien, ma discrétion n'a d'égale que ma gourmandise.

Sophie se resservit. Sylvain restait silencieux, il n'avait jamais donné sa version intime de la "catastrophe".

- Bon, j'essaie...

- En langage simple, ça va sans dire, que je puisse vous comprendre.

- Il y a cinq ans, nous avons décidé de recruter des traders pour investir dans les produits dérivés.

- Je vous ai demandé d'être clair, je ne comprends ni le verbe investir, dans ce contexte, et encore moins traders ou produits dérivés.

- Bon, disons que, poussés par les exploits de la Société Générale entre autres, nous avons dû nous résoudre à jouer, à notre tour, à ce casino qui sévit sur toutes les places financières. Nous avons embauché à prix d'or les meilleurs professionnels et nous leur avons confié nos sous, des lignes Internet et des ordinateurs. Ils ont reçu pour seule consigne de gagner le plus d'argent possible, par tous les moyens légaux.

- Pardonnez-moi, je vois à peu près ce que fait une banque, quel est le rapport entre votre métier et cette fantaisie ?

- Il n'y a aucun rapport. C'est juste que, en tant que banque, nous étions en concurrence avec des confrères gagnant déjà beaucoup à ce jeu, et que nous avions les fonds pour nous y lancer. D'ailleurs, nous ne jouons pas l'argent de nos clients, c'est à notre compte que nous jouons.

- Bien sûr, si c'est très rémunérateur, autant que ça reste entre copains.

- Et comment veux-tu que nous placions nos produits d'épargne à 4 % face à du trading qui rapporte plus de 100 % ?

- Je n'ai peut-être pas tout suivi, mais pourquoi vous êtes-vous lancé dans ce jeu qui n'est pas votre métier et qu'en plus vous semblez désapprouver ?

- Tous les autres s'y mettaient.

- A force de vouloir faire comme les autres, on finit par coucher avec sa soeur... Vous n'aviez pas d'autre raison ?

- Le profit, ça te va ?

- Je vous demande vos objectifs, l'argent c'est un moyen, pas vrai ?

- Bon, admettons, j'ai décidé de nous lancer dans ce fichu jeu sans vraie raison.

- Sans raison consciente. Ca ne me dit pas où est le problème, à part d'avoir fait tout ça sans savoir pourquoi ?

- Attends, ça vient. Je dois t'avouer que ce jeu planétaire demande des capacités d'abstraction et de modélisation au-dessus du niveau Doctorat en Mathématiques. Moi qui ai fait Normale Sup, j'avoue que je n'y ai jamais rien compris. C'est un peu comme un gigantesque concours de maths, aidé par des machines, où dix mille champions gagnent ce que perdent les cinquante mille suivants. D'ailleurs, les meilleurs gagnent, chez moi, plusieurs fois mon salaire. Et nous ne leur donnons qu'une miette de ce qu'ils nous rapportent.

- Et quand ils vous font perdre beaucoup d'argent, je suppose qu'ils vous le remboursent ?

- Euh, non, on diminue leur salaire, ou, au pire, ils prennent la porte.

- Et ils se font recruter par un de vos concurrents. Pas mal. Ils gagnent à tous les coups. Vous par contre, vous ne gagnez que si ils gagnent. C'est une Formule 1 sans les freins, votre truc, ils ont donc intérêt à risquer le maximum ?

- Oui, c'est là que nous n'avons rien vu venir. Pour te faire l'histoire courte, nous avons laissé beaucoup de libertés aux plus rentables de nos joueurs, pour ne rien perdre de leur créativité. En échange, ils nous ont apporté d'énormes profits, qui dépassent depuis deux ans ceux de notre métier de banquier.

- Là, ça commence à m'inquiéter votre histoire. Tant que c'était un passe-temps, pourquoi pas, mais de là à y gagner autant, c'est à ne plus savoir quel est votre métier, banquier ou joueur ? Et comment avez-vous pu relâcher les contrôles sur des joueurs qui ne misaient pas leur propre argent ?

- Personne n'y a trouvé à redire. Il faut dire que nous en avons tous bien profité. Nos joueurs moyens restaient à peu près sous contrôle, et cette élite s'en libérait d'autant mieux que personne au-dessus d'eux n'y comprenait quoi que ce soit. C'est alors qu'intervient un joueur nommé John Kennedy.

- Tiens, les mêmes initiales que Jérôme Kerviel, amusant !

- Oui, j'ai fait sortir tous les dossiers en JK, il y a peut-être un mauvais sort. John était un joueur moyen, pas un "cerveau" comme les grands, il avait juste le droit de miser quelques millions d'euros sur des jeux faciles. Il s'est mis à gagner gros, puis de plus en plus, au point de dépasser les performances de ses collègues d'élite.

- Je suppose que vous lui avez, à lui aussi, enlevé tous les contrôles pour le laisser vous rapporter plus ?

- On n'a rien eu à faire, car il savait se les enlever tout seul, et personne n'a voulu s'en mêler. A la fin de l'année dernière, il a demandé une prime d'un million d'euros à son N+1. On n'avait jamais vu ça. En plus, il alignait des gains qui lui donnaient droit au double. On l'a augmenté de mille euros par mois et on lui a demandé un peu de patience.

- Pourquoi ?

- A vrai dire, je n'ai découvert tout ça qu'après coup. C'est la ligne hiérarchique qui a géré, dans le respect de nos procédures internes.

- Les mêmes procédures qu'il savait contourner pour vous faire gagner beaucoup d'argent en espérant devenir millionnaire ?

- Oui, mais celles-là, il n'y pouvait rien. On ne peut pas se virer à soi-même un million de prime. Puis, tout s'est passé très vite. Deux mois plus tard, il disparaissait dans la nature, en nous plombant d'un pari fou sur la baisse des bourses au moment où le marché s'emballait à la hausse. Les appels de marge nous coûtaient déjà plusieurs millions d'euros.

- Vous recommencez, c'est quoi un appel de marge ?

- C'est ce qu'on doit payer cash pour continuer à jouer quand ça sent le roussi, une sorte de garantie qu'on aura les moyens de payer si on perd.

- Je vois, il était donc arrivé à vous faire perdre tout l'argent que vous refusiez de lui donner ?

- Pire encore. A nous faire perdre bien plus qu'il nous avait jamais fait gagner. Quand nous avons repris la main sur ses paris, il y avait de quoi nous faire sauter tous. Un milliard était déjà perdu. J'ai appelé mes administrateurs, ils m'ont autorisé à tout solder dans la journée, en payant comptant un total de dix milliards de pertes.

- Vous auriez aussi pu continuer à jouer et regagner le milliard perdu...

- C'est ce que tout le monde a dit ensuite, mais sur le coup personne ne pouvait prévoir l'évolution des marchés, et personne n'aurait pris la responsabilité de jouer sur de telles sommes avec la survie de la banque en jeu.

- Pourtant, avant ou après avoir repris la main sur les jeux de JK, le seul joueur, c'était déjà vous, en qualité de président. Vous me confirmez que, quand vous avez, comme vous dites, repris la main, vous avez agi seul, vous qui avez plein d'amis et d'alliés partout ?

- Oui, comment sais-tu ça ? Il fallait que je nous sorte de là moi-même, c'était plus fort que moi.

- Qu'est-ce que vous ressentez face à tout cela qu'aucun autre président de banque ne ressentirait ?

- Que veux-tu dire ?

- Vous avez entendu. Qu'est-ce que Sylvain ressent face à cette "catastrophe", que personne d'autre, à votre place, ne ressentirait ?

- Je vais t'étonner, j'ai insisté pour solder moi-même les paris que JK avait engagés. C'est moi qui ai validé les ordres. Au fur et à mesure que s'alignaient nos pertes cash, jusqu'à atteindre les dix milliards, j'ai ressenti une intense joie intérieure.

- Ca ne m'étonne pas. Vous avez mis fin à une bien ancienne duperie.

- Que veux-tu dire ?

- Depuis cinq ans, c'est vous qui étiez le seul vrai joueur, puisque ceux qui prenaient les paris le faisaient en votre nom, avec vos fonds et sous votre seule responsabilité. Vous n'avez pas voulu voir ça en face, et il me semble que cela vous a bien encombré.

- Pas du tout, je n'y suis pour rien là-dedans. Je me suis contenté de décider d'y aller, de recruter les meilleurs joueurs, de les payer cher pour qu'ils soient motivés à gagner, de faire mettre en place des contrôles, de...

Sylvain se tut. Il venait de se rendre compte de l'énormité de la situation. Bien sûr qu'il jouait, par collaborateurs interposés, sous sa seule responsabilité devant ses actionnaires, et depuis cinq ans. Lui qui condamnait au fond ces pratiques auxquelles il ne comprenait rien... Comment avait-il pu se cacher à lui-même pareille évidence depuis cinq ans ?

- Bon récapitulons. Vous avez tourné le dos à votre métier pour vous adonner à l'enfer du jeu, sans raison consciente et sans rien y comprendre par vous-même. Cela a bien marché, faisant grandir en vous cette angoisse dont vous aimeriez bien vous débarrasser maintenant. Etiez-vous obligé de payer dix milliards pour affronter cette situation ?

- Tu veux dire que j'ai tout fait pour tenter d'oublier que j'étais le seul joueur, et qu'au final j'ai laissé éclater cette catastrophe pour m'occuper de mes affaires ?

- Il me semble que, aujourd'hui, vous êtes enfin capable de gérer la situation folle qui vous a paralysé depuis cinq ans. Comment organiseriez-vous cette activité de jeu, si vous décidiez maintenant de la lancer ?

- Très différemment. Je respecterais mes vieux principes. Je ferais de ce jeu un métier au sens noble. Chacun à sa place, chacun ses responsabilités. Ce n'est pas parce que ça ne me plait pas que je ne dois pas le gérer. Je ferais en sorte que les paris soient encadrés, non par des contrôles comptables, mais par des responsables compétents. Il faudrait peut-être des entités responsables des gains comme des pertes, créer de nouvelles règles.

- Quelles autres questions vous posez-vous pour structurer ce nouveau métier ?

- Plein. Comment articuler les objectifs de ce jeu avec ceux de notre premier métier ? Comment répartir les profits dégagés entre nos actionnaires, nos clients et notre personnel des deux métiers ? Je m'aperçois que je n'ai jamais mis la main là-dedans, tout est en friche, j'ai laissé la loi de la jungle régner et l'argent couler à flots. C'est le chaos complet sous les apparences de la rigueur. Il faut que j'en parle à mes proches... Il y a un énorme travail à faire.

- Qu'est-ce qui vous empêche de l'engager ? Vous avez déjà fait face à de plus gros chantiers ?

- Oui, c'est vrai, rien que d'y penser, je me sens optimiste et plein d'énergie, comme au bon vieux temps.

- Bon, encore un chocolat, je vais vous laisser Sylvain. Je peux emporter la boîte ?

- Elle est pour toi. Merci Sophie, je commence à comprendre pourquoi Jean-Benoît est en pleine forme.

Sylvain regarda Sophie sortir. Le vrai travail commençait. Faire la liste des facteurs clés de succès, consulter les meilleurs spécialistes, désigner de nouveaux patrons, créer un nouveau business model, on allait voir ce qu'on allait voir. Ah, mais il allait en faire des hommes de cette horde de mathématiciens boutonneux ! Il sauta sur son téléphone.

- Elisabeth, oui, ça va, merci. Qui ça ? Christine ? Plus tard, je ne suis là pour personne. Trouvez-moi un quart d'heure au téléphone avec Daniel Bouton avant demain midi !
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            <name>jlrichard</name>
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<p><strong>- Sophie, je t'en prie, appelle-moi Sylvain. Merci d'être venue, j'ai besoin de parler et Jean-Benoît m'assure que tu es meilleure que ces coachs de Praesta que nous offrons à nos collaborateurs.</strong></p>

<p><strong>- Si vous voulez parler, j'ai une demi-heure devant moi. Vous avez prévu les chocolats ?</strong></p>

<p><strong>Sylvain avait été briefé par son ami Jean-Benoît, une grosse boîte de mignonettes attendait sa prédatrice.</strong></p>

<p><strong>- Hmm, pas mauvais tout ça... qu'est-ce que vous souhaitez travailler, Sylvain ?</strong></p><p><strong><em>(<u>Résumé des épisodes précédents</u> : la petite Sophie est devenue indispensable au président de Swen Games, Jean-Benoît. Elle rend visite à un ami de Jean-Benoît, Sylvain, président de banque dans la tourmente</em><em>. Cette scène est de pure fiction, toute ressemblance avec des personnages existants ne reflèterait que la banalité des situations professionnelles analysées. Pour lire les cinq précédents épisodes, c'est </em><a href="http://jlrichard.typepad.com/questionsdedirigeant/sophie/index.html"><em>ici.</em></a><em>)</em></strong></p>

<p>- Je ne sais pas, Jean-Benoît m'a dit qu'il suffisait de te laisser faire...</p>

<p>- Il vous a bien eu. C'est vous qui travaillez, moi je vous écoute. Après cet entretien, qu'est-ce que vous aimeriez ressentir ?</p>

<p>- Je voudrais me sentir optimiste et plein d'énergie, comme avant.</p>

<p>- Avant quoi ?</p>

<p>- Allons Sophie, tout le monde en parle, un évènement extraordinaire, une très grosse fraude interne, tous nos bénéfices 2007 volatilisés, ma démission refusée, tout ça, quoi.</p>

<p>- Vous savez, moi, au-delà de deux zéros je ne me rends plus compte, alors dix zéros, je n'ai aucune idée.</p>

<p>- Ah, tu vois bien que tu es au courant. Dix milliards, imagine, 6000 euros cash par collaborateur et par mois pendant un an !</p>

<p>- Mince, deux fois plus que la Société Générale ! Ils doivent vous aimer, vos collaborateurs, pour que vous soyez toujours là.</p>

<p>- C'est pas eux qui décident, j'ai présenté ma démission à notre Conseil qui l'a refusée.</p>

<p>- Vous devriez chercher pourquoi. Moi, vos petites facéties financières c'est pas mon truc. La machine à remonter le temps non plus. Vous me dites que vous faites face à un gros imprévu ?</p>

<p>- Oui, une catastrophe.</p>

<p>- Vous êtes aussi un très grand président de banque, d'après ce que m'a dit Jean-Benoît ?</p>

<p>- Euh, sans me vanter, je fais partie des meilleurs du monde. Et en cinq langues. On dit que je suis aussi fort que Daniel Bouton, alors que j'ai dix ans de moins.</p>

<p>- Vous êtes deux fois plus fort, si j'ai tout suivi. Où est le problème, c'est votre travail d'atteindre vos objectifs malgré le ciel qui vous tombe sur la tête ?</p>

<p>- Tu as raison, mais là c'est différent. Jusqu'à présent, les difficultés me renforçaient. Cette fois, je me sens démoli, je ne sais plus où j'en suis, je ne dors plus. Ce que j'aimerais, c'est retrouver mon énergie et mon entrain. Tiens, je voudrais m'en sortir aussi bien que Daniel Bouton.</p>

<p>- Bouton, c'est Bouton, vous c'est vous. Ne nous égarons pas. Vous ne savez rien de ce qu'il a ressenti, peut-être qu'il s'est fait coacher. Dix ans de plus, ça peut rendre prévoyant, et ils ont un excellent coach interne, à la SG, ses chocolats sont délicieux. Voulez-vous me résumer les faits qui se sont produits entre "avant" et maintenant ?</p>

<p>- Euh, la version officielle, ou la vérité ?</p>

<p>- A votre avis ? Ne craignez rien, ma discrétion n'a d'égale que ma gourmandise.</p>

<p>Sophie se resservit. Sylvain restait silencieux, il n'avait donné à personne sa version intime de la "catastrophe".</p>

<p>- Bon, j'essaie...</p>

<p>- En langage simple, ça va sans dire, que je puisse vous comprendre.</p>

<p>- Il y a cinq ans, nous avons décidé de recruter des traders pour investir dans les produits dérivés.</p>

<p>- Je ne comprends ni le verbe investir, dans ce contexte, et encore moins traders ou produits dérivés.</p>

<p>- Bon, disons que, poussés par les exploits de la Société Générale entre autres, nous avons dû nous résoudre à jouer, à notre tour, à ce casino qui sévit sur toutes les places financières. Nous avons embauché à prix d'or les meilleurs joueurs professionnels et nous leur avons confié nos sous, des lignes Internet et des ordinateurs. Ils ont reçu pour seule consigne de gagner le plus d'argent possible, par tous les moyens légaux.</p>

<p>- Pardonnez-moi, je vois à peu près ce que fait une banque, quel est le rapport entre votre métier et cette fantaisie ?</p>

<p>- Il n'y a aucun rapport. C'est juste que, en tant que banque, nous étions en concurrence avec des confrères gagnant déjà beaucoup à ce jeu, et que nous avions les fonds pour nous y lancer. D'ailleurs, nous ne jouons pas l'argent de nos clients, c'est à notre compte que nous jouons.</p>

<p>- Bien sûr, si c'est très rémunérateur, autant que ça reste entre copains.</p>

<p>- Et comment veux-tu que nous placions nos produits d'épargne à 4 % face à du trading qui rapporte plus de 100 % ?</p>

<p>- Je n'ai peut-être pas tout suivi, mais pourquoi vous êtes-vous lancé dans ce jeu qui n'est pas votre métier et qu'en plus vous semblez désapprouver ?</p>

<p>- Tous les autres s'y mettaient.</p>

<p>- A force de vouloir faire comme les autres, on finit par coucher avec sa soeur... Vous n'aviez pas d'autre raison ?</p>

<p>- Le profit, ça te va ?</p>

<p>- Je vous demande vos objectifs, l'argent c'est un moyen, pas vrai ?</p>

<p>- Bon, admettons, j'ai décidé de nous lancer dans ce fichu jeu sans vraie raison.</p>

<p>- Sans raison consciente. Ca ne me dit pas où est le problème, à part d'avoir fait tout ça sans savoir pourquoi ?</p>

<p>- Attends, ça vient. Je dois t'avouer que ce jeu planétaire demande des capacités d'abstraction et de modélisation au-dessus du niveau Doctorat en Mathématiques. Moi qui ai fait Normale Sup, j'avoue que je n'y ai jamais rien compris. C'est un peu comme un gigantesque concours de maths, aidé par des machines, où dix mille champions gagnent ce que perdent les cinquante mille suivants. D'ailleurs, les meilleurs gagnent plus que moi. Et nous ne leur donnons qu'une miette de ce qu'ils nous rapportent.</p>

<p>- Et quand ils vous font perdre beaucoup d'argent, je suppose qu'ils vous le remboursent ?</p>

<p>- Non, ils perdent leurs bonus, ou, au pire, ils prennent la porte.</p>

<p>- Et ils se font recruter par un de vos concurrents. Pas mal. Ils gagnent à tous les coups. Vous par contre, vous ne gagnez que si ils gagnent. C'est une Formule 1 sans les freins, votre truc, ils ont donc intérêt à risquer le maximum ?</p>

<p>- Oui, c'est là que nous n'avons rien vu venir. Pour te faire l'histoire courte, nous avons laissé beaucoup de libertés aux plus rentables de nos joueurs, pour ne rien perdre de leur créativité. En échange, ils nous ont apporté d'énormes profits, qui dépassent depuis deux ans ceux de notre métier de banquier.</p>

<p>- Là, ça commence à m'inquiéter votre histoire. Tant que c'était un passe-temps, pourquoi pas, mais de là à y gagner autant, c'est à ne plus savoir quel est votre métier, banquier ou joueur ? Et comment avez-vous pu relâcher les contrôles sur des joueurs qui ne misaient pas leur propre argent ?</p>

<p>- Personne n'y a trouvé à redire. Il faut dire que nous en avons tous bien profité. Nos joueurs moyens restaient à peu près sous contrôle, et cette élite s'en libérait d'autant mieux que personne au-dessus d'eux n'y comprenait quoi que ce soit. C'est alors qu'intervient un joueur du nom de Julien Kampf.</p>

<p>- Tiens, les mêmes initiales que Jérôme Kerviel, amusant !</p>

<p>- D'ailleurs, mon DRH vient de me sortir tous les dossiers en JK, il y a peut-être un mauvais sort. Julien était un joueur moyen, pas un "cerveau" comme les grands, il avait juste le droit de miser quelques millions d'euros sur des jeux faciles. Il s'est mis à gagner gros, puis de plus en plus, au point de dépasser les performances de ses collègues d'élite.</p>

<p>- Je suppose que vous lui avez, à lui aussi, enlevé tous les contrôles pour le laisser vous rapporter plus ?</p>

<p>- On n'a rien eu à faire, car il savait se les enlever tout seul, et personne n'a voulu s'en mêler. A la fin de l'année dernière, il a demandé une prime d'un million d'euros à son N+1. On n'avait jamais vu ça. En plus, il alignait des gains qui lui donnaient droit au double. On lui a promis un bonus de trois cent mille euros et on lui a demandé un peu de patience.</p>

<p>- Pourquoi lui avoir fait ça ?</p>

<p>- A vrai dire, je n'ai découvert le tout qu'après coup. C'est la ligne hiérarchique qui a géré, dans le respect de nos procédures internes.</p>

<p>- Les mêmes procédures que votre Julien savait contourner pour vous faire gagner beaucoup d'argent en espérant devenir à son tour millionnaire ?</p>

<p>- Oui, mais celles-là, il n'y pouvait rien. On ne peut pas se virer à soi-même un million de prime. Puis, tout s'est passé très vite. Deux mois plus tard, il mettait fin à son activité, en nous plombant d'un pari fou sur la baisse des bourses au moment où le marché s'emballait à la hausse. Les appels de marge nous coûtaient des dizaines de millions d'euros.</p>

<p>- Vous recommencez, c'est quoi un appel de marge ?</p>

<p>- C'est ce qu'on doit payer cash pour continuer à jouer quand ça sent le roussi, une sorte de garantie qu'on aura les moyens de payer si on perd.</p>

<p>- Je vois, il était donc arrivé à vous faire perdre tout l'argent que vous refusiez de lui donner ?</p>

<p>- Pire encore. A nous faire perdre bien plus qu'il nous avait jamais fait gagner. Quand nous avons repris la main sur ses paris, il y avait de quoi nous faire sauter tous. Un milliard était déjà perdu. J'ai appelé mes administrateurs, ils m'ont autorisé à tout solder en trois jours, en payant comptant un total de dix milliards de pertes.</p>

<p>- Vous auriez aussi pu continuer à jouer et regagner le milliard perdu...</p>

<p>- C'est ce que tout le monde a dit ensuite, mais sur le coup personne ne pouvait prévoir l'évolution des marchés, et personne n'aurait pris la responsabilité de jouer de telles sommes avec la survie de la banque en jeu.</p>

<p>- Pourtant, avant ou après avoir repris la main sur les jeux de JK, le seul et unique joueur, c'était déjà vous, en qualité de président. Vous me confirmez que, quand vous avez, comme vous dites, repris la main, vous avez agi seul, vous qui avez plein d'amis et d'alliés partout ?</p>

<p>- Oui, comment sais-tu ça ? Il fallait que je nous sorte de là moi-même, c'était plus fort que moi.</p>

<p>- Qu'est-ce que vous ressentez face à tout cela qu'aucun autre président de banque ne ressentirait ?</p>

<p>- Que veux-tu dire ?</p>

<p>- Vous avez entendu. Qu'est-ce que Sylvain ressent face à cette "catastrophe", que personne d'autre, à votre place, ne ressentirait ?</p>

<p>- Je vais t'étonner, j'ai insisté pour solder moi-même les paris que JK avait engagés. C'est moi qui ai validé les ordres. Au fur et à mesure que s'alignaient nos pertes cash, jusqu'à atteindre les dix milliards, j'ai ressenti une grande fébrilité intérieure, je me sentais plein d'énergie.</p>

<p>- Ca ne m'étonne pas. Vous avez mis fin à votre ancienne duperie.</p>

<p>- Que veux-tu dire ?</p>

<p>- Depuis cinq ans, vous étiez le seul vrai joueur, puisque ceux qui prenaient les paris le faisaient en votre nom, avec vos fonds et sous votre responsabilité. Vous n'avez pas voulu voir ça en face, et il me semble que cela vous a encombré.</p>

<p>- Pas du tout, je n'y suis pour rien là-dedans. Je me suis contenté de décider d'y aller, de recruter les meilleurs joueurs, de les payer cher pour qu'ils soient motivés à gagner, de faire mettre en place des contrôles, de...</p>

<p>Sylvain se tut. Il venait de se rendre compte de l'énormité de la situation. Bien sûr qu'il jouait, par collaborateurs interposés, sous sa seule responsabilité devant ses actionnaires, et depuis cinq ans. Lui qui condamnait au fond ces pratiques auxquelles il ne comprenait rien... Comment avait-il pu se cacher à lui-même pareille évidence depuis cinq ans ?</p>

<p>- Plus c'est gros, plus ça passe, récapitulons. Vous avez tourné le dos à votre métier pour vous adonner à l'enfer du jeu, sans autre objectif que le profit, donc sans aucun cadre fondateur, et sans rien y comprendre par vous-même. Cela a bien marché, faisant grandir en vous cette angoisse dont vous aimeriez bien vous débarrasser maintenant. Etiez-vous obligé de payer dix milliards pour affronter la folie de cette situation ?</p>

<p>- Tu veux dire que j'ai tout fait pour tenter d'oublier que j'étais le seul joueur, dans une situation inacceptable par moi-même, et qu'au final j'ai laissé éclater cette catastrophe pour m'occuper de mes affaires ?</p>

<p>- Il me semble que, aujourd'hui, vous êtes enfin capable de gérer les conséquences de la décision sans fondements qui vous paralyse depuis cinq ans. Comment organiseriez-vous cette activité de jeu, si vous décidiez maintenant de la lancer ?</p>

<p>- Très différemment. Je respecterais mes vieux principes. J'assignerais un objectif à tout cela, qui ne pourrait se limiter au profit. Je ferais de ce jeu un métier au sens noble. Chacun à sa place, chacun ses responsabilités. Ce n'est pas parce que ça ne me plait pas que je ne dois pas le gérer. Je ferais en sorte que les paris soient encadrés, non par des contrôles, mais par des responsables compétents. Il faudrait peut-être des entités responsables des gains comme des pertes, créer de nouvelles règles.</p>

<p>- Quelles autres questions vous posez-vous pour structurer ce nouveau métier ?</p>

<p>- Plein. Comment articuler les objectifs fondateurs de ce jeu avec ceux de notre premier métier ? Comment répartir les profits dégagés entre nos actionnaires, nos clients et notre personnel des deux métiers ? Je m'aperçois que je n'ai jamais mis la main là-dedans, tout est en friche, j'ai laissé la loi de la jungle régner et l'argent couler à flots. C'est le chaos sous les apparences de la rigueur. Il faut que j'en parle à mes proches... Il y a un énorme travail à faire.</p>

<p>- Qu'est-ce qui vous empêche de l'engager ? Vous avez déjà fait face à de plus gros chantiers ?</p>

<p>- Oui, c'est vrai, rien que d'y penser, je me sens optimiste et plein d'énergie, comme au bon vieux temps.</p>

<p>- Bon, encore un chocolat, je vais vous laisser Sylvain. Je peux emporter la boîte ?</p>

<p>- Elle est pour toi. Merci Sophie, je commence à comprendre pourquoi Jean-Benoît est en pleine forme.</p>

<p>Sylvain regarda Sophie sortir. Le vrai travail commençait. Savoir <em>pourquoi</em> jouer. Faire la liste des facteurs clés de succès, consulter les meilleurs spécialistes, désigner de nouveaux patrons, changer les règles, créer un nouveau business model, on allait voir ce qu'on allait voir. Ah, mais il allait en faire des hommes de cette horde de mathématiciens boutonneux ! Il sauta sur son téléphone.</p>

<p>- Elisabeth, oui, ça va, merci. Qui ça ? Christine ? Plus tard, je ne suis là pour personne. Trouvez-moi un quart d'heure au téléphone avec Daniel Bouton avant demain midi !</p></div>
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        <title>Le Roi boit</title>
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        <published>2008-01-18T22:47:01+01:00</published>
        <updated>2008-01-18T22:47:01+01:00</updated>
        <summary>Jean-Benoît faisait face à Sophie. Son comportement attira son attention. Le regard du Président de Swen Games brillait. Le timbre de sa voix, légèrement décalé vers les aigus, semblait emporté par l'excitation. Jean-Benoît détourna son regard après lui avoir serré la main. L'évidence venait de frapper Sophie.

- Mais, Jean-Benoît, vous avez bu !

- Ah Sophie, je ne te permets pas de me traîter d'ivrogne, non mais sans blague...

- Ce que je vois, c'est que vous avez un coup dans le nez. Comment en êtes-vous arrivé là ?
- Oui, alors, là, tu vois, Sophie, euh, c'est beaucoup dire un coup dans le nez. Booon, j'ai un peu forcé en arrosant la signature d'un contrat, c'est mon droit ?

Sophie remarqua la bouteille patinée d'un vieux Whisky qui trônait sur la console près du téléphone. Un verre désoeuvré attendait sans se prononcer sur la suite des opérations. Il restait de quoi arroser une grosse affaire, ou deux petites.

- Vous avez fêté ça tout seul ?

- Euh, oui, comme un grand, j'avais envie de me faire plaisir.

- Si vous buvez chaque fois que votre entreprise se distingue, faut pas vous souhaiter de grands succès commerciaux en 2008. Quelque chose me dit que vous n'avez rien signé du tout.

- Bon, d'accord Sophie. C'est vrai, j'ai bu seul, sans raison. Un petit coup n'a jamais fait de mal à personne, que je sache...

- Si vous voulez, on va s'économiser les généralités sur l'alcool. Est-ce que vous souhaitez que nous en parlions tous les deux ?

- Pourquoi pas, à part ma femme qui me fait des reproches, je n'en ai jamais parlé à qui que ce soit, je suppose que je n'ai pas grand-chose à perdre.

- Qu'est-ce que vous aimeriez me dire de ce que vous ressentez en ce moment ?

- Que je ne suis pas le super-Président que tu avais imaginé, j'avoue que j'ai un peu honte.

- Je le sais bien, que vous êtes un homme, ça je l'avais remarqué. Je préfère vous voir en vrai, pas déguisé en Président. En quoi vous êtes davantage vous-même après vous être fait plaisir, comme vous dites ?

- Après avoir bu cet excellent Whisky, je suis beaucoup mieux que moi-même. Y a du monde à la maison, dans ma tête si tu veux. Je peux les laisser tous discuter entre eux et filer sans que mon absence soit remarquée, prendre enfin un peu de repos.

- Si vous montiez cela sur scène pour en faire une pièce de théâtre, quelle histoire ça raconterait ?

- Euh, attends un peu, pas mal ton idée... c'est très clair dans mon esprit. C'est un rêve que je fais parfois. Ca se passe dans une tour de bureaux, c'est un grand plateau avec plein de gens qui s'affairent. Je viens d'arriver et personne ne prête attention à moi. Je sais que je dois terminer quelque chose de très urgent, mais je n'ai aucune idée de ce que c'est et personne n'est disposé à m'aider. Je donnerais n'importe quoi pour disparaître de cette histoire, mais je ne peux pas, et là j'ai vraiment besoin de boire pour m'en sortir.

- Si l'alcool disparaissait totalement de votre existence, qu'est-ce qu'il faudrait faire disparaître d'autre pour que ça soit supportable ?

- Fais pas ça Sophie, je suis si bien après quelques verres. Bon, supposons. Faut aussi que tu enlèves plein de trucs qui me pèsent, moi je peux pas vivre avec tout ça tout le temps.

- D'accord. Enlever quoi, pour commencer ?

- Tiens, par exemple, cette peur que j'ai, parfois, que mes collaborateurs s'aperçoivent que je ne suis pas à la hauteur, que je donne le change, mais en fait je suis pas le grand patron qu'ils s'imaginent.

- On peut les appeler, si vous voulez, ça sera vite réglé... Et quand vous avez peur, vous avez quel âge au juste ?

- J'ai 14 ans, et mon frère, qui en a 18, se moque de moi. Il me traite de fille parce que j'ai les cheveux longs. Je ne peux pas me défendre, il fait 20 kg de plus.

- Je comprends un peu pourquoi vous avez dépensé tant d'énergie pour prendre la tête de Swen. A part boire pour oublier tout ça, qu'est-ce que vous pourriez faire ?

- Ben, je sais pas, qu'est-ce que tu veux dire par là ?

- Je veux dire que boire, c'est l'option facile. Vous avez remarqué aussi que ça ne dure pas longtemps. Tout vous revient dans la figure, en pire, parce qu'en plus vous avez tenté de filer en douce. Le sens de l'humour de vos compagnons intérieurs semble perfectible.

- Oui, c'est bien ça. Je vois ce que tu veux dire. Je pourrais peut-être leur causer, à mes compagnons intérieurs, comme tu dis. Après tout, j'ai 48 ans maintenant, ils ne sont peut-être plus si terribles qu'ils me semblaient il y a 30 ou 40 ans. Tu crois que ça remplacerait l'alcool ?

- Ca serait moins drôle qu'un seul petit verre d'un excellent whisky, mais ça pourrait peut-être remplacer les trois verres suivants. D'ailleurs, vous avez beau jeu de tenter d'oublier tout ces sentiments qui vous pèsent, mais quel homme au juste seriez-vous si vous n'aviez pas vécu tout ça ?

- Tu veux dire que, tout ce dont je te parle, c'est ce qui m'a permis de me construire comme je suis aujourd'hui ?

- En tous cas, on n'a pas le choix, c'est comme dans le cochon, tout est bon...

- Dans le cochon, dans le cochon, tu pourrais prendre une autre image !

- Vous avez raison, les cochons, au moins, ils n'ont pas peur de se rouler dans leur fange. Peut-être parce qu'ils n'arrivent pas à déboucher la bouteille de whisky ?

- Bon, on va pas passer l'hiver sur le cochon, je sens que je suis dégrisé, moi.

- Qu'est-ce que vous avez envie de faire de ce que vous venez de travailler avec moi ?

- Tu crois que je serais capable de faire face à mes histoires sans l'aide de l'alcool ?

- Tout dépend de ce que vous appelez faire face. Si c'est faire avec en acceptant l'homme que vous êtes, et peut-être en renonçant à quelques illusions qui copinent avec vos angoisses, ça me semble un autre mot pour mûrir.

Mûrir, mourir, presque le même mot, pensa Jean-Benoît. Après tout, il n'y avait pas grand-chose à perdre. Et il avait réglé des affaires autrement plus complexes dans son existence. Cette protection que lui offrait l'alcool commençait à coûter un peu cher pour le service rendu.

- Bon, c'est pas tout ça, mais moi j'ai des devoirs à faire, et mon père veut pas que je goûte à son vieux cognac, va bien falloir que je trouve un autre moyen. J'y pense, ça vous arrive de vous réveiller la nuit avec une violente douleur à l'orteil ?

- Au gros orteil, oui, ça cogne, ça fait de plus en plus mal, c'est insupportable ce truc. Heureusement, ça finit par passer, mais ça me vole deux heures de sommeil.

- La goutte, mon cher Jean-Benoît, la goutte. Hyperuricémie post-alcoolique. Encore un truc que les cochons ne nous prendront pas. Dites, avec tout l'argent que vous allez toucher en rapportant vos bouteilles consignées, vous pourriez pas acheter un peu de chocolat ?

- J'y penserai, merci Sophie, à bientôt !

Jean-Benoît regarda Sophie s'éloigner de son pas de danseuse. Elle semblait à peine toucher le sol. Comment pouvait-elle se sentir si légère après avoir entendu ce qui lui semblait, à lui, si lourd ? 

Il était 18h34. Il avait trois quarts d'heure avant de rentrer. Florence mettait les petits plats dans les grands pour recevoir les Givelot. Des connards, mais des connards nécessaires, il était pour une fois d'accord avec sa femme. Autant louper l'apéritif, vous savez ce que c'est, la signature d'un contrat... non, vous ne savez pas ? Ah, c'est vrai, au Ministère on ne signe pas de contrats, quelle chance vous avez, ce doit être passionnant d'être si près du pouvoir... ça s'annonçait terrible.

Il s'approcha du clavier de son ordinateur. Nouveau document Microsoft Word. Ah, zut, avec ces procédures de sauvegarde bureautique on n'est plus chez soi... voyons... modifier titre : "le premier qui ouvre ce document est viré de Swen Games". Ah mais !

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            <name>jlrichard</name>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p><a onclick="window.open(this.href, '_blank', 'width=363,height=470,scrollbars=no,resizable=no,toolbar=no,directories=no,location=no,menubar=no,status=no,left=0,top=0'); return false" href="http://jlrichard.typepad.com/.shared/image.html?/photos/uncategorized/2008/01/16/leroiboit.jpg"><strong><img title="Leroiboit" height="129" alt="Leroiboit" src="http://jlrichard.typepad.com/questionsdedirigeant/images/2008/01/16/leroiboit.jpg" width="100" border="0" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 5px 5px 0px" /></strong></a><strong>- Tiens, c'est toi, Sophie ? Bonne année ma grande !</strong></p>

<p><strong>Jean-Benoît se balançait d'une jambe sur l'autre. Son comportement attira l'attention de Sophie. L'oeil du Président de Swen Games brillait. Le timbre de sa voix, légèrement décalé vers les aigus, semblait emporté par l'excitation. Jean-Benoît détourna son regard après lui avoir serré la main. L'évidence venait de frapper Sophie : "Mais, Jean-Benoît, vous avez bu !"</strong></p>

<p><strong>- Ah Sophie, je ne te permets pas de me traiter d'ivrogne, non mais sans blague...</strong></p>

<p><strong>- Ce que je vois, c'est que vous avez un coup dans le nez. Comment en êtes-vous arrivé là ?</strong></p><p><strong><em>(<u>Résumé des épisodes précédents</u> : la jeune Sophie s'est incrustée dans le bureau présidentiel de Jean-Benoît, au sommet de la tour Swen Games. Leurs trois dernières rencontres en ont beaucoup appris à Jean-Benoît sur lui-même. Sophie revient après avoir rêvé qu'elle retrouvait Jean-Benoît sur la planète du</em> <em>Petit Prince. Pour lire les quatre premiers épisodes, cliquez </em><a href="http://jlrichard.typepad.com/questionsdedirigeant/sophie/index.html"><em>ici.</em></a><em>)</em></strong></p>

<p>- Oui, alors, là, tu vois, Sophie, euh, c'est beaucoup dire un coup dans le nez. Booon, d'accoord, j'ai un peu forcé en arrosant la signature d'un contrat, c'est bien mon droit ?</p>

<p>Sophie remarqua la bouteille patinée du vieux single malt qui trônait sur la console près du téléphone. Un verre désoeuvré attendait sans se prononcer sur la suite des opérations. Il restait de quoi arroser une grosse affaire, ou deux petites.</p>

<p>- Vous avez fêté ça seul ?</p>

<p>- Euh, oui, tout seul, comme un grand, j'avais envie de me faire un petit plaisir.</p>

<p>- Si vous buvez chaque fois que votre entreprise se distingue, faut pas vous souhaiter de grands succès commerciaux en 2008. Quelque chose me dit que vous n'avez rien signé du tout.</p>

<p>- Bon, d'accord Sophie. C'est vrai, j'ai bu seul, sans raison. Un petit coup n'a jamais fait de mal à personne, que je sache.</p>

<p>- Si vous voulez, on va s'économiser les généralités sur l'alcool. Est-ce que vous souhaitez que nous en parlions tous les deux ?</p>

<p>- A part avec Florence, ma femme, qui me fait des reproches, je n'en ai jamais parlé à qui que ce soit. Je suppose que je n'ai pas grand-chose à y perdre.</p>

<p>- Qu'est-ce que vous aimeriez me dire de ce que vous ressentez en ce moment ?</p>

<p>- Que je ne suis pas le super-Président que tu avais imaginé, j'ai un peu honte, tu vois.</p>

<p>- Je le sais bien, que vous êtes un homme, ça je l'avais remarqué. Je préfère vous voir en vrai, pas déguisé en Président. En quoi êtes-vous davantage vous-même après vous être fait un petit plaisir, comme vous dites ?</p>

<p>- Après avoir bu cet excellent Whisky, je suis beaucoup mieux que moi-même. Y a du monde à la maison, dans ma tête si tu veux. Je peux les laisser tous discuter entre eux et filer sans que mon absence soit remarquée, les oublier pour prendre un peu de repos.</p>

<p>- Si vous montiez cela sur scène pour en faire une pièce de théâtre, quelle histoire ça raconterait ?</p>

<p>- Euh, attends, pas mal ton idée... C'est très clair dans mon esprit. C'est un rêve que je fais parfois. Ca se passe dans une tour de bureaux, sur un grand plateau avec plein de gens qui s'affairent. Je viens d'arriver et personne ne prête attention à moi. Je sais que je dois terminer quelque chose de très urgent, mais je n'ai aucune idée de ce que c'est et personne n'est disposé à m'aider. Le temps presse. Je donnerais n'importe quoi pour disparaître de cette histoire, mais je ne peux pas, et là j'ai vraiment besoin de boire pour m'en sortir.</p>

<p>- Si l'alcool disparaissait totalement de votre existence, qu'est-ce qu'il faudrait faire disparaître d'autre pour que ça soit supportable ?</p>

<p>- Fais pas ça Sophie, je suis si bien après quelques verres. Bon, supposons. Faut aussi que tu enlèves plein de trucs qui me pèsent, moi je peux pas vivre avec ça tout le temps.</p>

<p>- D'accord. Enlever quoi, pour commencer ?</p>

<p>- Tiens, par exemple, cette peur que j'ai, parfois, que mes collaborateurs s'aperçoivent que je ne suis pas à la hauteur, que je donne le change, mais qu'en fait je ne suis pas le grand patron qu'ils s'imaginent.</p>

<p>- On peut les appeler, si vous voulez, ça sera vite réglé. Quand vous avez peur, quel âge vous avez au juste ?</p>

<p>- J'ai 14 ans, et mon frère, qui en a 18, se moque de moi. Il me traite de fille parce que j'ai les cheveux longs. Je ne peux pas lui rentrer dedans, il fait 20 kg de plus.</p>

<p>- Je comprends mieux pourquoi vous avez dépensé tant d'énergie pour prendre la tête de Swen Games. A part boire pour oublier tout ça, qu'est-ce que vous pourriez faire ?</p>

<p>- Ben, je sais pas, qu'est-ce que tu veux dire par là ?</p>

<p>- Je veux dire que boire, c'est l'option facile. Vous avez remarqué aussi que ça ne dure pas longtemps. Tout vous revient dans la figure, en pire, parce qu'en plus vous avez tenté de filer en douce. Le sens de l'humour n'est pas la principale qualité de vos compagnons intérieurs.</p>

<p>- Oui, c'est bien ça. Je vois ce que tu veux dire. Je pourrais peut-être leur causer, à mes compagnons intérieurs, comme tu dis. Après tout, j'ai 48 ans maintenant. Ils ne sont peut-être plus si terribles qu'ils me semblaient il y a 30 ou 40 ans. Tu crois que ça remplacerait l'alcool ?</p>

<p>- Ca serait moins drôle qu'un seul petit verre d'un excellent whisky, mais ça pourrait peut-être faire le travail des trois suivants. D'ailleurs, vous avez beau jeu de tenter d'oublier tout ces sentiments qui vous pèsent, mais quel homme au juste seriez-vous si vous n'aviez pas vécu tout ça ?</p>

<p>- Tu veux dire que, tout ce dont je te parle, c'est ce qui m'a permis de me construire comme je suis aujourd'hui ?</p>

<p>- En tous cas, on n'a pas le choix, c'est comme dans le cochon, tout est bon...</p>

<p>- Dans le cochon, dans le cochon, tu pourrais prendre une autre image !</p>

<p>- Vous avez raison, les cochons, au moins, ils n'ont pas peur de se rouler dans leur boue. Peut-être parce qu'ils n'arrivent pas à ouvrir la bouteille de whisky ?</p>

<p>- Bon, on va pas passer l'hiver sur le cochon, je sens que je suis dégrisé, moi.</p>

<p>- Qu'est-ce que vous avez envie de faire de ce que vous venez de travailler avec moi ?</p>

<p>- Tu crois que je serais capable de faire face à mes compagnons à moi sans l'aide de l'alcool ?</p>

<p>- Faudra juste accepter que ça soit moins rapide, pour un résultat plus durable. Si c'est vivre avec en acceptant l'homme que vous êtes, et en renonçant à quelques illusions qui copinent avec vos angoisses, ça s'appelle mûrir.</p>

<p>Mûrir, mourir, presque le même mot, se dit Jean-Benoît. Après tout, il n'avait pas grand-chose à perdre. Et il avait réglé des affaires autrement plus complexes dans son existence. Cette protection que lui offrait l'alcool commençait à lui coûter cher pour le service rendu.</p>

<p>- Bon, c'est pas tout ça, mais moi j'ai des devoirs à faire, et mon père veut pas que je goûte à son vieux cognac. Va bien falloir que je trouve un moyen de travailler pour de vrai. J'y pense, ça vous arrive de vous réveiller la nuit avec une violente douleur à l'orteil ?</p>

<p>- Au gros orteil gauche, oui, ça cogne, ça fait de plus en plus mal, c'est insupportable ce truc. Heureusement, ça finit par passer, mais ça me vole deux heures de sommeil et je n'ose pas réveiller Florence.</p>

<p>- La goutte, mon cher Jean-Benoît, la goutte. Hyperuricémie post-alcoolique. Encore un truc que les cochons ne nous prendront pas. Dites, avec tout l'argent que vous allez toucher en rendant les bouteilles consignées, vous pourriez nous acheter un peu de chocolat ?</p>

<p>- J'y penserai Sophie, à ta santé !</p>

<p>Jean-Benoît regarda Sophie s'éloigner de son pas de danseuse. Elle semblait à peine toucher le sol. Comment pouvait-elle se sentir si légère après avoir entendu ce qui lui semblait, à lui, si lourd ? Etait-elle si distante du passé qu'il lui racontait, elle qui s'était tant rapprochée de lui depuis quelques semaines ? Si elle avait pu entendre tout ça, il devait pouvoir l'écrire entre lui et lui.</p>

<p>18h34. Trois quarts d'heure avant de rentrer. Florence mettait les petits plats dans les grands pour recevoir les Bouchelot-Darcier. Des imbéciles de compétition, mais des imbéciles in-con-tour-nables, il était pour une fois d'accord avec sa femme. Autant louper l'apéritif, vous savez ce que c'est, la signature d'un contrat... Tiens, non, vous ne savez pas ? Aaah, c'est vrai, au Ministère on ne vend pas de contrats, quelle chance vous avez, ce doit être pâââssionnant d'être au coeur du pouvoir.</p>

<p>Ce dîner de cons s'annonçait terrible. Si encore les Bouchetrou-Muche pouvaient casser une autre assiette de l'affreux service de belle-maman, ça le paierait de ses efforts.</p>

<p>Il rapprocha le clavier de son ordinateur. Ses sensations se bousculaient. Il avait tant à écrire. Clic droit. Nouveau document Microsoft Word. Ah, zut, avec ces procédures de sauvegarde bureautique, pas moyen d'être chez soi... voyons... modifier titre : "le premier qui ouvre ce document est viré de Swen Games". Ah mais ! </p></div>
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        <title>Coaching et Sciences Humaines, par Dominique Jaillon</title>
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        <published>2008-01-11T00:04:32+01:00</published>
        <updated>2008-01-11T00:04:32+01:00</updated>
        <summary>Dans un article publié en 2005 , nous indiquions combien nous étions inquiet de voir surgir un grand nombre de formations au coaching qui affichaient des références discutables et des promesses fallacieuses.
Depuis, un certain nombre de livres ont été écrits pour mettre en garde le public vis-à-vis de pratiques d’accompagnement se réclamant du coaching et annonçant des résultats miraculeux dans le domaine de l’évolution des comportements ou du développement de la confiance en soi, par une soi-disant « révélation »  de «  trésors cachés » dont nous serions tous dépositaires...
La plupart des offres de formation que nous avons étudiées présentent une vision caricaturale des relations interpersonnelles, de la dynamique des groupes et du fonctionnement de l’appareil psychique. Le coaching y est en effet présenté comme un produit miracle qui permet par exemple : « d’aider les individus, les groupes, les équipes, les organisations à devenir plus matures et plus autonomes, à développer de la confiance et de la loyauté vis-à-vis d’eux-mêmes et des autres, ainsi que la capacité à mesurer et  à prendre des risques en équilibrant leurs besoins de sécurité et d’innovation ».
Dans ces offres fallacieuses qui promettent un « renouveau de la vie adulte », le coaching vise à  apporter une philosophie, des informations et des outils qui facilitent la création d’équipes, la planification stratégique et le leadership personnel. 
Pour cela, le futur coach doit (en 12 jours de formation) « apprendre comment générer de l’espoir, de l’énergie et des attentes positives et réalistes ».
Il est invité, (grâce à 3 jours de formation supplémentaire), « à apprendre à découvrir les avantages et frontières de la séduction en définissant et en augmentant l’estime de soi-même, en identifiant sa capacité à plaire et à capter le plaisir et … faire naître la reconnaissance ».  
En tournant le dos à l’héritage des sciences humaines et sociales, (ou en s’économisant l’effort de comprendre cet héritage), ce type de discours propose une psychologisation simplificatrice et réductrice des dynamiques sociales et politiques et des relations humaines, (dont il nie la dimension sociologique). La conception de l’accompagnement sous-jacente à ce discours est donc à l’opposée de notre propre conception du coaching.
De quel « coach » parlons-nous ? 

Dans la Lettre que nous avons adressée début 2007 aux membres de la S.F.Coach et qui figure sur le site de celle-ci, nous formulions  le projet suivant :

 « Je souhaite développer, au sein de l’association, une activité de réflexion et de capitalisation sur les pratiques des coachs, leurs références théoriques et la dimension éthique de leur métier, afin qu’ils s’affirment comme praticiens réflexifs et congruents. 
En effet, en tant que coach, nous accompagnons des personnes en réflexion sur des problématiques de pouvoir, d’autorité, de motivation, de place, d’identité, d’employabilité, etc. 
Ceci, dans des organisations confrontées à des problématiques de productivité, de rentabilité, de gestion et de stratégie de conquête de marché mais aussi et c’est un point qu’il faut aujourd’hui souligner, de pérennité. Comment faisons-nous cohabiter tous ces termes ? en référence à quelles valeurs ?  et à quelle éthique ? »
Nous répondrons à ces questions  en explicitant notre représentation du coach, en tant que praticien réflexif.

Un praticien réflexif et congruent

Un praticien réflexif est d’abord un praticien c’est-à-dire un homme ou une femme qui, certes exerce une activité d’accompagnement mais qui, en outre produit une autre activité : une activité de réflexion sur sa pratique. Cette activité se développe selon deux axes.
Premièrement, la réflexivité se définit par le fait de se prendre soi-même comme objet d’observation à des fins d’analyse et de compréhension de son action. Elle permet une prise de distance à l’égard de l’expérience immédiate par l’intermédiaire du langage. Elle désigne le lien dynamique entre langage et pensée, entre pratique langagière située et activité cognitive. Elle nécessite la construction d’un espace intersubjectif : « dans une perspective dynamique, la pensée se construit par l’échange avec les autres, elle ne s’individualise que progressivement » ( Chabanne, 2006). En effet, la parole n’est pas un simple moyen de traduction de la réalité subjective. Elle fonctionne plutôt comme moyen de faire advenir à l’intelligibilité ce qui n’est pas encore conscient. Cette propriété du langage tient au fait que parler à quelqu’un est un moyen très puissant de penser ; surtout lorsqu’il s’agit de penser l’expérience vécue subjectivement. Le langage acquiert cette puissance lorsque la parole est adressée à autrui.

Deuxièmement, un praticien réflexif s’entraîne en permanence, à la mise en lien de son activité avec un ensemble de théories et de concepts opératoires issus principalement de la psychosociologie, de la sociologie clinique et de la psychanalyse. Ces concepts sont nécessaires à la compréhension de  cette activité. 

Un praticien réflexif est donc un praticien-chercheur qui, comme le disait Henri Lefebvre (85, 1976), fait tout pour éviter le double écueil  de « la vie sans concept et du concept sans vie ». 
Comment s’exercer à la réflexivité ? Comment développer sa congruence ? En quoi ces deux termes sont-ils indissociables ? Nous proposons de montrer comment l’articulation de ces deux termes est au fondement d’une formation à l’accompagnement professionnel de type coaching, à travers une clinique de soi, une clinique de l’activité et une éthique de la responsabilité.


Une activité d’introspection dans le cadre d’une une clinique de soi.

Un praticien réflexif est un praticien qui se prend lui-même pour objet de recherche et qui, dans ce but met en œuvre des méthodes et techniques appropriées :

a)	Tout d’abord, en rendant compte lui-même de sa pratique dans des dispositifs tels que le journal de coaching, la rédaction d’études de cas, de monographies de coaching, etc… Textes dans lesquels il rend compte de situations de coaching singulières et de la manière dont il a procédé pour conduire son travail d’accompagnement.

b)	Ensuite, en analysant son implication dans l’exercice de son activité de coach et notamment en réfléchissant sur son histoire de vie du point de vue de la question de l’accompagnement. 

c)	  Troisièmement en analysant ses émotions, attitudes et comportements en situation, dans le cadre de dispositifs conçus pour que se rencontrent deux activités malheureusement trop souvent séparées, voire présentées comme antagonistes : comprendre et éprouver, penser ce que l’on éprouve.
Ces lieux peuvent être des groupes de pairs, des groupes d’échanges de pratiques, des groupes d’analyse de pratique et bien sûr, la supervision. A condition que cette supervision soit faite par des coachs expérimentés, ayant la compétence d’articuler les théories et les concepts des sciences humaines avec l’expérience de l’action dans les organisations.

En conclusion de ce premier point, disons que le praticien réflexif doit « travailler ce qui le travaille » et donc en tant que coach, travailler la question de l’accompagnement. L’enjeu de la réflexivité à ce niveau « individuel » est un enjeu de congruence : il s’agit pour chaque coach d’être connecté à ses fondations afin de construire un style de coaching dans lequel s’articulent ce qu’il dit, pense, ressent et fait.

Une activité réflexive fondée sur l’analyse de la pratique dans le cadre d’une clinique de l’activité.

Un praticien réflexif examine sa pratique en se référant à des théories qui lui donnent une grille de lecture lui permettant de comprendre les dynamiques existantes entre les dimensions psychologique, subjective et existentielle de l’activité professionnelle. Ceci est d’autant plus nécessaire si l’on considère, la séance de coaching comme un moment de co-construction de savoirs. Car la co-construction des savoirs est la caractéristique majeure du coaching. Ce qui le différencie d’autres pratiques telles que l’expertise ou le conseil. La  pratique de coaching repose moins sur des techniques sophistiquées que sur un véritable sens clinique, fondé sur l’écoute de la parole d’un sujet, considéré comme étant en interaction permanente avec son environnement organisationnel, économique et institutionnel.

Un praticien réflexif crée un cadre contenant et protecteur qui favorise des processus de symbolisation par la mise en mots, en dessins, en action (jeux de rôle) à travers des modes d’expression créative. Il crée les conditions d’un examen de la pertinence des lois, des règles, des coutumes, des conditionnements, de l’ordre établi. Ce que la sociologue clinicienne, Fabienne Hanique, appelle un « cadre porteur de sens ». C’est un cadre dans lequel le coach incarne la loi tout en créant un ordre non répressif. C’est un cadre qui permet de concevoir de nouvelles articulations entre dimension existentielle et dimension professionnelle, un cadre qui permet « l’alchimie clinique » (Gaulejac, 2007), c’est-à-dire  la transformation du cuivre en or (Freud), la transformation de la culpabilité, du manque, de la souffrance etc.. en analyseur (Loureau, ) et en ressource pour l’individu. C’est donc un cadre qui favorise une double réflexivité : celle du coach et celle du coaché.

En conclusion de ce second point, signalons que nous disposons désormais d’un outil très pertinent pour réfléchir sur nos pratiques. Il s’agit du référentiel de compétences du coach élaboré par la SFCoach. Chacun peut examiner sa pratique de coach au regard des critères énoncés dans ce référentiel afin de se situer vis-à-vis d’eux et  mener une réflexion sur les liens (et les frontières) entre réflexivité, évaluation et professionnalisation. 

Une activité de  réflexion sur la dimension sociale et politique de l’activité de coaching dans le cadre d’une éthique de la responsabilité .

L’activité de coaching est questionnée et critiquée aussi bien par des sociologues du travail que par des psychiatres ou des philosophes, qui dénoncent le caractère normatif, adaptatif, programmatif et de formatage de l’individu, qui seraient selon eux, inhérents à toutes les pratiques de coaching.
Nous pensons que nous avons, en tant que coach, à réfléchir à ces critiques et à nous situer dans ce débat. 
Pour ma part, je considère que malgré le ton polémique et la propension que ces critiques ont à vouloir « jeter le bébé avec l’eau du bain », nous avons à nous intéresser à ce qu’ils disent et écrivent. Nous ne concevons pas le coaching comme devant contribuer à la “régression du politique au psychique” pour reprendre l’expression du socio-analyste Gérard Mendel  .
Tout d’abord parce que l’accompagnement individuel en situation professionnelle, ne repose ni sur l’idée selon laquelle individu et groupe seraient en opposition, ni sur l’idée selon laquelle l’activité de coaching accentuerait cette opposition au seul profit de l’individu. Bien au contraire, nous  considérons  d’une part, que la personne ne s’individu psychiquement qu’en relation avec un collectif. Nous pensons, d’autre part, que l’objectif d’un coaching individuel ou d’équipe est, précisément de travailler le problème de la relation entre l’individu et le collectif, dans une perspective d’articulation des  dimensions individuelles, groupales, organisationnelles, sociales et politiques.
C’est pourquoi nous ne faisons l’impasse ni sur la compréhension du fonctionnement de l’appareil psychique, ni sur la compréhension du fonctionnement des relations humaines, ni sur la compréhension du fonctionnement institutionnel des organisations 
Pour nous, seule une approche pluridisciplinaire des relations humaines peut éviter de tomber dans le piège de la psychologisation des rapports sociaux. Comme le notait déjà Claude Levi-Strauss en 1960 : Tout se passe comme si chaque individu avait sa propre personnalité pour Totem.
Etre un praticien réflexif dans une société post-moderne qui fait reposer sur l’individu seul, la responsabilité de sa réussite sociale, économique et professionnelle, c’est donc tout mettre en œuvre pour ne pas devenir un simple agent, contribuant à son insu, à l’érection et à la renarcissisation permanente des totems individuels : le sien et celui de ses clients. 

Conclusion

On dit souvent pour simplifier que l’engouement vis-à-vis du coaching s’inscrit dans un contexte de montée de l’individualisme, de délitement du lien social  et de psychologisation des rapports sociaux.
La question est donc bien celle de la responsabilité et de l’exigence du coach. Comment le coach se situe-t-il fondamentalement face à ce constat de « délitement » et cette affirmation d’une montée inexorable de l’individualisme ? 
L’accompagnant contribue-t-il à renforcer cette évolution sociale et à adapter la personne accompagnée à ces phénomènes ? Ou bien, au contraire aide-t-il la personne à se dégager de cette emprise idéologique ?

Face à la désinstitutionnalisation et à la dépolitisation, bref à la privatisation de la vie en société, l’accompagnement des individus et des groupes, consiste plus que jamais selon nous, à travailler les articulations entre l’individu, le groupe, l’organisation et l’institution. 
Ceci impose de relever le défi théorique et pratique d’une formation à l’ accompagnement de type coaching, dans des institutions définies non pas comme simples « organisations » mais comme le mouvement par lequel des forces sociales s’inscrivent dans des formes organisationnelles complexes. 




Si la notion de praticien réflexif est au cœur de nos actions de formation, c’est parce qu’elle caractérise le coach que nous nous employons à former   : homme ou femme qui déjoue les pièges de la pensée unique et ne se laisse pas assujettir à une école ou à un système, à un maître ou à un gourou. Une personne qui ne se laisse pas emprisonner dans une conception applicationiste du savoir et sait choisir et renouveler ses connaissances, (plurielles, multi-référencées). Un professionnel qui ne se lasse pas d’interroger les normes dont il est porteur : normes sociales, existentielles, relationnelles, organisationnelles.
L’exercice de cette liberté passe bien sûr, et c’est fondamental, par la culture du lien social : l’ouverture aux autres, la recherche de l’altérité, de la discussion, de la confrontation à des théories et des pratiques différentes. C’est ce que nous nous employons à réaliser dans les dispositifs de formation et de recherche que nous mettons en oeuvre.</summary>
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            <name>jlrichard</name>
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&lt;div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"&gt;&lt;p&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;&lt;a href="http://jlrichard.typepad.com/.shared/image.html?/photos/uncategorized/2008/01/10/djaillon_2.jpg" onclick="window.open(this.href, '_blank', 'width=800,height=1066,scrollbars=no,resizable=no,toolbar=no,directories=no,location=no,menubar=no,status=no,left=0,top=0'); return false"&gt;&lt;img width="100" height="133" border="0" src="http://jlrichard.typepad.com/questionsdedirigeant/images/2008/01/10/djaillon_2.jpg" alt="Djaillon_2" title="Djaillon_2" style="margin: 0px 5px 5px 0px; float: left;" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;strong&gt;Dans un article publié en 2005, nous indiquions combien nous étions inquiet de voir surgir un grand nombre de formations au coaching qui affichaient des références discutables et des promesses fallacieuses.&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;&lt;strong&gt;Depuis, un certain nombre de livres ont été écrits pour mettre en garde le public vis-à-vis de pratiques d’accompagnement se réclamant du coaching et annonçant des résultats miraculeux dans le domaine de l’évolution des comportements ou du développement de la confiance en soi, par une soi-disant « révélation » de «&amp;nbsp; trésors cachés » dont nous serions tous dépositaires...&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style="font-size: 1.2em;"&gt;(Cet article a été publié sous le titre &amp;quot;De la nécessité d'ancrer la formation au coaching dans les sciences humaines et sociales&amp;quot; dans le No 1 de Fil d'Ariane de décembre 2007 disponible &lt;a href="http://arianesud.com/bibliotheque/a_fil_d_ariane/fil_d_ariane_special_coaching_dec_2007/fil_d_ariane_special_coaching_decembre_2007_dominique_jaillon"&gt;ici&lt;/a&gt;)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;La plupart des offres de formation que nous avons étudiées présentent une vision caricaturale des relations interpersonnelles, de la dynamique des groupes et du fonctionnement de l’appareil psychique. Le coaching y est en effet présenté comme un produit miracle qui permet par exemple : « d’aider les individus, les groupes, les équipes, les organisations à devenir plus matures et plus autonomes, à développer de la confiance et de la loyauté vis-à-vis d’eux-mêmes et des autres, ainsi que la capacité à mesurer et à prendre des risques en équilibrant leurs besoins de sécurité et d’innovation ».&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;Dans ces offres fallacieuses qui promettent un « renouveau de la vie adulte », le coaching vise à&amp;nbsp; &lt;em&gt;apporter une philosophie, des informations et des outils qui facilitent la création d’équipes, la planification stratégique et le leadership personnel.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt; &lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;Pour cela, le futur coach doit (en 12 jours de formation) « apprendre comment générer de l’espoir, de l’énergie et des attentes positives et réalistes ».&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;Il est invité, (grâce à 3 jours de formation supplémentaire), « à apprendre à découvrir les avantages et frontières de la séduction en définissant et en augmentant l’estime de soi-même, en identifiant sa capacité à plaire et à capter le plaisir et … faire naître la reconnaissance ».&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;En tournant le dos à l’héritage des sciences humaines et sociales, (ou en s’économisant l’effort de comprendre cet héritage), ce type de discours propose une psychologisation simplificatrice et réductrice des dynamiques sociales et politiques et des relations humaines, (dont il nie la dimension sociologique). La conception de l’accompagnement sous-jacente à ce discours est donc à l’opposée de notre propre conception du coaching.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;&lt;strong&gt;De quel &amp;quot;coach&amp;quot; parlons-nous ?&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;Dans la &lt;em&gt;Lettre&lt;/em&gt; que nous avons adressée début 2007 aux membres de la S.F.Coach et qui figure sur le site de celle-ci, nous formulions le projet suivant :&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;« Je souhaite développer, au sein de l’association, une activité de réflexion et de capitalisation sur les pratiques des coachs, leurs références théoriques et la dimension éthique de leur métier, afin qu’ils s’affirment comme praticiens réflexifs et congruents.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;En effet, en tant que coach, nous accompagnons des personnes en réflexion sur des problématiques de pouvoir, d’autorité, de motivation, de place, d’identité, d’employabilité, etc.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;&lt;br /&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;Ceci, dans des organisations confrontées à des problématiques de productivité, de rentabilité, de gestion et de stratégie de conquête de marché mais aussi et c’est un point qu’il faut aujourd’hui souligner, de pérennité. Comment faisons-nous cohabiter tous ces termes ? En référence à quelles valeurs ? Et à quelle éthique ? »&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;Nous répondrons à ces questions en explicitant notre représentation du coach, en tant que praticien réflexif.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;&lt;strong&gt;Un praticien réflexif et congruent&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;Un praticien réflexif est d’abord un praticien c’est-à-dire un homme ou une femme qui, certes exerce une activité d’accompagnement mais qui, en outre produit une autre activité : une activité de réflexion sur sa pratique. Cette activité se développe selon deux axes.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;Premièrement, la réflexivité se définit par le fait de se prendre soi-même comme objet d’observation à des fins d’analyse et de compréhension de son action. Elle permet une prise de distance à l’égard de l’expérience immédiate par l’intermédiaire du langage. Elle désigne le lien dynamique entre langage et pensée, entre pratique langagière située et activité cognitive. Elle nécessite la construction d’un espace intersubjectif : «dans une perspective dynamique, la pensée se construit par l’échange avec les autres, elle ne s’individualise que progressivement» (Chabanne, 2006). En effet, la parole n’est pas un simple moyen de traduction de la réalité subjective. Elle fonctionne plutôt comme moyen de faire advenir à l’intelligibilité ce qui n’est pas encore conscient.&lt;strong&gt;&amp;nbsp;&lt;/strong&gt;Cette propriété du langage tient au fait que parler à quelqu’un est un moyen très puissant de penser ; surtout lorsqu’il s’agit de penser l’expérience vécue subjectivement. Le langage acquiert cette puissance lorsque la parole est adressée à autrui.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;Deuxièmement, un praticien réflexif s’entraîne en permanence, à la mise en lien de son activité avec un ensemble de théories et de concepts opératoires issus principalement de la psychosociologie, de la sociologie clinique et de la psychanalyse. Ces concepts sont nécessaires à la compréhension de cette activité.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;&lt;br /&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;Un praticien réflexif est donc un praticien-chercheur qui, comme le disait Henri Lefebvre (1976), fait tout pour éviter le double écueil de « la vie sans concept et du concept sans vie ».&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;&lt;br /&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;Comment s’exercer à la réflexivité ? Comment développer sa congruence ? En quoi ces deux termes sont-ils indissociables ? Nous proposons de montrer comment l’articulation de ces deux termes est au fondement d’une formation à l’accompagnement professionnel de type coaching, à travers &lt;em&gt;une clinique de soi&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;une clinique de l’activité&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;une éthique de la responsabilité&lt;/em&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;&lt;strong&gt;Une activité d'introspection dans le cadre d'une clinique de soi&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;Un praticien réflexif est un praticien qui se prend lui-même pour objet de recherche et qui, dans ce but met en œuvre des méthodes et techniques appropriées :&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt 36pt; text-indent: -18pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;a)&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 7pt; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal;"&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;Tout d’abord, en rendant compte lui-même de sa pratique dans des dispositifs tels que le journal de coaching, la rédaction d’études de cas, de monographies de coaching, etc. Textes dans lesquels il rend compte de situations de coaching singulières et de la manière dont il a procédé pour conduire son travail d’accompagnement.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt 18pt;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt 36pt; text-indent: -18pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;b)&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 7pt; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal;"&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;Ensuite, en analysant son implication dans l’exercice de son activité de coach et notamment en réfléchissant sur son histoire de vie du point de vue de la question de l’accompagnement. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt 35.45pt;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt 36pt; text-indent: -18pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;c)&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 7pt; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal;"&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;Troisièmement en analysant ses émotions, attitudes et comportements en situation, dans le cadre de dispositifs conçus pour que se rencontrent deux activités malheureusement trop souvent séparées, voire présentées comme antagonistes : comprendre et éprouver, penser ce que l’on éprouve.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt 35.45pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;Ces lieux peuvent être des groupes de pairs, des groupes d’échanges de pratiques, des groupes d’analyse de pratique et bien sûr, la supervision. A condition que cette supervision soit faite par des coachs expérimentés, ayant la compétence d'articuler les théories des sciences humaines avec l'expérience de l'action dans les organisations.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt 35.45pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt 35.45pt;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt 35.45pt;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;En conclusion de ce premier point, disons que le praticien réflexif doit « travailler ce qui le travaille » et donc en tant que coach, travailler la question de l’accompagnement. L’enjeu de la réflexivité à ce niveau « individuel » est un enjeu de congruence : il s’agit pour chaque coach d’être connecté à ses fondations afin de construire un style de coaching dans lequel s’articulent ce qu’il dit, pense, ressent et fait.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;&lt;strong&gt;Une activité réflexive fondée sur l'analyse de la pratique dans le cadre d'une clinique de l'activité&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;Un praticien réflexif examine sa pratique en se référant à des théories qui lui donnent une grille de lecture lui permettant de comprendre les dynamiques existantes entre les dimensions psychologique, subjective et existentielle de l’activité professionnelle. Ceci est d’autant plus nécessaire si l’on considère, la séance de coaching comme un moment de co-construction de savoirs. Car la co-construction des savoirs est la caractéristique majeure du coaching. Ce qui le différencie d’autres pratiques telles que l’expertise ou le conseil. La pratique de coaching repose moins sur des techniques sophistiquées que sur un véritable sens clinique, fondé sur l’écoute de la parole d’un sujet, considéré comme étant en interaction permanente avec son environnement organisationnel, économique et institutionnel.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;Un praticien réflexif crée un cadre contenant et protecteur qui favorise des processus de symbolisation par la mise en mots, en dessins, en action (jeux de rôle) à travers des modes d’expression créative. Il crée les conditions d’un examen de la pertinence des lois, des règles, des coutumes, des conditionnements, de l’ordre établi. Ce que la sociologue clinicienne, Fabienne Hanique, appelle un « cadre porteur de sens ». C’est un cadre dans lequel le coach incarne la loi tout en créant un ordre non répressif. C’est un cadre qui permet de concevoir de nouvelles articulations entre dimension existentielle et dimension professionnelle, un cadre qui permet « l’alchimie clinique » (Gaulejac, 2007), c’est-à-dire la transformation du cuivre en or (Freud), la transformation de la culpabilité, du manque, de la souffrance etc. en analyseur (Loureau, 1970) et en ressource pour l’individu. C’est donc un cadre qui favorise une double réflexivité : celle du coach et celle du coaché.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt 21.3pt;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;En conclusion de ce second point, signalons que nous disposons désormais d’un outil très pertinent pour réfléchir sur nos pratiques. Il s’agit du&lt;strong&gt;&amp;nbsp;&lt;/strong&gt;référentiel de compétences du coach élaboré par&amp;nbsp; la SFCoach. Chacun peut examiner sa pratique de coach au regard des critères énoncés dans ce référentiel afin de se situer vis-à-vis d’eux et mener une réflexion sur les liens (et les frontières) entre réflexivité, évaluation et professionnalisation.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;&lt;strong&gt;Une activité de réflexion sur la dimension sociale et politique de l'activité de coaching dans le cadre d'une éthique de la responsabilité&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;L’activité de coaching est questionnée et critiquée aussi bien par des sociologues du travail que par des psychiatres ou des philosophes, qui dénoncent le caractère normatif, adaptatif, programmatif et de formatage de l’individu, qui seraient selon eux, inhérents à toutes les pratiques de coaching.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;Nous pensons que nous avons, en tant que coach, à réfléchir à ces critiques et à nous situer dans ce débat.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;&lt;br /&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;Pour ma part, je considère que malgré le ton polémique et la propension que ces critiques ont à vouloir « jeter le bébé avec l’eau du bain », nous avons à nous intéresser à ce qu’ils disent et écrivent. Nous ne concevons pas le coaching comme devant contribuer à la “régression du politique au psychique” pour reprendre l’expression du socio-analyste Gérard Mendel.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;Tout d’abord parce que l’accompagnement individuel en situation professionnelle, ne repose ni sur l’idée selon laquelle individu et groupe seraient en opposition, ni sur l’idée selon laquelle l’activité de coaching accentuerait cette opposition au seul profit de l’individu. Bien au contraire, nous considérons&amp;nbsp; d’une part, que la personne ne s’individu psychiquement &lt;em&gt;qu’en relation&lt;/em&gt; avec un collectif. Nous pensons, d’autre part, que l’objectif d’un coaching individuel ou d’équipe est, précisément de travailler le problème de la relation entre l’individu et le collectif, dans une perspective d’articulation des dimensions individuelles, groupales, organisationnelles, sociales et politiques.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;C’est pourquoi nous ne faisons l’impasse ni sur la compréhension du fonctionnement de l’appareil psychique, ni sur la compréhension du fonctionnement des relations humaines, ni sur la compréhension du fonctionnement institutionnel des organisations.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;Pour nous, seule une approche pluridisciplinaire des relations humaines peut éviter de tomber dans le piège de la psychologisation des rapports sociaux. Comme le notait déjà Claude Lévi-Strauss en 1960 : &lt;em&gt;Tout se passe comme si chaque individu avait sa propre personnalité pour Totem.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;&lt;em&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;&lt;em&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;Etre un praticien réflexif dans une société post-moderne qui fait reposer sur l’individu seul, la responsabilité de sa réussite sociale, économique et professionnelle, c’est donc tout mettre en œuvre pour ne pas devenir un simple agent, contribuant &lt;em&gt;à son insu&lt;/em&gt;, à l’érection et à la renarcissisation permanente des totems individuels : le sien et celui de ses clients.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;&lt;strong&gt;Conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p align="left" class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm; text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;On dit souvent pour simplifier que l’engouement vis-à-vis du coaching s’inscrit dans un contexte de montée de l’individualisme, de délitement du lien social&amp;nbsp; et de psychologisation des rapports sociaux.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p align="left" class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm; text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p align="left" class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm; text-align: left;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p align="left" class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm; text-align: left;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p align="left" class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm; text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;La question est donc bien celle de la responsabilité et de l’exigence du coach. Comment le coach se situe-t-il fondamentalement face à ce constat de « délitement » et cette affirmation d’une montée inexorable de l’individualisme ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p align="left" class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm; text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;&lt;br /&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p align="left" class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm; text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;L’accompagnant contribue-t-il à renforcer cette évolution sociale et à adapter la personne accompagnée à ces phénomènes ? Ou bien, au contraire aide-t-il la personne à se dégager de cette emprise idéologique ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p align="left" class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm; text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p align="left" class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm; text-align: left;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p align="left" class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm; text-align: left;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p align="left" class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm; text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;Face à la désinstitutionalisation et à la dépolitisation, bref à la privatisation de la vie en société, l’accompagnement des individus et des groupes, consiste plus que jamais selon nous, à travailler les articulations entre l’individu, le groupe, l’organisation et l’institution.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p align="left" class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm; text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p align="left" class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm; text-align: left;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p align="left" class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm; text-align: left;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p align="left" class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm; text-align: left;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p align="left" class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm; text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;Ceci impose de relever le défi théorique et pratique d’une formation à l’accompagnement de type coaching, dans des institutions définies non pas comme simples « organisations » mais comme le &lt;em&gt;mouvement&lt;/em&gt; par lequel des forces sociales s’inscrivent dans des formes organisationnelles complexes.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p align="left" class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm; text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;&lt;br /&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;Si la notion de &lt;em&gt;praticien réflexif &lt;/em&gt;est au cœur de nos actions de formation, c’est parce qu’elle caractérise le coach que nous nous employons à former : homme ou femme qui déjoue les pièges de la pensée unique et ne se laisse pas assujettir à une école ou à un système, à un maître ou à un gourou. Une personne qui ne se laisse pas emprisonner dans une conception applicationiste du savoir et sait choisir et renouveler ses connaissances, (plurielles, multi-référencées). Un professionnel qui ne se lasse pas d’interroger les normes dont il est porteur : normes sociales, existentielles, relationnelles, organisationnelles.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;L’exercice de cette liberté passe bien sûr, et c’est fondamental, par la culture du lien social : l’ouverture aux autres, la recherche de l’altérité, de la discussion, de la confrontation à des théories et des pratiques différentes. C’est ce que nous nous employons à réaliser dans les dispositifs de formation et de recherche que nous mettons en œuvre.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: 0.8em;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;Notes de l'auteur et bibliographie disponibles dans le texte original d'&lt;a href="http://www.arianesud.com/"&gt;ArianeSud&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: 0.8em;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: 0.8em;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;Dominique Jaillon, Sociologue-socioanalyste, Coach, Président de la Société Française de Coaching &lt;a href="http://www.sfcoach.org/"&gt;SFCoach&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: 0.8em;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;Maître de conférences, Université de Clermont II&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: 0.8em;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;Chercheur au Laboratoire de Changement Social, Université Paris 7-Denis Diderot&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: 0.8em;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;8, rue Baulant, 75012 Paris&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: 0.8em;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;;"&gt;&lt;a href="mailto:dominique.jaillon@wanadoo.fr"&gt;dominique.jaillon@wanadoo.fr&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm -0.3pt 0pt 0cm; text-indent: 0cm;"&gt;&lt;/p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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