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    <title>UNE PAGE PAR JOUR</title>
    
    
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    <subtitle>"Je sens qu'en écrivant je fais ce qui est beaucoup plus nécessaire que tout le reste."Virginia Woolf - 1939"Un poète qui prêterait à toute chose visible ou invisible une égale attention, pareil à l’entomologiste qui s’ingénie à formuler avec précision le bleu inexprimable d’une aile de libellule, ce poète-là serait le poète absolu."Cristina Campo - Les impardonnablesMerci de vos visites, merci de vos commentaires, et merci de me lire ... sans me copier.</subtitle>
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        <title>Pause</title>
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        <published>2009-04-05T03:40:00+02:00</published>
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            <name>Frédéric Doillon</name>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p>Après sept histoires complètes, plus de 200 pages, près de 600 commentaires, plus de 7000 visites depuis sa création,  une position sur <a href="http://www.toutlemondeenblogue.com/" target="_blank">"Tout le monde en blogue"</a>  oscillant entre la 10ème et la 16ème place, alors que ce blog ne parle ni de Sarkozy, ni de web 2.0, ni de sexe, ni de crise financière, cet espace littéraire s'interrompt quelques temps, pour une pause, une respiration, une goulée d'air prise à la surface de l'eau, à la manière des grands cétacés.</p>
<p>Je vous invite à mettre cette pause à profit pour découvrir les histoires que vous n'aviez pas eu le temps de lire, ou de les relire, voire de les rerelire, ajouter quelques commentaires, voter pour vos histoires préférées, noter les pages vers lesquelles vont votre préférences, inviter vos amis à surfer ici, faire de la publicité, en parler à la cafétéria avec vos collègues, y faire allusion si vous passer au journal télévisé de 20 heures ou si vous avez été sélectionnés pour jouer dans le prochain James Bond, etc ...</p>
<p>En guise de table des matières, voici le début de chaque histoire, à suivre page après page :</p>
<p><a href="http://www.unepageparjour.com/2008/08/marie-regarde-les-gar%C3%A7ons.html" target="_blank">Au bord de l'Oise</a></p>
<p><a href="http://www.unepageparjour.com/2008/09/julia-naquit-dans-un-grand-rire.html" target="_blank">Le rosier de Julia</a> </p>
<p><a href="http://www.unepageparjour.com/2008/11/lola-go%C3%BBtait-avec-d%C3%A9lice.html" target="_blank">Habélard et Lola</a> </p>
<p><a href="http://www.unepageparjour.com/2009/01/a-sa-descente-du-bus-21.html" target="_blank">Armance Desnoizel</a> </p>
<p><a href="http://www.unepageparjour.com/2009/01/b-sentait-que-la-solitude.html" target="_blank">Kira B. Wassa</a> </p>
<p><a href="http://www.unepageparjour.com/2009/03/les-hommes-sont-partis-au-petit-jour.html" target="_blank">Nono</a> </p>
<p><a href="http://www.unepageparjour.com/2009/03/natasha-jeune-femme-lumineuse.html" target="_blank">Pierres et Natasha</a>  </p></div>
</content>


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        <title>Natasha s’assit sur le lit</title>
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        <published>2009-04-04T06:16:00+02:00</published>
        <updated>2009-04-04T06:16:00+02:00</updated>
        <summary>Pour lire le début de "Pierres et Natasha" Natasha s’assit sur le lit, le dos appuyé contre les pierres, laissant à ses larmes amères le droit de couler sur ses joues. Fatiguée. Elle essayait de se rappeler de la veille,...</summary>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p><a href="http://www.unepageparjour.com/2009/03/natasha-jeune-femme-lumineuse.html" target="_blank">Pour lire le début de "Pierres et Natasha"</a> </p>
<p>Natasha s’assit sur le lit, le dos appuyé contre les pierres, laissant à ses larmes amères le droit de couler sur ses joues. Fatiguée. Elle essayait de se rappeler de la veille, du dernier soir, de la télé éteinte, de son monologue, quand Pierre s’était déjà couché, en catimini, des pages feuilletées au hasard, des minutes de la nuit qui s’égrenaient, de l’ennui, du somnifère posé sur la table, de  l’attente.</p>
<p>Natasha rembobinait les vieux films des années, des plages abandonnées, des mers palotes, des longs ciels gris. De l’ennui en pente douce, agglutiné au fil des jours, comme ces mousses soufflés dans le désert, qui grossissent au gré des vents contraires. </p>
<p>L’arrête des pierres, malgré l’épaisseur du peignoir, donnait dans son dos des petits coups de canif, pointus, serrés, qui lui faisait mal, à la longue, et la ramenait dans cette réalité étrange, surgit de nulle part. Elle soupirait, mais la continuité du temps lui demandait de se relever, de se doucher, de s’habiller, de prendre un petit déjeuner dans le jardin fleuri, de cueillir quelques poignées de cerises, de chauffer les casseroles pour les confitures, de tourner lentement avec la grande cuillère de bois dans la pulpe chaude des fruits chantant.</p>
<p>Le mur devenait mirage, idée, concept, affadi par tous ces moments ténus d’occupation. Trier les fruits mûrs, les fruits pourris, les fruits véreux, les fruits à demi dévorés par les merles, les fruits trop verts, les fruits trop fermes, les fruits trop mous. Ecumer. Ecumer encore. Ecumer encore et encore, retirer des paquets et des paquets de mousse. Pour ne conserver que le nectar du fruit. L’essence goûteuse et odorante. Et verser avec soin dans les bocaux stérilisés. Paraffiner. Couvrir. Etiqueter. Ranger. Se baisser. Se relever. Ouvrir. Refermer. Mille mouvements, accompagnés de mille bruits.<br />Elle songea un instant poser les pots de confiture sur le mur. Quelle idée ! Elle se demandait finalement si ce mur étrange, entré dans sa vie par effraction, n’était pas déjà là depuis le début, invisible, impalpable, broyé par l’ombre, mais dont la structure s’était ancré depuis longtemps dans son paysage quotidien. </p>
<p>Le soir tombait, avec la langueur des tout débuts d’étés, irisant le ciel d’un rose nacré, comme des éclaboussures de coquillage jetées au hasard. Le soir, puis la nuit. Une nuit que Natasha devait apprivoiser, une nuit nouvelle, une nuit couleur de pierres.</p>
<br />
<p style="text-align: center"><span style="FONT-SIZE: 14px; FONT-FAMILY: Trebuchet MS" /><strong><span style="FONT-SIZE: 16px; FONT-FAMILY: Trebuchet MS">FIN DE L'HISTOIRE</span></strong><br /></p>
<p style="text-align: center"> </p></div>
</content>


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        <title>A la place de Pierre</title>
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        <published>2009-04-03T06:27:00+02:00</published>
        <updated>2009-04-03T06:27:00+02:00</updated>
        <summary>Pour lire le début de "Pierres et Natasha" A la place de Pierre se dressait un mur. Au milieu du lit. Un mur de pierres plates, ocres, mal scellées, qui dissimulait à Natasha une partie de la fenêtre. Elle s’était...</summary>
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<p>A la place de Pierre se dressait un mur. Au milieu du lit. Un mur de pierres plates, ocres, mal scellées, qui dissimulait à Natasha une partie de la fenêtre. </p>
<p>Elle s’était retournée à demi, la tête légèrement levée, tournée au dessus de son épaule, tirant sur sa nuque, le regard à mi-hauteur.</p>
<p>Il y avait ce mur. Comme un rêve embué, un cauchemar dont elle chercherait à s’enfuir. Mais le mur gisait, inerte, lourd. Dans sa gorge, les cris de sortaient pas, une boule de feu raclait sa trachée, sa langue restait coincée, prisonnière d’une angoisse soudaine. </p>
<p>Il y avait un mur.</p>
<p>Natasha se mit sur son séant. Se releva. Sortit du lit. Elle était debout, frissonnante dans sa chemise de nuit, sans regarder le lit, les yeux rivés vers la porte, pour s’échapper. Elle courait dans le couloir, déjà, elle appelait Pierre. Elle était dans la cuisine vide. Elle jaillissait dans le jardin baigné de lueur matinale. </p>
<p>« Pierre ! Pierre ! ».</p>
<p>Seuls les merles du cerisier pouvaient lui répondre, l’œil tout rond, imperturbable. Elle tournait autour de la pelouse, autour des plates-bandes de fleurs rouges, autour de l’arbre. Elle tomba, prise de vertige. Elle tomba, face contre terre, le nez dans l’herbe, à plat ventre, sur le sol gorgé de rosée fraîche. Elle resta ainsi, comme une morte, inerte, laissant ses pensées s’enfuir de sa tête douloureuse.</p>
<p>Mais le froid finit par manger son ventre. Malgré les caresses douces du matin de soleil. Il lui fallait bien se relever, affronter le rêve de nouveau, retourner voir, corrompre la vision à la lumière de sa raison.</p>
<p>Elle grelottait. Jusqu’au cœur de la maison. </p>
<p>« Pierre ! Pierre ? ».</p>
<p>Dans la salle de bain, elle enfila son vieux peignoir usé, par-dessus la chemise de nuit imbibée des pleurs de la nuit. Elle fit un pas, puis deux, vers la chambre. Trouant de sa respiration rauque l’horrible silence.</p>
<p>La persienne versait des flots de soleil. Mais d’un seul côté. Le mur était bien là, bien réel, dur, rêche, sous ses mains effarées. A la place de Pierre. <br /></p></div>
</content>


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        <title>Le petit jour</title>
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        <published>2009-04-02T05:32:00+02:00</published>
        <updated>2009-04-02T05:32:00+02:00</updated>
        <summary>Pour lire le début de "Pierres et Natasha" Epilogue Le petit jour filtrait à travers les persiennes de bois, un petit jour gris et sale, signe de mauvaise journée, de temps pluvieux, de ciels poussiéreux, de pigeons ternes. Natasha s’éveillait...</summary>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p style="text-align: left; TEXT-ALIGN: center"><span style="FONT-SIZE: 16px; FONT-FAMILY: Trebuchet MS"><a href="http://www.unepageparjour.com/2009/03/natasha-jeune-femme-lumineuse.html" target="_blank"><font size="2">Pour lire le début de "Pierres et Natasha"</font></a><font size="2"> </font></span></p>
<p style="TEXT-ALIGN: center"><span style="FONT-SIZE: 16px; FONT-FAMILY: Trebuchet MS"><strong>Epilogue</strong></span></p>
<p>Le petit jour filtrait à travers les persiennes de bois, un petit jour gris et sale, signe de mauvaise journée, de temps pluvieux, de ciels poussiéreux, de pigeons ternes.</p>
<p>Natasha s’éveillait doucement, la tête voilée d’une migraine légère, symptôme de l’âge, peut-être, des vieilles fatigues, des lassitudes passées. Le drap et la couverture tiraient du côté de Pierre, dans son dos, et une fissure d’air, vers ses genoux, lui donnait une sensation de fraîcheur désagréable. Mais il dormait encore, lui semblait-il, et il lui répugnait de risquer de le réveiller en retirant l’ensemble vers elle. Il grognerait, se lèverait de mauvais poil, et traînerait des pieds, tout le reste du dimanche. Il valait mieux se rendormir, jusqu’à la sarabande des cloches de l’église, annonçant la messe et dix heures.</p>
<p>Pourtant, quelque chose d’autre la dérangeait. </p>
<p>La clarté ? </p>
<p>Elle rouvrait les yeux. De sa position, elle apercevait une partie du plafond de la chambre. Des ellipses jaunes, de place en place, trouaient l’ombre. Comme un matin de soleil. </p>
<p>D’ailleurs, elle entendait les merles chanter dans le cerisier. Le ciel serait-il limpide, clair, aérien ? Percé de soleil et d’espoirs lumineux ? </p>
<p>Elle refermait ses paupières, bercée par les litanies joyeuses des oiseaux du jardin. Elle pensait aux cerises, aussi, qu’il serait temps de cueillir. Profiter du dimanche pour en remplir le vieux panier d’osier. Sortir les casseroles de cuivre. La mousse frémissante et chaude, au dessus des fruits odorants. Les pots retournés sur le torchon blanc. </p>
<p>Pourtant, il y avait bien quelque chose qui la dérangeait.</p>
<p>Les ellipses ensoleillées rampaient lentement sur le plafond, et descendaient sur les premières ramures du papier peint fleuri. Elle s’amusait à les compter.  Une pénombre inhabituelle, peut-être ? Un clair-obscur, un mélange curieux de soleil pâle et de grisé pluvieux. Comme des larmes dans un rire. Imperceptible.</p>
<p>Un mur.<br /></p></div>
</content>


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        <title>Le soir venu</title>
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        <published>2009-04-01T04:56:00+02:00</published>
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        <summary>Pour lire le début de "Pierres et Natasha" Le soir venu, à l’issue d’un dîner riche en fruits de mer, poissons grillés, coquillages farcis et huîtres fraîches, la tête un peu ivre, les jeunes mariés se retrouvent dans leur minuscule...</summary>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p><a href="http://www.unepageparjour.com/2009/03/natasha-jeune-femme-lumineuse.html" target="_blank">Pour lire le début de "Pierres et Natasha"</a> </p>
<p>Le soir venu, à l’issue d’un dîner riche en fruits de mer, poissons grillés, coquillages farcis et huîtres fraîches, la tête un peu ivre, les jeunes mariés se retrouvent dans leur minuscule chambre d’hôtel, sous le toit, mansardé, mais avec une vue magnifique sur les falaises.</p>
<p>Ils restent longtemps, ainsi, accoudés côte à côte à la fenêtre, à regarder les paquets de nuits scintiller dans les auréoles de lumière que distillent, par endroits, des lampadaires discrets. Après les humeurs du jour, le calme de la soirée repose leurs corps et leurs âmes. En silence. </p>
<p>Machinalement, Natasha passe sa main dans les cheveux de son mari.</p>
<p>« Oh ! c’est drôle ! ». </p>
<p>Elle s’étonne, de quelque chose. Elle sent comme, elle ne saurait pas dire exactement. Du plat de sa main, elle le brosse un peu, pour voir. </p>
<p>« On dirait des pellicules ? ».</p>
<p>Sur ses épaules, une fine poussière pâle, éclairée par les lueurs de la lune, se détache de l’ombre. Natasha recommence. Il en tombe un peu plus, qui s’éparpille sans bruit.</p>
<p>Etonné, Pierre regarde à son tour. Sans comprendre.</p>
<p>«  - C’est du sable, sans doute, explique-t-elle, quand tu es allé sur la plage.</p>
<p>- Mais il n’y avait pas de sable. Des galets, c’est tout. ».</p>
<p>Natasha hausse les épaules et, sur une pirouette, disparaît dans la salle de bain, sous une douche chaude, réconfortante, que Pierre rejoint à son tour.</p>
<p>Les poussières blanches sont bien vite oubliées, dans les fou-rires, les galipettes joyeuses et le sommeil de plomb qui les anéantit l’un et l’autre, jusqu’à ce que les jacasseries des goélands, postés comme des commères sur le toit, ne les tirent de leurs rêves, pour une nouvelle journée, que Natasha souhaite aussi palpitante que la précédente, si ce n’est davantage.<br /></p></div>
</content>


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        <title>Et la jeune femme s’élance dans la mer</title>
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        <published>2009-03-31T04:00:00+02:00</published>
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        <summary>Pour lire le début de "Pierres et Natasha" Et la jeune femme s’élance dans la mer, avant qu’il puisse avoir l’idée d’esquisser le moindre geste pour essayer de la retenir. Elle nage. Elle nage, à toute vitesse, même, malgré sa...</summary>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p><a href="http://www.unepageparjour.com/2009/03/natasha-jeune-femme-lumineuse.html" target="_blank">Pour lire le début de "Pierres et Natasha"</a> </p>
<p>Et la jeune femme s’élance dans la mer, avant qu’il puisse avoir l’idée d’esquisser le moindre geste pour essayer de la retenir. Elle nage. Elle nage, à toute vitesse, même, malgré sa robe qui se gonfle de vent et d’eau, laissant Pierre indécis. La rattraper, au risque de couler avec elle, ou l’attendre, avec ses vêtements secs. Il pense bêtement qu’ils n’ont pas pris de serviette de bain, pour la frictionner à son retour.</p>
<p>Stoïque, les orteils au ras des vaguelettes qui soupirent entre les galets, les yeux rivés sur Natasha, dont la course s’estompe, de manière presque imperceptible, au début, puis de plus en plus vite, dans la monotonie des vagues, Pierre patiente. La robe, presque grise, s’étale sur la mer, à la façon d’une large voile blanche, qu’un navire échoué aurait abandonné, avant de s’enfoncer dans le creux de l’abîme. </p>
<p>Natasha relâche enfin son combat contre les forces liquides. Epuisée, sans doute, elle se met sur le dos, et se laisse portée, les bras en croix, bringuebalée au gré du mouvement des flots, les yeux bien clos, les lèvres très bleues, croisant sans vraiment s’en apercevoir les deux mouettes blanches, paisibles. </p>
<p>Elle s’échoue sur le rivage, de côté, un pan de sa robe recouvrant à demi son visage, si pâle. Pierre veut la porter, mais elle pèse soudain très lourd, comme une morte. Tournant la tête à droite, à gauche, il regrette, à cet instant, que les touristes des terrasses ne se soient pas amassés sur cette plage, pour l’aider à la transporter. Il la sert contre lui, la robe est comme une éponge, des tonnes d’eau de mer glacée ruissellent contre son ventre, le long de ses cuisses, sur ses pieds, et s’écoulent dans un suintement moqueur, entre les galets de la plage.</p>
<p>Il l’étend un peu plus haut, là où la civilisation a su construire un parapet de béton, à la surface douce, un peu réchauffée par les rayons du soleil. Tant bien que mal, il parvient à lui ôter sa robe de mariée, et à lui enfiler ses vêtements secs. Une nouvelle fois, surpris, il s’étonne de ces grosses fraises rouges qui chantent sur ses sous-vêtements. Enfin, elle rouvre les yeux, timidement, les joues un peu rosées, les lèvres moins violettes. Son regard lumineux, vibrant, ne prête guère d’attention aux yeux pleins de reproches de Pierre.</p>
<p>« - Si tu savais, qu’est-ce que c’était bon ! C’était comme si j’avais fait l’amour avec la mer ! ».</p>
<p>Puis elle entoure le cou de son mari de ses bras frais, encore humides, attire vers sa bouche son visage anxieux, et lui donne un long baiser, salé et langoureux.</p></div>
</content>


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        <title>Pierre ! Pierre !</title>
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        <published>2009-03-30T03:57:00+02:00</published>
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        <summary>Pour lire le début de "Pierres et Natasha" « - Pierre ! Pierre ! ». Natasha accourt, agitant la main. Mais ses pieds glissent sur les pierres rondes, ses jambes se tordent, tout son corps, à la recherche d’un équilibre...</summary>
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<p>«  - Pierre ! Pierre ! ». </p>
<p>Natasha accourt, agitant la main. Mais ses pieds glissent sur les pierres rondes, ses jambes se tordent, tout son corps, à la recherche d’un équilibre aléatoire, danse, comme un funambule, sur cette plage si étrange. Il s’est levé, pour aller à sa rencontre.</p>
<p>«  - Donne moi le sac, que j’enfile la robe ! », semble s’impatienter Natasha.</p>
<p>Pierre s’immobilise. Il ne comprend pas. Elle lui arrache sa vieille besace usée, l’ouvre avec précipitation, et en retire sa robe blanche, qu’elle secoue dans le petit vent, pour en déplier tous les recoins, les frous-frous des manches, la traîne légère, le faux-cul, la cascade de jupons. Deux mouettes qui s’étaient approchées, curieuses, se retirent précipitamment, apeurées par les grandes ailes immaculées de la robe. </p>
<p>« - Mais … ». </p>
<p>Pierre ne termine pas sa pensée. Sa femme a retiré son tee-shirt avec désinvolture et se dévêt de son jean de la même manière. Sans prêter attention si des gens … les mouettes reviennent, un peu timides. Pierre laisse ses bras inutiles se balancer le long de son corps. Il aperçoit soudain les grosses fraises rouges qui s’arrondissent sur les fesses de Natasha. Il soupire. Elle disparaît, sous les nuages de soie et de tulle. Puis sa frimousse rieuse réapparaît, comme par magie, et le reste de la robe épouse son corps, comme il faut, sans bosses ni plis. </p>
<p>«  - Tu vois, ce n’était pas bien compliqué ! Et arrête de faire cette tête d’enterrement, à la fin ! C’est notre voyage de noce, quand même, non ? On a bien le droit de rigoler !</p>
<p>- Oui, mais, les gens …</p>
<p>- Les gens, quels gens ? coupe-t-elle, en tournant sur elle-même, pour faire gonfler sa robe dans les caresses de la brise marine. Tu viens, on va dans l’eau ! ».</p>
<p>Pierre ramasse le sac, devenu plus léger, et les vêtements de Natasha, encore chauds. Il la suit. <br />Ils longent le rivage, laissant leurs pieds brûler sous les baisers glacés de la mer, malgré le regain de soleil, qui a su déchirer le voile du ciel. L’écume frissonnante s’amuse à  déposer sur leur cheville des liserés de mousse blanche, qui s’envolent par petits paquets, au contact du vent et de la marche.</p>
<p>«  - Ha ! Tu sens comme ça fouette le sang ! C’est d’un bien fou, non ? ». </p>
<p>Natasha ne s’adresse pas à Pierre, elle se parle à elle-même, plutôt, avalant par grande gorgée des litres et des litres d’atmosphère iodée. Mais le piquant de cette promenade ne semble plus lui suffire, soudain, et, la moue boudeuse, le regard à demi lascif, se frottant contre lui, elle minaude :</p>
<p>«  - Et si on se baignait ? Ce serait dingue, non ?</p>
<p>- Dingue, oui. », répond Pierre, sans avoir compris qu’il s’agissait d’une invitation. </p>
<p><br /> </p></div>
</content>


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        <title>La porte refermée</title>
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        <published>2009-03-29T04:46:00+02:00</published>
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<p>La porte refermée, Pierre se sent seul, une seconde fois. Il marche à petits pas, un peu maladroit. Il s’arrête au pied du vieil if. Etonné, il caresse l’endroit fouillis où la chair rouge de l’arbre se mélange aux pierres du mur. Pas de blessure. Non, un mariage, une boursouflure douce, heureuse, chaude sous la peau de ses doigts. </p>
<p>La mer s’étale au bout de la rue. De loin, il peut en distinguer les ourlets, les bosses et les creux, les crêtes blanches, immobiles, qui strient la surface infinie. Le sac sur l’épaule, il traverse la ville dans l’autre sens, devenue plus tranquille. Les touristes se massent sur les terrasses, c’est l’heure du goûter, des crêpes et des gaufres, et les marmailles se tiennent tranquilles, une paille entre les dents pour siroter leurs sodas. Pierre sifflote, heureux, sans doute, la tête imprégnée de ce petit vent frais de la marée qui monte. </p>
<p>La plage. Si vide, qu’il en frissonne. Malgré le printemps. Le ciel a troqué son bleu de lumière contre un gris pâle, pastel, qui s’estompe dans la morsure de la mer. Les éléments fusionnent, dans cette étreinte invisible, infinie, qu’ils cachent d’un voile, comme mus par une pudeur désuète.  </p>
<p>Pierre s’assoit face à la mer, comme Natasha le lui a demandé, à même les galets froids, ronds et durs, multicolores, dans leurs camaïeux de gris et de bruns. La plage fait comme des vagues, elle aussi, pour imiter la mer. Les crêtes de galets ondules, frémissantes, jusqu’à se jeter dans la barre blanche du ressac, dans le hurlement diffus des cailloux bousculés par la puissance de l’eau. Plus loin, au-delà des cris d’écumes, la respiration de la mer monte, et descend, avec force, comme un monstre endormi dont la poitrine haletante résonnerait de mille combats. Le spectacle est sidérant, le mélange d’un tumulte issu des premiers mondes, et l’écho du silence. Le reste s’efface.</p>
<p>Recroquevillé sur lui-même, à côté de son vieux sac de sport, Pierre, au loin, comme un galet parmi les galets, attends Natasha, les yeux perdus, entre les gris liquides et les pastels gazeux, entre le ciel et la mer, entre la sève brûlante, et l’esprit minéral. Pierre.  </p>
<p><a href="http://frederic.typepad.fr/.a/6a00d8341d4e8353ef011168fc732a970c-pi" style="DISPLAY: inline"><img alt="Etretat" border="0" class="at-xid-6a00d8341d4e8353ef011168fc732a970c image-full " src="http://frederic.typepad.fr/.a/6a00d8341d4e8353ef011168fc732a970c-800wi" title="Etretat" /></a> </p>
<p>Un grand merci à <a href="http://www.luciepiriou.com/" target="_blank">Lucie Piriou</a>, pour cette image magnifique !<br /></p></div>
</content>


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        <title>L’endroit, ombragé, loin de la foule</title>
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        <published>2009-03-28T02:01:00+01:00</published>
        <updated>2009-03-28T02:01:00+01:00</updated>
        <summary>Pour lire le début de "Pierres et Natasha" L’endroit, ombragé, loin de la foule, chante comme un havre de paix. De jeunes fougères, la tige en forme de crosse, poussent tranquilles, sous la protection d’un if centenaire, au tronc encastré...</summary>
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<p>L’endroit, ombragé, loin de la foule, chante comme un havre de paix. De jeunes fougères, la tige en forme de crosse, poussent tranquilles, sous la protection d’un if centenaire, au tronc encastré sous les pierres dorés d’un vieux mur. </p>
<p>« - Regarde ! ».</p>
<p>Natasha, bien droite, solennelle, présente à Pierre la devanture riante d’une lingerie fine. Médusé, il aperçoit des nuisettes légères, suspendues comme des marionnettes par des fils invisibles, qui semblent danser avec des pyjamas de coton, couverts de lapins aux larges sourires et aux oreilles pointus, et des culottes, des slips, des strings de toutes les couleurs, épinglés au mur de la vitrine, comme autant de papillons exotiques, qui s’amusent comme des fous, dans un brouhaha multicolore. Quelques soutiens-gorge, généreux malgré leur air plus grave, s’affichent sur des modèles sans tête à la peau bleue. Plus loin, derrière la vitrine, il devine des recoins sombres, des cabines à demi dissimulées par des rideaux cramoisis, dans lesquelles les clientes peuvent essayer à loisir cette foule bigarrée de sous vêtements chatoyants.</p>
<p>Natasha est aux anges !   </p>
<p>«  - Viens ! Entre ! Tu vas me dire ce qui me va le mieux. Moi, j’aime beaucoup cet ensemble tout blanc, avec les grosses fraises. Juteuses à croquer. Ce serait marrant, non ? ».</p>
<p>Pierre fronce les sourcils. Il hoche la tête, regarde Natasha, la vitrine, le sac gonflé par la robe blanche. Un chuintement d’eau, quelque part, tinte dans le silence de la rue. </p>
<p>«  - Non, je ne sais pas, on va croire qu’on veut voler quelque chose, avec le sac.</p>
<p>« - N’importe quoi ! On le donne à la dame en entrant. Allez, viens ! ».</p>
<p>Il hésite, emprunté, les semelles engluées dans l’asphalte du trottoir, les os comme soudés, l’esprit buté sur son refus.</p>
<p>« Allez ! Fais-moi plaisir ! ». </p>
<p>Il refuse. Il esquisse un demi-tour, la tirant de l’autre côté. Natasha se dégage, presque fâchée. Quelques secondes s’écoulent, puis, d’un air décidé, elle pousse la porte vitrée de la boutique, déclenchant le murmure d’un carillon d’argent.</p>
<p>« Rendez-vous face à la mer ! », lui crie-t-elle, avant de disparaître dans l’atmosphère feutrée de la boutique, accueillie par une commerçante avenante et large, les bras grands ouverts, tout sourire.<br /></p></div>
</content>


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        <title>L’animation du centre ville</title>
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        <published>2009-03-27T01:16:00+01:00</published>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p><a href="http://www.unepageparjour.com/2009/03/natasha-jeune-femme-lumineuse.html" target="_blank">Pour lire le début de "Pierres et Natasha"</a> </p>
<p>L’animation du centre ville d'Etretat bourdonne à ces oreilles. Coincé dans la foule, il perd Natasha de vue. Il l’a vu tourner, au détour d’une ruelle. Vide ! Des badauds, imposants et lourds, chargés de souvenirs et de glaces à la vanille, le regardent, étonnés. Pierre arpente les rues bondées, traverse les terrasses de café, se fraie un passage entre les tourniquets de cartes postales et les grosses dames, heurte encore quelques pères de famille, de plein fouet. Un vendeur de kebab, haranguant la foule, lui propose un sandwich avec le sourire, qu’il refuse d’un geste las. </p>
<p>Un vieux cheval, harnaché à une charrette à touristes d’un autre âge, renâcle son ennui, les yeux cachés par deux carrés de feutre noir. Le soleil fait des flaques, sur le sol, devant lui, qu’il essaye d’attraper d’un coup de sabot. Pierre s’arrête, à sa hauteur, car il constate qu’un morceau de tulle blanc s’échappe du sac. Il s’agenouille, tire sur la fermeture éclair qui refuse de s’ouvrir davantage, s’énerve. </p>
<p>« Hé, mon gars, faut pas rester là, près de mon cheval. Après, on va se plaindre d’avoir pris un coup dans la tête. Sérieux, mon gars, faut pas rester là ! ».</p>
<p>Pierre soupire, une nouvelle fois. Il traverse la placette, s’assoit sur un banc, et se décide à replier complètement la robe de mariée de Natasha. A l’aide d’un trombone, d’un peu de sueur et de quelques minutes de patience, enfin, le sac s’ouvre. Il en sort la soie blanche en boule, et l’étale sur le banc, bien à plat, lissant avec ses paumes le tissu éclaboussé de soleil. Il cligne des yeux. Des enfants s’approchent, curieux, sans rien dire. Il plie, les manches, le col, le bas de la robe. Il hésite, avec les frous-frous. </p>
<p>Un rire clair le tire de sa concentration. Natasha, les mirettes illuminés de lumière et d’amour, le regarde, d’un air mutin et enjoué, tandis que sa langue, dans un joyeux va-et-vient, s’amuse sur une grande glace italienne d’un rose fluorescent.     </p>
<p>«  - J’ai gagné ! ».</p>
<p>Pierre hausse les épaules. Mais il n’est pas si mécontent ! Et d’un, il a pu ranger cette robe comme il faut, et de deux, il a retrouvé sa femme. </p>
<p>«  - Viens, je vais te montrer ce que j’ai gagné ! Si tu veux, on pourra partager.</p>
<p>- Partager quoi ?</p>
<p>- Viens, tu vas voir ! ».</p>
<p>Elle le tire par la main, et l’entraîne dans l’une des rues adjacentes, sautillant comme une mésange dans la douce lumière de ce début d’après-midi de juin, printanier et heureux.</p><br />
<p><br /> </p></div>
</content>


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        <title>Viens ! Allons tout de suite voir les falaises !</title>
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        <published>2009-03-26T07:27:00+01:00</published>
        <updated>2009-03-26T17:59:46+01:00</updated>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p><a href="http://www.unepageparjour.com/2009/03/natasha-jeune-femme-lumineuse.html" target="_blank">Pour lire le début de "Pierres et Natasha"</a> </p>
<p>« - Viens ! Allons tout de suite voir les falaises ! », s’écrie Natasha en courant, les joues rouges comme des cerises. Pierre suit, le bras endolori par le sac de sport. Cela pèse lourd, une robe de mariée, mine de rien ! Ils grimpent  vers le ciel bleu. Des goélands trouent l’azur, en poussant des cris stridents, pour leur montrer le chemin. Ils tournent en rond, s’en vont et reviennent, planent autour d’eux, frôlant la chevelure de Natasha qui flotte au vent, foncent sur Pierre, puis se ravisent au dernier moment, dans un virage fou, qui les amènent tout droit vers le soleil. Entre leurs jacasseries, entre les rires de Natasha, Pierre croit distinguer la plainte de la mer, quelque part.</p>
<p>Et soudain, c’est l’extase, le grand cri de Natasha, les bras levés en croix, elle tombe à genoux.</p>
<p>« Les falaises ! Comme c’est beau ! Plus beau qu’en photos ! ».</p>
<p>Les aiguilles de craie blanche, les trouées bizarres par lesquelles la mer jette un œil étonné, le blanc violent, vif, aveuglant, le mélange des bleus, des verts, des turquoises, des émeraudes, au creux du gouffre, tout est là, offert, pour eux seuls. Des poignées de touffes d’herbes, au bord du vide, frissonnent dans le vent. Le reste est silence, même les grandes mouettes, devenues dignes, passent sans un bruit, immobiles.</p>
<p>Les jeunes mariés retiennent leur souffle. Ils se couchent sur le sol, à la frontière du néant, la tête plongée dans l’abîme, enivrés par la danse singulière des éléments.</p>
<p>Au loin, des bateaux minuscules jouent avec la ligne de l’horizon, inconscients du spectacle héroïque qui se déroule ici. Même si Natasha, l’âme revigorée, les sens en éveil, émet le souhait de continuer sur la crête.</p>
<p>Pierre soupire un peu.</p>
<p>«  - On est bien, là. ».</p>
<p>Natasha se résigne, mais elle aimerait découvrir d’autres points de vue. Voir l’autre côté des choses. Comme le soleil qui tourne tout le jour autour de l’aiguille, qui la regarde sous toutes ses faces, qui l’examine dans ses moindres recoins. Et la mer ne porte-t-elle pas d’autres robes, de l’autre côté ? D’émeraude, ne vire-t-elle pas au mauve, ou au gris, voire à l’indigo, dans ses côtés sombres ? De dépit, elle se tourne sur le dos, les yeux plantés droit dans les nuages blancs, qui s’amoncellent au dessus d’eux. Puis elle commence à rouler, tout doucement, dans un lent va-et-vient, et de plus en plus vite, jusqu’à se lancer dans un joyeux roulé-boulé, qui l’amène à dévaler tout le talus herbu, jusqu’au petit chemin de ronde qu’ils avaient suivi en arrivant. Elle se relève, les cheveux en bataille, les vêtements couverts de graminées, quelques écorchures aux mains et part au sprint vers le village.</p>
<p>«  - Attrape-moi si tu peux ! Nanananère ! ».</p>
<p><br />Pierre, à regret, quitte des yeux les tourbillons liquides et se met à sa poursuite, en clopinant, le bras toujours chargé de ce foutu sac de sport.<br /></p></div>
</content>


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        <title>Dans un rire franc</title>
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        <published>2009-03-25T06:16:00+01:00</published>
        <updated>2009-03-26T17:59:28+01:00</updated>
        <summary>Pour lire le début de "Pierres et Natasha" Dans un rire franc, tirant grand les rideaux épais de leur chambre nuptiale, Natasha, nue, le teint frais et la peau rosée, ne prend pas garde aux regards des tourterelles, qui s’envolent...</summary>
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            <name>Frédéric Doillon</name>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p><a href="http://www.unepageparjour.com/2009/03/natasha-jeune-femme-lumineuse.html" target="_blank">Pour lire le début de "Pierres et Natasha"</a> </p>
<p>Dans un rire franc, tirant grand les rideaux épais de leur chambre nuptiale, Natasha, nue, le teint frais et la peau rosée, ne prend pas garde aux regards des tourterelles, qui s’envolent dans un bruissement d’ailes, par pudeur. Elle s’agite sous les rayons du soleil matinal, tourbillon de bonheur autour du lit, tandis que Pierre, étendu sur le dos, les jambes croisés, laisse ses yeux suivre tranquillement les fines lézardes bleutées du plafond. </p>
<p>Natasha roule sa robe blanche, dans une forme de boule mousseuse, au contour irréel, qu’elle tente, tant bien que mal, d’ajuster dans un vieux sac de sport. </p>
<p>«  - Toi, tu as de la chance, tu peux garder ton costume pour aller à Etretat, mais je ne vais pas me balader sur les galets, ni escalader les falaises, ni sucer des moules avec ma robe de mariée, non ?</p>
<p>- Non. », répond Pierre, pas certain non plus de devoir garder cet habit un peu trop voyant pendant leur séjour normand.</p>
<p>A midi, il est trop tard pour prendre le petit déjeuner. L’hôtelier dodeline de la tête, pour signifier son refus, d’un air un peu agaçant, qui a le don d’exaspérer Natasha. La note de la chambre réglée, elle quitte l’établissement la tête haute, l’air fâché et les lèvres pincés, à pas rapide. Pierre suit, le sac de sport posé sur l’épaule avec nonchalance. Il porte toujours son smoking de marié, même s’il a troqué sa chemise blanche amidonnée contre un vieux tee-shirt délavé, qui baille autour du cou.</p>
<p>A Saint-Lazare, le train, impatient, fait mine de les garder à quai. La sirène de départ déchire l’air, moqueuse, pendant que Natasha, soufflant et pestant, parvient à donner un dernier coup de rein pour s’accrocher à la portière, chevelure au vent. Pierre la rattrape, et ils s’étalent tous les deux dans une curieuse mêlée à l’entrée du compartiment ; le sac de sport s’est déchiré et la robe blanche s’évapore par toutes les coutures. Un couple de canards, enfermés dans un carton, cancanent comme deux commères devant ce joyeux spectacle, qu’ils observent à travers les trous grossiers qu’on a percés pour leur permettre de respirer. Natasha éclate de rire à son tour, pendant que Pierre, un peu gêné, se hâte de réparer les dégâts.    </p>
<p>« - Bon voyage à tous ! » s’écrie la jeune femme, à la cantonade.</p>
<p>Les passagers lèvent le nez de leur magazine, étonnés, puis, souriant, se mettent à discuter, raccourcissant d’un coup le temps du trajet. Pierre se remet peu à peu de ses émotions et ose un timide « A bientôt ! », à leur descente du train, en gare d’Etretat. <br /></p></div>
</content>


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        <title>Pierre ne sait pas vraiment danser</title>
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        <published>2009-03-24T02:21:00+01:00</published>
        <updated>2009-03-26T17:59:09+01:00</updated>
        <summary>Pour lire le début de "Pierres et Natasha" Pierre ne sait pas vraiment danser. Il trimballe son grand corps rigide, par saccade, d’un bout à l’autre de la piste, en dehors du rythme, sautant quand il faudrait glisser, s’arrêtant net...</summary>
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            <name>Frédéric Doillon</name>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p><a href="http://www.unepageparjour.com/2009/03/natasha-jeune-femme-lumineuse.html" target="_blank">Pour lire le début de "Pierres et Natasha"</a> </p>
<p>Pierre ne sait pas vraiment danser. Il trimballe son grand corps rigide, par saccade, d’un bout à l’autre de la piste, en dehors du rythme, sautant quand il faudrait glisser, s’arrêtant net quand la musique reprend de plus belle, et soudain, il s’élance, comme un fou, emportant Natasha dans une série de virevoltes insensées, sans queues ni têtes, déclanchant l’hilarité de toute sa belle-famille, amassée comme des badauds, sifflant des « oh ! » et des « ha ! », mi-moqueurs, mi-étonnés. On applaudit, quand même ! Pierre, en sueur, s’effondre comme une masse sur une chaise, laissant aux autres le soin d’entraîner sa femme sur des airs guillerets. Il regarde, toujours souriant. Les cousins passent devant lui, certains s’arrêtent, discutent un peu, lâchent quelques mots, des phrases toutes faîtes, par politesse. Des cousines un peu éméchées, une rose rouge entre les dents, s’asseyent sur ses cuisses larges et dures, mimant une scène de déshabillage, puis se ravisent, sous les regards courroucés du beau-père.  </p>
<p>Natasha s’en donne à cœur joie. Elle danse, sans fin, comme une étoile filante dans un ciel d’été et, dans ses bras, la musique devient vivante, sensuelle, charnelle. Sa robe blanche coule sur le plancher avec une telle grâce, qu’elle hypnotise tous les regards. Peu à peu, les danseurs lui abandonnent la piste. Elle reste seule, unique, reine de sa nuit de noce. Pierre, ému sans doute, n’a toujours pas bougé de sa chaise. Il reste ainsi, jusqu’au petit matin pâle, bercé par les musiciens et les chorégraphies de son épouse. Les invités ont disparu, pour la plupart, fatigués, éreintés, ivres aussi.<br />Puis les violons se rangent dans leurs étuis, le piano se referme, les saxos se taisent. La musique s’est éteinte, sur un dernier soupir. </p>
<p>«  - Oh ! Déjà ? », s’étonne Natasha. </p>
<p>Un sourire frais posé sur les lèvres, le regard clair et amoureux, elle tend les mains vers Pierre, qui se lève avec peine, ankylosé, les os endoloris, les muscles contractés. Et ils s’en vont à leur tour, l’une légère, sautillante comme une jeune merlette irisée, joyeuse et pleine de vie, et l’autre, boitant bas, tel un pantin de bois désarticulé, dont le marionnettiste aurait perdu la moitié des ficelles.<br /></p></div>
</content>


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        <title>Natasha, jeune femme lumineuse</title>
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        <published>2009-03-23T05:53:00+01:00</published>
        <updated>2009-03-23T05:53:00+01:00</updated>
        <summary>PROLOGUE « - Natasha, jeune femme lumineuse, aérienne, joyeuse, souriante, vivante, gracieuse, espiègle par instant, mais toujours câline et douce, généreuse mais aussi sensible, compréhensive, intelligente, qui mord la vie à pleine dents, comme une pomme juteuse et sucrée, acceptez-vous...</summary>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p style="text-align: center"><strong><span style="FONT-SIZE: 16px; FONT-FAMILY: Trebuchet MS">PROLOGUE</span></strong></p>
<br />
<p>« - Natasha, jeune femme lumineuse, aérienne, joyeuse, souriante, vivante, gracieuse, espiègle par instant, mais toujours câline et douce, généreuse mais aussi sensible, compréhensive, intelligente, qui mord la vie à pleine dents, comme une pomme juteuse et sucrée, acceptez-vous de prendre Pierre, ici présent comme époux ?</p>
<p>- Oui, je le veux !</p>
<p>- Et vous, Pierre ?</p>
<p>- Oui.</p>
<p>- Je vous déclare unis, par les liens sacrés du mariage, pour le meilleur, et pour le pire ! »</p>
<p>La musique s’envole, les applaudissements suivent, sous les nuages de riz colorés et scintillants, les pétales de roses légers, les voiles blancs, les tulles. Sur le parvis de la petite église Saint-Cloud, tout est rire, joie et chansons. Les photographes s’affairent, construisent les groupes de cousins et de cousines, lèvent les bras, s’énervent, les enfants courent en tout sens. Il fait beau, en ce calme dimanche de juin.   </p>
<p>La voiture des mariés roule au pas, dans les contre-allées, suivie de la lente procession des invités, qui montent tout en haut du village, jusqu’à la grande salle paroissiale d’un autre temps, décorée pour l’occasion, dans laquelle les tréteaux et les tables ont été dressée à la hâte, tôt le matin, recouvert de nappes blanches et de bouquet de fleurs odorantes. Les musiciens répètent, dans un coin de la salle, pendant que les convives affluent, dans une joyeuse pagaille. On a oublié le plan de table !  Alors, chacun s’assoit, au gré de ses désirs. Des tablées de jeunes s’esclaffent, les anciens paraissent un peu plus graves, quoique, le vin aidant, les silences deviennent rares.</p>
<p>Natasha, si belle, dans sa robe de soie blanche, passe d’une table à l’autre, distribuant mots gentils et attentions délicates aux cousins, cousines, oncles, tantes. Elle n’en n’oublie pas un, pas une. Toutes les rancoeurs passées, si tant est qu’il y en eut, sont effacées, oubliées, gommées. La musique, en sourdine, donne à ses pieds une irrépressible envie de danser.</p>
<p>Pierre patiente, tout en haut de la table des mariés. Il suit du regard les volutes blanches que dessine la robe de sa femme, dans les mouvements gracieux de son corps, l’esprit un peu vide. Orphelin, sans famille, il est venu seul à son propre mariage. Et il connaît peu de monde, ici, en dehors des parents de Natasha. Bien droit, fort comme un roc, les épaules larges et rassurantes, le sourire de circonstance aux lèvres, il incline la tête légèrement, quand un toast est porté en son honneur.</p>
<p>Enfin, pour le dessert, Natasha retourne s’asseoir près de son mari. Puis, à peine assise, elle le tire par la manche, pour l’inciter à se lever : les musiciens accélèrent le rythme. La première valse est lancée !</p>
<p>« - Viens, Pierre, viens ! Fais-moi danser ! ».<br /></p>
<p /></div>
</content>


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        <title>"Nono" en version complète</title>
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        <published>2009-03-22T06:19:00+01:00</published>
        <updated>2009-03-11T12:19:49+01:00</updated>
        <summary>En attendant le début "Pierres et Natasha", prévue dès demain, voilà "Nono" en version complète. Une belle occasion de profiter de ce beau dimanche, pour suivre les aspirations artistiques de Nono, peintre et jeune femme sauvage. Bonne lecture! Télécharger Nono...</summary>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p>En attendant le début "Pierres et Natasha", prévue dès demain, voilà "Nono" en version complète. Une belle occasion de profiter de ce beau dimanche, pour suivre les aspirations artistiques de Nono, peintre et jeune femme sauvage.</p>
<p>Bonne lecture!</p>
<p><a href="http://frederic.typepad.fr/files/nono.pdf" target="_blank">Télécharger Nono - format .pdf</a> </p></div>
</content>


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        <title>Annonce : Pierres et Natasha</title>
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        <published>2009-03-21T06:11:00+01:00</published>
        <updated>2009-03-21T06:11:00+01:00</updated>
        <summary>"Nono", c'est fini, mais mes histoires ne s'arrêtent pas là! "Pierres et Natasha" paraîtra dès le lundi 23 mars. En voici l'incipit : « - Natasha, jeune femme lumineuse, aérienne, joyeuse, souriante, vivante, gracieuse, espiègle par instant, mais toujours câline...</summary>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p>"Nono", c'est fini, mais mes histoires ne s'arrêtent pas là! "Pierres et Natasha" paraîtra dès le lundi 23 mars.</p>
<p>En voici l'incipit :</p>
<blockquote dir="ltr" style="MARGIN-RIGHT: 0px">
<p><em>« - Natasha, jeune femme lumineuse, aérienne, joyeuse, souriante, vivante, gracieuse, espiègle par instant, mais toujours câline et douce, généreuse mais aussi sensible, compréhensive, intelligente, qui mord la vie à pleine dents, comme une pomme juteuse et sucrée, acceptez-vous de prendre Pierre, ici présent comme époux ?</em></p></blockquote>
<p>Alors, la suite? A lundi!!!!</p></div>
</content>


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        <title>"Nono" : c'était bien!</title>
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        <published>2009-03-20T06:53:00+01:00</published>
        <updated>2009-03-20T06:53:00+01:00</updated>
        <summary>Voilà! "Nono" s'est terminée hier! Une bien belle histoire, somme toute, qui m'a un peu reposé des deux histoires précédentes, Armance Denoizel et Kira B. Wassa, qui abordaient des thèmes plus complexes, plus dramatiques, et pour lesquelles j'avais suivi des...</summary>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p>Voilà! "Nono" s'est terminée hier! Une bien belle histoire, somme toute, qui m'a un peu reposé des deux histoires précédentes, Armance Denoizel et Kira B. Wassa, qui abordaient des thèmes plus complexes, plus dramatiques, et pour lesquelles j'avais suivi des structures narratives assez innovantes. Là, pour "Nono", je suis resté beaucoup plus classique, même si le récit est raconté à la première personne, ce qui donne toujours une force plus intense aux émotions et aux sensations.</p>
<p>Lors de la publication de cette histoire, j'ai senti, malgré l'époque choisie, la Préhistoire, et l'a-priori de départ, un engouement assez vif des lecteurs (je devrais écrire lectrices, plutôt).</p>
<p>Alors, j'ai choisi, parmi l'ensemble des commentaires reçus, ces deux là, qui m'ont fait un grand plaisir, et m'encouragent à poursuivre dans cette voie d'écriture :</p>
<br />
<p>Celui de <a href="http://www.tuliquoi.spaces.live.com/" target="_blank">Tuliquoi</a> :</p>
<blockquote dir="ltr" style="MARGIN-RIGHT: 0px">
<p><em>Voici ce que j'en ai percu: l'annonce comme intrigue, d'un décès inexpliqué, d'un affrontement à venir, d'épreuves injustifiées. Quelle sera leur issue? En poétique, des description de rituels primitifs (réjouissance,deuil) et le dévoilement du secret de l'intention des peintures rupestres. En personnages principaux, une femme aux aspirations "différentes" la différenciant de son groupe et un homme responsable de celui-ci. Quel dilemne! Tout ça avec pour toile de fond une époque violente et difficile d'où émergeront les spécificités de l'Homme. Autant de thèmes que tu abordes en si peu de lignes ! Il y a là de quoi nourrir un roman !</em></p></blockquote>
<br />
<p>Et celui d'<a href="http://www.citronnelleetestragon.blogspot.com" target="_blank">Estelle</a> :</p>
<blockquote dir="ltr" style="MARGIN-RIGHT: 0px">
<p><em>haaaaa, je viens de lire d'une traite "nono"... pendant toute ma lecture j'ai eu envie de toucher la terre, la roche, de laisser mes pinceaux faire.. j'étais un peu perplexe au début (décalage entre la période et les conversations) mais rapidement j'ai mis de côté mes a priori! vraiment étonnant et très bien écrit...</em></p></blockquote></div>
</content>


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        <title>Ils sont debout</title>
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        <published>2009-03-19T05:01:00+01:00</published>
        <updated>2009-04-01T12:11:24+02:00</updated>
        <summary>Ils sont debout devant moi. Leur chef, haut, puissant, musclé. Il ressemble à Hack, avec des cheveux clairs, et un regard de ciel orageux, quand le bleu vire au violet, dans le soubresaut des vents, dans le cri des tempêtes,...</summary>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p>Ils sont debout devant moi. Leur chef, haut, puissant, musclé. Il ressemble à Hack, avec des cheveux clairs, et un regard de ciel orageux, quand le bleu vire au violet, dans le soubresaut des vents, dans le cri des tempêtes, dans le tumulte des flots du fleuve. De ses yeux coule la vigueur de territoires nouveaux. </p>
<p>Derrière lui, des hommes se serrent, armés de bâtons noueux et de harpons tranchants. Leurs poings semblent énormes. Leurs muscles terribles. Leurs pieds peuvent me frapper, écraser Rio, je me recroqueville encore.</p>
<p>Une femme aussi se tient près d’eux, malingre, pas vraiment belle, de mon âge peut-être. Elle me regarde, regarde l’enfant, regarde les parois peintes. Un sourire ému semble parcourir ses lèvres minces, pendant que gronde la troupe des hommes. Elle se rapproche de moi. Je pourrai la toucher, attraper ses jambes frêles, l’emmener dans une chute sur le sol rugueux. Mais je me retiens. Les hommes assoiffés de massacre s’impatientent. J’entends leurs pieds qui raclent la poussière, leurs mains qui frappent leur bâton. Ils tournent leur tête vers leur chef, dans l’attente. La fille me frôle. Elle pose sa main sur la main de Klo. Mon cœur frémit. Puis elle enfile ses doigts, lentement, dans la trace des miens. Mais le contour n’est pas exact, ses doigts sont trop petits. Alors, je me lève. Sans prendre garde aux cris des hommes, au tumulte farouche, à la bousculade qui monte, dans ce fond de grotte. Je me lève, et lui montre ma main, que je pose sur mon empreinte.</p>
<p>Le groupe s’est tu soudain. Dans ce nouveau silence, les bêtes s’agitent, sur la paroi, les troupeaux reprennent vie. Les hommes repartent, derrière leur chef, sans fracas, sans cri.</p>
<p>Rio, amusé, marche à son tour, mimant la scène, armé d’une brindille souple. Pendant ce temps-là, agenouillées l’une et l’autre, la fille du fleuve et moi, nous inspectons les restes de couleurs. Je comprends qu’elle cherche du bleu, pour ajouter une rivière, et des poissons. <br /></p>
<p style="TEXT-ALIGN: center">F I N   D E   L ' H I S T O I R E </p>
<p style="TEXT-ALIGN: center"> </p>
<p><span style="COLOR: #ff40ff; FONT-FAMILY: Trebuchet MS">_______________________________________________________________________________</span></p>
<p><span style="FONT-SIZE: 15px; FONT-FAMILY: Trebuchet MS"><strong><span style="COLOR: #ff40ff; FONT-FAMILY: Trebuchet MS">Commentaires illustrés :</span></strong></span></p>
<p style="TEXT-ALIGN: right"><span style="FONT-SIZE: 15px; FONT-FAMILY: Trebuchet MS"><span style="COLOR: #ff40ff; FONT-FAMILY: Trebuchet MS"><span style="FONT-SIZE: 15px; FONT-FAMILY: Trebuchet MS"><span style="COLOR: #ff40ff; FONT-FAMILY: Trebuchet MS"><span style="FONT-SIZE: 15px; FONT-FAMILY: Trebuchet MS"><span style="COLOR: #ff40ff; FONT-FAMILY: Trebuchet MS"><span style="FONT-SIZE: 15px; FONT-FAMILY: Trebuchet MS"><span style="COLOR: #ff40ff; FONT-FAMILY: Trebuchet MS"><span style="FONT-SIZE: 15px; FONT-FAMILY: Trebuchet MS"><span style="COLOR: #ff40ff; FONT-FAMILY: Trebuchet MS"><span style="FONT-SIZE: 15px; FONT-FAMILY: Trebuchet MS"><span style="COLOR: #ff40ff; FONT-FAMILY: Trebuchet MS"><span style="FONT-SIZE: 15px; FONT-FAMILY: Trebuchet MS"><span style="COLOR: #ff40ff; FONT-FAMILY: Trebuchet MS"><span style="FONT-SIZE: 15px; FONT-FAMILY: Trebuchet MS"><span style="COLOR: #ff40ff; FONT-FAMILY: Trebuchet MS"><a href="http://leblogdeboudard.over-blog.com/" target="_blank"><font size="2">Par Coq</font></a></span></span></span></span></span></span></span></span></span></span></span></span></span></span></span></span></p>
<p><span style="FONT-SIZE: 15px; FONT-FAMILY: Trebuchet MS"><strong><span style="COLOR: #ff40ff; FONT-FAMILY: Trebuchet MS"><a href="http://frederic.typepad.fr/.a/6a00d8341d4e8353ef01156faf89ba970b-pi" style="DISPLAY: inline" /><a href="http://frederic.typepad.fr/.a/6a00d8341d4e8353ef01156faf8c7a970b-pi" style="DISPLAY: inline"><img alt="Nono18" border="0" class="at-xid-6a00d8341d4e8353ef01156faf8c7a970b image-full" src="http://frederic.typepad.fr/.a/6a00d8341d4e8353ef01156faf8c7a970b-800wi" title="Nono18" /></a>  </span></strong></span></p>
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<p><em><span style="FONT-SIZE: 11px; FONT-FAMILY: Trebuchet MS">PS : j'accepte tous les commentaires illustrés! Vous pouvez les envoyer à unepageparjour(AT)hotmail(point)fr.</span></em></p>
<p><br /> </p></div>
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        <title>Une nouvelle nuit</title>
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        <published>2009-03-18T05:58:00+01:00</published>
        <updated>2009-04-01T12:09:36+02:00</updated>
        <summary>Pour lire le début de Nono Une nouvelle nuit, sans doute. Toujours personne. Mais je suis trop lasse pour me demander si tout cela est bien normal. Les troupeaux passent, au dessus de nous, jusqu’à sortir de l’ombre. La lueur...</summary>
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            <name>Frédéric Doillon</name>
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<p>Une nouvelle nuit, sans doute. Toujours personne. Mais je suis trop lasse pour me demander si tout cela est bien normal. Les troupeaux passent, au dessus de nous, jusqu’à sortir de l’ombre. La lueur du jour vient jusqu’à nous, à tâtons, accompagné d’un doux brouhaha. Le chuchotement des voix, à l’extérieur. Le retour des femmes, des enfants, des guerriers ? </p>
<p>Rio reste debout, maintenant, fier. Je mâchouille les dernières tiges sucrées. Une nouvelle récolte sera nécessaire. La soif me tenaille. Je me lève. </p>
<p>Les voix se rapprochent, toujours plus joyeuses. Je devine le bourdonnement des pieds dans la poussière, la clameur des femmes d’un bout à l’autre de la cohorte, les cris des hommes dans la cohue, le jappement des enfants, les applaudissements, les chants. Klo est vengée !</p>
<p>Je me tiens debout, à l’entrée de la grotte, la main en auvent devant mes yeux. J’essaye de les voir, au loin. Je vois la longue file des corps qui dansent à l’horizon, en traversant la petite brume fraîche de ce matin de printemps.  Je suis heureuse de les revoir, malgré cette angoisse naissante qui tressaille au creux de mon ventre. Un sentiment d’inconnu, je ne sais pas pourquoi. Quelque chose de flou, au loin, qui plane sur le groupe qui s’avance. Des silhouettes que je ne reconnais pas. Les chevelures qui s’éclaircissent, sous le soleil. D’autres postures. Des visages inconnus.<br />Ce sont les hommes du fleuve, qui s’avancent nonchalamment.</p>
<p>Je cours jusqu’au fond de la caverne. Que se passe-t-il ? Où est Hack ? Pourquoi m’ont-ils abandonnée ? Que viennent-ils faire ?</p>
<p>Accroupie au pied de mes dessins, je serre Rio sur ma poitrine. Je n’ai même pas le courage de pleurer. Les voix résonnent déjà à l’entrée de la grotte. L’écho des roches me ramène leurs mots inconnus, leur violence, leur soif de meurtre, sans doute.</p>
<p><span style="COLOR: #ff40ff; FONT-FAMILY: Trebuchet MS">_______________________________________________________________________________</span></p>
<p><span style="FONT-SIZE: 15px; FONT-FAMILY: Trebuchet MS"><strong><span style="COLOR: #ff40ff; FONT-FAMILY: Trebuchet MS">Commentaires illustrés :</span></strong></span></p>
<p style="text-align: right"><span style="FONT-SIZE: 15px; FONT-FAMILY: Trebuchet MS"><span style="COLOR: #ff40ff; FONT-FAMILY: Trebuchet MS"><span style="FONT-SIZE: 15px; FONT-FAMILY: Trebuchet MS"><span style="COLOR: #ff40ff; FONT-FAMILY: Trebuchet MS"><span style="FONT-SIZE: 15px; FONT-FAMILY: Trebuchet MS"><span style="COLOR: #ff40ff; FONT-FAMILY: Trebuchet MS"><span style="FONT-SIZE: 15px; FONT-FAMILY: Trebuchet MS"><span style="COLOR: #ff40ff; FONT-FAMILY: Trebuchet MS"><span style="FONT-SIZE: 15px; FONT-FAMILY: Trebuchet MS"><span style="COLOR: #ff40ff; FONT-FAMILY: Trebuchet MS"><span style="FONT-SIZE: 15px; FONT-FAMILY: Trebuchet MS"><span style="COLOR: #ff40ff; FONT-FAMILY: Trebuchet MS"><span style="FONT-SIZE: 15px; FONT-FAMILY: Trebuchet MS"><span style="COLOR: #ff40ff; FONT-FAMILY: Trebuchet MS"><span style="FONT-SIZE: 15px; FONT-FAMILY: Trebuchet MS"><span style="COLOR: #ff40ff; FONT-FAMILY: Trebuchet MS"><a href="http://leblogdeboudard.over-blog.com/" target="_blank"><font size="2">Par Coq</font></a></span></span></span></span></span></span></span></span></span></span></span></span></span></span></span></span></p>
<p><span style="FONT-SIZE: 15px; FONT-FAMILY: Trebuchet MS"><strong><span style="COLOR: #ff40ff; FONT-FAMILY: Trebuchet MS"><a href="http://frederic.typepad.fr/.a/6a00d8341d4e8353ef01156faf89ba970b-pi" style="DISPLAY: inline"><img alt="Nono17" border="0" class="at-xid-6a00d8341d4e8353ef01156faf89ba970b image-full" src="http://frederic.typepad.fr/.a/6a00d8341d4e8353ef01156faf89ba970b-800wi" title="Nono17" /></a> </span></strong></span></p>
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<p><em><span style="FONT-SIZE: 11px; FONT-FAMILY: Trebuchet MS">PS : j'accepte tous les commentaires illustrés! Vous pouvez les envoyer à unepageparjour(AT)hotmail(point)fr.</span></em></p>
<p><br /> </p></div>
</content>


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        <title>D’une nuit sans rêve</title>
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        <published>2009-03-17T07:16:00+01:00</published>
        <updated>2009-04-01T12:08:05+02:00</updated>
        <summary>Pour lire le début de Nono D’une nuit sans rêve, épaisse, qui me laisse dans la bouche un mauvais goût de cendre, je me réveille seule, en dehors de Rio, les yeux grands ouverts, qui me regarde étonné. La caverne...</summary>
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            <name>Frédéric Doillon</name>
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<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p><a href="http://www.unepageparjour.com/2009/03/les-hommes-sont-partis-au-petit-jour.html" target="_blank">Pour lire le début de Nono</a> </p>
<p>D’une nuit sans rêve, épaisse, qui me laisse dans la bouche un mauvais goût de cendre, je me réveille seule, en dehors de Rio, les yeux grands ouverts, qui me regarde étonné. La caverne semble vide, inquiétante de silence. Je ramasse un bout de tige à sucer, sucrée, un peu amère, de celles qui, parait-il, rendent les cheveux drus, et la peau douce. Je me dirige jusqu’à l’entrée, lumineuse comme au plein cœur de l’été. Un lièvre détale devant moi. La clairière aussi, est désertée. </p>
<p>Les hommes ont du partir bien avant les premières lueurs de l’aube, pour surprendre la tribu du fleuve dans son sommeil. Mais où sont les femmes ? Les enfants ?  Devant l’étrangeté de la situation, je ne sais que faire. Je ranime le feu, qui s’apprêtait à mourir. Mais ensuite ? Je laisse mes yeux doucement cligner dans la chaleur du soleil, tout est si tranquille, soudain. Je repense aux troupeaux des bêtes sauvages. </p>
<p>Je retourne près de mon mur. Mes mains me démangent, il prend à mes doigts une folle envie d’effleurer la paroi rude, à mes paumes de caresser la roche brute et d’y déposer mes pigments de couleurs. </p>
<p>Hack a sans doute demandé aux femmes de les rejoindre, pour récolter ce qu’il y avait d’utile chez les hommes du fleuve, certain de la victoire. Ils m’ont laissé là, me croyant morte, peut-être ?  Hé bien, profitons-en, maintenant ! Laissons aller mon inspiration suivre son cours ! Venez à moi, taureaux, bisons, aurochs, veaux, vaches, zébus, lions, loups ! Entrez dans mon bestiaire ! Courrez ! Teintez-vous de lumière ! Sortez de l’ombre !</p>
<p>Magie ! Tout est magie !</p>
<p>Un sang bouillant m’emporte, la fièvre de la création, je n’entends plus rien d’autre que ma propre imagination frapper comme une folle sur la haute paroi de pierre. Je deviens sourde, même aux cris de Rio, qui s’affame. Je peins. D’autres animaux jaillissent, pour s’assembler aux troupeaux déjà présents. Ils dansent, la lumière pâle de la grotte joue entre leurs formes étranges, issues de mon regard. Mes souvenirs de l’avant-veille restent dans ma tête, et ce sont d’autres ombres qui se précipitent entre mes doigts, des silhouettes inconnues, des profils enchantés, des hardes entières sorties du néant qui traversent soudain mon esprit, et aussitôt, je les vois, couvertes d’ocre, de carmin, de brun-rouge, de terre de sienne, je les vois, devenues réelles, posées, là, devant moi, recouvrant de leur présence le fond de la caverne. Je crie, je rie, je pleure aussi, des larmes de folie, qui résonnent à l’infini. Je deviens l’instrument, la main qui peint, je ne contrôle plus rien, je me sens entraînée, par un fleuve, une vague terrible et vivifiante.</p>
<p>Rio est debout. Il marche, soudain. Je devrais m’exclamer, l’encourager, porter devant moi mes mains pour l’accueillir, mais non, mes mains polissent, grattent, roulent, mélangent, unissent, modifient, rectifient, mes mains ne m’appartiennent plus. </p>
<p>Alors je lui parle. Tu vois, Rio, regarde, regarde ce mâle a si fier allure, son regard semble transpercer le rocher, il est plus vivant qu’aucun autre, il est le maître, ici, le chef de la meute. Et vois cet autre troupeau, tout petit, car il est loin, caché par les frondaisons, qu’on devine là, par cette ombre de cendre disséminée ici, et là, et là, on les voit souffler, ces bêtes, d’avoir échapper à l’attaque des lionnes, là, fatiguées d’avoir couru, et pour rien, encore.</p>
<p>Epuisée, je m’affale, au pied de l’œuvre. La main de Klo scintille encore. Alors, à l’aide d’un morceau de bois brûlé, je dessine avec précaution le contour de ma main, posée bien à plat, les doigts écartés. Comme pour indiquer que tout ceci vient de moi, de mes tripes, de mon ventre défoncé par la douleur, de mon cœur bouillant, de mon sang enfiévré.</p>
<p>Enfin, je m’allonge, pour donner le sein à Rio. Il a si faim !<br /></p>
<p><span style="COLOR: #ff40ff; FONT-FAMILY: Trebuchet MS">_______________________________________________________________________________</span></p>
<p><span style="FONT-SIZE: 15px; FONT-FAMILY: Trebuchet MS"><strong><span style="COLOR: #ff40ff; FONT-FAMILY: Trebuchet MS">Commentaires illustrés :</span></strong></span></p>
<p style="text-align: right"><span style="FONT-SIZE: 15px; FONT-FAMILY: Trebuchet MS"><span style="COLOR: #ff40ff; FONT-FAMILY: Trebuchet MS"><span style="FONT-SIZE: 15px; FONT-FAMILY: Trebuchet MS"><span style="COLOR: #ff40ff; FONT-FAMILY: Trebuchet MS"><span style="FONT-SIZE: 15px; FONT-FAMILY: Trebuchet MS"><span style="COLOR: #ff40ff; FONT-FAMILY: Trebuchet MS"><span style="FONT-SIZE: 15px; FONT-FAMILY: Trebuchet MS"><span style="COLOR: #ff40ff; FONT-FAMILY: Trebuchet MS"><span style="FONT-SIZE: 15px; FONT-FAMILY: Trebuchet MS"><span style="COLOR: #ff40ff; FONT-FAMILY: Trebuchet MS"><span style="FONT-SIZE: 15px; FONT-FAMILY: Trebuchet MS"><span style="COLOR: #ff40ff; FONT-FAMILY: Trebuchet MS"><span style="FONT-SIZE: 15px; FONT-FAMILY: Trebuchet MS"><span style="COLOR: #ff40ff; FONT-FAMILY: Trebuchet MS"><span style="FONT-SIZE: 15px; FONT-FAMILY: Trebuchet MS"><span style="COLOR: #ff40ff; FONT-FAMILY: Trebuchet MS"><a href="http://leblogdeboudard.over-blog.com/" target="_blank"><font size="2">Par Coq</font></a></span></span></span></span></span></span></span></span></span></span></span></span></span></span></span></span></p>
<p><span style="FONT-SIZE: 15px; FONT-FAMILY: Trebuchet MS"><strong><span style="COLOR: #ff40ff; FONT-FAMILY: Trebuchet MS"><a href="http://frederic.typepad.fr/.a/6a00d8341d4e8353ef01156faf88b4970b-pi" style="DISPLAY: inline"><img alt="Nono16" border="0" class="at-xid-6a00d8341d4e8353ef01156faf88b4970b image-full" src="http://frederic.typepad.fr/.a/6a00d8341d4e8353ef01156faf88b4970b-800wi" title="Nono16" /></a> </span></strong></span></p>
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<p><em><span style="FONT-SIZE: 11px; FONT-FAMILY: Trebuchet MS">PS : j'accepte tous les commentaires illustrés! Vous pouvez les envoyer à unepageparjour(AT)hotmail(point)fr.</span></em></p>
<p><br /> </p></div>
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