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    <title>Apocalypse</title>
    
    
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    <updated>2010-03-06T09:23:16+01:00</updated>
    <subtitle>Utopies, fin du monde et communication</subtitle>
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        <title>Les anges gardiens sont inquiets</title>
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        <published>2010-03-06T09:23:16+01:00</published>
        <updated>2010-03-06T09:48:44+01:00</updated>
        <summary>La semaine dernière, j'ai témoigné de l'apprentissage du dialogue dans les Conseils de Quartier. Après la réunion, pendant le verre de l'amitié, une femme d'une quarantaine d'année, aux traits fatigués vient vers moi et m'adresse la parole. Dans un premier...</summary>
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            <name>Philippe Schoen</name>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p><a href="http://tenirparole.blog.latitude.fr/.a/6a00d8345163f269e20120a9081de2970b-popup" onclick="window.open( this.href, '_blank', 'width=640,height=480,scrollbars=no,resizable=no,toolbar=no,directories=no,location=no,menubar=no,status=no,left=0,top=0' ); return false" style="float: left;"><img alt="TheFifth ChildbyDorisLessing" class="asset asset-image at-xid-6a00d8345163f269e20120a9081de2970b " src="http://tenirparole.blog.latitude.fr/.a/6a00d8345163f269e20120a9081de2970b-250wi" style="width: 220px; margin: 0px 5px 5px 0px;" /></a>  La semaine dernière, j'ai témoigné de l'<a href="http://tenirparole.blog.latitude.fr/tenir_parole/2010/02/les-voies-de-la-démocratie-sont-pénétrables.html" title="La note précédente d'Apocalypse">apprentissage du dialogue</a> dans les <a href="http://www.vousaussi.org/" title="Site de la démocratie locale de Strasbourg">Conseils de Quartier</a>. Après la réunion, pendant le verre de l'amitié, une femme d'une quarantaine d'année, aux traits fatigués vient vers moi et m'adresse la parole.</p><p>Dans un premier temps, je ne comprends rien à ce qu'elle me dit : il y a du bruit, elle parle doucement et très très vite, en avalant ses mots, avec un fort accent entre l'accent alsacien et un accent étranger indéfinissable. Elle semble nerveuse, préoccupée et inquiète.</p><p>Au prix d'un gros effort de concentration je parviens à suivre le fil de son histoire. La voici :</p><p>Dans son immeuble vit un homme avec son fils de vingt et un ans. Le père est divorcé, absent, court de femme en femme et son fils ne fait rien. Ils ne s'entendent pas, et, parfois, à travers les murs, on entend des cris et des coups violents. Depuis quelques mois maintenant, le fils vit dans la cave, dans le local poubelle. Les poubelles sont dans les immeubles, parce que si on les range à l'extérieur, elles sont brûlées et c'est dangereux. Alors, dans la cave, ça ne sent pas très bon, mais au moins les poubelles ne sont pas détruites.</p><p>Le jeune homme de vingt et un an, dit la femme, est gentil et ça lui fait de la peine. Alors, régulièrement, elle vient le voir pour lui apporter à manger et aussi pour lui dire de ne pas rester comme ça, de se lever, d'aller dehors, de se laver et de mettre des habits propres pour aller chercher du travail. Mais des habits propres, il n'en a plus, et l'envie de se lever non plus. Sans doute doit-il tout de même partir de temps en temps, parce qu'il boit, et il est ivre, souvent.</p><p>Ces derniers temps, dit la femme, c'est plus qu'elle ne peut supporter, et elle a peur de lui, aussi, quand il se met en colère. Elle a cherché son père, mais il est parti à l'étranger, et de toute manière, il s'en fout. Elle a appelé à l'aide : des associations, la police, les éducateurs. Mais la police dit qu'elle ne peut rien faire, elle dit que les policiers sont compréhensifs, mais ils ne peuvent vraiment rien faire. Les éducateurs disent que ce cas est trop lourd pour eux, trop difficile, ils ne peuvent plus rien faire. Alors elle vient vers des gens, les voisins, et puis moi et me demande : qu'est ce que je dois faire ? je ne peux pas le laisser comme ça, à côté des poubelles…</p><p>Nous avons fini par en parler avec d'autres personne présentes, et puis des solutions sont apparues. Le temps de la soirée, quelques pistes nouvelles sont peut-être apparues. Peut-être des impasses encore. 
</p><p><strong><span style="font-size: 15px; ">Pour en finir avec "les jeunes"</span></strong></p><p>Ca m'a rappelé que, pendant le Conseil de Quartier, une autre dame prit la parole et dit ceci : on dit "les jeunes" pour dire ces quelques malfaiteurs qui nous font peur, alors ce ne sont pas "les jeunes", ce sont quelques uns, et même, tous ces jeunes dans notre quartier sont <strong>nos</strong> jeunes, ce sont <strong>nos</strong> enfants, on ne peut pas juste les montrer du doigt, ce sont <strong>nos</strong> enfants et on les aime.</p><p>En nous, j'ai le sentiment que nous avons tous un enfant de vingt et un ans dans une cave sale. Ou bien c'est, à des degrés divers, notre enfant, notre fils ou notre fille. Ou bien c'est l'enfant de nos amis, de notre quartier, ou bien c'est celui que nous voyons à la télévision ou peut-être <a href="http://www.un-prophete-lefilm.com/" title="Site officiel du film &quot;un prophète&quot; de jacques audiard">un prophète</a> que nous regardons au cinéma.</p><p>D'où vient-il, pourquoi en est-on arrivé là ? <a href="http://www.mri.org/memoriam.html" title="Page consacrée à Paul Watzlawick sur le site du Mental Research Institute">Watzlawick</a> dirait que ce sont ces questions qui fatiguent et qui culpabilisent. Ce ne sont pas les bonnes questions. Les pères et les mères sont des anges gardiens, et aujourd'hui, ils sont inquiets.</p><p><strong><span style="font-size: 15px; ">Un enfant sur cinq</span></strong></p><p>A la même période, je lisais le roman de <a href="http://www.dorislessing.org/" target="_blank" title="Site consacré à l'écrivain prix Nobel de littérature Doris Lessing">Doris Lessing</a> "<a href="http://www.dorislessing.org/thechild.html" title="Présentation du livre &quot;le cinquième enfant&quot; de Doris Lessing (en anglais)">le cinquième enfant</a>". Dans ce livre, un couple, dans l'Angleterre des années soixante, construit sa vie heureuse dans une grande maison, l'amour et la générosité, l'accueil des frères, des soeurs, des ainés et des petits qui naissent les uns après les autres, quatre enfants, jusqu'à ce qu'arrive le cinquième. Le cinquième enfant est différent. Trop grand, trop fort, explosant dès les premiers mouvements dans le ventre de la mère de colère, de haine, de peur et de violence. Rien n'explique la naissance de cet être différent, de ce monstre au visage néanderthalien, et la culpabilité plane sur la mère, le couple, puis les dissensions, puis la fatigue.</p><p>La famille est soumise à rude épreuve. La mère consacre nuit et jour à tenter de contenir la violence chaotique de l'enfant. En protégeant sa famille de ses excès, elle donne l'impression de concentrer toute son attention sur cet être qui semble venir d'une branche oubliée de l'humanité. Elle vit dans une ambiguïté permanente : l'enfant est tellement inadapté et brutal qu'il manque plusieurs fois de se tuer dans un accident et la mère le sauve à chaque fois en espérant en même temps de ne pas y parvenir. Elle souffre de cette double contrainte.</p><p>A la limite du supportable, la famille place l'enfant dans une institution étrange, à l'insu de la mère. Libérée de cette charge de tous les instants, elle peut reprendre des forces, revivre, renouer avec son couple, mais quelque chose de plus fort lui commande d'aller rechercher l'enfant. Et la déchéance recommence, jusqu'à ce que l'enfant fasse avec ce qu'il a et construise son destin, sans que la mère ait pu infléchir quoi que ce soit. Oh certes, un destin étrange, et pas glorieux, mais qui peut juger ?</p><p>Tout ça, je le lis à tort ou à raison comme <strong>des histoires d'amour qui ne parlent jamais d'amour</strong> parce que c'est au-delà de ce que nous croyons être de l'amour, au-delà de la parole.</p><p><strong><span style="font-size: 15px; ">La carte n'est pas le territoire : choisir le territoire plutôt que la carte</span></strong></p><p>Si j'écris ça, ce n'est ni pour proposer une solution que je n'ai pas (je suis bien mal placé pour cela), ni pour me plaindre, ni pour culpabiliser. Je ne sais d'ailleurs pas précisément pourquoi je l'écris, et ça n'a pas d'importance. C'est seulement le ressenti qui nait de la conjonction de ces deux événements : cette soirée et ce livre qui disent la même chose de deux manières différentes et parlent de ce monde, ici et maintenant.</p><p>Peut-être qu'une image imprécise, floue, qui vient du coeur et du quotidien vécu, fait plus agir que les paroles doctes des cartographes.</p></div>
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        <title>Les voies de la démocratie sont pénétrables</title>
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        <published>2010-02-28T11:08:13+01:00</published>
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        <summary>Latitude anime les Conseils de Quartier de la Ville de Strasbourg. J'assure l'animation de deux Conseils depuis maintenant plus d'un an. Jeudi dernier avait lieu une réunion ouverte au habitants. L'occasion pour le Conseil de faire un bilan de son...</summary>
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<p><a href="http://www.latitude.fr" title="Site de l'ingénierie de communication Latitude à Strasbourg">Latitude</a> anime les <a href="http://www.vousaussi.org/" title="Site de la démocratie locale de Strasbourg">Conseils de Quartier de la Ville de Strasbourg</a>. J'assure l'animation de deux Conseils depuis maintenant plus d'un an. Jeudi dernier avait lieu une réunion ouverte au habitants. L'occasion pour le Conseil de faire <strong>un bilan de son activité</strong> depuis sa création et de présenter ses axes de travail pour 2010.</p>

<p><strong><span style="font-size: 15px; ">De la Civitas à la Téci</span></strong></p>

<p>Après la présentation, il y a eu un débat. Il s'est focalisé sur les problèmes de <strong>sécurité</strong> d'une partie du quartier, dans ce qu'on appelle communément aujourd'hui la "cité". Je me suis demandé par quels méandres et dérives de sens, ce mot "cité" a pu finir aussi mal, comment on est passé de l'idéal de la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Cité" title="Page Wikipedia sur la Cité">civitas</a> à la téci,. Une sorte d'"<a href="http://fr.wikiquote.org/wiki/Le_Roi_des_aulnes" title="Textes du Roi des Aulnes où Michel Tournier décrit les inversions bénignes et malignes, le passage de l'innocence à la pureté.">inversion maligne</a>", comme la définissait <a href="http://www.academie-goncourt.fr/?membre=1016697272" title="Présenation de Michel Tournier, membre de l'Académie Goncourt">Michel Tournier</a>. Ou alors l'idéal, justement.</p>

<p><strong><span style="font-size: 15px; ">Parcourir le chemin du dialogue</span></strong></p>

<p>J'ai pu me rendre compte à quel point le Conseil de Quartier est un lieu d'<strong>apprentissage du dialogue</strong>. Il y avait une différence tranchée entre les membres du Conseil, qui depuis un an s'exerçaient au <strong>respect de l'autre et à la réflexion collective</strong>, et les habitants qui assistaient à un Conseil de Quartier pour la première fois.</p>

<p>Des individus "leaders" et des représentants d'associations <strong>coupaient la parole, gueulaient, se gargarisaient de leur égo, attaquaient tous azimuts</strong>, et le plus souvent pour ne rien dire. Le reste des habitants se taisaient, contrits.</p>

<p>Pendant ce "round de chauffe" j'observais les membres de Conseil qui, pour la plupart, ne disaient rien, laissant calmement leurs ténors répondre aux piques des plus excités. Ils se sont fabriqué, au fil des mois et des réunions, <strong>la compétence encore trop rare du dialogue</strong>. J'étais fier pour eux, et heureux. Je regrette de ne pas pouvoir, en particulier pour de simples raisons matérielles, organiser les plénières en <strong>cercle de dialogue</strong>.</p>

<table border="0" bordercolor="gray" cellpadding="10" width="500"><tbody><tr><td bgcolor="lavender" style="text-align: left;"><p>Ce qui se <strong>construit</strong> dans un Conseil de Quartier, c'est ni plus ni moins la réalité : on passe de l'opinion, à une perception ouverte et partagée du monde (chacun s'exprime et le jugement est suspendu), donc <strong>nuancée et contradictoire</strong>. Et les membres sont d'une certaine manière "<strong>obligés</strong>" (<em>ob-ligare</em>) de vivre avec.</p><p>On retrouve ce que j'appelle la <a href="http://tenirparole.blog.latitude.fr/tenir_parole/2009/01/préférezvous-le-doute-ou-lomission-.html" title="Note dans laquelle je prends l'exemple d'un fait divers commenté sur internet pour expliquer le concept de réalité floue">réalité floue</a> et qui est tellement caractéristique de notre époque "<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Sousveillance" title="Définition Wikipedia de la sousveillance">sousveillée</a>".</p></td></tr></tbody></table>

<p><strong><span style="font-size: 15px; ">De la Téci à la Civitas</span></strong></p>

<p><strong><span style="font-size: 15px; " /></strong>Au cours de la plénière, parce que deux individus ont confisqué la parole (je devrais dire : monopolisé l'arrogance) et bloqué le débat, j'ai du intervenir pour imposer les règles de prise de parole du Conseil aux habitants. Ca s'est plutôt bien passé, et tout le monde a pu s'exprimer calmement. Très vite, la parole a circulé, la <strong>bienveillance</strong> s'est instaurée, et le débat a commencé à produire des contenus constructifs et utiles.</p>

<p>La réunion s'est terminée autour du verre de l'amitié et les pains surprise. L'<strong>ambiance conviviale</strong> de fin de soirée était chaleureuse et de nos deux impétueux tribuns, l'un s'est drapé dans ses certitudes et marginalisé, l'autre est entré joyeusement dans la fête.</p>

<p>Ce n'était pas une réunion publique exceptionnelle. Les membres du Conseil sont sans doute rentrés chez eux avec une certaine amertume. Ils ne pouvaient pas voir ce qui sautait aux yeux d'un observateur extérieur, <strong>ce qui s'est joué</strong> pendant ces trois heures.</p>

<p>Bravo à ces quelques bénévoles dévoués, à leur talent qui <strong>porte le débat au moins aussi haut que n'importe quel Conseil Municipal</strong>.</p>

<table border="0" bordercolor="gray" cellpadding="10" width="500"><tbody><tr><td bgcolor="lavender" style="text-align: left;"><p>Un conseil de quartier n'est ni l'arène des partis pris, ni une fabrique de consensus. C'est le creuset d'u<strong>n modeste questionnement commun sur ces choses d'apparence simple qui participent à notre vie quotidienne</strong> : l'aménagement d'une place ou d'un parc, un équipement pour les enfants, le trajet d'un bus, un banc pour les personnes âgées, un commerce pas trop loin…</p>

<p>De fil en aiguille ils tissent des avis certes imparfaits, mais ils les ont élaborés ensemble. <span style="-webkit-border-horizontal-spacing: 0px; -webkit-border-vertical-spacing: 0px; ">A la fin d'un débat, on a le sentiment d'avoir répondu à la question le mieux possible, sereinement, avec responsabilité.</span></p>

<p><span style="-webkit-border-horizontal-spacing: 0px; -webkit-border-vertical-spacing: 0px; ">Le Conseil de Quartier  prend ce que la municipalité lui donne à réfléchir et sa pensée chemine lentement vers d'autres terrains : <strong>comment vivre ensemble, peut-on organiser la cité différemment..</strong></span></p></td></tr></tbody></table>

<p />

<p /></div>
</content>


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        <title>Des bleus, des rebonds et des talents</title>
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<p>Il a participé à la victoire de l'équipe de France de Handball aux derniers <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Championnat_d'Europe_de_handball_masculin" title="Présentation du championnat d'Europe de handball sur Wikipedia">championnats d'Europe de handball</a>… après avoir conquis la coupe du monde et obtenu la médaille d'or aux jeux olympiques de Pékin. Une série de victoires unique dans l'histoire de ce sport.</p>

<p>Pourtant, au début de la compétition, <strong>l'équipe a été jugée décevante, tenue en échec par des adversaires de haut niveau</strong>. Elle ne s'est révélée la meilleure que dans les derniers matchs et a remporté brillamment la coupe. Ainsi, au début, étonnés par cette <strong>prestation jugée médiocre</strong> de l'équipe des "experts", les journalistes tartinaient leurs journaux de <strong>spéculations vaines</strong> et pour certains <strong>raillaient</strong>.</p>

<p><strong><span style="font-size: 15px; ">Au-delà de la victoire : le retour</span></strong></p><p>Moi, je me souviens de ce que disait Claude Onesta. Il disait en substance, que cela allait devenir de plus en plus difficile pour l'équipe de France, parce qu'<strong>elle n'avait plus rien à conquérir</strong>, contrairement à ses adversaires. Ce n'était pas la "faute" à l'un ou à l'autre, c'était comme ça, et qu'il fallait s'attendre à ce que l'équipe de France ne reste pas éternellement championne, <strong>qu'elle cède son titre</strong>. Son rôle était de faire en sorte qu'elle le reste le plus longtemps possible.</p>

<p>Il montrait que <strong>perdre n'était pas un déshonneur</strong>, qu'il admirait autant l'adversaire que ses joueurs, que ce n'était pas la victoire qui était le sommet, mais le sport.</p>

<p>Il me faisait penser à cet autre sportif, <a href="http://www.orexios.net/newsite/fr/index.html" title="Site d'Erik Decamp, alpiniste">Erik Decamp</a>, alpiniste et compagnon de <a href="http://www.destivelle.com/" title="Site de Catherine Destivelle">Catherine Destivelle</a>, que j'ai aussi eu le plaisir de rencontrer et qui disait :<strong> l'objectif d'une course en montagne n'est pas le sommet, c'est de rentrer</strong>.</p>

<p><strong><span style="font-size: 15px; ">Confondre positif et négation de la négation</span></strong></p><p>Je ne suis pas du tout sportif et je n'ai pas la télévision. Et pourtant je lis avec délice les témoignages de ces gens qui retirent de leur parcours sportif autre chose que la musculation, la gloire médiatique ou l'argent. <strong>Ils sont des leçons de vie</strong>. Je pèse ce dernier mot, parce que ce dont parle Claude Onesta ou Erik Decamp, c'est tout simplement <strong>le respect de la mort</strong>.</p>

<p><strong>Je crois qu'il n'y a rien de plus digne que de réussir ce qu'on s'est assigné de plus haut pour soi et d'accepter le verdict de ce qui nous dépasse. Qui que nous soyons et quel que soit notre projet.</strong></p>

<p>En parlant de montagne, pour illustrer ce propos, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Carl_Gustav_Jung" title="Présentation de Jung sur Wikipedia">Carl G. Jung</a>, dans "<a href="http://www.cgjung.net/oeuvre/homme_symboles.htm" title="Présentation du livre &quot;l'homme et ses symboles&quot; sur le site dédié à C.G.Jung">L'homme et ses symboles</a>", évoque un de ses patients (je crois) très ambitieux et féru d'alpinisme. Il est mort dans un accident de montagne, d'après des témoins, <strong>en mettant un pied dans le vide</strong>. Lapsus mortel…</p>

<table border="0" bordercolor="gray" cellpadding="10" width="500"><tbody><tr><td bgcolor="lavender" style="text-align: left;"><p>La négation de la mort est le sport favori de notre siècle. Il consiste, somme toute, à <strong>occuper sa pensée à vivre le plus longtemps possible avant de penser à ce qu'on va faire de sa vie</strong>.</p>

<p>C'est tout le drame, je devrais dire la tragicomédie, du monde d'aujourd'hui : il semble communément admis que <strong>ce qui est positif est la négation de la négation</strong>. Mais cette proposition est fausse.</p><p>Le tout petit exemple de Claude Onesta montre que l'acceptation du négatif peut produire une grande victoire.</p></td></tr></tbody></table>

<p><strong><span style="font-size: 15px; ">Vivre pour accomplir son oeuvre à peu près</span></strong></p><p>Ca me fait penser à cette interview de <a href="http://www.salvador-dali.org/fr_index.html" title="SIte consacré à l'artiste Salvador Dali">Salvador Dali</a> qui expliquait que la plupart des gens travaillaient pour vivre, mais que lui, <strong>vivait pour travailler</strong>. Et c'était la raison pour laquelle il faisait de la publicité: la publicité lui apportait beaucoup d'argent en ne faisant pas grand chose en très peu de temps.</p>

<p><strong>Ainsi, disait-il, il pouvait se consacrer trois ans à peindre un tout petit tableau</strong>. Ca a fait beaucoup rire Jacques Chancel qui n'a cessé, pendant toute l'interview, de traiter le peintre comme un toqué. Des coups bas qui auraient mis des bleus au moral à n'importe qui, mais pas à Dali, qui survolait la médiocrité du médiacrate comme on marche au-dessus d'une merde de chien.</p>

<p><strong>Au fond, Claude Onesta et Salvador Dali parlent de la même chose</strong>. De notre projet, du sens de notre vie, notre oeuvre qui nous anime, et <strong>du retour dans l'ombre, une fois l'oeuvre à peu près accomplie</strong>. Ils partagent tous les deux la même vision des choses, la même hauteur, la même sérénité.</p>

<p>Etonnant ? Non. Le talent est lisible partout. Onesta est un exemple pour chacun de nous, chacun de nos petits et grands projets. Je vous donne un truc : quand les journalistes commencent à ricaner, le talent n'est pas loin.</p></div>
</content>


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