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    <title>L'air de Paris</title>
    
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    <updated>2009-11-12T10:51:19+01:00</updated>
    <subtitle>Sylvain Besson, correspondant du «Temps» en France, vous fait découvrir les coulisses du pouvoir et ses meilleures adresses parisiennes.</subtitle>
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        <title>La Commune, un squelette de l'Histoire qui explique les schizophrénies françaises</title>
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        <published>2009-11-12T10:51:19+01:00</published>
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        <summary>Suite aux innombrables réactions (négatives) concernant mes critiques de la Commune de Paris, j'ai approfondi la question. Et lu L'Année terrible de Pierre Milza (chez Perrin), un ouvrage peut-être un peu mince pour l'historien professionnel, mais parfait pour s'initier aux...</summary>
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            <name>Sylvain Besson</name>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p style="text-align: left;"><a href="http://letemps.blogs.com/.a/6a00d8341c65d453ef01287587f84e970c-pi" style="display: block;"><img alt="Commune" border="0" class="asset asset-image at-xid-6a00d8341c65d453ef01287587f84e970c " src="http://letemps.blogs.com/.a/6a00d8341c65d453ef01287587f84e970c-pi" style="margin: 0px 5px 5px 0px; width: 650px; display: block;" title="Commune" /></a> Suite aux innombrables réactions (négatives) concernant <a href="http://letemps.blogs.com/paris/2008/04/soutenir-la-com.html" target="_blank"><font color="#0000ff">mes critiques de la Commune</font></a> de Paris, j'ai approfondi la question. Et lu <a href="http://www.amazon.fr/Lann%25C3%25A9e-terrible-franco-prussienne-septembre-1870-mars/dp/2262024987/ref=sr_1_2?ie=UTF8%26s=books%26qid=1257928856%26sr=1-2" target="_blank"><font color="#0000ff">L'Année terrible</font></a> de Pierre Milza (chez Perrin), un ouvrage peut-être un peu mince pour l'historien professionnel, mais parfait pour s'initier aux complexités du problème.</p>
<p>Résumons:</p>
<p>- La Commune est un embryon d'Etat socialisant, anarchisant et révolutionnaire qui a gouverné Paris deux mois, de mars à mai 1871. Il était techniquement illégal puisque constituté en sécession de la République tout juste proclamée et de ses parlementaires élus, pour la plupart monarchistes;</p>
<p>- Quoique constitué par refus de l'armistice conclu avec les Prussiens qui occupaient un quart de la France, la Commune s'est montrée militairement incompétente face aux troupes du gouvernement légal et n'a jamais combattu les Allemands. Son projet était de toute façon irréalisable - l'armée régulière avait été presque désintégrée et les Prussiens tenaient Paris à la merci de leurs canons.</p>
<p>- En tant que gouvernement, la Commune s'est montrée plutôt modérée et a mené peu de réformes sociales: aucune expropriation d'envergure, par exemple. Mais ses débats verbeux sur presque tous les sujets ont inspiré la gauche pendant des décennies, de Marx à nos jours (cf ci-dessous).</p>
<p>- Il y a eu des crimes contre l'humanité des deux côtés. Les Versaillais (noms donnés aux forces loyalistes) auraient massacré 6000 à 30'000 personnes en reprenant Paris. Les communards fusillent des dizaines (ou des centaines, les estimations varient) d'otages, incendient les Tuileries et <strong>l'Hôtel de Ville</strong> et surtout tentent de brûler le Louvre, sauvé in extremis par les troupes versaillaises. Pour moi, ça vaut à peu près les Talibans détruisant les bouddhas de Bamyan en 2001.</p>
<p>Les plus intéressant est de savoir pourquoi, aujourd'hui, des politiciens se réclament toujours de ceux qui ont voulu brûler la Joconde: le PS, qui dit en être le descendant, Ségolène Royal, fan de Louise Michel, la pasionaria communarde, le Parti de gauche de Jean-Luc-Mélenchon, Olivier Besancenot, jusqu'à l'ultragauche d'un <a href="http://letemps.blogs.com/paris/2008/11/la-vraie-vie-de-lhomme-qui-voulait-bloquer-les-tgv.html">Julien Coupat</a>. Dans un édito du 27 octobre, Laurent Joffrin de <em>Libération</em> la décrit comme une "insurrection patriote autant que sociale, noyée dans le sang par une bourgeoisie empressée de se rendre [aux Prussiens] pour massacrer à loisir la classe ouvrière".</p>
<p>La position face à la Commune est même un déterminant du clivage gauche-droite. Je n'ai jamais entendu François Bayrou soutenir la Commune, peut-être parce qu'elle fut responsable de très nombreuses profanations d'églises (je n'invente rien, il suffit de lire Milza).</p>
<p>Le République moderne est donc fondée sur une guerre civile, sur le massacre d'une autre République dissidente, ce que les manuels d'histoire disent peu. Il est même touchant de voir aujourd'hui des profs admirateurs de la Commune (il y en a quelques-uns) descendre manifester pour "l'école républicaine de Jules Ferry" - alors que ce dernier fut l'un des plus ardents partisans de l'écrasement de la Commune. Pour moi, ces gens sont à proprement parler des fous politiques, en ce sens qu'ils se réclament de deux choses parfaitement inconciliables.</p>
<p>La France, au fond, n'a jamais voulu choisir entre le romantisme révolutionnaire de la Commune - gouailleur, grossier, en partie criminel, mais généreux dans son utopie - et la légitimité de l'Etat, bâtie sur le sang des révoltés. On trouve à Paris une rue Thiers (le chef de l'exécutif, bourreau de la Commune) et un boulevard Mac-Mahon (maréchal qui mena la reprise de la capitale), mais aussi un boulevard Blanqui (révolutionnaire adulé par les Communards) ou une rue Delescluze (leader de la Commune).</p>
<p>Au niveau psychanalytique, je subodore que ce non-choix entre une révolution ratée et sa répression n'est pas très sain. Un avocat de Nancy (où la place Thiers est juste devant la gare) me disait l'autre jour: "La France est un pays conservateur et violent". Purger le souvenir de la Commune serait peut-être un moyen de revenir à une certaine normalité.</p></div>
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        <title>Les obsessions présidentielles à travers les âges</title>
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        <published>2009-11-10T12:02:13+01:00</published>
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        <summary>La floppée de livres récents dus à des hommes d'Etat - mémoires de Jacques Chirac et d'Edouard Balladur, notamment - livrent ce que j'appellerai la quintessence de l'esprit de gouvernement en France. Il est frappant chez Edouard Balladur, qui montre...</summary>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p>La floppée de livres récents dus à des hommes d'Etat - mémoires de <a href="http://www.amazon.fr/M%C3%A9moires-Chaque-pas-doit-%C3%AAtre/dp/2841113930/ref=sr_1_1?ie=UTF8&amp;s=books&amp;qid=1257850833&amp;sr=1-1">Jacques Chirac</a> et <a href="http://www.amazon.fr/pouvoir-partage-pas-Conversations-Mitterrand/dp/2213651361/ref=sr_1_1?ie=UTF8&amp;s=books&amp;qid=1257850872&amp;sr=1-1">d'Edouard Balladur</a>, notamment - livrent ce que j'appellerai la quintessence de l'esprit de gouvernement en France. Il est frappant chez Edouard Balladur, qui montre François Mitterrand obsédé par l'idée que l'Europe (qu'il contribuait pourtant à construire) efface peu à peu la France. J'ai retrouvé la même idée - l'Etat jacobin privé de pouvoir par l'Europe des régions - dans l'un des documents déclassifiés lundi par le Quai d'Orsay (<a href="http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/ministere_817/archives-patrimoine_3512/chute-du-mur-berlin-ouverture-anticipee-archives-diplomatiques_19850/9-novembre-1989-chute-du-mur-berlin_77597.html">ici, c'est celui du 16 novembre 1989</a>). </p>
<p>Quoique europhile lui aussi, Balladur, son premier ministre de 1993 à 1995, approuvait souvent les coups de poings nationaliste du président sur la table des sommets européens. "Je me méfie un peu des technocrates de Bruxelles, là-dessus je suis dans la moyenne des hommes politiques français", m'expliquait Balladur la semaine dernière. Jacques Chirac lui, est convaincu que sans la France, l'Europe déviendrait inévitablement une sorte de vassal mou des Etats-Unis.</p>
<p>Autre trait commun, encore plus accentué, entre les présidents, Nicolas Sarkozy y compris: la foi dans la supériorité du politique sur le technique. "Ces gens ont une immense capacité à gérer des problèmes qu'on aurait pas pu inventer", m'expliquait il y a quelques mois un ancien conseiller présidentiel.</p>
<p>Sarkozy aurait donc fait sien l'adage de Chirac: "Les experts, ça n'a jamais servi à rien; il ne faut jamais se fier aux prévisions, surtout quand elles concernent l'avenir." Là-dessus, Balladur a une petite réserve: "Je me méfie plutôt moins des techniciens que la moyenne des hommes politiques. Il ne faut pas confondre le volontarisme avec le refus de la réalité." C'est sûrement pour cela que lui n'a pas été élu président. </p></div>
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        <title>Balladur de plus en plus sévère avec Sarkozy</title>
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        <published>2009-11-05T16:32:47+01:00</published>
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        <summary>Je ne sais pas pour vous, mais j'ai une certaine tendresse envers Edouard Balladur. Il aime Proust, il est aimable et onctueux, avec toutefois un petit côté cassant - j'ai tenté de le faire parler des "affaires" et de Jacques...</summary>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p><a href="http://letemps.blogs.com/.a/6a00d8341c65d453ef0120a6ac20af970c-pi" style="FLOAT: right"><img alt="Balladur2" border="0" class="asset asset-image at-xid-6a00d8341c65d453ef0120a6ac20af970c " src="http://letemps.blogs.com/.a/6a00d8341c65d453ef0120a6ac20af970c-800wi" style="MARGIN: 0px 0px 5px 5px" title="Balladur2" /></a> Je ne sais pas pour vous, mais j'ai une certaine tendresse envers <strong>Edouard Balladur</strong>. Il aime Proust, il est aimable et onctueux, avec toutefois un petit côté cassant - j'ai tenté de le faire parler des "affaires" et de Jacques Chirac, mardi, pour une interview à paraître dans <a href="http://www.letemps.ch">Le Temps</a>, et il m'a intimé l'ordre de parler d'autre chose, sur le ton de son mythique "<a href="http://www.dailymotion.com/video/x3i4vo_je-vous-demande-de-vous-arreter-bal_fun">je vous demande de vous arrêter</a>".</p>
<p>Sur le fond, on sent Balladur mal à l'aise face au tournant volontariste et dépensier de son poulain Sarkozy. "Je trouve que l'apologie de l'Etat à laquelle se livrent certains en France et à l'étranger, y compris dans l'entourage du président de la République, tout à fait excessive", m'a dit l'ancien premier ministre en m'autorisant à le citer "expressis verbis".</p>
<p>Les réserves balladuriennes sont importantes. Elles signifient qu'à un moment donné, avant 2012, Nicolas Sarkozy va devoir faire un choix entre son enthousiame pour le volontarisme économique, prôné par son conseiller Henri Guaino et financé à coup de milliards (de dettes), et le rigorisme de personnages comme Balladur ou Fillon. En d'autres termes, il y aura un moment de vérité. On se réjouit de voir comme le président négociera, dans ses discours et dans ses actes, ce nouveau virage.</p></div>
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        <title>Identité nationale: les leçons de la comparaison Suisse-France</title>
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        <published>2009-10-28T18:00:32+01:00</published>
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&lt;div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"&gt;&lt;p&gt;&lt;a href="http://letemps.blogs.com/.a/6a00d8341c65d453ef0120a6291dcf970b-pi" style="float: left;"&gt;&lt;img  alt="14 juillet2" class="asset asset-image at-xid-6a00d8341c65d453ef0120a6291dcf970b " src="http://letemps.blogs.com/.a/6a00d8341c65d453ef0120a6291dcf970b-800wi" style="margin: 0px 5px 5px 0px;" title="14 juillet2" border="0" /&gt;&lt;/a&gt; On ne peut que sourire devant la nouvelle offensive décrétée par le gouvernement français sur "l'identité nationale". Croit-il vraiment qu'une série de colloque dans les préfectures convertira les gamins de banlieue aux "valeurs républicaines"? En quatre ans de correspondance, je n'ai pas rencontré un seul Français capable de m'expliquer en quoi elles distinguaient leur pays de n'importe quelle autre démocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, quelques indicateurs informels suggèrent qu'il y a bien un trouble identitaire en France. Le plus sûr selon moi est le nombre de drapeaux dans les jardinets. En Suisse et aux Etats-Unis, c'est énorme: pas une zone villa&amp;nbsp;où ne pullulent les&amp;nbsp;étendarts patriotiques (en Suisse, on peut encore raffiner en plantant le drapeau de son canton, pour montrer qu'on est un vieux-patriote, comme il y a des vieux-croyants dans l'église orthodoxe russe).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, en revanche,&amp;nbsp;qu'on me détrompe, mais je vois beaucoup moins&amp;nbsp;de signes spontanés de fierté nationale. A la place, une avalanche de commémorations étatiques, avec la Marseillaise chantée devant le monument aux morts le 11 novembre et le 8 mai. C'est historique, officiel, scolaire. En Suisse, je ne me souviens pas de la&amp;nbsp;moindre&amp;nbsp;heure consacrée à "l'identité nationale" ou&amp;nbsp;quoi que ce soit&amp;nbsp;d'approchant (l'instruction civique est plutôt une sorte de cours de droit constitutionnel à l'usage des enfants). Et pourtant Dieu sait&amp;nbsp;si les Helvètes sont, à leur manière,&amp;nbsp;chauvins.&lt;/p&gt;
&lt;a href="http://letemps.blogs.com/.a/6a00d8341c65d453ef0120a6807409970c-pi" style="float: right;"&gt;&lt;img  alt="LAMPION CH2" class="asset asset-image at-xid-6a00d8341c65d453ef0120a6807409970c " src="http://letemps.blogs.com/.a/6a00d8341c65d453ef0120a6807409970c-800wi" style="margin: 0px 0px 5px 5px;" title="LAMPION CH2" border="0" /&gt;&lt;/a&gt; En Suisse, la fête nationale est d'abord une soirée passée sous les &lt;strong&gt;lampions&lt;/strong&gt;, entre amis, en France c'est une succession de &lt;strong&gt;défilés militaires&lt;/strong&gt;. C'est peut-être là que le bât blesse. L'historien &lt;a href="http://www.letemps.ch/Page/Uuid/132b04cc-ac10-11dd-bf59-ad3d6140ad87/Pierre_Nora_historien_La_France_cumule_tous_les_param%C3%A8tres_du_trouble_identitaire"&gt;Pierre Nora me disait en 2007&lt;/a&gt; que l'identité française était en train d'évoluer vers quelque chose de moins guerrier, de plus centré autour de la notion de douceur de vivre. Ce que l'inénarrable Frédéric Lefebvre a résumé par le besoin de défendre la "douce France de Charles Trenet" face à la mondialisation. Identité nationale = 300 sortes de fromages + platanes le long des routes + clocher&amp;nbsp;de l'affiche Mitterrand de 1981. Facile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La solution est peut-être là. Au lieu d'infliger aux "jeunes des cités" d'ennuyeux sermons sur Marianne, le drapeau et les valeurs, envoyez-les en vacances à la campagne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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        <title>La France des châteaux n'a pas dit son dernier mot</title>
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        <published>2009-10-14T10:50:56+02:00</published>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p><a href="http://letemps.blogs.com/.a/6a00d8341c65d453ef0120a63a9ef0970c-pi" style="FLOAT: right"><img alt="Chambord" border="0" class="asset asset-image at-xid-6a00d8341c65d453ef0120a63a9ef0970c" src="http://letemps.blogs.com/.a/6a00d8341c65d453ef0120a63a9ef0970c-800wi" style="MARGIN: 0px 0px 5px 5px" title="Chambord" /></a> La polémique sur Jean Sarkozy le montre bien: la France reste hantée par son passé féodal. Que le président donne un coup de pouce à son fils pour s'installer aux commandes de La Défense (poste pas anodin, je vous l'accorde) et le voilà soupçonné de vouloir rétablir un régime héréditaire. Il n'y que les Français pour y croire - les étrangers se content de trouver ça drôle -, peut-être parce qu'au fond d'eux-mêmes, ils se savent encore monarchistes.</p>
<p>Par coïncidence, j'ai passé le week-end dans le château d'un aristocrate, qui considère que la Révolution est la plus grande erreur de l'histoire nationale. On en voit beaucoup, dans la campagne française, de ces grandes demeures entourées d'arbres, dont les domaines sont encore régis par des règles venues du Moyen âge: droits de chasse, droits de coupe de bois, fermage et exploitation des terres par des métayers...</p>
<p>Le plus révélateur est la déférence qui continue d'entourer les maîtres de ces lieux. Une Belge établie dans le Limousin me racontait que quand les villageois sont invités au château, on met des noeuds papillon aux enfants pour montrer le respect dû à "monsieur".</p>
<p>D'une certaine façon, l'ascension de Jean Sarkozy montre à quel point l'adage aristocratique - "bon sang ne saurait mentir" - reste imprégné dans la mémoire nationale. Mais une explication individualiste, moderniste, me semble plus pertinente: Nicolas Sarkozy est un papa tellement fier de son fils (dont il s'est peu occupé après son premier divorce), et tellement inconscient des conséquences de son attendrissement pour lui, qu'il ne sait pas dire non lorsque ce dernier lui dit "je veux être élu à la tête de La Défense". Le drame de la France, ce n'est pas la survivance monarchiste, mais la famille recomposée. </p></div>
</content>


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        <title>La France et sa prime au n'importe quoi</title>
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        <published>2009-10-02T10:29:41+02:00</published>
        <updated>2009-10-02T10:43:01+02:00</updated>
        <summary>Deux exemples récents m'ont rappelé qu'à Paris, pour être écouté, il vaut mieux l'ouvrir très grande et réfléchir ensuite. D'abord l'excellent cinéaste Costa Gavras, qui vient se répandre sur Europe1 pour affirmer que la Suisse a enfermé Roman Polanski en...</summary>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p><a href="http://letemps.blogs.com/.a/6a00d8341c65d453ef0120a5b470f7970b-pi" style="FLOAT: left"><img alt="COSTA GAVRAS2" border="0" class="asset asset-image at-xid-6a00d8341c65d453ef0120a5b470f7970b " src="http://letemps.blogs.com/.a/6a00d8341c65d453ef0120a5b470f7970b-800wi" style="MARGIN: 0px 5px 5px 0px" title="COSTA GAVRAS2" /></a> Deux exemples récents m'ont rappelé qu'à Paris, pour être écouté, il vaut mieux l'ouvrir très grande et réfléchir ensuite. D'abord l'excellent cinéaste <strong>Costa Gavras</strong>, qui vient <a href="http://www.dailymotion.com/relevance/search/Costa+Gavras/video/xamt88_polanski-ya-pas-de-viol-dit-costaga_news">se répandre sur Europe1</a> pour affirmer que la Suisse a enfermé Roman Polanski en raison des pressions américaines sur UBS. Qu'en sait-il? Rien. C'est sans doute totalement faux. Il n'a pas cherché à vérifier. Mais le propos est simple, facile à résumer, les médias adorent.</p>
<p>Ensuite Denis Robert, <a href="http://letemps.blogs.com/paris/2009/09/les-d%C3%A9ch%C3%A9ances-in%C3%A9gales-des-accus%C3%A9s-de-clearstream.html">l'enquêteur-romancier-militant citoyen à l'origine de l'affaire Clearstream</a>, qui révèle mieux gagner sa vie que la grande majorité des journaliste sérieux de son pays. Sa théorie (Clearstream est le coeur de tous les blanchiments etc.) est fumeuse, fausse aussi, mais il dénonce le capitalisme et il a l'air sympa. Les télés achètent, les lecteurs aussi. Bingo.</p>
<p><a href="http://letemps.blogs.com/.a/6a00d8341c65d453ef0120a5b490e3970b-pi" style="FLOAT: right"><img alt="BRUCKNER2" border="0" class="asset asset-image at-xid-6a00d8341c65d453ef0120a5b490e3970b" src="http://letemps.blogs.com/.a/6a00d8341c65d453ef0120a5b490e3970b-800wi" style="MARGIN: 0px 0px 5px 5px" title="BRUCKNER2" /></a> Le pire est que le premier ministre (Villepin) soi-disant sérieux d'un grand pays ait cru envers et contre tout à cette histoire. Et l'on pourrait multiplier les exemples à l'infini. <strong>Pascal Bruckner</strong> qui vient nous expliquer <a href="http://www.edition-grasset.fr/nouveautes/nouveau.htm">l'évolution des rapports homme-femme depuis 30 ans</a>. A quel titre? Le livre ressemble à une compilation d'articles de Elle remaniés à la sauce nouveaux philosophes. "C'est ça, mais ça va très bien marcher", confesse-t-on chez son éditeur.<a href="http://letemps.blogs.com/.a/6a00d8341c65d453ef0120a5b47121970b-pi" style="FLOAT: right" /><a href="http://letemps.blogs.com/.a/6a00d8341c65d453ef0120a5b4719e970b-pi" style="FLOAT: right" /> </p>
<p>Il ne faudrait pas, ensuite, venir se plaindre que le <a href="http://www.elysee.fr/webtv/dans-les-coulisses-de-l-interview-du-president-a-new-york-par-laurence-ferrari-et-david-pujadas-video-12-1343.html">président de la République</a> parle des "coupables" de l'affaire Clearstream (juridiquement erroné) ou de l'attaque de la couche d'ozone par le CO2 (chimiquement absurde). Il s'inscrit simplement dans cette culture du n'importe quoi qui a envahi le paysage médiatique français. Jusqu'à quand? J'attends l'insurrection des consciences, mais j'ai peur que ça dure.</p></div>
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        <title>Pourquoi les Français croient-ils que tout est politique?</title>
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        <published>2009-09-28T14:02:00+02:00</published>
        <updated>2009-09-28T14:09:39+02:00</updated>
        <summary>Comment ont-ils osé? Arrêter un immense cinéaste, qui a de plus eu le bon goût de quitter les Etats-Unis pour la France? A ces questions, qui agitent les élites hexagonales depuis l'interpellation à Zurich de Roman Polanski, la réponse officielle...</summary>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p class="asset asset-image">
<p class="asset asset-image"><a href="http://letemps.blogs.com/.a/6a00d8341c65d453ef0120a5a3e2aa970b-pi" style="FLOAT: left"><img alt="POLANSKI2" border="0" class="at-xid-6a00d8341c65d453ef0120a5a3e2aa970b " src="http://letemps.blogs.com/.a/6a00d8341c65d453ef0120a5a3e2aa970b-800wi" style="MARGIN: 0px 5px 5px 0px" title="POLANSKI2" /></a> </p> Comment ont-ils osé? Arrêter un immense cinéaste, qui a de plus eu le bon goût de quitter les Etats-Unis pour la France? A ces questions, qui agitent les élites hexagonales depuis l'interpellation à Zurich de <strong>Roman Polanski</strong>, la réponse officielle suisse est simple: parce que.</p>
<p>Oui, les Helvètes ont arrêté Roman Polanksi parce que le traité d'entraide avec les Etats-Unis l'exige, parce que les accords de Schengen le demandent, parce qu'il y a un mandat d'arrêt en bonne et due forme. Pas de discussion, pas de marge de manoeuvre, pas de politique. Le règlement, c'est le règlement et on préfère l'appliquer.</p>
<p>En France, bien sûr, le "volontarisme" et la raison d'Etat voudraient que l'affaire soit immédiatement rapportée à l'Elysée et tranchée par le président, sur des critères de pure opportunité. Petit rappel: en 1994, Charles Pasqua avait renvoyé chez eux, en toute illégalité, deux terroristes iraniens que le gouvernement suisse réclamait. Pourquoi? Parce que ça l'arrangeait.</p>
<p>Beaucoup de Français ont du mal à comprendre qu'il puisse en aller autrement, ailleurs. Que la loi puisse s'imposer au politique et non l'inverse. En témoigne l'hallucinant commentaire de <a href="http://www.europe1.fr/Radio/Videos-podcast/L-interview-de-Jean-Pierre-Elkabbach/BNP-Paribas-remboursera-l-Etat-avant-le-30-juin-2010">Jean-Pierre Elkabbach</a> ce matin sur Europe1: "La Suisse à la botte des Etats-Unis, comme elle le montre avec Roman Polanski, est-ce qu'on peut faire confiance à cette Suisse-là?"</p>
<p>J'ai envie de répondre: pour faire du juridisme, pour se réfugier derrière les textes avant de prendre la moindre décision, oui, vous pouvez nous faire confiance. Mais ce n'est pas toujours une mauvaise chose. </p></div>
</content>


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        <title>Les déchéances inégales des accusés de Clearstream</title>
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        <published>2009-09-22T10:49:10+02:00</published>
        <updated>2009-09-22T10:53:33+02:00</updated>
        <summary>"Quelle est votre situation financière?" Cette question indiscrète a été posée, lundi, à tous les accusés du procès Clearstream. Leurs réponses permettent de mesurer le déclassement social subi par chacun des protagonistes - et de constater qu'au fond, certains ne...</summary>
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<p class="asset asset-image"><a href="http://letemps.blogs.com/.a/6a00d8341c65d453ef0120a58c42d7970b-pi" style="FLOAT: right"><img alt="Villepin2" border="0" class="at-xid-6a00d8341c65d453ef0120a58c42d7970b " src="http://letemps.blogs.com/.a/6a00d8341c65d453ef0120a58c42d7970b-800wi" style="MARGIN: 0px 0px 5px 5px" title="Villepin2" /></a> </p>
<p>"Quelle est votre situation financière?" Cette question indiscrète a été posée, lundi, à tous les accusés du <strong>procès Clearstream</strong>. Leurs réponses permettent de mesurer le déclassement social subi par chacun des protagonistes - et de constater qu'au fond, certains ne s'en sortent pas si mal.</p>
<p />
<p><a href="http://letemps.blogs.com/.a/6a00d8341c65d453ef0120a5e2e2db970c-pi" style="FLOAT: right" />En queue de classement, on trouve Florian Bourges, l'ancien comptable d'Arthur Andersen qui a volé les fichiers originaux de Cleastream. Il est aujourd'hui actif dans la "gestion d'une crèche associative", avec un revenu de 1200 euros par mois - contre près de 3000 avant l'éclatement de l'affaire.</p>
<p><strong>Imad Lahoud</strong>, le principal accusé et truqueur présumé des listings, s'en sort à peine mieux: le voilà "professeur agrégé de mathématiques" dans un lycée, avec un revenu mensuel de 1850 euros par mois. Rien à voir avec les centaines de milliers d'euros que lui a versés EADS lorsqu'il travaillait comme spécialiste de la sécurité pour Jean-Louis Gergorin.  
<p class="asset asset-image"><a href="http://letemps.blogs.com/.a/6a00d8341c65d453ef0120a58c410c970b-pi" style="FLOAT: left"><img alt="Lahoud2" border="0" class="at-xid-6a00d8341c65d453ef0120a58c410c970b " src="http://letemps.blogs.com/.a/6a00d8341c65d453ef0120a58c410c970b-800wi" style="MARGIN: 0px 5px 5px 0px" title="Lahoud2" /></a> </p>
<p />
<p><strong>Denis Robert</strong>, le journaliste qui dénonce Clearstream depuis 2001 et a perdu plusieurs procès, a plutôt profité du scandale. Il déclare aujourd'hui "entre 80'000 et 105'000 euros de revenus par an", grâce au droit d'auteurs de ses différents bouquins sur les turpitudes de la finance mondiale. 
<p class="asset asset-image"><a href="http://letemps.blogs.com/.a/6a00d8341c65d453ef0120a5e2e359970c-pi" style="FLOAT: right"><img alt="Denis Robert2" border="0" class="at-xid-6a00d8341c65d453ef0120a5e2e359970c " src="http://letemps.blogs.com/.a/6a00d8341c65d453ef0120a5e2e359970c-800wi" style="MARGIN: 0px 0px 5px 5px" title="Denis Robert2" /></a> </p>
<p />
<p>Mais les plus gros revenus sont sans conteste ceux de Jean-Louis Gergorin et de son ex-ami <strong>Dominique de Villepin</strong>. Le premier, consultant en stratégie, avoue des revenus de 130'000 euros par an, le second, avocat international, 20'000 euros d'honoraires par mois. 
<p class="asset asset-image">Tout cela est plutôt rassurant. En France, on peut être lynché médiatiquement, poursuivi, inculpé, perquisitionné et objet des foudres du président de la République, et continuer à gagner confortablement sa vie. Aucun des accusés n'est au chômage. A croire que tripoter de faux listings et échafauder des théories du complot délirantes est bon pour votre CV. </p>
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<p /></p></p></p></p></div>
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        <title>Pour y voir plus clair sur la liste des 3000 évadés fiscaux</title>
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        <published>2009-09-09T11:27:20+02:00</published>
        <updated>2009-09-09T11:28:36+02:00</updated>
        <summary>Pas facile, de mémoire de journaliste, d'enquêter sur la liste de 3000 évadés fiscaux brandie par Eric Woerth pour faire paniquer les quelque 500'000 Français - estimation pifométrique - détenteurs de comptes occultes en Suisse. Bercy distille les détails au...</summary>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p>Pas facile, de mémoire de journaliste, d'enquêter sur la liste de 3000 évadés fiscaux brandie par Eric Woerth pour faire paniquer les quelque 500'000 Français - estimation pifométrique - détenteurs de <strong>comptes occultes en Suisse</strong>. Bercy distille les détails au compte-gouttes, les fiscalistes s'interrogent, les banquiers restent muets ou démentent de façon alambiquée... Alors, bluff ou triomphe historique dans la lutte contre le secret bancaire? En fait, sans doute un mélange des deux.<a href="http://letemps.blogs.com/.a/6a00d8341c65d453ef0120a55b531f970b-pi" style="FLOAT: left"><img alt="Swiss bank2" border="0" class="at-xid-6a00d8341c65d453ef0120a55b531f970b " src="http://letemps.blogs.com/.a/6a00d8341c65d453ef0120a55b531f970b-800wi" style="MARGIN: 0px 5px 5px 0px" title="Swiss bank2" /></a> </p>
<p>1) La liste existe bel et bien. Des députés l'ont vue. Bercy confirme à demi-mots que les renseignements contenus viennent de banques suisses - en fait, de leurs filiales françaises. Problème: il faudrait être vraiment idiot pour se faire envoyer de l'argent "au black" en Suisse depuis un compte français.</p>
<p>2) Le Credit suisse - l'une des trois banques à l'origine des informations, selon <a href="http://www.letemps.ch/Page/Uuid/ce1a9afc-9c99-11de-b2d8-e5e8c716185d/Comment_trois_banques_suisses_ont_pu_livrer_3000_noms_au_fisc_français">mes recherches</a> - fait, comme les autres banques, l'objet de contrôles fiscaux tous les trois ans. La loi française oblige les établissements à livrer les noms des clients qui ont viré de l'argent hors de l'Hexagone - et de donner des informations détaillées sur les comptes à l'étranger qui ont reçu ces sommes.</p>
<p>3) On peut donc imaginer que Bercy, en s'appuyant sur un contrôle fiscal un peu plus poussé que la moyenne, ait concocté sa liste à partir des informations fournies de façon tout à fait régulière par des banques suisses établies en France. En complétant le document par des recherches des douanes, des <a href="http://www.lefigaro.fr/impots/2009/09/08/05003-20090908ARTFIG00278-comment-le-fisc-francais-a-pu-identifier-3000-detenteurs-de-comptes-en-suisse-.php">fouilles dans le système de compensation interbancaire</a> et, pourquoi pas, les révélations de quelque repenti ou banquier aigri, il y a peut-être de quoi concocter une liste "exceptionnelle" de 3000 noms.</p>
<p>4) La valeur de cette liste sera mise à l'épreuve lorsque la France tentera d'aller vérifier les noms qu'elle contient en Suisse. Ce devrait être possible dès l'an prochain, avec l'entrée en vigueur de la nouvelle convention fiscale entre les deux pays, qui autorise l'échange d'informations et la levée du secret bancaire. On saura, alors, dans quelle mesure Bercy a ou non bluffé.</p></div>
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        <title>Petits apprentis chez Faurecia: les démentis "grotesques" du clan Sarkozy</title>
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        <published>2009-09-09T10:41:52+02:00</published>
        <updated>2009-09-09T16:29:06+02:00</updated>
        <summary>Grotesque, ridicule, malveillant... La garde rapprochée de Nicolas Sarkozy, en particulier l'inénarrable Frédéric Lefebvre, n'a pas de mots assez durs pour le sujet réalisé par le correspondant de la Télévision suisse romande et de la RTBF, où une employée de...</summary>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p>Grotesque, ridicule, malveillant... La garde rapprochée de Nicolas Sarkozy, en particulier l'inénarrable <strong>Frédéric Lefebvre</strong>, n'a pas de mots assez durs pour le sujet réalisé par le correspondant de la <a href="http://tsr.blogs.com/br/2009/09/sarkozy-et-lautocensure.html">Télévision suisse romande</a> et de la RTBF, où une employée de l'usine automobile Faurecia confirmait avoir été choisie pour faire fond derrière le président parce qu'elle était petite.</p>
<p><a href="http://letemps.blogs.com/.a/6a00d8341c65d453ef0120a55b4295970b-pi" style="FLOAT: right"><img alt="LEFEBVRE2" border="0" class="at-xid-6a00d8341c65d453ef0120a55b4295970b " src="http://letemps.blogs.com/.a/6a00d8341c65d453ef0120a55b4295970b-800wi" style="MARGIN: 0px 0px 5px 5px" title="LEFEBVRE2" /></a> J'ai la modeste prétention d'avoir été parmi les premiers à <a href="http://www.letemps.ch/Page/Uuid/7bafb73a-98c9-11de-a4f5-aea82fb45c2c/Dans_les_coulisses_du_Sarkoshow_de_crise">sortir l'info</a>. Et je confirme: les employés derrière Nicolas Sarkozy était de sa taille, en tout cas pas beaucoup plus grands. Des syndicalistes du coin affirment que c'est la direction qui a pris la belle initiative de sélectionner des "petits jeunes" - au sens propre - pour servir de décor au discours présidentiel.</p>
<p>Alors, pour discréditer l'histoire, l'Elysée utilise une vieille technique: on dément ce que les journalistes, du moins ceux qui étaient sur place, n'ont pas dit - à savoir que c'est l'Elysée qui a orchestré la mise en scène. Et on fait mine de s'indigner: Jamais la présidence n'a donné de consignes pour placer des personnes de taille modeste derrière le chef de l'Etat!</p>
<p>Le démenti de Faurecia est un petit chef-d'oeuvre d'hypocrisie. Il conteste "les rumeurs faisant état d'exigences particulières de l'Elysée quant au personnel" présent lors de la visite. Ce qui revient à confirmer que les employés ont bien été choisis parce qu'ils étaient petits... mais pas par la présidence.</p>
<p>Au lieu de démentir les "accusations mensongères" de méchants journalistes étrangers, l'entourage de Sarko ferait bien de s'interroger sur le caractère ridicule de ses propres démentis. Nier l'évidence n'est pas le meilleur moyen d'être pris au sérieux. </p></div>
</content>


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        <title>Entre Suisse et France, le mur de crème double</title>
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        <published>2009-08-19T16:51:33+02:00</published>
        <updated>2009-08-20T17:15:19+02:00</updated>
        <summary>Entre oisiveté, apéros à rallonge et conversations avinées, j'ai trouvé dans les vacances d'été un climat propices aux réflexions sur cette question essentielle - qu'est-ce qui sépare, au juste, la Suisse romande de la France? Les Alpes et le Jura,...</summary>
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            <name>Sylvain Besson</name>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p>Entre oisiveté, apéros à rallonge et conversations avinées, j'ai trouvé dans les vacances d'été un climat propices aux réflexions sur cette question essentielle - qu'est-ce qui sépare, au juste, la Suisse romande de la France?</p>
<p><a href="http://letemps.blogs.com/.a/6a00d8341c65d453ef0120a55b9770970c-pi" style="float: left;"><img alt="CRèME DOUBLE" border="0" class="at-xid-6a00d8341c65d453ef0120a55b9770970c " src="http://letemps.blogs.com/.a/6a00d8341c65d453ef0120a55b9770970c-800wi" style="margin: 0px 5px 5px 0px;" title="CRèME DOUBLE" /></a> Les Alpes et le Jura, certes, mais aux tréfonds, je veux dire, dans la mentalité, dans ce qui fait l'identité même des peuples (pour ceux qui croient qu'il existe une telle chose)? La réponse a soudain surgi comme une évidence: c'est la crème double.</p>
<p>Voilà l'histoire. Un ami s'entretenait avec une de ses collègues, plutôt bonasse et pas très maline, des mérites comparés du beurre et de la crème en France et en Suisse. La collègue a eu ce cri du coeur: "En France, on ne trouve pas de crème aussi bonne que chez nous."</p>
<p>Mon ami, plus sophistiqué, a eu un ricanement sarcastique: dans quelle monde vivait cette pauvre femme, élevée dans le culte d'une Helvétie d'opérette, qui ignorait l'incontestable supériorité des terroirs et des produits laitiers français?</p>
<p>En creux, ce dialogue donne la définition du "bon Suisse": il s'agit de quelqu'un qui croit dur comme fer que la crème est meilleure chez lui. Qu'en est-il, au juste? Cela dépend des goûts. Pour une raison qui continue à m'échapper, la crème épaisse en France semble être toujours légèrement acidulée. En Suisse, elle est plus jaunâtre, moins liquide, plus douce, sans aucune trace d'acidité - comme un reflet du caractère peut-être plus simple, plus univoque, plus rustique des habitants du pays.</p>
<p>Il y aurait donc un mur de crème double, comme il y a une "barrière de rösti" entre les francophones et les alémaniques en Suisse, ou une barrière de choucroute entre la France et le monde germanique.</p>
<p>En vertu de cette douteuse théorie de la crème comme miroir de l'âme des peuples, je dois avouer que la Suissitude continue de l'emporter, chez moi, sur la Francité. Oui, je préfère la crème de Gruyère à celle de Normandie. Je reste donc, après bientôt quatre ans de parisianisme, un "bon Suisse". Que celui qui aime mieux la crème acidulée me jette la première pierre. </p></div>
</content>


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        <title>Canicule: un pas de plus vers la "bigbrotherisation" sociale</title>
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        <published>2009-08-19T15:53:41+02:00</published>
        <updated>2009-08-20T17:17:42+02:00</updated>
        <summary>Ils sont extraordinaires, à la mairie de Paris. Leur sollicitude envers les victimes potentielles de la canicule (il fait 35° et, chose extraordinaire, les bancs publics exposés au soleil sont vides, même à l'heure du déjeuner) fait de cette noble...</summary>
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            <name>Sylvain Besson</name>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p><a href="http://letemps.blogs.com/.a/6a00d8341c65d453ef0120a55b6139970c-pi" style="float: right;"><img alt="Canicule2" border="0" class="at-xid-6a00d8341c65d453ef0120a55b6139970c " src="http://letemps.blogs.com/.a/6a00d8341c65d453ef0120a55b6139970c-800wi" style="margin: 0px 0px 5px 5px;" title="Canicule2" /></a> Ils sont extraordinaires, à la mairie de Paris. Leur sollicitude envers les victimes potentielles de la canicule (il fait 35° et, chose extraordinaire, les bancs publics exposés au soleil sont vides, même à l'heure du déjeuner) fait de cette noble institution municipale la quintessence même de cet Etat nounou, enveloppant et obséquieux, que j'ai <a href="http://letemps.blogs.com/paris/2009/04/les-fran%C3%A7ais-sontils-irresponsables-parce-que-catholiques.html">égratigné quelques fois sur ce blog</a>.</p>
<p>Figurez vous donc qu'à la mairie de Paris, ils ont placardé partout des affichettes incitant les citoyens à inscrire leurs proches un peu âgés dans le <a href="http://www.paris.fr/portail/Solidarites/Portal.lut?page_id=98&amp;document_type_id=4&amp;document_id=54173&amp;portlet_id=10014&amp;multileveldocument_sheet_id=10008">système d'information Chalex</a>. Tous les jours, des opérateurs vous appellent pour voir si vous n'avez pas trop chaud et vérifier "au fil de la conversation" que vous ne présentez pas un "risque sanitaire et social grave".</p>
<p>Par exemple, si vous dites "je vais très bien merci, foutez-moi la paix", mais que l'opérateur - "adossé à une régulation médicale et sociale spécifiquement mobilisée pour la canicule", selon l'impayable jargon de la mairie - vous trouve un peu bizarre, il peut vous envoyer un "travailleur social" qui viendra chez vous pour vous offrir un "accompagnement adapté".</p>
<p>On ne peut pas en vouloir à la mairie de Paris. Depuis les 15'000 morts de l'été 2003, il n'est pas une autorité française qui ne se liquéfie de trouille à l'idée d'être accusée de négligence caniculaire. Alors, pourquoi ne pas étendre le système? Tous les jours, l'Etat français pourrait appeler l'ensemble de ses citoyens pour leur poser quelques questions: Vous n'avez pas trop chaud, trop froid? Est-ce que vous avez du travail? Comment vous sentez-vous, sur le plan moral, physiologique?</p>
<p>Pour économiser les deniers publics, l'opération pourrait être menée par des serveurs automatiques qui interpréteraient vos réponses à l'aide d'un logiciel adapté. Ils vous orienteraient ensuite vers les services compétents, de l'hôpital psychiatrique à l'ANPE. Comme ça, tout serait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Parce qu'en France, l'Etat veut votre bien, toujours, partout, tout le temps.</p></div>
</content>


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        <title>Quelques théories pour expliquer l'impolitesse parisienne</title>
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        <published>2009-07-10T14:07:58+02:00</published>
        <updated>2009-07-10T14:16:32+02:00</updated>
        <summary>Les médias ont beaucoup glosé sur cette récente étude qualifiant les Français de "pires touristes du monde". Mais le vrai problème est peut-être plutôt l'impolitesse des Français dans leur propre pays. L'exemplede Paris est évidemment paroxystique: serveurs qui vous regardent...</summary>
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            <name>Sylvain Besson</name>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p>Les mé<span class="yui-spellcheck">dias</span> ont beaucoup <span class="yui-spellcheck">glos</span>é sur cette ré<span class="yui-spellcheck">cente</span> <a href="http://www.letelegramme.com/ig/generales/france-monde/france/l-air-du-tempspar-michele-fitoussi-les-pires-touristes-au-monde-10-07-2009-462782.php">é<span class="yui-spellcheck">tude</span></a> qualifiant les <span class="yui-spellcheck">Fran</span>çais de "pires touristes du monde". Mais le vrai <span class="yui-spellcheck">probl</span>ème est peut-ê<span class="yui-spellcheck">tre</span> plutôt l'impolitesse des <span class="yui-spellcheck">Fran</span>çais dans leur <span class="yui-spellcheck">prop</span>re pays. L'exemplede Paris est é<span class="yui-spellcheck">videmment</span> paroxystique: serveurs qui vous regardent comme si vous tombiez de la planète Mars et ne connaissent pas l'usage des mots "merci" et "bonjour"; infects conducteurs de scooters qui manquent de vous rouler dessus sur les trottoirs; ré<span class="yui-spellcheck">ceptionnistes</span> qui préfè<span class="yui-spellcheck">rent</span> vous raccrocher au nez que de ré<span class="yui-spellcheck">soudre</span> votre <span class="yui-spellcheck">probl</span>ème, etc.</p>
<p>Ces attitudes contrastent avec la politesse proverbiale qui est de mise en Grande-<span class="yui-spellcheck">Bretagne</span> (pour ne rien dire de la Suisse). Un <span class="yui-spellcheck">confr</span>ère anglais avait à ce sujet une thé<span class="yui-spellcheck">orie</span> <span class="yui-spellcheck">int</span>é<span class="yui-spellcheck">ressante</span>: les Br<span class="yui-spellcheck">itann</span><span class="yui-spellcheck">iques</span> sont polis parce que sinon, ils seraient violents. Le côté lisse, voire <span class="yui-spellcheck">obs</span>é<span class="yui-spellcheck">quieux</span>, est comme une barrière qui les <span class="yui-spellcheck">prot</span>ège de leurs propres dé<span class="yui-spellcheck">bordements</span>. <span class="yui-spellcheck">Evidemment</span>, un barman londonien qui se mettrait à parler aussi mal qu'un serveur parisien se ferait <span class="yui-spellcheck">aussit</span>ôt briser une <span class="yui-spellcheck">cho</span>pe de <span class="yui-spellcheck">Guiness</span> sur la tête. </p>
<p>A l'inverse, le côté guilleret ou lé<span class="yui-spellcheck">ger</span> de la vie parisienne - un vieux poncif toujours va<span class="yui-spellcheck">lable</span> pour nombre d'é<span class="yui-spellcheck">trangers</span> - peut s'expliquer par les constantes é<span class="yui-spellcheck">ructations</span> des habitants, qui se p<span class="yui-spellcheck">laignent</span> sans cesse, jurent, insultent volontiers (cf les altercations entre motards et <span class="yui-spellcheck">automobilistes</span> sur la voie publique).</p>
<p>L'impolitesse, la rudesse proverbiale des Parisiens serait une <span class="yui-spellcheck">mani</span>ère d'<span class="yui-spellcheck">ext</span>é<span class="yui-spellcheck">rioriser</span> ses angoisses, de se délester du stress et du poids de la vie. En somme, de rester heureux. La prochaine fois que l'un d'eux se montre dé<span class="yui-spellcheck">sagr</span>é<span class="yui-spellcheck">able</span>, soyez indulgent: il essaie d'é<span class="yui-spellcheck">viter</span> la dépression. </p>
<p>PS: Ce <span class="yui-spellcheck">post</span> est dédié à tous ceux qui se feront arnaquer par des <span class="yui-spellcheck">pizza</span>ï<span class="yui-spellcheck">olos</span> malpolis ou subiront les foudres d'un <span class="yui-spellcheck">gar</span>çon de <span class="yui-spellcheck">caf</span>é mécontent, cet été sur la route des vacances. Votre <span class="yui-spellcheck">ser</span><span class="yui-spellcheck">viteur</span> reprendra du service (pardon de la redite) au mois d'août.</p></div>
</content>


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        <title>La morne vie d'un espion français en Suisse</title>
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        <published>2009-07-06T12:23:34+02:00</published>
        <updated>2009-07-06T12:23:34+02:00</updated>
        <summary>On pourrait imaginer le travail d'un agent secret en Suisse sous les couleurs les plus excitantes: dévaler des pistes de ski à la recherche de super-méchants; faire chanter avocats et banquiers à la recherche d'obscures transactions financières; filocher des Nords-Coréens,...</summary>
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            <name>Sylvain Besson</name>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p><a href="http://letemps.blogs.com/.a/6a00d8341c65d453ef011570d2b24b970c-pi" style="FLOAT: right"><img alt="ESPION1" border="0" class="at-xid-6a00d8341c65d453ef011570d2b24b970c" src="http://letemps.blogs.com/.a/6a00d8341c65d453ef011570d2b24b970c-800wi" style="MARGIN: 0px 0px 5px 5px" title="ESPION1" /></a> On pourrait imaginer le travail d'un agent secret en Suisse sous les couleurs les plus excitantes: dévaler des pistes de ski à la recherche de super-méchants; faire chanter avocats et banquiers à la recherche d'obscures transactions financières; filocher des Nords-Coréens, Iraniens ou Russes aux activités troubles...</p>
<p>Mais un ancien de la DGSE, le service de renseignement extérieur français, m'a décrit son séjour en Suisse de façon moins romantique. A son arrivée, le voilà convoqué à Berne pour un pénible sermon de trois heures par le chef de la Police fédérale (notre version du FBI, entre Pieds-Nickelés et inspecteur Derrick): "Il m'a dit que si je faisais quoique ce soit sans leur accord, ce serait l'explusion immédiate". Et voilà l'agent sommé de signer sur-le-champ des papiers garantissant son parfait respect des lois suisses, qui interdisent d'espionner.</p>
<p>Traumatisés par le fiasco du <em>Rainbow Warrior</em>, le bateau de Greenpeace sabordé dans les années 1980, les agents français auraient tendance à obtempérer. Du coup, leur principale source d'information sont souvent les journaux locaux - et même, ce qui m'a flatté, quelques articles de votre serviteur (toute cette histoire date d'avant mon arrivée à Paris).</p>
<p>A se demander si le détachement d'agents de la DGSE en Suisse sert vraiment à quelque chose... Mais c'est peut-être un truc de service secret: faire croire qu'on s'ennuie ferme, pour mieux agir dans l'ombre. Bizarre, mon agent secret avait tout de même l'air sincère...</p></div>
</content>


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        <title>Sarkozy et les Français, ou la peur de la guillotine</title>
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        <published>2009-07-06T12:00:34+02:00</published>
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        <summary>Pour qui aurait remarqué la prudence nouvelle de Nicolas Sarkozy - réforme des hôpitaux édulcorée après protestation des médecins, pourrissement patient du mouvement universitaire, extrême retenue face à des sujets tabous comme le marché du travail - j'ai peut-être un...</summary>
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            <name>Sylvain Besson</name>
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<content type="xhtml" xml:lang="fr-FR" xml:base="http://letemps.blogs.com/paris/">
<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p style="TEXT-ALIGN: justify"><a href="http://letemps.blogs.com/.a/6a00d8341c65d453ef011570d2ab9d970c-pi" style="FLOAT: left" /> <a href="http://letemps.blogs.com/.a/6a00d8341c65d453ef011571c78831970b-pi" style="FLOAT: left"><img alt="LOUIS XVI" border="0" class="at-xid-6a00d8341c65d453ef011571c78831970b " src="http://letemps.blogs.com/.a/6a00d8341c65d453ef011571c78831970b-800wi" style="MARGIN: 0px 5px 5px 0px" title="LOUIS XVI" /></a> Pour qui aurait remarqué la prudence nouvelle de Nicolas Sarkozy - réforme des hôpitaux édulcorée après protestation des médecins, pourrissement patient du mouvement universitaire, extrême retenue face à des sujets tabous comme le marché du travail - j'ai peut-être un début d'explication satisfaisante. Le président, m'a-t-on soufflé rive gauche, aurait été à la fois effrayé et enthousiasmé par le concept de "peuple régicide" formulé par <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Marcel_Gauchet">Marcel Gauchet</a>: "Les Français veulent un roi qu'ils veulent guillotiner."</p>
<p style="TEXT-ALIGN: justify">Autrement dit, en France, le chef de l'Etat a les pleins pouvoir - jusqu'à ce qu'il commette l'erreur fatale et trébuche. L'idée, transmise par son conseiller spécial Henri Guaino, aurait frappé Nicolas Sarkozy à un tel point qu'il répète désormais "attention avec les Français!" avec la ferveur du converti. Et qu'il agit en conséquence.<span id="fck_dom_range_temp_1246873639500_852" /></p>
<p style="TEXT-ALIGN: justify">On en sort pas. C'est comme si la psyché française avaient été marquée pour l'éternité par la geste de la Révolution. Un <a href="http://www.fondapol.org/les-travaux/toutes-les-publications/publication/titre/letat-administratif-et-le-liberalisme-une-histoire-francaise.html">récent essai publié par la Fondation pour l'innovation politique</a> rappelle à quel point l'héritage de la période pèse lourd: un Etat qui se conçoit comme seul dépositaire de "l'intérêt général" - notion qui autorise à peu près n'importe quoi -; une méfiance bien ancrée envers tout ce qui ressemble à des gouvernement locaux ou à l'autonomie de la société, assimilés au féodalisme; l'incroyable institution du Conseil d'Etat, justice administrative qui court-circuite les tribunaux ordinaires lorsqu'un litige concerne les rapports entre le pouvoir et les citoyens.</p>
<p style="TEXT-ALIGN: justify">Même si leur foi dans l'Etat s'est passablement fissurée ces dernières années, les Français, me disait l'autre jour <a href="http://www.letemps.ch/Page/Uuid/b6bd15ba-6747-11de-9ad0-45f4863683b4/Le_spectre_qui_hante_lEurope_cest_la_décadence">Marcel Gauchet dans une interview</a>, attendent encore de la politique qu'elle les fasse rêver, et leur offre une vision du monde. Sinon, gare à la guillotine. </p></div>
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