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	<title>Saint-Mich&#039;, le blog</title>
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		<title>Des racines et des mères</title>
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		<pubDate>Sat, 18 Feb 2012 13:48:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>M2</dc:creator>
				<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[accouchement]]></category>
		<category><![CDATA[bordeaux]]></category>
		<category><![CDATA[mères]]></category>
		<category><![CDATA[saint-michel]]></category>
		<category><![CDATA[traditions]]></category>

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		<description><![CDATA[Lorsque l’on devient mère, l’éloignement du pays se fait sentir. Pratiquer de petits rituels traditionnels rassure, mettre des mots&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="float:right; margin:0 0 10px 15px; width:240px;">
		<img src="http://www.saintmich.fr/wp-content/uploads/2012/01/DSCN4630cc.jpg" width="240" />
		</p><p><strong><strong>Lorsque l’on devient mère, l’éloignement du pays se fait sentir. Pratiquer de petits rituels traditionnels rassure, mettre des mots sur ses angoisses aussi.</strong></strong></p>
<div id="attachment_3037" class="wp-caption aligncenter" style="width: 560px"><a href="http://www.saintmich.fr/wp-content/uploads/2012/01/DSCN4630cc.jpg"><img class="size-full wp-image-3037" title="Aminata a ressorti l'album photo familial. Son fils Omar est né en 2005, quelques mois après son arrivée à Bordeaux." src="http://www.saintmich.fr/wp-content/uploads/2012/01/DSCN4630cc.jpg" alt="" width="550" height="413" /></a><p class="wp-caption-text">Aminata a ressorti l&#39;album photo familial. Son fils Omar est né en 2005, quelques mois après son arrivée à Bordeaux.</p></div>
<p>&laquo;&nbsp;<em>J&#8217;aurais aimé pouvoir reproduire certaines traditions, mais ce qui m&#8217;a le plus manqué quand j’ai accouché, c&#8217;est la nourriture et les soutiens&nbsp;&raquo;.</em> En 2005, Aminata s&#8217;installe à Saint-Michel. Elle arrive tout droit du Mali, avec son mari français et son ventre arrondi. &laquo;&nbsp;<em>J&#8217;ai commencé ma grossesse là-bas, et je l&#8217;ai terminée ici. Au Mali, dès qu&#8217;une femme enceinte à envie de manger quelque chose, ses voisins lui préparent. Ils apportent pleins de plats différents selon ses désirs. On dit que les tâches de naissance du bébé correspondent aux envies non satisfaites de la maman pendant la grossesse.</em>&nbsp;&raquo;</p>
<p>A son arrivée, Aminata ne connait personne à Saint-Michel. Elle doit se passer de cette tradition et de toute l’attention que l’on porte aux mamans dans son pays natal.</p>
<p>&laquo;&nbsp;<em>Après l&#8217;accouchement à la maternité, je me souviens, on m&#8217;a servi un plat très lourd, à base de pommes de terres. Au Mali, les femmes de la famille te préparent une soupe pour te redonner de l&#8217;énergie. Elle contient du poulet, de la tomate, du bouillon cube et du cumin. Moi je n&#8217;avais personne pour me la préparer.</em>&nbsp;&raquo;</p>
<p>Les recettes traditionnelles pour remettre les mamans en forme le jour J, sont communes à plusieurs pays africains. Nezha est arrivée à Saint-Michel il y a quatre ans. Sa première fille, Feriel, est née en Algérie. La seconde, Besma, à la maternité Bagatelle de Bordeaux. « <em>En Algérie, les mamans préparent toujours des plats très caloriques, pour favoriser les montées de lait. Nous avons deux recettes surtout, le Berkoukes, un équivalent du couscous avec de grosses graines, et côté sucré, le gâteau de naissance, le Toumina. Si vous en voyez un dans une maison, un nouveau-né n&#8217;est pas loin.</em> »</p>
<p>Souvent, dans les semaines qui suivent l&#8217;accouchement, les femmes préparent des tisanes à la jeune maman. <em>« Elles servent à laver le ventre, à chasser les graisses. Tu en bois pendant une semaine ou deux. »</em> précise Aminata . A Saint-Michel, elle n&#8217;a pas pu en bénéficier. « <em>Ici, on est toute seule. Il faut s’occuper du bébé et de notre mari. C&#8217;est dur de se préparer les tisanes. Et puis au Mali, les herbes se trouvent dans la brousse ou au marché. Du coup, depuis la naissance d&#8217;Omar, mon ventre n&#8217;est jamais parti, même si je fais du sport.</em> »</p>
<p>Saynabou, elle, a trouvé le bon filon à Saint-Mich&#8217; pour se concocter sa potion magique post-partum. Elle indique le petit commerce près du marché des <span style="text-decoration: underline;">c</span>apucins : « <em>le magasin avec la devanture rouge et bleue, c&#8217;est écrit Asie, Afrique dessus! Il faut demander des feuilles de kelkeliba. Vous les lavez bien, vous les laissez infuser dix minutes, l&#8217;eau va devenir rouge. Il faut en boire plusieurs fois par jour.</em> » Saynabou est née en France, mais cette petite plante sénégalaise, elle y tient. Elle en buvait déjà quelques semaines avant la naissance de sa fille Mariama.</p>
<p><strong> Pas de grande fête familiale</strong></p>
<p>Souvent éloignées de leurs familles, les femmes ressentent encore plus l&#8217;isolement au moment de leur grossesse. Pour sa première fille, en Algérie, la maman de Nezha était venue s&#8217;installer chez elle 15 jours avant le terme pour l&#8217;aider et la soutenir. Pour sa deuxième grossesse en France « <em>C&#8217;était vraiment dur sans ma mère. Elle m&#8217;a rejoint quinze jours après l&#8217;accouchement. Elle a pu rester quelques semaines.</em> »</p>
<p>Une présence qui compte, car certaines traditions n&#8217;ont pas vraiment de sens lorsqu&#8217;elles sont pratiquées sans les proches. « <em>En Algérie, 7 jours après la naissance, il y a la tradition du henné. On fait un petit motif au henné dans la main du bébé. Moi je l&#8217;ai décalé au 15ème jour parce que je voulais que ma mère soit là. Et puis normalement, le 7ème, le 14ème ou le 21ème jour, on sacrifie un mouton. C&#8217;est une grande fête familiale. Ici, c&#8217;est difficile de le faire. Mais même si j’avais pu, ma famille n&#8217;aurait pas été là, donc ca n&#8217;aurait pas eu le même sens. J&#8217;ai attendu de retourner en Algérie l&#8217;été suivant pour le faire avec toute ma famille.</em> »</p>
<p>La grande fête familiale à manqué à Aminata aussi. « <em>Normalement, pour le baptême, on fait venir l’Imam, qui rase le bébé, et on invite toute la famille. Ici, vous voulez que j&#8217;aille chez quel Imam? Que je rassemble qui? Omar, je l&#8217;ai rasé toute seule</em> ». Elle s’emporte, amère.</p>
<p>Aminata n’est pas musulmane conservatrice mais regrette ne pas avoir pu partager ces moments rituels, comme on les pratique dans son pays. Elle perpétue quelques traditions pourtant. Des enseignements ancestraux. Elle parle avec fierté du massage africain que l&#8217;on prodigue au bébé. Un massage très énergique, impressionnant aussi, réalisé avec du beurre de karité, pour mieux détendre et hydrater. Aminata a tenu aussi à porter Omar sur son dos jusqu&#8217;à ses 2 ans pour qu&#8217;il soit vraiment « avec elle ».</p>
<p>Les chocs culturels rencontrés au moment de leur maternité, les femmes africaines osent très peu en parler. A la MDSI, (Maison Départementale de la Solidarité et de l&#8217;Insertion), une fois par mois, un groupe de parole est mis en place en partenariat avec l&#8217;association Promo femmes. Parfois les mamans abordent ce thème. Martine Blasquiz, sage femme, participe à ce groupe de parole : «<em>Certaines femmes pensent que ce qui vient de leur pays est considéré comme « mal ». Elles s&#8217;interdisent de pratiquer les rites et n&#8217;osent pas en parler. Elles ne conservent pas forcément les traditions mais conservent la double culture. Elles sont vraiment heureuses de la prise en charge de la douleur ici, mais pour certaines mères, la médicalisation française peut être vécue de manière très traumatisante.</em> »</p>
<p>Echographies, rendez-vous de suivi mais surtout rôle prépondérant du corps médical, tout cela est un peu « stressant ». Avec un paroxysme après la naissance, rester plusieurs jours hospitalisée. Impensable pour ces mamans de ne pas rentrer chez elle immédiatement après l’accouchement. En Algérie, Nezha accouchait à 1 heure du matin. À 9 heures, elle était chez elle.</p>
<p><strong>Texte et photo, Agathe Goisset</strong></p>
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		<title>Erreur de la banque en votre défaveur</title>
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		<pubDate>Thu, 16 Feb 2012 21:48:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>M2</dc:creator>
				<category><![CDATA[Le gros chantier]]></category>

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		<description><![CDATA[4%. C’est la part des activités bancaires et financières dans Saint-Michel. Soit à peine 7 entreprises implantées dans le&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="float:right; margin:0 0 10px 15px; width:240px;">
		<img src="http://www.saintmich.fr/wp-content/uploads/2012/02/banquesok.jpg" width="240" />
		</p><p style="text-align: left;"><strong>4%. C’est la part des activités bancaires et financières dans Saint-Michel. Soit à peine 7 entreprises implantées dans le quartier. A Saint-Michel, il n&#8217;y a ni faillite ni crise des banques&#8230; Tout simplement parce que les banques sont absentes.</strong></p>
<div id="attachment_3313" class="wp-caption aligncenter" style="width: 560px"><a href="http://www.saintmich.fr/wp-content/uploads/2012/02/banquesok.jpg"><img class="size-full wp-image-3313" title="banquesok" src="http://www.saintmich.fr/wp-content/uploads/2012/02/banquesok.jpg" alt="" width="550" height="413" /></a><p class="wp-caption-text">Entre 600 et 800 clients vivent dans un rayon de 5 minutes autour du distributeur de la place Saint-Michel (Photo Julien Gonzalez).</p></div>
<p style="text-align: left;" align="justify">Dimanche 15 janvier 2012, 15 heures. Le seul distributeur à billets Crédit Lyonnais du quartier Saint-Michel sur la place est en panne. Pour retirer ou déposer de l’argent, direction le Cours Victor Hugo, ou les Capucins. Bref, il faut quitter Saint-Michel. Alors que les vagues migratoires portugaises et espagnoles avaient attiré un véritable réseau bancaire, aujourd’hui les banques n’investissent plus dans Saint-Michel.</p>
<p style="text-align: left;" align="justify"><strong>Affluence record au seul distributeur de la place</strong></p>
<p style="text-align: left;" align="justify">Rue des Faures, à côté du bistrot de l&#8217;Atlas et du bar-tabac Saint-Michel, le Crédit Lyonnais a installé un distributeur en 2006, sans faire trop de publicité. Sur la place, il n’a aucune visibilité. Mais les files d&#8217;attentes sont quotidiennes. <em>« Entre 600 et 800 clients vivent dans un rayon de 5 minutes autour du distributeur de Saint-Michel ! » </em>précise la direction commerciale Sud-Ouest du Crédit Lyonnais. Peu d&#8217;offre mais une vraie demande.</p>
<p style="text-align: left;" align="justify">Un vrai décalage alors que le quartier Saint-Michel est un quartier rentable : <em>« En terme de pénétration de marché, il y a des flux importants d&#8217;argent à Saint-Michel. Nous comptons près de 1000 clients qui résident à Saint-Michel. Presque 12% de la population du quartier vient chez nous ».</em> Avant d&#8217;invoquer des habitudes de consommation particulières : <em>« A Saint-Michel, on fait beaucoup de retraits de petits montants. On ne retire pas juste 3 fois par semaine comme à Caudéran. Ce qui explique des pics record au distributeur »</em>. L&#8217;essentiel des opérations commerciales (brocante, marché, cafés, petits commerces de bouche&#8230;) s&#8217;effectue généralement en espèces. Il y aurait parfois près de 10 000 retraits à la semaine. Le seul distributeur de Saint-Michel est parfois à cours de billets le dimanche matin en fin de matinée, victime de son succès.</p>
<p style="text-align: left;" align="justify">Et face à cette demande, quelle réponse ? <em>« Nous avions pensé à installer un second distributeur tout à côté. Mais il faut attendre la fin des travaux qui pose, comme problème numéro 1, le passage des transporteurs de fonds. D’ailleurs, nous avons failli fermer le seul distributeur de Saint-Mich’, justement à cause des travaux rue Maubec et rue des Faures». </em>Et la configuration de la place, après travaux, ne se prêtera que difficilement à l&#8217;installation d&#8217;une agence.</p>
<p style="text-align: left;" align="justify"><strong>« Les banques tuent les zones de vie »</strong></p>
<p style="text-align: left;" align="justify">Pour retirer son argent, les banques ont investi le Cours de la Marne, les Capucins&#8230; et surtout le Cours Victor Hugo. Phénomène significatif, la banque BNP Paribas disposait déjà d&#8217;un distributeur à billets au 35 Cours Victor Hugo. Côté Saint-Paul, du bon côté de Victor Hugo ! Ils viennent d&#8217;ouvrir une agence toute pimpante&#8230;au même endroit. Si le ministère de la Ville attribue le statut de Zone Urbaine Sensible à Saint-Michel, <em>« les banquiers parlent de zone à risque » </em>pour parler du quartier Saint-Michel précise Patrick Lauriol du groupe LCL.</p>
<p style="text-align: left;" align="justify">Du coup, seule la Poste est installée côté Saint-Michel, au 18 Cours Victor Hugo. Deux distributeurs à l&#8217;extérieur, un au sein de l&#8217;agence, les clients sont très nombreux.<em> « La Poste a une mission de service public qui correspond tout particulièrement au profil des habitants du quartier Saint-Michel : la Banque Postale doit assurer une accessibilité bancaire » </em>précise-t-on à la direction de la Poste. Du coup, la Poste, c&#8217;est le point central des flux financiers et bancaires de Saint-Michel : «<em> Nous comptons 5750 clients qui ont au moins un produit, à savoir un compte, un livret A&#8230;Et nous avons 2000 clients actifs dans cette agence, qui disposent d’une carte bancaire, de chèques et d’au moins un compte principal ». </em>D’après la direction de la Poste, <em>« parmi ses clients, certes certains viennent de Saint-Paul, mais la majorité sont de Saint-Michel ».</em></p>
<p style="text-align: left;" align="justify">Beaucoup de flux, beaucoup de demandes, les banques ne verrouillent pas pour autant Saint-Michel.<em> « Il est hors de question de faire à Saint-Michel comme le long de la barrière </em><em>Judaïque où les banques ont fait disparaître les bars et les terrasses, </em>précise de but en blanc Patrick Lauriol du groupe LCL. <em>Je pense que les banques vont continuer d’investir les Capucins mais pour la place Saint-Michel, il vaut mieux des commerces et des magasins alimentaires plutôt que des banques ».</em> Belcier, Terres Neuves sont aujourd’hui les véritables pôles d’attraction, du coup les banques investissent ces espaces plus éloignés du centre-ville. <em>« Et la mairie est favorable à l’implantation d’un secteur bancaire dans ces zones en devenir. A l’inverse, Saint-Michel, c’est plus verrouillé. En ce moment, la stratégie est plus de rééquilibrer le Cours Victor Hugo que d’investir Saint-Michel ! »</em></p>
<p style="text-align: left;"><strong>« Des entrepreneurs qui veulent sortir du RSA, de la précarité »</strong></p>
<p style="text-align: left;" align="justify">A côté des banques traditionnelles très regardantes sur l’endettement des particuliers comme des entrepreneurs, un autre système bancaire est possible, au cœur même de Saint-Michel : le micro-crédit.</p>
<p style="text-align: left;" align="justify">Au 29 Rue du Mirail, le Crédit Municipal, en partenariat avec la caisse sociale de développement local, parie sur des projets audacieux pour aider les entreprises à s’implanter, tout particulièrement à Saint-Michel. Le salon de thé bio Chat Noir Chat Vert (voir encadré), qui donne directement sur la place Saint-Michel, existe grâce à cette autre offre bancaire. A la Caisse sociale, on défend ce dossier comme un projet original : <em>« Faire du bio à Saint-Mich&#8217;, c’est très difficile, d&#8217;autant plus avec les travaux qui sont à cheval sur la rue des Faures et la rue Maubec. Il faut y croire. Nous choisissons des entrepreneurs qui veulent sortir de la précarité, du RSA. Avec ce prêt, il doivent devenir autonome. On leur redonne le costume de chef d&#8217;entreprise ».</em> Et ces prêts peuvent d’ailleurs aider les entrepreneurs à gagner une crédibilité auprès des autres agents bancaires. Le gérant du salon de thé M. Assaadi a pu ainsi contracter un autre prêt de 5000 euros auprès de l’Oseo, l’agence de financement de l’innovation et de la croissance des PME.</p>
<p style="text-align: left;" align="justify">Enfin, en plus de faire du prêt sur gages ou des placements financiers, le Crédit Municipal fait du micro-crédit social aux particuliers, notamment pour des gens résidant à Saint-Michel. La stratégie : tout sauf de l’assistanat. <em>« On ne finance pas le remboursement de dettes de loyers ou de factures d’EDF impayées, mais par exemple, on aide pour l&#8217;achat d&#8217;une voiture dans le cadre d&#8217;un travail éloigné par rapport à un lieu de résidence&#8230; ».</em> Les critères sont précis : une aide financière pour une formation dans le cadre d’un projet professionnel, le financement du permis de conduire pour des déplacements&#8230; Des rapports de confiance, parfois à la limite du troc comme dans le prêt sur gage, qui déconstruisent le préjugé du quartier sensible ou de la zone à risques.</p>
<p style="text-align: left;" align="justify">Trop peu d’offres et une demande qui explose, le marché concurrentiel des banques a littéralement exclu le quartier Saint-Michel de ses plans d’investissements. Mais le flux de commerces et de personnes, avec la piétonisation et la proximité avec la gare dans le cadre d’Euratlantique, pourraient changer la part du tertiaire dans le quartier… et faire sauter la banque.</p>
<p style="text-align: right;" align="right"><strong>Julien Gonzalez</strong></p>
<p style="text-align: right;" align="right">
<blockquote>
<p style="text-align: left;" align="left"><strong> « Des gens très humains qui n&#8217;ont rien de banquiers »</strong></p>
<p style="text-align: left;" align="justify">En septembre 2009, M. Saïd Assaadi a pu s’implanter au cœur de Saint-Michel grâce à un prêt de la caisse sociale de 5000 euros. Un taux d’intérêt de 2%, loin des rapports de rendement de 5% des autres banques. Ce qui lui donne l’impression de parler à<em> « des gens très humains qui n’ont rien de banquiers ».</em> Les arrangements se font à l’amiable parce que les rapports sont basés sur la confiance : <em>« En cas d’impayés, j’ai un délai de 3 mois ; à la banque, on m’aurait déjà prélevé une tonne d’agios ».</em> Côté frais de remboursements, le montant est raisonnable : 87 euros tout rond<em>, « et encore c’est dégressif sur les cinq ans »</em>.</p>
</blockquote>
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		<title>L&#8217;étrange carnet de Miss Green</title>
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		<pubDate>Thu, 16 Feb 2012 21:47:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>M2</dc:creator>
				<category><![CDATA[Bric-à-brac]]></category>

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		<description><![CDATA[Entre les recueils de Verlaine et des bouquins d’auteurs surréalistes, Christophe Lastécouères déniche de sa bibliothèque un carnet de&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="float:right; margin:0 0 10px 15px; width:240px;">
		<img src="http://www.saintmich.fr/wp-content/uploads/2012/02/fotoFleche.jpg" width="240" />
		</p><p><strong>Entre les recueils de Verlaine et des bouquins d’auteurs surréalistes, Christophe Lastécouères déniche de sa bibliothèque un carnet de notes. Un cadeau d’anniversaire qu’il avait fait le 18 décembre 2009 à sa petite copine. En ouvrant le Moleskine, une écriture calligraphiée apparait comme une formule magique :<em> « Saint-Michel fini ».</em></strong></p>
<div>
<div id="attachment_3137" class="wp-caption aligncenter" style="width: 560px"><a href="http://www.saintmich.fr/wp-content/uploads/2012/01/carnetdenotes.jpg"><img class="size-full wp-image-3137" title="carnet de notes" src="http://www.saintmich.fr/wp-content/uploads/2012/01/carnetdenotes.jpg" alt="" width="550" height="368" /></a><p class="wp-caption-text">Pendant deux ans, Tanya Green a recueilli les impressions des gens de Saint-Mich&#39; (Photos Jérémie Maire).</p></div>
<dl>
<dt><span id="more-3071"></span></dt>
</dl>
</div>
<p align="justify">Tanya Green est écossaise. Elle vivait dans les Highlands, à Nairn, à une trentaine de kilomètres au sud du Loch Ness. Elle était &laquo;&nbsp;support people&nbsp;&raquo;, l&#8217;équivalent d&#8217;une assistante éducative auprès des personnes ayant des troubles mentaux.</p>
<p align="justify">En juin 2008, à 37 ans, elle décide de prendre une année sabbatique, met son appartement en location et part en voyage. Avec l&#8217;idée d&#8217;aller en Inde travailler pour une association humanitaire. Elle voyage dans un premier temps en Europe, parcourt les Pays-Bas, la Belgique, l’Espagne. En septembre 2008, elle rencontre Christophe Lastécouères dans un bus qui relie Bordeaux à Berlin. 24 heures passées côte à côte ; elle s&#8217;installe chez lui une semaine plus tard, au 24 rue des Allamandiers. Avec vue sur la place Saint-Michel.</p>
<div id="attachment_3262" class="wp-caption aligncenter" style="width: 560px"><a href="http://www.saintmich.fr/wp-content/uploads/2012/02/Tanyaok.jpg"><img class="size-full wp-image-3262" title="Tanyaok" src="http://www.saintmich.fr/wp-content/uploads/2012/02/Tanyaok.jpg" alt="" width="550" height="413" /></a><p class="wp-caption-text">Tanya a vécu pendant plus de trois ans rue des Allamandiers.</p></div>
<p align="justify">Même si elle ne maîtrise pas le Français, elle se sent à l&#8217;aise à St- Michel, car <em>« c’est un quartier multi-ethnique ».</em> Elle dispose alors de beaucoup de temps libre pour découvrir Bordeaux, la vie en France…et Saint-Michel : le vin, le climat doux, les terrasses, le marché, la brocante. Ici, on lui pardonne ses fautes de Français et on prend le temps de comprendre ce qu&#8217;elle dit, sans jugement négatifs. Elle y retrouve l&#8217;esprit de village des petites villes d’Écosse. Elle parle facilement avec tout le monde : les brocanteurs, les Arabes, les Bulgares&#8230;</p>
<p align="justify">En décembre 2009, ils découvrent un article dans Sud-Ouest : « Les habitants attentifs à la mue de leur quartier ». Il est question du projet de rénovation de St-Michel, du budget de 11 million d&#8217;euros.</p>
<div id="attachment_3292" class="wp-caption aligncenter" style="width: 560px"><a href="http://www.saintmich.fr/wp-content/uploads/2012/02/coupuresjournaux2.jpg"><img class="size-full wp-image-3292" title="coupuresjournaux" src="http://www.saintmich.fr/wp-content/uploads/2012/02/coupuresjournaux2.jpg" alt="" width="550" height="368" /></a><p class="wp-caption-text">Quand la presse évoque &quot;le risque de boboïsation&quot; à Saint-Michel.</p></div>
<p align="justify">Pendant plusieurs jours, ils passeront leurs nuits à parler gentrification et spéculation immobilière, à échanger sur cet esprit de village, unique à Bordeaux, et de cette mauvaise réputation de Saint-Michel, injustifiée et tenace&#8230; Tanya s’intéresse dans le même temps aux formes de contestations, dévore les ouvrages sur les TAZ, les temporary autonomous zones, concept sorti de la tête d&#8217;Akim Bey. Car elle a en tête, à ce moment-là, un projet de roman…qui restera à l&#8217;état de projet. C&#8217;est dans ce contexte qu&#8217;elle se saisit du carnet et descend dans la rue.</p>
<p><em>« How do you feel about the changes are coming in the near future in St-Michel/ Que vous inspirent les changements à venir à Saint-Michel”</em>. Quelques traductions griffonées en première page, elle part à la rencontre des habitants de Saint-Michel&#8230;pour recueillir leurs témoignages<em> : <span style="color: #ff0000;"><span style="font-size: medium;"><span style="color: #000000;"><span style="font-size: small;">« Il faut faire un grand nettoyage au-niveau de la toxicomanie et de ceux qui vendent la mort. Il faut vraiment dégager les dealers et ceux qui tapent » (sic).</span></span></span></span> </em>Ou encore : « <em>Il faut que vous recurrez St Michel par ce que ses devenut tres sal et il faut quil remette la statue a sa blace » (sic)</em>.</p>
<div id="attachment_3293" class="wp-caption aligncenter" style="width: 560px"><a href="http://www.saintmich.fr/wp-content/uploads/2012/02/DearTanya.jpg"><img class="size-full wp-image-3293" title="DearTanya" src="http://www.saintmich.fr/wp-content/uploads/2012/02/DearTanya.jpg" alt="" width="550" height="368" /></a><p class="wp-caption-text">Tanya mêle indifféremment le français et l&#39;anglais dans ces correspondances.</p></div>
<p align="justify">Il n&#8217;y a à ce moment aucun plan ni projet, juste le besoin impérieux d&#8217;agir, seule. Une démarche individuelle citoyenne, pas forcement pour alerter et manifester, plus pour informer et partager. Consciente de n&#8217;avoir pas impact ou d&#8217;influence, elle fait le choix de la naïveté, en se disant que <em>« c&#8217;est pas parce que cela ne sert à rien qu&#8217;il ne faut pas le faire ». </em></p>
<p> <span style="color: #ff0000;"><span style="font-size: medium;"><span style="color: #000000;"><span style="font-size: small;">Certains défendent la fierté d&#8217;être de Saint-Michel :</span></span></span></span><em><span style="color: #ff0000;"><span style="font-size: medium;"><span style="color: #000000;"><span style="font-size: small;"> &laquo;&nbsp;Aux armes, nous sommes les Bordelais de toutes les cultures et de toutes les religions. Nous faisons l&#8217;âme de cette place, la vie de ce quartier et la culture de cette ville. Ne nous emputons pas cette force et cette richesse de la mixité, à l&#8217;heure des débats sur l&#8217;identité nationale, soyons fiers de nos différences&nbsp;&raquo; (sic).</span></span></span></span></em></p>
<div id="attachment_3296" class="wp-caption aligncenter" style="width: 560px"><a href="http://www.saintmich.fr/wp-content/uploads/2012/02/mamadou2.jpg"><img class="size-full wp-image-3296" title="mamadou" src="http://www.saintmich.fr/wp-content/uploads/2012/02/mamadou2.jpg" alt="" width="550" height="368" /></a><p class="wp-caption-text">Saint-Michel, quartier de la mixité sociale et de l&#39;immigration à Bordeaux.</p></div>
<p>Ce carnet devient aussi le moyen d&#8217;aller vers des gens qu&#8217;elle observait en spectatrice, comme un média. Et elle va voir tout le monde: SDF, squatteurs, jeunes, vieux, acteurs associatifs, hommes politiques à l&#8217;occasion&#8230; Parfois on la traite de folle, parfois elle confie le carnet à quelqu&#8217;un qui lui rend quelques jours ou semaines plus tard. Critique n°1 du projet, la requalification :  <em>&laquo;&nbsp;Hé oui! Le processus de « nettoyage » social et économique de St Michel se poursuit : évacuation des classes « indésirables » vers la périphérie &#8211; pauvres, immigrés, marginaux- et rénovation à marche forcée. Bientôt un nouveau Saint Pierre tout propre? Beurk!&nbsp;&raquo;(sic).</em></p>
<div id="attachment_3297" class="wp-caption aligncenter" style="width: 560px"><a href="http://www.saintmich.fr/wp-content/uploads/2012/02/ecriturearabe.jpg"><img class="size-full wp-image-3297" title="ecriturearabe" src="http://www.saintmich.fr/wp-content/uploads/2012/02/ecriturearabe.jpg" alt="" width="550" height="368" /></a><p class="wp-caption-text">Tanya Green est allé à la rencontre de la communauté marocaine de Saint-Mich&#39;.</p></div>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-size: small;">Certains mettent en avant l&#8217;espoir que le quartier continuera d&#8217;être terre d&#8217;accueil pour les immigrés ou les plus pauvres :<em> « Espérons de bonnes choses: 1 pour les sans-papiers; 2 pour les chômeurs; 3 pour les anciens-combattants; 4 pour les Bulgares; 5 pour les Roumains; et 6 pour les immigrés en Espagne »</em></span></span><em> (sic).</em> Tandis que d&#8217;autres cèdent à la nostalgie d&#8217;un Saint-Michel, décor de carte postale <em>: «Je me souviens des toits, de ces toits que je voyais de chez moi. Rouges; orange parfois, lorsque le soleil se couche à l&#8217;Ouest. Je me souviens de toutes ces couleurs, ces bruits. De cette flèche tentant de fendre le ciel » (sic).</em></p>
<p>Sa motivation échappe mais beaucoup l&#8217;encouragent, car personne n&#8217;était dans les premiers temps au courant du projet de réaménagement. Elle espère juste faire parler les gens entre eux: « <em>Dis donc, tu connais cette Ecossaise bizarre avec son carnet, qui nous demande si on est au courant du projet pour St-Mich&#8217;» .</em> Donner la parole aux habitants de St-Michel pour peut-être leur faire prendre conscience qu&#8217;ils font partie d&#8217;une communauté, leur donner envie de défendre leur identité.</p>
<div id="attachment_3304" class="wp-caption aligncenter" style="width: 560px"><a href="http://www.saintmich.fr/wp-content/uploads/2012/02/fotoFleche.jpg"><img class="size-full wp-image-3304" title="fotoFleche" src="http://www.saintmich.fr/wp-content/uploads/2012/02/fotoFleche.jpg" alt="" width="550" height="368" /></a><p class="wp-caption-text">&quot;Quiconque peut se procurer l&#39;indispensable par les richesses d&#39;autrui&quot;.</p></div>
<p>Lors d&#8217;une réunion de concertation, elle a demandé à Fabien Robert d&#8217;y écrire un mot, ce qu&#8217;il a refusé poliment en lui demandant de prendre rendez-vous&#8230; Jugeant ses réunions de concertation douteuses, semblant de démocratie participative alors que tout est décidé par avance, elle veillait à ce que ce carnet ne soit pas instrumentalisé mais reste aux mains des habitants pour exprimer leurs angoisses : <em>« Comment tuer une place? Une réurbanisation, des engins, des chantiers, des caméras de surveillance, une vie rendue à sa stricte nudité, se trouvant là impuissant devant la face de la métropole. Nous sommes désenchantés »(sic).</em></p>
<div id="attachment_3303" class="wp-caption aligncenter" style="width: 560px"><a href="http://www.saintmich.fr/wp-content/uploads/2012/02/pinceaunoir.jpg"><img class="size-full wp-image-3303" title="pinceaunoir" src="http://www.saintmich.fr/wp-content/uploads/2012/02/pinceaunoir.jpg" alt="" width="550" height="368" /></a><p class="wp-caption-text">&quot;Saint-Michel explose petit à petit&quot;.</p></div>
<p align="justify">Longtemps, elle a espéré un sursaut citoyen, une union, une manifestation spontanée&#8230; Mais rien ne s’est passé. <span style="font-size: small;">Début 2011, elle repart en Ecosse pour raison familiale, et Christophe Lastécouères lui raconte les affiches d’In-Cité qui fleurissent, le camp des indignés devant la Flèche qu&#8217;elle regrette de n&#8217;avoir pas pu rejoindre&#8230;Elle avait un temps évoqué avec un ami artiste de le publier et le distribuer gratuitement, sous une forme de fanzine ou publication &laquo;&nbsp;underground. Mais la démarche était plutôt de laisser à ce carnet vivre sa vie, et voir ce qu&#8217;il deviendra. Après avoir passé plus de 3 ans rue des Allamandiers, elle n’espère qu’une chose : <em>« retrouver son Saint-Michel ». </em></span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: small;">Avant de refermer le carnet de notes, Christophe Lastécouères lit à voix haute le cri d’espoir du dernier témoignage. Daté du 17 octobre 2010: <em><span style="color: #000000;">« Bonjour St Michel et au revoir St Michel. C&#8217;est avec un grand bonheur que depuis 18 ans maintenant, la flèche St Michel me ravie tous les jours. Depuis, bien des compagnies de hordes de soldats veulent nous faire partir de notre village!!! C&#8217;est une âme qui s&#8217;en va peu à peu mais nous lutterons tous ensemble!!! »(sic).</span></em></span></p>
<p style="text-align: right;"><strong> Julien Gonzalez</strong></p>
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		<title>Saint-Michel vu par l&#8217;INSEE</title>
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		<pubDate>Fri, 10 Feb 2012 14:39:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>IJBA</dc:creator>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[bordeaux]]></category>
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		<category><![CDATA[INSEE]]></category>
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		<description><![CDATA[L&#8217;INSEE a étudié la Zone Urbaine Sensible de Saint-Michel en 2006. Les ZUS, Zones Urbaines Sensibles, sont des périmètres définis par&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="float:right; margin:0 0 10px 15px; width:240px;">
		<img src="http://www.saintmich.fr/wp-content/uploads/2012/02/stmich2.jpg" width="240" />
		</p><p>L&#8217;INSEE a étudié la<a href="http://sig.ville.gouv.fr/Cartographie/7201140"> Zone Urbaine Sensible de Saint-Michel</a> en 2006. Les ZUS, Zones Urbaines Sensibles, sont des périmètres définis par les pouvoirs publics pour être la cible prioritaire de la politique de la ville. Ils sont définis selon deux critères : la présence de logements dégradés et un déséquilibre accentué entre l&#8217;emploi et l&#8217;habitat. Le classement en ZUS est aussi le résultat d&#8217;une concertation entre les élus et l’État.</p>
<p>Pour réaliser cette infographie, nous avons choisi les chiffres qui nous paraissaient les plus pertinents concernant la composition de la population, le logement et le tissu économique.</p>
<p><img class="aligncenter  wp-image-3377" title="Saint-Michel" src="http://www.saintmich.fr/wp-content/uploads/2012/02/stmich2.jpg" alt="" width="550" height="778" /></p>
<p><strong>Sandra Lorenzo</strong></p>
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		<title>Nous irons dormir dans la Flèche</title>
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		<pubDate>Fri, 03 Feb 2012 15:17:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>M2</dc:creator>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Les gens du quartier]]></category>
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		<category><![CDATA[flèche]]></category>
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		<category><![CDATA[saint-michel]]></category>

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		<description><![CDATA[Dormir dans la flèche Saint-Michel l&#8217;espace d&#8217;une nuit, c&#8217;était une idée en l&#8217;air, et nous l&#8217;avons fait. Une expédition&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="float:right; margin:0 0 10px 15px; width:240px;">
		<img src="http://www.saintmich.fr/wp-content/uploads/2012/02/basilique.jpg" width="240" />
		</p><div id="attachment_3346" class="wp-caption aligncenter" style="width: 560px"><a href="http://www.saintmich.fr/wp-content/uploads/2012/02/basilique2.jpg"><img class="size-full wp-image-3346" title="basilique" src="http://www.saintmich.fr/wp-content/uploads/2012/02/basilique2.jpg" alt="" width="550" height="367" /></a><p class="wp-caption-text">Vue de la basilique Saint-Michel depuis la dernière plate-forme, à 67 mètres d&#39;altitude. (Photo: Ugo Tourot)</p></div>
<p><strong>Dormir dans la flèche Saint-Michel l&#8217;espace d&#8217;une nuit, c&#8217;était une idée en l&#8217;air, et nous l&#8217;avons fait. Une expédition jusqu&#8217;à 70 mètres de haut. Pour deux jeunes journalistes, un rêve : tout voir, tout entendre, une vision à 360 degrés, dans un rayon de 400 mètres. Notre carnet de bord écrit avec les doigts glacés. On a choisi le mois de janvier. Curieux mais pas malins les gars.<span id="more-3315"></span></strong></p>
<p><strong>21h. 5°C.</strong> Nous pénétrons dans la Flèche. Au moment de fermer la porte verte, un dernier regard au niveau du sol. Comme si on embarquait dans notre fusée, deux astronautes quittant la Terre. Mais pas de combinaisons. Sous nos blousons, deux polaires recouvertes de deux autres pulls ne sont pas de trop pour affronter le froid. Deux bibendums Saint-Michelin, la classe. Nous progressons dans l&#8217;escalier en colimaçon. 239 marches. Le sommet. La Flèche n&#8217;a rien d&#8217;un petit nid douillet. De là-haut, la belle endormie est encore bien animée. Le ciel est clair. La nuit sera belle. On aura peut-être rendez-vous avec la lune, on pourra draguer les étoiles. Comme des astronautes.<br />
Un peu voyeurs, accoudés sur le rebord du balcon, le panorama sur la place est à la hauteur. Pour tout scruter, pour tout enregistrer, une caméra haute définition, notre appareil photo. Nous voilà aux premières loges. Deux chaises côte à côte, un trépied déployés et quelques bières au frais. Notre QG est établi. Encerclés de gargouilles, la nuit s&#8217;annonce longue. On leur tend le micro, elles restent de pierre. Par dessus la balustrade, pas un pèlerin à l&#8217;horizon. Ça commence mal. Et on a faim.</p>
<p><iframe src="http://w.soundcloud.com/player/?url=http%3A%2F%2Fapi.soundcloud.com%2Ftracks%2F35436582&amp;show_artwork=true" frameborder="no" scrolling="no" width="100%" height="166"></iframe></p>
<p>Et on a soif&#8230;</p>
<p><iframe src="http://w.soundcloud.com/player/?url=http%3A%2F%2Fapi.soundcloud.com%2Ftracks%2F35438850&amp;show_artwork=true" frameborder="no" scrolling="no" width="100%" height="166"></iframe></p>
<p><strong>22h30. 4°C.</strong> Miracle ! Entre quatre lampadaires, deux jeunes hommes peinturlurent un message sur un drap blanc: &laquo;&nbsp;Indignez-vous, personne ne le fera pour vous&nbsp;&raquo;. Une aubaine. Nous descendons à leur rencontre, calepin à la main et enregistreur à l&#8217;épaule. Adrien, un bonnet épais sur la tête : &laquo;&nbsp;On se prépare pour la manifestation de demain, place Pey-Berland. On fête l&#8217;anniversaire de la révolution tunisienne&nbsp;&raquo;.</p>
<p><iframe src="http://w.soundcloud.com/player/?url=http%3A%2F%2Fapi.soundcloud.com%2Ftracks%2F35436062&amp;show_artwork=true" frameborder="no" scrolling="no" width="100%" height="166"></iframe></p>
<p>A côté, un autre anniversaire, celui d&#8217;Anthony. Il est accompagné d&#8217;une dizaine de potes. Ils se placent chacun leur tour devant le panier de basket pour tester leur habileté. Avec plus ou moins de réussite, selon le taux d&#8217;alcoolémie. « Magic Tony », environ 1m75, a troqué le short et le débardeur contre un chapeau pointu en carton. Le ballon jaune gonflé à la bouche parvient jusqu&#8217;au panier, parfois. A faire rougir de jalousie Parker et sa bande&#8230; A faire verdir le baudruche des gendarmes.</p>
<p><iframe src="http://w.soundcloud.com/player/?url=http%3A%2F%2Fapi.soundcloud.com%2Ftracks%2F35436916&amp;show_artwork=true" frameborder="no" scrolling="no" width="100%" height="166"></iframe></p>
<p><strong>Minuit. 2°C.</strong> Le sommet de la Flèche s&#8217;éteint brusquement. Pas de bougies, ni de torches électriques dans nos sacs. Ça se complique. On quitte le pavé, on ne descendra plus jusqu&#8217;au matin. Après la dizaine d&#8217;ascensions, c&#8217;est la crampe. Etirement des mollets.</p>
<p><strong>2h30 du matin. 1°C.</strong> L&#8217;horizon disparaît sous une épaisse couche de brouillard. La lune et les étoiles avec. La Flèche est embrumée. Il n&#8217;y a pas qu&#8217;elle. C&#8217;est l&#8217;heure des premiers retours de soirée. Le bal des titubants débute. Une famille, les parents quinquagénaires bras dessus bras dessous ouvrent la marche, suivis par leur progéniture trentenaire, admirative de leur résistance à l&#8217;alcool. Le mari braille à sa femme des propos qu&#8217;il est le seul à comprendre. Celle-ci acquiesce. Un peu plus loin, deux petits bouts de femme causent de leurs conquêtes du soir, les yeux rivés au ciel. Mais pas vers nous. Dommage, elle sont charmantes. Elles rentrent seules mais la soirée n&#8217;est pas finie.</p>
<p><strong>3h30 du matin. 0°C.</strong> Des hurlements d&#8217;outre-tombe éveillent notre attention. Ce ne sont pas les momies de la crypte qui ressuscitent de leur sommeil centenaire.<br />
La scène est cocasse : un jeune homme, la vingtaine d&#8217;années, s&#8217;est engouffré tant bien que mal dans une vieille poussette trouvée dans une poubelle. Un autre, tout aussi saoul, s&#8217;apprête à le pousser, sous les gloussements alcoolisés de leur bande d&#8217;aventuriers d&#8217;un soir. Le rodéo peut commencer. En quelques foulées, le bolide est propulsé. Il traverse la place avant de s&#8217;encastrer dans un lampadaire. Ouille. Les potes rient aux éclats pendant que le malheureux peine à se redresser. La victime en redemande, tels un sado-maso en mal de fouet. La scène se répète. Au bout d&#8217;une heure, le martyr repart en boitant, épaulé par ses compères. La poussette est abandonnée au milieu de la place. Un véhicule de police effectue sa dernière ronde. Puis, c&#8217;est le désert. Il ne manque qu&#8217;un son d&#8217;harmonica pour un remake de Sergio Leone. De là-haut, la place Saint-Michel a la gueule cassée. Des tranchées entaillent le sol. Les travaux ont balafré les pavés.</p>
<div id="attachment_3348" class="wp-caption aligncenter" style="width: 560px"><a href="http://www.saintmich.fr/wp-content/uploads/2012/02/poussette.jpg"><img class="size-full wp-image-3348" title="" src="http://www.saintmich.fr/wp-content/uploads/2012/02/poussette.jpg" alt="" width="550" height="367" /></a><p class="wp-caption-text">Rodéo sauvage sur les pavés de la place Saint-Michel. (Photo: Ugo Tourot)</p></div>
<p><strong>5h. -1°C.</strong> Nous voilà enveloppés dans nos sacs de couchage.  Le générateur électrique qui commande le carillon du clocher se met en marche. Sursaut. Pas de jaloux, la flèche réveillera bientôt tous les fêtards à la gueule de bois.</p>
<p><strong>7h. &#8211; 0,5°C.</strong> Réveil déglingué après deux heures à l&#8217;horizontale dans une flèche verticale. On a pas les idées en place. Saint-Mich&#8217; est toujours dans le brouillard. Nous aussi. Nos yeux embrumés. La tête dans le potage. Retour sur le balcon. Le ballet des fourgonnettes blanches nous donnent le tournis. Les brocanteurs et les marchands cherchent un stationnement.</p>
<p><iframe src="http://w.soundcloud.com/player/?url=http%3A%2F%2Fapi.soundcloud.com%2Ftracks%2F35436269&amp;show_artwork=true" frameborder="no" scrolling="no" width="100%" height="166"></iframe></p>
<p><strong>8h30. 1°C.</strong> Fin de l’expédition. Les lampadaires s’éteignent en chœur. La Flèche a retrouvé sa voix. Les plus courageux vont au marché des Capucins. Les dernières marches sont dévalées. Les jambes en vrac. Des courbatures partout.  Nous allons retrouver un matelas, une couette. Dernier tour de clé sur la lourde porte. 8h30 du mat, Saint-Mich&#8217; a des frissons, le carillon monte le son.</p>
<p><iframe src="http://w.soundcloud.com/player/?url=http%3A%2F%2Fapi.soundcloud.com%2Ftracks%2F35436441&amp;show_artwork=true" frameborder="no" scrolling="no" width="100%" height="166"></iframe></p>
<p><strong>Jean-Baptiste PATTIER et Ugo TOUROT</strong></p>
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		<title>Au 39 rue de la Fusterie</title>
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		<pubDate>Thu, 02 Feb 2012 18:59:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>M2</dc:creator>
				<category><![CDATA[Le gros chantier]]></category>
		<category><![CDATA[bordeaux]]></category>
		<category><![CDATA[immobilier]]></category>
		<category><![CDATA[InCité]]></category>
		<category><![CDATA[rénovation]]></category>
		<category><![CDATA[saint-michel]]></category>

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		<description><![CDATA[Comme beaucoup d&#8217;autres à Saint-Michel, cet immeuble a été rénové par InCité. Alain Juppé est venu l&#8217;inaugurer. Une façon&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="float:right; margin:0 0 10px 15px; width:240px;">
		<img src="http://www.saintmich.fr/wp-content/uploads/2012/02/DSC_0581-.jpg" width="240" />
		</p><p><strong>Comme beaucoup d&#8217;autres à Saint-Michel, cet immeuble a été rénové par InCité. Alain Juppé est venu l&#8217;inaugurer. Une façon de souligner l&#8217;efficacité du travail de l&#8217;aménageur public dans le centre historique. Un immeuble-témoin qui révèle les méthodes d&#8217;achat et de revente d&#8217;InCité.</strong></p>
<p><span id="more-3277"></span></p>
<div id="attachment_3278" class="wp-caption alignleft" style="width: 177px"><a href="http://www.saintmich.fr/wp-content/uploads/2012/02/DSC_0581-.jpg"><img class="size-full wp-image-3278" title="39 rue de la Fusterie" src="http://www.saintmich.fr/wp-content/uploads/2012/02/DSC_0581-.jpg" alt="" width="167" height="250" /></a><p class="wp-caption-text">39 rue de la Fusterie</p></div>
<p>Madame Albrespy Lacorte habite à Paris. Elle ne se souvient même plus du nom de l&#8217;entité qui a racheté son immeuble en 2007. Au téléphone, c&#8217;est à nous de le lui rappeler. Quand elle hérite de l&#8217;immeuble de sa mère il y a cinq ans, elle décide de le vendre. Son notaire s&#8217;occupe de l&#8217;affaire, elle ne suit pas du tout l&#8217;opération.</p>
<p>Comme à chaque vente d&#8217;immeuble, la commune a le droit de préempter. C&#8217;est-à-dire, le droit d&#8217;acquérir prioritairement cet immeuble. Le bien, jugé dégradé par la ville, est racheté par InCité pour un montant de 530 000 €. InCité travaille pour la mairie, dans le cadre de la rénovation de l&#8217;habitat du quartier Saint-Michel.</p>
<p>L&#8217;immeuble de 762m2 est inoccupé au moment de la vente. Une fois les travaux commencés, InCité revend l&#8217;immeuble. Trois propriétaires privés se partagent le bien. Deux d&#8217;entre eux achètent pour y habiter. L&#8217;architecte a rencardé une de ses amies sur ce bon plan. Et le troisième, grand patron d&#8217;une banque française, achète les cinq appartements restant pour les louer. Dont trois sont des logements sociaux.</p>
<p><strong>Relogé par InCité</strong></p>
<p>Hamid Lamzaili vit au rez-de-chaussée depuis deux ans avec sa femme et ses trois enfants. Avant, il était rue Bouquière dans un T2 trop petit. Il est demandé au propriétaire de le rénover. InCité, le temps des travaux, reloge Hamid et sa famille dans l&#8217;un de ses « immeubles-tiroirs », au 25 rue du Cloître. Ces immeubles sont des logements provisoires qui servent aux locataires en transit, dans l&#8217;attente d&#8217;un logement rénové. Hamid y reste deux ans avec sa famille, entre 2007 et 2009.</p>
<p>Entre temps, la famille s&#8217;agrandit, alors il faut chercher autre chose. Cette fois, Hamid se tourne volontairement vers InCité pour l&#8217;aider à trouver un nouvel appartement. L&#8217;aménageur public lui fait des propositions mais Hamid refuse systématiquement car ça ne correspond pas à ce qu&#8217;il recherche. La quatrième proposition est la bonne. Au 39 rue de la Fusterie, il vit dans un T4 de 105m2 avec une cour privative où peuvent jouer ses enfants. Il n&#8217;a jamais vu le propriétaire de son appartement et paie son loyer (570 € par mois) à l&#8217;agence Citya, qui travaille de près avec InCité.</p>
<p><strong>Des matériaux premier prix</strong></p>
<p>Globalement, Hamid est content de son nouvel appartement et loue l&#8217;efficacité d&#8217;InCité. Mais il déplore des travaux réalisés trop vite avec des matériaux de mauvaise qualité. « Quand il pleut, il y a des infiltrations dans la maison, ça fait sauter les plombs et ça décolle le lino ». Dans le salon, de la rouille est déjà visible sur les murs.</p>
<p>Un autre locataire, croisé dans la cage d&#8217;escalier, Abdessattar Chalfouh, est du même avis que son voisin. « Pas de double vitrage, parquet qui gondole, mauvaise isolation&#8230; Ils ont gardé l&#8217;esthétique mais ils ont oublié le pratique ».</p>
<p><strong>Béatrice Fainzang et Brune Daudré</strong></p>
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		<title>Les dessous d&#8217;InCité</title>
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		<pubDate>Thu, 02 Feb 2012 18:51:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>M2</dc:creator>
				<category><![CDATA[Le gros chantier]]></category>
		<category><![CDATA[bordeaux]]></category>
		<category><![CDATA[immobilier]]></category>
		<category><![CDATA[InCité]]></category>
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		<category><![CDATA[saint-michel]]></category>

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		<description><![CDATA[Acteur incontournable à Saint-Michel, l&#8217;aménageur de la mairie est chargé d&#8217;améliorer l&#8217;habitat. Ses méthodes opaques sont critiquées, ce qui&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="float:right; margin:0 0 10px 15px; width:240px;">
		<img src="http://www.saintmich.fr/wp-content/uploads/2012/02/DSC_0562-.jpg" width="240" />
		</p><p><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;"><strong>Acteur incontournable à Saint-Michel, l&#8217;aménageur de la mairie est chargé d&#8217;améliorer l&#8217;habitat. Ses méthodes opaques sont critiquées, ce qui alimente un débat politique sans fin. </strong></span></span></p>
<div id="attachment_3265" class="wp-caption aligncenter" style="width: 560px"><a href="http://www.saintmich.fr/wp-content/uploads/2012/01/DSC_0578.jpg"><img class="size-full wp-image-3265" title="Immeuble rue des Faures" src="http://www.saintmich.fr/wp-content/uploads/2012/01/DSC_0578.jpg" alt="" width="550" height="367" /></a><p class="wp-caption-text">Un immeuble inoccupé sauf au dernier étage. Un couple résiste à InCité</p></div>
<p><span id="more-3117"></span></p>
<p><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;">Retraités, ils habitent rue des Faures depuis 1948. Et refusent de quitter leur appartement. Ces « </span></span><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;"><em>vieux de la vieille </em></span></span><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;">» résistent à un géant. Ou plutôt à un aménageur tout puissant dans le quartier. La société InCité a racheté l&#8217;immeuble dans lequel ils vivent pour le rénover, mais tant qu&#8217;ils restent, les travaux ne peuvent démarrer. Après des mois de tractations, InCité cède et décide finalement de les laisser chez eux. « </span></span><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;"><em>On restera jusqu&#8217;à la fin</em></span></span><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;"> », déclarent-ils. A l&#8217;évocation de ce colosse de la rénovation, le couple se ferme tout de suite : « </span></span><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;"><em>Ce sont des choses trop douloureuses, on ne peut pas en parler </em></span></span><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;">». Et répète sans cesse : «</span></span><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;"><em>l&#8217;affaire est réglée, il n&#8217;y a aucun problème avec InCité </em></span></span><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;">», comme s&#8217;ils ne voulaient plus aucun ennui.</span></span></p>
<p><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;">L&#8217;enjeu dépasse le couple. InCité a quasi les pleins-pouvoirs sur le quartier. Constructeur, aménageur public mais aussi bailleur social, la société a de multiples casquettes. <span style="color: #000000;">InCité aide des propriétaires à faire des travaux, achète, <a title="Le dictionnaire d’InCité" href="http://www.saintmich.fr/?p=3197" target="_blank">préempte, ou exproprie</a>. Elle revend ensuite les immeubles à des particuliers ou à des bailleurs sociaux, ou en garde certains pour les louer. </span>D&#8217;où la confusion dans l&#8217;esprit des riverains.</span></span></p>
<p><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;">Sous contrat avec la mairie depuis 2002 par une <a title="Le dictionnaire d’InCité" href="http://www.saintmich.fr/?p=3197" target="_blank">convention publique d&#8217;aménagement</a>, la <a title="Le dictionnaire d’InCité" href="http://www.saintmich.fr/?p=3197" target="_blank">société d&#8217;économie mixte </a>In Cité a pour mission principale de restaurer les immeubles dégradés de Saint-Michel. Les objectifs affichés sont simples : favoriser l&#8217;accès à la propriété à des ménages modestes, diversifier l&#8217;offre de logements en ouvrant le parc immobilier aux familles, lutter contre le mal logement et permettre aux ménages qui le désirent de demeurer dans le centre ancien. Le tout inscrit dans un contexte national de rénovation des centres anciens de quelques 80 villes françaises. C&#8217;est le plan national de requalification des quartiers anciens dégradés (<a title="Le dictionnaire d’InCité" href="http://www.saintmich.fr/?p=3197" target="_blank">PNRQAD</a>).</span></span></p>
<p><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;">Une intention qui ne convainc pas tout à fait les habitants concernés. Ils sont persuadés qu&#8217;InCité favorise la spéculation immobilière en contraignant de facto une population défavorisée à partir en périphérie. </span></span><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;">Des événements médiatisés, comme le déménagement contraint en 2009 de deux anciens combattants marocains de la seconde guerre mondiale, ont aggravé la mauvaise image d&#8217;InCité. Au point que le maire du quartier, Fabien Robert a du poster <a title="InCité répond aux accusations" href="http://www.youtube.com/watch?v=OUJwZJ5t4r0" target="_blank">une vidéo sur internet</a> en compagnie de l&#8217;assistante sociale d&#8217;InCité pour dédouaner l&#8217;aménageur.<br />
</span></span></p>
<p><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;">Directrice de l&#8217;aménagement de la société, Marianne Bacqué, affirme que la hausse des prix est inévitable, qu&#8217;ils soient présents ou pas : « </span></span><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;"><em>On a commencé à intervenir à un moment où le quartier était dégradé et les prix étaient très bas. Quand on a investi les lieux, les prix ont commencé à décoller, comme partout en France. Du coup, il y a eu une hausse des prix énorme et on se retrouve accusé de faire monter les enchères parce qu&#8217;on rénove. Ce que l&#8217;on constate, c&#8217;est que les prix augmentent, que l’on rénove ou pas. </em></span></span><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;">»</span></span></p>
<p><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;"><strong>Vision manichéenne</strong></span></span></p>
<p><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;">L&#8217;opposition ne démord pas. Des comités de quartier se créent pour dénoncer les pratiques d&#8217;InCité<em></em></span></span><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;">. C&#8217;est le cas de Un Centre historique pour tous. Claire Chartier Grimaud, l&#8217;une de ses ferventes militantes, se bat contre la réhabilitation du centre historique voulue par la mairie : « </span></span><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;"><em>Ce projet est inutile. Ce n&#8217;est pas pour faire des logements sociaux, ni pour construire une école. C&#8217;est juste pour faire beau, pour faire plaisir à l&#8217;UNESCO et pour chasser les pauvres. Ce n&#8217;est pas rénover pour reloger, mais rénover pour faire un musée </em></span></span><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;">». Le collectif demande l’arrêt des opérations de rénovation.</span></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_3271" class="wp-caption alignleft" style="width: 177px"><a href="http://www.saintmich.fr/wp-content/uploads/2012/02/DSC_0562-.jpg"><img class="size-full wp-image-3271" title="Immeuble récemment rénové par InCité rue Camille Sauvageau" src="http://www.saintmich.fr/wp-content/uploads/2012/02/DSC_0562-.jpg" alt="" width="167" height="250" /></a><p class="wp-caption-text">Immeuble récemment rénové par InCité rue Camille Sauvageau</p></div>
<p><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;">Ancien administrateur d&#8217;InCité, Matthieu Rouveyre, élu PS au conseil municipal de Bordeaux, a fait de ce dossier une affaire politique. « </span></span><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;"><em>InCité organise la gentrification </em></span></span><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;">(NDLR : embourgeoisement d&#8217;un quartier par l&#8217;arrivée de populations aisées) </span></span><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;"><em>du quartier au lieu de chercher à la freiner. Il y a une volonté de sortir les populations les plus modestes de Saint-Michel. Les immeubles, une fois rénovés, accueillent une population hautement plus favorisée. Ses dirigeants justifient la venue massive de populations aisées à Saint-Michel par le souci de mixité sociale. On fait venir des riches dans les quartiers pauvres mais l&#8217;inverse est beaucoup plus rare. On ne fait jamais venir des pauvres dans les quartiers riches. Au bout du compte, les pauvres dégagent et vont de plus en plus loin </em></span></span><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;">». Dans le quartier Saint-Michel, le rôle d&#8217;InCité exacerbe les clivages politiques, et la moindre de ses actions devient un enjeu.</span></span></p>
<p><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;">Pour Fabien Robert, maire de quartier, InCité permet, au contraire, de freiner l&#8217;embourgeoisement : « </span></span><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;"><em>On ne peut pas empêcher la gentrification. Si un propriétaire souhaite faire des lofts dans son immeuble, on ne pourra rien y faire. Par contre on a le devoir de faire des logements sociaux deux immeubles plus loin. InCité va limiter le découpage et favoriser la mixité en produisant du logement social </em></span></span><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;">». Marianne Bacqué dédouane son employeur et rejette la faute sur les lois du marché immobilier : « </span></span><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;"><em>Ce n&#8217;est pas le fait de rénover qui va faire perdre son identité à Saint-Michel. Et l&#8217;action publique, au contraire, peut permettre d&#8217;encadrer et de mieux maîtriser tout ça </em></span></span><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;">».</span></span></p>
<p><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;">Il est difficile de prendre position dans ce débat tant la mission confiée à InCité est variée et son fonctionnement peu transparent. La convention (<a title="Le dictionnaire d’InCité" href="http://www.saintmich.fr/?p=3197" target="_blank">CPA</a>) qui délimite le champ d&#8217;action donné à la société ainsi que les méthodes à suivre fait 36 pages. Trente-six pages de modalités d&#8217;aménagement, de modalités de cession des immeubles et de réalisation des ouvrages, de procédures administratives à suivre : ce sont autant de tentacules à dénouer pour comprendre ce mastodonte de l&#8217;aménagement urbain. </span></span></p>
<p><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;">Francis Guieysse, architecte qui travaille avec InCité depuis une douzaine d&#8217;années pointe le vrai problème : « </span></span><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;"><em>Ceux qui font de la spéculation, ce sont les marchands de sommeil qui ne prennent aucun soin de leur bien. Les meilleurs rendements locatifs se font avec les taudis. Et InCité chasse ces gens-là pour rendre acceptable la qualité des logements </em></span></span><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;">». A propos des arguments des collectifs « anti » InCité, cet architecte volubile lance : « </span></span><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;"><em>Qu&#8217;ils aillent vivre dans les taudis que j&#8217;ai vus, on verra s&#8217;ils ne changent pas d&#8217;avis ! </em></span></span><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;">» Il poursuit, et souligne que « </span></span><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;"><em>là où ça gêne beaucoup de gens, c&#8217;est qu&#8217;on a l&#8217;impression que la puissance publique dépossède injustement les habitants et les propriétaires. Mais c&#8217;est dans leur intérêt qu&#8217;elle fait ça. C&#8217;est sa mission de rendre l&#8217;habitat décent. </em></span></span><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;">»</span></span></p>
<p><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;"><strong>Des indemnités en dessous des prix du marché</strong></span></span></p>
<p><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;">S&#8217;il y a bien une personne qui se sent dépossédée, c&#8217;est Pierre Rychtarech, en procès contre InCité depuis 2007. Il se sent lésé et dénonce « </span></span><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;"><em>une atteinte à son droit de propriété </em></span></span><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;">». Parce qu&#8217;il n&#8217;a pas voulu effectuer les travaux exigés, la<a title="Les clés d'InCité" href="http://www.saintmich.fr/?p=3129#more-3129" target="_blank"> procédure </a>est allée jusqu&#8217;au bout : Pierre Rychtarech s&#8217;est fait exproprier. Le prix proposé par InCité était au départ de 350 000 € pour une surface de 350m2 alors que le prix du m2 dans ce quartier oscille entre 2 350 et 2 750 €. Grâce à sa persévérance et à l&#8217;aide de son avocat, Me Landète, il a réussi à obtenir une indemnité d&#8217;expropriation d&#8217;un montant de 635 000 €. Mais M. Rychtarech ne lâche pas, et continue de faire appel aux décisions de justice qui ne lui donnent pas raison. Jusqu&#8217;en cassation, où il perd encore une fois. Cette fois-ci, c&#8217;est l&#8217;Europe qu&#8217;il saisit.</span></span></p>
<div id="attachment_3264" class="wp-caption aligncenter" style="width: 560px"><a href="http://www.saintmich.fr/wp-content/uploads/2012/01/DSC_0532.jpg"><img class="size-full wp-image-3264" title="Immeuble de Pierre Rychtarech" src="http://www.saintmich.fr/wp-content/uploads/2012/01/DSC_0532.jpg" alt="" width="550" height="367" /></a><p class="wp-caption-text">Au 26 de la rue Buhan, des fissures sous le balcon, un mur qui s&#39;effrite.</p></div>
<p><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;">Tout ce qu&#8217;il réclame, «<em> </em></span></span><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;"><em>c&#8217;est que son bien soit racheté au prix du marché </em></span></span><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;">», soit à environ 750 000 €. Pierre Rychtarech ne comprend toujours pas pourquoi son immeuble lui a été confisqué :« </span></span><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;"><em>Ce n&#8217;est pas un immeuble insalubre, en déshérence comme le prétend M. Juppé. J&#8217;y ai fait des travaux, je l&#8217;entretenais </em></span></span><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;">». Encore une fois, l&#8217;affaire n&#8217;est pas si simple. Ce propriétaire n&#8217;est pas le gentil d&#8217;un cartoon de Tex Avery qui se serait fait plumer par un méchant sans scrupule. D&#8217;un simple coup d&#8217;oeil, son immeuble ne semble pas très bien entretenu. Au sujet de ses dernières rénovations, M. Rychtarech reste évasif. Il se souvient « <em>avoir refait</em> » la cage d&#8217;escalier en 1975, s’être « <em>occupé </em>» des salles de bain, et avoir remis aux normes le système électrique. Difficile d&#8217;obtenir le numéro de ses anciens locataires. M.Rychtarech évite le sujet et préfère ne pas le donner car ils « </span></span><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;"><em>n&#8217;étaient pas forcément de [son] côté </em></span></span><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;">».</span></span></p>
<p><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;">Son cas n’est pas isolé, l&#8217;expropriation est d&#8217;autant plus mal vécue que les indemnités versées au propriétaire sont toujours en dessous des prix du marché. Surtout quand l&#8217;immeuble est abîmé. Si aucun accord à l&#8217;amiable n&#8217;est possible, c’est</span></span><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;"> la justice</span></span><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;"> (le tribunal de Grande Instance) qui tranche, en tenant compte de l&#8217;état général du bâtiment. Dans certains cas, InCité estime même que le prix fixé par </span></span><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;">le juge de l&#8217;expropriation</span></span><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;"> est trop généreux. Mme C. demandait ainsi 504 000 € pour son immeuble. L&#8217;expropriant (InCité) en proposait 146 200 €. Le juge a tranché et a fixé l&#8217;indemnité à 173 425 €. InCité refuse de payer cette somme et fait appel de la décision d&#8217;expropriation. </span></span></p>
<p><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;">Marianne Bacqué reste très évasive sur le sujet, et considère l&#8217;expropriation comme une sanction finale envers les « </span></span><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;"><em>mauvais </em></span></span><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;">» propriétaires qui ne veulent pas entretenir leur bien. Très vite, elle passe à autre chose. </span></span></p>
<p><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;">Matthieu Rouveyre affirme qu&#8217; « </span></span><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;"><em>InCité cherche à faire du profit et se concentre sur les opérations les plus lucratives </em></span></span><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;">». Marianne Bacqué ne cache pas qu&#8217;InCité a tendance à acheter en dessous des prix du marché. Selon elle, ce n&#8217;est pas pour spéculer mais parce qu&#8217;ils ont beaucoup de travaux à faire derrière : « </span></span><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;"><em>Si on achète c&#8217;est pour faire une réhabilitation lourde et globale et pas du bricolage. Sur le marché, il y a effectivement des gens qui peuvent acheter plus cher, pour construire le maximum de logements, et obtenir le maximum de loyers en faisant le minimum de travaux </em></span></span><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;">». </span></span></p>
<p><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;"><strong>Faire monter les enchères pour que le propriétaire abandonne</strong></span></span></p>
<p><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;">Les propriétaires-occupants, qui vivent dans un appartement qu&#8217;ils ont acheté, semblent être les grands oubliés d&#8217;InCité. Quand on lit la brochure, les concernés y figurent pourtant en bonne place. En couleur verte, on apprend qu&#8217;InCité est là pour aider à financer les travaux de réhabilitation : « </span></span><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;"><em>Les subventions peuvent atteindre de 60 à 100% des travaux, sous réserve de conciliations de ressources </em></span></span><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;">». La formule d&#8217;InCité reste assez floue quant à l&#8217;aide exacte qu&#8217;elle peut apporter. Patrick* en a fait les frais il y a quelques années. En 2005, il fait une bonne affaire en achetant pour 110 000 € un appartement de 85 m2 près du cours Victor Hugo. Il y ajoute une enveloppe de 30 000 € pour faire quelques travaux. Peu de temps après, il reçoit une injonction d&#8217;InCité avec une </span></span><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;">liste de travaux </span></span><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;"> obligatoires à réaliser car son bien est désormais dans la zone que l&#8217;aménageur public doit réhabiliter. Patrick prend peur : « </span></span><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;"><em>Si je n&#8217;effectue pas ces travaux, je suis susceptible d&#8217;être expulsé </em></span></span><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;">». Or la facture s&#8217;élève à 50 000 €, somme qu&#8217;il ne peut payer. Pas de problème, InCité va l&#8217;aider, c&#8217;est écrit en vert sur la plaquette. Mais l&#8217;enveloppe qui lui est allouée ne dépasse pas les 5 000 €, soit un dixième du coût de l&#8217;opération. Patrick ne comprend pas pourquoi la somme des travaux est si élevée : « </span></span><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;"><em>J&#8217;étais d&#8217;accord pour le ravalement de façade </em></span></span><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;"><em>mais mon appartement était dans un état correct </em></span></span><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;">». Au pied du mur, il est contraint de vendre son bien à InCité pour 112 500 € en 2009. Laquelle le revendra par la suite à un particulier. </span></span></p>
<p><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;">Une source proche du dossier confie que « </span></span><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;"><em>la liste des travaux demandés aux propriétaires est parfois dissuasive. Et </em></span></span><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;"><em>InCité ne ferait pas tous les travaux exigés une fois le bien racheté. Ce serait juste une manière de faire monter les enchères pour que le propriétaire abandonne et leur vende son bien </em></span></span><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;">». </span></span></p>
<p><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;">Les locataires des immeubles à rénover ne sont pas en reste. En 2008, Abdel* a enregistré sur une cassette son calvaire de plusieurs mois. Du jour au lendemain, il a dû payer ses loyers à InCité après que son propriétaire a cédé son bien à l&#8217;aménageur. Dès lors, c&#8217;est une dizaine de courriers à en-tête d’InCité et autant de coups de fil qu&#8217;Abdel reçoit. Conformément à la procédure, on propose de le reloger. Mais ce qu&#8217;on lui fait visiter se trouve dans un autre quartier. De plus, les appartements sont situés au 1er et 2e étage (duplex) et au troisième étage sans ascenseur. Or, Abdel a de gros problèmes de santé qui l&#8217;empêchent de monter les escaliers. </span></span></p>
<p><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;">L&#8217;assistante sociale qui travaille pour le compte d&#8217;InCité le met en garde : « <em>On va vous faire visiter deux, trois appartements. Si vous refusez, on va lancer des procédures, et vous faire expulser </em>». Lui s&#8217;en fiche, la seule chose qu&#8217;il veut c&#8217;est rester dans le quartier où il a toujours vécu. Il n&#8217;a accepté aucune proposition de relogement. Aujourd&#8217;hui, Abdel a disparu sans laisser de trace.</span></span></p>
<p><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;"><strong>Ecouler le stock d&#8217;immeubles</strong></span></span></p>
<p><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;">Claude Grimaud est propriétaire de plusieurs immeubles dans le quartier Saint-Michel. Incollable sur InCité, il potasse ses droits pour parer juridiquement à une éventuelle O.P.A d&#8217;InCité sur ses biens. « </span></span><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;"><em>Ils vont au plus facile, vers ceux qui ne connaissent pas leurs droits. Ils créent un rapport de force, c&#8217;est tout </em></span></span><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;">», déclare-t-il. Visiblement, la théorie de ce bailleur atypique semble s&#8217;appliquer. D&#8217;après ses dires, </span></span><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;">aucun de ses immeubles, pourtant pas flambant neufs, ne seraient dans le collimateur de l&#8217;aménageur.</span></span><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;"> InCité ne s&#8217;attaquerait qu&#8217;aux plus faibles ?</span></span></p>
<div id="attachment_3266" class="wp-caption aligncenter" style="width: 558px"><a href="http://www.saintmich.fr/wp-content/uploads/2012/01/DSC_0548-1.jpg"><img class="size-full wp-image-3266" title="Îlot de la rue Carpenteyre" src="http://www.saintmich.fr/wp-content/uploads/2012/01/DSC_0548-1.jpg" alt="" width="548" height="365" /></a><p class="wp-caption-text">Ensemble d&#39;immeubles racheté par InCité. Un appel d&#39;offres a été lancé pour les travaux</p></div>
<p><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;">La relation que la société entretient avec certaines agences immobilières ou cabinets d&#8217;architectes n&#8217;est pas non plus toujours claire. Ainsi, le choix des architectes, chefs d&#8217;orchestre de la rénovation des immeubles achetés par InCité, apparaît opaque. Certains parlent de « copinage » car les appels d&#8217;offres ne sont pas systématiques et le marché du centre historique se limite à cinq architectes. Francis Guieysse, qui répond à de nombreuses commandes d&#8217;InCité explique cette situation par le désintérêt de nombre de ses confrères pour la rénovation des centres anciens. Lui, au contraire, « </span></span><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;"><em>aime travailler dans le cadre du logement, sur de l&#8217;existant </em></span></span><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;">» et « </span></span><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;"><em>préfère remailler la ville de l&#8217;intérieur </em></span></span><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;">». </span></span></p>
<p><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;">Quand on interroge certains de ses confrères, ils avouent voir passer très peu d&#8217;appels d&#8217;offres dans le secteur de Saint-Michel. Simple concours de circonstances ou réel favoritisme qui frise le conflit d&#8217;intérêts ? Selon le collectif d&#8217;architectes Pepitomicorazon, « </span></span><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;"><em>la réhabilitation du centre historique est un chantier compliqué qui repose sur un savoir-faire bien particulier</em></span></span><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;"> ». Pour certains propriétaires, des cabinets d’architectes prospecteraient en amont à la recherche d’immeubles dégradés qu’ils proposeraient ensuite à InCité. </span></span></p>
<p><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;">La situation semble en tout cas apaisée. Les médias se sont désintéressés du sujet, et on ne lit plus en première page de Sud Ouest les déboires d&#8217;InCité. Le calme règne autour de l&#8217;aménageur public, qui semble être en « standby ». Autrement dit, il attend d&#8217;écouler le stock d&#8217;immeubles qui lui reste sur les bras mais la période est morose et InCité ne trouve pas d&#8217;acheteurs. Certains pointent la crise financière et la hausse des prix de l&#8217;immobilier. D’autres invoquent des modifications restrictives récentes dans les règlements de défiscalisation que permettait la loi Malraux. Alain Juppé dit vouloir lutter contre la vacance des immeubles du centre mais nombre d&#8217;appartements &#8211; rénovés ou pas par les services d’InCité &#8211; sont actuellement inhabités.</span></span></p>
<p><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;">Si InCité ne parvient pas à écouler son stock d&#8217;immeubles, il lui sera difficile d&#8217;en acheter d&#8217;autres demain. Sa mission prenant officiellement fin en 2014, il restera beaucoup d&#8217;immeubles à rénover à Saint Michel.</span></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;"><strong>Brune Daudré et Béatrice Fainzang</strong></span></span></p>
<p><span style="font-family: TimesNewRomanPS-BoldMT,Times;"><span style="font-size: medium;">*Certains des témoins ont souhaité garder l’anonymat. </span></span></p>
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		<title>&#171;&#160;Promo-femmes&#160;&#187;, une oasis international à Bordeaux</title>
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		<pubDate>Mon, 30 Jan 2012 12:14:18 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Quand on est une femme étrangère, à Bordeaux, il y a « Promo-Femmes ». Située dans le quartier Saint-Michel, l&#8217;association est&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="float:right; margin:0 0 10px 15px; width:240px;">
		<img src="http://img.youtube.com/vi/M3BKITD1fEE/0.jpg" width="240" />
		</p><p><object width="560" height="315" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/M3BKITD1fEE?version=3&amp;hl=fr_FR" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="560" height="315" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/M3BKITD1fEE?version=3&amp;hl=fr_FR" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object></p>
<p>Quand on est une femme étrangère, à Bordeaux, il y a « Promo-Femmes ». Située dans le quartier Saint-Michel, l&#8217;association est financée par des subventions publiques et répond depuis 1994 aux besoins de la population migrante. Cinq salariés et une soixantaine de bénévoles accueillent et aident chaque année plus de 500 femmes de 65 nationalités différentes. Cours de français, déambulation dans la ville, ateliers cuisine et couture, création de livres et de CD&#8230; Les bénéficiaires ont le choix parmi une ribambelle d&#8217;activités mais viennent surtout prendre une bouffée d&#8217;air au 10 rue Carpenteyre. Une respiration dans leur quotidien. A l&#8217;heure du thé, rencontre avec Malika, Alia, Fatou et Annie au siège de l&#8217;association.</p>
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		<title>Le vilain petit canard de l&#8217;Office de Tourisme</title>
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		<pubDate>Fri, 27 Jan 2012 14:44:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>M2</dc:creator>
				<category><![CDATA[Le gros chantier]]></category>
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		<category><![CDATA[Office de Tourisme]]></category>
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		<description><![CDATA[Bordeaux est vendu aux touristes comme une ville «élégante ». Mais Saint-Michel ne rentre pas dans les canons de beauté&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="float:right; margin:0 0 10px 15px; width:240px;">
		<img src="http://www.saintmich.fr/wp-content/uploads/2012/01/phototourisme.jpg" width="240" />
		</p><p align="JUSTIFY"><span style="font-family: TimesNewRomanMS,Times New Roman,serif;"><span style="font-size: medium;"><strong>Bordeaux est vendu aux touristes comme une ville </strong></span></span><span style="font-family: TimesNewRomanMS,Times New Roman,serif;"><span style="font-size: medium;"><em><strong>«élégante ». </strong></em></span></span><span style="font-family: TimesNewRomanMS,Times New Roman,serif;"><span style="font-size: medium;"><strong>Mais Saint-Michel ne rentre pas dans les canons de beauté de la ville. </strong></span></span></p>
<div id="attachment_3063" class="wp-caption aligncenter" style="width: 560px"><a href="http://www.saintmich.fr/wp-content/uploads/2012/01/phototourisme.jpg"><img class="size-full wp-image-3063 " title="phototourisme" src="http://www.saintmich.fr/wp-content/uploads/2012/01/phototourisme.jpg" alt="" width="550" height="368" /></a><p class="wp-caption-text">A Saint-Michel, le syndicat d&#39;initiatives n&#39;a de dépliant que sur la Flêche et la Basilique (Photo Jérémie Maire).</p></div>
<p><span id="more-3062"></span></p>
<p><em>« Bordeaux, c’est un peu la ville musée, le Disneyland du XVIIIe. Je pense que c’est ça qu’il faut garder »</em>. En deux phrases, Philippe Prévôt, responsable au patrimoine urbain de l’Office de Tourisme, résume tout l&#8217;esprit  de son organisme.<em> « Les gens qui viennent à Bordeaux, les Américains, ne viennent pas voir des façades en PVC</em>, poursuit-il, <em>la richesse de Bordeaux, c’est le patrimoine du XVIIIe. Et c’est le vin. Même pour les français qui viennent visiter la ville, Bordeaux c’est avant tout les châteaux et les vignobles </em>»</p>
<p>Partant de ce constat, l’Office de Tourisme communique avant tout pour satisfaire la demande de la majorité des ses touristes. Balade « Bordeaux-Classique/Bordeaux Versailles », parcours des Grands Hommes pour visiter « le triangle du luxe bordelais », mais sur Saint-Michel, pas grand chose à se mettre sous la dent.</p>
<p><strong>&laquo;&nbsp;Un Walt Disney du XVIIIe&nbsp;&raquo;</strong></p>
<p>Parmi les visites guidées, le quartier n&#8217;est mentionné qu&#8217;une seule fois, seulement comme étape d&#8217;un « itinéraire complémentaire ». La flèche, symbole du quartier, fait partie des rares monuments de la ville à n&#8217;être ouvert qu&#8217;en été. Elle est également la seule à être fermée les samedi matins. <em>« C’est un monument qui coûte très cher, on est loin de rentrer dans nos frais »</em>, se défend Philippe Prévôt.</p>
<p>Alain Escadafal est responsable du master de tourisme à l’IATU (Institut d’ Aménagement, de Tourisme et d’Urbanisme) et déplore le <em>« Walt Disney du XVIIIe »</em> que promeut l&#8217;Office de Tourisme. «<em> Saint-Michel est prisonnier de leur vision classico-classique. Le quartier est oublié, et encore plus avec le label UNESCO. Depuis 2007,</em> (date de l&#8217;inscription de Bordeaux à l&#8217;UNESCO, NDLR), <em>la stratégie est de mettre en valeur les éléments marquants de l’âge d’or, de mettre en scène l’aspect de ville riche et prospère du XVIIIème siècle »</em> explique-t-il avant de souligner : « <em>Saint-Michel ne colle pas avec cette image du tourisme commercial»</em>.</p>
<p>Pourtant, le quartier ne manque pas d’arguments pour mériter un détour des touristes  : un des bâtis les plus anciens de Bordeaux, la Basilique-lieu de pèlerinage des chemins de Saint-Jacques de Compostelle-, la flèche. Sans parler du marché alimentaire, des brocanteurs et surtout de sa position de dernier quartier populaire du centre-ville de Bordeaux. Une raison pour expliquer cette mise à l&#8217;écart? <em>« Saint-Michel est un quartier trop éloigné »</em> semble s&#8217;excuser Philippe Prévôt avant d’admettre : <em>« C&#8217;est vrai qu&#8217;il y a une sorte de rupture au niveau du Cours Victor Hugo entre le centre-ville et Saint-Michel»</em>.</p>
<p><strong>Les clochards de la flèche</strong></p>
<p>La mise à l&#8217;écart du quartier viendrait-elle aussi de l&#8217;image qu&#8217;il renvoie? Il faut dire que la mauvaise réputation de Saint-Michel lui colle encore à la peau. « Mal famé », « craignos »,« sale », « dangereux », voilà les préjugés qu&#8217;ont peut régulièrement entendre sur le quartier. A l&#8217;Office de Tourisme, le discours est similaire, évoquant l&#8217;<em> « agitation »</em> et l&#8217; <em>« insécurité »</em> du quartier. <em>« Il y a des clochards tout autour de la flèche. C’est sûr que ce n’est pas très agréable.  Il y a beaucoup d’ados, qui sont là, et ne foutent rien de l’après-midi. Il y a des frictions avec les populations locales. On a eu pas mal de problèmes de portes taguées, de gens qui urinent partout »</em> soupire Philippe Prévôt, avant de se reprendre : <em>« Saint-Michel est un quartier plus libre, plus permissif et plus hétéroclite, où on peut plus facilement s’extérioriser ».</em></p>
<p><strong>« Ailleurs à Bordeaux »</strong></p>
<p>Pourtant, en dehors du sacro-saint Office de Tourisme, on loue la richesse et la diversité du quartier. <em>« Saint-Michel a un vrai atout, c&#8217;est son immigration,</em> invoque d&#8217;emblée Alain Escadafal, <em>mais il doit le marquer encore plus. Au lieu de vouloir aseptiser le quartier, il faut mettre en valeur sa différence. Le problème, c&#8217;est que l&#8217;Office de Tourisme valorise uniquement le monumental»</em>. La richesse de ces diverses cultures intactes, voilà ce qui fait la force de Saint-Michel. Une caricature en remplaçant une autre, c&#8217;est au contraire  le côté <em>« cosmopolite »</em>  de Saint-Michel que mettent en avant les guides touristiques.</p>
<p>Dans l&#8217;édition 2011, le Guide du Routard décrit ainsi la place Saint-Michel comme une place <em>« méditerranéenne »</em>: <em>« Dans les boutiques de la rue des Faures, on peut dénicher des djellabas, des boubous, des fruits exotiques, des épices, des narguilés&#8230;Bref, tout ou presque qu&#8217;on ne trouve pas ailleurs à Bordeaux »</em>. La singularité de ce quartier d&#8217;immigration est son emplacement : en plein centre-ville, et non relégué aux banlieues. <em>« Le potentiel de développement de Saint-Michel, c&#8217;est l&#8217;histoire de l&#8217;immigration ! Comme pour le musée colonial de Bordeaux, on devrait songer à un musée de l’Histoire de l’immigration ! »</em>. Au lieu de ça, sur le programme de février et de mars, ce sont <em>« les œuvres d’art à la basilique »</em> que l’Office de Tourisme a choisi de valoriser autour du <em>« buffet d’orgues ou des albâtres de la chapelle Saint-Joseph »</em>.</p>
<p><strong>Tourisme alternatif</strong></p>
<p>Puisque l&#8217;Office de Tourisme ne valorise pas Saint-Michel, d&#8217;autres tentent de proposer une offre en dehors des circuits officiels. Adrien Maulay est en train de lancer le concept des « greeters » à Bordeaux. L&#8217;idée de ce tourisme alternatif ? Faire <em>« visiter bénévolement un coin de la ville comme on le ferait avec des amis ou de la famille »</em>.</p>
<p>Les &laquo;&nbsp;greeters&nbsp;&raquo; veulent valoriser les contrastes de la ville.<em> « Je recommande le coin des Grands-Hommes pour une visite de Bordeaux. Hyper chic, tout propre, tout-piéton, presque une caricature ! Mais tout comme le triangle d’or est incontournable, on ne peut pas venir à Bordeaux sans visiter Saint-Michel</em>, pointe ce guide d’un nouveau genre. <em>Quand on se balade, on a l’impression que le quartier vivait comme ça depuis 50 ans. C’est en-dehors de tout, et c’est ça que j’aime»</em>.</p>
<p>Adrien Maulay a déjà son itinéraire en tête pour faire découvrir son Saint-Michel : <em>« Pas besoin d&#8217;aller visiter la basilique ou la flèche. Je montre le marché sur le quai des Salinières, je remonte vers la rue Camille-Sauvageau, j’essaie d&#8217;aller à la rencontre de toutes ces associations alternatives le long de la rue…et on tombe comme ça sur la Tupiña, comme sortie de nulle part »</em>.</p>
<p><strong>Un Saint-Pierre bis</strong></p>
<p>La richesse du quartier est vantée tant dans les guides que par les Bordelais. Et avec la requalification, le potentiel touristique de ce quartier pourrait bien connaître un nouvel essor. Semi-piétonisation, rénovation des façades, nouvel éclairage high-tech, le réaménagement pourrait faire gagner au quartier une nouvelle visibilité.</p>
<p>Une hypothèse que confirme Laurent Hodebar, chargé de la mission tourisme au pôle économique de la mairie de Bordeaux : <em>« Avec le réaménagement, Saint-Michel pourrait devenir un quartier aussi attractif que Saint-Pierre. Dès qu&#8217;il y a eu une rénovation dans un quartier bordelais, le flux de touristes a augmenté »</em>. Pour Laurent Hodebar, la piétonisation a un effet direct sur le potentiel touristique d’un quartier : <em>« Il suffit d&#8217;observer ce qu&#8217;il s&#8217;est passé place du Palais ou place Lafargue. Le secteur privé a investi les lieux : de nouveaux bars, des commerces, des terrasses, des restaurants ont ouvert. Ce qui a eu l&#8217;effet d&#8217;attirer encore plus de touristes »</em>. Alain Escadafal, lui, déplore cette éventuelle évolution pour Saint-Michel: <em>« Il n&#8217;y a aucun intérêt à faire de Saint-Michel un Saint-Pierre bis»</em>.</p>
<p><strong>Des Américains à Saint-Mich&#8217;</strong></p>
<p>Un scénario non envisageable pour Agnès Berland Berthon, maître de conférences à l&#8217;IATU (Institut d&#8217;aménagement, de tourisme et d&#8217;urbanisme) de l&#8217;université de Bordeaux 3. Selon elle, Saint-Michel ne risque pas d’évoluer comme les quartiers voisins. <em>« La municipalité a bien compris l’erreur commise à Saint-Pierre et ne va pas la reproduire. Saint-Michel, c’est plus grand que Saint-Pierre, moins connecté au centre-ville »</em>. Avant d’insister sur l’identité forte du quartier comme garantie pour l’avenir de Saint-Michel.<em> « Saint-Pierre est anonyme et appartient à tout le monde. Au contraire, Saint-Michel appartient avant tout à ses habitants. C’est un quartier autonome dans lequel peut se développer une vraie vie de quartier. La diversité de la taille des logements et les ruelles sombres ne changeront pas, et ce,  quelque soit le nombre de réaménagements»</em>.</p>
<p>Pourtant, certains spéculent déjà sur la métamorphose du quartier. Place Maucaillou, on est interpellé par une pancarte inhabituelle. <em>« English spoken, dégustation de vins »</em>. Partout ailleurs à Bordeaux, c&#8217;est banal. A Saint-Michel, c&#8217;est inédit. Lénaic Tevelle a lancé il y a neuf mois une cave à vins. Il avoue sans complexes compter sur la nouvelle clientèle touristique apportée par la rénovation<em>. « La réhabilitation de Saint-Michel a joué dans mon choix. Aujourd&#8217;hui, le quartier est sale, il y a des travaux partout et pas de places de parking. Après le réaménagement, tout Saint-Mich&#8217; sera propre, et je serai sur un axe de circulation piéton vierge »</em>. Le jeune entrepreneur reçoit même des touristes américains dans sa cave. Peut-être le début d&#8217;un changement de clientèle à Saint-Michel&#8217;?.</p>
<p>Marthe RUBIO et Julien GONZALEZ</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Le dictionnaire d&#8217;InCité</title>
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		<pubDate>Thu, 26 Jan 2012 21:19:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>M2</dc:creator>
				<category><![CDATA[Le gros chantier]]></category>
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		<description><![CDATA[Expropriation, convention publique d&#8217;aménagement, OPAH et PNRQAD&#8230; Autant de concepts juridiques et d&#8217;acronymes urbanistiques à étudier quand on parle&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Expropriation, convention publique d&#8217;aménagement, OPAH et PNRQAD&#8230; Autant de concepts juridiques et d&#8217;acronymes urbanistiques à étudier quand on parle de rénovation urbaine.</strong></p>
<p><span id="more-3197"></span></p>
<blockquote><p><strong>ANAH :</strong> Agence nationale de l&#8217;habitat. Etablissement public de l&#8217;Etat financé par des ressources budgétaires et fiscales qui aide les propriétaires privés en subventionnant les travaux d&#8217;amélioration de leur logements.</p>
<p><strong>ANRU :</strong> Agence Nationale pour la rénovation urbaine. Les « zones ANRU » (zones où le marché immobilier présente un besoin manifeste de revitalisation) permettent aux particuliers remplissant certaines conditions de pouvoir investir dans l&#8217;immobilier avec un taux de TVA préférentiel de 5,5% au lieu de 19,6%.</p>
<p><strong>CPA :</strong> Convention Publique d&#8217;Aménagement signée en 2002 entre la mairie et la SEM In Cité . Ce contrat confie la réalisation de l&#8217;opération d&#8217;aménagement du centre historique de Bordeaux à In Cité et donne la marche à suivre. Sorte de mode d&#8217;emploi d&#8217;In Cité.</p>
<p><strong>DIA</strong> : Déclaration d&#8217;intention d&#8217;aliéner. Rédigée par le notaire du propriétaire désireux de vendre un bien immobilier ou foncier, elle informe la mairie de l&#8217;intention de vendre pour qu&#8217;elle puisse préempter si elle le souhaite.</p>
<p><strong>DUP :</strong> Déclaration d&#8217;Utilité Publique. La DUP est le préalable nécessaire à la procédure d&#8217;expropriation. Acte pris par le préfet après enquête attestant qu&#8217;il y a bien utilité publique à exproprier. L&#8217;utilité publique est une notion vague dans le droit administratif. Le juge l&#8217;apprécie au cas par cas. La mise en place d’une DUP de restauration immobilière entraîne pour le propriétaire l’obligation d’effectuer tous les travaux prévus dans la DUP, sous peine d’expropriation. Elle peut être étendue à un immeuble, à un îlot d&#8217;immeubles ou à l&#8217;ensemble d&#8217;un périmètre (PRI). Dans le PRI Saint-Michel, la DUP est valable 5 ans et est renouvelable une fois. Elle a été prise en 2007, est valable jusqu&#8217;en 2012 mais peut-être renouvelée jusqu&#8217;en 2017 maximum.</p>
<p><strong>Expropriation :</strong> Procédure qui permet à une personne publique (l&#8217;Etat, les collectivités locales) de contraindre une personne privée à céder son bien moyennant le versement d&#8217;une indemnité. Pour exproprier, il faut qu&#8217;il y ait utilité publique.</p>
<p><strong>Logement insalubre :</strong> Logement qui présente un danger pour la santé de ses occupants et/ou de ses voisins. L&#8217;insalubrité d&#8217;un logement est évaluée suivant une liste de 29 critères concernant l&#8217;hygiène ou la santé. Cette notion relève du service communal de l&#8217;hygiène qui est seul habilité à apprécier l&#8217;insalubrité et à engager les procédures adéquates.</p>
<p><strong>Loi Malraux (1962) :</strong> Elle institue un secteur sauvegardé au sein de certaines villes. Le dispositif Malraux permet aux propriétaires d&#8217;immeubles anciens situés dans ces zones, qui effectuent des travaux en vue de leur restauration, de déduire l&#8217;intégralité de leur coût de leur revenu imposable, une fois la restauration achevée. L&#8217;économie d&#8217;impôt est fixée à 40% des travaux plafonnée à 100 000 euros de travaux.</p>
<p><strong>Loyer conventionné :</strong> Le propriétaire s&#8217;engage à pratiquer un loyer plafond et à attribuer le logement à une famille qui relève d&#8217;un plafond de ressources. En contrepartie de cette obligation, des aides publiques (défiscalisation et/ou subventions pour les travaux de rénovation) sont versées au propriétaire.</p>
<p><strong>Loyer libre :</strong> Loyer fixé au bon vouloir du propriétaire bailleur, souvent alignés sur les prix du marché.</p>
<p><strong>Loyer social ou très social:</strong> Loyer fixé selon un barème en fonction du revenu imposable des ménages. Il permet au propriétaire bailleur de bénéficier d’une déduction spécifique sur les revenus fonciers de 45 %.</p>
<p><strong>OPAH :</strong> Opération programmée d&#8217;amélioration de l&#8217;habitat. Convention passée entre une commune, un établissement public de coopération intercommunale, l&#8217;Etat, la région et l&#8217;Anah en vue de requalifier et de réhabiliter un quartier bâti. Des aides financières sont alors accordés aux investisseurs pour améliorer (faire des travaux) les logements existants en fonction des engagements qu&#8217;ils prennent pour les loyers de sortie. Plus le loyer est social, plus les subventions sont fortes parce que le loyer est faible.</p>
<p><strong>PNRQAD :</strong> Programme national de requalification des quartiers anciens dégradés. Il doit permettre de résorber l&#8217;habitat indigne, de remettre sur le marché des logements vacants et de lutter contre la précarité énergétique tout en préservant la mixité sociale. Un appel à candidatures a permis de retenir 87 projet dont celui du Centre historique de Bordeaux. L&#8217;Etat et ses opérateurs, l&#8217;ANAH et l&#8217;ANRU ont mobilisé 380 millions d&#8217;euros sur trois ans.</p>
<p><strong>Préemption :</strong> Droit qui permet à la commune d&#8217;acquérir prioritairement un bien immobilier ou foncier lorsque celui-ci est sur le point d&#8217;être vendu. Lorsqu&#8217;un propriétaire décide de vendre son bien, la mairie a 2 mois pour dire si elle souhaite acheter ou pas.</p>
<p><strong>PRI :</strong> Périmètre de Restauration Immobilière. Zone délimitée par la collectivité locale dans laquelle les travaux de remise en état de certains immeubles sont déclarés d&#8217;utilité publique (DUP) par arrêté préfectoral. Les immeubles situés dans le PRI sont éligibles aux aides de l&#8217;OPAH.</p>
<p><strong>Réhabilitation :</strong> La réhabilitation désigne l&#8217;action de réaliser des travaux importants dans un bâtiment existant pour le remettre en bon état. Il s&#8217;agit souvent d&#8217;une remise aux normes de sécurité et de confort dans un bâtiment qui n&#8217;est plus apte à remplir ses fonctions dans de bonnes conditions. On parle de réhabilitation lourde lorsque l&#8217;on ne conserve que la structure (changement fréquent de l&#8217;organisation générale du bâtiment). Dans le cas de travaux moins importants (conservation de l&#8217;organisation et de la plupart des murs de cloisonnement) il s&#8217;agit d&#8217;une réhabilitation légère.</p>
<p><strong>Rénovation :</strong> La rénovation est l&#8217;action de détruire un bâtiment pour en reconstruire un neuf. Ce terme est souvent utilisé pour parler de réhabilitation, alors que ces deux notions sont sensiblement différentes dans le cadre du renouvellement urbain. C&#8217;est une notion politique qui se rapporte à l&#8217;ANRU. Cette dernière vise à reconstruire sur des espaces urbains déjà existants.</p>
<p><strong>Requalification :</strong> c&#8217;est un terme global qui fait référence à la modification de l&#8217;urbanisme d&#8217;un quartier, à travers des aménagements paysagers, la création de rues, d&#8217;espaces publics, la destruction et la construction de bâtiments&#8230; En gros, c&#8217;est un programme d&#8217;embellissement.</p>
<p><strong>SEM :</strong> Société d&#8217;économie mixte. Société anonyme régie par le droit privé dont le capital est détenu majoritairement par une personne publique (ici, InCité est détenue par la CUB et la Ville de Bordeaux et dans un moindre mesure par la Caisse d&#8217;Epargne et la Caisse des Dépôts et Consignation et la Chambre de commerce et d&#8217;industrie de Bordeaux). Ce statut permet à la collectivité publique actionnaire de faire primer l&#8217;intérêt général tout en offrant la souplesse d&#8217;action d&#8217;une entreprise privée.</p></blockquote>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;">&gt;&gt; Retrouvez notre dossier sur InCité :</span></strong></p>
<p>- <a href="http://www.saintmich.fr/?p=3129">Onze questions/réponses pour tout comprendre sur le fonctionnement d&#8217;InCité</a></p>
<p><strong>Brune Daudré et Béatrice Fainzang</strong></p>
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