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	<title>Tu vas t&#039;abîmer les yeux</title>
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	<description>Le Blog Littéraire d&#039;Eva</description>
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	<title>Tu vas t&#039;abîmer les yeux</title>
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		<title>La Colère et l&#8217;Envie &#8211; Alice Renard</title>
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		<pubDate>Wed, 14 Oct 2026 06:00:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Eva]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[J&#8217;avais vu passer « La Colère et l&#8217;Envie » mais je n&#8217;avais pas été attirée par cet ouvrage en raison de son titre, qui me faisait penser au « Chagrin et la Pitié », mais avec des termes plus[...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="padding-left: 150px;">J&rsquo;avais vu passer <strong>« La Colère et l&rsquo;Envie »</strong> mais je n&rsquo;avais pas été attirée par cet ouvrage en raison de son titre, qui me faisait penser au « Chagrin et la Pitié », mais avec des termes plus durs encore, plus bibliques. J&rsquo;imaginais un livre très sombre, dérangeant&#8230; C&rsquo;est finalement après avoir écouté la présentation du livre dans <a href="https://www.bibliomaniacs.fr/les-cartes-postales-2026/"><span style="color: #800000;"><strong>les « cartes postales » du podcast littéraire Bibliomaniacs</strong></span></a> que j&rsquo;ai eu envie de découvrir <strong>ce premier roman d&rsquo;Alice Renard</strong>.</p>
<p style="padding-left: 150px;">Ce livre <strong>extrêmement bien écrit</strong> nous met en présence d&rsquo;Isor, une petite fille qui semble être neuroatypique, mais sans qu&rsquo;un diagnostic précis ne soit véritablement posé. Isor est « hors cadre », « hors normes », et même ses parents désemparés, qui se succèdent pour l&rsquo;évoquer, ne savent pas comment gérer ses émotions, ses actes inexpliqués, ses goûts étranges, à elle qui ne parle pas et qui parait fuir toute interaction.</p>
<p style="padding-left: 150px;">La langue des parents dit <strong>toute leur douleur, tout leur amour</strong> aussi pour cette fille qu&rsquo;ils n&rsquo;attendaient pas et qu&rsquo;ils décident de retirer de toute école, de toute structure, pour la garder auprès d&rsquo;eux. Un huis clos qui dure plusieurs années jusqu&rsquo;à ce que, par hasard, Isor rencontre leur voisin Lucien, un septuagénaire qui vit seul : tous deux vont vivre un véritable coup de foudre amical.</p>
<p style="padding-left: 150px;"><strong>Le sujet est casse-gueule, et l&rsquo;on pourrait vite tomber dans le misérabilisme ou au contraire, dans une sorte de feel-good un peu mièvre et déjà-vu, avec ces deux personnes que tout oppose (le vieux monsieur valide et la petite fille porteuse de handicap) et qui vont mutuellement se réparer. </strong></p>
<p style="padding-left: 150px;"><strong>Et pourtant, grâce au talent d&rsquo;écriture d&rsquo;Alice Renard, et à ses choix narratifs, avec ce livre choral en trois parties, cela donne un beau roman, tendre, lumineux, poétique et émouvant.</strong></p>
<p style="padding-left: 150px;">Une réussite !</p>
<p style="padding-left: 150px;"><em>Publié en Août 2023 aux éditions Héloïse d&rsquo;Ormesson, en poche chez Points, 160 pages.</em></p>
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		<title>Le Murmure du Feu &#8211; Javier Castillo</title>
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		<pubDate>Tue, 13 Oct 2026 09:43:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Eva]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[Littérature espagnole]]></category>
		<category><![CDATA[Rentrée littéraire Septembre 2026]]></category>
		<category><![CDATA[Thrillers]]></category>
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		<description><![CDATA[Après « La Petite Fille sous la Neige » et « Le Jeu de l&#8217;Ame », Javier Castillo revient avec un nouveau roman, indépendant de l&#8217;histoire de Miren Triggs, « Le Murmure du Feu ». Mario, jeune madrilène qui se remet[...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="padding-left: 150px;">Après <a href="https://tuvastabimerlesyeux.fr/2023/04/14/la-petite-fille-sous-la-neige-javier-castillo/"><span style="color: #800000;"><strong>« La Petite Fille sous la Neige »</strong></span></a> et « Le Jeu de l&rsquo;Ame », <strong>Javier Castillo</strong> revient avec un nouveau roman, indépendant de l&rsquo;histoire de Miren Triggs, <strong>« Le Murmure du Feu »</strong>.</p>
<p style="padding-left: 150px;">Mario, jeune madrilène qui se remet d&rsquo;un cancer, rejoint sa sœur jumelle Laura sur l&rsquo;île de Tenerife où elle est doctorante. Mais à peine arrivé, encore fragile, il doit être hospitalisé. A sa sortie, Laura n&rsquo;est pas là : elle est retrouvée grâce à sa géolocalisation, assassinée au pied d&rsquo;un volcan&#8230;</p>
<p style="padding-left: 150px;"><strong>Malheureusement, je n&rsquo;ai pas été convaincue par ce thriller, pourtant basé sur des éléments intéressants et alléchants</strong>. L&rsquo;île de Tenerife était un terrain de jeu séduisant et original. Le fait d&rsquo;explorer une relation gémellaire était une très bonne idée, tout comme ces jeux de piste dans lesquels s&rsquo;inscrivent Mario et Laura depuis qu&rsquo;ils sont tout petits. Néanmoins, cela n&rsquo;a pas fonctionné pour moi, j&rsquo;ai eu l&rsquo;impression de lire un premier jet. <strong>L&rsquo;intrigue se disperse, entre flash-backs et période actuelle,  elle manque de densité, c&rsquo;est trop léger, trop effleuré, trop téléphoné.</strong></p>
<p style="padding-left: 150px;">C&rsquo;est vraiment dommage, car j&rsquo;avais adoré « La Petite Fille sous la Neige » où j&rsquo;avais pu constater que Javier Castillo savait à la fois écrire une intrigue addictive, construire des personnages incarnés et jouer sur l&rsquo;émotion. <strong>Ici, les rebondissements s&rsquo;enchaînent mécaniquement, le potentiel des personnages secondaires (notamment Candela, sergente traumatisée par le fait d&rsquo;avoir accouché d&rsquo;un enfant mort-né et par une séparation) n&rsquo;est pas exploité, et je déteste quand le twist final arrive de nulle part, ce qui est le cas ici.</strong></p>
<p style="padding-left: 150px;">Bref, vous l&rsquo;aurez compris, c&rsquo;est un rendez-vous raté !</p>
<p style="padding-left: 150px;"><em>Publié en Septembre 2026 chez Albin Michel, traduit par Hélène Mélo et Marie Crouzeix, 330 pages.</em></p>
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		<title>Signora Sarfatti &#8211; Serge Airoldi</title>
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		<pubDate>Tue, 13 Oct 2026 08:33:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Eva]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[« Signora Sarfatti » (et non Madame Sarfati) est la fameuse Margherita Sarfatti dont le nom est passé à la postérité pour avoir non seulement été la maîtresse de Mussolini mais aussi un soutien fort[...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="m_632847892570706257AppleMailSignature" dir="ltr" style="padding-left: 150px;"><strong>« Signora Sarfatti »</strong> (et non Madame Sarfati) est la fameuse <strong>Margherita Sarfatti</strong> dont le nom est passé à la postérité pour avoir non seulement été <strong>la maîtresse de Mussolini mais aussi un soutien fort actif de l’avènement du fascisme</strong>, jusqu’à ce qu’elle doive fuir l’Italie en 1938 lorsque le fascisme est devenu antisémite&#8230;<strong>puisqu’elle était juive</strong>.</div>
<div id="m_632847892570706257AppleMailSignature" dir="ltr" style="padding-left: 150px;"></div>
<div id="m_632847892570706257AppleMailSignature" dir="ltr" style="padding-left: 150px;"><strong>Serge Airoldi</strong> nous la présente à son retour d’exil sud-américain en 1947. Celui qui nous introduit à ce personnage complexe, c’est son jardinier, Giovanni Battista, gardien du domaine qu’elle réinvestit, employé par la famille depuis plusieurs décennies, et proche de son fils de Roberto, mort au combat pendant la Première Guerre mondiale.</div>
<div id="m_632847892570706257AppleMailSignature" dir="ltr" style="padding-left: 150px;"></div>
<div id="m_632847892570706257AppleMailSignature" dir="ltr" style="padding-left: 150px;">
<div id="m_632847892570706257AppleMailSignature" dir="ltr">J’ai retrouvé avec grand plaisir la langue foisonnante et très travaillée de Serge Airoldi, que j’avais découverte avec <a href="https://tuvastabimerlesyeux.fr/2021/09/09/si-maintenant-joublie-mon-ile-serge-airoldi/"><span style="color: #800000;"><strong>« Si maintenant j’oublie mon île »</strong></span></a>. Je connaissais bien sûr Margherita Sarfatti de nom, mais j’ignorais à peu près tout de sa trajectoire et de sa personnalité.</div>
<div id="m_632847892570706257AppleMailSignature" dir="ltr"></div>
<div id="m_632847892570706257AppleMailSignature" dir="ltr">Ici, c’est Giovanni Battista qui est sa mauvaise conscience, sa Némésis, dégoûté par les choix politiques pris par Sarfatti, mais aussi &#8211; en tout cas, en apparence &#8211; par son manque de regrets pour des prises de position ayant conduit à l’extermination d’un peuple, jusqu’à la toucher intimement puisque sa propre sœur sera assassinée à Auschwitz. Mais c’est aussi la mort de son fils, dont elle ne se remettra jamais vraiment, qu’il lui reproche, puisque c’est elle qui aurait poussé Mussolini à l’interventionnisme.</div>
<div id="m_632847892570706257AppleMailSignature" dir="ltr"></div>
<div id="m_632847892570706257AppleMailSignature" dir="ltr"><strong>Et j’aurais aimé savoir ce qu’elle pensait vraiment cette femme</strong>, certes mondaine, peut-être frivole, mais qui payera très cher ses erreurs : au-delà d’être la maîtresse de Mussolini, la mère de Roberto, la patronne du jardinier (qui juge mais reste quand même employé de la famille pendant la guerre et au-delà), c’est une femme de lettres intelligente, une femme libre, puissante et influente&#8230;est-elle si détachée des conséquences de ses actes? vit-elle si profondément dans le déni? <strong>j’aurais aimé entendre sa voix pour mieux comprendre, pour mieux la comprendre, car elle a su exister et décider par elle-même. </strong></div>
</div>
<div dir="ltr" style="padding-left: 150px;"></div>
<div dir="ltr" style="padding-left: 150px;"><em>Publié en Août 2026 aux éditions de l&rsquo;Antilope, 228 pages.</em></div>
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		<title>ULIS &#8211; Fabien Toulmé</title>
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		<pubDate>Mon, 12 Oct 2026 14:13:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Eva]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[J’ai découvert Fabien Toulmé il y a quelques années avec son roman (autobio) graphique « Ce n’est pas toi que j’attendais » sur la naissance de sa fille Julia, trisomique. Dans « ULIS » il[...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="padding-left: 150px;">J’ai découvert <strong>Fabien Toulmé</strong> il y a quelques années avec son roman (autobio) graphique <a href="https://tuvastabimerlesyeux.fr/2015/02/27/ce-nest-pas-toi-que-jattendais-fabien/"><span style="color: #800000;"><strong>« Ce n’est pas toi que j’attendais »</strong></span></a> sur la naissance de sa fille Julia, trisomique.</p>
<p style="padding-left: 150px;">Dans <strong>« ULIS »</strong> il nous raconte l’histoire d’Ivan, ex-ingénieur en informatique, sans emploi suite à un burn-out, qui devient <strong>AESH dans la structure ULIS d’un collège</strong>. On découvre donc le fonctionnement d’une ULIS de l’intérieur tout en suivant la trajectoire d’Ivan, durement éprouvé par son burn-out doublé d’une séparation.</p>
<p style="padding-left: 150px;">Le jeune homme a pris ce poste un peu par hasard, parce qu’il avait besoin de retravailler, de se remettre le pied à l’étrier, et que ce job était disponible. En accompagnant le jeune Matisse, il va découvrir <strong>un univers compliqué, où ses collègues comme les parents sont souvent à bout de nerfs</strong> &#8211; à cause du manque de moyens et de soutien, de la fatigue, de la sensation de ne jamais en faire assez tout en étant débordés et stressés, du manque de reconnaissance aussi, voire du mépris … et aussi le turnover des AESH mal formés, mal considérés et mal payés.</p>
<p style="padding-left: 150px;">Les problèmes des enfants accompagnés dans cette ULIS sont hétérogènes &#8211; certains ont des troubles du spectre autistique, d’autres des troubles de l’apprentissage, certains sont handicapés moteurs, d’autres malvoyants ou encore souffrant de maladies graves …</p>
<p style="padding-left: 150px;">Ivan est un gros nounours très attachant, lui qui est encore fragile et se retrouve confronté à un univers inconnu, alors qu’il n’est habitué ni aux enfants ni au handicap et se trouve désarmé face aux difficultés. <strong>Un job temporaire, dur mais qui a du sens, un impact …et qui changera sa vie à jamais.</strong></p>
<p style="padding-left: 150px;"><strong>Fabien Toulmé sait de quoi il parle, sa fille Julia fréquente une ULIS. J’aime beaucoup sa façon de raconter une histoire, de créer des personnages incarnés. Ce roman graphique est empreint de sincérité, vivant, incarné, émouvant. Une réussite.</strong></p>
<p style="padding-left: 150px;"><em>Publié en Septembre 2025 chez Delcourt, 320 pages.</em></p>
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		<title>La Rédemption &#8211; Jean-Noël Orengo</title>
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		<pubDate>Thu, 08 Oct 2026 12:33:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Eva]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Excellente surprise de cette rentrée littéraire, « La Rédemption » de Jean-Noël Orengo évoque Pierre Drieu la Rochelle, écrivain dont on connaît désormais moins les ouvrages que son activité collaborationniste qui se terminera par un[...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div dir="ltr" style="padding-left: 150px;">Excellente surprise de cette rentrée littéraire, <strong>« La Rédemption » de Jean-Noël Orengo</strong> évoque <strong>Pierre Drieu la Rochelle</strong>, écrivain dont on connaît désormais moins les ouvrages que son activité collaborationniste qui se terminera par un suicide en 1945.</div>
<div dir="ltr" style="padding-left: 150px;"></div>
<div dir="ltr" style="padding-left: 150px;">Un auteur collabo n’est pas un personnage des plus attachants, pourtant Orengo réussit à nous embarquer pour le suivre sur une trentaine d’années, <strong>dans toute sa complexité, dans toute son ironie aussi</strong>. Car Drieu la Rochelle aura pour meilleur ami André Jéramec &#8211; mort au combat lors de la Première Guerre mondiale- issu d’une grande famille juive, et dont il épousera la sœur, Colette. Assez ballot pour un antisémite.</div>
<div dir="ltr" style="padding-left: 150px;"></div>
<div dir="ltr" style="padding-left: 150px;">Et même si le mariage ne dure pas, tous deux resteront liés toute leur vie. <strong>Paradoxalement, c&rsquo;est parce qu&rsquo;il est collabo que Drieu la Rochelle va réussir à sauver son ex-femme et les deux enfants de celle-ci (issus de son remariage) de la déportation et d&rsquo;une mort certaine. </strong></div>
<div dir="ltr" style="padding-left: 150px;"></div>
<div dir="ltr" style="padding-left: 150px;"><strong>Jean-Noël Orengo a produit un ouvrage dense, riche, extrêmement documenté, très cultivé mais qui reste accessible et fluide à lire</strong>. Il y trace un portrait de Drieu la Rochelle <strong>très contrasté, entre intellectualisme, désirs réprimés, rapport compliqué au corps, déclassement social et vénalité</strong>. Mais c’est aussi en filigrane l’occasion de mettre <strong>l’accent sur Colette Jéramec, une femme étonnante</strong>, médecin, scientifique, à la forte personnalité et à la carrière étonnante pour sa génération. Et puis c’est aussi <strong>la description d’une certaine époque</strong>, celle de l’entre-deux-guerres, traumatisée par la première, avec ses grands courants intellectuels et artistiques mais aussi ses bouleversements politiques.</div>
<div dir="ltr" style="padding-left: 150px;"></div>
<div dir="ltr" style="padding-left: 150px;"><strong>Un livre passionnant et un coup de cœur inattendu. </strong></div>
<div dir="ltr" style="padding-left: 150px;"></div>
<div dir="ltr" style="padding-left: 150px;"><em>Publié en Septembre 2026 chez Grasset, 416 pages.</em></div>
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		<title>Quand vient la tempête &#8211; Karen Russell</title>
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		<pubDate>Fri, 02 Oct 2026 15:38:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Eva]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[Littérature nord-américaine]]></category>
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		<description><![CDATA[Quatorze ans après « Swamplandia », je relis Karen Russell avec son nouveau livre « Quand vient la tempête ». Le roman se déroule dans les années 30 à Uz, petite ville du Nebraska, durement touchée par la Grande[...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="padding-left: 150px;">Quatorze ans après « Swamplandia », je relis <strong>Karen Russell</strong> avec son nouveau livre <strong>« Quand vient la tempête ». </strong></p>
<p style="padding-left: 150px;">Le roman se déroule dans les années 30 à Uz, petite ville du Nebraska, durement touchée par la Grande Dépression. La catastrophe environnementale s&rsquo;ajoute à la financière, avec une énorme tempête de poussière. Dans cette bourgade gravitent un certain nombre de personnages : Harp Oletsky, fermier d&rsquo;origine polonaise, dont les cultures sont les seules à être épargnées; sa nièce Asphodel, jeune joueuse de basket dont la mère a été assassinée par un tueur en série ; l&rsquo;Antidote, sorte de sorcière locale qui, comme un coffre-fort, garde les souvenirs douloureux de ses clients contre quelques dollars&#8230;Aux habitants s&rsquo;ajoute une jeune femme de passage, Cleo Allfrey, photographe en mission pour le Farm Security Administration afin de prendre des clichés de fermiers touchés par la Grande Dépression&#8230;</p>
<p style="padding-left: 150px;"><strong>Ce roman est assez impressionnant, c&rsquo;est une fresque dense, très riche, où l&rsquo;autrice fait preuve d&rsquo;une grande créativité</strong> &#8211; notamment pour le personnage de l&rsquo;Antidote, la sorcière des prairies, ou pour ce que permet de faire l&rsquo;appareil photo de Cleo &#8211; tout en se servant de faits réels pour alimenter son intrigue. Le roman est d&rsquo;ailleurs illustré avec des photographies prises lors de ces grands reportages commandités par l&rsquo;administration américaine.</p>
<p style="padding-left: 150px;"><strong>J&rsquo;ai quand même eu le sentiment que le roman était presque trop ambitieux</strong>. Ce n&rsquo;est pas une question de maîtrise, mais <strong>un sentiment de trop-plein. </strong>Le roman choral met l&rsquo;accent sur beaucoup de personnages, mais l&rsquo;autrice mêle aussi récit historique, réalisme magique, enquête policière, alerte environnementale. Et à force de tout vouloir traiter dans le même livre &#8211; la Grande Dépression, le Dust Bowl, le photojournalisme du Farm Security Administration, le génocide amérindien, le traitement des filles-mères, l&rsquo;immigration polonaise, et j&rsquo;en passe&#8230; &#8211; elle m&rsquo;a parfois fait décrocher, même si je comprends pourquoi elle aborde toutes ces facettes, qui se rejoignent autour de la thématique de la Mémoire, du Traumatisme, et de la réécriture de l&rsquo;Histoire.</p>
<p style="padding-left: 150px;"><strong>Si je suis bluffée par l&rsquo;ampleur du livre et la pertinence du propos, l&rsquo;envie d&rsquo;écrire un grand roman américain est un peu trop appuyée à mon goût et a parfois nui à mon plaisir de lecture. Pour autant, « Quand vient la tempête » est un des livres de la rentrée littéraire à ne pas manquer.</strong></p>
<p style="padding-left: 150px;"><em>Publié en Août 2026 chez Albin Michel (Terres d&rsquo;Amérique), traduit par Karine Lalechère, 496 pages.</em></p>
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		<title>Des idées d&#8217;incendie &#8211; Angélique Villeneuve</title>
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		<pubDate>Wed, 30 Sep 2026 07:14:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Eva]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[3 coeurs : pas mal]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature française]]></category>
		<category><![CDATA[Rentrée littéraire Septembre 2026]]></category>
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		<description><![CDATA[Cinquième ouvrage d&#8217;Angélique Villeneuve que je lis, « Des idées d&#8217;incendie » débute en 1910 en pleine crue du siècle. Alors que l&#8217;asile où elles sont retenues est inondé, deux femmes profitent de la confusion pour s&#8217;évader&#8230;[...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="padding-left: 150px;">Cinquième ouvrage d&rsquo;Angélique Villeneuve que je lis, <strong>« Des idées d&rsquo;incendie »</strong> débute en 1910 en pleine crue du siècle. Alors que l&rsquo;asile où elles sont retenues est inondé, deux femmes profitent de la confusion pour s&rsquo;évader&#8230;</p>
<p style="padding-left: 150px;">Avec ce prologue et ce titre, <strong>je m&rsquo;attendais à lire le récit d&rsquo;une fuite en mode Thelma et Louise, avec deux femmes qui allument des incendies pour se venger de ceux qui les ont faites enfermer. Il n&rsquo;en est rien.</strong></p>
<p style="padding-left: 150px;">Après ce début impressionnant, le livre va nous raconter <strong>l&rsquo;histoire de Paulie, une femme d&rsquo;un certain âge qui est l&rsquo;une des deux aliénées</strong>. On se retrouve dans la France rurale du XIXe siècle. Paulie, alors jeune fille, n&rsquo;est pas très bien considérée au village. Elle y est vue comme bizarre, presque demeurée. De plus, sa famille est pauvre, et vit dans une maison isolée. Paulie va succomber aux charmes d&rsquo;Agathon, un marginal à la mauvaise réputation, qui va se révéler être méchant et violent. Celui-ci, sans l&rsquo;épouser, ce qui donne une raison de plus de mépriser la jeune femme, va lui faire trois enfants avant de disparaître, laissant Paulie seule, aidée seulement par sa mère, une guérisseuse. Une vingtaine d&rsquo;années plus tard, devenue grand-mère, Paulie se sent très proche de sa petite-fille Louise, au caractère similaire au sien&#8230;</p>
<p style="padding-left: 150px;">J&rsquo;ai retrouvé <strong>la très belle écriture d&rsquo;Angélique Villeneuve</strong>, avec ce portrait de femme qui, malgré les épreuves, la précarité, le mépris, ne flanchera pas, prête à tout pour protéger les siens. Une femme proche de la nature, qui se construit et s&rsquo;exprime en silence. Une femme victime de la violence des hommes, du mépris de classe, du système, mais qui brûle à l&rsquo;intérieur.</p>
<p style="padding-left: 150px;"><strong>Ce n&rsquo;est donc pas le roman que je m&rsquo;attendais à lire, et en toute honnêteté, le récit n&rsquo;est pas extrêmement original avec cette femme, (grand)mère courage qui ne rentre pas dans le moule et qui est broyée par le qu&rsquo;en dira-t-on et la société. Mais le talent, la poésie de l&rsquo;autrice compensent largement le « déjà-vu » de l&rsquo;intrigue et permettent à ce livre de tirer son épingle du jeu.</strong></p>
<p style="padding-left: 150px;"><em>Publié en Août 2026 chez Phébus, 240 pages.</em></p>
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		<title>A voix haute &#8211; Polina Panassenko</title>
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		<pubDate>Tue, 29 Sep 2026 09:43:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Eva]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[4 coeurs : très bien]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature française]]></category>
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		<category><![CDATA[Romans]]></category>
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		<description><![CDATA[J&#8217;ai découvert Polina Panassenko avec son premier roman, « Tenir sa langue ». On reste dans le même champ lexical avec le titre de son nouvel ouvrage, « A voix haute ». La narratrice est russe mais s&#8217;est installée[...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="padding-left: 150px;">J&rsquo;ai découvert <strong>Polina Panassenko</strong> avec son premier roman, <a href="https://tuvastabimerlesyeux.fr/2022/10/19/tenir-sa-langue-polina-panassenko/"><span style="color: #800000;"><strong>« Tenir sa langue »</strong></span></a>. On reste dans le même champ lexical avec le titre de son nouvel ouvrage, <strong>« A voix haute »</strong>.</p>
<p style="padding-left: 150px;">La narratrice est russe mais s&rsquo;est installée en France avec sa famille lorsqu&rsquo;elle était petite, et y a passé toute sa jeunesse. Désireuse de devenir comédienne, elle retourne en 2011 dans son pays natal pour étudier au Théâtre National de Moscou, et s&rsquo;installe chez son grand-père. Elle découvre que le grand-père de celui-ci, donc son arrière-arrière-grand-père a été arrêté et envoyé au goulag, sans que l&rsquo;on sache même où et quand il est mort. La narratrice décide alors de solliciter la bureaucratie russe pour récupérer le dossier de son aïeul.</p>
<p style="padding-left: 150px;">Le lien entre les deux ouvrages ne repose pas seulement sur le choix des titres. Polina Panassenko creuse les thèmes <strong>du silence, du secret, de cette lignée de la peur, qui s&rsquo;hérite de génération en génération</strong>. En vivant de nouveau en Russie, la narratrice est témoin des réflexes, des instincts que des décennies de délation, d&rsquo;arrestations arbitraires, de surveillance ont créées dans son entourage : la peur du coup de sonnette lorsque l&rsquo;on n&rsquo;attend pas de visiteur, l&rsquo;interdiction de parler trop fort au cas où l&rsquo;on serait écouté&#8230;</p>
<p style="padding-left: 150px;">Lorsqu&rsquo;elle intègre la formation du Théâtre National de Moscou, la jeune femme découvre un monde clos, soumis à des règles strictes, parfois étranges, à un travail incessant, à des injustices et du harcèlement &#8211; une sorte de chape de plomb,<strong> à la limite de la secte, quasi métaphorique du régime soviétique</strong>. Ce sont les grandes manifestations de 2011, à la suite des élections législatives, qui vont marquer un tournant décisif dans la vie de la narratrice : celle-ci va alors se plonger dans les méandres de l&rsquo;administration russe afin de retrouver la trace de son aïeul.</p>
<p style="padding-left: 150px;">La langue de Polina Panassenko est toujours aussi pertinente, avec des formules qui font mouche, et des ambiances extrêmement bien rendues, pour chaque partie de ce livre &#8211; la jeunesse en France, l&rsquo;appartement du grand-père, le théâtre, l&rsquo;administration&#8230; jusqu&rsquo;à ce voyage invraisemblable qu&rsquo;entreprend la narratrice, dans les contrées les plus lointaines, les plus oubliées, les plus inconnues de la Russie (incroyable Birobidjan!).</p>
<p style="padding-left: 150px;"><strong>A travers un itinéraire personnel, c&rsquo;est une histoire familiale, mais aussi l&rsquo;histoire de la Russie, que nous raconte Polina Panassenko. Un livre original, qui a su me surprendre. </strong></p>
<p style="padding-left: 150px;"><em>Publié en Août 2026 aux éditions de l&rsquo;Olivier, 272 pages.</em></p>
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		<title>Ne cherche pas le chaos &#8211; Marion Brunet</title>
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		<pubDate>Mon, 28 Sep 2026 09:26:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Eva]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Ayant lu quasiment tous les livres de Marion Brunet, une autrice que j&#8217;apprécie beaucoup, je ne pouvais manquer de lire son nouveau roman, « Ne cherche pas le chaos ». Lorsque Pablo s’est exilé en France, il[...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="padding-left: 150px;">Ayant lu quasiment tous les livres de <strong>Marion Brunet</strong>, une autrice que j&rsquo;apprécie beaucoup, je ne pouvais manquer de lire son nouveau roman, <strong>« Ne cherche pas le chaos »</strong>.</p>
<p style="padding-left: 150px;">Lorsque Pablo s’est exilé en France, il a laissé derrière lui la dictature chilienne, la torture, la prison, la mort … à Paris, il rencontre Florence, qui travaille comme lui dans le milieu du cinéma. Tous deux donnent naissance à une petite fille, Victoria, et s’installent loin de l’agitation parisienne dans un village breton.</p>
<div style="padding-left: 150px;">Pablo est un homme taiseux. Il parle peu de son passé, s’exprime par la boxe, aime la vie simple et tranquille de son village, s’occupe beaucoup de sa fille, d’autant que Florence, qui se languit de la vie parisienne, part régulièrement sur des tournages. Devenue jeune femme, Victoria, désireuse de trouver des réponses aux silences de son père, disparait.</div>
<div style="padding-left: 150px;"></div>
<div style="padding-left: 150px;">« Ne cherche pas le chaos » m’a laissé <strong>une impression mitigée</strong>. <strong>J’ai aimé ce personnage masculin</strong> qu’a créé Marion Brunet, touchant et bien incarné, même s’il n’est pas exempt de clichés. <strong>C’est un beau portrait d’homme (que, je ne sais pas pourquoi, j’imagine avec les traits de Sergi Lopez…) et j’ai été émue par cette relation forte entre père et fille.</strong></div>
<div style="padding-left: 150px;"></div>
<div style="padding-left: 150px;">En revanche, <strong>j&rsquo;ai moins accroché à la facette chilienne du roman</strong>. Je peux tout à fait comprendre, compte tenu de l&rsquo;actualité, pourquoi l’autrice a voulu évoquer cette dictature, mais cette dimension n’a pas vraiment fonctionné pour moi. <strong>Il y a une vraie intention mais j’ai trouvé cette partie un peu artificielle, pas assez développée, dans un roman qui, au-delà de ce portrait d’homme, traite déjà de multiples thématiques.</strong></div>
<div style="padding-left: 150px;"></div>
<div style="padding-left: 150px;"><strong>Un roman empli de tendresse et d’humanité mais des thèmes trop nombreux, trop esquissés pour apporter une réelle profondeur au-delà d&rsquo;un portrait masculin très réussi.</strong></div>
<div style="padding-left: 150px;"></div>
<div style="padding-left: 150px;"><em>Publié en Août 2026 chez Albin Michel, 304 pages.</em></div>
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