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	<title>Telling Stories</title>
	
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	<description>le blog qui raconte des histoires presque vraies</description>
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		<title>RIP Twitter</title>
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		<pubDate>Thu, 03 May 2012 15:09:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>imnotalone</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
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		<description><![CDATA[463, 464, 465, 466 ! Ouf, enfin fini de poster ces tweets et par là de remplir ses obligations judiciaires. Ca n’avait pas été une mince affaire. Parce qu’ils sont bien gentils les juges, mais ils auraient quand même pu s’enquérir du mode de fonctionnement de Twitter avant de condamner! Comme le service de microbloging refuse ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>463, 464, 465, 466 ! Ouf, enfin fini de poster ces tweets et par là de remplir ses obligations judiciaires. Ca n’avait pas été une mince affaire. Parce qu’ils sont bien gentils les juges, mais ils auraient quand même pu s’enquérir du mode de fonctionnement de Twitter avant de condamner! Comme le service de microbloging refuse que l’on se répète bêtement, il avait fallu inventer 466 manières d’envoyer le même message, imposé. Un espace par ci, un point par là, une virgule qui se balade. Pour le reste, les 500 euros de frais irrépétibles, la grande collecte des Internets avait été rudement efficace. Largement de quoi faire un chouette apéro en prime pour fêter ça. Au final, c’était une affaire qui semblait réglée. Enfin sur ce volet.</p>
<p>Dans ce climat de tension qui allait crescendo depuis des mois, sur fond de campagne électorale tantôt stérile, tantôt nauséabonde, toujours stressante, jamais enthousiasmante, mais au combien clivante, la condamnation, désormais connue de tous comme la jurisprudence « <em>#466</em> », avait fini d’électriser la toile.</p>
<p>L’insulte du 22 avril, la cause, reconnue et crue, était-elle justifiée,<a title="Plainte" href="http://www.scribd.com/doc/91867225/Lolilol-NKM-JFC" target="_blank"> l’action</a> est-elle légitime, la juridisation était-elle opportune, la décision était-elle juste … ? Les débats avaient tournés courts. Les esprits échauffés, engoncés dans les ornières électoralistes, s’étaient engouffrés dans le grand bad buzz, la liberté en étendard, l’oppression en  ligne de mire. Bizarre en y repensant que le combat se soit cristallisé sur ce qui était d’abord apparu comme une  anecdote, mais depuis quand un symbole répond-il à une logique&#8230; Dans son sillage, il avait amalgamé toutes les luttes, toutes les peurs, drainant les antagonismes et érigeant des murs.</p>
<p>Twitter s’était, en quelques semaines, transformé en déversoir à injures pour militants de la cause, défouloir de toutes les frustrations. « Enculé ! » ne prenait que 7 caractères, il en restait encore 133 autres pour exprimer tout le bien que l’on pensait de l’autre, et les deux cotés ne manquaient décidément pas d’imagination.</p>
<p>La communauté d&#8217;origine s’était délitée et ceux qui se réunissaient jadis autour du partage, de la recherche d’information, de morts temporaires, de mêmes infinis, de chaines solidaires, de LiveTweets de légende, de générateur d&#8217;IRL et de révolutions à défendre, s’entre-déchiraient, ou fuyaient. Twitter, réseau d’échange, implosait en France, et de social il ne restait que des bribes, gazouillis de plus en plus inaudibles.</p>
<p>466 gouttes d’eau avaient fait déborder les TimeLines.</p>
<p>Si les plus mesurés avaient bien tenté de calmer les esprits et de linker quelques Tumblr de loltoshop pour détendre l’atmosphère, ils s&#8217;étaient épuisés et avaient rapidement cessé d’interférer dans les clashs devenus quotidiens, violents et binaires.</p>
<p>On aurait pu croire que la régulation naturelle aurait imposé sa loi et que les partisans toujours plus énervés se seraient contenter de l’unfollow pacifique, voir du blocage, fut-il intempestif. Si je ne t’entends plus, comment te haïr ? Mais la tendance était au radicalisme et le chantage était devenu la règle. Si tu suis @untel, c’est que tu cautionnes, et je te méprise. Choisis ton camp camarade! La neutralité n’avait plus cours, les invectives étranglaient toute forme d’esprit critique ou de semblant de réflexion. Et les protagonistes d’ajouter pour leurs adversaires des « report  as spam » massifs. Les plaintes se multipliaient, les masques tombaient, et les derniers addicts, désabusés, abandonnaient, sonnés par les coups de cette nouvelle guerre de tranchée numérique.</p>
<p>Au début de l’été 2012, Twitter s&#8217;était retrouvé fracturé, complètement dépecé. La haine avait gagné, l’oiseau crevait.</p>
<p>A San Francisco, dépassés par les évènements, incapables de juguler l’hémorragie, effrayés par le risque de contamination européenne, après une dernière réunion de crise avec nos autorités, on venait de décider de sceller le sort du site en local, et on entérinait la censure définitive de tout tweet venant de notre République après un dernier &laquo;&nbsp;<em>[RIP] #Twitter #France (2006-2012), please RT.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>Des Anonymous enregistraient le même jour la toute première vidéo de l’appel au soulèvement, <em>Opération 466</em>. La suite, malheureusement, vous la connaissez&#8230;</p>
<p><em><br />
Crédit Photo : <a title="FlickR" href="http://www.flickr.com/photos/thiagoaraujo/3604649816/" target="_blank">Natureza morta</a>, par Thiago Araújo, <a title="Licence" href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/2.0/deed.fr" target="_blank">Licence CC</a></em></p>
<p><span style="color: #0000ff;"><em><span style="color: #999999;">PS:  Je remercie<a title="Son compte twitter" href="https://twitter.com/#!/soymalau" target="_blank"> @soymalau</a>, qui -bien malgré lui- m&#8217;a inspiré cette histoire, ainsi que <a title="Son compte Twitter" href="https://twitter.com/#!/_doudette" target="_blank">@_doudette</a> <a title="Blog de doudette" href="http://leblogdedoudette.blogspot.fr/2012/05/une-insulte-virtuelle-peut-elle.html" target="_blank">et son billet </a>, et <a title="Heaven can wait" href="http://www.heavencanwait.fr/2012/05/chere-nkm/" target="_blank">celui</a> de <a title="son compte Twitter" href="https://twitter.com/#!/catnatt" target="_blank">@catnatt</a>.</span></em></span></p>
<p><span style="color: #999999;"><em>update: J&#8217;ajoute le <a title="Jean-François Copé et NKM : l'insulte qui divise Twitter" href="http://leplus.nouvelobs.com/contribution/545159-jean-francois-cope-et-nkm-l-insulte-qui-divise-twitter.html" target="_blank">billet</a> de <a title="son compte Twitter" href="https://twitter.com/#!/Domydom" target="_blank">@domydom</a> </em></span></p>
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		<title>Pauline, 12 ans, persécutée à l’école</title>
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		<pubDate>Mon, 02 Apr 2012 21:52:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Aede</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>

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		<description><![CDATA[Pauline a 12 ans. L&#8217;âge auquel une fillette écoute Justin Bieber, regarde Twilight, rigole aux vannes de Kev Adams&#8230; L&#8217;âge de l&#8217;innocence, de l&#8217;insouciance, cette douce époque que l&#8217;on regrette 10 ou 20 ans plus tard. Pourtant, Pauline a des problèmes. De vrais problèmes. Pas simplement car il n&#8217;y a plus de Coca dans le ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Pauline a 12 ans. L&#8217;âge auquel une fillette écoute Justin Bieber, regarde Twilight, rigole aux vannes de Kev Adams&#8230; L&#8217;âge de l&#8217;innocence, de l&#8217;insouciance, cette douce époque que l&#8217;on regrette 10 ou 20 ans plus tard. Pourtant, Pauline a des problèmes. De vrais problèmes. Pas simplement car il n&#8217;y a plus de Coca dans le frigo ou parce qu&#8217;elle a des devoirs à faire. Non, on l&#8217;&nbsp;&raquo;ennuie&nbsp;&raquo; à l&#8217;école. Plus précisément, on la persécute.</p>
<p>A son entrée en 6ème, des &laquo;&nbsp;grands&nbsp;&raquo; ont commencé à se moquer d&#8217;elle. A en faire leur tête de Turc. A lui donner un surnom : &laquo;&nbsp;Crapette&nbsp;&raquo;. Mais ils ne s&#8217;arrêtent pas là, ne se contentent pas de mots. Ils lui retirent sa chaise, l&#8217;embêtent à la piscine&#8230; puis lui crachent, la jettent à terre et la frappent. Un médecin remarque les traces sur le corps de la fillette. La mère de Pauline décide d&#8217;en parler au principal du collège. Celui-ci n&#8217;y voit qu&#8217;un incident sans lendemain.</p>
<p>Mais le problème est plus profond. La persécution continue. Pauline ne supporte plus d&#8217;aller au collège et ses notes s&#8217;effondrent. Elle se réfugie dans les jeux vidéo le week-end et les vacances. Un monde virtuel qui lui permet d&#8217;oublier son triste quotidien à l&#8217;école. Malheureusement, il ne change rien à la réalité. A la fin des vacances de Noël, elle ne veut pas retourner en classe. Elle en parle à ses frères.</p>
<p>Le soir, la veille de la rentrée, elle termine une partie sur Wii. Elle part se coucher. Enfin plutôt, elle fait semblant de se coucher. Quand toute la famille dort dans la maison, elle s&#8217;empare du fusil de chasse de son père. Elle se tire une balle dans la bouche. Avec ce simple mot laissé derrière elle : &laquo;&nbsp;Papa et maman, je vous aime, mais je ne veux plus aller au collège, ça me fait trop mal&nbsp;&raquo;. Pauline avait 12 ans.</p>
<p>Vous trouvez cette histoire bien trop sinistre ? Irréaliste ? Malheureusement, elle ne retrace que la destinée de Pauline,<a href="http://affairesfamiliales.wordpress.com/2012/04/02/pauline-12-ans-suicidee-papa-et-maman-je-vous-aime-mais-je-ne-veux-plus-aller-au-college-ca-me-fait-trop-mal/" target="_blank"> fillette ayant mis fin à ses jours le 2 janvier dernier dans le Nord de la France</a>.</p>
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		<item>
		<title>L’embrasement.</title>
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		<comments>http://www.telling-stories.fr/2012/03/27/lembrasement/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 27 Mar 2012 13:32:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>imnotalone</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Embrasement]]></category>
		<category><![CDATA[Fiction]]></category>
		<category><![CDATA[Toulouse]]></category>
		<category><![CDATA[Tuerie]]></category>
		<category><![CDATA[Violence]]></category>

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		<description><![CDATA[Les infos avaient tourné en boucle. Des heures et des heures de live, d’articles, de post, de commentaires, d’avis, de jugements, d’images, d’interview, d’experts, de déclarations, d’information, de désinformation, d’analyses et de vide. Face à l’horreur, à la stupeur, à l’indignation, s’était affiché un semblant de front républicain, pansement de fortune sur nos plaies ouvertes. Il ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les infos avaient tourné en boucle. Des heures et des heures de live, d’articles, de post, de commentaires, d’avis, de jugements, d’images, d’interview, d’experts, de déclarations, d’information, de désinformation, d’analyses et de vide.</p>
<p>Face à l’horreur, à la stupeur, à l’indignation, s’était affiché un semblant de front républicain, pansement de fortune sur nos plaies ouvertes. Il était mort lui aussi, le tueur, présumé mais assumé. Laissant une Nation à son drame, sans personne pour affronter le regard des familles endeuillées. A peine les minutes de silence égrainées, les larmes séchées ou refoulées, pas encore débarrassé ni du corps de la cause, ni de son histoire, la belle unité se fissurait déjà.</p>
<p>En ces temps de campagne, on criait à la récupération, au complot, on exhumait les doutes, on cherchait les failles, on pointait les erreurs, on tirait des conclusions hâtives. Parlant foot on aurait dit « tous sélectionneurs ». Bien que précoces, ou polémiques, certaines questions étaient saines, et les réponses réfléchies. C’était encore le temps des échanges et des débats. C’était avant.<br />
Personne n’aurait pu prédire alors.</p>
<p>Difficile de dire ce qui avait été le déclencheur. Était-ce la vidéo qui circulait, les stigmatisations d’apparence, les tags hommage,  les appels à la vengeance, les amalgames blessants ? Dans ce terreau de crise, d’inégalités, de frustration, de peur, d’incompréhension, la haine avait germée. Elle aurait aussi bien pu pourrir, <em>trop</em> arrosée de solidarité et d’écoute, mais elle avait grandi.</p>
<p>Et s’en fut fini.</p>
<p>On commença à citer des « incidents » isolés, puis des « dérives » inquiétantes, et une « tension » généralisée. Les soutiens se firent audibles, les statues furent érigées, les actes s&#8217;effacèrent derrière les symboles. Les rejets furent radicalisés, les raccourcis assumés, les communautés désignées. Les positions solidifiées, les camps soudés, les esprits se sont fermés. On était d’un côté, ou de l’autre, et par principe, viscéralement, convaincu de la justification de son point de vue, plus légitime. On détestait ceux d’en face, coupables de tous les maux, sans mesure. Plus de juste milieu, plus de neutralité, plus de distance, plus d’espace.</p>
<p>Les cours d’école, les entreprises, les prisons, les stades, les centres commerciaux, les médias, les forums, les assemblées, les familles, tous les lieux d&#8217;expression et de brassage de citoyens et d’idées étaient devenus des terrains d’affrontement. L&#8217;aveuglement, l’embrasement. La violence, partout, tout le temps. Dans un dernier sursaut de protection, le repli sécuritaire piétinait nos dernières libertés, avec notre assentiment.</p>
<p>Le Président nouvellement élu vient de démissionner. Je rentre, c’est le couvre-feu.</p>
<p><em>Crédit photo : par Mafate69, <a title="Lien Galerie Flickr" href="http://www.flickr.com/photos/mafate69/6997090509/" target="_blank">Flickr</a>, licence <a title="Licence" href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/2.0/">CC</a></em></p>
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		<item>
		<title>A 1000 pas, 1000 fois, de toi.</title>
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		<pubDate>Tue, 20 Mar 2012 00:59:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>imnotalone</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Deuil]]></category>
		<category><![CDATA[école]]></category>
		<category><![CDATA[enfants]]></category>
		<category><![CDATA[Folie]]></category>
		<category><![CDATA[Minute de silence]]></category>
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		<category><![CDATA[Toulouse]]></category>
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		<description><![CDATA[-Mon loulou, demain en classe, il y aura une minute de silence. -Ah, pourquoi ? -Parce qu’aujourd’hui trois enfants sont morts dans une école, un papa aussi, tués par un homme armé, un criminel, qui avait déjà tué trois personnes la semaine dernière.  C’est la première fois que ça arrive dans une école en France. Leurs parents ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>-Mon loulou, demain en classe, il y aura une minute de silence.</p>
<p>-Ah, pourquoi ?</p>
<p>-Parce qu’aujourd’hui trois enfants sont morts dans une école, un papa aussi, tués par un homme armé, un criminel, qui avait déjà tué trois personnes la semaine dernière.  C’est la première fois que ça arrive dans une école en France. Leurs parents sont tristes, leurs familles, leurs copains, leurs voisins, et nous aussi, tout le monde, parce que c’est terrible, et demain, on pensera tous ensemble à eux, qui ne sont plus là, et à leurs proches, pour les soutenir, parce que nous sommes tous unis contre la violence, face au drame.</p>
<p>-Mais… cet homme… pourquoi il a fait ça ?</p>
<p>-On ne sait pas encore. Tu sais, rien ne peut expliquer une chose pareille. On pourra savoir peut-être, mais pas comprendre.</p>
<p>-Mais&#8230; il avait une arme, comment il est rentré dans l’école ?</p>
<p>-C’était le matin, l’heure d’aller en classe, l’école était ouverte, les parents amenaient leurs enfants.</p>
<p>-Mais&#8230; il pourrait venir dans notre école à nous aussi ?</p>
<p>-Ça s’est passé à Toulouse, c’est loin d’ici.</p>
<p>-Toulouse, c’est quel pays ?</p>
<p>-Ce n’est pas un pays, c’est une ville, en France, dans le Sud-Ouest.</p>
<p>-Quand tu dis « loin », ça fait combien ?</p>
<p>-Presque 1000 kilomètres.</p>
<p>-Et un kilomètre, c’est 100 pas ?</p>
<p>-Non, c’est 1000 pas.</p>
<p>-Ah, c’est loin alors. Mais&#8230; il pourrait tuer d’autres enfants là-bas ?</p>
<p>-On espère qu’il sera vite arrêté, en attendant, il y aura plus de policiers, même devant les écoles, pour protéger les gens.</p>
<p>-Et c’est à quelle heure demain ?</p>
<p>-Le matin je crois, mais la maîtresse vous expliquera, et toi tu me raconteras comment ça s’est passé, et on en parlera aussi si tu entends des choses que tu ne comprends pas, d’accord ?</p>
<p>-D’accord. Maman ?</p>
<p>-Oui ?</p>
<p>-Ça doit être dur pour leurs papa et leur maman ce soir.</p>
<p>-Oui, très.</p>
<p>-Maman?</p>
<p>- Oui?</p>
<p>-Je peux reprendre des pâtes ?</p>
<p><em>Crédit image: Une de <a href="http://journal.liberation.fr/publication/liberation/879/#!/0_0" target="_blank">Libération</a> du 20/03/2012 </em></p>
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		<item>
		<title>J’ai l’honneur de ne pas te demander…</title>
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		<comments>http://www.telling-stories.fr/2012/03/08/weddingornotwedding/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 08 Mar 2012 19:26:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>imnotalone</dc:creator>
				<category><![CDATA[Personnel]]></category>
		<category><![CDATA[Amour]]></category>
		<category><![CDATA[It's complicated]]></category>
		<category><![CDATA[journée de la femme]]></category>
		<category><![CDATA[Lui et Elle]]></category>
		<category><![CDATA[mariage]]></category>

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		<description><![CDATA[Est-ce que tu veux être ma femme ? Il a donc posé la question. Elle est fatiguée. De devoir répondre, expliquer, argumenter, encore. Elle pensait avoir bien géré au fil du temps, distillant régulièrement le discours anti-mariage (comprendre anti-robe meringue, anti-se pourrir 6 mois de sa vie à préparer une seule putain de journée, anti-perdre son ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Est-ce que tu veux être ma femme ?</p>
<p>Il a donc posé la question.</p>
<p>Elle est fatiguée. De devoir répondre, expliquer, argumenter, encore. Elle pensait avoir bien géré au fil du temps, distillant régulièrement le discours anti-mariage (comprendre anti-robe meringue, anti-se pourrir 6 mois de sa vie à préparer une seule putain de journée, anti-perdre son nom -et son identité- aux yeux de l’administration et de la société, anti-rassembler des gens qui n’ont rien à se dire et dont Elle se fout comme de l&#8217;an 40, anti-mièvrerie, anti-gaspillage, anti-reniement, anti-tout). Elle, le soldat, toujours fière au combat. Oui, Elle pensait que pendant ces années de vie commune, Elle avait réussi à être claire, et comprise. Voir même Elle pensait que cette aversion, mélange de rejet de principe, de critique sociétale, de féminisme, d’indifférence et de moquerie, était partagé. Une conception commune, une même vision du couple et de la vie. Raté, semble-t-il.</p>
<p>Elle est énervée aussi. Contre lui. Mais qu’est ce qui Lui a pris ? C’est quoi ce besoin ? D’où sort-il ? La crise de la quarantaine ? Ils étaient pourtant d’accord pour dire que ça ne servait à rien. Et cette question, teintée de virilité primale, ce &laquo;&nbsp;<em>MA&nbsp;&raquo;</em> qui lui a rappelé tout ce pour quoi elle détestait l’institution. Ce possessif qui l’agresse. « Je ne suis pas à toi ! » voulait-Elle crier. Je suis là parce que je le veux. Et tu ne m’appartiens pas non plus, jamais. Nous sommes ensemble, unis, parce que nous l’avons décidé, parce que nous le décidons. Un engagement, ça doit donc&#8230; se prouver? Que faut-il : une cérémonie, un papier, un banquet, une bague, un registre, des gens, un maire, des photos? Elle avait toujours pensé que leur mélange de gènes (dit aussi moulage de gnomes) n’était pas si mal, comme acte de foi. Franchement, les chaînes humaines on n’a pas trouvé mieux comme liens.</p>
<p>Elle est triste surtout. Parce que Lui, il n’avait pas dit ça au débotté, entre la poire et le fromage, pas de « bon, c’est galère s’il arrive un truc à un de nous deux, on se marie ? » soit une demande anodine sous des raisons de fiscalité-protection des enfants-succession, le beau triplé administratif qui pouvait peut être un jour faire plier son esprit rebelle. Oh non, c’eut été trop simple ! Il lui avait demandé après réflexion, Il avait hésité, Il avait mis du poids, du sentiment, de l’affect. Il avait même parlé (le con)… d’Amour. Sa réponse à Elle, désabusée, surprise, fâchée, lasse, contrariée, allait le décevoir et Lui faire du mal. Elle sentait la tension, la frustration, le regret, la douleur. Elle aurait voulu briser l’équation (je t’aime = je veux me marier &gt;&gt; tu ne veux pas te marier = tu ne m’aimes pas) qui tournait en boucle dans sa tête de mâle, comme une envie de sexe.</p>
<p>Elle est là, seule avec ses convictions, rivée, entre la colère et la tendresse, blessant celui qui lui fait face et nourrissait le doux espoir d’un &laquo;&nbsp;oui&nbsp;&raquo;, ou d’un désir de oui, et accusait le choc de la réaction, de sa non-réaction, si attendue. Foutue prévisibilité qui ne rend pas la nouvelle plus gaie ou son messager moins dur.</p>
<p>Elle pense à Georges. Elle avait toujours rêvé de Georges et de sa <a title="Dailymotion - Brassens" href="http://www.dailymotion.com/video/xs0nh_la-non-demande-en-mariage-live_music" target="_blank">non-demande en mariage</a>.</p>
<p>Ah, ce qu&#8217;Elle aimerait aimer les femmes! Ne pas avoir le droit de se marier. Et du coup se battre pour.<br />
Elle se dit qu&#8217;encore une fois Il avait tout compris de travers, on avait dit &laquo;&nbsp;Journée de La femme&nbsp;&raquo; au 20h, pas Journée de Ta femme!</p>
<p><em> </em></p>
<p><em>Crédit photo:  <a title="Lien Flickr" href="http://www.flickr.com/photos/olivierlalin/2176294692/in/photostream">Wedding photo</a> taken by Olivier Lalin &#8211; <a title="Licence" href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc/2.0/deed.fr" target="_blank">Licence CC</a> </em></p>
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		<title>Et si…</title>
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		<pubDate>Wed, 25 Jan 2012 18:03:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>imnotalone</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[2012]]></category>
		<category><![CDATA[Candidat]]></category>
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		<category><![CDATA[Victoire]]></category>

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		<description><![CDATA[29 janvier 2012. Il est fatigué. Toute cette agitation, depuis tant d’années. Des mouvements et des bruits, continus, autour de lui et dans sa tête. Il voudrait juste se poser. Ne plus réfléchir, ne plus décider, ne plus regretter,  ne plus choisir, ne plus contrôler, ne plus flatter, ne plus trahir, ne plus être épié, ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>29 janvier 2012.</p>
<p>Il est fatigué. Toute cette agitation, depuis tant d’années. Des mouvements et des bruits, continus, autour de lui et dans sa tête. Il voudrait juste se poser. Ne plus réfléchir, ne plus décider, ne plus regretter,  ne plus choisir, ne plus contrôler, ne plus flatter, ne plus trahir, ne plus être épié, ne plus transiger, ne plus argumenter, ne plus décevoir, ne plus anticiper, ne plus énerver, ne plus devoir plaire, ne plus convaincre, ne plus mentir,  ne plus agir, ne plus représenter.</p>
<p>Il a réservé le 20h. <a title="News rfi.fr" href="http://www.rfi.fr/contenu/france-nicolas-sarkozy-interroge-soiree-dimanche-29-janvier-tf1-france-2-itele-bfmtv-lci" target="_blank">4 chaines pour l’occasion</a>.</p>
<p>Il imagine l’effet des mots, relis ses fiches. Les deux versions. Celle commandée à ses conseillers, ciselée, relue, revue, débattue sur chaque terme. Et l’autre. Reprendre le combat ou les laisser se débrouiller. Ils sont tous tellement pétris de certitudes !</p>
<p>Il sent encore l’adrénaline, l’émotion qui lui parcourt l’échine sous les ovations. Il entend la clameur. Il veut revivre son Bercy et se sentir messie. Bien éphémère victoire avec le recul. Il se dit que, forcément, vers la crucifixion il n’y avait qu’un chemin. Les quolibets, les attaques, les moqueries, les critiques, les injures, il voudrait que tout s’arrête, maintenant. A lui la <a title="Article Libération" href="http://www.liberation.fr/politiques/01012305649-sarkozy-candidat-a-la-dolce-vita">dolce vita</a> !</p>
<p>Tentant.</p>
<p>Et puis il les a préparés doucement, par petites touches. Et si en tant que moi-même,<a title="Article Le Point" href="http://www.lepoint.fr/actualites-societe/2009-12-14/en-tant-qu-epouse-un-mandat-de-sarkozy-me-suffirait/920/0/404598"> un seul mandat</a> me suffisait ? Ils n’ont rien entendu, ou rien voulu entendre. Et prendre une obligation de résultat en présence d’aléas ce n’était se donner une porte de sortie peut-être? 5% franchement…   Tout est en place pour les envoyer se faire voir. Royalement, pour boucler la boucle.</p>
<p>Ahah ! Il imagine le tsunami. A défaut d’autre chose, sans doute la seule façon de finalement marquer l’Histoire politique. Les cartes redistribuées, les plans ébranlés, l&#8217;ébullition, la déstabilisation, la panique. L&#8217;espoir aussi. Il dirait son altruisme, qu’il fallait donner une chance aux idées puisque l’homme est condamné. Tous les grands stratèges et les communicants, qu’est-ce qu’ils feraient de leur programme « <em>tout sauf </em>» hein ?  Il ne serait pas le lâche, mais le réaliste.  Politique responsable, pas démissionnaire. Il dirait que c’était prévu, ou que c’est courageux, qu’il l’avait annoncé et que c’était son devoir.</p>
<p>Il pense aux « siens » à l’affut, si prompts à l’estocade, fiévreux d’ambition, prêts à renier les années de soutien pour sauver leurs sièges (dans tous les sens du terme). Il ne sait pas si ça le blesse ou si ça l’amuse. Après tout, qui leur a montré la voie ?<br />
Ah vous la trouviez morne et triste cette campagne ? Un peu d’action ! Moins de cent jours pour relever le challenge…  allez les gars, marchez sur le bilan, balancez vos promesses, racontez n’importe quoi, au front ! Divertissez-moi, je suis las.</p>
<p>Il regarde sa montre, encore 5 minutes.</p>
<p>Tout ça pour quoi ? 5 ans de luttes, encore. Il faut de l’envie, de l’engagement, de la foi. Tous autant qu’ils sont avec leurs besoins, leurs revendications, leurs utopies, leurs budgets, leurs privilèges, leurs petites vies étriquées, qu’ils aillent au diable ! Il pense à ses erreurs, les compte, les dissèque, les rumine, les balaye. Il en fera d’autres, et tout recommencera. De toute façon, tout recommencera.</p>
<p>Il tripote nerveusement son téléphone, repense au temps des SMS. Il pourrait bien tweeter « vous me gonflez, j’annule tout », et basta. Moderne, retraite 2.0.</p>
<p>Mais et si&#8230;? S&#8217;il pouvait leur prouver à tous ces oiseaux de mauvaise augure, instituts, journalistes, blogueurs, barmen et consorts qu&#8217;il est de ceux qui gagnent. Quelle revanche! Seul contre tous, engagé, enragé. Il entend crépiter les flashs et le froissement des vestes qui se retournent. Il scrute les mines hagardes de ses adversaires. Son rêve tient en un seul mot : cohabitation. Laisser les autres se débattre dans le bourbier national. Il se rejoue les sommets, les poignées de mains, les photos, les saluts, les courbettes, les ors. S&#8217;afficher aux côtés des grands du monde, haut et fier sur ses talonnettes, élevé au rang des donneurs de leçons, rendu de facto irresponsable des contingences hexagonales.</p>
<p>Il s’évade.</p>
<p>Y aller, c’est se battre, encore. Comme un chien. Impossible de perdre. Il s&#8217;invente <a title="Article Le Monde" href="http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2012/01/24/nicolas-sarkozy-evoque-l-hypothese-de-sa-defaite_1633545_1471069.html">une posture</a>, mais il sait bien qu&#8217;il ne supporterait pas la défaite. La fin, oui. Changer de vie, oui. L’humiliation de l&#8217;échec non. Putain de sondages. Même pas sûr de passer le premier tour. Combien de discours à préparer par point à remonter? Non, il ne veut pas, ne peut pas perdre. <em>Tout sauf</em>&#8230; la honte. Qu&#8217;est ce que je disais j&#8217;autre jour déjà? ah oui &laquo;&nbsp; <em>Si l&#8217;on veut être aimé dans le futur, il faut couper.&nbsp;&raquo; </em>Les laisser décider de mon sort? Jamais. Non, ne pas <a title="Vidéo Campagne" href="http://www.youtube.com/watch?v=ZcgQvZZeBVU">laisser aux français tirer les conséquences</a>.</p>
<p>Pourtant, quand j&#8217;y pense, impossible de se dire que le Sommet du G20 en Juin à Los Cabos se ferait sans moi.<br />
Coup du sombrero, renoncement, acharnement ou résilience ?</p>
<p>« Monsieur le Président, c’est à vous. Antenne dans  5, 4, 3…»</p>
<p>« Françaises, Français, j’ai décidé de… »</p>
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		<title>Au revoir.</title>
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		<pubDate>Tue, 17 Jan 2012 16:23:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>imnotalone</dc:creator>
				<category><![CDATA[Personnel]]></category>
		<category><![CDATA[Lui et Elle]]></category>

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		<description><![CDATA[Il trouve ça très con. Cette phrase toute faite selon laquelle « on devient un homme quand on perd un parent ». Lui se sent comme un gosse. Le temps qui reste s’étiolant, Il s’est replongé à cœur perdu dans son enfance. Non, en fait, rien de contrôlé, ses souvenirs Lui ont sauté à la gorge, serrant leur ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il trouve ça très con. Cette phrase toute faite selon laquelle « on devient un homme quand on perd un parent ». Lui se sent comme un gosse.</p>
<p>Le temps qui reste s’étiolant, Il s’est replongé à cœur perdu dans son enfance. Non, en fait, rien de contrôlé, ses souvenirs Lui ont sauté à la gorge, serrant leur étreinte à lui couper le souffle. Il digère cette masse d’instantanés qui remontent à la surface, bulles de petits rien, fragiles et rassurantes. Lui enfant et Elle, présente. Lui adolescent et Elle, fatigante. Lui grand et Elle, envahissante.</p>
<p>Les bulles Lui explosent au visage, la date de péremption, dépassée, leur a donné un arrière-goût aigre. Il compte les appels qu’Il n’a pas passés, les mots qu’Il n’a pas dits, ceux qu’Il n’aurait pas du retenir, les pensées qui Lui donnent la nausée, Il compte les jours. Il se love et se noie dans ces moments doux amers, tout est mieux que demain. Le présent, ses heures de visites, ses blouses, ses masques, sont inutiles, Il se refuse à construire des souvenirs qu’il faudra oublier. Sa mémoire encombrée l&#8217;accompagne, l’apaise, l’agresse, le tend, le brise quand il ouvre les yeux, elle remplit le vide, se venge de ne pouvoir grandir.</p>
<p>Il essaie d’être là, Elle a peur, Il ment. Il râle parce qu’Elle n’écoute rien, par habitude, pour qu’Elle Lui sourie, encore. Il La regarde et aimerait qu’Elle n’en fasse qu’à sa tête, encore. Caprice de gamin. Il reviendra demain, dire au revoir, peut-être encore.</p>
<p><em>Crédit photo: Klimt&#8217;s Mother and Child, by Fabulous Masterpieces - </em><a title="Flickr" href="http://www.flickr.com/photos/fabulousmasterpieces/4271433710/">Flickr</a> - <a title="Licence" href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/deed.fr" target="_blank">Licence cc </a></p>
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		<title>Chérie, si on allait jeter des bananes à des indigènes pour les vacances ?</title>
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		<pubDate>Wed, 11 Jan 2012 14:38:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Olivier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>

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		<description><![CDATA[Extatiques dans le 4&#215;4 qui les conduisaient sur la piste, le couple balayait le paysage de leurs Ray-Ban. “Tu te rends compte chérie, on n’a découvert cette peuplade il y a 10 ans à peine, ils sont si… sauvages, ce sera bien mieux que toutes ces vieilles églises coloniales à Quito, on va vraiment voir ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Extatiques dans le 4&#215;4 qui les conduisaient sur la piste, le couple balayait le paysage de leurs Ray-Ban. “Tu te rends compte chérie, on n’a découvert cette peuplade il y a 10 ans à peine, ils sont si… sauvages, ce sera bien mieux que toutes ces vieilles églises coloniales à Quito, on va vraiment voir comment c’était avant la colonisation espagnole. On part à l’aventure.”</p>
<p>C’était difficile d’en être sûr mais derrière son chapeau à bords larges qui la protégeait du soleil à l’extérieur comme de la clim à l’intérieur, “chérie” semblait acquiescer.</p>
<p>Le guide reprit alors la parole, insistant sur le fait qu’ils n’étaient plus que 403 dans la tribu et qu’il fallait se dépécher car bientôt, tout changerait. Et heureusement qu’ils eurent besoin un jour de soin médicaux sinon on n’aurait jamais pu mettre la main dessus. Et heureusement que la Police fermait les yeux contre de l’argent mais “on ne sait pas pendant combien de temps ils seront vraiment authentiques. Vous imaginez, ils tuent même les bébés des femmes qui ont eu des rapports avec des personnes hors de la tribu. Ah vous avez bien fait de ne pas tarder, ce sera probablement fini bientôt. En plus c’est la parfaite saison pour venir, vous avez vu ce temps superbe ?”.</p>
<p>400 € pour le tour n’avait pas été donné mais il fallait payer le chauffeur, la Police et les provisions. On ne se rend pas chez les gens les mains vides après tout. Quelques biscuits et bananes feraient bien l’affaire. Et c’était bientôt leur tour. La file des véhicules devant eux se réduisait. On pouvait même déjà “en apercevoir un ou deux”.</p>
<p>“Regarde chérie celle-là, n’est-elle pas si drôle avec ce petit pagne, vite, passe-moi une banane”.<br />
Le bruit de la fenêtre qui se baisse.<br />
Un lancer de banane sur le sol.<br />
Et une voix qui hurle “on t’a nourrie alors fais-nous ta danse maintenant”.</p>
<p><span style="color: #888888;"><em><strong>En savoir plus :<br />
Lire <a href="http://www.dailymail.co.uk/news/article-2084311/Shame-human-safaris-Tourists-pay-jungle-drive-treats-primitive-tribe-like-animals-zoo.html" target="_blank">cet édifiant article (non fictif cette fois et en anglais) du Daily Mail </a>: </strong></em></span></p>
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		<item>
		<title>Nadine Morano et Sofia Aram dans la cour de récré</title>
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		<pubDate>Mon, 09 Jan 2012 21:50:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Olivier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Aram]]></category>
		<category><![CDATA[médias]]></category>
		<category><![CDATA[Morano]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>

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		<description><![CDATA[A chaque rentrée, on remarque tout de suite que la première de la classe un peu bêcheuse et la comique, caustique et provocatrice vont faire des étincelles. On les sépare donc, on surveille du coin de l’oeil dans la cour alors que l’une parade devant les autres, seule, et que l’autre construit sa popularité sur ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div><span id="internal-source-marker_0.6639448355417699">A chaque rentrée, on remarque tout de suite que la première de la classe un peu bêcheuse et la comique, caustique et provocatrice vont faire des étincelles. On les sépare donc, on surveille du coin de l’oeil dans la cour alors que l’une parade devant les autres, seule, et que l’autre construit sa popularité sur le dos de ceux qu’elle accable. Tant d’élèves, année après année ont limé le vernis de ces chaises de leurs blouses transpirantes lors des contrôles, on n’y prête plus attention, on s’en éloigne même. Tant que les quolibets fusent les dos tournés, on apprend bien vite à ne pas y prêter attention. Au contraire, on ferme les yeux en espérant que ça passe.</p>
<p>Mais que faire quand le mépris mutuel se meut en affrontement frontal. On ne nous l’apprend pas à l’école des instituteurs. Nous savons gérer les affrontements physiques, les regards emplis de haine, les querelles qui souvent en viennent aux mains mais ces joutes verbales, face à face, cette méchanceté incarnée en deux petites filles agitées et virulentes, c’est à la fois désespérant de futilité mais tellement dangereux dans une salle de cours.</p>
<p>On ne se doutait pas que sous la taquinerie et les provocations publiques se cachait un tel réservoir de haine clamée haut et fort. Un débat sans fond dont on ne peut empêcher qu’il prenne des proportions inconsidérées. Pourtant on sait bien qu’il entraîne avec lui toute la classe.<br />
Ce n’est pas l’une ou l’autre qui est vulgaire, c’est cet affrontement qui est laid. Ce n’est pas l’une ou l’autre qui ment, c’est la discorde qui n’a pas de fond. Comment expliquer ça à deux fillettes en crise d’adolescence et de reconnaissance ? Quand on sait que toute entente, tout espoir de réconciliation est vain, comment faire en sorte que cette guéguerre ne vienne pas paralyser le reste des élèves, que chacun ne se sente pas le devoir de choisir un camp mais de reconnaître que l’une comme l’autre ont outrepassé des limites qu’il convient de ne jamais approcher ?</p>
<p>Chacune demande maintenant l’exclusion de l’autre. Impossible de répondre à ces appels ridicules de part et d’autre. La route va encore être longue cette année pour leur apprendre à vivre ensemble, leur enseigner que l’on n’a pas toujours raison et que la vie, ce n’est pas de savoir faire mieux mais de savoir faire avec.</p>
<p>L’année commence à peine mais la petite Nadine et la petite Sofia vont nous donner du fil à retordre.</p>
<p></span></div>
<div><span style="color: #888888;"><em>En savoir plus<br />
<a href="http://www.20minutes.fr/medias/855500-sophia-aram-nadine-morano-ment-propos-excuses-philippe-val" target="_blank">20minutes.fr </a></em></span></div>
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		<item>
		<title>Tout se paye.</title>
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		<pubDate>Mon, 12 Sep 2011 22:00:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>imnotalone</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[crise]]></category>
		<category><![CDATA[élection]]></category>
		<category><![CDATA[Elle]]></category>
		<category><![CDATA[euros]]></category>
		<category><![CDATA[francs]]></category>
		<category><![CDATA[présidentielle]]></category>

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		<description><![CDATA[85 Francs, s’il vous plait. Elle fouillait dans son porte monnaie, un peu déboussolée. Déjà plusieurs semaines, mais elle n’arrivait pas à s’y faire. Les étiquettes avaient encore toutes un double affichage pour pouvoir à s’y retrouver, mais elle avait du mal. La fin de l’euro et le nouveau Franc, déjà dévalué une fois, lui donnait l’impression ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>85 Francs, s’il vous plait.</p>
<p>Elle fouillait dans son porte monnaie, un peu déboussolée.<br />
Déjà plusieurs semaines, mais elle n’arrivait pas à s’y faire. Les étiquettes avaient encore toutes un double affichage pour pouvoir à s’y retrouver, mais elle avait du mal. La fin de l’euro et le nouveau Franc, déjà dévalué une fois, lui donnait l’impression d’être tombée dans une faille temporelle, et que la boulangère parlait à son arrière grand-père. S&#8217;il était encore en vie, c’est sûr, il sortirait toute frétillant avec son cabas, faire ses courses qui lui rappelleraient ses 20 ans.</p>
<p>Du coup elle mangeait moins de pain. A 85 Francs la baguette quand même, on réfléchit à deux fois avant de jeter le quignon, et le pain de la veille semble moins rassis.</p>
<p>Les journaux avaient beau lui expliquer en boucle les correspondances, lui expliquant par A+B que ce n’était pas plus cher qu’avant, elle avait l’impression de donner un bras (et un œil) à chaque passage en caisse.</p>
<p>Au final, sa vie, vu de l’extérieur, n’avait pas tant changé que ça, elle avait toujours son job, ses enfants allaient à l’école, et elle avait un toit, comme &laquo;&nbsp;avant&nbsp;&raquo;.</p>
<p>En fait tout était différent. La sérénité, la confiance, l&#8217;envie étaient parties. La joie aussi.</p>
<p>Elle ne devait pas prendre le risque de rejoindre les 21% de chômeurs, et acceptait sans broncher le salaire –n’arrivant pas à réaliser qu’un jour il y avait eu un minimum &#8211; les horaires variables, et les mains au fesses de son patron qui, surfant sur la peur de la précarité, se sentait tout puissant.<br />
Elle avait besoin de son travail pour rembourser ses prêts, enfin leurs intérêts. Elle ne savait même plus quand viendrait le temps de commencer à payer pour le principal, depuis que les taux s’étaient envolés à plus de 15%. Elle devait aussi mettre de coté : bientôt le collège pour l’ainé, la facture serait salée. Ah, l’école gratuite, un bien beau souvenir Jules! Il n’y avait bien qu’à la retraite qu’elle ne pensait pas. Pour arriver jusque là, il fallait être en bonne santé, alors, vu les frais médicaux…<br />
Malgré tout, avant la naissance du petit dernier, elle arrivait à joindre les deux bouts. Bien sûr elle l’avait aimé au premier regard, mais elle savait aussi pourquoi elle ne le voulait pas. Pour ça non plus , elle n’avait pas eu le choix:  la sacro-sainte vie, intouchable. Sauf la sienne donc.<br />
Maintenant elle devait trouver le temps de lui expliquer que ce qu&#8217;il allait apprendre dans ses livres d&#8217;histoire n&#8217;était pas vrai, et lui apprendre que l&#8217;autre peut être accueilli.</p>
<p>Elle ne savait pas de quoi demain serait fait, mais ce qui la chagrinait plus que tout c’était le désenchantement.<br />
Il ne s’agissait même plus de lutter.<br />
Juste chaque jour gagner le droit d’en avoir un de plus.</p>
<p>Et chaque jour réaliser qu&#8217;on avait reculé. Le repli, ce lent mouvement arrière lourd et étouffant, avait épuisé les esprits, terrés dans l&#8217;angoisse d&#8217;un monde ennemi et d&#8217;une culture qui s&#8217;assèche, lassés d&#8217;avoir perdu le fil d&#8217;Ariane du progrès.<br />
Et chaque jour, chaque Franc gagné, chaque Franc dépensé, le droit de se demander pourquoi en ce printemps 2012, elle avait voté Marine.</p>
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